Efficacité énergétique dans les bâtiments
Efficacité énergétique dans les bâtiments
Présentée par
Hervé CHENAILLER
1
AVANT-PROPOS
Cette thèse s’inscrit dans une volonté d’aborder la thématique de l’usage de l’énergie dans un
bâtiment. Ceci est un vaste sujet qui allie aussi bien des questionnements d’ordre technique
que social et donc soumis à de nombreux débats en fonction des points de vue et des
sensibilités de chacun. Aussi, cette thèse n’a pas pour vocation de se lancer dans une
démarche ontologique de la recherche d’une réponse précise et experte sur ce domaine mais
tâche davantage à être un travail transversal et à proposer des méthodes pour aborder la
problématique de l’usage énergétique du bâtiment.
D’autre part, les expérimentations qui ont été mises en place n’ont pas été effectuées avec des
compétences de sciences humaines mais davantage selon un processus « exploratoire in situ ».
En effet, nous avons mis en place des enquêtes permettant de mettre en évidence certains
points scientifiques mais un réel travail de collaboration avec des sciences humaines demeure
une perspective logique à ces travaux afin de valider les pistes proposées dans cette thèse.
2
Remerciements
Les travaux effectués au cours de cette thèse n’auraient pu voir le jour sans les
échanges effectués auprès des usagers de la plateforme d’étude PREDIS. Je tiens donc à
remercier en premier lieu les occupants du bâtiment Habitat tertiaire de l’ENSE3 qui ont fait
partie de façon volontaire ou non de mes investigations. Je remercie en particulier mes
collègues de l’espace bureau PREDIS MHI (Sana, Abir, Rim, Ghaith, Frank, Hoang anh, et
Ardavan) qui ont eu à « subir » mes enquêtes. Au delà du cadre formel de l’expérimentation,
ils ont été surtout d’agréables collègues de travail contribuant à la bonne ambiance du lieu de
travail.
Je tiens à exprimer ensuite ma gratitude envers mes encadrants qui m’ont offert
l’opportunité de travailler sur un sujet aussi transversal que celui-ci. Bien que le sujet ait
évolué par rapport à ce qui était imaginé initialement, je les remercie sincèrement d’avoir cru
en l’intérêt et l’aboutissement de ces travaux, ainsi que de m’avoir soutenu, notamment vers
la fin de la thèse. Je remercie ainsi :
- Mon directeur de thèse, Frédéric Wurtz, qui, depuis mes travaux de Master, m’a fait
partager sa vision énergétique du bâtiment mais également dispose d’un esprit de synthèse
formidable et d’une capacité à remotiver les troupes tout à fait appréciable, et ce même
lorsqu’il est à l’étranger !
- Mon co-directeur Stéphane Ploix qui proposait toujours les bonnes pistes de réflexion
grâce à ses multiples remarques pertinentes. J’ai ainsi apprécié tout à la fois sa grande
curiosité naturelle dans un certain nombre de domaines scientifiques ainsi que sa bonne
humeur toujours au rendez-vous.
J’adresse ensuite mes remerciements à Bruno Peuportier et Bernard Multon qui m’ont
fait l’honneur d’être les rapporteurs de ma thèse et avec qui j’ai échangé de manière très
intéressante autour de mon sujet, avant et pendant ma soutenance, grâce à leur expertise et
leur ouverture scientifique.
J’aimerais remercier, et je ne pourrais hélas pas tous les citer, les personnes qui ont
contribués, par leurs échanges, de près ou de loin, à mon travail de thèse mais également à
mon enrichissement personnel au delà de la thèse. Je pense en particulier à Daniel Quenard,
Olivier Sidler, Julie Dugdale,
J’aimerais remercier également les personnes du G-SCOP avec qui j’ai pu travailler et
avoir des échanges très enrichissants et intéressants (Ayesha, Binh).
Merci également aux personnes du G2Elab, en particulier son personnel administratif,
pour m’avoir accueilli durant ces trois années et m’avoir offert les services adéquats pour ces
travaux de recherche
3
Mes remerciements porteront ensuite sur l’ensemble de mes amis qui ont été là pour
m’aider, me soutenir ou me distraire. Un très grand merci à ceux qui ont dû effectuer une
relecture de ma thèse (Mathieu, Anaîs, Denis, Yohan mais surtout Nicolas), Merci également à
ceux avec qui j’ai pu m’aérer l’esprit dans l’environnement grenoblois (Impropub, la team du
club rando (Cyril, Rémy, Mikaël, Virginie, Aurélia), ceux de l’ESMUG, Didier (merci pour les
cours de ski), mes colocataires et bien d’autres que j’ai sans doute oublié.
Je remercie enfin mes parents et ma famille pour m’avoir laisser faire le choix qui n’était pas
évident au départ, d’effectuer une thèse.
4
La sauvegarde de notre monde humain n’est nulle part ailleurs que dans le cœur humain,
la pensée humaine, la responsabilité humaine.
Václav Havel
La consommation énergétique pour ces travaux de recherche a été estimée aux environs de
850kWhél soit 2195 kWhEP
5
AVANT-PROPOS ....................................................................................................... 2
2.3 Le génie électrique : composante majeure de la gestion énergétique des bâtiments ............................... 27
6
Chapitre 2 : De nouvelles problématiques énergétiques
dans les BBC : Application à la plateforme PREDIS MHI
1 OBJECTIFS ET PRESENTATION DE LA PLATEFORME PREDIS MHI.............. 40
1.1 Contexte de la recherche scientifique du secteur du bâtiment en tant qu’acteur du smart grid............ 40
CONCLUSION ......................................................................................................... 63
1.2 L’efficacité énergétique telle que définie dans d’autres domaines ............................................................ 67
1.2.1 L’efficacité énergétique vue par l’économie............................................................................................ 67
1.2.2 L’efficacité dans le génie industriel ......................................................................................................... 70
7
1.3 Bilan de l’étude sémantique et positionnement de notre approche........................................................... 71
1.3.2 Distinction et positionnement de l’efficacité d’usage dans la chaîne de valeur énergétique ................... 71
2.2 Proposition de définition du concept d’efficacité énergétique d’usage appliqué au système bâtiment . 76
2.2.1 Analyse de l’usage dans les bâtiments..................................................................................................... 77
2.2.2 Proposition de définition de l’Efficacité d’Usage Energétique (EUE) .................................................... 83
CONCLUSION ......................................................................................................... 90
1.2 Construction des fonctions de satisfaction à partir des différents paramètres d’usage .......................... 98
1.2.1 Construction de fonctions de satisfaction sensible (FSs)......................................................................... 99
1.2.2 Fonctions de satisfaction Rationnelle (FSr)........................................................................................... 101
2.1 Analyse de l’usage et identification des paramètres d’usage avec l’approche QQOQCP.................... 108
8
2.1.1 Paramètres d’usage sensible .................................................................................................................. 108
2.1.2 Paramètres d’usage rationnels ............................................................................................................... 109
2.2 Construction des fonctions de satisfaction à partir des paramètres d’usage ..........................................110
2.2.1 Fonction de satisfaction sensible ............................................................................................................110
2.2.2 Fonction de satisfaction rationnelle........................................................................................................112
2.2.3 Construction de la fonction de satisfaction globale pour le système de chauffage.................................114
2.3 Calcul des fonctions de satisfaction : Application au système de chauffage de la plateforme PREDIS114
2.3.1 Systèmes de côntrole-commande ...........................................................................................................115
2.3.2 Calcul de l’évolution de la température..................................................................................................117
2.3.3 Construction des fonctions de satisfaction du système de chauffage de la plateforme PREDIS MHI ...119
3.2 Méthodologie de conception collaborative de SCB intégrant l’usage : application à la plateforme MHI
PREDIS.............................................................................................................................................................. 129
2.2 Analyse de l’usage et des paramètres d’usage avec l’approche QQOQCP: Exemple du réfrigérateur140
2.2.1 Paramètres d’usage sensibles ................................................................................................................ 141
9
2.2.2 Paramètres d’usage rationnels ............................................................................................................... 141
3.2 Présentation d’un exemple de logiciel de gestion énergétique dans les energy smart homes : G-
HomeTech .......................................................................................................................................................... 151
Conclusions et Perspectives
CONCLUSION ....................................................................................................... 155
10
Acronymes employés
BEPOS : Bâtiment à Energie POSitive
EP : Energie Primaire
OUE : Other Use Electric (correspond aux équipements électriques bruns, blancs et
gris)
RT : Réglementation Thermique
11
Introduction générale
La maîtrise de l’énergie fait partie des plus importants défis auxquels l’humanité doit
se confronter, et cela passe en premier lieu par l’évolution des modes de vie et d’habitation.
En effet, nous verrons dans un premier temps (Chapitre 1) que le secteur du bâtiment
représente le plus grand consommateur d’énergie en particulier d’énergie électrique, au
monde et en France. Afin de rendre pérenne le développement durable de ce secteur, il faudra
recourir à des bâtiments passifs ou à énergie positive, que nous approcherons selon la vision
«Système bâtiment», où le poste électrique sera un vecteur énergétique essentiel (en tant que
source, contrôle et charge d’énergie). Or, la consommation de l’électricité étant
intrinsèquement liée à l’usage, c’est-à-dire au comportement humain qui utilise le système
bâtiment, nous tâcherons de comprendre quel est l’impact énergétique de l’acteur humain et
verrons que cet acteur fait bien partie du Système Complexe Bâtiment également. Nous nous
intéresserons ainsi tout au long de la thèse à cet aspect socio-technique du bâtiment qu’est
l’usage de l’énergie par les habitants dans le fait que nous aborderons le système bâtiment
dans des dimensions propres aux domaines des sciences physiques et des sciences humaines.
Afin d’étudier l’usage de l’énergie dans un bâtiment, nous nous baserons d’abord sur
un cas d’application tertiaire (plateforme PREDIS) permettant d’avoir un retour d’expérience
sur des usages et leur impact énergétique, en se plaçant aussi bien du point de vue usager en
tant qu’ « habitant » que du point de vue usager en tant qu’opérateur (Chapitre 2). Nous
verrons que selon ces deux approches qui sont des acteurs à différentes échelles du bâtiment,
nous pourrons dégager certains paramètres qui caractérisent l’usage, en particulier par rapport
à la satisfaction de chacun des acteurs vis-à-vis du système bâtiment. Nous verrons donc
apparaître deux types de satisfactions : une liée au confort sensible qui est davantage
exprimée par les usagers, et une liée à une maîtrise de la demande énergétique qui est
davantage exprimée par les exploitants. Enfin nous verrons que ce retour d’expérience permet
d’interroger à plus grande échelle la part énergétique qui est liée à la performance technique
d’un équipement et celle liée au comportement d’usage de l’acteur humain, et ceci nous
permettra de distinguer certains verrous scientifiques relatifs à l’étude de l’usage.
12
Nous présenterons ensuite une quantification du concept d’efficacité d’usage
énergétique afin de pouvoir étudier l'intérêt de cette approche sur le système bâtiment
complexe (Chapitre 4). Nous serons amenés pour cela à définir des fonctions de satisfaction
permettant de formaliser les concepts de satisfactions sensible et rationnelle. Pour cela, nous
proposerons la méthode QQOQCP (méthode d’investigation posant les questions Quoi ?
Qui ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?) qui permettra d’identifier les paramètres d’usage
qui composent ces fonctions de satisfaction. Nous verrons que toute cette méthodologie
permet d’aboutir à la création d’un diagramme de compromis (ou diagramme EUE) qui
permet de traiter directement la problématique de l’EUE sous sa forme multi-objectifs. Afin
d’illustrer une telle démarche de quantification de l’EUE, nous appliquerons celle-ci sur
l’exemple du système de chauffage de la plateforme PREDIS MHI. En particulier nous
verrons que le diagramme de compromis peut s'avérer être un outil effectif d’aide à la
décision pour la conception de systèmes énergétiques. Cela permet d’intégrer l’usage dès la
conception de tels systèmes et nous montrerons que plus nous intégrerons l’usage dans la
définition du système bâtiment (en terme de pilotage), meilleure sera la satisfaction des
personnes et plus grandes seront les économies d’énergie.
13
Chapitre 1
14
1 Contexte environnemental et énergétique
1.1 Contexte environnemental
La lutte contre le réchauffement climatique est un des plus importants défis actuels
auxquels doit se confronter l’humanité. Les conséquences du réchauffement climatique sont
multiples et ont divers degrés d’impact et de réversibilité. On pourra citer entre autres que
l’on peut s’attendre à une fonte des glaces aux pôles, à des phénomènes naturels extrêmes
plus fréquents, une mise en péril d’espèces animales et florales, etc... [GIEC, 2007]
La cause principale de ce dérèglement climatique est, ainsi que de manière plus générale la
perturbation des écosystèmes et l'exploitation des ressources naturelles, très probablement
l’activité humaine. En effet, l’évolution rapide et alarmante de concentration de gaz à effet de
serre (comme le CO2) depuis les années 1850 coïncide avec une activité humaine qui s’est
alors grandement développée avec l’ère de la révolution industrielle [MULT, 2003] (figure1)
Figure 1 : Evolution du taux de concentration de différents gaz à effet de serre depuis 2000 ans
L’humanité est désormais responsable de l’ampleur des dégâts qu’aura ce dérèglement
climatique car autant on ne peut désormais éviter le réchauffement climatique, autant il est
encore possible de jouer sur le degré d’amplitude des dégâts occasionnés sur l’environnement
et les problèmes sociopolitiques futurs grâce aux actions que l’on peut mener dès aujourd’hui
[COCH, 2009]. Ainsi, dans le cadre d’études prospectives sur le réchauffement climatique,
différents scénarios en fonction des politiques environnementales suivies par les Etats
permettent de se rendre compte des conséquences plus ou moins irréversibles de nos
agissements sur l’environnement (figure2).
15
Figure 2 : Scénarios d’émissions de GES pour la période 2000–2100 (en l’absence de politiques
climatiques additionnelles) et projections relatives aux températures en surface [GIEC, 2007]
16
17%
Energie
26%
3%
Transport
Bâtiment
Industrie
14% Agriculture
13%
Déchets
19% 8%
Autre
Figure 3 : Répartition par sources des émissions de CO2 dans le monde en 2004 [GIEC, 2007]
(49Gt CO2 équivalent)
9%
6% 27%
Industrie
33%
Transport
38%
Bâtiment
37%
+Agriculture
Autre
23%
2008 1973
Total : 8628 Mtep 27% Total : 4610 Mtep
1
On désignera par la suite par secteur du bâtiment (ou métiers du bâtiment et autres terminologies employant le
terme de « bâtiment ») l’ensemble des bâtiments résidentiels et tertiaires sinon il sera précisé de quelle nature est
le bâtiment. Bien que les usages y soient différents et que l’on peut nommer de manière courante « habitants »
les personnes vivant dans les bâtiments résidentielles et « occupants » les personnes vivant des les bâtiments
tertiaires, en soit, toutes ces personnes « habitent » leurs lieux de vie et interagissent avec.
17
1.2.1 Situation énergétique du bâtiment en France
En France, on retrouve sensiblement les mêmes tendances qui sont celles également des
autres pays industrialisés :
- Le secteur du bâtiment représente le premier poste de consommation d’énergie
finale (43% en 2010 (figure6)) et également un des postes principaux émetteurs de
CO2 (21% de la production de CO2 en France (figure 5)) [CITEPA, 2010].
Figure 5 : Répartition par sources des émissions de CO2 en France en 2008 (391Mt CO2 au total)
[CITEPA, 2010]
Consommation Energétique Finale: 115.9 Mtep Consommation Electrique totale : 442
TWh
Industrie Agriculture
19% Tertiaire
Transport 1% Industrie
Sidérurgie 32% 29%
3% 31%
Transport
Agriculture-
Pêche 3%
Résidentiel- 3%
Tertiaire
Résidentiel
43% 36%
18
Figure 8 : Consommation finale d’électricité par secteur de 1970 à 2007 [SOES, 2008]
2
Energie Primaire : Forme d’énergie disponible dans la nature avant toute transformation. L’utilisation
de l’unité associée (WhEP) permet ainsi de prendre en compte l’ensemble des pertes liés à la transformation ou
au transport de l’énergie.
19
vigueur de 2,58 pour tout ce qui concernera la consommation électrique au niveau du système
bâtiment [DGEMP, 2007]
Néanmoins, on pourra souligner le particularisme français sur la faible valeur employée à
l’heure actuelle par la réglementation thermique alors que de partout en Europe, on tend à
élever ce coefficient car il faut inclure dans ce coefficient l’impact d’une analyse de cycle de
vie. Sachant que l’électricité français est majoritairement de nature nucléaire, ce coefficient
devrait inclure le prix du comburant, celui de son transport, du traitement des déchets
radioactifs, etc…ce qui permettrait de valoriser les énergies renouvelables. L’ADEME elle-
même préconise un coefficient de 3,61 pour l’électricité Basse Tension et de 3,25 pour la
Haute Tension
Aux besoins
énergétiques
verts
Des besoins
contrôlés par
énergétiques
le Vecteur
principalement
Électricité
thermiques
et fossiles
Dans les futurs bâtiments dont les hautes performances énergétiques seront selon la
réglementation thermique qui aura évoluée vers des bâtiments passifs (à l’horizon 2020 selon
les engagements du Grenelle de l’Environnement), on peut distinguer différents concepts se
classifiant en fonction de leurs performances énergétiques (Thiers, 2008). Nous
retiendrons parmi ces bâtiments :
20
A l’heure actuelle, de nombreux efforts reste à fournir pour parvenir à obtenir tous les
bâtiments à haute performance énergétique. En premier lieu, il est nécessaire (et c’est l’objet
de la dernière réglementation thermique RT2012) de rendre obligatoire les nouvelles
constructions à très haute performance énergétique et s’en donner les moyens (notamment en
faisant évoluer les métiers et outils du bâtiment vers une excellence énergétique ce qui n’est
pas encore chose aisé comme nous le verrons dans le chapitre 2). D’autre part, l’immense
effort porte sur la rénovation car l’essentiel des surconsommations énergétiques des bâtiments
provient des bâtiments anciens dont la consommation en chauffage et en eau chaude sanitaire
est en moyenne de 240kWh/m²/an (figure 9)
Notre étude, en particulier notre cas d’étude du chapitre 2, se situe dans le cadre de
bâtiments tertiaire basse consommation mais la démarche que nous proposons s’applique à
tout type de bâtiment et devient un aspect nécessaire dans la perspective des bâtiments à
énergie positive.
21
à des tensions par rapports au mode de consommation (problématique de la « guerre des
boutons » pour la maîtrise des dépenses d’énergie [DESJ,1996]).
On se rend compte que l’usage de l’électricité est un élément fondamental car toute
activité au sein d’un bâtiment se réfère à une utilisation de l’énergie électrique sous
différentes formes. Avec les BBC et autres bâtiments performants, cette perspective va
d’autant plus se vérifier avec la mise en place de systèmes de gestion d’énergie qui vont
permettre d’offrir encore plus de services au travers des équipements électriques eux-mêmes
mais également en termes d’ensembles d’équipements.
Comme nous allons le présenter ultérieurement (partie 3.1 chapitre 1) dans l’exemple
des bâtiments intelligents, l’implantation de plus en plus d’équipements électriques en tout
genre offre d’autant plus de services et l’usager va être alors de plus en plus dépendant de ces
services électrodomestiques. Cette omniprésence de l’électricité peut déjà s’apprécier lors de
périodes critiques où une coupure d’électricité, ne serait-ce que d’une heure, provoque des
conséquences techniques et sociologiques qui peuvent se révéler catastrophiques.
60 Électricité
50 12%
40 Gaz
Mtep
30
35% Pétrole
20
10 CMS *
0 34%
1970
1980 Répartition en % en
1990 19%
2000 2007
2007 1%
Note s : consommation corrigée des ef f ets du climat ; hors utilisation de ressources à des f ins non énergétiques ;
* CMS : combustibles minéraux solides (charbon + coke de houille) ; ** EnRt : énergies renouvelables autres que hydraulique
éolien et photovoltaïque. Source : SOeS, 2008.
Une telle importance de l’électricité est d’autant plus mise en exergue dans les
bâtiments tertiaires où le poste de consommation d’électricité spécifique3 représente le
premier poste de consommation énergétique (figure 11).
3
L'électricité spécifique correspond à l'électricité nécessaire pour les services qui ne peuvent être rendus que par
l’usage de l'énergie électrique. On ne prend pas en compte dans l'électricité spécifique : l'eau chaude, le chauffage, la
climatisation et la cuisson qui peuvent utiliser différents types d'énergie. [NOVE, 2011]
22
Figure 11 : Répartition de la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel et tertiaire en
France en 2003 [CEA, 2003]
Figure 12 : Evolution des postes de consommation dans les bâtiments [QUEN, 2011]
Comme indiqué sur la figure 12 où sont représentées les consommations prévues par
les différentes réglementations thermiques (RT2005 et RT2012), le poste des équipements
électrodomestiques peut tenir du paradoxe énergétique puisqu’il est vu comme un atout
23
énergétique dans le cas de la gestion de réseaux électriques que nous verrons plus tard (smart
grids) (du fait de ses possibilités de délestage) tout en étant oublié dans les réglementations
actuelles et de manière plus générale dans les métiers de la conception. Pourtant, de par une
mise en place de réglementations thermiques visant à réduire les besoins thermiques et de par
l’absence de réglementation particulière sur la consommation électrique, le poste de
consommation électrique va rapidement se retrouver comme premier poste de consommation
(en particulier dans les BBC et les BEPOS).
Cette considération valable pour le domaine résidentiel prend une dimension encore
plus importante pour les bâtiments tertiaires. L’exemple de la figure 13 montre qu’en pratique
le poste électrique (Bureautique+ventilation+éclairage), à partir de la RT 2012, est supérieur
au poste thermique et représente plus de ¾ de l’énergie consommée. Si l’on rajoute à cela les
consommations des autres postes (auxiliaires chauffages, usages divers, etc..) qui utilisent
également de l’énergie électrique, ce bâtiment tertiaire, comme toutes les prochaines
générations de bâtiments, sera quasiment tout électrique.
On peut se rendre compte que la demande croissante en électricité des bâtiments, fait
du génie électrique une composante principale du bâtiment à moyen et long terme. En effet, la
demande en électricité a doublé en 20 ans et a été multipliée par 5 en moins de 40 ans (figure
14).
(Energie utile)
Si l’on regarde la tendance par rapport à 1973 par exemple, de la consommation des
différents postes de consommation énergétique dans le résidentiel, on constate plus qu’un
doublement de la consommation du poste d’électricité spécifique (figure14) (+150%) et dans
le même temps on retrouve une même progression importante de ce poste dans les bâtiments
tertiaires de + 40% [CEREN, 2007]
24
Figure 14 : Evolution des consommations d'énergie (électricité et autres) dans le secteur
résidentiel (indice 100 en 1973)
25
Figure 15 : Evolution de l’efficacité énergétique des maisons en Europe [CALW, 2008]
Dans ce cadre, un groupement européen ECEEE [CALW, 2008] préconise ainsi de
mettre dans la balance de l’avancement technologique également la suffisance des services
rendus. En effet, face au progrès technologique et à la volonté environnementale qui amènent
à concevoir des équipements énergétiquement plus efficaces, la consommation d’équipements
« toujours plus » (plus grands, plus rapides, etc..) augmente alors d’autant plus et annihile
dans une certaine mesure les économies réalisées par des technologies intrinsèquement plus
efficaces. Sur le graphe de la tendance européenne (figure 15), on se rend compte que malgré
le fait que la consommation énergétique ait tendance à se stabiliser au sein de l’Union
Européenne, la consommation en éclairage et équipement électrique a augmenté de 20% en
14 ans et cette tendance continue attestant de la gourmandise énergétique des habitants (qui
souhaitent également des superficies de plus en plus grandes qui nécessiteront davantage
d’éclairage).
A ce phénomène se rajoute une autre dynamique sociale de consommation
appelée « l’effet rebond » qui traduit la tendance à utiliser plus souvent un équipement conçu
comme énergétiquement efficace, ce qui, au final, ne rend pas le bilan énergétique économe
[SORR, 2008]. Ainsi par exemple, des ampoules basse consommation que l'on éteint moins
fréquemment ou un chauffage que l'on pousse plus après avoir mieux isolé son logement sont
autant de comportements qui rendront le bilan énergétique non économe en énergie malgré
l’emploi de technologies performantes. Une telle problématique, que l’on peut retrouver dans
un certain nombre d’autres produits de consommation et bien connu du domaine de la
microéconomie, soulève de nombreuses considérations quant à la (re)définition de l’efficacité
vis-à-vis des économies d’énergies effectivement réalisées [RUZZ, 2008]. Nous reviendrons
dans le chapitre 3 sur les limites de l’efficacité énergétique dans le bâtiment.
Par ces deux précédents phénomènes de consommation, on peut apprécier comment la
dimension usage de l’électricité est inhérente aux comportements humains et que le génie
électrique se présente alors au-delà d’une simple source énergétique mais également comme
un vecteur de service.
26
2.3 Le génie électrique : composante majeure de la gestion énergétique des
bâtiments
Afin de pouvoir contrôler et gérer l’énergie électrique entre les sources et charges
électriques de plus en plus nombreuses dans les bâtiments, des Systèmes de Gestion
Energétique du Bâtiment (SGEB) sont apparus progressivement avec l’apparition de micro
contrôleurs et des protocoles de communication.
On peut définir ces systèmes selon la définition de Long Ha qui caractérise les
systèmes de gestion d’énergie du bâtiment comme « un ensemble d'équipements dotés de
microcontrôleurs ayant des capacités de communication via des protocoles standards, un
système de côntrole-commande centralisé et une interface homme-machine permettant de
réaliser certaines fonctions d'optimisation, de conduite et de suivi de la consommation
d'énergie » [HA, 2007].
A l’heure actuelle, les systèmes de Gestion technique Centralisée (GTC) font partie
des SGEB car ils permettent de gérer la consommation des services de chauffage, de
climatisation, d'eau chaude sanitaire et d'éclairage. L’application se fait essentiellement dans
les bâtiments tertiaires de type industriel, commercial mais aussi de type bureaux. Nous
reviendrons plus spécifiquement sur le contenu et les limites des systèmes GTC dans le
Chapitre 2 car notre cas d’étude utilise une telle technologie.
Les SGEB agissent sur les différents organes du bâtiment aussi bien au niveau de
l’alimentation d’équipements énergétiques (c’est-à-dire les équipements fournissant les
services de chauffage, de ventilation, d’éclairage et les autres équipements d’électricité
spécifique) que sur leur commande. Ainsi, l’électricité se retrouve dans la plupart des
processus de transformation physique réalisés par les appareils énergétiques (transformation
électromécanique pour un moteur, électrothermique pour un radiateur, électro-lumineux pour
les éclairages de type fluorescent) mais peut également intervenir comme système de contrôle
ou de commande, principalement dans la gestion de la circulation de flux énergiques comme
l’eau chaude, l’air, … au travers de vannes, de pompes et de ventilateurs.
.
Dans le cadre de BEPOS, les SGEB sont essentiels et offrent l’opportunité de gestion
de l’énergie au sein du bâtiment entre production et consommation locale d’énergie au moyen
de stratégies de côntrole-commande comme le délestage de charges, le report de charges, etc...
(Foggia, 2009). Cette gestion est nécessaire au regard du paradoxe énergétique que constitue
le bâtiment : lorsque l’on regarde son potentiel d’énergie un bâtiment reçoit, en moyenne, plus
d’énergie naturelle solaire que ce qu’il consomme sur une année. En effet, si l’on considère
l’irradiation solaire reçue par an, et dans l’hypothèse que l’on est capable de convertir
l’intégralité de l’énergie d’irradiation solaire en énergie utile (thermique ou électrique), on
pourrait bénéficier, sur un panneau incliné à 35° sur le site de Grenoble, d’une énergie de
1400kWh/m²/an. [PVGIS, 2010]. En terme de captation d’énergie brute, cela suffirait,
moyennant les rendements des équipements de conversion solaire (de l’ordre de 60% pour les
panneaux solaires et de 10 % pour les panneaux photovoltaïques), de rendre autonome en
énergie un bâtiment résidentiel simple de 140 m² respectant la RT2000 (100kWh/m²/an).
Le génie électrique, en tant que vecteur énergétique se retrouve à la fois au niveau
de la production, de la consommation et de la gestion d’énergie ce qui en fait un acteur
majeur du système bâtiment.
27
3 Le bâtiment : un secteur en redéfinition
Nous avons pu voir au travers de l’étude énergétique ainsi que par l’émergence de
nouvelles composantes dans le secteur du bâtiment (tel que le génie électrique ou le domaine
du côntrole-commande de système de gestion), celui-ci était amené à évoluer. Avec la vision
des bâtiments comme un système énergétique, c’est un point de vue différent qui est adopté
permettant dès lors de considérer les bâtiments de façon globale, écologique (c’est-à-dire en
le définissant par rapport à son environnement aussi bien énergétique, naturel que
fonctionnel).
Cette évolution de point de vue du bâtiment s’inscrit dans une dynamique plus ancienne de
redéfinition des fonctionnalités de l’habitat et du bâtiment qui s’est faite au cours de
l’Histoire.
28
- Sécurité contre l’intrusion
- Confort en équipements : eau, égout, chauffage, cuisson, etc…
- Tenue dans le temps
Comme précisé précédemment, à partir des années 1970, le secteur du bâtiment a
connu une évolution de nouvelle nature. La mise en place de la réglementation RT 1974 visait
à rendre les bâtiments résidentiels énergétiquement plus efficaces (RT 1982 pour les bâtiments
non résidentiels). Bien que la motivation de l’époque fût davantage politique et économique,
les bâtiments furent affublés d’une nouvelle exigence : l’efficacité énergétique (par
extension). Cette fonctionnalité à laquelle le bâtiment dans son ensemble doit répondre, aura
ensuite comme motivation la réduction de l’impact des bâtiments sur la facture énergétique
globale du pays.
Avec les bâtiments basse consommation et leurs améliorations futures, le bâtiment se
retrouve au cœur d’un système global plus complexe et dès lors le nombre de fonctionnalités
se multiplie. Dans ce cadre de la certification des BBC, les exigences HQE (Haute Qualité
Environnementale) synthétisent bien les fonctionnalités que doivent offrir, du point de vue
ingénierie thermique et qualité environnementale, les bâtiments actuels et qui sont les
objectifs du maître d’œuvre [MAND, 2006] [HQE, 2010](Annexe 1).
29
remarquera au passage que les solutions domotiques sont à l’origine des bâtiments intelligents
mais n’ont pu aboutir en particulier pour des raisons techniques et fonctionnelles [CAEL,
1998].
30
En effet, dans la perspective de bâtiment à énergie positive, le point de vue est
davantage techno-centré, c'est-à-dire que l’on cherche à mettre en œuvre un certain nombre de
techniques, d’équipements efficaces, etc… afin d’avoir un bilan énergétique positif. L’usage,
en tant que variable apportée par les occupants, a tendance à n’être considéré que sous une
forme standard en fonction de quelques types d’usage. Par exemple, si l’on s’en réfère à la
méthode Th-CE (CSTB, 2005) qui est la méthode réglementaire française utilisée pour
calculer la consommation énergétique des bâtiments, l’usage est considéré de différentes
manière : comme un créneau d’occupation de X personnes durant des horaires prédéfinis,
comme un acteur agissant sur la consigne de température ou agissant avec les ouvrants par
exemple. Cependant, ces modèles ne prennent pas en compte la totale complexité du
comportement des usagers qui peuvent réagir de différentes façons afin de parvenir à leurs
besoins.
En parallèle, les bâtiments intelligents se prévalent de mettre les occupants et leur confort au
cœur des préoccupations comme nous l’avons vu dans la définition même du concept
[WONG, 2005]. Néanmoins, les préoccupations relatives à la consommation énergétique sont
assez peu mises en avant car la multiplication et la combinaison des services sont fournies
principalement par des équipements électriques et représentent alors une accumulation de
charges électriques alourdissant, comme nous avons pu le voir auparavant, la facture
énergétique totale.
Le cadre de la thèse se positionnera comme une perspective mettant en œuvre ces
deux derniers concepts de bâtiment autour de la notion d’usage du bâtiment car il est
nécessaire de pouvoir aborder le bâtiment aussi bien sous sa forme « service à l’usager »
que sa forme « énergétique ».
31
3.2 Vers un système bâtiment où l’occupant est acteur majeur
Comme nous avons pu le voir dans l’évolution du bâtiment et la multiplication des
fonctionnalités, le bâtiment devient un système qui est à la fois multiphysique et multi-
acteurs.
Multiphysique car de nombreux flux énergétiques sont présents dans un bâtiment avec
les équipements techniques [HA, 2007] :
- flux thermique avec les équipements de chauffage et de refroidissement
- flux aéraulique avec les systèmes de ventilation
- flux lumineux avec l’éclairage naturel et artificiel
- flux électrique avec tous les postes de consommation et production électriques
- flux hydraulique avec l’eau sanitaire
Nous nous intéresserons par la suite aux quatre premiers flux car ce sont ceux qui
rentrent en compte, directement ou indirectement, dans les bilans énergétiques des bâtiments.
Compte tenu de la multiplicité des flux énergétiques, on peut parler alors de « système
bâtiment » le bâtiment dans son intégralité. La vision systémique du bâtiment permet
d’étudier le bâtiment dans son ensemble et de prendre en compte les relations étroites qui lient
les différentes composantes. Ainsi, si l’on agit sur un paramètre, cela affectera un autre
paramètre du système. Cette considération est nécessaire afin de pouvoir aboutir à un confort
optimal des occupants et à une minimisation de la consommation énergétique du bâtiment.
32
fenêtres) et protections solaires, revêts et meubles qui sont intégrés à cette
architecture sont des éléments sur lesquels les occupants ont un degré de liberté.
- Ventilation : cette catégorie représente les équipements qui agissent sur la qualité
de l’air par le renouvellement de celui-ci. Ces équipements sont également
« actifs » car les occupants peuvent commander la consigne.
33
4 L’usager et ses comportements énergétiques au coeur des
problématiques scientifiques du bâtiment
Nous avons présenté jusqu’à présent comment le bâtiment était un secteur énergétique
majeur et comment il avait évolué en terme de redéfinition fonctionnelle. Il est apparu que,
par définition même du bâtiment, l’usager du système bâtiment (l’habitant) est l’acteur
central et en cela il a un rôle principal dans la consommation énergétique. Aussi, la
connaissance de cet acteur à part entière du système bâtiment est nécessaire pour pouvoir
ensuite gérer de manière optimale l’énergie consommée tout en offrant un confort maximum à
l’usager.
34
ainsi que l’usage varie en fonction de la catégorie socioprofessionnelle (âge, genre, revenu,
niveau d'études) [LINDEN,2006] mais aussi bien de paramètres plus personnels, comme la
sensibilité environnementale, qui peuvent être source de fluctuations de consommation mais
aussi de potentiel d'économies d'énergie [VRIN, 2007].
Un des phénomènes illustrant parfaitement la liaison entre les comportements humains
et la consommation énergétique est le comportement d’utilisation ou de non-utilisation des
veilles par exemple. En effet, en fonction de l’éducation, certaines personnes éteindront ces
charges électriques non nécessaires alors que d’autres trouveront cela insignifiant et laisseront
ces veilles. Pourtant, celles-ci constituent un potentiel d'énergie important représentant entre 8
et 10% de la consommation électrique d'un bâtiment résidentiel [LOPE, 2005].
Enfin, on peut estimer que la consommation énergétique des bâtiments résidentiels
peut être réduite de 10 à 30% rien que par la mise en place d’incitations et sensibilisations
telles que le simple affichage de la consommation [MULL, 1998] [DARB, 2006]. Cela
montre qu’au final, il y a une grande part de variabilité de la consommation liée aux besoins
et aux volontés d’action des habitants.
Dans les bâtiments résidentiels, la variabilité de l’usage est encore plus grande car le
comportement individuel des habitants va influencer le mode d’usage des charges
énergétiques du bâtiment. Alors que dans les bâtiments tertiaires, les modes de
fonctionnements des charges énergétiques correspondent à un point satisfaisant la majorité
des occupants, dans le résidentiel, les desiderata des individus sont davantage exprimés. Ainsi,
chaque habitant peut avoir et imposer sa propre notion de confort ainsi qu’utiliser les charges
35
électriques à sa convenance en fonction de son vécu, des liens sociaux avec les autres
membres du foyer, sa perception de l’objet,… [DESJ, 1996]
36
sciences humaines) et densité de probabilité d'utilisation d’un équipement (domaine de
sciences mathématiques) permet par là même de pouvoir proposer une approche
sociotechnique des usages.
