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Cours d'Algèbre : Espaces Vectoriels

Ce document présente un cours d'algèbre portant sur les espaces vectoriels préhilbertiens. Il introduit les notions de produit scalaire, normes, orthogonalité et explique plusieurs propriétés et concepts mathématiques liés à ces sujets.

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Cours d'Algèbre : Espaces Vectoriels

Ce document présente un cours d'algèbre portant sur les espaces vectoriels préhilbertiens. Il introduit les notions de produit scalaire, normes, orthogonalité et explique plusieurs propriétés et concepts mathématiques liés à ces sujets.

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Cours d'algèbre

Premières années des classes

préparatoires aux études d'ingénieur

16 mai 2020
2
Table des matières

Préface 2
1 Espaces Vectoriels Préhilbertiens 4
1.1 Produit scalaire et normes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2 Espaces vectoriels euclidiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.1 Bases orthonormées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.2 Algorithme d'hortonormalisation de Gram-Schmidt . . 19
1.2.3 Orthogonal d'un sous espace vectoriel . . . . . . . . . . 21
1.2.4 Projecteur orthogonal- Symétrie orthogonale . . . . . 25
1.3 Automorohismes orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

3
Chapitre 1

Espaces Vectoriels Préhilbertiens

Dans tout ce qui suit E est un R−espace vectoriel.

4
1.1 Produit scalaire et normes

Dénition 1.1.
On appelle produit scalaire sur E toute application Φ de E 2 dans R
vériant :
1. Φ est bilinéaire c'est à dire linéaire par rapport à chaque va-
riable , ou encore on a
∀x, y, z ∈ E et ∀α, β ∈ R

Φ(αx + βy, z) = αΦ(x, z) + βΦ(y, z),

et
Φ(x, αy + βz) = αΦ(x, y) + βΦ(x, z).
2. Φ est symétrique c'est à dire qu'on a pour tout x, y ∈ E ,
Φ(x, y) = Φ(y, x).

3. Φ est positive c'est à dire qu'on a pour tout x ∈ E


Φ(x, x) ≥ 0.

4. Φ est dénie c'est à dire qu'on a pour tout x ∈ E


Φ(x, x) = 0 =⇒ x = 0E .

On dit donc que Φ est une forme bilinéaire symétrique et dénie


positive et on note
Φ(x, y) =< x, y >= (x | y) = x.y.

Le couple (E, < ., . >) est appelé espace vectoriel préhilbertien et il


est appelé espace vectoriel euclidien si E est de dimension nie.

5
Exemples 1.2.
1. L'application
Φ : Rn × Rn → R
n
X
((x1 , · · · , xn ), (y1 , · · · , yn )) 7→ xi y i
i=1

est un produit scalaire appelé le produit scalaire canonique de


Rn .
2. On note E l'ensemble des fonctions continues de [a, b] dans R.
L'application
Φ : E2 → R
Z b
(f, g) 7→ f (t)g(t)dt.
a

est un produit scalaire.


3. L'application
Φ : Mn (R)2 → R
(A, B) 7→ tr(t A.B).

est un produit scalaire sur Mn (R).


4. L'espace Rn [X] muni de l'application
Φ : Rn [X]2 → R
Z 1
(P, Q) 7→ P (t).Q(t)dt.
0

est un espace vectoriel euclidien.

6
Remarque 1.3.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien.
1. Pour tout x, y, x0 , y 0 ∈ E et α, β, α0 , β 0 ∈ R, on a
< αx + βy, α0 x0 + β 0 y 0 >= αα0 < x, x0 > +αβ 0 < x, y 0 >

+βα0 < y, x0 > +ββ 0 < y, y 0 > .


2. Pour tout x1 , · · · , xn , y1 , · · · , yn ∈ E et α1 · · · , αn , β1 , · · · βn ∈
R, on a
n
X n
X n X
X n
< αi xi , βi yi >= αi βj < xi , yj > .
i=1 i=1 i=1 j=1

3. On a de même pour tout x1 , · · · , xn , y1 , · · · , yp ∈ E et


α1 · · · , αn , β1 , · · · βp ∈ R,
n p p
n X
X X X
< αi xi , βj yj >= αi βj < xi , yj > .
i=1 j=1 i=1 j=1

4. Pour tout x ∈ E , on a
< x, 0E >=< 0E , x >= 0E .

7
Dénition 1.4.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien.
1. L'application
k.k : E → R+

x 7→ kxk = < x, x >

est appelée norme euclidienne associée au produit scalaire


< ., . >.
2. L'application
d : E 2 → R+
(x, y) 7→ d(x, y) = kx − yk

est appelée distance euclidienne associée au produit scalaire


< ., . >.
3. Soit x ∈ E . On dit que x est unitaire si et seulement si kxk = 1.

