Service Public
Fédéral
FINANCES
2011
SERVICE DE CONCILIATION
FISCALE
RAPPORT ANNUEL
Editeurs responsables :
Edouard TRZCINSKI
Paul DE ROM
Charles DEMARCH
Geert CALLAERT
Yvan DUBUISSON
SERVICE DE CONCILIATION FISCALE
Boulevard du Roi Albert II, 33 – bte 46
1030 BRUXELLES
[email protected]Monsieur le Ministre,
Monsieur le Président,
Nous avons l‟honneur de vous transmettre notre deuxième rapport annuel
conformément à l‟article 13 de l‟arrêté royal du 9 mai 2007 portant exécution du
Chapitre 5 du Titre VII de la loi du 25 avril 2007 qui crée et organise le Service de
conciliation fiscale.
Nous vous en souhaitons une bonne lecture et sommes à votre disposition pour toute
question complémentaire que vous pourriez vous poser.
Veuillez croire, Monsieur le Ministre, Monsieur le Président, à l‟expression de notre
haute considération.
Le Collège,
Edouard TRZCINSKI
Paul DE ROM Charles DEMARCH Geert CALLAERT Yvan DUBUISSON
REMERCIEMENTS
Avant toutes choses, les Membres du Collège du Service de conciliation fiscale tiennent
à exprimer leurs vifs remerciements à Monsieur le Ministre, à Monsieur le Président du
Comité de direction et aux Services du SPF Finances qui ont accueilli positivement les
nombreuses demandes de conciliation.
Un merci tout particulier à toutes les personnes qui nous ont permis de prendre
possession de nos nouveaux locaux.
Les Membres du Collège remercient également l‟ensemble du personnel du Service de
conciliation fiscale pour son engagement dans l‟exécution des missions et les résultats
déjà obtenus.
INTRODUCTION
Le présent rapport annuel présente les activités du Service de conciliation fiscale
conformément à l‟article 13 de l‟arrêté royal du 9 mai 2007 portant exécution du
Chapitre 5 du Titre VII de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses.
Cette disposition prévoit que « Le service adresse annuellement, au plus tard le 31
mars, un rapport de ses activités au Ministre des Finances par l’intermédiaire du
Président du SPF Finances. Ces rapports peuvent contenir des recommandations
jugées utiles que le service a déjà adressées au Président du SPF Finances et
exposent les éventuelles difficultés qu’il rencontre dans l’exercice de ses fonctions. »
Ce deuxième rapport annuel porte cette fois sur un exercice complet puisqu‟il analyse
les demandes de conciliation reçues et traitées du 1 er janvier 2011 au 31 décembre
2011.
Comme l‟an dernier, on reviendra sur la façon dont le Service fut mis en œuvre et
conçu.
On abordera ensuite l‟impact du Service au travers de données chiffrées et des études
de cas exemplatifs, ce qui permettra d‟identifier les positions qui ont été adoptées dans
certaines situations ainsi que les difficultés de mise en œuvre de cette nouvelle
institution.
Ce deuxième exercice sera l‟occasion d‟ébaucher quelques comparaisons chiffrées
avec l‟exercice précédent.
Enfin, le Collège reviendra sur le suivi des recommandations qu‟il a formulées en 2010
et en proposera de nouvelles.
Afin de rendre la lecture du présent rapport de la façon la plus didactique possible, on
abordera les différentes parties selon le schéma suivant :
I. le constat à l’origine du Service de conciliation fiscale ;
II. les objectifs (opérationnels, spécifiques et globaux) que le Service doit
rencontrer ;
III. la mise en œuvre et le fonctionnement du Service de conciliation fiscale ainsi
que ses réalisations ;
IV. les conséquences de cette mise en œuvre (résultats et impacts de la
conciliation fiscale).
Bonne lecture à toutes et tous.
7
I. Constat
Complexité croissante ;
Incompréhension ;
Affaires litigieuses.
II. Objectifs III. Mise en œuvre
Demandes
Opérationnels Réalisations
Demandes traitées.
Examiner les demandes de conciliation ;
Formuler des recommandations.
IV. Conséquences
Spécifiques Résultats
Bilan chiffré par secteur.
