0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
27 vues11 pages

Neurobiologie et facteurs du TOC

Le document décrit la neurobiologie du trouble obsessionnel compulsif (TOC) en abordant les facteurs de risque génétiques et environnementaux, les anomalies neurologiques et le rôle des circuits cortico-striato-thalamiques dans la physiopathologie du TOC.

Transféré par

Mohammed Omari betahi
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
27 vues11 pages

Neurobiologie et facteurs du TOC

Le document décrit la neurobiologie du trouble obsessionnel compulsif (TOC) en abordant les facteurs de risque génétiques et environnementaux, les anomalies neurologiques et le rôle des circuits cortico-striato-thalamiques dans la physiopathologie du TOC.

Transféré par

Mohammed Omari betahi
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Neurobiologie du TOC

Introduction :
- Le TOC est perçu comme une maladie neuropsychiatrique importante avec un circuit cérébral
anormal et un dysfonctionnement des neurotransmetteurs.
- Prévalence sur la vie est de 2-3% chez l'adulte ( 1% des enfants ), indépendamment de
l'appartenance ethnique , la géographie ou le statut socio-économique
- Le TOC est classé par l’OMS dans les 10 maladies les plus invalidantes (perte de revenus et
diminution de la qualité de vie) = c’est un trouble qui peut avoir un impact négatif majeur Sur le
fonctionnement socioprofessionnel et familial du patient.
- Trouble multiforme et multifactoriel souvent comorbide (D°/TBP/TA/ TCA....).
-Nombreux modèles étiologiques mais aucun n'est entièrement satisfaisant.

Facteurs de risque :
1- Facteurs génétiques :
A- Etudes d’agrégation : Agrégation familiale : la concentration familiale d’un trouble, nous
oriente vers la probabilité d’avoir un trouble chez les sujets de la même famille, sans pour autant
préciser si l’origine est génétique ou autre :
-Le TOC, en particulier si sa survenue est précoce, a montré un caractère familial: il existe des
preuves que le TOC d'apparition à l’enfance peut avoir un degré plus élevé d’agrégation familiale par
rapport au TOC à l'âge adulte.
-Selon DSM5 : Le TOC est deux fois plus élevé chez les parents au premier degré des adultes atteints
du trouble que chez les parents au premier degré de ceux sans TOC; Cependant, le taux est
augmenté de 10 fois lorsque le TOC est précoce d’apparition dans l’enfance.
B- Etudes de jumeaux : Ces études consistent à comparer le taux de concordance, à savoir si l’un
des 2 est atteint, qu’elle est la fréquence que l’autre jumeaux soit atteint d’une maladie chez les
jumeaux Mz (qui partagent 100% de leurs gènes) versus les jumeaux Dz :
 Un taux supérieur de concordance chez les jumeaux monozygotes par rapport aux jumeaux
dizygotes indique donc une base génétique importante du trouble.
 Selon les études, les estimations de l'héritabilité ont varié de 27 % à 65 %
 À ce jour, l’étude de jumeaux la plus grande et la plus robuste statistiquement a révélé un taux
de concordance de jumeaux monozygotes de 0,52 et un taux de concordance de jumeaux
dizygotes de 0,21, avec une héritabilité globale pour le TOC estimée à 48 %.
C- Gènes impliqués:
*Environ 80 études de gènes candidats ont été publiées cette dernière décennie.
*Les études d’association ont examiné le rôle des gènes candidats impliqués dans les systèmes
sérotoninergique, dopaminergique et plus récemment glutamatergique.
*Il en résulte que, à l’exception du gène du transporteur du glutamate SLCL1A1sur 9p24, aucun n’a
été répliqué de façon constante.
*Étant donné la complexité du génotype du TOC, il y a peu de chance pour qu’un des gènes candidats
examinés à ce jour ne soit le seul et significatif facteur de risque pour le TOC.
*Des liaisons entre les polymorphismes des gènes des systèmes sérotoninergique et dopaminergique
et l’expression clinique de la maladie ont été mises en évidence.
* Les gènes impliqués : 5HT1D-β, 5HT2A, MAOA
2- Facteurs environnementaux psychologiques :
 Les pensées intrusives indésirables, les images ou les pulsions sont presque universelles et
présentes dans la population générale et il est généralement impossible de distinguer leur
contenu des obsessions cliniques.
 Selon les modèles psychologiques actuels, la différence entre une pensée intrusive normale
et une pensée obsessionnelle est le sens que les patients attachent à l'apparition et / ou le
contenu des intrusions.
 Ces modèles proposent que la façon dont les gens interprètent leurs pensées soit un facteur
important de maintien du trouble. Exemple:
 croyances plus fortes sur l'importance et la signification de leurs pensées, ils ont tendance à
croire que les pensées intrusives et les pulsions sont dangereuses ou immorales et qu‘elles
ne sont pas en mesure de prévenir les dommages survenant soit à leur propre personne ou
à une personne vulnérable.
 avoir des convictions plus perfectionnistes.
 toute une gamme de biais cognitif, y compris la responsabilité, la nécessité de contrôler les
pensées, et de la fusion pensée-action peuvent tous jouer un rôle de maintien.
3- Facteurs environnementaux sociaux :
 Facteurs familiaux: les tensions et les perturbations familiales peuvent être une source de
stress qui peut contribuer à l'apparition ou l'exacerbation de la maladie, même s’il n'y a
aucune preuve que ces facteurs jouent un rôle causal direct.

