Optimisation du Tracé Routier M16
Optimisation du Tracé Routier M16
2TSGT
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suivant plusieurs itinéraires. Les profils en long sont étudiés sommairement et comparés entre
eux, on indique sur chacun des profils les points essentiels du terrain ayant de l’importance
pour le choix du tracé (routes, canaux, rivières, ravins, voies ferrées, etc. rencontrés ou
traversés).
- Le dessein sommaire du projet avec l’indication des pentes et rampes principales, hauteurs
des principaux déblais.
- L’indication des ouvrages nécessaires et leur importance.
Profil en long de la solution de base préconisée
La comparaison des divers profils en long permet la mise au point de base établi en général à
10/5 000 pour les distances et 1/500 pour les hauteurs. Ce profil découlera d’un choix établi
d’après divers critères de comparaison concernant chaque solution envisagée.
Ces critères comprennent la longueur totale, la déclivité maximale et sa longueur, longueur
totale des parties courbes et leur rayon minimum, l’importance relative de déblais et remblais,
la surface des ouvrages d’art. On tient compte à la fois de l’économie du projet (construction,
entretien, circulation), des points obligés de passage (considérations d’ordre politique ou
économique), ainsi que des facilités de parcours.
Avant-projet sommaire (A.P.S.)
Le profil en long provisoire établi sera vérifié et complété sur place. Le dessein schématique
des ouvrages d’art, l’indication des points kilométriques à partir d’une origine
accompagneront le profil en long.
Avant-projet détaillé (A.P.D.)
On procède au piquetage sur le terrain d’une ligne polygonale, dite base d’opération, suivant
de très près les ponts de passage de la future route.
On procède ensuite au lever à grande échelle (1/1 000 ou 1/500) d’une bande d’étude de part
et d’autre de la polygonale. La largeur de cette bande est variable avec le terrain, elle est en
moyenne de 200 m.
Suivant l’importance du projet le lever pourra être topographique (tachéométrie) ou
photogrammétrique (photos aériennes, stéréo préparation au sol et restitution).
Sur le nouveau fond de plan comprenant des courbes de niveau à équidistance de 1 m ou 0,50
m on relève graphiquement un nouveau profil en long comportant les mêmes indications
[Link] stage précédent, mais avec une précision plus grande.
On reporte également à l’échelle tous les ouvrages prévus, et les hauteurs de déblai et de
remblai.
Projet d’exécution
On procède au piquetage sur le terrain de l’axe de la voie (sommets d’alignements droits) en
prenant graphiquement sur le plan les éléments nécessaires, en utilisant des repères naturels
tel que des angles de constructions, bornes, etc.
Le profil en long définitif est levé sur le terrain après le piquetage de l’axe. Les cotes de
nivellement et les distances indiquées sont donc exactes et ne résultent plus d’interpolation.
Les profils en travers sont également levés. Les cotes du projet sont calculées au cm près à
partir d’éléments exacts, et les profils peuvent être dessinés de façon précise. On mesure
ensuite sur le terrain les angles formés par les alignements. Ces angles précis permettent
d’étudier les courbes de raccordement des alignements, de fixer les points de tangence des
courbes, leur rayon si elles sont circulaires et de calculer l’angle au centre. Ces données
permettent de calculer ensuite les éléments nécessaires à leur tracé sur le terrain.
Les paragraphes suivants traitent les divers procédés d’implantation des courbes circulaires.
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IMPLANTATION DES COURBES
On sait que le tracé d’une route, comme de toutes les voies de communication se compose
d’alignements droits raccordés par des courbes circulaires ou progressives en tenant compte
des points de passage obligés, du relief du terrain, des obstacles rencontrés.
Pour implanter un alignement droit, deux points principaux suffisent, entre lesquels il est
facile de mettre en place des points intermédiaires ou secondaires. Par contre pour implanter
une courbe on a besoin d’un certain nombre de points, les points de tangentes droits et leur
point d’intersection ; le rayon.
Rappels mathématiques
RACCORDEMENTS CIRCULAIRES
Les raccordements circulaires se trouvent principalement dans les projets routiers mais également dans les
bâtiments courants, pour l’implantation de voiles courbes par exemple ; les exemples choisis sont toutefois
essentiellement issus des raccordements routiers.
l soit on impose un point de passage P pour ce raccordement, le franchissement d’un obstacle, rivière ou
chemin de fer par exemple. Le rayon R est alors calculé de sorte que le raccordement passe par P.
