Respect de la présomption d'innocence en RDC
Respect de la présomption d'innocence en RDC
INTRODUCTION
Il s’agit dans cette introduction de donner la position du problème (I), l’hypothèse du travail (II),
l’intérêt du sujet (III), de délimiter le sujet (IV), donner les méthodes et techniques utilisées (V), et
annoncer le plan (VI)
I. POSITION DU PROBLEME
La présomption d'innocence est un principe fondamental du droit, consacré dans de nombreux textes
juridiques internationaux et nationaux. Au niveau international, ce principe est inscrit dans la
Déclaration universelle des droits de l'homme (art. 11)1 ainsi que dans le Pacte international relatif aux
droits civils et politiques (art. 14.2)2. Au niveau national, il est reconnu dans la Constitution de la
République démocratique du Congo (art. 18)3 et dans le Code de procédure pénale (art. 3)4.
Ce principe vise à protéger les droits et la dignité des personnes accusées avant qu'elles ne soient jugées
coupables. Il impose notamment aux autorités de présumer l'innocence de tout individu jusqu'à ce que
sa culpabilité soit établie de manière définitive par un tribunal compétent. Cette présomption
d'innocence constitue une garantie fondamentale des droits de la défense et un pilier essentiel de l'État
de droit.
En effet, les lenteurs et dysfonctionnements du système judiciaire, les pressions politiques, les
arrestations arbitraires, les détentions provisoires abusives, ainsi que la médiatisation excessive de
certaines affaires pénales, peuvent porter atteinte au principe de la présomption d'innocence. De plus,
les violences et les violations des droits humains commis par les forces de sécurité et de défense dans le
cadre de la lutte contre la criminalité soulèvent des interrogations quant au respect de ce principe
fondamental.
1
Déclaration universelle des droits de l'homme, art. 11, p. 4.
2
Pacte international relatif aux droits civils et politiques, art. 14.2, p. 12.
3
Constitution de la République démocratique du Congo, art. 18, p. 8., in J.O de la RDC No spécial du 5 février
2011
4
Code de procédure pénale de la RDC, art. 3, p. 24, in J.O de la RDC No spécial du 21 novembre 1962
2
Dans ce contexte, cette étude se propose d'analyser de manière critique le respect du principe de la
présomption d'innocence en République démocratique du Congo. Elle vise à répondre aux questions
suivantes :
Quels sont les principaux obstacles et défis à son application concrète ? Comment renforcer le respect
de ce principe fondamental dans le système judiciaire congolais ?
Malgré son inscription dans les textes juridiques, le principe de la présomption d'innocence n'est pas
toujours respecté dans la pratique du système judiciaire congolais. Les réalités du fonctionnement de la
justice, marquées par des lenteurs, des dysfonctionnements et des pressions diverses, constituent des
obstacles majeurs à son application effective.
En effet, le système judiciaire congolais fait face à de nombreux défis, tels que les lenteurs dans le
traitement des dossiers, les dysfonctionnements institutionnels et les pressions exercées sur les acteurs
de la justice (politiques, économiques, etc.). Ces réalités du fonctionnement de la justice peuvent
entraver le respect effectif du principe de la présomption d'innocence, malgré son inscription dans les
textes.
La médiatisation excessive de certaines affaires pénales, ainsi que les discours et les pratiques des
forces de sécurité et de défense, portent atteinte au respect de la présomption d'innocence en RDC. Les
arrestations arbitraires, les détentions provisoires abusives et les violences commises dans le cadre de la
lutte contre la criminalité remettent en cause ce principe fondamental.
Pour renforcer le respect de la présomption d'innocence en RDC, il est nécessaire de mettre en place
des réformes structurelles du système judiciaire, de lutter contre l'impunité et de promouvoir une
meilleure compréhension et application de ce principe par l'ensemble des acteurs du système de justice
pénale, y compris les médias.
Sur le plan pratique ou de la société ce travail comporte des intérêts très majeur notamment :
D’aucuns n’ignorent que la délimitation d’une étude scientifique se fait dans le temps, dans l’espace
ainsi que dans la matière.
Délimitation spatiale
Le champ d'étude se concentre sur la République Démocratique du Congo, en mettant l'accent sur les
réalités du système judiciaire et des pratiques en matière de justice pénale dans ce pays.
4
Delimitation temporelle
L'analyse porte principalement sur la période allant des années 2010 à 2023, afin de refléter les
évolutions récentes et les défis actuels liés à l'application de la présomption d'innocence en RDC.
Délimitation de la matière
Le sujet se concentre sur l'étude du principe de la présomption d'innocence, tel que consacré dans la
Constitution et le Code de procédure pénale de la RDC.
Le mot méthode est d'origine grecque qui signifie chemin vers, il peut être défini comme, l'ensemble du
processus mis en place pour parvenir à un résultat5
Et la rousse définit la méthode comme étant la manière de dire, de faire, d'enseigner une chose suivant
certains principes et avec un certain ordre. Le double aspect que représente ce travail nous a amené à
asseoir nos recherches sur deux méthodes, précédées des techniques dont la méthode exégétique et
sociologique.
Ces données récoltées par les techniques ont été interpellées par la méthode d'analyse conceptuelle et
d'analyse exégé[Link] première, c'est à dire l'analyse conceptuelle ou conceptualisme nous a permis de
définir et d'expliquer le principe de la présomption d'[Link] seconde, c'est à dire l'analyse
5
KIENGE-KIENGE Raoul, Droit de la protection de l’enfant, cours, unikin, droit, G3, 2019-2020, p26
5
exégétique nous a été d'un grand secours, pour nterpréter les textes de législatives et instruments
juridiques internationaux relatifs à la présomption d'innocence.
Nous avons eu recours à la technique documentaire pour nous permettre de récolter les données dans
des ouvrages, rechercher les textes de loi et autres [Link] technique d'observation nous a aidé
vérifier la non application de ce principe en pratique.
