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Fao 2017

Ce document traite du carbone organique du sol, de son rôle dans le bien-être humain et la gestion durable des terres. Il présente les stocks mondiaux de carbone organique du sol, les méthodes de mesure, de rapport et de vérification, et les défis de la séquestration du carbone organique du sol.

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Ce document traite du carbone organique du sol, de son rôle dans le bien-être humain et la gestion durable des terres. Il présente les stocks mondiaux de carbone organique du sol, les méthodes de mesure, de rapport et de vérification, et les défis de la séquestration du carbone organique du sol.

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CARBONE

ORGANIQUE
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DUuneSOL
richesse
invisible
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CARBONE
ORGANIQUE
DU SOL
une richesse
invisible
AUTEURS
Lefèvre Clara
Rekik Fatma
Alcantara Viridiana
Wiese Liesl

EDITEURS
Wiese Liesl
Alcantara Viridiana
Baritz Rainer
Vargas Ronald

RÉVISION
Federici Sandro
Taboada Miguel
Cuevas Rosa
Montanarella Luca

DESIGN & PUBLICATION


Sala Matteo
Verbeke Isabelle
Stanco Giulia

TRADUCTION FRANÇAISE
Lefèvre Clara
Ciparisse Gérard
Verbeke Isabelle

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE


Rome, 2017
 I
AVERTISSEMENT ET DROITS D’AUTEUR

Citation recommandée:
FAO 2017. Carbone Organique du Sol: une richesse invisible.
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Rome, Italie.

Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des


données qui y figurent n’impliquent de la part de l’Organisation des Nations Unies
pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) aucune prise de position quant au statut
juridique ou au stade de développement des pays, territoires, villes ou zones ou de
leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.
La mention de sociétés déterminées ou de produits de fabricants, qu’ils soient ou non
brevetés, n’entraine, de la part de la FAO, aucune approbation ou recommandation
desdits produits de préférence à d’autres de nature analogue qui ne sont pas cités.

Les opinions exprimées dans ce produit d’information sont celles du/des auteur(s) et
ne reflètent pas nécessairement les vues ou les politiques de la FAO.

ISBN 978-92-5-209681-8

© FAO, 2017

La FAO encourage l’utilisation, la reproduction et la diffusion des informations


figurant dans ce produit d’information. Sauf indication contraire, le contenu peut être
copié, téléchargé et imprimé aux fins d’étude privée, de recherches ou d’enseignement,
ainsi que pour utilisation dans des produits ou services non commerciaux, sous réserve
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d’auteur et à condition qu’il ne soit sous-entendu en aucune manière que la FAO
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Toute demande relative aux droits de traduction ou d’adaptation, à la revente ou à


d’autres droits d’utilisation commerciale doit être présentée au moyen du formulaire
en ligne disponible à www.fao.org/contact-us/licence-request ou adressée par courriel à
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Les produits d’information de la FAO sont disponibles sur le site web de la FAO (www.
fao.org/publications) et peuvent être achetés par courriel adressé à
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Photo de couverture ©FAO/Nicoletta Forlano

Cette publication a été imprimée après sélection de produits et procédés assurant un impact
environnemental minimal et promouvant la gestion durable des forêts.

II CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


TABLE DES MATIÈRES

Résumé analytiqueVI
RemerciementsVIII
AcronymesIX
1 · Qu’est-ce que le COS ?1
1.1 · COS: une part spéciale du cycle du carbone global1
1.2 · COS: un élément de la MOS3
1.3 · Le sol: une source et un puits de GES à base de carbone5
1.3.1 · Le dioxyde de carbone6
1.3.2 · Le méthane6
1.4 · La séquestration du carbone 7
2 · Rôle du COS dans le bien-être humain 10
2.1 · Atteindre les objectifs pour le développement durable11
2.2 · COS et biodiversité12
2.2.1 · Importance de la biodiversité du sol 12
2.2.2 · Perte de biodiversité du sol13
2.3 · COS, production alimentaire et approvisionnement en eau14
2.3.1 · Fertilité du sol et production alimentaire14
2.3.2 · Influence du COS sur la capacité de rétention d’eau et de la
porosité du sol14
2.4 · Effets du changement climatique sur le COS15
2.4.1 · Effets de l’augmentation de la température et de
l’augmentation des précipitations sur les stocks de COS16
2.4.2 · Effets de l’augmentation de la concentration en CO2 dans
l’atmosphère17
2.4.3 · Incertitudes quant aux réponses du COS au changement
climatique17
2.5 · Importance du COS dans le contexte international de l’atténuation et de
l’adaptation au changement climatique20
3 · Quels sont les stocks mondiaux de COS 22
3.1 · Les stocks actuels de COS 23
3.2 · Points stratégiques et points d’importance pour le COS: zones majeures à
considérer25
3.2.1 · Les sols noirs25
3.2.2 · Permafrost25
3.2.3 · Les tourbières27
3.2.4 · Prairies28
3.2.5 · Sols de forêts29
3.2.6 · Zones arides30
4 · Mesurer, compter, rendre compte et vérifier le COS32
4.1 · Mesure, rapport et vérification (MRV)33
4.1.1 · Qu’est-ce que la MRV et quelle est son utilisation ?33
4.1.2 · Conseils pour le rapport du COS dans les inventaires de GES34

 III
4.1.2.1 · Utilisation d’une matrice d’utilisation et de changement
d’utilisation du territoire34
4.1.2.2 · Calculs différents pour différents types de sols35
4.1.2.3 · Différents niveaux d’information: utilisation des niveaux de
méthodologie36
4.2 · Mesurer et contrôler le COS38
4.2.1 · Mesurer le COS38
4.2.1.1 · Méthodes de mesure du contenu en COS38
4.2.1.2 · Calcul des stocks de COS39
4.2.1.3 · Eléments importants à prendre en compte dans le calcul des
stocks de COS.40
4.2.1.4 · Extrapoler les données de COS41
4.2.1.5 · Suivre les variations du stock de SOC dans le temps 42
4.2.1.6 · Réseaux de surveillance des sols (RSS)42
4.2.2 · Difficultés dans la mesure et le contrôle du COS43
4.2.3 · Vérification des estimations du stock de COS44
5 · Gestion du COS 46
5.1 · Gestion du COS pour une production alimentaire durable47
5.2 · Gestion du COS pour limiter et atténuer le changement climatique48
5.3 · Défis de la séquestration du COS51
5.3.1 · Obstacles à l’adoption de mesures visant à l’adaptation au
changement climatique et à l’atténuation de ses effets51
5.3.1.1 · Obstacles financiers51
5.3.1.2 · Obstacles techniques et logistiques52
5.3.1.3 · Obstacles institutionnels52
5.3.1.4 · Barrières de connaissances53
5.3.1.5 · Barrières en termes de ressources54
5.3.1.6 · Barrières socio-culturelles54
5.3.2 · Facteurs non humains limitant la séquestration du COS: facteurs
abiotiques55
6 · Et la suite ? Points à examiner58
Références60
Annexes73
Annexe 1 : Méthodes principales pour déterminer la teneur en COS73
Annexe 2 : Exemples de systèmes actuels de suivi du COS (non exhaustif)75

IV CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


ENCADRÉS

Encadré 1 · Sensibilité des zones d’importance en termes de cos face au changement


climatique.18
Encadré 2 · Accords et décisions clés sur le changement
climatique en ce qui concerne les sols.21
Encadré 3 · Calcul des stocks de COS pour différents types de sols.39
Encadré 4 · Solutions proposées pour surmonter les obstacles.55

TABLEAUX

Tableau 1 · Vue d’ensemble des principaux organismes du sol en fonction de leur taille.12
Tableau 2 · Fonctions du sol liées au cycle de l’eau et aux services écosystémiques.15
Tableau 3 · Revue des estimations de stocks de COS globaux.24
Tableau 4 · Estimations récentes des stocks de COS dans la région de permafrost.26
Tableau 5 · Exemple d’une matrice de conversion simplifiée d’utilisation du territoire.35
Tableau 6 · Différents niveaux pour le suivi du COS.37
Tableau 7 · Vue d’ensemble des principales méthodes d’extrapolation pour la
comptabilisation du COS.41

FIGURES

Figure 1 · Le COS dans le cycle du carbone global. 2


Figure 2 · Contributions apportées par le COS aux objectifs de développement durable 11
Figure 3 · Impact des décisions de gestion du territoire sur 13
la biodiversité du sol. 13
Figure 4 · Extrapolation spatiale de la vulnérabilité des stocks de COS en fonction de la
température.16
Figure 5 · Estimations issues de modèles des émissions potentielles cumulées dues au dégel
du permafrost d’ici 2100, 2200 et 2300. 18
Figure 6 · Diagramme schématique de la rétroaction positive des cycles et de l’expansion des
zones arides dues au changement climatique et à la diminution du COS. 19
Figure 7 · Carte la plus récente du contenu en COS à 1 m de profondeur (MgC.ha ).23 -1

Figure 8 · Répartition des tourbières dans le monde. 27


Figure 9 · Répartition des prairies dans le monde.  28
Figure 10 · Distribution des forêts dans le monde. 29
Figure 11 · Masse de carbone par hectare dans les zones arides. 30
Figure 12 · Sommaire du cadre de travail pour la mesure, rapport et vérification (MRV)
du COS. 45
Figure 13 · Stratégies de gestion suggérées et déconseillées pour la séquestration du carbone
du sol et leur impact sur la productivité alimentaire, l’adaptation et l’atténuation
du changement climatique. 50

 V
RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Avec le changement climatique, la dégradation des terres et la perte de biodiversité,


les sols sont devenus l’une des ressources les plus vulnérables du monde. Les sols sont
un réservoir majeur de carbone. Ils contiennent plus de carbone que l’atmosphère
et la végétation terrestre réunis. Cependant, le carbone organique du sol (COS) est
dynamique et les actions anthropogéniques sur le sol peuvent en faire un puits ou une
source nette de gaz à effet de serre (GES). Bien que d’énormes progrès scientifiques
aient été réalisés dans la compréhension et l’explication des dynamiques du COS, la
protection et la surveillance des stocks de COS au niveau national et international
continuent d’affronter de nombreux défis qui compromettent la mise en œuvre de
politiques sur le terrain, qui soient adaptées à chaque région.

Une fois intégré au sol sous forme de matériel organique provenant de la faune et de
la flore du sol, le carbone persiste dans le sol pendant des dizaines, des centaines voire
même des milliers d’années. Finalement, le COS peut être perdu sous la forme de
dioxyde de carbone (CO2) ou de méthane (CH4) émis dans l’atmosphère, érodé, ou sous
la forme de carbone organique dissous (COD), lessivé vers les rivières ou les océans.
Les dynamiques de ces processus soulignent l’importance de quantifier les flux globaux
de carbone pour assurer les avantages maximum que peuvent produire le COS pour
le bien-être des populations, la production alimentaire, ainsi que pour la régulation de
l’eau et du climat.

Le COS est le principal composant de la matière organique du sol (MOS). En tant


qu’indicateur de la santé du sol, le COS est important pour ses contributions à la
production alimentaire, la réduction et l’adaptation au changement climatique et la
réalisation des Objectifs pour le Développement Durable (ODD). Un fort taux de
MOS fournit les nutriments aux plantes et améliore la disponibilité de l’eau. Tous deux
améliorent la fertilité du sol et conduisent à l’amélioration de la production alimentaire.
De plus, le COS améliore la stabilité structurelle du sol en promouvant la formation
d’agrégats qui, en association avec la porosité, assurent une aération suffisante et
l’infiltration de l’eau qui permettent la croissance des plantes. Avec une quantité
suffisante de COS, la capacité de filtration des sols permet une meilleure fourniture en
eau potable. Cependant, les sols peuvent devenir une source substantielle de GES vers
l’atmosphère lorsque la décomposition du COS est accélérée. Bien que l’impact global
du changement climatique sur les stocks de COS soit hautement variable en fonction
de la région ou du type de sol, l’augmentation des températures ainsi que la fréquence
accrue des événements extrêmes est susceptible de mener à de plus importantes pertes
de COS.

Globalement, les stocks de COS sont estimés à environ 1 500 PgC pour le premier
mètre de sol, même si leur distribution est spatialement et temporellement variable. Les
aires d’importance de COS, respectivement celles où le taux de COS est élevé (comme
les tourbières ou sols noirs) ou les larges surfaces à faible taux de COS (comme les
terres arides) constituent des zones majeures de préoccupation.
VI CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible
Avec le changement climatique et une mauvaise gestion, ces régions sont susceptibles
de devenir des sources nettes d’émissions de GES. Cependant, si elles sont gérées de
manière durable, elles ont le potentiel de séquestrer de grandes quantités de carbone dans
leurs sols, contribuant ainsi à l’adaptation et l’atténuation du changement climatique.

Dans le cadre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements


Climatiques (CCNUCC), des accords internationaux tels que le Protocole de Kyoto et
l’Accord de Paris ont posé les règles pour définir des limites quant aux émissions de GES.
Une composante de ces efforts, doit consister dans l’établissement d’inventaires précis
des émissions dues aux changements de stocks de COS qui devraient être rapportés.
Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) fournit des
lignes directrices pour la mesure, le compte-rendu et la vérification des stocks nationaux
de COS, tout en suivant le cadre Mesure, Rapport et Vérification (MRV). Ce dernier
assure que les inventaires contiennent les critères d’intégralité, de transparence, de
cohérence, d’exactitude et de comparabilité. Pour assurer une plus grande spécificité et
exactitude, des méthodes améliorées sont nécessaires pour mesurer, prendre en compte,
surveiller et rapporter sur ce réservoir spécifique de carbone.

Le changement climatique menace au plus haut niveau la sécurité alimentaire de par


son fort impact sur l’agriculture. Il présente des effets négatifs sur les cultures, l’élevage
et la production piscicole en entraînant des réductions de rendement, des migrations
biologiques et la perte de services écosystémiques qui, à terme, mènent à la réduction des
revenus agricoles et à l’augmentation des prix des denrées alimentaires. La séquestration
du COS permet cependant d’atténuer ces problèmes tout en offrant une partie de
la solution au réchauffement climatique. Par conséquent, un nombre de pratiques
permettant de conserver le COS doivent être mises en place de manière à atteindre le
potentiel maximum de production alimentaire, ainsi que d’atténuation et d’adaptation
au changement climatique. Cependant, un nombre d’obstacles à l’adoption de ces
pratiques existent. Ils peuvent être financiers, techniques/logistiques, institutionnels,
de connaissances, de ressources, ou socio-culturels, aussi bien que des interactions
entre ces derniers. Lorsque ces barrières sont combinées à des facteurs abiotiques qui
restreignent l’accumulation du COS, elles empêchent l’adoption de pratiques favorables
à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique. Malgré quelques solutions
permettant de dépasser les obstacles humains, le taux d’adoption global de gestion
durable des sols reste relativement bas.

Cette publication vise à fournir une vue d’ensemble des principaux faits scientifiques
et informations concernant les connaissances actuelles et les lacunes de connaissances
sur le COS, pour les preneurs de décision et praticiens. Elle éclaire sur la manière dont
une meilleure information et de bonnes pratiques peuvent être mises en place pour
soutenir la lutte contre la faim, l’adaptation et l’atténuation du changement climatique
et atteindre un développement global durable.

 VII
REMERCIEMENTS

La préparation de «Carbone organique du sol: une richesse invisible» a bénéficié du


soutien et des apports de plusieurs collaborateurs. Un remerciement spécial revient à
(par ordre alphabétique): Martial Bernoux (FAO) et Lucrezia Caon (FAO).

Notre gratitude s’adresse également à la Confédération Suisse, la Commission


Européenne, au Ministère des Affaires Etrangères d’Islande, ainsi qu’au Ministère des
Affaires Etrangères des Pays-Bas, qui ont financièrement soutenu la publication de cet
ouvrage.

©FAO/Giulio Napolitano

VIII CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


ACRONYMES

AFOLU Agriculture, foresterie et autres affectations des terres


AR Rapport d’évaluation du GIEC (Assessment report)
C Carbone
CDN Contributions déterminées au niveau national
CdP Conférence des Parties de la CCNUCC
CH4 Méthane
CO2 Dioxyde de carbone
COD Carbone organique dissous
COS Carbone organique du sol
CCNUCC Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
CNUDB Convention des Nations Unies sur la diversité biologique
CNULCD Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification
Dapp Densité apparente
GES Gaz à effet de serre
GIEC Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat
GPD Base de données mondiale sur les tourbières (Global Peatland Database)
ITPS Groupe technique intergouvernemental sur les sols
MOS Matière organique du sol
MRV Mesure, rapport et vérification
N2O Oxyde nitreux
ODD Objectifs de développement durable
OMM Organisation météorologique mondiale
PgC Pétagrammes de Carbone1
PK Protocole de Kyoto
PMA Pays les moins avancés
PPN Production primaire nette
PRG Potentiel de réchauffement global
QA/QC Garantie de qualité/contrôle de qualité
RSS Réseau de surveillance des sols
UT Utilisation du territoire
Vis-NIR Infrarouges proches du (seuil) visible
WRB Base de référence mondiale (World Reference Base)

1 1 PgC = un milliard de tonnes de carbone = 3.7 milliard de tonnes de CO2 = 1GtC (gigatonnes de carbone)

 IX
1 · QU’EST-CE QUE LE COS ?

FAO/Vasily Maksimov

X CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


1.1 · COS: UNE PART SPÉCIALE DU CYCLE DU CARBONE GLOBAL

Le grand cycle du carbone, dans lequel entre le carbone organique du sol (COS), prend
en compte le cycle du carbone dans le sol, mais aussi dans la végétation, l’océan et
l’atmosphère (Figure 1). On estime le contenu de COS à environ 1 500 PgC entre 0
et 1 mètre de profondeur. Cela représente plus de carbone que ce qui est actuellement
contenu dans l’atmosphère (environ 800 PgC) et dans la végétation terrestre (500
PgC) réunis (FAO et ITPS, 2015) (Voir section 3.1 pour plus d’informations sur les
réserves de COS). Cette quantité phénoménale de COS n’est pas statique, mais évolue
en permanence au travers de cycles entre les différentes réserves de carbone, sous des
formes moléculaires diverses (Kane, 2015).

Le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4) sont les principaux gaz atmosphériques
contenant du carbone. Dans le sol, les organismes autotrophes (principalement les
plantes), ainsi que les microbes photo- et chémi-autotrophes synthétisent du CO2
provenant de l’atmosphère et produisent ainsi du matériel organique. Le matériel
organique mort (principalement sous forme de résidus de plantes ou exsudats) est
incorporé au sol par le biais de la faune du sol. Au travers de la transformation du
matériel organique par les microorganismes hétérotrophes, du carbone supplémentaire
est intégré au sol. Ce processus de transformation du matériel organique résulte en
une mixture biogéochimique complexe de composés de la litière des végétaux et de
produits de la décomposition microbienne à différents degrés de décomposition (Von
Lützow et al., 2006; Paul, 2014). Ces produits peuvent être associés aux minéraux du
sol ou bloqués au sein d’agrégats, permettant ainsi la persistance du COS dans le sol
pendant des dizaines, des centaines, voire des milliers d’années (Schmidt et al., 2011).
Lorsque la matière organique du sol (MOS) est décomposée (ou minéralisée) par les
microorganismes, du CO2 est émis en retour dans l’atmosphère. Les exsudats racinaires
tels que l’acide oxalique, qui libère des composés organiques à partir d’associations
minérales protectrices peuvent aussi entrainer des pertes de carbone (Keiluweit et al.,
2015). Finalement, une partie du carbone du sol est aussi exportée vers les rivières et
océans sous la forme de carbone organique dissous (COD) ou dans le matériel d’érosion.

