Cours d'Algèbre : Espaces Vectoriels
Cours d'Algèbre : Espaces Vectoriels
16 mai 2020
2
Table des matières
Préface 2
1 Espaces Vectoriels Préhilbertiens 4
1.1 Produit scalaire et normes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2 Espaces vectoriels euclidiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.1 Bases orthonormées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.2 Algorithme d'hortonormalisation de Gram-Schmidt . . 19
1.2.3 Orthogonal d'un sous espace vectoriel . . . . . . . . . . 21
1.2.4 Projecteur orthogonal- Symétrie orthogonale . . . . . 25
1.3 Automorohismes orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3
Chapitre 1
4
1.1 Produit scalaire et normes
Dénition 1.1.
On appelle produit scalaire sur E toute application Φ de E 2 dans R
vériant :
1. Φ est bilinéaire c'est à dire linéaire par rapport à chaque va-
riable , ou encore on a
∀x, y, z ∈ E et ∀α, β ∈ R
et
Φ(x, αy + βz) = αΦ(x, y) + βΦ(x, z).
2. Φ est symétrique c'est à dire qu'on a pour tout x, y ∈ E ,
Φ(x, y) = Φ(y, x).
5
Exemples 1.2.
1. L'application
Φ : Rn × Rn → R
n
X
((x1 , · · · , xn ), (y1 , · · · , yn )) 7→ xi y i
i=1
6
Remarque 1.3.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien.
1. Pour tout x, y, x0 , y 0 ∈ E et α, β, α0 , β 0 ∈ R, on a
< αx + βy, α0 x0 + β 0 y 0 >= αα0 < x, x0 > +αβ 0 < x, y 0 >
4. Pour tout x ∈ E , on a
< x, 0E >=< 0E , x >= 0E .
7
Dénition 1.4.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien.
1. L'application
k.k : E → R+
√
x 7→ kxk = < x, x >
Exemples 1.5.
On considère l'espace R2 muni de son produit scalaire canonique. On
se propose de chercher k(3, 1)k. On a
k(3, 1)k2 =< (3, 1), (3, 1) >= 9 + 1 = 10,
√
d'où k(3, 1)k = 10.
8
Exercice 1.6.
Soit l'application
Φ : (R2 )2 → R
0
0 0
2 1 x
((x, y), (x , y )) 7→ x y . .
1 2 y0
9
Propriétés 1.7.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien.
1. Pour tout x ∈ E , on a
kxk = 0 ⇐⇒ x = 0E .
Ceci veut dire que l'unique vecteur de norme nulle est le vec-
teur nul. Ainsi, pour montrer qu'un vecteur est égal à 0E , on
pourrait montrer que sa norme est nulle.
2. Pour tout x ∈ E et λ ∈ R , on a
kλxk =| λ | kxk.
En eet,
kλxk2 = < λx, λx >
= λ2 < x, x >
= λ2 kxk2 .
Ainsi
p √ p
kλxk = < λx, λx > = λ2 kxk2 = |λ|kxk.
3. Pour tout x, y ∈ E , on a
kx + yk2 = kxk2 + kyk2 + 2 < x, y > .
En eet,
kx + yk2 = < x + y, x + y >
= < x, x > + < x, y > + < y, x > + < y, y >
= kxk2 + kyk2 + 2 < x, y > .
4. Pour tout x, y ∈ E , on a
kx − yk2 = kxk2 + kyk2 − 2 < x, y > .
2.
kx + yk ≤ kxk + kyk (Inégalitde Triangulaire ).
Preuve.
1. Considérons d'abord le cas où x = 0. On a
< x, y >= 0 et kxk.kyk = 0.
D'où le résultat.
Dans le cas où x 6= 0, considérons λ ∈ R. On a
kλx + yk2 = < λx + y, λx + y >
= λ2 < x, x > +λ < x, y > +λ < y, x > + < y, y >
= kxk2 λ2 + 2 < x, y > λ + kyk2
On pose dans la suite
E(λ) = kxk2 λ2 + 2 < x, y > λ + kyk2 .
Comme kxk = 6 0, E(λ) est une equation de second degré en λ de signe
constant toujours positif , ainsi on a
∆ = 4 < x, y >2 −4kxk. kyk2 ≤ 0.
On donc 4 < x, y >2 ≤ 4kxk. kyk2 et par consèquent le résultat.
2. On a
kx + yk2 = kxk2 + kyk2 + 2 < x, y >
≤ kxk2 + kyk2 + 2kxk.kyk
≤ (kxk + kyk)2 ,
d'où le résultat.
