La ménopause est l’arrêt définitif de la fonction ovarienne faisant suite à l’épuisement du
stock folliculaire. L’utilisation des phytœstrogènes comme mesure palliative aux troubles
ménopausiques constitue une alternative de choix par leurs effets antioxydants, anti-
inflammatoires et oestrogéniques tissu-dépendant. Des études antérieures montrent que
Pterocarpus mildbraedii, une Fabacée communément appelée le « padouk blanc » contient
des molécules ayant des propriétés oestrogéniques. L’objectif général de cette étude était
d’évaluer les effets oestrogéniques et anti-ostéoporotique de l’extrait aqueux de P.
mildbraedii sur un modèle de ménopause induit par ovariectomie. Pour ce faire, 30 rates de
souche Wistar ont été réparties en 2 sets : celles qui ont subies l’ovariectomie (25) et celles
qui ont subi une simulation chirurgicale (5). Quatre-vingt-quatre jours après ovariectomie, les
rates ont été réparties en 6 groupes et ont été traitées per os pendant 28 jours de la manière
suivante : un lot sham-operated qui a reçu de l’eau distillée ; un lot Ovx qui a reçu de l’eau
distillée ; un lot témoin positif qui a été traité au valérate d’œstradiol (1mg/kg) et trois lots test
qui ont été traités à l’extrait aqueux de P. mildbraedii à différentes doses (62,5mg/kg,
125mg/kg et 250mg/kg). Au terme des traitements (jour 112), les rates ont été placées dans
des cages métaboliques pour recueillir l’urine de 24h dans lequel les paramètres comme le
taux de créatinine et la concentration en calcium ont été évaluées. Au jour (113) les animaux
ont été sacrifiés et les organes tels que le fémur, le tibia, la mandibule et la 3 i-ème vertèbre
lombaire ont été prélevées et la détermination des masses relatives et densité minérale osseuse
ont été réalisées. Le sang artérioveineux a été également recueilli dans des tubes EDTA pour
réaliser la numération de quelques élément figurées du sang et dans les tubes secs pour
l’obtention du sérum dans le quel quelques paramètre ont été évalués tel que le taux de PAL,
la concentration en calcium et le calcul de l’index d’ostéolyse. Les homogénats du fémur et
du tibia ont été utilisés pour l’évaluations des paramètres tels que la concentration en calcium,
la phosphatase alcaline, le statut oxydant (MDA, GSH, CAT, SOD et nitrites) et des protéines.
L’analyse histopathologique de tous les organes prélevés a été effectuée sur des coupes fines
paraffinées. L’ovariectomie a entrainé dans le fémur et le tibia une baisse de la densité
minérale osseuse (p˂0,05), une baisse de la concentration en calcium (p˂0,001), une baisse de
la phosphatase alcaline (p˂0,001), une baisse de CAT, SOD, GSH (p˂0,001) et une
augmentation de MDA (p˂0,001). Elle a également entrainé une baisse de la phosphatase
alcaline (p˂0,001), une baisse de la concentration en calcium (p˂0,001) dans le sérum et une
augmentation la concentration en calcium (p˂0,001) dans l’urine. L’extrait de P. mildbraedii
a corrigé ces altérations en entrainant dans le fémur et le tibia une augmentation de la densité
minérale osseuse (p˂0,05), de la concentration en calcium (p˂0,001), de la phosphatase
alcaline (p˂0,001), de la CAT, SOD, GSH, Nitries (p˂0,001) et une diminution de MDA
(p˂0,001).Elle a également entraine une augmentation de la phosphatase alcaline (p˂0,001),
de la concentration en calcium (p˂0,001) dans le sérum et une diminution de la concentration
en calcium (p˂0,001) dans l’urine. Ces résultats suggèrent que l’extrait de P. mildbraedii par
ses effets oestrogéniques et antioxydant entre autres préviendrait l’ostéoporose induit par
l’oestrogénopénie post ovariectomie.
