Master : droit privé comparé Espace
Afrique Francophone et Commonwealth
Module : DROIT COMPARE PENAL DES AFFAIRES
Semestre 3
LA PROTECTION PENALE DE LA
LIBERTE DU CONSOMMATEUR
Sous la direction du professeur :
Monsieur Said AAZI
Préparé par :
- TALEB Noria
- TAZEKOUT Amina
Année universitaire : 2022/2023
SOMMAIRE
Introduction
PARTIE I. LA PROTECTION DU CONSOMMATEUR AU
MOMENT DE LA FORMATION DU CONTRAT
Chapitre 1. L’obligation contractuelle d’information
Chapitre 2. La protection du consommateur face aux stratégies de
distribution du professionnel
PARTIE II. PROTECTION DU CONSOMMATEUR FACE AUX
PRATIQUES COMMERCIALES RÉPUTÉES TROMPEUSES
Chapitre 1. Protection du consommateur face aux procèdes incitatifs des
professionnels
Chapitre2. La protection face à la politique du produit
Conclusion
« Qui dit contractuel dit juste »
Alfred Fouillé
INTRODUCTION
Toute personne n’est jamais obligée de contracter, et, si elle le fait, c’est qu’elle trouve
dans la relation contractuelle un avantage, et cela d’autant plus qu’elle a eu la possibilité d’en
discuter. Ce principe dérive à la fois du consensualisme et de la liberté contractuelle. En effet,
à l’origine du droit des contrats, il paraissait inconcevable qu’une personne, libre et égale à
toute autre, non contrainte, contracte à l’encontre de ses propres intérêts. Cette vision du rapport
contractuel imprègne encore beaucoup le Droit civil et ce Droit n’a pas pour objet de protéger
la partie la plus faible du contrat, mais plutôt de respecter le contrat tel qu’il a été voulu par les
parties.
Ainsi, le dahir formant le Code des obligations et contrats ne prend absolument pas en
considération la possibilité que le contrat soit formé d’une personne sans compétence ni
connaissance particulière, et d’un « homme de métier », un homme spécialisé dans le domaine,
objet du contrat. Dans ce cas, le client, consommateur, est demandeur du bien ou du service,
mais il n’a aucune maitrise sur la convention qu’il s’apprête à conclure. La relation qui se noue
est donc par nature déséquilibrée et dans le cas où le profane est trompé, le DOC ne permet de
remettre en cause la convention que de manière exceptionnelle. Il en résulte que la protection
du consommateur se voit particulièrement réduite par l’application des seules règles civiles.
C’est essentiellement la raison pour laquelle s’est structuré, à peu près à partir des années 1960,
un nouveau Droit, une branche dérivée du droit commun pour certains : le Droit de la
consommation.
Le droit de la consommation cherche à équilibrer les relations entre professionnels et
consommateurs : il met à la charge des premiers des obligations qui sont autant de droits pour
les seconds. Professionnels d’un côté, consommateur de l’autre sont les sujets du droit de la
consommation. Définir ces deux catégories permet à la fois de comprendre la philosophie de la
matière et d’en tracer les limites. Certes, il peut arriver que certaines règles protectrices
débordent le cadre strict des relations entre professionnels et consommateurs. Celles-ci n’en
constituent pas moins le noyau dur du droit de la consommation et son principal domaine
d’application. Il a été proposé de considérer le droit de la consommation comme un droit
professionnel des établissements publics industriels ou commerciaux.
Comment ce Droit pénal protège-t-il le consommateur ?
PARTIE I. LA PROTECTION DU CONSOMMATEUR AU
MOMENT DE LA FORMATION DU CONTRAT
Le déséquilibre dans les relations entre professionnels et consommateurs tient pour
une bonne part à l’inégalité de leur information, l’information des consommateurs est, de
surcroit, un facteur de transparence du marché, donc de développement de la concurrence.
Mieux informés, les consommateurs sauront mieux choisir. Ils se tourneront vers les produits
et les services dont le rapport qualité-prix est le plus favorable. Cette concurrence accrue ne
peut qu’être favorable au développement économique1.
1
Jean CALAIS-AULOY, Droit de la consommation, Dalloz, 2006, p. 53-54.
CHAPITRE 1. L’OBLIGATION PRECONTRACTUELLE
D’INFORMATION
Section 1. Les obligations Générales d’information
« Le technicien doit éclairer le profane, la bonne foi du professionnel comporte
l’obligation de mettre le profane à son niveau de connaissances pour traiter à armes égales »2.
C’est sur ce principe ainsi énoncé que repose l’obligation d’information.
L’information du consommateur désigne tous les moyens de communication par
lesquels les consommateurs peuvent avoir connaissance de leurs droits, des produits et des prix
qui sont pratiqués dans tous les domaines qui les concernent. Ces moyens personnalisés par
lesquels le professionnel informe le consommateur des éléments qui lui sont immédiatement
nécessaires pour conclure un contrat en liberté et en connaissance de cause3. Cette obligation
générale peut être décelée à deux stades de la relation contractuelle : avant et après la formation
du contrat. L’obligation précontractuelle aura pour objectif de fournir au cocontractant
l’information nécessaire à son consentement, alors que l’obligation contractuelle permettra au
cocontractant de profiter d’une bonne exécution du contrat.