On remarque que dans ces derniers cas, c'est davantage l'approche stochastique qui a
été privilégiée compte tenu de la nature aléatoire de ces usages. L’inconvénient de ces
approches stochastiques est la robustesse du modèle vis-à-vis d’autres usages car il est
difficile et présomptueux de définir un modèle unique et final (approche ontologique) de
l’usage d’un bâtiment ou d’un équipement. La reproductibilité du modèle dépendra des
différents paramètres inhérents à l’usage (culture, personnalité, etc..) qui nécessitera que l’on
aborde la définition des modèles d’une autre manière (nous verrons comment au travers de
l’approche constructiviste dans la partie 2 chapitre 3).
37
Pour cela, on s’appuiera dans un premier temps sur un retour d’expérience dans un bâtiment
BBC tertiaire (chapitre 2) qui permettra de mettre en évidence un concept d’efficacité d’usage
(chapitre 3). Nous illustrerons et appliquerons ensuite celui-ci lors des phases de conception
(chapitre 4) et exploitation (chapitre 5) du bâtiment et achèverons sur un exemple
d’intégration dans un SGEB. Les exemples employés dans les chapitres 4 et 5 concernent
respectivement des bâtiments tertiaires (conception de systèmes énergétique : chapitre 4) et
résidentiels (exploitation de charges électrique : chapitre 5) mais nous verrons que la
méthodologie reste la même dans les deux cas et peut être aussi bien utilisée pour des
bâtiments tertiaires que résidentiels.
Objectifs de la thèse:
Nous allons tâcher de montrer que le fait d’intégrer davantage l’usage dans les
systèmes bâtiments, que ce soit en phase de conception ou d’exploitation, permet à la fois
d’économiser de l’énergie mais également augmente la satisfaction des usagers aussi bien en
terme d’utilisation que de confort des habitants. Nous allons également proposer des outils et
des méthodes permettant de quantifier l’impact énergétique des usages et en particulier de
mauvais usages afin d'aboutir à des outils d’aide à la décision lors de la conception de
systèmes bâtiment et de l’aide à la sobriété énergétique en exploitation.
38
Chapitre 2
Comme nous avons pu le voir dans le chapitre 1, le domaine du bâtiment est au cœur
de préoccupations socio-techniques ainsi que des problématiques énergétiques, en particulier
la consommation d’énergie électrique. La question de l’usage de l’énergie se positionne dès
lors comme une thématique centrale des problématiques scientifiques liées au secteur du
bâtiment car selon ce paramètre on aura un bâtiment plus ou moins performant en terme de
consommation d’énergie et de confort. Dans ce cadre-là, une plateforme a été conçue (la
plateforme Usage PREDIS MHI) afin d’étudier les comportements d’usage de l’énergie
électrique dans les bâtiments de type tertiaire. Nous verrons dès les phases de conception
quelles ont été les préoccupations énergétiques et d’usage prises en compte dans ce projet
(partie 1). Puis au travers du retour d’expérience de l’exploitation de la plateforme sur une
année complète, nous verrons émerger un certain nombre de points saillants liés à l’usage, que
ce soit du point de vue de l’usager en tant qu’habitant (partie 2.1) que du point de vue
exploitant (partie 2.2). Ces deux dimensions que nous retrouverons tout au long du retour
d’expérience nous amèneront à nous poser un ensemble de questions qui s’avèrent pour la
plupart comme étant autant de verrous scientifiques où l’on tient compte, en effet, de l’acteur
humain (partie 3).
39
1 Objectifs et présentation de la Plateforme PREDIS MHI
1.1 Contexte de la recherche scientifique du secteur du bâtiment en tant
qu’acteur du smart grid
Nous avons vu qu’avec l’évolution des fonctionnalités multiples et à venir des
bâtiments, celles-ci inscrivent le domaine du bâtiment dans de nouveaux axes de recherche
mettant en jeu différents domaines scientifiques autour de nouvelles problématiques
nécessitant une transversalité des compétences.
Dans ce cadre, on peut identifier de nombreux travaux et programmes de recherche
(en particulier le programme français PREBAT [PREBAT, 2004]) portant sur différents axes
de recherche répondant aux verrous scientifiques énergétiques actuels du bâtiment:
- Développement de fonctions métiers sur infrastructure des Technologies de
l’Information et de Communication (TIC): l’objectif est de développer des stratégies de
gestion d’énergie visant l’optimisation énergétique et des services en mettant en place des
TIC. De tels systèmes de gestion auront une infrastructure auto-configurable en fonction de
l’usage et du bâtiment dans lesquels ils seront implantés.
- Développement d’outils d’évaluation et de validation: cela regroupe les
études visant à diagnostiquer et analyser la performance énergétique des bâtiments en
développant des modèles de bâtiment, des modèles d’approvisionnement énergétique ainsi
que des simulateurs de systèmes bâtiments intégrant leurs occupants [SIMB, 2008].
- Développement d’Interfaces Homme-Machine dédiées: il s'agit de créer des
Interfaces Hommes-Machines (IHM) adaptées aux fonctions métiers intégrées dans la
conception et l’exploitation de bâtiment.
- Etude de l’acceptabilité par les occupants et sociétale: cela regroupe
l’approche sciences humaines de l’usage en intégrant l’acceptabilité des solutions de gestion
proposées ainsi que la construction de modèles d’usage intégrant une approche
anthropologique afin de prendre en compte les dynamiques micro–sociologiques des usages
[EMEL, 2011].
- Analyse des usages et de leur évolution dans les filières: cela consiste au suivi
de l’évolution des comportements et usages afin de spécifier de nouveaux outils au cours du
cycle de vie du bâtiment (conception, construction, exploitation, maintenance).
- Etude de nouveaux modèles économiques: le bâtiment s’inscrit également
comme un acteur économique particulier de par sa place parmi le nœud énergétique
redéfinissant un certain nombre de modèles économiques.
- Intégration de nouveaux équipements (production, stockage, consommation):
comme nous l’avons vu au travers des BEPOS, le bâtiment est un foyer d’innovation en
termes de composants et systèmes thermiques, de nouveaux équipements mécatroniques ainsi
que d'équipements de production et de stockage d’énergie.
-Etude de la distribution électrique et de ses interfaces: cette partie intègre le
développement de réseaux électriques internes au bâtiment comme par exemple une
alimentation continue pour éclairage à LED et production photovoltaïque
-Adaptation de technologies de capteurs et d’actionneurs au contexte bâtiment :
dans le cas où les usages vont conditionner les dynamiques de consommation du bâtiment,
une redéfinition des actionneurs en interface direct avec les usages devra être réalisée.
40
premier lieu, la plateforme MHI fait tout d’abord partie de la plateforme PREDIS de l'ENSE3
et gérée par le G2ELAB et hérite ainsi d’une certaine approche de l’énergie électrique. En
effet, la plateforme PREDIS (figure 19) a pour vocation de mettre à la disposition de tous les
acteurs de l’énergie un outil de formation et de recherche s’appuyant sur des démonstrateurs
technologiques développés grâce à une stratégie d’alliances et de partenariats auprès des
industriels et des collectivités territoriales. La plateforme PREDIS travaille sur le sujet de
l’énergie électrique et des réseaux visant ainsi à améliorer, à l’échelle d’un bâtiment ou d’un
territoire, l’efficacité et la sûreté des réseaux de distribution d’énergie en tenant compte de la
diversité des sources et de la capacité des usagers à revendre leur production d’électricité.
Dans le contexte de recherche du domaine du bâtiment présenté précédemment, la
plateforme PREDIS MHI se situe alors sur certains de ces axes (figure 20) et a ainsi pour
vocation générale l’étude de l’usage électrique au sein d’un bâtiment de type tertiaire. Le
choix d’une focalisation sur le tertiaire provient de deux attribut: d’une part l’usage dans le
tertiaire est plus globalisé que dans le résidentiel et aussi plus facilement modélisable et
d’autre part , cela permet de tester plus facilement des algorithmes de gestion énergétiques et
les réactions sur les occupants dans ce genre de plateforme que chez des particuliers. La
plateforme PREDIS MHI permet en effet d'explorer l’aspect dynamique de consommation
électrique des bâtiments tertiaire ses impacts sur l’infrastructure globale de réseaux
électriques. Pour cela, les recherches actuelles menées sur la plateforme MHI visent à étudier
l’usage de l’énergie par les habitants : quels sont les différents usages ainsi que leur impact
énergétique ? Quelle part d’énergie peut-on gagner en connaissant mieux l’usage ? Comment
mieux gérer l’énergie ?
Figure 19 : Présentation des partenariats entre entreprises et laboratoires de recherche dans PREDIS
41
L’objectif de la plateforme MHI est alors double :
- comprendre l’usage électrique d’un bâtiment tertiaire (et à terme par extension
les bâtiments résidentiels) pour mieux envisager les actions sur le secteur
bâtiment (résidentiel et tertiaire) qui représente 65% de la consommation du
réseau électrique en France aujourd'hui
- concevoir des gestionnaires énergétiques du bâtiment performant et permettant
d'inscrire cette plateforme dans un smart-grid avec des réponses aux besoins de
« demand response » (exemple du projet G-HomeTech que nous développerons
plus tard)
-
42
- Un taux de surchauffe (correspondant au nombre d’heures d’occupation
lorsque la température est supérieure à 28°C) maximal correspondant à 42 heures annuelles
cumulées sur la Plateforme MHI. Ce calcul effectué par le Bureau d’études Fluides a mené
celui-ci à justifier l’installation d'un système de rafraîchissement du bâtiment par freecooling.
Vue en coupe
Figure 21 : Schéma en coupe du bâtiment renové (Habitat tertiaire)
dans lequel se situe la plateforme PREDIS MHI
43
Ce bâtiment habitat tertiaire qui est rénové de façon performante, est lui-même composé de
deux étages : la plateforme Recherche au Rez-de-chaussée et la plateforme MHI au 1er étage.
La plateforme MHI est composée d’une salle Informatique en accès libre pour des étudiants
(usage représentatif d’un usage de type Enseignement) et d’un Espace Bureau qui est un
ensemble de bureaux open space pour doctorants (usage représentatif de type Bureau)
(Images 1 et 2), faisant de la plateforme PREDIS MHI un modèle d’usage des bâtiments
tertiaire de type Bureaux et Enseignement assez représentatif.
Le travail d’enquête devra porter à la fois sur les ressentis des occupants (afin de
diagnostiquer s’il y a des situations d’inconfort ou pas), sur les réactions à l’inconfort ainsi
qu’éventuellement les avis des occupants sur les systèmes énergétiques (ce qui permet de
comprendre les réactions). Ce dernier point permet d’avoir un retour des usagers concernant
les mesures supposées efficaces mises en place dans le cadre de la procédure HQE qui
n’auraient pas atteint leurs objectifs (objectifs de confort et objectifs de réduction de
consommation énergétique). Dans le cas d’application de la Plateforme PREDIS, l'enquête
que nous avons effectuée a concerné en particulier les occupants de l’espace Bureau, plus
facilement mobilisables (avec un profil socioprofessionnel de type « étudiants/jeunes
chercheurs »).
Cette enquête a permis d’évaluer les attentes des usagers en terme de confort et de
connaître les différents usages de la plateforme qui peuvent être énergivores et qui sont dus à
un comportement particulier d’usager (souvent lié à un inconfort)
45
On notera que compte tenu de la spécificité du bâtiment et des usagers (doctorant
travaillant dans le génie électrique), les résultats présentés ici n’ont pas comme valeur d’être
un modèle tout à fait généralisable et quantifiable mais nous nous attacherons plus
particulièrement à la méthodologie proposée ainsi que sur la forme qualitative des résultats.
46
123456789ABC EF4389ABB7954C
1 1
23456789ABCDEF1 96D9AB41
4843AE8EAF1
DB854894BC
1
EFFEABF1
BF1
EEB9AB4F1
Nous avons mener de part en part cette enquête sociologique afin d’avoir le plus
d’informations pertinentes de l’usage de la plateforme : création du questionnaire (annexe 13),
analyse des résultats du questionnaire, interrogation des occupants, mesure de consommations
et recoupement.
Etant usager propre de la plateforme PREDIS MHI (disposant d’un bureau dans
l’Espace Bureau), notre position de juge et partie dans cette enquête nous a permis d’observer
et de collecter en temps réel les problèmes d’usage, les impressions et comportements des
occupants. Cette pré-observation a permis dans un premier temps de construire de manière
itérative les questionnaires (figure 22) puis d’en dégager un questionnaire final générique
(annexe 13) mais orienté en fonction des usages déjà relevés. Cette démarche s’inscrit ainsi
totalement dans la démarche constructiviste, que nous présenterons plus tard, qui étudie les
sujets dans leurs environnements. Dans le cas de l’étude de l’usage, l’expérimentation in situ
est obligatoire afin de pouvoir avoir des résultats avec le minimum de biais possible.
Pour les points critiques d’inconfort, on a cherché à diagnostiquer la cause de
l’inconfort. Dans certains cas, des études de simulation sur les paramètres en jeu ont été
effectuées afin de mieux comprendre les réactions observées. Nous présenterons dans ce qui
suit un ensemble des retours effectués par les usagers en tant qu'occupants.
47
2.1.2.1 Architecture et Bâti dans le Confort acoustique et de bien-être
On présentera dans cette partie les problèmes liés à l’architecture ainsi que
l’aménagement des salles lors de l’utilisation du bâtiment. On entendra par confort de bien-
être, dans cette partie, le confort lié aux propriétés d’usage générés par le lieu (ambiance,
décoration, sécurité, aménagement, etc...) sachant que les conforts thermiques, aérauliques
(qualité d’air) et visuels seront développés ultérieurement (partie 2.1.2.2 et 2.1.2.3 chapitre 2).
De par les résultats (Annexe 14), on s’aperçoit que globalement le bâtiment est
satisfaisant du point de vue architectural et aménagement: plus de 70% des réponses jugent le
lieu ayant un confort acoustique et de bien-être bon ou très bon sur l’ensemble de la
plateforme MHI (figure A1 à A3 annexe 14).
Néanmoins, parmi les remarques et les résultats émergent quelques points d’inconfort
liés à des défauts de conception et de mise en œuvre:
- Sur la plateforme PREDIS MHI (voir le plan d’aménagement de l’annexe 10),
entre les deux salles, Salle Informatique et Espace Bureau, il y a une cloison mi-
vitrée sur laquelle est placée une porte. Or, celle-ci, par un défaut d’installation, ne
ferme pas. Cela a de multiples conséquences directes ou indirectes comme la
dégradation du confort acoustique au niveau Espace Bureau. Les occupants sont
alors obligés de forcer la fermeture de la porte en y appuyant une chaise dessus.
Cette réaction met en évidence que l’appropriation du système (ou de la
défaillance du système) par les usagers peut amener à des solutions originales
plus ou moins énergétiquement efficaces.
- Le fait de ne pas pouvoir verrouiller cette porte fragilise la sécurité de l’espace
Bureau où les doctorants peuvent amener leurs ordinateurs portables ou des livres.
Une telle situation peut conduire à de nouveaux usages tout en installant un
inconfort mental (“paranoïa” d’insécurité).
- Le positionnement des ordinateurs portables en Salle Informatique, qui sont
fixés sur les tables pour des questions de sécurité, n’est pas pratique pour le travail
des étudiants. D’autre part, le mauvais positionnement des ordinateurs par rapport
aux bouches d’aération (les bouches soufflent directement sur les élèves) et par
rapport au lieu lieu de lecture commun (tableau blanc) provoquant alors des
inconforts visuels et aérauliques (voir Annexe 10). Cela renforce le fait que le
système bâtiment est complexe et qu’il faut analyser l’impact d’un changement au
travers de l’ensemble des conforts de l’occupant.
Confort thermique
Le confort thermique a été perçu comme globalement bon au cours de l’année pour la
Salle Informatique (75% des réponses supérieures à 5/10) mais ce jugement est un peu plus
critique sur l’espace bureau, qui trouve alors le confort thermique meilleur l’été que l’hiver
(plus de 50% des réponses évaluent bon ou très bon le confort d’été). Néanmoins, bien que la
notion de confort soit liée à une perception individuelle, il y a eu certaines remarques dont il
faut tenir compte :
- En hiver, les périodes où il fait trop froid sont fréquentes ce qui entraîne des
comportements des usagers qui mettent un vêtement en plus (Figure A20 de
l’annexe 14)
48
- En été, plus de 50% des occupants estiment souvent subir les périodes de
chaud de façon peu supportable (figure A15 de l’annexe 14). Il a été noté qu’un
certain nombre de personnes (3 personnes sur 8 selon la figure A20 de l’annexe
14) ont temporairement déménagé afin d’aller travailler dans des pièces ayant la
climatisation car il faisait trop chaud sur la plateforme PREDIS MHI ou alors
d’autres personnes ont installé un système annexe de rafraîchissement (un
ventilateur personnel)
- Lors de jours de surchauffe, les occupants n’ont aucun autre moyen d’action
que d’ouvrir les portes (les fenêtres n’étant pas ouvrables et ne donnant pas vers
l’extérieur). Le moyen de contrôle existant ne semble pas performant et/ou n’est
pas connu des utilisateurs : 40% dans l’Espace Bureau et 80% dans la Salle
informatique ignorent le réglage possible de la consigne de température.
Les surchauffes d’été ont été davantage ressenties au niveau de la Salle Informatique
lorsqu’il y a eu des cours à 40 personnes par exemple où la température est alors montée de
3°K en 3h, montrant par là même l’inertie thermique assez faible du bâtiment. Par exemple, la
mesure de la température les 24 et 25 mai 2009 via la GTC (figure 23) permet d’identifier ce
problème de surchauffe lié aux apports internes car alors que pour ces deux journées la
température extérieure était quasi-identique, le seul fait de changer le nombre d’occupants
(donc l’usage du bâtiment) provoque une variation de température conséquente entre le 24
mai (0 personne) et le 25 mai (25 personnes) dans la Salle Informatique.
Une étude de l’impact des apports internes, que l’on peut retrouver en annexe 15,
montre que les apports internes liés à la présence des occupants et leur usage d’équipements
électriques qui dissipent également de la chaleur (Image 4), suffisent à la Plateforme MHI à
être quasiment autonome du point de vue chauffage (car les apports internes contribuent ici à
hauteur de + 80% des besoins de chauffage) [CHEN, 2010]. Cela est dû à une bonne isolation
et à ces apports internes qui peuvent se montrer importants. Mais l’inertie étant assez faible,
en été, de tels apports internes provoquent les périodes de surchauffes que l’on a vu. Ainsi, on
peut voir sur la simulation énergétique dont le résultat est présenté figure 24 que le poste de
production de chaleur d’un bâtiment performant du type de Prédis, ne sera pas le système de
chauffage mais bien les équipements électriques (ou usages spécifiques) (à noter que les
49
apports solaires indiqués sont des apports solaires indirects compte tenu de l’architecture de
notre bâtiment d’étude).
Figure 23 Evolution de la température en Salle Informatique durant 2 jours à taux d’occupation variable
80%
60%
0%
ril
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in
t
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Figure 24 : Répartition des apports de chaleur selon leur source dans la Salle Informatique
50
Figure 25 : Evolution de température sur la plateforme PREDIS MHI du 1er Septembre 2009
au 21 Janvier 2011
Si l’on regarde les relevés de températures dans les deux salles de Septembre 2009 à
Octobre 2010 (figure 25), on peut constater que la température a été supérieure à 26/27 °C
(température limite où l’inconfort thermique apparaît inacceptable d'après la méthode Th CE
[CSTB, 2005]) durant tout le mois de Juillet justifiant l’inconfort thermique perçu en été dans
l’espace Bureau (figure A15 et A17 sur le système de rafraîchissement en annexe 14) alors
que le reste du temps, la température ambiante est restée dans la tranche réglementaire 17/26
°C (la température extérieure ici correspond à celle mesurée en dehors de l’enveloppe dans
laquelle est la plateforme MHI).
Il a été estimé un taux de surchauffe d’au moins 80 h pour la Salle Informatique et
pour l’espace Bureau 121 heures de surchauffe durant les périodes d’occupation. Ces taux
diffèrent grandement de ceux sur lesquels le bureau d’études s’est appuyé (41 heures pour
l’espace Bureau) pour justifier le choix d’utilisation d’un système de freecooling afin
d’assurer le rafraîchissement. En effet, lors de la conception du rafraîchissement, il avait été
estimé que le mode freecooling de la VMC Double flux suffirait mais le bureau d’études avait
considéré une inoccupation des locaux durant les mois de Juillet-Août ce qui n’est pas le cas
en réalité. Un tel décalage est la cause des insatisfactions sensibles (liées à la température) et
aussi à l’utilité même du système (figure A17 de l’annexe 14) et soulève la question de la
performance réelle de la solution envisagée.
Nous voyons dans cette problématique des surchauffes qui s’avèrent importantes, que
le ressenti des personnes face à un système inefficace dans la réalité (d’ailleurs plus de 80%
des personnes souhaitent l’amélioration du système de rafraîchissement dans l’espace Bureau
(figure A15 de l’annexe 14)) amène à des usages, ou plutôt des réactions, qui détériorent
51
l'acceptabilité du système (par les occupants) ainsi que l'efficacité énergétique du bâtiment.
A titre d'exemple, un usager des bureaux du rez-de-chaussée a déconnecté manuellement le
système de régulation car il ne « supportait pas les réglages pré établis, préférant mettre ceux
qu'il jugeait meilleurs» (ce qui a consommé plus au final). Ce phénomène d’inacceptabilité est
aggravé par l’impossibilité d’interaction avec le système lors de ces mauvais réglages. Ceci
amène donc à des « mauvais usages » énergétiquement inefficaces (quitter la salle implique
que pendant ce temps-là, la ventilation fonctionne inutilement; l’installation d’un ventilateur
personnel augmente la consommation énergétique...) dont la cause est principalement un
problème de conception par une mauvaise prise en compte des apports internes et donc de
l’usage.
Dans la salle Informatique, l’inconfort dû à la qualité d’air est davantage marqué car le
nombre d’occupants est supérieur (40 personnes) provoquant de grandes émissions de CO2.
En effet, il est apparu quelques périodes où les occupants avaient une sensation de gorge
sèche ce qui peut s’expliquer par une élévation du taux de CO2 ainsi que par le fait que l’air
soufflé par la ventilation mécanique ne soit pas entièrement propre (encrassement des filtres).
La gorge sèche fait d’ailleurs partie des symptômes relatifs au « syndrome du bâtiment
malsain » [BURG, 2004]. Là aussi, une des composantes du confort aéraulique (la qualité de
l’air en terme de concentration de CO2) n’est pas prise en compte de manière optimale.
Au regard des résultats du questionnaire, le poste éclairage est celui ayant le plus de
retours négatifs, en particulier dans les salles de type bureau.
Au niveau du confort visuel en tant que tel, le bilan est assez mitigé. Il faut souligner
que c’est davantage l’apport naturel qui est jugé insuffisant ce qui est lié à la conception
architecturale (80% jugent mauvais ou très mauvais cet apport figure A32) plutôt que la
puissance lumineuse apportée par l’éclairage artificiel (qui n’est pas exempt de critiques car
70% jugent l’éclairage artificiel mauvais ou très mauvais figure A33)
La configuration des luminaires en 1er jour (Côté extérieur ou vide (figure 27)) et 2nd
jour (Côté couloir) n’est pas totalement satisfaisante. En effet, on se rend compte qu’il y a
toujours un décalage de niveau d’éclairage entre ces deux rangs de luminaires ce qui est
52
acceptable en journée mais dès qu’il fait sombre ou nuit (en hiver le matin et soir ou par
temps nuageux) on retrouve un décalage de luminosité dans la pièce alors qu’il fait sombre
aussi tout autour des bureaux. Il n’y a pas d’adaptation locale entre ces deux zones.
Nous avons donc un système d’éclairage conçu pour être efficace mais qui ne donne
pas réellement satisfaction aux usagers en terme de niveau lumineux soulevant un certain
nombre de questions : les installations sans dimming ont été réglées par défaut à 400 lux
(norme Th C E [CSTB, 2006], pourquoi pas moins? (Comme le préconise maintes fois Olivier
Sidler, expert énergétique dans les bâtiments et disposant de nombreux retours d'expérience
dans le domaine [ENER, 2005]. Celles avec dimming ont souvent amené des dérogations au
niveau lumineux : est-ce dû à un mauvais réglage technologique ou à une sensibilité
variable des occupants (en effet, pour certaines personnes d’une même salle, le niveau
d’éclairage suffisait alors que d’autres voulaient une lumière plus intense en ignorant les
conséquences énergétiques) ?
R R
Il existe, pour ce capteur, deux types de mouvements détectés : celui de la main et
celui du corps. Par rapport au schéma d’implantation du luminaire dans l’espace Bureau
(figure 27), les zones de détection sont représentées en fonction du type de mouvement
programmé.
On peut constater par le schéma de détection des capteurs (figure 27) que les zones de
détection ne recouvrent pas effectivement l’ensemble des usagers. Etant donné que l’usage de
cet espace bureau est du travail sur ordinateur où l’on a à faire à de petits gestes, c’est la zone
de détection de la main qui sera la plus adéquate. Or, on constate qu’il y a quatre personnes
qui sont en dehors de ce champ de détection (ceux côté fenêtre correspondant à ceux
insatisfait du système de détection).
La problématique de détection de personne et d’allumage automatique est apparue
comme critique au niveau des bureaux du rez-de-chaussée car des occupants ont
complètement débranché le système automatique afin d’avoir un contrôle total du système. En
effet, comme vu précédemment, ce capteur contrôle également les stores provoquant des
cycles de fonctionnement désagréables. Nous retrouvons ici l’importance que peut avoir le
contrôle de l’usager sur le système en cas d’inconfort et l’acceptabilité qui en découlera.
53
Figure 27 : Zones de détection des capteurs de présence dans l’espace Bureau
Cette réaction est aussi due au fait que l’exploitant (et donc encore moins l’usager) n’a
pas de moyen de réglage et que seul l’installateur peut réaliser les changements de sensibilité
et de temporisation (si on rajoute à cela que l’inertie du changement de réglage sera longue
compte tenu de la lenteur de la procédure de maintenance, sur le temps, les occupants vont de
moins en moins accepter de tels désagréments). Le moyen le plus employé pour résoudre
temporairement ce problème de détection a été le forçage, en mode manuel, à une valeur de
consigne maximale. Cela permet de satisfaire tout le monde hormis la raison première de
l’installation d’un tel système : l’économie d’énergie.
54
Ainsi, et nous le retrouverons au travers du bilan énergétique final, nous avons vu que
bien que le bâtiment ait été conçu afin d’être énergétiquement performant, l’usage réel n’est
pas exactement celui prévu en phase de conception, ce qui rend des équipements et systèmes
mal dimensionnés (climatisation plateforme MHI) ou mal configurés (éclairage) provoquant
des degrés d’inconfort et au final une surconsommation énergétique.
Nous pouvons enfin remarquer à ce propos que les usagers en tant qu’occupants de
bâtiment tertiaire, sont malheureusement très peu sensibles à l’impact énergétique de leur
actions et réactions. Cela est causé par la déresponsabilisation de leur consommation : ce ne
sont pas eux qui payent donc ils veulent, en tendance, une satisfaction maximale peu importe
ce que cela consomme. Dans les bâtiments résidentiels, l’occupant étant également payeur
aura sans doute d’autres comportements vis-à-vis de l’usage de l’énergie (réalisant un
compromis entre satisfaction de confort et coût énergétique).
55
49kWhE
39,7kWh 36,4kWh P/m2
EP/m2 EP/m2
81kWhE
217kWh P/m2
7,6kWhE EP/m2
P/m2 41kWhE
P/m2
57,6kWh
157kWh
EP/m2
EP/m2
Les résultats des figures 28 et 29 présentent ainsi le bilan énergétique au bout d’un an
d’exploitation à la fois sur la plateforme MHI et la plateforme Recherche au rez-de-chaussée
du bâtiment Habitat Tertiaire.
On peut déjà en tirer un premier bilan positif par rapport aux objectifs fixés lors de la
conception (consommation énergétique du poste de chauffage inférieure à 50 kWh/m²/an )
Comme indiqué précédemment, il est difficile de mettre en rapport cette performance avec les
objectifs fixée par la RT pour des bâtiments en rénovation de type BBC (consommation des
postes Chauffage+ éclairage +ventilation+ECS : 90kWh/m²/an) compte tenu de la spécificité
de la plateforme PREDIS MHI (comme par exemple ne pas être en contact direct avec
l’extérieur). On étudiera donc davantage les valeurs énergétiques de manière relative que de
manière absolue.
56
En dehors du premier aspect positif qui est que l’on respecte les objectifs HQE, on
s’aperçoit que le problème énergétique ne réside pas dans la consommation en chauffage (seul
élément pris en compte dans les objectifs HQE) mais bien dans la consommation électrique
des appareils. En effet, si l’on regarde la consommation énergétique surfacique de l’ensemble
de l’habitat tertiaire (rez-de-chaussée et 1er étage) exprimée en kWhEP/m²/an, on obtient 367
kWhEP/m²/an où la partie thermique représente à peine 10% de la consommation
énergétique.
On se rend bien compte de l’importance capitale du poste de consommation électrique
présenté dans le chapitre 1 car celui-ci représente, si on ne prend en compte que les prises
électriques, 25 % de la consommation énergétique de la plateforme MHI et 50% de la
consommation du rez-de-chaussée (notamment due à d’importantes charges électriques avec
la présence d’une salle d’expérimentation d'électronique de puissance). Au-delà des fortes
charges exceptionnelles de puissance, il n’est pas étonnant d’observer une domination du
poste électrique dans le bilan énergétique compte tenu des usages et profils électriques :
beaucoup de charges électriques pas toujours utilisées de la manière la plus efficace qu’il soit
(par exemple non-extinction de nombreux ordinateurs lors des pauses) démultiplient l'impact
énergétique.
57
- un bureau énergétivore (bureau A avec une consommation électrique de 74
kWhEP/m²/an)
- un bureau plus économe (53 kWhEP/m²/an) (figure 30).
Bien entendu, il est possible que le temps passé dans chaque bureau par les occupants
ne soit pas le même. Mais la simple constatation de la variation du poste de consommation
des prises électriques de 40% entre les deux bureaux alors que l’énergie consommée au
niveau éclairage est quasiment identique nous questionne sur les attributs de l’usage : Est-ce
que ce sont les comportements qui diffèrent (dans ce cas-là une sensibilisation des personnes
à l'économie d'énergie suffirait-elle à égaliser les consommations ?) Doit-on imposer une
certaine gestion des charges électriques ? Doit-on agir de manière coercitive en tant
qu’exploitant pour éviter une dérive trop importante de la consommation électrique (comme
le préconisent certains experts [ENER, 2005])? Dans de nombreuses opérations, il a été
observé les mêmes symptômes de la sur consommations électrique : soit étant lié à
l’éducation et la connaissance des personnes sur le fonctionnement de leurs équipements
électriques, soit les branchements effectués ne correspondent pas aux charges électriques
prévues.
L’ensemble des bilans énergétiques menés sur le bâtiment Habitat Tertiaire soulève un
certain nombre de questionnements, qui sont pour la plupart autant de verrous scientifiques
associés. En premier abord, on peut se poser la question que l’on a déjà évoquée : est-ce que
dans la consommation énergétique il y a une part liée à la technologie et l’autre part liée à
l’usage car nous avons vu qu’à configuration égale, la consommation pouvait varier selon
l’usage? Si oui, comment distinguer de manière quantitative et/ou qualitative la part de
chacune ?
Nous détaillerons cela plus tard mais nous pouvons garder pour l’instant à l’esprit
l’intuition que nous apporte le bilan énergétique qui est qu’il existe une part de la
performance énergétique qui est liée à l’efficacité technique d’un équipement et une autre
part qui est liée à la sobriété énergétique des occupants. Si on reprend le dernier exemple de
la salle Informatique, on retrouve ces deux composantes importantes qui permettraient
d’expliquer les différences de consommation énergétique entre des pièces de même type: une
composante de la consommation liée à l’usage (ici le taux d’occupation de la salle) qui peut
faire consommer plus ou moins souvent et une composante liée à la technologie (ici
l’utilisation d’ordinateurs portables). Ces deux approches rentrent en compte dans le
diagnostic même de l’efficacité énergétique de tels bâtiments qui englobent ainsi ces deux
composantes.
58
Figure
Figure 39: Bilan
30 : Bilan énergétique
électrique Bureaux
Bureaux A et BARdC
et Bsur
Rez1 de
an chaussée
sur 1 an
80
Consommation énergétique (kWhEP/m².an)
70
60
50
Prises Electriques
40
Eclairage
30
20
10
0
Bureau A BureauB
59
FigureFigure 40: Bilan
31 : Bilan énergétique
énergétique Plateforme
Plateforme MHI MHI
sur 1sur
an1 an
70,0
60,0
50,0
CTA (calories)
40,0 Prises Electriques
Eclairage
30,0
20,0
10,0
0,0
Espace Bureau Salle Informatique
Enfin, la plateforme PREDIS MHI dispose d’une GTC assez peu robuste et
difficilement configurable. Ainsi par exemple, il est impossible à l’exploitant d’avoir un
contrôle sur le réglage de la sensibilité des capteurs de présence qui monitorent l’éclairage
artificiel (qui est à l’origine de l’insatisfaction des occupants). De ce fait, on a un système qui
consomme plus que nécessaire.
De même pour la configuration de la GTC, la lourdeur de l'interaction avec celle-ci
annihile toutes velléités à l’exploitant de vouloir remettre en question les configurations
actuelles afin d’améliorer la gestion énergétique. Ainsi, la complexité du système rebute
l’exploitant qui laissera les configurations standard qui ne sont pas forcément adaptées à
l’usage réel (comme nous le verrons au chapitre 4).
Au final, on peut considérer que le bilan du point de vue exploitant est globalement
satisfaisant car l’on respecte l’objectif de consommation. Mais au niveau de la gestion de
l’énergie, c'est-à-dire les moyens mis en œuvre pour mieux consommer (c'est-à-dire pouvoir
piloter les différents systèmes énergétiques en vue d’améliorer encore plus l’efficacité
énergétique), la satisfaction est assez faible compte tenu de la complexité d'usage de la GTC.
60
Plateforme PREDIS MHI, qu’il y a des exigences et objectifs assez distincts, particuliers et
contradictoires pour chacun des acteurs.
Pour les usagers/Occupants, l’objectif est d’obtenir satisfaction à leur confort, que ce
soit un confort d’ambiance (température, éclairement, etc.…) ou un confort de service (c’est-
à-dire avoir le service au moment voulu comme utiliser l’ordinateur). Ils cherchent également
à avoir un système facilement commandable, avoir la main mise sur les réglages automatiques
en cas d’inconfort afin de pouvoir réajuster efficacement les équipements qui ne donnent pas
le bon niveau de service. L’impact énergétique (de ces niveaux de confort ainsi que des
réactions) et l’intérêt économique affectent assez peu les occupants car, comme évoqué
précédemment (partie 4.1.1 chapitre 1), ils ne paient pas donc ils ont tendance à consommer
plus que de raison.
Ainsi on voit apparaître deux centres d’intérêts issus de l’usage du bâtiment et qui
tendent à redéfinir deux approches de l’efficacité même d’un bâtiment:
- Une approche satisfaction des services effectués. Dans ce cadre-là, les occupants de
la plateforme PREDIS MHI trouvent certains équipements justement inefficaces non pas
parce qu’ils consomment beaucoup mais parce qu’ils n’apportent pas le confort désiré. On
aura une part de l’efficacité d’un système qui peut être analysée selon le confort que le
système procure (c'est lié à la notion de sensation et de qualité de service rendu)
- Une approche quantitative et d’optimisation technique de l’énergie consommée.
Dans ce cadre-là, l’exploitant aspire à ce que le bâtiment consomme peu d’énergie grâce
notamment à des solutions technologiques performantes et ergonomiques. On aura une part de
l’efficacité d’un système liée au fait que son fonctionnement ne consomme intrinsèquement
pas beaucoup d’énergie électrique.
