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Comment Dermatose

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comment j’explore ...

une dermatose hypochromique ou achromique

C. Devillers (1), G. Szepetiuk (2), C. Piérard-Franchimont (3), G.E. Piérard (4, 5)

RÉSUMÉ : Certaines dermatoses ont pour caractéristique How I explore… hypochromic or achromic dermatoses
clinique principale un état hypopigmenté ou achromique. La SUMMARY : Some skin disorders typically share in common
démarche diagnostique repose sur une anamnèse orientée et a hypochromic or achromic aspect. The diagnostic approach
un examen clinique approprié. La biopsie de surface au cya- relies on a directed evaluation of the medical history and a
noacrylate est un appui complémentaire à l’établissement du careful clinical examination. In addition, the cyanoacrylate
diagnostic. skin surface biopsy helps establish the diagnosis.
Mots-clés : Pityriasis versicolor - Vitiligo - Ide - Biopsie de Keywords : Tinea versicolor - Vitiligo - Id - Skin surface biopsy
surface

tion est fréquente, atteignant surtout les adultes


I n t ro d u c t i o n jeunes des deux sexes. La maladie débute par
des macules jaunâtres ou brunâtres, finement
Une lésion cutanée est achromique ou hypo-
squameuses, pouvant confluer en placards à
chromique selon la disparition totale ou partielle
bords figurés. Ces lésions prennent volontiers
de la pigmentation de la peau. Cette situation est
un aspect achromique, particulièrement après
d’origine congénitale ou acquise (1). Cette situa-
une exposition solaire (Fig. 1). La topographie
tion est fréquente, dominée par les diagnostics
élective se manifeste sur le tronc, la racine des
de pityriasis versicolor achromiant, de vitiligo et
membres supérieurs et le cou, mais des formes
d’eczématide achromiante. Cependant, de nom-
diffuses sont parfois rencontrées. Le visage est
breuses autres affections peuvent être en cause
exceptionnellement atteint, au contraire du cuir
et justifient une démarche diagnostique struc-
chevelu. La desquamation est mise en évidence
turée. Une anamnèse bien orientée et l’examen
par le grattage à la curette qui permet de collecter
clinique, y compris sous lumière ultraviolette,
de petits lambeaux squameux (signe du copeau).
sont essentiels. Une biopsie de surface au cya-
L’examen sous lumière ultraviolette révèle une
noacrylate est un complément non invasif qui
fluorescence verdâtre permettant de déceler des
peut éclairer certains doutes diagnostiques.
lésions invisibles cliniquement. La caméra du
L’anamnèse explore le caractère congénital ou Visioscan® met en évidence l’état squameux et
acquis de la dermatose, ainsi que son éventuelle fluorescent de la couche cornée (Fig. 2).
incidence familiale et sa survenue saisonnière.
Le diagnostic peut éventuellement être
L’examen clinique distingue l’aspect diffus confirmé par la biopsie de surface au cyano-
ou circonscrit de la maladie, son caractère squa- acrylate qui révèle au microscope la présence
meux ou non, ainsi que son caractère atrophique de courts filaments mycéliens et des amas de
ou scléreux. Un examen neurologique soigneux petites levures rondes ou «en bouteille» (Fig. 3).
est parfois requis afin de rechercher un trouble Le traitement repose principalement sur les imi-
de la sensibilité. Un examen en lumière de Wood dazolés topiques.
ou par la caméra Visioscan® (C+K Electronic,
Cologne) (2), ainsi qu’une biopsie de surface au
cyanoacrylate (3-6), permettent de distinguer un Vitiligo
pityriasis versicolor d’une dermatose parakéra- Le vitiligo est une affection d’origine généti-
tosique. Cette démarche diagnostique éclaire le que, mais qui peut se manifester à tout âge. Il se
diagnostic différentiel de ces affections. caractérise par des macules achromiques, de cou-
leur blanc mat uniforme (Fig. 4). La topographie
Pityriasis v e r s i c o l o r ac h ro m i a n t
élective se situe sur les régions péri-orificielles
(bouche, yeux), axillaires, génitales, ainsi qu’au
Le pityriasis versicolor achromiant est dû à dos des mains et sur les poignets. Cependant,
des levures du genre Malassezia. Cette affec- n’importe quelle zone cutanée peut être atteinte,
et parfois la dépigmentation est quasi générali-
sée. Punctiformes à leur début, les macules peu-
(1) Collaborateur Ulg, (2) Assistant clinique, (3) Chargé
de Cours adjoint, Chef de Laboratoire, (4) Chargé de
vent coalescer pour former des taches de grande
Cours, Chef de Service, Service de Dermatopathologie, étendue. Une bordure d’hyperpigmentation
CHU de Liège. (5) Professeur honoraire, Université de entoure volontiers la zone achromique, formant
Franche-Comté, Besançon, France.
alors le vitiligo trichrome. Ces éléments ne sont