Au fur et à mesure de l’évolution du droit des contrats, la jurisprudence a défini une
obligation d’information, à partir de la nécessité d’un consentement éclairé pour la conclusion
d’un contrat. Cette obligation, dont la nécessité ne fait plus de doute, a été transposée en Droit
de la Consommation par la loi n° 92-60 du 18 janvier 1992, intégrée aujourd’hui dans l’article
L 111-1 du Code de la Consommation. Cet article dispose que « tout professionnel vendeur de
biens ou prestataire de service doit, avant la conclusion du contrat, mettre le consommateur en
mesure de connaître les caractéristiques essentielles du bien ou du service ».
Ainsi le législateur marocain et selon la loi 31-08 prévoit dans son article 3 : « Tout
fournisseur doit mettre, par tout moyen approprié, le consommateur en mesure de connaître
les caractéristiques essentielles du produit, du bien ou du service ainsi que l’origine du produit,
ou du bien et la date de péremption, le cas échéant, et lui fournir les renseignements
susceptibles de lui permettre de faire un choix rationnel compte tenu de ses besoins et de ses
moyens…4 ». Cette obligation générale d’information, dite aussi de renseignement, n’est pas
sans intérêt pour les consommateurs, mais elle est difficilement utilisable par eux. Elle a donc
2
Th. Ivainer, De l’ordre technique à l’ordre public technologique : JCP G 1972, I, 2494.
3
Guy Raymond, Information du consommateur, Fasc. 845, Jurisclasseur Concurrence Consommation, 15 Fév.
2006
4
Article 3 du chapitre premier de la loi 31-08.
été complétée par des obligations plus précises, assorties de sanctions plus efficaces et
spécialement édictées en faveur des consommateurs.
L’obligation générale ne fait pas l’objet de sanctions particulières. Ce sont les
sanctions générales du droit civil qui s’appliquent dès lors que le professionnel n’a pas satisfait
aux dispositions légales ou règlementaires. Ainsi, les juges retiendront le plus souvent la nullité
du contrat ou la responsabilité civile contractuelle, les deux pouvant bien entendu être cumulés.
Section2. Obligations spéciales d’information
Ces obligations spéciales ne remplacent pas l’obligation générale de sécurité, étudiée
précédemment, simplement elle demeure en arrière-plan, dans l’hypothèse où aucune
obligation spéciale n’existe pour une situation donnée. Mais en aucun cas elle ne dispense le
professionnel de son obligation générale d’information.
Les informations sur les délais de livraison pour lesquels les dispositions de l’article
12 de la Loi 31-08 imposent que : « dans tout contrat ayant pour objet la vente d’un bien meuble
ou la fourniture d’une prestation de service à un consommateur, le fournisseur doit, lorsque le
prix ou le tarif convenu excède un seuil fixé par voie réglementaire, et que la livraison du bien
meuble ou l’exécution de la prestation n’est pas immédiate, préciser par écrit la date limite à
laquelle il s’engage à livrer le bien ou à exécuter la prestation au niveau du contrat, de la
facture, du ticket de caisse, de la quittance ou de tout autre document délivré au
consommateur.»
L’article 173 de la Loi 31-08 énonce que : « Les infractions aux dispositions du titre
II de la présente loi et des textes pris pour son application sont punies d'une amende de 2.000 à
5.000 dirhams ».
Les sanctions pénales d’un manquement à une obligation spéciale d’information Aux
termes de l’article R113-1 du Code de la consommation, les infractions aux arrêtés relatifs à la
publicité des prix constituent des contraventions de cinquième classe, soit une amende de 1500
euros au maximum. Par contre, dès lors que l’infraction constitue un manquement à un décret
relatif à l’information des produits, l’infraction sera qualifiée de contravention de 3ème classe.
De surcroît, l’amende peut dans de nombreux cas devenir conséquente puisqu’il y aura autant
d’infractions que de produits pour lesquels l’information n’est pas présente.
Le non-respect de l’obligation d’information qui pèse sur le vendeur de biens ou de
services peut également être sanctionné par la mise en œuvre de plusieurs délits.
CHAPITRE 2. PROTECTION FACE AUX STRATEGIES DE
DISTRIBUTION DES PROFESSIONNELS
De nombreuses méthodes de vente sont utilisées par les entreprises dans le but de
développer considérablement leurs ventes de biens ou services.
• Le contrat conclu à distance
La vente à distance est celle qui se forme sans présence physique du vendeur. Celui-ci
sollicite l’acheteur par une technique de communication à distance5, et l’acheteur répond par
une technique de communication à distance. Ces techniques sont généralement utilisées pour la
vente, mais elles peuvent l’être aussi pour des prestations de service.
En outre, le contrat de vente à distance par un moyen électronique est valable s’il a été
conclu conformément aux conditions prévues par la loi 53-05 relative à l’échange électronique
des données juridiques, et par la législation en vigueur en la matière ainsi qu’aux conditions
prévues dans la loi 31-086.