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Dans le cas le plus courant, R est connu. Les alignements ST et STétant aussi connus, on construit le point
S d’intersection et l’on reporte les distances horizontales calculées ST et ST; on procède ensuite au
piquetage de plusieurs points de l’arc
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Application
Soit un raccordement simple de rayon R = 208,66 m entre deux alignements droits ST et ST’ (fig.
9.45.). Le sommet S est inaccessible. Un opérateur stationne un théodolite en deux points A et B des
alignements et effectue les mesures du tableau ci-dessus.
Calculez les distances d’implantation des points de tangence T et T.
Réponse
l Angle en A : BAT = [ (147,049 – 15,332) + (347,049 – 215,333) ]/2 = 131,717 gon ; d’où l’angle =
S1S2 = d1 + d2
ST1 = SS1 + d1
ST2 = SS2 + d2
T1T2 = ST1 + ST2 – [Link]
2 2 2
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Exercice
Les données sont les suivantes (fig. 9.48.) :
= 82,6480 gon
I1 (58,612 m ; 543,234 m)
I2 (489,598 m ; 512,769 m)
R1 = 714,250 m
1 = 48,2590 gon
Calculez le rayon R2 , l’angle 2 ainsi que les distances d’implantation I1 -T1 et I2 -T2.
Donnez les coordonnées des points dans le repère local dans lequel sont exprimés I1 et I2.
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Résolution analytique
Dans le triangle SI1I2, 200 = 200 gon, donc 2 = = 34,3890 gon.
R2 = [Link](2 /2)I2T2 = I2T = I1 I2 – I1 T et I1 T = [Link](1 /2)
R2 = [I1 I2 – [Link](1 /2)] . cotan(2 /2) = 533,086 m
I1T1 = [Link](1 /2) = 284,474 m
I2T2 = [Link](2 /2) = 147,588 m
Les coordonnées des points sont obtenues à partir du gisement GI1I2 = 104,4926 gon.
On calcule T à partir de I1 (ou I2) avec GI1I2 et I1T = 284,474 m (ou I2T = 147,588 m).
On calcule T1 à partir de I1 avec GI1T1 = GI1I2 – 1 + 200 = 256,2336 gon. On calcule
T2 à partir de I2 avec GI2T2 = GI2I1 + 2 – 200 = 138,8816 gon. On calcule O1 à partir de T1 avec GT1O1 = GT1I1
+ 100 = 156,2336 gon. On calcule O2 à partir de T2 avec GT2O2 = GT2I2 – 100 = 238,8816 gon. Les résultats
sont les suivants :
O1 (292,015 m ; –189,297 m) ; O2 ( 304,789 m ; – 8,583m) ; T (342,378 m ; 523,176 m)
T1 (–161,243 m ; 362,709 m) ; T2 ( 610,505 m ; 428,130 m) ; S (236,925 m ; 689,649 m)
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Dans le triangle O1 O2 H, on peut écrire :
Suivant les données du problème, on peut aussi utiliser la relation :
Dans le triangle SJT1, on peut écrire : ST2 = SJ – JT2 = [Link] – (O1 K – O1 H).
Donc, comme O1 K – O1 H = (R1 + R2).sin2 – [Link], on obtient finalement :
ST2 = [Link] – (R1 + R2).sin 2 + [Link]
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Raccordements circulaires renversés
Les raccordements circulaires renversés sont composés de deux raccordements circulaires simples
consécutifs avec une longueur minimale d’alignement droit pour passer d’un raccordement à l’autre,
longueur imposée par les règlements1.
En général les distance entre sommets S1 et S2 sont connues ainsi que les angles des alignements 1 et 2 (fig.
9.52.). On choisit d’abord une valeur pour R1 en fonction du type de route. On en déduit la position des
points de tangence T1 et T1 . On positionne T2 en respectant la condition d = T1T2 > Lmini. On en déduit le
rayon R2.
Si le rayon R2 convient à ce type de route (R2 R2mini), la solution est acceptée ; sinon, on effectue à
nouveau le calcul en modifiant la valeur du rayon R1 jusqu’à ce que la condition (R2 R2mini) soit
satisfaite.
Implantation au curvigraphe
Cet instrument (fig. 9.54.) est aussi appelé équerre de raccordement. Il est constitué de deux miroirs plans
pivotant l’un par rapport à l’autre. Leur mouvement relatif est libre mais freiné par une friction
suffisamment importante pour éviter qu’ils ne tournent intempestivement pendant les manipulations de
l’instrument.
Ce curvigraphe permet d’implanter rapidement des points d’un raccordement circulaire. On connaît
généralement les alignements à raccorder (RT et PT’, fig. 9.55.) ou bien un alignement RT et un point
d’arrivée du raccordement T’. Dans les deux cas, il existe un seul cercle de raccordement dont on sait
déterminer le rayon (voir § 5.1).
