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Organisation des Nations Unies

pour l’alimentation et
l’agriculture Bureau de l’Evaluation

Evaluation finale du projet « Amélioration de la


Production de Riz en Afrique de l’Ouest en
Réponse à la Flambée des Prix des denrées
alimentaires » (APRAO)
GCP/RAF/453/SPA

Janvier 2014
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

Bureau de l’Evaluation (OED)

Ce rapport est disponible en version numérique sur: [Link]


Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des données qui y figurent
n’impliquent de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) aucune
prise de position quant au statut juridique ou au stade de développement des pays, territoires, villes ou zones ou
de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. La mention de sociétés déterminées ou de
produits de fabricants, qu’ils soient ou non brevetés, n’entraîne, de la part de la FAO, aucune approbation ou
recommandation desdits produits de préférence à d’autres de nature analogue qui ne sont pas cités.

Les opinions exprimées dans ce produit d’information sont celles du/des auteur(s)
et ne reflètent pas nécessairement les vues ou les politiques de la FAO.

© FAO 2013

La FAO encourage l’utilisation, la reproduction et la diffusion des informations figurant dans ce produit
d’information. Sauf indication contraire, le contenu peut être copié, téléchargé et imprimé aux fins d’étude
privée, de recherches ou d’enseignement, ainsi que pour utilisation dans des produits ou services non
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commerciale doit être présentée au moyen du formulaire en ligne disponible à [Link]/contact-us/licence-
request ou adressée par courriel à copyright@[Link].

Pour plus ample information sur ce rapport, contacter:

Directeur, OED
Viale delle Terme di Caracalla 1, 00153
Rome, Italie
Courriel: evaluation@[Link]
Evaluation finale du projet APRAO

Remerciements

L’équipe d’évaluation remercie toutes les personnes qui ont contribué à l’organisation et à la
réalisation de cette évaluation, en particulier les équipes de la FAO dans les cinq pays
couverts par le projet, du bureau régional d’Accra et du siège à Rome, et les partenaires,
bénéficiaires et personnes ressources qui ont accepté de rencontrer l’équipe et de répondre à
nos questions dans les trois pays visités.

Composition de l’équipe de l’évaluation

Équipe de l’évaluation

Pierre Leguéné, agroéconomiste, chef de mission.


Kokou Zotoglo, agronome, membre de l’équipe.

Bureau de l’évaluation de la FAO

Luisa Belli, fonctionnaire en évaluation

iii
Evaluation finale du projet APRAO

Table de matières
Abréviations ....................................................................................................................... vi
Résumé d’Orientation ...................................................................................................... viii
Introduction ....................................................................................................................... viii
Principaux résultats de l’évaluation .................................................................................... viii
Conclusion et recommandations ........................................................................................... xi
1 Introduction ............................................................................................................... 15
1.1 Antécédents et objectif de l’évaluation ............................................................. 15
1.2 Méthodologie de l’évaluation ........................................................................... 15
1.3 Limites et contraintes ....................................................................................... 17
2 Contexte du projet/programme ................................................................................ 18
3 Analyse de la conception et de l’approche du projet................................................ 20
3.1 Pertinence de l’objectif du projet...................................................................... 20
3.2 Pertinence des objectifs spécifiques et chaîne des résultats ............................... 20
3.3 Pertinence de l’approche du projet ................................................................... 22
3.4 Adéquation des ressources et de la durée du projet en fonction des objectifs .... 24
3.5 Arrangements institutionnels internes............................................................... 25
3.6 Cadre logique du projet .................................................................................... 25
4 Analyse du processus de mise en œuvre ................................................................... 26
4.1 Gestion du projet.............................................................................................. 26
4.1.1 Programmation, prise de décision et mise en œuvre des actions ....................... 26
4.1.2 Système de suivi et processus de revue interne ................................................. 28
4.1.3 Ressources humaines ....................................................................................... 29
4.1.4 Stratégie de sortie ............................................................................................ 29
4.2 Gestion des ressources financières ................................................................... 29
4.3 Efficience et efficacité des arrangements institutionnels y compris la
participation des gouvernements ......................................................................................... 31
5 Analyse des résultats et contribution aux objectifs établis ...................................... 31
5.1 Réalisation au niveau des produits ................................................................... 32
5.1.1 Côte d’Ivoire.................................................................................................... 32
5.1.2 Mali ................................................................................................................. 34
5.1.3 Sénégal ............................................................................................................ 36
5.2 Réalisation au niveau des résultats ................................................................... 37
5.2.1 Résultats relatifs à l’objectif 1.......................................................................... 37
5.2.2 Résultats relatifs à l’objectif 2.......................................................................... 38
5.2.3 Résultats relatifs à l’objectif 3.......................................................................... 38
5.2.4 Résultats relatifs à l’objectif 4.......................................................................... 38
5.2.5 Facteurs favorables et défavorables à l’obtention des résultats en Côte d’Ivoire,
au Mali et au Sénégal .......................................................................................................... 39
5.3 Parité hommes-femmes .................................................................................... 41
5.4 Développement des capacités ........................................................................... 42
5.5 Approche fondée sur les droits de l’homme...................................................... 43
5.6 Partenariats et alliances .................................................................................... 43
5.6.1 Côte d’Ivoire.................................................................................................... 44
5.6.2 Mali ................................................................................................................. 44
5.6.3 Sénégal ............................................................................................................ 45
6 Analyse selon les critères d’évaluation ..................................................................... 45
6.1 Pertinence ........................................................................................................ 45

iv
Evaluation finale du projet APRAO

6.1.1 Pertinence au regard des besoins des bénéficiaires .......................................... 45


6.1.2 Pertinence au regard des stratégies nationales de développement du riz .......... 45
6.1.3 Pertinence au regard des Cadres de Programmation Pays (CPP) de la FAO et
des Plans Cadre des Nations Unies pour l,’Aide au Développement (PCNUAD) ................. 46
6.2 Efficience ........................................................................................................ 47
6.2.1 Facteurs de mise en œuvre ayant affecté positivement l’efficience .................... 47
6.2.2 Facteurs de mise en œuvre ayant affecté négativement l’efficience ................... 47
6.3 Efficacité ......................................................................................................... 48
6.4 Durabilité ......................................................................................................... 49
6.5 Impact.............................................................................................................. 51
7 Conclusions et recommandations ............................................................................. 52
8 Leçons apprises.......................................................................................................... 55

Annexes –

Annexe 1 Termes de Référence 57


Annexe 2 Bref profil des membres de l’équipe 69
Annexe 3 Liste de documents examinés et calendrier de la mission 70
Annexe 4 Liste des institutions et partie prenantes rencontrés 72
Annexe 5 Liste des produits du projet 75
Annexe 6 Liste des partenariats établis par l’APRAO 80
Annexe 7 Matrice d’évaluation 83

v
Evaluation finale du projet APRAO

Abréviations

AECID Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement


AGPMG Unité des Semences et Ressources Phytogénétiques de la FAO
APRAO Projet d’Amélioration de la production de riz en Afrique de l’Ouest en
réponse à la flambée des prix des denrées alimentaires
ANADER Agence Nationale d’Appui au Développement Rural
ANASEMCI Association Nationale des Semenciers de Côte d’Ivoire
APECAM Assemblée Permanente des Chambres Agricoles du Mali
ARPASO Association des Riziculteurs de la Plaine Aménagée de l’Ouest (Mali)
CAAPD Programme Général de Développement Agricole de l’Afrique
CCQSP Centre de Contrôle de Qualité de Semences et Plants (Mauritanie)
CEDEAO Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest
CEP Champ Ecole Participative
CNRADA Centre National de Recherche Agronomique et de Développement Agricole
(Mauritanie)
CORAF Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement
Agricole
CPP Cadre de Programmation Pays de la FAO
CRA Centre du Riz pour l’Afrique
DISEM Division des Semences (Sénégal)
DRDR Direction Régionale du Développement Rural (Sénégal)
DSQ Division Semences et Qualité (Niger)
ECOWAP Politique Agricole Commune de la CEDEAO
FAO Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FPMIS Field Programme Management Information System
FUCOPRI Fédération des Unions des Coopératives des Producteurs de riz du Niger
FIRCA Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricole (Côte
d’Ivoire)
GIPD Gestion Intégrée de la Production et des Déprédateurs
IESA Initiative Eau - Sécurité Alimentaire
Initiative 3N Les Nigériens Nourrissent les Nigériens
INRAN Institut National de recherche Agronomique du Niger
ISPM Interprofession des Semences et Plants de Mauritanie
ISRA Institut Sénégalais de Recherche Agricole
LTO Lead Technical Officer (FAO)
LTU Lead Technical Unit (FAO)
MDR/DA Ministère du Développement Rural/Direction de l’Agriculture (Mauritanie)
NEPAD Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique
OED Bureau de l’Evaluation de la FAO
ONAHA Office National des Aménagements Hydro-Agricoles (Niger)
ONDR Office National de Développement de la Riziculture (Côte d’Ivoire)
OP Organisation de Producteurs
PAPAM Programme d’Accroissement de la Productivité Agricole au Mali
PAPRIZ Projet d’Amélioration de la Productivité du Riz dans la Vallée du fleuve
Sénégal
PAU Politique Agricole Unifiée
PCE/USAID Projet de Croissance Economique de l’Agence Américaine pour le
Développement International (Sénégal)

vi
Evaluation finale du projet APRAO

PCNUAD Plans Cadre des Nations Unies pour l’Aide au Développement


PIV Périmètre Irrigué Villageois
PNAR Programme National d’Autosuffisance en Riz du Sénégal
PPAAO Programme de Productivité Agricole de l’Afrique de l’Ouest
PPHSA Projet Petite Hydraulique sur la Sécurité Alimentaire (Niger)
RINI Société le Riz du Niger
SAED Société Nationale d'Aménagement et d'Exploitation des Terres du Delta
SNDFR Stratégie Nationale de Développement de la Filière Riz du Niger
SNDR- CI Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture de la Côte d’Ivoire
SNDR - Mali Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture du Mali
SONADER Société Nationale de Développement Rural (Mauritanie)
TdR Termes de Référence de l’évaluation finale
UEMOA Union Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
UJAK-UTPA Union des Jeunes Agriculteurs de Koyli Winunde (Sénégal)
UNEG Groupe de l’Evaluation des Nations Unies

vii
Evaluation finale du projet APRAO

Résumé d’Orientation

Introduction

ES1. Le projet d’Amélioration de la Production de Riz en Afrique de l’Ouest en Réponse


à la Flambée des Prix des denrées alimentaires (APRAO – GCP/RAF/453/SPA) couvre la
Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal. Sa période initiale de mise en
œuvre était du 1er septembre 2010 au 31 décembre 2012, soit une durée de 28 mois, et a été
rallongée jusqu’au 31 décembre 2013 sans coût supplémentaire. Le budget total du projet est
5.829.016 dollars E.-U.

ES2. Ce projet a fait l’objet d’une évaluation finale au cours du dernier trimestre de sa
mise en œuvre, dont l’objectif principal était de fournir une appréciation sur les résultats
obtenus en fonction des objectifs fixés, et de formuler des recommandations pour de futurs
projets similaires. Des recommandations étaient également attendues en vue d’une éventuelle
deuxième phase du projet.

Principaux résultats de l’évaluation

Pertinence
ES3. Le projet APRAO a été défini en réaction à la crise de la hausse des prix des denrées
alimentaires de 2007-2008, qui a fragilisé la sécurité alimentaire des ménages et entraîné des
émeutes dans certains pays. Il s’agit d’un projet de réponse à une crise, mais qui cherche à
apporter des réponses pérennes à des causes structurelles de la crise.

ES4. L’objectif général du projet, d’accroître la production nationale de riz dans cinq pays
d’Afrique de l’Ouest, est pertinent aux vues du constat réalisé lors de l’identification du
projet, qui repose sur les trois éléments principaux suivants :

- Le riz est une denrée essentielle dans les pays ciblés, c’est l’un des aliments de base
de la population ;
- La production nationale insuffisante et la dépendance vis-à-vis des importations
créent une forte vulnérabilité face aux fluctuations du marché mondial, qui met en
danger la sécurité alimentaire des ménages ;
- Il existe un fort potentiel d’augmentation de la production de riz blanc de qualité
qui peut être compétitif avec le riz importé.

ES5. Par ailleurs, les objectifs du projet sont parfaitement en phase avec les priorités
inscrites dans les stratégies nationales sectorielles de chaque pays pour le développement de
la riziculture et la sécurité alimentaire. De même, les entretiens réalisés avec les bénéficiaires
directs ont montré que les actions réalisées étaient pertinentes par rapport à leurs besoins et
priorités.

ES6. La chaîne de résultats, qui comprend la définition de 4 objectifs spécifiques, des


résultats attendus et des activités proposées est pertinente, et a été définie à partir d’un des
éléments principaux de l’approche du projet, l’approche chaîne de valeur riz. Le projet
cherche donc à agir sur les aspects qui constituent les contraintes les plus importantes pour la
production de riz parmi l’ensemble des maillons de la chaîne, de la production de semences
de qualité à la commercialisation du riz transformé.

viii
Evaluation finale du projet APRAO

ES7. Les autres éléments de l’approche, tous jugés pertinents, en particulier car ils
favorisent l’efficience du projet, sont le développement d’une approche régionale qui favorise
les synergies et échanges entre pays, l’alignement sur les stratégies nationales, le travail basé
sur des partenariats qui responsabilisent des acteurs nationaux et locaux les plus impliqués, le
choix de sites d’intervention et d’actions offrant un fort potentiel de réussite, le renforcement
systématique des capacités à tous les niveaux, et la valorisation de l’existant, notamment de
l’expérience de la FAO et de la structure du programme GIPD/CEP.

ES8. L’évaluation a aussi révélé quelques points faibles dans la conception du projet,
notamment son objectif global trop ambitieux au regard du budget et de la durée de mise en
œuvre du projet, et la formulation inappropriée du cadre logique qui ne présente aucune
quantification des objectifs, résultats et activités, et intègre des indicateurs mal définis et
également non quantifiés.

Efficience
ES9. De manière générale, la mise en œuvre du projet a été très efficiente, et la recherche
d’un bénéfice optimal pour toutes les actions entreprises et tous les investissements réalisés a
été une préoccupation constante de l’équipe du projet, qui pour cela a travaillé de manière
très flexible. Les autres facteurs qui ont favorisé l’efficience de la mise en œuvre sont le rôle
joué par la coordination régionale pour la mise en œuvre de l’approche commune du projet, la
qualité des ressources humaines mobilisées, la pertinence des partenaires choisis et
l’approche responsabilisante utilisée pour établir les partenariats, la mutualisation des
ressources avec d’autres acteurs pour certaines actions, et la gestion flexible du budget.

ES10. Certains facteurs de mise en œuvre ont néanmoins affecté l’efficience. Il s’agit
principalement du retard important au démarrage, qui a notamment affecté la mise en œuvre
des activités en Côte d’Ivoire, de l’absence d’affectation de budget par pays, qui a handicapé
les pays les plus avancés dans leur programmation, notamment le Mali, de la programmation
trop tardive des achats d’équipements en Mauritanie, et d’un dispositif de suivi-évaluation
insuffisant, malgré les efforts importants réalisés pour capitaliser les résultats et les
expériences du projet, et les rendre visibles au travers du site internet.

Efficacité
ES11. L’absence de quantification des objectifs, résultats et activités rend difficile
l’analyse détaillée de l’efficacité du projet. L’évaluation a néanmoins observé que l’APRAO
a mis en œuvre de nombreuses activités sur tous les maillons de la chaîne de valeur du riz, et
obtenu des résultats importants dans tous les pays. .

ES12. L’essentiel des résultats obtenus se sont produits au niveau local, et l’évaluation n’a
pas pu collecter d’évidences que l’objectif général du projet, d’augmenter la production au
niveau national ait été atteint. Comme on l’a dit plus haut, cet objectif était très ambitieux au
regard du budget et de la durée de mise en œuvre du projet.

ES13. L’obtention des résultats a été affectée positivement ou négativement par des
facteurs contextuels spécifiques de chaque pays, et de chaque site d’intervention. Une analyse
plus approfondie de ces facteurs sur certains sites aurait permis de choisir des bénéficiaires
moins exposés à certains facteurs.

ES14. Le projet prévoyait dans sa conception de renforcer le rôle des femmes dans la
chaîne de valeur. Cet objectif s’est traduit par une volonté réelle d’intégrer des femmes ou OP

ix
Evaluation finale du projet APRAO

de femmes parmi les bénéficiaires. Néanmoins, les femmes sont souvent reléguées aux
opérations de transformation et commercialisation du riz, alors que les entretiens menés ont
montré qu’elles souhaitent souvent s’engager dans la production. Une analyse plus
approfondie des facteurs qui leur participation dans la production permettrait de renforcer
l’approche genre du projet.

Durabilité
ES15. Tant dans sa conception que dans sa mise en œuvre, le projet a incorporé des
approches et des mesures concrètes pour favoriser la pérennité des actions mises en œuvre. Il
s’agit en particulier de l’approche basée sur le renforcement des capacités et sur les
partenariats, de la mise en place systématique de fonds de roulement qui accompagnent les
donations en intrants et de mesures organisationnelles et financières de gestion et
d’amortissement des équipements fournis.

ES16. L’évaluation a permis d’identifier plusieurs thèmes à fort potentiel de réplication,


comme la plateforme locale de développement du riz en Côte d’Ivoire, l’amélioration des
techniques d’étuvage à Dioro au mali, ou l’appui au développement de la riziculture de
plateau au Sénégal.

ES17. En revanche l’évaluation a détecté plusieurs points faibles quant aux perspectives de
durabilité de certaines actions. Les fonds de roulement en intrants sont une solution à court-
moyen termes, car ils sont exposés à des risques qui à terme peuvent entraîner leur
disparition. L’accès au crédit avec des institutions spécialisées semble être une solution plus
durable. Malgré l’accent mis sur le renforcement des capacités y compris au niveau des
structures d’encadrement, ces structures ne bénéficient pas des moyens financiers pour
continuer à réaliser un suivi des bénéficiaires à la fin du projet et à mettre certaines activités
qu’ils gèrent directement. Enfin, plusieurs activités lancées par le projet ne sont qu’en phase
d’initiation, et devront faire l’objet d’une poursuite pour pouvoir arriver à terme et produire
leurs résultats.

Impact
ES18. L’évaluation n’a pas collecté d’évidence que l’objectif global d’augmentation de la
production de riz au niveau national ait été atteint. Des moyens et une durée de projet
supérieurs à ceux avec lesquels l’APRAO a compté sont sans doute nécessaires pour cela.
Aussi, si l’on considère l’impact, en contraste avec l’effet, comme un changement profond et
à long terme, il est trop tôt pour que les résultats obtenus par le projet aient pu engendrer un
impact.

ES19. Néanmoins, l’évaluation a relevé plusieurs effets importants au niveau national et


local en termes d’augmentation de la production et de l’utilisation de semence de qualité,
d’augmentation des rendements et de la production de paddy, et d’augmentation et de la
qualité du riz transformé et commercialisé. Ces effets sont susceptibles d’entraîner une
augmentation des revenus de tous les acteurs de la chaîne de valeur, et de leurs conditions de
vie, et une augmentation de la disponibilité de riz produit localement compétitif sur les
marchés. Etant donnée l’échelle essentiellement locale à laquelle l’APRAO a travaillé, il
n’entraînera sans doute pas la réduction au niveau national de la dépendance vis-à-vis des
importations de riz.

x
Evaluation finale du projet APRAO

Conclusion et recommandations

ES20. Le Projet d’Amélioration de la Production de Riz en Afrique de l’Ouest en Réponse


à la Flambée des Prix des Denrées Alimentaires avait pour objectif, comme son nom
l’indique, d’apporter une réponse à la crise de 2007 et 2008 créée par la hausse des prix sur
les marchés de la région. S’il s’agissait d’un projet réactif à une situation de crise qui affectait
la sécurité alimentaire des ménages dépendants des marchés pour accéder à leur alimentation,
il n’en reste pas moins que le projet recherchait des solutions pérennes à des questions
structurelles. Cette approche se révèle pertinente lorsqu’on observe que les facteurs qui ont
déclenché la crise sont largement structurels, notamment le déficit de production nationale
dans la région et la forte dépendance vis-à-vis de marchés mondiaux incertains pour l’avenir,
et que ce déficit est dû à des facteurs structurels de la production de riz.

ES21. L’APRAO avait donc pour objectif de réduire cette dépendance en augmentant la
production nationale de riz. Pour cela, le projet a fait le choix de concentrer ses actions sur
une multitude de facteurs de la chaîne de valeur du riz qui limitent la production, et sur
lesquels il était possible d’obtenir des effets significatifs sur une période limitée. Cette option
est jugée pertinente en comparaison avec l’option de réaliser des aménagements hydro
agricoles supplémentaires, dont le coût comparatif est sans aucun doute beaucoup plus élevé.

ES22. La conception du projet dans son ensemble est jugée adéquate. L’approche sur la
chaîne de valeur a déterminé des objectifs spécifiques et des activités orientées sur les
différents maillons de la chaîne, de la production de semences de qualité à la
commercialisation du riz transformé compétitif. Les autres éléments de l’approche du projet
sont également jugés adéquats car ils contribuent à l’efficience de la mise en œuvre du projet,
et aux possibilités d’engendrer des résultats et des effets durables : projet régional destiné à
mettre en œuvre une approche commune et à développer des synergies et des échanges entre
pays, partenariats, alignement sur les stratégies nationales, renforcement des capacités,
valorisation de l’existant, et notamment de l’expérience et de la structure du programme
GIPD de la FAO.

ES23. La conception du projet comporte néanmoins des points faibles importants, et en


particulier la définition d’un objectif global probablement trop ambitieux étant donnés les
moyens disponibles et la durée du projet, le manque de clarté dans les objectifs spécifiques,
les résultats et les activités proposés, dû à l’absence de quantification, et des indicateurs
d’objectifs et de résultats inadéquats, car non quantifiés et souvent mal définis. En
conséquence, le cadre logique et ses indicateurs n’ont pas représenté un outil de suivi des
résultats obtenus, et de planification sur la base de l’analyse de ces résultats. Cela a été en
partie compensé par la mise en œuvre d’efforts importants pour la capitalisation des actions
réalisées.

ES24. La mise en œuvre du projet s’est caractérisée par sa flexibilité et la recherche


constante d’efficience et de bénéfice optimum pour les investissements réalisés. Pour cela, les
équipes de l’APRAO dans chaque pays et leurs partenaires ont mis en œuvre un processus
systématique d’analyse des facteurs les plus limitants pour le fonctionnement de la chaîne de
valeur du riz dans les différents sites d’intervention. Cette approche était sans doute la plus
pertinente pour obtenir des résultats importants avec des moyens et une durée de mise en
œuvre limités. L’analyse des facteurs pouvant nuire aux résultats devrait néanmoins être
renforcée. Certains résultats ont en effet été affectés par des facteurs externes (ex : gestion
solidaire dans les grands aménagements de la vallée du fleuve Sénégal).

xi
Evaluation finale du projet APRAO

ES25. La bonne gestion du projet a également été favorisée par la qualité des ressources
humaines mobilisées et par le rôle important joué par le coordinateur technique régional pour
la mise en œuvre d’une approche commune dans les cinq pays, qui a également suppléé la
carence de leadership institutionnel due au processus interne de décentralisation de la FAO
parallèle à la mise en œuvre du projet. Ce manque de leadership institutionnel et technique
interne à la FAO devrait néanmoins être corrigé étant donnés les enjeux qui existent autour
du riz dans la région. De plus, les bénéfices du caractère régional du projet devraient être
renforcés en travaillant davantage sur les échanges d’expérience et en réalisant une
capitalisation à l’échelle régionale.

ES26. La mise en œuvre du projet a cependant été affectée par plusieurs facteurs,
notamment le démarrage tardif des activités qui a en particulier limité les activités mises en
œuvre en Côte d’Ivoire, l’absence de visibilité pour les équipes nationales sur le budget
disponible. Aussi, le choix des équipements fournis aux bénéficiaires n’a pas toujours été
suffisamment participatif, et en conséquence certains équipements ne sont pas utilisés car ils
sont inadaptés. Enfin, l’équipe du projet a fait part d’une volonté d’intégrer les femmes parmi
les bénéficiaires, mais l’approche genre devrait être approfondie en analysant les facteurs
profonds qui limitent la participation des femmes dans la filière, et leur capacité de participer
aux activités dans lesquelles elles souhaitent s’investir.

ES27. Malgré la difficulté pour analyser de manière systématique l’efficacité de la mise en


œuvre du projet due à l’imprécision dans la définition des actions et résultats attendus
(manque de quantification), on peut affirmer que le bilan de l’APRAO est largement positif.
De nombreuses actions ont été mises en œuvre sur tous les maillons de la chaîne de valeur du
riz, et ont engendré des résultats importants. Ces résultats sont surtout visibles au niveau
local, mais certains résultats sont également ressentis au niveau national, notamment pour ce
qui est de la production et l’utilisation de semences améliorées en Mauritanie et au Niger. Au
niveau local, on peut observer dans tous les pays des améliorations tangibles en termes de
production de semences de qualité (rendements, contrôle de qualité et certification), de
production de paddy (accès aux intrants et au matériel, amélioration des rendements), de
transformation en riz blanc (quantités de paddy transformé, qualité du riz blanc produit) et de
commercialisation (amélioration de l’image qu’ont les consommateurs du riz produit
localement).

ES28. Un effort important a été entrepris pour que ces résultats soient durables. L’approche
basée sur les partenariats et sur le renforcement des capacités constitue un facteur favorable
de pérennité, car elle permet aux acteurs institutionnels et d’encadrement, tout comme aux
producteurs, de s’approprier les actions mises en œuvre, et de disposer de la maîtrise
technique et organisationnelle nécessaire pour les maintenir et les poursuivre. Le manque de
moyens matériels et financiers des institutions d’encadrement représente néanmoins une
contrainte importante pour que le nécessaire suivi des bénéficiaires puisse continuer. Aussi, la
mise en place de fonds de roulement pour la pérennisation de l’accès aux intrants constitue
une mesure de court-moyen termes, et des solutions plus durables devraient être recherchées
pour que cet accès soit garanti à long terme. Enfin, certaines actions n’ont pu être qu’initiées
pendant le projet, comme le système d’information sur les semences en Côte d’Ivoire ou
l’appui à la création d’une interprofession au Mali, et doivent être poursuivies dans le cadre
d’une seconde phase pour qu’elles puissent engendrer des résultats durables.

ES29. En définitive, le projet n’a probablement pas atteint son objectif général
d’augmentation de la production de riz de qualité au niveau national, mais cela est
essentiellement dû à la limitation des moyens et du temps disponible. Cependant, l’APRAO a

xii
Evaluation finale du projet APRAO

posé des bases importantes et démontré la validité de son approche, et notamment le fait qu’il
est possible d’obtenir des résultats significatifs pour la production de riz en travaillant sur
l’optimisation de la chaîne de valeur, comme alternative ou complément à des nouveaux
aménagements hydro agricoles qui nécessitent des moyens beaucoup plus importants. La
grande satisfaction de l’ensemble des acteurs rencontrés au cours de l’évaluation, des
institutions tutélaires aux bénéficiaires, témoigne de l’importance des contributions de
l’APRAO. Ces bases devraient être valorisées et développées dans le cadre d’une deuxième
phase qui pourrait prétendre atteindre l’objectif global de manière plus réaliste, à condition
qu’elle compte avec des moyens et une durée suffisante.

Recommandation 1: Pour la FAO, les bailleurs de fonds et les gouvernements des pays ciblés
Continuer le projet dans le cadre d’une seconde phase avec un budget de plus grande
envergure et une durée plus longue, qui permettra de travailler à une échelle supérieure et
d’obtenir des résultats significatifs en termes de production à l’échelle nationale.
L’APRAO a obtenu des résultats significatifs au niveau local et a démontré la pertinence
de l’approche sur la chaîne de valeur. Une seconde phase devrait s’appuyer sur ces acquis.
Par ailleurs, plusieurs actions mises en œuvre nécessitent d’être renforcées et poursuivies
pour donner leur potentiel de résultat et être durables.

