Règlement de comptabilité publique 451
Règlement de comptabilité publique 451
Le Chef du gouvernement,
Vu la loi organique n° 113-14 relative aux communes, promulguée par le dahir n° 1-15-85 du 20
ramadan 1436 (7 juillet 2015), notamment ses articles 200 et 202;
Vu la loi n° 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales, promulguée par le dahir n° 1-07-
195 du 19 kaada 1428 (30 novembre 2007), telle qu'elle a été modifiée et complétée ;
Vu la loi n° 39-07 édictant des dispositions transitoires en ce qui concerne certains taxes, droits,
contributions et redevances dues aux collectivités locales, promulguée par le dahir n° 1-07-209 du
16 hija 1428 (27 décembre 2007) ;
Vu la loi n° 15-97 formant code de recouvrement des créances publiques, promulguée par le dahir
n° 1-00-175 du 28 moharrem 1421 (3 mai 2000), telle qu'elle a été modifiée et complétée ;
Vu la loi n° 61-99 relative à la responsabilité des ordonnateurs, des contrôleurs et des comptables
publics, promulguée par le dahir n° 1-02-25 du 19 moharrem 1423 (3 avril 2002), telle qu'elle a
été modifiée et complétée ;
Vu la loi n° 62-99 formant code des juridictions financières, promulguée par le dahir n° 1-02-124
du 1er rabii II 1423 (13 juin 2002), telle qu'elle a été modifiée et complétée;
Après délibération en Conseil du gouvernement, réuni le 2 hija 1438 (24 août 2017),
Décrète :
Article premier : La comptabilité publique des communes et des établissements de coopération
intercommunale s'entend de l'ensemble des règles qui régissent l'exécution et le contrôle de leurs
opérations financières et comptables ainsi que la tenue de leurs comptabilités et qui précisent, en
outre, les obligations et les responsabilités des agents qui sont chargés de l'application desdites
règles.
- en son titre premier, les principes fondamentaux de la comptabilité publique des communes et
des établissements de coopération intercommunale ainsi que les dérogations à ces principes ;
- en son titre II, les règles applicables à l'exécution des opérations de recettes et de dépenses ainsi
que des opérations de trésorerie ;
- en son titre IV, les règles applicables au règlement du budget, à la présentation des comptes et au
contrôle ;
Article 4 : Sauf dispositions contraires, la fonction d'ordonnateur est incompatible avec celle de
comptable public.
De même, il peut, selon les mêmes formes, désigner les présidents des conseils d'arrondissements
des sous- ordonnateurs auxquels il délègue partie de ses pouvoirs, dans les limites fixées par
l'ordonnance de délégation des crédits ou tout autre document en tenant lieu et ce, dans les
conditions fixées par les dispositions de l'article 240 de la loi organique susvisée n° 113-14
relative aux communes.
L'ordonnateur délégué et le sous-ordonnateur agissent sous la responsabilité et le contrôle de
l'ordonnateur.
Article 7 : L'ordonnateur et son délégué, dénommés dans la suite du présent décret par le terme "
ordonnateur ", doivent se faire accréditer auprès du comptable assignataire des recettes et des
dépenses et lui communiquer les spécimens de leur signature.
Il ne peut, non plus, disposer des fonds portés au crédit d'un compte ouvert au nom du comptable
public d'une commune ou d'un établissement de coopération intercommunale que par voie
d'ordres donnés à ce dernier, appuyés des pièces justificatives fixées par les textes réglementaires
en vigueur.
Article 10 : Les ordres de recettes ou de paiement émis par les ordonnateurs sont retracés dans les
comptabilités tenues suivant les règles fixées par le présent décret, les arrêtés et instructions pris
pour son application.
Article 12 : Sauf dispositions réglementaires contraires, le comptable public est chargé à titre
exclusif :
- du maniement des fonds et des mouvements de comptes externes de disponibilités qu'il surveille
ou dont il ordonne les mouvements ;
II est, en outre, chargé d'accomplir toutes les diligences nécessaires pour le recouvrement des
recettes et de signaler à l'ordonnateur toute moins-value constatée dans les revenus du domaine
privé de la commune et de l'établissement de coopération intercommunale.
- les comptables principaux sont ceux qui sont, en vertu de la législation et de la réglementation en
vigueur ou d'une décision du ministre chargé des finances, tenus de produire, annuellement, à la
Cour régionale des comptes compétente, les comptes des communes et des établissements de
coopération intercommunale dont ils sont comptables assignataires.
Lesdits comptes comprennent les opérations exécutées par leurs soins et celles dont ils ont
centralisé les pièces justificatives ou auxquelles ils ont donné une imputation définitive.
- les comptables secondaires sont ceux dont les opérations sont centralisées par un comptable
principal qui en assure l'imputation définitive au vu des pièces justificatives produites. Toutefois,
leur responsabilité demeure engagée au titre desdites opérations dans les conditions fixées par la
législation en vigueur.
- les percepteurs.
Section 2 : Règles d'organisation
Article 15 : Les comptables publics cités à l'article 14 ci-dessus sont nommés par décision du
ministre chargé des finances ou de la personne déléguée par lui à cet effet. Une copie de ladite
décision est adressée à la Cour des comptes pour notification à la Cour régionale des comptes
compétente.
Ils sont soumis, avant d'être installés dans leur premier poste comptable, à la formalité de
prestation de serment dans les conditions prévues par la législation et la réglementation en
vigueur.
Une convention de partenariat sera conclue entre le ministère de l'intérieur et la trésorerie générale
du royaume aux fins d'arrêter la nature des prestations à réaliser pour le compte des communes et
des établissements de coopération intercommunale, dans le domaine du conseil et d'assistance
juridique et financier, notamment en matière de mobilisation du potentiel fiscal et d'exécution des
dépenses.
Ils peuvent être assistés d'un ou de plusieurs adjoints auxquels ils peuvent déléguer leurs
signatures pour agir en leur nom et sous leur contrôle et leur responsabilité.
Les comptables publics et leurs adjoints sont accrédités auprès des organismes teneurs des
comptes externes de disponibilités dont ils ordonnent ou surveillent les mouvements.
Chaque poste comptable dispose d'une seule caisse et, en cas de besoin, d'un seul compte courant
postal et/ou d'un sous compte du compte courant du Trésor.
En aucun cas, l'intitulé du compte d'un poste comptable ne peut être libellé au nom personnel du
comptable public.
Article 18 : Les comptables publics encourent, à raison de l'exercice de leurs fonctions, les
responsabilités prévues par la législation en vigueur.
Article 19 : Les régisseurs sont chargés d'opérations d'encaissement ou de paiement dans les
conditions fixées par instruction conjointe du ministre de l'intérieur et du ministre chargé des
finances.
Les régisseurs de dépenses peuvent se faire ouvrir, sur proposition de l'ordonnateur, un compte de
dépôt à la Trésorerie Générale du Royaume destiné à recevoir exclusivement les avances de fonds
reçues du comptable assignataire et destinées au paiement des dépenses en régie.
Les régisseurs de recettes peuvent, le cas échéant, être chargés par arrêté conjoint du ministre
chargé des finances et du ministre concerné, de l'encaissement de recettes pour le compte de l'Etat.
La nature de ces recettes est fixée dans les mêmes formes.
En outre, peut être considéré comme coauteur responsable d'une gestion de fait, tout fonctionnaire
ou agent ainsi que tout titulaire d'une commande publique qui, en consentant ou en incitant soit à
exagérer les mémoires ou factures, soit à en dénaturer les énonciations, s'est prêté sciemment à
l'établissement d'ordonnances de paiement, de mandats, de justifications ou d'avoirs fictifs.
Sans préjudice des dispositions pénales en vigueur, le comptable de fait et le ou les coauteurs
d'une gestion de fait sont soumis aux mêmes obligations et contrôles et assument les mêmes
responsabilités qu'un comptable public.
- les taxes, droits et redevances institués à leur profit par la législation ou la réglementation en
vigueur ;
- toutes autres créances instituées à leur profit par la législation ou la réglementation en vigueur ou
résultant de décisions de justice ou de conventions.
Article 22 : La perception des recettes est autorisée annuellement par les budgets des communes
et des établissements de coopération intercommunale.
Article 23 : Conformément aux textes législatifs en vigueur, toutes contributions, directes ou
indirectes, autres que celles autorisées par les dispositions législatives et réglementaires en
vigueur et par les budgets des communes et des établissements de coopération intercommunale, à
quelque titre et sous quelque dénomination qu'elles se perçoivent, sont formellement interdites, à
peine, contre les autorités qui les ordonneraient, contre les employés qui en confectionneraient les
rôles et en fixeraient les tarifs et contre ceux qui en feraient le recouvrement, d'être poursuivis
comme concussionnaires, sans préjudice de l'action en répétition, pendant trois années, contre les
trésoriers, les percepteurs ou les personnes qui en auraient fait la perception.
