Devoir surveillé — Quelques éléments de solutions
Algèbre générale
Quelques éléments (avec commentaires) de solutions sont donnés.
On omet l’utilisation des ”bar” lorsque le groupe Zn . Cette simplification n’est généralement pas conseiller !
Les idées de solutions ne sont aucunement optimales : c’est une discussion avancée. Toute-fois merci de
signaler vos commentaires via
[email protected]1. En utilisant le fait que A5 est simple, expliciter les sous–groupes distingués de S5 . Justifier votre réponse.
Il s’agit de 1, A5 = ker ε et S5 . Soit H ⩽ S5 distingué propre. Considérons le groupe trace : K = H ∩ A5
qui est distingué dans A5 et donc vu l’indication K = 1 ou K = A5 .
Cas où K = A5 . Dans ce cas nous avons la chaine finie suivante A5 ⩽ H ⩽ S5 . En passant au
cardinaux il vient que 5! 5!
2 ||H||5!. Donc soit |H| = 2 et par suite H = A5 ou soit |H| = 5! et par suite
H = S5 .
Cas où K = 1. Soit σ, τ ∈ H \ A5 , alors στ ∈ A5 ∩ H (car ε(στ ) = 1) soit στ = 1. Nécessairement
H = {1, σ} pour certaine σ ∈ Sn chose qui contredit la normalité de H dans S5 . En effet, l’orbite
de σ sous l’action par automorphismes intérieurs n’est trivialement pas ponctuelle (utiliser le type
pour donner un tableau de contre-exemples).
▶ La même technique marche pour n ̸= 4 quelconque.
▶ On peut donner une autre preuve en suivant la même démarche que celle proposée pour prouver la
simplicité de A5 vue au TD : en démarrant d’un h ∈ H non trivial, on essaye de construire un 3-cycle qui
reste dans H comme le propose le tableau suivant :
Profil de h σ σhσ −1 [σ, h]
(abcde) (cde) (abdec) (acd)
(abcd) (bcd) (acdb) (abc)
(abc) (cde) (abd) (acd)
(ab)(cd) (cde) (ab)(de) (ced)
(ab) (bcd) (ac) (abc)
▶ Le commentaire qui suit présente ce qu’on appelle type d’une permutation (ou profil) qui facilite
l’analyse et la lecture des éléments de Sn . Soit σ = ck · · · c1 , écrite en sa décomposition en produit de
cycles à supports disjoints, une permutation de Sn où on suppose que ℓ(ck ) ⩾ ℓ(ck−1 ) ⩾ · · · ⩾ ℓ(c1 ). Ici
ℓ(•) désigne la longueur d’un cycle qui est aussi son ordre comme étant un élément de Sn . On définit le
type de σ par :
ε(σ) = (ℓ(ck ), . . . , ℓ(c1 )).
Comme dans la décomposition en produit de cycles à supports disjoints on omet les points fixes, on définit
la quantité suivante
ε′ (σ) = (ℓ(ck ), . . . , ℓ(c1 ), 1, . . . , 1 ).
| {z }
(# de pts fixes) fois
On remarque que ε′ (σ) est une partition de n : n = ∥ε′ (σ)∥1 .
Nous avons le fait suivant :
Deux permutations σ et τ sont conjuguées si et seulement si elles ont le même type.
Écrivons σ = ck . . . c1 et τ = κσκ−1 pour certaine κ ∈ Sn . Alors
τ = κck κ−1 · · · κc1 κ−1 .
| {z } | {z }
dk d1
1
On sait que chaque dj est un cycle tel que ℓ(dj ) = ℓ(cj ). Ainsi, dk · · · d1 est bien la décomposition
en produit de cycles à supports disjoints avec la contrainte de décroissance de ℓ(dj ). Par suite
ε(τ ) = (ℓ(dk ), . . . , ℓ(d1 )) = (ℓ(ck ), . . . , ℓ(c1 )) = ε(σ).
Maintenant donnons-nous σ et τ tel que ε(σ) = ε(τ ) = (ℓk , . . . , ℓ1 ). Écrivons
σ = c1k · · · cℓkk · · · c11 · · · cℓ11 et τ = d1k · · · dℓkk · · · d11 · · · dℓ11 .
Soit κ la une permutation qui envoie cij sur dij . Alors sans problème : τ = κσκ−1 .
