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Théorème de Baire et Espaces de Banach

Ce document présente le théorème de Baire et ses applications à l'analyse fonctionnelle. Il définit le théorème de Baire et donne plusieurs de ses applications comme le théorème de Banach-Steinhaus.

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Théorème de Baire et Espaces de Banach

Ce document présente le théorème de Baire et ses applications à l'analyse fonctionnelle. Il définit le théorème de Baire et donne plusieurs de ses applications comme le théorème de Banach-Steinhaus.

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THÉORÈME DE BAIRE ET APPLICATIONS À

L’ANALYSE FONCTIONNELLE

par

Robert Rolland

Résumé. — On rapppelle le théorème de Baire et ses applications aux


théorèmes de base de la géométrie des espaces de Banach.

Table des matières


1. Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2. Le théorème de Baire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
3. Applications à la géométrie des espaces de Banach . . . 4

1. Introduction
Une lacune importante de l’intégration au sens de Cauchy, et qui
persiste avec l’intégrale de Riemann, est que la classe des fonctions
intégrables n’est pas stable par passage à la limite simple. René Baire
(1874 - 1932) a étudié quelles classes de fonctions pouvaient être obte-
nues, en partant de l’espace des fonctions continues, par des passages
successifs à la limite simple. Plus précisément, si on part des fonctions
continues et qu’on prend l’espace des fonctions qui sont limites simples
de suites de fonctions continues, on trouve une classe un peu plus grande
B1 appelée première classe de Baire. Si on considère l’espace des fonctions
qui sont limites simples de suites de fonctions de B1 on tombe sur une
classe encore plus grande, la deuxième classe de Baire. On définit ainsi
les classes Bn . On peut penser que si on considère ∪n∈N Bn , on obtient
2 R. ROLLAND

une classe stable par passage à la limite simple. Mais cela est faux, il faut
encore continuer et donc travailler sur les ordinaux. Lors de cette étude
que Baire a mené à son terme, et qui aboutit à la constructions de toutes
les fonctions boreliennes par une récurrence transfinie, il a eu besoin de
nombreux résultats, dont celui qu’on appelle maintenant le théorème de
Baire, qu’il donne comme un simple lemme dans son travail. Ce théorème
est maintenant à la base de quelques outils parmis les plus importants
de l’analyse fonctionnelle.

2. Le théorème de Baire
Nous allons nous placer dans un espace métrique complet R dont nous
notons d la distance. On rappelle que le diamètre δ(A) d’une partie A de
R est l’élément de R+ défini par
δ(A) = sup d(x, y).
x,y∈A

On notera Å l’intérieur de A et A l’adhérence de A.


Le théorème de Baire repose sur le lemme suivant
Lemme 2.1. — Soit R un espace métrique complet et (Kn )n≥1 une
suite décroissante de fermés non vides de R, telle que
lim δ(Kn ) = 0.
n→+∞

Alors l’intersection des Kn est réduite à un point :


∩+∞
n=1 Kn = {a}.

Démonstration. — Pour tout n choisissons un point xn ∈ Kn . La suite


(xn )n≥1 ainsi construite est une suite de Cauchy. Comme R est complet,
cette suite de Cauchy converge donc vers un point a. Remarquons que
pour tout n, les points xm où m ≥ n sont tous dans Kn . Comme chaque
Kn est fermé, on conclut que le point limite a est dans tous les Kn .
L’hypothèse sur les diamètres des Kn implique que l’intersection des Kn
a au plus un point. En définitive on a montré que
∩+∞
n=1 Kn = {a}.
THÉORÈME DE BAIRE 3

En s’appuyant sur ce lemme, nous allons montrer le théorème de Baire :


Théorème 2.2 (Baire). — Soit R un espace métrique complet. Soit
(Mn )n≥1 une famille dénombrable de sous-ensembles de R telle que :
(1) ∪+∞
n=1 Mn = R.

Alors l’une au moins des adhérences Mn contient une boule.