11
2
Exercice 1.9.
1. Soit x1 , · · · , xn ∈ R. Montrer que
Xn n
X
( xi )2 ≤ n x2i .
i=1 i=1
1.1.1 Orthogonalité
Dénition 1.10.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien, x, y ∈ E et A ⊂ E .
1. On dit que x est orthogonal à y et on note x ⊥ y si et seulement
si < x, y >= 0.
2. On dit que x est orthogonal à A et on note x ⊥ A si et seule-
ment si < x, a >= 0 pour tout a ∈ A.
3. On appelle orthogonal de A l'ensemble noté et déni par
A⊥ = {x ∈ E tel que x ⊥ a ∀a ∈ A}
= {x ∈ E tel que < x, a >= 0 ∀a ∈ A}
12
Remarque 1.11.
1. Comme < x, oE >= 0 pour tout x ∈ E , on a x ⊥ oE pour tout
x ∈ E et par conséquent
{0E }⊥ = E.
3. Pour tout x ∈ E , on a
vect(x)⊥ = {x}⊥ .
d'où le résultat.
4. Soit A ⊂ E . On a
A ∩ A⊥ ⊆ {0E }.
En eet, soit x ∈ A∩A⊥ . On a x ∈ A⊥ c'est à dire < x, a >= 0
pour tout a ∈ A. En prenant le cas particulier x = a on a
< x, x >= 0 ⇒ x = oE ,
et donc A ∩ A⊥ ⊆ {0E }.
Pour expliquer le fait qu'on n'a pas nécéssairement une éga-
lité, il sut de remarquer que 0E n'est pas necéssairement un
élément de A.
5. Soit deux parties A et B de E . On dit que A est orthogonal à
B et on note A ⊥ B si et seulement si
13
A ⊂ B ⊥ et B ⊂ A⊥ .
Dénition 1.12.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et
F = {x1 , · · · , xn } une famille d'éléments de E .
1. F est dite une famille orthogonale si et seulement si
< xi , xj >= 0 ∀1 ≤ i 6= j ≤ n.
Remarque 1.13.
1. F est une famille orthonormée si et seulement si on a pour
tout 1 ≤ i, j ≤ n
< xi , xj > = 0 si i 6= j
= kxi k2 = 1 si i = j
En d'autres termes, on a
< xi , xj >= δij = 0 si i 6= j
= 1 si i = j
Proposition 1.14.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien . Toute famille
orthogonale de vecteurs non nuls est libre.
14
nuls de E et soit α1 , · · · , αn ∈ R vériant
n
X
αi xi = 0.
i=1
Pour tout 1 ≤ k ≤ n, on a
n
X
< αi xi , xk >= 0.
i=1
Or
n
X n
X
< αi xi , xk >= αi < xi , xk >= αk < xk , xk >,
i=1 i=1
αk kxk k2 = 0 ⇒ αk = 0,
car kxk k =
6 0 étant donné que xk est non nul. 2
Remarque 1.15.
1. Toute famille orthonormée de E est libre.
2. On suppose que E est un espace euclidien de dimension n.
On a
(a) Toute famille orthonormée de cardinal n de E est une base
de E .
(b) Toute famille orthogonale de vecteurs non nuls et de car-
dinal n de E est une base de E .
15
Proposition 1.16.
Théorème de Pythagore
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et
F = {x1 , · · · , xn } une famille orthogonale de E . On a
n
X n
X
2
k xi k = kxi k2 .
i=1 i=1
Dénition 1.17.
Soit E est un espace vectoriel euclidien. On appelle base orthonomée
de E toute base de E qui est orthonormée.
16
Remarque 1.18.
1. La base canonique est une base orthonormée pour le produit
scalaire canonique de Rn .
2. La base canonique de Rn [X] n'est pas
R 1 une base orthonormée
pour le produit scalaire < P, Q >= 0 P (t).Q(t)dt.
Proposition 1.19.
Soit E est un espace vectoriel euclidien muni d'une base orthonormée
B = {e1 , · · · , en }.
1. Soit x ∈ E . Les coordonnées de x dans la base B sont les
< x, ei > pour tout 1 ≤ i ≤ n c'est à dire
n
X
x= < x, ei > ei .
i=1
n
X
< x, y >= xi .yi .
i=1
Preuve.