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C. Devillers et coll.

Figure 1. Pityriasis versicolor achromiant. Figure 4. Vitiligo médio-thoracique.

Figure 2. Aspect squameux et fluorescent du pityriasis versicolor au


Visioscan®. Figure 5. Naevus de Sutton.

Figure 6. Ide achromiante.


Figure 3. Pityriasis versicolor. Aspect des cellules fongiques de Malassezia
sur une biopsie de surface.

pas squameux, ni atrophiques. Ils ne s’accompa-


un stress psychologique contribue à déclencher
gnent d’aucun symptôme fonctionnel.
les poussées. Les lésions sont souvent révélées
Un halo achromique entourant un naevus pig- après une exposition solaire en raison de la dif-
mentaire caractérise le halo-naevus ou naevus férence de teinte entre la peau saine et les zones
de Sutton (Fig. 5). L’aspect clinique de ce halo achromiques. Il n’y a cependant pas d’aggra-
ressemble à un vitiligo. vation solaire reconnue. Le vitiligo est parfois
L’évolution du vitiligo est chronique, pro- associé à des affections auto-immunes, telles
gressant par poussées imprévisibles. Parfois, que la thyroïdite d’Hashimoto. Ceci alimente la

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Comment j’explore ... une dermatose hypo- ou achromique

très localisées, ainsi que la PUVA thérapie et,


mieux, la photothérapie en UVB à spectre étroit
dans les formes disséminées sont crédités des
moins mauvais résultats.

E c z é m at i d e s ( i d e s ) ac h ro m i a n t e s

Connues également sous le nom de «dartres»


ou de «pityriasis alba», les eczématides achro-
miantes atteignent surtout l’enfant (Fig. 6). Elles
surviennent électivement sur les joues, sur le
front ou autour de la bouche. Les lésions débu-
tent par un discret aspect érythémato-squameux,
Figure 7. Hypomélanose innée chez un enfant mélanoderme. laissant place à des macules mal limitées, hypo-
chromiques, recouvertes de fines squames. Ces
lésions sont typiquement l’indice d’une derma-
tite atopique, surtout lorsqu’elles sont multiples.
Chez l’adulte, des lésions similaires atteignent
avec prédilection la face externe des bras et
elles se révèlent souvent après une exposition
solaire.
Le traitement de ces eczématides achromian-
tes est souvent décevant. Un dermocorticoïde
est préconisé lorsque le diagnostic est porté à la
phase initiale érythémato-squameuse.

Lèpre vitiligoïde

La lèpre vitiligoïde est un diagnostic qu’il


convient parfois d’évoquer devant une lésion
achromique. Il s’agit souvent d’un diagnostic
d’élimination. Les macules hypomélaniques,
Figure 8. Lupus érythémateux discoïde.
souvent squameuses, sont le siège de troubles de
la sensibilité (anesthésie ou hypo-esthésie). Ces
lésions s’observent au cours de la lèpre tubercu-
loïde ou de la lèpre indéterminée (7). La biopsie
s’impose au moindre doute, lorsqu’il s’agit d’un
sujet qui a séjourné dans une zone d’endémie.

