Réutilisation Eaux Usées Méditerranée
Réutilisation Eaux Usées Méditerranée
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Mots-clés : réutilisation des eaux usées traitées (REUT), filtration sur sable, ultrafiltration, désinfection UV
Keywords: wastewater reuse, sand filtration, ultrafiltration, UV disinfection
a) b)
Figure 1. a) Implantation de la plateforme expérimentale au sein de la station d’épuration (STEP) de Mauguio. P désigne les installations
de traitement (b) et I la parcelle d’irrigation. Le trait bleu représente la canalisation d’amenée de l’effluent secondaire du canal ventu-
ri de la STEP vers la plateforme
Les principaux équipe- Les effluents sont ensuite dirigés vers une cuve de
ments mécaniques du stockage cylindrique en polyéthylène haute densité
pilote sont une pompe (PEHD) de 2,8 m de hauteur et de 2 m de diamètre,
centrifuge d’alimenta- soit un volume utile de 6 m3 (figure 4). Le remplis-
tion, une pompe centri- sage s’effectue à partir du trop-plein de la cuve d’eau
fuge de lavage et un traitée du pilote d’ultrafiltration en 2 heures environ
compresseur pour l’in- (alimentation par le haut).
jection d’air. Les princi-
Source : X-Flow 1.2.2. Filière « filtration sur sable – stockage
paux équipements de
Figure 3. Vue en coupe d’un module puis désinfection »
d’ultrafiltration mesure sont deux débit-
mètres pour les eaux Cette filière a été exploitée sous deux configurations
brutes et les eaux de lavage et deux capteurs de pres- différentes pendant les campagnes d’irrigation 2014
sion (eau brute et eau traitée). Des pompes péristal- et 2015. En 2014, la filière a été exploitée sur une
tiques permettent également l’injection de réactifs période de 12 semaines, entre le 3 juin 2014 et le
(acide chlorhydrique, soude) pour le lavage des 30 août 2014. En 2015, la filière a été exploitée sur
membranes. L’alimentation se fait par le bas du une période de 8 semaines, entre le 30 juin 2015 et
module et la filtration est frontale de l’intérieur vers le 25 août 2015. La représentation schématique de
l’extérieur de chaque fibre. chaque configuration est présentée en figure 5. Les
Le fonctionnement du pilote est géré par un automate effluents sont prétraités par un tamis à 2 500 m
intégré. Pendant la phase de production du filtre, le (§ 3.1) avant d’être envoyés vers le pilote de filtration
débit d’alimentation est fixé à 3 m3/h, soit un flux de sur sable. Ce pilote est constitué d’un corps de filtre
37,5 L/h·m² (flux constant). La durée d’un cycle est en fibre de verre d’une hauteur utile d’un mètre pour
fixée à 20 minutes pour limiter l’augmentation de la une surface de 1,05 m² (Calplas, Espagne) (figure 6).
pression transmembranaire. Plusieurs types de Les principaux équipements mécaniques du pilote
lavages hydrauliques ou chimiques permettent de sont une pompe centrifuge d’alimentation, une
contrôler la perméabilité pour maintenir un fonction- pompe centrifuge de lavage et une soufflante pour
nement optimal. l’injection d’air à contre-courant. Les principaux
équipements de mesure sont deux débitmètres pour
les eaux brutes et les eaux traitées et un capteur de
pression différentielle pour asservir le lavage du filtre.
Les deux configurations pour cette filière sont les
suivantes :
– 2014 : filière type « affinage des effluents secon-
daires » : sable grossier (taille effective nominale ou
TEN de 1,4 mm) ;
– 2015 : filière optimisée pour la réutilisation : sable
fin (TEN de 0,99 mm) et injection de chlorure
ferrique à 2 ppm de solution commerciale (40 % de
FeCl3) en amont de la pompe d’alimentation.
