Bureau de L'evaluation
Bureau de L'evaluation
pour l’alimentation et
l’agriculture Bureau de l’Evaluation
Janvier 2014
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
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Rome, Italie
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Evaluation finale du projet APRAO
Remerciements
L’équipe d’évaluation remercie toutes les personnes qui ont contribué à l’organisation et à la
réalisation de cette évaluation, en particulier les équipes de la FAO dans les cinq pays
couverts par le projet, du bureau régional d’Accra et du siège à Rome, et les partenaires,
bénéficiaires et personnes ressources qui ont accepté de rencontrer l’équipe et de répondre à
nos questions dans les trois pays visités.
Équipe de l’évaluation
iii
Evaluation finale du projet APRAO
Table de matières
Abréviations ....................................................................................................................... vi
Résumé d’Orientation ...................................................................................................... viii
Introduction ....................................................................................................................... viii
Principaux résultats de l’évaluation .................................................................................... viii
Conclusion et recommandations ........................................................................................... xi
1 Introduction ............................................................................................................... 15
1.1 Antécédents et objectif de l’évaluation ............................................................. 15
1.2 Méthodologie de l’évaluation ........................................................................... 15
1.3 Limites et contraintes ....................................................................................... 17
2 Contexte du projet/programme ................................................................................ 18
3 Analyse de la conception et de l’approche du projet................................................ 20
3.1 Pertinence de l’objectif du projet...................................................................... 20
3.2 Pertinence des objectifs spécifiques et chaîne des résultats ............................... 20
3.3 Pertinence de l’approche du projet ................................................................... 22
3.4 Adéquation des ressources et de la durée du projet en fonction des objectifs .... 24
3.5 Arrangements institutionnels internes............................................................... 25
3.6 Cadre logique du projet .................................................................................... 25
4 Analyse du processus de mise en œuvre ................................................................... 26
4.1 Gestion du projet.............................................................................................. 26
4.1.1 Programmation, prise de décision et mise en œuvre des actions ....................... 26
4.1.2 Système de suivi et processus de revue interne ................................................. 28
4.1.3 Ressources humaines ....................................................................................... 29
4.1.4 Stratégie de sortie ............................................................................................ 29
4.2 Gestion des ressources financières ................................................................... 29
4.3 Efficience et efficacité des arrangements institutionnels y compris la
participation des gouvernements ......................................................................................... 31
5 Analyse des résultats et contribution aux objectifs établis ...................................... 31
5.1 Réalisation au niveau des produits ................................................................... 32
5.1.1 Côte d’Ivoire.................................................................................................... 32
5.1.2 Mali ................................................................................................................. 34
5.1.3 Sénégal ............................................................................................................ 36
5.2 Réalisation au niveau des résultats ................................................................... 37
5.2.1 Résultats relatifs à l’objectif 1.......................................................................... 37
5.2.2 Résultats relatifs à l’objectif 2.......................................................................... 38
5.2.3 Résultats relatifs à l’objectif 3.......................................................................... 38
5.2.4 Résultats relatifs à l’objectif 4.......................................................................... 38
5.2.5 Facteurs favorables et défavorables à l’obtention des résultats en Côte d’Ivoire,
au Mali et au Sénégal .......................................................................................................... 39
5.3 Parité hommes-femmes .................................................................................... 41
5.4 Développement des capacités ........................................................................... 42
5.5 Approche fondée sur les droits de l’homme...................................................... 43
5.6 Partenariats et alliances .................................................................................... 43
5.6.1 Côte d’Ivoire.................................................................................................... 44
5.6.2 Mali ................................................................................................................. 44
5.6.3 Sénégal ............................................................................................................ 45
6 Analyse selon les critères d’évaluation ..................................................................... 45
6.1 Pertinence ........................................................................................................ 45
iv
Evaluation finale du projet APRAO
Annexes –
v
Evaluation finale du projet APRAO
Abréviations
vi
Evaluation finale du projet APRAO
vii
Evaluation finale du projet APRAO
Résumé d’Orientation
Introduction
ES2. Ce projet a fait l’objet d’une évaluation finale au cours du dernier trimestre de sa
mise en œuvre, dont l’objectif principal était de fournir une appréciation sur les résultats
obtenus en fonction des objectifs fixés, et de formuler des recommandations pour de futurs
projets similaires. Des recommandations étaient également attendues en vue d’une éventuelle
deuxième phase du projet.
Pertinence
ES3. Le projet APRAO a été défini en réaction à la crise de la hausse des prix des denrées
alimentaires de 2007-2008, qui a fragilisé la sécurité alimentaire des ménages et entraîné des
émeutes dans certains pays. Il s’agit d’un projet de réponse à une crise, mais qui cherche à
apporter des réponses pérennes à des causes structurelles de la crise.
ES4. L’objectif général du projet, d’accroître la production nationale de riz dans cinq pays
d’Afrique de l’Ouest, est pertinent aux vues du constat réalisé lors de l’identification du
projet, qui repose sur les trois éléments principaux suivants :
- Le riz est une denrée essentielle dans les pays ciblés, c’est l’un des aliments de base
de la population ;
- La production nationale insuffisante et la dépendance vis-à-vis des importations
créent une forte vulnérabilité face aux fluctuations du marché mondial, qui met en
danger la sécurité alimentaire des ménages ;
- Il existe un fort potentiel d’augmentation de la production de riz blanc de qualité
qui peut être compétitif avec le riz importé.
ES5. Par ailleurs, les objectifs du projet sont parfaitement en phase avec les priorités
inscrites dans les stratégies nationales sectorielles de chaque pays pour le développement de
la riziculture et la sécurité alimentaire. De même, les entretiens réalisés avec les bénéficiaires
directs ont montré que les actions réalisées étaient pertinentes par rapport à leurs besoins et
priorités.
viii
Evaluation finale du projet APRAO
ES7. Les autres éléments de l’approche, tous jugés pertinents, en particulier car ils
favorisent l’efficience du projet, sont le développement d’une approche régionale qui favorise
les synergies et échanges entre pays, l’alignement sur les stratégies nationales, le travail basé
sur des partenariats qui responsabilisent des acteurs nationaux et locaux les plus impliqués, le
choix de sites d’intervention et d’actions offrant un fort potentiel de réussite, le renforcement
systématique des capacités à tous les niveaux, et la valorisation de l’existant, notamment de
l’expérience de la FAO et de la structure du programme GIPD/CEP.
ES8. L’évaluation a aussi révélé quelques points faibles dans la conception du projet,
notamment son objectif global trop ambitieux au regard du budget et de la durée de mise en
œuvre du projet, et la formulation inappropriée du cadre logique qui ne présente aucune
quantification des objectifs, résultats et activités, et intègre des indicateurs mal définis et
également non quantifiés.
Efficience
ES9. De manière générale, la mise en œuvre du projet a été très efficiente, et la recherche
d’un bénéfice optimal pour toutes les actions entreprises et tous les investissements réalisés a
été une préoccupation constante de l’équipe du projet, qui pour cela a travaillé de manière
très flexible. Les autres facteurs qui ont favorisé l’efficience de la mise en œuvre sont le rôle
joué par la coordination régionale pour la mise en œuvre de l’approche commune du projet, la
qualité des ressources humaines mobilisées, la pertinence des partenaires choisis et
l’approche responsabilisante utilisée pour établir les partenariats, la mutualisation des
ressources avec d’autres acteurs pour certaines actions, et la gestion flexible du budget.
ES10. Certains facteurs de mise en œuvre ont néanmoins affecté l’efficience. Il s’agit
principalement du retard important au démarrage, qui a notamment affecté la mise en œuvre
des activités en Côte d’Ivoire, de l’absence d’affectation de budget par pays, qui a handicapé
les pays les plus avancés dans leur programmation, notamment le Mali, de la programmation
trop tardive des achats d’équipements en Mauritanie, et d’un dispositif de suivi-évaluation
insuffisant, malgré les efforts importants réalisés pour capitaliser les résultats et les
expériences du projet, et les rendre visibles au travers du site internet.
Efficacité
ES11. L’absence de quantification des objectifs, résultats et activités rend difficile
l’analyse détaillée de l’efficacité du projet. L’évaluation a néanmoins observé que l’APRAO
a mis en œuvre de nombreuses activités sur tous les maillons de la chaîne de valeur du riz, et
obtenu des résultats importants dans tous les pays. .
ES12. L’essentiel des résultats obtenus se sont produits au niveau local, et l’évaluation n’a
pas pu collecter d’évidences que l’objectif général du projet, d’augmenter la production au
niveau national ait été atteint. Comme on l’a dit plus haut, cet objectif était très ambitieux au
regard du budget et de la durée de mise en œuvre du projet.
ES13. L’obtention des résultats a été affectée positivement ou négativement par des
facteurs contextuels spécifiques de chaque pays, et de chaque site d’intervention. Une analyse
plus approfondie de ces facteurs sur certains sites aurait permis de choisir des bénéficiaires
moins exposés à certains facteurs.
ES14. Le projet prévoyait dans sa conception de renforcer le rôle des femmes dans la
chaîne de valeur. Cet objectif s’est traduit par une volonté réelle d’intégrer des femmes ou OP
ix
Evaluation finale du projet APRAO
de femmes parmi les bénéficiaires. Néanmoins, les femmes sont souvent reléguées aux
opérations de transformation et commercialisation du riz, alors que les entretiens menés ont
montré qu’elles souhaitent souvent s’engager dans la production. Une analyse plus
approfondie des facteurs qui leur participation dans la production permettrait de renforcer
l’approche genre du projet.
Durabilité
ES15. Tant dans sa conception que dans sa mise en œuvre, le projet a incorporé des
approches et des mesures concrètes pour favoriser la pérennité des actions mises en œuvre. Il
s’agit en particulier de l’approche basée sur le renforcement des capacités et sur les
partenariats, de la mise en place systématique de fonds de roulement qui accompagnent les
donations en intrants et de mesures organisationnelles et financières de gestion et
d’amortissement des équipements fournis.
ES17. En revanche l’évaluation a détecté plusieurs points faibles quant aux perspectives de
durabilité de certaines actions. Les fonds de roulement en intrants sont une solution à court-
moyen termes, car ils sont exposés à des risques qui à terme peuvent entraîner leur
disparition. L’accès au crédit avec des institutions spécialisées semble être une solution plus
durable. Malgré l’accent mis sur le renforcement des capacités y compris au niveau des
structures d’encadrement, ces structures ne bénéficient pas des moyens financiers pour
continuer à réaliser un suivi des bénéficiaires à la fin du projet et à mettre certaines activités
qu’ils gèrent directement. Enfin, plusieurs activités lancées par le projet ne sont qu’en phase
d’initiation, et devront faire l’objet d’une poursuite pour pouvoir arriver à terme et produire
leurs résultats.
Impact
ES18. L’évaluation n’a pas collecté d’évidence que l’objectif global d’augmentation de la
production de riz au niveau national ait été atteint. Des moyens et une durée de projet
supérieurs à ceux avec lesquels l’APRAO a compté sont sans doute nécessaires pour cela.
Aussi, si l’on considère l’impact, en contraste avec l’effet, comme un changement profond et
à long terme, il est trop tôt pour que les résultats obtenus par le projet aient pu engendrer un
impact.
x
Evaluation finale du projet APRAO
Conclusion et recommandations
ES21. L’APRAO avait donc pour objectif de réduire cette dépendance en augmentant la
production nationale de riz. Pour cela, le projet a fait le choix de concentrer ses actions sur
une multitude de facteurs de la chaîne de valeur du riz qui limitent la production, et sur
lesquels il était possible d’obtenir des effets significatifs sur une période limitée. Cette option
est jugée pertinente en comparaison avec l’option de réaliser des aménagements hydro
agricoles supplémentaires, dont le coût comparatif est sans aucun doute beaucoup plus élevé.
ES22. La conception du projet dans son ensemble est jugée adéquate. L’approche sur la
chaîne de valeur a déterminé des objectifs spécifiques et des activités orientées sur les
différents maillons de la chaîne, de la production de semences de qualité à la
commercialisation du riz transformé compétitif. Les autres éléments de l’approche du projet
sont également jugés adéquats car ils contribuent à l’efficience de la mise en œuvre du projet,
et aux possibilités d’engendrer des résultats et des effets durables : projet régional destiné à
mettre en œuvre une approche commune et à développer des synergies et des échanges entre
pays, partenariats, alignement sur les stratégies nationales, renforcement des capacités,
valorisation de l’existant, et notamment de l’expérience et de la structure du programme
GIPD de la FAO.
xi
Evaluation finale du projet APRAO
ES25. La bonne gestion du projet a également été favorisée par la qualité des ressources
humaines mobilisées et par le rôle important joué par le coordinateur technique régional pour
la mise en œuvre d’une approche commune dans les cinq pays, qui a également suppléé la
carence de leadership institutionnel due au processus interne de décentralisation de la FAO
parallèle à la mise en œuvre du projet. Ce manque de leadership institutionnel et technique
interne à la FAO devrait néanmoins être corrigé étant donnés les enjeux qui existent autour
du riz dans la région. De plus, les bénéfices du caractère régional du projet devraient être
renforcés en travaillant davantage sur les échanges d’expérience et en réalisant une
capitalisation à l’échelle régionale.
ES26. La mise en œuvre du projet a cependant été affectée par plusieurs facteurs,
notamment le démarrage tardif des activités qui a en particulier limité les activités mises en
œuvre en Côte d’Ivoire, l’absence de visibilité pour les équipes nationales sur le budget
disponible. Aussi, le choix des équipements fournis aux bénéficiaires n’a pas toujours été
suffisamment participatif, et en conséquence certains équipements ne sont pas utilisés car ils
sont inadaptés. Enfin, l’équipe du projet a fait part d’une volonté d’intégrer les femmes parmi
les bénéficiaires, mais l’approche genre devrait être approfondie en analysant les facteurs
profonds qui limitent la participation des femmes dans la filière, et leur capacité de participer
aux activités dans lesquelles elles souhaitent s’investir.
ES28. Un effort important a été entrepris pour que ces résultats soient durables. L’approche
basée sur les partenariats et sur le renforcement des capacités constitue un facteur favorable
de pérennité, car elle permet aux acteurs institutionnels et d’encadrement, tout comme aux
producteurs, de s’approprier les actions mises en œuvre, et de disposer de la maîtrise
technique et organisationnelle nécessaire pour les maintenir et les poursuivre. Le manque de
moyens matériels et financiers des institutions d’encadrement représente néanmoins une
contrainte importante pour que le nécessaire suivi des bénéficiaires puisse continuer. Aussi, la
mise en place de fonds de roulement pour la pérennisation de l’accès aux intrants constitue
une mesure de court-moyen termes, et des solutions plus durables devraient être recherchées
pour que cet accès soit garanti à long terme. Enfin, certaines actions n’ont pu être qu’initiées
pendant le projet, comme le système d’information sur les semences en Côte d’Ivoire ou
l’appui à la création d’une interprofession au Mali, et doivent être poursuivies dans le cadre
d’une seconde phase pour qu’elles puissent engendrer des résultats durables.
ES29. En définitive, le projet n’a probablement pas atteint son objectif général
d’augmentation de la production de riz de qualité au niveau national, mais cela est
essentiellement dû à la limitation des moyens et du temps disponible. Cependant, l’APRAO a
xii
Evaluation finale du projet APRAO
posé des bases importantes et démontré la validité de son approche, et notamment le fait qu’il
est possible d’obtenir des résultats significatifs pour la production de riz en travaillant sur
l’optimisation de la chaîne de valeur, comme alternative ou complément à des nouveaux
aménagements hydro agricoles qui nécessitent des moyens beaucoup plus importants. La
grande satisfaction de l’ensemble des acteurs rencontrés au cours de l’évaluation, des
institutions tutélaires aux bénéficiaires, témoigne de l’importance des contributions de
l’APRAO. Ces bases devraient être valorisées et développées dans le cadre d’une deuxième
phase qui pourrait prétendre atteindre l’objectif global de manière plus réaliste, à condition
qu’elle compte avec des moyens et une durée suffisante.
Recommandation 1: Pour la FAO, les bailleurs de fonds et les gouvernements des pays ciblés
Continuer le projet dans le cadre d’une seconde phase avec un budget de plus grande
envergure et une durée plus longue, qui permettra de travailler à une échelle supérieure et
d’obtenir des résultats significatifs en termes de production à l’échelle nationale.
L’APRAO a obtenu des résultats significatifs au niveau local et a démontré la pertinence
de l’approche sur la chaîne de valeur. Une seconde phase devrait s’appuyer sur ces acquis.
Par ailleurs, plusieurs actions mises en œuvre nécessitent d’être renforcées et poursuivies
pour donner leur potentiel de résultat et être durables.
i. Approfondir l’étude initiale des sites d’intervention, et notamment des facteurs qui
affectent la riziculture, afin de sélectionner les groupes pour qui les possibilités de
succès sont les plus importantes, et les facteurs qui peuvent potentiellement affecter
les résultats sont les moins importants (ex. Sénégal : privilégier les PIV et PPI par
rapport aux GPI).
ii. Mieux définir les arrangements institutionnels internes : confier la responsabilité de
LTO a une personne disponible et qui bénéficie d’une expertise dans la chaîne de
valeur du riz. Pour cela, la FAO devrait recruter un expert régional en riz qui pourra
assumer cette fonction et représenter la FAO sur le secteur rizicole dans la région.
iii. Octroyer en début de projet une enveloppe budgétaire indicative pour l’ensemble du
projet par pays, afin de permettre à chaque équipe nationale de connaître les moyens
dont elle pourra disposer sur l’ensemble du projet, et ainsi de pouvoir réaliser une
planification initiale des activités dur l’ensemble de la durée du projet. L’équipe
d’évaluation recommande néanmoins de maintenir une gestion régionale du budget, et
une flexibilité importante dans cette gestion, pour maintenir une émulation entre pays
et pouvoir donner des moyens supplémentaires aux pays qui avancent plus vite.