Eviter la survenance d’un litige
judiciaire ;
Favoriser l’encaissement par le Trésor
des dettes fiscales.
Globaux Impacts
Dissiper les incompréhensions / Illustrations ;
Réconcilier le contribuable et Recommandations suivies.
l’administration fiscale ;
Rendre la législation fiscale plus
transparente.
9
Partie 1
CONSTAT
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 1
Le paysage institutionnel se complexifie tous les jours davantage. La législation,
notamment fiscale, devient l‟apanage de certains professionnels. Les administrés
n‟en connaissent plus les détails et ne sont pas en mesure d‟en comprendre tous
les aspects. L‟administration elle-même recourt de plus en plus au cloisonnement
des services et à la spécialisation des tâches. En outre, la décentralisation des
services, quand elle existe, contribue parfois à des applications diverses des lois
et règlements.
Face à cette complexité croissante, le contribuable éprouve parfois des difficultés
à comprendre ce qui lui arrive ; il ne comprend pas les décisions administratives et
la législation sur base de laquelle de telles décisions peuvent être prises. Dans
certains cas, les administrés sont traités différemment selon leur lieu de résidence.
Dans bon nombre de cas, le citoyen entrera en conflit ou en désaccord avec le
service administratif et peut très bien ne pas comprendre ce qu‟il considère parfois
comme étant contraire au bon sens ou discriminatoire.
L‟incompréhension résultant de cette situation peut créer un réel fossé entre le
service public et le citoyen. Celui-ci risque dès lors de ne plus adhérer aux
décisions qu‟il ne comprend pas et rejeter de ce fait tout pouvoir public ou ce qui
l‟incarne.
Dans certains cas, il essaiera de faire valoir son « bon droit » en exerçant les
recours administratifs prévus par la législation. Souvent, il ne sera pas en mesure
d‟exercer lui-même ces voies de recours et devra faire appel, quand il en a les
moyens, à un expert (comptable, fiscaliste, avocat,…) qui lui précisera les recours
envisageables. Dans de tels cas, les recours exercés présentent un coût important
(en temps et en argent) pour le contribuable mais également pour l‟administration
qui doit instruire ces réclamations et recours. Dans ce cas, il s‟agit souvent de
l‟apanage de quelques uns : les personnes qui peuvent faire appel à des
professionnels ou qui connaissent les voies de recours et sont en mesure de les
exercer.
Bon nombre de citoyens en sont donc exclus.
Le recours au Service de conciliation fiscale est un moyen très rapide et très
simple pour faire valoir son « bon droit » ou pour trouver une oreille attentive en
cas de désaccord avec l‟administration.
Le législateur a d‟ailleurs voulu que la saisine du Service soit la plus simple
possible puisque le redevable / contribuable pourra s‟adresser au Service par écrit
ou verbalement lors d‟une visite.
En résumé, on peut affirmer que la conciliation est une façon simple et efficace de
régler un conflit ou un désaccord sans devoir s‟en remettre à la sanction d‟un
Juge. Mais le choix de la conciliation n‟empêche pas – et ne porte pas préjudice –
aux voies de recours traditionnelles.
Le conciliateur disposera tout au plus d‟une magistrature d‟influence. Ses
utilisateurs en attendent des caractéristiques telles que la proximité, l‟originalité, la
souplesse, la rapidité, la participation et l‟absence de formalisme.
La conciliation, notamment fiscale, joue un rôle pédagogique essentiel dans la
mesure où elle aide souvent le redevable qui peine à appréhender correctement
sa situation fiscale, à avoir de celle-ci une vision plus claire, lui permettant de
mieux comprendre et d‟accepter du même coup plus aisément les décisions
administratives.
La conciliation a également un rôle d‟accompagnement dans la restauration du
dialogue entre les parties : chacune est ainsi à même d‟exprimer son point de vue
13
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 1
ou de préciser certains faits, ce qui favorise la recherche d‟une solution dans de
nouvelles conditions relationnelles.
La pluridisciplinarité en constitue également un atout. Avec la complexification
croissante des matières fiscales, un cloisonnement existe entre les différentes
disciplines et matières fiscales. Bien souvent, la maîtrise de la matière fiscale n‟est
que partielle. Or, la réalité est souvent toute autre.