Le fonctionnement du pilote est géré par un automate
intégré. Pendant la phase de production du filtre, le
débit d’alimentation est fixé à 10 m3/h, soit une
vitesse de 9,5 m/h. La durée d’un cycle est asservie
soit à la consigne (24 h), soit à la différence de
pression entre l’amont et l’aval du filtre, qui ne doit
Figure 4. Cuve de stockage en polyéthylène haute densité PEHD pas dépasser 0,3 bar. Le lavage du filtre consomme
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Évaluation technique de filières tertiaires pour la réutilisation des eaux usées traitées
1 2 3 4
Abaissement du Décolmatage Contre-lavage Repos et rejet des
plan d’eau premières eaux
Durée (min) 4 7 10 12
Consommation
Oui – 1,1 m 3 Non Non Oui – 1,7 m 3
eau brute
Consommation
Non Oui – 0,7 m 3 Oui – 3,3 m 3 Non
eau traitée
Injection d’air Non Oui Non Non
Tableau II. Déroulement du lavage du filtre à sable et volumes d’eau consommés
Méthode Méthode
Paramètre Unité
Plateforme laboratoire agréé
Sonde pH340*
pH –
(WTW, Allemagne)
Sonde Odeon*
Conductivité μS/cm
(Ponsel Mesure, France)
Chlorures mg/L Selon NF EN ISO 15682
MES mg/L NF EN 872 NF EN 872
Test LCK 414
DCO mg/L ISO 15705
(Hach Lange, Allemagne)
COT mg/L NF EN 1484
Appareil Turb 550 IR*
Turbidité NTU
(WTW, Allemagne)
Appareil DR6000*
TUV 254 %
(Hach Lange, Allemagne)
TUV : transmittance UV à 254 nm ; MES : matières en suspension ; DCO : demande chimique en oxygène ; COT :
carbone organique total.
*Les appareils et sondes sont étalonnés conformément aux prescriptions des constructeurs
Tableau III. Principaux paramètres physico-chimiques étudiés et méthodes utilisées sur la plate-
forme expérimentale ou par le laboratoire agréé
Méthode Méthode
Indicateur Unité
Plateforme Laboratoire agréé
NPP/100 mL
Coliformes NF EN ISO 9308-1
UFC/100 mL IDEXX Colilert
Escherichia coli NPP/100 mL NF EN ISO 9308-3
IDEXX
Entérocoques NPP/100 mL NF EN ISO 7899-1
Enterolert
Spores de BASR UFC/100 mL – NF ISO 26461-2
Phages ARN-F spécifiques PFP/mL – ISO 10705-1
Oocystes de
Nombre par L NF T90-455
Cryptosporidium –
(sur 15 L)
Kystes de Giardia Nombre par L
Comptage microscope
Œufs d’helminthes Nombre par L –
(sur 5 L)
NPP : nombre le plus probable ; UFC : unité formant colonie ; BASR : bactéries anaérobies sulfito-réductrices ; PFP :
particules formant des plages de lyse.
Tableau IV. Indicateurs microbiologiques analysés et méthodes utilisées sur la plateforme expérimen-
tale ou par le laboratoire agréé
1.3.3. Nombre de campagnes que la présence de ce type de parasite est liée aux
Pour la filière avec ultrafiltration, le nombre de cam- élevages bovins et ovins, qui sont plutôt confinés en
pagnes de mesure est au minimum de huit sur la hiver et en pâturage extensif au printemps.
période étudiée, et peut monter jusqu’à 35 pour certains Les performances de la station sont conformes aux
paramètres analysés sur la plateforme. Pour la filière exigences réglementaires pour l’ensemble des indica-
avec filtration sur sable, le nombre de campagnes est au teurs physico-chimiques. Ces exigences ne prennent
minimum de neuf. En sortie de désinfection, huit cam- pas en compte les indicateurs microbiologiques.