1. Soit x ∈ E tel que x = xi ei et soit 1 ≤ j ≤ n. On a
Pn
i=1
n
X
< x, ej > = < xi ei , ej >
i=1
n
X
= xi < ei , ej >
i=1
= xj < ej , ej >= xj kej k2 = xj
17
2.
n
X n
X
< x, y > = < xi ei , yi ei >
i=1 i=1
n X
X n
= xi yj < ei , ej >
i=1 j=1
n
X n
X
= xi yi < ei , ei >= xi .yi
i=1 i=1
Remarque 1.20.
Soit E est un espace vectoriel euclidien muni d'une P
base orthonormée
Pn= {e1 , · · · , en } et soit x, y ∈ E tel que x = i=1 xi ei et y =
n
B
i=1 yi ei . On note
x1 y1
.. ..
.
.
X = M atB (x) = .. Y = M atB (y) = .. .
. .
xn yn
18
1.2.2 Algorithme d'hortonormalisation de Gram-Schmidt
Proposition 1.21.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien. Pour toute fa-
mille libre {e1 , · · · , ek } de E on peut trouver une famille orthonormée
{v1 , · · · , vk } tel que
vect(e1 , · · · , ek ) = vect(v1 , · · · , vk ).
On a à la n up
vp = ∀1 ≤ p ≤ k.
kup k
19
3. On pose u3 = e3 + βu2 + γu1 tel que
< u3 , u1 >= 0 et < u3 , u2 >= 0.
On a u3 6= 0E car c'est une combinaison linéaire de vecteurs libres à
coecients non tous nuls. Il est clair également que
vect(e1 , e2 , e3 ) = vect(u1 , u2 , u3 ).
On a donc
< u3 , u1 > = < e3 + βu2 + γu1 , u1 >= 0
= < e3 , u1 > +β < u2 , u1 > +γ < u1 , u1 >= 0
= < e3 , u1 > +γ < u1 , u1 >= 0
et
< u3 , u2 > = < e3 + βu2 + γu1 , u2 >= 0
= < e3 , u2 > +β < u2 , u2 > +γ < u1 , u2 >= 0
= < e3 , u2 > +β < u2 , u2 >= 0
Ainsi < e3 , u1 > < e ,u >
γ=− 2
et β = − 3 22 .
ku1 k ku2 k
4. On continue ce procédé jusqu'à l'orde p. Soit donc 1 ≤ p ≤ k − 1. On
pose
p
X
up+1 = ep+1 + αi ui
i=1
tel que
< up+1 , ui >= 0 pour tout 1 ≤ i ≤ p.
Il est clair que up+1 6= 0E et
vect(e1 , · · · ep+1 ) = vect(u1 , · · · , up+1 ).
Soit 1 ≤ j ≤ p. On a
p
X
< up+1 , uj > = < ep+1 + αi ui , uj >= 0
i=1
p
X
= < ep+1 , uj > + αi < ui , uj >= 0
i=1
= < ep+1 , uj > +αj < uj , uj >= 0
20
Ainsi < ep+1 , uj >
αj = − .
kuj k2
Posons dans la suite vj = uj
kuj k
. On a {v1 , · · · , vk } est une famille
orthonormée vériant
vect(e1 , · · · , ek ) = vect(v1 , · · · , vk ).
2
On a ainsi le résultat suivant
Corolaire 1.22.
1. Tout espace vectoriel euclidien posséde une base orthonormée.
2. Soit E un espace vectoriel euclidien. Toute famille orthonor-
mée de E peut être complétée en une base orthonormée de
E.
Exercice 1.23.
Soit R3 l'espace vectoriel euclidien muni de son produit scalaire ca-
nonique. On pose
F = {(x, y, z) ∈ R3 tel que z = 2x + y}.
Propriétés
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien, A ⊂ E , x et y deux
éléments de E et F un sous espace vectoriel de E . On a
1. A⊥ est un sous espace vectoriel de E .
2. A⊥ = vect(A)⊥ et A ⊆ (A⊥ )⊥ .
21
3. Pour montrer que < x > est orthogonal à < y >, il sut de montrer
que < x, y >= 0.
4. Soit F = vect(e1 , · · · , ek ). Pour montrer que x est orthogonal à F , il
sut de montrer que x ⊥ ei pour tout 1 ≤ i ≤ k.
5. Pour tout F un sous espace vectoriel de E , F ∩ F ⊥ = {0E }. On donc
F et F ⊥ sont en somme directe c'est à dire que
F + F ⊥ = F ⊕ F ⊥.
Proposition 1.24.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et F un sous
espace vectoriel de E de dimension nie et de base orthonormée
B = {e1 , · · · , ek }. On a
1. F ⊥ est l'unique supplémentaire orthogonal de F .
2. (F ⊥ )⊥ = F .
