Concours National D'Ingénieurs de Mauritanie
Concours National D'Ingénieurs de Mauritanie
DE MAURITANIE
(CNIM)
CONCOURS 2022
ÉPREUVE DE MATHS
Si au cours de l’épreuve, le candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le
signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives
qu’il est amené à prendre
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Le sujet est composé de deux problèmes indépendants. Le candidat doit composer chacun des
problèmes sur des copies différentes.
1 Problème 1
Définitions :
Théorème 1 : 𝑓𝑓 est convexe sur 𝐼𝐼 si et seulement si ∆𝑓𝑓,𝑎𝑎 est croissante quelque soit 𝑎𝑎 ∈ 𝐼𝐼.
Q2. Montrer que la fonction 𝑥𝑥 ↦ 𝑥𝑥 2 est convexe sur ℝ. On pourra utiliser le théorème 1.
𝑥𝑥 + 𝑦𝑦 𝑓𝑓(𝑥𝑥) + 𝑓𝑓(𝑦𝑦)
∀𝑥𝑥, 𝑦𝑦 ∈ 𝐼𝐼, 𝑓𝑓 � �≤ .
2 2
Réciproquement, on suppose que
𝑥𝑥 + 𝑦𝑦 𝑓𝑓(𝑥𝑥) + 𝑓𝑓(𝑦𝑦)
∀𝑥𝑥, 𝑦𝑦 ∈ 𝐼𝐼, 𝑓𝑓 � �≤ .
2 2
L’objet est de montrer que 𝑓𝑓 est convexe. Pour cela soient 𝑥𝑥, 𝑦𝑦 ∈ 𝐼𝐼 et 𝜆𝜆 ∈]0,1[.
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𝑝𝑝 𝑝𝑝 𝑝𝑝 𝑝𝑝
∀𝑛𝑛 ∈ ℕ, ∀𝑝𝑝 ∈ ⟦0, 2𝑛𝑛 ⟧, 𝑓𝑓 �2𝑛𝑛 𝑥𝑥 + �1 − 2𝑛𝑛� 𝑦𝑦� ≤ 2𝑛𝑛 𝑓𝑓(𝑥𝑥) + �1 − 2𝑛𝑛� 𝑓𝑓(𝑦𝑦).
Q8. Conclure.
𝑥𝑥 2 + 𝑦𝑦 2
∀𝑥𝑥, 𝑦𝑦 ∈ ℝ, 𝑥𝑥𝑥𝑥 ≤ .
2
Q10. En déduire que les fonctions 𝑥𝑥 ⟼ 𝑒𝑒 𝑥𝑥 et 𝑥𝑥 ⟼ 𝑒𝑒 −𝑥𝑥 sont convexes sur ℝ.
𝑥𝑥 + 𝑦𝑦
∀𝑥𝑥, 𝑦𝑦 ∈ ℝ+ , �𝑥𝑥𝑥𝑥 ≤ .
2
Q12. En déduire que la fonction 𝑥𝑥 ⟼ 𝑙𝑙𝑙𝑙(𝑥𝑥) est concave sur ]0, +∞[.
𝑝𝑝 1 1
Dans les questions 13 jusqu’à 15, on considère 𝑝𝑝 > 1 et 𝑞𝑞 = 𝑝𝑝−1 de sorte que 𝑝𝑝
+ 𝑞𝑞 = 1. Ainsi, 𝑛𝑛
est un entier naturel non nul.
𝑥𝑥 𝑝𝑝 + 𝑦𝑦 𝑞𝑞
∀𝑥𝑥, 𝑦𝑦 ∈ ℝ+ , 𝑥𝑥𝑥𝑥 ≤ .
2
Q14. Inégalité de Hölder : Soient 𝑥𝑥 = (𝑥𝑥1 , . . , 𝑥𝑥𝑛𝑛 ) ∈ ℝ𝑛𝑛 et 𝑦𝑦 = (𝑦𝑦1 , . . , 𝑦𝑦𝑛𝑛 ) ∈ ℝ𝑛𝑛 . Montrer que
1 1
𝑛𝑛 𝑛𝑛 𝑝𝑝 𝑛𝑛 𝑞𝑞
Q15. Inégalité de Minkowski : Montrer que l’application définie sur ℝ𝑛𝑛 par
1
𝑛𝑛 𝑝𝑝
est une norme sur ℝ𝑛𝑛 . L’inégalité triangulaire de cette norme s’appelle inégalité de Minkowski.
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𝜋𝜋
Q16. Montrer que la fonction 𝑥𝑥 ⟼ 𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠(𝑥𝑥) est concave sur �0, �.
2
2 𝜋𝜋
Q17. En déduire que 𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠(𝑥𝑥) ≥ 𝑥𝑥 pour tout 𝑥𝑥 ∈ �0, 2 �.
