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DURBEC

Ce document traite de l'intérêt de la musicothérapie dans la gestion de l'anxiété en odontologie pédiatrique. Le document est une thèse soutenue devant l'université Aix-Marseille qui évalue l'effet de la musique sur l'anxiété des enfants lors de soins dentaires.

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DURBEC

Ce document traite de l'intérêt de la musicothérapie dans la gestion de l'anxiété en odontologie pédiatrique. Le document est une thèse soutenue devant l'université Aix-Marseille qui évalue l'effet de la musique sur l'anxiété des enfants lors de soins dentaires.

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Intérêt de la musicothérapie dans la gestion de l’anxiété

en odontologie pédiatrique
Marion Durbec

To cite this version:


Marion Durbec. Intérêt de la musicothérapie dans la gestion de l’anxiété en odontologie pédiatrique.
Médecine humaine et pathologie. 2023. �dumas-04505989�

HAL Id: dumas-04505989


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ECOLE DE MEDECINE DENTAIRE

THESE

POUR OBTENIR LE DIPLOME D’ETAT


DE DOCTEUR EN CHIRURGIE DENTAIRE

Présentée et publiquement soutenue devant

Aix-Marseille Université
(Président : Monsieur le Professeur Éric BERTON)

Faculté des Sciences Médicales et Paramédicales


(Doyen : Monsieur le Professeur Georges LEONETTI)

Ecole de Médecine Dentaire


(Directeur : Monsieur le Professeur Bruno FOTI)

Intérêt de la musicothérapie dans la gestion de


l’anxiété en Odontologie Pédiatrique

Présentée par Thèse soutenue le Mercredi 25 Octobre 2023

DURBEC Marion

Né(e) le 22 Mars 1989 Devant le jury composé de


A Marseille Président : Professeur TARDIEU Corinne

Assesseurs : Docteur NOIRRIT-ESCLASSAN Emmanuelle

Docteur CAMOIN Ariane

Docteur BLANCHET Isabelle

Invité : Docteur MADENIAN Pauline


ECOLE DE MEDECINE DENTAIRE

THESE

POUR OBTENIR LE DIPLOME D’ETAT


DE DOCTEUR EN CHIRURGIE DENTAIRE

Présentée et publiquement soutenue devant

Aix-Marseille Université
(Président : Monsieur le Professeur Éric BERTON)

Faculté des Sciences Médicales et Paramédicales


(Doyen : Monsieur le Professeur Georges LEONETTI)

Ecole de Médecine Dentaire


(Directeur : Monsieur le Professeur Bruno FOTI)

Intérêt de la musicothérapie dans la gestion de


l’anxiété en Odontologie Pédiatrique

Présentée par Thèse soutenue le Mercredi 25 Octobre 2023

DURBEC Marion

Né(e) le 22 Mars 1989 Devant le jury composé de


A Marseille Président : Professeur TARDIEU Corinne

Assesseurs : Docteur NOIRRIT-ESCLASSAN Emmanuelle

Docteur CAMOIN Ariane

Docteur BLANCHET Isabelle

Invité : Docteur MADENIAN Pauline


ADMINISTRATION

Doyens Honoraires Professeur Raymond SANGIUOLO†


Professeur Henry ZATTARA
Professeur André SALVADORI
Professeur Jacques DEJOU

Directeur Professeur Bruno FOTI

Directeurs adjoints Professeur Michel RUQUET


Professeur Anne RASKIN

Chargés de missions
Formation Initiale Professeur Michel RUQUET
Recherche Professeur Anne RASKIN
Formation Continue Professeur Frédéric BUKIET

Relations Internationales Professeur Hervé TASSERY


Internat et Diplômes d’études spécialisées Professeur Virginie MONNET-CORTI
Affaires générales Docteur Alain TOSELLO

Responsable Administrative Madame Katia LEONI

PROMOTIONS :

2019 Raymond SANGIUOLO


2020 Gaston BERGER
2021 Joseph MIGOZZI
2022 Jérôme GALLION
2023 Serge DIBART
LISTE DES ENSEIGNANTS

PROFESSEURS DES UNIVERSITÉS – PRATICIENS HOSPITALIERS

BUKIET Frédéric (58-01)


ESCLASSAN Rémi (58-01)
FOTI Bruno (56-02)
LE GALL Michel (56-01)
MONNET-CORTI Virginie (57-01)
PHILIP-ALLIEZ Camille (56-01)
RASKIN Anne (58-01)
RUQUET Michel (58-01)
TARDIEU Corinne (56-01)
TARDIVO Delphine (56-02)
TASSERY Hervé (58-01)
TERRER Elodie (58-01)

PROFESSEUR DES UNIVERSITÉS

ABOUT Imad (65)

MAITRES DE CONFERENCES DES UNIVERSITÉS – PRATICIENS HOSPITALIERS

ABOUDHARAM Gérard (58-01) JACQUOT Bruno (58-01)


ANTEZACK Angeline (57-01) LABORDE Gilles (58-01)
BALLESTER Benoît (58-01) LAN Romain (56-02)
BELLONI Didier (57-01) LAURENT Michel (58-01)
BLANCHET Isabelle (56-01) MENSE Chloé (58-01)
BOHAR Jacques (56-01) NOIRRIT-ESCLASSAN Emmanuelle (56-01)
CAMOIN Ariane (56-01) POMMEL Ludovic (58-01)
CAMPANA Fabrice (57-01) PRECKEL Bernard-Éric (58-01)
CASAZZA Estelle (58-01) RÉ Jean-Philippe (58-01)
CATHERINE Jean-Hugues (57-01) ROCHE-POGGI Philippe (57-01)
GAUBERT Jacques (56-01) SILVESTRI Frédéric (58-01)
GIRAUD Thomas (58-01) STEPHAN Grégory (58-01)
GIRAUDEAU Anne (58-01) TOSELLO Alain (58-01)
GUIVARC’H Maud (58-01)

PRATICIENS HOSPITALIERS UNIVERSITAIRES

MANSUY Charlotte (58-01)


PILLIOL Virginie (58-01)
CHEFS DE CLINIQUE DES UNIVERSITÉS - ASSISTANTS DES HÔPITAUX

BAUDINET Thomas (58-01) PASCHEL Laura (58-01)


BOREL Guillaume (56-02) PRINCE Fanny (58-01)
BRINCAT Arthur (57-01) RANCHAIN Théo (57-01)
BROS Agnès (56-01) RAYNAUD Camille (58-01)
CHAMAYOU Chloé (56-01) REYNAL Florence (56-01)
CURIALE Léa (56-01) ROMAO Vincent (57-01)
DUPRAT Florence (56-01) ROUSCOFF Eva (56-01)
FERRE Enzo (58-01) RUFAS Pierre (58-01)
FOUQUES Agathe (56-01) RUIZ Pierre-Mathieu (58-01)
HAMMOUTENE Stéphane (57-01) SADOWSKI Camille (57-01)
HOARAU Emilie (57-01) STALLA Martin (58-01)
LAFONT Jacinthe (57-01) TERRER Jérémy (58-01)
OHANESSIAN Romain (57-01) VIEILLARD Pierre (56-01)
ONGHENA Tom (56-01)

CHEFFE DE CLINIQUE DES UNIVERSITÉS ASSOCIÉE

BROTONS Adèle (56-01)

Intitulés des sections CNU :


56ème section : Développement, croissance et prévention
56-01 Odontologie pédiatrique et orthopédie dento-faciale
56-02 : Prévention – Epidémiologie – Economie de la santé – Odontologie légale
57ème section : Chirurgie orale, Parodontologie, Biologie Orale
57-01: Chirurgie orale – Parodontologie – Biologie orale
58ème section : Réhabilitation orale
58-01 : Dentisterie restauratrice – Endodontie – Prothèses – Fonction-Dysfonction – Imagerie – Biomatériaux

L’auteur s’engage à respecter les droits des tiers, et notamment les droits de propriété intellectuelle. Dans l’hypothèse où la thèse
comporterait des éléments protégés par un droit quelconque, l’auteur doit solliciter les autorisations nécessaires à leur utilisation, leur
reproduction et leur représentation auprès du ou des titulaires des droits. L’auteur est responsable du contenu de sa thèse. Il garantit
l’Université contre tout recours. Elle ne pourra en aucun cas être tenue responsable de l’atteinte aux droits d’un tiers
A notre présidente de jury
Madame le Professeur Corinne TARDIEU

C’est un réel honneur et privilège que vous me faites d’accepter la présidence de cette thèse.
Je tiens à vous exprimer ma profonde gratitude pour les enseignements que vous nous avez
prodigués, la confiance que vous nous avez accordée et vos précieux accompagnements tout
au long de nos vacations d’odontologie pédiatrique.
Veuillez trouver dans ce travail l’expression de mon profond respect.
A notre jury de thèse
Madame le Docteur Emmanuelle NOIRRIT-ESCLASSAN,

Je vous remercie de l’honneur que vous me faites de bien vouloir siéger dans notre jury. Je n’ai
pas eu l’occasion de travailler avec vous mais je sais que la musique est un sujet qui vous parle
et j’espère que ce travail sera à la hauteur de vos attentes.
Veuillez trouver ici l’expression de ma sincère gratitude et mon plus grand respect.
A notre directrice de thèse
Madame le Docteur Ariane CAMOIN,

Je souhaite exprimer ma profonde reconnaissance pour avoir eu l’honneur de vous avoir


comme directrice de thèse ainsi que pour votre engagement remarquable tout au long de son
élaboration.
Vous avez immédiatement manifesté de l’intérêt pour ce sujet et vous avez su me laisser la
liberté nécessaire à l’accomplissement de ce travail tout en y gardant un œil critique et avisé.
Vos précieux conseils, votre disponibilité, votre gentillesse, le temps que vous avez consacré
aux relectures et votre soutien ont été essentiels pour mener à bien ce projet.
Les vacations hospitalières à vos côtés en quatrième et cinquième année m’ont beaucoup
apporté. Vous avez réussi à me partager votre passion pour l’odontologie pédiatrique en
transmettant vos connaissances qui me serviront pour mon parcours professionnel.
Je tiens à vous remercier chaleureusement pour tout ce que vous avez fait.
Veuillez considérer à travers ce travail la preuve de la reconnaissance et de la sympathie que
je vous témoigne.
A notre jury de thèse
Madame le Docteur Isabelle BLANCHET,

Je vous remercie très sincèrement d’avoir accepté de faire partie des membres de ce jury. Merci
pour votre pédagogie lors des séances de TP et la qualité de votre enseignement tout au long
de cette formation. Je n’ai jamais eu l’occasion de travailler avec vous au sein du pôle
odontologique ; des amies qui ont eu cette chance m’ont parlé de votre disponibilité et de votre
bienveillance. Veuillez trouver dans ce travail l’expression de ma sincère reconnaissance.
A notre jury de thèse
Madame le Docteur Pauline MADENIAN,

Je te remercie de l’honneur que tu me fais d’être dans le jury de ma thèse et d’avoir accepté
spontanément ma proposition.
Je suis convaincue que quiconque te connaît sait que tu es incontestablement la meilleure
assistante en endodontie que notre clinique n’ait jamais eue, voire la meilleure au sein du pôle
odontologique. Nous aurions besoin de plus de personnes comme toi à tous les niveaux.
Toujours présente pour les étudiants, tu nous as rassurés, partagé ta passion pour
l'endodontie, et tu as réussi à nous aider à démystifier des cas d'endodontie compliqués, même
avec des courbes à faire frémir n'importe quelle lime.
Ta capacité à transmettre tes connaissances, ton sourire et ta bonne humeur font de toi une
personne remarquable qui a égayé chacune de mes vacations du mardi.
De plus, en tant qu’amoureuse et passionnée de la musique, il était évident pour moi que tu
fasses partie de mon jury. J’espère que ce travail enrichira tes connaissances dans ce domaine
et que tu puisses éventuellement mettre en pratique certaines informations pour améliorer le
bien-être de tes futurs patients.
Je t’adresse ici, l’expression de mon admiration et de mon amitié la plus sincère.
Table des matières

INTRODUCTION .................................................................................................................................. 1
I. L’anxiété dentaire en Odontologie Pédiatrique............................................................................ 2
1.1. Définitions ........................................................................................................................... 2
1.2. Soins dentaires et anxiété .................................................................................................... 3
1.2.1. Etiologie de l’anxiété.................................................................................................... 3
1.3. Les différentes approches utilisées ...................................................................................... 5
1.3.1. Les approches non médicamenteuses .......................................................................... 5
[Link]. Les approches comportementales ........................................................................ 5
[Link].1. « Dire Montrer Faire » (Tell-Show-Do) ............................................................... 5
[Link].2. Le « Stop » signal............................................................................................... 6
[Link].3. Le renforcement positif ..................................................................................... 6
[Link]. Les Thérapies Cognitivo- Comportementales ........................................................ 7
1.3.2. Les approches médicamenteuses et leurs limites ......................................................... 7
II. La musicothérapie......................................................................................................................... 10
2.1. Définition ............................................................................................................................... 10
2.1.1. Eléments constitutifs de la musique................................................................................. 10
[Link]. Caractéristiques du son............................................................................................. 11
[Link]. L’harmonie ............................................................................................................... 12
[Link]. Le rythme et le tempo............................................................................................... 13
2.2. Histoire .................................................................................................................................. 14
2.2.1. Musique à la Préhistoire .................................................................................................. 14
2.2.2. Musique dans Egypte Ancienne ....................................................................................... 14
2.2.3. Musique chez les Hébreux ............................................................................................... 14
2.2.4. Musique dans la Grèce Antique ....................................................................................... 15
2.2.5. Musique en Chine Impériale ............................................................................................ 15
2.2.6. Musique au Moyen-Âge................................................................................................... 15
2.2.7. Musique du XV au XIXème siècle ..................................................................................... 16
2.2.8. Musique au XXème siècle ................................................................................................ 16
2.3. Différents types de musique ................................................................................................... 17
2.3.1. Active .............................................................................................................................. 18
2.3.2. Réceptive ........................................................................................................................ 19
2.3.3. Analytique ....................................................................................................................... 21
2.4. La musique et les mécanismes d’action sur le cerveau............................................................ 22
2.4.1. Mécanisme physiologiques .............................................................................................. 23
2.4.2. Action sur l’anxiolyse ....................................................................................................... 25
2.4.3. Action au niveau cognitif ................................................................................................. 26
2.4.4. Action au niveau psychosocial ......................................................................................... 26
2.5. Indications ............................................................................................................................. 27
2.5.1. Application pratique en cabinet dentaire ......................................................................... 28
2.6. Contres indications................................................................................................................. 29
2.7. Avantages et limites ............................................................................................................... 30
2.7.1. Les avantages ...................................................................................................................... 30
2.7.2. Les limites........................................................................................................................ 31
III. Musicothérapie et soins dentaires chez l’enfant : données actuelles ............................................ 33
3.1. Rappel de la question de recherche ........................................................................................ 33
3.2. Matériel et méthode .............................................................................................................. 33
3.2.1. Méthode de recherche .................................................................................................... 33
3.2.2 Critères d’inclusion ........................................................................................................... 34
3.2.3. Critères d’exclusion ......................................................................................................... 34
3.2.4. Sélection des articles ...................................................................................................... 35
3.3. Résultats ................................................................................................................................ 36
3.3.1. Caractéristiques des études sélectionnées ....................................................................... 36
3.3.2. Synthèse des résultats ..................................................................................................... 37
3.4. Discussion .............................................................................................................................. 49
3.4.1. Choix méthodologiques et limites .................................................................................... 49
3.4.2. Synthèse de la revue de la littérature............................................................................... 50
[Link]. Utilisation de la musique et réduction de l’anxiété dentaire chez l’enfant ................. 50
[Link]. Genre musical et effets sur l’anxiété ......................................................................... 52
[Link]. Utilisation de la musique en fonction du type d’acte à réaliser .................................. 53
[Link]. Utilisation de la musique au bloc opératoire ............................................................. 53
[Link]. Association de la musicothérapie avec d’autres approches ....................................... 54
[Link]. Effet de la musique sur l’anxiété des patients avec troubles cognitifs ........................ 54
[Link]. Musicothérapie et profil de patients ......................................................................... 54
[Link]. Choix de matériel et diffusion musicale ..................................................................... 55
3.4.3. Analyse des biais et limitations de l’étude........................................................................ 55
CONCLUSION .................................................................................................................................... 57
BIBLIOGRAPHIE ....................................................................................................................................I
INTRODUCTION

Pour beaucoup d’enfants, les soins bucco dentaires sont source d’anxiété. La peur, l’anxiété
ou encore la phobie dentaire sont dues à plusieurs facteurs intrinsèques et extrinsèques du
patient. Chez les enfants, cette peur peut être due à un mauvais vécu d’un des parents qui
transmet son anxiété, mais aussi à un environnement inconnu, un éclairage agressif, des bruits
étranges qui ne permettent pas à l’enfant de se sentir en sécurité. Cette anxiété fréquente
(1,2) peut entraver non seulement la qualité des soins prodigués, mais également influencer
l’apparition de comportements défavorables à une santé bucco-dentaire à long terme. Il est
donc essentiel de bien appréhender la première interaction avec l’enfant afin d’établir une
relation positive. Dans le domaine de l'odontologie pédiatrique, la gestion de l'anxiété chez
les jeunes patients revêt une importance capitale pour garantir des expériences de soins
positives et durables. Plusieurs approches médicamenteuses et comportementales ont été
décrites (3) mais restent parfois insuffisantes. De nos jours, on accorde davantage
d’importance aux approches dites holistiques pour la ou insatisfaisantes pour l‘enfant et ses
parents compréhension des mécanismes anxiogènes avec l’émergence de nouvelles thérapies
non médicamenteuses qui s'avèrent efficaces et plus acceptables pour les parents, les patients
et les professionnels de la santé. Parmi celles-ci, on peut citer l'utilisation de méthodes telles
que la désensibilisation (4), la relaxation (3), l'hypnose (5), la RESC (6) ou encore la musique
(7). Ces méthodes offrent aux patients des moyens non médicamenteux pour apaiser le stress.
Parmi les approches prometteuses émerge la musicothérapie, qui suscite un intérêt croissant
en tant qu'outil thérapeutique complémentaire. On dit d’ailleurs souvent que la musique
adoucit les mœurs. La musicothérapie a gagné en reconnaissance dans plusieurs domaines de
la santé mentale et physique (8) en tant que pratique qui tire parti des propriétés
thérapeutiques de la musique. Son utilisation s’étend désormais à divers contextes cliniques,
notamment pour réduire le stress et l'anxiété (9). Les caractéristiques intrinsèques de la
musique, langage universel, capable de transmettre une émotion et d’améliorer la cognition,
en fond un allié de choix comme outil de réassurance des enfants chez le chirurgien-dentiste.
L'objectif de cette thèse est de comprendre comment la musicothérapie peut être
efficacement intégrée dans la pratique de l'odontologie pédiatrique et ce qu'elle peut
apporter afin de réduire l'anxiété et améliorer l’expérience des enfants dans les soins
dentaires tout en répondant à leurs besoins et en garantissant la sécurité des soins.

