APOLOGIE DE SOCRATE
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GROUPE SCOLAIRE
MANDELA MADIBA
: APOLOGIE DE SOCRATE DE PLATON
PLAN
NOMS DES EXPOSANTS
INTRODUCTION
I.AUTEUR
Mody Ka
1. BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE
Dieynaba Diagne
II.L’APOLOGIE DE SOCRATE : PRESENTATION
Maimouna Dieye
1. ETUDE DE LA SECONDE PARTIE DE
L’ŒUVRE
2. ETUDE DE LA TROISIEME PARTIE
DE L’OEUVRE
A. ACTEURS DU PROCES
B. LE CHOIX DE LA SENTENCE APRES LA
CONDAMNATION
CONCLUSION
SOURCE : Wikipédia
Classe:TL1 A
Professeur: Mr Ngom
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APOLOGIE DE SOCRATE
INTRODUCTION
Cette œuvre qui est une des plus lue de Platon se présente comme le rapport des allocutions
que Socrate aurait prononcées devant ses juges avant et après sa condamnation. L’Apologie
de Socrate s’inscrit dans la première partie de l’œuvre de Platon à savoir celle des dialogues
socratiques. Elle est antérieure aux grands dialogues comme Le Phédon et Le Banquet.
L’Apologie de Socrate n’est probablement pas un compte rendu exact des propos de Socrate
mais une création philosophique inspirée du réel sauf pour le dernier discours qui est fort
improbable. Il s’agit davantage de Socrate défendu par Platon que la défense de Socrate par
lui- même.
En l’an 399 avant notre ère, une accusation capitale fut lancée contre Socrate : elle entraîna sa
condamnation puis sa mort. Il avait alors 70 ans. C’est à cette accusation qu’est censée
répondre
« l’Apologie de Socrate » de Platon.
L’Apologie de Socrate est un discours qui comporte trois parties distinctes et, indéniablement,
très inégales. Dans un premier temps (et il s’agit de la partie la plus importante), Socrate
présente sa plaidoirie [2]. Il répond aux calomnies propagées contre lui. Dans un deuxième
temps, une fois reconnu coupable, Socrate précise la peine qu’il croit méritée. Dans un
troisième temps, on retrouve les dernières paroles de Socrate à ses juges et quelques mots
qu’il adresse à ses disciples sur l’au-delà et l’immortalité de l’âme.
1. BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Platon né en 428 / 427 av. J.-C. et mort en 348 / 347 av. J.-C. à Athènes, est un philosophe
antique de la Grèce classique, contemporain de la démocratie athénienne et des sophistes qu'il
critiqua vigoureusement. Il reprit le travail philosophique de certains de ses prédécesseurs,
notamment Socrate dont il fut l'élève, ainsi que Parménide, Héraclite et Pythagore, afin
d'élaborer sa propre pensée. Celle-ci explore la plupart des champs importants, c'est-à-dire
la métaphysique, l'éthique, l'esthétique et la politique.
Son œuvre, composée presque exclusivement de dialogues, produit les premières formulations
classiques des problèmes majeurs de l'histoire de la philosophie occidentale. Chaque dialogue
de Platon est l'occasion d'interroger un sujet donné, par exemple le beau ou le courage.
Platon appartient à une des plus illustres familles d'Athènes. Son nom d'Aristoclès est très tôt
changé en celui de Platon (de platus, large), surnom qui lui est sans doute attribué à cause de
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APOLOGIE DE SOCRATE
la largeur de ses épaules ou de son front. Il étudie les lettres, les mathématiques, la musique et
la gymnastique.
Sa rencontre avec Socrate, en 408, est décisive et l'amène à renoncer aux arts pour s'adonner
à la philosophie, mais toute son œuvre gardera de cette première formation une très forte
imprégnation poétique. Toute sa vie, il conservera pour son premier maître une grande
admiration. Qu'Athènes puisse accuser d'impiété et condamner à mort l'homme le plus
éminent de son époque le marquera pour toujours et déterminera l'orientation de sa pratique
philosophique.
