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Mécanique des roches et soutènement

Ce document traite de la mécanique des roches et du soutènement. Il introduit les concepts clés de la mécanique des roches tels que les contraintes, les pressions des terrains, la caractérisation du massif rocheux et les propriétés mécaniques des roches comme la résistance et la déformabilité.

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Mécanique des roches et soutènement

Ce document traite de la mécanique des roches et du soutènement. Il introduit les concepts clés de la mécanique des roches tels que les contraintes, les pressions des terrains, la caractérisation du massif rocheux et les propriétés mécaniques des roches comme la résistance et la déformabilité.

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Eléments de mécanique des roches et Soutènement 1

I. ELEMENTS DE MECANIQUE DES ROCHES

[Link]

Tout point du massif rocheux non influencé par les travaux


d’exploitation est soumis à un régime de contraintes en équilibre dû d’une
part à la pesanteur et d’autre part aux forces résiduelles des efforts
orogéniques auxquels les terrains furent soumis dans le cours de leur
évolution.
Si en ce point ou aux environs on creuse une galerie ou exploite une
carrière, le vide ainsi crée modifie la répartition des contraintes et détruit
l’équilibre. Des forces apparaissent appelées « pressions de terrains ». Ces
dernières, sous leur action, provoquent la cassure du toit, la destruction du
soutènement, l’éboulement des talus de carrière ou des roches du toit et des
parois des galeries souterraines, le soufflage des murs, la flexion des bancs
ainsi que d’autres phénomènes qui se produisent parfois de façon brusque.
Ces manifestations des terrains sont particulièrement importantes si
l’ouvrage est situé à grande profondeur et creusé en terrains peu résistants
ou dérangés. Elles peuvent atteindre une telle ampleur qu’elles deviennent
déterminantes dans le choix de la méthode d’exploitation soit par la
nécessité d’y parer, soit par l’art de les utiliser.
L’étude des pressions des terrains revêt donc, pour l’Ingénieur des mines,
une importance toujours croissante au fur et à mesure que les exploitations
s’approfondissent.
Comme il s’agit en fait de la répartition des forces et de la résistance des
matériaux, la solution du problème comportera en premier lieu l’étude des
propriétés des gisements et des roches encaissantes, ensuite la recherche de
la distribution des contraintes autour des ouvrages ou cavité.
L’analyse des pressions du massif dans les roches vierges et autour
des travaux miniers est traitée par une science appelée « mécanique des
roches ». Cette science a pour but d’étudier le comportement des roches
dans leur site naturel. Pour atteindre ses objectifs, elle associe la théorie,
l’expérience, les travaux de laboratoire et les essais sur terrains (in situ).
Dans tous les cas, elle réunit les phénomènes observés des observations
chiffrés, elle codifie ces observations par des corrélations et des lois. Elle
fournit aux ingénieurs des renseignements indispensables pour la
construction rationnelle des ouvrages, d’en assurer en toute sécurité la
résistance et d’en fixer économiquement les dimensions.
La profondeur à laquelle se situe l’ouvrage joue un rôle très important
sur les vides crées. En terrain vierge, les forces verticales agissant sur les
terrains ont pour seule cause la pesanteur et pour valeur le poids des
terrains dès la surface jusqu’au plan horizontal correspondant à la
profondeur d’exploitation ou de l’ouvrage. Ainsi, les forces dues à la
pesanteur provoquent une contrainte verticale dirigée vers le bas et
d’intensité égale à :
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 2

(I-1)

Avec PV : la contrainte verticale


δ : le poids spécifique moyen des terrains [t/m³] ;
H : la profondeur à laquelle se trouve l’ouvrage [m].

De façon générale, le calcul des forces s’avère difficile à cause de


l’hétérogénéité des roches, de leur comportement sous contrainte, de la
stratification et de la discontinuité du massif rocheux. Ce dernier n’est pas
soumis uniquement aux efforts verticaux, mais il répond aussi à un système
triaxial de contrainte, d’où l’importance de connaître le comportement de la
roche aux efforts et sollicitations.
Les roches sont des matériaux où les forces peuvent s’exercer différemment
suivant leur point d’application et leur direction. Il s’agit des efforts de
compression, de traction, de cisaillement, de flexion et de flambage.

I.2. Caractérisation du massif rocheux.

Le massif rocheux est généralement constitué des blocs monolithiques


plus ou moins continus (la matrice rocheuse) séparés par des discontinuités
qui résultent de l’histoire géologique du massif (stratification, cassures
tectoniques). Ces discontinuités constituent normalement des plans de
faiblesse du massif, propices aux glissements, circulation d’eau, pertes de
pression de gaz de détonation lors du tir…
Le massif rocheux peut également être hétérogène, c'est-à-dire constitué des
roches possédant des propriétés mécaniques différentes (par exemple
l’alternance des bancs durs et tendres ou hétérogénéités liées à des
altérations locales. La présence éventuelle d’eau peut influer sur les
conditions d’abattage et de minage.

I.2.1. Matrice rocheuse

I.2.1.1. Classification pétrographique simplifiée

L’identification pétrographique, basée sur la nature des minéraux que


la matrice rocheuse contient, fournit au praticien avisé des éléments de
choix pour les techniques de foration (résistance, abrasivité) et la conception
du plan de tir.
Dans un cas d’un minerai, il faut préciser la composition
minéralogique de la roche et non seulement sa teneur (par exemple ce n’est
pas la présence de 1% de cobalt dans la roche qui conditionne ses
propriétés).
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 3

I.2.1.2. Propriétés mécaniques

On distingue les propriétés de déformabilité, principalement le module


d’élasticité ou le module de Young et les propriétés de résistance,
principalement la résistance à la compression et la résistance à la traction.

a. Module d’élasticité.

Le module d’élasticité de la roche se calcule, en prenant en compte la


tangente de la partie linéaire de la courbe contrainte-déformation. Dans cette
partie du diagramme. Le module d’élasticité peut également être déterminé à
partir de la mesure de la célérité des ondes longitudinales V P (vitesse de
propagation des ondes mesurées en laboratoire) et transversales V S à partir
de la relation :

(I-2)

Cette valeur du module est dite « dynamique » car elle résulte d’un essai
qui dure moins d’une milliseconde.
L’essai de compression simple permet également la mesure du coefficient
de Poisson (ν). Ce dernier est le rapport entre la dilatation transversale ( ) et
la contraction longitudinale ( ), on a donc :

(I-3)

Avec : l’inverse du coefficient de Poisson. Il est appelé par certains


auteurs « nombre de Poisson ».
En ce qui concerne les roches, le nombre de Poisson n’est pas constant, il
diminue quand la charge augmente.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 4

Figure 1.1 : Variation du nombre de Poisson pour différentes roches en fonction de la


charge

La déformation longitudinale est proportionnelle à l’effort de compression.

Figure 1.2 : courbe contrainte-déformation : définition du module d’élasticité d’une


roche et du coefficient de Poisson

Si σ représente la tension unitaire (par unité de surface de la section de


l’éprouvette) et ε le raccourcissement proportionnel ou le raccourcissement

par unité de longueur , le rapport est appelé module

d’élasticité longitudinal ou module de Young. E est exprimé dans les mêmes


unités que σ puisque ε est un rapport qui n’a pas de dimension.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 5

Les déformations des roches étant toujours petites, leur module


d’élasticité prend une valeur élevée exprimée en MPa (méga pascal).
Le module d’élasticité défini à partir de l’essai de compression simple permet
une classification en raideur des roches selon le tableau ci-dessous :

Tableau 1.1. Classification des roches en raideur


Roche Très déformables Moyenne RaideTrès
raides
E(MPa) < 2000 10000 à 20000 50000 > 80000

On introduit ainsi le module d’élasticité au cisaillement (G) appelé aussi


module de glissement ou module de rigidité. C’est le rapport entre la tension
unitaire de cisaillement et le glissement proportionnel dans la section
soumise au cisaillement. La formule qui lie le module de glissement (G) au
module d’élasticité longitudinal (E) est fonction du coefficient de Poisson.
Elle s’exprime par :

(I-4)

b. Résistances mécaniques

Les essais de résistance sont effectués par écrasement d’éprouvettes


cylindriques.

b.1.Résistance à la traction

La méthode la plus couramment utilisée pour déterminer la résistance à la


traction est l’essai par fendage ou essai Brésilien. L’éprouvette cylindrique
d’élancement 1 (c’est-à-dire que le diamètre est égal à la hauteur) est glissée
entre deux plateaux d’une machine de compression de telle sorte que l’axe
du cylindre soit parallèle aux faces des plateaux.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 6

Figure 1.3 : essai Brésilien ou essai de traction par fendage d’après J. BRYCH,
1972

La rupture se produit par fendage du cylindre suivant un plan passant par


son axe et perpendiculaire aux plateaux et peut donc être assimilée à une
rupture par traction.
La résistance à la traction de la roche est calculée par la formule suivante :

(I-5)

Avec P : la charge maximale atteinte [kg]

Le tableau 1.2 donne une classification des roches en fonction de la


résistance à la traction.

Tableau 1.2 Classification des roches en fonction de la résistance à la traction


Roches Faiblement Moyennes Résistantes Très
résistantes résistantes
σc [MPa] 0.4 1.5 4 > 20

À la traction, la résistance des roches est nettement moindre qu’à la


compression. Elle est de l’ordre de 10 à 15% seulement.

b.2. Résistance à la compression

Si l’on met un échantillon de roche à la compression simple, on


constate généralement qu’au début, les déformations ne sont pas
proportionnelles à la charge. Le diagramme (voir la courbe contrainte-
déformation ci-dessus) a l’allure d’une courbe dont la concavité est orientée
vers le haut, parce que les déformations sont plus importantes que les lois
de l’élasticité ne les laisseraient prévoir. Ceci est dû au fait que les fissures,
les joints et les pores de la roche se referment. Au –delà d’une certaine
charge, le diagramme devient une droite.
Pour une roche, on appelle charge de rupture ou résistance à la rupture en
compression, la contrainte de compression maximale ( ) que la roche
peut supporter sans qu’elle ne se fissure ou se sépare en deux ou plusieurs
morceaux.
Lorsqu’on procède à un essai de résistance à la compression d’un
échantillon de roche, le comportement est clair jusqu’au moment où on
atteint le maximum de résistance. A partir de ce moment là, la suite des
événements dépend de plusieurs facteurs :
- de la ductilité ou de la fragilité de la roche ;
- de la plus ou moins grande rigidité du banc d’essai ;
- de la vitesse d’application de la charge, éventuellement des temps de
repos observés ;
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 7

- de la contrainte latérale ;
- du frottement entre l’échantillon et les plateaux de la presse.
Le tableau 1.3 donne une classification en résistance de compression des
roches.

Tableau 1. 3 Classification des roches en fonction de la résistance en compression


Roches Faiblement Moyennes Résistantes Très
résistantes résistantes
RC 5 20 60 > 100
[MPa]

I.2.1.3. Fissuration et porosité

La présence des vides microscopiques au sein de la matrice rocheuse


fragilise la roche. La porosité (n) étant le pourcentage en volume de
l’ensemble des vides contenus (pores et fissures) dans la matrice rocheuse
est définie par la relation suivante :

(I-6)

Avec ρ : la densité de la roche


ρm : la densité des seuls grains minéraux

La porosité varie de 0 à 30% suivant le type de roche.


La compacité est liée à la porosité : plus une roche est compacte moins elle
est poreuse.
L’indice de continuité (IC) est un indicateur souple et très sensible de la
présence des vides contenus dans la matrice rocheuse. Elle est définie par :

(I-7)

Avec VP : la vitesse de propagation des ondes mesurée en laboratoire ;


: la vitesse théorique de propagation des ondes résultant de la
composition minéralogique figurant dans la tableau de la
classification pétrographique simplifiée
Ci-dessous, le tableau donnant une classification de l’indice de continuité.

Tableau 1.4. Classification de l’indice de continuité des roches


Indice de Très Faibles Moyennes Fortes Excellentes
continuité faibles
IC [%] < 25 50 75 90 > 95
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 8

Le degré de fissuration (DF) exprime la proportion en volume des vides


correspondant aux seules fissures. Il s’exprime en fonction de l’indice de
continuité (IC) et de la porosité (n) par deux formules suivantes :

(I-8)

Le tableau suivant donne la classification du degré de fissuration :

Tableau 1.5. Classification du degré de fissuration des roches


Degré de Très Faibles Moyennes Fortes Très
fissuration faibles fortes
DF < 10 25 50 75 > 80

I.2.1.4 Impédance acoustique.

L’impédance acoustique (IM) d’un milieu est définie par la relation :

(I-9)

Pour l’explosif :
L’énergie explosive générée par la détonation doit passer du milieu
détonant au massif rocheux. Ce transfert est régi par des lois physiques
faisant intervenir les impédances acoustiques de l’explosif et de la roche.
L’impédance acoustique de l’explosif est définie par :

(I-10)

Avec ρ : la densité de l’explosif ;


D : la vitesse de détonation

L’impédance acoustique de l’explosif est généralement inférieure à celle


de la roche : plus l’écart est élevé, plus difficile est le transfert de l’énergie de
choc de l’explosif à la roche. On cherchera donc à augmenter l’impédance de
l’explosif (augmentation de la densité et de la vitesse de détonation).

I.2.1.5. Abrasivité.

Le terme de « dureté » n’a de signification physique que pour les


minéraux constitutifs (dureté minéralogique). Il est à proscrire pour les
roches, il ne faut en aucun cas l’assimiler ni à la résistance ni à l’abrasivité.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 9

L’abrasivité qui caractérise la capacité de la roche à provoquer une usure des


outils, dépend à la fois de sa teneur en minéraux durs au sens de la dureté
minéralogique (par exemple le quartz) et de la résistance de l’assemblage des
grains (cohésion de la roche).
La mesure de l’abrasivité nécessite un appareillage spécifique : ainsi dans
l’appareil type LCPC, une palette d’acier en rotation rapide provoque le
broyage de la roche, sa perte de poids par usure abrasive (exprimée en
grammes d’acier perdu par tonne de roche traitée) représente l’abrasivité de
la roche.

Le tableau 1.6 précise l’ordre de grandeur de l’abrasivité de quelques types


de roches courantes.

Tableau 1.6 Abrasivité des roches


Roches Faiblement Moyennes Résistantes Très résistantes
résistantes
RC [MPa] 5 20 60 > 100

I.2.1.6. Altérabilité

L’extraction de la roche et les travaux de tir (minage) entraînent de


profondes modifications de son environnement : décompression, fissures
créées lors de minage, modification des réseaux d’écoulement, de la
température de la roche, mise en présence des eaux de pluie…
Par exemple, certains minéraux hydrophiles (argile…) sont susceptibles de
gonfler jusqu’à provoquer des désordres dans le massif ; de même les basses
températures peuvent provoquer la gélifraction des roches saturées d’eau ;
les variations de température (diurnes-nocturnes, saisonnières) peuvent
accentuer la fissuration.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 10

D’une façon systématique, ces agressions et effets destructeurs se


développent dans les zones présentant initialement des défauts ou
faiblesses.
Si l’impact des paramètres des tirs sur l’altérabilité des talus rocheux restant
en place est parfois évident, leur influence sur la qualité des matériaux
extraits n’est entrevue qu’en termes de la granulométrie des produits
abattus mais ignorée en termes d’élaboration de granulats ou de traitement
des minerais ou de production des pierres ornementales.