Points à considérer dans le cadre d’une deuxième phase de l’APRAO

i. Approfondir l’étude initiale des sites d’intervention, et notamment des facteurs qui
affectent la riziculture, afin de sélectionner les groupes pour qui les possibilités de
succès sont les plus importantes, et les facteurs qui peuvent potentiellement affecter
les résultats sont les moins importants (ex. Sénégal : privilégier les PIV et PPI par
rapport aux GPI).
ii. Mieux définir les arrangements institutionnels internes : confier la responsabilité de
LTO a une personne disponible et qui bénéficie d’une expertise dans la chaîne de
valeur du riz. Pour cela, la FAO devrait recruter un expert régional en riz qui pourra
assumer cette fonction et représenter la FAO sur le secteur rizicole dans la région.
iii. Octroyer en début de projet une enveloppe budgétaire indicative pour l’ensemble du
projet par pays, afin de permettre à chaque équipe nationale de connaître les moyens
dont elle pourra disposer sur l’ensemble du projet, et ainsi de pouvoir réaliser une
planification initiale des activités dur l’ensemble de la durée du projet. L’équipe
d’évaluation recommande néanmoins de maintenir une gestion régionale du budget, et
une flexibilité importante dans cette gestion, pour maintenir une émulation entre pays
et pouvoir donner des moyens supplémentaires aux pays qui avancent plus vite.
L’enveloppe initiale par pays ne devrait donc pas être considérée comme un acquis, et
devrait être révisée lors des étapes de planifications intermédiaires en fonction des
performances dans chaque pays. Au niveau régional, il est recommandé d’augmenter
l’efficience de la gestion du projet, en réduisant les délais d’approbation des budgets
périodiques.
iv. Améliorer la formulation du projet en définissant des objectifs, résultats et/ou
indicateurs quantifiés, de manière à permettre une meilleure évaluation de l’efficacité
de la mise en œuvre du projet, et un meilleur rendu de compte.
v. Elaborer une stratégie de suivi et évaluation qui intègre le suivi des activités, la
mesure des résultats, objectifs, effets et impacts. Proposer des indicateurs plus
pertinents, quantifiés. Homogénéiser les indicateurs, les procédures et la présentation

xiii
Evaluation finale du projet APRAO

des résultats entre les pays, pour permettre une consolidation au niveau régional. Ces
mesures permettront une meilleure gestion basée sur les résultats, la comparaison
entre pays et faciliteront l’évaluation des résultats du projet.
vi. Mettre en œuvre une approche plus participative pour la sélection des équipements de
production et de transformation du riz. Renforcer l’analyse des facteurs qui
permettront une valorisation optimale des équipements fournis aux bénéficiaires et
prévoir dans les actions du projet les actions complémentaires nécessaires (ex :
constitution de fonds de roulement pour l’achat de paddy).
vii. Renforcer l’approche genre du projet : Réaliser un diagnostic genre et chaîne de
valeur du riz qui analyse en profondeur les objectifs, stratégies, priorités, souhaits et
contraintes des femmes pour s’investir dans les différents maillons de la chaîne. A
partir de là, élaborer une stratégie claire de renforcement du rôle des femmes, qui
identifie des objectifs, des résultats et des activités. Cette stratégie ne devrait pas se
contenter d’appuyer les femmes dans les activités qu’elles réalisent déjà, mais devrait
appuyer les femmes à réaliser les activités dans lesquelles elles souhaitent
s’impliquer. Cela suppose d’aborder des questions complexes de droits et de
discriminations, comme l’accès à la terre.
viii. Etudier des alternatives au fonds de roulement intrants pour garantir l’accès aux
intrants à long terme, par exemple, des formules de collaboration entre usiniers,
fournisseurs d’intrants et producteurs comme cela a été proposé par la plateforme de
Gagnoa en Côte d’Ivoire, ou d’accès au crédit auprès d’institutions spécialisées.
ix. Renforcer la dimension régionale du projet, au travers de partenariats, de la
coordination et de l’échange d’expérience avec d’autres projets et institutions
d’envergure régionale (ex : West Africa Trade Hub Network de l’USAID, Programme
régionale du système intensif de riziculture du CORAF, Africa Rice Center,…), et de
l’identification dès la phase de conception du projet de partenariats et d’initiatives
inter pays.
x. Supporter les gouvernements dans l’appropriation de l’approche de l’APRAO, qui a
produit des résultats importants dans un domaine qui figure parmi les priorités du
développement agricole et pour la sécurité alimentaire dans les stratégies nationales
sectorielles concernées. Ces résultats devraient être consolidés et répliqués. Cela
devrait impliquer la mobilisation de la part des gouvernements des moyens
nécessaires pour que les structures d’encadrement partenaires du projet puissent
poursuivre le suivi et la consolidation des actions mises en œuvre. Un effort devrait
être également fait pour pérenniser les acquis obtenus en termes de réhabilitation et
redynamisation des filières semencières, et permettre qu’elles se maintiennent
fonctionnelles et pour .accélérer les procédures de définition de tutelle institutionnelle.

xiv
Evaluation finale du projet APRAO

1 Introduction

1.1 Antécédents et objectif de l’évaluation

1. Le projet d’Amélioration de la Production de Riz en Afrique de l’Ouest en Réponse à la


Flambée des Prix des denrées alimentaires (APRAO – GCP/RAF/453/SPA) couvre la Côte
d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal. Sa période initiale de mise en œuvre
était du 1er septembre 2010 au 31 décembre 2012, soit une durée de 28 mois, et a été
rallongée jusqu’au 31 décembre 2013 sans coût supplémentaire. Le budget total du projet est
5.829.016 dollars E.-U.

2. L’évaluation finale du projet APRAO a pour objectif, tel que défini dans les Termes de
Référence (TdR) de cette évaluation, « de fournir une appréciation et des recommandations à
l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), aux pays
participants et au bailleur de fonds sur les accomplissements du projet en fonction des
objectifs fixés. L’évaluation finale a le double objectif de responsabilité de rendre compte à
toutes les parties prenantes et de contribuer à l’apprentissage organisationnel ».

3. En plus de cela, comme indiqué dans les TdR, mais aussi au travers des attentes
exprimées par les parties prenantes lors des entretiens menés avec elles, des
recommandations étaient attendues pour la conception et la mise en œuvre de programmes
similaires dans la région, et dans la perspective de la mise en œuvre d’une deuxième phase du
projet APRAO. Pour cela, les équipes du projet dans les 5 pays couverts avaient déjà rédigé
des notes conceptuelles au moment de l’évaluation.

4. L’évaluation s’est déroulée sur la période du 16 septembre au 31 octobre 2013, et a


compris une mission de terrain en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal du 22 septembre au 9
octobre 2013.

5. Les TdR de l’évaluation, rédigés par le Bureau de l’Evaluation de la FAO (OED) sont
présentés en annexe 1.

1.2 Méthodologie de l’évaluation

6. L’évaluation adhère aux normes du Groupe de l’Evaluation des Nations Unies


(UNEG), et notamment aux principes d’impartialité, d’indépendance, de qualité, de
transparence, de consultation et d’éthique.

7. Le processus de conception de la méthodologie de l’évaluation s’est basé sur les


critères (pertinence, efficacité, efficience, durabilité et impact) et sur les questions principales
incluses dans les TdR, qui ont été déclinées en questions détaillées dans une matrice
d’évaluation. Cette matrice, présentée en annexe 7, identifie également les techniques de
collectes et les sources d’information pour chaque question détaillée.

8. L’une des étapes clés de l’évaluation a été l’atelier de bilan du projet APRAO qui s’est
tenu à Yamoussoukro du 24 au 26 septembre 2013 et auquel l’équipe d’évaluation a
participé. Lors de cet atelier, les équipes du projet des 5 pays couverts ont présenté les
principales activités mises en œuvre, les résultats et effets obtenus pendant toute la durée du
projet dans leur pays respectif, de même que des notes conceptuelles pour une seconde phase
du projet. Ces présentations ont constitué un point de départ pour l’équipe d’évaluation, qui
s’est ensuite attachée à approfondir et trianguler les informations présentées par chaque

15
Evaluation finale du projet APRAO

équipe pays. L’atelier a également permis de mener des entretiens directs avec les équipes du
Niger et de la Mauritanie, non couverts par la mission de terrain, et avec des partenaires et
parties prenantes de l’APRAO en Côte d’Ivoire.

9. Compte tenu de l’étendue du projet, l’équipe d’évaluation a visité un échantillon de


sites couverts par le projet, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal. Les sites visités sont les
suivants :

Table 1
Sites Caractéristiques
Côte d’Ivoire
Yamoussoukro - Zone de culture de riz dans les bas-fonds
- Visite collective lors de l’atelier bilan du projet. Pas d’entretiens
directs avec les bénéficiaires
Gagnoa - Zone de culture de bas-fonds et de plateaux. Intervention de
l’APRAO principalement dans les bas-fonds
Mali
Dioro - Zone de l’Office du riz de Ségou, de culture en immersion
contrôlée
San - Zone de culture irriguée
Sélingué - Zone de culture pluviale
Sénégal
Bokhol - Vallée du fleuve Sénégal, culture irriguée
Podor - Vallée du fleuve Sénégal, culture irriguée
Nioro - Zone de Kaolack, culture pluviale de plateau
Djilor - Zone de Fatick, culture pluviale de plateau et de bas-fonds

10. Les techniques mises en œuvre sont les suivantes :

- Etude de la bibliographie disponible: document de projet, plans d’action, rapports


d’activités, études de capitalisation, produits du projet,…
- Entretiens semi-structurés avec les équipes de mise en œuvre du projet dans les 5
pays couverts, tutelles, parties prenantes et partenaires institutionnels et techniques,
bailleur de fonds, bénéficiaires, hommes et femmes. La liste des personnes
rencontrées et le calendrier de la mission de terrain sont présentés en annexe 6.
- Observation directe sur le terrain : parcelles agricoles, équipements de production et
de transformation du riz, infrastructures réalisées par l’APRAO.
- Restitution des résultats préliminaires dans les trois pays visités et globalement lors
d’une téléconférence tenue le 9 septembre et à laquelle les équipes de la FAO des 5
pays, du siège et du bureau régional ont participé. Ces restitutions ont permis de
discuter, confirmer ou corriger les résultats préliminaires.

11. L’équipe d’évaluation a mis en œuvre une approche destinée à obtenir des informations
les plus fiables possible, au travers de la triangulation des sources d’information
(bibliographie, équipes du projet, partenaires, bénéficiaires). La triangulation a également été
mise en œuvre dans le fonctionnement de l’équipe, qui a régulièrement réalisé des séances de
travail pour mettre en commun et discuter les informations collectées, et identifier les
informations manquantes ou pour lesquelles de vérifications devaient être réalisées.

12. L’approche, essentiellement qualitative, a été enrichie par l’utilisation des données
quantitatives disponibles dans la bibliographie.

16
Evaluation finale du projet APRAO

1.3 Limites et contraintes

13. Les principales contraintes et limites pour la réalisation de l’évaluation sont de trois
ordres : i) deux des cinq pays couverts par le projet n’ont pas été visités lors de la mission de
terrain, ii) le temps disponible dans les trois pays visités était limité, iii) le projet dans sa
conception initiale ne comprenait pas une définition quantifiée des activités, résultats et
objectifs attendus.

14. Le Niger et la Mauritanie n’ont pas été visités pendant la mission de terrain. De ce fait,
l’équipe d’évaluation n’a pas pu réaliser d’entretiens avec les tutelles, partenaires et
bénéficiaires du projet et d’observations directes dans ces pays. Les informations analysées
proviennent donc essentiellement des données secondaires qui n’ont pas pu être triangulées.
Des entretiens avec les équipes de la FAO responsables de la mise en œuvre du projet au
Niger et en Mauritanie ont néanmoins été réalisés en marge de l’atelier bilan de
Yamoussoukro, au démarrage de la mission de terrain. Ces entretiens ont, dans une certaine
mesure, permis d’obtenir une description plus détaillée de certaines actions.

15. Dans les trois pays visités, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal, le temps disponible
pour la mission de terrain, employé en partie pour parcourir des grandes distances, a limité le
temps effectif de collecte et d’analyse d’information. Le nombre de sites d’intervention qui a
été visité est considéré comme suffisant pour avoir une bonne image de l’intervention dans
son ensemble dans les trois pays (2 sur 3 en Côte d’ivoire, 3 sur 10 au Mali et 4 sur 5 au
Sénégal), mais sur chaque site visité, l’équipe d’évaluation n’a bénéficié que d’un temps
limité. Elle n’a pu s’entretenir qu’avec une partie des organisations de producteurs
bénéficiaires et en général qu’avec les membres des bureaux des organisations rencontrées.
Afin de compléter l’approche de triangulation et d’obtenir des informations les plus fiables
possible, il aurait été souhaitable de réaliser des entretiens systématiques avec des
bénéficiaires hommes et femmes non-membres des bureaux, en groupe et individuellement.

16. L’absence de quantification des activités, résultats et objectifs, de même que des
indicateurs proposés dans le document de projet, limite la capacité de l’équipe d’évaluation
de réaliser l’évaluation du critère de l’efficacité de la mise en œuvre. Il n’est en effet possible
de juger de l’efficacité en comparant les réalisations avec ce qui était prévu dans la
conception du projet qu’à condition que les activités, résultats et objectifs prévus soient
suffisamment détaillés dans leur conception, et en particulier que des indicateurs quantifiés y
soient associés. Cette contrainte a été en partie contournée en utilisant comme prévisions de
référence les plans d’action réalisés au début du projet ou au début de périodes de
planification semestrielles ou annuelles. Cependant, ces plans ne constituent pas des
documents officiels sur lesquels la FAO s’est engagée notamment vis-à-vis du bailleur de
fonds. L’équipe d’évaluation a formulé une recommandation pour améliorer la conception et
pour permettre l’évaluation de l’efficacité de projets similaires dans le futur.

17
Evaluation finale du projet APRAO

2 Contexte du projet/programme

17. Le riz est une céréale de toute première importance en Afrique de l’Ouest. D’après les
TdR de l’évaluation, 9,9 millions de tonnes de riz ont été consommées en 2006 dans la
région, l’Afrique de l’Ouest a produit 65% du paddy produit en Afrique subsaharienne sur la
période 2001-2005, la production dans la région a doublé entre 1985 et 2005.

18. Le riz est un aliment de base de la consommation des ménages, il est la deuxième
céréale la plus consommée après le maïs à l’échelle régionale. En Côte d’Ivoire, il est devenu
l’aliment principal de la population, avec une consommation annuelle estimée à 58 kg par
habitant1. Au Mali, il est l’une des principales céréales consommées, avec une consommation
moyenne par habitant comprise entre 61 et 68 kg par an2. Au Niger, il représente la troisième
céréale consommée après le mil et le sorgho, avec une consommation annuelle par habitant
de 41 kg3. La consommation annuelle de riz en Mauritanie est estimée à 46 kg par personne4,
ce qui représente 14% des besoins en céréales5, tandis que la consommation de riz au
Sénégal est de 90 kg par habitant6.

19. Malgré la progression de la production de riz en Afrique de l’Ouest, essentiellement


due à l’augmentation des superficies cultivées7, la production régionale et nationale dans les
pays couverts par le projet ne couvre qu’une part limitée de la consommation, et les cinq pays
sont très dépendants des importations. Ainsi, la Côte d’Ivoire importe près de 50% des
besoins nationaux8, au Mali 45% du riz commercialisé sur le marché national proviennent
des importations9, la production nationale au Niger ne couvre qu’un tiers des besoins
estimés, le reste étant fourni par les importations10, 40 à 50% du riz consommé en
Mauritanie est importé11, et au Sénégal, la production nationale ne couvre qu’entre 20 et
30% de la demande nationale12.

20. Cette dépendance crée une vulnérabilité des pays couverts vis-à-vis des fluctuations du
marché international, notamment en ce qui concerne les prix. La flambée des prix des denrées
alimentaires en 2007 et 2008, et les émeutes qui l’ont suivie dans plusieurs pays d’Afrique de

1
Aperçu du Développement Rizicole au Mali, FAO, Division de la production végétale et de la protection des
plantes
2
Présentation de la Coordination de l’APRAO au Mali lors de l’atelier régional bilan du 24-26 septembre 2013
à Yamoussoukro
3
Présentation de la Coordination de l’APRAO au Niger lors de l’atelier régional bilan du 24-26 septembre 2013
à Yamoussoukro
4
Présentation de la Coordination de l’APRAO en Mauritanie lors de l’atelier régional bilan du 24-26 septembre
2013 à Yamoussoukro
5
Document de projet APRAO
6
Aperçu du Développement Rizicole au Sénégal, FAO, Division de la production végétale et de la protection
des plantes
7
TdR de l’évaluation
8
Présentation de la Coordination de l’APRAO en Côte d’Ivoire lors de l’atelier régional bilan du 24-26
septembre 2013 à Yamoussoukro
9
Aperçu du Développement Rizicole au Mali, FAO, Division de la production végétale et de la protection des
plantes
10
Présentation de la Coordination de l’APRAO au Niger lors de l’atelier régional bilan du 24-26 septembre
2013 à Yamoussoukro
11
Présentation de la Coordination de l’APRAO en Mauritanie lors de l’atelier régional bilan du 24-26 septembre
2013 à Yamoussoukro
12
Aperçu du Développement Rizicole au Mali, FAO, Division de la production végétale et de la protection des
plantes

18
Evaluation finale du projet APRAO

l’Ouest étaient une des conséquences de cette vulnérabilité. Il est prévu que cette
vulnérabilité augmente dans le futur, étant donné que seulement 6% de la production
mondiale est mise sur le marché international13, et que les pays traditionnellement
exportateurs tendent à consommer une part croissante de leur production. Aussi, des mesures
d’urgence ont été prises par les gouvernements lors de la flambée des prix de 2007 et 2008, et
ont permis de faire baisser les prix. Mais il s’agissait de mesures de cours terme non
soutenables sur le long terme. Depuis lors, la tendance d’évolution des prix est à la hausse.

21. Les institutions régionales ont pris conscience de cette situation, et ont placé la
production de riz parmi les priorités pour le développement agricole. Ainsi, la Politique
Agricole Unifiée (PAU) de l’Union Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
(UEMOA), engagée en 2002, s’est fixé comme objectif de contribuer durablement à la
satisfaction des besoins alimentaires de la population, au développement économique et
social des Etats membres et à la réduction de la pauvreté en milieu rural. La chaîne de valeur
du riz est l’un des cinq produits agricoles couverts par cette politique. Le riz figure en bonne
place dans le Programme de Productivité Agricole de l’Afrique de l’Ouest (PPAAO),
notamment au travers du programme régional de développement du système de riziculture
intensive (SRI) en cours d’élaboration par le CORAF. Ce programme est une illustration du
défi et de l’enjeu pour la recherche d’une solution structurelle durable à la sécurité
alimentaire à travers le développement de la chaîne de valeur du riz dans la région.

22. Les institutions nationales ont également pris conscience de l’importance du riz et leur
vulnérabilité. Ainsi :

- La Côte d’Ivoire a créé l’Office National de Développement de la Riziculture


(ONDR), et élaboré la Stratégie Nationale de Développement de la Filière Riz
(SNDR – CI), qui reconnaît le déficit de production nationale et s’insère dans une
vision de satisfaction de l’ensemble des besoins nationaux en riz et d’exportation
d’un surplus.
- Le Ministère de l’Agriculture du Mali a élaboré en 2009 la Stratégie Nationale de
Développement de la Riziculture (SNDR - Mali), qui a pour objectif
l’intensification des systèmes à haut potentiel de production rizicole ;
- Le Niger a également élaboré en novembre 2009 sa Stratégie Nationale de
Développement de la Filière Riz (SNDFR), dont les principaux objectifs sont de
satisfaire la consommation et le marché national en riz, et d’augmenter le revenu
des riziculteurs et des travailleurs qui contribuent à la valorisation du riz.
- Au Sénégal, le gouvernement a lancé en 2008 la Grande Offensive Agricole pour la
Nourriture et l’Abondance, dont le Programme Nationale d’Autosuffisance en Riz
(PNAR) est une des composantes, avec un objectif de production de 1 million de
tonnes de riz blanc en 2012 pour couvrir les besoins nationaux.

23. La FAO, consciente des enjeux régionaux autour du riz, notamment à la suite des
émeutes de 2007-2008, et de la priorité désormais accordée à cette filière par les institutions
de la région, a pris l’initiative d’appuyer les stratégies nationales relatives au riz dans les cinq
pays couverts par le projet, au travers de l’identification et de la mise en œuvre de l’APRAO.

13
Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture, Ministère de l’Agriculture du Mali, Mai 2009

19
Evaluation finale du projet APRAO

3 Analyse de la conception et de l’approche du projet

3.1 Pertinence de l’objectif du projet

24. En plus des éléments contextuels présentés dans le chapitre 2. Contexte du


Projet/Programme, le diagnostic préalable à l’identification du projet réalisé par la FAO
identifiait un certain nombre de contraintes pour la production du riz dans les pays ciblés,
auxquelles des solutions peuvent être apportées, et un fort potentiel de développement de la
production. Les principaux éléments identifiés, relevés dans le document de projet sont les
suivants :

- Dans les 5 pays, de vastes terres sont inexploitées et pourraient l’être, notamment au
travers d’aménagements hydro agricoles,
- Selon les entretiens réalisés avec de nombreux informateurs dans les trois pays
visités, les consommateurs préfèrent le riz produit localement par rapport au riz
importé, notamment du fait de ses caractéristiques gustatives, mais le rejettent
souvent du fait de sa qualité insuffisante (présence de cailloux et d’impureté qui
nécessite un travail de nettoyage préalable à la cuisson).
- Plusieurs contraintes sont relevées pour la production de paddy : faible utilisation
des variétés améliorées et des semences certifiées, faible maîtrise des techniques
culturales, accès au crédit, accès aux semences et aux intrants, faible accès au
matériel, pression des parasites et des ravageurs.
- Plusieurs contraintes ont également été identifiées au niveau de la transformation et
la commercialisation du riz blanc : faible performance des circuits de
commercialisation, pertes post-récoltes, opérations artisanales de récolte, post-
récolte et transformation du paddy qui nuisent à la qualité du riz produit.
25. L’identification de l’APRAO repose donc sur un constat qui intègre trois éléments
principaux :

- Le riz est une denrée essentielle dans les pays ciblés, c’est un des aliments de base
de la population ;
- La production nationale insuffisante et la dépendance vis-à-vis des importations
créent une forte vulnérabilité face aux fluctuations du marché mondial, qui met en
danger la sécurité alimentaire des ménages ;
- Il existe un potentiel d’augmentation de la production de riz blanc de qualité qui peut
être compétitif avec le riz importé.
26. L’objectif général du projet APRAO, tel que défini dans le document de projet, est
« d’accroître la production nationale de riz dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest, membres de
la CEDEAO », pour contribuer à la sécurité alimentaire. Cet objectif est jugé pertinent à la
vue de ces trois éléments, du diagnostic réalisé, du contexte et de l’importance du riz dans les
priorités régionales et nationales.

3.2 Pertinence des objectifs spécifiques et chaîne des résultats

27. L’une des caractéristiques principales du projet est son approche de la chaîne de valeur
du riz. De cette approche découlent les objectifs spécifiques du projet, qui couvrent
l’ensemble de la chaîne de valeur du riz (production et accès aux semences de qualité,
production de paddy, transformation du paddy et commercialisation du riz blanc) :

- Elaborer et mettre en œuvre les politiques et législations semencières nationales ;

20
Evaluation finale du projet APRAO

- Renforcer les capacités des petites entreprises ou coopératives locales semencières


dans les domaines de la production, le conditionnement, le stockage et la distribution
de semences de qualité.
- Promouvoir l’intensification durable des systèmes de production de riz dans chacun
des 5 pays.
- Aider les producteurs/productrices de riz et les organisations de producteurs à
transformer et commercialiser du riz de qualité.
28. L’évaluation a pu confirmer la pertinence de l’approche sur la chaîne de valeur du riz.
Au cours des entretiens et des visites de terrains réalisées dans plusieurs sites d’intervention
dans les trois pays visités, il est ressorti clairement qu’une multitude de facteurs qui agissent
sur les différents maillons de la chaîne représentent des contraintes qui peuvent affecter
l’ensemble de la chaîne.

29. Plus spécifiquement, dans tous les pays, à des degrés ou sur des aspects variables,
l’équipe d’évaluation a pu constater au travers des entretiens réalisés, notamment avec les
services en charge des semences, les contraintes suivantes :

- La législation concernant la production de semences de qualité est soit inadaptée


(Mauritanie), soit méconnue des producteurs (Mali), les dispositifs de contrôle et de
certification des semences sont inopérants (Mali, Mauritanie, Côte d’Ivoire).
L’utilisation de semences de qualité représente un élément essentiel de
l’augmentation de la production rizicole, et ces contraintes justifient la formulation
de l’objectif 1 du projet.
- La production de semences de qualité est insuffisante pour couvrir les besoins. Les
producteurs de semences sont soumis à des contraintes diverses, comme le manque
de disponibilité des semences de base, les difficultés d’accès aux intrants, les
itinéraires techniques inadaptés, la faiblesse des systèmes d’encadrement et de
contrôle au champ et au laboratoire, ou le manque d’équipements et d’infrastructures
post-récolte. L’objectif 2 du projet est pertinent compte tenu de ces éléments.
- Il en est de même pour les producteurs de paddy, également confrontés aux
contraintes d’accès aux intrants et au matériel agricoles et d’itinéraires techniques
inadaptés, ce qui justifie l’objectif 3 du projet.
- Le manque d’équipements et d’infrastructures adaptés pour la transformation et la
commercialisation du riz affecte la qualité du riz produit, et réduit sa compétitivité
avec le riz importé. Pour cela, l’objectif 4 du projet est également essentiel.
30. D’une manière générale, les résultats et activités proposés pour atteindre ces objectifs
spécifiques, et consignés dans le cadre logique du projet, sont jugés pertinents et suffisants :

- L’objectif 1 intègre 2 résultat qui prévoient l’analyse des disfonctionnements dans la


filière semencière et la réglementation qui la régit, et la mise en place d’un cadre
légal et de base indispensable pour l’amélioration de la production, du contrôle et de
la certification de semences de qualité. Ce cadre inclut l’amélioration des lois et
règlements en vigueur, l’appui pour leur application, l’élaboration de catalogues
variétaux nationaux, et le renforcement des capacités des acteurs nationaux pour la
production de semences de première génération.
- L’objectif 2 prévoit d’un côté l’augmentation de la production de semences de
qualité (renforcement des capacités techniques et en gestion des producteurs, y
compris pour le stockage, la distribution et la commercialisation des semences et le
regroupement des acteurs de la filière en interprofessions), et de l’autre la

21
Evaluation finale du projet APRAO

sensibilisation des producteurs de paddy pour l’utilisation des semences de qualités.


Il prévoit également la mise en place de systèmes d’information sur le commerce de
semences.
- L’objectif 3 prévoit l’identification de pratiques culturales améliorées et la formation
des producteurs de paddy sur la mise en œuvre de ces pratiques (y compris
l’utilisation de semences améliorées et d’engrais).
- L’objectif 4 prévoit la fourniture d’infrastructures et d’équipements de
transformation et de stockage, la formation des producteurs aux techniques de
récolte et de post-récolte qui permettent la réduction des pertes post-récolte, et la
création de plateformes nationales qui regroupent les acteurs de la filière rizicole
pour la recherche de solutions aux problèmes de l’ensemble de la filière.
31. Une alternative importante pour atteindre l’objectif principal d’augmentation de la
production nationale de riz est la réalisation d’aménagements hydro agricoles. Le projet n’a
pas retenu cette option compte tenu des coûts très importants qu’elle suppose, et s’est
concentré sur les autres aspects de la chaîne de valeur du riz, sur lesquels des résultats
pouvaient être obtenus avec des moyens limités. Ce choix est jugé pertinent au regard du
budget et de la durée limitée du projet. Toutefois, le projet tient compte de la pertinence de
cette ressource indispensable à l’intensification durable de la production rizicole à travers le
développement de synergies avec des partenaires clés tels que l’IESA (Initiative Eau et
Sécurité alimentaire pour l'Afrique).

3.3 Pertinence de l’approche du projet

32. Outre l’approche sur la chaîne de valeur du riz, le projet s’appuie sur d’autres éléments
qui définissent son approche.

• Approche régionale : le projet couvre 5 pays et dispose d’une structure régionale


(coordinateur technique, budget holder) destinée à favoriser la mise en œuvre d’un
leadership, d’une vision et d’une approche régionale, à la différence d’une
conception basée sur la somme de 5 projets nationaux. Cette approche est constituée
des éléments décrits ci-dessous, et intègre des échanges d’expérience entre les 5
pays. Le caractère régional du projet pourrait néanmoins être renforcé en améliorant
les échanges d’expérience (voir chapitre 4.1.1) et en réalisant des travaux de
capitalisation au niveau régional (voir chapitre 4.1.2).
• Alignement sur les stratégies nationales : dans tous les pays, le projet a été défini
de manière à être cohérent et à appuyer les stratégies nationales de sécurité
alimentaire ou de développement du secteur rizicole. En Côte d’Ivoire et au Mali,
les entretiens réalisés notamment avec l’Office National du Développement de la
Riziculture (ONDR) et avec la Direction Nationale de l’Agriculture ont montré une
forte appropriation du projet par ces institutions.
• Partenariat : la structure du projet dans chaque pays est légère, en particulier en ce
qui concerne les ressources humaines propres du projet (1 à 2 personnes affectées à
temps complet ou à temps partiel sur le projet, plus personnel de support), et la mise
en œuvre des activités s’est appuyée sur des partenariats. Dans chaque pays et sur
chaque site d’intervention, les institutions les plus pertinentes en fonction de leur
mandat et de leur implication dans la filière rizicole ont été choisies. Un processus
d’identification conjointe des activités à mettre en œuvre et de définition des
contributions de l’APRAO et de chaque partenaire a été réalisé. Cela a permis d’une
part d’impliquer des acteurs qui connaissaient parfaitement la problématique et le

22
Evaluation finale du projet APRAO

terrain dans chaque site, et d’autre part de favoriser l’appropriation des actions mise
en œuvre par les partenaires, qui doivent jouer un rôle important dans leur
pérennisation.
• Choix des pays d’intervention : les cinq pays sélectionnés l’ont été sur la base de
l’importance du riz dans la consommation des ménages, et de leur niveau
d’affectation par la crise de la hausse des prix des denrées alimentaires. Ces critères
sont jugés pertinents au regard des objectifs du projet. Le niveau de priorité pour la
coopération espagnole a également été pris en compte.
• Ciblage des sites d’intervention : Dans chaque pays, l’APRAO est intervenu dans
3 à 12 sites, qui ont été choisis sur le critère principal du fort potentiel d’impact
qu’ils représentaient. Cette approche est jugée pertinente étant donnée la durée et
les moyens limités du projet. Néanmoins, dans certains sites, les bénéficiaires sont
soumis à certains facteurs externes, non maîtrisables par le projet, qui peuvent
affecter ses résultats. Par exemple, les bénéficiaires des grands périmètres irrigués
de la vallée du fleuve Sénégal sont tributaires des autres producteurs pour leurs
campagnes rizicoles. Il arrive que certains producteurs n’ayant pas remboursé leurs
crédits de campagne ne puissent participer à la campagne suivante, ce qui peut
empêcher l’ensemble des producteurs d’un périmètre de réaliser une ou plusieurs
campagnes. L’équipe d’évaluation a constaté que le groupement féminin de Bokhol,
bénéficiaire du projet, est dans cette situation, et n’a pas réalisé la dernière
campagne rizicole. Une analyse plus approfondie des facteurs externes qui affectent
la production pourrait être réalisée pour mieux cibler les groupes pour qui les
chances de succès sont les plus importantes. Dans le cas de la vallée du fleuve
Sénégal, les Périmètres Irrigués Villageois (PIV), semblent moins exposés à ce
risque que les grands périmètres irrigués.
• Renforcement des capacités : cette composante transversale du projet est présente
dans toutes les activités mises en œuvre, au travers de la formation des acteurs en
présence et de la dotation d’équipements et de matériel.
• Capitalisation de l’existant : le projet n’a pas cherché à « réinventer la roue »,
mais plutôt à valoriser et diffuser les approches, techniques, équipements déjà
connus et qui ont déjà fait leurs preuves.
• Approche GIPD/CEP : La FAO met en œuvre dans quatre des cinq pays couverts
(à l’exception de la Côte d’Ivoire) le programme GIPD appliqué à d’autres cultures.
La conception de l’APRAO repose sur la valorisation de l’expérience acquise par la
FAO sur cette approche dans la région et son adaptation à la riziculture, de même
que sur la valorisation de la structure existante (ressources humaines, moyens
matériels). Cette approche a été particulièrement appréciée par plusieurs partenaires
rencontrés pendant l’évaluation (par exemple : Office du Riz de Ségou au Mali et
ONG Symbiose au Sénégal).
33. Tous ces éléments sont jugés pertinents car ils ont contribué à favoriser la pertinence
des actions menées en fonction des contraintes spécifiques à chaque pays et à chaque site
d’intervention, l’efficacité et l’efficience de la mise en œuvre du projet compte tenu du
budget et de la durée limités, et l’appropriation et la pérennité des actions mises en œuvre.

