INTRODUCTION
Le présent document fait office de rapport des travaux
pratiques n03 d’électricité générale. De façon générale,
cette séance de travaux pratiques consistait à une
application pratique du cours théorique sur la charge d’un
condensateur à travers une résistance R.
Principe du TP n°3
On désire analyser les différents régimes transitoires
et l’influence de la résistance R lors de la charge d’un
condensateur C alimenté par une tension créneau e dans
le circuit ci-après :
Schéma du montage
Objectifs du TP n°3
Savoir choisir une fréquence adaptée à la visualisation
des différents régimes transitoires.
Savoir déterminer la valeur d’une résistance à l’aide
du code de couleur.
Savoir exploiter les données expérimentales pour
l’étude d’un dipôle en régime sinusoïdal.
Retrouver expérimentalement les résultats
théoriques vus en cours.
Étude théorique du circuit
Étudions d’abord de façon théorique le circuit
précédent avant de procéder à son analyse expérimentale.
a) Selon la loi des mailles correspondant à notre circuit,
on a :
dq du
u+ Ri=E Or i= =C
dt dt
du
Par suite on a u+ RC dt =E
du u E
D’où l’équation différentielle vérifiée par u : dt + RC = RC
(avec E = valeur efficace de e(t)).
−t
b) La solution à notre équation différentielle estu=E(1−e ) τ
, où τ =RC est la constante de temps du circuit.
c) Nous avions vu que le condensateur se chargeait
totalement au bout det=5 τ . Pour observer les
différents régimes transitoires lors de l’analyse
expérimentale de notre circuit, nous devrons par
conséquent fixer la fréquence « f » de telle sorte que :
T ≥5τ
1 1
≤
T 5τ
1
f≤
5 RC
f ≤ 400 Hz
On appelle « temps de montée t », le temps mis par le
m
signal pour passer de 10% à 90% de sa valeur finale.
d) De la solution à notre équation différentielle, on tire
t=τ ln ¿).
L’expression de t est alors :m
t m=t 90 %−t 10 %
(
t m=τ ln 1−
90 %E
E ) (
−τ ln 1− E
10 %E
¿ )
¿
t m=τln ( 0 ,1 ) −τln (0 , 9)
D’où finalement t m =τln 9
e) Déterminons enfinu(τ ).
On a:u ( τ ) =E ( 1−e )
−τ
τ
u ( τ ) =E ( 1−e−1 )
D’où u ( τ ) =0 , 63 E
Analyse expérimentale du circuit
Matériels nécessaires à la réalisation de TP
Au cours du TP n°3, nous avons eu à utiliser le
matériel disponible sur la table n°8 du laboratoire, c’est-à-
dire :
Un Générateur basse fréquence (GBF n°4)
Un oscilloscope bi courbe (LANGLOIS n°18)
Un multimètre numérique (n°10)
Un condensateur de capacité C=100nF
Et 6 résistances colorées R , R , R , R , R , R de valeurs
0 1 2 3 4 5
respectives 4,7KΩ -150Ω -1KΩ -12KΩ -56KΩ -470KΩ .
Méthode pour déchiffrer la couleur des anneaux sur les
résistances colorées
La résistance en électronique se présente avec des
bagues de couleurs (anneaux) autour de celle-ci. Chaque
couleur correspond à un chiffre. La correspondance entre
les chiffres et les couleurs des anneaux constitue ce qu'on
appelle le code des couleurs des résistances en
électronique, permettant ainsi de déterminer la valeur de
celle-ci ou d'inscrire sa valeur sous forme de couleurs.
Exemple de résistance électrique
Pour déterminer la valeur d’une résistance, il faut tout
d’abord la placer dans le bon sens. En général, la
résistance possède un anneau doré ou argenté, qu'il faut
placer à droite. Dans d'autres cas, c'est l'anneau le plus
large qu'il faut placer à droite ou bien l'anneau placé le
plus près d'une extrémité qu'il faut placer à gauche.
Code de couleur d’une résistance
RÉSISTANCES À 4 ANNEAUX
Les deux premiers anneaux donnent les chiffres
significatifs : le premier donne la dizaine et le second
l'unité. Le troisième donne le multiplicateur, c'est-à-
dire la puissance de 10 qu'il faut multiplier avec les
chiffres significatifs (autrement dit, le nombre de
zéros à ajouter aux chiffres significatifs). Le quatrième
correspond à la tolérance de la résistance qui indique
les incertitudes sur la valeur réelle de la résistance donnée
par le constructeur.
