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Équations Différentielles et Polynômes

Ce document présente l'étude de l'équation différentielle (Eh) où h est une fonction de K à valeurs dans K. La partie I considère le cas où h est un polynôme et introduit l'opérateur différence finie Δ. La partie II définit les fonctions entières et introduit les intégrales Ip. La partie III définit les polynômes de Bernoulli Bn comme solution polynomiale de (Eh). La partie IV étend la résolution au cas d'une fonction h entière.

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Équations Différentielles et Polynômes

Ce document présente l'étude de l'équation différentielle (Eh) où h est une fonction de K à valeurs dans K. La partie I considère le cas où h est un polynôme et introduit l'opérateur différence finie Δ. La partie II définit les fonctions entières et introduit les intégrales Ip. La partie III définit les polynômes de Bernoulli Bn comme solution polynomiale de (Eh). La partie IV étend la résolution au cas d'une fonction h entière.

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Mathématiques 2

2024
MP, MPI
4 heures Calculatrice autorisée
Notations

— Dans tout le problème, 𝕂 désigne ℝ ou ℂ.

— On note 𝕂[𝑋] le 𝕂-espace vectoriel des polynômes à coefficients dans 𝕂.

— Pour tout 𝑑 ∈ ℕ, 𝕂𝑑 [𝑋] désigne le 𝕂-espace vectoriel des polynômes de degré inférieur ou égal à 𝑑.

— On note 𝕌 le groupe multiplicatif des nombres complexes de module 1.

Objectifs du problème

Soit ℎ une fonction de 𝕂 dans 𝕂. On dit qu’une fonction 𝑓 de 𝕂 dans 𝕂 est solution de l’équation (𝐸ℎ ) sur 𝕂 si

∀𝑥 ∈ 𝕂, 𝑓(𝑥 + 1) − 𝑓(𝑥) = ℎ(𝑥). (𝐸ℎ )

Le but du problème est l’étude de l’équation (𝐸ℎ ).

La partie I de ce problème étudie l’existence de solutions dans le cas où ℎ est polynomiale.


La partie II introduit la définition et établit quelques propriétés des fonctions entières.
La partie III définit les polynômes de Bernoulli et explicite une solution polynomiale à l’équation (𝐸ℎ ), ainsi
qu’une application analytique de ces polynômes.
La partie IV étend la résolution de (𝐸ℎ ) au cas où ℎ est une fonction entière.

I Étude de l’opérateur différence finie


On considère l’application Δ définie par :

𝕂[𝑋] → 𝕂[𝑋]
Δ:{
𝑃 (𝑋) ↦ 𝑃 (𝑋 + 1) − 𝑃 (𝑋)

Q 1. Montrer que Δ est un endomorphisme de 𝕂[𝑋].

Q 2. Soit 𝑃 ∈ 𝕂[𝑋]. Déterminer le degré de Δ(𝑃 ) en fonction de celui de 𝑃.

Q 3. Montrer que, pour tout 𝑑 ∈ ℕ∗ , Δ induit un endomorphisme sur 𝕂𝑑 [𝑋].

On note Δ𝑑 l’endomorphisme de 𝕂𝑑 [𝑋] induit par Δ.

Q 4. Déterminer Ker(Δ𝑑 ) et Im(Δ𝑑 ) pour tout 𝑑 ∈ ℕ∗ .

Q 5. En déduire Ker(Δ) et Im(Δ). Appliquer les résultats obtenus à l’étude de l’équation (𝐸ℎ ) dans le cas
où ℎ est une fonction polynomiale.

Q 6. On suppose (pour cette question seulement) que ℎ est la fonction 𝑥 ↦ 𝑥. Déterminer une solution de
(𝐸ℎ ) dans 𝕂2 [𝑋], puis toutes les solutions polynomiales de l’équation (𝐸ℎ ).

Q 7. Soit 𝑑 ∈ ℕ∗ . Déterminer un polynôme annulateur de Δ𝑑 . L’endomorphisme Δ𝑑 est-il diagonalisable ?

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II Fonctions entières
On note 𝜔 l’application de [0, 1] dans ℂ définie, pour tout 𝑡 ∈ [0, 1], par 𝜔(𝑡) = e2i𝜋𝑡 .

II.A – Généralités

On note ℰ l’ensemble des fonctions 𝑓 : ℂ → ℂ développables en série entière de rayon de convergence infini.

