Université de Mouloud Mammeri
Faculté des sciences humaines et sociales
Département d’orthophonie
Cours sur les troubles du langage écrit et techniques de remédiations
Pour les étudiants en 3em année orthophonie
Présentés par : Mme Kerdja Meriem
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Introduction :
Le langage écrit vient après le langage oral, et joue le même rôle, c’est-à-dire le
langage écrit a les mêmes fonctions que le langage oral, il permet représenter des
idées et des états d’esprit, à travers des codes écris.
De cela, on comprend que le langage écrit se base sur les mêmes lois syntaxiques
dans la construction des mots et phrases que le langage oral.
Des études récentes montrent un lien étroit entre l’apprentissage du langage écrit
et celui du langage oral, on a montré que les aptitudes méta –phonologique, sont
prédicatrices des aptitudes à apprendre à lire.
1- Difficulté et trouble d’apprentissage :
Il est très important de faire la différence entre difficulté et trouble, dans ce sens,
on se base sur les critères du DSM5 qui distingue entres difficultés et difficultés
sévères (troubles), et a posé pour chaque cas les caractéristiques suivantes :
1-1- Caractéristiques de la difficulté :
1- Cadre d’apprentissage non adapté au besoin de l’enfant (condition matériel
et économique, manque de stimulation, approche pédagogique non adapté).
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2- Motivation de l’enfant et sa relation avec l’apprentissage.
3- Etat psychologique et relationnelle.
4- Degré d’intelligence (inferieure à la moyenne).
5- Troubles sensorielle.
6- Maladies chronique (enfant tout le temps absent à l’école)
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1-2- Caractéristique des troubles spécifiques d’apprentissage :
A- Difficulté à apprendre et à utiliser les aptitudes académiques, comme
indiqué par la présence depuis au moins 6 mois, et d’au moins un des
symptômes suivants :
1- Lecture de mot incorrecte, lente ou laborieuse.
2- Difficulté à comprendre la signification de ce mot qui est lu (même s’il
a lu correctement).
3- Difficulté d’orthographe.
4- Difficulté dans l’expression écrite (ex erreurs de ponctuation ou
grammaticales, manque de clarté de l’expression des idées).
5- Difficulté à maitriser le sens des nombres, les faits numériques ou le
calcul.
6- Difficulté dans le raisonnement mathématique (appliquer des concepts,
résoudre des problèmes).
B- Les compétences scolaires ou universitaires perturbées sont nettement au-
dessous du niveau escompté pour l’âge chronologique du sujet et ce de
manière quantifiable.
C- Les difficultés d’apprentissages ne sont pas mieux expliquées par un
handicap intellectuel, des troubles non corrigés de l’acuité visuelle ou
auditive, et d’autres troubles neurologiques ou mentaux, une adversité
psycho sociale, un manque de maitrise de la langue d’enseignement
scolaire ou enseignement pédagogique inadéquat.
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Selon le DSM5 on peut calculer la difficulté et le trouble, en se basant sur la
répartition des scores des élèves, et sur la courbe de Gauss, cette dernière nous
permet de distinguer une moyenne limitée entre -1 écart type limite inférieure
de la moyenne et +1 écart type qui est la limite supérieure de la moyenne :
donc à retenir le niveau moyen de l’élève est limité entre -1 et +1 écart type.
- Les élèves qui ont un score inférieur à -1 jusqu’à -2 (1,9) sont classés
comme élèves en difficultés.
- Les élèves qui ont des scores égale ou inférieur à -2 écart type sont classés
comme dys (trouble).
- Les élèves qui ont des scores supérieurs à +1 écart type jusqu’à + 2 écarts
type sont classées comme élèves supérieures à la moyenne.
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- Les élèves qui ont des scores supérieurs à +2 sont classées comme
excellents.
D Y S
La courbe de Gauss
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La plasticité cérébrale :
Est la capacité du cerveau à se modifier et à se transformer, à travers l’association
neuronales : les neurones ont une capacité de s’associer entres eux et de cette
association née un réseau neuronal, ce mécanisme est le résultat de l’exposition
de l’individu à un stimulus externe, ex : cas d’apprentissage, pour représenter une
idée, un nom ou un schéma, un ensemble de neurones vont s’associer et former
un réseau neuronal.
Ce réseau de neurones peut se former de façon provisoire, ou bien durer dans le
temps suite au travail de consolidation, ex : nom d’un chercheur.