 EVS :

-Plusieurs études rapportent des événements majeurs de la vie dans la période précédant le début
du TOC.
-Cela ne signifie pas que les événements sont eux-mêmes en cause, mais plutôt que parmi les
personnes qui peuvent être biologiquement ou psychologiquement prédisposées au TOC, un
événement de vie peut être un facteur déclenchant.
-Le type de l'événement est probablement moins important que la façon dont il est vécue et même
des événements positifs peuvent, dans certaines circonstances, être associés à l'apparition du
trouble obsessionnel-compulsif.
-De la même manière que des événements de vie peuvent contribuer à l’apparition du trouble
obsessionnel-compulsif, il peut y avoir une augmentation des symptômes avec les augmentations des
niveaux de stress en réponse à la vie en cours. Enfin, dans certains cas, le contenu des obsessions
peut refléter les thèmes des événements de vie chez certaines personnes.
-Encore une fois, cela ne signifie pas que l'événement provoque le TOC ; plutôt cela signifie que pour
certaines personnes, le contenu spécifique de leurs obsessions peut être influencé par des choses
produites dans leur vie.
4- Modèle intégratif de Barlow :
Neuropathologie du TOC:
2- Anomalies neurologiques structurales :
Les données de la neuroimagerie dans le TOC sont divergentes, selon une métaanalyse de 2009 :
*Bien qu'aucune différence volumétrique a été trouvé , pour l'ensemble du cerveau (région
intracrânienne, la matière grise, ou cortex préfrontal), les patients avec TOC ont un volume réduit du
cortex cingulaire antérieur (ACC) et le cortex orbitofrontal (OFC).
*pas de différence volumétrique significative dans les noyaux gris centraux a été observée, bien que
les volumes thalamiques gauche et droite ont été significativement augmentés chez les patients
atteints de TOC. La sévérité des symptômes obsessionnels compulsifs est corrélée de manière
significative avec les tailles d'effet pour le thalamus gauche et à droite.
*Ainsi les résultats de cette metaanalyse indiquent des différences volumétriques entre les patients
atteints de TOC et les sujets témoins dans les régions corticales et thalamiques, ce qui suggère que la
modification structurelle des voies thalamocorticales peut contribuer aux perturbations
fonctionnelles des circuits fronto-sous-corticaux observés dans les TOC.
3-APPROCHE ANATOMO-FONCTIONNELLE :
 Aspects fonctionnels :
Selon une approche phénoménologique, on suppose l’exacerbation d’un certain nombre de fonctions
cognitives dans le TOC, qu’elles soient liées au sens attribué à l’information reçue et à sa
représentation, à l’anticipation, à la détection des erreurs, à l’attention ou à la mémoire de travail. Ils
suggèrent également toute l’importance des processus émotionnels, motivationnels et de
récompense.
Une telle approche oriente donc vers le rôle potentiel des circuits cortico-striato-pallido-thalamo-
corticaux dans la physiopathologie de cette affection. Parmi ceux-ci, les circuits trouvant leur origine
au niveau du cortex orbitofrontal (COF) et du cortex cingulaire antérieur (CCA) qui constituent des
boucles dont la Boucle Orbito-Frontal (COF-->Striatum (Ny caudé ventro-médian )-->Pallidum--
>Thalamus(VA,MD) et la Boucle Cingulaire (CCA-->Striatum ventral (N.accumbens)-->Pallidum--
>Thalamus(MD) ) , ont été proposés comme étroitement impliqués dans la production des
symptômes obsessionnels compulsifs.