L’importance de l’information précontractuelle est indéniable pour l’équilibre
contractuel. C’est pourquoi, outre le droit commun, le législateur consumériste a expressément
prévu des informations avant toute conclusion de contrat à distance, que ces informations
concernent le professionnel lui-même ou sur les caractéristiques essentielles du produit Que ce
soit en droit français ou en droit marocain ; Le droit commun à lui seul n’est pas suffisant pour
protéger efficacement le consommateur qui contacte à distance. Il en est de même de
l’obligation générale d’information établie à l’article 1 de la loi 31-08 marocaine et l’article
L111-1 du code de la consommation français édictant des mesures de protection du
consommateur.
Les infractions aux dispositions des articles 29, 30 et 32 liés au contrat conclu à
distance, sur les mentions obligatoires du contrat7 et l’identification du fournisseur8, sont punies
d'une amende de 1.200 à 10,000 dirhams. En cas de récidive, l'amende est portée au double. Est
en état de récidive l'auteur qui commet l'infraction dans les cinq ans suivant une condamnation
ayant la force de chose jugée pour des faits similaires9.
5
Article 24 de la Loi 31-08
6
Article 27 de la Loi 31-08
7
Article 29 de la loi 31-08.
8
Article 32 de la loi 31-08.
9
Article 177 de la loi 31-08.
La livraison doit être faite dans les délais et les conditions prévues dans l’article 39 de
la loi 31-08 qui oblige l’exécution de la commande dans le délai de 30 trente jours à compter
du jour ou le fournisseur a confirmé la réception de la commande du consommateur sous peine
d’une amende de 2.000dhs à 20.000dhs.
Le dispositif de protection encadrant le consommateur désirant acheter en ligne, il
existe également, au sein de l’article L122-3 du Code de la consommation, une protection du
consommateur n’ayant pas sollicité le vendeur. Il s’agit de l’infraction d’envoi sans commande
préalable, qui est constitué dès lors que l’envoi de n’importe quel objet est forcé, sans aucune
commande préalable et que le professionnel exige son paiement ou son retour. L’article R122-
1 du Code de la consommation réprime cette pratique illicite comme une contravention de
cinquième classe, c’est-à-dire, d’une amende de 1 500 euros.
La protection lors de l’avant contrat : le consommateur dispose d’informations
spécifiques sur l’offre de contrat en ligne, la directive de 1997, transposée dans l’article L121-
28 du Code de la consommation imposant la présence de plusieurs mentions : l’identification
du vendeur assortie de ses coordonnées téléphoniques et postales, les frais de livraison, les
modalités de paiement, de livraison ou d’exécution, l’existence d’un droit de rétractation et ses
limites éventuelles, la durée de validité de l’offre et le prix de celle-ci, etc. En cas de non-respect
de ces mentions, le professionnel encourt une sanction pénale puisque l’article R 121-1 du Code
de la consommation qualifie cette omission de contravention de cinquième classe.
La protection lors de la conclusion du contrat : le contrat est conclu à partir du moment
où l’offre est acceptée, c’est-à-dire, dès lors que le client passe commande, via une technique
de communication à distance.
La protection lors de l’exécution du contrat : Le système de protection des contrats
conclus à distance intervient à différents niveaux de l’exécution du contrat, que ce soit au
moment du paiement du prix, de la livraison de la chose, ou encore lors de l’exercice du droit
de rétractation de l’acheteur.
La livraison de la chose, En droit marocain la loi impose au fournisseur de préciser par
écrit la date limite à laquelle il s’engage à livrer les produits ou les biens. Selon l’article 12 de
la loi 31.08 Cette obligation est impérative du moins lorsque la valeur de ce produit excède un
seuil fixé par voie réglementaire.
On retrouve la notion de délai de rétractation dans de nombreux dispositifs de
protection du Droit de la consommation, notamment la règlementation du contrat à distance,
Ce délai de rétractation entend protéger le consommateur qui achète un bien sur la confiance
de simples images ou descriptions, risquant alors de recevoir un produit non conforme à ses
attentes.
Le manquement à ces dispositions est prévu à l’article R121-1-1 du Code de la
consommation : le professionnel qui refuse le remboursement du produit retourné par l’acheteur
dans le délai fixé par la loi est puni des peines d’amende prévues pour les contraventions de
cinquième classe. Ces sanctions pénales sont souvent dissuasives pour le 56 professionnel,
même si l’infraction est une simple contravention, et incitent bien souvent le vendeur à respecter
ces dispositions.
Le législateur marocain comme le législateur français a réservé ce droit de rétractation
à des types spéciaux des contrats. La loi 31-08 édictant des mesures10 de protection du
consommateur stipule que le consommateur a le droit de se rétracter dans trois cas de figures :
le contrat conclu à distance, le démarchage, le contrat de crédit.
• Le démarchage
Le démarchage consiste à aller au-devant de la clientèle pour lui proposer des biens ou
des services. Il suppose la présence physique du démarcheur, ce qui le distingue de la vente à
distance. Le démarchage se fait, le plus souvent, au domicile du consommateur : il prend, pour
cette raison, le nom de vente à domicile ou de porte à porte.