Sont également punissables des peines prévues à l'égard des concussionnaires, tous détenteurs de
l'autorité publique ou fonctionnaires publics qui, sous une forme quelconque et pour quelque
motif que ce soit, auront, sans autorisation législative ou réglementaire, accordé des exonérations
ou franchises de droits, d'impôts ou de taxes, ou auront effectué gratuitement la délivrance de
produits ou services de la commune ou de l'établissement de coopération intercommunale alors
qu'ils sont soumis, en vertu de la réglementation en vigueur, au paiement d'une redevance ou
d'une rémunération pour services rendus.
Article 25 : Les recettes sont prises en compte au titre du budget de l'année au cours de laquelle
elles sont encaissées,
Il est fait recette du montant intégral des produits sans contraction entre les recettes et les
dépenses.
Toutefois, en application des dispositions de la loi susvisée n° 47-06 relative à la fiscalité des
collectivités locales, il n'est pas émis d'ordres de recettes au titre des taxes instituées au profit de la
commune dont le montant est inférieur à cent (100) dirhams.
Article 28 : Tout ordre de recette doit indiquer les bases de liquidation de la créance ainsi que les
éléments permettant l'identification du débiteur.
Article 29 : Les taxes et autres créances ayant fait l'objet d'ordres de recettes individuels ou
collectifs sont, sauf dispositions contraires prévues par les textes propres à chacune d'elles,
exigibles dès la mise en recouvrement desdits ordres de recettes ou à l'échéance fixée par l'acte
ayant donné naissance à la créance.
L'ordre de recette émis au titre de la première année doit être appuyé d'un exemplaire de l'acte
ayant donné naissance à la créance.
En cas de modification, l'acte modificatif est annexé à l'ordre de recette émis au titre de l'année
concernée.
Les ordres de recettes individuels sont récapitulés sur un bordereau d'émission ou dans un fichier
électronique communiqué au comptable chargé du recouvrement qui procède au rapprochement
du total cumulé avec les prises en charge qu'il a admises.
Les ordres de recettes collectifs sont émis dans les formes et selon les conditions prévues par la
législation et la réglementation régissant les créances auxquelles ils se rapportent.
Il s'assure, dans les mêmes conditions, de la régularité des réductions et des annulations de
recettes.
Lorsqu'à l'occasion de son contrôle, le comptable chargé du recouvrement, constate une omission,
ou une erreur matérielle au regard des dispositions des premier et deuxième alinéas ci-dessus, il
renvoie l'ordre de recette ou l'ordre d'annulation ou de réduction à l'ordonnateur, appuyé d'une
note dûment motivée, aux fins de régularisation.
Article 34 : Les recettes sont réalisées par versement d'espèces, par remise de chèques bancaires
ou postaux ou par virement à un compte ouvert au nom du comptable public concerné.
Les recettes peuvent également être réalisées par tout autre moyen de paiement prévu par la
législation et la réglementation en vigueur ou auprès des établissements de crédits agréés ou par la
mise à la disposition de la clientèle de tout moyen de paiement, ou leur gestion.
Les modalités d'application du deuxième alinéa du présent article sont fixées par arrêté du
ministre chargé des finances.
Article 35 : Tout versement en numéraire donne lieu à la délivrance, par le comptable public, d'un
reçu ou d'une quittance qui forme titre envers la commune ou l'établissement de coopération
intercommunale créancier. Ces titres peuvent être édités sous forme électronique.
Par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, il n'est pas délivré de reçu ou de quittance,
lorsque la partie versante reçoit, en échange de son versement, des timbres, des formules ou de
manière générale, une fourniture dont la possession justifie, à elle seule, le paiement des droits, ou
s'il est donné quittance sur un document restitué ou remis à la partie versante.
Article 37 : Toute erreur de liquidation, double ou faux emploi, constaté au préjudice du débiteur,
donne lieu à l'émission d'un ordre d'annulation ou de réduction de recette. Cet ordre précise les
motifs d'annulation et, en cas de réduction, les bases de la nouvelle liquidation.
Ces décisions sont, ensuite, transmises par l'ordonnateur au comptable chargé du recouvrement,
pour réduction de ses prises en charge, lequel envoie, le cas échéant, copie de ces décisions au
comptable assignataire, pour annotation et réduction.
En ce qui concerne les créances comprises dans les rôles d'impôts et taxes émis par les services du
ministère chargé des finances, les dégrèvements et annulations sont notifiés au comptable chargé
du recouvrement, sous forme de certificats d'annulation ou de dégrèvement.
Les restitutions consécutives à une annulation ou à un dégrèvement doivent faire l'objet d'un
ordonnancement sur le budget de la commune ou de l'établissement de coopération
intercommunale.
Les créances ayant fait l'objet d'une annulation, à la suite d'une décision de justice ayant acquis la
force de la chose jugée, donnent lieu à une réduction des prises en charge au niveau des écritures
du comptable chargé du recouvrement.
Article 38 : Lorsque les créances s'avèrent irrécouvrables ou lorsque les redevables ne peuvent
être identifiés pour quelque cause que ce soit, celles-ci sont proposées en non- valeur par le
comptable chargé du recouvrement, au moyen d'états appuyés des justifications requises. Ces états
sont transmis à l'ordonnateur aux fins de décision, et ce dans les conditions prévues à l'article 126
de la loi précitée n° 15-97 formant code de recouvrement des créances publiques.
L'admission en non-valeur d'une créance irrécouvrable n'éteint pas la dette du débiteur et ne peut
faire obstacle au recouvrement, si le redevable revient à meilleure fortune ou vient à être localisé.
Les admissions en non-valeur des côtes sur lesquelles des versements auraient été obtenus ne
donnent lieu à aucun remboursement ou restitution.
Les admissions en non-valeur des créances comprises dans les rôles d'impôts et taxes émis par les
services du ministère chargé des finances, sont notifiés au comptable chargé du recouvrement au
moyen de certificats d'admission en non-valeur.
Article 39 : Les remises gracieuses de dettes sont prononcées par arrête de l'ordonnateur après
délibération du conseil et visa du gouverneur de la préfecture ou de la province, conformément
aux dispositions de l'article 118 de la loi organique susvisée n° 113-14 relative aux communes.
Toutefois, cette remise ne peut être accordée qu'à condition que le demandeur n'ait pas organisé
son insolvabilité telle que fixée par l'article 84 de la loi précitée n° 15-97 formant code de
recouvrement des créances publiques.
La remise gracieuse de dette ne donne lieu à aucune restitution des sommes, éventuellement,
payées en atténuation de la dette initiale.
Une ampliation de l'arrêté visé au premier alinéa ci-dessus constitue la pièce justificative de
l'annulation ou de la réduction de la créance, objet de la remise gracieuse.
Toutefois, les dispositions du présent article ne s'appliquent pas aux dettes, en principal, résultant
de créances fiscales exigibles et aux créances résultant de jugements prononcés en faveur des
communes et des établissements de coopération intercommunale.
Article 40 : Les rôles restent entre les mains du comptable chargé du recouvrement jusqu'à
l'expiration d'un délai de dix ans après apurement de la dernière côte, pour être ensuite déposés
aux archives de la commune ou de l'établissement de coopération intercommunale concerné.
Toutefois, les rôles archivés sous forme électronique, chez le comptable chargé du recouvrement,
sont remis à la commune ou à l'établissement de coopération intercommunale concerné après
apurement de la dernière côte.
Article 42 : L'encaissement des droits au comptant et des taxes déclaratives peut être assuré par
un ou plusieurs régisseurs de recettes. Lesdits régisseurs peuvent être assistés par des régisseurs
suppléants.
Article 43 : Les recettes encaissées par versements spontanés au titre des droits au comptant ou
des taxes déclaratives, sont, immédiatement, versées, par le comptable compétent et les régisseurs
qui en ont assuré l'encaissement, au comptable assignataire, lequel est tenu d'en imputer le
montant, dès réception, au budget de la commune ou de l'établissement de coopération
intercommunal concerné.
Dès l'arrêté des écritures du mois, et au plus tard le 8 du mois suivant, le comptable assignataire
notifie à l'ordonnateur concerné le montant des recettes réalisées au cours du mois écoulé, au
moyen d'un certificat global de recettes appuyé des justifications requises, aux fins d'émission
d'un ordre de recette de " régularisation " au titre du mois de constatation de la recette. L'émission,
par l'ordonnateur, dudit ordre de recette doit intervenir avant le 15 du mois qui suit.
