M1 Mathématiques
Université Paris Diderot
Analyse réelle.
Travaux Dirigés : feuille 1
26 septembre 2008
Exercice 1 : Théorème de Heine-Borel
Soit (E, d) un espace métrique. Montrer que E est compact si et seulement si de tout recouvrement
de E par des ouverts, on peut extraire un recouvrement fini de E.
Exercice 2
Soit (E, d) un espace métrique. Montrer que E est compact si et seulement si toute famille de fermés
dont l’intersection est vide admet une sous famille finie dont l’intersection est vide.
Exercice 3
Soit E un espace métrique avec une distance d.
1) Pour A ⊂ E et x ∈ E, on note
d(x, A) = inf d(x, y).
y∈A
Montrer que l’application x 7→ d(x, A) est continue.
2) On définit pour r > 0 le voisinage de A
Vr (A) = {x ∈ E; d(x, A) < r}.
1. Montrer que Vr (A) est un ouvert.
2. Si B est un compact non vide de E, montrer que l’ensemble
{r > 0; B ⊂ Vr (A)}
est non vide.
3) Déduire de la question précédente que si A et B sont des parties compactes non vides de E, on peut
définir le réel
(1) D(A, B) = inf{r > 0; B ⊂ Vr (A) et A ⊂ Vr (B)}.
Montrer que si A, B et C sont des parties compactes non vides de E
1
1. D(A, B) = 0 ⇔ A = B.
2. D(A, B) = D(B, A).
3. D(A, B) ≤ D(A, C) + D(C, B).
En déduire que D est une distance sur l’ensemble K(E) des parties compactes non vides de E.
4) On prend E = C([0, 1], R) et d(f, g) = kf − gk∞ . On considère les parties de E :
Aa,ℓ = {u ∈ E; kuk∞ ≤ a, u lipchitzienne avec une constante ≤ ℓ},
pour a > 0 et ℓ > 0. Expliquer pourquoi Aa,ℓ est un compact non vide de C([0, 1], R)
5)
1. Montrer que si a < b et k > ℓ, alors
inf{r; Ab,ℓ ⊂ Vr (Aa,k )} = b − a.
2. Montrer que si a < b et k > ℓ, alors pour tout ǫ > 0,
Aa,k ⊂ Va(1− ℓ )+ǫ (Ab,ℓ ).
k
b ℓ
3. Déduire que si a >2− k > 1, alors
D(Ab,ℓ , Aa,k ) = b − a.
Exercice 4
1. Montrer que (E, d) est complet si et seulement si pour toute suite décroissante de fermés non vides
(Fn )n∈N telle que diam Fn tend vers 0 alors l’intersection ∩n∈N Fn est un singleton.
2. Montrer que tout espace métrique dont toutes les boules fermées sont compactes est complet.
Exercice 5
Soient (E1 , d1 ) et (E2 , d2 ) deux espaces métriques.
1. Montrer que si E = E1 × E2 et si d définie sur E par d((x1 , x2 ), (y1 , y2 )) = d1 (x1 , y1 ) + d2 (x2 , y2 ),
alors d est une métrique sur E.
2. Montrer que si (E1 , d1 ) et (E2 , d2 ) sont complets, alors (E, d) est complet.
3. Montrer que si (E1 , d1 ) et (E2 , d2 ) sont compacts, alors (E, d) est compact.
4. Soit (K, d) un espace métrique compact, F un espace métrique, et f une application de K dans F .
Montrer que f est continue si et seulement si le graphe de f est compact.
Exercice 6
Soit (K, d) un espace métrique compact, et T : K → K une application telle que d(T x, T y) ≥ d(x, y),
pour tout x, y ∈ K.
1. Montrer que T est une isométrie. Pour cela, on utilisera la propriété que pour tout δ > 0, il existe un
recouvrement fini de K par des boules de rayons δ, et pour deux éléments x, y de K, on considérera
la suite T n x et T m y pour montrer que
d(x, y) ≤ d(T x, T y) + 2δ.
2
2. Montrer que T est surjective. On utilisera le fait que (T n (K))n forment une suite emboitée de
compacts non vides et on notera X∞ son intersection. On montrera que X∞ est un compact non
vide et que T X∞ ⊂ X ∞ .