De manière plus globale, on s’est rendu compte, en l’état actuel des métiers du
bâtiment, qu’au final on n’arrivait pas à obtenir des bâtiments qui seront effectivement
performants. Au vu des incohérences de conception ou juste de l’ignorance de certaines
données sur l’usage qui est pour beaucoup dans l’exploitation du bâtiment, celui-ci n’est, à
peine au bout d’un an d’exploitation, pas aussi performant que prévu. Ce cas n’est pas du tout
isolé et de nombreuses campagnes de mesures effectuées dans différents types de bâtiments
[ENERT, 2005] arrivent aux mêmes conclusions fondamentales :
- Il est déjà difficile avec les outils et les méthodes actuels de pouvoir concevoir et
exploiter efficacement les bâtiments. De manière grossière, les méthodes de
conception architecturales n’ont pas évolué depuis le moyen âge. Au vu des
révolutions énergétiques que l’on aborde Smart grid, Economies d’énergie, etc..) il
61
est nécessaire de révolutionner les métiers du bâtiment tant du point de vue de la
conception (cela va des outils de simulations multi physique plus performants,
etc…) et d’exploitation (il y a un problème dans la maintenance des systèmes
énergétiques qui sont souvent mal réglés dès le départ et aucun suivi n’est effectué
durant toute la vie du bâtiment)
- Il y a également une considérable difficulté à parvenir à des performances
énergétiques sans une implication des usagers. Les niveaux de confort paraissent
parfois assez décalés vis-à-vis des considérations énergétiques et l’aspect humain
est bien ce paramètre qui peut faire varier la consommation du simple au double,
dérégler les systèmes énergétiques, etc… Il serait nécessaire qu’il y ait un
changement de mentalité où les usagers / habitants ne sont plus de simples
consommateurs passifs mais bien des usagers actifs du bâtiment.
62
possibilité de prendre en compte la satisfaction des occupants ainsi que la valorisation de
l’énergie consommée.
Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté l’expérimentation « grandeur réelle » et « in
situ » de l’usage d’un bâtiment que nous avons mis en place au travers d’une plateforme
dédiée à l’étude de l’usage énergétique d’un bâtiment tertiaire : la plateforme PREDIS MHI.
Nous avons pu voir au travers du retour d’expérience d’un an de la plateforme que l’efficacité
énergétique du bâtiment n’était pas totalement satisfaisante : un bilan mitigé au niveau des
occupants et également de l’exploitation.
Nous avons pu pour cela mettre en œuvre une étude sociologique sur les usagers
visant à faire ressortir les avis aussi bien en terme de niveau de confort qu’en termes
d’appréciation sur les systèmes de contrôle. Nous avons pu mettre en évidence l’aspect de
satisfaction de confort pour cet usager.
Du point de vue de l’exploitant, nous avons pu voir que malgré une consommation
énergétique des postes considérés dans les objectifs HQE ou RT 2005 bâtiment rénové BBC
respectée, une grande part de l’énergie consommée était d'origine électrique. Le poste
consommation électrique, en plus d’être essentiel dans les bâtiments tertiaires, est
intrinsèquement lié à l’action des usagers et ainsi à leurs comportements d’usage ce qui
replace l’usage électrique au cœur de l’évaluation de l’efficacité énergétique. Ce point de vue
exploitant a pu mettre en exergue l’objectif dit « physique » de l’efficacité énergétique du
bâtiment où l’on cherche à réduire la consommation.
Enfin, nous avons pu faire émerger quelques questionnements sur l’étude de l’usage
dans le bâtiment et le rapport à l’énergie que nous tâcherons par la suite d’éclaircir en
proposant des outils d'études.
63
Chapitre 3
64
1 Distinction entre les différents concepts liés à l’efficacité
énergétique
On parle de plus en plus d’efficacité énergétique dans le bâtiment, mais ce concept
recouvre différentes facettes. Bien souvent, lors de l’emploi du terme d’efficacité, on utilise
également, à tort ou à raison des synonymes comme rendement ou efficience. Nous verrons,
au travers de l’étymologie et de leurs définitions dans d’autres domaines, leurs différentes
significations et nous nous apercevrons qu’une certaine confusion existe sur les aspects
techniques et humains que ces termes intègrent. Ces termes, ainsi que nos propos, étant en
rapport avec la dimension « usage », nous analyserons également cette notion au regard de
son application dans le bâtiment.
65
donné dans des conditions déterminées » [RABA, 1998]. Associée à une personne, c’est un
« caractère d’une personne qui produit le maximum de résultats avec le minimum d'efforts, de
moyens » [LAROa, 2011]. Une autre définition équivalente attache l’efficacité à « l’utilisation
des moyens pour obtenir des résultats donnés, dans le cadre d’objectifs fixés » [JACO, 1996].
L’ « efficacité » est donc une notion qui est liée à l’utilité de la tâche effectuée. Le
jugement d’utilité peut se faire à l’échelle sociétale, où l’efficacité d’une tâche pourra par
exemple être évaluée par l’argent que cela rapporte par rapport au temps passé / à l’énergie
consommée [DEJO, 1995]. Les critères seront alors principalement physiques et traduiront le
rendement d’un travail d’une personne, d’une machine, etc. Mais l’utilité peut être également
évaluée à l’échelle personnelle où ce jugement correspond au rapport entre la satisfaction
procurée par le service rendu via la tâche effectuée et le désir initial de l’usager [EPIC, 2009].
Les critères de jugement seront alors davantage qualitatifs et évalués par rapport à la
perception qu’a l’usager du service final. En fonction de l’usage, l’utilité, que ce soit du point
de vue technique (relatif alors à la productivité effective du système) ou du point de vue
humain, peut être amenée à changer considérablement, ce qui complexifie les étendues de
cette notion. Nous reviendrons ultérieurement sur cette appréciation de l’efficacité.
66
limites mêmes de la définition de cette notion ainsi que son utilisation dans le langage
courant.
Nous voyons donc que l’étymologie et la définition même des différents termes font
apparaître une dimension technique et une dimension humaine qui font écho aux dimensions
humaines et techniques de l’usage qui émanaient des retours d’expérience de la Plateforme
PREDIS (Chapitre 2). Néanmoins, l’apparition des deux dimensions sous un même terme
rend un amalgame assez facile entre les deux approches qui sont différentes mais
complémentaires.
Ce coefficient permet d’avoir une approche quantitative de l’efficacité énergétique car l’on ne
prend que la partie « utile » du système que l’on ramène sur l’énergie d’entrée, qui est celle
consommée par le système.
Expression du rendement
Le rendement d’un système, qui est un nombre adimensionnel compris entre 0 et 1, est
souvent employé en physique et en ingénierie mécanique et électrique, et se retrouve dans ce
cadre d’efficacité d’enthalpie comme étant défini par (Equation 2) . Ce terme de rendement
fréquemment utilisé dans l’ingénierie, est équivalent au rapport thermodynamique car
l’énergie utile d’un système est analogue à une enthalpie donc les équations 1 et 2 sont
équivalentes. où
E η = Rendement
η = sortie Equation 2
Esortie = Energie utile du système
Eentrée
Eentrée = Energie consommée par le système
67
On pourra remarquer que dans ces domaines d’application, on confond souvent l’efficacité
énergétique d’un système et le rendement de celui-ci.
Prise en compte de la qualité de l’énergie : notion d’exergie
Cette approche de l’enthalpie ne se soucie pas de la qualité de l’énergie utile déployée.
Par qualité de l’énergie on fait davantage référence à sa qualité physique, c’est-à-dire par
exemple pour l’électricité, qu’on ait le bon niveau de tension, la bonne fréquence, etc. pour le
système. Pour prendre en compte cette donnée, le second principe de la thermodynamique
intègre d’autres potentiels thermodynamiques (Energie libre, etc.) permettant d’écrire une
autre définition de l’efficacité énergétique qui se caractérise alors par rapport à un idéal
(Equation 3) :
E∆H ( actuel )
ρ=
Equation 3
où E∆H ( idéal )
ρ =Efficacité énergétique
E∆H ( actuel ) =Efficacité enthalpique actuelle d'un process effectuant une certaine tâche
E∆H ( idéal ) =Efficacité enthalpique idéale d'un process pour effectuer de façon
réversible une tâche spécifique par un équipement parfait
On voit ici que l’efficacité énergétique peut être également définie comme un rapport
d’efficacités entre le système actuel et ce que serait l’idéal (la théorie bien souvent) formant
ainsi un nombre adimensionnel.
L’intégration de la qualité de l’énergie utilisée a donné lieu au concept d’exergie qui
permet, entre autres, de mesurer la dégradation de l’énergie causée par les irréversibilités des
transferts et des transformations énergétiques [JORG, 2008]. Cette vision exergétique de
l’énergie est une première étape vers une vision plus globale de l’efficacité, car elle inclut une
dimension aléatoire liée à l’entropie d’un système. Appliquée au système bâtiment, l’exergie
traduit le gaspillage d’énergie lié à une perte de qualité de l’énergie : par exemple, si par le
vieillissement du matériel, le système est moins performant (par exemple un éclairage moins
lumineux car terni) alors l’usager réagira en conséquence (augmentation du niveau de
luminosité) sans que ce geste, qui peut être surconsommateur d’énergie, puisse être pour
autant considéré comme du gaspillage d’énergie [SAKU, 2010] [YUCE, 2011]. Néanmoins,
le point de vue pris en compte dans l’exergie est essentiellement relatif à la physique.
68
La particularité de cette définition est de prendre en compte la spécificité de l’usage
final et d’utiliser ainsi l’unité dans laquelle on mesure le phénomène physique qui se rattache
au système en question. Par exemple, pour le transport de matière, on pourra exprimer
l’efficacité énergétique par la quantité d’essence consommée pour livrer une tonne d’un
produit à tel endroit. Un tel coefficient d’efficacité énergétique est, de par ce fait,
dimensionnel et possède une unité qui a un sens physique.
On peut remarquer que dans le domaine énergétique du bâtiment, un tel indicateur est
utilisé dans les Etiquettes Energie (figure 32) pour caractériser la performance énergétique
d’équipements (que l’on présente d’ailleurs sous le terme d’« efficacité énergétique »). La
nature même de cet indicateur est identique seul l’ordre du numérateur et du dénominateur
peut être interchangé.
Ainsi, pour des équipements domestiques, l’efficacité représentera la consommation
énergétique des produits (énergie d’entrée) pour effectuer une tâche qui est conforme à un
standard. Par exemple, pour un lave-linge, l’échelle d’efficacité énergétique est établie pour
un cycle de lavage à 60°C pour 1kg de linge. L’unité est alors le kWh/kg (qui est l’inverse de
la définition physico-thermodynamique du produit (Equation 4) mais qui reprend les mêmes
éléments). Pour un lave-vaisselle, on exprimera la consommation énergétique pour laver 12
couverts [CEE, 1992].
Par cette définition économique, que l’on retrouve sous différentes variantes en
particulier dans le domaine de l’ingénierie électrique [LE, 2008] et celui de la thermique du
bâtiment [CHLE, 2007], on peut se rendre compte qu’une certaine confusion ou manque de
précision entoure le concept d’efficacité. En effet, on peut remarquer que l’emploi du terme
efficacité énergétique ne fait pas toujours référence à des rapports entre grandeurs physiques.
Cela peut désigner de façon générique l’ensemble des mesures et moyens pour économiser de
l’énergie (il suffit de constater l’ensemble des préconisations gouvernementales utilisant ce
terme pour faire réduire la demande énergétique [UE, 2005]).
Mais dans le domaine du bâtiment en particulier, on fait un amalgame avec la
consommation énergétique. En effet, on exprime l’efficacité énergétique des bâtiments en
kWhEP/m²/an [RT2005, 2005]. Or ceci correspond au niveau de performance énergétique du
bâtiment mettant en œuvre un certain nombre de moyens technologiques et d’ingénierie dans
l’objectif de consommer moins. Ainsi, on associe un objectif, un idéal à un tel terme chiffré.
69
Fig 32 : Exemple d’étiquette Energie
70
On retrouve dans les notions d’efficacité et d’efficience un positionnement vis-à-vis de
l’utilité de la tâche effectuée.
Enfin, le terme d’efficience énergétique existe mais est un concept assez peu employé
en tant que tel qui exprime la volonté de minimiser la consommation énergétique d’un
équipement tout en maximisant le service rendu par celui-ci. [WIKIb, 2011] Nous
retrouverons cette approche dans le concept d’efficacité d’usage que nous nous proposerons
d’établir.
71
Figure 34 : Représentation d’une chaîne de conversion d’énergie dans l’exemple de
l’électricité [LOVI, 2004]
La sobriété énergétique dans les bâtiments est une composante des mesures
préconisées dans l’approche des Négawatts, ce dernier concept étant une unité fictive
d’énergie permettant d’évaluer l’économie d’énergie réalisée [LOVI, 1990]. Le calcul de
consommation négawatt est en fait une mesure de « non-consommation effective» de
l’énergie, permettant, entre autres, de faire émerger les gaspillages d’énergie et d’inciter aux
économies d’énergie afin de « faire la même chose en consommant moins » .
En France, la démarche Négawatt, au travers de l’association éponyme, se décline en
trois étapes [NEGA, 2006] (figure 36) :
• la sobriété énergétique, qui consiste à supprimer les gaspillages et les besoins
superflus. Cela fait appel au comportement de chacun pour limiter sa consommation
d’énergie. Elle s’appuie sur la responsabilisation de tous les acteurs : du producteur au
citoyen en appelant à la vigilance dans les gestes quotidiens.
• l’efficacité énergétique, qui permet de réduire les consommations d’énergie pour un
besoin donné. Cela consiste à réduire les pertes d’énergie des appareils en augmentant leur
rendement. On retrouve ici l’idée d’améliorer la chaîne de conversion et de transformation de
72
l’énergie précédemment citée qui correspond à la vision technocentrée ou physique de
l’efficacité.
• les énergies renouvelables, qui répondent à nos besoins énergétiques avec un faible
impact sur notre environnement et une gestion décentralisée. En diminuant la consommation
au travers de la sobriété et l’efficacité énergétique, cela permet aux
énergies renouvelables de répondre durablement aux besoins sans épuiser la planète.
73
Nous allons ainsi au final porter notre étude sur cette nouvelle approche liée à l’usage
et à la dimension humaine en interrogeant la notion même d’usage et d’interaction homme-
machine pour reconsidérer la notion d’efficacité énergétique dans un ensemble plus global
concernant le rapport entre l’usager et l’énergie consommée.
74
centrée4 car on s’intéresse à la performance technique à un niveau d’éclairage standard.
Nous avons donc à faire à une efficacité énergétique physique car essentiellement basée sur
les propriétés physiques de l’artefact.
Néanmoins, au regard de l’usage de l’éclairage (comme dans le cas de la plateforme
PREDIS), le fait d’installer un équipement lumineux peu consommateur d’énergie électrique
ne suffit pas à réduire substantiellement l’énergie consommée. En effet, le fait de ne pas
éteindre les lumières lors de l’absence de personnes induit un surplus énergétique. Ce
surplus énergétique est donc bien la conséquence d’un comportement humain de
consommation, d’usage de l’équipement et est globalement indépendant de la performance
énergétique même de l’équipement utilisé. Cette dimension usage est souvent occultée
lorsque l’on parle couramment d’un éclairage efficace pour diverses raisons en particulier
dues à la complexité de l’usage. Car au-delà de l’allumage ou non de l’éclairage lors de
l’occupation, on peut également se poser la question de la localisation de l’éclairage : si je
suis seul dans une salle, est-il utile d’éclairer toute la salle ? La question du niveau de
luminosité : si je suis à côté d’une fenêtre, ai-je besoin et/ou envie de moins d’éclairage
artificiel ? Et si j’utilise l’éclairage à des fins esthétique ou de sécurité, le système doit il
automatiquement éteindre la lumière ? Ces exemples font ainsi apparaître le fait que l’usage
même de l’équipement par les usagers, leur appropriation de celui-ci vis-à-vis de leur besoin
réel est une dimension pouvant amener à des comportements énergétiques qui ne sont pas
forcément énergétiquement « efficaces » si l’on considère le bilan énergétique global. La
notion d’efficacité qui permet d’intégrer la dimension humaine sera ce que nous proposerons
d’appeler l’efficacité d’usage énergétique.
L’intégration dans le système bâtiment de l’humain possédant des données
difficilement formalisables telles que la satisfaction, introduit une certaine complexité au
système qui nécessite que l’on change d’approche dans l’épistémologie même employée pour
décrire les systèmes. Il peut en effet paraître illusoire de vouloir intégrer entièrement la
versatilité des usages dépendant de facteurs aussi complexes que l’humeur, l’éducation, les
phénomènes sociaux de group, etc. Afin de pouvoir intégrer l’acteur humain dans la définition
de l’efficacité d’usage, on se placera dans une épistémologie constructiviste que nous allons
présenter à présent.
4
Par vision techno centrée, on exprime le point de vue de l’ingénierie et des services focalisé sur la
technique des équipements. Ainsi, les préoccupations seront basées sur la performance inhérente de la machine
plutôt que son utilité / utilisation en relation avec son usager)
75
2.1.2 L’utilisation d’une épistémologie constructiviste
L’étude de l’usage qui intègre l’acteur humain amène, de par la complexité même de
ce dernier (qui est un acteur individualisé, disposant de multiples spécificités complexes le
caractérisant telles que son éducation, sa culture, etc. et qui sont autant de paramètres non
formalisables et qui influent l’usage), à reconsidérer l’approche scientifique selon laquelle on
analyse le sujet. Nous reprendrons ici un point de vue largement présenté dans les travaux de
recherche de Frédéric Wurtz sur l’évolution de l’approche scientifique en génie électrique afin
d’intégrer des acteurs complexes tels que les acteurs humains en passant d’une épistémologie
scientifique dite « classique » à une épistémologie « constructiviste »[WURT, 2008].
L’épistémologie classique cherche à édifier une vérité sur chaque phénomène étudié
et ce indépendamment de l’observateur. Compte tenu du fait que l’usage est une connaissance
totalement variable (dépendant des cultures, des envies, de la spécificité humaine), un modèle
d’usage, ou dans une autre dimension, une fonction de satisfaction globale (comme nous le
verrons plus tard dans la quantification de notre concept d’efficacité d’usage), ne peuvent être
construits de manière unique, ontologique et être validés par une démarche de vérification
expérimentale classique.
Ainsi, l’approche constructiviste [LEMO, 1999] permet d’aborder les problématiques
selon l’angle d’hypothèses phénoménologiques et téléologiques (Annexe 16). En cela, on
contextualise les connaissances nécessaires pour la construction des modèles par rapport à
leur environnement en s’appuyant sur des critères d’effectivité5 et d’intelligibilité6 des
modèles.
Nous pourrons retrouver en annexe 16 une définition plus précise de ces termes avec
une présentation des différentes notions caractérisant l’épistémologie constructiviste.
Néanmoins, on retiendra de la notion d’effectivité que c’est une recherche de conception
basée sur l’objectif que l’on veut atteindre. Le concepteur possède ainsi la liberté d’adapter le
concept / le modèle à ses propres objectifs afin que les données en résultant puissent être les
plus pertinentes au regard de ses objectifs et ainsi être en mesure d’apporter les éléments
nécessaires à une application pratique. Afin d’arriver à de telles prouesses, il est nécessaire
que le concept/modèle dispose de certaines propriétés comme l’intelligibilité qui est le fait de
pouvoir comprendre facilement l’information transcrite.
Il faut en retenir le fait que dans l’épistémologie constructiviste dans laquelle nous
nous situerons, on construit des concepts, des modèles, etc. afin qu’ils soient effectifs,
c’est-à-dire qu’ils puissent produire un effet réel et vertueux en vue d’économiser de
l’énergie dans notre cas.
5
Effectivité : Désigne la capacité d’être valides dans certains contextes, pour agir (comprendre, prendre,
des décisions, …) avec un résultat efficace
6
Intelligibilité : Désigne la capacité d’aider à la compréhension, à l’aide à la décision pour les acteurs
humains
76
2.2.1 Analyse de l’usage dans les bâtiments
Afin d’intégrer l’aspect usage dans la définition du concept d’efficacité énergétique,
on se doit de partir de la raison première de l’utilisation d’un équipement ou d’un système :
l’usager cherche à satisfaire ses besoins ou ses désirs par l’usage de cet équipement/système.
2.2.1.a Du besoin à l’action
Sans aller jusqu’à analyser la définition même de ces concepts, on pourra s’appuyer
sur les travaux de Maslow (avec la pyramide des besoins illustrée en figure 37) ainsi que sur
les traités d’Epicure sur les différentes formes de désirs (tableau 1) pour spécifier ce que nous
pourrons caractériser d'« attentes » correspondant à l’expression des besoins et désirs de
l’usager d’un équipement ou plus généralement d'un service. On part donc initialement de la
formulation d'une demande implicite, formulée dans le domaine du cérébral, dans le sens où
de telles attentes appartiennent au monde immatériel des idées.
Accomplissement personnel
(morale, créativité, …)
Besoin d’appartenance et
affectif (amour, amitié,
intimité, famille)
77
• Besoin d’avoir mon poste de travail éclairé à un niveau de luminosité suffisant quand je
suis effectivement devant mon poste
• Désir d’avoir une commande proche (si possible individualisée)
• Désir d’avoir recours à l’éclairage artificiel uniquement lorsque l’éclairage naturel est
insuffisant
Maintenant, si on se place au niveau résidentiel, les attentes peuvent varier :
• Besoin d’avoir l’éclairage de la chambre restée allumée le temps que j’aille chercher
quelque chose dans une autre pièce
• Désir d’avoir une luminosité plus douce à certaines périodes de la nuit
• Pour certaines personnes, besoin d’avoir la lumière du couloir concomitant à la chambre
allumée durant la nuit
Cet ensemble d’exemples illustre la diversité et la complexité des attentes que peuvent
avoir les personnes auxquelles il faut rajouter les spécificités culturelles des personnes, (liés à
l’éducation, la culture, etc...). D'une personne à l'autre les attentes pourront être de nature
différente, mais également pour une même personne, celles-ci peuvent varier d'un jour à
l'autre.
Au sein du bâtiment, l’usager va avoir un certain nombre d’attentes et souhaits
sensibles (nous reviendrons un petit peu après sur cette notion). Cela peut être un niveau de
satisfaction physique, faisant appel à ses différents sens, comme le confort thermique, le
confort visuel, le confort sonore. Mais cette notion de confort peut être généralisée aux
attentes relatives à des services, comme le fait d’obtenir un aliment chaud lors de l’utilisation
d’un four à micro ondes, d’accéder à l’information lors de l’utilisation d’une télévision ou
d’un ordinateur, etc. Nous reviendrons par la suite sur cet ensemble de perceptions qui peut
être généralisé par le concept de « phénomènes » [KANT, 2004].
Ainsi, à partir de ses attentes, qui sont encore au stade de la pensée (consciente ou
inconsciente), la personne va alors, au travers d’un processus de décision, concrétiser cela en
action afin de satisfaire ses besoins ou désirs. L’action qui est dès lors la traduction dans le
monde physique (ou matériel) d'attentes exprimées dans le monde cérébral (ou immatériel),
correspondra à l’interaction entre les acteurs humains, ou même non humains7, avec les
différents équipements du bâtiment.
78
Dans notre exemple sur l’éclairage, si j’ai décidé d’avoir de l’éclairage à mon poste je vais
agir sur l’interrupteur d’allumage et si le niveau d’éclairage ne me satisfait pas, je règle la
consigne. Ainsi, l’action pourra être également le fait d’une réaction à la perception du
niveau actuel de ma satisfaction. Ensuite, pour le même éclairage, je pourrais tout aussi bien
utiliser l’équipement de manières différentes, comme mettre au maximum la consigne
d’éclairage, oublier de l’éteindre durant mes absences, éclairer une autre zone que mon
poste, etc Tous ces usages annexes sont autant d’actions qui se réfèrent à la même tâche
mais dont l’usage est différent.
Les actions peuvent être réalisées aussi bien par un acteur humain (l'occupant des
lieux) que par un acteur non humain (système de pilotage/ contrôle-commande). Dans ce
dernier cas, on pourra considérer qu'il existe tout de même un rapport avec un acteur humain,
mais ce sera de manière indirecte car ne s’agissant alors pas de l'occupant mais du concepteur
de la stratégie de côntrole-commande qui réalise l'action.
Par ailleurs, le système technique bâtiment (systèmes actifs et passifs) avec lequel
l’usager interagit, est soumis à des flux gratuits (air, soleil, eau), ainsi qu’à des flux payants :
flux énergétiques (électricité, fioul, gaz, eau, etc.). Les équipements, en particulier les
systèmes actifs (c’est-à-dire, rappelons-le, les systèmes pilotables), ont en effet pour
fonctionnalité de transformer et convertir les énergies gratuites ou payantes en service
correspondant aux attentes des usagers qui se sont exprimés au travers des actions et
consignes (par exemple l’allumage du four à micro-ondes traduit, a priori, l’expression d’une
volonté d’avoir un aliment chaud). Durant cette phase de conversion/transformation
d’énergie en service (dans le sens où le service permet « de transformer de l’énergie pour
répondre à un besoin spécifique de l’usager » [Ha, 2007], ce qui correspond à la définition
d’ « energy service » de Lovins [LOVI, 2004]), il va y avoir une part d’énergie proprement
utile qui sera rattachée au service souhaité, ainsi qu’un certain nombre d’énergies non utiles
(énergie thermique dissipée, etc.).
Dans le cas de l’éclairage, le système d’éclairage artificiel (par tube fluorescent par
exemple), va, à la commande de l’usager via l’interrupteur, convertir l’énergie électrique par
ionisation des vapeurs de mercure à basse pression ou de l’argon, en énergie lumineuse
(énergie utile entre autre mesurable par le rendement lumineux), mais également en énergie
thermique dissipée (énergie non utile).
Les services effectués par ces équipements passifs et actifs peuvent être caractérisés
comme des « phénomènes » dans le sens kantien du terme où un phénomène est une « Chose
telle qu’elle apparaît à l’homme, telle que seul l’homme peut la connaître, à travers la
structure de son esprit (intuitions pures a priori, catégories) » [Kant, 1999]. L’usager perçoit
alors les phénomènes généraux de l'ordre de l'ambiance (température, humidité, luminosité,
…) du flux d’informations (texte, chiffres, musique, etc.), etc. qui correspondent à autant de
services rendus par les équipements du bâtiment (actifs ou passifs).
L’éclairage reçu au poste de travail occupé, le niveau de luminosité qui permet de voir sans
éblouir mon objet de travail (l’ordinateur) et ses environs sont les phénomènes que je
perçois.
79
indirecte : par un calcul le long d'une chaîne de conversion (exemple de l'énergie primaire) ou
le long d'un cycle de vie d’un composant (en prenant en compte la dégradation du milieu
naturel par les polluants, le rejet de GES, l’énergie grise, etc..).
Dans l’exemple de l’éclairage, le niveau de luminosité est une donnée physique que je
perçois et que je peux juger en fonction de mes besoins. En cela si je suis satisfait, il n’en
découlera aucune action derrière alors que si je ne suis pas satisfait, je change la consigne
d’éclairage.
La relation entre ce qui est perçu au final (domaine sensible) et ce qui est décidé
ensuite (domaine rationnel) peut être vue selon deux approches :
8
Par rationnel, on emploiera la définition sa définition encyclopédique (Rationnelle : Qui est fondé sur la raison,
qui provient de la raison; qui procède par un raisonnement logique indépendant de l'expérience.) afin de décrire
l’ensemble des processus mentaux qui sont de l’ordre d’un raisonnement, ou, en d’autres termes, caractérise une
satisfaction ou une action qui est issue d’une réflexion intellectuelle, d’une pensée. On opposera cela au
domaine sensible qui est purement réaction physiologique du corps.
9
Par sensible, on caractérisera tout ce qui a attrait aux sens, qui découle davantage d’une réaction physiologique
que d’une construction mentale.
80
satisfaction liée à la perception des services (satisfaction sensible). En fonction de celle-ci,
l’usager pourra réagir ou non et cela pourra être jugé selon la satisfaction rationnelle. Ce
processus est essentiellement linéaire.
81
longtemps (ce qui va consommer davantage d’énergie), je peux décider de la fermer
immédiatement ou pas.
Ainsi, dans un second point de vue, on pourra avoir les deux notions de satisfaction
qui correspondent davantage à des strates cognitives différentes (figure 39).
Par la suite, nous nous inscrirons davantage dans la première vision, où l’on considère
que l’on perçoit toutes les données issues de l’extérieur du corps, que l’on interprète celles-ci
en fonction de nos besoins et qu’elles conduisent à l’ensemble des actions réalisées le cas
échéant pour compenser l’insatisfaction. Cependant, la deuxième approche qui peut apparaître
plus généraliste et davantage basée sur les mécanismes psychologiques de satisfaction, pourra
à terme être employée afin de prendre plus en compte la complexité de la problématique de
l’usage.
82
Figure 39 : Diagramme de la chaîne d’interaction Homme/Equipements du bâtiment Point
de vue « stratifié »
Par l’analyse de l’usage, ainsi que par le retour d’expérience de la plateforme PREDIS
dans le chapitre 2, nous avons vu que l’usager en tant qu’habitant va vouloir une satisfaction
83
maximale de la part des services effectués dans le bâtiment. Dans le même temps, que cela
soit du point de vue exploitant (comme dans le retour d’exploitant) ou du point de vue
environnemental compte tenu du contexte énergétique que l’on a présenté dans le chapitre 1,
on va vouloir que le système bâtiment consomme le moins d’énergie possible. On se propose
de définir le concept d’efficacité d’usage énergétique justement en mettant en rapport ces
deux volontés d’acteurs humains. Ainsi, l’Efficacité d’Usage Energétique (EUE) est une
relation permettant d’étudier la satisfaction envers un service par l’usage comparé à la
consommation énergétique de ce service.
L’EUE se définit alors par un problème multi objectifs où l’on va chercher à maximiser la
Satisfaction Globale de l’usager tout en minimisant la consommation énergétique
La satisfaction globale est un terme général qui est fonction en particulier de deux
composantes que l’on a vu émerger de l’analyse de l’usage vue précédemment (figure 38 et
39): l’aspect lié aux actions et l’aspect lié à la perception des services (Equation 5)
Satisfaction _ globale( Actions _ satisfaisantes & Confort _ satisfaisant ) Equation 5
Ainsi, on se propose de considérer que l’usager peut être amené à avoir une certaine
forme de satisfaction envers l’action qu’il effectue par rapport à ses besoins « sensibles »,
mais également par rapport à l’utilisation de l’énergie : c'est-à-dire que s’il utilise de manière
raisonnée l’énergie, cela contribuera à sa satisfaction. Ce dernier point étant relatif au
domaine rationnel, que nous détaillerons ultérieurement (partie 2.3 chapitre 3), on pourra
appeler satisfaction rationnelle cette composante de la satisfaction globale.
L’usager sera soumis également, au travers de la perception, à une certaine satisfaction
de confort qui est alors évaluée par les sens. On pourra appeler satisfaction sensible cette
composante de la satisfaction.
La consommation énergétique quant à elle représente simplement le flux énergétique
physique que l’on peut mesurer grâce à un compteur d’énergie en sortie du système bâtiment.
C’est en cela une donnée objective.
84
Transformation de problème multi-objectifs en problème mono objectif par
pondération linéaire
Dans ce cas de figure, l’objectif unique est une combinaison linéaire des deux objectifs
qui définissent l’EUE. La fonction unique EUE à maximiser pourra alors s’écrire telle
l’équation 6 et sera obtenue grâce à la maximisation de la satisfaction globale et la
minimisation de l’énergie consommée.
Equation 6
Transformation de problème multi objectif en problème mono objectif par rapport par
fraction
L’autre moyen de transformer un problème multi-objectifs en un problème mono-
objectif est d’effectuer la division des deux objectifs, expression de l’efficacité d’usage
énergétique que nous retiendrons ensuite. Dans ce cas, nous effectuerons une telle division
par analogie avec les rapports classiques d’efficacité avec comme dénominateur commun
la consommation énergétique et au numérateur une représentation de la satisfaction
[PLOI, 2011].
Satisfaction _ globale( Satisfaction _ rationnelle, Satisfaction _ sensible)
EUE =
Energie _ consommée Equation 7
L’objectif de l’EUE est la maximisation du rapport présenté par l’équation 6 mais
cela est avant tout symbolique, car mathématiquement il suffirait d’avoir une consommation
nulle pour rendre le rapport infini, ce qui fait perdre de vue l’intérêt de l’approche proposée.
Symboliquement, nous avons alors atteint l’idéal qui est une satisfaction optimale pour une
consommation nulle. Pour une application dans le domaine des bâtiments efficaces que nous
avons évoqués ou dans les energy smart buildings, il ne sera a priori pas possible de façon
réelle d’annuler la consommation énergétique. Cette problématique de consommation nulle
est une des limites de cette approche mono-objectif mais elle ne devrait pas exister dans les
cas réels car correspondant à l’utilisation d’aucun équipement énergétique. Dans la démarche
qualitative dans laquelle on s’inscrit, nous chercherons davantage à maximiser le
numérateur en minimisant le dénominateur.
Afin d’illustrer comment s’applique ce concept, nous allons reprendre l’exemple de
l’éclairage. On pourra évaluer l’efficacité énergétique d’usage de cet éclairage par rapport à
sa capacité à répondre aux besoins réels des usagers tout en consommant le moins possible.
Ainsi, la détection de présence afin d’offrir de l’éclairage juste quand on en a besoin,
l’adaptation au niveau de luminosité par rapport à la période de la journée et / ou à
l’éclairage naturel, la focalisation de l’éclairage sont autant de processus efficaces d’usage
car ils tiennent en compte des spécificités de l’action. Cela pourra ainsi permettre, de faire
des économies d’énergie par l’extinction de lumière dans les zones et périodes non
occupées, l’abaissement du niveau de luminosité, etc. Mais, pour reprendre le cas des
besoins d’éclairage dans le résidentiel par exemple, l’efficacité d’usage inclura également
des spécificités liées aux comportements d’usage et aux raisons d’usage comme l’utilisation
sécuritaire ou esthétique de l’éclairage artificiel (nous reviendrons un peu plus tard sur ces
exemples).
Le rapport EUE, en premier lieu qualitatif, a ainsi pour vocation d’apporter une vision
globale sur l’usage énergétique de tout ou partie du système bâtiment pour évaluer quelle est
la satisfaction tirée d’un niveau de service effectué par rapport à la consommation énergétique
85
engendrée. En d’autres termes, en caractérisant l’efficacité d’usage d’un système, on vérifie la
capacité effective de ce système à ce que l’énergie consommée serve uniquement à satisfaire
les besoins et désirs des usagers.
86
niveau d’éclairage par rapport à son niveau de confort visuel acceptable et pourra ensuite
réagir en conséquence ou pas.
87
considérer une simple vision manichéenne de l’utilisation de l’énergie ? Quel est l’acteur
« légitime » pouvant définir la satisfaction rationnelle ? L’usager ou le concepteur d’un
système ? En effet, les paramètres rentrant en compte seront différents selon les points de vues
(aspect financier, aspect environnementale, aspect légal, etc.) Il est dès à présent important de
préciser, et nous le rappellerons ultérieurement, que la satisfaction rationnelle n’intègre pas
la dimension de coût, de valeur économique en tant que telle.
Enfin, fondamentalement, la définition de la satisfaction rationnelle soulève la
question de savoir quels sont les paramètres qui l’influencent et la constituent. Pour
l’ensemble des questions sur la rationalité, la prise de décision, le jugement, etc. on pourra
intégrer différents travaux effectués en psychologie qui s’intéressent depuis longtemps à
théoriser de tels processus, et que nous ne détaillerons pas dans nos propos [SIMO, 1947]
[AISS, 2003] mais qui permettent de modéliser le domaine de la rationalité et des processus
de raisonnement.
De telles approches permettent de modéliser d’une certaine façon le processus cognitif et
peuvent amener à reconsidérer certaines interfaces hommes-machines (comme les
interfaces persuasives [FOGG, 2002]). Ainsi, si on reprend l’exemple du réfrigérateur,
l’objectif de l’efficacité d’usage du point de vue satisfaction rationnelle sera d’optimiser
les comportements d’ouverture de porte, d’introduction d’aliments plus ou moins chauds
afin de réduire la consommation énergétique du réfrigérateur : on pourrait imaginer alors
dans une telle perspective qu’un réfrigérateur puisse signaler à l’usager que celui-ci a
ouvert la porte trop longtemps ou est en train de mettre un aliment trop chaud ce qui
provoquera une surconsommation énergétique.
88
Comment définir et évaluer les paramètres la constituant ? Sur ces sujets, nous le verrons au
travers des fonctions de satisfaction, davantage d’études ont été effectuées dans la littérature
du domaine thermique car on s’y intéresse depuis longtemps aux différentes composantes du
confort [WAGN, 2007] [FRON, 2011] [ROUL, 2008]. On y retrouve le fait que les notions de
confort sont en particulier composées d’un paramètre physique qui correspond au flux
énergétique mesuré (Décibel pour les sons, Lux pour la lumière, etc...) et en fonction du degré
de ces paramètres, il y aura plus ou moins de confort et de satisfaction. Les fonctions de
satisfaction sensible que nous construirons ensuite (partie 1 Chapitre 4) chercheront à évaluer
de tels degrés de satisfaction.
