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NC311

Le document présente une analyse de la conjoncture économique internationale et nationale au Maroc. Il décrit la dégradation des perspectives de croissance mondiale ainsi que l'évolution sectorielle et des principaux agrégats macroéconomiques au Maroc sur la période.

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ROYAUME DU MAROC

DEPF
Boulevard Mohamed V. E : depf@[Link]
Quartier Administratif, W : [Link]
Rabat-Chellah Maroc T : (+212) [Link]/16
MINISTÈRE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES

NOTE DE
CONJONCTURE
DIRECTION DES ETUDES ET DES PREVISIONS FINANCIERES
N° 311/ Janvier 2023
Note de Conjoncture 2
Note de conjoncture

Sommaire

PARTIE 1 ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

01 ECONOMIES AVANCÉES

02 ECONOMIES ÉMERGENTES
03 MARCHÉS DES MATIÈRES PREMIÈRES

PARTIE 2 ENVIRONNEMENT NATIONAL

01 TENDANCES SECTORIELLES

02 DEMANDE INTERIEURE
03 ECHANGES EXTERIEURS
04 FINANCES PUBLIQUES
05 FINANCEMENT DE L’ECONOMIE

PARTIE 3 TABLEAU DE BORD

Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Note de Conjoncture 3
Note de conjoncture N° 311 | Janvier 2023

Synthèse
N.B. : Sauf indication contraire, les évolutions présentées, dans la note, sont en glissement annuel.

Environnement international
Economie mondiale : la Banque mondiale a abaissé sa prévision de croissance mondiale pour 2023,
ramenée à 2,2%, contre 3,4% attendue initialement en juin et 3,1% estimée pour 2022, dans un contexte
marqué par un durcissement des conditions financières et une inflation persistante. La dégradation des
perspectives est quasi-généralisée dans les économies avancées (0,5% en 2023 après 2,5% en 2022),
touchant particulièrement les Etats-Unis (0,5% après 1,9%) et la zone euro (0% après 3,3%). La faiblesse de
l’activité concerne aussi les économies émergentes et en développement (3,4% après 3,4%), à l’exception
notable de la Chine (4,3% après 3%), soutenue par la réouverture de son économie post-Covid.
Zone euro : La BCE prévoit une entrée en récession technique de la zone euro au tournant de 2022-2023
(-0,2% au T4 et -0,1% au T1), après une résilience relative de la croissance sur les trimestres précédents.
Euro : 1,08 dollar le 20 janvier, en rebond de 13% depuis son creux de septembre 2022.
Pétrole : 87 dollars pour le baril du Brent le 20 janvier, en hausse de 12% depuis son creux du 6 janvier.

Tendances sectorielles
Secteur primaire : de nouvelles précipitations ont été enregistrées durant ce mois, en parallèle avec les
mesures incitatives, adoptées en début de saison, visant le bon déroulement de la campagne agricole
actuelle; performance remarquable des exportations du secteur agricole et agro-alimentaire pour 2022.
Secteur secondaire : évolution sectorielle contrastée, comme en attestent l’évolution positive, quoiqu’en
ralentissement, au niveau du secteur de l’énergie électrique (production : +1,3% à fin novembre) , le
redressement de la VA du secteur manufacturier au T3 (+2,8%) et le repli au niveau des secteurs extractif
(production de phosphate roche : -17,9% à fin novembre) et du BTP (ventes de ciment : -10,6% à fin 2022).
Secteur tertiaire : poursuite du redressement de l’activité au cours de l’année 2022 pour les secteurs
du tourisme (arrivées et nuitées : +162% et +99,4% à fin novembre) et du transport (passagers aériens :
+107,1% au terme de l’année 2022 ; trafic portuaire : +1,2% à fin 2022) ; performance positive du secteur
d’information et communication (VA : +1,3% à fin septembre).

Ménages & Entreprises


Consommation des ménages : taux d’inflation qui reste relativement atténué par rapport aux
taux enregistrés dans les pays voisins et comparables et dans des économies avancées, en
raison des mesures adoptées visant à préserver le pouvoir d’achat des ménages (IPC annuel:
+6,6% au terme de l’année 2022) ; évolution positive d’indicateurs de revenus, tels les crédits
à la consommation (+3,8% à fin novembre), les transferts des MRE (+14,6% à fin novembre) et
les créations d’emplois rémunérés (+152.000 au T3-2022).
Maintien de l’effort de l’investissement en ligne avec la bonne tenue des importations des
biens d’équipement et des demi-produits (respectivement +20,8% et +49,1% à fin novembre)
et des recettes des IDE (+31,5% à fin novembre), ainsi que de l’investissement du Budget
Général de l’Etat (+20,6% à fin 2022).

1,08 87$ /baril + 0,9% +152.000 postes


(le 20 janvier) (le 20 janvier) (fin septembre) (T3-2022)

Parité euro/dollar Brent VA industrielle Emploi rémunéré

Note de Conjoncture 4
Note de conjoncture N° 311 | Janvier 2023

Echanges extérieurs
Hausse du déficit commercial de 56,9% et repli du taux de couverture de 3,9 points à fin
novembre, résultant d’une hausse des importations (+42,3%) plus importante que celle
des exportations (+33,1%).
Accroissement des exportations de l’ensemble des secteurs, particulièrement, celles
de phosphates et dérivés (+54,8%), de l’automobile (+35%) et de l’agriculture et agro-
alimentaire (+18,3%).
Appréciation des importations de l’ensemble des groupes de produits, notamment, les
produits énergétiques (+110,7%), les demi-produits (+49,1%) et les produits alimentaires
(+48,8%).
Avoirs Officiels de Réserve : couverture de 5 mois et 20 jours d’importations de biens et
services.

Finances publiques
Atténuation du déficit budgétaire de 1,1% ou de 760 millions de dirhams, par rapport à
l’année précédente, pour se situer à 69,5 milliards de dirhams à fin 2022. Cette évolution
incorpore, particulièrement, un raffermissement des recettes ordinaires (+18,8% ou
+48,2 milliards de dirhams), plus important que celui des dépenses globales (+14,5% ou
+47,4 milliards de dirhams). Rapporté au PIB, le déficit budgétaire s’est amélioré de 0,4
point pour s’établir à 5,1%.

Financement de l’Economie
Accélération de la croissance des crédits bancaires à +5,9% à fin novembre 2022 après
+2,7% un an auparavant. Cette évolution a concerné aussi bien les crédits au secteur non
financier (+6,1% après +3,9% l’année précédente) que les crédits au secteur financier
(+4,9% après -5% l’année dernière).
Poursuite de la tendance baissière des indices MASI et MSI 20 au T4-2022, enregistrant
des replis trimestriels respectifs de 7,7% et 8,5% après des reculs de 3,3% et 3,4% au T3-
2022, accentuant leur baisse, par rapport à fin décembre 2021, à -19,7% et -21% après une
hausse de 18,3% et 17,4% l’année précédente.

NB : Sauf indication contraire, les évolutions sont en glissement annuel

+54,8% +110,7% +5,9% -19,7% et -21%


(fin novembre) (fin novembre) (fin novembre) (fin déc-22/fin déc-21)

Exportations phosphates Facture énergétique Crédits bancaires MASI et MSI 20


et dérivés

Note de Conjoncture 5
Note de conjoncture N° 311 | Janvier 2023

ENVIRONNEMENT
INTERNATIONAL

Note de Conjoncture 6
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

1. ECONOMIES AVANCEES
Etats-Unis : faiblesse de l’activité économique, affectée par une politique
monétaire restrictive
0,5%
(en 2023)
L’économie américaine devrait ralentir à 0,5% en 2023
après une progression de 1,9% en 2022, selon la Banque
mondiale, freinée par une inflation persistante, des taux
d’intérêt élevés et un contexte mondial morose.
Cependant, la croissance devrait rebondir en 2024
(à 1,6% selon la BM), à mesure que l’inflation reflue
USA et que la Fed commence à assouplir sa politique
Croissance économique monétaire.

L’activité du secteur privé a enregistré une forte


45,0 contraction fin 2022, comme le montre l’indice
PMI1 composite (45,0 en décembre après 46,4
(en décembre)
en novembre). Le repli concerne aussi bien le
secteur manufacturier que celui des services.
Les derniers indicateurs signalent aussi une
poursuite du repli de la production industrielle
(-0,7% en décembre après -0,6% en novembre)
et des ventes de détails (-1,1% après -1%).
USA Toutefois, la confiance des consommateurs
montre des signes d’amélioration.
Indice PMI composite

Le marché d’emploi reste extrêmement tendu,

3,5% avec des créations d’emplois encore robustes


et un taux de chômage historiquement faible.
(en décembre)
L’économie américaine a créé 223 000 emplois
nets en décembre après 256 000 en novembre,
portant le cumul à 4,5 millions en 2022.
Le taux de chômage a reculé à 3,5% en
décembre, marquant une baisse de 0,2
point sur un mois et de 0,4 point depuis un
USA
an.
Taux de chômage

Le taux d’inflation a ralenti pour un sixième


mois consécutif, passant à 6,5% en décembre
2022, le plus bas depuis octobre 2021, en lien
notamment avec la modération des coûts de

6,5%
l’énergie.
Dans ce contexte, la Fed devrait encore ralentir
(en décembre)
le rythme du resserrement monétaire lors de
sa réunion début février. En décembre, elle a
relevé ses taux directeurs de 50 pb à 4,25%-
4,50%, au plus haut niveau depuis 2007, après
quatre hausses consécutives de 75 pb, entre
juin et novembre.
USA
Taux d’inflation
_________
1
Les indices PMI (Purchasing Managers’Index), établis à partir d’enquêtes mensuelles, fournissent des indications avancées sur l’activité
du secteur privé. Une valeur > 50 indique une expansion et une valeur < 50 indique une contraction.

Note de Conjoncture 7
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Zone euro : dégradation des perspectives de croissance à court terme,


avec une inflation persistante
La croissance économique de la zone euro a été robuste en 2022, grâce à une forte résilience de
l’activité au premier semestre. L’activité dans les services ayant bénéficié de l’élan apporté par la
réouverture de l’économie et les mesures de soutien prises par les pouvoirs publics. La croissance
a été relativement forte en Espagne, en Italie et en France, soutenue par la reprise du secteur
des services, dont notamment le tourisme. En revanche, l’économie allemande a connu une
croissance plus faible, affectée par la perturbation des approvisionnements en hydrocarbures

0,5%
russes.
Les perspectives économiques se sont
(en 2023)
dégradées pour 2023. Dans ce contexte,
l’OCDE a abaissé sa prévision de croissance
de la zone euro (à 0,5% après 3,3% en 2022).
Parmi les grands pays membres, l’Allemagne
est menacée par une récession (-0,3% après
1,8%), alors qu’une plus faible croissance
Zone euro est prévue en France (0,6% après 2,6%),
Croissance économique en Italie (0,2% après 3,7%) et en Espagne
(1,3% après 4,7%). Les perspectives restent
confrontées à une inflation forte et à des
taux d’intérêt élevés.
Selon la BCE, les perspectives de la zone euro
se sont détériorées, la croissance étant plus

6,3% faible et l’inflation plus forte et persistante


qu’envisagé initialement.
(en 2023)
La BCE prévoit désormais une croissance
limitée à 0,5% et un taux d’inflation
de 6,3% dans la zone euro en 2023.
L’activité économique est freinée par
la crise de l’énergie en cours, le niveau
élevé de l’inflation, la forte incertitude, le
Zone euro
ralentissement mondial et le durcissement
Taux d’inflation
des conditions de financement.
La BCE prévoit une récession technique de la zone euro au tournant de 2022-2023 (-0,2% au T4 ;
-0,1% au T1).
Une nette contraction de l’activité du secteur
privé de la zone euro fin 2022 est signalée par
l’indice PMI composite (48,1 au T4 après 49,0
48,1 au T3).
(au T4-2022) Le repli s’avère plus fort dans le secteur
manufacturier (47,1 après 49,3) que dans celui
des services (49,0 après 49,9). La contraction
de l’activité globale touche les principaux pays
membres, dont l’Allemagne (46,8 après 46,9),
la France (49,3 après 51,1), l’Italie (48,1 après
Zone euro 48,3) et l’Espagne (49,2 après 50,5).
Indice PMI composite

Note de Conjoncture 8
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Toutefois, l’indice ESI du sentiment économique en


zone euro marque une hausse (à 95,8 en décembre
après 94 en novembre et un creux de 93 en octobre).
Parmi les pays membres, l’ESI a augmenté en
Allemagne (+2,0 points), en Espagne (+1,9) et en
Italie, mais a diminué en France (-1,3). Par secteur,
la confiance s’est améliorée dans les services
(+3,2), le commerce de détail (+3,0), la construction
(+1,0), l’industrie (+0,4) et pour les consommateurs
(+1,7).

6,5% Le marché de l’emploi reste dynamique,


soutenant la croissance économique. Le
(en novembre)
taux de chômage dans la zone euro est
resté stable à 6,5% en novembre, un plus
bas historique, marquant une baisse de
0,6 point depuis un an. Parmi les grands
pays membres, le chômage a diminué en
Allemagne (-0,3 point sur un an à 3,0%), en
Zone euro France (-0,5 à 7,0%), en Italie (-1,2 à 7,8%)
Taux de chômage et en Espagne (-1,0 à 12,4%). La pénurie de
main-d’œuvre reste un défi majeur pour les
entreprises.
L’inflation dans la zone euro reste très élevée (9,2% en décembre après 10,1% en novembre et
9,2% un record de 10,6% en octobre), exacerbée par des coûts élevés de l’énergie et de l’alimentation,
des pénuries de main d’œuvre et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. L’inflation
(en décembre)
sous-jacente, qui exclut les éléments volatils (énergie, nourriture), a atteint un record de 5,2% en
décembre après 5,0% en novembre. La persistance d’une forte inflation érode le pouvoir d’achat
des ménages et pèse sur les coûts des entreprises.
Pour tenter de contenir les pressions inflationnistes,
la BCE a relevé ses 3 taux directeurs de 50 pb la mi-
Zone euro décembre, après deux hausses successives de 75
pb en septembre et octobre.
Taux d’inflation
Ainsi, son taux de dépôt est ainsi porté à 2%, son
taux de refinancement à 2,50% et le taux de sa
facilité de prêt marginal à 2,75%.
Très préoccupée par la persistance d’inflation,
la BCE envisage d’autres hausses de ses taux en

+50 pb
2023.
Par ailleurs, la BCE commencera en mars à réduire l’encours important d’obligations acquises
(en décembre)
ces dernières années dans le cadre du programme d’achats d’actifs (APP). « Cette réduction sera
de 15 milliards d’euros par mois en moyenne jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2023, puis son
rythme sera ajusté au fil du temps ».
Toutefois, la tâche s’avère compliquée pour la BCE qui doit combattre la menace inflationniste,
tout en évitant de plonger l’économie dans une grave récession.
Zone euro
Taux d’intérêt directeur

Note de Conjoncture 9
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

1,08 Sur le marché des changes, l’euro s’échangeait


à 1,08 dollar le 20 janvier, le niveau le plus élevé
(le 20 janvier ) depuis avril 2022. La monnaie unique marque
ainsi une hausse de 1,5% depuis début 2023,
portant ses gains à 13% depuis son creux du
28 septembre (0,96 dollar).
Le dollar s’est replié récemment face aux
Zone euro principales devises, suite à une atténuation
Parité euro/dollar de l’inflation aux Etats-Unis, qui pourrait
entraîner un ralentissement du cycle de
resserrement monétaire de la Fed.