Exemple d'une résistance à 4 bandes :
Premier chiffre significatif : le rouge correspond au
chiffre 2 (voir la correspondance couleur-chiffre dans
le tableau récapitulatif ci-dessus).
Deuxième chiffre significatif : le rouge correspond au
chiffre 2. Les chiffres significatifs sont donc 22.
Multiplicateur : le jaune correspond au chiffre 4, il
faut multiplier les chiffres significatifs par 104 (ce qui
revient à ajouter 4 zéros après les 2 chiffres
significatifs), soit 220 000 Ω ou encore 220 KΩ.
Tolérance : la couleur argent correspond à la
tolérance ± 10 %, ce qui signifie qu'étant données les
incertitudes fournies par le constructeur, la valeur
réelle de la résistance est comprise entre 198 kΩ (220
KΩ - 220 KΩ x 10/100) et 242 KΩ (220 KΩ + 220 KΩ x
10/100)
RÉSISTANCES À 5 ANNEAUX
Les trois premiers anneaux donnent les chiffres
significatifs : le premier donne la centaine, le second
la dizaine et le troisième l'unité. Le troisième anneau
n'est utilisé que lorsque la tolérance de la résistance
est inférieure à 2 %. Le quatrième donne
le multiplicateur, c'est-à-dire la puissance de 10 qu'il
faut multiplier avec les chiffres significatifs
(autrement dit, le nombre de zéros à ajouter aux
chiffres significatifs). Le cinquième correspond à
la tolérance de la résistance qui indique les
incertitudes sur la valeur réelle de la résistance
donnée par le constructeur.
Exemple d'une résistance à 5 bandes :
Premier chiffre significatif : le marron correspond au
chiffre 1.
Deuxième chiffre significatif : le vert correspond au
chiffre 5.
Troisième chiffre significatif : le noir correspond au
chiffre 0. Les chiffres significatifs sont donc 150.
Multiplicateur : la couleur orange correspond au
chiffre 3, il faut multiplier les chiffres significatifs
par 103 (ce qui revient à ajouter 3 zéros après les 3
chiffres significatifs), soit 150 000 Ω ou encore 150
KΩ.
Tolérance : le vert correspond à la tolérance ± 0,5 %,
ce qui signifie qu'étant données les incertitudes
fournies par le constructeur, la valeur réelle de la
résistance est comprise entre 149,25 KΩ (150 KΩ -
150 KΩ x 0,5/100) et 150,75 KΩ (150 KΩ + 150 KΩ x
0,5/100).
Mode opératoire - Schémas de montage - Mesures
a) Conformément à notre étude théorique, notre
générateur de basses fréquences devra délivrer une
tension créneau e(t) sous une fréquence f ≤ 400 Hz pour
observer les régimes transitoires.
Le GBF étant préalablement hors tension, on fixe
alors ses paramètres sur :
Mode courant alternatif
Signal carré
calibre-1KHz et multiplicateur-0,2; soit une fréquence
de 200Hz (qui est inférieure aux 400Hz).
Nous ajustons ensuite à E = 4volts la valeur efficace
de la tension créneau à l’aide du multimètre qui est
réglé sur :
Signal alternatif
Mode voltmètre
Calibre - 20volts.
Nous visualisons enfin le signal délivré par le GBF sur
l’oscilloscope paramétré comme suit :
Type courant alternatif
Voie CH1
Base de temps - 1ms/division
Amplitude du signal sur la voix CH1 – 1volt/division.
b) Le signal visualisé est le suivant :
c) Pour étudier l’influence de la résistance sur la charge
d’un condensateur, réalisons un circuit série RC de
référence avec R =4 ,7 K Ω et C = 100nF suivant le schéma de
0
montage ci-dessous :
Schéma du montage
d) Le branchement de l’oscilloscope (les paramètres de la
voix CH2 étant identiques à ceux de la voix CH1) dans ce
circuit se fait selon le schéma suivant :
Et les signaux visualisés équivalent à ceux-ci :
Légende : CH1 (e (t)) en rouge et CH2 (u(t)) en bleu
Calibre : 1v/div pour les deux voix et 1ms/div
Oscillogrammes obtenus avec R =4 ,7 KΩ
0
La constante de temps du circuit vaut τ =4 ,7 .10 s
0
−4
et la période du signal vaut T =5. 10 s. Le temps de
−3
charge du condensateur est significativement (un
ordre de grandeur) plus petit que la période du
signal. En fin de première demi-période, le
condensateur est pratiquement chargé. De la
même manière, en fin de deuxième demi-
période, la décharge est pratiquement complète.