89
Figure 40 : Le Système Complexe Bâtiment regroupant l’ensemble de la vision smart
grid, technique et humaine du bâtiment
Considérant cela, l’usager fait au final bien partie du système bâtiment et donc on
proposera une redéfinition de ce système en tant que SCB qui est l’ensemble architectural
dans lequel vivent des habitants et qui est composé de systèmes énergétiques
consommateurs et producteurs d’énergie : chauffage, ventilation, éclairage, équipements
électriques spécifiques
Un tel système bâtiment en tant qu’élément du Smart Grid jouera un rôle actif sur le
réseau électrique en tant que producteur / consommateur d’énergie [CLAS, 2010]. Aussi,
l’EUE pourra avoir des impacts énergétiques aussi bien au niveau intra bâtiment (pour la
gestion énergétique interne) qu’au niveau extra-bâtiment (vis-à-vis du réseau électrique). En
effet, si la satisfaction globale définie dans l’EUE n’est pas correcte, provoquant ainsi une
surconsommation, cela amènera une surcharge sur le réseau et induira cette fois-ci une
« insatisfaction » du gestionnaire de réseau électrique.
Conclusion
Nous avons pu voir dans ce chapitre que le terme d’efficacité énergétique était un
terme galvaudé par de nombreuses communautés scientifiques et industrielles afin de mettre
en avant une certaine technicité des produits étudiés. Ce faisant, le terme d’efficacité a perdu
de son contenu par rapport à son étymologie initiale, prenant une connotation technique assez
forte puisque dans l’ingénierie classique, l’efficacité énergétique est souvent confondue avec
le rendement.
Afin de pouvoir intégrer l’usage et l’acteur humain qui nous sont apparus comme des
éléments essentiels dans la définition de l’efficacité énergétique, nous avons proposé de
changer de paradigme épistémologique afin d’opérer dans l’épistémologie constructiviste.
On a pu alors dégager, suite à une étude analytique de l’usage (en particulier dans un
système bâtiment), le concept d’efficacité énergétique d’usage (EUE) qui venait alors
compléter le terme d’efficacité énergétique physique communément employé. Nous avons
mis en rapport ce nouveau concept avec l’usage en le définissant comme un rapport que l’on
90
cherche à maximiser, pour un système ou un équipement donné, entre la satisfaction procurée
à l’usager par le service effectué et la consommation énergétique de l’équipement.
L’analyse de l’interaction homme-machine nous a enfin permis de proposer deux
composantes principales à la satisfaction globale d’un usager vis-à-vis d’un équipement : la
satisfaction sensible (liée au corps) et la satisfaction rationnelle faisant intervenir différents
processus mentaux de l’usager. Cette dernière satisfaction est également beaucoup plus
malléable : elle aura comme perspective d’informer, d’aider à comprendre les phénomènes
énergétiques de consommation d’énergie.
Enfin, nous avons pu voir que cette approche de l’efficacité énergétique qui impliquait
l’acteur humain permettait d’étendre la notion de système bâtiment en intégrant l’acteur
humain.
Après avoir posé les fondements conceptuels de notre propos, nous allons montrer que
l’on peut quantifier de tels concepts afin de les rendre applicatifs et effectifs sur un système
complexe bâtiment. On analysera l’intérêt de notre approche aussi bien en phase de
conception qu’en phase d’exploitation de système bâtiment. Le but sera alors d’étudier le
bénéfice énergétique et de satisfaction du niveau d’intégration de l’usage dans les différentes
configurations techniques. L’objectif final est alors de montrer qu’en intégrant de mieux en
mieux l’usage grâce à une application locale, écologique10 adaptée (ou in situ), on sera
capable à la fois de réduire la consommation énergétique et d’améliorer la satisfaction globale
de l’usager (telle que définie précédemment).
10
On emploiera le terme écologique dans le sens où l’on tient compte du fait que l’on raisonne au niveau local
en tenant compte de l’environnement de l’objet étudié. Cela inclut l’environnement social, économique,
biologique… et permet de prendre en compte les éléments extérieurs qui peuvent influer sur l’objet en question
91
Chapitre 4
Après avoir posé les principaux concepts de notre étude, nous allons maintenant
chercher à mettre en application ces propos au travers des exemples concrets. Pour cela, nous
allons dans un premier temps voir comment on peut quantifier le concept d’efficacité d’usage
afin de le rendre applicable. Pour cela, nous proposons une méthodologie de construction des
fonctions de satisfaction (partie 1.2) qui sont des élément essentiels à l’évaluation de la
satisfaction sensible et de la satisfaction rationnelle qui composent la satisfaction globale,
élément majeur du rapport EUE (partie 1 du chapitre 4).
Compte tenu des limites du rapport mono-objectif de l’EUE, nous profiterons de cette
quantification pour proposer un outil de visualisation effectif (le diagramme de compromis
satisfaction / coût (ou diagramme d’efficacité d’usage énergétique)) qui permet de traiter
directement la dimension multi-objectifs de l’efficacité d’usage énergétique d’un équipement.
En effet, dans le diagramme de compromis (que nous présenterons plus en détail dans la
partie 1.4), nous proposons de créer un plan ayant pour abscisse le coût (qui est relatif à la
consommation énergétique d’un service) et en ordonnée la satisfaction. Cela permet ainsi de
traiter de la dimension bi-objective du problème de maximisation de l’EUE qui se traduira par
la création de fronts de Pareto qui seront autant de points de compromis entre les deux
objectifs de l’EUE.
92
Dans la partie 1, nous présenterons une méthodologie visant à construire un tel
diagramme ainsi que les fonctions de satisfaction (figure 41).
Nous appliquerons un tel processus sur un cas de conception de systèmes énergétiques
tels que le chauffage (partie 2 du chapitre 4). Nous retrouverons en annexes 18 et 21 des
études comparables réalisées sur le système de ventilation et d’éclairage artificiel.
Enfin, nous intégrerons l’outil diagramme de compromis, qui s’avère être un outil
d’aide à la décision, dans une vision plus globale de conception par l’usage de Système
Complexe Bâtiment (partie 3 chapitre 4).
93
1 Quantification du concept au travers d’un diagramme
d’efficacité d’usage
Nous avons pu voir que le concept d’efficacité d’usage énergétique se positionnait au
final comme une relation entre une valeur propre à l’humain qui est la satisfaction, et une
valeur propre à la technique qui est l’impact sur la consommation d’énergie. Afin de pouvoir
appliquer notre concept sur des outils effectifs, il est nécessaire de pouvoir quantifier ces
concepts en cherchant à formaliser, quand c’est possible, les éléments constituant l’EUE.
Pour quantifier la notion de coût (ou de consommation énergétique), nous pourrons
prendre directement la mesure de ce qui est entendu par ce terme en employant l’unité
adéquat : coût financier (€), coût énergétique (kWh), ...
Pour quantifier la notion de satisfaction, nous pourrons utiliser une fonction de
satisfaction qui, comme nous le verrons par la suite, est un des éléments clés de la
quantification de l’EUE. La fonction de satisfaction est une manière de pouvoir associer à une
quantité de service (ou paramètre d’usage) assuré par un équipement dans une certaine
configuration, une valeur numérique qui peut varier de 0 à 1 par exemple (voir partie 1.3).
94
1.1.1.1 Méthodes d’analyse de l’usage
L’approche QQOQCP (ou 5W1H en anglais) est un moyen de lister et faire le tour de
tous les éléments et paramètres nécessaires et suffisants qui caractérisent l’usage de façon
empirique. Cette approche est une méthode employée initialement en rhétorique à l’époque
95
romaine permettant de formuler l’ensemble des circonstances d’un propos par les questions
Quis, quid, cur, quomodo, ubi, quibus auxiliis [ROBE, 1946] correspondant aux questions
aujourd’hui employées pour l’investigation de faits par exemple : Quoi ? Qui ? Où ? Quand ?
Comment ? Pourquoi ? Ce questionnement systématique permet d’avoir sur toutes les
dimensions du problème, des informations élémentaires suffisantes pour identifier ses aspects
essentiels.
Nous pouvons retrouver dans le tableau 2 des exemples d’interrogations que cela pose.
Bien entendu, ces paramètres d’usage ne sont pas indépendants entre eux et disposent
bien souvent de « sous-questions » générant autant de nouvelles composantes. Ainsi par
exemple, nous pourrons tout aussi bien s’interroger sur les usages dits principaux (tels que
définis dans le cahier des charges des équipements) que sur les usages secondaires (que sont
les usages déviants ou les usages détournés11). Si nous nous en tenons uniquement aux usages
principaux, c'est-à-dire à la fonctionnalité et au mode d’utilisation de l’artefact tel qu’imaginé
par le concepteur, cette analyse de l’usage permet de définir les paramètres d’usages qui
caractérisent les différentes satisfactions et définiront les fonctions de satisfaction associées.
11
Par usages déviants (ou détournés), nous identifierons les usages réalisés d’un équipement qui ne
correspondent pas à la fonctionnalité principale pour laquelle a été conçu cet équipement. Nous retrouverons
ainsi les usages où l’usager s’est réapproprié l’équipement en y apportant des modifications physiques afin de
satisfaire ses réelles attentes (usage déviant) ou lorsque l’usager utilise l’équipement pour une autre
fonctionnalité que celle imaginée initialement (usage détourné)
96
un (ou plusieurs) paramètre(s) physique(s) (répondant à la question Quoi ? de l’approche
QQOQCP) à un instant donné (Quand ?) à l’endroit exact où se situe l’usager (Où ?). La
fonction de satisfaction sensible ne sera donc ensuite construite qu’à partir de ces trois
paramètres d’usage sensibles (2i avec i correspondant au lieu, au paramètre physique ou au temps)
Pour la satisfaction rationnelle liée à l’action, on pourra retrouver tout ou partie des
questions d’investigation concernant les services exigés qui amèneront à définir un certain
nombre de paramètres d’usage rationnels (3i) (liste non exhaustive):
- la nature et la quantité du service souhaité principalement au travers d’un niveau de
consigne (Réponse à la question Quoi ?)
- le moment de l’action/de l’utilisation d’un équipement (réponse à la question
Quand ?). Ce paramètre d’usage est davantage définissable dans le cas où l’on a un système
de côntrole-commande où l’on programmera un usage de manière anticipative ou réactive. Ce
paramètre est intrinsèquement lié à l’étude du lieu de l’usage (Réponse à la question Où ?) car
nous ne pouvons pas utiliser, physiquement parlant, quelque chose en dehors du temps ou de
l’espace.
- le temps de réactivité d’un équipement à une consigne donnée (réponse relative à la
question Comment?)
- la manière d’obtenir la consigne ou le service souhaité (réponse relative à la question
Comment?). Par exemple, si j’ai trop froid, je peux augmenter brusquement la consigne afin
d’avoir « plus rapidement » de la chaleur ou alors je peux seulement augmenter un peu
sachant qu’ensuite dans la journée il fera plus chaud.
- la raison d’utilisation (Réponse à la question Pourquoi ?). Comme évoqué
précédemment, il y a des usages principaux mais aussi des usages détournés (ou secondaires )
d’équipements qui peuvent provoquer une consommation énergétique différente (par exemple,
une télévision peut servir de « baby sitter » ou l’éclairage peut être utilisé pour signifier qu’il
y a quelqu’un de présent dans une maison).
Quelques exemples d’analyse d’usage sur des équipements énergétiques présents dans
les bâtiments (tertiaires et résidentiels) sont présentés en Annexe 17. Cela sert d’une part à
identifier les composantes des fonctions de satisfaction que nous allons présenter à présent
mais cette identification peut également servir à s’interroger sur le niveau d’instrumentation à
mettre en place pour obtenir pratiquement de telles informations (amenant alors le concepteur
à concevoir par exemple des plans d’instrumentation, des algorithmes de traitement de
97
données, …). En effet, si certains paramètres d’usage apparaissent plus ou moins intéressants
pour l’analyse de l’usage, le concepteur pourra élaborer une stratégie d’instrumentation visant
à étudier la faisabilité de cette instrumentation (en terme de conception de plan, de veilles
technologiques sur les dispositifs d’instrumentation existants, etc..). En cela, nous trouvons
l’effectivité de la démarche d’identification des paramètres d’usage qui offrent la possibilité
d’avoir des matériaux de recherche concrets.
3j 2k
32 22
. 21
31
Figure 43 : Fonctions de satisfaction rationnelle et sensible multi-dimensionnelles
98
Aussi, afin de pouvoir limiter la complexité et rendre faisables et effectives de telles
fonctions, il sera possible et / ou utile de se limiter à un certain nombre de paramètres pour
construire ces fonctions de satisfaction, notamment en fonction de la complexité de
mesurabilité des paramètres. Par la complexité de la mesurabilité des paramètres d’usage, on
pourra retrouver des éléments concernant la difficulté de la mise en œuvre, l’existence de
matériel d’instrumentation, le degré d’intrusion dans l’espace privé des usagers,…
Il est à noter que nos propos et les fonctions de satisfaction proposées n’ont pas
vocation à proclamer des vérités ontologiques sur la quantification de la satisfaction mais
s’inscrivent davantage dans la vision constructiviste d’études en proposant ainsi une boîte à
outils pour créer au cas par cas ces fonctions de satisfaction et le diagramme de compromis
par la suite.
Satisfaction
0 Température
Topt
99
Il existe des travaux similaires sur les autres types de confort relatifs à l’ambiance :
modèle de confort sonore [ASTO, 2008], qualité d’air, confort visuel [CHOI, 2009] [LAI,
2009]. Cependant, les modèles sont souvent moins explicites que le PMV-PPD donc
nécessiteront un traitement plus lourd. A notre connaissance, de telles approches stochastiques
n’existent cependant pas pour l’utilisation des équipements électriques spécifiques, par
exemple un modèle étudiant la satisfaction par rapport à un niveau d’hygiène apporté par un
lave-linge ou la qualité de l’image et du son émanant d’une télévision.
100
satisfaction) [ZADE, 1983]. Aussi la logique floue permet, au-delà des valeurs booléennes
vrai et faux que pourrait vérifier une condition, de décrire des degrés de vérification d’une
condition et ainsi décrire des états qui ne sont pas binaires. Les outils, que nous ne
présenterons pas plus en détail ici, sont ceux alors relatifs à l’intelligence artificielle tels que
les réseaux de neurones, les opérateurs flous…[MA, 2006] [BEHO, 2006].
Néanmoins, pour valider un modèle de fonction de satisfaction élaborée par le
concepteur, on pourra effectuer une étude sociologique afin de valider les hypothèses
avancées pour la fonction de satisfaction créée. Un exemple sera proposé dans le cas de
l’éclairage un peu plus loin (partie 2 chapitre 4) et que l’on retrouvera en annexe 21.
1. Identifier les paramètres d’usage rationnels liés à l’objectif (de la sobriété énergétique)
(par exemple la présence, le coût énergétique ou la puissance électrique, …)
2. Eriger des règles de jugement de « sobriété énergétique ». Ceci peut être réalisé par un
le concepteur expert ou au travers d’interviews sociologiques auprès d’usagers
auxquels on pourrait demander de juger différents scénarios de consommation.
3. Réaliser une combinaison logique entre les différents paramètres d’usage en fonction
des règles pré-établies. Cela sera la fonction de satisfaction rationnelle. Ainsi par
exemple, une fonction de satisfaction rationnelle simple basée sur le gaspillage
d’énergie permettant de discriminer les solutions où de l’énergie est consommée alors
que le service n’est pas présent / pas utilisé (nous en présenterons un exemple un peu
plus tard dans la partie 2).
101
1.3 Construction effective de la fonction de satisfaction globale
Nous avons signalé auparavant que la satisfaction globale, qui constitue l’un des
éléments principaux de l’EUE, avait pour composantes la satisfaction sensible et la
satisfaction rationnelle. Il en va alors de même pour la fonction de satisfaction globale (FS)
qui sera construite à partir des fonctions FSs et FSr précédemment définies (Equation 9).
Nous allons proposer ici quelques méthodologies de construction de cette fonction FS.
Comme nous avons pu en discuter précédemment (partie 2.3 chapitre 3), la relation entre le
domaine rationnel et le domaine sensible afin de définir la satisfaction globale est
difficilement modélisable et formalisable de par le fait que cela provient du domaine de la
psychologie. Ainsi, il y a une certaine complexité à la formulation de la fonction de
satisfaction qui doit à la fois prendre en compte une multiplicité de paramètres d’usage qui ne
sont pas tous formalisables (d’où la nécessité de pouvoir créer dans certains cas des
estimateurs) et doit respecter des propriétés mathématiques si l’on veut quantifier celle-ci
(appartenance à l’espace de définition [0,1], dérivabilité,…). Néanmoins, le but de notre
étude est de construire une fonction effective et pour cela on pourra proposer deux approches :
l’approche conjonctive et l’approche pondératrice linéaire normée.
Le fait d’utiliser l’opérateur ET permet la fusion des deux fonctions de satisfaction FSr
et FSs. Cette fusion, du point de vue de la logique floue, correspond au produit [DEST, 2007]
des éléments et permet d’obtenir une fonction de satisfaction globale qui sera comprise entre
0 et 1. Une telle opération désavantagera de ce fait, de façon mathématique, les systèmes
n’intégrant pas suffisamment l’usage. En effet, si un système étudié n’intègre pas
suffisamment l’usage, il lui sera affecté une valeur de fonction de satisfaction faible viendra
diminuer la fonction de satisfaction globale.
L’intérêt de cette approche réside autant dans le processus de construction de proche
en proche de la fonction de satisfaction globale que dans le résultat final. En effet, ici il est
102
possible d’ajouter une à une les fonctions de satisfaction dans la composition de la fonction
globale et voir ainsi leur impact sur celle-ci. La comparaison de proche en proche permet de
juger de l’impact en terme d’efficacité d’usage de la fonction de satisfaction rajoutée.
103
se décliner sous la forme de diagramme de compromis Coût / Satisfaction sensible, Coût /
Satisfaction rationnelle (ce dernier terme qui est, rappelons-le, indépendant du coût) et
Satisfaction rationnelle / Satisfaction rationnelle qui sont autant de représentations graphiques
effectives car apportant des informations intéressantes.
T
1
X i = 1 Pi (t )dt
T 1
T
1
T 10
Yi = Si (t )dt Equation 12
avec
i = 1..n : indices des équipements/configurations étudiés
Pi (t ) = Consommation énergétique du scénario d'étude de l'équipement i
Si (t ) = Fonction de satisfaction (globale FS, rationnelle FSr ou sensible FSs) de l'équipement
T = Intervalle de temps de l'étude
Zone 2
12345678956ABB
CDEFA5DB
Zone 1
104
Cet espace (Coût/Satisfaction) permet de mettre en évidence des zones de non-
définition où les situations sont inacceptables : en effet, il existe des situations que l’on ne
veut pas atteindre à cause de valeurs trop importantes, par exemple on a une limite maximum
pour le coût compte tenu du budget que l’on dispose. D’autre part, en tant qu’acteur humain,
les études sociologiques sur l’acceptabilité nous informent qu’il existe un palier au-dessous
duquel les solutions ne sont pas acceptables et il y aura un rejet de la part des usagers (à
déterminer pour chacun).
Le diagramme Coût / Satisfaction est découpé en deux zones où les points définis par
les couples (X, Y) de l’équation 11 peuvent évoluer:
- Un espace d’évolution relatif (Zone 1 figure 45) où l’amélioration de l’EUE entre
deux points se fait relativement de proche en proche. Un point dominera l’autre (dans le sens
de points dominés définis par Pareto [JACQ ,1996]) s’il se situe dans une partie supérieure de
la zone, dans le sens de la flèche de « meilleure EUE » (figure 45).
- Un espace d’évolution absolu où les points ne sont plus dominés et forment alors des
fronts de Pareto qui représentent les meilleurs compromis entre les deux objectifs Coût et
Satisfaction (Zone 2 figure 45).
On illustrera l’utilisation du diagramme de compromis par la conception d’un système
de ventilation.
Par exemple grâce à un meilleur réflecteur, une lampe pourra pour la même quantité
d’énergie consommée, produire un meilleur éclairage et ainsi améliorer le confort ressenti.
105
Illustration avec l’exemple de la ventilation. :
Nous pouvons situer dans le diagramme de Compromis différents systèmes de ventilation.
Dans un premier lieu, la ventilation naturelle ne consomme rien donc aura un coût de
0. Si l’on a une « bonne » ventilation, apportant une satisfaction maximale de 1, alors nous
pourrons atteindre concrètement le point idéal R.
Dans le cas d’une ventilation mécanique, de par l’introduction d’un moteur, nous ne
pourrons pas avoir un coût nul ou sinon cela va dégrader la satisfaction (voir fronts de
Pareto) (a moins qu’un système double flux puisse totalement compenser sa
consommation énergétique). Dans la zone 1, nous pourrons donc trouver un système de
VMC simple flux par exemple qui offre une certaine satisfaction en consommant une
certaine quantité d’énergie (point A par exemple). Si l’on choisit d’utiliser une VMC
Double flux, qui permet d’améliorer la satisfaction (en particulier satisfaction rationnelle
car on est satisfait de récupérer de l’énergie) et de réduire la consommation énergétique,
on augmente l’EUE afin d’obtenir le point B qui domine la solution du simple flux (point
A).
106
Nous ne traiterons pas ici de la formulation mathématique de ces fronts de Pareto mais
cependant, nous offrirons des méthodes de conception des fonctions de satisfaction qui
permettraient de construire effectivement ces fronts de Pareto qui représentent les solutions
optimales de l’EUE.
Au travers des parties suivantes, nous verrons qu’un tel diagramme peut être employé
en tant qu’outil d’aide à la décision afin de comparer plusieurs systèmes ou un même système
à différentes périodes de temps et de visualiser quels sont les points les plus efficaces d’usage
c'est-à-dire intégrant le mieux l’usage.
107
et d’évaluer la robustesse à l’usage si celui-ci est différent de celui prévu par le cahier des
charges.
Nous verrons dans cette partie l’application des méthodes, modèles et outils présentés
précédemment (Partie 1 chapitre 4), au système de chauffage de la plateforme PREDIS MHI.
En tant que système de chauffage/Rafraîchissement, l’aspect du confort d’ambiance qui sera
ici étudié est le confort thermique. Une application analogue de la méthodologie proposée a
également été appliquée pour le système de ventilation et d’éclairage artificiel dont on pourra
trouver en détail les études en annexes 18 et 21. Nous présenterons cependant quelques-unes
des étapes de ces deux autres systèmes énergétiques pour appuyer nos propos.
Le cas d’étude sera la Salle Informatique de la plateforme PREDIS MHI. Cette salle
présente la caractéristique de disposer d’un nombre variable de personnes. Nous avons mené
cette étude sur une année et plus spécifiquement sur une semaine (la semaine du 29 Novembre
au 5 Décembre 2010) d’une part pour une meilleure visibilité car une semaine représente la
période minimale de temps pour l’étude de l’usage dans un bâtiment et d’autre part car cela
correspond à une des rares semaines où nous avons pu disposer de l’ensemble des données
réelles pour valider notre approche (notamment due au problème de la fiabilité des
informations évoqué au chapitre 2).
Avec l’étude des autres systèmes énergétiques du bâtiment que l’on trouvera en
Annexes 18 et 21, on remarquera que, comme présentées dans l’approche théorique, les
satisfactions sensibles sont caractérisées par des paramètres physiques sur lesquels le confort
est défini (taux de CO2 et COV (Composés Organiques Volatiles) pour la qualité d’air; niveau
de luminosité, éblouissement, rendu des couleurs pour le confort visuel) mais nous nous
108
sommes limités à chaque fois à la mesure et à l’emploi d’un seul paramètre d’usage sensible
(taux de CO2 pour le système de ventilation et niveau de luminosité pour l’éclairage).
Comme présentés précédemment (Partie 1.1 Chapitre 4), ces paramètres d’usage
permettent de définir la fonction de satisfaction rationnelle que l’on va construire plus tard.
Dans le cas du chauffage, on a pris un exemple trivial de fonction de satisfaction rationnelle
basé sur le gaspillage d’énergie lié à la présence ou non d’occupants dans une pièce lorsque
celle-ci est chauffée. Nous n’utiliserons donc que les paramètres d’usage rationnels de
localisation spatiale et temporelle de l’usage ainsi que la puissance de chauffe. Nous
retrouverons d’ailleurs cette même fonction de satisfaction pour les trois systèmes
énergétiques (Chauffage, Eclairage, Ventilation).
Cependant, il est possible d’intégrer des paramètres d’usage plus complexes afin de
construire des fonctions de satisfaction plus complètes et donc plus proches de l’usage réel.
Néanmoins, cette complexité sort du cadre de notre étude car elle intègre des dimensions de
l’ordre de l’étude sociologique pouvant conduire à l’inspection de données privées (par
exemple la connaissance de la raison d’un usage est très intrusive dans la sphère privée de
l’usager et nécessiterait une procédure d’enquête particulière).
109
2.2 Construction des fonctions de satisfaction à partir des paramètres d’usage
Nous avons pu voir au chapitre précédent ainsi que dans l’analyse effectuée
précédemment (partie 2.1 Chapitre 4) que l’usage thermique du bâtiment, au sens général,
dispose de nombreux paramètres permettant de définir les fonctions de satisfaction sensible et
rationnelle. Pour notre étude et validation, nous n’utiliserons que quelques paramètres choisis
parmi ceux facilement mesurables : la présence de l’occupant et la température.
Satisfaction
0 Température
Topt
Figure 46 : Du modèle PMV-PPD à la fonction de satisfaction de température du confort
thermique
Nous obtenons donc ainsi une fonction de satisfaction sensible de température
FSstempérature(t)=f(3température (t)) en fonction de la température (ou 3température). Pour des raisons
110
de simplification permettant une implémentation ultérieure d’un tel modèle dans un SGEB,
nous linéariserons cette fonction de satisfaction (figure 47). On obtient alors un profil de
satisfaction ayant une satisfaction de 1 pour une température optimale (par ex. Topt=20°C
l’hiver et Topt=24°C) et deux températures limites symbolisant les bornes d’acceptabilité
thermique, qui varieront en fonction des saisons (par ex. Tmin=17°C et Tmax=23°C en hiver
et Tmin=20°C et Tmax=27°C l’été) au-delà desquelles la satisfaction sera nulle (figure 60).
Une telle fonction sera effective durant la période d’occupation de la pièce (le lundi de 14 à
16h, le mardi de 14h à 16h, le mercredi de 8h à 10h et le vendredi de 10h à 12h) car le confort
thermique est évalué de manière instantanée par l’habitant. En dehors de ces horaires
d’occupation, la satisfaction sera de 1 car l’occupant ne sera pas dans la pièce concernée.
Si Présence Usager=1 :
Satisfaction
1
Température
ambiant (°C)
0
T min T opt T max
Si Présence Usager =0 :
Figure 47 : Fonction de satisfaction sensible thermique FSstempérature
Bien entendu, on pourrait complexifier une telle fonction de satisfaction sensible en prenant
en compte d’autres éléments du confort thermique comme l’humidité de l’air.
111
Dans le cas de l’éclairage artificiel, nous avons également construit une fonction de
satisfaction sensible de façon empirique mais cette fois-ci à partir d’entretiens avec les
usagers à partir d’un questionnaire. Le paramètre d’usage sensible choisi a été le niveau
d’éclairement lumineux exprimé en Lux (3Eclairement). Dans le questionnaire (annexe 24), il est
question de définir les niveaux d’éclairage acceptables ainsi que la forme de la fonction de
satisfaction supposée en fonction de l’éclairement lumineux afin au final de déterminer la
forme et l’amplitude de cette fonction de satisfaction sensible.
Il en est ressorti, parmi un certain nombre de profils types proposés, une certaine
structure de fonction de satisfaction (figure 49) où les différents paramètres (Ecl Opt, etc...)
peuvent bien entendu varier en fonction des personnes car ils dépendent de la perception de
chacun (plus de détail en annexe 20).
Satisfaction
1 SLux Eclairement Total
lumineux (Lux)
0
Ecl Ecl Opt min Ecl Opt max Ecl limite
limite max
Figure 49 : Fonction de satisfaction Eclairement Lumineux
2.2.2 Fonction de satisfaction rationnelle
Etant donné qu’en phase de conception, le nombre de personnes présentes est souvent
standardisé, on supposera qu’il y a 25 personnes présentes durant les périodes d’occupation
prévues (par le calendrier (figure 50)) :
1234156789AA681
!"1 B6CD81
#1
D11 E$#1 %E#!1
91 $1
112
2SI (Presence Usager=1 & Ouverture Batiment=1) ET Puissance Chauffe>0: Sénergie =1 Equation 13
3
4SI ((Presence Usager=0 & Ouverture Batiment=1) OU Ouverture Batiment=0) ET Puissance Chauffe=0: Sénergie =1
3
5SI ((Presence Usager=0 & Ouverture Batiment=1) OU Ouverture Batiment=0) ET Puissance Chauffe>0: Sénergie =0
Ouverture 1
bâtiment
1bâtiment 0
Temps
Puissance
chauffage 1
1puissance
0
Temps
Présence
Usager 1
1habitant
0
Temps
Satisfaction
Energie 1
0 Temps
Nous avons pu voir, dans l’analyse des paramètres d’usage rationnel que l’on pouvait définir
d’autres paramètres d’usage et décrire ainsi d’autres fonctions de satisfaction rationnelle
davantage complexes. Cette complexité renvoie à la difficulté à mesurer certains paramètres
car étant en étroite liaison avec l’intrusion dans la sphère privée des usagers. En effet, il
faudra pouvoir estimer jusqu’à quel degré de connaissance pourra-t-on investiguer l’être
humain sans aboutir à une instrumentalisation de celui-ci qui pourrait amener à des problèmes
de protection des données et d’acceptabilité. Néanmoins, nous pouvons imaginer un certain
nombre de fonctions de satisfaction rationnelle qui tiendraient compte d’autres paramètres
d’usage rationnels :
- Liés à la réaction des occupants : on peut imaginer une fonction de satisfaction qui
serait construite à partir de la détection de réaction à l’inconfort : par exemple s’il
y a ouverture prolongée de la porte et / ou de la fenêtre, changement / forçage
manuel de la consigne, alors il est probable que le système de chauffage ne soit pas
satisfaisant :
Si porte_ouverte > 5 min OU ∆Changementconsigne>0: S réaction =0
Sinon S réaction =1
- Liés à l’appréciation d’autres fonctionnalités de l’équipement. Un usager pourrait
être satisfait par un service effectué par un équipement qui ne correspond pas à sa
fonctionnalité première. Par exemple, l’éclairage artificiel peut être utilisé, outre
pour éclairer une zone de travail, comme système de sécurité (laisser la lumière
allumée pour manifester une présence) ou comme attrait esthétique (notamment
113
avec l’utilisation de lampes de couleurs). Dans de tels cas, le fait qu’une lampe soit
allumée alors qu’il n’y a personne, n’est pas forcément considéré comme
insatisfaisant car c’est une autre fonction de l’éclairage qui est évaluée (sécurité,
esthétique, etc.).
Dans notre cadre d’étude où l’on cherche à aller vers de meilleures solutions et gestes
énergétiquement vertueux, on se propose de valoriser la fonction rationnelle par rapport à la
fonction sensible en lui attribuant un coefficient de pondération supérieur (a=1 et b=2 par
exemple).
114
diagramme de compromis par le degré d’intelligibilité des informations présentées ainsi que
la pertinence de celles-ci.
115
Sans Système de Régulation Avec Système de Système Anticipatif
Côntrole-commande de Régulation 1841B6CD7761
systèmes de chauffage 1841B6CD7761
541BE67CF61 !#)1
!#)1
&###'1 )1
Scénarios d’usage B6CD81 B6CD81 B6CD81
#1
#1 E$$1
#1 D$$11 %E$$11
E$$1 D$$11 E1$#1%E#!1
D$$11 %E$$11 (E$$1
9$$1 91 $1
(E$$1
9$$1
Scénario Usage
1234156789AA681
Modèle 2
!"1
B6CD81 1 3
#1
D11 E$#1 %E#!1
$1
91
Tableau 4 : Scénarios d’étude pour l’étude d’efficacité énergétique d’usage pour le système de chauffage
116
Le calcul de l’évolution de la puissance thermique en fonction des différents scénarios
est alors effectué par des modèles thermiques (présentés juste après). Aussi, dans le scénario
1, la puissance thermique est une donnée thermique d’entrée du modèle thermique réduit
(figure 53) (courbe en bleu figure 52) alors que les puissances thermiques des scénarios 2 et 3
ont été calculées à partir du modèle thermique réalisé sous le simulateur thermique
dynamique COMFIE (modèle en annexe 11) (autres courbes figure 52).
Il existe deux types de modèles physiques pour le calcul de la température dans une pièce
dans lesquels viendront s’implémenter les différents scénarios de côntrole-commande
étudiés :
- Le premier modèle, que nous appellerons « modèle complet », est un modèle basé
sur un logiciel de simulation thermique dynamique : Comfie Pleaides [PEUP, 1990] Ce
modèle présenté en chapitre 2 permet de simuler l'évolution au cours d'une année, sur un pas
de 1h, de la température intérieure ambiante. Ce modèle permet de prendre en compte
l'ensemble du bâtiment dans lequel l'étude s'effectue à partir de l’environnement
météorologique, des différentes compositions de parois constituant le bâtiment ainsi que des
scénario d'usage définissant à la fois les consignes de température voulues tout comme les
scénarios de ventilation et d'apports internes. Nous retrouverons en annexe le modèle
COMFIE employé (annexe 11). Ce modèle permet d’obtenir le comportement thermique de la
pièce avec un système de chauffage intégrant une régulation de température (Scénario
d’études 2 et 3 table 4).
- Le second modèle, que nous appellerons « modèle réduit », est un modèle thermique
équivalent thermique [MADS, 1995] [LE, 2008]. Cela permet de simplifier le problème par
117
rapport au modèle complet et d’être plus léger en termes de temps de calcul et de complexité
de définition de modèle en vue d’une intégration dans un SGEB. En effet, un tel modèle a
pour contrainte d’être à la fois simple et donner des résultats probants car il est amené à être
implémenté dans des algorithmes d’optimisation et de contrôle-commande afin de piloter un
ensemble de charge dont des charges électriques. Or, la commande de ces derniers s’effectue à
l’ordre de la seconde ou la milli secondes. Aussi, il faudra un modèle thermique qui puisse
donner une information de la température rapidement et à un pas de temps aussi faible. Dans
ce modèle, nous prenons en compte les flux thermiques apportés par la source de chauffage
ainsi que les apports internes (Equation 16) (figure 53) Il est à noter que ce modèle équivalent
dispose de composants résistance thermique et chaleur massique, qui sont purement
théoriques et n’ont pas une traduction physique immédiate. En effet, par exemple, la
résistance thermique Rm de la figure 53 n’est pas une résistance thermique mesurable
particulière mais est une combinaison des résistances thermiques réelles de parois, de
plancher, etc…dont nous n’approfondirons pas ici.
.
118
Dans ce modèle qui traite originellement d’une pièce située en extérieure, on prend
comme température extérieure vue de la pièce, la température de Shed et l’on supposera
également l’apport solaire nulle car indirecte dans notre cas. Les apports internes électriques
et humains sont calculés en faisant l’hypothèse d’une émission de 80W/personne et une
équivalence de production entre 1 W électrique consommée et 1 W de chaleur dissipée.
Nous implémenterons dans un tel modèle le système de chauffage ne disposant pas de
régulation de température (Scénario d’étude 1 table 4).
Nous obtenons dès lors l’évolution des températures suivantes où la température a été
calculée avec le modèle de la figure 54 pour le premier scénario 1 (tableau 4) (courbe en bleu)
et les autres ont été calculées par le logiciel COMFIE (figure 54).
Figure 54 : Evolution des températures en fonction des systèmes de contrôles commande durant
la semaine d’étude
119
2.4 Diagrammes de compromis et prise de décision
Comme indiqué dans la partie 1.4 chapitre 4, afin d’obtenir des couples de
coordonnées (Coût/Satisfaction) (ou (X, Y)) dans le plan de compromis Coût / Satisfaction,
on choisit la valeur moyenne des fonctions de satisfaction (globale, sensible et rationnelle) et
des consommations énergétiques des différentes configurations sur la période de temps
étudiée (une semaine).
Comme nous l’avons évoqué précédemment, nous étudierons les trois types de
satisfactions (sensible, rationnelle et globale) donc nous aurons trois diagrammes de
compromis Coût / Satisfaction qui auront donc en commun les mêmes valeurs d’abscisses car
la même consommation énergétique.
