0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
35 vues280 pages

Efficacité énergétique dans les bâtiments

Management d'énergie un tableau récapitulatif reprenantles principaux critères de comparaison entre les solutions proposées

Transféré par

aafane.othmane
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
35 vues280 pages

Efficacité énergétique dans les bâtiments

Management d'énergie un tableau récapitulatif reprenantles principaux critères de comparaison entre les solutions proposées

Transféré par

aafane.othmane
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

L’efficacité d’usage énergétique : pour une meilleure

gestion de l’énergie électrique intégrant l’usager dans les


bâtiments
Hervé Chenailler

To cite this version:


Hervé Chenailler. L’efficacité d’usage énergétique : pour une meilleure gestion de l’énergie électrique
intégrant l’usager dans les bâtiments. Autre. Université de Grenoble, 2012. Français. �NNT :
2012GRENT037�. �tel-00771667�

HAL Id: tel-00771667


https://theses.hal.science/tel-00771667
Submitted on 9 Jan 2013

HAL is a multi-disciplinary open access L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est


archive for the deposit and dissemination of sci- destinée au dépôt et à la diffusion de documents
entific research documents, whether they are pub- scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
lished or not. The documents may come from émanant des établissements d’enseignement et de
teaching and research institutions in France or recherche français ou étrangers, des laboratoires
abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
THÈSE
Pour obtenir le grade de

DOCTEUR DE L’UNIVERSITÉ DE GRENOBLE


Spécialité GENIE ELECTRIQUE
Arrêté ministériel : 7 août 2006

Présentée par

Hervé CHENAILLER

Thèse dirigée par Frédéric WURTZ et


codirigée par Stéphane PLOIX

préparée au sein du Laboratoire G2ELAB


dans l'École Doctorale EEATS

L’efficacité d’usage énergétique : pour une


meilleure gestion de l’énergie électrique
intégrant les occupants dans les bâtiments

Thèse soutenue publiquement le 17 Avril 2012,


devant le jury composé de :
Mme Sylvie PESTY
Professeur des Universités, UPMF, Saint Martin d’Hérès, Examinateur
M Bruno PEUPORTIER
Professeur des Universités, Mines ParisTech, Paris, Rapporteur
M Bernard MULTON
Professeur des Universités, ENS CACHAN- SATIE, Bruz, Rapporteur
M Laurent MORA
Maitre de conférence, I2M, Bordeaux, Examinateur
M Frédéric WURTZ
Directeur de recherche, G2ELAB, Saint Martin d’Hérès, Directeur de thèse
M Stéphane PLOIX
Professeur des Universités, G-SCOP, Grenoble, Co-directeur de thèse

1
AVANT-PROPOS

Cette thèse s’inscrit dans une volonté d’aborder la thématique de l’usage de l’énergie dans un
bâtiment. Ceci est un vaste sujet qui allie aussi bien des questionnements d’ordre technique
que social et donc soumis à de nombreux débats en fonction des points de vue et des
sensibilités de chacun. Aussi, cette thèse n’a pas pour vocation de se lancer dans une
démarche ontologique de la recherche d’une réponse précise et experte sur ce domaine mais
tâche davantage à être un travail transversal et à proposer des méthodes pour aborder la
problématique de l’usage énergétique du bâtiment.
D’autre part, les expérimentations qui ont été mises en place n’ont pas été effectuées avec des
compétences de sciences humaines mais davantage selon un processus « exploratoire in situ ».
En effet, nous avons mis en place des enquêtes permettant de mettre en évidence certains
points scientifiques mais un réel travail de collaboration avec des sciences humaines demeure
une perspective logique à ces travaux afin de valider les pistes proposées dans cette thèse.

2
Remerciements
Les travaux effectués au cours de cette thèse n’auraient pu voir le jour sans les
échanges effectués auprès des usagers de la plateforme d’étude PREDIS. Je tiens donc à
remercier en premier lieu les occupants du bâtiment Habitat tertiaire de l’ENSE3 qui ont fait
partie de façon volontaire ou non de mes investigations. Je remercie en particulier mes
collègues de l’espace bureau PREDIS MHI (Sana, Abir, Rim, Ghaith, Frank, Hoang anh, et
Ardavan) qui ont eu à « subir » mes enquêtes. Au delà du cadre formel de l’expérimentation,
ils ont été surtout d’agréables collègues de travail contribuant à la bonne ambiance du lieu de
travail.

Je tiens à exprimer ensuite ma gratitude envers mes encadrants qui m’ont offert
l’opportunité de travailler sur un sujet aussi transversal que celui-ci. Bien que le sujet ait
évolué par rapport à ce qui était imaginé initialement, je les remercie sincèrement d’avoir cru
en l’intérêt et l’aboutissement de ces travaux, ainsi que de m’avoir soutenu, notamment vers
la fin de la thèse. Je remercie ainsi :

- Mon directeur de thèse, Frédéric Wurtz, qui, depuis mes travaux de Master, m’a fait
partager sa vision énergétique du bâtiment mais également dispose d’un esprit de synthèse
formidable et d’une capacité à remotiver les troupes tout à fait appréciable, et ce même
lorsqu’il est à l’étranger !

- Mon co-directeur Stéphane Ploix qui proposait toujours les bonnes pistes de réflexion
grâce à ses multiples remarques pertinentes. J’ai ainsi apprécié tout à la fois sa grande
curiosité naturelle dans un certain nombre de domaines scientifiques ainsi que sa bonne
humeur toujours au rendez-vous.

Je remercie également Florence Joussellin pour son aide et sa contribution dans


l’ensemble des travaux et enseignements que nous avons réalisés ensemble.

J’adresse ensuite mes remerciements à Bruno Peuportier et Bernard Multon qui m’ont
fait l’honneur d’être les rapporteurs de ma thèse et avec qui j’ai échangé de manière très
intéressante autour de mon sujet, avant et pendant ma soutenance, grâce à leur expertise et
leur ouverture scientifique.

Je remercie chaleureusement Laurent Mora et Sylvie Pesty d’avoir accepter d’être


membre de mon jury de thèse avec qui les échanges durant la soutenance ont été également
constructives

J’aimerais remercier, et je ne pourrais hélas pas tous les citer, les personnes qui ont
contribués, par leurs échanges, de près ou de loin, à mon travail de thèse mais également à
mon enrichissement personnel au delà de la thèse. Je pense en particulier à Daniel Quenard,
Olivier Sidler, Julie Dugdale,

J’aimerais remercier également les personnes du G-SCOP avec qui j’ai pu travailler et
avoir des échanges très enrichissants et intéressants (Ayesha, Binh).
Merci également aux personnes du G2Elab, en particulier son personnel administratif,
pour m’avoir accueilli durant ces trois années et m’avoir offert les services adéquats pour ces
travaux de recherche

3
Mes remerciements porteront ensuite sur l’ensemble de mes amis qui ont été là pour
m’aider, me soutenir ou me distraire. Un très grand merci à ceux qui ont dû effectuer une
relecture de ma thèse (Mathieu, Anaîs, Denis, Yohan mais surtout Nicolas), Merci également à
ceux avec qui j’ai pu m’aérer l’esprit dans l’environnement grenoblois (Impropub, la team du
club rando (Cyril, Rémy, Mikaël, Virginie, Aurélia), ceux de l’ESMUG, Didier (merci pour les
cours de ski), mes colocataires et bien d’autres que j’ai sans doute oublié.

Je remercie enfin mes parents et ma famille pour m’avoir laisser faire le choix qui n’était pas
évident au départ, d’effectuer une thèse.

4
La sauvegarde de notre monde humain n’est nulle part ailleurs que dans le cœur humain,
la pensée humaine, la responsabilité humaine.

Václav Havel

La consommation énergétique pour ces travaux de recherche a été estimée aux environs de
850kWhél soit 2195 kWhEP

5
AVANT-PROPOS ....................................................................................................... 2

ACRONYMES EMPLOYES ......................................................................................11

Chapitre 1 : Le bâtiment : un secteur au cœur d’une


problématique socio-technique
1 CONTEXTE ENVIRONNEMENTAL ET ENERGETIQUE...................................... 15

1.1 Contexte environnemental............................................................................................................................ 15

1.2 Le secteur du bâtiment : principal consommateur énergétique dont la consommation ne cesse de


croître ................................................................................................................................................................... 16
1.2.1 Situation énergétique du bâtiment en France........................................................................................... 18

1.3 Vers des bâtiments à énergie positive .......................................................................................................... 19

2 L’ELECTRICITE : UN VECTEUR ENERGETIQUE CENTRAL DANS LES


BATIMENTS BASSE CONSOMMATION................................................................. 21

2.1 L’usage électrique : entre service technologique et nécessité sociétale ..................................................... 21

2.2 L’électricité : première énergie consommée dans le secteur tertiaire ....................................................... 22


2.2.1 Le poste de consommation électrique supplante le poste de consommation thermique dans les bâtiments
performants ...................................................................................................................................................... 23
2.2.2 L’explosion des services électriques et la question de la suffisance énergétique..................................... 25

2.3 Le génie électrique : composante majeure de la gestion énergétique des bâtiments ............................... 27

3 LE BATIMENT : UN SECTEUR EN REDEFINITION ............................................ 28


3.1 Evolution des fonctionnalités du bâtiment .................................................................................................. 28
3.1.1 Le bâtiment de ses origines jusqu’à l’époque contemporaine ................................................................. 28
3.1.2 Bâtiments modernes intégrant l’énergie et bâtiments intelligents ........................................................... 29
3.1.3 Evolution des fonctionnalités du bâtiment en fonction des différents type de services........................... 30

3.2 Vers un système bâtiment où l’occupant est acteur majeur ...................................................................... 32


3.2.1 Composition du système bâtiment........................................................................................................... 32

4 L’USAGER ET SES COMPORTEMENTS ENERGETIQUES AU COEUR DES


PROBLEMATIQUES SCIENTIFIQUES DU BATIMENT .......................................... 34

4.1 Impact énergétique de l’usage...................................................................................................................... 34


4.1.1 L’usage dans les bâtiments tertiaires et résidentiels ................................................................................ 35

4.2 Modèles de prise en compte de l’usager ...................................................................................................... 36


4.2.1 Modèles stochastiques ............................................................................................................................. 36
4.2.2 Modèles déterministes ............................................................................................................................. 37

CONCLUSION ET OBJECTIFS DE LA THESE ...................................................... 37

6
Chapitre 2 : De nouvelles problématiques énergétiques
dans les BBC : Application à la plateforme PREDIS MHI
1 OBJECTIFS ET PRESENTATION DE LA PLATEFORME PREDIS MHI.............. 40

1.1 Contexte de la recherche scientifique du secteur du bâtiment en tant qu’acteur du smart grid............ 40

1.2 Positionnement de la plateforme PREDIS MHI......................................................................................... 40

1.3 Description de la Plateforme PREDIS MHI ............................................................................................... 42


1.3.1 Principaux objectifs quantitatifs de la plateforme PREDIS MHI............................................................ 42
1.3.2 Description de la plateforme MHI : Architecture .................................................................................... 43
1.3.3 Equipements énergétiques efficaces ........................................................................................................ 44
1.3.4 Gestion technique centralisée et Instrumentation .................................................................................... 44

2 RETOUR D’EXPERIENCE DE LA PLATEFORME MHI ....................................... 45

2.1 Problématiques relatives à l’usage : point de vue usager .......................................................................... 45


2.1.1 Méthode d’enquête exploratoire in situ ................................................................................................... 46
2.1.2 Résultats de l’enquête et analyse sur la plateforme PREDIS MHI.......................................................... 47
2.1.3 Bilan des usages et de la satisfaction de la plateforme MHI ................................................................... 54

2.2 Problématiques relatives à l’usage: Point de vue exploitant...................................................................... 55


2.2.1 Bilan énergétique de la plateforme PREDIS MHI................................................................................... 55
2.2.2 Analyse de l’impact de l’usage sur la consommation électrique ............................................................. 57
2.2.3 Bilan de la plateforme PREDIS MHI du point de vue exploitant............................................................ 59

3 BILAN DU RETOUR D’EXPERIENCE ET VERROUS SCIENTIFIQUES LIES A


L’USAGE.................................................................................................................. 60

3.1 Bilan du retour d’expérience de la plateforme PREDIS MHI et enseignements..................................... 60


3.2 Identification de verrous scientifiques pour la prise en compte de l’usage dans l’efficacité énergétique
d’un bâtiment.................................................................................................................................................... 62

CONCLUSION ......................................................................................................... 63

Chapitre 3 : Un nouveau concept d'intégration de l'usage


dans le bâtiment : l'efficacité d'usage énergétique
1 DISTINCTION ENTRE LES DIFFERENTS CONCEPTS LIES A L’EFFICACITE
ENERGETIQUE ....................................................................................................... 65

1.1 Etymologie des termes Usage/Rendement/ Efficacité /Efficience............................................................. 65


1.1.1 Notion d’usage ........................................................................................................................................ 65
1.1.2 Notion de rendement ............................................................................................................................... 65
1.1.3 Notion d’efficacité................................................................................................................................... 65
1.1.4 Notion d’efficience.................................................................................................................................. 66
1.1.5 Définitions plurilingues ........................................................................................................................... 66

1.2 L’efficacité énergétique telle que définie dans d’autres domaines ............................................................ 67
1.2.1 L’efficacité énergétique vue par l’économie............................................................................................ 67
1.2.2 L’efficacité dans le génie industriel ......................................................................................................... 70

7
1.3 Bilan de l’étude sémantique et positionnement de notre approche........................................................... 71
1.3.2 Distinction et positionnement de l’efficacité d’usage dans la chaîne de valeur énergétique ................... 71

2 DEFINITION DE L’EFFICACITE D’USAGE ENERGETIQUE DANS LE DOMAINE


DU BATIMENT PAR RAPPORT A L’EFFICACITE ENERGETIQUE « PHYSIQUE »
................................................................................................................................. 74
2.1 Propriétés générales du rapport d’efficacité d’usage................................................................................. 75
2.1.1 Un mythe rationnel.................................................................................................................................. 75
2.1.2 L’utilisation d’une épistémologie constructiviste .................................................................................... 76

2.2 Proposition de définition du concept d’efficacité énergétique d’usage appliqué au système bâtiment . 76
2.2.1 Analyse de l’usage dans les bâtiments..................................................................................................... 77
2.2.2 Proposition de définition de l’Efficacité d’Usage Energétique (EUE) .................................................... 83

2.3 Problématiques de l’efficacité d’usage énergétique ................................................................................... 87


2.3.1 Problématique de la satisfaction rationnelle de l’usage........................................................................... 87
2.3.2 Problématique de la satisfaction sensible des services ............................................................................ 88
2.3.3 Problématique de l’expression de la satisfaction globale ........................................................................ 89

3 REDEFINITION DU SYSTEME BATIMENT INTEGRANT L’USAGE ................... 89

CONCLUSION ......................................................................................................... 90

Chapitre 4 : Application du concept d'efficacité d'usage


énergétique comme outil d'aide à la conception de
systèmes bâtiment intégrant l'usage : Etude de cas sur la
plateforme PREDIS MHI
1 QUANTIFICATION DU CONCEPT AU TRAVERS D’UN DIAGRAMME
D’EFFICACITE D’USAGE........................................................................................ 94

1.1 Identification des paramètres d’usage au travers de l’approche QQOQCP............................................ 94


1.1. Présentation de l’approche QQOQCP ....................................................................................................... 94
1.1.2 Détermination des paramètres d’usage rationnels et sensibles ................................................................ 96

1.2 Construction des fonctions de satisfaction à partir des différents paramètres d’usage .......................... 98
1.2.1 Construction de fonctions de satisfaction sensible (FSs)......................................................................... 99
1.2.2 Fonctions de satisfaction Rationnelle (FSr)........................................................................................... 101

1.3 Construction effective de la fonction de satisfaction globale................................................................... 102


1.3.1 Approche conjonctive............................................................................................................................ 102
1.3.2 Approche pondératrice linéaire normée (PLN): .................................................................................... 103
1.4.1 Construction du diagramme de compromis........................................................................................... 103
1.4.2 Utilisation du diagramme de compromis dans l’espace relatif (Zone 1) ............................................... 105
1.4.3 Utilisation des fronts de Pareto dans l’espace Absolu (Zone 2) ............................................................ 106

2 AIDE A LA CONCEPTION DU SYSTEME DE CHAUFFAGE/


RAFRAICHISSEMENT........................................................................................... 107

2.1 Analyse de l’usage et identification des paramètres d’usage avec l’approche QQOQCP.................... 108

8
2.1.1 Paramètres d’usage sensible .................................................................................................................. 108
2.1.2 Paramètres d’usage rationnels ............................................................................................................... 109

2.2 Construction des fonctions de satisfaction à partir des paramètres d’usage ..........................................110
2.2.1 Fonction de satisfaction sensible ............................................................................................................110
2.2.2 Fonction de satisfaction rationnelle........................................................................................................112
2.2.3 Construction de la fonction de satisfaction globale pour le système de chauffage.................................114

2.3 Calcul des fonctions de satisfaction : Application au système de chauffage de la plateforme PREDIS114
2.3.1 Systèmes de côntrole-commande ...........................................................................................................115
2.3.2 Calcul de l’évolution de la température..................................................................................................117
2.3.3 Construction des fonctions de satisfaction du système de chauffage de la plateforme PREDIS MHI ...119

2.4 Diagrammes de compromis et prise de décision ....................................................................................... 120


2.4.1 Diagramme de compromis de satisfaction rationnelle........................................................................... 120
2.4.2 Diagramme de compromis de satisfaction sensible............................................................................... 121
2.4.3 Diagramme Satisfaction sensible / Satisfaction rationnelle................................................................... 122
2.4.4 Diagramme de compromis de satisfaction globale ................................................................................ 123
2.4.5 Bilan des diagrammes de compromis et prise de décision .................................................................... 125

3 PROPOSITION DE METHODOLOGIE DE MISE EN PLACE DU DIAGRAMME DE


COMPROMIS DANS UN PROCESSUS DE CONCEPTION INTEGRANT L’USAGE
............................................................................................................................... 127
3.1 L’efficacité d’usage dans le processus de choix de systèmes énergétiques.............................................. 128

3.2 Méthodologie de conception collaborative de SCB intégrant l’usage : application à la plateforme MHI
PREDIS.............................................................................................................................................................. 129

CONCLUSION ....................................................................................................... 130

Chapitre 5 : Application de l'efficacité d'usage énergétique


au diagnostic et à la gestion d'énergie dans les bâtiments
1 ENJEUX ET ETAT DE L’ART DU DIAGNOSTIC D’USAGE DANS LES
BATIMENTS ........................................................................................................... 135
1.1 Différenciation diagnostic efficacité physique et diagnostic efficacité d’usage...................................... 135
1.1. 1 Exemple de cas montrant que la différenciation est nécessaire ............................................................ 136

1.2 Enjeux du diagnostic de l’efficacité d’usage énergétique en exploitation .............................................. 136

1.3 Etat de l’art des outils de diagnostic.......................................................................................................... 137

2 LE DIAGRAMME DE COMPROMIS COMME OUTIL D’AIDE A LA SOBRIETE


ENERGETIQUE DES USAGERS POUR DES SYSTEMES FACILEMENT
MODELISABLES : APPLICATION A DES APPAREILS ELECTRIQUES
DOMESTIQUES ..................................................................................................... 138
2.1.1 Conditions d’expérimentations exploratoires in situ ............................................................................ 139
2.1.2 Modélisation constructiviste pour le diagnostic de l’usage ................................................................... 140

2.2 Analyse de l’usage et des paramètres d’usage avec l’approche QQOQCP: Exemple du réfrigérateur140
2.2.1 Paramètres d’usage sensibles ................................................................................................................ 141

9
2.2.2 Paramètres d’usage rationnels ............................................................................................................... 141

2.3 Construction des fonctions de satisfaction et des diagrammes de compromis....................................... 142


2.3.1 Fonction de satisfaction rationnelle pour le réfrigérateur ...................................................................... 142
2.3.2 Diagramme de compromis de la satisfaction rationnelle....................................................................... 143
2.3.3 Application à d’autres OUE.................................................................................................................. 147

2.4 Bilan du diagramme de compromis d’un équipement en exploitation ................................................... 148

3 SYSTEME G-HOMETECH : UN SYSTEME DE GESTION ENERGETIQUE


INTEGRANT L’USAGER POUR LES ENERGY SMART HOMES ........................ 149

3.1 Présentation des « energy smart homes » ................................................................................................. 149


3.1.1 La place de l’idéalisation du concept de BEPOS .................................................................................. 150
3.1.2 Positionnement des « energy smart homes » ......................................................................................... 150

3.2 Présentation d’un exemple de logiciel de gestion énergétique dans les energy smart homes : G-
HomeTech .......................................................................................................................................................... 151

3.3 L’efficacité d’usage appliquée au système de gestion d’énergie G-HomeTech....................................... 153


3.3.1 Amélioration des fonction de satisfaction dans les algorithmes de calcul............................................. 153
3.3.2 Un complément à l’affichage décisionnel de gestion énergétique......................................................... 155

Conclusions et Perspectives
CONCLUSION ....................................................................................................... 155

CONCLUSION DE LA THESE ............................................................................... 157

PERSPECTIVES .................................................................................................... 158

BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................... 160

ANNEXES ......................................................................................................... 18076

10
Acronymes employés
BEPOS : Bâtiment à Energie POSitive

BBC : Bâtiment Basse Consommation

CTA : Centrale de Traitement d’Air

EP : Energie Primaire

EUE : Efficacité d’Usage Energétique

FS : Fonction de satisfaction Globale

FSr : Fonction de Satisfaction Rationnelle

FSs : Fonction de Satisfaction Sensible

GTC : Gestion Technique Centralisée

MHI : Monitoring et Habitat Intelligent

OUE : Other Use Electric (correspond aux équipements électriques bruns, blancs et
gris)

PLN : Pondéré Linéaire Normée

QQOQCP : Méthode d’analyse de l’usage et d’identification des paramètres d’usage


répondant aux questions Quoi ? Qui ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?

RT : Réglementation Thermique

SCB : Système Complexe Bâtiment

SGEB : Système de Gestion Energétique du Bâtiment

VMC : Ventilation Mécanique Contrôlée

1 : Paramètre d’usage rationnel

2 : Paramètre d’usage sensible

11
Introduction générale
La maîtrise de l’énergie fait partie des plus importants défis auxquels l’humanité doit
se confronter, et cela passe en premier lieu par l’évolution des modes de vie et d’habitation.
En effet, nous verrons dans un premier temps (Chapitre 1) que le secteur du bâtiment
représente le plus grand consommateur d’énergie en particulier d’énergie électrique, au
monde et en France. Afin de rendre pérenne le développement durable de ce secteur, il faudra
recourir à des bâtiments passifs ou à énergie positive, que nous approcherons selon la vision
«Système bâtiment», où le poste électrique sera un vecteur énergétique essentiel (en tant que
source, contrôle et charge d’énergie). Or, la consommation de l’électricité étant
intrinsèquement liée à l’usage, c’est-à-dire au comportement humain qui utilise le système
bâtiment, nous tâcherons de comprendre quel est l’impact énergétique de l’acteur humain et
verrons que cet acteur fait bien partie du Système Complexe Bâtiment également. Nous nous
intéresserons ainsi tout au long de la thèse à cet aspect socio-technique du bâtiment qu’est
l’usage de l’énergie par les habitants dans le fait que nous aborderons le système bâtiment
dans des dimensions propres aux domaines des sciences physiques et des sciences humaines.

Afin d’étudier l’usage de l’énergie dans un bâtiment, nous nous baserons d’abord sur
un cas d’application tertiaire (plateforme PREDIS) permettant d’avoir un retour d’expérience
sur des usages et leur impact énergétique, en se plaçant aussi bien du point de vue usager en
tant qu’ « habitant » que du point de vue usager en tant qu’opérateur (Chapitre 2). Nous
verrons que selon ces deux approches qui sont des acteurs à différentes échelles du bâtiment,
nous pourrons dégager certains paramètres qui caractérisent l’usage, en particulier par rapport
à la satisfaction de chacun des acteurs vis-à-vis du système bâtiment. Nous verrons donc
apparaître deux types de satisfactions : une liée au confort sensible qui est davantage
exprimée par les usagers, et une liée à une maîtrise de la demande énergétique qui est
davantage exprimée par les exploitants. Enfin nous verrons que ce retour d’expérience permet
d’interroger à plus grande échelle la part énergétique qui est liée à la performance technique
d’un équipement et celle liée au comportement d’usage de l’acteur humain, et ceci nous
permettra de distinguer certains verrous scientifiques relatifs à l’étude de l’usage.

Cela nous amènera à questionner ensuite le concept même d’efficacité énergétique


dans les bâtiments et nous permettra, au travers d’une analyse de la sémantique et de ce qu’est
l’usage d’un système bâtiment, de pouvoir distinguer dans ce concept même d’efficacité une
partie physique et une partie usage (chapitre 3). Afin d’aborder la spécificité liée à l’acteur
humain, nous nous placerons dans une nouvelle approche épistémologique (l’épistémologie
constructiviste) qui permet de pouvoir traiter des problématiques de manière systémique
(dépendantes et définies par son environnement) et de mettre en évidence le critère
d’effectivité de la démarche qui sera présentée. On proposera donc de définir le concept
d’efficacité d’usage énergétique (EUE) qui permet dès lors d’intégrer l’acteur humain dans les
réflexions de recherche d’économies d’énergie des systèmes. L’EUE d’un équipement/ d’un
service se présentera comme la volonté de maximiser la satisfaction globale de l’usager de
l’équipement tout en minimisant la consommation énergétique. Nous verrons comment
ensuite on peut traiter ce concept multi-objectifs en problème mono-objectif sous forme de
rapport afin d’être analogue aux autres concepts d’efficacité énergétique dits «physiques»
mais nous en verrons également les limites et les problématiques. Enfin, par l’analyse de
l’usage, nous proposerons une définition bidimensionnelle de la satisfaction globale avec une
composante de satisfaction rationnelle et une composante de satisfaction sensible.

12
Nous présenterons ensuite une quantification du concept d’efficacité d’usage
énergétique afin de pouvoir étudier l'intérêt de cette approche sur le système bâtiment
complexe (Chapitre 4). Nous serons amenés pour cela à définir des fonctions de satisfaction
permettant de formaliser les concepts de satisfactions sensible et rationnelle. Pour cela, nous
proposerons la méthode QQOQCP (méthode d’investigation posant les questions Quoi ?
Qui ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?) qui permettra d’identifier les paramètres d’usage
qui composent ces fonctions de satisfaction. Nous verrons que toute cette méthodologie
permet d’aboutir à la création d’un diagramme de compromis (ou diagramme EUE) qui
permet de traiter directement la problématique de l’EUE sous sa forme multi-objectifs. Afin
d’illustrer une telle démarche de quantification de l’EUE, nous appliquerons celle-ci sur
l’exemple du système de chauffage de la plateforme PREDIS MHI. En particulier nous
verrons que le diagramme de compromis peut s'avérer être un outil effectif d’aide à la
décision pour la conception de systèmes énergétiques. Cela permet d’intégrer l’usage dès la
conception de tels systèmes et nous montrerons que plus nous intégrerons l’usage dans la
définition du système bâtiment (en terme de pilotage), meilleure sera la satisfaction des
personnes et plus grandes seront les économies d’énergie.

Enfin, nous présenterons l’effectivité de l’EUE également au niveau de l’exploitation


d’un bâtiment sous forme de diagnostic de l’usage énergétique (Chapitre 5). Pour cela, nous
présenterons dans un premier temps la nécessité, en exploitation, de pouvoir distinguer la
partie physique de la partie usage de la consommation énergétique. Ensuite, nous tâcherons de
montrer l’utilité de l’EUE en phase d’exploitation comme outil d’aide à la sobriété
énergétique des occupants au travers de l’exemple de l’utilisation d’un réfrigérateur.
Finalement, nous pourrons voir que l’EUE pourrait davantage être intégrée dans des systèmes
de gestion d’énergie tels que G-HomeTech afin d’atteindre l’objectif des smart energy
buildings. Nous verrons pour cela que l’EUE pourrait permettre de redéfinir certains
algorithmes de gestion afin d’intégrer la dimension usage.

13
Chapitre 1

Le bâtiment : un secteur au cœur d’une


problématique socio-technique

Dans ce chapitre nous présenterons les contextes scientifiques, économiques et


sociologiques dans lesquels se situent les travaux de la thèse. Notre sujet porte sur l’étude de
l’efficacité énergétique en particulier dans les bâtiments qui apparaissent être un des enjeux
énergétiques et sociétaux majeurs compte tenu des problématiques environnementales
(réchauffement climatique) et économiques (raréfaction des ressources primaires) en jeu et du
rôle fondamental que joue l’habitat dans les sociétés (partie 1).
Nous verrons que le domaine du bâtiment est en pleine évolution que ce soit du point
de vue énergétique avec une importance croissante du génie électrique dans de tels systèmes
bâtiments (partie 2), ou du point de vue fonctionnel avec une redéfinition des limites du
système bâtiment (partie 3).
Enfin nous verrons que l’usager humain est partie intégrante du système bâtiment étant
donné qu’un bâtiment est construit afin d’être habité par des usagers, et doit à ce titre être pris
en compte dans l’étude de l’efficacité énergétique des bâtiments (partie 4).

14
1 Contexte environnemental et énergétique
1.1 Contexte environnemental
La lutte contre le réchauffement climatique est un des plus importants défis actuels
auxquels doit se confronter l’humanité. Les conséquences du réchauffement climatique sont
multiples et ont divers degrés d’impact et de réversibilité. On pourra citer entre autres que
l’on peut s’attendre à une fonte des glaces aux pôles, à des phénomènes naturels extrêmes
plus fréquents, une mise en péril d’espèces animales et florales, etc... [GIEC, 2007]
La cause principale de ce dérèglement climatique est, ainsi que de manière plus générale la
perturbation des écosystèmes et l'exploitation des ressources naturelles, très probablement
l’activité humaine. En effet, l’évolution rapide et alarmante de concentration de gaz à effet de
serre (comme le CO2) depuis les années 1850 coïncide avec une activité humaine qui s’est
alors grandement développée avec l’ère de la révolution industrielle [MULT, 2003] (figure1)

Figure 1 : Evolution du taux de concentration de différents gaz à effet de serre depuis 2000 ans
L’humanité est désormais responsable de l’ampleur des dégâts qu’aura ce dérèglement
climatique car autant on ne peut désormais éviter le réchauffement climatique, autant il est
encore possible de jouer sur le degré d’amplitude des dégâts occasionnés sur l’environnement
et les problèmes sociopolitiques futurs grâce aux actions que l’on peut mener dès aujourd’hui
[COCH, 2009]. Ainsi, dans le cadre d’études prospectives sur le réchauffement climatique,
différents scénarios en fonction des politiques environnementales suivies par les Etats
permettent de se rendre compte des conséquences plus ou moins irréversibles de nos
agissements sur l’environnement (figure2).

15
Figure 2 : Scénarios d’émissions de GES pour la période 2000–2100 (en l’absence de politiques
climatiques additionnelles) et projections relatives aux températures en surface [GIEC, 2007]

1.2 Le secteur du bâtiment : principal consommateur énergétique dont la


consommation ne cesse de croître
L’énergie est à l’heure actuelle omniprésente dans l’activité humaine tant l’ensemble
de la vie humaine quotidienne est dépendante d’objets qui requièrent de l’énergie transformée
pour fonctionner et aussi pour les fabriquer. L’accès à l’énergie et la production d’énergie, qui
provient en grande partie des énergies fossiles émettrices massives de CO2 (principal gaz à
effet de serre identifié) (voir la répartition d’émission de CO2 dans le monde figure 3),
constituent dès lors des problématiques énergétiques auxquelles doivent se confronter les
sociétés actuelles car celles-ci impliquent des dimensions environnementales, économiques et
politiques d’envergure.
Dans ce cadre, la réduction de la consommation énergétique est indispensable [COCH, 2009]:
- pour des raisons éthiques : actuellement, 28% de la population mondiale
consomment 77% de l’énergie produite dans le monde, les 72% de la population restant se
partageant les 23% restants de l’énergie produite
- pour des raisons stratégiques : l’Europe et en particulier la France, dépendent
d’autres pays pour son approvisionnement en énergies fossiles, dont certains sont plutôt
instables politiquement (Afghanistan, Libye, Irak,…).
- pour des raisons financières : la facture annuelle d’électricité est aujourd’hui l’un des
principaux postes de dépenses des ménages européens

16
17%
Energie
26%
3%
Transport
Bâtiment
Industrie
14% Agriculture
13%
Déchets
19% 8%
Autre

Figure 3 : Répartition par sources des émissions de CO2 dans le monde en 2004 [GIEC, 2007]
(49Gt CO2 équivalent)

Parmi les postes de consommation d’énergie, le secteur du bâtiment1 (résidentiel et


tertiaire) fait partie des postes les plus importants d’émission de CO2, compte tenu de
l’importance et de la diversité des énergies consommées (figure 3).
En effet, le secteur du bâtiment représente le plus important secteur consommateur
d’énergie au niveau mondial : 37% de la consommation énergétique mondiale en 2008
(figure4). Cette demande énergétique, compte tenu de l’accroissement de la démographie
mondiale, ne cesse de croître (+ 35% depuis 1990 [AIE, 2010])). On se rend compte que les
autres secteurs de consommation ont, dans le même temps, eu une progression moins
importante voire, en terme d’émissions de gaz à effet de serre, une progression inverse en
réduisant leur impact grâce à des réglementations strictes [AIE, 2010].

9%

6% 27%
Industrie

33%
Transport

38%
Bâtiment
37%
+Agriculture
Autre
23%
2008 1973
Total : 8628 Mtep 27% Total : 4610 Mtep

Figure 4 : Répartition de la consommation énergétique mondiale par secteur [AIE, 2010]

1
On désignera par la suite par secteur du bâtiment (ou métiers du bâtiment et autres terminologies employant le
terme de « bâtiment ») l’ensemble des bâtiments résidentiels et tertiaires sinon il sera précisé de quelle nature est
le bâtiment. Bien que les usages y soient différents et que l’on peut nommer de manière courante « habitants »
les personnes vivant dans les bâtiments résidentielles et « occupants » les personnes vivant des les bâtiments
tertiaires, en soit, toutes ces personnes « habitent » leurs lieux de vie et interagissent avec.

17
1.2.1 Situation énergétique du bâtiment en France
En France, on retrouve sensiblement les mêmes tendances qui sont celles également des
autres pays industrialisés :
- Le secteur du bâtiment représente le premier poste de consommation d’énergie
finale (43% en 2010 (figure6)) et également un des postes principaux émetteurs de
CO2 (21% de la production de CO2 en France (figure 5)) [CITEPA, 2010].

Figure 5 : Répartition par sources des émissions de CO2 en France en 2008 (391Mt CO2 au total)
[CITEPA, 2010]
Consommation Energétique Finale: 115.9 Mtep Consommation Electrique totale : 442
TWh
Industrie Agriculture
19% Tertiaire
Transport 1% Industrie
Sidérurgie 32% 29%
3% 31%

Transport
Agriculture-
Pêche 3%
Résidentiel- 3%
Tertiaire
Résidentiel
43% 36%

Figure 6 : Proportion de la consommation d’énergie Figure 7 : Répartition des postes de consommation


par secteur en France [SOES, 2010] électrique en France [MEDAD, 2010]

- Si l’on considère maintenant uniquement l’énergie électrique, le bâtiment est


d’autant plus prédominant dans l’éventail énergétique français : plus de 65% de la
consommation électrique française en 2010 (figure 7). A l’instar du niveau
mondial, on constate au niveau français que le secteur du bâtiment est un secteur
consommant de plus en plus d’énergie (en particulier de l’énergie électrique). Une
telle évolution peut être imputée à la multiplication de bâtiments, à l’augmentation
de leur surface ou au nombre de charges électriques à l’intérieur comme nous le
verrons plus tard. Néanmoins, cette augmentation (aussi bien du point de vue
émission de gaz à effet de serre qu’au niveau énergie électrique (figure8)) est
également due à un manque de réglementation stricte qu’ont su mettre en place les
autres secteurs.

18
Figure 8 : Consommation finale d’électricité par secteur de 1970 à 2007 [SOES, 2008]

1.3 Vers des bâtiments à énergie positive


Compte tenu de l’importance énergétique que représente le secteur du bâtiment et afin
d’atteindre les objectifs environnementaux aussi bien internationaux (protocole de Kyoto
[ONU, 1998], programme européen «3*20» [UE, 2007]) que nationaux (Plan climat
[MEDAD, 2006]), des mesures réglementaires ont été engagées concernant l’efficacité des
bâtiments.
Le gouvernement français a mis en place une série de réglementations concernant la
consommation énergétique des bâtiments depuis les années 1970 et ceci notamment avec la
sortie de la première Réglementation Thermique en 1974 concernant la construction de
bâtiments résidentiels. L’objectif premier de cette réglementation était de répondre à
l’augmentation rapide du prix de l’énergie avec le premier choc pétrolier de 1973 en mettant
en place des isolations plus performantes permettant de diminuer alors la facture énergétique.
Par la suite, différentes réglementations ont été promulguées (RT 1982, RT 1988, RT 2000,
RT2005, RT2012) (figure9) afin d’inciter des économies d’énergie dans les bâtiments neufs
et en rénovation. Ainsi par exemple, la réglementation actuelle RT2005 [RT2005, 2005]
demande une augmentation de 15% de la performance thermique des bâtiments par rapport à
la RT2000.
Afin de parvenir aux exigences énergétiques des réglementations thermiques,
différentes mesures concernant principalement le poste de chauffage sont préconisées comme,
par exemple, l’optimisation de l’isolation thermique, la réduction des ponts thermiques ainsi
que la maximisation des apports thermiques passifs (soleil).
Seule la dernière réglementation (la RT 2012, en préparation), préconisera une
consommation énergétique standard et chiffrée : tous les bâtiments résidentiels neufs devront
avoir leur consommation des postes thermiques, ventilation et éclairage inférieure à 50 kWh
EP/an/m² (EP : Energie primaire2). Dans notre étude, nous utiliserons à ce propos, pour la
description des performances énergétiques d’un bâtiment, des valeurs exprimées en Energie
primaire de la consommation en employant le coefficient d’énergie primaire actuellement en

2
Energie Primaire : Forme d’énergie disponible dans la nature avant toute transformation. L’utilisation
de l’unité associée (WhEP) permet ainsi de prendre en compte l’ensemble des pertes liés à la transformation ou
au transport de l’énergie.

19
vigueur de 2,58 pour tout ce qui concernera la consommation électrique au niveau du système
bâtiment [DGEMP, 2007]
Néanmoins, on pourra souligner le particularisme français sur la faible valeur employée à
l’heure actuelle par la réglementation thermique alors que de partout en Europe, on tend à
élever ce coefficient car il faut inclure dans ce coefficient l’impact d’une analyse de cycle de
vie. Sachant que l’électricité français est majoritairement de nature nucléaire, ce coefficient
devrait inclure le prix du comburant, celui de son transport, du traitement des déchets
radioactifs, etc…ce qui permettrait de valoriser les énergies renouvelables. L’ADEME elle-
même préconise un coefficient de 3,61 pour l’électricité Basse Tension et de 3,25 pour la
Haute Tension

C>> P10 C>P

Aux besoins
énergétiques
verts
Des besoins
contrôlés par
énergétiques
le Vecteur
principalement
Électricité
thermiques
et fossiles

Figure 9 : Evolution des performances énergétiques des bâtiments


au fur et à mesure des normes [QUEN, 2011]

Dans les futurs bâtiments dont les hautes performances énergétiques seront selon la
réglementation thermique qui aura évoluée vers des bâtiments passifs (à l’horizon 2020 selon
les engagements du Grenelle de l’Environnement), on peut distinguer différents concepts se
classifiant en fonction de leurs performances énergétiques (Thiers, 2008). Nous
retiendrons parmi ces bâtiments :

- Les bâtiments basse consommation (BBC) : Type de bâtiment intégrant un premier


niveau de performance, se caractérisant par des besoins énergétiques plus faibles. La
réglementation thermique (RT) permet de définir plusieurs classes de consommations
énergétiques. Les BBC se situent dans une tranche de consommation inférieure à 50
kWhEP/m²/an (multiplié par le coefficient de correction climatique selon les régions)
- Les bâtiments à énergie positive (BEPOS). Ce sont des bâtiments qui allient à la fois
de faibles consommations d’énergie (dues à une conception rigoureuse ainsi que de la mise en
place d’équipements peu consommateurs d’énergie) une production locale d’énergie. Le bilan
énergétique global sur une année fait que ce type de bâtiment transforme plus d’énergie qu’il
n’en consomme. Ce bilan énergétique positif pourra être effectué, en particulier, grâce à la
gestion des flux énergétiques sur les réseaux grâce au Smart Grid (sur lequel nous reviendrons
plus tard) ou, à l’horizon 2020, par des systèmes de gestion d’énergie autonomes incorporés
dans les bâtiments tels que G-HomeTech (cf. Chapitre 5).

20
A l’heure actuelle, de nombreux efforts reste à fournir pour parvenir à obtenir tous les
bâtiments à haute performance énergétique. En premier lieu, il est nécessaire (et c’est l’objet
de la dernière réglementation thermique RT2012) de rendre obligatoire les nouvelles
constructions à très haute performance énergétique et s’en donner les moyens (notamment en
faisant évoluer les métiers et outils du bâtiment vers une excellence énergétique ce qui n’est
pas encore chose aisé comme nous le verrons dans le chapitre 2). D’autre part, l’immense
effort porte sur la rénovation car l’essentiel des surconsommations énergétiques des bâtiments
provient des bâtiments anciens dont la consommation en chauffage et en eau chaude sanitaire
est en moyenne de 240kWh/m²/an (figure 9)
Notre étude, en particulier notre cas d’étude du chapitre 2, se situe dans le cadre de
bâtiments tertiaire basse consommation mais la démarche que nous proposons s’applique à
tout type de bâtiment et devient un aspect nécessaire dans la perspective des bâtiments à
énergie positive.

2 L’électricité : un vecteur énergétique central dans les bâtiments


basse consommation
Comme nous avons pu le voir précédemment (figure 8), l’électricité, en terme de
proportion énergétique, devient de plus en plus prépondérante dans le bilan énergétique des
bâtiments, et ce d’autant plus dans les futurs bâtiments passifs/à énergie positive où le poste
thermique sera tellement réduit que le poste électrique sera le poste principal de la
consommation énergétique. Au-delà de l’élément physique, l’électricité est un véritable
vecteur énergétique et sociétal tant son utilisation sous diverses formes est omniprésente.

2.1 L’usage électrique : entre service technologique et nécessité sociétale


L’électricité, longtemps observée comme un phénomène naturel, s’est intégrée depuis
les années 1750 dans notre société avec la découverte par Benjamin Franklin de la similitude
entre énergie statique et la foudre. Alors qu’au début, l’électricité était utilisée dans le
domaine public (éclairage public, spectacle, transport..) elle est rentrée au fur et à mesure dans
la sphère privée des bâtiments résidentiels [DESJ, 1996]. Dès lors, l’électricité est perçue
comme un besoin essentiel et même une « religion » tellement son usage est inhérent à toutes
les strates de la société [MORA, 1931].
Son arrivée dans l’habitat se manifeste en premier lieu par la démocratisation de
l’éclairage dans les foyers (dans les années 1940 pour la France), puis par le développement
des équipements électrodomestiques [DESJ, 1996]. De tels équipements permettent de
soulager les tâches domestiques en devenant ainsi une aide, voire un prolongement du corps
en terme fonctionnel. C’est ce que Jean Baudrillard appelle la « gestuelle fonctionnelle »
c'est-à-dire que l’on agit au travers d’un équipement pour effectuer une fonction [BAUD,
1968]. Dès lors, ces équipements utilisant l’énergie électrique vont se répandre au sein du
foyer, pour accomplir les différentes familles de fonctions (chauffage, nettoyage, éclairage,
bricolage, cuisine, média) allant jusqu’à une reconfiguration spatiale des habitats. Mais
parallèlement à cela, l’électricité reconfigure les outils de travail motorisant les machines,
créant des environnements virtuels avec l’avènement de l’informatique ce qui provoque une
reconfiguration de notre environnement spatial et de notre approche aux objets.
L’apport de tels équipements révolutionne ainsi non seulement le rapport de l’homme
au travail mais également les rapports sociaux au sein même des bâtiments où à l’extérieur de
ceux-ci. En effet, les rapports aux autres (entre habitants) se trouvent dès lors redéfinis par
l’utilisation d’équipements électriques pouvant, par exemple dans le cadre résidentiel, amener

21
à des tensions par rapports au mode de consommation (problématique de la « guerre des
boutons » pour la maîtrise des dépenses d’énergie [DESJ,1996]).
On se rend compte que l’usage de l’électricité est un élément fondamental car toute
activité au sein d’un bâtiment se réfère à une utilisation de l’énergie électrique sous
différentes formes. Avec les BBC et autres bâtiments performants, cette perspective va
d’autant plus se vérifier avec la mise en place de systèmes de gestion d’énergie qui vont
permettre d’offrir encore plus de services au travers des équipements électriques eux-mêmes
mais également en termes d’ensembles d’équipements.
Comme nous allons le présenter ultérieurement (partie 3.1 chapitre 1) dans l’exemple
des bâtiments intelligents, l’implantation de plus en plus d’équipements électriques en tout
genre offre d’autant plus de services et l’usager va être alors de plus en plus dépendant de ces
services électrodomestiques. Cette omniprésence de l’électricité peut déjà s’apprécier lors de
périodes critiques où une coupure d’électricité, ne serait-ce que d’une heure, provoque des
conséquences techniques et sociologiques qui peuvent se révéler catastrophiques.

2.2 L’électricité : première énergie consommée dans le secteur tertiaire


Comme nous l’avons vu précédemment (figure 7), le domaine du bâtiment est le
premier secteur consommateur d’électricité en France. Lorsque l’on regarde sa contribution
dans le panel actuel de consommations énergétiques des bâtiments, l’électricité s’avère déjà
être la principale source de consommation énergétique dans les bâtiments (35% en 2007) et
cette tendance ne cesse de s’amplifier (figure 10).
Figure 10: Consommation énergétique finale du secteur
résidentiel – tertiaire, par type d'énergie utilisée
70 EnRt **

60 Électricité
50 12%
40 Gaz
Mtep

30
35% Pétrole
20
10 CMS *
0 34%
1970
1980 Répartition en % en
1990 19%
2000 2007
2007 1%
Note s : consommation corrigée des ef f ets du climat ; hors utilisation de ressources à des f ins non énergétiques ;
* CMS : combustibles minéraux solides (charbon + coke de houille) ; ** EnRt : énergies renouvelables autres que hydraulique
éolien et photovoltaïque. Source : SOeS, 2008.

Une telle importance de l’électricité est d’autant plus mise en exergue dans les
bâtiments tertiaires où le poste de consommation d’électricité spécifique3 représente le
premier poste de consommation énergétique (figure 11).

3
L'électricité spécifique correspond à l'électricité nécessaire pour les services qui ne peuvent être rendus que par
l’usage de l'énergie électrique. On ne prend pas en compte dans l'électricité spécifique : l'eau chaude, le chauffage, la
climatisation et la cuisson qui peuvent utiliser différents types d'énergie. [NOVE, 2011]

22
Figure 11 : Répartition de la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel et tertiaire en
France en 2003 [CEA, 2003]

2.2.1 Le poste de consommation électrique supplante le poste de consommation


thermique dans les bâtiments performants
Avec l’avènement de bâtiments performants par la mise en place des différentes
réglementations thermiques, les besoins thermiques vont réduire et par là même le bilan
énergétique va se voir changer.

Figure 12 : Evolution des postes de consommation dans les bâtiments [QUEN, 2011]

Comme indiqué sur la figure 12 où sont représentées les consommations prévues par
les différentes réglementations thermiques (RT2005 et RT2012), le poste des équipements
électrodomestiques peut tenir du paradoxe énergétique puisqu’il est vu comme un atout

23
énergétique dans le cas de la gestion de réseaux électriques que nous verrons plus tard (smart
grids) (du fait de ses possibilités de délestage) tout en étant oublié dans les réglementations
actuelles et de manière plus générale dans les métiers de la conception. Pourtant, de par une
mise en place de réglementations thermiques visant à réduire les besoins thermiques et de par
l’absence de réglementation particulière sur la consommation électrique, le poste de
consommation électrique va rapidement se retrouver comme premier poste de consommation
(en particulier dans les BBC et les BEPOS).
Cette considération valable pour le domaine résidentiel prend une dimension encore
plus importante pour les bâtiments tertiaires. L’exemple de la figure 13 montre qu’en pratique
le poste électrique (Bureautique+ventilation+éclairage), à partir de la RT 2012, est supérieur
au poste thermique et représente plus de ¾ de l’énergie consommée. Si l’on rajoute à cela les
consommations des autres postes (auxiliaires chauffages, usages divers, etc..) qui utilisent
également de l’énergie électrique, ce bâtiment tertiaire, comme toutes les prochaines
générations de bâtiments, sera quasiment tout électrique.
On peut se rendre compte que la demande croissante en électricité des bâtiments, fait
du génie électrique une composante principale du bâtiment à moyen et long terme. En effet, la
demande en électricité a doublé en 20 ans et a été multipliée par 5 en moins de 40 ans (figure
14).

(Energie utile)

Figure 13 : Répartition des postes de consommation dans un bâtiment de Bureaux BBC


(chauffage non électrique) [ENERT, 2005]

Si l’on regarde la tendance par rapport à 1973 par exemple, de la consommation des
différents postes de consommation énergétique dans le résidentiel, on constate plus qu’un
doublement de la consommation du poste d’électricité spécifique (figure14) (+150%) et dans
le même temps on retrouve une même progression importante de ce poste dans les bâtiments
tertiaires de + 40% [CEREN, 2007]

24
Figure 14 : Evolution des consommations d'énergie (électricité et autres) dans le secteur
résidentiel (indice 100 en 1973)

2.2.2 L’explosion des services électriques et la question de la suffisance


énergétique
L’augmentation de la consommation électrique s’explique en grande partie par la
multiplication des charges électriques dans le bâtiment. En effet, le progrès technologique
amène de plus en plus d’équipements dont la principale source d’alimentation est l’électricité.
Des nouvelles fonctionnalités comme les médias et la bureautique sont apparues avec
l’avènement de l’informatique, des télécommunications, de l’audiovisuel, représentant alors
d’autant plus de nouvelles charges électriques dans le bâtiment. Cette consommation
d’électricité pour les usages de confort (éclairage, électroménager…) a fortement augmenté
entre 1973 et 2003 (+ 85 % par m2), en raison de la multiplication des appareillages
domestiques qui, en dépit de leur faible puissance, consomment une quantité d’électricité
conséquente du fait de la multiplication des veilles [POQU, 2008].
.
Dans les bâtiments tertiaires de type Bureaux et Enseignement où les charges
principales sont la bureautique et l’éclairage, l’augmentation se traduit par une part de
l’informatique croissante et l’augmentation des puissances des ordinateurs en terme de calcul
et donc de puissance électrique consommée. Ainsi, la consommation électrique des micro-
ordinateurs augmente en moyenne de 5% par an [SIDL, 2009] et dans le même temps, la
nécessité de redondance des serveurs informatiques provoque une explosion de la
consommation énergétique des data centers (Problématique du « Green IT » [ENERG, 2007].
Une telle explosion d’équipements, autant en nombre qu’en puissance, amène à se
poser la question de la suffisance énergétique. En effet, on peut se poser la question du fait
d’avoir des écrans toujours plus grands, des machines toujours plus puissantes (par exemple
pour les voitures, on observe une augmentation des cylindrées alors que même la limitation de
vitesse n’autorise pas des vitesses excessives), etc. nécessitant une consommation plus
importante, si c’est bien raisonnable et utile ? Quelle est la frontière entre le « simplement
utile et le vraiment utile » de Platon ? [PLAT, 1999]

25
Figure 15 : Evolution de l’efficacité énergétique des maisons en Europe [CALW, 2008]
Dans ce cadre, un groupement européen ECEEE [CALW, 2008] préconise ainsi de
mettre dans la balance de l’avancement technologique également la suffisance des services
rendus. En effet, face au progrès technologique et à la volonté environnementale qui amènent
à concevoir des équipements énergétiquement plus efficaces, la consommation d’équipements
« toujours plus » (plus grands, plus rapides, etc..) augmente alors d’autant plus et annihile
dans une certaine mesure les économies réalisées par des technologies intrinsèquement plus
efficaces. Sur le graphe de la tendance européenne (figure 15), on se rend compte que malgré
le fait que la consommation énergétique ait tendance à se stabiliser au sein de l’Union
Européenne, la consommation en éclairage et équipement électrique a augmenté de 20% en
14 ans et cette tendance continue attestant de la gourmandise énergétique des habitants (qui
souhaitent également des superficies de plus en plus grandes qui nécessiteront davantage
d’éclairage).
A ce phénomène se rajoute une autre dynamique sociale de consommation
appelée « l’effet rebond » qui traduit la tendance à utiliser plus souvent un équipement conçu
comme énergétiquement efficace, ce qui, au final, ne rend pas le bilan énergétique économe
[SORR, 2008]. Ainsi par exemple, des ampoules basse consommation que l'on éteint moins
fréquemment ou un chauffage que l'on pousse plus après avoir mieux isolé son logement sont
autant de comportements qui rendront le bilan énergétique non économe en énergie malgré
l’emploi de technologies performantes. Une telle problématique, que l’on peut retrouver dans
un certain nombre d’autres produits de consommation et bien connu du domaine de la
microéconomie, soulève de nombreuses considérations quant à la (re)définition de l’efficacité
vis-à-vis des économies d’énergies effectivement réalisées [RUZZ, 2008]. Nous reviendrons
dans le chapitre 3 sur les limites de l’efficacité énergétique dans le bâtiment.
Par ces deux précédents phénomènes de consommation, on peut apprécier comment la
dimension usage de l’électricité est inhérente aux comportements humains et que le génie
électrique se présente alors au-delà d’une simple source énergétique mais également comme
un vecteur de service.

26
2.3 Le génie électrique : composante majeure de la gestion énergétique des
bâtiments
Afin de pouvoir contrôler et gérer l’énergie électrique entre les sources et charges
électriques de plus en plus nombreuses dans les bâtiments, des Systèmes de Gestion
Energétique du Bâtiment (SGEB) sont apparus progressivement avec l’apparition de micro
contrôleurs et des protocoles de communication.
On peut définir ces systèmes selon la définition de Long Ha qui caractérise les
systèmes de gestion d’énergie du bâtiment comme « un ensemble d'équipements dotés de
microcontrôleurs ayant des capacités de communication via des protocoles standards, un
système de côntrole-commande centralisé et une interface homme-machine permettant de
réaliser certaines fonctions d'optimisation, de conduite et de suivi de la consommation
d'énergie » [HA, 2007].
A l’heure actuelle, les systèmes de Gestion technique Centralisée (GTC) font partie
des SGEB car ils permettent de gérer la consommation des services de chauffage, de
climatisation, d'eau chaude sanitaire et d'éclairage. L’application se fait essentiellement dans
les bâtiments tertiaires de type industriel, commercial mais aussi de type bureaux. Nous
reviendrons plus spécifiquement sur le contenu et les limites des systèmes GTC dans le
Chapitre 2 car notre cas d’étude utilise une telle technologie.

Les SGEB agissent sur les différents organes du bâtiment aussi bien au niveau de
l’alimentation d’équipements énergétiques (c’est-à-dire les équipements fournissant les
services de chauffage, de ventilation, d’éclairage et les autres équipements d’électricité
spécifique) que sur leur commande. Ainsi, l’électricité se retrouve dans la plupart des
processus de transformation physique réalisés par les appareils énergétiques (transformation
électromécanique pour un moteur, électrothermique pour un radiateur, électro-lumineux pour
les éclairages de type fluorescent) mais peut également intervenir comme système de contrôle
ou de commande, principalement dans la gestion de la circulation de flux énergiques comme
l’eau chaude, l’air, … au travers de vannes, de pompes et de ventilateurs.
.
Dans le cadre de BEPOS, les SGEB sont essentiels et offrent l’opportunité de gestion
de l’énergie au sein du bâtiment entre production et consommation locale d’énergie au moyen
de stratégies de côntrole-commande comme le délestage de charges, le report de charges, etc...
(Foggia, 2009). Cette gestion est nécessaire au regard du paradoxe énergétique que constitue
le bâtiment : lorsque l’on regarde son potentiel d’énergie un bâtiment reçoit, en moyenne, plus
d’énergie naturelle solaire que ce qu’il consomme sur une année. En effet, si l’on considère
l’irradiation solaire reçue par an, et dans l’hypothèse que l’on est capable de convertir
l’intégralité de l’énergie d’irradiation solaire en énergie utile (thermique ou électrique), on
pourrait bénéficier, sur un panneau incliné à 35° sur le site de Grenoble, d’une énergie de
1400kWh/m²/an. [PVGIS, 2010]. En terme de captation d’énergie brute, cela suffirait,
moyennant les rendements des équipements de conversion solaire (de l’ordre de 60% pour les
panneaux solaires et de 10 % pour les panneaux photovoltaïques), de rendre autonome en
énergie un bâtiment résidentiel simple de 140 m² respectant la RT2000 (100kWh/m²/an).
Le génie électrique, en tant que vecteur énergétique se retrouve à la fois au niveau
de la production, de la consommation et de la gestion d’énergie ce qui en fait un acteur
majeur du système bâtiment.

27
3 Le bâtiment : un secteur en redéfinition
Nous avons pu voir au travers de l’étude énergétique ainsi que par l’émergence de
nouvelles composantes dans le secteur du bâtiment (tel que le génie électrique ou le domaine
du côntrole-commande de système de gestion), celui-ci était amené à évoluer. Avec la vision
des bâtiments comme un système énergétique, c’est un point de vue différent qui est adopté
permettant dès lors de considérer les bâtiments de façon globale, écologique (c’est-à-dire en
le définissant par rapport à son environnement aussi bien énergétique, naturel que
fonctionnel).
Cette évolution de point de vue du bâtiment s’inscrit dans une dynamique plus ancienne de
redéfinition des fonctionnalités de l’habitat et du bâtiment qui s’est faite au cours de
l’Histoire.

3.1 Evolution des fonctionnalités du bâtiment


Habiter fait partie des besoins vitaux naturels humains. Cette fonction d’habiter que
doit fournir un bâtiment a évolué au fur et à mesure des époques et du développement de
l’Homme. Ces deux histoires sont intimement liées car si le progrès technologique amène une
évolution du secteur de bâtiment, le bâtiment représente d’autre part une stabilité nécessaire
pour le développement des sociétés humaines. En particulier, le logement est l’espace où se
réalisent les transformations sociales en fonction du niveau de qualité de celui-ci. [HOUD,
1969]

3.1.1 Le bâtiment de ses origines jusqu’à l’époque contemporaine


Si on en revient au premier type de bâtiment, qui est l’habitation dans sa forme la plus
simple que fut la grotte, les fonctionnalités premières recherchées étaient celles d’un abri:
protection contre les intempéries puis sécurité vis-à-vis de l’environnement sauvage. Ces
fonctionnalités de base ont ainsi permis la survie de l’espèce humaine.
L’étape suivante dans l’évolution du bâtiment fut la hutte avec l’avènement de
l’agriculture où le bâtiment devint ainsi le point central de la sédentarisation. Dès lors, le
bâtiment se dota, en plus d’une protection plus performante, de spécialisations en fonction de
l’usage qui était réalisé par le bâtiment ce qui amena différents types d’architecture: granges
pour le stockage, etc.…
On peut considérer que la recherche du confort, en particulier thermique, comme
motivation première, apparut avec l’avènement des domus de l’époque gallo-romaine
[MORO, 2000]. En effet, dans ce genre d’habitation, on trouva les premiers systèmes
énergétiques annexes à l’architecture contribuant au confort thermique comme les premiers
systèmes de chauffage par vapeur d’eau (hypocauste), contribuant au confort hygiénique
(toilettes privées), au confort sonore (construction d’un péristyle) et au confort olfactif
(cheminée d’évacuation pour la cuisine).
Ensuite, au fil des siècles, on peut remarquer que les fonctionnalités du bâtiment ont
finalement très peu évolué. Les techniques architecturales ont, certes, évolué au cours des
siècles [MONN, 2010] ainsi que les équipements réalisant ces fonctionnalités en particulier
avec l’apparition de l’électricité qui a démocratisé l’éclairage, permettant l’accès à ce confort
à toute la population [DESJ, 1996]. Mais jusqu’à la moitié du 20ème siècle, les exigences des
occupants de bâtiments (que ce soit résidentiel ou tertiaire) et ainsi les objectifs des
constructions [MORO, 2000] n’ont pas fondamentalement changé par rapport à la définition
de ce qu’est un bâtiment actuel et sont globalement :
- Organisation de l’espace
- Confort thermique d’hiver et d’été
- Confort visuel (éclairage)

28
- Sécurité contre l’intrusion
- Confort en équipements : eau, égout, chauffage, cuisson, etc…
- Tenue dans le temps
Comme précisé précédemment, à partir des années 1970, le secteur du bâtiment a
connu une évolution de nouvelle nature. La mise en place de la réglementation RT 1974 visait
à rendre les bâtiments résidentiels énergétiquement plus efficaces (RT 1982 pour les bâtiments
non résidentiels). Bien que la motivation de l’époque fût davantage politique et économique,
les bâtiments furent affublés d’une nouvelle exigence : l’efficacité énergétique (par
extension). Cette fonctionnalité à laquelle le bâtiment dans son ensemble doit répondre, aura
ensuite comme motivation la réduction de l’impact des bâtiments sur la facture énergétique
globale du pays.
Avec les bâtiments basse consommation et leurs améliorations futures, le bâtiment se
retrouve au cœur d’un système global plus complexe et dès lors le nombre de fonctionnalités
se multiplie. Dans ce cadre de la certification des BBC, les exigences HQE (Haute Qualité
Environnementale) synthétisent bien les fonctionnalités que doivent offrir, du point de vue
ingénierie thermique et qualité environnementale, les bâtiments actuels et qui sont les
objectifs du maître d’œuvre [MAND, 2006] [HQE, 2010](Annexe 1).

3.1.2 Bâtiments modernes intégrant l’énergie et bâtiments intelligents


Avec les bâtiments BBC et plus particulièrement les bâtiments à énergie positive, le
bâtiment s’intègre dans un schéma énergétique plus global. En effet, de par son rôle de
production locale d’énergie (en particulier électrique) le bâtiment s’intègre comme un nouvel
acteur du réseau électrique à la fois en tant que source et charge mais également stockage
d’énergie électrique [FOGG, 2009].
Le smart grid, ou réseau électrique intelligent, permet en effet, grâce à des
technologies de communication, d’optimiser la production et la distribution d’électricité sur
un réseau électrique (figure16). Une perspective d’un tel réseau serait de se servir des
bâtiments à énergie positive comme « tampon énergétique » grâce à des moyens de stockage
physiques (batteries, etc..) et de pallier ainsi aux intermittences de production des sources
d’énergies renouvelables décentralisés (éolien) ainsi qu’aux pics de consommation au travers
de systèmes de délestage [FOGG, 2009]. Le bâtiment se rajoute ainsi une fonctionnalité à une
échelle macroscopique qui est celle de producteur d’énergie et élément de stockage
d’énergie.
Par extension, on pourra citer que le bâtiment s’inscrit également dans une nouvelle
logique d’urbanisation grâce au couplage bâtiments / véhicules où ces derniers seraient
alimentés par le surplus / la production locale d’énergie générée par les bâtiments valorisant
ainsi les bâtiments comme acteurs du mouvement urbain.

Davantage au niveau de la recherche, le concept de bâtiment intelligent représente un


aboutissement en terme de nombre de services que propose un bâtiment. Le bâtiment
intelligent dispose dans la littérature de multiples définitions qui peuvent varier en fonction
des cultures scientifiques [ARKI, 1997] [SO, 2001] [WIGG, 2002] mais l’objectif final reste
l’amélioration du confort et de la productivité des occupants [WONG, 2005]. Ce concept est
porté en particulier par le domaine informatique avec l’avènement des technologies de
l’information et de la communication qui mettent en place des approches du bâtiment
complémentaires aux points de vue énergétiques de l’ingénierie thermique. Les bâtiments
intelligents sont des lieux où chaque équipement (principalement électrique) peut être
commandé à distance (via télécommande ou Internet) et où les ambiances et informations sont
distribuées spatialement de façon intuitive au sein du bâtiment en fonction du confort voulu.
Ce sont ainsi davantage les fonctionnalités d’assistance à l’usage qui sont mises en avant. On

29
remarquera au passage que les solutions domotiques sont à l’origine des bâtiments intelligents
mais n’ont pu aboutir en particulier pour des raisons techniques et fonctionnelles [CAEL,
1998].

Figure 16 : Schématisation du principe des smart grids [ENERZ, 2011]

Enfin, de nombreuses recherches, notamment dans le domaine médical et de la


gériatrie, mettent en œuvre des solutions domotiques au profit des personnes à mobilité
réduite [CHAN, 2008]. Les services ainsi proposés sont ceux relatifs à la santé permettant,
par exemple, de détecter si la personne fait un malaise en vue d’appeler les services de santé
concernés. Ainsi, les fonctionnalités d’aide à la personne qui sont effectuées par les
équipements, offrent une dimension supplémentaire au bâtiment.

3.1.3 Evolution des fonctionnalités du bâtiment en fonction des différents type de


services
Nous pouvons ainsi constater, de par l’évolution du secteur du bâtiment, des
équipements et des hommes y habitant, que les fonctionnalités d’un bâtiment se multiplient
tout en se cumulant afin de répondre à de plus en plus d’exigences internes et externes.
Si l’on considère dans leur ensemble ces fonctionnalités, on pourrait les situer sur un
axe temporel afin d’apprécier au mieux les étapes passées et à venir des services du bâtiment.
Dans la figure 17, on retrouve de manière non exhaustive, la synthèse des fonctionnalités que
peuvent proposer les bâtiments actuels. Pour les bâtiments qui s’inscrivent plutôt dans le
domaine des perspectives (bâtiment à énergie positive et bâtiment intelligent), on peut
distinguer parmi les fonctionnalités qui sont présentées précédemment (partie 3.1), deux
approches qui sont complémentaires et qui sont liées par une notion qui sera la clé de voûte de
notre étude : l’usage.

30
En effet, dans la perspective de bâtiment à énergie positive, le point de vue est
davantage techno-centré, c'est-à-dire que l’on cherche à mettre en œuvre un certain nombre de
techniques, d’équipements efficaces, etc… afin d’avoir un bilan énergétique positif. L’usage,
en tant que variable apportée par les occupants, a tendance à n’être considéré que sous une
forme standard en fonction de quelques types d’usage. Par exemple, si l’on s’en réfère à la
méthode Th-CE (CSTB, 2005) qui est la méthode réglementaire française utilisée pour
calculer la consommation énergétique des bâtiments, l’usage est considéré de différentes
manière : comme un créneau d’occupation de X personnes durant des horaires prédéfinis,
comme un acteur agissant sur la consigne de température ou agissant avec les ouvrants par
exemple. Cependant, ces modèles ne prennent pas en compte la totale complexité du
comportement des usagers qui peuvent réagir de différentes façons afin de parvenir à leurs
besoins.
En parallèle, les bâtiments intelligents se prévalent de mettre les occupants et leur confort au
cœur des préoccupations comme nous l’avons vu dans la définition même du concept
[WONG, 2005]. Néanmoins, les préoccupations relatives à la consommation énergétique sont
assez peu mises en avant car la multiplication et la combinaison des services sont fournies
principalement par des équipements électriques et représentent alors une accumulation de
charges électriques alourdissant, comme nous avons pu le voir auparavant, la facture
énergétique totale.
Le cadre de la thèse se positionnera comme une perspective mettant en œuvre ces
deux derniers concepts de bâtiment autour de la notion d’usage du bâtiment car il est
nécessaire de pouvoir aborder le bâtiment aussi bien sous sa forme « service à l’usager »
que sa forme « énergétique ».

Figure 17 : Evolution des fonctionnalités du bâtiment

31
3.2 Vers un système bâtiment où l’occupant est acteur majeur
Comme nous avons pu le voir dans l’évolution du bâtiment et la multiplication des
fonctionnalités, le bâtiment devient un système qui est à la fois multiphysique et multi-
acteurs.
Multiphysique car de nombreux flux énergétiques sont présents dans un bâtiment avec
les équipements techniques [HA, 2007] :
- flux thermique avec les équipements de chauffage et de refroidissement
- flux aéraulique avec les systèmes de ventilation
- flux lumineux avec l’éclairage naturel et artificiel
- flux électrique avec tous les postes de consommation et production électriques
- flux hydraulique avec l’eau sanitaire
Nous nous intéresserons par la suite aux quatre premiers flux car ce sont ceux qui
rentrent en compte, directement ou indirectement, dans les bilans énergétiques des bâtiments.

L’approche classique employée lors de la conception de bâtiments s’attache à


distinguer, au travers de la diversité des acteurs et leur cœur de métier, les différents flux
physiques. Chaque métier opère dans son domaine de compétences spécifique
(Chauffage/climatisation, électricité, architecture, etc..) avec les connaissances techniques
dont leur expérience et leur savoir disposent. Cette vision segmentée du bâtiment apparaît
comme techno-centrée, c’est-à-dire que chaque métier correspond à une approche « Objet »
du bâtiment (selon l’approche évoquée par F. Wurtz [WURT, 2008]) où chaque composant du
bâtiment est étudié séparément. Cette approche « Objet » du bâtiment peut être utile afin de
pouvoir concevoir indépendamment les différents appareils, qui équipent ce bâtiment. La
limite d’une telle perspective est l’implication des acteurs humains dans cette boucle de
valeurs [WURT, 2008] dont on ne pourra se passer dans la gestion du bâtiment.

Compte tenu de la multiplicité des flux énergétiques, on peut parler alors de « système
bâtiment » le bâtiment dans son intégralité. La vision systémique du bâtiment permet
d’étudier le bâtiment dans son ensemble et de prendre en compte les relations étroites qui lient
les différentes composantes. Ainsi, si l’on agit sur un paramètre, cela affectera un autre
paramètre du système. Cette considération est nécessaire afin de pouvoir aboutir à un confort
optimal des occupants et à une minimisation de la consommation énergétique du bâtiment.

3.2.1 Composition du système bâtiment


Dans notre cadre d’étude, qui correspond à celui de la gestion d’énergie au sein du
bâtiment, le système bâtiment peut être considéré sous la structure suivante dans laquelle nous
pourrons distinguer des éléments « actifs » ou « passifs » vis-à-vis de la contrôlabilité des
paramètres de confort: température, humidité, courant d’air, qualité d’air, luminosité, odeur,
bruit [AFNOR, 2000]. Chaque partie correspond d’autre part à un domaine scientifique où des
modèles et outils existent permettant d’étudier indépendamment chaque élément. Ce
découpage reprend alors le point de vue multi agent présent dans le domaine de la gestion
énergétique où chaque composant dispose d'éléments de commande indépendants mais
communicants [ABRA, 2002].

- Architecture: cela regroupe l’ensemble des éléments de construction relatifs à


l’enveloppe du bâtiment comme le choix des matériaux (l’isolation en particulier),
l’orientation, la compacité, le volume des pièces etc.… Ces derniers éléments sont
davantage « passifs » dans la gestion des flux énergétiques car une fois le bâti
construit, les degrés de modification sont moindres. Seuls les ouvrants (portes et

32
fenêtres) et protections solaires, revêts et meubles qui sont intégrés à cette
architecture sont des éléments sur lesquels les occupants ont un degré de liberté.

- Chauffage et refroidissement : cela associe les dispositifs agissant de façon directe


sur le comportement thermique du système bâtiment. Cela inclut le chauffage ou la
climatisation d’une ou de plusieurs pièces. De tels équipements ne sont
commandables que de manière directe (thermostat) ou indirecte (programmateur)
par les occupants ce qui définit leur aspect « actif ».

- Ventilation : cette catégorie représente les équipements qui agissent sur la qualité
de l’air par le renouvellement de celui-ci. Ces équipements sont également
« actifs » car les occupants peuvent commander la consigne.

- Eclairage: ce poste regroupe les dispositifs fournissant et contrôlant l’éclairage


artificiel afin de pouvoir offrir un confort visuel adéquat aux occupants. Ceux-ci
peuvent avoir accès directement au réglage ou à la simple commande de
l’éclairage rendant cet élément « actif ».

- Equipements électriques spécifiques: Ce groupe d’éléments traduit en fait la notion


« d’appliance » utilisée en anglais pour définir tous les équipements électriques
qui sont en interaction directe avec les occupants et offrent des services associés à
la fonction de ces équipements (nous y reviendrons dans le chapitre 5).

En considérant le bâtiment comme un système multiphysique, la gestion énergétique


du bâtiment ne pourra se faire que par une mise en commun interdisciplinaire des modèles ce
qui suscite des problématiques en termes d’uniformisation de langage pour échanger les
données [LEBE, 2009]. Le projet SIMINTHEC (figure18) a ainsi pour vocation, dans ce
cadre, de proposer une plateforme d’interopérabilité entre différents simulateurs représentant
les différentes composantes du système bâtiment : partie électrique, partie thermique, partie
côntrole-commande et partie occupants (dont nous reviendrons sur son intégration dans le
système bâtiment dans la partie 3 du chapitre 3).

Figure 18 : SIMulation et outils logiciels INteropérables pour la gestion des énergies


THermique et EleCtriques [LE, 2010]

33
4 L’usager et ses comportements énergétiques au coeur des
problématiques scientifiques du bâtiment
Nous avons présenté jusqu’à présent comment le bâtiment était un secteur énergétique
majeur et comment il avait évolué en terme de redéfinition fonctionnelle. Il est apparu que,
par définition même du bâtiment, l’usager du système bâtiment (l’habitant) est l’acteur
central et en cela il a un rôle principal dans la consommation énergétique. Aussi, la
connaissance de cet acteur à part entière du système bâtiment est nécessaire pour pouvoir
ensuite gérer de manière optimale l’énergie consommée tout en offrant un confort maximum à
l’usager.

