C Cours Séchage
C Cours Séchage
Octobre 2013
1
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II Filière des Industries Agricoles et Alimentaires
SOMMAIRE
2. PRINCIPES DE SECHAGE
3.1. Définitions
3.2. Courbes de sorption
4. L’AIR HUMIDE
8- SECHAGE ET QUALITE
Références consultées
1.1. Définition
Le corps humide en jeu peut être solide ou liquide. Mais le produit final est solide (1), ce qui
distingue le séchage de la concentration d'un liquide par évaporation, cas dans lequel le produit
final est un concentré liquide.
Le séchage occupe des places et des fonctions très variées dans la chaîne agro-alimentaire.
Parmi les produits concernés par le séchage on trouve les produits agricoles très hydratés
exigeant le séchage pour être stabilisés et allégés : exemple du lait pour la production du lait en
poudre.
La première idée qui vient à l’esprit pour sécher un produit est de le porter à la température
d’ébullition de l’eau, qui alors se vaporise. En réalité, ce principe n’est pas le plus employé et
l’on préfère souvent opérer à températures moins élevées en utilisant l’air comme gaz
d’entraînement.
Dans tous les cas, l’allure à laquelle s’évapore l’eau est déterminée par l’allure d’apport de
la chaleur latente d’évaporation. Cet apport est effectué
par conduction à partir d’une surface chauffée au contact du produit.
par génération interne de chaleur due à l’exposition à un rayonnement infrarouge ou
de micro-ondes.
par convection à partir de vapeur d’eau surchauffée ou d’un fluide chauffant (tel que
l’huile chaude de friture).
On doit noter que l’équation (1) implique l’absence de tout autre gaz que la vapeur
d’eau dans l’atmosphère en équilibre avec le produit.
Lorsqu’un corps humide est placé dans un courant d’air (ou dans un autre gaz) suffisamment
chaud et sec, il s’établit spontanément entre ce corps et l’air un écart de température et de
pression partielle d’eau tels :
qu’un transfert de chaleur s’effectue de l’air vers le produit sous l’effet de l’écart de
température,
un transfert d’eau s’effectue en sens inverse du fait de l’écart de concentration en eau
dans l’air.
Un exemple, typique du début de séchage d’un produit très hydraté, est donné en fig. 1. Les
concentrations de l’air en eau sont exprimées en pressions partielles d’eau (Pa = Pascal).
L’air sert donc à la fois de fluide chauffant et de gaz vecteur pour l’eau enlevée. Entrant sec et
chaud dans le séchoir, il en ressort humide et moins chaud.
On remarque que la température de surface du produit (29°C dans l’exemple précédent) est
loin des 100°C que demanderait l’ébullition à la pression atmosphérique.
Que le séchage s’opère par ébullition ou par entraînement, c’est la pression de vapeur d’eau du
produit qui détermine les échanges entre l’air et ce produit. Ceci reste vrai pour toutes les
autres situations dans lesquelles de l’eau est échangée entre une substance et l’atmosphère qui
l’entoure, par exemple lors du stockage des produits.
3.1. Définitions
m : masse du produit
Eau m1 : masse d’eau dans le produit
(m1) m2 : masse de matière sèche dans le produit
m1
m Matière EAU : X1 = ; 0 X1 1
sèche m
MS m2
(m2) MS : X2 = ; 0 X2 1
m
X1 + X2 = 1
m : masse du produit
Eau m1 : masse d’eau dans le produit
(m1) m2 : masse de matière sèche dans le produit
m Matière m1
HUMIDITE = (H%) = x 100
sèche m
MS
(m2) 0 (H %) 100
Pv
::P’::::::
T T
Eau
Pv
Pv
aw = (Sans- dimension)
P’
0 aw 1
Couche de vapeur d’eau
autour du produit
Pv et P’ sont toutes deux très fortement dépendants de la température, leur rapport l’est
beaucoup moins.
Relation en m et m2 : m = m2 ( 1 + na)
Considérons (fig. 2) une substance et une atmosphère (un air) en équilibre l’une avec l’autre.