Outre l’introduction et la conclusion, notre travail est divisé en deux chapitres. Le premier porte sur
L’aperçu général et historique du principe de la présomption d’innocence. Le second s'intéresse à
l'approche critique du principe de la présomption d'innocence dans la pratique judiciaire Congolaise.
6
Avant de punir un délinquant, il y a toute une procédure devant être suivie, il l'interroge, l’enquête sur
les circonstances objectives et subjectives de la commission de l'infraction, pour enfin établir sa
culpabilité. La procédure requise prévoit des étapes devant être observée.
Ainsi, en vertu du principe de la présomption d'innocence, un examen judiciaire est indispensable avant
de culpabiliser la personne poursuivie. Avec le professeur tasoki, nous disons : « l'Etat a confié à ces
organes des pouvoirs redoutables. Mais il a en même temps veillé à ce que, dans l'exercice de leurs
fonctions, ils ne puissent pas outrepasser leurs pouvoirs, voire en abuser. c'est ainsi que des garanties
Solides protègent les justiciables (la présomption d'innocence, le procès équitable, le droit de la
défense, la garantie judiciaire des libertés individuelles, la séparation des autorités judiciaires, l'égalité
entre les justiciables, la dignité de la personne humaine, le droit d'accès à la justice et l'inviolabilité du
domicile »6
Même s'ils ne sont pas sans limites, parfois importantes, il existe des principes considérables en faveur
de l'individu. si ces principes sont respectés et appliqués fidèlement à un procès, celui - ci sera dit
équitable.7
Le principe de la présomption d'innocence est garantie par de multiples textes : il apparaît notamment
dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et dans la convention européenne des
droits de l'homme.
Ce principe est placé, depuis la loi du 5 juin 1961, portant institution d’un code de procédure pénal
complété par la loi n°15/62 du 21 novembre 1962 en tête du code procédure pénale.
La présomption d'innocence a été inventé par l'affaire coffin en 1895, donne lieu à un jugement rendu
par la cour suprême des États- Unis , qui a posé le principe de présomption d'innocence comme
fondamental et fait jurisprudence depuis cette date.8
Pour désigner ces principes protecteurs de l'individu dans un procès, on parle du droit à un procès
équitable. Celui -ci englobe aussi la présomption d'innocence qu'il nous faut apercevoir (1 section)
avant de parler de bénéficiaires du principe de la présomption d'innocence (section 2)
6
Marie-José TASOKI MANZELE, Procédure pénale congolaise, le harmattan, paris, 2016, p50
7
Jean PRADEL, Procedure penale, Ed. Cujas, paris, 2002, p310
8
Olivier ITEANU de la présomption a la culpabilité, [Link] consulter, le 15 novembre 2023
7
Dans cette section nous allons définir, le principe de la présomption d'innocence (§1) et nous allons
parler de la nature juridique de la présomption d'innocence et ses corollaires (§2)
A. Définition légale
Hormis la constitution, le principe de la présomption d'innocence tire aussi sa base légale dans l'article
11 de la déclaration universelle de droit l'homme qui déclare :« toute personne accusée d'un acte
délictueux est présumée innocente tant que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès
public où toutes garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées ».10
Le principe de la présomption d'innocence est aussi prévu dans l'article 66 du statut de Rome qui
dispose : « toute personne est aussi présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été établie
devant la cour conformément au droit applicable »11.
Partant de toutes ces dispositions, nous pouvons comprendre que le principe de la présomption
d'innocence est garanti par la constitution du 18 février 2006 et même par Les instruments
internationaux qui tous, garantie les droits et libertés d'une personne contre qui une accusation a été
formulée en justice.
9
Article 17 in fine de la constitution de la RDC du 18 février 2006 in J.O de la RDC No spécial du 5 février
2011
10
Article 11 de la déclaration universelle de droit de l’homme
11
Article 66 du statut de Rome de CPI
8
B. Définition doctrinale
Dans l'ensemble, nous remarquons qu'il n'existait aucune définition qui soit unanimement admise, il y a
une controverse doctrinale sur cette définition. Pour JEAN - COSTE (notamment) ; « la présomption
d'innocence n'est que la conséquence immédiate d'une présomption de culpabilité »12
Le professeur NYABIRUNGU l'explicite « une personne est suspectée, mise en examen ou accusée
parce qu'il existe des éléments objectifs de commission ou de participation à une infraction des indices
sérieux de culpabilité, dit le code de procédure pénale »13
Pour parler de la présomption d'innocence, JEAN PRADEL parle de la preuve, très nécessaire pour
justifier la culpabilité.
En effet, « comme la présomption d'innocence, l'individu poursuivi est censé être innocent aussi
longtemps que sa culpabilité n'a pas été reconnue par un jugement irrévocable »15
Pour nous, la présomption d'innocence s'entend comme le fait pour une personne soupçonnée d'avoir
violé la loi pénale, de demeurer innocente du moment de l'accusation jusqu'au prononcé d'un jugement
définitif, par une juridiction compétente.
Le principe de la présomption d'innocence ainsi défini doit aussi être examiné par rapport sa nature
juridique et les corollaires au principe de la présomption
12
NYABIRUNGU Mwene SONGA, Traité de pénal général congolais, éditions universitaire africaine, Kinshasa, 2007,
p.487
13
Op cit p.494
14
Idem
15
Ibidem
9
Ici nous allons voir la nature juridique de la présomption d’innocence et les corollaires au principe de la
présomption.
La présomption d'innocence est un principe fondamental de la procédure pénale. Elle est l'un des
principes généraux du droit déclaré fondamentaux parce qu'ils éclairent, complètent ou renforcent
certains droits ou libertés implicitement ou explicitement retenus dans les différents textes en vigueurs
de procédure pénale.
la présomption d'innocence est un principe universel de droits de l'homme résulte de l'article 11.1 de la
déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948, qui dispose que : « toute personne
accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement
établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été
assurées »17
Ce principe est repris dans les mêmes termes par l'article 17, al 9 de la constitution du 18 février 2006.
en droit congolais, donc la présomption d'innocence a acquis une valeur constitutionnelle18.
