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Mouvements des eaux dans l'argile Champlain

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UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

MOUVEMENT DES EAUX SOUTERRAINES ET DES IONS MAJEURS


DANS UNE ARGILE CHAMPLAIN DEPUIS SA FORMATION

EL MEHDI BENABDALLAH

DÉPARTEMENT DES GÉNIES CIVIL, GÉOLOGIQUE ET DES MINES

ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL

THÈSE PRÉSENTÉE EN VUE DE L‟OBTENTION

DU DIPLÔME DE PHILOSOPHIAE DOCTOR

(GÉNIE MINÉRAL)

Avril 2010

© El Mehdi Benabdallah, 2010.


UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL

Cette thèse intitulée:

MOUVEMENTS DES EAUX SOUTERRAINES ET DES IONS MAJEURS DANS UNE


ARGILE CHAMPLAIN DEPUIS SA FORMATION

Présentée par: BENABDALLAH El Mehdi

en vue de l‟obtention du diplôme de : Philosophiae Doctor

a été dûment accepté par le jury d‟examen constitué de :

[Link] Michel, Ph.D., président

M. CHAPUIS Robert P., [Link].A, membre et directeur de recherche

[Link] Richard, Ph.D., membre

M. CHIASSON Paul-André, Ph.D., membre


iii

DÉDICACE

A Hind, mon épouse. Ce travail te doit beaucoup...Qu'il soit pour toi le témoignage de mon
infinie reconnaissance pour ces années de privation, de compréhension et d'efforts communs.

A Maria, ma fille, pour tout le bonheur que tu me procures

A mes parents, pour votre soutien et encouragements. Cette thèse est l'aboutissement de tant
d'efforts tout au long de ma scolarité. Qu'ils en soient remerciés par cette modeste dédicace.

A mes grands-parents, pour toutes ces années d'encouragements et de soutien.


iv

REMERCIEMENTS

Comme le veut la tradition, je vais tenter de satisfaire au difficile exercice de la page des
remerciements, peut-être la tâche la plus ardue de ces années de thèse. Non qu'exprimer ma
gratitude envers les personnes en qui j'ai trouvé un soutien soit contre ma nature, bien au
contraire, la difficulté tient plutôt dans le fait de trouver les mots pour remercier chaque personne
qui a, d'une manière ou d'une autre, contribué au bon déroulement et l'aboutissement de ce projet.

La première personne que je tiens à remercier est mon directeur d`étude, le Pr. Robert Chapuis,
qui a su me laisser la liberté nécessaire à l'accomplissement de mes travaux, tout en y gardant un
œil critique et avisé. Nos échanges continuels, si riches, ont sûrement été la clé de réussite de ce
travail.

J'exprime mes profonds remerciements à mes deux collègues et amis, François Duhaime et
François Réginensi. Votre rigueur, votre sens de l'humour et vos connaissances ont grandement
contribué à l'aboutissement de ce travail.

Je voudrais aussi exprimer toute ma gratitude à Antonio Gatien. Ses connaissances pratiques, sa
discipline et l'amour qu'il porte à son travail ont été pour moi, une grande source d'inspiration.
Merci pour tout.

J'associe à mes remerciements l'ensemble des membres du laboratoire d'hydrogéologie,


secrétaires et techniciens du département CGM pour l'ambiance chaleureuse et la bonne humeur.

Je ne saurais oublier de remercier toute l'équipe de BFI-Lachenaie avec qui j'ai eu le plaisir de
collaborer pendant ces 5 dernières années. Merci à Jean-Claude Marron et Pierre Geoffroy pour
leur disponibilité et leur bonne humeur.

Enfin, Je voudrais spécialement remercier mon frère Omar, pour tous les Vendredis soir studieux
qu'on a passé ensemble en essayant de progresser et de développer nos talents.
v

RÉSUMÉ

Les argiles Champlain qui recouvrent la majorité des Basses Terres du Saint-Laurent, et
notamment la région de Lachenaie près de Montréal, ont été déposées lors de l‟épisode marin de
la mer Champlain il y a environ 10000 ans. Les concentrations des ions Na+ et Cl- dans l‟eau
interstitielle des argiles ainsi que dans le till et le roc sous-jacents, atteignent parfois 40 % à 50 %
de la concentration de ces ions dans l‟eau de mer, ce qui rend l‟eau souterraine impropre à la
consommation et à l‟irrigation agricole, ce qui est le cas dans la région de Lachenaie près de
Montréal (Québec). La présence de ces importantes teneurs en sels dans l‟argile et le roc ont
soulevé plusieurs questions sur la nature des mouvements des eaux souterraines dans les argiles
Champlain depuis leur formation ainsi que sur la migration de certains ions majeurs, et
spécialement des chlorures, durant ces 10000 dernières années.

Les propriétés géotechniques, hydrauliques et géochimiques des argiles Champlain dans la région
de Lachenaie (Québec) ont été étudiées afin d‟essayer de comprendre les mouvements des eaux
et de quelques ions majeurs dans l'argile et le roc sous-jacent.
Pour cela, neuf piézomètres ont été installés dans le roc et dix-huit dans l'argile. L‟argile a été
échantillonnée en continu avec des tubes Shelby afin de minimiser le remaniement. Les
échantillons d'argile intacte ont été recueillis, extraits au laboratoire et utilisés pour mener des
analyses chimiques, isotopiques ainsi que des essais mécaniques et hydrauliques au laboratoire.
Deux dispositifs d'extraction de l'eau interstitielle dans l'argile ont été mis au point afin d‟extraire
des volumes d‟eau sans pour autant influencer les concentrations des ions majeurs et du pH. On a
remarqué que le premier dispositif permet d‟obtenir des échantillons d‟eaux interstitielles
représentatives du milieu pour des pressions d‟extraction maximales de 800 kPa. Un second
dispositif a été utilisé pour des pressions supérieures allant jusqu'à 30 MPa. On a pu constater une
importante variation des concentrations et du pH de l‟eau à partir de 1 MPa. Suite aux
expériences de l‟auteur, on recommande que l'eau des piézomètres installés dans le roc soit
échantillonnée par la méthode connue sous le nom de purge et échantillonnage à faible débit et
faible rabattement.

Les résultats des analyses chimiques de l'eau ont montré que les eaux interstitielles dans l'argile
ainsi que les eaux circulant dans le roc sont des eaux extrêmement salées et impropres à la
consommation et à l'usage agricole. Les analyses de ces eaux avec le carbone-14 indiquent que
vi

ces eaux sont très vieilles et remontent à l'époque du dépôt des argiles Champlain dans un
18
environnement marin. Les analyses isotopiques avec les isotopes O et 2H ont quant à elles,
montré que les eaux présentes dans l'argile sont un mélange d'eaux provenant de plusieurs
origines et notamment d'eaux marines, d‟eaux de fontes des glaces et d'eaux météoriques
modernes.

Les essais mécaniques et hydrauliques au laboratoire et in situ montrent que les eaux souterraines
se déplacent verticalement et lentement dans le dépôt d'argile. La faible conductivité hydraulique
de ce dernier (1x10-9 m/s) a été déterminée au laboratoire et in situ. La présence d'un effet
d'échelle a été constatée pour les échantillons d‟argile d'une hauteur inférieure à 5 cm. Des essais
de pompage ont quant à eux permis d‟estimer la conductivité hydraulique du roc (1x10-6 m/s).
Aussi, les essais de consolidation œdométriques ont permis d‟obtenir plusieurs informations sur
les propriétés mécaniques et géotechniques des argiles Champlain à Lachenaie. Ainsi, la porosité
dans les 9 sites où l‟argile a été échantillonnée en continu varie entre 0,45 et 0,60. Les pressions
de préconsolidation quant à elles varient entre 180 kPa et 580 kPa. Les limites de liquidité des
argiles étudiées sont typiques des argiles Champlain et varient entre 40% et 77%.

La modélisation numérique a permis de constater que les conditions hydrogéologiques dans la


région ont évolué durant ces 10000 dernières années. Le changement de la topographie causé par
l'érosion de l‟argile en est grandement responsable. Malgré les faibles gradients hydrauliques
dans la couche d‟argile, l‟eau infiltrée par la surface de l‟argile traversait cette dernière puis la
couche de till et voyageait par les fissures du roc pour atteindre la zone de décharge, la rivière des
Mille-Îles. Après l‟érosion de l‟argile dans certaines régions, des zones de résurgence de l‟eau
souterraine (remontée vers la surface) ainsi que des lignes de partage des eaux sont apparues,
créant des régions avec des propriétés géotechniques et hydrogéologiques différentes.

En ce qui concerne la migration des chlorures dans la couche d'argile, on constate que cette
dernière est non seulement contrôlée par la diffusion moléculaire mais aussi par l'advection. Les
profils de concentrations de chlorures obtenus grâce aux analyses chimiques coïncident avec les
résultats de la modélisation numérique. Les chlorures diffusent donc dans l'argile et sont aussi
déplacés par les eaux de précipitation et de fontes des neiges infiltrées par la surface. Les
mouvements des ions dans la couche d‟argile ont été influencés par la présence pendant 3000 ans
du lac d‟eau douce Lampsilis à la surface de l‟argile, ce qui a favorisé le processus de diffusion
vii

des ions vers la surface du dépôt d‟argile. Puis après la disparition de ce lac d'eau douce, la
diffusion et l‟advection ont ensemble été les deux processus de transport des ions. L‟advection a
été, tout au long de cette période qui dure depuis 7000 ans environ, influencée par des
changements du régime hydrogéologique.

Enfin, une approche intégrée qui regroupe dans la même étude plusieurs disciplines et notamment
l‟hydrogéologie, la géotechnique, la modélisation numérique, la géochimie et l‟étude isotopique a
été adoptée dans ce projet. Cette approche a permis de constater que la complexité de la
problématique traitée nécessite le traitement de cette dernière par plusieurs angles afin d‟élucider
plusieurs zones d‟ombre. D‟autres disciplines, comme l‟étude bactériologique de l‟eau et des
argiles, pourraient être utilisées pour mieux comprendre les phénomènes liées à la production des
bicarbonates pendant le lessivage des argiles au laboratoire ou pour mieux comprendre le
processus de sulfatoréduction.
viii

ABSTRACT

The Champlain clay that covers most of the Saint-Laurent Lowlands, and in particular the region
of Lachenaie near Montreal, was deposited during the marine episode of the Champlain Sea
10000 years ago. The high concentrations of Na+ and Cl- in the clay pore water and in the
underlying till and rock, which sometimes reach 40% to 50% of the concentration of sea water,
prevent one from using the water for human consumption or agricultural irrigation. The presence
of these important contents of salts in the clay and the rock raised several questions about the
nature of the movements of ground water in the Champlain clays since their formation as well as
on the migration of the major ions, and especially the chlorides, during these last 10000 years.

The geotechnical, hydraulic and geochemical properties of the Champlain clay in the region of
Lachenaie (Quebec) were investigated in order to understand better the movements of
groundwater and some major ions in the clay and the underlying bedrock.

A network composed of nine piezometers in the rock and eighteen in the clay was installed in
order to monitor the chemistry of water and to do hydraulic tests. The clay was sampled
continuously using Shelby tubes to minimize its reworking. These samples were extracted in the
laboratory and used in the chemical and isotopic analysis and in the mechanical and geotechnical
tests.
Two pore water extractors were then developed in the Hydrogeology laboratory at the École
Polytechnique de Montréal: A low pressure and a high pressure device. The low pressure device
made it possible to obtain representative pore water samples without affecting the major ions
`concentrations and the pH for pressures lower than 800 kPa. The second device uses pressures
up to 30 MPa. Large variations in the concentrations of the ions and in the pH were observed
when the pressure of extraction exceeded 1 MPa. Also, as a result of the author‟s experiments, it
is recommended that ground water in the bedrock be sampled using the low-flow purging and
sampling method.

The results of the chemical analysis of the water samples show that the clay pore water and the
water flowing in the underlying bedrock are extremely salty and can‟t be used as drinking water
or for agriculture. The 14C analysis indicates that these waters are very old and that their age dates
back to the deposition of the Champlain clays in a marine environment. The isotopic analysis
with 18O and 2H show that waters present in the clay and the rock are a mixture of waters with 3
ix

different origins: meteoric modern waters, sea waters and waters originating from melting of
glaciers.

The mechanical and hydraulic laboratory and in situ tests show that groundwater flows vertically
and very slowly in the clay formation. The low hydraulic conductivity (1x10-9 m/s) of this
Champlain clay was determined in the laboratory using triaxial and oedometric tests and in situ
variable head tests. The author noticed the presence of a scale effect when conducting the
permeability tests: the value of k is underestimated for samples smaller than 5 cm. Pumping tests
gave on estimate of the hydraulic conductivity of the bedrock (1x10-6 m/s). The mechanical and
geotechnical properties of the clay were obtained using consolidation tests in oedometric cells.
The porosity of the clay sampled from the nine sites varies between 0,45 and 0,60. The
preconsolidation pressures vary between 180 kPa and 580 kPa. The liquidity limits are typical of
the limits found in other Champlain clays in Quebec and Ontario and vary between 40% and
77%.
The numerical modeling shows the evolution of hydrogeological conditions in the region during
the last 10000 years. The change in the topography caused by surface erosion of the clay is
mostly responsible for this evolution. Despite the low hydraulic gradients in the clay, water
infiltrating from the surface of the clay reached the discharge area (Milles-Iles River) after going
through the entire clay, the till and the fractured rock. After the erosion occurred, zones of
resurgence and watersheds appeared in the studied region, creating subregions with different
geotechnical and hydrogeological properties.

Regarding the migration of Cl- ions, it was observed that this process was not only controlled by
the molecular diffusion but also by advection. The concentration profiles obtained with the
chemical analysis with the results obtained with the numerical modeling. Cl- diffuses in the clay
and is also displaced with the movement of the infiltrated rain and water of melting snow.

The migration of the ions in the clay was influenced by the presence during 3000 years of the
Lampsilis freshwater Lake at the surface of the clay. This presence drove the process of diffusion
of the salts toward the surface. After the Lake disappeared, both diffusion and advection took
place. Dispersion was, during these 7000 years, influenced by the change in the hydrogeological
regimes in the region.
Finally, an integrated approach where different area of specialization, such as hydrogeology,
x

geotechnics, geochemistry and numerical modeling, was used in the project. This approach gave
the opportunity to treat the problem from different views. A bacteriologic investigation of the
water and the clay would be a recommended next step to help understand the effect of bacterial
activity on the geochemical process and to demystify the phenomenon of bicarbonate production
observed during leaching in the laboratory.
xi

TABLE DES MATIÈRES

DÉDICACE ................................................................................................................................... III

REMERCIEMENTS ..................................................................................................................... IV

RÉSUMÉ ........................................................................................................................................ V

ABSTRACT ............................................................................................................................... VIII

TABLE DES MATIÈRES ............................................................................................................ XI

LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... XVI

LISTE DES FIGURES ............................................................................................................ XVIII

LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS .......................................................................... XXIX

LISTE DES ANNEXES ....................................................................................................... XXXIII

INTRODUCTION ........................................................................................................................... 1

CHAPITRE 1 PRÉSENTATION DU PROJET ......................................................................... 2

1.1 Problématique, objectifs et hypothèses de recherche ....................................................... 2

1.2 Méthodologie de la recherche .......................................................................................... 4

1.2.1 Travaux de terrain ........................................................................................................ 5

1.2.2 Travaux de laboratoire ................................................................................................. 5

1.2.3 Modélisation numérique ............................................................................................... 6

1.2.4 Organisation de la thèse ............................................................................................... 7

CHAPITRE 2 ÉTAT DE L'ART ................................................................................................ 9

2.1 Historique et formation de la mer Champlain .................................................................. 9

2.2 Propriétés générales des argiles Champlain: Géologie et minéralogie .......................... 15

2.3 Hydrogéologie des argiles Champlain et origine de la salinité ...................................... 19

2.4 Propriétés mécaniques et hydrauliques des argiles ........................................................ 24

2.5 Échantillonnage des eaux souterraines ........................................................................... 31


xii

2.6 Extraction de l'eau interstitielle de l'argile ..................................................................... 41

2.7 Analyses isotopiques: Oxygène 18 et deutérium ........................................................... 45

2.8 Datation des eaux souterraines avec le Carbonne 14 ..................................................... 51

2.9 Caractérisation des aquitards .......................................................................................... 56

2.10 Études hydrogéologiques et géotechniques antérieurs du site ....................................... 59

2.10.1 Conductivités hydrauliques du till et de l‟argile .................................................... 60

2.10.2 Eaux interstitielles de l‟argile et du till .................................................................. 61

2.11 Migration des ions: Théorie ........................................................................................... 62

2.11.1 Le processus de transport par advection ................................................................ 62

2.11.2 Le processus de transport par dispersion................................................................ 65

CHAPITRE 3 MÉTHODOLOGIE ET THÉORIES ................................................................. 82

3.1 Méthodes de laboratoire ................................................................................................. 82

3.1.1 Essais de perméabilité en cellule triaxiale.................................................................. 82

3.1.2 Essais de consolidation et de perméabilité en cellule œdométrique .......................... 85

3.1.3 A propos des essais de perméabilité au laboratoire.................................................... 90

3.1.4 Essais d‟identification géotechnique .......................................................................... 91

3.1.5 Extraction d‟eau interstitielle de l‟argile .................................................................... 94

3.2 Méthodes in situ ........................................................................................................... 101

3.2.1 Forages et installation des piézomètres .................................................................... 101

3.2.2 Essais de perméabilité in situ ................................................................................... 103

3.2.3 Échantillonnage de l‟eau dans le roc ........................................................................ 107

3.2.4 Charges hydrauliques et notion de temps de réponse (Time Lag) ........................... 108

3.3 Modélisations numériques............................................................................................ 110

3.3.1 Écoulement et transport des ions .............................................................................. 110


xiii

3.3.2 Différentes méthodes pour déterminer les dispersivités .......................................... 112

CHAPITRE 4 LE SITE ET LES RÉSULTATS DES ESSAIS .............................................. 126

4.1 Localisation du site....................................................................................................... 126

4.1.1 Stratigraphie ............................................................................................................. 129

4.1.2 Cartes et forages ....................................................................................................... 132

4.2 Minéralogie des sols ..................................................................................................... 135

4.3 Quelques propriétés géotechniques des argiles ............................................................ 137

4.4 Purge et échantillonnage des eaux souterraines ........................................................... 156

4.5 Échantillonnage de l‟eau dans les piézomètres: pour ou contre? ................................. 161

4.6 Conductivité hydraulique de l‟argile ............................................................................ 166

4.6.1 Conductivité hydraulique au laboratoire .................................................................. 166

4.6.2 Conductivité hydraulique in situ .............................................................................. 171

4.7 Prédiction de la conductivité hydraulique dans l‟argile ............................................... 174

4.7.1 Méthode de Kozeny-Carman ................................................................................... 175

4.7.2 Méthode de Mbonimpa et al. (2002) ........................................................................ 175

4.8 Effets d‟échelle dans les argiles Champlain ................................................................. 180

4.9 A propos des essais de perméabilité ............................................................................. 184

4.10 Effet de la pression d‟extraction sur la composition chimique .................................... 185

4.11 . Résultats des analyses d‟ions majeurs et profils vs profondeur ................................. 195

4.12 Analyses isotopiques et profils obtenus ....................................................................... 218

4.13 Datation de l‟eau souterraine au 14C ........................................................................... 227

4.14 Charges hydrauliques et carte piézométrique ............................................................... 235

CHAPITRE 5 MODÉLISATION NUMÉRIQUE .................................................................. 247

5.1 Modélisation de l‟écoulement de l‟eau souterraine avec Seep/W................................ 247


xiv

5.1.1 Création d‟une géométrie de base ............................................................................ 247

5.1.2 Propriétés des matériaux .......................................................................................... 250

5.1.3 Génération d‟un maillage en éléments finis ............................................................. 250

5.1.4 Définition du type de problème ................................................................................ 250

5.1.5 Définition des conditions aux frontières .................................................................. 251

5.1.6 Définition des points d‟observation ......................................................................... 251

5.1.7 La visualisation des résultats .................................................................................... 251

5.2 Modélisation de la migration des chlorures avec Ctran/W .......................................... 267

5.2.1 Propriétés des matériaux .......................................................................................... 268

5.2.2 Conditions aux frontières ......................................................................................... 270

5.2.3 Type de l'analyse ...................................................................................................... 270

5.2.4 Stabilité du modèle numérique ................................................................................. 271

5.2.5 Résultats: Modélisation de la migration des chlorures............................................. 273

CHAPITRE 6 SYNTHÈSE ET DISCUSSIONS .................................................................... 305

6.1 Localisation et géologie ............................................................................................... 305

6.2 Minéralogie et géotechnique ........................................................................................ 305

6.3 Conductivité hydraulique des argiles ........................................................................... 307

6.4 Gradients hydrauliques et vitesses d‟écoulement ......................................................... 308

6.5 Échantillons d‟eau souterraine circulant dans l‟argile et le roc ................................... 310

6.6 Chimie de l‟eau souterraine.......................................................................................... 315

6.7 Analyses isotopiques de l'eau souterraine .................................................................... 317

6.8 Modélisation numérique ............................................................................................... 318

CONCLUSIONS ......................................................................................................................... 321

BIBLIOGRAPHIE ...................................................................................................................... 323


xv

ANNEXES .................................................................................................................................. 358


xvi

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 2.1: Épisodes de la formation de la Mer Champlain ........................................................ 10

Tableau 2.2: Protocole simplifié d‟échantillonnage d‟eaux souterraines (adapté de Barcelona


1985)....................................................................................................................................... 40

Tableau 2.3: Propriétés et artefacts des techniques courantes d‟extraction d‟eau interstitielle
(selon OCDE, 2000) ............................................................................................................... 43

Tableau 2.4: Avantages et inconvénients de la méthode de datation au 14C (modifié de Kazemi et


al. 2006) .................................................................................................................................. 55

Tableau 2.5: Propriétés mécaniques de l‟argile dans le site BFI-Lachenaie (GSI, 2003) .............. 60

Tableau 2.6: Conductivité hydraulique in situ dans le till et l‟argile (d‟après GSI, 2001) ............ 61

Tableau 2.7: Quelques valeurs du coefficient de diffusion pour des anions et cations .................. 70

Tableau 2.8: Coefficients de diffusion effectifs, apparents et de distribution de Cl- et du Na+


obtenus de trois essais de diffusion au NaCl sur une argile de Champlain (Ste-Adelphe) .... 78

Tableau 2.9 : Coefficients de diffusion effective pour plusieurs ions dans des sols argileux
(extrait de Garga et O‟Shaughnessy, 1994) ........................................................................... 81

Tableau 3.1: Valeurs des constantes c et m selon la nature du milieu géologique. [Extrait de
Schulze-Makuch 2005] ........................................................................................................ 122

Tableau 4.1: Analyses semi-quantitatives par diffractométrie de rayons X sur des échantillons
d‟argile ................................................................................................................................. 136

Tableau 4.2: Analyses semi-quantitatives par diffractométrie de rayons X sur des échantillons de
roc ......................................................................................................................................... 136

Tableau 4.3: Comparaison des propriétés des argiles Champlain de l‟est du Canada avec les
argiles de Lachenaie (extrait de Claveau-Mallet, 2008) ...................................................... 145

Tableau 4.4: Débits, vitesses, conductivités hydrauliques et gradients pendant la purge des
piézomètres dans le roc ........................................................................................................ 157

Tableau 4.5: Conductivités hydrauliques in situ des différents forages ....................................... 171
xvii

Tableau 4.6: Valeurs et paramètres utilisés pour estimer la conductivité hydraulique avec la
méthode de Mbonimpa et al. (2002) pour cinq échantillons d'argile ................................... 180

Tableau 4.7: Valeurs et paramètres utilisés pour estimer la conductivité hydraulique avec la
méthode de Kozeny-Carman pour six échantillons d'argile ................................................. 180

Tableau 4.8: Valeurs de δ2H et δ18O dans l‟eau interstitielle des différents forages ................... 221

Tableau 4.9: Résultats des analyses de carbone 14 (Sites 01, 02 et 03)....................................... 229

Tableau 4.10: Résultats des analyses de carbone 14 (Sites 04, 05 et 06)..................................... 230

Tableau 4.11: Résultats des analyses de carbone 14 (Sites 07, 08 et 09)..................................... 231

Tableau 4.12: Carbone inorganique dissous en fonction de la profondeur .................................. 233

Tableau 4.13: Élévations de la nappe et conductivités hydrauliques dans le till ......................... 239

Tableau 4.14: Suivi du niveau de la nappe dans le till et dans le roc ........................................... 240

Tableau 4.15: Propriétés des forages dans le roc et charges hydrauliques .................................. 243

Tableau 4.16: Propriétés des piézomètres dans l‟argile, niveaux statiques et gradients .............. 244

Tableau 5.1: Charges et gradients hydrauliques calculés dans l'argile ........................................ 260

Tableau 5.2: Méthodes de détermination des dispersivités longitudinale et transversale ............ 269

Tableau 5.3 : Les différents cas utilisés lors de la modélisation de la migration des chlorures ... 304

Tableau 6.1: Gradients hydrauliques et vitesses d'écoulement dans la couche d‟argile pour le
modèle actuel........................................................................................................................ 309

Tableau 6.2: Gradients hydrauliques et vitesses d'écoulement dans l'argile pour le modèle post
érosion .................................................................................................................................. 309
xviii

LISTE DES FIGURES

Figure 2.1: Extension maximale des eaux salées da la Mer de Champlain ..................................... 9

Figure 2.2: Haut: Périodes, époques, étapes et âge ........................................................................ 11

Figure 2.3: Épisodes de formation de la Mer Champlain entre -14 000 et -6000 ans.................... 12

Figure 2.4: Retrait des glaciers et formation des lacs pro-glaciaires ............................................. 13

Figure 2.5: Processus de formation de la Mer Champlain et natures des dépôts dans la région
d‟Ottawa-Gatineau ................................................................................................................. 14

Figure 2.6: Modèle hypothétique de répartition de la salinité au niveau du contact entre eaux
marines et eaux de fonte glaciale aux abords de la calotte (modifié d‟après Wassenaar et
al.1988). .................................................................................................................................. 15

Figure 2.7: Histoire géologique d‟un dépôt argileux ..................................................................... 25

Figure 2.8: Activité des argiles de la mer Champlain .................................................................... 27

Figure 2.9: Relation entre l‟indice de compression et l‟indice des vides pour les argiles de la mer
Champlain. Extrait de Leroueil et al. (1983) .......................................................................... 27

Figure 2.10: Variation de la perméabilité verticale en fonction de l‟indice des vides pour
différentes argiles canadiennes (Tavenas et al. 1983) ............................................................ 29

Figure 2.11: Relation Ck-eo pour différentes argiles naturelles (Tavenas et al. 1983) ................... 31

Figure 2.12: Différences entre purge à faible débit (gauche) et la purge traditionnelle (Extrait de
Ritchey 2002) ......................................................................................................................... 36

Figure 2.13: Causes de la variation du rapport δ2H sur δ18O (Extrait de Kresic 2007) ................. 48

Figure 2.14: Variation annuelles et saisonnières de δ18O (Extrait de Kresic 2007) ....................... 48

Figure 2.15: Transport par advection d‟un contaminant ................................................................ 64

Figure 2.16: Transport par advection et dispersion du contaminant .............................................. 65

Figure 2.17: écoulement de l'eau dans un media poreux (extrait de :


[Link] ............. 66

Figure 2.18: Ratio DL/Dd et DT/Dd par rapport au nombre de Péclet (Fetter 1999) ....................... 73
xix

Figure 2.19 : Illustration du processus de sorption ........................................................................ 75

Figure 2.20 : Programme expérimental suivi pour la caractérisation d‟argiles ainsi que les essais
de laboratoire (Montgrain, 1997) ........................................................................................... 78

Figure 3.1: Cellule triaxiale et branchements................................................................................. 84

Figure 3.2: Cellules triaxiales et panneaux des burettes. ............................................................... 84

Figure 3.3: Cellules œdométriques pendant un essai de consolidation .......................................... 89

Figure 3.4: Branchements pour un essai de perméabilité sur une cellule œdométrique ................ 89

Figure 3.5: Appareil de Casagrande utilisé pour déterminer les limites de liquidité ..................... 93

Figure 3.6: Photo du dispositif d‟extraction à basse pression ........................................................ 96

Figure 3.7: Préparation et montage de l‟argile sur le dispositif d‟extraction à basse pression ...... 98

Figure 3.8: Dispositif d‟extraction d‟eau interstitielle à haute pression ...................................... 100

Figure 3.9: Opération de forage pour l‟installation des piézomètres ........................................... 102

Figure 3.10: Foreuse utilisée dans le cadre du projet ................................................................... 102

Figure 3.11: Procédure pour rendre un modèle opérationnel (Cornaton et Perrochet 2007) ....... 112

Figure 3.12: Dispersivité longitudinale versus échelle d‟observation, identifiée par le type
d‟observation et le type d‟aquifère [d‟après Gelhar et al. 1992] .......................................... 114

Figure 3.13: Dispersivité longitudinale versus échelle d‟observation, données classées par degré
de fiabilité [d‟après Gelhar et al. 1992]................................................................................ 115

Figure 3.14: Dispersivité transversale (horizontale) versus échelle d‟observation, données


classées par degré de fiabilité [d‟après Gelhar et al. 1992) .................................................. 116

Figure 3.15: Dispersivité transversale (verticale) versus échelle d‟observation, données classées
par degré de fiabilité [d‟après Gelhar et al. 1992] ................................................................ 117

Figure 3.16: Dispersivité longitudinale versus l‟échelle d‟observation ....................................... 120

Figure 3.17: Dispersivité longitudinale versus l‟échelle d‟observation pour des média consolidés
(Schulze-Makuch, 2005) ...................................................................................................... 121

Figure 3.18: Méthodologie pour déterminer le spectre des dispersivités (Al-Suwaiyan, 1996) .. 123
xx

Figure 3.19: Comparaison entre différentes estimations des dispersivités .................................. 124

Figure 4.1: Localisation du site du projet (source: Google Map) ................................................ 126

Figure 4.2: Dépôts meubles de la région de Lacheanie................................................................ 128

Figure 4.3: Dépôts de surface dans la zone d‟étude (Dion, 1978) ............................................... 131

Figure 4.4: Schéma des puits d‟observation des eaux souterraines dans l‟argile et le roc ........... 133

Figure 4.5: Emplacement des 9 sites abritant les forages ............................................................ 134

Figure 4.6: Distribution de la fraction argileuse (% passant à 2 microns) ................................... 138

Figure 4.7: Densité des grains de l‟argile versus la profondeur de l‟échantillon ......................... 138

Figure 4.8: Évolution de la limite de liquidité et du pourcentage plus petit que 2 microns par
rapport à l‟élévation ............................................................................................................. 139

Figure 4.9: Abaque de Casagrande pour les limites de consistance et positionnement des valeurs
obtenues ................................................................................................................................ 140

Figure 4.10: Répartition des limites de plasticité de l‟argile de Lachenaie ................................. 140

Figure 4.11: Pressions de préconsolidation versus élévation ....................................................... 141

Figure 4.12: Relation entre la salinité et la sensibilité de quelques argiles (Extrait de Claveau-
Mallet, 2008) ........................................................................................................................ 142

Figure 4.13: Indice de compression versus e0 pour les argiles de Lachenaie .............................. 143

Figure 4.14: Superposition des valeurs de Cc versus e0 sur le graphe de Leroueil et al. (1983) . 143

Figure 4.15: Activité des argiles Champlain ................................................................................ 144

Figure 4.16: Profil géotechnique du site 1 ................................................................................... 146

Figure 4.17: Profil géotechnique du site 2 ................................................................................... 147

Figure 4.18: Profil géotechnique du site 3 ................................................................................... 148

Figure 4.19: Profil géotechnique du site 4 ................................................................................... 149

Figure 4.20: Profil géotechnique du site 5 ................................................................................... 150

Figure 4.21: Profil géotechnique du site 6 ................................................................................... 151


xxi

Figure 4.22: Profil géotechnique du site 7 ................................................................................... 152

Figure 4.23: Profil géotechnique du site 8 ................................................................................... 153

Figure 4.24: Profil géotechnique du site 9 ................................................................................... 154

Figure 4.25: Évolution de la conductivité électrique pendant la micropurge .............................. 159

Figure 4.26: Évolution de la température et du pH pendant la micropurge ................................. 159

Figure 4.27: Évolution de la salinité de l‟eau par rapport à la profondeur de l‟eau dans les
piézomètres dans le roc (Mai 2009) ..................................................................................... 162

Figure 4.28: Évolution de la salinité de l‟eau par rapport à la profondeur de l‟eau dans les
piézomètres dans l‟argile (Mai 2009)................................................................................... 163

Figure 4.29: Évolution du pH de l‟eau par rapport à la profondeur de l‟eau dans les piézomètres
dans le roc (Mai 2009) ......................................................................................................... 163

Figure 4.30: Évolution du pH de l‟eau par rapport à la profondeur de l‟eau dans les piézomètres
dans l‟argile (Mai 2009) ....................................................................................................... 164

Figure 4.31: Évolution de la température par rapport à la profondeur de l‟eau dans les
piézomètres dans le roc (Mai 2009) ..................................................................................... 164

Figure 4.32: Évolution de la température par rapport à la profondeur de l‟eau dans les
piézomètres dans l‟argile (Mai 2009)................................................................................... 165

Figure 4.33: Conductivité hydraulique de l‟argile en fonction de l‟élévation de l‟échantillon ... 167

Figure 4.34: Conductivité hydraulique en fonction de la profondeur de l‟échantillon ................ 168

Figure 4.35: Conductivité hydraulique en fonction de la hauteur de l‟échantillon ...................... 168

Figure 4.36: Conductivité hydraulique de l‟argile versus les contraintes effectives horizontales à
différentes élévations............................................................................................................ 170

Figure 4.37: Indice des vides e versus conductivité hydraulique pour différentes argiles ........... 170

Figure 4.38: Conductivité hydraulique moyenne in situ .............................................................. 173

Figure 4.39: Emplacement des sites et conductivités hydrauliques en haut et en bas de la couche
d‟argile ................................................................................................................................. 173
xxii

Figure 4.40: Conductivité hydraulique in situ en fonction de la longueur de la crépine ............. 174

Figure 4.41: Évolution des conductivités hydrauliques prédites en fonction de la profondeur ... 178

Figure 4.42: Conductivité hydraulique versus indice des vides ................................................... 179

Figure 4.43: Conductivité hydraulique de l‟argile en utilisant la méthode in situ et les méthodes
de laboratoire ........................................................................................................................ 183

Figure 4.44: Variation de la concentration de Na+ en fonction de la pression d‟extraction dans le


dispositif à basse pression (Forage FP-06-02R) ................................................................... 187

Figure 4.45: Variation de la concentration de Cl- en fonction de la pression d‟extraction dans le


dispositif à basse pression (Forage FP-06-02R) ................................................................... 187

Figure 4.46: Variation de la concentration de Ca++ en fonction de la pression d‟extraction dans le


dispositif à basse pression (Forage FP-06-02R) ................................................................... 188

Figure 4.47: Variation de la concentration de K+ en fonction de la pression d‟extraction dans le


dispositif à basse pression (Forage FP-06-02R) ................................................................... 188

Figure 4.48: Variation de la concentration de Mg++ en fonction de la pression d‟extraction dans le


dispositif à basse pression (Forage FP-06-02R) ................................................................... 189

Figure 4.49: Évolution de la concentration de Na+ avec la pression d‟extraction dans la cellule à
haute pression ....................................................................................................................... 190

Figure 4.50: Évolution de la concentration de Cl- avec la pression d‟extraction dans la cellule à
haute pression ....................................................................................................................... 191

Figure 4.51: Évolution de la concentration de Ca++ avec la pression d‟extraction dans la cellule à
haute pression ....................................................................................................................... 191

Figure 4.52: Évolution de la concentration de SO42- avec la pression d‟extraction dans la cellule à
haute pression ....................................................................................................................... 192

Figure 4.53: Évolution de la concentration de K+ avec la pression d‟extraction dans la cellule à


haute pression ....................................................................................................................... 192

Figure 4.54: Évolution de la concentration de Mg2+ avec la pression d‟extraction dans la cellule à
haute pression ....................................................................................................................... 193
xxiii

Figure 4.55: Évolution de la concentration de HCO3- avec la pression d‟extraction dans la cellule
à haute pression .................................................................................................................... 193

Figure 4.56: Évolution du pH avec la pression d‟extraction dans la cellule à haute pression ..... 194

Figure 4.57 : Diagramme de Piper pour le forage FP-06-02R ..................................................... 197

Figure 4.58: Diagramme de Piper pour le forage FP-07-05R ...................................................... 198

Figure 4.59: Diagramme de Piper pour le forage FP-06-01R ...................................................... 198

Figure 4.60: Diagramme de Piper pour le forage FP-08-08R ...................................................... 199

Figure 4.61: Diagramme de Piper pour le forage FP-07-06R ...................................................... 199

Figure 4.62: Diagramme de Piper pour le forage FP-08-09R ...................................................... 200

Figure 4.63: Diagramme de Piper pour le forage FP-07-04R ...................................................... 200

Figure 4.64: Diagramme de Piper pour le forage FP-06-03R ...................................................... 201

Figure 4.65: Diagramme de Piper pour l‟ensemble des forages .................................................. 201

Figure 4.66: % Na+ dans l‟eau d‟argile et dans le roc par rapport à l‟eau de mer ....................... 202

Figure 4.67: % de Cl- dans l‟eau d`argile et dans le roc par rapport à l‟eau de mer .................... 203

Figure 4.68: Évolution de la concentration du sodium Na+ par rapport à la profondeur ............. 204

Figure 4.69: Évolution de la concentration des chlorures Cl- par rapport à la profondeur .......... 204

Figure 4.70: Concentration des chlorures (Cl-) versus la concentration du sodium (Na+) ........... 205

Figure 4.71: Concentration du potassium en fonction de la profondeur ...................................... 206

Figure 4.72: Concentration du magnésium en fonction de la profondeur .................................... 207

Figure 4.73: Concentration des chlorures (Cl-) versus la concentration du potassium (K+) ........ 208

Figure 4.74: Somme des concentrations (Ca + Mg) versus la somme des concentrations des
sulfates et carbonates (SO42-+HCO3-) .................................................................................. 209

Figure 4.75: Concentration du magnésium (Mg2+) versus la concentration des chlorures (Cl-) .. 210

Figure 4.76: Évolution du rapport Ca/Mg par rapport à la concentration des chlorures .............. 210

Figure 4.77: Concentration des (HCO3-) versus la concentration des (Cl-) ................................. 212
xxiv

Figure 4.78: SO4 2- versus Cl- ....................................................................................................... 212

Figure 4.79: Concentration des SO42- versus la profondeur ........................................................ 213

Figure 4.80: Variation de I- par rapport à la profondeur .............................................................. 214

Figure 4.81: Concentration des chlorures (Cl-) versus concentration des bromures (Br-) ........... 215

Figure 4.82: Concentration (mg/L) en sels dans le roc dans les 9 sites ....................................... 217

Figure 4.83: Variation de δ18O par rapport à la zone géographique ............................................ 219

Figure 4.84: Variation de δ2H par rapport à la zone géographique .............................................. 219

Figure 4.85: Variation de l‟excès en deutérium par rapport à la zone géographique .................. 220

Figure 4.86: Variation de δ18O, δ2H et de l‟excès en deutérium entre 1976 et 1983 à Sainte-
Agathe (Québec) .................................................................................................................. 220

Figure 4.87: Variation de δ18O avec la profondeur ...................................................................... 224

Figure 4.88: Différents processus pouvant influencer la relation entre le deutérium et l‟oxygène-
18 (source: Kresic 2007) ...................................................................................................... 224

Figure 4.89: δ2H versus δ18O pour les eaux souterraines, les eaux de précipitation et l‟eau de la
rivière du St-Laurent ............................................................................................................ 225

Figure 4.90: Concentration des chlorures Cl- versus δ18O........................................................... 226

Figure 4.91: Positionnement des échantillons d‟eau par rapport à la ligne de partage de Hillaire-
Marcel (1988) ....................................................................................................................... 226

Figure 4.92: Âge apparent non corrigé de l'eau souterraine en fonction de l'élévation ............... 232

Figure 4.93: Obturateur et capteur de pression utilisés pour obtenir les niveaux d‟eau dans les
piézomètres........................................................................................................................... 236

Figure 4.94: Exemple des données obtenues avec le capteur de pression lors de l‟utilisation des
obturateurs ............................................................................................................................ 237

Figure 4.95: Niveau de la rivière des Mille-Îles dans la station 043208 à Terrebonne ............... 238

Figure 4.96: Charges hydrauliques dans le roc dans les 9 sites ................................................... 243

Figure 4.97: Carte piézométrique de la zone d'étude et sens d‟écoulement ................................. 246
xxv

Figure 5.1: Géométrie réaliste tout au long de la ligne L1 ........................................................... 248

Figure 5.2: Géométrie simplifiée du problème ............................................................................ 249

Figure 5.3: Charge hydraulique dans le roc pour les modèles réel et simplifié ........................... 249

Figure 5.4: Lignes d'écoulement et équipotentielles dans le modèle à géométrie réaliste ........... 252

Figure 5.5: Équipotentielles et lignes d'écoulement (modèle simplifié) ...................................... 253

Figure 5.6: Évolution des charges hydrauliques in situ et celles obtenues avec Seep dans le roc en
fonction de la distance .......................................................................................................... 255

Figure 5.7: La charge hydraulique obtenue avec Seep versus la charge hydraulique mesurée in
situ dans le roc et l'argile ...................................................................................................... 255

Figure 5.8: Évolution de la charge hydraulique dans le roc en fonction du niveau de la rivière des
Mille-Îles .............................................................................................................................. 256

Figure 5.9: Évolution de la charge hydraulique dans le roc avec la variation de la conductivité
hydraulique ........................................................................................................................... 257

Figure 5.10: Charges hydrauliques dans l'argile en variant la conductivité hydraulique (site 2) 257

Figure 5.11: Charges hydrauliques dans l'argile en variant la conductivité hydraulique (site 1) 258

Figure 5.12: Évolution de la charge hydraulique dans le roc ....................................................... 259

Figure 5.13: Charges hydrauliques dans l'argile en fonction de l'élévation dans chaque site ...... 259

Figure 5.14: Variation des composantes de la vitesse Vx et Vy dans le roc selon x ................... 260

Figure 5.15: Variation de Vy dans l'argile, le till et le roc à x=1200m, 3900m et 6000m ........... 261

Figure 5.16: Équipotentielles et lignes d'écoulements pour le modèle avant érosion .................. 264

Figure 5.17: Évolution de la charge hydraulique dans le roc dans le modèle avant érosion ....... 265

Figure 5.18: Évolution de la charge hydraulique en fonction de l'élévation à différentes positions


(selon x) dans le modèle avant érosion ............................................................................... 265

Figure 5.19: Variation des composantes de la vitesse Vx et Vy dans le roc pour le modèle avant
érosion .................................................................................................................................. 266
xxvi

Figure 5.20: Variation des composantes de la vitesse Vx et Vy dans la couche d'argile dans le
modèle avant érosion. ........................................................................................................... 266

Figure 5.21: Équipotentiels et lignes d'écoulement pour le modèle 40m X 22m ........................ 273

Figure 5.22: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=3000 ans
en prenant en compte la diffusion et l'advection .................................................................. 274

Figure 5.23: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=3000 ans
dans le cas d'une diffusion seulement .................................................................................. 275

Figure 5.24: Déplacement des particules (chlorures) par advection seulement en 4000 ans ....... 276

Figure 5.25: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
40 m X 22 m (modèle advection et diffusion) ..................................................................... 276

Figure 5.26: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
40 m X 22 m (modèle diffusion seulement) ......................................................................... 277

Figure 5.27: Lignes d'écoulement dans l'argile pour le modèle 1000 m X 22 m et un gradient de
0.08 ....................................................................................................................................... 277

Figure 5.28: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=4000 ans
(advection et diffusion) ........................................................................................................ 278

Figure 5.29: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
1000 m X 22 m (modèle advection et diffusion) ................................................................. 279

Figure 5.30: Distribution du nombre de Peclet Pey ...................................................................... 280

Figure 5.31: Distribution du nombre de Courant Cy dans la couche d'argile ............................... 280

Figure 5.32: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=4000 ans
dans le cas d'une diffusion seulement .................................................................................. 281

Figure 5.33: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=10000 ans
(advection et diffusion) ........................................................................................................ 282

Figure 5.34: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=10000 ans
(diffusion seulement)............................................................................................................ 282
xxvii

Figure 5.35: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=3000 ans
dans le cas d'une diffusion à partir de l'argile vers le roc sous-jacent .................................. 283

Figure 5.36: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
1000 m X 22 m (diffusion de l'argile vers le roc sous-jacent) ............................................. 283

Figure 5.37: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=3000 ans
dans le cas de la présence du Lac Lampsilis à la surface ..................................................... 284

Figure 5.38: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
1000 m X 22 m (Lac Lampsilis à la surface) ....................................................................... 285

Figure 5.39: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=7750 ans
(combinaison de l'épisode du Lac Lampsilis et de la phase lessivage) ................................ 286

Figure 5.40: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
1000 m X 22 m (combinaison de l'épisode du Lac Lampsilis et de la phase lessivage) ...... 286

Figure 5.41: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=10000 ans
avec un gradient hydraulique de 0.01................................................................................... 287

Figure 5.42: Distribution de la concentration des chlorures dans les couches d'argile, de till et de
roc (conditions hydrauliques réalistes) ................................................................................. 288

Figure 5.43: Distribution du nombre de Peclet (selon l'axe des x) Pex ........................................ 288

Figure 5.44: Distribution du nombre de Peclet Pey (selon l'axe des y) ........................................ 289

Figure 5.45: Distribution du nombre de Courant Cx (selon l'axe des x) ...................................... 289

Figure 5.46: Distribution du nombre de Courant Cy (selon l'axe des y) ...................................... 290

Figure 5.47: Évolution des concentrations des Cl- avec t à x=1500m de la rivière ..................... 290

Figure 5.48: Évolution des concentrations des Cl- avec t à x=1000m de la rivière ..................... 291

Figure 5.49 : Lignes d‟écoulement pour la topographie actuelle ................................................. 293

Figure 5.50 : Concentrations des chlorures pour le modèle actuel .............................................. 294

Figure 5.51 : Nombre de Peclet selon x ....................................................................................... 295

Figure 5.52 : Nombre de Peclet selon y ....................................................................................... 296


xxviii

Figure 5.53 : Nombre de Courant selon x .................................................................................... 297

Figure 5.54 : Nombre de Courant selon y .................................................................................... 298

Figure 5.55 : Évolution des concentrations des chlorures avec le temps à x=1500m de la sortie
pour le modelé réaliste ......................................................................................................... 299

Figure 5.56 : Évolution des concentrations des chlorures avec le temps à x=1000m de la sortie
pour le modelé réaliste ......................................................................................................... 300

Figure 5.57: Profil des concentrations pour le modèle réel sans prendre en compte l'advection. 301

Figure 5.58: Évolution des concentrations des chlorures avec le temps au forage 02R .............. 302

Figure 5.59: Évolution des concentrations des chlorures avec le temps au forge 04R ................ 303

Figure 5.60: Évolution des concentrations des chlorures dans l'argile et le roc par rapport à la
profondeur dans les forages FP-06-02R, FP-06-01R et FP-07-04R .................................... 304
xxix

LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS

ain: Section de la burette d‟entrée, m²

aout: Section de la burette de sortie, m²

at: Activité observée ou mesurée

a0: Activité initiale (à t=0) du nucléide parent

A: Section du spécimen testé, m²

C: Constante indiquant les caractéristiques du sol

Ck: Index du changement de la conductivité hydraulique

Cc :Indice de compression

cv: Coefficient de consolidation, m²/s

c: Coefficient de forme de la zone d‟injection, m

Ce: Paramètres du matériau qui représentent l‟influence de la tortuosité

Cp: Constante utilisée dans l‟équation proposée pour les sols plastics/cohésifs, g²/m4

C: Nombre de courant

d: Diamètre moyen des particules, mm

d: Diamètre du piézomètre, m

D: Diamètre du trou de forage, m

DL,: Dispersion mécanique longitudinale, m2/s

DT: Dispersion mécanique transversale, m2/s

Dd: Coefficient de diffusion, m2/s

DR: Densité relative des solides

DRX: Diffraction aux rayons X

ε: Déformation, m

e: Indice des vides du sol


xxx

eo: Indice des vides in situ du sol

eave: Valeur moyenne des indices des vides durant un palier de chargement

ercf: Fonction d‟erreur complémentaire

F: Coefficient de forme (de la lanterne), m

F: Flux de masse en unité de surface par unité de temps

g/L: Gramme par litre

GS: Densité des grains

HD : Plus long chemin de drainage, m

hi : Perte de charge hydraulique au temps ti, m

Ip: Indice de plasticité

IL: Indice de liquidité

i: Gradient hydraulique, m/m

k: Conductivité hydraulique, m/s

kprédite: Conductivité hydraulique prédite, m/s

k0: Conductivité hydraulique in situ, m/s

kh: Conductivité hydraulique horizontale, m/s

kv: Conductivité hydraulique verticale, m/s

kp: Conductivité hydraulique pour sols plastiques, m/s

kT : Conductivité hydraulique à la température ToC, m/s

kTU : Conductivité hydraulique dans un trou foré avec le tube, m/s

kTA : Conductivité hydraulique dans un trou foré avec la tarière, m/s

K : Perméabilité, m/s

L : Hauteur du spécimen, m

meq: milliéquivalent
xxxi

mv : Coefficient de compressibilité, m³.s-2.N-1

n: Nombre entier prenant les valeurs 4 ou 5 dépendamment du sol

T : Viscosité de l‟eau à la température ToC en kg/m.s

Pe: Nombre de Péclet

q: débit de la section, m³/s

R : Coefficient de retard

Qinj: Débit dans le tuyau d‟injection, m³/s

Qsol: Débit dans le sol, m³/s

Ss: surface spécifique en m²/kg

Sm: Surface spécifique massique, m²/kg

V : Volume actuel, m³

VSMOW: Vienna standard mean ocean water

Vo : Volume initial, m³

Vs : Volume des solides, m³

v : Vitesse d‟écoulement, m/s

w : teneurs en eau, %

wL : limite de liquidité, %

wp : limite de plasticité, %

x : Paramètres du matériau qui représentent l‟influence de la tortuosité

ζ' : Contraintes verticales effectives, kPa

αL: Dispersivité longitudinale, m

αT: , Dispersivité transversale, m

 : Coefficient de Poisson du matériau

μw : Viscosité dynamique de l‟eau, kg.m-1.s-1


xxxii

γw : Poids volumique de l‟eau, kN/m³

ρs: Densité des grains, kg/m³

λ: Constante de désintégration
xxxiii

LISTE DES ANNEXES

ANNEXE 1 – Diffractogrammes (DRX)……………………………………………………….358

ANNEXE 2 – Article Benabdallah et al. (2007)………………………………………………..362

ANNEXE 3 – Analyses chimiques et isotopiques de l‟eau………….…………………….……368

ANNEXE 4 – Certificats d‟analyses……………………………………………………………372

ANNEXE 5 – Article Benabdallah et Chapuis (2006)……………….…………………………375

ANNEXE 6 – Pertes au feu………….……………………………….…………………………388

ANNEXE 7 – Diverses photographies……………………………….…………………………389


1

INTRODUCTION

Les argiles Champlain qui occupent la vallée du Saint-Laurent ont longuement été étudiées par
plusieurs chercheurs. Leurs propriétés géotechniques et physiques en font un matériau de choix
utilisé dans plusieurs ouvrages de génie civil et notamment pour les bassins de traitement d‟eaux
usées et les cellules de stockage des déchets. Les propriétés physiques et géotechniques des
argiles ont été le cœur de plusieurs publications. Des méthodes in situ et au laboratoire ont été
mises au point et développées pour estimer et calculer les différents paramètres permettant
l‟usage sécuritaire de l‟argile.

Par contre, le rôle hydrogéologique des argiles à l‟échelle régionale a été peu étudié et mérite
d‟être approfondi. Il existe deux théories pour expliquer le rôle hydrogéologique que joue la
couche d‟argile. Ces deux théories se rejoignent sur le fait que l‟eau trouvée dans le roc sous
l‟argile est salée, impropre à la consommation humaine et à l‟agriculture et pourrait dater
d‟environ 11 000 ans. Le désaccord entre ces deux théories réside dans l‟origine et la provenance
de cette eau présente dans le roc: cette eau, provient-elle de l‟infiltration à partir de la surface des
eaux de pluie et de la fonte des neiges à travers la couche d‟argile ou a t-elle une autre origine?

La méconnaissance des transferts d‟eau et d‟ions dans les argiles a plusieurs incidences sur les
projets d‟ouvrages étanches, plusieurs questions restent sans réponses ou ont différentes
réponses. Un développement scientifique est nécessaire pour élucider ces énigmes et donner des
réponses aux différentes questions encore en suspend.

Dans ce document, on mettra l‟accent sur les avancées faites dans ce domaine à travers une revue
de littérature. On exposera par la suite la méthodologie adoptée dans cette étude et on présentera
par la suite les résultats obtenus à la suite de travaux au laboratoire, d‟expériences in situ et de
modélisation numérique.
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CHAPITRE 1 PRÉSENTATION DU PROJET

1.1 Problématique, objectifs et hypothèses de recherche

Depuis les années 1950, l‟émergence de nouveaux centres urbains et la construction du réseau
autoroutier du Québec ont donné naissance à une série de recherches sur les argiles Champlain.
Dans la plupart des régions du Québec, on rencontre les sols argileux dans les parties les plus
habitées du territoire, notamment, dans la vallée du Saint-Laurent, la vallée de l'Outaouais et la
région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les propriétés minéralogiques, géologiques et géotechniques
ont été scrutées dans plusieurs régions, dans une majorité de cas, afin de mieux comprendre et
prévenir les glissements de terrain et les coulées d‟argile dans ces régions peuplées.

Tout au long de cette thèse, on cherchera à bien comprendre les conditions d‟écoulement
souterrain très lent dans les argiles Champlain qui occupent la vallée du Saint-Laurent et plus
spécifiquement la région de Lachenaie. Ces argiles sont utilisées pour faire des ouvrages
“étanches”, bassins de traitement d‟eaux usées et cellules de stockage de déchets. Si l‟on connaît
bien les propriétés "étanches" du matériau argileux, par des essais en laboratoire (Tavenas F.
1983) ou en place (Benabdallah 2006)), le rôle hydrogéologique que joue cette couche d‟argile
sur les plans régional et historique mérite d‟être approfondi.

Ce sujet a déjà attiré la curiosité de chercheurs appartenant à différentes écoles de pensées : des
hydrogéologues et des ingénieurs. Il ressort des différents articles consultés qu‟il existe deux
théories sur ce rôle hydrogéologique. Les deux théories reconnaissent que l‟eau salée trouvée
dans le roc sous l‟argile, eau chargée en NaCl et impropre à la consommation humaine et à
l‟irrigation, est une eau très ancienne (11 000 ans et plus). Elles sont en désaccord quant à savoir
si l‟eau de pluie, ou de fonte de neige, s‟infiltre dans l‟argile pour rejoindre le roc fracturé sous-
jacent (Woodley 1996) ou au contraire, il y a une diffusion des ions dans l‟argile alors que la
composante advective du transport est ignorée (Desaulniers and Cherry 1989). Elles ont aussi
des explications différentes concernant la variation de la concentration de l‟eau salée au sein de la
couche d‟argile. La méconnaissance des très faibles débits d‟eau et d‟ions dans les argiles a des
incidences sur les projets d‟ouvrages étanches, plusieurs questions restent sans réponse ou bien
ont deux réponses différentes. Il est nécessaire de faire du développement scientifique spécifique
pour répondre aux questions en suspens.
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Afin d‟atteindre le principal objectif de la thèse et qui consiste à mieux comprendre-en utilisant
une approche intégrée qui fait appel à différentes disciplines dont notamment la géotechnique, la
géologie, la géochimie et l‟hydrogéologie- les conditions hydrogéologiques dans les argiles
Champlain, on s‟est fixé, plusieurs objectifs intermédiaires dont la synthèse permettra de
répondre à la principale problématique. Ces objectifs intermédiaires peuvent être résumés dans
les huit points suivants :

 Réaliser la caractérisation géotechnique et hydraulique de la couche d‟argile Champlain;

 Mettre au point une carte d‟écoulement des eaux souterraines de la zone d‟étude;
 Déterminer un modèle conceptuel général des conditions d‟écoulement naturelles et cela,
à travers l‟évolution de la topographie et la géologie de la région;
 Établir les influences des paramètres physiques sur l‟écoulement: épaisseur et
conductivité hydraulique de l‟argile, conductivité hydraulique du roc fracturé et du till,
distance L au point de résurgence de l‟eau
 Mettre au point une procédure d'extraction de l'eau interstitielle de l'argile
 Émettre des recommandations concernant l'échantillonnage de l'eau souterraine dans les
piézomètres.
 Établir les influences de divers paramètres sur la migration des chlorures: paramètres
physiques, dispersivité de l‟argile et du roc, durée de la modélisation (de 0 à 11 000 ans
environ) ;
 Mettre au point des méthodes pratiques, à l‟intention d‟ingénieurs et de scientifiques,
pour extraire l‟eau interstitielle des argiles Champlain et échantillonner l‟eau souterraine
dans les piézomètres.
Le but de l‟auteur étant, en plus de contribuer à la compréhension des phénomènes
hydrogéologiques dans cette région, pouvoir fournir des outils pratiques aux ingénieurs
concepteurs qui utilisent des argiles Champlain pour du stockage de déchets, ou la construction
d‟ouvrages civils pour mener à bien leurs projets.

Atteindre ces objectifs a demandé un travail d‟environ 4 ans. Il a fallu mettre au point une
méthodologie et avoir une approche intégrée ``projet`` pour travailler dans un premier temps sur
les différents aspects du projet, puis dans un deuxième temps, faire le lien entre les différentes
disciplines abordées et tirer des conclusions.
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Le point de départ du projet consistait à émettre des hypothèses de recherche. Ces dernières
étaient inspirées de la littérature scientifique consultée et de notre propre vision du problème. La
recherche proposée part d‟une hypothèse principale que nous avons vérifié par ses nombreuses
conséquences: La salinité actuelle de l‟eau interstitielle des argiles provient non seulement de la
diffusion des sels dissous (mouvement vertical ascendant) mais aussi par une percolation ou un
``lessivage`` très lent d‟eau de mer par de l‟eau atmosphérique. Il en résulte que la salinité
constatée localement dans les rocs fracturés sous-jacents à l‟argile proviendrait d‟un apport lent
de sels dissous par une lente percolation verticale de l‟eau atmosphérique (pluie et neige) infiltrée
dans l‟argile et de la présence d‟eau de mer très ancienne et captive dans le roc

1.2 Méthodologie de la recherche


Atteindre les objectifs énumérés précédemment et vérifier les hypothèses de recherche ont
nécessité la mise en place d‟une méthodologie structurée. Cette dernière devait prendre en
compte le budget alloué pour les différentes analyses chimiques et achat de matériel et logiciels,
le temps alloué à la recherche et les contraintes météorologiques et notamment la saison de neige
qui freinait la réalisation de toute activité d‟extérieur.

La première étape de tout projet de recherche et qui conditionne le succès de ce dernier est la
revue de littérature. Cette étape, présentée dans le chapitre 2 de cette thèse, a permis dans un
premier lieu de connaître le degré d‟avancement du sujet étudié dans la littérature scientifique
puis dans un deuxième temps, elle a permis de connaître les canaux prospectés et non prospectés
dans ce domaine et de voir les méthodes et les approches utilisées par différents chercheurs.
Enfin, elle a permis d‟obtenir des résultats à partir d‟études similaires ou complémentaires et de
les exploiter dans notre étude.

Ensuite, la définition de la problématique a constitué un jalon important pour le bon déroulement


de la recherche. Il a fallu prendre le temps de connaître exactement ce qu‟on voulait obtenir et de
poser clairement une question à laquelle la thèse devait répondre.

Puis, pour réaliser la recherche proposée, on a combiné des travaux de terrain, des travaux de
laboratoire et des approches théoriques pour bien définir les problèmes et poser des équations
réalistes, qui ont été résolues par des méthodes numériques adéquates (Chapuis [Link] al. 2001).
Un résumé de la nature des travaux réalisés est présenté ci-dessous.
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1.2.1 Travaux de terrain

La première étape des travaux de terrain a consisté à faire réaliser des forages afin de récupérer
des échantillons d‟argile intacte de façon continue (Tubes Shelby). Ces échantillons ont servi par
la suite à effectuer des essais de laboratoire et notamment des essais de perméabilité, des analyses
d‟eau interstitielle et de déterminer les propriétés physiques de l‟argile. Afin de minimiser le
remaniement de l‟argile pendant le forage, les forages ont été réalisés par battage et lavage
intérieur (jets d‟eau vers le haut uniquement) d‟un tubage lisse de calibre HW. Le forage a
ensuite été prolongé sur 6m dans le roc par carottage HQ ou NQ. Dans le roc foré, un piézomètre
a été installé et scellé avec de la bentonite sur toute la longueur dans l‟argile. Deux forages
adjacents, réalisés à l‟aide des mêmes techniques que précédemment, mais sans les travaux
d‟échantillonnage d‟argile, ont permis d‟installer deux piézomètres au 1/3 et 2/3 de l‟épaisseur de
l‟argile.

Des essais de perméabilité à niveaux variables ont été conduits dans les piézomètres installés. Les
essais à niveau remontant ont été privilégiés car ils évitent l‟adition d‟eau douce dans les forages.
Ces essais ont été réalisés entre les mois d‟Avril et Novembre afin d‟éviter les périodes de gel et
dégel. Les piézomètres installés dans le roc sont équipés de tuyaux dédiés pour échantillonner
l‟eau à l‟aide d‟une pompe péristaltique selon les techniques de faible débit et faible rabattement.
Les piézomètres au roc ont été purgés juste après leur installation afin de s‟assurer que toute l‟eau
douce injectée pendant le forage soit évacuée. Les échantillons d‟eau ont alors été prélevés une
fois que les paramètres physiques de l‟eau ont été stabilisés après pompage à faibles débits et
rabattements.

Chaque année, on a installé, dans chacun des trois sites sélectionnés, un piézomètre dans le roc et
deux dans l‟argile, soit un total de 9 forages par an. La première année, les sites ont été choisis
sur les terrains de BFI-Lachenaie. Les autres piézomètres ont été installés pendant la deuxième et
troisième année sur des sites publics ou appartenant à des compagnies privées.

1.2.2 Travaux de laboratoire

Les échantillons d‟argile intacte ont été prélevés à l‟aide de tubes à parois minces de 73.5 mm de
diamètre. L‟argile échantillonnée a été extraite des tubes au laboratoire, à l‟aide d‟un piston, par
une technique minimisant le remaniement afin d‟obtenir des échantillons de haute qualité. Ces
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derniers ont été découpés, identifiés, recouverts de paraffine, et conservés dans la chambre froide
humide du laboratoire d‟hydrogéologie jusqu‟au moment de l‟essai.

Ces échantillons ont permis de réaliser des essais d‟identification (teneur en eau naturelle, limites
de consistance, résistance au cisaillement non remanié), des essais mécaniques (consolidation
œdométriques verticale et horizontale), et hydrauliques (essais de perméabilité en cellule triaxiale
et en œdomètres, entre deux paliers de chargement) à différentes valeurs de l‟indice des vides.

Les travaux de laboratoire comprennent aussi la mise au point d‟un extracteur d‟eau interstitielle
dans l‟argile, à partir de cellules triaxiales modifiées pour réduire les volumes morts et éviter tout
contact de l‟eau avec l‟atmosphère. Dans le cas des argiles Champlain, et au vu des teneurs en
eau obtenues, un échantillon de 500 cm³ d‟argile contient environ 350 cm³ d‟eau. L‟extraction est
faite à des pressions ne dépassant pas 600 kPa (pression maximale pour laquelle les cellules ont
été conçues) , ce qui permet de dépasser les pressions de préconsolidation (entre 150 et 500 kPa),
tout en donnant un volume d‟eau anticipé d‟environ 120 cm³ ou plus. Des extractions sont
réalisées à différents paliers de pression pour vérifier l‟influence de cette dernière sur la
concentration des ions majeurs et de l‟iode présents dans l‟eau interstitielle.

Les analyses chimiques de l‟eau interstitielle ont été réalisées par le laboratoire Maxxam. Les
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analyses des isotopes stables O et 2H faites par le laboratoire Hatch de l‟Université d‟Ottawa.
Les datations par 14C ont été effectuées par le laboratoire IsoTrace de l‟Université de Toronto, le
laboratoire de l‟Université de Géorgie et le laboratoire Beta Analytics. Le laboratoire de
géochimie de l‟École Polytechnique a fait quelques analyses requises pour la mise au point de la
procédure d‟extraction d‟eau interstitielle, et pour quelques contrôles de qualité

1.2.3 Modélisation numérique

La modélisation numérique des écoulements d‟eau dans l‟argile et de la migration des ions et
particulièrement les chlorures depuis 10 000 ans, a constitué un volet important dans ce projet de
recherche. Ces modélisations ont été faites avec le logiciel Seep/W pour l‟écoulement souterrain
alors que Ctran/W a été utilisé pour le transport des chlorures. La modélisation numérique a
permis de vérifier plusieurs hypothèses émises durant le projet, essayer différents scénarios et
comprendre l‟évolution du régime hydrogéologique dans la région d‟étude et ce, depuis la
formation des argiles Champlain il y a 10000 ans à aujourd‟hui ainsi que les processus qui
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influencent sur l‟hydrogéologie et la migration des chlorures dans une couche d‟argile
Champlain.

On peut dire que la démarche scientifique proposée est originale parce qu‟elle tisse des liens
multiples entre les études numériques de migration d‟eau, de sels et d‟isotopes, les études
physiques des propriétés du matériau argileux et de leur variabilité, et les analyses chimiques et
isotopiques, ce qui a rarement été fait pour des études hydrogéologiques. Cette recherche a pris
en compte les nombreuses données contenues dans les études hydrogéologiques antérieures
(Desaulniers and Cherry 1989), les résultats du suivi des eaux souterraines réalisé par BFI-
Lachenaie à partir d'un important réseau de puits d'observation installés depuis plusieurs années
et les données recueillies sur le terrain et à la suite des différentes essais in situ et au laboratoire
conduits pendants ces 4 dernières années.

1.2.4 Organisation de la thèse


Le chapitre 2 de cette thèse exposera l'état d'avancement de la recherche dans le domaine de
l'hydrogéologie des aquitards. On présentera quelques méthodologies et principaux résultats
parues dans la littérature scientifique et traitant de la géotechnique, de l'hydrogéologie et de la
géochimie de l'eau interstitielle des argiles Champlain.

Dans le chapitre 3, on exposera la méthodologie adoptée par l'auteur afin de mener les différents
essais au laboratoire (essais de perméabilité, essais de consolidation, extraction d'eau
interstitielle, limites d'Atterberg,...) et in situ (essais de perméabilité, échantillonnage d'eau
souterraine,..). On exposera aussi les différentes théories qui ont servi à résoudre la majorité des
problèmes rencontrés.

Le chapitre 4 traite du cœur du problème: pour chaque activité réalisée, on propose un descriptif
détaillé de cette dernière et on présente les résultats obtenus. Une analyse partielle des résultats
est alors exposée en attendant de faire une analyse intégrée dans le chapitre 6. Le chapitre 5 traite
exclusivement de la modélisation numérique. Y sont traitées la modélisation de l'écoulement des
eaux ainsi que la modélisation de la migration des chlorures dans le roc et l'argile. Toutes les
étapes de la modélisation (choix du type d'analyse, propriétés des matériaux et des chlorures,
dimensionnement du maillage, pas de temps,...) sont exposée et les résultats des différents
scénario sont discutés.
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La synthèse et l'analyse des résultats de l'ensemble des essais et modélisations sont présentés
dans le chapitre 6. On fait dans un premier temps un rappel des différents résultats obtenus dans
la thèse puis dans un second temps, on tente de répondre à la question de recherche en montrant,
le plus objectivement possible, comment on a pu atteindre les différents objectifs qu'on s'était fixé
au début du projet.

La conclusion vient alors pour mettre un point final à cette thèse. On y présente essentiellement
les points qui pourraient être améliorés ou investiguées par d'autres chercheurs dans le futur et les
nouvelles problématiques que cette thèse a permis de soulever.
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CHAPITRE 2 ÉTAT DE L'ART

2.1 Historique et formation de la mer Champlain


La mer de Champlain s‟est formée où se trouve actuellement la vallée du Saint-Laurent (Figure
2.1), à la dernière période glaciaire.

Figure 2.1: Extension maximale des eaux salées da la Mer de Champlain

A la fin du Wisconsinien supérieur, lorsque l‟Inlandsis Laurentidien (Figure 2.2) s‟est mis à
fondre lentement libérant par la même occasion le territoire Québécois, les terres basses de la
vallée du Saint-Laurent ont été, au fur à mesure, inondées par les eaux salées de l‟Atlantique. La
transgression marine postglaciaire qui a submergé le cœur du Québec et une partie de l‟Ontario a
donné naissance à la Mer Champlain. Les données de déglaciation ainsi que les registres
stratigraphiques démontrent que le secteur de la mer Champlain a connu un enchaînement
d‟événements: une retraite glaciale, une transition glaciale-glaciolacustre, une transition
glaciolacustrine-marine, une phase lacustrofluviale et une érosion. Le cycle marin, quant à lui, a
connu une série de trois phénomènes: transgression, inondation et régression (Ochietti 1980). La
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déglaciation et la formation de la Mer Champlain ont eu lieu en plusieurs épisodes, illustrés dans
la figure 2.3 et décrits dans le tableau 2.1.

Tableau 2.1: Épisodes de la formation de la Mer Champlain


(adapté de: L‟encyclopédie canadienne. [Link]/[Link]?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0003271)

La marge de la calotte glaciaire se situait au sud des Grands Lacs actuels, lesquels n'existaient pas
-12 500 ans -14 000 ans

encore. La calotte commençait à fondre et sa marge à retraiter, sauf pour une petite langue qui
avançait à l'ouest. Deux lacs pro-glaciaires se développaient, dont le lac Maumee. Pratiquement
tout le drainage se faisait vers le centre du continent, c'est-à-dire vers le Mississippi.

Le front avait retraité passablement vers le nord, mais ce qui est aujourd'hui la vallée du Saint-
Laurent demeurait toujours recouvert de glace. Plusieurs lacs s'étaient formés et le gros du
drainage se faisait encore vers le sud.

Le retrait de la glace continuait sa progression et le drainage se faisait toujours vers le sud. A


-12000 ans

l'ouest, un très grand lac s'établissait, un lac aujourd'hui disparu qu'on a appelé le Lac Agassiz, du
nom d'un grand géologue qui a énormément contribué à notre compréhension des phénomènes
glaciaires. A l'est, se dessinaient les ancêtres des lacs Ontario et Érié.

Le front de glace a retraité au nord de ce qui est aujourd'hui la vallée du Saint-Laurent. La


-10800 ans

dépression au front de la glace se trouvait sous le niveau de la mer et fut par conséquent envahie
par les eaux salées marines. C'est la naissance de la fameuse Mer de Champlain. Pour la première
fois, une partie du drainage se fait vers l'est, c'est-à-dire vers cette Mer de Champlain.
le front de glace avait migré encore plus au nord. Un bras de mer envahit la vallée du Saguenay et
-9000 ans

le Lac Saint-Jean; c'est ce qu'on a appelé le Golfe de Laflamme. Les Grands Lacs commençaient à
s'individualiser. La croûte continentale se réajustait, en remontant, et la Mer de Champlain
retraitait déjà.