Déçu par la démocratie, profondément affecté par la mort du maître, Platon décide de s’exiler
et entreprend de nombreux voyages, notamment dans la grande Grèce (Italie du Sud). En
Sicile, il tente vainement de convaincre Denys l'Ancien d'établir une forme de gouvernement
régie par la philosophie. Le tyran se brouille avec lui et le livre à un capitaine qui le vend
comme esclave; il est heureusement racheté par un ami.
Platon revient à Athènes (vers 387) où il fonde une école de philosophie qu'on appellera
l'Académie parce qu'elle se trouvait dans les jardins d'Academus. On y enseigne la
philosophie mais aussi les mathématiques et la gymnastique. L'enseignement est prodigué
sous forme de discussions et de débats d'idée, ce qui explique la prédilection de Platon pour
le dialogue. Parmi les élèves les plus brillants se trouve Aristote - le seul à pouvoir vraiment
rivaliser avec le maître. C’est vraisemblablement à l'Académie que Platon compose la plus
grande partie de ses ouvrages, résultats de ses réflexions sur les Idées, la Nature, Dieu et le
Souverain Bien. La plupart de ses œuvres maitresses ont pu être conservées et ses théories
ont marqué toute l'histoire de la philosophie jusqu'à nos jours. Platon retournera en Sicile
pour tenter de guider le successeur de Denys l'Ancien, Denys le Jeune, vers la sagesse, sans
succès. Son dernier voyage, entrepris pour sauver un de ses amis, manque lui coûter la vie.
Alors il revient définitivement à Athènes où il se consacre à la philosophie jusqu'à sa mort, à
l'âge de quatre- vingts ans.
Les œuvres de Platon ont toutes été conservées. Néanmoins, au Moyen Age, peu d’entre elles
étaient traduites en latin, et donc seules quelques-unes étaient lues à cette époque (en
particulier le Timée).
Toutes sont des dialogues, à l’exception de l’Apologie et les lettres. On les classe
communément en trois catégories : les dialogues de jeunesse, de maturité et de vieillesse.
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APOLOGIE DE SOCRATE
Principaux ouvrages
Gorgias, GF Flammarion, Paris, 1993
Menon, GF Flammarion, Paris, 1993
Apologie de Socrate, GF Flammarion, Paris, 1999
Le Banquet, GF Flammarion, Paris, 2007
La République, GF Flammarion, Paris, 2002
Phèdre, GF Flammarion, Paris, 2012
II _L’APOLOGIE DE SOCRATE : PRESENTATION
Socrate n’a rien écrit et son enseignement fut dans la cité Athénienne, purement oral. Nous le
connaissons surtout par les textes de Platon, qui fut son » disciple «, textes comme La
République, Le Gorgias, Le Phédon, Le Banquet, etc.…, qui mettent en scène un Socrate
questionnant, interrogeant ses concitoyens sur des sujets de toutes sortes et donnant naissance
ainsi à la rationalité philosophique en Occident. En effet, Socrate dans ses discours, s’oppose
à la méthode relativiste des sophistes, professeurs d’éloquence, beaux parleurs et habiles à
raisonner, qui prétendent enseigner, contre rémunération, l’art de bien discourir, l’art de
persuader, par tous les moyens, une assemblée, quelle que soit la théorie défendue : les
sophistes n’ont donc pas d’abord le souci de la vérité mais se préoccupent surtout du pouvoir
des mots, de l’art de persuader autrui, de l’efficacité d’un discours. Socrate au contraire,
prétend ne rien savoir, et cherche avant tout la vérité et la justice, par un travail critique des
opinions, en examinant le manque de solidité des croyances des hommes de son temps. Dès le
premier paragraphe de l’Apologie, Socrate veut d’ailleurs redire qu’il n’est pas comme les
sophistes un habile discoureur : » je suis un orateur mais pas à leur manière » (17a). Socrate
se pense en effet investi d’une » mission divine «, l’oracle de Delphes ayant déclaré qu’il
était le plus sage des hommes (voir en 21a). En quoi consiste cette sagesse ? C’est que la
plupart des hommes pensent posséder des connaissances bien établies alors qu’ils sont surtout
enfermés dans leur certitude et leurs préjugés qui se révèlent discutables après examen.