23
Evaluation finale du projet APRAO

3.4 Adéquation des ressources et de la durée du projet en fonction des objectifs

34. Le budget total du projet de 5.829.015 USD, réparti sur 5 pays, était à priori insuffisant
pour pouvoir atteindre l’objectif d’augmenter la production de riz au niveau national dans
chacun des pays. Certains interlocuteurs considèrent l’APRAO comme un projet pilote du fait
du budget limité. Par définition, un projet pilote cherche plus à valider certaines approches
qu’à avoir un impact direct. Cette définition n’est néanmoins pas mentionnée dans la
conception initiale. Comme on le voit dans le chapitre 5.2, certaines actions ont cependant
engendré des effets significatifs au niveau national.

35. La répartition du budget entre coûts de fonctionnement (ressources humaines,


fournitures, achats d’équipement de fonctionnement – véhicules, matériel informatique,…) et
investissements directs pour les bénéficiaires, est la suivante :

Table 2
Montants alloués (USD) % des coûts directs (hors frais
administratifs FAO)
Ressources humaines (personnels 845.700 16%
+ consultants)
Investissements pour 225.000 4%
fonctionnement (véhicules,
matériel informatique,…)
Fonctionnement (y compris 778.200 15%
voyages)
Investissements pour les 1.580.000 31%
bénéficiaires (travaux,
équipements, intrants agricoles)
Renforcement des capacités 1.721521 33%
(formations)
36. L’intervention sur cinq pays et une coordination régionale suppose la multiplication de
certains coûts, notamment de personnel, de certains équipements (véhicules, matériel
informatique,…) et de fonctionnement, qui aurait pu affecter l’équilibre du budget et la part
destinée aux activités. Cependant, le projet a bénéficié de la valorisation de certains actifs non
imputés à son budget, notamment les coordinateurs nationaux et certains véhicules. Grâce à
cela, et à l’approche du projet basée sur des partenariats pour la mise en œuvre des activités,
qui a limité le personnel du projet dans chaque pays, le coût des ressources humaines
(personnel et consultants) ne représente que 16% des coûts directs du budget, et les
investissements pour le fonctionnement 4%.

37. Une part très significative du budget (33% des coûts directs) est allouée aux formations
et au renforcement des capacités, ce qui est cohérent étant donnée la primauté accordée au
renforcement des capacités dans l’approche du projet.

38. La durée du projet, initialement de 2 ans et 4 mois est jugée courte pour atteindre les
objectifs de manière durable. Le personnel de l’APRAO au niveau régional et national définit
l’APRAO comme un projet d’urgence, de réponse à la crise de 2007-2008, qui intervient sur
des facteurs structurels et recherche des effets durables en termes d’augmentation de la
production de riz. Certains changements promus par le projet représentent des évolutions
importantes dans les pratiques des producteurs, qui nécessitent du temps pour être
correctement dominées et appropriées. C’est par exemple le cas de l’utilisation de semences
certifiées, qui suppose un investissement majeur dans les facteurs de production par les
producteurs, de l’amélioration des itinéraires techniques, de l’introduction de l’utilisation de

24
Evaluation finale du projet APRAO

certains équipements, ou encore de l’introduction même de la culture du riz dans certaines


zones (ex : riz de plateau dans la zone de Kaolack au Sénégal). Aussi, compte tenu de son
approche sur la chaîne de valeur du riz, le projet a ouvert de nombreux fronts. Certaine
actions ont été engagées lors de la dernière année de mise en œuvre (ex : Système
d’information sur les semences en Côte d’Ivoire, appui à l’étuvage dans la zone de Podor au
Sénégal). L’équipe d’évaluation a pu constater que ces activités en sont au stade de
l’initiation, et qu’un appui devrait être proposé sur une durée plus longue pour que les
bénéficiaires puissent les intégrer durablement dans leurs systèmes de production.

39. Pour cette raison, l’équipe d’évaluation recommande la mise en œuvre d’une seconde
phase.

3.5 Arrangements institutionnels internes

40. L’identification et la formulation du projet étaient au départ une initiative de la FAO


avec le Centre du Riz pour l’Afrique (CRA), pour appuyer les stratégies nationales de
développement du riz, et compte tenu du contexte identifié. Une première version du projet a
été élaborée par le siège de la FAO en collaboration avec le CRA et l’International Fertilizer
Association, puis soumise pour financement à l’USAID. Le projet a ensuite été reformulé, en
faisant appel à des consultants nationaux experts du secteur rizicole dans chaque pays. Ces
experts ont réalisé une étude de base, puis ont mis les résultats de leur travail en commun lors
d’un atelier à Dakar, au cours duquel les principales options pour la formulation du projet ont
été identifiées. La proposition de projet a ensuite été rédigée par le siège de la FAO à Rome.
D’après les informations transmises par le consultant engagé pour l’identification du projet au
Mali, les institutions nationales en charge de la riziculture, de même que certaines institutions
locales, ont été consultées lors de cette phase, ce qui est jugé pertinent.

41. Pour la mise en œuvre, le document de projet prévoyait les arrangements suivants :

- Gestion formelle du projet par l’Unité des Semences et Ressources Phytogénétiques


(AGPMG) du siège de la FAO, qui assure la fonction de Lead Technical Unit
(LTU), renforcée par un consultant spécialiste en gestion de projets et système
d’information.
- Coordination technique appuyée par le Lead Technical Officer (LTO), basé à
Accra.
- Appui technique d’un coordinateur technique régional, consultant, basé à Accra.
- Gestion financière du projet assurée par le Budget Holder, basé au bureau sous-
régional à Accra.
- Planification et mise en œuvre des activités dans chaque pays par des équipes de
coordination nationales, composées d’un coordinateur et d’un assistant technique,
tous les deux consultants de la FAO, sous la supervision des Représentants de la
FAO.

42. D’après les informations transmises par la FAO, cette structure est conforme au modèle
de gestion décentralisée mis en place par la FAO.

3.6 Cadre logique du projet

43. D’une manière générale, la chaîne de résultats décrite dans le cadre logique du projet
(activités ⇒ résultats ⇒ objectifs) est correctement définie, et les objectifs spécifiques, les

25
Evaluation finale du projet APRAO

résultats et les activités sont pertinents aux vues des besoins identifiés et de l’approche du
projet, notamment sur la chaîne de valeur du riz, et pour atteindre l’objectif général du projet.

44. Le cadre logique et la formulation souffrent néanmoins d’une carence importante : le


document de projet dans son ensemble ne fait référence qu’à un objectif quantifié très
général, alors que qu’aucune quantification n’est présente dans le cadre logique, que ce soit
pour l’objectif, les résultats, les activités proposées ou les indicateurs. La quantification peut
être rendue difficile du fait d’une des spécificités positives du projet, à savoir sa flexibilité, et
notamment du fait que l’identification des activités et résultats dans chaque pays ait été
réalisée dans la phase de mise en œuvre du projet. Néanmoins, l’absence de quantification
crée une indéfinition quant aux objectifs que le projet se propose d’atteindre. Aussi elle rend
la mesure de l’efficacité de la mise en œuvre du projet difficile, et pose un problème en
termes d’engagements et de rendu de compte.

45. En outre, le cadre logique ne propose pas d’indicateurs de mesure des objectifs
spécifiques, et les indicateurs de mesure des résultats, en plus de leur manque de
quantification, sont souvent inappropriés. Un certain nombre d’indicateurs proposés sont en
réalité des indicateurs de suivi des activités, et non de mesure des résultats (ex : ″Nombre
d’ateliers réalisés″, ″Nombre d’exemplaire de textes réglementaires imprimés″, ″Nombre de
techniciens formés″, etc.).

4 Analyse du processus de mise en œuvre

4.1 Gestion du projet

4.1.1 Programmation, prise de décision et mise en œuvre des actions

46. Le document de projet présente des objectifs, résultats et activités de manière globale
dans le cadre logique, et une liste d’actions prioritaires spécifiques par pays. L’interprétation
et la mise en œuvre de ce cadre initial se sont caractérisées par leur flexibilité. Au cours de la
phase de mise en œuvre, dans chaque pays et dans chaque site d’intervention, l’équipe du
projet a identifié les problèmes spécifiques de chaque maillon de la chaîne de valeur du riz
qui représentaient les contraintes les plus importantes pour le fonctionnement de la chaîne
dans son ensemble. Cette flexibilité s’est notamment traduite par la prise de décision orientée
vers l’obtention des résultats les meilleurs possibles dans chaque contexte national et local, en
opposition avec la mise en œuvre systématique d’un plan d’action initial rigide.

47. Au-delà du document de projet, une planification des actions pour tout le projet au
démarrage de la mise en œuvre a eu lieu dans certains pays (Mali, Sénégal), mais pas dans
d’autres (Mauritanie), ce qui est regrettable. Un tel exercice est nécessaire, car il permet aux
parties prenantes du projet (équipes de la FAO et partenaires), de s’approprier les objectifs et
les actions proposées, et de les définir de manière plus détaillée, et plus opérationnelle. La
planification périodique a ensuite été réalisée sur une base semestrielle, puis annuelle pour
l’année 2013.

48. La mise en œuvre du projet se caractérise par une volonté constante d’efficience.
L’équipe du projet était consciente du budget limité disponible pour intervenir dans chaque
pays, et a décidé des investissements à réaliser en fonction des bénéfices potentiels qui
pouvaient être obtenus. Cette démarche d’efficience s’est en particulier matérialisée par la
recherche d’effets de leviers pour les investissements réalisés, notamment au travers de
partenariats et de la mutualisation des ressources. Plusieurs exemples peuvent être cités pour

26
Evaluation finale du projet APRAO

illustrer cette approche. Dans chaque cas, les partenariats établis n’étaient pas prévus au
départ, et ont permis d’économiser des fonds qui ont été utilisés pour élargir les actions, ou de
mettre en œuvre des actions qui n’auraient pas pu être réalisées avec le seul budget de
l’APRAO :

- Au Niger, le projet prévoyait initialement d’appuyer la réhabilitation de la ferme


nationale semencière de Saddia, mais la société TRAGSA, également financée par
l’Espagne, était aussi engagée dans cette activité. L’équipe du projet a décidé de
concentrer son intervention sur le financement d’équipements et de matériels pour la
ferme semencière, que TRAGSA ne prévoyait pas.
- En Côte d’Ivoire, l’APRAO a établi un partenariat avec le Fonds Interprofessionnel
pour la Recherche et le Conseil Agricole (FIRCA) pour le co-financement et la
direction partagée pour la mise en œuvre d’une phase pilote d’établissement d’un
système d’information sur les semences rizicoles.
- Au Mali, l’APRAO a cofinancé avec Lux Développement et l’Association des
Riziculteurs de la Plaine Aménagée de San Ouest (ARPASO) une mini-rizerie.
- En Mauritanie, l’APRAO a réalisé un plaidoyer au niveau du Ministère de
l’agriculture et a obtenu la subvention des semences rizicoles, sous condition de
l’utilisation de semences certifiées. Cette action a entraîné une très forte croissance
de l’utilisation de semences certifiées.
- Au Sénégal, l’APRAO a établi un partenariat avec l’ONG Symbiose dans la zone de
Kaolack, de culture de riz pluvial de montagne. Cette ONG était pionnière dans
l’introduction de la culture du riz dans cette zone, et ce partenariat a permis de
valoriser les acquis et l’expérience de Symbiose.
49. La coordination technique régionale du projet a joué un rôle majeur dans
l’appropriation par les équipes nationales de cette approche flexible et de recherche
systématique de l’efficience optimale dans les investissements réalisés, et plus généralement
dans la mise en œuvre de l’approche du projet. Elle a également favorisé la promotion des
échanges entre pays, lors des ateliers d’échange mi-parcours et à la fin du projet, et au travers
de collaborations spécifiques entre pays. On peut citer comme exemple la fourniture de
semences de pré-base au Sénégal en Mauritanie, ou l’appui donné également à la Mauritanie
pour la recherche d’équipements non disponibles localement dans d’autres pays. Cependant,
le format des ateliers d’échange, pendant lesquels chaque équipe pays a présenté les
principales activités mises en œuvre et résultats obtenus, aurait pu être complété par des
travaux plus approfondis sur des problématiques communes, comme par exemple les
processus de certification des semences ou encore la mise en place des fonds de roulement.

50. Le démarrage effectif des activités a connu un retard significatif par rapport à la date de
commencement du projet, fixée au 1er septembre 2010, dans tous les pays à l’exception du
Niger. D’après les rapports semestriels du projet, des ateliers de lancement, qui marquaient le
démarrage officiel des activités dans chaque pays, ont eu lieu aux dates suivantes :

- 30 Novembre 2010 au Niger


- 10 février 2011 en Mauritanie (5 mois après la date de démarrage du projet)
- 23 février 2011 au Niger (plus de 5 mois de retard)
- 23 avril 2011 au Mali (plus de 7 mois de retard)
- Août 2011 en Côte d’Ivoire (11 mois de retard)

27
Evaluation finale du projet APRAO

51. Les principaux motifs de ces retards sont d’une part certaines difficultés pour la
définition de la tutelle institutionnelle du projet dans chaque pays14, et d’autre part la crise
post-électorale dans le cas spécifique de la Côte d’Ivoire.

4.1.2 Système de suivi et processus de revue interne

52. Le document de projet mentionne très brièvement les dispositions pour le suivi et
évaluation (Chapitre 8. Supervision et revues). Elles prévoient la réalisation d’études
d’impact et des évaluations à mi-parcours et finale.

53. Globalement, le suivi du projet n’a pas reposé sur le cadre logique et ses indicateurs. La
plupart des indicateurs proposés n’ont pas été suivis, ou il n’y a pas de document disponible
qui présente de manière synthétique et consolidée par pays ou au niveau régional, une mesure
de ces indicateurs. Le cadre logique a par conséquent été sous-utilisé, ce qui est une faiblesse
du projet étant donné le rôle central de cet outil dans la plupart des standards de suivi et
évaluation de projet reconnus par les acteurs de la coopération au développement.

54. Les équipes du projet ont néanmoins donné une attention importante au suivi et
évaluation et à la capitalisation. Cela s’est traduit par :

- La réalisation d’études de base (« Caractérisation des sites d’intervention ») dans les


sites d’intervention dans chaque pays. Ces études étaient censées fournir un
diagnostic de la situation pour orienter le choix des activités à mettre en œuvre, et
une description de la situation initiale qui pouvait être comparée à la situation finale
à la fin du projet.
- La réalisation par des consultants externes d’études de capitalisation, à mi-parcours
et à la fin du projet, qui analysent les activités mises en œuvre et réalisent un bilan.
- La réalisation par des consultants externes d’études d’impact.
- La réalisation d’une évaluation intermédiaire et d’un atelier bilan intermédiaire, pour
réorienter les actions du projet si nécessaire.
- La réalisation de la présente évaluation finale.
55. L’ensemble des documents relatifs à ces travaux de capitalisation sont disponibles sur
le site internet du projet, qui est facilement accessible et utilisable. En revanche, le projet n’a
pas réalisé de travaux de capitalisation au niveau régional. La réalisation de synthèses
thématiques régionales aurait renforcé la vision régionale du projet. Il en va de même pour les
rapports semestriels, qui sont une somme de rapports nationaux sans synthèse régionale.

56. La valorisation de ces travaux pour l’évaluation finale, pour faire ressortir clairement
les actions mises en œuvre, leurs résultats et leurs effets, s’avère difficile. En effet, l’approche
pour la réalisation des études de base n’a pas été homogénéisée et les informations sont
disparates entre les pays. Les études de capitalisation et d’impact ne cherchent pas à mesurer
les évolutions par rapport à la situation initiale, et elles ne sont pas non plus homogènes quant
aux informations fournies et à leur présentation, ce qui rend difficile la consolidation au
niveau régional.

14
Le problème principal provenait du fait qu’il a fallu modifier la tutelle institutionnelle du programme GIPD,
souvent sous tutelle des services de protection des plantes, voir au Ministère de l’Environnement (Mauritanie),
vers d’autres services ou Ministères plus pertinents par rapport à la nature et aux objectifs de l’APRAO. Cette
modification a pris du temps.

28
Evaluation finale du projet APRAO

57. En définitive, l’ensemble du dispositif de suivi et évaluation devrait être renforcé, aussi
bien dans sa conception que dans sa mise en œuvre, dans une éventuelle seconde phase de
l’APRAO, ou dans des projets similaires, notamment dans des projets régionaux.

4.1.3 Ressources humaines

58. La qualité des ressources humaines mobilisées par le projet, et notamment les
coordinateurs et assistants techniques nationaux, est un facteur qui a favorisé la mise en
œuvre efficiente et efficace du projet. Dans 4 des 5 pays couverts, les coordinateurs
nationaux, responsable du programme GIPD, étaient des experts dans plusieurs domaines du
développement agricole, mais pas nécessairement de la riziculture. Pour cela, ils ont été
renforcés d’assistants techniques ayant une expertise en riziculture. Cette combinaison de
compétences et d’expérience a permis de mobiliser une connaissance approfondie des acteurs
en présence et du contexte de la riziculture, qui a joué un rôle important pour l’identification
des sites, des actions et des partenaires les plus pertinents.

59. Ces ressources humaines ont été sélectionnées et ont été opérationnelles rapidement,
notamment les coordinateurs nationaux dans 4 pays qui coordonnaient le programme GIPD.
La gestion des ressources humaines a été plus difficile en Côte d’Ivoire, où 3 coordinateurs
nationaux ce sont succédés et où le programme n’a pas compté avec l’appui d’un assistant
technique. Le remplacement du coordinateur national à deux reprises est une décision de la
tutelle nationale du projet, l’ONDR. Ce facteur, ajouté au retard de démarrage du projet (voir
plus bas), a eu un effet négatif sur la mise en œuvre des activités. On note qu’au Mali,
l’équipe a été affectée par le décès de l’assistant technique, sans que cela n’ait de
conséquences visibles sur la mise en œuvre des activités.

4.1.4 Stratégie de sortie

60. La conception du projet intègre plusieurs éléments d’approche explicités dans le


document de projet, qui visent la pérennité des actions mise en œuvre à la fin du projet. Il
s’agit en particulier de :

- L’intégration des actions dans les stratégies nationales de sécurité alimentaire et de


développement du secteur rizicole;
- Le renforcement du rôle de la femme dans la filière ;
- L’importance donnée au renforcement des capacités pour toutes les actions mises en
œuvre ;
- La création de liens stratégiques entre les acteurs des différents maillons de la
filière ;
- La valorisation d’approches et de techniques qui ont déjà fait leurs preuves ;
- La mise en place de fonds de roulement pour la pérennisation de l’accès aux intrants
agricoles et pour l’utilisation et le renouvellement des équipements agricoles.
61. Tous ces aspects sont jugés pertinents et leur définition et mise en œuvre démontre que
l’objectif de pérennisation était au centre des préoccupations de la FAO.

62. La pérennité des actions mises en œuvre est analysée au chapitre 6.4 Durabilité.

4.2 Gestion des ressources financières

63. La gestion du budget, centralisée au niveau de la coordination régionale sans définition


d’un budget par pays, a posé plusieurs contraintes aux coordinations nationales. D’une part,

29
Evaluation finale du projet APRAO

certains pays ont élaboré un plan d’actions pour l’ensemble du projet (Mali, Sénégal) sans
être certains d’obtenir le budget nécessaire pour mettre en œuvre ce plan. Cela s’est traduit
par la mise en œuvre partielle de certaines activités15. D’autre part, lors de chaque période
intermédiaire de planification des activités (semestrielle en 2010, 2011 et 2012, annuelle en
2013), les coordinations nationales devaient attendre la validation du budget sollicité par la
coordination régionale. Selon les coordinations nationales du Mali et du Sénégal, cette
validation a souvent eu lieu avec retard, et le budget approuvé était systématiquement
inférieur au sollicité, ce qui les a obligés à revoir leur plan d’action.

64. Cependant, selon le coordinateur technique régional, cette approche a également eu des
effets positifs, en termes d’émulation entre pays et d’efficience de la gestion des ressources
financières. Elle a également renforcé la flexibilité de la gestion du budget, et cela a permis
de revoir les allocations budgétaires entre pays lors de chaque période de planification,
semestrielle ou annuelle, en fonction des actions proposées.

65. Cette flexibilité a également été rendue possible par la flexibilité du bailleur de fonds,
qui a autorisé plusieurs révisions budgétaires et l’extension du projet pour une année. Les
révisions budgétaires avaient pour but d’actualiser le budget en fonction des activités
effectivement mises en œuvre. Une dernière révision est prévue à la fin du projet, et
permettra d’ajuster les dernières dépenses. L’extension de 12 mois de la durée du projet était
indispensable compte tenu du retard au démarrage dans la plupart des pays, et de l’état
d’avancement des activités à la fin de la durée initiale du projet.

66. Selon les informations transmises par le Budget Holder, au moment de l’évaluation du
projet, c’est-à-dire 3 mois avant la fin de la période d’exécution, les dépenses réalisées
représentaient 5.377.405 USD, soit 92% du budget initial. Une dernière allocation de fonds
par pays était prévue pour le mois d’octobre. Elle devrait permettre de boucler les dernières
activités et d’exécuter le budget à 100%. Ce niveau de réalisation témoigne de la bonne
maîtrise et gestion du budget par la coordination régionale et le Budget Holder.

67. La gestion des procédures d’achat a posé plusieurs difficultés. Dans plusieurs pays
(Mali, Sénégal), l’utilisation du critère principal de sélection du moins disant, et le manque de
participation des bénéficiaires dans la sélection des équipements dont ils ont bénéficié, a
entraîné un déficit d’adaptation des équipements achetés16. Dans un autre cas (Mauritanie), le
manque de maîtrise des procédures d’achat par une coordination nationale a provoqué
l’annulation d’une activité pourtant identifiée comme essentielle17.

15
Par exemple, au Mali, l’APRAO a appuyé la mise en place d’une mini-rizerie dans la région de San, mais n’a
pas obtenu de la coordination régionale le budget nécessaire pour mettre en place un fonds de roulement pour
l’achat de paddy.
16
L’équipe d’évaluation a pu constater au travers des entretiens avec les bénéficiaires le manque d’adaptation
des équipements achetés pour la coopérative semencière de Sikuraso à Dioro au Mali (donation d’une batteuse
qui a dû être modifiée par la suite avec l’appui financier de l’APRAO), pour le groupement féminin de Bokhol
au Sénégal (donation d’une décortiqueuse alimentée au gasoil qui n’est pas utilisée), pour l’association PENCC
de Taiba Niassène au Sénégal (donation d’une batteuse peu utilisée car trop difficile à déplacer sur les zones de
production de paddy), et pour le GIE Sadar Diogo Senghor à Djilor au Sénégal (donation d’une batteuse et
d’une décortiqueuse qui ne fonctionnent pas).
17
Achat d’une trieuse en Mauritanie

30
Evaluation finale du projet APRAO

4.3 Efficience et efficacité des arrangements institutionnels y compris la participation


des gouvernements

68. Au niveau interne, la répartition des responsabilités prévue pour le leadership technique
décrite au chapitre 3.1 Arrangements institutionnels internes n’a pas été respectée. La FAO a
engagé un large processus de décentralisation pendant la période de mise en œuvre du projet,
avec lequel la responsabilité du leadership du projet devait être assumée au niveau régional
par un LTO. Néanmoins, personne n’a assumé clairement cette position et dans les faits, la
direction technique du projet au niveau régional a été assurée par le consultant coordinateur
technique régional. La LTU s’est investie directement à partir de la mi projet pour compenser
ce vide de leadership institutionnel.

69. Etant donnés les enjeux associés à la riziculture et le niveau de priorité donné à cette
culture par les gouvernements des pays de la région, il serait néanmoins souhaitable que la
FAO dispose d’une expertise technique propre (personnel de la FAO) basée dans la région,
pour assurer une véritable direction technique de proximité pour d’éventuels futurs projets
qui intègrent la riziculture et pour représenter la FAO auprès des institutions nationales et
régionales.

70. Au niveau des pays bénéficiaires, malgré le retard au démarrage souvent imputable à la
lenteur de la prise de décision des institutions nationales, notamment pour décider de la
tutelle institutionnelle du projet, le projet s’est très bien intégré dans les dispositifs
institutionnels nationaux, et en particulier dans les stratégies nationales de développement de
la riziculture. Ceci est en particulier illustré par :

- La forte appropriation des objectifs et des actions mises en œuvre par l’ONDR en
Côte d’Ivoire et la Direction Nationale de l’Agriculture au Mali, constatée lors des
entretiens menés avec ces institutions ;
- La participation directe des institutions, services techniques, services des semences
et services d’encadrement dans la mise en œuvre du projet, au travers des
partenariats établis. Cela s’est notamment traduit par la sélection des assistants
techniques nationaux par les autorités de tutelle, et la participation directe à la
réalisation des formations et de l’encadrement des bénéficiaires sur le terrain dans
tous les pays.
- La responsabilisation des institutions nationales pour la planification, la mise en
œuvre et le suivi des activités dans les sites d’intervention. Dans tous les sites visités
pendant l’évaluation, un point focal de l’APRAO était désigné parmi les institutions
partenaires, le plus souvent un membre des services techniques (ex : Direction du
Développement Rural Au Sénégal, délégation locale de l’Agence Nationale de
Développement Rural - ANADER - en Côte d’Ivoire). Des accords ont été signés
avec ces institutions, qui ont directement participé à l’identification des OP
bénéficiaires, à la distribution des intrants et des équipements, et à la formation des
bénéficiaires.
5 Analyse des résultats et contribution aux objectifs établis

71. La liste des actions mises en œuvre par le projet et les résultats obtenus sont présentés
par pays en annexe 5. Le chapitre 5.1 Réalisation au niveau des produits présente une analyse
plus détaillée des actions visitées par l’équipe d’évaluation, ou pour lesquelles l’équipe a pu
avoir des entretiens d’approfondissement avec des parties prenantes. Les sources
d’information sont principalement les entretiens réalisés avec les partenaires et bénéficiaires

31
Evaluation finale du projet APRAO

du projet dans ces zones ou au niveau national. L’équipe d’évaluation n’ayant pas collecté de
données primaires pour la Mauritanie et le Niger, ces pays ne sont pas pris en compte dans ce
chapitre.

72. Le chapitre 5.2 Réalisation au niveau des résultats présente un résumé des résultats et
effets obtenus, tels que mesurés par le projet et présentés dans les rapports de capitalisation
réalisés dans chaque pays. Ce chapitre présente également les facteurs favorables ou
défavorables à l’obtention des résultats dans les pays visités par l’équipe d’évaluation. La
présentation des facteurs favorables et défavorables ne prend pas en compte la Mauritanie et
le Niger car elle se base sur la collecte de données primaires.

5.1 Réalisation au niveau des produits

5.1.1 Côte d’Ivoire

73. Les principaux produits observés en Côte d’Ivoire sont les suivants :

[Link] Mise en place de plateformes locale de développement du riz (participe aux objectifs
spécifiques 2, 3 et 4)
74. La principale spécificité de l’APRAO en Côte d’Ivoire est son appui à la mise en place
de plateformes de développement du riz au niveau local, qui rassemblent les acteurs de la
chaîne de valeur du riz. Deux plateformes ont été mises en place, à Yamoussoukro et à
Gagnoa. La plateforme de Yamoussoukro est très récente et, selon le Chef de zone de
l’ANADER, n’a pas encore produit de résultats et d’effets.

75. En revanche, la plateforme de Gagnoa a permis aux participants de travailler


conjointement sur l’analyse des difficultés de la filière, et d’identifier des solutions. Les
principales initiatives prises par la plateforme à ce jour sont les suivantes :

- Fixation d’un prix unique de rémunération du paddy, intéressant pour les


producteurs (175 FCFA/kg);
- Réalisation d’une campagne radiodiffusée de promotion du riz local, et notamment
sur les questions de qualité du riz blanc, au travers de la participation de la radio
locale aux réunions ;
- Mise en place d’un système de crédit intrants pour les producteurs de paddy, géré en
commun par les usiniers et les fournisseurs d’intrants. Ce système permet un
meilleur accès aux intrants pour les producteurs, ce qui a un effet positif sur la
production. Il intègre une approche contractuelle qui offre des meilleures garanties
aux fournisseurs d’intrants pour les remboursements des crédits.
- Elaboration d’un projet d’estampillage des sacs de riz produit dans la région, pour
augmenter sa visibilité.

[Link] Mise en place d’un fonds de roulement pour l’achat du paddy au niveau des usiniers
à Gagnoa (participe aux objectifs spécifiques 3 et 4)
76. L’une des principales contraintes pour la production de paddy à Gagnoa, et en général
en Côte d’Ivoire selon le directeur de l’ONDR, est le paiement tardif des producteurs
lorsqu’ils commercialisent leur production. Le manque de source de financement des usiniers
qui achètent le paddy les oblige habituellement à payer les producteurs après la
commercialisation du riz blanc.

32
Evaluation finale du projet APRAO

77. La mise en place d’un fonds de roulement au niveau de trois usiniers à Gagnoa leur a
permis de payer les producteurs dès la livraison du paddy, ce qui d’une part constitue un
facteur de motivation, mais aussi leur permet de s’engager dans un nouveau cycle de culture
plus rapidement et plus efficacement (utilisation des doses recommandées d’intrants), car ils
disposent des ressources pour financer la campagne. Le principal effet de cette action est
l’augmentation de la production pour les producteurs concernés, et l’augmentation de la
quantité de riz usiné par les usiniers qui disposent du fonds de roulement.

[Link] Appui à la production de semence de qualité (Objectif 2)


78. A Gagnoa, il n’existe pas de production de semences de qualité de proximité. L’accès
le plus courant aux semences se fait par l’échange de semences entre producteurs, voir par
l’achat de semences à Yamoussoukro.

79. L’APRAO a engagé des actions ayant pour objectif de promouvoir la production locale
de semences pour en faciliter l’accès aux producteurs de paddy. Le projet a en particulier
appuyé la création d’une cellule locale de l’ANASEMCI. Néanmoins, cette action n’a pas
encore produit de résultats significatifs.

[Link] Appui à la production de paddy (Objectif spécifique 3)


80. A Yamoussoukro, les distributions d’intrants et d’équipements, et la mise en place de
fonds de roulement pour la pérennisation de l’accès aux intrants ont eu un effet de
dynamisation de la production dans les OP bénéficiaires. Cet effet ne semble pas aussi
évident à Gagnoa, où la plateforme locale de développement du riz a trouvé des solutions
plus pérennes pour l’accès des producteurs aux intrants. Aussi, la distribution des intrants a
eu lieu avec retard, et cela a eu un effet négatif sur la production, notamment pour le riz
pluvial à Gagnoa. D’après le coordinateur national, la mise en place et le fonctionnement des
fonds de roulement en intrants semblent fonctionner correctement uniquement à
Yamoussoukro.