Cette association de neurones qui dure dans le temps est appelé « PLT »
Potentialisation à long terme ; et l’inverse de ce mécanisme est appelé « DLT »
dépression à long terme, qui est l’oubli.
Il faut savoir que notre capacité d’apprentissage est illimitée, grâce aux primalités
illimités de connexion entres les neurones, on estime un million de milliard de
possibilité d’association entres les neurones (dans notre cerveau, on compte 100
milliards de neurones)
Nous pouvons comparer notre cerveau à une masse plastique, qui peut changer de
configuration d’un instant t1 à un instant t2.
- Il faut noter que la plasticité cérébrale est la base de toute forme
d’apprentissage.
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Quand un nouveau-né vient au monde, son cerveau est constitué de 3 types de
connexions neurales :
1- Des réseaux de neurones innés :
Qui sont responsable de la gestion du fonctionnement du corps, (et ces réseaux de
neurones sont les mêmes pour tous les humains).
2- Des réseaux de neurones héréditaires :
Qui conditionnent les traits de caractères d’individu et sa réaction vis-à-vis un
stimulus externe ex : la timidité, l’impulsivité, …)
3- Des réseaux de neurones acquis dans le cadre de l’apprentissage :
Le bébé vient au monde sans ces réseaux, il les construit à traversl’apprentissage
(l’interaction avec le monde externe = nouveaux réseaux), il imagine des
hypothèses qui va mettre en expérience après.
La plasticité cérébrale atteint son paroxysme à l’âge de 5 ans, et garde un rythme
plus au moins stable vers l’adolescence et commence à régresser à l’âge adulte,
pour régresser de façon significative vers la sénilité (particulièrement si le sujet
manque de stimulation).
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1-2-2-La voie directe :
Appelé aussi voie globale, le lecteur passe directement de la forme globale du mot
au sens de ce mot, sans passer par la segmentation, cette voie s’installe chez
l’enfant après 2 ans d’apprentissage.
2- Méthodes d’apprentissage de la lecture :
2-1- La méthode syllabique :
Dans laquelle on apprend à l’élève les lettres d’abord, puis les syllabes, puis
associer les syllabes pour former un mot.
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2-2- La méthode globale :
Là on apprend à l’élève les mots dans leurs globalités, sans les décomposer dans
le but d’accéder immédiatement au sens.
2-3- La méthode mixte :
Cette méthode a pour objective d’associer les deux méthodes précédentes.
On apprend à l’enfant les mots dans leurs globalité (la forme iconique du mot),
puis on leurs apprend à décomposer le mot en syllabes.
Branche dorsale du
circuit de la lecture
cortex temporo pariétal
Composante
frontale du Circuit Branche ventrale du circuit
de l’écriture de la lecture cortex
temporo occipital
Fig1 : Zones cérébrales de la lecture et l’écriture.
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La dyslexie :
Définition de la dyslexie :
Est un trouble de l’acquisition de lecture entrainant un décalage par rapport aux
performances réalisées par la moyenne des individus, sur des tests standardisés de
lecture.
La dyslexie est un dysfonctionnement cognitif, un trouble qui se caractérise par
des difficultés lourdes et durables à apprendre à lire chez un enfant qui par ailleurs
manifeste des capacités intellectuelles normales, ne présente pas de déficience s
sensorielles (visuelle- auditive) et suit une scolarité régulière et ne pâtit d’aucune
carence éducative.
Ce trouble persiste jusqu’à l’âge adulte et affecte 4 % à 6% des enfants et
adolescents scolarisés. (Le diagnostic de la dyslexie ne peut être posé avant un
certain temps d’apprentissage de la lecture, au moins 18 mois).
Les types de la dyslexie :
Il existe trois types de dyslexie :
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1- La dyslexie phonologique :
Appelé aussi dyslexie profonde, elle se traduit par de grandes difficultés dans la
reconnaissance grapho-phonémiques. L’enfant se voit incapable d’analyse les
éléments constitutifs d’un mot écrit. Il peut lire les mots courants mais pas ou bien
mal les mots nouveaux, en utilisant une approximation visuelle. Là le lecteur
repose sur sa capacité à reconnaitre un mot écrit dans sa globalité.
2- La dyslexie lexicale :
Appelé aussi dyslexie de surface, elle se traduit par un accès perturbé du sens. Le
lecteur a une bonne capacité au niveau du déchiffrage grapho-phonémique, on
observe un bon décodage des mots réguliers ou pseudo mots. Le rythme de la
lecture est très lent et les problèmes de compréhension sont majeurs.
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3- La dyslexie mixte :
Les difficultés de lecture affectent les plans lexicale et phonologique.