pagnes ont été réalisées pour le réacteur UV en ligne. Cependant, les performances de la station au regard
de ces indicateurs sont conformes aux données de la
2. Résultats littérature relatives au traitement secondaire par
2.1. Performances épuratoires du traitement boues activées [ANSES, 2012] : 1 à 3 log d’abattement
secondaire pour les bactéries et virus. Pour les spores de BASR,
La composition des eaux brutes et des eaux traitées un abattement entre 2 et 3 log est observé. La STEP
de la station d’épuration est donnée dans le tableau V. permet une élimination quasi totale des phages, pour
L’effluent est caractéristique d’un effluent urbain, au- des valeurs allant jusqu’à 8 000 particules formant
cune industrie de taille significative n’étant raccordée des plages de lyse (PFP)/mL en eau brute (tableau V).
au réseau d’assainissement. Aucune variabilité saison- En ce qui concerne les parasites, Cryptosporidium est
nière n’a été mise en évidence sur la période considé- faiblement présent en sortie de STEP (0 à 0,2 oocystes
rée. Le rapport DCO/demande biochimique en O2 sur par litre). Giardia est présent à un niveau un peu plus
5 jours (DBO5) égal à 3 indique une biodégradabilité important (0 à 8 oocystes par litre). Les données de
de l’effluent bonne à moyenne. En ce qui concerne les la littérature indiquent que ces protozoaires sont bien
indicateurs microbiologiques, la variabilité saisonnière éliminés par les procédés de filtration [ANSES, 2012].
est également faible, excepté pour les paramètres
Cryptosporidium et Giardia. Sur les cinq prélèvements 2.2. Performances épuratoires des filières
effectués, celui de mai 2015 présente la contamina- étudiées : paramètres physico-chimiques
tion la plus élevée en Giardia avec 522 oocystes par Les résultats obtenus sur les filières étudiées pour les
litre. Cette variabilité pourrait s’expliquer par le fait paramètres MES, DCO, turbidité et transmittance UV
Physico-chimie
DBO5 mg/L 298,2 119,6 2,5 5,0 99 %
DCO mg/L 775,2 215,9 21,3 18,1 97 %
MES mg/L 360,0 151,9 6,7 11,8 98 %
NGL mg/L 67,5 17,1 5,8 3,7 91 %
Pt mg/L 7,0 1,5 0,9 0,9 87 %
Microbiologie
Coliformes log UFC/100 mL 7,6 0,4 5,0 0,8 2,8 log
Escherichia coli log UFC/100 mL 7,3 0,5 4,3 0,7 2,9 log
Entérocoques log UFC/100 mL 6,5 0,6 3,1 0,8 3,2 log
Bactériophages
PFP/mL 5 420 1 901 0 1 3,7 log
ARN-F spécifiques
Spores BASR log UFC/100 mL 5,0 0,4 3,8 0,7 2,3 log
Flore totale revivifiable
log UFC/100 mL 8,2 0,1 5,2 0,9 3,0 log
à 36 °C
Flore totale revivifiable
log UFC/100 mL 8,0 0,3 5,5 0,9 2,6 log
à 22 °C
Cryptosporidium Oocystes/L 1,6 2,0 0,2 0,2 –
Giardia Oocystes/L 167 201 2,9 3,0 –
Œufs d’helminthes Nombre/L Absence (5 analyses) Absence (5 analyses) –
DBO5 : demande biologique en oxygène sur 5 jours ; DCO : demande chimique en oxygène ; MES : matières en suspension ;
NGL : azote global ; Pt : phosphore total ; UFC : unité formant colonie ; BASR : bactéries anaérobies sulfito-réductrices.