2. Donner |Hom(Zn , (C∗ , ×))|, où n ⩾ 1 est un entier, et |Hom(S3 , (C∗ , ×))|. Justifier votre réponse.
On commence par remarquer que :
Si G est fini d’ordre n, alors Hom(G, C∗ ) = Hom(G, Un ).
Pour voir cela, il suffit de remarquer que f (•)n = f (•n ) = f (1) = 1 pour tout élément f ∈ Hom(G, C∗ ).
On a |Hom(Zn , (C∗ , ×))| = n. Comme un morphisme f ∈ Hom(G, C∗ ) est entièrement défini par
f (1) choisi sans restriction dans Un , on peut considérer f 7→ f (1) ∈ Un . On vérifie qu’il s’agit d’un
isomorphisme !
On a |Hom(S3 , (C∗ , ×))| = 2. Cette fois-ci le groupe source n’est plus cyclique mais c’est un groupe
à six éléments et il est suffisamment connu ! Si f ∈ Hom(S3 , (C∗ , ×)), on remarque que l’ensemble
ker f possède trois formes possibles
– ker f = S3 au quel cas f est le morphisme trivial.
– ker f = 1 et donc par le premier théorème d’isomorphisme S3 ≃ f (S3 ) ⩽ U6 . Mais alors un
raisonnement sur les cardinaux nous donne S3 ≃ f (S3 ) = U6 : c’est impossible !
– ker f = A3 et donc ce cas (encore via le premier théorème d’isomorphisme) S3 /A3 ≃ f (S3 ).
Donc f (S3 ) est nécessairement {1, −1} puisque c’est le seul sous-groupe d’ordre 2 dans le groupe
cyclique U6 . Il vient qu’en fait f : S3 → {−1, 1} et il est non trivial. Le seul morphisme qui
vérifie ces contraintes est la signature ε.
▶ Deux commentaires
Les seules sous-groupes distingués de S3 sont 1, A3 et S3 . On peut utiliser la méthode artisanale :
Les sous-groupes de S3 sont totalement connus.
Soit f : Sn → {−1, 1} non trivial, donc nécessairement (en utilisant le fait que les transpositions
engendrent Sn ) f envoie une transposition sur −1 et donc f = ε sur les transpositions qui engendrent
Sn , il vient que f = ε.
3. On fait agir G = SL2 (R), le groupe des matrices inversibles dont le déterminant est égal à 1, sur le
demi–plan de Poincaré X = {z : z ∈ C, Im(z) > 0} via
a b az + b
·z = .
c d cz + d
a. Vérifier qu’il s’agit d’une action de groupe.
Le seul point à vérifier est le second item de la définition d’une action. On a
′
z+b′
a ac′ z+d
′
a z + b′ ′ + b a(a′ z + b′ ) + b(c′ z + d′ )
′
b′
a b a a b
· ·z = · ′ = = .
c d c′ d′ c d c z + d′
′ z+b′
c ac′ z+d ′ + d c(a′ z + b′ ) + d(c′ z + d′ )
Puis
(aa′ + bc′ )z + ab′ + bd′ aa′ + bc′ ab′ + bd′
= · z...
(ca′ + dc′ )z + cb′ + dd′ ca′ + dc′ cb′ + dd′
▶ La solution proposée est la présentation la plus correcte (en terme de complexité : temps et
espace). C’est une ruse beaucoup visitée en cours.
b. Donner l’orbite G · i et le stabilisateur SG (i).
L’orbite de i est tout X. Soit z = x + iy ∈ X, alors
√ √
y √xy √x
!
yi + y
1 ·i= = z.
0 √
y √1
y
2
Un élément de stabilisateur doit vérifier
ai + b
= i ⇐⇒ ai + b = (ci + d)i = di − c ⇐⇒ a = d, b = −c.
ci + d
Ainsi
a b
SG (i) = , a2 + b2 = 1 ...
−b a
▶ Comment peut-on conjecturer que G · i = X ?
On commence par remarquer que la considération d’une matrice avec une entrée c = 0 simplifie
la présentation de l’action et l’orbite devient presque tout C (vu l’écriture de tout complexe). En
imposant les conditions du groupe G, on tombe sur le résultat.
▶ Reconnaissez le stabilisateur.
4. On s’intéresse aux produits semi–directs Z5 ⋊ Z2 .
a. Combien existe-t-il, à isomorphisme près, de tels produits ?