Différents aspects interviennent et se mélangent. La création d‟un petit service
composé d‟agents issus d‟administrations d‟origine différentes permet de mieux
appréhender certaines problématiques. Elle contribue notamment à mieux
comprendre la position administrative qui a abouti à telle position dans tel cas
d‟espèce.
14
Partie 2
OBJECTIFS
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 2
Ce constat a mené à la création du Service de conciliation fiscale. La création de la
nouvelle institution répond à plusieurs objectifs : 1) les objectifs opérationnels (tels qu‟ils
résultent de la loi) ; 2) des objectifs plus spécifiques (qui découlent des objectifs
opérationnels et que l‟on retrouve dans les travaux préparatoires de la loi, sans qu‟ils ne
soient toutefois mentionnés dans la loi) ; 3) des objectifs globaux (liés à la nature même
de la conciliation et inhérents à toute conciliation).
Section 1
Objectifs opérationnels
Les objectifs opérationnels sont énoncés à l‟article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant
des dispositions diverses (IV) qui assigne au Service de conciliation fiscale les missions
suivantes :
1°) examiner les demandes de conciliation dont il est saisi dans le cadre du Chapitre 5
de la loi, tendre à concilier les points de vue des parties et adresser à ces parties un
rapport de conciliation ;
2°) adresser, le cas échéant, des recommandations au Président du Comité de
direction du SPF Finances, notamment en ce qui concerne des actes ou des
fonctionnements administratifs non conformes aux principes de bonne administration et
aux lois et règlements.
Sa mission consistera à conseiller avec insistance la solution susceptible de régler le
litige. Toutefois, sa mission est limitée par le caractère d‟ordre public de la législation
fiscale. L‟intervention du Service de conciliation fiscale ne peut aboutir à une exemption
ou modération d‟impôt contraire à la loi fiscale.
Sa mission consiste en outre à formuler des recommandations qui visent ordinairement
à remédier aux problèmes rencontrés en agissant à leur source.
Dans ce cas, le Service de conciliation fiscale pourra proposer au Président du Comité
de direction toutes mesures qu‟il estime de nature à remédier aux actes et
fonctionnements contraires aux lois et aux principes généraux de droit. Cette mission
consiste donc à faire des recommandations pour qu‟à l‟avenir certaines situations
rencontrées par le Service de conciliation fiscale ne se représentent plus.
Section 2
Objectifs spécifiques
Concernant les objectifs susmentionnés, les travaux préparatoires des articles portant
création du Service de conciliation fiscale précisent qu‟il :
« … est une réponse à la complexité sans cesse croissante de la législation fiscale et à
la nécessité d’obtenir l’adhésion des contribuables aux prélèvements dont ils font
l’objet. Ceci contribuera à réduire les contentieux judiciaires parfois injustifiés, coûteux
17
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 2
en termes humains et financiers, et à accélérer l’encaissement des sommes, objets du
litige1. »
Le fait d‟aboutir à un accord mutuel dans un dossier particulier permettra en effet
d‟éviter des contentieux souvent longs et coûteux. Elle aboutit à l‟adhésion du
contribuable à la décision administrative ; la solution vient de lui et ne lui est pas
imposée, fût-elle par un juge.
Ceci présente en outre l‟avantage pour l‟Etat belge d‟accélérer l‟encaissement des
sommes dues dès lors que l‟effet suspensif éventuel de l‟instance sur le recouvrement
n‟a pas cours. L‟encaissement est encore accéléré lorsqu‟un accord permet d‟éviter le
recours à des poursuites coûteuses ou improductives.
La recommandation, lorsqu‟elle est suivie d‟une mise en œuvre effective, permet aussi
de réduire les contentieux puisqu‟elle vise ordinairement à des modifications
réglementaires ou des directives administratives nouvelles de nature à remédier aux
problèmes en agissant sur leur racine.
Section 3
Objectifs globaux
Plus globalement, et dans la limite de ses attributions, la conciliation en matière fiscale
tendra à dissiper les incompréhensions, à réconcilier le contribuable et l‟administration
fiscale et rendre la législation fiscale plus transparente.
A ce stade, l‟objectif de la conciliation permet d‟améliorer l‟image de l‟administration
fiscale auprès du public.