En gardant tous les autres paramètres
identiques, portons la valeur de R de 1000
e) Observons maintenant l’impact de la résistance R sur le
condensateur en fessant varier sa valeur dans notre
circuit de référence :
Légende : CH1 (e (t)) en rouge et CH2 (u(t)) en bleu
Calibre : 1/div pour les deux voix et 1ms/div
Oscillogrammes obtenus avec R =150 Ω
1
Légende : CH1 (e (t)) en rouge et CH2 (u(t)) en bleu
Calibre : 1/div pour les deux voix et 1ms/div
Oscillogrammes obtenus avec R =1 K Ω
2
Légende : CH1 (e (t)) en rouge et CH2 (u(t)) en bleu
Calibre : 1/div pour les deux voix et 1ms/div
Oscillogrammes obtenus avec R =12 K Ω
3
Légende : CH1 (e (t)) en rouge et CH2 (u(t)) en bleu
Calibre : 1/div pour les deux voix et 1ms/div
Oscillogrammes obtenus avec R =56 K Ω4
Légende : CH1 (e (t)) en rouge et CH2 (u(t)) en bleu
Calibre : 1/div pour les deux voix et 1ms/div
Oscillogrammes obtenus avec R =470 K Ω
5
Conclusion sur l’influence de la résistance R
Nous remarquons que la variation de la résistance
influe en fait sur la vitesse de charge et de décharge
du condensateur, donc sur la constante de tempsτ .
Lorsqu’on diminue la valeur de la résistance R, le
débit de charges dans le circuit augmente
significativement, permettant ainsi au condensateur
de se charger plus rapidement. En effet, dans le cas
de R ( 150 Ω ) et R (1 ΚΩ), conformément aux conditions
1 2
posées plus haut pour observer complètement les
régimes transitoires(T ≥ 5 τ ), le produit 5τ qui vaut
respectivement 7 , 5.10 s et 5.10 s est inférieur à la
−5 −4
période du signal délivré par le GBF (T=5. 10 s), −3
permettant ainsi d’observer complètement la courbe
d’évolution de u (en rouge) qui suit pratiquement le
signal d’excitation e (en bleu) pour le cas de R et 2
totalement pour le cas de R . 1
Cependant, en augmentant la valeur de la résistance
R, le débit de charges dans le circuit diminue,
conduisant ainsi à une charge plus lente du
condensateur. De plus, dans le cas de
R ( 12 K Ω) , R ( 56 K Ω ) et R ( 470 K Ω) , le produit 5 τ qui vaut
3 4 5
respectivement 6. 10 s ,28. 10 s et 235. 10 s est
−3 −3 −3
considérablement supérieur à la période T¿) du signal
délivré par le GBF, ne respectant pas de ce fait la
condition T ≥ 5 τ . Cela explique alors notre incapacité à
observer la charge et la décharge complète du
condensateur C sur l’oscilloscope.
f) Nous visualisons maintenant le courant circulant dans le
circuit en branchant les voix de l’oscilloscope selon le
schéma de montage suivant :
Schéma du montage
g) Pour visualiser l’intensité du courant dans le circuit, il
suffit juste d’appuyer sur la touche « Invert CH2 » de
l’oscilloscope pour que cette voix qui affichait la tension
u aux bornes du condensateur soit inversée et affiche
maintenant la tension Ur de la résistance.
h) On obtient ainsi les oscillogrammes ci-dessous :
Légende : CH1 (e (t)) en rouge et CH2 (U ) en bleu
R
Calibre : 1v/div pour CH1, 2v/div pour CH2 et 1ms/div
Pour retrouver la valeur de i(t) il suffit de poser
E
conformément à l’oscillogramme i= R
dq du
En effet, on ai= dt =C dt . Et d’après la solution u
obtenue à notre équation différentielle, on aura :
u=E ( 1−e ) donc i=
−t −t /τ
τ Ee
R
E
À t = 0, on obtient finalement : i= R
Conclusion
Le TP n03 d’électricité général nous a permis de
déterminer d’abord la fréquence adéquate pour
observer la charge et la décharge complète d’un
condensateur C, puis de déterminer ensuite la valeur
d’une résistance électronique à l’aide du code de
couleur, et déterminer enfin l’influence de celle-ci sur
l’évolution de la tension u aux bornes de C. A cet
effet, nous avons constaté que la résistance influait
sur la vitesse de charge du condensateur. De plus nos
résultats pratiques ont répondu à nos prévisions
théoriques lors de notre analyse expérimentale. Nous
terminons enfin en précisant que la justesse des
résultats obtenus en pratique dépend avant tout de la
qualité du matériel utilisé au laboratoire mais aussi de
la précision de tout un chacun dans le travail.