Le système de protection met à la charge du professionnel un certain nombre
d’obligations relatives aux mentions obligatoires devant être contenues dans le contrat, une
possibilité de rétractation.
L’article 45 de la loi 31-08 dispose : « est soumis aux dispositions du président chapitre
quiconque pratique ou fait pratiquer le démarchage, au domicile d’une personne physique, à sa
résidence ou à son lieu de travail, même à sa demande, afin de lui proposer l’achat, la vente, la
location, la location-vente ou la location avec option d’achat de produits, biens ou la fourniture
de services. Et également soumis aux dispositions du présent chapitre le démarchage dans les
lieux non destinés à la commercialisation du bien, produit ou du service proposé et notamment
10
Article 38 de la loi 31-08.
l’organisation par un fournisseur ou à son profit de réunions ou d’excursions afin de réaliser les
opérations définies à l’alinéa précédent 11».
Le législateur marocain a bien précisé dans l’article 180 de la loi 31-08 que toute
infraction telle que l’absence d’un contrat écrit de trois exemplaires, l’absence des mentions
obligatoires dans le contrat et un délai de rétractation, sera punie d'une amende de 1.200 à
25.000 dirhams et si le contrevenant est une personne morale, il sera puni d'une amende de
50.000 à 1.000.000 dirhams12.
Les mentions contractuelles obligatoires : Le Code de la consommation met à la charge
du professionnel le respect de sept mentions devant figurer au sein du contrat écrit. Il s’agit du
nom du fournisseur et du démarcheur, l’adresse du fournisseur, l’adresse du lieu de conclusion
du contrat, la désignation précise de la nature et des caractéristiques des biens offerts ou des
services proposés, les conditions d’exécution du contrat (modalités et délai de livraison), le prix
à payer et les modalités de paiement, la mention de la faculté de renonciation ainsi que les
conditions d’exercice de cette faculté, et le texte intégrale des articles L121-23, L121-24, L121-
et L121-26 du Code de la consommation, ces textes devant en outre être écrits lisiblement dans
le contrat.
La possibilité de rétractation : la possibilité de rétractation est l’élément principal du
dispositif de protection. Afin de faciliter cette possibilité de rétractation, la loi impose un contrat
ou bon de commande assorti d’un formulaire détachable. En outre, ce droit de rétractation
s’exerce dans un délai de sept jours, ce délai commençant à courir le lendemain du jour où a été
signé la commande. Ce défaut de remise d’un formulaire détachable est sanctionné sur le plan
pénal puisque cette infraction est un délit.
• Abus de faiblesse
Pour savoir ce qu’est exactement un abus, il faut s’en remettre à la doctrine, qui est la
seule à définir cette notion, pourtant souvent utilisée par le législateur. Philippe Salvage13
définit l’abus comme étant « un acte à la fois excessif et mauvais ». Ainsi, être abusé, c’est être
trompé, c’est-à-dire avoir été utilisé, instrumentalisé, pour les intérêts exclusifs de l’auteur de
l’infraction. Il consiste à inciter une personne à effectuer un acte ou à prendre un engagement
11
Article 45 du chapitre 3 de la loi 31-08.
12
Article 180 de la loi 31-08.
13
P. SALVAGE, Abus frauduleux de l’état de l’ignorance ou de faiblesse, 2006.
dont elle n’est pas en état de mesurer la portée et qui peut lui être préjudiciable. L’auteur de
l’abus profite intentionnellement de l’état de faiblesse ou de l’ignorance de la personne.14
Les sanctions applicables à l’abus de faiblesse Le Code de la consommation prévoit
une peine d’emprisonnement de cinq ans et 9 000 euros d’amende. Cette sanction parait plutôt
en adéquation et proportionnée à l’infraction. En outre, le Code pénal prévoit une sanction
différente, bien, plus contraignante sur le plan financier puisque l’amende est de 375 000 euros
mais la peine d’emprisonnement n’est que de trois ans15. La sanction du Code pénal est
surement plus dissuasive pour le professionnel, surtout quand l’on sait, et nous le verrons plus
tard, que les peines d’emprisonnement sont rarement appliquées. Mais dès lors que la victime
sera un consommateur, la sanction sera celle prévue au Code de la consommation, au nom du
principe « generalia specialibus derogant ». Le Code pénal quant à lui, protège une catégorie
beaucoup plus large ; il s’agit de toutes les victimes en situation de faiblesse ou d’ignorance,
comme un mineur ou une personne particulièrement vulnérable en raison de son âge, d’une
maladie ou d’une infirmité.
L’article 59 de la loi 31-08 dispose que : « est réputé par la force de la loi tout
engagement né d’un abus de la faiblesse ou de l’ignorance du consommateur, lequel se réserve
le droit de se faire rembourser les sommes payées et d’être dédommagé sur les préjudices subis.
