CONCOURS COMMUN INP 2022
CORRIGÉ DE MATHÉMATIQUES 2- MP
[email protected]
EXERCICE 1
Q1. V (x1 , x2 ) = x2 − x1 .
Si il existe i ̸= j et xi = xj alors V (x1 ,x2 , . . . , xn ) = 0 , car il a deux colonnes identiques.
Dans la suite, x1 , x2 . . . , xn sont n nombres complexes deux à deux distincts.
Q2. Soit P : t 7→ V (x1 , x2 , . . . , xn−1 , t).
• Le développement de V (x1 , x2 , . . . , xn , t) par rapport à la dernière colonne donne
P (t) = (−1)n+1 ∆1,n + (−1)n+2 ∆2,n t + (−1)n+3 ∆3,n t2 + ... + (−1)n+n ∆n,n tn−1
avec ∆i,n le déterminant obtenu en éliminant la ligne d’indice i et la colonne d’indice n de
V (x1 ,x2 , . . . , xn ) , les ∆i,n ne dépendent pas de t. Donc P est une fonction polynomiale de degré
au plus n −1 .
Le coefficient de tn−1 est ∆n,n = V (x1 ,x2 , . . . , xn−1 )
• On a P (xi ) = 0 pour tout i ∈ J1, n − 1K , car c’est un déterminant avec deux colonnes identiques,
Y
donc le polynôme (X − xi ) divise P , si P n’est pas le polynôme nul il est de degré n − 1,
1≤i≤n−1
Y
donc P (X) = C (X − xi ) , avec C ∈ C .
1≤i≤n−1
C est le coefficient du plus haut degré de P donc C = V (x1 ,x2 , . . . , xn−1 ) .
Y
Ce qui donne pour t = xn V (x1 , x2 . . . , xn ) = V (x1 ,x2 , . . . , xn−1 ) (xn − xi ).
1≤i<j≤n−1
Y
• Montrons par récurrence que : V (x1 , x2 , . . . , xn ) = (xj − xi ) .
1≤i<j≤n
La relation est vraie pour n = 2.On la suppose pour n .
Soit x1 , x2 . . . , xn+1 sont n + 1 nombres complexes deux à deux distincts , on a
Y
V (x1 , x2 . . . , xn+1 ) = V (x1 ,x2 , . . . , xn ) (xn+1 − xi )
1≤i<j≤n
Y Y
= (xj − xi ) . (xn+1 − xi )
1≤i<j≤n 1≤i<j≤n
Y
= (xj − xi )
1≤i<j≤n+1
d’où le résultat.
1
Soit A = ij
Q3. 1≤i≤n , on a
1≤j≤n
1 1 1 ... 1
2 22 23 ··· 2n
det A = .. .. .. .. .. .
. . . . .
n n 2 n3 . . . nn
On factorise chaque ligne i , donc
1 1 1 ... 1
1 2 22 ··· 2n−1
det A = n! .. .. .. .. ..
. . . . .
1 n n2 . . . nn−1
= n! V (1, 2, . . . , n).
car le déterminant d’une matrice est égale au déterminant de sa transposée.
ikπ
Q4. On prend ak = e n , k ∈ J1, nK .
Les nombres complexes a1 , a2 , . . . , an sont deux à deux distincts et tous non nuls, et
n n
X X 2ikπ
a2k = e n =0
k=1 k=1
Soit n nombre complexes x1 , . . . , xn deux à deux distincts et tous non nuls, on a donc
V (x1 , . . . , xn ) ̸= 0 et la matrice
1 1 ... 1
x1 x2 ··· xn
M = .
.. .. .. ..
. . . .
x1n−1 xn−1
2 . . . xnn−1
est inversible . Le vecteur colonne X = t (x
1 , . . . , xn ) est non nul donc M X l’est aussi .
Nous avons
n
P
xk
k=1
.
M X = .. .
Pn
x n
k
k=1
n
X n
X n
X n
X
ainsi l’une au moins des sommes xk , x2k , x3k ··· xnk est non nulle.
k=1 k=1 k=1 k=1
2
EXERCICE 2
Q5. Par récurrence on a Ak ⩽ ∥A∥k pour tout k ≥ 0 .
X ∥A∥k X 1
La convergence de la série entraîne la converge absolue de la série Ak dans Mn (R)
k≥0
k! k≥0
k!
X 1
qui est de dimension finie , ce qui prouve la convergence de Ak .
k≥0
k!
1 k ∥A∥k rk X
Q6. Soit fk : A 7→ A et r > 0 , on a ∥fk (A)∥ ≤ ≤ , donc la série fk converge
k! k! k! k≥0
normalement et uniformément sur la boule B(0, r) .
Continuité de fk :
L’application φ : (A1 , A2 , ..., Ak ) 7→ A1 × A2 × ... × Ak est continue, car elle est k-linéaire de Mn (R)k
vers Mn (R) et l’application ψ : A 7→ (A, A, ..., A) est linéaire de Mn (R) vers Mn (R)k donc elle est
continue .