Japon : l’économie devrait continuer de progresser à un rythme


supérieur à son potentiel de croissance
Selon la Banque du Japon, l’économie nippone
devrait croître de 1,7% en 2023 après 1,9% en
2022, soit un rythme supérieur à son potentiel.
1,7% La croissance est soutenue par l’atténuation de
l’impact du Covid-19 et des contraintes sur l’offre
(en 2023)
et par le maintien d’un policy-mix accommodant.
La faiblesse de la demande extérieure devrait être
atténuée par la reprise de l’économie chinoise.
Toutefois, l’activité devrait continuer de subir une
pression résultant des prix élevés des matières
premières importées.
Japon Après une contraction du PIB au troisième trimestre (-0,8% en rythme annualisé), les données à
Croissance économique haute fréquence montrent des évolutions mitigées fin 2022.
L’indicateur coïncident du climat des affaires a reculé pour le troisième mois consécutif en
novembre (-0,5 point à 99,1), dans un contexte de ralentissement économique mondial, de
pressions continues sur les coûts et de faiblesse persistante du yen. En revanche, la confiance
des ménages a marqué une hausse en décembre (à 30,3 après 28,6 en novembre, le plus bas
niveau depuis juin 2020). De son côté, la production industrielle a enregistré une légère reprise en
novembre (+0,2%) après un fort repli en octobre (-3,2%).
Par ailleurs, l’indice PMI composite (50,1 au
T4 après 50,2 au T3) signale une stagnation

49,5 de l’activité du secteur privé. L’activité


manufacturière (49,5 après 51,5) continue
(au T4-2022) de souffrir dans un contexte de demande
atone et de fortes pressions sur les coûts.
En revanche, l’activité des services marque
une reprise (51,5 après 50,7), en raison d’un
rebond du tourisme depuis le lancement
du programme national de rabais sur les
voyages en octobre et l’assouplissement des
Japon
contrôles aux frontières.
Indice PMI manufacturier
Le policy-mix reste accommodant, fournissant le soutien nécessaire à l’économie. Dans ce sillage,
le gouvernement japonais a annoncé fin octobre des dépenses supplémentaires d’environ 200
milliards de dollars, pour aider à atténuer l’impact de l’inflation et à soutenir l’économie. Le
paquet comprend des subventions des prix de l’essence et des factures d’électricité et de gaz pour
les ménages. Toutefois, ce plan de dépenses ajoutera 155 milliards de dollars à la dette publique
qui a déjà atteint des niveaux très élevés (plus de 260 % du PIB).

Note de Conjoncture 10
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Se démarquant d’une vague mondiale de resserrement monétaire, la Banque du Japon (BoJ)


maintient une politique ultra-souple, malgré une inflation plus élevée (4% en décembre, son plus
4% haut niveau depuis 1981, après 3,8% en novembre).
(en décembre)
Toutefois, la grande divergence de politique monétaire entre la BoJ et la Fed a contribué à une
forte dépréciation du yen, franchissant la barrière psychologique de 150 yens pour 1 dollar en
octobre, pour la première fois depuis 1990.
Toutefois, le yen s’est redressé récemment, repassant à 130 pour 1 dollar le 20 janvier, suite à des
interventions des autorités japonaises sur les marchés des devises, à l’élargissement en décembre
Japon de la bande de tolérance de la BoJ pour les rendements des emprunts d’Etat à 10 ans (de +/-
0,25 point à +/- 0,5 point) et à des spéculations sur une hausse moins rapide des taux d’intérêt
Taux d’inflation
américains.

Note de Conjoncture 11
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

2. ÉCONOMIES EMERGENTES

3% Chine : amélioration des perspectives de croissance, en lien avec la


(en 2023) réouverture de l’économie post-Covid
La croissance de l’économie chinoise a
ralenti à 3% en 2022, rythme le plus faible
depuis 1976 (hormis en 2020). L’activité est
affectée par des restrictions anti-Covid-19
récurrentes et par les difficultés du secteur
immobilier. Toutefois, la croissance du PIB
Chine devrait se renforcer en 2023, pour atteindre
Croissance économique
4,3% selon la Banque mondiale, soutenue
par des mesures de relance économique
et la levée de la politique zéro-Covid. Les
perspectives restent entourées de grands
défis, intérieurs et extérieurs.
2,9% Soulignons que la réouverture de la Chine façonnera les perspectives mondiales de croissance
(au T4-2022) et d’inflation.
Au quatrième trimestre 2022, la Chine
a enregistré une croissance modeste
(2,9% après 3,9% au T3), freinée par des
restrictions Covid strictes. En glissement
trimestriel, le PIB est resté stable, après un
Chine rebond de 3,9% au troisième trimestre.
Croissance économique
Le gouvernement a durci les restrictions
sanitaires en réponse à de multiples
épidémies urbaines avant de les assouplir
brusquement fin 2022, permettant
aux gens d’apprendre à vivre avec le
+1,3% virus.
(en décembre)
Les données à haute fréquence montrent une faiblesse persistante de l’activité économique.

En décembre, la croissance de la production


industrielle a confirmé son ralentissement
(1,3% après 2,2% en novembre), alors que
les ventes de détail ont poursuivi leur repli
Chine (-1,8% après -5,9%). L’investissement fixe a
Production industrielle continué de décélérer.
De même, l’activité du secteur privé a
poursuivi son repli, comme le montre l’indice
PMI composite (48,3 en décembre après 47,0
en novembre). La baisse concerne tant le
1,6% secteur manufacturier (49,0 après 49,4) que
les services (48,0 après 46,7).
(en novembre)
Dans un contexte d’inflation faible (1,8% en décembre après 1,6% en novembre), les autorités
chinoises envisagent de nouvelles mesures de relance budgétaire et monétaire pour stimuler la
croissance.
Entre janvier et novembre 2022, les gouvernements locaux chinois ont émis environ 4 trillions
de yuans d’obligations spéciales, une source de financement importante pour la construction
d’infrastructures locales. D’autres émissions sont envisagées pour 2023, avec des quotas jusqu’à
Chine
3,8 trillions de yuans.
Taux d’inflation

Note de Conjoncture 12
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Par ailleurs, la banque centrale (PBoC) et le régulateur bancaire (CBIRC) ont annoncé en novembre
qu’elles mettraient en œuvre un «plan en 16 points» pour relancer le secteur immobilier,
notamment en fournissant un soutien financier supplémentaire aux promoteurs et aux acheteurs
de logements.
En somme, la banque centrale chinoise maintient une politique monétaire favorable à la reprise
économique, en relançant la demande de crédit à travers la réduction du ratio de réserve
obligatoire et des taux d’intérêt. Toutefois, cette orientation accommodante contraste avec des
politiques monétaires restrictives à travers le monde, contribuant à la dépréciation de la monnaie
chinoise. Le yuan a atteint un plus bas de 15 ans fin octobre (à 7,3 pour 1 dollar), avant de limiter
ses pertes (repassant à 6,7 pour 1 dollar le 13 janvier).
6,9%
(en 2022)
Inde : poursuite de l’expansion économique, à un rythme parmi les plus
rapides au monde
Selon la Banque mondiale, l’économie indienne devrait progresser de 6,6% en 2023 après 6,9% en
2022 et 8,7% en 2021, soit des rythmes parmi les plus rapides au monde. La consommation privée
et l’investissement continuent de se redresser, stimulés par les dépenses publiques. Toutefois,
les perspectives de croissance sont confrontées à des risques baissiers, liés notamment à la
Inde hausse des taux d’intérêt et au ralentissement de l’économie mondiale.
Croissance économique
Les derniers indicateurs conjoncturels
signalent un renforcement de la croissance.
La production industrielle a nettement
rebondi en novembre (+7,1%%), en lien avec
une reprise de l’industrie manufacturière
59,4 (+6,1%). De même, la croissance de l’activité
du secteur privé s’est accélérée, comme
(en décembre)
le montre l’indice PMI composite (59,4
après 56,7 en novembre). La croissance
s’est renforcée tant dans le secteur
manufacturier (57,8 après 55,7) que pour les
services (58,5 après 56,4).
L’inflation continue de se modérer (5,7% en
Inde
décembre après 5,9% en novembre, pour
Indice PMI composite
une cible officielle de 2% à 6%), en lien avec
l’atténuation des prix du pétrole et des
produits alimentaires.
Pour contenir les pressions inflationnistes,
la banque centrale de l’Inde poursuit le
+35 pb resserrement de sa politique monétaire.
Elle a relevé son principal taux repo de 35
(en décembre)
pb en décembre, portant le cumul à 225 pb
depuis mai.
De son côté, le gouvernement indien a adopté plusieurs mesures pour lutter contre la hausse
des prix, notamment des réductions des taxes sur les carburants, une hausse des subventions
d’engrais, des restrictions sur les exportations de blé et dérivés, une imposition de droits
d’exportation sur le riz et une réduction des tarifs d’importation pour certaines matières
Inde premières.
Taux d’intérêt directeur

Note de Conjoncture 13
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

3% Brésil : des perspectives assombries par des taux d’intérêt élevés et


(en 2022) un contexte mondial défavorable

La croissance de l’économie brésilienne devrait ralentir à 0,8% en 2023 après 3% en 2022 et 5%


en 2021, selon la Banque mondiale, freinée par l’impact du relèvement passé des taux d’intérêt
et la faiblesse du contexte extérieur. Le nouveau gouvernement brésilien devra relever le défi de
l’assainissement budgétaire et de l’avancement des réformes.
Brésil Après une résilience relative sur la majeure partie de 2022, l’économie montre des signes
Croissance économique d’essoufflement en fin d’année. La croissance de l’activité du secteur privé s’est affaiblie,
comme le signale l’indice PMI composite (49,1 en décembre après 49,8 en novembre). L’activité
manufacturière marque un fort repli (44,2 après 44,3) alors que la croissance des services ralentit
(51,0 après 51,6). Par ailleurs, les volumes des ventes au détail ont enregistré en novembre leur
plus forte baisse en cinq mois (-0,6% après +0,3% en octobre).
L’inflation continue de se modérer,
passant à 5,8% en décembre, son plus
bas niveau depuis février 2021. Elle reste,
toutefois, bien supérieure à l’objectif
5,9% officiel de 3,5% pour 2022 (avec une
marge de tolérance de 1,5 point).
(en novembre)
Dans ce contexte, la Banque centrale du
Brésil (BCB) a décidé de maintenir son
taux d’intérêt directeur à 13,75% pour
la troisième réunion consécutive en
décembre, après 12 hausses consécutives,
d’un cumul de 1175 pb entre mars 2021 et
Brésil août 2022.
Taux d’inflation Le Brésil aurait ainsi mis fin à un cycle de resserrement monétaire parmi les plus marqués au
monde. La BCB prévoit une atténuation du taux d’inflation, à 5,1% en 2023 après 5,9% en 2022.

Note de Conjoncture 14
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

3. MARCHES DES MATIERES PREMIERES


Forte correction baissière des prix des produits énergétiques, en lien avec
une demande faible
Les prix des matières premières ont enregistré une forte hausse en 2022, par rapport à 2021,
aggravée par la crise entre la Russie et l’Ukraine. Toutefois, après avoir atteint des sommets
pluriannuels, les prix se sont modérés sur le second semestre, suite à la faiblesse de la demande
mondiale et à l’atténuation de certaines contraintes sur l’offre. Plusieurs d’entre eux sont
retombés à des niveaux d’avant la crise en Ukraine.

Ainsi, l’indice des prix des produits


énergétiques, calculé par la Banque
mondiale, a chuté de 6% sur un mois en
décembre, portant sa baisse à 25% depuis
Brent : 87 $/baril son pic de juin.
Gaz butane : 790 $/tonne De son côté, l’indice des prix des produits
(le 20 janvier) non énergétiques a peu évolué en
décembre (+1%), affichant un repli de
17% depuis son pic d’avril, tiré par les
fertilisants (-26%), les métaux de base
(-21%) et les produits alimentaires (-15%).

Toutefois, en moyenne annuelle, les prix des matières premières en 2022 restent historiquement
Produits énergétiques
élevés, marquant une forte hausse par rapport à 2021. Ainsi, l’indice des prix des produits
énergétiques a augmenté de 60% en glissement annuel en 2022, alors que l’indice des prix
des produits non énergétiques a rebondi de 10%, tiré par les fertilisants (+63%), les produits
alimentaires (+18%) et les métaux de base (+4%).

Pétrole : baisse des cours, dans un contexte marqué par un excédent de


l’offre sur la demande
Les prix du pétrole ont marqué une forte remontée en 2022 par rapport à 2021, dans un
contexte marqué par des craintes sur l’approvisionnement, notamment en raison des sanctions
occidentales contre la Russie2. De son côté, la demande mondiale de pétrole a continué de
se redresser en 2022, en ligne avec l’amélioration de la situation sanitaire et la réouverture
des économies. Elle est également soutenue par le passage du gaz naturel au pétrole dans la
production d’électricité et dans l’industrie.
En 2022, les cours du Brent ont enregistré 100
dollars en moyenne, en hausse de 42% en
glissement annuel, après un rebond de 67%
en 2021.
Ils ont enregistré 81 dollars en moyenne en
décembre, en baisse de 11% sur un mois et de
33% depuis leur pic de juin.
Les prix du Brent se sont établis à 87 dollars
le 20 janvier, en hausse de 12% depuis le
6 janvier, ramenant leurs pertes à 1% en
glissement annuel.
Les cours pétroliers ont connu de fortes fluctuations sur la dernière période, parallèlement
aux mouvements plus larges des marchés financiers et du dollar. Les investisseurs restent aux
prises avec des craintes de resserrement de l’offre pétrolière et des inquiétudes concernant une
faiblesse de la demande mondiale.