Le front de glace s'était déplacé encore plus au nord et il s'était formé un grand lac aujourd‟hui
disparu, le lac Ojibway. Trois lacs préfiguraient les Grands Lacs actuels: les lacs Houghton,
-8200 ans

Stanley et Chippawa. La remontée de la croûte avait pratiquement chassé la Mer de Champlain et


le Golfe de Laflamme. Il ne restait qu'un cours d'eau qui assurait le drainage vers l'est, le fleuve
Saint-Laurent, avec l'ancêtre du Lac Saint-Pierre, le lac Lampsilis. A l'ouest, le lac Agassiz s'était
asséché; il nous est connu aujourd'hui par les dépôts qu'il a laissé.
L'eau salée marine envahissait, au nord, une dépression sous le niveau de la mer pour former ce
-6000 ans -7800 ans

qu'on a appelé la Mer de Tyrrell, l'ancêtre de la Baie d'Hudson.

La glace était loin de nos régions


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Figure 2.2: Haut: Périodes, époques, étapes et âge

Bas: Centres de glaciation de l‟Inlandsis Laurentien

Source: Université Laval. [Link]


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Figure 2.3: Épisodes de formation de la Mer Champlain entre -14 000 et -6000 ans.

Source: Université Laval. [Link]/personnel/bourque/s3/[Link]


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Comme on peut le constater dans la figure 2.4 ci-dessous, la charge du glacier déprime la croute
terrestre. Lors de la fonte et du retrait du glacier, la remontée du terrain par rééquilibrage
isostatique s‟est fait graduellement laissant une dépression pro-glaciaire.

Figure 2.4: Retrait des glaciers et formation des lacs pro-glaciaires

Notons que des sédiments de plusieurs natures se sont déposés dans ces lacs. La figure 2.5 ci-
dessous expose en détail leur nature. Dans ces sortes de bassin de sédimentation où l‟eau est
relativement profonde, on aperçoit des dépôts de particules fines, la plupart des temps, des tills et
des argiles. Les accumulations des argiles atteignent des épaisseurs variant entre 30 et 50 m. Les
argiles sont réputées dans ces zones pour avoir une tendance à se liquéfier.
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Figure 2.5: Processus de formation de la Mer Champlain et natures des dépôts dans la région
d‟Ottawa-Gatineau

(Source: Géopanorama d‟Ottawa Gatineau [Link]/ottawa/landscape_f.php)

La salinité des eaux de la mer Champlain a été scrutée par Hillaire-Marcel (1988). Dans le but de
déterminer la paléo-salinité de l‟environnement de l‟époque, une étude isotopique portant sur les
coquilles des mollusques trouvées dans les argiles a été conduite. Les eaux de la mer Champlain
étant un mélange d‟eau de l‟Atlantique et d‟apports continentaux d‟eaux météoriques et d‟eaux
de fonte de glacier, sa signature isotopique permet d‟estimer les proportions de chacun de ces
apports.
Hillaire-Marcel (1988) démontre l‟existence de gradients de salinité horizontaux et verticaux. En
effets, les gradients horizontaux sont dus au contact de la mer avec la calotte glaciaire: plus on se
rapproche de la calotte, moins la salinité est importante (figure 2.6). Pour les gradients verticaux,
on constate qu‟ils sont ascendants c‟est à dire que plus on se dirige vers les profondeurs, plus la
salinité augmente ce qui est normal vu le fait que la densité augmente avec la salinité. Une
salinité de 27 g/L est par ailleurs évaluée en eau profonde ce qui indique vraisemblablement que
l‟eau emprisonnée dans les sédiments avait cette concentration en sels. Enfin, l‟étude de
Wassenaar et al. (1988) vient confirmer la théorie de Hillaire-Marcel (1988), en proposant un
modèle simplifié montré dans la figure 2.6 ci-dessous.
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Figure 2.6: Modèle hypothétique de répartition de la salinité au niveau du contact entre eaux
marines et eaux de fonte glaciale aux abords de la calotte (modifié d‟après Wassenaar et al.1988).

2.2 Propriétés générales des argiles Champlain: Géologie et


minéralogie
Plusieurs études canadiennes ont traités de la minéralogie des argiles de l‟est du Canada. Ces
dernières sont identifiables aux matériaux fins qui se sont déposés aux époques glaciaires et post
glaciaire à la périphérie du bouclier canadien occupant le Québec et le Labrador. Il est reconnu
que le comportement des sols dépend de leur minéralogie, de leur granulométrie et de leur
histoire géologique (Leroueil et al. 1983).
En ce qui concerne les sédiments déposés après le retrait de la mer Champlain, l‟étude de
Leroueil et al. (1983) démontre que les granulométries observées dans ces dépôts varient d‟un
site à l‟autre. Aussi, il a été constaté que cette variation est à l‟intérieur d‟un même forage. On a
pu, grâce à l‟analyse de la granulométrie d‟échantillons provenant de centaines de sites, conclure
qu‟en général, les matériaux les plus grossiers (<2 µm de 20 à 60%) se trouvent à proximité du
Bouclier alors que les matériaux les plus fins (<2 µm de 60 à 85%) se trouvent au centre du
bassin.
Déterminer la minéralogie des sédiments déposés est un exercice délicat. La minéralogie est
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tributaire des sources des sédiments, qui au Québec, en Ontario et au Labrador, sont
principalement le Bouclier Canadien formé de roches ignées et les Appalaches constituées de
roches métamorphiques et sédimentaires.
Les résultats obtenus à la suite de l‟investigation de la minéralogie peuvent varier selon le site et
aussi selon la méthodologie adoptée par l‟analyse. Selon Lebuis et al. (1982) qui ont fait des
analyses minéralogiques sur des échantillons provenant de 25 sites, le quartz constitue 14 à 40%
des sédiments, les plagioclases qui sont définis comme étant une série de feldspaths contenant du
sodium et du calcium de composition NaAlSi3O8 (albite) et CaAl2Si2O8 représentent une
proportion allant de 25 à 50% de ces argiles.
Les feldspaths potassiques (2 à 15%), les amphiboles (0 à 15%), la calcite (0 à 5%), la dolomite
(0 à 3%) et les phyllo-silicates et les matières amorphes (10 à 45%) constituent les autres
minéraux rentrant dans la constitution des argiles.
Le mica arrive à la tête des variétés des phyllo-silicates (80%), on trouve ensuite les chlorites à
15%. Des vermiculites et des illites, smectites inter-stratifiées (<5%) sont rencontrées dans moins
de 5% des sites.
L‟étude de Lebuis et al. (1982) montre aussi que le pourcentage de matières amorphes et des
phyllosilicates est fonction du pourcentage en poids de particules dont le diamètre est inférieur à
2 µm.
Bentley et Smalley (1978) ainsi que Foscal-Mella (1976), ont montré que pour les argiles
Champlain, 50% de la fraction argileuse est constituée de farine de roche. Ces études montrent
aussi que la structure ouverte et la sensibilité des argiles Champlain sont reliées à la présence de
matières amorphes. Pour Penner et Burn (1977) qui ont mené une étude sur les argiles d‟origine
marine de l‟est du Canada, la composition des argiles marines peut être résumée comme suit: la
montmorillonite est absente ou présente en petites quantités dans quelques sites. Quelques
pourcents de chlorites et vermiculites sont normalement présents. Le mica hydraté ou l‟illite sont
les minéraux argileux prédominants. Les minéraux d‟origine rocheux avec différentes proportions
de feldspaths, quartz et amphibole constituent une grande partie de la fraction argileuse avec une
prédominance de feldspaths. Ces mêmes minéraux trouvés de la fraction d‟argile sont représentés
dans le silt et dans la fraction de sable. Le principal changement qui accompagne la taille des
particules est l‟augmentation des phyllosilicates dans la fraction fine avec une conséquente
dilution d‟autres minéraux.
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Les argiles Léda sont constituées d‟un assemblage de silts, de fragments de roches, de minéraux
d‟argiles dans lesquels l‟arrangement des « fines » lamelles d‟argile varie d‟une orientation
aléatoire à une orientation préférée où les lamelles plates sont parallèles au plan. Dans la nature,
l‟orientation de ces lamelles se situe entre ces deux extrêmes. Généralement, l‟orientation de ces
dernières est normale à la direction de la compression car les vides y sont réduits. Les structures
dites « ouvertes » ont été formées durant la sédimentation dans des eaux salines et avec des
niveaux différents de concentration d‟électrolytes (marines ou saumâtres). Elles représentent le
type de structures formées sous des conditions de floculation où des particules adjacentes tendent
à devenir des agrégats pendant la sédimentation car les forces de répulsion sont faibles et c‟est
leur énergie thermale qui les rapproche. Ensuite, les forces d‟attraction de Van der Waals
reprennent service car les cations deviennent partiellement polarisés. Enfin, la consolidation par
l‟exercice du poids des sédiments rapproche les points de contacts et les particules.
Pour Lessard et Mitchell (1985), l‟analyse minéralogique des argiles de la Baie, Québec, dont les
propriétés sont identiques à celles des argiles Champlain est réalisée par diffraction au rayons X.
Pour les six échantillons testés, on remarque la présence d‟une substantielle quantité de quartz,
feldspaths, amphibole et calcite. L‟illite est le principal minéral phyllo-silicaté. Des traces de
chlorite et de kaolinite sont aussi présentes. Les pourcentages des divers minéraux composant
l‟argile sont estimés en comparant l‟intensité des pics caractéristiques avec l‟intensité du pic du
minéral standard. En appliquant cette méthodologie, on constate que les argiles de la Baie sont
constituées de 45% de plagioclase, 12% de K-feldspath, 15% de quartz, 10% d‟amphibole, 8% de
calcite, 10% d‟illite, 1% de chlorite et 1% de kaolinite. Aucune trace de montmorillonite ou
d‟autres smectites n‟apparaît dans la diffraction aux rayons X.
Locat et al. (1984) ont réalisé une étude pour déterminer les relations entre la minéralogie, la
chimie et les propriétés physiques des argiles sensibles de l‟est du Canada. Une étude
minéralogique quantitative et des analyses chimiques ont été réalisées. Aussi, on a procédé à la
détermination de la surface spécifique et de la capacité d‟échanges cationiques, pour 18
échantillons d‟argile collectés des 9 sites Québécois sélectionnés.
Concernant les propriétés générales des argiles, cette étude a permis de constater que les
échantillons sélectionnés couvrent un large éventail de sols. Ainsi, la fraction d‟argile varie entre
8 et 47%. Toutes les limites d‟Atterberg obtenues se trouvent en dessus de la ligne A, qui selon
Holtz et Kovacs (1981), est une indication de la prédominance de matériaux illitiques. La
18

capacité d‟échange cationique varie entre 6 et 44 meq/100g de sol sec. La surface spécifique des
sols peu plastiques est inférieure à 30 m²/g et peut atteindre 85 m²/g pour les argiles Olga dont la
plasticité se situe autour de 47%. Enfin, la salinité de l‟eau interstitielle varie entre 0.3 et 12 g/L.
Les résultats de la diffraction par rayons X révèlent que le plagioclase est le minerai dominant. Il
varie entre 25% et 48% dans les sols analysés. Par ordre décroissant d‟abondance, on trouve du
plagioclase, du quartz, du microcline, de la dolomite et de la calcite. La quantité d‟illite et de
mica varie entre 2.7% à Chicoutimi et 11% à St-Léon. Concernant la chimie de ces argiles, on
retrouve par ordre décroissant d‟abondance du SiO2 et Al2O3 en premier lieu, puis on retrouve
des quantités de CaO, K2O, FeO, Na2O, MgO et H2OT.
Aussi, la relation entre la minéralogie et la surface spécifique a été établie. En effet, la surface
spécifique d‟un sol est une fonction de la taille, de la forme et de la minéralogie des particules
constituantes. Les analyses minéralogiques indiquent que les constituants des échantillons sont
identiques dans tous les sols, la variation de la surface spécifique est constatée quand la
proportion d‟un groupe minéral et la granulométrie de l‟échantillon varient d‟un sol à un autre.
Un autre indicateur de l‟existence de cette relation entre la minéralogie et la surface spécifique
réside dans la valeur de H2OT obtenu à partir des analyses chimiques et la surface spécifique.
H2OT est la somme de l‟eau hygroscopique adsorbée H2O- et l‟eau hydroxyle H2O+. H2O+ est
essentiellement contenue à l‟intérieur des phyllo-silicates et les minéraux amorphes alors que
H2O- est adsorbée sur la surface. A partir des données recueillies, on constate que la relation
existant entre H2OT mesurée à partir d‟analyses chimiques et la surface spécifique est linéaire.
Le pourcentage relatif des phyllosilicates et des minéraux amorphes dans l‟est canadien a aussi
été traité dans le document de Locat et al. (1984). La portion massique des phyllosilicates et des
matériaux amorphes dans les sols analysés varie entre 9% dans les argiles de Grande-Baleine et
35% pour les argiles d‟Olga. Ces pourcentages sont bas pour des sols dont le pourcentage en
particules d‟argile est élevé mais sont compatibles avec leurs origines glaciaires. En moyenne, et
en utilisant la méthode Foscal-Mella, on obtient un ratio de 1/3 (portion de phyllosilicates et
minéraux amorphes/fraction d‟argile). Dans l‟étude de Lebuis et Rissman (1979), ce ratio est de
0.5. La différence de minéralogie entre plusieurs bassins est observée (Quigley, 1980). Cette
différence est causée par la source des sédiments. En effet, les deux sources extrêmes sont le
bouclier canadien et les deux montagnes des Appalaches.
Les argiles provenant de régions proches du Bouclier canadien ont beaucoup moins de
19

phyllosilicates dans leur fraction d‟argile que les argiles provenant de zones plus éloignées
comme St Marcel ou St Léon. Les constituants minéraux sont identiques dans toutes les argiles
analysées, la différence réside dans la proportion que ces dernières occupent dans la composition
de l‟argile. Pour les argiles marines, on prend aussi en considération l‟effet engendré par le
lessivage des sols

2.3 Hydrogéologie des argiles Champlain et origine de la salinité


Les aquitards sont de nos jours, les composantes des systèmes d‟écoulement souterrains les plus
complexes. Ces formations géologiques, de faible conductivité hydraulique, ont une importante
influence sur le système d‟écoulement souterrain et y exercent un contrôle critique car ces
systèmes régionaux sont hydrauliquement continus (Toth 1995). Cette influence affecte aussi la
distribution des charges hydrauliques dans les aquifères sous-jacents (Belitz et Bredhoeft 1990).
La connaissance des propriétés géométriques de l‟aquitard (épaisseur et longueur) est primordiale
dans l‟étude des écoulements d‟eau (Cherry 1991, Macfarlante et al. 1994 ): Dans un premier
temps, elles contribuent à la détermination et à l‟élaboration du régime d‟écoulement souterrain
en restreignant par exemple la recharge à partir des eaux de surface alors que leurs propriétés
hydrauliques peuvent causer de très longs temps de réponse dans les puits d‟observation (Alley et
al. 2002). Dans un second lieu, les aquitards peuvent constituer un important rempart contre la
pollution et la contamination chimique et microbienne. En effet, et dans le cas d‟un aquitard non-
fracturé, plus cette formation est épaisse, moins il y aura de risques de contamination des
aquifères.

Globalement, et comme il apparaît dans la grande majorité des études hydrogéologiques


réalisées, l‟écoulement dans les aquifères est horizontal tandis que dans les aquitards, ce dernier
est vertical. Freeze et Whitherspoon (1967) furent les précurseurs dans l‟analyse numérique des
écoulements permanents dans un système souterrain ayant une topographie irrégulière. Il a été
démontré que même en présence de formations géologiques ne présentant qu‟un faible contraste
de conductivité hydraulique (1 ou 2 ordres de grandeurs), les chemins d‟écoulement de l‟eau
souterraine sont fortement influencés. En effet, dans les formations dont la conductivité
hydraulique est élevée, l‟écoulement est horizontal alors que ce dernier est vertical dans les
strates à faible conductivité hydraulique.
20

D‟un point de vue pratique, la direction de l‟écoulement est déterminée en mesurant les
différences de charges hydrauliques à travers l‟aquitard alors que les propriétés hydrauliques et
géotechniques sont explorées soit par des essais in-situ soit par des essais au laboratoire. Une
description détaillée de ces méthodes sera présentée dans la suite du document.

L‟étude du rôle hydrogéologique des aquitards et de l‟origine de la salinité nécessite aussi une
connaissance des conditions dans lesquelles les argiles Champlain ont été déposées ainsi que leur
évolution. Lors de l‟évolution de la mer Champlain, cette dernière est restée en contact avec le
glacier Laurentidien. L‟eau de fonte a constitué une large composante de l‟eau douce. Cette
dernière combinée au soulèvement isostatique des basses terres provoquèrent la diminution de la
salinité (Ochietti 1980, Hillaire-Marcel 1988). Le lessivage des argiles par l‟infiltration
météorique ainsi que la diffusion de la salinité ont transformé les profils chimiques et isotopiques
originaux de la mer Champlain. Il s‟est créé une zone de mélange d‟eau météorique et marine.
Cette dernière, présente en tant qu‟eau interstitielle et emprisonnée dans l‟argile depuis le
processus de déposition, fut déplacée par l‟eau météorique. Le profil chimique d‟un tel processus
est caractérisé par la présence d‟eau météorique à faible profondeur et par une augmentation de la
salinité avec la profondeur (Grondin 1978, Hillaire-Marcel 1988). Le lac glacial du Saint-Laurent
fut remplacé par de l‟eau de mer dont la salinité S ne dépasse pas 24‰ dans le haut-fond de la
mer Champlain ou par de l‟eau de mer de faible salinité suivie d‟une eau de salinité élevée qui
atteint 34‰ dans les eaux profondes de la mer. Les conditions glaciomarines (S inférieure à
24‰) furent alors remplacées par des conditions marines (S variant entre 24‰ et 34‰). Les eaux
à haute teneur en sel (24‰-34‰) sont arrivées du Golfe du Saint-Laurent et se sont jetées dans
les basses Terres du Saint-Laurent. Toutes les études réalisées sur les argiles de la région des
Basses Laurentides, d‟Ontario ou d‟Europe du nord, ont conclu que ces argiles ont une structure
floculée typique d‟une déposition en milieu marin.

Une autre approche basée sur l'étude des sédiments et de la faune ont permis d'estimer la salinité
pendant l'évolution de la mer Champlain. La transition d'un milieu glaciaire à un environnement
marin s'est faite en trois étapes (Elson 1969, Gad 1972): une phase de transition, une phase
d'inondation marine (phase hiatella arctica) et une phase de régression marine (phase mya
arenaria). Ainsi, Cronin (1977) s'est basé sur l'abondance des ostracodes et foraminifères pour
reconstituer la paléosalinité. Il estime la paléosalinité durant la hiatella arctica entre 18 et 35‰ et
21

entre 3 et 18‰ pendant la mya arenaria. Ces estimations s'appuyant sur la tolérance des espèces à
la salinité.

Enfin, une étude de Hillaire-Marcel (1988) se basant sur la composition isotopique des coquilles
de mollusques (fossiles) présents dans les argiles montre que dans les profondeurs de la mer
Champlain, où les argiles se seraient déposées, des salinités atteignant 27‰ auraient été
constatées et cela même durant les phases les plus tardives.

L‟hydrogéologie des argiles Champlain a été le sujet de plusieurs études menées ces trente
dernières années. Leur présence sur une grande partie du territoire Québécois et Ontarien a rendu
pressant la connaissance des écoulements d‟eau complexes et délicats dans ces formations.
Plusieurs essais de laboratoire sur ces argiles ainsi que des essais in situ ont permis d‟élucider
plusieurs mystères et de fournir diverses informations.

En effet, des travaux menés au laboratoire par Tavenas et al. (1983) et Lafleur et Giroux (1983)
sur des argiles Champlain ont permis d‟obtenir des conductivités hydrauliques variant entre 1.0 *
10-10 m/s et 5 * 10-10 m/s pour la couche d‟argile non fracturée. Des valeurs in situ obtenues par la
méthode de Hvorslev figurent dans l‟étude de Desaulniers et Cherry (1988). Ces valeurs varient
entre 7.5 * 10-11 m/s et 4.9 * 10-10 m/s dépendamment de la localisation des piézomètres. Pour la
croûte de d‟argile, Lafleur et al. (1987) ont trouvé une conductivité hydraulique de 1.4 * 10-8 m/s
a une profondeur de 1.2 m et de 4.8 * 10-9 m/s a une profondeur de 1.7 m. Cela confirme que plus
on s‟éloigne de la surface, moins l‟argile est fissurée.

Dans plusieurs essais de diverses natures et menés à diverses profondeurs, Diène et al. (1989) ont
trouvé des conductivités hydrauliques variant entre 1.09 et 1.15*10-9 m/s dans des argiles de la
mer Champlain dans la région de Louiseville. Dans le laboratoire, une valeur moyenne de K de
5*10-9 m/s est présentée par Leroueil et al. (1983). Les essais hydrauliques en laboratoire et in
situ conduits par Benabdallah (2007) ont montré que sur le site de Lachenaie, il n‟y a pas de zone
d‟argile fracturée à la partie supérieure du dépôt d‟argile qui est recouvert par une couche de
sable, contrairement à Varennes ou à plusieurs sites en Ontario et ailleurs au Québec où il existe
une croûte fissurée (Garga et Oshaughnessy 1994, Desaulniers 1989). Dans cette zone de
fractures qui varie en épaisseur entre 1m et 5 m selon les régions, la conductivité hydraulique
augmente de deux à trois ordres de grandeur pour atteindre jusqu‟à 1*10-5 cm/s par endroits.
Aussi, dans les argiles de Lachenaie, des conductivités hydrauliques de l‟ordre de 10 -7 cm/s sont
22

trouvées avec des essais in situ ou en utilisant des cellules triaxiales au laboratoire et de l‟ordre de
10-8 cm/s quand les essais de perméabilité sont menés dans des cellules œdométriques
(Benabdallah et Chapuis 2007). Cela confirme donc l‟existence d‟un effet d‟échelle qui disparaît
vers 10 ou 15 cm quand on mesure les propriétés hydrauliques des argiles Champlain. La
méthode d‟installation des piézomètres dans l‟argile peut aussi influencer les valeurs de la
conductivité hydraulique. Ainsi, si la méthode de préparation de la lanterne cause un
remaniement important de l‟argile, il est évident que la valeur de K sera plus petite en comparant
avec une lanterne préparée, par exemple, avec un tube Shelby en minimisant le remaniement.
(Benabdallah 2007, Garga et Oshaughnessy 1994)

Les valeurs des gradients hydrauliques dans les argiles Champlain ont été obtenues à partir des
niveaux d‟eau dans les piézomètres après stabilisation de ces derniers (Effet de “ Time Lag ”,
Hvorslev 1951). Les valeurs du gradient hydraulique vertical (valeur moyenne de 0.07)
diminuent avec la profondeur, ce qui est aussi le cas pour les charges hydrauliques (Desaulniers
et Cherry 1988). Le gradient hydraulique horizontal est négligeable en le comparant avec le
gradient vertical obtenu. L‟écoulement est donc essentiellement dirigé vers le bas de la couche
d‟argile. Aussi, en utilisant l‟équation de Darcy, des vitesses d‟écoulement dans l‟argile variant
entre 0.03 cm/an et 0.17 cm/an avec une moyenne de 0.13 cm/an ont été calculées (Desaulniers et
Cherry 1988). A cette vitesse, l‟eau atmosphérique, résultant des précipitations et de la fonte des
neiges, peut avoir déplacé, depuis le retrait de la mer Champlain il y a environ 10 000 ans, l‟eau
saumâtre vers la profondeur (Desaulniers et Cherry, 1988). Cette théorie a ensuite été réfutée par
Desaulniers et Cherry (1988) car selon eux elle ne donnait pas les bons profils des ions majeurs.
Ces auteurs ont alors expliqué les profils des ions majeurs par l‟hypothèse que les gradients
hydrauliques sont inférieurs a un seuil (concept du gradient hydraulique seuil) qui serait requis
pour permettre l‟écoulement dans une argile très peu perméable.
Aussi, Desaulniers et Cherry (1989) ont mené des recherches sur un site de Varennes dans les
environs de Montréal. La répartition des ions Ca2+, Mg2+, K+, Na+ et Cl- a été étudiée. Ils ont
conclu que les ions avaient migré par diffusion vers le haut à travers la couche d‟argile et que ces
ions provenaient de l‟eau de mer piégée dans le shale sous le dépôt d‟argile. Leurs modélisations
numériques ont permis de caler les résultats numériques sur les données géochimiques, avec un
temps de diffusion de 10000 ans. L‟utilisation du processus d‟advection (vers le bas) dans la
simulation numérique, avec des gradients et conductivités hydrauliques obtenus sur le terrain, n‟a
23

pas permis le calage des résultats et a donné des profils de concentrations différents de ceux
obtenus sur le terrain.
Cela serait expliqué par l‟hypothèse que le gradient hydraulique dans l‟argile est inférieur au
gradient hydraulique nécessaire pour produire un écoulement selon la loi de Darcy. Ce gradient
seuil n‟a pas été démontré par des essais de laboratoire mais Tavenas et al. (1983) ont présenté
des indicateurs montrant que ce gradient seuil dans un aquitard de Matagami avoisine 0.07. Cette
hypothèse de gradient critique est toutefois contestable pour les raisons suivantes:
Le concept de gradient seuil a été contesté par plusieurs auteurs. De 1970 à 2000, cette valeur
seuil est passée de 3 à moins de 0.1 au fur et à mesure que les techniques de laboratoire se
raffinaient. Law et Lee (1981) ont donné des valeurs allant de 0.1 à 3 pour un même site dans le
sud de l‟Ontario. De plus, les tenants de l‟idée du gradient seuil n‟ont jamais fait de calculs
d‟incertitude. Ces calculs indiquent que le seuil serait un mythe et que tout gradient hydraulique
produirait un écoulement. Aussi, plusieurs études sur des sites où se trouve une couche épaisse
d‟argile ont montré l‟existence de tritium en dessous du niveau bas de la nappe, ce qui indique
que l‟eau atmosphérique s‟infiltre dans l‟argile. Garga et Oshaughnessy (1994), dans une étude
portant sur une argile Champlain du sud de l‟Ontario en ont fait le constat.
Pour des argiles européennes déposées aussi en milieu marin et dont les propriétés sont
identiques à celles des argiles du Québec, Rosenquist (1946) et Bjerrum (1954) ont formulé
l‟hypothèse que la lente percolation verticale d‟eau douce depuis la surface jusqu‟à l‟aquifère
sous-jacent à l‟argile aurait lentement dessalé l‟eau interstitielle de l‟argile dont le degré de
sensibilité dépend de la composition chimique de l‟eau interstitielle (Rankka et al. 2004).
Pour Giroux (1994), les processus de transport par advection et diffusion ont un rôle important
dans le transport des solutés dans l‟argile. Mais, la faible conductivité hydraulique des argiles
diminue considérablement l‟effet de l‟advection dans le cas où les conditions hydrogéologiques
sont presque hydrostatiques (gradient hydraulique de 0.04 et 0.13). Par contre, pour un plus grand
gradient hydraulique (0.52) et avec la présence d‟une unité stratigraphique drainante sous-jacente
à l‟argile, on constate que l‟advection est le processus de transport dominant sur toute l‟épaisseur
des sédiments. Les résultats qui ressortent d‟une étude menée sur différents sites au Québec sont
alors compatibles avec un processus de lessivage et de diffusion. L‟eau saline des sédiments de
surface a été déplacée par l‟infiltration de l‟eau de pluie et de fonte des neiges et sous cette
24

profondeur de lessivage, le sel a migré par diffusion vers le niveau du till/roc inférieur ou vers la
zone lessivée supérieure.
Aussi, le modèle analytique proposé par Giroux (1994) montre que les deux processus (diffusion
et advection) interviennent dans le transport de l‟eau et des ions majeurs dans une couche
d‟argile. En effet, lors du calage numérique, les données numériques et celles relevées sur le
terrain (conductivité, salinité,…) ne correspondent que si la vitesse d‟écoulement de l‟eau dans
l‟argile est différente de zéro. Enfin, il a été conclu que la diffusion et l‟advection ne sont pas les
seuls processus qui interviennent dans la modification de la salinité mais il existe probablement
d‟autres phénomènes, et notamment géochimiques (dissolution de la calcite sous l‟effet des
pluies acides, sulfatoréduction avec production d‟acide carbonique, échanges cationiques,
adsorption des ions sur les particules d‟argile et fixation du potassium sur les minéraux argileux),
qui expliquent pourquoi seuls les concentrations du Cl- et de la salinité ont pu être calées.
Cloutier et al. (2006) ont mis au point un modèle conceptuel pour déterminer l‟origine de l‟eau
souterraine dans le système aquifère des Basses Laurentides. Ce modèle démontre que l‟eau
présente dans le système aquifère provient d‟une part de l‟infiltration dans les zones de recharge
d‟eaux météoriques (précipitations et fonte des neiges) et atteint le système aquifère à la suite de
processus géochimiques comme la dissolution de carbonates, échanges ioniques, mélange avec
des eaux salines et d‟autre part, par la diffusion de l‟eau interstitielle des argiles Champlain.

2.4 Propriétés mécaniques et hydrauliques des argiles


On identifie généralement les argiles de l‟est du Canada aux matériaux fins qui se sont déposés
aux époques glaciaires à la périphérie du Bouclier Canadien occupant le Québec et le Labrador.
La collecte et la compilation des données géotechniques a permis de définir les principales
caractéristiques physiques, mécaniques et hydrauliques des argiles marines et lacustres de l‟est du
Canada et les corrélations qui existent entre certaines de ces propriétés.

Pour Tavenas et al. (1977, 1979), le comportement des sols en général et des argiles en particulier
dépend de leur granulométrie, de leur minéralogie et de leur histoire géologique.

L‟histoire d‟un dépôt argileux peut être décrite à l‟aide de la figure 2.7 ci-dessous. La première
étape est la sédimentation des particules dans un lac ou une mer. Ensuite intervient l‟étape de la
consolidation sous une contrainte verticale croissante due à la formation des couches sus-
25

jacentes. Lors de cette étape, l‟argile suit une ligne de consolidation vierge ( sur la figure 2.7)
qui dépend de la minéralogie et de l‟environnement sédimentaire. Une fois la déposition du sol
complétée, l‟argile peut être caractérisée par sa contrainte effective verticale et son indice des
vides. On peut aussi obtenir une courbe d‟état limite YP qui est la mémoire de l‟histoire
géologique de l‟argile et va contrôler le comportement en déformation et en résistance de sol
intact. Si l‟environnement et les caractéristiques physiques de l‟argile se sont modifiés au cours
de l‟histoire géologique, l‟état du sol tendra vers les lignes (ββ) si lessivage a eu lieu ou (γγ) s‟il y
a eu oxydation. (Leroueil et al. 1983).

Figure 2.7: Histoire géologique d‟un dépôt argileux

Extrait de Leroueil et al. (1983)

Pour des échantillons d‟argile remaniée provenant de dépôts de la mer Champlain, du lac Barlow-
Ojibway, de la mer de Tyrrell, du Labrador et de la mer Laflamme, la densité des grains est
comprise entre 2.70 et 2.75 pour l‟ensemble des échantillons. La limite de liquidité est
déterminée en utilisant deux méthodes: la méthode de percussion de Casagrande et la méthode de
pénétromètre par cône. Ces deux méthodes livrent des résultats différents mais pour des limites
de liquidité inférieures à 70%, ce qui est le cas des argiles de l‟est du Canada, cette différence est
inférieure à 4%. Les argiles provenant du centre du bassin de la mer Champlain ont une limite de
liquidité comprise entre 50 et 75 alors que les argiles provenant des dépôts de rive présentent des
26

valeurs moins élevées. Les autres argiles marines ont des valeurs de liquidité inférieures à 50 et
atteignent même la valeur de 30 dans certains endroits. (Leroueil et al. 1983). Concernant les
limites de plasticité, Leroueil et al. (1983) ont trouvé des valeurs variant entre 17 et 34.

Pour l‟indice de plasticité IP, la compilation des résultats obtenus à montré que le domaine dans
lequel se situent généralement les sols fins de l‟est du Canada peut être défini comme suit:

(0.73wL − 15) < IP < (0.86wL − 13) (1.1)

wL étant la limite de liquidité de l‟[Link] les argiles de Champlain, Garneau et Le Bihan


(1977) ont proposé la relation moyenne suivante:

IP = 0.85(wL − 19) (1.2)

Un autre paramètre traité dans le document de Leroueil et al. (1983) est l‟activité de l‟argile.
Cette dernière est définie comme étant le rapport de l‟indice de plasticité IP en pourcent à la
teneur en argile C (particules < 2 µm). Pour les argiles de la mer Champlain, l‟activité est située
entre 0.25 et 0.75. Pour les argiles de la mer Laflamme et de Tyrrell et de Goldthwait, on obtient
des valeurs semblables que pour la mer Champlain mais l‟activité peut aussi atteindre la valeur de
0.15. Ces argiles sont dites inactives (Skempton et Northoy 1952). Les indices de liquidité des
argiles de l‟est du Canada sont très variables. Elles atteingnent des valeurs allant de 3 à 5 dans les
dépôts silteux d‟origine marine et peuvent atteindre des valeurs aussi basses que 0.6. Pour les
argiles de Champlain, l‟indice de liquidité est compris entre 0.7 et 2.2. (Leroueil et al. 1983)

Pour les argiles intactes, on détermine la pression de préconsolidation à l‟aide d‟essais


œdométriques. Les pressions de préconsolidation sont très variables et dépendent de l‟histoire
géologique de chaque site. Les dépôts du centre du bassin de la mer Champlain présentent
généralement des rapports de surconsolidation de l‟ordre de 1.2 à 2.5 (OCR˃1 argiles
surconsolidés). Par contre, les dépôts de la région de Chicoutimi sont fortement surconsolidés
(Dascal et al. 1982).

Pour l‟indice de compression Cc, Leroueil et al. (1983) ont noté une augmentation de l‟indice de
compression avec l‟indice des vides. La relation établie est:

Cc = 0.65e0 ² + 0.15e0 − 0.5 (1.3)


27

Figure 2.8: Activité des argiles de la mer Champlain

Extrait de Leroueil et al. (1983)

Figure 2.9: Relation entre l‟indice de compression et l‟indice des vides pour les argiles de la mer
Champlain. Extrait de Leroueil et al. (1983)
28

Pour un sol saturé et une densité des grains de 2.75, l‟indice de compression peut s‟écrire sous la
forme:

𝐶𝑐
= 0.018𝑤0 − 0.50 (1.4)
1 + 𝑒0

Pour les argiles de la mer de Tyrrell, Dascal et Larocque (1973) ont établi la relation suivante:

𝐶𝑐
= 0.0096𝑤0 − 0.167 (1.5)
1 + 𝑒0

A une même teneur en eau, les argiles de la mer Champlain sont en moyenne plus compressibles
que les argiles de la mer de Tyrrell et du Lac Barlow-Ojibway.

Concernant les propriétés hydrauliques des argiles, Tavenas et al. (1983) ont démontré la validité
de la loi de Darcy pour les argiles Champlain. Des essais de perméabilité au laboratoire ont été
réalisés sur des dépôts de la mer Champlain, de la mer de Tyrrell, de la mer Laflamme, du lac
Barlow-Ojibway, des États-Unis et de Suède. Quelques propriétés physiques et mécaniques de
ces sols ont été déterminées. Ainsi, les indices des vides naturels des échantillons varient entre
0.8 et 3.0, les fractions argileuses entre 45 et 85%. Les perméabilités verticales mesurées à la
température de laboratoire et à l‟indice des vides naturel quant à elles ne varient qu‟entre 3*10 -10
m/s et 5*10-9 m/s. Aussi, le facteur d‟anisotropie a été déterminé une fois la perméabilité
horizontale calculée. La perméabilité horizontale est très légèrement supérieure à la perméabilité
verticale et le facteur d‟anisotropie est en moyenne égal à 1.1. Enfin, Tavenas et al. (1983) ont
tracé la variation de la perméabilité verticale en fonction de l‟indice des vides pour différentes
argiles canadiennes.

Il apparaît qu‟aucune relation n‟est valable pour toutes les argiles étudiées, chacune a un
comportement propre à elle. Aucune de ces relations ne prend en considération le probable
comportement complexe de la structure d‟une argile intacte quand elle devient normalement
consolidée. Tavenas et al. (1983) ont privilégié par contre la relation proposée par Taylor (1948)
pour les raisons suivantes:

1. Elle décrit le comportement de la conductivité hydraulique en fonction des conditions


initiales eo, k0 et l‟index Ck. Ces derniers sont simples à calculer.
29

2. Une relation linéaire e versus log k est une bonne représentation du comportement de la
plupart des argiles naturelles molles dont la déformation est inférieure à 20%

Figure 2.10: Variation de la perméabilité verticale en fonction de l‟indice des vides pour
différentes argiles canadiennes (Tavenas et al. 1983)

Dans un dépôt d‟argile homogène comme celui étudié dans ce document, on s‟attend à un
arrangement des grains uniforme (Tavenas et al. 1983). Donc, la porosité ou l‟indice des vides
serait la seule variable à influencer la variation de la conductivité hydraulique par rapport à la
profondeur. Ils ont par la suite démontré que pour toutes les argiles étudiées (Argiles de
Champlain, de Louiseville,…), la relation entre eo et log ko n‟est pas établie excepté dans des
dépôts extrêmement homogè[Link] et al. (1982) ont suggéré, pour une argile
30

normalement consolidée et à partir de la relation établie par Kozeny (1927) et Carman (1956)
valide pour des sables, la relation suivante:

𝑒𝑛
𝑘=𝐶 (1.6)
1+𝑒

k: Conductivité hydraulique, cm/s

e: Indice des vides du sol

C: Constante indiquant les caractéristiques du sol

n: Nombre entier prenant les valeurs 4 ou 5 dépendamment du sol

Taylor (1948) a proposé une relation entre le logarithme de la conductivité hydraulique et l‟indice
des vides:

𝑒0 − 𝑒
log 𝑘 = 𝑙𝑜𝑔𝑘0 − (1.7)
𝐶𝑘

k: Conductivité hydraulique, cm/s

k0: Conductivité hydraulique in situ, cm/s

e: Indice des vides

e0: Indice des vides in situ

Ck: Index du changement de la conductivité hydraulique

Dans tous les essais réalisés, Ck est définit comme étant la pente de e versus log k pour des
déformations inférieures à 20%. Les résultats expérimentaux délivrent une simple relation entre
Ck et e0. Pour 0.8< e0<3, Ck=0.5 e0

Mesri et Rokhsa (1974) ont noté par la suite que cette relation était valide pour les indices des
vides rencontrés dans les problèmes courants de génie.

Mesri et Olson (1971) ont douté de la validité de la relation de Taylor (1948) et ont suggéré une
relation linéaire entre log k et log e:

log 𝑘 = 𝐴. log 𝑒 + 𝐵 (1.8)


31

A, B: Constantes

Figure 2.11: Relation Ck-eo pour différentes argiles naturelles (Tavenas et al. 1983)

2.5 Échantillonnage des eaux souterraines


L‟échantillonnage d‟une eau souterraine ne se limite pas au prélèvement de l‟eau mais englobe
un éventail d‟opérations et notamment la préparation du prélèvement, le prélèvement, le
conditionnement et le stockage de l‟échantillon jusqu‟au moment de l‟analyse.
L‟objectif de toute campagne d‟échantillonnage est l‟obtention d‟échantillons représentatifs de
l‟eau qui circule dans la formation géologique. Il faut donc éviter toute contamination de l‟eau
avec les équipements d‟échantillonnage et minimiser tout contact avec l‟atmosphère. Il existe
plusieurs types de tubes d‟échantillonnage munis de différents systèmes pour prélever des
volumes d‟eau à différentes profondeurs ainsi que différentes pompes. Le pompage est
recommandé car il permet en premier lieu de renouveler aisément l‟eau du puits avant le
prélèvement.
Selon l‟OFEFP (2003), le prélèvement peut être effectué à l‟aide d‟une pompe refoulante, par
aspiration depuis la surface ou à l‟aide d‟un échantillonneur prévu pour éviter les échanges
32

gazeux. Si on utilise une pompe, le rabattement dans le puits doit rester faible, c‟est à dire
inférieur à 20 % de l‟épaisseur de la zone aquifère dans une nappe libre ou rester en dessus du toit
de l‟aquifère à nappe captive. Dans tous les cas, il faut éviter la formation d‟une zone de
suintement et éviter absolument que l‟eau ne soit soumise à une dépression importante si elle est
pompée par aspiration ou par siphonage. Si on doit utiliser un tube de prélèvement, il faut choisir
un tube de grand volume à remplissage par le bas, par exemple avec valve à bille ou avec
ouverture commandée. Pour éviter au mieux le contact de l‟eau avec l‟air, l‟échantillon peut alors
être siphonné hors du tube de prélèvement ou évacué dans le flacon par le bas du tube à l‟aide
d‟un dispositif spécial empêchant le contact de l‟eau avec l‟air.
Dans une nappe peu profonde (< 6 m), on peut également prélever l‟échantillon depuis la surface
à l‟aide d‟une seringue de grand volume (250 ou 500 ml), cette dernière pouvant également servir
de flacon pour le stockage et le transport de l‟échantillon. Lors du prélèvement, il faut renouveler
l‟eau du puits pour éviter de biaiser les résultats. L‟échantillon se doit d‟être représentatif. L'eau
ne se renouvelle que lentement dans un puits d‟observation, les gaz et substances dissoutes
qu‟elle contient s‟équilibrent avec l‟air, et sa composition se modifie. L‟activité biologique qui
règne dans la crépine et le tubage lui-même et les réactions de surface avec les diverses parois
peuvent également contribuer à une lente modification de la composition de l‟eau stagnant dans
le tubage. Pour tester la représentativité de l‟échantillon, on contrôlera l'évolution des paramètres
physico-chimiques (conductivité, température, oxygène dissous et pH) et/ou isotopiques au cours
du renouvellement de l'eau.
On distingue deux cas dépendamment de la conductivité hydraulique et de la formation
géologique: Pour des conductivités hydrauliques moyennes à élevées, et pour des débits
supérieures à 0.1 L/min, le puits peut être considéré comme purgé et l‟échantillon représentatif si
au moins 5 fois le volume du tubage est extrait et si les paramètres (pH, conductivité électrique,
teneur en oxygène dissous et température) varient de moins de 2% après le pompage de
l‟équivalent d‟une fois le volume du tuyau ou enfin si selon Wilson (1995), la variation de ces
paramètres est inférieure à ± 10 μS/cm, ± 0.2 mg/l O2 et ± 0.5 °C respectivement et ± 0.1 unité
pour le pH. (OFEFP 2003, ASTM D6771 2002)
Dehnert et al. (2000) montrent que la mesure en continu du Radon-222, comme les paramètres
physico-chimiques, permet de déterminer à quel moment on a atteint le renouvellement optimal
de l‟eau par pompage. Le radon est un gaz qui s‟équilibre avec l‟air ambiant dans le secteur du
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point d‟eau. C‟est aussi un élément radioactif avec une demi-vie de désintégration de 3.8 jours. Il
disparaît donc dans l‟eau stagnante d‟un piézomètre, mais comme il est produit constamment
dans l‟aquifère, sa concentration augmentera à nouveau au moment où on commence à pomper.
Lorsque cette concentration atteint un plateau, on peut considérer que l‟eau pompée est
représentative du milieu aquifère aux alentours du forage. Référence est faite à Surbeck (1996)
concernant la mesure de cet isotope. Cette méthode reste toutefois difficile à appliquer sur le
terrain.
Le renouvellement de l‟eau peut se faire à haut débit. La prise d‟échantillon doit cependant se
faire à faible débit (environ 5 à 20 % du débit maximal du puits). Si possible, utiliser le même
équipement pour le renouvellement de l‟eau et le prélèvement, de manière à diminuer le risque de
contamination de l‟eau.
Pour des formations à faible conductivité hydraulique, et vu le faible débit du forage, il est
recommandé de purger complètement ce dernier au moins deux fois avant de prélever
l‟échantillon. (OFEFP 2003). On verra plus loin dans le document qu'on ne recommande pas de
purger un puits d'observation dans un aquitard, sauf s'il est fissuré. Et même dans ce cas, il ne
faudrait pas le vider complètement mais pomper lentement, à faible rabattement. La purge
provoque des dégâts dans les aquitards et modifie la chimie de l'eau aux alentours et dans la
crépine.
Échantillonner une eau souterraine nécessite plusieurs précautions afin d‟assurer la
représentativité et la qualité de l‟échantillon. Il existe plusieurs facteurs qui peuvent influencer
cette représentativité et biaiser les analyses chimiques effectuées sur une eau. En effet, la purge et
l‟échantillonnage de l‟eau souterraine sont des opérations délicates: chaque étape de ces
processus peut être la source de plusieurs erreurs qui auront comme conséquences, au niveau de
l‟analyse de l‟eau, l‟obtention d‟un échantillon d‟eau souterraine non représentatif des conditions
réelles sur le terrain. Ainsi, au niveau de l‟échantillonnage, ces sources d‟erreurs peuvent
apparaître dès le choix du point d‟échantillonnage. A ce niveau, elles sont causées par un défaut
de construction du piézomètre ou par un mauvais choix de matériau (lanterne, crépine,
scellement,…). Lors de la manipulation in-situ, la défaillance de l‟appareillage ainsi que les
erreurs des opérateurs sont souvent une importante source d‟erreurs. Ces erreurs humaines
peuvent aussi survenir lors de l‟échantillonnage et de la détermination des paramètres in-situ.
Lors du transfert et du transport, la chimie de l‟eau peut être altérée s‟il y a dégazage,
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oxygénation, exposition à la lumière ou s‟il y a une défaillance du mécanisme d‟échantillonnage


(pompes, bailer,…). D‟autres erreurs peuvent apparaître lors de l‟analyse de l‟eau mais ne seront
pas traitées dans ce document.
Nielsen et Nielsen (2006) catégorisent les facteurs pouvant influencer la représentativité d‟un
échantillon d‟eau souterraine en trois catégories: Des facteurs reliés à l‟hydraulique du puits,
d‟autres reliés au design, à l‟installation, à la maintenance et à l‟emplacement du point
d‟échantillonnage et d‟autres reliés aux transformations géochimiques encourues lors de
l‟échantillonnage.
La connaissance de la nature et des propriétés de l‟écoulement souterrain est importante.
L‟écoulement se produit en réponse à une différence de charges hydrauliques dans la formation
géologique et on s‟attend à ce que l‟écoulement à travers la crépine reste le même qu‟à travers la
formation géologique et conserve d‟identiques propriétés.
Selon Kearl et al. (1992), pour un écoulement laminaire et horizontal, l‟écoulement à travers la
crépine a les mêmes propriétés que lors du passage de l‟eau dans la formation géologique (roc).
De plus, l‟eau en «mouvement» qui passe à travers la crépine ne se mélange pas avec l‟eau se
trouvant en dessus dans le tuyau du piézomètre (l‟eau stagnante). Le même constat est fait par
Michalski (1989) qui démontre cela par des valeurs différentes de conductivité électrique dans
l‟eau stagnante dans le piézomètre et l‟eau s‟écoulant à travers la crépine. Cette approche a
toutefois été contestée par certains auteurs et notamment par Chapuis (2009) qui affirme qu'il y a
un mélange dans la colonne d'eau causé par la diffusion et par la convection thermique.
Des réactions chimiques peuvent aussi avoir lieu lors de l‟échantillonnage et fausser la
représentativité de l‟échantillon. Ainsi, Robin et Gillham (1987) affirment que lors d‟un
écoulement continu à travers la crépine, des réactions chimiques comme la désorption et
l‟adsorption ont lieu entre le matériau de la crépine, les composantes de la lanterne et les
constituants de l‟eau. L‟équilibre chimique est atteint après un certain temps. Aussi, la chimie de
l‟eau est influencée par la variation de la pression et de la température dans l‟échantillon et par
l‟agitation ou l‟aération de la colonne d‟eau dans le piézomètre ou de l‟échantillon durant la
collecte de ce dernier (Robin et Gillham 1987).
Il se peut aussi que les résultats des analyses chimiques dans un même piézomètre varient entre
deux campagnes d‟échantillonnage. Cela est expliqué par la présence d‟une interface air/eau au
sommet de la colonne d‟eau qui engendre la création d‟un gradient d‟oxygène dissous avec la
35

profondeur. Aussi, l‟augmentation de l‟activité microbienne aérobie causée par la présence


d‟oxygène dissous et la diminution du pH à cause de l‟augmentation du CO2 dissous au sommet
de la colonne d‟eau contribue à la variation des paramètres dans la colonne d'eau.
Les études de Kearl et al. (1992), Michalski (1989) et Robin et Gillham (1987) démontrent
clairement que pour les formations géologiques où l‟écoulement est horizontal (roc), on peut dire
que l‟eau récupérée au niveau de la crépine est représentative du milieu adjacent à cette dernière.
Aussi, les échantillonneurs peuvent avoir accès à l‟eau dans la crépine en minimisant la
perturbation de la colonne d‟eau dans le piézomètre et jugent non nécessaire de purger plusieurs
volumes d‟eau du puits avant l‟échantillonnage.
Purger un puits nécessite le choix d‟une méthode et d‟un protocole précis. La purge à faible débit
est préconisée pour obtenir des échantillons représentatifs de l‟eau à échantillonner.
Ritchey (2002) montre dans la figure 2.12 la différence entre la purge traditionnelle et la purge à
faible débit.
La purge à faible débit évite de créer un grand rabattement de la nappe d‟eau. Cela a comme
avantage la non perturbation de l‟eau stagnante dans la colonne d‟eau et évite surtout de créer de
la turbidité au niveau de la crépine.
D‟autres auteurs déconseillent la purge traditionnelle des puits à échantillonner pour éviter les
risques de mélanger l‟eau provenant de la formation qu‟on veut échantillonner et analyser une
eau de l'aquifère mélangée avec les eaux provenant des zones en dessus/dessous de la crépine.
Cela crée la dilution de cette eau ou l‟intrusion de nouveaux constituants dans cette dernière. Ces
nouveaux éléments proviennent de zones lointaines et cela à travers les fissures par exemple
(Robin et Gillham 1987). Cela évite aussi d‟engendrer une turbidité et une surestimation de
certaines valeurs, particulièrement les concentrations des métaux (Puls et Paul 1995). Plusieurs
de ces solides sont immobilisés sous des conditions d‟écoulement naturel. Enfin, on évite un
possible assèchement de la crépine causant une agitation, aération et oxydation de l‟eau et
causant la précipitation de solides dûe à un changement de l‟équilibre chimique.
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Figure 2.12: Différences entre purge à faible débit (gauche) et la purge traditionnelle (Extrait de
Ritchey 2002)

Il existe une norme ASTM qui traite en détail de la purge à faible débit. Cette norme (ASTM D
6771-02) décrit la méthode pour purger et échantillonner les puits ainsi que les équipements
utilisés pour l‟investigation et le suivi de la qualité des eaux souterraines.
L‟objectif de cette norme est de fournir des directives pour la collecte d‟une eau souterraine qui
représente le mieux l‟eau in situ et fournit la meilleure approximation des concentrations des
matières à analyser présentes dans la phase dissoute, qu‟elles soient de natures organiques ou
inorganiques sous des conditions d‟écoulement ambiantes. Cette norme mets l‟emphase sur le
besoin de minimiser la resuspension des particules dans les puits et la mobilisation de ces
dernières ou contamination résiduelle provenant des formations avoisinantes. Cet objectif est
atteint à partir d‟un pompage à faible débit, contrôlé tout en maintenant un faible rabattement
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stabilisé pendant le pompage et un suivi particulier des indicateurs chimiques et paramètres à


stabiliser.
En allant plus en détail dans cette norme, on se rend compte que cette procédure n‟engendre pas
l‟extraction de grands volumes d‟eau. On observe que l‟eau qui se déplace dans les formations
géologiques circule aussi à travers la crépine. Dans les puits où l‟écoulement à travers la crépine
n‟est régi que par les contrastes de la conductivité hydraulique ou par l‟écoulement «ambiant»
minimal de l`eau souterraine, la différence de charge hydraulique induite par le pompage à faible
débit produit un échange d‟eau entre la formation et le puits. Les échantillons collectés pendant
cette purge à «faible débit» représentent l‟eau provenant de toute la zone crépinée. La chimie
quant à elle est une moyenne pondérée des concentrations des solutés dans l‟eau entrant dans la
crépine.
Quand l‟eau est purgée avec des faibles débits, cette dernière est directement extraite de la zone
crépinée avec une pompe péristaltique ou une pompe à vessie tout en minimisant les
perturbations au niveau de l‟eau stagnante en dessus de la crépine (dans le tuyau). Cela est
réalisable en pompant le puits avec un débit assez faible pour maintenir un rabattement minimal
de la colonne d‟eau du puits et en contrôlant la vitesse d‟entrée de l‟eau dans la crépine pour
éviter un régime d‟écoulement turbulent. Il n‟y a cependant pas de volume minimal nécessaire
pour purger un puits, on purge jusqu‟à stabilisation des paramètres. Les débits recommandés
varient entre 0.1 à 0.5 L/min. Il est cependant recommandé de pomper à débit constant sans
augmenter continuellement le rabattement du niveau d‟eau dans le puits et sans que le
rabattement n‟atteigne la crépine. La zone crépinée ne doit pas être asséchée (Ritchey, 2002).
Pour Barcelona (1985), il n‟y a pas de stratégie générale pour purger un puits avant de
l‟échantillonner. C‟est du cas par cas dépendamment des propriétés géologiques du médium et de
sa conductivité hydraulique, des paramètres de construction du puits, du débit de
pompage/échantillonnage souhaité et de la méthodologie d‟échantillonnage suivie. Le but d‟une
telle opération étant d‟établir une stratégie de purge afin d‟obtenir une eau souterraine
représentative du milieu étudié tout en veillant à ce que ni l‟écoulement régional ni la qualité de
l‟échantillon collecté ne soient perturbés. Aussi, le débit de purge doit être maintenu inférieur au
débit auquel le puits a été développé, sinon, des dommages au niveau du puits ainsi qu‟une
augmentation de la turbidité de l‟eau seront constatés. Dans les argiles par exemple, purger avec
un important débit peut mener à l‟assèchement du piézomètre et de la zone crépinée et à
38

l‟endommagement mécanique (rupture, fissuration) de l‟argile près de la lanterne. La bonne


connaissance de l‟hydraulique du puits reste le moyen le plus sur pour déterminer les débits et
volumes de purge.
Au point de vue pratique, certaines publications traitant de la datation d‟eau souterraine exposent
les méthodes utilisées par les auteurs pour effectuer leurs échantillonnages.
Ainsi, Gascoyne (2003) a comme objectif l‟obtention d‟échantillons et de mesures
représentatives de l‟eau souterraine in situ tout en prenant en considération les changements
causés par l‟activité de forage et d‟échantillonnage. L‟eau stagnante dans le tuyau du puits est
extraite en utilisant des méthodes qui dépendent du débit et de l‟installation du puits. Une pompe
à vessie d‟un débit allant de 0.25 à 1L/min est alors utilisée - une fois les paramètres de l‟eau
stabilisés – pour récupérer les échantillons. Dépendamment de la transmissivité, la durée de
l‟échantillonnage dure entre 1 et 10 semaines. L‟échantillonnage est effectué après le
décolmatage et le pompage du puits à partir de zones préalablement isolées par diverses
méthodes et notamment par le double obturateur (``packer``). Ce dernier est un obturateur de
caoutchouc posé dans un sondage pour isoler une section d'une formation quand on fait des essais
de production. Le ``packer`` isole une section choisie de la formation, et permet de mesurer les
caractéristiques de production de cette section.
Les zones avec des faibles perméabilités ne sont pas échantillonnées à cause de la difficulté de
transférer des petits volumes d‟eau à la surface de la difficulté de prévenir la dilution des
échantillons à la suite de fuites à travers l‟obturateur et aussi à cause de la difficulté de pomper de
l‟eau sous des conditions d‟intense rabattement.
Une fois les échantillons extraits, ils sont filtrés sous pression avec un filtre d‟acétyle-cellulose de
0.45 µm. Puis dépendamment du type d‟analyse à réaliser, un agent de conservation (acide
inorganique fort) est ajouté aux échantillons pour prévenir toute activité biologique, précipitation
ou absorption d‟espèces.
Gascoyne (2003) a échantillonné chaque puits pour les anions (F, Br, I, B et NO3), cations (Na,
K, Ca, Mg, Sr et Fe total) et les isotopes environnementaux (2H, 3H et 18
O). La fiabilité des
résultats hydrogéochimique est assurée par l‟usage des procédures standards décrites dans le
manuel d‟assurance de qualité (Ross et Gascoyne 1995), par l‟absence de contaminants
(contaminations dont l‟origine peut soit provenir de l‟opération de forage, du pompage, de
l‟échantillonnage et du transport et stockage) et par la balance des charges ioniques.
39

Pour Hendry et al. (2004), les piézomètres sont purgés 4 à 10 fois entre le moment du forage et la
campagne d‟échantillonnage. Des volumes allant de 4 à 18 fois le volume du tuyau (144L à
942L) sont extraits des piézomètres pour atteindre la stabilité des paramètres de l‟eau souterraine.
Dans les « shallow-dug wells », le pompage mécanique de l‟eau est chose courante. Les
échantillons obtenus sont parfaitement acceptables pour les analyses à effectuer car les échanges
avec l‟atmosphère sont minimisés. (Clark et Fritz, 1997)
Les pompes immergées sont aussi un bon moyen de pomper l‟eau des puits car elles fournissent
une pression positive sans entrer en contact avec l‟atmosphère.
Les systèmes à « pression positive » doivent être utilisés dans les investigations de CID, H2S, gaz
rares et méthane pour minimiser le dégazage avant l‟échantillonnage. Les pompes engendrant une
pression négative ont pour conséquence la perte du CO2 et d‟autres gaz dissous (de la solution) ce
qui affecte le pH, DIC, 13C et d‟autres isotopes.
Dans l‟article d`Alva et Paramasivam (1998), on compare le pH, la conductivité électrique et la
concentration de SO42-, K+ et Cl- dans 4 piézomètres avant de purger ces derniers et après
chacune des 5 purges effectuées. On constate une variation significative du pH après seulement
une purge, les autres 4 purges n‟ont pas beaucoup influencé la valeur du pH. La concentration de
Cl- est plus importante dans l‟eau stagnante (avant de purger). Le fait de purger plusieurs fois le
piézomètre ne modifie pas sa concentration. La concentration de SO42- ne change pas dans les 4
piézomètres. La variation de la concentration de K+ ne permet pas de voir l‟influence de la purge.
En effet, aucune tendance ne se dessine car les concentrations de cet ion varient indépendamment
du nombre de fois que le piézomètre a été purgé. Cela s‟explique par le fait que K ne subit pas de
transformations chimiques dans l‟eau souterraine pouvant influencer sa concentration. Les
changements significatifs surviennent après la première purge. Les pompages subséquents ont un
effet minimal sur les concentrations.
Aussi, deux méthodes sont utilisées par Cloutier (2004). Une méthode dite « méthode
d‟échantillonnage composite, une méthode conventionnelle qui consiste à pomper l‟eau de toute
section ouverte à l‟écoulement. Une seconde méthode est l‟échantillonnage multi niveau. Celle-ci
consiste à échantillonner plusieurs niveaux de puits ouverts au roc, afin d‟étudier les variations de
qualité d‟eau en fonction de la profondeur. Le principe de cette méthode est d‟isoler les niveaux à
échantillonner à la profondeur voulue à l‟aide d‟obturateurs.
40

Enfin, on peut résumer le protocole d‟échantillonnage de l‟eau souterraine par le tableau 2.2 ci-
dessous, adapté du guide pratique d‟échantillonnage des eaux souterraines de Barcelona (1985).
Notons que ce protocole a été adapté compte tenu de l'évolution des techniques depuis 25 ans et
de l'évolution de la compréhension des phénomènes et de l'évolution des techniques.

Tableau 2.2: Protocole simplifié d‟échantillonnage d‟eaux souterraines (adapté de Barcelona


1985)

Étape Objectif Recommandations

Mesures hydrauliques Déterminer le niveau d'eau statique Prendre le niveau d‟eau à ±0.3 cm

Retrait ou isolation de l‟eau stagnante dans le Pomper l‟eau jusqu‟à stabilisation


tuyau du piézomètre des paramètres à ±10% après le
Purge des puits
pompage

Collecte d‟échantillons Collecte d‟échantillons en minimisant les Le débit de pompage est limité à
perturbations de la chimie de l‟eau. 100mL/min pour les espèces
volatiles

Filtration/Préservation Permet de déterminer les constituants solubles. Filtrer pour analyser: Métaux,
Doit être effectué sur le site dès anions/cations inorganiques,
l‟échantillonnage. alcalinité

Ne pas filtrer: composés organiques


volatiles.

Détermination des Permet d‟éviter les erreurs causées par la Déterminer le pH, l‟alcalinité et la
valeurs in-situ manipulation, le transport et l‟entreposage des conductivité électrique sur le terrain
échantillons d'eau

Collecte d‟échantillons Ces blancs vont permettre de corriger Un échantillon blanc doit être pris
blancs analytiquement les résultats obtenus et altérés chaque jour pour chaque élément
suite au transport et à la manipulation sensible

Transport et entreposage La réfrigération et la conservation des Minimiser la durée de stockage


échantillons doit minimiser l‟altération chimique avant l‟analyse
41

On constate que chaque étape du processus a des objectifs spécifiques et que pour les atteindre,
plusieurs précautions et recommandations devront être suivies. Les deux protocoles
d‟échantillonnage de l‟eau souterraine dans le roc (aquifère) et dans l'argile (aquitard) ayant été
adoptés pour cette étude seront présentés dans la suite du document (Chapitre 4).

2.6 Extraction de l'eau interstitielle de l'argile


Un des premiers objectifs de cette thèse est d'obtenir un profil des concentrations des différents
anions, cations et isotopes présents dans l‟eau interstitielle de l‟argile en fonction de la
profondeur dans le dépôt d‟argile. Pour cela, il est nécessaire d‟extraire l‟eau interstitielle dans la
couche d‟argile afin de suivre l‟évolution de tous les paramètres géochimiques à partir de la
surface et ce jusqu‟au roc.
Toutefois, avant d‟aborder l‟extraction de l‟eau des argiles, il est important d‟exposer les
différents états de l‟eau dans les matériaux argileux.
Selon Meunier (2002), des essais effectués (analyses thermo pondérales) sur une montmorillonite
Na en cristallites et sur des particules comprises entre 0.10 et 0.35 μm montrent que lorsque ces
argiles sont chauffées, il y a des départs d‟eau à des températures différentes. Ainsi, dans un
système ouvert, les molécules d‟eau faiblement fixées sur les surfaces externes de l‟argile
s‟évaporent à 56.8oC alors qu‟il faut atteindre 191.5oC pour que les molécules d‟eau fortement
liées aux cations inter foliaires présents dans la structure des argiles soient libérées. Ces deux
eaux n‟ont donc pas le même statut thermodynamique
Chaque minéral argileux est presque toujours entouré par un film d‟eau adsorbée. Ce dernier est
maintenu à la surface des minéraux par les forces d‟attraction qui agissent entre les particules
d‟argile et les molécules d‟eau. Ce film d‟eau est constitué des molécules d‟eau et des cations
présents dans l‟eau des sols. Les forces d‟attraction sont fortes à la surface de l‟argile. Plus on
s‟éloigne de cette dernière, plus les forces d‟attraction diminuent et les molécules d‟eau
deviennent de plus en plus mobiles. À un certain point, les molécules d‟eau quittent le film d‟eau
adsorbée, elles se déplacent librement et constituent l‟eau libre.
Les publications dans ce domaine ne sont pas abondantes. Peu d‟articles traitent de cas précis et
ne donnent pas de normes ou des procédures à appliquer pour l‟extraction de l‟eau interstitielle de
sédiments argileux.
42

Dans l‟article d‟Ortega-Guerrero et al. (1997), l‟eau interstitielle est extraite en pressant l‟argile
avec une presse hydraulique. Le dispositif expérimental est décrit avec précision par Patterson et
al. (1978). Un volume de 150 mL d‟eau est ainsi obtenu à partir d‟un échantillon d‟argile. Une
seringue stérilisée est directement connectée au dispositif d‟extraction d‟eau pour éviter tout
contact de l‟eau avec l‟atmosphère. L‟eau obtenue est filtrée et acidifiée pour les analyses de
cations.
Une étude réalisée par l‟OCDE (2000) traite de l‟extraction d‟eau interstitielle à partir de roches
argileuses pour fins de caractérisation géochimique. En premier lieu, l‟emphase est mise sur le
système argile/eau. En effet, il existe une interaction entre différentes composantes du système:
Les minéraux argileux, les ions dissous, les molécules d‟eau et la matière organique. Des liaisons
chimiques de différentes forces et énergies sont créées entre toutes ces espèces. Lors de
l‟extraction de l‟eau, ces liaisons doivent être brisées et une réponse non linéaire du système ainsi
qu‟un fractionnement isotopique et chimique sont constatés. Cela est principalement dû à la
baisse de la teneur en eau dans l‟argile qui engendre le renforcement des liaisons chimiques et la
création de nouvelles liaisons. Aussi, la porosité réduite du système joue le rôle d‟un filtre et
donc ralentit ou accélère les mouvements des ions en fonction de leur rayons et charges.
L‟OCDE (2002) propose plusieurs techniques pour extraire l‟eau interstitielle selon les
conditions de l‟argile et des moyens disponibles. Les techniques de centrifugation, lixiviation,
compression (squeezing), distillation sous vide, distillation azéotropique et équilibration directe
sont proposées dans ce document. Le tableau 2.3 résume quelques propriétés de ces dernières.
On constate que toutes les techniques décrites dans le tableau 2.3 ont des points faibles qui
peuvent avoir d‟importantes conséquences sur les résultats des analyses et peuvent biaiser ces
dernières.
43

Tableau 2.3: Propriétés et artefacts des techniques courantes d‟extraction d‟eau interstitielle
(selon OCDE, 2000)

Pression
maximale
Technique Spécifications appliquée (MPa) Artefacts
Faible vitesse 2500
Oxydation de la solution
Centrifugation rpm 0,098
Haute vitesse 14000 Oxydation de la solution: Baisse de la
rpm 5,3 concentration avec extraction
Ultracentrifugation
(20000 rpm) + Danger de destruction de matière
déplacement de organique
solvant 2,3
Squeezing 5 MPa 5 Artefact petit ou indétectable
Petit ou undétectable jusqu'à 60-100 Mpa.
(compression) 70 MPa < 70 Quand la pression augmente
on remarque une augmentation et
552 MPa < 552 diminution des concentrations
Leaching Dissolution des minéraux; échange de
(Lessivage) Eau déionisée - cations avec l'argile
Complexes de haute Échange complet avec les cations
sélectivité - adsorbés
Extraction possiblement incomplète,
Sous vide 18
Distillation 980 valeurs O non-valides
Extraction possiblement incomplète, baisse
Azéotropique
980 systématique de la valeur du deutérium
Équilibration Avec CO2 - Équilibration incomplète possiblement,
directe Avec H2O - temps d'équilibre difficile à estimer

Dans l‟article de Bottcher et al. (1997), une nouvelle technique d‟extraction d‟eau interstitielle est
exposée. C‟est une technique de "squeezing" à haute pression atteignant 110 MPa. Malgré les
inconvénients de cette technique qui résident dans le fait que la méthode soit destructive et ne
permet d‟obtenir que des petits volumes d‟eau après l‟extraction, elle permet toutefois d‟obtenir
un échantillon d‟eau à partir de différents espaces lacunaires à différentes pressions. Aussi, on
obtient des volumes d‟eau provenant de pores rapprochés.
Les profils des concentrations de Ca2+, Mg2+ et Cd en fonction de la profondeur pour trois
pressions d‟extraction montrent clairement que plus cette dernière augmente (de 5 à 110 MPa)
plus la concentration des cations augmente dans l'eau récupérée. Le même constat est établi pour
Mn2+, K+, Na+, Al3+, Fe2+, et Zn. Ceci n‟est par contre pas le cas pour Cu2+ et Pb+.
L‟augmentation de la concentration de ces cations avec la pression d‟extraction est due à une
hausse de la pression partielle du CO2 (PCO2) pendant la compression. Le produit (H+) (HCO3-)
augmente directement avec (PCO2) engendrant une hausse de la concentration des cations
44

basiques. D‟un autre côté, le dégazage des échantillons pendant la préparation peut aussi
influencer le pH.
Pour Winger et al. (1997), les procédures d‟extraction de l‟eau interstitielle peuvent avoir une
influence sur la chimie de l‟eau et cela à cause des variations de température ou l‟oxydation des
sédiments (Murthy et Ferell, 1972). En effet, la hausse de température dans les sédiments
provoque l‟augmentation de la concentration des silices et du pH (Fanning et Pilson, 1971).
Troup et al. (1974) ont constaté que la concentration de fer dans l‟eau interstitielle est influencée
par l‟oxydation des sédiments durant l‟extraction. Bufflap et Allen (1995) ont étudié les résultats
d‟analyses d‟eau interstitielle provenant d‟un même sédiment mais en utilisant diverses
méthodes. Selon eux, l‟extraction à vide donnerait des résultats satisfaisants.
Sacchi et al. (2000) traitent des effets de quelques processus ainsi que leurs influences sur la
chimie de l‟eau interstitielle. En effet, la hausse de pression lors de la compression ou de la
centrifugation cause une diminution de la concentration de la solution extraite, la modification de
la solubilité de la phase solide et aussi un possible effet sur la composition isotopique de la
solution. Il n‟existe pour le moment aucun modèle théorique pour expliquer et corriger ces effets.
La diminution de la pression de l‟eau quant à elle, lors de l‟échantillonnage ou le
conditionnement, engendre le dégazage de la solution. Cela peut causer la précipitation des
carbonates et la réduction de la porosité.
L‟oxydation de la phase solide est engendrée par un mauvais échantillonnage ou conditionnement
ou aussi par la centrifugation, le lessivage et la compression si les opérations ne sont pas
conduites dans une atmosphère contrôlée. Cela cause une variation du pH de la solution, une
dissolution des carbonates, la modification de la stabilité des autres phases et un échange
cationique avec l‟argile et la matière organique. Il est cependant impossible de corriger cela
(Sacchi et al., 2000)
Le changement de température n‟engendre pas des conséquences s‟il est inférieur à 100C. Si la
variation est plus grande, la stabilité de la phase solide risque d‟être modifiée. Ces effets sont
réversibles si l‟échantillon est entreposé à la température originale (Sacchi et al., 2000).
L‟échange ionique peut apparaître dans toutes les techniques d‟extraction existantes. Cela se
traduit par un changement majeur de la composition de la solution et par la dissolution et la
précipitation de phase solide. On peut évaluer ce phénomène par une modélisation géochimique
et dans certains cas, on peut le corriger.
45

La dissolution et la précipitation des sels causent des changements majeurs dans la composition
de la solution et résultent en un échange cationique. La dissolution peut être évaluée si la
minéralogie de l‟argile est connue et la dissolution est estimée par une modélisation géochimique
et par une observation minéralogique de l‟échantillon sec.
Enfin, une extraction incomplète de l‟eau interstitielle résulte en un échantillon d‟eau non
représentatif de la composition isotopique et chimique de la solution. Il est difficile d‟estimer cela
sans une compréhension totale et approfondie du système argile/eau. On peut toutefois avoir
recourt à la modélisation pour corriger les isotopes stables.

2.7 Analyses isotopiques: Oxygène 18 et deutérium


La méthode de datation de l‟eau souterraine en utilisant le deutérium et l‟oxygène-18 est dite
13 14
méthode indirecte contrairement à la méthode directe avec les isotopes de carbone C et C.
Cette méthode est dite indirecte car elle ne permet pas de déterminer directement l‟âge d‟une eau.
En effet, cette méthode requiert des informations et outils additionnels pour fournir l‟âge d‟une
eau. On note parmi ces informations des échantillons de pluie, des études sur la minéralogie des
roches, des études climatiques et des âges de référence obtenus avec d‟autres méthodes. Le
18
deutérium et O sont les isotopes le plus souvent utilisés pour la datation des vieilles eaux
souterraines qui sont salines, profondes, provenant de nappes confinés et profondes et dont la
conductivité hydraulique est peu élevée (Kazemi et al., 2006).