Preuve.
1. Montrons d'abord le fait que E = F ⊕ F ⊥ et procèdons par analyse
synthèse.
Analyse. Soit x un élément de E . Cherchons x1 vériant
x = x1 + x − x1 tel que x1 ∈ F et x − x1 ∈ F ⊥ .
D'autre part, on a
x − x1 ∈ F ⊥ ⇐⇒ x − x1 ⊥ ej ∀1 ≤ j ≤ k.
22
On a donc pour tout 1 ≤ j ≤ k
k
X
< x − x1 , ej > = 0 =< x − < x1 , ei > ei , ej >
i=1
k
X
= < x, ej > − < x1 , ei >< ei , ej >= 0
i=1
= < x, ej > − < x1 , ej >= 0
car {e1 , · · · , ek } est une famille orthonormée. Il vient donc que x−x1 ∈
F ⊥.
Pour montrer L'unicité de F ⊥ en tant que supplémentaire orthogo-
nal de F , considèrons un autre supplémentaire orthogonal de F qu'on
23
notera F 0 et montrons que F 0 = F ⊥ . Il est clair que F 0 ⊆ F ⊥ . Consi-
dèrons maintenant x dans F ⊥ , on a
x∈E et E = F ⊕ F 0.
Il vient que x = f + f 0 où f ∈ F et f 0 ∈ F 0 . Comme x ∈ F ⊥ , on a
< x, f > = 0
= < f, f > + < f 0 , f >
= < f, f >= 0
On a donc kf k2 = 0 et donc f = 0E . Il en suit que x = f 0 ∈ F 0 et
donc F ⊥ ⊆ F 0 d'où le résultat.
2. Soit x ∈ F et soit y ∈ F ⊥ . On a
< x, y >= 0 =⇒ x ⊥ y =⇒ x ∈ (F ⊥ )⊥ .
Considérons inversement un x dans (F ⊥ )⊥ . On a
x∈E et E = F ⊕ F ⊥.
Et donc x = f + f 0 où f ∈ F et f 0 ∈ F ⊥ . Comme x ∈ (F ⊥ )⊥ , on a
< x, f 0 > = 0
= < f, f 0 > + < f 0 , f 0 >
= < f 0 , f 0 >= 0
On a donc kf 0 k2 = 0 et donc f 0 = 0E . Il en suit que x = f ∈ F et
donc (F ⊥ )⊥ ⊆ F d'où le résultat.
Remarque 1.25.
1. Le résultat précédent est vrai à condition que F soit de di-
mension nie. On note que l'espace E peut être de dimension
quelconque.
2. Si E est euclidien, on a
dim E = dim F + dim F ⊥ .
24
Dénition 1.26.
Soit E un espace vectoriel euclidien et H un hyperplan de E . H ⊥
est une droite vectorielle engendrée par un vecteur →
−
n appelé vecteur
normal de H .
Exemple 1.27.
On considère dans l'espace vectoriel eucliien R3 muni d'une base or-
thonormée le plan P d'equation 3x + 2y + z = 0.
P est un hyperplan de vecteur normal (3, 2, 1).
Dénition 1.28.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et F un sous espace
vectoriel de E de dimension nie.
1. On appelle projecteur orthogonal sur F le projecteur sur F
parallèlement à F ⊥ .
2. On appelle symétrie orthogonale sur F la symétrie sur F pa-
rallèlement à F ⊥ .
25
Remarque 1.29.
Comme F est de dimension nie on a E = F ⊕ F ⊥ . Il vient donc que
tout x de E s'écrit x = x1 + x02 où x1 ∈ F et x2 ∈ F ⊥ .
On note dans la suite pF le projecteur orthogonal sur F et sF la
symétrie orthogonale sur F . On rappelle que
pF (x) = x1
pF ◦ pF = pF
ImpF = F
ker pF = F⊥
et
sF (x) = x1 − x2
sF ◦ sF = IdE
F = ker(sF − IdE )
F⊥ = ker(sF + IdE )
Proposition 1.30.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et F un sous
espace vectoriel de E de dimension nie et de base orthonormée
B = {e1 , · · · , ek }. Soit pF le projecteur orthogonal sur F et soit x ∈ E .
On a
k
X
pF (x) = < x, ei > ei .
i=1
26
Soit d'autre part 1 ≤ i ≤ k, on a
car pF (x−pF (x)) = pF (x)−pF (pF (x)) = 0E et donc x−pF (x) ∈ ker pF = F ⊥ .