Pvs et Ts, PvA et TA sont respectivement les pressions de vapeur d’eau et les températures de la
substance et de l’atmosphère.
AIR Pvs, Ts Produit
PvS = PvA et TS = Ta
i = PvA / P’ Ta
i = PVS / P’ Ts
aw = i et TS = Ta
On place une petite quantité de matière dans une atmosphère confinée en présence de solutions
saturées renfermant un excès de solide. A la température de 20°C les degrés hygrométriques de
l’air en équilibre avec les solutions saturées sont :
Solutions saturées hr
NH4H2PO4 0.93
KHSO4 0.86
NaCl 0.76
NaNO2 0.66
KCNS 0.47
MgCl2 0.33
CH3-CO2K 0.20
LiCl 0.12
Pour l’eau, le degré hygrométrique d’équilibre est évidemment 1 et pour P 2O5 = 0.00.
D’une façon très schématique, on peut dire que le point de conservation optimale des produits
biologique, sans additif ni réfrigération, se situe généralement entre 0,25 et 0,35.
4. L’AIR HUMIDE
Après avoir étudié le produit à sécher, nous étudierons maintenant l’AIR, l’autre partenaire
dans l’opération de séchage.
4.1. Diagramme enthalpique de l’air humide (diagramme de Mollier) voir copies en annexe
Figure 4
na
Son point de départ est l’expression de l’enthalpie massique des mélanges d’air et d’eau,
Les conventions sont les suivantes :
l’enthalpie de référence (H = 0) est celle de l’air sec à 0°C et de l’eau liquide à 0°C.
l’enthalpie est exprimée pour 1 kg d’air sec accompagné de na kg d’eau.
Pour le cas où l’eau contenue dans l’air est entièrement sous forme de vapeur l’enthalpie
spécifique (par kg d’air sec) d’un air à température T (°C) et de teneur en eau na (kg d’eau /kg
d’air sec) est :
Dans le système International l’énergie s’exprime en Joule (H en J/kg air sec ou en kJ/Kg d’air
sec). Dans la gamme des températures et des pressions atmosphériques ordinaires l’expression
de H est :
4.1.2.1. Exemple 1 :
Quelle est l’humidité relative d’un air à 25°C et contenant 15 g d’eau/kg d’air sec ?
(Réponse : i = 0,75)
Quelle est la puissance à fournir à un échangeur portant 1000 kg / heure d’air (na =
0,010) de 20 à 100°C ?
Puissance à fournir : 990 (127-45) 103 = 82 x 106 J/heure, soit 22 600 J/s ou W, soit 22,6 kW ,
soit l’équivalent de 37 kg de vapeur/heure
4.1.2.2. Exemple 2:
a. Mélanges de deux airs
Soit :
1 kg d’air sec, de teneur en eau na = 0,02, transportant donc 0,02 kg d’eau
+ 2 kg d’air sec, de teneur en eau na = 0,05, transportant donc 0,10 kg d’eau.
Soit :
1 kg d’air sec, H = 100 kJ/kg air sec, soit 100 kJ
+ 2 kg d’air sec, H = 400 kJ/kg air sec, soit 800 kJ
Total : 3 kg d’air sec, contenant 900 kJ.
d’où H = 300 kJ/kg air sec.
Soit un air A1 (na,1, H1), auquel on ajoute, par kg d’air sec, na kg d’eau ayant une enthalpie
massique He. Déterminer les caractéristiques du mélange.
Bilan d’eau : na,1 + na = na,2
Bilan d’enthalpie :
H1 + H = H2 avec H = na. He
Exemple numérique :
De l’air A1 (na,1 = 0,02, = 40°C), on lui ajoute 30 g/kg d’air sec de vapeur surchauffée ayant
He = 4 000 kJ/kg d’eau.
si
Fig. 6 : Saturation isenthalpique d’un
i=1 air
que l’air se refroidit tout en s’humidifiant : l’énergie nécessaire à vaporiser de l’eau est
fournie par son refroidissement. On dit que son gain de « chaleur latente » compense sa
perte de « chaleur sensible ».
que l’on parvient à une température correspondant à la saturation, appelée
'' température de saturation isenthalpique ''( si).