1
Ainsi fk = φoψ est continue sur Mn (R) .
k!
Le théorème de continuité des séries de fonctions donne , A 7→ eA est continue sur B(0, r) pour tout
r > 0 donc elle est continue sur Mn (R)
Q7. Soit H ∈ Mn (R) est une matrice non nulle telle que ∥H∥ ≤ r .
Par continuité de la norme on a
+∞ +∞
1 X 1 X ∥H∥k−1
Hk ≤
∥H∥ k=2 k! k=2
k!
+∞
X rk−2
≤ ∥H∥
k=2
k!
1 +∞
X 1 +∞
X 1
donc H k → 0 , qui s’écrit H k = o(∥H∥).
∥H∥ k=2 k! H→0
k=2
k!
Examinons la différence eH+0 − e0 , qui vaut
+∞
H
X 1 k
e − In = H + H = H + o(∥H∥)
k=2
k!
donc l’application A 7→ eA est différentiable en la matrice 0 et sa différentielle est l’application identité.
3
PROBLÈME
Partie I - Exponentielle d’une matrice symétrique
Q8. On a
λ−a −b −b
χA (λ) = −b λ−a −b
−b −b λ−a
1 −b −b
= (λ − a − 2b) 1 λ − a −b
C1 ←C1 +C2 +C3
1 −b λ−a
1 −b −b
= (λ − a − 2b) 0 λ − a + b 0
L2 ←L2 −L1
L3 ←L3 −L1
0 0 λ−a+b
= (λ − a − 2b) (λ − a + b)2
Donc Sp(A) = {a + 2b, a − b} , par suite A ∈ S3+ , si et seulement si, (a + 2b ≥ 0 et a ≥ b).
Q9. Par récurrence on a pour tout entier k non nul J k = 3k−1 J . La relation est non valable pour
k=0.
On a A = (a − b)I3 + bJ et , I3 et J commutent donc
eA = e(a−b)I3 ebJ
de plus e(a−b)I3 = ea−b I3 et
+∞
X bk
ebJ = I3 + Jk
k=1
k!
+∞
1 X (3b)k
= I3 + J
3 k=1 k!
e3b − 1
= I3 + J
3
ainsi
ea+2b − ea−b
eA = ea−b I3 + J
3
Nous avons
α β β a+2b + 2ea−b
avec α = e ea+2b − ea−b
eA =
β α β et β =
3 3
β β α
n o
elle a la même forme que A par le même calcul on a Sp(eA ) = {α + 2β, α − β} = ea+2b , ea−b , d’où
4
eA ∈ S3+ .
Q10. Soit P une matrice inversible de Mn (R).
L’application M 7→ P M P −1 est linéaire en dimensions finies donc elle est continue .
Soit A ∈ Sn+ , D diagonale et P inversible telles que A = P DP −1 , par récurrence on a Ak = P Dk P −1
ce qui donne
N N
!
1 1
P −1
X X
k k
A =P D
k=0
k! k=0
k!
l’application M 7→ P M P −1 est continue donc
+∞ +∞
!
1 k 1 k
D P −1 eA = P eD P −1
X X
A =P et
k=0
k! k=0
k!
D = diag(λ1 , ..., λn ) donc eD = diag(eλ1 , ..., eλn ) , ainsi eA ∈ Sn+ .
Partie II - Produit de Hadamard de deux matrices
a b b ea eb eb
+
Q11. Soit A =
b a b
∈ S3 , donc E(A) = eb
ea eb elle a la même forme que A par
b b a eb eb ea
n o
le même calcul on a Sp(E(A)) = ea + 2eb , ea − eb .
On a ea + 2eb ≥ 0 et a ≥ b car A ∈ S3+ ce qui donne ea − eb ≥ 0 ainsi Sp(E(A)) ⊂ R+ et E(A) ∈ S3+ .
Q12.
• Soit D = diag(λ1 , ..., λn ) avec {λ1 , ..., λn } ⊂ R+ et Y = t (y , . . . , y ) ∈ Mn,1 (R), alors
1 n
n
X
t
Y DY = λk yk2 ≥ 0
k=1
• Soit A ∈ Sn donc elle est diagonalisable dans une base orthonormée , il existe une matrice
diagonale D et une matrice orthogonale P telles que A = t P.D.P .
Si A ∈ Sn+ alors D ∈ Sn+ , soit X ∈ Mn,1 (R) on a
t t
XAX = X t P.D.P X
t
= (P X ).D. (P X) ≥ 0.
• Réciproquement : si pour tout X dans Mn,1 (R) on a t XAX ≥ 0 . Soit λ une vleur propre de A
et X = t (x
1 , . . . , xn ) un vecteur propre associé à λ de , alors
n
X
t
XAX = λ t X X = λ x2k
k=1
donc λ ≥ 0 par suite A ∈ Sn+ .
Ainsi A ∈ Sn+ si et seulement si pour tout X dans Mn,1 (R) on a t XAX ≥ 0.