2
Exercice 1.31.
1. Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et a un
élément de E . On note p la projection orthogonale sur < a >.
Soit x ∈ E . Déterminer p(x) en fonction de x et a.
2. Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel euclidien et H un hy-
perplan de E de vecteur normal → −
n . On note p la projection
orthogonale sur H .
Soit x ∈ E . Déterminer p(x) en fonction de x et →
−n.
Dénition 1.32.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et A ⊆ E et x un
élément de E . On appelle diatance de x à A le réel noté et déni par
d(x, A) = inf d(x, y).
y∈A
Proposition 1.33.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et F un sous espace
vectoriel de E de dimension nie et x ∈ E . On a
d(x, F ) = kx − pF (x)k.
27
Preuve. On a
d(x, F ) = inf d(x, y) = inf kx − yk.
y∈F y∈F
Or
kx − yk2 = kx − pF (x) + pF (x) − yk2
= kx − pF (x)k2 + kpF (x) − yk2 + 2 < x − pF (x), pF (x) − y >
D'un autre côté, on a déjà montré que x − pF (x) ∈ ker pF = F ⊥ . Comme
pF (x) − y est dans F , on a
< x − pF (x), pF (x) − y >= 0.
Il vient que
kx − yk2 = kx − pF (x)k2 + kpF (x) − yk2 .
Ainsi et comme l'inf de tous les y dans F est atteint pour y = pF (x), on a
inf kx − yk2 = kx − pF (x)k2 .
y∈F
Dénition 1.34.
Soit E un espace vectoriel euclidien. On appelle reexion de E toute
symétrie orthogonale par rapport à un hyperplan de E .
1.3.1 Généralités
Dénition 1.35.
Soit f ∈ L(E). f est dit endomorphisme orthogonal si et seulement
si f conserve la norme.
On note O(E) l ensemble des endomorphismes orthogonaux de E
28
Proposition 1.36.
Soit f ∈ L(E). f est orthogonal si et seulement si f conserve le
produit scalaire c est à dire ∀x, y ∈ E
< f (x), f (y) >=< x, y > .
D'autre part
d'où
29
Remarque 1.37.
1. Tout endomorphisme orthogonal est bijectif. En eet, soit x ∈
ker f . On a
On
kxk2 = kx1 + x2 k2
= kx1 k2 + kx2 k2 + 2 < x1 , x2 >
= kx1 k2 + kx2 k2
et
ks(x)k2 = kx1 x2 k2
= kx1 k30
2
+ kx2 k2 − 2 < x1 , x2 >
= kx1 k2 + kx2 k2
Proposition 1.39.
Soit f ∈ L(E). f est un automorphisme orthogonal si et seulement
si f transforme toute base orthoormée en une base orthonormée.
31
Remarque 1.40.
1. Il est clair que si M est orthogonale alors M est inversible et
M −1 =t M
2. Si M est orthogonale alors t M l'est aussi.
3. On montre facilement que On (R) est un groupe pour la mul-
tiplication des matrices appelé groupe orthogonal d'ordre n.
Proposition 1.41.
Soit M ∈ Mn (R). M est orthogonale si et seulement si les colonnes
de M forment une base orthonormée de Rn pour le produit scalaire
canonique.
aij = 1 si i = j
= 0 sinon .
Comme t Ci .Cj =< Ci , Cj >, il vient que M est orthogonale est équivalent à
< Ci , Cj > = 1 si i = j
= 0 sinon .
ce qui donne que (C1 , · · · , Cn ) est une base orthonormée de Rn pour le produit
scalaire canonique. 2
32
Exemple 1.42.
Soit
√1 0 √1
2 2
A= − √12 0 √1
2
0 1 0
On a < C1 , C2 >=< C1 , C3 >=< C2 , C3 >= 0 et kC1 k2 = kC2 k2 =
kC3 k2 = 1. Ainsi (C1 , C2 , C3 ) est une base orthonormée de R3 pour
le produit scalaire canonique et donc A est une matrice orthogonale.
Proposition 1.43.
Soit B = (e1 , · · · , en ) une base orthoormée de E et f ∈ L(E). f est
un automorphisme orthogonal si et seulement si
M = M atB (f ) ∈ On (R).
où
δij = 1 si i = j
= 0 sinon .
33
Remarque 1.44.
1. Soit B une base orthoormée de E . L'application
Φ : O(E) → On (R)
f 7→ M atB (f )
est bijective.
2. On rappelle que
M atB (f ◦ g) = M atB (f ).M atB (g) ∀f, g ∈ L(E).
34