Chapitre 1: Intérêts simples, Précompte, Escompte et Compte courant
I. Notion d’intérêt
L’intérêt est le loyer de l’argent. Il peut être une dépense ou un revenu.
Il s’agit d’une dépense pour l’emprunteur, l’intérêt correspond à la rémunération du capital prêté,
Il s’agit d’un revenu pour le prêteur, l’intérêt est le revenu tiré du capital prêté.
L’intérêt est variable selon la loi de l’offre et de la demande, du montant du prêt, de la durée et du taux
d’intérêt.
II. Intérêts simples
1. Définition de l’intérêt simple
Dans le cas de l’intérêt simple, le capital reste invariable pendant toute la durée du prêt, l’emprunteur doit
verser à la fin de chaque période l’intérêt dû.
2. Calcul de l’intérêt simple
L’intérêt simple est donné par :
C. n. t
I=
100
Avec: C : capital placé
t : taux d’intérêt
n : période de placement en année
I : intérêt rapporté par le capital (C)
3. Valeur définitive ou valeur acquise
La valeur acquise du capital après « n » périodes de placement est la somme du capital et des intérêts
gagnés. Si nous désignons par (Va) la valeur acquise alors :
Va = C + I
C. n. t n. t
Va = C + = C(1 + )
100 100
Cette relation est juste si la durée est exprimée en années.
4. Taux moyen de plusieurs placements
Soient trois capitaux C1, C2, C3 placés à des taux respectifs t1, t2, t3 pendant les durées j1, j2, j3. L’intérêt
global procuré par les trois placements est le suivant :
C1 . j1 . t1 C2 . j2 . t 2 C3 . j3 . t 3
IG = + +
36000 36000 36000
Le taux moyen de ces trois placements est un taux unique noté « tm », qui appliqué à l’ensemble de ces
trois placements donne le même intérêt global.
C1 . j1 . t m C2 . j2 . t m C3 . j3 . t m
+ + = IG
36000 36000 36000
C1 . j1 . t m C2 . j2 . t m C3 . j3 . t m C1 . j1 . t1 C2 . j2 . t 2 C3 . j3 . t 3
+ + = + +
36000 36000 36000 36000 36000 36000
C1 .j1 .t1 +C2 .j2 .t2 +C3 .j3 .t3
Soit t m = C1 .j1 +C2 .j2 + C3 .j3
5. Escompte
a. Calcul d’escompte
Soit « V » la valeur nominale de l’effet, valeur inscrite sur l’effet et payable à échéance. Soit « N » la
durée qui sépare la date de négociation (le jour de la remise de l’effet à l’escompte) et l’échéance de
l’effet. Soit « t » le taux d’escompte.
Donc, l’escompte commercial s’écrit comme suit :
V. N. t
e=
36000
La valeur actuelle de l’effet « a » s’écrit comme suit :
a=V–e
Il s’agit de calculer aujourd’hui la contrepartie d’une somme payable dans le futur.
b. Pratique d’escompte
Dans la pratique, la remise d’un effet à l’escompte entraîne des frais financiers, en plus de l’escompte
proprement dit. Ces frais comprennent plusieurs commissions.
L’ensemble de l’escompte et des commissions s’appelle l’agio. D’une manière générale, l’agio se
compose de : l’escompte, diverses commissions, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Remarque : Il est à noter que la durée réelle de l’escompte est parfois majorée d’un ou de plusieurs jours
(appelés couramment jours de banque).
La valeur nette est la somme effectivement mise à la disposition du vendeur de l’effet de commerce avant
son échéance.
Valeur nette = Valeur nominale – Agios
c. Taux relatifs à l’opération d’escompte
Taux réel d’escompte :
Agios × 36000
tr =
Valeur nominale × Durée réeele
Taux de revient :
Agios × 36000
te =
Valeur nette × Durée réeele
d. Equivalence de deux effets
Deux effets sont équivalents à une date déterminée, si escomptés en même temps, ils ont la même valeur
actuelle. Cette date est la date d’équivalence.
Soit :
V1, V2 : Valeurs nominales des deux effets
j1, j2 : Durée d’escompte en jours
t : Taux d’escompte
Donc : V1 – e1 = V2 – e2
V .j .t V .j .t
Soit V1 − 36000
1 1 2 2
= V2 − 36000
e. Equivalence de plusieurs effets : échéance commune
L’échéance commune est le cas de remplacement de plusieurs effets par un seul effet.
L’échéance commune est l’échéance d’un effet unique qui, à la date d’équivalence, a une valeur actuelle
égale à la somme des valeurs actuelles des effets remplacés.
f. Cas particulier de l’échéance commune : l’échéance moyenne
L’échéance moyenne de plusieurs effets est un cas particulier de l’échéance commune. On l’obtient
lorsque le nominal de l’effet unique est égal à la somme des valeurs nominales des différents effets
remplacés.
