Ancrage de la République (1880-1914)
Ancrage de la République (1880-1914)
1879 – La république aux mains des républicains -> objectif d'enraciner la république pour éloigner
tout danger de réaction monarchique ou impériale.
"La République est à la fois une forme et un fond" – Gambetta.
Forme -> République = régime politique où le chef de l'Etat n'est plus un monarque ou un
empereur héréditaire, où le peuple participe grâce au vote à la chose publique. Où les principales
liberté publiques sont garanties.
Fond -> Culture commune des héritages historiques, des pratiques
Berstein et Rudelle : "modèle républicain" = une culture républicaine reposant sur 5 valeurs :
- Primat de l'individu sur la raison d'Etat
- souveraineté du Parlement (pouvoir exécutif soumis au pouvoir législatif)
- Laïcité
- Progrès social
- Le patriotisme
= culture commune et héritage commun de la Révolution Française.
Ajd les historiens soulignent que la République entre 1880 et 1914 n'en continue pas moins d'être
menacée.
La République est combattue à gauche par les anarchistes et socialistes (car elle défend l'ordre
capitaliste)
à droite par les nationalistes qui l'appellent la "Gueuse"
La République a des exclus : le suffrage est masculin. Les indigènes sont exclus des droits sociaux et
politiques.
Problématique :
Comment expliquer la persistance des attaques contre la
République en même temps que sa capacité à s'enraciner
durablement ?
I. Bâtir la République : les années fondatrices (1880-1889)
A. Enraciner la République dans les coeurs et les esprits
Les républicains veulent à tout prix éviter que les monarchistes et bonapartistes n'arrivent au
pouvoir. Eduquer la population aux valeurs Républicaines
1. Les grandes lois libérales:
Dès leur arrivé, les républicains mettent en place des grandes lois qui garantissent la liberté de
l'individu.
- loi sur la presse (29 juillet 1881) = liberté d'imprimer, de vendre, d'afficher (sauf restrictions
précises)
aucune limite sauf les atteintes à la personne (diffamation)
- loi sur la réunion (30 juin 1881)= les réunions publiques sont légales sans autorisations
préalables. Mais nécessité d'une déclaration de réunion publique.
- 1884 : loi Waldeck-Rousseau sur la liberté syndicale
- Loi du 28 mars 1882 : élection des maires (les conseils municipaux ont le droit d'élire leurs
maires) (sauf Paris qui n'a pas de maire jusqu'en 1977, le préfet de la Seine fait office de maire)
- Loi du 5 avril 1884 : mairie ds chaque commune et publication des délibérations du conseil
municipal (les villages, la mairie sont les premiers lieu de ccontact avec la vie politique pour les
citoyens
- Loi du 27 juillet 1884 instaurant le divorce (mais critères)
Fête nationale :
L'hymne national :
La Marseillaise. Chantée par les soldats qui venaient de Marseille jusqu'au Nord lors de la fête de la
fédération.
Symboles de la République :
Marianne est représentée de manière systématique dans les mairies mais plus largement, toute
allégorie de la République gagne l'espace public.
Maurice Agulhon – Travail sur les différentes figures de Marianne – les gens sont pris de
"statuomanie". Entre 1871-1914, il y'a eu 150 statues représentant la République qui ont été
érigées. (Statue des frères Morice, place de la République à Paris)
subaltern studies – culture des élites imposée aux gens ?
Ces symboles sont aussi appropriés par la situation.
Dans les années 1870 : 77% des hommes et 67% des femmes sont alphabétisés
On aura donc un changement qualitatif plutôt que quantitatif
Jules Ferry – Ministre de l'Instruction publique février 1879 - novembre 1883
"école de la République"
- Loi du 16 juin 1881 sur la gratuité de l'enseignement primaire dans les écoles publiques
(existence d'écoles catholiques, privées)
- loi du 28 mars 1882 sur la laïcité de l'enseignement primaire et l'obligation de scolarisation des
enfants des deux sexes de 6 à 13 ans.