Il faut chercher les éléments de Hom(Z2 , Aut(Z5 )) ≃ Hom(Z2 , Z4 ) dont l’ordre divise 2 : Tout
morphisme est définie par φ(1) et il vérifie φ(1)2 = φ(2) = φ(0) = id. En remarquant que parmi
les quatre éléments formant Aut(Z5 ) qui sont définis par fi (1) = i ∈ {1, 2, 3, 4}, seuls f1 et f4
qui adhèrent à la condition de divisibilité de l’ordre par 2, on conclut que Hom(Z2 , Aut(Z5 )) =
Hom(Z2 , {f1 , f4 }) : il y deux éléments donnés par φ(1) = f1 et ψ(1) = f4 . Puisque ψ ̸= φ, il y a
deux produit semi-directs.
▶ On sait déjà qu’il y a seulement deux produits ; produit direct et un autre produit donnant lieu
au D10 .
b. Expliciter les lois de chacun de ces produits.
Le premier est un produit direct : rien à faire !
Le second est donné via
(n, h) ⋊ (n′ , h′ ) = (n + ψ(h)(n′ ), h + h′ ),
donc
(n, 0) ⋊ (n′ , h′ ) = (n + n′ , h′ ) et (n, 1) ⋊ (n′ , h′ ) = (n + 4n′ , 1 + h′ ).
c. Trouver le centre et le groupe dérivé de chacun de ces produits.
Puisqu’il est abélien, le groupe dérivé de Z5 × Z2 est le sous-groupe trivial et son centre est lui même.
Passons au second produit :
Le centre est trivial. On traite deux cas :
– Un élément (n, 0) du centre doit commuter avec (n, 1) et donc 2n = 5n = 0 et le seul cas
possible est n = 0.
– Un élément (n, 1) du centre doit commuter avec tout les (n′ , 0) et donc n + 4n′ = n′ + n et
ceci est impossible.
Le groupe dérivé est N × 0. On remarque que D = D(Z5 ⋊ Z2 ) ⊂ Z5 ⋊ D(Z2 ) = Z5 × 0 (voir le
complément ci-dessous). Comme N × 0 est d’ordre 5, il y a deux possibilités pour D : D = 0 × 0
ou D = N × 0. Le premier cas est impossible. Sinon Z5 ⋊ Z2 ≃ Z5 ⋊ Z2 /0 × 0 est abélien et ceci
est impossible.
Plaçons nous avec un produit semi-direct général : N ⋊ H. Soit (n, h) et (n′ , h′ ) deux éléments
arbitraires de N ⋊ H, alors en s’intéressant qu’à la composante H du commutateur, on trouve
[(n, h), (n′ , h′ )] = (?, [h, h′ ]).
On note finalement que N ⋊ H/N × 1 ≃ H. En effet, le noyau de (n, h) 7→ (1, h) est N × 1.
▶ On note qu’on a utiliser le résultat suivant : Aut(Zn ) ≃ (Zn )× = In . Ce résultat devient hyper-simple
(en terme la manipulation) dans le cas où n est premier. Le cas n = 5 se généralise à tout nombre premier.
Les candidats sont demandés d’au moins maitrisé ce cas. On dénombre les éléments de Aut(Zn ) via la
correspondance Aut(Zn ) ∋ f 7→ f (1) ∈ In = {k : 1 ⩽ k ⩽ n gcd(k, n) = 1}. Pour dénombrer In , on
dénombre plutôt le complémentaire de In . L’indicatrice d’Euler, notée φ(n), est #In et on vérifie sans
problème, qu’on a
1 1
φ (n = pv11 · · · pvℓ ℓ ) = n 1 − ··· 1 − .
p1 pℓ
Le petit théorème de Fermat devient une simple application.
3
5. Démontrer que H est isomorphe à l’un des groupes Z9 ou Z23 .
Soit H un groupe d’ordre p2 . Deux cas possibles :
Il existe un élément de H dont l’ordre est exactement p2 et donc H est cyclique d’ordre p2 soit
H ≃ Zp2 .
Tout élément non trivial est d’ordre p et donc en choisissant deux groupes distincts P, Q d’ordre p
(prendre P =< a > et Q =< b > où b ∈ H \ P ) qui seront distingués (par ce que H est abélien ou
autre argument) et qui possèdent nécessairement une intersection triviale et ils vérifient que P Q = H
(utiliser le second théorème d’isomorphisme), donc G ≃ P × Q ≃ Zp × Zp .
▶ Si G est abélien et isomorphe à N ⋊φ H, alors nécessairement φ est trivial. En effet, nous avons vu en
cours que N ⋊φ H est abélien si et seulement φ est trivial ; c’est le cas ici.