Démonstration. — Supposons qu’aucun des Mn ne contienne de boule.
Alors M1 6= R. Dans ces conditions ∁M1 est un ouvert non vide de R.
On peut donc trouver une boule fermée K1 de diamètre ≤ 1, telle que
K1 ∩ M1 = ∅. Nous construisons alors par récurrence une suite (Kn )n≥1
de boules fermées telle que :
(1) Kn+1 ⊂ Kn ,
(2) δ(Kn ) ≤ 1/n,
(3) Kn ∩ Mn = ∅.
En effet, on a construit K1 , et si la suite (Kn )n≥1 est construite jusqu’au
rang n, alors on construit Kn+1 de la façon suivante. Comme Mn+1 ne
contient pas de boule, l’ensemble K̊n \ Mn+1 est un ouvert non vide qui
contient donc une boule fermée Kn+1 de diamètre ≤ 1/(n + 1). D’après
le lemme 2.1, l’intersection des Kn est réduite à un point a. Ce point a
n’appartient à aucun des Mn contrairement à l’hypothèse (1).
On obtient à partir de là :
Corollaire 2.3. — Soit R un espace métrique complet. Soit (Mn )n≥1
une famille dénombrable de sous-ensembles de R dont les fermetures sont
˚ = ∅. Alors la réunion ∪ M est d’intérieur
d’intérieurs vides : Mn n≥1 n
vide.
Démonstration. — Supposons que ∪n≥1 Mn ne soit pas d’intérieur vide.
Alors cette réunion contient une boule fermée B. L’espace métrique R
induit sur B un espace métrique complet. Or ∪n≥1 (Mn ∩ B) = B, on
peut donc lui appliquer le théorème précédent ce qui fait que Mn ∩ B
contient une boule (qui est à la fois une boule de B et une boule de R).
Remarquons que Mn ∩ B est la fermeture dans B, mais comme B est
fermé dans R, c’est aussi la la fermeture dans R. De plus Mn ∩ B ⊂ Mn .
Donc M contient une boule.
4 R. ROLLAND

3. Applications à la géométrie des espaces de Banach


3.1. Théorème de Banach-Steinhaus. — Voici une conséquence
immédiate du théorème de Baire qui va nous servir par la suite.
Théorème 3.1. — Soit (fi )i∈I une famille de fonctions continues
définies sur un espace métrique complet R et à valeurs réelles. On sup-
pose que pour tout point x ∈ R on a :
sup fi (x) = M(x) < +∞.
i∈I

Alors il existe un ouvert non vide Ω dans lequel les fonctions fi sont
uniformément bornées, c’est-à-dire :
 
sup sup fi (x) < +∞.
x∈Ω i∈I

Démonstration. — Pour tout n ≥ 1 posons


Fn = {x | sup fi (x) ≤ n}.
i∈I

Les Fn sont des fermés et


R = ∪∞
n=1 Fn .

Donc l’un au moins des Fn contient une boule ouverte Ω.


Quand on parle actuellement du Théorème de Banach-Steinhaus, on
parle en fait d’une synthèse de résultats tirés et adaptés de plusieurs
lemmes et théorèmes qui apparaissent dans l’article de S. Banach et H.
Steinhaus intitulé « Sur le principe de la condensation de singularités »
(Fundamenta Math. 9 (1927) p. 50-61). Nous donnerons ici deux versions
qui sans être exactement rédigées comme dans l’article en question en
sont une transcription assez fidèle et correspondent aux exposés modernes
qu’on trouve actuellement dans la littérature.
Théorème 3.2 (Banach - Steinhaus (version 1))
Soit B un espace de Banach, F un espace vectoriel normé. Soit (Ti )i∈I
une famille d’applications linéaires continues de B dans F . On suppose
que pour tout x ∈ B on ait :
sup ||Ti (x)|| < +∞.
i∈I
THÉORÈME DE BAIRE 5

Alors :
sup ||Ti || < +∞.
i∈I

Démonstration. — Appliquons le théorème 3.1 aux fonctions fi (x) =


||Ti (x)||. Les fonctions fi sont bien continues et supi∈I fi x) =
M(x) < +∞. Donc il existe un ouvert non vide Ω tel que
supx∈Ω (supi∈I ||Ti(x)||) = M < +∞. Soit K(x0 , r) une boule fermée
de centre x0 et de rayon r incluse dans Ω. Pour tout i ∈ I et tout
x ∈ K(x0 , r) on a donc ||Ti(x)|| ≤ M. Si maintenant x est un élément
de norme 1, alors x0 + rx ∈ K(x0 , r) et donc ||Ti (x0 + rx)|| ≤ M. Mais
rx = (x0 + rx) − x0 et donc r||Ti(x)|| ≤ 2M, d’où ||Ti (x)|| ≤ 2M/r. Par
suite pour tout i ∈ I on a ||Ti || ≤ 2M/r.
Corollaire 3.3. — Soit (Ti )i∈I une famille d’applications linéaires
continues d’un espace de Banach B dans un espace vectoriel normé F .
On suppose que pour tout x ∈ B on a supi∈I ||Ti(x)|| < +∞. Alors :
lim Ti (x) = 0,
x→0