A défaut d'émission dudit ordre de recette, ledit comptable joint au compte de la commune ou de
l'établissement de coopération intercommunale, copie du certificat de recette précité.
Un arrêté, pris dans les mêmes formes, désigne un ou plusieurs régisseurs de recettes ainsi que
leurs suppléants, et détermine leurs attributions et leurs champs d'intervention en indiquant les
natures des recettes dont la perception, par le ou les régisseurs, est autorisée conformément aux
décisions de création desdites régies.
Article 45 : Le comptable assignataire procède, sans préavis et chaque fois qu'il le juge opportun
ou sur demande de l'ordonnateur, tant au bureau du régisseur de recettes qu'aux postes des
suppléants :
Cette vérification et cet inventaire doivent être faits obligatoirement au moins une fois par an.
Le régisseur de recettes est tenu de présenter tous documents ou valeurs réclamés à l'occasion de
toute vérification.
Les régisseurs de recettes sont, en outre, soumis aux contrôles prévus à l'article 159 ci-dessous.
Toute irrégularité ou toute infraction aux règlements relevée au cours d'une opération de contrôle,
est signalée, sans délai, par le comptable assignataire à l'ordonnateur, au ministre de l'intérieur et
au ministre des finances.
Ils sont déclarés débiteurs par décision du ministre des finances ou la personne déléguée par lui à
cet effet, prise, soit sur proposition de l'ordonnateur après avis du ministre de l'intérieur, soit sur la
base d'un procès-verbal de vérification établi par l'un des corps d'inspection habilités, après en
avoir informé au préalable le ministre de l'intérieur.
Le régisseur qui a comblé le déficit ou le débet est substitué aux droits de la commune ou de
l'établissement de coopération intercommunale pour le recouvrement de son avance.
Le régisseur de recettes et ses suppléants peuvent obtenir la décharge de leur responsabilité dans
les conditions prévues par la loi susvisée n° 61-99 relative à la responsabilité des ordonnateurs,
des contrôleurs et des comptables publics.
Les remises gracieuses de dettes peuvent également être accordées au régisseur de recettes, dans
les conditions prévues par la loi précitée n° 61-99 précitée.
Article 47 : En cas de faute du régisseur des recettes, le comptable assignataire peut engager les
mesures devant mettre fin aux irrégularités constatées. La responsabilité du comptable
assignataire peut être mise en cause s'il n'a pas exercé les contrôles qui lui incombent ou réclamé
immédiatement le versement des recettes qui n'aurait pas été effectué dans le délai imparti.
Article 48 : Le régisseur de recettes est tenu, dès sa prise de service, de souscrire, conformément
à la législation en vigueur, une police d'assurances auprès d'une entreprise d'assurance agréée,
garantissant, durant l'exercice de ses fonctions, sa responsabilité personnelle et pécuniaire.
A la cessation des fonctions du régisseur ou en cas de mutation, un quitus lui est délivré par
l'ordonnateur, au vu d'une attestation du comptable assignataire, constatant qu'à la fin de sa
gestion, ledit régisseur n'est redevable à la commune ou de l'établissement de coopération
intercommunale d'aucune somme ou valeur.
Conformément aux dispositions de l'article 161 de la loi organique précitée n° 113-14 relative aux
communes, les engagements des dépenses doivent rester dans la limite des autorisations
budgétaires les concernant.
Article 50 : Les dépenses sont prises en compte au titre de l'année budgétaire au cours de laquelle
les ordonnances de paiement sont visées par le comptable assignataire et doivent être payées sur
les crédits de ladite année, quelle que soit la date de la créance.
Il ne peut être pris que par l'ordonnateur agissant en vertu de ses pouvoirs et après avoir satisfait
aux conditions prévues à l'article 49 ci-dessus.
La liquidation des dépenses est faite par l'agent compétent, sous sa responsabilité, au vu des titres
établissant les droits acquis aux créanciers.
On entend par agent compétent, au sens du présent décret, la personne habilitée, par l'ordonnateur
concerné, à réceptionner les travaux, les fournitures ou services et à en attester le service fait avant
certification par l'ordonnateur.
Les dépenses payées sans ordonnancement préalable, sont notifiées, sans délai, par le comptable
assignataire à l'ordonnateur.
Article 57 : Les dépenses permanentes, créées au moyen d'actes ne comportant pas de limitation
de durée et dont l'effet ne peut cesser qu'au moyen d'actes y mettant fin, sont engagées dès le
début de l'année budgétaire. La liste desdites dépenses est fixée par arrêté du ministre de
l'intérieur.
- au fur et à mesure des décisions prises par l'ordonnateur, toutes les autres dépenses.
- un relevé détaillé des autres dépenses permanentes telles que les loyers, les abonnements et les
annuités d'emprunts.
Article 60 : Les dépenses d'équipement sur autorisation de programme peuvent être engagées
dans la limite des crédits d'engagement prévus par celle-ci.
Article 61 : Sous réserve des dispositions du 3ème alinéa du présent article, le comptable
assignataire exerce un contrôle de régularité qui consiste à vérifier que les propositions
d'engagement des dépenses sont régulières au regard des disposions législatives et règlementaires
d'ordre financier en vigueur.
- l'exactitude des calculs du montant de l'engagement, au regard des éléments dont il dispose ;
a) les dépenses des fonctionnaires et agents relatives aux situations administratives et aux salaires,
à l'exception de celles relatives aux décisions de recrutement, de titularisation, de réintégration, de
changement de grade et de sortie du service, quel qu'en soit le montant ;
b) les dépenses relatives aux transferts et aux subventions accordées aux établissements publics,
aux impôts et taxes, aux décisions judiciaires et aux loyers, quel qu'en soit le montant, à
l'exception des actes initiaux de location et les actes modificatifs les concernant ;
c) les dépenses des fonctionnaires et agents autres que celles visées ci-dessus et dont le montant
est inférieur ou égal à cinq mille (5.000,00) dirhams ;
d) les dépenses de biens et services dont le montant est inférieur ou égal à vingt mille (20.000,00)
dirhams ;
h) les abonnements aux journaux, aux revues et aux autres publications, quel que soit leur forme ;
Les dépenses visées au 3ème alinéa ci-dessus demeurent soumises au contrôle budgétaire.
La nature ainsi que le plafond des dépenses précitées peuvent être modifiés ou complétés par
arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé des finances.
Les pièces justificatives relatives aux propositions d'engagement sont notifiées par l'ordonnateur
au comptable assignataire aux fins de l'exercice du contrôle d'engagement.
Les dossiers d'engagement des dépenses non soumises au contrôle de régularité au regard des
dispositions législatives et règlementaires d'ordre financier sont constitués d'une fiche navette qui
fixe, notamment, les rubriques budgétaires et les crédits disponibles ainsi que le montant de la
proposition d'engagement, en vue d'apposer le visa sur la disponibilité des crédits ou des postes
budgétaires et leur prise en charge comptable.
Le modèle de la " fiche navette " est fixé par décision du ministre de l'intérieur.
Les pièces relatives aux engagements de dépenses, non soumises au contrôle de régularité, sont
gardées par l'ordonnateur pour être jointes au dossier d'ordonnancement y afférent.
- soit par une suspension de visa sur la proposition d'engagement et le renvoi à l'ordonnateur des
dossiers d'engagement non visés aux fins de régularisation ;
Article 64 : Le délai dont dispose le comptable assignataire, pour apposer son visa ou le
suspendre, est de douze (12) jours ouvrables francs, pour les marchés et de cinq (5) jours
ouvrables francs pour les autres natures de dépenses, à compter de la date de dépôt de la
proposition d'engagement.
A défaut de réponse dans le délai prescrit, le comptable assignataire est tenu d'apposer son visa
sur la proposition d'engagement dès l'expiration dudit délai et d'en faire retour à l'ordonnateur.
Article 65 : Ne sont pas soumises au visa, lors du contrôle d'engagement de dépenses, les
dépenses payées sans ordonnancement préalable visées à l'article 54 ci-dessus.
Article 66 : L'ordonnateur est tenu, avant tout commencement d'exécution de travaux, de services
ou de livraison de fournitures, de notifier à l'entrepreneur, fournisseur ou prestataire de services
concerné l'approbation, et les références du visa apposé sur les propositions d'engagement
relatives aux marchés publics, aux bons de commande, aux conventions ou contrats ainsi qu'aux
avenants éventuels.