1
I. L’anxiété dentaire en Odontologie Pédiatrique

« Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur. »


Le Barbier de Séville, II, 2 BEAUMARCHAIS (Paris 1732-1799)

La peur, l’anxiété et la phobie sont trois sentiments fréquents que peuvent ressentir les
personnes à certains moments de leur vie. Ces émotions semblent similaires mais sont
pourtant différentes.

1.1. Définitions

La peur est un sentiment d'angoisse éprouvé en présence ou à la pensée d'un danger, réel ou
supposé, d'une menace (10). Elle est souvent associée à des sensations physiques comme
l’accélération du rythme cardiaque, les mains moites, les tremblements, la transpiration. Elle
peut être de causes diverses issues d’expériences ou de traumatismes passés négatifs.
Certaines peurs sont considérées normales en fonction de l’âge. Celles-ci deviennent
pathologiques lorsqu’elles ne sont plus contrôlées, ni dans leur activation, ni dans leur
régulation (11).

L’anxiété est définie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme le « sentiment d'un
danger imminent indéterminé s'accompagnant d'un état de malaise, d'agitation, de désarroi,
voire d'anéantissement » (12). Elle peut être la répercussion d’une situation stressante qui est
alors devancée intensifiée.
L’anxiété est normale et adaptative dans certaines situations, mais peut également devenir
excessive et perturbante, affectant la qualité de vie d'une personne et interférant avec son
fonctionnement quotidien.

La phobie est une crainte angoissante et injustifiée d’une situation, d’un objet ou de
l’accomplissement d’une action (13).La vie n’est pas mise en danger mais les phobies peuvent

détruire la qualité de vie (11)(2).

2
1.2. Soins dentaires et anxiété

1.2.1. Etiologie de l’anxiété

Il est estimé que de 4 à 15% de la population générale souffre de phobies (14). Ce trouble peut
se développer entre l'enfance et l'adolescence, généralement vers l'âge de 7-10 ans (15). La
fréquence de l'anxiété associée aux traitements dentaires a été largement explorée et elle
affecterait en moyenne 9% des enfants ne souffrant d'aucune maladie (16).

Lorsque l’enfant se retrouve sur le fauteuil du chirurgien-dentiste, il est dans une posture
vulnérable car il ne peut ni contrôler ni voir ce qu’il lui arrive et ne peut s’exprimer
verbalement (2). Son comportement est influencé par divers conditionnements qu'il a reçus
de son environnement, principalement de ses parents et en particulier de sa mère (17).
L’étiologie de l’anxiété est plurifactorielle. Il y a les facteurs internes, propres à l’enfant, à
prendre en considération comme son âge, son caractère (s’il est anxieux dans la vie de tous
les jours notamment), son vécu (a-t-il eu une mauvaise expérience chez un précédent
praticien (3). Si l'enfant est fatigué lors de la consultation ou s'il est malade par exemple, cela
peut réduire sa capacité à tolérer de actes inconfortables (18). De même, un enfant en
situation de handicap peut rencontrer des difficultés qui varient selon la nature de son
handicap, tels qu’une capacité d’attention limitée, des compétences cognitives immatures. En
cas de troubles cognitifs, une mauvaise appréhension de la situation de soin peut conduire
une installation rapide de l’anxiété et un comportement opposant (3). Les enfants présentant
une hyperactivité, un trouble de l’attention, de l’apprentissage, un trouble psychique ou du
spectre autistique seraient plus souvent anxieux (19) qu’un enfant non atteint. S’ajoute à cela,
la peur de l’inconnu et de l’environnement. En effet l’enfant a une grande imagination et il ne
sait pas comment va se passer la visite dans un lieu qui lui est nouveau, bruyant, avec des
odeurs étrangères pouvant lui rappeler des souvenirs désagréables. La peur de la douleur,
surtout si l’enfant a eu une expérience négative auparavant, la peur des instruments dentaires
comme les aiguilles qui ont une connotation négative, les fraises et les aspirations qui font du
bruit peuvent l’effrayer (20,21). De plus, selon une étude concernant les soins dentaires et
problèmes sensoriels chez les enfants présentant des troubles autistiques (22) ces enfants
éprouveraient de plus importantes difficultés dans la prise en soin bucco dentaires seraient

3
plus sensibles au bruit qui les entourent conduisant souvent à des comportements agressifs
ou de fuite.

Les facteurs externes, quant à eux, concernent l’environnement familial incluant les parents,
la fratrie, les amis pouvant transmettre leur angoisse face à de mauvaises expériences de
façon inconsciente ou bien en leur racontant leur mésaventure ce qui créera un climat de
méfiance de la part de l’enfant (23,24).
Le statut socio-économique aurait un impact important dans l’anxiété dentaire. Selon
Bourassa (21), les personnes à faible revenu et ayant un niveau d'éducation relativement bas
auraient tendance à éviter les soins dentaires réguliers en raison du coût élevé et d'un manque
de sensibilisation à l'importance d'un suivi médical. Ils ne consulteraient un dentiste qu'en cas
de symptômes ou de douleur, dans une situation d'urgence. Cela créerait un cercle vicieux où
l'anticipation de la douleur pourrait provoquer de l'anxiété et donc éviter les soins dentaires,
et aggraver leur état dentaire.
Lorsque les personnes souffrent d'anxiété dentaire, cela peut être à l’origine de toute une
série de symptômes physiques, comportementaux, cognitifs et émotionnels. Chez l’enfant on
peut observer des comportements violents/opposants (refuse d’entrer dans la salle de soins,
se jette par terre, pleure, s’agrippe à sa mère), l’enfant peut également être logorrhéique en
posant de nombreuses questions, en gesticulant sur le fauteuil de soin. On peut aussi
constater une augmentation de la respiration pouvant devenir irrégulière, l’enfant peut se
sentir oppressé, avoir les mains moites, trembler, et présenter des céphalées (3,25).

Le dentiste et son équipe sont responsables de la prise en charge de l'enfant lorsqu'il se rend
chez eux pour des soins dentaires. Il est important que tous les membres de l'équipe aient une
connaissance du développement et de la psychologie de l'enfant pour créer une relation
thérapeutique positive (19). L'accueil réservé à l'enfant et à sa famille joue un rôle important
dans l'ambiance de la consultation.
Cependant, il est également du rôle des parents de préparer leur enfant à recevoir ces soins.
Sidney Bernard Finn, une spécialiste de la dentisterie pédiatrique (26), a souligné l'importance
« d'éduquer » d'abord les parents afin d’obtenir des résultats favorables chez les enfants. Si
les parents ne sont pas impliqués, il est difficile d'instaurer une éducation et une prévention

4
efficace, car l'enfant aura tendance à adopter l'attitude de ses parents, souvent négative et
craintive, et coopérera moins bien.
Pour faire face à ce problème, il existe différentes stratégies « anxiolytiques ».

1.3. Les différentes approches utilisées

1.3.1. Les approches non médicamenteuses


Face à un enfant anxieux, le chirurgien-dentiste doit établir une relation de confiance avec
l’enfant et communiquer avec lui pendant la durée du soin. Il est donc essentiel de ne pas lui
mentir et de dédramatiser les évènements désagréables en lui expliquant leur importance
dans un langage approprié. Pour cela, le chirurgien-dentiste a à sa disposition de nombreuses
techniques non pharmacologiques telles que l’approche comportementale (Dire-Montrer-
Faire), signalisation stop, renforcement positif, apprentissage par modélisation, distraction) et
les thérapies cognitivo- comportementales (la relaxation, la désensibilisation, l’affirmation de
soi, l’hypnose, l’acupuncture, la RESC ou encore la musicothérapie). Pour Leroy et al (27) ces
procédures sont essentielles pour assurer un confort aussi bien lors de soins dentaires, que
lors de soins médicaux en général.

[Link]. Les approches comportementales


Les méthodes sont nombreuses à avoir été proposées, mais les trois moyens le plus souvent
utilisés avec les enfants sont :
[Link].1. « Dire Montrer Faire » (Tell-Show-Do)
Addelston a introduit cette méthode en 1959. Elle repose sur les fondements de la théorie de
l’apprentissage (28). Cette mise en forme comportementale vise à accroître la prévisibilité et
à réduire l’incertitude liées à la pratique des soins dentaires (29). Pour commencer, le « Dire
» implique de décrire de manière imagée et adaptée ce qui sera réalisé. On peut à cette étape
familiariser l’enfant avec les instruments en écoutant les sons, en sentant les produits et en
manipulant les instruments. Le « Montrer » sert à présenter la procédure en se servant par
exemple du doudou de l’enfant afin que celui-ci puisse visualiser les étapes et enfin le « Faire
» est le moment ou le praticien réalise l’acte sur l’enfant (Fig 1). Cette méthode est utile pour
les patients ayant une anxiété légère ou modérée et qui demande des explications mais ne
convient pas aux patients phobiques (3,11,21).

5
Figure 1 : Méthode Dire Monter Faire : praticien pratiquant la sensibilisation sur enfant de 3
ans anxieux et avec troubles de l'oralité (courtoisie Dr Camoin)

[Link].2. Le « Stop » signal


Il est essentiel de définir des signaux d’arrêt du traitement en concertation avec le jeune
patient avant de commencer le traitement. Cela permettra au patient de se sentir en partie
responsable du processus et rassuré de pouvoir interrompre le traitement en cas de problème
mais il est important que l’enfant ne nous trompe pas en mentant. Le signal le plus
fréquemment utilisé est le geste de lever la main, et le praticien doit alors immédiatement
arrêter le soin afin de préserver la relation de confiance qui a été établie avec l’enfant
(3,11,30).

[Link].3. Le renforcement positif


La stratégie consiste à féliciter les enfants pour leur comportement coopératif ou leur
amélioration comportementale, en soulignant le résultat positif, même s’il est mineur, afin de
les encourager à le reproduire à l’avenir. Même en cas de difficultés comportementales
pendant le traitement, ces dernières sont mises de côté pour valoriser la réussite de la
procédure. Il est également possible de récompenser l’enfant avec des compliments verbaux
ou avec un petit cadeau à la fin du traitement pour renforcer son comportement positif, à
condition qu’il se soit bien comporté. Cette technique est basée sur la théorie de Skinner, qui
met en évidence l’apprentissage des comportements appropriés par leurs conséquences
(11,30–32).

6
[Link]. Les Thérapies Cognitivo- Comportementales

Actuellement en France, les Thérapies Cognitivo- Comportementales (TCC) constituent un


courant de psychothérapie important, largement influencé par les études randomisées
contrôlées. Les premiers essais sur la thérapie comportementale remontent à 1913, avec
Watson, tandis que la thérapie cognitive a été développée dans les années 1960 par Albert
Ellis et Aaron Beck. C’est une thérapie brève qui vise à remplacer les pensées négatives et les
comportements inadaptés par des réactions et des pensées en adéquation avec la réalité (20).
Si un enfant présente une forte anxiété ou une phobie, ce type de thérapie est nécessaire.
Cela implique l'utilisation de techniques spécialisées qui requièrent une formation spécifique
et l'implication d'un spécialiste tel qu'un psychologue, un psychothérapeute ou un
pédopsychiatre (3,30).
Parmi ces thérapies nous retrouverons les thérapies d’exposition prolongées, l’affirmation de
soi, la désensibilisation. Il existe d’autres approches non médicamenteuses de gestion
comportementale comme la relaxation par l’intermédiaire ou non de la sophrologie,
l’hypnose, l’acupuncture, la RESC (Résonance Energétique par Stimulation Cutanée) ou encore
la musicothérapie.

L'Association Américaine de Pédiatrie Dentaire (AAPD) considère que les méthodes


traditionnelles de gestion comportementale et les approches psychologiques citées
précédemment sont toutes valables. Cependant, leur mise en œuvre peut être entravée par
divers obstacles, tels que le coût supplémentaire en temps, le manque de confiance des
praticiens dans les méthodes existantes et la non-reconnaissance de leur importance par le
système de santé. De plus, la formation initiale dans ce domaine est considérée comme
insuffisante et inégale en fonction des universités et des hôpitaux, surtout en ce qui concerne
la pratique clinique. Malgré cela, les dentistes demandent une formation initiale et continue
plus approfondie dans ce domaine (31,33).
1.3.2. Les approches médicamenteuses et leurs limites
Les méthodes pharmacologiques sont utilisées lorsque les approches comportementales ne
suffisent pas à calmer l’anxiété de l’enfant pour recevoir des soins au fauteuil (31). Elles sont
utilisées pour traiter les symptômes d’anxiété de manière ponctuelle mais ne résolvent pas le

7
problème à long terme (20). Les méthodes psychologiques de gestion du comportement
restent indispensables pour assurer le succès du traitement sous sédation (34).

Parmi les techniques médicamenteuses sédatives :


- Les sédatifs oraux sont couramment utilisés en association avec les analgésiques pour en
renforcer l'efficacité (35). L’hydroxyzine est la prémédication sédative per os la plus
utilisée pour traiter les symptômes légers d’anxiété. C’est un antihistaminique qui
possède des propriétés anxiolytiques entrainant une légère sédation mais n’affectant pas
la perception de la douleur.
Le diazépam, anxiolytique de la famille des benzodiazépines peut être indiqué mais son
utilisation reste très rare en odontologie pédiatrique en raison de ses nombreux effets
indésirables et doit être faite sous surveillance (19).
- La sédation consciente par inhalation de MEOPA (Mélange Equimolaire d’Oxygène et de
Protoxyde d’Azote) réduit la sensibilité à la douleur et en produit un effet relaxant. La
sédation consciente par inhalation est une méthode fréquemment utilisée en odontologie
pour traiter les patients anxieux ou en situation de handicap (36). Cette technique a des
limites pour les enfants de moins de 4 ans et pour des actes complexes en raison de la
présence d’un masque naso-buccal pour l’inhalation.
- Le midazolam, benzodiazépine hydrosoluble, est réservée uniquement à un usage
hospitalier quel que soit ses voies d’administration. C’est un médicament ayant une action
sédative et hypnotique puissante tout en ayant des effets anxiolytiques, anticonvulsivants
et myorelaxant pouvant induire une amnésie antérograde de courte durée (37). Il peut
être une alternative intéressante pour surmonter les échecs du MEOPA surtout chez les
jeunes enfants afin d’éviter le recours à l’anesthésie générale.
- La sédation profonde n'est pas utilisée pour les soins dentaires dans la plupart des pays
dont la France car elle est considérée comme équivalente à une anesthésie générale, et
son utilisation est donc limitée au milieu hospitalier sous la surveillance d'un anesthésiste,
d’un équipement de surveillance et d’une salle de réveil post opératoire . En France, la prise
orale d'une combinaison de psychotropes ou par l'administration intraveineuse
d'anesthésiques tels que la kétamine (Imalgène®) ou le propofol (Diprivan®) est donc
extrêmement limitée (38). L’anesthésie générale correspond à un état de perte de
conscience (39).

8
Lorsque toutes les autres techniques de sédation ont été infructueuses pour prendre en
charge les soins dentaires, l’anesthésie générale est la dernière option dont dispose le
praticien. Cette procédure est considérée comme un ultime recours, car elle comporte un
risque vital non négligeable. Il est important de noter qu’il n’y a pas d’anesthésie légère et que
le rapport bénéfice/risque doit être minutieusement évalué avant de procéder à l’intervention
(40).

9
II. La musicothérapie

Parmi les différentes approches médicamenteuses ou non, la musicothérapie semble avoir


une indication lors des soins dentaires.

