Physique - Composition 5
27/01/2024
Ce sujet comporte 7 pages. Toutes vos réponses doivent impérativement être encadrées. De même il est de votre
devoir de vérifier que ces résultats sont homogènes. Les résultats grossièrement inhomogènes seront pénalisés.
L’usage de la calculatrice est autorisé.
1 Gravimètre
e z⃗
On étudie un dispositif permettant de mesurer l’accélération de la
pesanteur g = k #»
g k, appelé gravimètre à ressort.
Ce système est constitué d’une tige OM , de longueur fixe b, de masse −g e z⃗
négligeable, pouvant tourner autour d’un axe horizontal (O, #»e x ) et sup-
portant une masse ponctuelle m en M .
De plus, M est soumis à l’action d’un ressort de raideur k et de A
longueur à vide nulle, fixé au point A. La longueur OA est notée a et
reste constante au cours du mouvement.
M
On suppose que mg < ka. a
# »
1. Exprimer la longueur au carré kAM k2 du ressort en fonction de a, b
b et θ. On pourra utiliser judicieusement la relation de Chasles et
vérifier le résultat obtenu à l’aide de cas particuliers. θ
2. Montrer que le système est conservatif et que son énergie potentielle O e y⃗
peut se mettre sous la forme
1
Ep (θ) = b(mg − ka) sin θ + k(a2 + b2 )
2
3. On considère que θ ∈] − π, π]. Déterminer les deux positions d’équilibre du système notées θ1 et θ2 avec
θ2 > θ1 .
4. Préciser pour chacune des positions d’équilibre si elles sont stables ou instables. Interpréter physiquement en
comparant au cas du pendule simple rigidifié.
On se place maintenant au voisinage des positions d’équilibre, et on étudie l’écart à l’équilibre, caractérisé par la
variable u telle que θ = θeq + u avec |u| |θeq |.
5. En utilisant un développement limité à l’ordre deux de l’énergie potentielle, déterminer l’expression de l’énergie
mécanique en fonction de u, u̇, θeq , l’énergie mécanique à l’instant initial et des paramètres de l’énoncé.
6. Montrer alors que l’équation du mouvement s’écrit sous la forme suivante
ka g
ü + sin(θeq ) − u=0 (1)
mb b
7. Retrouver l’état de stabilité des positions d’équilibre θeq = θ1 et θeq = θ2 à partir d’une étude de l’équation
1.
8. Dans le cas stable, exprimer la pulsation propre ω0 des petites oscillations autour de cette position d’équilibre
et en déduire la période propre T0 associée. Donner ensuite la période propre des oscillations T00 du pendule
simple rigidifié.
ka g
On souhaite alors modifier la valeur de a de manière à avoir ≈ .
mb b
9. Comment peut-on faire en pratique pour arriver à ce résultat ?
10. En quoi ce système est-il plus adapté qu’un pendule pesant pour mesurer l’accélération de la pesanteur g ?
1
2 Trajectoire d’un volant de badminton
Le badminton est un sport dans lequel les joueurs frappent un projectile, appelé volant, à l’aide d’une raquette.
Le but de ce problème est de proposer une modélisation simplifiée de la trajectoire du volant sous l’effet conjugué de
la pesanteur et de la résistance de l’air, et de confronter le modèle aux résultats d’une expérience. On négligera la
poussée d’Archimède dans tout le problème.
On néglige dans un premier temps la force de freinage exercée par l’air.
1. On lance depuis le sol le volant de masse m avec une vitesse initiale U0 , dans une direction faisant un angle θ0
avec le plan du sol, supposé horizontal. Quelle est la nature de la trajectoire ? On établira l’équation de la
trajectoire. Dessiner son allure. Déterminer la portée L0 (distance horizontale à laquelle le volant retombe sur
le sol) en fonction de U0 , de θ0 , et de l’accélération de la pesanteur g.
2. Validez dimensionnellement l’expression de L0 obtenue et vérifiez-la sur des cas limites simples que vous
choisirez.
