EXPOSÉ DU GROUPE N°7 SUR L’ŒUVRE : LES SOLEILS DES INDÉPENDANCES
• Membres du groupe :
ANADI Samtou
BOULOUFEI Latitia
ABODAH Julienne
SAMA Rachidou
AGOTO
Plan du travail
I. Introduction
II. Biographie
III. Bibliographie
IV. Étude des personnage
V. Résumé
VI. Portée de l’œuvre
VII. Leçon de morale
VIII. Conclusion
INTRODUCTION
Les Soleils des indépendances* d’Ahmadou Kourouma, publié pour la première fois en 1968, est
un roman qui plonge le lecteur dans les bouleversements politiques et sociaux d’une Afrique
post-coloniale à travers les yeux de son protagoniste, Fama Doumbouya. Le roman offre une
critique incisive des impacts de la colonisation et des défis de la nouvelle indépendance.
BIOGRAPHIE
Né au nord de la Côte d’Ivoire, Ahmadou Kourouma est un écrivain d’origine malinké, une
Ethnie présente dans différents pays d’Afrique de l’ouest. Son nom signifie « guerrier » en
Langue malinké. Élevé par un oncle il suit des études à Bamako au Mali. De 1950 à 1954
(pendant la colonisation française), il est « tirailleur sénégalais » en Indochine avant de
Rejoindre la métropole pour suivre des études de mathématiques à Lyon en France.
En 1960, lors de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, il revient vivre dans son pays natal mais
Est très vite inquiété par le régime du président Félix Houphouët-Boigny. Il connaît la prison
Avant de partir en exil dans différents pays, en Algérie (1964-1969), Cameroun (1974-1984)
Et Togo (1984-1994) avant de revenir vivre en Côte d’Ivoire.
Ahmadou Kourouma fait partie des premiers écrivains qui se sont révoltés contre les
Dictateurs. En 1970, il publie son premier roman Les soleils des indépendances qui porte un
Regard très critique sur les gouvernants de l’après-décolonisation. Pour ce roman, il a reçu
Trois prix
Vingt ans plus tard, il publie son deuxième livre Monnè, outrages et défis, où il retrace un
Siècle d’histoire coloniale. En 1994, il publie En attendant le vote des bêtes sauvages qui
Raconte l’histoire d’un chasseur de la « tribu des hommes nus » qui devient dictateur. À
Travers ce roman, qui obtiendra le Prix du Livre Inter, on reconnaît facilement le parcours du
Chef d’État togolais Gnassingbé Eyadéma. En 2000, il publie Allah n’est pas obligé qui raconte
L’histoire d’un enfant orphelin qui parti rejoindre sa tante au Libéria devient un enfant soldat.
Ce livre obtiendra le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des lycéens.
Lorsqu’en septembre 2002, la guerre civile éclate en Côte d’Ivoire, il prend position contre
L’ivoirité, « une absurdité qui nous a menés au désordre » et pour le retour de la paix dans
Son pays. Il sera accusé par les journaux partisans du président Laurent Gbagbo de soutenir
Les rebelles du nord.
Au moment de sa mort, il travaillait à la rédaction d’un nouveau livre Quand on refuse on dit
Non, une suite d’Allah n’est pas obligé : le jeune héros, enfant soldat démobilisé retourne en
Côte d’Ivoire à Daloa et vit le conflit ivoirien. Ce roman sera publié après sa mort.
BIBLIOGRAPHIE
Les œuvres d’Ahmadou Kourouma sont :
- Théâtre
• Tougnantigui ou le Diseur de vérité, reprise en 1996, puis éditée en 1998 chez Acoria
- Romans
• Les soleils des Indépendances (1968, Presses de l’université de Montréal, publié au Seuil en
1970),
• Monnè, outrages et défis (1990, Seuil)
• En attendant le vote des bêtes sauvages (1994, Seuil 1999)
• Allah n’est pas obligé (2000, Seuil)
• Quand on refuse on dit non (2004, Seuil)
- Livres pour enfants
• Yacouba, chasseur africain (1998, Gallimard jeunesse, coll. Folio Junior, illustrations de Claude
et Denise Millet)
• Le griot, homme de parole (2000, Édition Grandir)
• Le chasseur, héros africain (2000, Édition Grandir)
• Le forgeron, homme de savoir (2000, Édition Grandir)
• Prince, suzerain actif (2000, Édition Grandir).
ÉTUDE DES PERSONNAGES
– Les personnages principaux
Fama : Il est le héros du récit. Il est très grand et très noir. Il a les dents blanches et les gestes
d’un prince. Bien qu’il soit réduit à rien, il reste toutefois fidèle aux traditions de sa tribu et
continue à
Porter les costumes d’antan. En malinké, son nom signifie « roi » ou « chef ». Il est le dernier et
légitime descendant du prince de Horodougou. Il est devenu un mendiant, un « charognard »
comme
On le dit, lui qui était élevé dans la richesse. La stérilité de sa femme Salimata met fin à son
espoir d’avoir un héritier. Ce vieil homme solitaire et déchu va invoquer la mort qui viendra le
trouver dans
La dignité.