Exemples 1.5.
On considère l'espace R2 muni de son produit scalaire canonique. On
se propose de chercher k(3, 1)k. On a
k(3, 1)k2 =< (3, 1), (3, 1) >= 9 + 1 = 10,

d'où k(3, 1)k = 10.

8
Exercice 1.6.
Soit l'application
Φ : (R2 )2 → R
   0 
0 0
 2 1 x
((x, y), (x , y )) 7→ x y . .
1 2 y0

1. Montrer que Φ est un produit scalaire.


2. Déterminer k(3, 1)k.

9
Propriétés 1.7.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien.
1. Pour tout x ∈ E , on a
kxk = 0 ⇐⇒ x = 0E .

Ceci veut dire que l'unique vecteur de norme nulle est le vec-
teur nul. Ainsi, pour montrer qu'un vecteur est égal à 0E , on
pourrait montrer que sa norme est nulle.
2. Pour tout x ∈ E et λ ∈ R , on a
kλxk =| λ | kxk.

En eet,
kλxk2 = < λx, λx >
= λ2 < x, x >
= λ2 kxk2 .

Ainsi
p √ p
kλxk = < λx, λx > = λ2 kxk2 = |λ|kxk.

3. Pour tout x, y ∈ E , on a
kx + yk2 = kxk2 + kyk2 + 2 < x, y > .

En eet,
kx + yk2 = < x + y, x + y >
= < x, x > + < x, y > + < y, x > + < y, y >
= kxk2 + kyk2 + 2 < x, y > .

4. Pour tout x, y ∈ E , on a
kx − yk2 = kxk2 + kyk2 − 2 < x, y > .

5. La somme et la diérence des deux formules précèdentes dé-


montrent les résultat suivant pour tout x, y ∈ E
10
kx+yk2 +kx−yk2 = 2(kxk2 +kyk2 ) (Egalité du parallélogramme),
et
1
< x, y >= (kx+yk2 −kx−yk2 ) (Identité de polarisation).
4
Proposition 1.8.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et x, y ∈ E . On a
1.
| < x, y > | ≤ kxk.kyk (Inégalitde Cauchy-Shwartz ).

2.
kx + yk ≤ kxk + kyk (Inégalitde Triangulaire ).

Preuve.
1. Considérons d'abord le cas où x = 0. On a
< x, y >= 0 et kxk.kyk = 0.
D'où le résultat.
Dans le cas où x 6= 0, considérons λ ∈ R. On a
kλx + yk2 = < λx + y, λx + y >
= λ2 < x, x > +λ < x, y > +λ < y, x > + < y, y >
= kxk2 λ2 + 2 < x, y > λ + kyk2
On pose dans la suite
E(λ) = kxk2 λ2 + 2 < x, y > λ + kyk2 .
Comme kxk = 6 0, E(λ) est une equation de second degré en λ de signe
constant toujours positif , ainsi on a
∆ = 4 < x, y >2 −4kxk. kyk2 ≤ 0.
On donc 4 < x, y >2 ≤ 4kxk. kyk2 et par consèquent le résultat.
2. On a
kx + yk2 = kxk2 + kyk2 + 2 < x, y >
≤ kxk2 + kyk2 + 2kxk.kyk
≤ (kxk + kyk)2 ,
d'où le résultat.