La mesure de l‟abondance d‟un isotope nécessite un équipement sophistiqué de spectrométrie et


d‟une base de comparaison des résultats obtenus à partir de plusieurs laboratoires. Pour ce fait, un
ratio apparent est utilisé. Cela permet de surmonter toutes les difficultés et les sources d‟erreurs
associées aux machines et aux manipulations. Il suffit d‟avoir une mesure de référence et de
comparer cette dernière à celle de l‟échantillon à étudier.
La concentration isotopique est alors exprimée comme la différence entre le ratio mesuré de
l‟échantillon et celui de la référence, divisée par le ratio mesuré de la référence.
18
𝑂/ 16 𝑂 é𝑐𝑕𝑎𝑛𝑡𝑖𝑙𝑙𝑜𝑛
18
𝛿 𝑂é𝑐𝑕𝑎𝑛𝑡𝑖𝑙𝑙𝑜𝑛 = 18 16
. 1000‰ 𝑉𝑆𝑀𝑂𝑊 (1.9)
𝑂/ 𝑂 𝑟é𝑓é𝑟𝑒𝑛𝑐𝑒
46

VSMOW: Vienna standard mean ocean water


En 1961, Graig introduit le SMOW comme étant l‟unité standard pour mesurer le δ 18O et le δ 2H
dans l‟eau. Cette unité a été calibrée à partir du contenu isotopique du NBS-1, un échantillon
d‟eau provenant de la rivière Potomac.

 18O   18O 
 16   1.008   16   (1993.4  2.5).10 6
 O  SMOW  O  NBS 1
(1.10)
 2H   2H 
 1   1.050   1   (158  2).10 6
 H  SMOW  H  NBS 1

A partir de cela, l‟IAEA (Association internationale de l‟énergie atomique) a préparé une eau
standard à partir d‟eau de mer distillée modifiée pour avoir une composition isotopique semblable
à celle de SMOW et nommée VSMOW.

 18O 
 16   (2005.2  0.45).10 6
 O VSMOW
(1.11)
 2H 
 1   (155.76  0.05).10 6
 H VSMOW

Les isotopes 2H et 18
O se démarquent par rapport à d‟autres isotopes car ils sont considérés non
réactifs. Chaque région connaît plusieurs cycles saisonniers de précipitations dont la signature en
2
H et 18O est unique, aussi, on connait la signature en isotopes d‟eaux datant d‟aires géologiques
différentes. La conservation des isotopes permet de retrouver ces signatures dans l‟eau
souterraine et de retracer l‟origine et estimer l‟âge de ces dernières. En effet, certaines eaux ont
des signatures en deutérium connues qui ont souvent été évoquées dans la littérature. Rozanski
(1985) a démontré que pour les anciennes eaux souterraines européennes ont un déficit en
deutérium de 12% par rapport aux eaux modernes infiltrées. Kazemi et al. (2006) ont aussi
montré à partir d'analyses de carottes glaciaires que les valeurs du deutérium et de l'oxygène 18
pendant les cycles de glaciation-déglaciation oscillaient respectivement entre -480‰ et -440‰ et
entre 0‰ et 1‰.
En général, il a été constaté que les eaux souterraines du Pléistocène sont isotopiquement plus
légères que les eaux de l'Holocène et les eaux modernes.
47

La composition isotopique de l‟eau est donc une fonction de l‟origine de cette dernière et de son
historique (mélanges d'eaux). Les eaux de précipitation se sont généralement constituées au
dessus des océans dont l‟eau a une composition isotopique différente de celle des pluies et des
neiges. Les précipitations se sont par la suite mélangées avec les eaux de surface et les eaux
souterraines.
Plusieurs facteurs peuvent avoir une influence sur la composition isotopique des eaux. Ainsi, les
signatures des eaux de pluie peuvent être différentes d‟une région à l‟autre à cause de plusieurs
facteurs. On cite notamment:
1. L‟effet continental: plus on s‟éloigne de la mer, plus l‟eau de pluie est appauvrie en
deutérium
18
2. L„effet de l‟élévation: l‟eau de pluie est plus appauvrie en isotopes O quand
l‟élévation par rapport au niveau de la mer augmente.
3. L‟effet de la latitude: les eaux météoriques dans les régions de haute latitude sont plus
appauvries en isotope 18O
18
4. Quantité de pluie: plus les pluies sont rares, plus la quantité de O est importante.
Dans les zones où les précipitations sont faibles, on retrouve des valeurs élevées de
18
O.
Quand les précipitations se déplacent loin de l‟équateur dans la direction de plus hautes latitudes,
les isotopes (dits lourds) sont perdus dans un processus dit de fractionnement (Craig 1961). En
Amérique du Nord, l‟effet de la latitude sur δ18O est de -0.5 ‰ / degré et entre -0.15 et -0.5
‰/100m d‟élévation pour l‟altitude (Gat 1980).
18
Les isotopes O et 2H sont des moyens recommandés pour estimer l‟âge et l‟origine de l‟eau
souterraine. En effet, ces isotopes ne sont que très peu affectés par les réactions géochimiques qui
se produisent au niveau des systèmes souterrains à basse température. Néanmoins, plusieurs
facteurs peuvent influencer les valeurs obtenues de δ18O et δ2H comme les variations saisonnières
de température (figure 2.14), la déshydratation des argiles et des silicates, l‟échange de H2S et les
échanges géothermiques avec les roches calcaires (Figure 2.13). Aussi, les processus de
condensation et d‟évaporation responsables de la formation des précipitations engendrent une
baisse des valeurs de δ18O et δ2H par rapport à leur valeur dans l‟eau de mer. On ne retrouvera
donc pas les mêmes valeurs dans l‟eau de mer et l‟eau de pluie.
48

Figure 2.13: Causes de la variation du rapport δ2H sur δ18O (Extrait de Kresic 2007)

Figure 2.14: Variation annuelles et saisonnières de δ18O (Extrait de Kresic 2007)


49

A partir des résultats d‟analyses effectuées sur plusieurs échantillons d‟eau, la relation entre 2H et
18
O dans des échantillons d‟eau de pluie a été établie. Elle a été définie par Craig (1961) par la
relation suivante:

 2 H  8 18O  10 (1.12)

Cette ligne déterminée par Craig est communément appelée ``Global Meteoric Water Line``
(GMWL). La pente de cette dernière ainsi que l‟intersection avec l‟axe y, aussi appelé excès de
deutérium, varient en fonction de la géographie (latitude, élévation,...).

De ce fait, on a déterminé des lignes d‟eau météoriques à des échelles locales, ``Local Meteoric
Water Line`` (LMWL), pour déterminer la ligne d‟eau météorique. On note à titre d‟exemple la
relation développée par Fritz et al. (1987) pour la région d‟Ottawa.

 2 H  7.63 18O  6.53 (1.13)

et celle développée par Desaulniers (1981) pour la région de Simcoe en Ontario

 2 H  7.5 18O  12.6 (1.14)

Les points qui se situent en dehors de ces droites indiquent que les eaux ont été affectées par une
condensation ou une évaporation non équilibrée, par un échange à haute température (>50oC)
avec les minéraux, ou ont été mélangées avec des eaux d‟origine non météoriques

Durant la période du Pléistocène, l‟eau de l‟océan Atlantique nord avait une signature en δ18O
d‟environ 0‰ (Broecker, 1974). Aussi, l‟eau douce introduite dans la mer Champlain était un
mélange d‟eau de fonte de neige et d‟eau météorique. Il est donc logique que sa composition en
δ18O soit inférieure aux valeurs (-25‰ à -40‰) trouvées dans l‟eau de fonte des glaciers (Hooke
et Clausen, 1982). Hillaire-Marcel et Pagé (1983) ont estimé la teneur en δ18O de l‟eau douce
dans le lac Deschaillons à -16‰. Sachant que ce dernier était en contact avec la marge glaciaire
comme il l‟était aussi avec la mer Champlain, la valeur de -16‰ peut être une bonne estimation
de ce qu‟aurait pu être la teneur en δ18O de l‟eau douce qui a alimenté la mer Champlain
(Hillaire-Marcel et Pagé 1983). Les eaux douces qui se sont déversées dans la mer Champlain
sont donc un mélange d‟eaux météoriques datant du pléistocène (-8‰ à -12‰) et des eaux de
50

fonte glace (-25‰ à -40‰). A partir de ces données, on peut estimer la signature des δ18O dans
la mer Champlain comme suit: puisque les eaux de la mer Champlain sont un mélange de 33%
d‟eau de mer (0‰) et de 67% d‟eau douce (-16‰), on peut dire que la teneur en δ18O dans la mer
Champlain est estimée à -10.4‰.
Au Québec, les valeurs de δ18O ont été investiguées dans plusieurs études. Les valeurs actuelles
trouvées dans les eaux météoriques (précipitations et neige) varient entre -8 et -12 ‰. A
Varennes, la composition de l‟eau souterraine provenant d‟un aquitard d‟argile varie entre -9.5 et
-10.5 ‰ ce qui coïncide avec les valeurs de cet isotope dans l‟eau météorique de la région de
Montréal (Desaulniers, 1988). Les valeurs trouvées en Ontario sont assez similaires. En effet,
Quigley (1980) publia des valeurs de 18O dans la région de Hawkesbury (Ontario) variant entre -9
et -11 ‰.
La ligne de Graig (1961) ainsi que les LMWL permettent de trouver la relation entre δ 2H et δ18O
dans une eau de pluie. Quand on analyse une eau souterraine, l‟origine de cette dernière n‟est pas
nécessairement météorique à 100%: elle peut provenir d‟eau de ruissèlement qui est un mélange
d‟eau de pluie, de fonte de neige et d‟eau de surface ou de plusieurs autres origines. L‟eau
souterraine aura alors une signature isotopique différente des eaux de pluie. Rose et al. (1997) ont
traité cette problématique. En effet, ils ont démontré que dans les retenues d‟eau et notamment les
lacs, l‟effet d‟évaporation est accentué. Le processus d‟évaporation est caractérisé par un effet de
séparation isotopique dynamique. Une relation linéaire entre δ2H et δ18O est toujours observée
mais la pente varie entre 2 et 5.5 alors que pour les eaux de pluie, cette pente varie généralement
entre 7 et 9. Cette pente reflète le taux de séparation de vapeur et l‟échange isotopique avec la
vapeur d‟eau présente dans l‟atmosphère et est dépendante de l‟humidité relative (Graig et al.
1963). L‟intersection de cette ligne des eaux de surface avec la ligne de Graig donne la valeur
isotopique initiale de l‟eau avant le début de l‟évaporation. Pour les eaux souterraines, cette
même étude a révélé que les valeurs de δ2H et δ18O se situent à droite de la GMWL, ce qui encore
une fois prouve que l‟évaporation des eaux de pluie influence les signatures isotopiques des eaux.
Desaulniers et al. (1981) ont montré dans une étude menée sur une couche de till d‟origine
glaciaire et une couche d‟argile la variation de δ18O en fonction de la profondeur. Le contenu en
δ18O se situe entre -9 et -10 ‰ VSMOW pour les eaux peu profondes, ce qui est semblable à la
teneur en δ18O dans l‟eau de pluie de la région étudiée. Pour des échantillons plus profonds, cette
valeur oscille entre -14 et -17 ‰. On constate donc une diminution régulière du profil de δ18O en
51

fonction de la profondeur dans le dépôt d‟argile. Cela est peut être dû au fait que cette eau
« profonde » ne proviendrait pas des précipitations mais serait de l‟eau interstitielle datant de
milliers d‟années et que ces eaux profondes seraient originaires de conditions climatiques plus
froides.
Pour Cloutier et al. (2004), les valeurs en deutérium et δ18O dans les roches sédimentaires de la
région des Basses Laurentides révèlent que pour les 146 piézomètres échantillonnés, ces
dernières se situent autour de la ligne d‟eau météorique locale. Les eaux extraites des piézomètres
ont la même signature en deutérium et δ18O que les précipitations de la région d‟Ottawa. Aussi,
les eaux provenant de formations géologiques confinées et non confinées ont le même contenu en
deutérium et δ18O. Cela conduit à supposer que l‟origine de ces eaux souterraines est identique.
Woodley (1996) a effectué des analyses isotopiques dans des dépôts de la Mer Champlain. La
composition isotopique des argiles marines et varvées laisse penser que ce sont des eaux
météoriques qui se sont infiltrées à partir de la surface pour atteindre le socle rocheux. Séguin
(1995) a conclu à partir des teneurs en δ18O versus TDS, que les eaux présentes dans les argiles
marines étaient un mélange d‟eau météorique et d‟eau de mer diluée. A partir de ces deux
constats et des données de terrain, il a été conclu que le mélange et le lessivage par les eaux
météoriques se produit à travers toute la couche d‟argile du haut vers le bas. La dilution et le
déplacement de l‟eau interstitielle de l‟argile durerait d‟une manière continue depuis la formation
de la mer Champlain.
Enfin, dans une étude de till argileux dans le Wisconsin, Bradbury (1985) a constaté que les
valeurs en δ18O diminuaient en fonction de la profondeur. Les signatures de l‟eau recueillie à des
profondeurs de 15 m et 22 m sont identiques à celles observées dans les eaux de pluie il y a 10
000 ans. Donc, l‟eau présente à ces profondeurs est restée emprisonnée dans le till depuis la
période post-glaciale et n‟a pas été mélangée avec des eaux infiltrées à partir de la surface.

2.8 Datation des eaux souterraines avec le Carbonne 14


Le carbone 14 (14C) diffère du carbone 12 (12C) par la présence de deux neutrons supplémentaires
dans son noyau. Il a été formé dans l‟atmosphère à la suite d‟essais de bombes atomiques et de
bombardements cosmiques des gaz atmosphériques et dans le sol par l‟activation de neutrons
d‟azote ou par la capture de neutrons d‟oxygène à la suite de fission spontanée d‟uranium et
d‟autres éléments.
52

14
Le C est introduit dans les eaux souterraines à la suite de processus biologiques. En effet, le
CO2 produit par les plantes et par la décomposition de matières organiques est dissout dans l‟eau
et est incorporé en carbone inorganique dissous (CID). Tout au long du chemin d‟écoulement des
eaux souterraines, la concentration du 14C diminue par le principe de la désintégration radioactive
à la suite de dilution ou de mécanismes géochimiques (Clark et Fritz, 1997)
14
Le C atmosphérique est dissout dans l‟eau de pluie de percolation avant de rejoindre la nappe
d‟eau souterraine. Une fois cette dernière atteinte, 14C commence sa décomposition en azote:

14
6 147 N   
C (1.15)

14 14
La datation avec le C est basée sur la mesure de la perte du radionucléide parent du C. Pour
cela, deux hypothèses sont émises:

 La concentration initiale de ce parent est connue et est restée constante pendant les années
passées.

 Le système est fermé à tout gain ou perte de parent excepté par désintégration radioactive.

Si ces deux hypothèses sont vérifiées, on a (Clark et Fritz, 1997):

at  a0 e t (1.16)

Avec:

at: Activité observée ou mesurée

a0: Activité initiale (à t=0) du nucléide parent

λ: Constante de désintégration (λ=1n2/t½). Pour le 14C, t½=5730 ans (Clark et Fritz, 1997)

À partir de ces données, on peut trouver l‟âge de l‟eau par la formule suivante:

 a 14C 
t  8267. ln  t 14  (1.17)
 a0 C 

14
Même si les eaux de pluie contiennent du CO2 provenant de l‟atmosphère, c‟est le sol qui est
l‟origine du 14C présent dans les eaux souterraines. Le 14C atmosphérique rejoint les végétaux par
53

photosynthèse et se retrouve ensuite dans le sol après décomposition des plantes ou par la
respiration des racines.

Si la teneur en 14C présente dans le sol reste constante tout au long du chemin d‟écoulement des
eaux souterraines, sans dilution, sa désintégration peut être utilisée pour le calcul de l‟âge de
l‟eau. Si ce n‟est pas le cas comme dans la plupart des situations, on doit prendre en considération
la dilution ainsi que plusieurs autres réactions géochimiques et notamment la dissolution de la
calcite et de la dolomite, les échanges avec la matrice de l‟aquifère, l‟oxydation de vieille matière
organique présente dans l‟aquifère et enfin la diffusion du 14C dans la matrice de l‟aquifère. Une
correction est faite en cas de dilution du 14C. Un facteur de dilution q est calculé pour chacun des
cas cités précédemment. L‟équation (1.17) devient donc:

 a 14C 
t  8267. ln  t 14  (1.18)
 q  a0 C 

Plusieurs modèles ont été proposés pour déterminer le facteur de dilution q. Ainsi, pour la
dilution par dissolution de carbonates, la méthode de correction statistique (Vogel 1970; Bajjali et
al. 1997), le modèle de correction d‟alcalinité (Tamers 1975; Clark et Fritz 1997), le modèle de
mélange du δ13C (Pearson 1965) et le modèle d‟échange matriciel (Clark et Fritz 1997) ont été
proposés pour déterminer la valeur de q.

En plus de la dilution par dissolution de carbonates, on doit calculer un facteur de dilution q pour
corriger contre les effets de la sulfatoréduction (Clark et Fritz 1997), contre les effets de la
méthanogènése (Clark et Fritz 1997), contre l‟incorporation du CO2 géogénique et enfin pour
14
corriger les effets de la diffusion matricielle du C. Une fois ces différents facteurs de dilution
calculés, on obtient le facteur de dilution total en additionnant tous les facteurs de dilution
calculés auparavant.

En plus des ajustements nécessaires à cause de la dilution, d‟autres difficultés sont associées avec
la datation des eaux souterraines avec le 14C.
14
1. Valeur initiale: Depuis sa production et jusqu‟à son arrivée à l‟eau souterraine, le C
présent dans l‟eau pluviale est modifié à la suite de plusieurs processus. On note la
14
production du C par les rayons cosmiques, par les tests thermonucléaires, par la
54

combustion de combustibles fossiles, par l‟influence des plantes et arbres suite à la


photosynthèse et enfin par l‟influence du sol.

Cette série de processus rend la datation de l‟eau un exercice délicat. La valeur initiale a o
peut donc varier entre 75 pmC et 200 pmC. Idéalement, cette valeur est déterminée en
14
mesurant la concentration en C d‟une eau sans tritium provenant d‟une zone amont à
celle testée, et qui date d‟avant 1950, c'est-à-dire avant les premiers essais d‟armes
nucléaires. (Kazemi et al. 2006)
14
2. C modifie les réactions géochimiques: En effet, l‟ajout de carbone sans aucune activité
de 14C à l‟eau souterraine résulte en une diminution du ratio de 14C dans l‟échantillon. Ce
carbone provient de la dissolution congruente des minéraux de carbonate. Aussi, 14C peut
être éliminé par la dissolution de carbonates ou de minéraux contenant du calcium
accompagnés de la précipitation de calcite. L‟addition de carbone « mort » suite à
l‟oxydation de matières organiques, sulfatoréduction ou méthanogène peut aussi causer
14
une réduction de l‟activité du C. Enfin, et comme c‟est le cas pour les eaux
géothermales où la température est haute, un possible échange isotopique impliquant le
14
CO2 peut aussi être responsable de la diminution de l‟activité du C (Domenico et
Schwartz, 1990)

3. Impact de la diffusion: Sanford (1997) a mis au point une équation pour corriger l‟âge de
l‟eau à la suite de la diffusion. Ainsi, le transport du 14C est affecté par la diffusion qui se
produit soit d‟un aquifère perméable vers une couche confinée où d‟une zone
d‟écoulement (fracture) vers une zone de stagnation (matrice de roche). L‟âge corrigé est
obtenu comme suit:

 k 
tc  tu  `  (1.19)
k k 

Où, tc, tu, k et k` sont le temps corrigé, le temps non corrigé, la constante de désintégration et le
coefficient de diffusion. Le ratio k`/k varie entre 0.0001 et 1000 et dépend de l‟épaisseur de la
zone d‟écoulement et des zones de stagnation.

4. Demi période: Deux corrections sont à faire. La première concerne la demi période du
14
C, une correction de cette valeur de 5730 ans à 5568 ans (Libby 1946) s‟impose. La
55

seconde consiste dans le fait de donner l‟âge pré-1950, une courbe de calibration est alors
nécessaire.
14
La méthode de datation des eaux souterraines par le C est complexe et nécessite plusieurs
ajustements pour calculer les âges des eaux souterraines. Le tableau 2.4 ci-dessous résume
d‟autres avantages et inconvénients de la datation avec le 14C.

Tableau 2.4: Avantages et inconvénients de la méthode de datation au 14C (modifié de Kazemi et


al. 2006)

Avantages Inconvénients

Ancienne méthode donc beaucoup de Difficile de déterminer la valeur initiale


recherche faite dans cette discipline correctement du aux difficultés vues
précédemment.
Les protocoles d‟échantillonnage et
d‟analyse sont assez répandus ce qui les rend Plusieurs réactions modifient la
14
de plus en plus accessibles et pas chers concentration du C. Difficile de cerner
entièrement la problématique.
Seule méthode pour dater les vielles eaux
14
tout en donnant une idée de l‟âge des eaux La méthode du C est souvent décrite
se situant entre les eaux « jeunes » et « très comme étant une technique semi
vieilles » quantitative.

Les déficiences, les faiblesses et les points Méthode d'analyse coûteuse


forts sont connus

Théoriquement, l‟ensemble des corrections présentées dans ce chapitre permet d‟obtenir un âge
de l‟eau souterraine proche de son âge réel. Par contre, d‟un point de vue pratique, la prise en
compte de ces corrections nécessite la réalisation de plusieurs analyses chimiques pouvant être
très coûteuses. Aussi, il faut avoir une bonne connaissance des processus géochimiques qui ont
eu lieu et qui ont lieu tout au long du chemin d‟écoulement. On verra plus tard la méthodologie
appliquée pour corriger l‟âge des eaux souterraines obtenues avec la méthode du 14C.
56

2.9 Caractérisation des aquitards


Les aquitards sont des formations géologiques caractérisées par une faible conductivité
hydraulique k. Ces dépôts sont généralement épais et continus. Ils jouent un important rôle dans
la protection des ressources d‟eau souterraine. En effet, les aquitards restreignent l‟écoulement de
l‟eau souterraine vers les aquifères adjacents caractérisés par une conductivité hydraulique élevée
et aident à protéger ces derniers de toute forme de contamination. C‟est pour ces raisons que la
présence ou l‟absence d‟aquitards et le degré avec lequel ces derniers freinent la circulation de
l‟eau souterraine vers les aquifères adjacents est critique pour déterminer la susceptibilité d‟un
aquifère aux différents types de contaminations.
La planification et la gestion des ressources hydriques sont basées sur les modèles développés
mais en prenant en compte toutes les incertitudes associées à ces derniers. Il est même préconisé
dans plusieurs cas l‟utilisation de modèles mathématiques pour l‟évaluation des aquitards. Ces
modèles sont la base de la quantification de l‟écoulement de l‟eau souterraine ainsi que la
migration des contaminants. Les modèles mathématiques donnent ainsi une idée sur les
événements futurs et sur la probabilité de contamination des aquifères. Cependant, si le modèle
conceptuel est faux, biaisé ou erroné, le résultat du modèle mathématique ne sera pas fiable.

L‟évaluation et l‟étude du système aquifère/aquitard nécessitent le traitement des trois axes


suivants USEPA (1993):

 La géologie de l‟aquitard (lithologie et stratigraphie)

 Le système d‟écoulement de l‟eau souterraine


 La migration des contaminants
Lors de l‟évaluation des aquitards et aquifères, il faut d‟abord identifier les diverses hypothèses et
modèles pour les conditions hydrogéologiques et cela dès le début du projet. Ensuite, et à fur et à
mesure de l‟avancement des travaux et de l‟acquisition des premières données (au laboratoire
et/ou in situ), des hypothèses sont éliminées. Si les données obtenues sont insuffisantes, alors
certaines hypothèses émises devront être retenues pour élucider les incertitudes. Ensuite, il faut:
 Compiler et utiliser les données existantes provenant d‟études antérieurs réalisées sur le
site en question (cartes, logs de forage, géologie)
57

 Définir un modèle conceptuel de la géologie de l‟aquitard et définir la lithologie et la


stratigraphie des unités géologiques composant d‟une part l‟aquitard et d‟autre part
l‟aquifère.
 Mettre au point des cartes préliminaires de l‟aquitard où figurent les épaisseurs et les
frontières.
 Combiner le modèle conceptuel géologique avec les données hydrauliques afin de
développer un modèle d‟écoulement des eaux souterraines
 Déterminer l‟importance locale et régionale de l‟aquitard et son probable rôle dans
l‟écoulement souterrain. Il faudra tenir en compte l‟aquifère et le système
aquifère/aquitard au complet.
 Développer un modèle conceptuel de transport des contaminants étudiés. Pour cela, il faut
estimer les vitesses d‟écoulement à travers l‟aquitard avec des simples équations
(Darcy,…). Ensuite, il faut calculer et/ou estimer le temps de résidence des contaminants
étudiés en se basant sur les paramètres de retard et diffusion.
 Dans les forages existants, échantillonner pour les isotopes et pour les éléments chimiques
pour évaluer le transport à travers l‟aquitard.
 Évaluer l‟importance de la présence ou absence de chemins d‟écoulements préférentiels
(fissures, banc de sable, gravier) pour le transport des contaminants.
 Conduire des investigations et des essais in situ
 Préparer une mise à jour détaillée des données et des analyses effectuées en se basant sur
les nouvelles données et en y incluant les corrélations stratigraphiques, l‟analyse de
l‟épaisseur de l‟aquitard et de ses propriétés hydrauliques.
 Mettre à jour et affiner le modèle d‟écoulement avec les nouvelles informations
 Receuillir et analyser les échantillons d‟eau pour les constituants chimiques, isotopiques
et parfois biologiques
 Mettre à jour et affiner le modèle de transport de contaminants
 Construire et calibrer les modèles numériques d‟écoulement souterrain à différentes
échelles.
 Construire un modèle de transport de contaminant qui inclut les processus de transport et
d‟atténuation (retardation, dilution,…)
 Utiliser les modèles pour simuler les conditions futures, les processus et les impacts.
58

L‟AWWA (2006) recommande l‟utilisation de modèles analytiques et numériques d‟écoulement


souterrain et de transport de contaminants comme outils d‟évaluation des données dans la plupart
des évaluations d‟aquitards. Cela permet d‟intégrer les informations obtenues lors de l‟étude de
l‟aquitard dans le contexte d‟un système d‟écoulement et d‟hétérogénéités spatiales.
Aussi, elle recommande de définir les aquitards par leurs conductivités hydrauliques et non pas
par leur stratigraphie ou leur lithologie. De plus, il est recommandé de mesurer les charges
hydrauliques dans un aquitard à trois différentes profondeurs pour y définir le sens d‟écoulement
des eaux et caractériser l‟aquitard. Dans toute étude d‟aquitard, il est aussi suggéré de faire des
analyses pour les traceurs environnementaux et notamment pour les chlorures Cl-, l' oxygène-18
et le deutérium. Les analyses de ces constituants chimiques et isotopiques aux différentes
profondeurs de l‟aquitard et dans l‟aquifère sous jacent aident à poser un diagnostic quant aux
mouvements de l‟eau et des contaminants.
Dans la littérature scientifique existante, les aquitards sont traités d‟une manière simplifiée: on les
présente comme étant des unités géologiques épaisses, uniformes, continues et horizontales alors
que beaucoup d‟études ont démontré que les aquitards sont caractérisés par une grande variabilité
spatiale dans la lithologie et l‟épaisseur et contiennent souvent des fractures, des macropores et
autres hétérogénéités qui influencent la migration des contaminants.
Aussi, on constate que les informations les plus pertinentes dont on dispose concernant les
aquitards proviennent généralement des données internes et notamment des mesures des charges
hydrauliques et des échantillonnages d‟eau provenant des piézomètres dans l‟aquitard. Notons
que la conductivité hydraulique verticale et la porosité effective de l‟aquitard sont des paramètres
nécessaires pour prédire le mouvement des contaminants.
Les mesures externes quant à elles, et notamment les charges hydrauliques relevées dans les
aquifères avoisinant l‟aquitard, ne fournissent que des preuves indirectes pour caractériser les
performances de l‟aquitard.
De plus, les aquitards avec plus de 10 à 15% (par masse) de particules argileuses agissent
hydrogéologiquement, d‟une manière similaire aux unités argileuses. Dans les aquitards argileux,
les petits pores entre les particules (faible perméabilité de la matrice) limitent le mouvement des
fluides à travers la couche même si les gradients hydrauliques appliqués sont importants. Dans ce
type d‟aquitards, l‟âge de l‟eau souterraine, estimé par le calcul de la vitesse d‟écoulement ainsi
59

que par des indicateurs isotopiques, est dans l‟ordre de milliers d‟années. La migration des
contaminants dissous est gouvernée par la diffusion moléculaire causée par les gradients de
concentration des contaminants. Cette migration peut se produire dans une échelle temporelle
variant entre 1000 à 10000 ans.
Enfin, les chemins d‟écoulement préférentiels dans les aquitards causés par les fractures, les
racines de plantes,… diminuent l‟intégrité de plusieurs aquitards car la vitesse de migration à
travers ces fractures est de plusieurs ordres de grandeur plus importante que dans la matrice.
L‟origine géologique de l‟aquitard et l‟histoire post-dépositionelle sont d‟importants indicateurs
de l‟intégrité de l‟aquitard sur son épaisseur.

2.10 Études hydrogéologiques et géotechniques antérieurs du site


Des études géotechniques ont été menées sur le site de BFI-Lachenaie dans le cadre des projets
d‟extension du site d‟enfouissement. En se basant sur la distribution des indices des vides
initiaux, on distingue deux couches d‟argile. Une couche dite supérieure qui s‟étend de la surface
à une élévation de +5m et une couche dite inférieure comprise entre l‟élévation +5m et la couche
de till.

Les essais d‟identification menés sur ces deux couches d‟argile ont permis d‟obtenir les résultats
suivants présentés dans le tableau 2-5.

On constate que les teneurs en eau naturelles ainsi que les limites de liquidité et de plasticité
diminuent dans la couche d‟argile inférieure. Cela est associé à une augmentation du poids
volumique.

Les analyses sédimentométriques réalisées sur les deux couches montrent un passant de 100% à
80μm et une teneur en argile (<2μm) entre 50% et 70%.
60

Tableau 2.5: Propriétés mécaniques de l‟argile dans le site BFI-Lachenaie (GSI, 2003)

Couche d'argile supérieure Couche d'argile inférieure

Moyenne Minimum Maximum Moyenne Minimum Maximum

Teneur en eau, w (%) 65 54 70 56 47 60


Limite de liquidité, wL (%) 64 52 73 57 51 60

Limite de plasticité, wP (%) 27 24 30 28 23 30

Indice de plasticité, Ip 37 28 43 29 23 30

Indice de liquidité, IL 1,0 0,9 1,2 1,0 0,9 1,0


Poids volumique saturé, kN/m3 16,1 15,8 16,6 16,7 16,2 17,2

Des essais de résistance au cône suédois indiquent que la résistance est nettement supérieure dans
la couche inférieure. En effet, on trouve des valeurs comprises entre 61 et 94 kPa dans la couche
inférieure alors qu‟elles sont comprises entre 27 et 87 kPa dans la couche supérieure. Ces argiles
sont cataloguées comme étant fermes à raides. Ces argiles sont sensibles: leur sensibilité St varie
entre 19 et 32.

Les essais de consolidation œdométrique ont permis de dire que l‟argile est surconsolidée dans
les deux couches. En effet, des pressions de préconsolidation variant entre 180 kPa et 250 kPa
dans la couche supérieure et variant entre 245 kPa et 350 kPa dans la couche inférieure sont
déterminées à partir des courbes de consolidation. Au-delà de la pression de préconsolidation, Cc
est très élevé dans la couche supérieure et est compris entre 1,37 et 1,94 alors que dans la couche
inférieure, il ne dépasse pas 1,05. Enfin, le rapport Cu/ζ`p est respectivement de 0,23 et 0,24 dans
la couche supérieure et inférieure de l‟argile.

2.10.1 Conductivités hydrauliques du till et de l’argile

Afin de déterminer la conductivité hydraulique du till et de l‟argile, des essais de perméabilité ont
été réalisés in situ et au laboratoire sur des cellules triaxiales et œdométriques.
61

Tableau 2.6: Conductivité hydraulique in situ dans le till et l‟argile (d‟après GSI, 2001)

Argile Till
Forage k (cm/s) Forage k (cm/s)
A-1 6,30E-07 F 00-1
A-2 8,80E-07 F 00-2 1,30E-06
A-3 2,50E-07 F 00-3
A-4 2,10E-07 F 00-4 3,30E-06
A-5 1,00E-07 F 00-5 2,70E-06
A-6 7,10E-08 F 00-6 1,20E-06
A-7 6,70E-08 F 00-7 2,80E-06
A-8 1,20E-07 F 00-8 2,20E-06
A-9 8,40E-08 F 00-9 2,40E-06
A-10 1,40E-07 F 00-10 3,10E-06
A-11 1,60E-07 F 00-11 2,70E-06
A-12 7,00E-08 F 00-13 2,20E-06
A-13 1,50E-07 Max. 3,30E-06
A-14 3,70E-07 Min. 1,20E-06
A-15 1,50E-07 Moy. 2,39E-06
Max. 8,80E-07
Min. 6,70E-08
Moy. 2,30E-07

On constate que dans l‟argile, la conductivité hydraulique moyenne est de 2,30.10-7 cm/s avec
une valeur maximale de 8,80.10-7 cm/s et une valeur minimale de 6,70.10-8 cm/s. Les essais de
perméabilité au laboratoire sur des échantillons d‟argile intacte montrent qu‟on obtient des
résultats semblables avec les cellules triaxiales.

Dans le till, les essais in situ montrent que la conductivité hydraulique moyenne est 2,39.10-6
cm/s. Avec un maximum de 3,3.10-6 cm/s et un minimum de 1,3.10-6 cm/s, la conductivité
hydraulique de la strate de till est trop faible pour que le till soit considéré comme un aquifère.

2.10.2 Eaux interstitielles de l’argile et du till


Dans le cadre de l‟étude réalisée par la firme GSI (2003), des échantillons d‟eau prélevés dans la
nappe de till ainsi que des échantillons d‟eau interstitielle d‟argile ont été analysés. L‟analyse de
l‟eau dans le till révèle la présence d‟eaux dures et impropres à la consommation vu la teneur très
élevée des ions chlorures et sodium. Aussi, on note l‟importante conductivité électrique de l‟eau
62

vu la présence de sels dissous et enfin, on constate la présence significative d‟azote ammoniacal,


de baryum et de fer.

En ce qui concerne l‟eau interstitielle de l‟argile, on remarque un accroissement régulier de son


contenu en chlorures et en sodium (salinité) avec la profondeur. La tendance à l‟accroissement de
la concentration des chlorures peut être extrapolée aux valeurs des chlorures des eaux
souterraines dans le roc. Enfin, la concentration des autres ions métalliques n‟est pas élevée dans
l‟eau interstitielle.

2.11 Migration des ions: Théorie


Le transport de l‟eau souterraine et des contaminants n‟est pas seulement régit par les lois
d‟écoulement comme la Loi de Darcy mais plusieurs processus et phénomènes interviennent dans
la migration des contaminants à travers un milieu poreux. Plusieurs publications ont traité du
transport par advection dans l‟écoulement dans les aquifères. Par contre, dans les aquitards, la
diffusion moléculaire est un processus qui influence fortement la migration des contaminants et
on la retrouve souvent comme le processus de transport dominant surtout quand le milieu est une
argile non-fracturée où la vitesse d‟écoulement de l‟eau est très faible. La loi de Fick pour la
diffusion a alors été utilisée pour la migration des contaminants.

Tout au long de ce chapitre, on traitera des processus de migration des contaminants en


présentant la théorie, les mathématiques qui régissent cette migration et on présentera les résultats
des études réalisées sur des argiles en général et sur les argiles de la mer Champlain en
particulier.

2.11.1 Le processus de transport par advection

L‟advection est le mouvement des contaminants dissouts avec l‟eau souterraine. C‟est la
composante du mouvement d‟un soluté ou d‟un corps dissout lorsque ce dernier est véhiculé par
des eaux souterraines (Freeze et Cherry, 1979). Le contaminant est donc transporté à travers les
pores sous l‟effet d‟un gradient hydraulique.

La quantité de soluté transporté par advection est calculée en fonction de sa concentration dans
l‟eau souterraine et la quantité d‟eau qui s‟écoule. Cette quantité est égale à la vitesse linéaire
moyenne multipliée par la porosité effective ne du sol. Cela suppose que le transport de masse
63

n‟influence pas l‟écoulement de l‟eau souterraine. Dans le cas contraire, et lorsque la densité du
contaminant est largement différente de celle de l‟eau, l‟écoulement de l‟eau et du contaminant
sont alors différents. Dans la plupart des cas, et en l‟absence d‟autres processus, on estime que
l‟eau souterraine et les solutés se déplacent à la même vitesse et dans la même direction.

Corey et al. (1963) et Krupps et al. (1972) ont étudié un autre phénomène qui explique pourquoi
les vitesses d‟écoulement de l‟eau souterraine et des solutés sont différentes. Les ions négatifs
peuvent se déplacer plus rapidement que l‟eau souterraine qui les transporte. En effet, les charges
électriques causées par la présence des minéraux des argiles peuvent forcer les anions à rester au
centre des pores où la vitesse microscopique est maximale. D‟autres raisons peuvent provoquer la
diminution de la vitesse des solutés, on citera notamment le phénomène de retardation qui sera
développé plus tard.

Dans la plupart des sols grossièrement ou moyennement grenus tels que les sables et graviers,
l‟advection est le principal mécanisme de migration des contaminants. Plusieurs paramètres
interviennent quand on calcule la vitesse d‟écoulement de l‟eau souterraine (taux d‟infiltration
par advection) et notamment la conductivité hydraulique K du sol, le gradient hydraulique i et la
porosité effective ne du milieu poreux. Le gradient hydraulique i est définit comme étant la
variation de la charge hydraulique Δh par rapport à une distance Δl dans le sens de l‟écoulement.

La vitesse d‟un écoulement par advection est connue sous le nom de la Loi de Darcy :

𝐾. 𝑖 𝐾 𝜕𝑕
𝑣=− =− (1.20)
𝑛𝑒 𝑛𝑒 𝜕𝑙

Comme le démontre l‟équation ci-dessus, la vitesse d‟écoulement par advection augmente quand
la porosité effective du sol diminue. Ce constat est important dans le cas du roc fracturé où la
porosité effective peut être différente de plusieurs ordres de grandeur. (Domenico et Schwartz,
1997)

La vitesse d‟écoulement ainsi définie va permettre de déterminer le flux de masse Fx causé par
l‟advection, dans le sens de l‟écoulement. Cette quantité est le produit de la quantité de l‟eau
souterraine multipliée par la concentration des solides dissouts C:

𝐹𝑥 = 𝑣. 𝑛𝑒 . 𝐶 (1.21)
64

L‟équation de transport par advection en 1-D s‟écrit sous la forme :

𝜕𝐶 𝜕𝐶
= −𝑣 (1.22)
𝜕𝑡 𝜕𝑥

Il est à noter que quand l‟eau souterraine traverse des strates de natures géologiques différentes,
l‟advection va transporter les solutés à de différentes vitesses dans les différentes couches. Il en
résulte un mélange d‟eau contenant des contaminants provenant des différentes strates et de l‟eau
non contaminée où la vitesse moyenne est plus faible. La concentration totale de la solution est
alors inférieure à celle de la source.

Notons que la source de contamination peut être continue ou ponctuelle. Dans les deux cas, et
comme il apparait dans la figure ci-dessous, on constate que lors de l‟écoulement, la
contamination ne dépasse pas les limites du tube de courant.

Figure 2.15: Transport par advection d‟un contaminant

(extrait de :[Link]/courses/391/ppt/Water%[Link])
65

2.11.2 Le processus de transport par dispersion

La dispersion étale la masse du contaminant au delà de la région qu‟elle occuperait si seulement


l‟advection se produisait. Il se crée alors une zone de mélange entre le fluide ``déplaçant`` et le
fluide ``déplacé``. La dispersion est un phénomène qui se produit toujours lors de transport de
contaminants et en résulte une diminution de la concentration du contaminant dissous.

Dans la figure 2.16 ci-dessous, la dispersion d‟un contaminant est illustrée dans le cas d‟une
source de contamination ponctuelle et d‟une source de contamination continue. Dans le deux cas,
on constate que la contamination s‟étale au-delà d‟un tube de courant contrairement à la figure
2.15 qui illustre un cas de transport d‟un contaminant sous l‟effet d‟advection seulement et où la
contamination ne dépasse pas les limites d‟un tube d‟écoulement.

La dispersion se produit dans un milieu poreux et est l‟association de deux processus : La


diffusion et le mélange causé par les variations de vitesse. Ce dernier est nommé dispersion
mécanique.

Figure 2.16: Transport par advection et dispersion du contaminant

(extrait de : [Link]/courses/391/ppt/Water%[Link])
66

[Link] Dispersion mécanique

Comme expliqué précédemment, l‟eau souterraine coule à des vitesses supérieures et/ou
inférieures à la vitesse linéaire moyenne. A une échelle macroscopique, on a trois raisons pour
expliquer ce phénomène (Bear 1979): Premièrement, comme les fluides s‟écoulent à travers les
pores, ils vont se déplacer plus rapidement au centre de ces derniers. Dans un second lieu,
certaines particules des fluides vont voyager plus longuement à travers des chemins d‟écoulement
plus tortueux comparativement à ceux plus en ligne droite. Enfin, certains pores sont plus larges
que d‟autres, le fluide qui s‟y écoulera sera plus rapide que les autres.

Figure 2.17: écoulement de l'eau dans un media poreux (extrait de :


[Link]

La dispersion mécanique est un processus microscopique qui se caractérise par un brassage causé
par des variations locales de vitesse par rapport à la vitesse moyenne d‟écoulement. La masse qui
occupe certains pores et volumes devient graduellement plus dispersée car différentes fractions
de masse sont transportées dans un régime de vitesse variable. Cette variabilité est causée par
plusieurs facteurs et imperfections et notamment par l‟hétérogénéité microscopique du sol
(géométrie et volumes des pores), son hétérogénéité macroscopique (caractéristiques de
stratification et de perméabilité) et son hétérogénéité megascopique causée dans la plupart des cas
par la géométrie du réservoir (Domenico et Schwartz, 1997).

La dispersion mécanique se produit dans le sens de l‟écoulement de l‟eau souterraine (dispersion


longitudinale) et dans le sens perpendiculaire à l‟écoulement (dispersion transversale). La
dispersion permet à quelques particules du soluté d‟avancer plus rapidement que la
67

contamination, en créant ainsi un nuage autour de la portion principale du panache où la


concentration est moins importante.

Pour quantifier la dispersion mécanique, un paramètre nommé dispersivité dynamique ou


dispersivité, α, est introduit. Ainsi, les dispersions longitudinale et transversale sont calculées
comme suit :

𝐷𝐿 = 𝛼𝐿 . 𝑣 𝑒𝑡 𝐷𝑇 = 𝛼 𝑇 . 𝑣 (1.23)

Avec DL, DT, αL, αT et v respectivement sont la dispersion mécanique longitudinale, dispersion
mécanique transversale, dispersivité longitudinale, dispersivité transversale et vitesse
d‟écoulement linéaire. La dispersivité a par ailleurs l‟unité de la longueur [L].

Dans la littérature, il y a un consensus pour que la dispersivité transversale soit 10 fois inférieure
à la dispersivité longitudinale et la dispersivité verticale 1 ou 2 ordres de grandeurs plus petite
que la dispersivité longitudinale.

Dans la majorité des études conduites, il a été démontré que la dispersion dépend de la distance
parcourue par le soluté pendant son écoulement (Weidemeier et al.,1998; Aziz et al., 2000). Plus
le panache est long, plus grande est la valeur de dispersivité longitudinale. Même si la nature des
facteurs influençant la dispersivité ne sont pas tous connus, il est clair que l‟échelle spatiale et la
durée de l‟écoulement jouent un rôle prépondérant quant aux variations de la valeur de la
dispersivité.

[Link] La diffusion moléculaire

La diffusion est un processus qui se produit à une échelle microscopique, et qui cause un
mouvement de solutés dans l‟eau suivant un gradient de concentrations. Quelle que soit la vitesse
d‟écoulement dûe à l‟advection, le soluté va diffuser tant qu‟il y aura un gradient de
concentrations. Ce processus de diffusion est un mélange causé par un mouvement moléculaire
aléatoire provoqué par l‟énergie cinétique thermique du soluté.

Notons que la diffusion ne joue pas un important rôle dans le transport advective-dispertive des
contaminants dissouts dans l‟eau souterraine quand ces derniers se déplacent librement à travers
la porosité effective d‟un aquifère. C‟est lorsque la vitesse d‟écoulement de l‟eau souterraine
68

devient très petite (dans des aquitards non-fracturé par exemple), à cause de la faible porosité du
milieu, que la diffusion peut devenir un important processus de transport de contaminants.

Le taux de diffusion pour les différentes espèces chimiques va dépendre du gradient de


concentrations et du coefficient de diffusion. Ce dernier est propre à chaque espèce. Le
coefficient de diffusion pour les électrolytes, et notamment pour les ions majeurs présents dans
l‟eau souterraine varie généralement entre 1.10-9 m2/s et 2.10-9 m2/s à 25oC (Freeze et Cherry,
1979). Les coefficients de diffusion varient en fonction de la température de l‟eau. Aussi, dans les
milieux poreux, le coefficient de diffusion est moins important que dans les solutions pures : cela
est essentiellement du au fait que dans les milieux poreux, la collision avec les solides du milieu
gêne et entrave la diffusion.

Comme il existe une relation linéaire qui relie la vitesse d‟écoulement dans un milieu poreux au
gradient hydraulique (Loi de Darcy), on trouve aussi le même type de relation qui relie le flux de
masse chimique au gradient de concentration. Cette loi est nommée Loi de Fick et est valable
pour les systèmes aqueux non-poreux. Elle s‟écrit sous la forme :

𝜕𝐶
𝐹 = −𝐷𝑑 (1.24)
𝜕𝑥

ou F est le flux de masse en unité de surface par unité de temps [moles/L2T], Dd, le coefficient de
diffusion [L2/T] et C, la concentration du soluté [moles/L3].

Pour les systèmes où la concentration varie en fonction du temps, on applique la deuxième Loi de
Fick :

𝜕𝐶 𝜕2𝐶
= 𝐷𝑑 2 (1.25)
𝜕𝑡 𝜕𝑥

La solution de cette équation, pour un soluté se déplaçant par diffusion seulement et selon l‟axe
des x, est connue comme l‟équation de Cranck (Freeze et Cherry, 1979) :

𝑥
𝐶𝑖 𝑥, 𝑡 = 𝐶0 . 𝑒𝑟𝑐𝑓( . 𝐷𝑒 . 𝑡) (1.26)
2
69

C0 étant la concentration initiale du soluté et ercf la fonction d‟erreur complémentaire. S‟il y a


sorption du contaminant, on tient compte du coefficient de retardation R. La deuxième Loi de
Fick devient alors :

𝜕𝐶 𝐷𝑑 𝜕 2 𝐶
= (1.27)
𝜕𝑡 𝑅 𝜕𝑥 2

Dans les milieux poreux, Whitaker (1967) développa une relation qui prend en compte certaines
propriétés du milieu qui ont une influence directe sur le flux de masse. La nouvelle relation
s‟écrit sous la forme :

𝜏
𝐹 = −𝐷𝑑 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐶𝑛 + (1.28)
𝑉

n représente la porosité du milieu poreux, η le vecteur de tortuosité et V le volume moyen.

A partir de cette équation, la Loi de Fick pour la diffusion dans des sédiments a été développée :

𝐹 = −𝐷𝑑∗ . 𝑛. 𝑔𝑟𝑎𝑑(𝐶) (1.29)

est le coefficient de diffusion qui tient en compte de la tortuosité du milieu poreux (Bulk
diffusion coefficient).

L‟équation ci-dessus peut aussi être réécrite sous la forme de :

𝐹 = −𝐷𝑑` . 𝑔𝑟𝑎𝑑(𝐶) (1.30)

𝐷𝑑` = 𝑛. 𝐷𝑑∗ (1.31)

où est un coefficient de diffusion effective

Domenico (1977) proposa une relation empirique qui relie le coefficient de diffusion effective
pour le fluide dans un milieu poreux au coefficient dans un liquide.

𝐷𝑑` = 𝐷∗ 𝐷𝑑 (1.32)

étant une constante inférieure à 1 pour tenir compte de la structure du milieu poreux et qui
prend en considération la porosité et la tortuosité.
70

D‟autres relations existent et qui relient le coefficient de diffusion effective pour le fluide
dans un milieu poreux au coefficient dans un liquide. On cite notamment Greenkorn (1983)
qui proposa la relation :

𝐷𝑑` = 𝑢. 𝑛. 𝐷𝑑 (1.33)

ou u est une constante inférieure à 1.

Greenkorn et Kessler (1972) ont proposé une relation qui prend aussi en compte la tortuosité η et
la porosité n. Notons que la tortuosité η est définie comme étant le rapport de la longueur du
chemin d‟écoulement Le par rapport à la longueur de l‟échantillon du milieu poreux L. Ce rapport
Le/L est toujours supérieur à 1.

𝑛
𝐷𝑑` = 𝐷 (1.34)
𝜏 𝑑

Dans le tableau 2-7 ci-dessous, quelques valeurs du coefficient de diffusion d‟anions et cations
sont présentées. Notons que ces valeurs varient entre 5.10-6 et 20.10-6 cm2/s dans tous les ions à
l‟exception de H+ et OH-. Aussi, plus la charge de l‟ion est grande, moins grande sera la valeur du
coefficient de diffusion.

Tableau 2.7: Quelques valeurs du coefficient de diffusion pour des anions et cations

Cation (10-6 cm2/s) Anion (10-6 cm2/s)


H+ 93.1 OH- 52.7
Na+ 13.3 F- 14.6
K+ 19.6 Cl- 20.3

Mg2+ 7.05 HCO3- 11.8


Ca2+ 7.93 SO42- 10.7
Adapté de Li et Gregory (1974)

[Link] Dispersion hydrodynamique

Les deux processus définis et décrits précédemment (Diffusion et dispersion mécanique) ne


peuvent être dissociés pendant un écoulement souterrain. Combinés ensemble, ils forment le
71

coefficient de dispersion hydrodynamique D. Ce dernier se compose d‟une composante dans la


direction de l‟écoulement DL et une composante dans le sens transversal à l‟écoulement DT.

𝑫𝑳 = 𝜶𝑳 . 𝒗𝒊 + 𝑫∗ (1.35)

𝑫𝑻 = 𝜶𝑻 . 𝒗𝒊 + 𝑫∗ (1.36)

ou DL, DT, αL, αT et v sont respectivement la dispersion mécanique longitudinale, dispersion


mécanique transversale, dispersivité longitudinale, dispersivité transversale et vitesse
d‟écoulement linéaire.

Pour ce qui est de la masse du soluté transportée, cette dernière se compose de deux
composantes : la première est causée par l‟advection et la seconde est due à la dispersion.

𝑭𝒂𝒅𝒗𝒆𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 = 𝒗𝒊 . 𝒏𝒆 . 𝑪. 𝒅𝑨 (1.37)

𝝏𝑪
𝑭𝒅𝒊𝒔𝒑𝒆𝒓𝒔𝒊𝒐𝒏 = 𝑫𝒊 . 𝒏𝒆 . . 𝒅𝑨 (1.38)
𝝏𝒊

i est la direction de l‟écoulement et dA est l‟élément de surface perpendiculaire à l‟écoulement.

La masse totale du soluté transportée par unité de surface dans la direction i, est la somme de la
masse transportée par advection et celle transportée par dispersion

𝝏𝑪
𝑭 = 𝒗𝒊 . 𝒏𝒆 . 𝑪 − 𝑫𝒊 . 𝒏𝒆 . (1.39)
𝝏𝒊

Enfin, on peut dériver une équation d‟advection-dispersion. C‟est dans cet objectif que ce sont
orientées les recherches de Freeze et Cherry (1979), Bear (1972) et Ogata (1970). On suppose
que le milieu est homogène, isotropique et saturé. Aussi, on considère que la loi de Darcy est
valide.

Donc, à partir de la loi de la conservation de masse, on déduit l‟équation suivante :

𝝏𝟐 𝑪 𝝏𝟐 𝑪 𝝏𝑪 𝝏𝑪
𝑫𝑳 𝟐 + 𝑫𝑻 𝟐 − 𝒗𝒙 = (1.40)
𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒙 𝝏𝒕
72

[Link] Diffusion versus dispersion

Le mouvement de l‟eau souterraine et son écoulement dans les milieux poreux dépendent donc de
la conjugaison de deux processus : La diffusion moléculaire et la dispersion mécanique. Dans la
majorité des cas, la diffusion moléculaire est négligeable devant la valeur de la dispersion
mécanique. Mais, il existe toutefois des cas où les deux processus interviennent.

Il est donc possible d‟évaluer la contribution de chaque processus dans le mouvement d‟un soluté
dans un milieu poreux. Le nombre de Péclet (Pe) est un nombre sans dimension. En transfert
massique, Il représente le rapport entre le transfert par convection et le transfert par diffusion
pour les transferts massiques. Le nombre de Péclet s‟écrit ainsi sous deux formes :

𝒗𝒙 . 𝒅
𝑷𝒆 = (1.41)
𝑫𝒅

𝒗𝒙 . 𝑳
𝑷𝒆 = (1.42)
𝑫𝑳

où vx est la vitesse d‟advection, d et L sont des caractéristiques de la distance d‟écoulement, Dd


est le coefficient de diffusion moléculaire et DL est le coefficient de dispersion hydrodynamique
longitudinal.

Dans les essais de colonnes réalisés dans le cadre d`études au laboratoire, on définit un nombre
de Péclet P, qui définit le ratio du transport par advection par rapport au transport par diffusion.

𝒗𝒙 . 𝒅
𝑷= (1.43)
𝑫𝒅

où d est le diamètre moyen des particules.


𝐷𝐿 𝐷𝑇
Les graphes ci-dessous montrent la variation des deux rapports et en fonction du nombre
𝐷𝑑 𝐷𝑑

de Péclet P. Les résultats présentés dans ces graphes proviennent de plusieurs essais de colonnes,
de traceurs et de plusieurs essais de laboratoire.
73

Figure 2.18: Ratio DL/Dd et DT/Dd par rapport au nombre de Péclet (Fetter 1999)

D‟après ces graphiques, il apparait qu‟il y a des zones où la diffusion est dominante alors que la
dispersion est négligeable, dans d‟autres zones, c‟est le contraire qui se produit alors qu‟entre ces
deux zones, les deux processus se produisent. Ces trois zones sont caractérisés par (Fetter, 1999) :
𝐷 𝐷𝑇
 Diffusion seulement : Pour 𝐷 𝐿 versus Pe, Pe < 0.02 et pour versus Pe, Pe < 1
𝑑 𝐷𝑑

𝐷 𝐷𝑇
 Advection seulement : Pour 𝐷 𝐿 versus Pe, Pe > 6 et pour versus Pe, Pe > 100
𝑑 𝐷𝑑

𝐷 𝐷𝑇
 Diffusion et advection : Pour 𝐷 𝐿 versus Pe, 0.02 < Pe < 6 et pour versus Pe, 1 <Pe<
𝑑 𝐷𝑑

100
74

𝐷
Pour Pfannkuch (1962), la variation de 𝐷 𝐿 versus Pe permet de déterminer quatre classes :
𝑑

𝐷
 Classe 1 (Pe < 0.01) : 𝐷 𝐿 ne varie pas en fonction de Pe ce qui indique que la diffusion est
𝑑

le processus dominant de transport.

 Classe 2 (0.1<Pe<4) : Les deux processus (diffusion et dispersion mécanique)


𝐷
interviennent. 𝐷 𝐿 augmente en fonction de Pe.
𝑑

 Classe 3 (4<Pe<104) : On constate une augmentation de la vitesse, la dispersion


mécanique domine. DL est proportionnel à la vitesse v1.2 (Greenkorn, 1983). Lorsque la
vitesse augmente, DL est proportionnel à la vitesse v2.

 Classe 4 (104<Pe<106) : La diffusion moléculaire est négligée. DL est proportionnel à la


vitesse v.

Enfin, le processus de brassage transversal est identique au brassage longitudinal. Toutefois, la


dispersion longitudinale est supérieure à la dispersion transversale à un Pe donné.

Notons aussi, que la diffusion moléculaire a une plus grande influence sur le transport des solutés
dans les aquitards que dans les aquifères où l‟advection domine (Gillham et Cherry 1982). Aussi,
la distribution des constituants naturels dissous et des isotopes de l‟eau (Hendry et Wassenaar
1999) et des contaminants dans les aquitards (Parker, Cherry et Chapman 2004) résultent, et cela
à cause de la faible conductivité hydraulique des argiles intactes, de la diffusion à long terme
avec une petite ou une absence de l‟influence par l‟écoulement souterrain. Enfin, il faudrait aussi
prendre en considération d‟autres facteurs qui influencent le transport des contaminants. En effet,
et comme énoncé par Back (1985) et McMahon (2001), les aquitards peuvent être une source des
minéraux réactifs et des ions échangeables et peuvent aussi constituer des zones pour les
réactions biogéochimiques

[Link] Retardation et atténuation des solutés

L‟eau qui s‟écoule dans un système aquifère ou aquitard est souvent accompagnée de
contaminants et de polluants. Lorsqu‟il y a un transport à travers un milieu poreux, la
concentration des contaminants a tendance à être atténuée et réduite dans le temps et l‟espace.
Parmi les processus qui contribuent au ralentissement de la contamination, on cite la filtration, la
75

décomposition microbiologique, les processus chimiques et la sorption (adsorption et absorption)


(figure 2.19)

Figure 2.19 : Illustration du processus de sorption

(extrait de : [Link]/courses/391/ppt/Water%[Link])

Dans le cas d‟un transport de masse accompagné d‟une sorption linéaire, l‟équation de transport
s‟écrit sous la forme :

𝜕𝐶 𝐷𝑥 𝜕 2 𝐶 𝑣𝑥 𝜕𝐶
= − . (1.44)
𝜕𝑡 𝑅𝑓 𝜕𝑥 2 𝑅𝑓 𝜕𝑥

(1 − 𝑛)
𝑅𝑓 = 1 + 𝜌𝑠 𝐾𝑑 (1.45)
𝑛

La sorption a pour effet de réduire les valeurs de D et v. La solution de l‟équation ci-dessus est :

𝐶 1 𝑅𝑥 𝑥 − 𝑣𝑤 𝑡
= 𝑒𝑟𝑐𝑓 1 (1.46)
𝐶0 2 2
2 𝛼𝑥 𝑣𝑤 𝑡𝑅𝑓

vw étant la vitesse d‟écoulement de l‟eau.

La différence entre l‟écoulement d‟une espèce non retardée et d‟une espèce retardée s‟explique
par le fait que la vitesse du contaminant devient inférieure à celle de l‟eau souterraine dans le cas
76

d‟une espèce retardée. La vitesse de l‟eau vx et celle du contaminant vc sont mathématiquement


reliées par la relation suivante (équation de retardation) :

𝑣𝑤 𝑣𝑤
𝑣𝑐 = =
𝑅𝑓 (1 − 𝑛) (1.47)
1 + 𝜌𝑠 𝐾𝑑 𝑛

Cette équation permet de prédire la position du front de contamination à la suite d‟un transport
par advection accompagné d‟une sorption décrite par une isotherme linéaire simple.

Dans le cas d‟un transport de masse où une réaction de premier ordre se produit, l‟équation de
transport devient :

𝜕𝐶 𝜕2𝐶 𝜕𝐶
= 𝐷𝑥 2 − 𝑣𝑥 − 𝜆𝐶 (1.48)
𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑥

La solution de cette équation est :

1
1 4𝜆𝛼𝑥 2
𝐶 1 𝑥 4𝜆𝛼𝑥 2 𝑥 − 𝑣𝑡 1 +
𝑣
= 𝑒𝑥𝑝 1− 1+ 𝑒𝑟𝑐𝑓 1
(1.49)
𝐶0 2 2𝛼𝑥 𝑣
2 𝛼𝑥 𝑣𝑡 2

Dans Desaulniers et al. (1981), l‟équation d‟advection-dispersion de Bear (1972) est utilisée pour
le transport de solutés dans un milieu poreux et saturé.

𝜕2𝐶 𝜕𝐶 𝜕𝐶
𝐷 2 −𝑉 = (1.50)
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑡

Où D est le coefficient de dispersion et V est la vitesse moyenne d‟écoulement.

Le coefficient de dispersion peut être écrit sous la forme :

D=De+Dm (1.51)

Où De et Dm sont les coefficients de dispersion moléculaire et mécanique.

Le coefficient de dispersion mécanique est proportionnel à la vitesse moyenne de l‟eau, la


constante de proportionnalité étant la dispersivité α.
77

Dans les argiles non fracturées, la vitesse d‟écoulement de l‟eau souterraine sont très petites, dans
l‟ordre de grandeur de 10-10-10-11 m/s. Cela permet alors de considérer que la diffusion
moléculaire est le processus de transport dominant et le coefficient de dispersion peut être réécrit
D=De

Selon Lerman (1978), le coefficient de diffusion moléculaire effective peut être dérivé à partir du
coefficient de diffusion moléculaire d‟un isotope ou d‟un ion dans l‟eau Dw. Ainsi, ce coefficient
a été corrigé pour l‟effet de la tortuosité dans un matériau granulaire.

De=[Link] (1.52)

Ou n est la porosité du média.

Pour les sols avec des porosités de 0.25 et 0.5, Dutt et Low (1952) et Wong (1952) obtiennent un
De variant entre 6,3.10-7 et 5.10-6 cm2/s pour le Cl-. Goodall et Quigley (1977) estiment le
coefficient de diffusion apparent pour Ca2+, Mg2+, Na+ et K+ dans les argiles de Sarnia varie entre
1.9.10-6 et 2.2.10-6 cm2/s. Pour les pates d‟argile, Dutt et Low (1961) donnent des valeurs de De
pour la diffusion de 2H2O et NaCl à 25oC variant entre 3,7.10-6 et 4,2.10-6 cm2/s.

Dans Desaulniers (1987), des essais de laboratoire conduits sur des argiles intactes de Varennes
et d‟Ontario indiquent que pour des vitesses d‟écoulement inférieures à 10 cm/an, le coefficient
de dispersion dans les argiles non fissurées pour les traceurs 3H et 36
Cl- sont 6.10-6 et 5.8.10-6
cm2/s. Des valeurs de De assez proches que celles trouvées par les précédents auteurs sont
utilisées par Hendry et al. (2004) lors de l‟étude d‟un aquitard dans la région de Saskatoon. En
effet, des valeurs de De variant entre 1.10-6 et 3.10-6 cm2/s sont utilisées dans la modélisation du
transport de δ18O dans les aquitards. Ces valeurs sont aussi utilisées dans le transport de δ2H. Sur
le site de King (Saskatoon), des études ont permis d‟obtenir un De de 1.7.10-6 cm2/s pour le
transport de δ2H dans le till.

Des essais de laboratoire ont été conduits sur des échantillons d‟argile de 50 mm pour déterminer
les paramètres de lessivage et de diffusion dans les argiles Champlain. Des essais de lessivage et
de diffusion pure ont été réalisés sur des argiles de la mer Champlain à deux sites différents. On
retrouve dans la série d‟essais conduits par Montgrain (1997) des argiles provenant de Ste
Adelphe et Ste Hyacinthe.
78

Comme il apparait dans la figure ci-dessous, le programme expérimental a été conduit en deux
étapes : Une première étape a consisté à caractériser les argiles étudiées puis dans un deuxième
lieu, les essais de diffusion pure et de lessivage ont été effectués.

Figure 2.20 : Programme expérimental suivi pour la caractérisation d‟argiles ainsi que les essais
de laboratoire (Montgrain, 1997)

A partir de la méthodologie mise au point par Montgrain (1997) et du logiciel Pollute v6, il a été
possible de déterminer les coefficients de diffusion effectif et de distribution des deux composés
inorganiques Na+ et Cl-.

Tableau 2.8: Coefficients de diffusion effectifs, apparents et de distribution de Cl- et du Na+


obtenus de trois essais de diffusion au NaCl sur une argile de Champlain (Ste-Adelphe)

DCl- DCl- DNa+ DNa+ DCl- DNa+


KdNa+
Essai eau des pores Rés. source eau des pores Rés. source apparent apparent
(cm3/g)
(cm2/jour) (cm2/jour) (cm2/jour) (cm2/jour) (cm2/jour) (cm2/jour)
2 1 1 1.2 1.2 0.89 1 0.51
4 1 0.9 1.2 1.2 0.89 0.95 0.51
6 1 1 1.2 1.2 0.89 1.0 0.51
79

La détermination des coefficients de diffusion et de distribution à partir d‟essais de lessivage


permet d‟obtenir des résultats similaires aux essais de diffusion pure. Aussi, d‟identiques résultats
sont obtenus pour le lessivage de 1 fois, 2 fois, 3 fois et 5 fois le volume des pores.

Aussi, en remplaçant la solution de NaCl par une solution de KCl, on constate que le coefficient
de diffusion de Cl- n‟est pas affecté. Par contre, on obtient un Kd (coefficients de distribution
solide/liquide) pour le plomb de 31.9 cm3/g, ce qui montre l‟importante capacité d‟atténuation
que présente cette argile pour le plomb.

Garga et O‟Shaughnessy (1994) ont caractérisé la migration des contaminants dans les argiles de
la mer Champlain et ont évalués, par des essais au laboratoire, les principaux paramètres
(coefficients de diffusion effectif et facteur de retardation) qui interviennent dans le processus de
transport. En plus de ces deux paramètres, on peut aussi citer les réactions géochimiques comme
l‟adsorption, la précipitation et la désorption. Ces derniers dépendent de plusieurs facteurs et
notamment de la minéralogie de l‟argile, de la composition chimique de l‟eau des pores et de
facteurs biologiques.

L‟objectif de l‟étude est d‟évaluer expérimentalement les coefficients de diffusion effective D e et


le facteur de retardation dans une argile de la mer Champlain en Ontario. Deux expériences
différentes de diffusion en laboratoire ont été effectuées sur cinq échantillons d'argile Champlain
non fracturée. Un des essais a consisté à mettre en contact une solution contenant un seul sel
(NaCl) avec un échantillon non remanié et complètement saturé d'argile, permettant ainsi la
migration chimique vers le bas par diffusion seulement. Le deuxième essai a consisté à mettre en
contact de l'eau déionisée avec un échantillon non remanié saturé, permettant ainsi la migration
chimique vers le haut par diffusion seulement. A la fin de l'essai, les échantillons de sol ont été
découpés pour déterminer les concentrations dans l'eau interstitielle et les quantités adsorbées en
fonction de la profondeur. Des coefficients de diffusion et des facteurs de retard ont été
déterminés à partir des courbes obtenues

Les coefficients de diffusion effective pour les espèces chimiques Na+, K+, Mg2+, Ca2+ et Cl- sont
déterminés au laboratoire sur des échantillons d‟argile Champlain intacts et non remaniés. Les
valeurs varient respectivement entre 3,4.10-10 et 6,5.10-10 m2/s, 6,0.10-10 et 7,5.10-10 m2/s, 3,8.10-
10
et 4,6.10-10 m2/s, 5,8. 10-10 et 6,25.10-10 m2/s, et 6,5. 10-10 et 7,0.10-10 m2/s.
80

Les facteurs de retardement dans les argiles Champlain étudiées par Garga et O‟Shaughnessy
(1994) pour Na+, K+, Mg2+ et Ca2+ varient respectivement entre 1,5 et 3,6, 17 et 48, 4,8 et 12,4
et 17 et 33. Pour le Cl- qui est considéré comme non réactif, on a émis l‟hypothèse que le facteur
de retardation est égal à 1. Donc, au vu de ces résultats, on constate que Cl- est l‟ion le plus
mobile en solution alors que Ca2+ et K+ sont fortement retardés par les argiles Champlain.

Pour des argiles Champlain de la région de Montréal, les facteurs de retardement varient entre
8.5 et 10, 48 et 128, 17 et 97, et 10 et 120. (Warith 1987)

Les valeurs élevées de la capacité d‟échange cationique (CEC) trouvées sur certains sites
investigués et notamment celui de Renfrew ainsi que la minéralogie justifient la haute capacité de
rétention (de cations) des sols. Pour les argiles de Champlain dans la région de Montréal, les
valeurs de la CEC varient entre 60 et 85 méquiv. /100g. Ces valeurs sont 2 à 3 fois plus
importantes que dans les argiles Champlain de l‟Est de l‟Ontario. Cette différence de la valeur de
la CEC justifie l‟écart entre les facteurs de retardement dans les argiles Champlain de l‟Ontario et
de la région de Montréal.

Plusieurs autres études ont permis d‟évaluer les coefficients de diffusion effective pour les
différents ions. Les résultats sont présentés dans le tableau 2-9 ci-dessous.

Ces valeurs sont similaires à celles trouvées par les différents auteurs cités précédemment. On
constate que les coefficients de diffusion effective varient selon le type de sol étudié mais restent
toutefois dans le même ordre de grandeur.
81

Tableau 2.9 : Coefficients de diffusion effective pour plusieurs ions dans des sols argileux
(extrait de Garga et O‟Shaughnessy, 1994)

Coefficient de diffusion
Espèce chimique Type de sol effective Références
De (x10-10 m2/s)

36
Cl- Sable-Bentonite 7.0-10 Gilham et al. (1984)

Argile silteuse 6.0-10 Crooks et Quigley (1984)


Till argileux 5.7-6.3 Rowe et al. (1988)
Kaolinite 4.4-10 Shackelford (1991)
Cl-
Argile 1.5-4.7 Shackelford (1991)
Till argileux 7.3-8.1 Barone et al. (1989)
Argile+Till 2.6-7.8 Johnson et al. (1989)

Argile+Till 6.3-7.0 Rowe et al. (1988)


K+
Kaolinite 12-18 Shackelford (1991)
Till argileux 7.8-9.8 Barone et al. (1989)

Argile silteuse 2.5-3.5 Crooks et Quigley (1984)


Na+
Argile+Till 4.8-5.7 Rowe et al. (1988)
Till argileux 6.0-7.3 Barone et al. (1989)

Argile+Till 3.8 Rowe et al. (1988)


Ca2+
Till argileux 4.9 Barone et al. (1989)

Mg2+ Till argileux 5.2 Barone et al. (1989)


82

CHAPITRE 3 MÉTHODOLOGIE ET THÉORIES

3.1 Méthodes de laboratoire


Chronologiquement, la première étape juste après la réalisation des forages et de
l'échantillonnage de l'argile fut le laboratoire. En effet, divers essais géotechniques, hydrauliques
et géochimiques ont été réalisés pendant la durée du projet. Dans ce chapitre, une description
détaillée de ces essais va être exposée.

La caractérisation géotechnique et hydraulique de la couche d'argile constitue une importante


étape dans ce processus. En effet, la connaissance de la conductivité hydraulique, des teneurs en
eau, des limites d'Atterberg et des propriétés chimiques de l'eau interstitielle est primordiale pour
la suite du projet. Pour la plupart des essais, des normes ASTM et BNQ existent déjà et la
littérature scientifique est assez riche par les publications traitant de ces méthodologies. Pour
d'autres essais et notamment pour l'extraction de l'eau interstitielle de l'argile, il a fallu mettre au
point des nouvelles méthodologies qu'on va décrire et exposer tout au long de ce chapitre.