L’enveloppe initiale par pays ne devrait donc pas être considérée comme un acquis, et
devrait être révisée lors des étapes de planifications intermédiaires en fonction des
performances dans chaque pays. Au niveau régional, il est recommandé d’augmenter
l’efficience de la gestion du projet, en réduisant les délais d’approbation des budgets
périodiques.
iv. Améliorer la formulation du projet en définissant des objectifs, résultats et/ou
indicateurs quantifiés, de manière à permettre une meilleure évaluation de l’efficacité
de la mise en œuvre du projet, et un meilleur rendu de compte.
v. Elaborer une stratégie de suivi et évaluation qui intègre le suivi des activités, la
mesure des résultats, objectifs, effets et impacts. Proposer des indicateurs plus
pertinents, quantifiés. Homogénéiser les indicateurs, les procédures et la présentation
xiii
Evaluation finale du projet APRAO
des résultats entre les pays, pour permettre une consolidation au niveau régional. Ces
mesures permettront une meilleure gestion basée sur les résultats, la comparaison
entre pays et faciliteront l’évaluation des résultats du projet.
vi. Mettre en œuvre une approche plus participative pour la sélection des équipements de
production et de transformation du riz. Renforcer l’analyse des facteurs qui
permettront une valorisation optimale des équipements fournis aux bénéficiaires et
prévoir dans les actions du projet les actions complémentaires nécessaires (ex :
constitution de fonds de roulement pour l’achat de paddy).
vii. Renforcer l’approche genre du projet : Réaliser un diagnostic genre et chaîne de
valeur du riz qui analyse en profondeur les objectifs, stratégies, priorités, souhaits et
contraintes des femmes pour s’investir dans les différents maillons de la chaîne. A
partir de là, élaborer une stratégie claire de renforcement du rôle des femmes, qui
identifie des objectifs, des résultats et des activités. Cette stratégie ne devrait pas se
contenter d’appuyer les femmes dans les activités qu’elles réalisent déjà, mais devrait
appuyer les femmes à réaliser les activités dans lesquelles elles souhaitent
s’impliquer. Cela suppose d’aborder des questions complexes de droits et de
discriminations, comme l’accès à la terre.
viii. Etudier des alternatives au fonds de roulement intrants pour garantir l’accès aux
intrants à long terme, par exemple, des formules de collaboration entre usiniers,
fournisseurs d’intrants et producteurs comme cela a été proposé par la plateforme de
Gagnoa en Côte d’Ivoire, ou d’accès au crédit auprès d’institutions spécialisées.
ix. Renforcer la dimension régionale du projet, au travers de partenariats, de la
coordination et de l’échange d’expérience avec d’autres projets et institutions
d’envergure régionale (ex : West Africa Trade Hub Network de l’USAID, Programme
régionale du système intensif de riziculture du CORAF, Africa Rice Center,…), et de
l’identification dès la phase de conception du projet de partenariats et d’initiatives
inter pays.
x. Supporter les gouvernements dans l’appropriation de l’approche de l’APRAO, qui a
produit des résultats importants dans un domaine qui figure parmi les priorités du
développement agricole et pour la sécurité alimentaire dans les stratégies nationales
sectorielles concernées. Ces résultats devraient être consolidés et répliqués. Cela
devrait impliquer la mobilisation de la part des gouvernements des moyens
nécessaires pour que les structures d’encadrement partenaires du projet puissent
poursuivre le suivi et la consolidation des actions mises en œuvre. Un effort devrait
être également fait pour pérenniser les acquis obtenus en termes de réhabilitation et
redynamisation des filières semencières, et permettre qu’elles se maintiennent
fonctionnelles et pour .accélérer les procédures de définition de tutelle institutionnelle.
xiv
Evaluation finale du projet APRAO
1 Introduction
2. L’évaluation finale du projet APRAO a pour objectif, tel que défini dans les Termes de
Référence (TdR) de cette évaluation, « de fournir une appréciation et des recommandations à
l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), aux pays
participants et au bailleur de fonds sur les accomplissements du projet en fonction des
objectifs fixés. L’évaluation finale a le double objectif de responsabilité de rendre compte à
toutes les parties prenantes et de contribuer à l’apprentissage organisationnel ».
3. En plus de cela, comme indiqué dans les TdR, mais aussi au travers des attentes
exprimées par les parties prenantes lors des entretiens menés avec elles, des
recommandations étaient attendues pour la conception et la mise en œuvre de programmes
similaires dans la région, et dans la perspective de la mise en œuvre d’une deuxième phase du
projet APRAO. Pour cela, les équipes du projet dans les 5 pays couverts avaient déjà rédigé
des notes conceptuelles au moment de l’évaluation.
5. Les TdR de l’évaluation, rédigés par le Bureau de l’Evaluation de la FAO (OED) sont
présentés en annexe 1.
8. L’une des étapes clés de l’évaluation a été l’atelier de bilan du projet APRAO qui s’est
tenu à Yamoussoukro du 24 au 26 septembre 2013 et auquel l’équipe d’évaluation a
participé. Lors de cet atelier, les équipes du projet des 5 pays couverts ont présenté les
principales activités mises en œuvre, les résultats et effets obtenus pendant toute la durée du
projet dans leur pays respectif, de même que des notes conceptuelles pour une seconde phase
du projet. Ces présentations ont constitué un point de départ pour l’équipe d’évaluation, qui
s’est ensuite attachée à approfondir et trianguler les informations présentées par chaque
15
Evaluation finale du projet APRAO
équipe pays. L’atelier a également permis de mener des entretiens directs avec les équipes du
Niger et de la Mauritanie, non couverts par la mission de terrain, et avec des partenaires et
parties prenantes de l’APRAO en Côte d’Ivoire.
Table 1
Sites Caractéristiques
Côte d’Ivoire
Yamoussoukro - Zone de culture de riz dans les bas-fonds
- Visite collective lors de l’atelier bilan du projet. Pas d’entretiens
directs avec les bénéficiaires
Gagnoa - Zone de culture de bas-fonds et de plateaux. Intervention de
l’APRAO principalement dans les bas-fonds
Mali
Dioro - Zone de l’Office du riz de Ségou, de culture en immersion
contrôlée
San - Zone de culture irriguée
Sélingué - Zone de culture pluviale
Sénégal
Bokhol - Vallée du fleuve Sénégal, culture irriguée
Podor - Vallée du fleuve Sénégal, culture irriguée
Nioro - Zone de Kaolack, culture pluviale de plateau
Djilor - Zone de Fatick, culture pluviale de plateau et de bas-fonds
11. L’équipe d’évaluation a mis en œuvre une approche destinée à obtenir des informations
les plus fiables possible, au travers de la triangulation des sources d’information
(bibliographie, équipes du projet, partenaires, bénéficiaires). La triangulation a également été
mise en œuvre dans le fonctionnement de l’équipe, qui a régulièrement réalisé des séances de
travail pour mettre en commun et discuter les informations collectées, et identifier les
informations manquantes ou pour lesquelles de vérifications devaient être réalisées.
12. L’approche, essentiellement qualitative, a été enrichie par l’utilisation des données
quantitatives disponibles dans la bibliographie.
16
Evaluation finale du projet APRAO
13. Les principales contraintes et limites pour la réalisation de l’évaluation sont de trois
ordres : i) deux des cinq pays couverts par le projet n’ont pas été visités lors de la mission de
terrain, ii) le temps disponible dans les trois pays visités était limité, iii) le projet dans sa
conception initiale ne comprenait pas une définition quantifiée des activités, résultats et
objectifs attendus.
14. Le Niger et la Mauritanie n’ont pas été visités pendant la mission de terrain. De ce fait,
l’équipe d’évaluation n’a pas pu réaliser d’entretiens avec les tutelles, partenaires et
bénéficiaires du projet et d’observations directes dans ces pays. Les informations analysées
proviennent donc essentiellement des données secondaires qui n’ont pas pu être triangulées.
Des entretiens avec les équipes de la FAO responsables de la mise en œuvre du projet au
Niger et en Mauritanie ont néanmoins été réalisés en marge de l’atelier bilan de
Yamoussoukro, au démarrage de la mission de terrain. Ces entretiens ont, dans une certaine
mesure, permis d’obtenir une description plus détaillée de certaines actions.
15. Dans les trois pays visités, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal, le temps disponible
pour la mission de terrain, employé en partie pour parcourir des grandes distances, a limité le
temps effectif de collecte et d’analyse d’information. Le nombre de sites d’intervention qui a
été visité est considéré comme suffisant pour avoir une bonne image de l’intervention dans
son ensemble dans les trois pays (2 sur 3 en Côte d’ivoire, 3 sur 10 au Mali et 4 sur 5 au
Sénégal), mais sur chaque site visité, l’équipe d’évaluation n’a bénéficié que d’un temps
limité. Elle n’a pu s’entretenir qu’avec une partie des organisations de producteurs
bénéficiaires et en général qu’avec les membres des bureaux des organisations rencontrées.
Afin de compléter l’approche de triangulation et d’obtenir des informations les plus fiables
possible, il aurait été souhaitable de réaliser des entretiens systématiques avec des
bénéficiaires hommes et femmes non-membres des bureaux, en groupe et individuellement.
16. L’absence de quantification des activités, résultats et objectifs, de même que des
indicateurs proposés dans le document de projet, limite la capacité de l’équipe d’évaluation
de réaliser l’évaluation du critère de l’efficacité de la mise en œuvre. Il n’est en effet possible
de juger de l’efficacité en comparant les réalisations avec ce qui était prévu dans la
conception du projet qu’à condition que les activités, résultats et objectifs prévus soient
suffisamment détaillés dans leur conception, et en particulier que des indicateurs quantifiés y
soient associés. Cette contrainte a été en partie contournée en utilisant comme prévisions de
référence les plans d’action réalisés au début du projet ou au début de périodes de
planification semestrielles ou annuelles. Cependant, ces plans ne constituent pas des
documents officiels sur lesquels la FAO s’est engagée notamment vis-à-vis du bailleur de
fonds. L’équipe d’évaluation a formulé une recommandation pour améliorer la conception et
pour permettre l’évaluation de l’efficacité de projets similaires dans le futur.
17
Evaluation finale du projet APRAO
2 Contexte du projet/programme
17. Le riz est une céréale de toute première importance en Afrique de l’Ouest. D’après les
TdR de l’évaluation, 9,9 millions de tonnes de riz ont été consommées en 2006 dans la
région, l’Afrique de l’Ouest a produit 65% du paddy produit en Afrique subsaharienne sur la
période 2001-2005, la production dans la région a doublé entre 1985 et 2005.
18. Le riz est un aliment de base de la consommation des ménages, il est la deuxième
céréale la plus consommée après le maïs à l’échelle régionale. En Côte d’Ivoire, il est devenu
l’aliment principal de la population, avec une consommation annuelle estimée à 58 kg par
habitant1. Au Mali, il est l’une des principales céréales consommées, avec une consommation
moyenne par habitant comprise entre 61 et 68 kg par an2. Au Niger, il représente la troisième
céréale consommée après le mil et le sorgho, avec une consommation annuelle par habitant
de 41 kg3. La consommation annuelle de riz en Mauritanie est estimée à 46 kg par personne4,
ce qui représente 14% des besoins en céréales5, tandis que la consommation de riz au
Sénégal est de 90 kg par habitant6.
20. Cette dépendance crée une vulnérabilité des pays couverts vis-à-vis des fluctuations du
marché international, notamment en ce qui concerne les prix. La flambée des prix des denrées
alimentaires en 2007 et 2008, et les émeutes qui l’ont suivie dans plusieurs pays d’Afrique de
1
Aperçu du Développement Rizicole au Mali, FAO, Division de la production végétale et de la protection des
plantes
2
Présentation de la Coordination de l’APRAO au Mali lors de l’atelier régional bilan du 24-26 septembre 2013
à Yamoussoukro
3
Présentation de la Coordination de l’APRAO au Niger lors de l’atelier régional bilan du 24-26 septembre 2013
à Yamoussoukro
4
Présentation de la Coordination de l’APRAO en Mauritanie lors de l’atelier régional bilan du 24-26 septembre
2013 à Yamoussoukro
5
Document de projet APRAO
6
Aperçu du Développement Rizicole au Sénégal, FAO, Division de la production végétale et de la protection
des plantes
7
TdR de l’évaluation
8
Présentation de la Coordination de l’APRAO en Côte d’Ivoire lors de l’atelier régional bilan du 24-26
septembre 2013 à Yamoussoukro
9
Aperçu du Développement Rizicole au Mali, FAO, Division de la production végétale et de la protection des
plantes
10
Présentation de la Coordination de l’APRAO au Niger lors de l’atelier régional bilan du 24-26 septembre
2013 à Yamoussoukro
11
Présentation de la Coordination de l’APRAO en Mauritanie lors de l’atelier régional bilan du 24-26 septembre
2013 à Yamoussoukro
12
Aperçu du Développement Rizicole au Mali, FAO, Division de la production végétale et de la protection des
plantes
18
Evaluation finale du projet APRAO
l’Ouest étaient une des conséquences de cette vulnérabilité. Il est prévu que cette
vulnérabilité augmente dans le futur, étant donné que seulement 6% de la production
mondiale est mise sur le marché international13, et que les pays traditionnellement
exportateurs tendent à consommer une part croissante de leur production. Aussi, des mesures
d’urgence ont été prises par les gouvernements lors de la flambée des prix de 2007 et 2008, et
ont permis de faire baisser les prix. Mais il s’agissait de mesures de cours terme non
soutenables sur le long terme. Depuis lors, la tendance d’évolution des prix est à la hausse.
21. Les institutions régionales ont pris conscience de cette situation, et ont placé la
production de riz parmi les priorités pour le développement agricole. Ainsi, la Politique
Agricole Unifiée (PAU) de l’Union Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
(UEMOA), engagée en 2002, s’est fixé comme objectif de contribuer durablement à la
satisfaction des besoins alimentaires de la population, au développement économique et
social des Etats membres et à la réduction de la pauvreté en milieu rural. La chaîne de valeur
du riz est l’un des cinq produits agricoles couverts par cette politique. Le riz figure en bonne
place dans le Programme de Productivité Agricole de l’Afrique de l’Ouest (PPAAO),
notamment au travers du programme régional de développement du système de riziculture
intensive (SRI) en cours d’élaboration par le CORAF. Ce programme est une illustration du
défi et de l’enjeu pour la recherche d’une solution structurelle durable à la sécurité
alimentaire à travers le développement de la chaîne de valeur du riz dans la région.
22. Les institutions nationales ont également pris conscience de l’importance du riz et leur
vulnérabilité. Ainsi :
23. La FAO, consciente des enjeux régionaux autour du riz, notamment à la suite des
émeutes de 2007-2008, et de la priorité désormais accordée à cette filière par les institutions
de la région, a pris l’initiative d’appuyer les stratégies nationales relatives au riz dans les cinq
pays couverts par le projet, au travers de l’identification et de la mise en œuvre de l’APRAO.
13
Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture, Ministère de l’Agriculture du Mali, Mai 2009
19
Evaluation finale du projet APRAO
- Dans les 5 pays, de vastes terres sont inexploitées et pourraient l’être, notamment au
travers d’aménagements hydro agricoles,
- Selon les entretiens réalisés avec de nombreux informateurs dans les trois pays
visités, les consommateurs préfèrent le riz produit localement par rapport au riz
importé, notamment du fait de ses caractéristiques gustatives, mais le rejettent
souvent du fait de sa qualité insuffisante (présence de cailloux et d’impureté qui
nécessite un travail de nettoyage préalable à la cuisson).
- Plusieurs contraintes sont relevées pour la production de paddy : faible utilisation
des variétés améliorées et des semences certifiées, faible maîtrise des techniques
culturales, accès au crédit, accès aux semences et aux intrants, faible accès au
matériel, pression des parasites et des ravageurs.
- Plusieurs contraintes ont également été identifiées au niveau de la transformation et
la commercialisation du riz blanc : faible performance des circuits de
commercialisation, pertes post-récoltes, opérations artisanales de récolte, post-
récolte et transformation du paddy qui nuisent à la qualité du riz produit.
25. L’identification de l’APRAO repose donc sur un constat qui intègre trois éléments
principaux :
- Le riz est une denrée essentielle dans les pays ciblés, c’est un des aliments de base
de la population ;
- La production nationale insuffisante et la dépendance vis-à-vis des importations
créent une forte vulnérabilité face aux fluctuations du marché mondial, qui met en
danger la sécurité alimentaire des ménages ;
- Il existe un potentiel d’augmentation de la production de riz blanc de qualité qui peut
être compétitif avec le riz importé.
26. L’objectif général du projet APRAO, tel que défini dans le document de projet, est
« d’accroître la production nationale de riz dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest, membres de
la CEDEAO », pour contribuer à la sécurité alimentaire. Cet objectif est jugé pertinent à la
vue de ces trois éléments, du diagnostic réalisé, du contexte et de l’importance du riz dans les
priorités régionales et nationales.
27. L’une des caractéristiques principales du projet est son approche de la chaîne de valeur
du riz. De cette approche découlent les objectifs spécifiques du projet, qui couvrent
l’ensemble de la chaîne de valeur du riz (production et accès aux semences de qualité,
production de paddy, transformation du paddy et commercialisation du riz blanc) :
20
Evaluation finale du projet APRAO
29. Plus spécifiquement, dans tous les pays, à des degrés ou sur des aspects variables,
l’équipe d’évaluation a pu constater au travers des entretiens réalisés, notamment avec les
services en charge des semences, les contraintes suivantes :
21
Evaluation finale du projet APRAO
32. Outre l’approche sur la chaîne de valeur du riz, le projet s’appuie sur d’autres éléments
qui définissent son approche.
22
Evaluation finale du projet APRAO
terrain dans chaque site, et d’autre part de favoriser l’appropriation des actions mise
en œuvre par les partenaires, qui doivent jouer un rôle important dans leur
pérennisation.
• Choix des pays d’intervention : les cinq pays sélectionnés l’ont été sur la base de
l’importance du riz dans la consommation des ménages, et de leur niveau
d’affectation par la crise de la hausse des prix des denrées alimentaires. Ces critères
sont jugés pertinents au regard des objectifs du projet. Le niveau de priorité pour la
coopération espagnole a également été pris en compte.
• Ciblage des sites d’intervention : Dans chaque pays, l’APRAO est intervenu dans
3 à 12 sites, qui ont été choisis sur le critère principal du fort potentiel d’impact
qu’ils représentaient. Cette approche est jugée pertinente étant donnée la durée et
les moyens limités du projet. Néanmoins, dans certains sites, les bénéficiaires sont
soumis à certains facteurs externes, non maîtrisables par le projet, qui peuvent
affecter ses résultats. Par exemple, les bénéficiaires des grands périmètres irrigués
de la vallée du fleuve Sénégal sont tributaires des autres producteurs pour leurs
campagnes rizicoles. Il arrive que certains producteurs n’ayant pas remboursé leurs
crédits de campagne ne puissent participer à la campagne suivante, ce qui peut
empêcher l’ensemble des producteurs d’un périmètre de réaliser une ou plusieurs
campagnes. L’équipe d’évaluation a constaté que le groupement féminin de Bokhol,
bénéficiaire du projet, est dans cette situation, et n’a pas réalisé la dernière
campagne rizicole. Une analyse plus approfondie des facteurs externes qui affectent
la production pourrait être réalisée pour mieux cibler les groupes pour qui les
chances de succès sont les plus importantes. Dans le cas de la vallée du fleuve
Sénégal, les Périmètres Irrigués Villageois (PIV), semblent moins exposés à ce
risque que les grands périmètres irrigués.