120
12
En passant du scénario 3 au scénario 1, on va donc bien vers une meilleure efficacité d’usage
énergétique.
A noter que nous retrouvons sur l’axe des abscisses de ce diagramme le paramètre de
coût et en ordonnée la fonction de satisfaction rationnelle dont un paramètre (la puissance de
chauffe) est lié au coût mais dans la définition de la satisfaction rationelle, on prend en
compte la manière dont est utilisée l’énergie (comment on consomme?) alors qu’en abscisse
(le coût) , seul l’aspect quantitatif financier de l’énergie consommée est retenu.
Nous nous rendons compte que la solution sans thermostat (Scénario 1 du tableau 4
correspondant au point marqué d’un rond sur la figure 58) est la moins bonne des solutions du
point de vue de l’usage car elle est la solution consommant le plus d’énergie (plus de
1200Wh) et en plus offre le moins bon confort thermique ce qui en fait la solution ayant ainsi
la moins bonne EUE. Cela s’explique en grande partie par le fait qu’un tel système ne
disposant pas de régulation, ne prend pas en compte l’usage sous forme d’apport interne ce
qui crée une surchauffe lors de l’arrivée des occupants et dégrade ainsi la satisfaction sensible.
Les deux autres solutions (réactive (configuration 2 du tableau 4) et anticipative
(configuration 3 du tableau 4) consomment moins mais on peut s’apercevoir que, du point de
vue de la satisfaction sensible, les trois solutions offrent un service quasi-identique (variation
de la satisfaction sensible entre 0,92 et 0,98), ce qui, en soi, est une information effective (car
ça veut dire que globalement, ils rendent le bon service). Mais, en terme de décision, ce seul
121
12
critère de satisfaction n’est pas discriminant pour le choix de technologies. C’est entre autres
pour cela que l’on peut étudier la satisfaction globale combinant ces deux satisfactions.
On peut remarquer à ce propos, que l’on n’atteint pas pour la satisfaction sensible, la
valeur de 1 ce qui est dû à la construction gaussienne de la fonction de satisfaction sensible
(un seul point a une satisfaction de 1).
Dominé par le
point vert (3)
+
u e
é ti q
n erg
ge é
é d ’usa
a ci t
E f fi c
-
122
12
terme de satisfaction sensible entre les différentes configurations ce qui est principalement lié
au fait que nous ne disposons pas exactement du même modèle pour le calcul de température
entre ces trois configurations expliquant la légère déviance des résultats (entre 0,92 et 0,98).
-96%
-88% -64%
2 1
T
T 11
3 i
X = P(i ) (t )dt
3
4 T T Equation 17
3Y = 1 FSs 1
3 i T1 ( i ,Température ) (t ) dt *
T 11
FSr(i , Energie ) (t )dt
5 1
Cela permet de faire apparaitre de façon immédiate quelles sont les solutions offrant à
la fois une efficacité d’usage optimale grâce à une maximisation de la satisfaction sensible et
de la satisfaction rationnelle. Comme on pouvait s’y attendre, la solution 3 (Contrôle
anticipatif) offre la meilleure efficacité d’usage énergétique en permettant d’économiser plus
123
12
de 96% d’énergie par rapport au système basique sans thermostat, tout en offrant la meilleure
satisfaction globale (0.96). Cela est dû au fait que cette solution intégre davantage l’usage
dans sa définition : intégration de la dimension “nombre d’usagers” par l’aspect système de
chauffage régulé qui régule en fonction des apports internes (humains ou non humains);
intégration de la dimension “lieu et période” de l’usage grâce à la programmation de la
puissance de chauffe permettant de chauffer au “bon” moment.
2.4.4. b Construction avec approche pondératrice linéaire normée (PLN) (a=1, b=2)
3 X i = 1 P(i ) (t )dt
33 T 1
4 1
T
1
T Equation 18
3 a. 1 FSs(i ,Température ) (t )dt + b. 1 FSr(i , Energie ) (t )dt
3Y = T 1 T 1
35 i
a+b
avec
i = 1..n : indices des scénarios de contrôle commande de systèmes de chauffage (Table 6)
P(i ) (t ) : Consommation énergétique du scénario d'étude (i) au temps t
FSr , FSs (t ) = Fonctions de satisfaction rationnelle et sensible du scénario d'étude (i) au temps t
T : Intervalle de temps de l'étude (T=5 jours*24h=120)
a, b =coefficients de pondération
Nous nous rendons compte que nous obtenons (figure 59), tout comme dans
l’approche conjonctive, une visualisation immédiate de la solution ayant une meilleure
efficacité d’usage : la solution anticipative 3. L’approche PLN est donc bien effective et
intelligible car, par la possibilité de pondération des fonctions de satisfaction, nous offrons au
concepteur un outil supplémentaire afin de privilégier, de manière plus spécifique, une
satisfaction en particulier. Ici, la solution optimale (solution 3) :
- minimise de manière conséquente la consommation d’énergie (-80%)
- et maximise la prise en compte de l’usage en consommant l’énergie de la manière
la plus satisfaisante au regard de la satisfaction globale combinant des éléments de
satisfaction sensible (le confort est meilleur) et de satisfaction rationnelle (les
actions d’utilisation et de configuration du système sont satisfaisantes).
124
12
+ Efficacité Energétique d’Usage -
125
12
- Diagramme avec satisfaction sensible : permet de valider si toutes les solutions
offrent un service perçu comparable
- Diagramme satisfaction rationnelle / satisfaction sensible : permet de mettre en
rapport deux fonctions de satisfaction afin d’étudier l’impact de chaque paramètre sur la
satisfaction globale
- Diagramme avec satisfaction globale: permet de combiner les deux derniers atouts et
en plus, par la pondération d’un élément, permet d’ajouter une sensibilité à la décision finale.
Le concepteur de SCB dispose ainsi au final d’un outil lui permettant de qualifier
l’intégration de l’usage du système étudié et pourra intégrer cela dans ses critères de choix
finaux (économiques, environnementaux, etc..) et éventuellement au travers d’une
méthodologie de conception plus générale intégrant l’usage que nous allons à présent
proposer.
Dans le retour d’expérience effectué et présenté dans le chapitre 2, nous avions pu voir
que le confort thermique du point de vue du chauffage ne présentait pas de problème
particulier et que la satisfaction était globalement bonne. Le système actuel de chauffage de la
plateforme PREDIS MHI dispose d’un côntrole-commande semblable au scénario d’étude n°2
présenté précédemment (Système Réactif tableau 4). Or, on a pu voir par l’étude que l’on
vient de mener sur l’EUE d’un tel système que l’on pouvait encore améliorer le système
actuel en allant vers un système de côntrole-commande anticipatif (solution 3) qui nous
permettrait à la fois d’augmenter la satisfaction globale (en particulier la satisfaction
rationnelle car on utilisera mieux l’énergie) tout en diminuant la consommation énergétique
globale.
Pour cela, il aurait fallu pouvoir avoir la possibilité, dès la conception du système de
chauffage, de programmer le planning prévisionnel d’occupation. D’autre part, il aurait fallu
équiper la salle informatique de capteurs de présence qui auraient été couplés à la GTC afin
d’attester de la présence effective (et donc des apports internes effectifs) et de réagir sur la
puissance thermique en fonction. Ainsi, par rapport à notre système actuel, on pourrait
économiser jusqu’à 84% de l’énergie consommée. Ce calcul a été effectué sur une semaine
type en Novembre ? Pour des raisons essentiellement de temps de calcul mais également de
manque de données réelles, cette étude n’a pas été effectuée pour l’année mais il serait
possible de la calculer sur l’année si l’on dispose, en particulier, du planning annuel
d’occupation. En terme de satisfaction, on pourrait également gagner en satisfaction,
notamment rationnelle, car on utiliserait la puissance de chauffe au moment réel de
l’occupation tout en maintenant un niveau de température (donc satisfaction sensible)
équivalent. Ainsi, comme présenté précédemment, en intégrant davantage l’usage, on
augmente l’EUE.
Dans les autres systèmes énergétiques (annexes 18 et 21), l’intérêt de l’intégration de
l’usage dans la conception des stratégies de côntrole-commande permet d’économiser jusqu’à
76% pour le système de ventilation et 75 % pour l’éclairage artificiel. Cette intégration de
l’usage permet également d’augmenter la satisfaction globale, notamment (encore ici) la
satisfaction rationnelle (passage de 0.9 à 1 pour le système de ventilation et passage de 0.7 à
0.83 pour le système d’éclairage artificiel avec approche PLN de la satisfaction globale) car
126
12
les solutions optimales permettent de consommer de l’énergie juste au moment effectif de
l’usage grâce à des systèmes de détection de l’occupation (tels que des capteurs de présence).
127
12
l’utilité d’un tel outil dans une méthodologie de conception plus globale de systèmes de
bâtiment performant intégrant l’usage.
128
12
concepteur des informations permettant de déterminer quelles solutions intègrent le mieux
l’usage. Ainsi, l’efficacité d’usage apparaît comme un critère de choix au même titre que le
coût ou l’analyse environnementale qui feront partie d’un compromis global. Aussi on
pourrait également intégrer l’ensemble des compromis sur le diagramme de compromis
finalement décrit afin de pouvoir étudier les rapports entre les différents paramètres (par
exemple le coût d’une solution au regard de la satisfaction engendrée et de son impact
environnemental) et de choisir la solution optimale.
129
12
ensemble d’usages possibles du bâtiment que l’on pourra définir selon les différents axes de la
méthode QQOQCP.
- soit par une approche « interne » de l’usage où l’on connaît déjà le type d’usage.
Ceci est valable en particulier lors de la rénovation d’un bâtiment. On pourra alors analyser
l’usage (usage réel) par des procédés d’observations sociologiques comme des interviews in
situ et une observation des usages suivie d’un débriefing avec les usagers afin de pouvoir
caractériser au maximum l’usage effectué.
Ces deux approches permettent de définir les usages, ce qui permettra, d’une part
d’alimenter le processus de construction de l’efficacité d’usage, et d’autre part de déterminer
les fonctionnalités effectives du bâtiment afin de pouvoir définir les services appropriés aux
usages.
A partir de la définition de l’ensemble des fonctionnalités, nous retrouverons la double
approche du SCB que nous avons présentée précédemment (partie 2 chapitre 3): l’étude
d’usage et l’étude technique (figure 64). D’une part l’étude de l’usage (correspondant à la
problématique de l’usage 1 PU1 de l’annexe 26) aura pour vocation de poser les
problématiques liées à l’intégration de l’usage et d’y répondre au travers du diagramme de
compromis. D’autre part, l’étude technique, qui consiste au choix des technologies peu
consommatrices d’énergie et la mise en œuvre de tels équipements, viendra proposer d’autres
contraintes.
L’ensemble de ces deux études permet de finalement établir le cahier des charges
global du SCB qui pourra alors être construit en fonction des différentes préconisations
élaborées.
La validation des solutions vis-à-vis de l’usage pourra ensuite se faire en phase
d’exploitation du bâtiment. Pour cela, on pourra utiliser une approche type «mixte » de
l’usage où à partir de différentes traces d’usages (consommations, observations,
questionnaires) réalisées dans des lieux d’expérience comme l’appartement DOMUS
[DOMUS, 2011] ou la plateforme Usage PREDIS, on pourra établir des scénarios d’usage
spécifique. Ces scénarios d’usage permettent de définir le cadre dans lequel on peut tester, en
grandeur réelle, les stratégies de côntrole-commande et de gestion énergétique sur des sujets /
usagers expérimentateurs. Ces expérimentations permettent, entre autre, de voir quels
paramètres d’usage sont plus ou moins pertinents vis-à-vis des notions de satisfactions
(rationnelle et sensible) élaborées donc contribuent ainsi à valider les éléments de notre
approche EUE.
Conclusion
Nous avons pu, dans ce chapitre, voir comment mettre en application le concept
d’efficacité d’usage énergétique sur le SCB. Pour cela, il faut pouvoir concrétiser les concepts
énoncés ce que l’on a proposé par l’intermédiaire du diagramme de compromis
Coût/Satisfaction qui permet de traiter la dimension multi-objectifs de l’EUE.
Pour arriver à construire un tel diagramme, nous avons introduit en particulier la
notion de fonction de satisfaction qui permet de formaliser les notions de satisfactions
sensibles et rationnelles préalablement présentées. Aussi, on a pu voir que celles-ci pouvaient
130
13
être construites selon l’approche épistémologique constructiviste et qu’elles donnaient alors
lieu à une certaine méthodologie de construction.
Nous avons présenté pour cela l’approche QQOQCP qui permet d’identifier les
paramètres d’usage qui sont les paramètres dont dépendent les fonctions de satisfaction. A
partir de ces paramètres, nous avons vu que l’on pouvait construire de manière effective les
fonctions de satisfaction sensible et rationnelle dans un premier temps et la fonction de
satisfaction globale dans un second temps. Cette dernière étant fonction des composantes
rationnelles et sensibles, sera construite de manière la plus effective possible afin d’atteindre
les objectifs visés (sobriété énergétique et acceptabilité des usagers).
Ces différents éléments subjectifs permettent, avec la donnée objective de
consommation énergétique d’un équipement, de construire le diagramme de compromis Coût
/ Satisfaction qui est un plan ayant pour abscisse l’échelle de coût (semblable à la
consommation énergétique) et en ordonnée la satisfaction globale (comprise entre 0 et 1).
Chaque point de ce diagramme est décrit par une coordonnée cartésienne correspondant à la
moyenne de la satisfaction globale et à la consommation énergétique. Cela permet de
représenter graphiquement le rapport d’EUE et, en travaillant dans ce plan, de faire apparaître
des ensembles de points optimaux (fronts de Pareto).
Nous avons pu ensuite appliquer une telle méthodologie à des cas d’application de
systèmes énergétiques tels que le système de chauffage, la ventilation ou l’éclairage artificiel.
L’objectif était de comparer différentes solutions de contrôle-commande selon la contrainte de
l’efficacité d’usage énergétique au travers de diagrammes de compromis.
131
13
Chapitre 5
132
13
Etude comparative historique de la consommation pour l’analyse de l’usage en
phase d’exploitation du bâtiment
En phase d’exploitation, sachant que le système bâtiment est déjà défini, donc les
équipements installés déjà choisis, on s’attachera ici davantage à comparer le comportement
énergétique pour chaque équipement au cours du temps entre différentes périodes égales
d’utilisation. Comme souligné précédemment (partie 2 chapitre 4), en phase de conception, on
s’intéresse davantage à des systèmes énergétiques de confort d’ambiance où l’on peut
connaître le modèle physique associé aux services d’ambiance au travers des différents
domaines scientifiques, alors qu’en phase d’exploitation on s’intéressera davantage aux
équipements choisis et installés par les usagers (notamment dans un bâtiment résidentiel) et
présentant un rapport particulier d’usage avec l’utilisateur [DESJ, 1996]. Ces équipements
sont, pour la plupart, des charges électriques effectuant des services particuliers et contribuant
à ce que l’on qualifiera de « confort fonctionnel », car ils se différencient en terme de
contenu, des services d’équipements de confort d’ambiance. En effet, les services rendus par
ces équipements n’agissent pas sur des paramètres physiques de l’environnement de l’usager
mais soient ils agissent sur des équipements soient ils apportent des informations.
Ainsi, on pourra inclure dans les équipements de confort fonctionnel :
- ceux qui s’attachent à modifier la propriété physique d’un produit de
consommation (par exemple la température des aliments pour le réfrigérateur, la
composition moléculaire d’aliments pour les appareils de cuisson, l’hygiène pour
le lave-vaisselle et le lave-linge). Ces équipements électrodomestiques sont
également appelés produits blancs et ce sont des équipements considérés comme
indispensables,
- ceux qui fournissent un service de type média (chaîne hifi, télévision etc.…). Ces
équipements sont appelés produits bruns et procurent des activités de loisir,
- ceux qui fournissent un service informatique appelés aussi produits gris.
Ces dénominations appartiennent au monde du marketing (en tant que politique du
produit) et sont reliées aux notions de déchets blancs, bruns et gris qui caractérisent de
manière a priori l’utilité de tels services (ou leur niveau de recyclage en tant que déchets)
[UE,2002].
Le rapport à l’usage de ces équipements est également différent des équipements
d’ambiance car ici, l’usager va pouvoir davantage être « au contact » avec l’équipement
technique, agissant ainsi directement via l’interface « homme-machine » (utilisation de
boutons de commande installés sur la machine, interaction avec des éléments de la machine
(porte, etc.…)).
133
13
exemple réfrigérateur, plaque électrique,..). Ainsi, la puissance thermique
(calorifique ou frigorifique selon le service effectué) sera régulé afin de
maintenir à l’intérieur du système une température constante quelque soit la
température externe au système.
• OUE à puissance thermique imposée : une part de la consommation
électrique dépend de la température de l’élément interne au système
(température d’eau par exemple) (par exemple lave-linge, lave-vaisselle). A la
différence avec les OUE thermo régulés, ici, l’interface homme-machine est
plus élaborée. Le service demandé par l’usager consiste au choix explicite
d’un certain mode de fonctionnement qui correspond à une température
spécifique alors que dans les OUE thermorégulés le choix de la température
est davantage implicite (un réfrigérateur est toujours plus au moins à 4°C).
L’autre distinction que l’on pourra effectuer entre ces deux premières familles
d’OUE sera à propos de l’élément naturel sur lequel s’effectue le service. En
effet, les OUE thermorégulés, agissent directement sur la température de l’air,
élément physique très difficile à l’usager à pouvoir contraindre, si ce n’est à
une échelle plus globale de la pièce par exemple. Alors que les OUE à
puissance thermique utilisent l’élément de l’eau dont la température dépend
de l’air mais il y a une certaine inertie de transfert de chaleur entre ces deux
éléments. Ainsi les OUE à puissance thermique seront dépendante de manière
indirecte à la température externe du système. En effet, l’eau fait partie d’un
circuit global de distribution dont la température est la même pour tout un
bâtiment alors que l’élément air pour les systèmes OUE thermorégulés est
défini de manière locale, dans la pièce.
• OUE à moindre influence thermique : le fonctionnement de l’équipement ne
dépend pas de la température interne ou externe (par exemple équipements de
médias, appareillage robotiques électroménager, ...)
Comme nous l’avons vu précédemment (partie 1.2 chapitre 4), si l’on veut construire
un modèle d’usage et une fonction de satisfaction, il est nécessaire de pouvoir modéliser le
système étudié. Or, dans le cas des équipements de confort fonctionnel, les modèles sont
difficiles à obtenir pour 3 raisons majeures :
- des informations sur les paramètres d’usage peuvent être difficilement mesurables ou
lourdes à instrumenter comme par exemple la quantité d’aliments disponibles dans un
réfrigérateur.
- des informations non formelles qui sont liées à l‘appréciation de l’objet par l’usage
(valeur affective,…) sont difficilement modélisables car trop subjectives [DESJ, 1996].
- la confidentialité des informations à recueillir. En effet, selon le degré de finesse du
modèle voulu, on entre dans la sphère privée voire intime et il n’est pas souhaitable d’entrer
dans « l’espionnage » d’activités des personnes pour autant. Ainsi, les composantes relatives à
l’acceptabilité et à la propriété privée sont parmi les paramètres très importants.
Compte tenu de ces éléments, il est donc difficile de pouvoir connaître parfaitement le
fonctionnement des équipements liés à l’usage. Aussi, on se placera ici dans une configuration
dite boîte noire : on ne connaît que les sorties et, éventuellement les entrées du système étudié
sans connaître le mécanisme liant ces entrées et ces sorties.
134
13
Au final, la difficulté de la connaissance des systèmes soumis à l’exploitation va être,
lors du diagnostic énergétique, de pouvoir distinguer l’efficacité physique et l’efficacité
d’usage de ces équipements. Nous allons présenter de nouveau ces notions appliquées au cas
des équipements en exploitation puis nous tâcherons d’effectuer une analyse d’usage sur
quelques équipements électrodomestiques afin d’établir soit des diagrammes de compromis
Coût / Satisfaction pour l’exploitation, soit un diagnostic de l’usage par affichage de données.
Dans la phase d’exploitation des bâtiments, tous les consommateurs d’énergie, que ce
soit les usagers finaux dans le cas d’habitat résidentiel ou le cas d’opérateurs du bâtiment pour
les bâtiments tertiaires, souhaitent connaître leur consommation et de façon de plus en plus
détaillée afin de connaître les postes principaux de consommation et ainsi localiser les postes
où se situent des potentiels d’économies d’énergie. Le diagnostic énergétique est ainsi
élémentaire dans la gestion d’énergie d’un bâtiment.
Cependant, au regard de l’analyse que l’on a pu faire sur le terme d’efficacité
énergétique, l’efficacité énergétique est donc composée de deux composantes : l’EUE et
l’efficacité énergétique physique (ce dernier correspondant à l’ « use efficiency » de A. Lovins
[LOVI, 2004]).
Il est crucial de distinguer ces deux notions d’efficacité physique et d’efficacité
d’usage car amalgamer ces deux concepts interdit toute certification. En effet, les systèmes
habitations étant occupés, une consommation excessive peut avoir pour explication :
A défaut de pouvoir discriminer ces deux causes possibles, les responsabilités sont
diluées : chacun peut accuser l’autre, interdisant ainsi tout recours possible et donc toute
certification. Pour résoudre ce problème, il est donc crucial de mettre au point deux outils
d’aide à l’analyse de performance énergétique pour chaque équipement et composant du
système habitat :
- un outil de diagnostic de l’efficacité physique (ou de label), qui soit le plus
indépendant possible de l’usage,
- un outil de diagnostic de l’efficacité d’usage, qui soit le plus indépendant possible
des performances énergétiques des équipements et composants du système habitat.
135
13
connaissance de la part « physique » et « usage » de l’efficacité énergétique au travers d’outils
de diagnostic est essentielle.
Considérons maintenant une zone de vie très bien isolée et dotée d’une pompe à
chaleur et d’une ventilation double flux. L’efficacité de label en sera certainement très bonne
en ne requérant que quelques kWh/m² par année pour maintenir un confort thermique
acceptable pour des occupants, sur la base d’un scénario d’occupation défini. Néanmoins, ce
composant du système bâtiment peut avoir une très faible efficacité d’usage si les occupants
s’imaginent, notamment en hiver, qu’il faut ouvrir les fenêtres pour renouveler l’air intérieur
au lieu de laisser la ventilation double flux réaliser sa fonction. Là encore, l’efficacité d’usage
est relative aux occupants car ceux-ci peuvent considérer que l’ouverture des fenêtres fait
partie de leurs attentes de confort. Le tout est d’avoir conscience des pertes énergétiques
induites par de telles exigences et de les assumer.
Nous pourrons nous interroger par la suite sur les multiples compromis auxquels sera
confronté l’utilisateur au cours de l’exploitation du système bâtiment et nous proposerons des
outils qui permettront d’aider à l’expression de ces compromis.
136
13
activité ni présence de l’occupant, le SGEB pourra mettre en veille prolongée automatique
l’ordinateur.
Cette dimension du contrôle d’un « bon » usage se rapporte à la satisfaction
rationnelle que nous avons présentée auparavant. Aussi, en phase d’exploitation on
s’intéressera davantage à la construction de fonctions de satisfaction rationnelle
discriminant le mauvais usage énergétique.
137
13
elles permettent de construire un modèle de bon et de mauvais
fonctionnement du système, ce qui permet de chercher les diagnostics sans
disposer d’un historique de pannes. D’autre part, ces réseaux bayésiens
permettent de prendre en compte les probabilités de défaillance a priori des
composants. Ils permettent aussi de calculer facilement les probabilités de
défaillance a posteriori des composants, c’est-à-dire avec les observations.
Nous verrons par la suite que ces méthodes, issues du génie industriel, peuvent être
mises en application pour diagnostiquer les défauts résultant du mauvais fonctionnement des
équipements énergétiques (diagnostic d’efficacité énergétique physique). Nous essayerons par
la suite de nous attacher plus particulièrement sur la manière de diagnostiquer les défauts
résultant du « mauvais » usage des équipements énergétiques.
Nous avons indiqué précédemment que les équipements électriques dont les services
constituent les différents conforts fonctionnels, pouvaient, au même titre que les équipements
ambiants, être analysés par l’approche QQOQCP afin de déterminer les paramètres d’usage.
- Du moment où il sera possible de mesurer tout ou partie des paramètres
d’usage des équipements, on pourrait construire des fonctions de satisfaction et ainsi
construire des diagrammes de compromis. Dans ce cas, ce sera l’usager - concepteur
qui pourra formuler et construire les fonctions de satisfaction effectives.
- Dans le cas contraire où les paramètres d’usage sont difficiles à obtenir, on
propose d’utiliser la méthode de diagnostic par affichage des données. Dans ce cas, ce
sera l’usager - lecteur qui construira alors cognitivement ses propres fonctions de
satisfaction (qui ne seront alors pas formalisées mais simplement issues d’un
processus mental) afin d’évaluer sa satisfaction globale.
138
13
qu’est « bien utilisé » mais qui peut être analysé au travers de l’analyse des paramètres
d’usage. Ce modèle d’usage de la « bonne utilisation » peut dans un premier temps,
correspondre au modèle d’usage élaboré à la conception de l’équipement étudié. La
différence entre la consommation réelle et celle du modèle peut faire (ré)agir l'usager
dans le sens d’une meilleure sobriété et / ou mettre à jour le modèle d’usage.
Compte tenu de la spécificité des paramètre d’usage des équipements étudiés, il a été
choisi de faire une étude exploratoire de l’usage sur soi même afin d’avoir la liberté de
pouvoir se contraindre à un rituel.
139
13
2.1.2 Modélisation constructiviste pour le diagnostic de l’usage
On peut voir, par la mise en oeuvre de l’étude de l’usage sur des appareils davantage
« fonctionnels » (équipements électrodomestiques offrant un service fonctionnel et non pas
une ambiance) que la nature même de l’usage est d’une complexité nécessitant une
description du modèle de l’usage dans son environnement. Il est nécessaire pour cela de tenir
compte et de préciser la nature des données disponibles, leurs finesses, leur mode de collecte
ainsi que les marges d’erreurs possibles.
En effet, le modèle de l’usage constructiviste est un modèle ayant comme propriété de
pouvoir se définir en fonction des données disponibles que ce soit en quantité qu’en qualité.
L’ingénierie classique, avec des modèles ontologiques, génère des modèles qui ne seront
reproductibles que sous les mêmes conditions expérimentales et avec l’ensemble des données
d’entrée connues. Or avec l’acteur humain, de tels modèles sont dépassés car la complexité de
lu comportement humain fait qu’il n’y aura pas deux situations identiques. Cette complexité
de l’intégration de l’acteur humain est une opportunité pour pouvoir considérer selon une
approche différente les systèmes énergétiques en interface directe avec les acteurs humains.
L’approche constructiviste se retrouve ainsi naturellement dans le fait que les modèles
seront élaborés pour un équipement particulier, dont l’usage est défini par des paramètres
aussi complexes que la localisation de l’équipement, la culture de l’usager, l’interaction
social, etc... Un tel modèle pourra être reconfigurable et adaptable selon le type et la qualité
des données d’entrée du modèle. Il y aura alors des compromis à trouver entre la qualité des
données exploitables d’une part et la capacité de collecte de l’information en accord avec les
usagers d’autre part.
Conditions d’expérimentation
L’expérimentation menée sur le réfrigérateur a consisté en l’étude de l’usage d’un
réfrigérateur de 110 litres installé dans la cuisine d’un appartement privé, habité par une seule
personne, durant une semaine entière de Mars. Le réfrigérateur est de classe énergétique A et
dispose d’un compartiment freezer (que nous ne considérerons pas car il est resté fermé tout
au long de l’expérimentation).La personne ayant une activité professionnelle en semaine, les
principales horaires d’interaction avec le réfrigérateur seront le matin, avant 9h et le soir
après 17h30.
Il a été demandé à l’usager en question de noter les différentes actions réalisées sur ce
réfrigérateur durant la période de l’expérimentation.
140
14
2.2.1 Paramètres d’usage sensibles
Ainsi l’objectif du service (réponse à la question Quoi ? de l’approche QQOQCP) qui
correspond au paramètre d’usage définissant la satisfaction sensible est :
La température des aliments présents et sortants (donc une propriété physique d’un
objet qui doit être maintenu à un certain niveau) que l’on peut connaître avec un capteur de
température placé au niveau de chaque produit.
Mesurabilité : Données difficiles à obtenir pour chaque aliment (hormis par
l’installation d’une caméra thermique ou autre mais dont nous ne disposions pas) mais
facile à connaître pour la température de l’enceinte.
141
14
On se rend compte ainsi, en construisant le modèle d’usage regroupant alors la
définition des satisfactions que celui-ci s’avère être complexe à réaliser par la difficulté de
mesure de certains élements (mesures de la température des aliments et de la masse
volumique trop compliquées).
Nous avons pu mener une expérimentation permettant de mettre en oeuvre notre
approche par création de fonctions de satisfaction rationnelle en ne prenant que le paramètre
d’ouverture de porte et le paramètre du poids des denrées, car ce sont les seuls paramètres
facilement mesurables (nécessitant juste un stylo pour noter les différents mouvements de
denrées entre l’intérieur et l’extérieur du réfrigérateur) et les seuls paramètres dont nous
avions une information.
On pourrait prendre en compte les autres paramètres d’usage mais la difficulté de
mesurer peut amener à choisir préférentiellement d’autres types d’outils pour le diagnostic
comme l’affichage direct des données. Cela consiste à donner et à afficher directement les
consommations énergétiques d’OUE et laisser les usagers les interpréter et créer leurs propres
jugements. On peut faire une analogie avec la création de fonction de satisfaction rationnelle
car dans ce cas là, la satisfaction rationnelle ne sera pas formalisée explicitement comme dans
notre approche, mais sera créée mentalement par l’usager.
142
14
Si Ouverture _ porte = 1 ET Variation _ Denrées = 1: S porte = 1
Equation 19
Si Ouverture _ porte = 1 ET Variation _ Denrées = 0 : S porte = 0
Sinon Si Ouverture _ porte = 1,
0 S porte = 1
Bien entendu, cette expérimentation est fastidieuse à effectuer en réalité mais il serait
possible, à la place, d’installer un système de balance dans ou sous le réfrigérateur afin de voir
s’il y a une variation de masse ou pas et de juger ainsi de l’entrée ou sortie de denrées
alimentaires ou non.
143
14
2 1
T
3 X i = 1 P(i ) (t )dt
3 T 1
4 T Equation 19
3Y = 1 FSr
3 i T1 i , porte (t ) dt
5 1
On distingue en premier lieu des journées qui sont davantage dominées par une
solution optimale (journée du samedi). On peut considérer que le point défini par cette
journée qui domine les points définis par les autres journées est un scénario d’usage optimal
car on utilise mieux le réfrigérateur (satisfaction de 0.98) en consommant le moins.
On peut dans un second temps analyser la cause des points dominés et en particulier
les points « sur dominés » (points A et B figure 62).
On peut voir d’emblée qu’une journée se démarque par une satisfaction moindre et
une surconsommation par rapport aux autres jours: le vendredi (point A de la figure 62). En
effet si on s’intéresse maintenant à la cause de cette baisse de satisfaction, on se rend compte
que le réfrigérateur durant la période du vendredi midi au samedi matin a eu la porte mal
fermée ce qui a provoqué une surconsommation énergétique et ainsi une dégradation de la
satisfaction.
Une telle surconsommation peut être repérable en analysant le relevé de
consommation électrique (figure 63) qui représente la puissance électrique consommée pour
chaque minute en fonction de l’heure de l’enregistrement dans la semaine. Sur ce graphe
présentant directement les mesures électriques (et nous reviendrons par la suite sur l’intérêt
144
14
d’un tel affichage), on voit apparaître les cycles de fonctionnement du réfrigérateur (cycles de
fonctionnement de 12 minutes espacés plus ou moins longtemps en fonction de l’usage du
réfrigérateur. On repère ainsi deux zones (Zone 1 et Zone 2) où la consommation énergétique
est supérieure. On peut voir que la zone 1 correspond à période où la porte est restée ouverte,
générant effectivement une surconsommation.
Zone 1 : Ouverture prolongée de la porte
Zone 2 : Entrée de
nouvelles denrées
On repère sur ce graphe une deuxième zone de surconsommation (zone 2) liée à l’introduction
de nouvelles denrées alimentaires, perturbant ainsi l’équilibre thermique du réfrigérateur. Or
cette deuxième zone de surconsommation liée à l’usage est bien repérable sur le diagramme
de compromis (point B de la figure 66). On peut, en analysant l’historique de l’introduction
de denrées (figure 65) se rendre compte que ce point singulier correspond au premier fait
d’usage que de nouvelles denrées ont été introduites dans le réfrigérateur. Celles-ci ajoutant
de la masse à une température supérieure de celle dans l’enceinte du réfrigérateur, provoquent
une surconsommation énergétique le mercredi.
Cependant, on peut se rendre compte que notre fonction de satisfaction rationnelle ne
pénalise pas cet usage car on a ouvert utilement la porte pour y introduire de nouvelles
denrées.
Notre fonction de satisfaction et notre approche de l’EUE est donc effective car elle
permet de discriminer des situations où l’usage est mauvais (point A de la figure 63) des
situations où l’usage est correct (point B figure 63) :
- La situation A consomme de l’énergie et n’est pas satisfaisante du point de vue
rationnel car on gaspille de l’énergie.
145
14
- La situation B consomme de l’énergie mais c’est pour la « bonne cause » (lié à une
entrée de denrée qui est le service que souhaite avoir l’usager ».
Les autres points semble plus ou moins bon en EUE car consomment moins et sont
aussi bons en terme de satisfaction rationnelle.
Nous avons donc pu voir qu’il est possible de construire des fonctions de satisfaction
effectives qui permettent de pouvoir faire ressortir les mauvais usages (porte ouverte
longtemps) ou du moins faire émerger les périodes où la consommation est supérieure à celle
attendue par le modèle car due à un usage différent. Il s’agira ensuite de se demander (dans le
cadre de la définition du SGEB que l’on verra par la suite) de quelle manière les algorithmes
de côntrole-commande doivent prendre en compte la variation de l’usage : ces systèmes
doivent-ils automatiser les équipements, quitte à fermer automatiquement le réfrigérateur dans
le cas présent, ou simplement avertir du potentiel mauvais usage ?
Figure 64 : Exemple d’affichage d’EUE pour un OUE tel que le réfrigérateur précisant
les points singuliers de mauvais usage
Compte tenu que l’on dispose de différents graphiques pouvant exprimer de manières
différentes l’EUE, on peut obtenir une plus grande intelligibilité des données sur l’usage en
couplant ces différentes représentations graphiques.
Dans le cas du réfrigérateur, on a pu mettre en évidence de manière effective qu’il y
avait des usages anormaux, non satisfaisants (dus à l’ouverture intempestive de la porte).
L’usager peut ensuite juger ces points pour voir si effectivement il y a eu satisfaction ou non
et ainsi des bons usages ou non. L’interface pourra alors se présenter comme un indicateur de
146
14
couleur visant à mettre en évidence les points (supposés) de mauvais usage et ensuite, libre à
l’utilisateur de « cliquer » sur les points en question pour afficher et déterminer la cause du
mauvais usage (par exemple figure 64). Dans ce cas, on pourra mixer l’affichage par points
dans le diagramme de compromis et l’affichage brut d’information.
Un tel diagramme couplé apporte ainsi l’ensemble des informations nécessaires à
l’usager pour diagnostiquer son usage et voir s’il est prêt à faire des compromis entre le
service et le gaspillage d’énergie. Il permet de situer dans le plan Coût satisfaction la semaine
de consommation d’un service (celui du réfrigérateur ici) et d’apporter automatiquement aux
points « détectés » comme singuliers (car une consommation ou une satisfaction se détachant
de la moyenne) un affichage complémentaire : celui des données brutes, afin de s’apercevoir
ce qu’il s’est passé ou contrôler que ce qui a été détecté est vraiment un point singulier ou pas.
Ca sera à l’utilisateur de juger de la pertinence des informations et d’en faire bon usage.
En cela, ce dernier graphique est bien effectif car il permet d’atteindre les objectifs de
l’efficacité d’usage énergétique en aidant à une meilleure sobriété énergétique.
Application au lave-linge
147
14
Application à l’ordinateur
148
14
- Comparer à d’autres alternatives proposées par le SGEB (tel G-HomeTech
présenté dans la partie 3).