4.1 Impact énergétique de l’usage


Comme nous avons pu le constater précédemment (figure 10), l’énergie consommée
dans un bâtiment, en particulier l’énergie électrique, est fortement liée à l’usage, et donc
intrinsèquement au comportement des usagers.
Lorsque l'on compare la consommation énergétique entre les prédictions énergétiques
(provenant, au mieux, de simulations énergétiques) et la consommation réelle, la
consommation réelle dépasse tout le temps les prévisions et ce, au-delà de la simple
fonctionnalité du bâtiment (résidentiel ou tertiaire) qui est d’abriter les activités humaines
[HAAS, 1998] [BRANC, 2004]. Aussi, une telle divergence de résultats est principalement
due aux usages faits par les occupants [OWEN, 1988].
Cet écart peut s'élever jusqu'à plus de 50% par rapport à la consommation calculée
initialement montrant ainsi d'une part la pauvreté des outils, méthodes et modèles permettant
de prendre en compte l'usager et d'autre part la sensibilité extrême de la consommation
énergétique aux comportements des habitants.
En effet, si on prend l'exemple récent d'un retour d'expérience de la tour Elithis,
bâtiment tertiaire de bureaux à énergie positive, il a été constaté à peine au bout d'un an
d’exploitation, que la consommation énergétique avait été largement sous-estimée et en
particulier le poste de consommation électrique (et donc l’usage) a été sous-estimé de moitié.
[LENO, 2010]. On se rend alors compte que bien que les charges électriques soient
individuellement moins consommatrices d’énergie grâce à une recherche d’efficacité
énergétique, elles sont finalement, à l’usage, mal conçues / mal dimensionnées rendant le
bilan énergétique plus négatif que prévu.
L'usager a donc une place centrale dans le concept même d'habitat et ainsi lors de son
exploitation. Comme le souligne une étude sur l'impact « fantôme » des comportements des
occupants [MASA, 2010], il existe dans la littérature peu d'études s'attachant au problème
même de la dynamique de consommation d'énergie, en particulier en ce qui concerne
l’électricité. Cette dynamique sera bien entendu différente entre les bâtiments tertiaires (dont
les horaires de fonctionnements et les charges électriques peuvent être davantage connus) et
les bâtiments résidentiels (où chaque individu ayant un rapport particulier aux objets
électriques consommera selon ses propres habitudes et désirs). Le bâtiment étant un domaine
technologique historiquement relié à la thermique de l'enveloppe, l'occupant a été ainsi étudié
soit en terme de système réagissant en fonction du confort thermique [NICO, 2002] soit
comme un être répondant à différents stimuli (chaleur, prix de l'énergie [BEER, 2007],
placement d'interrupteurs d'éclairage [LINDEL, 2006]).
Une des raisons de la difficulté d’étude de l’être humain est liée à la complexité de
celui-ci tant ses actes peuvent être versatiles. Certaines des causes de cette variabilité des
usages ont été étudiées afin de distinguer les principaux paramètres influents. On y retrouve

34
ainsi que l’usage varie en fonction de la catégorie socioprofessionnelle (âge, genre, revenu,
niveau d'études) [LINDEN,2006] mais aussi bien de paramètres plus personnels, comme la
sensibilité environnementale, qui peuvent être source de fluctuations de consommation mais
aussi de potentiel d'économies d'énergie [VRIN, 2007].
Un des phénomènes illustrant parfaitement la liaison entre les comportements humains
et la consommation énergétique est le comportement d’utilisation ou de non-utilisation des
veilles par exemple. En effet, en fonction de l’éducation, certaines personnes éteindront ces
charges électriques non nécessaires alors que d’autres trouveront cela insignifiant et laisseront
ces veilles. Pourtant, celles-ci constituent un potentiel d'énergie important représentant entre 8
et 10% de la consommation électrique d'un bâtiment résidentiel [LOPE, 2005].
Enfin, on peut estimer que la consommation énergétique des bâtiments résidentiels
peut être réduite de 10 à 30% rien que par la mise en place d’incitations et sensibilisations
telles que le simple affichage de la consommation [MULL, 1998] [DARB, 2006]. Cela
montre qu’au final, il y a une grande part de variabilité de la consommation liée aux besoins
et aux volontés d’action des habitants.

4.1.1 L’usage dans les bâtiments tertiaires et résidentiels


La nature et les caractéristiques de l'usage dans les bâtiments tertiaires sont
sensiblement différentes que celles associées à l'usage résidentiel. Ce que l'on peut constater
en analysant la nature des rapports des occupants aux usages énergétiques, en particulier
électriques, c'est qu'il y a un facteur de déresponsabilisation de la consommation des
équipements qui semble important. En effet, dans les habitats résidentiels, l'usager /
consommateur est également le payeur de l'énergie consommée lui imposant alors une
responsabilité financière. Cet engagement vis-à-vis du portefeuille n’est pas présent dans les
bâtiments collectifs où l’on s’appuie sur la « société qui paye » (dynamiques sociologiques de
groupe) et laissant alors libre cours à des comportements énergétiques excessifs (peu
d’extinction de veilles, etc..).
Parmi les facteurs d'usage influençant grandement la consommation énergétique de
bâtiments tertiaires, on trouve l'occupation des bâtiments et des postes de travail ainsi que la
gestion de l'énergie durant ces périodes. En effet, une étude visant l'occupation effective des
postes montre que sur un échantillon de 48 bureaux de 3 bâtiments différents [MADH, 2008],
les occupants pouvaient passer plus de 50% de leur temps en dehors de leur poste de travail.
Si l'on considère les extinctions de lumière et d'ordinateurs associés (ou du moins la mise en
veille selon les cas) qui ne sont pas toujours réalisées durant ces périodes d'activité, le
potentiel d'énergie serait ainsi conséquent car on pourrait réduire de moitié la consommation
électrique d'un bâtiment par une meilleure gestion de la consommation [TANI, 2008]. Une
autre étude [MASO, 2010] montre d’autre part que plus de 50% de l'énergie consommée l'est
en dehors des périodes d'ouverture des locaux, et si l'on ne s'intéresse aux week-ends, cela
représente entre 19 et 28% de la consommation énergétique où normalement il n’y a pas
d’activité dans le bâtiment.
Ces consommations supplémentaires en dehors de l’usage effectif du bâtiment montrent
alors l’importance du comportement humain sur la consommation énergétique et surtout du
gaspillage d’énergie lié aux mauvais usages.

Dans les bâtiments résidentiels, la variabilité de l’usage est encore plus grande car le
comportement individuel des habitants va influencer le mode d’usage des charges
énergétiques du bâtiment. Alors que dans les bâtiments tertiaires, les modes de
fonctionnements des charges énergétiques correspondent à un point satisfaisant la majorité
des occupants, dans le résidentiel, les desiderata des individus sont davantage exprimés. Ainsi,
chaque habitant peut avoir et imposer sa propre notion de confort ainsi qu’utiliser les charges

35
électriques à sa convenance en fonction de son vécu, des liens sociaux avec les autres
membres du foyer, sa perception de l’objet,… [DESJ, 1996]

4.2 Modèles de prise en compte de l’usager


Comme nous avons pu le voir, le bâtiment se retrouve être un acteur clé et central de
plusieurs domaines scientifiques. De par l'historique des fonctionnalités, nous avons pu voir
que ce sont davantage les métiers de l'architecture et de la thermique qui se sont tout d’abord
intéressés à la problématique des usagers. Ce n'est que récemment avec l’arrivée de nouveaux
apports comme le génie mécanique, le génie électrique ou le côntrole-commande dans le
processus de conception de bâtiment neuf [SIMB, 2009] qu’interviennent de nouvelles
approches et modèles associés.
Dans le domaine thermique, où ont cours de nombreux travaux sur l’efficacité
énergétique des bâtiments, la plupart des travaux de recherche vont dans le sens d’une
meilleure efficacité des composants thermiques, des enveloppes [CHLE, 2008] [THIER,
2008a]. Dans ce cadre-là, et comme cela l'est en particulier traduit dans les outils de
simulation thermique dynamique tels que COMFIE Pleiades [PEUP, 1990] ou Energy plus
[CRAW, 2001], l'habitant est considéré comme une source de chaleur thermique occupant les
locaux [THIER, 2008a] qui dépend des vêtements portés [HAVE, 2002], de l'activité des
personnes [PARS, 2002] contribuant aux apports thermiques internes. Néanmoins dans ce
cadre-là, la définition de l’activité se limite à des classes d’actions comme celui de dormir,
manger, être assis, travailler,...

4.2.1 Modèles stochastiques


L’occupation d’un bâtiment, notamment en tant que taux d’occupation au cours du
temps, fait l’objet de nombreuses études permettant de modéliser cette première forme
d’interaction homme/bâtiment. En dehors des modèles standard promulgués par la
réglementation (méthode Th-CE [CSTB, 2006]), on peut déterminer des lois de probabilité
d'occupation des locaux ou des pièces. Ainsi, des modèles stochastiques de l'occupation de
bureau ont été construits à partir de données empiriques et de paramètres humains (catégorie
socioprofessionnelle) permettant ainsi d'avoir un niveau plus fin du taux d'occupation (en
faisant apparaître les différentes pauses relatives à l'activité des personnes) [PAGE,2007] .
De manière connexe à ces études d'occupation de pièce se trouvent les modélisations
des usagers par rapport à leurs actions sur les ouvrants tels que les portes et fenêtres, en
fonction de la température, de la météorologie, et d’autres données du bâtiment [PAGE,
2008]. Un tel modèle stochastique permet de définir des densités de probabilité d'ouverture en
fonction de différents paramètres d’usage afin de pouvoir être intégré ensuite dans une
simulation thermique du bâtiment.
De même dans le domaine de l’éclairage, des modèles stochastiques semblables ont
été élaborés [LINDEL, 2006] à partir d’un ensemble de mesures et questionnaires au sein
d’un bâtiment en particulier sur l’interaction des usagers sur les systèmes de commande de
l’éclairage afin de déterminer des profils temporels d’usages des équipements.
Cette modélisation de l'interaction des usagers avec des systèmes électriques tels que
les systèmes d'éclairage, fait également l'objet de travaux visant à reconstituer les dynamiques
d'allumage et d'extinction au travers de chaînes de Markov par exemple [WIDE,2009] ou des
réseaux de neurones [AYDI, 2002].
La définition de probabilité d'utilisation d'un équipement peut ensuite être employée
afin de générer des courbes de charges électriques d'équipements ou de bâtiments [CLAR,
2004]. Ces courbes de charges issues de méthode « bottom up » reprennent des modèles
d’usage basés sur des questionnaires afin d’en faire des outils pour les gestionnaires de
réseaux [CAPA, 1994]. Une telle méthodologie mixte entre questionnaires (données de

36
sciences humaines) et densité de probabilité d'utilisation d’un équipement (domaine de
sciences mathématiques) permet par là même de pouvoir proposer une approche
sociotechnique des usages.
On remarque que dans ces derniers cas, c'est davantage l'approche stochastique qui a
été privilégiée compte tenu de la nature aléatoire de ces usages. L’inconvénient de ces
approches stochastiques est la robustesse du modèle vis-à-vis d’autres usages car il est
difficile et présomptueux de définir un modèle unique et final (approche ontologique) de
l’usage d’un bâtiment ou d’un équipement. La reproductibilité du modèle dépendra des
différents paramètres inhérents à l’usage (culture, personnalité, etc..) qui nécessitera que l’on
aborde la définition des modèles d’une autre manière (nous verrons comment au travers de
l’approche constructiviste dans la partie 2 chapitre 3).

4.2.2 Modèles déterministes


Les modèles déterministes cherchent à trouver des règles générales du comportement
de l’humain afin de pouvoir le modéliser dans un bâtiment donné. Parmi les approches
déterministes, on peut retrouver les approches visant à définir des classes d’usager en
regroupant sous forme de clusters les différentes dynamiques de consommation en fonction de
profils types d’usagers [BOUR, 2006].
Le regroupement de profils d’usage types aide à caractériser la dynamique de
consommation d’un équipement (tel que le photocopieur [CIRI, 2009]) et en fonction des
modes de veille d’un équipement, on peut déterminer les profils temporels d’usage (comme la
fréquence d’occupation, des mises en veilles, etc.. qui sont d’autant d’informations sur
l’usage).
L’utilisation d’un langage de description comportementale fait partie de l’approche
déterministe afin de simuler le comportement d’usager virtuel par rapport à des scénarii
d’usage. Un tel outil permet de décrire finement les comportements, notamment en terme de
réactivité des usagers. Cette élaboration de personnages virtuels propose un principe de
conception et d'évolution des personnages qui permet de faire ressortir, au travers de la
simulation via des outils tel que Brahms, des événements qui pourront ensuite être utilisés
pour de la co-simulation avec différents autres modèles [LE, 2010]. Un tel procédé permet
ainsi d'obtenir un modèle réactif de l'occupant par rapport au confort ambiant modélisable par
ailleurs. [LE, 2010]

Conclusion et objectifs de la thèse


Nous avons pu voir dans ce chapitre que le bâtiment constituait un secteur énergétique
prépondérant dans les contextes environnementaux, économiques et sociétaux actuels.
L’efficacité énergétique des bâtiments apparaît comme un moyen incontournable pour aller
vers des bâtiments plus économes. Nous avons pu voir que pour obtenir un tel objectif, au
travers de BBC ou BEPOS, de nouveaux domaines dans la conception et la gestion
énergétique rentraient en jeu, en particulier le génie électrique. Nous avons montré également
que l’importance croissante de l’électricité dans les bâtiments n’était pas anodine et découlait
d’une évolution historique des fonctionnalités du bâtiment qui vont vers des bâtiments de
moins en moins énergivores mais également offrant de plus en plus de confort à l’usager.
Nous avons pu insister sur le fait que l’usager est finalement la clé de voûte du système
bâtiment car c’est lui qui conditionne la consommation énergétique de celui-ci.
L’objet de cette thèse se situera sur les quatre aspects présentés précédemment. On
s'intéressera donc en particulier à mieux comprendre l’usage dans les bâtiments et voir
comment mieux intégrer l'usage de l'énergie, en particulier électrique, dans la conception et
l’exploitation des bâtiments BBC.

37
Pour cela, on s’appuiera dans un premier temps sur un retour d’expérience dans un bâtiment
BBC tertiaire (chapitre 2) qui permettra de mettre en évidence un concept d’efficacité d’usage
(chapitre 3). Nous illustrerons et appliquerons ensuite celui-ci lors des phases de conception
(chapitre 4) et exploitation (chapitre 5) du bâtiment et achèverons sur un exemple
d’intégration dans un SGEB. Les exemples employés dans les chapitres 4 et 5 concernent
respectivement des bâtiments tertiaires (conception de systèmes énergétique : chapitre 4) et
résidentiels (exploitation de charges électrique : chapitre 5) mais nous verrons que la
méthodologie reste la même dans les deux cas et peut être aussi bien utilisée pour des
bâtiments tertiaires que résidentiels.

Objectifs de la thèse:
Nous allons tâcher de montrer que le fait d’intégrer davantage l’usage dans les
systèmes bâtiments, que ce soit en phase de conception ou d’exploitation, permet à la fois
d’économiser de l’énergie mais également augmente la satisfaction des usagers aussi bien en
terme d’utilisation que de confort des habitants. Nous allons également proposer des outils et
des méthodes permettant de quantifier l’impact énergétique des usages et en particulier de
mauvais usages afin d'aboutir à des outils d’aide à la décision lors de la conception de
systèmes bâtiment et de l’aide à la sobriété énergétique en exploitation.

38
Chapitre 2

De nouvelles problématiques énergétiques


dans les BBC : Application à la plateforme
PREDIS MHI

Comme nous avons pu le voir dans le chapitre 1, le domaine du bâtiment est au cœur
de préoccupations socio-techniques ainsi que des problématiques énergétiques, en particulier
la consommation d’énergie électrique. La question de l’usage de l’énergie se positionne dès
lors comme une thématique centrale des problématiques scientifiques liées au secteur du
bâtiment car selon ce paramètre on aura un bâtiment plus ou moins performant en terme de
consommation d’énergie et de confort. Dans ce cadre-là, une plateforme a été conçue (la
plateforme Usage PREDIS MHI) afin d’étudier les comportements d’usage de l’énergie
électrique dans les bâtiments de type tertiaire. Nous verrons dès les phases de conception
quelles ont été les préoccupations énergétiques et d’usage prises en compte dans ce projet
(partie 1). Puis au travers du retour d’expérience de l’exploitation de la plateforme sur une
année complète, nous verrons émerger un certain nombre de points saillants liés à l’usage, que
ce soit du point de vue de l’usager en tant qu’habitant (partie 2.1) que du point de vue
exploitant (partie 2.2). Ces deux dimensions que nous retrouverons tout au long du retour
d’expérience nous amèneront à nous poser un ensemble de questions qui s’avèrent pour la
plupart comme étant autant de verrous scientifiques où l’on tient compte, en effet, de l’acteur
humain (partie 3).

39
1 Objectifs et présentation de la Plateforme PREDIS MHI
1.1 Contexte de la recherche scientifique du secteur du bâtiment en tant
qu’acteur du smart grid
Nous avons vu qu’avec l’évolution des fonctionnalités multiples et à venir des
bâtiments, celles-ci inscrivent le domaine du bâtiment dans de nouveaux axes de recherche
mettant en jeu différents domaines scientifiques autour de nouvelles problématiques
nécessitant une transversalité des compétences.
Dans ce cadre, on peut identifier de nombreux travaux et programmes de recherche
(en particulier le programme français PREBAT [PREBAT, 2004]) portant sur différents axes
de recherche répondant aux verrous scientifiques énergétiques actuels du bâtiment:
- Développement de fonctions métiers sur infrastructure des Technologies de
l’Information et de Communication (TIC): l’objectif est de développer des stratégies de
gestion d’énergie visant l’optimisation énergétique et des services en mettant en place des
TIC. De tels systèmes de gestion auront une infrastructure auto-configurable en fonction de
l’usage et du bâtiment dans lesquels ils seront implantés.
- Développement d’outils d’évaluation et de validation: cela regroupe les
études visant à diagnostiquer et analyser la performance énergétique des bâtiments en
développant des modèles de bâtiment, des modèles d’approvisionnement énergétique ainsi
que des simulateurs de systèmes bâtiments intégrant leurs occupants [SIMB, 2008].
- Développement d’Interfaces Homme-Machine dédiées: il s'agit de créer des
Interfaces Hommes-Machines (IHM) adaptées aux fonctions métiers intégrées dans la
conception et l’exploitation de bâtiment.
- Etude de l’acceptabilité par les occupants et sociétale: cela regroupe
l’approche sciences humaines de l’usage en intégrant l’acceptabilité des solutions de gestion
proposées ainsi que la construction de modèles d’usage intégrant une approche
anthropologique afin de prendre en compte les dynamiques micro–sociologiques des usages
[EMEL, 2011].
- Analyse des usages et de leur évolution dans les filières: cela consiste au suivi
de l’évolution des comportements et usages afin de spécifier de nouveaux outils au cours du
cycle de vie du bâtiment (conception, construction, exploitation, maintenance).
- Etude de nouveaux modèles économiques: le bâtiment s’inscrit également
comme un acteur économique particulier de par sa place parmi le nœud énergétique
redéfinissant un certain nombre de modèles économiques.
- Intégration de nouveaux équipements (production, stockage, consommation):
comme nous l’avons vu au travers des BEPOS, le bâtiment est un foyer d’innovation en
termes de composants et systèmes thermiques, de nouveaux équipements mécatroniques ainsi
que d'équipements de production et de stockage d’énergie.
-Etude de la distribution électrique et de ses interfaces: cette partie intègre le
développement de réseaux électriques internes au bâtiment comme par exemple une
alimentation continue pour éclairage à LED et production photovoltaïque
-Adaptation de technologies de capteurs et d’actionneurs au contexte bâtiment :
dans le cas où les usages vont conditionner les dynamiques de consommation du bâtiment,
une redéfinition des actionneurs en interface direct avec les usages devra être réalisée.

1.2 Positionnement de la plateforme PREDIS MHI


Dans ce large scope d’axes de recherche, il a été décidé de construire la plateforme
Monitoring et Habitat Intelligent (MHI) afin de s’inscrire sur plusieurs de ces axes. En

40
premier lieu, la plateforme MHI fait tout d’abord partie de la plateforme PREDIS de l'ENSE3
et gérée par le G2ELAB et hérite ainsi d’une certaine approche de l’énergie électrique. En
effet, la plateforme PREDIS (figure 19) a pour vocation de mettre à la disposition de tous les
acteurs de l’énergie un outil de formation et de recherche s’appuyant sur des démonstrateurs
technologiques développés grâce à une stratégie d’alliances et de partenariats auprès des
industriels et des collectivités territoriales. La plateforme PREDIS travaille sur le sujet de
l’énergie électrique et des réseaux visant ainsi à améliorer, à l’échelle d’un bâtiment ou d’un
territoire, l’efficacité et la sûreté des réseaux de distribution d’énergie en tenant compte de la
diversité des sources et de la capacité des usagers à revendre leur production d’électricité.
Dans le contexte de recherche du domaine du bâtiment présenté précédemment, la
plateforme PREDIS MHI se situe alors sur certains de ces axes (figure 20) et a ainsi pour
vocation générale l’étude de l’usage électrique au sein d’un bâtiment de type tertiaire. Le
choix d’une focalisation sur le tertiaire provient de deux attribut: d’une part l’usage dans le
tertiaire est plus globalisé que dans le résidentiel et aussi plus facilement modélisable et
d’autre part , cela permet de tester plus facilement des algorithmes de gestion énergétiques et
les réactions sur les occupants dans ce genre de plateforme que chez des particuliers. La
plateforme PREDIS MHI permet en effet d'explorer l’aspect dynamique de consommation
électrique des bâtiments tertiaire ses impacts sur l’infrastructure globale de réseaux
électriques. Pour cela, les recherches actuelles menées sur la plateforme MHI visent à étudier
l’usage de l’énergie par les habitants : quels sont les différents usages ainsi que leur impact
énergétique ? Quelle part d’énergie peut-on gagner en connaissant mieux l’usage ? Comment
mieux gérer l’énergie ?

Figure 19 : Présentation des partenariats entre entreprises et laboratoires de recherche dans PREDIS
41
L’objectif de la plateforme MHI est alors double :

- comprendre l’usage électrique d’un bâtiment tertiaire (et à terme par extension
les bâtiments résidentiels) pour mieux envisager les actions sur le secteur
bâtiment (résidentiel et tertiaire) qui représente 65% de la consommation du
réseau électrique en France aujourd'hui
- concevoir des gestionnaires énergétiques du bâtiment performant et permettant
d'inscrire cette plateforme dans un smart-grid avec des réponses aux besoins de
« demand response » (exemple du projet G-HomeTech que nous développerons
plus tard)
-

Figure 20 : Positionnement de la Plateforme PREDIS MHI sur les axes de recherche du


domaine énergétique du bâtiment
1.3 Description de la Plateforme PREDIS MHI
La plateforme PREDIS MHI s’inscrivant dans la démarche de futurs bâtiments
tertiaires a été conçue de façon à être énergétiquement performante. Elle a pour cela bénéficié
d’une démarche de conception HQE (Voir Annexe 1). Compte tenu de sa configuration
architecturale particulière (bâtiment dans le bâtiment qui sera présentée par la suite et dans
l’annexe 1) la plateforme MHI n’a pas pour ambition de pouvoir valider un modèle particulier
car ce type d’architecture, qui a été subie, n’est pas représentatif du parc immobilier français.
Aussi, les résultats numériques de consommations seront pris ici en relatif et non en absolu
par rapport aux chiffrages indiqués dans la RT car l’architecture spécifique de la plateforme
PREDIS MHI est difficilement comparable avec les bâtiments plus classiques typés RT2005.

1.3.1 Principaux objectifs quantitatifs de la plateforme PREDIS MHI.


Lors de la phase de conception du bâtiment, un certain nombre d’objectifs chiffrés ont
été annoncés afin d’atteindre la performance énergétique ainsi qu’un confort optimal des
habitants. Nous référencerons ici succinctement les principales données ayant un lien avec la
consommation énergétique et l’usage :
- La consommation énergétique du poste de chauffage pour toute la plateforme
PREDIS MHI doit être inférieure de 50kWhEP/m²/an. Aucune exigence n’existe pour les
autres postes énergétiques.

42
- Un taux de surchauffe (correspondant au nombre d’heures d’occupation
lorsque la température est supérieure à 28°C) maximal correspondant à 42 heures annuelles
cumulées sur la Plateforme MHI. Ce calcul effectué par le Bureau d’études Fluides a mené
celui-ci à justifier l’installation d'un système de rafraîchissement du bâtiment par freecooling.

1.3.2 Description de la plateforme MHI : Architecture


La plateforme PREDIS MHI sur laquelle se portera l’ensemble de l’étude est un
ensemble de deux salles situées au sein du bâtiment PREDIS Habitat tertiaire qui est un
« bâtiment dans le bâtiment » entièrement rénové dans le but d’étudier l’usage énergétique
dans les bâtiments tertiaires. Cette architecture spécifique tient du fait que, pour des raisons
architecturales, il n’a pas été possible de détruire le bout de bâtiment concerné afin de
reconstruire un bâtiment performant. Aussi, il a été gardé la « coque » extérieure du bâtiment
car la façade (sud en particulier) était classée au patrimoine.
On a un bâtiment dans le bâtiment car les parois externes de ces lieux nouveaux ne
donnent pas sur l’extérieur mais sur un grand espace vide sous shed (c’est-à-dire dans la
« coque externe » existante) (cf. schéma figure 21) Ce shed est donc un espace vide
« tampon », non chauffé mais dont un système de ventilation dé-stratifie l’air. Cette
configuration d’être isolée des conditions extérieures représente une opportunité pour la
plateforme Predis MHI afin de pouvoir étudier exclusivement l’impact énergétique des
charges internes.

Extérieur (Sud) PREDIS Vide (Shed)


MHI
Extérieur (Nord)
N+1
locaux « Coque extérieure »
RDC Bâtiment rénové existant existante

Vue en coupe
Figure 21 : Schéma en coupe du bâtiment renové (Habitat tertiaire)
dans lequel se situe la plateforme PREDIS MHI

Image 2 : Salle Informatique


Image 1 : Espace Bureau

43
Ce bâtiment habitat tertiaire qui est rénové de façon performante, est lui-même composé de
deux étages : la plateforme Recherche au Rez-de-chaussée et la plateforme MHI au 1er étage.
La plateforme MHI est composée d’une salle Informatique en accès libre pour des étudiants
(usage représentatif d’un usage de type Enseignement) et d’un Espace Bureau qui est un
ensemble de bureaux open space pour doctorants (usage représentatif de type Bureau)
(Images 1 et 2), faisant de la plateforme PREDIS MHI un modèle d’usage des bâtiments
tertiaire de type Bureaux et Enseignement assez représentatif.

1.3.3 Equipements énergétiques efficaces


Ces salles sont équipées de systèmes énergétiques performants afin d’assurer les
fonctionnalités standards. Ainsi, pour le chauffage et la ventilation, une VMC Double Flux est
installée et pour l’éclairage artificiel, des tubes néons basse consommation ont été choisis
avec un système de dimming (système automatique tenant compte de la luminosité naturelle
afin d'adapter la luminosité artificielle à un niveau complémentaire).
En termes de charges électriques, des ordinateurs portables ont été installés dans la
salle Informatique car consommant moins d’énergie (pour plus de détails, voir annexe 12)

1.3.4 Gestion technique centralisée et Instrumentation


L’ensemble des équipements est relié à un système de Gestion Technique Centralisée
(GTC) qui a pour objet de centraliser les mesures et de commander ensuite les différents
équipements connectés (Image 3).
La plateforme PREDIS MHI dispose ainsi d’une instrumentation particulière pour
étudier l’usage énergétique : capteurs de température sur chaque paroi, débit-mètres pour la
mesure des vitesses d’air du système de ventilation, compteurs électriques pour la
consommation de l’éclairage et des charges électriques.
Cette GTC permet à l’exploitant du bâtiment de surveiller le bon fonctionnement du
bâtiment (notamment en surveillant la consommation énergétique des équipements) et de
pouvoir agir dessus à distance au cas où il y ait des problèmes de fonctionnement (pour plus
de détails, voir annexe 12).

Image 3 : Impression d’écran du système de monitoring de la GTC


44
2 Retour d’expérience de la plateforme MHI
Le bâtiment a été livré le 1er septembre 2009, date à laquelle le rez-de-chaussée a pu
commencer à être opérationnel alors que le 1er étage, la plateforme PREDIS MHI, n’a pu être
opérationnel qu’à partir de fin avril 2010.
On examinera le retour d’expérience sous deux points de vue correspondant aux deux
principales familles d’acteurs du bâtiment:
- celui des usagers / occupants des salles du bâtiment rénové qui sont les
occupants qui vivent dans les locaux concernés. Ils agissent avec les systèmes énergétiques de
manière « directe » par différentes IHM. L’usager en tant qu’occupant, en particulier dans les
bâtiments tertiaires, se caractérise par ses principaux objectifs qui sont d’obtenir, comme nous
le verrons ensuite, un bon niveau de confort et d'agir facilement sur son environnement en
cas d’inconfort.
- celui de l’opérateur/ exploitant du bâtiment qui est un usager du système
bâtiment. En effet, on peut considérer que l’exploitant agit, utilise de manière « indirecte » le
bâtiment au travers des systèmes de commande des équipements telle que la GTC. Dans notre
cas, il y a deux types d’acteurs utilisant la GTC avec différents objectifs mais que nous
engloberons sous le terme d’exploitant :
- l’opérateur du bâtiment en tant que tel qui réalise la maintenance, d’éventuels
changements de commande et contrôle la consommation énergétique des systèmes
énergétiques dont l’objectif est donc que le bâtiment fonctionne correctement (du
point de vue fonctionnel)
- l’équipe de recherche travaillant sur la thématique de l’énergie dans le bâtiment
dont les objectifs sont l’étude de la réduction de la consommation énergétique
ainsi que l’élaboration de côntrole-commande optimale.

2.1 Problématiques relatives à l’usage : point de vue usager


Comme nous l'avons évoqué précédemment (partie 4, chapitre 1) , on a pu se rendre
compte que l’acteur humain, en tant qu’occupant, pouvait avoir des comportements d’usage
influençant grandement la consommation énergétique du bâtiment. L’objectif que l’on se
donne est d'analyser les usages dans le bâtiment ayant un impact énergétique, en particulier
les « mauvais usages » liés à l’inconfort et d’en comprendre les causes et conséquences
(énergétiques). Cette étude de l’usage de l’énergie nécessite que l’on puisse connaître le type
d’actions et de réactions effectués ainsi que les ressentis physiques des usagers.
Un des moyens pour obtenir ces données est d’effectuer une enquête sociologique qui
permet de recueillir, par le dialogue direct avec les occupants, le descriptif de leurs usages.

Le travail d’enquête devra porter à la fois sur les ressentis des occupants (afin de
diagnostiquer s’il y a des situations d’inconfort ou pas), sur les réactions à l’inconfort ainsi
qu’éventuellement les avis des occupants sur les systèmes énergétiques (ce qui permet de
comprendre les réactions). Ce dernier point permet d’avoir un retour des usagers concernant
les mesures supposées efficaces mises en place dans le cadre de la procédure HQE qui
n’auraient pas atteint leurs objectifs (objectifs de confort et objectifs de réduction de
consommation énergétique). Dans le cas d’application de la Plateforme PREDIS, l'enquête
que nous avons effectuée a concerné en particulier les occupants de l’espace Bureau, plus
facilement mobilisables (avec un profil socioprofessionnel de type « étudiants/jeunes
chercheurs »).
Cette enquête a permis d’évaluer les attentes des usagers en terme de confort et de
connaître les différents usages de la plateforme qui peuvent être énergivores et qui sont dus à
un comportement particulier d’usager (souvent lié à un inconfort)

45
On notera que compte tenu de la spécificité du bâtiment et des usagers (doctorant
travaillant dans le génie électrique), les résultats présentés ici n’ont pas comme valeur d’être
un modèle tout à fait généralisable et quantifiable mais nous nous attacherons plus
particulièrement à la méthodologie proposée ainsi que sur la forme qualitative des résultats.

2.1.1 Méthode d’enquête exploratoire in situ


La démarche initiée afin de recueillir les données de retour d’expérience s’inscrit dans
une démarche de recherche de type sociologique empirique. Bien que l’on n’ait pas eu à
disposition des outils d’analyse sociologiques adéquats, nous avons cherché au travers d’une
étude exploratoire, de mettre en évidence différents points singuliers liés à l’usage. En effet,
on cherche à connaître les ressentis, les impressions et commentaires des usagers à partir de
données terrain, d’expérimentations. Ainsi, cette approche ne s’inscrit pas dans une démarche
ontologique car les informations recueillies par un questionnaire ne sont l’image que du panel
des personnes interrogées et ne représente sans doute pas une image représentative de
l’ensemble de la société. Afin de pouvoir obtenir au mieux les informations pertinentes de
l’usage, il est nécessaire d’interroger les usagers concernés, de manière in situ pour éviter de
nombreux biais sociologiques. Dans notre cas, on a voulu davantage tester notre démarche sur
un panel restreint mais nous permettant d’élaborer ensuite des questionnaires qui s’adapteront
à d’autres panels spécifiques.
En sociologie, où l’on cherche à caractériser et appréhender les phénomènes sociaux,
on dispose d’un certain nombre d’outils permettant de générer le corpus de l’étude effectuée.
On y retrouve entre autres les méthodes suivantes afin de collecter des informations
comportementales :
- Observation : on enregistre en situation le comportement des usagers par
l’intervention d’un enquêteur sur place ou d’enregistrements vidéos
- Questionnaire / sondage : type d’enquête réalisée auprès des personnes au
travers d’une feuille de questions ouvertes ou fermées
- Entretien : Interview directe avec la (les) personne(s) sondée(s) autour de
questions ouvertes ou fermées
- Traces : différentes traces (consommations, interactions, etc.…) permettent de
diagnostiquer l’usage. Nous reviendrons au chapitre 5 sur de tels outils.
Ces méthodes sociologiques peuvent être classifiées en deux catégories
complémentaires définissant le type d’approche : les méthodes qualitatives et les méthodes
quantitatives [COMB, 1996].
- Les méthodes qualitatives s’attachent à apprécier les grandes tendances des
phénomènes sociaux et avoir une appréciation en termes de ressentis et de
comportements des usagers. On y retrouve les méthodes d’entretien et d’observation.
- Les méthodes quantitatives vont chercher davantage à évaluer de façon
numéraire les tendances générales et aboutissent par conséquent à des résultats
statistiques. On y trouve notamment les questionnaires.
Le processus d’acquisition de retour d’expérience des usagers en tant qu’occupant de la
Plateforme PREDIS MHI s’est déroulé en différentes phases (figure 22).

46
123456789ABC EF4389ABB7954C
1 1
23456789ABCDEF1 96D9AB41
4843AE8EAF1

DB854894BC
1
EFFEABF1
BF1
EEB9AB4F1

Figure 22 : Processus de recueil de données de retour d’expérience usager de la plateforme


Predis MHI

Nous avons mener de part en part cette enquête sociologique afin d’avoir le plus
d’informations pertinentes de l’usage de la plateforme : création du questionnaire (annexe 13),
analyse des résultats du questionnaire, interrogation des occupants, mesure de consommations
et recoupement.
Etant usager propre de la plateforme PREDIS MHI (disposant d’un bureau dans
l’Espace Bureau), notre position de juge et partie dans cette enquête nous a permis d’observer
et de collecter en temps réel les problèmes d’usage, les impressions et comportements des
occupants. Cette pré-observation a permis dans un premier temps de construire de manière
itérative les questionnaires (figure 22) puis d’en dégager un questionnaire final générique
(annexe 13) mais orienté en fonction des usages déjà relevés. Cette démarche s’inscrit ainsi
totalement dans la démarche constructiviste, que nous présenterons plus tard, qui étudie les
sujets dans leurs environnements. Dans le cas de l’étude de l’usage, l’expérimentation in situ
est obligatoire afin de pouvoir avoir des résultats avec le minimum de biais possible.
Pour les points critiques d’inconfort, on a cherché à diagnostiquer la cause de
l’inconfort. Dans certains cas, des études de simulation sur les paramètres en jeu ont été
effectuées afin de mieux comprendre les réactions observées. Nous présenterons dans ce qui
suit un ensemble des retours effectués par les usagers en tant qu'occupants.

2.1.2 Résultats de l’enquête et analyse sur la plateforme PREDIS MHI


Pour une vision plus globale du retour d’expérience de la plateforme PREDIS MHI,
ce questionnaire a donc été donné aux huit occupants de l’espace Bureau ainsi qu’à des élèves
usagers de la Salle Informatique (cinq ont répondu) mais des retours d’usage ont également
été effectués via des entretiens sur des personnes occupant le rez-de-chaussée du bâtiment
rénové où sont des pièces ayant les mêmes caractéristiques que la plateforme MHI
(performance énergétique via la rénovation, installations d’équipements énergétiques
performants, pilotés par la même GTC, etc...).
On a organisé le retour d’expérience selon le point de vue « système bâtiment » avec
la particularité que disposant d’une VMC Double flux, les postes de chauffage,
rafraîchissement et ventilation sont regroupés dans le poste CVC (Chauffage Ventilation
Climatisation).

47
2.1.2.1 Architecture et Bâti dans le Confort acoustique et de bien-être
On présentera dans cette partie les problèmes liés à l’architecture ainsi que
l’aménagement des salles lors de l’utilisation du bâtiment. On entendra par confort de bien-
être, dans cette partie, le confort lié aux propriétés d’usage générés par le lieu (ambiance,
décoration, sécurité, aménagement, etc...) sachant que les conforts thermiques, aérauliques
(qualité d’air) et visuels seront développés ultérieurement (partie 2.1.2.2 et 2.1.2.3 chapitre 2).
De par les résultats (Annexe 14), on s’aperçoit que globalement le bâtiment est
satisfaisant du point de vue architectural et aménagement: plus de 70% des réponses jugent le
lieu ayant un confort acoustique et de bien-être bon ou très bon sur l’ensemble de la
plateforme MHI (figure A1 à A3 annexe 14).
Néanmoins, parmi les remarques et les résultats émergent quelques points d’inconfort
liés à des défauts de conception et de mise en œuvre:
- Sur la plateforme PREDIS MHI (voir le plan d’aménagement de l’annexe 10),
entre les deux salles, Salle Informatique et Espace Bureau, il y a une cloison mi-
vitrée sur laquelle est placée une porte. Or, celle-ci, par un défaut d’installation, ne
ferme pas. Cela a de multiples conséquences directes ou indirectes comme la
dégradation du confort acoustique au niveau Espace Bureau. Les occupants sont
alors obligés de forcer la fermeture de la porte en y appuyant une chaise dessus.
Cette réaction met en évidence que l’appropriation du système (ou de la
défaillance du système) par les usagers peut amener à des solutions originales
plus ou moins énergétiquement efficaces.
- Le fait de ne pas pouvoir verrouiller cette porte fragilise la sécurité de l’espace
Bureau où les doctorants peuvent amener leurs ordinateurs portables ou des livres.
Une telle situation peut conduire à de nouveaux usages tout en installant un
inconfort mental (“paranoïa” d’insécurité).
- Le positionnement des ordinateurs portables en Salle Informatique, qui sont
fixés sur les tables pour des questions de sécurité, n’est pas pratique pour le travail
des étudiants. D’autre part, le mauvais positionnement des ordinateurs par rapport
aux bouches d’aération (les bouches soufflent directement sur les élèves) et par
rapport au lieu lieu de lecture commun (tableau blanc) provoquant alors des
inconforts visuels et aérauliques (voir Annexe 10). Cela renforce le fait que le
système bâtiment est complexe et qu’il faut analyser l’impact d’un changement au
travers de l’ensemble des conforts de l’occupant.

2.1.2.2 Système de Chauffage / Ventilation/ Climatisation (CVC) dans le


confort thermique et aéraulique

Confort thermique
Le confort thermique a été perçu comme globalement bon au cours de l’année pour la
Salle Informatique (75% des réponses supérieures à 5/10) mais ce jugement est un peu plus
critique sur l’espace bureau, qui trouve alors le confort thermique meilleur l’été que l’hiver
(plus de 50% des réponses évaluent bon ou très bon le confort d’été). Néanmoins, bien que la
notion de confort soit liée à une perception individuelle, il y a eu certaines remarques dont il
faut tenir compte :
- En hiver, les périodes où il fait trop froid sont fréquentes ce qui entraîne des
comportements des usagers qui mettent un vêtement en plus (Figure A20 de
l’annexe 14)

48
- En été, plus de 50% des occupants estiment souvent subir les périodes de
chaud de façon peu supportable (figure A15 de l’annexe 14). Il a été noté qu’un
certain nombre de personnes (3 personnes sur 8 selon la figure A20 de l’annexe
14) ont temporairement déménagé afin d’aller travailler dans des pièces ayant la
climatisation car il faisait trop chaud sur la plateforme PREDIS MHI ou alors
d’autres personnes ont installé un système annexe de rafraîchissement (un
ventilateur personnel)
- Lors de jours de surchauffe, les occupants n’ont aucun autre moyen d’action
que d’ouvrir les portes (les fenêtres n’étant pas ouvrables et ne donnant pas vers
l’extérieur). Le moyen de contrôle existant ne semble pas performant et/ou n’est
pas connu des utilisateurs : 40% dans l’Espace Bureau et 80% dans la Salle
informatique ignorent le réglage possible de la consigne de température.

Les surchauffes d’été ont été davantage ressenties au niveau de la Salle Informatique
lorsqu’il y a eu des cours à 40 personnes par exemple où la température est alors montée de
3°K en 3h, montrant par là même l’inertie thermique assez faible du bâtiment. Par exemple, la
mesure de la température les 24 et 25 mai 2009 via la GTC (figure 23) permet d’identifier ce
problème de surchauffe lié aux apports internes car alors que pour ces deux journées la
température extérieure était quasi-identique, le seul fait de changer le nombre d’occupants
(donc l’usage du bâtiment) provoque une variation de température conséquente entre le 24
mai (0 personne) et le 25 mai (25 personnes) dans la Salle Informatique.

Image 4 : Emission de chaleur


par les occupants et les charges
électriques de la plateforme

Etude des apports internes et de la surchauffe l’été

Une étude de l’impact des apports internes, que l’on peut retrouver en annexe 15,
montre que les apports internes liés à la présence des occupants et leur usage d’équipements
électriques qui dissipent également de la chaleur (Image 4), suffisent à la Plateforme MHI à
être quasiment autonome du point de vue chauffage (car les apports internes contribuent ici à
hauteur de + 80% des besoins de chauffage) [CHEN, 2010]. Cela est dû à une bonne isolation
et à ces apports internes qui peuvent se montrer importants. Mais l’inertie étant assez faible,
en été, de tels apports internes provoquent les périodes de surchauffes que l’on a vu. Ainsi, on
peut voir sur la simulation énergétique dont le résultat est présenté figure 24 que le poste de
production de chaleur d’un bâtiment performant du type de Prédis, ne sera pas le système de
chauffage mais bien les équipements électriques (ou usages spécifiques) (à noter que les

49
apports solaires indiqués sont des apports solaires indirects compte tenu de l’architecture de
notre bâtiment d’étude).

Figure 23 Evolution de la température en Salle Informatique durant 2 jours à taux d’occupation variable

Figure 32: Répartition des apports thermiques Espace Informatique


682 651 720 705 549 411 234 169 215 403 604 663 Apports énergétiques
100% mensuels (kWh)
Contribution de chaque source thermique (%)

80%

60%

Apport du système de chauffage


40%
Puissance dissipée par les occupants

Puissance dissipée par les


20% équipements électriques
Apports solaire

0%
ril
Fé r

in

t
s

éc bre
pt ût
r

ov re
ai

e
O re
ille
ie

ie

ar

br
Av

Ju

Se Ao
M

ob
b
nv

vr
M

Ju

em
em

em
ct
Ja

Figure 24 : Répartition des apports de chaleur selon leur source dans la Salle Informatique

50
Figure 25 : Evolution de température sur la plateforme PREDIS MHI du 1er Septembre 2009
au 21 Janvier 2011
Si l’on regarde les relevés de températures dans les deux salles de Septembre 2009 à
Octobre 2010 (figure 25), on peut constater que la température a été supérieure à 26/27 °C
(température limite où l’inconfort thermique apparaît inacceptable d'après la méthode Th CE
[CSTB, 2005]) durant tout le mois de Juillet justifiant l’inconfort thermique perçu en été dans
l’espace Bureau (figure A15 et A17 sur le système de rafraîchissement en annexe 14) alors
que le reste du temps, la température ambiante est restée dans la tranche réglementaire 17/26
°C (la température extérieure ici correspond à celle mesurée en dehors de l’enveloppe dans
laquelle est la plateforme MHI).
Il a été estimé un taux de surchauffe d’au moins 80 h pour la Salle Informatique et
pour l’espace Bureau 121 heures de surchauffe durant les périodes d’occupation. Ces taux
diffèrent grandement de ceux sur lesquels le bureau d’études s’est appuyé (41 heures pour
l’espace Bureau) pour justifier le choix d’utilisation d’un système de freecooling afin
d’assurer le rafraîchissement. En effet, lors de la conception du rafraîchissement, il avait été
estimé que le mode freecooling de la VMC Double flux suffirait mais le bureau d’études avait
considéré une inoccupation des locaux durant les mois de Juillet-Août ce qui n’est pas le cas
en réalité. Un tel décalage est la cause des insatisfactions sensibles (liées à la température) et
aussi à l’utilité même du système (figure A17 de l’annexe 14) et soulève la question de la
performance réelle de la solution envisagée.
Nous voyons dans cette problématique des surchauffes qui s’avèrent importantes, que
le ressenti des personnes face à un système inefficace dans la réalité (d’ailleurs plus de 80%
des personnes souhaitent l’amélioration du système de rafraîchissement dans l’espace Bureau
(figure A15 de l’annexe 14)) amène à des usages, ou plutôt des réactions, qui détériorent

51
l'acceptabilité du système (par les occupants) ainsi que l'efficacité énergétique du bâtiment.
A titre d'exemple, un usager des bureaux du rez-de-chaussée a déconnecté manuellement le
système de régulation car il ne « supportait pas les réglages pré établis, préférant mettre ceux
qu'il jugeait meilleurs» (ce qui a consommé plus au final). Ce phénomène d’inacceptabilité est
aggravé par l’impossibilité d’interaction avec le système lors de ces mauvais réglages. Ceci
amène donc à des « mauvais usages » énergétiquement inefficaces (quitter la salle implique
que pendant ce temps-là, la ventilation fonctionne inutilement; l’installation d’un ventilateur
personnel augmente la consommation énergétique...) dont la cause est principalement un
problème de conception par une mauvaise prise en compte des apports internes et donc de
l’usage.

Confort Aéraulique (qualité d’air)


La plupart des occupants jugent la qualité de l’air globalement bonne (70% estiment
un confort supérieur à 5 sur une échelle allant de 0 à 10)
Parmi les retours du questionnaire, on peut donc distinguer certains points singuliers
d’inconfort d’usage :
- Le positionnement des bouches mal placé car juste au-dessus des
zones de travail, générant un inconfort de sensation de courant d’air, notamment
l’hiver quand l’air soufflé est très frais. Ce désagrément est davantage perçu au
niveau de la Salle Informatique où les bouches d’aération, de type rectangulaire,
soufflent directement sur les personnes assises dessous et ne disposent pas de
déflecteurs orientant le filet d’air vers le plafond ou les murs. Ici, nous avons
davantage une problématique de définition des composantes du confort : le
concepteur n’a pas totalement pris en compte la sensation de ressenti aux courants
d’air.
- Pas de moyen de contrôle des usagers pour contrôler le débit. Cela
provoque ainsi des ouvertures de portes pour effectuer un renouvellement d’air
lorsque celui-ci n’est pas suffisant ce qui génère des petits courants d’air.

Dans la salle Informatique, l’inconfort dû à la qualité d’air est davantage marqué car le
nombre d’occupants est supérieur (40 personnes) provoquant de grandes émissions de CO2.
En effet, il est apparu quelques périodes où les occupants avaient une sensation de gorge
sèche ce qui peut s’expliquer par une élévation du taux de CO2 ainsi que par le fait que l’air
soufflé par la ventilation mécanique ne soit pas entièrement propre (encrassement des filtres).
La gorge sèche fait d’ailleurs partie des symptômes relatifs au « syndrome du bâtiment
malsain » [BURG, 2004]. Là aussi, une des composantes du confort aéraulique (la qualité de
l’air en terme de concentration de CO2) n’est pas prise en compte de manière optimale.

2.1.2.3 Eclairage dans le Confort Visuel

Au regard des résultats du questionnaire, le poste éclairage est celui ayant le plus de
retours négatifs, en particulier dans les salles de type bureau.
Au niveau du confort visuel en tant que tel, le bilan est assez mitigé. Il faut souligner
que c’est davantage l’apport naturel qui est jugé insuffisant ce qui est lié à la conception
architecturale (80% jugent mauvais ou très mauvais cet apport figure A32) plutôt que la
puissance lumineuse apportée par l’éclairage artificiel (qui n’est pas exempt de critiques car
70% jugent l’éclairage artificiel mauvais ou très mauvais figure A33)
La configuration des luminaires en 1er jour (Côté extérieur ou vide (figure 27)) et 2nd
jour (Côté couloir) n’est pas totalement satisfaisante. En effet, on se rend compte qu’il y a
toujours un décalage de niveau d’éclairage entre ces deux rangs de luminaires ce qui est

52
acceptable en journée mais dès qu’il fait sombre ou nuit (en hiver le matin et soir ou par
temps nuageux) on retrouve un décalage de luminosité dans la pièce alors qu’il fait sombre
aussi tout autour des bureaux. Il n’y a pas d’adaptation locale entre ces deux zones.

Nous avons donc un système d’éclairage conçu pour être efficace mais qui ne donne
pas réellement satisfaction aux usagers en terme de niveau lumineux soulevant un certain
nombre de questions : les installations sans dimming ont été réglées par défaut à 400 lux
(norme Th C E [CSTB, 2006], pourquoi pas moins? (Comme le préconise maintes fois Olivier
Sidler, expert énergétique dans les bâtiments et disposant de nombreux retours d'expérience
dans le domaine [ENER, 2005]. Celles avec dimming ont souvent amené des dérogations au
niveau lumineux : est-ce dû à un mauvais réglage technologique ou à une sensibilité
variable des occupants (en effet, pour certaines personnes d’une même salle, le niveau
d’éclairage suffisait alors que d’autres voulaient une lumière plus intense en ignorant les
conséquences énergétiques) ?

Le système d’allumage et de réglage automatique de l’éclairage artificiel est considéré


comme mal adapté à l’usage. 100% des interrogés jugent un tel système déficient notamment
parce qu’il ne détecte pas les personnes correctement : étant mal réglé, ce système éteint trop
souvent les lumières obligeant certains usagers à « secouer les bras » pour se faire détecter et
ainsi avoir de la lumière. Nous avons ici une expression claire que la conception du système
n’a pas prise en compte tous les paramètres de l’usage (comme sa localisation). La
documentation technique du capteur nous indique en effet que la détection de présence se fait
par infrarouge selon une configuration spatiale telle qu’indiquée dans la figure 26.

Figure 26 : Vue de côté de la zone de


détection du capteur de présence
2,50 m R=2m

R R
Il existe, pour ce capteur, deux types de mouvements détectés : celui de la main et
celui du corps. Par rapport au schéma d’implantation du luminaire dans l’espace Bureau
(figure 27), les zones de détection sont représentées en fonction du type de mouvement
programmé.
On peut constater par le schéma de détection des capteurs (figure 27) que les zones de
détection ne recouvrent pas effectivement l’ensemble des usagers. Etant donné que l’usage de
cet espace bureau est du travail sur ordinateur où l’on a à faire à de petits gestes, c’est la zone
de détection de la main qui sera la plus adéquate. Or, on constate qu’il y a quatre personnes
qui sont en dehors de ce champ de détection (ceux côté fenêtre correspondant à ceux
insatisfait du système de détection).
La problématique de détection de personne et d’allumage automatique est apparue
comme critique au niveau des bureaux du rez-de-chaussée car des occupants ont
complètement débranché le système automatique afin d’avoir un contrôle total du système. En
effet, comme vu précédemment, ce capteur contrôle également les stores provoquant des
cycles de fonctionnement désagréables. Nous retrouvons ici l’importance que peut avoir le
contrôle de l’usager sur le système en cas d’inconfort et l’acceptabilité qui en découlera.

53
Figure 27 : Zones de détection des capteurs de présence dans l’espace Bureau
Cette réaction est aussi due au fait que l’exploitant (et donc encore moins l’usager) n’a
pas de moyen de réglage et que seul l’installateur peut réaliser les changements de sensibilité
et de temporisation (si on rajoute à cela que l’inertie du changement de réglage sera longue
compte tenu de la lenteur de la procédure de maintenance, sur le temps, les occupants vont de
moins en moins accepter de tels désagréments). Le moyen le plus employé pour résoudre
temporairement ce problème de détection a été le forçage, en mode manuel, à une valeur de
consigne maximale. Cela permet de satisfaire tout le monde hormis la raison première de
l’installation d’un tel système : l’économie d’énergie.

2.1.3 Bilan des usages et de la satisfaction de la plateforme MHI


Le bilan de l’usage de la plateforme PREDIS MHI est plutôt mitigé compte tenu des
problèmes récurrents comme celui de la détection de présence pour l’éclairage qui amène les
usagers à réagir de façon plus ou moins vive aux systèmes automatisés. Il apparaît que le
contrôle des équipements et la dérogation aux consignes sont deux éléments permettant aux
occupants de mieux appréhender le système et ainsi de mieux accepter les gestions d’énergie
appliquées.
Nous avons pu voir que la satisfaction des personnes était également (et
essentiellement) dépendante de niveaux de confort physique (par exemple niveau de
température, de luminosité,...). Pour le niveau de confort thermique, le bilan est meilleur pour
l’espace Bureau bien que les sensibilités aux températures de chaque occupant soient
différentes. En effet, en fonction des cultures, il peut y avoir des disparités au niveau du
comportement (un chercheur vietnamien de l’espace Bureau porte souvent un anorak à son
poste de travail par exemple et ce quasiment la moitié de l’année car il avait trop froid alors
que l'on était toujours supérieur à 20°C). Ce bilan est un peu plus négatif pour le rez-de-
chaussée où les périodes de chaud sont mal gérées du fait d’une mauvaise programmation de
la chaudière.

54
Ainsi, et nous le retrouverons au travers du bilan énergétique final, nous avons vu que
bien que le bâtiment ait été conçu afin d’être énergétiquement performant, l’usage réel n’est
pas exactement celui prévu en phase de conception, ce qui rend des équipements et systèmes
mal dimensionnés (climatisation plateforme MHI) ou mal configurés (éclairage) provoquant
des degrés d’inconfort et au final une surconsommation énergétique.
Nous pouvons enfin remarquer à ce propos que les usagers en tant qu’occupants de
bâtiment tertiaire, sont malheureusement très peu sensibles à l’impact énergétique de leur
actions et réactions. Cela est causé par la déresponsabilisation de leur consommation : ce ne
sont pas eux qui payent donc ils veulent, en tendance, une satisfaction maximale peu importe
ce que cela consomme. Dans les bâtiments résidentiels, l’occupant étant également payeur
aura sans doute d’autres comportements vis-à-vis de l’usage de l’énergie (réalisant un
compromis entre satisfaction de confort et coût énergétique).

2.2 Problématiques relatives à l’usage: Point de vue exploitant


Avec le point de vue de l’occupant, on s’est davantage intéressé à l’étude de la cause
de l’usage de l’énergie : les comportements des usagers qui interagissent avec le système
bâtiment. A présent, selon le point de vue de l’exploitant, nous allons davantage nous
intéresser à la gestion énergétique car l’objectif de celui-ci est une maîtrise de l’énergie
optimisée (car c’est l’opérateur qui paye et non les occupants dans un bâtiment tertiaire) tout
en ayant un bâtiment qui fonctionne correctement (c'est-à-dire sans dysfonctionnement
important afin de réduire les frais de maintenance).
Dans notre cas d’étude, sachant que le bâtiment étudié est également une plateforme
de recherche sur l’étude énergétique du bâtiment et la gestion d’énergie, l’exploitant inclura le
groupe de chercheurs, configurant les différents équipements du système bâtiment et utilisant
les mesures effectuées ainsi que l’opérateur du bâtiment qui est en charge de la maintenance
et du suivi des consommations. De par cette multiplication d'acteurs, les points de vue vont
être un peu différents mais les questionnements restent les mêmes : Est-ce que le système
bâtiment est énergétiquement efficace ou non ? Quels sont les équipements ou les
configurations d’équipements qui ne sont pas économes et comment améliorer l’ensemble du
système ?

2.2.1 Bilan énergétique de la plateforme PREDIS MHI


Le bilan énergétique est une donnée essentielle pour évaluer la performance
énergétique d’un bâtiment. Ceci représente le matériau principal sur lequel s’appuie
l’exploitant pour attester ou non de la performance énergétique du bâtiment et diagnostiquer
ensuite les postes où une étude plus particulière devra être menée en termes de gestion ou de
maintenance afin de réduire la consommation de ceux-ci.
Ici, nous avons réalisé l’étude au bout d’un an d’exploitation afin de faire un suivi
énergétique dès la première année (qui est cependant bien souvent l’année de calibrage).
Afin d’établir ce bilan énergétique et de comparer les performances réelles par rapport
à la performance prévue par le bureau d’études de conception HQE (Consommation
énergétique du poste de chauffage inférieure à 50 kWh/m²/an), on a relevé les informations
nécessaires de la GTC en y appliquant quelques hypothèses:
- Interprétation de nom de variable par rapport à la zone censée correspondre
(certains noms n’étant pas très clairs, on n’est pas sûr que la variable exprime bien
la donnée que l’on souhaite)

55
49kWhE
39,7kWh 36,4kWh P/m2
EP/m2 EP/m2
81kWhE
217kWh P/m2
7,6kWhE EP/m2
P/m2 41kWhE
P/m2
57,6kWh
157kWh
EP/m2
EP/m2

Total : 141 kWhEP/m²/an


Eclairage Prises Electriques Total : 544 kWhEP/m²/an
CTA (calories) CTA (Electricité) Eclairage Bureaux Aet B
Prises Electriques Bureaux A et B
Figure 28 : Bilan énergétique sur 1 an CTA (Electricité)
Plateforme MHI
Electrique hors zone manip, cem et puissance
Electrique puissace

Figure 29 : Bilan énergétique sur 1 an


Rez-de-chaussée Habitat tertiaire

- Agrégation de différentes périodes de mesures pour compenser les remises à 0 de


compteurs d’énergie
- Séparation entre consommations électriques (à laquelle on attribue le coefficient
2,58 pour l’expression en énergie primaire) et la consommation thermique des
VMC (exprimée par les calories). Cette dernière énergie thermique (l’eau chaude
circulant dans les batterie chaude) étant produite par une chaudière au fioul
(extérieure à notre bâtiment et donc à notre étude), nous appliquerons un
coefficient de 1 à la quantification de cette énergie pour la ramener en énergie
primaire.

Les résultats des figures 28 et 29 présentent ainsi le bilan énergétique au bout d’un an
d’exploitation à la fois sur la plateforme MHI et la plateforme Recherche au rez-de-chaussée
du bâtiment Habitat Tertiaire.

On peut déjà en tirer un premier bilan positif par rapport aux objectifs fixés lors de la
conception (consommation énergétique du poste de chauffage inférieure à 50 kWh/m²/an )
Comme indiqué précédemment, il est difficile de mettre en rapport cette performance avec les
objectifs fixée par la RT pour des bâtiments en rénovation de type BBC (consommation des
postes Chauffage+ éclairage +ventilation+ECS : 90kWh/m²/an) compte tenu de la spécificité
de la plateforme PREDIS MHI (comme par exemple ne pas être en contact direct avec
l’extérieur). On étudiera donc davantage les valeurs énergétiques de manière relative que de
manière absolue.

56
En dehors du premier aspect positif qui est que l’on respecte les objectifs HQE, on
s’aperçoit que le problème énergétique ne réside pas dans la consommation en chauffage (seul
élément pris en compte dans les objectifs HQE) mais bien dans la consommation électrique
des appareils. En effet, si l’on regarde la consommation énergétique surfacique de l’ensemble
de l’habitat tertiaire (rez-de-chaussée et 1er étage) exprimée en kWhEP/m²/an, on obtient 367
kWhEP/m²/an où la partie thermique représente à peine 10% de la consommation
énergétique.
On se rend bien compte de l’importance capitale du poste de consommation électrique
présenté dans le chapitre 1 car celui-ci représente, si on ne prend en compte que les prises
électriques, 25 % de la consommation énergétique de la plateforme MHI et 50% de la
consommation du rez-de-chaussée (notamment due à d’importantes charges électriques avec
la présence d’une salle d’expérimentation d'électronique de puissance). Au-delà des fortes
charges exceptionnelles de puissance, il n’est pas étonnant d’observer une domination du
poste électrique dans le bilan énergétique compte tenu des usages et profils électriques :
beaucoup de charges électriques pas toujours utilisées de la manière la plus efficace qu’il soit
(par exemple non-extinction de nombreux ordinateurs lors des pauses) démultiplient l'impact
énergétique.

Au rez-de-chaussée, la répartition des postes de consommation fait bien apparaître


l’impact des postes d’expérimentations électriques (Poste électricité de puissance figure 29)
qui sont des charges de grosse puissances (bancs de puissance, alimentations électronique de
puissance) représentant plus de 30% de la consommation totale. De telles charges de type
charges ponctuelles sont bien souvent mal ou sous-estimées par les métiers du bâtiment car il
est difficile d’appréhender leur usages qui n'est pas permanent. En effet, même en allant voir
les usagers, ceux-ci ne sont que peu sensibilisés à la puissance consommée par les appareils
de puissances qu’ils utilisent dans le cadre de leurs expériences et à l’impact énergétique de
leurs essais techniques. Des travaux seraient intéressants à mener afin de mieux estimer,
anticiper et gérer ces types de consommations ponctuelles de puissance.

En dehors de ces charges exceptionnelles, on peut quand même confirmer que


l’essentiel de l’énergie consommée au rez-de-chaussée provient de l'usage des équipements
électriques (prises électriques+ Electricité hors zone manip).

2.2.2 Analyse de l’impact de l’usage sur la consommation électrique


Si l’on s’attarde sur la consommation des salles Espace Bureaux et Salle informatique
(Plateforme PREDIS MHI) qui constituent notre cas d’étude et les Bureaux A et B du rez-de-
chaussée, représentatifs de l’usage Bureaux et Enseignement dans le Secteur Tertiaire (figure
30 et 31), on peut se rendre encore plus compte de l’importance de l’usage sur la
consommation énergétique.
L’étude des consommations des bureaux A et B nous indique quelques éléments indiquant
l’impact de l’usage. On part de l’hypothèse que les deux bureaux disposent du même matériel
électrique (deux ordinateurs portables d’une puissance unitaire de 30 W + deux lampes de
bureaux de puissance unitaire de 15W).
Au bout d’un an d’exploitation, on remarque un profil de consommation sensiblement
différent entre les deux bureaux (figure 30). La différence de consommation s’effectue en
particulier sur les prises électriques ce qui peut être due soit au fait que les usagers aient
branchés d’autres charges électriques que celles prévues initialement, soit on a à faire à deux
profils de consommateurs différents. Compte tenu que les ordinateurs (charges électriques
initiales) n’ont pas changé, on peut alors estimer le profil énergétique des consommateurs de
chaque bureau à :

57
- un bureau énergétivore (bureau A avec une consommation électrique de 74
kWhEP/m²/an)
- un bureau plus économe (53 kWhEP/m²/an) (figure 30).
Bien entendu, il est possible que le temps passé dans chaque bureau par les occupants
ne soit pas le même. Mais la simple constatation de la variation du poste de consommation
des prises électriques de 40% entre les deux bureaux alors que l’énergie consommée au
niveau éclairage est quasiment identique nous questionne sur les attributs de l’usage : Est-ce
que ce sont les comportements qui diffèrent (dans ce cas-là une sensibilisation des personnes
à l'économie d'énergie suffirait-elle à égaliser les consommations ?) Doit-on imposer une
certaine gestion des charges électriques ? Doit-on agir de manière coercitive en tant
qu’exploitant pour éviter une dérive trop importante de la consommation électrique (comme
le préconisent certains experts [ENER, 2005])? Dans de nombreuses opérations, il a été
observé les mêmes symptômes de la sur consommations électrique : soit étant lié à
l’éducation et la connaissance des personnes sur le fonctionnement de leurs équipements
électriques, soit les branchements effectués ne correspondent pas aux charges électriques
prévues.

Sur la plateforme MHI, l’analyse des consommations électriques nous montre de


nouveau que l’éclairage mais surtout les charges électriques que sont les ordinateurs, sont les
postes les plus consommateurs d’énergie. Cela paraît logique vu que les ordinateurs
consomment plus que les éclairages basse consommation. D’ailleurs on peut remarquer que
l’on obtient bien une consommation énergétique plus faible en salle informatique. Mais on
peut se poser la question si cela peut être imputé à l’installation d’ordinateurs portables ou à
un taux d’occupation plus faible ? (Figure 31).

L’ensemble des bilans énergétiques menés sur le bâtiment Habitat Tertiaire soulève un
certain nombre de questionnements, qui sont pour la plupart autant de verrous scientifiques
associés. En premier abord, on peut se poser la question que l’on a déjà évoquée : est-ce que
dans la consommation énergétique il y a une part liée à la technologie et l’autre part liée à
l’usage car nous avons vu qu’à configuration égale, la consommation pouvait varier selon
l’usage? Si oui, comment distinguer de manière quantitative et/ou qualitative la part de
chacune ?
Nous détaillerons cela plus tard mais nous pouvons garder pour l’instant à l’esprit
l’intuition que nous apporte le bilan énergétique qui est qu’il existe une part de la
performance énergétique qui est liée à l’efficacité technique d’un équipement et une autre
part qui est liée à la sobriété énergétique des occupants. Si on reprend le dernier exemple de
la salle Informatique, on retrouve ces deux composantes importantes qui permettraient
d’expliquer les différences de consommation énergétique entre des pièces de même type: une
composante de la consommation liée à l’usage (ici le taux d’occupation de la salle) qui peut
faire consommer plus ou moins souvent et une composante liée à la technologie (ici
l’utilisation d’ordinateurs portables). Ces deux approches rentrent en compte dans le
diagnostic même de l’efficacité énergétique de tels bâtiments qui englobent ainsi ces deux
composantes.

58
Figure
Figure 39: Bilan
30 : Bilan énergétique
électrique Bureaux
Bureaux A et BARdC
et Bsur
Rez1 de
an chaussée
sur 1 an

80
Consommation énergétique (kWhEP/m².an)

70

60

50
Prises Electriques
40
Eclairage
30

20

10

0
Bureau A BureauB

L’étude de l’efficacité du point de vue physique que nous présenterons ultérieurement


(partie 1 chapitre 5) permettra de distinguer de manière quantitative l’aspect de l’énergie qui
est liée au fonctionnement technique de celle liée à l’usage.

2.2.3 Bilan de la plateforme PREDIS MHI du point de vue exploitant


On peut donc se rendre compte que dans l’ensemble, le bâtiment conçu pour être
énergétiquement efficace, n’est pas totalement à la hauteur des espérances malgré la présence
d’équipements énergétiques intrinsèquement efficaces à l’origine. Bien que les chiffres bruts
du bilan énergétique présentent des résultats conformes aux exigences de conception HQE,
cela cache néanmoins certains problèmes de mise en œuvre et éclipse la part importante de la
consommation électrique liée à l’usage.
En effet, par exemple le choix de la VMC double flux a été motivé par la performance
technologique. Mais saura-t-on maintenir de telles performances si le bâtiment MHI n'était
pas à l'intérieur d'un autre bâtiment? D'autre part, son dimensionnement, sa mise en place, sa
mise en œuvre et son pilotage effectif font qu’au final, à l’usage, ce système de ventilation
n’est pas aussi efficace qu’espéré puisque l’on consomme plus que nécessaire (voir annexe
18).

59
FigureFigure 40: Bilan
31 : Bilan énergétique
énergétique Plateforme
Plateforme MHI MHI
sur 1sur
an1 an

Consommation énergétique (kWhEP/m².an) 80,0

70,0

60,0

50,0
CTA (calories)
40,0 Prises Electriques
Eclairage
30,0

20,0

10,0

0,0
Espace Bureau Salle Informatique

Enfin, la plateforme PREDIS MHI dispose d’une GTC assez peu robuste et
difficilement configurable. Ainsi par exemple, il est impossible à l’exploitant d’avoir un
contrôle sur le réglage de la sensibilité des capteurs de présence qui monitorent l’éclairage
artificiel (qui est à l’origine de l’insatisfaction des occupants). De ce fait, on a un système qui
consomme plus que nécessaire.
De même pour la configuration de la GTC, la lourdeur de l'interaction avec celle-ci
annihile toutes velléités à l’exploitant de vouloir remettre en question les configurations
actuelles afin d’améliorer la gestion énergétique. Ainsi, la complexité du système rebute
l’exploitant qui laissera les configurations standard qui ne sont pas forcément adaptées à
l’usage réel (comme nous le verrons au chapitre 4).

Au final, on peut considérer que le bilan du point de vue exploitant est globalement
satisfaisant car l’on respecte l’objectif de consommation. Mais au niveau de la gestion de
l’énergie, c'est-à-dire les moyens mis en œuvre pour mieux consommer (c'est-à-dire pouvoir
piloter les différents systèmes énergétiques en vue d’améliorer encore plus l’efficacité
énergétique), la satisfaction est assez faible compte tenu de la complexité d'usage de la GTC.

3 Bilan du retour d’expérience et verrous scientifiques liés à


l’usage
3.1 Bilan du retour d’expérience de la plateforme PREDIS MHI et
enseignements
On a pu voir au travers du retour d’expérience que le fait d’installer des équipements
efficaces ne rendait pas forcément la consommation énergétique vertueuse. Si l’on agissait
« mal » (ou plutôt de manière différente au « standard » estimé en conception) le bilan
énergétique devenait plus important que prévu montrant que c’est bien la part de l’usage qui
est la plus variable.
Au travers des deux retours d’expérience selon des points de vue différents (usager en tant
qu’occupant et usager en tant qu’exploitant) on peut se rendre compte, dans le cas de la

60
Plateforme PREDIS MHI, qu’il y a des exigences et objectifs assez distincts, particuliers et
contradictoires pour chacun des acteurs.
Pour les usagers/Occupants, l’objectif est d’obtenir satisfaction à leur confort, que ce
soit un confort d’ambiance (température, éclairement, etc.…) ou un confort de service (c’est-
à-dire avoir le service au moment voulu comme utiliser l’ordinateur). Ils cherchent également
à avoir un système facilement commandable, avoir la main mise sur les réglages automatiques
en cas d’inconfort afin de pouvoir réajuster efficacement les équipements qui ne donnent pas
le bon niveau de service. L’impact énergétique (de ces niveaux de confort ainsi que des
réactions) et l’intérêt économique affectent assez peu les occupants car, comme évoqué
précédemment (partie 4.1.1 chapitre 1), ils ne paient pas donc ils ont tendance à consommer
plus que de raison.

De l’autre côté, l’exploitant va tout particulièrement s’intéresser à la consommation


énergétique du bâtiment et chercher à minimiser la consommation grâce à une meilleure
gestion (quand cela est possible). Par contre, le rapport à la satisfaction des occupants est
assez basique car il n’existe pas de lien direct entre l’exploitant et l’usager. L’exploitant
estime juste le confort et donc la satisfaction supposée du lieu de vie au travers de la GTC : en
fonction des données mesurées, il peut comparer les consommations par rapport à ce qui été
prévu et dire si c’est normal ou pas. On peut d’ailleurs, en passant, remarquer que cette
évaluation, sur PREDIS MHI, est biaisée par le fait que la GTC ne donne pas des
informations totalement pertinentes sur les paramètres physiques mesurés (température, etc..)
compte tenu de la fiabilité des capteurs et de la faiblesse du logiciel de supervision. Donc au
final, la satisfaction des occupants est ici simplifiée voire non prise en compte. Afin d'avoir un
retour des occupants, il faudrait des moyens mis en œuvre comme des questionnaires ou des
espaces où exploitants et occupants pourraient se retrouver.

Ainsi on voit apparaître deux centres d’intérêts issus de l’usage du bâtiment et qui
tendent à redéfinir deux approches de l’efficacité même d’un bâtiment:
- Une approche satisfaction des services effectués. Dans ce cadre-là, les occupants de
la plateforme PREDIS MHI trouvent certains équipements justement inefficaces non pas
parce qu’ils consomment beaucoup mais parce qu’ils n’apportent pas le confort désiré. On
aura une part de l’efficacité d’un système qui peut être analysée selon le confort que le
système procure (c'est lié à la notion de sensation et de qualité de service rendu)
- Une approche quantitative et d’optimisation technique de l’énergie consommée.
Dans ce cadre-là, l’exploitant aspire à ce que le bâtiment consomme peu d’énergie grâce
notamment à des solutions technologiques performantes et ergonomiques. On aura une part de
l’efficacité d’un système liée au fait que son fonctionnement ne consomme intrinsèquement
pas beaucoup d’énergie électrique.

De manière plus globale, on s’est rendu compte, en l’état actuel des métiers du
bâtiment, qu’au final on n’arrivait pas à obtenir des bâtiments qui seront effectivement
performants. Au vu des incohérences de conception ou juste de l’ignorance de certaines
données sur l’usage qui est pour beaucoup dans l’exploitation du bâtiment, celui-ci n’est, à
peine au bout d’un an d’exploitation, pas aussi performant que prévu. Ce cas n’est pas du tout
isolé et de nombreuses campagnes de mesures effectuées dans différents types de bâtiments
[ENERT, 2005] arrivent aux mêmes conclusions fondamentales :
- Il est déjà difficile avec les outils et les méthodes actuels de pouvoir concevoir et
exploiter efficacement les bâtiments. De manière grossière, les méthodes de
conception architecturales n’ont pas évolué depuis le moyen âge. Au vu des
révolutions énergétiques que l’on aborde Smart grid, Economies d’énergie, etc..) il

61
est nécessaire de révolutionner les métiers du bâtiment tant du point de vue de la
conception (cela va des outils de simulations multi physique plus performants,
etc…) et d’exploitation (il y a un problème dans la maintenance des systèmes
énergétiques qui sont souvent mal réglés dès le départ et aucun suivi n’est effectué
durant toute la vie du bâtiment)
- Il y a également une considérable difficulté à parvenir à des performances
énergétiques sans une implication des usagers. Les niveaux de confort paraissent
parfois assez décalés vis-à-vis des considérations énergétiques et l’aspect humain
est bien ce paramètre qui peut faire varier la consommation du simple au double,
dérégler les systèmes énergétiques, etc… Il serait nécessaire qu’il y ait un
changement de mentalité où les usagers / habitants ne sont plus de simples
consommateurs passifs mais bien des usagers actifs du bâtiment.