Pk les 2 sexes ? 1870s : Inégalité de scolarisation des filles et des garçons + les filles sont quasiment
systématiquement scolarisées dans des congrégations religieuses.
On veut donner aux hommes qui votent des compagnes républicaines.
Jules Ferry : 10 avril 1870 : "Les évêques le savent bien, celui qui tient la femme, celui-là tient tout,
d'abord parce qu'il tient l'enfant, ensuite aprce qu'il tient le maris, c'est pour cela que l'Eglise veut
retenir la femme et c'est aussi pour cela que l'Etat veut la reprendre. (...) Il faut que la femme
appartiennent à la science ou à l'Eglise."
Le but est de soustraire les femmes à l'influence de l'Eglise
- Loi Camille Sée du 21 décembre 1880 sur les lycées de jeunes filles (pas le droit de passer le
Baccalauréat, le contenu de l'enseignement est différents, elles n'ont pas de latin ni de grec, ni de
philo mais elles ont des cours de coûture, de chant, d'économie domestique)
- Loi Goblet du 30 octobre 1886 la laïcisation des enseignants
Laïcisation = séparer l'école de l'Eglise. La religion n'a plus sa place à l'école. Il faut laïciser
l'enseignement : pas d'enseignement religieux, jeudi il n'y a pas école, ceux qui le veulent vont au
catéchisme + pas de religion dans la croyance.
Séparation entre connaissance scientifique et croyances.
Les religieux n'ont plus le droit d'enseigner à l'école publique.
Idées résumées dans le Don Quichotte, 7 novembre 1879. Un enfant se fait tirer vers un puis par
un religieux, en essayant d'aller vers l'école de la République.
Cette école des républicains correspond aux valeurs Liberté, Egalité, Fraternité. Ecole gratuite et
obligatoire (égalité), séparation de l'Eglise et de l'école (liberté de conscience), enraciner la
République, promouvoir l'amour de la patrie (fraternité)
Patriotisme :
Au regard de comment on rentre en guerre en 1914, oui. Car on avait prévu environ 10% de
désertion, dans les faits, il y a seulement 1% de désertion.
Le taux d'alphabétisation :
augmentation plutôt faible (mais augmentation), donc changement qualitatif plus que quantitatif.
Bcp d'enfants ne vont pas à l'école pour autant.
Il y a tjr moins de femmes que d'hommes scolarisés.
Début 20e, un instit débutant touche 1200 francs par ans, un mineur touche 1300 francs par ans.
L'école de Jules Ferry est méritocratique, elles vont permettre une promotion sociale.
Parallèlement à cette école se dvlp un système de bourses. Qd on repère un enfant du peuple avec
des appétences particulières. (ex : Edouard Herriot, Jaurès)
Cette méritocratie existe mais l'école est restée socialement conservatrice et sélective.
Le système scolaire propose 2 filières :
Ecole du peuple
Enseignement secondaire (commence à 12-13 ans) = réservé à la bourgeoisie, pas gratuit.
On a des passerelles -> Filière EPS (Ecole Primaire Supérieure) -> forme au concours d'instit.
Le système reste très binaire entre école du peuple et école des élites.
1. La République opportuniste
Période des "républicains opportunistes", qualifiés par des républicains plus radicales
(Clemenceau). Selon eux, la République doit gouverner en s'adaptant aux circonstances.
On a par exemple Jules Ferry, "Le Tonkinois" (car il lance la colonisation de l'Indochine)
1879-1885 – ministre des affaires publiques 2 fois président du conseil (sep-nov 1880 fév-mars
1885) "Nous croyons que la République doit être un gouvernement"
Illustration : Henri Germain, député de l'Ain de 1871 à 1893, fondateur du Crédit Lyonnais. Jean-
Casimir Périer, président de la république, un des principaux actionnaires de la Compagnie des
mines d'Anzin.