I.2.2. Discontinuités et hétérogénéités

Le terme de discontinuité désigne toute interruption physique du


rocher (par exemple : plan de stratification, de schistosité, diaclases,
fractures, fentes de tension, failles…) qui résulte de son histoire géologique,
souvent complexe et tumultueuse. Ces discontinuités favorisent des
altérations et accumulations de produits de remplissage : ainsi peuvent se
constituer des hétérogénéités et des altérations de divers ordres.
Des données quantitatives concernant le nombre, la localisation et la
disposition géométrique de ces éléments structuraux sont nécessaires aux
mineurs pour la mise au point de schémas de tir, la stabilité des ouvrages ;
trop souvent, ils les croient économiquement inaccessibles, les négligent ou
les estiment trop sommairement. En fait, ces données sont en grande partie
accessibles sans surcoûts excessifs en utilisant du matériel existant et des
outils de tous les jours : topographie, boussole, relevé de forage (la foration
des trous peut s’avérer d’une très grande importance si l’on prend la peine
de recueillir les informations qu’elle fournit).

I.2.2.1. Schémas structuraux

Le repérage des divers types de discontinuités est une opération


relativement simple qui fournit des éléments précieux sur :
- les conditions de stabilité des parois ;
- l’élaboration du plan de tir ;
- les niveaux de vibrations escomptés ;

Les discontinuités sont identifiées par :


- leur géométrie (vecteur pendage)
- leur densité (nombre de discontinuités par mètre d’épaisseur) ;
- leur organisation en familles ;
- leurs propriétés de surface : extension dans le plan, rugosité, nature
de remplissage, venues d’eau.
Chaque discontinuité identifiée sur un affleurement est assimilée à un plan
dont on repère la position par le vecteur pendage P. ce dernier est repéré en
direction (par rapport au Nord) et en plongement (par rapport au plan
horizontal).
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 11

Figure 1.4 : Repérage et orientation d’un plan

L’utilisation d’une boussole permet de repérer avec une bonne précision les
composantes du vecteur pendage. Il existe actuellement de prototypes de
boussoles automatiques couplées à un micro-ordinateur portable (mis au
point par le centre d’Etudes et Constructions des Prototypes de Laboratoires
des ponts et chaussées).
L’ensemble des levés structuraux est couramment traité à l’aide de
représentations graphiques qui associent à chaque plan un point dans une
représentation stéréographique.
Différents programmes de calcul conduisent à des traitements statistiques
ou au dessin automatique des différents diaclases fournissant au mineur
des données de conception ou (et) du dessin assisté par ordinateur
(conception et dessin assisté par ordinateur : CAO).

I.2.2.2. Intervalles de discontinuités (ID)

Le comptage de la densité de fracturation de chaque famille de


discontinuités identifiée conduit à la définition de l’intervalle de
discontinuités ou distance moyenne séparant les plans d’une même famille.
Le tableau suivant donne différentes classes de fracturation

Tableau 1.7 Classes de fracturation des roches


Classes Intervalle moyen entre discontinuités (ID) Densité de
en cm discontinuités
ID 1 > 200 Très faible
ID 2 60 à 200 Faible
ID 3 20 à 60 Moyenne
ID 4 6 à 20 Forte
ID 5 <6 Très forte
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 12

I.2.2.3. Diagraphies instantanées et différées

Le terme diagraphie désigne un ensemble de techniques géophysiques


permettant à partir d’une instrumentation introduite dans les sondages,
d’obtenir des informations concernant les propriétés physiques du massif.

a) diagraphie microsismiques

Une sonde microsismique, comportant un émetteur et un ou deux


capteurs est introduite dans le sondage. Cette sonde mesure en continu la
vitesse de propagation (VP) des ondes élastiques dans le voisinage du
sondage.
Outre la connaissance de VP (conduisant à la détermination de
l’impédance acoustique de la roche), la méthode permet d’identifier des
horizons particuliers par variation de la vitesse enregistrée (passage des
zones altérées, présence d’un banc dur…). Complétant les simples mesures
des vitesses d’avancement, ces mesures sismiques permettent une
adaptation judicieuse des explosifs aux matériaux à extraire.
Les méthodes dites « Cross Hole » (sismique en transparence entre deux
sondages) constituent « l’auscultation scanner » du massif et sont réservées
à des cas bien précis de reconnaissance : mesure du module de Young,
identification des vides (karts).

b) Diagraphies électriques

Elles mesurent la résistivité des terrains et sont bien adaptées à la


recherche d’épaisseurs des zones altérées.

c) Diagraphies de radioactivité naturelle

Pour un horizon géologique déterminé, la radioactivité naturelle (K40,


U238, T232) varie très peu et les corrélations entre sondages rapprochés
sont relativement faciles. La méthode est particulièrement bien adaptée aux
massifs sédimentaires et à la mise en évidence des épaisseurs d’altération.

d) enregistrement des paramètres de forage

La mesure en continu des paramètres de forage (vitesse de rotation,


couple, poussée instantanée de pénétration), permet une description très
fine des propriétés du massif rocheux, en particulier, le passage éventuel des
zones faillées est détecté, permettant ainsi au mineur avisé d’en tenir compte
lors du chargement du trou de mine par les explosifs.
Pour mémoire, il existe plusieurs autres types de diagraphies, parmi
lesquelles on peut citer :
- les diagraphies gamma-gamma, permettant de mesurer la densité
humide des terrains en place ;
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 13

- l’endoscopie ou observation directe des parois de forage ;


- les prises d’empreintes sur la paroi de forage, pour identifier et repérer
en orientation les cassures.

I.2.2.4. carottages

La réalisation des sondages carottés est toujours une opération longue


et coûteuse dont on cherchera à tirer le maximum d’enseignement.
L’implantation d’un sondage carotté doit être aussi précise que possible et
résulter de considérations basées sur l’analyse structurales et les données
géophysiques. L’orientation du sondage par rapport aux directions
d’anisotropie du massif est essentielle pour son interprétation.
La reconstitution de l’ensemble du sondage carotté permet de définir :
- le taux de carottage qui représente le pourcentage en longueur du
sondage récupéré sous forme de carottes identifiées ;
- le RQD (Rock Quality Designation) qui est le pourcentage en longueur
du sondage récupéré sous forme de carotte de longueur supérieure à
10cm

(I-11)

I.2.2.5. Sismique réfraction

Cette technique consiste à recueillir en surface la vibration émise en


surface par un émetteur (marteau sismique). Les vitesses ainsi mesurées
varient dans une très large plage, de 300m/s pour les terrains meubles et
déconsolidés à 6000m/s pour les formations les plus raides.
De mise en œuvre simple et rapide, la sismique réfraction permet
notamment de localiser un substratum rocheux, de repérer les zones de
failles, de vérifier l’homogénéité d’une formation.

N.B. la mesure des temps d’arrivée des signaux peut être complétée par celle
de la pseudo-période du signal. Cette dernière est un indicateur
complémentaire de l’état de fracturation du massif : plus elle est élevée plus
le massif est fracturé.

I.2.2.6. Magnéto-tellurique artificielle (MTA) ou Radio-magnéto


tellurique (RMT)

Cette méthode consiste à mesurer à la surface du sol les composantes


horizontales des champs magnétique et électrique crées par des émetteurs
radio.
La MTA permet une mesure continue mettant en évidence de petits accidents
et des variations d’épaisseur de la couverture. La mesure est rapide, le
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 14

dispositif MTA est tracté par un véhicule tout terrain étant déplacé à la
vitesse d’un homme au pas.
Dans le domaine d’abattage dans une mine à ciel ouvert, l’ensemble des
approches qui viennent d’être ainsi présentées conduisent à une bonne
connaissance de la structure du massif rocheux et de ses éventuelles
hétérogénéités. Les diverses techniques peuvent être mises en jeu dans des
conditions économiques tout à fait acceptables, les surcoûts étant souvent
largement compensés par les réductions des coûts opératoires de l’abattage.

I.3. Caractéristiques des roches du toit

Sur base des propriétés mécanophysiques des roches, le toit et le mur


du gisement peuvent se comporter différemment. Pour ce faire, considérons
quelques catégories de roches suivantes :
- roche tendre : faible compacité et élasticité, elle se casse très
facilement et tombe en petits blocs. Par exemple le grès, le schiste
gréseux.
- Roche rigide : grande résistance et faible susceptibilité à la
déformation. Par exemple le grès compact.
- Roche plastique : grande susceptibilité au fléchissement, par exemple
les argiles, certains schistes.
Compte tenu de cette catégorisation des roches, on subdivise le toit du
gisement en 3 groupes :
- Toit tendre : il se casse par petits blocs et subit facilement
l’ébranlement après arrachement du soutènement.
- Toit rigide : il se casse en grands blocs
- Toit plastique : il s’affaisse sur le mur ou les remblais

Le toit de galerie minière est constitué par :


1°) Faux toit : constitué des couches supérieures à l’exploitation. Ces
dernières se cassent et s’éboulent immédiatement après l’ouverture de la
galerie.
2°) Toit immédiat : constitué des couches supérieures au faux toit. Ce
dernier se casse et s’éboule immédiatement après l’évacuation du
soutènement. Il s’appuie sur le remblai et le massif rocheux qui entoure la
galerie.
3°) Toit supérieur : constitué des roches se trouvant au-dessus du toit
immédiat. Ces roches ne se cassent pas avec le toit immédiat, mais après un
certain temps. Il occupe une grande surface et s’appuie sur le remblai ou sur
le massif qui entoure l’espace exploité.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 15

I.4. Etat de contrainte dans le massif vierge et calcul de la tension transversale


en un point du massif à partir de la loi de Hooke

I.4.1. Etat de contrainte dans les roches vierges

Sous l’influence du poids des roches surincombantes, les différentes


particules du massif rocheux tendent à se dérober en se déformant
latéralement, mais les particules voisines ne leur permettent pas car elles
sont aussi compressées de la même façon.
Pour les roches, en profondeur il existe des étreintes (forces) dues aux roches
voisines s’opposant à la pesanteur. Comme résultat la déformation
transversale ne se produit pas et, par contre, entre les faces latérales se
produisent des pressions latérales qui dépendent de la grandeur de la
pression verticale et de la nature des particules ainsi chargées. C’est ainsi
que nous avons un état de contraintes triaxial dans le massif.

I.4.2 Calcul de la pression horizontale en un point du massif


à partir de la loi de Hooke

Les relations existant entre les composantes de la tension et celles de


la déformation ont été établies expérimentalement et sont connues sous le
nom de la loi de Hooke.
Soit un cube homogène et isotrope dont les faces sont parallèles aux axes de
coordonnées et supposons qu’il soit soumis à l’action d’une force normale (de
compression par exemple) de taux unitaire , uniformément repartie sur
deux faces opposées.

Figure 1.5 : Cube soumis à l’action de trois contraintes

La contraction longitudinale est donnée par la relation :


Eléments de mécanique des roches et Soutènement 16

(I-11)

Cette contraction est accompagnée de dilatations latérales qui par raison de


symétrie sont égales :

(I-12)

Si le cube est soumis à l’action des trois contraintes , et dirigées


normalement à ses faces (figure 1.5). Les expériences prouvent que la
déformation selon chacun des axes s’obtiendra en faisant la somme
algébrique des déformations qui seraient produites par chacune des
contraintes agissant isolément :

(I-13)

La dilatation cubique a pour valeur :

(I-14)

En ne retenant que les infiniment petits du premier ordre on aura :

(I-15)

En remplaçant dans cette relation les expressions de , , ci-dessus, on


obtient :

(I-16)

L’expérience montre que le cube soumis à la compression complète diminue


toujours de volume. Pour répondre à cette condition, il faut que € soit du
même signe que les tenseurs (σ) et donc m° est toujours supérieur à 2. Pour
les corps in compressibles dont le volume reste invariable m°= 2.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 17

Faisons remarquer que certains charbon et schistes très tendres sont


caractérisés par m° voisin de 2 et qu’ils ont tendance à se comporter comme
des corps incompressibles, c'est-à-dire qu’une pression verticale exercée sur
ces matériaux engendre une pression horizontale équivalente.
En considérant l’ensemble de l’écorce terrestre comme un solide homogène,
élastique et isotrope, infiniment étendu dans le sens horizontal et soumis à
la seule action de la pesanteur, un point du massif situé à la profondeur H
est soumis à une tension verticale :

(I-17)

Cette compression tend à provoquer une déformation transversale ε x qui ne


peut cependant pas se produire puisque le terrain ne peut se dilater
horizontalement. On a donc :

D’où

(I-18)

Or ainsi (I-19)

En se rappelant que cette expression peut se mettre sous la forme :

(I-20)

Le tableau ci-dessous donne certaines valeurs du nombre de Poisson m° en


fonction de la profondeur et du type de roche.

Tableau 1.8 Nombre de Poisson en fonction de la profondeur



Profondeur H [m]
Types de 122 620 1200
roches
Grès 20 9 4
Schistes 12 7 3.5
Charbons 3 2.5 2

Sur base de valeurs de m° données dans le tableau ci-dessus, nous


constatons qu’à faible profondeur m° est très grand tandis que pour de
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 18

grandes profondeurs, il décroit jusqu’à 2 (cas du charbon). Ceci montre que


le grès a une plus grande valeur de m° et le charbon a une petite valeur.
Ainsi, la plus petite pression latérale se rencontre dans les grès et la plus
grande dans le charbon.
A faible profondeur, la pression latérale est plus petite que la pression
verticale et par contre avec l’accroissement de la profondeur, le coefficient m°
tend vers la valeur 2, ce qui signifie que la pression latérale est égale à la
pression verticale. On parle alors d’un état hydrostatique.

I.5. Répartition des contraintes autour des galeries

Après le creusement d’une galerie, les terrains au dessus du vide ne


sont plus supportés par la roche en place. L’état de contraintes qui régnait
dans le massif est modifié par la cavité.

Figure 1.6 : Répartition du flux de forces autour d’une galerie d’après A. Pirard

On voit sur la figure 1.6 très bien la perturbation introduite par la galerie
dans la répartition du flux de forces autour cette dernière. Les déviations
s’observent aussi bien en couronne qu’aux parois et au mur de la galerie. Le
flux est régulier à une certaine distance au-dessus et redevient régulier à
une certaine distance en dessous.
En un point quelconque autour de la galerie se croisent deux lignes
orthogonales qui fournissent en ce point les directions des tensions
principales. L’ensemble du réseau donne donc une image du flux de forces.
Le contour de la galerie est une famille des isostatiques ou trajectoires des
tensions principales ; là où le trait est pointillé, il s’agit d’une compression et
inversement lorsque le trait est plein il s’agit d’une traction.
Le poids des terrains sus-jacents au vide est reporté sur les parois de la
galerie où des surcharges apparaissent : celles-ci sont appelées « tensions
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 19

de culées » et tendent à écraser le massif. Si les bancs de roche qui bordent


la galerie ne sont pas résistants pour encaisser ces surcharges sans rupture,
des déformations apparaissent dans la galerie.