3.2 Identification de verrous scientifiques pour la prise en compte de l’usage dans


l’efficacité énergétique d’un bâtiment
Les différents retours d’expérience présentés précédemment permettent de soulever un
certain nombre d'interrogations concernant le rapport entre l’usage et l’énergie. Nous avons
pu déjà voir dans le chapitre 1, au travers de l’étude bibliographique que le rapport de
l’humain au système bâtiment était une préoccupation au cœur des investigations scientifiques
depuis un certain temps mais ce réel intérêt ne s’est accéléré depuis ces dernières années
impulsé par la création de SGEB de plus en plus performants. Aussi, la modélisation de
l’usage d’un bâtiment est un des secteurs où davantage de travaux de recherche doivent être
effectués.
Mais, au regard de l’analyse globale que nous offre le retour d’expérience PREDIS
MHI, des questions aussi fondamentales et générales peuvent émerger tels que : « Qu’est-ce
que l’usage dans un bâtiment ? Comment l’identifier ou le décrire? » Par rapport à cela, nous
proposerons une vision de l'interaction Homme/Système bâtiment (partie 2.2.1 d Chapitre 3).
Par rapport à l’énergie consommée, il est également intéressant de connaître quel est
l’impact de l’usage sur la consommation énergétique ? Nous avons pu déjà remarquer que
l’évaluation de cet impact n’était pas facile car il faudrait distinguer la part de l’énergie
consommée liée au fonctionnement intrinsèque du service (c'est-à-dire la part liée strictement
à la physique de l’équipement) et la part de l’énergie consommée liée à l’usage.
Compte tenu du rôle central de l’occupant dont le principal objectif est son confort,
quels sont les moyens pour davantage intégrer sa satisfaction dans la gestion énergétique ?
Est-ce que si l’on augmente la satisfaction des usagers, on consommera moins d’énergie ?
Nous analyserons cette problématique par la proposition de définition du concept d’efficacité
d’usage énergétique dans le chapitre 3.
Doit-on d’autre part consommer « moins » d’énergie ou doit-on « mieux » consommer
l’énergie ? Ainsi se posent les questions relatives à la valeur que l’on apporte à l’énergie
consommée. La notion de « mieux » ou de « moins » pose la question également de la
référence : mieux par rapport à quoi ? Par rapport à quelle référence ? Comment définir une
consommation optimale, une consommation au plus « juste » pour assouvir le service
demandé ?

Face au vaste champ d’investigation qu’implique la question de l’usage dans la


consommation énergétique d’un bâtiment, nous nous focaliserons davantage sur les
problématiques méthodologiques de comment intégrer l’usage dans le système bâtiment
pour réduire la consommation énergétique. Et nous proposerons des outils offrant la

62
possibilité de prendre en compte la satisfaction des occupants ainsi que la valorisation de
l’énergie consommée.

Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté l’expérimentation « grandeur réelle » et « in
situ » de l’usage d’un bâtiment que nous avons mis en place au travers d’une plateforme
dédiée à l’étude de l’usage énergétique d’un bâtiment tertiaire : la plateforme PREDIS MHI.
Nous avons pu voir au travers du retour d’expérience d’un an de la plateforme que l’efficacité
énergétique du bâtiment n’était pas totalement satisfaisante : un bilan mitigé au niveau des
occupants et également de l’exploitation.
Nous avons pu pour cela mettre en œuvre une étude sociologique sur les usagers
visant à faire ressortir les avis aussi bien en terme de niveau de confort qu’en termes
d’appréciation sur les systèmes de contrôle. Nous avons pu mettre en évidence l’aspect de
satisfaction de confort pour cet usager.
Du point de vue de l’exploitant, nous avons pu voir que malgré une consommation
énergétique des postes considérés dans les objectifs HQE ou RT 2005 bâtiment rénové BBC
respectée, une grande part de l’énergie consommée était d'origine électrique. Le poste
consommation électrique, en plus d’être essentiel dans les bâtiments tertiaires, est
intrinsèquement lié à l’action des usagers et ainsi à leurs comportements d’usage ce qui
replace l’usage électrique au cœur de l’évaluation de l’efficacité énergétique. Ce point de vue
exploitant a pu mettre en exergue l’objectif dit « physique » de l’efficacité énergétique du
bâtiment où l’on cherche à réduire la consommation.
Enfin, nous avons pu faire émerger quelques questionnements sur l’étude de l’usage
dans le bâtiment et le rapport à l’énergie que nous tâcherons par la suite d’éclaircir en
proposant des outils d'études.

63
Chapitre 3

Un nouveau concept d’intégration de


l’usage dans le bâtiment : l’efficacité
d’usage énergétique

Au regard des retours d’expériences présentés au chapitre 2, nous avons pu voir


émerger la dimension anthropologique de l’usage, ainsi que son importance dans le bilan
énergétique d’un bâtiment tel que la plateforme PREDIS MHI.
Nous verrons dans ce chapitre comment on peut traduire une telle dimension dans la
vision globale du système bâtiment. Pour cela, nous reviendrons dans un premier temps sur le
concept d’efficacité énergétique, terme abondamment employé dans le langage courant et
dans la littérature, en particulier dans le domaine du bâtiment (partie 1).
Nous verrons que derrière ce terme peut être englobé par un certain nombre de
notions, rendant plus complexe la clarté du concept d’efficacité énergétique. Ainsi, à partir de
cela, nous nous proposerons de définir le concept d’efficacité énergétique d’usage, qui est une
dimension plus globale et humaine de l’efficacité, et nous le distinguerons du concept
d’efficacité énergétique classique ou « physique » (partie 2). Nous verrons que pour prendre
en compte la problématique de l’acteur humain, on devra changer de paradigme
épistémologique et se tourner vers l’épistémologie constructiviste. L’analyse de l’usage nous
poussera à réfléchir sur la notion de satisfaction dans laquelle nous distinguerons deux
composantes : la satisfaction rationnelle et la satisfaction sensible.
Enfin, nous verrons que l’introduction de l’acteur humain dans le système bâtiment
amène à redéfinir ce système comme un système bâtiment complexe (partie 3).

64
1 Distinction entre les différents concepts liés à l’efficacité
énergétique
On parle de plus en plus d’efficacité énergétique dans le bâtiment, mais ce concept
recouvre différentes facettes. Bien souvent, lors de l’emploi du terme d’efficacité, on utilise
également, à tort ou à raison des synonymes comme rendement ou efficience. Nous verrons,
au travers de l’étymologie et de leurs définitions dans d’autres domaines, leurs différentes
significations et nous nous apercevrons qu’une certaine confusion existe sur les aspects
techniques et humains que ces termes intègrent. Ces termes, ainsi que nos propos, étant en
rapport avec la dimension « usage », nous analyserons également cette notion au regard de
son application dans le bâtiment.

1.1 Etymologie des termes Usage/Rendement/ Efficacité /Efficience


1.1.1 Notion d’usage
Jusqu’ici, nous avons maintes fois utiliser le terme « usage ». Dans un souci
d’exactitude, il serait bien de définir sur quel matériau notre étude porte. Le terme
d’ « usage » signifie « le fait de se servir de quelque chose, d’appliquer un procédé, une
technique, de faire agir un objet, une matière selon leur nature, leur fonction propre afin
d’obtenir un effet qui permette de satisfaire un besoin. »[CNRTLa, 2011]. Cette notion inclut
ainsi la caractérisation des différents comportements des personnes réalisant des activités et
effectuant des actions sur leur environnement (équipements, systèmes, personnes, etc.…).
Mais dans le terme usage, il y a également une dimension liée à un objectif : celui de satisfaire
ses besoins. Ce n’est ainsi pas juste utiliser un artefact pour une tâche précise mais bien pour
satisfaire un besoin in fine.

1.1.2 Notion de rendement


Le cœur de notre étude et du concept que l’on propose de définir tourne autour de la
notion d’efficacité énergétique. Lorsque l’on parle d’efficacité énergétique, on y associe
souvent dans le monde de l’ingénierie, le concept de rendement. Le terme « rendement »
signifie « Rapport entre une production, un travail et la totalité des valeurs des unités qui
permettent de l’obtenir » [CNTRLb, 2011] lorsqu’il s’agit d’un équipement ou peut également
signifier « Production, travail exprimé, de manière implicite ou explicite, par rapport à une
unité de référence » [CNTRLb, 2011] lorsqu’il s’agit d’une personne. On s’aperçoit que selon
le point de vue abordé, il y a deux dimensions (une technique et une humaine) qui sont
contenues dans ce concept. Nous verrons par la suite que, dans le cadre du système qui nous
intéresse et en matière d’énergie, le sens commun en ingénierie du bâtiment
emploie davantage la définition technique. On retrouve dans tous les cas la notion de
production et de productivité qui est le fait de réaliser un travail souhaité. Néanmoins, il n’y a,
par exemple, pas d’indication sur l’utilité de la tâche effectuée par rapport à la satisfaction de
la personne et cette notion de rendement n’intègre que très peu la manière dont on atteint
la production (c’est-à-dire l’usage) si ce n’est au travers d’un chiffrage technique (qui est
souvent un pourcentage, comme nous le verrons).

1.1.3 Notion d’efficacité


La notion d’« efficacité » est, quant à elle, relative à un « système qui est efficace,
offre un effet, une action utile » [LAROa, 2011]. Un tel terme peut être utilisé soit pour
désigner un acteur non humain (une machine, etc.…) soit un acteur humain. Dans le cas d’une
utilisation « technique », c’est-à-dire associée à un acteur non humain, l’efficacité renverra à
la propension du système à effectuer une tâche où la tâche est définie comme étant « un but

65
donné dans des conditions déterminées » [RABA, 1998]. Associée à une personne, c’est un
« caractère d’une personne qui produit le maximum de résultats avec le minimum d'efforts, de
moyens » [LAROa, 2011]. Une autre définition équivalente attache l’efficacité à « l’utilisation
des moyens pour obtenir des résultats donnés, dans le cadre d’objectifs fixés » [JACO, 1996].
L’ « efficacité » est donc une notion qui est liée à l’utilité de la tâche effectuée. Le
jugement d’utilité peut se faire à l’échelle sociétale, où l’efficacité d’une tâche pourra par
exemple être évaluée par l’argent que cela rapporte par rapport au temps passé / à l’énergie
consommée [DEJO, 1995]. Les critères seront alors principalement physiques et traduiront le
rendement d’un travail d’une personne, d’une machine, etc. Mais l’utilité peut être également
évaluée à l’échelle personnelle où ce jugement correspond au rapport entre la satisfaction
procurée par le service rendu via la tâche effectuée et le désir initial de l’usager [EPIC, 2009].
Les critères de jugement seront alors davantage qualitatifs et évalués par rapport à la
perception qu’a l’usager du service final. En fonction de l’usage, l’utilité, que ce soit du point
de vue technique (relatif alors à la productivité effective du système) ou du point de vue
humain, peut être amenée à changer considérablement, ce qui complexifie les étendues de
cette notion. Nous reviendrons ultérieurement sur cette appréciation de l’efficacité.

1.1.4 Notion d’efficience


Le terme d’ « efficience », qui est principalement un anglicisme du terme
« efficiency », désigne la « capacité d’un individu ou d’un système de travail d’obtenir de
bonnes performances dans un type de tâche donné » [LAROb, 2011]. On retrouve dans cette
définition la notion d’utilité d’une tâche (bonne performance ou non) ainsi que celle d’activité
(qui est, selon la définition ergonomique, « la réponse que l’individu met en œuvre pour
réaliser une tâche » [RABA, 1998]). Néanmoins, ce terme d’efficience se distingue de
l’efficacité en n’introduisant pas de comparaison par rapport à un effort fourni mais implique
davantage une estimation booléenne de l’efficience d’un système / d’une personne (être
capable ou non). Le rattachement à l’activité permet de mettre en valeur une fois de plus la
dimension de l’usage.

1.1.5 Définitions plurilingues


Un tour d’horizon de la traduction des termes « efficacité » et « efficience » dans
différentes langues nous apporte quelques enseignements sur l’intégration de l’usage dans de
tels termes.
Comme nous pourrons le voir par la suite au travers de la diversité des définitions
d’ « energy efficiency » recensées par Patterson [PATT, 1996], l’emploi du terme anglais
« efficiency » est fréquent et on y fait l’amalgame de ce que renferment les deux concepts
français d’efficacité et d’efficience. A titre d’exemple, efficacité et rendement se traduisent
« efficiency » en anglais, alors que nous avons pu voir que ces deux termes ne sont
généralement pas synonymes.
Les termes « wirksamkeit » et « verksamhet », respectivement en allemand et en
suédois, deux langues d’origine germanique, signifient efficacité mais également activité dans
le sens où les adjectifs « wirksam » et « verksam » signifient efficace, actif [HACH, 2011]
[NORD, 2002]. Ces termes germaniques incluent donc dans le concept même d’efficacité,
l’idée d’activité c’est-à-dire quelque chose se rattachant à l’action effectuée davantage qu’à
l’idée de rendement et de performance. On peut remarquer également que les termes
« wirksamkeit » et « verksamhet » incluent comme traduction française la notion de « vertu »
[LEO, 2011] ce qui renforce la dimension anthropologique et même philosophique que
devrait idéalement intégrer la notion d’efficacité. Cette inclusion idiomatique de la notion
d’activité et de vertu dans le concept d’efficacité permet de s’interroger sur le contenu et les

66
limites mêmes de la définition de cette notion ainsi que son utilisation dans le langage
courant.
Nous voyons donc que l’étymologie et la définition même des différents termes font
apparaître une dimension technique et une dimension humaine qui font écho aux dimensions
humaines et techniques de l’usage qui émanaient des retours d’expérience de la Plateforme
PREDIS (Chapitre 2). Néanmoins, l’apparition des deux dimensions sous un même terme
rend un amalgame assez facile entre les deux approches qui sont différentes mais
complémentaires.

1.2 L’efficacité énergétique telle que définie dans d’autres domaines


Le concept d’efficacité énergétique est une notion que l’on retrouve dans différents
domaines avec une interprétation qui peut être propre au point de vue adopté mais de manière
générale, la notion d’efficacité se rattache à l’idée de faire le plus de choses en sortie du
système étudié pour le moins de ressources en entrée [DEJO, 1995].

1.2.1 L’efficacité énergétique vue par l’économie


L’efficacité énergétique est avant tout un rapport entre deux termes et selon la
définition qu’en fait l’économiste Patterson [PATT, 1996], cela consiste, de manière générale,
à utiliser le moins d’énergie possible pour produire la même quantité de service ou de
données utiles. On peut s’apercevoir qu’il peut y avoir de nombreuses ambiguïtés dans les
définitions de ce qui est « utile » ainsi que la notion de « service » qui peut être interprétée
différemment selon le point de vue emprunté. Dans ce sens, deux types de notions d’efficacité
énergétique peuvent être différenciés en fonction des indicateurs proposés [PATT, 1996].
• a) Indicateur Thermodynamique

Cet indicateur d’efficacité énergétique fait référence à une vision purement


thermodynamique du processus étudié. L’étude des potentiels thermodynamiques dans le
cadre du premier principe de la thermodynamique, permet d’avoir une définition thermique ou
enthalpique de l’efficacité (Equation 1):
∆H sortie où
E ∆H = E∆H = efficacité enthalpique
∆H entrée
∆H sortie = somme de toutes les enthalpies utiles du process
Equation 1
∆H entrée = somme de toutes les enthapies entrées dans le process

Ce coefficient permet d’avoir une approche quantitative de l’efficacité énergétique car l’on ne
prend que la partie « utile » du système que l’on ramène sur l’énergie d’entrée, qui est celle
consommée par le système.
Expression du rendement
Le rendement d’un système, qui est un nombre adimensionnel compris entre 0 et 1, est
souvent employé en physique et en ingénierie mécanique et électrique, et se retrouve dans ce
cadre d’efficacité d’enthalpie comme étant défini par (Equation 2) . Ce terme de rendement
fréquemment utilisé dans l’ingénierie, est équivalent au rapport thermodynamique car
l’énergie utile d’un système est analogue à une enthalpie donc les équations 1 et 2 sont
équivalentes. où
E η = Rendement
η = sortie Equation 2
Esortie = Energie utile du système
Eentrée
Eentrée = Energie consommée par le système

67
On pourra remarquer que dans ces domaines d’application, on confond souvent l’efficacité
énergétique d’un système et le rendement de celui-ci.
Prise en compte de la qualité de l’énergie : notion d’exergie
Cette approche de l’enthalpie ne se soucie pas de la qualité de l’énergie utile déployée.
Par qualité de l’énergie on fait davantage référence à sa qualité physique, c’est-à-dire par
exemple pour l’électricité, qu’on ait le bon niveau de tension, la bonne fréquence, etc. pour le
système. Pour prendre en compte cette donnée, le second principe de la thermodynamique
intègre d’autres potentiels thermodynamiques (Energie libre, etc.) permettant d’écrire une
autre définition de l’efficacité énergétique qui se caractérise alors par rapport à un idéal
(Equation 3) :
E∆H ( actuel )
ρ=
Equation 3
où E∆H ( idéal )
ρ =Efficacité énergétique
E∆H ( actuel ) =Efficacité enthalpique actuelle d'un process effectuant une certaine tâche
E∆H ( idéal ) =Efficacité enthalpique idéale d'un process pour effectuer de façon
réversible une tâche spécifique par un équipement parfait

On voit ici que l’efficacité énergétique peut être également définie comme un rapport
d’efficacités entre le système actuel et ce que serait l’idéal (la théorie bien souvent) formant
ainsi un nombre adimensionnel.
L’intégration de la qualité de l’énergie utilisée a donné lieu au concept d’exergie qui
permet, entre autres, de mesurer la dégradation de l’énergie causée par les irréversibilités des
transferts et des transformations énergétiques [JORG, 2008]. Cette vision exergétique de
l’énergie est une première étape vers une vision plus globale de l’efficacité, car elle inclut une
dimension aléatoire liée à l’entropie d’un système. Appliquée au système bâtiment, l’exergie
traduit le gaspillage d’énergie lié à une perte de qualité de l’énergie : par exemple, si par le
vieillissement du matériel, le système est moins performant (par exemple un éclairage moins
lumineux car terni) alors l’usager réagira en conséquence (augmentation du niveau de
luminosité) sans que ce geste, qui peut être surconsommateur d’énergie, puisse être pour
autant considéré comme du gaspillage d’énergie [SAKU, 2010] [YUCE, 2011]. Néanmoins,
le point de vue pris en compte dans l’exergie est essentiellement relatif à la physique.

Or la dimension usage, c’est-à-dire comment l’usager humain utilise effectivement


cette énergie finale par rapport à ses attentes n’est a priori pas intégrée dans ce terme.
Pourtant, par le terme de « qualité » de l’énergie utile, cela peut également englober la qualité
du point de vue de celui qui reçoit le service rendu par rapport à ses attentes. Ainsi, dans la
terminologie actuelle, cette dimension anthropologique est soit oubliée soit confondue car les
termes sont ambigus.
• b) Indicateur Physico thermodynamique
Cet indicateur permet d’intégrer la nature de l’usage final qui est fait par le système
étudié alors que par la définition précédente on s’intéressait davantage au travail potentiel
réalisé. Ainsi, on pourra définir, dans ce cadre, l’efficacité énergétique comme (Equation 4) :
Sortie (W, km, kg, etc...)
Equation 4
Energie d'entrée

68
La particularité de cette définition est de prendre en compte la spécificité de l’usage
final et d’utiliser ainsi l’unité dans laquelle on mesure le phénomène physique qui se rattache
au système en question. Par exemple, pour le transport de matière, on pourra exprimer
l’efficacité énergétique par la quantité d’essence consommée pour livrer une tonne d’un
produit à tel endroit. Un tel coefficient d’efficacité énergétique est, de par ce fait,
dimensionnel et possède une unité qui a un sens physique.
On peut remarquer que dans le domaine énergétique du bâtiment, un tel indicateur est
utilisé dans les Etiquettes Energie (figure 32) pour caractériser la performance énergétique
d’équipements (que l’on présente d’ailleurs sous le terme d’« efficacité énergétique »). La
nature même de cet indicateur est identique seul l’ordre du numérateur et du dénominateur
peut être interchangé.
Ainsi, pour des équipements domestiques, l’efficacité représentera la consommation
énergétique des produits (énergie d’entrée) pour effectuer une tâche qui est conforme à un
standard. Par exemple, pour un lave-linge, l’échelle d’efficacité énergétique est établie pour
un cycle de lavage à 60°C pour 1kg de linge. L’unité est alors le kWh/kg (qui est l’inverse de
la définition physico-thermodynamique du produit (Equation 4) mais qui reprend les mêmes
éléments). Pour un lave-vaisselle, on exprimera la consommation énergétique pour laver 12
couverts [CEE, 1992].
Par cette définition économique, que l’on retrouve sous différentes variantes en
particulier dans le domaine de l’ingénierie électrique [LE, 2008] et celui de la thermique du
bâtiment [CHLE, 2007], on peut se rendre compte qu’une certaine confusion ou manque de
précision entoure le concept d’efficacité. En effet, on peut remarquer que l’emploi du terme
efficacité énergétique ne fait pas toujours référence à des rapports entre grandeurs physiques.
Cela peut désigner de façon générique l’ensemble des mesures et moyens pour économiser de
l’énergie (il suffit de constater l’ensemble des préconisations gouvernementales utilisant ce
terme pour faire réduire la demande énergétique [UE, 2005]).
Mais dans le domaine du bâtiment en particulier, on fait un amalgame avec la
consommation énergétique. En effet, on exprime l’efficacité énergétique des bâtiments en
kWhEP/m²/an [RT2005, 2005]. Or ceci correspond au niveau de performance énergétique du
bâtiment mettant en œuvre un certain nombre de moyens technologiques et d’ingénierie dans
l’objectif de consommer moins. Ainsi, on associe un objectif, un idéal à un tel terme chiffré.

69
Fig 32 : Exemple d’étiquette Energie

1.2.2 L’efficacité dans le génie industriel


Dans le génie industriel et en ergonomie, on retrouve le terme d’efficacité adjoint à
celui d’efficience afin de définir la performance industrielle d’un procédé [BERR, 2002].
Ainsi, dans les activités d’un process, l’efficacité du processus se rattache à une vision globale
et qualitative du process alors que l’efficience est une notion à portée locale et ponctuelle
[AFGI, 1992]. On peut résumer leur positionnement des uns par rapport aux autres par la
figure 33.

Notion: Efficience Efficacité Performance


Devise: « Doing the right thing » « Doing the thing right » “Doing the right thing right”

Portée : Locale Globale Intégrée


Verticale Horizontale
Quantitative Qualitative

Fig 33 : Efficience/Efficacité et Performance d’un Procédé Industriel [ALNA, 2000]

70
On retrouve dans les notions d’efficacité et d’efficience un positionnement vis-à-vis de
l’utilité de la tâche effectuée.
Enfin, le terme d’efficience énergétique existe mais est un concept assez peu employé
en tant que tel qui exprime la volonté de minimiser la consommation énergétique d’un
équipement tout en maximisant le service rendu par celui-ci. [WIKIb, 2011] Nous
retrouverons cette approche dans le concept d’efficacité d’usage que nous nous proposerons
d’établir.

1.3 Bilan de l’étude sémantique et positionnement de notre approche


Nous avons pu voir au travers de l’analyse sémantique des différents termes liés à
l’efficacité énergétique, et même dans le terme même d’efficacité énergétique, qu’il existe une
certaine confusion concernant les contours de la définition du concept d’efficacité
énergétique.
On peut néanmoins en tirer l’enseignement important que le point de vue sous lequel
est souvent abordé l’efficacité, et qui est devenu implicite dans le langage courant, est celui
attaché à l’économie et à la technique. Dans ce sens, on emploie souvent, à tort, le terme
d’efficacité énergétique alors qu’il s’agit en fait davantage du rendement énergétique. Dans
l’ensemble des rapports d’efficacité énergétique classiques, ce sont toujours des éléments
physiques, quantifiables par une mesure physique, qui constituent ces rapports. On
caractérisera par la suite la définition d’efficacité énergétique comme efficacité énergétique
« classique » ou « physique » l’ensemble de cette terminologie commune. En effet, les
éléments constituant ce genre de rapport sont intrinsèquement liés à la nature matérielle de la
physique.
Nous avons néanmoins pu voir qu’au niveau étymologique, que ce soit dans la langue
française ou dans d’autres langues, la notion d’efficacité s’applique à un espace bien plus
général que l’aspect purement technique de la définition scientifique. Cela permet d’en tirer la
composante supplémentaire qui est déjà incluse dans certaines définitions, relatives à l’être
humain, et qui s’apparente à la dimension usage évoquée dans le chapitre 2 lors du retour
d’expérience. C’est sur ce dernier terme que nous positionnerons nos travaux, tâchant de faire
ressortir cette dimension usage liée à l’humain dans la définition même de l’efficacité
énergétique et de voir ce que cette nouvelle approche peut amener d’intéressant.

1.3.2 Distinction et positionnement de l’efficacité d’usage dans la chaîne de valeur


énergétique
Nous avons pu voir que l’efficacité énergétique selon le sens commun est davantage la
partie de l’efficacité correspondant à l’approche physique du terme. Dans ce cadre, la mise en
application de l’efficacité énergétique correspond à un ensemble de mesures que l’on peut
mettre en œuvre au cours du processus de transformation de l’énergie afin de maximiser
l’énergie utile. En effet, en terme d’utilité de l’énergie, on peut définir une chaîne de valeurs
énergétique permettant de positionner les différentes transformations et conversions d’énergie
tout au long de son cycle d’utilisation, de sa création/extraction à l’usage final (exemple de la
transformation de l’électricité sur la figure 34 montrant une perte d’efficacité totale de
quasiment 90%).

71
Figure 34 : Représentation d’une chaîne de conversion d’énergie dans l’exemple de
l’électricité [LOVI, 2004]

Comme l’illustre la figure 35 [THIEb, 2008], l’efficacité énergétique dite physique


s’appliquera sur l’ensemble du processus de transformation réellement lié à la technique : de
l’extraction de l’énergie primaire à sa transformation en énergie utile. Actuellement, le reste
des mesures de réduction de consommation d’énergie est considéré sous le couvert de la
« sobriété énergétique », domaine de l’humain, qui justement nous intéresse par la dimension
usage.

Figure 35 : Structure de la chaîne énergétique et moyens d’actions [THIEb, 2008]

1.3.2.1 Positionnement par rapport à la sobriété énergétique

La sobriété énergétique dans les bâtiments est une composante des mesures
préconisées dans l’approche des Négawatts, ce dernier concept étant une unité fictive
d’énergie permettant d’évaluer l’économie d’énergie réalisée [LOVI, 1990]. Le calcul de
consommation négawatt est en fait une mesure de « non-consommation effective» de
l’énergie, permettant, entre autres, de faire émerger les gaspillages d’énergie et d’inciter aux
économies d’énergie afin de « faire la même chose en consommant moins » .
En France, la démarche Négawatt, au travers de l’association éponyme, se décline en
trois étapes [NEGA, 2006] (figure 36) :
• la sobriété énergétique, qui consiste à supprimer les gaspillages et les besoins
superflus. Cela fait appel au comportement de chacun pour limiter sa consommation
d’énergie. Elle s’appuie sur la responsabilisation de tous les acteurs : du producteur au
citoyen en appelant à la vigilance dans les gestes quotidiens.
• l’efficacité énergétique, qui permet de réduire les consommations d’énergie pour un
besoin donné. Cela consiste à réduire les pertes d’énergie des appareils en augmentant leur
rendement. On retrouve ici l’idée d’améliorer la chaîne de conversion et de transformation de

72
l’énergie précédemment citée qui correspond à la vision technocentrée ou physique de
l’efficacité.
• les énergies renouvelables, qui répondent à nos besoins énergétiques avec un faible
impact sur notre environnement et une gestion décentralisée. En diminuant la consommation
au travers de la sobriété et l’efficacité énergétique, cela permet aux
énergies renouvelables de répondre durablement aux besoins sans épuiser la planète.

Figure 36 : La démarche Négawatt (Négawatt, 2006)


On trouve ici que l’usage est abordé selon la sobriété énergétique. Selon ce point de
vue, il ne s’agit que de considérer l’usage comme une bonne éducation des personnes qui
agissent de manière vertueuse en réduisant leur consommation (au détriment de leur
confort ?). Mais comme le souligne O. Sidler au travers de divers travaux issus de campagnes
de mesures, est-ce que la seule sensibilité environnementale (ou sobriété énergétique) suffit
ou doit-on également agir de manière coercitive sur la distribution d’énergie? [SIDL, 2009] Il
faut alors sans doute aider les usagers à prendre conscience des phénomènes énergétiques aux
usagers grâce à des systèmes persuasifs.
Cette approche de la consommation énergétique introduisant l’acteur humain est riche
en enseignement mais en ce qui nous concerne, une telle approche ne tient pas compte de la
nature de l’interaction réelle avec les équipements. En ce sens, la notion d’efficacité d’usage
se positionne en regroupant les notions de sobriété et d’efficacité énergétique telles que
présentées dans la démarche Négawatt.
1.3.2.2 Application des deux approches d’efficacité énergétique sur le génie électrique
dans le bâtiment
Au regard des renseignements obtenus lors de l’étude bibliographique et sémantique
sur les différentes terminologies de l’efficacité énergétique, on peut appliquer le double aspect
de l’efficacité énergétique (physique et usage) aux compétences du génie électrique dans le
système bâtiment:
- On peut d’une part améliorer le rendement intrinsèque de l’équipement
(correspondant à l’efficacité partie physique). Cela correspond à une réduction de
la consommation énergétique au point nominal et ceci indépendamment du temps
de fonctionnement. L’ingénierie mécanique et électrique en particulier visera à
augmenter un tel rendement énergétique. Cela passe par des études d’optimisation
électromagnétiques des moteurs [BOMM, 2009], la mise au point de technologies
moins énergétivores, un meilleur choix de matériaux, etc. Ces travaux constituent
l’essentiel des travaux effectués dans le domaine de la recherche en
électrotechnique.
- Le contrôle-commande des différents équipements fait également partie des
moyens pour économiser de l’énergie, car un pilotage optimal des équipements
vis-à-vis des consignes et de l’usage permet de pouvoir commander au « plus
juste » par rapport à la demande de l’usage (donc lié à l’efficacité partie usage).

73
Nous allons ainsi au final porter notre étude sur cette nouvelle approche liée à l’usage
et à la dimension humaine en interrogeant la notion même d’usage et d’interaction homme-
machine pour reconsidérer la notion d’efficacité énergétique dans un ensemble plus global
concernant le rapport entre l’usager et l’énergie consommée.

2 Définition de l’efficacité d’usage énergétique dans le domaine du


bâtiment par rapport à l’efficacité énergétique « physique »
Grâce à l’enseignement que nous apporte la sémantique du terme efficacité, nous
avons pu distinguer les attributs « techniques » de l’efficacité d’un système par rapport à ses
attributs dits « d’usage », liés à l’utilisation humaine du système. Nous avions également pu
voir au travers du retour d’expérience que le point de vue de l’usager faisait apparaître une
double dimension des attentes soit en terme de satisfaction de service (plutôt point de vue
occupant) soit en terme de réduction de consommations énergétiques (plutôt du point de vue
exploitant).
Aussi, on peut voir converger de l’étude sémantique et de l’étude expérimentale les
deux dimensions de l’efficacité énergétique :
- une dimension anthropologique (liée à l’acteur humain). Cet acteur humain en
tant qu’occupant agira de façon plus ou moins efficace dans le sens où il
consommera plus ou moins d’énergie afin de satisfaire son propre confort. On
intitulera « l’efficacité d’usage énergétique » la composante de cette efficacité
énergétique (objet de notre étude)
- une dimension technique du bâtiment où l’acteur non humain (système de gestion
énergétique) cherchera à réduire la consommation énergétique en améliorant les
transformations physiques de l’énergie par les équipements. Cela fait référence à
l’efficacité énergétique physique telle que nous l’entendrons par la suite.
Nous pouvons illustrer ces deux approches dites « d’usage » et « physique » au travers
de l’exemple de l’éclairage dans un espace commun de bureaux comme l’Espace Bureau de la
Plateforme PREDIS tout au long de la présentation théorique du concept d’efficacité d’usage
énergétique proposé.
Lorsque l’on parle d’un éclairage énergétiquement efficace, en particulier dans les
préconisations diverses d’économie d’énergie dans le bâtiment, cette efficacité indiquera la
plupart du temps le choix de technologies de luminaires tels que les éclairage par LEDS ou
par lampes Fluo compactes. Ainsi par éclairage efficace dans un bâtiment, on va souvent
désigner, dans le langage courant, une solution technologique ayant des performances
énergétiques bonnes, une solution architecturale maximisant l’éclairage naturel, etc.
L’efficacité énergétique technologique ainsi indiquée relève donc davantage d’un effort au
point de vue ingénierie à optimiser les procédés électriques, chimiques, etc. qui opèrent lors
du fonctionnement du luminaire (voltage de la décharge électrique, utilisation de matériaux
particuliers, etc.) [DANN, 2010]. L’objectif est donc bien d’obtenir une luminosité
artificielle « maximale » ou plus exactement suffisante pour le confort visuel, pour une
consommation électrique minimale ce qui correspond au rendement lumineux de la lampe
en question. D’ailleurs, c’est sous cette forme de rapport que l’étiquette Energie sur les
luminaires indiquent la performance énergétique des lampes (consommation de la lampe à
une puissance de référence fonction simple du flux lumineux exprimé en lumens (linéaire
brisée) [CEE, 1992]). Le sens d’efficacité ici employé correspond bien à une vision techno-

74
centrée4 car on s’intéresse à la performance technique à un niveau d’éclairage standard.
Nous avons donc à faire à une efficacité énergétique physique car essentiellement basée sur
les propriétés physiques de l’artefact.
Néanmoins, au regard de l’usage de l’éclairage (comme dans le cas de la plateforme
PREDIS), le fait d’installer un équipement lumineux peu consommateur d’énergie électrique
ne suffit pas à réduire substantiellement l’énergie consommée. En effet, le fait de ne pas
éteindre les lumières lors de l’absence de personnes induit un surplus énergétique. Ce
surplus énergétique est donc bien la conséquence d’un comportement humain de
consommation, d’usage de l’équipement et est globalement indépendant de la performance
énergétique même de l’équipement utilisé. Cette dimension usage est souvent occultée
lorsque l’on parle couramment d’un éclairage efficace pour diverses raisons en particulier
dues à la complexité de l’usage. Car au-delà de l’allumage ou non de l’éclairage lors de
l’occupation, on peut également se poser la question de la localisation de l’éclairage : si je
suis seul dans une salle, est-il utile d’éclairer toute la salle ? La question du niveau de
luminosité : si je suis à côté d’une fenêtre, ai-je besoin et/ou envie de moins d’éclairage
artificiel ? Et si j’utilise l’éclairage à des fins esthétique ou de sécurité, le système doit il
automatiquement éteindre la lumière ? Ces exemples font ainsi apparaître le fait que l’usage
même de l’équipement par les usagers, leur appropriation de celui-ci vis-à-vis de leur besoin
réel est une dimension pouvant amener à des comportements énergétiques qui ne sont pas
forcément énergétiquement « efficaces » si l’on considère le bilan énergétique global. La
notion d’efficacité qui permet d’intégrer la dimension humaine sera ce que nous proposerons
d’appeler l’efficacité d’usage énergétique.
L’intégration dans le système bâtiment de l’humain possédant des données
difficilement formalisables telles que la satisfaction, introduit une certaine complexité au
système qui nécessite que l’on change d’approche dans l’épistémologie même employée pour
décrire les systèmes. Il peut en effet paraître illusoire de vouloir intégrer entièrement la
versatilité des usages dépendant de facteurs aussi complexes que l’humeur, l’éducation, les
phénomènes sociaux de group, etc. Afin de pouvoir intégrer l’acteur humain dans la définition
de l’efficacité d’usage, on se placera dans une épistémologie constructiviste que nous allons
présenter à présent.

2.1 Propriétés générales du rapport d’efficacité d’usage


2.1.1 Un mythe rationnel
En premier lieu, de par les termes qu’elle implique (des données appartenant au
domaine du conscient ou de l’inconscient de l’acteur humain comme nous verrons plus tard,
donc des données techniquement et éthiquement non disponibles de façon précise) et les
objectifs qui peuvent paraître ambitieux dans lesquels elle s’inscrit, l’efficacité d’usage
s’inscrit davantage comme un idéal à atteindre au travers d’un cheminement d’amélioration.
Nous verrons par la suite (Partie 3 chapitre 5), au travers de l’exemple des bâtiments à énergie
positive, de l’intérêt de la recherche d’un idéal mais non réalisable, qui sera alors considéré
comme un mythe rationnel [HATC, 1992]. Dans ce sens, l’objectif n’est pas forcément
d’atteindre l’idéal qui, en tant que tel n’est pas forcément atteignable (pour diverses raisons
techniques, pragmatiques, de mesurabilité des paramètres que nous présenterons plus tard)
mais le fait même d’avoir cet objectif permet de réfléchir et mettre en place un certain nombre
d’actions pour pouvoir appliquer les valeurs/les vertus que porte ce concept.

4
Par vision techno centrée, on exprime le point de vue de l’ingénierie et des services focalisé sur la
technique des équipements. Ainsi, les préoccupations seront basées sur la performance inhérente de la machine
plutôt que son utilité / utilisation en relation avec son usager)

75
2.1.2 L’utilisation d’une épistémologie constructiviste
L’étude de l’usage qui intègre l’acteur humain amène, de par la complexité même de
ce dernier (qui est un acteur individualisé, disposant de multiples spécificités complexes le
caractérisant telles que son éducation, sa culture, etc. et qui sont autant de paramètres non
formalisables et qui influent l’usage), à reconsidérer l’approche scientifique selon laquelle on
analyse le sujet. Nous reprendrons ici un point de vue largement présenté dans les travaux de
recherche de Frédéric Wurtz sur l’évolution de l’approche scientifique en génie électrique afin
d’intégrer des acteurs complexes tels que les acteurs humains en passant d’une épistémologie
scientifique dite « classique » à une épistémologie « constructiviste »[WURT, 2008].
L’épistémologie classique cherche à édifier une vérité sur chaque phénomène étudié
et ce indépendamment de l’observateur. Compte tenu du fait que l’usage est une connaissance
totalement variable (dépendant des cultures, des envies, de la spécificité humaine), un modèle
d’usage, ou dans une autre dimension, une fonction de satisfaction globale (comme nous le
verrons plus tard dans la quantification de notre concept d’efficacité d’usage), ne peuvent être
construits de manière unique, ontologique et être validés par une démarche de vérification
expérimentale classique.
Ainsi, l’approche constructiviste [LEMO, 1999] permet d’aborder les problématiques
selon l’angle d’hypothèses phénoménologiques et téléologiques (Annexe 16). En cela, on
contextualise les connaissances nécessaires pour la construction des modèles par rapport à
leur environnement en s’appuyant sur des critères d’effectivité5 et d’intelligibilité6 des
modèles.
Nous pourrons retrouver en annexe 16 une définition plus précise de ces termes avec
une présentation des différentes notions caractérisant l’épistémologie constructiviste.
Néanmoins, on retiendra de la notion d’effectivité que c’est une recherche de conception
basée sur l’objectif que l’on veut atteindre. Le concepteur possède ainsi la liberté d’adapter le
concept / le modèle à ses propres objectifs afin que les données en résultant puissent être les
plus pertinentes au regard de ses objectifs et ainsi être en mesure d’apporter les éléments
nécessaires à une application pratique. Afin d’arriver à de telles prouesses, il est nécessaire
que le concept/modèle dispose de certaines propriétés comme l’intelligibilité qui est le fait de
pouvoir comprendre facilement l’information transcrite.
Il faut en retenir le fait que dans l’épistémologie constructiviste dans laquelle nous
nous situerons, on construit des concepts, des modèles, etc. afin qu’ils soient effectifs,
c’est-à-dire qu’ils puissent produire un effet réel et vertueux en vue d’économiser de
l’énergie dans notre cas.

2.2 Proposition de définition du concept d’efficacité énergétique d’usage


appliqué au système bâtiment
On se propose de partir des rapports classiques d’efficacité énergétique (efficacité
énergétique physique) qui mettent en rapport deux dimensions physiques, et d’aller au delà
afin de prendre en considération le côté usage, propre à l’acteur humain et qui correspond à la
satisfaction des services, et la consommation énergétique. Nous en retiendrons le même
objectif commun final qui est de réduire la consommation énergétique du système.

5
Effectivité : Désigne la capacité d’être valides dans certains contextes, pour agir (comprendre, prendre,
des décisions, …) avec un résultat efficace
6
Intelligibilité : Désigne la capacité d’aider à la compréhension, à l’aide à la décision pour les acteurs
humains

76
2.2.1 Analyse de l’usage dans les bâtiments
Afin d’intégrer l’aspect usage dans la définition du concept d’efficacité énergétique,
on se doit de partir de la raison première de l’utilisation d’un équipement ou d’un système :
l’usager cherche à satisfaire ses besoins ou ses désirs par l’usage de cet équipement/système.
2.2.1.a Du besoin à l’action
Sans aller jusqu’à analyser la définition même de ces concepts, on pourra s’appuyer
sur les travaux de Maslow (avec la pyramide des besoins illustrée en figure 37) ainsi que sur
les traités d’Epicure sur les différentes formes de désirs (tableau 1) pour spécifier ce que nous
pourrons caractériser d'« attentes » correspondant à l’expression des besoins et désirs de
l’usager d’un équipement ou plus généralement d'un service. On part donc initialement de la
formulation d'une demande implicite, formulée dans le domaine du cérébral, dans le sens où
de telles attentes appartiennent au monde immatériel des idées.

Accomplissement personnel
(morale, créativité, …)

Estime (confiance, respect des autres et par


les autres, estimes personnelle)

Besoin d’appartenance et
affectif (amour, amitié,
intimité, famille)

Besoin de sécurité (du corps, de


l’emploi, de la santé, de la propriété, ..)

Besoins Physiologiques ( Manger, boire, respirer,


etc..)

Figure 37 : Pyramide des Besoins [MASL, 1994]

Désirs naturels Désirs non naturels


Nécessaires Simplement Artificiels Irréalisables
naturels
Pour le Pour la Pour la vie Variation des Ex : Ex : Désir
bonheur tranquillité (nourriture, plaisirs, Richesse, d’immortalité,
(ataraxie) du corps sommeil) recherche de gloire,… etc.
(aponie) l’agréable
Tableau 1 : Catégorisation de l’ensemble des désirs de l’être humain [EPIC, 2009]
Ainsi par exemple, étant usager de la plateforme PREDIS, un bâtiment tertiaire, en tant que
chercheur, catégorie socio professionnelle caractérisant les fonctionnalités de mon travail, je
vais attendre du système qu’il puisse me permettre d’y vivre et d’y travailler dans des
conditions optimales durant ma période d’occupation. Ainsi, mes attentes seront, en terme
d’éclairage :

77
• Besoin d’avoir mon poste de travail éclairé à un niveau de luminosité suffisant quand je
suis effectivement devant mon poste
• Désir d’avoir une commande proche (si possible individualisée)
• Désir d’avoir recours à l’éclairage artificiel uniquement lorsque l’éclairage naturel est
insuffisant
Maintenant, si on se place au niveau résidentiel, les attentes peuvent varier :
• Besoin d’avoir l’éclairage de la chambre restée allumée le temps que j’aille chercher
quelque chose dans une autre pièce
• Désir d’avoir une luminosité plus douce à certaines périodes de la nuit
• Pour certaines personnes, besoin d’avoir la lumière du couloir concomitant à la chambre
allumée durant la nuit
Cet ensemble d’exemples illustre la diversité et la complexité des attentes que peuvent
avoir les personnes auxquelles il faut rajouter les spécificités culturelles des personnes, (liés à
l’éducation, la culture, etc...). D'une personne à l'autre les attentes pourront être de nature
différente, mais également pour une même personne, celles-ci peuvent varier d'un jour à
l'autre.
Au sein du bâtiment, l’usager va avoir un certain nombre d’attentes et souhaits
sensibles (nous reviendrons un petit peu après sur cette notion). Cela peut être un niveau de
satisfaction physique, faisant appel à ses différents sens, comme le confort thermique, le
confort visuel, le confort sonore. Mais cette notion de confort peut être généralisée aux
attentes relatives à des services, comme le fait d’obtenir un aliment chaud lors de l’utilisation
d’un four à micro ondes, d’accéder à l’information lors de l’utilisation d’une télévision ou
d’un ordinateur, etc. Nous reviendrons par la suite sur cet ensemble de perceptions qui peut
être généralisé par le concept de « phénomènes » [KANT, 2004].
Ainsi, à partir de ses attentes, qui sont encore au stade de la pensée (consciente ou
inconsciente), la personne va alors, au travers d’un processus de décision, concrétiser cela en
action afin de satisfaire ses besoins ou désirs. L’action qui est dès lors la traduction dans le
monde physique (ou matériel) d'attentes exprimées dans le monde cérébral (ou immatériel),
correspondra à l’interaction entre les acteurs humains, ou même non humains7, avec les
différents équipements du bâtiment.

2.2.1.b De l’action au service


Les actions peuvent être de différentes natures : cela peut être d’imposer une consigne
sur un équipement (j’ai le désir d’avoir plus chaud : je décide d’augmenter le thermostat du
chauffage) ou de modifier le système actuel (j’installe mon propre radiateur) ou alors une
action directe sur l’équipement (j’ai faim : j’ouvre le réfrigérateur pour m’approvisionner en
aliment frais). Ces actions sont de l’ordre de l’usage car on peut agir de différentes manières
pour exprimer ses désirs. Par exemple : pour l’envie d’avoir un aliment cuisiné conservé au
frais, je peux soit le mettre directement au réfrigérateur soit attendre d’abord qu’il refroidisse
avant son introduction dans le réfrigérateur. De même, si j’ai froid, je peux soit mettre un
vêtement en plus, soit agir sur le système de chauffage. Ainsi il peut y avoir différentes
décompositions de l’action pour effectuer une même tâche.
7
Le système complexe bâtiment, tel que nous le considérerons à présent, correspond à l’ensemble des
acteurs humains et non humains : Ces derniers correspondent à l’ensemble des systèmes de côntrole-commande
qui agissent sur les équipements et les infrastructures actives et passives effectuant les différents services du
bâtiment. (figure 40).

78
Dans notre exemple sur l’éclairage, si j’ai décidé d’avoir de l’éclairage à mon poste je vais
agir sur l’interrupteur d’allumage et si le niveau d’éclairage ne me satisfait pas, je règle la
consigne. Ainsi, l’action pourra être également le fait d’une réaction à la perception du
niveau actuel de ma satisfaction. Ensuite, pour le même éclairage, je pourrais tout aussi bien
utiliser l’équipement de manières différentes, comme mettre au maximum la consigne
d’éclairage, oublier de l’éteindre durant mes absences, éclairer une autre zone que mon
poste, etc Tous ces usages annexes sont autant d’actions qui se réfèrent à la même tâche
mais dont l’usage est différent.
Les actions peuvent être réalisées aussi bien par un acteur humain (l'occupant des
lieux) que par un acteur non humain (système de pilotage/ contrôle-commande). Dans ce
dernier cas, on pourra considérer qu'il existe tout de même un rapport avec un acteur humain,
mais ce sera de manière indirecte car ne s’agissant alors pas de l'occupant mais du concepteur
de la stratégie de côntrole-commande qui réalise l'action.
Par ailleurs, le système technique bâtiment (systèmes actifs et passifs) avec lequel
l’usager interagit, est soumis à des flux gratuits (air, soleil, eau), ainsi qu’à des flux payants :
flux énergétiques (électricité, fioul, gaz, eau, etc.). Les équipements, en particulier les
systèmes actifs (c’est-à-dire, rappelons-le, les systèmes pilotables), ont en effet pour
fonctionnalité de transformer et convertir les énergies gratuites ou payantes en service
correspondant aux attentes des usagers qui se sont exprimés au travers des actions et
consignes (par exemple l’allumage du four à micro-ondes traduit, a priori, l’expression d’une
volonté d’avoir un aliment chaud). Durant cette phase de conversion/transformation
d’énergie en service (dans le sens où le service permet « de transformer de l’énergie pour
répondre à un besoin spécifique de l’usager » [Ha, 2007], ce qui correspond à la définition
d’ « energy service » de Lovins [LOVI, 2004]), il va y avoir une part d’énergie proprement
utile qui sera rattachée au service souhaité, ainsi qu’un certain nombre d’énergies non utiles
(énergie thermique dissipée, etc.).
Dans le cas de l’éclairage, le système d’éclairage artificiel (par tube fluorescent par
exemple), va, à la commande de l’usager via l’interrupteur, convertir l’énergie électrique par
ionisation des vapeurs de mercure à basse pression ou de l’argon, en énergie lumineuse
(énergie utile entre autre mesurable par le rendement lumineux), mais également en énergie
thermique dissipée (énergie non utile).

2.2.1.c Du service à la perception sensible

Les services effectués par ces équipements passifs et actifs peuvent être caractérisés
comme des « phénomènes » dans le sens kantien du terme où un phénomène est une « Chose
telle qu’elle apparaît à l’homme, telle que seul l’homme peut la connaître, à travers la
structure de son esprit (intuitions pures a priori, catégories) » [Kant, 1999]. L’usager perçoit
alors les phénomènes généraux de l'ordre de l'ambiance (température, humidité, luminosité,
…) du flux d’informations (texte, chiffres, musique, etc.), etc. qui correspondent à autant de
services rendus par les équipements du bâtiment (actifs ou passifs).

L’éclairage reçu au poste de travail occupé, le niveau de luminosité qui permet de voir sans
éblouir mon objet de travail (l’ordinateur) et ses environs sont les phénomènes que je
perçois.

Le service rendu va également engendrer un certain nombre de coûts par le


fonctionnement de celui-ci : coût énergétique (en kWh, ou J par exemple pour l’énergie
thermique), coût financier, coût environnemental (Rejet de CO2 et autres GES, déchets, etc.)
que l’usager va percevoir de manière informelle au travers d’une facture. Ces coûts peuvent
être évalués de façon directe (en utilisant la mesure via des compteurs d’énergie) ou

79
indirecte : par un calcul le long d'une chaîne de conversion (exemple de l'énergie primaire) ou
le long d'un cycle de vie d’un composant (en prenant en compte la dégradation du milieu
naturel par les polluants, le rejet de GES, l’énergie grise, etc..).

La consommation électrique de l’éclairage va être facturée selon un certain montant (par


exemple 0,12 €/kWh) mais l’on pourrait également, par exemple, y associer son impact
environnemental en facturant à hauteur de l’énergie primaire utilisée pour obtenir
l’électricité ou par rapport à sa contribution à l’effet de serre (avec une unité spéciale : g
CO2/kWh par exemple)

Au final, l’usager perçoit, au travers de ses différents sens, un certain nombre


d’éléments : des phénomènes généraux, relatifs aux services effectués par les équipements
passifs et actifs, des flux énergétiques utiles, ainsi que des coûts générés par ces composants
techniques. C’est en cela qu’il y aurait une perception sensible des phénomènes et
informations, car relative à l’emploi des 5 sens.

2.2.1.d De la perception sensible à la satisfaction globale

On se propose de définir la satisfaction globale comme le processus cognitif de


l’usager qui va consister à interpréter les différentes perceptions émanant des différents sens
et à comparer celles-ci à ses attentes initiales. C’est en cela que la satisfaction de l’usager sera
comblée ou non : si le niveau de confort perçu est conforme aux besoins et désirs souhaités,
l'usager sera satisfait; dans le cas contraire d'inconfort, l'usager pourra alors réagir (au travers
d’une décision puis action) avec l'équipement correspondant. On s'inscrit alors dans un cercle
itératif entre l'action et la perception d'un service et ce jusqu’à obtention de la satisfaction.

Dans l’exemple de l’éclairage, le niveau de luminosité est une donnée physique que je
perçois et que je peux juger en fonction de mes besoins. En cela si je suis satisfait, il n’en
découlera aucune action derrière alors que si je ne suis pas satisfait, je change la consigne
d’éclairage.

La chaîne de valeur d’interaction entre l’ (les) usager(s) et les équipements actifs et


passifs du bâtiment permet de mettre en exergue les deux facettes de la dimension humaine
qui ne sont pas prises en compte dans la définition actuelle de l’efficacité : l’usage en tant
qu’actions et consignes, et l’usage en tant que perception des services ; correspondant
respectivement aux domaines du « bon-être » (ou rationnel8) et « bien-être » (ou sensible9)
tels que nous les définirons et entendrons ultérieurement (partie 2.3 chapitre 3) (figure 38).

La relation entre ce qui est perçu au final (domaine sensible) et ce qui est décidé
ensuite (domaine rationnel) peut être vue selon deux approches :

Point de vue parallèle de la relation perception /décision (figure 38)


Un premier point de vue de la relation entre perceptions et attentes (qui se manifeste
par les actions) suppose que la satisfaction globale est construite directement à partir de la

8
Par rationnel, on emploiera la définition sa définition encyclopédique (Rationnelle : Qui est fondé sur la raison,
qui provient de la raison; qui procède par un raisonnement logique indépendant de l'expérience.) afin de décrire
l’ensemble des processus mentaux qui sont de l’ordre d’un raisonnement, ou, en d’autres termes, caractérise une
satisfaction ou une action qui est issue d’une réflexion intellectuelle, d’une pensée. On opposera cela au
domaine sensible qui est purement réaction physiologique du corps.
9
Par sensible, on caractérisera tout ce qui a attrait aux sens, qui découle davantage d’une réaction physiologique
que d’une construction mentale.

80
satisfaction liée à la perception des services (satisfaction sensible). En fonction de celle-ci,
l’usager pourra réagir ou non et cela pourra être jugé selon la satisfaction rationnelle. Ce
processus est essentiellement linéaire.

Point de vue transversal de la relation perception / action (figure 39)


Un autre point de vue consiste à considérer la relation entre satisfactions globale,
sensible et rationnelle comme un processus davantage interne. Cette vision organise les
notions d’action et de perception sous forme de « couches de conscience » : il y aura des
informations donnant lieu à des processus conscients (c'est-à-dire entraînant à une réflexion)
et d’autres donnant lieu à des réactions inconscientes. La différence par rapport au premier
point de vue est que l’on peut disposer de perceptions et d’actions de l’ordre du sensible d’une
part, et de perceptions et actions de l’ordre du rationnel d’autre part.
Dans cette approche, l’acteur humain est constamment soumis à des phénomènes
physiques et l’usage commence donc par la perception des éléments. Ainsi, il va se créer dans
un premier temps, dans la strate sensible du système de décision de l’usager, une satisfaction
sensible qui permet d’identifier le niveau de confort dans lequel celui-ci se trouve (davantage
des données relatives à l’ambiance) : c’est ainsi une évaluation sensorielle à laquelle, en cas
d’inconfort, il peut y avoir des réactions physiologiques provoquant des actions indépendantes
d’une réflexion quelconque. Par exemple, si on a trop chaud, la réaction sensible correspond
au phénomène corporel de sudation qui pourra entraîner ensuite d’éventuelles actions.

Figure 38 : Diagramme de la chaîne d’interaction Homme/Equipements du bâtiment


Par opposition à ce domaine sensible, lié au corps, il y a le domaine rationnel (ou
intellectuel) qui va être le foyer des raisonnements. Il peut y avoir des informations perçues
qui seront rattachées au domaine du rationnel, dans le sens où elles auront besoin d’être
interprétées afin de pouvoir conduire à une satisfaction particulière (c’est ainsi le cas avec les
données informatives comme par exemple le coût lu sur une facture). Elles pourront ensuite
engendrer des réflexions visant à formuler des besoins et désirs qui seront ensuite concrétisés
en action. Par exemple, si je trouve que la porte du réfrigérateur est ouverte depuis trop

81
longtemps (ce qui va consommer davantage d’énergie), je peux décider de la fermer
immédiatement ou pas.
Ainsi, dans un second point de vue, on pourra avoir les deux notions de satisfaction
qui correspondent davantage à des strates cognitives différentes (figure 39).

Par la suite, nous nous inscrirons davantage dans la première vision, où l’on considère
que l’on perçoit toutes les données issues de l’extérieur du corps, que l’on interprète celles-ci
en fonction de nos besoins et qu’elles conduisent à l’ensemble des actions réalisées le cas
échéant pour compenser l’insatisfaction. Cependant, la deuxième approche qui peut apparaître
plus généraliste et davantage basée sur les mécanismes psychologiques de satisfaction, pourra
à terme être employée afin de prendre plus en compte la complexité de la problématique de
l’usage.

2.2.1.e Positionnement des rapports d’efficacités énergétique « classiques »

Dans les diagrammes d’analyse d’usage proposés précédemment (figure 38 et 39),


nous avons pu décomposer l’interaction entre l’acteur humain (l’usager) et les artefacts
présents dans le système bâtiment. On peut positionner dans ces graphes les concepts
d’efficacité énergétique classiques tels que présents dans la littérature et présentés au début de
ce chapitre. En effet, on peut considérer que l’efficacité énergétique thermodynamique, qui
est la relation entre une grandeur physique de sortie et une grandeur énergétique consommée
s’assimile à une relation entre un flux énergétique utile (donc une grandeur physique
mesurable de sortie) et un flux énergétique consommé et donc payant. En effet, l’aspect
économique implicite de l’efficacité énergétique classique mettra toujours en rapport une
grandeur avec un flux d’énergie consommé payant, qui est le dénominateur commun de tous
les rapports d’efficacité énergétique.

82
Figure 39 : Diagramme de la chaîne d’interaction Homme/Equipements du bâtiment Point
de vue « stratifié »

On retrouve ainsi l’aspect physico-thermodynamique (ou conventionnel comme


indiqué dans la figure 38) de l’efficacité énergétique [PATT, 1996] comme la relation entre un
service, qui peut être vu comme un phénomène au sens général du terme, et le même flux
d’énergie payant.
Enfin, A.Lovins qui a fait également une étude approfondie sur le concept d’efficacité
énergétique [LOVI, 2004], présente une forme d’efficacité énergétique que l’on peut retrouver
dans notre graphe : l’efficacité hédonique. Celle-ci exprime le rapport qu’il existe entre un
service effectué (ou un phénomène si on généralise comme dans la figure 38) et les plaisirs,
les sensations procurés à l’acteur humain qui perçoit ce service. C’est en cela que l’on
retrouve l’efficacité hédonique entre la perception des phénomènes et leur interprétation
mentale dans la figure 38.

2.2.2 Proposition de définition de l’Efficacité d’Usage Energétique (EUE)

2.2.2.1 Définition et objectifs du concept d’efficacité d’usage énergétique

Par l’analyse de l’usage, ainsi que par le retour d’expérience de la plateforme PREDIS
dans le chapitre 2, nous avons vu que l’usager en tant qu’habitant va vouloir une satisfaction

83
maximale de la part des services effectués dans le bâtiment. Dans le même temps, que cela
soit du point de vue exploitant (comme dans le retour d’exploitant) ou du point de vue
environnemental compte tenu du contexte énergétique que l’on a présenté dans le chapitre 1,
on va vouloir que le système bâtiment consomme le moins d’énergie possible. On se propose
de définir le concept d’efficacité d’usage énergétique justement en mettant en rapport ces
deux volontés d’acteurs humains. Ainsi, l’Efficacité d’Usage Energétique (EUE) est une
relation permettant d’étudier la satisfaction envers un service par l’usage comparé à la
consommation énergétique de ce service.

L’EUE se définit alors par un problème multi objectifs où l’on va chercher à maximiser la
Satisfaction Globale de l’usager tout en minimisant la consommation énergétique

La satisfaction globale est un terme général qui est fonction en particulier de deux
composantes que l’on a vu émerger de l’analyse de l’usage vue précédemment (figure 38 et
39): l’aspect lié aux actions et l’aspect lié à la perception des services (Equation 5)
Satisfaction _ globale( Actions _ satisfaisantes & Confort _ satisfaisant ) Equation 5
Ainsi, on se propose de considérer que l’usager peut être amené à avoir une certaine
forme de satisfaction envers l’action qu’il effectue par rapport à ses besoins « sensibles »,
mais également par rapport à l’utilisation de l’énergie : c'est-à-dire que s’il utilise de manière
raisonnée l’énergie, cela contribuera à sa satisfaction. Ce dernier point étant relatif au
domaine rationnel, que nous détaillerons ultérieurement (partie 2.3 chapitre 3), on pourra
appeler satisfaction rationnelle cette composante de la satisfaction globale.
L’usager sera soumis également, au travers de la perception, à une certaine satisfaction
de confort qui est alors évaluée par les sens. On pourra appeler satisfaction sensible cette
composante de la satisfaction.
La consommation énergétique quant à elle représente simplement le flux énergétique
physique que l’on peut mesurer grâce à un compteur d’énergie en sortie du système bâtiment.
C’est en cela une donnée objective.

2.2.2.2 Proposition de définition mono-objectif d’EUE

Comme nous l’avons présenté précédemment, on propose de définir le concept


d’efficacité d’usage énergétique comme une extension des rapports d’efficacités classiques.
Or ceux-ci sont bien souvent des rapports mono-objectifs que l’on cherche à maximiser en
réduisant la consommation énergétique au dénominateur.
Afin de rendre mono-objectif notre problème d’EUE qui est, par définition, multi-
objectifs (afin de s’aligner sur les concepts classiques d’efficacités énergétiques), il existe
plusieurs moyens [MAGO, 2004] parmi lesquels nous retiendrons deux grandes techniques :
la pondération linéaire et le rapport par fraction.

84
Transformation de problème multi-objectifs en problème mono objectif par
pondération linéaire
Dans ce cas de figure, l’objectif unique est une combinaison linéaire des deux objectifs
qui définissent l’EUE. La fonction unique EUE à maximiser pourra alors s’écrire telle
l’équation 6 et sera obtenue grâce à la maximisation de la satisfaction globale et la
minimisation de l’énergie consommée.

EUE = α ⋅ Satisfaction _ globale( Satisfaction _ rationnelle, Satisfaction _ sensible) − β ⋅ Energie _ consommée

Equation 6

Transformation de problème multi objectif en problème mono objectif par rapport par
fraction
L’autre moyen de transformer un problème multi-objectifs en un problème mono-
objectif est d’effectuer la division des deux objectifs, expression de l’efficacité d’usage
énergétique que nous retiendrons ensuite. Dans ce cas, nous effectuerons une telle division
par analogie avec les rapports classiques d’efficacité avec comme dénominateur commun
la consommation énergétique et au numérateur une représentation de la satisfaction
[PLOI, 2011].
Satisfaction _ globale( Satisfaction _ rationnelle, Satisfaction _ sensible)
EUE =
Energie _ consommée Equation 7
L’objectif de l’EUE est la maximisation du rapport présenté par l’équation 6 mais
cela est avant tout symbolique, car mathématiquement il suffirait d’avoir une consommation
nulle pour rendre le rapport infini, ce qui fait perdre de vue l’intérêt de l’approche proposée.
Symboliquement, nous avons alors atteint l’idéal qui est une satisfaction optimale pour une
consommation nulle. Pour une application dans le domaine des bâtiments efficaces que nous
avons évoqués ou dans les energy smart buildings, il ne sera a priori pas possible de façon
réelle d’annuler la consommation énergétique. Cette problématique de consommation nulle
est une des limites de cette approche mono-objectif mais elle ne devrait pas exister dans les
cas réels car correspondant à l’utilisation d’aucun équipement énergétique. Dans la démarche
qualitative dans laquelle on s’inscrit, nous chercherons davantage à maximiser le
numérateur en minimisant le dénominateur.
Afin d’illustrer comment s’applique ce concept, nous allons reprendre l’exemple de
l’éclairage. On pourra évaluer l’efficacité énergétique d’usage de cet éclairage par rapport à
sa capacité à répondre aux besoins réels des usagers tout en consommant le moins possible.
Ainsi, la détection de présence afin d’offrir de l’éclairage juste quand on en a besoin,
l’adaptation au niveau de luminosité par rapport à la période de la journée et / ou à
l’éclairage naturel, la focalisation de l’éclairage sont autant de processus efficaces d’usage
car ils tiennent en compte des spécificités de l’action. Cela pourra ainsi permettre, de faire
des économies d’énergie par l’extinction de lumière dans les zones et périodes non
occupées, l’abaissement du niveau de luminosité, etc. Mais, pour reprendre le cas des
besoins d’éclairage dans le résidentiel par exemple, l’efficacité d’usage inclura également
des spécificités liées aux comportements d’usage et aux raisons d’usage comme l’utilisation
sécuritaire ou esthétique de l’éclairage artificiel (nous reviendrons un peu plus tard sur ces
exemples).
Le rapport EUE, en premier lieu qualitatif, a ainsi pour vocation d’apporter une vision
globale sur l’usage énergétique de tout ou partie du système bâtiment pour évaluer quelle est
la satisfaction tirée d’un niveau de service effectué par rapport à la consommation énergétique

85
engendrée. En d’autres termes, en caractérisant l’efficacité d’usage d’un système, on vérifie la
capacité effective de ce système à ce que l’énergie consommée serve uniquement à satisfaire
les besoins et désirs des usagers.

Définitions des termes composants l’efficacité d’usage énergétique


L’équation 6 de l’EUE fait apparaître un certain nombre de termes et concepts dont la
définition dans nos propos revêt une importance particulière.
Définition 2 : La satisfaction rationnelle (SR) se réfère au bon usage de l’énergie par
rapport aux besoins. Cette satisfaction s’inscrit dans le domaine que l’on se propose de
désigner par le néologisme de « bon être » car l’objectif est d’étudier si l’on utilise l’énergie
(et par corrélation si l’on agit) de manière bonne ou mauvaise par rapport à la sobriété
énergétique. Ce jugement de valeur, qui est évidement subjectif, traduit le fait de juger si
l’usager agit de manière économe et suffisante, juste ce qu’il faut par rapport à ses besoins
essentiels et non pas de manière excessive. On retrouve ainsi la notion de suffisance
énergétique déjà évoquée [CALW, 2008], dans le sens où l’on pourra estimer, de façon
subjective, la justesse énergétique employée pour effectuer le service. La satisfaction
rationnelle associée à ce « bon être » est par définition une satisfaction de l’ordre de la
raison, de l’intellect : c’est une satisfaction intellectuelle, vertueuse, liée à la conscience de
consommer moins que prévu et d’agir correctement. En cela, c’est donc une extension pour
regrouper l’ensemble des satisfactions issues d’une réflexion intellectuelle amenant un
certain agissement. On essaiera un peu plus tard d’analyser les questions sous-jacentes de
cette approche de la satisfaction (partie 2.3).
Exemple de l’éclairage artificiel : la satisfaction rationnelle sera par exemple l’évaluation de
l’utilisation de l’énergie électrique consommée par rapport à son usage. Ainsi, si par
exemple, la lumière est allumée quand il y a quelqu’un, l’usager est rationnellement satisfait
car l’énergie électrique est bien consommée alors que si l’éclairage reste allumé alors qu’il
n’y a personne, la satisfaction rationnelle est nulle car l’usager a conscience d’un gaspillage
d’énergie.
Définition 3 : La satisfaction sensible (SS) relève du domaine du « Bien-être » dans le
sens où l’on s’intéressera davantage aux sensations physiques du corps humain. Dans ce
cadre-là, l’usager pourra se sentir bien ou mal en fonction, en particulier, du niveau de
paramètres physiques tels que la température ou le niveau d’éclairage. D’ailleurs on parle
dans le langage courant de bien-être et de mal-être qui, appliqué au domaine du bâtiment,
peuvent être associés à ce domaine sensible en prenant en compte également des émotions et
de l’humeur [ANTO, 2007]. En effet, on pourrait y retrouver, notamment dans le cas du « mal
être » tous les symptômes liés au bâtiment malsain qui caractérisent l’ensemble des
phénomènes physiques à prendre en compte pour que celui-ci soit vivable [BURG, 2004]. En
ce sens, la satisfaction sensible se rapporte à ce que l’on désigne dans la littérature et dans le
chapitre 2 le confort humain [FRON, 2011]. La notion de satisfaction sensible peut être plus
générale que le terme de confort prenant en compte des perceptions de phénomènes non
physiques (par exemple, le fait d’avoir une machine à laver prête à temps n’est pas forcément
considéré comme un confort mais fait partie de la satisfaction sensible). En cela, la
satisfaction sensible regroupe l’ensemble des satisfactions issues d’une sensation par rapport
à un service effectué. On essayera un peu plus tard d’analyser les questions sous jacentes de
cette approche de la satisfaction (partie 2.3).
Exemple de l’éclairage artificiel : la satisfaction rationnelle sera par exemple le niveau
d’éclairage fourni par les lampes. L’usager peut être plus ou moins satisfait en fonction du

86
niveau d’éclairage par rapport à son niveau de confort visuel acceptable et pourra ensuite
réagir en conséquence ou pas.

2.3 Problématiques de l’efficacité d’usage énergétique


L’efficacité d’usage énergétique, de par la complexité et la subjectivité des termes
employés, pose un certain nombre de problématiques qui sont autant de points de discussion
sur l’étude de l’usage et de ses conséquences. Néanmoins, l’objectif demeure de cerner la
problématique de l’usage et pour cela, il faut concevoir des outils effectifs, qui offrent une
information utile pour le traitement ultérieur. Nous verrons dans un second temps quelles
méthodes et paramètres peuvent permettre d’évaluer les différentes notions de satisfactions
afin de les quantifier (au travers de fonctions de satisfaction (Partie 1 Chapitre 4)).

2.3.1 Problématique de la satisfaction rationnelle de l’usage


On se positionne dans le cas d’étude où la satisfaction globale, telle que définie dans
l’équation 6, n’est dépendante que de la satisfaction rationnelle la satisfaction sensible étant
prise constante.
De par sa définition, l’efficacité d’usage intègre l’usage et dans ce sens, elle conduit à
de nombreuses questions sur les décisions qui amènent cet usage, vis-à-vis de leurs
consommations énergétiques (problématique 1 figure 38) correspondant aux questions
définissant la satisfaction rationnelle d’un artefact : les décisions prises sont-elles
énergétiquement justes par rapport aux désirs et besoins réels ? C’est-à-dire, l’usager agit-il
de la façon la plus vertueuse par rapport à la consommation énergétique effectivement
effectuée ? Traduit-il correctement ses besoins dans la manière d’agir ? Est-ce qu’il n’existe
pas d’autres manières d’agir pour le même besoin mais consommant moins d’énergie ?
De tels questionnements permettent de mettre en œuvre une meilleure compréhension
des phénomènes énergétiques (les dynamiques de consommation) ce qui permettra en retour
de mieux aider les usagers à comprendre leurs propres agissements par le biais d’interfaces
persuasives. La satisfaction rationnelle est ainsi l’information qui peut être communiquée à
l’usager afin d’évaluer sa propre « qualité d’énergie utilisée ».
Pour reprendre l’exemple de l’utilisation du réfrigérateur, pour la conservation des
aliments cuisinés (désirs), ne devrais-je pas attendre que ceux-ci refroidissent avant de les
mettre dans le réfrigérateur (action), ce qui permettrait au réfrigérateur de moins consommer
(car le gradient de température à refroidir entre intérieur et la denrée alimentaire sera plus
faible) ? Une telle action peut être jugée davantage efficace d’un point de vue « satisfaction
rationnelle » que de mettre directement des aliments chauds dans ce même réfrigérateur.
Aussi, l’efficacité d’usage intègre cette dimension de la qualité de l’énergie consommée au
regard de l’usage.
On s’intéressera ici à évaluer rationnellement les actions d’utilisation des artefacts afin
de savoir si l’on agit de façon correcte (action n’impliquant pas de gaspillage d’énergie et
utilisation d’une énergie suffisante pour effectuer son action) ou non. Une telle évaluation sera
ainsi relative à la satisfaction de participation à un acte écologique que l’action peut procurer
à l’usager [PAUL, 2008]. De même si l’acteur humain n’est pas l’habitant direct mais le
programmeur ou le configurateur des automatismes du bâtiment (dans le cas où l’action est
réalisée de manière automatique), on pourra évaluer si la consommation énergétique de la
stratégie de côntrole-commande est raisonnable.
La rationalité étant avant tout basée sur des valeurs de jugement sur ce qui est bon ou
pas, la satisfaction rationnelle n’est pas universelle mais dépendra davantage de l’individu ou
d’un groupe d’individu sur lequel s’applique l’évaluation de la satisfaction. En effet, cette
notion est très subjective et il est difficile de trancher de manière drastique. Il faut donc
l’aiguiser, l’affiner en s’intéressant à la composante liée à l’effet persuasif. D’ailleurs, doit-on

87
considérer une simple vision manichéenne de l’utilisation de l’énergie ? Quel est l’acteur
« légitime » pouvant définir la satisfaction rationnelle ? L’usager ou le concepteur d’un
système ? En effet, les paramètres rentrant en compte seront différents selon les points de vues
(aspect financier, aspect environnementale, aspect légal, etc.) Il est dès à présent important de
préciser, et nous le rappellerons ultérieurement, que la satisfaction rationnelle n’intègre pas
la dimension de coût, de valeur économique en tant que telle.
Enfin, fondamentalement, la définition de la satisfaction rationnelle soulève la
question de savoir quels sont les paramètres qui l’influencent et la constituent. Pour
l’ensemble des questions sur la rationalité, la prise de décision, le jugement, etc. on pourra
intégrer différents travaux effectués en psychologie qui s’intéressent depuis longtemps à
théoriser de tels processus, et que nous ne détaillerons pas dans nos propos [SIMO, 1947]
[AISS, 2003] mais qui permettent de modéliser le domaine de la rationalité et des processus
de raisonnement.
De telles approches permettent de modéliser d’une certaine façon le processus cognitif et
peuvent amener à reconsidérer certaines interfaces hommes-machines (comme les
interfaces persuasives [FOGG, 2002]). Ainsi, si on reprend l’exemple du réfrigérateur,
l’objectif de l’efficacité d’usage du point de vue satisfaction rationnelle sera d’optimiser
les comportements d’ouverture de porte, d’introduction d’aliments plus ou moins chauds
afin de réduire la consommation énergétique du réfrigérateur : on pourrait imaginer alors
dans une telle perspective qu’un réfrigérateur puisse signaler à l’usager que celui-ci a
ouvert la porte trop longtemps ou est en train de mettre un aliment trop chaud ce qui
provoquera une surconsommation énergétique.