𝜋𝜋
Soit 𝑓𝑓: 𝐼𝐼 → ℝ une fonction convexe. Soit 𝑛𝑛 ≥ 1 un entier et soient 𝑥𝑥1 , … , 𝑥𝑥𝑛𝑛 des points de 𝐼𝐼 et 𝜆𝜆1 , … , 𝜆𝜆𝑛𝑛
des réels positifs tels que 𝜆𝜆1 + ⋯ + 𝜆𝜆𝑛𝑛 = 1.
Q18. Justifier l’existence d’un espace probabilisé (𝛺𝛺, 𝑇𝑇, 𝛲𝛲) et d’une variable aléatoire 𝑋𝑋: 𝛺𝛺 → ℝ telle que
Q19. Calculer 𝐸𝐸(𝑋𝑋) et 𝐸𝐸(𝑓𝑓(𝑋𝑋)). On pose alors 𝑚𝑚 = 𝐸𝐸(𝑋𝑋). Pour simplifier, on suppose que 𝑚𝑚 n’est pas
une extrémité de 𝐼𝐼.
Q22. Montrer que 𝑓𝑓(𝑥𝑥) − 𝑓𝑓(𝑚𝑚) ≥ ℓ(𝑥𝑥 − 𝑚𝑚) quelque soit𝑥𝑥 ∈ 𝐼𝐼.
Cette inégalité s’appelle inégalité de Jensen. Dans la suite, on illustrera des applications de cette
inégalité. Soit 𝑛𝑛 un entier naturel non nul.
Q25. On admet que la fonction 𝑥𝑥 ⟼ 𝑙𝑙𝑙𝑙(1 + 𝑒𝑒 𝑥𝑥 ) est convexe sur ℝ. Soient 𝜆𝜆1 , … , 𝜆𝜆𝑛𝑛 des réels positifs.
Montrer que
1 1
𝑛𝑛 𝑛𝑛 𝑛𝑛 𝑛𝑛
Q26. Soient 𝐴𝐴, 𝐵𝐵 ∈ 𝛭𝛭𝑛𝑛 (ℝ) deux matrices symétriques à valeurs propres strictement positives. On
admet l’existence de 𝑃𝑃 ∈ 𝐺𝐺𝐺𝐺𝑛𝑛 (ℝ) et 𝐷𝐷 ∈ 𝛭𝛭𝑛𝑛 (ℝ) diagonale à coefficients diagonaux strictement
positifs telles que
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𝐴𝐴 = 𝑃𝑃𝑇𝑇 𝑃𝑃 𝑒𝑒𝑒𝑒 𝐵𝐵 = 𝑃𝑃𝑇𝑇 𝐷𝐷𝐷𝐷
Montrer que
𝑛𝑛 𝑛𝑛 𝑛𝑛
�𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑(𝐴𝐴) + �𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑(𝐵𝐵) ≤ �𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑(𝐴𝐴 + 𝐵𝐵).
Fin du problème 1
2 Problème 2
On considère un espace vectoriel 𝐸𝐸, de dimension fini 𝑛𝑛 strictement positif sur le corps ℝ. Pour tout
entier strictement positif 𝑖𝑖, notons 𝐽𝐽𝑖𝑖 la matrice suivante de 𝑀𝑀𝑖𝑖 (ℝ) :
0 1 0 … 0
⎛ ⋱ ⋱ ⋱ ⋮⎞
⎜ ⋱ ⋱ 0⎟
(0) ⋱ 1
⎝ 0⎠
Q29. Montrer que, pour tout (𝑖𝑖, 𝑘𝑘) ∈ ℕ∗ × ℕ , rang�𝐽𝐽𝑖𝑖𝑘𝑘 � = (𝑖𝑖 − 𝑘𝑘)+ c-à-d rang�𝐽𝐽𝑖𝑖𝑘𝑘 � = max(𝑖𝑖 − 𝑘𝑘, 0).
Q30. Montrer que pour tous 𝑝𝑝, 𝑞𝑞 ∈ ℕ distincts, (𝑝𝑝 − 𝑞𝑞 − 1)+ + (𝑝𝑝 − 𝑞𝑞 + 1)+ −2 (𝑝𝑝 − 𝑞𝑞)+ = 0.
On fixe un endomorphisme nilpotent 𝑢𝑢 de 𝐸𝐸. On note 𝑟𝑟 son indice de nilpotence i.e. 𝑢𝑢𝑟𝑟 = 0 et 𝑢𝑢𝑟𝑟−1 ≠0.
Soit 𝑥𝑥 ∈ 𝐸𝐸 tel que 𝑢𝑢𝑟𝑟−1 (𝑥𝑥) ≠0. Pour 𝑖𝑖 un entier tel que 1 ≤ 𝑖𝑖 ≤ 𝑟𝑟, on pose 𝑒𝑒𝑖𝑖 = 𝑢𝑢𝑖𝑖−1 (𝑥𝑥).