« La musique commence là où s’arrête le pouvoir des mots » Richard Wagner, compositeur


Allemand, 1813-1883

2.1. Définition
Selon la Fédération Française de Musicothérapie (FFM), « La musicothérapie est une pratique
de soin, d’aide, de soutien ou de rééducation qui consiste à prendre en charge des personnes
présentant des difficultés de communication et/ou de relation. Il existe différentes techniques
de musicothérapie, adaptées aux populations concernées : troubles psychoaffectifs, difficultés
sociales ou comportementales, troubles sensoriels, physiques ou neurologiques. La
musicothérapie s’appuie sur les liens étroits entre les éléments constitutifs de la musique et
l’histoire du sujet. Elle utilise la médiation sonore et/ou musicale afin d’ouvrir ou restaurer la
communication et l’expression au sein de la relation dans le registre verbal et/ou non verbal
» (41).
La musique consiste à créer des émotions chez l'auditeur en combinant des sons de manière
artistique. Toutefois, les émotions ressenties à l'écoute de la musique sont subjectives et
dépendent de facteurs tels que les préférences individuelles, les habitudes et le contexte
d'écoute. La distinction entre bruit, son et musique est complexe d'un point de vue
émotionnel, sensoriel et philosophique. Pour clarifier ces notions, la définition proposée par
Pierre Boulez peut être une source d’inspiration : « Tout bruit devient son dès lors qu’il est
produit avec sens » (42). Prenons l’exemple du bruit des vagues qui viennent s’échouer sur la
plage. Ce bruit n’a pas été émis dans un but précis et a peu de sens pour nous. En revanche,
s’il est utilisé afin d’aider les personnes à se relaxer et modifier leur état de conscience ou à
être un repère pour les animaux alors on peut dire qu’il y a production de son.

2.1.1. Eléments constitutifs de la musique

La musique est un langage non verbal (43). Elle offre la possibilité d'utiliser les sons comme
un moyen d'expression ou de transmission de messages. La musique se présente sous forme

10
d'une combinaison d'ondes sonores ordonnées selon des rythmes, des fréquences et des
niveaux d'intensité. On peut la considérer comme une enveloppe sonore (44). Le rythme a un
effet spécifique sur la physiologie humaine. Un rythme régulier peut provoquer une sensation
de calme et de détente, tandis qu'un ralentissement progressif peut diminuer la perception
du temps et faciliter l'endormissement. En revanche, un rythme rapide et saccadé peut
générer une forte tension entraînant une augmentation du pouls, de la respiration et de
l'excitation chez le patient. Il est important de noter que les sourds et les malentendants
peuvent également ressentir les vibrations liées au rythme. Le rythme est perçu et ressenti de
manière différente par chaque individu créant un profil rythmique unique pour chaque
personnalité psychomusicale (45).

[Link]. Caractéristiques du son

Le son est caractérisé par sa fréquence, son amplitude et sa durée (Fig 2).

Figure 2 : Caractéristiques du son (46)

 La fréquence (ou hauteur) :


Elle représente le nombre de vibration par unité de temps, exprimée en Hertz (Hz) (Fig 3).
L’unité pratique est l’octave (46). L’homme entend des sons allant de 20 à 20 000 Hz. En

11
utilisant des fréquences spécifiques, nous pourrons créer des compositions musicales à des
fins thérapeutiques. Nous privilégierons des fréquences basses, lentes et apaisantes, tout en
incorporant des éléments sonores plus aigus et des sons aléatoires pour diversifier le morceau
sans le rendre trop agressif (46).

Figure 3 : Infrasons, fréquence audibles, Ultrasons (46)

 L’amplitude (ou intensité) :


L'amplitude de l'onde sonore est mesurée en décibels et représente le seuil d'audibilité. Plus
elle est grande, plus le son est fort (44).

 La durée :
Elle correspond à la période pendant laquelle la vibration sonore affecte l'environnement dans
lequel elle se propage. Il n'est pas nécessaire de supprimer complètement les autres bruits :
le fait que le patient doive fournir un léger effort pour écouter mobilise son attention de
manière plus efficace. En moyenne, une intensité légèrement supérieure à 5 dB est
recommandée. Il est important que l'intensité ne varie pas brusquement (44).

[Link]. L’harmonie

Le timbre correspond à l’ensemble des traits distinctifs permettant de reconnaitre un


instrument ou une voix particulière. Il permet de différencier deux sons ayant la même
fréquence et la même amplitude. Le timbre résulte de la combinaison de sons
harmoniques(46).

12
Dans l’Antiquité grecque, l’harmonie désignait des notes se succédant pour former des
gammes et des mélodies. De nos jours, elle s’intéresse à l’axe vertical du temps c’est-à-dire à
la superposition d’au moins trois sons entendus simultanément. Selon les travaux de Jacques
Chailley, dans le langage occidental « un son n’est pratiquement jamais compris comme un
son pur, mais comme un extrait d’un ensemble de sons, appelé accord. C’est le rapport de cet
accord avec ceux qui l’entourent qui constitue l’ensemble essentiel de la syntaxe
musicale »(47). Lorsque nous écoutons de la musique, notre cerveau analyse une variété de
fréquences sonores qui sont superposées, et doit suivre les règles d'harmonie et de rythme.
Par conséquent, même sans être musicien, n'importe qui a la capacité de détecter une fausse
note ou une erreur de rythme dans une partition.
De plus, l’accordage de l’instrument joue un rôle important. Aujourd’hui, les instruments sont
accordés à 440 Hz, règle de l’harmonie instaurée au cours du XXème siècle. Avant cela,
l’accordage était de 432Hz et c’est d’ailleurs cette fréquence qui est fréquemment utilisée en
musicothérapie. Brian T Collins, compositeur dit que « l’accordage naturel à 432 Hz a des
effets profonds sur la conscience et aussi au niveau cellulaire de notre corps. Par la re-
syntonisation des instruments musicaux et l’usage de l’accordage de concert à 432 Hertz au
lieu de 440 Hertz, vos atomes et l’ADN commencent à résonner en harmonie avec la spirale
de joie de la nature ». Etant donné le manque d’études sérieuses sur le sujet, il faut considérer
ces propos avec prudence mais il faut pourtant noter que cet accordage est largement utilisé
en médiation et musicothérapie de nos jours (46).

[Link]. Le rythme et le tempo

Le tempo exerce une influence sur le caractère de chaque personne. Il est important d’ajuster
le tempo en fonction du tempérament de la personne que nous cherchons à sensibiliser. Une
personne calme et posée sera moins réceptive à une musique rapide, tandis qu'une personne
hyperactive sera plus facilement captivée par un tempo soutenu en séance de
musicothérapie. De plus, Stéphanie Khalfa, chercheuse au CNRS à l’Institut de Neurosciences
de la Timone à Marseille a pu constater au cours d’une expérience que la musique douce a
été employée comme anti-stress ayant pour effet de réduire le taux de cortisol. De plus, les
genres musicaux tels que la musique baroque, spirituelle ou de relaxation ont un effet calmant

13
sur nos sens et peuvent aider à réduire notre niveau d'agitation. Le tempo lent de ces
musiques contribue à abaisser notre fréquence cardiaque et à faciliter notre respiration (46).

2.2. Histoire

La musique est une forme d'expression artistique qui remonte à l'aube de l'humanité.

2.2.1. Musique à la Préhistoire

Elle est utilisée à des fins thérapeutiques dans différentes cultures à travers le monde comme
en témoignent de nombreuses découvertes archéologiques. Des rythmes et des sons ont été
associés à des plantes aux propriétés médicinales et à des danses chamaniques dès la
préhistoire. Cette utilisation thérapeutique de la musique s'est perpétuée à travers les
époques et les cultures (48).

2.2.2. Musique dans Egypte Ancienne

Dans la culture de l’Egypte Ancienne, la musique faisait le lien entre les hommes et les dieux.
Les incantations jouaient un rôle crucial dans la guérison des maladies comme en témoigne le
papyrus d’Ebers, un parchemin long de 20 mètres, composé de 108 pages et contenant 700
remèdes et formules magiques. « Quand le malade prend sa médecine, il doit chanter
l’incantation appropriée ». Ce papyrus révèle des connaissances en matière de guérison ainsi
que des incantations visant à éloigner les démons causant les maladies (49).

2.2.3. Musique chez les Hébreux

Des passages de la Bible font référence à l'utilisation de la musique pour traiter l'angoisse et
la dépression. L'histoire de David jouant de la cithare pour apaiser le roi Saul est un exemple
de pratique musicale thérapeutique qui existait déjà à l'époque. « Ainsi à chaque fois que
l'esprit de Dieu assaillait Saul, David prenait la cithare et il en jouait ; alors Saul se clamait, il
allait mieux et le mauvais esprit s'écartait de lui ». Ce passage de la Bible est reconnu comme
l’un des premiers témoignages de l’utilisation de la musique à des fins thérapeutiques en
particulier pour ses effets apaisants et relaxants (50).

14
2.2.4. Musique dans la Grèce Antique

L'Odyssée relate une histoire où un chant a réussi à stopper le saignement d'une blessure
infligée par une arme. Dans l'imaginaire grec, la musique était également considérée comme
un moyen d'interaction avec les divinités, comme en témoigne l'histoire d'Orphée, qui aurait
endormi le cerbère grâce à sa musique pour aller chercher sa femme Eurydice dans les enfers
(51). Des philosophes tels qu'Hippocrate, Pythagore et Platon considéraient la musique
comme une véritable science ayant ses fondements dans la physique, les mathématiques et
la médecine. Pythagore attachait une grande importance à l'harmonie musicale et croyait en
ses pouvoirs curatifs à travers certains rythmes et mélodies. Selon lui, la musique servait de
lien entre les énergies cosmiques et l'homme (52). Platon (428 - 348 avant J.-C.) décrit la
musique comme l’âme de l’univers « La musique est une loi morale ; elle donne une âme à
l’univers, des ailes à la pensée, un essor à l’imagination, un charme à la tristesse, de la gaieté
et de la vie à toute chose. Elle est l’essence de l’harmonie, qu’elle rétablit et élève vers tout
ce qui est bon, juste et beau dont elle est, bien qu’invisible, la forme éblouissante,
passionnante, éternelle ». Quant à Aristote (384 - 322 avant J.-C.) « Les arts du rythme
améliorent le moral, l’anxiété disparaît, le calme, la sérénité, la réussite apparaissent ». Tous
les deux ont participé à l'élaboration d'une théorie sur les effets positifs de la musique sur
l'esprit humain (53).

2.2.5. Musique en Chine Impériale

Selon François Picard, en Chine Impériale, les érudits associaient à chaque organe une
résonance sonore, considérée comme « un lien établissant l’harmonie de l’homme entre le
ciel et la terre ». Cette croyance a donné naissance à un répertoire d’environ une centaine de
méthodes de musicothérapie (54).

2.2.6. Musique au Moyen-Âge

Au Moyen Âge, dans l’Italie, la musique a engendré la tarentelle, une danse thérapeutique
destinée à traiter les symptômes du tarentisme, une pathologie mentale supposée causée par

15
les morsures de tarentules, des grosses araignées noires et velues. Pour guérir, les patients
devaient chercher un musicien qui jouerait de manière continue jusqu'à ce que les symptômes
disparaissent. Au moment de la crise, le musicien jouait de la musique pendant que le patient
devait s'exprimer et danser pour libérer la tension. La tarentelle associait ainsi danse et
musique, avec un tambourin pour la rythmique et un violon pour la mélodie, mais d'autres
instruments tels que la guitare, la harpe, la bombarde, la lyre et l'accordéon étaient également
utilisés (55).

2.2.7. Musique du XV au XIXème siècle

Il a fallu attendre la période de la Renaissance pour que l’homme retrouve sa position face à
Dieu et que la musique soit appréciée à sa juste mesure. En termes de musicothérapie, la
musique aura pour objectif de rétablir l’équilibre altéré, de stimuler et de calmer les patients
ainsi que de leur redonner de l’énergie et de la vitalité (53). Dès que le terme « fou » a été
remplacé par « malade » en psychiatrie, les débuts de la musicothérapie sont apparus avec
l’émergence de nouveaux traitements. En 1801, dans sa thèse Dr Pinel a exposé l’intérêt du
violon pour aider à guérir un malade, ce qui a attiré de plus en plus de personnes, y compris
le Dr Esquirol qui a travaillé sur « le traitement moral de la folie » à la Salpêtrière. Ensemble,
ils ont observé les réactions des patients lorsqu’ils jouaient ou écoutaient de la musique. En
1882, le Dr Francisco Vidal y Carreta de Barcelone a présenté une classification des
compositions musicales basée sur leurs effets sur l’organisme dans sa thèse (52).

2.2.8. Musique au XXème siècle

Malgré les progrès réalisés, l’intérêt pour la musique dans le domaine médical a été ralenti
jusqu’en 1950. Les découvertes scientifiques remarquables telles que les rayons X (1895), la
pénicilline (1928) et la chimiothérapie (1942) ont été privilégiées, laissant peu de place pour
la musique. Ce n’est qu’à partir du milieu du XXe siècle que l’idée d’une profession liée à la
musique a commencé à émerger à l’état expérimental, notamment dans les pays occidentaux,
afin de soulager les traumatismes de la guerre (56). Jacques Jost, ingénieur du son français, a
proposé dès 1954 l’hypothèse que la musique pouvait agir sur le corps, s’appuyant sur des
données cliniques recueillies en collaboration avec le laboratoire d’encéphalographie de la

16
Clinique des Maladies Mentales et de l’Encéphale de la faculté de médecine de Paris. Les
Docteurs Guilhot et Garnier ont également participé à cette recherche, faisant d’eux des
pionniers de la psychothérapie musicale (57). Fondé en 1971 par Jacques Jost, le Centre
International de Musicothérapie (CIM) est le premier centre français dédié à la formation et à
la recherche en musicothérapie. Cette association loi 1901 (ARATP) a organisé le premier
Congrès de Musicothérapie en 1974 et a été à l’origine de la recherche et de l’application de
la musicothérapie dans plus de 400 institutions (58). En 1981, Jacqueline Verdeau-Pailles et
Pierre Pennec ont créé l’AFM (Association Française de Musicothérapie), une association qui
a positionné la musicothérapie au niveau universitaire en créant le diplôme de musicothérapie
(50). Bien que la musique utilisée à des fins thérapeutiques se développe grandement dans
d’autres pays (ex : Association de musicothérapie américaine en 1950), la France occupe une
place prépondérante dans ce domaine. En effet, le premier congrès mondial sur la
musicothérapie a eu lieu à Paris en 1974. La musicothérapie, bien qu’elle ne soit pas
officiellement reconnue en tant que profession de santé réglementée par la législation
française, est une technique recommandée par les autorités de santé en tant que traitement
non médicamenteux. Elle peut être utilisée dans les établissements de rééducation, les
centres de soins et les hôpitaux (50).
En 1992, une enquête en Allemagne à évaluer son utilisation et recommande la
musicothérapie dans le traitement de l’autisme chez les enfants. Les résultats ont montré que
56% des pédopsychiatres et 14,5% des pédiatres ont recommandé la musicothérapie pour le
traitement de l’autisme, tandis que 25,1% des pédiatres ont jugé la musicothérapie utile pour
les personnes atteintes d’autisme. Les résultats sont significatifs compte tenu du faible niveau
de soutien de la recherche empirique en faveur de la musicothérapie (59).
La musicothérapie est une pratique universelle qui a une longue histoire, et qui est utilisée
dans divers domaines d’intervention tels que le social, la clinique et l’éducatif. Les modèles
théoriques de la musicothérapie varient en fonction des sociétés.

2.3. Différents types de musique

17
2.3.1. Active

La musicothérapie active implique généralement une approche personnalisée et nécessite


l’intervention d’un musicothérapeute. Au cours des séances, les patients sont encouragés à
produire des sons, à utiliser leur corps pour effectuer des mouvements rythmiques en réponse
à la musique. Il n’est pas nécessaire d’avoir des compétences musicales, l’objectif principal
étant de favoriser l’expression de soi, la créativité des patients et un espace d’échange en
ouvrant « des canaux de communication » (60). Les patients sont invités à improviser en
utilisant leur voix, des percussions corporelles ou des instruments de musique, soit de manière
spontanée, soit en suivant les suggestions du musicothérapeute. Les séances peuvent être
individuelles ou en groupe, avec l’objectif d’encourager l’interaction entre les participants
(41). La musicothérapie facilite la communication dans le traitement des troubles
psychiatriques, en plus d’aider les patients à revivre des moments de leur vie et à valoriser
leur estime de soi. Elle peut également maintenir une certaine activité malgré la difficulté de
faire face à une maladie grave en utilisant des jeux de rôle sonores. Des expériences récentes
ont montré que cette méthode était bénéfique dans le traitement des troubles de l’autisme
et de la schizophrénie (61). Elle s’avère ainsi particulièrement adaptée dans les situations où
il y a une absence ou une altération du langage, des fonctions cognitives et des troubles de
communication. Prenons l’exemple de personnes présentant des troubles du spectre
autistique, l’utilisation d’instruments de musique permet d’établir un système de
communication pour les patients rencontrant des difficultés relationnelles et de langage. Dans
ce contexte, les techniques de musicothérapie privilégient le registre non verbal, telles que le
chant, l’improvisation instrumentale ou de mouvements rythmiques. Le musicothérapeute va
porter une attention particulière aux effets de la musique et des sons sur la relation avec le
patient.
Une des valeurs de cette thérapie réside dans son potentiel pour surmonter les inhibitions,
développer de nouveaux modes d’expression et stimuler l’imagination. De plus, elle peut aider
les personnes renfermées sur elles-mêmes ou ayant des handicaps à améliorer leur motricité.
L’idée ici est de s’exprimer grâce et à travers la musique.