11
2

Exercice 1.9.
1. Soit x1 , · · · , xn ∈ R. Montrer que
Xn n
X
( xi )2 ≤ n x2i .
i=1 i=1

2. Soit f une fonction de classe C 1 de [a, b] dans R. Montrer que


s s
Z b Z b
2 2
|f (b) − f (a) | ≤ 2 2
f (t) dt f 0 (t)2 dt.
a a

1.1.1 Orthogonalité

Dénition 1.10.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien, x, y ∈ E et A ⊂ E .
1. On dit que x est orthogonal à y et on note x ⊥ y si et seulement
si < x, y >= 0.
2. On dit que x est orthogonal à A et on note x ⊥ A si et seule-
ment si < x, a >= 0 pour tout a ∈ A.
3. On appelle orthogonal de A l'ensemble noté et déni par
A⊥ = {x ∈ E tel que x ⊥ a ∀a ∈ A}
= {x ∈ E tel que < x, a >= 0 ∀a ∈ A}

12
Remarque 1.11.
1. Comme < x, oE >= 0 pour tout x ∈ E , on a x ⊥ oE pour tout
x ∈ E et par conséquent

{0E }⊥ = E.

2. On montre également que


E ⊥ = {0E }.

En eet, soit x ∈ E ⊥ . On a par dénition < x, y >= 0 pour


tout y ∈ E . En prenant le cas particulier y = x on a
< x, x >= 0 = kxk.

3. Pour tout x ∈ E , on a
vect(x)⊥ = {x}⊥ .

En eet, y ∈ vect(x)⊥ donc y ⊥ αx pour tout α ∈ R et en


particulier y ⊥ x. On a ainsi la première inclusion.
Soit d'autre part y ∈ {x}⊥ . Il vient pour tout α ∈ R
< y, αx >= α < y, x >= 0,

d'où le résultat.
4. Soit A ⊂ E . On a
A ∩ A⊥ ⊆ {0E }.
En eet, soit x ∈ A∩A⊥ . On a x ∈ A⊥ c'est à dire < x, a >= 0
pour tout a ∈ A. En prenant le cas particulier x = a on a
< x, x >= 0 ⇒ x = oE ,

et donc A ∩ A⊥ ⊆ {0E }.
Pour expliquer le fait qu'on n'a pas nécéssairement une éga-
lité, il sut de remarquer que 0E n'est pas necéssairement un
élément de A.
5. Soit deux parties A et B de E . On dit que A est orthogonal à
B et on note A ⊥ B si et seulement si
13
A ⊂ B ⊥ et B ⊂ A⊥ .
Dénition 1.12.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et
F = {x1 , · · · , xn } une famille d'éléments de E .
1. F est dite une famille orthogonale si et seulement si
< xi , xj >= 0 ∀1 ≤ i 6= j ≤ n.

2. F est dite une famille orthonormée si et seulement si F est


une famille orthogonale de vecteurs unitaires.

Remarque 1.13.
1. F est une famille orthonormée si et seulement si on a pour
tout 1 ≤ i, j ≤ n
< xi , xj > = 0 si i 6= j
= kxi k2 = 1 si i = j

En d'autres termes, on a
< xi , xj >= δij = 0 si i 6= j
= 1 si i = j

2. On remarque que les vecteurs d'une famille orthonomée sont


nécéssairement non nuls.

Proposition 1.14.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien . Toute famille
orthogonale de vecteurs non nuls est libre.

Preuve. Soit F = {x1 , · · · , xn } une famille orthogonale de vecteurs non

14
nuls de E et soit α1 , · · · , αn ∈ R vériant

n
X
αi xi = 0.
i=1

Pour tout 1 ≤ k ≤ n, on a

n
X
< αi xi , xk >= 0.
i=1

Or
n
X n
X
< αi xi , xk >= αi < xi , xk >= αk < xk , xk >,
i=1 i=1

car < xi , xk >= 0 pour tout i 6= k. Ainsi on a

αk kxk k2 = 0 ⇒ αk = 0,

car kxk k =
6 0 étant donné que xk est non nul. 2

Remarque 1.15.
1. Toute famille orthonormée de E est libre.
2. On suppose que E est un espace euclidien de dimension n.
On a
(a) Toute famille orthonormée de cardinal n de E est une base
de E .
(b) Toute famille orthogonale de vecteurs non nuls et de car-
dinal n de E est une base de E .

15
Proposition 1.16.
Théorème de Pythagore
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et
F = {x1 , · · · , xn } une famille orthogonale de E . On a
n
X n
X
2
k xi k = kxi k2 .
i=1 i=1

On a en particulier pour tout x et y deux éléments orthogonaux de


E
kx + yk2 = kxk2 + kyk2 .