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Connaître la valeur du rayon n’est pas utile. Par visées sur deux jalons J 1 et J2 positionnés l’un sur
l’alignement RT connu et l’autre sur T, on peut caler entre les deux miroirs du curvigraphe l’angle sous
lequel on voit J1 et J2 depuis un point quelconque de l’arc de cercle.
Il reste à déplacer le jalon J 1 de l’alignement RT vers le point T et à se déplacer avec le curvigraphe sur la
zone de passage de l’arc de cercle. Chaque fois que l’opérateur voit les deux jalons de T et Talignés, il
marque un point de l’arc de cercle.
Comme pour l’équerre optique, cette méthode peut s’appliquer en terrain accidenté ; un opérateur averti
peut espérer une précision de quelques centimètres. Ce procédé rapide est également intéressant en VRD
pour la pose de bordures lorsque le centre du cercle est inaccessible ; il évite de nombreuses manutentions.
Triangles semblables
On cherche à implanter, par des mesures linéaires, plusieurs points P 1, P2, etc. d’un raccordement dont on
connaît tous les paramètres (fig. 9.56.).
Les triangles OHT et TH1 P1 sont semblables. On peut donc écrire :
On en déduit :
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On calcule ensuite :
Dans la pratique, on fixe une longueur de corde entière ; on en déduit les longueurs H 1 P1 et T H1 . On place
le point H1 sur la tangente ST à la distance TH 1 du point T puis, sur la perpendiculaire, on reporte la
distance H1P1 de manière à obtenir un point P1 du raccordement.
Pour positionner P2, on prolonge de c la droite TP1 jusqu’au point H2 puis on implante le point P2 par
bilatération (mesure de deux distances) à la distance c du point P 1 et à la distance 2 . H 1 P1 = c2 / R du point
H2. La même opération est répétée pour les points suivants.
L’inconvénient de cette méthode est que les erreurs se cumulent d’un point sur l’autre.
Pour limiter les écarts, la deuxième moitié de l’arc est implantée depuis T.
Exemple de piquetage
Le rayon de raccordement est R = 175,00 m, l’angle au centre est = 80,000 gon. On désire implanter neuf
points de l’arc circulaire de raccordement, donc un point tous les 8 gon. Ceci donne une longueur de corde
de c = 2 . 175,00 . sin 4,000 = 21,977 m entre deux points Pi consécutifs. Les constantes du piquetage sont :
c = 21,98 m et TH1 = 21,93 m,
H1P1 = 21,9772 / 2 / 175,00 = 1,38 m,
H2P2 = H3 P3 = etc. = H9 P9 = 2,76 m.
On implante chaque point de l’arc circulaire par ses coordonnées rectangulaires dans le repère (T, x, y) ou
bien (T,x,y) (voir fig. 9.57). Dans ce repère, pour tout point P, on a :
xP = c . cos(),
yP = – c . sin().
En pratique, on peut se fixer une valeur de la corde c, on en déduit l’angle au centre pour chaque point P.
On calcule l’abscisse xP que l’on reporte sur l’alignement TS et l’ordonnée yP que l’on reporte sur la
perpendiculaire.
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On peut aussi se fixer directement un angle au centre en découpant l’arc de cercle en un nombre entier n
d’intervalles de sorte que / n, puis en déduire les coordonnées ci-après :
c = [Link]() ;
xP = [Link]().cos() ;
yP = – 2.R.sin2().
Donc :
xP = [Link]
yP = – R.(1– cos )
Remarque : dans le repère (T,x,y), les formules sont identiques mais les ordonnées yP deviennent
positives.
Exemple de piquetage
Cet exemple est basé sur les valeurs numériques de l’exemple du paragraphe [Link].
Pratiquement, de manière à limiter les portées sur le terrain, les cinq premiers points sont implantés depuis
le point T et les quatre derniers depuis le point T(les coordonnées des quatre derniers points sont
identiques à celles des quatre premiers mais avec des ordonnées yP positif). Le point P5 est contrôlé depuis
le point T.
L’inconvénient par rapport à la méthode précédente est que le piquetage des points situés vers le centre du
raccordement peut demander le report de grandes distances.
Pour limiter ces distances, le piquetage est réalisé à partir des deux points de tangence T et T. On obtient
ainsi un contrôle par double implantation de certains points.
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Dans ce repère, pour tout point P, on a :
xP = c . cos(/2 – ) ;
yP = c . sin(/2 – ).