I.5.1. Excavation de forme circulaire

En examinant la répartition des contraintes dans le voisinage d’une


excavation circulaire, on constate qu’en raison du manque d’appui du côté
du vide, les contraintes radiales (σr) aux bords sont nulles, tandis que les
contraintes tangentielles (σt) croissent et tendent vers une valeur maximale
qui peut dépasser la résistance de la roche. Celle-ci passe alors à l’état
clastique.

Figure 1.7 : Contraintes radiales et tangentielles sur le bord d’une galerie de forme
circulaire

En s’éloignant dans le massif, la section résistante augmente, ce qui fait que


l’intensité de la contrainte tangentielle diminue si bien qu’à partir d’un
certain point elle n’excède plus la limite d’élasticité du matériau dont est
composé le terrain. Au-delà de cette limite, le rocher reste dans l’état
élastique.
Si la roche est très solide et capable d’encaisser la surcharge sans se
rompre, on obtient les courbes en pointillé sur la figure 1.7.
Autour d’une galerie, on rencontre habituellement trois zones :
- une zone détendue où la pression est inférieure à qui règne dans
le massif ;
- une zone de fortes pressions qui constitue l’anneau porteur ;
- la surface limite d’influence au-delà de laquelle on retrouve la pression
initiale du massif non perturbé.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 20

En général, la surface enveloppe de la zone détendue a plutôt une forme


ovoïde.

Figure 1.8 : les trois zones de terrain entourant une galerie de section circulaire
d’après H. Labasse

La poussée d’équilibre diminue plus rapidement au mur qu’en couronne et


même s’y annule. Ceci est dû au fait que le poids des terrains détendus
contre balance la poussée de dilatation des roches au mur et finalement
arrête le phénomène. En couronne, au contraire, ce poids s’ajoute à la
poussée et facilite la détente.

I.5.2. Excavation de forme rectangulaire

La figure 1.9 donne la représentation des différentes zones rencontrées


autour d’une galerie en veine d’après H. Labasse.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 21

Figure 1.9 : Distribution des contraintes dans le toit au voisinage d’une galerie
rectangulaire d’après Alder-Potts et walker
La figue 1.9 donne d’une façon plus détaillée la distribution des contraintes
dans le toit au voisinage d’une voie rectangulaire creusée en charbon d’après
Alder-Potts et Walker.
Au front et aux parois, la roche du toit est soumise à une force de
cisaillement dont l’ampleur augmente avec la profondeur et qui est
influencée par la résistance de la veine (charbon) et du mur. Elle est d’autant
plus réduite que cette résistance est faible.
Du fait de la tendance qu’ont les roches à se dilater vers l’excavation, des
forces latérales de compression se développent dont l’intensité augmente
avec la profondeur.
Les bancs 1 à 4 dans la figure 1.10, en fléchissant, sont libérés du poids des
bancs supérieurs et leur poids est transmis au charbon solide des deux
côtés, suivant les flèches (a), (b), (c), (d). Le poids des bancs supérieurs est
transmis sur les faces kk.

Figure 1.10 : distribution des contraintes dans les bancs du toit d’une galerie en veine
d’après Alder-Potts et walker
Cette nouvelle distribution des poids provoque le développement d’une voûte
de pression dont les culées reposent sur le charbon solide et à l’intérieur de
laquelle se trouve une zone de bancs détendus. Les bancs dans la voûte de
pression fléchissent légèrement et se décollent des bancs supérieurs. Ils ne
les supportent plus.
Des phénomènes analogues se produisent dans les bancs du mur. Dans
certaines galeries, on constate une montée intense du mur appelée
« soufflage du mur ». La déformation des bancs se fait sentir profondément
dans le mur.
Signalons que l’état de tension autour d’une galerie minière ne dépend pas
seulement de la profondeur à laquelle elle est creusée et de sa forme, mais
aussi de ses dimensions.
Sur la figure ci-dessous nous remarquons que les dimensions du domaine
d’investigation AB et AC sont plus grandes en comparaison aux dimensions
de la galerie définie par les dimensions l et ω.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 22

La contrainte verticale maximale agissant sur les parois de la galerie est


donnée par l’expression suivante :
(I-21)

Avec : la contrainte maximale sur les parois de la galerie ;


: le coefficient qui dépend du rapport ;
: la pression verticale initiale ;
: la pression latérale initiale.
La contrainte horizontale dans les roches du toit (à son milieu) égale à :

(I-22)

Avec : la contrainte horizontale dans le toit de la galerie ;


: le coefficient qui dépend du rapport ;
: la pression latérale initiale.
: la pression verticale initiale ;

Sur base des valeurs données dans le tableau ci-dessous, nous


pouvons dire que si le rapport est grand, le coefficient sera aussi
grand et donc la pression verticale dans la paroi devient également
importante. Par contre, si le rapport est petit, le coefficient est grand.

Tableau 1.9 et en fonction du rapport


50/1 20/1 5/1 1.5/1 1/1
1.01 1.02 1.20 1.76 1.84
18.00 5.00 3.00 2.00 1.84
1/1.5 1/5 1/20 1/50
2.00 3.00 5.00 18.00
1.76 1.20 1.02 1.01
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 23

I.6. Zones de détente, plastique et élastique

I.6.1. Zone de détente

Nous savons que lors du creusement d’une galerie il se produit dans


l’entourage de celle-ci une augmentation des contraintes. Les roches qui
entourent la galerie, après avoir dépassé leurs résistances limites, se
fissurent et se cassent en libérant des énergies importantes avec la
possibilité de se déplacer dans la direction de l’espace vide. De cette façon, il
se forme autour de la galerie une zone constituée des roches sans grande
cohésion, isolée partiellement ou totalement du reste du massif : c’est la
zone de détente.
Le degré de détente est fonction directe de la manière dont les roches ont
perdu leurs liaisons avec le reste du massif rocheux, c'est-à-dire que malgré
les cassures et les fissures, la roche conserve encore une liaison avec le
massif. Au cas où les roches qui constituent la zone de détente ont perdu
toute liaison avec le massif, la détente est brutale. Dans ce cas, la zone de
détente constitue un poids mort, c'est-à-dire une charge qu’il faut porter ou
soutenir pour conserver la forme de la galerie. Comme la zone de détente ne
constitue pas un support pour la pression du massif, cette dernière est
transférée à l’intérieur du massif plus loin de la galerie. Pratiquement, on
constate que 5 à 10 ans après creusement d’une galerie, le massif se calme
petit à petit et il se produit finalement un équilibre. La grandeur et la portée
de la zone de détente ont une grande importance dans la pratique parce
qu’une roche soumise à des fortes contraintes est difficile à abattre car elle
exige de grande quantité d’explosifs. Ainsi, si le front de taille avance très
vite de façon que les roches ne parviennent pas à se détendre, l’abattage sera
aisé.
La grandeur et la forme de la zone de détente dépendent à la fois du temps,
de la résistance de la roche, de la forme et des dimensions de la galerie, de la
profondeur d’exploitation (pression initiale), de l’inclinaison des roches ainsi
que du mode de creusement des excavations.
Pour les couches inclinées où les galeries sont creusées en direction du
pendage, les roches se détendent 2 à 3 fois plus vite. C’est pourquoi, la zone
de détente a la forme d’une ellipse dans la direction de pendage.

I.6.2. Zone plastique

Après un certain temps, une deuxième zone de cassure se forme


autour de la galerie au-delà de la zone de détente, c’est la zone plastique,
caractérisée aussi par des cassures de faible importance, qui supporte la
pression à l’intérieur du massif de telle sorte qu’avec l’écoulement du temps,
la zone de détente augmente.
La zone plastique dépend essentiellement de la résistance de la roche, plus
la roche est résistante, plus étroite est la zone plastique.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 24

I.6.3. Zone élastique

Après la zone plastique, les roches se trouvent dans un état de


contrainte caractérisant le massif vierge, c’est la zone élastique.
On dira en conclusion que la zone de détente initiale (cercle 1) évolue et
s’agrandit jusqu’au stade final (cercle 3) caractérisant l’état d’équilibre (zone
élastique) en passant par la zone intermédiaire (zone plastique) (cercle 2).

NB : Les études par le professeur SALUSTOWICZ ont montré qu’au-delà de


la zone de détente, les roches subissent une faible contrainte par rapport
aux forces de cohésion entre les particules de différents grains rocheux.
C’est pourquoi il ne se produit pas des cassures mais seulement des
déformations plastiques.
En résumé : dans la zone de détente il ya rupture ; le massif se casse et se
fissure. Au-delà de la zone de détente, il ya des déformations irréversibles
(zone plastique) et des déformations réversibles (zone élastique).

Figure 1.11 : différentes zones autour d’une galerie

I.7. Concepts des mouvements élastique, plastique et clastique.

Dans les travaux miniers, la roche cassée se déplace toujours


davantage. Il se produit toujours plus de fractures et on ne peut empêcher
ce processus. C’est sous une masse de roche qui se casse plus que le mineur
doit travailler, créer des vides, les soutenir et les maintenir ouverts. Il doit
cependant s’efforcer d’analyser séparément les bancs de roche cassés et
leurs mouvements.
S’il veut décrire les mouvements, il n’arrive plus à le faire avec uniquement
les concepts élastique et plastique. Il faut alors parler de mouvements
clastiques qui se passent le long des plans de fractures.
- Mouvement élastique : la cohésion du matériau est maintenue. Le
mouvement est réversible quand la sollicitation est supprimée.
- Mouvement plastique : la cohésion du matériau est maintenue. Le
mouvement n’est pas réversible quand la sollicitation cesse.
- Mouvement clastique : la cohésion du matériau est perdue. Le
mouvement n’est pas réversible quand la sollicitation cesse.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 25

Lors d’une mise en sollicitation brusque, il peut y avoir une rupture en tout
petits morceaux et ces morceaux peuvent avoir une infinité de formes. Mais
les mêmes formes de fractures peuvent aussi se répéter si les sollicitations
restent identiques à elles-mêmes, comme c’est le cas en avant d’une taille
qui progresse. On peut alors parler d’un type de cassures systématiques.
Les sollicitations tectoniques ont aussi induit des formes de fractures
systématiques (diaclases, schistosité,…) qui si elles se différencient dans
leurs causent et leur extension, dans le temps et dans l’espace, ne diffèrent
pas en général des cassures d’exploitation, dans les lois de mouvements et
de leur origine.
La grande différence qui existe entre les mouvements clastique et plastique
est due à la grandeur des morceaux. Plus la fracturation se fait en petit
morceaux, plus l’image du mouvement général s’approche du mouvement
plastique.
Dans les mouvements clastiques, chaque morceau doit être considéré
comme un corps raide dont les propriétés élastiques ont une signification
très importante mais qui peut encore casser. Les mouvements se font par
suite de déplacements, le long des fractures et par ouverture et fermeture
des fentes des fractures. Déplacements, ouverture et fermeture sont les
mouvements des éléments clastiques.

I.8. Types de pression

Les pressions de terrains peuvent être caractérisées d’après leurs


modes d’action, les facteurs prépondérants qui les provoquent ou encore
d’après leurs effets.
D’après le mode d’action, on distingue les pressions statiques et
dynamiques.

I.8.1. Pressions statiques

Elles se produisent notamment dans les zones de détente où les roches


ayant dépassé leur résistance à la traction et à la compression, s’appuient de
tout leur poids sur le soutènement.
Les pressions statiques se distinguent des pressions dynamiques par le fait
qu’elles agissent sans provoquer ni choc ni vibration. Pour les contrer, on
utilise un soutènement rigide qui permet de se protéger contre le surplus de
cassures.
NB le soutènement permet de garder la forme de la galerie et réduire la zone
de détente (éviter qu’elle progresse).

I.8.2. Pressions dynamiques.

Dans les mines profondes, le soutènement est attaqué par la pression


dynamique. Cette dernière est caractérisée par le fait qu’elle est engendrée
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 26

par un mouvement des roches vers les vides laissés par la galerie ou
l’exploitation, diminuant ainsi les dimensions de celle-ci.
Les pressions dynamiques agissent dans tous les sens et diminuent
seulement avec le temps.
Le soutènement rigide ne supporte pas, sans dommage, les grandes
pressions dynamiques et il est bon dans ces conditions d’utiliser un
soutènement coulissant (souple) qui est constitué d’éléments ripables entre
eux. Ces éléments peuvent se déplacer les uns sur les autres en supportant
la pression sans endommager le soutènement.

I.9 Pressions dans le stot de protection et influence de l’exploitation sur les


couches adjacentes.

I.9.1. Pressions dans le stot de protection.

Au moment de l’exploitation, la nécessité s’impose pour diverses


causes (par exemple la protection des bâtiments en surface) de laisser
certaines parties du gisement non exploitées. La pratique nous enseigne que
dans ces parties laissée (stot ou pilier) il se produit très souvent des
pressions considérables qui sont à la base des nouvelles difficultés au
moment de l’exploitation des couches sous-jacentes et sus-jacentes
(couches situées à l’aplomb des stots) ou des zones minières situées en
bordure des stots.
Ces stots constituent de véritables points durs dans le massif et les
contraintes y sont plusieurs fois supérieures aux contraintes naturelles à
cette profondeur. Les contraintes supplémentaires induites à l’aplomb d’un
stot de protection se font sentir aussi bien dans le toit que dans le mur de la
couche. Sur le lopin du gisement laissé, outre le poids des roches
supérieures (A,B,C, et D) à l’aplomb du lopin, agit encore le poids des roches
formant le support autour du stot.

Figure 1.12 : pression dans le stot de protection


Eléments de mécanique des roches et Soutènement 27

Au fur et à mesure qu’on s’approche de la surface, les supports deviennent


de plus en plus grands et l’influence des piliers atteint les points E et F dont
la position est déterminée par l’inclinaison α. En effet, sur le stot agit une
contrainte correspondant à l’espace AEFB. La grandeur de la pression
verticale dans le pilier peut être calculée à l’aide de la formule suivante :

(I-23)

Avec : la pression verticale dans le pilier ;


: la pression verticale initiale ;
H : la profondeur à laquelle se situe le pilier ;
: la largeur du pilier ;
: l’angle d’influence de l’exploitation minière.
Il est grand pour les terrains tendres et petits pour les terrains
durs.
A partir de cette formule, nous constatons que dans le pilier agit une
pression plus grande que la pression normale pour une profondeur donnée.

I.9.2. Influence de l’exploitation sur les couches adjacentes

La conduite de l’exploitation d’un gisement exige le respect de certains


principes garantissant la sécurité du travail et une exploitation rationnelle
du gisement.
Les couches sont exploitées de haut en bas car l’exploitation inverse
provoque le phénomène de sous-cavage, c'est-à-dire déformation, cassure et
fracturation du massif situé au-dessus du niveau d’exploitation. Ce qui
constitue une difficulté supplémentaire au moment de leur exploitation.
Les mines à grande production exploite en même temps deux ou plusieurs
couches situées l’une à côté de l’autre ou l’une au-dessus de l’autre. Devant
une telle situation, le front d’exploitation des couches supérieures doit
devancer celui des couches inférieures pour que le front de taille de la
couche supérieure ne soit pas sous l’influence de la pression d’exploitation
de la couche inférieure.
La conduite des travaux d’exploitation exige qu’on ait à l’esprit que les
déformations (horizontales et verticales) induites par l’exploitation
souterraine peut se transmettre jusqu’à la surface et constituer des graves
dangers (instabilités des bâtiments, fissuration des murs des édifices,
assèchement des cours d’eau, tarissement des sources d’eau…). La figure ci-
dessous donne la cuvette d’affaissement à l’aplomb d’une zone exploitée.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 28

Figure 1.13 : cuvette d’affaissement à l’aplomb d’une exploitation

Am : l’affaissement maximum ;
K : le point d’inflexion

L’ampleur des dégâts dépend d’une série de facteurs :

1°) les facteurs géologiques

Profondeur d’exploitation, épaisseur de la couche, type et


comportement des roches du toit (faux toit, toit immédiat) ; pendage des
couches, géostructure du massif (différentes discontinuités).
2°) les facteurs miniers

Dimensions du panneau d’exploitation, méthode d’exploitation,


remblayage et type de remblais, planification de l’exploitation dans le temps
et dans l’espace (exploitation d’une couche à la fois ou plusieurs couches à
la fois).