La présomption d'innocence étant un principe fondamental de la procédure pénale. Elle est considérée
comme un principe cardinal dans un état de droit, autour duquel toute gravité, car les autres principes
gouvernant la procédure pénale sont la conséquence de la présomption d'innocence19.
Bien plus qu'un principe général de droit, la présomption d'innocence constitue une de directive
adressée aux autorités chargées d'appliquer la loi.20
La présomption d'innocence a pour corollaire du principe : actori incombit probatio , qui rejaillit sur la
question de la preuve. Elle suggère en effet, que le ministre public à l'obligation d'apporter la preuve
16
Marie-José TASOKI MANZELE, Procédure pénale congolaise, le harmattan, paris, 2016, p45
17
Article 11 de la déclaration universelle de droit de l’homme
18
Article 17 in fine de la constitution de la RDC du 18 février 2006
19
TASOKI MANZELE [Link]., p.52
20
Idem
10
des faits allégués, en privilégiant la recherche des preuves objectives qui sont établies sur base dje faits
matériels extérieurs à la personne accusée. Il n'appartient pas au prévenu de démontrer son innocence. 21
Telle sorte qu’en cas de doute celui-ci doit profiter à l’accusé -in dubio pro reo-. De même, la
présomption d’innocence impose la loyauté dans la recherche de la preuve. La vérité, dit-on, est une
belle chose qui ne peut pas être saisie par des mains sales. Il en découle que ni torture ni contrainte,
pression ou menace ne peut servir de moyen d’obtention d’une preuve judiciaire. La présomption
d’innocence rejaillit encore sur la question de la détention avant jugement, dont le caractère
exceptionnel est posé par l’article 28 du code de procédure pénale. Celui-ci dispose en effet que la
détention préventive est une mesure exceptionnelle et voici quuelques principes impliquant au principe
de la présomption d’innocence sont ;
Le procès équitable est un principe général de droit selon lequel toute personne a droit à ce que sa
cause soit entendue équitablement22. Ce principe a donné naissance à ce que le juge moderne appelle
l’« égalité des armes »23, expression imaginée en vue d’exprimer à la fois l’exigence d’équité,
d’indépendance et d’impartialité, mais aussi comme une composante autonome du procès équitable.24
En procédure pénale l’égalité des armes » est un droit naturel et immuable reconnu à la partie
défenderesse25. Elle implique que « (…) Toute partie à une action civile et a fortiori à une action
pénale, doit avoir une possibilité raisonnable
Le désavantage auquel peut s’exposer une personne accusée dans un procès pénal résulterait de la
décision du parquet de ne pas lui communiquer les pièces du dossier répressif sur lesquelles il fonde ses
différentes accusations. Le comportement du parquet empêcherait donc la personne accusée de
21
Ibidem
22
Art. 10, Déclaration universelle des droits de l’homme, 10 décembre 1948 ; art. 14, §1, Pacte international relatif aux droits civils et
politiques ; Art. 6, §1, Convention européenne des droits de l’homme ; Serge GUINCHARD et Thierry DEBARD (dir.), op. cit., p. 688.
23
Cour Eur. D.H., Affaire NEUMEISTER c/ Autriche, 27 juin1968, Publications de la Cour européenne des droits de
l’homme, Série A, 1968, p. 43, §22 ; Cour Eur. D.H.,Affaire DELCOURT c/ Belgique, 17 janvier 1970, Publications de la
cour européenne des droits de l’homme, Série A, 1970, p. 15, §28 ; Cour Eur. D.H., Affaire Ruiz
MATEOS c/ Espagne, 23 juin 1993, Publications de la Cour européenne des droits de l’homme, Série A, 1993, p. 25, §63 ;
Crim., 6 mai 1997, Bull., janvier 1997, n°170, p. 567 ; Cour de cassation, 3ème Ch. civ., 2 juillet 2003, Bull., 2003-III,
n°140, p. 126 ; Conseil d’Etat français, Décision, 27 octobre 1995, Assemblée, 150703, Ministre du logement c/ MATTIO,
Rapport ARRIGHI De CASANOVA, Recueil des décisions du Conseil d’Etat, 5 juillet-30 octobre 1995,p. 366.
24
Jean-Pierre DINTILHAC, « L’égalité des armes dans les enceintes judiciaires », Cour de cassation, Rapport, 2003-II,
Etudes et documents, Documentation française, 2003, p. 130
25
OPPETIT Bruno, Philosophie du droit, Paris, 1ère éd., Dalloz, 1d’exposer sa cause au tribunal dans les conditions qui ne
la désavantagent pas d’une manière appréciable par rapport à la partie adverse (…) »
11
s’informer de charges qui pèsent sur sa personne et de discuter tous les arguments de fait et de droit
avancés par le Ministère public26. Il s’agit par ailleurs de la violation du principe du contradictoire27.
Pour autant, dans le but d’empêcher le déséquilibre compromettant entre l’accusation et la défense, il
est important d’insister sur l’intérêt qu’il y a à ce que celui qui défend une position contraire dispose en
connaissance de cause des mêmes informations28.
Pour cette raison, le Ministère public est tenu de communiquer à la défense les copies de toutes les
pièces qui fondent l’accusation qu’il a portée contre la personne accusée, par ailleurs nécessaires à la
préparation de sa défense29. Le Ministère public est aussi obligé de communiquer à la défense les
copies des déclarations et dépositions de tous les témoins.
Il faut cependant admettre que l’égalité des armes mériterait d’être appliquée de manière large, car
l’égalité des armes entre la Défense et l’Accusation ne doit pas être considérée comme nécessairement
l’égalité matérielle de disposer des mêmes ressources financières et/ou en personnel30.
Il faut admettre aussi qu’il existe un lien étroit entre la présomption d’innocence et le procès équitable.
Ce droit est un droit constitutionnel reconnu a tous les individus de contester une accusation et un
jugement.
26
NICOPOULOS P., « La procédure devant les juridictions répressives et le principe du contradictoire », Revue de Science
Criminelle, 1989, pp. 1 et s.