L’ignorance se présente comme sûre d’elle même alors que la reconnaissance de son
ignorance marque le début de la sagesse… Se savoir ignorant c’est au fond la condition qui
nous permet de nous rendre disponible au travail critique de la pensée et donc à la recherche
de la vérité, du bien, de la vertu, de la justice. Socrate reste un philosophe (philia-sophia), un
amoureux de la vérité, plus qu’un propriétaire de cette vérité, dont la pensée ne s’est pas figée
dans une doctrine mais qui reste une quête permanente. Socrate nie être un maître penseur
(23c et 33a). À cela deux raisons
: d’une part il ne fait jamais payer son enseignement (19d-e, 33a-b) et d’autre part, il ne dispose
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APOLOGIE DE SOCRATE
d’aucun savoir positif, d’aucune doctrine, qu’il serait susceptible d’enseigner (19d, et surtout
20b). Il insiste : « Moi qui ne sais rien, je ne vais pas m’imaginer que je sais quelque chose. »
(21d) – phrase qui a souvent été reformulée par les commentateurs de cette façon : « Tout ce
que je sais, c’est que je ne sais rien. »
C’est ce travail critique et philosophique de remise en cause des croyances que Socrate
inaugure avec les Athéniens. D’où la méthode socratique qui est fondée sur l’ironie et qui vise
par interrogations successives, à amener un interlocuteur, par le jeu des questions réponses,
tout en faisant semblant au départ d’admettre son point de vue, à ses propres contradictions,
pour lui faire reconnaître son ignorance c’est-à-dire l’insuffisance de ses réponses sur tel ou
tel sujet , ce qui lui attire bien entendu souvent l’antipathie de ceux sur lesquels il se livre à cet
exercice et qui n’apprécient guère qu’on démontre la faiblesse de leur pensée en public. C’est
pourquoi la plupart des dialogues écrits par Platon sont des textes qui posent la question de
l’essence d’une chose (qu’est-ce que le beau, le courage, la vertu ?… ect) sans forcément
d’ailleurs trouver de réponse (dialogue aporétique). Une des discussions de Socrate est ainsi
rapportée par Platon dans un dialogue, le Lâchés, lequel voit Socrate aux prises avec le
célèbre général athénien Lachès. Lors de cette discussion, les protagonistes tentent de définir
le courage. Lachès, pourtant bien placé pour savoir ce que désigne ce mot, propose plusieurs
définitions successives qui, toutes, sont détruites par les questions de Socrate et les
distinctions conceptuelles qu’elles entraînent. Le dialogue s’achève sur un échec : les
interlocuteurs se quittent sans avoir réussi à apporter une définition satisfaisante.
Cependant une telle pratique critique à l’égard des croyances de son temps dérange, inquiète
les athéniens. L’enseignement de Socrate est en effet bien singulier puisqu’il ne défend pas de
doctrine mais suscite l’embarras, le doute, l’étonnement en face des choses. Il perturbe les
croyances par ses interrogations et s’attire des inimitiés de ceux dont il tente pourtant
d’éveiller les consciences en leur faisant accéder à la pensée philosophique, de là l’agressivité
des hommes politiques (21b-e), des poètes (21e–22C), des hommes de métiers (22C-e). Le
personnage est inclassable et on le prend parfois pour un sophiste ou bien pour un cosmologue
parlant du ciel et de la terre à la manière d’Anaxagore. Ainsi Socrate est-il accusé » d’impiété
» (de ne pas respecter les dieux de la cité) et de » corruption de la jeunesse » par les athéniens.