 Le COF comprend deux régions fonctionnellement bien distinctes :


 La première, ventrale et latérale : est plus directement impliquée dans un certain nombre
de fonctions cognitives comme la détection des erreurs, ou encore la sélection et la
comparaison des stimuli environnementaux sur la base de la signification qui leur est
attribuée au terme de l’évaluation sensorielle qui en est faite. Ces aspects représentent
d’ailleurs un des processus essentiels de la prise de décision en permettant de répondre au
mieux aux buts et objectif fixés.
 La seconde région du COF, ventrale et médiane, joue un rôle majeur dans la gestion des
processus émotionnels et motivationnels, autre aspect important de la prise de décision.
cette région du COF permet l’expression d’un état émotionnel et motivationnel interne qui
va entraîner chez le sujet l’émergence d’un comportement, de sorte que l’expérience
émotionnelle ressentie et le comportement généré soient le plus adaptés au contexte. Cette
adéquation résulte de la mise en jeu de processus de modulation et/ou d’inhibition tenant
compte du sens conféré au stimulus.
 Il est également opportun de pouvoir se construire des représentations mentales de tels
états émotionnels en dehors de toute exposition aux stimuli habituellement générateurs de
ces états, représentations destinées à être enregistrées en mémoire à court terme et long
terme à travers les liens anatomiques et fonctionnels unissant le cortex préfrontal ventro-
médian à l’hippocampe. On connaît d’ailleurs toute l’importance de ces représentations,
intégrant les expériences passées immédiates ou plus anciennes, dans les décisions et la
genèse des comportements qui en résultent.
 Le CCA est un centre d’intégration cognitivo-émotionnel (dans la mesure où il se situe au
carrefour des systèmes associatif et limbique). Il se compose de deux régions :
 L’une dorsale à orientation cognitive : participe à un grand nombre de fonctions cognitives
dont la détection des erreurs. Il peut s’agir d’une détection de l’erreur par le sujet lui-même,
une fois la réponse comportementale émise, à moins que cette détection de l’erreur
n’émane d’une information extérieure, elle intervient également dans la gestion des
situations dites de « haut conflit » qui placent le sujet en condition d’erreur potentielle. Elle
permet la sélection de réponses comportementales destinées à éviter ou corriger l’erreur
commise par « haut contrôle cognitif » impliquant un recrutement du cortex préfrontal
dorsolatéral , Tout ceci requiert de façon impérative la mise en jeu des ressources
attentionnelles et mnésiques (mémoire de travail), l’objectif étant pour le sujet de fixer son
attention sur la séquence comportementale qu’il accomplit et d’accroître ses performances ;
Le CCA dorsal se voit également investi d’un rôle important dans ce qui relève de
l’anticipation faisant appel à une certaine flexibilité cognitive. Celle-ci tend à réduire la
probabilité de faire une erreur dans une situation donnée en établissant une relation plus
immédiate entre la réponse comportementale et ses conséquences.
 l’autre ventrale et rostrale : plus spécifiquement impliquée dans les dimensions
émotionnelles et motivationnelles du comportement. Cette région est étroitement
connectée au COF dans sa partie ventro-médiane, et autres structures limbiques,
comme notamment l’amygdale, l’hippocampe ou encore le striatum ventral (noyau
accumbens). Elle permet d’attirer l’attention sur le vécu émotionnel de façon à en
prendre conscience ou connaissance et pouvoir lui attribuer plus clairement certains
qualificatifs.
 Ce CCA ventral est aussi impliqué dans la régulation des réponses neurovégétatives
et neuroendocriniennes entourant la perception des émotions, de par ses
projections sur l’hypothalamus.
 Neuro-imagerie fonctionnelle :
*La neurophysiologie clinique, à travers la neuro-imagerie chez l’homme, a permis d’apporter un
éclairage nouveau sur la physiopathologie du TOC ;