En principe, la quantité de COS stockée dans un sol donné dépend d’un équilibre
entre la quantité de C qui entre dans le sol et celle qui en sort, comme résultat de la
minéralisation microbienne et, dans de moindres proportions, celle qui est lessivée sous
forme de COD. A l’échelle locale, du paysage ou de la région, l’érosion ou des dépôts
sur le sol peuvent aussi entraîner un gain ou une perte de C, amenant une redistribution
du C dans le sol. La quantité de COS stocké est donc principalement contrôlée par la
gestion de la quantité et du type de résidus organiques qui entrent dans le sol (c’est-à-
dire les apports de C organique dans le système sol) et par la minimisation des pertes du
C du sol (FAO et ITPS, 2015).

La température du sol et son contenu en eau sont deux facteurs (principalement


déterminés par les conditions climatiques) contrôlant la décomposition de la MOS.
Ils influencent grandement le stock de C du sol au travers de leur effet sur l’activité
1 · Qu’est-ce que le COS ? 1
CO2
ATMOSPHÉRIQUE

PHOTOSYNTHÈSE

EMISSIONS

RESPIRATION
DU SOL
CO2 + CH4
QU
NIIQ
GGAAN UEE
O RR
EE O

EXPORT
EXPORT
RR PAR
PAR ÉROSION
TTIIÈÈ
ÉROSION
A
A
LAA M
M
A TIO
ION
N DEE L
D
MIIN
M LIS
NÉÉRRAALIS AT

COS
EXPORT
EXPORT
VERS
VERS LES
LES

OCÉAN
COURS
COURS D’EAU
D’EAU
ET
ET OCÉANS
OCÉANS SOUS
SOUS
FORME
FORME DE
DE COD
COD

Figure 1 · Le COS dans le cycle du carbone global.

2 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


microbienne. La composition de la communauté microbienne (ex: le rapport bactéries/
champignons) peut aussi impacter la décomposition de certains composés. La
récalcitrance chimique présumée de molécules complexes qui accumulent le COS,
comme la lignine ou les lipides, ne contribuent pas substantiellement à la persistance de
la MOS dans le sol (Marschner et al., 2008; Thévenot et al., 2010). La persistance de la
MOS est plutôt liée à la stabilisation du COS dans la matrice du sol au travers de ses
interactions et associations avec les minéraux du sol (Schmidt et al., 2011).

Il est nécessaire de quantifier les flux de carbone globaux pour clarifier, entre autres, si
les écosystèmes terrestres fixent plus de CO2 atmosphérique par photosynthèse qu’ils
n’en dégagent vers l’atmosphère par respiration. D’une part, le budget de carbone global
est déterminé par la concentration en CO2 atmosphérique et l’assimilation de CO2 par
les océans et les terres et d’autre part, par les émissions dérivées des émissions d’énergie
fossile, de l’utilisation et du changement d’utilisation du territoire. L’estimation la plus
récente des niveaux de C a indiqué qu’entre 2006 et 2015, les flux allant des terres vers
l’atmosphère étaient deux fois supérieurs à la somme des réserves présentes dans les
océans et les terres, avec 90 pour cent de ces émissions issues de carburants fossiles et de
l’industrie (Le Quéré et al., 2016). Entre 1750 et 2011, un tiers des émissions de gaz à effet
de serre (GES) anthropogéniques avaient pour origine les changements d’utilisation
du territoire (GIEC, 2014). Depuis la dernière période glaciaire, les niveaux de CO2
atmosphériques ont augmenté d’environ 180 à 280 ppm, ajoutant environ 220 ppm PgC
à l’atmosphère sur une période de 10 000 ans, soit une augmentation d’environ 4.4 PgC/
an (Baldocchi et al., 2016).

Les récentes recherches sur la dynamique du carbone du sol et son influence sur le cycle
du carbone global ont permis l’amélioration des connaissances liées 1) à l’importance
de l’accessibilité du COS, qui à petite échelle permet le renouvellement du C par les
microbes à une profondeur de plus de 20 cm (Trumbore et Czimczik, 2008; Schimel et
Schaeffer, 2012; Vogel et al., 2014), 2) aux relations entre les communautés microbiennes,
la dynamique et les propriétés inhérentes au sol dans le cycle du carbone et les autres
cycles biogéochimiques (Trumbore et Czimczik, 2008; Gärdenäs et al., 2011) et 3) à
l’influence de la diversité des végétaux dans l’augmentation de l’activité microbienne et
le stockage de C dans le sol (Lange et al., 2015).

1.2 · COS: UN ÉLÉMENT DE LA MOS

La matière organique du sol (MOS) décrit les constituants organiques du sol à différents
états de décomposition, comme les tissus provenant de végétaux ou d’animaux morts,
d’une taille de moins de 2 mm, et organismes du sol. La MOS joue un rôle critique
dans la stabilisation de la structure du sol, la rétention et la libération de nutriments
pour les végétaux et le maintien de la capacité de rétention des sols. Elle est ainsi un
indicateur clé de la productivité agricole, mais aussi de la résilience environnementale.
Le renouvellement de la MOS influence le fonctionnement des écosystèmes et le
réchauffement climatique (voir aussi section 2.1). La décomposition de la MOS libère
des nutriments minéraux. Ces derniers deviennent disponibles et permettent ainsi la
1 · Qu’est-ce que le COS ? 3
croissance des végétaux (Van der Wal et de Boer, 2017). Une meilleure croissance
des végétaux et une plus grande productivité contribuent ainsi à assurer la sécurité
alimentaire.
Différents réservoirs de MOS peuvent être identifiés en fonction du temps nécessaire à
sa pleine décomposition et au temps de permanence de ses produits dans le sol (temps
de renouvellement) (Gougoulias et al., 2014):

• Le réservoir actif - renouvellement en quelques mois ou quelques années;


• Le réservoir passif - renouvellement pouvant atteindre le millier d’années.

Une longue période pour le renouvellement des composés du sol ne peut pas seulement
s’expliquer par la présence de conditions d’anaérobie, comme dans les tourbières. Elle
peut aussi être due à l’incorporation d’éléments de la MOS au sein d’agrégats reliant
la matière organique aux surfaces minérales protectrices, à la déconnection spatiale
entre la MOS et les décomposeurs et les propriétés biochimiques intrinsèques de la
MOS. Les micro agrégats sont considérés comme responsables de la stabilisation des
réservoirs passifs (agents stabilisateurs permanents), alors que les macro agrégats
et les mottes de terre entourant les petits agrégats (Degens, 1997) sont considérés
comme des agents stabilisateurs transitoires (Tisdall et Oades, 1982; Dexter, 1988).
La stabilisation physique et chimique de la MOS empêche, à différents degrés, la
décomposition microbienne (du fait d’une mobilité restreinte et de l’accès des microbes
à la matière organique), ainsi que la diffusion de l’eau, des enzymes et du dioxygène. La
stabilisation nécessite une grande diversité d’enzymes microbiennes pour dégrader les
macromolécules insolubles que peut comporter la MOS (Van der Wal et de Boer, 2017).

La MOS comporte environ 55 à 60 pour cent de C en masse. Dans de nombreux sols, ce


C comprend la majeure partie ou le stock entier de C (désigné comme COS) sauf lorsque
des formes inorganiques de C du sol surviennent (FAO et ITPS, 2015). Similaire à la
MOS, le COS est divisé en plusieurs réservoirs en fonction de sa stabilité physique et
chimique (FAO et ITPS, 2015; O’Rourke et al., 2015):

• Le réservoir rapide (aussi réservoir labile ou actif) – Après addition de carbone


organique frais dans le sol, la biomasse initiale est décomposée au bout de 1 à 2 ans.
• Le réservoir intermédiaire - Comprend le carbone organique partiellement stabilisé
sur des surfaces minérales et/ou protégé au sein d’agrégats après transformation par
les microbes. Le temps de renouvellement est de l’ordre de 10 à 100 ans.
• Le réservoir lent (réservoir stable ou réfractaire) – COS hautement stabilisé. Le
renouvellement très lent (de 100 à plus de 1 000 ans).

Un réservoir lent additionnel de COS qui est présent dans de nombreux écosystèmes
est le COS pyrogénique, formé à partir de biomasse partiellement carbonisée (pyrolysée
par exemple) durant des feux sauvages (Schmidt et Noack, 2000). Une portion de ce
matériel (souvent désigné comme carbone pyrogénique ou carbone noir) a une structure
chimique aromatique hautement condensée qui résiste à la dégradation microbienne et
donc persiste dans le sol sur de longues périodes (Lehmann et al., 2015).

4 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


La séparation du COS en différents réservoirs est plus conceptuelle que véritablement
mesurable et se base sur la facilité du COS à être oxydé ou le degré de stabilisation
physique au sein d’agrégats ou encore grâce à l’attache aux minéraux déterminés par
des protocoles analytiques. Bien que les réservoirs de COS soient souvent utilisés
pour modéliser les dynamiques du carbone, les manières pour concilier les réservoirs
« mesurables » et « modélisables » ont rarement été signalées (Zimmermann et al.,
2007; Luo et al., 2014). Par conséquent, le COS et la MOS devraient être considérés
comme un continuum de matériel organique à toutes les étapes de transformation, de
décomposition ou de stabilisation (Lehmann et Kleber, 2015).

La proportion de COS labile sur le total de COS, plutôt que le réservoir total de SOC
en tant que tel influence la séquestration du COS et la santé du sol (Blair et al., 1995). Il
a été montré que la fraction labile de carbone est un indicateur de propriétés chimiques
et physiques clés du sol. Par exemple, cette fraction est le premier facteur contrôlant la
décomposition des agrégats dans les Ferrosols (argiles rouges ne se fissurant pas). Elle
a été mesurée en déterminant le pourcentage d’agrégats mesurant moins de 0.125 mm
dans la croute de surface après une pluie simulée en laboratoire (Bell et al., 1998, 1999).
La fraction résistante ou stable de COS contribue principalement à la capacité du sol
à retenir les nutriments (capacité d’échange cationique). Cette fraction de carbone
organique se décomposant très lentement, elle est intéressante pour la séquestration du
COS à long terme.

1.3 · LE SOL: UNE SOURCE ET UN PUITS DE GES À BASE DE CARBONE

Le sol peut être une arme à double tranchant lorsqu’on s’intéresse aux flux de carbone.
Les impacts humains sur les sols peuvent en faire des sources ou des puits nets de GES.
En tant que source, les sols émettent des GES vers l’atmosphère d’où ils piègent les
radiations thermiques, augmentant ainsi l’effet de serre et contribuant au réchauffe-
ment global. Les GES à base de carbone émis par le sol sont le CO2 et le CH4. Ce sont
les deux principaux GES dont l’émission est anthropogénique (GIEC, 2014). L’oxyde
nitreux (N2O) est un autre GES pour lequel les émissions sont devenues de plus en plus
anthropogéniques, à cause notamment des sols agricoles et des installations d’élevage.
Il est important de prendre en compte ces trois gaz dans le bilan en CO2 du sol puisque
les mécanismes entraînant l’émission de ces gaz et les cycles écosystémiques sont in-
terconnectés (carbone-azote, mécanismes aérobie-anaérobie). L’impact potentiel sur le
climat de ces gaz diffère en fonction de leurs efficacités relatives à être un puissant gaz
à effet de serre, c’est-à-dire leur potentiel de réchauffement global (PRG). Le CO2 est
considéré comme ayant un PRG de 1, suivi par le CH4, avec un PRG égal à 28 sur une
échelle de 100 ans et le N2O possédant le PRG sur 100 ans le plus élevé, équivalent à
265 (GIEC, 2014).

1 · Qu’est-ce que le COS ? 5


1.3.1 · LE DIOXYDE DE CARBONE
Le dioxyde de carbone (CO2) est le gaz composé de carbone le plus abondant dans
l’atmosphère. Pendant 2.1 millions d’années, avant l’ère industrielle, la concentration de
CO2 atmosphérique a fluctué entre 180 et 290 ppm (Hönisch et al., 2009). Sur une base
cumulée entre 1750 et 2011, l’augmentation de CO2 atmosphérique a été de 240 PgC.
En 2014, l’abondance de CO2 atmosphérique a dépassé les 397 ppm, ce qui représente
une augmentation de plus de 40 pour cent par rapport à l’ère préindustrielle (Le Quéré
et al., 2016). L’augmentation dans la concentration en CO2 est principalement attribuée
à la combustion de combustibles fossiles et aux changements d’utilisation des terres,
surtout la déforestation (GIEC, 2014).

Dans les sols, il y a émission de CO2 vers l’atmosphère lorsque des résidus organiques ou
MOS sont oxydés. La respiration du sol désigne le flux de CO2 respiré par la faune du
sol ou par les racines souterraines du sol rejeté vers l’atmosphère et représente le second
plus grand flux de carbone terrestre (Raich et Potter, 1995). La respiration du sol varie
en fonction des saisons puisqu’elle est contrôlée par des facteurs environnementaux
comme la température, l’humidité, le contenu en nutriments du sol et la concentration
en dioxygène. L’effet du changement climatique (en particulier l’augmentation de
température et la modification des régimes de précipitations) sur la respiration du sol
est développé dans la section 2.3.1.

1.3.2 · LE MÉTHANE
Sur la base de son PRG, le méthane (CH4) est un GES 28 fois plus puissant que le
CO2 (GIEC, 2007). Le CH4 est émis par les sols au travers d’un mécanisme appelé
la méthanogénèse qui apparait lorsque la matière organique est décomposée en milieu
d’anaérobie (dépourvu de dioxygène). Dans de tels environnements, les méthanogènes,
la forme de bactérie principale produisant du méthane, utilisent le CO2, en plus de la
fermentation de l’acétate, à la place du dioxygène comme récepteur final d’électrons
des activités métaboliques. Le CH4 rejeté est donc un coproduit. Les sols détrempés,
en particulier les zones humides, les tourbières et les rizières, sont les principales
sources d’émissions de CH4 (FAO et ITPS, 2015). En 1998, les émissions mondiales
de CH4 provenant des zones humides étaient estimées à 0.15 Pg/an, desquelles 0.09
Pg/an provenaient de zones humides naturelles et 0.05 Pg/an des rizières. De plus, les
inventaires de GES ont signalé que les émissions de CH4 provenant des rizières avaient
augmenté de 0.37 PgCO2eq/an en 1961 à 0.50PgCO2eq/an en 2010 (FAO et ITPS,
2015).

Cela s’oppose à des sols en mesure d’avoir un remarquable potentiel de stockage des
principaux constituants de ces GES (principalement de C; ce mécanisme, appelé
séquestration du carbone du sol est discuté section 1.4). En condition d’aérobie (en
présence de dioxygène), les bactéries méthanotrophes du sol se développent et utilisent
le méthane comme source de carbone dans un mécanisme appelé la méthanotrophie,
dans lequel le CH4 est oxydé. Ainsi, en raison de la grande profondeur de la nappe
aquifère qui permet aux bactéries de se développer, les sols de forêt tendent à être de
6 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible
bons puits à méthane (Serrano-Silva et al., 2014). Le niveau de la nappe aquifère est
considéré comme le levier grâce auquel le sol agit comme une source ou un puits de
méthane. L’azote et la température sont aussi des facteurs constitutifs du potentiel
de séquestration de carbone dans le sol puisqu’ils régulent la quantité d’émission de
méthane (Kane, 2015).

1.4 · LA SÉQUESTRATION DU COS

La séquestration du COS est un mécanisme par lequel le carbone atmosphérique est fixé
et stocké dans le sol grâce aux plantes ou aux résidus organiques. A partir du CO2, la
séquestration du COS comporte trois étapes: 1) prélèvement de CO2 dans l’atmosphère
via la photosynthèse des végétaux, 2) transfert de carbone du CO2 en biomasse végétale
et 3) transfert du carbone de la biomasse végétale vers le sol dans lequel il est stocké
sous forme de COS dans le réservoir le plus instable. Ce réservoir est caractérisé par le
plus fort taux de renouvellement (de quelques jours à quelques années) et est composé
de résidus de plantes récemment incorporés et est rapidement décomposable par la
faune du sol, ce qui génère souvent des émissions de CO2 en retour dans l’atmosphère
(voir aussi section 1.1). Par conséquent, lors de la planification d’actions permettant la
séquestration du COS il est impératif de prendre en compte un horizon plus large et de
ne pas considérer uniquement la capture de CO2 depuis l’atmosphère. Cela nécessite
de trouver de nouveaux moyens pour retenir le C dans le réservoir lent de carbone.
En contraste, la recherche montre que le réservoir stable de C possède un potentiel de
séquestration du C négligeable du fait de sa résistance au changement et par conséquent,
de son insensibilité à la manière dont est géré le sol (Kane, 2015).

Le carbone nouvellement ajouté peut être stabilisé dans le sol au moyen d’un certain
nombre de mécanismes (Six et al., 2002; Six et al., 2006; Jastrow et al., 2007; Kane,
2015). Physiquement, le carbone peut être stabilisé par isolation à l’intérieur des micro
et macro agrégats du sol d’où il est inaccessible aux organismes du sol. Chimiquement,
le carbone peut être fortement fixé aux argiles par liaisons chimiques, ce qui empêche
la consommation de carbone par les organismes. Biochimiquement, le carbone peut
être re-synthétisé en des structures moléculaires complexes qui peuvent freiner la
décomposition. Ces trois mécanismes dépendent d’un certain nombre de facteurs
biotiques, abiotiques et associés à la gestion, qui déterminent l’efficacité de la stabilisation
du carbone du sol (Six et al., 2006; Kane, 2015).

Le concept de saturation du carbone du sol implique que le stock de carbone dans


le sol peut atteindre une capacité de charge maximale (Six et al., 2002; Stewart et al.,
2007). Ce seuil dépend de nombreux facteurs incluant les propriétés intrinsèques et
dynamiques du sol et leurs interactions avec des facteurs abiotiques. Il est aussi défini
dans la littérature comme la capacité maximum de stabilisation du carbone (Beare et al.,
2014). La courbe de stabilisation du carbone du sol ne peut donc pas croître à l’infini, et
lorsqu’un niveau de saturation de C est atteint, la séquestration du carbone cesse. Les
sols arrêtent de se comporter comme des puits nets de carbone et sont susceptibles de
1 · Qu’est-ce que le COS ? 7
devenir de nettes sources de carbone. La séquestration du COS a des limites spatiales
et temporelles et est un procédé réversible (Paustian et al., 2016). Les sols appauvris en
COS ont un très grand potentiel pour acquérir du carbone, mais ont aussi la plus faible
propension à le faire. Comme dans le monde, la plupart des sols sont loin d’avoir atteint
leur seuil de saturation, il représentent un grand potentiel pour incorporer des apports
de carbone en promouvant une gestion qui protège les stocks de carbone existants et
maximise la séquestration du carbone dans le sol (Kane, 2015).

En général, le cycle du carbone et la séquestration du carbone sont plus actifs dans les
horizons supérieurs du sol, alors que le carbone stable a un taux de renouvellement
plus long, ce qui signifie qu’une plus grande proportion de COS se trouve dans les
horizons de sol plus profonds (Trumbore, 2009; Rumpel et al., 2012). Beare et al. (2014)
ont estimé que les plus grandes profondeurs de sol avaient une plus grande capacité à
stocker du C supplémentaire que les horizons supérieurs car il y existe une plus grande
différence entre le contenu en COS et la valeur de saturation du COS. L’accumulation
de C stabilisé avec de longues périodes de présidence dans les horizons profonds de
sol peut s’expliquer par un transport continu, des immobilisations temporaires et la
fabrication de COD par les microorganismes dans le profil de sol (Kaiser et Kalbitz,
2012) et/ou une stabilisation efficace de la matière organique dérivée des racines dans la
matrice du sol (Rasse et al., 2005). Lorenz et Lal (2005) ont estimé que le sous-sol avait
le potentiel de stocker 760 à 1 520 Pg de carbone supplémentaire.