18
2.3.2. Réceptive

La musicothérapie réceptive est considérée par Biley comme « une technique contrôlée
d’écoute musicale utilisant son influence physiologique, psychologique et émotionnelle sur la
personne durant le traitement d’une maladie ou d’un traumatisme » (62). Dans le traitement
de la douleur et de l’anxiété, c’est cette technique qui est la plus utilisée.
Avant chaque séance, un programme musical est préparé en fonction de l’entretien initial
avec le patient, qui permet de comprendre ses troubles et d’adapter la thérapie en
conséquence, ainsi que d’un test de réceptivité musicale, tel que celui développé par le
docteur Jacqueline Verdeau-Pailles (63). La thérapie est basée sur l’écoute de musique, qui
peut être diffusée via un casque, un haut-parleur ou même jouée en direct par le thérapeute.
Cependant, l’écoute de la musique n’est thérapeutique que si elle est encadrée par un
environnement précis comprenant des conditions d’écoute appropriées, du matériel adéquat,
une durée et une rythmicité spécifique ainsi qu’une action planifiée. Tout cela a pour but de
créer un environnement sécurisant pour le patient, de stimuler, de révéler des émotions
profondes, enfouies et oubliées en favorisant le transfert et l’associativité (64). « Je ne peux
seulement concevoir la musicothérapie réceptive si elle renforce la possibilité d'une situation
relationnelle entre le thérapeute et le patient ou les membres d'une communauté ou d'une
institution » disait Benezon (65). La musique est donc également utilisée pour faciliter la
communication entre le patient et le praticien.
Mais comment savoir quelle musique choisir et laquelle aura un effet sur le patient ?

Après avoir effectué une évaluation de la réceptivité musicale du patient lors d’un bilan
psychomusical, le thérapeute sera en mesure d’orienter la thérapie vers une technique
particulière (50).
La première technique utilisée est celle de Jacques Jost qui proposait de structurer la séance
par l’écoute de 3 morceaux. Le premier morceau consiste à refléter l’état psychologique du
patient avant ou au début de la séance. Cette musique vise à entrer en résonance avec les
aspects pathologiques et à les exprimer afin que la personne puisse les reconnaître. Le
deuxième morceau a pour objectif de neutraliser ces ressentis négatifs et de préparer la
troisième audition que Jost décrit comme une œuvre thérapeutique (41). Cette technique a

19
pour objectif d’aider le patient à prendre conscience de son état, le reconnaitre et le
combattre.
Edit Lecourt a une autre technique dite de « nourrissage » basée sur l'audition musicale. On
propose au sujet de choisir la ou les musiques qu’il souhaite écouter. Durant la première
étape, le sujet s’imprègne de la musique sans interruption. Puis, dans la deuxième étape, le
thérapeute interrompt la musique pour permettre au patient de verbaliser ses ressentis ou
émotions. Dans cette approche, la musique est utilisée pour susciter des émotions et aider le
patient à s’exprimer plus facilement par la suite (50).
Jean-Marie Guiraud-Caladou a développé une méthode de montage musical appelée « Bande
ou montage en U » (Figure 3), qui permet une transition musicale fluide et sans interruption.
Cette méthode se compose de trois phases distinctes : la première phase favorise la prise de
conscience, suivie d’une phase de relaxation, puis d’une phase d’éveil ou redynamisation. La
détente psychomusicale se base sur les principes de l’hypnose, utilisant des inductions
musicales en remplacement des suggestions verbales. Cette méthode, similaire aux effets de
la sophrologie et de la relaxation en général, est surtout employée dans le traitement de la
douleur, de l’anxiété et de la dépression. Le patient est allongé, les yeux fermés, dans une
pièce peu éclairée. L’objectif de cette méthode est de refléter l’état de tension initiale du
patient au début de la séance à travers un rythme musical rapide (entre 80 et 120 battements
par minute). Ensuite, le premier morceau est enchaîné avec d’autres morceaux ayant des
tempos de plus en plus lents (entre 40 et 60 bpm). Les séances durent de 20 à 45 minutes et
sont composées de plusieurs phases de 5 à 6 morceaux, chacun d’environ 3 à 4 minutes,
enchainés pour un cheminement musical sans interruption. Le but est de guider
progressivement le patient vers un état de détente profonde en réduisant le rythme musical,
la complexité de la composition orchestrale, les fréquences et le volume de la musique. Cette
partie descendante correspond à la partie basse du « U ». À la fin de la séance, la musique
augmente progressivement en tempo, complexité, fréquences et volume (phase ascendante
du « U ») pour redynamiser le patient. La participation active du patient est primordiale, tout
comme la qualité de la relation entre le patient et le thérapeute (66).

20
Figure 4 : Schéma du montage en U (66)

Stéphane Guétin, musicothérapeute et docteur en psychologie clinique, a développé en 2008


avec son équipe le logiciel Music Care, destiné à être utilisé dans le cadre de la thérapie
musicale. C’est une application disponible sur smartphones et tablettes, qui propose des outils
accessibles aux soignants et aux patients pour améliorer leur qualité de vie et leur bien-être
grâce à la musique. Cette application vise à offrir une solution efficace pour lutter contre la
douleur, le stress, l’anxiété et autres troubles en utilisant la musique comme thérapie
complémentaire (67).En plus de ses travaux sur le logiciel Music Care, Stéphane Guétin a
également conduit de nombreuses études qui ont permis de normaliser la technique de la
bande en U et d’évaluer son efficacité dans le traitement de la douleur et de la maladie
d’Alzheimer. Ces études comprennent les premières études contrôlées randomisées menées
en France sur ce sujet (68).

2.3.3. Analytique

C’est une technique complémentaire pour faciliter une relation analytique entre le patient et
le thérapeute. La musique est un outil puissant pour susciter des émotions, qui peuvent
ensuite être verbalisées par le patient. La relation thérapeutique implique donc une
interaction entre le patient, le thérapeute et la musique. Le musicothérapeute choisit la
musique en fonction de l’entretien initial avec le patient, et après l’écoute, il est attentif aux
discours et attitudes du patient afin de favoriser l’expression et le développement de la

21
pensée. Cependant, le but ultime de cette relation thérapeutique est de permettre au patient
de prendre conscience des processus pathologiques qui ont été développés.
La musicothérapie est donc considérée comme une forme de psychothérapie qui s’inscrit dans
les grandes tendances actuelles, et nécessite une formation spécifique pour être pratiquée
(66).

2.4. La musique et les mécanismes d’action sur le cerveau

La musique peut avoir un effet apaisant et réconfortant, et ouvrir la voie à l'imagination et aux
rêves, ce qui en fait une approche thérapeutique intéressante (69). En musicothérapie,
l'objectif n'est pas de développer une compétence, mais plutôt de favoriser le développement
personnel et l'ouverture relationnelle (70).
La musique a un impact émotionnel, physiologique et psychologique sur les individus, bien
que les réponses puissent varier en fonction de leur expérience et de leur sensibilité
personnelle, en particulier en ce qui concerne les réponses affectives et psychologiques.
Cependant, dans l'ensemble, elle peut avoir un effet similaire sur la plupart des patients, ce
qui la rend utile comme moyen de relaxation et même thérapeutique en fonction de ces
réponses suscitées.

Figure 5 : Synthèse des principaux modes d’actions de la musicothérapie (68)

22
Les études faites par le National Institute of Health (NIH) et le centre John F. Kennedy (71)
nous aident à d’approfondir notre connaissance de la manière dont le cerveau interagit avec
la musique et à établir un fondement pour l’application médicale de la musicothérapie.
L’écoute de la musique peut changer le cerveau en modulant la cognition, les émotions, les
sensations et le comportement (Fig 5). Sur le plan sensoriel il peut y avoir une réduction de la
transmission des signaux nerveux le long des fibres afférentes pouvant entrainer une
diminution de la perception sensorielle ou une altération de la sensation. Sur le plan cognitif,
la musique a la capacité d’influencer la manière dont nous percevons les choses. Sur le plan
affectif, la musique a le pouvoir d’influencer nos émotions et notre état d’esprit et peut
stimuler la libération d’endorphine (hormones du bien-être qui agit comme des analgésiques
naturels) dans notre cerveau. Enfin sur le plan comportemental, la musique peut affecter le
contrôle des mouvements corporels et la tension musculaire excessive.

La musicothérapie repose sur l’idée que la musique peut avoir un impact sur l’état
psychophysiologique du patient pouvant ainsi influencer l’évolution de la maladie.

2.4.1. Mécanismes physiologiques

Lin et al (72) présentent une synthèse des connaissances actuelles en neuroscience


concernant le traitement de l'information musicale dans le cerveau (Fig 6).

Figure 6 : Schéma modélisant les circuits cérébraux impliqués dans le traitement d’une
information musicale (72)

23
L’information musicale reçue par la cochlée est transformée en un signal nerveux qui passe
par le nerf auditif atteignant le thalamus, une région importante pour l'intégration des entrées
sensorielles, sensitives et motrices. À ce stade, l'information est relayée au cortex auditif
localisé dans la partie supérieure du lobe temporal, qui se charge d'analyser les aspects de la
musique tels que le timbre, l'intensité, la fréquence, la rugosité… L’expérience émotionnelle,
associée à l’information musicale est une dimension essentielle de la réponse individuelle. Il
semble exister une corrélation entre les émotions ressenties et l'activation de certaines
régions du cerveau.
Des études ont révélé, grâce aux techniques d'observation telles que le PET scan et l'IRM
fonctionnelle, que lorsque l'écoute de la musique engendre une réponse émotionnelle
positive, certaines régions cérébrales sont activées (Fig 7). Parmi ces régions figurent le cortex
orbitofrontal, le cortex cingulaire (qui fait partie du circuit de Papez impliqué dans la
régulation émotionnelle), le gyrus frontal inférieur, l'aire tegmentale ventrale (impliquée dans
le système de récompense), l'hypothalamus, l'insula (étroitement liée aux fonctions
limbiques, donc aussi aux émotions), l'opercule rolandique et le noyau accumbens (72). Ce
dernier joue un rôle crucial dans le traitement du plaisir en raison de sa capacité à libérer de
la dopamine, une neurohormone associée au bien-être, au plaisir et à la bonne humeur. Par
conséquent, la libération de dopamine dans cette région du cerveau pourrait expliquer les
effets positifs de la musique sur l'humeur (73). Le gyrus de Heschl est également mentionné,
cependant cette zone anatomique est principalement impliquée dans le traitement initial de
l'information auditive, plutôt que dans la réponse émotionnelle à la musique. En revanche, en
cas de réponse émotionnelle déplaisante, l'activation concerne plutôt l'hippocampe, le gyrus
parahippocampique, l'amygdale et le pôle temporal (la partie antérieure du lobe temporal)
(72). Des constatations en électro-encéphalographie ont montré que la réponse émotionnelle
varie selon le sexe. Chez les femmes, les émotions agréables sont associées à une activation
plus importante de l'hémisphère gauche tout comme les hommes, mais les émotions
désagréables semblent activer le cerveau de manière bilatérale chez la femme contrairement
à l’homme où une activation plus importante de l'hémisphère droit est observée (72). Boso et
al ont apporté des informations supplémentaires en soulignant que l'écoute de musique
entraîne la libération d'endorphines et d'endocannabinoïdes dans la circulation sanguine.
L'administration de naloxone, antagoniste des récepteurs opioïdes, réduit la sensation de

24
plaisir et/ou de frisson musical, ce qui suggère l'implication des systèmes opioïdes dans les
effets de la musique sur le plaisir. En outre, la musique semble produire un effet somatique
en stimulant la production d'oxyde nitrique (NO), ce qui provoque une vasodilatation, une
sensation de chaleur locale sur la peau et une diminution de la pression artérielle (73).

Figure 7 : Zones cérébrales activées par l’écoute, la lecture ou la production de musique (74)

Il est évident que la réponse physiologique à la musique est un processus complexe


nécessitant la collaboration de plusieurs fonctions. Une analyse plus approfondie de ce
système permettra de mieux cerner les perspectives thérapeutiques de la musique en tant
que médiation.

2.4.2. Action sur l’anxiolyse

La musique agit principalement comme une forme de distraction, en détournant l'attention


du patient de la source d'anxiété vers elle-même. En offrant une évasion momentanée de la
situation stressante, elle peut jouer un rôle crucial dans la prise en charge de l'anxiété (75). Le
choix d'une musique connue ou sélectionnée par le patient pourrait faciliter l'effet de
distraction de la musique, en détournant l'attention de la source d'anxiété et en induisant des

25
émotions positives. Cela pourrait améliorer la gestion de l'anxiété et de la douleur. La musique
agirait alors comme un moyen pour le patient de revivre des situations ou émotions associées
à la musique, lui permettant ainsi de mieux gérer ses émotions.

2.4.3. Action au niveau cognitif

Sur le plan cognitif, Schellenberg a constaté une corrélation positive entre l'enseignement de
la musique et la plupart des subtests d'intelligence (incluant le QI global) ainsi que le niveau
scolaire (76). Cette corrélation s'est avérée être influencée par la durée de l'apprentissage, et
a été démontrée sur une cohorte de 147 enfants âgés de 6 à 11 ans. À court terme, une étude
randomisée contrôlée menée par Schellenberg (2004) a également montré une légère mais
significative amélioration du QI chez 132 enfants de 6 ans qui ont suivi des cours de musique
pendant un an (par rapport à ceux qui ont suivi des cours de théâtre) (76).

La musique semble exercer une influence positive sur le fonctionnement cognitif de l'individu
en activant à la fois le réseau émotionnel et le système d'éveil (77).

2.4.4. Action au niveau psychosocial

La musique favorise une communication améliorée entre le praticien et le patient. La


suggestion d'écouter de la musique pendant un soin représente une avancée dans la relation
entre les deux individus, créant un environnement confortable et paisible pour le patient.
Toutefois, il est important de considérer les facteurs personnels qui peuvent influencer la
réceptivité à la musique, tels que l'âge, le sexe, l'état des fonctions cognitives, l'éducation, les
préférences musicales et l'expérience passée du patient (78).
Chaque individu a une perception musicale unique et il n'y a pas de musique universelle
spécifique pour traiter l'anxiété ou la douleur. Des chercheurs ont observé que la musique a
un pouvoir vibratoire au niveau cellulaire, ce qui peut activer certaines r éponses immunitaires
en fonction de la fréquence de chaque cellule du corps (53).

Lorsqu'on utilise la musique comme thérapie, il est essentiel d'informer le patient et de veiller
à sa participation active et volontaire, contrairement à l'utilisation de la musique pour créer
une ambiance calme et détendue. Cette méthode thérapeutique convient à une population

26
sensibilisée et disposée à participer activement, tout comme les autres médecines dites
alternatives.

2.5. Indications

La musique possède des propriétés dynamiques, non invasives, flexibles et agréables qui en
font un moyen particulièrement approprié pour les enfants et adolescents. Selon Standley et
Whipple (9), une méta-analyse de 29 études observationnelles a révélé que la musique est
efficace pour réduire l'anxiété et la douleur chez les nourrissons, les enfants et les adolescents
(7). Cependant, il est important que le praticien ajuste le volume sonore afin de garantir une
communication efficace avec son patient. La musique est désormais largement utilisée dans
divers domaines médicaux et hospitaliers tels que la pédiatrie, la médecine néonatale, la
gériatrie, la stomatologie, la psychiatrie et l'obstétrique, et elle apporte de nombreux
bienfaits. Depuis 1999, la France dispose d'une convention nationale culture-santé signée
entre les ministères, réactualisée depuis 2010 avec l'introduction des agences régionales de
santé qui se dotent d'un référent sur cette thématique, visant à promouvoir les activités
culturelles à l'hôpital, notamment l'utilisation de la musique (79). En 1914, le Dr Evan O’Neil
Kane, chirurgien de Pennsylvanie, a été le premier à installer un phonographe dans son bloc
opératoire. « Le phonographe parle, chante ou joue (…) et remplit les oreilles du patient
perturbé de sons agréables et son esprit d'autres pensées que celle du danger présent. (…) Il
n’est pas rare que les patients nerveux supplient que le phonographe continue de jouer, s’il
s’est arrêté ». Marie Louise Aucher, pionnière dans la recherche sur la psychophonie, utilisait
la musique pour préparer les mères à l'accouchement (80).