Tout ça va alimenter les scandales politico-financiers :
Affaire des décorations : 1887, Daniel Wilson, le gendre du président de la République (Jules
Grévy), vendait des Légions d'Honneur, Jules Grévy doit démissionner.
Scandale de Panama : 1893, la construction du canal de Panama est fait par une entreprise
française. Cette entreprise est en difficulté financière -> besoin d'un vote au Parlement pour
obtenir un emprunt. L'entreprise a donné de l'argent aux parlementaires pour avoir le vote. -> 104
parlementaires ont bénéficié d'argent pour les corrompre de la part de la companie du Canal.
Procès -> certains députés démissionnent.
Symptome d'un système où les républicains sont verreux et corrompus.
Idée de rejet du ssystème parlementaire.
Les députés opportunistes ne sont pas vus comme des pères fondateurs, mais sont détestés.
Le régime, après la gestion de Grévy, est devenu un régime d'Assemblée. Le pouvoir exécutif est
affaibli.
Le président du conseil n'est pas pensé comme étant un leader, mais comme étant celui qui peut
fédérer une majorité autour de lui. C'est un homme de consensus. Ils vont choisir qui sera
président du conseil parmis les membres du conseil des ministres (pas de tâche précise)
Il incarne le parlementarisme.
IIIe Rép : instabilité gouvernementale. Souvent, le gouv est renversé, on change de gouvernement.
Entre 1879 et 1914, 46 gouvernements, 46 cabinets ministériel. Ca alimente
l'antiparlementarisme.
Mais on peut nuancer : il n'y a pas forcément d'instabilité ministérielle. Alors que les chefs de
conseil changent, les ministres sont souvent repris.
Ferry était au gouv entre 1879 et 1893.
Quand Jean-Casimir Périer démissionne (parce qu'il ne servait à rien), Sadi Carnot lui succède, au
moment de l'élection, Clemenceau dit "je vote pour le plus bête"
Felix Faure "JE suis la reine d'Angleterre". "Il voulait mourir César, il est mort Pompée" (mort en se
faisant sucer par sa maitresse)
Il demeure avec des pouvoirs : il nomme le président du Conseil, il signe ou refuse les traités de
paix. La plupart de son activité consiste en une politique cérémoniale
Sadi Carnot 87-94 (mort assassiné à Lyon par un anarchiste) va faire 380 sorties dans Paris, 17
voyages en province au cours desquels il aura visité la moitié des départements français.
Il était aussi populaire que Napoléon III.
La sortie n'a pas le même sens qu'un voyage impérial. -> protocole républicain. Le présidennt est
accompagné de représentants des collectivités locales. On fait en sorte que sa personne ne soit
pas mise en avant.
On ne célèbre pas l'Homme, mais la Fonction (et à travers ça, la République)
Général Boulanger, ministre de la Guerre, janvier 1886-87, connu sous le nom de Général
Revanche.
Militaire ambitieux, il a servit l'Empire, a combattu la Commune, a soutenu l'ordre moral mais a
rallié les opportunistes.
1880s – considéré comme un général républicain.
Il gagne une certaine popularité tant au niveau des soldats (mesures de confort pour les soldats,)
que de l'opinion publique.
Il gagne son surnom lors de l'affaire Schnaebelé (espion français qui se fait arrêter par les
allemands). Boulanger a une réaction virulente, menace de mobiliser des troupes. Du pdv de
l'opinion publique, c'est un général revanchard.
Cette affaire affole les républicains. Ils le muttent, il n'est plus membre du gouv.
On lui donne un poste à Clermont-Ferrand. Il est ultra populaire.
Donc les républicains le mettent à la retraite. Les militaires n'avaient pas le droit de vote ni
d'éligibilité. Donc Boulanger devient éligible.
Il lance sa carrière politique.
Avril 1888, constitution du Comité républicain national. Son programme se résume en 3 mots :
"Dissolution, constituante, révision" Il veut donc revoir la Constitution afin de remettre un pouvoir
exécutif fort.