Il faut également signaler que l’adjonction de nouvelles sources de C dans les sous-
sols doit être effectuée avec précaution car elle risque d’augmenter la minéralisation du
COS existant. Néanmoins, augmenter les stocks de COS dans les sous-sols est toujours
reconnu comme un moyen prometteur pour assurer une séquestration de C considérable
dans les sols (Rumpel et al., 2012).

8 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


©FAO/Marco Longari

1 · Qu’est-ce que le COS ? 9


2 · RÔLE DU COS DANS
LE BIEN-ÊTRE HUMAIN

©FAO/Rodger Bosch

10 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


2.1 · ATTEINDRE LES OBJECTIFS POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Comme l’indique clairement le premier principe de la version révisée de la Charte


mondiale des sols (FAO, 2015a, p.4),
“Les sols sont une ressource essentielle qui sous-tend la création de tout un éventail
de biens et de services inhérents aux écosystèmes et au bien-être de l’homme. Il
est donc essentiel de maintenir et de développer les ressources pédologiques pour
satisfaire aux besoins fondamentaux de l’humanité du point de vue de la sécurité
des approvisionnements alimentaires, hydriques et énergétiques, dans le respect des
droits souverains de chaque Etat sur ses propres ressources naturelles. En particulier,
avec l’augmentation prévue des besoins à satisfaire en termes d’aliments, de fibres
et de carburants pour assurer la sécurité alimentaire et énergétique, les sols seront
de plus en plus sollicités.”
Les 17 objectifs du développement durable (ODD) de l’Agenda 2030 pour le
développement durable, qui ont été adoptés par les dirigeants mondiaux en septembre
2015 ont identifié la nécessité de restaurer les sols dégradés et d’améliorer la santé des
sols.

Maintenir la quantité de carbone en équilibre ou augmenter le contenu en COS afin


de tendre à un niveau optimal pour l’environnement local peut contribuer à réaliser
les ODD (Figure 2). Cet objectif peut être atteint en libérant le potentiel des services
écosystémiques du sol pour permettre non seulement le soutien, le maintien ou
l’amélioration de la fertilité et la productivité du sol (nécessaire pour réaliser l’ODD
2 « Faim zéro » et l’ODD 3 « Bonne santé et bien-être ») , mais aussi pour stocker et
fournir plus d’eau (ODD 3 et ODD 6 « Eau propre et assainissement »), maintenir la
biodiversité (ODD 15 « Vie terrestre »), et augmenter la résilience écosystémique face au
changement climatique (ODD 13 « Mesures relatives à la lutte contre les changements
climatiques »). Dans les sections suivantes, une attention particulière sera attachée à
la biodiversité qui prend part à l’ODD 15, à la production alimentaire qui contribue à
la réalisation de l’ODD 2 et à l’atténuation du changement climatique, comprise dans
l’ODD 13.

Figure 2 · Contributions
apportées par le
COS aux objectifs de
développement durable.

2 · Rôle du COS dans le bien-être humain 11


2.2 · COS ET BIODIVERSITÉ

La biodiversité du sol correspond au mélange des organismes vivants dans le sol. Ces
organismes interagissent les uns avec les autres ainsi qu’avec les plantes et les petits
animaux, le tout formant un réseau d’activité biologique (Orgiazzi et al., 2016). D’une
part, la biodiversité du sol contribue grandement à la formation de MOS à partir de la
litière organique, contribuant ainsi à l’augmentation du contenu en COS. D’autre part,
la quantité et la qualité de MOS (par conséquent de la COS) détermine le nombre
et l’activité du biotope du sol qui interagit avec les racines des végétaux. La structure
de la communauté microbienne du sol est donc largement influencée par la qualité et
la quantité de COS et dans une moindre proportion par la diversité végétale (Thiele-
Brunh et al., 2012).

2.2.1 · IMPORTANCE DE LA BIODIVERSITÉ DU SOL


L’importance transversale de la biodiversité a été formalisée lors de la création de la
Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CNUDB) en 1992. La
biodiversité assure le fonctionnement des écosystèmes et tous les organismes, peu
importe leur taille, ont un rôle important à jouer. En 2015, la Charte mondiale des sols
a énoncé (FAO, 2015a, p.5) :
“Les sols sont un réservoir essentiel de la diversité biologique mondiale – micro-
organismes aussi bien que flore et faune. Cette diversité biologique joue un rôle
fondamental dans les fonctions des sols et, par conséquent, à l’appui des biens et des
services écosystémiques qui sont associés aux sols. Pour sauvegarder ces fonctions, il
faut donc préserver la biodiversité des sols.”
Les organismes du sol sont généralement classés en fonction de leur taille, comme
indiqué dans le Tableau 1.
Tableau 1 · Vue d’ensemble des principaux organismes du sol en fonction de leur taille
MODIFIÉ DE ORGIAZZI ET AL., 2016; GARDI AND JEFFERY, 2009.

Taille Microfaune Mésofaune Macrofaune


(De 1 à 100 µm) (De 100 µm-2 mm) (Plus de 2 mm)

Protozoaires Collemboles Vers de terre


+
Nématodes Mites Fourmis
Champignons Tardigrades Cloportes
- Bactéries Termites

La biodiversité du sol (bactéries, champignons, protozoaires, insectes, vers, et autres


invertébrés et mammifères), associée au COS forme la capacité métabolique du sol.
Elle joue un rôle crucial dans l’amélioration de la production alimentaire et la résilience
du sol face au changement climatique. Le complexe formé par la communauté des
organismes du sol i) détermine l’ampleur et la direction des flux de C entre l’atmosphère
et le sol (soit en facilitant la séquestration du carbone du sol, soit en augmentant les
émissions de GES), ii) participe au cycle du COS et influence de manière déterminante
la disponibilité des nutriments (à noter que leur acquisition par les plantes est hautement
12 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible
efficace lorsqu’elle est doublée d’associations symbiotiques avec les micro-organismes),
iii) améliore la structure physique du sol en facilitant l’agrégation, et iv) promeut la lutte
biologique contre les parasites et la pollinisation des cultures (FAO et ITPS, 2015).

Le rôle de la macrofaune dans l’accumulation de COS a largement été souligné. Par


exemple, les mille-pattes et vers de terre dégradent et transforment les particules de
matière organique. Plus généralement, la macrofaune du sol permet le transfert du COS
vers de plus grandes profondeurs de sol, où le COS possède un temps de présence plus
élevé (Rumpel et Kögel-Knabner, 2011)

2.2.2 · PERTE DE BIODIVERSITÉ DU SOL


Les pertes de biodiversité dans le sol affectent de multiples fonctions écosystémiques,
dont la décomposition du COS, la rétention des nutriments et le cycle des nutriments
(FAO et ITPS, 2015). De mauvaises pratiques de gestion des terres et des changements
environnementaux affectent les communautés vivant sous la surface sur sol et le déclin
de biodiversité qui en résulte limite et réduit ces avantages (Figure 3) (Wall et al., 2015).
N DU TERRITOI
STIO RE
GE
INTENSIVE DURABLE

E
EX T RNE
S
S
FA C T E U R

CHANGEMENT FAIBLE BIODIVERSITÉ BIODIVERSITÉ ÉLEVÉE


CLIMATIQUE, DU SOL DU SOL
DÉPÔTS D’AZOTE,
ESPÈCES INVASIVES,
ET POLLUTION RAVAGEURS
ET PATHOGÈNES + - RAVAGEURS
ET PATHOGÈNES

ORGANISMES
BÉNÉFIQUES - + ORGANISMES
BÉNÉFIQUES

Figure 3 · Impact des décisions


de gestion du territoire sur
la biodiversité du sol. SANTÉ
HUMAINE
Modifié de Wall et al., 2016.
SANTÉ SANTÉ
ANIMALE VÉGÉTALE

Une gestion agricole non durable telle que pratiquée dans de nombreux agro-écosystèmes
(comme la monoculture, l’usage intensif du labour ou les apports chimiques), dégrade
le réseau fragile des interactions de communautés entre les ravageurs et leurs ennemis
naturels, ce qui influe négativement sur les stocks de COS. Lorsque les pertes de COS
ne peuvent pas être complètement expliquées par les propriétés physiques du sol,
l’hypothèse qui pourrait être formulée est que la stabilité du COS est dépendante de
l’activité et de la diversité des organismes du sol (Gardi et Jeffery, 2009).

Etant donné les pertes actuellement observées au sein de la diversité microbienne du


sous-sol, il est important de comprendre les relations entre la biodiversité du sol et
2 · Rôle du COS dans le bien-être humain 13
le cycle du C de manière à prévoir de quelle manière ces pertes de biodiversité sous
une altération environnementale continue due aux actions humaines impactera les
mécanismes du cycle du C global (De Graaf et al., 2015).

Les recherches actuelles indiquent que la biodiversité du sol peut être maintenue et
partiellement restaurée si elle est gérée de manière durable. Promouvoir la complexité
écologique et la robustesse de la biodiversité du sol au moyen de pratiques de gestion
améliorées représente une ressource sous-utilisée qui a le potentiel ultime d’améliorer la
santé humaine (Figure 3) (Wall et al., 2015). En ce qui concerne les techniques de gestion
des sols propres à atténuer les effets du changement climatique et de s’y adapter dans
un contexte de production alimentaire durable, il convient de se reporter à la section 5.

Current research indicates that soil biodiversity can be maintained and partially
restored if managed sustainably. Promoting the ecological complexity and robustness of
soil biodiversity through improved management practices represents an underutilized
resource with the ability to ultimately improve human health (Figure 3) (Wall et al.,
2015). For sustainable soil management techniques aimed at climate change mitigation
and adaptation and sustainable food production, see section 5.

2.3 · COS, PRODUCTION ALIMENTAIRE ET APPROVISIONNEMENT EN EAU

2.3.1 · FERTILITÉ DU SOL ET PRODUCTION ALIMENTAIRE


La fertilité du sol correspond à la capacité du sol à supporter et soutenir la croissance des
végétaux, notamment en rendant l’azote, le phosphore, le soufre et d’autres nutriments
disponibles pour l’assimilation par les plantes. Ce mécanisme est facilité par 1) le stockage
des nutriments dans la MOS, 2) le recyclage des nutriments de la forme organique à
une forme minérale disponible pour les végétaux et 3) des mécanismes physiques et
chimiques qui contrôlent l’absorption des nutriments, la disponibilité, le déplacement et
les éventuelles pertes vers l’atmosphère et l’eau. Les sols gérés représentent un écosystème
hautement dynamique. Ce dernier favorise les fonctions du sol et la fourniture en
services écosystémiques. En général, la fertilité et le fonctionnement des sols dépendent
des interactions entre la matrice minérale du sol, les végétaux et les micro-organismes.
Ceux-ci sont responsables de l’accumulation et de la dégradation de la MOS et ainsi de la
préservation et de la disponibilité des nutriments dans le sol. Finalement, un cycle équilibré
des nutriments dans les sols doit être maintenu pour entretenir les fonctions du sol (FAO
et ITPS, 2015).

2.3.2 · INFLUENCE DU COS SUR LA CAPACITÉ DE RÉTENTION


D’EAU ET DE LA POROSITÉ DU SOL
La matière organique améliore les agrégats du sol et la stabilité structurelle, qui, de pair
avec la porosité, sont importants pour l’aération du sol et l’infiltration de l’eau dans le sol.
Même si la croissance végétale et la couverture du sol peuvent aider à protéger la surface

14 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


du sol, une structure stable, bien agrégée qui résiste à l’imperméabilisation de la surface et
continue à infiltrer l’eau lors de pluies intenses diminuera les risques d’inondation en aval.
La porosité détermine la capacité du sol à retenir l’eau et contrôle le transfert de l’eau au
travers du sol. En plus de la porosité totale, la continuité et la structure du réseau poreux
sont importants pour ces fonctions et aussi pour d’autres fonctions telles que la filtration
des contaminants (FAO et ITPS, 2015). Les autres fonctions du sol liées à l’eau et leurs
conséquences sur l’amélioration de la qualité de l’eau et la production alimentaire sont
répertoriées dans le tableau 2. Enfin, l’eau emmagasinée dans les sols sert de source à 90
pour cent de la production agricole mondiale et représente environ 65 pour cent de l’eau
potable mondiale (Amundson et al., 2015).
Tableau 2 · Fonctions du sol liées au cycle de l’eau et aux services écosystémiques
Issu de FAO et ITPS, 2015.

Fonction Mécanisme Conséquence Service écosystémique


du sol

L’eau contenue dans les


Food
Emmagasine pores du sol entretient les
Production de biomasse Aesthetics
(Accumulation) communautés végétales et
Erosion control
microbiennes
L’eau qui s’écoule s’infiltre
Permet
dans le sol, les excès sont Réduction du ruissellement Contrôle de l’érosion
(Absorption)
perdus par ruissellement
L’eau qui pénètre dans
Transmet
le sol est redistribuée et Percolation dans les eaux Recharge de la nappe
(Conductivité
l’excès est transmis par souterraines d’eau souterraine
hydraulique)
percolation profonde
L’eau passant au travers de Les contaminants sont
Nettoie la matrice du sol interagit éliminés par dégradation
Qualité de l’eau
(Filtration) avec les particules et le biologique/sites de
biotope du sol rétention ou d’absorption

2.4 · EFFETS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR LE COS

CuLes projections actuelles suggèrent que face au changement climatique, les réponses
du carbone du sol iront de petites pertes à gains modérés. Il est extrêmement difficile
de prédire les effets du changement climatique sur les sols, étant donné les interactions
complexes entre la température et l’humidité, l’augmentation de la productivité et
l’augmentation de la décomposition et les variations dues aux différentes régions et
types de sols (FAO et ITPS, 2015; Keestrea et al., 2016).

2 · Rôle du COS dans le bien-être humain 15


2.4.1 · EFFETS DE L’AUGMENTATION DE LA TEMPÉRATURE ET DE
L’AUGMENTATION DES PRÉCIPITATIONS SUR LES STOCKS DE COS
Les températures et les précipitations sont les facteurs les plus significatifs en matière
de contrôle de la dynamique du COS (Deb et al., 2015). Bien qu’une augmentation
des températures entraîne une augmentation de la production végétale et donc
augmente les apports de carbone au sol, elle tend aussi à augmenter la décomposition
microbienne du COS (Keestrea et al., 2016). Une forte conviction empirique véhicule
l’idée que l’augmentation des températures stimulera la perte nette de carbone du sol
vers l’atmosphère, conduisant à une rétroaction carbone terrestre-climat positive qui
pourrait accélérer le changement climatique (Figure 4) (Crowther et al., 2016). De plus,
avec le changement climatique, des précipitations et des sécheresses plus fréquentes et
plus fortes sont à prévoir, qui pourraient avoir de plus grands impacts sur la dynamique
des écosystèmes, comparé à l’effet seul ou combiné de l’augmentation de température
et du CO2 (GIEC, 2014). Cette augmentation de fréquence des événements extrêmes
est susceptible d’exacerber la quantité et la vitesse d’érosion, de salinisation et
d’autres mécanismes de dégradation, menant à de plus larges pertes de carbone. Au
final, le changement climatique, à cause des précipitations, de la température, des
microorganismes/biotope et de la végétation peut influencer plusieurs facteurs de
formation du sol, affectant ainsi le taux d’accumulation du COS (FAO et ITPS, 2015).

Figure 4 · Extrapolation
spatiale de la vulnérabilité des
stocks de COS en fonction de la
température.
Tiré de Crowther et al., 2016.
a. Carte des changements
estimés dans le stock de
C du sol (profondeur de
0 à 15 cm) par pixel, d’ici
2050 selon le scenario « pas
d’acclimatation » avec une
augmentation moyenne des
températures à la surface du
sol de 1°C.
b. Réductions totales dans
le réservoir de C global sous
des augmentations moyennes
d’1 ou 2°C à la surface du sol
d’ici 2050, comme attendu
sous différents scénarios
d’effets du temps sur le C du
sol (axe x). L’effet dans le
temps renvoie à la vitesse à
laquelle la pleine réponse du
C du sol au réchauffement
est réalisée. Les zones
ombragées indiquent
l’intervalle de confiance
de 95 pour cent autour de
la moyenne des pertes de
C (points) pour chaque
scénario.

16 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


2.4.2 · EFFETS DE L’AUGMENTATION DE LA CONCENTRATION EN CO2 DANS
L’ATMOSPHÈRE
Les augmentations anthropogéniques de CO2 atmosphérique peuvent conduire à une
augmentation de la production primaire nette (PPN), qui fournit l’apport primaire de
carbone au sol, à condition qu’il n’y ait pas de limitation en nutriments et en eau. Il est
vraisemblable qu’une telle augmentation de PPN stimule la croissance des végétaux,
mais qu’elle entraine finalement une rétroaction négative sur le CO2 atmosphérique à
cause de l’augmentation des apports en COS (Van Groenigen et al., 2014; Amundson et
al., 2015). D’après la théorie du manque progressif en nutriments, la réponse de la PPN
face à une augmentation des taux de CO2 sera limitée par les réserves en nutriments dans
le sol et en particulier l’azote. Il reste cependant difficile de savoir si une augmentation
de PPN se traduiront par une augmentation dans le stockage de COS. Des études
d’enrichissement en CO2 à l’air libre ne mettent souvent en évidence aucun changement
en COS malgré une augmentation de la PPN. Ceci est probablement dû à une élévation
de la quantité de l’apport en C perdu ou d’une décomposition accélérée du COS par
effet primaire (voir section 2.3.3). Au final, l’accumulation de COS liée à des niveaux
élevés de CO2 peut être difficile à mesurer du fait de l’hétérogénéité spatiale dans les
réservoirs de COS et de la brève échelle temporelle des expériences, comparée au temps
de renouvellement du COS (Todd-Brown et al., 2014).

2.4.3 · INCERTITUDES QUANT AUX RÉPONSES DU COS


AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
De nombreuses incertitudes demeurent lors de l’établissement de projections sur le
comportement du COS comme une fonction du changement climatique. En effet, les
conséquences des actions humaines sur le climat global sont encore incertaines, dû en
partie à une compréhension limitée de la respiration du sol et de sa représentation dans
les modèles du système terrestre (Gougoulias et al., 2014). Il existe par exemple une
grande incertitude au sujet de l’effet primaire sur la décomposition de la MOS, qui est
l’un des mécanismes cruciaux dans l’équilibre carboné des écosystèmes. L’effet primaire
se définit comme une augmentation de la décomposition du stock de COS en résultat de
l’addition de composés facilement dégradables (Van der Wal et de Boer, 2017). Cet effet
ajoute de l’incertitude à la prédiction des futures réponses du sol à un climat changeant,
car son mécanisme est encore peu compris et même peu connu (FAO et ITPS, 2015).
Comme souligné par Gougoulias et al. (2014), les contributions des microorganismes
au changement climatique au travers de rétroactions dans le cycle du carbone sont loin
d’être directes et ajoutent de plus grandes incertitudes car des effets directs et indirects
agissent simultanément, le tout couplé à des interactions avec d’autres facteurs. En ce
qui concerne les microorganismes du sol, de nombreuses questions restent sans réponse
au sujet du temps nécessaire pour que les effets du réchauffement soient accomplis et du
temps que prendront les communautés du sol pour s’adapter à des environnements plus
chauds (Crowther et al., 2016).

2 · Rôle du COS dans le bien-être humain 17


ENCADRÉ 1 · SENSIBILITÉ DES ZONES D’IMPORTANCE EN TERMES DE COS FACE AU
CHANGEMENT CLIMATIQUE.

