TD 2 SIG IG5 : Extraction d’objets hydrographiques à
partir de MNT
Nathalie Thommeret
Le but de ce TD est de calculer un réseau hydrographique à partir du MNT et d’en déduire le fond
de vallée associé.
Ce travail sera réalisé sous le logiciel ArcGIS (ESRI) à l’aide en particulier des extensions Spatial
Anlayst et 3D Analyst.
A. Importation du MNT et définition de la projection
o Importer le MNT
Vous allez travailler à partir du MNT de la BD ALTI de l’IGN. La BD ALTI est le modèle numérique
de terrain (MNT) maillé qui décrit le relief du territoire français à moyenne échelle. Il est ici au
format ASCII.
La structure du fichier ASCII se compose de données d'en-tête contenant un ensemble de mots-clés
et de valeurs de cellule triées suivant l'ordre des lignes.
Information : dans ArcGIS, le format d’enregistrement des grilles par défaut est le format GRID. Le
nom d’un fichier GRID ne peut comporter que 11 caractères au maximum.
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On veut le convertir au format GRID qui nous permettra de réaliser toutes les opérations
souhaitées par la suite. Pour cela, dans la boîte à outils : Conversion Tools > To Raster > ASCII To
Raster. En sortie, on demande des nombres décimaux et non des entiers.
Vérifiez dans les propriétés du MNT que vous venez de créer au format GRID si la projection est
bien définie : clic droit sur la couche > Propriétés puis onglet Source, « Spatial Reference ».
Si elle n’est pas définie, il faut la définir en allant dans la boîte à outils > Data Managment Tools >
Projection and Transformation > Define Projection. Choisissez RGF 93 Lambert 93. Cet outil
affecte ou remplace les informations sur le système de coordonnées associées à un jeu de données.
On l’utilise quand les données sont projetées mais que le système de coordonnées est inconnu ou
incorrect.
MNT
Comme vous pouvez le remarquer en bas à droite sur le cadran des coordonnées, l’échelle du projet
n’est pas déterminée. Nous allons la renseignée en allant cliquant sur Layers dans la table des
matières puis choisir « mètres ».
Unités de la carte définie par
le système de coordonnées :
Angulaire si on est dans un
système de coordonnées
géographiques
et de distance si on est dans un
système de coordonnées projeté
Unité d’affichage peut être
changée, elle est utilisée pour
l’outil de mesure de distance
→ Quelle est la résolution (ou pas du MNT) sur lequel vous allez travailler ?
o Altitudes maximales et minimales dans le bassin
Trouvez les altitudes minimales, maximales et moyennes du secteur ? Pour cela, allez voir dans les
propriétés de la couche.
Si les statistiques ne sont pas calculées, vous pouvez aller voir l’histogramme dans l’onglet
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Symbologie :
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B. Extraction du réseau hydrographique à partir du MNT
Description de la méthode :
Le Modèle Numérique de Terrain (MNT) est une représentation numérique spatialisée de
l’altitude. Il permet de mettre en évidence certains éléments du relief. Il est possible, en particulier,
d’extraire un réseau hydrographique et des limites de bassins.
Avec un MNT raster (i.e. sous forme de grille dont chaque cellule comporte une valeur d’altitude), il
existe de nombreuses méthodes dont la plus courantes est l’algorithme D8 (O’Callaghan et Mark,
1984). Cette algorithme repose sur une analyse locale des altitudes par le moyen d’un élément
structurant (le plus souvent une fenêtre 3*3 cellules). Dans une première phase, on construit
l’image de la direction d’écoulement. Le sens d’écoulement est calculé pour chaque cellule par
rapport à son voisinage, en faisant l’hypothèse que ce flux se déverse selon le critère de plus forte
pente (Figure 2.3). Puis on accumule ces directions pour obtenir l’image des accumulations des
écoulements qui sont alors représentatives des aires amont drainées. Enfin, on seuille cette image
pour séparer les cellules-rivière (correspondant à des grandes valeurs de surface amont drainée)
des cellules-versant (correspondant à des valeurs plus faibles). Le résultat obtenu est une image
binaire mettant en valeur les cellules déterminées comme appartenant au réseau hydrographique.
Une phase de vectorisation est ensuite effectuée pour obtenir un réseau sous forme linéaire. Le
seuil de surface amont drainée est unique pour l’ensemble du secteur considéré, ainsi il ne permet
pas de variation dans la densité de drainage.
Calcul du réseau hydrographique à partir de MNT raster selon l’algorithme D8 avec seuil de
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surface amont drainée (Charleux-Demargne, 2001)
Les directions de base étant multiples de 45°, des effets de grille entraînent des parallélismes de
tracé dans les secteurs de relief peu contrasté tels les fonds de vallée en pente douce ou les versants
réguliers (Martz et Garbrecht, 1995 ; Charleux-Demargne et Puech, 2000).