Salimata : Salimata est une femme sans limite dans la bonté du cœur. Elle a les dents régulières,
très blanches et une peau d’ébène. Elle provoque le désir. Le fait que son mari ait une autre
femme sous
Son toit la rend hystérique. Les années passées n’ont en rien affaibli son charme et sa beauté.
Elle reste toujours la femme droite, pure, courageuse et belle. Sa vie fut bouleversée par son
excision et son viol. Et même elle failli être violée une deuxième fois par un autre marabout
Abdoulaye. Déçue
Par la vie, elle quittera son mari, sachant qu’elle ne pouvait apporter la paix à celui-ci.
Personnages secondaires
Tiécoura, Abdoulaye, Mariam, Balla, Diamourou
RÉSUMÉ
. Fama, Prince malinké, dernier descendant et Chef traditionnel des Doumbouya du
Horodougou n’a pas été épargné, en dépit de sa généalogie. Habitué à l’opulence, il souffre des
indépendances qui ne lui ont légué pour seul héritage qu’indigence et malheurs, qu’une carte
nationale d’identité et celle du parti unique. Parti vivre avec sa femme Salimata loin du pays de
ses aïeux, Fama, en quête d’obole, se voit réduit à arpenter les différentes funérailles de la
grande ville, afin d’assurer son quotidien. Son épouse légitime Salimata lui est d’une aide
précieuse. Bien qu’incapable de lui donner une progéniture à même de perpétuer la lignée des
Doumbouya, celle-ci s’adonne corps et âme au petit, commerce, afin de faire vivre son ménage.
Excisée puis violée dans sa jeunesse par le marabout féticheur Tiécoura, elle garde à jamais le
souvenir atroce de ces moments où, impuissante, elle fut maltraitée, humiliée puis bafouée.
Le temps passe et les jours ne se ressemblent pas. Le moment semble venu pour Fama de
reprendre son destin et celui de tout un peuple en main. Les funérailles de son cousin Lacina
auquel il succéda à Togobala, capitale du Horodougou, sont l’occasion pour lui de redécouvrir
les terres de ses ancêtres qu’il avait quittées depuis déjà fort longtemps et qu’il ne connaît pour
ainsi dire quasiment plus. En outre, ce retour aux sources lui permet de connaître l’histoire, son
histoire, et celle de la glorieuse lignée des Doumbouya, une dynastie autrefois riche, prospère,
irréprochable et respectée. Malheureusement, les indépendances ont changé la donne. Les
bouleversements et désenchantements qu’elles ont initiés ont mis un terme au système
politique de chefferie d’antan, à l’âge d’or des Doumbouya mais également à tous les privilèges
dont jouissait de ce fait tout un [Link] de ce constat et persuadé que sa place était
désormais parmi les siens, Fama décide de rentrer en République des Ebènes, afin d’annoncer à
Salimata, ainsi qu’à ses proches amis, son désir de vivre définitivement à Togobala en
compagnie de sa seconde épouse Mariam, qui n’est que l’un des précieux legs de son feu cousin.
Conscient des dangers que représente ce voyage et surtout soucieux de l’avenir de la dynastie
des Doumbouya, Balla, vieil affranchi et féticheur de la famille Doumbouya le lui déconseille.
Malgré les conseils de ce vieux sorcier, Fama se met en route. En fin de compte, ce voyage lui
sera fatal. La stabilité du pays était depuis peu menacée, l’idée d’un soulèvement populaire
hantait tous les esprits jusqu’au jour où, sans aucune explication, Fama est arrêté, puis enfermé
avant d’être jugé. Accusé injustement de participation à un complot visant à assassiner le
Président de la République des Ébènes et à renverser le régime politique en place, il est
condamné à vingt ans d’emprisonnement pour avoir tu un rêve qu’il avait [Link], c’est
après une prompte et inattendue libération et dans la dignité d’un homme enfin libre que
s’éteint, avec Fama, toute une dynastie et son histoie.
. THÈMES
**L’échec des gouvernements post-coloniaux** : À travers le personnage de Fama, Kourouma
critique les élites africaines indépendantes, incapables de combler le vide laissé par les
colonisateurs.
- **La quête de sens** : Fama cherche à comprendre son rôle et son identité dans une société
qui change radicalement.
PORTÉE DE L’ŒUVRE
L’œuvre de Kourouma est profondément révélatrice de l’état post-colonial de nombreux pays
africains. Elle pose des questions difficiles sur la manière dont les traditions peuvent coexister
avec le progrès et critique le manque de préparation et de vision des dirigeants africains après
l’indépendance.
LEÇON DE MORALE
Le roman suggère que ni l’adhésion stricte aux traditions ni l’acceptation passive des modèles
occidentaux ne sont des solutions suffisantes. Il plaide pour une intégration consciente et
critique des valeurs traditionnelles dans un cadre moderne.
CONCLUSION
Les Soleils des indépendances* reste une œuvre pertinente pour comprendre les défis auxquels
sont confrontées les sociétés africaines dans le contexte post-colonial. Le roman est un appel
émouvant à la réflexion et à l’action pour façonner un avenir qui honore le passé tout en
embrassant l’avenir de manière réaliste et durable. Ahmedou Kourouma, à travers une écriture
riche et poétique, ouvre un dialogue crucial sur l’identité et la survivance culturelle.