3.1.1 Essais de perméabilité en cellule triaxiale

Les essais de perméabilité en cellule triaxiale sont les essais les plus populaires dans la littérature
scientifique. La particularité de cette méthode réside dans le fait que le dispositif peut accueillir
des échantillons de différentes tailles et volumes. On a aussi la possibilité d'effectuer des essais
sur des échantillons d'argile sous les mêmes conditions que celles présentes in situ. Le dispositif
triaxial permet de mener les essais de perméabilité à niveaux constant ou variable mais l'essai a
niveau variable est plus recommandé car en comparant les volumes d'entrée et de sortie, on arrive
à vérifier la fiabilité du dispositif. Plusieurs sources d'erreurs peuvent biaiser les essais de
perméabilité sur cellules triaxiales: les problèmes les plus souvent rencontrés sont les fuites au
niveau des raccords, la diffusion à travers la membrane ainsi que la saturation de cette dernière,
l'existence de chemin d'écoulement préférentiel entre le spécimen d'argile et la membrane, la
consolidation de l'échantillon d'argile et la saturation incomplète des pierres poreuses, des
tubulures et de l'échantillon. Ces sources d'erreurs doivent impérativement être éliminées car vu
la faible conductivité hydraulique des argiles, l'écoulement observé à travers l'échantillon testé
est de l'ordre de quelques dizaines de centimètres cubes par jour ce qui rendrait toute source
d'erreur préjudiciable sur l'essai.
83

L‟essai de perméabilité en cellule triaxiale (ASTM D 5084-00) consiste à appliquer à


l‟échantillon d‟argile une pression de confinement et à mesurer les différences de charges
hydrauliques en fonction du temps. Comme le décrit la norme, on note la perte de charge à
travers le perméamétre au début et à la fin de chaque période d'essai en veillant à ce que le
gradient hydraulique à travers l'échantillon ne dépasse pas 10. On obtient les valeurs des
conductivités hydrauliques horizontales ou verticales dépendamment de la manière dont le sol est
monté dans la cellule. Dans notre cas, on calcule les valeurs de la conductivité hydraulique
verticale.

En premier lieu, après la préparation et le montage du spécimen, on procède à la saturation de ce


dernier. Tout d‟abord, on exerce plusieurs paliers de pression afin d‟éviter de consolider notre
argile. En effet, on conserve une différence de pression constante (environ 20 kPa) entre la cellule
et le système {tête+base} à chaque augmentation de palier. Cette opération permet non seulement
la saturation de l‟argile, qui est déjà à des niveaux de saturation élevée au début de l‟essai (94%
en moyenne) mais permet aussi de saturer les tubulures en chassant les bulles d‟air du système.
Au moment de la saturation, le débit d‟eau à l‟entrée et le débit de sortie sont égaux à ±5%.
Ensuite, on lance l‟essai et on note l‟évolution des niveaux d‟eau dans les tubulures avec le
temps.

Pour calculer les valeurs de la conductivité hydraulique selon la norme ASTM D 5084-00, la
formule suivante est utilisée (niveau de la burette amont descendant et aval remontant):

ain  aout  L h 
k ln  1  (1.53)
(ain  aout )  A  t  h2 

Avec,

ain= section de la burette d‟entrée, cm²

aout= section de la burette de sortie, cm²

L = Longueur de l‟échantillon, cm

h1= différence de charge hydraulique au temps t1, cm

h2 = différence de charge hydraulique au temps t2, cm

A = section de l‟échantillon, cm²


84

Δt = temps écoulé entre h1 et h2, s

Figure 3.1: Cellule triaxiale et branchements.

Figure 3.2: Cellules triaxiales et panneaux des burettes.


85

3.1.2 Essais de consolidation et de perméabilité en cellule œdométrique

La caractérisation de la couche d‟argile nécessite la réalisation d‟une série d‟essais mécaniques et


hydrauliques sur l‟argile à différents sites et différentes profondeurs.

La cellule œdométrique permet de réaliser ces deux types d‟essais. On commence par réaliser
l‟essai de consolidation en appliquant progressivement des charges. Ensuite, à la fin de chaque
palier de chargement, on effectue un essai de perméabilité sur l‟échantillon d‟argile. Cela permet
d‟obtenir la valeur de la conductivité hydraulique k pour différentes valeurs d‟indice des vides e.

Ces deux essais sont normalisés: l‟essai de consolidation est fait selon la norme ASTM D 2435-
03 alors que l‟essai de perméabilité est conduit selon la norme ASTM D 5856-95.

L‟essai de consolidation œdométrique est effectué sur des échantillons intacts d‟argile. Il consiste
à charger progressivement, pendant plusieurs jours, un disque de sol emprisonné dans une cellule
œdométrique. La cellule comporte un anneau qui empêche le sol de se déformer latéralement et
qu‟on ne mesure le tassement que dans le sens du chargement vertical. L‟échantillon est placé
entre deux pierres poreuses qui permettent son drainage et il est maintenu saturé tout au long de
l‟essai.

Quand une contrainte axiale ζ est exercée sur un spécimen d‟argile dont la hauteur initiale est de
ho, ce dernier subit une déformation verticale. Un tassement de ∆h est atteint lorsque la totalité de
la suppression d‟eau interstitielle est dissipée. Au moment où la contrainte effective verticale ζ‟
devient égale à la contrainte verticale totale ζ, la déformation verticale εz est:

h
z  (1.54)
h0

La déformation latérale est nulle (εx=εy=0) à cause de l‟anneau métallique qui prévient tout
déplacement latéral. La déformation volumique εV devient égale à la déformation axiale:

h
v   x   y   z   z 
ho

V0  V V0 / Vs  V / Vs e0  e
v   
V0 V0 / Vs 1  e0
86

h
e  e0   v (1  e0 )  e0  (1  e0 ) (1.55)
h0

Avec, e = indice des vides actuel

eo = indice des vides initial

V = volume actuel (cm³)

Vo = volume initial (cm³)

Vs = volume des solides (cm³)

Par définition, le coefficient de consolidation cv exprime le taux de consolidation de l‟argile sous


une contrainte donnée. Pour le calculer, les équations de Casagrande et de Taylor (Holtz et
Kovacs 1981) font appel aux temps t90 et t50 extraits des courbes de la déformation en fonction du
temps. Pour le calcul du coefficient de consolidation, Casagrande propose de prendre le temps de
consolidation moyen (t50) à chaque incrément et de calculer l‟évolution du cv:

H dr2
cv  0,197 (1.56)
t50

La valeur Hdr fait référence à la hauteur de drainage de l‟échantillon. Cette hauteur est très
importante puisqu‟elle permet d‟approximer les pressions interstitielles encore présentes dans
l‟échantillon et de calculer le gradient qui s‟y développe

Taylor propose aussi une méthode pour le calcul du coefficient de consolidation. Cette méthode
se base sur le temps de consolidation auquel la consolidation à atteint 90% (t90) et il est possible
de mesurer ce temps en mettant en graphique la lecture des déformations en fonction de la racine
du temps:

H dr2
cv  0,848 (1.57)
t90

Il est aussi possible avec cette méthode de calculer le coefficient de compressibilité et une
approximation du coefficient de perméabilité:
87

 e
av  (1.58)
 ' v

cv  w gav
k (1.59)
1  e0

Les mesures de cv calculées avec la méthode de Casagrande sont peu fiables ((Holtz et Kovacs
1981). Conformément à ce qui est observé par Olson (1986) lors de la comparaison de ces deux
méthodes, les valeurs de cv obtenues à partir de la méthode de Casagrande sont inférieures à celles
qui ont été obtenues par la méthode de Taylor.

La seconde manipulation à mener sur les cellules œdométriques est l‟essai de perméabilité. Comme
décrit précédemment, à chaque palier de consolidation et après une période de 24h après le début
de la consolidation, on bloque le levier de la cellule œdométrique afin d‟empêcher l‟échantillon de
tasser et d‟avoir un indice des vides variable pendant l‟essai de perméabilité. Ensuite on applique
une différence de charge hydraulique sur l‟échantillon de telle sorte à ne pas le consolider et on
lance l‟essai de perméabilité.

Sur la cellule œdométrique, on a réalisé un essai de perméabilité à niveau descendant. On a


appliqué la norme «ASTM D 5856-95: Standard test method for measurement of hydraulic
conductivity of porous material using a rigid-wall, compaction-mold permeameter». L‟objectif de
cet essai était de déterminer la conductivité hydraulique de l‟argile non seulement dans les
conditions du site (contraintes in-situ) mais aussi sous l‟effet de contraintes verticales effectives
croissantes. On en a déduit alors la variation de la conductivité hydraulique en fonction de la
variation de l‟indice des vides et de la contrainte effective verticale. Soulignons qu‟une différence
de charge hydraulique initiale comprise entre 50 cm et 80 cm a été appliquée entre la base et la tête
du spécimen testé et que c‟est un test à niveau descendant avec une charge avale constante.

D‟après la figure 3.4, on aperçoit trois branchements sur la cellule œdométrique. Un tuyau branché
en amont a permis de voir la variation du niveau d‟eau dans le tuyau pendant l‟essai, un tuyau
branché en aval a donné la charge hydraulique du bol (constante) et enfin un dernier tuyau a servi
comme prise d‟air. Aussi, pendant l‟essai, on s‟assure qu‟il n‟y a pas de bulles d‟air dans le
système, que le levier sur lequel les charges sont exercées est bloqué pour empêcher la déformation
88

du spécimen et que le bol est entièrement rempli d‟eau pour prévenir l‟intrusion de bulles d‟air
dans le système.

Tel que décrit dans la norme ASTM D 5856-95, la conductivité hydraulique, dans le cas où la
charge aval est constante, est obtenue de la manière suivante:

a  L  h1 
k ln   (1.60)
A  t  h2 

Avec,

a = section de la burette d‟entrée, cm²

L = hauteur du spécimen, cm

A= section du spécimen testé, cm²

t = temps écoulé entre les mesures h1 et h2, s

hi = perte de charge au temps ti, cm

Notons que pour tous les montages, les valeurs a et A sont constantes et respectivement égales à
0.08 cm² (aire du tube) et 31.88 cm² (aire de l‟échantillon)
89

Figure 3.3: Cellules œdométriques pendant un essai de consolidation

Figure 3.4: Branchements pour un essai de perméabilité sur une cellule œdométrique
90

3.1.3 A propos des essais de perméabilité au laboratoire

Les essais de perméabilité conduits au laboratoire permettent d‟évaluer la conductivité


hydraulique de l‟argile. Des échantillons d‟argile intacts d‟une hauteur de 20 mm sont utilisés
dans les cellules œdométriques alors que dans les cellules triaxiales, la hauteur des échantillons
varie entre 80 et 120 mm. Une autre différence entre les deux essais réside dans le fait que dans
les essais triaxiaux, on obtient la valeur de k à un indice des vides au repos e0 alors qu‟avec les
essais œdométriques, on suit l‟évolution de la conductivité hydraulique k en fonction du
tassement de l‟argile en compression uniaxiale.

D‟un point de vue hydraulique, les deux essais sont régis par la même Loi de Darcy:

𝑑𝑉 ∆𝑕
𝑄= = −𝑘𝐴 (1.61)
𝑑𝑡 𝐿

Où Q est le débit en m3/s, k est la conductivité hydraulique en m/s, A est la section de l‟argile
perpendiculaire à l‟écoulement (m2) et L la longueur de l‟échantillon (m).

Plusieurs erreurs de manipulation ou des défaillances du matériel peuvent biaiser les résultats
surtout quand la conductivité hydraulique du sol est aussi faible que dans une argile (10-9 à 10-7
cm/s). On a constaté des fuites au niveau des raccords, des joints et au niveau des burettes. Il faut
souligner que le matériel du laboratoire est aussi utilisé avec des rejets miniers acides, ce qui le
détériore vu l‟acidité des fluides utilisés. Aussi, il faut être extrêmement prudent au moment de la
préparation des échantillons d‟argile: des microfractures dans l‟argile peuvent créer des chemins
d‟écoulement préférentiels et surestimer k. Il faut aussi veiller à ce que l‟argile colle bien sur la
paroi de l‟anneau dans la cellule œdométrique et que la membrane utilisée dans la cellule triaxiale
soit intacte et colle parfaitement à l‟échantillon. Aussi, il est essentielle de vérifier de temps à
autre l‟état des joints toriques (o-rings).

La saturation du système doit aussi être surveillée de près. Dans les cellules triaxiales,
l‟application de contre pression aide à dissoudre les bulles d‟air et les éliminer ce qui n‟est pas
faisable dans les cellules œdométriques donc il faut faire un contrôle visuel pour localiser les
bulles et les éliminer du système. Aussi, la durée des essais est différente dans les deux essais: il
faut environ 24 h sur une cellule œdométrique alors qu‟au moins 72 h sont nécessaires sur une
cellule triaxiale.
91

Enfin, la question qui se pose concerne le choix de la méthode à appliquer. Est-ce préférable de
conduire des essais de perméabilité au laboratoire sur des cellules œdométriques ou sur des
cellules triaxiales? La réponse à cette question sera traitée plus tard au moment de l‟analyse des
résultats. Mais, il faut rappeler que pour des argiles Champlain, Benabdallah et Chapuis (2007) et
Cazaux et Didier (2002) ont démontré l‟existence d‟effets d‟échelle quand il s‟agit de
conductivité hydraulique dans une argile Champlain.

3.1.4 Essais d’identification géotechnique

Les essais d‟identification consistent à faire une granulométrie de l`argile, déterminer les limites
de consistance et déterminer la densité des grains.

Densité des grains: La première étape fut le calcul de la densité des grains. La densité des grains
est définie comme étant le rapport entre la masse d‟un certain volume du matériau et la masse
d‟un égal volume d‟eau à une certaine température de référence. En mécanique des sols, lorsque
les sols sont souvent en saturation totale comme c‟est le cas des argiles situées sous la nappe
phréatique, la définition de la densité utilise la masse volumique des particules solides en
excluant les pores saturables. La densité est alors définie comme suit:

𝑀𝑠
𝜌𝑠 𝑉𝑠
𝐷𝑅= =
𝑀𝑤 (1.62)
𝜌𝑤 (20 0 𝐶)
𝑉𝑤(20 0 𝐶)

Le principe pour calculer cette valeur est basé sur le principe d‟Archimède qui dit qu‟un corps
submergé dans l‟eau déplace un volume égal au volume du corps. Ainsi, en calculant précisément
le volume d‟eau qui est déplacé en y incorporant des particules solides, on peut calculer (par
différence) la valeur de la densité des grains solides. La procédure est détaillée dans la norme
BNQ 2501-070.

Teneur en eau naturelle: C‟est le rapport entre la masse de l‟eau et la masse des grains solides
contenus dans un volume de sol déterminé.

𝑀𝑤
𝑤 % = 100. (1.63)
𝑀𝑠
92

Cette propriété des sols est investiguée au laboratoire en faisant sécher le sol dans une étuve ou
un four. Le détail de la procédure est décrit dans les normes BNQ 2501-170 et ASTM D2216-90

Limites de consistance ou limites d‟Atterberg: Avant de parler des limites de consistance,


expliquons d‟abord le terme consistance d‟un sol. D‟après Terzaghi (1943), la consistance d‟un
sol peut être définie comme un état de fermeté et est liée aux forces de cohésion entre les
particules et ne concerne donc que les sols cohérents. En mécanique des sols, on distingue quatre
états de consistance soit l‟état solide, l‟état semi-solide, l‟état plastique et l‟état liquide. Les
teneurs en eau qui délimitent ces quatre états de consistance sont appelés limites de consistance
ou limites d‟Atterberg.

La limite de plasticité (wp) caractérise la transition entre un état solide et un état plastique. Cette
limite indique la teneur en eau pondérale, en pourcentage, maximale pour travailler un sol et
éviter la compaction. En dessous de cette limite, le sol est friable ou facilement labourable d'un
point de vue agronomique. D‟un point de vue géotechnique, c‟est la teneur en eau d‟un sol qui a
perdu sa plasticité et se fissure en se déformant lorsqu‟il est soumis à des faibles charges. On
détermine la limite de plasticité selon les normes BNQ 2501-090 ou ASTM D 4318-98.

La limite de liquidité (wL) caractérise la transition entre un état plastique et un état liquide. C'est
la teneur en eau pondérale, exprimée en pourcentage, au-dessus de laquelle le sol s'écoule comme
un liquide visqueux sous l'influence de son propre poids. La limite de liquidité est déterminée de
deux façons: par la coupole de Casagrande ou par le pénétromètre à cône suédois (BNQ 2501-
090). Avec la coupole de Casagrande, la limite de liquidité est la teneur en eau lorsque la
résistance du matériau est d‟environ 2,5 kPa. Cette résistance est mobilisée lorsque le nombre de
coup faits par la chute de la coupelle atteint 25 (figure 3.5).
93

Figure 3.5: Appareil de Casagrande utilisé pour déterminer les limites de liquidité

L‟essai de pénétration au cône suédois permet de déterminer la limite de liquidité en mesurant la


teneur en eau d‟un échantillon correspondant à une pénétration de 10 mm du cône de 60 o et de 60
grammes. Cette limite est notée wLc.

Une fois que les limites d‟Atterberg déterminées, les différents indices sont calculés comme suit:

I P  wL  wP (1.64)

w  wP
IL  (1.65)
IP

Ip et IL étant les indices de plasticité et de liquidité.

Aussi, on a déterminé la granulométrie de ces argiles. Cela se fait en deux étapes. On commence
par faire l‟analyse granulométrique par sédimentométrie puis par tamisage. La sédimentométrie
est l‟essai pour déterminer la distribution des grains de diamètre inférieur à 80 μm et surtout le
pourcentage d‟argile contenu dans le sol (particules avec D < 2 μm). Cet essai est souvent utilisé
en complémentarité à l‟essai de granulométrie par tamisage qui sert pour la détermination des
particules avec un diamètre de plus de 80 μm.
94

Le principe de cet essai est basé sur la loi de Stokes qui dit que la vitesse de chute d‟une sphère:

9,8𝐷2 (𝐷𝑟𝑠 − 𝐷𝑟𝑖 )


𝑉= (1.66)
3𝜂

D étant le diamètre de la sphère (mm), V la vitesse de chute de la sphère (mm/s), D rs et Dri étant
les densités de la sphère et du liquide alors que η est la viscosité dynamique du liquide (Pa.s).

L‟hydromètre est le principal instrument de mesure de cet essai. Il mesure la densité moyenne du
liquide dans lequel il est plongé auquel on peut corréler la concentration de particules solides
présentes en suspension dans l‟eau à un moment donné et à une certaine profondeur. La
température de l‟eau et la densité des grains sont des paramètres très importants puisque la
température de l‟eau modifie un peu la viscosité de l‟eau et la densité influe sur la vitesse de
chute des particules. On termine l‟essai en effectuant un tamisage par lavage pour déterminer le
pourcentage des particules entre 315 μm et 80 μm.

3.1.5 Extraction d’eau interstitielle de l’argile

La bonne connaissance du mouvement des ions majeurs et de l‟eau interstitielle dans une argile
sensible est devenue primordiale compte tenu des nombreux projets où l‟argile est utilisée comme
barrière d‟étanchéité et aussi pour expliquer divers phénomènes géotechniques.

Cela passe par une analyse chimique de l‟eau interstitielle de l‟argile et la caractérisation de ses
constituants chimiques. A ce jour, il n‟existe pas encore de norme régissant l‟extraction de l‟eau
interstitielle de l‟argile malgré la multitude de recherches conduites dans le domaine de
l‟hydrogéologie, l‟hydrogéologie chimique et la géochimie. Plusieurs chercheurs ont utilisé des
techniques pour répondre à leurs propres besoins sans pour autant mettre au point un dispositif
standard et une procédure détaillée pour extraire l‟eau interstitielle de l‟argile. Dans cette section,
l'auteur décrit le procédé mis au point dans le laboratoire pour extraire des échantillons
représentatifs d‟eau interstitielle à partir de cylindres d‟argile intacte, les essais réalisés pour
tester ce dispositif et quelques résultats obtenus pour une argile Champlain.

[Link] Dispositif d’extraction à basse pression

Le dispositif d‟extraction consiste en une cellule triaxiale modifiée où la pression de confinement


peut être augmentée jusqu‟à environ 700 kPa (figure 3.6). La différence entre une cellule triaxiale
95

et la cellule d‟extraction est que dans la première, on exerce une contre-pression à la tête et la
base de l‟échantillon et une pression cellulaire alors que dans la cellule d‟extraction, on n‟exerce
pas de contre-pression, seule la pression cellulaire est exercée sur l‟échantillon. Une fois
l‟échantillon installé, une membrane est mise autour de l‟échantillon d‟argile qu‟on confine à une
pression d‟extraction qui est la pression cellulaire. A la base de l‟échantillon, des fentes
permettent d‟évacuer l‟eau interstitielle. Cette dernière est acheminée à une éprouvette via une
tubulure où on a fixé une seringue à l‟extrémité. Cette dernière permet d‟acheminer l‟eau
interstitielle directement à une éprouvette où le vide a été préalablement fait et ainsi empêcher
l‟eau extraite de rentrer en contact avec l‟atmosphère.

Notons que pour l‟argile étudiée, la pression de préconsolidation se situe entre 250 kPa et 350
kPa. Des volumes d‟eau (15 mL) sont extraits à différents paliers de pression commençant à 100
kPa et allant jusqu‟à 700 kPa de telle sorte à avoir des échantillons d‟eau à différents états de
consolidation.

MONTAGE DE L’ÉCHANTILLON D’ARGILE

Un échantillon cylindrique d‟argile d‟une hauteur H comprise entre 20 et 25 cm et d‟un diamètre


D de 6.9 cm est utilisé dans ce type d‟extracteur d‟eau interstitielle.

Tout d‟abord, le cylindre d‟argile est coupé avec un fil d‟acier en tranches d‟un centimètre
d‟épaisseur. Ensuite, on superpose ces différentes tranches d‟argiles en veillant à mettre un papier
filtre de type «Whatman» entre les tranches et sur le sommet et la base de l‟argile. Ces papiers
permettront de drainer horizontalement l‟eau interstitielle extraite de l‟échantillon. Une fois le
montage réalisé, on entoure l‟argile d‟un papier filtre dont les propriétés de filtration sont
semblables au papier filtre préalablement utilisé et dont la hauteur est égale à la hauteur du bloc
d‟argile (entre 20 et 25 cm) et le périmètre est égal à 21.67 cm. Cette feuille « filtre » permettra
de drainer l‟eau verticalement, du haut de l‟échantillon vers le bas. L‟argile et les papiers filtres
sont ensuite enveloppés par une membrane. Une tubulure en PVC achemine l‟eau interstitielle
extraite vers une éprouvette sans que cette dernière ne rentre en contact avec l‟air.
96

Figure 3.6: Photo du dispositif d‟extraction à basse pression


97

INFLUENCE DU PAPIER FILTRE SUR LA CONCENTRATION EN IONS MAJEURS

L‟influence du papier filtre sur la concentration en ions chlorure et sodium dans l‟eau extraite a
été contrôlée afin de vérifier qu‟aucun phénomène accessoire tel l‟adsorption ne nuisait aux
résultats. Des solutions de chlorure de sodium à des concentrations variant de 150 à 2800 mg/L
ont ainsi été préparées et mises en contact avec différentes masses de papier filtre. Les résultats
montrent que les concentrations après dix jours de contact ne varient pas de manière significative
par rapport aux concentrations des solutions initiales et ce, quelle que soit la masse de papier
utilisée.

TEST À BLANC

Le test a été réalisé dans les mêmes conditions qu‟un essai réel en remplaçant l‟échantillon
d‟argile par des pièces en plastique UHMW identiques à celles utilisées pour la tête et à la base
de la cellule d‟extraction. L‟eau circulant a été analysée avant et après passage dans l‟appareil.
Les résultats montrent que les concentrations en ions chlorure et sodium de l‟eau extraite ne sont
pas influencées de manière significative par le procédé d‟extraction.

PERMÉABILITÉ DE LA MEMBRANE

Pour vérifier la perméabilité de la membrane et être certain que cette dernière empêche l‟eau
présente dans la cellule de la traverser et rejoindre l‟échantillon, on enveloppe la membrane et
l‟échantillon dans une deuxième membrane et on place un papier filtre entre ces deux
membranes. Une fois l‟extraction finie, on vérifie que le papier filtre placé entre les deux
membranes est toujours sec. Ce test a été réalisé lors de trois essais: dans chacun de ces derniers,
le papier filtre était sec après l‟extraction d‟eau. Dans tous les cas, on a vérifié qu‟il y avait
compensation entre le volume d‟eau sorti de l‟échantillon d‟argile et le volume d‟eau entré dans
la cellule triaxiale en compensation.
98

Figure 3.7: Préparation et montage de l‟argile sur le dispositif d‟extraction à basse pression
99

[Link] Dispositif d’extraction à haute pression

Le même principe utilisé pour le dispositif à basse pression est utilisé pour la haute pression.
Cette fois, on va transférer les échantillons d‟argile utilisée dans le dispositif à basse pression au
dispositif à haute pression pour continuer l‟extraction de l‟eau interstitielle à des pressions allant
de 1 MPa à 30 MPa. L‟objectif de cette manipulation est de vérifier l‟influence des hautes
pressions, et donc de la consolidation de l‟argile, sur la chimie de l‟eau extraite.
Le dispositif mis au point dans le laboratoire est présenté dans la figure 3.8 ci-dessous.

L‟échantillon d‟argile est placé dans le cylindre en acier inoxydable mais cette fois, au lieu
d‟utiliser du papier filtre ``Whatman``, on met un filtre en nylon plus résistant. Le cylindre est
placé sous un piston en acier inox. On applique la pression souhaitée manuellement à l‟aide d‟une
pompe hydraulique. À chaque palier de pression, on attend environ 24 h pour permettre à l‟argile
de consolider. L‟eau extraite est récupérée dans une éprouvette sous vide où une succion a été
appliquée.

Plus la pression est augmentée, moins on obtient d‟eau interstitielle. Mais avec les nouvelles
techniques de laboratoire, 5 mL d‟eau sont suffisants pour effectuer les analyses nécessaires.
100

Piston

Cylindre contenant
l‟échantillon

Vérin

Manomètre

Éprouvette

Pompe hydraulique

Figure 3.8: Dispositif d‟extraction d‟eau interstitielle à haute pression


101

3.2 Méthodes in situ

3.2.1 Forages et installation des piézomètres

La réalisation des différents travaux dans le cadre de ce projet commence par les forages,
l‟échantillonnage de l‟argile et l‟installation des piézomètres. Ces opérations sont cruciales; elles
nécessitent un savoir faire et une grande expérience des opérateurs afin de minimiser le
remaniement de l‟argile lors de son échantillonnage et d‟assurer un bon scellement des
piézomètres. Ces derniers sont les principaux outils de travail sur le terrain. Tous les essais
hydrauliques y sont réalisés et les échantillons d‟eau pour analyses géochimiques y sont prélevés.

Les étapes de forage et d‟échantillonnage se chevauchent: le tube Shelby –qui sert à


échantillonner l‟argile- est d‟abord enfoncé dans l‟argile et y est laissé pendant environ 5 min, le
temps nécessaire pour que l‟argile colle aux parois du tube, ensuite, on exerce une rotation sur le
tube: cela va permettre de couper l‟argile au niveau de l‟extrémité inférieure du tube. On laisse
encore une fois le tube reposer pendant 5 min avant de l‟extraire. Enfin, on emploie le tubage
(casing) pour avancer le trou par rotation (Figure 3.9). Ces opérations sont ainsi répétées jusqu‟à
ce que la profondeur souhaitée soit atteinte. Le dépôt d‟argile est échantillonné en continu. Si la
couche d‟argile a 20 m d‟épaisseur, on récupère 20 m d‟échantillons d‟argile dans des tubes
Shelby.

L‟opération de forage se fait donc en deux temps: le tube Shelby permet de receuillir des
cylindres d‟argile non remaniée qui servent à réaliser les différents essais au laboratoire puis le
trou est foré par la méthode de rotation directe.

Cette méthode a été développée afin d‟accélérer le forage des puits tout en atteignant
d‟importantes profondeurs dans la majorité des formations géologiques (Driscoll, 1986). Le trou
de forage est réalisé en tournant un trépan et les déblais de forage (cuttings) sont évacués par une
circulation permanente d‟eau de forage à faible pression pour ne pas endommager l‟argile. Une
fois les profondeurs de forage atteintes, on ressort le tubage (casing) et on installe les
piézomètres.
102

Figure 3.9: Opération de forage pour l‟installation des piézomètres

Figure 3.10: Foreuse utilisée dans le cadre du projet


103

3.2.2 Essais de perméabilité in situ

Il existe différents essais in situ pour déterminer la conductivité hydraulique d‟un sol. Les
méthodes d‟interprétation des essais de perméabilité permettent d‟obtenir soit la conductivité
hydraulique locale et le niveau piézométrique local, soit des propriétés de l‟aquifère tel que la
transmissivité et le coefficient d‟emmagasinement.

Pour ce projet, on ne va traiter que des essais de perméabilité réalisés par injection ou remontée
d‟eau faits à des pressions d‟eau positives.

Les essais de perméabilité in situ à charge variable permettent d‟évaluer la conductivité


hydraulique de la couche d‟argile. L‟essai consiste à vider ou remplir le tube du piézomètre
d‟environ 50 cm à 100 cm. La remontée ou la descente du niveau d‟eau sont notées en fonction
du temps. Il existe cependant plusieurs méthodes d‟interprétation de ces essais, les plus connues
étant les méthodes de Bouwer et Rice (1976), Cooper et al. (1967), Nguyen et Pinder (1984),
Chiasson (2005), Hvorslev (1951) et la méthode de Chapuis et al. (1981).

Au Canada, la norme CAN/BNQ 2501-135 est le plus souvent utilisée pour les essais dans les
piézomètres, même si au départ, cette dernière était prévue pour les essais de type Lefranc autour
d‟une cavité pratiquée sous l‟extrémité d‟un tubage. Comme il apparaît dans la norme, cet essai
consiste à provoquer un écoulement par gravité, dans le sol, à partir d‟une cavité de forme définie
(lanterne) remplie d‟un matériau perméable (sable ou gravier). L‟interprétation se fait en utilisant
le graphe des vitesses et les méthodes de Hvorslev (1951) et Chapuis et al. (1981). La méthode de
Hvorslev (1951) a démontré un certain nombre de limites et conduit à des valeurs non fiables
parce qu‟on y suppose a priori la position d‟un niveau piézométrique inconnu. Par contre, la
méthode de Chapuis et al. (1981) permet en théorie de trouver ce niveau piézométrique et permet
de localiser des problèmes liés à la mauvaise installation ou au mauvais scellement des
piézomètres.

Pour un essai à charge variable, Chapuis (1998) affirme que si la déformation du sol est
négligeable dans le cas par exemple d‟un aquifère ou un aquitard surconsolidé, les essais à niveau
variable sont gouvernés par l‟équation de Laplace. Une de ses solutions, une fonction
harmonique, relie la valeur du flux à travers le sol Qsol au flux dans le tube Qinj par le principe de
conservation de la masse.
104

𝑄𝑖𝑛𝑗 = 𝑄𝑠𝑜𝑙 = 𝑐𝑘𝐻 (1.67)

c (cm) étant le coefficient de forme de la zone d‟injection qui dépend de la géométrie de la zone
d‟injection et des conditions hydrauliques aux frontières, H la différence de charge hydraulique
appliquée et k la conductivité hydraulique du sol.

Le débit Qinj à travers un tube de section Sinj et de diamètre d est:


𝑑𝐻
𝑄𝑖𝑛𝑗 = −𝑆𝑖𝑛𝑗 (1.68)
𝑑𝑡

𝜋𝑑 2
𝑆𝑖𝑛𝑗 = (1.69)
4

En réarrangeant les équations, on obtient:

𝑑𝐻 −𝑐𝑘
= 𝑑𝑡 (1.70)
𝐻 𝑆𝑖𝑛𝑗

L‟intégration de cette équation mène à l‟équation de Hvorslev (1951)

𝐻1 𝑐
𝑙𝑛 = −𝑘 𝑡 − 𝑡2 = −𝑘𝐶 𝑡1 − 𝑡2 (1.71)
𝐻2 𝑆𝑖𝑛𝑗 1

H1 et H2 sont respectivement les différences de charges hydrauliques appliquées aux temps t1 et t2


𝑐
et 𝐶 = 𝑆
𝑖𝑛𝑗

En fait, à un instant t, ce qui est mesurable c‟est l‟élévation Z de la colonne d‟eau dans le tube du
piézomètre et non la différence de charge hydraulique H. La différence de charge à un instant t
s‟écrit sous la forme:

𝐻 𝑡 = 𝑍 𝑡 − 𝐻0 (1.72)

En prenant en compte l‟erreur sur le niveau piézométrique, et d‟après les équations 1.68 et 1.72,
Chapuis et al. (1981) proposent:

𝑑𝑍
𝑆𝑖𝑛𝑗 = −𝑐𝑘(𝑍 − 𝐻0 ) (1.73)
𝑑𝑡
105

Ou, 𝑆𝑖𝑛𝑗 𝑑𝑍
𝑍=− + 𝐻0 (1.74)
𝑐𝑘 𝑑𝑡

H0 étant l‟erreur systématique sur l‟estimation de la charge.

Or on constate que cette équation de Z versus dZ/dt est l‟équation d‟une droite. Sa pente permet
d‟obtenir la valeur de la conductivité hydraulique alors que H0 est l‟ordonnée à l‟origine. On peut
aussi en dériver l‟équation de Hvorslev (1951) si H0=0

Chiasson (2005) a proposé une méthode pour interpréter les essais de perméabilité. La différence
notable avec la méthode proposée par Chapuis et al. (1981) c‟est que cette dernière est moins
sensible à l‟imprécision des mesures.

A partir de l‟équation de Hvorslev (1951), Chiasson(2005) a pris en compte l‟erreur H0 et a


obtenu l‟expression suivante:
−𝑆𝑖𝑛𝑗
𝐻 𝑡 = 𝐻(0)𝑒 𝑘𝑐 (1.75)

Donc en remplaçant H(t) par Z(t), on obtient

𝑍 𝑡 = 𝑍 0 − 𝐻0 𝑒 −𝑘𝐶𝑡 + 𝐻0 (1.76)

On sait aussi que 𝑍 0 − 𝐻0 = 𝐻(0), l‟équation s‟écrit donc sous la forme:

𝑍 𝑡 = 𝐻 0 𝑒 −𝑘𝐶𝑡 + 𝐻0 (1.77)

Z(t) étant l‟élévation de la colonne d‟eau au temps t et H(0) est la différence de charge réelle (et
inconnue) à t=0.

Afin de déterminer les paramètres H(0), H0 et a=c/Sinj, on minimise la somme des carrés des
écarts entre les charges expérimentales estimées et celles qui sont calculées.

𝜀𝑗 = 𝑍𝑗 − 𝑍 ∗ (𝑡𝑗 ) (1.78)

𝑛 2 𝑛
𝑀𝑖𝑛 𝑗 =1 𝜀𝑗 sujet à 𝑗 =1 𝜀𝑗 =0 (1.79)

Quand il s‟agit de déterminer la valeur du coefficient c, il faut prendre en compte plusieurs


facteurs dont la géométrie de la zone d‟injection et la nature de l‟essai.
106

2𝜋𝐿
𝑐= (1.80)
2𝐿
ln⁡(𝐷)

qui est une forme simplifiée de la formule dite de l‟ellipsoïde

Sinon, pour 1<L/D<8,

𝐿 1
𝑐 = 2𝜋𝐷 + (1.81)
𝐷 4

Cette formule est mieux connue sous la formule dite de la sphère. D‟où:

𝑐 8𝐷 𝐿 1
𝐶= = + (1.82)
𝑆𝑖𝑛𝑗 𝑑2 𝐷 4

Pour un essai en bout de tubage (CAN/BNQ 2510-130, 1988), l'eau est injectée dans le sol par
une ouverture de diamètre D et le coefficient de c vaut (Taylor, 1948):

𝑐 = 2,75𝐷 (1.83)

Dans le calcul de la valeur du coefficient c, même si la géométrie de la zone d‟injection est


connue, cette dernière risque d‟être modifiée par les opérations de forage, de lavage,
d‟installation du piézomètre, de développement et par divers effets pariétaux (Ramey 1992). Cela
aura une répercussion sur les valeurs de c qui sera donc approximative (Chapuis, 1999 Guide).
L‟essai de conductivité hydraulique livre une valeur de kc, donc une valeur de k approximative.

Il est recommandé, dès que l‟essai de perméabilité in situ est terminé, de tracer en premier lieu le
graphique des vitesses Z versus dZ/dt. Si on obtient une courbe ou une ligne brisée, cela voudra
dire qu‟il y a une erreur d‟évaluation du niveau piézométrique, un défaut de scellement ou un
claquage hydraulique (Chapuis et al. 1981). Sinon, il faut que le prolongement de ligne droite
intercepte l‟axe des Z à la valeur 0. Si ce n‟est pas le cas, cette valeur H0 représentera l‟erreur
piézométrique due soit à un court circuit hydraulique soit à une erreur d‟estimation du niveau
pendant le forage (Chapuis et al. 1981).
107

3.2.3 Échantillonnage de l’eau dans le roc

De nos jours, tous les programmes d‟assurance qualité ainsi que les directives environnementales
exigent que les puits soient purgés avant toute campagne d‟échantillonnage d‟eau. L`objectif de
la purge des puits et des piézomètres est d‟obtenir un échantillon d‟eau qui ne soit contaminé ni
par les conditions créées par le puits ni par le trou de forage. Parmi les facteurs qui peuvent
contaminer les échantillons d‟eau, on cite l‟oxygène dissous provenant du puits, le pH élevé
causé par la chaux présente dans le coulis de ciment utilisé pour sceller le puits ou encore une
augmentation de la turbidité de l‟eau causée par un gradient appliqué trop élevé qui entraîne des
particules fines, argileuses.

Aussi, il faut noter que la purge n‟est pas la première étape à réaliser. Juste après le forage,
l‟installation des piézomètres et le murissement du ciment et de la bentonite (scellement des
piézomètres), on procède au développement du puits. Cela permet l‟extraction de l‟eau de forage
et des fines particules qui ont échoué au fond du puits pendant le forage.

Pour beaucoup de professionnels du forage et des puits d‟eau, la crépine est assimilée au “cœur
du puits” et la zone filtre au “poumons”. Par le développement du puits, on permet au cœur de
battre et aux poumons de respirer car le sol filtre et la crépine peuvent être obstrués par un
mélange de fluide de forage et de fines particules de sol et de matières utilisées lors du
scellement.

Dans un premier temps, on lave les piézomètres dans le roc en y injectant de l‟eau au niveau de la
crépine et en la faisant circuler jusqu‟à ce que l‟eau qui ressort par le haut du tube devienne
claire. Ensuite, on pompe, à faible débits, pendant une longue période (en moyenne entre 10 h et
15 h) afin d‟extraire l‟eau de forage et de lavage injectée dans le piézomètre. Notons que l‟eau de
forage peut se déplacer dans la formation géologique: c‟est pour cela que le pompage est effectué
pendant une longue période afin de pouvoir récupérer cette dernière. Le pompage se poursuit
jusqu‟à la stabilisation des paramètres de l‟eau et notamment le pH, la température et la
conductivité électrique (salinité).

Purger les piézomètres reste toutefois nécessaire avant tout échantillonnage d‟eaux souterraines.
L‟eau stagnante dans le piézomètre au-dessus de la zone crépinée doit être pompée: cette eau ne
circule pas et n‟est pas renouvelée. Elle ne représente pas l‟eau souterraine présente dans la
formation géologique. Aussi, il peut se produire des infiltrations d‟eau provenant de formations
108

géologiques différentes de celle visée: c‟est généralement dû à des défauts de scellement. Cette
eau doit aussi être extraite.

La purge peut se faire selon trois méthodes: pomper des volumes fixes d‟eau (4 à 6 fois le volume
du puits) avec d‟importants débits, purger jusqu‟à stabilisation des paramètres (pH, température,
conductivité,…) ou faire de la micropurge en pompant à faible débits et en minimisant le
rabattement de la nappe (Puls et Barcelona, 1986).

Les trois méthodes ont été testées et la dernière méthode (faible débit et faible rabattement) a été
retenue par l‟ASTM (D6771, 2006) car les deux premières méthodes ont montré leurs limites.
Quand on purge à hauts débits, on mélange l‟eau circulant à travers la crépine avec l‟eau qui
stagne dans le tube du piézomètre. Cela induit la dilution de l‟échantillon à analyser (Robin et
Gillham, 1987). De plus, on risque d‟assécher partiellement ou totalement la crépine causant ainsi
l‟agitation, l‟aération et l‟oxydation de l‟eau à échantillonner d‟une part et d‟autre part on risque
d‟endommager la zone filtre et la matrice de l‟aquifère.

Le détail de l‟opération de purge et d‟échantillonnage est développé dans une prochaine section
du document (Chapitre 4).

Notons qu'on traite dans cette section de l'échantillonnage dans le roc. Cette démarche ne peut
être généralisée à tous les piézomètres. Dans l'argile par exemple, et comme on l‟expliquera dans
le chapitre 4, il est déconseillé d‟échantillonner de l‟eau dans des piézomètres qui y sont installés.

3.2.4 Charges hydrauliques et notion de temps de réponse (Time Lag)


Quand on installe un piézomètre ouvert dans l‟argile, plusieurs semaines voire mois sont
nécessaires avant de voir le niveau piézométrique se stabiliser. C‟est le temps nécessaire pour
éliminer la différence de charge hydraulique entre le sol et l‟intérieur du piézomètre. Ce délai a
été exposé par Hvorslev (1951) et nommé temps de réponse « Time lag ». Il fut parmi les
premiers à s‟intéresser à ce phénomène. En traitant ce problème, Hvorslev considère l‟argile
parfaitement rigide, le problème est assimilé à un changement soudain des contraintes totales
externes appliquées partout dans l‟aquitard. Ces dernières modifient les pressions interstitielles
pendant une courte période.
109

Selon Hvorslev (1951), le temps de réponse d‟un piézomètre dépend des dimensions de l‟appareil
de prise de mesure (pressions)- le piézomètre dans notre cas- et est inversement proportionnel à la
conductivité hydraulique du sol. Le délai « Time lag » peut être calculé par la formule ci-dessous:

𝑉 𝐴𝐻 𝐴 𝐻. 𝑆𝑖𝑛𝑗
𝑇= = = = (1.84)
𝑞 𝐹𝑘𝐻 𝐹𝑘 𝑐𝑘

F: Coefficient de forme (de la lanterne), cm

k: Conductivité hydraulique, cm/s

A: Aire de la section du piézomètre, cm²

Donc, pour un sol argileux caractérisé par une conductivité hydraulique de 10-7cm/s, le « Time
lag » sera 10000 fois plus important qu‟avec des sols silteux ou sablonneux (10-4cm/s). Le délai
« Time Lag » étant inversement proportionnel à la conductivité hydraulique, donc plus la
conductivité hydraulique est petite, plus le temps de réponse « Time Lag » est grand.

Chapuis (2005, 2009) a revisité la théorie de Hvorslev (1951). Il a traité des aspects non couverts
par les hypothèses de Hvorslev. En plus du temps de réponse discuté précédent, il existe un délai
dû à l‟installation: c‟est le délai nécessaire afin de restaurer les pressions interstitielles in situ
après l‟installation de ce dernier. Aussi, les contraintes ne varient pas instantanément de la même
façon partout dans l‟argile, il leur faut une certain temps pour s‟y propager. Le piézomètre étant
installé dans de l‟argile, le niveau piézométrique autour de la zone filtre dépend des charges
hydrauliques présentes et passées dans les aquifères se situant en dessus ou en dessous de
l‟aquitard étudié. Supposons que la charge hydraulique de l‟aquifère soit constante, puis qu‟elle
change rapidement pour prendre une nouvelle valeur constante, différente de la première. A ce
moment, il apparaît un long « Time lag » avant que le piézomètre ne donne le niveau
piézométrique correct. Ce délai dépend des dimensions de la lanterne, du diamètre interne du
tube, de la perméabilité de l‟argile et du carré de la distance entre la lanterne et l‟aquifère. Il
devient donc pratiquement impossible de mesurer un niveau piézométrique dans l'argile.
110

3.3 Modélisations numériques

3.3.1 Écoulement et transport des ions

L‟écoulement de l‟eau dans les sols est un des plus importants aspects en géotechnique et géo-
environnement. La complexité des systèmes hydrogéologiques et l‟intervention de plusieurs
paramètres et données font que la résolution des problèmes liés aux écoulements souterrains
nécessite l‟utilisation d‟outils informatiques et mathématiques et de logiciels de modélisation
numérique. Par définition, un modèle est une représentation simplifiée de la réalité qui a pour
objectif de décrire le comportement des systèmes naturels. Cela peut aller du modèle conceptuel
au modèle numérique en passant par les modèles géologiques, hydrogéologiques, mathématiques
et physiques.

Généralement, la conception d‟un modèle passe par plusieurs étapes: tout d‟abord, il faut mettre
au point un modèle conceptuel du système, ensuite, il est nécessaire de choisir le code et donc la
formulation mathématique du problème. Ce choix a été, dans notre cas, porté sur Seep /W. Ce
choix est justifié par l‟analyse présentée dans l‟article de Chapuis et al. (2001) où plusieurs
scénarios d‟écoulements et cas ont été testés et validés avec Seep/W. La géométrie du système à
modéliser est ensuite définie. On détermine après les paramètres représentatifs décrivant les
variations spatiales du système d‟écoulement souterrain, les conditions aux limites et leurs
variations dans le temps, les conditions initiales, le maillage et on effectue enfin les vérifications
élémentaires. Après cette étape de conception du modèle, on effectue un calage de ce dernier en
comparant les résultats aux données in situ et on finit par effectuer une analyse de sensibilité ou
des prévisions. Les procédures pour rendre un modèle opérationnel sont présentées dans la figure
3.11.

Dans un document de l‟Université de Neuchâtel, Cornaton et Perrochet (2007) résument


l‟approche numérique. Cette définition est assez complète, on a donc décidé de la présenter en
intégralité:

``L'approche numérique est utilisée dans le cas général pour lequel la géométrie du domaine, son
hétérogénéité paramétrique, les conditions aux limites et/ou le processus simule lui même
rendent l'intégration exacte, ou la détermination d'une solution analytique, impossible. Les
méthodes numériques les plus employées sont la méthode des différences finies (FDM) et la
111

méthode des éléments finis (FEM). Un modèle numérique associe une discrétisation du système
réel en éléments géométriques (triangles, quadrangles, briques, prismes, tétraèdres,...) à une
discrétisation des équations différentielles. L'assemblage de tous ces éléments discrets
(intégration de la contribution de chacun des éléments sur le domaine) donne lieu a un système
algébrique d'équations linéaires (système matriciel) dont la résolution nécessite l'inversion de
matrices dont la taille dépend du nombre d'éléments utilisés dans le modèle (nombre de nœuds).
Il s'agit ici d'une limitation majeure des techniques numériques du fait de leur dépendance aux
ressources informatiques disponibles (vitesse du processeur, mémoire vive disponible). A
l'opposé des méthodes analytiques, les modèles numériques nécessitent en général beaucoup plus
de temps pour être mis en place et utilisés``

Pour ce projet, on utilise la suite Geostudio 2007 et notamment Seep/W et CTran/W. Ces deux
logiciels sont utilisés pour la modélisation par éléments finis des écoulements de fluide, des
pressions interstitielles dans les milieux poreux, et du transport des contaminants.

Pour modéliser un système d‟écoulement en régime permanent, 9 étapes indispensables sont


nécessaires: la création d‟une géométrie de base, la génération d‟un maillage en éléments finis, la
définition du type de problème, la définition des conditions aux limites, la définition des
paramètres d‟écoulement, la définition des points d‟observation, le lancement de la simulation, la
visualisation des résultats et le calcul des flux et bilans hydrologiques.

Les données nécessaires à la modélisation ont été déterminées au laboratoire ou lors des essais in
situ. Les résultats des analyses chimiques et isotopiques de l‟eau seront utilisés dans la
modélisation du transport des ions dans CTran/W. Les quelques données manquantes ont été
déduites de la littérature existante.
112

Figure 3.11: Procédure pour rendre un modèle opérationnel (Cornaton et Perrochet 2007)

3.3.2 Différentes méthodes pour déterminer les dispersivités


Un des paramètres physiques qu‟on a encore du mal à déterminer dans la modélisation du
transport des contaminants dans des milieux poreux est la dispersivité. L‟étude de ce paramètre a
été le cœur de plusieurs recherches depuis ces deux dernières décennies. Les coûts élevés des
essais in situ et au laboratoire ainsi que le manque de données de terrain constituent les
principaux obstacles auxquels font face la plupart des chercheurs.

Définir et estimer les valeurs des dispersivités à utiliser dans les simulations et modélisations
numériques est un exercice qui nécessite beaucoup de précautions et d‟attention vu les
répercutions qu‟une mauvaise estimation de ces valeurs peut avoir sur les résultats obtenus. Dans
la majorité des articles et publications consultées, il apparaît que les valeurs de la dispersivité
dépendent de l‟échelle d‟observation durant l‟essai.

En se basant sur des essais in situ, on constate que plus l‟échelle d‟observation est grande, plus la
dispersivité augmente. Notons que l‟échelle d‟observation est définie comme étant la distance
entre la source et le point d‟observation. Par exemple, les valeurs de la dispersivité obtenues à
partir d‟essais de traceur conduits à une échelle locale (quelques mètres) ont tendance à être
113

inférieures à celles obtenues à partir d‟observations de traceurs environnementaux (sur plusieurs


kilomètres). Aussi, on note qu‟il y a une légère différence entre les dispersivités obtenues dans
des média poreux et fracturés.

En général, la dispersivité dans la direction de l‟écoulement de l‟eau est supérieure à la


dispersivité dans la direction perpendiculaire à l‟écoulement. La dispersivité dans la direction de
l‟écoulement est nommée  L dispersivité longitudinale alors que dans la direction
perpendiculaire, la dispersivité  T est nommée dispersivité transversale.

Cet exercice vise à exposer quelques méthodes qu‟on pourra utiliser pour évaluer les deux
dispersivités, longitudinales et transversales, pour l‟argile, le till et le roc avant tout calage
numérique.

Différentes approches permettant d‟estimer la valeur des dispersivités existent. Certaines se


basent sur les propriétés géotechniques des média (coefficient d‟uniformité, porosité, diamètre
effectif, courbe de rétention d‟eau…) alors que d‟autres estiment que la dispersivité dépend de
l‟échelle d‟observation.

[Link] La méthode de Gelhar et al. (1992)

Gelhar et al. (1992) ont constitué une revue critique d‟observations de dispersivités provenant de
59 sites. Des informations concernant les types d‟aquifères, les propriétés hydrauliques, la nature
de l‟écoulement, le type de réseaux d‟observation, la méthode d‟interprétation des données et les
échelles d‟observation des dispersivités longitudinales et transversales à partir des différentes
sources ont été compilées. Ces informations ont servi à classer ces données en trois classes selon
leur fiabilité. 106 valeurs de dispersivité longitudinale allant de 0.01m à 5500 m à des échelles
variant de 0.75 m à 100 km ont été obtenues.

Les résultats de ces observations ont permis d‟obtenir la figure 3.12 ci-dessous:
114

Figure 3.12: Dispersivité longitudinale versus échelle d‟observation, identifiée par le type
d‟observation et le type d‟aquifère [d‟après Gelhar et al. 1992]

On constate clairement que la dispersivité longitudinale augmente avec l‟échelle d‟observation.


Une des originalités de cette approche est que ces essais ont été menés sur des aquifères
« poreux » et « fracturés ». Pour ces deux types d‟aquifères, les mêmes tendances se dégagent.
On remarque que les valeurs de dispersivité obtenues à partir d‟essais de traceur, généralement
conduits à une échelle locale, ont tendance à être plus petites que celles obtenues à plus grande
échelle. C‟est le cas des traceurs environnementaux. On remarque aussi qu‟il y a une différence
entre les données obtenues dans un milieu poreux et dans le roc fracturé.

Il est à noter que cette figure 3.12 est devenue une référence dans la littérature quand il s‟agit
d‟estimer la dispersivité longitudinale afin d‟effectuer de la modélisation numérique et de la
simulation de transport de contaminants.

Malgré la popularité de cette figure depuis sa publication en 1985 par Gelhar et al., les mêmes
auteurs ont publié en 1992 un article où ils expliquent que l‟utilisation des résultats apparaissant
dans la figure 3.12 n‟est appropriée que si on prend en compte la fiabilité des données utilisées.
Leur raisonnement est basé sur le fait que les différentes caractéristiques des aquifères dans
115

lesquels les essais ont été conduits et les différentes méthodes d‟interprétation des résultats font
qu‟il est important de s‟assurer de la fiabilité de chaque donnée utilisée pour construire la figure.

En se basant sur des critères prédéfinis, ils ont pu produire la figure 3.13 ci-dessous:

Figure 3.13: Dispersivité longitudinale versus échelle d‟observation, données classées par degré
de fiabilité [d‟après Gelhar et al. 1992]

Les données ont été classées en trois degrés de fiabilité: basse, moyenne et haute.

On remarque que cette figure est identique à la figure 3.12 mais cette fois, les données sont
classées en termes de fiabilité et non en fonction de la nature du média et de la méthode d‟essai.
On note que les résultats les plus fiables sont obtenus à des échelles locales et intermédiaires.

Une fois la dispersivité longitudinale déterminée à l‟aide des figures ci-dessus, Gelhar et al.
(1992) ont développé le même type de figures mais cette fois pour la dispersivité transversale.

La dispersivité transversale est généralement plus petite que la dispersivité longitudinale et


dépend aussi de l‟échelle d‟observation. La dispersivité transversale dans la direction verticale est
inférieure à la dispersivité transversale dans la direction horizontale. Les figures 3.14 et 3.15 ci-
116

dessous présentent les résultats pour la dispersivité transversale verticale et horizontale. On


remarque que la dispersivité longitudinale et la dispersivité transversale augmentent avec
l‟échelle d‟observation.

Figure 3.14: Dispersivité transversale (horizontale) versus échelle d‟observation, données


classées par degré de fiabilité [d‟après Gelhar et al. 1992)
117

Figure 3.15: Dispersivité transversale (verticale) versus échelle d‟observation, données classées
par degré de fiabilité [d‟après Gelhar et al. 1992]

[Link] Autres approches proposées

Domenico et Schwartz (1998) se basent sur l‟approche et les résultats de Gelhar et al. (1992). Ils
ajoutent que les hétérogénéités à l‟échelle macroscopique créent une variabilité de la vitesse à
l‟échelle locale et contribuent à la dispersion. Ils constatent aussi que la dispersivité
macroscopique est au minimum deux ordres de grandeur plus grande que la dispersivité dans une
colonne au laboratoire.

Comme pour Gelhar et al. (1992), d‟autres auteurs ont lié la dispersivité longitudinale à l‟échelle
d‟observation et à la longueur du trajet d‟écoulement de l‟eau souterraine. Rappelons que pour
Gelhar et al. (1992):

 L  0.1  L (1.85)

L: Longueur du trajet d‟écoulement de l‟eau souterraine (m)

Pour L<3500m, Neuman (1990) proposa


118

 L  0.0175  L1.46 pour L<100 m (1.86)

 L  0.32  L0.83 pour L>100 m (1.87)

Xu et Eckstein (1995) ont développé une méthode statistique qui donne:

 L  0.83  (log L) 2.414 (1.88)

On constate que pour toutes les équations proposés (Éqs. 1.52 à 1.55), la dispersivité
longitudinale est reliée à l‟échelle d‟observation.

[Link].1 Méthode proposée dans CTRAN/W

Pour un écoulement à une dimension, la dispersion hydrodynamique D est définie comme:

D  v  D* (1.89)

α: Dispersivité (L)

v: Vitesse de Darcy (L/T)

D*: Coefficient de diffusion moléculaire (L2/T)

La dispersivité est le ratio du coefficient de dispersion hydrodynamique divisé par la vitesse de


l‟eau dans les pores. Typiquement, les dispersivités varient entre 0.1 m et 100 m dépendamment
si on se trouve dans un essai de laboratoire ou in situ.

En utilisant CTRAN/W, et si le coefficient de diffusion moléculaire D* n‟est pas défini, la


dispersion peut être prise égale à la diffusivité dans les directions longitudinale et transversale.

[Link].2 Le point de vue de Fetter (1993)

Fetter (1993) confirma l‟approche de Gelhar et al. (1992) et proposa la relation  L  0.1  L pour
obtenir l‟ordre de grandeur de la dispersivité longitudinale. Donc si la simulation est faite dans
une colonne d‟un mètre au laboratoire,  L  0.1  m et si on simule le transport dans un aquifère
(1 km),  L  100m .

[Link].3 L’approche de Xu et Eckstein (1997)


119

Xu et Eckstein (1997) affirment que la dispersivité est un paramètre hydrodynamique dépendant


du milieu, qui caractérise la dispersion du soluté dans un milieu poreux. Leur étude avait pour but
d‟analyser les relations entre la dispersivité et d‟autres propriétés physiques caractéristiques des
milieux poreux élastiques. Des données de 113 essais sur colonnes ont servi pour le calcul des
corrélations simples et multiples, afin de classer par ordre d‟importance les facteurs influençant la
dispersivité et les propriétés physiques, comme la porosité, la perméabilité et la granulométrie,
définie par la taille médiane et la taille réelle des grains et du coefficient d‟uniformité. Cu.

La porosité et l‟uniformité de la taille des grains sont les deux facteurs prépondérants influant sur
les valeurs de la dispersivité. La dispersivité est proportionnelle au coefficient d‟uniformité et est
inversement proportionnelle à la porosité. La dispersivité est aussi proportionnelle à la taille
médiane des grains d‟un matériau clastique uniforme, lorsque Cu<2. Toutefois, dans les
matériaux plus étalés (Cu>2), l‟effet de la taille médiane des grains sur la dispersivité diminue
progressivement et disparaît même.

Pour Cu=1, il apparaît que la taille médiane des grains est significative à tous les niveaux alors
que k peut être retirée des calculs.

 x  0.46  0.85  d 50 (1.90)

Pour Cu<2, Cu et d50 contribuent significativement aux équations de régressions multiples et


doivent faire partie du modèle.

 x  3.15  0.85  d 50  3.55CU (1.91)

Pour Cu<3,  x  2.17  0.81  d 50  2.73Cu (1.92)

Pour Cu<4,  x  2.75  4.08CU (1.93)

On constate qu‟il est possible de déterminer la valeur de la dispersivité longitudinale à partir de


quelques propriétés géotechniques des sols.

[Link].4 Méthode proposée par Schulze-Makuch (2005)


120

Des dispersivités longitudinales ont été receuillies à partir de 109 différentes études publiées et
réalisées dans différents types de média géologiques. Les données ont été subdivisées en 3
catégories: des dispersivités pour les média consolidés (basalte, granite, roches carbonatés) et
pour des sédiments non consolidés qui à leur tour ont été classés en 3 degrés de fiabilité.

Les données receuillies et compilées donnent aux praticiens dans le domaine des eaux
souterraines un guide préliminaire pour estimer la dispersivité à différentes échelles
d‟observation.

Basé sur ces données, les dispersivités longitudinales obtenues à partir des différents essais de
laboratoires, des essais d‟aquifères et des modèles numériques ont été tracées versus l‟échelle
d‟observation pour chaque média géologique (Figure 3.16).

Figure 3.16: Dispersivité longitudinale versus l‟échelle d‟observation

(d‟après Schulze-Makuch, 2005)

On remarque que la dispersivité longitudinale augmente exponentiellement avec l‟échelle


d‟observation. La figure 3.17 ci-dessous montre la même tendance avec les média consolidés.
121

Figure 3.17: Dispersivité longitudinale versus l‟échelle d‟observation pour des média consolidés
(Schulze-Makuch, 2005)

Les auteurs justifient ce phénomène par le fait que plus le traceur se déplace à travers le média
géologique, plus il rencontre des hétérogénéités et plus la dispersivité augmente avec l‟échelle
d‟observation.

A partir de ces observations, la relation suivante a été trouvée et relie directement la dispersivité
longitudinale à l‟échelle d‟observation.

  c ( L) m (1.94)

 : Dispersivité, m

L: Distance parcourue par le fluide, m

m: Exposant d‟échelle (pente de la droite log-log)

c: Caractéristique du média géologique définie comme étant la dispersivité longitudinale d‟un


média spécifique après avoir parcouru la distance d‟un mètre.

Les constantes c et m peuvent être trouvées dans le tableau 3.1 ci-dessous:


122

Tableau 3.1: Valeurs des constantes c et m selon la nature du milieu géologique. [Extrait de
Schulze-Makuch 2005]

Selon les 307 données analysées, l‟exposant d‟échelle m moyen est d‟environ 0.5. Pour cette
constante, il n‟y pas d‟influence de la nature du média sur les valeurs. Le paramètre c varie entre
0.01 m pour les sédiments non consolidés et 0.8 m pour les roches carbonatées.

[Link].5 Méthode proposée par Al-Suwaiyan (1996)

Basé sur un modèle construit à partir de la méthode statistique des moindres carrés, un modèle
reliant l‟échelle d‟observation et la dispersivité est proposé. Cette étude suggère de prédire un
spectre de valeurs de dispersivité au lieu de déterminer des droites.

Des données collectées de la littérature sont assujetties à une analyse de régression et deux droites
de moindres carrés représentant les limites inférieures et supérieures pour les dispersivités sont
obtenues.

Cette méthode, comme le suggère son auteur, permet d‟obtenir une valeur initiale des
dispersivités et de déterminer une plage de valeurs de ces données pour calibrer les modèles
numériques et simuler le transport des contaminants.
123

Figure 3.18: Méthodologie pour déterminer le spectre des dispersivités (Al-Suwaiyan, 1996)
124

Comme on aperçoit sur la figure 3.18 ci-dessus, à partir des résultats proposés par Xu et Eckstein
(1995), Neuman (1990) et Arya (1996), on détermine une bande qui inclut les trois relations entre
la dispersivité et l‟échelle d‟observation. Ensuite, on met ces données sur une échelle
logarithmique et on les expose en termes de fiabilité. Enfin, on trace les limites inférieure et
supérieure de cette bande. On estime que 80% des données présentées par les auteurs sont
présentes dans le spectre proposé par Al-Suwaiyan (1996). Ce spectre prend en considération non
seulement la qualité des données mais aussi leur fiabilité.

[Link] A propos de la dispersivité

A cause de la difficulté et des coûts élevés pour obtenir les valeurs de la dispersivité in situ, et
afin d‟obtenir des dispersivités pour les modélisations numériques, on va continuer à se baser sur
des graphiques comme ceux exposés tout au long de ce document pour estimer les dispersivités,
au moins pour une première approximation. Comme on peut le constater dans la figure 3.19 ci-
dessous, les différentes méthodes donnent des résultats assez proches pour des échelles locales
(ordre de grandeur entre 101 et 102 m). Par contre, plus l‟échelle d‟observation devient grande,
plus on remarque que les données provenant des différentes méthodes s‟éloignent.

Figure 3.19: Comparaison entre différentes estimations des dispersivités


125

En plus des méthodes graphiques, on a vu qu‟il existe des équations qui relient les valeurs de la
dispersivité longitudinale à l‟échelle d‟observation. Ces méthodes ont été utilisées dans plusieurs
cas et ont livré des résultats semblables aux méthodes graphiques.

Enfin, on a vu qu‟il existe une méthode qui relie la dispersivité aux propriétés géotechniques des
sols. Cette méthode semble intéressante mais on ne dispose pas d‟assez d‟information pour
prouver sa validité. La méthode de Gelhar et al. (1995) reste la plus populaire dans la littérature
scientifique consultée.

Comme règle générale, et dans l‟absence de données spécifiques, la dispersivité transversale


horizontale doit être prise un ordre de grandeur inférieure à la dispersivité longitudinale alors que
la dispersivité transversale verticale est deux ordres de grandeur inférieure à la dispersivité
longitudinale (Fetter 1993; Gelhar et al. 1995; Domenico et Schwartz 1997).
126

CHAPITRE 4 LE SITE ET LES RÉSULTATS DES ESSAIS

4.1 Localisation du site


La zone d‟étude se situe au nord de la rivière des Mille-Îles au niveau de la ville de Lachenaie.
Elle s‟étend sur environ 6 km au nord en direction de l‟autoroute 640 et comprend le site
d‟enfouissement de BFI et continue au nord jusqu‟à la sablière `` Sables Thouin``. A l‟Ouest, la
zone d‟étude commence au niveau de l‟École secondaire des Rives à Lachenaie et s‟étend vers
l‟Est en direction de la ville de Charlemagne (L‟Arc-en-ciel School) (Figure 4.1).

Figure 4.1: Localisation du site du projet (source: Google Map)

La géologie de la région étudiée est bien connue. Le rapport réalisé par Dion (1978) donne un
aperçu détaillé sur la géologie de la région de Terrebonne-L‟Assomption. En plus, les différents
127

logs réalisés lors de nos différentes campagnes de forages 2006, 2007 et 2008 permettent de
dresser un portrait clair de la géologie du secteur à l‟étude.

Socle rocheux

Les roches de la région de Lachenaie sont d‟origine sédimentaire. Le socle est constitué de
schiste argileux correspondant au shale d‟Utica du Paléozoïque. Notons que ce dernier a été
carotté à 9 reprises lors de la réalisation des neuf forages dans le roc.

Dépôts meubles

Les dépôts qu‟on retrouve dans la zone d‟étude sont caractérisés par leur importante épaisseur.
Cette dernière peut atteindre jusqu‟à 30 m par endroits. La couche d‟argile Champlain constitue
l‟unité la plus épaisse. Elle est généralement recouverte d‟une couche de sable - associée aux
hautes terrasses d‟origine glaciaire- de faible épaisseur. L‟argile repose sur une couche de till qui
repose directement sur le socle rocheux.

Dans la figure 4.2 ci-dessous, Bolduc et Ross (2001) présentent la carte des dépôts meubles de la
région de Lachenaie. Les sites d‟études du projet doctoral y sont indiqués. On remarque que les
dépôts de surface sont de différentes natures et origines: dans les sites 1 et 6 par exemple, on
retrouve des alluvions des terrasses fluviales (sables et graviers) alors que dans le site 4, on
retrouve des sédiments fins d‟eau profonde (argile silteuse).
128

Figure 4.2: Dépôts meubles de la région de Lacheanie

(Modifié d‟après Bolduc et Ross 2001)


129

4.1.1 Stratigraphie

D‟après les diverses études réalisées sur le site de BFI et dans les sites voisins à ce dernier (GSI
Environnement 2001) ainsi que les études menées tout au long de notre investigation de la zone
d‟étude, il apparait que la stratigraphie est homogène à l‟échelle des sites étudiés et est composée
des unités suivantes:

- Une couche de terre végétale d‟épaisseur inférieure à 20 cm. Cette dernière est
discontinue car elle n‟est présente que dans certaines zones.

- Une couche de sable d‟environ 70 cm en moyenne recouvre dans la totalité des cas la
couche d‟argile. C‟est un sable fin à grossier avec des traces de silt qui devient plus
silteux à l‟approche de la couche d‟argile. Ce sont en général des sables littoraux ou
prodeltas.

- La couche d‟argile Champlain constitue l‟unité la plus épaisse des dépôts trouvés sur le
site. L‟épaisseur de cette dernière peut atteindre jusqu‟à 30 m dans certaines zones et
notamment à la frontière nord du site BFI. Plus on se dirige vers le sud et notamment vers
la rivière des Mille-Îles, plus l‟épaisseur de l‟argile diminue et atteint une épaisseur de 13
m environ (Site 06). L‟argile est homogène avec des traces de matière organique et de
coquillages par endroits.

- La couche de till est très variable selon les zones investiguées (GSI Environnement 2001).
Son épaisseur est de 1.5 m au minimum et peut atteindre 5 m par endroits. Généralement,
ce till est composé de sable (26% à 51%) et de silt (32% à 52%) avec des proportions
variables de gravier (4 à 17%) et d‟argile (moins de 10%) (Dion, 1978).

- Le socle rocheux est constitué de schiste argileux correspondant au shale d‟Utica d‟âge
Ordovicien. Dans tous les forages réalisés dans le roc, ce dernier a été carotté sur une
profondeur de 6 m.

Il est à noter que dans certaines études menées dans la même région, et on cite notamment le
rapport de Dion (1978), il a été constaté, dans certains endroits, un horizon varvé de 30 à 40 cm
d‟épaisseur et qui constitue la transition entre l‟argile et le till. Selon les résultats des analyses
effectuées sur ce dernier, on y retrouve de 3% à 6% de sable, 52% à 54% de silt et 40% à 45%
d‟argile. Cet horizon n‟a pas été rencontré dans nos forages.
130

Dans la figure 4.3 ci-dessous, on a superposé l‟emplacement des 9 sites du projet sur la carte des
dépôts de surface obtenue par Dion (1978). Les résultats sont concordants: en effet, dans les sites
1, 2 et 3, on a noté la présence d‟environ 20 cm à 30 cm de tourbe en surface alors que dans le
reste des sites, seule la couche de sable a été observée à la surface.
131

Figure 4.3: Dépôts de surface dans la zone d‟étude (Dion, 1978)


132

4.1.2 Cartes et forages

Pendant la totalité de la durée du projet, il a été installé 27 piézomètres dans 9 sites différents
(Figure 4.5). Sur chaque site, on retrouve un piézomètre installé dans le roc et deux piézomètres
dans l‟argile. Le premier se trouve dans le premier tiers de la couche d‟argile alors que le second
est placé dans le bas de la couche. Par contre, dans le site 8, on n‟a installé qu‟un seul piézomètre
au centre de la couche d‟argile, le second a été installé dans de la moraine.

Les sites 1 à 5 se trouvent sur les propriétés de BFI Lachenaie, le site 6 est à proximité de la
bibliothèque de Lachenaie et au bord de la rivière des Mille-Îles, les sites 7 et 8 sont sur des
terrains de la commission scolaire de Terrebonne alors que le site 9 se trouve à proximité de la
sablière ``Sables Thouin Inc`` (Figure 4.5).

Les piézomètres en PVC sont descendus dans les trous de forages en les centrant et en prenant
soin que le fond du trou soit atteint. Ensuite, on met en place la lanterne constituée de sable.
Enfin, on scelle le trou avec en premier lieu un mélange de bentonite, ciment et sable et en
second lieu, avec un coulis de bentonite. Une fois ces opérations achevées, on installe les
couvercles de protection (Figure 4.4)

On note que dans les piézomètres installés dans l‟argile, les diamètres du tube (51 mm) et de la
crépine (31.75 mm) sont différents alors que dans le roc, ces diamètres sont identiques (51 mm).

Une fois l‟installation des piézomètres achevée, on procède au nettoyage de ces derniers. Pour ce
fait, on injecte de l‟eau au niveau de la crépine à l‟intérieur des piézomètres. Les débris encore
présents dans les piézomètres sont évacués par le haut du tube. Une fois cette opération terminée,
on pompe les piézomètres pour les vider de l‟eau de lavage en prenant soin de ne pas assécher la
crépine et créer une importante variation de charge hydraulique pouvant mener à des dommages
au niveau de l‟argile (fissures) et des piézomètres.

Pendant nos différentes campagnes de forage et d‟échantillonnage, on a eu l‟occasion de visiter


plusieurs installations de pompage d‟eau se trouvant dans les alentours des sites d‟étude.
L‟absence de puits d‟eau potable dans toute cette zone a attiré notre attention. En effet, tous les
puits existants contiennent de l‟eau à haute teneur en sels rendant ainsi son exploitation pour des
fins agricoles ou sa potabilisation impossible
133

Couvercle du tube Couvercle du tube

Cadenas Cadenas
Piézomètre
Tuyau en PVC de diamètre Bouchon PVC Bouchon PVC
intérieur de 51mm

Piézomètre
Tuyau en PVC de diamètre intérieur
Niveau du de 51mm Niveau du sol
Sable
Coulis de bentonite
sans ciment Coulis de bentonite sans Sable, remblais ou pierre concassée
ciment

Trou f oré
Claibre H

Argile Argile Champlain


Champlain
Bentonite, ciment Bentonite, ciment et
et sable sable

2 ou 3 couches de sable
de granulométrie de
plus en plus fine entre
le gravier et le scellant
Till

Gravier 5mm net


Crépine de diamètre
Lanterne 31.75mm
Foré
sur 6m Roc
Crépine
PVC

Bouchon et trappe à
sédiments

SCHÉMA DES PUITS D'OBSERVATION DES EAUX SCHÉMA DES PUITS D'OBSERVATION DES EAUX
SOUTERRAINES DANS L'ARGILE SOUTERRAINES DANS LE ROC

Figure 4.4: Schéma des puits d‟observation des eaux souterraines dans l‟argile et le roc
134

Figure 4.5: Emplacement des 9 sites abritant les forages


135

4.2 Minéralogie des sols


Afin de déterminer la minéralogie de l‟argile et du roc, sept échantillons d‟argile provenant des
forages FP-06-02R et FP-07-06R et trois échantillons de roc provenant des forages FP-06-01R,
FP-06-02R et FP-06-03R ont été analysés par diffractométrie des rayons X. Ces analyses ont été
réalisées par l‟unité de recherche et de service en technologie minérale de l‟Université du Québec
(URSTM) en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).