81. Les bénéficiaires des intrants ont reçu des formations techniques dans le cadre
l’approche GIPD. Quinze champs écoles ont été mis en place par l’ANADER qui disposait
d’une expérience préalable de cette approche sur d’autres cultures vivrières.

[Link] Création d’un système d’information sur les semences (Objectif 2)


82. Ce système, basé sur la communication par téléphone, a pour objectif d’améliorer
l’accès à l’information sur le marché pour les producteurs de semences, et sur les semences
disponibles pour les riziculteurs.

83. Pour cette activité, un partenariat a été engagé avec le Fond Interprofessionnel pour la
Recherche et le Conseil Agricole (FIRCA), qui apporte l’essentiel du financement de la phase
pilote, alors que l’APRAO apporte l’expertise technique. Au moment de l’évaluation, la
phase pilote de mise en place du système n’en était qu’à son lancement, et par conséquent
aucun résultat n’est encore visible pour cette activité.

[Link] Amélioration de la réglementation semencière (objectif spécifique 1)


84. Le projet prévoyait initialement d’intervenir pour l’amélioration de la législation
semencière, comme dans les autres pays. Néanmoins, aucune action n’a pu être réalisée
malgré l’absence de politique semencière en Côte d’Ivoire. La Direction de l’Agriculture
prépare actuellement une stratégie pour l’homologation et la certification, et l’adaptation des

33
Evaluation finale du projet APRAO

dispositions nationales à l’espace CEDEAO. Cette démarche mériterait d’être appuyée par
l’APRAO, qui a acquis une bonne expérience de ces questions au travers des travaux réalisés
dans les autres pays bénéficiaires.

5.1.2 Mali

85. Les principaux produits observés au Mali sont les suivants :

[Link] Diffusion des lois et décrets sur les semences (Objectif spécifique 1)
86. En plus de la traduction en langues locales et de la diffusion de la loi semencière et de
son décret d’application au travers de plusieurs canaux, l’APRAO a organisé des ateliers de
formations et d’échanges auxquels ont pris part l’ensemble des acteurs impliqués dans la
production et la certification des semences, et en particulier le laboratoire national
LABOSEM, les contrôleurs et des producteurs. Ces échanges ont permis aux différents
acteurs de comprendre la spécificité et les contraintes propres à leurs activités dans la filière,
et de renforcer la confiance vis-à-vis des autres acteurs et dans le processus de certification
dans son ensemble. Cette confiance était érodée, ce qui affectait la motivation des
producteurs.

[Link] Appui à la production de semences de qualité (Objectif spécifique 2)


87. L’APRAO est intervenu dans la zone de l’Office du Riz de Ségou, à Dioro, auprès de la
coopérative semencière de Sikourasso. Les producteurs de cette coopérative étaient exposés à
plusieurs contraintes avant l’intervention du projet : la présence de riz rouge dans les
parcelles et des itinéraires techniques inadaptés, qui conduisaient à un fort taux de rejet à la
certification, et à une perte de revenus ; la dépendance vis-à-vis des banques pour le
financement des intrants ; le paiement tardif des producteurs (lors de la vente au démarrage
de la campagne suivante), et une certaine quantité de semences invendues chaque année. Le
projet est intervenu en fournissant des intrants, ce qui a permis à la coopérative de réduire sa
dépendance vis-à-vis des banques en constituant un fonds de roulement, en fournissant des
équipements post-récolte, en formant les producteurs aux techniques de production plus
performantes, en les appuyant pour rechercher des nouveaux canaux de commercialisation
des semences, et en finançant les coûts de certification des semences. Ces actions ont eu pour
effet la diminution des rejets à la certification, l’augmentation significative de la production
de semences de la coopérative, l’identification de nouveaux acheteurs pour les semences
produites, et l’amélioration de la situation financière de la coopérative (notamment grâce aux
revenus générés par les équipements). Cependant, l’appui à la commercialisation n’a pas
obtenu des résultats suffisants, et l’augmentation de la production s’est également traduite par
une augmentation des méventes.

88. Dans la zone de San, l’APRAO est intervenu en appui à l’ARPASO pour la production
de semences, en fournissant des intrants et en constituant un fonds de roulement, ce qui
permet aux producteurs d’obtenir les intrants à crédit, qu’ils remboursent à la vente des
semences. Le manque d’accès au crédit, et la seule possibilité d’achat au comptant qui
prévalait avant l’intervention du projet, limitaient l’accès aux intrants.

89. Dans cette zone, le projet a également appuyé le processus de certification en


renforçant les capacités des services de contrôle (formation, frais de déplacement), en prenant
en charge les coûts de certification, et en formant les producteurs. Ces mesures se sont
traduites par une baisse du taux de rejet à la certification, et par l’augmentation de la
production de semences.

34
Evaluation finale du projet APRAO

[Link] Appui à la production de paddy (Objectif spécifique 3)


90. L’APRAO a travaillé en partenariat avec le projet Initiative Eau - Sécurité Alimentaire
(IESA) dans 4 sites d’intervention. Cette collaboration a permis de valoriser les approches
complémentaires des deux projets : les aménagements hydro agricoles de l’IESA et le
renforcement des capacités de l’APRAO. L’intervention de l’APRAO dans les zones IESA a
notamment permis de multiplier les formations d’agents d’encadrement et de producteurs, en
comparaison avec les zones non couvertes par l’APRAO, et d’appliquer l’approche
GIPD/CEP pour le riz, alors que l’IESA ne l’applique normalement que pour le maraîchage.
Selon l’équipe de direction de l’IESA, cette collaboration a eu un effet clair sur
l’augmentation des rendements des producteurs, qui a atteint 3,6 t/ha dans les zones couvertes
par l’APRAO, alors qu’il ne dépasse pas 2 t dans les autres zones.

[Link] Appui à la transformation du riz paddy (Objectif spécifique 4)


91. Selon l’Office du Riz de Ségou, l’une des principales contraintes de la filière rizicole
dans la zone de Ségou est liée aux opérations post-récoltes, et touche notamment la qualité
des semences produites dans la zone, et conduit à des taux de rejet des semences importants.
L’appui du projet en équipements post-récolte, notamment des batteuses et trieuses, a permis
d’améliorer la qualité des semences produites.

92. Toujours dans la zone de Ségou, les problèmes de maîtrise insuffisante de l’eau dans les
zones de production en submersion contrôlée conduisent à une faible qualité du paddy, qui se
manifeste par des taux de brisure élevés au décorticage. L’étuvage permet de rehausser la
qualité de ce paddy et par conséquent de réduire les taux de brisure à l’usinage. L’appui
apporté à la coopérative féminine de Badenya à Dioro (formation et donation de kits) a
permis d’augmenter la production de riz étuvé et d’améliorer la technique d’étuvage. Cela a
eu pour effet d’améliorer la qualité du riz, et de permettre sa commercialisation face au riz
étuvé importé du Burkina Faso. Ces actions ont ouvert de nouvelles perspectives pour les
membres de cette coopérative, qui envisagent dorénavant de créer des liens commerciaux
directs avec la Guinée, où la demande en riz étuvé est importante, en éliminant des
intermédiaires, et en augmentant ainsi leurs revenus. Une contrainte demeure néanmoins : les
bénéficiaires ne disposent pas de moyens financiers suffisants pour acheter des quantités de
paddy qui leur permettent de valoriser pleinement le potentiel des kits distribués.

93. Dans la zone de San, les principales contraintes liées à la transformation du paddy
étaient la faible qualité des équipements installés localement, des décortiqueuses de capacité
limitée, qui produisaient un riz blanc de qualité insuffisante, avec un fort taux de brisures et la
présence de cailloux et d’impuretés. L’installation de la mini-rizerie au niveau de l’ARPASO
offre aux producteurs la possibilité d’améliorer le rendement au décorticage et la qualité du
riz blanc produit. Néanmoins, jusqu’à présent la quantité de paddy transformé dans la mini-
rizerie est très en dessous de la capacité de cet équipement. L’ARPASO souhaite acquérir un
fonds de roulement pour acheter du paddy et mieux valoriser la mini-rizerie.

[Link] Appui à la création d’une interprofession (Objectifs spécifiques 1, 2, 3, 4)


94. L’APRAO a organisé un rapprochement des acteurs de la filière du riz au niveau
national, notamment entre l’Association Régionale de Riziculteurs de Ségou et la Plateforme
Riz, qui a débouché sur la décision de créer une interprofession nationale de riz. A la fin du
projet, des statuts de cette structure ont été rédigés et des bailleurs de fonds ont montré un
intérêt pour apporter un appui. Cette initiative n’en est qu’à sa phase d’initiation, mais elle
représente un potentiel important pour le futur, pour identifier et rechercher des solutions à

35
Evaluation finale du projet APRAO

l’ensemble des problèmes posés sur la chaîne de valeur, et pour représenter les acteurs de la
chaîne auprès des institutions.

5.1.3 Sénégal

95. Les principaux produits observés au Sénégal sont les suivants :

[Link] Appui à la production de riz pluvial (Objectifs spécifiques 2, 3 et 4)


96. Dans la zone pluviale visitée (Kaolack et Fatick), le riz est traditionnellement cultivé
dans les bas-fonds. Cette culture a cependant tendance à disparaître du fait de la salinisation
progressive des bas-fonds. Les agriculteurs, bien que grands consommateurs de riz, n’ont
d’autre choix que de cultiver d’autres cultures sur les plateaux (mil, maïs, arachide), pour
obtenir des revenus et acheter du riz sur les marchés. Le projet a appuyé l’introduction de la
culture de riz de plateau, méconnue jusque récemment dans la région, et qui a connu un grand
engouement de la part des producteurs. L’APRAO a appuyé la production de semence de
plateau de qualité, la production de paddy, et la transformation du paddy, en s’appuyant sur
les acteurs pionniers dans l’introduction du riz de plateau, notamment l’ONG Symbiose. Les
activités proposées (fourniture d’intrants et d’équipements pour la production de semence et
de paddy et pour la transformation, formation en GIPD) ont été reçues avec un grand intérêt
par les bénéficiaires, qui pensaient ne pas pouvoir cultiver le riz sur leurs terres de plateau.
Malgré les bons résultats obtenus en termes d’augmentation des superficies cultivées en riz,
ce processus n’en est qu’à sa phase de démarrage et devrait être soutenu dans la durée, au-
delà du projet.

[Link] Appui à la production de semences de qualité (Objectif spécifique 2)


97. L’Union des Jeunes Agriculteurs de Koyli Winunde (UJAK-UTPA), à Podor dans la
vallée du fleuve Sénégal, produit des semences pour ses membres au travers d’une
coopérative semencière membre de l’Union. Elle estimait la satisfaction des besoins en
semences par la production de la coopérative à 20%. Le projet, avec la formation et l’appui
en intrants, a permis d’augmenter de 20% ce taux de couverture.

98. L’Union des producteurs agricoles de Diattar, également dans la zone de Podor, a initié
la production de semences de qualité grâce à l’appui de l’APRAO, qui lui a permis d’obtenir
un agrément, a réalisé des formations sur la production de semences, et a fourni des intrants à
l’Union. Au travers de cette activité qui doit être consolidée pour qu’elle puisse donner des
résultats durables, l’Union cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis d’autres organisations
de producteurs pour accéder aux semences, et son exposition aux ruptures fréquentes de
disponibilité des semences et à la variation de qualité des semences offertes sur le marché.

[Link] Appui à la production de paddy en zone irriguée (Objectif spécifique 3)


99. Un des problèmes récurrents pour la production de riz dans la vallée du fleuve Sénégal
est la difficulté pour certains producteurs pour rembourser leur crédit de campagne.
Lorsqu’ils ne le font pas, ils ne peuvent pas réaliser les campagnes suivantes, jusqu’à ce
qu’ils parviennent à solder leur dette. La fourniture d’intrants à 1 GIE dans cette situation lui
a permis de reprendre la culture du riz, puis de rembourser sa dette grâce à la récolte obtenue.
Ce résultat n’est cependant qu’une solution ponctuelle à un problème récurrent, pour lequel
des solutions plus profondes doivent être recherchées.

100. Plus généralement, l’accès aux intrants, et notamment aux semences de qualité, est une
difficulté dans cette zone, notamment du fait des retards de livraison des intrants

36
Evaluation finale du projet APRAO

subventionnés par l’état. Cette difficulté, couplée avec la difficulté d’assumer les coûts de
production pour les agriculteurs (intrants, tracteurs, coûts hydrauliques), empêchent beaucoup
d’agriculteurs de cultiver toutes les surfaces aménagées qu’ils possèdent. La fourniture
d’intrants a permis aux bénéficiaires d’accéder plus facilement à ces moyens de production,
et ainsi d’augmenter leurs surfaces cultivées, et leur production. La mise en place des fonds
de roulement à partir des intrants fournis peut permettre aux producteurs qui souhaitent semer
tôt d’initier leur culture sans attendre la livraison des intrants subventionnés.

[Link] Appui à la transformation du paddy (Objectif spécifique 3)


101. L’APRAO a appuyé plusieurs groupes de femmes dans la vallée du fleuve Sénégal
(Bokhol, UJAK), pour qu’elles démarrent des activités d’étuvage du riz. Cette activité leur
était méconnue auparavant. Elle a reçu un bon accueil, mais, comme pour l’introduction du
riz de plateau, n’a été qu’initiée et doit être appuyée sur une durée plus longue pour qu’elle
puisse s’intégrer durablement dans les systèmes de production des bénéficiaires.

102. Le projet a également appuyé cette activité dans la zone de Fatick (GIE féminin Sadar
Diogo Senghor), où elle était pratiquée depuis longtemps de manière artisanale. Les
formations réalisées et la donation de kits d’étuvage ont permis d’augmenter la production de
riz étuvé et d’améliorer la qualité. Alors que le riz étuvé ne servait qu’à la consommation des
ménages auparavant, les résultats engendrés par le projet permettent maintenant aux
bénéficiaires de commercialiser une partie de leur production et d’obtenir des revenus.

103. Comme dans les autres pays, l’APRAO a facilité l’acquisition d’équipements de
transformation au Sénégal, pour améliorer la qualité du riz produit, et sa compétitivité face au
riz importé. Le groupement de femmes UTPA, au sein d’UJAK, a reçu une décortiqueuse qui,
utilisée en prestation de service pour les producteurs de paddy, de générer des revenus pour le
groupement, et d’améliorer la qualité du riz blanc. Cependant plusieurs problèmes ont été
observés avec les équipements remis à d’autres groupes visités lors de l’évaluation, qui
affectent les résultats planifiés.

5.2 Réalisation au niveau des résultats

5.2.1 Résultats relatifs à l’objectif 1

104. La réhabilitation de la filière semencière en Mauritanie constitue une base


indispensable pour le développement du riz dans le pays, et pourra avoir un impact potentiel
au niveau national sur le développement de la production rizicole.

105. La subvention des semences certifiées obtenue du gouvernement en Mauritanie a,


d’après les entretiens réalisés avec la coordination nationale et le coordinateur régional, eu un
effet significatif sur l’utilisation des semences certifiées au niveau national. Etant donné le
potentiel d’augmentation de rendement que représentent les semences améliorées, on peut
supposer que cela a pu engendrer un effet significatif en termes de production au niveau
national (hypothèse non vérifiée).

106. Au Niger, l’ensemble des actions menées pour la redynamisation du secteur semencier
a conduit à la production de plus de 350 tonnes de semences R1 et R2 en 2012 ce qui
représente, d’après la coordination nationale, une part significative des besoins nationaux en
semences. Ces résultats peuvent potentiellement engendrer un impact significatif sur les
rendements et la production de paddy au niveau national.

37
Evaluation finale du projet APRAO

107. Au Mali, l’ensemble des actions menées au niveau du processus de certification des
semences a conduit à une baisse des rejets dans les zones appuyées par le projet de 20% en
2010 à 6% en 2012. Cela se traduit d’une part par une augmentation des revenus des
producteurs de semences concernés, et d’autre part par la mise à disposition d’une quantité
plus importante de semences certifiées pour les producteurs de paddy, qui pourra
éventuellement engendrer une augmentation de la production de paddy.

108. Au Sénégal, la mise à disposition de semences de qualité dans les zones pluviales,
indisponibles avant le projet, représente également un potentiel d’augmentation des
rendements et de production de riz paddy. Elle permet surtout aux nouveaux producteurs de
riz de plateau dans ces zones de pouvoir s’engager dans cette culture.

5.2.2 Résultats relatifs à l’objectif 2

109. Les actions d’appui aux producteurs semenciers dans tous les pays ont essentiellement
obtenu des résultats et effets au niveau local, dans les sites d’intervention du projet :

- En Côte d’Ivoire, mise en culture de 40 ha et production de 190 tonnes de semences


R1;
- Au Mali, augmentation de 50% des rendements en production de semence,
augmentation de 171% de la production par rapport à 2010, amélioration de la
conservation des semences ;
- En Mauritanie, amélioration des rendements en production de semence de 5 à 6,4
t/ha entre 2010 et 2013 ;
- Au Niger, augmentation de l’utilisation des semences certifiées par 42% des
producteurs en 2010 à 90% en 2013;
- Au Sénégal, augmentation de l’accès aux semences de qualité pour 70% des
producteurs.
5.2.3 Résultats relatifs à l’objectif 3

110. Les actions d’appui aux producteurs de paddy, comme pour les producteurs de
semences, ont obtenu des effets au niveau local, dans les sites d’intervention du projet :

- En Côte d’Ivoire, augmentation des rendements respectivement de 100%, 35%, 50%


et 43% sur les 4 sites d’intervention ;
- Au Mali, augmentation des rendements de 12% en moyenne sur les sites
d’intervention ;
- En Mauritanie, augmentation des rendements de 51% en moyenne sur les sites
d’intervention ;
- Au Niger, augmentation de 31% des rendements en moyenne sur les sites
d’intervention ;
- Au Sénégal, augmentation de 32% des superficies cultivées en riz sur l’ensemble de
sites, et de 73% en zone pluviale ; augmentation des rendements de 5 à 6,5 t/ha en
moyenne en zone irriguée, et de 1,5 à 3 t/ha en moyenne en régime pluvial.
5.2.4 Résultats relatifs à l’objectif 4

111. Les actions d’appui à la transformation du riz ont engendré les effets suivants dans les
sites d’intervention du projet :

38
Evaluation finale du projet APRAO

- En Côte d’Ivoire, augmentation de 67% du riz usiné par les usiniers détenteurs des
fonds de roulement; amélioration de la qualité du riz blanc ; augmentation de la
demande de riz produit localement ;
- Au Mali, amélioration des rendements à l’usinage ; amélioration de la qualité du riz
usiné, création de 11 emplois dans la mini-rizerie ; réduction des pertes post –récolte
de 50%, augmentation de la quantité et de la qualité du riz étuvé ; amélioration de la
compétitivité et de la commercialisation du riz étuvé ;
- Au Niger, réduction de 20% des pertes au battage, réduction du temps passé au
battage, augmentation de la qualité du paddy ; augmentation de la quantité et de la
qualité du riz étuvé, et de son prix de vente ; réduction de la consommation de bois
et de la pénibilité pour l’étuvage ;
- Au Sénégal, amélioration de la qualité du riz décortiqué.
112. En ce qui concerne l’utilisation des produits normatifs de la FAO, l’APRAO a
essentiellement valorisé l’expérience de l’organisation et les produits existants pour
l’approche GIPD/CEP. L’APRAO a réalisé des efforts importants pour capitaliser ses actions
et les résultats obtenus, notamment au travers du site internet du projet, sur lequel l’ensemble
des documents produits par le projet sont disponibles.

5.2.5 Facteurs favorables et défavorables à l’obtention des résultats en Côte d’Ivoire, au


Mali et au Sénégal

Table 3: Côte d’Ivoire


Facteurs favorables Facteurs défavorables
Facteurs de mise en œuvre
- Forte appropriation par l’ONDR des actions - Démarrage très tardif des activités du fait de la
menées sur la conception d’un modèle de crise post-électorale ;
plateforme de développement du riz au niveau - Difficultés de mobilisation des ressources
local humaines (remplacement répété du coordinateur
- Connaissance et appropriation préalable de national par l’ONDR ; pas de nomination d’un
l’approche GIPD/CEP par l’ANADER grâce à consultant national)
l’appui de la FAO dans des programmes - Distribution tardive des intrants à Yamoussoukro
précédents et Gagnoa
- Approche pragmatique pour la multiplication de
semences en collaboration avec l’ANADER, pour
pouvoir satisfaire les besoins du projet
Facteurs contextuels
- Forte cohésion entre les acteurs de la filière à - A Yamoussoukro, pas d’existence de véritables
Gagnoa a facilité la mise en place de la plateforme coopératives de producteurs, ce qui affecte le
et l’identification de solutions aux problèmes fonctionnement de la plateforme de développement
posés - Infrastructures d’irrigation vétustes à
- Bénéfice de projets d’autres acteurs d’unités de Yamoussoukro
transformation de qualité à Gagnoa - Manque d’organisation des producteurs sur les
périmètres à Yamoussoukro, ce qui affecte la
gestion de l’eau
- Problèmes de transport du paddy à Gagnoa, qui a
un effet négatif sur la qualité du riz

39
Evaluation finale du projet APRAO

Table 4: Mali
Facteurs favorables Facteurs défavorables
Facteurs de mise en œuvre
- Planification précoce de l’ensemble des achats a - Démarrage tardif des activités du fait de la lenteur
permis de réaliser tous les achats d’équipements de la désignation de la tutelle institutionnelle ;
prévus - Le projet n’a pas apporté de fonds de roulement
- Efficience de la gestion du projet dans son pour l’achat du paddy pour la mini-rizerie et
ensemble, a permis de mettre en œuvre un grand l’étuvage, ce qui limite la valorisation de ces
nombre d’activités infrastructures et équipements
- Pertinence du choix des groupes bénéficiaires, et
analyse des besoins clés
- Facteurs contextuels
- Tradition de culture de riz en submersion non - Difficultés d’accès dans certaines zones du fait de
contrôlée et de bas-fonds l’insécurité liée à la crise politique
- Forte adhésion de la DNA à la mise en œuvre du - Maîtrise insuffisante de l’eau dans certaines zones
projet de l’Office du riz de Ségou
- Organisation préalables des Op a favorisé la mise - Présence, récurrence et résistance du riz sauvage
en œuvre du projet rouge dans les semences produites
- Accès à la terre limité pour les femmes dans les
zones aménagées

Table 5: Sénégal
Facteurs favorables Facteurs défavorables
Facteurs de mise en œuvre
- Choix d’appuyer surtout le riz pluvial qui - Retard de mise en place des intrants la première
représente un potentiel supérieur pour des année
investissements plus limités - Sélection de bénéficiaires qui ne présentent pas
- Approche genre a permis d’avoir un taux de toujours un fort potentiel de développement du riz
bénéficiaires femmes d’autour de 50% des (ex : GIE féminin de Bokhol)
bénéficiaires
Facteurs contextuels
- Très fort intérêt pour le développement du riz en - Revenus importants obtenus avec le maïs dans la
zone pluviale zone pluviale, et priorité donnée à cette culture, ce
- Accès à la terre pour les femmes dans la zone de qui affecte le calendrier agricole du riz, voir dévie
Fatick (Djilor) une partie des engrais riz sur le maïs
- Des inondations ont affecté la production de
semences dans la zone de Podor
- Système de caution solidaire entre les GIE des
grands périmètres irrigués dans la vallée du fleuve
Sénégal, qui peut paralyser plusieurs GIE si un seul
ne rembourse pas ses crédits de campagne
- Difficulté d’accès aux tracteurs dans la zone du
fleuve
- Accès à la terre limitée pour les femmes dans les
zones irriguées, et dans la zone de Kaolack
- Risque climatique en zone pluviale

40
Evaluation finale du projet APRAO

5.3 Parité hommes-femmes

113. L’approche genre est absente de la formulation des objectifs du projet et des critères de
sélection des sites d’intervention, mais elle est mentionnée dans le document de projet de la
manière suivante :

- Stratégie et méthodologie de mise en œuvre du projet: Promotion de la participation


des femmes à la mise en œuvre du projet, en particulier en riziculture pluviale et en
riziculture de bas-fonds…
- Bénéficiaires : les bénéficiaires directs sont les petits producteurs/productrices
(avec une attention particulière à l’aspect genre),…
- Facteurs de durabilité : La promotion du rôle des femmes dans le développement
rizicole dans chaque pays à travers un renforcement de leurs capacités dans le
secteur semencier, la transformation et la commercialisation du riz.
114. Le document de projet ne précise pas l’approche proposée pour renforcer le rôle des
femmes (ex : activités spécifiquement orientées vers les femmes, proportion de femmes
bénéficiaires, critères de sélection qui prennent en compte les femmes…). Il ne propose pas
non plus une analyse des contraintes et priorités spécifiques des femmes et des hommes dans
la chaîne de valeur du riz, sur laquelle une stratégie pourrait être élaborée.

115. Les autres documents de référence d’analyse de la situation n’abordent pratiquement


pas la situation spécifique des femmes dans la chaîne de valeur. Les seules informations
disponibles sont la mention de la présence d’OP féminines dans les sites d’intervention
proposés au Mali (Etude de caractérisation des sites d’intervention), et quelques informations
sur les contraintes spécifiques des femmes étuveuses au Niger (Etat des lieux de la riziculture
au Niger). Pour le reste, aucune analyse de la situation des femmes dans la filière rizicole
n’est disponible.

116. En l’absence d’une analyse approfondie des stratégies, priorités et contraintes des
femmes dans la chaîne de valeur du riz, le projet ne compte pas non plus avec une stratégie
élaborée pour renforcer le rôle des femmes.

117. Le Mali représente néanmoins une exception à ce constat, avec la réalisation d’une
étude sur la participation des femmes dans la mise en œuvre du projet. Cette étude a permis
d’identifier de manière détaillée les bénéfices spécifiques du projet pour les femmes, et de
formuler des recommandations pour améliorer les résultats obtenus pour les femmes.
Cependant, cette étude ne livre pas non plus une analyse des contraintes des femmes pour
participer aux différents maillons de la chaîne de valeur du riz.

118. L’intégration des femmes parmi les bénéficiaires a malgré tout été un des objectifs des
équipes de l’APRAO dans la mise en œuvre des activités. Cet objectif s’est traduit par :

- La désagrégation de certains résultats à la fin du projet par sexe. Ces données restent
déficitaires et il est difficile de reconstituer le nombre et la proportion de femmes
bénéficiaires du projet pour les différentes activités à partir des différents documents
disponibles (rapports de capitalisation) ;
- L’intégration d’un chapitre « Renforcement du rôle des femmes » dans les
présentations réalisées lors de l’atelier bilan de Yamoussoukro ;
- L’intégration de proportions variables de femmes parmi les bénéficiaires des
différentes activités du projet, et notamment l’intégration de plusieurs OP féminines.

41
Evaluation finale du projet APRAO

119. D’après la documentation disponible (rapports de capitalisation et présentations lors de


l’atelier bilan de Yamoussoukro), les principales activités menées au bénéfice des femmes
sont les suivantes :

- Côte d’Ivoire: formation de 60 femmes en techniques de repiquage;


- Mali : Formations sur des thèmes divers au bénéfice de 1.465 femmes, dotation
d’équipements au bénéfice de 1.212 femmes ; dotation d’intrants et constitution de
fonds de roulement au bénéfice de 340 femmes, appui à la participation de 31
femmes aux foires et comices agricoles ;
- Mauritanie : appui à 4 coopératives féminines pour leur première culture de riz ;
appui à 227 femmes dans des sites mixtes ;
- Niger : Formation de 12 femmes en GIPD, formation de 16 femmes sur
l’amélioration des pratiques artisanales d’étuvage de riz
- Sénégal : 47% de femmes bénéficiaires sur l’ensemble du projet.

5.4 Développement des capacités

120. Le renforcement des capacités est une des mesures transversales du projet, présente
dans toutes les activités, et sans aucun doute un des points forts du projet. Le renforcement
des capacités est largement présent dans la conception du projet, dans les activités proposées
et comme mesure destinée à permettre la durabilité des actions mises en œuvre.

121. L’approche pour le renforcement des capacités comprenait deux éléments principaux :
la formation et le recyclage, et le transfert d’infrastructures et d’équipements. La liste des
activités est visible dans les tableaux de présentation des produits présentés en annexe 5.

122. Les principaux bénéficiaires et les effets de ces actions sont les suivants :

Table 6
Bénéficiaires Actions Effets
Laboratoires d’analyse des • Réhabilitation • Remise en fonctionnement (Mauritanie)
semences et centres d’installations (Niger, • Amélioration du fonctionnement (Niger,
semenciers Mauritanie) Côte d’Ivoire)
• Donation de fourniture • Augmentation du nombre d’échantillons
(Côte d’Ivoire) analysés (Mali, Sénégal)
• Financement des coûts
d’analyse (Mali, Sénégal)
Services de contrôle et de • Formation/recyclage des • Amélioration de la qualité des semences
supervision de la contrôleurs (tous les pays) • Réduction des rejets à la certification
production de semences • Equipement des contrôleurs (Mali)
• Financement des
déplacements pour contrôle
au champ (Mali, Sénégal)
Producteurs de semences • Formation technique et en • Amélioration de la qualité des semences
gestion (tous les pays) • Réduction des rejets à la certification
• Fourniture d’intrants et • Accès aux intrants
constitution de fonds de • Amélioration des techniques de production
roulement (tous les pays) • Augmentation de la production de
• Fourniture d’équipements semences
post-récolte • Amélioration de la disponibilité des
semences pour les producteurs de paddy
• Amélioration de la commercialisation des
semences

42
Evaluation finale du projet APRAO

Producteurs de paddy • Formation technique et en • Accès aux intrants


gestion (tous les pays) • Amélioration des techniques de production
• Fourniture d’intrants et • Augmentation des rendements et de la
constitution de fonds de production
roulement (tous les pays) • Amélioration des opérations de récolte et
• Fourniture d’équipements post-récolte
post-récolte (tous les pays) • Amélioration de la qualité du paddy
• Gestion durable des organisations, des
équipements et des fonds de roulement
Structures et entreprises • Formation technique et en • Amélioration du rendement au décorticage
de transformation et de gestion (tous les pays) • Augmentation des quantités de riz
commercialisation • Fourniture d’équipements transformé
tous les pays) • Amélioration de la qualité du riz blanc et
• Fourniture de fonds de étuvé
roulement pour l’achat du • Amélioration de la compétitivité du riz
paddy (Côte d’Ivoire, produit localement et de sa
Niger) commercialisation
• Gestion durable des organisations, des
équipements et des fonds de roulement

5.5 Approche fondée sur les droits de l’homme

123. L’objectif du projet est de renforcer la sécurité alimentaire de la population des cinq
pays ciblés au travers de l’augmentation de la production de riz de qualité. Il participe donc à
l’objectif de promouvoir le droit à l’alimentation, pour les bénéficiaires directs au travers de
l’augmentation de leur production consommée directement, et des bénéficiaires indirects,
grâce de l’augmentation de la disponibilité en riz compétitif sur les marchés.