_________
2
La Russie est le troisième producteur mondial de pétrole (derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite) et le deuxième grand
exportateur mondial (après l’Arabie saoudite).

Note de Conjoncture 15
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Des réductions importantes de la production de l’OPEP+ ont commencé à partir de novembre


20223, alors que des sanctions de l’Union européenne sur le pétrole russe sont entrées en vigueur
à partir de décembre.
Les restrictions de l’UE sur le pétrole russe prennent effet le 5 décembre 2022 pour le pétrole brut
et le 5 février 2023 pour les produits pétroliers raffinés. Elles couvrent un embargo sur près de
90% des importations de pétrole russe acheminé en Europe par voie maritime 4.
Par ailleurs, l’UE, le G7 et l’Australie ont décidé de plafonner à 60 dollars le baril le prix du pétrole
russe transporté par bateau et vendu à des États tiers. Ce mécanisme, également entré en vigueur
le 5 décembre, est censé permettre à la Russie de continuer à produire et à vendre son pétrole à
des prix plus bas.
De son côté, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une croissance modérée de la
demande mondiale de pétrole en 2023 (+1,9 mbj après +2,3 mbj en 2022). La demande mondiale
de pétrole devrait ainsi atteindre en moyenne 101,7 mbj en 2023, dépassant les niveaux pré-Covid
(100,6 mbj en 2019).
Le marché pétrolier est redevenue excédentaire au second semestre 2022. Le surplus de l’offre
sur la demande a atteint 1,1 mbj au quatrième trimestre 2022 et devrait rester au même niveau au
premier trimestre 2023, selon l’AIE. Cet excédent s’explique par une faiblesse de la demande de la
Chine et des économies avancées, une forte hausse de l’offre des Etats-Unis5 et des pays arabes
du Golfe6 et une résilience de l’offre russe7.
En somme, les cours de pétrole ont enregistré une flambée sur le premier semestre 2022,
accentuée par la crise en Ukraine, avant de s’inscrire dans une nette correction baissière, suite
notamment à une faiblesse de la demande mondiale. Ils devraient continuer d’évoluer à des
niveaux modérés, moins élevés qu’en 2022. Cependant, le marché pétrolier reste confronté à
des risques de fluctuations, liés à l’évolution du contexte économique, géopolitique et sanitaire
mondial. En particulier, la réouverture post-Covid de l’économie chinoise devrait exercer des
pressions haussières sur les prix du pétrole en 2023.

Gaz butane : repli des prix en décembre, dans le sillage de la baisse des
cours énergétiques
Les cours du gaz butane ont enregistré 785
67 €/MWh dollars la tonne en moyenne en 2022, en
hausse de 23% en glissement annuel.
(le 20 janvier)
Les prix du butane ont connu de fortes
fluctuations en 2022. Ils ont flambé en
début d’année pour franchir la barre de
1000 dollars la tonne en mars, suite à des
perturbations de l’approvisionnement,
aggravées par le conflit entre la Russie
Gaz naturel en Europe et l’Ukraine, avant de s’inscrire en forte
correction baissière pour atteindre un creux
de 550 dollars la tonne en août.
Les cours du butane se sont établis à 629 dollars en moyenne en décembre, en baisse de 11% sur
un mois et de 19% en glissement annuel. Ils ont, toutefois, remonté à 790 dollars la tonne le 20
janvier, leur plus haut niveau depuis juin 2022, marquant une hausse mensuelle de 31%.

_________
3
Les pays de OPEP+ ont décidé de réduire leurs quotas de production de pétrole de 2 millions de barils par jour (mbj), à compter de novembre 2022 et jusqu’à fin 2023, pour
soutenir les prix pétroliers. Toutefois, la réduction réelle serait d’environ 1 mbj par rapport à la production d’octobre, car de nombreux membres de l’alliance produisent déjà
bien en dessous de leur quota.
4
En effet, une exception temporaire a été convenue pour les importations de pétrole brut fourni par pipeline à certains États membres (Hongrie, République tchèque, Slovaquie)
qui manquent d’alternatives viables à court terme.
5
Selon l’Agence d’information sur l’énergie (EIA), la production de pétrole brut aux États-Unis devrait augmenter de 0,6 mbj en 2023, comme
en 2022, pour atteindre 12,4 mbj, dépassant ainsi le record enregistré en 2019 (12,3 mbj).
6
Sur les onze premiers mois de 2022, la production de pétrole brut des quatre principaux pays arabes du Golfe, membres de l’OPEP, a augmenté de 2,8 mbj en glissement annuel.
La hausse est menée par l’Arabie saoudite (+1,5 mbj), suivie par les EAU (+0,5 mbj), l’Iraq (+0,4) et le Koweït (+0,3 mbj).
7
elon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les exportations de pétrole de la Russie ont enregistré 7,8 mbj en décembre, niveau comparable à celui d’avant conflit avec
l’Ukraine. La Russie a réorienté ses exportations, notamment vers l’Inde, la Chine et la Turquie, contournant les sanctions occidentales.

Note de Conjoncture 16
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Par ailleurs, les cours du gaz naturel en Europe sont tombés à 55 €/MWh le 16 janvier, leur plus
bas niveau depuis septembre 2021, avant de repasser à 67 €/MWh le 20 janvier, marquant une
chute de 37% sur un mois et de 80% depuis leur record en août dernier (339 €/MWh). Toutefois, ils
restent historiquement élevés, 3 fois supérieurs à leur niveau il y a deux ans.
Les craintes d’une pénurie de gaz et d’une flambée des prix de l’électricité et du chauffage sont
apaisées par une panoplie de facteurs : une demande faible, un temps doux, des stocks pleins
grâce au GNL américain8. Au début janvier 2023, les sites de stockage de gaz en Europe étaient
remplis à 84%, niveau record.
En outre, les pays européens ont pris des mesures d’urgence pour faire face à la crise énergétique
actuelle et réduire leur dépendante du gaz russe (environ 40% en 2021). En particulier, les États
membres de l’UE sont parvenus à un accord sur une réduction volontaire de la consommation de
gaz naturel de 15% jusqu’en mars 2023, par rapport à la consommation moyenne de 2016 à 2021.
Par ailleurs, ils ont conclu un accord pour plafonner les prix du gaz à 180 €/MWh. Ce mécanisme
aide à prévenir les fluctuations extrêmes des prix, mais peut rendre la région vulnérable à des
approvisionnements insuffisants et à une forte concurrence de l’Asie.

Les perspectives pour le marché gazier européen s’avèrent plus difficiles en 2023. Le stockage de
gaz naturel pourrait être épuisé d’ici le printemps. Les capacités d’importation de GNL restent
insuffisantes. La crise énergétique devrait éroder la compétitivité de l’Europe et freiner sa reprise
économique.

Phosphates : baisse des prix du DAP, en lien avec une atténuation des
contraintes sur l’offre
Les cours du phosphate brut sont
625 $/T restés stables à 300 dollars la tonne en
(en décembre)
décembre, marquant une hausse de 70%
en glissement annuel.
De leur côté, les cours du DAP se
sont établis à 625 dollars la tonne en
décembre, en baisse de 6% sur un
mois et de 34% depuis leur pic d’avril,
Engrais DAP portant leurs pertes à 16% sur un an. Les
contraintes sur l’offre et les prix élevés en
2022 auraient commencer à peser sur la
demande mondiale (défi de disponibilité
et d’abordabilité des engrais).
en glissement annuel.
Les prix des produits phosphatés ont fortement augmenté sur les premiers mois de 2022, suite
à des coûts élevés des intrants (ammoniac, souffre), de l’énergie, du transport et des récoltes
agricoles. Parallèlement, la demande a été relativement forte dans certains pays, notamment

_________
8
L’orientation de l’Europe vers le GNL, au détriment des gazoducs russes, a fait grimper les volumes importés par méthaniers d’environ 60% en 2022. Les importations de GNL en
provenance des États-Unis ont rebondi de 143%, celles en provenance du Qatar ont augmenté de 23%, alors que les approvisionnements en GNL russe se sont renforcés de 12%.

Note de Conjoncture 17
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

l’Inde (pour reconstituer ses stocks). Les importations indiennes de DAP ont augmenté de 45% en
glissement annuel sur la période avril-octobre 2022. En effet, le plafonnement des prix de détail
et le système de subventions protège le marché local des prix internationaux élevés9.
Les prix du DAP ont été également impactés par des restrictions sur les exportations de la Chine
et de la Russie, deux principaux fournisseurs de phosphates. En effet, la Chine a suspendu les
exportations de DAP jusqu’en juin 2022, avant de les soumettre à un système de quotas10, pour
garantir la disponibilité intérieure, réduisant ainsi considérablement l’offre mondiale. De même,
la Russie a imposé des restrictions sur les exportations d’engrais jusqu’en juin 202211, supprimant
ainsi près de 15% de l’approvisionnement mondial.
En termes de perspectives, le marché des phosphates reste confronté à des incertitudes sur l’offre
et sur l’évolution des prix énergétiques et agricoles. Alors que la destruction de la demande reste
prédominante sur les marchés des phosphates, la réduction attendue de l’offre en provenance de
Chine et de Russie devrait limiter toute pression sur les prix à court terme.

Produits alimentaires : modération des prix, suite à des perspectives


d’offre prometteuses
Les cours des produits alimentaires se sont envolés sur les premiers mois de 2022, exacerbée
par la crise entre la Russie et l’Ukraine, deux grands exportateurs de céréales, avant de s’inscrire
dans une correction baissière, suite à une atténuation des contraintes sur l’offre. Ainsi, l’Indice
de la FAO des prix des produits alimentaires a atteint un record de 159,7 en mars, en hausse de
19% depuis début 2022 et de 34% depuis un an, avant de reculer de 17% pour se situer à 132,4 en
décembre, son plus bas niveau depuis septembre 2021. En moyenne annuelle, l’indice de la FAO a
enregistré 143,7 en 2022, en hausse de 14% par rapport à 2021, tiré par les produits laitiers (+20%),
les céréales (+18%) et les huiles végétales (+14%).
Sur le marché des céréales, les cours du
Blé : 315 $/T blé tendre (SRW) se sont établis à 361
dollars la tonne en moyenne en 2022,
Sucre : 315 $/T
en hausse de 28% en glissement annuel.
(en décembre)
Les craintes sur les disponibilités
exportables mondiales ont été
exacerbées par la crise ukrainienne. En
outre, l’Inde a annoncé l’interdiction
des exportations de blé, invoquant la
sécurité alimentaire et la flambé des prix
intérieurs, après une canicule sévère qui
Produits alimentaires a affecté les récoltes.
Après une flambée de 35% sur le premier trimestre 2022, les cours du blé ont chuté de 30% entre
leur pic de mars (443 $/t) et leur creux de juillet (311 $/t), suite à une hausse des disponibilités
saisonnières et à la reprise des exportations ukrainiennes après l’ouverture de corridors sûrs en
mer Noire.
En décembre, les cours du blé tendre se sont établis à 315 dollars la tonne en moyenne, en
baisse de 6% sur un mois et de 29% depuis leur sommet de mars, portant leurs pertes à 4%
en glissement annuel. Ce repli s’explique notamment par la reconduction pour quatre mois de
l’Initiative céréalière de la mer Noire.
Selon la FAO, la production mondiale de blé devrait atteindre un record de 781 millions de tonnes
(Mt) en 2022/2023, en hausse de 3 Mt par rapport à la saison précédente. Les récoltes s’annoncent
abondantes en Russie, en Australie et au Canada. Toutefois, des inquiétudes grandissent au
sujet des cultures en Argentine, affectés par une sécheresse extrême, et en Ukraine, sous l’effet

_________
9
Le gouvernement indien continue de soutenir les importations pour assurer un approvisionnement intérieur adéquat. Il a annoncé en novembre 2022 des subventions pour
la saison Rabi, de 6,4 milliards de dollars, dont 1,2 milliards de dollars pour le phosphore. Il avait annoncé en avril 2022 une augmentation des subventions pour la saison kharif,
couvrant 3 millions de tonnes de DAP. L’Inde reste le plus grand importateur mondial de DAP.
10
La Chine semble avoir émis des quotas d’exportation d’environ 3 millions de tonnes de phosphates pour le second semestre 2022, soit une baisse de 45% par rapport aux
expéditions de 5,5 millions de tonnes à la même période de 2021. La Chine est le plus grand exportateur de phosphate au monde, avec environ 30% du commerce mondial en
2021.
11
La Russie a annoncé début juin 2022 la suppression des quotas d’exportation sur certains engrais, dont le DAP. Toutefois, la Russie a introduit des droits d’exportation sur
les engrais minéraux à compter du 1er janvier 2023. Ainsi, un taux de 23,5% sera appliqué sur le prix supérieur à 450 $/t d’engrais exportés en dehors du territoire douanier de
l’Union économique eurasienne (EAEU).