2.3.2 Problématique de la satisfaction sensible des services


On se positionne dans le cas d’étude où la satisfaction globale, telle que définie dans
l’équation 6, n’est dépendante que de la satisfaction sensible, la satisfaction rationnelle étant
prise constante.
Le pendant de la justesse énergétique de l’utilisation, définie dans la satisfaction
rationnelle, est la justesse des perceptions de l’usager (problématique 2 de la figure 38): les
perceptions des services / phénomènes sont-elles justes par rapport aux désirs, du point de vue
énergétique ? C’est-à-dire l’usager a-t-il une perception des phénomènes (correspondant à
l’évaluation du confort) plutôt exigeante ou est-il flexible ? Ceci pourra avoir de multiples
répercutions au niveau de la consommation énergétique. Dans ce sens, quel est le degré de
dégradation de confort que l’usager est prêt à accepter afin de réduire sa consommation
énergétique ? Par exemple, pour le chauffage, l’usager acceptant une consigne de température
l’hiver de 19°C plutôt que de 20°C, quitte à rajouter un vêtement en cas de sensation de froid,
afin d’économiser de l’énergie de chauffage, s’inscrira dans une efficacité d’usage meilleure
que l’usager qui maintiendrait la consigne à 20°C.
Cette justesse de perception intègre l’acceptabilité de l’usager aux services effectués
[CAND, 2010], mais également le contentement de l’usager par rapport à cette perception des
phénomènes : Est-ce que ce qui est réalisé correspond à ce que j’attendais ? Si oui, est-ce la
solution la plus économe pour satisfaire cette attente ?
Ce sont ainsi ces différentes questions avec l’évaluation du confort, qui constituent la
définition de la satisfaction sensible. De même que pour la satisfaction rationnelle, la notion
de satisfaction sensible est subjective, dépendant des humeurs et émotions, de la culture, …
On pourra également se poser la question : Qui est le plus légitime à édicter une telle
satisfaction ? A priori, l’usager. Mais, comme le souligne O. Sidler, doit-on totalement offrir le
confort maximal à l’usager, sous peine qu’il y ait des niveaux d’exigences énergivores ou
doit-on le contraindre à un niveau de confort « raisonnable » ? [SIDL, 2010]
En effet, à l’instar de la satisfaction rationnelle, la question de la granularité de
définition de la satisfaction sensible se pose aussi : De quoi est composée cette satisfaction ?

88
Comment définir et évaluer les paramètres la constituant ? Sur ces sujets, nous le verrons au
travers des fonctions de satisfaction, davantage d’études ont été effectuées dans la littérature
du domaine thermique car on s’y intéresse depuis longtemps aux différentes composantes du
confort [WAGN, 2007] [FRON, 2011] [ROUL, 2008]. On y retrouve le fait que les notions de
confort sont en particulier composées d’un paramètre physique qui correspond au flux
énergétique mesuré (Décibel pour les sons, Lux pour la lumière, etc...) et en fonction du degré
de ces paramètres, il y aura plus ou moins de confort et de satisfaction. Les fonctions de
satisfaction sensible que nous construirons ensuite (partie 1 Chapitre 4) chercheront à évaluer
de tels degrés de satisfaction.

2.3.3 Problématique de l’expression de la satisfaction globale


On cherchera ici à caractériser la dépendance de la satisfaction globale de l’équation 6
vis-à-vis de ses composantes de satisfaction sensible et rationnelle. On peut se rendre compte
que la liaison entre satisfaction sensible et satisfaction rationnelle afin de constituer la
satisfaction globale n’est pas évidente et sera tout aussi subjective que les satisfactions
sensibles et rationnelles elles-mêmes.
La relation entre les deux composantes tiendra davantage dans l’objectif global qui est
voulu et la nature des besoins à satisfaire. En effet, dans le bâtiment et le cadre de notre étude,
on se positionne sur une satisfaction globale vis-à-vis du fait que les services rendus
correspondent aux attentes des usagers et consomment l’énergie raisonnablement. Ainsi
l’objectif est la vertu de l’économie d’énergie. Mais il pourrait y avoir des objectifs de la
satisfaction globale différents comme l’esthétique d’un équipement, l’aspect politique d’un
geste.
Comme exprimées dans les figures 38 et 39, on peut s’interroger sur la relation entre
le niveau de service perçu et l’action : est-ce une relation directe et automatique (donc plus
facilement modélisable) ou provenant d’une mécanique complexe ? En d’autres termes est-ce
que la perception entraîne de façon directe une réaction ou quels sont les mécanismes et les
différents paramètres qui influeraient la prise de décision et d’action ?
De tels questionnements sont aussi liés à ceux concernant la représentation des
satisfactions et des désirs des usagers. C’est-à-dire, afin de tenir compte de l’usage, comment
connaître, faire exprimer les désirs « réels » ainsi que les niveaux de satisfaction. C’est ainsi
l’aspect psychosociologique de l’usage qui est interrogé ici afin de connaître les moyens que
l’on peut mettre en œuvre pour l’évaluation de la satisfaction en tant que telle.

3 Redéfinition du système bâtiment intégrant l’usage


La mise en place de ce concept d’efficacité d’usage s’emploie donc, comme nous
avons pu le présenter, à distinguer la part de l’efficacité énergétique liée à l’usage de celle liée
aux performances techniques du système bâtiment (qui en fait est le point de vue couramment
employé). Comme présenté dans les premiers chapitres, et de par la nature de la
consommation électrique intrinsèquement liée à l’usage, on pourra placer notre approche
davantage dans une perspective des bâtiments efficaces et les energy smart homes (que nous
détaillerons ultérieurement (partie 3 chapitre 5) où l’on souhaite avoir un bilan énergétique le
plus positif possible tout en offrant un confort de vie aux habitants. En ce sens, nous nous
placerons, comme présenté précédemment (partie 3 chapitre 1) et illustré par la figure 40,
dans une vision de Système Complexe Bâtiment (SCB). Ce système bâtiment est un ensemble
de composants passifs (enveloppe) et actifs (équipements énergétiques de chauffage,
ventilation, éclairage, …) au sein duquel vivent les usagers de ces derniers. L’usager est donc
acteur sur l’ensemble des systèmes énergétiques ce qui nécessite de redéfinir les contours du
système bâtiment [ANDE, 2009]

89
Figure 40 : Le Système Complexe Bâtiment regroupant l’ensemble de la vision smart
grid, technique et humaine du bâtiment

Considérant cela, l’usager fait au final bien partie du système bâtiment et donc on
proposera une redéfinition de ce système en tant que SCB qui est l’ensemble architectural
dans lequel vivent des habitants et qui est composé de systèmes énergétiques
consommateurs et producteurs d’énergie : chauffage, ventilation, éclairage, équipements
électriques spécifiques
Un tel système bâtiment en tant qu’élément du Smart Grid jouera un rôle actif sur le
réseau électrique en tant que producteur / consommateur d’énergie [CLAS, 2010]. Aussi,
l’EUE pourra avoir des impacts énergétiques aussi bien au niveau intra bâtiment (pour la
gestion énergétique interne) qu’au niveau extra-bâtiment (vis-à-vis du réseau électrique). En
effet, si la satisfaction globale définie dans l’EUE n’est pas correcte, provoquant ainsi une
surconsommation, cela amènera une surcharge sur le réseau et induira cette fois-ci une
« insatisfaction » du gestionnaire de réseau électrique.

Conclusion
Nous avons pu voir dans ce chapitre que le terme d’efficacité énergétique était un
terme galvaudé par de nombreuses communautés scientifiques et industrielles afin de mettre
en avant une certaine technicité des produits étudiés. Ce faisant, le terme d’efficacité a perdu
de son contenu par rapport à son étymologie initiale, prenant une connotation technique assez
forte puisque dans l’ingénierie classique, l’efficacité énergétique est souvent confondue avec
le rendement.
Afin de pouvoir intégrer l’usage et l’acteur humain qui nous sont apparus comme des
éléments essentiels dans la définition de l’efficacité énergétique, nous avons proposé de
changer de paradigme épistémologique afin d’opérer dans l’épistémologie constructiviste.
On a pu alors dégager, suite à une étude analytique de l’usage (en particulier dans un
système bâtiment), le concept d’efficacité énergétique d’usage (EUE) qui venait alors
compléter le terme d’efficacité énergétique physique communément employé. Nous avons
mis en rapport ce nouveau concept avec l’usage en le définissant comme un rapport que l’on

90
cherche à maximiser, pour un système ou un équipement donné, entre la satisfaction procurée
à l’usager par le service effectué et la consommation énergétique de l’équipement.
L’analyse de l’interaction homme-machine nous a enfin permis de proposer deux
composantes principales à la satisfaction globale d’un usager vis-à-vis d’un équipement : la
satisfaction sensible (liée au corps) et la satisfaction rationnelle faisant intervenir différents
processus mentaux de l’usager. Cette dernière satisfaction est également beaucoup plus
malléable : elle aura comme perspective d’informer, d’aider à comprendre les phénomènes
énergétiques de consommation d’énergie.
Enfin, nous avons pu voir que cette approche de l’efficacité énergétique qui impliquait
l’acteur humain permettait d’étendre la notion de système bâtiment en intégrant l’acteur
humain.

Après avoir posé les fondements conceptuels de notre propos, nous allons montrer que
l’on peut quantifier de tels concepts afin de les rendre applicatifs et effectifs sur un système
complexe bâtiment. On analysera l’intérêt de notre approche aussi bien en phase de
conception qu’en phase d’exploitation de système bâtiment. Le but sera alors d’étudier le
bénéfice énergétique et de satisfaction du niveau d’intégration de l’usage dans les différentes
configurations techniques. L’objectif final est alors de montrer qu’en intégrant de mieux en
mieux l’usage grâce à une application locale, écologique10 adaptée (ou in situ), on sera
capable à la fois de réduire la consommation énergétique et d’améliorer la satisfaction globale
de l’usager (telle que définie précédemment).

10
On emploiera le terme écologique dans le sens où l’on tient compte du fait que l’on raisonne au niveau local
en tenant compte de l’environnement de l’objet étudié. Cela inclut l’environnement social, économique,
biologique… et permet de prendre en compte les éléments extérieurs qui peuvent influer sur l’objet en question

91
Chapitre 4

Application du concept d’efficacité


d’usage énergétique comme outil d’aide à
la conception de systèmes bâtiment
intégrant l’usage : Etude de cas sur la
plateforme PREDIS MHI

Après avoir posé les principaux concepts de notre étude, nous allons maintenant
chercher à mettre en application ces propos au travers des exemples concrets. Pour cela, nous
allons dans un premier temps voir comment on peut quantifier le concept d’efficacité d’usage
afin de le rendre applicable. Pour cela, nous proposons une méthodologie de construction des
fonctions de satisfaction (partie 1.2) qui sont des élément essentiels à l’évaluation de la
satisfaction sensible et de la satisfaction rationnelle qui composent la satisfaction globale,
élément majeur du rapport EUE (partie 1 du chapitre 4).

Compte tenu des limites du rapport mono-objectif de l’EUE, nous profiterons de cette
quantification pour proposer un outil de visualisation effectif (le diagramme de compromis
satisfaction / coût (ou diagramme d’efficacité d’usage énergétique)) qui permet de traiter
directement la dimension multi-objectifs de l’efficacité d’usage énergétique d’un équipement.
En effet, dans le diagramme de compromis (que nous présenterons plus en détail dans la
partie 1.4), nous proposons de créer un plan ayant pour abscisse le coût (qui est relatif à la
consommation énergétique d’un service) et en ordonnée la satisfaction. Cela permet ainsi de
traiter de la dimension bi-objective du problème de maximisation de l’EUE qui se traduira par
la création de fronts de Pareto qui seront autant de points de compromis entre les deux
objectifs de l’EUE.

92
Dans la partie 1, nous présenterons une méthodologie visant à construire un tel
diagramme ainsi que les fonctions de satisfaction (figure 41).
Nous appliquerons un tel processus sur un cas de conception de systèmes énergétiques
tels que le chauffage (partie 2 du chapitre 4). Nous retrouverons en annexes 18 et 21 des
études comparables réalisées sur le système de ventilation et d’éclairage artificiel.
Enfin, nous intégrerons l’outil diagramme de compromis, qui s’avère être un outil
d’aide à la décision, dans une vision plus globale de conception par l’usage de Système
Complexe Bâtiment (partie 3 chapitre 4).

Figure 41 : Méthodologie de construction du diagramme de compromis Coût/Satisfaction

93
1 Quantification du concept au travers d’un diagramme
d’efficacité d’usage
Nous avons pu voir que le concept d’efficacité d’usage énergétique se positionnait au
final comme une relation entre une valeur propre à l’humain qui est la satisfaction, et une
valeur propre à la technique qui est l’impact sur la consommation d’énergie. Afin de pouvoir
appliquer notre concept sur des outils effectifs, il est nécessaire de pouvoir quantifier ces
concepts en cherchant à formaliser, quand c’est possible, les éléments constituant l’EUE.
Pour quantifier la notion de coût (ou de consommation énergétique), nous pourrons
prendre directement la mesure de ce qui est entendu par ce terme en employant l’unité
adéquat : coût financier (€), coût énergétique (kWh), ...
Pour quantifier la notion de satisfaction, nous pourrons utiliser une fonction de
satisfaction qui, comme nous le verrons par la suite, est un des éléments clés de la
quantification de l’EUE. La fonction de satisfaction est une manière de pouvoir associer à une
quantité de service (ou paramètre d’usage) assuré par un équipement dans une certaine
configuration, une valeur numérique qui peut varier de 0 à 1 par exemple (voir partie 1.3).

1.1 Identification des paramètres d’usage au travers de l’approche QQOQCP


Nous avons montré auparavant que la satisfaction rationnelle et la satisfaction sensible
étaient des notions assez complexes de par leurs aspects subjectifs et difficilement
formalisables car de nombreux éléments entrent en ligne de compte dans la définition de la
satisfaction. Nous pouvons néanmoins considérer qu’il existe pour chaque satisfaction un
ensemble de paramètres qui caractérisent ces satisfactions que nous appellerons par la suite
des paramètres d’usage.
Les paramètres d’usage rationnels (que l’on notera 1) représentent l’ensemble des
grandeurs physiques ou non physiques (de type information par exemple) qui définissent la
satisfaction rationnelle tandis que les paramètres d’usage sensibles (2) représentent
l’ensemble des grandeurs physiques ou non physiques définissant la satisfaction sensible.
Nous proposerons par la suite une méthode pour déterminer ces paramètres d’usage (méthode
QQOQCP). Néanmoins, il est possible qu’un même paramètre d’usage puisse être à la fois
paramètre sensible et rationnel.

Nous reprendrons l’exemple de l’éclairage artificiel pour illustrer cette notion de


paramètre d’usage. Nous avons pu voir précédemment que la satisfaction rationnelle de
l’éclairage artificiel pouvait correspondre à l’étude de la consommation durant la présence
de l’occupant ou non. Ainsi, les deux paramètres d’usage rationnels pourraient être la
consommation (ou plutôt la puissance électrique) des lampes et la présence des occupants.
Nous avons vu que la satisfaction sensible de l’éclairage correspondait au niveau
d’éclairement qui serait alors un paramètre d’usage sensible, mais il pourrait y en avoir
d’autres comme le niveau d’éblouissement, le rendu des couleurs…

1.1. Présentation de l’approche QQOQCP


L’usage d’un équipement peut être analysé sous différents points de vues :
énergétique, anthropologique,…Afin de caractériser l’interaction entre l’usager et
l’équipement qui représente au final les différents paramètres composant les notions de
satisfaction évoquées, il est important d’aborder l’usage par une méthodologie d’analyse tant
exhaustive que précise.
Objectif de l’approche QQOQCP : Cette méthodologie permet d’analyser l’usage et
d’identifier les paramètres d’usage qui composent ensuite les fonctions de satisfaction afin de
construire celles-ci.

94
1.1.1.1 Méthodes d’analyse de l’usage

Dans le monde de l’ingénierie, en particulier dans l’informatique, on retrouve un


certain nombre de méthodologies d’analyse et de conception permettant de décrire les étapes
de conception d’un logiciel. Cette méthodologie sert de ce fait à caractériser les besoins et à
organiser les moyens à mettre en œuvre pour répondre à ces besoins. Aussi, nous retrouverons
en particulier dans les outils de cycles de développement de logiciel, les modèles en cascade,
les cycles en V [MCDE, 1984], les cycles en spirale [BOEH, 1988] ou des cycles itératifs
comme la roue de Deming [SHEW, 1980]. Nous retiendrons dans ces derniers outils leur
valeur itérative permettant de réaliser différents cycles d’analyse jusqu’à obtention d’un
niveau satisfaisant de l’analyse.
Néanmoins, compte tenu de la nature assez peu formelle de l’usage d’un équipement,
il est nécessaire d’utiliser un outil permettant d’investiguer les différents paramètres d’usage
(figure 42). L’approche empirique apparaît comme une approche de la construction de la
connaissance bâtie à partir de l’observation des phénomènes et des expériences et s’oppose en
cela à l’idée d’une connaissance a priori de toute chose [BACO, 1986]. Or, de par la nature
même de l’usage, qui est propre à chaque humain, il est difficile de pouvoir connaître a priori
les différents usages et leurs caractéristiques mais il est possible de référencer et d’analyser
ces usages effectués réellement au travers d’une méthode d’investigation, sous forme de
questionnements. Ces questionnements auront alors pour objectifs de décrire l’usage et ses
composantes (ou paramètres d’usage) sans forcément en avoir la connaissance de l’usage
(dans le sens connaissance scientifique modélisable). Cette approche appelée QQOQCP, que
nous allons utiliser par la suite, est donc une heuristique de questionnement qui peut
également être itérative sur l’usage jusqu’à définir de manière satisfaisante par le concepteur,
le niveau de granularité de définition de l’usage voulu.

Figure 42 : Taxonomie des méthodologies d’analyse [MOUS,2008]

1.1.1.2 Description de la méthode empirique itérative QQOQCP

L’approche QQOQCP (ou 5W1H en anglais) est un moyen de lister et faire le tour de
tous les éléments et paramètres nécessaires et suffisants qui caractérisent l’usage de façon
empirique. Cette approche est une méthode employée initialement en rhétorique à l’époque

95
romaine permettant de formuler l’ensemble des circonstances d’un propos par les questions
Quis, quid, cur, quomodo, ubi, quibus auxiliis [ROBE, 1946] correspondant aux questions
aujourd’hui employées pour l’investigation de faits par exemple : Quoi ? Qui ? Où ? Quand ?
Comment ? Pourquoi ? Ce questionnement systématique permet d’avoir sur toutes les
dimensions du problème, des informations élémentaires suffisantes pour identifier ses aspects
essentiels.

Nous pouvons retrouver dans le tableau 2 des exemples d’interrogations que cela pose.

Lettre Question Sous-questions Exemples


Q QUOI ? Quoi, Avec quoi, en relation avec Outil, objet, résultat, objectif...
quoi ...
Q QUI ? De qui, Avec qui, Pour qui... Responsable, acteur, sujet,
cible...
O OÙ ? Où, par où, vers où ... Lieu, service...
Q QUAND ? tous les quand, à partir de quand, Dates, périodicité, durée...
jusqu’à quand...
C COMMENT ? de quelle façon, dans quelles Procédure, technique, action,
conditions, par quel procédé... moyens matériel...
P POURQUOI ? Cause, motif, finalité Justification, raison d’être

Tableau 2 : Liste méthodique et mnémotechnique de l’approche QQOQCP [WIKIc, 2011]


En appliquant ce questionnement systématique à l’analyse de l’usage, nous pouvons
entièrement le caractériser en identifiant la nature de l’usage et/ou le but du service (quoi ?),
le lieu de l’usage (où), le moment (voire la période de temps) (quand ?), les acteurs en jeu
dans le service proposé (qui ?), les moyens mis en place ou la manière d’effectuer l’usage
(comment), la raison de l’usage (pourquoi ?). Ces différentes composantes correspondent
ainsi aux paramètres d’usage définissant les satisfactions sensibles et rationnelles.

Bien entendu, ces paramètres d’usage ne sont pas indépendants entre eux et disposent
bien souvent de « sous-questions » générant autant de nouvelles composantes. Ainsi par
exemple, nous pourrons tout aussi bien s’interroger sur les usages dits principaux (tels que
définis dans le cahier des charges des équipements) que sur les usages secondaires (que sont
les usages déviants ou les usages détournés11). Si nous nous en tenons uniquement aux usages
principaux, c'est-à-dire à la fonctionnalité et au mode d’utilisation de l’artefact tel qu’imaginé
par le concepteur, cette analyse de l’usage permet de définir les paramètres d’usages qui
caractérisent les différentes satisfactions et définiront les fonctions de satisfaction associées.

1.1.2 Détermination des paramètres d’usage rationnels et sensibles

1.1.2.1 Paramètres d’usage sensibles (2k)

Pour la satisfaction sensible on pourra restreindre le questionnement de l’usage aux


questions : Quoi ? Où ? Quand ? En effet, le confort est un jugement réalisé par l’usager sur

11
Par usages déviants (ou détournés), nous identifierons les usages réalisés d’un équipement qui ne
correspondent pas à la fonctionnalité principale pour laquelle a été conçu cet équipement. Nous retrouverons
ainsi les usages où l’usager s’est réapproprié l’équipement en y apportant des modifications physiques afin de
satisfaire ses réelles attentes (usage déviant) ou lorsque l’usager utilise l’équipement pour une autre
fonctionnalité que celle imaginée initialement (usage détourné)

96
un (ou plusieurs) paramètre(s) physique(s) (répondant à la question Quoi ? de l’approche
QQOQCP) à un instant donné (Quand ?) à l’endroit exact où se situe l’usager (Où ?). La
fonction de satisfaction sensible ne sera donc ensuite construite qu’à partir de ces trois
paramètres d’usage sensibles (2i avec i correspondant au lieu, au paramètre physique ou au temps)

1.1.2.2 Paramètres d’usage rationnels (1j)

Pour la satisfaction rationnelle liée à l’action, on pourra retrouver tout ou partie des
questions d’investigation concernant les services exigés qui amèneront à définir un certain
nombre de paramètres d’usage rationnels (3i) (liste non exhaustive):
- la nature et la quantité du service souhaité principalement au travers d’un niveau de
consigne (Réponse à la question Quoi ?)
- le moment de l’action/de l’utilisation d’un équipement (réponse à la question
Quand ?). Ce paramètre d’usage est davantage définissable dans le cas où l’on a un système
de côntrole-commande où l’on programmera un usage de manière anticipative ou réactive. Ce
paramètre est intrinsèquement lié à l’étude du lieu de l’usage (Réponse à la question Où ?) car
nous ne pouvons pas utiliser, physiquement parlant, quelque chose en dehors du temps ou de
l’espace.
- le temps de réactivité d’un équipement à une consigne donnée (réponse relative à la
question Comment?)
- la manière d’obtenir la consigne ou le service souhaité (réponse relative à la question
Comment?). Par exemple, si j’ai trop froid, je peux augmenter brusquement la consigne afin
d’avoir « plus rapidement » de la chaleur ou alors je peux seulement augmenter un peu
sachant qu’ensuite dans la journée il fera plus chaud.
- la raison d’utilisation (Réponse à la question Pourquoi ?). Comme évoqué
précédemment, il y a des usages principaux mais aussi des usages détournés (ou secondaires )
d’équipements qui peuvent provoquer une consommation énergétique différente (par exemple,
une télévision peut servir de « baby sitter » ou l’éclairage peut être utilisé pour signifier qu’il
y a quelqu’un de présent dans une maison).

Enfin, nous distinguerons les informations qu’apporte la question « Qui ? » de


l’approche QQOQCP sur le nombre des occupants et / ou leurs identités (en tant que catégorie
socioprofessionnelle par exemple). En effet, la donnée du nombre est un élément qui va
impacter directement les paramètres physiques des apports internes et est donc liée au
domaine sensible mais la prise en compte du « bon nombre » de personnes dans le contrôle-
commande d’un équipement peut s’avérer du domaine rationnel. D’autre part, en fonction de
l’identité des occupants, leur emploi du temps fait intrinsèquement varier le lieu et le moment
de l’usage (voire la manière de l’usage selon l’humeur qu’ils auront).
On tient à préciser que parmi les paramètres d’usage rationnels, ne figure pas le coût
énergétique en tant que tel, c'est-à-dire en tant que valeur comptable de l’énergie consommée.
L’aspect financier est seulement présent dans la variable qui lui est associée en abscisse du
diagramme de compromis mais n’apparaît sous aucune de ses formes dans la définition de la
satisfaction rationnelle.

Quelques exemples d’analyse d’usage sur des équipements énergétiques présents dans
les bâtiments (tertiaires et résidentiels) sont présentés en Annexe 17. Cela sert d’une part à
identifier les composantes des fonctions de satisfaction que nous allons présenter à présent
mais cette identification peut également servir à s’interroger sur le niveau d’instrumentation à
mettre en place pour obtenir pratiquement de telles informations (amenant alors le concepteur
à concevoir par exemple des plans d’instrumentation, des algorithmes de traitement de

97
données, …). En effet, si certains paramètres d’usage apparaissent plus ou moins intéressants
pour l’analyse de l’usage, le concepteur pourra élaborer une stratégie d’instrumentation visant
à étudier la faisabilité de cette instrumentation (en terme de conception de plan, de veilles
technologiques sur les dispositifs d’instrumentation existants, etc..). En cela, nous trouvons
l’effectivité de la démarche d’identification des paramètres d’usage qui offrent la possibilité
d’avoir des matériaux de recherche concrets.

1.2 Construction des fonctions de satisfaction à partir des différents


paramètres d’usage
Afin de pouvoir quantifier le rapport EUE, on va être amené indirectement à quantifier
également les satisfactions rationnelles et sensibles ce que l’on propose de réaliser au travers
de fonctions de satisfaction (rationnelle (FSr) ou sensible (FSs)).
La fonction de satisfaction est une fonction mathématique. Ce passage à la
mathématique est, malgré l’aspect subjectif des données de sciences humaines, une étape
obligée pour quantifier, formaliser et modéliser la satisfaction en vue de son exploitation
ultérieure dans la construction du diagramme de compromis (partie 1. 4 chapitre 4) ou dans
des algorithmes de gestion énergétique (partie 4 chapitre 5). Cette fonction mathématique sera
une fonction multi-variable définie dans le domaine de définition [0,1] où chaque variable
correspond à un paramètre d’usage sensible ou rationnel.
On propose que l’élaboration des fonctions de satisfaction corresponde à une échelle
de satisfaction où les valeurs limites seraient : totalement insatisfaisantes (valeur 0) à
totalement satisfaisantes (valeur 1). Cette échelle de satisfaction est, bien entendu, différente
pour chaque usager et en cela, on retrouve le point de vue constructiviste selon lequel on
construira au cas par cas les fonctions de manière à ce qu’elles soient effectives.
Ainsi, à partir de l’analyse des paramètres d’usage de chaque équipement effectuée
précédemment (partie 1.1.2 chapitre 4), nous pouvons construire les fonctions de satisfaction
rationnelle (FSr) et les fonctions de satisfaction sensible (FSs) (Equation 8).
FS R = f (θ1 , θ 2 ,...θ j ,..θ n )
Equation 8
FS S = g (σ 1 , σ 2 ,...σ k ,..σ n )
θ = paramètre rationnel d'usage
σ = paramètre sensible d'usage
La forme et l’amplitude de telles fonctions dépendront en partie des propriétés de
l’équipement et de l’usager (éducation, sensibilité, etc..) mais nous allons donner ensuite
quelques méthodes, propriétés et exemples pour l’élaboration de telles fonctions de
satisfaction.
Si, au final, on traduit de manière graphique ce que représente une fonction de
satisfaction (sensible aussi bien que rationnelle), on peut considérer qu’elle est une fonction
injective dépendant d’autant de dimensions qu’il y a de paramètres d’usage (figure 43).
Dans tous les cas, la valeur de la fonction de satisfaction variera avec le temps car
l’usage évolue au cours du temps.
Sr Ss

3j 2k
32 22
. 21
31
Figure 43 : Fonctions de satisfaction rationnelle et sensible multi-dimensionnelles

98
Aussi, afin de pouvoir limiter la complexité et rendre faisables et effectives de telles
fonctions, il sera possible et / ou utile de se limiter à un certain nombre de paramètres pour
construire ces fonctions de satisfaction, notamment en fonction de la complexité de
mesurabilité des paramètres. Par la complexité de la mesurabilité des paramètres d’usage, on
pourra retrouver des éléments concernant la difficulté de la mise en œuvre, l’existence de
matériel d’instrumentation, le degré d’intrusion dans l’espace privé des usagers,…

Il est à noter que nos propos et les fonctions de satisfaction proposées n’ont pas
vocation à proclamer des vérités ontologiques sur la quantification de la satisfaction mais
s’inscrivent davantage dans la vision constructiviste d’études en proposant ainsi une boîte à
outils pour créer au cas par cas ces fonctions de satisfaction et le diagramme de compromis
par la suite.

1.2.1 Construction de fonctions de satisfaction sensible (FSs)


Nous avons pu voir que la satisfaction sensible était un point de vue plus global de la
notion de confort, couramment utilisée dans la littérature scientifique du domaine du
bâtiment. Aussi, nous pourrons y retrouver un ensemble de travaux sur la modélisation du
confort que l’on peut reprendre pour réaliser les fonctions de satisfaction sensible. Nous
pourrons s’inspirer du moins de la méthodologie de création des modèles pour l’appliquer à
notre cas. Ainsi, nous présenterons ici, dans le cas où des modèles de fonctions de satisfaction
existent, comment les employer et si elles n’existent pas, nous proposerons une méthodologie
pour les générer.

1.2.1.1 Fonctions de satisfaction sensible connues crées à partir de modèles


stochastiques existants

Il existe dans la littérature un ensemble de travaux permettant de définir le confort


d’un service en fonction du paramètre d’usage. On pourra prendre par exemple la
modélisation du confort thermique en fonction de la méthode PMV-PPD [FANG, 1972] qui
permet de pouvoir donner une loi d’évolution d’insatisfaction par rapport à une température
de référence.
Une telle fonction d’insatisfaction (que l’on pourra facilement transformer en fonction
de satisfaction dans notre cas (figure 44)) est un modèle stochastique dans le sens où l’allure
de la fonction découle de nombreuses interviews de personnes soumises à différents stimuli
thermiques.

Satisfaction

0 Température
Topt

Figure 44 : Exemple de fonction connue de satisfaction : confort thermique à partir d’une


courbe PMV PPD

99
Il existe des travaux similaires sur les autres types de confort relatifs à l’ambiance :
modèle de confort sonore [ASTO, 2008], qualité d’air, confort visuel [CHOI, 2009] [LAI,
2009]. Cependant, les modèles sont souvent moins explicites que le PMV-PPD donc
nécessiteront un traitement plus lourd. A notre connaissance, de telles approches stochastiques
n’existent cependant pas pour l’utilisation des équipements électriques spécifiques, par
exemple un modèle étudiant la satisfaction par rapport à un niveau d’hygiène apporté par un
lave-linge ou la qualité de l’image et du son émanant d’une télévision.

1.2.1.2 Méthodologie de construction de fonction de satisfaction sensible non existante

Si de tels modèles de fonctions de satisfaction n’existent pas ou ne suffisent pas, le


concepteur peut alors construire lui-même ses propres fonctions de satisfaction à partir des
paramètres d’usage qu’il aura jugés les plus pertinents. Pour cela, on pourra soit construire
une fonction de satisfaction effective à partir des mêmes méthodes qui ont permis de définir
les modèles de fonctions de satisfaction existants soit créer sa propre méthodologie afin de
concevoir une fonction de satisfaction effective. Ce ne sont que des propositions de
méthodologie de conception de fonctions de satisfaction sensible.

A partir des méthodes d’évaluation existantes (Méthodologie statistique)

En reprenant l’exemple du PMV-PPD, il existe différentes phases de la méthodologie


que nous proposerons pour créer ces fonctions de satisfaction sensible (que nous appellerons
méthodologie statistique) :

1. La première étape consiste à créer une échelle d’évaluation de la satisfaction du


paramètre que l’on veut évaluer (par exemple, le confort thermique a été caractérisé
par une échelle de sensation de 7 échelons allant de « très chaud » à « très froid »).
Cette échelle doit faire apparaître des sensations car cela est destiné aux usagers qui
ressentent le service que l’on étudie.
2. On donne en même temps cette échelle d’évaluation aux usagers et on fait varier le
paramètre physique correspondant au service étudié (la température pour le
confort thermique par exemple) en enregistrant en temps réel les variations.
3. Ensuite, on fait coïncider l’évolution de la satisfaction enregistrée au travail de
l’interview et l’enregistrement de la variation du paramètre physique.
4. Enfin, on agrège les différents questionnaires afin d’avoir un profil statistique.
Ainsi, dans de tels modèles, on peut obtenir, par interrogation d’un panel d’usagers,
une fonction de satisfaction sensible par rapport à un paramètre physique qui est mesurable.
Néanmoins, cela donne un modèle valable autour d’un point de référence qu’il est nécessaire
de déterminer (on pourra prendre pour cela par exemple, les valeurs réglementaires de confort
visuel, thermique, aéraulique et sonore [CSTB, 2006] [ROUL, 2008])

A partir de l’expertise du concepteur (Méthodologie Experte)

Il est possible au concepteur de créer ses propres fonctions de satisfaction de manière


à ce qu'elles soient effectives dans le cadre de l’étude que l’on souhaite mener. Dans ce cas-là,
la forme et l’amplitude de la fonction pourront dépendre du paramètre que l’on veut mettre
davantage en avant.
Afin d’aider le concepteur à élaborer la forme de la fonction, on pourra utiliser des
outils issus de la logique floue qui permet de créer des fonctions définies de façon imprécise
sur le sous-ensemble ({0 ;1}, ce qui correspond au domaine d’existence de la fonction de

100
satisfaction) [ZADE, 1983]. Aussi la logique floue permet, au-delà des valeurs booléennes
vrai et faux que pourrait vérifier une condition, de décrire des degrés de vérification d’une
condition et ainsi décrire des états qui ne sont pas binaires. Les outils, que nous ne
présenterons pas plus en détail ici, sont ceux alors relatifs à l’intelligence artificielle tels que
les réseaux de neurones, les opérateurs flous…[MA, 2006] [BEHO, 2006].
Néanmoins, pour valider un modèle de fonction de satisfaction élaborée par le
concepteur, on pourra effectuer une étude sociologique afin de valider les hypothèses
avancées pour la fonction de satisfaction créée. Un exemple sera proposé dans le cas de
l’éclairage un peu plus loin (partie 2 chapitre 4) et que l’on retrouvera en annexe 21.

1.2.2 Fonctions de satisfaction Rationnelle (FSr)


De par sa définition même par rapport à la raison et également à la logique, la
satisfaction rationnelle pourra être quantifiée au travers de fonctions de satisfaction ayant pour
paramètres les différents paramètres d’utilisation identifiés 3. Ces fonctions de satisfaction
devront être, dans le contexte constructiviste où l’on se positionne, bien entendu effectives
dans le sens où elles vont vers leur objectif final qui peut être une meilleure sobriété
énergétique (ce qui est notre cas), une meilleure esthétique, etc. Aussi, le concepteur et / ou
l’usager qui aura à formaliser de telles fonctions devra décider ce qui est bon ou mauvais
(dans notre cas) en terme de consommation énergétique dans le sens de justesse / suffisance
énergétique. On peut à ce propos, retrouver le questionnement d’O. Sidler concernant le fait
de savoir, dans un SCB (Système Complexe Bâtiment), quel est l’acteur qui connaît le mieux
la justesse énergétique. L’usager ? Le concepteur ? Le gestionnaire ? Qui est le réel expert
(s’il y en a) pour juger de cette grandeur qui est obligatoirement subjective ? [SIDL, 2010].

Nous proposerons ici une méthodologie simple de construction de fonction de


satisfaction rationnelle basée sur une construction liée à la logique (car rationalité et logique
peuvent être équivalentes dans certains cas) mais le domaine de la satisfaction rationnelle
faisant appel à des informations hautement subjectives (comme la notion de jugement) au
point qu’il n’est pas possible d’apporter une réponse unique et ontologique. Pour des
méthodologies plus rigoureuses, nous pourrons se reporter à des travaux de psychologie ou de
psychologie sociale qui étudient et modélisent depuis longtemps les processus de jugement,
de rationalité et de décision [MARE, 2010] [YAMA, 2008] ainsi que des modèles
comportementaux de consommation énergétique [DHOL, 1983].

Proposition de méthodologie de construction de fonction de satisfaction rationnelle


(Méthodologie logique)

1. Identifier les paramètres d’usage rationnels liés à l’objectif (de la sobriété énergétique)
(par exemple la présence, le coût énergétique ou la puissance électrique, …)
2. Eriger des règles de jugement de « sobriété énergétique ». Ceci peut être réalisé par un
le concepteur expert ou au travers d’interviews sociologiques auprès d’usagers
auxquels on pourrait demander de juger différents scénarios de consommation.
3. Réaliser une combinaison logique entre les différents paramètres d’usage en fonction
des règles pré-établies. Cela sera la fonction de satisfaction rationnelle. Ainsi par
exemple, une fonction de satisfaction rationnelle simple basée sur le gaspillage
d’énergie permettant de discriminer les solutions où de l’énergie est consommée alors
que le service n’est pas présent / pas utilisé (nous en présenterons un exemple un peu
plus tard dans la partie 2).

101
1.3 Construction effective de la fonction de satisfaction globale
Nous avons signalé auparavant que la satisfaction globale, qui constitue l’un des
éléments principaux de l’EUE, avait pour composantes la satisfaction sensible et la
satisfaction rationnelle. Il en va alors de même pour la fonction de satisfaction globale (FS)
qui sera construite à partir des fonctions FSs et FSr précédemment définies (Equation 9).

FSi = H ( FSri (θ j ), FSsi (σ k ))


FSi : Fonction de Satisfaction totale de l'équipement/configuration i
FSri , FSsi : Fonctions de Satisfaction (sensible ou rationnelle)
θ j = paramètres d'usage rationels Equation 9
σ k = paramètres d'usage sensibles

Nous allons proposer ici quelques méthodologies de construction de cette fonction FS.
Comme nous avons pu en discuter précédemment (partie 2.3 chapitre 3), la relation entre le
domaine rationnel et le domaine sensible afin de définir la satisfaction globale est
difficilement modélisable et formalisable de par le fait que cela provient du domaine de la
psychologie. Ainsi, il y a une certaine complexité à la formulation de la fonction de
satisfaction qui doit à la fois prendre en compte une multiplicité de paramètres d’usage qui ne
sont pas tous formalisables (d’où la nécessité de pouvoir créer dans certains cas des
estimateurs) et doit respecter des propriétés mathématiques si l’on veut quantifier celle-ci
(appartenance à l’espace de définition [0,1], dérivabilité,…). Néanmoins, le but de notre
étude est de construire une fonction effective et pour cela on pourra proposer deux approches :
l’approche conjonctive et l’approche pondératrice linéaire normée.

1.3.1 Approche conjonctive


Dans cette approche, nous ferons la combinaison des fonctions de satisfaction en utilisant la
fonction logique ET (qui correspond en logique floue à un opérateur tel
que ). On fera pour cela l’hypothèse que les paramètres d’usage (3i et 2i)
sont indépendants (Equation 10).

FSi = FSri (θ j )* FSsi (σ j )


avec Equation 10
FSi : Fonction de Satisfaction totale de l'équipement/configuration i
FSri , FSsi : Fonctions de Satisfaction (sensible ou rationnelle)
θ j = paramètres d'usage rationels
σ k = paramètres d'usage sensibles

Le fait d’utiliser l’opérateur ET permet la fusion des deux fonctions de satisfaction FSr
et FSs. Cette fusion, du point de vue de la logique floue, correspond au produit [DEST, 2007]
des éléments et permet d’obtenir une fonction de satisfaction globale qui sera comprise entre
0 et 1. Une telle opération désavantagera de ce fait, de façon mathématique, les systèmes
n’intégrant pas suffisamment l’usage. En effet, si un système étudié n’intègre pas
suffisamment l’usage, il lui sera affecté une valeur de fonction de satisfaction faible viendra
diminuer la fonction de satisfaction globale.
L’intérêt de cette approche réside autant dans le processus de construction de proche
en proche de la fonction de satisfaction globale que dans le résultat final. En effet, ici il est

102
possible d’ajouter une à une les fonctions de satisfaction dans la composition de la fonction
globale et voir ainsi leur impact sur celle-ci. La comparaison de proche en proche permet de
juger de l’impact en terme d’efficacité d’usage de la fonction de satisfaction rajoutée.

1.3.2 Approche pondératrice linéaire normée (PLN):


Dans cette approche, on pourra réaliser une combinaison linéaire pondérée des fonctions de
satisfaction (Equation 11).
a.FSri (θ j ) + b.FSsi (σ k )
FSi =
a+b Equation 11
avec
FSi : Fonction de Satisfaction totale de l'équipement/configuration i
FSri , FSsi : Fonctions de Satisfaction (sensible ou rationnelle)
θ j = paramètres d'usage rationels
σ k = paramètres d'usage sensibles
a, b: coefficients de pondération

Le fait d’utiliser l’opérateur de sommation de fonction permet de ne pas discriminer la


fonction de satisfaction globale par une valeur nulle de FSr ou FSs. D’autre part, on peut
même valoriser l’une de ces 2 fonctions grâce à l’emploi d’un coefficient pondérateur. Cela
permet au concepteur de privilégier l’aspect rationnel ou l’aspect sensible de la fonction
globale. Enfin, il faudra normer la satisfaction globale afin que celle-ci reste dans l’espace de
définition [0,1] (Equation 11).

1.4 Construction du Diagramme de compromis Coût / Satisfaction à partir des


fonctions de satisfaction et de la mesure du coût
1.4.1 Construction du diagramme de compromis
Nous avons pu définir au chapitre 3 le concept d’efficacité d’usage énergétique
comme un concept multi-objectifs. Nous avons également proposé une expression mono-
objectif de l’EUE afin de pouvoir l’étudier en tant que rapport d’efficacité énergétique.
Néanmoins, nous avons pu voir que cette approche mono-objectif comportait des
inconvénients comme sa valeur infinie en cas d’annulation de la consommation énergétique.
Aussi, nous proposons désormais d’utiliser le diagramme de Compromis Coût /
Satisfaction qui permet alors de passer de la vision mono-objectif de l’EUE à la vision multi-
objectifs, conforme à sa définition même. Le diagramme de compromis est un plan ayant
pour abscisses le coût (correspondant à la consommation énergétique que l’on avait au
dénominateur de l’expression mono-objectif de l’EUE de l’équation 7) et en ordonnée
l’évaluation de la satisfaction (correspondant à la satisfaction globale que l’on avait au
numérateur du rapport de l’EUE de l’équation 7) permettant dès lors de traduire directement
de manière graphique et ainsi quantitative, l’EUE (figure 45).
En effet, dans ce plan, nous positionnerons les couples (Coût/Satisfaction) qui sont
définis par leurs coordonnées (X, Y) à partir des valeurs moyennes de la consommation
énergétique et des fonctions de satisfaction (aussi bien sensibles, rationnelles que globales)
calculées sur la période de temps de l’étude (Equation 12). On remarque que l’on peut en effet
étudier soit la satisfaction globale (permettant d’étudier directement l’EUE) mais également
on peut employer l’expression des satisfactions sensibles et rationnelles car, comme nous le
verrons dans le cas d’application du système de chauffage, le diagramme de compromis peut

103
se décliner sous la forme de diagramme de compromis Coût / Satisfaction sensible, Coût /
Satisfaction rationnelle (ce dernier terme qui est, rappelons-le, indépendant du coût) et
Satisfaction rationnelle / Satisfaction rationnelle qui sont autant de représentations graphiques
effectives car apportant des informations intéressantes.
T
1
X i = 1 Pi (t )dt
T 1
T
1
T 10
Yi = Si (t )dt Equation 12
avec
i = 1..n : indices des équipements/configurations étudiés
Pi (t ) = Consommation énergétique du scénario d'étude de l'équipement i
Si (t ) = Fonction de satisfaction (globale FS, rationnelle FSr ou sensible FSs) de l'équipement
T = Intervalle de temps de l'étude

Zone 2

12345678956ABB
CDEFA5DB

Zone 1

Figure 45 : Proposition de Diagramme de Compromis Coût / Satisfaction théorique [PLOI, 2011]

Ce diagramme Coût / Satisfaction offre la possibilité de visualiser l’intérêt et la


philosophie de l’EUE car l’on peut y présenter le fait de maximiser la satisfaction en se
déplaçant sur l’axe des ordonnées du diagramme de compromis et le fait de minimiser la
consommation énergétique, en se déplaçant sur l’axe des abscisses d’où la possibilité de
visualiser l’efficacité d’usage optimal (flèche de la figure 45). Cette représentation graphique
du déplacement de point dans ce plan de travail (flèche de la figure 45) est une représentation
quantitative de l’aspect qualitatif de l’EUE.

104
Cet espace (Coût/Satisfaction) permet de mettre en évidence des zones de non-
définition où les situations sont inacceptables : en effet, il existe des situations que l’on ne
veut pas atteindre à cause de valeurs trop importantes, par exemple on a une limite maximum
pour le coût compte tenu du budget que l’on dispose. D’autre part, en tant qu’acteur humain,
les études sociologiques sur l’acceptabilité nous informent qu’il existe un palier au-dessous
duquel les solutions ne sont pas acceptables et il y aura un rejet de la part des usagers (à
déterminer pour chacun).

Le diagramme Coût / Satisfaction est découpé en deux zones où les points définis par
les couples (X, Y) de l’équation 11 peuvent évoluer:
- Un espace d’évolution relatif (Zone 1 figure 45) où l’amélioration de l’EUE entre
deux points se fait relativement de proche en proche. Un point dominera l’autre (dans le sens
de points dominés définis par Pareto [JACQ ,1996]) s’il se situe dans une partie supérieure de
la zone, dans le sens de la flèche de « meilleure EUE » (figure 45).
- Un espace d’évolution absolu où les points ne sont plus dominés et forment alors des
fronts de Pareto qui représentent les meilleurs compromis entre les deux objectifs Coût et
Satisfaction (Zone 2 figure 45).
On illustrera l’utilisation du diagramme de compromis par la conception d’un système
de ventilation.

1.4.2 Utilisation du diagramme de compromis dans l’espace relatif (Zone 1)


L’utilisation du diagramme de compromis permet d’évaluer l’EUE pour l’usage d’un
équipement qui est une réponse indirecte au degré d’intégration de l’usage de cet artefact. Le
couple (X, Y) sera donc en effet une évaluation de l’EUE d’un équipement dans une certaine
configuration durant une période donnée (par exemple un point A pour un couple (X, Y)
précis (figure 49)).
Si nous améliorons le service, nous améliorons la satisfaction globale car nous aurons
offert une meilleure qualité de service, meilleure justesse énergétique, etc. et nous nous
déplacerons sur l’ordonnée ( point A’ figure 45) pour un même coût.

Par exemple grâce à un meilleur réflecteur, une lampe pourra pour la même quantité
d’énergie consommée, produire un meilleur éclairage et ainsi améliorer le confort ressenti.

Par complément, en améliorant la technique (point A’’), on peut parvenir pour un


même niveau de satisfaction, à réduire la consommation (par exemple éteindre les
consommations de veille permet de conserver le même éclairement à l’instant voulu mais le
bilan énergétique est meilleur). On se déplace alors selon l’abscisse minimisant alors la
consommation énergétique. Cela correspond à l’objectif de l’efficacité énergétique physique.
Ainsi, dans ce graphe, on peut situer des points dominants ayant une meilleure
efficacité d'usage énergétique du moment qu'ils intègrent une composante verticale meilleure
(augmentation de la satisfaction), ou une composante horizontale meilleure (réduction de
coût/d'énergie à ou une amélioration de ces deux composantes. Ainsi, le point B domine le
point A et le point C domine les points A et B car il a une meilleure EUE signifiant par là
même que l'usage est mieux intégré tout en réduisant l'énergie consommée.
La direction de l'amélioration va dans le sens où le point optimal (point R) correspond
à une satisfaction optimale pour un coût nul. On se déplace ainsi dans le plan de manière
relative car on cherchera à améliorer relativement son EUE par rapport à une configuration
précédente.

105
Illustration avec l’exemple de la ventilation. :
Nous pouvons situer dans le diagramme de Compromis différents systèmes de ventilation.
Dans un premier lieu, la ventilation naturelle ne consomme rien donc aura un coût de
0. Si l’on a une « bonne » ventilation, apportant une satisfaction maximale de 1, alors nous
pourrons atteindre concrètement le point idéal R.
Dans le cas d’une ventilation mécanique, de par l’introduction d’un moteur, nous ne
pourrons pas avoir un coût nul ou sinon cela va dégrader la satisfaction (voir fronts de
Pareto) (a moins qu’un système double flux puisse totalement compenser sa
consommation énergétique). Dans la zone 1, nous pourrons donc trouver un système de
VMC simple flux par exemple qui offre une certaine satisfaction en consommant une
certaine quantité d’énergie (point A par exemple). Si l’on choisit d’utiliser une VMC
Double flux, qui permet d’améliorer la satisfaction (en particulier satisfaction rationnelle
car on est satisfait de récupérer de l’énergie) et de réduire la consommation énergétique,
on augmente l’EUE afin d’obtenir le point B qui domine la solution du simple flux (point
A).

1.4.3 Utilisation des fronts de Pareto dans l’espace Absolu (Zone 2)


Il existe, pour chaque configuration de système étudié (les points A, B et C étant trois
configurations différentes d’un même système), un ensemble de points optimaux de
compromis Coût / Satisfaction. Ces points regroupent l’ensemble des points non dominés tels
que le décrit Pareto et forment en cela ce l’on appelle des fronts de Pareto dans le sens de la
frontière de Pareto définie lors de la résolution de problèmes d’optimisation multi-objectifs
[MAGO, 2004].
Ces fronts de Pareto proviennent de l’approche d’optimisation de Pareto qui décrit
l’ensemble des points de coordonnées (X, Y) pour lesquels on ne peut pas améliorer un
objectif (la coordonnée X par exemple en réduisant la consommation énergétique) sans
détériorer l’autre objectif (la coordonnée Y du confort). Ainsi, lorsque l’on se déplace dans le
diagramme de compromis en améliorant l’efficacité d’usage (points A’ et A’’ figure 45) du
scénario d’usage initial (point A) on ne pourra pas dépasser le front de Pareto correspondant à
la configuration du système sans quoi, si l’on augmente un paramètre (coût ou confort), cela
va dégrader alors l’autre objectif. En effet, en prenant l’exemple du chauffage avec comme
paramètre d’usage la température, si l’on diminue trop les coûts de chauffage (correspondant
à diminuer la puissance de chauffe), on peut s’attendre à ce que le confort thermique se
dégrade (d’autant plus si la pièce chauffée est mal isolée). De même si l’on veut augmenter la
température à un moment donné, cela va engendrer des coûts supplémentaires car nécessite
une puissance thermique plus importante.
Chaque configuration du système étudié (correspondant aux trois couleurs rouges bleu
vert des points A, B et C de la figure 45) aura donc un front de Pareto de points de compromis
optimal. Si l’on considère que la configuration B est meilleure que la configuration A
(meilleure du point de vue de l’efficacité d’usage) et que la configuration C est meilleure que
la configuration B, on retrouve que les fronts de Pareto tendent respectivement vers une
meilleure efficacité d’usage, vers le meilleur front de Pareto possible (figure 45). Celui-ci
correspond à l’ensemble de points dominés par le point idéal d’efficacité d’usage (point R).
On peut passer d’une courbe de Pareto à l’autre en changeant :
- le système technique : en remplaçant par exemple un type de chauffage par un
chauffage moins onéreux
- la formulation de la satisfaction par l’usager: en allant par exemple vers une
satisfaction par rapport à la température plus tolérante (usagers acceptant des températures
plus basses, ou des niveaux d’exigence et de satisfaction plus bas).

106
Nous ne traiterons pas ici de la formulation mathématique de ces fronts de Pareto mais
cependant, nous offrirons des méthodes de conception des fonctions de satisfaction qui
permettraient de construire effectivement ces fronts de Pareto qui représentent les solutions
optimales de l’EUE.

Illustration avec l’exemple de la ventilation.


Nous avons vu que l’on pouvait comparer deux types de ventilations mécaniques : VMC
simple flux et VMC double flux. Cependant chacune de ces solutions dispose de points
limites, des ensembles de points dominés où si l’on souhaite par exemple augmenter la
satisfaction sensible, cela induira une augmentation des coûts.
Le but sera de se situer sur cette frontière qui représente les points optimaux de
compromis satisfaction / coût.

Au travers des parties suivantes, nous verrons qu’un tel diagramme peut être employé
en tant qu’outil d’aide à la décision afin de comparer plusieurs systèmes ou un même système
à différentes périodes de temps et de visualiser quels sont les points les plus efficaces d’usage
c'est-à-dire intégrant le mieux l’usage.

2 Aide à la conception du système de Chauffage/ Rafraîchissement


Nous avons pu présenter précédemment (Partie 1 chapitre 4) le concept d’efficacité
d’usage ainsi que sa traduction de manière quantitative sous forme de diagramme de
compromis. Aussi, nous allons appliquer désormais de tels concepts et outils (fonctions de
satisfaction et diagramme de compromis) comme aide à la décision lors de la conception de
systèmes énergétiques dans le Système Complexe Bâtiment afin d’illustrer nos propos.
En phase de conception du système bâtiment, les décideurs ont un certain degré de
liberté sur les équipements étudiés concernant le dimensionnement et la configuration
d’équipements (au sens large). On peut dès lors constater, dans ce sens, que les équipements
du SCB qui font l’objet de ces études de conception sont des équipements contribuant au
« confort d’ambiance » : le chauffage/rafraîchissement, la ventilation et l’éclairage. Par
confort d’ambiance on entend que cela correspond à l’environnement / l’espace ambiant où se
trouvent les habitants et en cela ces habitants perçoivent ce confort au travers de leurs
sensations. Ainsi, ces familles d’équipements proposent des services ayant trait aux sens :
l’éclairage pour le confort visuel (vue), la ventilation pour le confort aéraulique/qualité d’air
(odorat), le chauffage/rafraîchissement pour le confort thermique (tactile). De ce fait,
l’élément sensible de la satisfaction sera davantage présent.
Nous pouvons remarquer d’autre part que ces mêmes équipements sont des dispositifs
dont l’étude nécessite une étude globale du SCB car ils sont implantés ensuite comme partie
intégrante du bâtiment et il est difficile de pouvoir les modifier par rapport à l’usage hormis
au travers de leur pilotage, spécifiant par là même le rapport à l’usage. Un tel rapport
implique une réflexion d’autant plus importante vis-à-vis de l’usage de la conception de ces
systèmes de chauffage/climatisation, ventilation et éclairage.

Objectif de l’outil d’aide à la décision


L’EUE sera appliquée ici en tant qu’outil d’aide à la décision pour la conception de
système énergétique dont l’objectif sera ici de comparer différentes configurations (sous
forme de stratégies de côntrole-commande/ pilotage) de mêmes équipements en fonction de
l’intégration de l’usage. L’objectif du concepteur utilisant un tel outil d’aide à la décision
intégrant l’usage sera de déterminer quelles solutions présentent une satisfaction maximale
pour une consommation énergétique minimale (donc quelle est la meilleure solution d’EUE)

107
et d’évaluer la robustesse à l’usage si celui-ci est différent de celui prévu par le cahier des
charges.
Nous verrons dans cette partie l’application des méthodes, modèles et outils présentés
précédemment (Partie 1 chapitre 4), au système de chauffage de la plateforme PREDIS MHI.
En tant que système de chauffage/Rafraîchissement, l’aspect du confort d’ambiance qui sera
ici étudié est le confort thermique. Une application analogue de la méthodologie proposée a
également été appliquée pour le système de ventilation et d’éclairage artificiel dont on pourra
trouver en détail les études en annexes 18 et 21. Nous présenterons cependant quelques-unes
des étapes de ces deux autres systèmes énergétiques pour appuyer nos propos.
Le cas d’étude sera la Salle Informatique de la plateforme PREDIS MHI. Cette salle
présente la caractéristique de disposer d’un nombre variable de personnes. Nous avons mené
cette étude sur une année et plus spécifiquement sur une semaine (la semaine du 29 Novembre
au 5 Décembre 2010) d’une part pour une meilleure visibilité car une semaine représente la
période minimale de temps pour l’étude de l’usage dans un bâtiment et d’autre part car cela
correspond à une des rares semaines où nous avons pu disposer de l’ensemble des données
réelles pour valider notre approche (notamment due au problème de la fiabilité des
informations évoqué au chapitre 2).

2.1 Analyse de l’usage et identification des paramètres d’usage avec


l’approche QQOQCP
La première étape du processus consiste en l’analyse de l’usage lié au chauffage et au
confort thermique. Si on applique l’approche QQOQCP présentée précédemment (Partie 1.1
Chapitre 4), cela permet de définir quels sont les différents paramètres d’usage (annexe 17)
mais nous ne présenterons ici que les paramètres d’usage les plus pertinents. On distinguera
les paramètres d’usage liés au domaine sensible de ceux du domaine rationnel.

2.1.1 Paramètres d’usage sensible


La satisfaction sensible au niveau thermique se base principalement sur le niveau de
température qui est la grandeur physique majeure de l’évaluation du confort thermique
(exprimée en °C) (Réponse à la question Quoi? de l’approche QQOQCP). Les exigences en
terme de niveau de température peuvent varier en fonction de la journée ainsi que des
personnes. On considérera par la suite que toutes les personnes ont le même niveau
d’exigence (ou rapport de satisfaction) par rapport au niveau de température et cela
constamment au cours du temps.
Le confort thermique est en fait davantage un confort hygrothermique car l’humidité
de l’air influe grandement sur le ressenti des personnes. Néanmoins, dans notre étude nous
nous cantonnerons qu’à la mesure de la température ambiante (au milieu d’une pièce) pour
des raisons de modélisation et d’instrumentation.
La satisfaction thermique (ou confort thermique) est bien une évaluation à un instant
donné à un endroit donné : celui de l’occupation d’une pièce par un usager donc cela intègre
le lieu et le moment de l’usage.
Mesurabilité : La mesure de ce paramètre d’usage est simple puisqu’il existe des
capteurs de température d’air ambiant de manière accessible et facile de mise en œuvre.

Avec l’étude des autres systèmes énergétiques du bâtiment que l’on trouvera en
Annexes 18 et 21, on remarquera que, comme présentées dans l’approche théorique, les
satisfactions sensibles sont caractérisées par des paramètres physiques sur lesquels le confort
est défini (taux de CO2 et COV (Composés Organiques Volatiles) pour la qualité d’air; niveau
de luminosité, éblouissement, rendu des couleurs pour le confort visuel) mais nous nous

108
sommes limités à chaque fois à la mesure et à l’emploi d’un seul paramètre d’usage sensible
(taux de CO2 pour le système de ventilation et niveau de luminosité pour l’éclairage).

2.1.2 Paramètres d’usage rationnels


Par rapport à la satisfaction rationnelle du système de chauffage, on s’intéressera aux
composantes de l’usage ayant un impact sur le fait que la consommation énergétique soit
satisfaisante ou non. On retrouve ainsi comme paramètres d’usage rationnel (liste non
exhaustive) :
- la localisation spatiale et temporelle de l’usage : où est situé l’usage (l’usager) et
à quel moment, (Réponse aux questions Où ? et Quand ? de l’approche QQOQCP)
Il s’agit ici de déterminer quelles sont les zones thermiques où l’occupation est
effective. Mesurabilité : La mesure de tels paramètres d’usage pourra être réalisée
par un capteur de présence (ou de détection de mouvement) avec enregistrement et
horodatage permettant de savoir quelle pièce est occupée à quel moment.
- le nombre de personnes présentes dans la pièce (Réponse à la question Qui ? de
l’approche QQOQCP. Chaque personne, d’un point de vue thermique, dégage de
la chaleur (apport interne thermique) impactant ainsi la température (plus ou moins
en fonction de l’efficacité énergétique physique du poste thermique dans son
ensemble (enveloppe+système de chauffe)) et par conséquent le confort thermique.
La présence de personnes dans une pièce est ainsi une action indirecte sur le
système de chauffage mais demeure bien de l’ordre de l’usage (par exemple
l’occupation d’une salle de classe ne sera pas la même qu’un bureau).
- la réactivité du système par rapport aux actions des usagers (Réponse indirecte à la
question Comment ? de l’approche QQOQCP). Par rapport à l’inconfort, l’usager
peut agir directement (forçage consigne) ou indirectement (ouverture porte) sur le
système de chauffage ce qui aura des conséquences au niveau énergétique et
confort.
- la raison de l’action (Réponse à la question Pourquoi ? de l’approche QQOQCP)
permet d’identifier s’il s’agit d’un usage principal ou si c’est un usage secondaire
(détourné ou déviant comme nous pouvons l’analyser dans le cas de l’éclairage
artificiel (Annexe 20)).

Comme présentés précédemment (Partie 1.1 Chapitre 4), ces paramètres d’usage
permettent de définir la fonction de satisfaction rationnelle que l’on va construire plus tard.
Dans le cas du chauffage, on a pris un exemple trivial de fonction de satisfaction rationnelle
basé sur le gaspillage d’énergie lié à la présence ou non d’occupants dans une pièce lorsque
celle-ci est chauffée. Nous n’utiliserons donc que les paramètres d’usage rationnels de
localisation spatiale et temporelle de l’usage ainsi que la puissance de chauffe. Nous
retrouverons d’ailleurs cette même fonction de satisfaction pour les trois systèmes
énergétiques (Chauffage, Eclairage, Ventilation).

Cependant, il est possible d’intégrer des paramètres d’usage plus complexes afin de
construire des fonctions de satisfaction plus complètes et donc plus proches de l’usage réel.
Néanmoins, cette complexité sort du cadre de notre étude car elle intègre des dimensions de
l’ordre de l’étude sociologique pouvant conduire à l’inspection de données privées (par
exemple la connaissance de la raison d’un usage est très intrusive dans la sphère privée de
l’usager et nécessiterait une procédure d’enquête particulière).

109
2.2 Construction des fonctions de satisfaction à partir des paramètres d’usage
Nous avons pu voir au chapitre précédent ainsi que dans l’analyse effectuée
précédemment (partie 2.1 Chapitre 4) que l’usage thermique du bâtiment, au sens général,
dispose de nombreux paramètres permettant de définir les fonctions de satisfaction sensible et
rationnelle. Pour notre étude et validation, nous n’utiliserons que quelques paramètres choisis
parmi ceux facilement mesurables : la présence de l’occupant et la température.

2.2.1 Fonction de satisfaction sensible


Le paramètre d’usage sensible retenu pour déterminer la satisfaction sensible étant la
température ambiante (3température), il existe de nombreux travaux sur la modélisation du
confort thermique en particulier l’élaboration du modèle PMV-PPD [HOMO, 2011][LIAN,
2005] [YE, 2003].
La sensation de confort peut être évaluée en utilisant une échelle de +3 à -3 autour
d’un point optimal [FANG, 1972]. Elle peut être également modélisé par le vote moyen,
appelé PMV (Predicted Mean Vote), qui est une appréciation moyenne réalisée sur une
population dans un environnement donné (au travers d’un système de questionnaires
sociologiques) comprise sur cette échelle de -3 à +3 (Tableau 3).

-3 Très froid Insatisfait parce que trop froid


-2 Froid
-1 Frais
0 Confortable Satisfait
+1 Tiède
+2 Chaud Insatisfait parce que trop chaud
+3 Très Chaud
Tableau 3 : Sensation de confort thermique : modèle PMV

Le pourcentage prévisible d’insatisfaits, appelé PPD (Predicted Percentage of


Dissatisfied) exprime alors la part des sujets insatisfaits dans une condition PMV donné.
Ainsi, la liaison entre PMV et PPD est obtenue figure 46 [JANG, 2007]. Comme nous avons
pu l’évoquer précédemment (Partie 1.2 chapitre 4), nous pouvons transformer ce modèle de
critère de confort basé sur le taux d’insatisfaction en une fonction de satisfaction où nous
associerons alors aux zones de sensations du modèle PMV des mesures de températures (Pour
PMV =0, on suppose Température =Topt) (figure 46).

Satisfaction

0 Température
Topt
Figure 46 : Du modèle PMV-PPD à la fonction de satisfaction de température du confort
thermique
Nous obtenons donc ainsi une fonction de satisfaction sensible de température
FSstempérature(t)=f(3température (t)) en fonction de la température (ou 3température). Pour des raisons

110
de simplification permettant une implémentation ultérieure d’un tel modèle dans un SGEB,
nous linéariserons cette fonction de satisfaction (figure 47). On obtient alors un profil de
satisfaction ayant une satisfaction de 1 pour une température optimale (par ex. Topt=20°C
l’hiver et Topt=24°C) et deux températures limites symbolisant les bornes d’acceptabilité
thermique, qui varieront en fonction des saisons (par ex. Tmin=17°C et Tmax=23°C en hiver
et Tmin=20°C et Tmax=27°C l’été) au-delà desquelles la satisfaction sera nulle (figure 60).
Une telle fonction sera effective durant la période d’occupation de la pièce (le lundi de 14 à
16h, le mardi de 14h à 16h, le mercredi de 8h à 10h et le vendredi de 10h à 12h) car le confort
thermique est évalué de manière instantanée par l’habitant. En dehors de ces horaires
d’occupation, la satisfaction sera de 1 car l’occupant ne sera pas dans la pièce concernée.
Si Présence Usager=1 :
Satisfaction
1

Température
ambiant (°C)
0
T min T opt T max
Si Présence Usager =0 :
Figure 47 : Fonction de satisfaction sensible thermique FSstempérature

Bien entendu, on pourrait complexifier une telle fonction de satisfaction sensible en prenant
en compte d’autres éléments du confort thermique comme l’humidité de l’air.

Autres approches et fonctions de satisfaction sensible


Comme évoqué durant la partie théorique, la fonction de satisfaction sensible peut être
construite de manière différente en fonction de l’existence de modèle et du degré de
mesurabilité des paramètres d’usage sensible en jeu.

Fonction de satisfaction sensible de qualité d’air par un concepteur/expert

Dans le cas de la ventilation, on a construit la fonction de satisfaction de qualité d’air


(dont le paramètre d’usage sensible est le taux de CO2 (3CO2)) non pas en se basant sur des
réglementations (donc une littérature et des modèles existants) mais en la construisant
empiriquement. Pour cela, une forme et une amplitude ont été choisies par le concepteur (en
tant que concepteur expert) et il a identifié empiriquement les paramètres (paramètres
mathématiques comme le coefficient de l’exponentielle voir annexe 17) pour obtenir une
fonction effective (figure 48)
Satisfaction Satisfaction
1 1
Taux CO2 (ppm) Taux CO2 (ppm)
0 CO2 0 CO2
CO2 max CO2 max
limite limite

Figure 48 : Fonction de satisfaction CO2 (exponentielle et linearisée)

Fonction de satisfaction sensible de confort par un concepteur/expert avec interview


sociologique

111
Dans le cas de l’éclairage artificiel, nous avons également construit une fonction de
satisfaction sensible de façon empirique mais cette fois-ci à partir d’entretiens avec les
usagers à partir d’un questionnaire. Le paramètre d’usage sensible choisi a été le niveau
d’éclairement lumineux exprimé en Lux (3Eclairement). Dans le questionnaire (annexe 24), il est
question de définir les niveaux d’éclairage acceptables ainsi que la forme de la fonction de
satisfaction supposée en fonction de l’éclairement lumineux afin au final de déterminer la
forme et l’amplitude de cette fonction de satisfaction sensible.
Il en est ressorti, parmi un certain nombre de profils types proposés, une certaine
structure de fonction de satisfaction (figure 49) où les différents paramètres (Ecl Opt, etc...)
peuvent bien entendu varier en fonction des personnes car ils dépendent de la perception de
chacun (plus de détail en annexe 20).
Satisfaction
1 SLux Eclairement Total
lumineux (Lux)
0
Ecl Ecl Opt min Ecl Opt max Ecl limite
limite max
Figure 49 : Fonction de satisfaction Eclairement Lumineux
2.2.2 Fonction de satisfaction rationnelle
Etant donné qu’en phase de conception, le nombre de personnes présentes est souvent
standardisé, on supposera qu’il y a 25 personnes présentes durant les périodes d’occupation
prévues (par le calendrier (figure 50)) :

1234156789AA681

!"1 B6CD81
#1
D11 E$#1 %E#!1
91 $1

Figure 50 : Scénario d’occupation de la Salle Informatique


2.2.2.1 Fonction de satisfaction rationnelle sur la sobriété énergétique

Pour l’étude de la satisfaction rationnelle, on s’intéressera en particulier à l’étude des


gaspillages d’énergie et du fait que les actions sur le système sont satisfaisantes par rapport à
cette question du gaspillage d’énergie. En effet, on cherche à analyser si les actions sur le
système (dont notamment les actions de configuration du système) font en sorte qu’on
consomme la bonne quantité d’énergie au moment et dans des lieux réellement occupés. Les
paramètres d’usage rationnels seront donc bien ceux relatifs à localisation spatiale et
temporelle de l’usager (1habitant) mais aussi à la consommation énergétique (donnée par le
paramètre d’usage de puissance de chauffe (1puissance) et à l’ouverture du bâtiment (1bâtiment)).
Le concepteur peut ensuite construire une fonction de satisfaction rationnelle
(FSrénergie) privilégiant la consommation d’énergie lorsque la salle est effectivement occupée
(figure 50) et pénalisant les périodes de chauffe alors que la salle est inoccupée (Equation 13)
(figure 51). Cette fonction est ainsi construite à partir du jugement expert du concepteur qui
décide de construite une telle fonction selon sa propre logique de ce qu’il est « juste » de
consommer.

112
2SI (Presence Usager=1 & Ouverture Batiment=1) ET Puissance Chauffe>0: Sénergie =1 Equation 13
3
4SI ((Presence Usager=0 & Ouverture Batiment=1) OU Ouverture Batiment=0) ET Puissance Chauffe=0: Sénergie =1
3
5SI ((Presence Usager=0 & Ouverture Batiment=1) OU Ouverture Batiment=0) ET Puissance Chauffe>0: Sénergie =0

Ouverture 1
bâtiment
1bâtiment 0
Temps
Puissance
chauffage 1
1puissance
0
Temps
Présence
Usager 1
1habitant
0
Temps
Satisfaction
Energie 1

0 Temps

Figure 51 Fonction de satisfaction rationnelle d’énergie FSrénergie


Nous avons également utilisé la même fonction de satisfaction rationnelle pour les autres cas
énergétiques (ventilation et éclairage artificiel en annexes 18 et 21).

2.2.2.2 Autres fonctions de satisfaction rationnelle

Nous avons pu voir, dans l’analyse des paramètres d’usage rationnel que l’on pouvait définir
d’autres paramètres d’usage et décrire ainsi d’autres fonctions de satisfaction rationnelle
davantage complexes. Cette complexité renvoie à la difficulté à mesurer certains paramètres
car étant en étroite liaison avec l’intrusion dans la sphère privée des usagers. En effet, il
faudra pouvoir estimer jusqu’à quel degré de connaissance pourra-t-on investiguer l’être
humain sans aboutir à une instrumentalisation de celui-ci qui pourrait amener à des problèmes
de protection des données et d’acceptabilité. Néanmoins, nous pouvons imaginer un certain
nombre de fonctions de satisfaction rationnelle qui tiendraient compte d’autres paramètres
d’usage rationnels :
- Liés à la réaction des occupants : on peut imaginer une fonction de satisfaction qui
serait construite à partir de la détection de réaction à l’inconfort : par exemple s’il
y a ouverture prolongée de la porte et / ou de la fenêtre, changement / forçage
manuel de la consigne, alors il est probable que le système de chauffage ne soit pas
satisfaisant :
Si porte_ouverte > 5 min OU ∆Changementconsigne>0: S réaction =0
Sinon S réaction =1
- Liés à l’appréciation d’autres fonctionnalités de l’équipement. Un usager pourrait
être satisfait par un service effectué par un équipement qui ne correspond pas à sa
fonctionnalité première. Par exemple, l’éclairage artificiel peut être utilisé, outre
pour éclairer une zone de travail, comme système de sécurité (laisser la lumière
allumée pour manifester une présence) ou comme attrait esthétique (notamment

113
avec l’utilisation de lampes de couleurs). Dans de tels cas, le fait qu’une lampe soit
allumée alors qu’il n’y a personne, n’est pas forcément considéré comme
insatisfaisant car c’est une autre fonction de l’éclairage qui est évaluée (sécurité,
esthétique, etc.).

2.2.3 Construction de la fonction de satisfaction globale pour le système de


chauffage
Comme nous l’avons présenté au chapitre 3, il est également possible de construire
une fonction de satisfaction globale qui permet de mettre en relation le domaine sensible et le
domaine rationnel de l’usage. Dans notre cas d’étude, nous illustrerons nos propos avec les
deux approches présentées auparavant mais compte tenu de la nature hautement subjective de
la satisfaction globale, on peut trouver d’autres relations (relation disjonctive [PLOI, 2011], à
partir de modèle psychologique [DHOL, 1983],...).

Approche conjonctive : On définit la fonction de satisfaction globale en utilisant la


fonction logique ET correspondant à une fusion des 2 fonctions de satisfaction (Equation 14).
La fusion de ces fonctions s’effectuera sur une période de temps unique et fixe en multipliant
simplement à chaque pas de temps la valeur de chaque fonction de satisfaction. Ainsi, on
retrouve que si l’une des deux est nulle, cela annulera malheureusement la fonction de
satisfaction globale. Mais nous verrons que c’est le passage entre la fonction FSr (ou FSs) à
FS qui peut être effectif en termes d’informations.
FS (t ) = FSs
i ,thermique (t ) * FSr
i ,température (t ) Equation 14
i , Energie
i= indice de la configuration de côntrole-commande du
système étudié (tableau 4)
Approche pondératrice linéaire normée : Cette approche peut être employée si le concepteur
dispose d’objectifs valorisant certains paramètres plutôt que d’autres tout en conservant un
minimum de niveau de satisfaction pour chaque paramètre (Equation 15).

a.FSsi ,température (t ) + b.FSri , Energie (t ) Equation 15


FSi ,thermique (t ) =
a + b i= indice de la configuration de côntrole-commande du
système étudié (tableau 4)

Dans notre cadre d’étude où l’on cherche à aller vers de meilleures solutions et gestes
énergétiquement vertueux, on se propose de valoriser la fonction rationnelle par rapport à la
fonction sensible en lui attribuant un coefficient de pondération supérieur (a=1 et b=2 par
exemple).

2.3 Calcul des fonctions de satisfaction : Application au système de chauffage


de la plateforme PREDIS
Une fois les fonctions de satisfaction construites (sensible, rationnelle et globale),
l’étude de l’EUE peut avoir lieu en prenant un même système de chauffage (VMC dans le cas
de PREDIS) et en comparant différents types de stratégies de côntrole-commande vis-à-vis de
leur intégration de l’usage. Il s’agira de vérifier que l’approche de l’EUE est effective, au sens
où le diagramme de compromis Coût / Satisfaction proposé et construit, va permettre de
positionner et de quantifier relativement pour voir rapidement quelles sont les meilleures
solutions pour une meilleure efficacité énergétique d’usage. On jugera de l’effectivité du

114
diagramme de compromis par le degré d’intelligibilité des informations présentées ainsi que
la pertinence de celles-ci.