3. La vitesse initiale étant fixée, quel angle θ0 permet d’envoyer le volant le plus loin possible ?
On tient maintenant compte du freinage de l’air, modélisé en assimilant le volant à une sphère solide en
#» 1 #» #»
mouvement dans un fluide newtonien. On écrit la force de freinage sous la forme F = − ρSCx U U , où U est la
2
vitesse du volant et U sa norme, ρ la masse volumique de l’air, S la surface de référence du volant, et Cx le coefficient
de traînée.
4. Déterminer la dimension de Cx .
#»
5. Écrire l’équation différentielle vérifiée par la vitesse U du volant. Montrer qu’elle admet une solution particulière,
correspondant à un mouvement rectiligne uniforme dont on exprimera la norme de la vitesse, notée U∞ , en
fonction des paramètres du problème.
#»
On montre alors que l’équation différentielle vérifiée par U s’écrit :
#» #»
dU gU U
+ 2 = #»
g
dt U∞
6. A quelle condition sur U peut-on négliger la pesanteur ? On suppose dans toute la suite du problème que cette
condition est initialement vérifiée. Dans ce cas, quelle est la nature de la trajectoire ? Intégrer l’équation du
mouvement pour obtenir U en fonction du temps.
Indication : pour intégrer cette équation, on pourra par exemple séparer les variables (méthode que vous avez
dû rencontrer en cinétique chimique pour des vitesses d’ordre 2.)
7. En utilisant l’expression de la question précédente, déterminer et calculer le temps t1/2 pour lequel la vitesse
est égale à la moitié de la vitesse initiale. Repérer le point correspondant sur la chronophotographie de la
Figure 1. Vérifier, par une mesure que l’on expliquera, que la vitesse en ce point est bien approximativement
la moitié de la vitesse initiale.
2
Figure 1 – Positions successives d’un volant de badminton allant de la gauche vers la droite, enregistrées toutes les
50 ms. Le premier point, repéré par le chiffre 0, correspond au lancer à t = 0.
8. Toujours dans le cadre de l’approximation de la question 6, déterminer l’expression donnant la distance
horizontale x(t) parcourue au temps t.
9. Obtenir x en fonction de U .
10. On suppose que l’approximation de la question 6 cesse d’être valable lorsque la composante verticale de la force
de freinage est égale au poids. Quelle est l’expression de U à cet instant ? En déduire la distance horizontale
parcourue L.
On modélise la trajectoire du volant en distinguant trois régimes successifs : (1) le régime que l’on vient d’étudier,
durant lequel l’accélération de la pesanteur est négligeable ; (2) un régime intermédiaire ; (3) un régime limite durant
lequel l’accélération du volant est négligeable.
11. Localiser sur la chronophotographie le régime limite ainsi défini, en justifiant précisément votre réponse.
12. Une approximation de la trajectoire consiste à oublier la partie correspondant au régime intermédiaire. Dessiner
la trajectoire obtenue dans cette approximation.
13. Donner l’expression littérale de la portée du tir dans cette approximation.
14. Estimer numériquement la portée du tir. Comparer le résultat avec la valeur indiquée sur la chronophotogra-
phie.
3 La balançoire
Un enfant faisant de la balançoire (figure 2) est modélisé par une masse ponctuelle m située en M et suspendue en O
par une corde de masse négligeable et de longueur l. Le champ de pensanteur #» g , de norme g, est supposé uniforme.
L’angle que fait la corde de suspension avec la verticale est noté θ. Les vecteurs unitaires #»
u r , #»
u θ et #»
u z = #»
u r ∧ #»
uθ
tels que définis sur la figure 3 définissent un trièdre orthonomé direct lié à la balançoire.
3
Figure 2 – Enfant assis sur sa balançoire. Figure 3 – Schématisation de la balançoire et base
polaire associée.
Dans toute la suite du problème, les mouvements de la balançoire et de l’enfant seront étudiés dans le plan de la
figure 3.
3.1 Mise en équation
Sauf mention contraire dans la suite de l’énoncé, tout frottement dû à la résistance de l’air est négligé.