Note de Conjoncture 18
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

du conflit persistant. Globalement, les prix élevés des cultures devraient encourager les semis
en 2023, mais les coûts de production élevés pourraient limiter l’élargissement des superficies
plantées.
Les prix du maïs ont atteint 319 dollars la tonne en moyenne en 2022, en hausse de 23% en
glissement annuel. Cette envolée est liée à des perturbations de l’approvisionnement en
provenance de l’Ukraine (qui représente 15% du commerce mondial de maïs) et à des prix élevés
de l’énergie. Toutefois, les cours du maïs ont chuté de 17% entre avril et août, suite notamment
au déblocage des ports ukrainiens et à l’arrivée des disponibilités saisonnières au Brésil et en
Argentine.
En décembre, les prix du maïs ont marqué 302 dollars la tonne en moyenne, en repli de 6% sur un
mois, ramenant leurs gains à 4% depuis leur creux d’août et à 14% depuis un an. Ce repli est lié à une
hausse saisonnière des approvisionnements, à l’extension de l’accord sur le corridor maritime, à
la baisse des cours énergétiques et à des inquiétudes sur le ralentissement économique mondial.
Selon la FAO, la production mondiale de maïs pour la saison 2022/2023 devrait s’établir à 1164 Mt,
en baisse de 49 Mt (-4%) par rapport à la récolte record précédente (1212 Mt). Le repli attendu de
la production aux États-Unis, ainsi que dans l’UE et en Ukraine, serait partiellement compensé
par une récolte accrue au Brésil et en Argentine. En Ukraine, la récolte de maïs est affectée par des
réductions à la fois de la superficie et du rendement, car le conflit en cours et les précipitations
automnales record ont retardé la récolte dans les principales zones productrices.
Les cours du soja ont enregistré 675 dollars la tonne en moyenne en 2022, en hausse de 16%
en glissement annuel. En décembre, les cours du soja se sont établis à 646 dollars la tonne en
moyenne, en baisse de 0,5% sur un mois et de 12% depuis leur record de juin, ramenant leur hausse
à 17% sur un an. Les prix du soja restent soutenus par une demande plus ferme, compensant
les pressions baissières liées à l’amélioration de la logistique et aux perspectives d’importantes
récoltes sud-américaines.
Selon la FAO, la production mondiale de soja en 2022/2023 devrait rebondir de 11% pour
atteindre un nouveau record de 395 Mt. Elle est tirée par des récoltes prometteuses en Amérique
du Sud, notamment au Brésil, le premier producteur et exportateur de soja au monde, malgré les
inquiétudes sur les récoltes argentines, affectées par une sécheresse persistante. Du côté de la
demande, la Chine reste le premier importateur de soja, avec 98 Mt prévue pour cette campagne,
représentant près de 60% du commerce mondial.
Les prix mondiaux du sucre brut (ISA) ont enregistré 408 dollars la tonne en moyenne en 2022,
leur plus haut niveau depuis 2012, en hausse de 5% en glissement annuel. Ils ont été soutenus par
la reprise de la demande, la hausse des prix pétroliers et l’appréciation de la monnaie du Brésil, le
premier producteur et exportateur mondial de sucre. En effet, des cours de pétrole élevés incitent
les usines brésiliennes à détourner la canne à sucre vers la production de l’éthanol, au détriment
du sucre.
En décembre, les cours du sucre se sont établis
à 417 dollars la tonne en moyenne, leur plus
haut niveau depuis juin, en hausse de 2% sur
un mois et de 8% depuis leur creux d’octobre,
marquant des gains de 0,5% depuis un an.
Les cours sucriers ont enregistré de fortes
fluctuations sur la dernière période, passant
d’un creux de 371 dollars la tonne le 28 octobre
à un pic de 433 dollars la tonne le 23 décembre,
avant de reculer à 411 dollars la tonne le 19
janvier.

Note de Conjoncture 19
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

La remontée récente des prix du sucre est accentuée par des craintes sur les rendements de la
récolte de canne à sucre en Inde, affectée par des conditions météorologiques défavorables (des
précipitations excessives). Elle est également liée aux retards dans le concassage de la canne à
sucre en Thaïlande et en Australie.
Dans ce contexte, le gouvernement indien a prolongé d’un an les restrictions sur les exportations
de sucre, réduisant fortement le quota d’exportation, ramenée à 6,1 Mt pour la saison 2022-2023
qui a commencé en octobre12. Toutefois, la baisse attendue des expéditions de l’Inde devrait
être compensée par la hausse prévue des exportations du Brésil et de la Thaïlande. L’Inde est le
deuxième exportateur mondial de sucre, après le Brésil et devant la Thaïlande.
Par ailleurs, l’Organisation internationale du sucre (ISO) prévoit un excédent de l’offre sucrière
de 6,2 Mt pour la saison 2022/23 contre un déficit de 1,7 Mt sur la campagne précédente. La
production mondiale de sucre devrait enregistrer une nette hausse (+5,5% à un record de 182,1
Mt), nettement plus rapide que celle de la consommation (+0,9% à un record de 176,0 Mt). Une
production plus élevée prévue au Brésil, en Chine et en Russie devrait plus que compenser les
baisses attendues dans l’Union européenne, l’Inde et l’Ukraine.
En somme, des perspectives favorables de l’offre sucrière, des craintes sur la demande et des prix
pétroliers moins élevés devraient limiter toute pression haussière sur les prix du sucre à court
terme.

_________
12
Pour la saison 2021-2022, les sucreries indiennes ont été autorisées à exporter 11,2 Mt sur les 36 Mt de sucre produites.

Note de Conjoncture 20
Note de conjoncture N° 311 | Janvier 2023

ENVIRONNEMENT
NATIONAL

Note de Conjoncture 21
ENVIRONNEMENT NATIONAL

1. TENDANCES SECTORIELLES
+10% Activités primaires
(fin 2022)

Performance remarquable des exportations du secteur agricole en 2022,


malgré un contexte international et climatique peu favorable
En dépit d’un contexte international et climatique peu favorable, les exportations du secteur agricole ont
enregistré, au cours de l’année 2022, de bonnes performances. En effet, d’après le département chargé de
l’agriculture, les ventes à l’étranger de fruits et légumes frais ont atteint un volume de 2,3 millions de tonnes,
Exportations fruits et
légumes frais (en volume) en accroissement de 10% en une année. Cette amélioration notable a concerné l’ensemble des catégories
de produits, plus particulièrement, les exportations de fruits rouges qui se sont renforcées de 20%, pour
atteindre un volume de 131.900 tonnes. En outre, les exportations d’agrumes se sont accrues de façon
significative, notamment, celles destinées au marché américain (+120%). Concernant les exportations des
produits agricoles transformés, elles ont enregistré une hausse de 5% en volume et de 19% en valeur. Les
exportations d’huile d’olive se sont, quant à elles, accrues de 85% en volume et de 49% en valeur.
Concernant le déroulement de la campagne agricole 2022-2023, des précipitations ont été enregistrées
+5% au cours de ce mois, après les précipitations des mois de novembre et décembre 2022. Ainsi, les réserves
(fin 2022) hydriques dans les principaux grands barrages du Royaume ont avoisiné les 5,1 milliards de mètres cubes
au 19 janvier 2023, portant leur taux de remplissage à 31,6%, après 30,7% un mois plus tôt et 34% un an
auparavant.
Par ailleurs, le Gouvernement a adopté différentes mesures afin d’assurer le bon déroulement de cette
campagne, dont la mise à disposition de près de 1,1 million de quintaux de semences sélectionnées, à
des prix de vente subventionnés, et de 650.000 tonnes d’engrais phosphatés. Sur le plan de l’irrigation,
Exportations produits sont prévus l’achèvement de la modernisation des réseaux d’irrigation et de reconversion collective
agricoles transformés en irrigation localisée sur une superficie de 117.000 ha, tout comme sa poursuite sur une superficie de
(en volume)
38.000 ha et l’équipement de 35.000 ha supplémentaires d’exploitations agricoles en système d’irrigation
localisée. En outre, le Gouvernement prévoit la poursuite des travaux d’aménagement hydro-agricole pour
l’extension des superficies irriguées sur une superficie de 37.000 ha au niveau de l’aval des barrages réalisés
ou programmés et la poursuite des travaux d’aménagement et de protection des périmètres de petite et
moyenne hydraulique sur une superficie de 15.000 ha.
Le programme des grandes cultures d’automne qui bénéficie des dernières précipitations, va être mis
31,6% en place en tenant compte des disponibilités hydriques dans les zones pluviales, dont 4,3 millions ha de
(au 19 janvier 2023) céréales, près de 530.000 ha de cultures fourragères, près de 205.000 ha de légumineuses alimentaires
et 95.000 ha de maraîchage d’automne. Le programme national de semis direct qui vise une agriculture
durable et éco-efficiente prévoit, au titre de l’actuelle campagne agricole, la poursuite du programme sur
une superficie de 100.000 ha, avec pour objectif d’atteindre 1 million ha à l’horizon 2030.
Sur le plan des industries agro-alimentaires, le soutien au développement de ce secteur se poursuivra
notamment à travers l’opération de commercialisation des agropoles de Meknès, Berkane, Tadla et Souss
et la poursuite de création des unités industrielles au niveau des agropoles.
Taux de remplissage des
barrages

Note de Conjoncture 22
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Evolution globalement favorable de l’activité de la pêche côtière et


artisanale à fin 2022
Les débarquements de la pêche côtière et
artisanale ont clôturé l’année 2022 sur une
+13,4% performance de +13,4% en volume, après
(fin 2022) une hausse de 2,8% un an plus tôt. Cette
évolution a bénéficié de la bonne dynamique
des captures de poissons pélagiques (+17,3%),
qui représentent à eux seuls 89% du total des
débarquements. Elle a été favorisée, bien
que dans une moindre mesure, par la hausse
des captures de crustacés (+ 1,1%) et de
Pêche côtière et artisanale coquillages (+18,5%).
(en volume)
Pour ce qui est de la valeur marchande de ces débarquements, elle s’est accrue de 6,5% au
terme de l’année 2022, après une hausse de 35,6% un an auparavant. Cette dynamique découle,
notamment, du raffermissement de la valeur des captures de poissons pélagiques (+24,1%), de
celle des poissons blancs (+7,7%), de celle des crustacés (+18,7%) et de celle des coquillages (+1,4%),
atténué par le retrait de la valeur des captures de céphalopodes de 6,8%.
Du côté des exportations des produits de la pêche, elles se sont renforcées au terme de l’année 2022
de 13%, en volume, et de 16% en valeur, pour atteindre un chiffre d’affaires à l’export de 28 milliards
de dirhams. Concernant les exportations de conserves de poissons, elles se sont améliorées, à fin
2022, de 7% en volume et de 30% en valeur, selon le département chargé de l’agriculture et de la
pêche maritime.

Activités secondaires
Accroissement significatif de la valeur des exportations de phosphates
et dérivés à fin novembre
Au terme des neuf premiers mois de 2022,
la valeur ajoutée du secteur extractif, en
volume, a reculé de 7,7%, au lieu d’une
hausse de 1,7% un an auparavant. Cette
évolution recouvre des replis de 4,8% au
T1, de 7,8% au T2 et de 10,4% au T3. Cette
tendance baissière se serait poursuivie
au T4-2022, en ligne avec le retrait de la
production de phosphate roche, principale
-17,9% composante du secteur extractif, de 25,5%
(fin novembre) en octobre et novembre 2022, après -20,3%
au T3, -16,5% au T2 et –11% au T1, portant sa
baisse à fin novembre 2022 à -17,9%, après
une hausse de 1,8% l’année précédente.

Pour ce qui est du chiffre d’affaires à l’export


Production de phosphate de phosphates et dérivés, il a enregistré un
roche raffermissement notable au terme des onze
premiers mois de 2022, essentiellement sous
un effet prix. Il s’est ainsi accru de 54,8%, après
une hausse de 53,2% à fin novembre 2021,
pour dépasser les 108 milliards de dirhams, à
fin novembre 2022.

Note de Conjoncture 23
ENVIRONNEMENT NATIONAL

La valeur des expéditions des dérivés de phosphates a atteint 95,8 milliards de dirhams, en
amélioration de 54,7%, au lieu de +58,9% un an auparavant. Quant aux ventes à l’étranger de
phosphate roche, elles se sont appréciées de 55,9% (après +19,4%), à plus de 12,2 milliards de
dirhams.

Evolution positive de la production de l’énergie électrique à fin novembre,


quoiqu’en ralentissement

Au terme des onze premiers mois de 2022, la


production de l’énergie électrique, au niveau
national, s’est améliorée de 1,3%, après
+6,1% un an auparavant. Cette évolution
recouvre une hausse de 4,2% au T1, de 2,2%
au T2 et de 0,4% au T3, atténuée par un

+1,3%
recul de 2,7% lors des deux premiers mois
du T4-2022. La progression à fin novembre
(fin novembre) 2022, a été tirée par l’accroissement de la
production de l’ONEE de 5,2% et de celle
des énergies renouvelables relatives à la
loi 13-09 de 4,9%, atténué par le recul de la
production privée de 4,2% (après +5,3% un
an plus tôt).

Concernant l’énergie appelée nette, elle s’est accrue de 5,2% à fin novembre 2022, après +5,6%
Energie électrique il y a une année. Compte tenu de cette évolution, le volume importé de l’énergie a augmenté de
(production) 169,6%, au lieu d’un retrait de 10,3% l’année dernière. Quant au volume exporté, il a reculé de
40,5%, au lieu d’une hausse de 29,8% à fin novembre 2021.

S’agissant de la consommation de
l’énergie électrique, elle s’est accrue de
5,1% au terme des onze premiers mois
de 2022, après +5,4% un an plus tôt. Elle
a bénéficié d’une bonne dynamique au
cours des quatre trimestres de l’année
2022, soit +2,2% au T1-2022, +7,6% au T2-
2022, +4,3% au T3-2022 et +7,1% lors des
deux premiers mois du T4-2022.

Par segment, la croissance de la consommation de l’énergie électrique, à fin novembre 2022, est
imputable d’une part, au comportement favorable des ventes de l’énergie de « très haute, haute et
moyenne tension, hors distributeurs » (+7,6%), incluant une hausse de celles de moyenne tension
de 6,5% et de celles de « très haute et haute tension » de 11,1%. D’autre part, cette évolution a
bénéficié de l’augmentation des ventes destinées tant aux distributeurs qu’aux ménages de 4%.
Il est à noter que la croissance de la consommation de l’énergie de « très haute, haute et moyenne
tension, hors distributeurs » a enregistré une accélération notable au titre des deux premiers
mois du T4-2022, soit +15,4%, après +5,8% à fin septembre 2022, attribuable en grande partie à
la consolidation des ventes de l’énergie de « très haute et haute tension », utilisée principalement
par le secteur manufacturier, de 39,8%, au lieu de +4,5% à fin septembre 2022.
Comparées à la même période d’avant la crise (fin novembre 2019), la production et la
consommation de l’énergie électrique se sont accrues respectivement de 3% et de 8,4%, après
+3% et +7,1% à fin juin 2022 et +1,7% et +3,1% au terme des onze premiers mois de 2021.

Note de Conjoncture 24
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Décélération notable de la croissance de la valeur ajoutée du


secteur de construction à fin septembre
La croissance de la valeur ajoutée du
secteur de construction a notablement
ralenti au titre des neuf premiers mois de
2022, avec une croissance de 0,3%, après
une hausse exceptionnelle de 12,3% à
fin septembre 2021. Cette évolution
incorpore une augmentation de 1,8% au
T1-2022 et de 1,7% au T2-2022, atténuée
par un retrait de 2,5% au T3-2022, sous
l’impact du contexte international peu
-10,6% favorable pour le secteur.
(fin 2022)

Comparée à la même période d’avant la crise (fin septembre 2019), la valeur ajoutée du secteur
s’est accrue, en moyenne, de 5,3% à fin septembre 2022, recouvrant des hausses de 10,6% au T1-
2022, de 4,4% au T2-2022 et de 0,8% au T3-2022.
Au quatrième trimestre 2022, le
ralentissement de l’activité du secteur
devrait se poursuivre, en ligne avec le retrait
Ventes de ciment
des ventes de ciment de 17%, au lieu d’une
hausse de 6,2% un an plus tôt. Au terme
de l’année 2022, les ventes de ciment ont
reculé de 10,6%, après + 14,8% à fin 2021 et
un retrait de 10,7% à fin 2020. Toutefois, par
+2,9% segment de ventes, ceux de l’infrastructure
(fin novembre) et du Béton prêt à l’emploi préservent une
évolution positive, soit +5,1% et +0,3%
respectivement.