2.3.1 Systèmes de côntrole-commande


Les trois types de côntrole-commande que l’on comparera au travers du diagramme de
compromis seront différents en terme de loi de commande de la puissance de chauffage vis-à-
vis de l’usage :
- Système de chauffage sans régulation thermique (Scénario d’étude n°1 tableau 4) :
Dans ce cas, on suppose une puissance de chauffe constante (3000W) durant les heures
d’ouverture de la salle : de 8h à 18h du lundi au vendredi
- Système de chauffage avec régulation thermique (Scénario d’étude n°2 tableau 4) :
Ici, le système de chauffage dispose d’un thermostat lui permettant de réguler la
température en fonction de la consigne de température imposée. Cette régulation permet
déjà de prendre en compte une composante de l’usage : les apports internes thermiques
des occupants. La consigne de température dans ce cas est de 20°C durant les heures
d’ouverture de la salle : de 8h à 18h du lundi au vendredi et de 16 °C en dehors.
- Système de chauffage anticipatif avec régulation thermique (Scénario d’étude n°3
tableau 4) : Ce système reprend les mêmes caractéristiques de régulation et de consigne
que le système précédent mais cette fois-ci la consigne de température de 20°C est
effective durant les heures d’occupation de la pièce prévues et 16°C le reste du temps.
La différence de ce scénario par rapport au scénario 2 tient au fait que l’on appliquera
une consigne qu’à l’horaire de l’occupation de la salle et non celui du bâtiment. Pour
connaître l’occupation prévisionnelle de la salle on peut soit se reporter au calendrier
d’occupation quand il est disponible (dans notre cas), soit modéliser au travers d’une
approche stochastique [HALD, 2008] [PAGE, 2007]. Technologiquement, cela pourrait
correspondre à la programmation du système de chauffage afin de préchauffer au bon
moment les locaux correspondants.

115
Sans Système de Régulation Avec Système de Système Anticipatif
Côntrole-commande de Régulation 1841B6CD7761
systèmes de chauffage 1841B6CD7761
541BE67CF61 !#)1
!#)1
&###'1 )1
Scénarios d’usage B6CD81 B6CD81 B6CD81
#1
#1 E$$1
#1 D$$11 %E$$11
E$$1 D$$11 E1$#1%E#!1
D$$11 %E$$11 (E$$1
9$$1 91 $1
(E$$1
9$$1

Scénario Usage
1234156789AA681
Modèle 2
!"1
B6CD81 1 3
#1
D11 E$#1 %E#!1
$1
91

Tableau 4 : Scénarios d’étude pour l’étude d’efficacité énergétique d’usage pour le système de chauffage

116
Le calcul de l’évolution de la puissance thermique en fonction des différents scénarios
est alors effectué par des modèles thermiques (présentés juste après). Aussi, dans le scénario
1, la puissance thermique est une donnée thermique d’entrée du modèle thermique réduit
(figure 53) (courbe en bleu figure 52) alors que les puissances thermiques des scénarios 2 et 3
ont été calculées à partir du modèle thermique réalisé sous le simulateur thermique
dynamique COMFIE (modèle en annexe 11) (autres courbes figure 52).

Figure 52 : Evolution de la puissance de chauffage durant la semaine d’étude

2.3.2 Calcul de l’évolution de la température

Il existe deux types de modèles physiques pour le calcul de la température dans une pièce
dans lesquels viendront s’implémenter les différents scénarios de côntrole-commande
étudiés :
- Le premier modèle, que nous appellerons « modèle complet », est un modèle basé
sur un logiciel de simulation thermique dynamique : Comfie Pleaides [PEUP, 1990] Ce
modèle présenté en chapitre 2 permet de simuler l'évolution au cours d'une année, sur un pas
de 1h, de la température intérieure ambiante. Ce modèle permet de prendre en compte
l'ensemble du bâtiment dans lequel l'étude s'effectue à partir de l’environnement
météorologique, des différentes compositions de parois constituant le bâtiment ainsi que des
scénario d'usage définissant à la fois les consignes de température voulues tout comme les
scénarios de ventilation et d'apports internes. Nous retrouverons en annexe le modèle
COMFIE employé (annexe 11). Ce modèle permet d’obtenir le comportement thermique de la
pièce avec un système de chauffage intégrant une régulation de température (Scénario
d’études 2 et 3 table 4).
- Le second modèle, que nous appellerons « modèle réduit », est un modèle thermique
équivalent thermique [MADS, 1995] [LE, 2008]. Cela permet de simplifier le problème par

117
rapport au modèle complet et d’être plus léger en termes de temps de calcul et de complexité
de définition de modèle en vue d’une intégration dans un SGEB. En effet, un tel modèle a
pour contrainte d’être à la fois simple et donner des résultats probants car il est amené à être
implémenté dans des algorithmes d’optimisation et de contrôle-commande afin de piloter un
ensemble de charge dont des charges électriques. Or, la commande de ces derniers s’effectue à
l’ordre de la seconde ou la milli secondes. Aussi, il faudra un modèle thermique qui puisse
donner une information de la température rapidement et à un pas de temps aussi faible. Dans
ce modèle, nous prenons en compte les flux thermiques apportés par la source de chauffage
ainsi que les apports internes (Equation 16) (figure 53) Il est à noter que ce modèle équivalent
dispose de composants résistance thermique et chaleur massique, qui sont purement
théoriques et n’ont pas une traduction physique immédiate. En effet, par exemple, la
résistance thermique Rm de la figure 53 n’est pas une résistance thermique mesurable
particulière mais est une combinaison des résistances thermiques réelles de parois, de
plancher, etc…dont nous n’approfondirons pas ici.
.

Figure 53 : Modèle équivalent électrique d’une pièce chauffée (Le, 2008)

2 dTm I s Tint Text 2Tm


3 dt = C + R C + R C − R C Equation 16
3 m m m m m m m
4
3 dTint = I inst − I ac S (t ) + Text + Tm − Tint 68 1 + 1 79
3 dt
5 Co Co R f Co RmCo Co 8A Rm R f B9

Tint = Température ambiante(°K)


Tm = Température dans les murs (°K)
Text = Température extérieure (= Température du shed) (°K)
I inst = Apport Internes thermiques (Usagers+appareils électriques+Chauffage) (W)
I ac = Puissance de Climatisation (W)
I s = Radiation solaire (W)
Rm = Résistance thermique des murs (°K/W)
R f = Résistance thermique des fenêtres et infiltrations (°K/W)
Co = Capacité thermique de l'air (J/°K)
Cm = Capacité thermique matériel (des murs , fenêtres,etc..) (J/°K)

118
Dans ce modèle qui traite originellement d’une pièce située en extérieure, on prend
comme température extérieure vue de la pièce, la température de Shed et l’on supposera
également l’apport solaire nulle car indirecte dans notre cas. Les apports internes électriques
et humains sont calculés en faisant l’hypothèse d’une émission de 80W/personne et une
équivalence de production entre 1 W électrique consommée et 1 W de chaleur dissipée.
Nous implémenterons dans un tel modèle le système de chauffage ne disposant pas de
régulation de température (Scénario d’étude 1 table 4).
Nous obtenons dès lors l’évolution des températures suivantes où la température a été
calculée avec le modèle de la figure 54 pour le premier scénario 1 (tableau 4) (courbe en bleu)
et les autres ont été calculées par le logiciel COMFIE (figure 54).

Figure 54 : Evolution des températures en fonction des systèmes de contrôles commande durant
la semaine d’étude

2.3.3 Construction des fonctions de satisfaction du système de chauffage de la


plateforme PREDIS MHI
Au travers de la conception des stratégies de contrôle- commande et des simulations
effectuées, on dispose désormais de l’évolution des différents paramètres d’usages sensible
(température) et rationnel (présence usager, ouverture bâtiment et puissance thermique) pour
décrire les fonctions de satisfaction associées à chaque configuration (tableau 4). Celles-ci
peuvent désormais définir la fonction de satisfaction globale sous les deux approches telles
que définies par les équations 14 et 15. Pour l’approche PLN, nous choisirons d’utiliser les
coefficients a=1 et b=2 pour l’équation 15 afin de privilégier la solution consommant
l’énergie de manière la plus juste.
On connaît également le coût (l’autre élément de l’EUE) de chaque configuration
(tableau 4) au travers de la consommation énergétique que l’on évalue sur la période de temps
étudiée. On peut dès lors construire le couple quantifié de l’EUE de chaque configuration
étudiée entre satisfaction (grandeur subjective par définition) et coût (grandeur objective)
dans le diagramme de compromis Coût / Satisfaction.

119
2.4 Diagrammes de compromis et prise de décision
Comme indiqué dans la partie 1.4 chapitre 4, afin d’obtenir des couples de
coordonnées (Coût/Satisfaction) (ou (X, Y)) dans le plan de compromis Coût / Satisfaction,
on choisit la valeur moyenne des fonctions de satisfaction (globale, sensible et rationnelle) et
des consommations énergétiques des différentes configurations sur la période de temps
étudiée (une semaine).
Comme nous l’avons évoqué précédemment, nous étudierons les trois types de
satisfactions (sensible, rationnelle et globale) donc nous aurons trois diagrammes de
compromis Coût / Satisfaction qui auront donc en commun les mêmes valeurs d’abscisses car
la même consommation énergétique.

2.4.1 Diagramme de compromis de satisfaction rationnelle


Dans un premier temps, nous n’étudierons que la satisfaction rationnelle qui permet de
valoriser les stratégies de côntrole-commande économe en énergie. En appliquant celle-ci
(équation 11) aux différents profils de puissance de chauffe (figure 55), nous pouvons déjà en
tirer des enseignements (ici plutôt triviaux) concernant l’efficacité d’usage de chaque
configuration du système de chauffage (figure 55).

+ Efficacité Energétique d’Usage -

Figure 55 : Diagramme de compromis de la satisfaction rationnelle par rapport au coût énergétique

Nous pouvons ainsi se rendre compte, au travers du diagramme de compromis, que


cette fonction de satisfaction discrimine de manière effective les configurations du système
énergivore et non économe car la solution du système anticipative (Scénario 3) dispose d’une
satisfaction rationelle moyenne (de 1) supérieure aux deux autres solutions (égales à 0,7). En
effet, par sa définition même, le fait d’avoir davantage intégré la définition de l’usage
(moment et lieu de l’usage) dans la stratégie de côntrole-commande, cela permet de réduire à
la fois les coûts (passant de 1200Wh à 50Wh) mais aussi d’être plus satisfaisant du point de
vue rationnel: en effet, on consomme de l’énergie juste quand il faut, quand il y a des usagers.

120
12
En passant du scénario 3 au scénario 1, on va donc bien vers une meilleure efficacité d’usage
énergétique.
A noter que nous retrouvons sur l’axe des abscisses de ce diagramme le paramètre de
coût et en ordonnée la fonction de satisfaction rationnelle dont un paramètre (la puissance de
chauffe) est lié au coût mais dans la définition de la satisfaction rationelle, on prend en
compte la manière dont est utilisée l’énergie (comment on consomme?) alors qu’en abscisse
(le coût) , seul l’aspect quantitatif financier de l’énergie consommée est retenu.

2.4.2 Diagramme de compromis de satisfaction sensible


En prenant maintenant l’évolution de température (figure 54), phénomène physique
principal du confort thermique, on peut y appliquer la fonction de satisfaction sensible (figure
47) afin de quantifier la satisfaction sensible qu’offre chacune des stratégies de
contrôle/commande (figure 56)

+ Efficacité Energétique d’Usage -

Figure 56 : Diagramme de compromis de la satisfaction sensible par rapport au coût énergétique

Nous nous rendons compte que la solution sans thermostat (Scénario 1 du tableau 4
correspondant au point marqué d’un rond sur la figure 58) est la moins bonne des solutions du
point de vue de l’usage car elle est la solution consommant le plus d’énergie (plus de
1200Wh) et en plus offre le moins bon confort thermique ce qui en fait la solution ayant ainsi
la moins bonne EUE. Cela s’explique en grande partie par le fait qu’un tel système ne
disposant pas de régulation, ne prend pas en compte l’usage sous forme d’apport interne ce
qui crée une surchauffe lors de l’arrivée des occupants et dégrade ainsi la satisfaction sensible.
Les deux autres solutions (réactive (configuration 2 du tableau 4) et anticipative
(configuration 3 du tableau 4) consomment moins mais on peut s’apercevoir que, du point de
vue de la satisfaction sensible, les trois solutions offrent un service quasi-identique (variation
de la satisfaction sensible entre 0,92 et 0,98), ce qui, en soi, est une information effective (car
ça veut dire que globalement, ils rendent le bon service). Mais, en terme de décision, ce seul

121
12
critère de satisfaction n’est pas discriminant pour le choix de technologies. C’est entre autres
pour cela que l’on peut étudier la satisfaction globale combinant ces deux satisfactions.
On peut remarquer à ce propos, que l’on n’atteint pas pour la satisfaction sensible, la
valeur de 1 ce qui est dû à la construction gaussienne de la fonction de satisfaction sensible
(un seul point a une satisfaction de 1).

2.4.3 Diagramme Satisfaction sensible / Satisfaction rationnelle


On peut remarquer dans les deux précédents diagrammes de compromis que ceux-ci
ont toujours le même axe d’abscisse (Coût) et seules les ordonnées des diagrammes changent.
Aussi, il est possible de tracer le rapport entre satisfaction sensible et satisfaction rationnelle
(ce qui constitue une traduction graphique du compromis entre les deux composantes de la
satisfaction globale) (figure 57).
De par cette construction adaptée, on retrouvera l’essentiel des renseignements déjà
découverts pour la décision sur ce graphe, sachant qu’ici le sens de l’efficacité d’usage sera
différent (flèche verte de la figure 57).

Dominé par le
point vert (3)

+
u e
é ti q
n erg
ge é
é d ’usa
a ci t
E f fi c
-

Dominé par les points


bleu et vert (2 et 3)

Figure 57 : Diagramme de satisfaction rationnelle/satisfaction sensible

Nous voyons se démarquer plus clairement, de manière plus intelligible, la solution


anticipative (3) se positionnant comme offrant la meilleure gestion de l’énergie (le moins de
gaspillage énergétique) (satisfaction rationnelle = 1) pour un confort thermique aussi bon que
les autres voire meilleur. Ce dernier graphe nous montre une première effectivité de notre
approche et du diagramme de compromis car il donne des informations intelligibles et
pertinentes : la solution 3 offre plus de satisfaction intellectuelle et sensible car elle intègre
mieux l’usage.
On remarquera sur ce dernier graphe que la satisfaction rationnelle est bien différente
d’une configuration à l’autre car en effet, le système anticipatif utilise de manière plus juste
l’énergie consommée. Cependant, nous pouvons remarquer également une petite différence en

122
12
terme de satisfaction sensible entre les différentes configurations ce qui est principalement lié
au fait que nous ne disposons pas exactement du même modèle pour le calcul de température
entre ces trois configurations expliquant la légère déviance des résultats (entre 0,92 et 0,98).

2.4.4 Diagramme de compromis de satisfaction globale


2.4.4. a Construction avec approche conjonctive

-96%

+ Efficacité Energétique d’Usage -

-88% -64%

Figure 58 : Diagramme de Compromis de la consommation énergétique /satisfaction globale


du système de chauffage de la plateforme PREDIS MHI

En réalisant l’association conjonctive des deux fonctions de satisfaction et en utilisant


les valeurs de consommation énergétique et de satisfaction moyenne sur la semaine d’étude
(Equation 17), il est possible pour chaque solution de côntrole-commande de tracer un couple
(X,Y) dans le plan Coût / Satisfaction globale (figure 58) à partir des fonctions FSs et FSr
déjà définies (Equation 13 et figure 47).

2 1
T

T 11
3 i
X = P(i ) (t )dt
3
4 T T Equation 17
3Y = 1 FSs 1
3 i T1 ( i ,Température ) (t ) dt *
T 11
FSr(i , Energie ) (t )dt
5 1

Cela permet de faire apparaitre de façon immédiate quelles sont les solutions offrant à
la fois une efficacité d’usage optimale grâce à une maximisation de la satisfaction sensible et
de la satisfaction rationnelle. Comme on pouvait s’y attendre, la solution 3 (Contrôle
anticipatif) offre la meilleure efficacité d’usage énergétique en permettant d’économiser plus

123
12
de 96% d’énergie par rapport au système basique sans thermostat, tout en offrant la meilleure
satisfaction globale (0.96). Cela est dû au fait que cette solution intégre davantage l’usage
dans sa définition : intégration de la dimension “nombre d’usagers” par l’aspect système de
chauffage régulé qui régule en fonction des apports internes (humains ou non humains);
intégration de la dimension “lieu et période” de l’usage grâce à la programmation de la
puissance de chauffe permettant de chauffer au “bon” moment.

2.4.4. b Construction avec approche pondératrice linéaire normée (PLN) (a=1, b=2)

Comme pour les constructions de diagrammes de compromis jusqu’à présent, on


prend la valeur moyenne des fonctions de satisfaction appliquées au système ainsi que la
consommation énergétique correspondant pour former un couple (X,Y) dans le plan Coût/
Satisfaction (Equation 18)
2 1
T

3 X i = 1 P(i ) (t )dt
33 T 1
4 1
T
1
T Equation 18
3 a. 1 FSs(i ,Température ) (t )dt + b. 1 FSr(i , Energie ) (t )dt
3Y = T 1 T 1
35 i
a+b
avec
i = 1..n : indices des scénarios de contrôle commande de systèmes de chauffage (Table 6)
P(i ) (t ) : Consommation énergétique du scénario d'étude (i) au temps t
FSr , FSs (t ) = Fonctions de satisfaction rationnelle et sensible du scénario d'étude (i) au temps t
T : Intervalle de temps de l'étude (T=5 jours*24h=120)
a, b =coefficients de pondération

Nous nous rendons compte que nous obtenons (figure 59), tout comme dans
l’approche conjonctive, une visualisation immédiate de la solution ayant une meilleure
efficacité d’usage : la solution anticipative 3. L’approche PLN est donc bien effective et
intelligible car, par la possibilité de pondération des fonctions de satisfaction, nous offrons au
concepteur un outil supplémentaire afin de privilégier, de manière plus spécifique, une
satisfaction en particulier. Ici, la solution optimale (solution 3) :
- minimise de manière conséquente la consommation d’énergie (-80%)
- et maximise la prise en compte de l’usage en consommant l’énergie de la manière
la plus satisfaisante au regard de la satisfaction globale combinant des éléments de
satisfaction sensible (le confort est meilleur) et de satisfaction rationnelle (les
actions d’utilisation et de configuration du système sont satisfaisantes).

124
12
+ Efficacité Energétique d’Usage -

Figure 59 : Diagramme de Compromis Coût /satisfaction globale du système de chauffage de


la plateforme PREDIS MHI : déterminée par l’approche PLN

2.4.5 Bilan des diagrammes de compromis et prise de décision


Dans les diagrammes de compromis précédents, nous avons toujours présenté de
manière quantifiée, le rapport (ou compromis) entre Satisfaction et Consommation
énergétique sous forme de couple de coordonnées dans le plan Coût / Satisfaction.
Cette présentation graphique a permis de valoriser de manière immédiate la solution 3
par rapport aux deux autres stratégies car se situant davantage vers le point d’efficacité
d’usage maximal (cf figure 57) dans le sens de l’EUE croissante. Cela témoigne de
l’effectivité du diagramme de compromis car il permet d’offrir une information claire et
intelligible au concepteur pour prendre une décision sur la solution offrant le meilleur
compromis Coût / Satisfaction. Ce concepteur peut ensuite continuer l’étude pour mettre en
œuvre cette solution par :
- le choix des équipements et de la stratégie de contrôle-commande
(dimensionnement, la programmation de l’algorithme de commande/
d’optimisation,…)
- le choix des technologies d’instrumentation et l’élaboration du plan
d’instrumentation : installation de capteurs de présence et / ou de compteurs
d’occupants à l’entrée de la pièce.

Nous avons pu voir que l’élaboration de chaque diagramme de compromis était


indépendamment effective en apportant chacun des renseignements complémentaires :

- Diagramme avec satisfaction rationnelle : permet de valoriser la solution la plus


économe

125
12
- Diagramme avec satisfaction sensible : permet de valider si toutes les solutions
offrent un service perçu comparable
- Diagramme satisfaction rationnelle / satisfaction sensible : permet de mettre en
rapport deux fonctions de satisfaction afin d’étudier l’impact de chaque paramètre sur la
satisfaction globale
- Diagramme avec satisfaction globale: permet de combiner les deux derniers atouts et
en plus, par la pondération d’un élément, permet d’ajouter une sensibilité à la décision finale.

Le concepteur de SCB dispose ainsi au final d’un outil lui permettant de qualifier
l’intégration de l’usage du système étudié et pourra intégrer cela dans ses critères de choix
finaux (économiques, environnementaux, etc..) et éventuellement au travers d’une
méthodologie de conception plus générale intégrant l’usage que nous allons à présent
proposer.

Comparaison avec un système réel (plateforme PREDIS MHI)

Dans le retour d’expérience effectué et présenté dans le chapitre 2, nous avions pu voir
que le confort thermique du point de vue du chauffage ne présentait pas de problème
particulier et que la satisfaction était globalement bonne. Le système actuel de chauffage de la
plateforme PREDIS MHI dispose d’un côntrole-commande semblable au scénario d’étude n°2
présenté précédemment (Système Réactif tableau 4). Or, on a pu voir par l’étude que l’on
vient de mener sur l’EUE d’un tel système que l’on pouvait encore améliorer le système
actuel en allant vers un système de côntrole-commande anticipatif (solution 3) qui nous
permettrait à la fois d’augmenter la satisfaction globale (en particulier la satisfaction
rationnelle car on utilisera mieux l’énergie) tout en diminuant la consommation énergétique
globale.

Gains énergétiques obtenus grâce à l’EUE

Pour cela, il aurait fallu pouvoir avoir la possibilité, dès la conception du système de
chauffage, de programmer le planning prévisionnel d’occupation. D’autre part, il aurait fallu
équiper la salle informatique de capteurs de présence qui auraient été couplés à la GTC afin
d’attester de la présence effective (et donc des apports internes effectifs) et de réagir sur la
puissance thermique en fonction. Ainsi, par rapport à notre système actuel, on pourrait
économiser jusqu’à 84% de l’énergie consommée. Ce calcul a été effectué sur une semaine
type en Novembre ? Pour des raisons essentiellement de temps de calcul mais également de
manque de données réelles, cette étude n’a pas été effectuée pour l’année mais il serait
possible de la calculer sur l’année si l’on dispose, en particulier, du planning annuel
d’occupation. En terme de satisfaction, on pourrait également gagner en satisfaction,
notamment rationnelle, car on utiliserait la puissance de chauffe au moment réel de
l’occupation tout en maintenant un niveau de température (donc satisfaction sensible)
équivalent. Ainsi, comme présenté précédemment, en intégrant davantage l’usage, on
augmente l’EUE.
Dans les autres systèmes énergétiques (annexes 18 et 21), l’intérêt de l’intégration de
l’usage dans la conception des stratégies de côntrole-commande permet d’économiser jusqu’à
76% pour le système de ventilation et 75 % pour l’éclairage artificiel. Cette intégration de
l’usage permet également d’augmenter la satisfaction globale, notamment (encore ici) la
satisfaction rationnelle (passage de 0.9 à 1 pour le système de ventilation et passage de 0.7 à
0.83 pour le système d’éclairage artificiel avec approche PLN de la satisfaction globale) car

126
12
les solutions optimales permettent de consommer de l’énergie juste au moment effectif de
l’usage grâce à des systèmes de détection de l’occupation (tels que des capteurs de présence).

Gains de satisfaction obtenus grâce à l’EUE

Pour le système de ventilation, la satisfaction sensible serait également augmentée


grâce à un système de régulation du taux de CO2 de l’air (ce qui n’est pas disponible à l’heure
actuelle sur la plateforme PREDIS MHI) permettant de passer d’une satisfaction sensible de
0.95 à 1 par rapport à la situation actuelle (qui est une configuration semblable au scénario 2
de l’annexe 19). En effet, une régulation de la ventilation en fonction du CO2 permettrait de
ne pas dépasser la valeur limite sanitaire (de l’ordre de 1300ppm), satisfaisant ainsi les
usagers. Compte tenu de l’échelle de valeurs de 0 à 1, cette évolution de la satisfaction peut
paraître assez faible mais il faut toutes raisons garder sur ce qui est étudié : ici, le taux de CO2
est juste une donnée de type « seuil d’hygiène » à ne pas dépasser, donc l’évaluation du
confort est assez relatif. Cette amélioration du système actuel pourrait s’effectuer par la mise
en place d’un capteur de CO2 couplé à la GTC commandant la VMC Double flux ainsi que
l’utilisation de capteur de présence.
Pour le système d’éclairage artificiel, la satisfaction sensible ne changera pas entre la
situation actuelle (solution semblable à la solution 5 annexe 23) et la solution optimale
(solution 6 annexe 23) car les deux solutions disposent d’un système de dimming offrant le
même niveau d’éclairement lumineux. Néanmoins, la satisfaction rationnelle changera
(passant de 0.55 pour la solution 5 (solution actuelle de la plateforme PREDIS MHI) à 0.75
pour la solution 6) car cette dernière solution permet d’éclairer exactement à l’endroit précis
de l’usage et ainsi, consommer indirectement de l’énergie au « bon » endroit et au « bon »
moment. C’est donc bien plus une satisfaction de vertu ou d’éthique (lutte contre le gaspillage
d’énergie). Une telle prouesse serait possible soit en disposant davantage de capteurs de
présence afin de découper la salle selon le schéma de l’annexe 22 soit en déduisant la
localisation de l’usage (par exemple par identification de la consommation électrique des
ordinateurs à chaque poste de travail dans ces zones d’éclairage).

Le diagramme de compromis Coût / Satisfaction est donc bien effectif sur la


plateforme PREDIS MHI car cela permet de pouvoir comparer les différentes configurations
actuelles de systèmes énergétiques avec d’autres configurations hypothétiques intégrant plus
ou moins l’usage. Cela permet de juger de l’EUE du SCB et de voir les points d’amélioration
(si l’on avait à rénover le système) ou les configurations optimales (si l’on avait eu un tel outil
en conception). Cet outil permet aussi d’évaluer la quantité d’énergie que l’on pourrait
potentiellement économiser ainsi que de quantifier la satisfaction que l’on pourrait augmenter.

3 Proposition de méthodologie de mise en place du diagramme de


compromis dans un processus de conception intégrant l’usage
Nous avons vu précédemment (Partie 2.4 Chapitre 4) l’intérêt du diagramme de
compromis Coût / Satisfaction comme outil d’aide à la décision pour le choix de
configuration de systèmes intégrant plus ou moins l’usage. Nous avons appliqué cette
méthode aux systèmes de chauffage, ventilation et éclairage car ces services offrent des
services de confort ambiant, seul type de confort que le concepteur de bâtiment (l’équipe de
maîtrise d’œuvre la plupart du temps) puisse dimensionner. Nous allons maintenant présenter

127
12
l’utilité d’un tel outil dans une méthodologie de conception plus globale de systèmes de
bâtiment performant intégrant l’usage.

3.1 L’efficacité d’usage dans le processus de choix de systèmes énergétiques


La partie que nous venons de voir constitue l’étude de l’usage en conception et permet
donc de proposer un élément de décision supplémentaire lors de la conception des systèmes
énergétiques du bâtiment.
Aussi, le concepteur disposera par ailleurs, pour effectuer son étude, de documents tels
que les plans architecturaux qui seront un élément de dimensionnement de la solution
envisagée. Le métier de construction de systèmes bâtiment est d’autre part soumis à de
nombreuses normes et réglementations que ce soit du point de vue mise en œuvre ou, en ce
qui nous concerne, du point de vue énergétique (RT2012, bâtiment BBC, etc…).

Figure 60 : Le diagramme de Compromis comme un des outils d’aide à la décision finale


pour la conception de SCB

Pour atteindre les objectifs énergétiques en prenant en compte les éléments


architecturaux, il y aura donc un choix de technologies correspondant à la recherche de
l’efficacité énergétique classique. Comme nous l’avons souligné précédemment (partie 1
chapitre 3) cette étude d’efficacité énergétique est techno-centrée et donc ne s’intéresse
qu’aux techniques, au système physique (d’où le terme d’efficacité physique (figure 60)).
Avec cette approche classique de l’étude énergétique, le concepteur dispose d’un ensemble de
contraintes sur les systèmes énergétiques qui influenceront le choix final : l’impact
environnemental, les coûts d’installation et de maintenance des équipements,… (Figure 60)
mais égameùent une étude fonctionnelle du bâtiment lors de l’étude de l’analyse du cycle de
vie.
L’étude de l’usage permet dans ce cadre où le concepteur doit réaliser des choix
entre différentes configurations ou différents systèmes, d’apporter la dimension usage en plus
des composantes économiques, environnementales, techniques, etc. disponibles par ailleurs
avec les outils de conception classique ( Equer,etc.). Pour cela, les diagrammes de compromis
(avec satisfaction sensible et / ou rationnelle et / ou globale) de l’efficacité d’usage offrent au

128
12
concepteur des informations permettant de déterminer quelles solutions intègrent le mieux
l’usage. Ainsi, l’efficacité d’usage apparaît comme un critère de choix au même titre que le
coût ou l’analyse environnementale qui feront partie d’un compromis global. Aussi on
pourrait également intégrer l’ensemble des compromis sur le diagramme de compromis
finalement décrit afin de pouvoir étudier les rapports entre les différents paramètres (par
exemple le coût d’une solution au regard de la satisfaction engendrée et de son impact
environnemental) et de choisir la solution optimale.

Nous avons enfin pu voir que par le choix de technologie, et de stratégies de


côntrole-commande intégrant mieux l’usage, nous avions une meilleure efficacité d’usage ce
qui se manifeste par une économie d’énergie. Or ce gain énergétique lié à l’usage, au confort,
pourrait avoir comme unité des Négawattheure (NWh) [NEGA, 2006] (pour reprendre la
logique de la sobriété énergétique) et pourrait faire partie intégrante de prescriptions dans les
cahiers des charges de bâtiments performants. En effet, le concept de négawatt caractérise la
quantité d’énergie qui est gaspillée, dont l’utilité est nulle ce qui est notre cas, au travers de la
satisfaction rationnelle énergétique.

3.2 Méthodologie de conception collaborative de SCB intégrant l’usage :


application à la plateforme MHI PREDIS
Comme nous avons pu le voir jusqu’à présent, les bâtiments dits « énergétiquement
performants », comme les BEPOS, ne peuvent être effectivement performants et efficaces que
si l’on intègre dès leur conception, la dimension usage car elle représente un des paramètres
essentiels du SCB. Aussi, la méthodologie de conception de tels bâtiments doit évoluer afin
d’intégrer cette dimension.
Le processus de conception classique de bâtiment est, historiquement, davantage
linéaire allant de son design à sa construction finale: en schématisant, l’architecte établit les
plans, puis les communiques aux ingénieurs structure, thermique, électrique qui se les
approprient, changent certaines configurations pour y appliquer les équipements « sur
étagère » disponibles puis donnent le projet à la réalisation. On remarque désormais, avec
l’avènement de bâtiments énergétiquement efficaces et la considération du bâtiment comme
un système énergétique à part entière, que la conception doit s’effectuer de façon
collaborative entre les différents acteurs de la conception.

Dans ce cadre de conception collaborative, on a pu établir une méthodologie de


conception par l’usage de SCB (exemple de la plateforme PREDIS) [CHEN, 2008] (annexe
26).
La première phase consiste en l’analyse taxonomique de l’usage. Nous y retrouvons la
même analyse par approche QQOQCP telle proposée précédemment (partie 1.1 chapitre 4).
Ici cette analyse pourra être effectuée de deux manières possibles en fonction du type d’usage
étudié :
- soit par une approche « externe » de l’usage où l’on s’attachera à définir l’usage futur
d’un bâtiment (aussi appelé usage projeté). Ceci est en particulier valable lors de la
construction d’un bâtiment neuf. Dans ce cas de définition de l’usage, l’étude sera effectuée
lors de séance de conception (ou créativité) collaborative rassemblant les différents acteurs du
projet : les experts métiers (architecte, bureau d’études, etc..), experts scientifiques (qui ne
peuvent intervenir que dans le cadre de projets expérimentaux) mais aussi des usagers. Une
telle séance de créativité permettra, au travers d’un processus de génération de créativité bien
défini (phase de purge, de divergence, de convergence et de tri d’idées) de faire ressortir un

129
12
ensemble d’usages possibles du bâtiment que l’on pourra définir selon les différents axes de la
méthode QQOQCP.
- soit par une approche « interne » de l’usage où l’on connaît déjà le type d’usage.
Ceci est valable en particulier lors de la rénovation d’un bâtiment. On pourra alors analyser
l’usage (usage réel) par des procédés d’observations sociologiques comme des interviews in
situ et une observation des usages suivie d’un débriefing avec les usagers afin de pouvoir
caractériser au maximum l’usage effectué.

Ces deux approches permettent de définir les usages, ce qui permettra, d’une part
d’alimenter le processus de construction de l’efficacité d’usage, et d’autre part de déterminer
les fonctionnalités effectives du bâtiment afin de pouvoir définir les services appropriés aux
usages.
A partir de la définition de l’ensemble des fonctionnalités, nous retrouverons la double
approche du SCB que nous avons présentée précédemment (partie 2 chapitre 3): l’étude
d’usage et l’étude technique (figure 64). D’une part l’étude de l’usage (correspondant à la
problématique de l’usage 1 PU1 de l’annexe 26) aura pour vocation de poser les
problématiques liées à l’intégration de l’usage et d’y répondre au travers du diagramme de
compromis. D’autre part, l’étude technique, qui consiste au choix des technologies peu
consommatrices d’énergie et la mise en œuvre de tels équipements, viendra proposer d’autres
contraintes.
L’ensemble de ces deux études permet de finalement établir le cahier des charges
global du SCB qui pourra alors être construit en fonction des différentes préconisations
élaborées.
La validation des solutions vis-à-vis de l’usage pourra ensuite se faire en phase
d’exploitation du bâtiment. Pour cela, on pourra utiliser une approche type «mixte » de
l’usage où à partir de différentes traces d’usages (consommations, observations,
questionnaires) réalisées dans des lieux d’expérience comme l’appartement DOMUS
[DOMUS, 2011] ou la plateforme Usage PREDIS, on pourra établir des scénarios d’usage
spécifique. Ces scénarios d’usage permettent de définir le cadre dans lequel on peut tester, en
grandeur réelle, les stratégies de côntrole-commande et de gestion énergétique sur des sujets /
usagers expérimentateurs. Ces expérimentations permettent, entre autre, de voir quels
paramètres d’usage sont plus ou moins pertinents vis-à-vis des notions de satisfactions
(rationnelle et sensible) élaborées donc contribuent ainsi à valider les éléments de notre
approche EUE.

On peut donc finalement constater que l’efficacité énergétique d’usage peut


parfaitement s’intégrer dans des processus de conception de SCB performants. En cela, l’outil
d’aide à la décision lors de la phase de conception peut être facilement opérationnel et facile
d’utilisation pour l’ensemble des acteurs du système bâtiment.

Conclusion
Nous avons pu, dans ce chapitre, voir comment mettre en application le concept
d’efficacité d’usage énergétique sur le SCB. Pour cela, il faut pouvoir concrétiser les concepts
énoncés ce que l’on a proposé par l’intermédiaire du diagramme de compromis
Coût/Satisfaction qui permet de traiter la dimension multi-objectifs de l’EUE.
Pour arriver à construire un tel diagramme, nous avons introduit en particulier la
notion de fonction de satisfaction qui permet de formaliser les notions de satisfactions
sensibles et rationnelles préalablement présentées. Aussi, on a pu voir que celles-ci pouvaient

130
13
être construites selon l’approche épistémologique constructiviste et qu’elles donnaient alors
lieu à une certaine méthodologie de construction.
Nous avons présenté pour cela l’approche QQOQCP qui permet d’identifier les
paramètres d’usage qui sont les paramètres dont dépendent les fonctions de satisfaction. A
partir de ces paramètres, nous avons vu que l’on pouvait construire de manière effective les
fonctions de satisfaction sensible et rationnelle dans un premier temps et la fonction de
satisfaction globale dans un second temps. Cette dernière étant fonction des composantes
rationnelles et sensibles, sera construite de manière la plus effective possible afin d’atteindre
les objectifs visés (sobriété énergétique et acceptabilité des usagers).
Ces différents éléments subjectifs permettent, avec la donnée objective de
consommation énergétique d’un équipement, de construire le diagramme de compromis Coût
/ Satisfaction qui est un plan ayant pour abscisse l’échelle de coût (semblable à la
consommation énergétique) et en ordonnée la satisfaction globale (comprise entre 0 et 1).
Chaque point de ce diagramme est décrit par une coordonnée cartésienne correspondant à la
moyenne de la satisfaction globale et à la consommation énergétique. Cela permet de
représenter graphiquement le rapport d’EUE et, en travaillant dans ce plan, de faire apparaître
des ensembles de points optimaux (fronts de Pareto).
Nous avons pu ensuite appliquer une telle méthodologie à des cas d’application de
systèmes énergétiques tels que le système de chauffage, la ventilation ou l’éclairage artificiel.
L’objectif était de comparer différentes solutions de contrôle-commande selon la contrainte de
l’efficacité d’usage énergétique au travers de diagrammes de compromis.

Nous avons pu nous rendre compte de l’effectivité du diagramme de compromis du


fait que l’on a pu faire émerger de manière évidente une configuration de côntrole-commande
qui apparaît comme ayant la meilleure efficacité d’usage. On a pu ainsi montrer que plus on
intègre l’usage dans les stratégies de côntrole-commande, moins on consommait d’énergie
et meilleure était la satisfaction globale du système. Le diagramme de compromis s’est donc
avéré un outil effectif en tant qu’outil d’aide à la décision en apportant une vision usage.

L’élaboration de ce diagramme en tant que tel permet de se questionner sur l’analyse


de l’usage et la construction de fonctions de satisfaction. Une telle démarche est alors
productive en termes de matériaux techniques et scientifiques pour la conception de SCB car
le processus de construction est tout aussi riche d’enseignement que le résultat final.
Ainsi, la construction du diagramme de compromis permet le choix du matériel
d’instrumentation et l’élaboration de plans d’instrumentation grâce à l’analyse de l’usage et
l’étude de mesurabilité des paramètres d’usage permettant de faire ressortir les paramètres
d’usage les plus intéressants.
Ensuite, les résultats affichés sur les diagrammes de compromis ont comme propriétés :
- d’être intelligibles : on peut lire de façon directe quelle solution est la meilleure du
point de vue de l’efficacité d’usage.
- d’être pragmatiques : on arrive à quantifier aussi bien des gains énergétiques
occasionnés par le choix d’une technologie que des gains de satisfaction.
Il reste à réaliser une étude économique afin d’apprécier du retour d’investissement concret
que l’on obtiendrait par la mise en œuvre de technologies intégrant davantage l’usage. Cet
investissement devrait être faible au regard des impacts aussi bien économiques
qu’environnementaux que pourraient entraîner à long terme des solutions énergivores.
Enfin, nous avons resitué l’utilisation du diagramme de compromis comme outil
d’aide à la décision dans une méthodologie plus générale de conception de SCB intégrant
l’usage. Notre approche s’y intègre de manière efficace car elle reprend des données et études
déjà effectuées dans ce cadre.

131
13
Chapitre 5

Application de l’efficacité d’usage


énergétique au diagnostic et à la gestion
d’énergie dans les bâtiments

Nous avons vu précédemment (chapitre 4) que le concept d’efficacité d’usage énergétique


pouvait s’appliquer, sous forme de diagramme de compromis Coût / Satisfaction en tant
qu’outil d’aide à la décision en phase de conception du système bâtiment. L’objectif était de
comparer différents équipements ou différentes configurations d’un même système au regard
de l’efficacité d’usage. A présent nous allons étudier l’intérêt de l’EUE en phase
d’exploitation d’un bâtiment qui pourra alors être appliqué comme outil d’aide à la sobriété
énergétique pour l’usager-habitant d’un logement. On utilisera pour cela le diagramme de
compromis Coût / Satisfaction de manière à présenter à l’usager de meilleures actions à
effectuer, plus sobres en énergie que son comportement courant, et qui amélioreraient en
même temps sa satisfaction globale.

132
13
Etude comparative historique de la consommation pour l’analyse de l’usage en
phase d’exploitation du bâtiment

En phase d’exploitation, sachant que le système bâtiment est déjà défini, donc les
équipements installés déjà choisis, on s’attachera ici davantage à comparer le comportement
énergétique pour chaque équipement au cours du temps entre différentes périodes égales
d’utilisation. Comme souligné précédemment (partie 2 chapitre 4), en phase de conception, on
s’intéresse davantage à des systèmes énergétiques de confort d’ambiance où l’on peut
connaître le modèle physique associé aux services d’ambiance au travers des différents
domaines scientifiques, alors qu’en phase d’exploitation on s’intéressera davantage aux
équipements choisis et installés par les usagers (notamment dans un bâtiment résidentiel) et
présentant un rapport particulier d’usage avec l’utilisateur [DESJ, 1996]. Ces équipements
sont, pour la plupart, des charges électriques effectuant des services particuliers et contribuant
à ce que l’on qualifiera de « confort fonctionnel », car ils se différencient en terme de
contenu, des services d’équipements de confort d’ambiance. En effet, les services rendus par
ces équipements n’agissent pas sur des paramètres physiques de l’environnement de l’usager
mais soient ils agissent sur des équipements soient ils apportent des informations.
Ainsi, on pourra inclure dans les équipements de confort fonctionnel :
- ceux qui s’attachent à modifier la propriété physique d’un produit de
consommation (par exemple la température des aliments pour le réfrigérateur, la
composition moléculaire d’aliments pour les appareils de cuisson, l’hygiène pour
le lave-vaisselle et le lave-linge). Ces équipements électrodomestiques sont
également appelés produits blancs et ce sont des équipements considérés comme
indispensables,
- ceux qui fournissent un service de type média (chaîne hifi, télévision etc.…). Ces
équipements sont appelés produits bruns et procurent des activités de loisir,
- ceux qui fournissent un service informatique appelés aussi produits gris.
Ces dénominations appartiennent au monde du marketing (en tant que politique du
produit) et sont reliées aux notions de déchets blancs, bruns et gris qui caractérisent de
manière a priori l’utilité de tels services (ou leur niveau de recyclage en tant que déchets)
[UE,2002].
Le rapport à l’usage de ces équipements est également différent des équipements
d’ambiance car ici, l’usager va pouvoir davantage être « au contact » avec l’équipement
technique, agissant ainsi directement via l’interface « homme-machine » (utilisation de
boutons de commande installés sur la machine, interaction avec des éléments de la machine
(porte, etc.…)).

Taxonomie des charges électriques résidentielles en Other Use Electric (OUE)

Ce rapport à l’usage est défini en particulier en fonction du type de commandabilité


que ces équipements intègrent et du modèle physique de chaque appareil. Aussi, selon les
fonctionnalités propres de chaque équipement on peut réaliser une certaine taxonomie de
modèle physique en fonction du comportement thermique modélisé dans le modèle physique.
Aussi An Pham, propose de classifier ces charges électriques, également appelées OUE
(Other Use Electric), en trois familles par rapport à leur comportement thermique [PHAM,
2011] :

• OUE thermorégulés : la consommation électrique dépend de l’écart de


température interne / externe au système et la consigne de commande (par

133
13
exemple réfrigérateur, plaque électrique,..). Ainsi, la puissance thermique
(calorifique ou frigorifique selon le service effectué) sera régulé afin de
maintenir à l’intérieur du système une température constante quelque soit la
température externe au système.
• OUE à puissance thermique imposée : une part de la consommation
électrique dépend de la température de l’élément interne au système
(température d’eau par exemple) (par exemple lave-linge, lave-vaisselle). A la
différence avec les OUE thermo régulés, ici, l’interface homme-machine est
plus élaborée. Le service demandé par l’usager consiste au choix explicite
d’un certain mode de fonctionnement qui correspond à une température
spécifique alors que dans les OUE thermorégulés le choix de la température
est davantage implicite (un réfrigérateur est toujours plus au moins à 4°C).
L’autre distinction que l’on pourra effectuer entre ces deux premières familles
d’OUE sera à propos de l’élément naturel sur lequel s’effectue le service. En
effet, les OUE thermorégulés, agissent directement sur la température de l’air,
élément physique très difficile à l’usager à pouvoir contraindre, si ce n’est à
une échelle plus globale de la pièce par exemple. Alors que les OUE à
puissance thermique utilisent l’élément de l’eau dont la température dépend
de l’air mais il y a une certaine inertie de transfert de chaleur entre ces deux
éléments. Ainsi les OUE à puissance thermique seront dépendante de manière
indirecte à la température externe du système. En effet, l’eau fait partie d’un
circuit global de distribution dont la température est la même pour tout un
bâtiment alors que l’élément air pour les systèmes OUE thermorégulés est
défini de manière locale, dans la pièce.
• OUE à moindre influence thermique : le fonctionnement de l’équipement ne
dépend pas de la température interne ou externe (par exemple équipements de
médias, appareillage robotiques électroménager, ...)

Comme nous l’avons vu précédemment (partie 1.2 chapitre 4), si l’on veut construire
un modèle d’usage et une fonction de satisfaction, il est nécessaire de pouvoir modéliser le
système étudié. Or, dans le cas des équipements de confort fonctionnel, les modèles sont
difficiles à obtenir pour 3 raisons majeures :
- des informations sur les paramètres d’usage peuvent être difficilement mesurables ou
lourdes à instrumenter comme par exemple la quantité d’aliments disponibles dans un
réfrigérateur.
- des informations non formelles qui sont liées à l‘appréciation de l’objet par l’usage
(valeur affective,…) sont difficilement modélisables car trop subjectives [DESJ, 1996].
- la confidentialité des informations à recueillir. En effet, selon le degré de finesse du
modèle voulu, on entre dans la sphère privée voire intime et il n’est pas souhaitable d’entrer
dans « l’espionnage » d’activités des personnes pour autant. Ainsi, les composantes relatives à
l’acceptabilité et à la propriété privée sont parmi les paramètres très importants.
Compte tenu de ces éléments, il est donc difficile de pouvoir connaître parfaitement le
fonctionnement des équipements liés à l’usage. Aussi, on se placera ici dans une configuration
dite boîte noire : on ne connaît que les sorties et, éventuellement les entrées du système étudié
sans connaître le mécanisme liant ces entrées et ces sorties.

134
13
Au final, la difficulté de la connaissance des systèmes soumis à l’exploitation va être,
lors du diagnostic énergétique, de pouvoir distinguer l’efficacité physique et l’efficacité
d’usage de ces équipements. Nous allons présenter de nouveau ces notions appliquées au cas
des équipements en exploitation puis nous tâcherons d’effectuer une analyse d’usage sur
quelques équipements électrodomestiques afin d’établir soit des diagrammes de compromis
Coût / Satisfaction pour l’exploitation, soit un diagnostic de l’usage par affichage de données.

1 Enjeux et état de l’art du diagnostic d’usage dans les bâtiments


1.1 Différenciation diagnostic efficacité physique et diagnostic efficacité
d’usage

Dans la phase d’exploitation des bâtiments, tous les consommateurs d’énergie, que ce
soit les usagers finaux dans le cas d’habitat résidentiel ou le cas d’opérateurs du bâtiment pour
les bâtiments tertiaires, souhaitent connaître leur consommation et de façon de plus en plus
détaillée afin de connaître les postes principaux de consommation et ainsi localiser les postes
où se situent des potentiels d’économies d’énergie. Le diagnostic énergétique est ainsi
élémentaire dans la gestion d’énergie d’un bâtiment.
Cependant, au regard de l’analyse que l’on a pu faire sur le terme d’efficacité
énergétique, l’efficacité énergétique est donc composée de deux composantes : l’EUE et
l’efficacité énergétique physique (ce dernier correspondant à l’ « use efficiency » de A. Lovins
[LOVI, 2004]).
Il est crucial de distinguer ces deux notions d’efficacité physique et d’efficacité
d’usage car amalgamer ces deux concepts interdit toute certification. En effet, les systèmes
habitations étant occupés, une consommation excessive peut avoir pour explication :

– un défaut dans un équipement ou un vice de fabrication,


– un mauvais usage d’un équipement ou d’un composant du système habitat.

A défaut de pouvoir discriminer ces deux causes possibles, les responsabilités sont
diluées : chacun peut accuser l’autre, interdisant ainsi tout recours possible et donc toute
certification. Pour résoudre ce problème, il est donc crucial de mettre au point deux outils
d’aide à l’analyse de performance énergétique pour chaque équipement et composant du
système habitat :
- un outil de diagnostic de l’efficacité physique (ou de label), qui soit le plus
indépendant possible de l’usage,
- un outil de diagnostic de l’efficacité d’usage, qui soit le plus indépendant possible
des performances énergétiques des équipements et composants du système habitat.

Cette différenciation a pour objectif la compréhension de la consommation, mais cela


peut également, et surtout, servir en conception dans le cadre de financement PPP (Partenariat
Public – Privé [NOR003, 2008]). En effet, dans ce mode de financement de projet,
notamment lié à des bâtiments énergétiquement performants, la partie privée de ce partenariat
aura en charge toute la partie technique du bâtiment. Ainsi la partie privée livre un bâtiment
garantissant une certaine excellence énergétique à condition que les usages soient ceux pour
lesquels le bâtiment a été calibré. La différence de consommation sera à la charge de la partie
publique, se dédouanant ainsi de la partie usage. Or, comme nous avons pu le voir au travers
du retour d’expérience pour la plateforme PREDIS MHI (Chapitre 2) l’usage est rarement
celui imaginé et il y aura toujours des divergences. Aussi, afin d’affiner les modèles de la
partie usage et afin de réduire le coût des charges pris en compte par la partie publique, la

135
13
connaissance de la part « physique » et « usage » de l’efficacité énergétique au travers d’outils
de diagnostic est essentielle.

1.1. 1 Exemple de cas montrant que la différenciation est nécessaire


Considérons par exemple, un réfrigérateur dont l’étiquette énergie correspond à la
valeur A. L’efficacité de label, ou efficacité physique, pour cet équipement est donc
excellente. Imaginons maintenant que les utilisateurs du réfrigérateur aient l’habitude d’y
stocker des plats encore chauds ou encore que, parfois, ils oublient d’en fermer la porte.
Malgré une excellente efficacité de label, l’efficacité d’usage pour ce cas particulier sera
faible. Notons qu’il est difficile de définir des références de bon usage dans l’absolu car, par
exemple, il peut être voulu par les occupants du lieu de stocker certains plats chauds dans le
réfrigérateur pour faire tomber rapidement la température des plats. Dans ce cas, l’efficacité
d’usage ne doit pas être pénalisée car cela est conforme aux attentes de confort des occupants.
Cela est lié au caractère relatif de l’efficacité d’usage, qui disqualifie les approches de
diagnostic qui s’appuient sur une référence de comportement absolue. Malheureusement, cela
recouvre la grande majorité des méthodes de diagnostic.

Considérons maintenant une zone de vie très bien isolée et dotée d’une pompe à
chaleur et d’une ventilation double flux. L’efficacité de label en sera certainement très bonne
en ne requérant que quelques kWh/m² par année pour maintenir un confort thermique
acceptable pour des occupants, sur la base d’un scénario d’occupation défini. Néanmoins, ce
composant du système bâtiment peut avoir une très faible efficacité d’usage si les occupants
s’imaginent, notamment en hiver, qu’il faut ouvrir les fenêtres pour renouveler l’air intérieur
au lieu de laisser la ventilation double flux réaliser sa fonction. Là encore, l’efficacité d’usage
est relative aux occupants car ceux-ci peuvent considérer que l’ouverture des fenêtres fait
partie de leurs attentes de confort. Le tout est d’avoir conscience des pertes énergétiques
induites par de telles exigences et de les assumer.

1.2 Enjeux du diagnostic de l’efficacité d’usage énergétique en exploitation


L'enjeu de l’EUE en phase d’exploitation est de pouvoir analyser et informer l'usager
si les équipements sont « bien » utilisés, conformément d'une part à la configuration du
système et d’autre part à leurs attentes afin de pouvoir concevoir des systèmes de gestion
énergétique plus « intelligents ou intuitifs ». S'il y a une différence entre ce qui serait bien (ce
qui est prévu par les modèles) et ce qui est fait réellement, la problématique est déjà d’évaluer
la marge énergétique que l’usage implique. S’il y a un surcoût énergétique, est-ce que l'usager
accepte ce surcoût ou pas ? Ce surcoût évalué est-il lié à un mauvais usage ou alors est-il
consciemment choisi car l'usager aura voulu, à un instant donné, une autre satisfaction que
celle proposée par la SGEB ?

Nous pourrons nous interroger par la suite sur les multiples compromis auxquels sera
confronté l’utilisateur au cours de l’exploitation du système bâtiment et nous proposerons des
outils qui permettront d’aider à l’expression de ces compromis.

Le diagnostic d’usage (ou le diagnostic d’efficacité d’usage) a alors pour objectif,


dans un premier temps, de discerner les modes de consommation « anormaux » et d’analyser
s’il s'agit effectivement d'un mauvais usage. Dans ce cas, soit l'usager corrigera son usage
(grâce à un affichage de l’information par exemple), soit le SGEB sera capable par
reconnaissance de pattern d’usage, de déterminer s'il s'agit bien de mauvais usages. Par
exemple, en analysant l'usage si l'on voit qu’un ordinateur fonctionne et qu'il n'y a aucune

136
13
activité ni présence de l’occupant, le SGEB pourra mettre en veille prolongée automatique
l’ordinateur.
Cette dimension du contrôle d’un « bon » usage se rapporte à la satisfaction
rationnelle que nous avons présentée auparavant. Aussi, en phase d’exploitation on
s’intéressera davantage à la construction de fonctions de satisfaction rationnelle
discriminant le mauvais usage énergétique.

1.3 Etat de l’art des outils de diagnostic


Les systèmes conçus et fabriqués par l’homme (véhicules, avions, réseaux de
télécommunications, usines...) sont de plus en plus complexes. Cette complexité est due au
grand nombre de composants constituant ces systèmes.
Malgré les besoins de sécurité, la réduction des coûts d’exploitation et la maîtrise de la
disponibilité des équipements, ces systèmes ne sont pas à l’abri de défaillances. C’est
pourquoi les activités de surveillance, de diagnostic (détection, localisation, identification de
défaillances), de réparation ou de reconfiguration sont très importantes. Ces activités
permettent de détecter et de localiser les défauts, de minimiser le temps de réparation, et de
fournir un diagnostic fiable et facilement interprétable malgré la complexité des équipements.
Dans ce contexte, de nombreuses approches ont été développées, en vue de la
détection de défauts et du diagnostic, par différentes communautés de recherche en
automatique. Le projet Plumes [YASS, 2011] a permis de recenser et de classer, de manière
générale, les différentes méthodes en 5 familles : méthodes à base de modèles, à base de
reconnaissance de formes, à base de réseaux bayésiens, à base de cas, et des méthodes à base
d’arbres de décision :
• Les méthodes à base de modèles considèrent un modèle de comportement du
système basé sur des principes physiques fondamentaux. Ces modèles
peuvent être de type quantitatif exprimés sous forme d’équations
mathématiques (contraintes) ou bien de type qualitatifs, exprimés par
exemple sous forme de relations logiques [WILL, 1975] [FRAN, 1996]
[ISER, 2004]. Ces méthodes présentent l’avantage de ne nécessiter aucune
connaissance préalable des défauts ou symptômes possibles. Elles s’appuient
uniquement sur la vérification de la consistance entre le comportement
réellement observé du système et le comportement attendu de ce système.

• Les méthodes à base de reconnaissance de formes [DUBU, 2001] visent à


identifier les zones d’un espace de valeurs qui correspondent à des états
défaillants. Il y a généralement de forts recouvrements entre ces zones. Cela
montre bien que, dans le cas général, il existe plusieurs diagnostics possibles
et qu’il est illusoire de penser obtenir directement la bonne explication d’un
système de diagnostics automatiques. L’approche par reconnaissance de
formes ne présente pas d’obstacle à la garantie des résultats. Si les zones sont
correctement délimitées, il est possible d’établir avec certitude si l’on se
trouve ou non dans un état anormal et, si des états défaillants ont été
modélisés, d’obtenir la liste des états défaillants modélisés qui sont
compatibles avec les observations. Cette approche présente néanmoins
l’inconvénient de ne s’appliquer qu’à des systèmes statiques (sans mémoire).

• Les méthodes à base de réseaux bayésiens sont des méthodes probabilistes


qui peuvent aider à faire le diagnostic [PEAR, 1988]. Elles constituent un
outil important pour le diagnostic des systèmes [DELC, 2002]). D’une part,

137
13
elles permettent de construire un modèle de bon et de mauvais
fonctionnement du système, ce qui permet de chercher les diagnostics sans
disposer d’un historique de pannes. D’autre part, ces réseaux bayésiens
permettent de prendre en compte les probabilités de défaillance a priori des
composants. Ils permettent aussi de calculer facilement les probabilités de
défaillance a posteriori des composants, c’est-à-dire avec les observations.

• Les méthodes à base d’arbre de décision consistent à construire un arbre à


questions successives. Selon la réponse, cet arbre peut être construit et il
permet de réaliser le diagnostic.

• Les méthodes à base de cas consistent à enregistrer dans une base de


connaissances les effets observés des défauts qui se sont produits dans le
passé. Puis, lorsque un fait anormal se produit, on cherche des cas similaires
dans la base de connaissances pour trouver les diagnostics possibles.

Nous verrons par la suite que ces méthodes, issues du génie industriel, peuvent être
mises en application pour diagnostiquer les défauts résultant du mauvais fonctionnement des
équipements énergétiques (diagnostic d’efficacité énergétique physique). Nous essayerons par
la suite de nous attacher plus particulièrement sur la manière de diagnostiquer les défauts
résultant du « mauvais » usage des équipements énergétiques.
Nous avons indiqué précédemment que les équipements électriques dont les services
constituent les différents conforts fonctionnels, pouvaient, au même titre que les équipements
ambiants, être analysés par l’approche QQOQCP afin de déterminer les paramètres d’usage.
- Du moment où il sera possible de mesurer tout ou partie des paramètres
d’usage des équipements, on pourrait construire des fonctions de satisfaction et ainsi
construire des diagrammes de compromis. Dans ce cas, ce sera l’usager - concepteur
qui pourra formuler et construire les fonctions de satisfaction effectives.
- Dans le cas contraire où les paramètres d’usage sont difficiles à obtenir, on
propose d’utiliser la méthode de diagnostic par affichage des données. Dans ce cas, ce
sera l’usager - lecteur qui construira alors cognitivement ses propres fonctions de
satisfaction (qui ne seront alors pas formalisées mais simplement issues d’un
processus mental) afin d’évaluer sa satisfaction globale.

2 Le diagramme de compromis comme outil d’aide à la sobriété


énergétique des usagers pour des systèmes facilement
modélisables : application à des appareils électriques domestiques
Dans le cas où l’on dispose d’informations mesurables, ou estimables, de l’usage, on
peut créer des fonctions de satisfaction (sensibles ou davantage rationnelles), qui pourront être
re-adaptées et redéfinies par les usagers afin de s’adapter au mieux à la réalité, d’estimer la
satisfaction globale de l’équipement. On se propose alors d’appliquer de telles fonctions de
satisfaction sur une période de temps définie (une semaine) et de comparer des intervalles de
temps entre eux (la journée) afin d’étudier l’évolution de l’usage et, par analyse, la sobriété
de l’usage et ainsi inciter à de meilleures pratiques.

- Dans le cadre de la recherche de l’augmentation de la composante rationnelle


de la satisfaction globale, on cherchera à inciter l’usager à de meilleures pratiques.
Pour cela, il s'agira de comparer l'usage réel d’un équipement à celui tel qu'il devrait
être si l'équipement était « bien utilisé ». A condition, encore une fois, de connaître ce

138
13
qu’est « bien utilisé » mais qui peut être analysé au travers de l’analyse des paramètres
d’usage. Ce modèle d’usage de la « bonne utilisation » peut dans un premier temps,
correspondre au modèle d’usage élaboré à la conception de l’équipement étudié. La
différence entre la consommation réelle et celle du modèle peut faire (ré)agir l'usager
dans le sens d’une meilleure sobriété et / ou mettre à jour le modèle d’usage.

- Dans le cadre de la recherche d’une augmentation de la composante sensible de la


satisfaction globale, on pourra chercher à optimiser le service procuré par
l’équipement en question. Etant donné que ce paramètre est fortement lié à l’aspect
technologique du fonctionnement même de l’appareil, on ne traitera pas cela en
détail ici (par exemple, augmenter le niveau d’hygiène fourni par un lave-linge
peut faire intervenir des paramètres tels que la qualité de la lessive, la vitesse de
rotation du tambour, la qualité de l’eau, etc…).

2.1 Mise en oeuvre de l’expérimentation dans le cadre l’étude de l’EUE


lors de l’exploitation de bâtiment

Compte tenu de la spécificité des paramètre d’usage des équipements étudiés, il a été
choisi de faire une étude exploratoire de l’usage sur soi même afin d’avoir la liberté de
pouvoir se contraindre à un rituel.

2.1.1 Conditions d’expérimentations exploratoires in situ


Ainsi, pour l’expérimentation du réfrigérateur et du lave-linge, ceux ci ont eu lieu dans
un appartement de type T2, avec un seul usager. Ces deux appareils électriques étaient situés
dans une même pièce, dont on considérera que la température de l’air ambiant était régulée
jour et nuit à 19°C.
La campagne d’investigation a duré une semaine durant laquelle, pour l’opération du
réfrigérateur, seule la taille et le poids des aliments ont été prélevés car ce sont les seules
données prélevable avec une instrumentation basique dispose dans les foyers (une balance et
un mètre). Cette immersion dans le quotidien d’une personne ainsi que la procédure
expérimentale de l’étude de l’usage peut, de ce point de vue, être du registre du
constructivisme car on choisit de créer un modèle dans son environnement naturel d’usage
avec les moyens d’instrumentation présent dans ce lieu de vie. Ainsi, on a un modèle
totalement construit sur mesure, à un niveau de granularité des données à la hauteur d’une
part de la précision des moyens d’instrumentations disponibles et des informations
volontairement indiquées par l’usager. En effet, on supposera véridiques toutes informations
recueillies lors de l’expérimentation mais nous serons conscient du nombre de biais qui
peuvent être générés par ce type d’expérimentation exploratoire. Ainsi, on retiendra en
particulier l’aspect qualitatif des résultats présentés ici et l’on gardera en tête le fait que la
précision des résultats est au regard de la finesse des informations disponibles par rapport à
l’usage réel.

Pour l’étude de l’usage de l’ordinateur, seule la mesure électrique de l’équipement a


été effectuée sur un certain nombre de postes informatiques. Cette mesure est nettement
moins exigeante et intrusive pour l’usager final et nous verrons que l’on peut néanmoins en
tirer un certain nombre d’enseignements.

139
13
2.1.2 Modélisation constructiviste pour le diagnostic de l’usage
On peut voir, par la mise en oeuvre de l’étude de l’usage sur des appareils davantage
« fonctionnels » (équipements électrodomestiques offrant un service fonctionnel et non pas
une ambiance) que la nature même de l’usage est d’une complexité nécessitant une
description du modèle de l’usage dans son environnement. Il est nécessaire pour cela de tenir
compte et de préciser la nature des données disponibles, leurs finesses, leur mode de collecte
ainsi que les marges d’erreurs possibles.
En effet, le modèle de l’usage constructiviste est un modèle ayant comme propriété de
pouvoir se définir en fonction des données disponibles que ce soit en quantité qu’en qualité.
L’ingénierie classique, avec des modèles ontologiques, génère des modèles qui ne seront
reproductibles que sous les mêmes conditions expérimentales et avec l’ensemble des données
d’entrée connues. Or avec l’acteur humain, de tels modèles sont dépassés car la complexité de
lu comportement humain fait qu’il n’y aura pas deux situations identiques. Cette complexité
de l’intégration de l’acteur humain est une opportunité pour pouvoir considérer selon une
approche différente les systèmes énergétiques en interface directe avec les acteurs humains.
L’approche constructiviste se retrouve ainsi naturellement dans le fait que les modèles
seront élaborés pour un équipement particulier, dont l’usage est défini par des paramètres
aussi complexes que la localisation de l’équipement, la culture de l’usager, l’interaction
social, etc... Un tel modèle pourra être reconfigurable et adaptable selon le type et la qualité
des données d’entrée du modèle. Il y aura alors des compromis à trouver entre la qualité des
données exploitables d’une part et la capacité de collecte de l’information en accord avec les
usagers d’autre part.

2.2 Analyse de l’usage et des paramètres d’usage avec l’approche QQOQCP:


Exemple du réfrigérateur
Si l’on applique la méthode QQOQCP aux équipements du confort fonctionnel
(annexe 17), on peut se rendre compte que les paramètres d’usage sont très fins et sont des
données pas toujours physiques (données émotionnelles, cognitives,..). Comme
précédemment (partie 2.1 Chapitre 4), une analyse des différents paramètres de l’usage doit
être effectuée et nous déclinerons une telle analyse sur trois exemples, dont chacun est
représentatif d’une famille d’OUE : le réfrigérateur (pour les OUE thermorégulés), le lave-
linge (pour les OUE à puissance thermique imposée) et l’ordinateur (pour les OUE à moindre
influence thermique), ces deux derniers cas d’application étant traités en annexes 27 et 28.
Pour le réfrigérateur, la fonctionnalité première est de pouvoir maintenir au frais des
aliments, pour des raisons d’hygiène.

Conditions d’expérimentation
L’expérimentation menée sur le réfrigérateur a consisté en l’étude de l’usage d’un
réfrigérateur de 110 litres installé dans la cuisine d’un appartement privé, habité par une seule
personne, durant une semaine entière de Mars. Le réfrigérateur est de classe énergétique A et
dispose d’un compartiment freezer (que nous ne considérerons pas car il est resté fermé tout
au long de l’expérimentation).La personne ayant une activité professionnelle en semaine, les
principales horaires d’interaction avec le réfrigérateur seront le matin, avant 9h et le soir
après 17h30.
Il a été demandé à l’usager en question de noter les différentes actions réalisées sur ce
réfrigérateur durant la période de l’expérimentation.

140
14
2.2.1 Paramètres d’usage sensibles
Ainsi l’objectif du service (réponse à la question Quoi ? de l’approche QQOQCP) qui
correspond au paramètre d’usage définissant la satisfaction sensible est :
La température des aliments présents et sortants (donc une propriété physique d’un
objet qui doit être maintenu à un certain niveau) que l’on peut connaître avec un capteur de
température placé au niveau de chaque produit.
Mesurabilité : Données difficiles à obtenir pour chaque aliment (hormis par
l’installation d’une caméra thermique ou autre mais dont nous ne disposions pas) mais
facile à connaître pour la température de l’enceinte.

On remarquera ici, que dans l’exemple du réfrigérateur, la température des aliments et


le fonctionnement même du service dépendent de manière importante de la température
ambiante où se situe le réfrigérateur. Compte tenu de la durée de l’expérience présentée ici
(une semaine), on considérera la température ambiante comme constante. De même, on
supposera que la consigne de température (correspondant au niveau de froid souhaité par
l’usager) sera également constant et à son niveau par défaut afin d’établir une température
interne de 4°C.

2.2.2 Paramètres d’usage rationnels


Par rapport à l’usage réalisé sur le réfrigérateur, il existe un certain nombre de
paramètres d’usage rationnels définissant l’usage d’un réfrigérateur et dont peut dépendre la
satisfaction rationnelle :

• La fréquence et la durée d’ouverture de la porte qui s’avère, pour l’usager,


une des seules manières d’agir avec le réfrigérateur (réponse à la question
Comment ? de l’approche QQOQCP). Mesurabilité : Cette donnée pourrait
être évaluée en plaçant un capteur de contact de porte.

• Le nombre d’occupants qui pourront affecter le nombre d’ouvertures de porte


ainsi qu’indirectement la période de l’usage (réponse à la question Qui ? de
l’approche QQOQCP). Par exemple, si dans une famille de personnes
travaillent et d’autres sont au foyer, il y aura plus d’activités du réfrigérateur
le soir que le midi.

• La nature des aliments entrant en terme de capacité thermique (réponse à la


question Quoi ? de l’approche QQOQCP). Ainsi, en fonction de la
température et de la masse des aliments introduits dans le réfrigérateur, celui-
ci consommera davantage pour ramener l’équilibre thermique dans l’enceinte
de la chambre froide d’autant plus que les aliments seront chauds (par rapport
à la consigne de 4°C) ou de masse importante. Mesurabilité : On peut
désormais s’apercevoir qu’un tel paramètre d’usage est très difficile à
mesurer ou alors nécessitant une instrumentation lourde (caméra thermique
par exemple) Néanmoins, la masse des aliments sera plus facilement
mesurable à l’aide d’une balance par exemple.

• Le besoin d’utiliser le réfrigérateur (réponse à la question Pourquoi ?) peut être


pour la conservation des aliments (car à 4°C, les bactéries ne se développent
pas) caractérisant ainsi un besoin d’hygiène mais il peut y avoir d’autres
raisons comme le rafraîchissement de denrées (notamment utilisé l’été)
[ROTH, 2008]

141
14
On se rend compte ainsi, en construisant le modèle d’usage regroupant alors la
définition des satisfactions que celui-ci s’avère être complexe à réaliser par la difficulté de
mesure de certains élements (mesures de la température des aliments et de la masse
volumique trop compliquées).
Nous avons pu mener une expérimentation permettant de mettre en oeuvre notre
approche par création de fonctions de satisfaction rationnelle en ne prenant que le paramètre
d’ouverture de porte et le paramètre du poids des denrées, car ce sont les seuls paramètres
facilement mesurables (nécessitant juste un stylo pour noter les différents mouvements de
denrées entre l’intérieur et l’extérieur du réfrigérateur) et les seuls paramètres dont nous
avions une information.
On pourrait prendre en compte les autres paramètres d’usage mais la difficulté de
mesurer peut amener à choisir préférentiellement d’autres types d’outils pour le diagnostic
comme l’affichage direct des données. Cela consiste à donner et à afficher directement les
consommations énergétiques d’OUE et laisser les usagers les interpréter et créer leurs propres
jugements. On peut faire une analogie avec la création de fonction de satisfaction rationnelle
car dans ce cas là, la satisfaction rationnelle ne sera pas formalisée explicitement comme dans
notre approche, mais sera créée mentalement par l’usager.

2.3 Construction des fonctions de satisfaction et des diagrammes de


compromis
Dans l’expérimentation que nous nous proposons de réaliser afin d’étudier l’intérêt de
l’EUE en exploitation sur l’exemple du réfrigérateur, nous avons dû nous limiter, à cause du
degré de complexité des données, à la mesure de la satisfaction rationnelle liée à l’ouverture
de la porte et à la variation de denrées alimentaires (correspondant au poids des denrées).
Nous n’avons pas défini donc de satisfaction sensible dans le cas présent donc on aura
satisfaction globale égale à la satisfaction rationnelle.
La fonction de satisfaction présentée ici n’est alors qu’un des exemples de fonctions
possibles, ayant été construite de manière empirique en fonction de l’expérience du
concepteur et / ou de l’usager. Il sera ensuite possible de complexifier de telles fonctions
semblables de satisfaction en prenant en compte davantage de paramètres d’usage et en les
combinant. On pourra également utiliser la logique floue pour définir une loi d’évolution de
telles fonctions de satisfaction comme nous avons pu le présenter dans la partie 1.2.1 du
chapitre 4 [ZADE, 1973].

2.3.1 Fonction de satisfaction rationnelle pour le réfrigérateur


La fonction de satisfaction rationnelle Sporte que nous avons choisie de construire en
tant qu’usager- concepteur concerne l’utilité de l’ouverture de la porte. Ainsi, on s’intéressera
dans ce cas à savoir si lorsque l’on a ouvert la porte, on a « bien » agi avec le réfrigérateur, ce
qui se traduit par une variation de quantité de denrées alimentaires (figure 61) correspondant à
une variation de la masse volumique de l’intérieur du réfrigérateur (où l’on comptabilise la
masse des produits solides alors que dans le fonctionnement du réfrigérateur, on aurait pu
prendre la capacité thermique de l’air à l’intérieur du réfrigérateur) (Equation 19). Nous avons
choisi le paramètre de masse volumique afin de pouvoir prendre en compte à la fois de la
capacité thermique des aliments mais également tenir compte du volume fini disponible dans
l’enceinte du réfrigérateur. La masse volumique des aliments a été évaluée en notant le poids
et la taille des aliments entrants et sortants. On a alors l’utilisation des deux paramètres
d’usage rationnels : l’ouverture de la porte et le poids des aliments.

142
14
Si Ouverture _ porte = 1 ET Variation _ Denrées = 1: S porte = 1
Equation 19
Si Ouverture _ porte = 1 ET Variation _ Denrées = 0 : S porte = 0
Sinon Si Ouverture _ porte = 1,
0 S porte = 1

Bien entendu, cette expérimentation est fastidieuse à effectuer en réalité mais il serait
possible, à la place, d’installer un système de balance dans ou sous le réfrigérateur afin de voir
s’il y a une variation de masse ou pas et de juger ainsi de l’entrée ou sortie de denrées
alimentaires ou non.

Figure 61 : Evolution des denrées alimentaires présentes dans le réfrigérateur

Une telle fonction de satisfaction permet ainsi de pouvoir diagnostiquer a posteriori si


l’utilisateur a « bien » utilisé le réfrigérateur, c'est-à-dire s’il n’a pas laissé la porte du
réfrigérateur ouverte trop longtemps par rapport à ce qui est juste nécessaire. En effet, on
considère que l’utilisation de la porte du réfrigérateur est correcte si la denrée alimentaire a
varié (c’est-à-dire que l’on a ajouté ou enlevé des aliments, ce qui dure quelques secondes).
S’il n’y a eu aucune variation de masse (donc de denrées alimentaires), la porte du
réfrigérateur reste ouverte pour rien. Nous avons donc bien ici construit une fonction de
satisfaction rationnelle effective car elle permet de pouvoir nous informer concrètement sur la
sobriété de nos gestes.

2.3.2 Diagramme de compromis de la satisfaction rationnelle.


On propose ici dans un premier temps d’aider à la sobriété énergétique l’usager en lui
présentant comment se situe son usage par rapport à ses propres autres usages durant la
semaine ou par rapport à un usage optimal (construit à partir d’un modèle et d’un calcul
d’optimisation).
On a pu réaliser l’étude sur une semaine et on peut donc tracer jour après jour la
valeur moyenne de la consommation énergétique et de la fonction de satisfaction Sporte (figure
62). On précise que dans cette expérimentation, une journée sera définie entre 8h30 et 8h29 le
lendemain car l’expérimentation a commencé à 8h30 le premier jour. On a réalisé ce graphe
selon la même méthode que dans la partie 1 du chapitre 4, en définissant le couple (X, Y) du
diagramme de compromis Coût / Satisfaction (Equation 19).

