Explication de Texte, Karl Marx, La Misère religieuse
La religion offre un réconfort spirituel, cependant ce réconfort peut entrainer un maintien de
l'individu dans la misère. Karl Marx, Philosophe, sociologue et économiste allemand du 19 ème siècle
fondateur du Marxisme développait cette idée où la religion aurait les effets d’une drogue c’est-à-dire
qui nous réconforte sur le moment mais nous conservent dans notre misère. Marx nous invite ainsi à
nous questionner sur l’impact de la religion sur la société. Il faut entendre par religion comme une
reconnaissance par l’être humain d’un principe supérieur de qui dépend sa destinée, une attitude
intellectuelle et morale qui en résulte et, par société un ensemble démographique de grande
envergure où l’interdépendance n’est pas assurée par l’interconnaissance. Nous pouvons nous
demander comment la religion sert en tant qu'expression de la misère réelle de l'homme, tout en
agissant comme un moyen de voiler cette misère et de la rendre supportable ? Nous verrons en
premier temps, la conception de la religion selon Marx (de la ligne 1 à 14) puis dans un second temps
La dualité de la religion (de la ligne 15 à 18) enfin dans un troisième temps comment l’abolition la
religion comme bonheur illusoire amènerait un bonheur véritable (de la ligne 19 à 22)
Tout d’abord, Karl Marx nous présente la religion comme une construction de l’Homme. En
effet ce dernier explique que « l’homme fait la religion, la religion ne fait pas l’homme » L.1 l’homme
serait donc le fondement de la religion et non l’inverse. En effet Karl Marx précise que « L’homme, ce
n’est pas un être abstrait installé hors du monde. C’est le monde de l’homme l’Etat, la société. Cet
Etat, cette société produisent la religion une conscience du monde à l’envers », L.4, ici Karl Marx
rejette l’idée d’une conception abstraite de l’homme. Selon lui l’homme est tout ce qui est lié à lui
dans un contexte politico-social c’est-à-dire la société mais aussi l’Etat. Et ce contexte produit la
religion et donc par extension l’homme produit la religion. Enfin Karl Marx nous décrit la religion
comme « la conscience de soi et de sa valeur de l’homme qui ou bien ne s’est pas encore conquis lui-
même, ou bien s’est déjà perdu à nouveau » L.4, ici la religion serait donc une construction mentale
produite par l’homme comme l’indique « la conscience de soi et de sa valeur » L.2. De plus cette
construction mentale serait liée à la condition dans laquelle l’homme figure comme le souligne « de
l’homme qui ou bien ne s’est pas encore conquis lui-même, ou bien s’est déjà perdu à nouveau » L.3.
Ainsi, selon Karl Marx la religion est une construction de l’homme.
Par la suite Karl Marx évoque les fonctions de la religion dans la société. Tout d’abord la
religion est décrite comme « la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa
logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction
morale, son complément solennel, le fondement général de sa consolation » L.8. Selon Karl Marx, la
religion est tout d’abord un ensemble organisé de principes, de règles, de lois scientifiques visant à
décrire et à expliquer un ensemble de faits tel que l’existence de l’homme entre autres. Mais cette
dernière est aussi « Compendium encyclopédique » L.8, c’est-à-dire une encyclopédie offrant une
compilation de croyances, de doctrines et de principes qui prétendent expliquer la nature du monde
et de la vie. De plus la religion comporte un « point d’honneur spiritualiste » L.9 c’est-à-dire que la
religion attribut une importance aux aspects spirituel et transcendantaux mettant en avant des
valeurs et des idéaux liés à la spiritualité permettant comme évoqué « une logique sous une forme
populaire » L.9 c’est-à-dire accessible au grand public et simplifiée de manière compréhensible pour
un grande quantité de personne. De plus la religion a une fonction émotionnelle comme le témoigne
les termes « son enthousiasme, son complément solennel, le fondement général de sa consolation »
L.10 à 11 . Enfin selon Marx la religion a aussi une fonction morale comme l’indique l’expression « sa
sanction morale » L.10. Ainsi, selon Karl Marx, dans la société, la religion présente plusieurs fonctions.
Enfin Karl Marx, nous explique dans quelles mesures la religion fut créé par l’homme. Tout
d’abord, ce dernier qualifie la religion comme « une réalisation fantastique de l’être humain »L.11
l’adjectif « fantastique » signifie donc que la religion et crée par l’imagination et donc ici,
l’imagination de l’homme. Il continue en développant l’idée que si l’homme crée la religion c’est dû
au fait que « l’être humain ne possède pas réalité vraie » L.12 . En effet dans la mesure ou l’être
humain est contraint à un travail aliénant c’est-à-dire qui lui retire toute humanité et relations
interindividuelle ce dernier se retrouve contraint de compenser ces manques par la religion. C’est
donc de ce constat que Karl Marx explique que « La lutte contre la religion est donc médiatement la
lutte contre ce monde dont la religion est l’arôme spirituel. ». Ici Karl Marx explique que la religion est
un « arôme spirituel », il faut entendre par là un moyen d’embellir son quotidien et donc lutter contre
cet arôme revient par extension à lutter contre ce monde aliénant dont découle la religion. Ainsi Karl
Marx nous explique dans quelles mesures la religion fut créé par l’homme.