Du côté du financement des opérations


immobilières, l’encours des crédits à
l’immobilier s’est amélioré de 2,5% à fin
Crédits à l’habitat novembre 2022, au lieu de +2,4% à fin
septembre 2022 et +2,9% à fin novembre
2021. Ce résultat fait suite à la progression de
l’encours des crédits à l’habitat de 2,9% (après
+2,8% et +5,2% respectivement), atténuée
par le retrait des crédits aux promoteurs
immobiliers de 5,3% (après -1,8% et -3,7%
respectivement).

Redressement de la valeur ajoutée du secteur manufacturier au


troisième trimestre
Dans un contexte international difficile, la progression de la valeur ajoutée du secteur
manufacturier a enregistré un ralentissement à fin septembre 2022, se situant, en variation
annuelle, à +0,9%. Cette évolution fait suite à une hausse exceptionnelle de 7,3% l’année dernière
qui a succédé à une baisse de 8,4%, à fin septembre 2020, sous l’effet de la crise de la COVID-19.
Par rapport à son niveau pré-crise, la baisse de la valeur ajoutée du secteur manufacturier s’est
atténuée, s’établissant à -1,8% à fin septembre 2022, après -2,6% un an auparavant.

Note de Conjoncture 25
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Toutefois, l’évolution, en glissement


annuel, de la valeur ajoutée du secteur
à fin septembre 2022, renferme un
redressement de cette dernière de 2,8%
+0,9% au troisième trimestre 2022 et de 2,3%
(fin septembre) au deuxième trimestre 2022, après une
baisse de 2,4% au premier trimestre
2022 et une hausse de 2,5% au troisième
trimestre 2021. Aussi, par rapport à
la même période d’avant la crise ( T3-
2019), la valeur ajoutée du secteur s’est
améliorée de 0,7%.
VA industrielle La progression, en glissement annuel, au titre du troisième trimestre 2022 a été portée par
l’accélération de la croissance dans plusieurs branches d’activités, notamment, la « fabrication
de produits alimentaires et de boissons » (+10,1% au T3-2022, après +6% au T2-2022 et +7,4% au
T3-2021), la « fabrication de matériel de transport » (+18%, après +13,2% et -4,8%), la « fabrication
de produits pharmaceutiques de base et de préparations pharmaceutiques » (+22,9%, après
+0,9% et +8,7%), la « fabrication de produits métallurgiques de base et d’ouvrages en métaux,
sauf machines et matériel » (+10,8%, après +8,7% et +5,3%).
Pour le quatrième trimestre 2022, la
dynamique des deux derniers trimestres
se serait maintenue. En atteste,
l’accroissement du Taux d’utilisation
des capacités de production (TUC), au
titre des deux premiers mois du T4-
2022 de 2,1 points en une année. Cette
+54,7% amélioration a concerné la majorité
(fin novembre) des branches d’activités, notamment,
le « textile et cuir » (+10 points), l’ «
électrique et électronique » (+10 points),
la « mécanique et métallurgique » (+4,5
points) et l’agro-alimentaire (+2,5 points),
contre une baisse de 2 points dans la
branche chimique et para-chimique.
Exportations dérivés de
phosphate
Au terme des onze premiers de 2022, le TUC s’est établi en moyenne à 72,2%, soit quasiment le
même niveau atteint l’année précédente (72,3%), quoiqu’inférieur de 2,2 points par rapport à son
niveau pré-crise (fin novembre 2019).

Cette bonne tenue au titre des deux


premiers mois du quatrième trimestre
2022 s’est confirmée également par
le renforcement de la valeur des
exportations du secteur, notamment,
l’automobile (+35,3%), l’électronique
et électricité (+55,6%), les dérivés
de phosphates (+8,6%), l’industrie
alimentaire (+19,2%), le textile et cuir
(+5,5%) et l’industrie pharmaceutique
(+19,9%).

Au terme des onze premiers mois de 2022, la valeur des expéditions des dérivés de phosphates
s’est raffermie de 54,7%, celles de l’automobile de 35%, de textile et cuir de 22,2%, de l’industrie
alimentaire de 21,8%, de l’aéronautique de 39,8%, de l’électronique et électricité de 38,3% et de
l’industrie pharmaceutique de 5,8%.

Note de Conjoncture 26
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Activités tertiaires
+41,9%
(fin septembre) Recouvrement remarquable du niveau pré-crise de la valeur ajoutée du
secteur touristique à fin septembre
Au titre du troisième trimestre 2022, la valeur ajoutée du secteur d’hébergement et restauration
a, pour la première fois, dépassé significativement son niveau pré-crise (année de référence 2019),
soit une performance de +11,1%. Cette évolution fait suite à une baisse de 24,2% au deuxième
trimestre, de 35,7% au premier trimestre 2022 et de 26% au troisième trimestre 2021. Ainsi, le taux
de recouvrement du niveau pré-crise de la valeur ajoutée du secteur a atteint 83,7%, en moyenne,
VA tourisme à fin septembre 2022, au lieu de 58,6% à fin septembre 2021.
En glissement annuelle, la valeur ajoutée
du secteur s’est raffermie de 50,1% au T3-
2022, poursuivant la dynamique favorable
enregistrée au deuxième trimestre
(+50,3%). Aussi, au premier trimestre
2022, la valeur ajoutée du secteur était en
+162% et +99,4% hausse de 25,3%, en dépit de la fermeture
(fin novembre) des frontières nationales, mesure adoptée
au début de l’année et qui a duré cinq
semaines. Au terme des neuf premiers
mois de 2022, la valeur ajoutée de ce
secteur s’est accrue en moyenne de 41,9%.

Arrivées et nuitées Cette dynamique s’est maintenue au


quatrième trimestre 2022, en ligne avec
l’accroissement du flux des arrivées à la
destination « Maroc » de 125,7%, en variation
annuelle, au titre des deux premiers mois
de ce trimestre, après +118,1% au T3-2022,
+514,1% au T2-2022 et +5,9% au T1-2022,
+153,2% soit au total, une performance de +162% à
(fin novembre) fin novembre 2022, au lieu de +47,2% à fin
novembre 2021.

Du côté des nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés, elles se sont affermies
de 99,6% au titre des deux premiers mois du quatrième trimestre 2022, au lieu de +77% au T3-2022,
+202,8% au T2-2022 et +56% au T1-2022. Ainsi, à fin novembre 2022, elles se sont accrues de 99,4%
après +31,7% un an plus tôt.
Recettes voyages Comparé aux deux premiers mois du T4-2019, le volume des arrivées s’est inscrit en hausse de
12,8% et celui des nuitées a atténué sa baisse à -8,9%. Ainsi, au terme des onze premiers mois
de 2022, les arrivées et les nuitées à la destination « Maroc » ont récupéré respectivement 81,4%
et 73,2% de leur niveau d’avant crise, au lieu de 75,9% et 69,3% à fin septembre 2022 et 31,1% et
36,7% à fin novembre 2021.
Pour ce qui est des recettes touristiques, elles ont dépassé les 81,7 milliards de dirhams à fin
novembre 2022, en accroissement de 153,2% en une année et de 12,2% par rapport à fin novembre
2019.

Note de Conjoncture 27
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Performance positive de la valeur ajoutée du secteur d’information et


communication

+1,3% La valeur ajoutée du secteur


(fin septembre) d’information et communication s’est
améliorée de 1,4% au troisième trimestre
2022, après +1,3% lors de chacun des
deux premiers trimestres de la même
année. Ainsi, au terme des neuf premiers
mois de 2022, la valeur ajoutée du
secteur a enregistré une hausse moyenne
de 1,3% au lieu d’une baisse de 0,9% un
VA info & com an auparavant. Par rapport à son niveau
d’avant crise, la valeur ajoutée du secteur
s’est renforcée de 5,2%, à fin septembre
2022, après +3,9% l’année dernière.

+5% et +8% Cette évolution a bénéficié de la bonne


(fin septembre) dynamique de l’activité du secteur des
télécommunications. En effet, le parc
global de la téléphonie s’est raffermi
de 5,1% au terme des neuf premiers
mois de 2022, après +4,6% à fin juin
2022 et +8,1% il y a une année, pour
cumuler dans son actif plus de 57,2
millions d’abonnés, dont 54,6 millions
Parcs mobile et internet d’abonnés relevant du parc de la
téléphonie mobile, en hausse de 5%.

Du côté du parc de l’internet, il s’est accru de 8% à fin septembre 2022, après une augmentation de
6,8% à fin juin 2022 et de 17,8% à fin septembre 2021. Ainsi, le nombre des abonnés de l’internet
a atteint 36,6 millions d’abonnés au terme des neuf premiers mois de 2022, après 33,9 millions
d’abonnés un an auparavant et 26,2 millions à fin septembre 2019, soit une performance par
rapport à son niveau d’avant crise de +39,7% (ou de +10,4 millions d’abonnés).

Poursuite du redressement du secteur de transport

Malgré le contexte international difficile, la valeur ajoutée du secteur de transport poursuit son
recouvrement des effets de la crise de la COVID-19 pour se rapprocher significativement de son
niveau d’avant crise, au troisième trimestre 2022.
+7,3%
(fin septembre) En effet, depuis le début de son
redressement à partir du deuxième
trimestre 2021, la valeur ajoutée du secteur
de transports et entreposage a maintenu
une évolution positive au cours de l’année
2022, enregistrant une croissance, en
glissement annuel, de 5,7% au T1-2022, de
10,8% au T2-2022 et de 5,5% T3-2022. Ainsi,
VA transport au titre des neuf premiers mois de 2022, la
valeur ajoutée du secteur s’est raffermie en
moyenne de 7,3% en une année.

Note de Conjoncture 28
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Après avoir récupéré 70,4% à fin septembre 2020 et 80,4% à fin septembre 2021 de son niveau pré-
crise, la valeur ajoutée du secteur a récupéré 86,1% à fin septembre 2022 de son niveau d’avant la
pandémie, incorporant des taux de récupération de 83,5% au T1-2022, de 80,8% au T2-2022 et de
94% au T3-2022.

+107,1% Concernant le transport aérien, il a poursuivi sa


(fin 2022) dynamique au quatrième trimestre 2022. Ainsi,
le trafic de passagers accueillis aux aéroports
nationaux a récupéré 100,5% de son niveau
antérieur à la crise, recouvrant un taux de
récupération de 101,3% au mois d’octobre, de
95,9% au mois de novembre et de 103,9% au
mois de décembre 2022.

Passagers aériens

Au terme de l’année 2022, 20,6 millions de passagers ont été enregistrés, en hausse de 107,1% par
rapport à l’année dernière. Comparé à son niveau à fin 2019, ce trafic représente 82,1% après 63,7%
à fin juin 2022 et 39,6% à fin 2021.

Du côté des mouvements aéroportuaires et du trafic du fret aérien, ils ont représenté à fin 2022,
respectivement, 83% et 72,6% de leurs flux enregistrés durant la même période de l’année 2019.

Concernant l’activité portuaire, le volume


du trafic réalisé au sein des ports gérés par

+1,2%
l’ANP a atteint 87,2 millions de tonnes à fin
2022, en légère baisse par rapport à son
(fin 2022) niveau d’avant-crise (-0,8%). Toutefois, il s’est
replié, en variation annuelle, de 4,2%, après
une baisse de 1,6% un an auparavant. Cette
évolution s’explique par le recul du trafic
des exportations de 18,5%, atténué par la
hausse de celui des importations (+2,4%), du
Trafic portuaire
cabotage à l’import (+27,2%) et du cabotage à
l’export (+37,2%).

Cependant, ce repli au niveau de l’activité des ports gérés par l’ANP a été largement compensé par
la bonne dynamique du complexe portuaire Tanger Med, dont le volume du trafic a atteint 107,8
millions de tonnes à fin 2022, en augmentation de 6% en une année. Ce trafic s’est situé à 55% de
l’ensemble du tonnage portuaire réalisé au niveau national. Au total, plus de 195 millions de tonnes
ont été traités au sein des ports nationaux à fin 2022, en accroissement de 1,2%.

Note de Conjoncture 29
Note de conjoncture N° 311 | Janvier 2023

TENDANCES SECTORIELLES (*)

SECTEUR 2020 2021 OCT 22 NOV 22 CUMUL

**
Agriculture
Activités
primaires
Pêche

***
Phosphates et dérivés

Automobile

Aéronautique

Electronique et électrique
Activités
secondaires
Agroalimentaire

Textile et cuir

Energie électrique

BTP

Tourisme

Activités
Transport
tertiaires

Télécommunications

Amélioration
Amélioration récente
Stabilité

Recul Dégradation récente

*: Appréciation basée sur les derniers baromètres conjoncturels disponibles.


**: Compte tenu des dernières précipitations.
***: Exportations en valeur.

Note de Conjoncture 30
ENVIRONNEMENT NATIONAL

2. DEMANDE INTERIEURE
Sur le plan de la demande intérieure, différentes mesures ont été prises pour atténuer l’incidence
+3,8% de la flambée des prix sur le pouvoir d’achat des ménages. Aussi, une évolution positive a été
enregistrée au niveau de certains indicateurs de revenus, à l’instar des crédits à la consommation
(fin novembre)
(+3,8% à fin novembre 2022), des transferts des MRE (+14,6% à fin novembre 2022) et des créations
d’emplois rémunérés (+152.000 au T3-2022).

Pour sa part, l’effort d’investissement se serait


bien maintenu, en phase, notamment, avec
le bon comportement des importations des
biens d’équipement et des demi-produits
Crédits consommation (respectivement +20,8% et +49,1% à fin
novembre 2022), la hausse des recettes des
IDE (+31,5% à fin novembre 2022) et la hausse
de l’investissement du Budget Général de
l’Etat (+20,6% à fin 2022).

Evolution à la hausse de l’inflation, atténuée par des mesures mises en


place
+14,6%
(fin novembre) Au cours du mois de décembre 2022, l’indice des prix à la consommation (IPC) s’est légèrement
accru (+ 0,1%), par rapport au mois précédent, sous l’effet de l’augmentation de l’IPC alimentaire de
0,7%, conjuguée à la baisse de l’IPC non alimentaire de 0,4%.