En supposant que X∞ 6= K, on voit alors qu’il existe δ > 0, tel que l’ensemble Y des éléments
de K dont la distance à X ∞ est ≥ δ est non vide. On montrera que Y est un compact et que
T Y ⊂ Y . On peut alors construire la suite d’ensembles compacts non vides emboı̂tés (T n (Y ))n et
son intersection Y∞ = ∩n T n (Y ). Montrer alors que Y∞ ⊂ X∞ et en déduire une contradiction.
Exercice 7
Soit F un espace de Banach avec la norme |.|F .
1. Soit A un ensemble. On note B(A, F ) l’ensemble des applications bornées de A à valeurs dans F .
On munit B(A, F ) de la norme k.k, où
kf k = sup |f (x)|F .
x∈A
Montrer qu’avec cette norme, B(A, F ) est un espace de Banach.
2. Soit X un espace métrique. On note Cb (X, F ) l’espace des applications continues et bornées de X
dans F . Montrer que Cb (X, F ) est un espace de Banach.
3. Soit E un espace vectoriel de dimension fini. On note C0 (E, F ) l’espace des applications continues
f de E dans F telles que
lim |f (x)|F = 0.
|x|E →∞
Montrer que C0 (E, F ) est un espace de Banach.
4. Soit K un espace métrique compact. Montrer que C(K, F ) est un espace de Banach.
Exercice 8
Soit I = [0, 1]. Une fonction f de I dans R est Lipschitzienne si
|f (x) − f (y)|
ℓ(f ) = sup < +∞.
x6=y∈I |x − y|
On note L(I) l’ensemble des fonctions Lipschitziennes de I dans R.
1. Montrer que L(I) est un sous-espace vectoriel de C(I).
2. Montrer que k · k définie par
kf k = kf k∞ + ℓ(f )
est une norme sur L(I).
3. Montrer que L(I) est un espace de Banach avec la norme k · k.
4. L(I) est-il un fermé de C(I) ?
Exercice 9
Soit I = [0, 1]. Soit α ∈]0, 1[. Une fonction f de I dans R est Hölderienne d’exposant α si
|f (x) − f (y)|
hα (f ) = sup < +∞.
x6=y∈I |x − y|α
On note Hα (I) l’ensemble des fonctions Hölderiennes d’exposant α de I dans R.
1. Montrer que Hα (I) est un sous-espace vectoriel de C(I).
3
2. Montrer que k · kα définie par
kf kα = |f (0)| + hα (f )
est une norme sur Hα (I) et que kf k∞ ≤ kf kα .
3. Porposer une norme équivalente à la précédente.
4. Montrer que Hα (I) est un espace de Banach avec la norme k · kα .
5. Montrer que l’ensemble
( )
|f (x) − f (y)|
Fα = f ∈ Hα (I), lim sup =0
t→0 x6=y∈I,|x−y|<t |x − y|α
est un fermé non vide de Hα (I).
Exercice 10
Soit E un espace de Banach et soit f une application de E dans E, continue en 0. On suppose qu’il
existe une constante positive M telle que
kf (x + y) − f (x) − f (y)k ≤ M, ∀x, y ∈ E.
Montrer qu’il existe une unique application linéaire continue T de E dans E telle que
kf (x) − T xk ≤ M ′ ,
où M ′ est une constante positive.
Pour cela, on pourra montrer que
1. Pour tout entier positif p et pour tout x ∈ E, la suite ( p1n f (pn x))n∈N est de Cauchy et que sa limite
notée T x ne dépend pas de p.
2. Montrer que
(2) T (x + y) = T x + T y, ∀x, y ∈ E,
et que
T 0 = 0.
3. Montrer que pour tout entier p,
T (px) = pT x, ∀x ∈ E.
4. En déduire que pour tout rationnel p/q, q 6= 0,
p p
(3) T ( x) = T x, ∀x ∈ E.
q q
5. Montrer que pour tout x ∈ E,
kf (x) − T xk ≤ M.
6. Déduire du point précédent que pour tout ǫ > 0, il existe δ > 0 tel que
(4) kT xk ≤ 2M + ǫ, ∀x ∈ B(0, δ).
7. Déduire de (2), (3) et (4) que T est continue.
8. Déduire de la question précédente et de (2) et (3) que T est linéaire.
9. Montrer que T est unique.