Les résultats obtenus sont présentés dans les tableaux 4.1 et 4.2 ci-dessous sous forme de
pourcentages massiques. Les diffractogrammes quant à eux sont mis en annexe 1.

Les résultats obtenus concordent parfaitement avec ceux de Lebuis et al. (1982) et Lessard et
Mitchell (1985) et que nous avons présentés dans la revue de littérature. En effet, la majorité des
minéraux présents dans les argiles (jusqu`à 70%) sont quartzo-feldspathiques. 15% sont des
feldspaths potassiques (microcline) et 35% sont des plagioclases (oligoclase). On n‟a par contre
pas pu séparer la muscovite, la séricite et l‟illite par la DRX car les feuillets de ces derniers ne
peuvent être distingués avec cette technique.

Notons que la minéralogie des argiles étudiées ne varie ni en fonction de la profondeur de


l‟échantillon ni d‟un forage à un autre. Ce qui montre l‟homogénéité de cette argile du moins par
rapport à la minéralogie.

Aussi, la diffractométrie par rayons X ne permet pas de connaitre le pourcentage de matières


amorphes dans l‟argile. On sait selon Locat et al. (1984), Lebuis et Rissman (1979) et
Quigley(1980) que la portion massique des phyllosilicates et des matériaux amorphes atteint
jusqu‟à 35% dans certaines argiles.

Dans le roc (Tableau 4.2), on remarque que la proportion de quartz est plus élevée que dans
l‟argile. La proportion de muscovite, séricite et illite est aussi plus importante dans le roc. Par
contre, la proportion de chlorite tourne autour de 15%, ce qui est semblable aux argiles. On
constate aussi la présence de plus de carbonates dans le roc et notamment dans le forage FP-06-
03R où la proportion de dolomite atteint les 17%.
136

Tableau 4.1: Analyses semi-quantitatives par diffractométrie de rayons X sur des échantillons
d‟argile

Echantillon: Forage/Profondeur(m)
Phase minérale (%) FP-06-02R/5,65 FP-06-02R/11,17 FP-06-02R/14,86 FP-06-02R/23,20 FP-07-06R/4,46 FP-07-06R/5,61 FP-07-06R/8,70
Quartz 11,61 16,31 11,85 11,7 11,42 12,97 13,78
Muscovite/Séricite/Illite 9,81 13,65 9,49 8,29 11,06 6,74 6,79
Chlorite 16,24 16,21 15,43 14,62 18,8 14,25 11,65
Actinotite 6,51 4,95 7,23 7,79 8,15 7,72 8,78
Calcite 1 4,55 1,46 1,4 1,38 0,85 0,34
Dolomite 2,29 0,29 2,46 2,22 3,85 3,23 0,94
Microline 16,53 14,93 15,52 15,33 11,27 17,27 17,62
Oligoclase 34,85 28,21 35,37 37,63 34,1 36,88 40,13
Portlandite 1,15 0,89 1,18 1,02
Total (%) 99,99 99,99 99,99 100 100,03 99,91 100,03

Tableau 4.2: Analyses semi-quantitatives par diffractométrie de rayons X sur des échantillons de
roc

Echantillon: Forage/Profondeur(m)
Phase minérale (%) FP-06-01R/33 FP-06-02R/31 FP-06-03R/30
Quartz 40,16 37,61 31,83
Muscovite/Séricite/Illite 27,11 22,47 17,38
Chlorite 15,36 15,03 14,52
Calcite 2,55 2,5 2,14
Dolomite 2,14 4,23 17,71
Albite 10,61 14,69 14,33
Pyrite 1,41 3,46 2,08
Total (%) 99,34 99,99 99,99

Des essais ont été conduits dans notre laboratoire par Réginensi (2009) afin de déterminer le
pourcentage de matière organique présente dans l‟argile étudiée. Pour cela, il a fait une série de
pertes au feu. Les résultats obtenus montrent que l‟argile comporte de à 1 à 2% de matière
organique (Annexe 6).
137

4.3 Quelques propriétés géotechniques des argiles


Les propriétés géotechniques des argiles Champlain ont longuement été étudiées dans le passé.
L‟étendue de ces argiles sur le territoire Québécois et Ontarien a encouragé la recherche dans ce
domaine.

Les argiles étudiées dans ce projet sont semblables aux argiles décrites par Leroueil et al. (1983)
d‟un point de vue granulométrique. En effet, selon leurs études, la fraction inférieure à 2 microns
dans les argiles de la mer Champlain varie entre 20% et 60% du côté du bouclier Canadien alors
qu‟elle oscille entre 60% et 80% vers le centre du bassin. Les analyses granulométriques
effectuées par la firme GSI Environnement et par notre équipe de projet (selon la norme ASTM
D 422-63) sur les argiles de Lachenaie sont en parfait accord avec les résultats de Leroueil et al.
(1983) (Figure 4.6). Le même constat est établi pour la densité des solides: sa valeur est en
moyenne de 2.75 pour les argiles de l‟Est du Canada selon ce même article, alors que pour
l‟ensemble des essais réalisés (30 essais pour déterminer la densité des solides selon la norme
ASTM 854-02), on trouve une densité de 2.73 avec un écart type de 0.023. Aussi, on constate que
la densité ne varie pas en fonction de la profondeur (figure 4.7).

Pour ce qui est des limites de liquidité, on constate que ces valeurs varient entre 40 et 70% alors
que les limites de plasticité oscillent entre 20% et 27% (figure 4.8). Par contre, ce qui attire notre
attention est la variation des limites de liquidité et du pourcentage passant à 2 μm par rapport à
l‟élévation 5 m. On remarque qu‟à cette élévation, ces deux paramètres du sol ont tendance à
augmenter confirmant ce qui a été avancé dans le rapport de GSI (2003) et dans l‟article de Dion
(1978) à propos de l‟existence de deux couches d‟argiles distinctes.
138

20

15

10
Élévation (m)

-5 Rapport GSI

-10 Forages Polytechnique

-15
40 50 60 70 80

% passant à 2 μm

Figure 4.6: Distribution de la fraction argileuse (% passant à 2 microns)

Densité relative, Dr
2,00 2,20 2,40 2,60 2,80 3,00
0

5
Profondeur, m

10

15

20

25

Figure 4.7: Densité des grains de l‟argile versus la profondeur de l‟échantillon


139

Aussi, en superposant les valeurs de l‟indice de plasticité Ip et de la limite de liquidité wL des


argiles étudiées sur l‟abaque de Casagrande (figure 4.9), on constate que la majorité des
échantillons d'argile de Lachenaie testés se trouvent à l'extérieur de l'intervalle (ligne A/ligne P).
Par contre, une majorité de points se situent à l'intérieur de l'intervalle determiné par Leroueil
(1983) et determiné par la relation suivante: (0.86wL – 13) > Ip > (0.73wL – 15). Aussi, plusieurs
points coïncident avec la droite de Garneau et Le Bihan (1977) (qui coincide avec la ligne P)
pour les argiles Champlain. Cela montre encore une fois que les argiles de Lachenaie ont des
propriétés semblables à la plupart des argiles de l‟Est du Canada. Pour les argiles testées, on
trouve la relation suivante entre l'indice de plasticité et la limite de liquidité:

Ip=0.87wL-17 (R2=0.88) (1.95)

25

20

15
Elevation, m

Limite de liquidité

10
Pourcentage Passant

0
20 30 40 50 60 70 80 90

-5
WL (%), % passant à 2 μm

Figure 4.8: Évolution de la limite de liquidité et du pourcentage plus petit que 2 microns par
rapport à l‟élévation
140

80

70

60
Indice de plasticité, %

50

Ligne A
40 Ligne P
Argile Champlain
30 Leroueil 1983 inf
Leroueil 1983 sup
20

10

0
0 20 40 60 80 100 120

Limite de liquidité, %

Figure 4.9: Abaque de Casagrande pour les limites de consistance et positionnement des valeurs
obtenues

Répartion des limites de plasticité

16
14
12
Quantité

10
8
6
4
2
0
17-19 19-21 21-23 23-25 25-27 27-29 29-31

limite de plasticité (%)

Figure 4.10: Répartition des limites de plasticité de l‟argile de Lachenaie


141

Dans le cadre du projet, et dans le but de caractériser la couche d‟argile, plusieurs essais de
consolidation ont été conduits sur des argiles provenant des 9 forages dans le roc. La grande
majorité de ces essais a été réalisée dans le laboratoire d‟hydrogéologie en utilisant la méthode de
consolidation œdométriques par chargement successifs (CS). On a aussi utilisé sur quelques
échantillons, la méthode dite (CRS) ou méthode à déformation contrôlée en se servant des
installations du laboratoire de géotechnique.

Dans chaque forage, on a testé un minimum de 4 échantillons à des profondeurs différentes. Les
résultats obtenus (figure 4.11) montrent que la pression de préconsolidation varie entre 110 kPa
et 580 kPa. Aussi, on constate que les pressions de préconsolidation sont plus importantes aux
endroits où l‟élévation du sol est moindre, c'est-à-dire aux abords des rivières des Mille-Îles et
des Prairies. Le rapport de surconsolidation OCR, défini comme étant le quotient de la contrainte
de préconsolidation par la contrainte effective verticale actuelle, varie entre 1.8 et 21.5 ce qui
indique que l‟argile est surconsolidée.

20

15
Forages
Polytechnique
Forages GSI

10
y = -0,031x + 16,672
Elevation, m

R² = 0,2973

0
0 100 200 300 400 500 600 700

-5
Pression de préconsolidation, kPa

Figure 4.11: Pressions de préconsolidation versus élévation

Comme expliqué par Holtz et Kovacs (1981), ce phénomène peut être dû à un changement des
contraintes totales ou des pressions interstitielles qui agiront sur les contraintes effectives. Ils
142

citent comme exemple de cela une sédimentation suivie d‟une érosion ou la glaciation. Aussi, une
altération de la structure du sol ou une modification de l‟environnement chimique (pH,
température ou teneur en sel) donne lieu à une augmentation des contraintes de préconsolidation.

Il serait donc intéressant d‟établir le lien qui existe entre la sensibilité de cette argile et la
variation de la teneur en sel car on dispose dans cette étude, de l‟analyse chimique de l‟eau
interstitielle dans l‟argile ainsi que des résistances au cisaillement à l‟état intact et remanié. Cet
exercice a été effectué par Claveau-Mallet (2008) pour les différentes argiles qu‟on a testées au
laboratoire. Les sensibilités varient entre 7 et 20 mais aucun lien entre la sensibilité et la salinité
des argiles n‟a pu être établi pour le moment (figure 4.12).

Figure 4.12: Relation entre la salinité et la sensibilité de quelques argiles (Extrait de Claveau-
Mallet, 2008)

Une corrélation entre l‟indice de compression Cc et l‟indice des vides e0 ressort de la figure 4.13
ci-dessous. On constate que la relation entre ces deux paramètres dans les argiles de Lachenaie
est semblable à la relation trouvée par Leroueil et al. (1983) pour les argiles Champlain (figure
4.13) et les argiles de l‟Est du Canada (figure 4.14).
143

y = 0,65x2 + 0,15x - 0,5


4
Indice de compression, Cc

Forages Polytechnique
2
Argiles Champlain
(Lerouiel et al., 1983)

0
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
Indice des vides naturel, eo

Figure 4.13: Indice de compression versus e0 pour les argiles de Lachenaie

5,00
4,50
indice de compression Cc

4,00
3,50
3,00
2,50
2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
0,00 0,50 1,00 1,50 2,00 2,50 3,00
indice des vides naturel, e0

Figure 4.14: Superposition des valeurs de Cc versus e0 sur le graphe de Leroueil et al. (1983)
144

Aussi, on remarque (figure 4.15) que l‟activité des argiles de Lachenaie (Ac=0,46 dans le forage
FP-06-02R et Ac=0,59 dans le forage FP-07-04R) se trouve dans l‟intervalle (0,25 ;0,75) trouvé
par Lerouiel et al. (1983) pour les argiles de Champlain.

Leroueil (1983)

70,0 Polytechnique

60,0
indice de plasticité Ip (%)

y = 0,5878x
50,0
Ac=0.75
40,0

30,0 y = 0,4625x

20,0

10,0 Ac=0.25

0,0
0 20 40 60 80 100
pourcentage d'argile (<2 μm), %

Figure 4.15: Activité des argiles Champlain

Enfin, les différentes propriétés des argiles de Lachenaie peuvent être résumées dans le tableau
4.3 extrait du rapport de Claveau-Mallet (2008) et dans les profils géotechniques (figures 4.16 à
4.23) ci-dessous.
145

Tableau 4.3: Comparaison des propriétés des argiles Champlain de l‟est du Canada avec les
argiles de Lachenaie (extrait de Claveau-Mallet, 2008)

Mer Champlain Argile de Lachenaie Particularités des argiles


Propriété
Leroueil (1983) Projet doctorat de Lachenaie
Granulométrie 20% à 60% près du bouclier de 52,6% à 72,3% aucune
(% passant à 2 canadien, 60% à 85% moyenne: 62,3%
microns) dans le centre du bassin
Densité relative 2,70 à 2,80 2,64 à 2,75 aucune
des grains moyenne: 2,72
Limite de liquidité 50% à 75% toujours inférieur 46,2% à 75,6% aucune
à 85% dans l'Est du Canada moyenne: 61,6%
Limte de plasticité 17% à 34% 17,6% à 30% aucune
moyenne: 23,3%
Indice de plasticité Relation moyenne: Relation moyenne: se situent dans le haut du
Ip =0,85(wL-19) Ip =0,92(wL-20) domaine de l'Est du Canada
Est du Canada:
0,73wL-15<Ip <0,86wL-13
Activité 0,25 à 0,75 2 activités moyennes aucune
0,59 et 0,46
Indice de liquidité 70% à 220% 51,9 à 114,6% aucune
moyenne: 88%
Pression de < 300 kPa 189 kPa à 506 kPa Pression de préconsolidation
préconsolidation moyenne: 364 kPa elevée
Rapport de 1,2 à 1,5 0,8 à 10 Fortement surconsolidées
surconsolidation
Sensibilité Est du Canada: 7,20 à 33,25
rarement inférieure à 15 moyenne: 14,73
Relation Cc-e0 0,65e02+0,15e0-0,5 Résultats situés dans aucune
nuage de points de
Leroueil (1983)
Relation e-log k en Courbes variables selon Courbes situées dans le aucune
essai oedométrique échantillons meme domaine que
celles de Leroueil (1983)
Relation Cur-IL Cur=1/(IL-0,21)2 Près de la relation de Légèrement écartées de la
Wroth (1978) relation de Leroueil (1983)
Cu =170 e^(-4,6I L)
Relation σ`p , Cu et Ip Cu/σ`p=0,2+0,0014I p Difficile d'établir une Le comportement semble
relation différent
146

Profondeur
Limite de consistance

Élévation
salinité de l'eau
DR Granulométrie et teneur en eau K σ'v et σ'p

(m)

(m)
Description cu (kPa) et sensibilité interstitielle
(-) (%) naturelle (m/s) (kPa)
(g/L)
(%)

20 0
Remblai
18 2
Argile silteuse
16 4 brunâtre

14
6

12
Centre de la 8
lanterne du
10 piézomètre AH
10
(élév. 10.64 m)
8
12 Argile silteuse grise
Centre de la
6
lanterne du
piézomètre AB 14
4 (élév. 5.75 m)
16
2 (12.6)
18 Bas de la couche
0 plus raide. Un peu
de sable.
20 (8.4)
-2 2.71

22
-4
0 50 100 0 20 40 60 80 1,E-10 1,E-09 1,E-08 0 200 400 600 0 20 40 60 0 7500 15000
24 Moraine % % m/s kPa kPa mg/L
-6
Teneur en eau Essais de
Passant 2 μm perméabilité σ'p cu
-8 26 naturelle
triaxiaux σ'v (sensibilité)
Passant 80 μm Essais in situ (niveau
limites de
variable)
-10 28 Roc (shale) consistance

Figure 4.16: Profil géotechnique du site 1


147

Profondeur
Limite de consistance

Élévation
salinité de l'eau
DR Granulométrie et teneur en eau K σ'v et σ'p

(m)

(m)
Description cu (kPa) et sensibilité interstitielle
(-) (%) naturelle (m/s) (kPa)
(mg/L)
(%)

0 Sable

20 2 (6.7)
Argile brunâtre
18 4 (10.1)

16 6
Argile grise brune, 2.73 (18.2)
Centre de la parfois riche en
14 8
lanterne du matière organique, (16.9)
12 piézomètre AH 10 Devient
(élév. 13.21 m) progressivement (14.3)
10 12 plus raide en
profondeur.
8 14
Centre de la
lanterne du 2.75 (19.1)
6 16 (11.8)
piézomètre AB
4 (élév 6.93 m) 18

2 20 Devient plus (12.0)


grossière à
0 22
proximité de la
-2 24 moraine. (10.1)

-4 26

-6 28 Moraine
-8 30
0,0 50,0 100,0 0 20 40 60 80 1,E-10 1,E-09 1,E-08 0 200 400 600 0 50 100 0 5000 10000
-10 32 m/s kPa
% % kPa mg/L mg/L
Roc (Shale) Passant 2 μm Teneur en eau Triaxial cu
-12 34 σ'p
naturelle
limites de In situ (niveau (sensibilité)
-14 36 Passant 80 μm σ'v
consistance variable)

Figure 4.17: Profil géotechnique du site 2


148

Limite de

Profondeur
Élévation
consistance et salinité de l'eau
DR Granulométrie K σ' v et σ' p cu (kPa) et

(m)

(m)
Description teneur en eau interstitielle
(-) (%) (m/s) (kPa) sensibilité
naturelle (g/L)
(%)

0 Sable et pierre
20 concassée (1 m)
2
18 Argile silteuse
brunâtre
4 (19.8)
16

Centre de la (15.9)
6 (7.9)
14 lanterne du (11.6)
piézomètre AH
8
12 (élév. 13.02 m)

10
10
Argile silteuse
grise
12
8
Centre de la
lanterne du 14 (15.7)
6
piézomètre AB
(élév. 5.91 m) 16
4
Bas de la couche
d'argile silteuse (12.8)
18
2 plus riche en
matière organique
20
0 (marbrée). Plus
raide.
22
-2
Moraine 0 50 100 0 20 40 60 80 1,E-10 1,E-09 1,E-08 0 200 400 600 0 20 40 60 0 7500 15000
24
-4 % % m/s kPa kPa mg/L
Essais de
26 Teneur en perméabilité cu
Roc (shale) Passant 2 μm eau naturelle σ'p
-6 triaxiaux σ'v (sensibilité)
Passant 80 μm limites de Essais in situ
28 consistance (niveau variable)
-8

Figure 4.18: Profil géotechnique du site 3


149

Profondeur
Limite de consistance

Élévation
salinité de l'eau
DR Granulométrie et teneur en eau K σ'v et σ'p

(m)

(m)
Description cu (kPa) et sensibilité interstitielle
(-) (%) naturelle (m/s) (kPa)
(g/L)
(%)

Passant 2 μm Teneur en eau


12 σ'p cu
0 Argile silteuse naturelle Essais de
σ'v (sensibilité)
Passant 80 μm limites de perméabilité
brunâtre
consistance triaxiaux
10 2
Argile silteuse grise
contenant un peu
Centre de la
8 de sable 2.74
lanterne du 4
piézomètre
AH
6 Centre de la
(élév. 7.29 m) 6 couche d'argile
silteuse plus riche (7.7)
en matière (8.4)
4 Centre de la 8 organique 2.71
lanterne du (marbrée). Argile
piézomètre plus rosée.
2 AB
10
(élév 2.82 m)
Argile silteuse (12.8)
0 12 beige et dense à
proximité du till.
Contient quelques
cailloux. 2.70
-2 14 2.74

-4 Till
16

0 50 100 0 20 40 60 80 1,E-10 1,E-09 1,E-08 0 200 400 600 0 50 100 0 5000 10000
-6 18
Roc (shale) % % m/s kPa kPa mg/L

-8 20

Figure 4.19: Profil géotechnique du site 4


150

Profondeur
Limite de consistance

Élévation
salinité de l'eau
DR Granulométrie et teneur en eau K σ'v et σ'p

(m)

(m)
Description cu (kPa) et sensibilité interstitielle
(-) (%) naturelle (m/s) (kPa)
(g/L)
(%)

0 Essais de
Remblai assez Passant 2 μm Teneur en eau σ'p cu
perméabilité
hétérogène : terre naturelle σ'v (sensibilité)
triaxiaux
12 végétale, argile, silt Passant 80 μm limites de
2 consistance Essais in situ
sable et bloc dont (niveau variable)
le diamètre peut
10 atteindre 30 cm.
4

Argile silteuse,
8
6 parfois très riche 2.75
en matière
Centre de la organique qui se
6 lanterne du présente sous la 2.64
8 (27.9)
piézomètre forme de 2.69
AH mouchetures
4 (élév. 5.61 m) noires. Peu
10 contenir un peu de
Centre de la sable localement.
lanterne du (72.9)
2 piézomètre 2.70
AB 12
2.74
(élév 2.34 m) Devient plus
0 grossier à
14 proximité du till.

-2 Till
16

0 50 100 0 20 40 60 80 1,E-10 1,E-09 1,E-08 0 200 400 600 0 25 50 75 0 5000 10000


-4
18 Roc (shale)
% % m/s kPa kPa mg/L

-6
20

Figure 4.20: Profil géotechnique du site 5


151

Profondeur
Limite de consistance

Élévation
salinité de l'eau
DR Granulométrie et teneur en eau K σ'v et σ'p

(m)

(m)
Description cu (kPa) et sensibilité interstitielle
(-) (%) naturelle (m/s) (kPa)
(g/L)
(%)

0
10 (printemps)
Argile sèche
9 2 brunâtre à
(fin de l'été) grisâtre. Traces de
8
sable.
7 Centre de la 4
lanterne du 2.74
6 (17.8)
piézomètre 2.74
5 AH 6 Argile silteuse 2.66 2.74
4 (élév. 5.96 m) grise. Moins
homogène que
3 8 pour les autres
Centre de la
2 sites.
lanterne du
1 piézomètre 10 Devient plus brune
AB
0 et plus dense à
(élév 1.64 m)
-1 proximité de la
12
moraine. Présence
-2 de sable et de 2.75
-3 14 gravier
-4
-5 16
-6 Moraine. Plus fine
-7 18 près du contact
avec l'argile.
-8
-9 20 0,0 50,0 100,0 0 20 40 60 80 1,E-10 1,E-08 0 200 400 600 0 25 50 75 0 5000 10000
% % m/s kPa kPa mg/L
-10
Passant 2 μm Teneur en eau
-11 22 naturelle σ'p cu
Roc (shale) Essais de
-12 Passant 80 μm limites de perméabilité (sensibilité)
σ'v
consistance triaxiaux
24

Figure 4.21: Profil géotechnique du site 6


152

Profondeur
Limite de consistance

Élévation
salinité de l'eau
DR Granulométrie et teneur en eau K σ'v et σ'p

(m)

(m)
Description cu (kPa) et sensibilité interstitielle
(-) (%) naturelle (m/s) (kPa)
(g/L)
(%)

Environ 20 cm de
terre végétale.
0 Argile silteuse
10 brune et raide,
très sableuse
2
Centre de la Argile silteuse
8
grise. 2.72 (18.6)
lanterne du 2.69
piézomètre AH 4 (15.2)
2.74
(élév. 7.53 m) Devient plus brune
6 et plus sableuse (32.5)
Centre de la en-dessous de 2.63 (8.5)
6
lanterne du l'élévation de 5 m. 2.76 (50.1)
(35.0)
4 piézomètre AB 2.70
(élév 4.55 m) Présence de
8 (14.4)
cailloux près de la
2 moraine 2.63

10
0

12
Moraine. Plus fine
-2 près du contact
avec l'argile.
14
-4
0 50 100 0 20 40 60 80 1,E-10 1,E-08 0 200 400 600 0 25 50 75 100 0 2500 5000
16
% % m/s kPa kPa mg/L
-6
Roc (shale), très Passant 2 μm Teneur en eau
18 naturelle cu
fracturé en surface Essais de σ'p
-8 Passant 80 μm limites de perméabilité σ'v (sensibilité)
consistance triaxiaux

Figure 4.22: Profil géotechnique du site 7


153

Profondeur
Limite de consistance

Élévation
salinité de l'eau
DR Granulométrie et teneur en eau K σ'v et σ'p

(m)

(m)
Description cu (kPa) et sensibilité interstitielle
(-) (%) naturelle (m/s) (kPa)
(g/L)
(%)

Environ 60 cm de
terre végétale.
0
Argile silteuse
12 brune et raide

2
(8.5)
10 Centre de la
(28.7)
lanterne du (36.9)
Argile silteuse
piézomètre AC 4 2.74
grise, parfois rosée 2.69 (42.0)
8 (élév. 8.95 m)
2.70 (426.7)
6
6

8 Silt sablonneux,
4 Centre de la quelques petits
lanterne du graviers
piézomètre M 10
(élév 3.58 m)
2

12
0 Moraine, plus raide
que le silt
14 sablonneux
-2

16
0 50 100 0 20 40 60 80 1,E-10 1,E-08 0 200 400 600 0 25 50 75 100 0 2500 5000
-4
% % m/s kPa kPa
Roc (shale), très mg/L
18 Teneur en eau cu
fracturé en surface Passant 2 μm Essais de σ'p
naturelle
-6 perméabilité (sensibilité)
Passant 80 μm limites de σ'v
consistance triaxiaux

Figure 4.23: Profil géotechnique du site 8


154

Profondeur
Limite de consistance

Élévation
salinité de l'eau
DR Granulométrie et teneur en eau K σ'v et σ'p

(m)

(m)
Description cu (kPa) et sensibilité interstitielle
(-) (%) naturelle (m/s) (kPa)
(g/L)
(%)

Environ 20 cm de
16 terre végétale
0

14
2

12 Argile silteuse (24.7)


4 2.72
Centre de la grise, très raide.
10 lanterne du 2.72 2.74
6
piézomètre AH (11.1)
(élév. 9.96 m)
8
8 (14.7)
6 Devient rosée et
10 (13.0)
Centre de la marbrée en-
lanterne du dessous de (7.7)
4 2.71
piézomètre AB 12 l'élévation de 5 m.
(élév 3.95 m) Très raide autour
2
14 de cette élévation

0
16 (11.2)
-2
18

-4
Moraine. Plus fine
20 près du contact
avec l'argile.
-6 0 50 100 0 20 40 60 80 1,E-10 1,E-08 0 200 400 600 0 25 50 75 100 0 7500 15000
22
% % m/s kPa kPa mg/L
-8 Teneur en eau
24 Roc (shale), très 70,4
naturelle Essais de σ'p cu
fracturé en surface limites de perméabilité
-10 Passant 80 μm σ'v (sensibilité)
consistance triaxiaux

Figure 4.24: Profil géotechnique du site 9


155

Les figures 4.16 à 4.24 ci-dessus montrent les profils géotechniques des sites 1 à 9. L'analyse de
ces figures permet d'émettre les constats suivants:
 Pour l'ensemble des sites, la stratigraphie est toujours la même. La seule différence réside
dans la variation de l`épaisseur de la couche d'argile. En effet, cette dernière est plus
mince dans les sites au Sud de la zone d'étude. Cette couche d'argiles est même absente
dans une zone circulaire de 1 km à l'Est de l'axe Nord-Sud si on se fie à la figure 4.3
(Dion 1978).
 Les valeurs de pourcentage passant à 2 µm et les limites de consistance de l'argile
(colonnes 5 et 6 des profils géotechniques) varient respectivement entre 50 % et 75% et
entre 42% et 78%. Comme indiqué précédemment, ces deux paramètres augmentent avec
l'élévation et l`élévation 5m constitue un point de séparation de ``deux`` couches d'argile.
 Les pressions de préconsolidation (colonne 8) mesurées au laboratoire grâce aux essais de
consolidation ont révélées que ces pressions peuvent atteindre d'importantes valeurs. Elles
avoisinent les 600 kPa dans plusieurs forages (site 9, Site 6) alors que la pression
minimale constatée est de 189 kPa.
 On constate aussi que les pressions de préconsolidation sont plus élevées quand on
approche de la rivière des Mille-Îles et de la rivière des Prairies. Dans ces zones,
l'élévation du sol est moins importante en comparant avec les zones éloignées telles que
les propriétés de BFI-Lachenaie où l'élévation atteint 22 m alors qu'à la bordure de la
rivière des Mille-Îles, l'élévation au sol est de 5 m environ.
 La densité des grains (DR) (colonne 4) varie entre généralement entre 2.70 et 2.75
 Les conductivités hydrauliques en cellule triaxiale sont dans un ordre de grandeur de
1.10-9 m/s. Une analyse détaillée de la conductivité hydraulique des argiles sera présentée
plus loin.
156

4.4 Purge et échantillonnage des eaux souterraines


Lors de la première campagne d‟échantillonnage, la plupart des puits dans le roc ont été pompés à
des faibles débits et des faibles rabattements pendant une durée allant de deux à trois jours en
sortant de 5 à 32 fois le volume du puits avant d‟atteindre la stabilisation des paramètres (pH,
température et conductivité électrique/salinité). Il a donc été prouvé qu‟il faut, dans certains cas,
bien plus que 3 ou 6 fois le volume du puits pour stabiliser les paramètres. La deuxième méthode
de purge avec gros débits jusqu‟à stabilisation des paramètres a aussi été abandonnée car on
obtenait de l‟eau turbide. C‟est donc la méthode à faible débit et faible rabattement qui a été
retenue pour la purge et l`échantillonnage de tous les puits dans le roc.

Le pompage est réalisé sous abris (en hiver) afin de conserver une température constante durant
les opérations de purge et d‟échantillonnage et éviter le gel des équipements. Les débits de
pompage quant à eux varient entre 13 et 450 cm³/min selon le débit du puits.

Pendant la première série d‟échantillonnage réalisée en novembre 2006, on n‟a pas pu placer le
tuyau connecté à la pompe au niveau de la crépine mais seulement au dessus de cette dernière.
Pour ce fait, on a d‟abord purgé le puits en plaçant le tuyau de la pompe au niveau de la surface
de l‟eau dans le puits. Ce pompage doit normalement permettre le pompage de la totalité de la
colonne d‟eau dans le tuyau et permettre ainsi un renouvellement complet de l‟eau dans le puits
(eau de forage) par l‟eau souterraine.

Pendant la deuxième campagne d‟échantillonnage réalisée en mai 2007, le tuyau relié à la pompe
a été placé au fond de la crépine en fixant un poids à l‟extrémité de ce dernier. Cela a permis
d‟être conforme avec les directives de la norme ASTM D6771-02.

Pour les essais effectués en novembre 2006, l‟attention a été portée sur l‟hydraulique des puits
afin de pouvoir effectuer des ajustements lors des futurs échantillonnages et être conformes aux
normes en vigueur. Pour cela, le débit de pompage, la vitesse d‟entrée à la crépine et le gradient
hydraulique au niveau de la crépine et du sable de la lanterne ont été calculés (Tableau 4.4). En
ce qui concerne la vitesse d‟entrée de l‟eau dans la crépine, on trouve cette valeur en appliquant
la formule suivante:
157

Q
ventrée  (1.96)
2 r L

r est le rayon de la crépine, L représente sa longueur et Q est le débit de pompage.

La vitesse d‟entrée est calculée à l‟entrée de la crépine et à l‟entrée de la zone filtre.

Une fois cette valeur obtenue, on calcule le gradient hydraulique d‟entrée à partir de:

ventrée
i (1.97)
k

Avec k conductivité hydraulique calculée à partir de la formule de Thiem ou à partir de la


formule de l‟essai Lefranc.

Tableau 4.4: Débits, vitesses, conductivités hydrauliques et gradients pendant la purge des
piézomètres dans le roc

FP-06-01R FP-06-02R FP-06-03R F-04-5 F-92-3 F-00-5


Q, cm³/min 405 48 450 350 15 33
r(crépine), cm 1,905 1,905 1,905 1,905 1,905 1,905
r(sable), cm 4,8 4,8 4,8 4,8 4,8 4,8
L, cm 600 600 600 600 600 600
v(crépine), cm/min 0,0564 0,0067 0,0627 0,0487 0,0021 0,0046
v(sable), cm/min 0,0224 0,0027 0,0249 0,0193 0,0008 0,0018
ro/rw 10000 10000 10000 10000 10000 10000
ho-hw 146 238 136 143 267 723
K, cm/min 0,0068 0,0005 0,0081 0,0060 0,0001 0,0001
i(crépine) 8,32 13,56 7,75 8,15 15,22 41,21
i(sable) 3,30 5,38 3,08 3,23 6,04 16,35

On remarque que les gradients hydrauliques à l'entrée de la crépine sont assez élevés et varient
entre 7.75 dans le forage FP-06-03R et 41.21 dans le forage F-00-5. Il est à noter que les forages
FP-06-01R, FP-06-02R et FP-06-03R sont dans le roc alors que les autres piézomètres sont
installés dans le till. Les gradients importants observés peuvent être expliqués par la faible
conductivité hydraulique du roc ou du till ou par l'importante vitesse d'entrée de l'eau. Cette
158

deuxième option est privilégiée dans notre cas. En effet, dans les forages dans le roc, l'écart entre
les gradients calculés n'est pas très importants en comparant avec les valeurs obtenues dans le till.
Cette variation, qui ne dépasse pas un facteur de 2 entre le gradient maximal et minimal observés
peut être attribuée à la fissuration du roc. Les valeurs des débits confirme cette hypothèse. Par
contre, dans le till, et connaissant l'historique des piézomètres, on sait que la purge de ces
derniers a été faite (par d‟autres) en vidant complètement le tube du piézomètre et en asséchant la
crépine. Cela endommage le till et crée d'importantes fissures dans ce dernier, ce qui explique les
importantes vitesses d'entrée.

A partir de ces constats, on a dû apporter des modifications à la procédure de purge des


piézomètres. Le temps de pompage doit être adapté à chaque forage en prenant en compte la
conductivité hydraulique et le débit dans le puits. Le nombre de volumes d‟eau à extraire n'est
pas une constante mais dépend des paramètres hydrauliques du puits.

Dans les figures 4.24 et 4.25 ci dessous, on constate que les paramètres (pH, température et
conductivité hydraulique) commencent à se stabiliser après environ 75 minutes de pompage. La
conductivité électrique augmente car on extrait l‟eau souterraine salée diluée par l‟eau douce de
forage alors que le pH et la température diminuent au fur et à mesure que le mélange est pompé.

En ce qui concerne les forages 08R et 09R, des essais ont été effectués sur deux jours. On
constate que les paramètres se stabilisent à la fin de la journée 1 de pompage mais quand on
arrête la purge et on reprend le lendemain, on constate que les paramètres reconvergent vers leurs
valeurs initiales et se restabilisent après une courte période de pompage. Cela confirme qu‟il est
nécessaire de purger les puits avant chaque échantillonnage: il se peut que de l‟eau de forage ou
de lavage se soit déplacée dans la formation géologique et qu‟il soit nécessaire de prolonger la
durée de pompage pour l‟extraire en totalité.
159

25000

20000
Conductivité électrique, microS/cm

15000
08R Jour 1
08R Jour 2
07R
10000
09R Jour 1
09R Jour 2

5000

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
Durée de pompage, min

Figure 4.25: Évolution de la conductivité électrique pendant la micropurge

25,0

20,0

15,0
T (ºC) et pH

08R, T
08R, pH
10,0 07R, pH
09R, T
09R, pH
5,0

0,0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
Durée de pompage, min

Figure 4.26: Évolution de la température et du pH pendant la micropurge


160

L‟utilisation d‟un faible débit et d‟un faible rabattement s‟est avérée être une méthode qui permet
d‟obtenir des échantillons d‟eau représentatifs du milieu. Toutefois, les points suivants doivent
être respectés quand on réalise la micropurge et l‟échantillonnage:

 Utiliser une tubulure dédiée à chaque piézomètre pour éviter toute contamination

 Utiliser des pompes portables et notamment des pompes péristaltiques à faibles vitesses et
débits. Les pompes à hauts débits ne doivent pas être utilisées pour la purge et
l‟échantillonnage.

 Bien connaitre les détails de construction du puits et notamment la position et la longueur


de la crépine

 Pomper l‟eau directement du centre de la crépine ou dans la zone crépinée avec la plus
haute conductivité hydraulique

 Le débit de pompage devrait être inférieur ou égal à la recharge naturelle du puits pour
minimiser le rabattement de la nappe et stabiliser ce dernier avant l‟échantillonnage.

 Il faut un suivi continu du niveau d‟eau et de l‟évolution du pH, de la température, de la


conductivité hydraulique et/ou salinité.

 Si au moment du pompage, on remarque que la turbidité est supérieure à 100 NTU, il faut
alors arrêter la pompe pour permettre aux particules en suspension de se déposer. Cela
varie d‟un puits à un autre.

On ne peut dans aucun cas déterminer à l‟avance des valeurs maximales à ne pas dépasser pour le
rabattement de la nappe et le débit de pompage. Cela diffère d‟un forage à un autre et dépend de
plusieurs facteurs dont la conductivité hydraulique du roc et son degré de fracturation. Certains
auteurs comme Puls et Barcelona (1996) ont avancé la valeur de 0.1 m (4 po) mais il a été
démontré par la suite que cette valeur est liée à la nature géologique du terrain et des conditions
hydrogéologiques présentes sur le site.

Cette méthode de purge et d‟échantillonnage a ainsi permis d‟obtenir des échantillons d‟eau de
bonne qualité. Comme on pourra le constater lors de la présentation des analyses chimiques de
l‟eau prélevée dans l‟ensemble des piézomètres, les différentes analyses réalisées pendant les
trois dernières années donnent des résultats identiques.
161

Notons que dans ce projet, l‟eau souterraine n‟a été échantillonnée que dans le roc. On a évité
d‟échantillonner dans l‟argile pour les raisons qui seront exposées par la suite.

4.5 Échantillonnage de l’eau dans les piézomètres: pour ou contre?


Dans la section précédente, on a constaté que l‟échantillonnage de l‟eau souterraine ne se fait
qu‟au niveau des piézomètres dans le roc. L‟échantillonnage des piézomètres dans l‟argile est
chose courante dans plusieurs publications et notamment Desaulniers et Cherry (1988),
Desaulniers et al. (1980) et Garga et O‟Shaughnessy (1994). Dans ce projet, l‟auteur a conduit
une série d‟essais sur ces piézomètres pour pouvoir déterminer dans quelle mesure
l‟échantillonnage direct pourrait donner des échantillons représentatifs.

On a mesuré l‟évolution de certains paramètres en fonction de la profondeur dans la colonne


d‟eau dans le piézomètre, et notamment ceux préalablement investigués lors de la purge des
puits: la conductivité électrique (salinité), pH et température. Pour cela, une sonde permettant de
donner instantanément la valeur de ces trois paramètres est progressivement descendue dans le
piézomètre. Ces valeurs sont relevées depuis la surface libre de l‟eau jusqu‟à la crépine tous les
0.5 m environ. Les résultats obtenus sont présentés dans les figures 4.27 à 4.32 ci-dessous.

En ce qui concerne l‟évolution de la salinité dans les piézomètres, on constate que dans le roc
(figure 4.27), cette valeur est constante sur toute la hauteur de la colonne d‟eau exception faite du
forage FP-08-08R où la salinité est constante dans toute la colonne d‟eau mais augmente au
niveau de la crépine. Cela est dû au fait que ce piézomètre n‟avait pas encore été nettoyé et purgé
au moment de l‟essai. Aussi, On constate dans le forage FP-08-09R que la salinité de l‟eau
augmente une fois que le puits est purgé. On explique cela par le fait que l‟eau du puits était
diluée par l‟eau de forage ce qui faisait diminuer sa salinité. Aussi, dans les forages non purgés
pendant plus d‟une année (FP-06-01R et FP-06-02R), on a constaté que la salinité augmente
quand on se rapproche de la crépine

Pour les piézomètres dans l‟argile, on constate que plus on se rapproche de la crépine, plus la
salinité augmente (figure 4.28). La même tendance est constatée pour le pH (figure 4.29). En
effet, dans le roc (figure 4.29), le pH de l‟eau est stable tout au long de la colonne d‟eau alors que
dans l‟argile, le pH augmente avec la profondeur. Enfin, pour la température, on constate que
dans le roc (figure 4.31), à la surface de la colonne d‟eau, la température est élevée car les essais
162

ont été effectués en été. Dès qu‟on s‟éloigne de la surface, la température diminue et devient
constante dans toute la colonne d‟eau. Dans l‟argile (figure 4.32), la température est élevée à la
surface de l‟eau mais diminue dès qu‟on s‟éloigne de la surface. Par contre, la température
reprend son ascension au fur et à mesure qu‟on se rapproche de la crépine.

Salinité, ppt
-5 0 5 10 15 20
0
Écoulement naturel
permanent vers le haut
Profonduerpar rapport à la surface de l'eau, m

FP-07-04R
10
FP-07-05R
FP-08-07R
15
FP-08-08R
FP-08-09R
20
FP-06-01R
FP-06-02R
25
FP-08-09R Après

30
Avant et après lavage et purge
non purgé depuis Juin2007
35

Figure 4.27: Évolution de la salinité de l‟eau par rapport à la profondeur de l‟eau dans les
piézomètres dans le roc (Mai 2009)
163

Salinité, ppt

Profondeur de l'eau par rapport à la surface de l'eau, 0 2 4 6 8 10 12


0

2
FP-07-04AH
4 FP-07-04AB
FP-07-05AH
FP-06-01AB
6 FP-08-07AB
m

FP-08-07AH
FP-08-09AH
8
FP-08-09AB
FP-08-08AC
10 FP-08-08M

12

14

Figure 4.28: Évolution de la salinité de l‟eau par rapport à la profondeur de l‟eau dans les
piézomètres dans l‟argile (Mai 2009)

pH
0 2 4 6 8 10 12 14
0
Profondeur par rapport à la surface de l'eau, m

2
4 FP-07-04R
6 FP-07-05R
8 FP-08-07R
10 FP-08-08R
12 FP-08-09R
14
16
18
20

Figure 4.29: Évolution du pH de l‟eau par rapport à la profondeur de l‟eau dans les piézomètres
dans le roc (Mai 2009)
164

pH
6,8 7 7,2 7,4 7,6 7,8 8
0
Profondeur par rapport à la surface de l'eau, m

2
FP-07-04AH
3 FP-07-04AB
4 FP-07-05AH
FP-08-07AH
5

Figure 4.30: Évolution du pH de l‟eau par rapport à la profondeur de l‟eau dans les piézomètres
dans l‟argile (Mai 2009)

Température, 0C
7 7,5 8 8,5 9 9,5 10 10,5 11
0
Profondeur par rapport à la surface de l'eau, m

4
FP-07-04R
6
FP-07-05R
8
FP-08-08R
10
FP-08-09R
12

14

16

18

20

Figure 4.31: Évolution de la température par rapport à la profondeur de l‟eau dans les
piézomètres dans le roc (Mai 2009)
165

Température, oC
5 6 7 8 9 10 11 12
0
Profondeur par rapport à la surface de l'eau, m

2 FP-07-04AH

3 FP-07-04AB
FP-07-05AH
4
FP-08-07AB
5 FP-08-07AH

Figure 4.32: Évolution de la température par rapport à la profondeur de l‟eau dans les
piézomètres dans l‟argile (Mai 2009)

L‟analyse des résultats obtenus permet maintenant de justifier le fait qu‟on n‟échantillonne pas
d‟eau dans les piézomètres dans l‟argile. Dans l‟argile, à cause de la faible conductivité
hydraulique qui se situe autour de 10 cm/s-10-7 cm/s (Benabdallah et Chapuis, 2007), l‟eau
-8

circule et se renouvelle très lentement. Il peut y avoir une diffusion des sels de l‟argile vers l‟eau
de la crépine et du tuyau, ainsi qu‟une précipitation des sels vers le bas du tuyau par exclusion
des sels pendant le gel ou par différence de densité, ce qui justifie la hausse de la salinité quand
on se rapproche de la crépine. Dépendamment du point où l‟eau est extraite, la chimie de cette
dernière sera différente. Aussi, il n‟est pas prudent de vider les piézomètres dans l‟argile pour
permettre à l‟eau de se régénérer parce que cela produit des contraintes mécaniques élevées dans
l‟argile, ce qui peut endommager la lanterne et fracturer l‟argile. Pour ces raisons, il est
recommandé de ne pas échantillonner l‟eau directement dans les piézomètres dans l‟argile. Il est
préférable d‟extraire l‟eau interstitielle d‟un échantillon d‟argile intacte pour déterminer les
profils d‟ions dans cet échantillon.
166

4.6 Conductivité hydraulique de l’argile


La conductivité hydraulique de l‟argile est un paramètre qui doit être déterminé avec soin et
précision. Il est primordial d‟obtenir des valeurs de k afin de conduire l‟étude hydrogéologique
ainsi que la modélisation numérique.

4.6.1 Conductivité hydraulique au laboratoire

Lors de l‟opération de forage, l‟argile a été échantillonnée à l‟aide de tubes Shelby. Une fois au
laboratoire, on a extrait l‟argile des tubes grâce à un piston. Les échantillons obtenus sont montés
dans les cellules triaxiales et œdométriques pour effectuer des essais de perméabilité.

[Link] Cellules triaxiales

Les essais de perméabilité menés sur la cellule triaxiale sont conduits selon la méthodologie
décrite précédemment et la norme ASTM D5084-00. Les résultats obtenus sont présentés dans les
figures 4.33, 4.34 et 4.35 ci-dessous. Notons que pour cette section, on dispose d‟un grand
nombre de résultats: 33 essais triaxiaux ont été réalisés pour le présent projet, 6 essais ont été
réalisés par la firme GSI Environnement et 9 essais ont été conduits par l‟auteur dans le cadre
d‟un projet antérieur. Tous ces résultats donnent la valeur de la conductivité hydraulique de
l‟argile Champlain dans le secteur de BFI-Lachenaie.

En analysant l‟évolution de la conductivité hydraulique par rapport à l‟élévation de l‟échantillon


d‟argile (figure 4.33), on constate que la valeur de k n‟est pas influencée par l‟emplacement de
l‟échantillon dans la couche d‟argile. En effet, on constate que la conductivité hydraulique dans
l‟ensemble des tests conduits se situe autour d‟un ordre de grandeur de 10-7 cm/s.

En compilant l‟ensemble des résultats dont on dispose, les résultats obtenus durant nos trois
campagnes 2006, 2007 et 2008 concordent avec les travaux antérieurs réalisés sur une argile
Champlain provenant du même site. En effet, on constate que la conductivité hydraulique
moyenne de l‟argile est de 1.81*10-7 cm/s. Toutes les valeurs obtenues se trouvent dans
l‟intervalle (7.70*10-8 cm/s; 3.67*10-7 cm/s). La conductivité hydraulique de l‟argile varie
relativement peu d‟un site à un autre et d‟une profondeur à une autre. On peut dire pour l‟instant,
et au vu de ces résultats, que d‟un point de vue hydraulique, cette couche d‟argile est homogène
mais avec une composante variable dans ces propriétés.
167

Enfin, on constate dans la figure 4.35 que la hauteur des échantillons testés varie entre 6 cm et 12
cm. La conductivité hydraulique de l‟argile n‟est pas influencée par ce changement de dimension
de l‟échantillon. On verra plus tard si le passage à de plus petits échantillons (cellule
œdométriques) aura des répercussions sur la valeur de k.

18

16

14
FP-06-01R
12 FP-06-02R
10 FP-06-03R
elévation, m

FP-07-04R
8
FP-07-05R
6 FP-07-06R
FP-08-07R
4
FP-08-08R
2 FP-08-09R
0

-2

-4
1,E-09 1,E-08 1,E-07 1,E-06 1,E-05 1,E-04
conductivité hydraulique, cm/s

Figure 4.33: Conductivité hydraulique de l‟argile en fonction de l‟élévation de l‟échantillon


168

conductivité hydraulique, cm/s

1,00E-09 1,00E-08 1,00E-07 1,00E-06 1,00E-05


0
Profondeur de l'échantillon, m

5 FP-06-02R
FP-06-03R
FP-07-05R
10 FP-07-04R
FP-07-06R
Forages GSI
15 Mairise Triaxial
FP-08-07R
FP-08-08R
20 FP-08-09R

25

Figure 4.34: Conductivité hydraulique en fonction de la profondeur de l‟échantillon

140

120
FP-06-01R
Hauteur de l'échantillon, mm

FP-06-02R
100
FP-06-03R
FP-07-04R
80 FP-07-05R
FP-07-06R
60 FP-08-07R
FP-08-08R
FP-08-09R
40
Forage GSI
Forages Maitrise
20

0
1,E-09 1,E-08 1,E-07 1,E-06 1,E-05 1,E-04
conductivité hydraulique, cm/s

Figure 4.35: Conductivité hydraulique en fonction de la hauteur de l‟échantillon


169

[Link] Cellules œdométriques

La deuxième série d‟essais de conductivité hydraulique au laboratoire est conduite sur des
cellules œdométriques selon la norme ASTM D 5856-95. Des essais de perméabilités sont lancés
sur un échantillon d‟argile après certaines étapes de chargement lors des essais de consolidation:
chargements à 51 kPa, 204 kPa, 544 kPa, 1089 kPa et 1633 kPa .

D‟après les résultats obtenus, on remarque dans la figure 4.35, que la conductivité hydraulique est
dans l‟ordre de grandeur de 10-9 m/s à une contrainte effective inférieure à la pression de
préconsolidation alors qu‟à la fin du chargement, on passe un ordre de grandeur de 10-10 m/s.

Dans la figure suivante (figure 4.36), on a superposé le graphe obtenu pour e versus log k avec le
graphe de Leroueil et al. (1983) où différentes argiles dont des argiles Champlain sont présentées.
On constate que les argiles provenant des forages de Lachenaie se trouvent dans les mêmes
intervalles que les argiles de la mer Champlain (Louiseville, St-Zothique,…). En effet, leurs
indices des vides varient entre 0,8 à la fin de la consolidation et 2.0 au début des chargements
avec des conductivités hydrauliques allant d‟un ordre de grandeur de 10-9 m/s pour des indices
des vides naturels e0 à 10-10 m/s pour des indices des vides en état de consolidation.

Enfin, pour les différents paliers de chargement, on constate que les graphiques du logarithme de
la conductivité hydraulique versus l‟indice des vides évoluent de la même façon pour tous les
échantillons.
170

1,00E-06

1,00E-07 FP-06-01R/-0,24m
FP-06-01R/16,75m
conductivité hydraulique, m/s

FP-06-02R/3,11m
1,00E-08 FP-06-02R/17,15m
FP-06-03R/-0,47m
FP-07-04R/-2m
FP-07-04R/6,79m
1,00E-09
FP-07-05R/5,97m
FP-07-05R/3,76m
FP-07-06R/7,50m
1,00E-10
FP-07-06R/-2,06m
FP-08-09R/-1,36m
FP-08-09R/-7,12m
1,00E-11 FP-08-08R/7,11m
FP-08-08R/3,40m
FP-08-07R/5,63m
1,00E-12 FP-08-07R/2,59m
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800
contraintes effectives horizontales, kPa

Figure 4.36: Conductivité hydraulique de l‟argile versus les contraintes effectives horizontales à
différentes élévations

Figure 4.37: Indice des vides e versus conductivité hydraulique pour différentes argiles
171

4.6.2 Conductivité hydraulique in situ

L‟estimation de la conductivité hydraulique in situ des argiles Champlain de la zone d‟étude a été
possible par une trentaine d‟essais réalisés sur nos piézomètres. Aussi, on dispose d‟une banque
de données qui contient les résultats de 15 essais réalisés par la firme GSI Environnement et 20
essais réalisés par l‟auteur dans un projet antérieur. Tous ces essais ont été réalisés sur la couche
d‟argile de Lachenaie étudiée.

Les résultats des essais obtenus lors de nos différentes campagnes sont présentés dans le tableau
4.5 ci-dessous. On constate à première vue que les résultats obtenus avec les deux méthodes
d‟interprétation Chapuis et al. (1981) et Chiasson (2005) sont identiques à 10% près.

Tableau 4.5: Conductivités hydrauliques in situ des différents forages

Forage L Lanterne d k Chapuis k Chiasson


(mm) (mm) (cm/s) (cm/s)
FP-06-01-AB 914 114 8,81E-08 9,14E-08
FP-06-01-AH 914 114 9,75E-08 9,77E-08
FP-06-02-AB 1320 114 4,69E-08 5,10E-08
FP-06-02-AH 910 114 9,98E-08 1,00E-07
FP-06-03-AB 1140 114 9,67E-08 1,18E-07
FP-06-03-AH 860 114 8,69E-08 9,15E-08
FP-07-04-AH 940 114 5,27E-08 6,87E-08
FP-07-04AH 914 114 5,49E-08 7,16E-08
FP-07-04-AH 914 114 5,88E-08 5,75E-08
FP-07-05-AB 660 114 9,68E-08 1,02E-07
FP-07-05-AB 660 114 1,14E-07 1,44E-07
FP-07-05-AB 660 114 1,07E-07 1,04E-07
FP_07-05AB 660 114 1,20E-07 1,51E-07
FP-07-05-AB 660 114 9,71E-08 9,54E-08
FP-07-05-AH 660 114 7,59E-08 7,46E-08
FP-07-05-AH 660 114 8,32E-08 8,09E-08
FP-07-05AH 660 114 8,72E-08 8,48E-08
FP-07-06-AB 711 114 4,58E-08 4,62E-08
FP-07-06AB 711 114 4,83E-08 4,80E-08
FP-07-06AH 737 114 7,96E-07 8,91E-07
FP-07-06-AH 737 114 5,21E-07 5,13E-07
FP-07-06-AH 737 114 7,61E-07 8,52E-07
FP-08-08AC 660 114 7,78E-08 8,33E-08
FP-08-09AB 762 114 8,77E-08 9,36E-08
FP-08-09AH 686 114 2,74E-07 3,40E-07
172

Pour Chiasson (2008), le graphe des vitesses où la vitesse est considérée comme étant la variable
indépendante et la charge H comme étant la variable dépendante surestime systématiquement k
par rapport à la méthode dite des graphes des vitesses alternative. Chiasson (2008) recommande
de corriger ce biais en permutant les variables indépendante et dépendante utilisées dans la
méthode du graphe des vitesses. Cela permet d‟obtenir des conductivités hydrauliques plus
exactes que celles obtenues avec les autres méthodes d‟interprétation. Si la différence entre la
méthode dite Z-t et la méthode alternative des vitesses est petite, la méthode Z-t peut être
considérée comme étant plus précise.

On constate aussi dans la figure 4.38 que toutes les conductivités hydrauliques obtenues ont un
ordre de grandeur de 10-7 cm/s et une valeur moyenne de 1.67.10-7 cm/s. La seule valeur élevée
est constatée au niveau du forage 6 où d‟après les logs de forages, la crépine se trouve au niveau
d‟une couche d‟argile oxydée. Aussi, d'après les logs de forages, on sait que les centres des
crépines des forages FP-07-06AH et FP-07-06AB se trouvent à des élévations de 5.96m et 1.64m
et que ces forages se trouvent à proximité de la rivière des Mille-Îles où la croûte d'argile est la
plus épaisse: il est donc normal que cette valeur k mesurée dans la croûte soit plus élevée, et elle
ne doit pas être considérée dans l‟analyse des valeurs k de l‟argile sous la croûte. Si on ne prend
pas en compte les forages du site 06, la conductivité hydraulique moyenne serait de 9,83.10-
8
cm/s. On constate que les différents essais de perméabilité in situ réalisés depuis l‟année 2003,
sur une quarantaine de piézomètres installés dans la même couche d‟argile, donnent des valeurs
voisines. Ces valeurs sont en accord avec les résultats obtenus lors des essais triaxiaux au
laboratoire. Aussi, on constate que la longueur de la crépine n‟influence pas les résultats obtenus.
Il n‟y a donc pas d‟effet d‟échelle à ce niveau même quand cette longueur passe de 600 mm à
1200 mm environ.

Aussi, on constate dans la figure 4.38 que ni l‟emplacement géographique des piézomètres ni leur
proximité de la rivière des prairies à l‟ouest n‟ont une influence sur la conductivité hydraulique in
situ. Enfin, soulignons que les valeurs de k obtenues en haut et en bas de la couche d‟argile sont
très proches, ce qui confirme que la couche d‟argile est homogène d‟un point de vue
hydrogéologique.
173

1,E-05
conductivité hydraulique, cm/s

1,E-06

1,E-07

1,E-08
Site 1 Site 2 Site 3 Site 4 Site 5 Site 6 Site 8 Site 9

Figure 4.38: Conductivité hydraulique moyenne in situ

Figure 4.39: Emplacement des sites et conductivités hydrauliques en haut et en bas de la couche
d‟argile
174

1,00E-05

1,00E-06
k, cm/s

Projet Ph.D
BFI
1,00E-07 Projet [Link].A

1,00E-08
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600

Longueur de la crépine, mm

Figure 4.40: Conductivité hydraulique in situ en fonction de la longueur de la crépine

4.7 Prédiction de la conductivité hydraulique dans l’argile


Il existe plusieurs méthodes pour prédire la conductivité hydraulique d‟un sol. Le choix de la
méthode dépend de la nature de ce dernier et des informations dont on dispose au moment de
faire cette estimation. Ces informations peuvent être des études granulométriques,
sédimentométriques et des limites de consistance dites d‟Atterberg. Avant de pouvoir prédire la
valeur de la conductivité hydraulique de l‟argile étudiée, certaines propriétés de cette dernière
doivent être connues ou calculées. Dans le cadre de ce projet, on dispose de plusieurs
informations et données et notamment des limites d‟Atterberg, des densités des solides et les
indices des vides de chaque échantillon.

Dans cette étude, on a choisi d‟employer deux méthodes: La méthode de Kozeny-Carman et la


méthode de Mbonimpa et al. (2002) afin de prédire les valeurs de la conductivité hydraulique de
l‟argile.
175

4.7.1 Méthode de Kozeny-Carman

Cette méthode est valable pour les sols plastiques, il faut donc vérifier que l‟indice de plasticité Ip
est compris entre 15% et 40% (Chapuis, 2001). Ensuite, il faut déterminer la valeur de la surface
spécifique pour chaque échantillon. Chapuis et Aubertin (2003) proposent d‟évaluer Ss à partir de
la limite de liquidité LL quand LL ≤ 110%.

1 1
= 1.3513 ∗ − 0.0089 (1.98)
𝑆𝑆 𝐿𝐿

Avec, Ss: surface spécifique en (m²/g)

LL: limite de liquidité (%)

Cette équation prédit des valeurs de Ss voisine à ±25% de la valeur mesurée par méthodes
physiques pour LL<60%. Pour LL>60%, les valeurs prédites sont mauvaises.

Une fois les valeurs de la surface spécifique calculées, on utilise la formule de Kozeny-Carman
pour estimer la valeur de la conductivité hydraulique comme suit:

𝑒3
log 𝑘𝑝𝑟 é𝑑𝑖𝑡𝑒 = 0.5 + 𝑙𝑜𝑔 (1.99)
𝐷𝑅2 . 𝑆𝑆2 . (1 + 𝑒)

Avec, kprédite: conductivité hydraulique prédite en m/s

Ss: Surface spécifique en m²/kg

DR: Densité des solides

e: Indice des vides du sol

4.7.2 Méthode de Mbonimpa et al. (2002)


Mbonimpa et al. (2002) présentent une méthode de prédiction de la valeur de la conductivité
hydraulique saturée qui se base sur les propriétés pédologiques des matériaux. L‟originalité du
modèle développé par les auteurs est l‟utilisation d‟une relation explicite entre la tortuosité du
média et son indice des vides puis le développement d‟une nouvelle formule qui relie la surface
spécifique massique Sm et la limite de liquidité pour les sols argileux.
176

L‟équation fondamentale pour la conductivité hydraulique k est formulée en combinant les


différents facteurs d‟influences:

k  f f  fv  f s (1.100)

ff: Fonction des propriétés du fluide, m-1.s-1

fv: Fonction des vides, m³m-3

fs: Fonction de la surface caractéristique des grains, m²

Fonction du fluide

La conductivité hydraulique est affectée par les propriétés du fluide passant à travers les pores,
par la viscosité dynamique μw et γw.

w
f f  fw  (1.101)
w

μw: Viscosité dynamique de l‟eau, kg.m-1.s-1

γw: Poids volumique de l‟eau, kN/m³

Fonction des vides

La fonction des vides est une extension de l‟équation de Kozeny-Carman.

e 3 x
f v  f e  Ce (1.102)
1 e

Ce, x: Paramètres du matériau qui représentent l‟influence de la tortuosité

Pour des argiles, le paramètre x est définit comme suit:

x  7.7wL0.15  3 (1.103)

wL: Limite de liquidité

Fonction caractéristique de la surface


177

D‟après Kozeny (1953), Carman (1956), Chapuis et Montour (1992) et Chapuis et Aubertin
(2001), la fonction caractéristique de la surface est déterminée comme suit:

1
fs  (1.104)
  S m2
2
s

ρs: Densité des grains, kg/m³

Sm: Surface spécifique massique, m²/kg

Pour les sols plastiques et cohésifs,

S m    wL (1.105)

Pour 21< Sm < 433 m²/kg et 25% < wL < 127%, λ =0.2 m²/g et χ=1.5.

Donc,

1
fs  fL  (1.106)
   s2  wL2 
2

et Ce  f w  f s  0.063  wL3.3 (1.107)

La conductivité hydraulique pour une argile est estimée en utilisant la formule suivante:

 w e 3 x 1
kp  Cp    2 2 (1.108)
 w 1  e  s  wL

avec Ce
Cp  (1.109)

kp: conductivité hydraulique pour sols plastiques, cm/s

Cp: constante utilisée dans l‟équation proposée pour les sols plastiques/cohésifs, g²/m4

La limite de liquidité wL peut être remplacée par eL avec eL  0.01  Gs  wL . Cela rapproche le
modèle de sa base physique.
178

L‟originalité de ce modèle développé par les auteurs est que ce dernier utilise une relation
explicite entre la tortuosité du médium et son indice des vides puis le développement d‟une
nouvelle formule qui relie la surface spécifique massique Sm et la limite de liquidité pour les sols
argileux.

D‟après les résultats obtenus, on constate que la conductivité hydraulique moyenne selon la
méthode proposée par Mbonimpa et al. (2002) est 3.5*10-7 cm/s alors qu‟avec Kozeny-Carman,
on a une conductivité hydraulique moyenne de 1.67*10-8 cm/s. On constate que la conductivité
hydraulique prédite avec la méthode proposée par Mbonimpa et al. (2002) ne varie que très peu
avec l‟indice des vides et avec la profondeur. C‟est le même constat émis pour la méthode de
prédiction de Kozeny-Carman (Figure 4.40 et 4.41).

conductivité hydraulique, cm/s

1,00E-09 1,00E-08 1,00E-07 1,00E-06 1,00E-05


0

Mbonimpa et al.
Profondeur, m

10
Kozeny-Carman

15

20

25

Figure 4.41: Évolution des conductivités hydrauliques prédites en fonction de la profondeur


179

1,00E-05

1,00E-06
conductivité hydraulique, cm/s

1,00E-07
Mbonimpa et al. 2002
Kozeny-Carman

1,00E-08

1,00E-09
0,5 1,0 1,5 2,0 2,5

indice des vides, e0

Figure 4.42: Conductivité hydraulique versus indice des vides

Afin de prédire la valeur de la conductivité hydraulique de l‟argile étudiée, deux méthodes de


prédiction ont été utilisées. La première méthode dite méthode de Kozeny-Carman donne des
conductivités hydrauliques d‟un ordre de grandeur de 10-8 cm/s (tableau 4.7) alors que la méthode
proposée par Mbonimpa et al. (2002) a livré des résultats d‟un ordre de grandeur de 10-7 cm/s
(tableau 4.6). Cette deuxième méthode semble plus fiable que la première car elle prend en
considération les caractéristiques du fluide, des vides et de la surface spécifique alors que la
méthode de Kozeny-Carman ne prend en considération que la surface spécifique calculée à partir
de la limite de liquidité de l‟argile.

On peut dire aussi que les méthodes de prédiction ont été établies pour un échantillon homogène
testé au laboratoire, et qu'elles ne prennent pas en compte plusieurs paramètres et notamment les
essais in situ, la méthode de forage (préparation de la lanterne) et les dimensions des échantillons
prélevés. Donc, elles ne nous permettent pas de vérifier l‟existence ou non d‟effets d‟échelles et
l‟influence de la méthode de forage sur la qualité des résultats.
180

Tableau 4.6: Valeurs et paramètres utilisés pour estimer la conductivité hydraulique avec la
méthode de Mbonimpa et al. (2002) pour cinq échantillons d'argile

Forage wL Prof. e0 ρs Sm x eL fs fw Ce Cp fv Kp
.10-7
(%) (m) (kg/m³) (m2/kg) .10-11 .103 .10-1 (g2/m4) (cm/s)

01R 41,58 21,42 1,49 2750 53,62 1,40 0,0114 4,60 9,80 6,36 3,18 1,47 6,64
02R 63,93 3,66 1,39 2750 102,22 1,13 0,0176 1,27 9,80 5,59 2,79 0,91 1,12
03R 63,22 6,25 1,81 2750 100,54 1,13 0,0174 1,31 9,80 5,61 2,80 2,31 2,97
04R 51,63 6,64 1,81 2750 74,20 1,26 0,0142 2,40 9,80 5,96 2,98 2,68 6,32
05R 42,32 10,30 1,54 2750 55,07 1,39 0,0116 4,36 9,80 6,32 3,16 1,67 7,13

Tableau 4.7: Valeurs et paramètres utilisés pour estimer la conductivité hydraulique avec la
méthode de Kozeny-Carman pour six échantillons d'argile

prof. wp w wL IP IL Ss k 10-8
Forage (m) (%) (%) (%) (%) (%) e0 (m2/kg) log k (cm/s)
FP-06-01R 21,42 19,68 36,88 41,58 21,90 78,53 1,49 42373 -9,51 3,09
FP-06-02R 8,65 23,10 63,69 62,69 39,59 102,52 1,66 79016 -9,94 1,16
FP-06-03R 6,25 21,60 62,26 63,22 41,62 97,70 1,81 80164 -9,86 1,37
FP-07-04R 2,74 18,97 -- 60,35 41,38 -- 1,77 74127 -9,82 1,53
FP-07-05R 8,57 25,33 54,30 42,45 17,11 169,26 1,52 43601 -9,51 3,06
FP-07-06R 11,18 19,53 -- 45,00 25,47 -- 1,79 47326 -9,42 3,82

4.8 Effets d’échelle dans les argiles Champlain


La conductivité hydraulique des argiles de Lachenaie a été évaluée avec des méthodes de
laboratoire avec des échantillons de 2 cm de hauteur sur les cellules œdométriques et des
échantillons variant entre 6 cm et 12 cm placés dans des cellules triaxiales. Aussi, des essais de
perméabilité in situ ont été conduits sur les piézomètres installés dans le cadre de ce projet et sur
des piézomètres installés dans la même zone d‟étude et ayant servi dans des études antérieures.
Enfin, des méthodes d‟estimation ont été utilisées pour prédire les valeurs de k à partir de
données granulométriques et quelques propriétés des argiles. Ces différentes méthodes livrent des
résultats qui ne coïncident pas toujours:cela est principalement du aux effets d‟échelles que
Benabdallah et Chapuis (2007) ont déjà constaté dans une étude réalisée sur les argiles
Champlain.
181

Plusieurs auteurs se sont intéressés aux effets d‟échelles lors d‟études de perméabilité. La
littérature nous a démontré qu‟il n‟y avait pas encore un consensus à propos de ce sujet. Pour
Cazaux et Didier (2002) qui ont comparé les résultats provenant d‟essais au laboratoire et in situ
sur une argile, il ressort que pour les essais in situ réalisés avec un infiltromètre, les résultats sont
influencés par les conditions surfaciques et notamment par la surface par où l‟infiltration se
produit et par la technique utilisée. Au niveau des essais au laboratoire, l‟effet d‟échelle existe à
cause de la représentativité de l‟échantillon: les échantillons doivent avoir un diamètre minimal
de 100 mm pour pouvoir être représentatifs. Par contre la comparaison entre les essais au
laboratoire et les essais in situ est plus difficile car les conductivités hydrauliques ne sont pas
calculées dans la même direction. L‟écoulement est unidimensionnel et vertical dans les essais au
laboratoire et horizontal et radial dans les essais in situ. Pour des sols à faible conductivité
hydrauliques,les essais à niveau variable exigent beaucoup de temps pour que la variation du
niveau d‟eau dans le tube soit significative. Les essais pressiomètriques quant à eux sous estiment
la valeur de la conductivité hydraulique. Enfin, les auteurs concluent que les essais à niveau
variable et les essais de laboratoires donnent des résultats comparables.
Rovey et Niemann (2000) démontrent qu‟il existe bien une différence dans les résultats obtenus
avec un essai à niveau variable et un essai de pompage. Ils expliquent ces effets d‟échelle par les
hétérogénéités du milieu qui sont plus ou moins importantes selon le volume de sol étudié. Plus
le volume de sol testé est grand, plus l‟hétérogénéité est importante et influente. Rovey et
Cherkauer (1994) estiment que les chances qu‟un essai à petite échelle soit perturbé par une
hétérogénéité du milieu est minime. La perturbation ne sera importante que lors des mesures de
conductivité à échelle régionale. Donc sur une petite échelle d‟investigation, il y a moins de
chances de rencontrer une hétérogénéité par rapport à un essai réalisé à une échelle régionale.

Butler et Healey (1997) rejettent l‟idée qu‟il puisse exister un effet d‟échelle. Il ne s‟agit selon
eux que d‟artéfacts liés entre eux, à l‟installation du piézomètre et au développement de ce
dernier. Sur des essais de pompage et des essais de perméabilité à niveau variable, ils constatent
que l‟effet pariétal se fait plus ressentir sur des essais à niveau variable. Pour un milieu fracturé,
et notamment pour un aquitard de till argileux, Abichou et al. (2002) ont mené deux séries de
tests pour déterminer l‟existence ou non d‟effets d‟échelle: un « slug » test (essai in situ à niveau
variable) et des essais en laboratoire. Les auteurs ont réalisé ces essais sur des blocs fracturés et
182

non fracturés. En tenant compte des fractures, la conductivité hydraulique augmente avec le
volume testé. Par contre, sur le bloc non fracturé, l‟effet d‟échelle n‟est pas constaté.

Enfin, Chapuis (2006) affirme que plusieurs auteurs prennent l‟effet d‟échelle comme excuse
quand ils ignorent l‟hétérogénéité du matériau testé ou pour couvrir des erreurs survenues lors de
l‟échantillonnage, la préparation, les tests et l‟interprétation des essais au laboratoire et lors du
forage et l‟installation des piézomètres lors des essais in situ.

Notre investigation a consisté à voir l‟évolution de la valeur de la conductivité hydraulique par


rapport à l‟épaisseur de l‟échantillon testé tout en ayant étudié les courbes de consolidation, les
teneurs en eau et les limites de consistance et déterminé leur variation par rapport aux
profondeurs des forages.

Déterminer la valeur de la conductivité hydraulique de l‟argile Champlain a nécessité l‟utilisation


de plusieurs méthodes de laboratoire et une méthode in situ. La compilation de toutes les données
obtenues (figure 4.42) permet de constater qu‟il existe bel et bien un effet d‟échelle quand on
veut estimer la valeur de k. On constate que pour les échantillons de 20 mm montés sur les
cellules oedométriques, les valeurs de la conductivité hydraulique k est sous estimée par rapport
aux essais sur cellules triaxiales où un échantillon allant de 60 mm à 120 mm (3 à 6 fois plus haut
que l‟échantillon de l‟oedomètre) est utilisé et aussi par rapport aux méthodes in situ où les essais
sont menés au niveau de la longueur de la crépine (1000 mm).