Ces accusations, sans véritable fondement, font surtout émerger le problème du rapport de la
cité grecque avec la philosophie naissante. Et c’est donc injustement, après un procès expédié
(une journée : Socrate à plusieurs reprises regrette cette rapidité par exemple en 19a, 24a et
37b), qu’en –399 Socrate fut condamné à mort (à boire la cigüe) par les athéniens qui en firent
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APOLOGIE DE SOCRATE
un martyr (il faut rappeler qu’une loi athénienne datant de –430 condamnait ceux qui ne
croyaient pas aux dieux ou qui enseignaient des doctrines relatives aux phénomènes célestes
(astronomie).
C’est donc dans l’Apologie de Socrate que Platon prend la défense de son maître pour le faire
connaître (le texte est rédigé une dizaine d’années après le procès) et même si on peut
supposer qu’il ne reproduit pas exactement les paroles de Socrate, on peut supposer qu’il
retrace l’essentiel de ce qui s’y est passé en nous donnant une image aussi exacte que possible
de Socrate. Socrate a 7O ans lorsqu’il est accusé par Mélétos, jeune poète (qui représente les
artistes), Anytos, chef de file du parti démocrate, qui lutta contre la tyrannie des Trentes et
joua un rôle important dans le rétablissement de la démocratie en 403 (qui représente donc les
politiques) et Lycon (un orateur) qui ont porté plainte contre lui (Socrate est jugé au tribunal
populaire de l’Héliée devant 500 citoyens ordinaires qui sont ses juges, les héliastes : le
tribunal fonctionne du lever jusqu’au coucher du soleil d’où son nom venant du grec » hélios
« =soleil). L’ouvrage de Platon retrace le déroulement du procès (les procès sont choses très
courantes à cette époque et beaucoup de litiges qui opposent des citoyens se règlent de cette
façon): la coutume athénienne voulait que l’accusé prenne lui-même sa défense et c’est donc
la parole de Socrate que nous entendons… A la fois document historique, évocation
biographique, plaidoyer pour la philosophie, ce texte est d’abord une affaire judiciaire qui
évoque la difficile reconnaissance de la libre pensée au moment de son apparition dans la
Grèce antique ; la philosophie ici s’expose au jugement de l’opinion commune qui ne la
comprends pas et la voit comme une menace, un risque de mise en cause des valeurs et de
l’ordre de la cité.
APOLOGIE DE SOCRATE
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2 _ETUDE DE LA SECONDE PARTIE DE L’ŒUVRE
Second discours : 35e- 38b e : Il s’agit d’un débat sur la peine encourue. Après avoir été
condamné à mort par une courte majorité (trente voix) Socrate propose une peine alternative
et estime que ses services pour la cité demandent une récompense et demande à être nourri au
prytanée (établissement où logent à vie les plus grands bienfaiteurs de la cité). Une fois
condamné, donc, Socrate change nettement de ton. En tout état de cause, Socrate prend ses
interlocuteurs à contre-pied. La retraite dans le prytanée constituait la plus haute récompense
qu’Athènes pouvait décerner à l’un de ses citoyens et il est évidemment hors de question
qu’on l’accorde à un individu condamné par la justice. Pourtant, Socrate prétend mériter ce
traitement parce qu’il est en effet le plus grand bienfaiteur de la Cité (36d). Cette proposition
fut interprétée comme une provocation et le jury le condamne alors à mort par une majorité
plus forte que lors du premier vote. Ils commettent l’irréparable ; mais à y regarder de plus
près, le second discours s’ouvrait sur cet aveu assez étrange : « je m’attendais à ce qui est
arrivé » (36a). A de nombreux égards, on a le sentiment que Socrate savait d’avance qu’il
allait être condamné : dès 19a, il signale qu’il n’a que très peu de temps (trop peu ?) pour se
disculper des accusations les plus anciennes portées contre lui. Plus troublant encore : dans
son discours final, (38c-39d) non seulement Socrate explique que cette sentence ne résoudra
pas les problèmes d’Athènes, mais encore il prédit un sort terrible à ceux qui l’on condamné
puisque, par leur faute, ils ont privé Athènes de celui qui pouvait vraiment rendre la Cité
heureuse. Aux autres juges (qui l’ont acquitté), enfin, il annonce : « ce qui m’arrive est, selon
toute vraisemblance, un bien; et nous nous trompons sans aucun doute, si nous pensons que la
mort soit un mal. » (40b-c).