Preuve. Il résulte du fait que F est une famille orthogonale que


< xi , xj >= 0 pour tout 1 ≤ i 6= j ≤ n. Ainsi on a
n
X n
X n
X
2
k xi k = < xi , xi >
i=1 i=1 i=1
n X
X n
= < xi , xj >
i=1 j=1
Xn n
X
= < xi , xi >= kxi k2
i=1 i=1

1.2 Espaces vectoriels euclidiens

1.2.1 Bases orthonormées

Dénition 1.17.
Soit E est un espace vectoriel euclidien. On appelle base orthonomée
de E toute base de E qui est orthonormée.

16
Remarque 1.18.
1. La base canonique est une base orthonormée pour le produit
scalaire canonique de Rn .
2. La base canonique de Rn [X] n'est pas
R 1 une base orthonormée
pour le produit scalaire < P, Q >= 0 P (t).Q(t)dt.

Proposition 1.19.
Soit E est un espace vectoriel euclidien muni d'une base orthonormée
B = {e1 , · · · , en }.
1. Soit x ∈ E . Les coordonnées de x dans la base B sont les
< x, ei > pour tout 1 ≤ i ≤ n c'est à dire
n
X
x= < x, ei > ei .
i=1

2. Soit x, y ∈ E tel que x = xi ei et y = yi ei . On a


Pn Pn
i=1 i=1

n
X
< x, y >= xi .yi .
i=1

Preuve.
1. Soit x ∈ E tel que x = xi ei et soit 1 ≤ j ≤ n. On a
Pn
i=1

n
X
< x, ej > = < xi ei , ej >
i=1
n
X
= xi < ei , ej >
i=1
= xj < ej , ej >= xj kej k2 = xj

17
2.
n
X n
X
< x, y > = < xi ei , yi ei >
i=1 i=1
n X
X n
= xi yj < ei , ej >
i=1 j=1
n
X n
X
= xi yi < ei , ei >= xi .yi
i=1 i=1

Remarque 1.20.
Soit E est un espace vectoriel euclidien muni d'une P
base orthonormée
Pn= {e1 , · · · , en } et soit x, y ∈ E tel que x = i=1 xi ei et y =
n
B
i=1 yi ei . On note
   
x1 y1
.. ..

.  
. 
X = M atB (x) =  .. Y = M atB (y) =  .. .
   
. .

   
xn yn

On remarque facilement que


t
< x, y > =X.Y
v
u n
uX
kxk = t x2i
i=1
v
u n
uX
d(x, y = t (xi − yi )2
i=1

18
1.2.2 Algorithme d'hortonormalisation de Gram-Schmidt

Proposition 1.21.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien. Pour toute fa-
mille libre {e1 , · · · , ek } de E on peut trouver une famille orthonormée
{v1 , · · · , vk } tel que

vect(e1 , · · · , ek ) = vect(v1 , · · · , vk ).

Pour trouver la famille {v1 , · · · , vk }, on commence par construire de


1 à k la famille {u1 , · · · , uk } vériant
p−1
X < ep , ui >
up = ep − 2
ui ∀1 ≤ p ≤ k.
i=1
ku i k

On a à la n up
vp = ∀1 ≤ p ≤ k.
kup k

Preuve. Soit {e1 , · · · , ek } une famille libre de E


1. On pose u1 = e1 . On a u1 6= 0E car e1 est un élément d'une famille
libre
2. On pose u2 = e2 + αu1 tel que
< u2 , u1 >= 0.
On a u2 6= 0E car c'est une combinaison linéaire de vecteurs libres à
coecients non tous nuls. Il est clair également que
vect(e1 , e2 ) = vect(u1 , u2 ).
On a donc
< u2 , u1 > = < e2 + αu1 , u1 >= 0
= < e2 , u1 > +α < u1 , u1 >= 0
Ainsi < e2 , u1 >
α=− .
ku1 k2