143
14
2 1
T

3 X i = 1 P(i ) (t )dt
3 T 1
4 T Equation 19
3Y = 1 FSr
3 i T1 i , porte (t ) dt
5 1

Pi = Puissance consommée par le réfrigérateur au jour i


FSri , porte = Fonction de satisfaction rationnelle de l'utilité de l'ouverture de porte au jour i
T =Période d'étude (24h)

Figure 62 : Diagramme de compromis satisfaction rationnelle d’un réfrigérateur

On distingue en premier lieu des journées qui sont davantage dominées par une
solution optimale (journée du samedi). On peut considérer que le point défini par cette
journée qui domine les points définis par les autres journées est un scénario d’usage optimal
car on utilise mieux le réfrigérateur (satisfaction de 0.98) en consommant le moins.
On peut dans un second temps analyser la cause des points dominés et en particulier
les points « sur dominés » (points A et B figure 62).
On peut voir d’emblée qu’une journée se démarque par une satisfaction moindre et
une surconsommation par rapport aux autres jours: le vendredi (point A de la figure 62). En
effet si on s’intéresse maintenant à la cause de cette baisse de satisfaction, on se rend compte
que le réfrigérateur durant la période du vendredi midi au samedi matin a eu la porte mal
fermée ce qui a provoqué une surconsommation énergétique et ainsi une dégradation de la
satisfaction.
Une telle surconsommation peut être repérable en analysant le relevé de
consommation électrique (figure 63) qui représente la puissance électrique consommée pour
chaque minute en fonction de l’heure de l’enregistrement dans la semaine. Sur ce graphe
présentant directement les mesures électriques (et nous reviendrons par la suite sur l’intérêt

144
14
d’un tel affichage), on voit apparaître les cycles de fonctionnement du réfrigérateur (cycles de
fonctionnement de 12 minutes espacés plus ou moins longtemps en fonction de l’usage du
réfrigérateur. On repère ainsi deux zones (Zone 1 et Zone 2) où la consommation énergétique
est supérieure. On peut voir que la zone 1 correspond à période où la porte est restée ouverte,
générant effectivement une surconsommation.
Zone 1 : Ouverture prolongée de la porte

Zone 2 : Entrée de
nouvelles denrées

Figure 63 : Graphe des puissances maximales de la consommation électrique du réfrigérateur

On repère sur ce graphe une deuxième zone de surconsommation (zone 2) liée à l’introduction
de nouvelles denrées alimentaires, perturbant ainsi l’équilibre thermique du réfrigérateur. Or
cette deuxième zone de surconsommation liée à l’usage est bien repérable sur le diagramme
de compromis (point B de la figure 66). On peut, en analysant l’historique de l’introduction
de denrées (figure 65) se rendre compte que ce point singulier correspond au premier fait
d’usage que de nouvelles denrées ont été introduites dans le réfrigérateur. Celles-ci ajoutant
de la masse à une température supérieure de celle dans l’enceinte du réfrigérateur, provoquent
une surconsommation énergétique le mercredi.
Cependant, on peut se rendre compte que notre fonction de satisfaction rationnelle ne
pénalise pas cet usage car on a ouvert utilement la porte pour y introduire de nouvelles
denrées.
Notre fonction de satisfaction et notre approche de l’EUE est donc effective car elle
permet de discriminer des situations où l’usage est mauvais (point A de la figure 63) des
situations où l’usage est correct (point B figure 63) :
- La situation A consomme de l’énergie et n’est pas satisfaisante du point de vue
rationnel car on gaspille de l’énergie.

145
14
- La situation B consomme de l’énergie mais c’est pour la « bonne cause » (lié à une
entrée de denrée qui est le service que souhaite avoir l’usager ».

Les autres points semble plus ou moins bon en EUE car consomment moins et sont
aussi bons en terme de satisfaction rationnelle.

Nous avons donc pu voir qu’il est possible de construire des fonctions de satisfaction
effectives qui permettent de pouvoir faire ressortir les mauvais usages (porte ouverte
longtemps) ou du moins faire émerger les périodes où la consommation est supérieure à celle
attendue par le modèle car due à un usage différent. Il s’agira ensuite de se demander (dans le
cadre de la définition du SGEB que l’on verra par la suite) de quelle manière les algorithmes
de côntrole-commande doivent prendre en compte la variation de l’usage : ces systèmes
doivent-ils automatiser les équipements, quitte à fermer automatiquement le réfrigérateur dans
le cas présent, ou simplement avertir du potentiel mauvais usage ?

Couplage avec Diagramme de compromis

Figure 64 : Exemple d’affichage d’EUE pour un OUE tel que le réfrigérateur précisant
les points singuliers de mauvais usage
Compte tenu que l’on dispose de différents graphiques pouvant exprimer de manières
différentes l’EUE, on peut obtenir une plus grande intelligibilité des données sur l’usage en
couplant ces différentes représentations graphiques.
Dans le cas du réfrigérateur, on a pu mettre en évidence de manière effective qu’il y
avait des usages anormaux, non satisfaisants (dus à l’ouverture intempestive de la porte).
L’usager peut ensuite juger ces points pour voir si effectivement il y a eu satisfaction ou non
et ainsi des bons usages ou non. L’interface pourra alors se présenter comme un indicateur de

146
14
couleur visant à mettre en évidence les points (supposés) de mauvais usage et ensuite, libre à
l’utilisateur de « cliquer » sur les points en question pour afficher et déterminer la cause du
mauvais usage (par exemple figure 64). Dans ce cas, on pourra mixer l’affichage par points
dans le diagramme de compromis et l’affichage brut d’information.
Un tel diagramme couplé apporte ainsi l’ensemble des informations nécessaires à
l’usager pour diagnostiquer son usage et voir s’il est prêt à faire des compromis entre le
service et le gaspillage d’énergie. Il permet de situer dans le plan Coût satisfaction la semaine
de consommation d’un service (celui du réfrigérateur ici) et d’apporter automatiquement aux
points « détectés » comme singuliers (car une consommation ou une satisfaction se détachant
de la moyenne) un affichage complémentaire : celui des données brutes, afin de s’apercevoir
ce qu’il s’est passé ou contrôler que ce qui a été détecté est vraiment un point singulier ou pas.
Ca sera à l’utilisateur de juger de la pertinence des informations et d’en faire bon usage.
En cela, ce dernier graphique est bien effectif car il permet d’atteindre les objectifs de
l’efficacité d’usage énergétique en aidant à une meilleure sobriété énergétique.

2.3.3 Application à d’autres OUE


Dans le cas de l’ordinateur et du lave-linge, qui sont deux autres équipements
électriques appartenant à d’autres types d’OUE, on propose de situer l’EUE de l’usager par
rapport à des scénarios extrêmes et optimaux afin de pouvoir guider l’utilisateur vers un profil
de consommation plus vertueux (voir annexes 27 et 28).

Application au lave-linge

On a ainsi proposé, par exemple pour le lave-linge, de comparer l’utilisation de cet


équipement par rapport à une utilisation standard calibrée par le cahier des charges de
l’équipement. Ainsi par exemple, un lave-linge peut varier, entre autres, en usage selon la
quantité de linge nettoyé.
Aussi, on pourra construire une fonction de satisfaction rationnelle du lave-linge par
rapport à la quantité de linge effectivement introduite dans le tambour de la machine à laver
(figure 65). On supposera alors qu’à consommation égale de la machine, plus une quantité de
linge sera lavée, meilleure sera la satisfaction car on aura utilisé à son maximum la machine
(satisfaction maximale pour la quantité de linge prévu (P Opt)). Néanmoins si l’on surcharge
la machine à laver, cela peut fatiguer à terme la machine et même casser celle-ci (au-delà d’un
poids maximum P Max)
Satisfaction
1
Quantité de
linge
0
P Opt P Max
Figure 65 : Fonction de satisfaction du l’utilisation du lave-linge

On pourra retrouver en Annexe 27 le résultat de l’étude de l’EUE sur ce cas mais on


pourra en retenir qu’ici on a construit une fonction de satisfaction effective car elle permet de
situer le comportement réel de l’usager par rapport à un comportement supposé (standard) de
la machine et d’inciter alors l’usager à utiliser davantage le lave-linge comme il a été prévu
(pour 5kg) afin que le lave-linge consomme juste ce qu’il faut, sans surconsommation.

147
14
Application à l’ordinateur

On a proposé, dans le cas de l’ordinateur de comparer le profil de consommation


réelel de l’usager (sur une semaine) par rapport à d’autres profils de consommateurs fictifs:
un consommateur énergivore (n’utilisant jamais le mode de veille de l’ordinateur) et un
consommateur sobre (utilisant tout le temps le mode de veille de l’ordinateur).
On avait en effet pu déterminer que l’utilisation de la veille était un paramètre d’usage
rationnel permettant de créer une fonction de satisfaction rationnelle valorisant l’usage de ces
veilles.
Dans ce cas, le diagramme de Compromis Coût / Satisfaction permet à l’usager, par
une visualisation assez simple, de se situer par rapport à ces deux profils de consommateurs
extrêmes. On l’incite alors implicitement à aller vers le profil de consommateur le plus sobre
car ainsi :
- il pourra économiser de l’énergie,
- il aura une meilleure satisfaction globale (en particulier rationnelle car il pourra se
satisfaire de ne pas avoir gaspillé de l’énergie et de contribuer ainsi à la “chasse
aux gaspillages”: éteindre les ordinateurs durant la non utilisation de ceux-ci est
bien un geste éco citoyen.
Cette démarche de l’EUE est encore une fois effective car elle offre l’opportunité à l’usager
d’agir de manière plus sobre en lui proposant des alternatives à son comportement actuel.
(plus de précision en annexe 28 sur cette étude).

2.4 Bilan du diagramme de compromis d’un équipement en exploitation


Nous avons pu voir dans les quelques exemples précédents que l’on pouvait construire
des fonctions de satisfaction (davantage de l’ordre du rationnel que du sensible lié
principalement au degré de complexité de la mesure) effectives dans le sens où elles offraient
à l’usager / concepteur des outils intéressants pour réaliser un diagnostic de l’usage de son
produit. En effet, on a pu identifier les paramètres d’usage à mesurer (par exemple pour le
réfrigérateur, les paramètres d’énergie, d’ouverture de la porte, le poids du frigo,..) pour
définir les fonctions de satisfaction ce qui amène à concevoir un système d’instrumentation
particulier (utilisation d’un capteur de porte, utilisation d’une balance pour les aliments,
etc..).
D’autre part, on peut imaginer que le diagramme de Compromis Coût / Satisfaction
pourrait être une IHM en lien direct avec l’usager - lecteur permettant de monitorer,
comprendre et corriger son usage et son coût de l’énergie. En effet, les diagrammes de
compromis Coût/Satisfaction offrent la possibilité d’évaluer l’EUE du comportement actuel
de l’usager et également de l’améliorer vers de meilleures pratiques. Par la présentation de
profil standard ou de profil économe, on lui offre ainsi des alternatives de comportement vers
une sobriété de comportement (et une amélioration de l’EUE) lui permettant de satisfaire son
souhait d’être davantage un écocitoyen en terme de consommation énergétique.

Ainsi, on pourrait proposer un système d’affichage qui propose, à partir des


paramètres d’usage identifiés et mesurés (ou estimés), de construire et d’afficher directement
sur l’équipement en question (réfrigérateur, lave-linge, ordinateur, etc..) le diagramme de
compromis Coût / Satisfaction où l’usager pourrait :
- Choisir les paramètres de la fonction de satisfaction rationnelle,
- Visualiser la valeur de son EUE en temps réel dans le diagramme de
compromis
- Faire ressortir en clair les usages singuliers,

148
14
- Comparer à d’autres alternatives proposées par le SGEB (tel G-HomeTech
présenté dans la partie 3).

Il est donc important d’arriver à faire passer le « message » de sobriété énergétique et


pour cela, on pourra se baser sur les travaux effectués dans le domaine de l’informatique et de
l’apprentissage au travers des TIC (Technologie de l’Information et de la Communication). Il
existe entre autres des modèles permettant de faciliter l’apprentissage (modèle de Rasmussen
[RASM, 1986]) ainsi que des procédures permettant d’évaluer l’utilisabilité d’une Interface
Homme-Machine (IHM) [BRANG, 2003]. L’utilisation d’interfaces persuasives [FOGG,
2002] pourrait aider, dans ce sens, les occupants à prendre conscience des phénomènes
environnants et à formuler leurs satisfactions sensibles et rationnelles.

3 Système G-HomeTech : un système de gestion énergétique


intégrant l’usager pour les energy smart homes
Nous avons pu voir dans ce chapitre, au travers de quelques exemples d’équipements
électriques, que la démarche d’efficacité d’usage énergétique pouvait être intéressante
également en phase d’exploitation du bâtiment. En effet, on peut employer le diagramme de
compromis Coût/Satisfaction comme outil d’aide à la sobriété énergétique dans le sens où
l’on offre la possibilité à l’usager à changer son comportement en allant vers un
comportement plus vertueux et l’on propose des stratégies de gestion énergétique optimisée
en terme de satisfaction et d’économies d’énergie. Mais en raisonnant au niveau du système
bâtiment, l’intérêt de tels outils est de pouvoir être intégrés à un système de gestion
énergétique du bâtiment (SGEB) afin que ce soit ce système qui gère l’ensemble des charges
du bâtiment et qui puisse offrir ces possibilités à l’usager.
Aussi, dans cette dernière partie, nous présenterons comment l’approche d’efficacité
d’usage énergétique peut être intégrée et impacter des systèmes de gestion énergétique du
bâtiment qui pilotent le bâtiment. Nous prendrons pour cela l’exemple d’un des logiciels de
supervision d’energy smart homes qui est G-HomeTech. Ce rapprochement entre SGEB et
EUE est naturel car les objectifs sont communs : rendre agréable la vie de l’habitant en
utilisant le moins d’énergie possible. Nous verrons que l’approche de l’EUE permet
d’apporter, en particulier, la dimension de la satisfaction rationnelle au système de gestion.
Dans un premier temps, nous allons présenter le concept des « energy smart homes »
qui, par leur vocation d’être des bâtiments maximisant le confort en réduisant la
consommation énergétique par un pilotage intelligent des charges énergétiques, sont une
illustration concrète (mais à l’étape encore de projet) du concept d’efficacité d’usage
énergétique.

3.1 Présentation des « energy smart homes »


Dans le contexte énergétique que l’on a pu définir dans le chapitre 1, les bâtiments à
Energie positive (BEPOS) font partie du futur paysage énergétique français et mondial. Mais
pour atteindre un bilan énergétique positif d’un bâtiment, il ne suffit pas de produire plus
d’énergie qu’il n’en consomme mais cela doit passer par une gestion « intelligente » de
l’énergie. Intelligente dans le sens de distribuer l’énergie afin d’assurer les fonctions de
confort et de services au moment où les usagers le souhaitent. L’objectif de tels bâtiments est
ainsi de maximiser les services rendus tout en minimisant leur consommation
énergétique. C’est ainsi également une gestion globale entre production et consommation qui
intègre la gestion optimale des flux énergétiques du bâtiment (voir figure 68).

149
14
3.1.1 La place de l’idéalisation du concept de BEPOS
Néanmoins, on peut s’interroger sur la pertinence et la légitimité du concept de
bâtiment à énergie positive dont la terminologie même fait débat car dans quel sens doit-on
comprendre « énergie positive »? En prenant quoi en compte ? [LEYS, 2010] En effet, au
regard des expériences telles que la tour Elithis, où les maîtres d'œuvre estampillent leurs
projets du tampon "énergie positive" en se basant sur des simulations et non sur des mesures
de consommation réelles, la valeur de cette terminologie est ébranlée avec la considération
des usages (voir partie 4.1 du chapitre 1).
Finalement, le concept BEPOS n'est peut-être pas complètement réalisable mais aura
au moins été ce que A. Hatchuel appelle un mythe rationnel [HATC, 1992]: un objectif, dont
on ne peut pas affirmer a l'instant t qu'il est complètement atteignable, mais dont on peut
argumenter qu'il est possible qu'il le soit. Une telle perception en tant que mythe rationnel
permet surtout de mobiliser des forces (d'ingénierie, de conception, de normalisation, des
organisations, des usagers, ...) dans un sens effectif (aller dans la bonne direction).
Ainsi, on peut en effet argumenter qu'au jour d'aujourd'hui il n'est pas certain que le
BEPOS soit complètement atteignable dû à des aléas technologiques (incertitude sur les
technologies de stockage,…) ou des aléas de fonctionnement (usages,..). Mais il est rationnel
de penser aux concepts que soulève la définition d’un BEPOS car il est avéré qu'un bâtiment
voit passer sur l'année un flux d'énergie naturelle supérieur à ses besoins [PVGIS, 2010]. En
tout cas la perspective de BEPOS mobilise la communauté scientifique, industrielle et même
gouvernementale au regard du nombre de projets prototypes de bâtiments à Energie positive
[LENO, 2010] ainsi que l’évolution de la réglementation thermique (RT) qui prévoit qu'à
partir de 2020 les nouvelles constructions soient globalement à énergie positive sur l'année.
Enfin, en terme de vulgarisation scientifique, le concept est parlant pour les usagers
qui pourront alors identifier la performance énergétique de tels bâtiments et les inciter
inconsciemment à une sobriété énergétique accrue.

En visant le BEPOS, on mobilisera au moins toutes ces entités pour notamment


imposer le concept d'efficacité d'usage énergétique et faire développer des solutions qui
pourraient l'exploiter comme des systèmes de gestion d’énergie « intelligente » qui équiperont
alors ce que nous appellerons les « energy smart homes ».

3.1.2 Positionnement des « energy smart homes »


A l’heure actuelle, comme nous avons pu le voir succinctement auparavant (partie 2
chapitre 1), des concepts de bâtiments aux terminologies et consonances semblables
émergentes dont les objectifs sont cependant différents selon les points de vues abordés :
médical dans le cas d’aide à la personne pour personnes âgées [CHAN, 2009] ou sous forme
de bâtiment intelligent (« intelligent building ») dont l’objectif est de maximiser le confort des
occupants en offrant un maximum de services, distribués la plupart du temps, au travers de la
zone de vie [CLEM,1997] [WIGG, 2002]. L’objectif de ces bâtiments intelligents est donc
bien de rendre la vie plus facile, les gestes plus efficaces en anticipant les attentes des
occupants [WONG, 2005] mais ne fait généralement pas référence à une préoccupation
énergétique.
Les bâtiments intelligents reprennent alors dans une vision plus globale l’ambition des
solutions domotiques en y introduisant une intelligence ambiante, où par intelligence
ambiante il s’agit de créer des services et des dispositifs capables de répondre à des besoins
individuels, collectifs et sociétaux [ISTAG, 2003]. La vision d’ubiquité des activités et de
l’usage que les systèmes d’intelligence ambiante intègrent, apporte une analyse de l’usage
nécessitant une anticipation et prédiction des tâches effectuées [INTI, 2006].

150
15
Les energy smart homes se positionnent dans un niveau de complexité supérieur par
rapport aux bâtiments intelligents, car non seulement on implémente la volonté d’intégrer les
désirs et besoins des occupants au travers de dispositifs d’intelligence ambiante, mais on
cherchera à optimiser la consommation énergétique par rapport à ces mêmes services
intelligents. On est alors bien dans la concrétisation du concept de l’efficacité d’usage.
Ainsi, le projet Mavhome, par exemple, s’inscrit dans cette logique où l’on cherche à
maximiser le confort des habitant en minimisant le coût d’exploitation [DAS, 2002]. Le type
de bâtiment visé est équipé d’un ensemble de capteurs permettant de connaître les différents
états et valeurs des paramètres physiques du SCB et d’un ensemble d’actionneurs /
contrôleurs permettant d’agir sur les composants de ce système. Pour arriver à un système
efficace du point de vue usage, un SGEB doit piloter les différentes charges et sources
relatives au SCB, en fonction des données recueillies par ailleurs afin d’optimiser les flux
énergétiques [HA, 2007] (Figure 66). Nous verrons par la suite, au travers de l’exemple d’un
gestionnaire d’énergie intelligent (projet G-HomeTech) comment se structure le pilotage
énergétique du SCB afin d’intégrer l’usage.

Figure 66: Structure globale d’une energy smart homes

Nous pouvons donc retenir que les energy smart homes sont un moyen technologique de
mettre en œuvre le concept d’efficacité énergétique.

3.2 Présentation d’un exemple de logiciel de gestion énergétique dans les


energy smart homes : G-HomeTech
Le projet G-HomeTech a pour vocation de proposer un gestionnaire d’énergie dans
l’habitat de type energy smart homes présenté précédemment qui prenne en compte les
attentes et spécificités des usagers. On pourra trouver un descriptif plus complet de ce logiciel
en annexe 30 et nous nous intéresserons davantage à son fonctionnement afin de voir
comment y implanter des outils et méthodologies élaborés au travers de l’approche efficacité
d’usage énergétique.

151
15
Principe de fonctionnement de G-HomeTech

Dans les SGEB de style G-HomeTech, la gestion d’énergie peut se résumer en un


problème d’optimisation entre les flux de consommation et de production d’énergie en
prenant en contrainte des critères de coût (CO2, prix, Kwh,..) et de confort des occupants. Le
problème d’optimisation (présenté dans la figure 68) voit donc en entrée :
- les flux énergétiques gratuits, issus des données météorologiques,
- l’énergie disponible en fonction du contrat énergétique établi avec le fournisseur
d’énergie mais également à partir de l’énergie stockée,
- les flux financiers tels le prix de l’électricité du réseau ou le crédit CO2 sur le marché
du carbone,
- les flux de consommation qui correspondent aux services que doivent effectuer les
équipements. Dans ce cadre, le système de gestion dispose de modèles de la demande qui sont
définis par une caractéristique temporelle (la durée et la date d'exécution souhaitée) et une
caractéristique de quantité énergétique (puissance consommée maximale, énergie
consommée) [HA, 2007] ; de modèles de satisfactions définis par une fonction de satisfaction
qui est exprimée entre 0 et 1 (figure 67) et des modèles de consommation des appareils.

Satisfaction

0
18 20 22 Température (°C)
Figure 67 : Exemple de fonction de satisfaction pour le confort thermique

A partir de ces données, le SGEB va chercher des stratégies de gestion des différents
équipements pilotables connectés à ce système afin de respecter les critères de coût et de
confort. Un planning prévisionnel de consommation d’énergie va d’abord être construit afin
d’anticiper (avec une anticipation de 24h) l’usage des différents équipements. Ensuite, dans
une période en temps réel, le SGEB pourra réadapter ses stratégies de gestion (aspect réactif)
en fonction des données d’usage réel mais également en fonction de la configuration du SCB
réel à l’instant donné (météo, puissance disponible, variation de la demande,..).

152
15
Figure 68 : Problème d’optimisation d’un système de gestion d’énergie
3.3 L’efficacité d’usage appliquée au système de gestion d’énergie G-
HomeTech
La vocation première de l’efficacité d’usage énergétique était de concevoir mais aussi
de gérer de façon plus vertueuse les SCB en vue d’économiser de l’énergie. En cela, on se
place dans le cadre d’étude du logiciel G-HomeTech qui se positionne comme un logiciel
mettant en œuvre de façon technologique certaines approches présentées ici, en particulier la
fonction de satisfaction qui provient initialement de travaux ayant initiés G-HomeTech (Projet
Multisol). Néanmoins, nos travaux ont permis de s’intéresser plus particulièrement à la
fonction de satisfaction et nous avons élaboré une approche complémentaire qui pourrait dès
lors être intégrée dans G-HomeTech en étendant le champ de définition de la fonction de
satisfaction actuelle (relative au confort thermique). L’approche de l’EUE en exploitation,
comme présentée dans ce chapitre 5, permettrait également d’intégrer de nouvelles charges
électriques (les OUE) et de diagnostiquer leurs usages.

3.3.1 Amélioration des fonction de satisfaction dans les algorithmes de calcul


Par rapport aux différents algorithmes d’optimisation et de pilotage qu’intègre G-
HomeTech, on retrouve une approche de la définition des fonctions de satisfaction qui est
similaire à celle présentée par nos travaux de par le fait que l’on s’est basé en partie sur les
travaux de Long Ha, qui se retrouvent dans G-HomeTech [HA, 2007].
On retrouve ainsi une même volonté d’optimiser le rapport d’efficacité d’usage (Equation 20).

153
15
Satisfaction( Satisfaction _ rationnelle, Satisfaction _ sensible)
λEfficacitéUsage =
Coût
Satisfaction( Satisfaction _ sensible) Equations 20
λGHomeTech =
Coût

Implémentation de la fonction de satisfaction rationnelle

Néanmoins, dans l’algorithme actuel de ce logiciel de gestion énergétique, lorsque l’on


analyse ce qui est entendu par satisfaction (Equation 20), celle-ci n’intègre que ce que l’on a
appelé satisfaction sensible. Ainsi, un premier apport de nos travaux serait d’implémenter
dans les algorithmes d’optimisation la logique de satisfaction rationnelle afin de pouvoir
trouver des solutions de pilotage de charges qui à la fois fournissent le confort physique des
usagers (satisfaction sensible) et le confort mental /vertueux (satisfaction rationnelle).
Nous avons pour cela proposé des méthodologies de conception de fonctions de
satisfaction rationnelle ainsi que des exemples (partie 1.2 chapitre 4) qui permettraient de
réaliser cela. Cela amènera alors à construire la satisfaction globale (telle que nous avons pu
également le proposer dans la partie 1.2. du chapitre 4) afin de considérer désormais dans G-
HomeTech la satisfaction comme globale et non juste la satisfaction sensible.

Complexification des modèles de fonctions de satisfaction

Quand on en vient à étudier les fonctions de satisfaction intégrées dans G-HomeTech,


on se rend compte que seuls quelques paramètres d’usage ont été retenus rendant simplistes
ces fonctions de satisfaction.
Pour la satisfaction sensible, par exemple pour le confort thermique, seul le paramètre
d’usage sensible de température a été pris en compte dans G-HomeTech. Or nous avons
montré que la satisfaction sensible est multidimensionnelle (par exemple pour le confort
d’ambiance thermique, on peut prendre en compte l’humidité, la qualité, d’air, etc..) donc on
pourrait complexifier les fonctions de satisfaction sensible en tenant compte de ces autres
paramètres physiques afin de s’approcher plus facilement du confort réel et effectif au niveau
des usagers.
Afin de bien connaître les paramètres d’usage pouvant définir les fonctions de
satisfaction, nous avons proposé pour cela l’approche QQOQCP (partie 1.1 chapitre 4) qui
permet d’identifier justement les différents paramètres d’usage ainsi que de la façon de
construire les fonctions de satisfaction appropriées (Partie 1.2 chapitre 4).
De même, pour la dimension Coût dans le rapport d’efficacité d’usage, celui-ci ne
signifie que le coût économique dans G-HomeTech. Alors qu’au travers du point de vue SCB,
on a vu que l’on pouvait étendre ce concept à toutes les formes de coûts aussi bien matériels
qu’immatériels : effort psychologique, coût environnementaux (exprimés en taux de CO2
rejeté, etc..).

Extension d’application à la gestion d’OUE à moindre influence thermique

Nous avons enfin pu voir que l’on pouvait appliquer la logique de fonction de
satisfaction également sur des équipements électriques « non contrôlables » selon G-
HomeTech. Nous avons même proposé via l’élaboration du diagramme de Compromis
Coût/Confort, de construire des profils d’usagers sobres afin de guider les usagers vers une
meilleure pratique. Ces scénarios de meilleures pratiques pourraient être calculés et générés
justement par le SGEB car il dispose de l’ensemble des données nécessaires pour proposer
des alternatives de comportements énergétiques. Ainsi, l’introduction d’une fonction de

154
15
satisfaction rationnelle permettrait d’étendre le domaine d’application de G-HomeTech
principalement en tant que conseiller d’utilisation (en affichant l’information de potentiels
gaspillages d’énergie via le diagramme de compromis) et, dans une moindre mesure, le
pilotage de ces charges (par exemple éteindre directement les appareils en veille non utilisés).

3.3.2 Un complément à l’affichage décisionnel de gestion énergétique


Le système G-HomeTech, en tant que logiciel de gestion énergétique du SCB interagit
avec les usagers du bâtiment. Il leur propose, au travers d’un IHM convivial (la convivialité
étant un des paramètres essentiels pour rendre le « message » plus effectif [FISC, 2007]
[WOOD, 2006]) un certain nombre d’informations et de commandes possibles concernant
leur consommation énergétique (instantanée et historique), la satisfaction globale supposée,
les conditions extérieures. Indirectement, ces outils amènent l’usager à réaliser des
compromis entre les charges électriques, la production locale d’énergie et la nécessité de
certains services.

Il serait possible d’ajouter à l’affichage actuel une représentation des solutions de


pilotage optimisées, sous forme d’un diagramme de compromis tel que nous les avons
présentés. Cela aurait pour intérêt de comparer différentes solutions futures de gestion en
fonction des satisfactions supposées, qu’elles apporteraient. Aussi, on propose à l’usager
d’être un minimum acteur de la construction de l’efficacité d’usage en l’impliquant dans la
variation des paramètres d’usage et le jugement de la satisfaction globale. Ainsi, l’interface
IHM pourrait se présenter sous forme de curseur représentant les contraintes principales du
système : coûts et différentes formes de confort. Il sera possible alors, en modifiant un des
paramètres lié à une notion de satisfaction (comme par exemple les coefficients de
pondération de la fonction de satisfaction globale), de voir l’impact sur le coût et la
satisfaction globale. Cela revient à rendre paramétrable la définition des fonctions de
satisfaction et voir l’impact sur le diagramme de compromis. Cette interactivité avec
l’usager permettrait à celui-ci de juger au mieux l’EUE de son usage actuel et de pouvoir
l’améliorer en conséquence.
Ainsi, l’IHM de G-HomeTech pourrait incorporer le diagramme de compromis comme
visualisation de l’EUE de l’usager entre son profil actuel et un profil idéal sobre afin
d’inciter celui-ci à se diriger vers davantage de sobriété. Si l’information pour construire de
tels diagrammes n’est pas entièrement disponible, l’IHM pourra proposer au minimum la
visualisation d’historiques des consommations afin de pouvoir avoir une interprétation plus
efficace des gaspillages d’énergie. Cela permettrait d’inclure dans la gestion énergétique, des
équipements électriques qui avaient été mis à l’écart compte tenu de leur non contrôlabilité
(les OUE).

Conclusion
Nous avons pu voir au travers de ce chapitre que l’efficacité énergétique d’usage
pouvait être utile en phase d’exploitation en effectuant un diagnostic de l’usage. Dans ce
cadre, l’approche d’efficacité d’usage permet d’analyser l’usage d’équipements électriques
tels que les OUE et de faire émerger les mauvais usages de ceux-ci. Nous avons pu voir que le
diagramme de compromis opérait alors comme outil d’aide à la sobriété énergétique aux
usagers en les incitant à adopter des comportements énergétiques plus vertueux. On s’est en
effet appuyé sur le fait que la connaissance de sa consommation énergétique ainsi que la
proposition de meilleures pratiques inciterait l’usager à davantage de sobriété.
Enfin, nous avons affirmé que le diagnostic d’usage ferait partie d’une étape
importante pour une meilleure gestion énergétique des energy smarts buildings qui peut être
réalisée au travers de systèmes de gestion d’énergie « intelligents ». Nous avons présenté

155
15
succinctement à ce propos un exemple de projet de logiciel (G-HomeTech) offrant un tel
service et s’inscrivant dans une approche de la consommation énergétique semblable à
l’efficacité d’usage. En cela, nous avons proposé d’intégrer l’efficacité d’usage énergétique
sur cette technologie applicative au travers de la conception de son algorithme en particulier.
La démarche de l’EUE est tout à fait compatible avec des SGEB tels que G-HomeTech car ils
ont les mêmes objectifs de maximisation de la satisfaction globale en minimisant la
consommation énergétique du système bâtiment dans son ensemble. Pour cela, nous avons
proposé de pouvoir compléter l’algorithme actuel avec l’introduction de fonctions de
satisfaction rationnelle ou la complexification des fonctions de satisfaction actuelles par la
méthode QQOQCP.
Nous avons pu voir qu’il serait ensuite possible d’intégrer le diagramme de compromis
Coût/Satisfaction dans l’IHM du SGEB afin de proposer des comportements et pilotages
alternatifs allant vers une meilleure efficacité d’usage énergétique du SCB.
Nous avons finalement pu même proposer une concrétisation de nos travaux sous
forme d’application concrète possible à mettre en place dans les SGEB ou directement sur le
OUE.

On peut enfin s’interroger sur la liaison forte et dépendante qu’il existe entre la
satisfaction rationnelle et la sobriété. La consommation et la prise de conscience de celle -ci
sont des phénomènes intrinsèquement dynamiques. Nous avons pu simplifier leur expression
en les rendant statiques mais une propriété essentielle de la satisfaction rationnelle est sa
dynamicité compte tenu que l’humain évolue au fur et à mesure de l’information qu’il perçoit
et de son « éducation » c'est-à-dire son évolution intellectuelle au cours du temps. On peut
comprendre alors tout l’intérêt et le poids de l’information qui sera restituée aux occupants /
exploitants. La nature même des informations définira alors une certaine satisfaction
rationnelle qui aboutira à une certaine interprétation et configuration du système. L’analyse de
l’information persuasive et rationnelle est l’un des enjeux de la « communication
énergétique » dans les bâtiments.

156
15
Conclusion générale et Perspectives

Conclusion de la thèse
Nous avons cherché au travers de nos travaux à apporter un point de vue particulier
sur un domaine encore en construction : la sociotechnique dans le bâtiment. Ce domaine
consiste à étudier l’interaction Usager/bâtiment et ceci a été effectué du point de vue
énergétique (en particulier en fonction de la consommation électrique). Nous avons pu voir en
effet que dans les bâtiments actuels mais encore plus dans les futurs bâtiments de type BBC et
BEPOS qui se profilent, la consommation électrique et sa gestion seront les éléments
principaux pour obtenir l’excellence énergétique visée.
Or nous avons pu maintes fois démontrer, que ce soit au travers des retours
d’expérience qu’au niveau théorique, que la consommation électrique était intrinsèquement
liée à l’usage et donc aux comportements des usagers au sein du SCB. Nous avons pu en
déduire que si l’on souhaitait améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, il fallait
intégrer l’usage et changer de point de vue dans le mode de perception de l’usage du
bâtiment.
C’est pour ces raisons que nous avons proposé de définir le concept d’efficacité
d’usage énergétique qui permet de reconsidérer le concept d’efficacité énergétique classique
en l’abordant du point de vue acteur humain. On l’a défini pour chaque équipement ou
système énergétique comme un rapport multidimensionnel, multi-objectifs entre la
satisfaction du service et la consommation énergétique du même équipement/système.
L’emploi de notions aussi générales que la satisfaction nous a amené à en définir 2
composantes particulières par rapport à l’usage : la satisfaction sensible et la satisfaction
rationnelle.
Ces propos ont la particularité de s’inscrire dans l’épistémologie scientifique
constructiviste dont nous avons rappelé les grands principes. En tant que tel, nous avons
insisté sur le fait que la présence de l’acteur humain dans le SCB ne permet plus d’aborder la
problématique de l’usage selon le paradigme épistémologique ontologique mais davantage en
cherchant à construire des concepts et outils adaptés afin qu’ils soient effectifs.

Afin de valider et d’illustrer nos propos, nous avons proposé de quantifier les concepts
énoncés au travers notamment de la construction de fonctions de satisfaction permettant de
formuler une donnée informelle. Cela nous a permis de construire un diagramme de
compromis Coût / Satisfaction qui est la traduction directe graphique de l’efficacité d’usage
car il met en rapport satisfaction et coût énergétique.

157
15
Nous avons présenté l’utilité d’un tel diagramme en phase de conception de systèmes
énergétiques en tant qu’outil d’aide à la décision. Au terme de l’étude sur 3 systèmes
énergétiques (chauffage, ventilation, éclairage artificiel) nous avons pu attester de son
effectivité car on voyait apparaître de manière immédiate la solution ayant la meilleure
efficacité d’usage.
Une étude analogue a été effectuée en phase d’exploitation du bâtiment où le diagramme
de compromis a pu être alors employé comme outil d’aide à la sobriété énergétique sur des
OUE. On a pu voir qu’en exploitation la construction de fonctions de satisfaction n’était pas
toujours évidente à définir et qu’il fallait parfois employer des outils moins intrusifs à
l’intimité (comme l’affichage de données) pour évaluer les gaspillages d’énergies.
Enfin, nous avons pu présenter un logiciel de gestion d’énergie du bâtiment (G-
HomeTech) auquel on a rapproché nos travaux et proposer des pistes d’amélioration afin
d’intégrer davantage l’usage.

Perspectives
Le contenu même la thèse s’attache à analyser différents concepts et apporter des
points de vue et approches transversaux. En tant que tel, il y a des positionnements qui sont
discutables et des questions qui restent rémanentes et peuvent être approfondies à l’avenir
grâce justement à un travail de coopération avec les Sciences Humaines.

Affinement des fonctions de satisfaction par une coopération avec les sciences
sociales

En effet, la sociologie, en particulier, dispose d’outils ainsi que des études qui
s’inscrivent naturellement dans l’étude de l’usage et pourraient être appliqués au Système
bâtiment afin d’affiner les modèles et méthodologies proposés ici.
En particulier, on traite ici de notions de satisfactions, données évaluables et
informelles, que l’on cherche à quantifier et à formaliser. Aussi, par exemple on a pris le parti
de considérer la fonction de satisfaction rationnelle comme étant une fonction qualifiant en
particulier la « qualité de la consommation énergétique » afin de voir si l’usage consomme de
façon vertueuse. Or l’étude du gaspillage d’énergie s’effectue par rapport à une
consommation de référence. Nous avons supposé que la consommation standard était la
consommation nominale mais est-ce réellement celle-ci ? Comment pourrait-on définir une
telle consommation standard ?
Un travail plus approfondi avec des équipes de psychologie sociale permettrait
certainement d’affiner les paramètres d’usage les plus pertinents et influents afin de construire
les fonctions de satisfaction, en particulier les fonctions de satisfaction rationnelle.

De manière générale, on s’est attaché à prendre des exemples simples et triviaux pour
évaluer l’effectivité du concept proposé, en ne dépassant pas la bi –dimension dans le nombre
de paramètres pris en compte. Bien évidemment, les systèmes énergétiques étant plus
complexes, on se situera dans des dimensions supérieurs et on sera soumis alors résoudre des
optimisation multi objectifs. De nombreuses méthodes existent déjà dans la résolution de
problèmes multi objectifs qui pourraient être employés. Reste d’abord à réussir à formaliser
au cas par cas le problème d’optimisation.

158
15
Formalisation des fronts de Pareto et intégration à G-HomeTech

Dans la présentation du diagramme de Compromis (partie 1.4 chapitre 4), nous avons
présenté le concept de front de Pareto qui expriment l’ensemble des points optimaux de
compromis entre les fonctions objectifs de coût (réduction de la consommation énergétique)
et de satisfaction (maximisation de la satisfaction globale). Nous n’avons pas formulé
mathématiquement le problème d’optimisation qui permettrait de tracer de tels fronts mais il
serait possible, à partir notamment de la formulation des fonctions de satisfaction proposées,
de compiler celles-ci dans des logiciels d’optimisation tels CADES.
G-HomeTech étant un gestionnaire énergétique, il génère des problèmes
correspondant à une situation donnée, utilise un optimiseur pour les résoudre, extrait les
solutions et les applique en les adaptant aux situations réelles constatées. Il serait possible de
calculer ces fronts de Pareto au travers d’un optimiseur externe et de les présenter à l’usager
sous forme de différentes alternatives possibles de côntrole-commande. En effet, G-
HomeTech disposant de l’ensemble des données du bâtiment (mesures physiques), il est
possible de combiner celles-ci en tant que paramètres d’usage pour former les fonctions de
satisfaction adéquates. Ensuite, on pourra, au travers d’une IHM interactive et attrayante,
présenter à l’habitant des points de fonctionnement particuliers sur les fronts de Pareto entre
satisfaction et coût, qu’il aura loisir de choisir où il veut se situer.

Affichage de diagnostic d’usage sur les équipements électriques

Enfin, comme nous avons pu le présenter dans le cas du réfrigérateur, il serait possible
d’imaginer un ensemble de systèmes d’affichage qui présenterait l’historique des
consommations et analyserait les points singuliers de surconsommation afin que l’habitant
puisse avoir conscience de tels problèmes de consommation liés à l’usage. Il suffirait pour
cela, de travailler avec les constructeurs d’équipements électrodomestiques par exemple, afin
que leurs appareils soient équipés d’instrumentations non intrusives ni encombrantes,
mesurant les paramètres d’usage adéquats (poids des denrées, température des produits, etc..).
On pourrait alors reconstituer des fonctions de satisfaction théorique et présenter un
diagramme de compromis, tel que nous l’avons vu, directement sur l’IHM classique de
l’équipement. Cependant, il faudra bien apprécier les limites de l’acceptabilité des habitants à
de tels ajouts technologiques (pouvant être assez réfractaires dans certains cas [ROTH, 1998].

159
15
Bibliographie
Articles, Livres et Rapports

[ABRA, 2002]Abras, S. Pesty S., Ploix S., et al, Maîtrise de la consommation d’énergie en
domotique par un système multi-agents, Conférence LMO : L’objet-Conférence LMO, [en
ligne] , Août 2002, Disponible sur <http://magma.imag.fr/publications/papers/Abras-Pesty-
Ploix-Jacomino-06.pdf> (Consultée le 10 Septembre 2011)

[AISSi ,2003] Aïssani, Y., La Psychologie Sociale, Paris: Armand Colin, 2003, 222p.

[AFGI, 1992] Association Française de Gestion Industrielle, « Evaluer pour évoluer, les
indicateurs de performance au service du pilotage industriel », ouvrage collectif AFGI,
Octobre 1992

[AFNOR, 2000] AFNOR, Norme AFNOR NF294, Article 2 du décret n°2000-1153 du 29


novembre 2000 relatif aux caractéristiques thermiques des constructions modifiant le code de
la construction et de l'habitation et pris pour l'application de la loi n° 96-1236 du 30 décembre
1996 sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie

[AICVF, 1992] Association des Ingénieurs Climatique, Ventilation et Frigorifique, Conception


et calcul des installations de ventilation des bâtiments et des ouvrages, Collection des guides
de l'AICVF, PYC Edition

[AIE, 2010] Agence International de l’Energie, Key World Energy Statistics 2010, Rapport
annuel, [en ligne] , Paris.
Disponible sur <http://www.iea.org/textbase/nppdf/free/2010/key_stats_2010.pdf> (Consultée
le 15 Juillet 2011)

[ALNA, 2000] Al-Najjar B, Alsyouf I., Improving effectiveness of manufacturing systems


using total quality maintenance, Integrated Manufacturing Systems, Juillet 2000, Vol. 11 No.
4, p.267 – 276

[ANDE, 2009] Andersen R.V., Toftum J., Survey of occupant behaviour and control of indoor
environment in Danish dwellings, Energy and Buildings, Janvier 2009, Vol. 41, No. 1. p. 11-
16

[ANTO, 2007] Antoine P, Poinsot R., Congard A., Évaluer le bien-être subjectif : la place des
émotions dans les psychothérapies positives, Journal de Thérapie Comportementale et
Cognitive, Décembre 2007, Vol. 17, No. 4, p. 170-180, 2009

[AQME, 1995] Association Québécoise pour la Maitrise de l’Energie, Critères de confort et


de qualité de l'air dans les édifices à bureaux, janvier 1995, 14 pages.

[ARKI, 1997] Arkin H., Paciuk M., Evaluating intelligent buildings according to level of
service systems integration, Automation in Construction, Septembre1997, Vol.6,No 5-6,
p.471-479

160
16
[ASTO, 2008] Astolfi A, Pellerey F., Subjective and objective assessment of acoustical and
overall environmental quality in secondary school classrooms, Journal of the Acoustical
Society of America, Janvier 2008, Vol 123, No.1, p. 163-173

[AYDI, 2002] Aydinalp M. Ugursal I., Ismet V., et al. Modelling of the appliance, lighting,
and space-cooling energy consumptions in the residential sector using neural networks,
Applied Energy, 2002, Volume 71, No. 2, p. 87-110

[BACO, 1986] Bacon F., Novum Organum, Livre I, paragraphe 95. Paris: PUF, 1986, 349 p.
ISBN: 978-2130394419

[BAIG, 1991] Baig A, Achter P, Mufti A., A novel approach to estimate the clear day global
radiation, Renewable Energy, Vol 1, No.1, p.119–123

[BAUD, 1968] Baudrillard, J., Le système des objets, la consommation des signes, Paris :
Denoël-Gonthier, 1968, 232 p.

[BEER, 2007] Beerepoot M., Beerepoot N., Government regulation as an impetus for
innovation: Evidence from energy performance regulation in the Dutch residential building
sector, Energy Policy, Octobre 2007, Vol.35, No.10, p. 4812-4825

[BEHO, 2006] B4hounek L., Cintula P., Fuzzy logics as the logics of chains,
Fuzzy Sets and Systems, 2006, Vol.157, No.5, p. 604-610

[BERR, 2002] Berrah L., L’indicateur de performance. Concepts et applications,


Toulouse:Cépaduès, 2002, 170 p., ISBN : 978-2-85428-567-3

[BOEH, 1988] Boehm B.W., A Spiral Model of Software Development and Enhancement,
IEEE Computer, Août 1986, Vol. 21, No.5, p. 61-72

[BOMM, 2009] Bommé E., Modélisation et Optimisation de Machines Électriques Discoïdes


à Double Entrefer, Thèse de doctorat : Electricité : INP Grenoble, 2009,164 p.

[BOUR, 2006] Bourgeois D., Reinhart C., Adding advanced behavioural models in whole
building energy simulation: A study on the total energy impact of manual and automated
lighting control, Energy and Buildings, Juillet 2006, Vol.38, No.7, p.814-823

[BRANC, 2004] Branco G., Lachal B., Gallinelli P., Weber W, Predicted versus observed heat
consumption of a low energy multifamily complex in Switzerland based on long-term
experimental data Energy and Buildings, Juin 2004, Vol. 36, No. 6, p.543-555

[BRANG, 2003 ] Brangier E., Barcenilla J. (2003), Concevoir un produit facile à utiliser -
Adapter les technologies à l'homme, Paris : Editions d'Organisation, 260 p, ISBN : 2-7081-
2900-7

[BURG, 2004]Burge PS., Sick building syndrome. Occup Environ Med, 2004, Vol.61, No.2, p
185-90.

[CAEL1998] Caelen J., Analyse d’activité Installateurs, Rapport de livrable Projet Novadis,
1998

161
16
[CALW, 2010] Calwell C., Is efficient sufficient? The case for shifting our emphasis in energy
specifications to progressive efficiency and sufficiency, Rapport d’activités du groupe de
travail European Council for a Energy Efficient Economy, [en ligne], 2010, Disponible sur : <
http://www.eceee.org/sufficiency/eceee_Progressive_Efficiency.pdf> (Consultée le 15 Juillet
2011)

[CAND, 2010] Candido C.,de Dear, R.J., Lamberts R., et al., Air movement acceptability
limits and thermal comfort in Brazil’s hot humid climate zone, Building and Environment,
Janvier 2010, Vol. 45, No. 1, p. 222-229

[CAPA, 1994] Capasso, A., Grattieri, W., Lamedica, R., et al.(1994) A bottom-up approach to
residential load modelling, IEEE Transaction on Power Systems, Mai 1994, Vol 9, No.2,
p. 957 - 964

[CARR, 1998] Carre S., Outil de conception architecturale pour l’éclairage naturel/artificiel.
Application a la synthèse d’image pour la prise en compte des notions de confort, Thèse de
doctorat : Informatique, Université Rennes 1,1998, 161 p.

[CEE, 1992] Communautée Economique Européenne, Directive 1992/75/CEE, Indication de


la consommation des appareils domestiques en énergie et en autres ressources par voie
d’étiquetage et d’informations uniformes relatives aux produits, [en ligne], 22 septembre
1992, Disponible sur :< http://eur-
lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:31992L0075:fr:HTML> (Consultée le
20 Octobre 2010)

[CEREN, 2007] Centre d’Etudes et de Recherche Economiques sur l’éNergie, Suivi du parc
et des consommations d’énergie, 2007. Cité dans le Rapport Bâtiment de l’ademe [en ligne]
Disponible sur <
http://www2.ademe.fr/servlet/getBin?name=D199DB4F63EC2F0B02A706671367CC231302
179711154.pdf> (Consultée le 10 Octobre 2011)

[CHAN, 2008] Chan M., Estève D., Review of smart homes : present state and future
challenges, Computer methods and programs in biomedicine, Juillet 2008, Vol. 91, No. 1, p.
55-81

[CHAN, 2009] Chan M., Smart homes.Current features and future perspectives, Maturitas,
Octobre 2009, Vol.64, No.2, p. 90-97

[CHEN, 2008] Chenailler H., Conception par l’usage appliquée à la problématique de la


gestion énergétique électrique dans le bâtiment, Rapport de stage de Master Recherche :
Electricité, INP Grenoble, 2008

[CHEN, 2010] Chenailler H, Wurtz F., Ploix S., et al., Etude pour quantifier la part des
apports internes dans bâtiment tertiaire BBC. Application au bâtiment de PREDIS,
Conférence IBPSA : International Building Performance Building Simulation Association
France, Moret-sur-Loing, [en ligne] 9-10 Novembre 2010 : papier 96, Disponible sur <
http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/54/03/45/PDF/Article_chenailler_IBPSA_2010.pdf>
(Consultée le 20 Octobre 2011)

162
16
[CHLE, 2008] Chlela F., Développement d’une méthodologie de conception de bâtiments à
basse consommation d’énergie. Thèse de doctorat: Génie Civil, Université de La Rochelle,
2008, 302p.

[CHOI, 2009] Choi JH, Aziz A, Loftness V. Decision support for improving occupant
environmental satisfaction in office buildings: The relationship between sub-set of IEQ
satisfaction and overall environmental satisfaction, Conférence ICHB, 9th International
Conference Healthy Buildings, Syracuse, USA, 2009: papier 747.

[CIRI, 2009] Ciriza V., Donini L., Durand J.-B., Girard S.,User-friendly power management
algorithms, [en ligne] , Septembre 2009, Disponible sur: < http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-
00412509/fr/> (Consultée le 10 Juillet 2011)

[CITEPA, 2010] Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution


Atmosphérique, Rapport d'activités 2010, Rapport annuel,[en ligne], 2010, Disponible sur: <
http://www.citepa.org/publications/rapport%202010v34-1.pdf> (Consultée le 10 Octobre
2011)

[CLAR, 2004] Claridge D., Abushakra, B., Haberl J., et al., A., Electric Diversity Profiles for
Energy Simulation of Office Buildings. ASHRAE Transactions,[en ligne],2004, Disponible
sur < http://pioneer.netserv.chula.ac.th/~satch/research/Electricity-diversity-profiles-09-
2003%5B1%5D.pdf> (Consultée le 10 Octobre 2011)

[CLAS, 2010] Clastres C., (2010) Les réseaux intelligents. Régulation, investissement et
gestion de la demande électrique, Cahier de recherche n°39, [en ligne], 2010, Disponible sur :
< http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/53/98/18/PDF/CR39-2010_CC_smartgrids.pdf>
(Consultée le 10 Octobre 2011)

[CLEM, 1997] Clements-Croome T.D.J. (1997) What do we mean by intelligent buildings? ,


Automation in Construction, Vol.6, p. 395– 399.

[COCH, 2009] Cochet Y., Antimanuel d’écologie, Paris :Bréal, 2009, 312 p., ISBN : 978 2
7495 0845 0

[COMB, 1996] Combessie P., Prisons des villes et des campagnes. Etude d'écologie sociale,
Paris : de l'Atelier – Ouvrières, 1996, 239p.

[CRAW, 2001] Crawley D.-B., Lawrie L. K.,.Winkelmann F.C. et al.,(2001). Energy-Plus:


creating a new-generation building energy simulation program, Energy and Buildings,
Avril 2001, Vol. 33, No. 4, p.443–457

[CSTB, 2006] Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, Méthode Th-CE 2005. Version
7.3, [en ligne], 2006, Disponible sur < http://www.rt-
batiment.fr/fileadmin/documents/RT2005/pdf/Methode_Th_CE.pdf > (Consultée le 10
Octobre 2011)

[DANN, 2010] Danny H.W. Li, Cheung KL, Wong S.L., et al., An analysis of energy-efficient
light fittings and lighting controls, Applied Energy, Février 2010,Vol. 87, No. 2, p. 558-567

163
16
[DARB, 2006] Darby S, The effectiveness of feedback on energy consumption, Review for
defra of the literature on metering, billing and direct displays, 2006, [en ligne], Oxford,
United Kingdom, Disponible sur: <http://www.eci.ox.ac.uk/research/energy/downloads/smart-
metering-report.pdf > (Consultée le 15 Jullet 2011)

[DAS, 2002] Das S., Cook L.J, Bhattacharya A. , et al., The Role of Prediction Algorithms in
the MavHome Smart Home Architecture, IEEE Wireless Communications (Special Issue on
Smart Homes), Décembre 2002, Vol. 9, No. 6, pp. 77-84,

[DEJO, 1995] Dejours C., Le facteur Humain, Collection « Que sais-je ? ». Paris : P.U.F,
1995, 127 p., ISBN : 978-2-13-058228-1

[DELC, 2002] Delcroix, V., Piechowiak, S., Rodriguez, J.,( 2002). Computing diagnosis with
higher posterior probability using bayesian networks, Conférence IPMU: International
Conference on Information Processing and management of Uncertainty in Knowledge based-
system.Annecy, 2002, p. 45–51.

[DESJ, 1996] Desjeux D., Berthier C., Jarrafoux S., et al. (1996) Anthropologie de
l'electricite: Les objets électriques dans la vie quotidienne en France . Paris : Harmattan,1996
, 220 p., ISBN: 978-2738441089

[DGEMP, 2003] Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières, Les Définitions
utilisés par l’Observatoire de l’Energie, [en ligne], 2003, Disponible sur : <
http://www.territoire-energie.fr/Sources_pdf/donnees%20de%20base.pdf > (Consultée le 15
Octobre 2011)

[DEST, 2007] Desterckel S., Chojnacki E., Une méthode de fusion possibiliste basée sur les
sous-ensembles maximaux cohérents, Preprint of the paper presented at the LFA 2007
conference,[en ligne], 2007, Disponible sur : <
http://sdestercke.free.fr/papers/LFA07_DesDubCho_Preprint.pdf> (Consultée le 15 Octobre
2011)

[DHOL, 1983] Dholakia R. R., Dholakia N., Fuat firat A., From social psychology to political
economy: A model of energy use behaviour, Journal of Economic Psychology, Septembre
1983, Vol. 3, No. 3-4, p. 231-247

[DUBU, 2001] Dubuisson, B.,. Diagnostic, Intelligence Artificielle et reconnaissance de


formes. Paris : Hermès Lavoisier, 2001, 286 p., ISBN: 978-2-7462-0249-8

[EMEL, 2011] Emelionoff (2011) Prospective des modes de vie urbains et facteur 4. Colloque
CNRS : 8ème Colloque Interdisciplinaire CNRS [en ligne], 2011, Disponible sur <
http://energie.cnrs.fr/2011/PROMOV.pdf> (Consultée le 20 Septembre 2011)

[ENERG, 2007] EnergyStar, Introduction to Energy Star Specification Development,


Conférence InternationaleEuropean Community Energy Star Technical Working Group
Meeting, Ispra, 30 Novembre 2007

[ENERT, 2005] Enertech, Technologies de l’information et éclairage - Campagne de mesures


dans 49 ensembles de bureaux de la Région PACA, Rapport Final, [en ligne], 2005,
Disponible sur: <

164
16
http://www.enertech.fr/pdf/60/consommation%20eclairage%20bureautique%20bureaux.pdf>
(Consultée le 10 Octobre 2011)

[EPIC, 2009] Epicure, Lettre à Ménécée, Paris:Flammarion, 2009, 109 p., ISBN : 978-
2080712745

[FANG, 1972] Fanger P.O., (1972), Thermal comfort analysis and applications in
environmental engineering, Thèse de doctorat: Environnement, Danmarks Tekniske Hojskole,
1972, 244 p.

[FISC, 2007] Fischer C., Consumer feedback: a helpful tool for stimulating electricity
conservation, Conference SCORE: SCP cases in the field of food, mobility, and housing;
Workshop of the sustainable consumption research exchange network; Juin 4–5, 2007, Paris,
Chapitre 31.

[FOGG, 2002] Fogg, B.J., Persuasive Technology: Using Computers to change what we think
and do, Burlington: Morgan Kaufmann, 2002, 312 p., ISBN: 1558606432

[FOGG, 2009] Foggia G., Pilotage Optimal de Systeme Multi-sources pour le Batiment, Thèse
de doctorat : Electricité, INP Grenoble, 2009, 197p.

[FRAN, 1996] Frank P., Analytical and qualitative model-based fault diagnosis - a survey and
some new results, European Journal of Control, 1996, Vol. 2, p.6–28.

[FRON, 2011] Frontczak M., Wargocki P., Literature survey on how different factors
influence human comfort in indoor environments, Building and Environment, Avril 2011, Vol.
46, No.4, p. 922-937

[GIEC, 2007] Groupe d’experts Intercontinental sur l’Evolution du Climat, Bilan 2007 des
changements climatiques. Contribution des Groupes de travail I, II et III au quatrième
Rapportd’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
[Équipe de rédaction principale, Pachauri, R.K. et Reisinger, A. (publié sous la direction
de~)], [en ligne], 2007, 103 p., Disponible sur : < http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-
report/ar4/syr/ar4_syr_fr.pdf> (Consultée le 15 Juillet 2011)

[HA, 2007] Ha, D.-L., Un système avancé de gestion d'énergie dans le bâtiment pour
coordonner production et consommation, Thèse de doctorat: Automatique-Productique, INP
Grenoble, 2007, 180 p.

[HAAS, 1998] Haas R., Auer H., Biermayr P., The impact of consumer behavior on
residential energy demand for space heating, Energy and Buildings, Avril 1998, Vol. 27, No.
2, p. 195-205

[HALD, 2008] Haldi F., Robinson D., On the behaviour and adaptation of office
occupants, Building and Environment, Décembre 2008, Vol. 43, No. 12, p. 2163-2177

[HATC, 1992] Hatchuel A., Weil B., L’expert et le système, Paris : Economica, 1992, 264 p.,
ISBN : 2-7178-2250-X

165
16
[HACH, 2011] Dictionnaire Hachette Bilingue français allemand, Paris : Hachette, 1670 p.
ISBN : 2012805426

[HAVE, 2002] Havenith G., Holmér I., Parsons K., Personal factors in thermal comfort
assessment: clothing properties and metabolic heat production, Energy and Buildings, Juillet
2002, Vol. 34, No. 6, p. 581-591

[HOMO, 2011] Homod RZ, Mohamed Saharia KS, Almurib HAF, et al., RLF and TS Fuzzy
model identification of indoor thermal comfort based on PMV/PPD, Building and
Environment, Septembre 2011, doi: 10.1016. Article en cours d’impression

[HOUD, 1969] Houdeville L., Pour une civilisation de l’habitat, Paris : Ouvrières, 1969

[HQE, 200] Haute Qualité Environnementale, Norme NF294 : Maison individuelle et maison
individuelle associée à la démarche HQE, [en ligne], 2011, Disponible sur :<
http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://www.marque-
nf.com/appli.asp?NumAppli=NF294&title=Norme%20NF294%20HQE%20Mainsons%20ind
ividuelles> (Consultée le 30 Septembre 2011)

[INTI, 2006] Intille S., Larson K., Munguia Tapia E., Using a Live-In Laboratory for
Ubiquitous Computing Research, Conférence PERVASIVE : Pervasive Computing, Berlin
2006, Vol. 3968, p. 349-365

[ISER, 2005] Isermann, R., Model-based fault detection and diagnosis-status and
applications, Annual Reviews in Control, 2005, Vol. 29, No. 1, p. 71-85

[IZAR, 2006] Izard J.L., L’inertie dans le bâtiment : Principe de superposition, Présentation
Ecole d’architecture Marseille-Luminy,[en ligne], 2006, Disponible sur : <
http://www.planete-sciences.org/enviro/archives/rnste6/ateliers/habitat/inertie-thermique.htm>
(Consultée le 05 Mars 2011)

[JACO, 1996] Jacot J.H., Micaelli J.p., La performance économique en entreprise, Paris :
Hermès, 1996, 222 p., ISBN : 978-2866015664

[JACQ, 1996] Jacquemin A., Tulkens H, Fondements d'économie politique, Bruxelles : De


Boeck, 1996, p. 213-215.

[JANG, 2007] Jang, M.S., Koh C.D., Moon I.S.,Review of thermal comfort design based on
PMV/PPD in cabins of Korean maritime patrol vessels, Building and Environment, Janvier
2007, Vol.42, No. 1, p. 55-61

[JEON, 2010] Jeong J.-W., Choi A, No S.-T., Improvement in demand-controlled ventilation


simulation on multi-purposed facilities under an occupant based ventilation standard,
Simulation Modelling Practice and Theory, Janvier 2010, Vol. 18, No. 1, p. 51-62

[JORG, 2008] Jørgensen S.E, Exergy, Encyclopedia of Ecology, p. 1498-1509

[KANT, 2004] Kant E., Critique de la Raison Pure, Analytique des principes, chapitre III,
Paris :PUF, 7ème ed. Quadrige, Juillet 2004, 584 p., ISBN : 978-2130545583

166
16
[KIM, 2007] Kim S.-Y , Kim J.J.,.The impact of daylight fluctuation on a daylight dimming
control system in a small office, Energy and Buildings, Août 2007, Vol. 39, No. 8, p. 935-944

[LAI, 2009]Lai ACK, Mui KW, Wong LT, Law LY. , An evaluation model for indoor
environmental quality (IEQ) acceptance in residential buildings, Energy and Buildings ,
Septembre 2009, Vol. 41, No.9, p.930-936

[LE, 2008] Le K., Gestion optimale des consommations d’énergie dans les bâtiments, Thèse
de doctorat : Electricité, INP Grenoble, 2008, 1995p.

[LE, 2010] Le X. H. B., Ploix S., Abras S.,et al., Simulating inhabitant behaviour to manage
energy at home , Conférence IBPSA : International Building Performance Building
Simulation Association France, Moret-sur-Loing, 9-10 Novembre 2010 : papier 96

[LEBE, 2009]Lebègue E., La maquette numérique au service de la construction et de


l’aménagement Durable. Présentation Club Technique de la Gazette des Communes,[en
ligne], 26 mai 2009, Cité de l’architecture et du patrimoine, Paris, Disponible sur : <
http://www.slideshare.net/lagazette.fr/eric-lebgue-la-maquette-numrique-au-service-de-la-
construction-et-de-lamnagement-durable> (Consulté le 10 Juillet 2011)

[LEMO, 1999] Lemoigne J.L., Les épistémologies constructivistes, Collection « Que sais-je ?
», Paris : PUF, 1999, 128p. , ISBN : 2 13 0469943 3

[LENO, 2010] Lenoir A., Etat de l'art des bâtiments à énergie positive en France, Conférence
IBPSA : International Building Performance Building Simulation Association France, Moret-
sur-Loing, 9-10 Novembre 2010, : papier 99

[LEYS, 2010] Leysens E., Bâtiment à énergie positive : une notion à éclaircir, Journal le
Moniteur, [en ligne] Ed. 20 Avril 2010, Disponible sur : < http://www.lemoniteur.fr/195-
batiment/article/a-suivre/701713-batiment-a-energie-positive-une-notion-a-eclaircir>
(Consultée le 20 Juillet 2011)

[LIAN, 2005] Liang J., Du R., Thermal Comfort Control Based on Neural Network for HVAC
Application, Conférence IEEE : IEEE Conference on Control Applications, Toronto, 28-31
Août 2005 : p. 819 – 824.

[LINDEL, 2006] Lindelöf D., Morel N., A field investigation of the intermediate light
switching by users, Energy and Buildings, Juillet 2006, Vol. 38, No.7, p.790–801.

[LINDEN, 2006]van der Linden A.C., Boerstra A.C., Raue A.K., et al., Adaptive temperature
limits: A new guideline in The Netherlands: A new approach for the assessment of building
performance with respect to thermal indoor climate, Energy and Buildings, Janvier 2006, Vol.
38, No. 1, p. 8-17

[LISUN, 2007] LI Sun Environnement, Cahier des exigences environnementales : Opération


Prédis/G2ELAB, Document interne, Rédigé par H. Girard, 2007

[LOPES, 2005] Lopes L., Hokoi S., Miura H., et al., Energy efficiency and energy savings in
Japanese residential buildings—research methodology and surveyed results, Energy and
Buildings, Juillet 2005, Vol. 37, No. 7, p. 698-706

167
16
[LOVI, 1990] Lovins, AB, The negawatt revolution. Conférence: Across the Board The
Conference Board, New York, 18–23 Septembre 1990.

[LOVI, 1996] Lovins A.B., Twelve transitions, eight improvements and one distraction,
Energy Policy, 1996, Vol. 24, No. 4, pp. 331-343.

[LOVI, 2004] Lovins A.B., Energy Efficiency, Taxonomic Overview, Encyclopedia of Energy,
Vol. 2, p.383-401

[MA, 2006] Ma J., Chew S., Xu Y., Fuzzy logic from the viewpoint of machine intelligence,
Fuzzy Sets and Systems, Mars 2006, Vol. 157, No.5, pp. 628-634

[MADS, 1995] Madsen H., Hoist J., Estimation of continuous-time models for the heat
dynamics of a building, Energy and Buildings, Mars 1995, Vol. 22, No 1, p. 67-79

[MAGO, 2004] Magot D., Méthodes et outils logiciels d’aide au dimensionnement.


Application aux composants magnétiques et aux filtres passifs. Thèse de doctorat : Electricité,
INP Grenoble, 2004, 213 p.

[MAHD, 2008] Mahdavi A., Mohammadi A., Kabir E., et al., Occupants’ operation of
lighting and shading systems in office buildings, Journal of Building Performance Simulation,
2008, Vol.1, No 1, p. 57–65.

[MAND, 2006] Mandallena C., Elaboration et application d'une méthode d'évaluation et


d'amélioration de la qualité environnementale de bâtiments tertiaires en exploitation. Thèse
de doctorat : Mécanique, Université Bordeaux 1, 2006, 264 p.

[MARE, 2010] Maréchal K. (2010) Not irrational but habitual: The importance of
“behavioural lock-in” in energy consumption, Ecological Economics, Mars 2010, Vol. 69,
No. 5, p. 1104-1114

[MASL, 1994]Maslow A., Religions, Values, and Peak Experiences, Londres: Atlantic Books,
1994, 143 p., ISBN: 978-0140194876

[MASO, 2010] Masoso O.T., Grobler L.J., The dark side of occupants’ behaviour on building
energy use, Energy and Buildings, Février 2010, Vol. 42, No. 2, p. 173-177

[MCDE, 1984] McDermid J., Ripken K., Life cycle support in the ADA environment, ACM
SIGAda Ada Letters, Vol 3. , No.1

[MEDAD, 2006] Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la


mer, Le plan climat de la France, Mise en oeuvre du Grenelle Environnement, [en ligne],
2006, Disponible sur : < http://www.developpement-
durable.gouv.fr/IMG/pdf/09003_PLAN_CLIMAT.pdf> (Consultée le 10 Juillet 2011)

[MEDAD, 2010] Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la


mer, La consommation finale d’électricité par secteur en 2010. Données statistisques [en
ligne], 2010, Disponible sur : < http://www.statistiques.developpement-

168
16
durable.gouv.fr/energie-climat/intermediaire/consommations-secteur.html> (Consultée le 06
Juin 2011)

[MONN, 2010] Monnier G., Histoire de l'architecture, Collection « Que sais-je? », Paris :
PUF, 2010, 128 p., ISBN : 978-2-13-058268-7

[MORA, 1931] Morand P., 1900, Paris : Les Editions de France, 1931, p.64

[MORO, 2000] Moro M., Programmation des bâtiments. Méthodologie et cas pratiques,
Paris : Eyrolles, 2000, 448 p., ISBN : 2-212-06822-0

[MOUS, 2011] Moustier C, Cours de gestion de projet, [en ligne], 2011, Disponible
sur :http://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_de_d%C3%A9veloppement (Consultée le 18 Juillet
2011)

[MULL, 1998] Mullaly C., Home energy use behaviour: a necessary component of successful
local government home energy conservation (LGHEC) programs Energy Policy,Décembre
1998, Vol. 26, No.14, p. 1041-1052

[MULT, 2003] Multon B., Geraud, O., Robin G.., Ressources énergétiques et consommation
humaine d'énergie. Techniques de l'Ingénieur, D3900.

[NEGA, 2006] Association Negawatt, Scénario négaWatt 2006 pour un avenir énergétique
sobre, efficace et renouvelable, Document de synthèse, [en ligne], Décembre 2005,
Disponible sur :
<http://www.negawatt.org/telechargement/Scenario%20nW2006%20Synthese%20v1.0.2.pdf
> (Consultée le 15 Juillet 2011)

[NICO, 2002] Nicol J.F. , Humphreys M.A., Adaptive thermal comfort and sustainable
thermal standards for buildings, Energy and Buildings, Juillet 2002, Vol. 34, No.6, p.563–572.

[NOR001, 2008] Loi n° 2008-735, Contrats de partenariat, [en ligne], 28 juillet 2008,
Disponible sur : <
http://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPubliee.do?idDocument=JORFDOLE000018113280&
type=general> (Consultée le 20 Octobre 2011)

[NORD, 2002] Nordstedts, Franska fickordbok francais-suedois, Stockholm : Nordstets,


2002, ISBN : 9172271752

[ONU, 1998] Organisation des Nations Unies, Protocole de Kyoto à la convention-cadre des
Nations Unies sur les changements climatiques, Rapport de ratification, [en ligne],1998,
Disponible sur : < http://unfccc.int/cop3/resource/docs/cop3/kpfrench.pdf> (Consultée le 16
Juillet 2011)

[OWEN, 1988] Owen, J. & Wilhite, H., Household energy behavior in Nordic countries: an
unrealized energy saving potential. Energy, Décembre 1988, Vol. 13 No. 12, p. 853-859.

[PAGE, 2007] Page J., Simulating Occupant Presence and Behaviour in Buildings, Thèse de
doctorat: Environnement naturel, physique et construit, EPFL Lausanne, 2007, 134 p.

169
16
[PAGE, 2008] Page J., Robinson D., Stochastic simulation of occupant presence and
behaviour in buildings. Conférence IBPSA: 10th International Conference of the
International Building Performance Simulation Association, Pékin, 3-6 Septembre 2007:
p.365

[PARS, 2002] Parsons K.C., The effects of gender, acclimation state, the opportunity to adjust
clothing and physical disability on requirements for thermal comfort, Energy and Buildings,
Juillet 2002, Vol. 34, No. 6, p. 593-599

[PATT, 1996] Patterson, M., What is energy efficiency? Concepts, indicators and
methodological issues, Energy Policy, Mai 1996, Vol. 24, No. 5, p. 377-390.

[PAUL, 2008] Paul W.L., Taylor, P.A , A comparison of occupant comfort and satisfaction
between a green building and a conventional building, Building and Environment, 2008, Vol.
43., No 11, p.1858–1870

[PEAR, 1997] Pearl, J., Probabilistic reasoning in intelligent systems : network of plausible
inference,Waltham: Morgan Kaufmann Publishers, 1997, 574 p. ISBN: 978-1558604797

[PEUP, 1990] Peuportier B., Blanc-Sommereux I., Simulation tool with its expert interface for
the thermal design of multizone buildings, Solar Energy, 1990,Vol.8, p.109-120.

