Texte n° 2
1.9 Le point de vue des gouvernements, du marché et des entreprises
Les gouvernements doivent reconnaître que de plus en plus d’entreprises du secteur privé et de visiteurs
s’intéressent à la durabilité du tourisme. Ils doivent en tenir compte quand ils cherchent à persuader les
professionnels du tourisme de prendre le développement durable plus au sérieux, en faisant valoir les
avantages d’une approche plus durable pour développer leurs affaires et pour leurs bénéfices.
Comprendre les attitudes des touristes : plus qu’un marché de niche
Les gouvernements doivent comprendre ce qui est important pour les touristes s’ils veulent pouvoir
influencer efficacement leur comportement. Aux dires de certains, les touristes ne seraient pas, dans leur
majorité, intéressés par la durabilité de leurs voyages, ce qui est un obstacle majeur à l’instauration d’un
tourisme plus durable.
L’interprétation de la réaction des touristes dépend toutefois de la nature des questions posées. Ainsi,
bien que des études sur le marché de l’écotourisme (par ex. celles effectuées par l’OMT) aient conclu qu’il
s’agit effectivement d’un petit marché spécialisé (mais en plein essor), ces études avaient précisément
pour objet d’identifier les touristes et les voyagistes recherchant ou proposant des vacances à thème
axées sur l’observation de la nature et sa conservation. Les études plus larges qui ont tenté de déterminer
dans quelle mesure les consommateurs étaient intéressés par les liens entre leurs activités de touristes
et l’environnement et les communautés d’accueil (plutôt que leur réaction au concept de développement
durable en général) suggèrent un écho beaucoup plus vaste sur le marché. Elles font apparaître :
• De hauts niveaux de préoccupation pour l’environnement et la société dans les destinations où le
problème risque de nuire directement au bien-être même du touriste (par ex. propreté de l’eau et niveau
de sécurité).
• Un intérêt majeur et croissant des touristes pour les visites de sites naturels et culturels pendant leurs
vacances, et la valeur éducative et authentique de ces expériences. Cela vaut aussi bien pour les
vacanciers en général que pour ceux qui s’intéressent à des sujets particuliers.
• Le nombre important de touristes qui se disent soucieux de l’impact de leur voyage, que ce soit à
travers leurs activités ou le choix du voyagiste ou prestataire de services auquel ils s’adressent.
• La volonté manifestée de payer davantage pour soutenir l’environnement et les communautés au niveau
local.
Malgré ces réactions positives, il est important de rester réaliste quant au rapport de force entre les
différents facteurs qui influencent le choix des vacances. L’expérience et des enquêtes auprès des
touristes semblent indiquer que la perception de l’attrait global d’une destination, le climat, la praticabilité,
la qualité des infrastructures et le prix continuent de peser bien plus lourd que les préoccupations relatives
à l’impact du voyage. Mais ces dernières peuvent faire pencher la balance si les autres facteurs sont
comparables. Il semble aussi que les touristes se sentent plus facilement concernés par les impacts sur
l’environnement local et la qualité de vie de leurs hôtes que par les impacts globaux. Enfin, il y a peu
de données attestant les efforts réalisés par les touristes pour changer leurs pratiques de voyage et de
consommation, malgré le souci et l’intérêt manifestés.
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Le défi repose donc sur plus de volonté politique, d’incitations et d’informations si l’on veut vraiment
changer les choses. Conformément à l’approche générale préconisée dans ce guide, il vaut mieux
encourager tous les touristes à être plus conscients des impacts de leurs voyages, à s’intéresser à et à
se soucier davantage des populations d’accueil, que d’essayer de dénicher le « touriste durable ».
« Tourisme et développement durable », Vers un tourisme durable, Guide à l’usage des décideurs
Programme des Nations Unies pour l’environnement et Organisation mondiale du tourisme, 2006
Texte n° 3
Paris se mue en capitale « décomplexée » du shopping
Pour attirer les touristes étrangers sur la période décembre-février, la ville lumière joue davantage la carte
du shopping, plutôt que celle de la culture, via son opération annuelle « Shopping by Paris ».
Paris, la Seine, ses musées, sa Tour Eiffel, mais surtout... ses boutiques ! Pour son opération séduction
hivernale, destinée à redynamiser la fréquentation touristique en cette période de basse saison, la capitale
mise clairement sur le shopping. Pour sa sixième édition, cette campagne, qui débute aujourd’hui et
s’achèvera au 14 février, a été rebaptisée « Shopping by Paris », jugé plus moderne et percutant que le
feu « Soldes by Paris ». À l’instar de sa rivale londonienne, la ville veut désormais capitaliser davantage sur
ses boutiques et grandes enseignes de mode, d’art et de création pour attirer les visiteurs étrangers, plutôt
que sur son image, traditionnelle, de hub culturel. En résumé, Paris se veut « totalement décomplexée »
côté emplettes, comme le souligne Paul Roll, le patron de l’Office de tourisme, qui chapeaute l’initiative.
Sur le site de l’opération, des centaines de bons plans d’achats, d’hébergements, de dîners et d’évènements
culturels (jusqu’à 60 % de réductions) sont ainsi mis en lumière. On y trouve aussi différents « parcours
shoppings » estampillés « sélects », « trendy’s » ou « bobo chics », destinés à offrir des points de chute
aux bourses étrangères. Sachant que la capitale bénéficie d’une offre riche de 15.000 cafés, hôtels et
restaurants, et de quelques 5 900 boutiques de prêt-à-porter. Pour communiquer sur « Shopping by
Paris », Atout France, qui promeut la France à l’étranger, a ciblé le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et le
Japon, en plus des clientèles européennes classiques comme la Grande-Bretagne et l’Allemagne.
Un « levier de croissance »
De fait, si le shopping « a toujours fait partie des activités touristiques », celui-ci est désormais perçu
comme « un levier de croissance », analyse Thomas Deschamps, responsable de la statistique à l’Office
de tourisme. D’autant que, d’après ses services, sur les 28,2 millions de visiteurs étrangers qui ont visité
la capitale en 2010, 60 % d’entre eux ont évoqué le shopping en motivation principale. De plus, cette
activité a le vent en poupe : « le shopping international continue de progresser avec une croissance à
deux chiffres », souligne Éric Noyal, le président de Global Blue, un des leaders français de la détaxe,
évoquant notamment la montée en puissance des Chinois et Hong-Kongais.
Or, pour capter cette manne, la France peut mieux faire : si l’Hexagone demeure la première destination
touristique mondiale avec 80 millions de visiteurs au compteur chaque année, il n’occupe que la troisième
place en termes de recettes, derrière les États-Unis et l’Espagne.
Pierre Manière, Le [Link] Économie, 1er décembre 2011
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