à 254 nm sont présentés dans la figure 8. La qualité concentrations en azote et phosphore sont équiva-
de l’effluent ne varie pas de façon significative pendant lentes aux valeurs trouvées en sortie du traitement
le traitement tertiaire pour les autres paramètres secondaire (tableau V). La demande chimique en
étudiés. Le pH est neutre (7,5 ± 0,4). La conductivité oxygène (DCO) et le carbone organique total (COT)
est égale à 1 400 ± 100 μS/cm et la teneur en ions sont peu touchés par les procédés mis en œuvre dans
chlorure à 200 ± 25 mg/L. Les variations en sortie de les filières étudiées. La pollution organique résiduelle
traitement sont liées aux variations dans l’effluent en sortie du traitement secondaire est donc majori-
secondaire, car les espèces ioniques ne sont pas tairement sous forme dissoute.
éliminées par les procédés de filtration étudiés. La L’ultrafiltration permet d’atteindre une très bonne
présence de sels dissous dans l’eau d’irrigation peut qualité d’eau en sortie, même avec une casse de deux
avoir un impact négatif selon la sensibilité de la fibres (0,009 % des fibres installées) : teneur en MES
culture et la nature des sols. Néanmoins, le seuil de inférieure à 4 mg/L, turbidité inférieure à 1 NTU,
tolérance de la plupart des cultures est au-delà et transmittance UV à 254 nm aux environ de 70 %
de 2 000 μS/cm [JIMÉNEZ-CISNEROS, 2014]. Les (figure 8). Si l’intégrité de l’ensemble des fibres avait
été maintenue, la qualité d’eau aurait été encore Le filtre à sable démontre donc sa capacité à maintenir
améliorée, avec des valeurs de turbidité inférieures à un faible niveau de pollution particulaire, ce qui est
0,1 NTU [GRESLE et al., 2007]. important pour garantir l’efficacité de la désinfection
UV. La configuration avec le sable grossier sans injec-
L’impact du filtre à sable s’observe surtout sur les para-
tion de chlorure ferrique permet d’atteindre la qualité
mètres MES, turbidité et transmittance UV à 254 nm.
attendue avec les effluents secondaires traités en 2014.
Ces paramètres sont des indicateurs de la teneur en
Pour des effluents secondaires plus chargés tels que
particules et colloïdes dans l’eau. Malgré une dégra-
ceux étudiés en 2015, le changement de sable ainsi
dation de qualité observée sur l’effluent secondaire
que l’injection de chlorure ferrique peut expliquer le
pendant la saison d’irrigation 2015 par rapport à
maintien en qualité de l’eau filtrée.
l’année 2014, la qualité de l’effluent filtré est mainte-
nue grâce au rôle « tampon » du filtre à sable : teneur La teneur en manganèse de l’effluent est très faible
en MES inférieure à 10 mg/L, turbidité proche de (0,04 mg/L), ainsi que la teneur en fer (0,07 mg/L).
2 NTU, DCO inférieure ou égale à 20 mg/L, et trans- L’injection de chlorure ferrique en entrée du filtre à
mittance UV à 254 nm supérieure à 65 % (figure 8). sable (configuration 2015) provoque une augmentation
STEP : station d’épuration ; NPP : nombre le plus probable ; UFC : unité formant colonie.
Figure 9. Résultats du suivi des filières étudiées pour les indicateurs coliformes, Escherichia coli, entérocoques et spores de bactéries
anaérobies sulfito-réductrices (BASR). Les pointillés représentent la limite de quantification pour les analyses réalisées en 2015 (les
barres représentent l’écart type par rapport à la moyenne)
de la teneur en fer jusqu’à 0,3 mg/L, majoritairement et spores de BASR sont présentés dans la figure 9.