Quant à l’IPC annuel moyen, il s’est


apprécié, au terme de l’année 2022, de
6,6%, après +1,4% un an auparavant. Cette
évolution est imputable à la hausse de
Transferts MRE l’indice des prix des produits alimentaires
de 11% (après +0,8% l’année précédente)
et de l’indice des prix des produits non
alimentaires de 3,9% (après +1,8%), dont la
plus importante hausse a concerné les prix
de transport (+12,2% après +5,9%).
+6,6%
(fin décembre) Afin de limiter l’incidence de l’inflation importée sur le pouvoir d’achat des ménages, différentes
mesures ont été mises en œuvre par le Gouvernement. Il s’agit, notamment, de la prise en charge de
l’augmentation des prix des biens subventionnés par la caisse de compensation, du maintien des
prix de l’électricité ainsi que de la suspension des droits de douanes sur l’importation des graines
oléagineuses de tournesol, soja et colza qui vise à limiter la hausse des prix de vente des huiles de
table.
En outre, un soutien exceptionnel est apporté aux professionnels du transport routier. Dans ce cadre,
une nouvelle opération d’inscription, pour bénéficier du soutien exceptionnel supplémentaire
Inflation destiné aux professionnels du transport routier, a été lancée à partir du 26 décembre 2022.
Par ailleurs, parmi les dispositions issues du dialogue social, figure la revalorisation, qui avait été
annoncée pour le mois de septembre du salaire minimum légal interprofessionnel garanti (SMIG) et
du salaire minimum agricole garanti (SMAG). Ainsi, pour les professions libérales et les secteurs de
l’industrie et du commerce, le SMIG s’accroît de 5%, pour atteindre 2.970,05 dirhams. Le SMIG passe
à 3.500 dirhams au niveau du secteur public. De plus, le SMAG atteint 2.193,62 dirhams par mois, en
hausse de 10%.

Note de Conjoncture 31
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Taux d’inflation au Maroc

Tirés principalement par la flambée des prix des produits énergétiques et alimentaires ainsi que par l’accélération de
l’inflation chez les principaux partenaires commerciaux, les prix à la consommation au Maroc, à l’instar des pays du monde,
ont poursuivi leur hausse qui a débuté un an auparavant pour atteindre 6,6% à fin décembre 2022.
Toutefois, le taux global d’inflation au Maroc reste relativement atténué par rapport aux niveaux enregistrés dans les pays
voisins et comparables, notamment l’Egypte (13,8%) et la Tunisie (8,3%), dans les économies avancées comme les États-Unis
(8%) et la zone euro (8,4%) ou encore dans certains pays émergents comme le Brésil (9,3%) et l’Inde (6,7%).

Le niveau relativement maîtrisé de l’inflation au Maroc est dû notamment aux mesures déployées par l’Etat pour préserver le
pouvoir d’achat des ménages, notamment celles relatives à la subvention additionnelle de certains produits de base (Butane,
Farine, Sucre) et le soutien du prix du transport. Une étude récente élaborée par la DEPF a montré qu’en l’absence de ces
mesures de soutien qui mobiliseraient 40,75 milliards de dirhams pour toute l’année 2022, les ménages auraient subi une
importante hausse du prix à la consommation, se traduisant par une augmentation additionnelle du niveau général des prix
de 3% par rapport à la situation actuelle.

+152.000 postes
Recul du taux de chômage et création de 152.000 postes d’emploi rémunérés
(T3-2022)
au T3-2022
Au troisième trimestre 2022, l’économie marocaine a enregistré une création de 152.000 nouveaux
postes d’emplois rémunérés, soit 134.000 postes en zones urbaines et 44.000 en milieu rural.
Toutefois, l’emploi non rémunéré a enregistré une perte de 210.000 postes, résultat d’une perte
de 212.000 en zones rurales et d’une création de 2.000 postes en zones urbaines. Compte tenu
de cette évolution, le volume de l’emploi a baissé de 58.000 postes, suite à une perte de 194.000
postes dans les campagnes et une création de 136.000 postes dans les villes.
Emploi rémunéré
Par secteur d’activité économique, cette perte de l’emploi est attribuable, essentiellement, aux
pertes relevées au niveau du secteur de l’agriculture, forêt et pêche (-237.000 postes) et du BTP
(-38.000 postes). En revanche, des créations d’emploi ont été enregistrées au niveau des secteurs
des services (+189.000 postes) et de l’industrie y compris l’artisanat (+29.000 postes).

11,4%
Par ailleurs, le taux de chômage a reculé
de 0,4 point pour se situer à 11,4%,
(T3-2022) recouvrant une baisse de 1 point à 15%
dans le milieu urbain et une stagnation à
5,2% dans le milieu rural. Les baisses les
plus importantes du taux de chômage ont
concerné les personnes ayant un diplôme
(-1 point), les hommes (-0,9 point) et les
personnes âgées de 45 ans et plus (-0,6
Taux de chômage
point).

Note de Conjoncture 32
ENVIRONNEMENT NATIONAL

3. ECHANGES EXTÉRIEURS
57,6% A fin novembre 2022, le déficit commercial du
Maroc s’est établi à 287 milliards de dirhams, en
(fin novembre)
hausse de 56,9% par rapport à la même période
de l’année précédente. Cette évolution résulte
d’une augmentation des importations (+42,3%)
plus importante que celle des exportations
(+33,1%). Ainsi, le taux de couverture a baissé de
3,9 points, pour s’établir à 57,6% à fin novembre
Taux de couverture 2022.

Dynamique soutenue des exportations, tirée surtout par les ventes de phosphate
et dérivés, de l’automobile et de l’agriculture et agro-alimentaire

A fin novembre 2022, les exportations ont


enregistré une hausse de 33,1% pour ressortir

+33,1%
à 389,8 milliards de dirhams. Cette bonne
performance a concerné la totalité des secteurs,
(fin novembre) plus particulièrement les phosphates et dérivés,
l’automobile, l’agriculture et agro-alimentaire et
le textile et cuir. Hors OCP, les exportations se
sont renforcées de 26,4% pour atteindre 281,7
milliards de dirhams.
Les ventes de phosphates et dérivés ont poursuivi leur croissance vigoureuse, soit +54,8% à plus de
Exportations 108 milliards de dirhams, suite, exclusivement, à un effet prix. Ainsi, la valeur des exportations de
phosphate brut et de l’acide phosphorique s’est fortement accrue (+ 55,9% et +21,6% respectivement).
Pour les exportations des engrais naturels et chimiques, elles ont affiché une hausse de 68,1%, due
à l’effet prix qui a presque doublé. Toutefois, leurs quantités exportées sont en baisse de 12,1%. En
conséquence, la part du secteur des phosphates et dérivés dans l’ensemble des exportations s’est
accrue, atteignant 27,7% contre 23,8% un an auparavant. Ce secteur conserve ainsi, sa place de premier
secteur exportateur du Maroc.
Par ailleurs, les ventes du secteur de l’automobile se sont inscrites en hausse de 35% franchissant pour
la première fois la barre des 100 milliards de dirhams. Cette forte progression a été réalisée grâce à ses
deux principaux segments, en l’occurrence la construction (+46,2%) et, dans une moindre mesure, le

+35%
câblage (+27,6%). La part de ce secteur dans le total des exportations (25,4%) reste assez semblable à
celle enregistrée à fin novembre 2021 (25,8%).
(fin novembre)
En parallèle, les exportations du secteur de l’agriculture et agro-alimentaire se sont raffermies de 18,3%
à 73,8 milliards de dirhams, en raison de la hausse simultanée des ventes de l’industrie alimentaire
(+21,8%) et de celles de l’agriculture, sylviculture et chasse (+13,7%). La part de ce secteur dans le total
des exportations se situe à 18,9% contre 21,3% à fin novembre 2021.
Sur le plan du textile et cuir, les exportations de ce secteur se sont accrues de 22,2% à 40,9 milliards de
dirhams. Cette évolution est imputable à la hausse des ventes des principaux segments de ce secteur en
Automobile l’occurrence, les vêtements confectionnés (+23,2%), les articles de bonneterie (+14,4%) et les chaussures
(+33,2%). Néanmoins, la part des ventes de ce secteur, dans le total des exportations, a reculé de 0,9
point (10,5% à fin novembre 2022 contre 11,4% à fin novembre 2021).
Quant aux exportations du secteur de l’aéronautique, elles se sont renforcées de 39,8% pour atteindre
19,5 milliards de dirhams, dépassant ainsi leurs niveaux enregistrés durant la même période entre 2018
et 2021. Cette évolution recouvre une hausse des exportations relatives à l’assemblage de 42,2% et de
celles de l’EWIS de 35,2%.
Il est à noter, également, que les exportations du secteur de l’électronique et électricité se sont accrues
de 38,3% à 16,8 milliards de dirhams, sur fond de hausse significative des ventes des composants
électroniques (+64,9%) et des fils et câbles (+36,5%).
Quant aux exportations des autres industries, elles ont atteint 25,5 milliards de dirhams, en hausse de
13,5%.

Note de Conjoncture 33
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Hausse des importations, occasionnée surtout par les produits énergétiques,


les demi-produits et les produits alimentaires et les biens d’équipement

+42,3%
(fin novembre)
A fin novembre 2022, les importations de
biens ont affiché un accroissement de 42,3%,
s’élevant à 676,8 milliards de dirhams. Cette
évolution fait suite à l’augmentation des
achats de la totalité des groupes de produits,
principalement, les produits énergétiques, les
demi-produits, les produits alimentaires et les
Importations
biens d’équipement.

Avec une valeur de 141,6 milliards de dirhams, la facture énergétique s’est renchérie de 110,7%,
contribuant à hauteur de 37% à la hausse des importations totales. Cette évolution s’explique, pour
l’essentiel, par l’appréciation des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils (+121,9%), en raison de
l’accroissement des prix qui ont plus que doublé (10.311DH/T à fin novembre 2022 contre 5.093DH/T
un an auparavant). Elle revient également, bien que dans une moindre mesure, à l’augmentation du
volume des importations de gas-oils et fuel-oils de 9,6%. Cette hausse de la facture énergétique est, en
outre, due à la forte progression des importations des houilles, cokes et combustibles solides similaires
(+152%) et de celles de gaz de pétrole et autres hydrocarbures (+52,2%).
Concernant les demi-produits, ils représentent le premier poste d’importations avec une part de 23%.
Ils ont affiché un accroissement de 49,1% pour atteindre 155,9 milliards de dirhams. Cette évolution
+49,1% trouve son origine, particulièrement, dans l’appréciation des achats d’ammoniac (+206%), des matières
(fin novembre) plastiques et ouvrages divers en plastique (+36,5%) et des produits chimiques (+39,8%).
La même tendance a été constatée pour les produits alimentaires qui ont été importés pour 80,1
milliards de dirhams. L’importation de ces produits s’est accrue de 48,8%, tirée essentiellement par
la hausse importante des achats de blé (+95,9%). Cette évolution est due à la hausse simultanée des
prix (+44,5%) et des quantités (+35,6%). Elle revient également à la forte progression des achats d’orge
(+330,4%) et du sucre (+30%).
Par ailleurs, les achats de biens d’équipement se sont accrues de 20,8% pour un montant de 134,9
Demi produits
milliards de dirhams, en lien avec la hausse des acquisitions des parties d’avions et d’autres véhicules
aériens (+60,4%), des moteurs à pistons (+35%) et des fils, câbles (+39,8%).
Pour leur part, les importations de produits bruts se sont raffermies de 54,1% à 40,9 milliards de
dirhams, recouvrant la hausse conjointe des achats de soufres bruts et non raffinés (+86,7%) et de
l’huile de soja brute ou raffinée (+44,3%).
Enfin, les importations des produits finis de consommation ont aussi concouru à la hausse de la valeur
globale des importations, avec une hausse de 10,3% à 123,1 milliards de dirhams, suite à la hausse des
achats des parties et pièces pour voitures de tourisme (+26,4%) et de ceux des tissus et fils (+29,3%).

Bonne performance des autres flux financiers


+31,5%
(fin novembre)
A fin novembre 2022, la balance des voyages fait
ressortir un excédent en hausse de 198,6% à 67
milliards de dirhams. Ce résultat s’explique par le
net rebond des recettes de voyages, sous l’effet de
la reprise (+153,2% à 81,7 milliards de dirhams) et de
leurs dépenses (+49,8% à 14,8 milliards). Concernant
Recettes IDE les transferts des MRE, ils se sont accrus de 14,6%
à 99,6 milliards de dirhams au titre de la même
période. Ces deux postes ont ainsi, permis de couvrir
63,2% du déficit commercial, après 65,6% un an
auparavant.

Note de Conjoncture 34
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Par ailleurs, le flux des IDE au Maroc s’est apprécié de 45,7% pour atteindre 23,4 milliards de dirhams,
en rapport avec un accroissement des recettes (+31,5% à 35,3 milliards de dirhams) plus important que
celui des dépenses (+10,4% à 11,9 milliards de dirhams).
D’un autre côté, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) ont atteint 17,3 milliards de
dirhams, enregistrant une hausse de 7,1%. En parallèle, les cessions de ces investissements se sont
établies à 11,8 milliards de dirhams, en hausse de 0,7%. Ainsi, le flux net des IDME s’est accru de 23,9%
pour se situer à 5,5 milliards de dirhams.

Note de Conjoncture 35
ENVIRONNEMENT NATIONAL

4. FINANCES PUBLIQUES (HORS TVA DES COLLECTIVITÉS LOCALES)

Au terme de l’année 2022, les résultats de l’exécution de la Loi de Finances font ressortir la poursuite de
l’atténuation du déficit budgétaire, enregistrant un allègement de 1,1% ou de 760 millions de dirhams,
par rapport à l’année précédente, pour se situer à 69,5 milliards de dirhams. Cette évolution incorpore,
particulièrement, un raffermissement des recettes ordinaires (+18,8% ou +48,2 milliards de dirhams),
plus important que celui des dépenses globales (+14,5% ou +47,4 milliards de dirhams). Rapporté au
PIB, le déficit budgétaire s’est amélioré de 0,4 point pour s’établir à 5,1%, comparativement aussi bien
aux réalisations de 2021 qu’aux prévisions de la Loi de Finances 2022.

Evolution et exécution favorables des recettes, tant fiscales que non fiscales

+17,4% Au terme de l’année 2022, les recettes ordinaires ont atteint 304,4 milliards de dirhams, enregistrant
un taux de réalisation de 115,8% par rapport aux prévisions de la Loi de Finances 2022 et un
accroissement de 18,8% par rapport à leur niveau à fin 2021. Ce raffermissement a concerné aussi
bien les recettes fiscales que celles non fiscales.