1. Etablir l’équation différentielle nommée (E) du mouvement vérifiée par θ(t) en utilisant 3 méthodes :
(a) en appliquant le principe fondamental de la dynamique
(b) en appliquant un théorème énergétique
2. A quelle condition l’enfant assis sur la balançoire sera-t-il assimilé à un oscillateur harmonique ? Donner
l’expression de la pulsation propre ω0 correspondante.
3. Application numérique : L’enfant part d’un angle θ0 = 30° sans vitesse initiale. On donne les valeurs numériques
suivantes : l = 2,5 m , g = 10 m s−2 et m = 20 kg. Calculer la période T0 de l’oscillateur harmonique, ainsi que
la vitesse maximale vmax de l’enfant.
3.2 Etude d’une solution non harmonique
On souhaite obtenir une modélisation plus précise des oscillations en prenant en compte une partie des effets non
linéaires. On considère toujours dans cette partie que l’enfant part d’un angle 0 < θ0 1 et sans vitesse initiale.
4. En utilisant le DL à l’ordre 3 : sin θ = θ − θ3 /6, que devient l’équation différentielle (E) du mouvement vérifiée
par θ(t) ? Cette équation, appelée (E 0 ) est-elle encore linéaire ?
5. De façon générale, les non-linéarités ont pour effet de générer des harmoniques. On cherche donc, pour cette
équation différentielle approchée une solution elle-même approchée de la forme :
θ(t) = θ0 cos(ωt) + εθ0 cos(3ωt) où ε 1 et θ0 1
(a) En utilisant les approximation proposée par l’énoncé, montrer que le terme θ3 /6 peut se simplifier à
l’ordre 0 en en
θ3 θ3
= 0 (3 cos(ωt) + cos(3ωt))
6 24
(b) Démontrer le résultat suivant
A cos(ωt) = B cos(3ωt), ∀t ⇒ A = B = 0
4
(c) Exprimer en fonction de ω0 et θ0 la pulsation fondamentale ω ainsi que le terme ε en injectant l’expression
proposée pour θ(t) dans l’équation (E 0 ) et en utilisant l’approximation établie à la question 5a.
q θ02
On montera en particulier que ω = ω0 1 − 18 θ02 et ε = .
−192 + 27θ02
6. Par rapport au mouvement harmonique, le signal θ(t) a-t-il une plus grande ou une plus petite période ? La
pétiode dépend-elle de l’amplitude de l’oscillation ? En est-il de même pour la solution harmonique ?
7. Quelle est la pulsation du premier harmonique après le fondamental ?
Aide au calcul :
3 cos x + cos(3x)
(a + b)3 = a3 + 3a2 b + 3ab2 + b3 ; cos3 x =
4
4 Mesure de coefficients de frottement
4.1 Lois de Coulomb relatives au glissement
On rappelle ci-dessous les lois de Coulomb, en notant fs et fg les coefficients statique et dynamique du frottement
#» #»
et R T et R N les composantes tangentielle et normale de la réaction.
#»
— En mode statique (absence de glissement donc adhérence), la norme de la composante || R T || est inférieure à la
#» #»
quantité fs || R N || dans laquelle || R N || représente la norme de la composante normale de la réaction
#» #»
|| R T || ≤ fs || R N ||
— En mode dynamique (présence de glissement), on a alors l’égalité
#» #»
|| R T || = fg || R N ||
#» #» #»
avec une composante tangentielle toujours opposée à la vitesse de glissement : R T · #»
v < 0 et R T ∧ #»
v = 0.
1. Expliquer brièvement à quelle condition on passe de l’adhérence au glissement.
2. De même, expliquer brièvement à quelle condition on passe du glissement à l’adhérence.
4.2 Mesure du coefficient de frottement dynamique
On utilise le dispositif représenté sur la figure 4. Un solide 1 de masse M est lié, par un fil inextensible et supposé
sans masse, à un solide 2 de masse αM avec (α > 1 > fs ). Le fil sans masse de longueur L passe sur la gorge d’une
poulie idéale. Le solide 1 se déplace sur un support fixe S horizontal. On appelle H l’altitude du centre de masse du
solide 2 au-dessus d’un support horizontal S 0 .