Comme la corde c vérifie l’égalité c = [Link](), on obtient :
xP = [Link]() . cos(/2 – )
yP = [Link]() . sin(/2 – )
Comme pour l’exemple du paragraphe précédent, on se fixe un angle en découpant l’arc en n
intervalles :n.
On en déduit les coordonnées de chacun des (n – 1) points P régulièrement répartis sur l’arc de cercle.
Cette méthode est intéressante dans le cas de l’implantation d’un bâtiment à façade en arc de cercle ; les
données seraient les points T, Tet le rayon du raccordement ou bien T, Tet la flèche de l’arc de
raccordement.
Exemple de piquetage
Toujours à partir des mêmes valeurs numériques données au paragraphe [Link], et comme pour l’exemple
précédent, le piquetage des cinq premiers points est réalisée depuis le point T et le piquetage des quatre
derniers depuis le point T, avec un contrôle du point d’axe P5.
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Ceci est d’autant plus exact que l’angle est faible. En effet, pour un angle radians proche de 0, on peut
écrire que cos(rad) 1 – rad 2 / 2.
Donc f1 R. rad 2 /8, f2 R.rad 2 /32, f3 R.rad 2 /128, etc.
Exemple
Avec les valeurs numériques de l’exemple du paragraphe [Link], on obtient : f1 = 33,42 m.
Le calcul exact donne : f2 = 8,57 m f3 = 2,15 m f4 = 0,54 m ;
Le calcul approché donne : f2 = 8,36 m f3 = 2,09 m f4 = 0,52 m.
L’erreur la plus importante est commise au passage de f1 à f2., mais ces erreurs se cumulent de point en
point. Pour un rayon de raccordement inférieur à 100 m, l’écart entre f1 et f2 est réduit à 12 cm et à 3 cm si
l’angle au centre ne dépasse pas 30 gon.
Implantations au théodolite
Les méthodes décrites ci-après sont adaptées au théodolite mécanique ou électronique (avec ou sans
IMEL).
Par exemple, l’angle au centre est de 80 gon, le rayon de raccordement de 175 m et l’on veut implanter
un point tous les 10 m sur l’arc de cercle : la longueur totale de l’arc est 175.80. /200 = 219,91 m. Un arc
de longueur 10 m correspond à un angle au centre tel que 10/21991/80 soit = 3,638 gon. Les
opérateurs utilisent cet angle pour implanter 20 points de l’arc de cercle.
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Pratiquement, on divise l’angle au centre en n parties d’angles au centre / n. On en déduit : Dh =
[Link]( ), G = 200 +
Le théodolite est stationné au point T, le zéro du limbe est sur l’alignement ST (fig. 9.61.).
Exemple de piquetage
Toujours à partir des mêmes valeurs numériques . La deuxième partie de l’arc est implantée depuis le point
T’ ; le point P5 sert de contrôle.
Attention ! pour des distances supérieures à 200 m, il faut veiller à transformer les distances calculées à
partir des coordonnées en distances horizontales sur le terrain (opération inverse de la réduction de
distances )
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Exemple d’implantation
Dans un tunnel de 10 m de diamètre intérieur, on désire piqueter l’axe de la chaussée et positionner les
bordures. L’axe en plan est un arc de cercle de rayon R = 300 m ; l’angle entre les alignements raccordés
est de = 115,87 gon donc = 84,135 gon. En raison d’un problème de visibilité, la corde maximale que
l’on peut tracer dans ce tunnel est telle que sa flèche f soit limitée à la valeur f = 5m.
Comme f = R.(1 – cos(/2)), ceci donne un angle au centre maximal = 23,278 gon.
On peut donc choisir un découpage en quatre (ou plus) arcs de cercle d’angle au centre = 84,135 / 4 =
21,034 gon. Les valeurs d’implantation des points d’axe sont :
l point P1 : Dh = 98,67 m et G = 210,517 gon ;
RACCORDEMENTS ROUTIERS
Ce paragraphe développe les techniques d’implantation et les aspects réglementaires spécifiques aux
raccordements routiers.
Caractéristiques générales des raccordements routiers
Pour effectuer une implantation d’axe routier, il faut choisir un tracé en fonction de la topographie du
terrain et du type de route étudiée selon des critères de visibilité, de distance de freinage, de vitesse de
parcours, de déclivité maximale, etc.
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Terminologie routière (Rappel)
La convention de notation des pentes de talus est la suivante : une pente de 1/3 signifie 1 m en horizontal
pour 3 m en vertical.
Le réseau routier marocain est constitué de l'ensemble des voies de communication terrestres permettant
le transport par véhiculés routiers, et en particulier, les véhicules motorisés (automobiles, motos, autocars,
poids lourds...).