Les recettes fiscales se sont appréciées de 17,4%


pour s’élever à 251,9 milliards de dirhams à fin
2022, se concrétisant à hauteur de 113% par
Recettes fiscales
rapport aux prévisions de la Loi de Finances 2022.
La hausse a concerné la plupart des principales
rubriques. Particulièrement, les recettes des
impôts directs, exécutées à hauteur de 116%, ont
augmenté de 24,8% pour atteindre 113,3 milliards
de dirhams. Elles ont contribué à hauteur de
60,3% à la hausse des recettes fiscales.

Cette évolution recouvre, essentiellement, l’accroissement des recettes de l’IS de 40% pour s’établir
à 62,4 milliards de dirhams, bénéficiant essentiellement de l’amélioration notable des recettes au
titre du complément de régularisation et des acomptes. Dans une moindre mesure, les recettes de
l’IR ont augmenté de 8,1% pour atteindre 48 milliards de dirhams, profitant particulièrement des
recettes générées par l’IR sur salaires et l’IR sur les professionnels.
De leur côté, les recettes des impôts indirects ont enregistré un taux de réalisation de 108,5% pour
se situer à 106,6 milliards de dirhams, en hausse de 11%. Elles ont contribué à hauteur de 28,2% à la
hausse des recettes fiscales. Par composante, les recettes de la TVA se sont accrues de 15,2% pour
s’établir à près de 75 milliards de dirhams, recouvrant une hausse des recettes de la TVA à l’importation
de 28,1% à 54,8 milliards de dirhams, suite à l’appréciation de la valeur des importations, et un recul
de celles de la TVA intérieure de 9,4% à 20,2 milliards de dirhams, sous l’effet essentiellement de la
hausse des remboursements.
Dans une moindre mesure, les recettes des TIC ont augmenté de 2,1% pour atteindre 31,6 milliards de
+40% dirhams. La progression de ces recettes est attribuable à la hausse des recettes des TIC sur les tabacs
manufacturés de 3,7% à 12,7 milliards de dirhams et de celles des autres TIC de 15,5% à 2,7 milliards,
atténuée par la baisse de celles des TIC sur les produits énergétiques de 1,1% à 16,2 milliards de
dirhams.
Quant aux recettes relatives aux droits d’enregistrement et de timbre, elles se sont appréciées de
14,5% pour s’établir à 18,1 milliards de dirhams, enregistrant un taux de réalisation de 121,6%, suite
à la hausse des droits d’enregistrement, des droits de timbre, de la taxe sur les contrats d’assurance
IS
et de la TSAV. De même, les recettes afférentes aux droits de douane se sont accrues de 16,9% pour
atteindre 13,9 milliards de dirhams, soit un taux d’exécution de 115,5%, en relation avec la hausse
des importations.
Concernant les recettes non fiscales, elles se sont appréciées de 28,9% pour atteindre 48,7 milliards
de dirhams à fin 2022, se concrétisant à hauteur de 135,4%. Cette évolution est attribuable à la hausse
des recettes en provenance des établissements et entreprises publics de 22,7% à 13,1 milliards
de dirhams, dont 6,5 milliards de dirhams versés par l’OCP, 4 milliards par l’Agence Nationale de
la Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie, 786 millions de dirhams par Maroc
Telecom et 738 millions de dirhams par Bank Al-Maghrib. De même, les autres recettes non fiscales
se sont raffermies de 64,3% pour s’établir à 35,5 milliards de dirhams, dont 25 milliards au titre des «
financements innovants ».

Note de Conjoncture 36
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Contribution notable des charges de la compensation et des dépenses


de biens et services à la hausse des dépenses ordinaires
+14,4% Au terme de l’année 2022, les dépenses
ordinaires ont enregistré un taux de
réalisation de 110,1% et une hausse de 14,4%
par rapport à leur niveau à fin 2021 pour
atteindre 288,6 milliards de dirhams. Cet
accroissement est imputable à hauteur de
Dépenses ordinaires 55,7% à l’augmentation notable des charges
de la compensation qui se sont appréciées
de 92,8% pour se situer 42,1 milliards de
dirhams à fin 2022. Cette évolution s’explique,
particulièrement, par le renchérissement
du cours du gaz butane, s’établissant en
moyenne à 739 dollars la tonne en 2022 contre
près de 627 dollars en 2021
Les charges de la compensation comprennent un montant de près de 22 milliards pour le gaz
butane, 9,3 milliards pour la restitution à l’importation du blé tendre et 4,4 milliards de dirhams
pour des subventions accordées aux professionnels du secteur du transport, et ce, dans le cadre
des mesures décidées par le Gouvernement pour faire face au renchérissement des cours des
produits énergétiques.
+92,8% Pour leur part, les dépenses de biens et services ont enregistré une hausse de 7,2% par rapport à
fin 2021 et un taux de réalisation de 100,4% par rapport aux prévisions de la Loi de Finances 2022
pour atteindre 217,9 milliards de dirhams. Elles ont contribué à hauteur de 40,2% à la hausse des
dépenses ordinaires. Cette évolution incorpore une augmentation des dépenses de personnel de
5,2% à 147,8 milliards de dirhams et de celles des autres biens et services de 11,7% à 70,2 milliards
de dirhams.
Charges de la De leur côté, les charges en intérêts de la dette, exécutées à hauteur de 101,9%, ont augmenté de
compensation 5,5% pour s’établir à 28,6 milliards de dirhams, sous l’effet de la hausse des charges en intérêts de
la dette intérieure de 5,4% à 23,6 milliards de dirhams et de celles de la dette extérieure de 5,8%
à environ 5 milliards de dirhams.
Globalement, ces évolutions des recettes et des dépenses ordinaires à fin 2022 se sont traduites
par un solde ordinaire positif de 15,7 milliards de dirhams contre près de 4 milliards un an
auparavant.
Concernant les dépenses d’investissement, elles se sont accrues de 20,6%, par rapport à fin
2021, pour se situer à 93,8 milliards de dirhams, enregistrant un taux de réalisation par rapport
aux prévisions de la Loi de Finances 2022 de 120,3%. Cette progression soutenue s’explique,
entre autres, par les mesures décidées par le Gouvernement pour soutenir certaines entreprises
publiques dont la situation a été affectée par la forte hausse des prix des matières premières.

Poursuite de l‘atténuation du déficit budgétaire


5,1% L’exécution de la Loi de Finances au terme de l’année 2022 fait ressortir la poursuite de
du PIB l’atténuation du déficit budgétaire, enregistrant un allègement de 1,1% ou de 760 millions de
dirhams, par rapport à l’année précédente, pour se situer à 69,5 milliards de dirhams. Rapporté
au PIB, le déficit budgétaire s’est amélioré de 0,4 point pour s’établir à 5,1%, comparativement
aussi bien aux réalisations de 2021 qu’aux prévisions de la Loi de Finances 2022. Cette évolution
du déficit budgétaire tient compte du raffermissement de l’excédent des comptes spéciaux
du Trésor, passant de 3,6 milliards en de dirhams en 2021 à 8,6 milliards en 2022, intégrant au
niveau des ressources un montant de 6,7 milliards de dirhams correspondant au produit de la
Déficit budgétaire contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les revenus, affecté au fonds d’appui à la
protection sociale et à la cohésion sociale, contre près de 4 milliards en 2021.

Note de Conjoncture 37
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Eu égard aux éléments précités et à la


réduction des opérations en instance
de 1,6 milliard de dirhams, le besoin
de financement du Trésor s’est établi à
71,1 milliards de dirhams à fin 2022, en
baisse de 5,2% par rapport à l’année
précédente. Ce besoin a été couvert
essentiellement par le recours aux
financements intérieur et extérieur
pour des flux nets respectifs de 65 et 6,1
milliards de dirhams.

Note de Conjoncture 38
ENVIRONNEMENT NATIONAL

5. FINANCEMENT DE L’ÉCONOMIE
Amélioration de la croissance des crédits bancaires et des créances nettes
des institutions de dépôt sur l’administration centrale
A fin novembre 2022, la masse monétaire (M3) s’est accrue, par rapport au mois précédent, de 2,1% pour
atteindre 1.655,9 milliards de dirhams. Par contrepartie, cette évolution incorpore, particulièrement, la
hausse des créances nettes des institutions de dépôt sur l’administration centrale et des avoirs officiels
de réserve (AOR), et la baisse des crédits bancaires.

+6,7%
En glissement annuel, le taux d’accroissement de la
masse monétaire s’est amélioré comparativement
à celui du mois précédent, se situant à +6,7% après
+5% à fin octobre 2022. Toutefois, il maintient sa
décélération comparativement à l’évolution de
l’année dernière (+7,1% à fin novembre 2021). Cette
évolution recouvre, en partie, le ralentissement du
taux de progression des avoirs officiels de réserve
Masse monétaire
et l’amélioration de ceux des crédits bancaires et
des créances nettes des institutions de dépôt sur
l’administration centrale.
A fin novembre 2022, les avoirs officiels de réserve (AOR) ont augmenté, en glissement mensuel, de
5 mois et 20 jours 1,5% après un léger repli de 0,3% à fin octobre 2022. Elles se sont établies à 344,5 milliards de dirhams,
représentant l’équivalent de 5 mois et 20 jours d’importations de biens et services, soit le même niveau
d’importations
qu’à fin octobre 2022, contre 5 mois et 7 jours l’année dernière.
(B&S)
Compte tenu de cette évolution, le taux
de progression, en glissement annuel, des
avoirs officiels de réserve s’est amélioré
comparativement à celui enregistré le mois
précédent, s’établissant à +6,8% (+21,8
milliards de dirhams) à fin novembre 2022
AOR après +5,9% (+18,8 milliards de dirhams)
à fin octobre 2022, quoiqu’il ait ralenti
comparativement à celui enregistré l’année
dernière (+10,6% ou +30,8 milliards de
dirhams à fin novembre 2021).
S’agissant des crédits bancaires, ils ont reculé par rapport au mois précédent de 0,8% pour s’établir à
1024,1 milliards de dirhams à fin novembre 2022. Cette évolution est attribuable à la baisse des crédits
au secteur financier de 3,5%, ainsi que des crédits au secteur non financier de 0,4%, sous l’effet conjoint
du repli des crédits aux sociétés non financières de 1% et de la hausse des crédits aux ménages de 0,5%.
Par objet économique, cette évolution incorpore principalement le recul des crédits de trésorerie de
3,3% et des crédits à caractère financier de 2,1%, et l’accroissement des crédits à l’équipement de 1%,
des crédits à la consommation de 0,4% et des crédits à l’immobilier de 0,1%.

En glissement annuel, le taux de


progression des crédits bancaires a ralenti
+5,9% par rapport à celui du mois antérieur, se
situant à +5,9% à fin novembre 2022 après
+6,7% à fin octobre 2022, tandis qu’il s’est
amélioré comparativement à celui de
l’année dernière (+2,7% à fin novembre
2021). Cette accélération a concerné,
particulièrement, les crédits au secteur
Crédits bancaires non financier (+6,1% après +3,9% à fin
novembre 2021), ainsi que les crédits au
secteur financier (+4,9% après -5% à fin
novembre 2021).

Note de Conjoncture 39
ENVIRONNEMENT NATIONAL

L’évolution des crédits au secteur non financier est en relation, particulièrement, avec l’accélération du
taux de progression des crédits aux sociétés non financières (+8,1% après +3,1% à fin novembre 2021),
notamment, les crédits de trésorerie. En revanche, la croissance des crédits aux ménages a ralenti à
+15,5% +3,8% après +5% l’année précédente, particulièrement, les crédits à l’habitat.

Par objet économique, l’évolution des crédits


bancaires recouvre l’amélioration de la
croissance des crédits de trésorerie (+15,5%
après +10,3% l’année précédente), des crédits
à la consommation (+3,8% après +2,3%) et
des crédits à caractère financier (+3% après
Crédits trésorerie
-2,7%), la quasi-stagnation des crédits à
l’équipement après une baisse de 2,3% un an
auparavant et le ralentissement du taux de
progression des crédits à l’immobilier (+2,5%
après +2,9% à fin novembre 2021).

L’évolution des crédits à l’immobilier incorpore la décélération de la croissance des crédits à l’habitat
(+2,9% après +5,2% à fin novembre 2021) et l’accentuation du repli des crédits aux promoteurs
immobiliers à -5,3% après -3,7% l’année précédente. La croissance des créances en souffrance, quant-
à-elle, s’est située à +5,8%, soit le même taux de progression enregistré l’année précédente.
Concernant les créances nettes des institutions de dépôt (ID) sur l’administration centrale (AC), elles
ont augmenté, par rapport à fin octobre 2022, de 5,9% pour atteindre 311,1 milliards de dirhams à fin
novembre 2022. Cette évolution incorpore, essentiellement, l’effet de l’utilisation du Trésor du reste
du montant du tirage sur la Ligne de Précaution et de Liquidité pour 21,1 milliards de dirhams. Ainsi,
en glissement annuel, le taux de progression de ces créances s’est accéléré, se situant à +11,6% à fin
novembre 2022 après +9,2% le mois précédent et +8,9% un an auparavant.
Au niveau des composantes de la masse monétaire, la hausse de cette dernière, en glissement mensuel,
est attribuable, plus particulièrement, à l’accroissement de la circulation fiduciaire de 1%, de la
monnaie scripturale de 1%, des comptes à terme auprès des banques de 5,3% et des détentions en
titres d’OPCVM monétaires de 15,8%.
En glissement annuel, la décélération de la croissance de la masse monétaire incorpore, plus
particulièrement, la baisse des comptes à terme (-7,7% après +4,6% l’année précédente), le
ralentissement de la croissance des détentions en titres d’OPCVM monétaires (+25,6% après +30% un
an auparavant) et l’accélération de la croissance de la circulation fiduciaire (+8,9% après +5,8% l’année
dernière) et de la monnaie scripturale (+8,9% après +6,4% l’année antérieure).
Concernant les agrégats de placements liquides (PL), leur encours a enregistré une légère baisse,
par rapport au mois précédent, de 0,6% consécutivement au recul de l’encours des titres d’OPCVM
obligataires (PL2) de 2,2% et de celui des titres d’OPCVM actions et diversifiés (PL3) de 1,1%, atténué
par la hausse de celui des titres d’OPCVM contractuels des titres de créances négociables (PL1) de 0,5%.
En glissement annuel, l’encours de PL s’est replié de 9,2% après une hausse de 11,1% à fin novembre
2021, sous l’effet de la baisse de PL1 (-1,3% après +5%), de PL2 (-20% après +8,2%) et de PL3 (-10,9%
après +69,3%).