De nombreuses méthodes sont utilisées pour mesurer la concentration d’un air en eau ; Nous
citons à titre indicatif :
L’air est refroidi jusqu’à saturation au moyen d’une surface froide. On détecte alors,
visuellement ou par un système automatique, l’apparition de buée sur cette surface, en même
temps qu’on en mesure la température. L’interprétation (fig. 7) sur le diagramme enthalpique
est très simple lorsqu’on connaît et r. Sous sa forme automatisée, cette méthode est précise
mais l’appareil est coûteux.
A
i=1
r
S
Thermomètre sec
Thermomètre humide
e A*
e
A
A’
A
i=1
e
A*
Fig. 9 : La psychrométrie
Compte tenu de l’importance du séchage par entraînement par rapport au séchage par
ébullition ; c’est à ce premier mode que sera consacré le présent chapitre.
Produit
va
Balance
Air chaud (A)
masse (m) ou teneur en eau ns du produit en fonction du temps (t) (fig. 11a). La teneur
en eau se calcule à partir d’un dosage d’humidité sur le produit séché ;
allure de séchage dm/dt ou dns/dt en fonction du temps (fig. 11 b). Elle s’obtient en
dérivant la précédente, soit au jugé (mesure des pentes), soit par des méthodes
statistiques, à partir des résultats bruts ou sur la courbe « lissée »
allure de séchage en fonction de la teneur en eau dans le produit (ns) (fig. 11c.).
ns ou m
ns,cr
(a)
o I II
ns,lim
temps ( t)
dns dm dns
ou -
dt dt dt
(b) (c)
o o
t ns,lim
nslim ns,cr ns,o
La teneur en eau correspondant à la transition entre périodes I et II est appelée « teneur en eau
critique » (ns,lim).
Si l’on poursuivait indéfiniment le séchage dans le même air A, l’allure de séchage tendrait vers
o et le produit vers une teneur en eau limite (ns, lim).
Ceci constitue la théorie simple. En réalité, divers phénomènes compliquent le tableau et les
périodes ne sont toujours aussi claires:
Un produit contenant de l’eau libre en surface (aw = 1), placé dans un courant d’air de
caractéristiques A fixées, se stabilisait à une température e ne dépendant que de A.
Dès que aw en surface n’est plus 1, la température de celle ci quitte la valeur e et s’élève et
l’intérieur du produit s’échauffe alors par conduction et sa température tend vers celle de l’air
( ), ce qui fait diminuer et tendre vers 0 le facteur de potentialité ( - s), en relation avec le
ralentissement du séchage. Le séchage s’arrête lorsque s = . On a alors aw (produit) = i (air
de séchage)
air
0 I II
Temps (t)
Un séchoir, avec son élément de chauffage, est représenté par la figure 13, quels que soient les
parcours relatifs de l’air et du produit (co-courant, contre-courant, etc...).
On raisonnera ici à titre d’exemple sur un séchoir isenthalpique, en régime continu établi.
H1 = H2 (4)
Tout ceci, cependant, s’applique au « séchoir théorique ». En réalité le bilan(1) peut être faussé
par des entraînements ou des combustions de particules, le bilan (2) par des fuites ou des
entrées d’air, et surtout le bilan (4) par les pertes calorifiques et la nécessité de réchauffer le
produit en périodes 0 et II.
Exemple numérique :
Lors de l’avant-projet d’un séchoir à contre-courant, devant traiter 1 000 kg/h de
produit humide (lait par exemple), les éléments imposés sont ceux de la fig. 14
(X fraction massique en eau, en kg eau/kg produit).
Pour ces deux derniers éléments, on ne prend pas en compte les pertes.
mAH1 = mAH0 =
mAH2 =
mAH0 =
mAS =
mAH0 =
0,75
ns1 = = 3,0 kg eau /kg M.S.