124. Au-delà de cet objectif, le projet n’a pas développé d’approche spécifique basée sur les
droits, dans sa conception et sa mise en œuvre. Néanmoins, pour la seule activité ayant
conduit à la création d’emplois (mini rizerie à San au Mali), l’équipe du projet a sensibilisé
l’OP bénéficiaire pour qu’elle n’emploie pas d’enfants.

5.6 Partenariats et alliances

125. Comme on l’a vu au chapitre 1.3 Pertinence de l’approche du projet, le développement


de partenariat est un des éléments essentiels de l’approche du projet. D’une manière générale,
les partenariats, établis avec des institutions hautement pertinentes dans les domaines et les
zones d’intervention, ont joué un rôle déterminant dans l’efficacité et l’efficience de la mise
en œuvre du projet, en permettant de mettre en œuvre des activités que la FAO seule n’aurait
pu réaliser (ressources financières et humaines), et en valorisant l’expérience et la
connaissance du terrain et des OP bénéficiaires. Les partenaires représentent également un
potentiel pour la pérennisation et la poursuite des actions, de par leur présence permanente
dans les zones et les domaines d’intervention. La liste des partenariats établis dans les cinq
pays est présentée en annexe 6.

126. L’approche développée pour l’établissement des partenariats s’est basée sur le
processus suivant :

1. Définition conjointe entre l’APRAO et les partenaires des objectifs attendus du


partenariat ;
2. Identification conjointe des actions à mener pour atteindre ces objectifs ;
3. Définition des contributions de l’APRAO et des partenaires ;

43
Evaluation finale du projet APRAO

4. Formalisation des partenariats par la signature de protocoles d’accord.


127. Cette approche se caractérise par la responsabilisation des partenaires pour la définition
et la mise en œuvre des activités sur le terrain. Elle a permis la recherche de synergies et la
mutualisation des ressources dans certains cas.

128. Parmi les partenariats directement observés par l’équipe d’évaluation, on peut citer les
partenariats suivants comme étant particulièrement pertinents :

5.6.1 Côte d’Ivoire

129. L’ONDR est l’institution en charge de la mise en œuvre de la SNDR, et donc


incontournable pour l’APRAO. L’ONDR a un fort intérêt pour les activités proposées,
notamment l’élaboration du modèle de pôle de croissance du riz au niveau local, qu’elle
souhaite répliquer dans 10 régions à court terme. Elle joue donc un rôle potentiel essentiel
pour la réplication et la pérennisation des actions.

130. L’ANADER est le service technique en charge de l’encadrement des agriculteurs en


Côte d’Ivoire et dispose d’antennes et de ressources humaines sur l’ensemble du territoire
national. Elle constituait pour cela le partenaire le plus indiqué pour mettre en œuvre les
actions sur le terrain, et pour éventuellement les suivre à la fin du projet. Le partenariat pour
la multiplication de semences a été plus opportuniste et a valorisé des infrastructures de
formation de l’ANADER non prévues à cet effet, mais non valorisées du fait de la crise que
le pays a vécue. Cette action a été ponctuelle.

131. Le FIRCA est un organisme dirigé par les filières agricoles privées et dont le mandat et
la recherche agricole au service de ces filières. Sa capacité à mobiliser des financements
pourra jouer un rôle important dans la mise en œuvre du changement d’échelle du système
d’information sur les semences une fois la phase pilote terminée.

5.6.2 Mali

132. En plus des partenariats qui ont eu pour objet la mise en œuvre des activités sur le
terrain, l’APRAO a eu pour partenaire et tutelle institutionnelle pour l’ancrage, la direction et
la coordination du projet, la Direction Nationale de l’Agriculture. Le projet a également établi
un partenariat avec la Division des semences, pour les actions relatives à la certification des
semences.

133. Les partenariats avec le secteur de Kita, Lux Développement et l’ARPASO ont eu pour
objet la mutualisation de ressources qui ont permis de réaliser des activités qui n’auraient pu
être mises en œuvre avec le seul budget de l’APRAO.

134. Le projet IESA, également financé par l’Espagne et intervenant dans les aménagements
hydro agricoles, en particulier pour la riziculture, était un partenariat naturel qui entrait dans
la stratégie de la Coopération Espagne de favoriser les synergies entre projets qu’elle finance,
et compte tenu du fait que les deux projets sont mis en œuvre par la FAO et sont
complémentaires.

135. Enfin, les structures d’encadrement dans les zones d’interventions de l’APRAO étaient
également les partenaires potentiels les plus pertinents pour mettre en œuvre les activités sur
le terrain étant donné leur mandat, les ressources humaines et matérielles dont ils disposent,
et leur présence permanente qui peut favoriser la poursuite et la pérennisation des actions.

44
Evaluation finale du projet APRAO

5.6.3 Sénégal

136. L’équipe d’évaluation a pu constater directement la pertinence des partenariats avec les
DRDR, institution en charge de la vulgarisation agricole, dont la présence permanente sur le
terrain est un facteur favorable pour la poursuite et la pérennisation des actions.

137. L’ONG Symbiose est pionnière dans l’introduction de la culture de plateau dans la
région de Kaolack. Le projet a valorisé l’expérience acquise par cette ONG à petite échelle.
Sa présence permanente et son engagement à long terme pour le développement de la
riziculture de plateau dans la région constituent également un facteur de pérennisation.

6 Analyse selon les critères d’évaluation

6.1 Pertinence

138. La pertinence du projet au regard du contexte et de la situation régionale et dans les


pays d’intervention est décrite dans le chapitre 1.1 Pertinence de l’Objectif du projet.

6.1.1 Pertinence au regard des besoins des bénéficiaires

139. Dans tous les sites visités, l’équipe d’évaluation a pu constater que la production de riz
est une priorité pour les bénéficiaires. Le riz constitue la première ou une des premières
denrées alimentaires consommées par les bénéficiaires et un potentiel de génération de
revenus, et est par conséquent au centre des stratégies de moyens d’existence.

140. Dans chaque site d’intervention, et avec chaque OP bénéficiaire, l’identification des
activités mises en œuvre a été réalisée dans le cadre d’une approche participative qui a
associé les partenaires et les OP bénéficiaires. Cette approche a permis d’identifier les
maillons faibles de la chaîne de valeur du riz dans chaque site, et les besoins spécifiques des
bénéficiaires pour apporter des solutions pertinentes et efficientes et leur permettre de
développer leurs stratégies.

6.1.2 Pertinence au regard des stratégies nationales de développement du riz

141. En côte d’Ivoire, les objectifs de l’APRAO sont cohérents avec la SNDR dont la vision
est d’atteindre l’autosuffisance en riz, de constituer un stock de sécurité et d’exporter les
surplus de production. Les objectifs spécifiques du projet sont cohérents avec les priorités de
la stratégie, et notamment les priorités 1. Développement d’un secteur semencier, et 3. Appui
à la transformation et à la mise en marché du riz local, et avec les approches 1. Mise en place
d’un système durable de production de riz local et 2. Mise en place d’un système de
valorisation de la production locale. Le projet est également en phase avec les objectifs de
l’ONDR et en particulier la mise en place de pôles de développement du riz au niveau local.

142. Au Mali, l’APRAO appuie la SNDR dont l’objectif est de satisfaire la consommation
intérieure et de faire du Mali un pays exportateur net de céréales dont le riz. En particulier,
l’APRAO est en parfaite cohérence avec les objectifs spécifiques 2. Accès aux intrants
agricoles, 4. Mécanisation de la production agricole, 5. Renforcement de la capacité de
recherche et de l’encadrement et transfert des innovations technologiques, et 6. Amélioration
de la qualité des produits par la modernisation des opérations post-récoltes et organisation de
la commercialisation.

45
Evaluation finale du projet APRAO

143. Au Niger, les objectifs de l’APRAO sont également cohérents avec les objectifs de la
SNDFR, qui sont d’augmenter le revenu des riziculteurs et des travailleurs qui contribuent à
la valorisation du riz, et de satisfaire la consommation et le marché national en riz. Parmi les
stratégies priorisées dans la SNDFR pour atteindre ces objectifs, on relève l’augmentation des
rendements en riz, avec l’accès aux semences et aux engrais, et l’appui-conseil aux
producteurs pour réaliser l’objectif stratégique 1 de la SNDFR ; le transfert de technologies
nouvelles de transformation et l’amélioration de la transformation artisanale pour réaliser
l’objectif stratégique 2 ; l’appui à la structuration de la filière, avec notamment la constitution
d’une interprofession pour appuyer l’objectif stratégique 3.

144. Au Sénégal, le PNAR a pour but d’augmenter la production nationale de riz afin de
couvrir les besoins du pays, notamment au travers du financement de la production, du
matériel de production et de post-récolte et de l’appui à la commercialisation, aussi bien en
zone irriguée qu’en zone pluviale. Les actions de l’APRAO appuient directement ces
objectifs.

145. La pertinence du projet au regard des stratégies sectorielles pour la Mauritanie n’a pas
pu être appréciée car l’équipe d’évaluation n’a pas eu accès aux documents de stratégies
nationales et n’a pas pu mener d’entretiens avec les institutions concernées.

6.1.3 Pertinence au regard des Cadres de Programmation Pays (CPP) de la FAO et des
Plans Cadre des Nations Unies pour l,’Aide au Développement (PCNUAD)

146. L’équipe d’évaluation a eu accès aux documents CPP et PCNUAD pour le Mali, la
Mauritanie, et le Sénégal. En conséquence, seuls ces pays sont pris en compte dans ce
chapitre.

147. Au Mali, le premier CPP élaboré par la FAO couvre la période 2013-2017. Il n’y avait
donc pas de CPP de référence lors de l’identification de l’APRAO. Les objectifs du projet
sont néanmoins cohérents avec la priorité 1 du CPP 2013-2017 : Appui à la production, à la
compétitivité des filières et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et à ses produits 1.1 et
1.3. Le projet appuie l’effet 1 du PCNUAD 2013-2017 : Les populations rurales et
périurbaines bénéficient d’une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle dans un
environnement mieux préservé.

148. Comme pour le Mali, en Mauritanie, le premier CPP élaboré couvre la période 2013-
2016. Le projet appuie l’objectif de la disponibilité de produits vivriers en qualité et quantités
suffisantes de cette stratégie. Pour ce qui est du PCNUAD, le projet appuie l’axe de
coopération 1 : Lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, et son premier résultat :
amélioration de l’accès durable aux moyens techniques de production pour les populations
vulnérables.

149. Comme pour les autres pays, le premier CPP élaboré pour le Sénégal couvre la période
2013-2017. Le projet appuie son domaine prioritaire 1 : Amélioration de la productivité et de
la compétitivité des productions agricoles, et notamment son effet 1. Il appuie également
l’axe 1 du PCNUAD 2012-2016 : Création d’opportunités pour le développement
économique du monde rural qui prévoit des effets en termes d’augmentation des revenus et
de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

46
Evaluation finale du projet APRAO

6.2 Efficience

150. D’une manière générale, comme on l’a dit plus haut, la recherche d’efficience et de
bénéfices les plus importants possible pour chaque investissement a été une démarche
constante dans la mise en œuvre du projet. De manière plus spécifique, l’efficience de la mise
en œuvre du projet a été affectée positivement ou négativement par plusieurs facteurs
internes.

6.2.1 Facteurs de mise en œuvre ayant affecté positivement l’efficience

151. La planification basée sur l’identification des maillons faibles de la chaîne de valeur du
riz sur chaque site d’intervention a permis de trouver des solutions aux problèmes les plus
importants, et de rechercher des solutions pouvant avoir un effet sur l’ensemble de la chaîne.

152. L’approche participative pour l’identification des actions dans chaque site a permis
d’appuyer les priorités des bénéficiaires, et de garantir leur implication et leur motivation
pour les activités proposées par le projet, ce qui a favorisé l’obtention de résultats. La
flexibilité dans la mise en œuvre du projet a joué un rôle important à cet effet. La flexibilité
dans la gestion financière, permise par le bailleur de fonds, a également accompagné cette
démarche.

153. L’approche basée sur les partenariats a permis de réduire la charge en ressources
humaines du projet, et de valoriser l’expérience et la connaissance de partenaires pertinents
dans les domaines et les zones d’intervention. La mutualisation des ressources avec certaines
institutions a permis de réaliser des actions importantes que l’APRAO n’aurait pas pu mettre
en œuvre seul.

154. Malgré les retards au démarrage, la bonne gestion du calendrier de mise en œuvre, et la
planification des achats, a permis dans certains pays, notamment au Mali, de réaliser toutes
les activités prévues.

155. La coordination régionale a joué un rôle important pour l’homogénéisation de


l’approche du projet dans les cinq pays visés, même si chaque pays a développé des activités
adaptées aux problèmes spécifiques qui le caractérisaient.

156. La qualité des ressources humaines et leur mobilisation rapide, en dehors de la Côte
d’Ivoire, est un facteur important d’efficience. Le projet a ainsi pu compter avec un capital
important en expérience et en connaissance des thèmes abordés, des zones d’intervention, et
des parties prenantes impliquées.

6.2.2 Facteurs de mise en œuvre ayant affecté négativement l’efficience

157. Le démarrage des activités a connu un retard important dans la plupart des pays. Cela a
été en partie compensé par l’extension sans coûts additionnels de la durée du projet. Un effort
devrait être fait par les contreparties institutionnelles de la FAO dans chaque pays lors des
futurs projets, pour assurer l’ancrage institutionnel et la mobilisation rapide des ressources.

158. Certaines activités ont connu un retard dans leur mise en œuvre par rapport au
calendrier agricole (fourniture d’intrants), ce qui a affecté les résultats obtenus.

159. Pendant la première partie de sa mise en œuvre, le projet a reçu un appui technique
limité de la FAO, et a été essentiellement porté par le coordinateur régional et les

47
Evaluation finale du projet APRAO

coordinations nationales, tous consultants. En conséquence, le projet a été plus orienté par
l’expérience et la compétence individuelle des consultants que par l’expérience
institutionnelle de la FAO. Cela n’a pas eu de conséquences sur la mise en œuvre de
l’APRAO, mais cela représente un risque pour la pertinence et l’efficience des projets en
général. Cette question a ensuite été corrigée avec la forte implication de la LTU.

160. Les équipements donnés aux bénéficiaires pour la production et la transformation ne


sont pas toujours adaptés aux besoins des bénéficiaires. L’équipe d’évaluation a rencontré
plusieurs bénéficiaires qui ont rencontré des difficultés avec ces équipements, dont certains
n’ont pas été utilisés jusqu’à présent. Une plus grande participation des bénéficiaires dans le
choix des équipements permettrait de limiter ces risques.

6.3 Efficacité

161. L’absence d’une quantification des activités, résultats et objectifs dans la formulation
du projet ne permet pas une comparaison précise avec les produits obtenus. Par conséquent,
l’équipe d’évaluation ne peut pas se prononcer clairement en termes d’efficacité. Néanmoins,
plusieurs commentaires peuvent être réalisés.

162. L’équipe d’évaluation constate que l’APRAO a réalisé beaucoup d’activités, qui ont
obtenu de nombreux résultats, sur un nombre de sites importants dans les cinq pays, avec des
moyens et un temps limités. Les principaux résultats obtenus par objectifs spécifiques sont
présentés dans les paragraphes suivants :

163. Objectif spécifique 1 : Elaborer et mettre en œuvre les politiques et législations


semencières nationales:

- Redéfinition de la législation semencière en Mauritanie à travers de élaboration d’un


projet de loi et d’une série de règlements et de décrets pour la mise en application de
cette loi ;
- Obtention de la subvention des semences certifiées de l’Etat Mauritanien, grâce au
plaidoyer réalisé auprès du gouvernement ;
- Amélioration de la connaissance sur la législation semencière par l’ensemble des
acteurs au Mali, au travers de la traduction et de la diffusion de la loi ;
- En Côte d’Ivoire, le projet n’a pas pu satisfaire les attentes pour l’appui à
l’élaboration d’une loi semencière ;
- Amélioration du fonctionnement des processus de certification des semences dans
tous les pays, au travers du renforcement des capacités des services de suivi et de
contrôle (formation, fourniture d’équipements, financement des déplacements), du
renforcement des capacités des laboratoires d’analyse (réhabilitation en Mauritanie
et au Niger, fournitures de consommables, financement des coûts d’analyse), et des
échanges entre acteurs.
164. Objectif spécifique 2 : Renforcer les capacités des petites entreprises ou coopératives
locales semencières dans les domaines de la production, le conditionnement, le stockage et la
distribution de semences de qualités :

- Redynamisation de l’ANASEMCI en Côte d’Ivoire, acteur central de la production


de semences, et l’appui à l’installation d’une antenne à Gagnoa ;
- Augmentation des capacités des producteurs de semences dans tous les pays, dans
les sites d’intervention, au travers de la formation technique et en gestion

48
Evaluation finale du projet APRAO

d’entreprise ou d’OP, de la fourniture d’intrants et d’équipements de production et


post-récoltes, et de la création de fonds de roulement intrants.
165. Objectif spécifique 3 : Promouvoir l’intensification durable des systèmes de production
de riz dans chacun des pays :

- Renforcement des capacités des producteurs de paddy dans tous les pays et dans
toutes les écologies du riz, au travers de la formation technique et en gestion, de la
fourniture d’intrants et d’équipements de production, et de la création de fonds de
roulement intrants ;
- En particulier, création d’un engouement pour la culture de plateau dans certaines
régions du Sénégal.
166. Objectif spécifique 4 : Aider les producteurs/productrices de riz et les organisations de
producteurs à transformer et commercialiser du riz de qualité

- Renforcement des capacités des usiniers en Côte d’Ivoire et des femmes étuveuses
au Niger, au travers de la création de fonds de roulement pour l’achat du paddy ;
- Renforcement des capacités des producteurs pour la production de riz transformé de
qualité dans tous les pays, au travers de la formation technique et en gestion, et de la
fourniture d’équipements et d’infrastructures post-récoltes et de conservation ;
- Renforcement des capacités des femmes impliquées dans l’étuvage au Mali, au
Niger, au Sénégal, au travers de la formation technique et en gestion, et de la
fourniture d’équipement.
167. Les résultats obtenus pour l’appui à la concertation entre acteurs (mise en place de
plateformes locales en Côte d’Ivoire et d’interprofessions au niveau national au Mali et au
Niger) participent à l’obtention de tous les objectifs spécifiques du projet.

168. Plusieurs actions n’ont pas obtenu les résultats escomptés au moment de l’évaluation :

- Le système d’information sur les semences en Côte d’Ivoire n’a pas encore engendré
de résultats, du fait de sa mise en œuvre tardive ;
- Le renforcement des capacités des femmes étuveuses de Dioro et de l’ARPASO au
Mali n’a pas produit des résultats à la hauteur du potentiel que représentent les
équipements fournis, du fait de l’incapacité des bénéficiaires d’acheter des quantités
suffisantes de paddy.
- Au Sénégal, plusieurs équipements de production agricole (semoir à Djilor) ou de
transformation (batteuse dans la zone de Kaolack, décortiqueuse à Bokhol) ne sont
pas ou peu utilisés car ils ne fonctionnent pas ou ne sont pas suffisamment adaptés
aux besoins des bénéficiaires.
- Au Sénégal, les groupes féminins de l’UJAK de Bokhol ont démarré l’étuvage du riz
avec l’appui du projet, et n’ont pour le moment que testé cette activité.
6.4 Durabilité

169. L’approche de renforcement des capacités du projet est un élément essentiel pour la
pérennité des actions mise en œuvre, notamment en termes de maîtrise technique et de
gestion.

170. Dans tous les pays, la fourniture d’intrants agricoles aux producteurs de semences et de
paddy a systématiquement donné lieu à la création de fonds de roulement intrants. Selon
plusieurs personnes interrogées pendant l’évaluation, cette mesure distingue l’APRAO de

49
Evaluation finale du projet APRAO

nombreux projets qui ont apporté des intrants sans mettre en place ce type de mécanisme de
pérennisation. Cependant, les chiffres de reconstitution des fonds de roulement pour certains
groupes, notamment en Mauritanie18, et les entretiens menés avec les bénéficiaires, montrent
que les fonds de roulement s’érodent chaque année du fait du non remboursement des intrants
par certains membres des groupes qui peuvent avoir vécu des circonstances particulières
ayant entraîné l’échec de leur production. De ce fait, les fonds de roulement sont exposés au
risque de disparition à moyen terme, ce qui entraînera un retour à la situation initiale au projet
pour ce qui est de l’accès aux intrants. Pour cela, l’appui à l’accès au crédit avec des
institutions spécialisées, ou les arrangements entre usiniers, fournisseurs d’intrants et
producteurs proposés par la plateforme de Gagnoa en Côte d’Ivoire, semblent être des
stratégies plus fiables pour garantir l’accès aux intrants à long terme.

171. Dans tous les pays, la fourniture d’équipements pour la production ou la transformation
de riz a été systématiquement accompagnée de la mise en place de mesures
organisationnelles et financières au sein des groupes bénéficiaires destinées à assurer
l’entretien et l’amortissement des équipements. Cette mesure est pertinente et nécessaire pour
garantir la pérennité des effets recherchés. Cependant, l’équipe d’évaluation a décelé au
moins un cas où l’organisation mise en place ne permettra pas d’amortir les équipements
fournis19. L’APRAO devrait renforcer les mécanismes mis en place afin de s’assurer qu’ils
sont suffisants.

172. L’une des mesures importantes du projet pour favoriser la pérennité des actions est
l’approche basée sur les partenariats avec des institutions présentes de manière permanente
dans les zones d’intervention du projet. Ces partenaires peuvent potentiellement continuer le
suivi des bénéficiaires et les aider à trouver des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent
jusqu’à ce qu’ils soient réellement autonomes. Le projet finance le fonctionnement des
partenaires pour réaliser le suivi sur le terrain (moyens de transport, voir primes pour les
agents). Ce financement sera interrompu à la fin du projet, et plusieurs partenaires rencontrés
pendant l’évaluation ont indiqué qu’ils ne disposaient pas des moyens financiers nécessaires
pour continuer le suivi sur le terrain.

173. Dans le même sens, certaines activités gérées directement par les partenaires avec
l’appui financier de l’APRAO, comme par exemple la production de bulletins d’information
sur les semences au Mali, ne pourront pas se poursuivre à la fin du projet faute de ressources
financières pour les partenaires impliqués.

174. Plusieurs actions ont montré un fort potentiel de multiplication ou de réplication à la fin
du projet, principalement du fait du très fort niveau d’appropriation par les parties prenantes :

- En Côte d’Ivoire, l’ONDR s’est totalement appropriée le modèle de plateforme de


développement du riz mis en place avec le soutien de l’APRAO à Gagnoa, et compte
le répliquer dans au moins 10 autres régions à court terme, avec le soutien de
bailleurs de fonds déjà identifiés. Selon l’équipe de l’APRAO, une étude des
facteurs de succès de la plateforme de Gagnoa a été réalisée.

18
Fonds de roulement reconstitués en moyenne à hauteur de 70%, selon la présentation lors de l’atelier bilan de
Yamoussoukro
19
Organisation pour l’amortissement des kits d’étuvage fournis à la coopérative féminine de Badenya à Dioro
au Mali, qui prévoit une cotisation insuffisante des membres de la coopérative pour pouvoir amortir les kits.

50
Evaluation finale du projet APRAO

- Au Mali, dans la zone de l’Office du Riz de Ségou, l’amélioration de la technique


d’étuvage a engendré des résultats importants en termes de qualité du riz étuvé et de
sa commercialisation, qui ont attiré l’attention d’autres groupes féminins, qui
souhaitent adopter les mêmes techniques.
- Au Sénégal, dans la zone de Kaolack, l’intervention de l’APRAO avec l’ONG
Symbiose a entraîné un fort engouement de la population de la zone pour la
production de riz de plateau.
175. Enfin, plusieurs activités lancées en fin de projet, ou nouvelles pour les bénéficiaires,
comme le système d’information sur les semences en Côte d’Ivoire, l’appui à la production
de semences à Gagnoa en Côte d’Ivoire, ou encore l’étuvage à Podor au Sénégal ne sont qu’à
leur initiation et devront être appuyées de manière plus soutenue dans l’avenir pour que les
bénéficiaires puissent les intégrer à leurs pratiques.

6.5 Impact

176. D’une manière générale, comme on l’a dit au chapitre 1.4 Adéquation des ressources et
de la durée du projet en fonction des objectifs, l’objectif d’augmentation de la production
nationale de riz dans les cinq pays était très ambitieux compte tenu du budget du projet et de
sa durée. Néanmoins, certains effets, présentés au chapitre 5.2, sont visibles au niveau
national alors que d’autres se situent au niveau local ou pour les bénéficiaires directs.

177. Au niveau national, les principaux effets engendrés sont l’augmentation de la


production de semence de qualité au Niger et en Mauritanie.

178. Au niveau local, le projet a engendré des effets très clairs et significatifs en termes
d’augmentation de la production et de l’utilisation des semences de qualité, d’augmentation
de la production de riz paddy, d’augmentation de la production de riz blanc, d’amélioration
de la qualité et de la compétitivité du riz blanc, et d’augmentation de la quantité de riz blanc
commercialisé.

179. Il est trop tôt pour observer un impact des actions mises en œuvre, entendu comme un
effet profond et à long terme. Néanmoins, il est possible de dégager un impact potentiel, qui
se situe d’une part au niveau de l’augmentation des revenus de tous les acteurs de la chaîne
de valeur (producteurs de semences, producteurs de paddy, transformateurs), et en définitive
de l’amélioration de leurs conditions de vie. Il se situe d’autre part au niveau de
l’augmentation de la disponibilité du riz local de qualité et compétitif sur les marchés, qui
constitue l’objectif global du projet.

51
Evaluation finale du projet APRAO

7 Conclusions et recommandations

180. Le Projet d’Amélioration de la Production de Riz en Afrique de l’Ouest en Réponse à la


Flambée des Prix des Denrées Alimentaires avait pour objectif, comme son nom l’indique,
d’apporter une réponse à la crise de 2007 et 2008 créée par la hausse des prix sur les marchés
de la région. S’il s’agissait d’un projet réactif à une situation de crise qui affectait la sécurité
alimentaire des ménages dépendants des marchés pour accéder à leur alimentation, il n’en
reste pas moins que le projet recherchait des solutions pérennes à des questions structurelles.
Cette approche se révèle pertinente lorsqu’on observe que les facteurs qui ont déclenché la
crise sont largement structurels, notamment le déficit de production nationale dans la région
et la forte dépendance vis-à-vis de marchés mondiaux incertains pour l’avenir, et que ce
déficit est dû à des facteurs structurels de la production de riz.

181. L’APRAO avait donc pour objectif de réduire cette dépendance en augmentant la
production nationale de riz. Pour cela, le projet a fait le choix de concentrer ses actions sur
une multitude de facteurs de la chaîne de valeur du riz qui limitent la production, et sur
lesquels il était possible d’obtenir des effets significatifs sur une période limitée. Cette option
est jugée pertinente en comparaison avec l’option de réaliser des aménagements hydro
agricoles supplémentaires, dont le coût comparatif est sans aucun doute beaucoup plus élevé.

182. La conception du projet dans son ensemble est jugée adéquate. L’approche de la chaîne
de valeur a déterminé des objectifs spécifiques et des activités orientées sur les différents
maillons de la chaîne, de la production de semences de qualité à la commercialisation du riz
transformé compétitif. Les autres éléments de l’approche du projet sont également jugés
adéquats car ils contribuent à l’efficience de la mise en œuvre du projet, et aux possibilités
d’engendrer des résultats et des effets durables : projet régional destiné à mettre en œuvre une
approche commune et à développer des synergies et des échanges entre pays, partenariats,
alignement sur les stratégies nationales, renforcement des capacités, valorisation de l’existant,
et notamment de l’expérience et de la structure du programme GIPD de la FAO.

183. La conception du projet comporte néanmoins des points faibles importants, et en


particulier la définition d’un objectif global probablement trop ambitieux étant donnés les
moyens disponibles et la durée du projet, le manque de clarté dans les objectifs spécifiques,
les résultats et les activités proposés, dû à l’absence de quantification, et des indicateurs
d’objectifs et de résultats inadéquats, car non quantifiés et souvent mal définis. En
conséquence, le cadre logique et ses indicateurs n’ont pas représenté un outil de suivi des
résultats obtenus, et de planification sur la base de l’analyse de ces résultats. Cela a été en
partie compensé par la mise en œuvre d’efforts importants pour la capitalisation des actions
réalisées.

184. La mise en œuvre du projet s’est caractérisée par sa flexibilité et la recherche constante
d’efficience et de bénéfice optimum pour les investissements réalisés. Pour cela, les équipes
de l’APRAO dans chaque pays et leurs partenaires ont mis en œuvre un processus
systématique d’analyse des facteurs les plus limitants pour le fonctionnement de la chaîne de
valeur du riz dans les différents sites d’intervention. Cette approche était sans doute la plus
pertinente pour obtenir des résultats importants avec des moyens et une durée de mise en
œuvre limités. L’analyse des facteurs pouvant nuire aux résultats devrait néanmoins être
renforcée. Certains résultats ont en effet été affectés par des facteurs externes (ex : gestion
solidaire dans les grands aménagements de la vallée du fleuve Sénégal).

52
Evaluation finale du projet APRAO

185. La bonne gestion du projet a également été favorisée par la qualité des ressources
humaines mobilisées et par le rôle important joué par le coordinateur technique régional pour
la mise en œuvre d’une approche commune dans les cinq pays, qui a également suppléé la
carence de leadership institutionnel due au processus interne de décentralisation de la FAO
parallèle à la mise en œuvre du projet. Ce manque de leadership institutionnel et technique
interne à la FAO devrait néanmoins être corrigé étant donnés les enjeux qui existent autour
du riz dans la région. De plus, les bénéfices du caractère régional du projet devraient être
renforcés en travaillant davantage sur les échanges d’expérience et en réalisant une
capitalisation à l’échelle régionale.