5
Q13.
• Soit A et B dans Sn+ et α, β deux réels positifs. Pour pour tout X dans Mn,1 (R) on a
t
X (αA + βB) X = αt XAX + β t XBX ≥ 0
donc αA + βB est une matrice de Sn+ .
• Si A et B sont deux matrices de Sn+ alors AB n’est pas forcement symétriques donc en général
elle ne sont pas dans Sn+ ,
par exemple
2 1 1 1
A= , B=
1 1 1 1
on a A, B ∈ S2+ :
2 1 x 1 1 x
tX AX = x y tX BX = x y
1 1 y 1 1 y
= 2x2 + 2xy + y 2 = x2 + 2xy + y 2
= x2 + (x + y)2 ≥ 0 = x2 + (x + y)2 ≥ 0
mais
3 3
AB = ∈
/ S2
2 2
Q14. Soit A ∈ Sn+ , donc elle est diagonalisable dans une base orthonormée , il existe une matrice
orthogonale P et une matrice diagonale D = diag(λ1 , ..., λn ) avec {λ1 , ..., λn } ⊂ R+ et telles que
A = t P.D.P .
√ √
Posons R = t P. diag( λ1 , ..., λn ).P , on a R ∈ Sn+ et A = R2 .
Q15. Soit A et B dans Sn+ , A = U 2 et B = V 2 avec U = (ui,j ) ∈ Sn+ . V = (vi,j ) ∈ Sn+ .
Posons A = (ai,j ) , B = (bi,j ) et A ∗ B = (ci,j ).
n
• Soit (i, j) ∈ J1, nK2 , on a ai,j =
P
ui,k uk,j , or U est symétrique donc ui,j = uj,i donc
k=1
n
P n
P n
P
ai,j = uk,i uk,j , de même bi,j = vi,ℓ vℓ,j = vℓ,i vℓ,j , ainsi
k=1 ℓ=1 ℓ=1
n n
! !
X X
ci,j = ai,j bi,j = uk,i uk,j vℓ,i vℓ,j .
k=1 ℓ=1
6
• Soit X dans Mn,1 (R) , X = t (x
1 , . . . , xn ) , on a :
n
P
j=1 c1,j xj
t
..
X (A ∗ B) X = (x1 , . . . , xn )
.
n
P
cn,j xj
j=1
n X
X n
= ci,j xi xj
i=1 j=1
n X n n n
! !
X X X
= xi xj uk,i uk,j vℓ,i vℓ,j
i=1 j=1 k=1 ℓ=1
posons u′k,i = uk,i xi pour tout (k, i) ∈ J1, nK2 et U ′ = (u′k,i )1≤k≤n .
1≤i≤n
n
On a tU ′U ′ = (a′i,j ) 1≤i≤n = (
P
u′k,i u′k,j ) 1≤i≤n donc
1≤j≤n k=1 1≤j≤n
n X
n n n
! !
u′k,i u′k,j
X X X
t
X (A ∗ B) X = vℓ,i vℓ,j
i=1 j=1 k=1 ℓ=1
n X n
a′i,j bi,j
X
=
i=1 j=1
= Tr((a′i,j ) 1≤i≤n .t (bi,j ) 1≤i≤n .)
1≤j≤n 1≤j≤n
t ′ ′ 2
= Tr( U U .V ) ( car V est symétrique )
= Tr(t U ′ V .U ′ V )
2
= U ′V ( norme euclidienne de Mn (R))
Ainsi A ∗ B ∈ Sn+ .
Q16. Soit A = (ai,j ) 1≤i≤n , on a alors A∗0 = (1) 1≤i≤n et A∗p = (api,j ) 1≤i≤n .
1≤j≤n 1≤j≤n 1≤j≤n
Pour N entier naturel non nul
N
1
A∗p
X
TN =
p=0
p!
N ap
i,j
X
= ( ) 1≤i≤n
p=0
p! 1≤j≤n
donc lim TN = (eai,j ) 1≤i≤n = E(A).
N →+∞ 1≤j≤n
Q17. Soit X ∈ Mn,1 (R), l’application Φ : M 7→ t XM X est linéaire de Mn (R) vers R donc elle
est continue.
Soit (Ak )k∈N une suite convergente de Sn+ , montrons que lim Ak ∈ Sn+ .
k→+∞
Pour tout k ∈ N on a Φ(Ak ) = t XAk X ≥ 0 , Φ est continue donc
lim Φ (Ak ) = Φ lim Ak = t XAX ≥ 0,
k→+∞ k→+∞
7
ainsi A ∈ Sn+ et Sn+ est une partie fermée de Sn .
Soit A ∈ Sn+ , d’après Q15 et par récurrence A∗k ∈ Sn+ , et d’après Q13, TN ∈ Sn+ car elle est combi-
naison linéaire , avec des coefficients positifs, de matrices symétriques positives .
Par suite E(A) = lim TN ∈ Sn+ .
N →+∞
FIN