1 - 0,75
0,20
ns2 = = 0,25 kg eau /kg M.S.
1 - 0,20
na,1 = 0,008 kg eau/kg air sec et na,2 = 0,030 kg eau/kg air sec
ma = 31 270 kg air sec/h soit 31270 (1 + 0,008) = 31 500 kg/h d’air entrant.
Le tonnage d’eau à évaporer est 1000 - 312 = 688 kg/h.
Le cas du séchage de fines particules en suspension est parfois délicat, en ce que les essais de
laboratoire sont difficiles. Les séchoirs de liquides par dispersion, en particulier, ne peuvent se
déterminer autrement que par des essais sur appareils pilote ou même grandeur nature. Seuls
les bilans d’eau et de chaleur peuvent, dans une certaine mesure, se prévoir au niveau d’un
avant-projet sans essais.
A1 ( na,1 ; 1 )
A2 (na,2 ; 2 )
A0 i=1
A* (na,e ; e )
le mode d’apport de chaleur par l’air chaud est plus simple à réaliser que par d’autres
moyens,
l’air peut servir de moyen de transport du produit,
à pression ordinaire les températures des produits peuvent rester basses, donc la qualité
préservée,
les allures de transferts, obtenues par des valeurs élevées de ( - s) peuvent être
rapides, ce qui conduit à des séchoirs compacts (donc moins coûteux) et des temps de
séjour courts (ce qui limite les dégradations du produit).
Air
Contre-courants
Produit
Air
Co-courants
Produit
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Courants croisés
Dans le cas des séchoirs continus par entraînement, on doit choisir le mode relatif de
déplacement de l’air et du produit.
La circulation air/produit à contre-courants semble la plus rationnelle, puisqu’elle
permet de saturer au maximum l’air par contact avec le produit le plus humide.
Cependant, le produit séché sortant est en contact avec l’air le plus chaud, d’où il
résulte un fort risque de détérioration de la qualité. Ceci, pour les produits
thermosensibles, amène à limiter la température de l’air chaud, donc à perdre en partie
l’intérêt du contre-courant en matière de consommation énergétique.
C’est pourquoi la circulation à co-courants est en pratique plus utilisée. Elle permet,
sans trop de risques pour le produit de l’attaquer avec un air très chaud. Le début du
séchage est donc rapide. La fin l’est moins : la qualité peut en souffrir. Au total, le
séchoir est relativement compact. L’air participe parfois à la progression du produit. La
consommation thermique, malgré la mauvaise saturation de l’air en eau, est faible si
l’air de séchage est à haute température
Le système à courants croisés n’a aucun des avantages des précédents. Toutefois il est
simple et se prête bien au cas d’un produit transporté sur un tapis. Dans la pratique,
pour des raisons énergétiques, on juxtapose souvent plusieurs sections de ce type, dans
lesquelles le produit passe successivement L’air, lui, est totalement ou partiellement
recirculé de l’une à l’autre, à contre-courants ou co-courants.
Il existe enfin des systèmes mixtes (section à co-courants et section à contre-courant)
ou comportant des recyclages partiels de l’air sur le séchoir.
Il est également intéressant de comparer cette énergie à Hv, énergie latente de vaporisation de
l’eau prise à la température moyenne du produit au cours du séchage, que nous appellerons
« rapport de consommation énergétique « , RCE . Une valeur qui en est voisine est celle
que l’on détermine pour les séchoirs chauffés à la vapeur : le tonnage de vapeur dépensée,
rapporté au tonnage d’eau évaporée, ou RCE v.
Exemple numérique :
Il est à noter que les pertes de chaleur ne sont pas prises en compte dans cet exemple.
Ces modifications sont à manier avec précautions, notamment du fait de leur incidence sur la
qualité du produit.
Dans beaucoup d’usines, des sources « gratuites » d’énergie à basse température permettent de
chauffer l’air ou le produit entrant
Le séchage est en effet un procédé d’élimination d’eau coûteux en énergie. Chaque fois que
l’on peut effectuer une partie de l’opération par un autre procédé, on économise sur ce
chapitre. Nous pensons notamment :
aux procédés mécaniques (cas des solides) : égouttage, essorage centrifuge et surtout
pression.