149
14
3.1.1 La place de l’idéalisation du concept de BEPOS
Néanmoins, on peut s’interroger sur la pertinence et la légitimité du concept de
bâtiment à énergie positive dont la terminologie même fait débat car dans quel sens doit-on
comprendre « énergie positive »? En prenant quoi en compte ? [LEYS, 2010] En effet, au
regard des expériences telles que la tour Elithis, où les maîtres d'œuvre estampillent leurs
projets du tampon "énergie positive" en se basant sur des simulations et non sur des mesures
de consommation réelles, la valeur de cette terminologie est ébranlée avec la considération
des usages (voir partie 4.1 du chapitre 1).
Finalement, le concept BEPOS n'est peut-être pas complètement réalisable mais aura
au moins été ce que A. Hatchuel appelle un mythe rationnel [HATC, 1992]: un objectif, dont
on ne peut pas affirmer a l'instant t qu'il est complètement atteignable, mais dont on peut
argumenter qu'il est possible qu'il le soit. Une telle perception en tant que mythe rationnel
permet surtout de mobiliser des forces (d'ingénierie, de conception, de normalisation, des
organisations, des usagers, ...) dans un sens effectif (aller dans la bonne direction).
Ainsi, on peut en effet argumenter qu'au jour d'aujourd'hui il n'est pas certain que le
BEPOS soit complètement atteignable dû à des aléas technologiques (incertitude sur les
technologies de stockage,…) ou des aléas de fonctionnement (usages,..). Mais il est rationnel
de penser aux concepts que soulève la définition d’un BEPOS car il est avéré qu'un bâtiment
voit passer sur l'année un flux d'énergie naturelle supérieur à ses besoins [PVGIS, 2010]. En
tout cas la perspective de BEPOS mobilise la communauté scientifique, industrielle et même
gouvernementale au regard du nombre de projets prototypes de bâtiments à Energie positive
[LENO, 2010] ainsi que l’évolution de la réglementation thermique (RT) qui prévoit qu'à
partir de 2020 les nouvelles constructions soient globalement à énergie positive sur l'année.
Enfin, en terme de vulgarisation scientifique, le concept est parlant pour les usagers
qui pourront alors identifier la performance énergétique de tels bâtiments et les inciter
inconsciemment à une sobriété énergétique accrue.
150
15
Les energy smart homes se positionnent dans un niveau de complexité supérieur par
rapport aux bâtiments intelligents, car non seulement on implémente la volonté d’intégrer les
désirs et besoins des occupants au travers de dispositifs d’intelligence ambiante, mais on
cherchera à optimiser la consommation énergétique par rapport à ces mêmes services
intelligents. On est alors bien dans la concrétisation du concept de l’efficacité d’usage.
Ainsi, le projet Mavhome, par exemple, s’inscrit dans cette logique où l’on cherche à
maximiser le confort des habitant en minimisant le coût d’exploitation [DAS, 2002]. Le type
de bâtiment visé est équipé d’un ensemble de capteurs permettant de connaître les différents
états et valeurs des paramètres physiques du SCB et d’un ensemble d’actionneurs /
contrôleurs permettant d’agir sur les composants de ce système. Pour arriver à un système
efficace du point de vue usage, un SGEB doit piloter les différentes charges et sources
relatives au SCB, en fonction des données recueillies par ailleurs afin d’optimiser les flux
énergétiques [HA, 2007] (Figure 66). Nous verrons par la suite, au travers de l’exemple d’un
gestionnaire d’énergie intelligent (projet G-HomeTech) comment se structure le pilotage
énergétique du SCB afin d’intégrer l’usage.
Nous pouvons donc retenir que les energy smart homes sont un moyen technologique de
mettre en œuvre le concept d’efficacité énergétique.
151
15
Principe de fonctionnement de G-HomeTech
Satisfaction
0
18 20 22 Température (°C)
Figure 67 : Exemple de fonction de satisfaction pour le confort thermique
A partir de ces données, le SGEB va chercher des stratégies de gestion des différents
équipements pilotables connectés à ce système afin de respecter les critères de coût et de
confort. Un planning prévisionnel de consommation d’énergie va d’abord être construit afin
d’anticiper (avec une anticipation de 24h) l’usage des différents équipements. Ensuite, dans
une période en temps réel, le SGEB pourra réadapter ses stratégies de gestion (aspect réactif)
en fonction des données d’usage réel mais également en fonction de la configuration du SCB
réel à l’instant donné (météo, puissance disponible, variation de la demande,..).
152
15
Figure 68 : Problème d’optimisation d’un système de gestion d’énergie
3.3 L’efficacité d’usage appliquée au système de gestion d’énergie G-
HomeTech
La vocation première de l’efficacité d’usage énergétique était de concevoir mais aussi
de gérer de façon plus vertueuse les SCB en vue d’économiser de l’énergie. En cela, on se
place dans le cadre d’étude du logiciel G-HomeTech qui se positionne comme un logiciel
mettant en œuvre de façon technologique certaines approches présentées ici, en particulier la
fonction de satisfaction qui provient initialement de travaux ayant initiés G-HomeTech (Projet
Multisol). Néanmoins, nos travaux ont permis de s’intéresser plus particulièrement à la
fonction de satisfaction et nous avons élaboré une approche complémentaire qui pourrait dès
lors être intégrée dans G-HomeTech en étendant le champ de définition de la fonction de
satisfaction actuelle (relative au confort thermique). L’approche de l’EUE en exploitation,
comme présentée dans ce chapitre 5, permettrait également d’intégrer de nouvelles charges
électriques (les OUE) et de diagnostiquer leurs usages.
153
15
Satisfaction( Satisfaction _ rationnelle, Satisfaction _ sensible)
λEfficacitéUsage =
Coût
Satisfaction( Satisfaction _ sensible) Equations 20
λGHomeTech =
Coût
Nous avons enfin pu voir que l’on pouvait appliquer la logique de fonction de
satisfaction également sur des équipements électriques « non contrôlables » selon G-
HomeTech. Nous avons même proposé via l’élaboration du diagramme de Compromis
Coût/Confort, de construire des profils d’usagers sobres afin de guider les usagers vers une
meilleure pratique. Ces scénarios de meilleures pratiques pourraient être calculés et générés
justement par le SGEB car il dispose de l’ensemble des données nécessaires pour proposer
des alternatives de comportements énergétiques. Ainsi, l’introduction d’une fonction de
154
15
satisfaction rationnelle permettrait d’étendre le domaine d’application de G-HomeTech
principalement en tant que conseiller d’utilisation (en affichant l’information de potentiels
gaspillages d’énergie via le diagramme de compromis) et, dans une moindre mesure, le
pilotage de ces charges (par exemple éteindre directement les appareils en veille non utilisés).
Conclusion
Nous avons pu voir au travers de ce chapitre que l’efficacité énergétique d’usage
pouvait être utile en phase d’exploitation en effectuant un diagnostic de l’usage. Dans ce
cadre, l’approche d’efficacité d’usage permet d’analyser l’usage d’équipements électriques
tels que les OUE et de faire émerger les mauvais usages de ceux-ci. Nous avons pu voir que le
diagramme de compromis opérait alors comme outil d’aide à la sobriété énergétique aux
usagers en les incitant à adopter des comportements énergétiques plus vertueux. On s’est en
effet appuyé sur le fait que la connaissance de sa consommation énergétique ainsi que la
proposition de meilleures pratiques inciterait l’usager à davantage de sobriété.
Enfin, nous avons affirmé que le diagnostic d’usage ferait partie d’une étape
importante pour une meilleure gestion énergétique des energy smarts buildings qui peut être
réalisée au travers de systèmes de gestion d’énergie « intelligents ». Nous avons présenté
155
15
succinctement à ce propos un exemple de projet de logiciel (G-HomeTech) offrant un tel
service et s’inscrivant dans une approche de la consommation énergétique semblable à
l’efficacité d’usage. En cela, nous avons proposé d’intégrer l’efficacité d’usage énergétique
sur cette technologie applicative au travers de la conception de son algorithme en particulier.
La démarche de l’EUE est tout à fait compatible avec des SGEB tels que G-HomeTech car ils
ont les mêmes objectifs de maximisation de la satisfaction globale en minimisant la
consommation énergétique du système bâtiment dans son ensemble. Pour cela, nous avons
proposé de pouvoir compléter l’algorithme actuel avec l’introduction de fonctions de
satisfaction rationnelle ou la complexification des fonctions de satisfaction actuelles par la
méthode QQOQCP.
Nous avons pu voir qu’il serait ensuite possible d’intégrer le diagramme de compromis
Coût/Satisfaction dans l’IHM du SGEB afin de proposer des comportements et pilotages
alternatifs allant vers une meilleure efficacité d’usage énergétique du SCB.
Nous avons finalement pu même proposer une concrétisation de nos travaux sous
forme d’application concrète possible à mettre en place dans les SGEB ou directement sur le
OUE.
On peut enfin s’interroger sur la liaison forte et dépendante qu’il existe entre la
satisfaction rationnelle et la sobriété. La consommation et la prise de conscience de celle -ci
sont des phénomènes intrinsèquement dynamiques. Nous avons pu simplifier leur expression
en les rendant statiques mais une propriété essentielle de la satisfaction rationnelle est sa
dynamicité compte tenu que l’humain évolue au fur et à mesure de l’information qu’il perçoit
et de son « éducation » c'est-à-dire son évolution intellectuelle au cours du temps. On peut
comprendre alors tout l’intérêt et le poids de l’information qui sera restituée aux occupants /
exploitants. La nature même des informations définira alors une certaine satisfaction
rationnelle qui aboutira à une certaine interprétation et configuration du système. L’analyse de
l’information persuasive et rationnelle est l’un des enjeux de la « communication
énergétique » dans les bâtiments.
156
15
Conclusion générale et Perspectives
Conclusion de la thèse
Nous avons cherché au travers de nos travaux à apporter un point de vue particulier
sur un domaine encore en construction : la sociotechnique dans le bâtiment. Ce domaine
consiste à étudier l’interaction Usager/bâtiment et ceci a été effectué du point de vue
énergétique (en particulier en fonction de la consommation électrique). Nous avons pu voir en
effet que dans les bâtiments actuels mais encore plus dans les futurs bâtiments de type BBC et
BEPOS qui se profilent, la consommation électrique et sa gestion seront les éléments
principaux pour obtenir l’excellence énergétique visée.
Or nous avons pu maintes fois démontrer, que ce soit au travers des retours
d’expérience qu’au niveau théorique, que la consommation électrique était intrinsèquement
liée à l’usage et donc aux comportements des usagers au sein du SCB. Nous avons pu en
déduire que si l’on souhaitait améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, il fallait
intégrer l’usage et changer de point de vue dans le mode de perception de l’usage du
bâtiment.
C’est pour ces raisons que nous avons proposé de définir le concept d’efficacité
d’usage énergétique qui permet de reconsidérer le concept d’efficacité énergétique classique
en l’abordant du point de vue acteur humain. On l’a défini pour chaque équipement ou
système énergétique comme un rapport multidimensionnel, multi-objectifs entre la
satisfaction du service et la consommation énergétique du même équipement/système.
L’emploi de notions aussi générales que la satisfaction nous a amené à en définir 2
composantes particulières par rapport à l’usage : la satisfaction sensible et la satisfaction
rationnelle.
Ces propos ont la particularité de s’inscrire dans l’épistémologie scientifique
constructiviste dont nous avons rappelé les grands principes. En tant que tel, nous avons
insisté sur le fait que la présence de l’acteur humain dans le SCB ne permet plus d’aborder la
problématique de l’usage selon le paradigme épistémologique ontologique mais davantage en
cherchant à construire des concepts et outils adaptés afin qu’ils soient effectifs.
Afin de valider et d’illustrer nos propos, nous avons proposé de quantifier les concepts
énoncés au travers notamment de la construction de fonctions de satisfaction permettant de
formuler une donnée informelle. Cela nous a permis de construire un diagramme de
compromis Coût / Satisfaction qui est la traduction directe graphique de l’efficacité d’usage
car il met en rapport satisfaction et coût énergétique.
157
15
Nous avons présenté l’utilité d’un tel diagramme en phase de conception de systèmes
énergétiques en tant qu’outil d’aide à la décision. Au terme de l’étude sur 3 systèmes
énergétiques (chauffage, ventilation, éclairage artificiel) nous avons pu attester de son
effectivité car on voyait apparaître de manière immédiate la solution ayant la meilleure
efficacité d’usage.
Une étude analogue a été effectuée en phase d’exploitation du bâtiment où le diagramme
de compromis a pu être alors employé comme outil d’aide à la sobriété énergétique sur des
OUE. On a pu voir qu’en exploitation la construction de fonctions de satisfaction n’était pas
toujours évidente à définir et qu’il fallait parfois employer des outils moins intrusifs à
l’intimité (comme l’affichage de données) pour évaluer les gaspillages d’énergies.
Enfin, nous avons pu présenter un logiciel de gestion d’énergie du bâtiment (G-
HomeTech) auquel on a rapproché nos travaux et proposer des pistes d’amélioration afin
d’intégrer davantage l’usage.
Perspectives
Le contenu même la thèse s’attache à analyser différents concepts et apporter des
points de vue et approches transversaux. En tant que tel, il y a des positionnements qui sont
discutables et des questions qui restent rémanentes et peuvent être approfondies à l’avenir
grâce justement à un travail de coopération avec les Sciences Humaines.
Affinement des fonctions de satisfaction par une coopération avec les sciences
sociales
En effet, la sociologie, en particulier, dispose d’outils ainsi que des études qui
s’inscrivent naturellement dans l’étude de l’usage et pourraient être appliqués au Système
bâtiment afin d’affiner les modèles et méthodologies proposés ici.
En particulier, on traite ici de notions de satisfactions, données évaluables et
informelles, que l’on cherche à quantifier et à formaliser. Aussi, par exemple on a pris le parti
de considérer la fonction de satisfaction rationnelle comme étant une fonction qualifiant en
particulier la « qualité de la consommation énergétique » afin de voir si l’usage consomme de
façon vertueuse. Or l’étude du gaspillage d’énergie s’effectue par rapport à une
consommation de référence. Nous avons supposé que la consommation standard était la
consommation nominale mais est-ce réellement celle-ci ? Comment pourrait-on définir une
telle consommation standard ?
Un travail plus approfondi avec des équipes de psychologie sociale permettrait
certainement d’affiner les paramètres d’usage les plus pertinents et influents afin de construire
les fonctions de satisfaction, en particulier les fonctions de satisfaction rationnelle.
De manière générale, on s’est attaché à prendre des exemples simples et triviaux pour
évaluer l’effectivité du concept proposé, en ne dépassant pas la bi –dimension dans le nombre
de paramètres pris en compte. Bien évidemment, les systèmes énergétiques étant plus
complexes, on se situera dans des dimensions supérieurs et on sera soumis alors résoudre des
optimisation multi objectifs. De nombreuses méthodes existent déjà dans la résolution de
problèmes multi objectifs qui pourraient être employés. Reste d’abord à réussir à formaliser
au cas par cas le problème d’optimisation.
158
15
Formalisation des fronts de Pareto et intégration à G-HomeTech
Dans la présentation du diagramme de Compromis (partie 1.4 chapitre 4), nous avons
présenté le concept de front de Pareto qui expriment l’ensemble des points optimaux de
compromis entre les fonctions objectifs de coût (réduction de la consommation énergétique)
et de satisfaction (maximisation de la satisfaction globale). Nous n’avons pas formulé
mathématiquement le problème d’optimisation qui permettrait de tracer de tels fronts mais il
serait possible, à partir notamment de la formulation des fonctions de satisfaction proposées,
de compiler celles-ci dans des logiciels d’optimisation tels CADES.
G-HomeTech étant un gestionnaire énergétique, il génère des problèmes
correspondant à une situation donnée, utilise un optimiseur pour les résoudre, extrait les
solutions et les applique en les adaptant aux situations réelles constatées. Il serait possible de
calculer ces fronts de Pareto au travers d’un optimiseur externe et de les présenter à l’usager
sous forme de différentes alternatives possibles de côntrole-commande. En effet, G-
HomeTech disposant de l’ensemble des données du bâtiment (mesures physiques), il est
possible de combiner celles-ci en tant que paramètres d’usage pour former les fonctions de
satisfaction adéquates. Ensuite, on pourra, au travers d’une IHM interactive et attrayante,
présenter à l’habitant des points de fonctionnement particuliers sur les fronts de Pareto entre
satisfaction et coût, qu’il aura loisir de choisir où il veut se situer.
Enfin, comme nous avons pu le présenter dans le cas du réfrigérateur, il serait possible
d’imaginer un ensemble de systèmes d’affichage qui présenterait l’historique des
consommations et analyserait les points singuliers de surconsommation afin que l’habitant
puisse avoir conscience de tels problèmes de consommation liés à l’usage. Il suffirait pour
cela, de travailler avec les constructeurs d’équipements électrodomestiques par exemple, afin
que leurs appareils soient équipés d’instrumentations non intrusives ni encombrantes,
mesurant les paramètres d’usage adéquats (poids des denrées, température des produits, etc..).
On pourrait alors reconstituer des fonctions de satisfaction théorique et présenter un
diagramme de compromis, tel que nous l’avons vu, directement sur l’IHM classique de
l’équipement. Cependant, il faudra bien apprécier les limites de l’acceptabilité des habitants à
de tels ajouts technologiques (pouvant être assez réfractaires dans certains cas [ROTH, 1998].
159
15
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175
17
ANNEXES
ANNEXE 1 : DEMARCHE HQE DANS LE CADRE DE PREDIS ....................................................................................................180
1.1 Analyse des thèmes environnementaux HQE dans le processus de conception ....................................................................................................................................... 181
Architecture...................................................................................................................................................................................................................................................... 182
Chauffage/ rafraîchissement ............................................................................................................................................................................................................................. 182
Ventilation ........................................................................................................................................................................................................................................................ 184
Eclairage........................................................................................................................................................................................................................................................... 185
Equipements Bruns et Blancs........................................................................................................................................................................................................................... 186
1.2 Observations sur la phase de conception de la plateforme PREDIS MHI ............................................................................................................................................... 186
Pertinence des Préconisations HQE ................................................................................................................................................................................................................. 186
ANNEXE 5 : MODELE ARCHITECTURAL COMFIE PLEIADES DE LA PLATEFORME PREDIS MHI- REZ-DE CHAUSSEE .....192
176
17
ANNEXE 11 : MODELE THERMIQUE ETUDE PREDIS MHI : REZ-DE-CHAUSSEE ....................................................................204
18.2 Construction de la fonction de satisfaction globale à partir des fonctions de satisfaction de chaque paramètre d’usage ................................................................. 239
18.2.1 Fonction de satisfaction sensible de la qualité de l’air .......................................................................................................................................................................... 239
18.2.3 Fonction de satisfaction Rationnelle aéraulique. ................................................................................................................................................................................... 240
18.2.4 Fonction de satisfaction globale du confort aéraulique ......................................................................................................................................................................... 240
177
17
18.4 Analyse des résultats et prise de décisions................................................................................................................................................................................................. 243
18.4.1 Diagramme de compromis sur la satisfaction globale ........................................................................................................................................................................... 244
18.4.2 Autre présentation de la satisfaction globale. ........................................................................................................................................................................................ 245
18.4.3 Bilan des diagramme et prise de décision.............................................................................................................................................................................................. 246
21.2 Construction de la fonction de satisfaction globale à partir des fonctions de satisfaction de chaque paramètre d’usage ................................................................. 251
21.2.1 Satisfaction sensible de l’éclairement lumineux.................................................................................................................................................................................... 251
21.2.3 Fonction de satisfaction rationnelle....................................................................................................................................................................................................... 252
21.2.4 Fonction de satisfaction globale du confort visuel ................................................................................................................................................................................ 252
178
17
ANNEXE 26 : METHODOLOGIE PROPOSEE POUR LA CONCEPTION PAR L’USAGE DE LA PLATEFORME PREDIS ..........270
179
17
Annexe 1 : Démarche HQE dans le cadre de PREDIS
Comme nous avons pu le voir succinctement dans le chapitre 1, la démarche Haute Qualité Environnementale (HQE) est un
processus de réflexion lors de la conception de bâtiment permettant d’établir un tableau de bord d’exigences environnementales sur un certain
nombre de points. L’association HQE présente dans les termes suivants une telle démarche [HQE, 2010] :
« La démarche HQE vise à améliorer la qualité environnementale des bâtiments neufs et existants, c’est-à-dire à offrir des ouvrages sains et confortables dont les impacts sur
l’environnement, évalués sur l’ensemble du cycle de vie, sont les plus maîtrisés
possibles. C’est une démarche d’optimisation multicritère qui s’appuie sur une donnée fondamentale : un bâtiment doit avant tout répondre à un usage et assurer un cadre de
vie adéquat à ses utilisateurs. La démarche HQE comprend trois volets indissociables :
Un système de management environnemental de l’opération (SME) où le maître d’ouvrage fixe ses objectifs pour l’opération et précise le rôle des différents
acteurs.
14 cibles qui permettent de structurer la réponse technique, architecturale et économique aux objectifs du maître d’ouvrage (cf. Chapitre 1)
Ces 14 cibles concernent:
• Gestion de l'énergie,
• Gestion de l'eau,
• Gestion des déchets d'activité,
• Gestion de l'entretien et de la maintenance
• Confort hygrothermique,
• Confort acoustique,
• Confort visuel,
• Confort olfactif,
180
• Les objectifs sont fixés par le maître d’ouvrage dans le cadre de son programme.
• Le système de management permet de mobiliser l’ensemble des acteurs pour atteindre les objectifs.
• Aucune solution architecturale et technique n’est imposée : le choix est justifié et adapté au contexte.
• La création d’un environnement intérieur sain et confortable tout en limitant les impacts environnementaux est recherchée.
• Les performances sont évaluées. »
Dans le cas de la Plateforme PREDIS, compte tenu des problématiques dans lesquelles elle s’inscrit, les exigences environnementales se portent
davantage sur les sujets relatifs à la gestion énergétique et au confort des habitants ce qui a abouti à privilégier un certain nombre de cibles par
rapport à d’autres (Annexe 2). Chacun des thèmes retenus dans le projet a alors été hiérarchisé selon trois niveaux par l’AMO HQE:
- Base: correspond à un niveau de traitement réglementaire et/ou couramment mis en œuvre dans d’autres opérations similaires
- Performant : traduit un souhait d’amélioration des performances par rapport au cadre réglementaire et/ou à la pratique courante
du Maître d’Ouvrage.
- Très Performant : traduit les priorités du Maître d’Ouvrage pour l’opération. Les thèmes associés à ce niveau de traitement
devront faire l‘objet d’efforts de conception particuliers permettant une amélioration significative des performances environnementales obtenues.
On peut désormais observer, de par la définition même des termes employés dans la démarche, qu’il existe un niveau de
complexité par rapport aux exigences environnementales mais au-delà de cela on peut se questionner sur les critères de performance évoqués ici.
Il n’y a pas ou peu d’indications sur la définition de « performance ». Ici, la performance est considérée comme une comparaison entre une
situation existante (ou réglementaire) et une configuration à améliorer.
181
Architecture
Préconisations HQE
L’atelier visant le choix des techniques, procédés et matériaux s’inscrit dans une logique principalement environnementale. En
effet, il est demandé à avoir des matériaux au maximum respectueux de l’environnement (utilisation de structure en bois) et des occupants du
point de vue hygiénique. Du point de vue de l’isolation, un effort minimum de mise en conformité avec la RT2000 est demandé. Pour cela, des
solutions techniques sont évoqués (comme double peau intérieure) et des valeurs limites pour le choix des équipements d’isolation et menuiseries
est fixé (coefficient de transmission thermique U parois extérieures <0,33 W/m².K, U fenêtres < 1,7 W/m².K, Isolation de l’enveloppe
Ubat<0,7W/m².K). Les préconisations typiquement architecturales afin de bénéficier des apports naturels ont davantage attrait à la bioclimatique
dont nous ne développerons pas ici.
Chauffage/ rafraîchissement
Préconisations HQE
Le poste de chauffage et de rafraîchissement fait à la fois l’objet d’efforts du point de vue architectural (utilisation de matériaux à forte
inertie pour réduire les besoins de climatisation, isolation performante pour la réduction des besoins de chauffages, etc.…) et également à la mise
en place de systèmes de chauffage et de climatisation pour compléter les besoins de chaud ou de froid. L’objectif est en terme de système de
chauffage une consommation en énergie utile < 50kWhEP.m².
Parmi les points remarquables de cette partie, il apparaît une exigence de gestion de l’intermittence et de la modulation de la fourniture en
fonction des besoins (régulation multizonales). D’autre part, il est demandé à la conception technique de prendre en compte la possibilité de
fonctionner dans certaines zones à des horaires ou des périodes où la plupart des activités sont arrêtées via des dispositifs de redémarrage
d’installations de chauffage. Une attention particulière a été portée aux locaux à occupation intermittente ou très aléatoire.
Pour le rafraîchissement, aucun équipement n’a été souhaité sauf si justification comme le local serveur, privilégiant une solution
architecturale telle que la ventilation naturelle. Néanmoins, il est suggéré que des modélisations thermiques dynamiques permettront de valider la
182
stratégie de confort thermique. Le nombre d’heures d’inconfort (où la température est supérieure à 27,5°C durant les périodes d’occupation) doit
être inférieur à 40 heures.
Périodes
Zones d’activité Chauffage
Etage Ventilation Occupants Puissance dissipée
thermiques des /Rafraîchissement
scénarios
25 PC: 100W /poste
Plateforme 7h à 19h Inoccupation : 17°C 3 Machine Zone manip :
RDC EP 18 m /h/personne 20
Occupation : 20°C 2kW
Recherche
Eclairage: 7W/m²
18 m3/h/personne
Salle
Informatiqu Inoccupation : 17°C 20 PC fixe : 100W
R+1 7h à 19h Double flux 20
e Occupation : 20°C Éclair age: 7 W/m²
coefficient
Industrielle
d’échange 0,7
183
Le bureau d’études Fluides a donc rédigé pour la phase DCE un document (Cahier des Clauses techniques particulières. Lot 11 :
Chauffage-Ventilation-Sanitaire-Plomberie-Climatisation) décrivant de manière précise la réalisation technique telle qu’elle devrait mise en
œuvre (raccordement hydraulique, etc..) mais n’est exprimé de manière succincte (donc libre d’interprétation) ou alors simplement omis les
informations relatives aux côntrole-commande et régulation en fonction des besoins, la mise en place de capteurs permettant une gestion des
équipements par rapport à l’usage.
Ventilation
Préconisations HQE
Des solutions architecturales peuvent être mises en place, comme la ventilation naturelle, mais sinon des dispositif comme des Ventilation
Double flux, permettant une récupération de l’énergie (rendement supérieure à 70%) et donc source d’économie d’énergie.
On retrouve également des exigences concernant la gestion de l’intermittence et de la modulation en fonction des besoins. D’autre
part, l’optimisation de la consommation électrique des ventilateurs sera recherchée et le système devra pouvoir être arrêté en période prolongée
d’inoccupation. Il est cherché à avoir une consommation des moteurs P <0,22 W/m3.h. Enfin, les débits seront adaptés aux besoins, sans
surdimensionnement.
184
« Programmations conditionnelles et temporelles avec pilotage en temps réel des différents appareils de :
chauffage
. ventilation
. climatisation
. éclairage
.Stores extérieurs
Surveillance centralisée des défauts d’alarmes techniques.
Surveillance et signalisation centralisées des équipements techniques.
Programmer le fonctionnement de divers circuits en fonction des créneaux horaires des conditions d’occupation des locaux.
Contrôler et archiver les températures des locaux, les mesures de puissance.
Elaborer un bilan énergétique.
Supervision GTB avec plans graphiques dynamiques. »
Une telle description globale a donc ensuite été fournie aux entreprises, accompagnée bien entendu de spécificités techniques (protocole
de communication, réalisation de l’interface etc.…) mais les prescriptions par rapport aux réglages des équipements et la gestion de l’énergie vis-
à-vis des usages n’ont pas été détaillées. Cela pourrait s’apparenté à une politique de l’autruche : c’est une politique qui court vite, une politique
qio fait des gros œufs, c’est tout (Karadoc, Kaamelott).
Eclairage
Préconisations HQE
Une utilisation optimale de l’éclairage naturel a été requise.
L’objectif est d’avoir un confort visuel ne permettant pas un éblouissement des occupants. Pour cela, il est préféré des parois claires
(facteur de réflexion : plafond > 0,7 ; 0,4<murs<0,7 ; 0,2<sols<0,4). D’autre part, le Facteur de Lumière du Jour12 (FLJ) a été déterminé au
travers d’une étude d’accès à la lumière (via un logiciel d’éclairage naturel DIAL – Europe) pour la salle de classe et salle informatique : FLJ
>2% sur 60% de la surface ; et pour les salles spécialisée TP, science : FLJ >1,5% sur 60% de la surface. On retrouvera l’ensemble des modèles
employés en 8.
Pour l’éclairage artificiel, la gestion de l’intermittence et de modulation de l’éclairage en fonction des besoins doit être respecté :
asservissement à l’éclairage naturel, détection de présence dans hall d’accueil, éclairage extérieur sur sonde crépusculaire. Les technologies
d’éclairage artificiels seront des lampes faible consommation, dont la puissance installée <0,03 W/m².lux, et l’efficacité lumineuse > 85lm/W
ou des ballasts à cathode chaude avec possibilité, le cas échéant d’éclairage par LED.
Phase Esquisse/APS/APD
12
Le Facteur de Lumière du Jour est le rapport de l’éclairement intérieur reçu en un point du plan de référence (généralement le plan de travail ou le niveau du sol) à
l’éclairement extérieur simultané sur une surface horizontale en site parfaitement dégagé. Il est exprimé en %
185
Comme mentionnée dans les préconisations HQE, une étude préliminaire sur les Facteur de Lumière du Jour a été menée sur les
différentes salles afin de déterminer le potentiel d’éclairage naturel. Néanmoins concernant l’éclairage artificiel, aucune étude particulière n’a été
effectuée. En effet, le bureau d’études Fluides qui s’est chargé de concevoir l’architecture du système d’éclairage (annexe 9) s’est principalement
basé sur son expérience métier et donc il est alors difficile de distinguer la raison du choix de type de capteurs ainsi que leurs positionnements.
Nous verrons par la suite comment de telles configurations sont en liaisons étroites avec l’usage.
186
Annexe 2 : Organisation des thèmes environnementaux dans la démarche HQE
Niveau de performance
N°
thème Très performant Performant Base Sans objet
Atelier 1: Relations harmonieuses du bâtiment avec son environnement immédiat X
1 Respect de ceux qui vont vivre avec le bâtiment X
2 Dialogue avec le site X
3 Conception des espaces plantés X
4 Droit des riverains X
5 Transports et déplacements urbains X
Atelier 2: Choix des techniques, procédés et matériaux de construction X
6 Choix des techniques, produits et matériaux X
7 Technique, produits, matériaux: économie d'énergie et de ressources, du berceau à la tombe X
8 Technique, produits, matériaux : risques sur la santé X
9 Techniques, produits, matériaux en œuvre: risque sur l'environnemental X
10 Adaptabilité du bâtiment X
41 Entretien, maintenance X
Atelier 3: Approche énergétique X
14 Economie d'énergie X
15 Isolation de l'enveloppe X
16 Solarisation du bâtiment X
17 Economie d'énergie pour le chauffage X
18 Economie d'énergie pour le rafraîchissement et la climatisation X
19 Economie d'énergie pour l'eau chaude sanitaire X
20 Economie d'énergie pour l'éclairage X
21 Economie d'énergie pour la ventilation X
22 Economie d'énergie pour l'électroménager X
23 Economie d'énergie pour les autres usages X
24 Energies renouvelables: énergie solaire X
25 Energies renouvelables: énergie éolienne X
26 Energies renouvelables: bois énergie X
27 Energies renouvelables: valorisation des déchets X
28 Energies renouvelables: énergie hydraulique X
29 Energies renouvelables: géothermique X
30 Cogénération X
187
31 Couche d'ozone X
32 Pluies acides X
33 Effet de serre X
34 Déchets radioactifs X
Niveau de performance
N°
thème Très performant Performant Base Sans objet
Atelier 4: Gestion de l'eau X
36 Economie d'eau potable X
36 Récupération des eaux de pluie X
37 Gestion eaux pluviales à la parcelle X
Atelier 5: Gestion des déchets et des effluents X
38 Systèmes d'assainissement innovants X
39 Gestion des déchets ménagers X
40 Gestion des déchets d'activité X
Atelier 6: Confort et santé à l'intérieur du bâtiment X
42 Confort thermique d'hiver X
43 Confort thermique d'été X
44 Confort acoustique X
45 Confort visuel X
46 Eclairage naturel X
47 Ventilation pour la qualité de l'air et le confort olfactif X
48 Confort et santé des occupants: risques chimique et biologiques X
49 Confort et santé des occupants: risques dus à la radioactivité et aux ondes électromagnétiques X
50 Qualité de l'eau X
Atelier 7:Organisation et déroulement d'un chantier à faibles nuisances X
11 Déconstruction et gestion des déchets de déconstruction X
12 Chantier: nuisances, pollutions, risques santé et environnement X
13 Chantier: déchets de chantier X
188
Annexe 3 : Apports internes et demandes spécifiques
189
Annexe 4 : Plan architectural Rez-de-chaussée
190
Plan architectural 1er étage
191
Annexe 5 : Modèle Architectural COMFIE Pleiades de la Plateforme PREDIS MHI- Rez-de chaussée
192
193
Annexe 6 : Schéma de Principe Ventilation Rez-de-chaussée
194
Schéma de Principe Ventilation 1er étage
195
Annexe 7 : Plan Ventilation réelle Rez-de-chaussée
Cassette de climatisation
Circuit d’extraction d’air VMC
VMC Double Flux 1er Circuit d’extraction d’air Circuit de soufflage d’air
étage
Bureaux Rez-de-chaussée
Zone TP
198
Etude Facteur de lumière du Jour Plateforme Informatique Industrielle
199
Annexe 9 : Plan éclairage Rez-de-chaussée
200
Plan Eclairage 1er
201
Annexe 10 : Plan d’aménagement et de placement des capteurs Salle Informatique
Vide
Local Espace
Technique Bureau
Couloir
202
Plan d’aménagement et capteurs Espace Bureau Vide
Salle
Informatique
Vide
Couloir
203
Annexe 11 : Modèle Thermique Etude PREDIS MHI : Rez-de-chaussée
204
Modèle Thermique Etude PREDIS MHI : 1er étage
205
Annexe 12 Processus de conception et description de la Plateforme MHI
206
Ce processus de conception permet de réunir ainsi les différents acteurs de la maîtrise d’œuvre autour d’un cahier des charges dictant un
certain nombre de préconisations. Les préconisations HQE qui sont de l’ordre de l’informel plutôt que du chiffrage/du dimensionnement,
s’affèrent à donner des pistes de travail pour les différents domaines étudiés (annexe 1).
Dans nos travaux, nous nous sommes attaché plus spécifiquement à l’étude de l’usage dans les salles « Salle Informatique » et
« Espace Bureau ». Ce choix s’explique par le fait qu’elles représentent de façon représentative, les usages dans des bâtiments de type bureau
(pour l’Espace Bureau) et de type enseignement (pour la Salle Informatique).
On peut retrouver les plans architecturaux de ce projet en Annexe 4.
207
12.2.2.1 Gestion Technique Centralisée et Instrumentation Sans Fil
La GTC qui est installée a davantage un rôle de supervision dans le sens où elle remonte les informations fournies par les différents
capteurs (capteurs de débits d’air, de température, de consommation d’énergie (1 impulsion par kWh) des différents départs électriques : prises
électriques et éclairage commun), capteurs de contacts de portes/fenêtres et position de stores) et gère également en fonction de cela le
contrôle/commande des systèmes de ventilation et de chauffage car ces deux fonctions sont réalisées conjointement par une VMC (Ventilation
Mécanique Contrôlée) Double Flux ; ainsi que la gestion des stores et de l’éclairage artificiel.
Toute cette supervision est gérée par un logiciel de supervision (InTouch) qui dialogue avec les différents actionneurs et capteurs
au travers de protocoles de communication comme Modbus ou LonWorks. Cette supervision est installée sur un ordinateur ordinaire permettant
le stockage des données.
Le système de chauffage est réalisé de deux manières : soit au travers d’une Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) Double Flux
(Plateforme MHI) soit par des radiateurs d’appoints (Rez-de-chaussée). La VMC Double flux (figure 70) est une technologie de ventilation où on
récupère les calories de l’air intérieur renouvelé pour réchauffer l’air neuf soufflé dans la pièce au travers d’un échangeur rotatif réduisant ainsi la
demande énergétique de chauffage (figure 70). En période d’hiver, cet air neuf préchauffé par l’échangeur rotatif de la VMC passe au travers
d’une batterie chaude (convertisseur de chaleur eau-air avec de l’eau provenant du circuit d’eau chaude industrielle du bâtiment, dont la
production est réalisée au moyen d’une chaudière fioul que l’on ne considérera pas dans notre étude) afin de pouvoir atteindre au final la
température souhaitée.