Les algorithmes de drainage créent des chemins d’écoulement sur l’ensemble du secteur couvert
par le MNT. Du point de vue algorithmique, toutes les cellules peuvent être drainantes. C’est le
seuil de surface amont drainée choisi par l’opérateur qui permet le passage d’un chemin
d’écoulement qui n’a pas de sens physique a priori à un réseau de drainage significatif (voir figure
ci-dessous). Ainsi, la principale question qui se pose est : où arrêter les drains vers l’amont ? Et
donc quelle valeur de seuil de surface amont drainée appliquer ? Le choix du seuil dépend d’une
part la résolution et de la précision du MNT et d’autre part du terrain. Il est souvent choisi en
fonction d’une référence, par exemple les lignes bleues de la carte topographique (Tarboton, 1991).
Dans ce cas, on recherche un réseau ressemblant à la référence, avec toutes les questions de
correspondance d’échelles entre différents types de sources que cela implique.
En pratique, si l’on choisit un seuil trop bas (i.e. une surface amont drainée trop faible), de
nombreux drains artefacts, souvent parallèles, apparaissent. A l’inverse, si l’on choisit un seuil trop
élevé (i.e. une surface amont drainée trop importante), seuls mes drains principaux sont extrais et
on omet les drains secondaires.
Passage d’un chemin d’écoulement à un réseau seuillé significatif
Selon le même principe, il est possible de repérer de manière automatique les lignes de crêtes (i.e.
les lignes joignant les points hauts) à partir de MNT. La limite du bassin est obtenue en
recherchant toutes les cellules pour lesquels il y a un chemin vers l’exutoire, en commancant à la
cellule-exutoire et en suivant les directions d’écoulement en sens opposé (Turcotte et al., 2001). La
surface du bassin peut être calculée pour toutes les cellules de la grille par comptage des cellules se
situant à l’amont d’après le chemin d’écoulement.
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Détermination de la limite d’un bassin à partir de la direction des écoulement (d’après Turcotte et
al., 2001)
Application dans ArcGIS :
La méthode du D8 est implémentée dans ArcGIS et ainsi facilement applicable. L’extraction du
réseau et/ou des bassins versants nécessite de suivre les étapes suivantes :
Les modules se trouvent dans la boîte à outils (Toolbox) > Spatial Analyst Tools > Hydrology
Etape 1 : Remplissage du MNT (Fill)
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Les MNT contient des cellules appelées « puits » ou « dépressions » qui sont des cellules dont
l’altitude est plus basse que tous ses voisins. Dans ce cas, l’écoulement ne peut pas se faire de
manière continue et est piégé dans ces cellules. Le résultat est un réseau non continu. Ainsi, il est
nécessaire de procéder au remplissage ou bouchage du MNT.
Coupe transversale d’un puit ([Link]
Etape 2 : Calcul de l’image de direction des écoulements (Flow direction)
Les 8 directions d’écoulement possibles sont codées selon des puissances de 2, de 1 à 128.
Codage des directions d’écoulement ([Link]
Etape 3 : Calcul de l’image de l’accumulation des écoulements (Flow accumulation)
Les valeurs de la grille correspondent à un nombre de cellules amont. Il faudra multiplier par la
résolution pour obtenir une surface amont drainée réelle. Par exemple, pour un MNT à 25 m, si la
valeur de la cellule est 20, la surface amont drainée réelle est : 20*25*25 = 12 500 m².
Accumulation des écoulements ([Link]
Pour mieux visualiser cette couche, changez la symbologie en mode « strechted » dégradé de bleu
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selon une attribution des couleurs par « standard deviation ».
Etape 4 : Application du seuil à l’aide de la calculatrice raster (Raster Calculator)
On applique un seuil sur l’accumulation des écoulements. Pour la raison donnée précédemment, le
seuil est appliqué dans ArcGIS doit correspondre à un nombre de cellules (250 cellules dans
l’exemple ci-dessous). En sortie, on obtient une image binaire qui prend la valeur 0 pour les
cellules-versant et la valeur 1 pour les cellules-rivière.
Application du seuil à partir de la calculatrice raster ; ici seuil de 250 cellules
Passage de l’image d’accumulation des écoulements au réseau raster
Faites un premier essai en utilisant le seuil de 250 cellules.
Puis dans un second temps, aider vous de l’échantillon de la couche des cours d’eau de la BD Topo
pour caler ce seuil. Pour cela, utilisez uniquement les cours d’eau permanents.
La BD Topo contient une couche du réseau hydrographique mais qui présente certains
inconvénients dont l’absence de continuité du réseau. En effet, le réseau n’est pas continu partout
et donc ne peut pas être utilisé directement pour des modélisations hydrologiques. Ce problème
peut être résolu notamment par l’utilisation d’un MNT.
Vous devez également savoir qu’un nouveau référentiel hydrographique national appelé BD Topage
est en cours de construction dans le cadre d’un partenariat Agence Française pour la Biodiversité -
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IGN.
Etape 5 : Calcul du réseau vecteur
On va maintenant créer un réseau vecteur continu orienté et/ou ordonné à partir du réseau raster
obtenu à l’étape précédente. Pour cela on utilise d’abord l’ordre d’écoulement pour conserver
l’identification des différents segments du linéaire puis l’outil écoulement vers entité qui permet
d’obtenir un réseau orienté au format vecteur.