Les effets du réchauffement climatique dépendent de l’importance du stock de COS, avec des pertes
considérables dans les zones de hautes latitudes. Ainsi, la réaction au changement climatique des
zones où le COS est présent en grande quantité est inquiétante (FAO et ITPS, 2015). Les zones
de permafrost, reconnues posséder les plus grandes réserves permanentes de COS, sont également
menacées par le réchauffement climatique (Crowther et al., 2016). Lorsque le dégel a lieu en réaction
au réchauffement, les réserves de COS des sols de permafrost, précédemment gelées et donc
protégées de la décomposition pendant des millénaires, sont remobilisées et deviennent disponibles
pour la décomposition biologique (FAO et ITPS, 2015). De grandes réserves de MOS qui étaient
précédemment protégées de la décomposition sont donc susceptibles de devenir disponibles pour la
décomposition biologique (minéralisation), menant à une élévation des flux de GES vers l’atmosphère
(Figure 5) (Tarnocai et al., 2009; Hugelius et al., 2013; Hugelius et al., 2014; FAO et ITPS, 2015; Batjes,
2016). De manière similaire, les tourbières sont aussi susceptibles d’être très sensibles au changement
climatique, du fait de l’augmentation de l’évapotranspiration en réponse à l’élévation des températures.
En effet, lorsque ces sols se réchauffent, ou s’ils deviennent plus secs, de grandes quantités de carbone
sont susceptibles d’être perdues (Keestrea et al., 2016).

Zhuang et al., 2006

Burke et al., 2013

Koven et al., 2011

Schneider von Deimling et al., 2012

Schaphoff et al., 2012

Shaefer et al., 2011

Burke et al., 2012 2100


2200
MacDougall et al., 2012 2300

0 100 200 300 400


Emissions cumulées (Pg Carbone)

Figure 5 · Estimations issues de modèles des émissions potentielles cumulées dues au dégel du
permafrost d’ici 2100, 2200 et 2300.
Tiré de Schuur et al., 2015
Toutes les estimations, mises à part celles de Schaphoff et al. (2013) et Schaefer et al.
(2011) sont basées sur les scenarios les plus pessimistes du GIEC en termes d’atténuation
du changement climatique (Profil représentatif d’évolution de concentration (RCP) 8.5
dans le cinquième rapport d’évaluation (AR5, 2013) et A2 dans l’AR4 (2007)). Les barres
d’erreurs reflètent les incertitudes pour chaque estimation. Elles sont basées sur un
ensemble de simulations considérant différents niveaux de réchauffement pour chaque
scénario et différentes quantités de C initial gelé dans le permafrost. La ligne verticale
en pointillés indique la moyenne de tous les modèles sous la trajectoire courante de
réchauffement d’ici 2100 (Schuur et al., 2015).

18 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


En conséquence du changement climatique, il faut s’attendre à ce que les zones arides s’étendent et
que leurs stocks de COS soient réduits (Figure 6). De plus hautes températures mèneront à un plus
grand déficit de pression de vapeur et à une demande évaporatoire ainsi qu’à une plus faible humidité
du sol, qui pourront conduire à un impact encore plus fort des températures extrêmes. L’augmentation
moyenne de température devrait être la plus significative dans les zones arides, environ 1.8 fois plus
grande que l’augmentation attendue dans les régions humides. De plus, le stockage de COS diminue
avec l’augmentation des températures, mais augmente avec l’augmentation de la teneur en eau du sol
(décrit en section 2.4). Au final, l’érosion provoquée par la dégradation des terres mène aussi à des
émissions de carbone (Huang et al., 2015).

EMISSION
DE CO2 RÉCHAUFFEMENT
DE LA TEMPÉRATURE

AUGMENTATION
DE L’ARIDITÉ

AUGMENTATION DE
L’ÉVAPOTRANSPIRATION

DÉGRADATION EXPANSION DE
DU SOL LA ZONE ARIDE

SOL EN DIMINUTION DIMINUTION DIMINUTION DE


BONNE SANTÉ DE LA PPN DU COS L’HUMIDITÉ DU SOL

Figure 6 · Diagramme schématique de la rétroaction positive des cycles et de l’expansion des zones
arides dues au changement climatique et à la diminution du COS.
Modifié de Huang et al., 2015

2 · Rôle du COS dans le bien-être humain 19


2.5 · IMPORTANCE DU COS DANS LE CONTEXTE
INTERNATIONAL DE L’ATTÉNUATION ET DE L’ADAPTATION
AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le changement climatique a été au centre de divers accords internationaux depuis les


années 1980 (Encadré 2). Les sols, qui constituent le plus grand réservoir de carbone
sur terre, sont pris en compte dans un certain nombre de ces accords (voir section 1.1).
Par conséquent, à l’avenir, les émissions de GES en provenance des sols devront être
davantage étudiées pour permettre un meilleur compte-rendu des inventaires nationaux
de GES à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
(CCNUCC) et à l’accord de Paris.

Il est crucial d’avoir de bonnes connaissances de l’actuel stock global de COS et de


sa distribution spatiale pour informer les différents acteurs (exploitants agricoles,
décideurs politiques, utilisateurs des terres…) afin qu’ils puissent utiliser la terre de la
meilleure façon qu’il soit et leur fournir les meilleures opportunités pour la limitation
et l’adaptation aux effets du changement climatique, mais aussi pour assurer une
production alimentaire et une provision suffisante en eau.

©FAOGiulio Napolitano

20 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


ENCADRÉ 2 · ACCORDS ET DÉCISIONS CLÉS SUR LE CHANGEMENT
CLIMATIQUE EN CE QUI CONCERNE LES SOLS.

• 1988: Création du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC)


par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies
pour l’environnement.
• 1992: Conférence de Rio sur l’environnement et le développement et adoption des trois
Conventions des Nations Unies (CNULCD, CCNUCC, CNUDB).

ARTICLE 4 DE LA CCNUCC:
Toutes les Parties établissent, mettent à jour périodiquement, publient et mettent à la disposition
de la Conférence des Parties (CdP), des inventaires nationaux des émissions anthropiques
par leurs sources et de l’absorption par leurs puits† (…) [incluant le CO2, CH4 et N2O] et
établissent, mettent en œuvre, publient et mettent régulièrement à jour (…) des mesures visant à
atténuer les changements climatiques (…) ainsi que des mesures visant à faciliter l’adaptation
voulue aux changements climatiques.

• 1997: adoption du Protocole de Kyoto (PK)

L’ARTICLE 3 DU PK PREND EN COMPTE L’ATTENUATION:


Les variations nettes des émissions de GES par les sources et de l’absorption par les puits†
résultant d’activités humaines directement liées au changement d’affectation des terres et à la
foresterie depuis 1990, variations qui correspondent à des variations vérifiables des stocks de
carbone (…) sont notifiées de manière transparente et vérifiable.

• 2015: Signature de l’Accord de Paris


• 2016: Entrée en vigueur de l’Accord de Paris

ARTICLE 4:
En vue d’atteindre l’objectif de température à long terme énoncé à l’article 2, les Parties cherchent
à parvenir au plafonnement mondial des émissions de GES dans les meilleurs délais et à opérer
des réductions rapidement par la suite, de façon à parvenir à un équilibre entre les émissions
anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits† de GES au cours de
la deuxième moitié du siècle;
Chaque Partie établit, communique et actualise les contributions déterminées au niveau national
(CDNs) successives qu’elle prévoit de réaliser. Les Parties prennent des mesures internes pour
l’atténuation en vue de réaliser les objectifs desdites contributions.

ARTICLE 13:
Chaque Partie fournit régulièrement un rapport national d’inventaire des émissions
anthropiques par les sources et des absorptions anthropiques par les puits† de GES.

• Mars 2017: 192 Parties prenantes ont ratifié le Protocole de Kyoto et 197 adhèrent à la
CCNUCC; 133 Parties ont ratifié l’Accord de Paris.

† Les sols sont visés, étant les plus grands réservoirs de carbone sur Terre.

2 · Rôle du COS dans le bien-être humain 21


©FAO/Ronald Vargas

3 · QUELS SONT LES


STOCKS MONDIAUX
DE COS ?
22 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible
3.1 · LES STOCKS ACTUELS DE COS

L’ampleur du stockage de COS est spatialement et temporellement variable et déterminé


par différent facteurs biotiques et abiotiques (Weissert et al., 2016). Globalement, les
plus grandes réserves de COS sont situées dans les points stratégiques tels que les zones
humides et les tourbières, qui se trouvent surtout dans les régions de permafrost ou
dans les tropiques (Gougoulias et al., 2014; Köchy et al., 2015). Dans les horizons de sols
enterrés (>2 m) ou suite à des mécanismes volcaniques, éoliens, alluviaux, colluviaux,
glaciaux, ou anthropogéniques, la teneur en SOC peut être également importante
(O’Rourke et al., 2015) (Figure 7).

Figure 7 · Carte la plus récente du contenu en COS à 1 m de profondeur (MgC.ha-1).


Tiré de Batjes, 2016.
Note: 1 Mg= 1t=10 -9 Pg.
Des informations supplémentaires sur la méthode de calcul des stocks sont indiquées dans le
Tableau 2 de la page suivante.

Bien que les stocks de COS mondiaux aient été estimés à environ 1 500 PgC pour le
premier mètre de sol (FAO et ITPS, 2015), le tableau 3 rend compte de la variabilité des
estimations de COS au cours du temps et en fonction des différents moyens de calculs et
méthodes utilisés. Même les cartes de COS mondiales les plus récemment publiées sont
basées sur des données historiques collectées sur de longues périodes de temps plutôt
que sur des données obtenues à partir d’observations actuelles ou récentes.

3 · Quels sont les stocks mondiaux de COS ? 23


Tableau 3 · Revue des estimations de stocks de COS globaux
Stock de COS (PgC)
Référence 0-30cm 0-100cm 0-200cm 0-300cm Méthode
Base de données géo
1 462- 2 376- référencée (WISE1 –
Batjes (1996) 684-724 1 548 2 456 4 353 profils de sol) +
DSMW2
2 721 profils de sol
groupés par biomes.
Jobbágy et Jackson (2000) NSCD4, WISE et
1 502 1 993 2 3443
une base de données
provenant du service
canadien des forêts5

Groupe de travail sur les 1 550


(SOC Données WISE
données mondiales du sol (2000)
stock x (v.1 – 1 125 profils) +
– Programme international grid cell DSMW
géosphère-biosphère area)
Hiederer and Köchy (2011) 1 417 HWSD6 version 1.1

1 461 Revue de
Scharlemann et al. (2014) (504- publications allant de
3 000) 1951 à 2011
DSMW et bases de
230 cm:
Shangguan et al. (2014) 1 455 données nationales/
1 923
régionales
HWSD + masse
volumique ajustée
1 062
pour les sols
organiques

Köchy et al. (2015) HWSD + masse


volumique ajustée
pour les sols
1 325
organiques +
améliorée pour les
tourbières

Base de données
Batjes (2016) 755 1 408 2 060 WISE30sec +
HWSD v.1.2 adaptée

1 Inventaire mondial des émissions potentielles du sol;


2 Carte numérique des sols du monde, 1961-1981 publiée conjointement par l’Union
internationale des sciences du sol, la FAO et l’UNESCO;
3 D’après Tarnocai et al. (2009) cette valeur est susceptible de sous-estimer la masse totale de
matériel organique stocké dans les régions de permafrost;
4 Base de données de caractérisation nationale du sol, produite et mise à jour par le
Département d’agriculture des Etats-Unis (1994). Caractérisation de 5 307 profils à travers le
monde;
5 Importance donnée aux sols de forêt et de toundra (1997);
6 Base harmonisée de données mondiale sur les sols, fondée sur la DSMW avec des révisions
sur l’information du sol dans le monde. Version 1.1 publiée en 2009 et version 1.2, en 2012.
24 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible
3.2 · POINTS STRATÉGIQUES ET POINTS D’IMPORTANCE
POUR LE COS: ZONES MAJEURES À CONSIDÉRER

La distribution du COS est très hétérogène et très fortement dépendante du type de sol,
de l’utilisation de la terre et des conditions climatiques. Pour certains types de sols et
pour certaines utilisations du territoire, le stockage de COS est très important. Même
si elles recouvrent une fraction relativement réduite de la surface terrestre globale, ces
zones requièrent une attention particulière: elles sont des concentrations stratégiques
de COS. Ces points critiques sont très sensibles au changement climatique et peuvent
facilement devenir des sources d’émissions de GES en raison de leur haute teneur en
COS (Encadré 1). Au contraire, de grandes étendues caractérisées par une faible teneur
en COS au km² représentent un potentiel pour la séquestration du carbone: ils sont des
points susceptibles d’emmagasiner des quantités importantes de COS.

3.2.1 · LES SOLS NOIRS


Les sols noirs, définis de manière globale comme des sols possédant un horizon mollique,
couvrent environ 7 pour cent de la surface des terres émergées (916 million d’ha). La
plupart sont présents dans trois régions de l’hémisphère nord et dans une région au
sud de l’équateur. Les sols noirs se sont développés sur des zones naturelles comme les
prairies ou steppes où se manifestent des conditions d’alternance entre été secs et gels
(Altermann et al., 2005; Liu et al., 2012). Ces sols sont de couleur marron foncé à noirs
en raison de leur forte teneur en humus de haute qualité et leur profondeur peut aller
jusqu’à plus de 40 cm, généralement jusqu’à 60 à 80 cm. Cet humus de haute qualité
est le résultat d’une importante saturation en bases (c’est-à-dire qu’un fort pourcentage
de la capacité d’échange cationique est occupé par les cations basiques Ca2+, Mg2+ et
K+), une structure stable en agrégats et un mélange biologique intensif (bioturbations
par les vers de terre par exemple) (Altermann et al., 2005). Dans la base de référence
mondiale (WRB) pour les ressources en sol, les sols noirs comprennent les tchernozems,
kastanozems et phaeozems. Pour les tchernozems, la teneur en COS est comprise entre
2.9 et 3.5 pour cent dans les premiers 10 cm, et dépasse les 1.2 pour cent à la limite
inférieure de l’horizon chernique (FAO et ITPS, 2015). Due à leur haute productivité,
la plupart de ces sols sont utilisés de manière intensive pour l’agriculture. Cependant,
ils sont très sensibles à la dégradation (érosion, encroutement et appauvrissement en
éléments nutritifs) et le COS doit être géré avec attention pour conserver le potentiel
productif de ces sols (Liu et al., 2012).

3.2.2 · PERMAFROST
Les faibles températures et l’engorgement en eau dans les sols de permafrost réduisent
les taux de décomposition et augmentent les cryoturbations, conséquence de l’alternance
gel-dégel qui se manifeste dans ces zones. De plus, des environnements sédimentaires
remontant à l’ère du Pléistocène ont engendré l’accumulation d’importantes quantités

3 · Quels sont les stocks mondiaux de COS ? 25


de COS dans la couche active et sous-jacente au permafrost (Hugelius et al., 2013; Ping
et al., 2015). L’accumulation de COS dans ces sols les rend importants pour le système
climatique mondial en raison de leur potentiel à dégeler et ainsi à décomposer la matière
organique accumulée au cours d’une longue période (Encadré 1) (Ping et al., 2015).
Bien que la répartition des zones de permafrost soit globalement connue, les estimations
de COS dans les régions de permafrost restent très variables (Tableau 4). Cependant
environ 30 pour cent des stocks de COS totaux à 2 m de profondeur se trouvent en
contenus dans la région circumpolaire nordique et la région de permafrost contient deux
fois plus de carbone que ce qui est actuellement contenu dans l’atmosphère (Schuur et
al., 2015).
Tableau 4 · Estimations récentes des stocks de COS dans la région de permafrost
Stocks de COS (PgC)
Référence 0-30cm 0-100cm 0-300cm Méthode

Région de permafrost
Tarnocai et al.,
191 496 1 024 circumpolaire nordique en utilisant
Pan
la NCSCDB1

Même méthodologie que Tarnocai


Hugelius et al., et al. (2009), mais en utilisant des
217 ± 12 472 ± 27 1 035 ± 150
2014 données plus complètes et révisées
provenant de Hugelius et al. (2013)

1 Base de données du carbone du sol circumpolaire nordique – inclut des données issues de
profils de sols non insérées dans le HWSD.

26 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


3.2.3 · LES TOURBIÈRES
Les tourbières sont des écosystèmes humides caractérisés par l’accumulation de matière
organique (tourbe) dérivée de matériel végétal mort et en décomposition sous des
conditions de saturation en eau permanente (Parish et al., 2008; Orgiazzi et al., 2016).
Les tourbières et les sols organiques contiennent 30 pour cent du carbone du sol mondial
mais ne couvrent que 3 pour cent de la surface émergée du globe (3.8 Mm² d’après
la base de données mondiale sur les tourbières – GPD) répartis dans 180 pays du
monde. La plupart d’entre eux sont présents dans les régions de permafrost et dans les
tropiques. Là-bas, la haute productivité végétale se combine avec une faible vitesse de
décomposition en conséquence de fortes précipitations et humidité (Figure 8) (Parish
et al., 2008; FAO, 2012; Klingenfuß et al., 2014). D’après la GPD, les tourbières, dont
la profondeur est généralement égale ou supérieure à 30 cm, contiennent une masse
globale de COS de 447 PgC pour leur profondeur totale, même si les incertitudes en
ce qui concerne cette estimation restent élevées (Köchy et al., 2015). En particulier,
les incertitudes concernant la profondeur des tourbières restent le principal obstacle
pour estimer la taille des réservoirs de C régionaux et mondiaux des tourbières. La
profondeur moyenne globale estimée des tourbières, de 2.3 m est incertaine et, pour de
nombreuses régions, l’information sur la profondeur des tourbières est absente, ce qui
contribue à augmenter les incertitudes quant au stockage de carbone dans les tourbières
(Buffam et al., 2010).

Figure 8 · Répartition des tourbières dans le monde.


Issu de Parish et al., 2008

3 · Quels sont les stocks mondiaux de COS ? 27


3.2.4 · PRAIRIES
Les prairies, qui prennent en compte les zones de parcours, arbustives, de pâturage
et de cultures semées avec des cultures fourragères ou de pâturages, couvraient
approximativement 3.5 milliards d’hectares en 2000 (Figure 9). Les prairies recouvrent
environ 40 pour cent de la surface émergée mondiale (McSherry et Ritchie, 2013;
Orgiazzi et al., 2016), et représentent 70 pour cent de la surface agricole mondiale. Les
prairies contiennent environ 20 pour cent des stocks mondiaux de COS (FAO et ITPS,
2015). Environ 20 pour cent des prairies naturelles originelles ont été converties en
cultures et des proportions significatives de la production de bovins laitiers (27 pour
cent) ou allaitants (23 pour cent) concernent des prairies gérées pour ces seuls objectifs.
Le secteur du bétail (largement basé sur l’exploitation des prairies) fait vivre environ 1
milliard des personnes les plus pauvres au monde et fournit un tiers de l’apport mondial
en protéines. Une des raisons pour l’utilisation intensive des prairies est leur grande
fertilité naturelle. Les prairies ont de manière inhérente, une grande teneur en COS, de
333 Mg.ha-1 en moyenne. Cependant, l’évaluation de la dégradation des terres dans les
zones arides (LADA : Land Degradation Assessment in Drylands) estime qu’environ
16 pour cent des zones de parcours sont actuellement dégradées (Conant, 2010).

Figure 9 · Répartition des prairies dans le monde.


Tiré de Conant, 2010.