uniformément par rapprt à i.


Démonstration. — Le théorème de Banach-Steinhaus nous permet de
dire que :
M = sup ||Ti || < +∞.
i∈I
Donc :
||Ti (x)|| ≤ ||Ti|| ||x|| ≤ M||x||,
ce qui prouve le corollaire.
Théorème 3.4 (Banach - Steinhaus (version 2))
Soient X et Y deux espaces de Banach et (Tα )α∈A un système dirigé
d’applications linéaires continues de X dans Y . On suppose que pour tout
x ∈ X on ait
sup ||Tα (x)|| < +∞.
α∈A
Si limα∈A Tα (x) existe pour les éléments d’une partie topologiquement
génératrice de X, alors la limite existe pour tout x ∈ X et l’application
x 7→ T (x) = lim Tα (x)
α∈A
6 R. ROLLAND

est linéaire et continue.


Démonstration. — Soit ǫ > 0. D’après le corolaire 3.3 il existe δ > 0 tel
que pour tout z ∈ X de norme ||z|| ≤ δ on ait ||Tα (z)|| ≤ 3ǫ , et ceci pour
tout α.
Si limα∈A Tα (x) existe pour les éléments d’une partie A topologique-
ment génératrice de X notons D = [A] l’ensemble des combinaisons
linéaires finies d’éléments de A. La limite limα∈A Tα (x) existe alors pour
les éléments de D qui est par construction une partie dense dans X.
Comme D est dense dans X, pour tout x ∈ X il existe y ∈ D tel que
||x − y|| ≤ δ. Comme limα∈A Tα (y) existe, on peut trouver un indice
α(y, ǫ) ∈ A tel que pour tout α > α(y, ǫ) et tout β > α(y, ǫ) on ait
||Tα (y) − Tβ (y)|| ≤ 3ǫ .
On a alors pour tout α > α(y, ǫ) et pour tout β > α(y, ǫ) les inégalités
successives :
||Tα (x) − Tβ (x)|| ≤ ||Tα (x) − Tα (y)||+||Tα (y) − Tβ (y)||+||Tβ (y) − Tβ (x)|| ,
||Tα (x) − Tβ (x)|| ≤ ||Tα (x − y)|| + ||Tα (y) − Tβ (y)|| + ||Tβ (y − x)|| ,
(2) ||Tα (x) − Tβ (x)|| ≤ ǫ.

Soit α1 > α(y, 1) et par récurrence αn > max αn−1 , α(y, 1/n) . La suite

Tαn (x) n≥1 est une suite de Cauchy dans Y , et comme Y est complet
elle converge vers une limite lx . Pour tout ǫ > 0 il existe donc n0 tel que
pour tout n ≥ n0 on ait
(3) ||Tαn (x) − lx || ≤ ǫ.
On a aussi :
lim Tα (x) = lx .
α
En effet, partons de l’inégalité :
||Tα (x) − lx || ≤ ||Tα (x) − Tαn (x)|| + ||Tαn (x) − lx || .
Fixons n tel que n ≥ max(n0 , 1/ǫ). Le αn correspondant est > α(y, ǫ).
Pour tout α > α(y, ǫ) on a donc en vertu de (2) :
||Tα (x) − Tαn (x)|| ≤ ǫ,
et en vertu de (3) :
||Tαn (x) − lx || ≤ ǫ.
THÉORÈME DE BAIRE 7