Etiologie :
La dyslexie est d’origine neuro-développementale, et il est permanent. La cause
principale de la dyslexie est l’ectopie.
- La dyslexie phonologique :
Non efficience de la voie phonologique qui permet le déchiffrage de mots dans
situé dans le lobe temporal.
- La dyslexie de surface :
Non efficience de la voie lexicale (voie directe) qui permet l(identification
visuelle des mots qui est situé dans le lobe occipital.
Symptômes : on observe chez le lecteur, les comportements suivent :
Dans le cas de dyslexie phonologique :
- Des confusions de sons lors de la lecture, ex : b-p-d-q.
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- Une inversion de l’ordre des lettres.
- Des difficultés voire même incapacité de segmentation lexicale.
- Des difficultés à lire un mot nouveau.
Dans le cas de dyslexie lexicale :
- Un décodage purement phonologique.
- Une écriture au son.
- Une lecture lente, surtout les mots nouveaux et mots irréguliers ex : écho,
oignon, monsieur, cœur, …
Le diagnostic :
Le diagnostic de la dyslexie, s’appuie :
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- Sur les critères du DSM5 (voir page précédente), on doit d’abord éliminer
toutes les causes possibles qui peuvent perturbe l’apprentissage de la
lecture, ex : retard mentale, situation économique, ….
- Sur des tests standardisés en lecture. + l’observation du thérapeute. (Ex le
teste l’alouette version arabe, ici le diagnostic se repose le chronométrage
du temps de la lecture, si l’enfant dépasse 3 mn le temps de lecture, on peut
soupçonner une dyslexie).
- L’épreuve de la lecture de pseudo mot et la conscience phonologique (si
l’enfant ne répond pas correctement à ces épreuves, on peut soupçonner la
dyslexie phonologique)
- En cas de lecture laborieuse et lente avec syllabisation des mots communs,
on peut soupçonner une dyslexie lexicale.
- Voir si l’enfant n’a pas de problème au niveau de l’attention visuelle, en
utilisant le test de barrage par ex.
On ne peut diagnostiquer la dyslexie, qu’après au moins (en minimum) 18
mois d’apprentissage scolaire.
Troubles associées à la dyslexie :
La dyscalculie :
Un trouble dans l’acquisition des principes numériques de base telles : la
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correspondance et la cardinalité, la conservation, l’énumération, l’addition, la
soustraction et la division d’ensembles.
- La dysphasie :
Qui s’expliquerait par un dysfonctionnement touchant l’une des chaînes de la
communication. L’élève dysphasique présente aussi un trouble d’abstraction
verbale : l’accès aux concepts est difficile. Il comprend mieux ce qu’il peut voir
ou toucher. De façon générale, le trouble à séquentialité entraîne presque toujours
un trouble de la perception du temps ; l’élève a de la difficulté à organiser la
séquence des événements en respectant un ordre chronologique.
- La dyspraxie :
Qui est un trouble de la coordination, de l'organisation et de l'exécution motrice,
d’origines neurologiques et présentes dès la naissance.
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- Une atteinte des fonctions exécutives :
qui entraîne des difficultés dans l’établissement de stratégies de planification,
dans le contrôle des impulsions et dans les processus de recherche active en
mémoire que l’élève utilise pour résoudre une tâche ou pour atteindre un but.
La rééducation orthophonique :
Elle dépond du type de la dyslexie :
S’il s’agit d’une dyslexie phonologique :
Dans ce cas la rééducation s’appuie sur l’entrainement :
- De la conscience phonologique.
- De la mémoire de travail. (La boucle phonologique)
- À la segmentation des mots.
S’il s’agit d’une dyslexie lexicale :
Dans ce cas la rééducation repose sur l’entrainement :
- L’exploration visuelle de l’espace. (Balayage visuelle) ex suivre une cible
en mouvement.
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- L’attention visuelle.
- La mémoire de travail.
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La dysorthographie
L’écriture est la représentation de la langue parlée au moyen de signes graphiques,
ce code de communication, plus abstrait que le code oral, nécessite une parfaite
maîtrise du langage, du maniement des mots et de la syntaxe.
En lecture, les signes (lettres) sont écrits, concrets, permanents et (relativement)
faciles à définir quant à leurs caractéristiques physiques. En revanche, en
production, les configurations sonores de départ sont moins concrètes, donc sans
doute plus difficiles à isoler, discriminer et identifier.