En recréant le dialogue, la conciliation fiscale contribue à améliorer la satisfaction du
contribuable à l‟égard de l‟administration fiscale. Il s‟agit d‟un objectif fort difficilement
quantifiable mais dont l‟importance n‟est pas négligeable.
1
Doc. Parl., Ch., sess. 2006-2007, n° 2873/001, p. 87.
18
Partie 3
MISE EN OEUVRE
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 1
Section 1
La loi du 25 avril 2007 portant des
dispositions diverses (IV)
§ 1er. Statut
L‟article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV)
précise que le Service de conciliation fiscale examine les demandes de
conciliation en toute indépendance.
Cette indépendance statutaire et fonctionnelle est essentielle pour que
l‟intervention du Service de conciliation fiscale soit efficace.
En application du § 5, de l‟article 116 précité, l‟arrêté royal du 9 mai 2007 traite de
cette indépendance.
L‟article 6 de l‟arrêté royal du 9 mai 2007 affirme que « Dans les limites de leurs
attributions, les conciliateurs fiscaux ne reçoivent d’instructions d’aucune autorité.
Sauf, le cas de faute grave, ils ne peuvent être relevés de leur charge, en raison
d’actes qu’ils accomplissent dans le cadre de leurs fonctions. »
Cette disposition leur permet donc d‟agir en toute indépendance et d‟accomplir
leurs tâches en toute liberté à l‟égard des actes et du fonctionnement des
Administrations générales rentrant dans leur compétence.
Toutefois, bien que les conciliateurs soient indépendants, l‟article 1 er de l‟arrêté
royal du 9 mai 2007 précise qu‟il est créé au sein du SPF Finances.
L‟arrêté royal du 3 décembre 2009 organique des services autres qu‟opérationnels
du SPF Finances place le Service de conciliation fiscale parmi les services
autonomes de ce SPF2.
Dans le Rapport au Roi de l‟arrêté du 3 décembre 2009 précité, il est précisé que
les services autonomes sont des services placés sous l‟autorité administrative du
Président du Comité de direction, mais qui bénéficient d‟une indépendance de
décisions et d‟expression à l‟égard de l‟autorité.
2 er
Selon l‟article 1 de l‟arrêté royal organique des services autres qu‟opérationnels du Service
public fédéral Finances, « Les services autonomes du Service public fédéral Finances sont : 1°
la Cellule ‘fiscalité des investissements étrangers’, visée aux articles 3bis à 3septies de l’arrêté
royal du 29 octobre 1971 fixant le règlement organique du Service public fédéral Finances, ainsi
que les dispositions particulières y assurant l’exécution du Statut des agents de l’Etat ; 2° le
Service des décisions anticipées en matière fiscale, créé par l’arrêté royal du 13 août 2004 ; 3°
le Service de conciliation fiscale, créé par l’arrêté royal du 9 mai 2007 portant exécution du
Chapitre 5 du Titre VII de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV) ; 4°
l’Observatoire de la fiscalité régionale, créé par l’arrêté royal du 21 avril 2007 ; 5° le Service
d’audit interne, au sens de l’article 7 de l’arrêté royal du 17 août 2007 relatif aux activités d’audit
interne dans certains services du pouvoir exécutif fédéral ; 6° le Service juridique central. »
21
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 1
§ 2. Composition et fonctionnement
En vertu de l‟article 116, § 5, de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions
diverses (IV), « Le Roi, par arrêté délibéré en Conseil des Ministres :
- crée le service dénommé ‘service de conciliation fiscale’ auprès du Service
public fédéral Finances et détermine ses modalités de fonctionnement ;
- nomme, après avis du comité de direction, les dirigeants du service précité ;
- détermine les modalités d’application du présent chapitre. »
A. Le Collège
Il ressort de l‟article 1er de l‟arrêté royal du 9 mai 2007 que le Service de
conciliation fiscale est placé sous la direction d‟un Collège composé d‟au moins
trois et d‟au plus cinq membres appelés « conciliateurs fiscaux ». Le Président est
désigné par le Ministre parmi les membres du Collège.
Ce Collège se compose d‟un nombre égal de membres appartenant
respectivement aux deux rôles linguistiques français et néerlandais, le Président
éventuellement excepté.