28 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


3.2.5 · SOLS DE FORÊTS
4.03 milliards d’ha sont couverts par de la forêt dans le monde, ce qui représente
approximativement 30 pour cent des surfaces émergées du globe. La majorité du carbone
du sol se concentre dans les tourbières des forêts boréales et tropicales dans l’Asie du
Sud-est (Figure 10) (Pan et al., 2013). La végétation forestière et les sols contiennent
environ 1 240 PgC et le stock de carbone varie largement au travers des différentes
latitudes. Sur la totalité du stock de C mondial dans le biome forestier, 37 pour cent
se trouve dans les forêts de basse latitude, 14 pour cent dans les forêts de moyenne
latitude et 49 pour cent dans celles de hautes latitudes. Le stock de COS est susceptible
de comprendre jusqu’à 85 pour cent du stock de C terrestre dans les forêts boréales,
60 pour cent dans les forêts tempérées et 50 pour cent dans les forêts tropicales. Une
grande partie du stock total de COS se trouve dans les sols de toundra, pré-toundra et
régions de taïga. Le contenu en COS des sols de forêt peut aller de 0 pour cent pour des
sols très jeunes à plus de 50 pour cent dans certains sols humides ou organiques, avec la
plupart contenant entre 0.3 et 11.5 pour cent dans les 20 premiers centimètres pour les
sols minéraux (Lal, 2005). Dans le monde, la déforestation cause environ 25 pour cent
des pertes totales de COS (FAO et ITPS, 2015).

Figure 10 · Distribution des forêts dans le monde.


Tiré de FAO, 2010

3 · Quels sont les stocks mondiaux de COS ? 29


3.2.6 · ZONES ARIDES
Les zones arides couvrent environ 430 millions d’hectares, soit 40 pour cent de la surface
terrestre (Figure 11) (FAO et ITPS, 2015). Même si les limites ne sont pas claires, les
zones arides sont considérées comme étant des zones où les précipitations moyennes
sont inférieures aux pertes d’humidité potentielles dues à l’évaporation et la transpiration
(FAO, 2004). Les sols des zones arides sont caractérisés par des contraintes hydriques
fréquentes, une faible teneur du sol en matière organique et en nutriments. Cependant,
le carbone qu’ils contiennent représente plus d’un tiers du stock global, principalement
dû à leur large surface et au stockage de COS sur le long terme (lorsque le sol n’est pas
dégradé), plutôt qu’au couvert végétal. Les zones arides possèdent le potentiel pour
contenir plus de carbone, puisqu’ils sont loin d’être saturés (Nations Unies, 2011), mais
le stockage de carbone dans les zones arides est affecté et limité par différents éléments
bioclimatiques et se produit lentement. De plus, ces terres sont sujettes à divers types
de dégradation, dont l’érosion par le vent et certaines pratiques de gestion peuvent par
conséquent facilement entrainer une dégradation. Ainsi, les sols des zones arides doivent
être gérés de manière durable pour maintenir leurs niveaux actuels en COS et renforcer
leur potentiel de séquestration de COS (Nations Unies, 2011; FAO et ITPS, 2015).

Figure 11 · Masse de carbone par hectare dans les zones arides.


Tiré de Nations Unies, 2011.

30 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


©FAO/Giulio Napolitano

3 · Quels sont les stocks mondiaux de COS ? 31


©FAO/Hoang Dinh Nam

4 · MESURER, COMPTER,
RENDRE COMPTE ET
VÉRIFIER LE COS
32 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible
4.1 · MESURE, RAPPORT ET VÉRIFICATION (MRV)

4.1.1 · QU’EST-CE QUE LA MRV ET QUELLE EST SON UTILISATION ?


Sous l’égide de la CCNUCC, les pays doivent avoir un système national d’arrangements
institutionnels et légaux en place pour assurer la gestion précise et appropriée ainsi
que le compte rendu de leurs émissions de GES dans l’atmosphère (par exemple par
minéralisation de COS) et leurs retraits de l’atmosphère (par exemple par séquestration
du SOC). De tels systèmes de rapport sont désignés comme des systèmes de mesure,
rapport et vérification (MRV) dans lesquels:

• La mesure (M) se rapporte à la teneur annuelle des changements dans le stock de


COS entrainés par les activités humaines, en incluant les actions d’atténuation, et les
émissions et retraits anthropogéniques de GES associés (CCNUCC, 2014).
• Le rapport (R) se réfère à l’analyse et à la compilation des données mesurées au
travers de divers rapports, comme les communications nationales, les inventaires
nationaux de GES et les rapports biennaux actualisés dans lesquels les pays rendent
compte de leurs actions pour faire face au changement climatique (CCNUCC,
2014).
• La vérification (V) se rapporte au contrôle indépendant de la transparence, du
caractère complet, de la précision et cohérence de l’information rapportée et des
méthodes utilisées pour générer l’information. En fournissant des commentaires sur
la qualité de l’information et des méthodes, et des suggestions pour les améliorer, la
vérification fournit une garantie et un contrôle de la qualité (QA/QC), ce qui permet
d’améliorer toute la procédure de MRV (FAO, 2015).

D’une manière générale, le MRV a pour objectif d’assurer que les données collectées
dans les inventaires nationaux de GES (et par conséquent dans les inventaires des
stocks de COS) soient (GIEC, 2006):
• Transparentes: la documentation est suffisante et assez claire pour permettre à
chacun (différent du compilateur de l’inventaire) de comprendre la manière dont
l’inventaire a été compilé et comment les critères de bonnes pratiques (voir section
4.1.2) sont respectés.
• Complètes: les estimations sont rapportées pour chaque catégorie pertinente de
sources et puits (par exemple pour le réservoir de carbone) et les différents gaz.
Lorsque des éléments font défaut, leur absence doit être clairement documentée,
ainsi qu’une justification de leur exclusion.
• Cohérentes: les estimations sont faites de telle façon que les différences dans les
résultats entre les années et catégories reflètent de réelles différences dans les
émissions. Les tendances des inventaires annuels doivent être calculées en utilisant
les même méthodes et sources de données pour toutes les années. Elles devraient
refléter les fluctuations annuelles réelles dans les émissions ou retraits et ne pas être
sujettes à des variations résultant de différences méthodologiques.

4 · Mesurer, compter, rendre compte et vérifier le COS 33


• Comparables: l’inventaire est communiqué de telle manière qu’il puisse être comparé
avec des inventaires provenant d’autres pays.
• Précises: l’inventaire ne contient jamais de sous- ou surestimations, pour autant
qu’on puisse le vérifier.

Avec l’Accord de Paris (Nations Unies, 2015), tous les pays signataires se sont engagés
à contribuer à l’échelon national à l’atténuation du changement climatique, à rendre
compte de leurs émissions et suppressions anthropogéniques, et à poursuivre leurs
efforts pour limiter le changement climatique. Le cadre MRV permet d’effectuer le suivi
et évalue la mise en place de contributions d’atténuation, ainsi que les politiques et les
mesures articulées autour des contributions nationales de chaque pays (WRI, 2016).
L’article 13 de l’Accord de Paris présente un nouveau cadre de transparence pour le
compte-rendu, permettant une meilleure transparence dans le rapport sur les émissions
de GES.

4.1.2 · CONSEILS POUR LE RAPPORT DU COS DANS LES INVENTAIRES DE GES


Chaque pays doit régulièrement référer à la CCNUCC/Accord de Paris sur son niveau
d’émissions de GES (CO2, CH4 et N2O par exemple). Même si la forme de ces rapports
réguliers est susceptible de varier en fonction du statut du pays (annexe I, non-annexe
I, ou pays les moins avancés), il est demandé à chaque pays de fournir de l’information
de qualité sur son niveau d’émissions de GES et sur les évolutions de façon à démontrer
sa volonté et ses efforts pour atteindre les exigences internationales pour limiter le
réchauffement global (CCNUCC, 2016).

Pour estimer les changements de COS et les émissions de GES anthropogéniques


associées et retraits du réservoir de COS, les pays doivent suivre la méthodologie fournie
par le GIEC dans ses lignes directrices pour les inventaires nationaux de GES. Les
méthodologies par défaut et les facteurs par défaut pour rendre compte sur les stocks de
COS sont donnés dans la section 4 (« Agriculture, foresterie et autres affectations des
terres » - AFOLU) qui fait partie des lignes directrices du GIEC pour les inventaires
nationaux de GES, publiées en 2006, ainsi que son supplément pour les zones humides
(qui se concentre sur les sols organiques, sols côtiers et sols minéraux en zone humide).
Les cinq autres réservoirs de carbone pour lesquels des estimations de GES doivent
être rapportées sont la biomasse aérienne, la biomasse souterraine, le bois mort, la litière
ainsi que les produits ligneux récoltés (GIEC, 2006).

4.1.2.1 · UTILISATION D’UNE MATRICE D’UTILISATION ET DE CHANGEMENT


D’UTILISATION DU TERRITOIRE
Les lignes directrices du GIEC stratifient le compte rendu de la MOS (par conséquent
du COS) en six catégories différentes d’utilisations du territoire (UT) et en trente
catégories de changement d’utilisation du territoire, comme montré par exemple dans la
matrice d’utilisation du territoire du tableau 5 (GIEC, 2006).

34 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


Tableau 5 · Exemple d’une matrice de conversion simplifiée d’utilisation du territoire
Adapté des lignes directrices volontaires pour les inventaires de GES du GIEC, 2006.
Les nombres représentent des unités d’aire (par exemple Mha)

UT
final Terres Terres Terres Autres Somme
Prairies Etablissements
UT forestières cultivées humides terres finale
initial
Terres
15 3 1 19
forestières
Prairies 2 80 82
Terres cultivées 29 29
Terres humides 0 0
Etablissements 1 1 1 5 8
Autres terres 2 2
Somme initiale 18 84 31 0 5 2 140

4.1.2.2 · CALCULS DIFFÉRENTS POUR DIFFÉRENTS TYPES DE SOLS


Le calcul des stocks de COS diffère selon le type de sol (sol organique ou minéral)
(GIEC, 2006). Les sols organiques sont identifiés sur la base des critères 1 et 2, ou 1 et
3 repris ci-dessous (FAO, 1998):

1. L’épaisseur de l’horizon organique est supérieure ou égale à 10 cm. Un horizon de


moins de 20 cm doit avoir au moins 12 pour cent de carbone organique lorsqu’il est
mélangé à une profondeur de 20 cm.
2. Les sols qui ne sont jamais saturés en eau pour plus de quelques jours doivent
contenir plus de 20 pour cent de carbone organique en poids (c’est-à-dire environ
35 pour cent de matière organique).
3. Les sols qui sont sujets à des épisodes de saturation hydrique et ont soit:
a. Au moins 12 pour cent de carbone organique en poids (c’est-à-dire environ 20
pour cent de matière organique) si le sol n’a pas d’argile; ou
b. Au moins 18 pour cent de carbone organique en poids (c’est-à-dire environ
30 pour cent de matière organique) si le sol a 60 pour cent ou plus d’argile; ou
c. Une teneur intermédiaire, proportionnelle de carbone organique pour des
teneurs intermédiaires en argile.

Tous les autres types de sol sont considérés comme minéraux. Les sols répertoriés comme
minéraux par estimation sont basés soit sur la taxonomie du département d’agriculture
des États-Unis, soit sur la classification des ressources en sols WRB (FAO, 1998).
Ces deux classifications reprennent les mêmes types estimés de sols pour le GIEC. La
classification des sols répertoriés comme minéraux par estimation devrait être utilisée
de pair avec les références du GIEC basées sur leur estimation pour les stocks de C et
les facteurs de changement de stocks (stratifiés en fonction de l’UT/changement d’UT).

4 · Mesurer, compter, rendre compte et vérifier le COS 35


Les lignes directrices méthodologiques du GIEC poursuivent deux approches générales
différentes pour leur compte rendu concernant les changements en stocks de carbone:
1. Pour les sols organiques, l’hypothèse est que ces sols échangent des GES avec
l’atmosphère seulement lorsqu’ils sont influencés par des activités humaines (par
exemple le drainage ou ré-humidification) et ce, tout au long de l’activité humaine,
ou jusqu’à ce que le sol perde assez de matière organique pour devenir un sol minéral.
2. Pour les sols minéraux, l’hypothèse est qu’au sein d’une même zone climatique
et pour un même type de sol, le COS jouit d’un équilibre sous une utilisation du
territoire constante, un même mode de gestion et régime de perturbations. Par
conséquent, un seul changement dans l’utilisation du territoire et/ou dans sa gestion
et/ou dans la perturbation apporte un changement dans le stock de COS qui est
supposé subvenir de manière linéaire au long d’une période de temps, établi sur 20
ans par défaut.

4.1.2.3 · DIFFÉRENTS NIVEAUX D’INFORMATION: UTILISATION DES NIVEAUX


DE MÉTHODOLOGIE
Les lignes directrices 2006 du GIEC ont été développées selon une approche à 3 niveaux,
qui lie les changements dans les stocks de C et les émissions de GES, incluant ceux de
la MOS. Le tableau 6 donne une vue d’ensemble des différences entre ces trois niveaux.
En général, passer d’un niveau plus bas à un niveau plus élevé améliore la précision de
l’inventaire et réduit les incertitudes, mais la complexité et les ressources nécessaires
pour établir les inventaires augmentent également.

36 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


Tableau 6 · Différents niveaux pour le suivi du COS
Adapté des Lignes directrices volontaires pour les inventaires de GES du GIEC (2006)
Niveau 1 Niveau 2 Niveau 3
• Conçu pour être le plus • Peut utiliser la même • Méthode de plus grand
simple d’utilisation approche méthodologique ordre utilisée
• Les équations et les valeurs que le niveau 1, mais • Inclue des modèles et
des paramètres par défaut s’applique à des facteurs des systèmes de mesure
(par exemple les facteurs d’émission et de changement d’inventaires conçus pour
d’émission et de changement de stocks qui sont répondre aux circonstances
de stock) sont fournies dans spécifiques à une région ou nationales, répétées dans le
les lignes directrices du un pays pour les catégories temps et conduites par des
GIEC les plus importantes données d’activité de haute
• Souvent des données d’utilisation du territoire. résolution et désagrégés à un
spatialement approximatives • Les facteurs d’émissions niveau sous-national
définis par les pays sont plus • Une plus grande certitude
appropriés pour les régions que les estimations des
climatiques et les catégories niveaux inférieurs
d’utilisation du territoire. • Peut inclure des
Une plus grande résolution échantillonnages sur le
temporelle et spatiale et terrain répétés et plus
des données d’activité plus compréhensibles à des
désagrégées sont utilisées. intervalles réguliers et/ou
des systèmes basés sur la
SIG d’âge, de production de
données; de données de sol
et d’utilisation du territoire
et de données de gestion de
l’activité.

Les méthodes par défaut du GIEC limitent la profondeur de sol pour laquelle les
changements de COS sont estimés à 30 cm, bien que les pays puissent mesurer le COS
et les changements de COS pour des profondeurs plus grandes (dans pareils cas, les
facteurs par défaut du GIEC ne sont pas applicables).

En 2019, un affinement de la méthodologie actuelle sera présenté avec un accent


particulier sur les méthodes appliquées aux sols. Ce réajustement abordera plusieurs
aspects comme la nécessité de réviser 1) les valeurs estimées pour le COS et les facteurs
de changement de COS, 2) les facteurs d’émission et de retrait, et 6) des conseils pour
les méthodes de niveaux plus élevés pour les six secteurs d’utilisation du territoire,
mais avec une attention spéciale portée aux terres cultivées et aux prairies gérées. Les
lignes directrices révisées prendront en compte les avancées scientifiques faites pour la
mesure et la communication du taux de COS (c’est-à-dire les systèmes d’information
géographiques, la télédétection, etc.). Pour soutenir les futures évaluations, les stocks
de référence de COS spécifiques à chaque pays sont requis. Les conseils seront aussi
focalisés sur la représentation du territoire, spécialement sur l’identification et le suivi
des systèmes d’utilisation des terres et leur gestion et des changements associés dans le
temps (GIEC, 2015).

4 · Mesurer, compter, rendre compte et vérifier le COS 37


4.2 · MESURER ET CONTRÔLER LE COS

4.2.1 · MESURER LE COS

4.2.1.1 · MÉTHODES DE MESURE DU CONTENU EN COS


Pour faciliter et assurer un suivi régulier, les stocks de COS devraient être mesurés
grâce à une méthode peu coûteuse et pouvant couvrir une grande diversité de sols.
Cependant, analyser le COS avec une méthode pouvant être appliquée dans des
circonstances diverses représente un défi puisque le COS n’est pas distribué de manière
égale sur de vastes surfaces, profondeurs, types de sols et emplacements de terrain.
Par conséquent, plusieurs méthodes pour mesurer et rendre compte des dynamiques
du COS ont été développées. A ce jour, il n’existe pas d’approche standardisée pour
mesurer la concentration totale de carbone (Lorenz et Lal, 2016). L’annexe 1 offre une
vue d’ensemble des principales méthodes de mesure des teneurs en COS et MOS, tout en
montrant leurs avantages/désavantages et utilisations actuelles. Les méthodes innovantes
qui peuvent caractériser rapidement et de manière économique le COS, comme la
spectroscopie par réflectance dans le visible et proche infrarouge (Vis-NIR) et dans
l’infrarouge moyen (MIR) ont produit de bons résultats pour la prédiction de la teneur
en COS (Viscarra Rossel et al., 2006; Miltz et Don, 2012). Les méthodes développées
dans le passé, comme l’oxydation par voie humide ou à sec, sont toujours régulièrement
utilisées, surtout dans les pays en voie de développement. Il est recommandé d’utiliser
la combustion à sec pour la mesure du COS, plutôt que la méthode plus commune, et
moins chère de Walkley et Black, car du fait d’une oxydation incomplète, cette dernière
nécessite l’utilisation de facteurs correctifs. Cependant, la combustion à sec a des coûts
d’analyse élevés et nécessite une grande préparation et la destruction d’échantillons.
L’application de cette méthode analytique dans les laboratoires de référence a été jugée
nécessaire pour mettre en place de grands centres de documents spectraux et développer
des modèles de calibration précis (Shepherd et Walsh, 2002). Cependant, les approches
innovantes de modélisation, comme l’apprentissage basé sur la mémoire combiné avec
des analyses stratifiées sont des moyens prometteurs pour optimiser la calibration et
libérer le potentiel des techniques spectroscopiques pour déterminer rapidement et
précisément le COS (Jaconi et al., accepté).

38 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


4.2.1.2 · CALCUL DES STOCKS DE COS
Les stocks de COS sont calculés en multipliant la proportion de carbone organique
(c’est-à-dire le pourcentage de C divisé par 100) par la profondeur, la densité apparente
(dapp), et la proportion de fragments grossiers dans le sol (fragments de moins de 2
mm) dans la profondeur du sol en question. La proportion sans fragments grossiers est
identifiée en unité de masse (c’est-à-dire la portion de masse sans fragments grossiers/la
masse totale du sol). Cependant, en fonction du type de sol, le stock de COS est calculé
en utilisant différents paramètres (Encadré 3). Pour les sols tourbeux et organiques en
général, la détermination du stock de COS est relativement compliquée. Pour calculer
les stocks de C des tourbières, il est nécessaire de connaître l’étendue (l’aire) de la
tourbière, le type de tourbière, sa profondeur, le pourcentage de C et la dapp qui sont
difficiles à obtenir (Secrétariat du GSP et ITPS, 2016).

ENCADRÉ 3 – CALCUL DES STOCKS DE COS POUR DIFFÉRENTS TYPES DE SOLS.

Equation 1: détermination du stock de COS pour les sols minéraux.