27
Le principe du contradictoire est aussi un principe général du droit, qui a valeur constitutionnelle. En participant au
concept plus large de procès équitable, le contradictoire a acquis le caractère général de ce dernier principe, et a en
conséquence pour champ d’applicabilité l’ensemble du procès pénal, l’ensemble des actes attachés au procès pénal et
l’ensemble des procédures pénales entendues dans un sens large (Christine GALVADA-MOULENAT, « Comment
renforcer le contradictoire dans le procès pénal français ? », Archives de politique criminelle, n°29, 2007/1, p. 20.
28
Frédérique FERRAND, « Le principe contradictoire et l’expertise en droit comparé européen », Revue Internationale de
droit Comparé, Vol. 52, n° 2, Avril-juin, 2000, p. 346.
29
Art. 53, code de procédure pénale. A vrai dire, la loi oblige le Ministère public à communiquer plutôt les pièces du dossier
répressif au juge compétent chargé d’en connaître. C’est au greffe du tribunal que la partie accusée peut compulser le
dossier répressif.
30
T.P.I.R., App., le Procureur c/ KAYISHEMA RUZINDANA, Arrêt, § 69
12
Il ressort de l’article 17, al. 2 de la constitution que nul ne peut être poursuivi, arrêté, détenu ou
condamné qu’en vertu de la loi et dans les formes qu’elle prescrit. La contestation de la légalité de
l’accusation consiste précisément en des actions qui démontrent que les poursuites de l’autorité
judiciaire n’ont pas été engagées conformément à la loi. Ainsi, le déclinatoire de compétence, les
moyens d’irrecevabilité de la procédure, comme l’extinction de l’action publique, et même la remise en
question de la qualification juridique des faits telle que retenue par l’autorité judiciaire sont autant des
moyens de contestation de la légalité de l’accusation. Il peut s’agir aussi des actions de la personne
poursuivie engagées en vue de démontrer l’illégalité de la procédure.
La contestation du jugement est un droit reconnu et garanti à tous par la constitution et les lois de la
République. Ce droit consiste en un recours adressé à une autorité judiciaire, le plus souvent autre que
celle qui a rendu le jugement contesté, en vue d’obtenir d’elle la reformation ou l’annulation dudit
jugement. Il est exercé dans les conditions fixées par la loi.
La remise en question d’un juge ou sa récusation résulte d’une violation ou d’un manquement aux
principes de son indépendance, son impartialité et son équitabilité. La loi congolaise a prévu les
différentes causes de récusation d’un juge, la procédure à suivre ainsi que les effets attachés à cette
action140. La contestation d’un juge peut résulter aussi de la mise en cause de sa responsabilité en cas
de faute ou d’infraction commise au préjudice de la personne poursuivie. La personne poursuivie peut
aussi initier une action en réparation des dommages qui résultent d’un fonctionnement défectueux des
services judiciaires. Dans ce cas, la responsabilité de l’Etat est de plein droit engage
Tous les Congolais sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois31. Il est donc
interdit d’introduire dans la loi de procédure des discriminations qui viendraient rompre l’égalité des
citoyens devant la loi et devant la justice.
Néanmoins, le principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de façons différentes des
situations différentes, ni qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général, pourvu que, dans
31
Art12, la constitution de la RDC du 18 fevrier 2006 in J.O de la RDC No spécial du 5 février 2011
13
l’un et l’autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi
qui l’établit32. C’est la raison d’être des immunités ou des privilèges de juridiction en procédure pénale.
L'historique du principe de la présomption d'innocence remonte à des siècles et a évolué au fil du temps
pour devenir un pilier fondamental du droit pénal moderne. Ce principe repose sur l'idée que toute
personne est présumée innocente jusqu'à preuve de sa culpabilité, une notion qui vise à protéger les
droits individuels et à assurer l'équité dans les procès.
Les racines de la présomption d'innocence se trouve etre retracées dans les traditions juridiques
anciennes, telles que le droit romain et les coutumes médiévales, qui ont progressivement intégré ce
concept dans leurs systèmes juridiques respectifs. Au fil des siècles, ce principe a été renforcé par des
penseurs juridiques et des réformateurs qui ont cherché à garantir un traitement juste et équitable des
accusés.
L'évolution de la présomption d'innocence a été marquée par des moments clés de l'histoire juridique,
notamment la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 en France, qui a consacré ce
principe comme un droit fondamental. Ce concept a ensuite été intégré dans de nombreuses
constitutions et conventions internationales pour garantir sa protection à l'échelle mondiale.
Aujourd'hui, la présomption d'innocence est reconnue comme un élément essentiel de tout système
juridique démocratique et respectueux des droits de l'homme, soulignant l'importance de traiter chaque
individu comme innocent jusqu'à preuve du contraire.
Les origines et les principes de l'école classique en matière de justice pénale remontent à des penseurs
tels que Cesare Beccaria. Cette école de pensée met l'accent sur la rationalité et la prévisibilité des
individus, considérant que chacun a le libre arbitre et peut être tenu responsable de ses actes.33
32
Louis FAVOREU et Loic PHILIP, cite par le professeur Tasoki, notes de cours de la procedure penale
33
BECCARIA, Cesare, Des delits et des peines. Chez jean-francois bastien, 1964. Chapitre I et II
14
En adoptant ces principes, l'école classique a contribué à poser les bases d'un système judiciaire plus
juste et équilibré, où la responsabilité individuelle et la prévention de la criminalité jouent un rôle
central.
L'approche de la présomption d'innocence par les penseurs de l'école classique, tels que Cesare
Beccaria, met en lumière un principe fondamental de justice pénale. Selon ces penseurs, la présomption
d'innocence repose sur le principe selon lequel toute personne est considérée comme innocente jusqu'à
ce que sa culpabilité soit prouvée au-delà de tout doute raisonnable.