*Les recherches menées dans le domaine fonctionnel à l’aide de la tomographie par émission de
positrons (TEP), ou encore de la résonance magnétique nucléaire (IRMf), ont permis de montrer que
plusieurs régions cérébrales des patients atteints de TOC présentaient une activité anormale, qu’il
s’agisse de la région orbitale du cortex préfrontal, du CCA, du striatum (noyau caudé) ou du
thalamus.
*Selon les études, la TEP objective : -Augmentation du métabolisme au niveau du COF et de la tête
du noyau caudé ; s’accompagnant d’une élévation bilatérale du métabolisme au sein du CCA, Une
corrélation positive entre l’activité orbitale droite et la sévérité des symptômes obsessionnels
compulsifs a été également notée. Une augmentation bilatérale de l’activité thalamique a été enfin
retrouvée chez des patients présentant un diagnostic de TOC.
* Des résultats tout à fait similaires ont été obtenus à l’aide de l’IRMf avec une activation du COF, du
CCA et du noyau caudé observée à la fois dans des conditions de base ou lors de protocoles de
provocation chez des patients obsessionnels.
*Néanmoins, ces régions cérébrales semblent faire l’objet d’une activation différente selon la nature
des manifestations présentées. Par ailleurs, ces anomalies fonctionnelles disparaissent sous l’effet
des stratégies thérapeutiques habituellement proposées dans cette indication et ce parallèlement à
l’amélioration symptomatique.
*Selon le type du TOC, les régions cérébrales seraient activées de manière différente :
Groupe Aires activés chez les sujets Aires activés chez les sujets
syndromique TOC normaux
O: Aires de Broadman , gyrus Région ventrolatérale gauche
Contamination cingulaire droit antérieur, et cortex occipital
C: Lavage cortex orbitofrontal

O: Symétrie Noyaux de la base et du Régions visuelles et gyrus


C: Comptage tronc, putamen et globus frontal inférieur/ précentral
pallidum droit, thalamus droit,
diverses régions corticales
dorsales

C: Accumulation Gyrus frontal supérieur ou Aires visuelles


précentral gauche et cortex Bilatérales
orbitofrontal dt

O:Somatique, Régions occipitales gauches Aires visuelles bilatérales,


agressive et gyrus cingulaire postérieur
religieuses insula, hémisphère
cérébelleux droit