Q 8. Justifier que si (𝑓, 𝑔) ∈ ℰ2 et (𝜆, 𝜇) ∈ ℂ2 , alors 𝜆𝑓 + 𝜇𝑔 ∈ ℰ et 𝑓𝑔 ∈ ℰ.

Q 9. Soit 𝑓 ∈ ℰ dont on note ∑ 𝑎𝑛 𝑧 𝑛 le développement en série entière.

Montrer que, pour tout 𝑘 ∈ ℤ :


1
𝑎𝑘 si 𝑘 ∈ ℕ
∫ 𝑓(𝜔(𝑡))𝜔(𝑡)−𝑘 d𝑡 = {
0 sinon
0

II.B – Une intégrale

Pour tout 𝑝 ∈ ℤ, on pose


1
𝜔(𝑡)𝑝+1
𝐼𝑝 = ∫ d𝑡.
e𝜔(𝑡) − 1
0

Q 10. Vérifier que cette intégrale est bien définie pour tout 𝑝 ∈ ℤ.
Q 11. Montrer qu’il existe une fonction 𝛽 ∈ ℰ et une constante 𝐶 ∈ ]0, 1[ telles que, pour tout 𝜁 ∈ 𝕌,

e𝜁 − 1 = 𝜁(1 + 𝜁𝛽(𝜁)) et |𝛽(𝜁)| ⩽ 𝐶.

Q 12. En déduire que pour tout 𝜁 ∈ 𝕌 et tout 𝑝 ∈ ℤ,


+∞
𝜁𝑝
𝜁
= ∑(−1)𝑗 𝜁 𝑗+𝑝−1 𝛽(𝜁)𝑗 .
e −1 𝑗=0

Q 13. Montrer que 𝐼0 = 1 et que, pour tout 𝑝 ∈ ℕ∗ , 𝐼𝑝 = 0.

III Polynômes de Bernoulli


Pour tout 𝑛 ∈ ℕ et tout 𝑧 ∈ ℂ, on définit dans cette partie :
1
e𝑧𝜔(𝑡)
𝐵𝑛 (𝑧) = 𝑛! ∫ d𝑡.
(e𝜔(𝑡) − 1)𝜔(𝑡)𝑛−1
0

III.A – Lien avec l’équation (𝐸ℎ )

Q 14. Montrer que, pour tout 𝑛 ∈ ℕ et tout 𝑧 ∈ ℂ,


𝑛
𝑧𝑘
𝐵𝑛 (𝑧) = 𝑛! ∑ 𝐼 .
𝑘=0
𝑘! 𝑘−𝑛

En déduire que 𝐵𝑛 est un polynôme unitaire de degré 𝑛.


Q 15. Montrer que, pour tout 𝑛 ∈ ℕ∗ , 𝐵𝑛′ = 𝑛𝐵𝑛−1 .
Q 16. Montrer que, pour tout 𝑛 ∈ ℕ∗ et tout 𝑧 ∈ ℂ,

𝐵𝑛 (𝑧 + 1) − 𝐵𝑛 (𝑧) = 𝑛𝑧 𝑛−1 .

Q 17. En déduire l’expression d’une fonction polynomiale vérifiant l’équation (𝐸ℎ ) sur ℂ lorsque ℎ est une
fonction polynomiale.

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III.B – Unicité

Q 18. Montrer que (𝐵𝑛 )𝑛∈ℕ est l’unique suite de polynômes vérifiant

⎧ 𝐵0 = 1
{ ∀𝑛 ∈ ℕ∗ , 𝐵′ = 𝑛𝐵
{ 𝑛 𝑛−1
1

{ ∀𝑛 ∈ ℕ∗ , ∫ 𝐵𝑛 (𝑡) d𝑡 = 0
{
⎩ 0

Q 19. Soit (𝐻𝑛 )𝑛∈ℕ la suite de polynômes définie par : ∀𝑛 ∈ ℕ, 𝐻𝑛 (𝑋) = (−1)𝑛 𝐵𝑛 (1 − 𝑋). Montrer que
pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝐻𝑛 = 𝐵𝑛 .

III.C – Une application analytique

Soit 𝜓 la fonction de ℝ dans ℝ telle que, pour tout 𝑥 ∈ ℝ,

⎧ 𝑥
{ si 𝑥 ≠ 0
𝜓(𝑥) = ⎨ e𝑥 − 1
{
⎩ 1 sinon

Soit de plus 𝑢 la fonction de ℝ2 dans ℝ telle que, pour tout (𝑥, 𝑡) ∈ ℝ2 ,

𝑢(𝑥, 𝑡) = 𝜓(𝑥)e𝑡𝑥 .