19
3. On pose u3 = e3 + βu2 + γu1 tel que
< u3 , u1 >= 0 et < u3 , u2 >= 0.
On a u3 6= 0E car c'est une combinaison linéaire de vecteurs libres à
coecients non tous nuls. Il est clair également que
vect(e1 , e2 , e3 ) = vect(u1 , u2 , u3 ).
On a donc
< u3 , u1 > = < e3 + βu2 + γu1 , u1 >= 0
= < e3 , u1 > +β < u2 , u1 > +γ < u1 , u1 >= 0
= < e3 , u1 > +γ < u1 , u1 >= 0
et
< u3 , u2 > = < e3 + βu2 + γu1 , u2 >= 0
= < e3 , u2 > +β < u2 , u2 > +γ < u1 , u2 >= 0
= < e3 , u2 > +β < u2 , u2 >= 0
Ainsi < e3 , u1 > < e ,u >
γ=− 2
et β = − 3 22 .
ku1 k ku2 k
4. On continue ce procédé jusqu'à l'orde p. Soit donc 1 ≤ p ≤ k − 1. On
pose
p
X
up+1 = ep+1 + αi ui
i=1
tel que
< up+1 , ui >= 0 pour tout 1 ≤ i ≤ p.
Il est clair que up+1 6= 0E et
vect(e1 , · · · ep+1 ) = vect(u1 , · · · , up+1 ).
Soit 1 ≤ j ≤ p. On a
p
X
< up+1 , uj > = < ep+1 + αi ui , uj >= 0
i=1
p
X
= < ep+1 , uj > + αi < ui , uj >= 0
i=1
= < ep+1 , uj > +αj < uj , uj >= 0

20
Ainsi < ep+1 , uj >
αj = − .
kuj k2
Posons dans la suite vj = uj
kuj k
. On a {v1 , · · · , vk } est une famille
orthonormée vériant
vect(e1 , · · · , ek ) = vect(v1 , · · · , vk ).

2
On a ainsi le résultat suivant
Corolaire 1.22.
1. Tout espace vectoriel euclidien posséde une base orthonormée.
2. Soit E un espace vectoriel euclidien. Toute famille orthonor-
mée de E peut être complétée en une base orthonormée de
E.

Exercice 1.23.
Soit R3 l'espace vectoriel euclidien muni de son produit scalaire ca-
nonique. On pose
F = {(x, y, z) ∈ R3 tel que z = 2x + y}.

Trouver une base orthonormée de F .

1.2.3 Orthogonal d'un sous espace vectoriel

Propriétés
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien, A ⊂ E , x et y deux
éléments de E et F un sous espace vectoriel de E . On a
1. A⊥ est un sous espace vectoriel de E .
2. A⊥ = vect(A)⊥ et A ⊆ (A⊥ )⊥ .

21
3. Pour montrer que < x > est orthogonal à < y >, il sut de montrer
que < x, y >= 0.
4. Soit F = vect(e1 , · · · , ek ). Pour montrer que x est orthogonal à F , il
sut de montrer que x ⊥ ei pour tout 1 ≤ i ≤ k.
5. Pour tout F un sous espace vectoriel de E , F ∩ F ⊥ = {0E }. On donc
F et F ⊥ sont en somme directe c'est à dire que

F + F ⊥ = F ⊕ F ⊥.

Proposition 1.24.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et F un sous
espace vectoriel de E de dimension nie et de base orthonormée
B = {e1 , · · · , ek }. On a
1. F ⊥ est l'unique supplémentaire orthogonal de F .
2. (F ⊥ )⊥ = F .

Preuve.
1. Montrons d'abord le fait que E = F ⊕ F ⊥ et procèdons par analyse
synthèse.
Analyse. Soit x un élément de E . Cherchons x1 vériant

x = x1 + x − x1 tel que x1 ∈ F et x − x1 ∈ F ⊥ .

Comme x1 ∈ F et B est une base orthonormée de F , on a


k
X
x1 = < x1 , ei > ei .
i=1

D'autre part, on a

x − x1 ∈ F ⊥ ⇐⇒ x − x1 ⊥ ej ∀1 ≤ j ≤ k.

22
On a donc pour tout 1 ≤ j ≤ k
k
X
< x − x1 , ej > = 0 =< x − < x1 , ei > ei , ej >
i=1
k
X
= < x, ej > − < x1 , ei >< ei , ej >= 0
i=1
= < x, ej > − < x1 , ej >= 0

Il vient donc que < x, ej >=< x1 , ej > pour tout 1 ≤ j ≤ k et par


consèquent
k
X
x1 = < x, ei > ei .
i=1

synthèse. Soit x un élément de E . On pose


k
X
x1 = < x, ei > ei .
i=1

On a x1 ∈ F et x = x1 +x−x1 . Montrons maintenant que x1 ⊥ x−x1 .