Pour Beccaria et ses contemporains, cette présomption est essentielle pour garantir des procédures
judiciaires équitables et éviter les erreurs judiciaires injustes. En accordant le bénéfice du doute à
l'accusé, l'école classique insiste sur la nécessité de protéger les droits individuels et de prévenir les
abus de pouvoir au sein du système judiciaire.35
En mettant en avant cette approche, les penseurs de l'école classique ont contribué à façonner les
fondements d'un système juridique plus équitable et respectueux des droits de l'homme.
§2. Le positivisme
Les fondements et les caractéristiques du positivisme en criminologie reposent sur une approche
scientifique de l'étude du comportement criminel. Les penseurs positivistes, tels que Lombroso, ont
cherché à identifier les causes biologiques, psychologiques et sociales qui peuvent influencer la
propension à commettre des actes criminels.36
Selon le positivisme, la criminalité est perçue comme le résultat de facteurs internes et externes
échappant parfois au contrôle de l'individu. Cette approche met en avant l'importance de comprendre
ces déterminants pour prévenir la délinquance et réhabiliter les contrevenants.
34
BENTHAM, Jeremy. Traites des preuves judiciaires, bossange, 1923. Voir les chapitres I et II
35
Idem
36
LOMBROSO, cesare. L’Uomo delinquente. Hoepli 1876.
15
En intégrant des éléments scientifiques dans l'analyse des comportements criminels, le positivisme a
élargi les perspectives sur la criminalité et promu des approches plus individualisées dans le traitement
des délinquants.
Dans cette optique, le positivisme souligne l'importance du droit positif, c'est-à-dire le droit tel qu'il est
écrit et appliqué, plutôt que le droit naturel ou les principes moraux. En matière de droit pénal, le
positivisme suggère que la présomption d'innocence est un principe juridique établi à travers le
processus de création et d'interprétation des lois. Ce principe n'est pas basé sur des considérations
morales ou éthiques, mais plutôt sur la nécessité pratique d'assurer l'équité et l'exactitude dans le
système de justice pénale.
Selon cette approche, la présomption d'innocence est une règle juridique développée à travers le
raisonnement et l'interprétation juridiques. Elle ne repose pas sur des principes moraux ou éthiques
intrinsèques, mais sur les considérations pratiques visant à garantir l'équité et la précision dans le
système de justice pénale.
16
Nous postulons que la pratique judiciaire congolaise se montre très défaillante en matière d’application
correcte du principe de la présomption d’innocence en vertu des différentes atteintes rencontrées
Le présent chapitre porte sur l’analyse de la non application du principe de la présomption d’innocence
dans la pratique judiciaire congolaise (section I) et procède à donner les perspectives et suggestions
essentielles pour palier a cette problématique (II)
La non application de ce principe repose sur les différentes violations de sa portée liée à plusieurs
facteurs au sein du fonctionnement de la justice congolaise, ainsi, la présente section de notre travail
portera sur la non application du principe de la présomption d’innocence par les organes répression en
RDC (§1) avant de chuter sur l’implication des médias sur violation du principe de la présomption
d’innocence. (§2)
L’application du principe de la présomption d'innocence en RDC est contraire à son énonciation, l’on
rencontre tour à tour le reversement du principe de la présomption d'innocence pour atteindre celle de
la culpabilité. Cette imperfection est liée à plusieurs facteurs selon qu’on se trouve devant tel ou tel
autre autorité judiciaire. Nous examinons les atteintes causées par la police judiciaire(A), les officiers
du ministère public (B), sans oublier les violations du principe par le juge (C)
A. La police judiciaire
La police judiciaire est considéré comme l'œil du parquet dans sa mission de la recherche des
infractions et de la poursuite des auteurs, elle seconde ce dernier en leur fournissant les rapports
nécessaires de leur enquête.
La police judiciaire joue donc un rôle très important dans le processus répressif d'une infraction
Cependant, le mauvais fonctionnement de cette institution peut avoir des graves conséquences sur
droits et libertés des citoyens notamment la présomption d'innocence qui suppose que toute personne
soit présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité soit établie par un jugement définitif.
17
À cet effet qu’il nous soit permis d'invoquer les différents facteurs qui sont les causes de ce mauvais
fonctionnement de la police judiciaire congolaise engendra ainsi la violation de ce principe
fondamental du droit pénal.
Les pressions provenant de l'appareil politique pour résoudre rapidement des affaires sensibles pousse
la police à outrepasser les principes juridiques fondamentaux, y compris la présomption d'innocence.37
2. Le manque de formation
Un manque de formation adéquate des forces de l'ordre sur les droits fondamentaux des individus et
sur les procédures légales conduit à des erreurs et à des abus lors des enquêtes entraînant ainsi la
culpabilité injuste des certains présumés.38
Nous rencontrons au sein de la police judiciaire congolaise des officiers sans formation ni
assermentation reconnue, recruté de manière illégale qui se livrent aux violations des lois par leur
ignorance
3. Corruption
La corruption au sein des services de police entraîne des pratiques illégales visant à obtenir des aveux
forcés ou à manipuler des preuves pour incriminer des suspects, violant ainsi le principe de
présomption d'innocence.39
La pression pour obtenir des résultats rapides dans les affaires criminelles pousse les enquêteurs à
prendre des raccourcis et à contourner les garanties procédurales, compromettant ainsi les droits des
personnes présumées innocentes.
Une rémunération insuffisante conduit certains officiers de police judiciaire à être plus enclins à
recourir à des pratiques douteuses pour compenser un salaire inadéquat, compromettant ainsi leur
impartialité et leur objectivité dans le traitement des affaires criminelles.
Une faible rémunération rend les officiers de police judiciaire plus vulnérables à la corruption, les
exposant à des influences extérieures qui pourraient les inciter à violer la présomption d'innocence en
échange de gains financiers illicites.
Une rémunération inadéquate entraîne un manque de motivation chez les officiers de police judiciaire,
affectant leur engagement à mener des enquêtes approfondies et équitables, ce qui pourrait impacter
négativement le respect du principe de présomption d'innocence.
Des conditions financières précaires crée des situations où les officiers de police judiciaire se sentent
obligés de privilégier certains intérêts, compromettant ainsi leur objectivité et leur capacité à respecter
les droits des personnes présumées innocentes.