L‟article 2 du même arrêté précise que les conciliateurs fiscaux sont désignés,
après un appel aux candidats effectué sur base d‟une description de fonction et de
profil de compétences joints en annexe de l‟arrêté royal. Ils sont désignés pour
une période de cinq ans, renouvelable.
L‟article 3 énonce enfin que le Roi peut, après avis du Comité de direction, mettre
fin au mandat des conciliateurs fiscaux par arrêté délibéré en Conseil des
Ministres : 1) à leur demande ; 2) pour des motifs graves. Le mandat prend fin de
plein droit lorsqu‟ils atteignent l‟âge de 65 ans.
Sont nommés comme membres du Collège du Service de conciliation fiscale, à
partir du 1er janvier 2010, Charles DEMARCH (Conseiller général), Yvan
DUBUISSON (Conseiller), Edouard TRZCINSKI (Directeur), Geert CALLAERT
(Directeur) et Paul DE ROM (Auditeur général, chef de service).
Monsieur Edouard TRZCINSKI a été désigné comme Président du Collège.
B. Le personnel du service
L‟article 4 de l‟arrêté royal du 9 mai 2007 précise que le Service est composé d‟au
moins vingt membres du personnel, titulaires d‟un emploi de niveau A ou B et d‟au
moins trois membres du personnel, titulaires d‟un emploi de niveau C. Un appel
aux candidats est lancé dans toutes les administrations et services du SPF
Finances.
Les candidats doivent obtenir une mention favorable à la fin d‟une procédure de
sélection3 établie sur base d‟une description de la fonction et d‟un profil de
compétences.
Le Ministre des Finances désigne les membres du personnel parmi la liste des
candidats retenus sur base de la procédure de sélection, sur proposition des
conciliateurs fiscaux.
Cette désignation est valable pour cinq ans. Elle est renouvelable. A la demande
des conciliateurs fiscaux, ou à la demande du membre du personnel, il peut être
3
Cette procédure de sélection est fixée dans un arrêté ministériel du 16 mai 2007.
22
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 1
dérogé à cette durée dans des circonstances exceptionnelles, par décision
dûment motivée du Ministre des Finances.
L‟effectif du Service de conciliation fiscale (membres du Collège non inclus) se
composait comme suit au 31 décembre 2011 :
Néerlandophones Francophones
Recouvrement 4 3
Contributions directes 7 4
TVA 1 2
Documentation patrimoniale 2 1
Secrétariat (Niveau C) 1 2
TOTAL 15 12
C. Fonctionnement du service
Le personnel du Service exécute les tâches de réception, d‟instruction et de
conciliation sous l‟autorité du Collège.
L‟article 7 de l‟arrêté royal du 9 mai 2007 (M.B., 24 mai 2005) a prévu que les
conciliateurs arrêtent un règlement d‟ordre intérieur, régissant notamment la façon
dont le Collège se réunit, délibère et vote. Ce règlement d‟ordre intérieur a été
publié au Moniteur Belge du 7 mai 2010.
En règle, en vertu de l‟article 8 de l‟arrêté royal précité, les conciliateurs agissent
en tant que Collège, sans préjudice des délégations qu‟ils s‟accordent par décision
collégiale.
Les collaborateurs sont placés sous la surveillance d‟un conciliateur en fonction
des matières traitées ou du régime linguistique.
Schématiquement, la structure organisationnelle du Service (situation au 31
décembre 2011) est la suivante :
23
TAX. NL (CD/TVA) TAX. FR (CD) TAX. (INTERNAT.) REC. NL (CD/TVA) REC. FR (CD/TVA)
DOC. PAT. FR DOC. PAT. NL TAX. FR (TVA)
CONCILIATEURS Paul Charles Edouard Geert Yvan
DE ROM DEMARCH TRZCINSKI CALLAERT DUBUISSON
Johan DE PREST Bernard BROSTEAUX Olivier DENAGE Herman FRANCOIS Marie-Claire ANDRE
Giovanni FERRARI Philippe GENTINNE Catherine HENROSET Ilse HEERMAN Fréderic FOGUENNE
Geert GHEKIERE Anne VAN MAELE Timothy VAN BELLE François FONTAINE
Ingrid LEJEUNE Martine VAN DEN Maryse HARCHY
COLLABORATEURS STEEN
Hans SECELLE Elke WELLENS Vincent TAMO
Felipe UGALDE Luc VAN DER MAELEN
Vic VAN
WEYENBERGH
Patrick WILLEMS
SECRETARIAT Greet SELLEKAERTS Laurence DUMON Carlos BOURET
25
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 1
§ 3. Domaines concernés
Les articles 117 à 130 de la loi du 25 avril 2007 ont inséré différentes
modifications aux Codes fiscaux prévoyant l‟intervention du Service de conciliation
fiscale dans certaines limites selon les matières fiscales visées.