Boulanger, pour promouvoir ses idées, se présente à toutes les élections partielles qui ont lieu. Il
est souvent élu, fait sa campagne, puis démissionne. (voir doc3)
Janvier 1889 – il est élu largement à Paris face à un député républicain. Il ne fera pas de Coup
d'Etat.
Les républicains commencent des poursuites contre son mouvement – délit de société secrète.
Plusieurs boulangistes sont arrêtés.
Mars – 1889 – il s'enfuit en Belgique pour ne pas être arrêté, il est jugé par contumace (à distance)
et condamné pour atteinte à la sureté de l'Etat à la déportation (il est tjr en Belgique).
Crise économique et sociale. 1880 -> crise éco -> chômage. Bcp d'entreprises font faillite.
1880s : premiers scandales politico-financiers "tous pourris". Le boulangisme est révélateur de
l'attitude revancharde dans la classe politique fr
Le boulangisme est né à gauche et finit à droite. Boulanger, au début, est soutenu par les radicaux,
qui sont très critiques à l'égare des opportunistes.
Il est aussi soutenu par le petit peuple parisien du monde de la boutique, de l'échope, des petits
fonctionnaires, des cheminots (des gens victimes de la crises éco et sociale)
Progressivement il rallie à lui tous les adversaires du régime républicain. (ceux qui sont à gauche
comme à droite). Il va être financé par des monarchistes (duchesse d'Uzès, baron Armand de
Mackau), il va être soutenu par des bonapartistes, des nationalistes de la Ligue des Patriotes.
Plus il rallie à lui des gens de la droite, plus les gens de gauche qui le soutenait se désolidarisent.
Il est donc soutenu à droite, par des gens ayant tous des objectifs différents. Il arrive à les coaliser.
Ligue des Patriotes – 1882, association avec pour but de préparer la revanche et d'entretenir la
flamme patriotique. Paul Déroulède = leur leader. Fait la guerre de Prusse (engagé
volontairement), prisonnier à Sedan, s'évade, il est connu du grd public car en 1872, il publie les
Chants du Soldat. (poèmes à vocation patriotiques).
Son credo : "Soyons français, bon français, rien que français"
Conclusion/transition :
Le boulangisme a pour effet de cimenter..
Les républicains refont blocs. Des radicaux refont confiance en un système opportuniste.
Vincent Duclert (historien) : après le boulangisme, la république est aveuglée, elle ne voit pas les
racines du mal.
L'anarchisme renait en France : les anarchistes russes fuyant leur pays (traqués par le Tsar),
arrivent en France.
Il y a une propagande par le fait : attentat (leurs idées sont connues comme ça)
ex : Ravachol, Auguste Vaillant (lance un dynamite), Caserio assassine Sadi Carnot en 1894 à Lyon.
L'anarchisme est un mvmt international. 1898, conf internationale contre le terrorisme anarchiste.
Les 3 droites ne sont plus pertinentes dans un régime entièrement aux mains des républicains.
= rallliées à la République
Vont suivre les injonctions de la papauté (Léon XIII)
On va appeler Ralliement, le ralliement des catholiques à la Républiques. On parle des catholiques
pratiquants (parce que quasi tous les français sont bâptisés etc..) = vont à la messe tous les
dimanches et communient à Pâques.
La majorité des catholiques sont tjr hostiles à la République en 1880. (quasi tous les membres du
clergé, en 1879, 2/3 des évêques sont hostiles à la République).
L'Eglise a un énorme rôle social + une mission d'enseignement
Léon XIII (pape de 1878-1903) -> soucieux du maintien du Concordat en France (1801, texte qui,
après la Rev Fr, règle les relations entre Eglise et Etat = le clergé est salarié par l'Etat français,
ministère des cultes, en échange, les évêques et les archévêques sont nommés par l'Etat, le pape
ne donne que l'investiture religieuse)
Il veut également mettre un terme à l'isolement diplomatique du Vatican (depuis l'unification
italienne)
=> Il veut donc que les catholiques se rallient à la République.