Note de Conjoncture 40
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Atténuation du besoin en liquidité des banques au T4-2022

102,5 Mds DH Après deux trimestres consécutifs


(T4-2022) d’accentuation, le besoin en liquidité des
banques s’est atténué au quatrième trimestre
2022 pour se situer en moyenne hebdomadaire
à 87,9 milliards de dirhams après 91,7 milliards
au T3-2022. Dans ce contexte, la Banque
Centrale a réduit le volume de ses injections
Injection de liquidité de liquidité qui s’est établi en moyenne
(Volume moyen) hebdomadaire à 102,5 milliards de dirhams
après 105,1 milliards au T3-2022.

2,06% Les interventions de Bank Al-Maghrib ont porté, essentiellement, sur les avances à 7 jours sur appels
d’offre (50,5 milliards de dirhams après 41,8 milliards au T3-2022), les opérations de pensions livrées
(T4-2022)
(26,8 milliards de dirhams après 38,3 milliards au T3-2022) et les prêts garantis accordés dans le cadre
des programmes de soutien au financement de la TPME (25,1 milliards de dirhams après 24,9 milliards
au T3-2022).
Quant au taux interbancaire moyen pondéré au
jour le jour (TIMPJJ), Il s’est établi en moyenne
à 2,06% au quatrième trimestre 2022, en
hausse de 54 points de base comparativement
au T3-2002. Cette évolution intègre l’effet de
TIMPJJ la décision du Conseil de Bank Al-Maghrib
de relever le taux directeur de 50 points de
base à deux reprises, le 27 septembre et le 20
décembre 2022, pour le porter à 2,50%. Cette
décision vise à prévenir tout désancrage des
anticipations d’inflation et favoriser le retour
de l’inflation à des taux en ligne avec l’objectif
4,3 Mds DH de stabilité des prix.
(T4-2022)
S’agissant du volume moyen des transactions interbancaires, il s’est accru par rapport au troisième
trimestre 2022 de 31,2% pour atteindre 4,3 milliards de dirhams.
Globalement, après avoir enregistré une nette atténuation au cours de l’année 2021, le besoin en
liquidité des banques s’est accentué au cours de l’année 2022 pour s’établir en moyenne hebdomadaire
à 80,9 milliards de dirhams après 70,8 milliards en 2021 et 90,2 milliards en 2020. De ce fait, Bank Al-
Maghrib a augmenté le volume de ses injections de liquidité qui a atteint en moyenne hebdomadaire
93,5 milliards de dirhams après 82,9 milliards en 2021.
Transactions De son côté, le taux interbancaire s’est inscrit en hausse de 15 points de base par rapport à l’année
interbancaires
(Volume moyen)
2021 pour se situer en moyenne à 1,65% en 2022 et ce, après des replis de 29 pb en 2021 et de 49 pb en
2020. Le volume moyen des transactions interbancaires, quant-à-lui, a reculé, en glissement annuel,
de 2,3% pour se situer à 4 milliards de dirhams en 2022.
Concernant l’évolution des taux débiteurs
au troisième trimestre 2022, le taux moyen
pondéré global a enregistré une légère
baisse, par rapport au trimestre précédent,
de 5 points de base pour se situer à 4,24%.
Cette évolution incorpore l’effet conjoint de
la baisse des taux des crédits à l’équipement
de 42 pb à 4,14%, atténuée par la hausse des
taux des crédits à la consommation (+7 pb
à 6,39%), de trésorerie (+5 pb à 3,97%) et à
l’immobilier (+4 pb à 4,69%).

Note de Conjoncture 41
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Les levées brutes du Trésor prédominées par les maturités courtes et


tendance haussière des taux obligataires
Au titre du quatrième trimestre 2022, les
128,8 Mds DH levées brutes du Trésor au niveau du marché
(fin 2022) des adjudications ont plus que doublé, par
rapport au trimestre précédent, passant de
20,1 milliards de dirhams à 41,5 milliards. Ces
levées ont été prédominées pour le troisième
trimestre consécutif par les maturités courtes
à hauteur de 76,7% après 70,1% au T3-2022,
suivies des maturités moyennes dont la part
Levées brutes du
Trésor s’est repliée à 22,9% après 29,9% au T3-2022.
Les maturités longues n’ont représenté que
0,4% des levées du trimestre, le Trésor n’ayant
pas recouru à ces maturités depuis mars 2022.
De même, les remboursements du Trésor au titre du quatrième trimestre 2022 ont augmenté par
rapport au troisième trimestre 2022 de 68,6% pour s’établir à 37,6 milliards de dirhams. De ce fait, les
levées nettes du Trésor ont été positives de 3,9 milliards de dirhams, après qu’elles aient été négatives
lors des deux derniers trimestres, soit -2,2 milliards de dirhams au T3-2022 et -428,4 millions de
dirhams au T2-2022.
Toutefois, au terme de l’année 2022, les levées brutes du Trésor ont reculé pour la deuxième année
consécutive, soit -10,9% pour se situer à 128,8 milliards de dirhams après un repli de 5,4% en 2021. La
baisse enregistrée au titre de l’année 2022 a concerné les volumes souscrits des maturités moyennes
(-37,7% à 52 milliards de dirhams) et longues (-66,2% à 12,3 milliards de dirhams), canalisant
respectivement 40,4% et 9,6% des levées après 57,8% et 25,2% un an auparavant. En revanche, le
volume levé en maturités courtes a enregistré un raffermissement notable, passant de 24,6 milliards
de dirhams en 2021 à 64,5 milliards en 2022, prédominant ainsi les levées du Trésor pour la première
fois depuis 2014 à hauteur de 50% après 17% l’année précédente.
Compte tenu de la hausse des remboursements du Trésor, comparativement à l’année précédente, de
11,2% pour atteindre 109,7 milliards de dirhams au terme de l’année 2022, les levées nettes du Trésor
ont reculé de 58,3% pour se situer à 19,1 milliards de dirhams.
109,7 Mds DH Eu égard à ces évolutions, l’encours des bons du Trésor émis par adjudication s’est établi à 665,8 milliards
(fin 2022) de dirhams au terme de l’année 2022, enregistrant une hausse de 0,6% par rapport à fin septembre
2022 et de 3% par rapport à fin décembre 2021. La structure de cet encours reste prédominée par les
maturités longues quoique leur part ait légèrement reculé de 1,7 point pour se situer à 55,9% après
57,6% à fin décembre 2021, devançant les maturités moyennes dont la part s’est également repliée
de 1,6 point pour s’établir à 36,9%. En revanche, la part des maturités courtes, quoiqu’elle demeure
faible, s’est appréciée de 3,1 points à 7,1%.
S’agissant du volume des soumissions sur
Remboursements
du Trésor le marché des adjudications au titre du
quatrième trimestre 2022, il a augmenté par
rapport au trimestre précédent de 69,8%
pour atteindre 70,2 milliards de dirhams. La
demande a été orientée, essentiellement, vers
les maturités courtes à hauteur de 76,9% après
62,5% au troisième trimestre 2022, devançant
les maturités moyennes (21% après 27% au
T3-2022) et les maturités longues (2,1% après
10,5% au T3-2022).
Cependant, au terme de l’année 2022, le volume des soumissions s’est replié, en glissement annuel,
de 18% pour s’établir à 256,7 milliards de dirhams. Ce recul a concerné les volumes soumissionnés
des maturités moyennes (-44,6% à 96,2 milliards de dirhams) et longues (-42,7% à 31,1 milliards de
dirhams), représentant respectivement 37,5% et 12,1% du volume des soumissions après 55,5% et
17,3% l’année précédente. A l’inverse, celui des maturités courtes s’est accru de 52% à 129,5 milliards
de dirhams, canalisant 50,4% du volume des soumissions contre 27,2% un an auparavant.

Note de Conjoncture 42
ENVIRONNEMENT NATIONAL

Evolution des taux des bons du Trésor

T1-22 T2-22 T3-22 T4-22 Var

S’agissant des taux moyens pondérés primaires


32 jours - - - 2,85%
des émissions des bons du Trésor au titre du
45 jours - - - 2,38%
quatrième trimestre 2022, ils ont poursuivi leur
hausse entamée au premier trimestre 2022, 13 semaines - 1,52% 1,76% 2,54% +78 pb
enregistrant des accroissements, par rapport 26 semaines 1,49% 1,66% 1,90% 3,07% +117 pb
au trimestre précédent, compris entre 11 et 117 52 semaines 1,61% 1,74% 2,02% - -
points de base. En moyenne annuelle, après 2 ans 1,83% 1,91% 2,33% 2,44% +11 pb
une tendance baissière, les taux des bons du 5 ans 2,08% 2,27% 2,64% 2,94% +30 pb
Trésor au titre de l’année 2022 se sont orientés 10 ans 2,43% - - 3,20% +77 pb
à la hausse, enregistrant des augmentations
15 ans 2,70% - - - -
comparativement à l’année 2021 comprises
20 ans - - - - -
entre 6 et 63 points de base, à l’exception du
30 ans 3,28% - - - -
taux des bons à 30 ans qui a quasiment stagné.
Source : MEF, Calculs DEPF

Poursuite de la tendance globalement baissière des indicateurs de la


Bourse de Casablanca au T4-2022

-19,7% et -21% Au cours du quatrième trimestre 2022, les


indicateurs de la Bourse de Casablanca
(fin déc-22/fin déc-21)
ont poursuivi leur tendance orientée
globalement à la baisse. Ainsi, les
indices MASI et MSI 20 se sont établis à
fin décembre 2022 à 10720,25 et 857,43
points respectivement, enregistrant des
baisses trimestrielles respectives de 7,7%
et 8,5% après des reculs de 3,3% et 3,4%
MASI et MSI 20 au troisième trimestre 2022, accentuant
leur repli, par rapport à fin décembre
2021, à -19,7% et -21% après une hausse
de 18,3% et 17,4% l’année précédente.

Au niveau sectoriel, 18 secteurs


ont enregistré des performances
trimestrielles négatives. Il s’agit,
Banques : -4,8% particulièrement, des indices des
Maroc Telecom : -16,9% secteurs des ingénieries et biens
d’équipement industriels (-21,7%), de
BTP : -14,4% chimie (-19,2%) et de sylviculture et
(fin déc-22/fin sept-22) papier (-18,6%). De même, les indices
des trois premières capitalisations,
à savoir les banques, Maroc Telecom
et le BTP se sont repliés de 4,8%,
16,9% et 14,4% respectivement. Les
performances positives du trimestre
ont concerné, exclusivement, les
indices des secteurs des boissons
(+8,5%), des mines (+2,5%), de
Indices sectoriels transport (+2,3%) et de l’informatique
(+0,7%).

Note de Conjoncture 43
ENVIRONNEMENT NATIONAL

561,1 Mds DH
De son côté, la capitalisation boursière
a enregistré une baisse trimestrielle
de 7% pour se situer à 561,1 milliards
de dirhams après un repli de 3,2% au
troisième trimestre 2022, ramenant ainsi
son recul par rapport à fin décembre
Capitalisation 2021 à -18,8% après une hausse de
boursière
18,1% l’année précédente. La baisse
trimestrielle a résulté, particulièrement,
des contributions négatives notables de
Maroc Telecom, du BTP et des banques.

En revanche, le volume global des transactions réalisées au titre du quatrième trimestre 2022 a plus
que triplé, comparativement au troisième trimestre 2022, passant de 8,3 milliards de dirhams à 28,5
milliards. Le volume des échanges réalisés au cours du mois de décembre a canalisé 68,5% du volume
du trimestre, en relation avec les opérations d’allers-retours réalisées par les sociétés cotées en chaque
fin d’année. Le volume échangé du trimestre s’est réparti à hauteur de :
• 32,3% pour le marché central où les transactions se sont accrues, en glissement trimestriel, de
67,3% pour atteindre 9,2 milliards de dirhams. Parmi les titres les plus actifs du trimestre sur
ce compartiment, figurent Managem, Attijariwafa Bank, Itissalat Al-Maghrib et Cosumar, ayant

57,7 Mds DH canalisé respectivement 29,4%, 12,5%, 9% et 8,1% du volume des transactions en actions du
trimestre ;
• 59,2% pour le marché de blocs où les échanges se sont raffermis, passant de 2,5 milliards de
dirhams au troisième trimestre 2022 à 16,9 milliards de dirhams au quatrième trimestre 2022 ;
• 4,2% pour l’introduction en Bourse des actions de «AKDITAL» par cession et par augmentation de
capital, soit une levée globale de 1,2 milliard de dirhams. Il s’agit de la première introduction d’une
société appartenant au secteur de la santé au niveau de la bourse de la Casablanca. Compte tenu
de la radiation des titres de capital de Lydec qui était la seule société représentant le secteur des
Volume global des services aux collectivités, le nombre de secteurs représentés à la cote de la Bourse de Casablanca
transactions
s’établit à 23 et celui des sociétés cotées à 76 ;
• 3,8% pour 6 augmentations de capital en numéraire d’un montant global de 1,1 milliard de dirhams,
effectuées par Aradei Capital, Label Vie, Delattre Levivier Maroc, CIH (deux augmentations de
capital) et Med Paper ;
• 0,2% pour les transferts d’actions ;
• 0,1% pour les apports d’actions ;
• 0,1% pour l’offre publique de retrait des titres de capital de Lydec qui a porté sur 100.850 actions au
prix unitaire de 262 dirhams, soit un montant global de 26,4 millions de dirhams.

Au terme de l’année 2022, le volume


global des transactions s’est replié, en
glissement annuel, de 22,8% pour s’établir
à 57,7 milliards de dirhams. Le volume
des échanges sur les marchés central et
de blocs a reculé par rapport à fin 2021
de 17,1% pour se situer à 53,4 milliards de
dirhams, recouvrant une baisse de celui
réalisé sur le marché central de 20,6%
à 32,4 milliards de dirhams et de celui
enregistré sur le marché de blocs de 11% à
environ 21 milliards de dirhams.

Note de Conjoncture 44
Note de conjoncture N° 311 | Janvier 2023

TABLEAU DE BORD

Note de Conjoncture 45
Note de conjoncture N° 311 | Janvier 2023

Note de Conjoncture 46
Note de conjoncture N° 311 | Janvier 2023

Note de Conjoncture 47
Note de conjoncture

Boulevard Mohamed V. Quartier Téléphone : (+212) [Link]/16


DEPF Administratif, Rabat-Chellah Télécopie : (+212) [Link]
Maroc E-mail : depf@[Link]
ISSN: 2605-6321
Dépôt Légal : 2018PE0005
Impression : Centre de Tirage du MEF

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