Les critères de base qui guident pour le choix des caractéristiques technique sont :
Ces données sont fondamentales pour fixer en particulier les caractéristiques du tracé en plan (TP), profil
en long (PL) ainsi que celles des ouvrages d’art (OA). Le choix des caractéristiques doit donc résulter
d’une analyse économique prenant en considération les données du terrain et du trafic.
On considère 4 catégories de route et des routes hors catégories. Ces dernières sont formées des routes de
montagne ou des routes très peu circulées.
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Les tableaux suivants1 sont indicatifs et destinés à obtenir des ordres de grandeur dans la recherche
d’exemples concrets.
Les routes sont classées en trois catégories (R, T et L) et sept sous-catégories (R 60, R 80, T 80, T 100, L
80, L 100, L 120) qui caractérisent les conditions de site, relief et occupation du sol ainsi que la fréquence
et l’importance des points particuliers.
Différentes catégories
Les tableaux ci-après donnent les caractéristiques des différentes catégories de routes.
Paramètres cinématiques
Le tableau ci-après donne les principaux paramètres liés à la vitesse des véhicules.
Rv : rayon assurant une distance minimale de visibilité d’un obstacle de hauteur 15 cm ou 1 m placé sur la
chaussée.
Tracé en plan
Les paramètres fondamentaux sont les rayons et les dévers de la chaussée. Les tableaux ci-après permettent
de les déterminer en fonction du type de voie.
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Le dévers minimal passe de 2,5 % pour les revêtements en béton bitumineux à 2 % pour les revêtements en
béton de ciment.
Profil en long
Les paramètres fondamentaux sont les rayons et les déclivités (pentes et rampes). Le tableau ci-après donne
les rayons minimaux de raccordement en profil en long.
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Les valeurs données dans le tableau précédent tiennent compte des impératifs de confort visuel, de non-
gauchissement de la chaussée lors de l’introduction progressive du dévers, de raccordement évitant la
configuration courbe à sommet dans laquelle la longueur de raccordement est trop importante par rapport à
celle de l’arc raccordé.
représente l’angle de déviation total correspondant à l’ensemble du virage (fig. 9.66.).
est exprimé en radians, L et R en mètres.
Raccordements progressifs
Le raccordement direct de deux alignements droits par un arc de cercle ne tient pas compte de la vitesse des
véhicules qui l’empruntent.
En effet, dans un virage à rayon de courbure constant, tout véhicule est soumis à une action centrifuge
d’intensité inversement proportionnelle au rayon R. Quand on passe de l’alignement droit à l’arc de cercle,
la valeur du rayon R passe brutalement d’une valeur infinie (droite) à une valeur finie (cercle), ce qui
demande en théorie au conducteur une manœuvre brutale et instantanée d’adaptation de sa trajectoire sur
une distance nulle ; sa seule marge de manœuvre est due à la largeur de la chaussée.
Pour réaliser la transition en douceur du rayon infini au rayon fini de l’arc de cercle, on intercale entre
l’alignement droit et l’arc de cercle (fig. 9.66.) un raccordement progressif, généralement une clothoïde. La
même transition se retrouve en fin de virage pour revenir à l’alignement suivant. Le raccordement
progressif permet aussi de passer graduellement du dévers de chaussée en alignement droit au dévers de
chaussée en arc de cercle. Il existe plusieurs types de raccordements progressifs, nous étudions seulement
le cas de la clothoïde ou spirale de Cornu.
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Propriétés de la clothoïde
Le rayon de courbure d’une clothoïde varie progressivement d’une valeur infinie en O, point de tangence
avec l’alignement Ox, à une valeur finie, r, en un point donné P de la courbe. Un véhicule qui parcourt
cette courbe voit donc le rayon de braquage de ses roues diminuer progressivement en passant par toutes les
valeurs comprises entre l’infini et r.
La clothoïde tourne indéfiniment autour de deux points asymptotiques I et I’
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Les actions en présence, en négligeant le frottement, sont :
la force centrifuge : F = m . v2 / r ;
le poids: P = m.g (g = 9,81 m.s–2).
On peut écrire :
tan = F / P = v2 / (r.g) et sin = p / e
Le dévers étant faible (moins de 7 %) : tan sin d’où p = (e.v2) / (r.g).
On suppose la vitesse du véhicule constante sur le raccordement, comme e et g sont aussi des constantes,
on obtient : p = k / r.
Si de plus l’on suppose que la surélévation due au dévers p varie de manière linéaire le long du
raccordement, on peut écrire : p = k. s, kétant une constante et s l’abscisse curviligne le long du
raccordement.