Il va demander à un de ses cardinaux (Lavigerie) de faire un discours énonçant sa volonté de
ralliement (Toast d'Alger le 12 novembre 1890, doc 4)
ça marche pas
=> encyclique du pape "au milieu des sollicitudes" 16 février 1892 (doc 5)
selon lui, ce n'est pas le régime en lui-même qui est anti-chrétien, c'est la législation qui est anti-
cléricale.
Il demande donc aux cathholiques d'entrer en République pour lutter + efficacement contre
l'anticléricalisme.
Les catholiques réagissent de manière plutôt hostile. La plupart des évêques et curés restent
hostiles. Ceux qui se rallient le font par obéissance au pape.
Dans les années 1880, cet amour exacerbé de la patrie se transforme en nationalisme politique
anti-républicain. Les patriotes (Ligue des patriotes, Déroulède) considèrent que la République n'est
pas capable de préparer la revanche.
antisémitisme -> nationalisme -> antiparlementarisme = Les élites politiques juives dominent la
France.
3. La République conservatrice
Les droites, se ralliant à la République, vont permettre aux opportunistes de ne pas s'allier aux
radicaux. Ils s'allient donc à la droite ralliée.
1890, bcp de coalitions gouvernementales -> Ecarter les radicaux de gouv.
Ils vont trouver l'ordre social comme valeur commune.
Jules Méline, Président du Conseil d'avril 97 à juin 98, Il ne faut "ni révolution, ni réaction".
Il illustre la manière dont, dans les années 90, la République tombe dans un maintien de l'ordre
social et économique.
1. L'Armée et la République
Le pouvoir militaire a conservé une grande indépendance, parce que les républicains sont hostiles
à un pouvoir exécutif de nature politico-militaire. Les républicains ont préféré laisser l'Armée
autonome par rapport au pouvoir politique. Ce rapport n'est fondamentalement modifié que pdt
la 1er GM (Pouvoir pol. s'impose ou pouvoir militaire)
Les républicains s'intéressent qd même à la Défense Nationale. 1880, une rupture s'est déjà
produite, l'adoption de la loi Cissey de 1872 = création de la Conscription. (disposer d'une petite
armée professionnelle, en cas de danger, pouvoir mobiliser les citoyens)
Impose le service militaire aux mâles, fixé à 5 ans. Mais matériellement impossible. Il y a des
dispenses : les ecclésiastiques, les enseignants, les élèves des grandes écoles et les soutiens de
famille (père de 3 enfants)
Tirage au sort instauré : ceux qui sont soumis au service de 5 ans et ceux qui vont faire entre 6 et
12 mois.
Si t'as le bacc tu peux payer 1500 francs pour faire que 1 an
Les fils du peuple se font baiser par lee système.
La loi Cissey empêche aussi aux militaires de voter.
Qd les républicains arrivent au pouvoir, suppression des dispenses, 1889, loi Freycinet, -> services
réduit à 3 ans.
1905 -> 2 ans seulement
L'Armée a contribué à républicaniser les français. Mais pas l'armée professionnelle.
Autonomie laissée à l'Armée, donc l'Armée est devenu un Etat dans l'Etat, voire un Etat dans l'Etat
contre l'Etat.
AU début de l'affaire Dreyfus, 9/10 des généraux et 3/4 des officiers supérieurs sont royalistes ou
bonapartistes.
Ca explique que la 1ere partie de l'affaire Dreyfus soit une partie où les militaires veulent
condamner Dreyfus.
Les dreyfusards :
-au début de l'affaire, Celmenceau, dans son journal, l'Aurore, 23 janvier 1898, publie une pétition
qui a 2000 signatures qui viennent de l'ensemble des professions intellectuelles et artistiques. Il
nomme les signataires les "intellectuels".
Maurice Barrès reprend le terme pour le critiquer.