3°) les facteurs constructionnels

Il s’agit du type de construction, avec ou sans étage, du matériau


utilisé (durable ou pas, etc), des voies de circulation (sentier, chemin de fer,
route asphaltée) et du type d’engins utilisés à la surface (engins lourds, semi
lourds, légers).
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 29

II. LA THEORIE DU SOUTENEMENT

En l’absence des galeries, les terrains sont comprimés sous l’action de


la pesanteur et des forces orogéniques. Le creusement d’une galerie va
perturber l’équilibre naturel des terrains autour du vide que l’on vient de
créer. Il en résulte un nouvel état de contrainte qui peut conduire le massif à
l’état que nous appelons « état de post-rupture », c'est-à-dire à une situation
où les fissures naturelles ou des fissures mécaniques nouvellement créées
peuvent mettre en cause la stabilité des terrains. Les instabilités que l’on
pourra observer peuvent prendre des formes diverses allant de la chute de
quelques blocs à l’éboulement du massif.
Pour contrôler les mouvements du massif rocheux et éviter les éboulements,
il faut mettre en place un soutènement.
Dans ce chapitre nous allons préciser le rôle du soutènement et examiner les
méthodes théoriques susceptibles d’être mises en œuvre pour dimensionner
le soutènement.

II.1 Les modes d’action du soutènement

Nous distinguerons trois modes d’action du soutènement, ces modes


d’action pouvant intervenir ensemble ou séparément suivant le type de
soutènement et de terrain :
 Le soutènement retient les blocs lâchés ;
 Le soutènement applique une contrainte de confinement sur le
terrain ;
 Certains types de soutènement peuvent créer une armature interne
dans le terrain.

1. Rôle de support

Le soutènement permet de maintenir en place les blocs libérés et éviter


ainsi les chutes des blocs du toit et des parements. C’est un rôle de
[Link] figure 2.1 illustre un cas où seul ce mode d’action intervient.
C’est le cas par exemple d’un massif granitique où le creusement de la
galerie libère un bloc délimité par des fissures naturelles. Que ce bloc
lâché soit maintenu en place ou enlevé, la stabilité du massif reste la
même.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 30

Figure 2.1 Rôle de support du soutènement

2. Rôle de confinement

Le soutènement applique une contrainte sur la périphérie de l’excavation.


Cette contrainte est appelée la contrainte de soutènement ou encore la
contrainte de confinement.
Un nouvel équilibre s’établira entre les terrains rompus et le
soutènement.
Cette contrainte de soutènement n’est pas exercée de façon uniforme sur
les parois de la galerie. Cet effort est distribué de manière plus ou moins
ponctuelle. Il peut sembler alors difficile de parler de contrainte.
Néanmoins, on peut traduire de façon plus ou moins rigoureuse cette
action de soutènement en termes de contrainte en utilisant la notion de
contrainte de confinement équivalente. Les exemples ci-dessous
définissent cette contrainte équivalente :
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 31

Figure 2.2 Soutènement confinant

- pour un soutènement constitué par des cadres en bois placés tous les
x mètres, dans une galerie de largeur G, on estimera que les cadres
peuvent appliquer une contrainte de confinement égale à :
-
(II-1)

F étant la portance des bois verticaux.


- pour un soutènement constitué par des cintres placés tous les x mètres, si
F désigne la somme des forces actives et des réactions de butée obtenues
lors d’un essai de charge d’un cintre, la contrainte de confinement
équivalente peut être estimée à :

(II-2)

- pour un soutènement par boulonnage où l’on a placé boulon par


2
m , la contrainte de soutènement équivalente pourra atteindre , B
étant la charge de rupture d’un boulon.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 32

Figure 2.3 Contrainte de soutènement équivalente

Le soutènement n’a pas pour but de supprimer les mouvements de terrains.


En effet, les efforts qu’l faudrait développer pour bloquer tout mouvement de
convergence sont sans commune mesure avec les efforts que peut exercer un
soutènement : la contrainte de confinement maximale que peut apporter un
soutènement minier, boisage, cintre ou boulonnage, ne dépasse guère 0.2 à
0.3 MPa alors que les contraintes naturelles, fonctions de la profondeur à
laquelle se situe l’excavation, se situent couramment entre 2 et 20 MPa,
parfois bien plus. Seul le soutènement réalisé par un anneau de béton, qui
est généralement réservé aux ouvrages de génie civil, peut atteindre des
résistances de même ordre de grandeur, quitte à mettre en place une
épaisseur de béton importante.
La contrainte de confinement mobilise les forces de frottement entre blocs.
La roche, quoique fissurée ou rompue, offre alors des caractéristiques
mécaniques suffisantes pour former un édifice stable.

II.2. La technologie du soutènement

II.2.1. Le boisage

Le soutènement par boisage est très ancien peut être de plusieurs


millénaires. Il n’est guère plus employé de nos jours de façon systématique
car il exige une main d’œuvre importante et qualifiée : l’assemblage des bois
est une opération digne des très bons charpentiers. La manutention et la
pose sont difficiles à mécaniser. Le boisage reste néanmoins en usage dans
les petites mines et dans les pays en voie de développement où le coût de la
main d’œuvre est faible.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 33

II.2.1.1.Généralités.

L’élément essentiel du boisage d’une galerie est le cadre. Celui-ci se


compose :
- deux bois verticaux appelés montants ou pieds,
- d’un bois horizontal appelé chapeau.
Les éléments secondaires sont :
- les poussards qui sont des entretoises placées entre deux pieds qui
assurent la stabilité des cadres dans l’axe de la galerie,
- les semelles ou coins qui permettent d’assurer un contact entre les
épontes et le bois,
- le garnissage qui est généralement constitué par des planches que l’on
place entre les cadres et le terrain. Ce garnissage permet de retenir les
terrains entre deux cadres. Il peut être plus ou moins complet suivant
la nature des terrains.
Les bois sont assemblés entre eux au moyen d’entailles qui peuvent être : la
gorge de loup, la simple entaille ou la double entaille.
Il existe une terminologie bien précise pour désigner les différents modes de
façonnage du bois, leur rôle, leur position et orientation, terminologie
souvent locale.

Figure 2.4 Les éléments du boisage

Les espèces utilisés pour les bois de mine sont surtout les résineux : pin,
sapin, mélèze, épicéa et ensuite les feuillus : châtaignier, charme, chêne.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 34

Les bois de mine ont généralement des diamètres de 15 à 20 cm. Les


longueurs usuelles varient entre 1m à 2.5m.
La densité des résineux étant comprise entre 0.51 et 0.75, la moyenne se
situant entre 0.55 et 0.6, le poids des bois de mine est de l’ordre de 10 à 18
kg au mètre.
Signalons une particularité intéressante du comportement des bois : la
rupture est annoncée par des craquements, ce qui constitue un signe
avertisseur de danger. C’est pourquoi, le boisage est un mode de
soutènement qui a toujours été apprécié par les mineurs.
En revanche, le bois présente deux inconvénients : il est altérable et il est
inflammable.
L’altération du bois provient surtout des champignons dont le
développement est favorisé par le fort taux d’humidité que l’on trouve en
général dans les travaux souterrains et qui provoquent une décomposition
des constituants du bois. Les résistances mécaniques du bois en sont
affectées, elles deviennent totalement nulles lorsque l’altération atteint le
stade de la pourriture. On peut lutter contre cette altération par des
procédés d’imprégnation de substance fongicides.
Quant à son inflammabilité, om peut également y remédier par une
imprégnation de produits ignifuges.

II.2.1.2. Les caractéristiques mécaniques des bois

Le bois est un matériau fortement anisotrope. Il possède trois directions


principales d’anisotropie. Cette anisotropie est mise facilement en évidence
par un essai de compression simple.
Les valeurs des modules de déformabilité que l’on obtient ont pour ordre de
grandeur :
- direction axiale 10000 à 14000 MPa
- direction tangentielle 400 à 500 MPa
- direction radiale 750 à 1000 MPa

La résistance à la compression varie selon les espèces de 20 à 65 MPa. La


résistance moyenne se situe entre 35 et 45 MPa.
Les modes de rupture de bois de mine sont ceux du flambement ou de la
flexion et il est difficile d’utiliser les formules classiques de résistance des
matériaux pour évaluer les charges limites, par suite de la grande
hétérogénéité du matériau et de sa structure très particulière. Il est
préférable d’effectuer des essais en vraie grandeur sur des bois industriels.
Les bois de mine sont soumis in situ à deux types d’effort :
- un effort de compression axiale pour les bois placés verticalement ;
- un effort de flexion pour les chapeaux horizontaux.
Pour évaluer la résistance des bois à ces efforts, on mettra donc en œuvre
des essais de compression et des essais de flexion. Compte tenu de
l’élancement du bois, l’essai de compression est en fait un essai de
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 35

flambement. Les bois périssent en effet par flambement dès que leur
longueur est supérieure à 6 fois le diamètre.
Les résultats des essais sont toujours très dispersés car le bois est
particulièrement hétérogène.
La portance d’un soutènement par boisage dépend surtout du nombre de
cadres au mètre, de la portée des chapeaux et de la façon dont est appliquée
la charge. Pour déterminer approximativement la charge admissible sur un
cadre, on peut essayer de mettre en œuvre des calculs simples de résistance
de matériaux. Le cadre peut être considéré comme un portique. La tenue de
ce portique dépend des conditions de contact entre le chapeau et les pieds.
Pour utiliser au mieux la résistance des cadres en bois, il faut prendre soin
de placer des coins assurant un bon contact entre les pieds et le toit et il
n’est pas souhaitable de mettre le garnissage sous contrainte au centre du
chapeau. La limite de déformabilité d’un cadre est obtenue en ajoutant à la
déformabilité des montants l’écrasement des chapeaux, des coins et des
semelles. L’ordre de grandeur des déformations supportables par les
montants avant leur rupture peut être de 2 à 3cm.
En pratique, le boisage est surtout réservé aux galeries de faible largeur,
généralement inferieure à 3 m. Au delà de 3 m, compte tenu des risques de
rupture du chapeau en cas de création d’une cloche d’éboulement, il est
recommandé de placer un pied supplémentaire au centre de la galerie.

II.2.1.3 Les piles de bois

Une utilisation particulière des bois est la constitution des piles représentées
sur la figure 2.5. Ces piles, appelées aussi dames, autrefois très utilisées
dans les exploitations de charbon par longue taille pour protéger les voies de
tête, sont utiles dans des cas particuliers pour renforcer ponctuellement une
zone dont l’équilibre est douteux, par exemple un carrefour trop élargi.

Figure 2.5 Pile de bois

Les piles sont constituées par des empilages entrecroisés de bois plus ou
moins équarris. Par niveau, on peut mettre un nombre de bois qui peut
varier de 2 à 4 ou 5, parfois plus.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 36

La résistance de telles piles est de plusieurs centaines de tonnes. Avec des


bois équarris de largeur de 15 cm, la section portante réelle située à
l’intersection de deux bois est de 15x15 = 225 cm 2, soit au total
pour la pile de la figure 2.5 La résistance totale est de l’ordre
de soit 360 tonnes.
La déformabilité est fonction du nombre de bois : plus il y a de bois dans un
niveau, plus la déformabilité est grande car plus il y a de bois plus les
contacts entre bois sont mal réalisés initialement. On peut obtenir quelques
centimètres ou dizaines de centimètres de tassement.

II.2.2. Les cintres et les cadres métalliques

Le soutènement métallique par cintres ou cadres a historiquement pris la


place du boisage dans un grand nombre de sites, puis a été à son tour
supplanté par le [Link] reste néanmoins souvent utilisé de nos jours
dans des cas difficiles. C’est en effet le soutènement auquel on a recours
lorsque la qualité le boulonnage ne convient pas, c'est-à-dire dans des
terrains de mauvaise qualité, ébouleux, soumis à de fortes contraintes,
souvent aquifères. En mettant en œuvre une densité suffisante de cintres,
c’est un mode de soutènement qui permet d’exercer sur les terrains une
pression de confinement bien répartie sur le pourtour de la galerie.
Par ailleurs, c’est un soutènement très rassurant, les cintres peuvent
supporter sans se rompre des déformations importantes ; le mineur peut
ainsi observer leur mise en charge progressive et prendre toutes mesures en
temps utiles.

II.2.2.1. Les cintres.

Nous appelons cintre une structure métallique formée de plusieurs éléments


assemblés entre eux. Ces éléments sont courbes et épousent la forme de la
section de la galerie. On désigne également ces structures sous le nom de
cadres circulaires ou elliptiques.

Un soutènement par cintre comprend :


- les cintres proprement dits. Ils son formés par l’assemblage de
plusieurs éléments, en général trois ou quatre. On distingue deux
types de cintres suivant le type d’assemblage des éléments entre eux :
 les cintres rigides où l’assemblage assure une
liaison rigide entre les éléments ;
 les cintres coulissants où l’assemblage permet un
coulissement des éléments les uns par rapport aux
autres lorsque l’effort exercé devient trop important,
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 37

- le garnissage. Il a pour rôle :


 de mieux répartir sur le cintre les efforts exercés par
le terrain
 d’empêcher la chute des blocs entre les cintres.
Le garnissage peut être réalisé par un blindage métallique avec des tôles
prévues pour cet usage, par des planches ou des rondins de bois ou encore
par un treillis métallique.