Les références de ce visa peuvent être réclamées à l'ordonnateur concerné, le cas échéant, par
l'entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire de services.
Article 67 : Lorsque l'ordonnateur maintient une proposition d'engagement d'une dépense ayant
fait l'objet d'un refus de visa, il saisit le ministre de l'intérieur ou la personne déléguée par lui à cet
effet pour statuer.
Dans ce cas, sauf si le refus de visa est motivé par l'insuffisance ou l'indisponibilité de crédits ou
de postes budgétaires ou le non-respect d'un texte législatif ou règlementaire, le ministre de
l'intérieur ou la personne déléguée par lui à cet effet peut, par décision, passer outre à ce refus de
visa.
1- au stade de l'engagement :
2- au stade de l'ordonnancement :
Article 69 : Lors de l'exercice du contrôle modulé des dépenses visées à l'article 68 ci-dessus, le
comptable public s'assure au stade de l'engagement de ce qui suit :
3- l'imputation budgétaire ;
4- la régularité au regard des dispositions législatives et réglementaires d'ordre financier des
propositions d'engagement des dépenses concernant :
c) les dépenses des fonctionnaires et agents autres que celles visées au paragraphe a) du 3 ème
alinéa de l'article 61 ci-dessus dont le montant est supérieur à dix mille (10.000) dirhams ;
d) les dépenses des biens et services dont le montant est supérieur à cent mille (100.000) dirhams ;
e) les marchés, les avenants et autres actes modificatifs y afférents dont le montant, pris
séparément, est supérieur à quatre cent mille (400.000) dirhams, ainsi que les marchés négociés
quel qu'en soit le montant ;
g) les conventions et les contrats de droit commun dont le montant est supérieur à deux cent mille
(200.000) dirhams.
Article 70 : Le contrôle modulé prévu au dernier alinéa de l'article 55 ci-dessus peut faire l'objet
d'un allègement supplémentaire au bénéfice des communes et des établissements de coopération
intercommunale qui disposent, outre les critères définis à l'article 68 ci-dessus, d'un système
d'audit et de contrôle interne leur permettant de s'assurer :
La nature ainsi que le plafond des dépenses précitées peuvent être modifiés ou complétés par
arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé des finances.
L'opération d'audit s'effectue suivant un référentiel fixé par arrêté conjoint du ministre de
l'intérieur et du ministre chargé des finances.
Il est mis en place, par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé des finances,
un système de suivi permettant de s'assurer que la qualité et la sécurité des procédures d'exécution
des dépenses de la commune ou de l'établissement de coopération intercommunale sont
maintenues au même niveau de capacité de gestion qui lui a permis de bénéficier du contrôle
modulé de la dépense.
Cette constatation résulte, soit d'un certificat attestant l'exécution du service, soit d'un décompte
exprimé en quantité et en montant des fournitures ou prestations livrées ou des travaux réalisés.
Les mémoires et factures présentant ce décompte doivent être totalisés en chiffres et arrêtés en
toutes lettres, datés et signés par les créanciers qui doivent y porter, en outre, l'indication de leur
adresse et de leur identité bancaire.
Lesdits mémoires et factures doivent être revêtus de la certification du service fait par
l'ordonnateur, à moins qu'il n'ait été constaté soit par un procès-verbal compris au nombre des
pièces justificatives, soit par la déclaration de l'agent compétent.
Article 74 : L'agent compétent visé à l'article 53 ci-dessus vérifie si les dépenses liquidées ont été
préalablement engagées selon les formalités prévues par les textes réglementaires en vigueur.
Il vérifie, également, les calculs et les détails des décomptes ainsi que la régularité des pièces
justificatives.
Cet ordonnancement ne peut, sous réserve des exceptions prévues par la réglementation en
vigueur ou par arrêté conjoint du ministre chargé des finances et du ministre de l'intérieur,
intervenir avant, soit l'exécution du service ou l'échéance de la dette, soit l'émission de la décision
individuelle d'attribution de subvention ou d'allocation prévue par la législation et la
réglementation en vigueur. (ACSA2022)
Des acomptes ou avances peuvent, toutefois, être consentis au personnel, soit par voie de régie de
dépenses, soit par voie d'ordonnancement, dans les conditions fixées par arrêté conjoint du
ministre chargé des finances et du ministre de l'intérieur.
Les ordonnances de paiement sont datées et portent, par ordonnateur, un numéro d'ordre d'une
série unique et ininterrompue par année budgétaire.
- la désignation de l'ordonnateur ;
- l'imputation budgétaire ;
- la désignation précise du créancier : nom, prénom ou raison sociale et, le cas échéant, son
adresse ;
- le montant et l'objet de la dépense et, le cas échéant, la référence du titre auquel les justifications
ont été jointes ;
Toutefois, le paiement en numéraire peut intervenir au profit des personnes physiques dans les
conditions définies par arrêté conjoint du ministre chargé des finances et du ministre de l'intérieur.
Article 77 : La remise aux bénéficiaires des ordres de paiement est effectuée par l'ordonnateur et
sous sa responsabilité.
Cette remise s'opère contre décharge, après reconnaissance de l'identité desdits bénéficiaires, de
leurs ayants droit ou de leurs représentants, ainsi que de la régularité des pouvoirs de ces derniers.
Article 78 : Lorsqu'un créancier refuse de recevoir l'ordre de paiement, l'ordonnateur peut, par
arrêté motivé, faire consigner par le comptable assignataire, le montant du paiement à la caisse
des dépôts et de gestion et en informe le créancier par lettre recommandée avec accusé de
réception.
Article 79 : Les ordonnances de paiement sont arrêtées, signées et émises par l'ordonnateur, dès
constatation du service fait et au plus tard dans les quarante-cinq (45) jours qui suivent la date de
ladite constatation et sont transmises au comptable assignataire, appuyées des pièces justificatives
correspondantes.
Ces ordonnances de paiement sont récapitulées sur des bordereaux d'émission et, le cas échéant,
sur un support électronique que l'ordonnateur communique au comptable assignataire.
- la production des pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté conjoint du ministre de
l'intérieur et du ministre chargé des finances, y compris celles comportant la certification du
service fait.
La disponibilité des fonds visée ci-dessus doit être appréhendée dans le cadre de la règle de l'unité
de caisse, en vertu de laquelle l'ensemble des fonds disponibles servent à la couverture de
l'ensemble des dépenses, sans distinction de l'affectation initiale des fonds.
Il renvoie, ensuite, à l'ordonnateur les ordres de paiement payables en numéraire, appuyés de leurs
bordereaux d'émission, pour remise à leurs bénéficiaires, ainsi que les bordereaux d'émission
relatifs aux paiements par virement, dûment annotés de la mention du virement ou des références
du moyen de paiement ou de l'opération de compensation éventuelle.
Toutefois, lorsqu'il constate une irrégularité au regard des dispositions du présent article, il
suspend le visa et renvoie à l'ordonnateur les ordonnances de paiement non visées, appuyées d'une
note dûment motivée comprenant l'ensemble des observations relevées par ses soins, aux fins de
régularisation.
Le comptable assignataire dispose, pour apposer son visa ou le suspendre, de cinq (5) jours pour
les dépenses du personnel et de quinze (15) jours pour les autres dépenses.
Ces délais prennent effet à partir de la date de la réception des ordonnances ou mandats de
paiement.
Par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, le comptable assignataire doit refuser de
déférer aux ordres de réquisition lorsque la suspension de paiement est motivée par :
Il est, également, autorisé à viser, au vu de l'état de report de crédits établi par l'ordonnateur et
certifié, préalablement, par ledit comptable, les ordonnances de paiement émises sur les crédits de
fonctionnement et restées impayées après la clôture de la gestion.
Article 83 : Les créanciers porteurs de titres ou de jugements exécutoires à l'encontre d'une
commune ou d'un établissement de coopération intercommunale ne peuvent se pourvoir
valablement en paiement que devant l'ordonnateur de ladite commune ou établissement.
Si l'ordonnateur concerné refuse d'émettre les ordres de paiement de ces dépenses, il peut être fait
recours au droit de substitution dans les conditions prévues à l'article 198 de la loi organique n°
113-14 relative aux communes.
Article 84 : Les ordonnances de paiement, émises au titre d'une année budgétaire, sont présentées
au visa du comptable assignataire, au plus tard le 30 décembre de ladite année.
Pour ce faire, l'ordonnateur doit intervenir auprès des créanciers pour les inviter à lui présenter
leurs factures ou mémoires avant la date précitée.