V. j. t V1 . j1 . t V2 . j2 . t V3 . j3 . t
V− = [V1 − ] + [V2 − ] + [V3 − ]
36000 36000 36000 36000
On a : V = V1 + V2 + V3
(𝑉1 +𝑉2 +𝑉3 ).𝑗.𝑡 V .j .t V .j .t V .j .t
Donc : (𝑉1 + 𝑉2 + 𝑉3 ) − 1 1
= [V1 − 36000 ] + [V2 − 2 2 ] + [V3 − 3 3 ]
36000 36000 36000
(V1 + V2 + V3).J = (V1.j1) +(V2.j2) + (V3.j3)
Donc, l’échéance moyenne est indépendante du taux d’escompte.
(V1 + V2 + V3)(D – Déqui) = V1(D1 – Déqui) + V2(D2 – Déqui) + V3(D3 – Déqui)
(V1 + V2 + V3)D = (V1D1) + (V2D2) + (V3D3)
Donc, l’échéance moyenne est indépendante de la date d’équivalence.
Exercices d’application
Exercice 1 : Calculer l’intérêt produit par un capital de 35 850 F CFA placé pendant 3 ans à un taux égal
à 11 %.
Exercice 2 :
1) Quel est l’intérêt produit à intérêt simple par un placement d’une somme d’argent de 12 500 F
CFA au taux de 10,5 % pendant 96 jours.
2) Quel est l’intérêt produit par un placement de 15 500 FCFA au taux de 9,5 % pendant 7 mois.
3) Soit un capital de 30 000 F CFA placé à intérêt simple du 17 mars au 27 juillet de la même année
au taux annuel de 12,5 %. Calculer l’intérêt produit par ce placement.
Exercice 3 : Calculer l’intérêt et la valeur acquise d’un placement à intérêt simple de 15 000 FCFA
pendant 50 jours à un taux de 9 % l’année.
Exercice 4 : Calculer le taux moyen des placements suivants :
2 000 FCFA placés pendant 30 jours à 7 %.
7 000 FCFA placés pendant 60 jours à 10 %.
10 000 FCFA placés pendant 50 jours à 9 %.
Exercice 5 : Combien le banquier remettra-t-il à son client s’il lui escompte en 29/11/2005 un effet de
100 000 FCFA payables au 20/02/2006, en sachant que le taux égal à 9 %.
Exercice 6 : Soit un effet de commerce de 35 500 FCFA échéant le 27 juillet 2005 escompté le 10 avril
de la même année, aux conditions suivantes :
Taux d’escompte : 13 %
Commission de manipulation : 2 FCFA par effet
TVA : 7 %
Tenir compte d’un jour de banque
1) Calculer la valeur actuelle et la valeur nette de l’effet.
2) Calculer le taux réel d’escompte et le taux de revient.
Exercice 7 : A quelle date un effet de valeur nominale de 20 000 FCFA à échéance du 15 avril est-il
équivalent à un effet de 20 435, 68 FCFA à échéance du 14 juin de la même année. Taux d’escompte
est de 12,6 %.
Exercice 8 : On désir remplacer un effet d’une valeur nominale de 75 000 FCFA payable dans 60 jours
par un autre effet de valeur nominale de 74 600 FCFA. Quelle sera l’échéance de cet effet ? En sachant
que le taux d’escompte est de 13 %.
Exercice 9 : On souhaite remplacer le 15 juin les trois effets ci-dessous par un effet unique.
E1 : V1 = 5 000 FCFA échéance = 20 août
E2 : V2 = 4 000 FCFA échéance = 15 juillet
E3 : V3 = 12 000 FCFA échéance = 20 septembre
Quelle est l’échéance de l’effet de 21 200 FCFA remplaçant les effets E1, E2 et E3 avec un taux
d’escompte de 13 %.
Chapitre 2 : Intérêts composés
On dit qu’un capital est placé à intérêt composé lorsqu’à la fin de la première période, l’intérêt simple de
la première période est ajouté au capital. On parle alors de capitalisation des intérêts. La capitalisation
des intérêts est généralement annuelle, mais elle est peut être semestrielle, trimestrielle ou mensuelle.
I. Temps de placement est un nombre entier de période
T
En matière d’intérêt composé, on travaille avec i = pour faciliter la formule.
100
Capital placé en début de Intérêts payés en fin de Valeur acquise en fin de
Période
période période périodes
1 C0 C0 x i C0 + (C0 x i) = C0 (1 + i)
2 C1 = C0 (1 + i) C1 x i = [C0 (1 + i)] x i C1 + (C1 x i) = C0 (1 +i)2
Donc, en général, la valeur acquise après n périodes est :
Cn = C0(1 + i)n
II. Temps de placement est un nombre fractionnaire de périodes
Le temps de placement est fractionnaire par exemple 5 ans et 7 mois. On distingue alors deux solutions :
la solution rationnelle et la solution commerciale.