Ces intellectuels sont "un déchet fatal pour l'effort tenté par la société pour créer une élite".
Les intellectuels dreyfusards vont réutiliser ce terme.
Def spécifique : qq de culture qui s'engage dans la sphère publique pour défendre des valeurs
comme la justice, la vérité (des valeurs républicaines)
Concept d'intellectuel engagé au nom de valeurs de gauche.
Lucien Herr (bibliotécaire de Ulm), Charles Péguy, Léon Blum, Marguerite Durand, Zola, Séverine
(journaliste communarde)
-> adhèrent à la Ligue des droits de l'Homme (4580 adhérents)
Les antidreyfusards :
Ligue de la Patrie Française (résurgence de la ligue des Patriotes) de Paul Déroulède
fin 1898, (100 000 adhérents)
Maurice Barrès = grd écrivain fr. Pensée nationaliste : culte de la terre et des morts. Député
boulangiste. Antisémitisme : "Que Dreyfus soit capable de trahir, je le conclus de sa race."
La Libre Parole (Drumont), Le Gaulois, La Patrie.
- Charles Maurras = tête pensante du nationalisme politique. Ecrivain monarchiste. Théorie des "4
états confédérés". => Les Juifs, les protestants, les franc-maçons, les méthèques (étrangers)
La République = gouv de ces 4 Etats confédérés.
Réunion des anti-dreyfusards ds un Comité d'action française (1898) qui présenterait des candidats
aux élections. Maurras va s'imposer dans ce comité. Ligue d'Action Française fondée en 1905,
journal l'Action Française distribué sur la voie publique par les "camelots du roi"
L'opinion publique est touchée par l'affaire, mais toute la société n'est pas touchée de la même
manière.
Au sens moderne.
Parti politique = Association organisée et structurée qui rassemble les citoyens unis par une
philosophie ou une idéologie commune et qui a pour objectif la conquête du pouvoir.
comment def un parti pol : nb d'adhérents, sociologie des adhérents, géographie politique,
leaders, action
Politique de gauche prolongée par le gouv qui succède au gouv de défense républicaine
1902 : victoire de la gauche : le "bloc des gauches". Emile Combes devient président du Conseil.
Gouv composé de radicaux, de républicains progressistes (anciens opportunistes), quelques
socialistes + certains de la SFIO.
Combes, éduqué par des Jésuites, devait être prêtre, est devenu médecin. Il est devenu pourtant
anti-clérical.
On l'appelle le "petit père Combes", ironiquement.
Lancement d'une offensive contre le "périple clérical" (1904, congr rel n'ont pas le droit
d'enseigner)
Réponse du pape :
encyclique de Pie X : Vehementer nos. Le pape condamne cette séparation comme étant
"injurieuse à l'égard de Dieu, et grandement offensante".
Crise politique :
La crise des Inventaires (1906)
Les biens de l'Eglise seraient transférés à des associations cultuelles. Il faut dresser un inventaire
des biens de l'Eglise, pour qu'ils soient transférés.
Des fonctionnaires sont envoyés dans chaque paroisse pour dresser des inventaires. Ca va virer à
l'émeute à certaines endroits. Même à un mort en 1906.
Ils peuvent même ouvrir les tabernacles.
Le gouv. Tombe.
1906 : Un nouveau gouv est élu. Le ministre de l'intérieur est Clemenceau
Le ministre des cultes = Aristide Briand (celui qui a été le rapporteur au Parlement du droit de
Séparation)
Immédiatement, ils trouvent une solution. Clemenceau décide de mettre un terme aux inventaires.
Une circulaire le prescrit.
Il faut trouver une solution car pas d'assoc cultuelle. Briand, les cérémonies religieuses reposent
sur le droit de réunion publique.
Crise sociale :
puissant mvmt de grève entre 1906-1909
et ce, dans tous les secteurs professionnels.