Après avoir vu comment Karl Marx définissait le concept de religion, nous verrons par la suite
la dualité de la religion (de la ligne 15 à 18)
En premier lieu, Karl Marx nous définit la misère religieuse « la misère religieuse est tout à la
fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle ». Il faut entendre par
misère réelle comme les conditions de vie difficiles et les souffrances auxquelles les individus
peuvent-être confrontés dans la réalité quotidienne. Ainsi lorsque Marx évoque que « la misère
religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle » cela signifie que selon ce dernier, la
misère religieuse est un moyen pour les individus de manifester leurs sentiments vis-à-vis de leur
véritable misère à laquelle ces derniers sont confrontés de manière quotidienne. Mais aussi, ce
dernier explique, que la misère religieuse est aussi une manière de protester contre la misère réelle
« la misère religieuse est […] la protestation contre la misère réelle ». La misère religieuse pourrait
donc permettre d’agir contre la misère réelle. En effet, la religion peut devenir un moyen pour les
individus de faire face à la misère réelle en trouvant dans la misère religieuse un réconfort
émotionnel, ou sources d’explications ou de solutions aux problèmes auxquelles ils rencontrent. Ainsi
Karl Marx nous définit la misère religieuse
Par la suite Karl Marx, nous définit la religion comme une réaction émotionnelle à la
souffrance. En effet ce dernier décrit la religion come « le soupir de la créature tourmentée ». Ici le
verbe « soupirer » suggère que la religion est une réponse aux situations compliquées. Par la suite la
religion est qualifiée comme « l’âme d’un monde sans cœur ». La métaphore employée par Marx
suggère que la religion comble le vide émotionnel dans un monde insensible, offrant ainsi une source
de réconfort face aux difficultés de chaque individu. Karl Marx poursuit en qualifiant la religion
comme « l’esprit de situations dépourvues d’esprit ». La religion permettrait donc de donner de la
rationalité et des explications à des situations irrationnel, inexplicables ou inexpliquées. Finalement
Karl Marx conclu en ajoutant « Elle est l’opium du peuple ». Cette métaphore suggère que la religion
aurait un effet d’anesthésiant sur la population. En effet, la religion permet aux individus de mieux
subir les difficultés quotidiennes et les réconfortés momentanément, néanmoins elle peut les
maintenir dans un état de passivité et d’acceptation face aux conditions difficiles. Ainsi Karl Marx
caractérise la religion comme une réponse émotionnelle face à la souffrance.
Après avoir analysé la dualité de la religion nous verrons dans un troisième temps comment
selon Marx, l’abolition la religion comme bonheur illusoire amènerait un bonheur véritable
Tout d’abord Marx propose de dépasser le bonheur illusoire afin d’atteindre un bonheur authentique.
Ce dernier introduit donc deux bonheurs, le bonheur illusoire et le bonheur véritable, « L’abolition de
la religion en tant que bonheur illusoire du peuple c’est l’exigence de son bonheur véritable ». Le
bonheur illusoire selon Marx se rapproche d’un bonheur lié à la religion comme définit plus tôt c’est-
à-dire un bonheur irréel et irrationnel. Le bonheur véritable quant à lui se rapproche d’un bonheur et
réelle rationnel. Ainsi, la religion qui prend forme en bonheur illusoire dans la société, abrogerait le
bonheur réel. Il faudrait ainsi la disparition de se bonheur illusoire et donc de la religion pour tendre
vers un bonheur réel. En effet, l’absence d’un bonheur illusoire, permettrait selon Marx d’ouvrir les
yeux du peuple sur leur conditions afin qu’ils agissent en conséquence pour justement tendre vers un
bonheur réel et véritable. Marx suggère de laisser de côté un bonheur qui n'est qu'une illusion afin
d’atteindre un bonheur véritable.
Par la suite, Karl Marx suggère que le rejet d’une religion revient à rejeter une situation qui
subsiste par la religion. En effet, ce dernier nous explique que « Exiger de renoncer aux illusions
relatives à son état, c'est exiger de renoncer à une situation qui a besoin de l'illusion ». Il faut
entendre par illusion, comme les croyances relatives aux religions. Les religions comme
précédemment dit permettrait de à l’individu d’accepter sa condition misérable puisqu’il peut trouver
refuge dans la religion. Cependant, ce refuge l’aveugle, le rendant docile et passif. Karl Marx suggère
ainsi que si l’individu refuse la religion, ce dernier ouvrirai les yeux sur sa condition et donc agirai en
conséquence afin de ne plus faire subsister la situation misérable dans laquelle ce dernier se voit
prisonnier. Ainsi, selon Karl Marx, refuser une religion équivaut à rejeter une situation qui dépend de
la présence de cette religion.
Enfin Karl Marx nous présente l’idée que la critique de la religion est équivalente à la critique
de l’état dont elle est relative. Effectivement, selon Marx « La critique de la religion est donc dans son
germe la critique de la vallée des larmes, dont l’auréole est la religion. » Ici, Karl Marx suggère que la
critique de la religion est fondamentalement la critique de la « vallée des larmes dont l’auréole est la
religion ». Il faut comprendre par vallée de larmes, un sentiment de tristesse ou de mal être qu’un
individu pourrait ressentir. La religion qui est métaphorisé en auréole est donc le moyen de consoler
ce mal être. Ainsi, critiquer la religion, c’est critiquer, le système mis en place qui pousse l’individu à
fermer les yeux sur sa condition et de prier pour son bonheur. Ainsi, Karl Marx avance l'idée que
critiquer la religion revient à critiquer l'état auquel elle est liée
Pour conclure, Karl Marx a un avis tranché sur la religion. Selon lui, la religion qui est créé par
l’Homme a pour fonction de conférer à l’individu un bonheur illusoire afin qu’il oublie la situation
misérable dans laquelle cette dernière figure. Ceci est positif pour l’Etat relatif à l’individu, puisque ce
dernier n’opposera aucune résistance à faire les taches les plus aliénantes. Néanmoins, il faut
remettre le texte dans son contexte historique, ce dernier fut écrit en 1844 période durant laquelle
les métiers aliénants était monnaie courante et surtout nécessaire à la production.