On a
k
X k
X
< x1 , x − x1 > = < < x, ei > ei , x − < x, ei > ei >
i=1 i=1
Xk k
X k
X
= < < x, ei > ei , x > − < < x, ei > ei , < x, ei > ei >
i=1 i=1 i=1
k
X k
XX k
= < x, ei >< ei , x > − < x, ei >< x, ej >< ei , ej >
i=1 i=1 j=1
k
X k
X
= < x, ei >2 − < x, ei >2 = 0
i=1 i=1

car {e1 , · · · , ek } est une famille orthonormée. Il vient donc que x−x1 ∈
F ⊥.
Pour montrer L'unicité de F ⊥ en tant que supplémentaire orthogo-
nal de F , considèrons un autre supplémentaire orthogonal de F qu'on

23
notera F 0 et montrons que F 0 = F ⊥ . Il est clair que F 0 ⊆ F ⊥ . Consi-
dèrons maintenant x dans F ⊥ , on a
x∈E et E = F ⊕ F 0.
Il vient que x = f + f 0 où f ∈ F et f 0 ∈ F 0 . Comme x ∈ F ⊥ , on a
< x, f > = 0
= < f, f > + < f 0 , f >
= < f, f >= 0
On a donc kf k2 = 0 et donc f = 0E . Il en suit que x = f 0 ∈ F 0 et
donc F ⊥ ⊆ F 0 d'où le résultat.
2. Soit x ∈ F et soit y ∈ F ⊥ . On a
< x, y >= 0 =⇒ x ⊥ y =⇒ x ∈ (F ⊥ )⊥ .
Considérons inversement un x dans (F ⊥ )⊥ . On a
x∈E et E = F ⊕ F ⊥.
Et donc x = f + f 0 où f ∈ F et f 0 ∈ F ⊥ . Comme x ∈ (F ⊥ )⊥ , on a
< x, f 0 > = 0
= < f, f 0 > + < f 0 , f 0 >
= < f 0 , f 0 >= 0
On a donc kf 0 k2 = 0 et donc f 0 = 0E . Il en suit que x = f ∈ F et
donc (F ⊥ )⊥ ⊆ F d'où le résultat.

Remarque 1.25.
1. Le résultat précédent est vrai à condition que F soit de di-
mension nie. On note que l'espace E peut être de dimension
quelconque.
2. Si E est euclidien, on a
dim E = dim F + dim F ⊥ .

24
Dénition 1.26.
Soit E un espace vectoriel euclidien et H un hyperplan de E . H ⊥
est une droite vectorielle engendrée par un vecteur →

n appelé vecteur
normal de H .

Exemple 1.27.
On considère dans l'espace vectoriel eucliien R3 muni d'une base or-
thonormée le plan P d'equation 3x + 2y + z = 0.
P est un hyperplan de vecteur normal (3, 2, 1).

1.2.4 Projecteur orthogonal- Symétrie orthogonale

Dénition 1.28.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et F un sous espace
vectoriel de E de dimension nie.
1. On appelle projecteur orthogonal sur F le projecteur sur F
parallèlement à F ⊥ .
2. On appelle symétrie orthogonale sur F la symétrie sur F pa-
rallèlement à F ⊥ .

25
Remarque 1.29.
Comme F est de dimension nie on a E = F ⊕ F ⊥ . Il vient donc que
tout x de E s'écrit x = x1 + x02 où x1 ∈ F et x2 ∈ F ⊥ .
On note dans la suite pF le projecteur orthogonal sur F et sF la
symétrie orthogonale sur F . On rappelle que
pF (x) = x1
pF ◦ pF = pF
ImpF = F
ker pF = F⊥

et
sF (x) = x1 − x2
sF ◦ sF = IdE
F = ker(sF − IdE )
F⊥ = ker(sF + IdE )

Proposition 1.30.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et F un sous
espace vectoriel de E de dimension nie et de base orthonormée
B = {e1 , · · · , ek }. Soit pF le projecteur orthogonal sur F et soit x ∈ E .
On a
k
X
pF (x) = < x, ei > ei .
i=1

Preuve. Comme pF (x) ∈ F et B est une base orthonormée de F , on a


k
X
pF (x) = < pF (x), ei > ei .
i=1

26
Soit d'autre part 1 ≤ i ≤ k, on a

< x, ei > = < pF (x) + x − pF (x), ei >


= < pF (x), ei > + < x − pF (x), ei >
= < pF (x), ei >,

car pF (x−pF (x)) = pF (x)−pF (pF (x)) = 0E et donc x−pF (x) ∈ ker pF = F ⊥ .
2

Exercice 1.31.
1. Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et a un
élément de E . On note p la projection orthogonale sur < a >.
Soit x ∈ E . Déterminer p(x) en fonction de x et a.
2. Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel euclidien et H un hy-
perplan de E de vecteur normal → −
n . On note p la projection
orthogonale sur H .
Soit x ∈ E . Déterminer p(x) en fonction de x et →
−n.