Faute d’une définition légale complète et précise par la loi 31-08 des différents
éléments de l’infraction de l’abus de faiblesse ou d’ignorance du consommateur rien n’empêche
de recourir à l’article 552 du code pénal pour combler le vide laissé dans la loi 31-08 qui
dispose: « Quiconque abuse des besoins, des passions ou de l'inexpérience d'un mineur de vingt
et un ans ou de tout autre incapable ou interdit, pour lui faire souscrire à son préjudice, des
obligations, décharges ou autres actes engageant son patrimoine, est puni de l'emprisonnement
de six mois à trois ans et d'une amende de120 à 2.000 dirhams….»16. Ainsi l’article 182 de la
loi 31.08 ces infractions sont punies d'un emprisonnement de1 mois à 5 ans et d'une amende de
1.200 à 50.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement et si le contrevenant est une
personne morale, il sera puni d'une amende de 50.000 à 1.000.000 dirhams.
14
https://www.generali.fr
15
Article L121-8 de la loi de la protection du consommateur.
16
Article 552 de Code Pénal.
PARTIE I. PROTECTION DU CONSOMMATEUR FACE AUX
PRATIQUES COMMERCIALES RÉPUTÉES TROMPEUSES
Dans le monde des affaires, on dit souvent que tous les coups sont permis. Ce n’est
pourtant pas ce que laisse apparaître la réalité. En effet le droit de la consommation ainsi que le
droit pénal viennent réglementer le marché pour éviter les pratiques et manœuvres abusives ou
trompeuses. La pratique commerciale trompeuse est interdite par la loi et peut entraîner des
sanctions pénales. Les pratiques commerciales trompeuses sont celles qui contiennent ou
transmettent : Des éléments faux pouvant induire en erreur le consommateur moyen ; Ou bien
des éléments vrais mais présentés d’une telle façon qu’il conduisent également à induire le
consommateur en erreur.
CHAPITRE 1. PROTECTION DU CONSOMMATEUR FACE AUX
PROCEDES INCITATIFS DES PROFESSIONNELS
• La publicité
La publicité mensongère (ou trompeuse) consiste pour un commerçant ou un industriel
à diffuser des informations inexactes ou propres à tromper le public sur les produits ou les
services qu’il met en vente, sur les engagements qu’il prend à l’égard de la clientèle, sur les
aptitudes et les qualités qu’il possède. Aux termes de l’article 21 de la loi 31-08 : « … est
interdite toute publicité comportant, sous quelque forme que ce soit, des allégations, indications
ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur ». Le même article avance : « … Est
également interdite toute publicité de nature à induire en erreur, sous quelque forme que ce soit,
lorsque cela porte sur un ou plusieurs des éléments ci-après: existence, nature, composition,
qualités substantielles, teneur en principes utiles, espèce, origine, quantité, mode et date de
fabrication, propriétés, date de péremption, prix ou tarif et conditions de vente des biens,
produits ou services objets de la publicité 17».
L’article 22 de la loi 31-08 relative à la protection du consommateur stipule : « La
publicité comparative est toute publicité qui met en comparaison les caractéristiques ou les prix
ou les tarifs des biens, produits ou services en utilisant soit la citation ou la représentation de la
marque de fabrique, de commerce ou de service d'autrui, soit la citation ou la représentation de
la raison sociale ou de la dénomination sociale, du nom commercial ou de l'enseigne d'autrui.
Elle n'est autorisée que si elle est loyale, véridique et qu'elle n'est pas de nature à induire en
erreur le consommateur18 ».
L’article 174 de la loi 31-08 stipule que les infractions aux dispositions des articles 21
et 22 sont punies d'une amende de 50.000 à 250.000 dirhams. Le maximum de l'amende prévue
à cet article peut être porté à la moitié des dépenses de la publicité constituant le délit. Si le
contrevenant est une personne morale. Il sera puni d'une amende de 50.000 à 1.000,000
dirhams19. Ainsi que l’article 176 stipule qu’il est puni d'une amende de 10.000 à 50,000
dirhams le fournisseur qui, en infraction aux dispositions des articles 23 et 24 fait de la publicité,
quelle que soit technique de communication à distance20.
17
Article 21 du chapitre 1 de la loi 31-08
18
Article 22 du chapitre 1 de la loi 31-08.
19
Article 174 du chapitre 1 de la loi 31-08.
20
Article 176 du chapitre 1 de la loi 31-08.
L’ancien article L121-1 du Code de la consommation était relatif à la publicité de
nature à induire en erreur. Cette incrimination était à l’origine connue sous le nom de publicité
mensongère21.
L’article L121-24, en prévoyant alors les peines prévues pour les pratiques
commerciales trompeuses, c’est à dire deux ans d’emprisonnement et 37 500 euros d’amende,
avec, comme en matière de publicité trompeuse, la possibilité d’accroître l’amende à 50% des
dépenses de la publicité constituant le délit. Les juridictions peuvent également assortir ces
peines principales de peines complémentaires (publication obligatoire du jugement, diffusion
d’annonces rectificatives). En outre, des sanctions sont également prévues pour les personnes
morales, puisqu’elles encourent le quintuple de la peine d’amende ou 50% des dépenses de
publicité engagées ainsi que des peines complémentaires (interdiction temporaire ou définitive,
placement sous surveillance judiciaire, confiscation ou encore affichage de la décision, par
exemple). La protection du consommateur est donc encadrée par cette règlementation, lui
permettant de s’assurer de la loyauté, de la véracité et de la pertinence d’une publicité
comparative. Ainsi, il dispose d’informations pertinentes, l’aidant à opérer ses choix en
connaissance de cause. Cette protection pénale du consommateur se manifeste également pour
des impératifs de santé publique, le législateur ayant ainsi encadré certaines publicités par un
dispositif pénal extrêmement strict.