3 _ETUDE DE LA TROISIEME PARTIE DE L’ŒUVRE
Cette proposition de peine sera rejetée. Par conséquent, il devra mourir. Dans les dernières
paroles du condamné à ses juges il dira : « Je préfère de beaucoup mourir après avoir assuré
ma défense ainsi, plutôt que vivre grâce à ces bassesses. » (p. 63). Il profitera de cette
dernière chance qu’il a de s’adresser à ses accusateurs pour les fustiger et leur prédire un
grand châtiment à venir. « [39 c] Cela dit, vous qui m’avez condamné, je désire maintenant
vous faire une prédiction ; car j’en suis désormais arrivé à la période de la vie où les hommes
font le plus de prédictions, au moment où ils vont mourir. Je vous annonce donc, à vous qui
m’avez condamné à mort, que vous aurez à subir, aussitôt après ma mort, un châtiment
bien plus pénible, par
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APOLOGIE DE SOCRATE
Zeus, que la mort que vous m’avez infligée. Car vous avez cru qu’en agissant ainsi
aujourd’hui, vous seriez dispensés de rendre des comptes sur votre vie. Or, je vous l’annonce,
c’est de loin le contraire qui va vous arriver : le nombre de ceux qui vous demanderont des
comptes ira croissant – [39 d] eux que je retenais jusqu’à présent, sans que vous vous en
aperceviez. Ils seront d’autant plus pénibles qu’ils seront plus jeunes, et ils irriteront
davantage. Car si vous vous imaginez qu’en condamnant les gens à mort, vous empêcherez
que l’on vous reproche de vivre mal, vous saisissez mal ce qu’il en est. Cette façon de se
dispenser de rendre des comptes n’est en effet ni très efficace ni bien belle ; la plus belle et la
plus facile est celle qui consiste, non pas à s’en prendre aux autres, mais à se rendre soi-
même le meilleur possible. Voilà donc ce que, tel un oracle, je vous ai prédit, à vous qui
m’avez condamné. Sur ce, je vous laisse. » (p. 63-64).
Socrate invite à vivre conformément à son modèle de vertu, c’est-à-dire obéir au dieu et
éviter, en tout temps, d’agir injustement.
A_LES ACTEURS DU PROCES
Les accusateurs de Socrate sont au nombre de trois : Mélétos, Anytos et Lycon.
Mélétos est poète et c'est sans doute lui qui a déposé la plainte auprès de l'archonte-roi. Bien
que dans leur Apologie, Platon et Xénophon le fassent dialoguer avec Socrate, il est peu
vraisemblable qu'un tel dialogue ait eu lieu lors du véritable procès. Mélétos apparaît chez
Platon et Xénophon comme un individu sans envergure, et n'était sans doute que le prête-nom
d'Anytos.
Anytos est un homme politique issu d'un milieu modeste par comparaison aux hommes
politiques appartenant aux anciennes familles aristocratiques de la ville qui avaient dirigé
jusque-là la cité. Il a fait fortune comme tanneur. Proche de Théramène et des modérés, il
rejoint cependant en exil Thrasybule lors du gouvernement des Trente en 404. C'est donc un
homme politique en vue après la restauration de la démocratie, parmi les plus puissants, si
l'on en croit Isocrate. Anytos est l'un des personnages du Ménon de Platon : il y apparaît
comme opposé aux sophistes, qu'il juge dangereux pour la jeunesse.