Dénition 1.32.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et A ⊆ E et x un
élément de E . On appelle diatance de x à A le réel noté et déni par
d(x, A) = inf d(x, y).
y∈A

Proposition 1.33.
Soit (E, < ., . >) un espace vectoriel préhilbertien et F un sous espace
vectoriel de E de dimension nie et x ∈ E . On a
d(x, F ) = kx − pF (x)k.

27
Preuve. On a
d(x, F ) = inf d(x, y) = inf kx − yk.
y∈F y∈F

Or
kx − yk2 = kx − pF (x) + pF (x) − yk2
= kx − pF (x)k2 + kpF (x) − yk2 + 2 < x − pF (x), pF (x) − y >
D'un autre côté, on a déjà montré que x − pF (x) ∈ ker pF = F ⊥ . Comme
pF (x) − y est dans F , on a
< x − pF (x), pF (x) − y >= 0.
Il vient que
kx − yk2 = kx − pF (x)k2 + kpF (x) − yk2 .
Ainsi et comme l'inf de tous les y dans F est atteint pour y = pF (x), on a
inf kx − yk2 = kx − pF (x)k2 .
y∈F

Dénition 1.34.
Soit E un espace vectoriel euclidien. On appelle reexion de E toute
symétrie orthogonale par rapport à un hyperplan de E .

1.3 Automorohismes orthogonaux

Dans tout ce qui suit E est un espace vectoriel euclidien.

1.3.1 Généralités

Dénition 1.35.
Soit f ∈ L(E). f est dit endomorphisme orthogonal si et seulement
si f conserve la norme.
On note O(E) l ensemble des endomorphismes orthogonaux de E

28
Proposition 1.36.
Soit f ∈ L(E). f est orthogonal si et seulement si f conserve le
produit scalaire c est à dire ∀x, y ∈ E
< f (x), f (y) >=< x, y > .

Preuve. Soit f ∈ O(E) et soit x et y dans E . On a

kx + yk2 = kxk2 + kyk2 + 2 < x, y > .

D'autre part

kx + yk2 = kf (x + y)k2 = kf (x) + f (y)k2


= kf (x)k2 + kf (y)k2 + 2 < f (x), f (y) >
= kxk2 + kyk2 + 2 < f (x), f (y) >

d'où

< f (x), f (y) >=< x, y > .

Soit inversement un élément x dans E . On a

kf (x)k2 = < f (x), f (x) >


= < x, x >= kxk2

29
Remarque 1.37.
1. Tout endomorphisme orthogonal est bijectif. En eet, soit x ∈
ker f . On a

f (x) = 0 =⇒ kf (x)k = 0 =⇒ kxk = 0 =⇒ x = 0E .

f est donc injectif de E dans E en dimension nie . Par suite


f est bijectif.
On parle en général d'automorphisme vectoriel ou d'isométrie
vectorielle.
2. L'ensemble O(E) muni de la loi ◦ est un groupe appelé groupe
orthogonal. En eet, idE est orthogonal. Soit en plus f et g
dans O(E), on a
kf og(x)k = kg(x)k = kxk.

D'autre part f est orthogonal et bijectif, d'où


kf (f −1 (x))k = kf −1 (x)k et kf (f −1 (x))k = kxk.

Par suite kf −1 (x)k = kxk ce qui implique que f −1 est ortho-


gonal. Ce qu'il faut démontrer.
3. Un projecteur orthogonal diérent de l'identité n'est pas un
endomorphisme orthogonal ( puisqu'il n'est pas bijectif étant
donné que ker p = F ⊥ 6= {0E })
4. Toute symétrie orthogonale est un endomorphisme orthogonal.
En eet, soit x ∈ E = F ⊕ F ⊥ , donc
x = x1 + x2 tel que x1 ∈ F et x2 ∈ F ⊥ .