186. La mise en œuvre du projet a cependant été affectée par plusieurs facteurs, notamment
le démarrage tardif des activités qui a en particulier limité les activités mises en œuvre en
Côte d’Ivoire, la gestion centralisée du budget, qui a handicapé certains pays plus avancés
dans leur programmation comme le Mali en réduisant leur visibilité sur les moyens dont ils
pouvaient disposer. Aussi, le choix des équipements fournis aux bénéficiaires n’a pas
toujours été suffisamment participatif, et en conséquence certains équipements ne sont pas
utilisés car ils sont inadaptés. Enfin, l’équipe du projet a fait part d’une volonté d’intégrer les
femmes parmi les bénéficiaires, mais l’approche genre devrait être approfondie en analysant
les facteurs qui limitent la participation des femmes dans la filière, et leur capacité de
participer aux activités dans lesquelles elles souhaitent s’investir.

187. Malgré la difficulté pour analyser de manière systématique l’efficacité de la mise en


œuvre du projet due à l’imprécision dans la définition des actions et résultats attendus
(manque de quantification), on peut affirmer que le bilan de l’APRAO est largement positif.
De nombreuses actions ont été mises en œuvre sur tous les maillons de la chaîne de valeur du
riz, et ont engendré des résultats importants. Ces résultats sont surtout visibles au niveau
local, mais certains résultats sont également ressentis au niveau national, notamment pour ce
qui est de la production et l’utilisation de semences améliorées en Mauritanie et au Niger. Au
niveau local, on peut observer dans tous les pays des améliorations tangibles en termes de
production de semences de qualité (rendements, contrôle de qualité et certification), de
production de paddy (accès aux intrants et au matériel, amélioration des rendements), de
transformation en riz blanc (quantités de paddy transformé, qualité du riz blanc produit) et de
commercialisation (amélioration de l’image qu’ont les consommateurs du riz produit
localement).

188. Un effort important a été entrepris pour que ces résultats soient durables. L’approche
basée sur les partenariats et sur le renforcement des capacités constitue un facteur favorable
de pérennité, car elle permet aux acteurs institutionnels et d’encadrement, tout comme aux
producteurs, de s’approprier les actions mises en œuvre, et de disposer de la maîtrise
technique et organisationnelle nécessaire pour les maintenir et les poursuivre. Le manque de
moyens matériels et financiers des institutions d’encadrement représente néanmoins une
contrainte importante pour que le nécessaire suivi des bénéficiaires puisse continuer. Aussi, la
mise en place de fonds de roulement pour la pérennisation de l’accès aux intrants constitue
une mesure de court-moyen termes, et des solutions plus durables devraient être recherchées
pour que cet accès soit garanti à long terme. Enfin, certaines actions n’ont pu être qu’initiées
pendant le projet, comme le système d’information sur les semences en Côte d’Ivoire ou
l’appui à la création d’une interprofession au Mali, et doivent être poursuivies dans le cadre
d’une seconde phase pour qu’elles puissent engendrer des résultats durables.

189. En définitive, le projet n’a probablement pas atteint son objectif général
d’augmentation de la production de riz de qualité au niveau national, mais cela est

53
Evaluation finale du projet APRAO

essentiellement dû à la limitation des moyens et du temps disponibles. Cependant, l’APRAO


a posé des bases importantes et démontré la validité de son approche, et notamment le fait
qu’il est possible d’obtenir des résultats significatifs pour la production de riz en travaillant
sur l’optimisation de la chaîne de valeur, comme alternative ou complément à des nouveaux
aménagements hydro agricoles qui nécessitent des moyens beaucoup plus importants. La
grande satisfaction de l’ensemble des acteurs rencontrés au cours de l’évaluation, des
institutions tutélaires aux bénéficiaires, témoigne de l’importance des contributions de
l’APRAO. Ces bases devraient être valorisées et développées dans le cadre d’une deuxième
phase qui pourrait prétendre atteindre l’objectif global de manière plus réaliste, à condition
qu’elle compte avec des moyens et une durée suffisante.

Recommandation 2: Pour la FAO, les bailleurs de fonds et les gouvernements des pays ciblés
Continuer le projet dans le cadre d’une seconde phase avec un budget de plus grande
envergure et une durée plus longue, qui permettra de travailler à une échelle supérieure et
d’obtenir des résultats significatifs en termes de production à l’échelle nationale.
L’APRAO a obtenu des résultats significatifs au niveau local et a démontré la pertinence
de l’approche sur la chaîne de valeur. Une seconde phase devrait s’appuyer sur ces acquis.
Par ailleurs, plusieurs actions mises en œuvre nécessitent d’être renforcées et poursuivies
pour donner leur potentiel de résultat et être durables.

Points à considérer dans le cadre d’une deuxième phase de l’APRAO similaires


i. Approfondir l’étude initiale des sites d’intervention, et notamment des facteurs qui
affectent la riziculture, afin de sélectionner les groupes pour qui les possibilités de
succès sont les plus importantes, et les facteurs qui peuvent potentiellement affecter
les résultats sont les moins importants (ex. Sénégal : privilégier les PIV et PPI par
rapport aux GPI).
ii. Mieux définir les arrangements institutionnels internes : confier la responsabilité de
LTO a une personne disponible et qui bénéficie d’une expertise dans la chaîne de
valeur du riz. Pour cela, la FAO devrait recruter un expert régional en riz qui pourra
assumer cette fonction et représenter la FAO sur le secteur rizicole dans la région.
iii. Octroyer en début de projet une enveloppe budgétaire indicative pour l’ensemble du
projet par pays, afin de permettre à chaque équipe nationale de connaître les moyens
dont elle pourra disposer sur l’ensemble du projet, et ainsi de pouvoir réaliser une
planification initiale des activités dur l’ensemble de la durée du projet. L’équipe
d’évaluation recommande néanmoins de maintenir une gestion régionale du budget, et
une flexibilité importante dans cette gestion, pour maintenir une émulation entre pays
et pouvoir donner des moyens supplémentaires aux pays qui avancent plus vite.
L’enveloppe initiale par pays ne devrait donc pas être considérée comme un acquis, et
devrait être révisée lors des étapes de planifications intermédiaires en fonction des
performances dans chaque pays. Au niveau régional, il est recommandé d’augmenter
l’efficience de la gestion du projet, en réduisant les délais d’approbation des budgets
périodiques.
iv. Améliorer la formulation du projet en définissant des objectifs, résultats et/ou
indicateurs quantifiés, de manière à permettre une meilleure évaluation de l’efficacité
de la mise en œuvre du projet, et un meilleur rendu de compte.
v. Elaborer une stratégie de suivi et évaluation qui intègre le suivi des activités, la
mesure des résultats, objectifs, effets et impacts. Proposer des indicateurs plus
pertinents et quantifiés. Homogénéiser les indicateurs, les procédures et la

54
Evaluation finale du projet APRAO

présentation des résultats entre les pays, pour permettre une consolidation au niveau
régional. Ces mesures permettront une meilleure gestion basée sur les résultats, la
comparaison entre pays et faciliteront l’évaluation des résultats du projet.
vi. Mettre en œuvre une approche plus participative pour la sélection des équipements de
production et de transformation du riz. Renforcer l’analyse des facteurs qui
permettront une valorisation optimale des équipements fournis aux bénéficiaires et
prévoir dans les actions du projet les actions complémentaires nécessaires (ex :
constitution de fonds de roulement pour l’achat de paddy).
vii. Renforcer l’approche genre du projet : Réaliser un diagnostic genre et chaîne de
valeur du riz qui analyse en profondeur les objectifs, stratégies, priorités, souhaits et
contraintes des femmes pour s’investir dans les différents maillons de la chaîne. A
partir de là, élaborer une stratégie claire de renforcement du rôle des femmes, qui
identifie des objectifs, des résultats et des activités. Cette stratégie ne devrait pas se
contenter d’appuyer les femmes dans les activités qu’elles réalisent déjà, mais devrait
appuyer les femmes à réaliser les activités dans lesquelles elles souhaitent
s’impliquer. Cela suppose d’aborder des questions complexes de droits et de
discriminations, comme l’accès à la terre.
viii. Etudier des alternatives au fonds de roulement intrants pour garantir l’accès aux
intrants à long terme, par exemple, des formules de collaboration entre usiniers,
fournisseurs d’intrants et producteurs comme cela a été proposé par la plateforme de
Gagnoa en Côte d’Ivoire, ou d’accès au crédit auprès d’institutions spécialisées.
ix. Renforcer la dimension régionale du projet, au travers de partenariats, de la
coordination et de l’échange d’expérience avec d’autres projets et institutions
d’envergure régionale (ex : West Africa Trade Hub Network de l’USAID, Programme
régionale du système intensif de riziculture du CORAF, Africa Rice Center,…), et de
l’identification dès la phase de conception du projet de partenariats et d’initiatives
inter pays.
x. Supporter les gouvernements dans l’appropriation de l’approche de l’APRAO, qui a
produit des résultats importants dans un domaine qui figure parmi les priorités du
développement agricole et pour la sécurité alimentaire dans les stratégies nationales
sectorielles concernées. Ces résultats devraient être consolidés et répliqués. Cela
devrait impliquer la mobilisation de la part des gouvernements des moyens
nécessaires pour que les structures d’encadrement partenaires du projet puissent
poursuivre le suivi et la consolidation des actions mises en œuvre. Un effort devrait
être également fait pour pérenniser les acquis obtenus en termes de réhabilitation et
redynamisation des filières semencières, et permettre qu’elles se maintiennent
fonctionnelles et pour accélérer les procédures de définition de tutelle institutionnelle.
8 Leçons apprises

190. Lors de l’atelier bilan du projet de Yamoussoukro, les équipes des cinq pays ont
présenté les principaux enseignements qu’elles ont tirés de la mise en œuvre de l’APRAO.
Ces enseignements sont complétés ici par quelques leçons tirées de l’évaluation.

191. L’approche sur la chaîne de valeur favorise l’efficacité et l’efficience d’un projet visant
l’augmentation de la production de riz. Elle permet de cibler des acteurs, des interactions
entre eux, et des actions qui touchent les facteurs les plus limitants de la filière dans le cadre
d’une approche flexible. Elle démontre qu’il est possible d’obtenir des résultats importants en

55
Evaluation finale du projet APRAO

termes de production avec des moyens limités. Pour cela, une bonne priorisation des actions
dans chaque site d’intervention est nécessaire.

192. Pour atteindre l’objectif d’augmentation de la production de riz au niveau national, des
moyens plus importants sont nécessaires. Mais leur mobilisation ne devrait pas nuire à
l’efficience de la mise en œuvre des projets, indispensable pour obtenir des résultats probants.

193. Les partenariats sont essentiels, mais ils doivent se développer autour d’objectifs
communs précis, concrets et préalablement définis. L’implication des acteurs à toutes les
étapes de l’identification et de la mise en œuvre du projet renforce son efficience et
l’appropriation des actions. La mutualisation des ressources permet d’obtenir de meilleurs
résultats.

194. Pour des projets de courtes durées, une bonne planification est essentielle, notamment
pour les achats d’équipements, étant donné la durée des processus d’acquisition.

195. La riziculture pluviale, bien qu’offrant un potentiel de rendements inférieur à la


riziculture irriguée, doit être soutenue car elle mobilise un fort intérêt des agriculteurs dans
certaines zones non irriguées, et a un fort potentiel de production.

56
Evaluation finale du projet APRAO

Annex 1 Termes de Reference

1 Antécédents du projet

1. Le riz constitue une des céréales les plus consommées en Afrique sub-saharienne. En
Afrique Occidentale en particulier, la consommation de riz a augmenté annuellement de 6,6
pour cent de 2001 à 2005, bien supérieure aux taux de croissance de la production sur la
même période. La production de paddy en Afrique de l'Ouest a représenté 65 pour cent de la
production totale de riz en Afrique subsaharienne au cours de la période 2001 à 2005. La
production de riz en Afrique de l'Ouest a plus que doublé en 20 ans; de 2,76 millions de
tonnes en 1985 à 5,75 millions de tonnes en 2005 (équivalent riz décortiqué), mais cette
augmentation de production est essentiellement due à l’exploitation de nouvelles terres.

2. Bien que l’Afrique de l'Ouest reste la plaque tournante de la production de riz en


Afrique sub-saharienne, 40 à 50 pour cent du riz consommé doit être importée. Les
populations urbaines chez qui le riz devient de plus en plus important dans l’alimentation
constituent la frange la plus grande consommatrice de cette denrée dans la région.
Malheureusement, les stocks mondiaux de riz sont à leur niveau le plus bas depuis
1983/1984 et les pays africains ne pourront plus, à terme, compter sur les importations d’Asie
pour nourrir leur population croissante.

3. D’autre part, les émeutes des populations pour protester contre la flambée des prix des
denrées alimentaires qui ont eu lieu dans plusieurs villes d’Afrique en 2007 et 2008 ont
obligé les différents gouvernements du continent à rechercher des mesures d’urgence,
souvent avec l’assistance de partenaires au développement, pour assurer un
approvisionnement rapide en céréales en vue de juguler la crise. En Afrique de l’Ouest, le riz
a souvent constitué la céréale la plus importante dans les initiatives d’urgence de lutte contre
la flambée des prix des denrées alimentaires.

4. Dans le but de fournir une réponse adéquate à la flambée des prix des denrées de
première nécessité dans les pays d’Afrique de l’Ouest, le Gouvernement de l’Espagne, à
travers la FAO, a accepté de financer pendant trois années (2010-2013), un projet régional «
Amélioration de la Production de Riz en Afrique de l’Ouest », dénommé APRAO, pour
contribuer à accroître de façon durable la production rizicole nationale dans cinq pays de la
région dont le Sénégal, le Mali, le Niger, la Mauritanie et la Cote d’Ivoire, qui sont parmi
ceux qui ont été les plus touchés. Le budget total du projet est de dollars E.-U. 5,829,016. A
la fin de juillet 2013, dollars E.-U. 5,157,256 a été décaissé (88 pour cent du total).

5. Le projet APRAO (GCP/RAF/453/SPA) a pour objectif général d’accroître la


production nationale de riz, et pour objectifs spécifiques de :

• Elaborer et mettre en œuvre les politiques et législations semencières nationales ;


• Renforcer les capacités des petites entreprises ou coopératives locales semencières dans
les domaines de la production, le conditionnement, le stockage et la distribution de
semences de qualité ;
• Promouvoir l'intensification durable des systèmes de production de riz dans les cinq
pays ;
• Aider les producteurs/productrices de riz et les organisations de producteurs à
transformer et commercialiser du riz de qualité.

57
Evaluation finale du projet APRAO

6. Le projet APRAO vise principalement à accroître la production rizicole dans chacun


des pays participants à travers des appuis techniques et un renforcement des capacités des
acteurs de la filière, en particulier ceux des secteurs de la production des semences et du
paddy, de la transformation et de la distribution/commercialisation, tout en insistant
particulièrement sur les groupes vulnérables que sont les petits producteurs, les femmes et les
petites entreprises privées.

7. Le renforcement des capacités se fait à travers la formation, la réhabilitation/acquisition


d’infrastructures et d’équipements de production (semences et paddy) et de transformation, et
le réseautage des acteurs pour plus de durabilité.

8. La formation des producteurs/productrices, aussi bien pour la production de semences


que pour la production de paddy, se fait essentiellement par la méthode des Champs écoles
des producteurs (CEP), en étroite collaboration avec le projet Gestion intégrée de la
production et des déprédateurs (GIPD) de la FAO.

9. La réhabilitation/acquisition d’infrastructures et d’équipements concerne


essentiellement des magasins de stockage, des aires de séchage, des batteuses-vanneuses, des
rizeries et du matériel d’étuvage.

10. Les appuis techniques portent essentiellement sur l’acquisition et la mise à disposition
des intrants (engrais et semences) pour la constitution des fonds de roulement au
remboursement, ainsi que sur la production de semences de différentes catégories (prébase,
base et certifiées), la consolidation ou la formulation de politique semencière nationale, la
production de paddy, la transformation et la commercialisation/distribution.

11. La mise en œuvre des activités suit une stratégie d’optimisation des synergies entre les
acteurs de toute la chaine de valeur du riz, en intervenant prioritairement sur les maillons les
plus faibles, et en encourageant la mise en commun des ressources et des actions au plan
local.

12. Les résultats attendus sont les suivants :

1. Les problèmes liés à l’assurance de la qualité des semences au niveau national, de


même que des options pour leur résolution, sont identifiés.
2. Des lois et des règlementations nationales appropriées sur la production,
l’assurance de la qualité et la commercialisation des semences sont élaborées,
adaptées et exécutées conformément aux dispositions en vigueur à la CEDEAO.
3. Les semences de riz de bonne qualité et en quantités suffisantes sont disponibles à
temps et accessibles aux riziculteurs dans les différentes écologies rizicoles
(pluviale, bas-fonds et irriguée).
4. Les capacités techniques et managériales des petites entreprises semencières sont
renforcées.
5. Des campagnes de sensibilisation et de promotion de l’utilisation de semence de
qualité auprès des riziculteurs sont organisées.
6. Les systèmes d’information et de suivi du commerce de semences de riz au niveau
national sont substantiellement améliorés.
7. Des options de gestion intégrée de la culture de riz adaptées aux systèmes de
production dans les différentes écologies rizicoles (pluviale, bas-fonds et irriguée)
et d’intensification durable de la production sont identifiées et utilisées de manière
appropriée et efficiente par les producteurs dans chaque pays.

58
Evaluation finale du projet APRAO

8. Le riz obtenu pour la distribution et la commercialisation est de très bonne qualité.


13. Le projet est mis en œuvre par les Gouvernements concernés (Côte d’Ivoire, Mali,
Mauritanie, Niger et Sénégal) à travers les Composantes nationales, les Bureaux régional
pour l'Afrique et sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest et la Coordination technique
régionale, sous la supervision technique de l’Unité AGPM du siège FAO de Rome. Après
trois années de mise en œuvre du programme, même si un retard de démarrage a été noté,
plusieurs réalisations importantes ont été enregistrées, toutes caractérisées par une importante
synergie entre les différents partenaires, notamment :

• Pour les structures publiques du Ministère en charge de l’agriculture (Directions


techniques de l’agriculture, services semenciers) : l’amélioration de l’environnement
macro-économique, le renforcement des capacités en management du système de
production de semences, le renforcement des capacités d’assurance qualité et de
certification des semences, le renforcement des procédures de production de semence et
l’amélioration des capacités de ces structures à mieux encadrer les producteurs
semenciers.
• Pour les centres spécialisés notamment en recherche : le renforcement des capacités de
production de semences de prébase, la capacité de mettre en place des souches de
variété, la réhabilitation de centres de conservation, la reconstruction du capital
semencier (stock variétal), des formations techniques aux équipes de chercheurs dans
l’identification des variétés.
• Pour les services de conseil agricole : la formation des formateurs en GIPD, le
renforcement de la mise en œuvre et diffusion des CEP.
• Pour les organisations de producteurs semenciers : le renforcement de la capacité
organisationnelle, l’amélioration de la capacité de gestion d’entreprise semencière,
l’amélioration de l’aspect de durabilité par la pérennisation des fonds de roulement, la
facilitation dans la mise en relation avec des institutions de microfinance,
l’amélioration de la capacité technique de production de semences de qualité.
• Pour les organisations de producteurs de riz paddy : le renforcement de la capacité
organisationnelle, l’amélioration de la capacité de gestion d’entreprise, le renforcement
de la capacité organisationnelle, la mise à disposition d’intrants et de matériels
agricoles comme fonds de roulement pour l’amélioration de la production de paddy, le
renforcement de la capacités technique de production par le GIPD/CEP, la
réhabilitation de périmètres agricoles.
• Pour les organisations de transformation et de commercialisation du riz : le
renforcement de la capacité organisationnelle, l’amélioration de la capacité de gestion
d’entreprise, le renforcement des capacités dans les techniques de transformation et de
commercialisation du riz, le renforcement des capacités en gestion des stocks et des
équipements mis en place, la mise en place de magasins de stockage.

2 Objectif de l'évaluation

14. L’évaluation finale a pour but de fournir une appréciation et des recommandations à la
FAO, aux pays participants et au bailleur de fonds sur les accomplissements du projet en
fonction des objectifs fixés. L’évaluation pourrait également contribuer à apprécier la mise en
œuvre des recommandations formulées par l’atelier de mi-parcours (mai 2012). Ainsi,
l’évaluation finale a le double objectif de responsabilité de rendre compte à toutes les parties
prenantes (y compris la FAO, le bailleur de fonds, les gouvernements et les participants au
projet), et de contribuer à l'apprentissage organisationnel.

59
Evaluation finale du projet APRAO

15. Cette évaluation visera aussi à tirer les leçons et recommandations pour la conception et
la mise en œuvre de programmes similaires dans la région. L’évaluation pourrait par
conséquent contribuer aux délibérations en cours sur la pertinence de la proposition par la
Coordination Régionale du projet, d’un programme sous régional conjoint pour un
accroissement durable de la production de riz en Afrique de l’Ouest.

3 Cadre de l'évaluation

3.1 Portée

16. L’évaluation portera sur tous les aspects du projet depuis son début en 2010 jusqu’à ce
jour – sa conception, le processus de mise en œuvre, et les résultats obtenus et potentiels.
L’évaluation analysera le progrès du programme dans tous les pays. Aux pays où une mission
d’évaluation n’est pas possible, l’analyse sera basée sur autres sources d’information.
L’évaluation portera sur l’ensemble des catégories de bénéficiaires et acteurs impliqués dans
la mise en œuvre.

3.2 Critères de l'évaluation

17. Le projet sera évalué de manière critique par le biais de critères internationalement
acceptés, à savoir la pertinence, l'efficience, l’efficacité, l’impact et la durabilité. En accord
avec le nouveau cycle de projet de la FAO, l’évaluation portera sur le respect des principes
suivants communs de programmation par pays des Nations Unies: Approches fondées sur les
droits de l'homme (HRBA)/Droit à l'alimentation/ Droit à un travail décent; Parité hommes-
femmes, Durabilité environnementale, Renforcement des capacités et Gestion axée sur les
résultats. Parmi ceux-ci, les principes qui n’étaient pas intégré normalement dans les projets
de la FAO jusqu’à 2012, tels le HRBA, auront une importance réduite dans l’évaluation.

3.3 Domaines de l'évaluation

18. L’évaluation devra permettre de répondre à un certains nombres des questions relatives
à différents domaines selon les critères d'évaluation cités ci-dessus.

I. Pertinence du concept et de l’approche

a. La pertinence du projet par rapport à:


- les priorités nationales déclinées dans les Plans et Programmes nationaux, y
compris les stratégies nationales de développement rizicole, ainsi qu’aux
besoins des populations ciblées ;
- les UNDAF dans chaque pays ; les Cadres de programmation pays; le cadre
stratégique sous régional pour l'Afrique de l’Ouest; les objectifs globaux et
stratégiques de la FAO et ses fonctions de base; d'autres programmes de
développement de la thématique de Sécurité Alimentaire en Afrique et
spécialement dans la région ouest ;

b. La mesure dans laquelle la théorie du changement étayant le projet a été la


meilleure réponse pour adresser les problèmes et contraintes des bénéficiaires du
projet

60
Evaluation finale du projet APRAO

c. la qualité, la clarté et l’efficacité de la conception du projet, notamment:


- la clarté et la cohérence logique entre les apports, les activités, les produits et les
progrès vers la réalisation des objectifs (qualité, quantité et échéances);
- le réalisme et la clarté de la détermination des obligations préalables et des
conditions à réunir (hypothèses et risques);
- la clarté et le réalisme des objectifs de développement du projet et des objectifs
immédiats, y compris la détermination des buts, l’identification des
bénéficiaires et les perspectives de durabilité
- le réalisme et la clarté des relations institutionnelles que le projet entretient avec
l’environnement extérieur, du cadre de gestion et du cadre institutionnel et de la
mise en œuvre du plan de travail;
- la qualité et le réalisme de l’approche et méthodologie;
- le rapport coût - efficacité de la conception du projet.

II. Efficacité des produits et des résultats

d. les résultats du projet, y compris une évaluation complète et systématique des


produits obtenus à ce jour (quantité et qualité au regard du plan de travail et
progrès accomplis par rapport aux objectifs spécifiques). La mission examinera en
particulier l’état d’avancement et la qualité des travaux relatifs à:
i. le développement de synergies;
ii. les aspects macro-économiques de la chaine de valeur du riz;
iii. la gestion et organisation du système de production de semence;
iv. la production de semences de base et de prébase;
v. le renforcement du système d’appui-conseil ;
vi. la production et multiplication de semences certifiées ;
vii. la production de riz local de qualité ;
viii. la transformation et commercialisation du riz paddy ;
ix. l’information et la sensibilisation ;

e. les effets du projet par rapport aux objectifs spécifiques retenus, et en particulier :
i. les bénéfices de l’instauration des synergies entre partenaires vis-à-vis de
la définition de solutions pertinentes et de l’efficacité dans l’utilisation
des ressources;
ii. le renforcement des capacités techniques et organisationnelles des
producteurs et de leurs associations;
iii. le renforcement des capacités des services techniques d'appui, surtout en
ce qui concerne le transfert de technologies adaptées;
iv. le renforcement du cadre institutionnel du secteur rizicole, surtout en ce
qui concerne l’approche chaine de valeur

f. Utilisation faite par le projet des produits normatifs et informatifs de la FAO et


contribution actuelle et potentielle du projet à la fonction normative et de diffusion
de connaissances de l'Organisation.

III. Efficience et efficacité des processus de mise en œuvre du projet

g. Évaluation de la gestion du projet:


- qualité, réalisme et orientation des plans de travail;

61
Evaluation finale du projet APRAO

- analyse des apports fournis, des causes et des conséquences des retards et de
toute mesure corrective prise, le cas échéant;
- suivi et rétroaction pour améliorer la gestion et les opérations;
- gestion du personnel;
- développement et mise en œuvre d'une stratégie de sortie.

h. Cadre institutionnel:
- Soutien administratif et technique de la part des bureaux de la FAO, au niveau
du siège, bureau régional, sous régional et national, selon le cas;
- Cadre institutionnel, processus de revue interne, coordination et organes de
direction;
- Apports et soutien du gouvernement/s et des partenaires fournisseurs de
ressources.

i. Évaluation de la gestion des ressources financières, notamment:


- Pertinence et réalisme des allocations budgétaires pour atteindre les résultats
escomptés;
- Adéquation et réalisme des révisions budgétaires par rapport aux besoins de
mise en œuvre et objectifs du projet;
- Taux d’exécution et solde budgétaire au moment de l'évaluation et par rapport
aux plans de travail.

IV. Analyse de l'application des principes communs de l'ONU de


programmation par pays et des thèmes transversaux

j. Analyse de l’intégration des considérations de parité hommes-femmes pour


l’égalité entre hommes et femmes, selon la politique de l’égalité homme-femme de
la FAO.20 Le Document de projet étant très claire sur l’importance de la
participation des groupes défavorisés et des femmes dans toutes les activités prévu,
l’analyse de ce critère aura une importance particulière dans l’évaluation. Dans la
mesure du possible, toute information sur les participants et bénéficiaires, sera
désagrégée par sexe. Celle-ci couvrira:
- La mesure dans laquelle les questions de parité hommes-femmes étaient
reflétées dans les objectifs et la conception du projet pour prendre en compte les
besoins, les priorités et les contraintes à la fois pour les femmes et les hommes,
et dans l’identification des bénéficiaires;
- La mesure dans laquelle les considérations de parité hommes-femmes ont été
prises en compte dans la gestion du projet;
- La mesure dans laquelle les considérations de relations et de parité hommes-
femmes ont été, ou seront probablement, affectées par le projet.

k. Analyse de la dimension ‘Renforcement des capacités’ dans la conception, la mise


en œuvre et les résultats du projet, au niveau individuel, organisationnel et de
l’environnement porteur.21 Il s'agira notamment de renforcement des capacités au
niveau technique et en matière de planification, budgétisation, partenariat et
négociation.

20
Voir: [Link]
21
Voir: [Link]

62
Evaluation finale du projet APRAO

l. Analyse de l'adoption de l'Approche fondée sur les droits de l’homme, à savoir:


- L’intégration de la dimension et des principes du droit à l'alimentation, dans la
conception, la mise en œuvre et les résultats du projet;
- L’intégration des préoccupations d'emploi rural décent dans la conception, la
mise en œuvre et les résultats du projet.

m. Analyse des partenariats et les alliances, notamment22:


- leur planification dans la conception du projet et leur mis en œuvre;
- leur domaine et solidité ;
- leur effet sur les résultats et la durabilité du projet.

n. Analyse de la façon dont les impacts environnementaux ont été pris en


considération et traités, suivant les étapes et les critères énoncés dans les directives
de l’Etude de l’Impact Environnemental (EIE) de la FAO.

V. Impact

o. Impact global du projet, actuel ou potentiel, positif et négatif, produit directement


ou indirectement, intentionnellement ou non.

p. Contribution globale du projet aux cadres de programmation par pays, résultat/s


organisationnels et objectifs stratégiques, ainsi que mise en œuvre des fonctions
essentielles de la FAO.

VI. Durabilité

q. les perspectives de durabilité institutionnelle, technique et économique des


résultats du projet au niveau des bénéficiaires et des institutions-hôtes. La mission
devra en particulier examiner:
- l’intégration du projet dans le contexte institutionnel national;
- la fonctionnalité du système d’assurance de qualité pour les semences;
- le fonctionnement de «groupes» de producteurs du point de vue technique et
organisationnel;
- la durabilité des résultats, surtout en ce qui concerne la constitution de fonds de
roulement et la mise en œuvre de l’approche « Produire plus avec moins ».
19. A partir de l’analyse décrite ci-dessus, la mission devra tirer des conclusions
spécifiques et proposer toute action nécessaire et complémentaire de la part de la FAO et/ou
du bailleur de fonds. Elle identifiera les composantes du projet qui sont considérées comme
un succès et qui méritent être diffusées, autant que les principaux éléments qui justifieraient
une assistance complémentaire de la part du donateur pour la consolidation ou l’expansion du
programme dans la sous-région ouest-africaine, afin de garantir un développement durable.
La mission devra aussi attirer l’attention sur toute leçon d’intérêt général.

22
Voir: [Link]

63
Evaluation finale du projet APRAO

4 Méthodologie de l'évaluation

4.1 Approche et outils

20. L’évaluation adhèrera aux normes et standards de l’UNEG23.

21. L’évaluation adoptera une approche consultative et transparente avec les parties
prenantes internes et externes tout au long du processus d’évaluation. La triangulation des
données et des informations rassemblées étayera la validation de celles-ci ainsi que leur
analyse, et appuiera les conclusions et recommandations.

