UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP DE
DAKAR
FACULTÉ DE DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
DÉPARTEMENT HISTOIRE
ÉPISTEMOLOGIE, HISTOIRE DES SCIENCES ET TECHNIQUES
(EHST)
Devoir 1er semestre
Sujet:
Le mot « Science » possède plusieurs acceptions. En vous appuyant sur des auteurs
antiques et modernes, donnez quelques-unes de ses définitions.
Supervisé par :
Madame Jeanne Diouma
Diouf
Travail effectué par:
PAPE KARFA DAFFE
Identifiant : 2015075Y
ANNEE
UNIVERSITAIRE :
2023-2024
2023-2024
INTRODUCTION
1
Les pages de l’histoire humaine et sociale sont remplies d’analyse et de points de vue qui
relèvent le caractère essentiel de la réflexion sur la signification du mot « Science ». En effet,
le terme de « Science » est emprunté au latin scientia, signifiant la « connaissance », au sens
large, la « connaissance scientifique », prenant dès l’époque classique le sens du grec
épistémè, « savoir théorique. Le problème qui se pose à notre niveau est à savoir s’il faut
parlait de « science » ou des « sciences » car durant l’antiquité la science était confondue des
autres domaines d’étude. Mieux, elle était en couple avec la philosophie, mathématiques, la
physique et logique. Mais la « science » en un terme singulier n’apparait qu’à l’époque
moderne à partir du XIXe siècle, avec une autre connotation dans l’histoire de la pensée
humaine devenant une connaissance plus étendue ayant un objet d’étude bien déterminé et
une méthode propre à elle. D’où, André Lalande définit la science moderne comme : « un
ensemble de connaissances ayant un degré d’unités et de généralités susceptibles d’amener
les hommes qui s’y consacrent à des conclusions concordantes(…) qu’on découvre
graduellement et que l’on confirme par des méthodes de vérifications définies ».
Dans le cadre de notre travail, nous tenons à préciser qu’il ne s’agit pas de faire une histoire
de la science ni l’histoire de la technologie, mais une analyse minutieuse de quelques
signification du mot « science » selon les auteurs anciens et modernes.
I. La science selon les anciens
La science était au départ un instrument de spéculation des idées, basée sur les science
formelles (mathématiques et logique) et sciences naturelles (univers, astres)
Chez Platon et Aristote, la science est d’abord la recherche des causes et des premiers
principes, et c’est à ce titre qu’elle peut prétendre à rechercher la totalité du savoir
(universel).
Par contre si Platon pense qu’il faut se départir du monde sensible pour accéder à la
connaissance. Aristote quant à lui pense qu’il faut s’intéresser aux objets dont l’observation
à travers les sens (organes) est la source de la connaissance. Pour ces derniers la science
=connaissance= observation et synthèse. Cependant, les auteurs oublient que le monde
intelligible et au-dessus de la science et nos sens peuvent également nous conduire en erreur.
Dès lors, pouvons-nous concevoir toute connaissance, comme une science ?
Thàles de Milet également est connu pour son fameux théorème de Thales qui est enseigné
au collège en classe de 3 e.1 Il fixa à trente jours la durée du mois. Il découvrit les saisons
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David SÉNÉCHAL(2020), HISTOIRE DES SCIENCES, Université de Sherbrooke Faculté des sciences Département de
physique, p.29
2
de l’année et il la divisa en trois cent soixante-cinq jours. Nous voyons que toute ces
découvertes de Thalès est une pure spéculation fondée sur aucune base scientifique. Et
Cheikh Anta Diop aurait même avancé que Thalès n’est pas l’auteur de ces théorèmes, mais
qu’il les a empruntés aux Égyptiens où il fréquenta les prêtres du pays.
Nous préférons faire un silence radio sur la signification de la science égyptienne ou
mésopotamienne, car c’est un terrain glissant et cela pourrait faire l’objet d’un sujet de
mémoire ou thèse.
En résumé ces exemples montrent que la science durant l’antiquité était larde. C’est à dire,
elle était en couple avec d’autres domaines signifiant tout simplement connaissance ou savoir
général. Elle était basée sur l’observation et l’interprétions des phénomènes naturels (univers,
les astres) et des sciences formelles (mathématiques et logique)
II. La science selon les auteurs moderne
Nous devons les prémisses de cette «science moderne» avec les auteurs du XVIe siècle,
comme Galilée (inventeur du premier télescope), Newton, Bacon, Copernic, Descartes
qui vont se départir de cette science de l’Antiquité qui était à l’apanage de l’Église.