Finalement, on arrive à l’équation suivante : r . s = Constante.
Donc le produit du rayon de courbure r en un point M donné de la courbe par l’abscisse curviligne s en ce
point est constant (fig. 9.69.).
La courbe qui vérifie cette équation permet donc d’assurer à tout instant l’équilibre du véhicule le long du
raccordement, le dévers étant aussi introduit de manière progressive. L’équation de la clothoïde est
présentée sous la forme suivante :
s.r = A2
A est une constante appelée paramètre de la clothoïde ; notez que ce paramètre est homogène à une
longueur.
La clothoïde unité est la spirale d’équation : s . r = 1
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Coordonnées d’un point d’une clothoïde
Il est plus utile de connaître un point de la clothoïde en coordonnées (x,y), surtout pour un traitement par
informatique.
La partie de la clothoïde réellement utilisée dans les raccordements étant limitée au tout début de la spirale,
proche de l’origine O, on procède par développement limité.
Considérons une clothoïde de paramètre A (fig. 9.70.) raccordant un alignement Ox à un cercle de rayon R.
La clothoïde commence au point O et se termine au point F. En F le rayon vaut R et l’abscisse curviligne
depuis O est sOF = L ; L est la longueur du raccordement progressif.
En un point P quelconque de cette spirale, l’angle entre la tangente à la spirale et l’alignement Ox vaut le
rayon vaut r et l’abscisse curviligne s.
En un point Pinfiniment voisin du point P, on est à la distance (r + dr), (s + ds) et (+ d). Au point F, on
a A2 = R . L. Au point P, on a A2 = r . s.
On peut écrire entre les points P et P, en négligeant les termes du second ordre, que r.d= ds, den radian.
On obtient l’équation différentielle de la clothoïde : [Link] = A2.d.
En intégrant cette équation entre O et P, on obtient :
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Le terme s2 / 2A2 étant proche de zéro au voisinage du point O, on utilise le développement limité des
fonctions sinus et cosinus pour obtenir les coordonnées (xP , yP) ci-contre d’un point P quelconque de la
clothoïde à l’abscisse curviligne s du point de départ O dans (O,x,y). Les coordonnées (xP , yP) sont
positives, lorsque la clothoïde est à gauche (fig. 9.70.). Pour une clothoïde à droite, l’ordonnée yP devient
négative.
En remplaçant l’abscisse curviligne s par on obtient les coordonnées (xP , yP) d’un point P
en fonction de l’angle en radians.
Si deux des trois paramètres (A, R ou L) sont fixés, il est possible de calculer les coordonnées d’un nombre
quelconque de points de la clothoïde en vue de son piquetage.
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Clothoïde symétrique
La figure 9.72. ci-dessous résume l’étude du cas de la clothoïde symétrique.
Sur la figure 9.72., on constate que si 200 – = 0, l’arc de cercle n’existe plus. Pour que l’arc de
cercle existe, il faut que gon < 100 – / 2, ce qui implique que :
donc
Cette valeur maximale de A est appelée condition d’existence du raccordement circulaire.
Il existe aussi une condition appelée condition de visibilité qui impose A > R/3 pour assurer un confort
visuel suffisant à l’usager du raccordement.
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Clothoïde dissymétrique
On définit pour chaque clothoïde (fig. 9.73.) les mêmes paramètres que précédemment pour la forme
symétrique.
Les paramètres des deux spirales étant A et A, on en déduit L et Lpuis et , etc. en appliquant les
mêmes formules. Le rayon R à raccorder et l’angle entre les alignements sont donnés. Les
nouveaux paramètres que l’on doit calculer sont les suivants :
l angle au centre de l’arc de cercle : ;
donc :
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De même, on obtient :
Ce qui donne trois conditions à vérifier sur A et A.
Raccordement théorique
La propriété que doit assurer la courbe de transition TTpermettant de passer de la rampe AT à la pente TB
(fig. 9.84.) est d’assurer un taux de changement de pente constant.
Ainsi le passage de la pente p, positive par convention à la pente pnégative, sera le plus progressif
possible. Dans le repère (O, X, Z) associé au profil en long, on peut exprimer la pente par p =dZ/dX ; la
variation de pente est donc d2Z/dX2 , soit la dérivée seconde de l’altitude Z par rapport à l’abscisse X.
Si la variation de pente est constante, alors : d2Z/dX2 =K d’où Z = K.X2 /2 + K.X + K.
C'est l’équation d’une parabole d’axe de symétrie vertical qui est la courbe cherchée.