[PHAM, 2011] Pham D.-A. , Modélisation statistique des autres usages électriques. Rapport
de Master Recherche : Electricité, INP Grenoble, 2011

[PLAT, 1999] Platon, Menon, 86d3-89e9 ; 95a6-96d1, Paris : Flammarion, 1999, 350 p.,
ISBN : 978-2080704917

[PLOI, 2003] Ploix S., Touaf, S., Flaus, J.,(2003). A logical framework for isolation in fault
diagnosis. Conférence SAFEPROCESS: 5th IFAC Symposium on Fault Detection,
Supervision and Safety of Technical Processes. Washington, 9-11 Juin 2003,[en ligne]: papier
142, Disponible sur: < http://b-dig.iie.org.mx/BibDig/P05-0657/pdffiles/papers/142.pdf>
(Consultée le 20 Octobre 2011)

[PLOI, 2011] Ploix S. Jacomino M., Smart Grid and Renewable Energy: a new role for homes
and offices but also new issues for research, Conférence SDEWES: 6th Dubrovnik
Conference on Sustainable Development of Energy, Water and Environment Systems,
Dubrovnik, 25-29 Septembre 2011: papier 498

[POQU, 2008] Poquet G, Dujin A., Pour les ménages, la recherche du confort prime encore
sur les économies d’énergie, Crédoc N°210, [en ligne], Mars 2008, Disponible sur : <
http://www.credoc.fr/pdf/4p/210.pdf> (Consultée le 20 Juin 2011)

[PREB, 2004] Programme de Recherche et d'Expérimentations sur l'Energie dans le Bâtiment,


[en ligne], 2004, Disponible sur:< http://www.prebat.net/> (Consultée le 17 Septembre 2011)

[QUEN, 2011] Quenard D., Bernier J.-C. et al., La chimie et l’habitat, Paris : EDP Sciences,
2011, 292p., ISBN : 978-2-7598-0642-3

170
17
[RABA, 2002] Rabardel P., Carlin N., Chesnais M., Ergonomie: concepts et méthodes,
Toulouse : Octarès, 2002, 178 p., ISBN : 978-2906769458

[RASM, 1986] Rasmussen J., Information processing and human-machine interaction: an


approach to cognitive engineering, New York: Elsevier Science Ltd, 1986, 230p. ISBN: 978-
0444009876

[RIVA, 2005]. Riva G., Vatalaro F., Davide F., et al., Ambient Intelligence: from Vision to
Reality, IOS Press, [en ligne], 2005, Disponible sur <
http://www.vepsy.com/communication/book5/04_ami_istag.pdf> (Consultée le 20 Octobre
2011)

[ROBE, 1946] Robertson D. W., A Note on the Classical Origin of ‘Circumstances’ in the
Medieval Confessional, Studies in Philology , 1946, Vol.43, No.1, p.6-14

[ROTH, 2008] Rothensee M., User Acceptance of the Intelligent Fridge: Empirical Results
from a Simulation, Lecture Notes in Computer Science, 2008, Vol. 4952, p.123-139

[ROUL, 2008] Roulet C. A., Conditions de Confort et logement Sains. Cycle Construction et
Energies, [en ligne], Mai 2008, Disponible sur: <
http://www.enrdd.com/Documents/Architecture%20responsable%20et%20developpement%2
0durable/roulet2008.pdf> (Consultée le 10 Octobre 2011)

[RT 2005, 2005] Réglementation thermique des bpâtiments, Direction générale de


l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Construction. Décret n°2006-592, Caractéristiques
thermiques et à la performance énergétique des constructions, JO du 25 mai 2006, [en ligne],
24 mai 2006, Disponible sur <
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000242000&dateText
e=> (Consultée le 20 Octobre 2011)

[RUZZ, 2008] Ruzzenenti F., Basosi R., The role of the power/efficiency misconception in
the rebound effect’s size debate: Does efficiency actually lead to a power enhancement?,
Energy Policy, Septembre 2008, Vol. 36, No. 9, p. 3626-3632

[SAKU, 2010] Sakulpipatsin P., Itard L.C.M.,. van der Kooi H.J, et al., An exergy application
for analysis of buildings and HVAC systems, Energy and Buildings, Janvier 2010, Vol. 42,
No. 1, p. 90-99

[SHEW, 1980] Shewhart W. A., Economic Control of Quality of Manufactured Product,


Milwaukee: American Society for Quality Control, 1980, 501p., ISBN: 978-0873890762

[SIDL, 2009] Sidler O. Guide de la Maîtrise de la Demande d'Electricité dans le secteur


résidentiel, Rapport de synthèse, [en ligne], 2009, Disponible sur : <
http://www.enertech.fr/pdf/47/Maitrise%20demande%20electricite%20residentiel.pdf>
(Consultée le 15 Octobre 2011)

[SIDL, 2010] Sidler O. Le rôle de l'électricité dans les bâtiments sobres en énergie,
Séminaire : Rencontres PREBAT , Chambéry,[en ligne, 31 Mars 2010, Disponible sur :<
http://www.enertech.fr/pdf/38/electricite-et-batiments-a-energie-positive.pdf> (Consultée le
20 Octobre 2011)

171
17
[SIMB, 2009] SIMBIO, Etude de définition, [en ligne], 2009, Disponible sur : <
http://www.simbio.fr/> (Consultée le 16 Octobre 2011)

[SIMO, 1976] Simon H.A., Administrative Behavior. A study of Decision-Making Processes


in Administrative Organization, Free Press, 1976, 364 p., ISBN: 978-0029289716.

[SO, 1999] So A.T.P, A.C.W. Wong, K.C. Wong, A new definition of intelligent buildings for
Asia, Facilities, 1999, Vol. 17, No.12/13, p.485 - 491

[SOES, 2008] Service de l'Observation et des Statistiques, Bilan de l'énergie 2008, Cité dans
le Rapport Bâtiment de l’Ademe [en ligne] Disponible sur <
http://www2.ademe.fr/servlet/getBin?name=D199DB4F63EC2F0B02A706671367CC231302
179711154.pdf> (Consultée le 10 Octobre 2011)

[SOES, 2010] Service de l'Observation et des Statistiques, Bilan énergétique de la France


pour 2009, Cité dans le Rapport Bâtiment de l’Ademe [en ligne] Disponible sur <
http://www2.ademe.fr/servlet/getBin?name=D199DB4F63EC2F0B02A706671367CC231302
179711154.pdf> (Consultée le 10 Octobre 2011)

[SORR, 2008] Sorrell S, Dimitropoulos J., The rebound effect: Microeconomic definitions,
limitations and extensions, Ecological Economics, Avril 2008, Vol. 65, N°3, p. 636-649

[STUM, 1997] Stum, K., Mosier, R., Haasl, T.,Energy management systems, Rapport
Technique, Porland Energy Conservation Inc, [en ligne], 1997, Disponible sur: <
http://www.peci.org/documents/PECI_PracticalGuide1_0302.pdf> (Consultée le 08 Octobre
2011)

[TANI, 2008] Tanides C.G., Estimation of stand-by energy consumption and energy saving
potential in Argentine household, Energy for Sustainable Development, Décembre 2008, Vol.
12, No. 4, p. 76-80

[THIE, 2008a] Thiers S., Bilans énergétiques et environnementaux de bâtiments à énergie


positive, Thèse de doctorat : Energétique, Mines de Paris, 2008, 255p.

[THIE, 2008b] Thiers S., Peuportier B., Thermal and environmental assessment of a passive
building equipped with an earth-to-air heat exchanger in France , Solar Energy, Septembre
2008, Vol. 82, No. 9, p. 820-831

[UE, 2005] Parlement Européen, Livre vert sur l’efficacité énergétique, Commission
européenne, [en lignbe], 22 Juin 2005, Disponible sur
http://europa.eu/legislation_summaries/energy_efficiency/l27061_fr.htm (Consultée le 18
Septembre 2011)

[UE, 2007] Communication de la Commission du 10 janvier 2007 intitulée: « Limiter le


réchauffement de la planète à 2 degrés Celsius - Route à suivre à l'horizon 2020 et au-delà »
Bruxelles

172
17
[UE, 2002] Parlement européen et du conseil, Directive 2002/96/CEE, Déchets
d'équipements électriques et électroniques (DEEE), [en ligne], 27 janvier 2003, Disponible
sur : http://eur-
lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2003:037:0019:0023:fr:PDF (Consultée
le 20 Octobre 2011)

[VRIN, 2007] Vringer K., Aalbers T., Blok K., Household energy requirement and value
patterns, Energy Policy, Janvier 2007, Vol. 35, No.1, p. 553-566

[WAGN, 2007] Wagner A., E. Gossauer E., C. Moosmann C., et al., Thermal comfort and
workplace occupant satisfaction—Results of field studies in German low energy office
buildings, Energy and Buildings, Juillet 2007, Vol.39, No.7, p.758–769

[WIDE, 2009] Widén J., Nilsson A.N., Wäckelgård E., A combined Markov-chain and
bottom-up approach to modelling of domestic lighting demand, Energy and Buildings,
Octobre 2009, Vol. 41, No. 10, p. 1001-1012

[WIGG, 2002] Wigginton M., J. Harris, Intelligent Skin, Oxford: Butterworth-Heinemann,


2002, 176 p.

[WILL, 1975] Willsky, A., A survey of design methods for failure detection systems,
Automatica, 1975, Vol.12, p.601–611.

[WOOD, 2006]Wood G., Newborough M., Energy-use information transfer for intelligent
homes: Enabling energy conservation with central and local displays, Energy and Buildings,
Avril 2007, Vol. 39, No. 4, p. 495-503

[WONG, 2005] Wong J.K, Li H., Wang S.W., Intelligent building research: a review,
Automation in Construction, Janvier 2005, Vol. 14, No.1, p.143– 159

[WURT, 2008] Wurtz F., Conceptions de la conception pour le génie électrique de


l’approche « Objets –Savoirs – Méthodes – à l’approche « Systèmes – Connaissances –
Compétences - Organisations » Rapport de HDR : Génie Electrique, INP Grenoble, 2008,
188p.

[YAMA, 2008] Yamamoto Y., Suzuki A., Fuwa Y., et al. (2008) Decision-making in electrical
appliance use in the home, Energy Policy, Mai 2008, Vol. 36, No.5, p.1679-1686

[YASS, 2011] Yassine A., Ploix S., Méthodes d’analyse diagnostique pour les systèmes
habitation, Compte rendu d’avancemen, Projet PLUMES

[YE, 2003] Ye G., Yang C., Chen Y., et al., A new approach for measuring predicted mean
vote (PMV) and standard effective temperature (SET*), Building and Environment, Janvier
2003, Vol. 38, No.1, p. 33-44.

[YUCE, 2011] Yucer C.T., Hepbasli A.(2011) Thermodynamic analysis of a building using
exergy analysis method, Energy and Buildings, Février-Mars 2011, Vol. 43, No. 2-3, p. 536-
542

173
17
[ZADE, 1983] Zadeh L., A fuzzy Set theoretic approach, Journal of Semantics, Décembre
1983, Vol 2.

Pages Internet

[BOUR, 2010] Bourgogne Bâtiment Durable, Démarche QEB – HQE, [en ligne], 2011,
Disponible sur : <http://www.bourgogne-batiment-durable.fr/fr/bourgogne-batiment-
durable/tout-sur-la-qeb/demarche-qeb-hqe.html> (Consultée le 15 Juin 2011)

[CEA, 2003] Centre de l’Energie Atomique- Energies Alternatives, L’Energie pour quoi
faire?, [en ligne], 2011, Disponible sur :
<http://www.cea.fr/jeunes/themes/l_energie/la_production_d_energie/l_energie_pour_quoi_fa
ire> (Consultée le 12 Septembre 2011)

[CNRTLa, 2011] Centre National de Recherche Textuelles et Lexicales, Définition du terme


« Usage » Dictionnaire lexicographique, [en ligne], 2011, Disponible sur :<
http://www.cnrtl.fr/definition/usage > (Consulté le 15 Juillet 2011)

[CNRTLb, 2011] Centre National de Recherche Textuelles et Lexicales, Définition du terme


« Rendement » Dictionnaire lexicographique, [en ligne], 2011, Disponible sur :<
http://www.cnrtl.fr/definition/rendement > (Consulté le 15 Juillet 2011)

[DOMUS, 2011]Logiciel et Systèmes Intelligents, Plateforme de test pour la domotique, [en


ligne], 2011, Disponible sur :< http://www.carnot-lsi.com/notre-offre/batiment-
intelligent/offres/domus >(Consultée le 10 Septembre 2011)

[ENERZ, 2011] Enerzine, Article sur les smarts grids, [en ligne], 2011, Disponible sur:
http://www.enerzine.com/14/8562+les-smart-grids-ou-reseaux-intelligents+.html (Consultée
le 20 Septembre 2011)

[LAROa, 2011] Dictionnaire encyclopédique, Définition du terme « efficacité »[en ligne],


2011, Disponible sur : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/efficacité (Consultée le
16 Octobre 2011)

[LAROb, 2011] Dictionnaire encyclopédique, Définition du terme « efficience »[en ligne],


2011, Disponible sur : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/efficience (Consultée le
16 Octobre 2011)

[LEO, 2011] LEO, Définition Wirksam, Dictionnaire Allemand, [en ligne], 2011, Disponible
sur :<
http://dict.leo.org/frde?lp=frde&lang=de&searchLoc=0&cmpType=relaxed&sectHdr=on&spe
llToler=&search=wirksam> (Consultée le 20 Octobre 2011)

[NOVE, 2011] Novethic, Définition de l’électricité spécifique, [en ligne], 2011, Disponible
sur : < http://www.novethic.fr/novethic/v3/le-glossaire.jsp?id=135443> (Consultée le 20
Octobre 2011)

[PVGIS, 2010] Photovoltaic Geographical Information System, Données d’irradiation


solaire:, [en ligne], 2010, Disponible

174
17
sur :http://re.jrc.ec.europa.eu/pvgis/apps/radmonth.php?lang=en&map=europe (Consultée le
20 Octobre 2010)

[WIKIa, 2011] Wikipédia, Article Bâtiment, Dictionnaire encyclopédique participatif,[en


ligne], 2011, Disponible sur :
http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A2timent_%28construction%29( Consultée le 10
Septembre 2011)

[WIKIb, 2011] Wikipédia, Article Efficience énergétique, Dictionnaire encyclopédique


participatif,[en ligne], 2011, Disponible sur : <
http://fr.wikipedia.org/wiki/Efficience_%C3%A9nerg%C3%A9tique> Consultée le 21 Février
2011.

[WIKIc, 2011] Wikipédia, Article Méthode QQOQCP, Dictionnaire encyclopédique


participatif,[en ligne], 2011, Disponible sur :<http://fr.wikipedia.org/wiki/QQOQCP >
(Consultée le 10 Septembre 2011)

175
17
ANNEXES
ANNEXE 1 : DEMARCHE HQE DANS LE CADRE DE PREDIS ....................................................................................................180

1.1 Analyse des thèmes environnementaux HQE dans le processus de conception ....................................................................................................................................... 181
Architecture...................................................................................................................................................................................................................................................... 182
Chauffage/ rafraîchissement ............................................................................................................................................................................................................................. 182
Ventilation ........................................................................................................................................................................................................................................................ 184
Eclairage........................................................................................................................................................................................................................................................... 185
Equipements Bruns et Blancs........................................................................................................................................................................................................................... 186

1.2 Observations sur la phase de conception de la plateforme PREDIS MHI ............................................................................................................................................... 186
Pertinence des Préconisations HQE ................................................................................................................................................................................................................. 186

ANNEXE 2 : ORGANISATION DES THEMES ENVIRONNEMENTAUX DANS LA DEMARCHE HQE ..........................................187

ANNEXE 3 : APPORTS INTERNES ET DEMANDES SPECIFIQUES ............................................................................................189

ANNEXE 4 : PLAN ARCHITECTURAL REZ-DE-CHAUSSEE ........................................................................................................190

ANNEXE 5 : MODELE ARCHITECTURAL COMFIE PLEIADES DE LA PLATEFORME PREDIS MHI- REZ-DE CHAUSSEE .....192

ANNEXE 6 : SCHEMA DE PRINCIPE VENTILATION REZ-DE-CHAUSSEE .................................................................................194

ANNEXE 7 : PLAN VENTILATION REELLE REZ-DE-CHAUSSEE................................................................................................196

ANNEXE 8 : ETUDE FACTEUR DE LUMIERE DU JOUR PLATEFORME EP RECHERCHE........................................................198

ANNEXE 9 : PLAN ECLAIRAGE REZ-DE-CHAUSSEE .................................................................................................................200

ANNEXE 10 : PLAN D’AMENAGEMENT ET DE PLACEMENT DES CAPTEURS SALLE INFORMATIQUE ...............................202

176
17
ANNEXE 11 : MODELE THERMIQUE ETUDE PREDIS MHI : REZ-DE-CHAUSSEE ....................................................................204

ANNEXE 12 PROCESSUS DE CONCEPTION ET DESCRIPTION DE LA PLATEFORME MHI ....................................................206

12.1 Démarche HQE de la Conception du bâtiment ........................................................................................................................................................................................ 206

12.2 Description du Système Bâtiment « Plateforme PREDIS MHI » ........................................................................................................................................................... 207


12.2.1 Architecture et descriptions des pièces .................................................................................................................................................................................................. 207
12.2.2 Gestion Technique Centralisée et Systèmes énergétiques ..................................................................................................................................................................... 207
12.2.3 Occupants .............................................................................................................................................................................................................................................. 211

ANNEXE 13 : QUESTIONNAIRE DE SATISFACTION USAGERS ESPACE BUREAU .................................................................212

ANNEXE 14 : RESULTATS DU QUESTIONNAIRE DE SATISFACTION DE LA PLATEFORME PREDIS MHI .............................219

ANNEXE 15 : SIMULATION DE LA SURCHAUFFE LIEE A L’USAGE ..........................................................................................230

ANNEXE 16 : TERMINOLOGIES DE L’EPISTEMOLOGIE CONSTRUCTIVISTE ..........................................................................234

ANNEXE 17 : ANALYSE DE L’USAGE D’UN BATIMENT ..............................................................................................................235

ANNEXE 18 AIDE A LA CONCEPTION DU SYSTEME DE VENTILATION....................................................................................238


18.1 Analyse de l’usage aéraulique et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage .............................................................................................................................. 238

18.2 Construction de la fonction de satisfaction globale à partir des fonctions de satisfaction de chaque paramètre d’usage ................................................................. 239
18.2.1 Fonction de satisfaction sensible de la qualité de l’air .......................................................................................................................................................................... 239
18.2.3 Fonction de satisfaction Rationnelle aéraulique. ................................................................................................................................................................................... 240
18.2.4 Fonction de satisfaction globale du confort aéraulique ......................................................................................................................................................................... 240

18.3 Application au Système de ventilation....................................................................................................................................................................................................... 241


18.3.1 Stratégies de contrôles commande étudiées .......................................................................................................................................................................................... 241
18.3.2 Détermination du coût énergétique........................................................................................................................................................................................................ 241
18.3.3 Evolution du taux de CO2 .................................................................................................................................................................................................................... 242

177
17
18.4 Analyse des résultats et prise de décisions................................................................................................................................................................................................. 243
18.4.1 Diagramme de compromis sur la satisfaction globale ........................................................................................................................................................................... 244
18.4.2 Autre présentation de la satisfaction globale. ........................................................................................................................................................................................ 245
18.4.3 Bilan des diagramme et prise de décision.............................................................................................................................................................................................. 246

ANNEXE 19 : SCENARIOS D’ETUDE POUR LE SYSTEME DE VENTILATION ...........................................................................247

ANNEXE 20 : GRAPHES D’EVOLUTION DU TAUX DE CO2 ........................................................................................................248

ANNEXE 21 : AIDE A LA CONCEPTION SYSTEME D’ECLAIRAGE ARTIFICIEL ........................................................................249


21.1 Analyse de l’usage et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage du confort visuel.................................................................................................................... 249

21.2 Construction de la fonction de satisfaction globale à partir des fonctions de satisfaction de chaque paramètre d’usage ................................................................. 251
21.2.1 Satisfaction sensible de l’éclairement lumineux.................................................................................................................................................................................... 251
21.2.3 Fonction de satisfaction rationnelle....................................................................................................................................................................................................... 252
21.2.4 Fonction de satisfaction globale du confort visuel ................................................................................................................................................................................ 252

21.3 Application au système d’éclairage artificiel de l’Espace Bureau........................................................................................................................................................... 252


21.3.1 Systèmes de côntrole-commande .......................................................................................................................................................................................................... 253
21.3.2 Consommation énergétique des luminaires ........................................................................................................................................................................................... 254
21.3.3 Modélisation Eclairage naturel.............................................................................................................................................................................................................. 255

21.4 Analyse des résultats et prise de décisions................................................................................................................................................................................................. 261


21.4.1 Diagramme de compromis des satisfactions sensible et rationnelle ...................................................................................................................................................... 261
21.4.2 Bilan des diagrammes de compromis .................................................................................................................................................................................................... 265

ANNEXE 22 : DECOUPAGE DE L’ESPACE BUREAU EN ZONES D’ECLAIRAGE ......................................................................266

ANNEXE 23 : SCENARIOS D’ETUDE POUR LE SYSTEME D’ECLAIRAGE ARTIFICIEL ...........................................................267

ANNEXE 24 : LE CONFORT VISUEL DANS L’ARCHITECTURE BIOCLIMATIQUE .....................................................................268

ANNEXE 25 : QUESTIONNAIRE SUR LE CONFORT LUMINEUX ET L’ECLAIREMENT LUMINEUX ARTIFICIEL.....................269

178
17
ANNEXE 26 : METHODOLOGIE PROPOSEE POUR LA CONCEPTION PAR L’USAGE DE LA PLATEFORME PREDIS ..........270

ANNEXE 27 ETUDE DU DIAGNOSTIC D’USAGE SUR LE CAS DU LAVE-LINGE.......................................................................271


27.1 Analyse de l’usage et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage du lave-linge ............................................................................................................................. 271
27.2 Fonctions de satisfaction rationnelle pour le lave-linge ........................................................................................................................................................................... 271

ANNEXE 28 : ETUDE DE L’EFFICACITE D’USAGE EN EXPLOITATION POUR L’ORDINATEUR ..............................................274


28.1 Analyse de l’usage et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage de l’ordinateur.......................................................................................................................... 274
28.2 Fonctions de satisfaction rationnelle pour l’ordinateur ............................................................................................................................................................................ 275
28.3 Diagramme de Compromis Coût/Satisfaction rationnelle ........................................................................................................................................................................ 276

ANNEXE 29 DETERMINATION DE LA PRESENCE D’UN USAGER EN FONCTION DE SA CONSOMMATION ELECTRIQUE


POUR UN OUE A MOINDRE INFLUENCE THERMIQUE (EXEMPLE DE L’ORDINATEUR) .........................................................278

ANNEXE 30 : PRESENTATION SUCCINCTE DE G-HOMETECH..................................................................................................279

179
17
Annexe 1 : Démarche HQE dans le cadre de PREDIS
Comme nous avons pu le voir succinctement dans le chapitre 1, la démarche Haute Qualité Environnementale (HQE) est un
processus de réflexion lors de la conception de bâtiment permettant d’établir un tableau de bord d’exigences environnementales sur un certain
nombre de points. L’association HQE présente dans les termes suivants une telle démarche [HQE, 2010] :
« La démarche HQE vise à améliorer la qualité environnementale des bâtiments neufs et existants, c’est-à-dire à offrir des ouvrages sains et confortables dont les impacts sur
l’environnement, évalués sur l’ensemble du cycle de vie, sont les plus maîtrisés
possibles. C’est une démarche d’optimisation multicritère qui s’appuie sur une donnée fondamentale : un bâtiment doit avant tout répondre à un usage et assurer un cadre de
vie adéquat à ses utilisateurs. La démarche HQE comprend trois volets indissociables :
Un système de management environnemental de l’opération (SME) où le maître d’ouvrage fixe ses objectifs pour l’opération et précise le rôle des différents
acteurs.
14 cibles qui permettent de structurer la réponse technique, architecturale et économique aux objectifs du maître d’ouvrage (cf. Chapitre 1)
Ces 14 cibles concernent:

• Relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat,


• Choix intégré des procédés et produits de construction,
• Chantier à faible nuisance,

• Gestion de l'énergie,
• Gestion de l'eau,
• Gestion des déchets d'activité,
• Gestion de l'entretien et de la maintenance

• Confort hygrothermique,
• Confort acoustique,
• Confort visuel,
• Confort olfactif,

• Qualité sanitaire des espaces,


• Qualité sanitaire de l'air,
• Qualité sanitaire de l'eau

Des indicateurs de performance


Ces trois volets constituent le référentiel générique de la démarche HQE formalisé dans trois documents normatifs : les normes NF P01-020-1 et XP P01-020-3 et le guide
d’application (GA) P 01 030.

Principes de la démarche HQE :

180
• Les objectifs sont fixés par le maître d’ouvrage dans le cadre de son programme.
• Le système de management permet de mobiliser l’ensemble des acteurs pour atteindre les objectifs.
• Aucune solution architecturale et technique n’est imposée : le choix est justifié et adapté au contexte.
• La création d’un environnement intérieur sain et confortable tout en limitant les impacts environnementaux est recherchée.
• Les performances sont évaluées. »
Dans le cas de la Plateforme PREDIS, compte tenu des problématiques dans lesquelles elle s’inscrit, les exigences environnementales se portent
davantage sur les sujets relatifs à la gestion énergétique et au confort des habitants ce qui a abouti à privilégier un certain nombre de cibles par
rapport à d’autres (Annexe 2). Chacun des thèmes retenus dans le projet a alors été hiérarchisé selon trois niveaux par l’AMO HQE:

- Base: correspond à un niveau de traitement réglementaire et/ou couramment mis en œuvre dans d’autres opérations similaires
- Performant : traduit un souhait d’amélioration des performances par rapport au cadre réglementaire et/ou à la pratique courante
du Maître d’Ouvrage.
- Très Performant : traduit les priorités du Maître d’Ouvrage pour l’opération. Les thèmes associés à ce niveau de traitement
devront faire l‘objet d’efforts de conception particuliers permettant une amélioration significative des performances environnementales obtenues.
On peut désormais observer, de par la définition même des termes employés dans la démarche, qu’il existe un niveau de
complexité par rapport aux exigences environnementales mais au-delà de cela on peut se questionner sur les critères de performance évoqués ici.
Il n’y a pas ou peu d’indications sur la définition de « performance ». Ici, la performance est considérée comme une comparaison entre une
situation existante (ou réglementaire) et une configuration à améliorer.

1.1 Analyse des thèmes environnementaux HQE dans le processus de conception


Dans notre vision systémique du bâtiment, on retrouve un certain nombre de thèmes de la démarche HQE (Annexe 2) relatifs à
l’architecture, à l’enveloppe (thème 6 à 10, 15, 16 et de manière connexe, les thèmes 42 et 43), au système de chauffage/rafraîchissement (thèmes
17, 18 et de manière connexe, les thèmes 42 et 43), la ventilation (thème 21 et de manière connexe 47), l’éclairage (thème 20 et de manière
connexe 45,46) et les équipements blancs et bruns (thèmes 22 et 23). L’autre aspect qui se dégage est ce qui est relatif à l’humain en particulier
les notions de confort (thèmes 42 à 49) ou l’intégration des habitants (thème 1) qui correspond à l’élément « Occupant » du système bâtiment.
Dans cette partie, nous analyserons les préconisations émises par l’AMO HQE au regard de l’aspect énergétique et usages ; et
verrons pour chaque point leurs traitements par les acteurs concernés dans le projet durant les autres phases du processus de conception. Nous
nous attacherons à ne présenter que les principales exigences environnementales mettant en exergue les particularités liées à la performance
énergétique. Pour plus de détails, on pourra se reporter au cahier des exigences environnementales du projet [LI SUN, 2007].

181
Architecture

Préconisations HQE
L’atelier visant le choix des techniques, procédés et matériaux s’inscrit dans une logique principalement environnementale. En
effet, il est demandé à avoir des matériaux au maximum respectueux de l’environnement (utilisation de structure en bois) et des occupants du
point de vue hygiénique. Du point de vue de l’isolation, un effort minimum de mise en conformité avec la RT2000 est demandé. Pour cela, des
solutions techniques sont évoqués (comme double peau intérieure) et des valeurs limites pour le choix des équipements d’isolation et menuiseries
est fixé (coefficient de transmission thermique U parois extérieures <0,33 W/m².K, U fenêtres < 1,7 W/m².K, Isolation de l’enveloppe
Ubat<0,7W/m².K). Les préconisations typiquement architecturales afin de bénéficier des apports naturels ont davantage attrait à la bioclimatique
dont nous ne développerons pas ici.

Etude en phase d’esquisse et APS


Les bureaux d’architecte, d’études structure et d’études Bois ont pu travailler autour de plans de masse afin de définir les espaces qui
seront créés et distinguer les parois soumises à rénovation ou celles qui seront nouvellement construites. La définition des espaces a alors pu être
effectuée en fonction également de la fréquence d’occupation de ces salles définis par le maître d’ouvrage (Annexe 2)
Les documents provenant de cette étude sont les plans architecturaux présentés en annexe 4

Chauffage/ rafraîchissement

Préconisations HQE
Le poste de chauffage et de rafraîchissement fait à la fois l’objet d’efforts du point de vue architectural (utilisation de matériaux à forte
inertie pour réduire les besoins de climatisation, isolation performante pour la réduction des besoins de chauffages, etc.…) et également à la mise
en place de systèmes de chauffage et de climatisation pour compléter les besoins de chaud ou de froid. L’objectif est en terme de système de
chauffage une consommation en énergie utile < 50kWhEP.m².
Parmi les points remarquables de cette partie, il apparaît une exigence de gestion de l’intermittence et de la modulation de la fourniture en
fonction des besoins (régulation multizonales). D’autre part, il est demandé à la conception technique de prendre en compte la possibilité de
fonctionner dans certaines zones à des horaires ou des périodes où la plupart des activités sont arrêtées via des dispositifs de redémarrage
d’installations de chauffage. Une attention particulière a été portée aux locaux à occupation intermittente ou très aléatoire.
Pour le rafraîchissement, aucun équipement n’a été souhaité sauf si justification comme le local serveur, privilégiant une solution
architecturale telle que la ventilation naturelle. Néanmoins, il est suggéré que des modélisations thermiques dynamiques permettront de valider la

182
stratégie de confort thermique. Le nombre d’heures d’inconfort (où la température est supérieure à 27,5°C durant les périodes d’occupation) doit
être inférieur à 40 heures.

Etude en phase Esquisse /APS et APD


Le bureau d’études Fluides étant en charge de l’étude de consommation énergétique afin d’obtenir le confort d’hiver et le confort d’été.
Pour cela, une simulation thermique dynamique a été réalisée sous le logiciel de simulation thermique dynamique COMFIE Pleiades.
Le modèle thermique intègre le modèle architectural employé pour cette étude peut être retrouvé en annexe 5, la modélisation de
composition des parois correspond aux hypothèses relatives à l’étude du chauffage ainsi que des scénarios de chauffage, de ventilation
d’occupation et de puissance dissipée. Nous présenterons ici les modèles utilisés par le Bureau d’études pour l’étude de la plateforme PREDIS
MHI (Tableau 5) et en annexe 3 ceux du projet PREDIS dans son ensemble.

Périodes
Zones d’activité Chauffage
Etage Ventilation Occupants Puissance dissipée
thermiques des /Rafraîchissement
scénarios
25 PC: 100W /poste
Plateforme 7h à 19h Inoccupation : 17°C 3 Machine Zone manip :
RDC EP 18 m /h/personne 20
Occupation : 20°C 2kW
Recherche
Eclairage: 7W/m²

18 m3/h/personne
Salle
Informatiqu Inoccupation : 17°C 20 PC fixe : 100W
R+1 7h à 19h Double flux 20
e Occupation : 20°C Éclair age: 7 W/m²
coefficient
Industrielle
d’échange 0,7

Tableau 5: Scénarios de simulation thermique dynamique lors de la phase de conception APS

Résultats de la simulation thermique en phase de conception:


L’étude effectué par le Bureau d’études Fluide en cette phase de conception a permis d’évaluer les besoins énergétiques de chauffage (3,4
kWh/m².an pour la Plateforme EP Recherche et 15,1 kWh/m².an pour la Salle Informatique Industrielle) répondant ainsi à la consigne de
consommation de 50 kWhEP/m² ainsi que d’évaluer le temps d’inconfort l’été (température dans la Salle Informatique Industrielle ne dépassant
pas 28°C durant plus de 41h) respectant également la limite édictée dans les préconisations HQE. Nous verrons par la suite au travers du retour
d’expérience les réalités de ces mesures.

183
Le bureau d’études Fluides a donc rédigé pour la phase DCE un document (Cahier des Clauses techniques particulières. Lot 11 :
Chauffage-Ventilation-Sanitaire-Plomberie-Climatisation) décrivant de manière précise la réalisation technique telle qu’elle devrait mise en
œuvre (raccordement hydraulique, etc..) mais n’est exprimé de manière succincte (donc libre d’interprétation) ou alors simplement omis les
informations relatives aux côntrole-commande et régulation en fonction des besoins, la mise en place de capteurs permettant une gestion des
équipements par rapport à l’usage.

Ventilation

Préconisations HQE
Des solutions architecturales peuvent être mises en place, comme la ventilation naturelle, mais sinon des dispositif comme des Ventilation
Double flux, permettant une récupération de l’énergie (rendement supérieure à 70%) et donc source d’économie d’énergie.
On retrouve également des exigences concernant la gestion de l’intermittence et de la modulation en fonction des besoins. D’autre
part, l’optimisation de la consommation électrique des ventilateurs sera recherchée et le système devra pouvoir être arrêté en période prolongée
d’inoccupation. Il est cherché à avoir une consommation des moteurs P <0,22 W/m3.h. Enfin, les débits seront adaptés aux besoins, sans
surdimensionnement.

Etude en phase d’esquisse et APS


En terme d’étude spécifique d’écoulement de fluides le bureau d’études Fluides n’a pas communiqué d’études spécifiques hormis le
modèle de ventilation effectué sous COMFIE. Ces études sont probablement basées sur l’expérience du bureau d’études mais n’est pas en rapport
avec une réelle étude via des modèles CFD (études de l’écoulement des fluides). Le bureau d’études a mis au point un synoptique de
fonctionnement du système de ventilation /chauffage par Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) double flux (Annexe 6). En effet,
conformément aux exigences environnementales, l’emploi d’une VMC double flux a été préféré afin d’effectuer les fonctions de chauffage,
rafraîchissement et de ventilation.

Etude en phase APD


A la suite du synoptique permettant de valider le schéma de fonctionnement du système ventilation, la mise en place finale du
système ventilation avec le placement des capteurs permettant de mesurer différentes grandeurs qui seront traitées par un système Gestion
Technique du Bâtiment (GTB) a été effectuée (Annexe 7). Adjoint à cela, il a été également rédigé un document concernant les lots techniques
appropriés à destination des entreprises. Nous nous pencherons ici en particulier sur la partie GTC qui a fait l’objet d’un document particulier. En
effet, en terme de mesure de données et de contrôle des équipements (en particulier la VMC double flux), il a été choisi une structure sous forme
de GTB afin de remonter les données des différents capteurs et de contrôler les actionneurs adéquats.
Par rapport aux exigences environnementales, le bureau d’études Fluides détermine en ces termes les fonctionnalités que devront
réaliser la GTB :

184
« Programmations conditionnelles et temporelles avec pilotage en temps réel des différents appareils de :
chauffage
. ventilation
. climatisation
. éclairage
.Stores extérieurs
Surveillance centralisée des défauts d’alarmes techniques.
Surveillance et signalisation centralisées des équipements techniques.
Programmer le fonctionnement de divers circuits en fonction des créneaux horaires des conditions d’occupation des locaux.
Contrôler et archiver les températures des locaux, les mesures de puissance.
Elaborer un bilan énergétique.
Supervision GTB avec plans graphiques dynamiques. »

Une telle description globale a donc ensuite été fournie aux entreprises, accompagnée bien entendu de spécificités techniques (protocole
de communication, réalisation de l’interface etc.…) mais les prescriptions par rapport aux réglages des équipements et la gestion de l’énergie vis-
à-vis des usages n’ont pas été détaillées. Cela pourrait s’apparenté à une politique de l’autruche : c’est une politique qui court vite, une politique
qio fait des gros œufs, c’est tout (Karadoc, Kaamelott).

Eclairage
Préconisations HQE
Une utilisation optimale de l’éclairage naturel a été requise.
L’objectif est d’avoir un confort visuel ne permettant pas un éblouissement des occupants. Pour cela, il est préféré des parois claires
(facteur de réflexion : plafond > 0,7 ; 0,4<murs<0,7 ; 0,2<sols<0,4). D’autre part, le Facteur de Lumière du Jour12 (FLJ) a été déterminé au
travers d’une étude d’accès à la lumière (via un logiciel d’éclairage naturel DIAL – Europe) pour la salle de classe et salle informatique : FLJ
>2% sur 60% de la surface ; et pour les salles spécialisée TP, science : FLJ >1,5% sur 60% de la surface. On retrouvera l’ensemble des modèles
employés en 8.
Pour l’éclairage artificiel, la gestion de l’intermittence et de modulation de l’éclairage en fonction des besoins doit être respecté :
asservissement à l’éclairage naturel, détection de présence dans hall d’accueil, éclairage extérieur sur sonde crépusculaire. Les technologies
d’éclairage artificiels seront des lampes faible consommation, dont la puissance installée <0,03 W/m².lux, et l’efficacité lumineuse > 85lm/W
ou des ballasts à cathode chaude avec possibilité, le cas échéant d’éclairage par LED.

Phase Esquisse/APS/APD

12
Le Facteur de Lumière du Jour est le rapport de l’éclairement intérieur reçu en un point du plan de référence (généralement le plan de travail ou le niveau du sol) à
l’éclairement extérieur simultané sur une surface horizontale en site parfaitement dégagé. Il est exprimé en %

185
Comme mentionnée dans les préconisations HQE, une étude préliminaire sur les Facteur de Lumière du Jour a été menée sur les
différentes salles afin de déterminer le potentiel d’éclairage naturel. Néanmoins concernant l’éclairage artificiel, aucune étude particulière n’a été
effectuée. En effet, le bureau d’études Fluides qui s’est chargé de concevoir l’architecture du système d’éclairage (annexe 9) s’est principalement
basé sur son expérience métier et donc il est alors difficile de distinguer la raison du choix de type de capteurs ainsi que leurs positionnements.
Nous verrons par la suite comment de telles configurations sont en liaisons étroites avec l’usage.

Equipements Bruns et Blancs


Seule la préconisation de faire une recherche d’appareils les moins consommateurs possibles est ici effectuée par l’utilisation
d’équipements dotés d’une efficacité énergétique de classe A+ ou A++ quand un tel étiquetage est disponible. Aucune autre mise en œuvre n’a
été réalisée, préférant mettre de côté tout usage spécifique pouvant nécessiter une gestion particulière (Postes informatiques, serveurs, etc.)

1.2 Observations sur la phase de conception de la plateforme PREDIS MHI


Au travers de ces différentes phases de conception et des réalisations faites dans les études réalisées sur chaque partie du système
bâtiment, on peut désormais relever un certain nombre de points qui semblent critiques du point de vue énergétique et/ou par rapport aux usagers
et qui feront résonance avec les problèmes rencontrés durant le retour d’expérience.

Pertinence des Préconisations HQE


Nous avons déjà pu voir que les exigences environnementales étaient classifiées sous des termes de niveaux de « performance »
qui ne faisaient référence à aucune base de comparaison ni de définition claire par rapport aux objectifs souhaités. Parmi les objectifs que l’on
peut avoir, nous pouvons en retrouver deux principaux qui transparaissent au travers des titres mêmes des thèmes abordés par la méthode HQE
avancé : une performance énergétique visant à avoir un système consommant le moins d’énergie possible et une acceptabilité des occupants par
rapport à leur « confort de vie ».
En effet, parmi les cibles et thèmes apparaissant dans le cadre de la démarche HQE (Annexe 2), on peut remarquer qu’un certain
nombre de thème s’intéresse à réduire la consommation énergétique par l’emploi même du terme « Economie d’énergie » au sein de la cible au
titre évocateur d’ « approche énergétique » (thèmes 14 à 34). Le choix des techniques et matériaux (thèmes 6 à 10) est relatif à une ingénierie
plutôt technique visant à utiliser un matériel en particulier. Dans cette dimension d’ingénierie visant l’optimisation énergétique des process, les
exigences font la plupart du temps l’objet d’un chiffrage et d’une limite à ne pas dépasser (Besoins de chauffage< 50 kWhEP/m².an)
D’autre part, d’autres thèmes ont plus rapport à la personne, se souciant du confort des occupants comme l’attestent les thèmes de
la cible au nom évocateur de « Confort et santé à l’intérieur du bâtiment (thèmes 42 à 50). Dans ce cadre-là, un certain nombre de préconisations
porte sur le côntrole-commande et la gestion des équipements en fonction des besoins, de l’occupation. De telles préconisations font référence à
des réglages, des configurations du système permettant de prendre en compte l’usage. Cette dimension usage, en rapport avec l’importance de la
part de l’usager, est fondamentale dans nos propos. Bien que cela ait été pensé à la conception, nous verrons au travers du retour d’expérience
que malheureusement peu des exigences ont été mises en œuvre et respectées et nous verrons par la suite comment mieux redéfinir cet aspect et
le mettre en application dans les systèmes de gestion futurs.

186
Annexe 2 : Organisation des thèmes environnementaux dans la démarche HQE

Niveau de performance

thème Très performant Performant Base Sans objet
Atelier 1: Relations harmonieuses du bâtiment avec son environnement immédiat X
1 Respect de ceux qui vont vivre avec le bâtiment X
2 Dialogue avec le site X
3 Conception des espaces plantés X
4 Droit des riverains X
5 Transports et déplacements urbains X
Atelier 2: Choix des techniques, procédés et matériaux de construction X
6 Choix des techniques, produits et matériaux X
7 Technique, produits, matériaux: économie d'énergie et de ressources, du berceau à la tombe X
8 Technique, produits, matériaux : risques sur la santé X
9 Techniques, produits, matériaux en œuvre: risque sur l'environnemental X
10 Adaptabilité du bâtiment X
41 Entretien, maintenance X
Atelier 3: Approche énergétique X
14 Economie d'énergie X
15 Isolation de l'enveloppe X
16 Solarisation du bâtiment X
17 Economie d'énergie pour le chauffage X
18 Economie d'énergie pour le rafraîchissement et la climatisation X
19 Economie d'énergie pour l'eau chaude sanitaire X
20 Economie d'énergie pour l'éclairage X
21 Economie d'énergie pour la ventilation X
22 Economie d'énergie pour l'électroménager X
23 Economie d'énergie pour les autres usages X
24 Energies renouvelables: énergie solaire X
25 Energies renouvelables: énergie éolienne X
26 Energies renouvelables: bois énergie X
27 Energies renouvelables: valorisation des déchets X
28 Energies renouvelables: énergie hydraulique X
29 Energies renouvelables: géothermique X
30 Cogénération X

187
31 Couche d'ozone X
32 Pluies acides X
33 Effet de serre X
34 Déchets radioactifs X
Niveau de performance

thème Très performant Performant Base Sans objet
Atelier 4: Gestion de l'eau X
36 Economie d'eau potable X
36 Récupération des eaux de pluie X
37 Gestion eaux pluviales à la parcelle X
Atelier 5: Gestion des déchets et des effluents X
38 Systèmes d'assainissement innovants X
39 Gestion des déchets ménagers X
40 Gestion des déchets d'activité X
Atelier 6: Confort et santé à l'intérieur du bâtiment X
42 Confort thermique d'hiver X
43 Confort thermique d'été X
44 Confort acoustique X
45 Confort visuel X
46 Eclairage naturel X
47 Ventilation pour la qualité de l'air et le confort olfactif X
48 Confort et santé des occupants: risques chimique et biologiques X

49 Confort et santé des occupants: risques dus à la radioactivité et aux ondes électromagnétiques X
50 Qualité de l'eau X
Atelier 7:Organisation et déroulement d'un chantier à faibles nuisances X
11 Déconstruction et gestion des déchets de déconstruction X
12 Chantier: nuisances, pollutions, risques santé et environnement X
13 Chantier: déchets de chantier X

188
Annexe 3 : Apports internes et demandes spécifiques

189
Annexe 4 : Plan architectural Rez-de-chaussée

190
Plan architectural 1er étage

191
Annexe 5 : Modèle Architectural COMFIE Pleiades de la Plateforme PREDIS MHI- Rez-de chaussée

Modèle Architectural COMFIE Pleiades de la Plateforme PREDIS MHI- 1er étage

192
193
Annexe 6 : Schéma de Principe Ventilation Rez-de-chaussée

194
Schéma de Principe Ventilation 1er étage

195
Annexe 7 : Plan Ventilation réelle Rez-de-chaussée

Bouches de soufflage d’air VMC

Cassette de climatisation
Circuit d’extraction d’air VMC

Circuit de soufflage d’air VMC

Liste des capteurs :


Sonde de température d’air ambiant Calorimètre
Sonde de débit d’air Contacts Fenêtres et Portes 196
Plan Ventilation réelle 1er
Bouches de soufflage d’air
VMC Double Flux
Rez-de-chaussée

VMC Double Flux 1er Circuit d’extraction d’air Circuit de soufflage d’air
étage

Liste des capteurs :


Sonde de température d’air ambiant
Sonde de débit d’air
Calorimètre 197
Annexe 8 : Etude Facteur de lumière du Jour Plateforme EP Recherche

Bureaux Rez-de-chaussée

Zone TP

198
Etude Facteur de lumière du Jour Plateforme Informatique Industrielle

Espace Bureau /Projet collectif

Salle Informatique Ecole

199
Annexe 9 : Plan éclairage Rez-de-chaussée

Détecteur Multicapteur (présence et luminosité) Détecteur de mouvement


Luminaire encastré fluorescent 3*14W
Plafonnier Fluorescent 1*28W

200
Plan Eclairage 1er

Détecteur Multicapteur (présence et luminosité)


Luminaire encastré fluorescent 3*14W

Plafonnier Fluorescent 1*28W

201
Annexe 10 : Plan d’aménagement et de placement des capteurs Salle Informatique
Vide

Local Espace
Technique Bureau

Couloir

202
Plan d’aménagement et capteurs Espace Bureau Vide

Salle
Informatique

Vide

Couloir
203
Annexe 11 : Modèle Thermique Etude PREDIS MHI : Rez-de-chaussée

204
Modèle Thermique Etude PREDIS MHI : 1er étage

205
Annexe 12 Processus de conception et description de la Plateforme MHI

12.1 Démarche HQE de la Conception du bâtiment


La conception de la Plateforme PREDIS MHI a fait l’objet d’un processus particulier compte tenu des vocations auxquelles elle a
à répondre. Ainsi, une volonté forte de concevoir un bâtiment ayant un rapport optimal avec l’environnement (naturel et humain) s’est traduite
par le recours à une démarche Haute Qualité Environnementale [HQE, 2010] le long du projet de conception qui permet de mettre en oeuvre les
différents acteurs de la conception d’un bâtiment autour d’une problématique environnementale (figure 69).

Figure 69 : Processus de conception intégrant une méthode de Qualité environnementale des


bâtiments (QEB) [BOUR, 2010]

206
Ce processus de conception permet de réunir ainsi les différents acteurs de la maîtrise d’œuvre autour d’un cahier des charges dictant un
certain nombre de préconisations. Les préconisations HQE qui sont de l’ordre de l’informel plutôt que du chiffrage/du dimensionnement,
s’affèrent à donner des pistes de travail pour les différents domaines étudiés (annexe 1).

12.2 Description du Système Bâtiment « Plateforme PREDIS MHI »


Le bâtiment qui a été livré suite à la phase de conception est un espace conçu pour être énergétiquement efficace. On regroupera ici les
composantes du système bâtiment, en fonction de leurs contrôlabilités et relativement aux métiers concernés lors de la conception, en trois
grandes familles : l’enveloppe (architecture), les système énergétiques actifs et les occupants.

12.2.1 Architecture et descriptions des pièces


La partie du bâtiment qui a été restructurée (rénovation), renommé pour le projet d’étude Plateforme
Habitat Tertiaire, a dû s’ajuster avec les caractéristiques présentes du bâtiment rénové. Le concept de « bâtiment
dans le bâtiment » a été choisi afin de s’isoler des conditions extérieures aux parois et d’éviter des travaux lourds
de rénovation.

Définition des pièces :


L’ensemble rénové Habitat Tertiaire est composé de deux étages Photo 1 : Espace Bureau
Au rez-de-chaussée (Plateforme « EP Recherche ») se situent des bureaux de recherche ainsi qu’un espace Plateforme PREDIS MHI
d’expérimentation en génie électrique (Electronique de Puissance):
Au premier étage (Plateforme MHI« Monitoring et Habitat Intelligent », on retrouve la Salle Informatique qui est une salle de
cours et espace informatique pour l’école d’ingénieur voisin ; l’Espace Bureau en libre service qui est un open space de 12 bureaux et le local
technique des systèmes énergétiques.

Dans nos travaux, nous nous sommes attaché plus spécifiquement à l’étude de l’usage dans les salles « Salle Informatique » et
« Espace Bureau ». Ce choix s’explique par le fait qu’elles représentent de façon représentative, les usages dans des bâtiments de type bureau
(pour l’Espace Bureau) et de type enseignement (pour la Salle Informatique).
On peut retrouver les plans architecturaux de ce projet en Annexe 4.

12.2.2 Gestion Technique Centralisée et Systèmes énergétiques


Le système bâtiment de la plateforme Habitat Tertiaire, et plus particulièrement MHI, est composé de différents sous systèmes
énergétiques pilotés pour la plupart par un système de gestion technique centralisé (GTC)

207
12.2.2.1 Gestion Technique Centralisée et Instrumentation Sans Fil
La GTC qui est installée a davantage un rôle de supervision dans le sens où elle remonte les informations fournies par les différents
capteurs (capteurs de débits d’air, de température, de consommation d’énergie (1 impulsion par kWh) des différents départs électriques : prises
électriques et éclairage commun), capteurs de contacts de portes/fenêtres et position de stores) et gère également en fonction de cela le
contrôle/commande des systèmes de ventilation et de chauffage car ces deux fonctions sont réalisées conjointement par une VMC (Ventilation
Mécanique Contrôlée) Double Flux ; ainsi que la gestion des stores et de l’éclairage artificiel.
Toute cette supervision est gérée par un logiciel de supervision (InTouch) qui dialogue avec les différents actionneurs et capteurs
au travers de protocoles de communication comme Modbus ou LonWorks. Cette supervision est installée sur un ordinateur ordinaire permettant
le stockage des données.

12.2.2.2 Chauffage et refroidissement


12.2.2.2.a Chauffage

Le système de chauffage est réalisé de deux manières : soit au travers d’une Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) Double Flux
(Plateforme MHI) soit par des radiateurs d’appoints (Rez-de-chaussée). La VMC Double flux (figure 70) est une technologie de ventilation où on
récupère les calories de l’air intérieur renouvelé pour réchauffer l’air neuf soufflé dans la pièce au travers d’un échangeur rotatif réduisant ainsi la
demande énergétique de chauffage (figure 70). En période d’hiver, cet air neuf préchauffé par l’échangeur rotatif de la VMC passe au travers
d’une batterie chaude (convertisseur de chaleur eau-air avec de l’eau provenant du circuit d’eau chaude industrielle du bâtiment, dont la
production est réalisée au moyen d’une chaudière fioul que l’on ne considérera pas dans notre étude) afin de pouvoir atteindre au final la
température souhaitée.
La régulation de la VMC est effectuée par la GTC et la seule action possible pour les occupants est le changement de consigne de +/- 3°C
au travers d’un gradateur afin d’atteindre le confort thermique souhaité.
3A35A
D48F5225A

F8A56A E34458F5A35A

1234567895ABCDA

Tint

F8A5 54!A 3

BA725A2A
208
Figure 70 : Fonctionnement de la VMC en Mode chauffage ou Normal (sans batterie chaude)
12.2.2.2b Refroidissement
Ce bâtiment dispose d’un système de climatisation (Rez-de-chaussée) ainsi que d’un système de rafraîchissement de type freecooling
effectué par la VMC Double Flux (1er étage). Ce mode de fonctionnement de la VMC double flux (figure 71) permet de surventiler les pièces
durant la nuit (en augmentant de 1,5 fois le débit nominal), profitant de l’air plus frais de la nuit, pour rafraîchir le bâtiment. Durant la journée, la
ventilation en interne et l’inertie du bâtiment doivent normalement permettre de conserver une température de confort acceptable. Dans ce cas-là,
il n’y a donc plus d’échange thermique au niveau de l’échangeur rotatif.
La régulation de débit d’air pour le freecooling est réalisée par la GTC et les occupants n’ont pas de possibilité d’action sur le système de
ventilation dans ce mode-là.

B75A855A772F"A

B75A85#23"5A
F8A56A F8A
1234567895ABCDA

Tint

F8A5 54!A 3

BA725A2A

Figure 71 : Fonctionnement de la VMC en Mode Freecooling


12.2.2.3 Ventilation

La ventilation est assurée par la VMC double flux au travers de circuits de soufflage présentés en annexe 6. Les occupants n’ont pas de
contrôle direct sur le système de ventilation.
La seule régulation qui est effectuée sur le débit d’air concerne la régulation de température par rapport à la consigne programmée.
D’autre part, il existe seulement deux plages de fonctionnement : période d’occupation de l’immeuble de 7h à 12h et de 13h à 19h durant
lesquels la ventilation fonctionne et est éteinte en dehors de ces plages de fonctionnement. Un tel réglage a été préprogrammé au niveau de la
GTC et seuls les gestionnaires du bâtiment peuvent le modifier le cas échéant.

209
12.2.2.4 Eclairage

Le choix des luminaires s’est porté sur des tubes fluorescents, étant, à l’époque de l’installation, le type d’éclairage artificiel
collectif des plus performants. Des tubes de lumières ont également été installés au niveau de la zone de passage afin de pouvoir ramener la
luminosité naturelle du toit vers le rez-de-chaussée.
Dans les bureaux A et B du rez-de-chaussée, des stores automatisés ont été installés. Ils sont automatisés par le niveau d’éclairage
extérieur permettant de se baisser plus ou moins en fonction du niveau de luminosité mais également en fonction de l’occupation.
L’installation de l’éclairage artificiel bénéficie d’une configuration permettant d’avoir deux zones de réglage différentes: zone 1er
jour et zone 2eme jour (figure 72). Ces zones sont définies en fonction de leur localisation par rapport à l’apport naturel d’éclairage via les
fenêtres.
Enfin, le système d’éclairage artificiel est relié à un capteur de présence permettant l’allumage automatique et l’extinction
automatique au bout de 15 minutes en cas de non-détection de présence.

Couloir

Zone 2nd jour

Intérieur

Zone 1er jour Fenêtres

Extérieur

Figure 72 : Répartition des zones de réglage des luminaires (Vue de haut)

12.2.2.5 Equipements électriques blanc /bruns

Les équipements brun et blanc installés étant indépendants du projet de conception et appartenant déjà au laboratoire, ils ont été installés
dans les pièces assignées à leurs fonctions. On retrouve ainsi:

210
- Charges électriques d’expérimentation pour des travaux de recherche en électronique de puissance: banc de puissance,
instrumentation, etc.…
- Ordinateurs fixes et portables pour les bureaux et la plateforme PREDIS MHI : 4 Ordinateurs portables+ écran plat et 4
ordinateurs fixes situés dans l’espace bureau de la plateforme MHI et 15 ordinateurs portable dans la salle informatique de la
plateforme PREDIS MHI

12.2.3 Occupants
En fonction des zones de travail, on retrouvera trois types de profils d’occupants :
- Doctorants : majoritaires et étant le plus présents en terme de fréquence occupation des zones de vie. Ils occupent principalement
le Rez-de-chaussée et l’Espace Bureau de la Plateforme MHI
- Chercheurs permanents et techniciens : disposant de leur bureau dans le bâtiment (Rez-de-chaussée) mais dont le taux
d’occupation est plus aléatoire et temporaire
- Elèves ingénieurs : Occupants de la Salle Informatique de la plateforme MHI, dont l’occupation provient principalement d’un
emploi du temps de cours. Néanmoins, étant également une salle Informatique libre service, lors de projets d’étude, des étudiants peuvent profiter
de cette salle pour y mener leurs travaux.

On peut noter enfin que les populations présentes dans ces locaux sont de différentes cultures, ce qui influe sur les modes de vie et
comportements énergétiques (européennes, maghrébines, asiatiques, etc...)

211
Annexe 13 : Questionnaire de satisfaction usagers
Espace Bureau

212
213
214
215
216
217
218
Annexe 14 : Résultats du questionnaire de satisfaction de la Plateforme PREDIS MHI
Légende
Espace Bureau 8 doctorants
Salle Informatique 5 élèves ingénieur

Confort acoustique

Figure A1: Confort acoustique


Figure A2: Confort acoustique-Fréquence
Figure A3: Confort Bien être
des inconforts acoustiques
Exécrable Jamais
100% Exécrable
60% 80% 100%
60% 80%
40%
60%
40%
Très Bon 20% Mauvais Très Souvent Raremen 40%
20% Très Bon Mauvais
20%
0% 0%
0%

Bon Moyen Souvent De temps en tem Bon Moyen

219
Figure A4: Cause et importance de l'Inconfort Acoustique dans l'Espace
Bureau Remarques émises sur la partie acoustique et bien
60% être
50% Dans l'ensemble, l'accès au prises électriques n’est pas
Cours en Salle Informatique
40% évident (les capteurs de mesure de puissance occupent
Discussions dans l'espace
quasiment tout l'espace) et
30%
Bureau les multiprises des bureaux sont difficilement accessibles
20% Ventilation (notamment si on veut couper le soir en partant)
10% La place des ordinateurs n'est juste pas très judicieuse
Bruits du couloir et pour travailler en groupe mais sinon le confort acoustique
0% alentours
et le bien être sont assez bons.

nt
nt
nd

le
t

Autres
en

Il y a quand même un réel problème avec les fixations des

ea
ea
ib
fo
és

is

ng
ng
de

nu
pr

ordinateurs portables. Ne pas pouvoir les bouger rend le


ra
ra
n



ui
No

Pe

travail en binôme voire trinôme vraiment compliqué et


Br

ès
Tr

désagréable.

Aménagement pas optimal surtout en salle Info


Figure A6: Actions réalisées en cas d' Inconfort acoustique

Figure A5: Cause et importance de l'Inconfort Acoustique dans la Salle


Informatique
Autre

120%
Mettre des écouteurs
100% Cours en Salle Informatiqu
Mettre une chaise pour fermer la porte (porte Salle 80%
Informatique) 60% Discussions dans l'espace
Bureau
40%
Fermer la porte (si elle ferme (porte couloir)) Ventilation
20%

Quitter la pièce 0% Bruits du couloir et


alentours

nt
nt
nd

le
t
en

ea
ea
ib
Autres

fo
és

is

ng
ng
de
0 1 2 3 4 5 6 7

nu
pr

ra
ra
n



ui
No

Pe
Br

ès
Tr
220
Bien être

Figure A7: Critères de Bien être dans l'Espace Bureau


Figure A8: Critères de Bien être dans la Salle inform atique
100%
120%
90%
80% 100%
70% Ambiance
Ambiance
60% Décoration 80%
Décoration
50% Aménagement
60% Aménagement
40% Sécurité
Sécurité
30% Autres 40%
Autres
20%
20%
10%
0% 0%
Mauvais Passable Moyen Bon Très Bon Mauvais Passable Moyen Bon Très Bon

Confort Thermique
Figure A9: Confort thermique Global Figure A10: Confort thermique durant Figure A11: Confort thermique durant
la période Hiver (Octobre-> Avril) la période d'été (Mai->Septembre)

Exécrable Exécrable Exécrable


40% 60% 80%

30% 60%
40%
20% 40%
Très Bon Mauvais Très Bon 20% Mauvais Très Bon Mauvais
10% 20%

0% 0% 0%

Bon Moyen Bon Moyen Bon Moyen

221
Durant la période hiver (Octobre->Avril) :
Figure A12: Fréquence de période de sensation de Trop Froid Figure A13: Fréquence de période de sensation de Trop Chaud
Hiver Hiver

Très souvent (plus de


3 fois par semaine) Très souvent (plus de
3 fois par semaine)
Souvent (au moins 1
fois par semaine) Souvent (au moins 1
fois par semaine)
Assez souvent (entre
Assez souvent (entre
2 et 4 fois par mois)
2 et 4 fois par mois)
Rarement (entre 1et 2 Rarement (entre 1et 2
fois par mois) fois par mois)
Très rarement (moins Très rarement (moins
d'une fois par mois) d'une fois par mois)

0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70%

Durant la période d’été (Mai-> Septembre) :


Figure A14: Fréquance des périodes de sensation Trop Chaud - Eté Figure A15: Fréquence des période de sensation de Trop Chaud - Eté

Très souvent (plus de 3 Très souvent (plus de 3


fois par semaine) fois par semaine)

Souvent (au moins 1 fois Souvent (au moins 1 fois


par semaine) par semaine)

Assez souvent (entre 2 Assez souvent (entre 2


et 4 fois par mois) et 4 fois par mois)

Rarement (entre 1et 2 Rarement (entre 1et 2


fois par mois) fois par mois)

Très rarement (moins Très rarement (moins


d'une fois par mois) d'une fois par mois)

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70%

222
Réglage et contrôle du système de chauffage/rafraîchissement
(VMC Double flux selon ses modes de fonctionnement)

Figure A16: Jugement sur Système de chauffage


Figure A17: Jugem ent sur le Systèm e derafraichissement

Très performant
Très performant

Performant Performant

Convenable Convenable

A améliorer A améliorer

Exécrable Exécrable

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80%

Figure A19: Jugement sur le contrôle thermique manuel


Figure A18: Connaissance du moyen
de contrôle Thermique manuel
Autre
0%
Salle
20% Informatique Non, car Commande mal positionnée
13%

Non, pas besoin


38%
Oui Non car trop compliqué
Je ne sais
pas Oui mais pas efficace/difficile à utiliser
49% Non

80% Oui et réglage efficace/facile à utiliser


Espace
Bureau 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90%

223
Figure A20: Actions réalisées en cas d'Inconfort thermique Remarques émises sur la partie
thermique
Avoir une visualisation de la température
Autre directement sur le bouton de contrôle de la
température
Installer un système supplémentaire individuel de Ajouter une climatisation l'été La sensation de froid
chauffage/climatisation en hiver et de chaut en été est très grande.
Je pense qu'il faut augmenter la température de
Agir sur la consigne de réglage du chauffage/climatisation consigne en hiver et en contre partie la diminuer
en été.
Mettre un vêtement en plus (ou en enlever un) Ca sera bien si on arrive (les gens qui se trouvent
à la salle) à contrôler nous même la température.
1) Le système de chauffage à réajuster. 2) Guide
Ouvrir la porte
d'utilisateurs à prévoir : si cela existe déjà, penser
à l'afficher de manière plus visible
Quitter la pièce

0 1 2 3 4 5 6 7 8
Nom bre de réponses

224
Confort qualité d'air et Ventilation
Figure A21: Confort Aéraulique

Figure A22: Confort Sensation courant Figure A23: Confort Placem ent bouche
d'air d'air
Exécrable Exécrable Exécrable
40% 40% 40%
30% 30% 30%
20% 20% 20%
Très Bon Mauvais Très Bon Mauvais Très Bon Mauvais
10% 10% 10%
0% 0% 0%

Bon Moyen Bon Moyen Bon Moyen

Figure A24: Sensation d'air Trop froid


Figure A25: Sensation d'air Trop chaud

Très souvent (plus de 3 fois par semaine) Très souvent (plus de 3 fois par semaine)

Souvent (au moins 1 fois par semaine) Souvent (au moins 1 fois par semaine)

Assez souvent (entre 2 et 4 fois par mois) Assez souvent (entre 2 et 4 fois par mois)

Rarement (entre 1et 2 fois par mois) Rarement (entre 1et 2 fois par mois)

Très rarement (moins d'une fois par mois) Très rarement (moins d'une fois par mois)

0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70%

225
Figure A26: Sensation Trop d'Air
Figure A27: Connaissance moyen de
contrôle Air
Très souvent (plus de 3
fois par semaine) Salle
0%
Informatique
Souvent (au moins 1 fois 0%
par semaine)
29%
Assez souvent (entre 2
et 4 fois par mois) Oui
50% 50%
Rarement (entre 1et 2 fois Je ne sais
par mois) 71% pas
Non
Très rarement (moins
d'une fois par mois)
Espace
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% Bureau

Figure A28: Syndrome bâtiment malsain Espace Bureau

Figure A29: Syndrome bâtiment malsain Salle Informatique


100%
90%
90%
80%
80%
70%
Maux de tête 70%
60% Gorge Sèche 60% Maux de tête

50% Irritation des yeux Gorge Sèche


50%
Mauvaises odeurs Irritation des yeux
40% 40%
Autres Mauvaises odeurs
30% 30% Autres
20% 20%
10% 10%
0% 0%
Jamais Rarement Assez Souvent Très Jamais Rarement Assez Souvent Très
Souvent Souvent Souvent Souvent

226
A30: Actions réalisées en cas d'Inconfort Aéraulique
Remarques émises sur la partie aéraulique
Autre
Réglage du débit surtout l'été afin de pouvoir avoir
Installer un système supplémentaire individuel de ventilation
plus d'air si ça devient pesant ou au contraire réduire
le débit s'il fait trop chaud
Certaines bouches de soufflage sont situées presque
Agir sur la consigne de réglage de ventilation
au dessus de bureaux. On ressent l'air insufflé. Cela
peut être agréable en été mais un peu dérangeant
Mettre un vêtement en plus (ou en enlever un)
en hiver,
on a une sensation de courant d'air.
Ouvrir la porte Il aurait peut être mieux valu mettre ces bouches au
dessus des zones de passage. Sinon la ventilation
Quitter la pièce est agréable. On a la sensation de respirer de l'air
frais et pur.
0 1 2 3 4 5 6 7
le confort aéraulique est mieux que le confort
Nombre de réponses
thermique.

Confort Visuel

Figure A32: Jugem ent sur l'Apport Figure A33: Jugem ent de l'Apport
Figure A31: Confort Visuel Global Eclairage Naturel Eclairage Artificiel
Exécrable Exécrable
Exécrable 50% 50%
60%
40% 40%
40% 30% 30%
20% 20%
20% Très Bon Mauvais Très Bon Mauvais
Très Bon Mauvais 10% 10%
0% 0% 0%

Bon Moyen Bon Moyen Bon Moyen

227
Figure A35: Connaissance moyen de
Figure A34: Actions réalisées en cas d'Inconfort Visuel contrôle Eclairage

Salle
Autre Informatique
20%
0%
Installer un système
25%
individuel d'éclairage

Agir sur la consigne de


réglage d'éclairage Oui

Mettre l'éclairage au Je ne sais


20% 60% pas
maximum/Eteindre
75% Non

Quitter la pièce

Espace
0 1 2 3 4 5 6 7 8 Bureau
Nom bre de réponses

Figure A37: Fréquence d'interraction avec controle Eclairage

Autre
Figure A36: Moyen d'allumage éclairage artificiel Très Souvent (Plusieurs fois par jour)

Souvent (1 fois par jour)


Autre
Assez souvent (2 à 4 fois par semaine)
Manuellement Occasionellement( 1 fois par semaine)

Automatiquement mais je ne suis pas détecté à mon poste Rarement (1à 3 fois par mois)
(je dois me mettre dans le champ de détection)
Très Rarement (moins d'une fois par mois)
Automatiquement, par capteur de présence qui me détecte à
Jamais ( Les autres le font pour moi)
mon poste
Jamais (pas Besoin)
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5
Nom bre de réponses 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45%

228
Figure A39: Jugem ent sur le contrôle m anuel de l'éclairage
Figure A38: Jugement sur le contrôle automatique de l'éclairage

80% Autre
70%
Bon (Fonctionne correctement)
60%

50%
Mal placé
40%

30% Mal concu (complexe)

20%
A supprimer
10%

0% 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5


A supprimer Mauvais Moyen Bon Très Agréable Autre Nom bre de réponses

Remarques émises sur la partie éclairage


La Conception du système ne prend pas en compte
l'aménagement final
La luminosité naturelle est très agréable et procure une
sensation de bien être. De plus je trouve que l'éclairage
artificiel est moins fort que dans une salle classique et cela
fatigue moins les yeux.
le plus urgent c'est d'améliorer la détection automatique de la
personne depuis sa place (son chaise)!
Commande manuel est inutile car éclairage automatique
suffisant (Salle Informatique)

229
Annexe 15 : Simulation de la surchauffe liée à l’usage
Afin de nous rendre compte de l’importance des apports internes et étudier l’impact énergétique de l’usage du point de vue thermique du
bâtiment, nous avons mené une étude de simulation thermique sous COMFIE Pleaides, en utilisant un modèle à partir des documents de
rénovation (la définition des zones est donnée en annexe 11) Les scénarios d’usage utilisés sont ceux du tableau 6 en prenant comme hypothèse
que chaque appareil électrique dissipe 1 W de chaleur thermique pour 1 W électrique consommé.
Périodes
Etag Zones Chauffage Ventilatio Occupan
d’activité des Puissance dissipée
e thermiques /Climatisation n ts
scénarios
Inoccupation :
8h à 19h 2 PC fixe :-activité : 100W
RD Bureau A et 17°C 2 par
Pause entre 0.43 Vol/h -veille : 5W
C B Occupation : bureau
12h et 13h Eclairage: 42 W
20°C
Inoccupation :
17°C
8h à 19h 8 PC fixe :-activité : 100W
RD Occupation :
Zone PC Pause entre 0.6 Vol/h 6 -veille : 5W
C 20°C
12h et 13h Eclairage: 168 W
Climatisation :
26°C
Inoccupation :
17°C Machine EP : 4 kW
8h à 19h
RD Occupation : (fonctionnement court non
Zone Manip Pause entre 0.55 Vol/h 6
C 20°C prévisible)
12h et 13h
Climatisation : Eclairage : 900W
26°C

7 PC fixe :-activité : 100W


8h à 19h Double flux
Espace -veille : 5W
R+1 Pause entre coefficient 0.65 Vol/h 7
Bureau Eclairage (graduable en fonction
12h et 13h d’échange 0,8
luminosité naturelle) : 192 W
15 PC portable :-activité :
8h à 19h Double flux
Salle 30W/poste
R+1 Pause entre coefficient 1.2 Vol/h 26
Informatique 1PC + imprimante : 250W
12h et 13h d’échange 0,8
Eclairage (graduable) 290 W

Tableau 6 : Présentation des scénarios de simulation Plateforme Predis MHI

Une simulation thermique dynamique sur une année type, avec des données météo d’un site voisin, on trouve des besoins énergétiques de
chauffage très bons également au cours d’une année (moins de 2kWh/m².an sur la plateforme PREDIS MHI) Une telle performance est due à
l’importance des apports internes (puissance thermique dissipée par les occupants et les équipements électriques)).

230
Etude de la part des apports internes

La part thermique lié à l’usage est ici très important. Afin de pouvoir étudier quelle est la part de contribution énergétique des apports
internes (occupants, puissance dissipée par les équipements électriques et solaire), il est nécessaire de faire pour cela 5 simulations distinctes
[IZAR, 2006]. Ces 5 simulations correspondent à un plan d’expérience où l’on appliquera le théorème de superposition. La méthode consiste à
faire une simulation indépendante de chaque apport interne et d’étudier leur contribution par rapport au cas où ils sont ensemble (c'est-à-dire la
simulation complète). Un tel découplage des apports ne peut être fait que par simulation car dans la réalité, on ne peut pas se soustraire à l’apport
solaire.
Les différentes simulations s’effectuent avec certains scénarios d’usage actifs comme précisé dans le Tableau 7
Simulation/ Scénarios d’usage Consigne de Apports Apports Apports Equipements
pour la simulation chauffage Solaires Occupants électriques
Simulation Sans apports (SSA) X
Simulation Apports solaires
X X
(SAS)
Simulation Apports Occupants
X X
(SAO)
Simulation Apport Electrique
X X
(SAE)
Simulation Tout Apports (STA) X X X X
Tableau 7 : Procédure de simulation en fonction des scénarios de fonctionnement COMFIE

Soit BSSAi, BSTAi, BSASi, BSAOi et BSAEi les besoins de chauffages de la zone thermique i associés respectivement à chacun des essais
précédents. La part maximale de chaque apport interne se calcule à partir de la contribution de chaque apport. L’équation s’écrit donc (Equation
21) :

Apport SolaireMax i = (BSSA i - BSASi )/((BSSA i - BSASi ) + (BSSA i - BSAE i ) + (BSSA i - BSAO i )) * ( BSSA i - BSTA i )
Equation 21
Apport Electrique Max i = (BSSA i - BSAE i )/((BSSA i - BSASi ) + (BSSA i - BSAE i ) + (BSSA i - BSAO i )) * ( BSSA i - BSTA i )
Apport OccupantMa x i = (BSSA i - BSAO i ) /((BSSA i - BSASi ) + (BSSA i - BSAE i ) + (BSSA i - BSAO i )) * ( BSSA i - BSTA i )

Ce calcul est valable pour les périodes de chauffe mais pour les périodes de climatisation, il suffit d’inverser les tests STA et SSA dans la formule
ci-dessus en simulant avec une consigne de température de climatisation.
Ainsi, pour la plateforme PREDIS MHI on obtient la répartition des contributions énergétique de chaque apports thermiques interne permettant
d’obtenir la température de confort de 20°C durant les périodes d’occupation (figures 73 et 74)

231
Figure
Figure73
31: Répartition des apports thermiques Espace Bureau
Contribution de chaque source thermique (%)

100% 470 420 503 417 384 289 175 150 182 273 360 480 Apports énergétiques
mensuels (kWh)
80%

60%

Apport du système de chauffage


40%
Puissance dissipée par les
occupants
Puissance dissipée par les
20%
équipements électriques
Apports solaire

0%
Fé e r

ril

éc re
t
in
s

ov re

e
O re
pt ût
r

ai

ille
ie
ar

br
Av

Ju
vi

D mb
Se Ao
M

N ob
b
vr
M

em
Ju

em
n

ct
Ja

232
Figure 32:
Figure 74 Répartition des apports thermiques Espace Informatique
100% Apports énergétiques
682 651 720 705 549 411 234 169 215 403 604 663
mensuels (kWh)
Contribution de chaque source thermique (%)

80%

60%

Apport du système de chauffage


40%
Puissance dissipée par les occupants

Puissance dissipée par les


20% équipements électriques
Apports solaire

0%
ril

éc re
Fé r

t
s

in

O re

ov re

e
pt ût
r

ai

ille
ie

ie

ar

br
Av

Ju

b
Se A o
M

b
ob
nv

vr

em
M

em
Ju

em
ct
Ja

On se rend compte dans ces simulations de la contribution des apports thermiques que dans notre bâtiment, qui est conçu pour être
énergétiquement performant, les apports internes liés à l’usage : occupant et équipements électriques, sont prépondérants sur le bilan énergétique
global (+ 80 % des apports énergétiques dans chaque salle). Aussi, ces apports internes permettront en période de chauffe, de réduire la
consommation énergétique chauffage, mais en été, cela contribuera aux périodes de surchauffe

233
Annexe 16 : Terminologies de l’épistémologie constructiviste
L’hypothèse phénoménologique : L’hypothèse phénoménologique suppose que les connaissances ne sont pas définies intrinsèquement par la nature des
dispositifs. Ce que nous connaissons, théorisons et modélisons est la perception que nous en avons, dans un contexte donné. Il en résulte que les théories, les
modèles, … n’ont pas valeur de vérité intemporelle, indépendante des observateurs, mais sont des connaissances dynamiques continuellement remaniables
pour s’adapter à de nouveaux contextes, … Cette hypothèse propose une alternative à l’hypothèse ontologique du cadre classique (signifiant l’accès à
l’essence et à la nature des objets indépendamment de la perception des concepteurs – modélisateurs)

L’hypothèse téléologique : L’hypothèse téléologique suppose que les théories et modèles sont dépendants des objectifs à atteindre par le
concepteur/modélisateur dans le contexte. Ceci vient en opposition à l’hypothèse déterministe : la nature des savoirs, des connaissances devient à présent aussi
liée aux fins, alors qu’elle était plutôt exclusivement déterminée par la nature et l’essence des objets dans l’approche classique, qui étaient vues comme la
cause déterminante de leur nature. Pour le dire encore autrement : c’était uniquement la nature des choses qui déterminait la nature de la connaissance, alors
que l’hypothèse téléologique, suppose que c’est aussi le but du projet qui va fixer la nature du savoir. Cela introduit à nouveau le concepteur - modélisateur
qui définit et construit ces buts et ce projet.

Le principe de la modélisation systémique : les connaissances sont le résultat d’un processus de construction global, dépendant bien sûr de l’objet, mais
aussi du contexte, des objectifs, de l’observateur ... Ce principe relativise le principe de l’analyse réductionniste au sens où il prend acte du fait que pour faire
l’étude d’un système, on ne peut pas systématiquement le réduire à l’étude de ses parties prises isolément. Autrement dit émergent au niveau du système des
propriétés que l’on ne peut déduire de l’étude des composants pris isolément. Il faut donc considérer les connaissances, les théories et les modèles dans leur
globalité, intégrés dans leur contexte et leurs objectifs. L’observateur fait aussi pleinement partie du système, notamment dans l’élaboration des modèles, dans
le sens où ce qu’il modélisera est la perception qu’il a de ces phénomènes. Ce principe vient en complément ou en opposition de l’analyse réductionniste de
l’épistémologie classique naïve.