22. L’évaluation utilisera une sélection des outils suivants : examen des documents
existants ; entretiens semi-structurés avec les informateurs clés, parties prenantes et
participants, appuyés par des listes de contrôle et/ou des protocoles d’entretien; observation
directe lors des visites de terrain; enquêtes et questionnaires.

23. L’équipe visitera trois des cinq pays du projet – Côte d’Ivoire, Mali et Sénégal. En Côte
d’Ivoire, l’équipe participera aussi en tant qu’observateur au dernier atelier régional du projet.
Dans chaque pays visité, la mission s’appuiera sur les Coordonnateurs Nationaux et
rencontrera le Représentant de la FAO, le Directeur National de l’Agriculture, le Président du
Comité de Pilotage, des partenaires et des bénéficiaires du projet, ainsi que les
représentations de l’Agence technique espagnole pour la coopération internationale pour le
développement (AECID). A cet effet il sera demandé à chaque Coordonnateur National des
pays qui seront visités de proposer un programme détaillé pour chaque pays.

24. Une attention particulière sera portée aux femmes et autres groupes sous-privilégiés
afin de s’assurer qu’ils sont consultés de manière adéquate. Dans la mesure où cela est
possible et approprié, des non-participants seront également consultés afin de sonder leurs
opinions. Le Cadre des moyens d’existence durable24 et le cadre des atouts, points faibles,
opportunités et menaces (AFOM)25 peuvent être utilisés pour l’évaluation des résultats du
projet.

4.2 Parties prenantes et processus de consultation

25. L'équipe d'évaluation discutera en détail avec les principales parties prenantes du projet
et prendra en considération leurs perspectives et opinions. Celles-ci sont les suivantes:

- Les membres du groupe de travail du projet;


- Les représentants du gouvernement;
- Les partenaires fournisseurs de ressources;
- Les représentants de la FAO dans les pays participants; et
- Les participants dans les communautés.

23
United Nations Evaluation Group: Groupe de l’Évaluation de Nations Unies ; [Link]
24
Le Cadre des moyens d’existence durable identifie cinq aspects capitaux distincts (humain, social, naturel,
financier et physique), chacun incluant différents éléments. Il aide à améliorer la compréhension des moyens
d’existence, en particulier des pauvres. Pour plus d’informations, consulter entre autre:
[Link]
25
AFOM est un outil de planification stratégique d’usage très répandu, également utile dans l’évaluation des
interventions en matière de développement, afin d’examiner en profondeur leurs atouts et leurs points
faibles, ainsi que les perspectives pour le futur. Il est particulièrement utilisé dans les groupes de réflexion,
mais il peut aussi être adapté aux entretiens individuels.

64
Evaluation finale du projet APRAO

26. L’équipe d’évaluation se tiendra en liaison étroite avec: le Bureau de l'évaluation de la


FAO, les membres du Groupe de travail du projet et le personnel de projet au niveau du siège
et bureau régional/sous-régional (RAF/SFW). Bien que la mission soit libre de discuter avec
les autorités concernées tout objet utile à sa mission, elle n’est pas autorisée à prendre un
engagement au nom du gouvernement, du donateur ou de la FAO.

27. L'équipe présentera ses conclusions préliminaires aux parties prenantes du projet dans
le pays visité/s et dans la mesure du possible, dans le bureau décentralisé de la FAO pertinent
et au siège, afin d'obtenir leurs commentaires à la fin de la phase de collecte des données.

28. La version préliminaire des termes de référence sera distribuée entre les principales
parties prenantes pour commentaires avant sa finalisation; les suggestions seront intégrées si
elles sont jugées appropriées par OED. Le rapport d'évaluation préliminaire du projet sera
également distribué aux principales parties prenantes pour commentaires avant sa
finalisation; les suggestions seront intégrées si elles sont jugées appropriées par l'équipe
d'évaluation.

5 Rôles et responsabilités

29. Le responsable du budget de la FAO (BH), le directeur technique principal (LTO) et le


Groupe de travail du projet à évaluer (PTF), sont chargés d'initier le processus d'évaluation,
de rédiger la première version des Termes de référence, et de soutenir le travail de l’équipe
d’évaluation. Ils sont tenus de participer à des réunions avec l'équipe, de fournir l'information
et la documentation nécessaires, et de commenter les termes de référence et le rapport
préliminaires. L'implication des différents membres du groupe de travail du projet dépendra
des rôles respectifs et de leur participation dans le projet.

30. Le BH est également chargé de diriger et de coordonner la préparation de la réponse de


la direction de la FAO et le rapport de suivi de l'évaluation; il sera pleinement soutenu dans
cette tâche par le LTO et le PTF. Les directives d'OED pour la Réponse de la direction et le
rapport de suivi fourniront les détails nécessaires sur ce processus.

31. Le Bureau de l'évaluation de la FAO (OED) assistera le BH (Bureau régional


de l’Afrique), le LTU (Plant Production and Protection Division, au siège) et le
Coordonnateur Technique Régional (Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest) à
rédiger les termes de référence, identifier les consultants, et organiser le travail de l'équipe.
OED est responsable de la finalisation des termes de référence et de la composition de
l'équipe; il doit informer l'équipe d'évaluation sur la méthodologie et le processus d'évaluation
et examinera le rapport préliminaire afin de s’assurer de sa qualité au niveau de: la
présentation, le respect des termes de référence et des délais de la rédaction, de la qualité, la
clarté et la solidité des preuves fournies et de l'analyse à l'appui des conclusions et des
recommandations. Le Bureau de l'évaluation est également responsable du suivi avec le BH
de la préparation en temps opportun de la réponse et du suivi des recommandations par la
Direction.

32. L’équipe d’évaluation est chargée de conduire l’évaluation et d’appliquer la


méthodologie appropriée, ainsi que de produire le rapport d'évaluation. L'équipe d'évaluation
sera libre d’étendre la portée, les critères, les questions et les domaines énumérés ci-dessus,
ainsi que de développer ses propres outils et cadre d'analyse, dans le temps imparti et selon
les ressources disponibles. Tous les membres de l'équipe, y compris le chef d'équipe,
participeront aux réunions d'information et de débriefing, aux discussions, aux visites sur le

65
Evaluation finale du projet APRAO

terrain, et contribueront à l’évaluation par leurs apports par écrit aux rapports préliminaire et
final.

33. Le chef d'équipe guidera et coordonnera le/s membre/s de l'équipe dans leurs tâches
spécifiques, discutera de leurs observations, conclusions et recommandations et préparera le
projet de rapport final et le rapport final, regroupant les contributions de/s membre/s de
l'équipe et les complétant par ses observations.

34. L’équipe d’évaluation est entièrement responsable de son rapport, qui ne reflètera pas
nécessairement les points de vue du gouvernement ou de la FAO. Un rapport d’évaluation
n’est pas tenu d’être approuvé techniquement par la FAO mais OED sera chargé de veiller à
ce qu’il soit conforme aux normes établies concernant les rapports d’évaluation.

35. En tant que contribution au Système de gestion de connaissances d’OED :

- Le chef d’équipe complétera, au même temps de la finalisation du rapport, le


questionnaire quantitatif de OED sur la performance du projet; et
- OED demandera à tous les membres de l’équipe de compléter un questionnaire,
anonyme et confidentielle, afin d’obtenir leur retro-alimentation sur le processus
de l’évaluation.

6 Équipe d'évaluation

36. Les membres de l’équipe de l’évaluation ne devront pas avoir été impliqués, dans le
passé, directement dans la formulation, la mise en œuvre ou l’appui technique du projet. Ils
devront tous signer le formulaire de «Déclaration d’intérêt» demandé par le Bureau de
l’évaluation de la FAO.

37. L'équipe devra constituer le meilleur éventail possible et disponible, de compétences


requises pour évaluer le projet et aura, dans son ensemble, expertise dans tous les domaines
mentionnés ci-dessous:

- Evaluation de programmes et projets de terrain et d’appui institutionnel;


- Développement durable;
- Champ école producteurs;
- Amélioration de la transformation du riz paddy ;
- Appui à la commercialisation;
- Politiques et stratégies nationales de développement rizicole et semencier en
Afrique de l’Ouest ;
- Parité hommes-femmes et HRBA.
38. En outre, et dans la mesure du possible, l'équipe d'évaluation sera équilibrée en termes
de représentation géographique et de parité hommes-femmes pour assurer la diversité et la
complémentarité des points de vue.

39. L’équipe sera composée par deux (2) membres:

- Un/e agronome, spécialiste en riziculture en Afrique, avec une expérience dans le


domaine de production de semences, de production de paddy, de transformation
et de commercialisation. Il/elle sera chargé plus spécifiquement d’examiner la
stratégie d’intervention au niveau des bénéficiaires (Champs école producteurs,

66
Evaluation finale du projet APRAO

fonds de roulement, coopératives agricoles, appui à la transformation et à la


commercialisation) et des éléments d’impact.
- Un/e chef d’équipe, spécialiste d’évaluation de projets de terrain dans le domaine
du développement durable. Il/elle se chargera plus particulièrement des questions
relatives à la gestion du projet, à l’appropriation et à la durabilité des actions
engagées, à la pertinence de la stratégie de mise en œuvre des activités du biais du
projet. Il/elle sera responsable pour la coordination du travail et la distribution des
tâches au sein de l’équipe.

7 Produits de l'évaluation

40. Le rapport d’évaluation présentera les informations relevées répondant aux questions et
critères énumérés dans les termes de référence. Il inclura un résumé d’orientation. Les
données et les analyses sur lesquelles il s’appuiera seront placées en annexe du rapport si
elles sont considérées comme importantes pour compléter le rapport principal.

41. Les recommandations seront adressées aux différentes parties prenantes et seront
hiérarchisées: elles se baseront sur des preuves concrètes, seront pertinentes, ciblées,
clairement formulées et réalisables.

42. Dès le début du processus d’évaluation, l’équipe d’évaluation se mettra d’accord sur la
structure du rapport, qui se basera sur le modèle fourni en Annexe 1 de ces termes de
référence. Le rapport sera préparé en français avec des paragraphes numérotés, selon le
modèle standard d’OED. Si nécessaire, la traduction dans d’autres langues de l’Organisation
relèvera de la responsabilité de la FAO.

43. Le chef d’équipe sera responsable de la soumission du rapport final à la FAO dans un
délai de deux semaines à partir de la conclusion de la mission. Dans un délai de deux
semaines supplémentaires, la FAO soumettra ses commentaires et suggestions à l’équipe qui
les inclura dans le rapport final dans un délai maximum de deux semaines.

44. Les annexes du rapport d'évaluation comprendront notamment, mais sans s'y limiter, les
éléments suivants, selon le cas:

- Termes de référence de l'évaluation;


- Profil des membres de l'équipe;
- Liste de la documentation analysée;
- Liste des institutions et des parties prenantes interviewés par l'équipe
d'évaluation;
- Liste des produits du projet; et
- Outils de l'évaluation.

8 Calendrier provisoire de l’évaluation

45. L'évaluation aura lieu au cours des mois de septembre-décembre 2013. Les visites aux
pays dureront trois semaines. Le plan dans le schéma ci-dessous (Table 1) présente un
programme indicatif de voyage et travail pour l’équipe d’évaluation. Il sera finalisé une fois
que l’équipe d’évaluation sera recrutée.

67
Evaluation finale du projet APRAO

Table 1. Plan de travail indicatif pour l’évaluation


Tâche Calendrier/délai Journée Total Responsabilités
travail
Finalisation des TdR 26 août OED
Identification des consultants août 2013 OED
Recrutement des consultants 27 août-5 septembre RAF
Organisation des missions 26 août-15 septembre Projet ; RAF ; OED
Lecture de la documentation 1-9 septembre 2 jours Equipe
Voyage a Rome 8 septembre 1 jour 3 Chef de l’équipe
Briefing au siège de la FAO ; 9 septembre 1 jour 4 Equipe
téleconférence avec RAF
Voyage en Côte d’Ivoire, Abidjan 22 septembre 1 jour 5 Projet ; Equipe
Rencontres à Abidjan - Transfert 23 septembre 1 jour 6
Yamoussoukro
Participation à l’atelier du projet 24-25 septembre 2 jours 8 Projet ; Equipe
Visite de terrain en Côte d’Ivoire 26 septembre 1 jour 9 Projet ; Equipe
Retour a Abidjan et rencontres 27 - 28 septembre 2 jours 11 Equipe, projet
institutions
Voyage au Mali 29 septembre 1 jour 12 Equipe
Rencontres institutions Bamako 30 septembre- 1 octobre 2 jours 14 Equipe, projet
Voyage au Sénégal 2 octobre 1 jour 15 Equipe
Rencontres institutions Dakar 3-4 octobre 2 jours 17 Equipe, projet
Visite aux activités du projet au 5-8 octobre 4 jours 21 Equipe, projet
Sénégal
Travail d’équipe a Dakar 9-10 octobre 2 jours 23 Équipe
Restitution par teleconference 11 octobre 1 jour 24 Équipe, projet, OED
Voyage au domicile 12 octobre 1 jour 25 Équipe
Rédaction du rapport et envoi à 27 octobre 8 jours 33 Equipe; chef de
OED l’équipe
Commentaires de la part de OED 31 octobre OED
Révision et intégration des 7 novembre 3 jours 36 Équipe
commentaires de OED
Circulation du rapport à la FAO 7 ou 8 novembre OED
Commentaires de la part de la FAO 22 novembre Projet
Révision et finalisation du rapport, à 29 novembre 2 jours 38 Chef de l’équipe
la suite des commentaires de la FAO
Circulation du rapport final et 29 novembre OED
requête de la Réponse de la direction
Préparation de la Réponse de la 15 décembre Projet
direction
Finalisation de la Réponse de la 20 décembre Projet, OED
direction

68
Evaluation finale du projet APRAO

Annex 2 Bref profile des membres de l’équipe

Kokou Zotoglo
Ingénieur Agronome, M. Kokou Zotoglo est Expert agronome auprès des tribunaux du Togo.
Ses domaines d’expertise couvrent : i) Agribusiness : Développement des chaînes de valeurs
agricoles, commercialisation des produits agricoles, productivité rizicole, compétitivité du riz
local, promotion des nouvelles technologies et les bonnes pratiques pour la transformation du
riz paddy, ii) Projets de développement : Formulation, évaluation, planification, suivi -
évaluation, audits organisationnel et opérationnel, assistance technique, supervision, iii)
Microfinance et finance rurale : Formulation, évaluation, diagnostic, assistance technique,
élaboration et évaluation de stratégie de développement, élaboration de plan d'affaires, étude
de faisabilité, iv) Etude socio-économique : Inventaire, diagnostic, étude prospective, étude
de base. Il dispose d’une excellente aptitude à rédiger et à communiquer oralement en
Français et une bonne connaissance de l’Anglais. Il maîtrise Microsoft Office et une bonne
connaissance de Microsoft Project 2003 (gestion et planification de projet). Il a une très
bonne connaissance des pays de l’Afrique de l’Ouest et est très familier avec les procédures
des Agences des Nations Unies et de l’USAID en matière de planification et de gestion des
projets.
Pierre Leguéné
Pierre Leguéné est généraliste en agro-développement international. Il possède plus de 17 ans
d’expérience professionnelle dans la coopération au développement et l’aide humanitaire. Ses
domaines d’expertise sont la sécurité alimentaire et les moyens d’existence, le développement
rural, agricole, participatif et local, l’assistance alimentaire, les transferts monétaires, les filets
sociaux de sécurité, la résilience, la réduction des risques de catastrophes, la LRRD,
l’accompagnement social, la sensibilisation et l’éducation populaire, l’appui à l’organisation,
à la micro entreprise et l’appui institutionnel. Pierre Leguéné travaille depuis plus de 6 ans
comme consultant indépendant, et a participé à de nombreuses évaluations de projets, et
évaluations stratégiques, et à des travaux d’identification et de formulation de projets et
programmes, comme chef ou membre d’équipe, pour des ONG, des gouvernements et des
agences des Nations Unies. Il possède également une large expérience de la direction de
projet et de département technique.

69
Evaluation finale du projet APRAO

Annex 3 Liste de documents examinés et calendrier de la mission

APRAO/FAO, Catalogue des variétés de riz cultivé au Sénégal, Janvier 2012


APRAO/FAO, Manuel de contrôle et de certification des semences de riz au Sénégal, Janvier
2012
APRAO, Communication et gestion de l’information, Septembre 2013
APRAO, Rapports d’avancement, Janvier-juin 2011, Juillet –décembre 2011, Janvier-Juin
2012, Juillet –Décembre 2012
APRAO, Rapport final de l’atelier régional conjoint IESA APRAO, Décembre 2011
APRAO; Bulletin Volume 1, Nº 2, juillet 2012
APRAO, Rapport provisoire de capitalisation APRAO Sénégal, Mai 2012
APRAO, Etude poour l’amélioration des paramètres de caractérisation d’un pool de
développement du riz : Cas de Gagnoa, Rapport final
APRAO, Rapport annuel d’activité 2012 au Niger, mars 2013
APRAO, Rapport de synthèse de l’atelier régional de mi-parcours du projet APRAO, Juin
2012
APRAO/IESA, Atelier régional conjoint à Bamako, rapport final, Décembre 2011
APRAO, Caractérisation des sites d’intervention au Mali, Janvier 2013
APRAO, Rapport bilan et enseignements du projet APRAO au Mali, Septembre 2013
APRAO, Rapport Analytique janvier 2011 – juillet 2012, Mauritanie, Juillet 2012
APRAO, Rapport de caractérisation des zones d’intervention du projet APRAO : Rosso,
Boghe et Kaedi (Mauritanie)
APRAO, Rapport provisoire de capitalisation, Sénégal, Septembre 2013
Ba, M. Y. B.; Rapport de l’étude de capitalisation des résultats APRAO Mauritanie, Mai
2012
Ba, A. ; Rapport de mission en Côte d’Ivoire, APRAO, Juin 2012
CORAF/WECARD, Rapport atelier régional sur le SRI, septembre 2012
Diop, M. et Sid Elemine, Y.; Présentation du bilan APRAO en Mauritanie et Note
conceptuelle, Septembre 2013
Dirabou, Y-J.; Rapport d’évaluation et de capitalisation du projet en Côte d’Ivoire, APRAO,
mai 2012
Doumbia, M. ; Etude pour la prise en compte de la visibilité de l’aspect genre dans les actions
du projet APRAO au Mali, rapport provisoire, Octobre 2012
E/ATP, Agribusiness and Trade Promotion, Extended Agribusiness and Trade Promotion
Projects-Final Report, USAID, Mai 2013
FAO/OED; Evaluation finale de l’Initiative Eau et Sécurité Alimentaire (IESA), rapport final,
juillet 2013
FAO, Document de projet APRAO

70
Evaluation finale du projet APRAO

FAO, Policy on Gender Equality : Attaining Food Security Goals in Agriculture and Rural
Development
FAO, Cadre de programmation pays (CPP) 2013-2017, FAO – Mali, Juillet 2013
FAO, Cadre de programmation pays (CPP) 2013-2016, FAO – Mauritanie, Décembre 2012
FAO, Cadre de programmation pays (CPP) 2013-2017, FAO – Sénégal, Juin 2013
Glounaho, D.; Présentation du bilan APRAO en Côte d’Ivoire et Note conceptuelle,
Septembre 2013
Koechlin, J. et Girard, P.; Etude sur la formulation des programmes d’action détaillés des
filières prioritaires au sein de l’UEMOA- Rapport principal, Mai 2010
Maiga, Y.; Evaluation et capitalisation des résultats du projet APRAO au Mali, Avril 2012
Ministère de l’Agriculture, Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture, Mali,
Mai 2009
Ministère de l’Agriculture, Politique Semencière du Mali
Ministère de l’Agriculture, Programme National d’Autosuffisance en Riz, Stratégie Nationale
de Développement de la Riziculture, Sénégal, Février 2009
ONDR, Stratégie Nationale Révisée de Développement de la Filière Riz en Côte d’Ivoire
2012 – 2020, Janvier 2012
République du Niger, Stratégie Nationale de Développement de la Filière Riz, Novembre
2009
Sarr, M. et Dieng, B.; Présentation du bilan APRAO au Sénégal et Note conceptuelle,
Septembre 2013
Sido, A.; , Présentation du bilan APRAO au Niger et note conceptuelle, Septembre 2013
Soumaré, M.; Présentation du bilan APRAO au Mali et Note conceptuelle, Septembre 2013
Tanimoune, M. ; Diagnostique des caractéristiques de base des sites du projet APRAO au
Niger, Février 2012
UEMOA, Politique agricole de l’UEMOA, Janvier 2009
UEMOA, Politique agricole de l’UEMOA (PAU) -Contenu et état de mise en œuvre,
difficultés et perspectives, Mai 2008
UEMOA, programme économique Régional (PER) 2006-2010, Volume 1 : Diagnostic,
vision et stratégie, Juillet 2006
UNDAF, Plan cadre des Nations Unies pour l’aide au développement, Mali 2013 – 2017
UNDAF, Plan cadre des Nations Unies pour l’aide au développement, Mauritanie 2012 –
2016, Mai 2011
Taro, I. ; Rapport de capitalisation des résultats, APRAO Niger, Mai 2012

71
Evaluation finale du projet APRAO

Annex 4 Liste des institutions et parties prenantes rencontrées au cours de


l’évaluation

Siège de la FAO à Rome


Nom Organisation/service Fonction
Luisa Belli FAO/OEED Fonctionaire d’évaluation
Remy FAO
Michela Paganini FAO/APRAO Consultante en charge de la capitalisation et de
l’appui à la mise en place d’un système
d’information sur les semences en Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire (y compris les équipes de l’APRAO en Mauritanie et au Niger rencontrées lors de
l’atelier de Yamoussoukro)
Nom Organisation/service Fonction
Luc Genot FAO Représentant a.i. en Côte d’Ivoire
Yao Kouakou Marcel Riziculteur
Koassi Ngoran ANADER Chef de zone Yamoussoukro
Bertin Anon Ministère de l’Agriculture Directeur Productions Vivrières et Sécurité
Alimentaire
Dembélé Yacouba ONDR Directeur Général
Yves Dirabou ONDR Directeur Planification et suivi et évaluation
Sido Amir FAO/INRAN Assistant Technique APRAO Niger
Sedoue Matthieu ANADER Chef de zone Gagnoa
Koffi Kouadjo Georgres ANADER Agent technique Gagnoa
Kouamé Miézan FAO/APRAO Coordinateur Technique Régional
Alex Namko FAO/Accra Budget holder de l’APRAO
Koffi Honouga FAO/Accra Assistant budget holder de l’APRAO
Mamadou Diop FAO Coordinateur National APRAO Mauritanie
Ahmedou Yahya El Benani Assistant Technique APRAO Mauritanie
Alioun Ewbek ISPM (Mauritanie) Président
Glounaho Daniel FAO Coordinateur National APRAO Côte d’Ivoire

Mali
Nom Organisation/service Fonction
Jean Pierre Renson FAO Coordonateur Principal des opérations
Joaquin Sanchez FAO
Mohamed Soumaré FAO Coordinateur National APRAO Mali
AECID Représentation au Mali
Abdoulaye Koulibaly Projet IESA Coordinateur national
Oscar Kouadio UNDSS
Daniel Siméon Kéléma DNA Directeur National
Dioukamady Diallo Labosem Chef du laboratoire
Babacar Traoré Office Riz Ségou Directeur Général
Rousman Omar Office Riz Ségou Directeur Général Adjoint
Moussa Kassogué Office Riz Ségou Chef section vulgarisation, point focal
APRAO
Issa Diarra Service semencier national Point focal APRAO
Mbaré Koulibaly Ministère du Secrétaire Général
Développement Rural
Pathé Kébé Office de Dvpt rural de Chef Dép Apui à la promotion et à la
Seringue valorisation des productions végétales

72
Evaluation finale du projet APRAO

Sénégal
Nom Organisation/service Fonction
FAO Représentant
Madjiguene Ngom FAO Associée Administrative
Barka Dieng FAO Assistant Technique APRAO
Makhfousse Sarr FAO Coordinateur national APRAO
Rafael Garcia AECID Coordinateur OTC
Elvina Balguerias Quintero AECID Chargée de sécurité alimentaire
Amadou Tidiane Bâ Division des semences Directeur
Ismaïla badji FAO Consultant Etude contexte pays
Sada Ly DRDR Point focal APRAO Saint Louis
Ousman Ly UJAK Secrétaire exécutif
Aboubacar Sy UPAD Président
Mamadou Youssefssi UPAD Secrétaire Général
Pape Mabèye Diouf DRDR Techicien agricole Nioro, point focal APRAO
Kéba Diop PEN’C et Inter PEN’C Président
Taïba Niassème
Edoumack Niasse PEN’C et Inter PEN’C 1er Vice- Président
Taïba Niassème
Malic Ba Symbiose Directeur Technique
Penda Top Symbiose Technicienne agricole
El Hadji Diouf DRDR Point focal APRAO Kaolack
Ahmat N’Diaye DRDR Point focal APRAO Fatick
Sadar Diaga Senghor Association développement Président
de Djilor
Alioune Fall ISRA Directeur scientifique
Drame Waly Diouf MAER Conseiller Technique
M. Sarr PNAR

73
Evaluation finale du projet APRAO

Calendrier de la mission
Date Lieu/activité
19 septembre Rome : briefing au siège de la FAO
22 septembre Voyage Madrid/Lomé - Abidjan
23 septembre Entretiens Abidjan
Voyage Abidjan - Yamoussoukro
24-26 septembre Yamoussoukro :
Participation à l’atelier bilan du projet APRAO
Entretiens avec les équipes de Mauritanie et Niger et partanaires du
projet en Côte d’Ivoire
Visite de terrain
26 septembre Voyage Yamoussoukro – Gagnoa
Rencontre plateforme Gagnoa
27 septembre Rencontre ANADER Gagnoa
Visite périmètre de Lalan
Visite de 3 usiniers de transformation de riz
Voyage Gagnoa – Abidjan
Entretien Coordinateur régional APRAO
28 septembre Entretien budget holder et assistant
Débriefing représentant FAO Côte d’Ivoire
Entretien coordinateur national Côte d’Ivoire
29 septembre Voyage Abidjan – Bamako
Brainstorming équipe d’évaluation sur la Côte d’Ivoire
30 septembre Briefing FAO Mali
Briefing sécurité
Entretien partenaires Bamako
Voyage Bamako – Ségou
1er octobre Entretien Office du riz de Ségou
Visite site de Dioro (2 OP)
2 octobre Voyage Ségou – San
Visite site de San (1 OP)
Voyage San - Bamako
3 octobre Voyage Bamako – Séringué – Bamako
Visite site de Sélingué (3 OP)
Entretiens partenaires Bamako et coordination nationale APRAO
Mali
Débriefing FAO Bamako
Voyage Bamako - Dakar
4 octobre Briefing représentant FAO Sénégal
Entretien coordination nationale APRAO Sénégal
Entretiens partenaires et bailleur Dakar
5 octobre Voyage Dakar – Saint Louis
Entretien partenaire Saint Louis
Voyage Podor
Visite site Bokhol (1 OP)
6 octobre Visite site Podor (2 OP)
Voyage Podor - Thies
7 octobre Voyage Thies - Kaoloak
Visite site Nioro (1 OP)
Entretiens partenaires Nioro
8 octobre Entretien partenaires Kaolack
Voyage Kaolack – Fatick
Visite site Djilor (1 OP)
Voyage Fatick - Dakar
9 octobre Entretiens partenaires Dakar
Débriefing FAO
10 octobre Voyage Dakar – Madrid/Lomé

74
Evaluation finale du projet APRAO

Annex 5 Liste des produits du projet

Les sources d’informations utilisées sont les rapports de capitalisation réalisés dans chaque
pays, et les informations présentées lors de l’atelier bilan de Yamoussoukro. Les informations
suivent la même structuration que les sources utilisées, qui est différente de la structuration
des objectifs et résultats du document de projet.