Q 20. Montrer que 𝑢 est de classe 𝒞∞ sur ℝ2 .

∂𝑢
Q 21. Pour tout (𝑥, 𝑡) ∈ ℝ2 , calculer (𝑥, 𝑡) puis montrer que, pour tout 𝑛 ∈ ℕ∗ ,
∂𝑡

∂ ∂𝑛 𝑢 ∂𝑛 𝑢 ∂𝑛−1 𝑢
(𝑥, 𝑡) = 𝑥 (𝑥, 𝑡) + 𝑛 (𝑥, 𝑡).
∂𝑡 ∂𝑥𝑛 ∂𝑥𝑛 ∂𝑥𝑛−1

∂𝑛 𝑢
Pour tout 𝑛 ∈ ℕ, soit 𝐴𝑛 la fonction de ℝ dans ℝ telle que, pour tout 𝑡 ∈ ℝ, 𝐴𝑛 (𝑡) = (0, 𝑡).
∂𝑥𝑛

Q 22. Montrer que, pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝐴𝑛 = 𝐵𝑛 .

IV Solution entière de l’équation (𝐸ℎ )


IV.A – Une inégalité de contrôle

On se propose dans cette partie de montrer par l’absurde la propriété 𝒫 :


∃𝑐 > 0, ∀𝑛 ∈ ℕ, ∀𝑧 ∈ ℂ, (|𝑧| = (2𝑛 + 1)𝜋 ⇒ |𝑒𝑧 − 1| ⩾ 𝑐) .

On suppose que 𝒫 est fausse.

Q 23. Montrer l’existence d’une suite d’entiers naturels (𝑛𝑝 )𝑝∈ℕ et d’une suite de nombres complexes (𝑧𝑝 )𝑝∈ℕ
telles que :
e𝑧𝑝 → 1 et ∀𝑝 ∈ ℕ, |𝑧𝑝 | = (2𝑛𝑝 + 1)𝜋
𝑝→+∞

Pour tout 𝑝 ∈ ℕ, on note 𝑎𝑝 = Re(𝑧𝑝 ) et 𝑏𝑝 = Im(𝑧𝑝 ).


Q 24. Montrer que 𝑎𝑝 → 0 et |𝑧𝑝 | − |𝑏𝑝 | → 0.
𝑝→+∞ 𝑝→+∞
Q 25. Pour tout 𝑝 ∈ ℕ, on note

+1 si 𝑏𝑝 ⩾ 0
𝜀𝑝 = {
−1 si 𝑏𝑝 < 0

En étudiant exp(𝑧𝑝 − i𝜀𝑝 |𝑧𝑝 |), aboutir à une contradiction et conclure.

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IV.B – Une solution à (𝐸ℎ )

Pour tout 𝑛 ∈ ℕ, on définit maintenant

[0, 1] → ℂ
𝛾𝑛 : {
𝑡 ↦ (2𝑛 + 1)𝜋𝑒2i𝜋𝑡

Pour tout 𝑛 ∈ ℕ et tout 𝑧 ∈ ℂ, soit


1
e𝑧𝛾𝑛 (𝑡)
𝑄𝑛 (𝑧) = 𝑛! ∫ d𝑡.
(e𝛾𝑛 (𝑡) − 1) 𝛾𝑛 (𝑡)𝑛−1
0

Q 26. Montrer que, pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝑄𝑛 ∈ ℰ.


Q 27. Montrer que

∀𝑛 ∈ ℕ∗ , ∀𝑧 ∈ ℂ, 𝑄𝑛 (𝑧 + 1) − 𝑄𝑛 (𝑧) = 𝑛𝑧 𝑛−1 .

Q 28. Montrer qu’il existe deux constantes 𝑎, 𝑏 ∈ ℝ∗+ telles que, pour tout 𝑛 ∈ ℕ∗ et tout 𝑧 ∈ ℂ,

|𝑄𝑛 (𝑧)| ⩽ 𝑎e𝑏𝑛|𝑧| .

Q 29. En déduire l’existence d’une solution dans ℰ à l’équation (𝐸ℎ ) lorsque ℎ ∈ ℰ.

• • • FIN • • •

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