Propriétés de la parabole
On considère une parabole d’axe vertical tangente en S à l’axe des abscisses x (fig. 9.85.) et d’équation
z = a.x2 dans le repère (S, x, z) associé à cette parabole ; S est le sommet de la parabole.
La pente en un point quelconque P de cette parabole est le suivant :
z= 2.a.x
L’abscisse du point A de rencontre des tangentes se calcule ainsi :
(zT – zA) / (xT – xA) = [Link],
(zT– zA) / (xT– xA) = [Link].
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Comme zT = [Link] 2, zT= [Link]2, on obtient :
Donc
Le point A est le point de rencontre des pentes à raccorder. Il est situé à la verticale de A.
l L’équation du cercle le plus proche de la parabole autour de S est (z – R)2 + x2 = R2.
On prend : R < 0 si la concavité est tourné vers le bas (z négatifs) et R > 0 si la concavité est tournée vers le
haut (z positifs).
En développant, on obtient : z2 – 2z.R + R2 + x2 = R2 d’où 2.z.R .(1–z/2R)=x 2
Le terme (z /2R) étant petit devant 1, les rayons de raccord utilisés étant grands, on obtient l’équation
suivante qui correspond à la parabole la plus proche du cercle de rayon choisi :
Le repère général (fig. 9.85.) est associé au profil en long ou au projet ; l’origine des Z est soit le niveau 0,
soit le plan de référence adopté pour le projet et l’origine des abscisses X est celle du projet ou celle du
profil en long étudié. Le plan de référence est aussi appelé plan de comparaison.
Remarque
On arrive au même résultat en reprenant l’équation générale de la parabole z = k.x2/2 + k.x + ket en
écrivant que pour x = 0 : z = 0 (sommet S de coordonnées (0,0)), z= 0 (tangente horizontale en S), z=
1/R : courbure de 1/R en S. Cela donne : k= k= 0 et k = 1/R. Donc z = x2 / (2.R).
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Positions relatives du cercle et de la parabole
Dans tous les cas, on vérifie que zparabole < zcercle . Le cercle est à l’intérieur de la parabole.
l La distance horizontale D entre les points de tangence T et T’ se calcule comme suit :
Les coordonnées de T sont : (xT, yT = xT 2/(2.R)), la pente en T est p = xT/R donc xT= p.R.
Les coordonnées de Tsont : (xT, yT= xT2/(2.R)), Pente en T: p= xT/R donc xT= p. R.
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Les deux pentes à raccorder sont définies en général par les coordonnées XE et ZE d’une extrémité et leur
pourcentage p ; on peut donc en déduire leur intersection A.
l l’équation de la première tangente est Z = p.X + b ; comme b = ZE – [Link] , on en déduit que
On obtient : ou encore
Connaissant
D = |R.(p– p)|, on calcule T et T:
XT = XA – D/2 ; ZT = p. XT + b
Ou bien
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Application
lSur une route du type R60, une pente de 6 % de déclivité doit être raccordée à une rampe de 5 % de
déclivité. Les pentes à raccorder, figurent sur le profil en long (fig. 9.88.). Définissez la position des points
caractéristiques de ce raccordement. Le raccordement est en angle rentrant, son rayon minimal est R = 1500
m. Effectuez les calculs avec cette valeur minimale. Ci-dessous est donné le profil en long avant le calcul
du raccordement.
Pour le piquetage de neuf points sur le raccordement parabolique, on place un point tous les 16,50 m.
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On peut voir sur la figure 9.89. le résultat de ce piquetage sur le profil en long.
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ANNEXE : TERRASSEMENTS D’UN PROJET ROUTIER
En phase de réalisation, le lever doit être le plus précis possible : il est donc effectué sur le terrain. On
procède au piquetage d’une polygonale de base dont les sommets sont rattachés au système Lambert. La
polygonale de base est généralement constituée d’un cheminement à longs côtés, de l’ordre du kilomètre,
rattaché tous les 5 km au système Lambert, et de cheminements polygonaux (côtés de 100 à 300 m de
longueur) encadrés par les points du cheminement à longs côtés (par exemple S13 et S14, fig. 9.90.).
Les sommets de la polygonale de base doivent être positionnés hors de la zone de travaux de manière à
assurer la durabilité des repères pendant toute la durée du chantier. À ce stade du projet, l’axe en plan est
déjà défini par les impératifs de visibilité, de déclivité maximale, de rayons de courbure, etc. Les
coordonnées des points d’axe sont connues ; ceux-ci sont régulièrement répartis le long du projet. Ils sont
implantés et nivelés à partir de la polygonale de base. De plus, à chaque point d’axe et à chaque
changement de pente, un profil en travers est levé : cela nécessite de stationner le point d’axe puis de lever
des points sur la perpendiculaire à l’axe en ce point. Pour gagner du temps, il suffit de calculer la position
en planimétrie d’un certain nombre de points sur le profil en travers et de les lever depuis une seule station ;
par exemple, les points 11,12, 21 et 22 sont levés depuis la station S13 (fig. 9.90.).