Côte d’Ivoire
Domaine
Activités réalisées Résultats et effets
d’intervention
• Appui à l’organisation de l’assemblée
générale de l’Association Nationale
des Semenciers de Côte d’Ivoire • Redynamisation des instances
(ANASEMCI) dirigeantes de l’ANASEMCI au
• Organisation d’un atelier sur travers du renouvellement des
Amélioration de l’implication des acteurs semenciers instances dirigeantes
l’environnement socio- dans la mise en œuvre de la SNDR • Facilitation de la vente de paddy par
économique du riz • Appui à la mise en place d’une les producteurs (Gagnoa)
plateforme d’acteurs avec tous les • Fixation d’un prix de vente du paddy
intervenants (Gagnoa) attrayant pour les producteurs
• Appui à la mise en place d’un (Gagnoa)
système d’information sur les
semences
• Formation/recylcage de 20
techniciens du service national de
contrôle et de certification des • Amélioration des techniques
semences rizicoles
• Formation de 22 formateurs chargés • Respect de la densité des semis
de la vulgarisation agricole • Respect des calendriers de
• Formation sur le warrantage et la traitement phytosanitaire des
gestion d’un fonds de roulement à parcelles
Renforcement des
partir des appuis en intrants • Epuration variétale
capacités Formation
• Formation à la GIPD • Mise en culture de 40 ha pour la
• Formation des techniciens sur la production de semences
délimitation des parcelles avec GPS • Production de 190 t de semences R1
• Formation des producteurs sur les • Mise en culture de 297 ha pour la
techniques post-récoltes production de paddy
• Formation des conducteurs à • Production de 1.225 t de paddy
l’utilisation des motoculteurs • Achat de 130 t de paddy par les
usiniers (+ 67%)
• Distribution de 23,25 t de semences, • Augmentation de l’utilisation des
100 t d’engrais, 1.400 l d’herbicides semences améliorées et des
• Donation de 5 motoculteurs, 3 fertilisants
batteuses, 3 faucheuses, 50 bâches et • Amélioration des opérations post-
6.490 sacs de conditionnement récoltes et amélioration de la qualité
Renforcement des
• Réhabilitation d’un magasin de du riz blanchi
capacités (intrants,
stockage • Augmentation de la demande du ruz
équipements,
• Donation d’un fonds de roulement de local
infrastructures, fonds
22.750.000 FCFA à trois usiniers • Augmentation des rendements
de roulement)
pour l’achat du paddy agricoles respectivement de 100%,
• Fourniture de 19 kits de contrôle au 35%, 50% et 43% sur les 4 sites
champ et de délimitation des parcelles d’intervention
• Donation de matériel de laboratoire
pour l’analyse des semences
Renforcement du rôle • Formation de 60 femmes aux
des femmes techniques de repiquage du riz

75
Evaluation finale du projet APRAO

Mali
Domaine
Activités réalisées Résultats et effets
d’intervention
• Traduction de la loi sur la politique
semencière et de son décret
• Amélioration de la connaissance de
d’application dans 5 langues
la loi pour les producteurs de
Amélioration de nationales
semence et les acteurs de la filière
l’environnement socio- • Production d’un guide, d’un manuel
économique du riz • Amélioration potentielle des
et de bulletins d’information sur les
itinéraires techniques pour la
semences
production de semences
• Réalisation d’émissions de radio et de
plaquettes et posters sur les semences
• Formation de 294 facilitateurs et 4310
producteurs
• Formation en marketing et
commercialisation de 78 membres de
7 OP
• Formation en gestion de fonds de • Augmentation des rendements de
roulement de 25 membres de 10 OP 50% en production de semence et
• Formation en conduite d’engins de 55 12% en production de paddy sur les
conducteurs sites appuyés
Renforcement des
capacités (formation) • Formation en maintenance • Production de 540 t de semences en
d’équipements de transformation du 2012 (+ 171% par rapport 2010)
paddy de 35 usiniers • Taux de remboursement des fonds
• Formation en technique d’étuvage et de roulement de 100% dans 80% des
conditionnement du riz de 77 femmes OP appuyées
• Formation en stockage et • Augmentation de la production de
conditionnement du riz de 25 riz étuvé
commerçants • Amélioration de la qualité et de la
• Formation en gestion d’entreprise de commercialisation du riz étuvé
59 OP • Augmentation des revenus des 2 OP
• Donation de 4 motoculteurs, 5 bénéficiaires des batteuses
batteuses, 3 trieuses-vanneuses, 3 • Amélioration du rendement à
Renforcement des décortiqueuses, 30 kits d’étuvage l’usinage, de la qualité du riz
capacités (intrants, • Construction d’une mini-rizerie, 3 produit, du prix de vente du riz, des
équipements, magasins de stockage, 2 aires de revenus et création de 11 emplois
infrastructures, fonds séchage pour l’OP bénéficiaire de la mini-
de roulement) • Constitution de fonds de roulement rizerie, réduction du temps de
pour 17 OP pour un montant total de labour, augmentation des revenus,
48.750.000 FCFA respect du calendrier agricole pour
• Formation de 1465 femmes sur des les OP bénéficiaires des
thèmes divers motoculteurs
• Fourniture d’équipements pour une • Amélioration de la conservation des
valeur de 21.942.000 FCFA pour des semences, réduction des pertes post
OP féminines récolte de 50% pour les OP
Renforcement du rôle • Constitution de fonds de roulement bénéficiaires des magasins de
des femmes pour 949.975 FCFA stockage
• Appui à la participation à des foires et
comices agricoles
• Réalisation d’une étude sur le rôle des
femmes dans la mise en oeuvre du
projet APRAO

76
Evaluation finale du projet APRAO

Mauritanie
Domaine Activités réalisées Résultats et effets
d’intervention
Amélioration de • Appui à l’élaboration d’un projet de • Réhabilitation de l’ensemble de la
l’environnement socio- loi sur la production, le contrôle et la filière semencière (fourniture de
économique du riz certification des semences semences de pré base, capacité de
• Appui à l’élaboration des règlements production de semences de base,
techniques associés à cette loi révision cadre réglementaire,
• Appui à l’élaboration de 15 arrêtés création d’un marché pour la
ministériels sur les semences semence)
• Plaidoyer auprès du Ministère du
Développement Rural/Direction de
l’Agriculture (MDR/DA) pour la
subvention des semences certifiées
• Appui à l’instauration d’un cadre de
concertation
• Réhabilitation de 5 ha de la ferme
semencière de Sylla
• Introduction, homologation et
inscription au catalogue national de
variétés de 19 nouvelles variétés
• Traduction et diffusion des documents
sur la législation
• Sensibilisation sur la législation au
moyen de 18 émissions de radio
Renforcement des • Formation de 55 membres de l’ISPM • Production et vente de 3500 kg de
capacités (formation) et multiplicateurs sur la production de semences de pré base aux
semence établissements semenciers pour la
• Formation de 25 techniciens du production de semences R1 et R2,
CNARDA soit 36% de la production nationale
• Formation de 25 contrôleurs, de semences certifiées
inspecteurs et analystes • Amélioration des rendements de
• Formation de 63 facilitateurs production de semences de 5 à 6,4
d’encadrement t/ha entre 2010 et 2013
• Mise en place de 75 CEP et formation • Production de 1765 t de semences
de 1875 producteurs certifiées en 2012 et 1745 t en 2013
• Elaboration du manuel de riziculture • Emblavement de 863 ha et
en Mauritanie production de 1893 t de paddy dans
Renforcement des • Mise en place de fonds de roulement les sites bénéficiaires, avec un
capacités (intrants, intrants pour un montant total de rendement supérieur à la moyenne
équipements, 92.600 USD (distribution de 42 t de nationale
infrastructures, fonds semences, 152 t d’engrais, 2430 l • Hausse de rendement de 51% par
de roulement) d’herbicides) rapport à la situation de référence
• Donations de vignettes de
certification et sacs de
conditionnement
• Construction de 3 aires de séchage
Renforcement du rôle • Appui à 4 coopératives féminines • Première production de paddy pour
des femmes les coopératives bénéficiaires

77
Evaluation finale du projet APRAO

Niger
Domaine
Activités réalisées Résultats et effets
d’intervention
• Appui à la mise en place d’une
plateforme d’acteurs de la filière
• Adoption de la politique et de la loi
Amélioration de
semencière
l’environnement socio-
• Elaboration de l’annuaire des
économique du riz
semences 2012-2013
• Equipement de la ferme semencière
nationale
• Formation/recyclage sur l’inspection,
le contrôle et la certification des
semences • Augmentation de l’utilisation des
• Formations sur la production, la semences certifiées par les
conservation et le stockage des producteurs (de 42 à 90 %) sur les
semences sites d’intervention
• Formation sur la réglementation • Réduction du temps passé au battage
Renforcement des semencière • Réduction des pertes au battage de
capacités (formation) • Recyclage sur l’amélioration variétale 20%
• Formation/recyclage sur la gestion • Augmentation de la qualité du paddy
intégrée de la riziculture • Augmentation des échantillons de
• Formation/recyclage sur la GIPD semences analyses de 90 à 500
• Formation sur l’utilisation des (+455%)
batteuses • Production de 700 kg de semence
• Formation de 17 personnes sur le G4 en 2011m de 29,8 t de R1 en
marketing et la commercialisation 2011, de 344 t de R1 et R2 en 2012
Renforcement des • Donation de 7 motoculteurs, 7 • Augmentation de 31% des
capacités (intrants, batteuses, petit matériel (houes, rendements de production de paddy
équipements, dabas, pelles) sur les sites d’intervention
infrastructures, fonds • Réhabilitation du laboratoire de
de roulement) semences de la DGA
• Réduction de la pénibilité de
• Formation de 16 femmes sur
l’étuvage
l’étuvage
• Réduction de la consommation de
• Formation sur la gestion des fonds de
bois
Renforcement du rôle roulement
• Amélioration de la qualité du riz
des femmes • Mise en place de fonds de roulement
produit
pour l’achat de paddy (7.500.000
• Augmentation de la production de
FCFA)
riz étuvé
• Donation de 20 kits d’étuvage
• Augmentation des revenus

78
Evaluation finale du projet APRAO

Sénégal
Domaine
Activités réalisées Résultats et effets
d’intervention
Amélioration de
l’environnement socio-
économique du riz
• Formation de 13 contrôleurs, de 36 • Augmentation de la capacité de
agents d’encadrement, et de 176 production de semences de base de
producteurs sur la production de l’ISRA (3,48 t en 2011, 5,58 t en
semences 2012/13)
• Formation de 58 techniciens en GIPD • Création d’un stock de réserve de 8
• Formation de 1300 producteurs dans variétés
55 CEP • Production de 206 t de semences R1
• Formations de 15 agents sur les • Disponibilité de semences de pré
techniques de post récolte base de 6 variétés pluviales
Renforcement des
• Elaboration de 4 fiches techniques de • Augmentation de l’accès aux
capacités (formation)
riziculture semences de qualité pour 70% des
• Elaboration d’un manuel de contrôle producteurs dans les sites
et de certification des semences d’intervention en zone pluviale
• Elaboration d’un catalogue de variétés • Agrément de 9 groupements de
du riz production de semences de riz
• Elaboration d’un guide de production • Augmentation de 46% des
de riz pluvial superficies de production de
• Formation de 153 personnes sur la semences suivies par des agents de
législation semencière contrôle dans les sites d’intervention
en zone pluviale
• 40% des producteurs ont amélioré
• Adaptation des semoirs avec des leurs pratiques dans les sites
disques de semis pour le riz d’intervention
• Donation de 11 semoirs, 30 • Réduction de 70 à 83% des
Renforcement des sarcleuses, 300 disques de semis, 10 semences utilisées
capacités (intrants, batteuses à pédales, 3 batteuses à • Augmentation de 32% des
équipements, moteur, 8 décortiqueuses, 8 kits superficies cultivées dans les sites
infrastructures, fonds d’étuvage, 3 nettoyeurs de paddy d’intervention, de 73% en zone
de roulement) • Donation de 54 t de semences, 245 t pluviale
d’engrais • Augmentation de 5 à 6,5t/ha en zone
• Mise en place de fonds de roulement irriguée et de 1,5 à 3 t/ha en zone
intrants pluviale
• Amélioration de la qualité du riz
décortiqué
• Formation de 50 femmes en
production de semences
Renforcement du rôle • Formation de 38 femmes en technique • Amélioration de la capacité des
des femmes d’étuvage fonds de roulement de 40 à 73%
• Formation de 15 femmes en gestion
des OP

79
Evaluation finale du projet APRAO

Annexe 6 Liste des partenariats établis par l’APRAO

Côte d’Ivoire
Partenaire Objectif du partenariat Rôle du partenaire Rôle de l’APRAO Résultats obtenus
• Tutelle du projet
• Validation d’un
• Elaboration d’un
modèle de
modèle de
• Appui institutionnel développement à
développement de la • Coordination du
ONDR • Fourniture de semence Gagnoa
filière riz au niveau projet
de base • Production de 190
local
tonnes de semences
• Fourniture de
de qualité
semences de qualité
• Point focal dans les sites
d’intervention
• Coordination des • Mise en œuvre de
• Encadrement des
• Mise en œuvre des activités et définition l’ensemble des
bénéficiaires
activités dans les sites de l’approche activités dans les
ANADER d’intervention • Mise en œuvre et suivi sites d’intervention
• Financement des
des activités sur le terrain
• Fourniture de activités • Production de 190
semences de qualité • Fourniture des tonnes de semences
• Achats des intrants et
infrastructures pour la
équipements de qualité
multiplication de
semence
• Mise en œuvre d’une
phase pilote du
• Portage institutionnel de • Conception du
• Mise en place d’un système
l’activité système
FIRCA système d’information d’information (en
• Cofinancement de • Fourniture d’expertise
sur les semences cours d’initiation au
l’activité technique
moment de
l’évaluation)

Mali
Objectif du
Partenaire Rôle du partenaire Rôle de l’APRAO Résultats obtenus
partenariat
• Cofinancement
ARPASO et • Cofinancement • Achat des • Installation et mise
• Installation d’une
Lux • Opération de la mini- équipements en fonctionnement de
mini-rizerie
Développement rizerie • Formation des la mini-rizerie
opérateurs
• Production sur 45 ha
• Fourniture d’engrais
dont 15 ha de
• Accroissement de • Encadrement des • Formation des
Secteur Kita parcelles
la production de producteurs producteurs
(WAAP) semencières, 63 t de
paddy • Fourniture de semences • Formation des agents paddy et 31,5 t de
de contrôle semences
• Fourniture d’intrants
• Aménagement des bas-
• Formation des agents • Mise en valeur de 7
• Mise en valeur de fonds
Projet IESA d’encadrement ha de bas-fonds et 2
bas-fonds • Encadrement des
• Formation des PIV
producteurs
producteurs
• Coordination des
Office du riz de • Mise en œuvre activités et définition
Ségou des actions du • Mise en œuvre de
• Point focal de l’approche
Office du projet dans les l’ensemble des
• Encadrement des • Financement des
Développement zones activités dans les
bénéficiaires activités
Rural de d’intervention sites d’intervention
Sélingué des partenaires • Achats des intrants et
équipements

80
Evaluation finale du projet APRAO

Mauritanie
46. En Mauritanie, les principaux partenariats établis sont les suivants (analyse non
détaillée étant donné que ce pays n’a pas été visité) :

a. La Société Nationale pour le Développement Rural (SONADER), pour la


vulgarisation des bonnes pratiques agricoles et des techniques de productions de
paddy ;

b. Le Centre National de Recherche Agronomique et de Développement Agricole


(CNRADA), pour la production de semences de pré-base, l’élaboration des fiches
techniques, du guide sur la riziculture et du catalogue national des espèces et
variétés ;

c. Le Centre de Contrôle de Qualité des Semences et Plants (CCQSP/DA), pour les


aspects relatifs à la production, la sensibilisation sur la législation semencière, la
formation sur le suivi et la production semencière et le processus de certification ;

d. Les Délégations Régionales du Ministère du Développement Rural (MDR) pour le


suivi des différentes activités du projet dans les zones d’intervention.

Niger
47. Les partenariats établis au Niger sont les suivants (tirés de la présentation de l’APRAO
Niger à l’atelier bilan de Yamoussoukro, et non approfondis car ce pays n’a pas été visité
pendant l’évaluation) :

Partenaire Objectif du partenariat Résultats obtenus


• Adoption de la politique semencière, Loi
semencière en cours
• Promotion de l’utilisation de • Journées de partages sur les docs semenciers
DSQ/DGA26
semences certifiées au Niger • Révision et édition du catalogue national des
espèces et variétés végétales
• 40 personnes formées
• Mise à disposition de 140 kg de semences G4
Ferme semencière • Promotion de semences certifiées de NERICA L- 49 et Gambiaka
de Saadia de bonne qualité • Formation sur la production de semences
• Appui technique (Organisation visites guidées)
• Fourniture de 140 kg de pré base
• Régénérescence de matériels • Appui technique et financier à la production de
INRAN27 génétiques (souches, pré base et semences G3 et G4 à la station rizicole de
base) homologués Séberi et Say et visite commentée sur les
parcelles vitrines
• 17 personnes formées sur le marketing et la
• Gestion des coopératives et
commercialisation
FUCOPRI28 promotion du rôle des femmes
• Mise en place de la plateforme des acteurs de la
étuveuses dans la chaîne de valeur
filière riz
• Contribution du projet APRAO à la
• Promotion de la qualité de riz
RINI29 commercialisation primaire grâce à l’appui du
blanchi au Niger
RINI en bascules

26
Division Semences et Qualité
27
Institut National de recherche Agronomique du Niger
28
Fédération des Unions des Coopératives des Producteurs de riz du Niger
29
Société le Riz du Niger

81
Evaluation finale du projet APRAO

• Achat des batteuses ASI (élaboration des


• Rentabilisation et mise en valeur caractéristiques techniques des batteuses)
TRAGSA
des AHA • Appui à l’Organisation de la visite commentée
conjointe APRAO /TRAGSA
ONAHA30 • Intensification de la riziculture • Formation des 49 agents d’encadrements
• Caractérisation des sites
• Intensification de la riziculture en
• Formations des 10 répondants
PPHSA31 zone hors aménagement (bas fond
• Voyage d’échanges
pluvial)
• Mise en place des CEP/TMP

Sénégal
Objectif du
Partenaire Rôle du partenaire Rôle de l’APRAO Résultats obtenus
partenariat
• Production de
• Fourniture des • Production de
semences de pré-
ISRA32 installations et des • Financement semences de qualité
base et matériel
ressources humaines de plateau
didactique
• Appui aux
• Augmentation de la
33 • Certification des producteurs
DISEM • Suivi du processus production de
semences • Financement des
semences certifiées
analyses
• Amélioration de la
SAED34
qualité du riz
• Coordination des
activités et définition
• Mise en œuvre des de l’approche • Mise en œuvre de
• Point focal
35 actions du projet l’ensemble des
DRDR • Encadrement des • Financement des
dans les zones activités dans les
bénéficiaires activités
d’intervention sites d’intervention
• Achats des intrants et
équipements
• Mutualisation des
Projet ressources pour
• Financement • Financement
PCE/USAID36 l’équipement des
OP
• Fourniture d’intrants
• Aménagement des bas- • Augmentation des
Projet IESA et • Formation des agents
• Mise en valeur des fonds rendements et de la
ONG Wula d’encadrement
bas-fonds • Encadrements de production dans les
Nafa • Formation des
producteurs bas-fonds aménagés
producteurs
• Fourniture d’intrants
• Introduction de la • Formation des agents • Introduction et
• Encadrement des
ONG Symbiose riziculture de d’encadrement engouement pour la
producteurs
plateau • Formation des culture de plateau
producteurs

30
Office National des Aménagements Hydro-Agricoles
31
Projet Petite Hydraulique sur la Sécurité Alimentaire
32
Institut Sénégalais de Recherche Agricole
33
Division des Semences
34
Société Nationale d'Aménagement et d'Exploitation des Terres du Delta
35
Direction Régionale du Développement Rural
36
Projet de croissance économique de l’Agence Américaine pour le Développement

82
Evaluation finale du projet APRAO

Annexe 7 Matrice d’évaluation

1 Pertinence du concept et de l’approche


Questions d’évaluation Information à collecter Méthode/source
Pertinence du projet au regard des priorités - Analyse du contenu des priorités pour le développement rural, - Documents de politique, stratégie, plans et
nationales : politiques, stratégies plans et l’agriculture et la riziculture programmes nationaux dans les 5 pays
programmes nationaux - Entretien avec l’équipe du projet dans les 5 pays
- Entretien avec les représentants du Ministère de
l'agriculture au niveau national et local
- Entretien avec la coopération espagnole
Pertinence du projet au regard des besoins de - Analyse des besoins prioritaires de la population, en termes de - Entretien avec l’équipe du projet
la population bénéficiaire situation et stratégies de moyens d’existence - Entretien avec les partenaires au niveau local
- Place de la riziculture dans les moyens d’existence - Entretien avec les bénéficiaires
- Contraintes vécues pour le développement de la riziculture
Pertinence au regard des stratégies de la FAO - Analyse de l’UNDAF dans chaque pays - Documents UNDAF des 5 pays
et des nations Unies - Analyse du cadre de programmation de la FAO dans chaque - Documents de stratégie de la FAO au niveau national
pays et sous-régional
- Analyse du cadre stratégique sous-régional de la FAO - Stratégie globale de la FAO
- Analyse des objectifs globaux et des fonctions de base de la - Entretien avec les représentants de la FAO, et avec le
FAO personnel de la représentation
- Analyse des autres programmes de la FAO mis en œuvre dans - Entretiens avec le bureau sous-régional de la FAO
la région
Cohérence de la théorie du changement du - Pertinence des objectifs fixés au regard des besoins identifiés - Analyse du document de projet et des autres
projet, pertinence de la conception - Analyse des besoins identifiés documents qui apportent des informations sur la
- Pertinence de la chaîne de résultats formulation du projet
- Pertinence de l’analyse des hypothèses et des risques - Analyse des documents d’état des lieux de la
- Pertinence du ciblage des bénéficiaires riziculture dans les 5 pays
- Pertinence de l’analyse des perspectives de durabilité et des - Entretiens avec le coordinateur régional
mesures pour l’atteindre - Entretiens avec les coordinateurs nationaux
- Réalisme et clarté des arrangements institutionnels - Entretiens avec les partenaires institutionnels
- Niveau de prise en compte de l’environnement extérieur - Entretiens avec les autres institutions qui interviennent
(coordination avec les autres institutions intervenant dans la sur la riziculture
riziculture – Quelles sont elles ?)
- Analyse de la pertinence de l’approche du projet
- Pertinence du système de suivi-évaluation-programmation (y
compris pertinence des indicateurs de mesures des résultats,

83
Evaluation finale du projet APRAO

effets et impacts)
Rapport coût-efficacité du projet - Analyse du budget : ratio coûts d’investissement, coût de - Analyse du document de projet et du budget
fonctionnement, coûts des activités - Entretien avec le budget holder
- Ratio coût du projet – bénéfices attendus - Entretien avec la coopération espagnole

2 Efficacité des produits et des résultats


Questions d’évaluation Information à collecter Méthode/source
Evaluation complète des produits attendus - Etat des lieux des activités mises en œuvre en comparaison - Document de projet
avec les activités prévues - Rapports d’avancée du projet
- Résultats obtenus en comparaison avec les résultats prévus - Présentation des bilans par pays et global lors de
- Justification des différences l’atelier de Yamoussoukro
- Entretiens avec le coordinateur régional et les
coordinateurs nationaux
Evaluation spécifiques de certains produits - Activités mises en œuvre, produits et effets obtenus aux - Rapports d’avancée du projet
niveaux suivants : - Présentation des bilans par pays et global lors de
• développement de synergies; l’atelier de Yamoussoukro
• aspects macro-économiques de la chaine de - Entretiens avec le coordinateur régional et les
valeur du riz; coordinateurs nationaux
• gestion et organisation du système de - Entretiens avec les acteurs avec lesquels des synergies
production de semence; ont été créées (semenciers, producteurs,
• la production de semences de base et de transformation, commercialisation)
prébase; - Entretien avec les autorités en charge de la production
• le renforcement du système d’appui-conseil ; et certification de semence + centres de recherche +
• la production et multiplication de semences producteurs de semences et leurs organisations
certifiées ; - Entretien avec les autorités en charge de la
• la production de riz local de qualité ; vulgarisation agricole
• la transformation et commercialisation du riz - Entretiens avec les agriculteurs et leurs organisations
paddy ;
• l’information et la sensibilisation
Effets du projet par rapport à ses objectifs - Bénéfices de l’instauration des synergies entre partenaires vis- - Entretien avec le coordinateur régional et les
spécifiques à-vis de la définition de solutions pertinentes et de l’efficacité coordinateurs nationaux
dans l’utilisation des ressources - Entretiens avec les acteurs concernés par la création de
- Acteurs concernés et contenus des synergies mises en place synergies
- Quelles solutions identifiées par les acteurs collectivement,
pour quels problèmes. Changement en comparaison avec avant
la mise en relation

84
Evaluation finale du projet APRAO

- Nombre site où le projet est intervenu sur l’ensemble de la


chaîne, et où des acteurs de l’ensemble de la chaîne ont
participé
- Renforcement des capacités techniques et organisationnelles - Entretien avec le coordinateur régional et les
des producteurs et de leurs associations coordinateurs nationaux
- Activités de renforcement des capacités mises en œuvre - Entretiens avec producteurs de semences et leurs
- Changements en termes d’itinéraires techniques utilisés, de associations
pratiques de gestion, d’organisation et de capital productif - Entretiens avec les producteurs de riz et leurs
détenu associations
- Bénéfice de ces changements - Entretiens avec les transformateurs de riz et leurs
associations
- Entretiens avec les associations de commercialisation
- Renforcement des capacités des services techniques d'appui, - Entretien avec le coordinateur régional et les
surtout en ce qui concerne le transfert de technologies adaptées coordinateurs nationaux
- Activités de renforcement des capacités des services techniques - Entretien avec les services techniques d’appui
mises en œuvre - Entretiens avec les producteurs qui bénéficie de
- Changements dans les méthodes de travail et niveau de l’appui des services techniques
satisfaction des services techniques
- Pertinence des technologies proposées par le projet
- Niveau de satisfaction des producteurs
- Renforcement du cadre institutionnel du secteur rizicole, - Entretien avec le coordinateur régional et les
surtout en ce qui concerne l’approche chaine de valeur coordinateurs nationaux
- Activités menées à ce niveau - Entretien avec les Ministères de l’agriculture
- Eléments du cadre institutionnels modifiés (stratégie, - Entretien avec les producteurs et leurs associations à
politiques, plans,…), contenu et pertinence des modifications tous les niveaux de la filière
- Niveaux de satisfaction des responsables institutionnels - Entretien avec les autres acteurs de la filière
Utilisation faite par le projet des produits - Produits normatifs et informatifs de la FAO utilisés ? pourquoi - Entretien avec le coordinateur régional et les
normatifs et informatifs de la FAO et et avec quel effet ? coordinateurs nationaux
contribution actuelle et potentielle du projet à - Travaux de capitalisation des actions du projet réalisés - Entretien avec le bureau sous-régional et avec le
la fonction normative et de diffusion de - Utilisation de ces travaux à d’autres niveaux de la FAO Technical lead Unit au siège
connaissances de l'Organisation

85
Evaluation finale du projet APRAO

3 Efficience et efficacité des processus de mise en œuvre du projet


Questions d’évaluation Information à collecter Méthode/source
Évaluation de la gestion du projet - qualité, réalisme et orientation des - Document de projet
plans de travail; - Rapports d’avancées
- analyse des apports fournis, des causes - Plans d’action
et des conséquences des retards et de toute mesure - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs
corrective prise, le cas échéant; nationaux
- suivi et rétroaction pour améliorer la - Entretien avec le budget holder
gestion et les opérations; - Entretien avec les services administratifs des représentations dans
- gestion du personnel; les 5 pays
- développement et mise en œuvre d'une stratégie de
sortie
Cadre institutionnel - Soutien administratif et technique de la - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs
part des bureaux de la FAO, au niveau du siège, nationaux
bureau régional, sous-régional et national, selon le - Entretien avec les coordinateurs de programmes des bureaux pays
cas; - Entretien avec la lead technical unit et le lead technical officer
- Cadre institutionnel, processus de - Entretien avec le budget holder
revue interne, coordination et organes de direction - Entretien avec la coopération espagnole
(description et analyse des structures de direction et - Entretien avec les partenaires du projet qui fournissent des
de décision du projet); ressources (ministères de l’agriculture ?)
- Apports et soutien du gouvernement/s et des
partenaires fournisseurs de ressources
Évaluation de la gestion des ressources - Pertinence et réalisme des allocations - Budget et rapports financiers intermédiaires et final
financières budgétaires pour atteindre les résultats escomptés; - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs
- Adéquation et réalisme des révisions nationaux
budgétaires par rapport aux besoins de mise en - Entretien avec le budget holder
œuvre et objectifs du projet;
- Taux d’exécution et solde budgétaire au moment
de l'évaluation et par rapport aux plans de travail

86
Evaluation finale du projet APRAO

4 Principes communs de l’ONU de programmation par pays et thèmes transversaux


Questions d’évaluation Information à collecter Méthode/source
Analyse de l’intégration des considérations de - Mesure dans laquelle les questions de - Analyse du document de projet
parité hommes-femmes pour l’égalité entre parité hommes-femmes étaient reflétées dans les - Analyse des rapports d’avancées
hommes et femmes, selon la politique de objectifs et la conception du projet pour prendre en - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs
l’égalité homme-femme de la FAO compte les besoins, les priorités et les contraintes à nationaux
la fois pour les femmes et les hommes, et dans - Entretiens avec des focus groupes de bénéficiaires hommes et
l’identification des bénéficiaires; femmes
- Mesure dans laquelle les considérations
de parité hommes-femmes ont été prises en compte
dans la gestion du projet;
- Mesure dans laquelle les considérations de
relations et de parité hommes-femmes ont été, ou
seront probablement, affectées par le projet.
Analyse de la dimension ‘Renforcement des - Intégration et pertinence des objectifs et de - Analyse du document de projet, des rapports d’avancée et autres
capacités’ dans la conception, la mise en l’approche de renforcement des capacités dans la documents apportant des informations
œuvre et les résultats du projet, au niveau conception du projet - Présentations du séminaire de Yamoussoukro
individuel, organisationnel et de - Actions mises en œuvre, bénéficiaires et effets - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs
l’environnement porteur obtenus nationaux
- Niveau de satisfaction des bénéficiaires - Entretien avec les bénéficiaires des actions de renforcement des
capacités
Analyse de l'adoption de l'Approche fondée - Intégration de la dimension et des - Analyse du document de projet et tout autre document apportant
sur les droits de l’homme principes du droit à l'alimentation, dans la des informations
conception, la mise en œuvre et les résultats du - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs
projet; nationaux
- Intégration des préoccupations d'emploi rural
décent dans la conception, la mise en œuvre et les
résultats du projet
Analyse des partenariats et les alliances - Planification dans la conception du - Analyse du document de projet et tout autre document apportant
projet et mise en œuvre; des informations
- Domaine et solidité ; - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs
- Effet sur les résultats et la durabilité du nationaux
projet - Entretiens avec les partenaires
Analyse de la façon dont les impacts - - Analyse du document de projet et tout autre document apportant
environnementaux ont été pris en des informations
considération et traités, suivant les étapes et - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs
les critères énoncés dans les directives de nationaux
l’Etude de l’Impact Environnemental (EIE) de

87
Evaluation finale du projet APRAO

la FAO

5 Impact
Questions d’évaluation Information à collecter Méthode/source
Impact global du projet, actuel ou potentiel, - Changements intervenus au niveau des partenaires - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs nationaux
positif et négatif, produit directement ou du projet - Entretiens avec les partenaires
indirectement, intentionnellement ou non - Changements intervenus au niveau des - Entretiens avec les bénéficiaires du projet
bénéficiaires du projet : services techniques,
associations et producteurs de semences, de riz,
transformation et commercialisation
Contribution globale du projet aux cadres de - - Entretien avec les représentants et coordinateurs de programmes des
programmation par pays, résultat/s bureaux pays
organisationnels et objectifs stratégiques, - Entretien avec la lead technical unit sur siège
ainsi que mise en œuvre des fonctions - Analyse des résultats du projet en rapports avec les cadres de
essentielles de la FAO programmation, les résultats organisationnels et les objectifs stratégiques

6 Durabilité
Questions d’évaluation Information à collecter Méthode/source
Perspectives de durabilité institutionnelle, - Intégration du projet dans le contexte - Entretien avec le coordinateur régional et les coordinateurs nationaux
technique et économique des résultats du institutionnel national; - Entretiens avec les ministères de l’agriculture
projet au niveau des bénéficiaires et des - Fonctionnalité du système d’assurance - Entretien avec les services techniques en charge de l’assurance qualité
institutions-hôtes de qualité pour les semences; des semences
- Fonctionnement de «groupes» de - Entretien avec les producteurs de semence
producteurs du point de vue technique et - Entretien avec des groupes de producteurs
organisationnel; - Entretien avec les groupes et institutions en charge de fonds de
- Durabilité des résultats, surtout en ce qui concerne roulement (+entretien équipe Mauritanie)
la constitution de fonds de roulement et la mise en
œuvre de l’approche « Produire plus avec moins »

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