COSstock = p*dapp*(Ctot-Cmin)*FCp

Où: COS = stock de carbone organique du sol


Ctot et Cmin = la teneur totale et minérale en carbone (ou inorganique)
[g.g-1], doit être prise en compte pour les sols calcaires et si la combustion à sec
est utilisée avec des températures particulièrement hautes (sinon Ctot égal Cmin)†
p = profondeur de l’horizon/de la classe [m]
dapp = densité apparente [kg.m-3]
FCp = facteur de correction pour la pierrosité ((1-%pierres)/100), incluent la
soustraction des graviers et des pierres

Equation 2: détermination du stock de COS pour les couches organiques (exemple: couches de
sols forestiers).

COSstock dans sol forestier = poidsOR*(Ctot-Cmin)

Où: COSsol forestier = carbone organique du sol dans le sol forestier [kg.m-2]
poidsOR = poids sec de la portion de sol échantillonnée [kg.m-2]
Ctot et Cmin = la teneur totale et minérale en carbone (ou inorganique) [g.g-1],
doit être prise en compte pour les sols calcaires et si la combustion à sec
est utilisée avec des températures particulièrement hautes (sinon Ctot égal Cmin)†

† Valeurs obtenues par mesure directe ou indirecte, voir annexe 1.

4 · Mesurer, compter, rendre compte et vérifier le COS 39


4.2.1.3 · ELÉMENTS IMPORTANTS À PRENDRE EN COMPTE DANS LE CALCUL
DES STOCKS DE COS.
La densité apparente (dapp) exprime le poids de sol par unité de volume (Secrétariat du
GSP et ITPS, 2016). C’est le facteur le plus important pour estimer les stocks de COS,
et il est principalement responsable des différences entre les estimations. Les stocks de
COS dans les zones où les sols sont riches en carbone organique sont les plus affectés par
la variabilité de la dapp (Hiederer et Köchy, 2011). Puisque le stock de COS est le produit
de plusieurs facteurs, l’incertitude (ou erreurs de mesure) est l’un des facteurs qui affecte
tous les autres (voir équations de l’encadré 3). La dapp fait partie des paramètres de sol
les plus sous-estimés lors de la détermination sur le terrain. Dans de nombreuses études,
l’information concernant soit la méthode soit le nombre d’échantillons utilisés pour la
détermination de la dapp est manquante, ou alors elle n’est ni mesurée, ni rapportée. Ne
pas disposer des valeurs de dapp impose une grande incertitude sur les estimations des
stocks de COS et de changements dans les stocks de COS (Walter et al., 2016). Ainsi,
des mesures pour réduire les incertitudes dans les stocks globaux de COS devraient
être dirigées vers les sols associés à de larges étendues (aire), de grands niveaux de C
organique, une faible dapp ou une grande profondeur (Köchy et al., 2015). Les approches
suivantes peuvent être utilisées pour obtenir la dapp (Secrétariat du GSP et ITPS, 2016;
Lorenz et Lal, 2016):

1. Mesure après échantillonnage.


2. Prédiction en utilisant les fonctions de pédotransfert appropriées. Cependant, les
fonctions de pédotransfert conduisent à de plus grandes erreurs que les estimations
et les méthodes de mesure.
3. Utilisation de valeurs par défaut données par la littérature (Valeurs de niveau 1 ou
2 du GIEC)

Comptabiliser la pierrosité en soustrayant le contenu en pierre (graviers inclus) pour


déterminer la quantité de terres fines est aussi crucial pour un calcul précis du stock
de COS. L’estimation de la pierrosité est difficile et prend du temps, par conséquent,
elle n’est pas effectuée dans de nombreux inventaires de sols, ou seulement estimée
visuellement dans le profil (Secrétariat du GSP et ITPS, 2016). Au lieu d’utiliser
une valeur constante, déterminer précisément la pierrosité est recommandé lorsque
les fragments pierreux dominent le volume total de l’échantillon (par exemple à des
profondeurs plus importantes) et ce, de manière à réduire les erreurs potentielles de
mesures (Lorenz et Lal, 2016). Des approches pour déterminer la teneur en pierres
incluent (Secrétariat du GSP et ITPS, 2016):

1. Une mesure directe à partir d’échantillons de sol (poids des pierres dans un
échantillon de volume connu);
2. Estimation lors du travail de terrain;
3. Valeurs citées dans la littérature (par exemple, valeurs typiques par type de sols et
profondeurs – Approches de niveau 1 et 2).

40 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


A ce jour, il n’existe pas de méthode robuste et pratique pour estimer le contenu en
pierres. Ceci doit être développé pour améliorer la précision des calculs (Lorenz et Lal,
2016), étant donné que même les plus petites sur/sous-estimations dans le contenu en
pierres ou dapp, et donc dans le contenu en terres fines peut avoir un très fort impact sur
les estimations du stock de COS (Secrétariat du GSP et ITPS, 2016).

Pour éviter une surestimation des stocks de COS, en particulier dans les sols riches en
pierres, un calcul plus simple a récemment été proposé (Poeplau et al., 2017):

Ce calcul souligne le fait que le volume échantillonné (volumeéchantillon) ne devrait pas être
corrigé en fonction de la pierrosité, mais que la priorité devrait être l’estimation juste de
la masse de terre fine (masseterre fine).

Au final, bien que selon les lignes directrices du GIEC (2006), la profondeur requise
pour les inventaires de GES soit de 30 cm, il n’existe pas de consensus scientifique sur
la profondeur de sol à laquelle les mesures et estimations du stock de COS devraient
être conduites (GIEC, 2006; Lorenz et Lal, 2016). Il est bien connu que l’utilisation des
terres et leur gestion est susceptible d’avoir une incidence majeure sur les couches plus
profondes du sol (GIEC, 2006).

4.2.1.4 · EXTRAPOLER LES DONNÉES DE COS


Pour les rapports nationaux de GES, des données nationales d’échelle sont requises.
Par conséquent, il est nécessaire d’extrapoler les données disponibles d’une échelle
locale à nationale. Différentes méthodes existent pour ce faire et une vue d’ensemble
des méthodes communes d’extrapolation est donnée dans le tableau 7 (Secrétariat du
GSP et ITPS, 2016).
Tableau 7 · Vue d’ensemble des principales méthodes d’extrapolation pour la comptabilisation
du COS Tiré du Secrétariat du GSP et ITPS, 2016

Calcule les stocks de COS par hectare par


Class-matching « classe ». Cette approche est utilisée en l’absence
Extrapolation de coordonnées spatiales de la donnée d’origine.
conventionnelle Les points d’emplacement avec références spatiales
Geomatching sont superposés aux couches de SIG d’importantes
covariables.
Exploration de
Régression multiple, arbre de classification, réseau de
données (Data
neurones artificiels
mining)
Cartographie numérique
du sol (toutes les méthodes Géostatistiques Régression-kriging, avec dérive externe
nécessitent la géoréférence)
Systèmes
Systèmes d’inférence flous, arbres de décision,
basés sur les
réseaux beyésiens
connaissances

4 · Mesurer, compter, rendre compte et vérifier le COS 41


4.2.1.5 · SUIVRE LES VARIATIONS DU STOCK DE SOC DANS LE TEMPS
Les changements temporels de stocks de SOC peuvent être évalués soit en effectuant des
inventaires de sols répétés, grâce à des programmes de suivi sur des sites représentatifs
avant et après un changement d’utilisation de territoire ou de gestion, ou par
échantillonnages répétés à des intervalles de temps réguliers lorsqu’aucun changement
n’apparait (Lorenz et Lal, 2016). Les propriétés du sol sensibles aux opérations de
gestion peuvent être contrôlées assez facilement. Par contre, les changements de COS
qui peuvent aussi être affectés par le changement climatique, sont sujets à des variabilités
interannuelles dues à la rotation des pratiques ainsi qu’à l’irrégularité du régime de
perturbations et des cycles dans les variables climatiques. Par conséquent, les stocks de
COS doivent être suivis sur de longues périodes. De plus, les changements dans le stock
de COS sont minimes en comparaison de l’importance des stocks de COS, ainsi qu’à
leur variabilité dans le temps et dans l’espace, ce qui exige des techniques de mesure
sensibles et la prise en considération des plus petites différences détectables, ainsi que
des plans et des tailles d’échantillonnages représentatifs. Par conséquent, des protocoles
de suivi doivent être mis en place pour détecter les changements dans les propriétés du
sol à des échelles spatiales ou temporelles adaptées, avec une précision adéquate et une
forte représentativité statistique. Par exemple, l’effet du changement climatique sur le
COS est observé plus facilement à grande échelle qu’à une échelle spatiale plus petite
(Batjes et Van Wesemael, 2014).

Un suivi continu du COS à des intervalles de temps de 10 ans est recommandé. Cela
peut être un compromis entre la détectabilité des changements et les changements de
tendances dans le temps. Cependant, cette durée est plus longue que celle de nombreux
projets d’utilisation de la terre ou de gestion qui impliquent la mesure des changements
de stocks de COS (c’est-à-dire entre la base de référence et la fin du projet). Certains
pays utilisent un intervalle de 5 ans (Batjes et Van Wesemael, 2014).

4.2.1.6 · RÉSEAUX DE SURVEILLANCE DES SOLS (RSS)


Au sein des réseaux de surveillance des sols (RSS), les informations sur les changements
directs de stocks de COS peuvent être fournies au travers de mesures répétées sur un
site donné, ainsi que les données pour paramétrer et tester les modèles biophysiques
à l’échelle de la parcelle. Les RSS doivent être conçus pour détecter les changements
dans les propriétés du sol à des échelles spatiales et temporelles adaptées, avec une
précision adéquate et un pouvoir statistique. Mais la plupart des RSS sont toujours en
planification ou au stade inititial de leur mise en œuvre. Peu de réseaux sont présents
dans les pays en voie de développement, là où la déforestation et les changements
d’utilisation du territoire ont lieu. Au sein de ces réseaux de suivi, les sites peuvent
être organisés autour de différents plans d’échantillonnages, par exemple des grilles
ordinaires, des approches stratifiées ou un échantillonnage aléatoire. Des méthodes
statistiques aléatoires devraient être associées à chacun de ces plans d’échantillonnages
(Batjes et Van Wesemael, 2014). Des exemples de RSS nationaux sont repris dans
l’annexe 2 (liste non exhaustive).

42 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


4.2.2 · DIFFICULTÉS DANS LA MESURE ET LE CONTRÔLE DU COS
Tout d’abord, les changements dans le COS sont faibles comparés au stock global de
COS et ces stocks sont grandement variables sur l’ensemble du paysage. Les change-
ments dans l’équilibre du carbone imputables à des projets ne peuvent être détectés
qu’après 5 à 10 ans (FAO, 2015). De plus, il reste douteux que les données existantes
pour effectuer le suivi des changements dans les stocks de COS soient toujours appro-
priées. Il existe actuellement un grand besoin de réviser les méthodologies, en incluant
celles d’échantillonnages du sol et de mettre à jour les informations provenant du terrain
et de la télédétection pour améliorer la crédibilité de l’ensemble des données (Lorenz et
Lal, 2016). Globalement, pour permettre à un programme de suivi de représenter les
principaux types d’écosystèmes et permettre l’estimation des changements de stocks
ainsi que les stocks globaux de COS, plusieurs défis doivent être relevés:
1. L’harmonisation: comme l’information sur le COS est géographiquement
déséquilibrée, un défi immédiat est l’harmonisation des RSS existants et des
bases de données sur les sols (Batjes et Van Wesemael, 2014; Jandl et al., 2014;
Secrétariat du GSP et ITPS, 2016). L’harmonisation correspond à la minimisa-
tion des différences systématiques entre les différentes sources de mesures envi-
ronnementales (Batjes et Van Wesemael, 2014).
2. Métrique universelle: l’identification d’une métrique universelle pour le suivi
du COS est requise. Typiquement, l’information est disponible pour la teneur
globale en C, qui est ensuite convertie en réservoir total de COS (Jandl et al.,
2014).
3. Résolution spatiale et temporelle universelle: l’adoption d’une résolution
spatiale et temporelle scientifiquement et politiquement (par exemple pour la
CCNUCC) appropriée pour la mesure du COS, ainsi que des protocoles glo-
baux cohérents sont requis (Batjes et Van Wesemael, 2014).
4. Mesure de la profondeur de sol: une approche standardisée pour la profondeur
de sol rapportée pour les estimations de réservoirs de COS est requise, puis-
que le COS peut être distribué inégalement pour différentes profondeurs de sol
(Jandl et al., 2014; Lorenz et Lal, 2016).
5. Protocoles et échantillonnages sur le terrain: des protocoles spécifiques pour
le travail sur le terrain et des systèmes efficaces d’échantillonnages pour l’évalu-
ation des dynamiques du COS sont requis. La grande hétérogénéité spatiale du
COS en comparaison à ses changements temporels modérés nécessite de trouver
des protocoles d’échantillonnages économiques de façon à saisir correctement
les dynamiques du COS à l’échelle d’un paysage et d’identifier de petits change-
ments de COS dans un réservoir hautement variable (Batjes et Van Wesemael,
2014; Jandl et al., 2014; Lorenz et Lal, 2016).
6. Besoin d’inclure le COS dans les études de sol: les programmes de suivi du
COS doivent être en liaison avec études de sol de long terme qui offrent une
base de référence pour le réservoir de COS et peuvent comprendre un ensemble
de sites où la recherche centrée sur les mécanismes du sol et leurs impacts sur le
COS peut être entreprise (Jandl et al., 2014).
7. Compréhension améliorée: la compréhension des mécanismes de stabilisation
du COS est incomplète. Il n’existe pas d’accord global sur les méthodes de frac-
tionnement du COS pour estimer le degré de stabilisation obtenu (Jandl et al.,
2014).
4 · Mesurer, compter, rendre compte et vérifier le COS 43
4.2.3 · VÉRIFICATION DES ESTIMATIONS DU STOCK DE COS
Les procédures de garantie de qualité et de contrôle qualité (QA/QC) contribuent à
l’amélioration de la transparence, à la cohérence, l’intégralité et l’exactitude et donc
à la comparabilité des inventaires de GES. La procédure de QA/QC fait partie de la
procédure de vérification interne. QA est un système planifié de revue des procédures
conduit par un parti tiers qui n’est pas directement impliqué dans la procédure du suivi/
rapport. Les revues sont effectuées sur l’inventaire complet en utilisant les méthodes
de QC. Les revues vérifient que les objectifs mesurables sont atteints, assurent que
l’inventaire représente les meilleures estimations possibles des émissions et des retraits,
étant donné de l’état actuel du savoir scientifique et de la disponibilité des données
et contribuent à l’efficacité du programme de QC. Les activités de QC incluent des
méthodes générales telles que des vérifications de l’exactitude dans l’acquisition et du
calcul des données, et l’utilisation de procédures approuvées et standardisées pour la
collection des données, pour les calculs des émissions et des retraits, en incluant les
incertitudes associées, l’archivage et le rapport des données (GIEC, 2006).

Concernant la collecte des données (c’est-à-dire les mesures), les RSS devraient être
inclus dans un plus large programme de validations croisées pour rendre possible les
comparaisons spatiales et temporelles validées aussi bien au sein d’un pays qu’entre
différents pays (Batjes et Van Wesemael, 2014). Finalement, selon le GIEC, la
vérification inclut la comparaison des estimations des inventaires nationaux de GES
avec des estimations alternatives. Cela est aussi un moyen d’assurer la qualité des
estimations préparées (GIEC, 2006). Un sommaire de la procédure de MRV dans le
cadre du COS est donné sur la figure 12.

44 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


VERIFICATION

3
S’assurer que l’information
rapportée respecte
les principes
du MRV

RAPPORT
Les principes* de la MRV
2 doivent être appliqués
tout au long de la
Sur les changements procédure
de COS et les émissions
et retraits de GES
(ex. CCNUCC).

MESURE

1
Niveau 1 Niveau 2 Niveau 3

Teneur en COS sur un site donné


Extrapolation
Estimations de COS à une plus grande échelle

CONTRÔLE
COS dans le temps
(ex. Programmes de
surveillance des sols)

Figure 12 · Sommaire du cadre de travail pour la mesure, rapport et vérification (MRV) du COS.
* Principes de la MRV: exactitude, cohérence, intégralité, comparabilité et transparence
(voir section 4.1.1).
4 · Mesurer, compter, rendre compte et vérifier le COS 45
5 · GESTION DU COS

©FAO/Daniel Hayduk

46 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


5.1 · GESTION DU COS POUR UNE PRODUCTION ALIMENTAIRE
DURABLE

Il est largement reconnu que la séquestration du COS peut être de grande importance
comme mesure d’adaptation et d’atténuation du changement climatique. Mais le COS
(proxy pour la MOS) joue un rôle tout aussi important dans l’assurance de la sécurité
alimentaire. En effet, il permet d’augmenter la productivité du sol et de maintenir en
permanence de hauts rendements, notamment en augmentant les capacités de rétention
d’eau et de nutriments et en améliorant la structure du sol, favorisant ainsi les conditions
de croissance des végétaux (Zdruli et al., 2017).
Le changement climatique est susceptible d’avoir un fort impact sur l’agriculture,
menaçant la sécurité alimentaire (FAO, 2015). La projection du GIEC d’une aug-
mentation de température de 4°C d’ici la fin du 21ème siècle indique des conséquences
désastreuses pour la sécurité alimentaire étant donné l’augmentation de la demande
globale en produits alimentaires (GIEC, 2007). En fait, le changement climatique est
l’un des principaux défis auxquels le monde agricole doit faire face pour assurer les
besoins alimentaires. La sécurité alimentaire étant donné le changement climatique, est
affectée dans les quatre dimensions suivantes (FAO, 2015):
• la disponibilité alimentaire;
• l’accessibilité alimentaire;
• la stabilité de la fourniture alimentaire;
• la capacité des consommateurs à utiliser la nourriture de manière adéquate (sûreté
alimentaire et nutrition).
Le changement climatique, attesté par l’augmentation des températures, le changement
des schémas de précipitation ainsi que des événements météorologiques plus fréquents
et plus extrêmes conditionnent grandement les cultures et l’élevage. De plus, l’augmen-
tation de température des masses d’eau, la baisse des niveaux de pH et les changements
dans les schémas actuels de la productivité des océans affectent les productions halieu-
tiques. Par conséquent, de grands inconvénients sont attendus, qui incluent la réduction
des rendements agricoles, des migrations biologiques, des déclins dans l’agro-biodiversi-
té et les services écosystémiques, la perte de revenus agricoles de même qu’une augmen-
tation des prix alimentaires et du coût des transactions (FAO, 2015). Par conséquent, il
est nécessaire de mettre en place des mesures qui limitent les risques affectant la sécurité
alimentaire globale. Vital comme il l’est pour l’adaptation et l’atténuation du change-
ment climatique, le COS est un élément indispensable pour garantir une fourniture
alimentaire globale suffisante.
La teneur en COS est l’une des propriétés fondamentales du sol associée à de nom-
breuses fonctions du sol. C’est la source indispensable de nutriments pour la production
agricole. Une augmentation dans le stock de COS permet l’augmentation des rende-
ments des cultures dans l’agriculture commerciale à forts intrants, mais aussi et surtout

5 · GESTION DU COS 47
dans les terres dégradées avec peu d’intrants. Dans des zones telles que l’Afrique subsa-
harienne, où les agriculteurs de subsistance font face à un manque de disponibilité de la
fertilisation et d’une véritable irrigation, le COS est la clé pour augmenter la production
(Lal, 2004). De nombreuses études ont quantifié les contributions du COS en termes
de production alimentaire. De Moraes Sá et al. (2017) a rapporté que l’adoption de pra-
tiques agricoles conservant le COS peut augmenter la production alimentaire de 17.6
Mt/an. Lal (2004) a spécifié qu’une tonne d’augmentation dans le réservoir de COS des
terres cultivées dégradées pourrait augmenter les rendements en blé de 20 à 40 kg.ha-1,
de 10 à 20 kg.ha-1 pour le maïs, et de 0.5 à 1 kg.ha-1 pour les pois. Par conséquent, une
gestion durable des sols qui augmente les stocks de COS devrait être développée à
l’échelle locale et globale et devrait être adoptée pour des systèmes alimentaires plus
durables.