Ceci montre qu’on a pu rendre ||Tα (x) − lx || aussi petit qu’on veut.
Soit T l’application de X dans Y définie par :
x 7→ T (x) = lim Tα (x).
α
Les applications Tα étant linéaires, la conservation des égalités par pas-
sage à la limite nous montre que T est linéaire. Pour tout ǫ > 0 il existe
α tel que ||Tα (x) − T (x)|| ≤ ǫ, donc tel que ||T (x)|| ≤ ||Tα (x)|| + ǫ. Par
ailleurs l’hypothèse et le théorème 3.2 impliquent que M = supα ||Tα || <
+∞. On a donc pour tout ǫ > 0 et tout x :
||T (x)|| ≤ M||x|| + ǫ,
et donc encore :
||T (x)|| ≤ M||x||.
Ceci montre la continuité de T avec en plus :
||T || ≤ M = sup ||Tα || .
α

3.2. Théorème de Banach-Schauder. — Rappelons qu’une appli-


cation est dite ouverte lorsque l’image de tout ouvert est un ouvert.
Théorème 3.5 (Banach-Schauder ou de l’application ouverte)
Soient E et F deux espaces de Banach. Toute application linéaire conti-
nue surjective de E sur F est ouverte.
Démonstration. — Soit u une application linéaire continue surjective de
E sur F . Soit V un voisinage de 0 dans E. L’application (x, y) 7→ x − y
étant continue dans E, il existe un voisinage V ′ de 0 dans E tel que
V ′ − V ′ ⊂ V . Soit Fn = n u(V ′ ) où u(V ′ ) est l’adhérence dans F de
u(V ′ ). Soit y ∈ F , alors puisque u est surjective il existe x ∈ E tel que
u(x) = y. Comme V est un ouvert non vide (il contient 0), il contient
une boule ouverte de rayon r > 0. Prenons n > ||x|| r
, alors x ∈ n V , donc
u(x) ∈ u(n V ) = n u(V ) ⊂ n u(V ). On en conclut que ∪+∞
′ ′ ′
n=1 n u(V ) = F .
Par application du théorème de Baire on conclut à l’existence d’un entier
n tel que Fn soit d’intérieur non vide. Donc u(V ′ ) est d’intérieur non
vide, c’est-à-dire qu’il contient un ouvert non vide Ω. Pour tout point
x, l’ensemble Ωx = −x + Ω translaté de Ω est aussi ouvert, si bien que
8 R. ROLLAND

Ω − Ω = ∪x∈Ω Ωx est aussi un ouvert. Cet ouvert contient le point 0. De


plus :
Ω − Ω ⊂ u(V ′ ) − u(V ′ ) ⊂ u(V ′ ) − u(V ′ ) = u(V ′ − V ′ ) ⊂ u(V ),
ce qui prouve que u(V ) est un voisinage de 0 dans F .
Posons W = u(V ). Soit ǫ fixé tel que 0 < ǫ < 1. Alors W ⊂ W + ǫ W .
En effet soit x ∈ W , comme ǫ W est un voisinage de 0, l’ensemble X +ǫ W
est un voisinage de x. Par définition de l’adhérence, ce voisinage contient
donc un y ∈ W , c’est-à-dire que y = x+z où z ∈ ǫ W . Donc x ∈ W +ǫ W .
Par suite on a pour tout entier n l’inclusion :
W ⊂ W + ǫ W + ǫ2 W + · · · + ǫn W + ǫn+1 W .
En conséquence, tout point y ∈ W s’écrit :
y = η0 + ǫ η1 + · · · + ǫn ηn + yn′ ,
où ηi ∈ W et yn′ ∈ ǫn+1 W .
Si on prend pour voisinage V la boule fermée de centre 0 et de rayon
r > 0 alors W = u(V ) est un ensemble borné, W est borné, donc
limn→+∞ yn′ = 0. D’autre part on peut réécrire y sous la forme :
y = u(ξ0 + ǫ ξ1 + · · · + ǫn ξn ) + yn′ ,
où ξi ∈ V . Posons alors :
xn = ξ0 + ǫ ξ1 + · · · + ǫn ξn ,
si m > n on a :
xm − xn = ǫn+1 (ξn+1 + ǫ ξn+2 + · · · + ǫm−n−1 ξm ).
Comme ||ξi|| ≤ r on peut aussi écrire :
r
||xm − xn || ≤ ǫn+1 r(1 + ǫ +c dots + ǫm−n−1 ≤ ǫn+1 .
1−ǫ
Ceci montre que la suite (xn )n est une suite de Cauchy. Elle converge
donc vers un x ∈ V . Cet élément limite vérifie :
r
u(x) = lim u(xn ) = y et ||x|| ≤ .
n→+∞ 1−ǫ
Ceci prouve que :  
1
W ⊂u V ,
1−ǫ
THÉORÈME DE BAIRE 9