• Renforcement des capacités : cette composante transversale du projet est présente
dans toutes les activités mises en œuvre, au travers de la formation des acteurs en
présence et de la dotation d’équipements et de matériel.
• Capitalisation de l’existant : le projet n’a pas cherché à « réinventer la roue »,
mais plutôt à valoriser et diffuser les approches, techniques, équipements déjà
connus et qui ont déjà fait leurs preuves.
• Approche GIPD/CEP : La FAO met en œuvre dans quatre des cinq pays couverts
(à l’exception de la Côte d’Ivoire) le programme GIPD appliqué à d’autres cultures.
La conception de l’APRAO repose sur la valorisation de l’expérience acquise par la
FAO sur cette approche dans la région et son adaptation à la riziculture, de même
que sur la valorisation de la structure existante (ressources humaines, moyens
matériels). Cette approche a été particulièrement appréciée par plusieurs partenaires
rencontrés pendant l’évaluation (par exemple : Office du Riz de Ségou au Mali et
ONG Symbiose au Sénégal).
33. Tous ces éléments sont jugés pertinents car ils ont contribué à favoriser la pertinence
des actions menées en fonction des contraintes spécifiques à chaque pays et à chaque site
d’intervention, l’efficacité et l’efficience de la mise en œuvre du projet compte tenu du
budget et de la durée limités, et l’appropriation et la pérennité des actions mises en œuvre.
23
Evaluation finale du projet APRAO
34. Le budget total du projet de 5.829.015 USD, réparti sur 5 pays, était à priori insuffisant
pour pouvoir atteindre l’objectif d’augmenter la production de riz au niveau national dans
chacun des pays. Certains interlocuteurs considèrent l’APRAO comme un projet pilote du fait
du budget limité. Par définition, un projet pilote cherche plus à valider certaines approches
qu’à avoir un impact direct. Cette définition n’est néanmoins pas mentionnée dans la
conception initiale. Comme on le voit dans le chapitre 5.2, certaines actions ont cependant
engendré des effets significatifs au niveau national.
Table 2
Montants alloués (USD) % des coûts directs (hors frais
administratifs FAO)
Ressources humaines (personnels 845.700 16%
+ consultants)
Investissements pour 225.000 4%
fonctionnement (véhicules,
matériel informatique,…)
Fonctionnement (y compris 778.200 15%
voyages)
Investissements pour les 1.580.000 31%
bénéficiaires (travaux,
équipements, intrants agricoles)
Renforcement des capacités 1.721521 33%
(formations)
36. L’intervention sur cinq pays et une coordination régionale suppose la multiplication de
certains coûts, notamment de personnel, de certains équipements (véhicules, matériel
informatique,…) et de fonctionnement, qui aurait pu affecter l’équilibre du budget et la part
destinée aux activités. Cependant, le projet a bénéficié de la valorisation de certains actifs non
imputés à son budget, notamment les coordinateurs nationaux et certains véhicules. Grâce à
cela, et à l’approche du projet basée sur des partenariats pour la mise en œuvre des activités,
qui a limité le personnel du projet dans chaque pays, le coût des ressources humaines
(personnel et consultants) ne représente que 16% des coûts directs du budget, et les
investissements pour le fonctionnement 4%.
37. Une part très significative du budget (33% des coûts directs) est allouée aux formations
et au renforcement des capacités, ce qui est cohérent étant donnée la primauté accordée au
renforcement des capacités dans l’approche du projet.
38. La durée du projet, initialement de 2 ans et 4 mois est jugée courte pour atteindre les
objectifs de manière durable. Le personnel de l’APRAO au niveau régional et national définit
l’APRAO comme un projet d’urgence, de réponse à la crise de 2007-2008, qui intervient sur
des facteurs structurels et recherche des effets durables en termes d’augmentation de la
production de riz. Certains changements promus par le projet représentent des évolutions
importantes dans les pratiques des producteurs, qui nécessitent du temps pour être
correctement dominées et appropriées. C’est par exemple le cas de l’utilisation de semences
certifiées, qui suppose un investissement majeur dans les facteurs de production par les
producteurs, de l’amélioration des itinéraires techniques, de l’introduction de l’utilisation de
24
Evaluation finale du projet APRAO
39. Pour cette raison, l’équipe d’évaluation recommande la mise en œuvre d’une seconde
phase.
41. Pour la mise en œuvre, le document de projet prévoyait les arrangements suivants :
42. D’après les informations transmises par la FAO, cette structure est conforme au modèle
de gestion décentralisée mis en place par la FAO.
43. D’une manière générale, la chaîne de résultats décrite dans le cadre logique du projet
(activités ⇒ résultats ⇒ objectifs) est correctement définie, et les objectifs spécifiques, les
25
Evaluation finale du projet APRAO
résultats et les activités sont pertinents aux vues des besoins identifiés et de l’approche du
projet, notamment sur la chaîne de valeur du riz, et pour atteindre l’objectif général du projet.
45. En outre, le cadre logique ne propose pas d’indicateurs de mesure des objectifs
spécifiques, et les indicateurs de mesure des résultats, en plus de leur manque de
quantification, sont souvent inappropriés. Un certain nombre d’indicateurs proposés sont en
réalité des indicateurs de suivi des activités, et non de mesure des résultats (ex : ″Nombre
d’ateliers réalisés″, ″Nombre d’exemplaire de textes réglementaires imprimés″, ″Nombre de
techniciens formés″, etc.).
46. Le document de projet présente des objectifs, résultats et activités de manière globale
dans le cadre logique, et une liste d’actions prioritaires spécifiques par pays. L’interprétation
et la mise en œuvre de ce cadre initial se sont caractérisées par leur flexibilité. Au cours de la
phase de mise en œuvre, dans chaque pays et dans chaque site d’intervention, l’équipe du
projet a identifié les problèmes spécifiques de chaque maillon de la chaîne de valeur du riz
qui représentaient les contraintes les plus importantes pour le fonctionnement de la chaîne
dans son ensemble. Cette flexibilité s’est notamment traduite par la prise de décision orientée
vers l’obtention des résultats les meilleurs possibles dans chaque contexte national et local, en
opposition avec la mise en œuvre systématique d’un plan d’action initial rigide.
47. Au-delà du document de projet, une planification des actions pour tout le projet au
démarrage de la mise en œuvre a eu lieu dans certains pays (Mali, Sénégal), mais pas dans
d’autres (Mauritanie), ce qui est regrettable. Un tel exercice est nécessaire, car il permet aux
parties prenantes du projet (équipes de la FAO et partenaires), de s’approprier les objectifs et
les actions proposées, et de les définir de manière plus détaillée, et plus opérationnelle. La
planification périodique a ensuite été réalisée sur une base semestrielle, puis annuelle pour
l’année 2013.
48. La mise en œuvre du projet se caractérise par une volonté constante d’efficience.
L’équipe du projet était consciente du budget limité disponible pour intervenir dans chaque
pays, et a décidé des investissements à réaliser en fonction des bénéfices potentiels qui
pouvaient être obtenus. Cette démarche d’efficience s’est en particulier matérialisée par la
recherche d’effets de leviers pour les investissements réalisés, notamment au travers de
partenariats et de la mutualisation des ressources. Plusieurs exemples peuvent être cités pour
26
Evaluation finale du projet APRAO
illustrer cette approche. Dans chaque cas, les partenariats établis n’étaient pas prévus au
départ, et ont permis d’économiser des fonds qui ont été utilisés pour élargir les actions, ou de
mettre en œuvre des actions qui n’auraient pas pu être réalisées avec le seul budget de
l’APRAO :
50. Le démarrage effectif des activités a connu un retard significatif par rapport à la date de
commencement du projet, fixée au 1er septembre 2010, dans tous les pays à l’exception du
Niger. D’après les rapports semestriels du projet, des ateliers de lancement, qui marquaient le
démarrage officiel des activités dans chaque pays, ont eu lieu aux dates suivantes :
27
Evaluation finale du projet APRAO
51. Les principaux motifs de ces retards sont d’une part certaines difficultés pour la
définition de la tutelle institutionnelle du projet dans chaque pays14, et d’autre part la crise
post-électorale dans le cas spécifique de la Côte d’Ivoire.
52. Le document de projet mentionne très brièvement les dispositions pour le suivi et
évaluation (Chapitre 8. Supervision et revues). Elles prévoient la réalisation d’études
d’impact et des évaluations à mi-parcours et finale.
53. Globalement, le suivi du projet n’a pas reposé sur le cadre logique et ses indicateurs. La
plupart des indicateurs proposés n’ont pas été suivis, ou il n’y a pas de document disponible
qui présente de manière synthétique et consolidée par pays ou au niveau régional, une mesure
de ces indicateurs. Le cadre logique a par conséquent été sous-utilisé, ce qui est une faiblesse
du projet étant donné le rôle central de cet outil dans la plupart des standards de suivi et
évaluation de projet reconnus par les acteurs de la coopération au développement.
54. Les équipes du projet ont néanmoins donné une attention importante au suivi et
évaluation et à la capitalisation. Cela s’est traduit par :
56. La valorisation de ces travaux pour l’évaluation finale, pour faire ressortir clairement
les actions mises en œuvre, leurs résultats et leurs effets, s’avère difficile. En effet, l’approche
pour la réalisation des études de base n’a pas été homogénéisée et les informations sont
disparates entre les pays. Les études de capitalisation et d’impact ne cherchent pas à mesurer
les évolutions par rapport à la situation initiale, et elles ne sont pas non plus homogènes quant
aux informations fournies et à leur présentation, ce qui rend difficile la consolidation au
niveau régional.
14
Le problème principal provenait du fait qu’il a fallu modifier la tutelle institutionnelle du programme GIPD,
souvent sous tutelle des services de protection des plantes, voir au Ministère de l’Environnement (Mauritanie),
vers d’autres services ou Ministères plus pertinents par rapport à la nature et aux objectifs de l’APRAO. Cette
modification a pris du temps.
28
Evaluation finale du projet APRAO
57. En définitive, l’ensemble du dispositif de suivi et évaluation devrait être renforcé, aussi
bien dans sa conception que dans sa mise en œuvre, dans une éventuelle seconde phase de
l’APRAO, ou dans des projets similaires, notamment dans des projets régionaux.
58. La qualité des ressources humaines mobilisées par le projet, et notamment les
coordinateurs et assistants techniques nationaux, est un facteur qui a favorisé la mise en
œuvre efficiente et efficace du projet. Dans 4 des 5 pays couverts, les coordinateurs
nationaux, responsable du programme GIPD, étaient des experts dans plusieurs domaines du
développement agricole, mais pas nécessairement de la riziculture. Pour cela, ils ont été
renforcés d’assistants techniques ayant une expertise en riziculture. Cette combinaison de
compétences et d’expérience a permis de mobiliser une connaissance approfondie des acteurs
en présence et du contexte de la riziculture, qui a joué un rôle important pour l’identification
des sites, des actions et des partenaires les plus pertinents.
59. Ces ressources humaines ont été sélectionnées et ont été opérationnelles rapidement,
notamment les coordinateurs nationaux dans 4 pays qui coordonnaient le programme GIPD.
La gestion des ressources humaines a été plus difficile en Côte d’Ivoire, où 3 coordinateurs
nationaux ce sont succédés et où le programme n’a pas compté avec l’appui d’un assistant
technique. Le remplacement du coordinateur national à deux reprises est une décision de la
tutelle nationale du projet, l’ONDR. Ce facteur, ajouté au retard de démarrage du projet (voir
plus bas), a eu un effet négatif sur la mise en œuvre des activités. On note qu’au Mali,
l’équipe a été affectée par le décès de l’assistant technique, sans que cela n’ait de
conséquences visibles sur la mise en œuvre des activités.
62. La pérennité des actions mises en œuvre est analysée au chapitre 6.4 Durabilité.
29
Evaluation finale du projet APRAO
certains pays ont élaboré un plan d’actions pour l’ensemble du projet (Mali, Sénégal) sans
être certains d’obtenir le budget nécessaire pour mettre en œuvre ce plan. Cela s’est traduit
par la mise en œuvre partielle de certaines activités15. D’autre part, lors de chaque période
intermédiaire de planification des activités (semestrielle en 2010, 2011 et 2012, annuelle en
2013), les coordinations nationales devaient attendre la validation du budget sollicité par la
coordination régionale. Selon les coordinations nationales du Mali et du Sénégal, cette
validation a souvent eu lieu avec retard, et le budget approuvé était systématiquement
inférieur au sollicité, ce qui les a obligés à revoir leur plan d’action.
64. Cependant, selon le coordinateur technique régional, cette approche a également eu des
effets positifs, en termes d’émulation entre pays et d’efficience de la gestion des ressources
financières. Elle a également renforcé la flexibilité de la gestion du budget, et cela a permis
de revoir les allocations budgétaires entre pays lors de chaque période de planification,
semestrielle ou annuelle, en fonction des actions proposées.
65. Cette flexibilité a également été rendue possible par la flexibilité du bailleur de fonds,
qui a autorisé plusieurs révisions budgétaires et l’extension du projet pour une année. Les
révisions budgétaires avaient pour but d’actualiser le budget en fonction des activités
effectivement mises en œuvre. Une dernière révision est prévue à la fin du projet, et
permettra d’ajuster les dernières dépenses. L’extension de 12 mois de la durée du projet était
indispensable compte tenu du retard au démarrage dans la plupart des pays, et de l’état
d’avancement des activités à la fin de la durée initiale du projet.
66. Selon les informations transmises par le Budget Holder, au moment de l’évaluation du
projet, c’est-à-dire 3 mois avant la fin de la période d’exécution, les dépenses réalisées
représentaient 5.377.405 USD, soit 92% du budget initial. Une dernière allocation de fonds
par pays était prévue pour le mois d’octobre. Elle devrait permettre de boucler les dernières
activités et d’exécuter le budget à 100%. Ce niveau de réalisation témoigne de la bonne
maîtrise et gestion du budget par la coordination régionale et le Budget Holder.
67. La gestion des procédures d’achat a posé plusieurs difficultés. Dans plusieurs pays
(Mali, Sénégal), l’utilisation du critère principal de sélection du moins disant, et le manque de
participation des bénéficiaires dans la sélection des équipements dont ils ont bénéficié, a
entraîné un déficit d’adaptation des équipements achetés16. Dans un autre cas (Mauritanie), le
manque de maîtrise des procédures d’achat par une coordination nationale a provoqué
l’annulation d’une activité pourtant identifiée comme essentielle17.
15
Par exemple, au Mali, l’APRAO a appuyé la mise en place d’une mini-rizerie dans la région de San, mais n’a
pas obtenu de la coordination régionale le budget nécessaire pour mettre en place un fonds de roulement pour
l’achat de paddy.
16
L’équipe d’évaluation a pu constater au travers des entretiens avec les bénéficiaires le manque d’adaptation
des équipements achetés pour la coopérative semencière de Sikuraso à Dioro au Mali (donation d’une batteuse
qui a dû être modifiée par la suite avec l’appui financier de l’APRAO), pour le groupement féminin de Bokhol
au Sénégal (donation d’une décortiqueuse alimentée au gasoil qui n’est pas utilisée), pour l’association PENCC
de Taiba Niassène au Sénégal (donation d’une batteuse peu utilisée car trop difficile à déplacer sur les zones de
production de paddy), et pour le GIE Sadar Diogo Senghor à Djilor au Sénégal (donation d’une batteuse et
d’une décortiqueuse qui ne fonctionnent pas).
17
Achat d’une trieuse en Mauritanie
30
Evaluation finale du projet APRAO
68. Au niveau interne, la répartition des responsabilités prévue pour le leadership technique
décrite au chapitre 3.1 Arrangements institutionnels internes n’a pas été respectée. La FAO a
engagé un large processus de décentralisation pendant la période de mise en œuvre du projet,
avec lequel la responsabilité du leadership du projet devait être assumée au niveau régional
par un LTO. Néanmoins, personne n’a assumé clairement cette position et dans les faits, la
direction technique du projet au niveau régional a été assurée par le consultant coordinateur
technique régional. La LTU s’est investie directement à partir de la mi projet pour compenser
ce vide de leadership institutionnel.
69. Etant donnés les enjeux associés à la riziculture et le niveau de priorité donné à cette
culture par les gouvernements des pays de la région, il serait néanmoins souhaitable que la
FAO dispose d’une expertise technique propre (personnel de la FAO) basée dans la région,
pour assurer une véritable direction technique de proximité pour d’éventuels futurs projets
qui intègrent la riziculture et pour représenter la FAO auprès des institutions nationales et
régionales.
70. Au niveau des pays bénéficiaires, malgré le retard au démarrage souvent imputable à la
lenteur de la prise de décision des institutions nationales, notamment pour décider de la
tutelle institutionnelle du projet, le projet s’est très bien intégré dans les dispositifs
institutionnels nationaux, et en particulier dans les stratégies nationales de développement de
la riziculture. Ceci est en particulier illustré par :
- La forte appropriation des objectifs et des actions mises en œuvre par l’ONDR en
Côte d’Ivoire et la Direction Nationale de l’Agriculture au Mali, constatée lors des
entretiens menés avec ces institutions ;
- La participation directe des institutions, services techniques, services des semences
et services d’encadrement dans la mise en œuvre du projet, au travers des
partenariats établis. Cela s’est notamment traduit par la sélection des assistants
techniques nationaux par les autorités de tutelle, et la participation directe à la
réalisation des formations et de l’encadrement des bénéficiaires sur le terrain dans
tous les pays.
- La responsabilisation des institutions nationales pour la planification, la mise en
œuvre et le suivi des activités dans les sites d’intervention. Dans tous les sites visités
pendant l’évaluation, un point focal de l’APRAO était désigné parmi les institutions
partenaires, le plus souvent un membre des services techniques (ex : Direction du
Développement Rural Au Sénégal, délégation locale de l’Agence Nationale de
Développement Rural - ANADER - en Côte d’Ivoire). Des accords ont été signés
avec ces institutions, qui ont directement participé à l’identification des OP
bénéficiaires, à la distribution des intrants et des équipements, et à la formation des
bénéficiaires.