 Ainsi les résultats de la neuro-imagrie sont divergents et pas suffisants pour tirer des
conclusions sur la physiopathologie du TOC : sur le plan morphologique et fonctionnel, il
est difficile de dire si une augmentation ou une baisse du volume ou encore une hypo ou
hyperactivité des zones cérébrales concernées est causale du TOC, donc, il serait plus
correcte de parler d’un dysfonctionnement ;
4- Anomalies de la neurotransmission : les hypothèses neurochimiques :
Au-delà de cette approche anatomo-fonctionnelle suggérant l’existence d’un dysfonctionnement au
sein des boucles fronto-sous-corticales prenant naissance au niveau des COF et CCA dans le TOC, il
est intéressant d’essayer de mieux identifier les déterminants de ces perturbations fonctionnelles en
se basant sur un certain nombre de considérations issues de la neurochimie qui plaident en faveur de
l’implication des systèmes sérotoninergique et dopaminergique :
 Sérotonine: rôle central de la transmission serotoninergique :
 Sérotonine= 5HT--NT inhibiteur :
-inhibition comportementale
-évitement du danger
-contrôle des cpts impulsifs
-inhibition du cpt via modulation NT Dopaminergique
-les neurones 5HT permettent de supporter un délai avant de passer à l'acte
 Les symptômes de TOC sont classiquement attribués à une dysfonction du système
sérotoninergique cérébral. Cette hypothèse trouve son origine sur l’observation d’une
réponse positive des patients souffrant de TOC à la clomipramine.
 Pirot et al. ont fait l’hypothèse d’une hypoactivité des projections sérotoninergiques
associée à une hypersensibilité secondaire des récepteurs 5-HT post-synaptiques du cortex
orbitofrontal, du cortex cingulaire antérieur et du noyau caudé. Dans le cadre des TOC, ces
trois structures, organisées en réseau, auraient une activité anormalement élevée qui se
normaliserait à la faveur de traitements pharmacologiques ou de psychothérapies cognitives
et comportementale.
 L’administration prolongée d’antidépresseurs sérotoninergiques induirait une
désensibilisation progressive des autorécepteurs pré-synaptiques 5-HT1B/D et 5-HT1A («
down-regulation »), la réduction de ces systèmes de rétrocontrôle provoquant
l’augmentation du taux de sérotonine synaptique et la désensibilisation des récepteurs post-
synaptiques, qui serait associée à la rémission clinique des symptômes obsessionnels
compulsifs.
 La rémission des symptômes de TOC nécessite le plus souvent de fortes doses d’ISRS avec
délai d’action retardé : les auto-récepteurs 5-HT1B/1D du cortex orbitofrontal se
désensibiliseraient plus lentement (huit semaines) que ceux situés dans d’autres structures
et nécessiteraient des posologies plus élevées pour être désensibilisés.
 Cependant, l’efficacité thérapeutique des ISRS est incomplète, avec seulement 40 % à 60 %
de répondeurs .De plus, des études ont montré un taux abaissé de sérotonine plasmatique
chez une partie seulement des patients souffrant de TOC.
 La dysrégulation de la fonction sérotoninergique ne semblerait donc pas un modèle suffisant
pour expliquer l’ensemble de la physiopathologie des TOC.
 Modèle dopaminergique: (Dopamine joue un rôle dans la facilitation
comportementale)
Il a été également rapporté l’existence de perturbations fonctionnelles de ce système de
neurotransmission dopaminergique, laissant présager d’une augmentation de son activité dans le
TOC, comme en atteste la mise en évidence par neuro-imagerie d’une élévation de la densité du
transporteur de la dopamine contrastant avec une réduction du nombre des récepteurs D2 au
sein du striatum
 Ce qui est aussi en faveur du modèle dopaminergique : L’augmentation de la fréquence des
TOC par des agonistes dopaminergiques directs (apomorphine, bromocriptine) ou indirects
(cocaïne, amphétamine) [16] a suggéré l’implication des voies dopaminergiques dans cette
pathologie.
 Le TOC résulterait ainsi d’un déséquilibre fonctionnel entre les projections directes et
indirectes du cortex orbitofrontal sur les ganglions de la base, et s’accompagnerait d’une
hyperactivité dopaminergique striatale.
 la voie dopaminergique striatale, serait modulée par le système sérotoninergique. participant
au maintien d’un tonus inhibiteur de la transmission dopaminergique
 Il a été évoqué aussi l’importance des projections dopaminergiques dans ce qui relève du
processus de « critique » qui fournit à l’acteur un certain nombre d’informations sur les
conséquences de l’action qu’il vient d’accomplir.
 Les obsessions peuvent être considérées comme résultant de la mise en jeu excessive ou
inappropriée de ce processus de critique dans certaines situations venant alimenter le doute.
 Glutamate:
 Le rôle du système glutamatergique dans le TOC a gagné d’intérêt à la suite de données
d'imagerie émergentes, Des études génétiques et biochimiques. On parle actuellement
d’anomalie du transporteur du G, responsable d’accumulation glutamatergique et donc
d’une neurotoxicité.
 Ces résultats ont suscité l’intérêt à tester l'efficacité des médicaments (par exemple ,
riluzole ) qui modulent la fonction du glutamate .
 Un rôle pour le glutamate dans les TOC est hautement compatible avec les théories sur les
circuits du TOC.
 Les autres neurotransmetteurs :
Noradrénaline : - régule dépendance à la récompense/maintien des cpts
-taux NA et de son métabolite élevés dans le LCR chez TOC
Autres : GABA : peu d’études ds TOC