Lycon est un personnage dont on sait peu de choses. Orateur, il est la cible de poètes
comiques tels Eupolis et Cratinos. Appartenant à l'entourage d'Anytos, il était sans doute
chargé avec d'autres de soutenir ses intérêts dans les assemblées ou les procès.
Les Chefs d'accusation sont nouvelles sont :
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APOLOGIE DE SOCRATE
Nous connaissons précisément les trois chefs d'accusation qui visent Socrate, car l'acte
d'accusation est retrouvé au IIe siècle dans les archives athéniennes par Favorinus, recopié
puis repris par Diogène. En avril 399 av. J.-C., Socrate se voit accusé par Mélétos
principalement, ainsi que deux de ses amis, Lycon et Anytos, de deux crimes, définis sous
trois chefs d'accusation:
1_Ne pas reconnaître les dieux que reconnaît la cité (être
impie) ; 2_Introduire des divinités nouvelles (son daimôn) ;
3_Corrompre les jeunes gens.
B_LE CHOIX DE LA SENTENCE APRES LA CONDAMNATION
Après cette défense, les juges votèrent et Socrate fut déclaré coupable par une courte majorité
de soixante voix. Dans les procès comme celui-ci, la loi ne fixait pas la peine, c’était donc
l’accusateur qui en proposait une, et l’accusé, s’il était déclaré coupable, en proposait une
autre. Le jury choisissait alors l’une ou l’autre, sans pouvoir proposer une autre peine. Ceux
qui accusaient Socrate demandèrent la mort. Socrate fût invité à fixer sa peine, mais il
considéra, lui, qu’au lieu d’une peine, ses services méritaient une récompense, et il demanda à
être nourri gratuitement aux frais de la Cité. Néanmoins, il accepte finalement de verser une
amende sous la pression de ses amis qui proposent de verser l’argent. Ces amis veulent lui
éviter la mort. Socrate irrita les juges qui l’avaient reconnu coupable de ces chefs, en leur
disant : « Pour m’être consacré au service de ma Patrie et avoir travaillé à rendre mes
concitoyens vertueux, je propose de me condamner à être logé dans le Prytanée et nourri aux
frais de l’État ». C’est cette provocation qui entraîna sa condamnation à mort (399 av. J-C.)
CONCLUSION GENERALE
Sans doute peut-on voir en Socrate est-il un homme rusé, pour ne pas dire retors, qui abuse les
juges d’Athènes, et en fait les instruments de son propre sacrifice. Mais ces critiques ne sont
pas pertinentes si l’on comprend l’enseignement de Socrate. La justice est la valeur suprême
qui peut justifier le sacrifice de notre propre vie. Seule la recherche de la justice constitue une
vie acceptable. Aucune autre occupation ne présente un intérêt théorique ou pratique plus
pressant, plus immédiat ni plus évident. Socrate ne peut pas changer de conduite, même sous
la menace de la mort. Voilà comme un terrible avertissement : souvent, au bout de la route du
juste, se dresse un échafaud ou une coupe de ciguë, un peloton d’exécution ou une guillotine.
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Ainsi l’enseignement de Socrate est de nous montrer que la loi n’est pas nécessairement la
justice et que c’est le rôle du philosophe que de démontrer aux hommes de son temps cette
différence. Si on peut dire sans exagération que l’Apologie de Socrate constitue l’oeuvre
inaugurale de la philosophie occidentale et qu’en lisant ce texte, les philosophes ou les
apprentis philosophes remontent à la source originelle de leur discipline, c’est qu’avec elle,
commence le chemin compliqué du rapport de la loi à la libre pensée et la réflexion sur la
distance qui existe entre le légal et le légitime. En mourant Socrate témoignait de ses
convictions et de la valeur de son témoignage… Si l’on en croit Platon, il fallait que Socrate
meure pour que vive la philosophie…
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