ou encore :
(1 − ǫ) W ⊂ u(V ).
Donc u(V ) est un voisinage de 0.
On en déduit en faisant une tanslation que si V est un voisinage d’un
point x alors u(V ) est un voisinage de u(x). Sachant qu’un ensemble est
ouvert si et seulement s’il est voisinage de tous ses points, on conclut que
pour tout ouvert O de E, u(O) est un ouvert de F .
Corollaire 3.6 (Théorème d’isomorphisme). — Si u est une bijec-
tion linéaire continue d’un espace de Banach E sur un espace de Banach
F alors u est bicontinue, et donc les deux espaces sont isomorphes.
Si E et F sont des espaces de banach, E×F muni de la norme ||(x, y) =
||x||E + ||y||F est un espace de Banach. La topologie donnée par cette
norme est bien la topolgie produit des deux espaces topologiques données
par les deux normes ||.||E et ||.||F .
Sauf avis contraire, c’est cette norme que nous prendrons sur l’espace
produit E × F .
Théorème 3.7 (Théorème du graphe fermé)
Une application linéaire u d’un espace de Banach E dans un espace
de Banach F est continue si et seulement si son graphe est fermé dans
E × F.
Démonstration. — Supposons que l’application linéaire u de E dans F
soit continue. Notons G le graphe de u, c’est-à-dire :
 
G = x, u(x) | x ∈ E .
Si (x, y) ∈
/ G, alors y 6= u(x) et comme u est continue, il existe un d > 0
tel que ||u(x) − y|| ≥ d > 0. Soit V1 un voisinage de x tel que pour tout
x′ ∈ V1 on ait ||u(x) − u(x′ )|| < d/2. Soit V2 = {y ′ ∈ F | ||y − y ′ || < d/2.
Alors V1 × V2 est un voisinage de (x, y) inclus dans le complémentaire de
G. Ceci montre que G est fermé.
Réciproquement, si G est fermé dans E × F , G muni de la norme
induite est un espacede Banach. Soit alors p l’application de G dans E
définie par p x, u(x) = x est bicontinue, ce qui implique la continuité
de u puisque p−1 (x) = x, u(x) est continue.

10 R. ROLLAND

Corollaire 3.8. — Une application linéaire u d’un espace de Banach


E dans un espace de Banach F est continue si et seulement si pour toute
suite (xn )n d’éléments de E telle que :
(1) limn→+∞ xn = x,
(2) limn→+∞ u(xn ) = y.
on a y = u(x).
Démonstration. — La condition est évidemment nécessaire pour que u
soit continue. Si la condition a lieu, cela veut dire que tout point (x, y)
qui est adhérent au graphe G de u appartient à G. Le graphe est donc
fermé et en conséquence u est continue.
Théorème 3.9. — Soient X, Y , Z trois espaces de Banach. Soit F
une famille d’applications linéaires continues de F dans Z vérifiant la
condition suivante :
(C) Si y est tel que f (y) = 0 pour tout f ∈ F alors y = 0.
Soit T une application linéaire de E dans F . Si pour tout f ∈ F l’appli-
cation composée f ◦ T est continue, alors T est continue.
Démonstration. — Soit xn une suite de points de E telle que :
(1) limn→+∞ xn = x,
(2) limn→+∞ T (xn ) = y.

Alors limn→+∞ f T (xn ) = f (y) en vertu de (2) et de la continuité de
f . On a aussi limn→+∞ f ◦ T (xn ) = f ◦ T (y), en vertu de (1) et de la
continuité de f ◦ T . Par suite f ◦ T (x) = f (y) ou encore f T (x) − y = 0
et ceci pour tout f , donc T (x) = y. Le corollaire précédent nous permet
de conclure.

24 mai 2010
R. Rolland, Association ACrypTA, 50 Rue Edmond Rostand 13006 Marseille,
E-mail : [Link]@[Link]

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