A. Code de la taxe sur la valeur ajoutée
Le Service de conciliation fiscale est compétent en matière de taxe sur la valeur
ajoutée.
Les articles 117 et 118 de la loi du 25 avril 2007 ont introduit les articles 84quater
(demande de conciliation en cas de désaccord persistant relatif à la taxation) et
85ter (demande de conciliation en matière de recouvrement) dans le Code de la
taxe sur la valeur ajoutée.
Art. 84quater du Code de la taxe sur la valeur ajoutée
er
§ 1 . En cas de désaccord persistant relatif à la taxation porté devant le ministre des Finances ou le
fonctionnaire délégué par lui, le redevable de la taxe peut introduire une demande de conciliation
auprès du service de conciliation fiscale visé à l‟article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant des
dispositions diverses (IV).
§ 2. La demande de conciliation est irrecevable lorsque le redevable de la taxe a introduit au
préalable une opposition à contrainte, lorsqu‟une expertise a été requise en application de l‟article 59,
§ 2, ou lorsqu‟il a déjà été statué sur la contestation.
Lorsque le redevable a introduit une opposition à contrainte, lorsqu‟une expertise en application de
l‟article 59, § 2, est requise ou lorsqu‟il a déjà été statué sur la contestation, avant la notification du
rapport de conciliation, le service de conciliation est déchargé de sa compétence.
§ 3. Suite au rapport de conciliation, la décision administrative peut rectifier le montant de la dette
fiscale pour autant qu‟il n‟en résulte pas d‟exemption ou de modération d‟impôt. Il n‟est cependant
pas permis d‟exiger un supplément d‟impôt.
Art. 85ter du Code de la taxe sur la valeur ajoutée
En cas de conflit avec le receveur chargé du recouvrement de sa dette fiscale, le redevable peut
introduire une demande de conciliation auprès du service de conciliation fiscale visé à l‟article 116 de
la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV).
B. Code des impôts sur les revenus 1992
Le Service de conciliation fiscale est compétent en matière d‟impôt des personnes
physiques, d‟impôt des sociétés, d‟impôt des personnes morales ainsi que d‟impôt
des non-résidents (cf. art. 1er, § 1er, du Code des impôts sur les revenus 1992).
Il est également compétent en matière de précompte immobilier, de précompte
mobilier et de précompte professionnel (cf. art. 1er, § 2, et 249 du Code des impôts
sur les revenus 1992).
Il est encore compétent en matière de détermination du revenu cadastral (cf. art.
471 du Code des impôts sur les revenus 1992).
26
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 1
Le Service de conciliation fiscale n‟est cependant pas compétent lorsqu‟une
Région assure elle-même le « service de l‟impôt »4 concerné. C‟est le cas du
précompte immobilier pour lequel la Région flamande est compétente.
Les articles 119 à 121 de la loi du 25 avril 2007 ont introduit dans le Code des
impôts sur les revenus 1992 les articles 376quinquies (demande de conciliation en
cas de réclamation en matière de taxation introduite auprès du directeur des
contributions), 399bis (demande de conciliation en matière de recouvrement) et
501bis (demande de conciliation en cas de désaccord persistant sur le revenu
cadastral).
Art. 376quinquies du Code des impôts sur les revenus 1992
er
§ 1 . En cas de réclamation introduite auprès du directeur des contributions, le redevable, ainsi que
son conjoint sur les biens duquel l‟imposition est mise en recouvrement, peuvent introduire une
demande de conciliation auprès du service de conciliation fiscale visé à l‟article 116 de la loi du 25
avril 2007 portant des dispositions diverses (IV).