27
En résumé, la musicothérapie est indiquée pour tous les patients, mais elle est
particulièrement adaptée :

 Aux personnes ayant des troubles cognitifs, psychiques, physiques, autistiques,


comportementaux présentant des difficultés de communication et des difficultés
psycho-sociales
 Aux enfants anxieux avec une non-coopération lors des soins
 Aux adultes présentant une anxiété ou phobie
 Aux patients en soins palliatifs comme accompagnement psychologique
 Aux patients présentant des troubles du sommeil comme des réveils nocturnes, et une
mauvaise qualité du sommeil (64)

La musique peut jouer un rôle essentiel dans la guérison, l'amélioration ou le maintien de la


santé mentale, physique et émotionnelle d'un individu. Elle joue un rôle d’apaisement vis-à-
vis des patients mais également vis-à vis de l’équipe médicale. Une étude a montré qu’elle
contribue à l’amélioration de l'humeur des patients et des soignants rendant leur séjour à
l'hôpital plus agréable afin de fixer l’attention de l’équipe médicale (91).

2.5.1. Application pratique en cabinet dentaire

On utilise les propriétés de la distraction de l'attention en se concentrant d'abord sur la


perception, puis sur l'écoute de sons rassurants pour contrer les effets néfastes des bruits
désagréables produits par l’instrumentation dentaire. La présence de musique dans le cabinet
dentaire permet également de combler les moments de silence pendant les traitements,
lorsque le dentiste est concentré sur ses actes. Les sons graves peuvent ajouter de la
profondeur et de la chaleur, tandis que les aigus apportent de la brillance et de la clarté. Il est
recommandé de réduire les fréquences aiguës pour éviter les sons stimulants. Il est important
de régler le volume sonore de la musique à un niveau raisonnable afin de permettre une
communication normale entre les personnes présentes. Bien que la radio soit le moyen de
diffusion le plus courant et permette de varier la musique, elle présente des risques de bruits
parasites et de publicités souvent agressives et stimulantes. De plus, certaines musiques
peuvent ne pas être adaptées à la détente en raison de leur rythme saccadé. Il est préférable

28
d'utiliser des enregistrements de musique sélectionnée ; la musique classique pouvant être
une option. La diffusion se fera généralement via des haut-parleurs installés dans la salle
d'attente, le cabinet de travail et le secrétariat. Il est important de prendre en compte les
préférences des patients : la plupart souhaitent une amélioration de la salle d'attente et donc
une ambiance musicale (96,4%) (81). Cependant il y a un risque de surconsommation pouvant
causer une nuisance sonore pour le praticien et le personnel.

2.6. Contres indications

Il existe certaines situations où la musicothérapie n’est pas recommandée :

-Le refus du patient

-L’insensibilité à la musique (amusie) : 4% de la population mondiale souffre d'amusie, une


maladie soit génétique soit congénitale culturelle ou provenant d’une lésion cérébrale. Cette
maladie est caractérisée par une inaptitude musicale permanente, malgré le bon
fonctionnement de l'appareil auditif du patient. Il existe plusieurs types d'amusie, chacun
touchant une région cérébrale différente (82). Le professeur Hervé Platel, neuropsychologue
de l’université de Caen et spécialisé dans le traitement de la musique sur le cerveau, a publié
un article sur l'anhédonie, un symptôme médical qui se manifeste par l'incapacité d'une
personne à ressentir des émotions positives lors de situations de vie qui étaient considéraient
comme agréables (83,84).On a longtemps cru que le ressenti de la musique était quelque
chose d'universellement partagé, et on se rend compte que ce n'est pas le cas. Il existe dans
la population une forme d'anhédonie spécifique à l'écoute de la musique. Ceci est tout à fait
nouveau en 2017 (85).

- L’épilepsie musicogène : Des études ont mis en évidence les effets positifs de la musique sur
l'épilepsie. Une recherche a été menée sur 21 patients atteints d'épilepsie entre septembre
2012 et mai 2014. Cette étude a consisté à enregistrer les ondes cérébrales des patients
pendant l'écoute de deux morceaux de musique différents : le deuxième mouvement de la
sonate K448 pour deux pianos de Mozart et My Favorite Things de John Coltrane, après 10
minutes de silence. Les résultats ont été présentés lors du 123ème congrès annuel de
l'association américaine de psychologie, et ont montré que ces patients atteint d’épilepsie du

29
lobe temporal étaient suffisamment sensibles à la musique pour que son utilisation puisse
être envisagée dans la gestion des crises. Cependant, chez certains patients épileptiques, la
musique peut déclencher des crises, ce qui nécessite une enquête médicale approfondie pour
éviter de telles complications (86).

- Les troubles auditifs ou patients malentendants : Des musicothérapeutes, tels que M. Alain
Carré, sont capables d'utiliser la musicothérapie chez des patients souffrant de surdité en leur
proposant des exercices musicaux adaptés à leur condition auditive altérée (87). Cependant,
cette pratique requiert un apprentissage technique long et complexe, ce qui la rend difficile à
mettre en œuvre au sein d'un cabinet dentaire.

-Les pathologies hallucinatoires : la musicothérapie peut être contre indiquée chez les patients
souffrant de certaines pathologies psychiatriques, car elle peut provoquer des réactions
inattendues telles que des hallucinations auditives. Dans ces cas, une évaluation minutieuse
de l'historique médical et du profil du patient est nécessaire (66).

2.7. Avantages et limites

2.7.1. Les avantages

La musique est un outil thérapeutique simple, peu coûteux, non invasif et sans effets
secondaires. Elle est employée depuis longtemps par les chirurgiens-dentistes et les médecins
dans la salle d'attente et la salle de soins. Elle peut être utilisée pour remplir les silences,
couvrir les bruits stressants des instruments, détendre l'atmosphère et distraire l'attention du
patient notamment. L'utilisation de la musique permet de créer une atmosphère plus
agréable, d’améliorer les conditions de travail, de donner l'impression que les soins sont plus
courts, de réduire la douleur en réduisant la tension nerveuse et d’améliorer l'image du
praticien (88). Elle constitue un élément non verbal de communication avec l'enfant. De plus,
la musique possède une forte valeur affective permettant une riche expression émotionnelle
accessible à tous, contrairement au langage verbal qui peut être une barrière à la
communication. Actuellement, elle est couramment utilisée dans la plupart des cabinets
dentaires comme un outil anti-stress facilement accessible. Selon une enquête menée par

30
Robin et Vinard auprès de 112 praticiens et 141 patients, 92,2% des patients interrogés étaient
favorables à son utilisation dans le cabinet dentaire (81).

2.7.2. Les limites

Bien que la musicothérapie accompagne les soins dans le domaine de la santé, ses effets ne
font pas assez l’objet de suffisamment d’études fiables pour en faire un traitement à elle seule.
Par conséquent, en cas de stress important, de dépression ou de tout autre symptôme, il est
important de consulter un médecin. Certains auteurs lui attribuent parfois des pouvoirs
exagérés, et bien que cette discipline puisse être utile dans de nombreux cas, certaines
pathologies et états cognitifs ne pourront pas être traités uniquement par cette méthode et
nécessiteront également l'intervention de professionnels tels que des psychologues, des
psychiatres ou des médecins. Il est préconisé de chercher des praticiens ayant une formation
adéquate, car la relation avec le praticien (habituellement un psychothérapeute) joue un rôle
crucial dans le processus. Il est aussi important de faire la distinction entre la musicothérapie
proprement dite (qui est une thérapie d'accompagnement psychologique et cognitif) et
l'utilisation médicale de la musique (65). En dentisterie, la musique est utilisée comme une
aide à la réalisation des soins sur les patients anxieux, mais elle ne remplace pas un suivi
psychologique réel en cas de phobie avérée par exemple. Outre sa dépendance au patient, la
musicothérapie est également dépendante du praticien. Chaque praticien a un discours et une
approche des patients qui lui sont propres, ce qui souligne l'importance de se renseigner et
de se former à l'utilisation de cette discipline. Il est essentiel de modérer l’utilisation du terme
« musicothérapie » car il faut avoir suivi une longue formation pour l’utiliser correctement. En
effet, certains l’utilisent alors que leur activité est plus occupationnelle que thérapeutique
(80). La musicothérapie est moins efficace sur les douleurs les plus intenses et certains
handicaps physiques ou comportements violents qui ne permettront pas au patient de
prendre part à des séances de musicothérapie active et collectives.
En dentisterie pédiatrique, certaines études montrent que la fréquence cardiaque de certains
enfants soumis à une situation de stress avant anesthésie pouvait diminuer s'ils écoutaient de
la musique de leur choix (89). Aitken a cependant conclu que la musique utilisée comme
distraction ne permettait pas de réduire la douleur, l'anxiété ou les comportements
inappropriés chez les jeunes enfants (90). Bien que cette méthode n'ait pas d'effets probants,

31
les patients la considèrent de manière favorable et choisissent souvent d'écouter de la
musique lors de leurs visites suivantes lorsque cela leur est proposé (90).

L'utilisation "légère", réceptive et individuelle de la musicothérapie dans le c ontexte du


cabinet dentaire atténue les limites précédemment évoquées.

32
III. Musicothérapie et soins dentaires chez l’enfant : données actuelles

3.1. Rappel de la question de recherche

Nous avons pu observer que la musique existe depuis le début de l’humanité. Son but est de
susciter des émotions chez l'auditeur en combinant les sons. Cependant, les émotions
ressenties en écoutant de la musique sont subjectives et dépendent de nombreux facteurs
internes et externes propre à chacun. La musique possède des caractéristiques dynamiques,
non invasives et plaisantes faisant un moyen particulièrement adapté aux enfants et aux
adolescents. La musicothérapie médicale est utilisée pour aider les personnes ayant des
problèmes psychiques, physiques, comportementaux ou des difficultés psychosociales. Elle
est principalement destinée aux enfants anxieux, non coopératifs et non confiants, aux adultes
anxieux/phobiques ainsi qu'aux patients atteints d'un handicap mental avec lesquels la
communication est difficile. La musique est maintenant largement utilisée dans différents
domaines médicaux et hospitaliers.
L'objectif de cette recherche est de mettre en évidence l'effet de la musicothérapie dans le
traitement de l'anxiété chez les enfants lors de soins dentaires.

3.2. Matériel et méthode

3.2.1. Méthode de recherche

L'examen a été réalisée en suivant les recommandations du guide PRISMA (Preferred


Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses).
Pour la sélection des études, une lecture critique des publications de janvier 2013 à mai 2023
a été réalisé en consultant les bases de données suivantes : Cochrane Library, PubMed et Web
of sciences.
La recherche a été menée le 15 Juin 2023 jusqu’au 1er Septembre 2023 en utilisant les termes
MeSH et la formule de mots suivants :

- Mots clés pour la recherche MeSH terms: Music, Music Therapy, Audioanalgesia,
Children, Child, Dental Care, Dental anxiety, Dental phobia

33
- La formule utilisée est la suivante: (((((((music) OR (music therapy)) OR
(audioanalgesia)) AND (children)) OR (child)) AND (dental care)) OR (dental phobia))
OR (dental anxiety)

3.2.2 Critères d’inclusion

Les critères d’inclusion pour cette revue sont les suivants :


- Les articles concernant l’odontologie pédiatrique
- Les études cliniques in vivo
- Les études cliniques portant sur les enfants de 0 à 18 ans
- La présence des mots clés dans le titre et/ ou le résumé
- Obtention d’un consentement éclairé
- Les articles en langue anglaise et française
- Les articles publiés de janvier 2013 à mai 2023
- Les articles décrivant tout lien entre la musicothérapie, l’anxiété, les soins dentaires
chez les enfants
- Les études portant sur l’association de musique avec d’autres méthodes alternatives
pour réduire l’anxiété
- Etudes avec un texte intégral disponible

3.2.3. Critères d’exclusion

Les critères d’exclusion de l’étude sont les suivants :


- Etudes concernant les adultes
- Etudes de cas cliniques
- Etudes portant sur des soins hors dentaire et réalisation de la musicothérapie active
- Articles écrits dans une autre langue que l’anglais et le français
- Article datant d’avant janvier 2013
- Revue systématique de la littérature

34
3.2.4. Sélection des articles

Les articles scientifiques ont été triés initialement en se basant sur l'examen de leurs titres et
de leurs mots-clés. En cas d'incertitude quant à la thématique de l'article après cette première
étape, les résumés étaient systématiquement pris en considération. La lecture complète était
ensuite effectuée pour décider définitivement d'inclure ou exclure l'article de l'analyse
systématique de la littérature (Fig 8). La méthode de sélection menée en double aveugle a été
reproductible. Si un désaccord avait lieu lors de la sélection d’un article, un consensus entre
les deux opérateurs (MD et AC) était recherché. Nous avons trouvé 136 études en insérant
notre formule sur les 3 sources bibliographiques. Parmi eux, 91 articles ont été rejetés après
la lecture des titres et 10 études ont été identifiées comme doublons et ont été exclues. Sur
les 38 sélectionnés, 32 ont été retenus sur la base de leur résumé. Seuls 18 articles n’étaient
pas accessibles en lecture intégrale. La sélection définitive de la revue systématique
comprenait 14 études.

Figure 8 : Schéma récapitulatif de la synthèse, Flow chart

35
3.3. Résultats

3.3.1. Caractéristiques des études sélectionnées

L’extraction des données de notre revue de littérature a permis de mettre en évidence que
plus de trois quarts des études retenues étaient des essais comparatifs randomisés (Fig 9). Un
tiers des articles retenus ont été publiés ces 3 dernières années (Fig 10). La plupart des auteurs
des articles sélectionnés sont d’origine indienne (Fig 11).

Figure 9 : Diagramme représentant les types d’études de la revue de littérature

Figure 10 : Diagramme représentant les années de publication des études de la revue de


littérature

36
Figure 11 : Diagramme représentant les pays de publication de la revue de littérature

3.3.2. Synthèse des résultats

Les critères d’inclusion nous ont permis de retenir 14 articles. La majorité des auteurs se sont
intéressés à l’efficacité des techniques de distractions auditives dans la gestion de l’anxiété
chez les enfants lors de soins dentaires. Ozkalayci (91) a voulu étudier les effets de l’écoute de
la musique ou de l’isolement sonore sous sédation et le besoin d’utiliser des sédatifs chez les
patients pédiatriques. Gowdham (92), quant à lui a voulu évaluer l’efficacité de la musique
comme technique de distraction chez les enfants présentant un trouble cognitif léger et
Serra Negra (93) a voulu explorer le rôle rassurant de la musique associé à des traits de
personnalités différentes chez les enfants lors des soins dentaires. Tandis que Navit (94) a
montrer quel style de musique (instrumental, musical, de film ou chansons populaires
d’enfants) est le plus efficace dans la prise en charge de l’anxiété chez les enfants ; Sadeghi
(95) a tenté d'établir une comparaison entre les effets de la distraction par la musique et
l'écoute d'histoires audio sur la douleur et l'anxiété des enfants lors d'un traitement dentaire
et Kaur (96) a souhaité confronter les distractions auditives et audiovisuelles dans la gestion
de l’anxiété chez les enfants dans les soins dentaires. Pour finir, Janthasila (97) et Dixit (98)
ont voulu associer la musique avec d’autres méthodes alternatives telles que l’aromathérapie
ou l’utilisation des fleurs de [Link] résultats de ces 14 études ont été synthétisés au sein de
deux tableaux récapitulatifs (Tableau 2 et 3).