Toutefois, cet effet d‟échelle peut prendre différentes proportions selon la méthode utilisée pour
determiner la valeur de la conductivité hydraulique lors des essais oedométriques. En effet, pour
les essais directs sur oedomètres, un rapport maximal (kinsitu/koedomètre) de 6 est constaté alors
qu‟en utilisant la méthode indirecte dite de Taylor ou la méthode de la racine carrée des temps où
la conductivité hydraulique est calculée à partir du coefficient de consolidation Cv et le
coefficient de compressibilité mv, ce rapport atteint de plus grandes valeurs qui atteignent 100
dans certains cas. Taylor (1948) proposa de tracer le graphe des valeurs des lectures versus la
racine carrée du temps pour chaque chargement effectué sur l‟oedomètre. Cela permet de
connaître le moment où la consolidation primaire est terminée. C‟est réalisable par la
détermination de la valeur de t90, quand 90% de la consolidation primaire est complétée.
L‟inconvénient de cette méthode est que cette dernière est graphique et de ce fait reste une
méthode approximative. Aussi, sur un échantillon de petite taille (2 cm), il y a une plus grande
183

probabilité que la goutte d‟eau, pendant un essai de perméabilité, suive un chemin préférentiel à
cause d‟une microfissure par exemple ou une anomalie dans la structure de l‟argile causée par
une mauvaise préparation de l‟échantillon ou une fissure dans l‟argile. La présence de
coquillages, de fossilles ou de graviers (dans la partie inférieure de la couche d‟argile) influence
aussi les résultats d‟essais de perméabilité réalisés sur les cellules oedométriques.

Aussi, étant donné que l‟essai oedométrique est executé sans contre-pression, il est fort probable
que l‟échantillon ne soit pas totalemebnt saturé. Cela aura comme effet de sous-estimer la valeur
de k.

Il est donc recommandé de déterminer et d‟estimer la valeur de la conductivité hydraulique k,


dans une argile Champlain, en utilisant la méthode triaxiale au laboratoire et la méthode in situ.

Figure 4.43: Conductivité hydraulique de l‟argile en utilisant la méthode in situ et les méthodes
de laboratoire
184

4.9 A propos des essais de perméabilité


Que ce soit au niveau du laboratoire ou du terrain, les essais de perméabilité permettent de
déterminer, ou du moins d‟estimer les valeurs de la conductivité hydraulique dans les sols
étudiés. Ces valeurs sont déterminantes lors de la réalisation d‟études hydrogéologiques à
différentes échelles et représentent un point de départ pour les modélisations numériques. De ce
fait, il est important de s‟assurer du bon déroulement des essais. Nos différentes expériences ont
démontré qu‟il existe un grand nombre de sources d‟erreurs pouvant biaiser les valeurs de k
obtenues.

Ces erreurs peuvent intervenir dès l‟étape de forage et d‟échantillonnage. Afin de les éviter,
Hvorslev (1949) donne une série de recommandations quant aux mesures à prendre pour
diminuer les effets du remaniement lors des opérations de forage et d‟échantillonnage avec un
tube à paroi mince. Tout d‟abord, on doit éviter les délais entre les opérations de forage et de
foncement du tube à paroi mince. Un délai trop important a pour résultat la dissipation de la
pression interstitielle négative développée lors du relâchement des contraintes.

Avant d‟enfoncer le tube à paroi mince, le tubage doit être nettoyé pour éviter d‟échantillonner
des sédiments qui se seraient déposés au fond du forage. Les jets d‟eau de l‟outil de nettoyage
doivent être dirigés vers le haut pour éviter de remanier la partie supérieure de l‟échantillon. La
partie supérieure du tube doit être munie d‟un clapet de non-retour (check valve) permettant de
dissiper rapidement les pressions d‟eau élevées qui peuvent être générées dans la partie
supérieure du tube lorsque celui-ci est enfoncé rapidement. Aussi, on doit pousser le tube pour
l‟enfoncer. On doit éviter de le tourner ou de le frapper. Le tube doit être enfoncé assez
rapidement. Pour éviter un frottement trop important entre l‟échantillon et la paroi, on doit
utiliser un tube à paroi mince dont le diamètre intérieur est légèrement supérieur au diamètre de
la trousse coupante. Des dimensions de tube sont suggérées dans la norme ASTM D1587.

Après l‟échantillonnage, on doit extraire l‟échantillon à l‟aide d‟un piston sans le remanier par
serrage. Les tubes à parois minces peuvent être coupés en de plus petites sections pour limiter la
contrainte de cisaillement entre la paroi et l‟échantillon. On doit tenter de réduire les vibrations
lors de la coupe des tubes. Si possible, il est préférable d‟utiliser des tubes composites. Ceux-ci
sont plus faciles à couper. On doit finalement paraffiner l‟échantillon. Le paraffinage permet
185

d‟éviter la dissipation de la pression interstitielle négative et empêche l‟échantillon de sécher lors


de sa conservation en chambre humide froide.

Ensuite, une fois que le trou de forage est réalisé, il faut veiller à ce que l‟installation des
piézomètres soit bien faite. On attire ici l‟attention sur la préparation et l‟installation de la
lanterne, le centrage de la crépine, et le scellement des piézomètres. On évite par un bon
scellement que l‟eau circule d‟une strate à une autre alors que la bonne préparation de la lanterne
évitera entre autres, d‟obstruer la crépine ou se retrouver avec des sédiments au fond de cette
dernière. Finalement, lors de réalisation de l‟essai, et comme expliqué précédemment, il faut
prendre en considération le ``Time lag`` et les conditions météorologiques afin d‟éviter que l‟eau
ne gèle dans le piézomètre.

Dans les essais au laboratoire, que ce soit au niveau des cellules triaxiales ou œdométriques, il
faut tout d‟abord supprimer les fuites au niveau des tubulures et des connexions. Pour cela, on
injecte de la fluorescéine dans le système pour localiser ces fuites. Aussi, il faut préparer avec
précautions les échantillons d‟argile en évitant de fissurer cette dernière. Enfin, les pressions
doivent être adéquatement exercées par étapes sur les échantillons pour éviter la consolidation ou
l‟érosion de l‟argile.

4.10 Effet de la pression d’extraction sur la composition chimique


Le but premier de la conception des cellules d‟extraction est de pouvoir analyser l‟eau
interstitielle d‟argile pour les métaux (Na+, K+, Ca2+, Mg2+) et les anions (Cl-, SO42- et HCO3-, I-
et Br-). Aussi, cette eau permettra d‟estimer l‟âge de l‟eau avec la méthode directe de 14
C et la
18 2
méthode indirecte O/ H. Il est donc important d‟effectuer plusieurs essais sur le système
argile/extracteur afin de valider le processus d‟extraction.

Dans un premier temps, et comme indiqué précédemment, on s‟est assuré que les composantes
du système (filtres, acier,…) n‟influencent pas la chimie de l‟eau. La seconde étape est de vérifier
si l‟augmentation de la pression d‟extraction modifie la chimie de l‟eau interstitielle et si c‟est le
cas, quelle est la pression maximale d‟extraction qu‟on peut utiliser sans affecter la chimie de
l‟eau.

Pour cela, on a d‟abord placé un échantillon d‟argile dans l‟extracteur à basse pression, ensuite,
de l‟eau a été extraite en utilisant des paliers de pression allant de 100 kPa à 650 kPa. Ensuite, ce
186

même échantillon d‟argile a été transféré dans la cellule à haute pression où des pressions allant
de 1 MPa à 30 MPa ont été utilisées. Il est à noter que pour chaque essai, on a besoin de 90 mL à
100 mL d'eau interstitielle pour effectuer les analyses, soit 15 mL pour les analyses d'ions
majeurs, 10 mL pour les analyses d'isotopes 18O et 2H et un minimum de 60 mL pour les analyses
de carbone 14. Lors de l'extraction à basse pression, pour un échantillon d'argile d'environ 21 cm
de longueur en moyenne, on obtient généralement entre 80 et 110 mL ce qui est suffisant pour les
diverses analyses d'eau à effectuer.

Les résultats des analyses chimiques de l‟eau extraite sont assez concluants. Comme on peut le
constater dans les figures 4.44 à 4.48, dans le dispositif à basse pression, des pressions
d‟extraction de 100 kPa, 180 kPa, 300 kPa et 600 kPa sont utilisées. On remarque qu‟il n‟y a pas
d‟influence de la pression sur la chimie de l‟eau. Que ce soit pour Na+, Cl-, Mg2+, Ca2+ ou K+, les
concentrations de ces espèces ne varient que de 5% au maximum et même cette marge d‟erreur
est plus attribuable aux erreurs de laboratoire d‟analyse qu‟à l‟influence de la pression. Ces
résultats sont exposés en détail dans l‟article de Benabdallah et al. (2008) (Annexe 2). Toutefois,
même si la pression d‟extraction n‟influence pas la chimie de l‟eau dans le dispositif à basse
pression, il est préférable d‟utiliser deux ou trois paliers de pression avant d‟exercer la pression
maximale (600 kPa) sur l‟échantillon afin d‟éviter de créer un grand gradient hydraulique et
provoquer une érosion de l‟échantillon, une situation qu‟on a souvent rencontrée lors de la mise
au point de l‟essai.
187

700

Pression d'extraction, kPa 600

500

ST-2
400
ST-7

300 ST-9
ST-10
200 ST-17
ST-20
100

0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500
concentration, mg/L

Figure 4.44: Variation de la concentration de Na+ en fonction de la pression d‟extraction dans le


dispositif à basse pression (Forage FP-06-02R)

700

600
Pression d'extraction, kPa

500
ST-2
400
ST-7
300 ST-9
ST-10
200
ST-17
100 ST-20

0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
concentration, mg/L

Figure 4.45: Variation de la concentration de Cl- en fonction de la pression d‟extraction dans le


dispositif à basse pression (Forage FP-06-02R)
188

700

600
Pression d'extraction, kPa
500
ST-2
400 ST-7
ST-9
300
ST-10
200 ST-17
ST-20
100

0
0 10 20 30 40 50 60
concentration, mg/L

Figure 4.46: Variation de la concentration de Ca++ en fonction de la pression d‟extraction dans le


dispositif à basse pression (Forage FP-06-02R)

700

600
Pression d'extraction, kPa

500
ST-2
400
ST-7
300 ST-9
ST-10
200
ST-17
100 ST-20

0
0 20 40 60 80 100 120 140
concentration, mg/L

Figure 4.47: Variation de la concentration de K+ en fonction de la pression d‟extraction dans le


dispositif à basse pression (Forage FP-06-02R)
189

700

600
Pression d'extraction, kPa
500
ST-2
400 ST-7
ST-9
300
ST-10
200 ST-17
ST-20
100

0
0 50 100 150 200 250
concentration, mg/L

Figure 4.48: Variation de la concentration de Mg++ en fonction de la pression d‟extraction dans le


dispositif à basse pression (Forage FP-06-02R)

Pour le dispositif d‟extraction à haute pression, les résultats des analyses sont présentés sur un
graphe concentration versus logarithme de la pression d‟extraction (figures 4.49 à 4.55). Notons
que les points avec l‟abscisse 0.1 MPa et 0.7 MPa correspondent aux extractions à basses
pressions. A partir de 1 MPa, ce sont des extractions à hautes pressions.

Pour le sodium (Na+), l‟augmentation de la pression d‟extraction engendre une augmentation de


la concentration. Cela est perceptible dès que la pression 800 kPa est dépassée (Figure 4.49). A
partir de 10 MPA, on constate que les concentrations se stabilisent. La même tendance est
constatée pour le potassium (K+) même si pour les échantillons 04R552577 et 04R950976 on
remarque que les concentrations ne varient pas considérablement. Aussi, pour l‟échantillon
01R16201640, une légère diminution de la concentration est observée (Figure 4.53).

On remarque aussi une tendance identique pour les cations calcium (Ca2+) et magnésium (Mg2+).
On constate une importante augmentation des concentrations de ces derniers dès que le palier de
pression 800 kPa est dépassée. Cette augmentation peut varier entre 2.5 fois et 4 fois par rapport à
la concentration à basse pression (Figures 4.51 et 4.54). On observe la même tendance pour les
bicarbonates, une importante augmentation de la concentration avec la pression d‟extraction
190

(Figure 4.55). L‟augmentation est moins importante pour les échantillons 04R950-976 et
04R552-577 mais la tendance haussière reste flagrante.

Pour les chlorures (Cl-), il apparait que l‟augmentation de pression a peu d‟influence sur la
concentration. On remarque d‟après la figure 4.50 que la variation est minime avec une tendance
à la baisse.

Pour les sulfates (SO42-) (figure 4.52), on constate dans un premier temps une diminution de la
concentration dès que la pression d‟extraction 1 MPa est dépassée. Ensuite, la tendance est
variable.

Enfin, pour le pH (figure 4.56), on constate une diminution dès que les hautes pressions sont
appliquées et cela jusqu‟à 5 MPa environ, ensuite on observe une stabilisation au fur et à mesure
qu‟on applique d‟importantes pressions.

4500

4000

3500

3000
Concentration Na, mg/L

2500 04R324-346
04R950-976
2000 04R552-577
05R715-735
1500 05R10-1022
01R531-554
1000

500

0
0,1 1 10 100
Pression d'extraction, MPa

Figure 4.49: Évolution de la concentration de Na+ avec la pression d‟extraction dans la cellule à
haute pression
191

6000

5000
Concentration Cl-, mg/L

4000
04R324-346
04R552-577
3000
04R950-976
05R715-735
2000 05R10-1022
01R531-554

1000

0
0,1 1 10 100
Pression d'extraction, MPa

Figure 4.50: Évolution de la concentration de Cl- avec la pression d‟extraction dans la cellule à
haute pression

250

200
Concentration de Ca++, mg/L

150 04R324-346
04R552-577
04R950-976
100 05R10-1022
01R531-554
05R715-735/2.5
01R1620-1640
50

0
0,1 1 10 100
Pression d'extraction, MPa

Figure 4.51: Évolution de la concentration de Ca++ avec la pression d‟extraction dans la cellule à
haute pression
192

900

800

700
concentration de SO4(2-), mg/L

600
04R324-346
500 04R552-577
04R950-976
400 05R715-735
05R10-1022
300
01R531-554
200 01R1620-1640

100

0
0,1 1 10 100
Pression d'extraction, MPa

Figure 4.52: Évolution de la concentration de SO42- avec la pression d‟extraction dans la cellule à
haute pression

160

140
concentration de K+, mg/L

120
04R324-346
100
04R552-577
04R950-976
80 05R715-735
05R10-1022
60 01R531-554
01R1620-1640
40

20

0
0,1 1 10 100
Pression d'extraction, MPa

Figure 4.53: Évolution de la concentration de K+ avec la pression d‟extraction dans la cellule à


haute pression
193

500

450

400

350
cocncentration de Mg++, mg/L

300 04R324-346
04R552-577
250 04R950-976
05R715-735
200 05R10-1022
01R531-554
150 01R1620-1640

100

50

0
0,1 1 10 100
Pression d'extraction, MPa

Figure 4.54: Évolution de la concentration de Mg2+ avec la pression d‟extraction dans la cellule à
haute pression

2500

2000
concentration de HCO3-, mg/L

04R552-577
1500 04R950-976
05R10-1022
01R531-554
1000 01R1620-1640
04R324-346

500

0
0 10 20 30 40 50
Pression d'extraction, MPa

Figure 4.55: Évolution de la concentration de HCO3- avec la pression d‟extraction dans la cellule
à haute pression
194

7,8
04R324-346
7,6 04R552-577
04R950-976
pH

05R715-735
7,4 05R10-1022
01R531-554
01R1620-1640
7,2

6,8
0 10 20 30 40 50
Pression d'extraction, MPa

Figure 4.56: Évolution du pH avec la pression d‟extraction dans la cellule à haute pression

Au vu des résultats obtenus, on conclut que le dispositif d‟extraction à haute pression ne permet
pas d‟obtenir des échantillons représentatifs d‟eau interstitielle. En effet, pour certaines espèces
comme Na+, la concentration augmente avec la pression d‟extraction alors que pour d‟autres
espèces (SO42-), on remarque la diminution de la concentration. Dans tous les cas, la
concentration des espèces analysées est influencée par les hautes pressions d‟extraction.

Au niveau de cette étude, il est difficile d‟expliquer ce phénomène. Dans la revue de littérature,
plusieurs hypothèses ont été soumises. L‟augmentation de la concentration de ces cations avec la
pression d‟extraction est due à une hausse de la pression partielle du CO2 (PCO2) pendant le
pressage. Le produit (H+) (HCO3 -) augmente directement avec (PCO2) engendrant une hausse de
la concentration des cations basiques. D‟un autre côté, le dégazage des échantillons pendant la
préparation peut aussi influencer le pH (Bottcher et al. 1997). Aussi, dans le dispositif à haute
pression, on manipule une argile remaniée car elle provient de l‟extracteur à basse pression: cela
engendre la destruction de liaisons et la création de nouvelles ce qui peut aussi expliquer le
changement de la chimie de l‟eau. Enfin, la consolidation de l‟argile engendre la diminution de la
porosité. On peut donc présumer que certains ions, et notamment ceux avec des grands rayons
ioniques, ont moins de mobilité que pendant la phase post consolidation. La consolidation
195

engendre aussi une cimentation qui peut aussi être responsable de ces variations de concentration
avec la pression d‟extraction.

Le dispositif d‟extraction d‟eau interstitielle à basse pression mis au point par l‟équipe du projet a
permis d‟obtenir des échantillons d‟eau représentatifs de l‟eau présente dans la couche d‟argile à
différentes profondeurs. Différents essais ont permis de montrer que la pression d‟extraction, le
papier filtre et les différentes composantes du système n‟ont pas d‟influence sur la chimie de
l‟eau. Par contre, l‟extracteur à haute pression ne sera pas utilisé pour le projet. En effet, la
concentration des ions est influencée par les hautes pressions exercées.

4.11 . Résultats des analyses d’ions majeurs et profils vs profondeur


Le dispositif d‟extraction d‟eau interstitielle d‟argile ainsi que la procédure d‟échantillonnage de
l‟eau souterraine dans le roc mis au point pour ce projet permettent d‟obtenir des volumes d‟eau
représentatifs des milieux dans lesquels ils circulent. Ces volumes d‟eau sont analysés pour les
anions Cl-, SO42-, HCO3-, I- et Br-, pour les cations Na+, K+, Mg2+, Ca2+. On relève aussi le pH de
la solution. Ces échantillons d‟eau sont analysés au laboratoire Maxaam. Les cations sont
analysés par la méthode ICPMS, les chlorures et les sulfates par chromatographies ionique alors
que la concentration des bicarbonates est obtenue par la mesure de l'alcalinité par titrimétrie.

Notons que pour avoir un contrôle de la qualité des analyses, des duplicatas sont analysés dans
les laboratoires de l‟École Polytechnique. Une fois les résultats obtenus, on peut alors tracer le
profil des concentrations de chacun des éléments chimiques analysés et tracer son profil en
fonction de la profondeur.

L'ensemble des résultats chimiques est présenté en Annexe 3.

Avant d‟entamer la présentation et l‟analyse des résultats, il est important de rappeler la


principale hypothèse que nous avons émise: la salinité actuelle de l‟eau interstitielle des argiles
provient d‟un lessivage très lent d‟eau de mer par de l‟eau atmosphérique. Il en résulte que la
salinité constatée localement dans les rocs fracturés sous-jacents à l‟argile proviendrait d‟un
apport lent et régulier de sels dissous par une lente percolation verticale de l‟eau atmosphérique
(pluie et neige) infiltrée dans l‟argile.

L‟analyse des profils de concentration de l‟eau interstitielle dans l‟argile, de la concentration des
différents ions dans l‟eau circulant dans le roc et la connaissance des propriétés et des
196

concentrations dans l‟eau de mer constituent un point de départ pour valider ou réfuter cette
hypothèse.

Soulignons que l‟eau de mer contient essentiellement les espèces sodium (Na+), chlorure (Cl−),
sulfate (SO42−), magnésium (Mg2+), calcium (Ca2+), potassium (K+), bromure (Br-), fluorure (F-),
hydrogénocarbonates (HCO3-) et carbonates (CO32-). Ces espèces à elles seules représentent
99.9% des sels dissous présents dans l‟eau de mer dont la concentration en sels avoisine 35
grammes par kilogramme d‟eau de mer. Cette concentration n‟est pas constante partout, elle peut
varier d‟un océan à l‟autre. Dans les régions arides (Méditerranée, mer Rouge,…) où
l‟évaporation est importante, la salinité est élevée alors que dans les zones où les apports d‟eau
douce sont abondants (zone équatoriale, Mer noire,…), la salinité est faible. Elle est de 10 g/kg
en certaines régions de la mer Baltique et peut atteindre 40 g/kg dans la mer Rouge. Par contre,
les proportions relatives des principaux sels restent constantes. Cette propriété est évoquée sous
le nom de loi de Dimittar ou principe de Marcet. Le pH des eaux de mer quant à lui varie entre
7.5 et 8.5 avec une moyenne de 7.8.

Diagramme de Piper

Le diagramme de Piper utilise les éléments majeurs pour représenter les différents faciès des eaux
souterraines. Il permet également de voir l'évolution d'une eau, passant d'un faciès à un autre,
grâce à des analyses espacées dans le temps ou des analyses d'échantillons pris à des endroits
différents. Le diagramme de Piper est très utile pour représenter toutes autres sortes de groupes
d'analyses. Il est composé de deux triangles et un losange. Les deux triangles (un triangle portant
les cations et un autre les anions) sont d'abord remplis puis ensuite le losange. Les valeurs
utilisées sont exprimées en %.meq/L. (Wikipédia)

Les figures 4.57 à 4.65 présentent les diagrammes de Piper obtenus pour chacun des forages 01 à
09. La figure 4.65 est un diagramme où on a placé les données provenant de tous les forages.
Dans chaque diagramme, on a placé les analyses d‟eau interstitielle aux différentes profondeurs,
l‟eau dans le roc, l‟eau des précipitations et l‟eau de mer. Avec ces diagrammes, on visualise
l‟évolution géochimique des eaux.

Le même constat ressort de l'analyse des diagrammes de Piper: il y a une nette évolution dans les
proportions des différents ions avec la profondeur de l'échantillon d'eau analysée. L‟eau dans le
roc est de type Na-Cl et est assez proche du pôle ``eau de mer``, mais le fait que ces points ne
197

sont pas superposés laissent présager qu'il y a eu évolution du faciès. Les eaux superficielles sont
de type Ca-HCO3, donc l'évolution des eaux profondes de type Na-Cl à des eaux de surface de
type Ca-HCO3 (ie une évolution depuis la surface en se dirigeant en profondeur vers le roc)
démontre qu'on n‟assiste pas à une simple dilution, causée par l'advection seule, car on ne se
dirige pas vers le pole des précipitations mais on conclut que plusieurs phénomènes contribuent à
cette évolution: parmi les hypothèses qu‟on peut émettre la présence d‟interactions eau/argile et
la diffusion moléculaire.
Dans l'argile. et mis à part dans le site 08, on constate que toutes les eaux sont de type Na-HCO3
et cations mixtes-HCO3. Par contre, il est à noter que les résultats du site 05 ne sont pas fiables
car dans ce forage, la balance des charges est loin d'être atteinte (plus de 25% de différence).
Aussi, on remarque que les Cl- diminuent en faveur des HCO3- et des Na+ en faveur du Ca2+.

Figure 4.57 : Diagramme de Piper pour le forage FP-06-02R


198

Figure 4.58: Diagramme de Piper pour le forage FP-07-05R

Figure 4.59: Diagramme de Piper pour le forage FP-06-01R


199

Figure 4.60: Diagramme de Piper pour le forage FP-08-08R

Figure 4.61: Diagramme de Piper pour le forage FP-07-06R


200

Figure 4.62: Diagramme de Piper pour le forage FP-08-09R

Figure 4.63: Diagramme de Piper pour le forage FP-07-04R


201

Figure 4.64: Diagramme de Piper pour le forage FP-06-03R

Figure 4.65: Diagramme de Piper pour l‟ensemble des forages


202

Proportion des ions Na+ et Cl- par rapport à l’eau de mer

La première étape lors de l‟analyse des profils des concentrations des ions par rapport à
l‟élévation ou la profondeur de l‟échantillon est de voir les proportions des ions Cl- et Na+ par
rapport à l‟eau de mer et de suivre leur évolution à travers la couche d'argile et dans le roc.

Dans les figures 4.66 et 4.67ci-dessous, on constate que les concentrations de Na+ et Cl- évoluent
dans les mêmes proportions dans chaque forage, par rapport à l‟élévation. Aussi, on remarque
que Na+ et Cl- subissent le même taux de dilution dans un même forage et que les forages qui
sont éloignés de la rivière des Mille-Îles, et qui se trouvent sur les terrains de BFI-Lachenaie (FP-
06-01R, FP06-02R ET FP-06-03R), atteignent des taux de dilution au niveau du roc de 40% alors
que ce taux est revu à la baisse en s‟approchant de la rivière. Il avoisine les 5% sur le site 8.

25

20

15
FP-06-02R
10 FP-06-03R
FP-07-05R
Elevation, m

5 FP-06-01R
FP-07-04R
0
FP-07-06R
0 10 20 30 40 50 60
-5 FP-08-08R
FP-08-09R
-10 FP-08-07R

-15

-20
Proportion en % des Na+ par rapport à l'eau de mer

Figure 4.66: % Na+ dans l‟eau d‟argile et dans le roc par rapport à l‟eau de mer
203

25

20

15
FP-06-02R

10 FP-06-03R
FP-07-05R
Elevation, m

5 FP-06-01R
FP-07-04R
0
0 10 20 30 40 50 60 FP-07-06R
-5 FP-08-08R
FP-08-09R
-10
FP-08-07R
-15

-20
Proportion en % des Cl- par rapport à l'eau de mer

Figure 4.67: % de Cl- dans l‟eau d`argile et dans le roc par rapport à l‟eau de mer

On pourrait expliquer cela par le fait que la plus on se dirige vers le Sud et donc vers la rivière,
moins la couche d'argile est épaisse. Donc en supposant qu'il y a une percolation de l'eau
météorique à partir de la surface, ce qu'on tentera de démontrer avec la modélisation numérique
et l'analyse isotopique de l'eau souterraine, les argiles dans les sites proches de la rivière (FP-07-
06R, FP-08-08R ET FP-08-09R) seraient plus ``lessivés`` que les argiles présentes sur le site de
BFI au Nord.

Profils de concentrations

Les concentrations des ions Na+ et Cl- évoluent d‟une manière identique par rapport à la
profondeur du forage. En effet, on constate dans les figures 4.68 et 4.69 ci-dessous que ces deux
concentrations augmentent avec la profondeur dans l‟argile. Une fois arrivé au roc, cette
augmentation de la concentration devient plus importante. Encore ici, on peut s‟apercevoir que la
proximité de la rivière engendre une diminution importante de la concentration au niveau de
l‟argile et du roc.
204

Concentration Na+, mg/L


0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
0

FP-08-09R
10 FP-08-08R
FP-07-06R
FP-07-04R
15
Profondeur, m

FP-06-01R
FP-07-05R
FP-06-03R
20
FP-06-02R
FP-08-07R

25

30

35

Figure 4.68: Évolution de la concentration du sodium Na+ par rapport à la profondeur

Concentration Cl-, mg/L


0 2000 4000 6000 8000 10000 12000
0

10 FP-08-09R
FP-08-08R
FP-07-06R
FP-07-04R
15
Profondeur, m

FP-06-01R
FP-07-05R
FP-06-03R
20 FP-06-02R
FP-08-07R

25

30

35

Figure 4.69: Évolution de la concentration des chlorures Cl- par rapport à la profondeur
205

Aussi, on a vu précédemment dans les diagrammes de Piper que les eaux présentes dans la
majeure partie des argiles et dans le roc sont de type Na-Cl. C‟est pour cela qu‟il est important
d‟identifier le genre de relation qui existe entre ces deux ions pour tenter d‟identifier la source de
la salinité dans les argiles Champlain.

D‟après la figure 4.70 ci-dessous, on constate qu‟il existe une corrélation linéaire entre la
concentration de Cl- et celle de Na+. Cette corrélation s‟écrit sous la forme [Cl-]=1.82[Na+]-407
avec R2=0.92. Dans l‟eau de mer, le rapport [Cl-] /[Na+]=1.2 alors que pour les halites, ce rapport
est égal à 1. Mis à part pour les forages FP-06-01R et FP-07-05R, tous les points se situent autour
de la droite caractéristique de l‟eau de mer. Dans les eaux circulant dans les shales d‟Amérique
du Nord, on rapporte un ratio Na:Cl de 1:1, ce que Woodley (1996) explique par le contrôle
d‟halite. Cela peut aussi être dû au lessivage et au déplacement vers le bas d‟eau de mer. Donc,
même si les concentrations de Na+ et Cl- dans les eaux interstitielles sont inférieures à celles dans
l‟eau de mer, les rapports de concentration dans les différentes profondeurs sont assez proches de
ceux constatés dans l‟eau de mer. On peut donc penser que les eaux de mer emprisonnées dans
les argiles Champlain et dans le roc ont été diluées par un apport d‟eau douce, plus important à la
surface qu‟au fond de la couche d‟argile et cela à une échelle régionale.

600
eau de mer

500

FP-06-02R
concentration de Cl-, meq/L

FP-06-03R
400
FP-07-05R
FP-06-01R
300 FP-07-04R
FP-07-06R
FP-OX
200
FP-08-08R
FP-08-09R
100 Eau de mer
FP-08-07R

0
0 100 200 300 400 500
concentration de Na+, meq/L

Figure 4.70: Concentration des chlorures (Cl-) versus la concentration du sodium (Na+)
206

Le profil de la concentration du potassium versus la profondeur montre que la concentration de


K+ augmente avec la profondeur dans la couche d‟argile. La concentration en bas de la couche
d‟argile varie entre deux à trois fois par rapport au haut de la couche d‟argile. Par contre, on
remarque que la concentration de K+ diminue dans le roc. Ce même constat est fait pour le
magnésium (figure 4.72).

Concentration K+, mg/L


0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
0

FP-08-09R
10 FP-08-08R
FP-07-06R
FP-07-04R
Profondeur, m

15 FP-06-01R
FP-07-05R
FP-06-03R
20
FP-06-02R
FP-08-07R

25

30

35

Figure 4.71: Concentration du potassium en fonction de la profondeur


207

Concentration Mg2+, mg/L


0 50 100 150 200 250 300 350 400
0

10 FP-08-09R
FP-08-08R
FP-07-06R
FP-07-04R
15
Profondeur, m

FP-06-01R
FP-07-05R
FP-06-03R
20 FP-06-02R
FP-08-07R

25

30

35

Figure 4.72: Concentration du magnésium en fonction de la profondeur

Dans la figure 4.73 ci-dessous, on constate qu‟il existe une relation linéaire entre la concentration
des chlorures et la concentration du potassium. On remarque par ailleurs que la majorité des
points se trouvent en dessous de la droite du rapport Cl- versus K+ pour l‟eau de mer.

D‟après Drever (1988), le potassium est le cation le plus affecté par les échanges cationiques: K+
est extrait des minéraux de la roche mère et précipite dans des minéraux secondaires (Woodley,
1996). Durant l‟échange cationique, le sodium Na et le potassium K sont libérés dans la solution
et le calcium Ca est adsorbé à leur place. Ceci influence grandement la chimie de l‟eau
interstitielle. Toutefois, ce processus peut être freiné si la fraction argileuse n‟est pas importante.

Si tel est le cas, et comme avancé par Woodley (1996), la chimie de l‟eau interstitielle est
modifiée et on se retrouve dans une situation où l‟équilibre entre les cations Ca et Mg et les
anions HCO3 et SO4 est perturbée: (Ca+Mg) est alors déficient par rapport à (HCO3+SO4).
208

Dans notre cas, ce déficit n‟est pas constaté dans l‟ensemble des forages étudiés. L‟exception
apparait dans les forages FP-06-03R, FP-06-02R et FP-07-04R. Par contre, dans les autres
forages, on constate ce déficit de cations divalents par rapport aux anions divalents. Cette
diminution démontre qu‟un échange cationique a lieu et influence la chimie de l‟eau interstitielle
dans l‟argile. Dans les sites où ce phénomène n‟est pas constaté, il se peut que la faible fraction
argileuse qui induit une faible surface spécifique ait causé le ralentissement des échanges
cationiques.

600
eau de mer

500

FP-06-02R
concentration de Cl-, meq/L

400 FP-06-03R
FP-07-05R
FP-06-01R
300 FP-07-04R
FP-07-06R
FP-OX
200
FP-08-08R
FP-08-09R
100 Eau de mer
FP-08-07R

0
0 2 4 6 8 10 12
concentration de K+, meq/L

Figure 4.73: Concentration des chlorures (Cl-) versus la concentration du potassium (K+)
209

140

120

FP-06-02R
concentration de Ca+Mg, meq/L

100
FP-06-03R
FP-07-05R
80 FP-06-01R
1:1 Balance des charges
FP-07-04R
60 FP-07-06R
FP-OX
40 FP-08-08R
FP-08-09R

20 Eau de mer
FP-08-07R

0
0 10 20 30 40 50 60 70
concentration de SO4+HCO3, meq/L

Figure 4.74: Somme des concentrations (Ca + Mg) versus la somme des concentrations des
sulfates et carbonates (SO42-+HCO3-)

La figure 4.75 montre une corrélation linéaire entre Mg2+ et Cl- dans tous les forages. Par contre,
on remarque que dans le forage FP-06-04R, la ligne se trouve au dessus de la ligne représentant
le rapport Mg2+/Cl- dans l‟eau de mer.

Dans la littérature, on sait qu‟il y a un déficit de magnésium dans les eaux souterraines par
rapport à l‟eau de mer (Briggs, 1995). Aussi, on sait que la formation de dolomites et de chlorites
contribue à la disparition des cations Mg2+ (Collins, 1975). Le magnésium est moins présent dans
l‟eau souterraine que dans l‟eau de mer à l‟exception du forage FP-06-04R où la présence du
magnésium est bien supérieure que dans l‟eau de mer. Soulignons que dans ce forage 04R, il y a
un écoulement naturel permanent du bas vers le haut dans le piézomètre.

En analysant l‟évolution du ratio Ca2+/Mg2+ par rapport à la concentration de Cl- (figure 4.76), on
constate qu‟il y a une baisse de la concentration de Ca par rapport à celle de Mg2+ quand la
concentration de Cl- augmente, c'est-à-dire quand la profondeur de l‟échantillon d‟argile
augmente. Cela est valable pour la couche d‟argile. Dans le roc, on constate que le rapport Ca2+/
Mg2+ augmente quand Cl- augmente.
210

200

180

160

FP-06-02R
concentration de Mg++, meq/L

140
FP-06-03R
120 FP-07-05R
FP-06-01R
100
FP-OX
80 FP-08-08R
FP-08-09R
60 eau de mer
Eau de mer
40 FP-08-07R
FP-07-04R
20

0
0 100 200 300 400 500 600
concentration de Cl--, meq/L

Figure 4.75: Concentration du magnésium (Mg2+) versus la concentration des chlorures (Cl-)

2,50

2,00

1,50 FP-06-02R
FP-06-03R
Ca/Mg

FP-07-05R
FP-06-01R
1,00
FP-07-04R
FP-08-09R
FP-08-07R

0,50

0,00
0 50 100 150 200 250 300
Cl, meq/L

Figure 4.76: Évolution du rapport Ca/Mg par rapport à la concentration des chlorures
211

Comparativement à l‟eau de mer, l‟eau interstitielle est enrichie en HCO3- et appauvrie en SO42-
par rapport à Cl- (figures 4.77 et 4.78). Dans le roc, on constate même que la concentration des
sulfates atteint de très petites valeurs qui avoisinent 0. Pour certaines analyses, cette
concentration n‟a pas pu être obtenue car la valeur était en dessous de la limite de détection. Par
contre, dans l‟argile, la tendance générale indique que la concentration des sulfates diminue avec
la profondeur (figure 4.79).

Les sulfates sont contrôlés par les conditions redox dans les aquifères. Dans un environnement
réducteur, SO42- est réduit en H2S par l‟oxydation de la matière organique. Les bicarbonates sont
donc un produit de l‟environnement sulfatoréducteur.

Drever (1988) explique cela par l‟équation:

𝑦𝑖𝑒𝑙𝑑𝑠
𝑆𝑂42− + 2𝐶𝑜𝑟𝑔𝑎𝑛𝑖𝑞𝑢𝑒 + 2𝐻2 𝑂 𝐻2 𝑆 + 2𝐻𝐶𝑂3− (1.110)

Les ions qui sont le plus affectés par les réactions géochimiques sont SO42- et HCO3-. Il est à
noter que les concentrations de SO42- dans l‟eau interstitielle des sédiments des fonds marins
avoisinent 0 à cause de la sulfato-réduction (Lasaga et Holland, 1976). Aussi, dans les dépôts
marins riches en matière organique décomposable, les bactéries sulfato-réductrices consomment
SO42-, produisent HS- et CO2. Si la sulfatoréduction se produit en présence de calcite et de
dolomite, le CO2 engendre la dissolution de la calcite jusqu‟à ce que la saturation de la calcite et
de la dolomite soit atteinte (Desaulniers et Cherry, 1988).
212

25

20
FP-06-02R
concentration de HCO3-, meq/L

FP-06-03R
FP-07-05R
15
FP-06-01R
FP-07-04R
FP-07-06R
10
eau de mer FP-OX
FP-08-08R
FP-08-09R
5
Eau de mer
FP-08-07R

0
0 100 200 300 400 500 600
concentration de Cl-, meq/L

Figure 4.77: Concentration des (HCO3-) versus la concentration des (Cl-)

60

eau de mer

50
FP-06-02R
concentration de SO4--, meq/L

FP-06-03R
40
FP-07-05R
FP-06-01R

30 FP-07-04R
FP-07-06R
FP-OX
20
FP-08-08R
FP-08-09R

10 Eau de mer
FP-08-07R

0
0 100 200 300 400 500 600
concentration de Cl-, meq/L

Figure 4.78: SO4 2- versus Cl-


213

Concentration SO4, mg/L


0,1 1 10 100 1000 10000
0

FP-06-02R
10 FP-06-03R
FP-07-05R
FP-06-01R
15
Profondeur, m

FP-07-04R
FP-07-06R
FP-08-08R
20
FP-08-09R
FP-08-07R

25

30

35

Figure 4.79: Concentration des SO42- versus la profondeur

Pour le pH, on constate que sa valeur est pratiquement constante en fonction de la profondeur. Sa
valeur oscille entre 7,2 et 8,0 dans tous les forages.

Enfin, des analyses d‟iode dans les eaux interstitielles et dans le roc confirment la présence d‟eau
d‟origine marine. En général, le sol contient 20 fois plus d‟iode que les roches et les minéraux car
l‟iode est retenu par les argiles et la matière organique (Ecological Agriculture Projects,
Université Mc Gill, [Link] 2009). L'iode entre dans
l'atmosphère via l'évaporation de l'eau de mer et est distribué à la surface du globe par la pluie.
Aussi, l‟iode a pu se retrouver dans l‟eau de mer qui est emprisonné dans le roc et l‟argile. Dans
la figure 4.80 ci-dessous, on constate que la teneur en iode a tendance à augmenter avec la
profondeur. On peut expliquer cela par le fait que plus on se dirige vers la surface, plus l‟argile
est lessivée par l‟infiltration d‟eaux de pluie et de fonte de neiges et donc la concentration de
l‟iode est moindre.
214

Concentration I, mg/L
0 2 4 6 8 10 12 14 16
0

10 FP-08-09R
FP-08-08R
FP-07-06R
FP-07-04R
15
Profondeur, m

FP-06-01R
FP-07-05R
FP-06-03R
20 FP-06-02R
FP-08-07R

25

30

35

Figure 4.80: Variation de I- par rapport à la profondeur

Le rapport Br-/Cl- est dans la majorité des cas un outil performant pour déterminer l‟origine des
chlorures dans les eaux souterraines. Les bromures et les chlorures étant non réactifs dans les
environnements aqueux naturels, ils ne sont altérés ni par les diverses réactions chimiques ni par
les réactions d‟oxydo-réduction et permettent donc de retracer l‟origine de la salinité dans l‟eau.
Aussi, le rapport Br/Cl reste constant même dans le cas d‟évaporation ou de mélange avec des
eaux dépourvues de ces éléments (Hsissou, 1999).

Les chlorures et bromures peuvent avoir plusieurs origines: l‟eau de mer, l‟halite ou l‟eau de
pluie. Dans l‟eau de mer, le rapport pondéral Br/Cl est de 3.47.10-3 alors que dans l‟halite, ce ratio
n‟est que de 0.183.10-3.

D‟après les résultats obtenus (figure 4.81), on constate un alignement des teneurs en bromures
par rapport aux chlorures le long de la ligne de dilution de l‟eau de mer. En effet, les ratios Br/Cl
obtenus dans tous les forages analysés se rapprochent de la valeur de ce ratio dans l‟eau de mer
ce qui élimine l‟hypothèse de la dissolution de l‟halite. Les bromures et chlorures ne peuvent
donc provenir que d‟eau de mer ou de précipitations. En effet, l‟eau de pluie est la source
principale de brome dans la nature et présente un ratio Br/Cl identique à celui trouvé en eau de
mer (Richter et Kreitler, 1983). Il se peut même que le ratio Br/Cl excède les valeurs normales de
215

l‟eau de mer et des précipitations. Il a été démontré par Duce et Hoffman (1976) et par Gerritse et
George (1988) que l‟augmentation de ce rapport peut être attribuée aux aérosols, aux embruns
marins ou à l‟enrichissement en brome des eaux d‟infiltration à travers les horizons organiques
du sol.

L‟utilisation du ratio Br/Cl a permis d‟écarter l‟hypothèse que les chlorures présents dans l‟eau
interstitielle ou dans le roc soient originaires de la dissolution d‟halite présente dans la matrice de
l‟aquifère ou d‟une contamination (origine anthropique) sinon le rapport Br/Cl serait appauvri par
rapport au domaine océanique. Cl et Br proviennent plutôt des eaux de mer emprisonnées dans
les interstices de l‟argile et dans le roc depuis le retrait de la mer Champlain (paléosalinité) et/ou
de l‟infiltration des précipitations dans le sol.

1000

eau de mer
concentration de Cl-, meq/L

FP-06-02R
100
FP-06-03R
FP-07-05R
FP-06-01R
FP-07-04R
FP-07-06R
10
FP-08-09R
Eau de mer
FP-08-07R

1
0,00100 0,01000 0,10000 1,00000 10,00000
Br-, meq/L

Figure 4.81: Concentration des chlorures (Cl-) versus concentration des bromures (Br-)

Enfin, la concentration des sels dans le roc est répartie de la façon suivante: les sites se situant
dans le nord (1,2 et 3) ont une salinité élevée qui représente environ 50% de la salinité dans l‟eau
de mer. En se dirigeant vers l‟Ouest et le Sud, c'est-à-dire en se rapprochant respectivement des
216

rivières des Prairies et des Mille-Îles, on constate que la salinité diminue. Au bord de le la rivière
des Mille-Îles, la salinité atteint 4.41 g/L (site 6).

Un autre fait marquant est la salinité dans les sites 7 et 8. Ces valeurs sont très basses. On ne
trouve pas encore d‟explications à cela. Il faut juste souligner que ce sont les seuls piézomètres
installés en zone urbaine. Pour le site 5, les basses teneurs en sels sont expliquées par la présence
d‟un lac à une dizaine de mètres du piézomètre dans le roc. Il n‟y a par contre aucun constat
qu‟on peut faire d‟un point de vue salinité sur le site 4 où l‟écoulement est naturel, permanent et
se fait du bas vers le haut, les taux de sels respectent la logique évoquée: ils se trouvent à mi-
chemin entre ceux des sites 1, 2 et 3 et ceux de la rivière des Mille-Îles, le taux de sels est donc
moins important que dans le site 1 et plus élevé qu‟au bord de la rivière.

Enfin, la salinité maximale de l‟eau interstitielle augmente avec l‟épaisseur de l‟argile. Au nord
(sites 1, 2 et 3), là où les salinités sont les plus élevées, l‟argile a une épaisseur qui atteint 22,5 m.
Plus en se dirige vers le Sud et l‟Ouest, moins l‟épaisseur est importante. Elle atteint 10 m au
bord de la rivière des Mille-Îles et dans le site 8 (figure 4.82).
217

Figure 4.82: Concentration (mg/L) en sels dans le roc dans les 9 sites
218

4.12 Analyses isotopiques et profils obtenus


Certaines approches de datation des eaux souterraines sont dites indirectes. Ces techniques, dont
18
la méthode de datation par O et 2H présentée dans cette section, ne permettent pas d‟obtenir
directement l‟âge des eaux souterraines. Ces méthodes nécessitent la connaissance d‟autres
paramètres et notamment quelques données climatiques, la minéralogie des sols, l‟analyse
d‟échantillons d‟eau de pluie et d‟eaux de surface ainsi que l‟âge des eaux estimées par des
méthodes semi-quantitatives.

La méthode de datation faisant usage du deutérium et de l‟oxygène-18 est adaptée aux eaux dites
``vieilles``. Ces eaux sont identifiables par quelques indices. Kazemi et al. (2006) expliquent que
les eaux présentes dans des unités confinées sont plus vieilles que les eaux circulant dans les
autres unités. De même, les eaux dont la salinité est élevée sont plus vieilles que les eaux de
moindre salinité. Aussi, on risque plus de trouver des vieilles eaux dans des couches peu
perméables. Enfin, la chimie peut être un indicateur pour estimer l‟âge relatif des eaux: les jeunes
eaux sont oxydantes alors que les vieilles eaux sont réductrices.

Durant le Quaternaire, la région étudiée a connu plusieurs cycles de glaciation et déglaciation (à


l‟échelle de la Terre). Chaque cycle a duré environ 100000 ans. Les précipitations dans chacun de
ces cycles sont uniques de même que leur contenu en 18O et 2H. Ces isotopes étant conservateurs,
ils permettent de retracer l‟origine et l‟âge des eaux souterraines.
18
Dans le cadre de cette étude, les analyses isotopiques O et 2H sont réalisées sur des volumes
d‟eau de 5 mL par le laboratoire ``[Link] Isotope Laboratory`` de l‟université d‟Ottawa. Les
résultats des différentes analyses sont présentés dans le tableau 4.8 ci-dessous. En plus des
analyses de l‟eau interstitielle de l‟argile et de l‟eau dans le roc, on a compilé les données des
différentes eaux de précipitation et des eaux de surface dans la région pouvant ou ayant pu
interférer avec les eaux souterraines.

Sur un plan régional, on constate que les valeurs de δ18O, δ2H ainsi que l‟excès en deutérium (d=
δ2H -δ18O) varient en fonction de la zone géographique (figures 4.83, 4.84et 4.85). Par contre, à
une échelle locale, ces valeurs restent constantes. Aussi, dépendamment de la période de l‟année,
on constate que ces valeurs fluctuent autour d‟une valeur moyenne. Dans la région de Sainte-
219

Agathe par exemple, la valeur moyenne de δ18O varie autour de -12.6 ‰, δ2H autour de -88.1‰
alors que celle de l‟excès en deutérium est autour de +12.7 ‰ (figure 4.86).

Pour les eaux de surface, l‟analyse isotopique du fleuve du Saint-Laurent au niveau de la station
de Terrebonne donne la relation suivante: δ2H=5.8 ±0.2 δ18O -13±2 (R2=0.87) alors que pour les
eaux souterraines des Basses Laurentides, Cloutier (2004) proposa la relation δ2H=6.7 δ18O -0.02
(R2=0.94)

Figure 4.83: Variation de δ18O par rapport à la zone géographique

Figure 4.84: Variation de δ2H par rapport à la zone géographique


220

Figure 4.85: Variation de l‟excès en deutérium par rapport à la zone géographique

(Source: Site web du Réseau Canadien des isotopes.


[Link]/~twdedwar/cnip/[Link])

Figure 4.86: Variation de δ18O, δ2H et de l‟excès en deutérium entre 1976 et 1983 à Sainte-
Agathe (Québec)

(Source: Site web du Réseau Canadien des isotopes.


[Link]/~twdedwar/cnip/[Link])
221

Tableau 4.8: Valeurs de δ2H et δ18O dans l‟eau interstitielle des différents forages

Delta Delta
Delta 2H 18O Delta 2H 18O
Forage Prof.(m) el. (m) (VSMOW) (VSMOW) Forage Prof.(m) el. (m) (VSMOW) (VSMOW)
FP-07-06R 2,47 8,49 FP-06-02R 2,29 19,63 -- --
el. 10,95 m 4,78 6,18 -74,14 -10,42 el. 21,92 m 3,81 18,11 -77,37 -10,43
5,82 5,14 -63,51 -8,90 6,86 15,06
6,41 4,55 -71,74 -10,10 9,91 12,01 -73,70 -10,17
7,83 3,12 -77,83 -10,04 11,43 10,49
8,41 2,55 -69,37 -9,58 14,48 7,44 -75,05 -10,10
11,12 -0,17 -68,80 -9,63 16,01 5,92 -74,27 -10,03
13,06 -2,11 -- -- 19,39 2,53 -74,26 -9,83
Puits 24,43 -13,48 -77,30 -10,50 21,68 0,24 -71,67 -9,87
FP-08-08R 2,58 10,13 -73,56 -10,38 22,40 -0,48 -71,14 -9,21
el. 12,71 m 4,07 8,64 -70,08 -10,06 23,96 -2,04 -72,97 -9,70
5,06 7,65 -70,90 -10,04 Puits 29 -7,08 -85,55 -11,98
5,625 7,085 -67,44 -9,63 FP-06-03R 2,26 18,39 -- --
6,79 5,92 -67,67 -9,48 el. 20,65m 3,78 16,87 -74,20 -10,24
7,06 5,65 -65,87 -8,64 6,83 13,82 -71,60 -9,99
Puits 16,27 -3,56 -76,70 -10,76 8,36 12,29 -74,40 -9,97
FP-08-09R 2,56 12,97 -70,76 -10,13 11,38 9,27 -70,00 -9,68
el.15,53m 5,14 10,39 -65,70 -9,66 12,90 7,75 -68,70 -9,65
7,36 8,17 -68,29 -9,61 14,43 6,22 -69,80 -9,74
8,92 6,61 -70,03 -9,64 17,48 3,17 -70,30 -9,60
10,23 5,3 -71,48 -9,66 18,63 2,02 -69,60 -9,39
14,285 1,245 -71,26 -9,59 19,39 1,26 -70,50 -9,54
15,43 0,1 -68,68 -9,78 21,68 -1,03 -69,20 -9,49
16,49 -0,96 -71,31 -9,66 Puits 30,5 -9,85 -72,35 -10,23
Puits 28,85 -13,32 -70,70 -10,02 FP-07-05R 4,75 8,68 -64,50 -8,04
FP-08-07R 3,22 7,70 -69,28 -9,59 el. 13,42 m 5,35 8,07 -70,70 -9,60
el.10,91m 4,81 6,10 -72,59 -10,06 7,25 6,17 -66,10 -8,35
5,77 5,15 -73,79 -10,02 9,32 4,11 -76,80 -10,07
6,36 4,55 -70,27 -10,08 10,10 3,32 -71,20 -9,64
7,26 3,65 -71,29 -10,03 13,05 0,37 -69,00 -9,18
8,61 2,31 -- -- 13,94 -0,52 -73,70 -10,02
Puits 16,65 -5,74 -74,90 -10,54 14,57 -1,15 -- --
FP-07-04R 2,93 8,84 -77,20 -10,09 Puits 19,86 -6,44 -76,40 -10,50
el. 11,77 m 3,35 8,42 -71,00 -9,82 FP-06-01R 5,38 14,56 -78,80 -10,89
4,81 6,97 -75,83 -9,94 el. 19,93 m 7,41 12,52 -- --
5,65 6,13 -71,72 -9,50 10,95 8,99 -- --
9,63 2,14 -70,59 -9,21 13,07 6,87 -72,60 -9,87
9,94 1,84 -68,76 -9,25 15,00 4,94 -- --
10,65 1,12 -64,77 -9,11 16,30 3,63 -71,30 -9,62
12,31 -0,54 -69,34 -9,33 20,03 -0,10 -68,50 -8,86
Puits 20,16 -8,39 -68,9 -9,96 Puits 33,00 -13,07 -70,20 -9,67
222

Sur le diagramme de δ2H en fonction de δ18O (figure 4.89), on constate que tous les points sont
situés en dessous de la droite météorique de Graig (1961). Aussi, on constate que ces points
restent dans tous les cas très en dessous de la droite météorique locale (Ste-Agathe et Ottawa) et
leurs teneurs isotopiques sont très inférieures aux teneurs isotopiques moyennes pondérées des
précipitations. Cette différence de teneurs isotopiques peut notamment être expliquée par une
différence entre la température de formation des eaux de pluie actuelles et celles des
précipitations qui ont rechargé la nappe profonde. Aussi, et comme on le constate dans la figure
4.89 ci-dessous, l‟écart de la composition isotopique des eaux souterraines avec la GMWL de
Graig peut être causé par plusieurs phénomènes. Dans le cas des argiles Champlain, la
déshydratation des argiles peut être une sérieuse cause à cela, de même qu‟il est probable que ce
soit le résultat de l‟effet paléoclimatique, c‟est-à-dire que la recharge se serait effectuée, en
grande partie, sous un climat plus froid que celui qui règne actuellement sur la région. Par contre,
on constate que tous les points sont répartis autour de la ligne moyenne des précipitations en
Amérique du Nord (Réseau Canadien des isotopes).

En ce qui concerne la relation δ2H=f(δ18O), mis à part pour les forages FP-06-04R et FP-06-06R
où on trouve des pentes de 8.17 et 9.48, dans tous les forages, la pente est d‟environ 5.2 ce qui est
en dessous de la pente des précipitations (7.6). Cela s‟explique par le fait que le forage FP-06-
06R est au bord de la rivière et qu‟il y a peut être un mélange avec les eaux de surface. Cela se
confirme encore dans la figure 4.89 car les points du forage FP-06-06R se trouvent aux alentours
de la ligne définissant la relation entre les isotopes dans la rivière du St-Laurent. Dans le forage
FP-06-04R, un écoulement permanent du bas vers le haut ainsi que la proximité de quelques
mètres d‟un cours d‟eau peuvent expliquer ce décalage dans la valeur de la pente.

Aussi, on remarque dans l‟évolution des valeurs de δ18O par rapport à la profondeur que dans la
couche d‟argile, ces valeurs oscillent généralement autour de -10‰ mais une fois arrivés au roc,
on remarque que ces dernières sont plus négatives ce qui indique que les deux eaux ne sont pas
identiques. On pourra expliquer cela par les mélanges et apports d‟eau qui peuvent se produire au
niveau de l‟aquifère (recharge et décharge) alors que dans les argiles, la faible conductivité
hydraulique ne permet pas un renouvellement rapide des eaux. Aussi, on pourra clarifier ce point
plus tard avec la modélisation numérique quand les conditions d‟écoulement seront déterminées.
On constate aussi que les changements de salinité de l‟eau n‟influencent pas la teneur en δ18O
223

(figure 4.89). En effet, même si la concentration en Cl- augmente de 500 mg/L à 10000 mg/L, on
constate que les valeurs de δ18O restent autour de -10‰.

Enfin, il apparait que l‟origine de l‟eau provient de 3 différentes sources. D‟après la figure 4.91,
quand on trace la salinité (TDS) versus δ18O, on constate que les points de l‟eau interstitielle se
situent en dessous de la ligne de mélange des eaux de mer et de fonte de neiges. Donc, on conclut
qu‟il existe une troisième source d‟eau, en plus des eaux et des eaux de fonte de glaciers, qui dans
notre cas ne peut être que les eaux de précipitation. Cela a aussi été confirmé par Woodley (1996)
pour des argiles Champlain.

Cette méthode a permis d‟émettre un certain nombre d‟hypothèses sur l‟origine de l‟eau
14
souterraine. La datation avec le carbone C ainsi que la modélisation numérique et les analyses
chimiques permettront de déterminer l‟origine et l‟âge des eaux.
224

δ18O (‰), VSMOW


-13 -12 -11 -10 -9 -8 -7 -6 -5
0

FP-07-06R
10 FP-08-08R
FP-08-09R
FP-08-07R
Profondeur, m

15 FP-07-04R
FP-06-02R
FP-06-03R
20
FP-07-05R
FP-06-01R

25

30

35

Figure 4.87: Variation de δ18O avec la profondeur

Figure 4.88: Différents processus pouvant influencer la relation entre le deutérium et l‟oxygène-
18 (source: Kresic 2007)
225

-55
Precipitations en Amerique du Nord
Precipitations: Sainte Agathe (QC)

-60
Riviere du St-Laurent: Station Terrebonne

Précipitation, Ste-Agathe
-65
Précipitations Ottawa
GMWL, Graig (1961)
Amérique du Nord-Moyenne
δ2H (‰), VSMOW

-70 Riviere du St Larent, St. Terrebonne


FP-07-06R
FP-08-08R
FP-08-09R
-75
FP-08-07R
FP-07-04R
FP-06-02R
-80 FP-06-03R
FP-07-05R
FP-06-01R
GMWL Basses Laurentides Groundwater Line
-85

-90
-12 -11 -10 -9 -8 -7 -6 -5
δ18O (‰), VSMOW

Figure 4.89: δ2H versus δ18O pour les eaux souterraines, les eaux de précipitation et l‟eau de la rivière du St-Laurent
226

10000

9000

8000
concentration des chlorures Cl-, mg/L

7000

FP-06-02R
6000 FP-06-03R
FP-07-05R
5000 FP-06-01R
FP-07-04R
4000 FP-07-06R
FP-08-08R
3000 FP-08-09R
FP-08-07R
2000

1000

0
-12 -11 -10 -9 -8 -7 -6
δ18O(‰), VSMOW

Figure 4.90: Concentration des chlorures Cl- versus δ18O

40
Eau de
35
mer
30

25

20 TDS , g/L

15

10

0
-16 -14 -12 -10 -8 -6 -4 -2 0
eau de fonte
δ18O, (‰), VSMOW

Figure 4.91: Positionnement des échantillons d‟eau par rapport à la ligne de partage de Hillaire-
Marcel (1988)
227

4.13 Datation de l’eau souterraine au 14C


La méthode dite “indirecte” de datation des eaux souterraines avec les isotopes 18O et 2H utilisée
précédemment ne permet pas d‟estimer l‟âge de l‟eau. Il fallait donc avoir recourts à une méthode
“directe” pour arriver à nos fins. La méthode la plus citée et recommandée dans la littérature
14
consultée est la méthode de datation avec le C. Cette méthode est un outil très souvent utilisé
dans la datation des eaux fossiles et les eaux dites anciennes (Clark et Fritz, 1997).

Le principal problème rencontré avec cette méthode est de déterminer l‟activité initiale A0 pour
corriger l‟âge des eaux. On a vu dans la revue de littérature les différentes méthodes proposées
dont la majorité sont présentées dans le livre de Clark et Fritz (1997). Ces méthodes ont plusieurs
points faibles et nécessitent plusieurs analyses chimiques et l‟utilisation de modèles
géochimiques approximatifs. Rappelons que l‟âge de l‟eau souterraine est obtenu de la manière
suivante:

𝐴
ln⁡
(𝐴 )
0 (1.111)
𝑡=−
𝜆

Où A est l‟activité mesurée de l‟échantillon (PMC), A0 l‟activité initiale du 14C (PMC), t est l‟âge
de l‟eau en années et  est la constante de désintégration du 14C (ou constante de Libby, 1,21.10-4
a-1).

Desaulniers et Cherry (1989) ont proposé une méthode afin de déterminer la valeur de l‟activité
initiale A0. Cette approche a été appliquée dans le cas d‟argiles Champlain dans la région de
14
Varennes. Le but étant d‟estimer l‟activité initiale du C du carbone inorganique dissous (CID)
original dans l‟argile. Les auteurs supposent qu‟au départ, l‟eau présente dans l‟argile est un
mélange de 33% d‟eau de mer et de 67% d‟eau douce. Le carbone inorganique dissous (CID)
14
initial dans la mer Champlain était de 2,4 mmol et l‟activité du C dans l‟eau de mer du
Pléistocène est évaluée à 93 PMC d‟après Broecker et Peng (1982). Dans la région de Montréal,
la concentration du CID dans l‟eau de surface (rivières) est d‟environ 1,5 mmol. L‟activité du 14C
de ces rivières qui ont alimenté la mer Champlain a avoisiné 100 PMC alors que la concentration
du CO2 biogénique produit durant la sulfatoréduction est d‟environ 27 mmol avec une activité
d‟environ 100 PMC au moment ou les dépôts d‟argile se sont formés. Selon Stumm et Morgan
(1979), les deux tiers du CID produit par sulfatoréduction proviennent de la matière organique et
228

l‟autre tiers de la dissolution de carbonates dans les minéreaux dont l‟activité approchait 0 PMC.
A partir de toutes ces données, on estime l‟activité initiale dans l‟eau interstitielle de la manière
suivante:

𝐴𝑒𝑖 = 0,33 𝐴𝑒𝑚 𝐶𝑒𝑚 + 0,67 𝐴𝑒𝑑 𝐶𝑒𝑑 + 0,67 𝐴𝑏 𝐶𝑏 + 0,33 𝐴𝑐 𝐶𝑐 /𝐶𝑒𝑖 (1.112)

En injectant toutes ces valeurs dans l‟équation ci-dessus (1.112), on obtient une activité initiale
A0 de 70 PMC. Avec cette valeur, on peut maintenant corriger les âges de l‟eau. Les tableaux 4.9,
4.10 et 4.11ci-dessous présentent les résultats obtenus.

Notons que les analyses de carbone 14 ont été réalisées sur des volumes de 60 mL à 70 mL d'eau
interstitielle. Les échantillons ont été analysés par la méthode AMS (Accelerometer Mass
Spectrometry) dans les trois laboratoires suivants: Le laboratoire IsoTrace de l'Université de
Toronto, le Center of applied isotope studies (CAIS) de l'Université de Georgie et le laboratoite
Beta Analytics (Floride).

Le principe de l'analyse AMS est le suivant: dès réception de l'échantillon d'eau par le
laboratoire, le carbone inorganique dissout est précipité en tant que carbonate de strontium SrCO3
en utilisant 1.2 g de chlorures de strontium SrCl2 par litre d'eau. Ce dernier est rincé et asséché.
Le précipité est alors acidifié en utilisant 0.5N H3PO4 alors que du gaz CO2 est collecté. Le gaz
collecté est mélangé avec de l'hydrogène dans un catalyseur de cobalt et est chauffé à 600 0C
réduisant le carbone en graphite. Enfin, ce graphite est placé dans le spectromètre AMS pour
déduire son âge.
229

Tableau 4.9: Résultats des analyses de carbone 14 (Sites 01, 02 et 03).

Age corrigé
14C
Prof., Elevation δ13C, age, A0=70 A0=95
Forage m (m) ‰ BP ± pmc ± pMC pMC
FP-06-01R 5,43 14,51 -14,9 9070 30 32,34 0,28 6382 8906
7,41 12,52 -14,2 5230 20 52,15 0,16 2433 4957
10,95 8,99 -14 5160 30 52,57 0,17 2367 4890
13,07 6,87 -12,1 5310 20 51,6 0,16 2520 5044
15,00 4,94 -15,7 3390 20 65,57 0,19 540 3064
16,30 3,63 -11,8 2970 20 69,06 0,21 112 2636
20,04 -0,11 -14,9 1360 30 84,42 0,28 -1548 976
32,00 -12,07 29,75 26260 100 3,78 0,05 24122 26646
32,00 -12,07 29,3 29590 70 2,51 0,02 27506 30030
-
FP-06-02R 3,81 18,11 14,78 5020 30 53,51 0,24 2220 4744
-
9,91 12,01 13,12 8510 40 34,67 0,17 5807 8331
16,01 5,92 -9,37 10150 40 28,25 0,14 7499 10023
19,39 2,53 -6,75 7790 40 37,9 0,18 5071 7594
21,68 0,24 -7,88 10380 50 27,45 0,16 7737 10260
22,40 -0,48 -8,28 8730 40 33,71 0,16 6039 8563
23,96 -2,04 -7,47 9180 40 31,87 0,17 6503 9027
34,13 -12,21 38,45 36350 160 1,07 0,02 34552 37076
34,13 -12,21 36,2 41200 140 0,59 0,01 39472 41996
-
FP-06-03R 3,78 16,87 15,08 7550 50 39,09 0,23 4815 7339
8,36 12,29 -8,5 7870 50 37,54 0,22 5149 7673
11,38 9,27 -5,28 10200 50 28,09 0,17 7546 10070
14,43 6,22 -0,79 10710 50 26,35 0,16 8075 10598
18,63 2,02 -2,52 8370 40 35,24 0,2 5672 8196
21,68 -1,03 -1,24 7800 40 37,84 0,2 5084 7608
25,00 -4,35 26,33 24060 90 4,98 0,06 21844 24367
25,00 -4,35 24,6 24090 50 4,98 0,03 21844 24367
230

Tableau 4.10: Résultats des analyses de carbone 14 (Sites 04, 05 et 06)

Age corrigé
Prof., Elevation A0=70
Forage m (m) δ13C, ‰ 14C age, BP ± pmc ± pMC A0=95 pMC
FP-07-04R 2,93 8,84 -6,7 8480 40 34,81 0,18 5773 8297
3,36 8,42 -9,9 7280 40 40,39 0,2 4545 7069
4,76 7,02 -5,1 6060 40 47,02 0,23 3289 5812
5,88 5,89 -6,2 6640 40 43,77 0,2 3881 6404
9,63 2,14 1,1 7150 30 41,06 0,18 4409 6933
9,94 1,84 1,4 9210 30 31,77 0,14 6529 9053
10,65 1,12 -2,6 5970 30 47,54 0,2 3198 5722
12,31 -0,54 3,4 10700 40 26,38 0,12 8065 10589
13,06 -1,29 2,7 9920 30 29,07 0,13 7263 9787
20,16 -8,39 -18,1 20070 50 8,22 0,06 17702 20226
20,16 -8,39 4,2 14880 70 15490
FP-07-05R 4,75 8,68 -13,7 1400 30 83,98 0,28 -1505 1019
5,35 8,07 -7,3 5030 30 53,45 0,19 2229 4753
7,25 6,17 -22,1 1240 30 85,69 0,27 -1671 852
9,32 4,11 -26,7 640 30 92,35 0,29 -2290 234
10,10 3,32 -15,3 1490 30 83,1 0,27 -1418 1106
13,05 0,37 -9,9 3660 30 63,36 0,24 824 3347
13,94 -0,52 -3,2 7300 30 40,28 0,14 4567 7091
19,86 -6,44 3,4 14490 30 16,46 0,07 11963 14487
FP-07-06R 2,47 8,49 -10,3 5610 30 49,75 0,19 2822 5346
4,78 6,18 -15 2270 30 75,4 0,25 -614 1910
5,82 5,14 -14,5 5170 30 52,52 0,21 2374 4898
6,41 4,55 -11,6 170 30 47,11 0,18 3273 5797
7,44 3,52 -16,8 3620
7,83 3,12 -7,8 10180 30 28,17 0,12 7523 10046
7,83 3,12 -12,6 3810 30 62,26 0,22 968 3492
8,41 2,55 -11,8 5440 30 50,79 0,19 2651 5175
8,72 2,23 -13,6 4730
11,12 -0,17 -7,9 6650 30 43,69 0,18 3896 6419
12,38 -1,43 -12,2 6830 30 42,74 0,19 4077 6601
14,63 -3,68 4,3 10650 30 26,55 0,16 8012 10536
24,43 -13,48 36,5 25540 60 4,15 0,03 23350 25874
24,43 -13,48 12,7 12250 60 13170
231

Tableau 4.11: Résultats des analyses de carbone 14 (Sites 07, 08 et 09)

Age corrigé
14C
Prof., Elevation δ13C, age, A0=70 A0=95
Forage m (m) ‰ BP ± pmc ± pMC pMC
FP-08-
07R 3,21 7,70 -12,8 5460 50 51,66 2511 5034
4,81 6,10 -9,9 6460 50 45,78 3510 6034
5,76 5,15 -13,3 5320 50 52,54 2371 4894
6,36 4,55 -12,6 6600 50 45,01 3650 6174
7,26 3,65 -9,1 6590 50 45,06 3640 6164
8,6 2,31 -7,2 5570 50 50,98 2621 5144
16,65 -5,74 11,7 13240 60 20,16 10288 12812
FP-08-
08R 2,58 10,13 4460 4460 40 58,30 1511 4035
4,07 8,64 4570 4570 40 57,53 1621 4145
5,06 7,65 3930 3930 40 62,16 981 3505
5,62 7,09 2510 2510 40 73,81 -438 2085
6,44 6,27 4300 4300 40 59,44 1351 3875
7,06 5,65 4600 4600 40 57,33 1651 4175
16,27 -3,56 5,4 12740 60 21,42 9788 12312
FP-08-
09R 2,56 12,77 -15,5 1480 50 83,61 -1468 1056
5,56 9,77 -10,8 859 50 90,13 -2089 435
7,36 7,97 -8,2 9910 50 30,16 6959 9483
8,92 6,41 -6,5 9890 50 30,23 6939 9463
14,64 0,69 -5,2 10720 60 27,34 7769 10293
17,28 -1,95 -4,1 8220 50 37,00 5270 7794
28,85 -13,52 4,2 14780 16,73 11828 14352

En analysant les résultats obtenus, on constate que la méthode de correction suggérée par
Desaulniers et Cherry (1989) n'est pas valable dans notre cas. En effet, en utilisant A0=70 pMC,
on obtient des âges corrigés très bas, voir négatifs dans certains cas, ce qui confirme que cette
valeur de A0 n'est pas appropriée pour ces argiles Champlain. Le choix de A0=95 pMC donne des
résultats plus cohérents.

En travaillant sur les âges apparents non corrigés (figure 4.92), on se rend compte que les eaux
dans le roc sont très anciennes: l'âge de ces dernières varie entre 13000 ans et 36000 ans. On
232

constate aussi que les eaux dans le roc sur les sites 01, 02 et 03 (entre 24000 ans et 36000 ans)
sont plus anciennes que sur les autres sites (entre 12000 ans et 20000 ans). Cela peut être dû à la
proximité de la rivière. Plus on s'approche de cette dernière, moins la couche d'argile est épaisse
et plus l'eau dans le roc sera diluée par l'infiltration des eaux météoriques provenant de la surface.
Cela sera vérifié par la suite avec la modélisation numérique.

Dans l'argile, il n' y a pas une tendance claire qui se dégage. Dans les forages 01 et 05, on
constate que les âges diminuent avec la profondeur. Pour les autres forages, on constate que l'âge
des eaux fluctue autour de valeurs moyennes en fonction de la profondeur. L'eau interstitielle
dans la couche a plus ou moins le même âge avec une tendance à voir l'âge de l'eau décroitre en
se dirigeant vers le Sud et la rivière des Mille-Îles.

20,00

15,00

10,00 FP-06-01R
FP-06-02R
Elévation, m

5,00 FP-06-03R
FP-08-07R
0,00 FP-08-08R
FP-08-09R
-5,00
FP-07-04R
Roc FP-07-05R
-10,00
FP-07-06R

-15,00
-10000 0 10000 20000 30000 40000
Age apparent non corrigé de l'eau, ans BP

Figure 4.92: Âge apparent non corrigé de l'eau souterraine en fonction de l'élévation

Une autre information utile pour analyser les âges de l'eau souterraine est la teneur en carbone
inorganique dissous en fonction de la profondeur. Sachant que la datation au carbone 14 se fait à
partir du carbone inorganique, on a jugé utile d'effectuer quelques analyses pour suivre
l'évolution de la teneur en CID par rapport à la profondeur. On constate d'après le tableau 4.12
233

que le CID augmente avec la profondeur dans les forages 02R et 05R, décroit dans les forages
01R et 06R et croit puis décroit dans le forage 04R. Notons que le peu d'analyses effectuées sur le
CID est essentiellement dû au manque d'eau interstitielle pour effectuer l'analyse.