La ménopause survient généralement dans la quatrième ou la cinquième décennie de la vie et
est définie comme l’arrêt des menstrues pendant 12 mois consécutifs (Talaulikar, 2022). Le
déclin de la fonction ovarienne pendant la ménopause entraîne une baisse des taux
d’œstrogènes circulants, Il s’en suit alors un bouleversement des fonctions de l’organisme,
caractérisé par l’altération des activités métaboliques et physiologiques. Ces altérations sont
responsables des manifestations telles que des bouffées de chaleur, l’anxiété, l’irritabilité, le
dessèchement vaginal, l’atrophie des organes uro-génitaux (vessie, utérus, vagin et sein), les
maladies cardiovasculaires et la réduction de l’activité physique associé à un grand risque
d’ostéoporose (Mengue et al., 2021). L’ostéoporose primaire est une maladie qui fait suite à la
ménopause. Elle est caractérisée par un désordre systémique associé à une diminution de la
masse osseuse et à la détérioration de la microarchitecture du tissu osseux entrainant une
fragilité excessive de l’os (Choi MH et al., 2021). L’ostéoporose atteint 30 à 40% des femmes
ménopausées de plus de 50 ans en occident (Lippuner et al., 2005). Au Cameroun, l’études de
la densité minérale osseuse de 367 femmes âgées dont l’âge moyen était de 52 ans eu révélée
que 59.4 % d’entre elles étaient ménopausées dont 18% présentaient une ostéoporose. Ces
travaux ont montré que la densité minérale osseuse de la femme camerounaise urbaine est
comparable à celle des autres femmes dans le monde. L’ostéoporose semble aussi fréquente
qu’en occident (Singwe et al., 2008). Cette pathologie réduit la qualité de vie des femmes
ménopausées et représente un véritable problème de santé publique (Logue et al., 2011). La
Women Heath Initiative (WHI) a montré que le Traitement Hormonal Substitutif (THS) était
le traitement le plus utilisé par les femmes pour traiter les troubles ménopausiques. Toutefois,
l’usage du THS est associé à des effets secondaires comme l’augmentation du risque des
accidents vasculaires cérébraux et les cancers hormonodépendants (Dessapt et Gourdy, 2012).
La médecine alternative notamment la médecine chinoise et la phytothérapie sont des recours
assez courant pour atténuer ou corriger les troubles ménopausiques. La phytothérapie basée
sur l’administration des phytœstrogènes constitue une alternative thérapeutique de choix
surtout à cause des activités tissu-dépendant des phytœstrogènes (Njamen et al., 2008,
Djiogue et al., 2014, Dzeufiet et al., 2015, Mengue et al., 2021).
Environ 80% de la population utilise la médecine alternative pour leurs soins de santé
primaires (OMS, 2008). Au sein du Laboratoire de Physiologie Animale de l’Université de
Yaoundé 1, plusieurs plantes de la pharmacopée camerounaise ont montré des activités
œstrogéniques et des potentiels thérapeutiques sur les troubles ménopausiques à l’instar de
Pterocarpus soyauxii (Mengue et al., 2021, Owona et al., 2021), Mammea africana (Mengue
et al., 2023), Gouania longipetala (Dzeufiet et al., 2015) et Anthocleista schweinfurthii
(Ngoungoure et al., 2017, 2019). Cependant, la réparation géographique de ces plantes n’est
pas uniforme. Ce constat met en exergue, la nécessité de trouver d’autres plantes pour
promouvoir la phytothérapie dans toutes les localités. Pterocarpus mildbraedii qui a fait
l’objet de cette étude est une plante appartenant à la famille des Fabaceae. Des études
récentes (Ezekwesili et al., 2016 ; Adegbite et Ezekwesili, 2017) ont décelé la présence de
molécules aux effets œstrogéniques dans cette plante. De plus, d’autres plantes du genre
Pterocarpus sont utilisées pour traiter les troubles ménopausiques. Toutefois, aucune étude
scientifique n’a encore montré les activités de Pterocarpus mildbraedii dans la prise en charge
des troubles ménopausiques. La présente étude avait pour objectif d’évaluer l’effet
oestrogénique et anti-ostéoporotique de l’extrait aqueux de Pterocarpus mildbraedii
(Fabaceae) sur un modèle de ménopause induit par ovariectomie chez la rate de souche
wistar. De manière spécifique, il a été question de :
Déterminer les effets de Pterocarpus mildbraedii sur l’ostéoporose ménopausique
avec un modèle de rates ovariectomisées de 84 jours ;
Evaluer l’activit2 anti-oxydante de Pterocarpus mildbraedii ;
Réaliser une analyse phytochimique et quantitative de Pterocarpus mildbraedii.