sous forme particulaire, car la mesure sur l’effluent Grâce à son seuil de coupure très bas, l’ultrafiltration
filtré à 0,45 μm est stable (0,07 mg/L). La concen- permet de retenir la plus grande partie des micro-
tration en fer en sortie du filtre à sable est proche des organismes. Si les membranes sont intègres, des abat-
valeurs mesurées avant l’injection du coagulant tements de 6 log pour les bactéries et 4 log pour les
(0,1 mg/L), ce qui indique une bonne rétention des virus peuvent être atteints [ANSES, 2012 ; GRESLE et
flocs. Le contrôle des teneurs en fer est important pour al., 2007]. Avec deux fibres endommagées sur un des
la désinfection UV, car le fer absorbe les rayonnements deux modules d’ultrafiltration exploités (11 000 fibres
ultraviolets et diminue ainsi l’efficacité de la désin- par module), un résiduel de 0 – 1 log est observé en
fection [LINDEN et ROSENFELDT, 2011]. sortie de traitement pour Escherichia coli, les entéro-
coques et les spores de BASR (figure 9). Les valeurs
2.3. Performances épuratoires des filières sont plus importantes pour les coliformes, mais les
étudiées : indicateurs microbiologiques valeurs restent en deçà de 2,2 log UFC/100 mL.
Les résultats obtenus sur les filières étudiées pour les Le filtre à sable présente des abattements compris
indicateurs coliformes, Escherichia coli, entérocoques entre 0,2 et 1 log selon les indicateurs considérés
(figure 9). Ces résultats sont en accord avec les 2.4. Positionnement des filières étudiées
précédentes études réalisées sur des équipements par rapport à la réglementation française
similaires [ANSES, 2012]. Pour la filière avec Les niveaux de qualité requis pour les usages autorisés
stockage puis désinfection, la qualité biologique de en France sont définis par l’arrêté du 2 août 2010
l’effluent n’est pas significativement modifiée pendant modifié le 25 juin 2014 [JORF, 2014]. Ils sont présentés
le stockage. En effet, la faible teneur en nutriments dans le tableau I. La sortie de la filière de traitement
(DBO5 inférieure à 3 mg/L) et les conditions de est définie comme point de référence pour vérifier ces
stockage en cuve fermée sont des facteurs limitants niveaux de qualité, conformément à la réglementation
au développement des micro-organismes. En sortie [DGS, 2016]. Pour les paramètres physico-chimiques,
du réacteur de désinfection UV, une élimination quasi l’arrêté préconise au minimum le respect des niveaux
complète de E. coli, des entérocoques et des spores de rejet imposés par l’arrêté préfectoral spécifique à
de BASR est atteinte (figure 9). la station d’épuration. Cet arrêté fixe une valeur
UF : ultrafiltration ; FAS : filtre à sable ; UFC : unité formant colonie ; STEP : station d’épuration. Les barres correspondent aux écarts types par rapport aux
valeurs moyennes en sortie de chaque filière. Les scores indiqués correspondent au nombre de campagnes conformes aux niveaux de qualité (A, B, C)
définis par la réglementation.
Figure 10. Positionnement des filières étudiées par rapport à la réglementation française pour les paramètres Escherichia coli (concen-
tration en sortie de chaque étape du traitement), entérocoques et spores de bactéries anaérobies sulfito-réductrices (BASR) (abat-
tement après chaque étape de traitement)
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lampes est prévu selon leur durée de vie, garantie par – pics de MES dans l’eau brute entraînant des lavages
le fournisseur. Un système de nettoyage automatique plus fréquents (dépassement du seuil d’alerte de
des lampes est intégré dans les réacteurs UV. Aucun 0,3 bar).
encrassement n’a été observé sur la durée d’exploitation
(environ 3 ans). 3.3. Consommation électrique des équipements
Globalement, les deux filières étudiées présentent
3.2. Rendement hydraulique une consommation électrique équivalente autour de
1 kWh par mètre cube produit (figure 12). L’ultra-
Dans les filières étudiées, les pertes en eau sont
filtration consomme plus d’énergie que le filtre à
principalement liées au lavage de l’ultrafiltration et
sable, mais permet d’atteindre un niveau de qualité
de la filtration sur sable. Le rendement hydraulique
élevé en une seule étape. Pour ce qui concerne la
de l’ultrafiltration pendant la période d’exploitation
désinfection UV, il faut noter que le réacteur en ligne
en 2014 est de 63,8 % pour un volume produit de
exploité fonctionne sur une courte période avec une
4 045 m3. Le rendement théorique attendu est de
puissance importante (900 W).