§ 2. La demande de conciliation est irrecevable lorsque le redevable a introduit au préalable une
action auprès du tribunal de première instance ou lorsqu‟il a été statué sur la réclamation.
Lorsque le redevable a introduit une action auprès du tribunal de première instance ou lorsqu‟il a déjà
été statué sur la réclamation, avant la notification du rapport de conciliation, le service de conciliation
est déchargé de sa compétence.
Art. 399bis du Code des impôts sur les revenus 1992
En cas de conflit avec le receveur chargé du recouvrement de sa dette fiscale, le redevable, ainsi que
son conjoint sur les biens duquel l‟imposition est mise en recouvrement, peuvent introduire une
demande de conciliation auprès du service de conciliation fiscale visé à l‟article 116 de la loi du 25
avril 2007 portant des dispositions diverses (IV).
4
Le « service de l‟impôt » comprend l‟établissement factuel de la base imposable, le calcul de
l‟impôt, le contrôle de la base imposable et de l‟impôt, ainsi que le contentieux y afférent (tant
administratif que judiciaire), la perception et le recouvrement de l‟impôt (en ce compris les frais
et intérêts) (Doc. Parl., Ch., sess. 2000-2001, n° 1183/007, p. 160).
27
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 1
Art. 501bis du Code des impôts sur les revenus 1992
er
§ 1 . Si, au cours du traitement de la réclamation et après échange de vues, le désaccord persiste, le
réclamant peut introduire, par l‟intermédiaire de l‟agent enquêteur, une demande de conciliation
auprès du service de conciliation fiscale visé à l‟article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant des
dispositions diverses (IV).
Lorsque le procès-verbal de désaccord, rédigé en vue de requérir la décision arbitrale visée au § 2 a
été signifié au contribuable avant la notification du rapport de conciliation, le service de conciliation
fiscale est déchargé de sa compétence.
§ 2. Si, malgré la conciliation éventuelle, l‟agent enquêteur et le réclamant ne peuvent s‟accorder sur
le montant du revenu cadastral à attribuer à l‟immeuble, un procès-verbal de désaccord est dressé et
l‟agent enquêteur et le réclamant ont la faculté de requérir un arbitrage pour fixer le revenu cadastral
en question.
C. Code des taxes assimilées aux impôts sur les revenus
Le Service de conciliation fiscale est compétent en matière de taxe de circulation
(et taxe de mise en circulation) sur les véhicules automobiles, de taxe sur les jeux
et paris, de taxe sur les appareils automatiques de divertissement ainsi que de
taxe (et taxe additionnelle) sur la participation des travailleurs aux bénéfices ou au
capital de la société (cf. art. 1er du Code des taxes assimilées aux impôts sur les
revenus).
Il est également compétent en matière d‟ « eurovignette » (droit d‟usage routier)
(cf. loi du 27 décembre 1994).
Le Service de conciliation fiscale n‟est cependant pas compétent lorsqu‟une région
assure elle-même le « service de l‟impôt » concerné. C‟est le cas de la taxe sur
les appareils automatiques de divertissement et de la taxe sur les jeux et paris
pour lesquelles la Région wallonne est compétente. C‟est également le cas de la
taxe de circulation, la taxe de mise en circulation et l‟ « eurovignette » pour
lesquelles la Région flamande est compétente à partir du 1er janvier 2011.
L‟article 123 de la loi du 25 avril 2007 introduit des modifications à l‟article 2 du
Code des taxes assimilées aux impôts sur les revenus afin de rendre applicable à
ces taxes les dispositions des articles 376quinquies et 399bis du Code des impôts
sur les revenus 1992.
Par conséquent, les modalités d‟intervention du Service de conciliation fiscale en
matière d‟impôts sur les revenus s‟appliquent mutatis mutandis aux taxes
assimilées aux impôts sur les revenus.
er
Art. 2, alinéa 1 , du Code des taxes assimilées aux impôts sur les revenus
er
Pour autant qu‟il n‟y soit pas dérogé par les dispositions relatives aux taxes énumérées à l‟article 1 ,
les articles 298, […], 366 à 379, […], 399bis […] et 470bis du Code des impôts sur les revenus 1992
sont applicables à ces taxes.