5 Analyse des résultats et contribution aux objectifs établis
71. La liste des actions mises en œuvre par le projet et les résultats obtenus sont présentés
par pays en annexe 5. Le chapitre 5.1 Réalisation au niveau des produits présente une analyse
plus détaillée des actions visitées par l’équipe d’évaluation, ou pour lesquelles l’équipe a pu
avoir des entretiens d’approfondissement avec des parties prenantes. Les sources
d’information sont principalement les entretiens réalisés avec les partenaires et bénéficiaires
31
Evaluation finale du projet APRAO
du projet dans ces zones ou au niveau national. L’équipe d’évaluation n’ayant pas collecté de
données primaires pour la Mauritanie et le Niger, ces pays ne sont pas pris en compte dans ce
chapitre.
72. Le chapitre 5.2 Réalisation au niveau des résultats présente un résumé des résultats et
effets obtenus, tels que mesurés par le projet et présentés dans les rapports de capitalisation
réalisés dans chaque pays. Ce chapitre présente également les facteurs favorables ou
défavorables à l’obtention des résultats dans les pays visités par l’équipe d’évaluation. La
présentation des facteurs favorables et défavorables ne prend pas en compte la Mauritanie et
le Niger car elle se base sur la collecte de données primaires.
73. Les principaux produits observés en Côte d’Ivoire sont les suivants :
[Link] Mise en place de plateformes locale de développement du riz (participe aux objectifs
spécifiques 2, 3 et 4)
74. La principale spécificité de l’APRAO en Côte d’Ivoire est son appui à la mise en place
de plateformes de développement du riz au niveau local, qui rassemblent les acteurs de la
chaîne de valeur du riz. Deux plateformes ont été mises en place, à Yamoussoukro et à
Gagnoa. La plateforme de Yamoussoukro est très récente et, selon le Chef de zone de
l’ANADER, n’a pas encore produit de résultats et d’effets.
[Link] Mise en place d’un fonds de roulement pour l’achat du paddy au niveau des usiniers
à Gagnoa (participe aux objectifs spécifiques 3 et 4)
76. L’une des principales contraintes pour la production de paddy à Gagnoa, et en général
en Côte d’Ivoire selon le directeur de l’ONDR, est le paiement tardif des producteurs
lorsqu’ils commercialisent leur production. Le manque de source de financement des usiniers
qui achètent le paddy les oblige habituellement à payer les producteurs après la
commercialisation du riz blanc.
32
Evaluation finale du projet APRAO
77. La mise en place d’un fonds de roulement au niveau de trois usiniers à Gagnoa leur a
permis de payer les producteurs dès la livraison du paddy, ce qui d’une part constitue un
facteur de motivation, mais aussi leur permet de s’engager dans un nouveau cycle de culture
plus rapidement et plus efficacement (utilisation des doses recommandées d’intrants), car ils
disposent des ressources pour financer la campagne. Le principal effet de cette action est
l’augmentation de la production pour les producteurs concernés, et l’augmentation de la
quantité de riz usiné par les usiniers qui disposent du fonds de roulement.
79. L’APRAO a engagé des actions ayant pour objectif de promouvoir la production locale
de semences pour en faciliter l’accès aux producteurs de paddy. Le projet a en particulier
appuyé la création d’une cellule locale de l’ANASEMCI. Néanmoins, cette action n’a pas
encore produit de résultats significatifs.
81. Les bénéficiaires des intrants ont reçu des formations techniques dans le cadre
l’approche GIPD. Quinze champs écoles ont été mis en place par l’ANADER qui disposait
d’une expérience préalable de cette approche sur d’autres cultures vivrières.
83. Pour cette activité, un partenariat a été engagé avec le Fond Interprofessionnel pour la
Recherche et le Conseil Agricole (FIRCA), qui apporte l’essentiel du financement de la phase
pilote, alors que l’APRAO apporte l’expertise technique. Au moment de l’évaluation, la
phase pilote de mise en place du système n’en était qu’à son lancement, et par conséquent
aucun résultat n’est encore visible pour cette activité.
33
Evaluation finale du projet APRAO
dispositions nationales à l’espace CEDEAO. Cette démarche mériterait d’être appuyée par
l’APRAO, qui a acquis une bonne expérience de ces questions au travers des travaux réalisés
dans les autres pays bénéficiaires.
5.1.2 Mali
[Link] Diffusion des lois et décrets sur les semences (Objectif spécifique 1)
86. En plus de la traduction en langues locales et de la diffusion de la loi semencière et de
son décret d’application au travers de plusieurs canaux, l’APRAO a organisé des ateliers de
formations et d’échanges auxquels ont pris part l’ensemble des acteurs impliqués dans la
production et la certification des semences, et en particulier le laboratoire national
LABOSEM, les contrôleurs et des producteurs. Ces échanges ont permis aux différents
acteurs de comprendre la spécificité et les contraintes propres à leurs activités dans la filière,
et de renforcer la confiance vis-à-vis des autres acteurs et dans le processus de certification
dans son ensemble. Cette confiance était érodée, ce qui affectait la motivation des
producteurs.
88. Dans la zone de San, l’APRAO est intervenu en appui à l’ARPASO pour la production
de semences, en fournissant des intrants et en constituant un fonds de roulement, ce qui
permet aux producteurs d’obtenir les intrants à crédit, qu’ils remboursent à la vente des
semences. Le manque d’accès au crédit, et la seule possibilité d’achat au comptant qui
prévalait avant l’intervention du projet, limitaient l’accès aux intrants.
34
Evaluation finale du projet APRAO
92. Toujours dans la zone de Ségou, les problèmes de maîtrise insuffisante de l’eau dans les
zones de production en submersion contrôlée conduisent à une faible qualité du paddy, qui se
manifeste par des taux de brisure élevés au décorticage. L’étuvage permet de rehausser la
qualité de ce paddy et par conséquent de réduire les taux de brisure à l’usinage. L’appui
apporté à la coopérative féminine de Badenya à Dioro (formation et donation de kits) a
permis d’augmenter la production de riz étuvé et d’améliorer la technique d’étuvage. Cela a
eu pour effet d’améliorer la qualité du riz, et de permettre sa commercialisation face au riz
étuvé importé du Burkina Faso. Ces actions ont ouvert de nouvelles perspectives pour les
membres de cette coopérative, qui envisagent dorénavant de créer des liens commerciaux
directs avec la Guinée, où la demande en riz étuvé est importante, en éliminant des
intermédiaires, et en augmentant ainsi leurs revenus. Une contrainte demeure néanmoins : les
bénéficiaires ne disposent pas de moyens financiers suffisants pour acheter des quantités de
paddy qui leur permettent de valoriser pleinement le potentiel des kits distribués.
93. Dans la zone de San, les principales contraintes liées à la transformation du paddy
étaient la faible qualité des équipements installés localement, des décortiqueuses de capacité
limitée, qui produisaient un riz blanc de qualité insuffisante, avec un fort taux de brisures et la
présence de cailloux et d’impuretés. L’installation de la mini-rizerie au niveau de l’ARPASO
offre aux producteurs la possibilité d’améliorer le rendement au décorticage et la qualité du
riz blanc produit. Néanmoins, jusqu’à présent la quantité de paddy transformé dans la mini-
rizerie est très en dessous de la capacité de cet équipement. L’ARPASO souhaite acquérir un
fonds de roulement pour acheter du paddy et mieux valoriser la mini-rizerie.
35
Evaluation finale du projet APRAO
l’ensemble des problèmes posés sur la chaîne de valeur, et pour représenter les acteurs de la
chaîne auprès des institutions.
5.1.3 Sénégal
98. L’Union des producteurs agricoles de Diattar, également dans la zone de Podor, a initié
la production de semences de qualité grâce à l’appui de l’APRAO, qui lui a permis d’obtenir
un agrément, a réalisé des formations sur la production de semences, et a fourni des intrants à
l’Union. Au travers de cette activité qui doit être consolidée pour qu’elle puisse donner des
résultats durables, l’Union cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis d’autres organisations
de producteurs pour accéder aux semences, et son exposition aux ruptures fréquentes de
disponibilité des semences et à la variation de qualité des semences offertes sur le marché.
100. Plus généralement, l’accès aux intrants, et notamment aux semences de qualité, est une
difficulté dans cette zone, notamment du fait des retards de livraison des intrants
36
Evaluation finale du projet APRAO
subventionnés par l’état. Cette difficulté, couplée avec la difficulté d’assumer les coûts de
production pour les agriculteurs (intrants, tracteurs, coûts hydrauliques), empêchent beaucoup
d’agriculteurs de cultiver toutes les surfaces aménagées qu’ils possèdent. La fourniture
d’intrants a permis aux bénéficiaires d’accéder plus facilement à ces moyens de production,
et ainsi d’augmenter leurs surfaces cultivées, et leur production. La mise en place des fonds
de roulement à partir des intrants fournis peut permettre aux producteurs qui souhaitent semer
tôt d’initier leur culture sans attendre la livraison des intrants subventionnés.
102. Le projet a également appuyé cette activité dans la zone de Fatick (GIE féminin Sadar
Diogo Senghor), où elle était pratiquée depuis longtemps de manière artisanale. Les
formations réalisées et la donation de kits d’étuvage ont permis d’augmenter la production de
riz étuvé et d’améliorer la qualité. Alors que le riz étuvé ne servait qu’à la consommation des
ménages auparavant, les résultats engendrés par le projet permettent maintenant aux
bénéficiaires de commercialiser une partie de leur production et d’obtenir des revenus.
103. Comme dans les autres pays, l’APRAO a facilité l’acquisition d’équipements de
transformation au Sénégal, pour améliorer la qualité du riz produit, et sa compétitivité face au
riz importé. Le groupement de femmes UTPA, au sein d’UJAK, a reçu une décortiqueuse qui,
utilisée en prestation de service pour les producteurs de paddy, de générer des revenus pour le
groupement, et d’améliorer la qualité du riz blanc. Cependant plusieurs problèmes ont été
observés avec les équipements remis à d’autres groupes visités lors de l’évaluation, qui
affectent les résultats planifiés.
106. Au Niger, l’ensemble des actions menées pour la redynamisation du secteur semencier
a conduit à la production de plus de 350 tonnes de semences R1 et R2 en 2012 ce qui
représente, d’après la coordination nationale, une part significative des besoins nationaux en
semences. Ces résultats peuvent potentiellement engendrer un impact significatif sur les
rendements et la production de paddy au niveau national.
37
Evaluation finale du projet APRAO
107. Au Mali, l’ensemble des actions menées au niveau du processus de certification des
semences a conduit à une baisse des rejets dans les zones appuyées par le projet de 20% en
2010 à 6% en 2012. Cela se traduit d’une part par une augmentation des revenus des
producteurs de semences concernés, et d’autre part par la mise à disposition d’une quantité
plus importante de semences certifiées pour les producteurs de paddy, qui pourra
éventuellement engendrer une augmentation de la production de paddy.
108. Au Sénégal, la mise à disposition de semences de qualité dans les zones pluviales,
indisponibles avant le projet, représente également un potentiel d’augmentation des
rendements et de production de riz paddy. Elle permet surtout aux nouveaux producteurs de
riz de plateau dans ces zones de pouvoir s’engager dans cette culture.
109. Les actions d’appui aux producteurs semenciers dans tous les pays ont essentiellement
obtenu des résultats et effets au niveau local, dans les sites d’intervention du projet :
110. Les actions d’appui aux producteurs de paddy, comme pour les producteurs de
semences, ont obtenu des effets au niveau local, dans les sites d’intervention du projet :
111. Les actions d’appui à la transformation du riz ont engendré les effets suivants dans les
sites d’intervention du projet :
38
Evaluation finale du projet APRAO
- En Côte d’Ivoire, augmentation de 67% du riz usiné par les usiniers détenteurs des
fonds de roulement; amélioration de la qualité du riz blanc ; augmentation de la
demande de riz produit localement ;
- Au Mali, amélioration des rendements à l’usinage ; amélioration de la qualité du riz
usiné, création de 11 emplois dans la mini-rizerie ; réduction des pertes post –récolte
de 50%, augmentation de la quantité et de la qualité du riz étuvé ; amélioration de la
compétitivité et de la commercialisation du riz étuvé ;
- Au Niger, réduction de 20% des pertes au battage, réduction du temps passé au
battage, augmentation de la qualité du paddy ; augmentation de la quantité et de la
qualité du riz étuvé, et de son prix de vente ; réduction de la consommation de bois
et de la pénibilité pour l’étuvage ;
- Au Sénégal, amélioration de la qualité du riz décortiqué.
112. En ce qui concerne l’utilisation des produits normatifs de la FAO, l’APRAO a
essentiellement valorisé l’expérience de l’organisation et les produits existants pour
l’approche GIPD/CEP. L’APRAO a réalisé des efforts importants pour capitaliser ses actions
et les résultats obtenus, notamment au travers du site internet du projet, sur lequel l’ensemble
des documents produits par le projet sont disponibles.
39
Evaluation finale du projet APRAO
Table 4: Mali
Facteurs favorables Facteurs défavorables
Facteurs de mise en œuvre
- Planification précoce de l’ensemble des achats a - Démarrage tardif des activités du fait de la lenteur
permis de réaliser tous les achats d’équipements de la désignation de la tutelle institutionnelle ;
prévus - Le projet n’a pas apporté de fonds de roulement
- Efficience de la gestion du projet dans son pour l’achat du paddy pour la mini-rizerie et
ensemble, a permis de mettre en œuvre un grand l’étuvage, ce qui limite la valorisation de ces
nombre d’activités infrastructures et équipements
- Pertinence du choix des groupes bénéficiaires, et
analyse des besoins clés
- Facteurs contextuels
- Tradition de culture de riz en submersion non - Difficultés d’accès dans certaines zones du fait de
contrôlée et de bas-fonds l’insécurité liée à la crise politique
- Forte adhésion de la DNA à la mise en œuvre du - Maîtrise insuffisante de l’eau dans certaines zones
projet de l’Office du riz de Ségou
- Organisation préalables des Op a favorisé la mise - Présence, récurrence et résistance du riz sauvage
en œuvre du projet rouge dans les semences produites
- Accès à la terre limité pour les femmes dans les
zones aménagées
Table 5: Sénégal
Facteurs favorables Facteurs défavorables
Facteurs de mise en œuvre
- Choix d’appuyer surtout le riz pluvial qui - Retard de mise en place des intrants la première
représente un potentiel supérieur pour des année
investissements plus limités - Sélection de bénéficiaires qui ne présentent pas
- Approche genre a permis d’avoir un taux de toujours un fort potentiel de développement du riz
bénéficiaires femmes d’autour de 50% des (ex : GIE féminin de Bokhol)
bénéficiaires
Facteurs contextuels
- Très fort intérêt pour le développement du riz en - Revenus importants obtenus avec le maïs dans la
zone pluviale zone pluviale, et priorité donnée à cette culture, ce
- Accès à la terre pour les femmes dans la zone de qui affecte le calendrier agricole du riz, voir dévie
Fatick (Djilor) une partie des engrais riz sur le maïs
- Des inondations ont affecté la production de
semences dans la zone de Podor
- Système de caution solidaire entre les GIE des
grands périmètres irrigués dans la vallée du fleuve
Sénégal, qui peut paralyser plusieurs GIE si un seul
ne rembourse pas ses crédits de campagne
- Difficulté d’accès aux tracteurs dans la zone du
fleuve
- Accès à la terre limitée pour les femmes dans les
zones irriguées, et dans la zone de Kaolack
- Risque climatique en zone pluviale
40
Evaluation finale du projet APRAO
113. L’approche genre est absente de la formulation des objectifs du projet et des critères de
sélection des sites d’intervention, mais elle est mentionnée dans le document de projet de la
manière suivante :
116. En l’absence d’une analyse approfondie des stratégies, priorités et contraintes des
femmes dans la chaîne de valeur du riz, le projet ne compte pas non plus avec une stratégie
élaborée pour renforcer le rôle des femmes.
117. Le Mali représente néanmoins une exception à ce constat, avec la réalisation d’une
étude sur la participation des femmes dans la mise en œuvre du projet. Cette étude a permis
d’identifier de manière détaillée les bénéfices spécifiques du projet pour les femmes, et de
formuler des recommandations pour améliorer les résultats obtenus pour les femmes.
Cependant, cette étude ne livre pas non plus une analyse des contraintes des femmes pour
participer aux différents maillons de la chaîne de valeur du riz.
118. L’intégration des femmes parmi les bénéficiaires a malgré tout été un des objectifs des
équipes de l’APRAO dans la mise en œuvre des activités. Cet objectif s’est traduit par :
- La désagrégation de certains résultats à la fin du projet par sexe. Ces données restent
déficitaires et il est difficile de reconstituer le nombre et la proportion de femmes
bénéficiaires du projet pour les différentes activités à partir des différents documents
disponibles (rapports de capitalisation) ;
- L’intégration d’un chapitre « Renforcement du rôle des femmes » dans les
présentations réalisées lors de l’atelier bilan de Yamoussoukro ;
- L’intégration de proportions variables de femmes parmi les bénéficiaires des
différentes activités du projet, et notamment l’intégration de plusieurs OP féminines.
41
Evaluation finale du projet APRAO
120. Le renforcement des capacités est une des mesures transversales du projet, présente
dans toutes les activités, et sans aucun doute un des points forts du projet. Le renforcement
des capacités est largement présent dans la conception du projet, dans les activités proposées
et comme mesure destinée à permettre la durabilité des actions mises en œuvre.
121. L’approche pour le renforcement des capacités comprenait deux éléments principaux :
la formation et le recyclage, et le transfert d’infrastructures et d’équipements. La liste des
activités est visible dans les tableaux de présentation des produits présentés en annexe 5.