1. Solution rationnelle
p
La formule est la suivante : Ck+p = C0 (1 + i)k (1 + i)
q q
2. Solution commerciale
𝑝
k+
La formule est la suivante : Ck+p = C0 (1 + i) 𝑞
q
III. Taux proportionnels et taux équivalents
1. Taux proportionnels
Exemple : On a les données suivantes : C0 = 100 000 F CFA, placé pendant un an, à 9%.
Va = 100 000 (1 + 0,09)1 = 109 000 F
Va = 100 000 (1 + 0, 045)2 = 109 202, 5 F
Va = 100 000 (1 + 0,0225)4 = 109 308,33 F
2. Taux équivalents
Deux taux sont équivalents lorsqu’à intérêt composé, ils aboutissent pour un même capital à la même
valeur acquise pendant la même durée de placement. De manière générale, deux placements définis
respectivement par leurs taux (i1 et i2) et par leurs périodes (p1 et p2). Les placements sont effectués à
taux équivalent s’ils aboutissent pour un même capital à la même valeur acquise. C’est-à-dire :
C(1 + i1 )p1 = C(1 + i2 )p2
IV. Calculs sur la formule fondamentale des intérêts composés
1. Calcul du taux
On place 250 000 F CFA au bout de 5 ans. On se retrouve avec une valeur acquise de 340 000 F CFA.
Trouver le taux de capitalisation annuelle.
2. Calcul du temps
Au bout de combien de temps, une somme double-t-elle par capitalisation semestrielle, avec un taux de
3 % le semestre.
V. Valeur actuelle à intérêts composés
La valeur actuelle est la somme qu’il faut placer maintenant à intérêt composé pour obtenir C n après n
périodes de placement. C’est le processus inverse de la capitalisation qui s’appelle actualisation.
C0 = Cn (1 + i)−n
Exercices d’application
Exercice 1 : Calculer la valeur acquise d’un capital de 100 000 F CFA placé pendant une période de 5
ans et 7 mois à 8 %, capitalisation annuelle.
a) Avec la solution rationnelle
b) Avec la solution commerciale
Exercice 2 : Quel est le taux semestriel équivalent au taux annuel de 9%.
Exercice 3 : Quelle somme faut-il placer maintenant à intérêt composé au taux annuel de 7% pour obtenir
dans 4 ans une valeur définitive de 75 000 F CFA.
Chapitre 3 : Annuités
I. Définition
On appelle annuité, des sommes payables à intervalle de temps régulier. Dans le cas des annuités, les
sommes sont versées chaque année à la même date, la période retenue est l’année. On peut cependant
effectuer des paiements semestriels, trimestriels ou mensuels. Dans ces cas, on parle de semestrialité,
trimestrialité ou mensualité. Le versement d’annuité a pour objet soit de rembourser une dette, soit de
constituer un capital (Exemple d’un capital retraite ou d’un capital éducation …)
II. Annuités constantes en fin de période
La formule de capitalisation est :
(1 + i)n − 1
An = a
i
Avec :
a : Montant de l’annuité constante ;
i : Taux d’intérêt ;
n : nombre d’annuités ou de versement ;
An : Valeur acquise au moment de versement de la dernière annuité.
Remarque : Les organismes de capitalisation utilisent les taux équivalents pour remettre le moins
possible d’argent.
III. Valeur actuelle d’une suite d’annuité constante de fin de période
La formule d’actualisation est :
1 − (1 + i)−n
A0 = a
i
Remarque : On applique cette formule quand on se situe une période avant le premier versement.
Exercices d’application
Exercice 1 :
1. Calculer la valeur acquise au moment du dernier versement par une suite de 10 annuités constantes
de fin de périodes de 17 500 F CFA chacune. Capitalisation de 8% l’an. Ainsi que l’intérêt.
2. Calculer la valeur de cette même suite sept mois après le dernier versement.
3. Calculer la valeur de cette même suite un an et neuf mois après le dernier versement.
4. Quelle somme constante faut-il verser chaque année à la même date pour constituer en 12
versements deux ans après le dernier versement un capital de 500 000 F CFA chacune. Le taux est
de 7% l’an.
5. Calculer un mois après le dernier versement la valeur acquise par une suite de 72 mensualités.
Exercice 2 :
1. Calculer un an avant le premier versement la valeur actuelle d’une de 10 annuités constantes de
17 500 F CFA chacune, taux = 9% l’an
2. Calculer la valeur actuelle de cette même suite 3 ans avant le premier versement, taux = 9% l’an.
3. Une dette de 300 000 F CFA est remboursable en 20 trimestrialités constantes, le premier versement
dans 3 mois, taux = 9% l’an. Calculer le montant de la trimestrialité de remboursement.