H y p o c h ro m i e s lenticulaires
i d i o pat h i qu e s

Elles atteignent essentiellement les jam-


bes, sous forme de petites taches blanchâtres
punctiformes qui apparaissent après une inso-
lation intense (8). L’hypomélanose squameuse
en confetti est une autre affection rare (9). Ces
aspects sont à distinguer de la discrète hypomé-
lanose punctiforme des jeunes enfants à peau
Figure 9. Pseudocicatrices blanchâtres résultant d’une corticothérapie systé-
mique chronique. noire (10). Cette caractéristique ethnique est
répartie de manière uniforme sur de larges sur-
faces du corps (Fig. 7).
théorie auto-immune de la pathogénie de cette
dermatose.
Autres d e r m ato s e s ac h ro m i a n t e s
Les traitements sont souvent décevants. Les
dermocorticoïdes en alternance avec les topi- Bien d’autres diagnostics peuvent être discu-
ques analogues de la vitamine D dans les formes tés devant des lésions achromiques ou hypochro-

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C. Devillers et coll.

miques cutanées. Certaines sont congénitales 6. Piérard-Franchimont C, Arrese Estrada J, Quatresooz P,


Piérard GE.— Cyanoacrylate skin surface srippings. In:
(albinisme, dilutions pigmentaires, piebaldisme, Textbook of aging skin. Ed. par M. Farage, K.W. Miller
maladie de Ito achromique, sclérose tubéreuse et H.I. Maibach. PUbl. Springer Science, Heidelberg,
de Bourneville, …). D’autres sont acquises sous presse.
(syphilis secondaire, dépigmentations d’ori- 7. Clotuche A, Goffin V, Letawe C, Piérard GE.— La lèpre
gine chimique, physique ou médicamenteuse, et ses atteintes cutanées et neurologiques. Rev Med
dépigmentation accompagnant un mélanome Liège, 2000, 55, 577-580.
ou un mycosis fongoïde, maladie inflammatoire 8. Relyveld GN, Menke HE, Westerhof W.— Progressive
d’origine immunitaire telle qu’un lupus érythé- macular hypomelanosis : an overview. Am J Clin Der-
matol, 2007, 8, 13-19.
mateux, …) (11, 12). Pour chaque pathologie,
l’aspect clinique est souvent pathognomonique 9. Loquai C, Metze D, Nashan D, et al.— Confetti-like
lesions with hyperkeratosis : a novel ultraviolet-indu-
(Fig. 8, 9). ced hypomelanotic disorder ? Br J Dermatol, 2005, 153,
190-193.
Conclusion 10. Hermanns JF, Hermanns-Lê T, Piérard GE.— Faint
innate hypomelanotic spotting in black skin. Eur J Der-
Une dépigmentation intense à discrète peut matol, 2007, 17, 352-353.
caractériser un vaste ensemble de pathologies. 11. Hermanns JF, Hermanns-Lê T, Piérard GE.— Souffrir
Leurs fréquences respectives dans la population pour être belle et changer de couleur de peau. Du pinacle
est très hétérogène. La pigmentation innée ou au pilori. Dermatol Actual, 2002, 71, 26-29.
acquise après exposition solaire accentue notoi- 12. Devillers C, Piérard-Franchimont C, Quatresooz P, et
rement l’aspect de ces dyschromies. al.— Nodules violacés sporotrichoïdes chez une patiente
immunodéprimée. Dermatol Actual, 2009, 115, 18-20.

B ib l i o g r a p h i e
1. Hornyak TJ.— The developmental biology of melanocy-
tes and its application to understanding human congeni-
tal disorders of pigmentation. Adv Dermatol, 2006, 22,
201-218.
2. Quatresooz P, Piérard GE.— The Visioscan-driven
ULEV and SELS methods. In : Handbook of cosmetic
science and technology, 3ème édition. Ed par A.O. Bar-
rel, M. Paye et H.I. Maibach. Publ. Informa Healthcare,
New York, USA, 2009, 283-290.
3. Piérard-Franchimont C, Piérard GE.— Skin surface
stripping in diagnosing and monitoring inflammatory,
xerotic and neoplastic diseases. Ped Dermatol, 1985, 2,
180-184.
4. Piérard-Franchimont C, Piérard GE.— Biopsies de sur-
face et maladies cutanées. Rev Med Liège, 1995, 50,
7-15.
Les demandes de tirés à part sont à adresser au
5. Arrese JE, Quatresooz P, Piérard-Franchimont C, Piérard Pr. G.E. Piérard, Service de Dermatopathologie, CHU
GE.— Indications diagnostiques de la biopsie de surface de Liège, 4000 Liège, Belgique
au cyanoacrylate. L’avènement du 3S-Biokit. Dermatol E-mail : [email protected]
Actual, 2004, 83, 5-13.

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