6. Montrer qu’un produit semi–direct Z209 ⋊φ Z9 n’est jamais isomorphe à un produit semi–direct Z209 ⋊ψ Z23 .
Supposons l’existence d’un tel isomorphisme. Soit (n, h = (α, β)) l’image de (0, 1) par tel isomorphisme.
Puisque (0, 1) est d’ordre 9 (l’ordre de cet élément, non trivial, divise l’ordre du groupe en question et 3
ne permet pas un retour à l’élément neutre), nécessairement (n, h) est aussi d’ordre 9. Mais, on a
(n, h)2 = (n + ψ(h)(n), 2h), (n, h)3 = (n + ψ(h)(n) + ψ(2h)(n), 3h) = (u, 0)...
D’où (n, h)9 = (u, 0)3 = (3u, 0) = (0, 0) ...
7. Soit M ∈ MG supposé distingué dans G. On se propose de montrer que [G : M ] est un entier premier.
On note π : G → G/M la surjection canonique. Soit a ∈ G \ M et L =< π(a) >. On remarque que
π −1 (L), et puisqu’il contient a, contient strictement M et donc π −1 (L) = G (M est maximal). Puisque π
est surjective, on a L = π(G) ; i.e. π(G) est monogène. Deux cas de figures possibles mais qui mènent à
des contradictions :
Si π(a) est d’ordre infini, alors < π(a2 ) > sera un sous-groupe stricte de π(G) et dont l’inverse, par
π, s’intercale alors strictement entre M et G ;
Si π(a) est d’ordre composé et fini égal à nm, avec gcd(n, m) = 1, alors en inversant < π(an ) > on
trouve le résultat souhaité.
Détailler la solution proposée !
8. Classification des groupes d’ordre pq avec p < q sont des premiers.
On propose un Sketch de solution :
Remarquer que nq = 1 et np ∈ {1, q}.
Si np = 1, conclure en utilisant la vision interne des produits semi-directs que G ≃ Zp × Zq . Comme
exemple on donne (p, q) égal à (3, 5), (3, 11), (5, 7) etc ...
Si np = q ; i.e p|q − 1. L’idée est de chercher Hom(Zp , Aut(Zq )) ≃ Hom(Zp , Zq−1 ).
– Éliminer le cas trivial.
– Vérifier que les éléments d’ordre p dans Zq−1 sont q−1p ℓ pour ℓ = 1, . . . , (p − 1). Comparer ce
résultat avec le résultat du cours qui relie le nombre des groupes d’ordre p (ici égal à 1) et celui
des éléments d’ordre p.
– Soit φℓ le morphisme de Hom(Zp , Zq−1 ) qui envoi 1 sur q−1 p ℓ. Vérifier que l’image φℓ (Zp ) est
indépendante de ℓ.
– Remonter au groupe Hom(Zp , Aut(Zq )) et appliquer un théorème du cours. On note que si
γ : Aut(Zq ) → Zq−1 était un isomorphisme, alors
Hom(Zp , Zq−1 ) ∋ φ → γ −1 ◦ φ ∈ Hom(Zp , Aut(Zq ))
est un isomorphisme.
9. Classification des groupes d’ordre 8.
Il y a cinq groupes
Z8 , Z4 × Z2 , Z23 , D8 et Q8 .
Traiter le cas où il existe a ∈ G d’ordre 8.
Traiter le cas où tout élément de G est d’ordre au plus 2. Remarquer que le groupe est toujours
abélien puis considérer a ̸= b, non triviaux, c ̸= ab et a{0,1} b{0,1} c{0,1} .
4
On considère a ∈ G d’ordre 4 et N =< a > : il est d’ordre 4 et distingué dans G.
– Traiter le cas où il existe b ∈ G \ N d’ordre 2. Utiliser la vision interne !
* Utiliser que Aut(Z4 ) = {f1 , f3 } où le fi est tel que fi (1) = i.
* Traiter le cas trivial.
* Le second produit semi-direct est isomorphe à D8 ; Envoyer (1, 0) sur r et (0, 1) sur s.
– On suppose que tout b ∈ G \ N est d’ordre 4. Considérer b ∈ G \ N .
* Vérifier que b2 = a2 = d. Raisonner sur l’ordre.
* Vérifier que G = {1, d, a, a3 , b, b3 , ab, (ab)3 } puis considérer une correspondance convenable.