Définition de la dysorthographie :
Le DSM IV mentionne un « trouble de l’expression écrite » parmi les « troubles
des apprentissages » qui concerne le versant orthographique et syntaxique et
renvoie à l’écriture illisible au « trouble de l’acquisition des coordinations » sans
plus de précisions. Ce trouble est défini selon 3 critères :
- Les capacités d’expression écrite, évaluées par des tests, sont nettement
au-dessous du niveau escompté compte tenu de l’âge chronologique du
sujet, de son niveau intellectuel et d’un enseignement approprié à son âge.
- La perturbation décrite ci-dessus interfère de façon significative avec la
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réussite scolaire ou les activités de la vie courante qui requièrent
l’élaboration de tests écrits.
- S’il existe un déficit sensoriel, les difficultés d’expression écrite dépassent
celles habituellement associées à celui-ci
La dysorthographie est un trouble spécifique de l’orthographe, qui accompagne
souvent la dyslexie.
La dysorthographie est le trouble spécifique de l’écriture. Comme la dyslexie, il
apparaît chez l’enfant dès l’apprentissage de cette habileté.
La dysgraphie est une anomalie du mouvement cursif de la conduite du trait, qui
se traduit notamment par des difficultés de coordination, des irrégularités
d’espacement entre les lettres et les mots, des malformations et des discordances
de toutes sortes souvent alliées à une qualité du trait défectueux.
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Symptômes :
Les élèves dysorthographiques ne peuvent mémoriser la graphie d’un mot, même
courant. Ainsi, ils peuvent, à l’intérieur du même texte, écrire le même mot de
plusieurs façons, sans même s’en rendre compte.
On résume les symptômes observés dans le cas de dysgraphie, les comportements
suivants :
- Perturbation de l’apprentissage et de l’automatisation de la correspondance
graphème-phonème et /ou de la capacité à se représenter visuellement
(globalement) l’orthographe des mots.
- Entraîne l’inversion de syllabes, oubli de lettres, mauvaise segmentation
des composants de la phrase.
- Difficulté dans l’application des règles orthographiques et grammaticales,
celles-ci ne sont pas automatisées.
Troubles associées :
- Le trouble des apprentissages, souvent la dyslexie (une dyslexie entraîne
presque toujours une dysorthographie). Une dysorthographie peut exister
dans le contexte d’une forme d’évolution d’une dyslexie ou de façon isolée.
- Le trouble déficitaire de l’attention (TDA/H)
- Le trouble d’acquisition des coordinations (TAC)
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Etiologie :
Ce trouble peut être la conséquence d’une défaillance ou bien une altération des
processus linguistiques (’orthographe et à l’expression du langage) ou des
processus psychomoteurs et biomécaniques (l’apprentissage moteur, l’exécution
motrice, le contrôle visuomoteur et la sensibilité kinesthésique).
Le diagnostic :
Un écart significatif est observé entre la performance effective et la performance
attendue en lecture et en écriture compte tenu du cheminement scolaire, de l’âge
chronologique et du fonctionnement intellectuel.
Cet écart ne peut être entièrement expliqué par :
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- Un trouble du langage plus global.
- Un déficit sensoriel
- Un déficit intellectuel
- Un défaut de scolarisation et/ou de stimulations socioculturelles
- Un trouble psychologique ou psychiatrique
- Une lésion cérébrale acquise. (Revenir aux Critères du DSM5)
Ce trouble peut être confirmé après un minimum de deux ans d’enseignement du
langage écrit.
Il est persistant c’est-à-dire qu’il ne se résorbe pas ou peu malgré une
intervention adaptée.
Le diagnostic se repose sur l’observation de l’orthophoniste, et sur la bonne
interprétation des tests appliqués pour évaluer les habilités du langage orale et
écrit, évaluer la mémoire de travail, la coordination oculo-manuelle, la latéralité,
l’orientation spatiale, et la conscience phonologique.
La rééducation orthophonique :
Dépond du diagnostic posé, des troubles associés, et des résultats des tests
d’écriture appliquée sur l’enfant, et sur la bonne observation du thérapeute.
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- Stimuler la boucle phonologique
- Stimuler la conscience phonologique
- Stimuler la mémoire visuelle
- Stimuler la coordination œil main.
- Stimuler la motricité fine.
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La dyscalculie
Définition :
La dyscalculie se définit comme un trouble des habiletés numériques et
arithmétiques. Celles-ci se situent alors nettement en-dessous du niveau
escompté compte tenu de l’âge du sujet, de son niveau intellectuel et d’un
enseignement approprié, en dehors de tout déficit sensoriel et interférant de
manière significative avec la réussite scolaire de l’enfant ou les activités de la
vie courante.