Ces problèmes ou facteurs poussent souvent les officiers de police judiciaire à commettre certains actes
violant ainsi le principe de la présomption d’innocence dont quelques sont :
Les officiers de police procède à l'arrestation et à la détention de personnes sans mandat légal, sans
preuves suffisantes et sans respecter les procédures légales. Cela revient à traiter les suspects comme
coupables avant même qu'ils ne soient jugés.
Nous rencontrons tour à tour au sein de nombreux postes de police de Kinshasa des personnes
incarcérées pendant plus de 5 jours alors que la garde à vue n’est censée durée que 48h, cette manière
de faire les choses préjudicie les droits et libertés des personnes simplement accusées
Les officiers soumettent les suspects à des interrogatoires prolongés, des violences physiques ou
psychologiques pour les forcer à avouer des crimes qu'ils n'ont pas commis. Ces pratiques violent le
droit des suspects à ne pas s'auto-incriminer et à être traités avec dignité.
Au sein de la police, les OPJ contraint certaines personnes accusées à accepter faussement une
culpabilité soit en leurs infligeant des fortes douleurs, le cas de l’usage du fouet longtemps existé dans
19
la police soit en leurs démontrant la gravite de l’infraction poursuivie qu’une fois arrivé les
conséquences seront graves.
C’est aussi une manière par laquelle les OPJ violent le principe de la présomption d’innocence
Les officiers en RDC orientent le traitement médiatique d'une affaire en faveur de la culpabilité du
suspect, avant même que le procès n'ait lieu. Cela crée un climat de présomption de culpabilité.
Tout ceci pour récoltés les amandes irrégulières auprès des personnes accusées
Alors que la constitution du 18 février 2006 a son article 19 alinéa 4 dispose que toute personne a le
droit de se défendre elle-même ou de faire assister d’un défenseur de son choix et ce, à tous les niveaux
de la procédure pénale y compris l’enquête policière et l’instruction prejuridictionnelle, les officiers
empêche les suspects d'avoir accès à un avocat, les privant ainsi de leur droit à la défense pourtant
garanti par la constitution. Cela les met dans une position de faiblesse et peut les amener à s'auto-
incriminer.
Ces pratiques sont contraires aux principes fondamentaux de l'État de droit et du respect des droits de
l'homme. Elles portent atteinte à l'intégrité du système judiciaire et à la confiance du public dans
l'administration de la justice en RDC.
B. Le ministre public
Il existe, auprès de chaque juridiction répressive, un ministère public ou parquet, c’est-à-dire un corps
de magistrats qui, en matière pénale, a pour mission d’intenter et d’exercer, au nom de la société,
l’action publique, de veiller au déroulement régulier des procédures et à l’exécution des peines
prononcées par les juge.
Cependant, Au niveau du parquet, il convient de révéler des violations du principe sous examen
remarquées par les arrestations arbitraires opérées par les officiers du ministère public et la détention
illégale.
20
A ce niveau, l'on peut commencer par relever le phénomène que déplore le professeur NYABIRUNGU
sur les arrestations le samedi, écrit l'éminent professeur, << une propension d'ordonner les arrestations
samedi pour contraindre le suspect à payer de l'argent afin de se soustraire à la détention si pénible du
weekend>>40 . Les OMP ordonnent aussi les arrestations sans mandat d'arrêt provisoire qu'il émettent
dans les semaines ou les mois avenir, c'est des arrestations illégales que parle le professeur
NYABIRUNGU et l'établissement postérieur du mandat est qualifié de faux en écriture41.
Et une autre réalité qui ne faut pas perdre de vue et les arrestations arbitraires. Les OMP profitent leurs
positions de force pour arrêter injustement un Innocent. Une simple discussion au quartier suffit pour
que cet organe de justice ordonne une arrestation. Tout le monde au quartier sait qu'il faut faire
attention avec le magistrat et sa famille biologique. Le simple fait de cueillir une fleur de la clôture de
sa parcelle est taxé de destruction méchante et un mandat d'arrêt est aussi tôt ordonné. Un gestuelle et
la personne qui a regardé est mis aux arrêts. Le refus d'une chose demandée par l'OMP est qualifié
d'outrage à magistrats. Et l'homme fort actionne le mandat d'arrêt. Puis qu'il est fort, il instruit le
dossier, il a de l'influence, il conditionne déjà la poursuite de la procédure. Les innocents sont
injustement arrêtés et le principe de la présomption d'innocence est réellement torturé par ces organes
qui sont censés de le respecter.
Cette situation est par ailleurs chaque fois l'OMP se fait corrompu par le plaignant qui veut faire
souffrir la personne accusée.
Avoir un frère OMP est aujourd'hui comme le fait de naître dans une famille de l'empereur. Pour un
rien, l'OMP corrompu ou voulait faire plaisir à son frère, n'hésite pas d'entreprendre des détentions
illégales et arbitraires après les arrestations, elles-mêmes arbitraires et illégales.
En matière répressive, Les officiers de ministre public recherchent les infractions aux actes législatifs et
réglementaires qui sont commises sur le territoire de la République Démocratique du Congo.
Dans l'accomplissement de ses missions, l'officier du ministère public arrive aussi à heurter les
dispositions légales par rapport ou en rapport avec les droits et libertés individuelles. Les traitements
par officiers du ministère public du présume auteur dépend très souvent du rang social de son
accusateur, de l'influence qu'a celui -ci envers l'officier du ministère public. Ce qui pousse ce dernier à
heurter le front de la présomption d'innocence.
40
NYABIRUNGU MWENE SONGA, Traité de pénal général congolais, éditions universitaire africaine, Kinshasa, 2007,
p446
41
Idem
21
Si l'un de corollaire de la présomption d'innocence est que la liberté est la règle et la détention
l'exception, il y’a renversement dans la pratique de la justice.