Le principe d’action intelligente : les connaissances sont argumentées (et non démontrées), et sont tenues pour possibles (et non vraies). Ce principe vient en
complément ou en en opposition du principe de raison suffisante de l’épistémologie classique naïve.

En s’inspirant de [LEMO, 1999], on peut proposer comme critère principal d’évaluation des connaissances, pour surmonter les limites du seul principe de
validation expérimental, l’effectivité ce qui signifie que les connaissances pour être valables doivent avoir :
- la capacité d’être valides dans certains contextes, pour agir (comprendre, prendre, des décisions, …) avec un résultat efficace permettant notamment de
mener à bien les projets des concepteurs/modélisateurs
- tout en sachant qu’elles peuvent être simultanément non valides dans d’autres contextes.
Pour être ainsi effectives, ces connaissances pourront avoir comme propriétés :
- L’intelligibilité, soit la capacité d’aider à la compréhension, à l’aide à la décision pour les acteurs humains, …
- La capacité à être délibérable, donc confrontable à l’expérimentation, mais pas seulement, aussi à l’argumentation, à la critique, au débat, …

234
Annexe 17 : Analyse de l’usage d’un bâtiment
Géolocalisation Période et Caractérisation de Constitution/ Manière Raison
(Où ?) durée la population Objectif (Quoi ?) (Comment ?) (Pourquoi ?)
(Quand ?) d’usagers* (Qui ?)
Chauffage Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel :
Présence effective d’une Lors de l’occupation Emission de chaleur : apports Niveau de température Ouverture de la Confort thermique
pièce effective d’une pièce interne humain (20°C) fenêtre/porte pour Raison sociale, bien être
Localisation de la pièce Domaine Sensible : Niveau d’humidité rafraîchir/chauffer ou
dans le bâtiment A l’instant où l’usager (50%<HR <80%) autres
(Nord/Sud) juge sa satisfaction Mise de la consigne au
Domaine Sensible : maximum
A l’endroit où l’usager
juge sa satisfaction
Climatisation Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel :
Présence effective d’une Lors de l’occupation Emission de chaleur : apports Niveau de température Ouverture de la
pièce effective d’une pièce interne humain (20°C) fenêtre/porte pour Confort thermique
Localisation de la pièce Domaine Sensible : Niveau d’humidité rafraîchir/chauffer Raison sociale, bien être
dans le bâtiment A l’instant où l’usager (50%<HR <80%) Mise de la consigne au
(Nord/Sud) juge sa satisfaction maximum
Domaine Sensible :
A l’endroit où l’usager
juge sa satisfaction
Ventilation Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel :
Présence effective d’une Lors de l’occupation Nombre d’occupants émettant Taux de CO2 Ouverture de la
pièce effective d’une pièce du CO2 Taux de COV fenêtre/porte pour ventiler
Domaine Sensible : Domaine Sensible : Odeurs Forçage manuel à une
A l’endroit où l’usager A l’instant où l’usager Sensation aux courants d’air consigne maximale :
juge sa satisfaction juge sa satisfaction
Eclairage Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel : Domaine Sensible :
Présence effective d’une Lors de la présence En fonction du nombre exact Niveau de lumière Changement consigne de Confort visuel
pièce effective de personne et leurs Rendu des couleurs luminosité Domaine Rationnel :
Localisation exact si Domaine Sensible : localisation dans la pièce si Eblouissement Extinction, allumage) Esthétique (Ambiance
pièce commune A l’instant où l’usager salle commune visuelle)
(zonage) juge sa satisfaction Sécurité
Domaine Sensible :
A l’instant où l’usager
juge sa satisfaction

235
Ordinateur Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel :
Selon le profil socio Informations de type média Mise en veille ou non lors Travail
Informatique professionnel et les activités de (son, image, vidéo) ou de d’absences prolongées Loisir
travail/loisir type textuelle Education

Réfrigérateur/ Placement dans un Domaine Sensible : Domaine Rationnel : Domaine Sensible :


endroit au sec, à l’abri Température des aliments Ouverture Hygiène
Congélateur de la lumière et en Niveau d’hygiène intempestive/longue de la
dehors de source porte du frigo Domaine Rationnel :
chaudes (micro ondes Quantité variable du Plaisir (produit frais l’été)
dessus, à côté du chargement du frigo
four,…)
Encastré ou non
Machine à Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel :
En dehors des périodes Quantité de linge Mise en veille ou non lors
Laver de pics de Choix du textile/ du d’absence prolongés
consommation programme
(Perspective smart grid) Domaine Sensible :
Niveau d’hygiène

Lave Vaisselle Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel :


En dehors des périodes Quantité de vaisselle Mise en veille ou non lors
de pics de Choix du programme d’absence prolongés
consommation Domaine Sensible :
(Perspective smart grid) Niveau d’hygiène

Appareils de Nature de l’aliment Domaine Rationnel : Domaine Sensible :


Mode de cuisson (feu doux, Mettre au maximum la Satiété
cuisson etc…) consigne et ensuite Domaine Rationnel :
(Four, baisser (faire bouillir Plaisir (produits chaud
l’eau) : différents modes l’hiver)
Plaques, de cuissons
micro ondes)
Multimédia et Domaine Rationnel : Domaine Rationnel : Domaine Sensible : Domaine Rationnel : Domaine Rationnel :
Musique : en fonction de Lors de l’occupation Mise en veille ou non lors Education
autres l’occupation de la pièce effective de la pièce/ Niveau sonore (Décibel) d’absence prolongés Loisir
Télévision : occupation présence de quelqu’un Qualité des fréquences Plaisir (ambiance sonore)
de la pièce devant l’équipement sonores (Hz) ou de l’image Fond sonore
Fond visuel durant les
repas 236
Babysitting
Equipement agissant sur un flux physique facilement quantifiable. En terme de commandabilité, on peut contrôler à distance (au
travers d’un gestionnaire d’énergie) la consigne de réglage de tels équipements

Equipement intrinsèquement lié à l’usage. Non commandable car allumage, usage et extinction sont liés à l’action de l’usager

Equipement lié à l’usager par usage discontinu sinon fonctionne de manière autonome afin de compenser les actions de l’usager

Equipement lié à l’usage par allumage de l’équipement. Ce sont des charges délestables, reportables

*: La caractérisation de la population peut intégrer des paramètres plus ou moins pertinents pour la conception de système de gestion énergétique
comme :
Le nombre d’habitants
La qualité socioprofessionnelle (permet de construire des patterns d’occupation davantage ciblés pour l’anticipation des usages
(occupation des pièces)) car l’utilisation de certains équipements varie selon la catégorie professionnelle.

237
Annexe 18 Aide à la conception du système de Ventilation
Parmi les autres systèmes énergétiques du bâtiment, on peut retenir le système de ventilation qui d’ailleurs en terme d’élément physique, agit sur
le même élément que le confort thermique: l’air.
Nous nous attacherons ici à étudier le système de ventilation de la salle Informatique de la plateforme PREDIS MHI durant la même semaine
d’étude que précédemment (du 29 novembre au 3 Décembre 2010). Nous reprendrons la même philosophie et cheminement que l’étude du
chauffage mais cette fois ci du point de vue aéraulique (principalement la qualité de l’air).

18.1 Analyse de l’usage aéraulique et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage


Le confort aéraulique est une autre composante du confort d’ambiance et peut être analysé selon l’approche QQOQCP annexe 16). On y
retrouvera parmi les paramètres d’usage identifiés, ceux relatifs au domaine sensible et ceux relatifs au domaine rationnel.
Domaine sensible
Par rapport au domaine sensible lié à l’air du point de vue ventilation, on retrouvera un certain nombre de paramètres physiques :

- la qualité de l’air (répondant à la question Quoi ?) qui pourra être évaluée par le taux de CO2 (en ppm (partie par millions)) présent
dans l’air ambiant ainsi que par le taux de concentration COV (composé organique volatil), les odeurs, etc. (dont nous ne tiendrons
pas compte par la suite de ces derniers). On considérera que toutes les personnes ont le même niveau d’exigence (ou niveau de
satisfaction) par rapport au niveau de CO2 et cela constamment au cours du temps. Mesurabilité : Le taux de CO2 est une grandeur
physique facile à mesurer grâce à des capteurs de CO2 existant sur le marché (mesure indiquée généralement en ppm (partie par
millions)).
- La sensation aux courants d’air liée en partie au positionnement des bouches d’aération ainsi que le débit d’air interne d’une pièce qui
peut amener les personnes à être plus ou moins satisfaisantes. Mesurabilité : difficile car liée au jugement des personnes à un instant
donné.

Domaine rationnel
Parallèlement, le domaine rationnel regroupe l’ensemble des paramètres composant l’usage ayant un rapport direct avec l’action :
- La localisation spatiale et temporelle. Où, quand et combien de temps les pièces sont occupées par un ou des usagers ? (Réponse à la
question Où ? et Quand ? de l’approche QQOQCP) Comme dans l’exemple thermique, en fonction de l’identité des usagers qui
peuvent avoir un emploi du temps d’occupation variable, l’usage du système de ventilation sera conséquent Mesurabilité : Comme
précédemment, le lieu et le moment peuvent être combinés en terme d’instrumentation par un capteur de présence.

- le nombre d’occupants. En effet, sachant que le principal émetteur de CO2 est l’usager lui-même, en tant qu’espèce vivante, le
nombre d’usagers influencera le niveau de CO2 et par conséquent la qualité d’air. (Réponse à la question Qui ? de l’approche
QQOQCP) Comme évoqué précédemment, le nombre de personnes est totalement couplé au système physique car influe directement
le paramètre physique sensible de taux de CO2.

238
- Les réactions à l’inconfort (Réponse à la question Comment ? de l’approche check-list) Comme observé dans le retour d’expérience
de la Plateforme PREDIS MHI, l’usager peut agir indirectement (ouverture porte, installation ventilateur personnel) sur le système de
ventilation ce qui aura des conséquences au niveau énergétique et confort. Mesurabilité : Assez difficile d’instrumentation.
Que la force soit avec toi.

18.2 Construction de la fonction de satisfaction globale à partir des fonctions de satisfaction de chaque paramètre
d’usage
18.2.1 Fonction de satisfaction sensible de la qualité de l’air
Nous avons choisi pour la construction de la fonction de satisfaction sensible de ne prendre que le taux de CO2 comme paramètre d’usage
identifié après l’approche QQOQCP (partie 18.1). On pourra, dans des études plus approfondies, prendre en compte les autres paramètres
d’usage sensible.
Le taux de CO2 dans l’air est une donnée liée au syndrome de bâtiment malsain qui donne la liste des paramètres physiques qui peuvent
engendrer l’inconfort et agir sur la santé des habitants. En cela, le taux de CO2 se positionne ainsi comme une grandeur physique réglementée
(Norme NBN EN 13779 par exemple) dont il existe une classification de niveaux acceptables (Tableau 8)

Qualité de l’air Niveau de CO2 dans les locaux (ppm)


Plage type Valeur par défaut
Excellente < 400 350
Bonne 400-600 500
Moyenne 600-1000 800
Médiocre >1000 1200
Tableau 8 : Modèle d’usage du service de qualité d’air/confort aéraulique

Contrairement à la température qui est une donnée physique, le taux de CO2 est davantage liée au processus de sécurité dans le sens où il existe
un seuil au-delà duquel cela est dangereux pour la santé. Ainsi, la fonction de satisfaction sensible pourra disposer de différents seuils.
On propose que la satisfaction serait maximale tant qu’on est en deçà du seuil limite (CO2 limite= 1000ppm) mais se dégraderait ensuite au fur
et à mesure que le taux de CO2 augmente jusqu’à un maximum (CO2 max=1600ppm dans notre exemple) au-delà duquel la satisfaction sera
nulle (figure 75). La loi d’évolution de la courbe de satisfaction entre CO2 limite et CO2 max peut être de différentes allures : exponentielle
(comme dans notre cas où l’on a estimé empiriquement ses paramètres (Equation 22)), linéaire (dans le cas d’implémentation dans un système de
gestion d’énergie du bâtiment (figure 77), etc…

239
C (t )
( −16)
100
SCO 2 = (1 − e 2
) Equation 22
C (t ) = Taux de CO2 (ppm)

Satisfaction Satisfaction
1 1
Taux CO2 (ppm) Taux CO2 (ppm)
0 CO2 0 CO2
CO2 max CO2 max
limite limite
Figure 75 : Fonction de satisfaction CO2 (exponentielle et linearisée)

Une telle fonction de satisfaction est opérationnelle lors de la présence effective des habitants car ce sont eux qui ressentent ces phénomènes

18.2.3 Fonction de satisfaction Rationnelle aéraulique.


Comme dans l’exemple du système de chauffage (partie 2 chapitre 4), il est intéressant de pouvoir construire une fonction de satisfaction
correspondant à la consommation énergétique permettant de pouvoir faire émerger les gaspillages d’énergie. Nous ne prendrons en compte que
les paramètres d’usage rationnels de présence de l’occupant, l’ouverture du bâtiment ainsi que la consommation énergétique (au travers de la
puissance électrique consommée par la ventilation)
Ainsi, on construit une fonction de satisfaction (Sénergie) privilégiant la consommation d’énergie lorsque la salle est effectivement occupée et
pénalisant les périodes de ventilation alors que la salle est inoccupée (Equation 23)

2SI (Presence Usager=1 & Ouverture Batiment=1) ET Puissance Ventilation>0: Sénergie =1


3 Equation 23
4SI ((Presence Usager=0 & Ouverture Batiment=1) OU Ouverture Batiment=0) ET Puissance Ventilation=0: Sénergie =1
3
5SI ((Presence Usager=0 & Ouverture Batiment=1) OU Ouverture Batiment=0) ET Puissance Ventilation>0: Sénergie =0

18.2.4 Fonction de satisfaction globale du confort aéraulique


Comme nous l’avons présenté dans le cas thermique, on peut construire une fonction de satisfaction globale par combinaison des fonctions de
satisfaction précédentes en fonction des objectifs et priorités d’intégration de l’usage que l’on se donne.
Nous choisirons ici de construire la fonction de satisfaction globale à partir de l’approche PLN car nous souhaitons, par exemple, valoriser la
solution la plus économe (a =1, b=2). (Equation 24)

240
a.FSsi ,CO 2 + b.FSri , Energie
FSi , aéraulique = Equation 24
a+b
18.3 Application au Système de ventilation
L’objet de l’étude de l’aide à la décision est de pouvoir comparer ici différentes configurations d’un même système de ventilation. Ces
configurations différencient selon la stratégie de côntrole-commande appliqué afin de pouvoir fournir le niveau de CO2 souhaité.

18.3.1 Stratégies de contrôles commande étudiées


Les quatre types de côntrole-commande que l’on comparera au travers du diagramme de compromis différent en termes de lois de commande du
débit d’air :

- Système Sans Ventilation : (Scénario d’étude n°1 Annexe 19) On suppose une première étude sans ventilation artificielle et où le
renouvellement d’air est seulement réalisé au travers des infiltrations d’air (portes, fenêtres, etc…). Cela pourrait correspondre
également à la situation où le système de ventilation est en panne.
- Système de Ventilation Basique Sans régulation (Scénario d’étude n°2 annexe 19) : Dans ce cas, on suppose un débit de ventilation
constant (430m3/h) durant les heures d’ouverture de la salle : de 8h à 18h du lundi au vendredi. Ce débit correspond environ à la
valeur nominale préconisée par la réglementation sur la ventilation dans les bâtiments si l’on prend 18m3/h/personnes avec notre
scénario de 25 personnes présentes. On pourra remarquer au passage que c’est cette solution qui est employée réellement sur la
plateforme PREDIS MHI.
- Système de chauffage avec Détection de présence Sans régulation (Scénario d’étude n°3 annexe 19) : Dans ce cas, la ventilation est
enclenchée lors des horaires d’occupation de la salle Informatique (les lundi, mardi, mercredi et vendredi aux horaires effectives) à un
débit égal à 430m3/h. Technologiquement, ce scénario pourrait correspondre à l’installation d’un détecteur de présence commandant
le système de ventilation.
- Système de chauffage anticipatif avec régulation (Scénario d’étude n°4 annexe 19) Dans ce cas, le système de ventilation dispose
d’une régulation de débit par rapport au taux de CO2. Cette régulation est construite de façon à ne pas ventiler lorsque le taux de
CO2 est inférieur à 1000ppm (seuil de CO2 au-delà duquel les effets du CO2 peuvent être nocif pour la santé. Taux limites donné pour
des immeubles de bureau (AQME, 1995)) et au-delà, on ventile de façon à maintenir le taux de concentration à 1000ppm.

18.3.2 Détermination du coût énergétique


Afin de pouvoir déterminer le coût énergétique de chaque solution, on calculera la consommation électrique du système de ventilation.

241
La consommation électrique d’un ventilateur peut être lié au débit d’air qu’il fournit par l’équation 25 [AICVF, 1992]. On supposera dans notre
calcul la perte de charge constante. La valeur de la perte de charge retenue est celle trouvée expérimentalement à un point de fonctionnement
donné (1030Pa)
Q (t ).∆p
Célec (t ) = Equation 25
ηvent
avec
Célec = Consommation électrique du transport de l'air (W)
Q = Débit d'air neuf (m3 / s )
∆p = Pertes de charge (pulsion+extraction) (Pa)=1030 Pa
ηvent = Rendement global du système de ventilation (moyenne entre pulsion et extraction)=0.65
Cette consommation électrique nous permet donc de pouvoir construire le coût énergétique de chaque solution.

18.3.3 Evolution du taux de CO2


Le taux de CO2 d’une pièce peut être modélisé en fonction des paramètres physiques (Volume de la pièce), du système de ventilation (débit
d’air) et des occupants qui sont les principaux émetteurs de CO2 (Equation 26) |JEON, 2010]:
dC (t )
V = −Q.(C (t ) − C0 ) + G.P
dt
Equation 26
Avec
C (t ) = Taux de CO2 dans la pièce (ppm ou g)
C0 = Taux de CO2 de l'air insufflé=Taux de CO2 atmosphérique =380ppm
Q = Débit d'air de soufflage (m3 / min)
V = Volume de la pièce (m3 )
G = Quantité de CO2 émis par personne (0,44g/min au repos)
P = Nombre de personnes

La conversion entre la quantité de CO2 exprimée en grammes et en ppm est obtenue par (Equation 27) :

242
C( ppm ) (t ) *V * mair
C( g ) (t ) =
1000 Equation 27
mair = masse volumique de l'air:1.2kg/m3

Grâce à la détermination de l’évolution de la concentration de CO2 on peut évaluer la fonction de satisfaction sensible aéraulique dans
notre étude de cas. Ensuite, avec la fonction de satisfaction rationnelle, on construit la fonction de satisfaction globale et l’applique aux
différentes stratégies de côntrole-commande de ventilation afin de les comparer sur le diagramme de compromis Coût/Satisfaction.

18.4 Analyse des résultats et prise de décisions


Nous avons pu voir par l’exemple thermique que pour prendre une décision sur le choix de systèmes de commandes, le concepteur peut
étudier la satisfaction de différents points de vue (diagramme satisfaction globale/ coût, diagramme satisfaction sensible/ coût, diagramme
satisfaction rationnelle coût). Ici, on se propose d’étudier directement la satisfaction globale du système (construite à partir de l’équation 22) en
fonction du coût énergétique de chaque configuration du système de ventilation (figure 76)

243
18.4.1 Diagramme de compromis sur la satisfaction globale

3
-76%

2
-54%

+ Efficacité Energétique d’Usage -

Figure 76 : Diagramme de Compromis système ventilation avec fonction de satisfaction globale

De façon triviale, on retrouve que l’absence de ventilation (scénario 1 figure 76) génère une satisfaction très basse car le taux de concentration de
CO2 atteint plus de 7000 ppm.
On peut remarquer d’autre part que le système avec ventilation basique (2) (Scénario d’étude 2 de l’annexe 19), qui correspond au système de
régulation réellement installé sur PREDIS, n’est pas la solution optimale du point de vue efficacité d’usage énergétique car consommant
beaucoup d’énergie pour un résultat de taux de CO2 peu efficace (taux supérieur à 1500ppm)) (annexe 20). En effet, cette solution de ventilation
tourne tout le temps et est donc discriminée grâce à la fonction de satisfaction rationnelle.
On peut ensuite constater qu’avec la simple installation d’un capteur de présence couplé à la commande du système de commande, on peut
réduire sensiblement la consommation énergétique (de 77 Wh à 18 Wh soit 76% de réduction) tout en augmentant la satisfaction globale (qualité

244
d’air + économie d’énergie) (en allant du point 2 au point 3 du graphe 76) Une telle solution simple à mettre en œuvre apparaît comme
intéressante dans ce cas où l’on favorise la réduction d’énergie mais c’est au détriment du taux de CO2 dans ce cas ( taux de CO2 > 2000ppm)
La solution (4) consistant à mettre en place un système de régulation apparaît comme une solution offrant la meilleure efficacité d’usage
énergétique car elle permet d’offrir une qualité d’air optimale (<1000 ppm) tout en économisant de l’énergie par rapport à la solution de
ventilation basique (réduction de 56%). Néanmoins, on peut remarquer que cette dernière solution n’est pas la plus économe car dans la
construction de l’optimisation du débit de ventilation du système en fonction du CO2, nous n’avons pas contraint un débit maximum (et donc une
puissance de ventilation maximale correspondant à la limite physique du système de ventilation) ce qu’y engendre des débits importants. On
s’aperçoit ici que l’on pourrait mettre en œuvre une optimisation de la loi de commande du système de ventilation avec comme contrainte le taux
de concentration de CO2 d’une part et les économies d’énergies d’autre part.

18.4.2 Autre présentation de la satisfaction globale.


Comme nous avons pu le présenter dans l’exemple thermique, les diagrammes de compromis ont toujours les mêmes abscisses et seules les
ordonnées des diagrammes changent. Aussi, il est possible de tracer une version complémentaire de la satisfaction globale de notre système en
mettant en abscisse les valeurs de satisfaction rationnelle calculés et en ordonnée la satisfaction sensible (figure 77)

Figure 77 : Diagramme de Satisfaction rationnelle/Satisfaction sensible système ventilation 245


Un tel graphe nous permet ici de mieux se rendre compte de l’intérêt de chaque système de côntrole-commande sur chacun des domaines
sensible et rationnelle. On y voit apparaître que le système 4, celui disposant d’un système de régulation, est celui le plus satisfaisant aussi bien
au niveau sensible qu’au niveau économie d’énergie (valeur de 1 dans les deux fonctions de satisfaction). Une telle performance est due au fait
que cette solution intègre mieux les dimensions de l’usage :
- meilleure intégration du moment et du lieu de l’usage par l’installation de capteur de présence
- meilleure intégration du nombre d’occupant par la régulation du débit en fonction du nombre d’occupant

18.4.3 Bilan des diagramme et prise de décision


Nous avons pu voir de nouveau que les diagrammes construits ont chacun une effectivité particulière dans le sens où ils permettent au concepteur
d’en retirer des informations utiles pour ses choix de matériel (d’où une nécessité également de l’intelligibilité des graphes) :
- Le graphe faisant apparaître la satisfaction globale comme une combinaison linéaire de ses composantes de satisfaction (figure 76)
permet au concepteur d’écarter certaines solutions inacceptables : pas de ventilation (trop d’inconfort) ou ventilation basique
(consomme trop)
- Le graphe faisant apparaître les composantes de la satisfaction globale (figure 77), permet de mieux comprendre les avantages et
inconvénients de chaque stratégies de côntrole-commande vis-à-vis des fonctions de satisfaction sensible et rationnelle et de
départager au final les dernières solutions : le système réactif (4) a la meilleure efficacité d’usage énergétique donc il choisira celui-ci.
- On peut enfin constater que l’on peut mettre en place facilement en œuvre des solutions technologiques intégrant l’usage qui
permettent d’économiser de l’énergie jusqu’à 76% (figure 76)
Les diagramme de compromis montrent donc que lorsque l’on intègre davantage l’usage, sous forme de composante spatiale et temporelle ainsi
que par sa composante nombre d’occupants (par exemple le fait d’intégrer un système capable de connaître l’occupation, aussi bien en nombre de
personnes qu’en terme de période d’occupation, au côntrole-commande de la ventilation) permet de gagner en EUE. En effet, on gagne en
satisfaction rationnelle (car le taux de CO2 est considérablement augmenté) mais également, on gagne en satisfaction rationnelle : on consomme
justement l’énergie au moment effectif de l’usage.

246
Annexe 19 : Scénarios d’étude pour le système de ventilation

Consigne de Débit Basique Avec Détection Présence Système Anticipatif


Sans Régulation
1CE1 Sans régulation
1CE1 Avec Régulation
11CE1
Sans
B6CD81 &#1 &#1
Ventilation B6CD81
#1
#1 #1
Scénarios d’usage D$$1
E$$1 %E$$11 D$$11 E1$#1%E#!1 91 %E#!1
(E$$1 $1
1 9$ 91 D11 E$#1 $1 B6CD81
$1
Scénario Usage
1234156789AA681Modèle
!
"1
B6CD81 1 2 3 4
#1
D11 E$ %E#!1
9 #1 $1
1

247
Annexe 20 : Graphes d’évolution du taux de CO2
Scénario d’usage : Occupation Modèle : 25 personnes constant durant les périodes d’occupation de la salle Informatique

248
Annexe 21 : Aide à la conception système d’éclairage artificiel
Nous allons nous intéresser à présent au 3ème type de confort composant le confort ambiant : le confort visuel au travers de l’étude de
l’éclairage artificiel. Nous nous intéresserons uniquement à l’éclairage artificiel qui vient en complément de l’éclairage naturel ce dernier faisant
l’objet d’optimisation lors de la conception architecturale. Comme pour le système de chauffage et de ventilation, nous reprendrons la même
trame d’analyse et d’application.
Néanmoins, nous étudierons ici l’Espace Bureau de la plateforme PREDIS MHI car cette pièce dispose de huit postes de travail et est
utilisée de façon plus importante que la salle Informatique. Une telle configuration permet de définir de manière plus individualisée la notion de
confort visuel. D’autre part, le retour d’expérience en matière d’insatisfaction sur l’éclairage s’est fait en particulier sentir dans cet endroit.
On découpera ainsi huit zones d’éclairage dans cette pièce où l’on y mettra pour chaque zone un luminaire (annexe 22). La science de
l’éclairage et de la lumière étant un domaine scientifique en soit, nous aborderons ce domaine de façon simpliste par rapport à la réalité afin de
pouvoir valider sur un cas simple notre outil d’aide à la décision.
On posera l’hypothèse simplificatrice que le niveau d’éclairement lumineux dans une zone est seulement due à l’éclairage naturel ainsi
que l’éclairage artificiel de cette zone et n’est pas influencé pas le système d’éclairage artificiel d’une zone voisine.

21.1 Analyse de l’usage et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage du confort visuel
Le confort visuel est une autre composante du confort d’ambiance dont l’interaction entre l’usager et l’artefact est beaucoup plus présent
et direct que dans le cas de la ventilation ou du chauffage. Cela est lié également au fait que l’inertie du phénomène lumineux est quasi nulle
comparé à l’inertie thermique ou aéraulique qui font qu’il y a un certain temps de réactivité au niveau des équipements mais également des
usagers (l’insatisfaction de la lumière va être immédiate)

Domaine sensible :
Si l’on applique la méthode QQOQCP au domaine sensible de l’éclairage, on pourra retrouver plusieurs paramètres d’usage sensibles intervenant
dans le confort visuel :

- La quantité de lumière reçue par une surface (répondant à la question Quoi ?) qui pourra être évaluée par l’éclairement lumineux (en
lux) à un point donné de la pièce. On prendra cette grandeur physique comme principal élément d’évaluation du confort visuel car
correspondant à l’objectif du service d’éclairage. On considérera que toutes les personnes ont le même niveau d’exigence (ou rapport
de satisfaction) par rapport au niveau d’éclairement lumineux (niveau de luminosité défini par rapport à une surface située à 1m,
correspondant au plan de travail pour un travail de bureautique) et cela constamment au cours du temps. Mesurabilité : Assez facile
grâce à l’emploi d’un luxmètre situé sur la zone de travail
- La sensation à la couleur : Le rendu des couleur est un éléments sur lequel on peut juger un éclairage artificiel selon la température
des couleurs émis
- La sensibilité aux éblouissements définit également le confort visuel afin de ne pas trop fatiguer l’œil

249
Domaine rationnel :
Parmi les paramètres prenant part à la satisfaction rationnelle c'est-à-dire liée à l’action, on peut y trouver :

- la localisation de l’usage : où est situé l’usage (l’usager), dans quel endroit de la pièce le confort visuel doit être évalué ? (Réponse à
la question Où ? de l’approche check-list) Il s’agit ici de prendre en compte en plus de cela le positionnement de l’usager vis-à-vis
des sources lumineuses naturelles (fenêtres) et artificielles (lampes, etc.…) et déterminer quelles sont les zones où l’occupation est
effective. Pour notre étude, on réalisera le découpage de l’espace Bureau en huit zones correspondant aux huit postes de travail où se
situe l’usage.

- le moment de l’usage : quand et combien de temps les postes de travail sont occupés par un ou des usagers ? (Réponse à la question
Quand ? de l’approche check-list). Mesurabilité : Comme précédemment un capteur de présence permet de localiser précisément
l’usage ainsi que son instant d’occurrence.

- le nombre d’occupant. Cela sera couplé à la problématique de la localisation de l’usage car l’intérêt est de savoir quel usager est
positionné à quel poste de travail afin d’individualiser la notion de confort visuel. (Réponse à la question Qui ? de l’approche check-
list). Mesurabilité : La mesure d’une telle donnée pourra s’effectuer soit indirectement au travers de capteur de CO2 soit directement
avec des compteurs de présence et/ou détecteur de présence par zones.

- Les réactions à l’inconfort (Réponse à la question Comment ? de l’approche check-list) Comme observé dans le retour d’expérience
de la Plateforme PREDIS MHI, l’usager peut agir indirectement (agissant sur l’occultation des fenêtre) ou directement (en forçant la
consigne d’éclairage) sur le système de ventilation ce qui aura des conséquences au niveau énergétique et confort.

- La raison d’avoir le confort visuel peut être ici également multiple (Réponse à la question Pourquoi ? de l’approche check-list). En
effet, la raison d’utiliser un système d’éclairage artificiel peut être pour des raisons de visualisation des objets mais il peut être,
notamment dans le cas d’application résidentiel, utilisé pour des raisons de sécurité (lumière laissée allumée la nuit pour rassurer les
enfants, pour montrer une présence dans la pièce), d’esthétique (utilisation de lampes colorés pour créer des ambiances lumineuses
particulières,..) etc.…

250
21.2 Construction de la fonction de satisfaction globale à partir des fonctions de satisfaction de chaque paramètre
d’usage
21.2.1 Satisfaction sensible de l’éclairement lumineux
Comme nous avons pu le voir précédemment, le confort visuel est un domaine complexe et il est difficile de pouvoir construire une
fonction de satisfaction universelle pour l’éclairage (annexe 24). Néanmoins, nous baserons la construction de notre fonction sur seulement le
niveau d’éclairement qui est facilement mesurable.
Afin de construire le profil de la fonction de satisfaction de confort visuel, on s’est basé ici sur les réponses d’un questionnaire mené au sein de la
plateforme PREDIS MHI portant sur le confort visuel (annexe 25). On emploie, pour la construction de la fonction de satisfaction, une méthode
empirique par l’expert et validé par une enquête exploratoire in situ (par questionnaire) (Partie 1 chapitre 4) Dans ce questionnaire, il est question
de définir les niveaux d’éclairage acceptables ainsi que le comportement de la satisfaction supposée en fonction de l’éclairement lumineux afin
de déterminer, avec les usagers, la forme et l’amplitude de la fonction de satisfaction sensible de l’éclairement lumineux. C’est ainsi une fonction
de satisfaction construite par les usagers et adaptée à eux-mêmes.
Il est ressorti de cet entretien sociologique (que le concepteur peut donc mener) un certain profil de satisfaction : le ressenti des personnes
par rapport au confort visuel se caractérise par une plage de tolérance à l’éclairement lumineux (75% des personnes interrogées ont choisi le
profil présenté figure 78).
Ainsi, la fonction de satisfaction sensible (SLux) pourra être définie par une plage optimale d’éclairement total où la satisfaction est maximale,
limitée de part et d’autre par un seuil minimum (Ecl Opt Min) et maximal (Ecl Opt Max) au delà desquels la satisfaction se dégrade jusqu’à des
points limites (Ecl limite min et Ecl limite max) où la satisfaction s’annule (figure 78).

Satisfaction
SLux
1
Eclairement Total
lumineux (Lux)
0
Ecl limite Ecl Opt min Ecl Opt max Ecl limite
min max
Figure 78 : Fonction de satisfaction Eclairement Lumineux

On pourra retrouver dans la thèse de Carre [CARR, 2008] que le confort visuel pourrait prendre en compte différents éléments et serait défini
selon certaines normes nationales et internationales. On remarquera que cette fonction de satisfaction découle en fait d’une linéarisation d’une loi
de distribution gaussienne qui pourrait être également utilisée à condition de la paramétrer en fonction des exigences des personnes.

251
21.2.3 Fonction de satisfaction rationnelle.
Comme précédemment, il est intéressant de pouvoir construire une fonction de satisfaction correspondant à la consommation énergétique
permettant de pouvoir faire émerger les gaspillages d’énergie. On prendra pour construire une telle fonction de satisfaction, les paramètres
d’usage rationnel de présence d’occupant dans une zone donnée, les horaires d’ouverture du bâtiment ainsi que la puissance électrique
consommée par l’éclairage artificiel.
Ainsi, on construit avec les usagers, suite à une réflexion liée au jugement de ce qui est juste ou pas de consommer selon leurs points du vue, une
fonction de satisfaction (Sénergie) privilégiant la consommation d’énergie lorsque une zone i est éclairée lorsqu’elle est effectivement occupée et
pénalisant les périodes d’éclairage alors que la zone I est inoccupée (Equation 28):
2SI (Presence Usageri =1 & Ouverture Batiment=1) ET Puissance Eclairagei >0: Sénergie ,i =1
3
4SI ((Presence Usageri =0 & Ouverture Batiment=1) OU Ouverture Batiment=0) ET Puissance Eclairagei =0: Sénergie ,i =1 Equation 28
3
5SI ((Presence Usageri =0 & Ouverture Batiment=1) OU Ouverture Batiment=0) ET Puissance Eclairagei >0: Sénergie ,i =0

21.2.4 Fonction de satisfaction globale du confort visuel


On peut désormais construire la fonction de satisfaction globale par combinaison des fonctions de satisfaction précédentes en fonction des
objectifs et priorités d’intégration de l’usage que l’on se donne. Etant donné que l’on défini les fonctions de satisfaction pour chaque zone, il sera
possible d’étudier la fonction de satisfaction globale pour chaque zone et ainsi il sera possible d’individualiser la notion de confort visuel.
Nous choisirons ici de construire la fonction de satisfaction globale du confort visuel comme une combinaison disjonctive des différentes
fonctions de satisfaction de paramètres d’usage. Nous y appliquerons également une pondération (choix des cœfficients a, b) à ces fonctions de
satisfaction tels afin de valoriser, par exemple, la solution la plus économe (c’est-à-dire en privilégiant la fonction de satisfaction rationnelle) (a
=1, b=2). (Equation 29)
a.FSsi , Lux + b.FSri , Energie
FSi ,visuel =
Equation 29

a+b
On va à présent appliquer cette fonction de satisfaction globale du confort visuel au système d’éclairage artificiel que l’on va présenter à présent

21.3 Application au système d’éclairage artificiel de l’Espace Bureau


L’objet de l’étude de l’aide à la décision est de pouvoir comparer ici différentes configurations d’un même système d’éclairage artificiel.
Comme évoqué précédemment, la modélisation d’une pièce et d’un système d’éclairage est particulièrement difficile à modéliser dans sa totalité,
d’autant plus de façon simple. Le domaine de l’éclairage utilise souvent des logiciels de simulations (Dialux, etc..) permettant de simuler et
dimensionner les systèmes d’éclairage artificiel.

252
21.3.1 Systèmes de côntrole-commande
Les configurations d’éclairage artificiel étudiés différencient selon la stratégie de côntrole-commande appliquée afin de pouvoir fournir le niveau
d’éclairement lumineux souhaité en prenant en compte ou non l’éclairage naturel.

Les 6 types de côntrole-commande que l’on comparera au travers du diagramme de compromis différent en terme de loi de commande de
l’éclairement lumineux qui est le paramètre physique principal effectué par un système d’éclairage artificiel:

- Système Eclairage de Base : Par interrupteur (Scénario d’étude n°1 Annexe 23) On suppose une première étude dans laquelle une
première personne arrive le matin allume l’éclairage général (donc fournissant un éclairage à tous les postes de travail) de la salle à un
niveau de maximal correspondant au flux lumineux maximal disponible au niveau des luminaires (400 Lux) et une dernière personne
l’éteint. Il y aura ainsi 400lux d’éclairement lumineux provenant de l’éclairage artificiel dans chaque zone durant toute la période
d’occupation du bâtiment. Un tel scénario pourrait correspondre également à un enclenchement automatique programmé par la GTC
en fonction de l’horaire d’ouverture du bâtiment.
- Système Eclairage avec Détecteur de présence (Scénario d’étude n°2 annexe 23) : Dans ce cas, on suppose que l’éclairage artificiel
général (allumage simultanée des huit zones) à 400lux s’effectue à la détection de présence d’au moins une personne présente dans
l’espace bureau lors des heures d’ouverture de la salle.
- Système de zonage de l’éclairage (Scénario d’étude n°3 annexe 23) : Dans ce cas, on met en application les zones d’éclairage défini
en annexe 18 et on suppose que chaque zone est éclairé par le luminaire correspondant à un éclairement lumineux nominal de 400 lux.
Ce déclenchement s’effectue par détection de présence d’une personne dans la zone concernée. Technologiquement, ce scénario
pourrait correspondre à l’installation d’un détecteur de présence dans chaque zone ainsi qu’une commande d’éclairage
indépendante, par zones. Un tel système de localisation de l’usage permet d’intégrer la dimension « lieu » de l’approche QQOQCP
intégrant ainsi l’usage.
- Système Eclairage de Base : Par interrupteur avec régulation éclairage naturel (dimming) (Scénario d’étude n°4 annexe 23) : On
reprend ici le système d’allumage classique de l’éclairage général (allumage par le premier usager entrant et extinction par le dernier
usager sortant) avec cette fois ci un niveau d’éclairement lumineux régulé en fonction de l’éclairage naturel rentrant dans la pièce. Le
but est de maintenir 400lux dans chaque zone donc le flux lumineux artificiel compensera le manque d’éclairage. Cette technologie
s’appelle le dimming [KIM, 2007].
- Système Eclairage avec Détecteur de présence et Dimming (Scénario d’étude n°5 annexe 23) : Dans ce cas, on suppose que
l’éclairage artificiel général (allumage simultanée des 8 zones) s’effectue à la détection de présence d’au moins une personne présente
dans l’espace bureau lors heures d’ouverture de la salle mais à un niveau de d’éclairement régulé en fonction de l’éclairage naturel
(dimming).
- Système de zonage de l’éclairage avec Dimming (Scénario d’étude n°6 annexe 23) : Dans ce cas, on met en application les zones
d’éclairage défini en annexe 21 et on suppose que chaque zone est éclairée par le luminaire correspondant équipé d’autre part d’un

253
système de dimming. Un tel système de localisation de l’usage et de régulation de la lumière permet d’intégrer les dimensions « lieu »
et « objectif »de l’approche QQOQCP intégrant ainsi davantage l’usage.

21.3.2 Consommation énergétique des luminaires


Les luminaires qui fournissent le service d’éclairage effectuent cela de manière instantanée du moment où l’on est allume. L’éclairage est ainsi
un service ambiant n’ayant aucune inertie car la lumière artificielle fournit un éclairage lumineux, à sa valeur nominale, du moment où on utilise
le système.
Ces luminaires sont composés de différents éléments qui impacteront le niveau d’éclairement dont
- un réflecteur qui réfléchi la lumière émise par la lampe et la dirige selon des directions préférentielles
- des venelles qui protègent l’œil des éblouissements en empêchant la vue directe de la lampe
En cela aucun luminaire ne restitue 100% de la lumière émise par les lampes et possède alors d’un rendement lumineux correspondant au
rapport du flux lumineux émis par le luminaire (ensemble lampes+ réflecteur) et le flux luminaire des lampes. Ces mêmes lampes auront un
rendement électrique (ou efficacité lumineuse) correspondant au rapport entre l’énergie électrique consommée et la production de flux luminaire
soit au travers de la technologie incandescente (efficacité lumineuse comprise entre 9 et 16 lm/W) soit par fluorescence (efficacité lumineuse
comprise entre 60 et 90 lm/W)
Ainsi, la relation entre le puissance électrique consommée et l’éclairement lumineux fourni par les luminaires dans une zone donnée pour une
surface de 1m², situé à 1m du sol est donné par l’équation suivante : (Equation 30) (exemple pour la zone 1 pour une journée avec les différentes
configuration de système d’éclairage (figure 79)):
Pelec
Eart ,i = Equation 30
ηluminaire * δ
Eart ,i = Eclairement artificiel dans la zone i sur une surface de 1m 2 (lux)
Pelec = Puissance électrique consommée (W)
ηluminaire = Rendement du luminaire (%)
δ = Efficacité lumineuse de la lampe

254
Figure 79 : Puissance électrique des luminaires pour une zone durant une journée en
fonction des différentes configurations du système d’éclairage artificiel

Cette consommation électrique nous permettra de déterminer le coût énergétique des différentes configurations du système d’éclairage étudié

21.3.3 Modélisation Eclairage naturel


La lumière naturelle à l’intérieur d’une pièce dispose de trois composantes : directe, réflexion extérieure et réflexion intérieure. Le Facteur de
Lumière du Jour (FLJ), qui est une donnée calculée en phase de conception par les bureaux d’étude éclairagiste, représente ainsi le rapport de
l'éclairement naturel intérieur reçu en un point à l'éclairement extérieur simultané sur une surface horizontale, en site parfaitement dégagé (Ehz),
par ciel couvert. (Equation 31)(Figure 80)

255
Equation 31 FJ = Ep / Ehz (%) = FJD + FRE + FRI
FJD Composante Directe FRI Composante Réfléchie Interne
FRE Composante Réfléchie Externe Ehz Eclairement Extérieur sans soleil

Figure 80 : Composante de la lumière et calcul du Facteur de lumière de Jour

Compte tenu de la complexité du cas d’étude de la salle Espace Bureau PREDIS, qui fait partie d’un bâtiment dans un bâtiment (donc n’est pas
soumise à la lumière directe de l’extérieure), nous ne modéliserons pas la partie d’éclairage naturel résultante de l’apport solaire extérieur mais
simplement nous modéliserons un certain flux lumineux entrant dans l’espace bureau. Nous considérerons donc que la luminosité dans le shed
est, du point de vue de l’espace bureau, l’éclairage naturel extérieur.

Ainsi, nous considérons que l’éclairement lumineux naturel en un point regroupera à la fois la composante réfléchie extérieure et réfléchie
intérieure. Le calcul classique de ces composantes s’effectue au travers de la modélisation des ciels (ciel clair et ciel couvert), de l’étude de la
luminance avec les paramètres de réflexion des différentes parois et les paramètres de transmission des fenêtres. Dans notre cas, ne disposant pas
de l’ensemble de ces informations, nous établirons un modèle simplifié de l’éclairement lumineux pour une zone donnée au cours d’une journée
s’inspirant de l’évolution du rayonnement solaire sur une journée. Ce modèle d’éclairement global (modèle gaussien de Jain [BAIG, 1997]) est
calculé en fonction de la connaissance du rayonnement global I au zénith (Tzenith) (Equation 32)

256
1 6 (t − Tzenith) 2 7 Equation 32
I (t ) = exp 8 − 9
σ 2π A 2σ 2 B
avec σ = deviation standard, determiné pour I (Tzenith) connu

Aussi, on estimera cette course du soleil par la même équation de Gauss, ayant pour paramètres l’éclairement maximal (EMax) ; l’heure du lever
et du coucher du soleil (Tlever, TCoucher) en considérant l’heure du zénith au temps médian (Tzenith) et un facteur correctif 5 (Equation 33).
Nous considérerons deux modèles d’éclairement lumineux correspondant à un jour clair et à un jour nuageux (figure 81) dont nous avons estimé
le calcul des paramètres 5 et 2 s’effectuant au Zénith où E =E max et au lever E=Emin.

λ 6 (t − Tzenith) 2 7
Enat ,i (t ) = exp 8 − 9
σ 2π A 2σ 2 B
avec
Enat ,i = Eclairement naturel dans la zone i
Equation 33
23 Emax,beautemps = 500, Emin,beautemps = 10
Enat ,i = 4
35 Emax, nuageux = 300, Emin,nuageux = 10
23σ beautemps = 128
σ = dispersion= 4
35σ nuageux = 138
23λbeautemps = 161000
λ = facteur correctif= 4
35λnuageux = 103800

257
Emax beau temps

Emax nuageux

T Lever T Coucher
T Zenith

Figure 81 : Evolution Eclairement lumineux naturel sur une journée

Nous pouvons ensuite construire une semaine typique où on simulera certains passages nuageux provoquant une diminution de l’éclairage naturel
(figure 82)

258
Passages nuageux

Eclaircie

Figure 82 : Evolution Eclairement lumineux naturel sur une semaine

A partir de cela, nous ferrons un certain nombre d’hypothèses concernant la modélisation de l’éclairage artificiel :
- Nous considérerons par la suite que chaque zone reçoit indépendant ce profil d’éclairage naturel et que l’éclairage d’une zone n’est pas
influencé par l’éclairage naturel et artificiel de la zone voisine.
- Nous supposerons que les zones 1, 2, 3 et 4 reçoivent l’intégralité de cet éclairement naturel car ces zones sont situées à côté des
fenêtres alors que les zones 5, 6, 7 et 8 recevront que la moitié de cet éclairage naturel (annexe 22)
- Enfin, nous ferons l’hypothèse que l’éclairement lumineux résultant de deux sources lumineuses (ici l’éclairage naturel d’une part et
l’éclairage artificiel d’autre part) pour la zone, est la somme des éclairements lumineux (Equation 34)

259
ET ,i (t ) = Enat ,i (t ) + Eart ,i (t )
ET ,i = Eclairement total d'une zone i
Enat ,i = Eclairement naturel d'une zone i Equation 34

Eart ,i = Eclairement artificiel d'une zone i

Par exemple, l’éclairement résultant dans la zone 1 durant une journée, en fonction des différentes configurations de systèmes d’éclairage
(annexe 22) permet de voir la différence d’éclairement (figure 83).

Figure 83 : Niveau Eclairement Lumineux dans une zone durant une journée en
fonction des différentes configurations du système d’éclairage artificiel

260
21.4 Analyse des résultats et prise de décisions
Comme dans les exemples thermiques et aérauliques préalablement présentés, le concepteur du système d’éclairage artificiel dispose d’une
palette d’outil, notamment en ce qui concerne les diagrammes de compromis, afin de pouvoir faire des choix en fonction de ses objectifs.

21.4.1 Diagramme de compromis des satisfactions sensible et rationnelle


Les diagramme de compromis mettant en œuvre les fonctions de satisfaction sensible et rationnelle par rapport au coût permet de visualiser
l‘évaluation de chaque système selon le point du vue du confort ressenti par les usagers (domaine sensible : figure 84) ou selon le point de vue de
la « justesse énergétique » des actions (domaine rationnel : figure 85)

6 5 4

2 1

Figure 84 : Diagramme de Compromis de satisfaction sensible

261
Le diagramme de compromis de satisfaction sensible permet déjà d’évaluer le confort visuel qu’offre chaque solution de côntrole-
commande d’éclairage artificiel. On peut déjà remarquer, compte tenu de la proximité des valeurs de satisfactions (entre 0,94 et 1) que toutes les
solutions offrent un service d’éclairage satisfaisant. Néanmoins, on peut voir émerger de manière triviale que les solutions avec dimming, qui
permettent justement de réguler la luminosité artificielle en fonction de la luminosité naturelle (évitant alors un sur éclairement lumineux),
offrent une satisfaction sensible maximale de 1. On peut désormais remarquer, ce qui apparaîtra de manière plus évidente avec la satisfaction
rationnelle, que les solutions avec dimming , en plus d’offrir un meilleur confort visuel, consomment moins d’énergie ce qui va doublement dans
le sens de l’efficacité d’usage montrant bien qu’en intégrant l’usage, on réduit la consommation énergétique.
En effet, au regard du diagramme de compromis de satisfaction rationnelle (figure85), on se rend compte que les solutions avec dimming
(4, 5, 6) consomment moins que les solutions sans dimming (1,2, 3) permettant une réduction moyenne de la consommation énergétique de 33%.
Néanmoins, l’implantation de ces systèmes ne consomment respectivement pas mieux cette énergie car la satisfaction rationnelle ne change pas
entre la solution avec et sans dimming (même satisfaction rationnelle de 0,51 entre les solutions 1 et 4, de 0,55 entre solutions 2 et 5, et de 0,75
entre les solutions 3 et 6 de la figure 85)
Ainsi, à travers ces deux précédents diagrammes, on peut en tirer un certain nombre d’information :
- la solution de contrôle par Interrupteur est celui qui est le plus facile à mettre en place mais celui consommant le plus. Ce système peut
être amélioré avec un système de détection de présence permettant d’économiser globalement 8% d’énergie (figure 87)
- le fait de tenir encore davantage de l’usage par la mise en place du zonage (lieu de l’usage) est aussi une solution efficace d’usage car
consomme encore moins que les deux solutions précédentes (plus de 50% de réduction d’énergie) et améliore un peu le confort visuel (point 3
figure 85).
- la technologie de dimming permet d’améliorer sensiblement le confort visuel tout en offrant une réduction de la consommation
énergétique (de plus de 30%). Cela est dû au fait que l’on tient mieux en compte de l’usage au travers du niveau de luminosité perçu
(composante « Qui » de l’approche check-list).

262
-33 %
6 3

-50 %

5 2
-8
4 1

Figure 85 : Diagramme de compromis Coût/ satisfaction rationnelle de l’éclairage artificiel

On pourra retrouver l’ensemble de ces renseignements afin de pouvoir distinguer les configurations les plus efficaces d’usage au travers du
diagramme mettant en rapport la satisfaction sensible et la satisfaction rationnelle (figure 86)

263
4 5 6

- Efficacité d’usage énergétique +

Figure 86 : Diagramme de compromis Confort visuel/Satisfaction d’utilisation


de l’énergie
En effet, sur ce dernier diagramme, on peut bien se rendre compte de l’évolution de l’efficacité d’usage entre chaque configuration qui intègre
plus ou moins l’usage. Ainsi au final, le concepteur va pouvoir choisir de manière quasi immédiate la solution de zonage avec dimming (qui
prend en compte l’aspect géolocalisation/identification de l’usager, moment de l’usage et éclairage naturel) car c’est la solution qui offre une
meilleure satisfaction globale et une consommation énergétique optimale :
- réalisation d’une économie d’énergie de plus de 75 % par rapport à la solution basique (1) (passant de 280Wh à 75 Wh pour une
semaine)
- augmentation de la satisfaction globale à 0,82 par rapport à la solution basique 1 offrant une satisfaction globale de 0,65 (en particulier
due à un meilleur mode de consommation, gratifiée par une meilleure satisfaction rationnelle)

264
Figure 87 : Diagramme de compromis satisfaction globale avec
approche PLN (a=1,b=2)

6
3

4 2
1

Enfin, dans le diagramme de compromis situant la satisfaction globale (avec approche PLN) par rapport au coût, on retrouve un
positionnement des différentes solutions nous permettant un choix encore plus évident de par le fait que l’on a valorisé (par la pondération) les
solutions économes en énergie, ce qui démarque encore plus la solution avec dimming et zonage. Cela prouve une fois de plus que plus on
intègre l’usage (passant du scénario 1 au 6) dans les solutions de côntrole-commande (, meilleure sera le compromis coût et satisfaction (et donc
l’EUE ce qui permet ainsi de conforte le concepteur dans ses choix. En effet, avec le système de dimming, on prend en compte la dimension
« Quoi ? » et avec le système de zonage, on prend en compte les dimensions « Où , Quand et Qui ? » de l’approche QQQOCP appliqué à l’usage
de l’éclairage.

21.4.2 Bilan des diagrammes de compromis


Comme dans les exemples du chauffage et de ventilation, on a pu voir que l’efficacité d’usage s’appliquait de manière effective sur le cas de
l’éclairage artificiel et qu’on était en mesure de trouver des solutions technologiques permettant de mieux intégrer ce qui avait alors pour double
avantage d’obtenir une satisfaction maximale tout en économisant de l’énergie (jusqu’à 75% par rapport à la solution basique à base d’allumage
par interrupteur). Il faudrait ensuite faire une étude économique afin d’étudier le retour sur investissement des solutions alors choisies

265
Annexe 22 : Découpage de l’espace Bureau en Zones d’éclairage

266
Annexe 23 : Scénarios d’étude pour le système d’éclairage artificiel

Consigne d’éclairement Basique : Avec Détecteur Basique avec Détection Avec Zonage
Avec Zonage
lumineux Par interrupteur Présence Dimming Présence et Dimming Avec Dimming

Scénario d’usage
Nombre d’occupants

1 2 3 4 5 6

Temps

267
Annexe 24 : Le confort Visuel dans l’architecture bioclimatique
Le confort visuel est une impression subjective liée à la quantité, à la distribution et à la qualité de la lumière. L’environnement visuel nous procure une
sensation de confort quand nous pouvons voir les objets nettement et sans fatigue dans une ambiance colorée agréable.
L’obtention d’un environnement visuel confortable dans un local favorise le bien-être des occupants. Par contre, un éclairage trop faible ou trop fort, mal
réparti dans l’espace ou dont le spectre lumineux est mal adapté à la sensibilité de l’œil ou à la vision des couleurs, provoque à plus ou moins longue échéance
une fatigue, voire même des troubles visuels, accompagnés d’une sensation d’inconfort et d’une performance visuelle réduite.
Le confort visuel dépend d’une combinaison de paramètres physiques : l’éclairement, la luminance, le contraste, l’éblouissement et le spectre lumineux,
auxquels s’ajoutent des caractéristiques propres à l’environnement et à la tâche visuelle à accomplir, comme la taille des éléments à observer et le temps
disponible pour la vision. Le confort visuel relève, en outre, de facteurs physiologiques et psychologiques liés à l’individu tels que son âge, son acuité visuelle
ou la possibilité de regarder à l’extérieur.
Les paramètres du confort visuel pour lesquels l’architecte joue un
rôle prépondérant sont :

• le niveau d’éclairement de la tâche visuelle ;


• un rendu des couleurs correct ;
• une répartition harmonieuse de la lumière dans l’espace ;
• les rapports de luminance présents dans le local ;
• l’absence d’ombres gênantes ;
• la mise en valeur du relief et du modelé des objets ;
• une vue vers l’extérieur ;
• une teinte de lumière agréable ;
• l’absence d’éblouissement.

Il est cependant très difficile de quantifier les valeurs idéales que


ces paramètres devraient atteindre : il n’existe en effet pas de
solution universelle au problème du confort visuel car celui-ci sera
influencé par le type de tâche, la configuration du lieu, et les
différences individuelles. De plus, le jugement de la qualité de la
lumière sera influencé par des aspects personnels, culturels et
historiques.

268
Annexe 25 : Questionnaire sur le confort lumineux et l’éclairement lumineux artificiel
On s’intéresse ici à évaluer le niveau d’éclairage proposé par l’éclairage artificiel, et ce au cours de l’année.
Quels sont les paramètres rentrant en compte dans le jugement de l’éclairement apporté par l’éclairage artificiel?
Apport Eclairage Naturel
Période de la journée
Météo extérieure
Nature de travail à effectuer sur le poste de travail
Autres (préciser)

Pouvez vous caractériser votre sensibilité à l’éclairement lumineux artificiel


Indifférent jusqu’à un niveau d’éclairement maximum (trop d’éclairage-> Eblouissement)
Indifférent à partir d’un niveau d’éclairement minimum (Pas assez d’éclairage-> Illisibilité)
Un point optimal d’éclairement lumineux optimal
Plage d’éclairement lumineux acceptable en dehors de laquelle c’est inacceptable

Si l’on devait construire un profil de votre satisfaction par rapport au niveau d’éclairement lumineux, lequel serait-t-il ?
Satisfaction
SLux
1
Eclairement Total
lumineux (Lux)
0
Ecl limite Ecl Opt min Ecl Opt max Ecl limite
min max Satisfaction
Satisfaction SLux
SLux 1
1

0
0 Ecl limite
Ecl limite Ecl Optimal Ecl limite Eclairement Total max
min max lumineux (Lux)
Autre : Merci de dessiner le profil
Satisfaction 1
SLux Eclairement
1 lumineux
0
Eclairement Total artificiel
lumineux (Lux) 269
0
Ecl limite
min
Annexe 26 : Méthodologie proposée pour la conception par l’usage de la Plateforme PREDIS

Etude
techniqu
e(

270
Annexe 27 Etude du diagnostic d’usage sur le cas du lave-linge
27.1 Analyse de l’usage et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage du lave-linge
Le but d’un lave-linge, est d’apporter une certaine qualité d’hygiène au vêtement sale introduit dans la machine. On retrouve d’ailleurs, dans
l’autre type d’OUE thermique à puissance imposée qu’est le lave-vaisselle, le même paramètre d’usage sensible : l’hygiène du produit concerné.
Mesurabilité : Très difficile car il faudrait réaliser une analyse microscopique des vêtements avant et après le lavage.

Parmi les paramètres qui influeront sur l’usage (et caractériseront ainsi la satisfaction rationnelle), on peut retrouver

• Le choix du programme correspondant au type de linge /de fibre que l’on souhaite laver (réponse à la question Quoi ?de
l’approche QQOQCP). En fonction du programme choisi, la durée des cycles de lavage sera variable ainsi que la température de
l’eau. Une telle donnée est partie intégrante du fonctionnement de la machine à laver et est disponible facilement.
• La quantité de linge. (réponse à la question quoi ?) qui est introduite dans le tambour. La quantité de linge aura une conséquence
du point de vue énergétique car le moteur voyant sa charge augmentée, consommera plus, tout comme la quantité d’eau à
chauffer. Mesurabilité : On pourra obtenir cette quantité par la mesure du poids du tambour une fois plein. Le moment de
démarrage et de fin de cycle qui peut constituer, dans le cadre de l’étude de gestion d’énergie du bâtiment, des données d’usage à
prendre en compte. En effet, ce type de charge électrique (les OUE à puissance thermique imposée) est délestable dans le temps
ce qui permet d’éviter les pics de consommations durant la journée.
Pour des raisons essentiellement liées à la complexité de mesurabilité, nous n’étudierons ici que la fonction de satisfaction rattachée à la quantité
de linge. En effet, ce paramètre d’usage est le plus simple à mettre en œuvre (en utilisant une balance par exemple) et permet déjà, comme nous
allons le voir, de construire une fonction de satisfaction rationnelle effective et intéressante pour diagnostiquer l’usage.

27.2 Fonctions de satisfaction rationnelle pour le lave-linge


En s’intéressant au fonctionnement du lave-linge, on peut se rendre compte que de tels équipements électriques à puissance thermique
imposée, au même titre que le lave-vaisselle, sont conçus et calibrés pour une certaine quantité de produit. On peut se reporter pour cela à la
signification des étiquettes énergies pour ces équipements tel que l’on a pu déjà le décrire dans l’analyse de l’efficacité énergétique: il y est donné
la consommation énergétique pour X kg de linge ou (Y couverts dans le cas d’un lave-vaisselle) pour un programme (mode de fonctionnement)
précis. Dans notre cas, notre équipement est dimensionné pour P opt=5kg de linge que l’on supposera la quantité de linge optimale.
Aussi, on pourra construire une fonction de satisfaction d’utilisation du lave-linge basée sur la quantité de linge effectivement introduite dans le
tambour de la machine à laver (figure 88). On supposera alors qu’à consommation égale de la machine, plus de linge sera lavé, meilleure sera la
satisfaction car on a utilisé à son maximum la machine, avec une satisfaction maximale pour la quantité de linge prévue (P Opt). Néanmoins si
l’on surcharge la machine à laver, cela peut fatiguer à terme la machine et même casser celle-ci (au-delà d’un poids maximum P Max) ce qui fait
décroître la satisfaction de l’usager.

271
Satisfaction
1
Quantité de
linge
0
P Opt P Max
Figure 88 : Fonction de satisfaction du l’utilisation du lave-linge

Nous avons réalisé l’expérimentation sur trois lavages, à programme de lavage égaux en faisant simplement varier la quantité de linge : 2.9, 3.9
et 4.7 kg (figure 89). On supposera que la température d’eau n’a pas beaucoup changé entre ces trois essais.
Satisfaction rationnelle

Figure 89 : Diagramme de compromis de l’utilisation d’un lave-linge

272
On s’aperçoit que l’efficacité d’usage est meilleure lors de l’emploi du lave-linge à un poids de linge optimum de 4.7 kg de linge plutôt
que 2.9kg. En effet, lors de l’emploi de 2,9 kg, la satisfaction rationnelle n’est que de 0,6 alors que la meilleure pratique est celle de 4,7 kg car on
lave plus de linge pour une même consommation énergétique. A l’utilisateur ensuite de juger s’il aurait pût mettre plus de linge lors de ses
utilisations afin d’optimiser son efficacité d’usage ou s’il a choisi volontairement de ne pas mettre plus de linge (par exemple en voulant trier les
couleurs des vêtements.
On remarquera que la consommation énergétique a légèrement varié entre chaque scénario d’usage ce qui peut être dû à la température
d’eau courante qui n’était pas la même. Afin de pouvoir n’avoir que l’impact de l’usage, il est ainsi nécessaire, comme nous l’avons présenté
précédemment, d’enlever la composante de l’efficacité énergétique liée à la partie physique.

273
Annexe 28 : Etude de l’efficacité d’usage en exploitation pour l’ordinateur
28.1 Analyse de l’usage et étude de la mesurabilité des paramètres d’usage de l’ordinateur
Dans le troisième type d’équipement fonctionnel, les appareils électriques à moindre influence thermique, le rapport à l’usage se
caractérise par un service qui est effectué à l’instant où est commandé ce service, notamment en ce qui concerne le multimédia où l’information
(visuelle ou sonore) est produite instantanément. Pour un ordinateur, les services effectués, correspondant à l’évaluation des paramètres d’usage
sensibles, sont multiples et liés à des services de types médias (vidéos, sonore, image, logiciel, texte etc.)

Domaine sensible
Les paramètres d’usage sensible peuvent donc être
- La qualité d’une image. Cette notion aura également une composante liée à l’esthétique du paramètre rendu. Mesurabilité La mesure
de sa définition (en pixel) pourrait être une évaluation de la qualité du service rendu
- La qualité d’un son. Comme pour le son, il y aura une composante liée à l’esthétique qui est difficilement formalisable.
Mesurabilité : la mesure de la fréquence (en Hz) pourrait être une évaluation de la qualité du service effectué
- La qualité d’une vidéo. Comme pour l’image et le son, la qualité esthétique devra être pris en compte mais on pourra évaluer
également la définition de l’image (en pixel) et du son (en Hz) pour attester de la qualité du service effectué
- Le rendu d’une information textuelle
- ...
Domaine rationnel :
Les paramètres d’usage caractérisant le domaine rationnel c'est-à-dire étant en rapport avec l’action initié par une réflexion, seront (de
manière non exhaustive) :

- le mode de fonctionnement de l’ordinateur qui peut être en veille standard (écran en veille mais unité centrale en
fonctionnement), veille prolongée (écran et unité centrale en veille), en état totalement allumé ou en état éteint. (Réponse à la question
Comment ?) Ces différents modes de fonctionnement qui peuvent être enclenchés automatiquement ou manuellement par l’utilisateur, impactera
la consommation énergétique
- le moment de démarrage et la fréquence d’utilisation dans la journée peuvent permettre de déterminer le type d’usage dont
l’ordinateur est effectué (réponse à la question Quand ?)
- la réactivité de l’ordinateur aux commandes effectuées par l’usager. Un exemple d’usage consommant beaucoup d’énergie est
par exemple que certaines personnes, lors d’une absence prolongée préfère laisser allumé (ou à la limite mettre en veille) l’ordinateur plutôt que
de l’éteindre car sinon le redémarrage leur parait trop lent, trop contraignant ce qui évidemment génère de la consommation « inutile ».
- le besoin d’utilisation (réponse à la question Pourquoi ?) qui peut définir les différents intérêts et les fonctionnalités selon
lesquelles est utilisé un ordinateur. En effet, on peut y retrouver des intérêts directement liés aux fonctionnalités de logiciels comme l’intérêt
d’outil de travail.

274
Compte tenu de la complexité de mesurabilité de nombreux paramètres d’usage de l’ordinateur, nous nous attacherons par la suite
uniquement à l’étude de la satisfaction rationnelle par rapport à la bonne utilisation des modes de veilles. Cependant, on pourrait imaginer
d’autres fonctions de satisfaction prenant en comptes plus ou moins de paramètres d’usage identifiés :
-Fonction de satisfaction de qualité de l’information média donné (FSs): si l’on suppose que l’usager souhaite avoir un son dans
une certaine plage de fréquence auditive (entre et obtenir une définition de l’image minimum (par exemple 3 millions de pixels), on pourra créer
une fonction de satisfaction sensible prenant en compte ces deux paramètres pour évaluer la satisfaction par rapport au visionnage d’une vidéo.
- Fonction de satisfaction de besoin de service (FSr) : On pourrait, par un questionnaire, interviewer les usagers pour connaître la
raison d’utilisation de l’ordinateur ou de certains programme ou logiciel. Il serait alors possible d’établir une classification entre ces besoins et les
logiciels utilisés et voir s’ils sont correctement appropriés. Ainsi, la fonction de satisfaction discriminerait l’utilisation de logiciel gourmant en
ressources et inapproprié pour le service effectué (par exemple le lancement d’un logiciel de calcul numérique tel que Matlab pour réaliser des
calcul basique ce qui demande des ressources, et donc de la consommation énergétique, supplémentaire pour rien)

28.2 Fonctions de satisfaction rationnelle pour l’ordinateur


On s’intéressera dans ce cas d’étude (et ce type d’équipement d’OUE à moindre influence thermique) à la consommation énergétique et
au gaspillage d‘énergie dû à une non ou mauvaise utilisation des veilles lors de l’inutilisation du service. Le paramètre d’usage rationnel de la
mise en veille de l’équipement est un des rares paramètres sur lequel on peut agir sans affecter le service. En effet, éteindre ou non durant la non
utilisation n’affectera pas l’évaluation de la satisfaction sensible lors de l’utilisation de l’ordinateur.
On définira dès lors la fonction de satisfaction par rapport à la présence effective d’une personne. On peut reconstruire celle-ci à partir de
la consommation électrique et plus particulièrement de la dynamique de la consommation électrique. En effet, à chaque mode de fonctionnement
de l’ordinateur (allumé, veilles, éteint) il existe des plages de puissances électriques et on peut alors détecter le changement de consommation
d’une plage à l’autre par la détection de dérivée infinie de la puissance électrique. Pour cela, on effectuera d’abord un lissage par palier des
données afin de n’obtenir qu’un niveau de consommation par palier moyen. Le changement de chaque palier permet de modéliser la présence car
à chaque impulsion la présence change (0 et 1 ou 1 en 0) (processus illustré en annexe 28)
Cette méthode permet également de diagnostiquer l’usage et de faire visualiser à l’usager sa dynamique de consommation (par exemple
voir à quelles heures ont été réalisées les allumages et extinctions de l’ordinateur, quand sont utilisés les veilles et quelles veilles sont utilisées
(veille prolongée, veille simple, etc...))

A partir du profil de présence supposé ainsi crée (paramètre d’usage rationnel de la présence), on peut construire avec le paramètre
d’usage rationnel de la puissance électrique, la fonction de satisfaction rationnelle qui permet de mettre en valeur les cas de figure où la veille est
toujours employée lors d’une absence prolongée de l’usager (Equation 35):

275
Si Presence = 1 ET Puissance > 0 : Senergie = 1
Equation 35
Si Presence = 0 ET Puissance > Pveille : Senergie = 0
Si Presence = 0 ET Puissance <= Pveille : Senergie = 1

Nous avons donc construit une fonction de satisfaction effective car elle permet de mettre en évidence les périodes de consommations où
l’usager a bien agi (mettre en veille durant son absence) et pénalisant les moments de gaspillages d’énergie.

Par extension à cette fonction de satisfaction, nous avons créé deux profils fictifs d’usager qui permettront, comme nous allons le voir
ensuite, de situer l’usager par rapport à ces deux profils virtuels de consommation.
- un profil d’usager économe qui, à chacune de ses absences du poste de travail, éteint son ordinateur
- un profil d’usager non économe qui allume l’ordinateur le matin en arrivant et l’éteint le soir en partant

28.3 Diagramme de Compromis Coût/Satisfaction rationnelle


On va comparer désormais les trois scénarios d’utilisation à partir du relevé réel et comparer jour à jour la consommation énergétique de
l’ordinateur et la fonction de satisfaction associée:
• L’utilisation basique de l’ordinateur par le profil d’usager non économe (points A à G sur la figure 90).
• Le deuxième scénario correspond au profil réel de l’usager (ici, éteignant de temps en temps l’ordinateur (points A’ à G’ sur la
figure 90).
• Enfin, le troisième profil correspondant à un consommateur économe (points A’’ à G’’ sur la figure 90).

Le diagramme de compromis nous offre un certain nombre d’informations parmi lesquelles :


• La consommation électrique varie sensiblement d’une journée à l’autre ce qui peut être lié soit à l’activité de l’utilisateur, soit à
l’utilisation raisonnable des veilles (par exemple le lundi (points A’ et A’’ où les utilisations de la veille ont été bonnes)
• En comparant le jeudi (points D’ et D’’) et le vendredi (points E’et E’’), on peut se rendre compte qu’a priori, l’usager a été plus
vertueux le vendredi que le jeudi, car avec le scénario 3 de gestion d’énergie optimisé, l’usager réel se rapproche plus du profil virtuel économe
le vendredi (figure 90).
• Enfin, on remarquera, que le week-end, jour où l’espace de travail est fermé, il y a eu des consommations résiduelles d’énergie que
l’on aurait pu éviter ( passant ainsi de F’, G’ à F’’et G’’ où l’on améliore alors l’efficacité d’usage)

(Vous êtes arrivé à lire jusqu’ici ? Pour cela, vous avez gagné… toute ma reconnaissance)

276
Figure 90 : Diagramme de compromis de l’utilisation d’un ordinateur portable

F’’,G’’
D’’

B’’
A’’ E’’ C’’
E’
Satisfaction rationnelle

D’
A’

C’ C
B’ B
D E

A
F,F’,
G,G’

Une telle analyse de l’usage permet ainsi à l’usager de situer son usage, au jour le jour, entre un profil de consommateur peu attentionné
aux économies d’énergie (point A à G) et un profil de consommateur vertueux (point A’’ à G’’). Cela permet ainsi d’évaluer son efficacité
énergétique d’usage dans le plan de compromis coût /confort et analyser s’il veut/s’il est prêt à améliorer sa sobriété énergétique.
Le diagramme de Compromis est donc effectif du point de vue sobriété énergétique car il permet à l’usager de proposer des alternatives
(profil d’usage virtuel sobre) où il augmenterait sa satisfaction rationnelle (en utilisant correctement les veilles) tout en économisant de l’énergie.
On peut évaluer également le bilan énergétique des trois scénarios d’utilisation afin de pouvoir estimer l’impact énergétique de l’usager
réel ainsi que sa marge de progression. Ainsi, sur notre exemple, l’usager réel consomme 22% moins d’énergie que le profil non économe ce qui
signifie que notre usager doit être sans doute un minimum sensibilisé au gaspillage d’énergie. Mais, avec le scénario optimal, correspondant à ce
que pourrait réaliser un système de gestion énergétique ou une meilleure éducation des usagers, on pourrait économiser jusqu’à 30% par rapport
au scénario basique (en passant de 72Wh à 50Wh) ce qui serait encore meilleure au niveau de l’EUE.

277
Annexe 29 Détermination de la présence d’un usager en fonction de sa consommation électrique pour
un OUE a moindre influence thermique (Exemple de l’ordinateur)

Relevé de consommation
Filtrage par modes de
électrique
fonctionnements

Construction scénario de présence


de l’usage

278
Annexe 30 : Présentation succincte de G-HomeTech
La problématique de gestion d’énergie dans un bâtiment de type résidentiel est de réussir à manager les différents types de charges du point de
vue service et fréquence. Ainsi, on peut retrouver, synthétisé dans la figure 91 :
- les charges de types permanentes comme les systèmes de chauffage et de ventilation, qui peuvent cependant être modulable en terme de
consigne. D’autre part, ces types de charges peuvent bénéficier d’une certaine inertie (par exemple pour le chauffage de l’eau chaude sanitaire)
permettant ainsi d’alimenter par intermittence de telles charges.
- Les charges temporaires sont les charges dont l’usage sera davantage occasionnel à l’échelle de la journée ou de la semaine. On
rassemble dans ce type de charges celles qui auront la particularité de fonctionner par cycle et qui seront alors indépendantes de l’usage une fois
que la charge aura été mise en marche (par exemple le lave-vaisselle ou le lave-linge) Un telle propriété sera utile pour décaler dans le temps une
ce type de charge afin de fonctionner lorsqu’il n’y a pas de pics de consommation électrique. Ces charges correspondent aux OUE à puissance
thermique imposée décrites précédemment.
- Dans le cadre de BEPOS, nous aurons également des énergies de stockage disponibles qui sont autant de charges pilotables à la demande.
Enfin, il y a des charges dont l’usage en particulier est directement lié à l’action des usagers. Ainsi, par exemple, lorsque l’on allume
l’éclairage, il n’y a pas d’inertie de fonctionnement et l’usager souhaite le service de suite. C’est pour cela que ce sont des charges non
contrôlables car leur allumage, fonctionnement et extinction sont intrinsèquement liés à l’activité de l’usager (ordinateurs, etc…) Ces
équipements correspondent en particulier aux OUE à moindre influence thermique décrites précédemment.

Figure 91 : Charges électriques


commandables et non-commandables dans
les bâtiments résidentiels

279

Vous aimerez peut-être aussi