La Dyscalculie est un Trouble spécifique d’apprentissage, qui se caractérise en :
1)- altération du sens du nombre :
* Ordinalité : ordre croissant et décroissant : 1, 2, 3,…/ 3, 2, 1.
* Cardinalité : le nombre cardinal qui désigne une quantité : 1, 2,3 =3 pommes
2)- altération du traitement numérique entraînent la dyscalculie : incapacité à
résoudre les opérations arithmétiques les plus simples : +, -, x, /.
Remarque :
- Les enfants ayant une dyscalculie ont des difficultés sévères dans la
production et/ou la compréhension des quantités, des symboles numériques,
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des opérations arithmétiques.
- la dyscalculie la plus sévère affecte l’acquisition du sens des nombres
(ordinalité, cardinalité).
L’étiologie :
la dyscalculie est un trouble neurodéveloppemental, Les dernières études
pointent le cortex pariétal responsable de la conscience des nombres : lascissure
intra pariétale, siège de la bande numérique : qui correspond au module
analogique de Dehaene et cohen (1997/2003), ce module permet d’estimer la
différence de quantité : beaucoup- peu (il est fonctionnel chez le bébé à partir
de 3 à 5 mois) d’où le terme analogie, avec l’apprentissage des chiffres :images
des chiffres :1,2 ,3…, et le nom des chiffres : un, deux, trois, se
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forme un deuxième module : le module numérique, chez le dyscalculique à partir
du moment où le module analogique est plus ou moins détérioré, le module
numérique ne peux pas prendre forme.
Les signes cliniques de la dyscalculie :
On observe chez un cas de dyscalculie des signes suivants :
- Difficulté à apprendre le comptage des nombres. (Absence ou altération
Coordination son et sens du nombre)
- Erreurs lors du dénombrement (compter des objets en les pointant un à un)
- Difficulté à compter sur ses doigts
- Difficultés à mémoriser les faits arithmétiques
- Erreurs et lenteur en calcul (Les opérations logiques Conservation, sériation,
classification, combinatoire, inclusion).
- Erreurs de lecture de nombres.
- Erreurs en dictée de nombres.
- Difficultés de comparaison de nombres (<, >) L’estimation de la quantité Ou
sens du nombre
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- Difficulté à estimer la réponse d’un calcul mentale.
- Difficulté ou impossibilité au niveau de la résolution de problèmes. (Absence
ou altération du vocabulaire mathématique, de la planification des actions, de la
sélection des informations pertinente, et de la compréhension du sens des
opérations).
Troubles associés :
- Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H).
- Trouble dysexécutif.
- Syndrome de dysfonctions non-verbales –SDNV
- Troubles d’apprentissages scolaires (dyslexie, dysgraphie,
dysorthographie)
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Diagnostic :
- Analyse différentielle : éliminer tous les causses possibles : arriération
mentale, déficit sensoriel…voir DSM5.
- Une durée minimum de scolarisation, 18 mois.
- Des notes extrêmement faibles avec deux écarts types inferieur à la
moyenne.
- Test de Zareki-R adapté au contexte algérien.
Prise en charge orthophonique :
Selon le type de la dyscalculie et sa sévérité, l’orthophoniste peut adopter
Plusieurs techniques :
Piagétiennes : revoir les étapes d’acquisition du nombre selon Piaget :
l’ordinalité, la cardinalité, la logique.
Cognitivistes : modèles qui prennent en charge la stimulation de la bande
numérique et qui utilisent beaucoup le support informatique.
Comportementalistes : conditionnement : renforcer les réponses
Correctes, utilisation de support non numériques…ect.
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Liste bibliographique
- Charlotte Seguin, Michèle Mazeau Michel Habib, Carla Lefebvre,
Rééducation cognitive chez l'enfant apport des neurosciences, méthodologie
et pratiques, De boeck superieur, 2018.
- Marie-Christine Dortier, Claire Richard, Claire Rigaud , Détecter et aider les
élèves dys, Vuibert, 2021.
- Michel Habib, la constellation des dys, bases neurologiques de
l’apprentissage et de ses troubles, De boek superieur, 2018.
- Stanislas Dehaene, Les neurones de la lecture, Odile Jacob, 2007.
- Tatiana De Barelli-Sponar, Françoise Estienne , 360 exercices en
dysorthographie et dysgraphie Comprendre, évaluer, agir, Elsevier Masson,
2019.
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