- les entretoises : elles ont pour but d’empêcher le basculement des


cintres dans la direction de l’axe de la galerie.
- La semelle : elle a pour but d’empêcher le pied de cintre de pénétrer
dans le terrain

Figure 2.6 Les éléments du soutènement par cintres

II.[Link]. Les profils des cintres

Les cintres se caractérisent par la forme et les dimensions de leur section


droite. On les définit par les paramètres suivants :
- le poids d’acier au mètre
- les modules de flexion suivant les deux directions principales
de la section Ox et Oy. Ces modules sont définis par :
-

(II-3)

II.[Link] les cintres rigides


Eléments de mécanique des roches et Soutènement 38

Les profils les plus courants sont (figure 2.7) :

- le profil H dont le poids varie entre 19 et 37 kg/m


- le profil GI dont le poids varie entre 21 et 42 kg/m

Le tableau 2.1 donne les caractéristiques de quelques profils

Tableau 2.1 caractéristiques de cintres rigides


Profil Profil H Profil HE Profil GI
Référence H19 H27 H37 HE100B HE360B GI100 GI120 GI140
Poids 19 27 37 20 142 20 29 42
kg/m
H en mm 89 114 152 100 360 100 120 140
L en mm 89 114 127 100 300 80 92 110
e en mm 9.5 9.5 10.4 10 22.5 9 11 12
2
A en cm 24.3 34.2 47.5 26 180.6 26.4 37.6 53
4
Ix en cm 300 754 1830 450 43193 403 816 1586
4
Iy en cm 99 267 378 167 10141 80 150 315
Wx en 67 132 248 90 2400 80 136 227
cm3
Wy en 22 47 59 33 676 20 32 57
cm3

Figure 2.7 Quelques profils utilisés pour les cintres rigides

Les assemblages peuvent se faire:


- soit par des éclisses
- soit par des platines soudées au cintre et boulonnées entre elles.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 39

Figure 2.8 Dispositifs d’assemblage de cintres rigides

II.[Link] Les cintres coulissants

Le profil le plus répandu est le profil TH (du nom de son inventeur


Toussaint-Heintzmann)

Figure 2.9 Profils de cintres coulissants

Le profil est conçu pour que deux éléments s’emboîtent mais puissent
néanmoins coulisser l’un dans l’autre. Deux éléments jointifs peuvent avoir
le même profil (cintre à profil unique) ou deux profils différents (cintre à
profil par paire).

Le tableau 2.2 donne les caractéristiques de quelques profils


Eléments de mécanique des roches et Soutènement 40

Tableau 2.2 caractéristiques des profilés pour cintres coulissants


Profil Profils uniques Profils par
paires
Référence H19 H27 H37 HE100B HE360B GI100 GI120
Poids 19 27 37 20 142 20 29
kg/m
H en mm 89 114 152 100 360 100 120
L en mm 89 114 127 100 300 80 92
e en mm 9.5 9.5 10.4 10 22.5 9 11
2
A en cm 24.3 34.2 47.5 26 180.6 26.4 37.6
4
Ix en cm 300 754 1830 450 43193 403 816
4
Iy en cm 99 267 378 167 10141 80 150
Wx en 67 132 248 90 2400 80 136
cm3
Wy en 22 47 59 33 676 20 32
cm3

L’assemblage se fait au moyen de différents dispositifs qui ont tous pour


principe commun de mettre en serrage deux pièces métalliques enserrant les
deux éléments de cintres.
Le dispositif d’assemblage doit :
- assurer la rigidité du cintre
- permettre le coulissement lorsqu’un certain seuil de l’effort tangentiel
est atteint.

Figure 2.10 dispositifs d’assemblage pour cintres coulissants

Il faut bien être conscient que les dispositifs d’assemblage ne sont pas des
pièces de mécanique de précision. L’aptitude au coulissement dépend de
nombreux facteurs : couple de serrage des boulons, rugosité des profils,
contraintes induites dans le cintre par les efforts exercés par le terrain (effort
normal, flexion ou torsion des assemblages), gauchissement des éléments de
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 41

cintre. Les essais de coulissement que l’on peut réaliser en atelier sur des
tronçons rectilignes ou cintré de profilés montrent :
- que la résistance au coulissement croit avec le coulissement : plus les
éléments coulissent, plus la force nécessaire pour les faire coulisser
devient importante. L’assemblage idéal serait celui où la résistance
resterait constante à partir d’un certain seuil.
- que le coulissement se fait par saccades.

La résistance d’un cintre dépend de la nuance d’acier dans lequel il est


fabriqué. On peut avoir le choix entre un acier dur et un acier doux.
L’avantage d’un acier dur est d’avoir une limite élastique et une charge de
ruptures élevées. En revanche, il présente l’inconvénient d’être peu
déformable même au-delà de la limite élastique, si bien que la rupture n’est
pas précédée par une phase de déformation importante.
L’avantage d’un acier doux est d’offrir une grande déformabilité.
L’inconvénient peut être la déformation précoce des cintres aux assemblages
qui risque de contrecarrer le coulissement.
La forme des cintres peut être variée car les constructeurs peuvent réaliser
des formes à la demande des clients. Néanmoins les formes standards sont
des formes circulaires avec des pieds convergents, éventuellement
divergents. Ces cintres sont composés de trois ou quatre éléments. Il existe
également des cintres entièrement circulaires adaptés aux ouvrages de génie
civil.

II.[Link] Les courbes de charge des cintres

Les efforts auxquels les cintres sont soumis dans les galeries sont complexes
et variables suivant les sites car ils sont fonction de la nature des terrains et
de la façon dont on met en place les cintres.
En effet, la poussée des terrains sur le cintre n’est pas une poussée
uniformément répartie sur le pourtour de la galerie, mais cette poussée, que
nous appellerons poussée active, s’exerce généralement en une ou parfois
plusieurs zones. Elle est fonction de la nature et de la stratigraphie des
terrains ainsi que la forme de la galerie. Sous l’effet de cette poussée active,
le cintre va se déformer et venir le plus souvent en butée contre les parois de
la galerie, par l’intermédiaire du garnissage qui peut être plus ou moins
compressible : ce sont des réactions de butée.
Le comportement du cintre sous l’effet de sollicitations données peut se
calculer théoriquement en utilisant les lois de la résistance des matériaux
soit par des méthodes analytiques, soit par des méthodes d’analyse
numérique (méthode des éléments finis en particulier). Il faut pour cela
disposer évidemment de toutes les données nécessaires : définition des
sollicitations, caractéristiques des butées.
Les utilisateurs des cintres ont néanmoins toujours jugé utile d’effectuer des
essais de chargement de cintres en atelier ou parfois in situ, essais qui
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 42

permettent de prendre en compte des paramètres difficiles à préciser pour le


calcul tels que les lois de coulissement.
Les essais de charge en atelier consistent :
- à exercer un effort ponctuel ou légèrement réparti sur la couronne du
cintre de façon à simuler l’effort exercé par le poids des terrains. Cette
force active est mise en œuvre au moyen de vérins.
- à mettre éventuellement en place des butées et à mesurer les efforts
exercés sur ces butées.

Figure 2.11 Courbe charge-convergence au cours d’un essai

II.[Link]. Portance des cintres

On a vu que le système de sollicitations auquel sont soumis les cintres est


complexe et difficile à évaluer quantitativement. Néanmoins, il est
raisonnable d’utiliser des solutions analytiques si l’on désire obtenir des
ordres de grandeur de la portance des cintres. En considérant les cintres
comme des arcs semi-circulaires dont les bases de pieds sont supposés
bloquées. De nombreuses hypothèses plus ou moins réalistes peuvent être
faites sur le chargement. Nous analyserons les trois hypothèses suivantes :
 cas d’un chargement par une force ponctuelle verticale appliquée
en clé de voûte. Ce cas correspond au chargement sans butée latérale
des essais en atelier. Il correspond aussi à la situation in situ d’un
cintre qui serait placé sans garnissage latéral.
Le moment de flexion maximum Mmax se trouve au point d’application de la
force et est donné par :

(II-4)
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 43

La contrainte maximale dans le profil du cintre est donnée par

En désignant par la résistance à la traction de l’acier dans lequel on a

usiné le cintre, la charge limite du cintre sera telle que :

En prenant un acier avec , le tableau 2.3 donne :


- d’une part la valeur de la charge maximale admissible P max théorique
- d’autre part la hauteur Hs que le cintre pourrait soutenir si ce terrain
pesait uniquement en clé de voûte et si l’on plaçait un cintre tous les
mètres.

Tableau 2.3 charge admissible sur un cintre sans garnissage latéral


Rayon de la galerie
2m 2.5 m 3m

60 9 0.9 7 0.6 6 0.4


93 14 1.4 11 0.9 9 0.6
137 21 2.1 17 1.4 14 0.9

 Cas du chargement par une force verticale uniforme.


Ce chargement peut simuler l’action du poids des terrains sus-jacents
s’exerçant sur un cintre avec un garnissage.
Le moment fléchissant maximum Mmax se trouve à la clé de voûte et est
donné par la relation :
Les réactions à la base des pieds sont :

(II-5)

La charge maximale Pmax que pourra supporter le cintre est telle que :

(II-6)

Le tableau ….donne :
- la valeur de la charge maximale Pmax
- la hauteur de terrain pouvant être soutenue (avec u acier de résistance
à la traction ) en plaçant un cintre tous les mètres.
- La charge totale P exercée sur le cintre. Cette charge P est égale à
2RPmax
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 44

Tableau 2.4 charge admissible sur un cintre avec garnissage latéral


Rayon de la galerie
2m 2.5 m 3m

60 109 4.4 44 69 2.8 35 48 1.9 29


93 168 6.7 67 108 4.3 54 75 3.0 45
137 248 9.9 99 159 6.3 79 110 4.4 66

Les valeurs théoriques de P peuvent être comparées avec les valeurs


correspondantes obtenues lors des essais en atelier, c'est-à-dire avec la
somme des forces actives et des réactions de butée.
En comparant les résultats des tableaux 2.4 et 2.5, on voit donc toute
l’importance du garnissage complet des vides situés sur la périphérie du
cintre pour utiliser au mieux la capacité des cintres.
Le coulissement des éléments de cintre est obtenu lorsque l’effort tangentiel
appliqué sur l’assemblage, c'est-à-dire l’effort normal N le long du cintre est
donné par la relation :

(II-7)

Pour les points définis par degré, c'est-à-dire à l’emplacement des


assemblages pour un cintre semi circulaire composé de 3 éléments, cet effort
st égal à 0.62pR.
Le tableau 7.9 donne, en fonction du type de cintre et du rayon de la galerie,
la valeur de N lorsque l’on atteint la charge maximale p max sur le cintre. Le
coulissement doit se faire pour un effort N inférieur si l’on veut éviter la
rupture.
Tableau 2.5 limite supérieure de la charge de coulissement d’un assemblage (en tonne)
Rayon de la galerie
2m 2.5 m 3m
60 14 11 9
93 21 17 14
137 31 25 20

- cas du chargement par une force radiale uniformément répartie


Ce chargement fait naître de très fortes contraintes normales dans le plan
d’une section du profil. Le cintre périra alors par flambage si le coulissement
ne se produit pas. La relation donnant la charge critique de flambement est :

(II-8)
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 45

Figure 2.12. Chargement d’un cintre semi-circulaire

Le tableau 7.10 donne la valeur de l’effort maximal pmax

Tableau 2.6 cintre semi-circulaire soumis à une contrainte radiale


Charge maximale théorique en kg /cm
Rayon de la galerie
2m 2.5 m 3m
60 324 243 124 72
93 598 449 230 133
137 972 729 373 216

En conclusion, si l’on place dans une galerie des cintres équidistants les uns
des autres, la charge que pourra supporter ce soutènement peut être
exprimée en pression moyenne s définie par :

(II-9)

pmax est la charge maximale que peut supporter le cintre


i est l’intervalle des cintres.
Si pmax est exprimé en kg/m et i en cm, s sera exprimé en bar.
S est la pression dite « pression de confinement » que peut exercer le
soutènement sur le terrain.

II.2.2.2. les cadres trapézoïdaux


Eléments de mécanique des roches et Soutènement 46

II.[Link]. Généralités

Le soutènement par cadres métalliques, appelés cadres trapézoïdaux, est


très voisin du soutènement par boisage. On parle parfois de « boisage
métallique ».
Un cadre métallique comprend :
- les montants ou pieds ou étais
- le chapeau
Les chapeaux sont constitués par des profilés métalliques rigides. Les pieds
sont constitués le plus souvent par des profilés coulissant dans le but :
- d’ajuster facilement la hauteur des pieds à la hauteur de la galerie ;
- de permettre au pied de se dérober et donc de ne pas se rompre si la
charge devient trop importante.
L’assemblage est souvent du type coulissant. Il existe des dispositifs dits
extenseurs pour mettre en serrage l’étai entre le toit et le mur. Ce type de
soutènement peut être préféré aux cintres lorsque l’on ne veut pas entailler
la stratification du toit et donc donner à la galerie une forme rectangulaire.

II.[Link]. Portance des cadres métalliques

Le calcul des cadres trapézoïdaux dépend du mode de contact entre le


chapeau et les pieds. On trouve des dispositifs suivant les fabricants ou les
ateliers de mine.

Plusieurs hypothèses sur le comportement du contact pied-chapeau peuvent


être faites. (rotule, encastrement parfait, etc.). La tenue des pieds dépend des
efforts qui leur sont transmis par le chapeau.

II.2.3. Le boulonnage

II.2.3.1.Généralités

Le boulonnage consiste à introduire dans un trou de mine une tige et à


rendre cette tige solidaire du terrain par ancrage, scellement ou friction.
L’origine du boulonnage est certainement très ancienne, on a retrouvé dans
des très anciennes exploitations d’ardoises des tiges de bois placées il y a
plusieurs siècles, mais le véritable développement du boulonnage s’est
produit à partir des années 1950.
Ce type de soutènement possède de nombreux avantages, en particulier
nous citerons les suivants :
- le boulonnage peut être mécanisé : il existe des machines, dites
jumbos de boulonnage pouvant placer un boulon en 30 secondes.
- Le boulonnage libère la galerie de toute entrave à la circulation des
engins : pour faire passer un engin donné, la largeur d’une galerie
boulonnée est inférieure à la largeur d’une galerie cadrée.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 47

- Le boulonnage permet de soutenir des grandes sections, en particulier


des chambres hautes qui seraient impossibles à ouvrir avec tout autre
soutènement.
D’autre part, le boulonnage se différencie des autres modes de soutènement
par deux caractères :
- la force de confinement F exercée par le boulon et sa plaque sur la
paroi d’une galerie implique l’existence d’une réaction équivalente R,
plus ou moins répartie dans le massif, alors qu’avec les autres types
de soutènement cette réaction sert de force de confinement sur le
parement opposé (figure 8.1). cette absence de réaction visible fut un
facteur d’ordre psychologique qui provoqua beaucoup de scepticisme
lors du développement de la technique du boulonnage.
- Le fait d’introduire une tige d’acier dans le terrain renforce la
résistance du massif, tout comme les armatures métalliques agissent
dans le béton armé.

II.2.3.2. les différents types de boulons

Nous distinguerons trois types principaux de boulons en les classant selon


la manière dont ils adhèrent au terrain :
- les boulons à ancrage ponctuel
- les boulons à ancrage réparti
- les boulons à friction
Dans une quatrième catégorie, nous rassemblerons quelques types de
boulons moins usuels.

II.[Link]. Les boulons à ancrage ponctuel

Le boulonnage à ancrage ponctuel consiste à placer dans un trou une tige


ancrée à son extrémité en fond de trou et à munir l’autre extrémité d’une
plaque que l’on serre contre le terrain.
L’ancrage se réalise :
- soit par un dispositif à expansion : lorsque l’on exerce un effort de
traction sur la tige, des coquilles s’écartent et viennent en butée sur
les parois du trou.
- Soit par une substance de scellement : résine ou ciment. Si le
scellement est réalisé sur toute la longueur du boulon, on a alors
affaire à un ancrage réparti. C’est pourquoi, ce type d’ancrage sera
examiné dans le paragraphe consacré aux ancrages répartis.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 48

Figure 2.13 Boulons à coquille d’expansion

II.[Link].1. caractéristiques des tiges

Les tiges généralement employées sont des tiges en acier dont le diamètre est
compris entre 16 et 24 mm. On peut utiliser des aciers ductiles ou des aciers
à haute résistance. Les caractéristiques principales des aciers qui doivent
être prises en compte sont : la limite d’élasticité, la charge à la rupture,
l’allongement à la rupture.
Les tiges généralement employées dans les mines sont en acier assez ductile
car on souhaite souvent lorsqu’on utilise des boulons à ancrage ponctuel
que l’allongement du boulon puisse suivre les déformations des terrains.
Leur capacité d’allongement est de l’ordre de 10 à 15% mesurée sur des
éprouvettes d’acier (dont la longueur est de l’ordre de 5 fois le diamètre). En
pratique, compte tenu du fait que les tiges ont été usinées et façonnées,
l’allongement réel de la tige est très inférieur à l’allongement théorique ; on
admet en pratique seulement 4% de l’allongement.