37
ETUDES PICOT RESULTATS

Participants Intervention Comparateur Outcome (Critères) Time

Etude 1 n= 60 Extraction dentaire Essai comparatif Efficacité de la distraction Non Pas de différence significative
(99) randomisé à groupe auditive chez les patients spécifié entre les deux groupes concernant la pression sanguine
30 : groupes témoins parallèle pédiatriques anxieux lors d’un et la saturation en oxygène mais une différence
Singh D et soin dentaire significative concernant le rythme cardiaque et le
al. 30 : groupe de musique Venham’s picture test, valeurs largement diminuées
(2014) dans le groupe test (p<0,05)

Pub Med

Etude 2 n=20 Examen dentaire, Etude de cas clinique Efficacité de la musique 1 mois Résultats favorables pour la musique instrumentale
(92) prophylaxie orale et instrumentale comme technique
10 : 1er rdv avec une distraction stimuli opératoires de distraction chez les enfants La musique instrumentale indienne est efficace pour
Gowdham musicale et 2e rdv 1 mois après (auditifs) présentant un léger trouble réduire l’anxiété dentaire chez les enfants déficients
G et al. sans distraction musicale cognitif intellectuels lors d’intervention dentaire avec
(2021) l’utilisation de l’activité électro-dermique (EDA) comme
10 : 1er rdv sans distraction mesure physiologique (grâce à un appareil de
Pub Med musicale et 2e rdv 1 mois après biofeedback à réponse galvanique cutané (GSR))
avec distraction musicale

Etude 3 n=180 Soins dentaire type Essai comparatif Efficacité de l’écoute de la Non Pas de différence significative
(91) extractions, randomisée et musique ou de l’isolement spécifié sur les variables hémodynamiques ou sur la
60 : groupe recevant de la musique restaurations, contrôlée en double sonore sous sédation et la consommation de médicaments chez les enfants
Ozkalayci O classique (Vivaldi Les concertos endodonties aveugle nécessité d’utiliser des sédatifs soignés sous sédation profonde mais la musique ou
et al. pour violon des Quatre Saison) au chez les enfants au cabinet l’isolation acoustique permettraient une meilleure
(2016) travers d’écouteurs dans les dentaire récupération en post opératoire.
oreilles
Pub Med
60 : isolation acoustique portant
des écouteurs mais sans musique

60 : groupe contrôle sans écouteur


ni musique

38
Etude 4 n=150 4 rdv comme suit : le 1er Essai comparatif Comparer l’efficacité des 6 mois Résultats favorables pour les histoires audio
(94) pour la première randomisé différentes distractions auditives
30 : groupe de musique consultation, le 2e pour pour diminuer l’anxiété des Les aides auditives ont en général réduit l’anxiété par
Navit S et instrumentale la prophylaxie, le 3e pour enfants lors de différents soins rapport au groupe témoin avec un diminution de la
al. les soins restaurateurs dentaires fréquence cardiaque moyenne mais aucune différence
(2015) 30 : groupe de comptines musicales et le 4e pour les soins significative n’a été observé sur les scores par le test
invasifs d’image de Venham (VPT) et l’échelle d’évaluation
Pub Med 30 : groupe de chanson de films clinique de Venham (VCRS)

30 : groupe d’histoire audio

30 : groupe témoin

Etude 5 n=80 4 rdv comme suit : Essai comparatif Efficacité de diverses techniques Non Résultats favorables pour les techniques
(100) 1er dépistage, 2e randomisé de distractions auditives dans la spécifié audiovisuelles au plafond
20 : groupe témoin prophylaxie orale, 3e prise en charges des patients suivi de la distraction audiovisuelle mis sur la chaise. La
Khandelwal préparation d’une cavité dentaires pédiatriques technique auditive s’est avérée la moins efficace mais
M et al. 20 : distraction auditive avec restauration et 4e meilleure que le groupe témoin
(2019) injection AL suivie d’une
20 : distraction audio vidéo mis sur extraction ou d’un
Pub Med une chaise avec des écouteurs traitement pulpaire

20 : distraction audio vidéo avec


une télé montée au plafond

Etude 6 n=60 Traitement programmé Essai comparatif Effets de la musique sur la 2 Pas de différence significative
(101) en 2 visites : la 1ère sans randomisé réduction de l’anxiété, de la semaines sur la réduction de la douleur de l’anxiété ou des
20 : distraction musicale distraction auditive avec douleur et de la gestion du comportements perturbateurs
Gupta N et entrainante injection AL et la 2e avec comportement pendant un
al. des écouteurs traitement dentaire
(2015) 20 : distraction musicale relaxante

Pub Med 20 : groupe témoin

Etude 7 n=40 Extraction dentaire Essai comparatif Effet de l’audio analgésie chez les Non Résultats favorables pour les techniques d’audio
(102) randomisé enfants de 6 à 12 ans au cours spécifié analgésie
20 : audio analgésie d’une procédure de traitement La différence entre le groupe témoin et le groupe
Ramar K et dentaire d’étude montre des résultats significatifs (p<0,05)
al. 20 : groupe témoin
(2016)

Pub Med

39
Etude 8 n=120 Prophylaxie orale et Essai comparatif Effet des fleurs de Bach et de la Non Résultats favorables à l’utilisation des fleurs de Bach
(98) traitement de fluoration randomisé musicothérapie sur la réduction spécifié et de la musique
40 : fleurs de Bach de l’anxiété dentaire chez les sur la réduction de l’anxiété dentaire
Dixit U.B et enfants On observe une diminution du pouls peropératoire
al. 40 : musique (p<0,001)
(2020)
40 : témoins
PubMed

Etude 9 n=38 Soins restaurateurs de Essai comparatif Effet rôle rassurant de la Non Résultats favorables sur l’utilisation de la musique
(93) lésions carieuses sur randomisé musique associé aux traits de spécifié Réduction de l’anxiété chez les enfants introvertis et les
19 : 1ere séance de restauration face occlusales des personnalité des enfants lors des nette différence des groupes pour les enfants
Serra dentaire avec musique et 2e séance molaires en ART soins dentaires extravertis
Negra J.M sans musique
et al.
(2019) 19 : 1ere séance de restauration
dentaire sans musique et la 2e
PubMed séance avec musique

Etude 10 n=128 Scellement de sillons Essai comparatif Effet de la musicothérapie Non Résultat favorable sur l’utilisation de la musique
(97) randomisé associée à l’aromathérapie pour spécifié combiné à l’aromathérapie
33 : groupe expérimental ayant réduire l’anxiété et la peur Réduction de l’anxiété et de la peur des enfants à
Janthasila écouté la musique dentaires des enfants l’égard des soins dentaires bien meilleure associée
N et al. qu’avec un seul traitement :
(2023) 31 : groupe expérimental Effet d'interaction
d’aromathérapie significatif entre la musicothérapie et l'aromathérapie
PubMed sur l'anxiété et la
32 : Groupe expérimental de peur dentaire (p < 0,001) et la saturation en oxygène (p
musique combiné à < 0,001)
l’aromathérapie

32 : groupe témoin
Etude 11 n=60
(89) Détartrage et scellement Essai comparatif Effet de la musicothérapie sur Non Résultats favorables à l’utilisation de musicothérapie.
30 : soins avec musique de sillons randomisé l’anxiété chez les enfants spécifié Réduction de l’anxiété chez les enfants, on peut
Reddy B et observer une diminution du pouls (p=0,001) et de la
al. 30 : soins sans musique pression artérielle systolique (p=0,004)
(2020)

Web Of
Sciences

40
Etude 12 n=50 Traitement dentaire Etude transversale Estimer au moyen de Non Résultats favorables de l’utilisation de la musique
(103) questionnaire l’efficacité de la spécifié pour réduire l’anxiété des enfants pendant les soins
musique sur l’anxiété des enfants
Alkahtani Z lors de soins dentaires
et al.
(2020)

Web Of
Sciences

Etude 13 n=56 Pulpotomie et couronne Essai comparatif Effet de la distraction auditive 5 mois Pas de différence significative
(95) préformée métallique randomisé croisé en par la musique et l’histoire audio entre la distraction auditive par la musique ou par
28 : groupe de musique pour la des 1eres et 2emes double aveugle sur la douleur et l’anxiété des l’histoire pour réduire
Sadeghi M 1ere séance de traitement et molaires maxillaires enfants pendant l’injection la douleur et l'anxiété des enfants lors de l'injection
et al. Histoire audio lors de la 2e séance temporaires d’anesthésie locale et lors d’un d'anesthésique local.
(2023) de traitement traitement dentaire L’injection d’un anesthésique local, même en présence
d’une distraction audio, augmente le pouls et le niveau
Web Of 28 : groupe d’histoire audio pour la d’anxiété des patients dentaires pédiatriques
Sciences 1ere séance de traitement et
musique lors de la 2e séance de
traitement
Etude 14 n=60 3 visites Essai comparatif Evaluer et comparer les aides à la Non spé Résultats favorables à l’utilisation de la distraction
(96) randomisé distraction auditive et audiovisuelle
30 : âgé de 4 à 6 ans avec des sous- audiovisuelle dans la prise en Ayant de meilleur résultat que la distraction auditive
Kaur R et groupes : charge de l’anxiété des enfants qui reste quand même plus efficace sur la réduction de
al. *10 : groupe témoin lors de soins dentaires l’anxiété et la peur que le groupe témoin. Il a été
(2015) *10 : distraction audio observé que le niveau de coopération dépend du type
*10 : distraction audiovisuelle de procédure à réaliser plutôt que du nombre de visite
Cochrane
Library 30 : âgé de 6 à 8 ans avec des sous-
groupes :
*10 : groupe témoin
*10 : distraction audio
*10 : distraction audiovisuelle
Tableau 2 : Synthèse PICOT de la revue de la littérature

41
ETUDE OBJECTIF METHODOLOGIE PROTOCOLE EVALUATION DES NIVEAU
BIAIS DE
PREUVE

Etude 1 Evaluer l’efficacité de la distraction 60 enfants -Extractions pour les 2 groupes Taille de l’échantillon
(99) auditive chez les enfants anxieux lors Groupe A : groupe témoin (30) / Groupe B :
d’un soin dentaire groupe de musique (30) Pas de précision sur le
-Evaluation de l’anxiété à l’aide du test d’image de
Singh D et al. nombre et la qualité des B
Venham avant et après la procédure d’extraction
(2014) Inclusion : 6 à 12 ans sans aucune opérateurs
expérience dentaire préalable
Pub Med -Mesure du pouls et de la saturation en oxygène à Manque d’information sur le
Exclusion : aucun handicap mental ou l’aide d’un oxymètre de pouls avant et après la nombre total de visite
physique procédure d’extraction

-Décision du choix de la musique par les patients


au moyen d’écouteur

Etude 2 Evaluer l’efficacité de la musique 20 enfants -2 rdvs espacés de 1 mois Taille de l’échantillon
(92) instrumentale comme technique de Groupe I : 1er rdv avec une distraction
distraction chez les enfants musicale et 2e rdv 1 mois après sans -Chaque rdv implique : Pas de précision sur la qualité
Gowdham G présentant un trouble cognitif léger distraction musicale (10) // Groupe II : 1er *examen avec instruments dentaires manuels type sonde et des opérateurs et
et al. rdv sans distraction musicale et 2e rdv 1 miroir examinateurs
(2021) mois après avec distraction musicale (10) *prophylaxie orale avec détartreur à ultrasons
*Stimuli opératoires (auditifs) utilisant une pièce à main sans Manque de comparaison avec
Pub Med Inclusion : 6 à 14 ans, déficience fraise d’autres types de soins
intellectuelle légère (QI entre 50 et 69), invasifs C
mixte, acuité auditive dans les limites -rdv en milieu de matinée
normales Manque de comparaison avec
-travail sur la mandibule lors de la première visite et du d’autres formes de musique
Exclusion : enfants sous anxiolytiques et maxillaire lors de la 2e visite instrumentales ou chantée
anticholinergiques, malentendants, peu
coopératifs, pas de consentement éclairé -musique instrumentale indienne Debanjan Bhattacharjee Pas d’auto-évaluation
sur un téléphone portable (tenu par l'opérateur) et un
Consentement des parents/tuteurs obtenus casque pour écouter de la musique

-mesure physiologique de l’anxiété avec appareil de


biofeedback à réponse galvanique cutané :
* lors examen dentaire : 1ere valeur lors de l’introduction du
miroir puis après examen du maxillaire et enfin après
examen de la mandibule
*lors de la prophylaxie bucco-dentaire: 1ere valeur lors de
l’introduction du détartreur puis lors du nettoyage des faces
vestibulaires et enfin lors du nettoyage des faces linguales

42
*lors des stimuli opératoires auditifs : 1ere valeur lorsque la
pièce à main est actionnée mais sur l’unit, la 2e près de la
bouche fermée du patient et enfin dans la bouche du patient

Etude 3 Evaluer les effets de l’écoute de la 180 enfants -Soins dentaire type extractions, restaurations, endodonties Pas d’auto-évaluation
(91) musique ou de l’isolement sonore sous sédation
sous sédation et la nécessité Groupe M : recevant de la musique Fourchette d’âge très grande
Ozkalayci O d’utiliser des sédatifs chez les classique (Vivaldi Les concertos pour violon -Pas de prémédication avant les interventions avec une différence notable B
et al. enfants au cabinet dentaire des Quatre Saison) au travers d’écouteurs entre 3 et 15 ans
(2016) dans les oreilles (60) // Groupe I : isolation - Tous les patients ont reçu 0,1 mg/kg de
acoustique portant des écouteurs mais sans midazolam et 1 mg/kg de propofol. Au cours de la procédure, Manque de retour sur le choix
Pub Med musique (60) // Groupe C : groupe contrôle 0,5 mg/kg supplémentaire de propofol a été administré selon d’un seul type de musique
sans écouteur ni musique (60) les besoins
Pas d’auto-évaluation avant la
Inclusion : de 3 à 15 ans, classe ASA I ou II -Ecoute de la musique au travers d’écouteurs ou isolation sédation ni à la sortie de la
phonique avec des écouteurs pendant le soin salle de réveil
Exclusion : déficience auditive, anatomie de
l’oreille déformée, déficience récente d’un -Evaluation de la fréquence cardiaque, la saturation en
organe/système, maladie pulmonaire, oxygène, évaluation de l’observateur de la sédation et les
maladie cardiovasculaire, intolérance au score de l’indice bispectral sont surveillés pendant
propofol, anomalies des voies respiratoires, l’intervention toutes les 5 minutes
problèmes psychiatriques/mentaux connus
-débit d’oxygène 2L/min maintenu par voie nasale tout au
Consentement éclairé des parents obtenu long de l’intervention

Etude 4 Evaluer quelle aide audio est la plus 150 enfants - 4 visites chez le dentiste : Manque de retour sur sujets
(94) efficace dans la gestion des enfants * 1ere : visite de dépistage plus jeunes avec le choix de
anxieux Groupe I: groupe de musique *2e : prophylaxie orale l’audio
Navit S et al. instrumentale (30) // Groupe II : groupe de *3e : préparation de la carie et restauration
(2015) comptines musicales (30) // Groupe III : *4e : actes sous anesthésie locale comme extraction, Pas de précision sur le
groupe de chanson de films hindi(30) // pulpo/pulpectomie nombre et la qualité des
Pub Med Groupe IV : groupe d’histoire audio (30) // opérateurs et examinateurs A
Groupe T: groupe témoin (30) -Ecoute de la musique pendant le traitement au moyen
d’écouteurs et d’un lecteur MP3
Inclusion : de 6 à 12 ans, premier examen
dentaire, aucun trouble d’apprentissage, ne -Une fois les procédures terminées après chaque visite :
pas avoir vécu d’évènements mesure des niveaux d’anxiété des enfants par le test d’image
dommageables comme un accident grave, de Venham, l’échelle d’évaluation clinique de Venham et la
absence de toute maladie systémique mesure de la fréquence du pouls par un oxymètre de pouls

Exclusion : handicap physique ou mental,


enfant ayant subi des soins dentaires

Recueil d’information sur historique


médical et dentaire de l’enfant

43
Consentement éclairé des parents obtenu

Etude 5 Comparer et évaluer l’efficacité de 80 enfants - 4 visites chez le dentiste : Taille de l’échantillon
(100) diverses techniques de distraction * 1ere : visite de dépistage et examen intra oral
dans la prise en charge des enfants Groupe I : témoin (20) // Groupe II : *2e : prophylaxie orale Pas de précision sur le
Khandelwal lors de soins distraction auditive (20) // Groupe III : *3e : préparation de la carie suivie de la restauration nombre et la qualité des
M et al. distraction audiovisuelle mis sur une chaise *4e : actes sous AL comme extraction, pulpo/pulpectomie opérateurs et examinateurs A
(2019) avec des écouteurs (20) // Groupe IV :
distraction audiovisuelle avec une télé -Anxiété évaluée à chaque visites grâce à 4 paramètres :
Pub Med montée au plafond (20) *échelle picturale RMS
*test image de Venham
Inclusion : de 4 à 10 ans, en bonne santé *mesure de la Fréquence Cardiaque
pour une 1ere visite dentaire *mesure de la saturation en oxygène

Exclusion : expérience dentaire antérieure, -le groupe de distraction auditive porte un casque sur ses
souffrant de tout type de handicap mental oreilles
ou physique

Consentement éclairé des parents obtenu

Etude 6 Evaluer les effets de la musique sur 60 enfants -Traitement programmé en 2 visites : la 1ère sans distraction Taille de l’échantillon
(101) la réduction de l’anxiété, de la auditive avec injection AL et la 2e 2 semaines après avec des
douleur et sur la gestion du Groupe I : distraction musicale entrainante écouteurs Pas de précision sur le B
Gupta N et comportement (20) // Groupe II : distraction musicale nombre et la qualité des
al. relaxante (20) // Groupe III : groupe -Test d’image de Venham avant le traitement pour l’anxiété opérateurs et examinateurs
(2015) témoin (20) puis après le traitement pour évaluer la douleur avec l’EVA
-North Carolina Behaviour Rating Scale, test d’échelle visuelle Manque de comparaison avec
Pub Med Inclusion : de 3 à 7 ans, nécessité d’un analogique d’autres soins moins invasifs
traitement dentaire sous anesthésie locale
-Fréquence cardiaque évaluée par oxymétrie de pouls à Manque de comparaison avec
Exclusion : différents intervalles avant, pendant l’injection AL et toutes le choix de la musique
les 5 min pendant le traitement entrainante et relaxante
Consentement éclairé des parents obtenus

44
Etude 7 Efficacité de l’audio analgésie chez 40 enfants Acte dentaire : extraction Taille de l’échantillon
(102) les enfants de 6 à 12 ans au cours
d’une procédure de traitement Groupe I : audio analgésie (20) // Groupe Matériels utilisés : Pas de précision sur le
Ramar K et dentaire II : témoin (20) -Kit extraction nombre et la qualité des
B
al. -Casque, lecteur audio avec diffusion de musique opérateurs et examinateurs
(2016) Inclusion : de 6 à 12 ans, aucune maladie instrumentale
systémique, extraction bilatérale Pas de précision sur le délai
Pub Med -Echelle d’évaluation de la douleur de Venham pendant entre la 1ere et la 2e
Exclusion : 1ere visite chez le dentiste, l’administration de l’AL et pendant l’extraction extraction
maladie systémique et uniquement une
extraction unilatérale Evaluation de l’anxiété qu’au
moyen de l’échelle de
Consentement des parents obtenus Venham sans utiliser d’autres
méthodes telles que la
fréquence cardiaque,
l’oxymétrie du pouls