5.2 · GESTION DU COS POUR LIMITER ET ATTÉNUER LE


CHANGEMENT CLIMATIQUE

L’atténuation du changement climatique renvoie aux efforts visant à limiter, arrêter et/ou
inverser la tendance du changement climatique par le biais de stratégies de gestion, de
changements de comportement et d’innovations techniques qui réduisent l’émission de
GES. En raison des activités humaines, le CO2 est l’un des GES les plus émis de nos jours
(Kane, 2015). Avec des actions d’atténuation véritables et proactives, le sol peut jouer
un rôle intégral dans la réduction des émissions de CO2 du fait de son potentiel comme
puits de carbone (Lal, 2004). Les avantages émergeant de telles actions d’atténuation
tendent à être mondiaux et à porter sur le long terme (GIEC, 2007).
L’adaptation au changement climatique se rapporte aux efforts visant à atteindre une
meilleure préparation face à des événements et conditions climatiques sans précédents.
Cela implique l’anticipation du changement climatique et ses effets négatifs et réclame
de gérer ces derniers avec des actions qui minimisent les risques associés. En résumé,
elles sont les actions qui aident les humains et les systèmes naturels à s’ajuster à un
climat changeant (GIEC, 2014). Contrairement à l’atténuation, les mesures d’adaptation
peuvent être à la fois réactives et proactives et les avantages présentés sont généralement
locaux et visibles à court terme (GIEC, 2007). Les mesures d’adaptation peuvent
souvent inclure le sol: dans un effort pour vaincre la vulnérabilité et créer la capacité à
résister à des conditions météorologiques extrêmes comme les tempêtes, les inondations
et les sécheresses, des sols en bonne santé et bien gérés sont capables d’agir comme
un tampon. Par exemple, les sols avec une teneur optimale en COS peuvent absorber
et stocker plus d’eau lors de fortes pluies et la rendent disponible pour la végétation
dans des conditions de sécheresse. Des sols en bonne condition peuvent assurer une
bonne aération et une fourniture régulière en dioxygène pouvant éviter de plus amples
émissions de carbone résultant de la méthanogénèse (FAO et ITPS, 2015). Les mesures
d’atténuation et d’adaptation offrent toutes les deux des solutions qui répondent au
changement climatique et peuvent être mises en relation avec les ODD. Cependant,
elles ne sont pas toujours considérées comme complémentaires à l’échelle locale; parfois
elles peuvent être substituées, en compétition/conflit ou indépendantes les unes des
48 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible
autres. Par exemple, certaines mesures d’adaptation au changement climatique comme
la fertilisation ou l’irrigation optimisée, ont une grande demande en énergie et donc
peuvent conduire à de plus grandes émissions de CO2. D’autre part, l’adaptation ne sera
jamais un parfait substitut à l’atténuation puisque cette dernière sera toujours requise
pour éviter de plus grands changements dans le système climatique. Actuellement, en
raison du réchauffement déjà perceptible, les mesures d’adaptation sont requises malgré
les plus grands coûts associés, indépendamment de l’échelle des efforts d’atténuation
(GIEC, 2007).
Etant donné le rôle des sols dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique
et les limites présentées par la saturation en COS pour séquestrer plus de carbone, une
gestion judicieuse du sol doit être mise en place pour assurer qu’un sol devienne bien un
puits et non une source de CO2 atmosphérique (Paustian et al., 2016). Par conséquent,
il est idéal d’étudier et de déterminer, pour n’importe quel écosystème donné, à la fois les
stocks actuels de COS et les points respectifs de saturation en carbone pour déterminer
le potentiel de séquestration d’un sol. Seulement après cela, il sera possible d’atteindre
une efficacité maximum pour la séquestration du COS grâce à des stratégies de gestion
adaptatives. La figure 13 montre les stratégies de gestion du COS recommandées
et à éviter pour assurer une production alimentaire optimale, atténuer et adapter au
changement climatique. Ces pratiques répondent aux défis mentionnés plus haut au
moyen d’un certain nombre de mécanismes qui visent à (i) augmenter le potentiel de
séquestration du COS et de photosynthèse (grâce à la reforestation, l’afforestation et
les cultures sous couvert), (ii) diminuer les émissions de GES et les pertes de COS
(grâce au labour réduit/de conservation et à l’agriculture biologique) et (iii) augmenter
la production alimentaire en améliorant les propriétés du sol pour un meilleur pouvoir
de rétention en eau, en nutriments et de pH (en ajoutant des amendements organiques
comme le compost ou le biocharbon).

©FAO/Seyllou Diallo

5 · GESTION DU COS 49
ADAPTATION ATTENUATION PRODUCTIVITE
ALIMENTAIRE
Reforestation/afforestation des terres arables
Han et al., 2016

Labour de conservation/réduit 1
Haddaway et al., 2016 - Mangalassery et al., 2015

Rotation des cultures


Raphael et al., 2016

Culture sous couvert


Poeplau et Don, 2015

Agriculture biologique 2
Skinner et al., 2014

Application équilibrée et combinée d’engrais chimiques et de fumier


Han et al., 2016 - Kane, 2015 - Zhao et al., 2016

1
Avec quelques
2
L’absorption de
Labour profond 3
désaccords, surtout méthane dans les Alcántara et al., 2016
pour les climats sols organiques
tempérés comme est statistique- 3
indiqué par Powlson ment significative Eviter la conversion Le labour profond n’est conduit qu’une seule
fois et permet l’accumulation de COS à long
et al., (2014): son rôle
dans l’atténuation et
mais relativement
réduite.
et la dégradation terme dans le nouvel horizon supérieur de sol
(Alcántara et al., 2016). Une seule étude sur des
l’adaptation au d’écosystèmes natifs Luvisols, des Cambisols drystiques et des Podzols
dans une zone tempérée a été conduite.
changement Paustian et al., 2016 L’applicabilité pour d’autres régions et d’autres
climatique dépend du types de sols nécessite de plus amples recherches.
type et de la
profondeur du labour, Restaurer les champs 4
Réduire les pertes actuelles liées à la
des conditions
climatiques du sol, de drainés en zones humides4 décomposition ce qui peut aussi restaurer la
séquestration du carbone, même si les émissions
la quantité et qualité Knox et al., 2015 de méthane peuvent augmenter.
des apports de résidus
de C, de la faune du
sol et du type de Planter des plantes pérennes dans les terres dégradées/marginales
culture. Paustian et al., 2016

Ajouter du compost/biocharbon 5
Paustian et al., 2016

Adopter des variétés améliorées d’espèces à plus haut rendement et/ou biomasse
Burney et al., 2010 - Kell, 2012

Irrigation des systèmes limités en eau 6


Burney et al., 2010

Adoption de variétés de riz naturelles ou génétiquement 5


Susceptible d’initier un effet de décomposi-
modifiées avec peu d’exsudats racinaires 7 Su et al., 2015 tion accélérée (priming effect).
6
Susceptible d’initier des émissions
Déforestation (différentes du CO2) mais pourraient
compenser les émissions si l’augmentation de
GIEC, 2007 rendement qui en résulte diminue la
Guo et Gifford, 2002 conversion en terres agricoles.
7
aide à réduire la méthanogenèse.
Combustion de biomasse/élimination des résidus
Lal, 2007 - Anderson-Teixera et al., 2009

Conversion des
zones humides naturelles
GIEC, 2007
Petrescu et al., 2015

Jachères nues
Lal, 2004 - Lal, 2001

Monoculture continue
Hergoualc’h et al., 2012

Surpâturage
Dlamini et al., 2016

Usage excessif des intrants chimiques


Lal, 2004

Bonnes pratiques Mauvaises pratiques

Figure 13 · Stratégies de gestion suggérées et déconseillées pour la séquestration du carbone du sol et leur
impact sur la productivité alimentaire, l’adaptation et l’atténuation du changement climatique.
Les couleurs indiquent les bonnes et les mauvaises pratiques (respectivement en vert et en rouge).
Partiellement adapté et modifié de Ogle et al., 2014, et Descheemaeker et al., 2016.

50 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


5.3 · DÉFIS DE LA SÉQUESTRATION DU COS

Les défis de la séquestration et de la préservation du COS sont multiples. Certains


découlent de facteurs humains comme un faible taux d’adoption des pratiques de gestion
durable du sol, qui ont pour causes des raisons diverses (FAO et ITPS, 2015). D’autres
sont liées à des facteurs abiotiques et dépassent le contrôle de l’Homme. Dans cette
section, sont abordées les questions des différents obstacles à l’adoption de mesures
adéquates et des facteurs abiotiques qui freinent la séquestration du COS.

5.3.1 · OBSTACLES À L’ADOPTION DE MESURES VISANT À L’ADAPTATION AU


CHANGEMENT CLIMATIQUE ET À L’ATTÉNUATION DE SES EFFETS

5.3.1.1 · OBSTACLES FINANCIERS


Les barrières financières sont l’un des obstacles les plus importants qui restreignent
la mise en place de stratégies d’adaptation (Antwi-Agyei, 2012; Antwi-Agyei et al.,
2015; Takahashi et al., 2016; Azhoni et al., 2017). En fait, chaque forme de pratique
d’adaptation et d’atténuation du changement climatique engendre des coûts directs
et/ou indirects (Takahashi et al., 2016). Un exemple de coût direct lié à une pratique
d’adaptation serait l’utilisation de variétés améliorées onéreuses qui offrent une meilleure
tolérance à des conditions de cultures défavorables ou l’application d’intrants carbonés
produits à l’extérieur de l’exploitation agricole. D’autre part, les coûts indirects incluent
les pratiques à coûts élevés qui nécessitent un investissement en temps qui pourrait
sinon être dirigé vers des activités plus rémunératrices (ex. incorporation des résidus
de culture dans le sol comme, par exemple, s’occuper des cultures ou les vendre comme
biomasse) (Boon, 2013).

Les barrières financières qui peuvent décourager les agriculteurs de mettre en place des
pratiques qui permettraient l’accumulation de COS peuvent être l’apparition de déficits
budgétaires, des capacités limitées pour financer ou accéder au capital, aux niveaux
national, provincial ou à l’échelle de la ferme (UN-HABITAT, 2010; Takahashi et al.,
2016). D’autres barrières incluent les hauts risques de change dus aux fluctuations
des taux de change étrangers, les coûts d’investissement initiaux comme ceux de
l’équipement, des machines ou du labour, les coûts associés aux biens des ménages, coûts
associés au temps et aux déplacements pour accéder aux conseils ou apports techniques
et potentiellement le peu de retour sur investissement étant donné de l’incertitude quant
aux bénéfices éventuels (FAO, 2015). Dans une étude effectuée par Takahashi et al.
(2016) sur les obstacles rencontrés par les agriculteurs pour mettre en œuvre des mesures
d’adaptation au changement climatique, la réponse la plus fréquente se rapportait aux
conditions économiques et en particulier au risque économique de mettre en place de
nouvelles pratiques ou à l’incertitude quant aux conditions changeantes du marché en
fonction du changement climatique. C’est pourquoi l’aspect financier doit être envisagé
comme un facteur essentiel des critères opérationnels des agriculteurs (Takahashi et al.,
2016).
5 · GESTION DU COS 51
5.3.1.2 · OBSTACLES TECHNIQUES ET LOGISTIQUES
Malgré le fait que les développements techniques comme les nouvelles variétés
végétales, les équipements de conservation du sol et les systèmes d’irrigation soient
considérés comme déterminants pour l’action de l’agriculture contre le changement
climatique (Smit et Skinner, 2002), l’absence de technologie est souvent un obstacle
à l’adoption des mesures d’adoption ou d’atténuation (FAO, 2015). Ces barrières à
l’adoption sont surtout visibles dans les régions les moins développées comme l’Afrique
subsaharienne (Kithiia, 2011; Antwi-Agyei, 2012) où les agriculteurs n’ont pas accès à
de tels outils (Kolikow et al., 2013). Ces limitations restreignent les opportunités pour
les agriculteurs d’être mieux préparés et en mesure d’améliorer la sécurité alimentaire
grâce à des pratiques d’adaptation et d’atténuation qui promeuvent la séquestration du
COS (Antwi-Agyei, 2012).

Les barrières techniques peuvent apparaître sous diverses formes comme l’indisponibilité
des technologies adaptées, de capacité technique et/ou d’équipements et la faible
détectabilité des changements à court terme comme ceux rencontrés lors de mesures
périodiques des dynamiques de COS (FAO, 2015). Les barrières logistiques se réfèrent
à la difficulté et à la complexité de l’adaptation aux tendances climatiques à long terme,
vu leur grande variabilité annuelle, étant donné le grand risque d’échec sur le court
terme et la non viabilité des pratiques adaptatives d’une année à l’autre (Takahashi et
al., 2016).

5.3.1.3 · OBSTACLES INSTITUTIONNELS


Les institutions telles que les gouvernements ont le pouvoir d’amplifier ou de diminuer
ces barrières et peuvent agir comme un facilitateur ou comme un obstacle à la mise en
œuvre de pratiques d’adaptation et d’atténuation du changement climatique (Agrawal et
Perrin, 2009; Biesbroek et al., 2013). Par exemple, le faible taux d’adoption de pratiques
d’adaptation ou d’atténuation du changement climatique dans de nombreux pays
d’Afrique subsaharienne peut être attribué aux politiques inefficaces des gouvernements
qui souvent restreignent ces pratiques aux niveaux local et national (Sietz et al., 2011;
Antwi-Agyei, 2012). De ce fait, les barrières institutionnelles peuvent prendre la forme
de réglementations politiques nationales, mais aussi de régimes fonciers incertains,
de marchés imparfaits et d’une faible capacité à prendre des risques, de services de
recherche et de vulgarisation limités, d’une faible coordination entre les institutions, de
conditionnements culturels concernant le genre et une importance attribuée seulement
aux avantages liés à la réduction du changement climatique sans considérer les bénéfices
qui n’y sont pas liés non liés (FAO, 2015).

Les prises de décision et les pratiques au sein de l’exploitation agricole sont largement
conditionnées par la disponibilité du marché et les modèles stratégiques des opérations
(Antwi-Agyei et al., 2015). Par exemple, les agriculteurs conçoivent que du fait de leurs
liens préétablis depuis longtemps avec des marchés spécifiques, trouver de nouveaux
marchés pour de nouvelles cultures, des hybrides ou des variétés qui séquestrent plus
de carbone, est une tâche difficile, puisqu’il est peu probable qu’un agriculteur change
52 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible
de cultures ou d’intercultures à moins que n’existe un marché garanti (Takahashi et al.,
2016). Le manque de marchés facilement accessibles se traduit également par un faible
développement des infrastructures physiques, comme celui du réseau routier ou de
l’absence de bâtiments de stockage appropriés pour certaines cultures. Ceci décourage
l’adoption en affaiblissant la capacité de négociation de certaines communautés de petits
exploitants qui, même s’ils le souhaitent, ne peuvent pas stocker leurs cultures dans
leurs fermes quand les prix du marché sont bas (Antwi-Agyei et al., 2015).

De plus, dans de nombreuses communautés de petits exploitants, surtout dans les pays
en développement, le seul accès que les agriculteurs ont aux nouvelles connaissances et
aux innovations techniques sur la gestion durable des sols se fait à travers des services
de vulgarisation. Puisque le rôle des techniciens de vulgarisation est de faciliter et
transférer les moyens scientifiques de pratiquer l’agriculture, ils se trouvent souvent
débordés par le nombre de communautés dont ils sont responsables. Cela compromet
l’efficacité de la réponse aux besoins des agriculteurs et freine l’adoption de pratiques de
conservation des sols. Ainsi, les faibles capacités institutionnelles mènent à un manque
ou une non-fiabilité de l’information sur l’adaptation au climat qui, en combinaison avec
la variabilité climatique, risque de menacer la sécurité alimentaire de nombreux pays en
développement (Antwi-Agyei, 2012).

5.3.1.4 · BARRIÈRES DE CONNAISSANCES


Les insuffisances des connaissances se manifestent sous la forme d’un manque
d’information ou de sensibilisation. Elles sont l’un des obstacles majeurs à la réduction
de la dégradation des terres, à l’amélioration de la productivité agricole et à la possibilité
d’adoption de la gestion durable des terres parmi les petits agriculteurs (Liniger
et al., 2011). Dans les pays en voie de développement, le manque d’équipements
météorologiques modernes se traduit par une carence d’information sur les conditions
climatiques et conduit à une faible adoption de stratégies de gestion qui limitent et
favorisent l’adaptation au changement climatique par les agriculteurs (Antwi-Agyei,
2012). Il est important de noter que des informations fiables sur le climat, comme les
prédictions annuelles, sont tout aussi importantes pour la sécurité alimentaire, car
de nombreux systèmes agricoles dépendent globalement de la programmation sur le
long-terme de leurs activités (Ziervogel et al., 2010). Un savoir suffisant des différentes
options disponibles est aussi crucial pour les agriculteurs, afin qu’ils puissent prendre
des décisions informées sur les meilleures pratiques de gestion (Lee, 2007).

Dans certains cas, le problème n’est pas lié au type des connaissances transmises,
mais plutôt à qui transmet le savoir aux agriculteurs. Dans une enquête conduite par
Takahashi et al. (2016), de nombreuses personnes interrogées ont exprimé leurs doutes
quant à la véracité des informations provenant de certaines sources, notamment celles
politiquement affiliées et ont souligné le besoin de pouvoir accéder à l’information à
partir de sources fiables, cohérentes, objectives et apolitiques. Il est généralement
désirable et même attendu que les agriculteurs fassent partie d’associations ou de
commissions sur la gestion durable des sols pour la formation des politiques, puisque

5 · GESTION DU COS 53
les agriculteurs eux-mêmes avec les agents de vulgarisation des coopératives sont jugés
comme étant les sources les plus sûres en ce qui concerne l’information sur les situations
locales (Takahashi et al., 2016).

5.3.1.5 · BARRIÈRES EN TERMES DE RESSOURCES


Les contraintes en matière de ressources peuvent être vues comme une absence de terres
suffisantes, de labour, d’intrants, d’eau et/ou de plantes disponibles pour commencer à
s’adapter et à atténuer le changement climatique (Takahashi et al., 2016). Dans une
étude, le plus grand obstacle à l’amélioration des fonctions du sol et les autres services
écosystémiques en Afrique subsaharienne a été identifié comme provenant du manque
de production de résidus de cultures du fait de la faible productivité des sols (Palm et
al., 2014). En termes de travail par exemple, de nombreux agriculteurs, principalement
dans les pays en voie de développement, s’appuient sur un emploi en dehors de la ferme
pour avoir une source supplémentaire de revenu qui, en retour, limite le temps passé à
travailler dans leurs fermes à y mettre en place des pratiques innovantes et de gestion
durable des terres (Takahashi et al., 2016).

5.3.1.6 · BARRIÈRES SOCIO-CULTURELLES


Les barrières sociales, qui peuvent être cognitives ou normatives, sont l’une des
principales barrières qui influencent les actions pour faire face au changement climatique
(Swim et al., 2011 ; Antwi-Agyei et al., 2015). Antwi-Agyei et al. (2015, p.19) a écrit que
« les systèmes de croyances d’un groupe particulier de personnes peut constituer l’une
des plus grandes barrières à la mise en place de stratégies d’adaptation au climat ». La
mise en place volontaire de pratiques de gestion durable des sols dépend largement de
la façon dont les agriculteurs perçoivent le changement climatique et de l’identification
des risques, ce qui est fondamentalement influencé par les croyances personnelles, les
normes culturelles, les systèmes de valeurs et les visions du monde (Jones et Boyd,
2011; Smith et al., 2011; Antwi-Agyei, 2012; Adger et al., 2013). Différents groupes
culturels avec des systèmes de croyance préexistants distincts au sein d’une même région
géographique peuvent répondre différemment aux risques générés par le changement
climatique (Moser, 2010; Adger et al., 2013).