A l’état initial, les solides sont tous immobiles, le solide 1 est à l’abscisse X(t = 0) = 0 et le solide 2 est à l’altitude
H(t = 0) = H0 .
X(t) Solide 1
P
e x⃗
Supports fixes Solide 2
H(t)
e z⃗
S′
5
Figure 4 – Premier dispositif : mesure du coefficient de frottement dynamique.
On veut dans cette expérience déterminer la valeur du coefficient fg de frottement relatif au glissement entre le
matériau constitutif de S et celui du solide 1. On mesure la distance D parcourue par le solide 1 sur le support S,
sachant que le solide 2 touche S 0 avant que le solide 1 ne s’arrête.
3. Décrire qualitativement les deux phases successives du mouvement de l’ensemble en précisant pour chacune
d’elles si le fil est tendu ou non tendu.
La nature "idéale" de la poulie et du fil permet de considérer que la norme F de la tension du fil est conservée tout
#»
le long du fil. Le solide 1 subit donc, tant que le fil reste tendu, la force F 1 = F #»
e x , tandis que le solide 2 subit la
#»
force F 2 = −F #»e z.
On note N la norme de la composante normale de la réaction du support S sur le solide 1 et T la norme de sa
composante tangentielle.
4. Reproduire le schéma et y placer les différentes forces s’exerçant sur les solides 1 et 2 avant que le solide 2 ne
touche le support S 0 .
5. En appliquant le principe fondamental de la dynamique sur le solide 1 puis sur le solide 2, établir 3 relations
qui lient N , T , F , g, α, M , l’accélération horizontale Ẍ du solide 1 et l’accélération verticale Z̈ du solide 2.
6. Traduire la loi de Coulomb pour exprimer T en fonction de N .
7. On s’intéresse à la première phase du mouvement.
(a) Exprimer le lien entre Ẍ et Z̈ en le justifiant dans cette première phase.
α − fg
(b) En déduire, à l’aide des équations établies plus haut, que l’on a Ẍ = g
α+1
(c) Établir dans cette phase la vitesse Ẋ(t) en fonction de α, fg et g.
(d) Quelle relation existe-t-il entre X et H0 lorsque le solide 2 touche le support S 0 ? En déduire la durée t1
de cette première phase.
(e) Quelle est la vitesse correspondante atteinte V1 ?
8. On s’intéresse à la deuxième phase du mouvement.
(a) Etablir la nouvelle équation du mouvement vérifiée par Ẍ pendant cette phase.
2
En déduire l’expression de X(t) : X(t) = −fg g (t−t21 ) + V1 (t − t1 ) + H0
(b) Déterminer l’instant tf auquel s’arrête le mobile, et en déduire l’expression de la distance d’arrêt D = X(tf )
en fonction de V1 , fg , H0 et g.
α
(c) Montrer enfin que fg =
1 + (α + 1) D−H
H0
0
9. On réalise l’expérience plusieurs fois de suite, en partant toujours de la valeur de H0 = 40,0 cm. La masse du
solide 1 vaut M = 50 g et celle du solide 2 vaut αM = 60 g. Calculer la valeur du coefficient de frottement fg
sachant qu’on a trouvé une valeur moyenne de la distance D égale à D = 1,50 m.
4.3 Mesure du coefficient de frottement statique
On pose maintenant le solide 1 sur le support S qui fait un angle θ avec le plan horizontal. Le dispositif est représenté
sur la figure 5. On fait augmenter, à partir d’une valeur faible, l’angle θ en déplaçant lentement un coin et on mesure
pour quelle valeur θ = θlim le solide 1 se met à glisser.
6
S
1 ort
l ide p p
So Su
θ
Angle mesuré au rapporteur
par rapport au fil de plomb
Ca
le
Coin
Figure 5 – Second dispositif : mesure du coefficient de frottement statique.
10. Montrer que cette expérience permet de mesurer le coefficient de frottement fs en établissant la relation entre
θlim et fs .
11. On réalise plusieurs essais successifs de décrochement et la valeur moyenne de θlim est de
l’ordre de 29,5°. En déduire l’ordre de grandeur du coefficient de frottement fs mesuré.