Article 85 : Lorsqu'une dépense concernant l'année budgétaire en cours a reçu une imputation
inexacte, l'ordonnateur remet au comptable assignataire un certificat de réimputation au moyen
duquel ce dernier constate l'augmentation ou la diminution de dépenses aux lignes budgétaires
concernées et joint ledit certificat aux pièces justificatives devant accompagner le compte de la
commune ou de l'établissement de coopération intercommunale.
Article 86 : Lorsqu'une dépense a été payée pour une somme supérieure aux droits du créancier,
l'ordonnateur doit émettre un ordre de recette à l'encontre du bénéficiaire dudit paiement, à
hauteur du montant perçu en trop.
Article 87 : Lorsqu'une dépense régulièrement imputée par l'ordonnateur a été mal classée dans
les écritures du comptable assignataire, celui-ci établit un certificat dont il est fait emploi comme
indiqué pour le certificat de réimputation visé à l'article 85 ci-dessus.
Article 88 : En application des dispositions du dernier alinéa de l'article 202 de la loi organique
précitée n° 113-14, les reversements de fonds sur les dépenses budgétaires peuvent, dans les
conditions et selon les modalités fixées ci- après, donner lieu à rétablissement individuel de
crédits ou à ouverture de crédits.
L'ouverture de crédits peut intervenir au cours de l'année budgétaire qui suit celle qui a supporté la
dépense correspondante.
Le rétablissement ou l'ouverture de crédits sont opérés par arrêté de l'ordonnateur sur la base de la
déclaration de recettes établie par le comptable assignataire.
Section 6 : Paiement
Article 89 : Le paiement est l'acte par lequel la commune ou l'établissement de coopération
intercommunale se libère de sa dette.
Le paiement ne doit intervenir qu'au profit du véritable créancier ou de son représentant qualifié.
Le paiement ne peut intervenir avant, soit l'exécution du service, soit l'échéance de la dette, soit la
décision individuelle d'attribution de la subvention ou de l'allocation.
Par dérogation au principe du service fait prévu à l'alinéa précédent, il peut être procédé au
paiement des dépenses dont la liste est fixée comme suit :
- les abonnements à des journaux, à des périodiques, au " Bulletin officiel ", à des publications
diverses, à des revues spécialisées ou à l'abonnement pour accès à des bases de données
électroniques ;
La présente liste peut être modifiée ou complétée par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et
du ministre des finances.
Article 90 : Pour les acquisitions réalisées à l'étranger, les communes et les établissements de
coopération intercommunale peuvent être autorisés à ouvrir des accréditifs bancaires, dans le
cadre de conventions, accords ou marchés passés avec des entreprises étrangères, dans les
conditions et selon les modalités fixées par instruction conjointe du ministre chargé des finances
et du ministre de l'intérieur.
Article 91 : Par dérogation au deuxième alinéa de l'article 89 ci-dessus et afin de simplifier les
procédures d'exécution des dépenses, certaines dépenses peuvent être payées comme suit :
- lorsqu'un service groupe plusieurs agents dont les émoluments sont payables en espèces, le
paiement peut être fait par le comptable assignataire entre les mains et sur l'acquit d'un régisseur,
désigné par l'ordonnateur. A cet effet, des régies de dépenses sont créées par arrêté de
l'ordonnateur. Cet arrêté précise l'objet et la nature des dépenses à exécuter dans le cadre de la
régie. Des arrêtés, pris dans les mêmes formes, désignent le ou les régisseurs et leurs suppléants ;
- des avances en régie dont le plafond du montant est fixé par arrêté du ministre de l'intérieur
peuvent être faites aux régisseurs de dépenses.
Toutefois, le plafond de l'encaisse fixé ci-dessus peut être relevé par arrêté prise par l'ordonnateur
après visa du ministre de l'intérieur ou de son délégué.
En cas de non justification de l'emploi des fonds reçus ou de défaut de reversement dans les délais
prescrits, le régisseur de dépenses est déclaré débiteur, par décision du ministre chargé des
finances ou de la personne déléguée par lui à cet effet, prise à l'initiative du ministre de l'intérieur
ou de l'ordonnateur, soit directement, soit à la demande du comptable assignataire.
Il peut, également, être déclaré débiteur, dans les mêmes formes, en cas de détournement,
malversation ou de déficit commis ou constatés dans sa caisse ou dans ses écritures.
Le recouvrement des débets est poursuivi dans les mêmes conditions que celles applicables pour
les créances des communes ou des établissements de coopération intercommunale.
Les règles de fonctionnement des régies de dépenses des communes et des établissements de
coopération intercommunale sont fixées par instruction conjointe du ministre chargé des finances
et du ministre de l'intérieur.
Article 93 : Les régisseurs de dépenses sont tenus, dès leur prise de fonctions, de souscrire une
police d'assurances auprès de l'une des entreprises d'assurance agréées, garantissant, durant
l'exercice de leurs fonctions, leur responsabilité personnelle et pécuniaire et ce conformément à la
législation en vigueur.
A la cessation des fonctions du régisseur ou en cas de mutation, un quitus lui est délivré par
l'ordonnateur et au vu d'une attestation du comptable assignataire constatant qu'à la fin de sa
gestion, le régisseur n'est redevable à la commune ou de l'établissement de coopération
intercommunale d'aucune somme ou valeur.
Article 94 : Toutes saisies-arrêts ou oppositions sur des sommes dues par les communes ou les
établissements de coopération intercommunale, tout avis à tiers détenteur, toutes significations de
cession ou de transport desdites sommes et toutes autres significations ayant pour objet d'en
arrêter le paiement seront faits, à peine de nullité, entre les mains du comptable assignataire, par la
voie d'une notification transmise ou remise à la personne préposée pour la recevoir.
En cas de transfert d'attributions entre comptables publics, les actes visés au premier alinéa ci-
dessus continueront à produire leur effet entre les mains du nouveau comptable assignataire.
Tout acte d'empêchement visé au premier alinéa ci- dessus remis entre les mains du comptable
assignataire énoncera le nom et la qualité de la partie objet de la saisie- arrêt, opposition ou autre
signification, la désignation de la créance objet d'empêchement ainsi que l'identification du
service liquidateur de la dépense.
Cependant, en ce qui concerne l'avis à tiers détenteur, la désignation de la créance est donnée à
titre indicatif.
Les saisies-arrêts, oppositions, transport ou cession de créances et autres significations ayant pour
objet d'arrêter le paiement d'une créance ne peuvent avoir d'effet s'ils interviennent après que le
comptable assignataire ait revêtu l'ordonnance de paiement de la mention " bon à payer " ou " bon
pour règlement " ou, en cas de dématérialisation, lorsque cette ordonnance de paiement ait atteint
le stade de règlement.
Toutefois, les actes d'empêchement grevant les traitements et salaires payés sans ordonnancement
préalable reçus après le règlement. desdits traitements et salaires, sont exécutés à compter du mois
suivant celui de leur notification.
Article 95 : Les comptables assignataires ne peuvent être contraints en déclaration affirmative. Ils
délivrent un état indiquant les significations qui leur auront été notifiées à l'encontre du débiteur et
les sommes qu'ils détiennent au compte de ce dernier.
Article 96 : Les saisies-arrêts ou oppositions notifiées entre les mains des comptables n'auront
d'effet que pendant cinq ans à compter de la date si elles ont été renouvelées dans ledit délai, quels
que soient les actes postérieurs intervenus, même s'il a été rendu un jugement de validité. Elles
seront rayées d'office des registres du comptable et ne seront pas comprises sur les états délivrés
conformément à l'article précédent.
Article 97 : Lorsqu'une créance fait l'objet d'opposition, saisie-arrêt, avis à tiers détenteur, cession
ou transport de créance, le comptable assignataire est tenu de remettre aux parties intéressées, sur
leur demande, un extrait ou un état desdites oppositions ou significations.
Toute somme retenue, en vertu des empêchements ci-dessus, est consignée par le comptable
assignataire à un compte de tiers. Toutefois, les sommes retenues au titre des nantissements des
marchés publics, d'avis à tiers détenteur ou de cession de créances sur salaires sont réglées,
directement, aux bénéficiaires desdits nantissements, avis à tiers détenteur ou cession de créances
conformément à la législation qui leur est applicable, lorsque ledit comptable n'a pas reçu
notification d'autres empêchements se rapportant à des créances dont le privilège prime celui du
créancier nanti ou du cessionnaire.