80,6 % pour des cycles de 20 minutes et un débit de
3 m3/h. La différence s’explique par des problèmes
techniques liés au vieillissement du pilote.
Conclusion
Le choix d’une filière de réutilisation des eaux usées
Le rendement hydraulique du filtre à sable pendant
traitées ne peut être réalisé uniquement sur des
la période d’exploitation en 2015 est de 95,2 % pour
critères économiques. L’usage doit être clairement
un volume produit de 9 572 m3. Ce rendement
identifié, car il détermine le niveau de qualité requis.
correspond à une durée moyenne de cycle de 14,6 h,
Deux filières ont été étudiées à l’échelle pilote dans
alors qu’une durée théorique de 24 h est attendue.
le cadre du projet Nowmma : filtration sur sable
Cet écart est lié à plusieurs facteurs :
+ désinfection UV et ultrafiltration. Ces filières
– pilotage manuel du filtre à sable (pas d’acquittement s’inscrivent dans le contexte du respect du niveau de
des défauts à distance et absence d’astreintes) ; qualité A selon l’arrêté du 2 août 2010 modifié le
25 juin 2014. Ce niveau de qualité est équivalent à
ceux définis par les réglementations des pays du
bassin méditerranéen pour des usages urbains
(restreints ou non) et/ou pour l’arrosage de cultures
(transformées ou non). Le suivi de ces filières sur
plusieurs mois permet un retour d’expérience inté-
ressant sur les performances mais aussi sur l’exploita-
tion de ce type de procédés.
Globalement, les deux filières étudiées permettent
d’atteindre le niveau de qualité A, même dans le
cas d’une casse de quelques fibres dans un module
d’ultrafiltration. Une dégradation ponctuelle de la
qualité de l’effluent secondaire (augmentation de la
teneur en matières en suspension ou de la teneur en
fer, par exemple) peut entraîner un colmatage plus
rapide des membranes ou un encrassement des
lampes UV et donc une maintenance plus impor-
tante. Le filtre à sable absorbe particulièrement bien
Figure 12. Consommation électrique par mètre cube d’eau pro- ces variations de qualité et permet de garantir l’effi-
duit (calculée par rapport à la consommation des différents
équipements) pour les deux filières étudiées cacité de la désinfection UV. La configuration avec du
sable grossier et sans injection de coagulant est ponctuelle, le plus souvent en soirée. Ainsi les
suffisante pour l’effluent secondaire étudié. Dans le besoins des usagers déterminent le dimensionne-
cas d’un effluent secondaire plus chargé, l’utilisation ment des installations de traitement tertiaires et de
d’un sable plus fin et/ou l’injection de coagulant (de stockage.
façon ponctuelle ou continue) pourraient être envi-
sagées. Ce type de filière « robuste » semble donc
Remerciements
approprié au contexte du bassin méditerranéen, en
ayant bien identifié les points de contrôle critiques L’ensemble des partenaires du projet Nowmma (Saur,
pour le suivi du bon fonctionnement. Par exemple, BRL Ingénierie, BIO-UV, Perax, ApoH-Technologies,
un problème sur le système de désinfection UV doit Irstea, École des mines d’Alès, LISBP/INSA Toulouse)
entraîner un arrêt immédiat de l’installation. remercient le ministère de l’Industrie (appel à projet
Enfin, les contraintes de la demande et du stockage Éco-Industries 2011) pour son soutien financier. Les
sont à prendre en compte. Dans le cas de l’irrigation auteurs souhaitent également remercier l’Association
agricole, le volume d’eau nécessaire peut être utilisé nationale de la recherche et de la technologie (ANRT)
de façon continue pendant la journée ou de façon pour le financement Cifre.