D’ailleurs, Descartes avec son fameux « douter de tout » élabore une méthode bien
précise2, partant de trois étapes du raisonnement scientifique: l’intuition3, la déduction4
et l’ordre5. C’est un doute scientifique qui s’applique donc aux choses démontrables,
auxquelles on peut trouver une réponse plus ou moins vérifiable. L’idée de ce doute
est de partir du principe que toute chose étant susceptible du moindre doute doit être
considérée comme fausse, ainsi on ne doit plus croire en nos sens qui peuvent nous
tromper, les certitudes peuvent être erronées et manipulées par un « dieu trompeur » ou un
« malin génie ». Il faut donc douter de tout mais dans l’objectif d’arriver à une vérité
scientifique. Nous voyons déjà présent que la science moderne préconise le doute, le
raisonnement et la vérification. Pour Descartes avec la science l’homme domine et devient
« possesseur de la nature ». C’est ainsi que certains auteurs se sont attardés à critiquer
2
Par méthode, Descartes entend un ensemble de règles, certaines et faciles, par l’observation exactes desquelles on sera
certain de ne prendre jamais le faux pour le vrai, et, sans dépenser inutilement les forces de son esprit, mais en accroissant
son savoir par un progrès continu, de parvenir à la connaissance vraie de tout ce dont on sera capable. Cette méthode peut
être considérée à la fois comme une manière d’aller au-delà des préjugés sur les choses et leur nature et comme une manière
d’éviter l’erreur
3
L’intuition, base et fondement de la connaissance, présente chaque terme et permet de l’apercevoir.
4
La déduction permet de passer d’un terme à l’autre, en apercevant, par intuition, leur rapport. Un tel raisonnement diffère du
syllogisme scolastique, lequel opère en faisant rentrer les uns dans les autres des concepts d’extension et de compréhension
diverses. La relation qui, chez Descartes, fonde le raisonnement est un rapport entre quantités, qui permet de fixer la place de
ces quantités dans
5
L’ordre. Parvenir à remplacer l’apparent chaos de l’expérience par un complexe ordonné et rationnellement reconstruit,
c’est là le but de la science conçue par Descartes
3
la conception grecque de la science qui au lieu de dominer la nature, cherchait
essentiellement à comprendre. Et Jean-Pierre Vernant; selon lui, les grecs se sont
efforcés à élaborer une logique et leur propre rationalité, car cela est loin d’être une
science ou du réel physique. Toujours J.P. Vernant: « les pensées grecques, [……] ne
s’appliquent ni calcul exact ni raisonnement rigoureux 6. Mais il faut attendre au XIXe
et XXe siècles, pour parler d’une science singulier avec ses propres lois et objets d’étude,
conditionnée par des facteurs économique, politique et social. D’où, sur le facteur
économique, l’Europe aurait donné le signal d’une science moderne au XIXe siècle,
marquée par la 2e révolution industrielle. D’ailleurs le philosophe Karl Jaspers en a fait
une illustration à travers cette citation « La science moderne [….] est propre à
l’Occident. […..]. En quelques siècles, en revanche, voici que l’Occident a donné le
signal de l’essor intellectuel, technique et sociologique, entraînant toute l’humanité
dans son sillage.»7 Et Belhoste dans ce même sillage, pense que la notion de « science
moderne » est caractérisée par l’émergence de nouvelles conceptions, voire de nouvelles
représentations du monde et de l’homme. Elle enclenche des transformations globales,
qui touchent l’ensemble des sphères d’activités. Dans ce monde nouveau, l’homme de
science se voit offrir la possibilité d’une description des mécanismes du monde plutôt
que de leur interprétation.8 Dès lors, la science contribue de manière générale à
l’amélioration des conditions de vie des hommes.
Mais hormis, cette vocation la science est aussi un moyen de domination et destruction,
car sur le plan politique, la science est le levier pour montrer sa suprématie militaire
ou étendre son pouvoir étatique avec la fabrication des bombes, des armes durant la
première ou deuxième Guerre mondiale. Et aujourd’hui, l’exemple le plus patent est la
Russie qui met tout son budget sur la science pour renforcer la fabrication des armes et
des missiles dans le but d’occuper le territoire Ukrainien.
En résumé la science moderne aurait connu ses débuts au XVIe siècle avec les auteurs
comme Bacon, Galilée, Copernic, Descartes, etc. Mais c’est à partir du XIXe et XXe la
science devient plus complète basée sur l'observation, la confrontation,
l'expérimentation et la validation.
6
J.P. Vernant, Les origines de la pensée grecque, p.133
7
K. Jaspers, «Science et vérité », in: Essais philosophiques, Paris, Payot, 1970, p.70
8
Pierre Nevejans (2017), Sciences, techniques, pouvoirs et sociétés du XVIe siècle au XVIIIe siècle (Angleterre, France,
Pays-Bas/Provinces-Unies et Péninsule italienne), Faculté de Lettres et civilisations Université Jean Moulin Lyon 3, p.4
4
Références
BIBLIOGRAPHYJaspers, K. (1970) "Science et vérité", in: Essais philosophiques. Paris, payot, p. 70.
Nevejans, P. (2017), Sciences, techniques, pouvoirs et sociétés du XVIe siècle au XVIIIe
siècle (Angleterre, France, Pays-Bas/Provinces-Unies et Péninsule italienne), Faculté de
Lettres et civilisations Université Jean Moulin Lyon 3, p. 4.
Sénéchal, D. (2020), Histoire des sciences, Université de Sherbrooke Faculté des sciences,
Département de physique, p. 29.
Vernant, J.P. (2013), Les origines de la pensée grecque, p.133.