à l’évaporation (cas des liquides) qui, grâce au multiple effet, atteint couramment des
RCEv de 0,2 à 0,3,
aux précédés par membranes (osmose inverse et parfois ultrafiltration) qui permettent
de concentrer des liquides à très bas coût énergétique.
La classification en fonction de la texture du produit est donnée en 7.1.1, Nous présentons ici
pour les séchoirs par entraînement une classification reposant sur le temps de séjour du produit
dans l’appareil
Temps longs
séchoirs à chariots,
séchoirs à claies,
séchage en armoires,
séchage verticaux (type : à céréales)
séchoirs bennes (« bin-dryers »),
séchoirs sur tamis en couche épaisse (touraillage du malt),
séchoirs à bandes
Temps courts
séchage en cylindre rotatif avec transport mécanique avec transport pneumatique et
mécanique (type : à fourrages)
séchoirs à billes (pour liquides),
séchoirs à fluidisation
Temps ultra-courts
séchoirs à transport pneumatique
séchoirs de liquides par dispersion (ou « spray » ou « atomisation »)
Les cas des séchoirs de liquides par dispersion et des séchoirs à fluidisation seront
présentés ici :
Ces appareils sont très répandus pour la déshydratation de divers produits liquides : laits
concentrés, extraits concentrés de café, œufs, extraits de levure, caséine, jus de fruits, thé, etc.
Une solution ou une suspension plus ou moins visqueuse de produit est « atomisée »
(transformée en brouillard) ; les petites gouttes liquides ainsi formée sont entraînées et
déshydratées dans un courant d’air, donnant une poudre sèche avant de tomber sur les parois
inférieur de l’appareil.
Le brouillard de produit et le courant d’air chaud sont souvent introduits en haut de l’appareil,
tandis que la poudre et l’air humide peuvent être évacués par le bas. D’autres modes de
construction et d’opération sont cependant possibles.(voir types de sécheurs)
On emploie fréquemment de l’air initial à environ 200°C. Les particules de poudre ont souvent
une structure creuse ; on pense que cela est dû à ce que la matière sèche (lactose et matière
grasses en particulier) a migré vers la périphérie plus vite que l’eau. Des expériences de
déshydratation d’une seule goutte de liquide dans un courant d’air montrent cependant que la
plus grande partie du séchage se fait à vitesse constante (phase I).
Une bonne atomisation de liquide est indispensable. On Peut passer le produit à une pression
de 30 – 50 bars à travers un orifice étroit (buse)(voir annexe, Fig.6.16 ; Fig.6.17 ; Fig.6.18 ;
Fig.6.19) : on, obtient un brouillard en cône creux. Avec les produits sensibles à la pression,
très visqueux (risque de bouchage), ou abrasifs, on préfère utiliser un rotor le liquide s’écoule
sur un disque tournant à une vitesse variable (3000 à 30 000 t/min ), et des gouttes sont
projetées tout autour. On peut aussi utiliser une buse à air, qui n’exige qu’une faible pression,
mais donne des gouttelettes de taille moins uniforme. D’une façon générale, la taille des
gouttelettes dépend aussi de la viscosité et de la tension superficielle du liquide.
Produit
Air Air
Air humide
Séparateur cyclone
Poudre
La séparation poudre – air humide est obtenue à l’aide d’un séparateur cyclone. Le rendement
de récupération de la poudre est de 90 – 97 %, et peut être améliore à l’aide de filtres ou de
laveurs d’air.
Le séchage par atomisation respecte bien les propriétés organoleptiques et nutritionnelles des
aliments, en raison de la rapidité et de la faible température de séchage. Pour des produits très
thermosensibles (jus de fruits), on peut abaisser la température à moins de 30°C en opérant
dans des tours de séchage très élevées (plus de 60 m de haut) où la chute des gouttelettes dure
de 90 à 200 secondes. On emploie de l’air de très faible humidité (3 % environ), obtenu par
séchage sur dessiccant.