Article 98 : Les prélèvements sur les traitements, salaires et autres rémunérations servis par les
communes ou les établissements de coopération intercommunale, opérés en vertu de saisie-arrêt,
d'avis à tiers détenteur ou de cession de créances sont effectués dans les conditions et
conformément au barème fixé par les textes législatifs et réglementaires en vigueur.
Article 99 : Lorsqu'une dépense doit être payée par acomptes, l'original de la convention, du
marché ou du contrat, qui en prévoit l'obligation, doit être produit, au comptable assignataire, lors
du paiement du premier acompte, accompagné d'une copie certifiée conforme.
Article 100 : Le règlement des dépenses des communes et des établissements de coopération
intercommunale est fait par virement aux comptes ouverts au nom des bénéficiaires auprès des
établissements bancaires ou des comptables du Trésor.
Il peut, en outre, être effectué par remise de chèques, ou d'espèces, ou par tout autre mode de
règlement électronique, dans les conditions fixées par la réglementation en vigueur.
Pour tout paiement en numéraire, le comptable public doit exiger que le créancier date et signe,
pour acquit, l'ordre de paiement. L'acquit ne doit comporter ni restriction, ni réserve.
Le règlement d'une dépense en numéraire est réputé libératoire pour le comptable, si l'acquit est
complété par les références d'une pièce d'identité officielle présentée par le créancier ou son
représentant.
Article 101 : La mention de virement datée et certifiée par le comptable assignataire est
considérée libératoire pour ce dernier vis-à-vis de la commune ou de l'établissement de
coopération intercommunale.
A l'égard du créancier, le comptable assignataire est libéré par la délivrance d'un certificat
établissant les diligences faites pour le virement ou l'emploi du montant de la créance.
Article 102 : Les sommes à régler en numéraire à des illettrés peuvent être payées à leurs
bénéficiaires qui apposent leur empreinte digitale en présence d'une personne assermentée ou de
deux témoins, justifiant de leur identité. Ces derniers doivent signer une déclaration,
conjointement, avec le comptable assignataire.
Les sommes dues à des personnes incarcérées sont payées à leurs bénéficiaires par l'intermédiaire
d'un agent désigné en cette qualité sur production d'une procuration signée conjointement par ledit
agent et par le détenu et dûment visée par le chef de l'établissement pénitentiaire, appuyée d'un
bulletin d'écrou.
Les sommes dues à des personnes se trouvant dans l'incapacité ou l'impossibilité de signer,
peuvent être payées à leurs représentants conformément aux dispositions de l'article 103 ci-après.
Les sommes dues à des personnes grabataires leur sont payées en numéraire à leur domicile,
hôpital ou hospice par un agent dûment habilité par le comptable assignataire, en présence de
deux témoins justifiant de leur identité.
Article 103 : Pour tout paiement à des personnes autres que les titulaires des ordres de paiement,
le comptable assignataire est tenu, en vue de s'assurer de la régularité de l'acquit de la partie
prenante, d'exiger, selon le cas :
- pour les mandataires, la production d'un acte authentique ou sous-seing privé dûment légalisé
justifiant leurs pouvoirs ;
- pour les représentants légaux des personnes incapables, la justification de leur qualité
conformément aux règles du droit commun et la production de l'acte de tutelle, le cas échéant ;
- pour les avocats, la production d'un extrait de jugement définitif précisant leur qualité de
représentants de la partie bénéficiaire et à défaut, une procuration les habilitant à recevoir la
somme à payer pour le compte de leur client ;
- pour les représentants des héritiers incapables, la production de l'acte d'hérédité et de l'acte de
tutelle établis, le cas échéant, par les adouls, notaires ou rabbins ainsi qu'un extrait d'acte de décès
du titulaire de l'ordre de paiement pour les ayants droit.
En cas de décès du titulaire d'un ordre de paiement, si la somme à payer à l'ensemble des héritiers
ne dépasse pas deux milles (2.000) dirhams le paiement peut valablement avoir lieu sur la
production d'un certificat faisant connaître la date du décès et les ayants-droit, sans autre
justification. Ce certificat est délivré, sans frais, par les autorités locales, les notaires, les juges ou
les rabbins. Ce plafond peut être relevé par arrêté du ministre chargé des finances.
Dans la limite de la somme prévue à l'alinéa précédent, le comptable assignataire peut effectuer le
règlement des sommes dues entre les mains de celui des héritiers du créancier qui en fait la
demande, à condition que l'héritier demandeur consente à en donner quittance, en se portant fort
pour ses cohéritiers absents. Cette quittance dégage la responsabilité du comptable assignataire.
Article 104 : En cas de perte d'un ordre de paiement, son bénéficiaire est tenu d'en produire une
déclaration sur l'honneur à l'ordonnateur qui la transmet au comptable assignataire, après en avoir
délivré un duplicata, sur la base d'une attestation écrite du comptable assignataire certifiant que
l'ordre de paiement adiré n'a été payé ni par lui ni pour son compte et que la créance y afférente
n'est pas prescrite.
Article 105 : Les traitements et salaires sont payables par mois et à terme échu, chaque mois étant
compté indistinctement pour trente (30) jours. Il en est de même des indemnités périodiques, à
moins que des décisions spéciales n'assignent d'autres termes aux paiements.
Article 107 : Les opérations de trésorerie sont exécutées par les comptables publics, soit à leur
initiative soit sur ordre des ordonnateurs, soit à la demande des tiers qualifiés.
Les opérations de trésorerie sont décrites par nature dans des comptes de trésorerie pour leur
totalité et sans contraction entre elles.
Les charges et les produits résultant de l'exécution des opérations de trésorerie sont imputés aux
comptes budgétaires.
Article 108 : Les comptes de trésorerie sont créés par décision conjointe du ministre de l'intérieur
et du ministre chargé des finances ou des personnes déléguées par eux à cet effet.
Article 109 : Les fonds des communes et des établissements de coopération intercommunale sont
obligatoirement déposés au Trésor.
Ces fonds sont retracés par commune ou par établissement de coopération intercommunale dans
des comptes dédiés à cet effet.
Ils sont productifs d'intérêts au taux et dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé des
finances.
- le calcul des prix de revient, du coût et du rendement des prestations, le cas échéant ;
Elle dégage les résultats de l'année budgétaire et permet d'établir des situations de gestion et des
états financiers.
Cette comptabilité est, sauf dispositions contraires, tenue par année budgétaire.
Ce plan comptable est fixé par arrêté conjoint du ministre chargé des finances et du ministre de
l'intérieur.
- règles d'évaluation.
Il comporte également une nomenclature des comptes répartis en catégories homogènes intitulées
" classes ". Ces classes sont au nombre de neuf :
Les opérations résultant de l'exécution des budgets des communes et des établissements de
coopération intercommunale sont décrites en classe 9, dans une comptabilité budgétaire.
Cette comptabilité fait l'objet de développements dans des comptabilités auxiliaires tenues par
nature de recettes et de dépenses.
La nomenclature des comptes peut être modifiée par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du
ministre des finances.
Le recouvrement des produits budgétaires est décrit, par nature de recettes, dans une comptabilité
qui retrace distinctement au titre de l'année en cours, de l'année précédente et des années
antérieures :
Le paiement des dépenses du budget et des budgets annexes est décrit dans une comptabilité qui
retrace distinctement, par rubrique budgétaire, les crédits et les émissions qui en permet le
rapprochement.
Article 114 : Les comptables publics arrêtent leurs écritures et registres comptables au 31
décembre de chaque année.
A cette date, chaque comptable établit une situation de caisse et de portefeuille et une balance
générale des comptes.
Article 115 : Le comptable assignataire centralise, dans ses écritures, l'ensemble des opérations
effectuées par les autres comptables publics pour le compte de la commune ou de l'établissement
de coopération intercommunale, et détermine le résultat d'exécution du budget, dans les
conditions fixées au chapitre VIII du présent titre.
Il établit, au plus tard, au 31 mars de l'année suivante, les états financiers et les situations de
gestion ci-après :
Les états financiers et les situations de gestion visés à l'alinéa précédent doivent donner une image
fidèle de l'état d'exécution du budget et de la situation patrimoniale de la commune ou de
l'établissement de coopération intercommunale. Des états d'informations complémentaires
peuvent, au besoin, être produits à leur appui.
Article 116 : Les modalités de tenue automatisée de la comptabilité générale des communes et
des établissements de coopération intercommunale sont fixées par arrêté conjoint du ministre
chargé des finances et du ministre de l'intérieur.