La régulation de la VMC est effectuée par la GTC et la seule action possible pour les occupants est le changement de consigne de +/- 3°C
au travers d’un gradateur afin d’atteindre le confort thermique souhaité.
3A35A
D48F5225A
F8A56A E34458F5A35A
1234567895ABCDA
Tint
F8A5 54!A 3
BA725A2A
208
Figure 70 : Fonctionnement de la VMC en Mode chauffage ou Normal (sans batterie chaude)
12.2.2.2b Refroidissement
Ce bâtiment dispose d’un système de climatisation (Rez-de-chaussée) ainsi que d’un système de rafraîchissement de type freecooling
effectué par la VMC Double Flux (1er étage). Ce mode de fonctionnement de la VMC double flux (figure 71) permet de surventiler les pièces
durant la nuit (en augmentant de 1,5 fois le débit nominal), profitant de l’air plus frais de la nuit, pour rafraîchir le bâtiment. Durant la journée, la
ventilation en interne et l’inertie du bâtiment doivent normalement permettre de conserver une température de confort acceptable. Dans ce cas-là,
il n’y a donc plus d’échange thermique au niveau de l’échangeur rotatif.
La régulation de débit d’air pour le freecooling est réalisée par la GTC et les occupants n’ont pas de possibilité d’action sur le système de
ventilation dans ce mode-là.
B75A855A772F"A
B75A85#23"5A
F8A56A F8A
1234567895ABCDA
Tint
F8A5 54!A 3
BA725A2A
La ventilation est assurée par la VMC double flux au travers de circuits de soufflage présentés en annexe 6. Les occupants n’ont pas de
contrôle direct sur le système de ventilation.
La seule régulation qui est effectuée sur le débit d’air concerne la régulation de température par rapport à la consigne programmée.
D’autre part, il existe seulement deux plages de fonctionnement : période d’occupation de l’immeuble de 7h à 12h et de 13h à 19h durant
lesquels la ventilation fonctionne et est éteinte en dehors de ces plages de fonctionnement. Un tel réglage a été préprogrammé au niveau de la
GTC et seuls les gestionnaires du bâtiment peuvent le modifier le cas échéant.
209
12.2.2.4 Eclairage
Le choix des luminaires s’est porté sur des tubes fluorescents, étant, à l’époque de l’installation, le type d’éclairage artificiel
collectif des plus performants. Des tubes de lumières ont également été installés au niveau de la zone de passage afin de pouvoir ramener la
luminosité naturelle du toit vers le rez-de-chaussée.
Dans les bureaux A et B du rez-de-chaussée, des stores automatisés ont été installés. Ils sont automatisés par le niveau d’éclairage
extérieur permettant de se baisser plus ou moins en fonction du niveau de luminosité mais également en fonction de l’occupation.
L’installation de l’éclairage artificiel bénéficie d’une configuration permettant d’avoir deux zones de réglage différentes: zone 1er
jour et zone 2eme jour (figure 72). Ces zones sont définies en fonction de leur localisation par rapport à l’apport naturel d’éclairage via les
fenêtres.
Enfin, le système d’éclairage artificiel est relié à un capteur de présence permettant l’allumage automatique et l’extinction
automatique au bout de 15 minutes en cas de non-détection de présence.
Couloir
Intérieur
Extérieur
Les équipements brun et blanc installés étant indépendants du projet de conception et appartenant déjà au laboratoire, ils ont été installés
dans les pièces assignées à leurs fonctions. On retrouve ainsi:
210
- Charges électriques d’expérimentation pour des travaux de recherche en électronique de puissance: banc de puissance,
instrumentation, etc.…
- Ordinateurs fixes et portables pour les bureaux et la plateforme PREDIS MHI : 4 Ordinateurs portables+ écran plat et 4
ordinateurs fixes situés dans l’espace bureau de la plateforme MHI et 15 ordinateurs portable dans la salle informatique de la
plateforme PREDIS MHI
12.2.3 Occupants
En fonction des zones de travail, on retrouvera trois types de profils d’occupants :
- Doctorants : majoritaires et étant le plus présents en terme de fréquence occupation des zones de vie. Ils occupent principalement
le Rez-de-chaussée et l’Espace Bureau de la Plateforme MHI
- Chercheurs permanents et techniciens : disposant de leur bureau dans le bâtiment (Rez-de-chaussée) mais dont le taux
d’occupation est plus aléatoire et temporaire
- Elèves ingénieurs : Occupants de la Salle Informatique de la plateforme MHI, dont l’occupation provient principalement d’un
emploi du temps de cours. Néanmoins, étant également une salle Informatique libre service, lors de projets d’étude, des étudiants peuvent profiter
de cette salle pour y mener leurs travaux.
On peut noter enfin que les populations présentes dans ces locaux sont de différentes cultures, ce qui influe sur les modes de vie et
comportements énergétiques (européennes, maghrébines, asiatiques, etc...)
211
Annexe 13 : Questionnaire de satisfaction usagers
Espace Bureau
212
213
214
215
216
217
218
Annexe 14 : Résultats du questionnaire de satisfaction de la Plateforme PREDIS MHI
Légende
Espace Bureau 8 doctorants
Salle Informatique 5 élèves ingénieur
Confort acoustique
219
Figure A4: Cause et importance de l'Inconfort Acoustique dans l'Espace
Bureau Remarques émises sur la partie acoustique et bien
60% être
50% Dans l'ensemble, l'accès au prises électriques n’est pas
Cours en Salle Informatique
40% évident (les capteurs de mesure de puissance occupent
Discussions dans l'espace
quasiment tout l'espace) et
30%
Bureau les multiprises des bureaux sont difficilement accessibles
20% Ventilation (notamment si on veut couper le soir en partant)
10% La place des ordinateurs n'est juste pas très judicieuse
Bruits du couloir et pour travailler en groupe mais sinon le confort acoustique
0% alentours
et le bien être sont assez bons.
nt
nt
nd
le
t
Autres
en
ea
ea
ib
fo
és
is
ng
ng
de
nu
pr
Dé
Dé
ui
No
Pe
ès
Tr
désagréable.
120%
Mettre des écouteurs
100% Cours en Salle Informatiqu
Mettre une chaise pour fermer la porte (porte Salle 80%
Informatique) 60% Discussions dans l'espace
Bureau
40%
Fermer la porte (si elle ferme (porte couloir)) Ventilation
20%
nt
nt
nd
le
t
en
ea
ea
ib
Autres
fo
és
is
ng
ng
de
0 1 2 3 4 5 6 7
nu
pr
ra
ra
n
Dé
Dé
ui
No
Pe
Br
ès
Tr
220
Bien être
Confort Thermique
Figure A9: Confort thermique Global Figure A10: Confort thermique durant Figure A11: Confort thermique durant
la période Hiver (Octobre-> Avril) la période d'été (Mai->Septembre)
30% 60%
40%
20% 40%
Très Bon Mauvais Très Bon 20% Mauvais Très Bon Mauvais
10% 20%
0% 0% 0%
221
Durant la période hiver (Octobre->Avril) :
Figure A12: Fréquence de période de sensation de Trop Froid Figure A13: Fréquence de période de sensation de Trop Chaud
Hiver Hiver
0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70%
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70%
222
Réglage et contrôle du système de chauffage/rafraîchissement
(VMC Double flux selon ses modes de fonctionnement)
Très performant
Très performant
Performant Performant
Convenable Convenable
A améliorer A améliorer
Exécrable Exécrable
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80%
223
Figure A20: Actions réalisées en cas d'Inconfort thermique Remarques émises sur la partie
thermique
Avoir une visualisation de la température
Autre directement sur le bouton de contrôle de la
température
Installer un système supplémentaire individuel de Ajouter une climatisation l'été La sensation de froid
chauffage/climatisation en hiver et de chaut en été est très grande.
Je pense qu'il faut augmenter la température de
Agir sur la consigne de réglage du chauffage/climatisation consigne en hiver et en contre partie la diminuer
en été.
Mettre un vêtement en plus (ou en enlever un) Ca sera bien si on arrive (les gens qui se trouvent
à la salle) à contrôler nous même la température.
1) Le système de chauffage à réajuster. 2) Guide
Ouvrir la porte
d'utilisateurs à prévoir : si cela existe déjà, penser
à l'afficher de manière plus visible
Quitter la pièce
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Nom bre de réponses
224
Confort qualité d'air et Ventilation
Figure A21: Confort Aéraulique
Figure A22: Confort Sensation courant Figure A23: Confort Placem ent bouche
d'air d'air
Exécrable Exécrable Exécrable
40% 40% 40%
30% 30% 30%
20% 20% 20%
Très Bon Mauvais Très Bon Mauvais Très Bon Mauvais
10% 10% 10%
0% 0% 0%
Très souvent (plus de 3 fois par semaine) Très souvent (plus de 3 fois par semaine)
Souvent (au moins 1 fois par semaine) Souvent (au moins 1 fois par semaine)
Assez souvent (entre 2 et 4 fois par mois) Assez souvent (entre 2 et 4 fois par mois)
Rarement (entre 1et 2 fois par mois) Rarement (entre 1et 2 fois par mois)
Très rarement (moins d'une fois par mois) Très rarement (moins d'une fois par mois)
0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70%
225
Figure A26: Sensation Trop d'Air
Figure A27: Connaissance moyen de
contrôle Air
Très souvent (plus de 3
fois par semaine) Salle
0%
Informatique
Souvent (au moins 1 fois 0%
par semaine)
29%
Assez souvent (entre 2
et 4 fois par mois) Oui
50% 50%
Rarement (entre 1et 2 fois Je ne sais
par mois) 71% pas
Non
Très rarement (moins
d'une fois par mois)
Espace
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% Bureau
226
A30: Actions réalisées en cas d'Inconfort Aéraulique
Remarques émises sur la partie aéraulique
Autre
Réglage du débit surtout l'été afin de pouvoir avoir
Installer un système supplémentaire individuel de ventilation
plus d'air si ça devient pesant ou au contraire réduire
le débit s'il fait trop chaud
Certaines bouches de soufflage sont situées presque
Agir sur la consigne de réglage de ventilation
au dessus de bureaux. On ressent l'air insufflé. Cela
peut être agréable en été mais un peu dérangeant
Mettre un vêtement en plus (ou en enlever un)
en hiver,
on a une sensation de courant d'air.
Ouvrir la porte Il aurait peut être mieux valu mettre ces bouches au
dessus des zones de passage. Sinon la ventilation
Quitter la pièce est agréable. On a la sensation de respirer de l'air
frais et pur.
0 1 2 3 4 5 6 7
le confort aéraulique est mieux que le confort
Nombre de réponses
thermique.
Confort Visuel
Figure A32: Jugem ent sur l'Apport Figure A33: Jugem ent de l'Apport
Figure A31: Confort Visuel Global Eclairage Naturel Eclairage Artificiel
Exécrable Exécrable
Exécrable 50% 50%
60%
40% 40%
40% 30% 30%
20% 20%
20% Très Bon Mauvais Très Bon Mauvais
Très Bon Mauvais 10% 10%
0% 0% 0%
227
Figure A35: Connaissance moyen de
Figure A34: Actions réalisées en cas d'Inconfort Visuel contrôle Eclairage
Salle
Autre Informatique
20%
0%
Installer un système
25%
individuel d'éclairage
Quitter la pièce
Espace
0 1 2 3 4 5 6 7 8 Bureau
Nom bre de réponses
Autre
Figure A36: Moyen d'allumage éclairage artificiel Très Souvent (Plusieurs fois par jour)
Automatiquement mais je ne suis pas détecté à mon poste Rarement (1à 3 fois par mois)
(je dois me mettre dans le champ de détection)
Très Rarement (moins d'une fois par mois)
Automatiquement, par capteur de présence qui me détecte à
Jamais ( Les autres le font pour moi)
mon poste
Jamais (pas Besoin)
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5
Nom bre de réponses 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45%
228
Figure A39: Jugem ent sur le contrôle m anuel de l'éclairage
Figure A38: Jugement sur le contrôle automatique de l'éclairage
80% Autre
70%
Bon (Fonctionne correctement)
60%
50%
Mal placé
40%
20%
A supprimer
10%
229
Annexe 15 : Simulation de la surchauffe liée à l’usage
Afin de nous rendre compte de l’importance des apports internes et étudier l’impact énergétique de l’usage du point de vue thermique du
bâtiment, nous avons mené une étude de simulation thermique sous COMFIE Pleaides, en utilisant un modèle à partir des documents de
rénovation (la définition des zones est donnée en annexe 11) Les scénarios d’usage utilisés sont ceux du tableau 6 en prenant comme hypothèse
que chaque appareil électrique dissipe 1 W de chaleur thermique pour 1 W électrique consommé.
Périodes
Etag Zones Chauffage Ventilatio Occupan
d’activité des Puissance dissipée
e thermiques /Climatisation n ts
scénarios
Inoccupation :
8h à 19h 2 PC fixe :-activité : 100W
RD Bureau A et 17°C 2 par
Pause entre 0.43 Vol/h -veille : 5W
C B Occupation : bureau
12h et 13h Eclairage: 42 W
20°C
Inoccupation :
17°C
8h à 19h 8 PC fixe :-activité : 100W
RD Occupation :
Zone PC Pause entre 0.6 Vol/h 6 -veille : 5W
C 20°C
12h et 13h Eclairage: 168 W
Climatisation :
26°C
Inoccupation :
17°C Machine EP : 4 kW
8h à 19h
RD Occupation : (fonctionnement court non
Zone Manip Pause entre 0.55 Vol/h 6
C 20°C prévisible)
12h et 13h
Climatisation : Eclairage : 900W
26°C
Une simulation thermique dynamique sur une année type, avec des données météo d’un site voisin, on trouve des besoins énergétiques de
chauffage très bons également au cours d’une année (moins de 2kWh/m².an sur la plateforme PREDIS MHI) Une telle performance est due à
l’importance des apports internes (puissance thermique dissipée par les occupants et les équipements électriques)).
230
Etude de la part des apports internes
La part thermique lié à l’usage est ici très important. Afin de pouvoir étudier quelle est la part de contribution énergétique des apports
internes (occupants, puissance dissipée par les équipements électriques et solaire), il est nécessaire de faire pour cela 5 simulations distinctes
[IZAR, 2006]. Ces 5 simulations correspondent à un plan d’expérience où l’on appliquera le théorème de superposition. La méthode consiste à
faire une simulation indépendante de chaque apport interne et d’étudier leur contribution par rapport au cas où ils sont ensemble (c'est-à-dire la
simulation complète). Un tel découplage des apports ne peut être fait que par simulation car dans la réalité, on ne peut pas se soustraire à l’apport
solaire.
Les différentes simulations s’effectuent avec certains scénarios d’usage actifs comme précisé dans le Tableau 7
Simulation/ Scénarios d’usage Consigne de Apports Apports Apports Equipements
pour la simulation chauffage Solaires Occupants électriques
Simulation Sans apports (SSA) X
Simulation Apports solaires
X X
(SAS)
Simulation Apports Occupants
X X
(SAO)
Simulation Apport Electrique
X X
(SAE)
Simulation Tout Apports (STA) X X X X
Tableau 7 : Procédure de simulation en fonction des scénarios de fonctionnement COMFIE
Soit BSSAi, BSTAi, BSASi, BSAOi et BSAEi les besoins de chauffages de la zone thermique i associés respectivement à chacun des essais
précédents. La part maximale de chaque apport interne se calcule à partir de la contribution de chaque apport. L’équation s’écrit donc (Equation
21) :
Apport SolaireMax i = (BSSA i - BSASi )/((BSSA i - BSASi ) + (BSSA i - BSAE i ) + (BSSA i - BSAO i )) * ( BSSA i - BSTA i )
Equation 21
Apport Electrique Max i = (BSSA i - BSAE i )/((BSSA i - BSASi ) + (BSSA i - BSAE i ) + (BSSA i - BSAO i )) * ( BSSA i - BSTA i )
Apport OccupantMa x i = (BSSA i - BSAO i ) /((BSSA i - BSASi ) + (BSSA i - BSAE i ) + (BSSA i - BSAO i )) * ( BSSA i - BSTA i )
Ce calcul est valable pour les périodes de chauffe mais pour les périodes de climatisation, il suffit d’inverser les tests STA et SSA dans la formule
ci-dessus en simulant avec une consigne de température de climatisation.
Ainsi, pour la plateforme PREDIS MHI on obtient la répartition des contributions énergétique de chaque apports thermiques interne permettant
d’obtenir la température de confort de 20°C durant les périodes d’occupation (figures 73 et 74)
231
Figure
Figure73
31: Répartition des apports thermiques Espace Bureau
Contribution de chaque source thermique (%)
100% 470 420 503 417 384 289 175 150 182 273 360 480 Apports énergétiques
mensuels (kWh)
80%
60%
0%
Fé e r
ril
éc re
t
in
s
ov re
e
O re
pt ût
r
ai
ille
ie
ar
br
Av
Ju
vi
D mb
Se Ao
M
N ob
b
vr
M
em
Ju
em
n
ct
Ja
232
Figure 32:
Figure 74 Répartition des apports thermiques Espace Informatique
100% Apports énergétiques
682 651 720 705 549 411 234 169 215 403 604 663
mensuels (kWh)
Contribution de chaque source thermique (%)
80%
60%
0%
ril
éc re
Fé r
t
s
in
O re
ov re
e
pt ût
r
ai
ille
ie
ie
ar
br
Av
Ju
b
Se A o
M
b
ob
nv
vr
em
M
em
Ju
em
ct
Ja
On se rend compte dans ces simulations de la contribution des apports thermiques que dans notre bâtiment, qui est conçu pour être
énergétiquement performant, les apports internes liés à l’usage : occupant et équipements électriques, sont prépondérants sur le bilan énergétique
global (+ 80 % des apports énergétiques dans chaque salle). Aussi, ces apports internes permettront en période de chauffe, de réduire la
consommation énergétique chauffage, mais en été, cela contribuera aux périodes de surchauffe
233
Annexe 16 : Terminologies de l’épistémologie constructiviste
L’hypothèse phénoménologique : L’hypothèse phénoménologique suppose que les connaissances ne sont pas définies intrinsèquement par la nature des
dispositifs. Ce que nous connaissons, théorisons et modélisons est la perception que nous en avons, dans un contexte donné. Il en résulte que les théories, les
modèles, … n’ont pas valeur de vérité intemporelle, indépendante des observateurs, mais sont des connaissances dynamiques continuellement remaniables
pour s’adapter à de nouveaux contextes, … Cette hypothèse propose une alternative à l’hypothèse ontologique du cadre classique (signifiant l’accès à
l’essence et à la nature des objets indépendamment de la perception des concepteurs – modélisateurs)
L’hypothèse téléologique : L’hypothèse téléologique suppose que les théories et modèles sont dépendants des objectifs à atteindre par le
concepteur/modélisateur dans le contexte. Ceci vient en opposition à l’hypothèse déterministe : la nature des savoirs, des connaissances devient à présent aussi
liée aux fins, alors qu’elle était plutôt exclusivement déterminée par la nature et l’essence des objets dans l’approche classique, qui étaient vues comme la
cause déterminante de leur nature. Pour le dire encore autrement : c’était uniquement la nature des choses qui déterminait la nature de la connaissance, alors
que l’hypothèse téléologique, suppose que c’est aussi le but du projet qui va fixer la nature du savoir. Cela introduit à nouveau le concepteur - modélisateur
qui définit et construit ces buts et ce projet.
Le principe de la modélisation systémique : les connaissances sont le résultat d’un processus de construction global, dépendant bien sûr de l’objet, mais
aussi du contexte, des objectifs, de l’observateur ... Ce principe relativise le principe de l’analyse réductionniste au sens où il prend acte du fait que pour faire
l’étude d’un système, on ne peut pas systématiquement le réduire à l’étude de ses parties prises isolément. Autrement dit émergent au niveau du système des
propriétés que l’on ne peut déduire de l’étude des composants pris isolément. Il faut donc considérer les connaissances, les théories et les modèles dans leur
globalité, intégrés dans leur contexte et leurs objectifs. L’observateur fait aussi pleinement partie du système, notamment dans l’élaboration des modèles, dans
le sens où ce qu’il modélisera est la perception qu’il a de ces phénomènes. Ce principe vient en complément ou en opposition de l’analyse réductionniste de
l’épistémologie classique naïve.
Le principe d’action intelligente : les connaissances sont argumentées (et non démontrées), et sont tenues pour possibles (et non vraies). Ce principe vient en
complément ou en en opposition du principe de raison suffisante de l’épistémologie classique naïve.
En s’inspirant de [LEMO, 1999], on peut proposer comme critère principal d’évaluation des connaissances, pour surmonter les limites du seul principe de
validation expérimental, l’effectivité ce qui signifie que les connaissances pour être valables doivent avoir :
- la capacité d’être valides dans certains contextes, pour agir (comprendre, prendre, des décisions, …) avec un résultat efficace permettant notamment de
mener à bien les projets des concepteurs/modélisateurs
- tout en sachant qu’elles peuvent être simultanément non valides dans d’autres contextes.
Pour être ainsi effectives, ces connaissances pourront avoir comme propriétés :
- L’intelligibilité, soit la capacité d’aider à la compréhension, à l’aide à la décision pour les acteurs humains, …
- La capacité à être délibérable, donc confrontable à l’expérimentation, mais pas seulement, aussi à l’argumentation, à la critique, au débat, …
234
Annexe 17 : Analyse de l’usage d’un bâtiment
Géolocalisation Période et Caractérisation de Constitution/ Manière Raison
(Où ?) durée la population Objectif (Quoi ?) (Comment ?) (Pourquoi ?)
(Quand ?) d’usagers* (Qui ?)
Chauffage Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel :
Présence effective d’une Lors de l’occupation Emission de chaleur : apports Niveau de température Ouverture de la Confort thermique
pièce effective d’une pièce interne humain (20°C) fenêtre/porte pour Raison sociale, bien être
Localisation de la pièce Domaine Sensible : Niveau d’humidité rafraîchir/chauffer ou
dans le bâtiment A l’instant où l’usager (50%<HR <80%) autres
(Nord/Sud) juge sa satisfaction Mise de la consigne au
Domaine Sensible : maximum
A l’endroit où l’usager
juge sa satisfaction
Climatisation Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel :
Présence effective d’une Lors de l’occupation Emission de chaleur : apports Niveau de température Ouverture de la
pièce effective d’une pièce interne humain (20°C) fenêtre/porte pour Confort thermique
Localisation de la pièce Domaine Sensible : Niveau d’humidité rafraîchir/chauffer Raison sociale, bien être
dans le bâtiment A l’instant où l’usager (50%<HR <80%) Mise de la consigne au
(Nord/Sud) juge sa satisfaction maximum
Domaine Sensible :
A l’endroit où l’usager
juge sa satisfaction
Ventilation Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel :
Présence effective d’une Lors de l’occupation Nombre d’occupants émettant Taux de CO2 Ouverture de la
pièce effective d’une pièce du CO2 Taux de COV fenêtre/porte pour ventiler
Domaine Sensible : Domaine Sensible : Odeurs Forçage manuel à une
A l’endroit où l’usager A l’instant où l’usager Sensation aux courants d’air consigne maximale :
juge sa satisfaction juge sa satisfaction
Eclairage Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel : Domaine Sensible :
Présence effective d’une Lors de la présence En fonction du nombre exact Niveau de lumière Changement consigne de Confort visuel
pièce effective de personne et leurs Rendu des couleurs luminosité Domaine Rationnel :
Localisation exact si Domaine Sensible : localisation dans la pièce si Eblouissement Extinction, allumage) Esthétique (Ambiance
pièce commune A l’instant où l’usager salle commune visuelle)
(zonage) juge sa satisfaction Sécurité
Domaine Sensible :
A l’instant où l’usager
juge sa satisfaction
235
Ordinateur Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel :
Selon le profil socio Informations de type média Mise en veille ou non lors Travail
Informatique professionnel et les activités de (son, image, vidéo) ou de d’absences prolongées Loisir
travail/loisir type textuelle Education
Equipement intrinsèquement lié à l’usage. Non commandable car allumage, usage et extinction sont liés à l’action de l’usager
Equipement lié à l’usager par usage discontinu sinon fonctionne de manière autonome afin de compenser les actions de l’usager
Equipement lié à l’usage par allumage de l’équipement. Ce sont des charges délestables, reportables
*: La caractérisation de la population peut intégrer des paramètres plus ou moins pertinents pour la conception de système de gestion énergétique
comme :
Le nombre d’habitants
La qualité socioprofessionnelle (permet de construire des patterns d’occupation davantage ciblés pour l’anticipation des usages
(occupation des pièces)) car l’utilisation de certains équipements varie selon la catégorie professionnelle.
237
Annexe 18 Aide à la conception du système de Ventilation
Parmi les autres systèmes énergétiques du bâtiment, on peut retenir le système de ventilation qui d’ailleurs en terme d’élément physique, agit sur
le même élément que le confort thermique: l’air.
Nous nous attacherons ici à étudier le système de ventilation de la salle Informatique de la plateforme PREDIS MHI durant la même semaine
d’étude que précédemment (du 29 novembre au 3 Décembre 2010). Nous reprendrons la même philosophie et cheminement que l’étude du
chauffage mais cette fois ci du point de vue aéraulique (principalement la qualité de l’air).
- la qualité de l’air (répondant à la question Quoi ?) qui pourra être évaluée par le taux de CO2 (en ppm (partie par millions)) présent
dans l’air ambiant ainsi que par le taux de concentration COV (composé organique volatil), les odeurs, etc. (dont nous ne tiendrons
pas compte par la suite de ces derniers). On considérera que toutes les personnes ont le même niveau d’exigence (ou niveau de
satisfaction) par rapport au niveau de CO2 et cela constamment au cours du temps. Mesurabilité : Le taux de CO2 est une grandeur
physique facile à mesurer grâce à des capteurs de CO2 existant sur le marché (mesure indiquée généralement en ppm (partie par
millions)).
- La sensation aux courants d’air liée en partie au positionnement des bouches d’aération ainsi que le débit d’air interne d’une pièce qui
peut amener les personnes à être plus ou moins satisfaisantes. Mesurabilité : difficile car liée au jugement des personnes à un instant
donné.
Domaine rationnel
Parallèlement, le domaine rationnel regroupe l’ensemble des paramètres composant l’usage ayant un rapport direct avec l’action :
- La localisation spatiale et temporelle. Où, quand et combien de temps les pièces sont occupées par un ou des usagers ? (Réponse à la
question Où ? et Quand ? de l’approche QQOQCP) Comme dans l’exemple thermique, en fonction de l’identité des usagers qui
peuvent avoir un emploi du temps d’occupation variable, l’usage du système de ventilation sera conséquent Mesurabilité : Comme
précédemment, le lieu et le moment peuvent être combinés en terme d’instrumentation par un capteur de présence.
- le nombre d’occupants. En effet, sachant que le principal émetteur de CO2 est l’usager lui-même, en tant qu’espèce vivante, le
nombre d’usagers influencera le niveau de CO2 et par conséquent la qualité d’air. (Réponse à la question Qui ? de l’approche
QQOQCP) Comme évoqué précédemment, le nombre de personnes est totalement couplé au système physique car influe directement
le paramètre physique sensible de taux de CO2.
238
- Les réactions à l’inconfort (Réponse à la question Comment ? de l’approche check-list) Comme observé dans le retour d’expérience
de la Plateforme PREDIS MHI, l’usager peut agir indirectement (ouverture porte, installation ventilateur personnel) sur le système de
ventilation ce qui aura des conséquences au niveau énergétique et confort. Mesurabilité : Assez difficile d’instrumentation.
Que la force soit avec toi.
18.2 Construction de la fonction de satisfaction globale à partir des fonctions de satisfaction de chaque paramètre
d’usage
18.2.1 Fonction de satisfaction sensible de la qualité de l’air
Nous avons choisi pour la construction de la fonction de satisfaction sensible de ne prendre que le taux de CO2 comme paramètre d’usage
identifié après l’approche QQOQCP (partie 18.1). On pourra, dans des études plus approfondies, prendre en compte les autres paramètres
d’usage sensible.
Le taux de CO2 dans l’air est une donnée liée au syndrome de bâtiment malsain qui donne la liste des paramètres physiques qui peuvent
engendrer l’inconfort et agir sur la santé des habitants. En cela, le taux de CO2 se positionne ainsi comme une grandeur physique réglementée
(Norme NBN EN 13779 par exemple) dont il existe une classification de niveaux acceptables (Tableau 8)
Contrairement à la température qui est une donnée physique, le taux de CO2 est davantage liée au processus de sécurité dans le sens où il existe
un seuil au-delà duquel cela est dangereux pour la santé. Ainsi, la fonction de satisfaction sensible pourra disposer de différents seuils.
On propose que la satisfaction serait maximale tant qu’on est en deçà du seuil limite (CO2 limite= 1000ppm) mais se dégraderait ensuite au fur
et à mesure que le taux de CO2 augmente jusqu’à un maximum (CO2 max=1600ppm dans notre exemple) au-delà duquel la satisfaction sera
nulle (figure 75). La loi d’évolution de la courbe de satisfaction entre CO2 limite et CO2 max peut être de différentes allures : exponentielle
(comme dans notre cas où l’on a estimé empiriquement ses paramètres (Equation 22)), linéaire (dans le cas d’implémentation dans un système de
gestion d’énergie du bâtiment (figure 77), etc…
239
C (t )
( −16)
100
SCO 2 = (1 − e 2
) Equation 22
C (t ) = Taux de CO2 (ppm)
Satisfaction Satisfaction
1 1
Taux CO2 (ppm) Taux CO2 (ppm)
0 CO2 0 CO2
CO2 max CO2 max
limite limite
Figure 75 : Fonction de satisfaction CO2 (exponentielle et linearisée)
Une telle fonction de satisfaction est opérationnelle lors de la présence effective des habitants car ce sont eux qui ressentent ces phénomènes
240
a.FSsi ,CO 2 + b.FSri , Energie
FSi , aéraulique = Equation 24
a+b
18.3 Application au Système de ventilation
L’objet de l’étude de l’aide à la décision est de pouvoir comparer ici différentes configurations d’un même système de ventilation. Ces
configurations différencient selon la stratégie de côntrole-commande appliqué afin de pouvoir fournir le niveau de CO2 souhaité.
- Système Sans Ventilation : (Scénario d’étude n°1 Annexe 19) On suppose une première étude sans ventilation artificielle et où le
renouvellement d’air est seulement réalisé au travers des infiltrations d’air (portes, fenêtres, etc…). Cela pourrait correspondre
également à la situation où le système de ventilation est en panne.
- Système de Ventilation Basique Sans régulation (Scénario d’étude n°2 annexe 19) : Dans ce cas, on suppose un débit de ventilation
constant (430m3/h) durant les heures d’ouverture de la salle : de 8h à 18h du lundi au vendredi. Ce débit correspond environ à la
valeur nominale préconisée par la réglementation sur la ventilation dans les bâtiments si l’on prend 18m3/h/personnes avec notre
scénario de 25 personnes présentes. On pourra remarquer au passage que c’est cette solution qui est employée réellement sur la
plateforme PREDIS MHI.
- Système de chauffage avec Détection de présence Sans régulation (Scénario d’étude n°3 annexe 19) : Dans ce cas, la ventilation est
enclenchée lors des horaires d’occupation de la salle Informatique (les lundi, mardi, mercredi et vendredi aux horaires effectives) à un
débit égal à 430m3/h. Technologiquement, ce scénario pourrait correspondre à l’installation d’un détecteur de présence commandant
le système de ventilation.
- Système de chauffage anticipatif avec régulation (Scénario d’étude n°4 annexe 19) Dans ce cas, le système de ventilation dispose
d’une régulation de débit par rapport au taux de CO2. Cette régulation est construite de façon à ne pas ventiler lorsque le taux de
CO2 est inférieur à 1000ppm (seuil de CO2 au-delà duquel les effets du CO2 peuvent être nocif pour la santé. Taux limites donné pour
des immeubles de bureau (AQME, 1995)) et au-delà, on ventile de façon à maintenir le taux de concentration à 1000ppm.
241
La consommation électrique d’un ventilateur peut être lié au débit d’air qu’il fournit par l’équation 25 [AICVF, 1992]. On supposera dans notre
calcul la perte de charge constante. La valeur de la perte de charge retenue est celle trouvée expérimentalement à un point de fonctionnement
donné (1030Pa)
Q (t ).∆p
Célec (t ) = Equation 25
ηvent
avec
Célec = Consommation électrique du transport de l'air (W)
Q = Débit d'air neuf (m3 / s )
∆p = Pertes de charge (pulsion+extraction) (Pa)=1030 Pa
ηvent = Rendement global du système de ventilation (moyenne entre pulsion et extraction)=0.65
Cette consommation électrique nous permet donc de pouvoir construire le coût énergétique de chaque solution.
La conversion entre la quantité de CO2 exprimée en grammes et en ppm est obtenue par (Equation 27) :
242
C( ppm ) (t ) *V * mair
C( g ) (t ) =
1000 Equation 27
mair = masse volumique de l'air:1.2kg/m3
Grâce à la détermination de l’évolution de la concentration de CO2 on peut évaluer la fonction de satisfaction sensible aéraulique dans
notre étude de cas. Ensuite, avec la fonction de satisfaction rationnelle, on construit la fonction de satisfaction globale et l’applique aux
différentes stratégies de côntrole-commande de ventilation afin de les comparer sur le diagramme de compromis Coût/Satisfaction.
243
18.4.1 Diagramme de compromis sur la satisfaction globale
3
-76%
2
-54%
De façon triviale, on retrouve que l’absence de ventilation (scénario 1 figure 76) génère une satisfaction très basse car le taux de concentration de
CO2 atteint plus de 7000 ppm.
On peut remarquer d’autre part que le système avec ventilation basique (2) (Scénario d’étude 2 de l’annexe 19), qui correspond au système de
régulation réellement installé sur PREDIS, n’est pas la solution optimale du point de vue efficacité d’usage énergétique car consommant
beaucoup d’énergie pour un résultat de taux de CO2 peu efficace (taux supérieur à 1500ppm)) (annexe 20). En effet, cette solution de ventilation
tourne tout le temps et est donc discriminée grâce à la fonction de satisfaction rationnelle.
On peut ensuite constater qu’avec la simple installation d’un capteur de présence couplé à la commande du système de commande, on peut
réduire sensiblement la consommation énergétique (de 77 Wh à 18 Wh soit 76% de réduction) tout en augmentant la satisfaction globale (qualité
244
d’air + économie d’énergie) (en allant du point 2 au point 3 du graphe 76) Une telle solution simple à mettre en œuvre apparaît comme
intéressante dans ce cas où l’on favorise la réduction d’énergie mais c’est au détriment du taux de CO2 dans ce cas ( taux de CO2 > 2000ppm)
La solution (4) consistant à mettre en place un système de régulation apparaît comme une solution offrant la meilleure efficacité d’usage
énergétique car elle permet d’offrir une qualité d’air optimale (<1000 ppm) tout en économisant de l’énergie par rapport à la solution de
ventilation basique (réduction de 56%). Néanmoins, on peut remarquer que cette dernière solution n’est pas la plus économe car dans la
construction de l’optimisation du débit de ventilation du système en fonction du CO2, nous n’avons pas contraint un débit maximum (et donc une
puissance de ventilation maximale correspondant à la limite physique du système de ventilation) ce qu’y engendre des débits importants. On
s’aperçoit ici que l’on pourrait mettre en œuvre une optimisation de la loi de commande du système de ventilation avec comme contrainte le taux
de concentration de CO2 d’une part et les économies d’énergies d’autre part.
246
Annexe 19 : Scénarios d’étude pour le système de ventilation
247
Annexe 20 : Graphes d’évolution du taux de CO2
Scénario d’usage : Occupation Modèle : 25 personnes constant durant les périodes d’occupation de la salle Informatique
248
Annexe 21 : Aide à la conception système d’éclairage artificiel
Nous allons nous intéresser à présent au 3ème type de confort composant le confort ambiant : le confort visuel au travers de l’étude de
l’éclairage artificiel. Nous nous intéresserons uniquement à l’éclairage artificiel qui vient en complément de l’éclairage naturel ce dernier faisant
l’objet d’optimisation lors de la conception architecturale. Comme pour le système de chauffage et de ventilation, nous reprendrons la même
trame d’analyse et d’application.