Etude 8 Efficacité des fleurs de Bach et de la 120 enfants Acte dentaire : prophylaxie orale et traitement de fluoration Pas de précision sur le
(98) musicothérapie sur la réduction de nombre et la qualité des
l’anxiété dentaire chez les enfants Groupe I : Fleurs de Bach (40) //Groupe II : *Groupe Fleurs de Bach a reçu per os 4 gouttes de « remède opérateurs et examinateurs A
Dixit U.B et musique (40) // Groupe III : témoin (40) de secours » diluées dans 40mL d’eau 15min avant le
al. traitement et port d’écouteur sans musique pendant le
(2020) Inclusion : de 4 à 6 ans, en bonne santé, traitement
sans aucune expérience chez le dentiste *Groupe musique : casque et musique instrumentale
PubMed classique indienne avec 40mL d’eau claire à boire 15 min
Exclusion : antécédents médicaux avant le traitement
important, enfants prenant des *Groupe témoin : a bu 40mL d’eau claire 15 min avant le
médicaments traitement et a porté un casque sans musique

Consentement des parents obtenus -Evaluation de l’anxiété par North Carolina Behavior Rating
Scale, test d’image Venham et paramètres physiologiques
enregistrés en pré per et post opératoire par la saturation en
oxygène et pouls grâce à un oxymètre du pouls et la tension
par un tensiomètre manuel

-Auto-évaluation de l’anxiété par l’intermédiaire d’un


questionnaire portant sur des questions relatives à l’anxiété
liées à divers aspects du traitement dentaire

Etude 9 Efficacité de la musique associée aux 38 enfants Acte dentaire : soins de restaurations de lésions carieuses sur Taille de l’échantillon
(93) traits de personnalité des enfants les faces occlusales des molaires sans anesthésie locale en
lors des soins dentaires méthode atraumatique modifiée (=mART) C

45
Serra Negra Groupe I : 1ere séance diagnostique puis 2e Pas de précision sur le
J.M et al. séance restauration dentaire avec musique -évaluation du pouls par un oxymètre du pouls pré, per et nombre et la qualité des
lors de la 2e séance et 3e séance sans post traitement opérateurs et examinateurs
(2019) musique // Groupe II : 1lere séance de -Version brésilienne du Questionnaire de personnalité Perte de 4 enfants au cours
diagnostique puis 2e séance de restauration Eysenck-Junior (EPQ-J) pour mesurer la personnalité des de l’étude
PubMed dentaire sans musique et la 3e séance avec enfants par l’intermédiaire des mamans pendant la
musique consultation de leur enfant avec présence d’un étudiant en Un seul type de musique
Le tout au sein de 4 écoles publiques de psychologie pour fournir des éclaircissements choisi et imposé
Brumadinho et 2 écoles publiques du -Analyse statistique : utilisation de Chi-square et Wilcoxon
Confins tests Traits de personnalité
différents selon les groupes
Inclusion : de 4 à 6 ans, aucune expérience -instruments manuels type excavateur et micromoteur entrainant des réactions
dentaire, au moins 2 molaires temporaires rotatif avec un contre angle avec des fraises sphériques individuelles différentes face
de la même arcade présentant des lésions Dentsply à des situations stressantes
carieuses affectant jusqu’à 3mm de dentine
ou une atraumatique restauration modifié -écouteurs souples, changés à chaque patient, connectés à Seul le pouls a été évalué
(mART) est possible un appareil Ipod Shuffle jouant la symphonie n°40 en sol mais d’autres marqueurs
mineur de Mozart, version complète d’une durée de 27 biologiques manquent
Exclusion : enfant présentant des troubles minutes, volume réglé pour écouter la musique et les
du comportement, un retard mental, des instructions du chercheur Pas d’auto-évaluation des
syndromes, des altérations neurologiques enfants
et une perte auditive rapportés par
l’enseignant ou les parents, la non-
coopération pendant le traitement, ceux
qui se plaignaient de maux dentaires et qui
prennent des médicaments

Consentement éclairé des parents obtenu

Etude 10 Evaluer l’efficacité de la 128 enfants Acte dentaire : scellement de sillons


(97) musicothérapie associée à Pas de précision sur le
l’aromathérapie pour réduire Groupe I : témoin (32) // Groupe II : -musique diffusée : chansons pop instrumentales nombre et la qualité des
Janthasila N l’anxiété et la peur dentaires des groupe expérimental recevant de la thaïlandaises les plus populaires que l’enfant sélectionne opérateurs et examinateurs
et al. enfants musique (33) //Groupe III : groupe parmi 4 choix via un lecteur MP3 transmettant la musique via
(2023) expérimental recevant de l’aromathérapie un émetteur radio Bluetooth vers un haut-parleur réglé à un Perte de 4 patients en cours A
(31) // Groupe IV : Groupe expérimental certain volume ne dépassant pas les 60dB et un signal d’étude
PubMed recevant une musique combinée à de indique que la musique est en cours devant la salle de soin
l’aromathérapie (32) Manque de comparaison avec
Le tout dans 3 écoles primaires du sous -diffuseur d’arôme contenant 300mL d’eau à température d’autres soins plus invasifs
district de Wang Thong ambiante puis ajout de 3 gouttes de lavandula officinalis
(lavande) et allumer le diffuseur 30 min avant l’intervention
Inclusion : de 10 à 12 ans étudiant dans les puis ajouter de l’eau et 3 gouttes d’huile essentielle de
grades 4-6, être en bonne santé sans lavande toutes les 2h
maladies congénitales, ni allergies, avoir
dans sa dentition des sillons étroits et

46
profonds, dents non cariées ou qui -évaluation de l’anxiété et peur dentaire par échelle d’image
commencent à présenter des taches de Venham et le Fear Survey Schedule for Children Revised
blanches, avoir une température corporelle composé de 15 questions posées aux enfants
normale entre 36 et 37,5C, être volontaire
-signes vitaux tel que la tension artérielle, la fréquence
Exclusion : avoir des problèmes d’odorat ou cardiaque et la saturation en oxygène évalués après les soins
de sinusite, avoir des problèmes d’audition, par l’équipe de recherche
avoir des antécédents d’allergie aux huiles
essentielles

Consentement éclairé des parents obtenus


Etude 11
(89) Estimer l’effet de la musicothérapie 60 enfants -Traitement dentaire : détartrage et scellement de sillons Taille de l’échantillon
sur l’anxiété chez les enfants
Reddy B et al. Groupe I : témoin (30) // Groupe II : -Choix de la musique par les enfants au moyen d’écouteur Pas d’auto-évaluation
(2020) traitement avec musique (30) pendant le soin
B
Pas de précision sur le
Web Of Inclusion : de 7 à 9 ans, ayant visité le -Pouls pris avant et après le traitement nombre et la qualité des
Sciences Saveetha Dental College et les hôpitaux - pression artérielle systolique et diastolique avant et après le opérateurs et examinateurs
traitement
Durée du suivi

Manque d’information sur les


critères d’exclusions

Etude 12 Examiner l’effet de la musique sur 50 enfants -Questionnaire portant dans la première partie sur des Taille de l’échantillon
(103) l’anxiété des enfants lors d’un (19 des garçons et 31 des filles) informations générales et dans la deuxième partie sur les C
traitement dentaire niveaux d’anxiété lié au traitement dentaire à l’aide du test Subjectivité des questions en
Alkahtani Z Inclusion : de 5 à 14 ans, fréquente le de l’image de Venham fonction de l’âge et du type
et al. service de dentisterie pédiatrique Remis aux enfants et fait avant et après un traitement de soins
(2020) ambulatoire au sein de la clinique de dentaire par musicothérapie
médecine dentaire à l’université King Khalid
Web Of
Sciences Exclusion : non coopératif, déficience
intellectuelle

Consentement éclairé des parents obtenu

Etude 13 Comparer l’effet de la distraction 60 enfants 1ere séance pulpotomie puis couronne en acier inoxydable Taille de l’échantillon
auditive par la musique et l’histoire pour les molaires maxillaire droite puis 2e séance identique A
Sadeghi M et audio sur la douleur et l’anxiété des Groupe MS : groupe de musique pour la pour les molaires maxillaires gauche à 2 semaines Perte de 4 enfants au cours
al. enfants pendant un traitement 1ere séance de traitement et Histoire audio d’intervalle de l’étude
(2023) dentaire et l’injection d’AL lors de la 2e séance de traitement (30) //
Groupe SM : groupe d’histoire audio pour -Evaluation de la douleur et de l’anxiété grâce à la fréquence Pas d’auto-évaluation de
Web Of la 1ere séance de traitement et musique du pouls grâce à un oxymètre de pouls, le son œil-moteur l’anxiété
Sciences lors de la 2e séance de traitement (30)

47
Inclusion : de 4 à 8 ans dont la langue comme échelle objective de la douleur et l’évaluation de la
maternelle est le persan, en bonne santé douleur du visage de Wong-baker comme échelle subjective
avec une capacité d’apprentissage normale,
candidat à une pulpotomie et une -Le package pkcross du logiciel Stata version 14 a été utilisé
couronne métallique des 1ere et 2e molaire pour évaluer l'effet du traitement, l'effet de période, l'effet
temporaires maxillaires, aucun antécédent de séquence et l'effet de transfert
de traitement dentaire ou d’hospitalisation
avec un comportement positif selon -lecteur mp3 et écouteurs filaires avec forfait musical de 30
l’échelle d’évaluation du comportement de min comprenant une combinaison de musique joyeuse et
Frankl relaxante en persan pour les enfants mise sur une seule
oreille afin que l’enfant puisse entendre le dentiste
Exclusion : ne se présente pas à la 1ere ou
2e séance de traitement, modification du -
plan de traitement des dents cités plus
hauts, présence d’une douleur et d’une
inflammation sévère donnant la priorité au
traitement d’un quadrant

Consentement éclairé des parents obtenu

Etude 14 Evaluer et comparer les aides de 60 enfants 3 visites comme suit : Taille de l’échantillon
(96) distractions auditives et *dépistage et diagnostic
audiovisuelles dans la prise en Groupe I : 4 à 6 ans, sous-groupes : * préparation de la cavité sans injection AL Subjectivité des questions en B
Kaur R et al. charge des patients dentaires *10 : groupe témoin * Administration d’une AL pour procédures invasives comme fonction de l’âge et
(2015) pédiatriques anxieux *10 : distraction audio extraction ou endo intervention des parents
*10 : distraction audiovisuelle
Cochrane -Choix du son pour les groupes audio (anglais, hindou, Pas de précision sur le
Library Groupe II : 6 à 8 ans, sous-groupes : punjabi) et audiovisuel (anglais, hindou, punjabi, clip nombre d’opérateurs
*10 : groupe témoin dramatique, clip ou dessins animés) au travers d’écouteurs
*10 : distraction audio pendant les soins dentaires
*10 : distraction audiovisuelle
-Mesure de la fréquence cardiaque à l’aide d’un oxymètre de
Inclusion : Etablissement de 2 groupes : un pouls avant, pendant et après la procédure dentaire
4 à 6 ans et un deuxième de 6 à 8 ans lors
de leur 1ere visite chez le dentiste, au -mesure de l’anxiété avec un questionnaire comprenant 8
moins une carie nécessitant l’éviction et la items rempli 2 fois c’est-à-dire avant et après le soin dans la
préparation de la cavité sans anesthésie salle d’attente et si enfant trop jeune ce sont les parents qui
locale et une dent à nécessité d’une AL remplissent le questionnaire pour l’enfant
pour une extraction ou procédure
endodontique -Mesure du comportement au moyen d’une vidéo capturée à
chaque visite pendant le traitement et jusqu’à la fin et
Exclusion : handicap mental et physique analysé par 2 juges n’ayant pas connaissance des attributions
de distractions
Consentement éclairé des parents obtenu
Tableau 3 : résultats synthétisés de la revue de littérature

48
3.4. Discussion

Après une analyse approfondie de cette revue systématique de la littérature, les résultats des
articles étudiés montrent une diversité dans les réactions des enfants à l’utilisation de la
musique pour apaiser leur anxiété. Par conséquent il est essentiel d’examiner et de réaliser
une analyse détaillée des différentes études qui ont été choisies.

3.4.1. Choix méthodologiques et limites

Les études présentent une diversité de méthodes pour évaluer l’anxiété.


L’auto-évaluation a été largement utilisée par les auteurs, en particulier la Venham Picture
Test, qui est reconnue comme étant le moyen le plus utilisé et le plus fiable pour les enfants
âgés de deux ans et plus (104). Les enfants sélectionnent parmi huit paires de dessins celle qui
représente le mieux leur ressenti et niveau d’anxiété. Le score total peut varier de 0 à 8
sachant qu’un point est donné à chaque fois que l’enfant choisit l’image la plus « anxieuse ».
Un score de 9 est enregistré si l’enfant refuse d’utiliser l’échelle. Parmi les 14 études, 7 études
utilisent la Venham Picture Scale (94,99–102).

Cinq études ne proposaient pas au sujet d’évaluer son anxiété : la première n’évaluait celle-ci
que par l’intermédiaire d’un appareil biofeedback à réponse galvanique cutané (92); la
seconde ne l’évaluait pas, se limitant à mesurer uniquement la profondeur de la sédation
comme paramètre de référence (91). La troisième, quatrième et cinquième (89,93,95) n’en
tenaient pas compte. Ce paramètre très important, utilisé pour 7 études n’est pas comparable
de la même manière pour un enfant de 12 ans que pour un enfant de 3 ans. Un autre moyen,
le North Carolina Behaviour Rating Scale (98,101) a été utilisé pour que l’enfant évalue son
anxiété.

L’hétéroévaluation de l’anxiété des sujets a été réalisée dans une étude par l’intermédiaire de
l’échelle d’évaluation clinique comportementale de Venham modifiée par Verkamp (94). On
notera qu’un questionnaire d’évaluation de l’anxiété avait été remis à des enfants entre 5 et
14 ans et un autre de 8 items à des enfants entre 4 et 8 ans. Ces questionnaires avaient pu
être remplis par les parents si l’enfant était trop jeune pour y répondre. L’objectivité relative
du tiers pourrait être mise en cause.

49
Enfin on peut comparer les paramètres physiologiques et hémodynamiques permettant de
mesurer le niveau d’anxiété dentaire de manière objective :

 11 études ont évalué la fréquence cardiaque

 5 études ont évalué la saturation en oxygène

 2 études ont évalué la tension artérielle

La fréquence cardiaque demeurait particulièrement pertinente à considérer en raison de


l'enchaînement de neurotransmetteurs activés par le stress, qui exerce une influence sur
celle-ci. Nous pouvons d’ailleurs constater sur un grand nombre d’études, la musique avait un
impact sur le rythme/ la fréquence cardiaque (105).

3.4.2. Synthèse de la revue de la littérature

[Link]. Utilisation de la musique et réduction de l’anxiété dentaire chez l’enfant

Les différentes études sélectionnées n’ont pas toutes abouti à une efficacité de la musique sur
une réduction significative de l’anxiété chez l’enfant lors des soins dentaires. La plupart des
différences observées ne sont pas statistiquement significatives, et il n'y a pas eu une
réduction significative de l'anxiété. Bien que l’échantillon total comprenne 1094 sujets (tous
articles confondus), la variation dans la conception des études ainsi que les différentes
mesures des variables rendent la comparaison des données collectées complexe. En effet , la
méta-analyse n’a pas été possible en raison d’une part de l’hétérogénéité des interventions
de musicothérapie (musique instrumentale, musique classique, création musicale, musique
live, musique variées…), d’autre part par la différence dans les populations cibles que ce soit
par l’âge (enfants, adultes, personnes âgées), par des patients atteints de troubles cognitifs
ou souffrant de troubles physiques. Les besoins et les réponses de ces populations peuvent
être très différents compliquant la généralisation des résultats.

Avant d’analyser certains aspects dans le détail, il faut rappeler qu’il y a une nuance entre
musique utilisée à des fins distractives et à des fins strictement thérapeutiques. En effet,
l'usage de la musique à des fins distractives vise à divertir, à créer une ambiance agréable ou
à accompagner des activités de loisirs. La musique thérapeutique, quant à elle, est utilisée de

50
manière intentionnelle pour atteindre des objectifs spécifiques en matière de santé mentale
ou physique, tels que la réduction du stress, la gestion de la douleur, l'amélioration de la
concentration, ou la stimulation cognitive. La confusion entre la musique distractive et
thérapeutique peut également affecter la conception des différentes études, y compris le
choix de la musique, la manière dont elle est présentée et les mesures utilisées pour évaluer
ses effets. La collecte et l’interprétation des données sont donc affectées par l’utilisation
distractive ou thérapeutique de la musique dans la méthode de l’étude. Ainsi, il est important
de noter que 4 des 14 études (91,95,99,101) ne concluaient pas à l’efficacité de la distraction
auditive pour réduire l’anxiété mais elles indiquent que cette méthode est appréciée par tous
les enfants. Il est important de souligner que les effets de la musique varient
considérablement en fonction de la manière dont elle est utilisée. L'utilisation de la musique
comme moyen de distraction peut avoir des effets différents de ceux de la musicothérapie. La
distraction musicale vise souvent à détourner l'attention des patients de l'expérience
dentaire, l’étude de Singh (99) ne montre pas d’amélioration significative de l’anxiété tandis
que la musicothérapie peut avoir des objectifs plus spécifiques liés à la gestion de l'anxiété, à
la relaxation, ou à l'amélioration du confort. Les interventions en musicothérapie sont
adaptées aux besoins individuels de chaque patient comme on a pu le voir avec Gowdham
(92) qui montre que les enfants ayant un déficit intellectuel léger ont eu une amélioration de
l’anxiété au cours de la procédure dentaire ou encore chez qui Wazzan (106) qui a montré que
la musicothérapie aide à réduire le cortisol salivaire, la tension artérielle, la fréquence
cardiaque et la température corporelle chez des patient majeur exposé à un rythme lent de
musique.