II.[Link].2. Tête d’ancrage

Une tête d’ancrage à expansion comprend :


- un cône d’expansion appelé aussi noix, solidaire de la tige
- des coquilles qui s’écartent sous l’action de la noix et se plaquent
contre les parois du trou. Le nombre de coquilles est variable suivant
les fabricants. Ces coquilles peuvent être en fonte malléable ou en
aluminium. Les faces externes sont profilées et présentent des
aspérités ou indentations pour provoquer un léger poinçonnement des
parois du trou.
Le nombre de modèles disponibles sur le marché est très important. On
notera que les gammes des fabricants évoluent dans le temps, certains
modèles disparaissent tandis que d’autres apparaissent. On prendra donc
soin, même au stade de l’élaboration d’un projet de boulonnage de consulter
les fabricants.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 49

II.[Link].3. Fonctionnement d’une tête à expansion.

Lorsque l’on exerce une traction sur la tige, il s’établit un équilibre d’une
part entre la noix et les coquilles, d’autre part entre les coquilles et le terrain.
Nous examinerons successivement les conditions de ces deux équilibres :

a. Equilibre de la noix

Soit
 n le nombre de coquilles
 F la force de traction exercée sur le boulon
 l’angle du contact noix-coquilles
 l’angle de frottement caractérisant le contact entre la noix et les
coquilles
Les réactions exercées par les coquilles sur la noix sont définies par :

(II-10)

b. Equilibre de la coquille

(II-11)

Figure 2.14 Equilibre d’une tête à expansion

II.[Link]. Comportement de la coquille

A priori, on peut craindre un glissement de la coquille sur les parois du trou


ou une pénétration des coquilles dans le terrain.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 50

Le glissement des coquilles sur le terrain est possible dans les terrains
durs. En effet, il y a glissement si :
(II-12)

étant l’angle de frottement caractérisant le contact entre la coquille et la


roche.
Cette inégalité sera satisfaite si
En pratique, l’angle est de l’ordre de 6 à 8° et l’angle de l’ordre de 22°. Il
faudrait donc pour obtenir le glissement.
Dans la majorité des cas, les parois du trou sont rugueuses et les
coquilles possèdent des aspérités ou indentations. L’angle est nettement
supérieur à 30°. Le glissement n’est donc pas possible.
Dans les terrains très durs, l’angle peut être inférieur à 30°. C’est
par exemple le cas de granité très durs. Le glissement est alors possible. Si
l’on a affaire avec des tels terrains, il est donc vivement recommandé de faire
des essais de résistance des ancrages in situ avant de choisir le modèle de
boulon.
Bien sûr, il faut que les coquilles soient initialement plaquées contre la
paroi. C’est pourquoi, tous les boulons son munis d’un dispositif à ressort
qui assure cette mise en place initiale.
La pénétration des coquilles dans le terrain est possible dans les
terrains tendres. En effet la contrainte normale à la paroi exercée par les
coquilles est donnée par :

(II-13)

n étant le nombre de coquilles


S étant la surface d’une coquille
Si on prend la valeur moyenne , on a donc
Sur la paroi, la roche est soumise à un état de contrainte complexe :
- d’une part les coquilles exercent une contrainte normale et une
contrainte de cisaillement
- d’autre part les contraintes naturelles sont amplifiées du fait de
l’existence du trou.
Sous l’action de ces contraintes, on peut observer deux types de rupture de
la paroi :
- une rupture par traction provoquant des fissures radiales. Ce type de
rupture n’a pratiquement pas d’influence sur la tenue des coquilles.
- Un écrasement par compression : les coquilles peuvent alors
s’enfoncer dans la roche. Or la capacité d’extension des coquilles est
limitée à quelques millimètres. Au-delà d’une certaine valeur, les
coquilles sont en porte à faux sur la noix qui finit par passer au
travers.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 51

Il faut dons que la contrainte reste inférieure à une certaine valeur fonction
de la roche. Il est difficile de donner une valeur rigoureuse de cette limite.
JACQUES FINE propose la démarche suivante :
 Si , étant la résistance à la compression de la roche,
l’ancrage ne posera pas de problème.
 Si , l’ancrage peut devenir difficile ou impossible. Dans ce
cas, il faut effectuer des essais d’arrachement sur le site.
La contrainte est fonction de la surface des coquilles, c’est donc un
paramètre déterminant du choix du type de boulons. Dans le tableau 8.3 on
donne, en fonction de la force de traction, la surface des coquilles nécessaire
pour avoir .

II.[Link].5 Tension de la tige

Un boulon à ancrage n’a de l’efficacité que si la plaque est bien serrée contre
le terrain. Si non, il ne sert à rien. La tension initiale est généralement mise
par l’intermédiaire d’une clé à choc ou d’une clé dynamométrique,
pneumatique, hydraulique ou électrique.
Cette tension peut être perdue :
- s’il y a fluage de la roche autour des coquilles d’expansion
- s’il y a déchaussement de la plaque, soit par écrasement de la roche
sous l’effet de la contrainte, soit par ébranlement ou destruction par le
tir.
- Eventuellement en cas de mouvement de terrain conduisant à un
rapprochement des bancs.
Il est indispensable de contrôler le bon fonctionnement des plaques tout au
long de la durée de vie de la galerie.
La tension de la tige induit une contrainte de compression dans le terrain
entre la coquille et la plaque. En présence des terrains anisotropes, la
distribution de la contrainte de confinement est plus complexe.

II.[Link]. Les boulons à ancrage réparti

Un boulon à ancrage réparti est une tige que l’on place dans un trou et que
l’on scelle au terrain sur toute sa longueur au moyen d’un produit de
scellement : résine ou ciment. Une plaque est fréquemment fixée par un
écrou contre la paroi bien que cette plaque ne soit pas essentielle au
fonctionnement du boulon.
Les tiges que l’on utilise sont:
- soit des tiges lisses qui peuvent permettre un glissement entre l’acier
et le matériau de scellement. Les caractéristiques de ces tiges sont
identiques à celles des tiges utilisées pour l’ancrage ponctuel.
- Soit des tiges crénelées qui procurent une très bonne adhérence entre
l’acier et le produit de scellement.
L’extrémité de la tige destinée à recevoir la plaque peut être :
- soit filetée, ce qui permet de serrer la plaque avec un écrou,
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 52

- soit forgée avec une collerette supportant la plaque.

Figure 2.15 Boulons à ancrage réparti

Plusieurs variantes de l’usinage de cette extrémité sont proposées par les


constructeurs. Le choix doit se faire en fonction de l’engin utilisé pour la
mise en place du boulon : perforatrice, jumbo ou autre. Nous citerons :
 le double filetage : l’entraînement de la tige pour le malaxage du
produit de scellement s’effectue dans un certain sens de rotation. Le
serrage de la plaque s’effectue dans le sens inverse.
 L’écrou borgne : on entraîne la tige par l’intermédiaire d’un écrou
borgne. Lorsque le produit de scellement fait prise, le couple à fournir
devient important, l’écrou se perce alors automatiquement et met la
plaque en serrage.

II.[Link].1. Le scellement à la résine

Le produit de scellement se compose de la résine proprement dite et d’un


durcisseur. Il se présente sous forme de cartouches avec une enveloppe de
plastique, à l’intérieur de laquelle la résine et le durcisseur sont séparés.
La résine est un matériau à haute résistance : à la compression, la
résistance est de l’ordre de 120 à 140 MPa, à la traction, la résistance est de
l’ordre de 40 MPa, au cisaillement, de l’ordre de 30 MPa.

Mise en place

On introduite d’abord les cartouches dans le trou , puis la tige que l’n fait
tourner pour malaxer la résine en détruisant les enveloppes. Pour cela, on
utilise une perforatrice ou un jumbo. On arrête la rotation lorsque la tige
arrive en fond de trou. On serre ensuite l’écrou de fixation de la plaque. Le
nombre de cartouches doit être calculé pour remplir le trou, compte tenu du
diamètre du trou et du diamètre de la tige.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 53

Figure 2.16 Mise en place d’un boulon à la résine

On peut faire varier le temps de prise entre quelques secondes et quelques


minutes en choisissant le type de cartouche. Si le temps de pise est très
court, il vaut mieux disposer d’un jumbo, l’effort de rotation étant
importante. Avec un marteau, il vaut mieux utiliser une résine à prise pas
trop rapide et donc plus fluide. A cause de l’effort de rotation, la longueur
des boulons scellés à la résine ne dépasse pas 2.5 m en général.
Les trous de foration sont de faible diamètre, supérieur de 4 à 12 mm au
diamètre des tiges, car la résine est un matériau onéreux et il importe de
l’économiser. Dans les terrains durs, la foration des trous de faible diamètre
n’est pas toujours possible, les fleurets de trop faible diamètre risquent de se
rompre. C’est pourquoi l’étude de la foration doit accompagner la définition
d’un schéma de boulonnage.
D’autre part, dans les terrains fissurés, il faut s’assurer qu’il n’existe pas de
fissures ouvertes qui conduiraient à une perte importante de résine.

II.[Link].2. Le scellement au ciment

Les produits de scellement que l’on utilise sont :


- Le ciment pur. La maniabilité du produit est très sensible à la teneur
en eau. Le rapport eau/ciment doit être voisin de 0.3.
- Un mortier composé de ciment, de sable ayant une granulométrie 0/3
mm et d’eau dans les proportions respectives en poids : 42% 42%
16%.
- Des produits prêts à l’emploi commercialisés par des fabricants de
boulons tels que Betec ou Quik-mix. Ces produits ont la particularité
d’être légèrement expansifs. Le temps de prise de tous ces produits à
base de ciment est évidemment supérieur à celui de la résine. Avec des
produits prêts à l’emploi, il faut compter 4 à 5 heures pour avoir une
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 54

bonne résistance. Au bout de 12 heures, on peut compter sur 25 ou


35 MPa suivant les produits.

Les procédés de mise en place du ciment sont :


- l’injection du ciment en vrac dans le trou au moyen d’une pompe à
béton, puis l’injection de la tige. C’est le procédé le plus courant. Il
permet d’enfoncer à la main des tiges jusqu’à 3 m de longueur. Au-
delà, l’effort devient trop grand ; il faut utiliser un engin pour disposer
de plus de puissance : on peut alors aller jusqu’à 6 ou 8 m, avec
plusieurs tiges raccordées par des manchons. Cette technique est très
simple, mais nécessite un dosage en eau très précis pour obtenir la
bonne maniabilité du produit : assez visqueux pour minimiser l’effort
d’introduction de la tige, pas trop visqueux pour que le produit puisse
rester dans le trou.
- L’introduction de la tige, puis l’injection du ciment à partir de la
gueule du trou. Cette technique nécessite un tube évent pour chasser
l’air du trou. Elle n’est en fait utilisée que dans le cas où l’on veut
sceller un boulon à ancrage ponctuel déjà en place.
- L’introduction des cartouches de ciment préconditionnées puis
l’introduction de la tige. On immerge les cartouches dans l’eau : elles
sont prêtes à l’emploi dès que le dégagement de gaz s’arrête, c'est-à-
dire au bout de quelques minutes. Cette technique n’est pas très
employée pour des boulonnages systématiques mais elle reste très
pratique pour des boulonnages occasionnels.

Figure 2.17 Mise en place d’un boulon cimenté


Eléments de mécanique des roches et Soutènement 55

II.[Link].3. La théorie de l’ancrage

Soit une tige scellée sur une longueur L dans un trou de diamètre D. si l’on
exerce un effort de traction F dans l’axe de la tige, on peut obtenir :
- Soit une rupture de l’ancrage
- soit un glissement de la tige hors du trou. Ce glissement peut se faire
soit le long du contact entre le produit de scellement et la roche, soit le
long du contact entre la tige et le produit de scellement.
Avec une tige crénelée et un produit de scellement résistant, c’est le contact
avec le terrain qui risque de céder pour une valeur égale à :

(II-14)

C étant la résistance au cisaillement.

Si la résistance de la roche est inférieure à la résistance du produit de


scellement, on peut estimer que C est égal en première approximation à la
cohésion de la roche. La cohésion d’une roche est liée à la Resistance à la
compression Rc et à l’angle de frottement interne par la relation :

(II-15)

d’où :

(II-16)

Si on désigne par la limite de rupture de la tige.


Si il y a rupture de la tige
Si il y a extraction de la tige et du produit de scellement.
La longueur minimale d’ancrage pour qu’il ait rupture de la tige est donnée
par :

(II-17)

Si la résistance du produit de scellement est inférieure à la résistance de la


roche, (cela peut se produire si l’on a du mauvais terrai), le mécanisme de
destruction est plus complexe : le produit de scellement peut se cisailler à
l’intérieur du trou, mais l’expérience montre qu’il y a dans ce cas là un
autoblocage dans le trou du produit cisaillé.
Avec une tige lisse, le glissement se fait généralement le long du contact
entre le produit de scellement et la tige. La traction sur la tige induit un
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 56

rétrécissement du diamètre de la tige par suite de l’effet du coefficient de


Poisson, ce qui dégrade le contact acier/produit de scellement.

II.[Link]. Les boulons à friction

Les boulons à friction sont des structures métalliques que l’on introduit
dans un trou et dont la liaison avec le terrain est assurée par le frottement
entre la roche et l’acier. Deux types existent :

II.[Link]. Le split-set

Il se compose d’un tube d’acier fendu le long d’une génératrice. L’acier


utilisé est un acier à haute résistance. L’extrémité que l’on introduit dans le
trou est légèrement rétrécie.

Figure 2.18 Split-set

Ce boulon se met en place en l’enfonçant au moyen d’un marteau


perforateur, ce qui provoque une réduction du diamètre par fermeture de la
fente. L’acier restant dans le domaine élastique, le tube applique donc une
pression sur les parois du trou. Ce sont les forces de frottement entre la
paroi du trou et le tube d’acier qui assurent l’ancrage du boulon.
La foration du trou doit être très précise et on ne peu pas tolérer des
variations importantes du diamètre.
La longueur des split-set standard ne dépasse pas en pratique 2 m, car au-
delà l’effort nécessaire à sa mise en place devient trop important.