122. Les principaux bénéficiaires et les effets de ces actions sont les suivants :
Table 6
Bénéficiaires Actions Effets
Laboratoires d’analyse des • Réhabilitation • Remise en fonctionnement (Mauritanie)
semences et centres d’installations (Niger, • Amélioration du fonctionnement (Niger,
semenciers Mauritanie) Côte d’Ivoire)
• Donation de fourniture • Augmentation du nombre d’échantillons
(Côte d’Ivoire) analysés (Mali, Sénégal)
• Financement des coûts
d’analyse (Mali, Sénégal)
Services de contrôle et de • Formation/recyclage des • Amélioration de la qualité des semences
supervision de la contrôleurs (tous les pays) • Réduction des rejets à la certification
production de semences • Equipement des contrôleurs (Mali)
• Financement des
déplacements pour contrôle
au champ (Mali, Sénégal)
Producteurs de semences • Formation technique et en • Amélioration de la qualité des semences
gestion (tous les pays) • Réduction des rejets à la certification
• Fourniture d’intrants et • Accès aux intrants
constitution de fonds de • Amélioration des techniques de production
roulement (tous les pays) • Augmentation de la production de
• Fourniture d’équipements semences
post-récolte • Amélioration de la disponibilité des
semences pour les producteurs de paddy
• Amélioration de la commercialisation des
semences
42
Evaluation finale du projet APRAO
123. L’objectif du projet est de renforcer la sécurité alimentaire de la population des cinq
pays ciblés au travers de l’augmentation de la production de riz de qualité. Il participe donc à
l’objectif de promouvoir le droit à l’alimentation, pour les bénéficiaires directs au travers de
l’augmentation de leur production consommée directement, et des bénéficiaires indirects,
grâce de l’augmentation de la disponibilité en riz compétitif sur les marchés.
124. Au-delà de cet objectif, le projet n’a pas développé d’approche spécifique basée sur les
droits, dans sa conception et sa mise en œuvre. Néanmoins, pour la seule activité ayant
conduit à la création d’emplois (mini rizerie à San au Mali), l’équipe du projet a sensibilisé
l’OP bénéficiaire pour qu’elle n’emploie pas d’enfants.
126. L’approche développée pour l’établissement des partenariats s’est basée sur le
processus suivant :
43
Evaluation finale du projet APRAO
128. Parmi les partenariats directement observés par l’équipe d’évaluation, on peut citer les
partenariats suivants comme étant particulièrement pertinents :
131. Le FIRCA est un organisme dirigé par les filières agricoles privées et dont le mandat et
la recherche agricole au service de ces filières. Sa capacité à mobiliser des financements
pourra jouer un rôle important dans la mise en œuvre du changement d’échelle du système
d’information sur les semences une fois la phase pilote terminée.
5.6.2 Mali
132. En plus des partenariats qui ont eu pour objet la mise en œuvre des activités sur le
terrain, l’APRAO a eu pour partenaire et tutelle institutionnelle pour l’ancrage, la direction et
la coordination du projet, la Direction Nationale de l’Agriculture. Le projet a également établi
un partenariat avec la Division des semences, pour les actions relatives à la certification des
semences.
133. Les partenariats avec le secteur de Kita, Lux Développement et l’ARPASO ont eu pour
objet la mutualisation de ressources qui ont permis de réaliser des activités qui n’auraient pu
être mises en œuvre avec le seul budget de l’APRAO.
134. Le projet IESA, également financé par l’Espagne et intervenant dans les aménagements
hydro agricoles, en particulier pour la riziculture, était un partenariat naturel qui entrait dans
la stratégie de la Coopération Espagne de favoriser les synergies entre projets qu’elle finance,
et compte tenu du fait que les deux projets sont mis en œuvre par la FAO et sont
complémentaires.
135. Enfin, les structures d’encadrement dans les zones d’interventions de l’APRAO étaient
également les partenaires potentiels les plus pertinents pour mettre en œuvre les activités sur
le terrain étant donné leur mandat, les ressources humaines et matérielles dont ils disposent,
et leur présence permanente qui peut favoriser la poursuite et la pérennisation des actions.
44
Evaluation finale du projet APRAO
5.6.3 Sénégal
136. L’équipe d’évaluation a pu constater directement la pertinence des partenariats avec les
DRDR, institution en charge de la vulgarisation agricole, dont la présence permanente sur le
terrain est un facteur favorable pour la poursuite et la pérennisation des actions.
137. L’ONG Symbiose est pionnière dans l’introduction de la culture de plateau dans la
région de Kaolack. Le projet a valorisé l’expérience acquise par cette ONG à petite échelle.
Sa présence permanente et son engagement à long terme pour le développement de la
riziculture de plateau dans la région constituent également un facteur de pérennisation.
6.1 Pertinence
139. Dans tous les sites visités, l’équipe d’évaluation a pu constater que la production de riz
est une priorité pour les bénéficiaires. Le riz constitue la première ou une des premières
denrées alimentaires consommées par les bénéficiaires et un potentiel de génération de
revenus, et est par conséquent au centre des stratégies de moyens d’existence.
140. Dans chaque site d’intervention, et avec chaque OP bénéficiaire, l’identification des
activités mises en œuvre a été réalisée dans le cadre d’une approche participative qui a
associé les partenaires et les OP bénéficiaires. Cette approche a permis d’identifier les
maillons faibles de la chaîne de valeur du riz dans chaque site, et les besoins spécifiques des
bénéficiaires pour apporter des solutions pertinentes et efficientes et leur permettre de
développer leurs stratégies.
141. En côte d’Ivoire, les objectifs de l’APRAO sont cohérents avec la SNDR dont la vision
est d’atteindre l’autosuffisance en riz, de constituer un stock de sécurité et d’exporter les
surplus de production. Les objectifs spécifiques du projet sont cohérents avec les priorités de
la stratégie, et notamment les priorités 1. Développement d’un secteur semencier, et 3. Appui
à la transformation et à la mise en marché du riz local, et avec les approches 1. Mise en place
d’un système durable de production de riz local et 2. Mise en place d’un système de
valorisation de la production locale. Le projet est également en phase avec les objectifs de
l’ONDR et en particulier la mise en place de pôles de développement du riz au niveau local.
142. Au Mali, l’APRAO appuie la SNDR dont l’objectif est de satisfaire la consommation
intérieure et de faire du Mali un pays exportateur net de céréales dont le riz. En particulier,
l’APRAO est en parfaite cohérence avec les objectifs spécifiques 2. Accès aux intrants
agricoles, 4. Mécanisation de la production agricole, 5. Renforcement de la capacité de
recherche et de l’encadrement et transfert des innovations technologiques, et 6. Amélioration
de la qualité des produits par la modernisation des opérations post-récoltes et organisation de
la commercialisation.
45
Evaluation finale du projet APRAO
143. Au Niger, les objectifs de l’APRAO sont également cohérents avec les objectifs de la
SNDFR, qui sont d’augmenter le revenu des riziculteurs et des travailleurs qui contribuent à
la valorisation du riz, et de satisfaire la consommation et le marché national en riz. Parmi les
stratégies priorisées dans la SNDFR pour atteindre ces objectifs, on relève l’augmentation des
rendements en riz, avec l’accès aux semences et aux engrais, et l’appui-conseil aux
producteurs pour réaliser l’objectif stratégique 1 de la SNDFR ; le transfert de technologies
nouvelles de transformation et l’amélioration de la transformation artisanale pour réaliser
l’objectif stratégique 2 ; l’appui à la structuration de la filière, avec notamment la constitution
d’une interprofession pour appuyer l’objectif stratégique 3.
144. Au Sénégal, le PNAR a pour but d’augmenter la production nationale de riz afin de
couvrir les besoins du pays, notamment au travers du financement de la production, du
matériel de production et de post-récolte et de l’appui à la commercialisation, aussi bien en
zone irriguée qu’en zone pluviale. Les actions de l’APRAO appuient directement ces
objectifs.
145. La pertinence du projet au regard des stratégies sectorielles pour la Mauritanie n’a pas
pu être appréciée car l’équipe d’évaluation n’a pas eu accès aux documents de stratégies
nationales et n’a pas pu mener d’entretiens avec les institutions concernées.
6.1.3 Pertinence au regard des Cadres de Programmation Pays (CPP) de la FAO et des
Plans Cadre des Nations Unies pour l,’Aide au Développement (PCNUAD)
146. L’équipe d’évaluation a eu accès aux documents CPP et PCNUAD pour le Mali, la
Mauritanie, et le Sénégal. En conséquence, seuls ces pays sont pris en compte dans ce
chapitre.
147. Au Mali, le premier CPP élaboré par la FAO couvre la période 2013-2017. Il n’y avait
donc pas de CPP de référence lors de l’identification de l’APRAO. Les objectifs du projet
sont néanmoins cohérents avec la priorité 1 du CPP 2013-2017 : Appui à la production, à la
compétitivité des filières et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et à ses produits 1.1 et
1.3. Le projet appuie l’effet 1 du PCNUAD 2013-2017 : Les populations rurales et
périurbaines bénéficient d’une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle dans un
environnement mieux préservé.
148. Comme pour le Mali, en Mauritanie, le premier CPP élaboré couvre la période 2013-
2016. Le projet appuie l’objectif de la disponibilité de produits vivriers en qualité et quantités
suffisantes de cette stratégie. Pour ce qui est du PCNUAD, le projet appuie l’axe de
coopération 1 : Lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, et son premier résultat :
amélioration de l’accès durable aux moyens techniques de production pour les populations
vulnérables.
149. Comme pour les autres pays, le premier CPP élaboré pour le Sénégal couvre la période
2013-2017. Le projet appuie son domaine prioritaire 1 : Amélioration de la productivité et de
la compétitivité des productions agricoles, et notamment son effet 1. Il appuie également
l’axe 1 du PCNUAD 2012-2016 : Création d’opportunités pour le développement
économique du monde rural qui prévoit des effets en termes d’augmentation des revenus et
de sécurité alimentaire et nutritionnelle.
46
Evaluation finale du projet APRAO
6.2 Efficience
150. D’une manière générale, comme on l’a dit plus haut, la recherche d’efficience et de
bénéfices les plus importants possible pour chaque investissement a été une démarche
constante dans la mise en œuvre du projet. De manière plus spécifique, l’efficience de la mise
en œuvre du projet a été affectée positivement ou négativement par plusieurs facteurs
internes.
151. La planification basée sur l’identification des maillons faibles de la chaîne de valeur du
riz sur chaque site d’intervention a permis de trouver des solutions aux problèmes les plus
importants, et de rechercher des solutions pouvant avoir un effet sur l’ensemble de la chaîne.
152. L’approche participative pour l’identification des actions dans chaque site a permis
d’appuyer les priorités des bénéficiaires, et de garantir leur implication et leur motivation
pour les activités proposées par le projet, ce qui a favorisé l’obtention de résultats. La
flexibilité dans la mise en œuvre du projet a joué un rôle important à cet effet. La flexibilité
dans la gestion financière, permise par le bailleur de fonds, a également accompagné cette
démarche.
153. L’approche basée sur les partenariats a permis de réduire la charge en ressources
humaines du projet, et de valoriser l’expérience et la connaissance de partenaires pertinents
dans les domaines et les zones d’intervention. La mutualisation des ressources avec certaines
institutions a permis de réaliser des actions importantes que l’APRAO n’aurait pas pu mettre
en œuvre seul.
154. Malgré les retards au démarrage, la bonne gestion du calendrier de mise en œuvre, et la
planification des achats, a permis dans certains pays, notamment au Mali, de réaliser toutes
les activités prévues.
156. La qualité des ressources humaines et leur mobilisation rapide, en dehors de la Côte
d’Ivoire, est un facteur important d’efficience. Le projet a ainsi pu compter avec un capital
important en expérience et en connaissance des thèmes abordés, des zones d’intervention, et
des parties prenantes impliquées.
157. Le démarrage des activités a connu un retard important dans la plupart des pays. Cela a
été en partie compensé par l’extension sans coûts additionnels de la durée du projet. Un effort
devrait être fait par les contreparties institutionnelles de la FAO dans chaque pays lors des
futurs projets, pour assurer l’ancrage institutionnel et la mobilisation rapide des ressources.
158. Certaines activités ont connu un retard dans leur mise en œuvre par rapport au
calendrier agricole (fourniture d’intrants), ce qui a affecté les résultats obtenus.
159. Pendant la première partie de sa mise en œuvre, le projet a reçu un appui technique
limité de la FAO, et a été essentiellement porté par le coordinateur régional et les
47
Evaluation finale du projet APRAO
coordinations nationales, tous consultants. En conséquence, le projet a été plus orienté par
l’expérience et la compétence individuelle des consultants que par l’expérience
institutionnelle de la FAO. Cela n’a pas eu de conséquences sur la mise en œuvre de
l’APRAO, mais cela représente un risque pour la pertinence et l’efficience des projets en
général. Cette question a ensuite été corrigée avec la forte implication de la LTU.
6.3 Efficacité
161. L’absence d’une quantification des activités, résultats et objectifs dans la formulation
du projet ne permet pas une comparaison précise avec les produits obtenus. Par conséquent,
l’équipe d’évaluation ne peut pas se prononcer clairement en termes d’efficacité. Néanmoins,
plusieurs commentaires peuvent être réalisés.
162. L’équipe d’évaluation constate que l’APRAO a réalisé beaucoup d’activités, qui ont
obtenu de nombreux résultats, sur un nombre de sites importants dans les cinq pays, avec des
moyens et un temps limités. Les principaux résultats obtenus par objectifs spécifiques sont
présentés dans les paragraphes suivants :
48
Evaluation finale du projet APRAO
- Renforcement des capacités des producteurs de paddy dans tous les pays et dans
toutes les écologies du riz, au travers de la formation technique et en gestion, de la
fourniture d’intrants et d’équipements de production, et de la création de fonds de
roulement intrants ;
- En particulier, création d’un engouement pour la culture de plateau dans certaines
régions du Sénégal.
166. Objectif spécifique 4 : Aider les producteurs/productrices de riz et les organisations de
producteurs à transformer et commercialiser du riz de qualité
- Renforcement des capacités des usiniers en Côte d’Ivoire et des femmes étuveuses
au Niger, au travers de la création de fonds de roulement pour l’achat du paddy ;
- Renforcement des capacités des producteurs pour la production de riz transformé de
qualité dans tous les pays, au travers de la formation technique et en gestion, et de la
fourniture d’équipements et d’infrastructures post-récoltes et de conservation ;
- Renforcement des capacités des femmes impliquées dans l’étuvage au Mali, au
Niger, au Sénégal, au travers de la formation technique et en gestion, et de la
fourniture d’équipement.
167. Les résultats obtenus pour l’appui à la concertation entre acteurs (mise en place de
plateformes locales en Côte d’Ivoire et d’interprofessions au niveau national au Mali et au
Niger) participent à l’obtention de tous les objectifs spécifiques du projet.
168. Plusieurs actions n’ont pas obtenu les résultats escomptés au moment de l’évaluation :
- Le système d’information sur les semences en Côte d’Ivoire n’a pas encore engendré
de résultats, du fait de sa mise en œuvre tardive ;
- Le renforcement des capacités des femmes étuveuses de Dioro et de l’ARPASO au
Mali n’a pas produit des résultats à la hauteur du potentiel que représentent les
équipements fournis, du fait de l’incapacité des bénéficiaires d’acheter des quantités
suffisantes de paddy.
- Au Sénégal, plusieurs équipements de production agricole (semoir à Djilor) ou de
transformation (batteuse dans la zone de Kaolack, décortiqueuse à Bokhol) ne sont
pas ou peu utilisés car ils ne fonctionnent pas ou ne sont pas suffisamment adaptés
aux besoins des bénéficiaires.
- Au Sénégal, les groupes féminins de l’UJAK de Bokhol ont démarré l’étuvage du riz
avec l’appui du projet, et n’ont pour le moment que testé cette activité.
6.4 Durabilité
169. L’approche de renforcement des capacités du projet est un élément essentiel pour la
pérennité des actions mise en œuvre, notamment en termes de maîtrise technique et de
gestion.
170. Dans tous les pays, la fourniture d’intrants agricoles aux producteurs de semences et de
paddy a systématiquement donné lieu à la création de fonds de roulement intrants. Selon
plusieurs personnes interrogées pendant l’évaluation, cette mesure distingue l’APRAO de
49
Evaluation finale du projet APRAO
nombreux projets qui ont apporté des intrants sans mettre en place ce type de mécanisme de
pérennisation. Cependant, les chiffres de reconstitution des fonds de roulement pour certains
groupes, notamment en Mauritanie18, et les entretiens menés avec les bénéficiaires, montrent
que les fonds de roulement s’érodent chaque année du fait du non remboursement des intrants
par certains membres des groupes qui peuvent avoir vécu des circonstances particulières
ayant entraîné l’échec de leur production. De ce fait, les fonds de roulement sont exposés au
risque de disparition à moyen terme, ce qui entraînera un retour à la situation initiale au projet
pour ce qui est de l’accès aux intrants. Pour cela, l’appui à l’accès au crédit avec des
institutions spécialisées, ou les arrangements entre usiniers, fournisseurs d’intrants et
producteurs proposés par la plateforme de Gagnoa en Côte d’Ivoire, semblent être des
stratégies plus fiables pour garantir l’accès aux intrants à long terme.
171. Dans tous les pays, la fourniture d’équipements pour la production ou la transformation
de riz a été systématiquement accompagnée de la mise en place de mesures
organisationnelles et financières au sein des groupes bénéficiaires destinées à assurer
l’entretien et l’amortissement des équipements. Cette mesure est pertinente et nécessaire pour
garantir la pérennité des effets recherchés. Cependant, l’équipe d’évaluation a décelé au
moins un cas où l’organisation mise en place ne permettra pas d’amortir les équipements
fournis19. L’APRAO devrait renforcer les mécanismes mis en place afin de s’assurer qu’ils
sont suffisants.
172. L’une des mesures importantes du projet pour favoriser la pérennité des actions est
l’approche basée sur les partenariats avec des institutions présentes de manière permanente
dans les zones d’intervention du projet. Ces partenaires peuvent potentiellement continuer le
suivi des bénéficiaires et les aider à trouver des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent
jusqu’à ce qu’ils soient réellement autonomes. Le projet finance le fonctionnement des
partenaires pour réaliser le suivi sur le terrain (moyens de transport, voir primes pour les
agents). Ce financement sera interrompu à la fin du projet, et plusieurs partenaires rencontrés
pendant l’évaluation ont indiqué qu’ils ne disposaient pas des moyens financiers nécessaires
pour continuer le suivi sur le terrain.
173. Dans le même sens, certaines activités gérées directement par les partenaires avec
l’appui financier de l’APRAO, comme par exemple la production de bulletins d’information
sur les semences au Mali, ne pourront pas se poursuivre à la fin du projet faute de ressources
financières pour les partenaires impliqués.
174. Plusieurs actions ont montré un fort potentiel de multiplication ou de réplication à la fin
du projet, principalement du fait du très fort niveau d’appropriation par les parties prenantes :
18
Fonds de roulement reconstitués en moyenne à hauteur de 70%, selon la présentation lors de l’atelier bilan de
Yamoussoukro
19
Organisation pour l’amortissement des kits d’étuvage fournis à la coopérative féminine de Badenya à Dioro
au Mali, qui prévoit une cotisation insuffisante des membres de la coopérative pour pouvoir amortir les kits.