Dans les sécheurs atomiseurs de grande taille, on peut recycler une partie des particules sèches
au niveau des gouttelettes humides. Il y a alors agglomération en granules de 100 – 250 m,
qui sont plus facilement ré hydratables que les poudres fines. C’est un des procédés
« d’instantanéisation » des poudres. La densité est aussi un caractère important, notamment
parce que la poudre ne doit ni flotter, ni couler, à la réhydratation.
Le séchage par atomisation consomme beaucoup de chaleur par kilogramme d’eau évaporée.
Cela est dû principalement au fait que l’air en fin de séchage doit être encore relativement sec,
faute de quoi la poudre risquerait de se prendre en masse.
Le séchage par atomisation est le processus de déshydratation le mieux adapté aux produits
liquides ou ayant une forte humidité initiale
L’air humide est aspiré dans un séparateur cyclone, pour récupérer les petites particules de
produit qui auraient pu être entraînées.
8. SECHAGE ET QUALITE
Une température élevée pendant un certain temps provoque sur les produits biologiques des
modifications, généralement considérées comme défavorables, dont les principales sont les
suivantes :
migrations des solutés vers la surface: outre son effet sur l’aspect du produit, cette
accumulation de sucres ou d’autres solutés en surface est préjudiciable à la valeur du
produit lorsqu’il est consommé réhydraté (et que l’eau de réhydratation est jetée);
fusion et migration de matières grasses;
modifications de forme: les solides se déforment et ces déformations ne sont
généralement pas annulées lors de la réhydratation
Comme pour tout procédé, on peut difficilement faire de bons produits avec une mauvaise
matière première. Les critères en ce domaine dépendent du type de produit.
Certains prétraitements sont également intéressants sur la qualité du produit. Outre le triage, le
découpage, le lavage des matières premières.
le blanchiment inactive les enzymes, détruit des micr-organismes et perméabilise les
parois cellulaires,
un traitement au SO2, lorsqu’il est autorisé, ralentit fortement les réactions de Maillard,
d’autres prétraitements (à l’aide ascorbique, acide citrique, du chlorure de calcium, à la
soude, etc...) sont pratiqués pour des raisons diverses.
éviter que les produits aient l’occasion de coller durablement aux pièces du séchoir qui
sont à la température sèche de l’air, toujours plus élevée que celle à laquelle se met le
produit en cours de séchage,
faire en sorte que les particules les plus petites, séchant plus rapidement que les autres,
donc risquant de s’échauffer, séjournent moins longtemps dans l’appareil,
Le séchage n’aseptise pas le produit, lorsqu’il est humide, en effet, les températures de produit
sont basses. Elles ne s’élèvent qu’en fin d’opération, mais alors les micro-organismes sont
desséchés, donc plus résistants. La destruction de micro-organismes est, au total, relativement
limitée. C’est dire l’importance de la propreté de la matière première sur la qualité
microbiologique du produit sec. Ce point est important pour toutes les poudres à réhydrater
(épices, sucre, potages, lait, etc...).
Le séchoir et ses annexes (cyclones, tuyaux) représentent dans certains cas une source
potentielle de contamination, notamment là où l’air est à basse température ( 50°C) ou si des
condensations d’eau se produisent.
Indépendamment de l’intérêt de le faire pour éliminer des particules collées dans des coins, le
nettoyage à sec (brossage) ou le lavage périodique des séchoirs s’avère souvent indispensable
pour des raisons microbioloques.
La teneur en eau du produit doit être suivie sur la matière première, car il y va du coût de
fabrication d’un kilogramme de produit sec, et sur la matière finale, car cette teneur en eau
conditionne la conservation et la valeur commerciale du produit.
REFERENCES CONSULTEES :
SEPAIC - Paris
MASSON- PARIS
4- SENHAJI, A. F.
Opération Unitaire de Génie Industriel Alimentaire : L’EVAPORATION
IAV HASSAN II, Filière des IAA, DGPTA
RABAT-Instituts