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Résumé
E. CARRÉ, J. PÉROT, V. JAUZEIN, L. LIN, M. LOPEZ-FERBER
Évaluation technique de filières tertiaires pour la réutilisation des eaux usées traitées
La région du bassin méditerranéen est particuliè- industrielle en aval d’une station d’épuration de
rement concernée par la problématique du stress type boues activées (24 000 équivalent-habitant) :
hydrique. Dans les zones touristiques, la pression « ultrafiltration – stockage » et « filtration sur
sur la ressource en eau peut induire une concur- sable – stockage puis désinfection UV ». Cet article
rence entre les usages pour l’eau potable, les vise à présenter une évaluation technique de ces
usages récréatifs et les usages agricoles. Dans ce filières en prenant en compte trois aspects : les
contexte, la réutilisation des eaux usées traitées performances épuratoires et la constance de la
(REUT) peut constituer une ressource en eau alter- qualité d’eau obtenue, la facilité d’exploitation, et
native, en répondant à un objectif quantitatif (pro- l’adéquation avec les usages visés. Les filières
tection des ressources en eau) et à un objectif qua- étudiées permettent d’atteindre le niveau de
litatif (protection du milieu récepteur). Les filières qualité le plus élevé prévu par la réglementation
de traitement tertiaire étudiées dans le cadre de française. Une dégradation ponctuelle de la qualité
cette étude prennent en compte les contraintes de l’effluent secondaire (augmentation de la teneur
technologiques, économiques et de maîtrise du en matières en suspension ou de la teneur en fer,
risque sanitaire liées à une utilisation en irrigation par exemple) peut entraîner un colmatage plus
dans le cadre réglementaire de l’arrêté français rapide des membranes d’ultrafiltration ou un
du 2 août 2010 modifié le 25 juin 2014. Deux types encrassement des lampes UV et donc à une main-
de filières pilotes sont mis en œuvre à l’échelle tenance plus importante.
A b st ra c t
E. CARRÉ, J. PÉROT, V. JAUZEIN, L. LIN, M. LOPEZ-FERBER
Technical evaluation of tertiary treatment processes for wastewater reuse
Water stress is a major issue in the Mediterranean implemented on industrial pilot scale downstream a
region. In touristic areas, drinking water uses may wastewater treatment plant (24,000 population
compete with recreational or agricultural uses due equivalents): “ultrafiltration – storage” and “sand
to the overexploitation of water resources. In this filtration – storage then UV disinfection”. This article
context, treated wastewater reuse is a relevant aims to provide technical assessment of these treat-
alternative by addressing quantitative (protection of ment processes, taking into account three aspects:
water resources) and qualitative (protection of the effluent quality, O&M needs, and consistency with
environment) issues. The tertiary treatment chains intended uses. All the treatment chains studied
studied during this project take into account techni- allow to achieve the highest quality standard defined
cal, economical and health risk management by French regulations. However, some point deviat-
aspects related to the use for irrigation purposes as ions to this quality may result in rapid clogging of the
defined by the French decree of August 2, 2010 ultrafiltration membranes or in UV lamp fouling, and
amended in June 25, 2014. Two treatment chains are thus the need for higher maintenance.