II..[Link].2. Le swellex

Il se compose d’un tube initialement replié sur lui-même. Une extrémité de


ce tube est fermée. L’autre extrémité est munie d’un manchon que l’on
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 57

connecte au moyen d’un flexible et d’un raccord rapide à une pompe, ce qui
permet d’injecter de l’eau sous pression à l’intérieur du tube.
La mise en place de ce boulon consiste à l’introduire dans le trou de foration.
On connecte ensuite le manchon à la pompe et l’on injecte de l’eau sous une
pression. Sous l’effet de cette pression, le tube se déploie et vient se plaquer
contre les parois du trou, en épousant la forme de ces parois. On retire
ensuite le raccord, la pression d’eau n’étant plus maintenue dans le tube.

Figure 2.19 Swellex


L’acier du swellex a été déformé plastiquement et reste plaqué sur les parois
du trou.
Ce sont des forces de friction entre les parois du trou et le tube d’acier ainsi
que les variations éventuelles du diamètre du tube déployé le long du trou
qui assurent l’ancrage du boulon. La longueur des swellex n’est
théoriquement pas limitée. Le tube possède une certaine flexibilité avant la
mise en place, ce qui permet d’introduire dans un trou un boulon plus long
que l’espace disponible dans la galerie.
Lors de la mise en place du boulon, la contrainte normale exercée sur le
terrain est probablement très forte, de l’ordre de la pression d’eau utilisée.
Cette contrainte peut donc conduire à des fissurations de la paroi du trou.
En particulier, au voisinage de la gueule du trou, il est parfois possible
d’observer des ruptures de terrain. Si l’on veut pallier ce phénomène, on
peut gainer les premiers centimètres du swellex d’un manchon métallique
résistant.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 58

II.[Link]. Technologies diverses

II.[Link]. Les câbles

Etant donné l’efficacité du soutènement par boulonnage, on a cherché à


utiliser cette technique pour des cavités de grandes dimensions. Cela
nécessite des boulons de grande longueur. C’est pourquoi s’est développée la
technique des câbles scellés au ciment. Cette technique n’est autre que celle
de l’ancrage réparti où la tige d’acier rigide est remplacée par un ou
plusieurs câ[Link] existe de nombreux modèles de câbles pouvant être
utilisés à des fins de soutènement.

Figure 2.20 Câble T15 et câble « birdcage »

Les câbles peuvent être mis en place :


- soit manuellement après remplissage du trou au ciment, mais alors
leur longueur reste limitée, surtout pour les trous verticaux
montants ;
- soit au moyen d’un jumbo spécialement adapté.
On place souvent deux câbles dans le même trou.

II.[Link].2. Boulons autoforeurs

Ce type de boulon est un fleuret fileté dur toute sa longueur à l’extrémité


duquel est fixé un taillant. Après la foration, qui doit être rotopercutante, le
fleuret est laissé en place et le taillant est perdu. On injecte alors un mortier
pour effectuer le scellement. Ce boulon est donc du type à ancrage réparti.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 59

II.[Link].3. Boulons à fente et coin.

Figure 2.21 Boulon à fente et coin

Ce type de boulon à ancrage ponctuel a été très utilisé au début du


développement du boulonnage. Il n’est guère utilisé actuellement.
Ce boulon se compose d’une tige d’acier, de diamètre 20 à 24 mm, fendue à
une extrémité et filetée à l’autre extrémité. La longueur de la fente est de 150
mm environ. On place un coin entre les deux lèvres de la fente de telle sorte
que le coin soit juste pincé et l’on introduit la tige dans le trou. Lorsque le
coin arrive en butée au fond du trou, on frappe l’autre extrémité de la tige
afin que les deux lèvres de la fente s’écartent et pénètrent dans les parois du
trou. On fixe alors une plaque avec un écrou sur la partie filetée.
Pour que l’ancrage puisse être réalisé correctement, il faut que les deux
parties de la tige découpées par la fente poinçonne bien la roche. Pour cela :
- la roche ne doit pas être ni trop résistante ni trop tendre ;
- l’écartement des lèvres doit être réalisé avec un engin agissant par
percussion.

II.[Link].4. Boulons en fibre de verre.

L’intérêt de ces tiges est surtout de permettre d’exploiter un massif déjà


boulonné sans dégrader les outils d’abattage : haveuse, machine à attaque
ponctuelle ou autre sans que cela procure une gêne pour le transport de la
roche abattue car les tiges en fibre de verre se fragmentent aisément sous
l’action de l’explosif.
La fixation d’une plaque peut se faire au moyen d’une entaille dans la tige,
d’un manchon et d’un coin ou également d’un filetage de la tige. Ces tiges
sont généralement ancrées à la résine. On trouve également sur le marché
des tubes en fibre de verre pour des scellements en grande longueur.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 60

Figure 2.22 Fixation de la plaque avec une tige en fibre de verre

II.[Link].5. Boulons pliables

Pour permettre de placer des boulons dont la longueur est nettement


supérieure à la hauteur de la galerie, on a réalisé des boulons pliables
constitués par des tiges rigides reliées entre elles par un câble d’une dizaine
de centimètre de longueur que l’on sertit aux tiges par l’intermédiaire de
manchons.

II.2.3.3. Les accessoires du boulonnage

On désigne sous ce vocable le matériel qui est souvent mis en place avec les
boulons : plaques, blochets et grillage. Ces éléments jouent un rôle non
négligeable, ils font partie intégrante du schéma de boulonnage.

II.[Link]. Les plaques

Les plaques d’appui que l’on fixe à l’extrémité des boulons ont pour rôle :
- d’assurer la tension des boulons d’ancrage ponctuel
- avec tous les types de boulon, de mieux confiner les terrains et
d’empêcher la chute de blocs autour du boulon.
- Dans les terrains soumis à de grandes déformations, d’augmenter la
déformabilité des boulons afin que ceux-ci s’adaptent mieux à la
déformabilité des terrains.
Les modèles de plaques disponibles sur le marché sont très nombreux. Elles
peuvent être classées en deux catégories principales :
- les plaques rigides qui peuvent être :
 planes
 bombées afin qu’elles puissent jour le rôle de rotule lorsque la tige
n’est pas perpendiculaire au parement. On peut ajouter une
rondelle améliorant le rôle de rotule. On arrive ainsi à incliner les
boulons de 15 à 20 degré par rapport à la perpendiculaire de la
plaque.
- les plaques déformables bombées, avec ou sans rondelle. Ces plaques
peuvent subir un écrasement de l’ordre de quelques centimètres.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 61

Figure 2.23 Quelques modèles de plaques

II.[Link]. Les blochets

Les blochets sont des morceaux de bois, généralement en résineux, de forme


parallélépipédique, sommairement équarris, percés d’un trou central pour y
faire passer la tige du boulon. Leurs rôles sont identiques à ceux de la
plaque :
- ils assurent la déformabilité du boulonnage
- ils retiennent les petits blocs lâchés au voisinage du boulon.

Figure 2.24 Blochets

Les blochets se placent entre le terrain et l’écrou du boulon. Il est


indispensable d’intercaler une plaque métallique plane entre l’écrou et le
blochet afin de répartir la contrainte car un simple écrou traverserait le
blochet sous la moindre charge. En jouant sur les dimensions de cette
plaque, on peut théoriquement ajuster la déformabilité du système à la
valeur désirée.
Les blochets sont sensibles aux effets du tir à cause de leur encombrement
et sujets à une pourriture au cours du temps s’ils ne sont pas traités : ils ne
sont pas conseillés pour des galeries à longue durée de vie.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 62

En revanche, leur déformabilité et les craquements qu’ils émettent sous


charge peuvent être des indices visuels ou sonores de la mise en pression
des terrains.

II.[Link]. Les grillages

Le grillage que l’on plaque contre le toit ou les parements d’une excavation a
pour rôle de maintenir en place les blocs non retenus par les boulons et qui
pourraient se détacher.
Le grillage est indispensable lorsque l’on souhaite boulonner une galerie
creusée dans un massif très fissuré.
Deux types de grillage sont généralement utilisés :
- le grillage simple torsion constitué de fils en zigzag. C’est le grillage le
plus utilisé avec le boulonnage. Il a l’avantage d’être très souple et
donc :
 de pouvoir se transporter et se manipuler aisément
 de pouvoir être appliqué facilement contre le toit ou les parements
et d’épouser des formes irrégulières.
- le treillis soudé constitué de deux familles orthogonales de fils soudés
à leur intersection. Ce grillage est plus rigide que le grillage simple
torsion.

II.[Link]. Les feuillards

Les feuillards sont des tôles épaisses ou plaques métalliques percées de trou
à leurs extrémités et que l’on place entre deux boulons. Ils jouent le même
rôle que le grillage :
- retenir les blocs lâchés entre deux boulons
- exercer une pression de confinement permettant de stopper la
propagation des éboulis.

Figure 2.25 Feuillards

Ne couvrant pas la totalité de la surface découverte du massif rocheux, ils


peuvent laisser échapper les petits blocs. Leur déformabilité est nettement
plus faible que celle des grillages. Lorsque les feuillards sont mis en charge
par les blocs rompus, il faut qu’ils ne puissent pas cisailler les extrémités
des boulons.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 63

II.2.4. Le béton projeté

Le soutènement par béton projeté, appelé aussi gunitage, consiste à projeter


sur les parois d’une excavation un béton ou un produit similaire. L’épaisseur
de ce revêtement est généralement comprise entre 5 et 15 cm.
Le béton projeté est utilisé depuis longtemps dans les travaux de génie civil
et les travaux miniers. On constate que son domaine d’utilisation
traditionnel dans les mines est celui des terrains difficiles, de résistance
mécanique très médiocres.
Le rôle du revêtement projeté est, dans la plupart des exploitations minières
qui l’utilisent, conçu comme une protection contre des phénomènes
d’altération et de dégradation progressive des parements et des toits. Il sert
alors d’appoint à un soutènement par boulonnage et est très souvent
accompagné d’un treillis métallique.
Le revêtement projeté peut avoir un rôle de soutènement extrêmement
efficace, en particulier dans les terrains fissurés peu déformables où il est
possible de l’utiliser seul, en l’absence de tout autre soutènement.
Les produits utilisés sont :
- le béton
Il se compose de ciment, de granulats, d’eau, d’un ou plusieurs adjuvants
(accélérateur de prise ou plastifiant), éventuellement de fibres métalliques ou
de fibres en matière plastique.
Le dosage moyen du ciment est de l’ordre de 400 à 450 kg pour 1 m 3 de
béton.
Le dosage moyen es eau est de 180 à 200 l/m 3. Ces dosages ainsi que la
granulométrie des agrégats dépendent du mode de projection. Dans tous les
cas, il est nécessaire de disposer d’une granulométrie régulière où toutes les
tailles d’éléments sont présentes.
- des produits prêts à l’emploi
Nous citerons des produits à base d’anhydrite.

II.2.4.1. Mise en place

La projection du béton est réalisée en le transportant dans un tuyau et en le


projetant sur la paroi à l’aide d’air comprimé. La paroi doit être propre,
exempte de poussières ou de petits fragments ; un lavage préalable à l’eau
est pratiquement indispensable pour obtenir une bonne adhérence entre le
béton et la paroi. Pour mettre en place des épaisseurs importantes, on
procède par couches successives, de l’ordre de 5 cm en général.
Les méthodes de mise en place peuvent être classées en deux catégories : la
projection par voie sèche et la projection par voie mouillée.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 64

Figure 2.26 Méthodes de mise en place du béton projeté

II.[Link]. La projection par voie sèche

Le produit est transporté dans un tuyau, sous flux dilué d’air comprimé. Il
est sec, si ce n’est l’humidité naturelle des composants : sable ou granulats.
L’eau n’est ajoutée qu’à l’extrémité de la lance. Cette technique permet
d’utiliser des agrégats assez grossiers, jusqu’à 15 cm ou même plus.
Les fibres sont ajoutées dans le malaxeur. Il importe qu’elles puissent se
disperser et ne pas s’agglutiner entre elles. Il est souhaitable que le diamètre
des tuyauteries soit égal à deux fois la longueur des fibres.
Avantages de la méthode :
- le procédé donne une très grande vitesse au produit. L’impact sur la
paroi étant très fort, on peut obtenir en théorie un revêtement très
dense et de grande qualité.
- L’équipement requis est de faible encombrement et d’un coût assez
faible.
- On peut transporter le produit dans le tuyau sur des distances assez
grandes pouvant dépasser 1000 m.
Parmi les inconvénients nous pouvons mentionner :
- le taux de rebond des granulats est assez fort, une perte de 30% est
une valeur courante. Ce taux de rebond est lié fortement à la
granulométrie des agrégats. Par ailleurs, il peut se produire une
ségrégation des composants sur la paroi, le ciment pénètre dans les
creux et fissures si bien que l’on peut finalement obtenir un béton
assez hétérogène et de faible résistance.
- Le produit doit être composé de façon très stricte. Il est très sensible
aux variations de la teneur en eau. L’habileté de l’opérateur est
prépondérante, car il peut agir de façon plus ou moins pertinente sur
le dosage en eau au niveau de la lance.
- Le chantier peut devenir poussiéreux.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 65

II.[Link]. Projection par voie mouillée

Le produit est transporté mouillé dans un tuyau. L’eau est ajoutée au


malaxage comme pour un béton destiné à être coulé. En voie mouillée deux
techniques sont utilisées :
- la méthode à voie mouillée à flux dilué. L’air comprimé comme en voie
sèche est introduit à la machine. En se détendant, il propulse et
accompagne le mélange mouillé dans la conduite. Le béton est de ce
fait additionné d’une quantité d’air plus ou moins importante pendant
son transport. Dans cette méthode, une addition complémentaire d’air
peut être faite à la lance pour augmenter la force de projection.
- La méthode à voie mouillée à flux dense. L’air comprimé est
exclusivement introduit à la lance, il est donc absent dans la conduite
de transport qui est complètement remplie de béton gâché. Le
transport n’étant plus assuré grâce au déplacement d’air comprimé
dans le tuyau, est réalisé par pompage : la machine à projeter est une
pompe à béton.
Les agrégats doivent être plus fins que dans la méthode sèche. Le cas
échéant, les fibres sont ajoutées dans le malaxeur. Avec la méthode par voie
mouillée, elles sont conditionnées en plaques par un enrobage de colle
soluble à l’eau.
Les avantages de la voie mouillée sont :
- réduction des pertes par rebond : un taux de perte de 20% est une
valeur limite.
- le chantier est moins poussiéreux.
- le produit est beaucoup plus régulier car la teneur en eau est
constante et le mélange est homogène.
- La vitesse d’impact peut être réglée facilement au niveau de la lance en
modifiant le débit d’air comprimé.
- L’introduction des fibres est facile.
Les inconvénients sont :
- l’appareillage est plus coûteux et encombrant : il faut une petite
centrale à béton pour préparer le mélange.
- La consommation en ciment est plus importante que dans la méthode
sèche.
- Le produit risque de se figer dans le tuyau ou d’obstruer la lance : le
nettoyage doit être fait avec beaucoup de soins.

II.[Link]. Le rôle du revêtement projeté

Le béton projeté peut avoir deux fonctions :

II.[Link]. Fonction de protection

Le béton projeté protège les terrains d’humidité ambiante et empêche leur


oxydation. Certains terrains tels que les marnes ont la propriété de gonfler et
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 66

de s’écailler dès qu’ils sont mis au contact de l’air ambiant. Le béton projeté
peut réduire ou annuler ce gonflement.
En revanche, dans le cas de terrains perméable affectés par une circulation
d’eau, le revêtement projeté risque d’être peu efficace. D’une part, il est
difficile à mettre en place et adhère mal au terrain, d’autre part les eaux
souterraines souvent chargées en sulfate altère le ciment.