Interconnexion des obstacles


Les différentes barrières à l’adoption de pratiques permettant l’adaptation et l’atténuation
du changement climatique sont grandement entrelacées, ce qui amplifie les difficultés
de la promotion de la séquestration du COS. Par exemple, les obstacles techniques
et logistiques sont grandement connectés et reliés aux contraintes financières, socio-
économiques et institutionnelles (Klein et al., 2001). Ces dernières peuvent être
l’illustration d’un manque de fonds pour une agence gouvernementale ou l’absence
de structure à même de permettre le compte rendu efficace, ce qui se traduit par des
contraintes techniques, logistiques et de connaissance. De plus, les barrières financières
sont strictement liées aux contraintes institutionnelles. En particulier, le manque de
facilité de crédit est considéré comme l’un des obstacles principaux à la mise en place de

54 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


stratégies appropriées de gestion par les agriculteurs, notamment en Ethiopie (Bryan
et al., 2009). Il est également clair que le manque d’accès facile aux marchés est une
barrière institutionnelle qui renforce d’autant plus les barrières financières. L’absence de
marchés nourrit le cercle vicieux liant les faibles prix des matières agricoles à l’incapacité
de remboursement des emprunts, ce qui empêche l’obtention d’autres prêts et conduit
à de faibles taux d’adoption de pratiques de gestion durable des terres (Antwi-Agyei et
al., 2015).

Dans certains cas, les différentes barrières à l’adoption de stratégies en faveur de la lutte
contre le changement climatique (adaptation et/ou atténuation) peuvent être surmontées
en utilisant différentes approches. L’encadré 4 contient une liste de stratégies en mesure
de surmonter certaines de ces contraintes.

ENCADRÉ 4 · SOLUTIONS PROPOSÉES POUR SURMONTER LES OBSTACLES

• Les barrières financières peuvent être surmontées par des incitations financières ou des
régulations valables dans des conditions locales, en incluant les incitations faites pour les marchés
locaux (FAO et ITPS, 2015).
• Les barrières socio-culturelles peuvent être surmontées grâce à des stratégies d’adaptation qui
reconnaissent le contexte local, tel que celui des systèmes de croyance ou des savoirs indigènes
(Jennings et Magrath, 2009).
• Les barrières de connaissances peuvent être surmontées grâce à des politiques permettant le
maintien d’un suivi climatique, qui assurent une communication de l’information efficace et
régulière (Easterling et al., 2003; Howden et al., 2007). Cela peut aussi être atteint en renforçant
les politiques qui soutiennent les acteurs de la recherche, des systèmes d’analyse, des services
de vulgarisation, de l’industrie ou des réseaux régionaux et qui fournissent d’importantes
informations en lien avec le climat (Howden et al., 2007).
• Les barrières techniques et logistiques peuvent être surmontées en rendant disponibles les
technologies déjà existantes pour mettre en place une gestion durable des sols et investir
dans de nouvelles stratégies techniques ou de gestion telles que les variétés améliorées. Des
politiques qui supportent l’« apprendre en faisant » pour opérer des ajustements et améliorer des
connaissances, par exemple en assurant un suivi ciblé des pratiques d’adaptation et d’atténuation
du changement climatique et leurs coûts, avantages et effets, devraient aussi être mises en place
(Burton et Nations, 2005; Howden et al., 2007)
• Les barrières institutionnelles et de ressources pourraient aussi être surmontées en développant
de nouvelles infrastructures (structures d’irrigation, technologies d’utilisation efficace de l’eau,
systèmes de transport et de stockage, etc.), révision des politiques (accords sur les régimes
fonciers, droits de propriété) et établissement de marchés accessibles et efficaces pour les
produits et les intrants (semences, engrais, travail, etc.) et pour les services financiers, qui
incluent les assurances (Turvey, 2001; Howden et al., 2007).

5.3.2 · FACTEURS NON HUMAINS LIMITANT LA SÉQUESTRATION DU COS:


FACTEURS ABIOTIQUES
En plus des barrières humaines, certains facteurs abiotiques incontrôlés comme les
conditions climatiques et la texture du sol peuvent limiter le potentiel du sol à séquestrer
le carbone, en particulier en influençant les mécanismes du cycle du carbone conditionnés

5 · GESTION DU COS 55
par le biote du sol (FAO et ITPS, 2015). Des températures plus chaudes dans les
latitudes nord accélèrent la décomposition du COS. Cela s’observe par de grands flux
de CO2 apparaissant l’été, lorsque les mécanismes biologiques sont favorisés. Sous de
telles conditions, maintenir les stocks de COS peut être un défi encore plus grand. Les
taux de séquestration du COS dans les sols agricoles et écosystèmes restaurés varient
de 0 à 26. kgC.ha-1/an dans les climats chauds et secs, en comparaison aux 100 à 1 000
kgC.ha-1/an dans les climats frais et humides (Lal, 2001). Ceci peut s’expliquer du fait
que lors des mois d’hiver ou dans les climats froids, peu de flux de CO2 sont observés
puisque des températures froides suppriment les mécanismes de décomposition (Ward
et al., 2007; Clark et al., 2009; Armstrong et al., 2015). Cependant, lors d’événements
extrêmes comme la sécheresse, la décomposition du COS peut d’abord diminuer, mais
est susceptible d’augmenter à posteriori après une ré-humidification (Borken et Matzner,
2008). Bien qu’il soit établi que dans les modèles de cycle du C du sol, la température
contrôle fortement le stockage de MOS, la sensibilité de la décomposition de différentes
fractions de MOS à la température reste une zone d’incertitude (Conant et al., 2011).

L’eau influence aussi le stockage du COS selon plusieurs mécanismes. Puisque des
sols bien aérés et assez humides sont optimaux pour l’activité microbienne, le taux de
décomposition diminue lorsque les sols deviennent plus secs. En revanche, le taux de
décomposition de la matière organique diminue dans les sols inondés, du fait d’une
aération restreinte, souvent dans des sols très riches en COS (par exemple les sols
tourbeux) (FAO et ITPS, 2015). Dans ces sols saturés en eau, d’autres propriétés
abiotiques, comme les propriétés physiques telles que la profondeur de tourbière
et la densité apparente influencent aussi le traitement biologique du cycle du C.
Ces propriétés contrôlent, par exemple, la disponibilité du substrat et la cadence de
distribution de l’eau, des composés et du gaz tout au long du profil de la tourbière, ce qui
influence au final le COS du sol (Dorrepaal et al., 2009; Levy et al., 2012). Cependant,
de telles conditions d’inondation peuvent causer un afflux d’émissions de CH4 (Blodau
et al., 2004). Armstrong et al. (2015) ont montré qu’un pic d’émissions de CH4 dans les
tourbières survient surtout en automne (saison caractérisée par une nappe aquifère et
des températures relativement hautes), ce qui promeut une plus grande méthanogénèse
(production de CH4) alors que la méthanotrophie est limitée (Oxydation du CH4).
Dans les sols minéraux, la quantité et la composition du COS est largement dépendante
du type de sol, qui peut différer à l’échelle de la parcelle. Dans les sols riches en argile,
une plus grande teneur en matière organique et une plus grande concentration en
carbone O-alkyle dérivé des polysaccharides peut se manifester. Au contraire, les sols
sableux sont souvent caractérisés par des teneurs en C plus faibles et de plus grandes
concentrations en carbone alkyle (Rumpel et Kögel-Knabner, 2011), diminuant ainsi
leur potentiel pour augmenter les stocks de COS. D’autres barrières abiotiques à la
séquestration du COS peuvent inclure l’érosion du sol et les feux, qui peuvent en
premier lieu diminuer le stockage de C (Knicker, 2007).

56 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


©FAOMunir Uz Zaman

5 · GESTION DU COS 57
6 · ET LA SUITE ?
POINTS À EXAMINER

©FAO/Matteo Sala

58 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


CYCLE DU COS…
• La véritable portée du cycle du carbone global et son interdépendance avec les
dynamiques du COS et ses relations avec les autres cycles biogéochimiques doit
encore être pleinement comprise. Une précision accrue de la mesure, cartographie,
suivi et rapport du COS peut contribuer à une meilleure connaissance du cycle.
• Les systèmes et pratiques de gestion des terres qui favorisent la séquestration du
COS devraient chercher à retenir le carbone dans le sol sur le long-terme. Le seuil
de saturation du COS reste un concept théorique qui nécessite des informations
spécifiques à un site donné, en ce qui concerne le contenu en COS additionnel qui
puisse être séquestré et la manière d’y parvenir.
SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE…
• Il existe un besoin d’améliorer les connaissances sur l’action immédiate qui permette
de gérer de manière efficace le COS pour améliorer la production alimentaire,
l’adaptation et l’atténuation du changement climatique et puisse également contribuer
aux ODD d’ici 2030.
• Une prévision juste de l’impact de l’activité humaine sur le changement climatique
est actuellement limitée, surtout en raison d’une compréhension incomplète de la
respiration du sol et des incertitudes concernant l’effet primaire, les contributions
microbiennes à la rétroaction du carbone ou l’adaptation des communautés
microbiennes.
• L’identification de concentrations stratégiques de COS et une compréhension
accrue de leur potentiel pour atténuer le changement climatique est nécessaire pour
sensibiliser la population concernant la nécessité de les gérer de manière durable.
STOCK DE COS ET ÉVALUATION DES CHANGEMENTS DE STOCKS DE COS…
• La plupart des cartes actuellement disponibles et les estimations globales du COS
sont basées sur des données historiques plutôt que sur les suivis actuels ou récents.
Une nouvelle compilation des stocks de COS spécifiques à chaque pays est nécessaire
pour développer des bases de références nationales de COS en soutien à la réussite
des ODD et des évaluations liées aux effets du changement climatique.
• Des méthodes innovantes qui rendent possible le suivi fréquent et à prix raisonnable
du COS doivent être mises en place dans chaque pays. Il reste difficile de calculer
de manière précise les stocks de COS, surtout en raison de la difficulté de mesurer
les paramètres de densité apparente et de contenu en pierres.
• Rapporter sur le statut et les tendances du COS basé sur des mesures est une tâche qui
comporte des défis qui doivent être affrontés avec des méthodologies harmonisées,
l’utilisation de techniques d’échantillonnages standardisées, l’exploitation de
solutions innovantes à la collecte et au partage de données et en considérant les
différentes pratiques agricoles mises en place à différentes échelles.
GESTION…
• Des recommandations solidement justifiées et basées sur des résultats de recherche
pour maintenir et/ou augmenter les stocks de COS par des pratiques de gestion
judicieuses à différentes échelles sont cruciales pour tous les types d’utilisation de la
terre, surtout dans les zones riches en COS et autres points d’importance.
• De meilleures stratégies, de grande portée et globales pour dépasser les entraves à
l’adoption de pratiques de COS sont nécessaires pour créer et mettre en place de
nouvelles politiques.
6 · Et la suite ? Points à examiner 59
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72 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


ANNEXES
ANNEXE 1 : MÉTHODES PRINCIPALES POUR DÉTERMINER
LA TENEUR EN COS

Etabli à partir de Lorenz et Lal, 2016; Secrétariat du GSP et ITPS, 2016; Pallasser, 2013;
Chatterjee et al., 2009.
méthode
Type de

Nom Avantages Désavantages

• Coûteux
• Mesure séparée du carbone
organique et du carbone total
du sol rarement disponible
• Standard actuel (seulement pour les nouveaux
Analyse
• Actuellement le plus fiable analyseurs d’éléments qui
automatique
• Rapide effectuent une combustion en
du carbone
• Simple deux étapes)
Combustion par voie sèche

• Nécessité d’un grand nombre


d’échantillons
• Gourmand en énergie
• Interférence des carbonates
• Peu fiable dû aux réactions non
liées à la MO (ex. interférence
des carbonates ou eau interne)
Analytique

• Surestime la teneur en MO
• Auparavant largement utilisée (susceptible de comptabiliser
Perte au feu • Méthode facile à appliquer les oxydes et les carbonates dus
• Peu coûteuse aux températures élevées)
• COS dérivé de la MOS avec un
facteur de conversion (0.58) qui
s’avère être incorrect pour les
couches organiques
• Destructive
• Auparavant largement utilisée
• Oxydation incomplète: besoin
Combustion humide

• Peu coûteuse
d’un facteur de correction
• Evaluation approximative
• Tend à sous-estimer le COS
rapide
Walkey-Black • Interférence des chlorures et
• Vise en particulier certains
oxydes de Mn2+ et Fe2+
réservoirs de MO
• Utilise des composés chimiques
• Petite interférence par les
dangereux
carbonates

Annexes 73
méthode
Type de

Nom Avantages Désavantages


Télédétection

• Profondeur d’échantillonnage
• S’utilise sur de grandes zones limitée
Spatiale ou aérienne
• Non destructive • Indices de substitution
nécessaires

• Précise et juste (moins précis • Besoin continuel de calibration


dans la région du visible) • Relativement grand nombre
Absorbance infrarouge • Rapide d’échantillons requis
ou spectroscopie par • Relativement peu coûteuse • L’humidité du sol peut limiter la
réflectance: spectroscopie • Non destructive précision
dans le visible et proche • S’utilise en laboratoire ou sur • Données de laboratoire de
infrarouge (Vis-NIR) et mi- le terrain référence appropriées et
infrarouge (MIR) • Grande capacité correctes requises
• Potentiel pour télédétection • Incapacité à gérer directement
• Rend possible un les interférences non liées aux
échantillonnage à haute composants du COS dans les
densité échantillons d’origine inconnue
• Technique analytique • Analyse chimiométrique
puissante nécessaire
• Coûteuse
• Invasive
Spectroscopie

• Encore en phase de
développement
• Mesure le carbone total du sol
• Précise (jusqu’à 1mm de
• La présence de racines et
résolution) et juste
Spectroscopie sur plasma de fragments rocheux peut
• Grande capacité
induit par laser entraîner une variabilité du
• Usage possible sur le terrain
signal pour le C
• Analyse rapide
• Pas de courbe de calibration
universelle
• Dangereuse pour la santé
• Interférence des carbonates, fer
et eau
• Précise et Juste • Coûteuse
• Non destructive (pas • Toujours en développement
d’enlèvement de sol, pas de • Pas de mesure séparée du COS
Diffusion inélastique des combustion) et du C inorganique du sol
neutrons • Analyse sur le terrain • Meilleurs résultats pour les sols
• Grand potentiel pour le futur riches en C
de la détermination du C du • Dangereuse pour la santé
sol • Interférence des carbonates

74 CARBONE ORGANIQUE DU SOL une richesse invisible


ANNEXE 2 : EXEMPLES DE SYSTÈMES ACTUELS DE SUIVI DU
COS (NON EXHAUSTIF)

Profondeur
Région Sélection Echantillonnage des sous- Dates
Pays (référence)
couverte du site1 de sol2 échantillons d’échantillonnages
(cm)

Cultures et
• Premier
pâturages
0-10, 10-30, échantillonnage
Grille Composite 30-50 et 50- en 1986
Voir aussi
70 et 70-100 • Tous les 10 ans
Allemagne Walter, et al.,
2016
(Arrouays et al., 2008 ;
Batjes et Van Wesemael,
2014) 0-5, 5-10, • Premier
Sols de forêt 10-30, 30- inventaire BZE
(BZE) 60, 1987-1993
Grille Composite 60-90 cm; si • Dernier
Aussi Thunen possible 90- ré-
Institute, 2016 140 cm et échantillonnage
140-200 cm 2009-2016

Sols de forêts • A démarré en


Mexique et hors forêt 2003
(surtout 0-30 et • Tous les 5 ans
Grille Composite
(Batjes et Van Wesemael, pâturages 30-60 cm (tous les ans 20%
2014) et zones des sites sont ré-
arbustives) échantillonnés)

Nouvelle Zélande
échantillons à 30 cm

• Premier
d’échantillonnage)

sol; en 2009, 1 235


Stratifié (700 sites

échantillonnage
par horizon de

échantillonnage
Variable,

(Sparling et al., 2004; Toutes les en 1978


Simple
Batjes et Van Wesemael, régions • Fin de
2014; l’échantillonnage
Stevenson et al., 2015) en 2009

0-20 cm
pour
l’horizon
superficiel
Suède • Premier
et
inventaire 1983-
40-60 cm
Cultures 1988
(Arrouays et al., 2008 ; pour le sous-
(environ 3 Grille Composite • Répétition tous
Batjes et Van Wesemael, Mha)
sol. En
les 10 ans
2014; 2003: 500
• Nouvel inventaire
Poeplau et al., 2015) échantillons
en cours
0-20,
20-40 et
40-60 cm

Annexes 75
Profondeur
Sélection Echantillonnage des sous- Dates
Pays (référence) Région couverte
du site1 de sol2 échantillons d’échantillonnages
(cm)

0-30
(Cultures:
0-plus petite • Premier
profondeur inventaire 2001-
de labour), 2006
France (RMQS)
Toutes les 30-50 • Répétition tous
Grille Composite
régions (Cultures: les 10 ans
(Jolivet, et al., 2006)
30-plus • Inventaire
grande forestier depuis
profondeur 1995
de labour)
cm
Angleterre et pays de • Premier
Galles (Inventaire du inventaire 1966-
Toutes les Profondeur
sol national) Grille Composite 1987
régions fixe 0-15 cm
• Répétition tous
(Arrouays, et al., 2008) les 7 à 37 ans
• Premier
Ecosse (Inventaire du Par horizon inventaire 1970-
sol national d’Ecosse) Toutes les 721 sites pédologique 1980
Simple
régions de suivi jusqu’à 100 • Dernier ré-
(Arrouays, et al., 2008) cm échantillonnage
2007-2010
4 échantillons
0-20 cm,
composites à
Suisse (NABO) depuis 2005 • NABO a débuté
partir de 25
Toutes les 103 sites 20-40 cm, en 1985
échantillons
(Schweizerische régions de suivi depuis 2010 • Répétition tous
simples sur
Eidgenossenschaft, 2015) jusqu’à 100 les 5 ans
une surface de
cm
10x10 m
0-30, 30-60,
composite sur 9 points

60-90 cm
Stratifié (1 236 sites
d’échantillonnage)

d’échantillonnage)

Hongrie (TIM) (horizon • TIM a débuté en


1 échantillon

Tous les types


pédologique 1992
d’occupation
(Arrouays, et al., 2008; jusqu’à 150 • Répétition tous
du territoire
Uveges, 2015) cm pour les 3 ans
les sols
forestiers)

1 L’échantillonnage stratifié revient à diviser le site en différentes sections homogènes. Il


permet l’attribution d’un plus grand nombre d’échantillons dans les couches avec une plus
grande variabilité dans le stock de COS. Pour l’échantillonnage grille, le site est divisé en de
petites aires ou blocs. Un même point par bloc est échantillonné plusieurs fois. En général,
plus l’unité d’échantillonnage est petite, meilleure est la précision. L’échantillon grille est une
technique pratique et efficace et résulte généralement en une meilleure estimation de la variable
qui intéresse.
2 Contrairement à l’échantillonnage simple, l’échantillonnage composite rassemble un
nombre suffisant d’échantillons, collectés à partir d’un ensemble de matériel pour en faire un
échantillonnage homogène aux fins d’analyse.

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