5-THEORIES CONSEQUENTIELLES :
1-Modèle de Baxter :
propose un modèle explicatif des obsessions-compulsions dans lesquels les boucles fronto-sous-
corticofrontales seraient impliquées dans le contrôle et le rejet des stimuli environnementaux mais
aussi internes non pertinents et/ou distracteurs.
Le dysfonctionnement de ces boucles entraînerait, dans le cas du TOC, une perturbation des
mécanismes de contrôle et de rejet des stimuli.
Dans ce modèle, les structures sous corticales comme le noyau caudé sont également considérées
comme des médiateurs entre le cortex orbito-frontal et le thalamus, structure largement impliquée
dans les afférences sensorielles et constituant une porte d’entrée pour le traitement de l’information
sensorielle.
Leur perturbation serait à l’origine d’une filtration inadéquate des stimulations sensorielles
externes et internes et de la libération de programme moteurs innés et automatiques (dont les
rituels) gérés par des structures sous-corticales telles que les ganglions de la base.
. L’existence d’une filtration inadéquate des ruminations anxieuses d’origine frontale est également
postulée. Le striatum ne jouerait pas là non plus son rôle inhibiteur envers des pensées et images
mentales générées par les régions frontales, et en particulier orbito-frontales,
2- Modèle de Brody et Saxena :
Se référant également à l’hypothèse de l’implication de la circuiterie corticostriato-thalamo-corticale,
Brody et Saxena font également l’hypothèse d’un déséquilibre entre les réseaux neuronaux direct
(activateur) et indirect (inhibiteur), se traduisant par une prépondérance de fonctionnement de la
voie directe sur la voie indirecte et expliquant l’absence d’habituation aux obsessions.
L’hyperfrontalité serait, dans ce cas, le signe cérébral de la lutte compulsive que le sujet exerce
contre ses obsessions et l’hyporfrontalité rendrait compte, à l’inverse, de l’abandon de cette lutte ;
6-Les modifications endocriniennes dans le TOC :
Axe H-HS : -{test de freination à la DXM (-) négatif chez 40% des cas
 Comme cela a été montré dans d'autres troubles psychiatriques , une dysrégulation de l’axe
HHS, les patients avec TOC sont exposés spécifiquement à des niveaux accrus de cortisol et
d’ACTH plasmatique .
7-Les théories inflammatoires et immunologiques :
 la découverte que le TOC, dans un sous- groupe d’enfants, peut être déclenchée par des
infections.
 Les infections streptococciques déclenchent une réponse immunitaire, ce qui génère, chez
certains individus, des anticorps qui agissent sur les noyaux gris centraux.
 Ce mécanisme peut expliquer le sous-groupe d'enfants chez qui le TOC se développe après une
infection streptococcique.
 Le concept « PANDAS »:
Le terme PANDAS (Paediatric Autoimmune Disorders Associated with Streptococcus infections)
désigne des affections neuropsychiatriques auto-immunes associées à une infection à
streptocoques bêta-hémolytiques du groupe A, survenant chez des enfants atteints de
troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et/ou de tics.
Les critères diagnostiques sont : présence de TOC et/ou de tics, début précoce (avant la
puberté), apparition brutale et sévère des symptômes, association d'infections
streptococciques et d'épisodes d'amélioration-rechute des symptômes neuropsychiatriques
(hyperactivité motrice ou mouvements involontaires incluant mouvements de type chorée
ou tics).
La caractéristique principale du PANDAS est la coïncidence entre l'aggravation des symptômes
neuropsychiatriques et les infections streptococciques.
D'autres symptômes neuropsychiatriques sont fréquemment observés : instabilité
émotionnelle, angoisse de séparation, anorexie, impulsivité, déficit d'attention et
hyperactivité motrice caractéristiques du syndrome d'hyperactivité avec déficit d'attention.
Les troubles associés incluent TDAH (40 %) dépression majeure (36%), angoisse de séparation
(20%) et énurésie 12 %.
Le diagnostic du PANDAS est clinique. L'imagerie cérébrale peut révéler une augmentation du
volume des ganglions de la base.
Le lien proposé entre l'infection et ces troubles était que la réaction auto-immune initiale à
une infection à streptocoque ß-hémolytique produit des anticorps qui altèrent le
fonctionnement des noyaux gris centraux, ce qui entraîne ces symptômes.
Le lien de causalité entre ces troubles et l'infection n'est pas encore acquis. Cette hypothèse
est controversée.
La prise en charge est identique à celle des troubles obsessionnels compulsifs et des tics :
thérapie cognitive et comportementale, et) pharmacologiques.
Dans une étude prospective longitudinale sur 12 enfants qui répondaient aux critères
diagnostiques de PANDAS , ont été traités avec de la pénicilline ou l'amoxicilline ( 5 patients )
, amoxicilline et clavulanate ( 1 patient) , ou céphalosporine ( 6 patients ) au cours de
l'exacerbation aiguë de symptômes neuropsychiatriques . Chez tous les patients un
traitement antibiotique efficace résolu le TOC, les symptômes d'anxiété et de tics dans en
moyenne 14 jours.
Les connaissances actuelles semblent insuffisantes pour soutenir une prophylaxie antibiotique
de routine pour les symptômes de PANDAS.
Malgré les résultats encourageants d'études récentes qui ont testé une éventuelle pathogénie
auto-immune de PANDAS, la validité de cette entité nosologique est toujours remise en
question.
A l’heure actuelle, Les PANDAS ne sont pas une entité pathologique validée. Ils ne sont pas
listés dans CIM ni dans le DSM.
 Autres facteurs immuno-inflammatoires : selon une revue de littérature de 2015 : Les
Cytokines, comme l'IL- 6 et de TNF- α , qui représentent un élément central dans la
psychoneuroimmunologie , sont en augmentation dans le TOC . Ces résultats fournissent un
soutien supplémentaire pour le rôle du système immunitaire et potentiellement la nécessité
d'options thérapeutiques ciblant directement ces biomarqueurs.
8- Conclusion des données de neuropathologie du TOC :