Toutes ces imperfections ont pour fondement certains facteurs que nous n’hesiterons pas d’invoquer
notamment :
1. Ingérence politique
L'influence politique dans les affaires judiciaires en RDC exerce des pressions sur les procureurs
pour obtenir des résultats conformes aux intérêts politiques en place, compromettant ainsi
l'objectivité et le respect du principe de présomption d'innocence.42
2. Corruption
La corruption au sein du système judiciaire congolais incite certains procureurs à agir de manière
partiale en écartant la présomption d'innocence pour servir des intérêts particuliers, au détriment de
la justice et des droits des accusés.
Les procureurs en RDC sont confrontés à des défis liés au manque de ressources, de formation
adéquate et de soutien institutionnel, ce qui les amener à commettre des violations du principe de
présomption d'innocence par méconnaissance des procédures légales.43
Les objectifs de performance imposés aux procureurs, combinés à des délais stricts et à des attentes
élevées en matière de résolution des affaires, leurs poussent à violer la présomption d'innocence
pour obtenir des condamnations rapides, au détriment des droits des prévenus.
Ceci leurs poussent à poser certains actes qui sacrifie le principe de la présomption d’innocence
notamment :
- La détention illégale
Nul n’ignore qu’au parquet il y’a des personnes qui sont incarcérées hors délai légal pour une
simple détention préventive pour des raisons énumérées ci-haut
42
Rapport amnesty international, RDC : la justice au service du pouvoir, 2016
43
Rapport human right, vous êtes condamne avant même d’être jugé
22
Nous en sommes témoin lors de notre stage précédemment passé au parquet de grande instance
de kinkole ou nous avons rencontré un détenu de plus d’un an.
Ces pratiques violent forcement le principe fondamental du droit pénal
Certains magistrats se sert de leurs positions de force pour faire souffrir injustement les personnes
innocente entravant ainsi la portée essentielle du principe
Les procureurs au congo refusent ou retarde l'accès des avocats de la défense au dossier de l'instruction.
Cela entrave le droit des suspects à se défendre et à avoir accès aux éléments à charge et à décharge.
C. Le juge
Dans la pratique, au niveau du tribunal, les indices de culpabilité pèsent plus lourd que la présomption
d'innocence, et les personnes poursuivies sont généralement aussitôt mises en détention préventive,
celle-ci devenant la règle et la liberté l'exception. Bien plus, quoi que la détention préventive soit
clairement définie par la loi, sa mise en œuvre est rarement conforme à cette loi. Ceci revient à dire que
la réalité pratique dans les maisons de détention n’a rien à voir avec toutes les prescriptions légales. Les
détenus préventifs le sont pour une durée indéterminée. Ils sont généralement jetés en prison et, s'ils
n'ont pas de relations Fortes ou de moyens suffisants, sont purement et simplement oubliés. Dans ces
circonstances, il l’on ne faudrait pas s’étonnés de vivre des situations contradictoires ou l'on constate
que la liberté de détenu soit décidée en chambre de conseil ou par le ministre public sans qu'elle ne
devienne effective par manque de moyens pour l'argent de payer le cautionnement>>. 44
En outre, certaines recherches comme celle effectuée par professeur NYABIRUNGU à la prison de
Makala, CPRK, du 28/ 11/ 1997 au 17/2/ 1998, démontrent que la population carcérale est composée
de plus de 90%, les détenus préventifs. les moins de 10% concernent ceux qui ont été condamné,
parmi lesquels les condamnés définitifs sont rares.45
44
NYABIRUNGU Mwene SONGA, Traité de pénal général congolais, éditions universitaire africaine, Kinshasa, 2007,
p280
45
[Link] p445
23
1. Influence politique
Des pressions politiques exercées sur les juges pour obtenir des verdicts conformes à des intérêts
politiques particuliers peuvent les amener à ne pas respecter la présomption d'innocence et à rendre
des décisions partiales.
2. Manque d'indépendance
3. Préjugés personnels
Des préjugés, des stéréotypes ou des opinions préconçues des juges à l'égard des accusés peuvent
influencer leurs décisions et les pousser à ne pas respecter la présomption d'innocence, conduisant à des
verdicts injustes.
Des attentes de résultats rapides, des quotas de condamnation ou d'autres objectifs de performance
imposés aux juges peuvent les inciter à violer la présomption d'innocence pour répondre à ces
exigences, au détriment des droits des prévenus.
Ces facteurs incitent les juges congolais a posé certains actes violant le principe de la présomption
d’innocence notamment :
A. Implication directe
Le média s’implique directement dans la violation du principe de la présomption d'innocence
en République démocratique du Congo et cela entraine des conséquences néfastes sur le
24
respect des droits des individus impliqués dans des affaires judiciaires. Voici quelques
éléments à considérer concernant ce sujet :
1. Sensationnalisme et préjugés
Les médias, en cherchant à captiver leur public, privilégie le sensationnalisme au
détriment de l'objectivité, ce qui conduit à la diffusion de contenus biaisés et à la création
de préjugés à l'encontre des personnes présumées innocentes, sapant ainsi le principe de la
présomption d'innocence.46
2. Influence sur l'opinion publique : Les reportages médiatiques sensationnalistes ou
partiaux influence l'opinion publique et préjuger de la culpabilité des accusés avant même
qu'ils aient été jugés équitablement, compromettant ainsi la présomption d'innocence et le droit
à un procès équitable.47
3. Pressions sur le système judiciaire
L'intervention des médias dans les affaires judiciaires exerce des pressions sur les
autorités judiciaires pour obtenir des résultats rapides ou conformes à une certaine
narration médiatique, ce qui entraîne des violations du principe de la présomption
d'innocence au détriment des droits des personnes accusées.48
4. Diffamation et atteinte à la vie privée
Une couverture médiatique irrespectueuse porte atteinte à la réputation et à la vie privée des
individus impliqués dans des procédures judiciaires, compromettant ainsi leur droit à être
considérés comme innocents jusqu'à preuve du contraire.49
B. Implication indirecte
Le media contribue aussi indirectement à la violation du principe de la présomption par les
points ci- après
1. Influence subtile
Les médias, même sans intention directe de violer la présomption d’innocence,
involontairement contribue à façonner l'opinion publique de manière à présumer de la
46
Rapport de l'ONG Journaliste en danger, "Sensationnalisme médiatique et présomption d'innocence en RDC", 2017, p.