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Passage de l’image d’accumulation des écoulements au réseau vecteur
Quels champs sont créés dans la table du réseau hydrographique et à quoi est ce qu’ils
correspondent ?
Changez la symbologie du réseau pour afficher une flèche vers l’extrémité de fin des tronçons
pour vérifier leur orientation (sens d’écoulement) ?
Comparer visuellement la couche hydrographie de la BD topo, la BD carthage et votre résultat.
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C. Caractériser le réseau hydrographique
o Faire le profil en long du drain principal
A l’aide de l’outil de sélection , sélectionner manuellement l’ensemble des arcs qui composent le
drain suivant pour lequel nous allons construire le profil en long. Exporter la sélection sous le nom
de drain_ppal.shp.
Puis nous allons fusionner les arcs pour avoir un seul objet. Pour cela, nous allons dans Toolbox >
Data Managment Tools > Generalization > Dissolve sans spécifier d’attribut puisque nous voulons
tout fusionner. En sortie : drain_diss.shp
Nous allons maintenant créer une entité 3D c’est-à-dire que nous allons associer une altitude à tous
les points de la polyligne à partir du MNT. Pour cela, nous allons utiliser l’outil Toolbox > Outil 3D
Analyst > Functional Surface > Interpolate shape. En sortie : drain_3d.shp
Puis on utilise l’outil de visualisation des profils Profile Graph dans la barre 3D Analyst.
Changer les options du graphique puis exporter les données et/ou les graphiques : Clic droit sur le
graphique. Pour exporter les données > Onglet Data.
Si vous avez le temps, faites la même opération pour représenter le profil calé sur le MNT rempli et
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le profil calé sur le MNT non rempli sur le même graphique
o Calcul d’indice de sinuosité (optionnel)
On peut calculer un indice de sinuosité en rapportant la longueur réelle d’un cours d’eau entre deux
points à la longueur à vol d’oiseau pour tous les tronçons du réseau. Pour cela, nous allons créer un
champ « longueur » dans la couche du réseau hydrographique extrait et calculer la longueur à
l’aide de l’outil Calculate Geometry. Comment faire pour calculer la longueur à vol
d’oiseau ?
Pour rappel (extrait wikipédia) :
Puis réalisez le calcul longueur réelle/longueur à vol d’oiseau dans un nouveau champ appelé
« sinuosité ».
Enfin affichez les tronçons en fonction de leur indice de sinuosité (par classes de valeurs).
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D. Extraction du fond de vallée
Vous allez maintenant extraire le fond de vallée à partir du réseau hydrographique et du MNT
selon la méthode SYRAH (extrait cahiers techniques SYRAH).
o Calculer le raster de pentes à partir du MNT (non rempli)
o Utiliser l’outil coût-distance pour calculer une distance au réseau hydrographique
pondéré par la pente
o Seuiller le raster de coût-distance pour ne garder que le fond de vallée (ici on prend un
seuil à 1000)
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o Exporter ce résultat au format vecteur à l’aide de l’outil Raster vers Polygone (Outil de
conversion > Depuis un raster)
E. Visualisation et représentation des résultats
o Visualisation dans ArcScene
Vous pouvez ensuite visualiser le tout dans ArcScene (MNT avec ombrage, réseau hydrographique,
fond de vallée).
Vous allez maintenant visualiser les bâtiments qui se trouvent dans le fond de vallée. Pour cela,
vous allez extruder les bâtiments, c’est-à-dire étirer les bâtiments pour faire des objets 3D.
L’extrusion se fait en fonction du champ « Hauteur » qui contient la hauteur des bâtiments. Pour
cela, dans l’onglet Extrusion des propriétés de la couche du bâti, on définit le champ comme suit :
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Vous pouvez maintenant zoomer sur des bâtiments et les visualiser en 3D.
o Réaliser une carte du fond de vallée avec le relief
Passez en mode cartographie (Layout View).
Utilisez le menu Insert pour insérer les éléments de la carte (légende, échelle, orientation, titre).
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**Astuce : pour modifier les éléments de la légende, on faire un clic droit sur la légende >
Convertir en éléments graphique puis clic droit à nouveau > Dissocier. Les éléments peuvent
maintenant être modifiés ou supprimés.
Une fois terminée, vous pouvez enregistrer votre carte au format image (par exemple tiff ou png)
en effectuant File > Export Map.
F. Comparaison du fond de vallée avec le RGE Alti à 5 m
Le MNT du RGE Alti est beaucoup plus fin (au pas de 1 m ou 5 m) et a été acquis notamment pour
améliorer la cartographie des zones inondables sur le territoire français.
Allez voir dans la documentation du RGE Alti (fournie) pour répondre aux questions suivantes :
- Quelles techniques d'acqusition sont mises en oeuvre pour sur tout le territoire de manière
générale et en particulier sur les zones inondables (p.11) ?
- Comment sont traiter les zones immérgées des cours d’eau en fonction de leur taille (p.13-15) ?
Calculez l’ombrage et le raster des pentes, celui des courbures en profil pour comparer le fond de
vallée avec celui précédemment extrait (sur la zone commune). Que voyez-vous ?
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