- les stocks de marchandises, fournitures, déchets, produits semi-finis, produits finis et emballages
commerciaux ;
- les titres nominatifs, au porteur ou à ordre et les valeurs diverses appartenant ou confiés aux
communes et aux établissements de coopération intercommunale, ainsi que les objets qui leur
sont, éventuellement, remis en dépôt ;
Elle dresse l'inventaire et retrace la valeur des matières, valeurs et titres auxquels elle s'applique.
Elle est tenue dans les conditions et selon les modalités fixées par arrêté conjoint du ministre de
l'intérieur et du ministre chargé des finances.
Article 118 : La comptabilité des matières, valeurs et titres est tenue par l'ordonnateur et le
comptable assignataire, chacun pour les matières, valeurs et titres qu'il détient ou dont il a la
charge, dans les conditions et selon les modalités fixées par l'arrêté visé au dernier alinéa de
l'article 117 ci-dessus.
- la situation comptable par nature, faisant apparaître la situation au début de l'année budgétaire,
les mouvements intervenus en cours d'année et la situation à la clôture de l'année budgétaire.
Lesdits états et situations sont établis, au plus tard, le 31 mars de l'année qui suit celle à laquelle
ils se rapportent pour être annexés au compte de la commune ou de l'établissement de coopération
intercommunale concerné à produire par le comptable public à la Cour régionale des comptes.
Article 122 : La comptabilité administrative décrit, également, toutes les opérations relatives à :
- la constatation et la liquidation des recettes ainsi que l'émission des ordres de recettes y
correspondant, y compris les ordres de recettes de régularisation visés à l'article 43 ci-dessus ;
- du budget ;
Article 123 : Les livres de la comptabilité administrative utilisés pour le suivi de l'exécution des
recettes comportent :
Le livre journal retrace, dans des colonnes distinctes, le numéro d'ordre, la date d'inscription,
l'imputation de la créance et son objet, la désignation du débiteur et le montant de la recette.
Le livre des comptes retrace les sommes devant être recouvrées, réparties selon la nomenclature
budgétaire en vigueur.
Ces opérations sont, le cas échéant, détaillées sur des livres auxiliaires dont le nombre et la
contexture sont déterminés selon les besoins des services, par instruction conjointe du ministre
chargé des finances et du ministre de l'intérieur.
Article 124 : Les livres de la comptabilité administrative utilisés pour le suivi de l'exécution des
dépenses comportent :
- le livre d'enregistrement des droits des créanciers tenu par le service liquidateur des dépenses et
par l'ordonnateur ;
Les services de liquidation et d'ordonnancement tiennent, au besoin, des registres et des livres de
comptes auxiliaires.
Article 125 : Le livre d'enregistrement des droits des créanciers décrit, sommairement, par
rubrique budgétaire ou compte spécial, au fur et à mesure de leur production, toutes les opérations
d'ouverture et de modification de crédits, d'engagement et de liquidation des dépenses.
Après s'être assuré de la concordance des renseignements fournis avec ses propres écritures, le
comptable assignataire renvoie ladite situation, dûment visée, à l'ordonnateur concerné.
Article 126 : Le livre journal des ordonnances de paiement émises est utilisé pour
l'enregistrement immédiat et successif, par ordre numérique, de toutes les ordonnances de
paiement émises pendant la durée de la gestion.
Après s'être assuré de la concordance des renseignements fournis avec ses propres écritures, le
comptable assignataire renvoie la situation visée à l'ordonnateur concerné.
Article 127 : Les ordres de recettes émis par l'ordonnateur établissent les droits constatés au profit
de la commune ou de l'établissement de coopération intercommunale.
Ils sont enregistrés sur le livre des comptes qui comporte, par rubrique budgétaire :
- un numéro d'ordre ;
- la date de l'émission ;
- la nature du titre ;
- la désignation de la recette ;
- le nom du débiteur ou la référence au titre collectif ;
- la carte d'identité nationale pour les personnes physiques ou le numéro de l'identifiant commun
pour les entreprises ;
- la première partie décrit, par année budgétaire, les autorisations d'engagement données et les
crédits ouverts en conséquence de ces autorisations ;
- la seconde partie décrit l'utilisation donnée par les ordonnateurs aux autorisations d'engagement
et aux crédits ouverts au titre de l'année budgétaire.
A - La première partie est tenue, sur un livre des crédits ouverts par autorisations de programmes.
Ce livre décrit par autorisation et par nature de dépense, le montant initial de l'autorisation de
dépense, les modifications y apportées ultérieurement et son montant définitif.
- les engagements nouvellement autorisés pour l'année et qui découlent du montant cumulé des
autorisations et des crédits ordinaires ouverts au titre de l'année ;
- les paiements nouvellement autorisés pour l'année et qui découlent du montant cumulé des
crédits de paiement relatifs aux autorisations de programme des années antérieures, des crédits de
paiement correspondant aux autorisations de programme de l'année en cours et des crédits
ordinaires ouverts au titre de la même année ;
B - La seconde partie est tenue sur un livre des comptes par nature de dépenses d'équipement.
Ce livre est tenu par autorisation de programme et par année budgétaire, pour chaque nature de
dépense ayant donné lieu à une autorisation distincte.
Article 130 : Le registre de comptabilité des dépenses engagées, tenu par le service de la
comptabilité, comprend, pour chaque rubrique budgétaire ou compte spécial :
Pour chaque engagement de dépense admis, le registre retrace au regard d'un numéro d'ordre : la
date de réception de l'engagement visé, la nature de la dépense, le nom du créancier, le montant de
la dépense et, s'il y a lieu, la modification de l'évaluation initiale ainsi que la référence de
l'ordonnancement.
- le numéro d'ordre ;
- l'imputation budgétaire ;
- la nature de la dépense ;
- le nom du créancier ;
- le montant de la dépense.
La fiche d'engagement ou la fiche navette, selon le cas, est renvoyée, dûment annotée du numéro
d'enregistrement, au service gestionnaire après signature de l'ordonnateur.
Article 131 : Le livre d'enregistrement des commandes, fournitures ou travaux, tenu par
l'ordonnateur, comprend, par article :
- le numéro d'ordre ;
- les références de la fiche d'engagement ou la fiche navette, selon le cas ;
- la date de la commande ;
- la nature de la dépense ;
- le montant de la dépense ;
L'ordonnateur tient, également, un carnet à souche des bons de commande numérotés et un carnet
d'enregistrement des factures et mémoires reçus, servis au jour le jour.
Le livre d'enregistrement et le carnet à souche visés aux alinéas précédents peuvent être tenus sous
forme électronique.
- le livre-journal des ordonnances de paiement émises, lesquelles sont inscrites sous une série
unique de numéros par année budgétaire ;
- le registre des droits des créanciers qui comporte, par rubrique budgétaire, le montant des crédits
ouverts, la date, le numéro et le montant des ordonnances de paiement émises, ainsi que la
référence des bordereaux d'émission correspondants ;
En recettes :
- le montant des produits, d'après les titres et actes justificatifs, déduction faite des annulations et
des admissions en non-valeur ;
- le total des recettes, par rubrique.
En dépenses :
- les crédits ouverts au budget, aux budgets annexes et aux comptes spéciaux avec les
modifications qui leur ont été apportées en cours d'année ;
Une copie certifiée conforme du bilan d'exécution du budget, visée au premier alinéa ci-dessus,
est adressée au comptable assignataire.
- les crédits ouverts par le budget, les budgets annexes et les comptes spéciaux au titre de chaque
rubrique budgétaire ainsi que les modifications qui leur sont apportées en cours d'année ;
En ce qui concerne les dépenses sans ordonnancement préalable, le comptable assignataire tient la
comptabilité des crédits ouverts et des dépenses effectuées.
Le comptable assignataire tient, en outre, une comptabilité des postes budgétaires ouverts par le
tableau des effectifs, annexé au budget, qui fait ressortir :
Il tient cette comptabilité sur la base, des états d'engagement de dépenses et des états de dépenses
permanentes établis par l'ordonnateur et qui lui sont notifiés.
Article 136 : Les comptables publics constatent toutes les opérations de recettes et de dépenses,
qu'ils ont exécutées ou centralisées, sur des journaux divisionnaires.
Les recettes et les dépenses budgétaires et celles des budgets annexes et des comptes spéciaux
sont développées sur des registres auxiliaires.
Pour toutes les valeurs qui lui sont remises, le comptable assignataire délivre, obligatoirement, un
reçu extrait d'un carnet à souche-valeurs. La comptabilisation de ces valeurs est retracée sur un
carnet de compte d'emploi.
Article 137 : Le recouvrement des créances des communes et des établissements de coopération
intercommunale est décrit, par les comptables, par nature de recettes, dans une comptabilité qui
retrace, distinctement par rubrique, pour l'année en cours et les années antérieures, la prise en
charge des ordres de recettes et les recouvrements effectués.