Tableau 4.12: Carbone inorganique dissous en fonction de la profondeur

Forage Prof. (m) CID (mg/L)


FP-06-01R 7,41 150
16,30 120
FP-06-02R 6,86 23
11,43 80
14,48 190
29,00 260
FP-07-04R 2,93 140
3,36 170
5,88 200
12,31 130
20,16 205
FP-07-05R 5,35 99
13,94 190
FP-07-06R 4,78 200
8,41 170
L`explication partielle de ce phénomène a été donnée par Reginensi (2009). Il a été constaté, lors
d'essais de lessivage au laboratoire d'une argile Champlain semblable à celle étudiée, une
production importante de HCO-3. Plus on lessive les argiles, plus on constate une apparition de
bicarbonates.

L'âge des eaux souterraines serait donc faussée par la production biotique de bicarbonates. Les
bicarbonates pourraient provenir aussi de la sulfatoréduction selon l'équation:

2C+H2O+SO42- H2S+2HCO3- (1.113)

Afin de le vérifier, il faudrait que des essais supplémentaires soient réalisés par des biochimistes
sur ces eaux interstitielles et ces argiles. Il faudrait d'une part calculer le potentiel redox afin de
vérifier si le milieu est propice à la sulfatoréduction et/ou de vérifier s'il y a des méthanogènes. Si
cela est avéré, ce serait un bon signe d'activité bactérienne.
234

Cette problématique a été traitée d'une manière approfondie par Chapelle (1993). L'activité
microbienne dans une strate imperméable et notamment dans une couche d'argile, quoique moins
importante que dans une strate perméable, peut avoir d'importants impacts sur la chimie de l'eau
interstitielle de l'argile, sur l'eau dans le roc et dans le système d'écoulement intermédiaire.

La première étude fut réalisée par Mac Mahon et Chapelle (1991). Elle a montré la présence
d'importantes concentrations d'acides organiques dans les aquitards et aquifères sous-jacents. En
effet, la concentration en formates et acétates peut être 70 fois plus importante dans un aquitard
que dans un aquifère dans le sable. Aussi, il a été constaté une plus forte production de H2 dans
les aquitards. Les acétates, formates et H2 étant des éléments importants dans la chaine
14
alimentaire anaérobique. Les auteurs ont utilisé du glucose avec du C comme traceur (une
substance fermentable) pour vérifier et observer l'accumulation d'acides organiques dans les
aquitards et aquifères sous-jacents. Il a été constaté que la plupart du 14C s'accumule en tant que
formates et acétates au lieu de s'oxyder en CO2 ce qui fut le cas dans les aquifères de sable.

Dans les sédiments anaérobiques, l'oxydation complète de substrats fermentables requiert l'action
symbiotique de bactéries fermentatives et anaérobies. Ces bactéries oxydent partiellement le
substrat et produisent du H2 et de l'acide organique. Ces composés sont ensuite utilisés par les
bactéries aérobies. L'accumulation des acides organiques indique que la fermentation se produit
plus rapidement que la respiration dans les aquitards d'argile.

Enfin, Mac Mahon et Chapelle (1991) ont remarqué que les différences de concentration en
acides carboniques entre l'aquifère et l'aquitard créée un mouvement diffusif net d'acides
organiques en direction de l'aquifère ce qui fournit une source constante de substrat organique
pour les bactéries aérobies dans l'aquifère.

Une étude microbienne et géochimique devrait donc être réalisée afin de clarifier l'origine des
bicarbonates et de lever le mystère sur la nature des activités microbiennes qui pourraient avoir
lieu dans le système argile/eau souterraine. Pour cela, il faudrait une approche biochimique et
microbiologique: en effet, il faudrait utiliser d'autres méthodologies d'échantillonnage d'argile et
non utiliser, comme nous l'avons fait, des techniques d'échantillonnage géotechnique, et prendre
des précautions pendant toutes les étapes du traitement des argiles (manipulation,
conservation,...) et de l'eau (extraction, analyses,...) afin d'éviter toute contamination. Aussi, il
235

faudrait explorer l'effet que pourrait avoir la présence de méthane (CH4) dans le sous-sol de la
zone étudiée.

4.14 Charges hydrauliques et carte piézométrique


Une autre étape dans le projet consiste à réaliser une carte piézométrique de la région et
déterminer le sens d'écoulement des eaux souterraines dans la zone d'étude. Pour cela, on utilise
le réseau de piézomètres dans le till installés par BFI ainsi que les 27 piézomètres (9 dans le roc
et 18 dans l'argile) installés dans le cadre de ce projet.

Relever les charges hydrauliques dans la couche d‟argile s‟est avéré être un exercice difficile. La
technique utilisée est de placer un obturateur dans le piézomètre avec un capteur de pressions en
dessous (figure 4.93) et revenir après une période de 4 à 6 mois, à cause du long temps de
réaction (time lag). Les niveaux d‟eau sont censés être stabilisés après cette période surtout que
dans l‟argile, il faut tenir compte d‟un important ``Time Lag`` ou temps de réponse vu sa faible
conductivité hydraulique.

Le principal problème rencontré est que les obturateurs se dégonflaient après une période qui
varie entre deux semaines dans certains piézomètres et deux mois dans d'autres. On ne pouvait
donc pas savoir si les niveaux d‟eau étaient déjà stabilisés ou pas au moment de la défaillance. Ce
problème a été rencontré sur une majorité de sites et malgré les ajustements et réparations faites,
le problème revenait sans cesse.
236

Figure 4.93: Obturateur et capteur de pression utilisés pour obtenir les niveaux d‟eau dans les
piézomètres

La solution à ce problème est de boucher définitivement le piézomètre avec un bouchon de


bentonite en y laissant un capteur de pression et suivre ainsi la fluctuation des charges
hydrauliques dans ces piézomètres ``condamnés``. Cette méthode est appliquée par les
chercheurs de l‟université de Waterloo et de l‟université de Saskatoon et permet d‟obtenir les
résultats escomptés. Malheureusement, on n‟a pas pu faire cela dans notre cas car condamner les
piézomètres empêcherait de conduire les essais de perméabilité et d‟échantillonner l‟eau
souterraine. Toutefois, on présentera les résultats obtenus avec les obturateurs. L‟obturation des
piézomètres ne sera faite que vers la fin du projet.

Comme on le constate dans la figure 4.94 ci-dessous, le niveau d'eau dans le roc ne fluctue que de
quelques centimètres autour de la valeur 19,9 m durant les 4500 hr pendant lesquelles le niveau
d'eau a été suivi. Dans l'argile, on remarque que lors de l`installation des obturateurs à t=0 hr, le
niveau d'eau baisse dans le piézomètre: il passe de 19,70 m à 19,10 m dans le piézomètre FP-06-
03AH et se stabilise autour de cette dernière valeur après 2000 hr de l'installation de l'obturateur.
237

20,5

20,3

20,1

19,9
Elevation, m

19,7 FP-06-03R
FP-06-03AB
FP-06-03AH
19,5

19,3

19,1

18,9
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000
Temps, hr

Figure 4.94: Exemple des données obtenues avec le capteur de pression lors de l‟utilisation des
obturateurs

Une autre information importante est le niveau de la rivière des Mille-Îles. Cette dernière
constitue le point de décharge des eaux souterraines et la connaissance de sa charge hydraulique
et de ses fluctuations est primordiale pour la modélisation numérique. Les données concernant la
rivière sont disponibles sur le site web du Centre d‟Expertise Hydrique du Québec qui est sous la
tutelle du ministère du développement durable, de l‟environnement et des parcs. Les données
obtenues et présentés dans la figure 4.95 ci-dessous ont été relevées à la station Terrebonne sur la
rivière des Mille-Îles. On constate que sur la période de 1982 à 2007, le niveau d‟eau a fluctué
entre 13.7m et 14.1m alors que depuis le 1er Janvier 2009, le niveau d‟eau maximal (14,2 m) a
été observé pendant la période de fonte des neiges (Mars à Mai) alors que le minimum (13.8 m) a
été atteint en Août/Septembre. Ces données sont importantes car elles donnent une idée sur
l'ampleur des fluctuations saisonnières du niveau de la rivière. Par contre, le niveau de la rivière
des Mille-Îles doit être relevé dans la zone d'étude et non dans une station se situant au barrage
des Moulins.
238

Figure 4.95: Niveau de la rivière des Mille-Îles dans la station 043208 à Terrebonne

(source: [Link]

Des relevés de niveaux d'eau ont donc été effectué en Octobre 2009 dans la rivière des Mille-Îles
au niveau du piézomètre FP-07-06R (au Sud de la zone d'étude) et dans le ruisseau à proximité
du piézomètre FP-08-09R (à l'ouest). Les niveaux d'eau relevés dans les deux sites sont
respectivement 5,20m et 10,1m.

Les niveaux d‟eau dans le till proviennent du rapport de GSI Environnement (2003). Des relevés
d‟eau ont été réalisés sur 10 piézomètres installés dans le till. Le tableau 4.13 ci-dessous présente
les conductivités hydrauliques ainsi que les élévations de la nappe dans le till durant les périodes
Février et Juin 2001.
239

Tableau 4.13: Élévations de la nappe et conductivités hydrauliques dans le till

Fevrier 2001 Juin 2001


Forage k (cm/s) El. Haut protecteur (m) Niveau d'eau (m) El. Nappe (m) Niveau d'eau (m) El. Nappe (m)
F00-1 17,99 1,4 16,59
F00-2 1,30E-06 19,86 10,08 9,78 3,4 16,46
F00-3 20,04 2,65 17,39
F00-4 3,30E-05 21,36 9,36 12 4,75 16,61
F00-5 2,70E-05 20,81 2,59 18,22 2,28 18,53
F00-6 1,20E-05 19,4 1,61 17,79 1,62 17,78
F00-7 2,20E-05 18,78 1,52 17,26 1,56 17,22
F00-8 2,10E-05 20,21 3,61 16,6
F00-9 2,40E-05 19,99 1,7 18,29 1,92 18,07
F00-10 3,40E-05 22,8 3,92 18,88 3,9 18,9

On constate que les fluctuations saisonnières du niveau de la nappe sont assez importantes
(plusieurs mètres) dans certains forages (F00-2 et F00-4), par contre, dans tous les autres
piézomètres, la fluctuation est de l‟ordre de quelques centimètres.

Selon le même rapport, l‟écoulement est orienté vers le Sud et le Sud-Est durant toute l‟année
c'est-à-dire vers la rivière des Mille-Îles. Le gradient moyen vertical est de 0.08 dans le till et la
vitesse d‟écoulement de l‟eau est de 0.28 m/an environ.

Un suivi des fluctuations du niveau de la nappe dans le till provenant de l'historique de la


compagnie BFI est présenté dans le tableau 4.14 ci-dessous. Y apparaissent aussi, les niveaux
d'eau dans les piézomètres dans le roc ainsi que dans de la rivière des Mille-Îles.
240

Tableau 4.14: Suivi du niveau de la nappe dans le till et dans le roc


Puits
Coordonnées
d'observation h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m)
Forage Nord Est Dec 09 Oct. 09 Aout 09 Mai 09 Oct. 08 Aout 08 Mai 08 Nov 07 Aout 07 Mai 07 Nov. 06 Mai 06
F-92-3 5068155,930 302376,141 18,85 18,74 18,65 18,69 18,79 18,54 16,20 16,09 16,04 16,00 16,31 16,39
F-92-6 5065616,578 302093,817 14,93 15,00 14,90 14,87 14,82 15,66 15,50 15,40 15,49 15,63 15,87
F-93-1 5065703,637 301419,623 14,94 15,10 15,04 15,16 15,25 13,43 13,49 13,18 13,40 13,57 13,49
F-93-2 5065282,683 301430,312 14,04 14,12 13,97 14,19 14,14 14,93 15,00 14,69 14,82 14,86 14,95
F-96-1 5066593,424 301464,047 15,89 15,85 16,00 16,06 15,88 15,96 15,37 15,39 15,20 15,31 15,37 15,29
F-96-2 5066158,910 301438,782 15,14 15,27 15,30 15,51 15,65 14,70 14,63 14,67 14,70 14,63 14,90
F-96-3 5065279,635 301772,692 13,48 13,48 13,46 13,33 13,35 18,76 18,34 18,28 18,33 18,12 18,44
F-96-4 5065673,287 302360,729 14,94 14,84 14,95 14,81 14,97 14,91 14,84 14,85 14,88 14,85 14,86 14,90
F-96-5 5066366,942 302571,694 15,47 15,33 15,39 15,40 15,33 15,37 15,25 15,07 15,10 15,12 15,30 15,27
F-96-7 5065517,041 301841,798 14,67 14,75 14,72 14,42 14,70 14,22 14,21 14,14 14,18 14,14 14,21
F-00-2 5067896,403 301497,529 16,57 16,24 16,28 16,14 15,88 15,71 16,21 15,99 16,31 16,27 16,40 16,27
F-00-4 5067903,472 301910,406 16,53 16,58 16,49 16,06 14,83 16,57 16,72 16,62 15,95 16,59 16,42
F-00-5 5066928,897 301974,956 19,62 19,67 19,69 19,71 19,51 19,51 19,98 19,69 19,96 19,50 19,78
F-00-7 5067836,308 302050,651 17,52 17,48 17,30 17,34 17,45 17,42
F-00-9 5067837,721 302316,995 18,42 19,44 19,28 19,25 19,26 17,62
F-00-10 5067076,595 302603,282 21,48 21,50 21,57 21,21 19,99 21,10 20,88 20,70 20,64 20,38 20,32
F-00-11 5067369,979 302674,154 21,51 21,56 21,52 21,43 21,13 20,95 20,73 20,62 20,48 20,28 20,22
F-00-13 5068046,097 302663,712 20,59 20,42 20,44 20,35 20,20 20,23 20,20 19,96 19,86 19,79 19,84 21,15
F-04-1 5065302,130 301596,569 14,05 14,11 13,99 14,17 14,09 14,09 14,03 14,05 13,88 14,12 14,17
F-04-2 5067011,753 302322,882 21,84 21,85 21,88 21,88 22,03 21,76 21,45 21,24 20,96 20,84 20,41 20,11
F-04-3 5067313,445 301868,503 18,60 18,55 18,64 18,62 18,16 17,86 18,36 18,07 17,98 17,86 17,57 15,49
F-04-4 5066900,331 301865,473 19,98 19,98 19,98 19,98 19,98 19,98 19,84 19,80 19,98 19,50 19,33
F-04-5 5067753,378 302060,457 17,32 17,26 17,16 17,18 17,25 17,25
241

Tableau 4-14 (suite): Suivi du niveau de la nappe dans le till et dans le roc

Puits
Coordonnées
d'observation h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m) h (m)
F-04-6 5067632,138 301888,087 16,99 16,90 16,69 16,46 15,92 16,67 16,55 16,45 16,43 16,44 16,63
F-06-1 5067268,963 302833,989 21,01 20,99 20,97 20,90 20,92 20,57 20,37 20,40 20,15 20,06 19,83 20,06
F08-1 5067459,334 301730,542 13,96 14,23 13,37
F08-2 5067434,583 301659,548 16,77 16,71 16,82 17,30 17,92 16,96
F08-3 5067310,137 301623,653 17,38 17,53 17,57 17,25 16,98 17,82
F08-4 5067310,137 302266,332 18,78 18,92 18,81 18,64 18,66
F08-5 5067982,398 302035,648 16,81 16,77 16,78 16,55 16,02 16,03
FP-06-01R 5066774,773 301619,161 18,27 18,14
FP-06-02R 5067089,878 302640,099 21,49 21,41
FP-06-03R 5068061,716 301664,687 20,30 20,41
FP-07-04R 5064832,004 301299,390 11,88
FP-07-05R 5065413,517 302865,500 9,97 9,75
FP-07-06R 5062153,816 299683,675 8,49 8,48
FP-08-07R 5063408,030 303431,487 8,43 8,43
FP-08-08R 5063220,095 298761,821 9,28 9,41
FP-08-09R 5067324,310 299491,087 11,76 11,92
Mille-Iles 1 5062120,816 299683,675 5,20
Rivière 1 5067663,377 298853,852 10,10
Rivière 2 5067159,488 299270,297 10,20
Rivière 3 5067337,795 299454,216 10,20
242

On constate que sur la période allant de Mai 2006 à Décembre 2009, le niveau de la nappe fluctue
peu (quelques centimètres) dans certains piézomètres (F00-4, F00-5, F08-2,..) alors que dans
d'autres piézomètres et notamment dans le F92-3, F92-6 et F93-1, la fluctuations dépasse les 2 m.
On peut expliquer ce phénomène de la manière suivante: Le site de BFI est un site
d'enfouissement de déchets, donc, tout au long de l'année, il y a des travaux d'excavation de
cellules ou de remplissage de ces dernières. Ces opérations perturbent le réseau d'écoulement des
eaux souterraines. Ainsi, lors de l'excavation, l'écoulement local est dirigé vers la cellule alors
qu'au fur et à mesure que le remplissage des cellule est effectué, le poids des déchets exerce une
contrainte sur l'argile, ce qui entraine un tassement progressif de l'argile sous la cellule et une
expulsion de l'eau, d'où une augmentation des niveaux d'eau dans les piézomètres voisins aux
cellules. Donc en fonction de la localisation des piézomètres par rapport aux cellules
d'enfouissement, on observe des fluctuations: plus on est proche, plus les fluctuations seront
importantes.

Dans nos forages au roc, les différents relevés d‟eau effectués sur une période de 3 ans permettent
de retrouver des niveaux d‟eau assez rapprochés. Un écart maximal de 7% est constaté lors de la
compilation de toutes ces données. Dans le tableau 4.15 ci-dessous, on résume les propriétés de
chaque forage dans le roc ainsi que les charges obtenues.

On constate que les charges hydrauliques dans le roc avoisinent 20 m au Nord du site de BFI.
Plus on se dirige vers le Sud et donc vers la rivière des Mille-Îles, plus on constate une
diminution des valeurs de la charge. Aussi, il y a une tendance à la baisse lorsqu‟on se dirige vers
l‟Ouest et la rivière des Prairies. Au site 5, la charge hydraulique semble influencée par un petit
lac qui se situe à environ 10 m du piézomètre.
243

Tableau 4.15: Propriétés des forages dans le roc et charges hydrauliques

Forage El. au sol El. PVC El. Protec. Prof. crépine El. Crépine El. Nappe
(m) (m) (m) /sol (m) (m) (m)
FP-06-01R 19,93 20,84 20,98 32,00 -12,07 18,14
FP-06-02R 21,92 22,81 22,73 36,55 -14,63 21,41
FP-06-03R 20,65 21,45 21,52 28,57 -7,92 20,43
FP-07-04R 11,77 12,70 12,78 20,22 -8,45 11,88
FP-07-05R 13,42 14,32 14,45 19,91 -6,49 9,75
FP-07-06R 10,95 10,80 10,90 24,43 -13,48 8,48
FP-08-07R 10,91 10,77 19,66 -8,75 8,43
FP-08-08R 12,71 12,64 19,28 -6,57 9,41
FP-08-09R 15,56 15,58 25,85 -10,29 11,92

Figure 4.96: Charges hydrauliques dans le roc dans les 9 sites

Dans l‟argile, deux piézomètres sont installés dans chacun des 9 sites en haut et en bas de la
couche à l‟exception du site 8 où on n‟a installé qu‟un seul piézomètre au centre de la couche
244

d‟argile. Le second a été installé dans de la moraine. Le tableau 4.16 ci-dessous donne un aperçu
des résultats obtenus.

Tableau 4.16: Propriétés des piézomètres dans l‟argile, niveaux statiques et gradients

Forage El. au sol El. Haut PVC El. Protecteur Prof. crépine El. Centre Crépine El. Nappe Gradient
(m) (m) (m) /sol (m) (m) (m)
FP-06-01AH 20,23 21,09 21,22 9,72 11,50 18,13
FP-06-01AB 19,86 20,77 20,86 14,67 6,19 18,00 0,024
FP-06-02AH 21,90 22,98 23,11 8,88 14,23 20,80
FP-06-02AB 21,87 22,53 22,71 15,31 7,40 20,65 0,023
FP-06-03AH 20,82 21,83 21,90 7,96 13,94 19,63
FP-06-03AB 20,78 21,53 21,65 15,31 6,34 19,59 0,005
FP-07-04AH 11,77 12,72 12,75 4,69 8,06 11,39
FP-07-04AB 11,76 12,72 12,75 9,18 3,57 11,64 -0,056
FP-07-05AH 13,81 14,80 14,87 8,27 6,60 11,54
FP-07-05AB 13,59 14,49 14,57 11,32 3,25 10,83 0,212
FP-07-06AH 10,82 10,80 10,72 4,97 5,75 8,10
FP-07-06AB 11,11 11,07 11,00 9,56 1,44 7,73 0,086
FP-08-07AH 10,91 10,81 10,87 3,47 7,40 9,07
FP-08-07AB 10,91 10,65 10,69 6,74 3,95 8,95 0,035
FP-08-08AC 12,71 12,49 3,82 8,67 11,53
FP-08-09AH 15,46 15,42 15,46 5,58 9,88 13,32
FP-08-09AB 15,53 15,47 15,54 11,69 3,85 12,92 0,066

On a aussi estimé, à partir des niveaux statiques observés et des élévations des centres des
crépines, les gradients hydrauliques verticaux dans l‟argile sur chacun des sites. On remarque
aussi que l‟écoulement se fait du haut en bas dans tous les sites sauf dans le site 4. Dans le site,
cela est visible à l‟œil car il y a un écoulement ascendant permanent dans le tuyau du piézomètre
installé dans le roc. Notons que les niveaux statiques ne sont pas forcement des niveaux
piézométriques à cause du temps de retard dans les argiles.

Dans le site 02, un piézomètre est placé dans la couche de sable superficielle. Ayant la charge
hydraulique au niveau du sable et connaissant la charge au roc, on peut donc évaluer le gradient
hydraulique moyen dans la couche d‟argile. La charge hydraulique dans le sable étant 20,97 m,
on trouve un gradient hydraulique moyen isite2=0,023. Cette valeur est identique à celle trouvée
en utilisant les niveaux statiques des piézomètres du haut et du bas dans l‟argile. Cela n'a pu être
réalisé qu'au niveau du site 3 où la présence d'une couche superficielle de sable (1,5 m) a permis
d'installer un piézomètre en surface.
245

Maintenant que nous disposons de toutes ces informations, c'est à dire les niveaux d'eau dans les
piézomètres dans le roc et dans le till, les niveaux d'eau dans la rivière des Mille-Îles et dans le
cours d'eau à l'Ouest du site d'étude, on peut réaliser la carte piézométrique de la zone d'étude.

On utilise pour cela le logiciel GW Contour de Shlumberger Water Services. Il suffit de rentrer
les coordonnées des points et la charge hydraulique de chacun de ces derniers et le logiciel fait
une interpolation pour tracer les lignes d'équipotentiels.

Dans la figure 4.97 ci-dessous, on constate qu'il y a une ligne de partage des eaux au niveau du
site 4. Les eaux provenant du Nord et du Nord-Est du site jaillissent au niveau du site 04. C'est
d'ailleurs au site 4 que l'écoulement est ascendant et permanent. Dès qu'on dépasse l'autoroute
640 vers le Sud, les eaux souterraines s'écoulent en direction du Site vers la rivière des Mille-Îles.
Aussi, on remarque que les eaux qui proviennent du Nord-Ouest du site se dirigent vers le cours
d'eau à l'Ouest et non vers le Sud comme précédemment.

La carte piézométrique du site permet non seulement de connaitre la direction de l'écoulement


souterrain mais constitue aussi un important support pour prendre des décisions quant à la
modélisation de l'écoulement souterrain. La ligne de partage des eaux qui se situe environ au
niveau de l'autoroute 640 permet de diviser le problème en deux parties: une partie qui s'étend du
Nord du site à l'autoroute et une partie qui s'étend de l'autoroute à la rivière vers le Sud.

Il est à noter que le réseau des piézomètres utilisé pour faire la carte piézometrique est très dense
à l'intérieur du site de BFI. Mais dès qu'on en sort, on retrouve des piézomètres aux extremités de
la zone d'étude c'est à dire dans un rayon de 3 à 4 km. Le logiciel fait donc des interpolations
pour tracer les lignes d'écoulements. Il aurait été préferable d'avoir plus de piézomètres pour
avoir une carte plus précise.
246

Figure 4.97: Carte piézométrique de la zone d'étude et sens d‟écoulement


247

CHAPITRE 5 MODÉLISATION NUMÉRIQUE

5.1 Modélisation de l’écoulement de l’eau souterraine avec Seep/W

Le code numérique est une simulation mathématique de processus physiques réels. Seep/W est un
modèle numérique qui peut simuler mathématiquement le processus physique réel d'écoulement
d'eau à travers un milieu particulier.

À travers ce chapitre, on exposera toutes les étapes qui ont permis de construire le modèle sur
Seep/W et on exposera par la suite les résultats de cette modélisation.

Comme expliqué précédemment, plusieurs étapes indispensables sont nécessaires pour modéliser
un système d‟écoulement en régime permanent: La création d‟une géométrie de base, la
génération d‟un maillage en éléments finis, la définition du type de problème, la définition des
conditions aux limites, la définition des paramètres d‟écoulement, la définition des points
d‟observation, le lancement de la simulation, la visualisation des résultats et le calcul des flux et
bilan hydrologiques.

5.1.1 Création d’une géométrie de base


La première étape de la modélisation de l‟écoulement est la définition de la géométrie du
problème. En effet, Seep/W étant un logiciel de modélisation en 2-D, il fallait donc choisir des
lignes d‟écoulement afin de pouvoir modéliser le problème en deux dimensions. La réalisation de
la carte piézométrique (figure 4.97) a permis de faire cette sélection. Le choix s‟est porté sur une
ligne qui passe par les forages FP-06-02R, FP-06-01R, FP-07-04R et FP-07-06R et finit dans la
rivière des Mille-Îles. Le choix de cette ligne a été fait de manière à inclure le maximum de
forages et donc de données, tout en tenant compte du sens de l‟écoulement qui est dirigé vers le
sud et donc vers le forage FP-07-04R (zone de résurgence) en premier lieu et la rivière des
Mille-Îles qui constitue un point de décharge dans un second lieu. L‟étape suivante fut alors la
détermination de la géométrie du problème. A partir des logs de forage et des données
d‟arpentage, il a été possible de dresser un profil stratigraphique tout au long du chemin
d'écoulement. En effet, en connaissant l‟élévation du terrain et des strates à chaque forage, on a
248

fait une interpolation linéaire entre les différents forages afin d‟obtenir la géométrie du système à
modéliser. On présente dans la figure 5.1 le profil réel obtenu.

Figure 5.1: Géométrie réaliste tout au long de la ligne L1

Comme on constate dans la figure 5.1, il y a une importante dénivellation du terrain à cause de
l'érosion qu'a connu la région depuis le dépôt de la couche d'argile. On passe d'une élévation de
21 m au forage FP-06-02R à une élévation de 5.20m à la rivière des Mille-Îles. Aussi, on a pu
simplifier la géométrie et travailler avec le schéma exposé dans la figure 5.2. Des simulations ont
permis de constater que les charges hydrauliques dans les différents points d'observation sont
identiques entre les géométries réelle et simplifiée. (Figure 5.3)
249

Figure 5.2: Géométrie simplifiée du problème

25

20
charge hydraulique, m

Géométrie
simplifiée
15
Géométrie
réelle
10

0
0 2000 4000 6000 8000
X, m

Figure 5.3: Charge hydraulique dans le roc pour les modèles réel et simplifié
250

Dans Seep /W, il a d‟abord fallu ajuster la plage de travail en donnant son étendue et son échelle.
On a travaillé dans une page 260 mm x 200 mm avec une échelle horizontale 1 :35000 et
verticale 1 :350. Sur l‟axe des abscisses figure la distance linéaire entre les forages, cet axe
s‟étend jusqu‟à la rivière des Mille-Îles qui se situe à environ 6300 m du forage FP-06-02R
(X=1200m). L‟axe des y correspond aux élévations Z(m).

5.1.2 Propriétés des matériaux


Une fois la géométrie du problème définie, on doit déterminer les propriétés de la conductivité
hydraulique des sols (argile, till et roc). Dans ce problème, les sols sont tous saturés et les
conductivités hydrauliques ont été évaluées au laboratoire et in situ. Pour rappel, la conductivité
hydraulique de l‟argile est de 1.10-9 m/s, du till de 3.10-7 m/s alors que pour le roc, la conductivité
hydraulique est évaluée à 1.10-7 m/s. Aussi, dans Seep/w, il faut déterminer la porosité de chacun
des matériaux utilisés dans la modélisation. Ainsi, d'après les résultats des essais au laboratoire,
on a des porosités de 0.6, 0.22 et 0.01 pour l'argile, le till et le roc.

5.1.3 Génération d’un maillage en éléments finis

Maintenant, que les régions ont été définies et les matériaux y ont été assignés, il faut générer un
maillage. Dans la version de Seep/W 2007 que nous utilisons, le maillage est généré
automatiquement, il suffit de définir la région, la dimension souhaitée de la grille et la géométrie
de la maille souhaitée. Pour cette modélisation, on a choisi un maillage de 10m de largeur et de
1m de hauteur à l'exception des interfaces argile/till et till/roc où on a affiné le maillage en
prenant une hauteur de 0.5m. Le maillage fin est nécessaire dans les zones où on envisage de
forts changements de pression dû à un important contraste de perméabilité entre les strates.

5.1.4 Définition du type de problème

La modélisation de l'écoulement est faite en 2-D en régime permanent. En ce qui concerne les
critères de convergence, on a utilisé la méthode du point de Gauss (Gauss point conductivity)
avec un nombre maximal d'itérations de 500 et une tolérance de 1e-6. Les équations d'écoulement
sont résolues par la méthode dite directe parallèle (Parallel Direct Equation Solver).
251

5.1.5 Définition des conditions aux frontières

Pour ce problème, on a deux conditions aux frontières:

 On prend h=z (charge piézométrique (pressure head) nulle) à la surface du sol


(correspond à l‟humidité maintenue par la couche de sable en surface)

 La charge hydraulique dans le till et le roc au point de décharge (rivière des Mille-Îles) est
égale à 5.20m et correspond à l'élévation du niveau de la rivière.

5.1.6 Définition des points d’observation

Les points d'observation utilisés dans ce problème vont servir à faire le calage du modèle. En
effet, ces points sont les 12 forages (4 dans le roc et 8 dans l'argile) ainsi que la rivière des Mille-
Îles qui constitue un point de décharge.

5.1.7 La visualisation des résultats


Les résultats de la modélisation numérique de l'écoulement sont présentées dans les figures 5.4 et
5.5 ci-dessous. Notons que les résultats ne seront présentés que pour le modèle à géométrie
simplifiée.
252

Figure 5.4: Lignes d'écoulement et équipotentielles dans le modèle à géométrie réaliste


253

Figure 5.5: Équipotentielles et lignes d'écoulement (modèle simplifié)


254

D'après les résultats obtenus avec le logiciel Seep/W, l‟écoulement est vertical dans la couche
d‟argile et horizontal dans le till et le roc. On constate aussi la présence de trois régions avec des
propriétés d'écoulement différentes:

 La zone I: Cette zone se situe en amont du forage FP-06-02R (x=1200 m) et s'étend sur
200 m environ. Toute goutte d'eau qui s'infiltre dans le sol à ce niveau s'infiltrera à travers
l'argile, le till et le roc pour rejoindre le rivière des Mille-Îles.

 La zone II: Elle délimitée par les points x=1300 m et x=4900m et inclut les forages FP-
06-01R et FP-07-04R. Chaque goutte d‟eau infiltrée via la surface finit par remonter au
niveau du forage FP-07-04R qu‟on peut définir comme étant une zone de résurgence.
Cela va dans le sens des remarques faites sur le terrain et où il a été constaté que
l‟écoulement dans le forage FP-07-04R se fait du bas de la couche vers le haut car de
l‟eau jaillit en permanence de ce dernier.

 Enfin, la zone III couvre le territoire qui s'étend entre x=5000m et la rivière des Mille-
Îles(x=7100m) et où les eaux infiltrées par la surface finissent leur course dans la rivière.

 Deux lignes de partages des eaux sont observées: une ligne qui se trouve vers le point
x=1250m et une deuxième ligne vers x=5000m.

Une fois la modélisation numérique achevée, une comparaison des résultats obtenus avec cette
dernière avec les résultats obtenus in situ s‟impose. Cela permet de vérifier si le modèle est calé.
La figure 5.6 montre l'évolution des charges hydrauliques dans le roc. Ces charges sont dans un
premier lieu mesurées in situ et en second lieu calculées avec Seep/w. On remarque qu'il y a un
petit décalage entre ces deux valeurs mais comme on constate dans le figure 5.7, il existe une
bonne corrélation linéaire entre les charges calculées avec Seep/W et les charges obtenues sur le
terrain. En effet, on constate que dans le roc, la pente de h(in situ) versus h(seep) est de 0.96
avec R2=0,98 et pour l‟argile, la pente est de 0.94 avec R2=0,99.

Enfin, on a pu obtenir, grâce à Seep/W, les débits dans les différentes strates modélisées. Ainsi,
on trouve que la couche d‟argile fournit environ 5.98*10-8 m3/s/m à la couche de till alors que
4.47*10-8 m3/s/m et 1.49*10-8 m3/s/m s‟écoulent à travers le till et le roc. Donc, pour le modèle
actuel, des débits de 13371 m3/an, 9.84 m3/an et 3.29 m3/an sont calculés dans à travers l'argile, le
255

till et le roc. Notons que les quantités d'eau provenant de la couche d'argile ne sont pas toutes
évacuées dans la rivière des Mille-Îles à travers le till et le roc mais remontent à la surface du sol.

25

20
Charge hydraulique h, m

15
h (in situ)
10 h (seep/w)

0
0 2000 4000 6000 8000
X, m

Figure 5.6: Évolution des charges hydrauliques in situ et celles obtenues avec Seep dans le roc en
fonction de la distance

25

20
Charges in situ, m

y = 0,9419x
15 R² = 0,9894

10 Roc
y = 0,9636x
Argile
R² = 0,9792
5

0
0 5 10 15 20 25
Charges dans Seep/w, m

Figure 5.7: La charge hydraulique obtenue avec Seep versus la charge hydraulique mesurée in
situ dans le roc et l'argile

On a aussi vérifié les répercussions des fluctuations saisonnières de la rivière des Mille-Îles sur
les charges dans les piézomètres. Pour cela, on a fait varier, dans Seep/W, le niveau de la rivière
256

de 5,2 m à 4,5 m puis à 6 m. D‟après la figure 5.8, on constate que l‟influence n‟est pas
importante : on ne note un changement de niveau d‟eau dans les piézomètres dans le roc qu‟au
niveau du forage FP-07-06R qui se situe à une centaine de mètres de la rivière. Toutefois, ce
changement n‟est pas important au point de le prendre en considération dans le problème.

25

20

15
Charge, m

h=5,2m
10 h=4,5m
h=6m
5

0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000
Distance, m

Figure 5.8: Évolution de la charge hydraulique dans le roc en fonction du niveau de la rivière des
Mille-Îles

La vérification du calage du modèle sur Seep/W passe aussi par vérifier l'effet de la variation des
valeurs de la conductivité hydraulique de l'argile, du till et du roc. En effet, on voudrait vérifier
que si le modèle est calé pour les valeurs kargile, ktill et kroc, il le serait aussi pour les valeurs 𝜆
kargile,𝜆 ktill et𝜆 kroc (0.3≤𝜆≤3 .

L'effet de la variation de la conductivité hydraulique dans les trois média par le même coefficient
(0.3 ou 3) est présenté dans les figures 5.9 à 5.11 ci-dessous. Que ce soit dans le roc (figure 5.9)
ou dans l'argile (figures 5.10 et 5.11), on constate que les charges hydrauliques ne sont pas
perturbées par ces variations de conductivité hydraulique et on constate dans les trois cas
présentés, la superposition des graphes des charges pour les trois valeurs de la conductivité k,
0.3k et 3k..
257

25

20
charge hydraulique, m

15

k
10 3k
0.3k

0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000
X, m

Figure 5.9: Évolution de la charge hydraulique dans le roc avec la variation de la conductivité
hydraulique

16

14

12

10
Élèvation, m

8 k
3k
6
0.3k
4

0
21,5 21,55 21,6 21,65 21,7 21,75
Charge hydraulique, m

Figure 5.10: Charges hydrauliques dans l'argile en variant la conductivité hydraulique (site 2)
258

12

10

8
Élèvation, m

6 k
3k
4 0.3k

0
19,894 19,896 19,898 19,9 19,902 19,904 19,906 19,908 19,91
Charge hydraulique, m

Figure 5.11: Charges hydrauliques dans l'argile en variant la conductivité hydraulique (site 1)

Une fois le calage du modèle validé, on utilise Seep/w pour comprendre les phénomènes
hydrogéologiques présents dans la zone étudiée.

En ce qui concerne la charge hydraulique dans le roc, on observe (figure 5.12) que cette dernière
diminue en trois temps et suit généralement le même comportement que la géométrie du
problème. De x=1000m à x=4000m, on a une importante perte de charge hydraulique dans le
roc. Ensuite, la diminution est moins prononcée jusqu'à x=6900m car le dénivèlement du terrain
n'est pas aussi important que précédemment. Enfin, la perte de charge à l'approche de la rivière
devient important.
259

25

Charge hydraulique, m 20

15

10

0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000
X, m

Figure 5.12: Évolution de la charge hydraulique dans le roc

Dans l'argile, d'après les résultats obtenus, on a pu tracer le graphe de la figure 5.13 et le tableau
5.1. On constate que les gradients hydrauliques ne sont pas très importants, ce qui laisse à
présager que les vitesses d'écoulement de l'eau dans l'argile sont faibles. Pour les gradients, on
constate que le plus grand gradient est constaté dans le site 6 à proximité de la rivière des Mille-
Îles. Une autre observation est faite au niveau du site 4, on constate que le gradient y est négatif
ce qui est normal compte tenu que l'écoulement est ascendant au niveau de cette zone.

16
Élévation du point de mesure, m

14

12

10
site 2
8
site 1
6 site4
4 site 6
2

0
8 13 18 23

Charge hydraulique, m

Figure 5.13: Charges hydrauliques dans l'argile en fonction de l'élévation dans chaque site
260

Tableau 5.1: Charges et gradients hydrauliques calculés dans l'argile

El. au El.
Forage sol El. PVC Protec. Prof. crépine El. Crépine h Gradient
(m) (m) (m) /sol (m) (m) (m) i
FP-06-02R 21,92 22,81 22,73 36,55 -14,63 20,96
FP-06-02AH 21,90 22,98 23,11 8,88 14,23 21,6 0,040
FP-06-02AB 21,87 22,53 22,71 15,31 7,40 21,33
FP-06-01R 19,93 20,84 20,98 32,00 -12,07 19,65
FP-06-01AH 20,23 21,09 21,22 9,72 11,50 19,82 0,013
FP-06-01AB 19,86 20,77 20,86 14,67 6,19 19,75
FP-07-04R 11,77 12,70 12,78 20,22 -8,45 12,17
FP-07-04AH 11,77 12,72 12,75 4,69 8,06 11,88 -0,029
FP-07-04AB 11,76 12,72 12,75 9,18 3,57 12,01
FP-07-06R 10,95 10,80 10,90 24,43 -13,48 8,47
FP-07-06AH 10,82 10,80 10,72 4,97 5,75 10,1 0,209
FP-07-06AB 11,11 11,07 11,00 9,56 1,44 9,2
La composante verticale Vy de la vitesse d'écoulement de l'eau dans le roc est très faibles, voire
négligeable (figure 5.14). Pour ce qui est de la composante Vx, on constate que la vitesse fluctue
entre un ordre de grandeur de 10-11m/s (3,15.10-4 m/an) comme minimum et 10-9m/s (3,15.10-2
m/an) comme maximum. Cela est essentiellement dû aux variations de la charge hydraulique
observées dans la figure 5.12.

1,00E-08

1,00E-09

1,00E-10
Vx dans le roc
1,00E-11 selon x
V, m/s

1,00E-12 Vy dans le roc


selon x
1,00E-13

1,00E-14

1,00E-15

1,00E-16
1200 3200 5200 7200 9200
X, m

Figure 5.14: Variation des composantes de la vitesse Vx et Vy dans le roc selon x


261

Dans l'argile, la composante verticale Vy est dominante alors que la composante horizontale Vx
est négligeable. D'après la figure 5.16 ci-dessous, on constate que la vitesse d'écoulement dans
l'argile est lente (10-13 m/s à 10-11 m/s ou 3,15.10-6 m/an à 3,15.10-4 m/an). Ces vitesses ont été
calculées à trois endroits différents: à x=1200 m, on constate que les vitesses sont les plus élevées
par rapport aux autres points d'observations. Aussi, on constate qu'au voisinage de la rivière
(x=6000m), la vitesse dans l'argile devient plus faible. Notons que dans la figure 5.16, l'élévation
de la couche d'argile commence à Y=-2m. En dessous de cette ligne, on a les couches de till et de
roc.

25

20

15

10
Élèvation, m

5
x=6000m
0
x=3900m
-5
x=1200 m
-10

-15

-20
1,00E-15 1,00E-14 1,00E-13 1,00E-12 1,00E-11 1,00E-10 1,00E-09
Vy, m/s

Figure 5.15: Variation de Vy dans l'argile, le till et le roc à x=1200m, 3900m et 6000m

La modélisation de l'écoulement des eaux est basée sur la topographie actuelle du terrain. Cela
permet de comprendre les phénomènes hydrogéologiques dans la zone d'étude. Mais, un des
objectifs du projet est d‟essayer de comprendre les mouvements des eaux et des ions dans les
argiles Champlain depuis leur formation. C'est dans cette optique qu'on doit réaliser un travail
supplémentaire qui consiste à refaire le même exercice de modélisation que précédemment,
mais cette fois, en considérant une topographie plate du terrain, ce qu'on pense était le cas après
le dépôt des argiles Champlain.

La modélisation est faite sur une distance de 2500 m et la surface de l'argile est à une élévation de
21m (le point haut actuel). Les mêmes conditions aux frontières que pour le modèle précédent
262

sont considérées et le régime permanent de l'écoulement est maintenu. Le seul problème avec ce
cas est qu'on ignore le rythme auquel s'est produit l'érosion et le temps qu'a duré cette dernière.

Le résultat de cette modélisation est présenté dans la figure 5.17 ci-dessous.

Le premier constat à faire concerne l'écoulement des eaux dans les couches d'argile, de till et dans
le roc. Pour le modèle après-érosion qui prend en compte les variations de la topographie, on a pu
remarquer l'existence de zones dont les propriétés d'écoulement sont différentes (figure 5.5).
Dans le modèle avant-érosion (figure 5.17), on constate que toutes les eaux qui s'infiltrent à la
surface de l'argile, finissent leur course dans la rivière. Il n'y a donc aucune zone de résurgence
d'eaux ni de lignes de partages des eaux.

Les conditions aux frontières et les propriétés (k et n) des différentes strates étant identiques dans
les deux modèles, on conclut que le changement de topographie à cause de l'érosion a
grandement influé sur l'hydrogéologie de la zone.

La variation de la charge hydraulique dans le roc est différente de la tendance observée dans le
modèle après-érosion. En effet, on observe (figure 5.18) une diminution constante de la charge
hydraulique avec la distance. À x=0m, la charge est égale à l'élévation du terrain alors qu`à
x=2500 m, on retrouve la charge dans la rivière. Notons qu'on ne connait pas le niveau de l'eau de
la rivière il y a 10000 ans. La valeur de h=5.20m permet de faire un parallèle avec les conditions
actuelles.

Dans l'argile, on a suivi l'évolution de la charge hydraulique dans 4 différents points: à x=500m,
1000m, 15000m et 2500m (rivière). Au bas de la couche d'argile (élévation -1m), on remarque
que plus on est loin de la zone de décharge, plus la charge hydraulique est importante. En haut de
la couche d'argile (surface), toutes les valeurs sont égales vu que la topographie est plate. Entre
ces deux points (haut et bas de la couche), la variation de la charge hydraulique est linéaire. Dans
le till et le roc (élévations entre -20m et -1m), la charge est constante par rapport à l'élévation et
diminue à l'approche de la rivière.

Pour ce qui est des vitesses d'écoulement, on remarque (figures 5.20 et 5.21), que l'écoulement
horizontal est dominant dans le roc et le till alors que dans l'argile, ce dernier est négligeable et
on constate un écoulement vertical.
263

En comparant les régimes hydrogéologiques avant et après l'érosion, on constate que le régime
hydrogéologique évolue. En effet, avant l'érosion de l'argile, on a constaté que chaque goutte
d'eau infiltrée via l'argile, traverse verticalement cette couche, puis le till, elle s'écoule ensuite
horizontalement dans le roc pour rejoindre la rivière. Pour la topographie actuelle, on constate,
comme expliqué précédemment, l'existence de diverses zones: dans certaines zones, l'eau infiltrée
remonte à la surface et dans d'autres, elle rejoint la rivière.

Donc, la géométrie du système étudie a des répercussions sur le régime hydrogéologique. C'est
pour cela, qu'il est recommandé, de prendre en comte la variation de la topographie du terrain lors
d'études hydrogéologiques. La simplification des systèmes peut biaiser les résultats.
264

Figure 5.16: Équipotentielles et lignes d'écoulements pour le modèle avant érosion


265

25

20
charge hydraulique, m

15

10

0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
X, m

Figure 5.17: Évolution de la charge hydraulique dans le roc dans le modèle avant érosion

25

20

15

10

5
Elevation, m

x=500m
0 x=1000m
0 5 10 15 20 25 x=1500m
-5
x=2500m
-10

-15

-20

-25
charge hydraulique, m

Figure 5.18: Évolution de la charge hydraulique en fonction de l'élévation à différentes positions


(selon x) dans le modèle avant érosion
266

1,00E-07

1,00E-08

1,00E-09
V, m/s

Vy selon x (Roc)
1,00E-10
Vx selon x (Roc)

1,00E-11

1,00E-12
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
X, m

Figure 5.19: Variation des composantes de la vitesse Vx et Vy dans le roc pour le modèle avant
érosion

1,00E-08

1,00E-09

1,00E-10

1,00E-11
V, m/s

1,00E-12 Vy selon x (Argile)


Vx selon x (Argile)
1,00E-13

1,00E-14

1,00E-15
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
X, m

Figure 5.20: Variation des composantes de la vitesse Vx et Vy dans la couche d'argile dans le
modèle avant érosion.
267

5.2 Modélisation de la migration des chlorures avec Ctran/W

La deuxième partie de la modélisation numérique a pour objectif de modéliser le mouvement des


chlorures dans la zone étudiée. Pour cela, on utilise le logiciel CTRAN/W. Comme SEEP/W,
CTRAN/W est un logiciel d'éléments finis qui est utilisé pour modéliser le mouvement des
contaminants à travers des milieux poreux. Ce logiciel permet d'analyser divers problèmes allant
du simple transport par advection (particle tracking analysis) à de plus complexes cas prenant en
compte la diffusion, la dispersion et l'adsorption (dispersion-diffusion). L'avantage de CTRAN/W
est son intégration avec SEEP/W. Les deux logiciels sont utilisés en tandem pour analyser les
problèmes reliés au transport des contaminants.

Au début du projet, la question suivante se posait : quel ion, parmi tous les ions majeurs analysés
va-t-on modéliser? Au fur et à mesure de l'avancement, il a été décidé, au vu des informations
obtenues dans la littérature scientifique, que la modélisation des chlorures serait le meilleur
choix. En effet, une fois dissoutes dans les eaux souterraines, les chlorures (Cl-) restent en
solution. Ils ne font pas partie des réactions d'oxydoréduction, ne forment pas d'importants
complexes avec d'autres ions (sauf si leur concentration est élevée), ne forment pas de sels de
faible solubilité, ne sont pas facilement adsorbés sur la surface des minéraux et ne prennent pas
part à la plupart des réactions biochimiques (Kresic 2007). Pour toutes ces raisons, les chlorures
sont dits non réactifs. Kauffman et Orlob (1956) ont conclu que, parmi tous les ions et isotopes
(tritium) testés, les chlorures se déplacent avec l'eau souterraine dans la plupart des sols testés
avec le minimum de retard.

Maintenant que le choix du logiciel de modélisation et de l'ion dont les déplacements sont à
modéliser est fait, on va exposer dans la suite de ce chapitre, la nature des donnès saisies dans le
logiciel tout en justifiant leur application, les hypothèses, les résultats des modélisations et les
conclusions émises.

Avant d'entamer la phase de modélisation, il est important de faire un rappel de l'historique de la


formation des argiles Champlain. Cela a pour but d'appuyer les hypothèses qui seront émises lors
de la modélisation. Juste après le retrait de la mer Champlain il y a de cela environ 10000 ans, la
région a connu l'invasion d'un un grand lac d'eau douce, le lac Lampsilis. La présence de ce
dernier a duré jusqu'à 6700 B.P (Elson, 1988). Donc, les sédiments marins qui se sont déposés
268

dans un environnement caractérisé par une salinité elevée de ses eaux, se sont retrouvés en
contact, en surface, avec de l'eau douce pendant environ 3300 ans. Cette période a sans doute
provoqué la diffusion des ions présents dans l'argile vers les eaux douces du lac. Avec la
disparition du lac, le processus diffusion/advection pouvait donc reprendre. On tentra par la
modélisation numérique avec SEEP/W et CTRAN/W de vérifier ces hypothèses.

La principale difficulté de cette modélisation réside en la méconnaissance du processus d'érosion


qu`a connu la région de Lachenaie depuis la formation des argiles Champlain il y a 10000 ans.
On s'aperçoit, suite aux données collectées lors de la réalisation des forages et des déplacements
sur le terrain de l'ampleur de l'érosion. En effet, il y a une importante dénivellation accompagnée
d'une réduction de l'épaisseur de la couche d'argile quand on se dirige du Nord (Site 2) vers le sud
(Site 6 et rivière des Mille Îles) . L'élévation du terrain passe de 21m à 5 m en moins de 6000 m.
Les effets de l'érosion sont donc perceptibles, mais il est impossible d'estimer à quel rythme s'est
produite cette dernière. Cette importante est cruciale, car on a vu, dans la section précédente,
l'effet que peut avoir le changement de la topographie du terrain sur les conditions d'écoulement
souterrain et l'hydrogéologie de la région.

5.2.1 Propriétés des matériaux

Dans ce chapitre, on exposera les différentes propriétés des matériaux (argile, till et roc)
nécessaires pour effectuer la modélisation avec CTRAN/W.

Comme on l'a présenté au chapitre 2, la dispersion hydrodynamique D pour un écoulement en 1-


D est définie de la manière suivante :

D = α.v + D* (1.114)

α, v et D* étant la dispersivité (m), la vitesse d'écoulement (v(m/s)=vD/n) et le coefficient de la


diffusion moléculaire.

Pour le coefficient de diffusion moléculaire, on utilisera les valeurs trouvées dans la littérature et
notamment dans Desaulniers et Cherry (1989), Olkers (2003) et Montgrain (1997). Un coefficient
de diffusion de Cl- de 2.10-9 m2/s est retenu.
269

La littérature scientifique est assez riche d'articles qui proposent des méthodes permettant
d'estimer les valeurs de la dispersivité. Dans le chapitre 3.3.2, on a présenté les méthodes les plus
populaires. Le tableau 5-2 présente les résultats obtenus.

Tableau 5.2: Méthodes de détermination des dispersivités longitudinale et transversale

Dispérsivité longitudinale αL, m


Schulze-Makuch, Neuman, Eckstein, Arya,
L, m 2005 1990 1995 1996
Argile 40 0,5 0,1 2.6 0,1
Till 2500 10 20 16 20
Roc 2500 10 20 16 20

On constate que toutes ces méthodes donnent des dispersivités longitudinales d'un même ordre de
grandeur soit 10-1 m pour les argiles et 101 m pour le till et le roc. Le point faible de ces méthodes
c'est qu'elles permettent d'estimer la dispersivité en se basant sur l'échelle d'observation
seulement. En d'autres termes, qu'en soit dans un roc fracturé, dans une argile consolidée ou dans
un sable grossier, si les échelles d'observation sont identiques, les dispersivités obtenues dans les
trois sols seront égales.

Pour le roc et le till, et vu le caractère ``massif``de ces derniers, on prendra une valeur de 2m dans
le till et de 10m dans le roc car ce dernier est plus fracturé que le till. Donc, on prend des valeurs
voisines à celles trouvées en utilisant les estimations dans la littérature. Par contre, pour les
argiles, un article de Perfect et al. (2002) permet d'estimer la dispersivité en utilisant une méthode
qui prend en compte les paramètres de rétention d'eau dans des sols non remaniés. Cette méthode
permet de trouver des dispersivités pour plusieurs argiles qui avoisinent 1m.

Dans notre cas, il n‟est pas nécessaire de déterminer la valeur de la dispersivité dans l‟argile pour
les raisons suivantes :

D‟après l‟équation 1.114, on s‟aperçoit que le paramètre de dispersion hydrodynamique D est


composé de deux termes : le premier terme α.v, représentant la composante advection et le
deuxième terme D* qui est le coefficient de diffusion. Dépendamment du milieu étudié (argile ou
roc), une de ces deux composantes sera négligé devant la seconde. En effet, dans l‟argile, vu que
les vitesses d‟écoulement (longitudinale ie dans le sens de l‟écoulement) varient entre 10-14 m/s et
C, le terme α.v sera négligée car le coefficient de diffusion effective dans l‟argile est d‟environ
270

2. 10-9 m2/s (α.v<< D*). Dans le roc, c‟est le contraire qui se produit : la vitesse d‟écoulement
dans le roc atteint parfois 1. 10-8 m/s. Le terme D* qui est de l‟ordre de 10-12 m2/s dans le roc et
est négligé devant α.v (D*<<α.v).

5.2.2 Conditions aux frontières

La solution des problèmes numériques est une réponse directe aux conditions aux frontières. C'est
pour cela que la déterminations de ces conditions sont une composante clé dans toute
modélisation numérique.

Pour ce problème, trois conditions aux frontières seront appliquées:

 Condition à la sortie du système (Exit review): Cette condition est préconisée dans le cas
où on ne connait ni le flux de masse ni la concentration. Il existe deux types de ``exit
review``. Une première qui ignore le flux dispersif à la sortie d'un système (Qd=0). Dans
ce cas, on considère qu'un contaminant quitte le système par advection seulement ce qui
peut être simpliste comme hypothèse. Pour le deuxième cas que nous avons d'ailleurs
adopté dans cette approche, on prend en compte l'advection et la dispersion comme
processus lors de la sortie du contaminant du système (Qd≥0). Cette option permet
d'obtenir des résultats plus réalistes.

 Dans la situation où on modélisera le système avec le lac Lampsilsis à la surface, une


concentration C=0 sera appliquée à la surface de la couche d'argile.

 La concentration initiale: Selon le scénario utilisé, on utilisera un des cas suivants:

o C=1 dans les trois couches soit dans l'argile, le till et le roc

o C=1 dans le roc et le till et C=0 dans l'argile

o C=0 dans le roc et le till et C=1 dans l'argile.

Notons que C=1 correspond à 100% de la concentration des chlorures dans la mer Champlain

5.2.3 Type de l'analyse

Tout d'abord, il est à noter que la précision de toute solution de transport d'ion est dépendante de
la précision de la solution obtenue pour l'écoulement. Comme dans la modélisation de
271

l'écoulement, le transport des ions s'effectuera en régime permanent et en 2-D. Deux types
d'analyses sont utilisées dans la modélisation de notre problème:

 Le transport par advection seulement : Avant de réaliser une étude de transport complète,
il est souhaitable d'effectuer une modélisation qui ne prend en compte que le transport
advectif. En isolant la composante ``diffusion``, on peut avoir une idée de l'influence de
l'écoulement sur le transport des contaminants ainsi que les temps de transit. Le principe
de ce type d'analyse ``Particle Tracking Analysis`` est d'introduire arbitrairement des
particules dans le système, ces dernières sont considérées être attachées aux molécules
d'eau. Ainsi, leur déplacement sera identique à celui des molécules d'eau souterraine. La
modélisation peut être faite dans le sens de l'écoulement (Forward particle tracking) ou
dans le sens contraire de l'écoulement (Backward particle tracking).

 Le transport par advection-dispersion: Dans ce type d'analyse, on prend en compte toutes


les composantes du transport des contaminants. Ainsi, en insérant toutes les propriétés des
matériaux (porosité, dispersivité,...) et des contaminants (coefficient de diffusion
moléculaire), on arrive à inclure toutes les composantes nécessaires au transport d'ions
dans un milieu poreux.

5.2.4 Stabilité du modèle numérique

Résoudre un problème numérique requiert non seulement la détermination de la géométrie du


système, du régime d'écoulement, des propriétés des matériaux et des ions, mais nécessite aussi
de prendre en considération les critères de convergence numérique. Ainsi, dans ce type de
problèmes, il est important de prendre en compte deux facteurs qui peuvent influencer la
précision de la solution : la dispersion et l'oscillation numérique.

La dispersion numérique tend à étendre la contamination en dehors des limites prédites par les
solutions analytiques. Les oscillations numériques quant à elles produisent des concentrations
supérieures ou inférieures aux valeurs spécifiées. Les dispersions et oscillations numériques ne
peuvent pas être éliminées, elles peuvent cependant être contrôlées et minimisées par des
contraintes imposées au nombre de Peclet et de Courant.
272

𝑣.𝛥𝑥
𝑃𝑒 = ≤2 (1.115)
𝐷

𝑣.𝛥𝑡
𝐶𝑥 = ≤1 (1.116)
𝛥𝑥

𝞓x, 𝞓t, D et v étant la distance horizontale entre deux noeuds successifs, l'incrément du pas de
temps, le coefficient de dispersion hydrodynamique et la vitesse linéaire moyenne.

Idéalement, les critères des équations 1.114 et 1.115 doivent être respectés. Mais, dans des cas
pratiques, quand on travaille sur des modelés à grande échelle avec des vitesses d'écoulement très
faibles, il n'est pas possible d'atteindre l'objectif de ces critères. On essaye dans ces cas de s'en
approcher au maximum.

Dans une analyse en 2-D, ces contraintes doivent être respectées selon les deux axes d'analyse
soit x et y.

Concernant l'espacement de la maille, il faut tenir en compte des contraintes sur les nombres de
Peclet et de Courant citées précédemment afin de déterminer la largeur et la hauteur de chaque
élément de la maille. Ainsi, en réarrangeant les équations 1.115 et 1.116 ci-dessus, on obtient :

𝐷
𝛥𝑥 ≤ 2 (1.117)
𝑣

À partir de ces équations, on constate que les deux paramètres déterminants quant à la stabilité de
la modélisation sont la vitesse d'écoulement et le coefficient de dispersion hydrodynamique.

La dispersion et l'oscillation numériques sont directement influencées par le choix du pas de


temps 𝞓t. Ainsi, des contraintes s‟appliquent aussi sur 𝞓t comme l'indique l'équation 1.118 ci-
dessous.

𝛥𝑥
𝛥𝑡 ≤ 2 (1.118)
𝑣𝑥
273

En utilisant les vitesses d'écoulement obtenues avec Seep/W ainsi que les coefficients de
dispersion hydrodynamiques, on obtient les contraintes suivantes pour réaliser la modélisation
numérique: 𝛥𝑥 ≤ 3𝑚; 𝛥𝑦 ≤ 2𝑚 𝑒𝑡 𝛥𝑡 ≤ 1.45. 108 𝑠

On ne pourra cependant pas respecter les deux contraintes portant surv 𝞓x dans les modèles à
grande échelles car cela nous rapprocherait de la limite de calcul avec le logiciel.

5.2.5 Résultats: Modélisation de la migration des chlorures

La première simulation de la migration des chlorures est effectuée dans un modèle 40m X 22 m
où seule la couche d'argile est représentée. L'épaisseur de cette dernière est égale à l'épaisseur
maximale réelle sur le site alors que la largeur du système est, pour cette première étape, de 40 m
seulement.

Pour le modèle d'écoulement modélisé avec Seep/W, on choisit un gradient hydraulique moyen
moyen de 0.1 à travers la couche d'argile. En effet, les charges hydrauliques en haut et en bas de
la couche sont respectivement de 22 m et 19.8 m pour une épaisseur d'argile de 22 m. Comme le
montre la figure 5.21 ci-dessous, l'écoulement se fait vers le bas de la couche d'argile.

Figure 5.21: Équipotentiels et lignes d'écoulement pour le modèle 40m X 22m


274

Avec le logiciel CTRAN/W, on simule de transport des chlorures. Les résultats présentés dans la
figure 5.22 montrent qu'en partant de conditions initiales de C=1 dans la couche d'argile, on
arrive à une concentration maximale de 0.5 en prenant en compte l'advection et la diffusion dans
la modélisation. Si on ne prend en compte que la diffusion, la concentration maximale dans
l'argile après 3000 ans est de 0.75 (figure 5.23). Notons que pour ce modèle, on prend des
éléments de 0.5m, la simulation est faite sur une durée de 10000 ans alors que le pas de temps
choisi est de 10 ans.

Les critères de stabilité du modèle sont tous respectés:Pex=0.041; Pey=0.041;Cx=8.83.10-4 et


Cy=0.105.

Figure 5.22: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=3000 ans
en prenant en compte la diffusion et l'advection
275

Figure 5.23: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=3000 ans
dans le cas d'une diffusion seulement

En ce qui concerne l'évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans les
deux cas cités précédemment (advection et diffusion versus diffusion seulement), on constate
dans les figures 5.25 et 5.26 ci-dessous, que pour des temps identiques, les concentrations
obtenues dans le modèle où seule la diffusion est prise en considération sont plus importantes. En
effet, malgré le fait que la vitesse d'écoulement dans la couche d'argile soit très faibles, son
influence sur la migration des chlorures Cl- est importante. Dans le modèle où la vitesse
d'écoulement est prise en compte, les gouttes d'eau semblent transporter les particules (chlorures)
vers la sortie du système (vers le bas) ce qui diminue la concentration de ces dernières dans ce
système.

Dans la figure 5.24, on constate qu'avec un transport purement advectif, une particule partant de
la surface de la couche d'argile atteint la sortie en bas de la couche après 4000 ans. Ce qui
explique le fait que les ions Cl- ne se déplacent pas seulement par diffusion mais aussi par
advection dans une couche d'argile. Donc, dans un système où le gradient hydraulique est
variable, à cause notamment du changement de topographie ou de la variation de l'épaisseur de
276

l'argile, on pourrait s'attendre à voir les argiles où le gradient hydraulique est plus élevé, plus
``lessivées`` que les zones avec un moindre gradient.

Figure 5.24: Déplacement des particules (chlorures) par advection seulement en 4000 ans

25

20
Épaisseur de l'argile, m

t=0
15 1000 ans
2000 ans
10 3000 ans
4000 ans
5
7000 ans
10000 ans
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
Concentrations, g/cm3

Figure 5.25: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
40 m X 22 m (modèle advection et diffusion)
277

25

20
Épaisseur de l'argile, m

t=0
15 1000 ans
2000 ans
10 3000 ans
4000 ans
5 7000 ans
10000 ans

0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
Concentrations, g/cm3

Figure 5.26: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
40 m X 22 m (modèle diffusion seulement)
24

22 10001 yrs

20
21.8
18

16
Elevation, m

14

12 21.2

10

8
20.8
6

2 20.4

0
0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1.0

Distance, m (x 1000)

Figure 5.27: Lignes d'écoulement dans l'argile pour le modèle 1000 m X 22 m et un gradient de
0.08
278

La deuxième modélisation est conduite sur un modèle plus étendu que le modèle précédemment.
Tout en conservant l'épaisseur réelle de l'argile, on passe d'une longueur de 40 m à 1000 m. Cela
signifie un plus grand nombre d'éléments. On passera donc d'un élément de 0.5 m pour le modèle
de 40 m à un élément de 2 m pour le modèle de 1000 m. Le pas de temps sera de 10 ans.

L'écoulement dans la couche d'argile est dirigé vers le bas (figure 5.27) avec un gradient
hydraulique moyen de 0.08 (hhaut=22m; hbas=20.24m et L=22m)

Le premier scénario utilisé pour la migration des chlorures consiste à prendre une concentration
initiale C=1 dans toute la couche d'argile. En plus de la diffusion, la vitesse d'écoulement est
prise en compte pour cette modélisation.

Les résultats de cette modélisation sont présentés dans les figures 5.28 et 5.29 ci-dessous. On
constate que plus en est proche de la surface, plus la concentration est faible (figure 5.28). On
peut expliquer cela par le fait que l'eau s'infiltrant par le surface, lessive plus rapidement les
argiles en surface que les argiles en profondeur. Cette même tendance est observée sur les 10000
ans que la simulation est conduite (figure 5.29).

Figure 5.28: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=4000 ans
(advection et diffusion)
279

25

20
Épaisseur de l'argile, m

t=0
15 1000 ans
2000 ans
10 3000 ans
5000 ans
5
7000 ans
10000 ans
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
Concentration, g/cm3

Figure 5.29: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
1000 m X 22 m (modèle advection et diffusion)

On a aussi tenu à vérifier la stabilité de la modélisation à travers les valeurs du nombre de Peclet
et du nombre de Courant. L'écoulement se faisant dans le sens vertical dans la couche d'argile
(figure 5.27), il suffit de vérifier ces paramètres sur l'axe des Y.

Les figures 5.30 et 5.31 ci-dessous montrent que les deux critères de stabilité sont respectés pour
cette modélisation numérique. Ces deux valeurs augmentent sensiblement vers la sortie (bas) car
dans cette zone, la vitesse est légèrement plus élevée.
280

Figure 5.30: Distribution du nombre de Peclet Pey

Figure 5.31: Distribution du nombre de Courant Cy dans la couche d'argile


281

Si on ne prend pas en compte le transport par advection, on obtient, après 4000 ans, le profil de
concentrations présenté dans la figure 5.32 ci-dessous.

Comme pour le modèle 40m X 22m, on constate que les concentrations diminuent avec la
profondeur de la couche d'argile, mais ces dernières sont supérieures quand il y a seulement une
diffusion et pas d'advection.

Figure 5.32: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=4000 ans
dans le cas d'une diffusion seulement

Le scénario suivant consiste à simuler une diffusion des ions de chlorures a partir du roc. On
prend comme conditions initiales C=1 en bas de la couche d'argile et C=0 dans toute son
épaisseur.

Qu'en prenne en compte la diffusion et l'advection (figure 5.33) ou la diffusion seulement (figure
5.34), on constate que la concentration est nulle dans la couche d'argile après 10000 ans. Ce
scénario est donc à exclure. Les chlorures sont transportées par advection en dehors du systeme et
n'ont pas le temps de diffuser dans l'argile.
282

24

22 0

20

18

16
Elevation, m

14

12

10

0 0
0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1.0

Distance, m (x 1000)

Figure 5.33: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=10000 ans
(advection et diffusion)
24

22 0

20

18

16
Elevation, m

14

12

10

0 0
0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1.0

Distance, m (x 1000)

Figure 5.34: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=10000 ans
(diffusion seulement)
283

Un autre scénario consiste à simuler une diffusion des chlorures à partir de l'argile. Pour cela, on
prend comme conditions initiales C=1 dans l'argile et C=0 dans le roc (en bas de la couche
d'argile).

Le résultat de cette simulation est présenté dans les figures 5.35 et 5.36 ci-dessous.

Figure 5.35: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=3000 ans
dans le cas d'une diffusion à partir de l'argile vers le roc sous-jacent

25

20
Épaisseur de l'argile, m

t=0
15 1000 ans
2000 ans
10
3000 ans
5000 ans
5
7000 ans
0 10000 ans
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
Concentration, g/cm3

Figure 5.36: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
1000 m X 22 m (diffusion de l'argile vers le roc sous-jacent)
284

Dans cette modélisation, l'advection et la diffusion se font dans la même direction soit vers le bas
de la couche d'argile. La concentration des chlorures dans l'argile passe de C=1 à 0.75 au bas de
la couche et 0.45 en haut de la couche d'argile à t=3000 ans. Après 10000 ans, on constate que
ces concentrations passent à 0.35 en bas de la couche et 0.2 près de la surface.

Aussi, le scénario représentant la présence du Lac Lampsilis pendant 3000 ans juste après le
dépôt des argiles a été modélisé. Les conditions initiales sont C=1 dans toute la couche d'argile et
C=0 à la surface de la couche d'argile.

Les résultats de la modélisation (figures 5.37 et 5.38) montrent que la présence du Lac Lampsilis
pendant 3000 ans a engendré une dynamique des chlorures dans l'argile menant au profil de la
figure 5.37. La concentration maximale au bas de l'argile passe de C=1 à t=0 à C=0.475 alors
qu'en haut de la surface, la concentration passe de 1 à 0.025 à cause du contact avec l'eau du lac.

On remarque aussi dans la figure 5.38 que la concentration en haut de la surface d'argile (10 m à
22 m) passe rapidement de C=1 à des faibles concentrations alors qu'en bas de cette dernière, les
chlorures passent progressivement d'une concentration de 1 à 0.475.

Figure 5.37: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=3000 ans
dans le cas de la présence du Lac Lampsilis à la surface
285

25

20
Épaisseur de l'argile, m

15 t=0
600 ans
1200 ans
10
1800 ans
2400 ans
5
3000 ans

0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
concentration, g/cm3

Figure 5.38: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
1000 m X 22 m (Lac Lampsilis à la surface)

La dernière modélisation réalisée avec cette géométrie (1000 m X 22 m) permettra de combiner


deux scénarios traités précédemment: La présence du lac Lampsilis pendant 3000 ans puis
pendant 4750 ans, on suprime le Lac et on laisse faire la diffusion et l'advection. La modélisation
de cette deuxieme phase considère le temps t=3000 ans de l'épisode ``Lac Lampsilis`` comme
condition initiale.

Les résultats sont présentés dans les figures 5.39 et 5.40.

L'analyse de la figure 5.39 attire l'attention sur le point suivant: la concentration des chlorures,
après avoir considérablement diminué après 3000 ans de la présence du Lac Lampsilis (figure
5.37), réaugmentent après la disparition de ce dernier. On peut donc penser que lors de la
présence du Lac, c'est la percolation de l'eau à partir de la surface qui était dominante et non la
diffusion. Par contre, dès la disparition de ce dernier, la diffusion est devenue le processus de
migration dominant. Dans la figure 5.40, on rmarque qu'au début de la modélisation, il y a un
important contrast de concentrations entre le haut et le bas de la couche d'argile, mais au fur et à
mesure que le temps s'écoule, cet important écart de concentration diminue.
286

Figure 5.39: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=7750 ans
(combinaison de l'épisode du Lac Lampsilis et de la phase lessivage)

25

20
t=0 de la phase 2
Épaisseur de l'argile, m

700 ans
15
1750 ans
2800 ans
10
4200 ans
4900 ans
5
6300 ans
7000 ans
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6
concentration, g/cm3

Figure 5.40: Évolution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile dans le modèle
1000 m X 22 m (combinaison de l'épisode du Lac Lampsilis et de la phase lessivage)
287

Enfin, pour montrer l'influence de la vitesse d'écoulement sur le transport des chlorures dans la
couche d'argile, on a voulu refaire la modélisation (diffusion et percolation) mais en faisant
passer le gradient hydraulique de 0.08 à 0.01. Le résultat est concluant: Après 10000 ans, la
concentration maximale diminue de 20% seulement (0.8) alors que pour un gradient hydraulique
de 0.08, la concentration maximale était de 0.48 (figure 5.28). Cela montre que malgré la faible
conductivité hydraulique des argiles, la composante advective du transport des chlorures est
importante dans la modélisation numérique.