On peut compléter les levers des lignes d’axe et de profils en travers par des semis de points entre profils
dans le but d’améliorer la discrétisation du terrain naturel. Ce levé, plus précis, du terrain permet d’affiner
le calcul des cubatures et de préciser la position des points d’entrée en terre théoriques. Si le lever est
effectué au moyen d’une station totale, on peut utiliser les fonctionnalités des logiciels de topographie pour
le calcul et le dessin assisté des profils.
Pour faciliter toutes les opérations de calcul, de lever et d’implantation, il est recommandé de repérer
chaque profil en travers sur la vue en plan du projet par les paramètres suivants (voir tableau fig. 9.90.) :
l l’abscisse curviligne du point d’axe pour situer le profil dans le projet ;
l le gisement du profil afin de faciliter les calculs de coordonnées des points sur le profil en
travers.
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Le plus simple dans l’implantation des terrassements est de positionner en premier l’axe du projet puisque
tous les éléments s’y rattachent. En pratique, il n’est pas possible de conserver des piquets d’axe puisqu’ils
sont dans la zone des travaux. On utilise donc la méthode suivante.
À partir des points d’axe définis en coordonnées générales (E, N) ou locales, on calcule sur la
perpendiculaire à l’axe les coordonnées de deux points situés à environ 2 m au-delà de l’emprise
théorique des terrassements (voir fig. 9.90. les points 11, 12, 21, 22, 31, etc. et 52). Ces points sont
implantés sur le terrain à partir de la polygonale de base. Ces piquets sont ensuite nivelés en nivellement
direct ou bien en nivellement indirect pendant la phase d’implantation de manière à gagner du temps.
Ces points dont les coordonnées (E, N et H) sont connues, permettent au géomètre toutes les implantations
et tous les contrôles ultérieurs possibles : implantation des points d’entrée en terre, contrôle des
terrassements à chaque profil, etc.
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La pente du talus p, est conventionnellement exprimée sous forme de fraction f telle que 1/1, 1/2 ou 1/3
représentant l’inverse de la pente (f = 1/3 donne une pente p = 3, soit 300 %). Si l’on utilise cette fraction f,
la relation précédente devient : X = f . H.
On note sur la figure 9.92. que le point ainsi déterminé, à la distance X de ET12 sur l’alignement 11-12,
n’est pas encore exactement le point d’entrée en terre réel. On répète la manipulation jusqu’à obtenir de
proche en proche le point réel. En pratique, cela n’est nécessaire que si le terrain est très irrégulier à cet
endroit précis ; sinon, dès la première manipulation, on obtient une position suffisamment précise du point
réel ET12.
Application numérique :
– altitude théorique de ET12 : 162,121 m,
– altitude du terrain naturel en ET12 : 162,497 m,
– pente du talus de déblai : 1/3.
Le point ET12 est situé sur l’alignement 11-12 vers l’extérieur c’est-à-dire vers la droite du point ET’ 12 sur
la figure 9.92, parce que le terrain naturel réel est plus haut que le terrain naturel théorique à cet endroit. Il
est décalé de X = 12,5 cm.
lPhase 1 : l’opérateur met en place le premier piquet du gabarit à environ 10 à 20 cm de l’entrée en terre
réelle (§ 7.2.1) ; puis il trace sur le piquet le prolongement du talus à l’aide d’un niveau de pente ou d’une
équerre de pente et d’une règle (fig. 9.93.).
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l Phase 2 : l’opérateur met en place le second piquet à environ 50 cm en amont du premier et il trace un
repère dans le prolongement du talus projeté (fig. 9.94.).
l Phase 3 : l’opérateur fixe la traverse au-dessus des repères tracés sur les piquets de telle sorte que l’arête
Ce type de gabarit suffit pour descendre jusqu’à 50 cm du fond de fouilles. Ensuite, le topographe doit
vérifier la largeur du terrassement et préciser la cote exacte du fond de fouilles.
Le pied du talus de remblai doit aussi être signalé par un gabarit. En pratique, ces gabarits sont enfouis ou
déplacés par les engins de terrassement. Il est alors préférable de contrôler régulièrement, tous les 3 à 4
mètres de terrassement, l’emprise des talus de remblai et la largeur de la plateforme 1.
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