Malgré cette confusion entre distraction musicale et musicothérapie, la revue systématique


révèle des résultats encourageants.

Les données analysées indiquent une amélioration de l’anxiété et du confort des jeunes
patients lorsque la musicothérapie est intégrée dans le cadre des soins dentaires (89,102) .
Ces résultats sont comparables avec une étude réalisée chez les adultes qui montre que
l’écoute de la musique lors de soins comme l’extraction des 3 e molaires mandibulaires réduit
l’anxiété des patients (107) grâce à son potentiel pour détourner l’attention de l’inconfort ou
de l’angoisse liée à une procédure dentaire créant un environnement plus apaisant.

51
[Link]. Genre musical et effets sur l’anxiété

Le genre musical varie d’une étude à l’autre. On peut retrouver de la musique instrumentale
(92,94,97,98,103), des comptines (94), des histoires racontées sous forme de livre audio (94),
de la musique relaxante (95,101), de la musique de film indienne (94), de la musique classique
(93,99), de la distraction auditive (100), de la musique entrainante (95,101) et enfin des
distractions audiovisuelles (96,100). Les études de Singh (99) et Aishwarya (89) laissaient le
choix selon les gouts musicaux des patients ; Janthasila (97) offrait la possibilité de
sélectionner des morceaux de musique prédéfini. Selon Navit (94), le choix de musique est
important : l’enfant serait plus touché par les histoires audio que par les musiques
instrumentales, les comptines musicales ou les chansons de films, mêmes si elles aussi
contribuent en la diminution de l’anxiété des patients. Chez l’adulte, Kupeli (108) avait, dans
son étude comparé, la musique turque, la musique classique occidentale, la musique rock
montrant que les patients avaient été plus touchés par la musique classique occidentale. Mais
il est difficile de mener une comparaison cohérente entre les différentes études étant donné
que la sensibilité aux genres musicaux varie d’un patient à l’autre. Il n’apparait pas qu’un genre
musical particulier ait plus d’effet pour réduire l’anxiété qu’un autre. Des études
complémentaires devraient être menées pour répondre à cette question.

D’autres auteurs ne se consacrent pas seulement à l’effet du genre musical sur l’anxiolyse,
mais également au choix de la fréquence. Les discussions sur les fréquences musicales
spécifiques, comme celles de 432Hz ou 440 Hz se concentrent davantage sur l’accordage des
instruments et sur la perception sonore. En effet, Aravena (109) a montré que l’utilisation de
la musique et la fréquence de 432Hz s’est avérée plus efficace et a diminué de manière
significative les niveaux d’anxiété clinique chez les adultes avant une extraction dentaire.
Cette fréquence peut avoir des implications sur la manière dont la musique est perçue par
l’auditeur mais cela ne doit pas être confondu avec les effets thérapeutiques de la musique
elle-même. Il est important de reconnaître que différents aspects de la musique, qu'il s'agisse
du type de musique ou de sa fréquence d'accordage, peuvent influencer les résultats des
études sur l'anxiété, la réduction de la douleur. Ces éléments constituent des pistes
intéressantes mais il faut davantage de recherches dans ce domaine et notamment chez les
enfants pour affiner les protocoles.

52
[Link]. Utilisation de la musique en fonction du type d’acte à réaliser

Les études ont mesuré l’effet de la musique lors de la réalisation de plusieurs types d’actes.
En effet pour les études (94,96,100) on retrouve une succession de 3 ou 4 rendez-vous
comprenant une 1ere consultation puis des soins prophylactiques, des soins conservateurs
pour finir sur des actes invasifs (avulsions, pulpotomie sous anesthésie locale). 8 études ont
été conduites lors de soins dentaires (89,91–93,95,97,98,101). Les deux dernières études
(99,102) se déroulent lors d’avulsions dentaires. Mais ces paramètres varient
considérablement d'une étude à l'autre et ne permettent pas de comparer les résultats de
manière pertinente. Il est impossible de mesurer de manière objective le niveau d’anxiété
chez les enfants, car il pourrait être influencé par la nature spécifique de la procédure
dentaire. Par exemple, une avulsion dentaire est généralement plus stressante car jugée plus
invasive qu'un simple soin restaurateur (96).

[Link]. Utilisation de la musique au bloc opératoire

L'anesthésie générale est une composante incontournable de l'odontologie pédiatrique,


notamment pour les enfants confrontés à des situations particulières telles que des handicaps
ou des refus de soins. Dans ces cas, elle permet d'assurer des soins dentaires appropriés tout
en garantissant le confort et la sécurité des jeunes patients. Dans son étude, Ozkalayci (91)
n’a pas montré de différence significative à l’utilisation de la musique sous sédation chez les
enfants. De même, Kühlmann (110) conclut à son étude qu’il n’y a pas de d’écart notable sur
les effets de la musique sur la détresse, l’anxiété et la douleur en post-opératoire chez les
nourrissons subissant une intervention chirurgicale. Il en est de même pour Wakana (111)
concernant les adultes avant une chirurgie dentaire sous anesthésie générale. Seule Külhmann
(112) dans une méta-analyse sur les adultes en 2018 a indiqué une diminution significative
dans l’anxiété et la douleur chez l’adulte recevant une intervention musicale avant, pendant
et après l’opération chirurgicale et que cela a aussi un effet sur une baisse accrue de la douleur
ressentie en post opératoire. Les résultats mitigés impliquent que davantage de recherches
soient nécessaires pour comprendre pleinement comment la musique puisse être utilisée de
manière efficace dans ce contexte particulier pour répondre aux besoins spécifiques des
enfants en odontologie pédiatrique.

53
[Link]. Association de la musicothérapie avec d’autres approches

Cette revue met en évidence que la musicothérapie serait plus efficace sur la réduction de
l’anxiété lorsqu’elle serait combinée avec d'autres approches telles que l’utilisation de
l’aromathérapie (97) ou des fleurs de Bach (98) mais aussi couplé avec des interventions
psychologiques comme vu dans cette étude réalisée chez l’adulte permettant au patient de
se détendre et être moins stressé (113).

De plus, une étude SONOMEOPADENT « Apport de la musicothérapie lors des soins dentaires
sous MEOPA » est en cours au CHU de Nice afin d’évaluer l’association du MEOPA avec la
musique pouvant permettre d’améliorer le taux de succès des soins et/ou de la sédation (114).
Cette étude présente des perspectives encourageantes en ce qui concerne la simplicité de son
application et l’innocuité du dispositif utilisé.

[Link]. Effet de la musique sur l’anxiété des patients avec troubles cognitifs

Une étude (92) traite des personnes souffrant d’un trouble cognitif léger. Ces individus
présentent souvent une sensibilité particulière aux soins médicaux, ce qui peut rendre leur
expérience plus stressante. Malheureusement, notre recherche a identifié seulement une
étude qui aborde cette population spécifique. Cette limitation en termes de données
disponibles entrave notre capacité à parvenir à des conclusions solides quant à l'efficacité de
la musique dans le contexte des soins pour ces personnes. Pour obtenir une compréhension
plus approfondie et fiable de l'impact de la musique sur cette catégorie de patients, des études
supplémentaires sont nécessaires.

[Link]. Musicothérapie et profil de patients

Une étude (93) recherche l’effet de la musique sur des enfants de 4 à 6 ans ayant des
tempéraments différents . Ces enfants de par leur âge et leur personnalité vont avoir des
réactions individuelles qui leur seront propre et différentes face à des situations stressantes,
rendant certains actes dentaires plus ou moins supportables et anxiogènes. Notre recherche
a identifié une seule étude parlant de ces traits de personnalité multiples. Il est difficile de

54
tirer des résultats satisfaisants sur l’impact de la musique pour ces personnes. Des études
complémentaires sont requises.
Concernant l’âge des patients, 4 des études sélectionnées dans la revue systématique avaient
ciblé une tranche d’âge allant de 6 à 12 ans. Cet intervalle d’âge semble la plus appropriée
pour mener une étude l’auto-évaluation de l’anxiété est plus aisée et plus fiable. Les
adolescents semblent, en général avoir une meilleure capacité à maîtriser leur comportement
lors des soins dentaires (115). Des études concernant les enfants plus jeunes seraient
intéressantes pour pouvoir proposer cette approche de manière plus spécifique.

[Link]. Choix de matériel et diffusion musicale

Les 14 études avaient indiqué si elles recourent à un casque ou à des écouteurs pour isoler au
maximum le sujet des bruits ambiants perturbateurs. Cependant, l’inconvénient principal de
cette approche résidait dans la perte de communication relative avec le chirurgien-dentiste.
L’étude de Sadeghi (95) indiquait demander au patient de porter un écouteur sur une des deux
oreilles afin de permettre une communication facile avec l’enfant et l’étude de Janthasila (97)
diffuse la musique au travers de haut-parleur dans la salle de soin réglé à 60 dB.

3.4.3. Analyse des biais et limitations de l’étude

Compte tenu les critères d’inclusion et d’exclusion de cette revue de littérature nous pouvons
trouver plusieurs biais :

- La principale limite de cette étude réside dans la stratégie de recherche. En effet, celle-
ci peut avoir empêché l'identification de toutes les études d'intérêt en raison des
limites de la couverture des bases de données (PubMed, Web Of Sciences et
Cochrane), des particularités de l'indexation des articles et de la période sélectionnée
(10 dernières années). De plus, les articles de la littérature grise n'ont pas été pris en
compte : d'autres études auraient peut-être pu être trouvées par ce biais.
- Le nombre de patients pour l’étude varie de 180 (91) à 20 enfants (92) ne nous
permettant pas de tirer des conclusions fiables sur les pourcentages de l’ensemble de
ces études.

55
- Peu d’articles jugés pertinents ont été retenus pour cette analyse (n=14). Il est donc
conseillé d’examiner leur conclusion avec prudence même si l’on peut déjà discerner
certaines tendances.

Par conséquent, il est difficile de fournir une réponse définitive à la question initiale, en tenant
compte également du niveau de preuve relativement faible de l'ensemble des études. Toutes
ces études convergent vers la conclusion que la musicothérapie a un impact sur l'anxiété en
apaisant les patients et en réduisant légèrement leur niveau de stress. Cependant, il est
important de noter que de nombreux paramètres ne sont pas directement comparables entre
les différentes études en raison de leur variabilité intrinsèque et que davantage de recherches
sont nécessaires pour affiner les protocoles de musicothérapie spécifiques à cette population
et pour explorer plus en détail les mécanismes sous-jacents à ces améliorations.

56
CONCLUSION

Dans le domaine des soins dentaires, l’anxiété constitue une préoccupation majeure et une
situation handicapante tant pour le patient que pour le praticien qui se trouve très souvent
confronté à cette problématique. En effet, elle peut avoir des implications à long terme sur la
santé bucco-dentaire des enfants conduisant à un évitement des soins et à une dégradation
de l’état bucco-dentaire. L’anxiété a une étiologie plurifactorielle rendant la prise en
charge/soins des patients complexes si nous n’arrivons pas à identifier, évaluer et comprendre
ses causes sous-jacentes.

Les approches non médicamenteuses comme la musicothérapie sont largement acceptées et


bénéficient d'une reconnaissance accrue en ce qui concerne leur efficacité et leur utilité.
Cependant, malgré la croissance du nombre d'études publiées dans ce domaine, le niveau de
preuve reste à améliorer pour une meilleure reconnaissance dans le milieu scientifique. La
musique utilisée dans les approches de thérapies musicales représente un choix pouvant être
mise en place seule ou en association avec d’autres méthodes non pharmacologiques visant
à favoriser la relaxation, le lâcher prise et la diminution de l’anxiété chez l’enfant au cabinet
dentaire. De par son caractère universel, la musique est un atout majeur et consensuel (faible
cout, innocuité, facilité de mise en œuvre notamment) pour diminuer l’anxiété lors des soins
dentaires. La musicothérapie pourrait représenter un accompagnement bénéfique pouvant
conduire à une réduction de la prescription d’anxiolytique apportant de réels avantages dans
le domaine de la santé publique.

La revue systématique montre que le niveau de preuve et la rigueur des études est à
améliorer ; les données actuelles ne permettent de titrer que des conclusions partielles quant
à l’efficacité de la musicothérapie en utilisant une grande hétérogénéité de marqueurs
biologiques et comportementaux de l’anxiété. De plus les auteurs ont tendance à confondre
l’usage de la musique à visée distractive ou thérapeutique. Cela aboutit dans la littérature à
une grande variabilité interindividuelle en termes de réponse sur son efficacité. Néanmoins,
nous retiendrons que cette revue systématique de la littérature a montré que la
musicothérapie en odontologie pédiatrique tend à jouer un rôle dans la gestion de l’anxiété
et peut être efficacement associée à d’autres approches.

57
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VII
SERMENT MEDICAL

En présence des Maîtres de cette Faculté, de mes chers condisciples, devant


l’effigie d’HIPPOCRATE.

Je promets et je jure, d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans


l’exercice de la Médecine Dentaire.

Je donnerai mes soins à l’indigent et n’exigerai jamais un salaire au-dessus de


mon travail, je ne participerai à aucun partage clandestin d’honoraires.

Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma
langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à
corrompre les mœurs ni à favoriser le crime.

Je ne permettrai pas que des considérations de religion, de nation, de race, de


parti ou de classe sociale viennent s’interposer entre mon devoir et mon patient.

Même sous la menace, je n’admettrai pas de faire usage de mes connaissances


médicales contre les lois de l’humanité.

J'informerai mes patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs


conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le
pouvoir hérité des connaissances pour forcer les consciences.

Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission. Je


n'entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les
perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

Respectueux et reconnaissant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs enfants


l’instruction que j’ai reçue de leur père.

Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.

Que je sois déshonoré et méprisé de mes confrères si j’y manque.


DURBEC Marion - Intérêts de la musicothérapie dans la gestion de l’anxiété en Odontologie
Pédiatrique

Th : Chir. Dent. : Marseille : Aix – Marseille Université : 2023


Rubrique de classement : Pédodontie
Résumé :
L'anxiété chez les enfants lors de visites dentaires est un défi majeur pour les professionnels
de la santé bucco-dentaire. Les rendez-vous chez le dentiste peuvent être une expérience
anxiogène, en particulier pour les enfants. Cette thèse se plonge dans l'exploration de solution
innovante pour résoudre ce défi : la musicothérapie. À travers une recherche méthodique et
approfondie, elle examine comment la musicothérapie peut non seulement apaiser l'anxiété
dentaire des enfants, mais aussi transformer leur expérience chez le dentiste. L’objectif de
cette étude était d’évaluer, à partir des données de la littérature actuelle, l’efficacité de la
musicothérapie dans la prise en charge de l’anxiété chez les enfants en milieu dentaire. Une
recherche menée dans la base de données PubMed, Web of Sciences et Cochrane Library a
abouti à la sélection de 14 articles répondant à nos critères d’inclusion. Bien que le niveau de
preuve scientifique soit faible, il semble que la musique puisse être un moyen efficace d’aider
les patients à se détendre et à mieux appréhender les soins. Il offre aux professionnels de la
santé bucco-dentaire et aux parents une approche non invasive et holistique pour améliorer
la santé dentaire des enfants tout en préservant leur bien-être émotionnel. Une lecture
essentielle pour quiconque s'intéresse à la promotion de soins dentaires plus confortables et
moins stressants pour les jeunes patients.
Mots clés : Musique, Musicothérapie, enfant, anxiété dentaire, soins dentaires

DURBEC Marion - Benefits of music therapy in the management of anxiety in Pediatric


Dentistry
Abstract :
Anxiety in children during dental visits is a major challenge for oral healthcare professionals.
Dental appointments can be an anxiety-inducing experience, especially for children. This
thesis delves into exploring innovative solutions to address this challenge : music therapy.
Through a systematic and in-depth research, it examines how music therapy can’t only ease
children's dental anxiety, but also transform their dental experience. The aim of this study was
to evaluate, based on current literature, the utility of music therapy in managing anxiety in
children in a dental setting. A search of the PubMed, Web of Sciences and Cochrane Library
database resulted in the selection of 14 articles meeting our inclusion criteria. Although the
level of scientific evidence is low, it appears that music can be an effective way to help patients
relax and better understand care. It provides oral healthcare professionals and parents with a
non-invasive, holistic approach to improving children's dental health while preserving their
emotional well-being. A essential reading for anyone interested in promoting more
comfortable and less stressful dental care for young patients.

MeSH : Music, music therapy, children, dental anxiety, dental care

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