50
Evaluation finale du projet APRAO
6.5 Impact
176. D’une manière générale, comme on l’a dit au chapitre 1.4 Adéquation des ressources et
de la durée du projet en fonction des objectifs, l’objectif d’augmentation de la production
nationale de riz dans les cinq pays était très ambitieux compte tenu du budget du projet et de
sa durée. Néanmoins, certains effets, présentés au chapitre 5.2, sont visibles au niveau
national alors que d’autres se situent au niveau local ou pour les bénéficiaires directs.
178. Au niveau local, le projet a engendré des effets très clairs et significatifs en termes
d’augmentation de la production et de l’utilisation des semences de qualité, d’augmentation
de la production de riz paddy, d’augmentation de la production de riz blanc, d’amélioration
de la qualité et de la compétitivité du riz blanc, et d’augmentation de la quantité de riz blanc
commercialisé.
179. Il est trop tôt pour observer un impact des actions mises en œuvre, entendu comme un
effet profond et à long terme. Néanmoins, il est possible de dégager un impact potentiel, qui
se situe d’une part au niveau de l’augmentation des revenus de tous les acteurs de la chaîne
de valeur (producteurs de semences, producteurs de paddy, transformateurs), et en définitive
de l’amélioration de leurs conditions de vie. Il se situe d’autre part au niveau de
l’augmentation de la disponibilité du riz local de qualité et compétitif sur les marchés, qui
constitue l’objectif global du projet.
51
Evaluation finale du projet APRAO
7 Conclusions et recommandations
181. L’APRAO avait donc pour objectif de réduire cette dépendance en augmentant la
production nationale de riz. Pour cela, le projet a fait le choix de concentrer ses actions sur
une multitude de facteurs de la chaîne de valeur du riz qui limitent la production, et sur
lesquels il était possible d’obtenir des effets significatifs sur une période limitée. Cette option
est jugée pertinente en comparaison avec l’option de réaliser des aménagements hydro
agricoles supplémentaires, dont le coût comparatif est sans aucun doute beaucoup plus élevé.
182. La conception du projet dans son ensemble est jugée adéquate. L’approche de la chaîne
de valeur a déterminé des objectifs spécifiques et des activités orientées sur les différents
maillons de la chaîne, de la production de semences de qualité à la commercialisation du riz
transformé compétitif. Les autres éléments de l’approche du projet sont également jugés
adéquats car ils contribuent à l’efficience de la mise en œuvre du projet, et aux possibilités
d’engendrer des résultats et des effets durables : projet régional destiné à mettre en œuvre une
approche commune et à développer des synergies et des échanges entre pays, partenariats,
alignement sur les stratégies nationales, renforcement des capacités, valorisation de l’existant,
et notamment de l’expérience et de la structure du programme GIPD de la FAO.
184. La mise en œuvre du projet s’est caractérisée par sa flexibilité et la recherche constante
d’efficience et de bénéfice optimum pour les investissements réalisés. Pour cela, les équipes
de l’APRAO dans chaque pays et leurs partenaires ont mis en œuvre un processus
systématique d’analyse des facteurs les plus limitants pour le fonctionnement de la chaîne de
valeur du riz dans les différents sites d’intervention. Cette approche était sans doute la plus
pertinente pour obtenir des résultats importants avec des moyens et une durée de mise en
œuvre limités. L’analyse des facteurs pouvant nuire aux résultats devrait néanmoins être
renforcée. Certains résultats ont en effet été affectés par des facteurs externes (ex : gestion
solidaire dans les grands aménagements de la vallée du fleuve Sénégal).
52
Evaluation finale du projet APRAO
185. La bonne gestion du projet a également été favorisée par la qualité des ressources
humaines mobilisées et par le rôle important joué par le coordinateur technique régional pour
la mise en œuvre d’une approche commune dans les cinq pays, qui a également suppléé la
carence de leadership institutionnel due au processus interne de décentralisation de la FAO
parallèle à la mise en œuvre du projet. Ce manque de leadership institutionnel et technique
interne à la FAO devrait néanmoins être corrigé étant donnés les enjeux qui existent autour
du riz dans la région. De plus, les bénéfices du caractère régional du projet devraient être
renforcés en travaillant davantage sur les échanges d’expérience et en réalisant une
capitalisation à l’échelle régionale.
186. La mise en œuvre du projet a cependant été affectée par plusieurs facteurs, notamment
le démarrage tardif des activités qui a en particulier limité les activités mises en œuvre en
Côte d’Ivoire, la gestion centralisée du budget, qui a handicapé certains pays plus avancés
dans leur programmation comme le Mali en réduisant leur visibilité sur les moyens dont ils
pouvaient disposer. Aussi, le choix des équipements fournis aux bénéficiaires n’a pas
toujours été suffisamment participatif, et en conséquence certains équipements ne sont pas
utilisés car ils sont inadaptés. Enfin, l’équipe du projet a fait part d’une volonté d’intégrer les
femmes parmi les bénéficiaires, mais l’approche genre devrait être approfondie en analysant
les facteurs qui limitent la participation des femmes dans la filière, et leur capacité de
participer aux activités dans lesquelles elles souhaitent s’investir.
188. Un effort important a été entrepris pour que ces résultats soient durables. L’approche
basée sur les partenariats et sur le renforcement des capacités constitue un facteur favorable
de pérennité, car elle permet aux acteurs institutionnels et d’encadrement, tout comme aux
producteurs, de s’approprier les actions mises en œuvre, et de disposer de la maîtrise
technique et organisationnelle nécessaire pour les maintenir et les poursuivre. Le manque de
moyens matériels et financiers des institutions d’encadrement représente néanmoins une
contrainte importante pour que le nécessaire suivi des bénéficiaires puisse continuer. Aussi, la
mise en place de fonds de roulement pour la pérennisation de l’accès aux intrants constitue
une mesure de court-moyen termes, et des solutions plus durables devraient être recherchées
pour que cet accès soit garanti à long terme. Enfin, certaines actions n’ont pu être qu’initiées
pendant le projet, comme le système d’information sur les semences en Côte d’Ivoire ou
l’appui à la création d’une interprofession au Mali, et doivent être poursuivies dans le cadre
d’une seconde phase pour qu’elles puissent engendrer des résultats durables.
189. En définitive, le projet n’a probablement pas atteint son objectif général
d’augmentation de la production de riz de qualité au niveau national, mais cela est
53
Evaluation finale du projet APRAO
Recommandation 2: Pour la FAO, les bailleurs de fonds et les gouvernements des pays ciblés
Continuer le projet dans le cadre d’une seconde phase avec un budget de plus grande
envergure et une durée plus longue, qui permettra de travailler à une échelle supérieure et
d’obtenir des résultats significatifs en termes de production à l’échelle nationale.
L’APRAO a obtenu des résultats significatifs au niveau local et a démontré la pertinence
de l’approche sur la chaîne de valeur. Une seconde phase devrait s’appuyer sur ces acquis.
Par ailleurs, plusieurs actions mises en œuvre nécessitent d’être renforcées et poursuivies
pour donner leur potentiel de résultat et être durables.
54
Evaluation finale du projet APRAO
présentation des résultats entre les pays, pour permettre une consolidation au niveau
régional. Ces mesures permettront une meilleure gestion basée sur les résultats, la
comparaison entre pays et faciliteront l’évaluation des résultats du projet.
vi. Mettre en œuvre une approche plus participative pour la sélection des équipements de
production et de transformation du riz. Renforcer l’analyse des facteurs qui
permettront une valorisation optimale des équipements fournis aux bénéficiaires et
prévoir dans les actions du projet les actions complémentaires nécessaires (ex :
constitution de fonds de roulement pour l’achat de paddy).
vii. Renforcer l’approche genre du projet : Réaliser un diagnostic genre et chaîne de
valeur du riz qui analyse en profondeur les objectifs, stratégies, priorités, souhaits et
contraintes des femmes pour s’investir dans les différents maillons de la chaîne. A
partir de là, élaborer une stratégie claire de renforcement du rôle des femmes, qui
identifie des objectifs, des résultats et des activités. Cette stratégie ne devrait pas se
contenter d’appuyer les femmes dans les activités qu’elles réalisent déjà, mais devrait
appuyer les femmes à réaliser les activités dans lesquelles elles souhaitent
s’impliquer. Cela suppose d’aborder des questions complexes de droits et de
discriminations, comme l’accès à la terre.
viii. Etudier des alternatives au fonds de roulement intrants pour garantir l’accès aux
intrants à long terme, par exemple, des formules de collaboration entre usiniers,
fournisseurs d’intrants et producteurs comme cela a été proposé par la plateforme de
Gagnoa en Côte d’Ivoire, ou d’accès au crédit auprès d’institutions spécialisées.
ix. Renforcer la dimension régionale du projet, au travers de partenariats, de la
coordination et de l’échange d’expérience avec d’autres projets et institutions
d’envergure régionale (ex : West Africa Trade Hub Network de l’USAID, Programme
régionale du système intensif de riziculture du CORAF, Africa Rice Center,…), et de
l’identification dès la phase de conception du projet de partenariats et d’initiatives
inter pays.
x. Supporter les gouvernements dans l’appropriation de l’approche de l’APRAO, qui a
produit des résultats importants dans un domaine qui figure parmi les priorités du
développement agricole et pour la sécurité alimentaire dans les stratégies nationales
sectorielles concernées. Ces résultats devraient être consolidés et répliqués. Cela
devrait impliquer la mobilisation de la part des gouvernements des moyens
nécessaires pour que les structures d’encadrement partenaires du projet puissent
poursuivre le suivi et la consolidation des actions mises en œuvre. Un effort devrait
être également fait pour pérenniser les acquis obtenus en termes de réhabilitation et
redynamisation des filières semencières, et permettre qu’elles se maintiennent
fonctionnelles et pour accélérer les procédures de définition de tutelle institutionnelle.
8 Leçons apprises
190. Lors de l’atelier bilan du projet de Yamoussoukro, les équipes des cinq pays ont
présenté les principaux enseignements qu’elles ont tirés de la mise en œuvre de l’APRAO.
Ces enseignements sont complétés ici par quelques leçons tirées de l’évaluation.
191. L’approche sur la chaîne de valeur favorise l’efficacité et l’efficience d’un projet visant
l’augmentation de la production de riz. Elle permet de cibler des acteurs, des interactions
entre eux, et des actions qui touchent les facteurs les plus limitants de la filière dans le cadre
d’une approche flexible. Elle démontre qu’il est possible d’obtenir des résultats importants en
55
Evaluation finale du projet APRAO
termes de production avec des moyens limités. Pour cela, une bonne priorisation des actions
dans chaque site d’intervention est nécessaire.
192. Pour atteindre l’objectif d’augmentation de la production de riz au niveau national, des
moyens plus importants sont nécessaires. Mais leur mobilisation ne devrait pas nuire à
l’efficience de la mise en œuvre des projets, indispensable pour obtenir des résultats probants.
193. Les partenariats sont essentiels, mais ils doivent se développer autour d’objectifs
communs précis, concrets et préalablement définis. L’implication des acteurs à toutes les
étapes de l’identification et de la mise en œuvre du projet renforce son efficience et
l’appropriation des actions. La mutualisation des ressources permet d’obtenir de meilleurs
résultats.
194. Pour des projets de courtes durées, une bonne planification est essentielle, notamment
pour les achats d’équipements, étant donné la durée des processus d’acquisition.
56
Evaluation finale du projet APRAO
1 Antécédents du projet
1. Le riz constitue une des céréales les plus consommées en Afrique sub-saharienne. En
Afrique Occidentale en particulier, la consommation de riz a augmenté annuellement de 6,6
pour cent de 2001 à 2005, bien supérieure aux taux de croissance de la production sur la
même période. La production de paddy en Afrique de l'Ouest a représenté 65 pour cent de la
production totale de riz en Afrique subsaharienne au cours de la période 2001 à 2005. La
production de riz en Afrique de l'Ouest a plus que doublé en 20 ans; de 2,76 millions de
tonnes en 1985 à 5,75 millions de tonnes en 2005 (équivalent riz décortiqué), mais cette
augmentation de production est essentiellement due à l’exploitation de nouvelles terres.
3. D’autre part, les émeutes des populations pour protester contre la flambée des prix des
denrées alimentaires qui ont eu lieu dans plusieurs villes d’Afrique en 2007 et 2008 ont
obligé les différents gouvernements du continent à rechercher des mesures d’urgence,
souvent avec l’assistance de partenaires au développement, pour assurer un
approvisionnement rapide en céréales en vue de juguler la crise. En Afrique de l’Ouest, le riz
a souvent constitué la céréale la plus importante dans les initiatives d’urgence de lutte contre
la flambée des prix des denrées alimentaires.
4. Dans le but de fournir une réponse adéquate à la flambée des prix des denrées de
première nécessité dans les pays d’Afrique de l’Ouest, le Gouvernement de l’Espagne, à
travers la FAO, a accepté de financer pendant trois années (2010-2013), un projet régional «
Amélioration de la Production de Riz en Afrique de l’Ouest », dénommé APRAO, pour
contribuer à accroître de façon durable la production rizicole nationale dans cinq pays de la
région dont le Sénégal, le Mali, le Niger, la Mauritanie et la Cote d’Ivoire, qui sont parmi
ceux qui ont été les plus touchés. Le budget total du projet est de dollars E.-U. 5,829,016. A
la fin de juillet 2013, dollars E.-U. 5,157,256 a été décaissé (88 pour cent du total).
57
Evaluation finale du projet APRAO
10. Les appuis techniques portent essentiellement sur l’acquisition et la mise à disposition
des intrants (engrais et semences) pour la constitution des fonds de roulement au
remboursement, ainsi que sur la production de semences de différentes catégories (prébase,
base et certifiées), la consolidation ou la formulation de politique semencière nationale, la
production de paddy, la transformation et la commercialisation/distribution.
11. La mise en œuvre des activités suit une stratégie d’optimisation des synergies entre les
acteurs de toute la chaine de valeur du riz, en intervenant prioritairement sur les maillons les
plus faibles, et en encourageant la mise en commun des ressources et des actions au plan
local.
58
Evaluation finale du projet APRAO
2 Objectif de l'évaluation
14. L’évaluation finale a pour but de fournir une appréciation et des recommandations à la
FAO, aux pays participants et au bailleur de fonds sur les accomplissements du projet en
fonction des objectifs fixés. L’évaluation pourrait également contribuer à apprécier la mise en
œuvre des recommandations formulées par l’atelier de mi-parcours (mai 2012). Ainsi,
l’évaluation finale a le double objectif de responsabilité de rendre compte à toutes les parties
prenantes (y compris la FAO, le bailleur de fonds, les gouvernements et les participants au
projet), et de contribuer à l'apprentissage organisationnel.
59
Evaluation finale du projet APRAO
15. Cette évaluation visera aussi à tirer les leçons et recommandations pour la conception et
la mise en œuvre de programmes similaires dans la région. L’évaluation pourrait par
conséquent contribuer aux délibérations en cours sur la pertinence de la proposition par la
Coordination Régionale du projet, d’un programme sous régional conjoint pour un
accroissement durable de la production de riz en Afrique de l’Ouest.
3 Cadre de l'évaluation
3.1 Portée
16. L’évaluation portera sur tous les aspects du projet depuis son début en 2010 jusqu’à ce
jour – sa conception, le processus de mise en œuvre, et les résultats obtenus et potentiels.
L’évaluation analysera le progrès du programme dans tous les pays. Aux pays où une mission
d’évaluation n’est pas possible, l’analyse sera basée sur autres sources d’information.
L’évaluation portera sur l’ensemble des catégories de bénéficiaires et acteurs impliqués dans
la mise en œuvre.
17. Le projet sera évalué de manière critique par le biais de critères internationalement
acceptés, à savoir la pertinence, l'efficience, l’efficacité, l’impact et la durabilité. En accord
avec le nouveau cycle de projet de la FAO, l’évaluation portera sur le respect des principes
suivants communs de programmation par pays des Nations Unies: Approches fondées sur les
droits de l'homme (HRBA)/Droit à l'alimentation/ Droit à un travail décent; Parité hommes-
femmes, Durabilité environnementale, Renforcement des capacités et Gestion axée sur les
résultats. Parmi ceux-ci, les principes qui n’étaient pas intégré normalement dans les projets
de la FAO jusqu’à 2012, tels le HRBA, auront une importance réduite dans l’évaluation.
18. L’évaluation devra permettre de répondre à un certains nombres des questions relatives
à différents domaines selon les critères d'évaluation cités ci-dessus.
60
Evaluation finale du projet APRAO
e. les effets du projet par rapport aux objectifs spécifiques retenus, et en particulier :
i. les bénéfices de l’instauration des synergies entre partenaires vis-à-vis de
la définition de solutions pertinentes et de l’efficacité dans l’utilisation
des ressources;
ii. le renforcement des capacités techniques et organisationnelles des
producteurs et de leurs associations;
iii. le renforcement des capacités des services techniques d'appui, surtout en
ce qui concerne le transfert de technologies adaptées;
iv. le renforcement du cadre institutionnel du secteur rizicole, surtout en ce
qui concerne l’approche chaine de valeur
61
Evaluation finale du projet APRAO
- analyse des apports fournis, des causes et des conséquences des retards et de
toute mesure corrective prise, le cas échéant;
- suivi et rétroaction pour améliorer la gestion et les opérations;
- gestion du personnel;
- développement et mise en œuvre d'une stratégie de sortie.
h. Cadre institutionnel:
- Soutien administratif et technique de la part des bureaux de la FAO, au niveau
du siège, bureau régional, sous régional et national, selon le cas;
- Cadre institutionnel, processus de revue interne, coordination et organes de
direction;
- Apports et soutien du gouvernement/s et des partenaires fournisseurs de
ressources.
20
Voir: [Link]
21
Voir: [Link]
62
Evaluation finale du projet APRAO
V. Impact
VI. Durabilité
22
Voir: [Link]
63
Evaluation finale du projet APRAO
4 Méthodologie de l'évaluation
21. L’évaluation adoptera une approche consultative et transparente avec les parties
prenantes internes et externes tout au long du processus d’évaluation. La triangulation des
données et des informations rassemblées étayera la validation de celles-ci ainsi que leur
analyse, et appuiera les conclusions et recommandations.