Quelle est l’histoire d’AQUABION® ? formation du calcaire reste constante dans la durée. Ceci nous permet
Marc Flettner, le fondateur de la société allemande AQUABION®, est de travailler sur des systèmes très complexes (réseaux de distribution
issu d’une famille d’inventeurs connue pour avoir développé le rotor d’eau, châteaux d’eau) comme sur des systèmes domestiques centra-
utilisé dans la construction des premiers hélicoptères avant-guerre. lisés ou indépendants. AQUABION® s’adresse à une clientèle qui a
Il s’est, quant à lui, focalisé sur le traitement de l’eau et a créé AQUABION peu d’espace et peu de budget, qui ne veut pas être liée par un contrat
en 2002. Cet appareil est breveté et vient de remporter le Prix de de maintenance, qui ne souhaite pas utiliser de sels ou autres produits
l’innovation du Enterprise Europe Network 2016. Il est entièrement chimiques, ni consommer de l’électricité. Nous garantissons nos
fabriqué dans la banlieue de appareils 5 ans sachant que les
Düsseldorf, où se trouve le garanties ont été établies sur un
siège de la société. Chaque fonctionnement permanent 7 j/7 et
pièce est usinée dans la ma- 24 h/24. Le système a également un
tière brute dans notre usine effet curatif sur tuyauteries attaquées
certifiée ISO et DVGW, et puisque l’aragonite ayant des pro-
tous les tests de résistance priétés abrasives, elle permet un
en vue d’une labellisation détartrage en douceur des dépôts
TÜV y sont également réali- présents qui réduisent le diamètre
sés. Nous testons nos appa- des tuyaux.
reils jusqu’à 80 bars pour
les certifier jusqu’à 16 bars. Quelle est l’importance du
AQUABION est, à la base, un dimensionnement ?
produit industriel à bride C’est un élément crucial pour le bon
destiné à des diamètres im- Le fondateur, entouré de son équipe de direction Europe fonctionnement d’AQUABION®. Plus
portants de DN 50 à DN 250 la vitesse de l’eau est rapide, plus la
de série (voire plus sur demande), qui a ensuite été adapté pour une tension qui se crée est élevée. Nos systèmes fonctionnent donc de
utilisation domestique, du studio à l’immeuble résidentiel (DN 15- manière optimale à saturation maximale. D’où l’importance d’un bon
DN 50) selon le DG Cyrille GERHARDT. dimensionnement. Le débit instantané est souvent insuffisant pour une
exploitation optimale, c’est pourquoi il n’est pas rare que nous préco-
Comment ce procédé fonctionne-t-il ? nisions l’installation d’un DN 32 sur un DN 50 par exemple. La réduction
Quand l’eau traverse les chambres à tourbillon de l’appareil (système de diamètre étant de courte durée, elle n’induit aucune perte de charge,
breveté), un très faible courant électrique, entre 0,7 et 1 volt, est mais la vitesse et le frottement sont assez importants pour transformer
généré. Ce courant provoque une microélectrolyse qui libère des la texture du calcaire.
molécules de zinc de la partie centrale qui est une anode de zinc ultra-pure.
Résultat : le calcaire incrustant est transformé en aragonite poudreuse Comment accompagnez-vous les installateurs dans le
à adhérence neutre. Ce traitement n’a aucune incidence sur les propriétés calcul du dimensionnement ?
physiques ou chimiques de l’eau, sur son pH ou sa dureté. Seule la Nous établissons le dimensionnement en fonction des données tech-
consistance du calcaire change. niques que nos partenaires nous transmettent. Nous collectons des
informations sur les éventuels pics de consommation et de débit, le
Quels sont les problèmes liés au calcaire ? diamètre, la présence de bouclages d’eau chaude, etc. pour déterminer
Les ions de calcium, de magnésium et de carbonate contenus dans le type d’installation. Nous employons 4 ingénieurs dont le rôle est
l’eau forment des dépôts dans les conduites et dans les appareils d’effectuer le dimensionnement sur les chantiers industriels.
qui peuvent réduire leur rendement, les user prématurément voire
raccourcir leur durée de vie, ce qui engendre des frais d’entretien et
de réparation importants.
Quels sont les avantages du système AQUABION® ? Directeur général France, Belgique & Luxembourg :
Notre procédé est efficace à des températures allant jusqu’à 80 degrés M. Cyrille GERHARDT
www.aquabion-distribution.com • [email protected]
et avec une dureté d’eau jusqu’à 70 degrés français. De plus, la trans-
Téléphone : 09 70 44 57 50