10 mars 1906 – catastrophe de Courrières dans le Nord-Pas-de-Calais (une mine explose, coup de
grisou.) + de 1000 mineurs tués, 600 blessés. A l'issu cde cette catastrophe -> manifs, Clemenceau
envoie l'armée.
1er mai 1906 – manifestation pour la journée de 8h
Le gouv essaie de désamorcer la situation.
Juillet 1906 – loi sur le repos hebdomadaire (prescrit mais n'impose pas 1 jour de repos par
semaine. )
Ca va pas calmer la grogne sociale.
La grève va sortir du monde ouvrier et va toucher d'autres catégories sociales :
- grève des viticulteurs du Midi en 1907 -> Lannguedoc, vigne = monoculture. Crise de
surproduction. Situation économique difficile.
Narbonne, la troupe est envoyé mais refuse de tirer sur les paysans
- grève des fonctionnaires
crise des postiers, réponse de Clemenceau : tous les grévistes sont licenciés.
- grève des électriciens à Paris en 1907, pour obtenir des meilleurs conditions de travail, veulent la
journée de 9H, aug de salaire. Ils veulent devenir fonctionnaires (pour avoir un statut plus
avantageux). Ils coupent donc le courant à Paris. Clemenceau, pour remplacer les grévistes, il fait
venir un régiment pour remplacer les grévistes et sécurise les pts de grève.
Jaurès dénonce l'action de Clemenceau, qui dit : "Vous êtes derrière la barricade, je suis dessus".
- 30 juillet 1908, affrontements à Draveil-Vigneux, l'armée tire sur la foule, y'a dees morts
Clemenceau devient ministre de l'Intérieur + chef du Conseil. Clemenceau est appelé "le 1er flic de
France". Il uutilise systématiquement l'armée pour réprimer la grève.
Les grévistes sont licenciés.
Il a peur d'un renversement du régiime par l'union des forces socialistes et syndicales.
Le bloc des gauches meurent. Les socialistes se désolidarisent de la politique de Clemenceau.
C. La République, à droite ?
1. Le poincarisme
Avec le gouv Clemenceau, la République passe à droite par peur du désordre social. A partir de
1910 et jusqu'à la guerre.
1910 : élections législatives, la gauche sort victorieuse. Parti radical (261 sièges) SFIO (75 sièges)
La SFIO ne soutient plus les radicaux. Le parti radical ne peut s'appuyer que sur le centre-droit. Il
n'y a de majorité qu'au centre droit.
Janvier 1912 : président du Conseil = Raymond Poincaré. C'est pas un radical, il est à l'Alliance
Républicaine Démocratique (centre-droit)
PUIS
- Raymond Poincaré -> président de la république en février 1913.
Depuis Grévy, on élit que des présidents fantoches. Mais pas là.
Poincaré : "L'amoindrissement du pouvoir exécutif n'est ni dans les voeux de la Chambre, ni dans
ceux du pays."
Il entendu jouer un rôle politique dans la 1GM.
Poincarisme = il faut gouverner au centre pour trouver une sol aux pb sociaux et politiques.
Stratégie non approuvée par les électeurs.
La première fois que c'est appliqué, c'est en 1916 sur les revenus de 1915.
2. La guerre à l'horizon
3. L'Union Sacré
Union Sacré : 3 août, René Viviani évoque l'Union Sacré des forces politiques pour défendre la
patrie agressée.
Uniion sacré = radicaux, cgt, socialistes, progressistes, catholiques, monarchistes.
On fait entrer Jules Guesde au gouvernement (sans ministère). Marcel Sembat et Albert Thomas
aussi.
Le gouv fait un geste. Depuis boulanger : existence du carnet B, liste de militants anti-militaristes
(syndicalistes) qui devrait être arrêtés au moment de la mobilisation. Ce carnet n'est pas appliqué
Concl usion ; Coomment les français sont entrés dans la guerre ? Résignés, ils font leur devoir de
déf la patrie agressée et pensent qu'à Noël 1914, ils seront rentrés.