50-55
47
Étude de l'Université de Kinshasa, "Médias, opinion publique et système judiciaire en RDC", 2019, p. 60-65.
48
Étude de l'Institut Panos Paris, "Médias et procès équitables en Afrique", 2015, p. 30-35.
49
Idem
25
culpabilité des individus avant même qu'ils aient été jugés, créant ainsi un climat défavorable à
un procès équitable.50
C’est le cas notamment de Molière télévision qui filme des personnes innocentes comme déjà
condamnées sans savoir qu’il porte atteinte a ce principe
2. Effets cumulatifs
Une couverture médiatique continue et orientée renforce des stéréotypes négatifs et des
préjugés déjà présents dans la société, ce qui influence indirectement les décisions des acteurs
du système judiciaire et compromettre la présomption d'innocence.51
3. Diffusion de fausses informations
La propagation de fausses informations ou de rumeurs par les médias seme le doute sur
l'innocence des personnes impliquées dans des affaires judiciaires, sapant ainsi la confiance
dans le processus judiciaire et porte préjudice à la présomption d'innocence.52
4. Effets à long terme
50
Rapport de l'Observatoire de la liberté de la presse en Afrique, "Médias et justice en RDC", 2018, p. 20-25.
51
Étude de l'Institut Panos Paris, "Médias et procès équitables en Afrique", 2015, p. 30-35.
52
idem
53
ibidem
26
Les pouvoirs publics doit organiser une formation continue des forces de l'ordre, des
magistrats et des OPJ sur le respect de la présomption d'innocence pour leur permettre
d'acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour mieux appliquer ce principe.
L’état doit recruter les OPJ sur base d’un diplôme qualifié dans les matières judiciaires
3. Une rémunération adéquate des organes
Une rémunération suffisante des organes leur soustrait des éventuelles cas de violation du
principe et de la corruption car plus l’agent est bien traité plus il remplit fidèlement ses missions
sans être impressionner par quoi que ce soit.
L’état donc disposer des meilleurs salaires au profit de ces agents de l’ordre.
B. Pour la presse
En mettant en œuvre ces différentes pistes, la presse congolaise pourra contribuer à une application
plus respectueuse du principe de la présomption d'innocence, en collaboration étroite avec le système
judiciaire et la société civile.
27
§2. Suggestions
En mettant en œuvre ces différentes actions, la RDC pourra progresser dans la protection et le respect
du principe de la présomption d'innocence, contribuant ainsi à la consolidation de l'État de droit et à la
garantie des droits fondamentaux des citoyens.
Puis que la détention reste l’exception et la liberté la règle (art 27CPP), il importe de rendre effective
cette disposition légale en protégeant le principe sous examen. Pour cela nous suggérons ;
La séparation de l’organe instructeur de l’OMP et l’organe qui décide. Il importe donc que le
magistrat instructeur soit diffèrent de celui qui décide.
L’octroi d’un avocat pro deo aux justiciables démunis au début de la garde a vue et tout au
long de la procédure
Un service de l’assistance sociale chargé aussi de faire le rapport a qui de droit
Fixer des délais légaux, au-delà des quels l’accusé doit être relaxé, pour le déroulement de
l’instruction et de l’enquête.
§3 la publication par anonymat des images des présumés innocentes par les médias
Nous postulons sur la limitation de publication des images anonyme des personnes innocences par les
médias pour garantir les respects au droit à la vie privée, de la présomption d’innocence…
29
CONCLUSION
Malgré les progrès réalisés ces dernières années, la mise en œuvre effective du principe de la
présomption d'innocence en RDC reste encore un défi majeur. Les violations et les atteintes à ce
principe fondamental sont encore trop fréquentes, notamment dans les procédures de détention
préventive et de garde à vue.
L'encadrement juridique de la détention préventive et de la garde à vue doit être renforcé, avec des
critères clairs et objectifs pour justifier le recours à ces mesures, ainsi que des durées maximales
strictement définies et respectées dans la pratique. Les garanties procédurales, comme l'accès effectif à
un avocat dès le début de la procédure, doivent également être pleinement assurées.
Enfin, une mobilisation de l'ensemble de la société civile et des médias est nécessaire pour faire de la
présomption d'innocence une réalité effective en RDC, conformément aux standards internationaux en
matière de droits humains. Seule une approche globale et concertée permettra de relever ce défi majeur
pour la protection des libertés individuelles et la garantie d'un procès équitable.
30
BIBLIOGRAPHIE
I. Textes juridiques
A. Textes juridiques internationaux
TABLE DE MATIERES
32
IN MEMORIAM……………………………………………………………….…………………….I
DEDICAS……………………………………………………………………..……………………..II
REMERCIEMENTS………………………………………………………………………………..III
ABREVIATIONS ET SIGLES…………………………………………………………………… IV
INTRODUCTION………………………………………………………………………….…1
I. PROBLEMATIQUE………………………………………………………….1
II. HYPOTHÈSE………………………………………………………….…….2
III. INTERET DU SUJET ………………………………………………………2
IV. DÉLIMITATION DU SUJET……………………………………………….3
V. MÉTHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE UTILISEES …………3
VI. ANNONCE DU PLAN………………………………………………………4
3. Corruption ………………………………………………………………………………….17
L’abus du pouvoir…………………………………………………………………….……21
C. Le juge …………………………………………………………………………………21
1. Influence politique ……………………………………………………………………..22
2. Manque d'indépendance ……………………………………………………………………22
3. Préjugés personnels ………………………………………………………………………..22
4. Pressions pour des résultats…………………………………………………………..……22
A. Implication directe…………………………………………………………………..…….23
§2. SUGGESTIONS…………………………………………………………………………..28
BIBLIOGRAPHIE ………………………………….………………………………………….32
TABLE DE MATIERES………………………………………………………………………33