On
kxk2 = kx1 + x2 k2
= kx1 k2 + kx2 k2 + 2 < x1 , x2 >
= kx1 k2 + kx2 k2

et
ks(x)k2 = kx1 x2 k2
= kx1 k30
2
+ kx2 k2 − 2 < x1 , x2 >
= kx1 k2 + kx2 k2

s conserve donc la norme et elle est donc un automorphisme


orthogonal.
Exercice 1.38.
Montrer que toute symétrie qui est un endomorphisme orthogonal est
une symétrie orthogonale.

Proposition 1.39.
Soit f ∈ L(E). f est un automorphisme orthogonal si et seulement
si f transforme toute base orthoormée en une base orthonormée.

Preuve. Soit f un automorphisme orthogonal et B = (e1 , · · · , en ) une base


orthoormée de E . orthonormée. Il est clair que f (B) est une base puisque f
est bijectif. On a d'autre part
< f (ei ), f (ej ) >=< ei , ej >= δij ,

δij = 1 si i = j
= 0 sinon .
Ainsi f (B) est une base orthoormée de E .
Soit inversement une base B = (eP 1 , · · · , en ) orthoormée de E P
tel que f (B)
est une base orthoormée. Soit x = i=1 xi ei ∈ E . On a f (x) = ni=1 xi f (ei ),
n

et comme f (B) est une base orthoormée , il vient que


n
X
2
kf (x)k = x2i = kxk2 .
i=1

D'où f est orthogonal. 2

1.3.2 Matrices orthogonales

Une matrice M de Mn (R) est dite orthogonale si et seulement si


M.t M =t M.M = In .
On note On (R) l'ensemble des matrices orthogonales de Mn (R).

31
Remarque 1.40.
1. Il est clair que si M est orthogonale alors M est inversible et
M −1 =t M
2. Si M est orthogonale alors t M l'est aussi.
3. On montre facilement que On (R) est un groupe pour la mul-
tiplication des matrices appelé groupe orthogonal d'ordre n.

Proposition 1.41.
Soit M ∈ Mn (R). M est orthogonale si et seulement si les colonnes
de M forment une base orthonormée de Rn pour le produit scalaire
canonique.

Preuve. On pose In = (aij )1≤i,j≤n où

aij = 1 si i = j
= 0 sinon .

On note C1 , · · · , Cn les n colonnes de M e on considère 1 ≤ i, j ≤ n. On a

M ∈ On (R) ⇐⇒t M.M = In ⇐⇒t Ci .Cj = aij .

Comme t Ci .Cj =< Ci , Cj >, il vient que M est orthogonale est équivalent à

< Ci , Cj > = 1 si i = j
= 0 sinon .

ce qui donne que (C1 , · · · , Cn ) est une base orthonormée de Rn pour le produit
scalaire canonique. 2

32
Exemple 1.42.
Soit
√1 0 √1
 
2 2
A= − √12 0 √1
2

0 1 0
On a < C1 , C2 >=< C1 , C3 >=< C2 , C3 >= 0 et kC1 k2 = kC2 k2 =
kC3 k2 = 1. Ainsi (C1 , C2 , C3 ) est une base orthonormée de R3 pour
le produit scalaire canonique et donc A est une matrice orthogonale.

Proposition 1.43.
Soit B = (e1 , · · · , en ) une base orthoormée de E et f ∈ L(E). f est
un automorphisme orthogonal si et seulement si
M = M atB (f ) ∈ On (R).

Preuve. On note C1 , · · · , Cn les vecteurs colonnes de la matrice M . Comme


B est orthonormé , on a

< Ci , Cj >=t Ci .Cj =< f (ei ), f (ej ) > .

Supposons que f est orthogonal. On a donc f (B) est orthonormé et par


conséquent
< f (ei ), f (ej ) >=< Ci , Cj >= δij ,

δij = 1 si i = j
= 0 sinon .

M est donc matrice orthogonale.


La réciproque est immédiate de la même façon. 2

33
Remarque 1.44.
1. Soit B une base orthoormée de E . L'application
Φ : O(E) → On (R)
f 7→ M atB (f )

est bijective.
2. On rappelle que
M atB (f ◦ g) = M atB (f ).M atB (g) ∀f, g ∈ L(E).

On dit que Φ est un isomorphisme de groupes.

34

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