22. L’évaluation utilisera une sélection des outils suivants : examen des documents
existants ; entretiens semi-structurés avec les informateurs clés, parties prenantes et
participants, appuyés par des listes de contrôle et/ou des protocoles d’entretien; observation
directe lors des visites de terrain; enquêtes et questionnaires.
23. L’équipe visitera trois des cinq pays du projet – Côte d’Ivoire, Mali et Sénégal. En Côte
d’Ivoire, l’équipe participera aussi en tant qu’observateur au dernier atelier régional du projet.
Dans chaque pays visité, la mission s’appuiera sur les Coordonnateurs Nationaux et
rencontrera le Représentant de la FAO, le Directeur National de l’Agriculture, le Président du
Comité de Pilotage, des partenaires et des bénéficiaires du projet, ainsi que les
représentations de l’Agence technique espagnole pour la coopération internationale pour le
développement (AECID). A cet effet il sera demandé à chaque Coordonnateur National des
pays qui seront visités de proposer un programme détaillé pour chaque pays.
24. Une attention particulière sera portée aux femmes et autres groupes sous-privilégiés
afin de s’assurer qu’ils sont consultés de manière adéquate. Dans la mesure où cela est
possible et approprié, des non-participants seront également consultés afin de sonder leurs
opinions. Le Cadre des moyens d’existence durable24 et le cadre des atouts, points faibles,
opportunités et menaces (AFOM)25 peuvent être utilisés pour l’évaluation des résultats du
projet.
25. L'équipe d'évaluation discutera en détail avec les principales parties prenantes du projet
et prendra en considération leurs perspectives et opinions. Celles-ci sont les suivantes:
23
United Nations Evaluation Group: Groupe de l’Évaluation de Nations Unies ; [Link]
24
Le Cadre des moyens d’existence durable identifie cinq aspects capitaux distincts (humain, social, naturel,
financier et physique), chacun incluant différents éléments. Il aide à améliorer la compréhension des moyens
d’existence, en particulier des pauvres. Pour plus d’informations, consulter entre autre:
[Link]
25
AFOM est un outil de planification stratégique d’usage très répandu, également utile dans l’évaluation des
interventions en matière de développement, afin d’examiner en profondeur leurs atouts et leurs points
faibles, ainsi que les perspectives pour le futur. Il est particulièrement utilisé dans les groupes de réflexion,
mais il peut aussi être adapté aux entretiens individuels.
64
Evaluation finale du projet APRAO
27. L'équipe présentera ses conclusions préliminaires aux parties prenantes du projet dans
le pays visité/s et dans la mesure du possible, dans le bureau décentralisé de la FAO pertinent
et au siège, afin d'obtenir leurs commentaires à la fin de la phase de collecte des données.
28. La version préliminaire des termes de référence sera distribuée entre les principales
parties prenantes pour commentaires avant sa finalisation; les suggestions seront intégrées si
elles sont jugées appropriées par OED. Le rapport d'évaluation préliminaire du projet sera
également distribué aux principales parties prenantes pour commentaires avant sa
finalisation; les suggestions seront intégrées si elles sont jugées appropriées par l'équipe
d'évaluation.
5 Rôles et responsabilités
65
Evaluation finale du projet APRAO
terrain, et contribueront à l’évaluation par leurs apports par écrit aux rapports préliminaire et
final.
33. Le chef d'équipe guidera et coordonnera le/s membre/s de l'équipe dans leurs tâches
spécifiques, discutera de leurs observations, conclusions et recommandations et préparera le
projet de rapport final et le rapport final, regroupant les contributions de/s membre/s de
l'équipe et les complétant par ses observations.
34. L’équipe d’évaluation est entièrement responsable de son rapport, qui ne reflètera pas
nécessairement les points de vue du gouvernement ou de la FAO. Un rapport d’évaluation
n’est pas tenu d’être approuvé techniquement par la FAO mais OED sera chargé de veiller à
ce qu’il soit conforme aux normes établies concernant les rapports d’évaluation.
6 Équipe d'évaluation
36. Les membres de l’équipe de l’évaluation ne devront pas avoir été impliqués, dans le
passé, directement dans la formulation, la mise en œuvre ou l’appui technique du projet. Ils
devront tous signer le formulaire de «Déclaration d’intérêt» demandé par le Bureau de
l’évaluation de la FAO.
66
Evaluation finale du projet APRAO
7 Produits de l'évaluation
40. Le rapport d’évaluation présentera les informations relevées répondant aux questions et
critères énumérés dans les termes de référence. Il inclura un résumé d’orientation. Les
données et les analyses sur lesquelles il s’appuiera seront placées en annexe du rapport si
elles sont considérées comme importantes pour compléter le rapport principal.
41. Les recommandations seront adressées aux différentes parties prenantes et seront
hiérarchisées: elles se baseront sur des preuves concrètes, seront pertinentes, ciblées,
clairement formulées et réalisables.
42. Dès le début du processus d’évaluation, l’équipe d’évaluation se mettra d’accord sur la
structure du rapport, qui se basera sur le modèle fourni en Annexe 1 de ces termes de
référence. Le rapport sera préparé en français avec des paragraphes numérotés, selon le
modèle standard d’OED. Si nécessaire, la traduction dans d’autres langues de l’Organisation
relèvera de la responsabilité de la FAO.
43. Le chef d’équipe sera responsable de la soumission du rapport final à la FAO dans un
délai de deux semaines à partir de la conclusion de la mission. Dans un délai de deux
semaines supplémentaires, la FAO soumettra ses commentaires et suggestions à l’équipe qui
les inclura dans le rapport final dans un délai maximum de deux semaines.
44. Les annexes du rapport d'évaluation comprendront notamment, mais sans s'y limiter, les
éléments suivants, selon le cas:
45. L'évaluation aura lieu au cours des mois de septembre-décembre 2013. Les visites aux
pays dureront trois semaines. Le plan dans le schéma ci-dessous (Table 1) présente un
programme indicatif de voyage et travail pour l’équipe d’évaluation. Il sera finalisé une fois
que l’équipe d’évaluation sera recrutée.
67
Evaluation finale du projet APRAO
68
Evaluation finale du projet APRAO
Kokou Zotoglo
Ingénieur Agronome, M. Kokou Zotoglo est Expert agronome auprès des tribunaux du Togo.
Ses domaines d’expertise couvrent : i) Agribusiness : Développement des chaînes de valeurs
agricoles, commercialisation des produits agricoles, productivité rizicole, compétitivité du riz
local, promotion des nouvelles technologies et les bonnes pratiques pour la transformation du
riz paddy, ii) Projets de développement : Formulation, évaluation, planification, suivi -
évaluation, audits organisationnel et opérationnel, assistance technique, supervision, iii)
Microfinance et finance rurale : Formulation, évaluation, diagnostic, assistance technique,
élaboration et évaluation de stratégie de développement, élaboration de plan d'affaires, étude
de faisabilité, iv) Etude socio-économique : Inventaire, diagnostic, étude prospective, étude
de base. Il dispose d’une excellente aptitude à rédiger et à communiquer oralement en
Français et une bonne connaissance de l’Anglais. Il maîtrise Microsoft Office et une bonne
connaissance de Microsoft Project 2003 (gestion et planification de projet). Il a une très
bonne connaissance des pays de l’Afrique de l’Ouest et est très familier avec les procédures
des Agences des Nations Unies et de l’USAID en matière de planification et de gestion des
projets.
Pierre Leguéné
Pierre Leguéné est généraliste en agro-développement international. Il possède plus de 17 ans
d’expérience professionnelle dans la coopération au développement et l’aide humanitaire. Ses
domaines d’expertise sont la sécurité alimentaire et les moyens d’existence, le développement
rural, agricole, participatif et local, l’assistance alimentaire, les transferts monétaires, les filets
sociaux de sécurité, la résilience, la réduction des risques de catastrophes, la LRRD,
l’accompagnement social, la sensibilisation et l’éducation populaire, l’appui à l’organisation,
à la micro entreprise et l’appui institutionnel. Pierre Leguéné travaille depuis plus de 6 ans
comme consultant indépendant, et a participé à de nombreuses évaluations de projets, et
évaluations stratégiques, et à des travaux d’identification et de formulation de projets et
programmes, comme chef ou membre d’équipe, pour des ONG, des gouvernements et des
agences des Nations Unies. Il possède également une large expérience de la direction de
projet et de département technique.
69
Evaluation finale du projet APRAO
70
Evaluation finale du projet APRAO
FAO, Policy on Gender Equality : Attaining Food Security Goals in Agriculture and Rural
Development
FAO, Cadre de programmation pays (CPP) 2013-2017, FAO – Mali, Juillet 2013
FAO, Cadre de programmation pays (CPP) 2013-2016, FAO – Mauritanie, Décembre 2012
FAO, Cadre de programmation pays (CPP) 2013-2017, FAO – Sénégal, Juin 2013
Glounaho, D.; Présentation du bilan APRAO en Côte d’Ivoire et Note conceptuelle,
Septembre 2013
Koechlin, J. et Girard, P.; Etude sur la formulation des programmes d’action détaillés des
filières prioritaires au sein de l’UEMOA- Rapport principal, Mai 2010
Maiga, Y.; Evaluation et capitalisation des résultats du projet APRAO au Mali, Avril 2012
Ministère de l’Agriculture, Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture, Mali,
Mai 2009
Ministère de l’Agriculture, Politique Semencière du Mali
Ministère de l’Agriculture, Programme National d’Autosuffisance en Riz, Stratégie Nationale
de Développement de la Riziculture, Sénégal, Février 2009
ONDR, Stratégie Nationale Révisée de Développement de la Filière Riz en Côte d’Ivoire
2012 – 2020, Janvier 2012
République du Niger, Stratégie Nationale de Développement de la Filière Riz, Novembre
2009
Sarr, M. et Dieng, B.; Présentation du bilan APRAO au Sénégal et Note conceptuelle,
Septembre 2013
Sido, A.; , Présentation du bilan APRAO au Niger et note conceptuelle, Septembre 2013
Soumaré, M.; Présentation du bilan APRAO au Mali et Note conceptuelle, Septembre 2013
Tanimoune, M. ; Diagnostique des caractéristiques de base des sites du projet APRAO au
Niger, Février 2012
UEMOA, Politique agricole de l’UEMOA, Janvier 2009
UEMOA, Politique agricole de l’UEMOA (PAU) -Contenu et état de mise en œuvre,
difficultés et perspectives, Mai 2008
UEMOA, programme économique Régional (PER) 2006-2010, Volume 1 : Diagnostic,
vision et stratégie, Juillet 2006
UNDAF, Plan cadre des Nations Unies pour l’aide au développement, Mali 2013 – 2017
UNDAF, Plan cadre des Nations Unies pour l’aide au développement, Mauritanie 2012 –
2016, Mai 2011
Taro, I. ; Rapport de capitalisation des résultats, APRAO Niger, Mai 2012
71
Evaluation finale du projet APRAO
Côte d’Ivoire (y compris les équipes de l’APRAO en Mauritanie et au Niger rencontrées lors de
l’atelier de Yamoussoukro)
Nom Organisation/service Fonction
Luc Genot FAO Représentant a.i. en Côte d’Ivoire
Yao Kouakou Marcel Riziculteur
Koassi Ngoran ANADER Chef de zone Yamoussoukro
Bertin Anon Ministère de l’Agriculture Directeur Productions Vivrières et Sécurité
Alimentaire
Dembélé Yacouba ONDR Directeur Général
Yves Dirabou ONDR Directeur Planification et suivi et évaluation
Sido Amir FAO/INRAN Assistant Technique APRAO Niger
Sedoue Matthieu ANADER Chef de zone Gagnoa
Koffi Kouadjo Georgres ANADER Agent technique Gagnoa
Kouamé Miézan FAO/APRAO Coordinateur Technique Régional
Alex Namko FAO/Accra Budget holder de l’APRAO
Koffi Honouga FAO/Accra Assistant budget holder de l’APRAO
Mamadou Diop FAO Coordinateur National APRAO Mauritanie
Ahmedou Yahya El Benani Assistant Technique APRAO Mauritanie
Alioun Ewbek ISPM (Mauritanie) Président
Glounaho Daniel FAO Coordinateur National APRAO Côte d’Ivoire
Mali
Nom Organisation/service Fonction
Jean Pierre Renson FAO Coordonateur Principal des opérations
Joaquin Sanchez FAO
Mohamed Soumaré FAO Coordinateur National APRAO Mali
AECID Représentation au Mali
Abdoulaye Koulibaly Projet IESA Coordinateur national
Oscar Kouadio UNDSS
Daniel Siméon Kéléma DNA Directeur National
Dioukamady Diallo Labosem Chef du laboratoire
Babacar Traoré Office Riz Ségou Directeur Général
Rousman Omar Office Riz Ségou Directeur Général Adjoint
Moussa Kassogué Office Riz Ségou Chef section vulgarisation, point focal
APRAO
Issa Diarra Service semencier national Point focal APRAO
Mbaré Koulibaly Ministère du Secrétaire Général
Développement Rural
Pathé Kébé Office de Dvpt rural de Chef Dép Apui à la promotion et à la
Seringue valorisation des productions végétales
72
Evaluation finale du projet APRAO
Sénégal
Nom Organisation/service Fonction
FAO Représentant
Madjiguene Ngom FAO Associée Administrative
Barka Dieng FAO Assistant Technique APRAO
Makhfousse Sarr FAO Coordinateur national APRAO
Rafael Garcia AECID Coordinateur OTC
Elvina Balguerias Quintero AECID Chargée de sécurité alimentaire
Amadou Tidiane Bâ Division des semences Directeur
Ismaïla badji FAO Consultant Etude contexte pays
Sada Ly DRDR Point focal APRAO Saint Louis
Ousman Ly UJAK Secrétaire exécutif
Aboubacar Sy UPAD Président
Mamadou Youssefssi UPAD Secrétaire Général
Pape Mabèye Diouf DRDR Techicien agricole Nioro, point focal APRAO
Kéba Diop PEN’C et Inter PEN’C Président
Taïba Niassème
Edoumack Niasse PEN’C et Inter PEN’C 1er Vice- Président
Taïba Niassème
Malic Ba Symbiose Directeur Technique
Penda Top Symbiose Technicienne agricole
El Hadji Diouf DRDR Point focal APRAO Kaolack
Ahmat N’Diaye DRDR Point focal APRAO Fatick
Sadar Diaga Senghor Association développement Président
de Djilor
Alioune Fall ISRA Directeur scientifique
Drame Waly Diouf MAER Conseiller Technique
M. Sarr PNAR
73
Evaluation finale du projet APRAO
Calendrier de la mission
Date Lieu/activité
19 septembre Rome : briefing au siège de la FAO
22 septembre Voyage Madrid/Lomé - Abidjan
23 septembre Entretiens Abidjan
Voyage Abidjan - Yamoussoukro
24-26 septembre Yamoussoukro :
Participation à l’atelier bilan du projet APRAO
Entretiens avec les équipes de Mauritanie et Niger et partanaires du
projet en Côte d’Ivoire
Visite de terrain
26 septembre Voyage Yamoussoukro – Gagnoa
Rencontre plateforme Gagnoa
27 septembre Rencontre ANADER Gagnoa
Visite périmètre de Lalan
Visite de 3 usiniers de transformation de riz
Voyage Gagnoa – Abidjan
Entretien Coordinateur régional APRAO
28 septembre Entretien budget holder et assistant
Débriefing représentant FAO Côte d’Ivoire
Entretien coordinateur national Côte d’Ivoire
29 septembre Voyage Abidjan – Bamako
Brainstorming équipe d’évaluation sur la Côte d’Ivoire
30 septembre Briefing FAO Mali
Briefing sécurité
Entretien partenaires Bamako
Voyage Bamako – Ségou
1er octobre Entretien Office du riz de Ségou
Visite site de Dioro (2 OP)
2 octobre Voyage Ségou – San
Visite site de San (1 OP)
Voyage San - Bamako
3 octobre Voyage Bamako – Séringué – Bamako
Visite site de Sélingué (3 OP)
Entretiens partenaires Bamako et coordination nationale APRAO
Mali
Débriefing FAO Bamako
Voyage Bamako - Dakar
4 octobre Briefing représentant FAO Sénégal
Entretien coordination nationale APRAO Sénégal
Entretiens partenaires et bailleur Dakar
5 octobre Voyage Dakar – Saint Louis
Entretien partenaire Saint Louis
Voyage Podor
Visite site Bokhol (1 OP)
6 octobre Visite site Podor (2 OP)
Voyage Podor - Thies
7 octobre Voyage Thies - Kaoloak
Visite site Nioro (1 OP)
Entretiens partenaires Nioro
8 octobre Entretien partenaires Kaolack
Voyage Kaolack – Fatick
Visite site Djilor (1 OP)
Voyage Fatick - Dakar
9 octobre Entretiens partenaires Dakar
Débriefing FAO
10 octobre Voyage Dakar – Madrid/Lomé
74
Evaluation finale du projet APRAO
Les sources d’informations utilisées sont les rapports de capitalisation réalisés dans chaque
pays, et les informations présentées lors de l’atelier bilan de Yamoussoukro. Les informations
suivent la même structuration que les sources utilisées, qui est différente de la structuration
des objectifs et résultats du document de projet.