• La vente avec primes
Dans cette pratique, il existe un lien entre les deux produits, tout comme la vente
subordonnée, mais cette fois ci, le second produit est gratuit : il s’agit de la prime.
La loi 31-08 article 56 qui interdit toute vente ou offre de vente de produit ou des biens
ou toute offre de prestation de services faites aux consommateurs et donnant droit, à titre gratuit,
immédiatement ou à terme, à une prime consistant en produits, biens ou services sauf s’ils sont
identiques à ceux qui font l’objet de la vente ou de la prestation. Cette disposition ne s’applique
pas aux menus objets ou services de faible valeur ni aux échantillons. La valeur de ces objets,
services ou échantillons est déterminée par voie réglementaire ». Ces infractions sont punies
d'une amende de 1.200 à 10.000 dirhams. En cas de récidive, l'amende est portée au double. Est
21
A cette époque, la preuve de l’élément intentionnel était requise. Depuis 1963, on parle de publicité
trompeuse ou de nature à induire en erreur et l’intention de tromper n’est donc plus exigée pour sanctionner
le professionnel.
en état de récidive l'auteur qui commet l'infraction dans les cinq années suivant une
condamnation ayant la force de la chose jugée pour des faits similaires22.
Il est apparu très tôt que cette méthode de distribution était dangereuse, à la fois pour
le commerce (risque de concurrence déloyale) que pour le consommateur dont le choix est «
orienté » vers le bien vendu avec prime. Ainsi, cette pratique a été interdite par la loi n°51- 356
du 20 mars 1951 dont le principe fut ensuite repris par l’ordonnance du 1er décembre 1986
relative à la liberté des prix et est aujourd’hui réglementé par l’article L121-35 du Code de la
consommation. Entre temps, on peut constater un recul de la protection pénale puisque lors de
la loi de 1951, l’infraction constituait un délit alors qu’elle n’est plus, aujourd’hui, qu’une
contravention, comme bon nombre de dispositions pénales.
Les alinéas 1 et 2 de l’article L. 121-35 du Code de la consommation définissent et
réglementent cette question. Selon l’alinéa 1er de l’article L. 121-35, « est interdite toute vente
ou offre de vente de produits ou de biens ou toute prestation ou offre de prestation de services
faite aux consommateurs et donnant droit, à titre gratuit, immédiatement ou à terme, à une prime
consistant en produits, biens ou services sauf s’ils sont identiques à ceux qui font l’objet de la
vente ou de la prestation ». L’alinéa 2 ajoute que cette disposition ne s’applique pas aux menus
objets ou services de faible valeur ni aux échantillons. Est clairement visée la pratique de remise
d’un cadeau quelconque en échange de l’achat d’un objet.
Le règlement en discussion, légitimer la pratique des ventes avec prime, à la condition
que le consommateur soit mieux informé.
En revanche, dans le Droit positif français, l’infraction est constituée dès lors qu’une
prime est proposée au consommateur ayant contracté ou ayant le but de contracter. La prime
interdite peut consister soit en un produit, soit en un service. Ainsi, par exemple, est interdite
l’offre d’un appareil photo jetable pour trois pellicules achetées23.
Cette interdiction est justifiée par le fait que le consentement du consommateur est
plus ou moins faussé, perverti par l’envie du cadeau. Le consommateur ne réfléchit pas à la
nécessité même du produit acheté, ne pensant alors qu’au bénéficie du cadeau, souvent d’une
valeur dérisoire à l’achat. En revanche, les remises de chèques-cadeaux ou les bons de réduction
sont autorisés, créant tout de même quelquefois des achats inconsidérés pour certains
consommateurs. Mais les montants des bons de réductions étant souvent assez faibles, le
22
Article 182 de la loi 31-08.
23
CA Nancy, 15 Oct. 1996, Revue Contrats Concurrence Consommation 1997, comm. 142 Obs. Guy Raymond.
consommateur n’achète pas de façon aussi impulsive que pour un produit ou service gratuit (ne
sachant pas la réelle valeur marchande du bien dans ce dernier cas). En outre, ce qui est interdit,
c’est le caractère gratuit car la loi prohibe le fait que le contrat donne droit « à titre gratuit » à
une prime.
• Soldes
Les annonces de soldes font naitre chez les consommateurs l’espoir, réel ou illusoire,
d’un prix réduit dont il faut rapidement profiter. Les foules qu’attirent les soldes démontrent
l’efficacité du procédé. Et aussi son danger, à la fois pour les concurrents, dont la clientèle est
détournée, et pour les consommateurs, qui procèdent à des achats inconsidérés. Ce type de vente
n’est pas interdit, mais il est réglementé. Selon la loi 31- 08 : « la vente en solde ne peut être
pratiquée que si elle est accompagnée d’un affichage clair et lisible du terme solde. Le
fournisseur est tenu d’indiquer dans les lieux de vente : -Les produits ou biens sur lesquels porte
la réduction de prix ; -Le nouveau prix appliqué et l’ancien prix qui doit être barré ; -La durée
des soldes avec la détermination de leur début et de leur fin. L’ancien prix barré ne peut excéder
le prix le plus bas effectivement pratiqué par le fournisseur pour un bien ou produit similaire
dans le même établissement au cours des 30 derniers jours précédant le début des soldes. Le
fournisseur peut en outre indiquer les taux de remise applicables aux produits et biens objets
des soldes24 ».