II.[Link]. Fonction de soutènement

Cette fonction de soutènement s’exerce de deux manières que nous


appellerons le rôle coque et le rôle soudure.

a. Le rôle coque : le béton projeté peut être considéré comme coque


appliquée sur le terrain. Cette coque est apte à opposer une résistance à la
poussée des terrains, mais cette résistance sera essentiellement fonction de
l’état des contraintes induites dans la coque. Cet état dépend de la forme de
la coque, de son épaisseur, des sollicitations en provenance du massif
rocheux. Si on analyse les contraintes dans le revêtement d’une galerie
creusée dans des terrains déformables, analyse pouvant être faite au moyen
de la méthode de calcul par éléments finis, on met facilement en évidence le
rôle de la courbure de la coque. Dans les zones concaves (centre de courbure
situé dans la galerie), la coque est soumise surtout à des efforts de
compression tandis que les zones convexes (centre de courbure situé dans le
massif), la coque est soumise à des tractions. C’est dans ces zones que l’on
observera une fissuration du revêtement car la résistance à la traction du
béton est faible. Cette fissuration pourra provoquer la chute de plaquette de
revêtement.

Figure 2.27 Le rôle de coque du béton projeté

Si l’on voudrait rendre admissible l’état de contrainte dans la coque, il


faudrait augmenter l’épaisseur du revêtement, l’armer fortement et éviter les
zones convexes, c’est ce qui est fait dans les revêtements des tunnels de
génie civil. On se rapproche alors d’une structure qui est plus proche d’un
revêtement en béton coffré que d’un revêtement léger. Un tel revêtement
n’est évidemment pas rentable dans les structures souterraines minières
dont la durée de vie est généralement assez courte. On ne peut pas
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 67

considérer le revêtement projeté comme une structure capable de jouer à elle


seule un rôle de soutènement
En revanche, si l’on renforce le revêtement par une armature : treillis
métallique ou treillis plastique maintenue par un boulonnage, la structure
ainsi formée est tout à fait apte à maintenir en place le volume de terrain
situé entre les boulons et susceptible de s’effondrer. Cette coque armée joue
le rôle d’un garnissage résistant et peu déformable. Un calcul très sommaire
peut être fait pour estimer la charge que peut supporter le revêtement en
considérant la structure comme une dalle encastrée aux appuis que
constituent les boulons soumis à une pression uniforme. La contrainte de
traction qui se développe dans la dalle est donnée par la relation :

(II-18)

h est l’épaisseur du revêtement


a est la distance entre deux boulons
p est la contrainte exercée sur la dalle

Figure 2.28. Schéma du calcul du revêtement entre deux boulons

Avec des épaisseurs de revêtement faibles, la contrainte de traction peut être


assez forte pour provoquer des ruptures : on conçoit donc qu’il faille armer la
structure. Cependant, il faut bien voir que la position du treillis dans le
revêtement est forcément un peu aléatoire et risque de ne pas se trouver
toujours dans la zone soumise à la traction. Le treillis a finalement pour rôle
de retenir les fragments susceptible de se détacher.

b. le rôle soudure : le revêtement projeté réalise une liaison entre les


deux lèvres d’une fissure, à la manière d’une soudure que l’on réalise pour
assembler deux pièces métalliques.
Cette « soudure » permet d’assurer la stabilité des galeries dans certains
types de terrain. En effet, dans les terrains fissurés mais rigide où l’on
n’observe ni convergence ni expansion des épontes, les phénomènes
d’instabilité que l’on rencontre sont dus à la chute des blocs délimités par
les fissures naturelles. Si l’on projette un revêtement dans une telle galerie,
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 68

pour qu’un bloc de roche lâché puisse tomber, il faudra que le « cordon de
soudure », c'est-à-dire le béton projeté recouvrant les fissures, soit rompu.

Figure 2.29 Le rôle de soudure

En première approximation, le régime de contrainte auquel est soumis le


revêtement au voisinage des fissures est un cisaillement. En fait, non
seulement le revêtement est soumis à un régime de contrainte plus complexe
qu’un simple cisaillement, mais d’autres facteurs tel que l’adhérence du
produit au terrain sont à prendre en compte. C’est pourquoi des essais de
charge sont utiles pour quantifier ce mode d’action.
Les essais de charge ont pour but de déterminer la résistance que peut offrir
un revêtement recouvrant une fissure lorsque les deux faces de la fissure
glissent l’une par rapport à l’autre. Cet essai doit autant que possible se
rapprocher des conditions in situ. En vue d’englober tous les paramètres
réels il peut parfois être nécessaire d’envisager des essais in situ.

L’efficacité du rôle de soutènement du béton projeté, que ce soit le rôle


de coque ou le rôle de soudure, sera d’autant plus grande que l’adhérence
entre la roche et le béton sera importante.
En conclusion, la portance du béton projeté est fonction du rôle que va jouer
ce revêtement. Il faut distinguer les terrains déformables où il est possible de
mesurer une expansion ou une convergence non négligeable et les terrains
peu déformables où aucun mouvement ne peut être détecté.
Dans le cas des terrains déformables, le revêtement projeté joue le rôle d’un
garnissage résistant entre les boulons. Il est essentiel de ne pas utiliser le
béton seul, mais l’associer à une armature en treillis métallique ou plastique
destiné à contrer les efforts de traction.
Dans le cas des terrains peu déformables, le revêtement joue le rôle de
soudure. Dans ce cas, le béton pourra retenir des blocs. La portance sera
fonction du périmètre de la base du bloc.
Par ailleurs signalons qu’un revêtement en béton projeté est apte à résister
aux effets des tirs : il est possible de projeter jusqu’au front d’avancement
sans que le tir n’endommage le revêtement. Ainsi, le béton projeté peut
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 69

éventuellement servir de soutènement en remplacement du boulonnage ou


de tout autre soutènement.

II.3. Méthodologie pratique pour la mise en œuvre du soutènement

Pour aboutir au choix et au calcul d’un soutènement, on peut adopter la


démarche suivante :
1°) réunir le maximum des données géotechnique sur le site. Il s’agira
essentiellement :
 des données géologiques : contexte géologique général (nature
des terrains, coupes géologiques), situation du site (coupe
géologique détaillée au voisinage de l’excavation).
 Données géotechniques : résistances des matrices rocheuses
des terrains concernés, description et relevés éventuels des
discontinuités, estimation des contraintes naturelles, régime
hydrogéologique.
Les moyens à mettre en œuvre sont :
- le prélèvement des échantillons à partir des sondages carottés ou des
galeries existantes pour essais de laboratoire en vue de déterminer la
résistance à la compression des roches.
- Les observations sur le site (coupe géologiques, relevés de la
fracturation, analyse des incidents antérieurs, etc.).
- Les mesures sur le site (mesure de convergence, mesure d’expansion,
mesures de déformabilité, mesures des contraintes).

2°) analyse prévisionnelle des éboulements : à partir des données


géotechniques recueillies, faire une analyse prévisionnelle des mécanismes
de déformations des terrains et des éboulements qui pourraient se produire
en l’absence de soutènement. Lors de cette analyse des éboulements
potentiels, une règle essentielle doit être respectée : il ne faut pas séparer le
comportement du toit du comportement des parements mais le massif
rocheux doit être considéré dans son ensemble. En effet, l’éboulement d’un
toit peut avoir pour origine un élargissement de la galerie dû à la rupture
des parements.

3°) Forme de la galerie : effectuer une réflexion sur la forme de la section


de la galerie projetée car le soutènement nécessaire est très souvent lié à
cette forme. Il est parfois possible de se dispenser de soutènement à
condition de choisir une section adaptée aux conditions géologiques et
géotechniques du site. Mais malheureusement une galerie minière est la
plupart du temps dimensionnée en fonction de son utilité : abatage du
minerai, passage d’engins, aérage, implantation d’une voie ferrée, d’un
convoyeur ou d’un conduit d’aérage. Très souvent la forme rectangulaire est
adoptée. Or cette forme ne correspond pas forcément à une forme d’équilibre
naturel et, en conséquence, un soutènement sera nécessaire.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 70

Dans les terrains non stratifiés, les formes stables correspondent en


général à des formes où la couronne est arrondie ou en forme d’ogive.
Dans les terrains stratifiés, la stabilité sera généralement meilleure si le
toit suit une strate. Cela est certainement vrai si les strates sont assez
épaisses mais cela est moins évident avec un empilage se strates de très
faible épaisseur où un toit en ogive peut parfois convenir. Il faut s’adapter
aux conditions du terrain.

4°) le choix du type de soutènement : boisage, cadres, cintres, boulonnage


ou béton projeté. En fait compte tenu des avantages du boulonnage, le
problème du choix revient souvent à se poser la question si le terrain est
boulonnable. Le boulonnage présente de nombreux avantages par rapport
aux autres types de soutènement :
- le boulonnage n’encombre pas la galerie,
- le boulonnage résiste aux tirs ;
- les galeries boulonnées ne réduisent pas la résistance à l’aérage ;
- la pose des boulons est mécanisable ;
- le boulonnage permet de soutenir des chambres de grandes
dimensions ;
- le prix de revient du boulonnage est plus faible que celui des autres
modes de soutènement, tout au moins dans les pays industrialisés.
Ces nombreux avantages imposent actuellement ce mode de soutènement
chaque fois que cela est possible. La grande variété de boulons permet de
résoudre de nombreux problèmes de soutènement. Il faut bien noter que
n’importe quel boulon ne peut être utilisé sur n’importe quel site. Chaque
type de boulon a son domaine d’utilisation propre. Il existe des sites où un
seul type de boulon convient. C’est pourquoi avant de décréter qu’un terrain
est non boulonnable, il faut avoir passé en revue tous les types de boulons.
Cependant, il subsiste des cas où aucun type de boulon ne convient. Les
situations où le boulonnage reste inadapté sont :
- les terrains où aucun ancrage ne peut être réalisé correctement
- les terrains dont la cohésion est très faible, assimilables à du sable ou
graviers.
- Les terrains trop sollicités qui subiront des déplacements importants
et donc une dislocation nécessitant un confinement total à la
périphérie de la galerie.
- Les sites où la pose ne peut être techniquement réalisée par suite de
l’étroitesse du chantier.
Dans la plupart des cas, on envisagera l’utilisation des cintres.

5°) Le dimensionnement du soutènement : après avoir prévu le type


d’éboulement potentiel, le dimensionnement du soutènement choisi sera
conçu comme une parade à cet éboulement. Pour cela, il faudra s’aider des
trois concepts de soutènement porteur, soutènement confinant et du
soutènement armant.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 71

II.4. Techniques de mesure

II.4.1. L’endoscopie

L’endoscopie permet d’obtenir des images de la paroi de sondage. Elle est


utilisée pour détecter les fissures ou des décollements de bancs dans les
terrains. Les endoscopes sont des appareils que l’on introduit dans des
sondages. Deux types de matériel sont utilisés : l’endoscope optique et le
vidéo-endoscope.

II.4.2. Mesures extensométriques

Les mesures extensométriques ont pour but de mesurer la variation de


distance entre deux points. Elles sont assez faciles à mettre en œuvre,
donnent des résultats significatifs et sont d’un usage courant.

II.4.2.1. Mesures de convergence

C’est la variation de distance entre deux points situés à la périphérie d’une


galerie. On mesure en général dans les exploitations minières :
- soit le rapprochement du toit et du mur
- soit le rapprochement des parements.
Dans les tunnels de génie civil, on implante en général dans une section de
galerie plusieurs points de mesure, souvent cinq ou six, et on effectue des
mesures sur plusieurs segments, ce qui permet d’avoir une bonne
connaissance de la déformée de la galerie.

Figure 2.30 Mesures de convergence

Les dispositifs de mesure peuvent être classés en :


- appareils fixes (tubes coulissants, retractomètre) : ces appareils ont
pour inconvénient d’encombrer la galerie et donc de ne pouvoir être
utilisés sur des chantiers en activité. En revanche ils peuvent être
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 72

munis d’appareils de télémesure ne nécessitant pas d’intervention


humaine pour saisir la mesure.
- Appareils mobiles (cannes de convergence, appareils à fil Invar) : ces
appareils sont les seuls à pouvoir être utilisés sur les sites en activité.

II.4.2.2. Mesures d’expansion interne

Une mesure d’expansion interne consiste à mesurer la variation de distance


entre deux points à l’intérieur du massif. Pour cela, il faut forer un trou et y
installer un extensomètre. Ci-après quelques types d’appareils

a. Extensomètre simple

Cet appareil se compose d’une tige d’acier (de diamètre extérieur 16 ou 18m)
que l’on scelle au fon du trou au moyen de résine ou de ciment. A la tête du
trou, on fixe un dispositif destiné à constituer le second point. Ce dispositif
peut être :
- une plaque boulonnée au parement
- un tube scellé dans le trou.
Ce dispositif comprend un support pour un comparateur ou un capteur
électrique.

Figure2.31. Extensomètre simple

b. Extensomètre à points multiples

Cet appareil est constitué par une tige que l’on scelle au massif rocheux soit
en fond de trou soit à la tête du trou. Des capteurs inductifs sont placés à
l’intérieur du trou et scellés à la paroi. La tige constitue le noyau central du
capteur.
Eléments de mécanique des roches et Soutènement 73

Figure 2.32. Extensomètre à points multiples

c. Extensomètre de sondage

Cet extensomètre est un extensomètre multiple constitué par un ensemble


d’extensomètres simples placés dans le même trou.
Les tiges sont scellées dans le trou aux profondeurs que l’on désire et gainés
par des tubes plastiques pour permettre à chacune d’elle de passer
librement dans le scellement des autres tiges. Les intervalles entre tiges sont
généralement remplis d’un matériau (sable ou mousse). Les capteurs dont
disposés à la tête du trou.

Figure 2.33. Extensomètre de sondage


Eléments de mécanique des roches et Soutènement 74

Bibliographie
1) B. BRADY ET E. BROWN, Rock Mecanics for underground mining

( third edition), Springer, 2004

2) Grenon M& Hadjigeorgiou J. 2000. Conception du soutènement à l’aide

de la modelisation des réseaux de discontinuités. Proceedings of the 16th

conférence of the tunnelling association of Canada, Montreal.

3) Grenon M, Hadjigeorgiou J. Harrison J & Banas R.2000. an

investigation of Drift stability in Moderately jointed Rock Mass.

Proccedings of the 5th North American Rock Mechanics symposium USA.

4) J. FINE, le soutènement des galeries minières, Sciences de la Terre et

de l’Environnement, Presses de l’ENSMP, Paris, 1998.

5) Hudson J.A & Harrison J. 1997. Engineering Rock mecahanics London:

Pergamon Press.

6) Hoek E, P.K. Laiser & W. F. Bawden. 1995. Support of Underground

Excavation in Hard Rock. Balkema.

7) J.-L. DURVILLE ET H. HERAUD, Description des roches et des massifs

rocheux (c352), Techniques de l’Ingénieur, Traité de construction

(1995).

8) Hoek E. & E. T. Brown 1980. Underground Excavation in Rock, The

Institution of Mining and Metallurgy, London.

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