Côte d’Ivoire
Domaine
Activités réalisées Résultats et effets
d’intervention
• Appui à l’organisation de l’assemblée
générale de l’Association Nationale
des Semenciers de Côte d’Ivoire • Redynamisation des instances
(ANASEMCI) dirigeantes de l’ANASEMCI au
• Organisation d’un atelier sur travers du renouvellement des
Amélioration de l’implication des acteurs semenciers instances dirigeantes
l’environnement socio- dans la mise en œuvre de la SNDR • Facilitation de la vente de paddy par
économique du riz • Appui à la mise en place d’une les producteurs (Gagnoa)
plateforme d’acteurs avec tous les • Fixation d’un prix de vente du paddy
intervenants (Gagnoa) attrayant pour les producteurs
• Appui à la mise en place d’un (Gagnoa)
système d’information sur les
semences
• Formation/recylcage de 20
techniciens du service national de
contrôle et de certification des • Amélioration des techniques
semences rizicoles
• Formation de 22 formateurs chargés • Respect de la densité des semis
de la vulgarisation agricole • Respect des calendriers de
• Formation sur le warrantage et la traitement phytosanitaire des
gestion d’un fonds de roulement à parcelles
Renforcement des
partir des appuis en intrants • Epuration variétale
capacités Formation
• Formation à la GIPD • Mise en culture de 40 ha pour la
• Formation des techniciens sur la production de semences
délimitation des parcelles avec GPS • Production de 190 t de semences R1
• Formation des producteurs sur les • Mise en culture de 297 ha pour la
techniques post-récoltes production de paddy
• Formation des conducteurs à • Production de 1.225 t de paddy
l’utilisation des motoculteurs • Achat de 130 t de paddy par les
usiniers (+ 67%)
• Distribution de 23,25 t de semences, • Augmentation de l’utilisation des
100 t d’engrais, 1.400 l d’herbicides semences améliorées et des
• Donation de 5 motoculteurs, 3 fertilisants
batteuses, 3 faucheuses, 50 bâches et • Amélioration des opérations post-
6.490 sacs de conditionnement récoltes et amélioration de la qualité
Renforcement des
• Réhabilitation d’un magasin de du riz blanchi
capacités (intrants,
stockage • Augmentation de la demande du ruz
équipements,
• Donation d’un fonds de roulement de local
infrastructures, fonds
22.750.000 FCFA à trois usiniers • Augmentation des rendements
de roulement)
pour l’achat du paddy agricoles respectivement de 100%,
• Fourniture de 19 kits de contrôle au 35%, 50% et 43% sur les 4 sites
champ et de délimitation des parcelles d’intervention
• Donation de matériel de laboratoire
pour l’analyse des semences
Renforcement du rôle • Formation de 60 femmes aux
des femmes techniques de repiquage du riz
75
Evaluation finale du projet APRAO
Mali
Domaine
Activités réalisées Résultats et effets
d’intervention
• Traduction de la loi sur la politique
semencière et de son décret
• Amélioration de la connaissance de
d’application dans 5 langues
la loi pour les producteurs de
Amélioration de nationales
semence et les acteurs de la filière
l’environnement socio- • Production d’un guide, d’un manuel
économique du riz • Amélioration potentielle des
et de bulletins d’information sur les
itinéraires techniques pour la
semences
production de semences
• Réalisation d’émissions de radio et de
plaquettes et posters sur les semences
• Formation de 294 facilitateurs et 4310
producteurs
• Formation en marketing et
commercialisation de 78 membres de
7 OP
• Formation en gestion de fonds de • Augmentation des rendements de
roulement de 25 membres de 10 OP 50% en production de semence et
• Formation en conduite d’engins de 55 12% en production de paddy sur les
conducteurs sites appuyés
Renforcement des
capacités (formation) • Formation en maintenance • Production de 540 t de semences en
d’équipements de transformation du 2012 (+ 171% par rapport 2010)
paddy de 35 usiniers • Taux de remboursement des fonds
• Formation en technique d’étuvage et de roulement de 100% dans 80% des
conditionnement du riz de 77 femmes OP appuyées
• Formation en stockage et • Augmentation de la production de
conditionnement du riz de 25 riz étuvé
commerçants • Amélioration de la qualité et de la
• Formation en gestion d’entreprise de commercialisation du riz étuvé
59 OP • Augmentation des revenus des 2 OP
• Donation de 4 motoculteurs, 5 bénéficiaires des batteuses
batteuses, 3 trieuses-vanneuses, 3 • Amélioration du rendement à
Renforcement des décortiqueuses, 30 kits d’étuvage l’usinage, de la qualité du riz
capacités (intrants, • Construction d’une mini-rizerie, 3 produit, du prix de vente du riz, des
équipements, magasins de stockage, 2 aires de revenus et création de 11 emplois
infrastructures, fonds séchage pour l’OP bénéficiaire de la mini-
de roulement) • Constitution de fonds de roulement rizerie, réduction du temps de
pour 17 OP pour un montant total de labour, augmentation des revenus,
48.750.000 FCFA respect du calendrier agricole pour
• Formation de 1465 femmes sur des les OP bénéficiaires des
thèmes divers motoculteurs
• Fourniture d’équipements pour une • Amélioration de la conservation des
valeur de 21.942.000 FCFA pour des semences, réduction des pertes post
OP féminines récolte de 50% pour les OP
Renforcement du rôle • Constitution de fonds de roulement bénéficiaires des magasins de
des femmes pour 949.975 FCFA stockage
• Appui à la participation à des foires et
comices agricoles
• Réalisation d’une étude sur le rôle des
femmes dans la mise en oeuvre du
projet APRAO
76
Evaluation finale du projet APRAO
Mauritanie
Domaine Activités réalisées Résultats et effets
d’intervention
Amélioration de • Appui à l’élaboration d’un projet de • Réhabilitation de l’ensemble de la
l’environnement socio- loi sur la production, le contrôle et la filière semencière (fourniture de
économique du riz certification des semences semences de pré base, capacité de
• Appui à l’élaboration des règlements production de semences de base,
techniques associés à cette loi révision cadre réglementaire,
• Appui à l’élaboration de 15 arrêtés création d’un marché pour la
ministériels sur les semences semence)
• Plaidoyer auprès du Ministère du
Développement Rural/Direction de
l’Agriculture (MDR/DA) pour la
subvention des semences certifiées
• Appui à l’instauration d’un cadre de
concertation
• Réhabilitation de 5 ha de la ferme
semencière de Sylla
• Introduction, homologation et
inscription au catalogue national de
variétés de 19 nouvelles variétés
• Traduction et diffusion des documents
sur la législation
• Sensibilisation sur la législation au
moyen de 18 émissions de radio
Renforcement des • Formation de 55 membres de l’ISPM • Production et vente de 3500 kg de
capacités (formation) et multiplicateurs sur la production de semences de pré base aux
semence établissements semenciers pour la
• Formation de 25 techniciens du production de semences R1 et R2,
CNARDA soit 36% de la production nationale
• Formation de 25 contrôleurs, de semences certifiées
inspecteurs et analystes • Amélioration des rendements de
• Formation de 63 facilitateurs production de semences de 5 à 6,4
d’encadrement t/ha entre 2010 et 2013
• Mise en place de 75 CEP et formation • Production de 1765 t de semences
de 1875 producteurs certifiées en 2012 et 1745 t en 2013
• Elaboration du manuel de riziculture • Emblavement de 863 ha et
en Mauritanie production de 1893 t de paddy dans
Renforcement des • Mise en place de fonds de roulement les sites bénéficiaires, avec un
capacités (intrants, intrants pour un montant total de rendement supérieur à la moyenne
équipements, 92.600 USD (distribution de 42 t de nationale
infrastructures, fonds semences, 152 t d’engrais, 2430 l • Hausse de rendement de 51% par
de roulement) d’herbicides) rapport à la situation de référence
• Donations de vignettes de
certification et sacs de
conditionnement
• Construction de 3 aires de séchage
Renforcement du rôle • Appui à 4 coopératives féminines • Première production de paddy pour
des femmes les coopératives bénéficiaires
77
Evaluation finale du projet APRAO
Niger
Domaine
Activités réalisées Résultats et effets
d’intervention
• Appui à la mise en place d’une
plateforme d’acteurs de la filière
• Adoption de la politique et de la loi
Amélioration de
semencière
l’environnement socio-
• Elaboration de l’annuaire des
économique du riz
semences 2012-2013
• Equipement de la ferme semencière
nationale
• Formation/recyclage sur l’inspection,
le contrôle et la certification des
semences • Augmentation de l’utilisation des
• Formations sur la production, la semences certifiées par les
conservation et le stockage des producteurs (de 42 à 90 %) sur les
semences sites d’intervention
• Formation sur la réglementation • Réduction du temps passé au battage
Renforcement des semencière • Réduction des pertes au battage de
capacités (formation) • Recyclage sur l’amélioration variétale 20%
• Formation/recyclage sur la gestion • Augmentation de la qualité du paddy
intégrée de la riziculture • Augmentation des échantillons de
• Formation/recyclage sur la GIPD semences analyses de 90 à 500
• Formation sur l’utilisation des (+455%)
batteuses • Production de 700 kg de semence
• Formation de 17 personnes sur le G4 en 2011m de 29,8 t de R1 en
marketing et la commercialisation 2011, de 344 t de R1 et R2 en 2012
Renforcement des • Donation de 7 motoculteurs, 7 • Augmentation de 31% des
capacités (intrants, batteuses, petit matériel (houes, rendements de production de paddy
équipements, dabas, pelles) sur les sites d’intervention
infrastructures, fonds • Réhabilitation du laboratoire de
de roulement) semences de la DGA
• Réduction de la pénibilité de
• Formation de 16 femmes sur
l’étuvage
l’étuvage
• Réduction de la consommation de
• Formation sur la gestion des fonds de
bois
Renforcement du rôle roulement
• Amélioration de la qualité du riz
des femmes • Mise en place de fonds de roulement
produit
pour l’achat de paddy (7.500.000
• Augmentation de la production de
FCFA)
riz étuvé
• Donation de 20 kits d’étuvage
• Augmentation des revenus
78
Evaluation finale du projet APRAO
Sénégal
Domaine
Activités réalisées Résultats et effets
d’intervention
Amélioration de
l’environnement socio-
économique du riz
• Formation de 13 contrôleurs, de 36 • Augmentation de la capacité de
agents d’encadrement, et de 176 production de semences de base de
producteurs sur la production de l’ISRA (3,48 t en 2011, 5,58 t en
semences 2012/13)
• Formation de 58 techniciens en GIPD • Création d’un stock de réserve de 8
• Formation de 1300 producteurs dans variétés
55 CEP • Production de 206 t de semences R1
• Formations de 15 agents sur les • Disponibilité de semences de pré
techniques de post récolte base de 6 variétés pluviales
Renforcement des
• Elaboration de 4 fiches techniques de • Augmentation de l’accès aux
capacités (formation)
riziculture semences de qualité pour 70% des
• Elaboration d’un manuel de contrôle producteurs dans les sites
et de certification des semences d’intervention en zone pluviale
• Elaboration d’un catalogue de variétés • Agrément de 9 groupements de
du riz production de semences de riz
• Elaboration d’un guide de production • Augmentation de 46% des
de riz pluvial superficies de production de
• Formation de 153 personnes sur la semences suivies par des agents de
législation semencière contrôle dans les sites d’intervention
en zone pluviale
• 40% des producteurs ont amélioré
• Adaptation des semoirs avec des leurs pratiques dans les sites
disques de semis pour le riz d’intervention
• Donation de 11 semoirs, 30 • Réduction de 70 à 83% des
Renforcement des sarcleuses, 300 disques de semis, 10 semences utilisées
capacités (intrants, batteuses à pédales, 3 batteuses à • Augmentation de 32% des
équipements, moteur, 8 décortiqueuses, 8 kits superficies cultivées dans les sites
infrastructures, fonds d’étuvage, 3 nettoyeurs de paddy d’intervention, de 73% en zone
de roulement) • Donation de 54 t de semences, 245 t pluviale
d’engrais • Augmentation de 5 à 6,5t/ha en zone
• Mise en place de fonds de roulement irriguée et de 1,5 à 3 t/ha en zone
intrants pluviale
• Amélioration de la qualité du riz
décortiqué
• Formation de 50 femmes en
production de semences
Renforcement du rôle • Formation de 38 femmes en technique • Amélioration de la capacité des
des femmes d’étuvage fonds de roulement de 40 à 73%
• Formation de 15 femmes en gestion
des OP
79
Evaluation finale du projet APRAO
Côte d’Ivoire
Partenaire Objectif du partenariat Rôle du partenaire Rôle de l’APRAO Résultats obtenus
• Tutelle du projet
• Validation d’un
• Elaboration d’un
modèle de
modèle de
• Appui institutionnel développement à
développement de la • Coordination du
ONDR • Fourniture de semence Gagnoa
filière riz au niveau projet
de base • Production de 190
local
tonnes de semences
• Fourniture de
de qualité
semences de qualité
• Point focal dans les sites
d’intervention
• Coordination des • Mise en œuvre de
• Encadrement des
• Mise en œuvre des activités et définition l’ensemble des
bénéficiaires
activités dans les sites de l’approche activités dans les
ANADER d’intervention • Mise en œuvre et suivi sites d’intervention
• Financement des
des activités sur le terrain
• Fourniture de activités • Production de 190
semences de qualité • Fourniture des tonnes de semences
• Achats des intrants et
infrastructures pour la
équipements de qualité
multiplication de
semence
• Mise en œuvre d’une
phase pilote du
• Portage institutionnel de • Conception du
• Mise en place d’un système
l’activité système
FIRCA système d’information d’information (en
• Cofinancement de • Fourniture d’expertise
sur les semences cours d’initiation au
l’activité technique
moment de
l’évaluation)
Mali
Objectif du
Partenaire Rôle du partenaire Rôle de l’APRAO Résultats obtenus
partenariat
• Cofinancement
ARPASO et • Cofinancement • Achat des • Installation et mise
• Installation d’une
Lux • Opération de la mini- équipements en fonctionnement de
mini-rizerie
Développement rizerie • Formation des la mini-rizerie
opérateurs
• Production sur 45 ha
• Fourniture d’engrais
dont 15 ha de
• Accroissement de • Encadrement des • Formation des
Secteur Kita parcelles
la production de producteurs producteurs
(WAAP) semencières, 63 t de
paddy • Fourniture de semences • Formation des agents paddy et 31,5 t de
de contrôle semences
• Fourniture d’intrants
• Aménagement des bas-
• Formation des agents • Mise en valeur de 7
• Mise en valeur de fonds
Projet IESA d’encadrement ha de bas-fonds et 2
bas-fonds • Encadrement des
• Formation des PIV
producteurs
producteurs
• Coordination des
Office du riz de • Mise en œuvre activités et définition
Ségou des actions du • Mise en œuvre de
• Point focal de l’approche
Office du projet dans les l’ensemble des
• Encadrement des • Financement des
Développement zones activités dans les
bénéficiaires activités
Rural de d’intervention sites d’intervention
Sélingué des partenaires • Achats des intrants et
équipements
80
Evaluation finale du projet APRAO
Mauritanie
46. En Mauritanie, les principaux partenariats établis sont les suivants (analyse non
détaillée étant donné que ce pays n’a pas été visité) :
Niger
47. Les partenariats établis au Niger sont les suivants (tirés de la présentation de l’APRAO
Niger à l’atelier bilan de Yamoussoukro, et non approfondis car ce pays n’a pas été visité
pendant l’évaluation) :
26
Division Semences et Qualité
27
Institut National de recherche Agronomique du Niger
28
Fédération des Unions des Coopératives des Producteurs de riz du Niger
29
Société le Riz du Niger
81
Evaluation finale du projet APRAO
Sénégal
Objectif du
Partenaire Rôle du partenaire Rôle de l’APRAO Résultats obtenus
partenariat
• Production de
• Fourniture des • Production de
semences de pré-
ISRA32 installations et des • Financement semences de qualité
base et matériel
ressources humaines de plateau
didactique
• Appui aux
• Augmentation de la
33 • Certification des producteurs
DISEM • Suivi du processus production de
semences • Financement des
semences certifiées
analyses
• Amélioration de la
SAED34
qualité du riz
• Coordination des
activités et définition
• Mise en œuvre des de l’approche • Mise en œuvre de
• Point focal
35 actions du projet l’ensemble des
DRDR • Encadrement des • Financement des
dans les zones activités dans les
bénéficiaires activités
d’intervention sites d’intervention
• Achats des intrants et
équipements
• Mutualisation des
Projet ressources pour
• Financement • Financement
PCE/USAID36 l’équipement des
OP
• Fourniture d’intrants
• Aménagement des bas- • Augmentation des
Projet IESA et • Formation des agents
• Mise en valeur des fonds rendements et de la
ONG Wula d’encadrement
bas-fonds • Encadrements de production dans les
Nafa • Formation des
producteurs bas-fonds aménagés
producteurs
• Fourniture d’intrants
• Introduction de la • Formation des agents • Introduction et
• Encadrement des
ONG Symbiose riziculture de d’encadrement engouement pour la
producteurs
plateau • Formation des culture de plateau
producteurs
30
Office National des Aménagements Hydro-Agricoles
31
Projet Petite Hydraulique sur la Sécurité Alimentaire
32
Institut Sénégalais de Recherche Agricole
33
Division des Semences
34
Société Nationale d'Aménagement et d'Exploitation des Terres du Delta
35
Direction Régionale du Développement Rural
36
Projet de croissance économique de l’Agence Américaine pour le Développement
82
Evaluation finale du projet APRAO
83
Evaluation finale du projet APRAO
effets et impacts)
Rapport coût-efficacité du projet - Analyse du budget : ratio coûts d’investissement, coût de - Analyse du document de projet et du budget
fonctionnement, coûts des activités - Entretien avec le budget holder
- Ratio coût du projet – bénéfices attendus - Entretien avec la coopération espagnole
84
Evaluation finale du projet APRAO
85
Evaluation finale du projet APRAO
86
Evaluation finale du projet APRAO
87
Evaluation finale du projet APRAO
la FAO
5 Impact
Questions d’évaluation Information à collecter Méthode/source
Impact global du projet, actuel ou potentiel, - Changements intervenus au niveau des partenaires - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs nationaux
positif et négatif, produit directement ou du projet - Entretiens avec les partenaires
indirectement, intentionnellement ou non - Changements intervenus au niveau des - Entretiens avec les bénéficiaires du projet
bénéficiaires du projet : services techniques,
associations et producteurs de semences, de riz,
transformation et commercialisation
Contribution globale du projet aux cadres de - - Entretien avec les représentants et coordinateurs de programmes des
programmation par pays, résultat/s bureaux pays
organisationnels et objectifs stratégiques, - Entretien avec la lead technical unit sur siège
ainsi que mise en œuvre des fonctions - Analyse des résultats du projet en rapports avec les cadres de
essentielles de la FAO programmation, les résultats organisationnels et les objectifs stratégiques
6 Durabilité
Questions d’évaluation Information à collecter Méthode/source
Perspectives de durabilité institutionnelle, - Intégration du projet dans le contexte - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs nationaux
technique et économique des résultats du institutionnel national; - Entretiens avec les ministères de l’agriculture
projet au niveau des bénéficiaires et des - Fonctionnalité du système d’assurance - Entretien avec les services techniques en charge de l’assurance qualité
institutions-hôtes de qualité pour les semences; des semences
- Fonctionnement de «groupes» de - Entretien avec les producteurs de semence
producteurs du point de vue technique et - Entretien avec des groupes de producteurs
organisationnel; - Entretien avec les groupes et institutions en charge de fonds de
- Durabilité des résultats, surtout en ce qui concerne roulement (+entretien équipe Mauritanie)
la constitution de fonds de roulement et la mise en
œuvre de l’approche « Produire plus avec moins »
88