Article 138 : Le paiement des dépenses est décrit dans une comptabilité qui retrace,
distinctement, par rubrique budgétaire, les crédits ouverts et les émissions d'ordres de paiement.
Article 139 : Après chaque arrêté de fin de mois, le comptable assignataire est tenu de notifier à
l'ordonnateur, avant le 10 du mois suivant, une situation résumée des opérations de recettes et de
dépenses et une situation consolidée des disponibilités de la commune ou de l'établissement de
coopération intercommunale, dont les modèles seront arrêtés par une instruction conjointe du
ministre chargé des finances et du ministre de l'intérieur.
La notification des situations visées ci-dessus, par le comptable assignataire, peut faire l'objet
d'échange électronique dans les conditions et selon les formes fixées par arrêté conjoint du
ministre chargé des finances et du ministre de l'intérieur.
Article 140 : Le comptable chargé du recouvrement tient, en outre, une comptabilité, pour
retracer :
- la comptabilité des droits constatés et des recettes réalisées par rubrique et par année budgétaire ;
- les valeurs qui lui sont confiées par le comptable assignataire au moyen d'un compte d'emploi.
Article 141 : Après chaque arrêté de fin de mois, le comptable assignataire est tenu de notifier à
l'ordonnateur, avant le 10 du mois suivant :
- la situation résumée des prises en charge, des recouvrements et des restes à recouvrer.
Article 143 : En cas de perte, destruction ou vol des justifications remises à l'un des comptables
publics visés à l'article 14 ci-dessus, le trésorier général du Royaume ou la personne déléguée par
lui à cet effet peut autoriser le comptable assignataire à pourvoir à leur remplacement.
Article 144 : Les livres comptables, les journaux, les registres et les différents documents utilisés
pour la tenue de la comptabilité des différentes opérations de recettes, de dépenses et de trésorerie,
peuvent être édités et tenus sous forme électronique, conformément aux modèles prévus par la
réglementation en vigueur.
Article 146 : Les ordres de paiement visés par le comptable public et non payés avant le 31
décembre de l'année de leur émission sont imputés aux lignes budgétaires concernées, au vu d'un
état établi par ledit comptable et appuyé des pièces justificatives correspondantes.
Le montant de ces ordres de paiement est repris en recettes à un compte de trésorerie intitulé
"restes à payer", auquel seront imputés lesdits ordres de paiement, lors de leur règlement.
Il est procédé de la même manière pour les ordres de paiement émis sur les budgets annexes et les
comptes spéciaux n'ayant pas fait l'objet de paiement au 31 décembre.
Article 147 : Les excédents de gestion de la première partie des budgets annexes sont reportés à
la deuxième partie des opérations d'équipement de ces mêmes budgets, pour dégager l'excédent
général de gestion, qui doit être repris en recette à la deuxième partie du budget au 31 décembre,
date de clôture de la gestion.
Les soldes des comptes spéciaux clôturés ainsi que les excédents de recettes des comptes de
dépenses sur dotations non consommés au cours de l'année qui suit celle de leur ouverture, sont,
repris dans les mêmes conditions, au budget.
Les disponibilités des comptes spéciaux en activité sont automatiquement reportées à la gestion
suivante, pour assurer la continuité des opérations d'une année budgétaire à l'autre.
Article 148 : Le résultat budgétaire de la gestion est déterminé par comparaison des recettes et
des dépenses de la première partie du budget d'une part, et des recettes et des dépenses de la
deuxième partie d'autre part.
Article 149 : Les opérations visées aux articles 146 et 147 ci-dessus sont constatées avant l'arrêté
des écritures de la gestion qui s'achève et à l'issue duquel l'excédent général de gestion est dégagé.
Elles sont justifiées par des autorisations d'encaissement préparées par le comptable public et
signées par lui et par l'ordonnateur.
Article 150 : Les autorisations budgétaires relatives aux dépenses d'équipement, présentées par
rubrique budgétaire, sont reportées d'année en année et demeurent valables tant qu'elles n'ont pas
été annulées.
Les crédits ouverts au titre des dépenses de fonctionnement sont annuels et ne peuvent être, de ce
fait, reportés que les crédits engagés et non payés à la clôture de la gestion.
L'excédent de la première partie est reporté à la deuxième partie du budget, après avoir mis en
réserve des disponibilités des comptes spéciaux.
Le déficit de la première partie est couvert par un prélèvement sur l'excédent éventuel de la
deuxième partie, en tenant compte, toutefois, de l'intégralité des crédits engagés et reportés par
rubrique budgétaire ou par comptes spéciaux.
Le résultat budgétaire général de clôture, qui ressort de la situation des opérations d'équipement,
est repris dans la gestion suivante au titre des opérations d'équipement, à la rubrique intitulée
"Excédent de l'année précédente".
Article 151 : Au début du mois de janvier, le comptable public établit, en triple exemplaire, un
état récapitulatif des restes à recouvrer au 31 décembre, arrêté par rubrique et pour chaque
rubrique, par année d'origine des créances, le signe et le soumet au visa de l'ordonnateur, qui en
conserve un exemplaire pour sa comptabilité administrative.
L'état récapitulatif des restes à recouvrer visé au premier alinéa ci-dessus est appuyé d'un état
nominatif.
Au vu du deuxième exemplaire, ledit comptable prend en charge dans ses écritures le montant des
créances restant à recouvrer, aux rubriques budgétaires correspondantes de l'année suivante.
Il comprend, également, les opérations de recettes et de dépenses des budgets annexes et des
comptes spéciaux, ainsi que des comptes de trésorerie.
Article 153 : Les rubriques budgétaires sur lesquelles il n'a été émis aucun titre de recettes font
l'objet d'un certificat négatif établi par l'ordonnateur.
Le compte est présenté à la Cour régionale des comptes du ressort de laquelle relève la commune
ou l'établissement de coopération intercommunale.
Le compte est constitué des pièces justificatives et des pièces générales suivantes :
1. une expédition du budget et les copies certifiées conformes des décisions autorisant les
virements de crédits ;
5. l'annexe à l'état de l'actif, expliquant l'origine des différences d'une année à l'autre pour chacun
des articles de recettes figurant à l'état de l'actif ;
7. le compte arrêté au 31 décembre des tickets ou vignettes servant à la perception des produits en
régie ;
Toutefois, si les pièces générales énumérées aux paragraphes 3, 4, 5 et 6 ci- dessus n'ont pas été
communiquées au comptable public par l'ordonnateur au plus tard quinze (15) jours avant la date
prévue à l'article 156 ci-après, le compte produit doit être appuyé de la copie de la correspondance
par laquelle le comptable public a demandé à l'ordonnateur la production desdites pièces
générales.
Les comptes des communes et des établissements de coopération intercommunale sont présentés à
la Cour régionale des comptes compétente dans les formes et délais prévus par la loi précitée n°
62-99, le présent décret et les instructions prises pour son application.
Article 158 : Les opérations financières et comptables de la commune sont soumises à un audit
financier annuel effectué dans les conditions et selon les modalités prévues à l'article 214 de la loi
organique précitée n° 113-14 relative aux communes.
Article 159 : Le contrôle de la gestion des comptables publics est assuré par leurs supérieurs
hiérarchiques et les corps de contrôle compétents.
Ce contrôle a lieu sur place et/ou sur pièces comptables.
Article 161 : Dans l'attente de l'adoption du plan comptable visé au 2ème alinéa de l'article 112 ci-
dessus, les communes et les établissements de coopération intercommunale tiennent une
comptabilité des matières, valeurs et titres, une comptabilité administrative et une comptabilité
budgétaire.
Article 162 : Le présent décret entre en vigueur le premier janvier 2018 et abroge à partir de la
même date toutes dispositions contraires et notamment les dispositions applicables aux communes
et aux établissements de coopération intercommunale prévues par le décret n° 2-09-441 du 17
moharrem 1431 (3 janvier 2010) portant règlement de la comptabilité publique des collectivités
locales et de leurs groupements.
Demeurent, toutefois, en vigueur, à titre transitoire jusqu'à leur remplacement conformément aux
dispositions du présent décret, les textes pris pour l'application du décret précité n° 2-09-441 du
17 moharrem 1431 (3 janvier 2010).
Article 163 : Le ministre de l'intérieur et le ministre de l'économie et des finances sont chargés,
chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera publié au Bulletin officiel.
Pour contreseing :
Le ministre de l'intérieur,
Abdelouafi Laftit.