L’infraction est punie d’une amende de 2000 à 10000 Dirhams25, La même peine est
applicable à l'inobservation des dispositions de l'article 55 de la loi 31.08 lié à la publicité des
soldes et qui doit mentionnée la date du début de l’opération, sa durée et la nature des biens ou
produits sur lesquels porte cette opération.
La définition des soldes est donnée par l’article L310-3 alinéa 1 du Code de commerce
et repose sur trois éléments : Il s’agit de ventes accompagnées ou précédées de publicité tendant,
par le moyen d’une réduction de prix, à un écoulement accéléré des marchandises en stock.
Les soldes doivent répondre à une condition temporelle puisque la loi du 1er aout 2008
est venue réformer une législation qui conduisait jusque-là à des périodes de soldes très
diverses. Dorénavant, une certaine unité règne, puisqu’il y a trois périodes de soldes et deux
24
Article 54 du chapitre 4 de la loi 31-08.
25
DLIMI Abdelaali, RAZKOUALLAH Hassan, code des infractions aux dispositions de la loi de protection de
consommateur, 2011, p. 31.
d’entre elles, d’une durée de cinq semaines, sont fixées par décret. La troisième, d’une durée
maximale de deux semaines, est librement fixée par le commerçant.
Si les soldes ne répondent pas à ces caractéristiques, l’infraction pénale sera constituée.
Mais il faut ajouter, pour bien comprendre l’enjeu de cette législation, que le but premier des
soldes est d’écouler le stock du professionnel.
CHAPITRE2. LA PROTECTION FACE A LA POLITIQUE DU
PRODUIT
Il est possible d'affirmer que les différentes pratiques commerciales peuvent avoir pour
effet d'influencer le consommateur dans sa prise de décision ou encore, d'agir, de manière
trompeuse, sur le caractère disponible du produit. Ces pratiques influencent le consommateur
dans sa prise de décision et ce, tant par rapport à des éléments situés dans la phase antérieure à
la conclusion du contrat, de manière évidente. Antérieurement à la conclusion du contrat, les
pratiques commerciales réputées trompeuses peuvent porter sur les éléments essentiels du
produit, d'une part et sur le professionnel, d'autre part. Quant aux pratiques portant sur les
éléments essentiels du produit Il s'agit d'étudier ici les caractéristiques intrinsèques du produit.
Ces éléments intrinsèques renvoient tant au caractère protégé du produit, qu'aux effets de celui-
ci.
Le produit est considéré comme étant un élément primordial de la fonction marketing,
car il représente la relation et le lien fondamental entre l’entreprise et son environnement.
L’entreprise est toujours à la recherche d’un produit qui pourrait satisfaire les besoins différents
de sa clientèle, étant donné qu’il est difficile d’obtenir un bon résultat avec un mauvais produit
même si on emploie le maximum au niveau de la publicité et la promotion.
La loi retient une liste, limitative de pratiques commerciales condamnables :
• Existence : produits présentés dans un prospectus à un prix attractif pendant une période
d'une semaine et qui sont rapidement indisponibles à la vente
• Nature : proposition d'un crédit gratuit alors que le consommateur se trouve engagé dans
un crédit permanent.
• Composition : montre en or pour du plaqué, pâtisseries annoncées au beurre alors
qu'elles n'en contiennent pas, meuble en chêne massif alors qu'il s'agit de plaqué bois,
du cuir pleine fleur pour un canapé en croûte de cuir, etc.
• Qualités substantielles : poulet annoncé élevé en pleine nature alors qu'il a été élevé de
manière industrielle, produits bio qui ne le sont pas.
• Propriétés, résultats attendus de l'utilisation : les annonces qui attribuent à certains des
éléments entrant dans la composition des produits une fonction utilitaire comme dans
les produits de bien-être, ou pour les produits de traitement (insecticides).
• Espèce : bulbes de tulipes d'une variété différente de celle représentée en photo sur
l'emballage.
• Origine : faire passer du vin de table pour un vin prestigieux, faire croire à l'origine
française d'un produit fabriqué à l'étranger
• Quantité : produit présenté comme contenant 500g alors qu'il manque 100g
• Mode et date de fabrication : pâtisserie fraîche du jour alors quelles ont été congelées.
• Prix : indication d’un prix spécial alors qu’il s’agit du prix habituellement pratiqué, prix
de gros alors que le prix pratiqué est un prix de détail, prix indiqué dans la publicité qui
ne correspond pas au produit dessiné ou à la photo illustrant la publicité, les annonces
de réduction de prix calculées sur des prix qui ne sont jamais pratiqués, prix coûtant qui
n’intègre pas certaines remises consenties par le fournisseur ou le fabricant, prix tout
compris qui n’en est pas un...