Figure 5.41: Distribution de la concentration des chlorures dans la couche d'argile à t=10000 ans
avec un gradient hydraulique de 0.01

Maintenant que le processus de transport pour des systèmes simples est achevé, on va faire la
simulation sur le système réel. Pour cela, on va dans une première étape utiliser la toporgraghie
post-érosion puis dans un deuxième temps, utiliser la topographie actuelle. Aussi, les conditions
aux frontières du système proviennent des conditions in situ. À la surface de l'argile, on prend la
charge hydraulique égale à l'élévation du terrain alors qu'au niveau de la rivière (x=1500 m), la
charge hydraulique est égale à 5.20 m. Les résultats de cette modélisation sont présentées dans les
figures 5.42 à 5.48.
288

Figure 5.42: Distribution de la concentration des chlorures dans les couches d'argile, de till et de
roc (conditions hydrauliques réalistes)

Figure 5.43: Distribution du nombre de Peclet (selon l'axe des x) Pex


289

Figure 5.44: Distribution du nombre de Peclet Pey (selon l'axe des y)

Figure 5.45: Distribution du nombre de Courant Cx (selon l'axe des x)


290

Figure 5.46: Distribution du nombre de Courant Cy (selon l'axe des y)

25

20

15

10
t=0
Élévation, m

5
399 ans
0 2294 ans
-5 4687 ans
-10 6482 ans

-15 9075 ans

-20 9973 ans

-25
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
concentration, g/cm3

Figure 5.47: Évolution des concentrations des Cl- avec t à x=1500m de la rivière
291

25
20
15
10 t=0
Élévation, m

5 399 ans
0 2294 ans
-5 4687 ans
-10 6482 ans
-15 9075 ans
-20 9973 ans
-25
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
concentration, g/cm3

Figure 5.48: Évolution des concentrations des Cl- avec t à x=1000m de la rivière

La présence du till et du roc en plus de l'argile dans ce modèle permet de s'approcher des
conditions réelles présentes sur le site avant l'érosion. Dans la figure 5.42, on remarque que dans
le roc, la concentration diminue en se dirigeant vers la sortie (rivière). Cela peut être expliqué par
le fait que dans le roc, le transport des chlorures se fait par advection et donc, les chlorures
arrivés de l'argile et du till par percolation quittent plus rapidement le système quand on
s'approche de la rivière. Le gradient de concentration est donc perceptible selon l'axe des x dans
le roc, donc selon le sens de l'écoulement. Dans l'argile, la variation de la concentration est plus
accentuée selon l'axe des y qui est aussi le sens de l'écoulement dans l'argile.

En ce qui concerne les contraintes et notamment le nombre de Peclet et le nombre de Courant, vu


les proportions du système (1500 m), on est obligé d'agrandir les éléments pour pouvoir faire la
simulation. Garder des éléments de 2m crée une série de problèmes dans le logiciel, car on se
rapproche des limites de mémoire. On est donc obligé de mettre des éléments plus grands et donc
dépasser les contraintes imposées sur la valeur du nombre de Peclet et du nombre de Courant.

Le nombre de Peclet selon l'axe des x (figure 5.43) et des y (figure 5.44) atteint la valeur de 10
dans l'argile et dans le roc. Par contre pour le nombre de Courant, la contrainte est respectée pour
Cy (figure 5.46). Les valeurs du nombre de Peclet (10) et de Courant(7,5) ne sont pas grandes au
292

point de créer d'importantes oscillations et influencer les résultats : les valeurs obtenues sont
acceptables, car les concentrations obtenues restent dans l'intervalle (0;1).

Pour connaitre l'influence de la distance L à la rivière, on a scruté l'évolution de la concentration


des chlorures à différents temps allant de t=0 à 9973 m à deux emplacements: à 1500 m (figure
5.47) et à 1000 m (figure 5.48) de la rivière (point de décharge). Au même temps, la
concentration dans le roc est plus élevée quand on s'éloigne de la rivière. Dans l'argile, on
remarque que plus on s'approche de la rivière, plus l'argile est lessivée c'est-à-dire que les
chlorures quittent plus rapidement l'argile dans les zones proches de la rivière. Cela est expliqué
par le fait que les vitesses d'écoulement dans l'argile augmentent quand on se dirige vers la sortie
du système ce qui viens encore confirmer le rôle de l'advection dans le transport des chlorures.

Dans le modèle proposé, que l'on se situe dans l'argile, le till ou le roc, la concentration des
chlorures avoisine 0 après environ 10000 ans. Cela vient renforcer l'hypothèse qu'on a émise plus
tôt et qui stipulait que la période avant érosion n'a pas duré 10000 ans mais elle a duré 6000 ans
environ en incluant l'épisode du Lac Lipsilis, car actuellement, la concentration dans le roc près
de la rivière n'est pas de 0, mais à environ 20% de la concentration initiale.

La dernière modélisation est faite sur le modèle réaliste actuel, qui prend en compte la
topographie de la région et où, et comme on l‟aperçoit dans la figure 5.49 ci-dessous, les
conditions hydrogéologiques différentes de ce qui a été constaté dans les simulations précédentes.
En effet, cette zone, qui se situe entre les forages FP-06-02R et FP-07-04R, est une zone où
l‟écoulement se fait dans les deux sens dans l‟argile : toute goutte d‟eau qui s‟infiltre dans l‟argile
entre les points de coordonnées 1000 m et 2500 m (figure 5.49) finit par remonter entre les points
25550 m et 4000 m. Mais, comment ces conditions hydrogéologiques influencent-elles le
transport des chlorures ?

La condition initiale pour la modélisation de la migration des chlorures est C=1 dans l‟argile, le
till et le roc, la sortie du système se situe au niveau du till et du roc. Les résultats obtenus sont
présentés dans les figures 5.49 à 5.54 ci-dessous.
293

Figure 5.49 : Lignes d‟écoulement pour la topographie actuelle


294

Figure 5.50 : Concentrations des chlorures pour le modèle actuel


295

Figure 5.51 : Nombre de Peclet selon x


296

Figure 5.52 : Nombre de Peclet selon y


297

Figure 5.53 : Nombre de Courant selon x


298

Figure 5.54 : Nombre de Courant selon y


299

Après une période de 2300 ans, le profil des concentrations obtenu est présenté dans la figure
5.50 ci-dessus.

Dans le roc, on constate que la concentration diminue quand X augmente. Plus on se dirige vers
la sortie du système, moins la concentration en chlorures est importante. Dans l‟argile, il semble
que le sens d‟écoulement de l‟eau n‟influence pas le profil des concentrations. Seule la
topographie modifie le profil au niveau du forage FP-06-02R. Donc il apparait que dans cette
zone, la diffusion est le processus de transport dominant dans l‟argile. On constate aussi d‟après
les figures 5.51 à 5.54 que tous que les conditions de stabilité portant sur la le nombre de Peclet
et le nombre de Courant sont respectées. En effet, le nombre de Peclet selon x ne dépasse pas la
valeur 1,4 alors que dans le sens des y, le nombre de Peclet atteint une valeur maximale de 4 à
l‟interface till/roc. Pour le nombre de Courant, cette valeur ne dépasse pas 0,22. On remarque
aussi sur les figures 5.55 et 5.56 que la proximité de la sortie a une influence sur la concentration
des chlorures. Plus on est proche de la sortie moins la concentration dans le roc est importante.
Cela a été constaté sur le terrain : la concentration des chlorures dans le roc diminuait au fur et à
mesure qu‟on se dirigeait vers le Sud et donc vers la rivière des Mille-Îles.

25

20

15

10 t=0
400 ans
Élévation, m

5
1000 ans
0 1700 ans
2900 ans
-5
6701 ans
-10 8701 ans

-15 10000 ans

-20
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
concentration, g/cm3

Figure 5.55 : Évolution des concentrations des chlorures avec le temps à x=1500m de la sortie
pour le modelé réaliste
300

15

10

5
t=0
400 ans
Élévation, m

0
1000 ans

-5 1700 ans
2900 ans
-10 6701 ans
8701 ans
-15 10000 ans

-20
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
concentration, g/cm3

Figure 5.56 : Évolution des concentrations des chlorures avec le temps à x=1000m de la sortie
pour le modelé réaliste

Si on ne prend pas compte la vitesse d'écoulement de l'eau dans l'argile, le till et le roc, donc en
ne tenant pas compte l'advection mais seulement la diffusion, on obtient le profil de
concentration ci-dessous:
301

Figure 5.57: Profil des concentrations pour le modèle réel sans prendre en compte l'advection
302

D'après les résultats de la modélisation, on constate que dans le roc, la concentration reste
constante à C=1. Ce qui est normal car la vitesse d'écoulement dans le roc est nulle et la
diffusion n'est pas importante dans le roc vu le faible de coefficient de diffusion. Par contre,
dans l'argile, on constate que le processus de diffusion se produit mais est différent de ce qu'on
constate dans le modèle qui tient en compte l'advection (figure 5-50).

La simulation de l‟évolution des concentrations avec le temps dans les forages du site 02 et 04
est présentée dans les figures 5-58 et 5-59.

25

20

15

10
t=0
Élévation, m

5
1000 ans
0 3000 ans
5000 ans
-5
7000 ans
-10
10000 ans
-15

-20
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
concentration, g/cm3

Figure 5.58: Évolution des concentrations des chlorures avec le temps au forage 02R
303

15

10

t=0
Élévation, m

0
1000 ans

-5 3000 ans
5000 ans
-10 7000 ans
10000 ans
-15

-20
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
concentration, g/cm3

Figure 5.59: Évolution des concentrations des chlorures avec le temps au forge 04R

La concentration des chlorures diminue plus rapidement dans la couche d'argile dans le site 04
en comparant avec le site 02 alors que dans le roc, la concentration reste constante.

La comparaison des profils obtenus avec les deux modèles présentés précédemment (diffusion
seulement et diffusion avec advection) et les résultats obtenus in situ (figure 5.60) montre que le
modèle qui prend en compte les processus de diffusion et d'advection est le plus adéquat pour
décrire les mécanismes permettant le transport des chlorures. En effet, la concentration des
chlorures dans le roc est plus élevée que dans l'argile et diminue tout au long du chemin
d'écoulement dans le roc. Dans l'argile, on remarque dans la figure (5.60) ci-dessous que les
concentrations de l'eau interstitielles sont rapprochées aux mêmes profondeurs d'échantillonnage
dans les différents sites. Dans les modélisations numériques, ce constat est fait au niveau du
modèle qui prend en compte la diffusion et l'advection. Dans le modèle qui ne prend en compte
que la diffusion, la concentration des chlorures diminue quand on se dirige vers le sud (du site
02 vers le site 04).
304

25

20

15

10
Élévation, m

5 FP-06-02R

0 FP-06-01R
FP-07-04R
-5

-10

-15
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
Cl-/Cl- eau de mer

Figure 5.60: Évolution des concentrations des chlorures dans l'argile et le roc par rapport à la
profondeur dans les forages FP-06-02R, FP-06-01R et FP-07-04R

Tableau 5.3 : Les différents cas utilisés lors de la modélisation de la migration des chlorures

Dim. du
système Matériaux Gradient/modèle
(m X m)
argile
40 X 22 seulement 0,1/simpliste

argile
1000 X 22 seulement 0,08/simpliste

argile
1000 X 22 seulement 0,08/simpliste

argile
1000 X 22 seulement 0,01/simpliste
1500 X 22 argile, till et roc in situ/simpliste
2500 X 22 argile, till et roc in situ/réaliste
305

CHAPITRE 6 SYNTHÈSE ET DISCUSSIONS

Cette thèse a comme objectif principal d‟aider à comprendre les conditions d‟écoulement des
eaux souterraines dans les argiles Champlain de la région de Lachenaie ainsi que les
mouvements des chlorures (Cl-) dans cette formation géologique.

Comme indiqué dans le chapitre 1, la résolution de la problématique traitée passe par plusieurs
étapes et notamment par la caractérisation géotechnique et hydraulique de la couche d‟argile, par
l‟extraction et l‟analyse de l‟eau interstitielle dans l‟argile, l‟échantillonnage et l‟analyse de
l‟eau dans le roc et la modélisation numérique. Dans ce dernier chapitre, on tentera d‟exposer et
d‟analyser les principaux résultats obtenus.

6.1 Localisation et géologie


La zone d‟étude couvre une superficie d‟environ 30 km2. Elle inclut l‟exploitation de la
compagnie BFI-Lachenaie et s‟étend au Sud jusqu‟à la rivière des Mille-Îles. La géologie de la
région est résumée dans l‟étude réalisée par Dion (1977) et qui montre la présence d‟un socle
rocheux composé de roches d‟origine sédimentaire, appartenant au groupe d‟Utica d‟âge
ordovicien et composé de shales argileux. Des dépôts meubles se sont ensuite déposés : dans la
région de Terrebonne, on retrouve une importante couche d‟argile Champlain d‟épaisseur
variable (15m à 40m dans la zone d‟étude) couverte d‟une fine couche de sable associé aux
hautes terrasses d‟origine glaciaire. Les argiles reposent sur une couche de till d‟épaisseur
variable et qui est essentiellement composée de sables avec des proportions variables de silt.

6.2 Minéralogie et géotechnique


Les argiles Champlain présentes dans la région étudiée ne sont pas des argiles au sens
minéralogique mais plutôt d‟un point de vue géotechnique. Certains auteurs les assimilent à des
farines de roche car elles sont nées à la suite des mouvements des glaciers qui ont
mécaniquement brisé les minéraux primaires. L‟analyse minéralogique (DRX) effectuée sur sept
échantillons provenant de différents forages démontre l‟homogénéité de cette dernière non
seulement en fonction de la profondeur de l‟échantillon testé, mais aussi d‟un site à l‟autre. Ces
argiles sont composées de 60% à 70% de minéraux quartzo-feldspathiques, de 35% de
plagioclase (oligoclase) et d‟environ 15% de feldspath potassique (microline). Aussi, on
306

retrouve des phyllosilicates (chlorites à 15% et muscovite à 9%) et des argiles potassiques
(illite). Des investigations ont aussi été conduites au niveau du roc. Il contient 30% à 40% de
quartz, 10% à 15% de plagioclase albite. Par contre, on note l‟absence de feldspath potassique
alors que les chlorites sont présentes dans les mêmes proportions que dans les argiles.

L‟analyse granulométrique montre que la fraction inférieure à 2 μm dans les argiles Champlain
est en moyenne de 63% (varie entre 52% et 73%). Cette valeur est conforme aux valeurs
trouvées par Leroueil (1983) pour les argiles Champlain se situant à proximité du Bouclier
Canadien. Aussi, on a constaté que cette fraction argileuse varie par rapport de l‟élévation +5m.
En effet, à des élévations supérieures à cette ligne (+5m), la fraction argileuse inférieure à 2 μm
varie entre 68% et 73% alors qu‟en dessous de cette dernière, les valeurs varient entre 50% et
60%.

Les limites de liquidité et de plasticité se situent respectivement entre 50% et 75% et 19% et
27% pour la centaine d‟échantillons testés. Les limites de liquidité varient aussi par rapport à
l‟élévation +5m. Ces valeurs sont plus élevées en dessus de cette élévation. La variation des
propriétés des argiles (granulométries et limites de liquidité) par rapport à l‟élévation 5m
confirme ce qui a déjà été avancé par le rapport de GSI Environnement (2003), où il a été
constaté la présence de deux couches d‟argiles dont les extrémités se situent à l‟élévation +5m.
Les valeurs des limites d‟Atterberg sont caractéristiques des argiles de l‟Est du Canada (Leroueil
1983). L‟indice de plasticité varie entre 60% et 120% avec une moyenne de 87%. La densité
relative des grains quant à elle varie entre 2,7 et 2,8 pour l‟ensemble des échantillons.

Les essais de consolidation réalisés sur oedomètres ont montré que les pressions de
préconsolidation ζ‟p, les rapports de surconsolidation (OCR) et les résistances au cisaillement ne
sont pas typiques des argiles Champlain. Les pressions de préconsolidation ζ‟p, qui pour la
majorité des argiles de l‟est du Canada ne dépassent pas les 300 kPa, atteignent jusqu‟à 580 kPa
dans les argiles testées. Aussi, les résistances au cisaillement et les rapports de surconsolidation
(OCR) atteignent respectivement les valeurs de 120 kPa et 10 alors que les OCR des argiles de
l‟East du Canada se situent selon Leroueil (1983) entre 1,2 et 1,5. Ces argiles sont donc
fortement surconsolidées. Quoique ces pressions de préconsolidation ζ‟p soient élevées, ce
phénomène n‟est pas unique et a déjà été constaté dans l‟est du Canada. En effet, Bouchard et al.
(1983), Massiera (1969) et Demers et Leroueil (2002) ont constaté des pressions de
préconsolidation atteignant 1000 kPa dans la vallée du Saguenay et 500 kPa à proximité du
barrage de la rivière des Outardes et à Shawinigan. Certaines études et notamment celles de
307

Bjerrum (1967), Loiselle et al. (1971), Bouchard et al. (1983) et Quigley (1980) ont expliqué ce
phénomène par la consolidation secondaire des argiles, la cimentation et les processus physico-
chimiques reliés à la salinité élevée de l‟eau interstitielle, à l‟érosion ou à l‟avancée du lobe
glaciaire. Toutefois, la théorie de Loiselle et al. (1971) peut être discutée dans notre cas car sur
le site 08, les faibles salinités (1 g /L) n‟a pas empêché de constater une pression de
préconsolidation élevée de 410 kPa. Le cas contraire a été constaté à Yamaska et à Louiseville :
Lefebvre et Grondin (1978) ont constaté que les argiles étaient normalement consolidées malgré
le fait que l‟eau interstitielle soit salée (9 g /L). L‟érosion d‟une couche de sédiments ayant
recouvert la couche d‟argile reste toutefois une théorie plausible dans la région de Lachenaie car
la topographie dans la zone est irrégulière : en effet, l‟élévation du terrain varie de plus de 15m
sur moins de 4000m ce qui laisse à présager qu‟une érosion s‟est produite dans la région, mais il
reste difficile de déterminer son ampleur et sa durée.

Enfin, les essais œdométriques ont permis de déterminer la porosité des argiles. En effet, sur 80
essais de consolidation, la porosité varie entre 0,45 et 0,66 avec une porosité moyenne d‟environ
0,60.

6.3 Conductivité hydraulique des argiles


L‟étude des écoulements des eaux dans les argiles passe nécessairement par une connaissance
précise des propriétés de la conductivité hydraulique du matériau. Ce paramètre est déterminant
quand il s‟agit de déterminer les vitesses d‟écoulement. Notre souci d‟estimer avec précision la
conductivité hydraulique de l‟argile nous a poussé à réaliser 500 essais de perméabilité à
différentes échelles de grandeur et en se servant de différentes méthodes de laboratoire (cellules
triaxiales et cellules œdométriques) et de méthodes in situ. L‟analyse des résultats obtenus
démontre que la conductivité hydraulique moyenne des argiles dans les 9 sites obtenue avec les
essais triaxiaux est de 1,81.10-9 m /s, de 6.10-10 m/s avec les essais directs sur œdomètres et
1,67.10-9 m/s avec les méthodes in situ. Il existe donc un effet d‟échelle dans l‟argile quand il
s‟agit de déterminer la conductivité hydraulique k dans une argile de Champlain. En effet, et
comme démontré par Benabdallah et Chapuis (2007), les essais de perméabilité directs dans des
cellules œdométriques sur des échantillons de 20 mm de hauteur sous-estiment la valeur de k.
Par contre, les essais en cellules triaxiales (à partir de 8 cm de hauteur) ainsi que les essais in situ
(longueur crépinée) donnent des valeurs de conductivité hydraulique k voisines (1,7.10 -9 m /s).
Notons que la valeur de k est quasi constante dans les 9 sites investigués et ne varie pas en
308

fonction de la profondeur. La variation des propriétés géotechniques (sédimentométries et


limites de liquidité) par rapport à l‟élévation (+5m) n‟est donc pas constatée dans le cas de la
conductivité hydraulique. Aussi, l‟isotropie de la conductivité hydraulique de l‟argile de
Champlain dans le secteur de Lachenaie a été avérée par Benabdallah (2006).

6.4 Gradients hydrauliques et vitesses d’écoulement


En se basant sur les valeurs moyennes de la conductivité hydraulique, de la porosité de l‟argile
et des gradients hydrauliques actuels (tableau 6-1) et avant l‟érosion (tableau 6-2), relevés sur le
terrain et simulés avec Seep/W, on a pu déterminer, avec la relation de Darcy, les vitesses et sens
d‟écoulement des eaux souterraines dans l‟argile.

Le gradient hydraulique vertical dans chaque site a été déterminé, en relevant les charges
piézométriques dans les piézomètres installés dans le haut et le bas de la couche d‟argile. La
porosité ainsi que la conductivité hydraulique ont été déterminées au laboratoire.

En analysant les conditions actuelles sur le site (Tableau 6-1), on constate que la vitesse
d‟écoulement verticale dans la couche d‟argile ainsi que le sens d‟écoulement varient d‟un site à
l‟autre. Le gradient hydraulique est élevé à proximité de la rivière où d‟une part, la couche
d‟argile est moins épaisse par rapport aux autres sites et d‟autre part, la différence de charges y
est importante à cause de la présence de la rivière ainsi que la dénivellation. Si les conditions
d‟écoulement étaient stables pendant les 10000 dernières années, une goutte d‟eau infiltrée par la
surface de l‟argile aurait parcouru le chemin surface de l‟argile/rivière environ 14 fois en
traversant respectivement les couches d‟argile, de till et roc.

Sur le site 4, le relevé des charges dans l‟argile ainsi que le calcul du gradient hydraulique
confirme l‟écoulement ascendant de l‟eau. Néanmoins, la vitesse d‟écoulement ne dépasse pas
17 m par 10000 ans. Pour les autres sites, on constate des gradients identiques sur les sites 3 et 1
avec de très faibles vitesses d‟écoulement (5 m/10000 ans) alors que sur le site 2, la vitesse est
plus grande mais reste toutefois très faible.
309

Tableau 6.1: Gradients hydrauliques et vitesses d'écoulement dans la couche d‟argile pour le
modèle actuel

Vitesse d'écoulement Sens de Distance de la


Site Gradient i cm/an m/10000 ans l'écoulement rivière, m
6 0,2436 2,305 230 vers le bas 100
4 0,0178 0,169 17 vers le haut 3200
1 0,0052 0,050 5 vers le bas 5400
2 0,0294 0,278 28 vers le bas 5900
3 0,0053 0,050 5 vers le bas 7100

La modélisation des écoulements avant l‟érosion de l‟argile avec le Logiciel Seep/W a permis
d‟obtenir les résultats présentés dans le tableau 6-2 ci-dessous.

Tableau 6.2: Gradients hydrauliques et vitesses d'écoulement dans l'argile pour le modèle post
érosion

Vitesse d'écoulement Sens de Distance de la


Site Gradient i cm/an m/10000 ans l'écoulement rivière, m
X1 0,700 6,623 662 vers le bas 100
X2 0,110 1,041 104 vers le bas 1000
X3 0,046 0,435 44 vers le bas 1500
X4 0,020 0,189 19 vers le bas 2000
On constate tout d‟abord que contrairement à ce qu‟on a pu lire dans la revue de littérature, et
notamment dans Desaulniers et al. (1980), l‟hypothèse de considérer des conditions
d‟écoulement constantes depuis le dépôt des argiles (10000 ans) ne serait pas valable dans notre
cas. En effet, la topographie actuelle de la région a engendré la diminution des vitesses
d‟écoulement des eaux dans l‟argile et une inversion du sens d‟écoulement et notamment dans la
région du site 4. Cet écoulement ascendant n‟a pas été constaté dans le modèle avant érosion.
Aussi, on remarque que plus on s‟éloigne de la rivière, moins la vitesse d‟écoulement est
importante ce qui n‟est pas le cas dans le modèle représentant les conditions actuelles et où on a
constaté que l‟effet de la topographie (sites 1, 2 et 3) influence plus la vitesse d‟écoulement que
la proximité de la zone de décharge.
310

Enfin, le point commun entre les deux cas (avant et après érosion) réside dans le fait que
l‟écoulement dans la couche d‟argile est très lent. En effet, à l‟exception des zones se situant à
quelques dizaines de mètres de la zone de décharge, les écoulements sont très lents dans la
couche d‟argile. Par contre, un écoulement est constaté pour tous les gradients allant de 0,005 à
0,7 ce qui vient encore démentir l‟hypothèse de gradient critique ou seuil émise dans les années
1980 par certains auteurs et notamment par Tavenas et al. (1983) qui, pour des argiles de
Matagami ont supposé un gradient seuil de 0.07.

6.5 Échantillons d’eau souterraine circulant dans l’argile et le roc


Afin de pouvoir tracer le profil des concentrations des différents ions majeurs dans la couche
d‟argile et connaitre leur concentration dans le roc, il est nécessaire de réaliser des analyses
chimiques d‟échantillons d‟eau provenant de ces formations à diverses profondeurs. Ces
échantillons d‟eau doivent être représentatifs du milieu dont ils proviennent et leurs propriétés
ne doivent être altérées par aucun facteur relié à la méthodologie d‟échantillonnage.

Dans l‟argile, l‟échantillonnage de l‟eau dans les piézomètres n‟est pas recommandé, voire
déconseillé. D`une part, on a relevé plusieurs problèmes reliés à l‟échantillonnage de l‟eau dans
les piézomètres dans l‟argile, d‟autre part, il est antiéconomique de placer des piézomètres tous
les mètres en allant de la surface au fond de la couche d‟argile quand l‟épaisseur de cette
dernière atteint 20 m par exemple.

L‟échantillonnage de l‟eau dans la couche d‟argile ne permet pas d‟obtenir des échantillons
d‟eau représentatifs du milieu. Tout d‟abord, la faible conductivité hydraulique des argiles (10-9
m/s) fait que le renouvellement et la circulation de l‟eau dans les piézomètres sont très lents.
Cela rend d‟une part les quantités d‟eau disponibles peu abondantes surtout qu‟on évite
d‟assécher les piézomètres pour ne pas fracturer l‟argile, d‟autre part, cela nécessite beaucoup de
temps pour pouvoir obtenir des volumes d‟eau à échantillonner.

Avant d‟échantillonner l‟eau souterraine, il est impératif que certains paramètres et notamment,
le pH, la conductivité électrique (salinité) et température soient stables et constants dans toute la
colonne d‟eau dans le piézomètre. Vu que l‟eau se régénère très lentement, ces paramètres sont
variables dans la colonne d‟eau surtout quand la salinité des eaux est élevée. En effet, grâce à
une sonde (pH, salinité et température), on a suivi l‟évolution de ces trois paramètres par
rapport à la profondeur de l‟eau dans le piézomètre. Les résultats sont concluants : la salinité et
311

le pH augmentent d‟une manière importante à l‟approche de la crépine. Par contre, la


température finit par se stabiliser après environ 1m de profondeur dans la colonne d‟eau, mais
cela est dû au fait que les essais ont été effectués au mois d‟Avril, il est donc normal que l‟eau à
la surface soit moins élevée que dans le reste de la colonne d‟eau. L‟augmentation de la salinité
et du pH à l‟approche de la zone crépinée dans des eaux aussi salées que les eaux dans l‟argile
Champlain de la région de Lachenaie est expliquée par la possible diffusion des sels de l‟argile
vers l‟eau de la crépine et du tuyau, ainsi qu‟une précipitation des sels vers le bas du tuyau par
exclusion des sels pendant le gel ou par différence de densité.

Pour toutes ces raisons, on déconseille fortement l‟échantillonnage direct dans les piézomètres
installés dans la couche d‟argile et on recommande de recueillir des échantillons d‟eau par
extraction à partir d‟échantillons d‟argile intacte.

Peu de méthodes documentées et normalisées existent concernant l‟extraction d‟eau interstitielle


d‟argiles. Pour cela, on a dû développer nos propres dispositifs d‟extraction. Le premier
dispositif, dit à ``basses pressions``, utilise des pressions d‟extraction allant de 20kPa à 700 kPa.
Le second dit à`` haute pression`` permet d‟appliquer des pressions allant de 850 kPa à 30 MPa.

La mise au point de ces deux dispositifs a permis de constater que jusqu‟à 800 kPa, la pression
d‟extraction n‟influence pas la chimie de l‟eau extraite. À partir de cette pression, on constate
que mis à part pour les chlorures, la concentration de tous les autres ions ainsi que le pH de l‟eau
changent avec la pression. Cela peut avoir différentes explications : Les conditions
thermodynamiques peuvent changer. Aussi, dans le dispositif à haute pression, on manipule une
argile remaniée: cela engendre la destruction de liaisons et la création de nouvelles ce qui peut
aussi expliquer le changement de la chimie de l‟eau. Enfin, la consolidation de l‟argile engendre
la diminution de la porosité. On peut donc présumer que certains ions, et notamment ceux avec
des grands rayons ioniques, ont moins de mobilité que pendant la phase post consolidation. La
consolidation engendre aussi une cémentation qui peut aussi être responsable de ces variations
de concentration avec la pression d‟extraction.

On a donc utilisé le dispositif à ``basses pressions`` avec une pression d‟extraction maximale de
800 kPa. La procédure de préparation de l‟échantillon et l‟extraction peut être résumée de la
manière suivante:

 Un échantillon d'argile d'une longueur variant entre 18 cm et 23 cm est utilisé afin


d'obtenir un échantillon d'eau d'environ 100 mL. Ce volume est le minimum nécessaire pour
312

réaliser l'ensemble des analyses soit les analyses des ions majeurs, des isotopes deutérium, 18O et
carbone 14.

 Le cylindre d'argile est déposé sur une surface préalablement nettoyée et est coupé avec
un fil (désinfecté) en acier en tranches d'environ 1 cm d'épaisseur.

 Pendant toutes ces étapes, le manipulateur doit porter des gants et éviter de contaminer
l'échantillon d'argile

 Sur une cellule d'extraction dont toutes les composantes ont été nettoyées, on empile les
tranches d‟argile (figure 3.7) préalablement découpées en les séparant par un papier filtre dont le
diamètre est égal au diamètre de la tranche d'argile. Deux papiers filtres sont aussi placés aux
deux extrémités de l'échantillon. Ces papiers filtres qui séparent les tranches serviront, une fois
la pression exercée, à drainer verticalement l'eau expulsée par chaque échantillon.

 Une fois que toutes les tranches d'argile ainsi que les papiers filtres ont été agencés et
placés, on enveloppe le cylindre d'argile dans une feuille de papier filtre. Cette dernière
permettra de drainer les eaux interstitielles vers le bas de l'extracteur et donc vers la sortie.

 L'ensemble est ensuite inséré dans une membrane dont la longueur est supérieure de 4 à
5cm à la longueur de l'échantillon d'argile. Ce surplus permettra de placer les joints (o-rings)
pour fixer la membrane sur la tête et la base de la cellule et empêcher alors le passage de l'eau
dans la cellule d'extraction à l'échantillon.

 La cellule est ensuite fermée, remplie d'eau et le connecteur de pression est placé.

 Enfin, on exerce des paliers de pression commençant à 40 kPa et augmentant de 20 kPa


toutes les 2 hr jusqu'à une pression de 150 kPa. Ensuite, on augmente la pression par paliers de
100kPa toutes les 24 hr jusqu'à la pression maximale de 800 kPa. On augmente la pression par
paliers afin d'éviter de provoquer une érosion interne de l'argile.

 Notons que la sortie est connectée à une éprouvette en verre stérilisé et mise sous vide
avec un tube et une seringue.

 Aussi, les premiers 10 mL d'eau interstitielle récupérés ne sont pas utilisés pour les
analyses.

Dans le roc, l‟échantillonnage de l‟eau souterraine se fait directement dans les piézomètres. Une
fois purgés, le suivi de l‟évolution du pH et de la salinité dans la colonne d‟eau dans le
313

piézomètre a démontré que ces derniers ne variaient pas avec la profondeur d‟eau. Les mêmes
valeurs sont constatées près de la surface de l‟eau et dans la crépine. La norme ASTM D 6771
donne un descriptif détaillé de la méthode de purge suivie dans ce projet. On va toutefois
présenter un certain nombre de recommandations et de constats observés lors de nos campagnes
d‟échantillonnage.

L‟objectif de la purge est d‟obtenir un échantillon d‟eau souterraine dont les caractéristiques
sont identiques à l‟eau souterraine circulant dans le roc. L‟eau échantillonnée ne doit en aucun
cas être altérée par des facteurs causés par les opérations de forage ou par l‟installation des
piézomètres. Parmi ces facteurs figurent l‟augmentation du pH de l‟eau provoqué par le contact
de l‟eau avec le ciment échappé pendant la construction du piézomètre, l‟apparition de métaux
dont l‟origine provient de la bentonite ayant servi au scellement du piézomètre ou une
augmentation de la turbidité causée par la nature même de l‟argile.

On suppose tout d‟abord que le nettoyage des piézomètres, ainsi que le développement de ces
derniers ont été correctement effectués. Cela est nécessaire afin d‟extraire toute l‟eau de forage
ainsi que les particules en suspension dont l‟origine est autre que la formation géologique à
échantillonner. Par exemple, on peut rencontrer des particules d‟argile qui se sont déposées au
fond du piézomètre à la suite des opérations de forage. Aussi, on considère que le scellement du
piézomètre empêche toute infiltration d‟eaux à partir de la surface ou des formations
géologiques adjacentes.

Les recommandations émises à la suite des divers travaux de terrain sont :

 Utiliser un tubage dédié à chaque puits pour la purge et l‟échantillonnage. Cela diminue
considérablement les risques de contamination.

 Éviter d‟utiliser des ``bailers`` ou des pompes à vessie pour ne pas perturber l‟équilibre
dans la colonne d‟eau dans le piézomètre et augmenter la turbidité dans la colonne d'eau dans le
piézomètre. La filtration de l'eau pour enlever la turbidité peut altérer la chimie de l'eau (Puls et
al. 1992; Heidlauf et Bartlett, 1993). On recommande l‟usage d‟une pompe péristaltique. Le
plus gros atout de ce type de pompe est que le seul élément de la pompe en contact avec
le produit pompé est l'intérieur du tube. Ce qui permet de déplacer l‟eau sans risque
de contamination en plus de la grande précision de débit qu‟on peut obtenir.

 La pompe utilisée doit être capable de fournir des débits constants et faibles (souvent
inférieur à 1L/min)
314

 La connaissance des caractéristiques du forage et des piézomètres est cruciale. Des


informations telles que la profondeur et la longueur de la crépine sont importantes.

 Le tube de purge/d‟échantillonnage doit être placé au niveau de la crépine (idéalement au


centre). L‟eau circule et se renouvelle au niveau de la crépine alors qu‟en dessus de cette
dernière, l‟eau a tendance à se renouveler moins rapidement.

 Le débit de pompage doit être maintenu pendant toute la durée de la purge et de


l‟échantillonnage inférieur à la recharge naturelle afin de minimiser le rabattement de la nappe.

 Le suivi de l‟évolution du niveau d‟eau en continu pendant la purge pour s‟assurer


d‟avoir un rabattement minimal de la nappe.

 La purge est nécessaire avant tout échantillonnage d‟eau souterraine.

 Il n‟y a pas de volumes d‟eau recommandé à extraire pour purger un piézomètre. Cela
dépend de la conductivité hydraulique, du degré de fracture du roc, du volume d‟eau injecté
pendant le forage,…

 La stabilisation des paramètres pH, conductivité électrique (salinité), température et


oxygène dissous est le seul indicateur qui permet de conclure que le piézomètre est
suffisamment purgé.

 Dans les zones froides, il est préférable d‟éviter les périodes de gel et de dégel pour
purger et échantillonner les eaux souterraines.

 Il serait recommandé de suivre aussi l‟évolution de l‟oxygène dissout en plus du pH, de


la température et de la conductivité hydraulique. La concentration en oxygène dissous est un
paramètre essentiel dans le maintien de la vie, et donc dans les phénomènes de dégradation de la
matière organique et de la photosynthèse. L'oxygène dissous est donc un paramètre utile dans le
diagnostic biologique du milieu.

Les avantages de la micropurge sont multiples: au niveau du piézomètre, l'intégrité des


matériaux filtrants ainsi que le scellement du piézomètre sont conservés. On minimise aussi le
mouvement des sédiments dans le piézomètre ce qui, à long terme, réduit le besoin de
maintenance. Concernant la qualité de l'eau, cette dernière est améliorée avec la micropurge, car
la turbidité est réduite. Le dégazage et la volatilisation sont aussi minimisés.
315

6.6 Chimie de l’eau souterraine


Les analyses chimiques réalisées sur les eaux interstitielles dans l`argile et dans le roc permettent
de penser que depuis les 10000 dernières années, c'est-à-dire depuis le dépôt des argiles
Champlain, il y a eu une évolution de la chimie de l'eau à travers la couche d'argile. En effet, les
faciès obtenus avec le diagramme de Piper montrent que les eaux souterraines présentes dans le
roc, sont de type Na-Cl alors qu'à la surface de l'argile, l'eau est de type ``ions mixtes-HCO3``
sauf dans les sites les plus lessivés (mince couche d'argile) dont notamment le site 8, où il y a
présence d'une eau de type Ca-HCO3. Dans le roc, le faciès de l'eau se rapproche du pole
caractéristique des eaux de la Mer Champlain, présentes pendant le dépôt des argiles. Cette
évolution montre qu'il n'y a pas eu juste dilution des eaux de mer, mais qu'il y a eu plusieurs
processus qui ont intervenus: on penserait notamment à la diffusion moléculaire et à des
réactions redox et pas seulement l'advection.

Les profils de concentrations des ions majeurs dans l'argile et dans le roc montrent clairement
que les concentrations des ions Na+, Cl- augmentent considérablement en fonction de la
profondeur et continuent à augmenter dans l'eau dans le roc où on retrouve des concentrations se
situant entre 35% et 50% dans les sites dont la couche d'argile est épaisse et entre 10% et 20%
dans les sites où l'argile a été lessivée par l'apport de l'eau douce infiltrée par la surface. Le
rapport Cl/Na reste constant dans toutes les eaux analysées qu‟elles proviennent des
piézomètres dans le roc ou de l‟eau interstitielle d‟argile. Il est proche du ratio 1.2 trouvé dans
l'eau de mer. Cela laisse à penser qu'une partie de l'eau interstitielle dans l'argile et l'eau dans le
roc proviendrait de l'eau salée de la mer de Champlain.

Un autre indice qui confirme la présence d'eaux d'origines marines est les teneurs en ions iodures
et bromures dans les eaux échantillonnées. L'iode entre dans l'atmosphère via l'évaporation de
l'eau de mer et est distribué à la surface du globe par l'eau de pluie. La concentration des iodures
augmente aussi avec la profondeur de l'argile et dans le roc. Cela laisse penser que les eaux de
pluie s'infiltrant par la surface diluent les concentrations d'iodures dans les horizons superficiels
de l'argile.

Un dernier outil qui permet cette fois de confirmer l'origine marine des eaux interstitielles dans
l'argile et dans le roc est le rapport Br-/Cl-. Ces deux ions étant non réactifs, ils ne se sont pas
altérés par les diverses réactions produites depuis 10000 ans. Le ratio Br/Cl dans les eaux
analysées, proche du ratio dans les eaux de mer, permet d'écarter l'hypothèse que les chlorures
316

proviennent de la dissolution d'halites. Les seules sources possibles sont l'eau de mer ou l'eau de
pluie infiltrée dans le sol. Pour les ions Mg2+ et K+, la concentration augmente avec la
profondeur dans l'argile. Par contre, elle diminue dans le roc.

L'objectif principal du projet étant d'expliquer les mouvements des chlorures depuis la formation
des argiles et le retrait de la mer Champlain il y a de cela 10000 ans BP, il faut donc donner une
chronologie des événements et processus ayant eu lieu durant toute cette période.

Juste après le retrait de la mer Champlain, la région a été envahie par le lac Lampsilis, un grand
lac d'eau douce (Elson 1988), qui a persisté pendant environ 3000 ans. La présence de cette
masse d'eau douce à la surface de la couche d'argile a d'une part enclenché le processus de
diffusion des ions depuis la couche d'argile vers la surface, et donc vers les eaux douces du lac.
D'autre part, et selon le sens du gradient hydraulique présent à l'époque, et qu'on ne peut
malheureusement pas évaluer, il y aurait eu infiltration de ces eaux douces du lac dans les argiles
Champlain ou sortie des eaux interstitielles dans l'argile vers le lac: il se peut aussi que ces deux
processus se soient produits car les gradients hydrauliques ont du s'inverser par moments.
Comme on a pu le constater dans la modélisation numérique avec Seep/w, l'érosion est un des
facteurs responsables de l'inversion du gradient hydraulique.

Les bicarbonates sont aussi un important paramètre à analyser. Les concentrations des HCO 3-
sont plus élevées dans les eaux interstitielles et dans les eaux dans le roc que dans les eaux de
mer. Au même temps, les sulfates SO42- sont très faibles par rapport aux eaux de mer, voir même
quasi absentes, dans certains cas car leurs concentrations étaient inférieures à la limite de
détection du laboratoire.

D'après les études menées par Desaulniers et Cherry (1988), ces deux phénomènes (production
de bicarbonates et faibles concentrations de sulfates) seraient liées. En effet, les faibles
concentrations en sulfates sont causées par leur réduction par des bactéries sulfato-réductrices
qui consomment la matière organique emprisonnée dans l'argile. La réaction engendre une
production de bicarbonates selon l`équation proposée par Stumm et Morgan (1979):

1 1 ∆ 3
2𝐶𝐻2 𝑂 + 𝑆𝑂42−+2 𝐶𝑎𝐶𝑂3 + 4 𝐶𝑎𝑀𝑔(𝐶𝑂3 )2 3𝐻𝐶𝑂3− + 4 𝐶𝑎2+ +
(1.119)
1 2+ −
𝑀𝑔 + 𝐻𝑆
4

CH2O représente la matière organique labile.


317

Les sulfates, principaux réactants dans l'équation (1.119) ci-dessus, peuvent provenir du
mélange de l'eau de mer avec de l'eau douce (Appelo et Postma 2005).

Cette production de bicarbonates peut être aussi causée par plusieurs facteurs: Réginensi (2009)
a montré à l'aide d'essais de lessivage réalisés au laboratoire, sur les mêmes argiles Champlain
étudiées dans cette thèse, une production de HCO3- au fur et à mesure que le lessivage des
argiles se faisait. Ce constat permet d'expliquer partiellement le taux important de bicarbonates
dans les eaux interstitielles d'argile. On s'attend donc à une augmentation de ces concentrations
avec le temps et surtout dans les zones où la couche d'argile est mince et/ou le gradient
hydraulique est élevé car le lessivage de la couche y sera plus fréquent. Une autre explication
est donnée par Domenico et Schwartz (1998): la production des bicarbonates peut être causée
par des réactions de réduction et notamment par méthanogènes bactérienne ou par la
décarboxylation abiotique. Ce qui est surement le cas dans la région de Lachenaie où plusieurs
recherches ont confirmé la présence de plusieurs poches de méthane. Cela fut aussi constaté par
les foreurs lors de la réalisation des forages pour le projet.

La réduction des sulfates conduit quant à elle à la formation de monosulfures de fer métastables
(Donovan et Lajoie, 1979) qui se transforment en pyrite ce qui expliquerait les taches noires
apparues sur certains échantillons d'argile et qui finissent par se transformer en hydroxydes de
fer. Il faut donc porter une attention particulière à ce phénomène car les résultats des analyses
d'eau interstitielle pourraient sérieusement être biaisées si la couche d'argile oxydée n'est pas
retirée avant l'extraction.

6.7 Analyses isotopiques de l'eau souterraine


Les molécules d'eau H218O et 2H216O sont considérées par plusieurs auteurs (Fritz et Fontes
1980, Kazemi et al. 2006, Clark et Fritz 1997) comme étant des traceurs non-réactifs dans des
températures inférieures à 60 oC. La relation qui relie δ18O à δ2H montre que cette dernière est
linéaire, mais ne coïncide ni avec la ligne locale des eaux météoriques (LMWL) ni avec la ligne
globale des eaux météoriques (GMWL) (Craig, 1971). Cela prouve que l'eau a subi des
changements à cause de l'interaction eau/roche, de l'évaporation ou à cause de la présence
d'autres sources d'eau (fonte de glaciers et eau de mer).
Les analyses du δ18O permettent de déterminer les zones d'eau de différents âges, à une échelle
régionale, couvrant la zone d'étude étudiée lors de ce projet. Cela permettra essentiellement de
déterminer l'influence des facteurs hydrogéologiques sur la distribution des eaux Pléistocènes ou
318

anciennes et l'emplacement des eaux modernes. Le profil de δ18O dans la couche d'argile et dans
le roc montre que ces valeurs sont presque constantes dans toute la couche d'argile et dans le roc
et ne sont pas influencées par l'épaisseur de la couche d'argile. Elles varient entre -11‰ et -
8.5‰. Cela montre que les eaux contenues dans l'argile et circulant dans le roc ont toutes la
même origine. Enfin, il apparait que l‟origine de l‟eau provient de 3 différentes sources. D‟après
la figure 4.91, quand on trace la salinité (TDS) versus δ18O, on constate que les points de l‟eau
interstitielle se situent en dessous de la ligne de mélange des eaux de mer et de fonte de neiges
(Hillaire-Marcel, 1988). Donc, on conclut qu‟il existe une troisième source d‟eau, en plus des
eaux de mer et des eaux de fonte de glaciers, qui dans notre cas ne peut être que les eaux de
précipitation. Cela a aussi été confirmé par Woodley (1996) pour des argiles Champlain.
18
La méthode utilisant les isotopes O et 2H ne permet pas d'obtenir les âges des eaux
souterraines. On a donc du utiliser la méthode de datation directe avec le carbone-14.

La datation des eaux souterraines dans l'argile et le roc montre que ces eaux sont très anciennes
(jusqu'à 30000 B.P dans le roc). Il apparait aussi que dans le roc, l'eau est plus jeune quand on se
rapproche de la rivière des Mille-Îles vers le Sud, c'est à dire, quand la couche d'argile est plus
mince. Cela est sans doute dû au fait que dans ces zones, les eaux de surface s'infiltrent dans
l'argile et atteignent plus rapidement le roc que dans les zones dont l'épaisseur d'argile est
supérieure. L'eau dans le roc est alors diluée et son âge apparent est diminué.

Le problème avec cette méthode réside dans le fait que cette dernière se base sur la
concentration de carbone inorganique. Or, celle-ci est faussée par la production biotique de
bicarbonates au fur et à mesure de la progression du lessivage des argiles (Reginensi 2009) et de
la consommation des sulfates. C'est pour cela que des études bactériologiques et géochimiques
devraient être réalisées afin de déterminer l'influence de la concentration en HCO3 sur l‟âge
obtenu.

6.8 Modélisation numérique


L'utilisation d'un modèle numérique d'écoulement des eaux souterraines a permis, à partir des
hypothèses émises sur l'évolution de la topographie dans la région de Lachenaie ces 10000
dernières années, de constater une évolution du régime hydrogéologique dans la région. En effet,
l'érosion au niveau de la surface de la couche d'argile a engendré une importante dénivellation
(17 m sur 4000 m). La conséquence sur le régime hydrogéologique est l'inversion du gradient
319

hydraulique dans certaines zones et l'apparition de points de résurgence de l'eau souterraine.


Dans tous les cas, l'écoulement dans la couche d'argile est subvertical alors que dans le roc ce
dernier est subhorizontal est dirigé vers la zone de décharge.

L'analyse du modèle d'écoulement actuel permet de subdiviser la région en deux zones: une zone
où les eaux infiltrées remontent vers la surface et une deuxième zone où les gouttes d'eau
infiltrées par la surface finissent leur course à la rivière des Mille-Îles via le roc. Les fluctuations
du niveau de la rivière n'influence pas les conditions hydrogéologiques de la zone d'études.
L'écoulement dans la couche d'argile est certes lent mais non négligeable, car d'importants
volumes d'eau, estimés à 1.34.104 m3/an (sur 7 km environ), transitent chaque année par la
couche d'argile pour rejoindre le till et le roc sous-jacents. La carte piézométrique, réalisée à
partir du suivi des fluctuations des niveaux d'eau dans un réseau de piézomètres installés dans le
roc et dans le till, permet de s'apercevoir de l'existence de deux lignes de partage des eaux au
niveau du site de BFI-Lachenaie. Il est à noter que les niveaux piézométriques sur le site
d'enfouissement sont fortement influencés par les activités d'excavation de cellules dans l'argile
et par le remplissage de ces dernières par des déchets de plusieurs natures.

La modélisation de la migration des chlorures permet à partir de la compilation de plusieurs


résultats d'analyses et d'essais, de dire que le processus de transport se fait par deux mécanismes:
la diffusion et l'advection. Cette dernière parait évidente dans le roc vu les vitesses d'écoulement
des eaux. Dans l'argile, on constate que même si les vitesses d'écoulement et les gradients
hydrauliques y sont faibles, la composante ``advection`` contribue à la migration des chlorures
dans l'argile.

Le calage des résultats obtenus avec la modélisation numérique avec les données obtenues in
situ n'est pas possible. Pour cause, la méconnaissance de l'épisode d'érosion et le passage d'une
topographie plate dans la région de Lachenaie vers la topographie actuelle caractérisée par
d'importantes dénivellations. Par contre, l'évolution des concentrations des chlorures dans le roc
et dans l'argile en utilisant différents scénario et hypothèses rend l'option ``diffusion et
advection`` l'unique option pour justifier l'évolution des concentrations depuis leur état initial au
profil actuel. Les différents épisodes qu'a connu la région de Lachenaie et notamment, le retrait
de la mer Champlain, l'apparition et la disparition du lac Lampsilis et l'érosion de l'argile rendent
le calage de ce modèle difficile. D'autant plus que tous ces épisodes ne sont pas précis dans le
temps et ne sont pas décrits avec précision dans la littérature. On a toutefois pu expliquer, dans
un ordre chronologique, la succession des processus qui ont contrôlé la migration des chlorures.
320

Les argiles se sont déposées dans un milieu marin caractérisé par une salinité évaluée à 27‰.
L'eau salée et riche en NaCl, est restée emprisonnée dans l'argile, le till et dans le roc. Juste après
le retrait de la mer Champlain, la région a connu l'apparition du Lac Lampsilsis (Elson 1988)
puis sa disparition après 3000 ans. Pendant cette durée, les chlorures ont diffusé vers les eaux
douces du lac. Au même moment, les eaux du lac se sont infiltrées dans l'argile provoquant une
légère dilution de la concentration des chlorures en haut de la couche d'argile. Avec la
disparition du Lac, les processus de diffusion et d'advection continuent d'une part, à cause du
contraste de concentrations et d'autre part, à cause de l'infiltration des eaux de pluie et de fontes
des neiges. Le processus d'advection a été influencé par le changement des conditions
hydrogéologiques dans la région causé par l'évolution de la topographie dans la région.
321

CONCLUSIONS

Au delà de l'atteinte des objectifs techniques du projet, cette thèse a été l'occasion de démontrer
que l'utilisation de méthodes intégrées faisant appel à plusieurs disciplines (hydrogéologie,
géotechnique, géochimie, géologie,...) et spécialités, donnait une vision plus globale de certaines
problématiques et évitait d'aborder les problèmes selon des approches standards et conservatrices.
La modélisation numérique a été une importante valeur ajoutée, qui a permis de vérifier plusieurs
hypothèses émises au début du projet et surtout, elle a permis de comprendre ce qui s'est passé
depuis 10000 ans et se projeter dans le futur pour prédire la suite de l'évolution des choses.

Il a ainsi été possible de répondre à la principale question de recherche en se fixant plusieurs


objectifs intermédiaires. Un point fort de cette recherche fut le développement de méthodes
pratiques, utilisables par les ingénieurs et les scientifiques, et notamment la mise au point d'un
extracteur d'eau interstitielle dans l'argile et la contribution à enrichir les méthodes
d'échantillonnage d'eau souterraine.

Les résultats de cette thèse vont permettre aux ingénieurs et concepteurs d'ouvrages de génie
civil, travaillant avec des argiles Champlain, de mieux comprendre les conditions d'écoulement
des eaux souterraines et de la migration des chlorures dans les argiles Champlain. En plus, ces
résultats permettront de fournir des éléments de réponse à la problématique des eaux salées et
impropres à la consommation présentes dans le roc dans le secteur de Lachenaie. Les populations
pourront comprendre maintenant que la salinité de leur eau, est causée par un héritage géologique
et non par la contamination par l'activité humaine.

Toutefois, cette thèse pourra être le point de départ de plusieurs autres projets qui traiteront en
profondeur des problématiques auxquelles cette thèse n'a donné que des réponses partielles et
notamment dans le domaine de la géochimie et l'étude bactériologique des eaux souterraines et de
l'eau interstitielles. Aussi, un modèle numérique en 3-D permettra de mieux comprendre
l'ensemble des phénomènes étudiés mais cette fois, à une plus grande échelle. Des améliorations
et des nouvelles procédures pourront être apportées aux méthodes décrites et utilisées dans cette
thèse. On propose de:

 Effectuer des analyses de Tritium 3H. Le tritium est le seul traceur qui fait partie de la
molécule d'eau. La présence de ce dernier est une preuve que l'eau analysée est d'origine
322

météorique. Cette méthode est souvent utilisée pour déterminer la profondeur


d'infiltration.

 Échantillonner l'argile avec des méthodes évitant toute contamination afin de pouvoir
effectuer des analyses bactériologiques.

 Analyser l'eau interstitielle pour déceler toute activité bactériologique.

 Conduire plus d'essais pour mieux connaitre les propriétés du roc et du till

 Échantillonner l'eau souterraine dans les puits des particuliers dans la région

 Installer une dizaine de piézomètres afin de densifier le réseau actuel et éviter de faire
beaucoup d'interpolations quand on réalise la carte piézométrique.

 Effectuer des études géochimiques et étudier le type d'interactions argile/eau

 Faire de la modélisation numérique en utilisant d'autres espèces ``réactives `` comme le


sodium (Na+) et le magnésium (Mg2+)

 Condamner les piézomètres dans l'argile avec de la bentonite en y laissant un capteur de


pression à l'intérieur afin de stabiliser le niveau d'eau dans les piézomètres dans l'argile,
faire l'évolution du niveau d'eau dans l'argile et pouvoir calculer les gradients
hydrauliques moyens.

Toutes ces modifications permettront, sans doute, de prospecter des nouvelles voies et d'apporter
d'importantes contributions à ce sujet.
323

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358

ANNEXE 1 – Diffractogrammes (DRX)

Figure A1.1 : Diffractogramme de l‟échantillon 02R5.65

Figure A1.2 : Diffractogramme de l‟échantillon 02R11.17.


359

Figure A1.3 : Diffractogramme de l‟échantillon 02R14.86.

Figure A1.4 : Diffractogramme de l‟échantillon 02R23.20.

Figure A1.5 : Diffractogramme de l‟échantillon 06R4.46.


360

Figure A1.6 : Diffractogramme de l‟échantillon 06R5.61.

Figure A1.7 : Diffractogramme de l‟échantillon 06R8.70.

Figure A1.8 : Difractogramme de l‟échantillon 01R32.7 (roc)


361

Figure A1.9 : Diffractogramme de l‟échantillon 02R30.9 (roc)

Figure A1.10 : Diffractogramme de l‟échantillon 02R30.0 (roc)


362

ANNEXE 2 – Article Benabdallah et al. (2007)


363
364
365
366
367
368

ANNEXE 3 – Analyses chimiques et isotopiques de l’eau


Delta
Na K I CID Delta 2H
Prof Ca Mg TDS Cond Cl SO4 Alcalinité Bicarbonates Br Na/ COT 18O
Forage el. (m) mg/ mg/ pH mg/ Br/Cl (mg/L (VSMO
.(m) mg/L mg/L g/L * mS/cm mg/L mg/L mg/L mg/L (mg/L) Cl (mg/L) (VSM
L L L ) W)
OW)
02R 2,29 19,63 78 6 35 11 -- 7,1 -- 161 -- -- -- -- -- 0,48 -- -- -- -- --
el. 21,92
3,81 18,11 370 14 44 28 -- 7,3 -- 430 7,6 360 -- 0,7 -- 0,86 -- -- -- -77,4 -10,43
m
6,86 15,06 890 32 31 46 -- 7,6 -- 980 25 540 490 1,4 1,5 0,43 0,0016 23 11,5 -37,18 -5,24

9,91 12,01 1300 45 30 68 -- 7,5 -- 1600 130 690 690 2,0 -- 0,81 -- -- -- -73,7 -10,17
11,4
10,49 1650 51,5 26 61,5 -- 8,0 -- 2000 15 705 670 3,7 3,5 0,84 0,0019 80 17,5 -36,63 -5,1
3
14,4
7,44 2050 63,5 36 86 -- 8,3 -- 2900 26 905 830 4,5 9 0,71 0,0030 190 46 -75,05 -10,1
8
16,0
5,92 2200 75 40 110 -- 8,0 -- 3000 36 950 -- 2,8 -- 0,73 -- -- -- -74,3 -10,03
1
19,3
2,53 2800 100 54 180 -- 7,1 -- 4600 13 530 -- 5,7 -- 0,61 -- -- -- -74,3 -9,83
9
21,6
0,24 3000 99 55 190 -- 8,0 -- 4800 21 1200 -- 7,1 -- 0,63 -- -- -- -71,7 -9,87
8
22,4
-0,48 3300 100 55 200 -- 7,6 -- 5100 25 1200 1100 6,1 -- 0,65 -- -- -- -71,1 -9,21
0
23,9
-2,04 3100 110 49 210 -- 7,8 -- 4500 93 1200 -- 7,5 -- 0,69 -- -- -- -73,0 -9,70
6
Puits 29 -7,08 5200 53 260 157 15,6 7,4 -- 9833 6,1 1167 1167 5,8 39 0,54 0,0035 260 17 -85,55 -11,975

03R 2,26 18,39 -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- --


el.
3,78 16,87 700 28 -- -- -- 7,1 -- 910 19 410 400 0,8 -- 0,77 -- -- -- -74,2 -10,24
20,65m
6,83 13,82 1700 58 64 140 -- 7,5 -- 3200 23 600 600 3,4 -- 0,53 -- -- -- -71,6 -9,99

8,36 12,29 2000 68 60 150 -- 7,2 -- 3600 35 730 720 3,4 -- 0,56 -- -- -- -74,4 -9,97
11,3
9,27 3000 96 79 240 -- 7,7 -- 5600 21 830 830 5,2 -- 0,54 -- -70 -9,68
8
12,9
7,75 3600 115 83 245 -- 7,8 -- 5500 23 745 745 5,2 18 0,73 0,0036 160 43 -68,7 -9,65
0
14,4
6,22 3500 120 88 280 -- 8,0 -- 6400 74 840 840 6,8 -- 0,55 -- -- -- -69,8 -9,74
3
17,4
3,17 4100 140 93 310 -- 8,2 -- 7000 16 890 890 7,5 -- 0,59 -- -- -- -70,3 -9,6
8
18,6
2,02 3800 120 100 300 -- 7,5 -- 7100 16 935 935 7,2 -- 0,54 -- -- -- -69,6 -9,39
3
19,3
1,26 4000 130 88 320 -- 7,4 -- 7300 13 880 880 6,9 -- 0,55 -- -- -- -70,5 -9,54
9
21,6
-1,03 4400 120 95 380 -- 7,4 -- 8800 7 930 930 7,1 -- 0,50 -- -- -- -69,2 -9,49
8
Puits 30,5 -9,85 5133 60 273 213 13,7 7,3 -- 8600 1,2 1167 1167 9,9 26 0,60 0,0027 -- -- -72,35 -10,225
369

05R 4,75 8,68 280 26 74 50 -- 7,7 -- 320 78 390 390 0,2 3 0,88 0,0094 -- -- -64,5 -8,04
el. 13,42
5,35 8,07 330 27 36 35 -- 8,0 -- 350 52 400 400 0,4 -- 0,94 99 25 -70,7 -9,6
m
7,25 6,17 780 50 110 120 -- 7,8 -- 470 10 2900 2900 0,8 3 1,66 0,0064 -- -- -66,1 -8,35

9,32 4,11 1500 65 120 190 -- 7,9 -- 760 9 1200 1200 1,5 8 1,97 0,0105 -- 1300 -76,8 -10,07
10,1
3,32 1100 43 26 49 -- 7,7 -- 820 31 920 920 2,7 6 1,34 0,0073 -- -- -71,2 -9,64
0
13,0
0,37 2100 76 130 150 -- 8,1 -- 1200 64 1100 1100 2,9 7 1,75 0,0058 -- -- -69 -9,18
5
13,9
-0,52 1100 36 12 30 -- 8,0 -- 1200 21 740 740 3,1 7 0,92 0,0058 190 100 -73,7 -10,02
4
14,5
-1,15 1300 39 13 36 -- 8,1 -- 1300 8 870 870 1,3 8 1,00 0,0062 -- -- -- --
7
19,8
Puits -6,44 2200 32 35 53 -- 8,2 -- 2800 -- 920 920 1,0 8 0,79 0,0029 -- -- -76,4 -10,5
6
01R 5,38 14,56 970 48 56 83 -- 7,8 -- 1100 340 560 560 0,6 5 0,88 0,0045 -- -- -78,8 -10,89
el. 19,93
7,41 12,52 1800 78 57 130 -- 7,9 -- 2800 410 590 590 2,3 9 0,64 0,0032 150 38 -- --
m
10,9
8,99 2600 110 73 180 -- 8,1 -- 2700 410 900 900 6,0 11 0,96 0,0041 -- -- -- --
5
13,0
6,87 3500 160 110 290 -- 7,9 -- 6900 980 750 750 14,0 19 0,51 0,0028 -- -- -72,6 -9,87
7
15,0
4,94 3400 160 120 310 -- 8,1 -- 3500 940 900 900 7,5 17 0,97 0,0049 -- -- -- --
0
16,3
3,63 3900 130 88 280 -- 7,8 -- 6400 550 540 540 13,0 22 0,61 0,0034 120 170 -71,3 -9,62
0
20,0
-0,10 -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -68,5 -8,86
3
33,0
Puits -13,07 5500 57 390 226 15,72 7,3 -- 9470 0,2 710 710 3,4 29 0,58 0,0031 -- -- -70,2 -9,665
0
04R 2,93 8,84 1600 61 -- 95 -- 7,6 0,4 2500 56 490 490 9,2 9 0,64 0,0036 140 29 -77,2 -10,09
el. 11,77
3,35 8,42 1683 66 112 72 -- 7,6 0,3 1550 45 570 570 2,5 6 1,09 -- 170 -71 -9,82
m
4,81 6,97 2100 67 -- 120 -- 8,4 0,51 3400 31 560 560 3,7 12 0,62 0,0035 -- -- -75,83 -9,94

5,65 6,13 2820 88 78 170 -- 7,4 ND 4000 62 838 838 2,7 18 0,71 0,0044 -- -- -71,72 -9,5

5,88 5,89 2700 130 -- 200 -- 8,1 0,64 4500 210 690 690 4,4 16 0,60 0,0036 200 43

9,63 2,14 3400 100 -- 170 -- 7,5 0,78 5500 44,5 628 628 4,3 21 0,62 0,0038 -- -- -70,59 -9,21

9,94 1,84 3600 100 -- 180 -- 7,8 0,82 5600 55 530 530 4,3 22 0,64 0,0039 -- -- -68,76 -9,25
10,6
1,12 3500 100 -- 190 -- 8,0 0,83 6000 33 1200 1200 7,3 23 0,58 0,0038 -- -- -64,77 -9,11
5
12,3
-0,54 3600 140 -- 240 -- 7,7 0,91 5800 630 390 390 7,2 24 0,62 0,0041 130 32 -69,34 -9,33
1
20,1
Puits -8,39 3600 46 -- 150 -- 7,6 0,94 6500 -- 690 690 4 27 0,55 0,0042 210 -- -- --
6
20,1
Puits -8,39 4000 43 130 120 -- 7,3 -- 6500 -- 870 870 -- -- 0,62 -- -- -- --
6
Puits 20,1 -8,39 3100 44 140 130 -- 7,8 0,95 6600 -- 910 910 4 26 0,47 0,0039 200 7 -- --
370

20,1
[Link] -8,39 3567 44 135 133 -- 7,6 0,945 6533 -- 823 823 4 26,5 0,55 0,0040 205 7 -- --
6
FP-07-
2,47 8,49 150 9,3 -- 51 -- 7,8 0,079 350 86 200 200 0,59 1 0,43 0,0029 -- --
06R
el. 10,95
4,78 6,18 820 50 -- 69 -- 7,9 0,22 920 200 610 610 0,88 5 0,89 0,0054 200 23 -74,14 -10,42
m
5,82 5,14 780 43 -- 42 -- 7,8 0,61 1000 150 600 600 4 6 0,78 0,0060 -- -- -63,51 -8,9

6,41 4,55 1100 72 -- 86 -- 7,9 0,21 1900 480 600 600 3 10 0,58 0,0053 -- -- -71,74 -10,1

7,83 3,12 1500 65 -- 82 -- 8,0 0,36 2350 150 650 650 6,5 12 0,64 0,0051 -- -- -77,83 -10,04

8,41 2,55 1400 72 -- 76 -- 7,7 0,38 2500 77 570 570 1,7 13 0,56 0,0052 170 27 -69,37 -9,58
11,1
-0,17 1800 57 -- 85 -- 7,7 0,46 3100 46 450 450 2,1 14 0,58 0,0045 -- -- -68,8 -9,63
2
13,0
-2,11 3700 120 -- 220 -- 8,0 0,89 6600 210 470 470 3,8 27 0,56 0,0041 -- -- -- --
6
24,4
Puits -13,48 1700 20 45 32 -- 8,1 0,86 1900 ND 790 790 6,7 10 0,89 0,0053 -- -- -77,3 -10,5
3
24,4
Puits -13,48 1600 20 46 28 -- 7,7 2000 1 720 720 -- -- 0,80 -- -- -- --
3
Puits
F-92-3 1100 31 51 130 2,75 7,6 -- 1700 0,4 540 540 1,8 -- 0,65 -- -- -- -- --
BFI
Puits
F-00-5 4000 79 90 400 12,73 7,1 -- 8000 -- 1200 1200 8,9 -- 0,50 -- -- -- -- --
BFI
Puits
F-04-5 5500 56 330 170 14,04 6,7 -- 8000 -- 980 980 10 -- 0,69 -- -- -- -- --
BFI
Puits BFI
FP-OX 2800 94 90 48 -- 7,8 0,86 5700 17 1100 1100 8,7 22 0,49 -- 230 9 -- --
Bureau
08R 2,58 10,13 110 15 71 35 -- 7,3 0,061 23 220 750 750 0,2 -- 4,78 -- 94 -- -73,56 -10,38
el. 12,71
4,07 8,64 190 14 14 13 -- 7,5 0,061 44 84 680 680 -- -- 4,32 -- -- -- -70,08 -10,06
m
5,06 7,65 280 13 10 12 -- 7,6 0,066 63 12 790 790 -- -- 4,44 -- -- -- -70,9 -10,04
5,62
7,085 370 13 8,8 9,6 -- 7,6 0,07 69 41 970 970 -- -- 5,36 -- 190 54 -67,44 -9,63
5
6,79 5,92 260 14 12 14 -- 7,8 0,074 89 13 1000 1000 -- -- 2,92 -- -- -- -67,67 -9,48

7,06 5,65 340 14 12 14 -- 7,6 0,077 120 53 780 780 -- -- 2,83 -- -- -- -65,87 -8,64
16,2
Puits -3,56 630 9 14 7,7 -- 7,8 -- 530 1 750 750 -- -- 1,19 -- --
7
09R 2,56 12,97 620 29 67 89 -- 7,7 0,22 1100 8 850 850 0,5 2 0,56 0,0018 -- -- -70,76 -10,13

el.15,53m 5,14 10,39 1300 48 35 76 -- 7,4 0,38 2200 41 790 790 -- -- 0,59 -- -- -- -65,7 -9,66

7,36 8,17 1750 74 47 92 -- 7,5 0,55 3500 53 770 770 -- -- 0,50 -- -- -- -68,29 -9,61

8,92 6,61 2000 87 59 140 -- 7,6 0,64 4200 24 740 740 -- -- 0,48 -- -- -- -70,03 -9,64
10,2
5,3 2300 86 69 160 -- 7,6 0,72 4900 29 1100 1100 -- -- 0,47 -- -- -- -71,48 -9,66
3
14,2
1,245 2900 95 93 200 -- 7,5 0,87 7800 35 770 770 7,1 32 0,37 0,0041 -- -- -71,26 -9,59
85
371

15,4
0,1 2800 92 100 200 -- 7,6 0,89 6100 13 990 990 7,2 33 0,46 0,0054 180 28 -68,68 -9,78
3
16,4
-0,96 2900 94 110 210 -- 7,6 0,9 6300 20 710 710 -- -- 0,46 -- -- -- -71,31 -9,66
9
28,8
Puits -13,32 4300 55 130 250 -- 7,4 6800 -- 840 840 -- -- 0,63
5
07R 3,22 7,70 250 18 24 19 -- -- -- 330 35 400 400 0,2 1 0,76 0,0030 61 -- -69,28 -9,59

el.10,91m 4,81 6,10 410 25 23 25 -- -- -- 635 18 950 950 0,48 3 0,65 0,0047 68 -- -72,59 -10,06

5,77 5,15 550 28 26 30 -- -- -- 850 110 440 440 0,75 3 0,65 0,0035 76 -- -73,79 -10,02

6,36 4,55 560 27 23 26 -- -- -- 930 59 910 910 0,92 4 0,60 0,0043 83 -- -70,27 -10,08

7,26 3,65 640 29 25 29 -- -- -- 1000 39 450 450 0,89 4 0,64 0,0040 78 -- -71,29 -10,03

8,61 2,31 750 37 39 40 -- -- -- 1200 260 420 420 0,75 5 0,63 0,0042 52 --
16,6 7,5
Puits -5,74 790 8,1 15 5,8 -- -- 530 1 750 750 -- -- 1,49 -- --
5 7
372

ANNEXE 4 – Exemple de certificats d’analyses


373
374
375
376
377
378
379
380

ANNEXE 5 – Article Benabdallah et Chapuis (2006)

¸
381
382
383
384
385
386
387
388

ANNEXE 6 – Pertes au feu

Creuset + Sol Creuset + Perte au


Profondeur Creuset vide Moyenne
séché à 105°C cendres à 550°C feu à
(m) (g) (%)
(g) (g) 550°C (%)

31.242 35.831 35.730 2.20


02R 1.75 2.22
29.791 34.25 34.150 2.24

32.367 36.958 36.800 3.44


02R 4.34 3.29
26.855 29.466 29.384 3.14

26.85 33.632 33.348 4.19


02R 5.69 4.23
28.038 35.969 35.630 4.27

19.047 24.43 24.293 2.55


02R 5.79 2.58
31.862 36.758 36.630 2.61

23.972 28.359 28.198 3.67


02R 6.22 3.38
28.526 31.611 31.516 3.09

21.826 25.693 25.526 4.32


02R 8.59 3.71
27.902 30.252 30.179 3.11

27.883 33.671 33.447 3.87


02R 9.02 3.86
22.659 26.454 26.308 3.85

22.88 27.334 27.173 3.61


02R 9.76 3.65
19.578 27.163 26.884 3.68

30.397 37.876 37.550 4.36


02R 11.17 4.43
25.475 31.933 31.642 4.51

02R 12.93 28.042 32.979 32.823 3.16 3.30


389

ANNEXE 7 – Diverses photographies

Figure A7.1: Opération de forage


390

Figure A7.2: Foreuse sur chenille

Figure A7.3: Tiges servant au forage


391

Figure A7.4: Sections de tube de forage

Figure A7.5: Échantillonnage de l'argile


392

Figure A7.6: Échantillon d'argile altéré après 12 mois au réfrigérateur


393

Figure A7.7: Extraction de l'eau interstitielle dans l'argile


394

Figure A7.8: Disposition des tranches d'argile et des papiers filtres dans l'extracteur à basse
pression
395

Figure A7.9: Fiche signalétique d'un puits d'échantillonnage d'eau souterraine


396

Figure A7.10: Prise de niveau d'eau dans un piézomètre dans le till


397

Figure A7.11: Piézomètre dans le till avec son système de pompage dédié
398

Figure A7.12: Site 04


399

Figure A7.13: Crépine en PVC (0.01``espacé de 0.25`` et 0.125``) et sable filtre 00

Figure A7.14: Échantillon d'argile avec présence de matière organique et de coquillages


400

Figure A7.15: Échantillon d'argile 07AB ST-1 après le détubage

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