Q31. Prouver que 𝑊𝑊 est de dimension 𝑟𝑟 et qu’il est stable par 𝑢𝑢.
Q32. En notant 𝑢𝑢𝑊𝑊 l’endomorphisme de 𝑊𝑊 induit par 𝑢𝑢, écrire la matrice de 𝑢𝑢𝑊𝑊 dans la base (𝑒𝑒𝑟𝑟 , … , 𝑒𝑒1 ).
Soit 𝛹𝛹 une forme linéaire sur 𝐸𝐸 ne s’annulant pas en 𝑒𝑒𝑟𝑟 . Pour 𝑖𝑖 un entier tel que 1 ≤ 𝑖𝑖 ≤ 𝑟𝑟, on pose
𝑊𝑊 ′ = � 𝑘𝑘𝑘𝑘𝑘𝑘(𝛷𝛷𝑖𝑖 ).
𝑖𝑖=1
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Q34. On admet que 𝑊𝑊 ′ est de dimension 𝑛𝑛 − 𝑟𝑟. Montrer que 𝑊𝑊 ′ est un supplémentaire de 𝑊𝑊 dans 𝐸𝐸.
Q35. Justifier que l’endomorphisme 𝑢𝑢 𝑊𝑊 ′ de 𝑊𝑊 ′ induit par 𝑢𝑢 est nilpotent. Que peut-on dire de son
indice de nilpotence ?
Q36. Par récurrence sur l’entier strictement positif 𝑛𝑛, prouver qu’il existe un entier strictement positif 𝑟𝑟,
une suite finie d’entiers 𝑑𝑑1 , … , 𝑑𝑑𝑟𝑟 satisfaisant à 𝑑𝑑1 ≥ ⋯ ≥ 𝑑𝑑𝑟𝑟 , et une base (𝑒𝑒1 , … , 𝑒𝑒𝑛𝑛 ) de 𝐸𝐸 tels
que la matrice de 𝑢𝑢 dans cette base soit la matrice diagonale par blocs dont les blocs successifs
sont 𝐽𝐽𝑑𝑑1 , … , 𝐽𝐽𝑑𝑑𝑟𝑟 .
Q37. Soit 𝑓𝑓 un endomorphisme nilpotent tel qu’il existe un entier strictement positif 𝑟𝑟, une suite finie
d’entiers 𝑑𝑑1 , … , 𝑑𝑑𝑟𝑟 satisfaisant à 𝑑𝑑1 ≥ ⋯ ≥ 𝑑𝑑𝑟𝑟 , et une base de 𝐸𝐸 tels que la matrice de 𝑢𝑢 dans
cette base soit la matrice diagonale par blocs dont les blocs successifs sont 𝐽𝐽𝑑𝑑1 , … , 𝐽𝐽𝑑𝑑𝑟𝑟 . Montrer
que pour tout ∀ 𝑘𝑘 ∈ ℕ∗ ,
𝐶𝐶𝐶𝐶𝐶𝐶𝐶𝐶�𝑗𝑗 ∈ {1, … , 𝑟𝑟}, 𝑑𝑑𝑗𝑗 = 𝑘𝑘 � = 2 𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑 𝑘𝑘𝑘𝑘𝑘𝑘 𝑓𝑓 𝑘𝑘 − 𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑 𝑘𝑘𝑘𝑘𝑘𝑘 𝑓𝑓 𝑘𝑘−1 − 𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑 𝑘𝑘𝑘𝑘𝑘𝑘 𝑓𝑓 𝑘𝑘+1 .
0 −1 2 −2 −1
⎛ 0 0 0 0 0⎞
2.C Applications : Soit 𝐴𝐴 la matrice ⎜ 0 1 0 0 0 ⎟ et 𝑢𝑢 l’endomorphisme
0 1 0 0 0
⎝ 0 1 −1 1 0⎠
canoniquement associé à 𝐴𝐴.
Q40. En déduire que 𝐴𝐴 est semblable à 𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑 (𝐽𝐽3 , 𝐽𝐽2 ). On pourra utiliser la partie B.
Pour la suite, 𝐴𝐴 est une matrice de 𝑀𝑀𝑛𝑛 (ℝ) nilpotente quelconque. Soit 𝐵𝐵 une autre matrice de
𝑀𝑀𝑛𝑛 (ℝ) nilpotente.
Q41. Montrer que si 𝐴𝐴 et 𝐵𝐵 sont semblables, alors pour tout 𝑘𝑘 ∈ ℕ, rang 𝐴𝐴𝑘𝑘 = rang 𝐵𝐵 𝑘𝑘 .
Fin du problème 2
FIN DE L’ÉPREUVE
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