En ce qui concerne les effets du produit, il est possible, au sens des articles L121-2 et
L-121-3 de relever trois types de pratiques commerciales trompeuses en ce qui concerne les
effets du produit. D'abord, est considéré comme une pratique commerciale trompeuse le fait
pour le professionnel de formuler des affirmations matériellement inexactes en ce qui concerne
la nature et l'ampleur des risques auxquels s'expose le consommateur sur le plan de sa sécurité
personnelle ou de celle de sa famille s'il n'achète pas le produit ou le service . Cette disposition
est particulière dans le sens où elle a un impact, non seulement sur le caractère éclairé, mais
aussi, sur le caractère libre du consentement donné par le consommateur. Effectivement, le
caractère éclairé du consentement est atteint car les affirmations du professionnel sont inexactes
et provoquent un dol dont est victime le consommateur. Par ailleurs, prétendre que l'absence du
produit proposé à la vente dans le patrimoine du consommateur serait nuisible à ce dernier va
avoir en principe pour conséquence que ce consommateur aura le sentiment d'être contraint de
réaliser une telle acquisition et ce, afin de préserver l'intégrité de sa personne ou encore, celle
de sa famille. Ceci démontre par conséquent une atteinte également au caractère libre du
consentement donné par le consommateur. Ensuite, affirmer faussement qu'un produit ou une
prestation de services est de nature à guérir des maladies, des dysfonctionnements ou des
malformations est également présumé caractériser l'existence d'une pratique commerciale
trompeuse. Pour cette disposition, un même raisonnement peut être tenu. Une atteinte au
caractère éclairé du consentement donné par le consommateur peut déjà être caractérisée à
travers le caractère faux de l'affirmation du professionnel. Par ailleurs, une atteinte au caractère
libre de ce consentement peut également être décelée dans la mesure où un consommateur serait
éventuellement malade et chercherait désespérément un produit peu importe lequel lui
permettant de se sentir mieux. Toutes ces pratiques doivent donc être étudiées avec précaution.
Enfin, le fait d'affirmer d'un produit ou d'un service qu'il augmente les chances de gagner aux
jeux de hasard constitue également une pratique commerciale trompeuse.
Selon Loi n°28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires, dans son
chapitre III sur l’information du consommateur, l’article 16 dispose que : « Tout produit
alimentaire et tout aliment pour animaux mis ou devant être mis sur le marché national ou
destiné à l'exportation ou importé doit disposer d'un étiquetage conforme aux prescriptions qui
lui sont applicables en vertu des dispositions de la présente loi et des textes pris pour son
application ou en vertu de toute autre législation ou réglementation spécifique qui lui est
applicable, aux fins d'en faciliter la traçabilité ».
Article 26 : « Est puni d'une amende de 5.000 à 20.000 dirhams quiconque : - a mis
sur le marché national exporté ou importé, un produit ou une denrée n'ayant pas un étiquetage
conforme aux conditions qui lui sont applicables en vertu des dispositions de la présente loi et
des textes pris pour son application ou en vertu de toute autre législation ou réglementation
spécifique ; - n'a pas procédé au retrait de tout produit primaire, tout produit alimentaire ou tout
aliment pour animaux du marché national dans le délai qui lui est fixé par les autorités
compétentes conformément aux dispositions de l'article 20 de la présente loi ».
Conclusion
Le Droit pénal de la consommation se veut fortement dissuasif et dispose des moyens
juridiques et humains qui traduisent cet aspect tout à la fois préventif et répressif. Néanmoins,
la réalité judiciaire, la réalité économique et ses contraintes, peuvent parfois susciter méfiance
et insatisfaction. Alors que l’objectif principal du droit de la consommation de protéger le
consommateur, le droit de la concurrence, vise avant tout à éviter que certaines entreprises ne
se trouvent en situation préférentielle par rapport à d’autres : la sanction des ententes, des abus
de domination ou du para-commercialisme est destinée à sauvegarder un certain équilibre
économique.
La Loi sur la protection du consommateur prévoit plusieurs types de protection. En
résumé, elle contient des règles générales qui s’appliquent aux commerçants qui fournissent des
biens ou des services aux consommateurs, et des règles particulières à certains types de biens
ou de services.
BIBLIOGRAPHIE :
I.OUVRAGES
• E. NACIRI¸ « Loi sur la protection du consommateur : Un nouveau jalon
dans l’édifice du droit de la consommation » ¸ 2011.
• L. BELHSSAINE, « la protection du consommateur par la loi 31.08 »,
RMED, 2001.
II. THÈSES ET MÉMOIRES
• Anne NACHBAR, « Le Droit Pénal De La Consommation », 2010-
2011.
III.LEGISLATION
• La loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur
complète le dispositif juridique existant en matière de protection du
consommateur.
• DAHIR N° 1-59-413 DU 28 JOUMADA II 1382(26NOVEMBRE 1962)
PORTANT APPROBATION DU TEXTE DU CODE PENAL
• Le code de la consommation français.
• Le code pénal français.