Néanmoins, nous étudierons ici l’Espace Bureau de la plateforme PREDIS MHI car cette pièce dispose de huit postes de travail et est
utilisée de façon plus importante que la salle Informatique. Une telle configuration permet de définir de manière plus individualisée la notion de
confort visuel. D’autre part, le retour d’expérience en matière d’insatisfaction sur l’éclairage s’est fait en particulier sentir dans cet endroit.
On découpera ainsi huit zones d’éclairage dans cette pièce où l’on y mettra pour chaque zone un luminaire (annexe 22). La science de
l’éclairage et de la lumière étant un domaine scientifique en soit, nous aborderons ce domaine de façon simpliste par rapport à la réalité afin de
pouvoir valider sur un cas simple notre outil d’aide à la décision.
On posera l’hypothèse simplificatrice que le niveau d’éclairement lumineux dans une zone est seulement due à l’éclairage naturel ainsi
que l’éclairage artificiel de cette zone et n’est pas influencé pas le système d’éclairage artificiel d’une zone voisine.
21.1 Analyse de l’usage et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage du confort visuel
Le confort visuel est une autre composante du confort d’ambiance dont l’interaction entre l’usager et l’artefact est beaucoup plus présent
et direct que dans le cas de la ventilation ou du chauffage. Cela est lié également au fait que l’inertie du phénomène lumineux est quasi nulle
comparé à l’inertie thermique ou aéraulique qui font qu’il y a un certain temps de réactivité au niveau des équipements mais également des
usagers (l’insatisfaction de la lumière va être immédiate)
Domaine sensible :
Si l’on applique la méthode QQOQCP au domaine sensible de l’éclairage, on pourra retrouver plusieurs paramètres d’usage sensibles intervenant
dans le confort visuel :
- La quantité de lumière reçue par une surface (répondant à la question Quoi ?) qui pourra être évaluée par l’éclairement lumineux (en
lux) à un point donné de la pièce. On prendra cette grandeur physique comme principal élément d’évaluation du confort visuel car
correspondant à l’objectif du service d’éclairage. On considérera que toutes les personnes ont le même niveau d’exigence (ou rapport
de satisfaction) par rapport au niveau d’éclairement lumineux (niveau de luminosité défini par rapport à une surface située à 1m,
correspondant au plan de travail pour un travail de bureautique) et cela constamment au cours du temps. Mesurabilité : Assez facile
grâce à l’emploi d’un luxmètre situé sur la zone de travail
- La sensation à la couleur : Le rendu des couleur est un éléments sur lequel on peut juger un éclairage artificiel selon la température
des couleurs émis
- La sensibilité aux éblouissements définit également le confort visuel afin de ne pas trop fatiguer l’œil
249
Domaine rationnel :
Parmi les paramètres prenant part à la satisfaction rationnelle c'est-à-dire liée à l’action, on peut y trouver :
- la localisation de l’usage : où est situé l’usage (l’usager), dans quel endroit de la pièce le confort visuel doit être évalué ? (Réponse à
la question Où ? de l’approche check-list) Il s’agit ici de prendre en compte en plus de cela le positionnement de l’usager vis-à-vis
des sources lumineuses naturelles (fenêtres) et artificielles (lampes, etc.…) et déterminer quelles sont les zones où l’occupation est
effective. Pour notre étude, on réalisera le découpage de l’espace Bureau en huit zones correspondant aux huit postes de travail où se
situe l’usage.
- le moment de l’usage : quand et combien de temps les postes de travail sont occupés par un ou des usagers ? (Réponse à la question
Quand ? de l’approche check-list). Mesurabilité : Comme précédemment un capteur de présence permet de localiser précisément
l’usage ainsi que son instant d’occurrence.
- le nombre d’occupant. Cela sera couplé à la problématique de la localisation de l’usage car l’intérêt est de savoir quel usager est
positionné à quel poste de travail afin d’individualiser la notion de confort visuel. (Réponse à la question Qui ? de l’approche check-
list). Mesurabilité : La mesure d’une telle donnée pourra s’effectuer soit indirectement au travers de capteur de CO2 soit directement
avec des compteurs de présence et/ou détecteur de présence par zones.
- Les réactions à l’inconfort (Réponse à la question Comment ? de l’approche check-list) Comme observé dans le retour d’expérience
de la Plateforme PREDIS MHI, l’usager peut agir indirectement (agissant sur l’occultation des fenêtre) ou directement (en forçant la
consigne d’éclairage) sur le système de ventilation ce qui aura des conséquences au niveau énergétique et confort.
- La raison d’avoir le confort visuel peut être ici également multiple (Réponse à la question Pourquoi ? de l’approche check-list). En
effet, la raison d’utiliser un système d’éclairage artificiel peut être pour des raisons de visualisation des objets mais il peut être,
notamment dans le cas d’application résidentiel, utilisé pour des raisons de sécurité (lumière laissée allumée la nuit pour rassurer les
enfants, pour montrer une présence dans la pièce), d’esthétique (utilisation de lampes colorés pour créer des ambiances lumineuses
particulières,..) etc.…
250
21.2 Construction de la fonction de satisfaction globale à partir des fonctions de satisfaction de chaque paramètre
d’usage
21.2.1 Satisfaction sensible de l’éclairement lumineux
Comme nous avons pu le voir précédemment, le confort visuel est un domaine complexe et il est difficile de pouvoir construire une
fonction de satisfaction universelle pour l’éclairage (annexe 24). Néanmoins, nous baserons la construction de notre fonction sur seulement le
niveau d’éclairement qui est facilement mesurable.
Afin de construire le profil de la fonction de satisfaction de confort visuel, on s’est basé ici sur les réponses d’un questionnaire mené au sein de la
plateforme PREDIS MHI portant sur le confort visuel (annexe 25). On emploie, pour la construction de la fonction de satisfaction, une méthode
empirique par l’expert et validé par une enquête exploratoire in situ (par questionnaire) (Partie 1 chapitre 4) Dans ce questionnaire, il est question
de définir les niveaux d’éclairage acceptables ainsi que le comportement de la satisfaction supposée en fonction de l’éclairement lumineux afin
de déterminer, avec les usagers, la forme et l’amplitude de la fonction de satisfaction sensible de l’éclairement lumineux. C’est ainsi une fonction
de satisfaction construite par les usagers et adaptée à eux-mêmes.
Il est ressorti de cet entretien sociologique (que le concepteur peut donc mener) un certain profil de satisfaction : le ressenti des personnes
par rapport au confort visuel se caractérise par une plage de tolérance à l’éclairement lumineux (75% des personnes interrogées ont choisi le
profil présenté figure 78).
Ainsi, la fonction de satisfaction sensible (SLux) pourra être définie par une plage optimale d’éclairement total où la satisfaction est maximale,
limitée de part et d’autre par un seuil minimum (Ecl Opt Min) et maximal (Ecl Opt Max) au delà desquels la satisfaction se dégrade jusqu’à des
points limites (Ecl limite min et Ecl limite max) où la satisfaction s’annule (figure 78).
Satisfaction
SLux
1
Eclairement Total
lumineux (Lux)
0
Ecl limite Ecl Opt min Ecl Opt max Ecl limite
min max
Figure 78 : Fonction de satisfaction Eclairement Lumineux
On pourra retrouver dans la thèse de Carre [CARR, 2008] que le confort visuel pourrait prendre en compte différents éléments et serait défini
selon certaines normes nationales et internationales. On remarquera que cette fonction de satisfaction découle en fait d’une linéarisation d’une loi
de distribution gaussienne qui pourrait être également utilisée à condition de la paramétrer en fonction des exigences des personnes.
251
21.2.3 Fonction de satisfaction rationnelle.
Comme précédemment, il est intéressant de pouvoir construire une fonction de satisfaction correspondant à la consommation énergétique
permettant de pouvoir faire émerger les gaspillages d’énergie. On prendra pour construire une telle fonction de satisfaction, les paramètres
d’usage rationnel de présence d’occupant dans une zone donnée, les horaires d’ouverture du bâtiment ainsi que la puissance électrique
consommée par l’éclairage artificiel.
Ainsi, on construit avec les usagers, suite à une réflexion liée au jugement de ce qui est juste ou pas de consommer selon leurs points du vue, une
fonction de satisfaction (Sénergie) privilégiant la consommation d’énergie lorsque une zone i est éclairée lorsqu’elle est effectivement occupée et
pénalisant les périodes d’éclairage alors que la zone I est inoccupée (Equation 28):
2SI (Presence Usageri =1 & Ouverture Batiment=1) ET Puissance Eclairagei >0: Sénergie ,i =1
3
4SI ((Presence Usageri =0 & Ouverture Batiment=1) OU Ouverture Batiment=0) ET Puissance Eclairagei =0: Sénergie ,i =1 Equation 28
3
5SI ((Presence Usageri =0 & Ouverture Batiment=1) OU Ouverture Batiment=0) ET Puissance Eclairagei >0: Sénergie ,i =0
a+b
On va à présent appliquer cette fonction de satisfaction globale du confort visuel au système d’éclairage artificiel que l’on va présenter à présent
252
21.3.1 Systèmes de côntrole-commande
Les configurations d’éclairage artificiel étudiés différencient selon la stratégie de côntrole-commande appliquée afin de pouvoir fournir le niveau
d’éclairement lumineux souhaité en prenant en compte ou non l’éclairage naturel.
Les 6 types de côntrole-commande que l’on comparera au travers du diagramme de compromis différent en terme de loi de commande de
l’éclairement lumineux qui est le paramètre physique principal effectué par un système d’éclairage artificiel:
- Système Eclairage de Base : Par interrupteur (Scénario d’étude n°1 Annexe 23) On suppose une première étude dans laquelle une
première personne arrive le matin allume l’éclairage général (donc fournissant un éclairage à tous les postes de travail) de la salle à un
niveau de maximal correspondant au flux lumineux maximal disponible au niveau des luminaires (400 Lux) et une dernière personne
l’éteint. Il y aura ainsi 400lux d’éclairement lumineux provenant de l’éclairage artificiel dans chaque zone durant toute la période
d’occupation du bâtiment. Un tel scénario pourrait correspondre également à un enclenchement automatique programmé par la GTC
en fonction de l’horaire d’ouverture du bâtiment.
- Système Eclairage avec Détecteur de présence (Scénario d’étude n°2 annexe 23) : Dans ce cas, on suppose que l’éclairage artificiel
général (allumage simultanée des huit zones) à 400lux s’effectue à la détection de présence d’au moins une personne présente dans
l’espace bureau lors des heures d’ouverture de la salle.
- Système de zonage de l’éclairage (Scénario d’étude n°3 annexe 23) : Dans ce cas, on met en application les zones d’éclairage défini
en annexe 18 et on suppose que chaque zone est éclairé par le luminaire correspondant à un éclairement lumineux nominal de 400 lux.
Ce déclenchement s’effectue par détection de présence d’une personne dans la zone concernée. Technologiquement, ce scénario
pourrait correspondre à l’installation d’un détecteur de présence dans chaque zone ainsi qu’une commande d’éclairage
indépendante, par zones. Un tel système de localisation de l’usage permet d’intégrer la dimension « lieu » de l’approche QQOQCP
intégrant ainsi l’usage.
- Système Eclairage de Base : Par interrupteur avec régulation éclairage naturel (dimming) (Scénario d’étude n°4 annexe 23) : On
reprend ici le système d’allumage classique de l’éclairage général (allumage par le premier usager entrant et extinction par le dernier
usager sortant) avec cette fois ci un niveau d’éclairement lumineux régulé en fonction de l’éclairage naturel rentrant dans la pièce. Le
but est de maintenir 400lux dans chaque zone donc le flux lumineux artificiel compensera le manque d’éclairage. Cette technologie
s’appelle le dimming [KIM, 2007].
- Système Eclairage avec Détecteur de présence et Dimming (Scénario d’étude n°5 annexe 23) : Dans ce cas, on suppose que
l’éclairage artificiel général (allumage simultanée des 8 zones) s’effectue à la détection de présence d’au moins une personne présente
dans l’espace bureau lors heures d’ouverture de la salle mais à un niveau de d’éclairement régulé en fonction de l’éclairage naturel
(dimming).
- Système de zonage de l’éclairage avec Dimming (Scénario d’étude n°6 annexe 23) : Dans ce cas, on met en application les zones
d’éclairage défini en annexe 21 et on suppose que chaque zone est éclairée par le luminaire correspondant équipé d’autre part d’un
253
système de dimming. Un tel système de localisation de l’usage et de régulation de la lumière permet d’intégrer les dimensions « lieu »
et « objectif »de l’approche QQOQCP intégrant ainsi davantage l’usage.
254
Figure 79 : Puissance électrique des luminaires pour une zone durant une journée en
fonction des différentes configurations du système d’éclairage artificiel
Cette consommation électrique nous permettra de déterminer le coût énergétique des différentes configurations du système d’éclairage étudié
255
Equation 31 FJ = Ep / Ehz (%) = FJD + FRE + FRI
FJD Composante Directe FRI Composante Réfléchie Interne
FRE Composante Réfléchie Externe Ehz Eclairement Extérieur sans soleil
Compte tenu de la complexité du cas d’étude de la salle Espace Bureau PREDIS, qui fait partie d’un bâtiment dans un bâtiment (donc n’est pas
soumise à la lumière directe de l’extérieure), nous ne modéliserons pas la partie d’éclairage naturel résultante de l’apport solaire extérieur mais
simplement nous modéliserons un certain flux lumineux entrant dans l’espace bureau. Nous considérerons donc que la luminosité dans le shed
est, du point de vue de l’espace bureau, l’éclairage naturel extérieur.
Ainsi, nous considérons que l’éclairement lumineux naturel en un point regroupera à la fois la composante réfléchie extérieure et réfléchie
intérieure. Le calcul classique de ces composantes s’effectue au travers de la modélisation des ciels (ciel clair et ciel couvert), de l’étude de la
luminance avec les paramètres de réflexion des différentes parois et les paramètres de transmission des fenêtres. Dans notre cas, ne disposant pas
de l’ensemble de ces informations, nous établirons un modèle simplifié de l’éclairement lumineux pour une zone donnée au cours d’une journée
s’inspirant de l’évolution du rayonnement solaire sur une journée. Ce modèle d’éclairement global (modèle gaussien de Jain [BAIG, 1997]) est
calculé en fonction de la connaissance du rayonnement global I au zénith (Tzenith) (Equation 32)
256
1 6 (t − Tzenith) 2 7 Equation 32
I (t ) = exp 8 − 9
σ 2π A 2σ 2 B
avec σ = deviation standard, determiné pour I (Tzenith) connu
Aussi, on estimera cette course du soleil par la même équation de Gauss, ayant pour paramètres l’éclairement maximal (EMax) ; l’heure du lever
et du coucher du soleil (Tlever, TCoucher) en considérant l’heure du zénith au temps médian (Tzenith) et un facteur correctif 5 (Equation 33).
Nous considérerons deux modèles d’éclairement lumineux correspondant à un jour clair et à un jour nuageux (figure 81) dont nous avons estimé
le calcul des paramètres 5 et 2 s’effectuant au Zénith où E =E max et au lever E=Emin.
λ 6 (t − Tzenith) 2 7
Enat ,i (t ) = exp 8 − 9
σ 2π A 2σ 2 B
avec
Enat ,i = Eclairement naturel dans la zone i
Equation 33
23 Emax,beautemps = 500, Emin,beautemps = 10
Enat ,i = 4
35 Emax, nuageux = 300, Emin,nuageux = 10
23σ beautemps = 128
σ = dispersion= 4
35σ nuageux = 138
23λbeautemps = 161000
λ = facteur correctif= 4
35λnuageux = 103800
257
Emax beau temps
Emax nuageux
T Lever T Coucher
T Zenith
Nous pouvons ensuite construire une semaine typique où on simulera certains passages nuageux provoquant une diminution de l’éclairage naturel
(figure 82)
258
Passages nuageux
Eclaircie
A partir de cela, nous ferrons un certain nombre d’hypothèses concernant la modélisation de l’éclairage artificiel :
- Nous considérerons par la suite que chaque zone reçoit indépendant ce profil d’éclairage naturel et que l’éclairage d’une zone n’est pas
influencé par l’éclairage naturel et artificiel de la zone voisine.
- Nous supposerons que les zones 1, 2, 3 et 4 reçoivent l’intégralité de cet éclairement naturel car ces zones sont situées à côté des
fenêtres alors que les zones 5, 6, 7 et 8 recevront que la moitié de cet éclairage naturel (annexe 22)
- Enfin, nous ferons l’hypothèse que l’éclairement lumineux résultant de deux sources lumineuses (ici l’éclairage naturel d’une part et
l’éclairage artificiel d’autre part) pour la zone, est la somme des éclairements lumineux (Equation 34)
259
ET ,i (t ) = Enat ,i (t ) + Eart ,i (t )
ET ,i = Eclairement total d'une zone i
Enat ,i = Eclairement naturel d'une zone i Equation 34
Par exemple, l’éclairement résultant dans la zone 1 durant une journée, en fonction des différentes configurations de systèmes d’éclairage
(annexe 22) permet de voir la différence d’éclairement (figure 83).
Figure 83 : Niveau Eclairement Lumineux dans une zone durant une journée en
fonction des différentes configurations du système d’éclairage artificiel
260
21.4 Analyse des résultats et prise de décisions
Comme dans les exemples thermiques et aérauliques préalablement présentés, le concepteur du système d’éclairage artificiel dispose d’une
palette d’outil, notamment en ce qui concerne les diagrammes de compromis, afin de pouvoir faire des choix en fonction de ses objectifs.
6 5 4
2 1
261
Le diagramme de compromis de satisfaction sensible permet déjà d’évaluer le confort visuel qu’offre chaque solution de côntrole-
commande d’éclairage artificiel. On peut déjà remarquer, compte tenu de la proximité des valeurs de satisfactions (entre 0,94 et 1) que toutes les
solutions offrent un service d’éclairage satisfaisant. Néanmoins, on peut voir émerger de manière triviale que les solutions avec dimming, qui
permettent justement de réguler la luminosité artificielle en fonction de la luminosité naturelle (évitant alors un sur éclairement lumineux),
offrent une satisfaction sensible maximale de 1. On peut désormais remarquer, ce qui apparaîtra de manière plus évidente avec la satisfaction
rationnelle, que les solutions avec dimming , en plus d’offrir un meilleur confort visuel, consomment moins d’énergie ce qui va doublement dans
le sens de l’efficacité d’usage montrant bien qu’en intégrant l’usage, on réduit la consommation énergétique.
En effet, au regard du diagramme de compromis de satisfaction rationnelle (figure85), on se rend compte que les solutions avec dimming
(4, 5, 6) consomment moins que les solutions sans dimming (1,2, 3) permettant une réduction moyenne de la consommation énergétique de 33%.
Néanmoins, l’implantation de ces systèmes ne consomment respectivement pas mieux cette énergie car la satisfaction rationnelle ne change pas
entre la solution avec et sans dimming (même satisfaction rationnelle de 0,51 entre les solutions 1 et 4, de 0,55 entre solutions 2 et 5, et de 0,75
entre les solutions 3 et 6 de la figure 85)
Ainsi, à travers ces deux précédents diagrammes, on peut en tirer un certain nombre d’information :
- la solution de contrôle par Interrupteur est celui qui est le plus facile à mettre en place mais celui consommant le plus. Ce système peut
être amélioré avec un système de détection de présence permettant d’économiser globalement 8% d’énergie (figure 87)
- le fait de tenir encore davantage de l’usage par la mise en place du zonage (lieu de l’usage) est aussi une solution efficace d’usage car
consomme encore moins que les deux solutions précédentes (plus de 50% de réduction d’énergie) et améliore un peu le confort visuel (point 3
figure 85).
- la technologie de dimming permet d’améliorer sensiblement le confort visuel tout en offrant une réduction de la consommation
énergétique (de plus de 30%). Cela est dû au fait que l’on tient mieux en compte de l’usage au travers du niveau de luminosité perçu
(composante « Qui » de l’approche check-list).
262
-33 %
6 3
-50 %
5 2
-8
4 1
On pourra retrouver l’ensemble de ces renseignements afin de pouvoir distinguer les configurations les plus efficaces d’usage au travers du
diagramme mettant en rapport la satisfaction sensible et la satisfaction rationnelle (figure 86)
263
4 5 6
264
Figure 87 : Diagramme de compromis satisfaction globale avec
approche PLN (a=1,b=2)
6
3
4 2
1
Enfin, dans le diagramme de compromis situant la satisfaction globale (avec approche PLN) par rapport au coût, on retrouve un
positionnement des différentes solutions nous permettant un choix encore plus évident de par le fait que l’on a valorisé (par la pondération) les
solutions économes en énergie, ce qui démarque encore plus la solution avec dimming et zonage. Cela prouve une fois de plus que plus on
intègre l’usage (passant du scénario 1 au 6) dans les solutions de côntrole-commande (, meilleure sera le compromis coût et satisfaction (et donc
l’EUE ce qui permet ainsi de conforte le concepteur dans ses choix. En effet, avec le système de dimming, on prend en compte la dimension
« Quoi ? » et avec le système de zonage, on prend en compte les dimensions « Où , Quand et Qui ? » de l’approche QQQOCP appliqué à l’usage
de l’éclairage.
265
Annexe 22 : Découpage de l’espace Bureau en Zones d’éclairage
266
Annexe 23 : Scénarios d’étude pour le système d’éclairage artificiel
Consigne d’éclairement Basique : Avec Détecteur Basique avec Détection Avec Zonage
Avec Zonage
lumineux Par interrupteur Présence Dimming Présence et Dimming Avec Dimming
Scénario d’usage
Nombre d’occupants
1 2 3 4 5 6
Temps
267
Annexe 24 : Le confort Visuel dans l’architecture bioclimatique
Le confort visuel est une impression subjective liée à la quantité, à la distribution et à la qualité de la lumière. L’environnement visuel nous procure une
sensation de confort quand nous pouvons voir les objets nettement et sans fatigue dans une ambiance colorée agréable.
L’obtention d’un environnement visuel confortable dans un local favorise le bien-être des occupants. Par contre, un éclairage trop faible ou trop fort, mal
réparti dans l’espace ou dont le spectre lumineux est mal adapté à la sensibilité de l’œil ou à la vision des couleurs, provoque à plus ou moins longue échéance
une fatigue, voire même des troubles visuels, accompagnés d’une sensation d’inconfort et d’une performance visuelle réduite.
Le confort visuel dépend d’une combinaison de paramètres physiques : l’éclairement, la luminance, le contraste, l’éblouissement et le spectre lumineux,
auxquels s’ajoutent des caractéristiques propres à l’environnement et à la tâche visuelle à accomplir, comme la taille des éléments à observer et le temps
disponible pour la vision. Le confort visuel relève, en outre, de facteurs physiologiques et psychologiques liés à l’individu tels que son âge, son acuité visuelle
ou la possibilité de regarder à l’extérieur.
Les paramètres du confort visuel pour lesquels l’architecte joue un
rôle prépondérant sont :
268
Annexe 25 : Questionnaire sur le confort lumineux et l’éclairement lumineux artificiel
On s’intéresse ici à évaluer le niveau d’éclairage proposé par l’éclairage artificiel, et ce au cours de l’année.
Quels sont les paramètres rentrant en compte dans le jugement de l’éclairement apporté par l’éclairage artificiel?
Apport Eclairage Naturel
Période de la journée
Météo extérieure
Nature de travail à effectuer sur le poste de travail
Autres (préciser)
Si l’on devait construire un profil de votre satisfaction par rapport au niveau d’éclairement lumineux, lequel serait-t-il ?
Satisfaction
SLux
1
Eclairement Total
lumineux (Lux)
0
Ecl limite Ecl Opt min Ecl Opt max Ecl limite
min max Satisfaction
Satisfaction SLux
SLux 1
1
0
0 Ecl limite
Ecl limite Ecl Optimal Ecl limite Eclairement Total max
min max lumineux (Lux)
Autre : Merci de dessiner le profil
Satisfaction 1
SLux Eclairement
1 lumineux
0
Eclairement Total artificiel
lumineux (Lux) 269
0
Ecl limite
min
Annexe 26 : Méthodologie proposée pour la conception par l’usage de la Plateforme PREDIS
Etude
techniqu
e(
270
Annexe 27 Etude du diagnostic d’usage sur le cas du lave-linge
27.1 Analyse de l’usage et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage du lave-linge
Le but d’un lave-linge, est d’apporter une certaine qualité d’hygiène au vêtement sale introduit dans la machine. On retrouve d’ailleurs, dans
l’autre type d’OUE thermique à puissance imposée qu’est le lave-vaisselle, le même paramètre d’usage sensible : l’hygiène du produit concerné.
Mesurabilité : Très difficile car il faudrait réaliser une analyse microscopique des vêtements avant et après le lavage.
Parmi les paramètres qui influeront sur l’usage (et caractériseront ainsi la satisfaction rationnelle), on peut retrouver
• Le choix du programme correspondant au type de linge /de fibre que l’on souhaite laver (réponse à la question Quoi ?de
l’approche QQOQCP). En fonction du programme choisi, la durée des cycles de lavage sera variable ainsi que la température de
l’eau. Une telle donnée est partie intégrante du fonctionnement de la machine à laver et est disponible facilement.
• La quantité de linge. (réponse à la question quoi ?) qui est introduite dans le tambour. La quantité de linge aura une conséquence
du point de vue énergétique car le moteur voyant sa charge augmentée, consommera plus, tout comme la quantité d’eau à
chauffer. Mesurabilité : On pourra obtenir cette quantité par la mesure du poids du tambour une fois plein. Le moment de
démarrage et de fin de cycle qui peut constituer, dans le cadre de l’étude de gestion d’énergie du bâtiment, des données d’usage à
prendre en compte. En effet, ce type de charge électrique (les OUE à puissance thermique imposée) est délestable dans le temps
ce qui permet d’éviter les pics de consommations durant la journée.
Pour des raisons essentiellement liées à la complexité de mesurabilité, nous n’étudierons ici que la fonction de satisfaction rattachée à la quantité
de linge. En effet, ce paramètre d’usage est le plus simple à mettre en œuvre (en utilisant une balance par exemple) et permet déjà, comme nous
allons le voir, de construire une fonction de satisfaction rationnelle effective et intéressante pour diagnostiquer l’usage.
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Satisfaction
1
Quantité de
linge
0
P Opt P Max
Figure 88 : Fonction de satisfaction du l’utilisation du lave-linge
Nous avons réalisé l’expérimentation sur trois lavages, à programme de lavage égaux en faisant simplement varier la quantité de linge : 2.9, 3.9
et 4.7 kg (figure 89). On supposera que la température d’eau n’a pas beaucoup changé entre ces trois essais.
Satisfaction rationnelle
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On s’aperçoit que l’efficacité d’usage est meilleure lors de l’emploi du lave-linge à un poids de linge optimum de 4.7 kg de linge plutôt
que 2.9kg. En effet, lors de l’emploi de 2,9 kg, la satisfaction rationnelle n’est que de 0,6 alors que la meilleure pratique est celle de 4,7 kg car on
lave plus de linge pour une même consommation énergétique. A l’utilisateur ensuite de juger s’il aurait pût mettre plus de linge lors de ses
utilisations afin d’optimiser son efficacité d’usage ou s’il a choisi volontairement de ne pas mettre plus de linge (par exemple en voulant trier les
couleurs des vêtements.
On remarquera que la consommation énergétique a légèrement varié entre chaque scénario d’usage ce qui peut être dû à la température
d’eau courante qui n’était pas la même. Afin de pouvoir n’avoir que l’impact de l’usage, il est ainsi nécessaire, comme nous l’avons présenté
précédemment, d’enlever la composante de l’efficacité énergétique liée à la partie physique.
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Annexe 28 : Etude de l’efficacité d’usage en exploitation pour l’ordinateur
28.1 Analyse de l’usage et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage de l’ordinateur
Dans le troisième type d’équipement fonctionnel, les appareils électriques à moindre influence thermique, le rapport à l’usage se
caractérise par un service qui est effectué à l’instant où est commandé ce service, notamment en ce qui concerne le multimédia où l’information
(visuelle ou sonore) est produite instantanément. Pour un ordinateur, les services effectués, correspondant à l’évaluation des paramètres d’usage
sensibles, sont multiples et liés à des services de types médias (vidéos, sonore, image, logiciel, texte etc.)
Domaine sensible
Les paramètres d’usage sensible peuvent donc être
- La qualité d’une image. Cette notion aura également une composante liée à l’esthétique du paramètre rendu. Mesurabilité La mesure
de sa définition (en pixel) pourrait être une évaluation de la qualité du service rendu
- La qualité d’un son. Comme pour le son, il y aura une composante liée à l’esthétique qui est difficilement formalisable.
Mesurabilité : la mesure de la fréquence (en Hz) pourrait être une évaluation de la qualité du service effectué
- La qualité d’une vidéo. Comme pour l’image et le son, la qualité esthétique devra être pris en compte mais on pourra évaluer
également la définition de l’image (en pixel) et du son (en Hz) pour attester de la qualité du service effectué
- Le rendu d’une information textuelle
- ...
Domaine rationnel :
Les paramètres d’usage caractérisant le domaine rationnel c'est-à-dire étant en rapport avec l’action initié par une réflexion, seront (de
manière non exhaustive) :
- le mode de fonctionnement de l’ordinateur qui peut être en veille standard (écran en veille mais unité centrale en
fonctionnement), veille prolongée (écran et unité centrale en veille), en état totalement allumé ou en état éteint. (Réponse à la question
Comment ?) Ces différents modes de fonctionnement qui peuvent être enclenchés automatiquement ou manuellement par l’utilisateur, impactera
la consommation énergétique
- le moment de démarrage et la fréquence d’utilisation dans la journée peuvent permettre de déterminer le type d’usage dont
l’ordinateur est effectué (réponse à la question Quand ?)
- la réactivité de l’ordinateur aux commandes effectuées par l’usager. Un exemple d’usage consommant beaucoup d’énergie est
par exemple que certaines personnes, lors d’une absence prolongée préfère laisser allumé (ou à la limite mettre en veille) l’ordinateur plutôt que
de l’éteindre car sinon le redémarrage leur parait trop lent, trop contraignant ce qui évidemment génère de la consommation « inutile ».
- le besoin d’utilisation (réponse à la question Pourquoi ?) qui peut définir les différents intérêts et les fonctionnalités selon
lesquelles est utilisé un ordinateur. En effet, on peut y retrouver des intérêts directement liés aux fonctionnalités de logiciels comme l’intérêt
d’outil de travail.
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Compte tenu de la complexité de mesurabilité de nombreux paramètres d’usage de l’ordinateur, nous nous attacherons par la suite
uniquement à l’étude de la satisfaction rationnelle par rapport à la bonne utilisation des modes de veilles. Cependant, on pourrait imaginer
d’autres fonctions de satisfaction prenant en comptes plus ou moins de paramètres d’usage identifiés :
-Fonction de satisfaction de qualité de l’information média donné (FSs): si l’on suppose que l’usager souhaite avoir un son dans
une certaine plage de fréquence auditive (entre et obtenir une définition de l’image minimum (par exemple 3 millions de pixels), on pourra créer
une fonction de satisfaction sensible prenant en compte ces deux paramètres pour évaluer la satisfaction par rapport au visionnage d’une vidéo.
- Fonction de satisfaction de besoin de service (FSr) : On pourrait, par un questionnaire, interviewer les usagers pour connaître la
raison d’utilisation de l’ordinateur ou de certains programme ou logiciel. Il serait alors possible d’établir une classification entre ces besoins et les
logiciels utilisés et voir s’ils sont correctement appropriés. Ainsi, la fonction de satisfaction discriminerait l’utilisation de logiciel gourmant en
ressources et inapproprié pour le service effectué (par exemple le lancement d’un logiciel de calcul numérique tel que Matlab pour réaliser des
calcul basique ce qui demande des ressources, et donc de la consommation énergétique, supplémentaire pour rien)
A partir du profil de présence supposé ainsi crée (paramètre d’usage rationnel de la présence), on peut construire avec le paramètre
d’usage rationnel de la puissance électrique, la fonction de satisfaction rationnelle qui permet de mettre en valeur les cas de figure où la veille est
toujours employée lors d’une absence prolongée de l’usager (Equation 35):
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Si Presence = 1 ET Puissance > 0 : Senergie = 1
Equation 35
Si Presence = 0 ET Puissance > Pveille : Senergie = 0
Si Presence = 0 ET Puissance <= Pveille : Senergie = 1
Nous avons donc construit une fonction de satisfaction effective car elle permet de mettre en évidence les périodes de consommations où
l’usager a bien agi (mettre en veille durant son absence) et pénalisant les moments de gaspillages d’énergie.
Par extension à cette fonction de satisfaction, nous avons créé deux profils fictifs d’usager qui permettront, comme nous allons le voir
ensuite, de situer l’usager par rapport à ces deux profils virtuels de consommation.
- un profil d’usager économe qui, à chacune de ses absences du poste de travail, éteint son ordinateur
- un profil d’usager non économe qui allume l’ordinateur le matin en arrivant et l’éteint le soir en partant
(Vous êtes arrivé à lire jusqu’ici ? Pour cela, vous avez gagné… toute ma reconnaissance)
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Figure 90 : Diagramme de compromis de l’utilisation d’un ordinateur portable
F’’,G’’
D’’
B’’
A’’ E’’ C’’
E’
Satisfaction rationnelle
D’
A’
C’ C
B’ B
D E
A
F,F’,
G,G’
Une telle analyse de l’usage permet ainsi à l’usager de situer son usage, au jour le jour, entre un profil de consommateur peu attentionné
aux économies d’énergie (point A à G) et un profil de consommateur vertueux (point A’’ à G’’). Cela permet ainsi d’évaluer son efficacité
énergétique d’usage dans le plan de compromis coût /confort et analyser s’il veut/s’il est prêt à améliorer sa sobriété énergétique.
Le diagramme de Compromis est donc effectif du point de vue sobriété énergétique car il permet à l’usager de proposer des alternatives
(profil d’usage virtuel sobre) où il augmenterait sa satisfaction rationnelle (en utilisant correctement les veilles) tout en économisant de l’énergie.
On peut évaluer également le bilan énergétique des trois scénarios d’utilisation afin de pouvoir estimer l’impact énergétique de l’usager
réel ainsi que sa marge de progression. Ainsi, sur notre exemple, l’usager réel consomme 22% moins d’énergie que le profil non économe ce qui
signifie que notre usager doit être sans doute un minimum sensibilisé au gaspillage d’énergie. Mais, avec le scénario optimal, correspondant à ce
que pourrait réaliser un système de gestion énergétique ou une meilleure éducation des usagers, on pourrait économiser jusqu’à 30% par rapport
au scénario basique (en passant de 72Wh à 50Wh) ce qui serait encore meilleure au niveau de l’EUE.
277
Annexe 29 Détermination de la présence d’un usager en fonction de sa consommation électrique pour
un OUE a moindre influence thermique (Exemple de l’ordinateur)
Relevé de consommation
Filtrage par modes de
électrique
fonctionnements
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Annexe 30 : Présentation succincte de G-HomeTech
La problématique de gestion d’énergie dans un bâtiment de type résidentiel est de réussir à manager les différents types de charges du point de
vue service et fréquence. Ainsi, on peut retrouver, synthétisé dans la figure 91 :
- les charges de types permanentes comme les systèmes de chauffage et de ventilation, qui peuvent cependant être modulable en terme de
consigne. D’autre part, ces types de charges peuvent bénéficier d’une certaine inertie (par exemple pour le chauffage de l’eau chaude sanitaire)
permettant ainsi d’alimenter par intermittence de telles charges.
- Les charges temporaires sont les charges dont l’usage sera davantage occasionnel à l’échelle de la journée ou de la semaine. On
rassemble dans ce type de charges celles qui auront la particularité de fonctionner par cycle et qui seront alors indépendantes de l’usage une fois
que la charge aura été mise en marche (par exemple le lave-vaisselle ou le lave-linge) Un telle propriété sera utile pour décaler dans le temps une
ce type de charge afin de fonctionner lorsqu’il n’y a pas de pics de consommation électrique. Ces charges correspondent aux OUE à puissance
thermique imposée décrites précédemment.
- Dans le cadre de BEPOS, nous aurons également des énergies de stockage disponibles qui sont autant de charges pilotables à la demande.
Enfin, il y a des charges dont l’usage en particulier est directement lié à l’action des usagers. Ainsi, par exemple, lorsque l’on allume
l’éclairage, il n’y a pas d’inertie de fonctionnement et l’usager souhaite le service de suite. C’est pour cela que ce sont des charges non
contrôlables car leur allumage, fonctionnement et extinction sont intrinsèquement liés à l’activité de l’usager (ordinateurs, etc…) Ces
équipements correspondent en particulier aux OUE à moindre influence thermique décrites précédemment.
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