La pathogénie du TOC peut être expliquée par une altération du fonctionnement
des boucles fronto-sous-corticales suite à des anomalies neurochimiques
intéressant les voies sérotoninergiques et dopaminergiques.
La neuropsychologie du TOC :
*Selon une méta-analyse de 2013 ,les résultats des études concernant la neuropsychologie du TOC
sont hétérogènes et incohérents : Statistiquement les tailles d'effet significatives ont été observées
dans les domaines ( l'attention, les fonctions exécutives, la mémoire, les capacités visuo-spatiales, la
vitesse de traitement et la mémoire de travail) et aussi dans les sous-domaines (c.-à-une attention
soutenue, la planification, l'inhibition de la réponse, flexibilité cognitive, la mémoire verbale,
mémoire non-verbale, capacités visuospatiales, la vitesse de traitement, la mémoire de travail et de
la mémoire de travail spatiale), indiquant les performances réduites, en moyenne, chez les personnes
souffrant de TOC par rapport aux contrôles sains.

*En explorant la flexibilité cognitive, il a pu être montré l’émergence de « persévérations » chez les
patients avec TOC qui semble liée à l’absence d’activation au sein du COF, du CCA qui sont
normalement sollicités à l’occasion du changement de consigne. Ce qui semble proche du déficit
d’activation observée chez ces sujets au niveau COF lorsqu’ils sont engagés dans une épreuve
chargée d’étudier plus spécifiquement le processus d’inhibition du comportement.

*Une activité fonctionnelle plus importante au sein du CCA a été observée chez les patients avec TOC
lors de tests comportementaux les exposant à des erreurs éventuelles. Cette activation du CCA est
provoquée certes par le fait, mais aussi par la simple conviction d’avoir commis une erreur dans une
situation donnée ----) possible rôle du CCA dans la pathogénie du TOC en rapport avec le processus
de détection des erreurs.

CONCLUSION :
- Trouble multiforme et multifactoriel avec de Nombreux modèles étiologiques mais aucun n'est
entièrement satisfaisant ;
- La pathogénie du TOC peut être expliquée essentiellement par une altération du fonctionnement
des boucles fronto-sous-corticales suite à des anomalies neurochimiques intéressant les voies
sérotoninergiques et dopaminergiques.

Vous aimerez peut-être aussi