28
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 1
D. Code des droits d’enregistrement, d’hypothèque et de greffe
Le Service de conciliation fiscale est compétent en matière de droits
d‟enregistrement5.
Le Service de conciliation fiscale n‟est cependant pas compétent en matière de
droits d‟hypothèque et de greffe.
L‟article 124 de la loi du 25 avril 2007 modifie l‟article 219 du Code des droits
d‟enregistrement, d‟hypothèque et de greffe (demande de conciliation en matière
de perception ou de recouvrement de droits d‟enregistrement).
Art. 219, alinéas 1 à 3, du Code des droits d’enregistrement, d’hypothèque et de greffe
La solution des difficultés qui peuvent s‟élever relativement à la perception ou au recouvrement des
droits d‟enregistrement avant l‟introduction des instances, appartient au ministre des Finances ou au
fonctionnaire délégué par lui.
Si après échanges de vues, le désaccord avec le ministre ou le fonctionnaire délégué par lui persiste
er
sur une difficulté visée à l‟alinéa 1 , le contribuable peut introduire une demande de conciliation
auprès du service de conciliation fiscale visé à l‟article à l‟article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant
des dispositions diverses (IV).
Dans le cas où la difficulté concerne la valeur vénale d‟un bien qui est soumis à l‟expertise visée à
l‟article 189, la conciliation du service de conciliation fiscale ne peut plus être demandée ou se
poursuivre à ce sujet dès lors que la demande d‟expertise de contrôle est notifiée. Le Roi peut
déterminer les difficultés relatives à la perception ou au recouvrement des droits d‟enregistrement
pour lesquelles la conciliation du service de conciliation fiscale est exclue.
5
Il importe de noter que le Roi peut déterminer les difficultés pour lesquelles la conciliation est
exclue. A ce jour, aucun arrêté n‟a été adopté.
29
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 1
E. Code des droits de succession
Le Service de conciliation fiscale est compétent en matière de droits de
succession6.
L‟article 125 de la loi du 25 avril 2007 a modifié l‟article 141 du Code des droits de
succession (demande de conciliation en matière de perception ou de
recouvrement de droits de succession).
Art. 141, alinéas 1 à 3, du Code des droits de succession
La solution des difficultés qui peuvent s‟élever relativement à la perception ou au recouvrement des
droits de succession et de mutation par décès avant l‟introduction des instances, appartient au
ministre des Finances ou au fonctionnaire délégué par lui.
Si après échanges de vues, le désaccord avec le ministre ou le fonctionnaire délégué par lui persiste
er
sur une difficulté visée à l‟alinéa 1 , le contribuable peut introduire une demande de conciliation
auprès du service de conciliation fiscale visé à l‟article à l‟article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant
des dispositions diverses (IV).
Dans le cas où la difficulté concerne la valeur vénale d‟un bien qui est soumis à l‟expertise visée à
l‟article 111, la conciliation du service de conciliation fiscale ne peut plus être demandée ou se
poursuivre à ce sujet dès lors que la demande d‟expertise de contrôle est notifiée. Le Roi peut
déterminer les difficultés relatives à la perception ou au recouvrement des droits de succession pour
lesquelles la conciliation du service de conciliation fiscale est exclue.
F. Code des droits et taxes divers
Le Service de conciliation fiscale est compétent en matière de droits d‟écriture et
de taxes diverses (taxe sur les opérations de bourse, taxe sur les livraisons au
porteur, taxe annuelle sur les opérations d‟assurance, taxe annuelle sur les
participations bénéficiaires,…) (cf. Livres 1 et 2 du Code des droits et taxes
divers)7.
L‟article 126 de la loi du 25 avril 2007 a modifié l‟article 202/4 du Code des droits
et taxes divers (demande de conciliation en matière de perception ou de
recouvrement de droits et taxes divers).
Art. 202/4, alinéas 1 à 3, du Code des droits et taxes divers
La solution des difficultés qui peuvent s‟élever relativement à la perception ou au recouvrement des
droits et taxes divers avant l‟introduction des instances, appartient au ministre des Finances ou au
fonctionnaire délégué par lui.
Si après échanges de vues, le désaccord avec le ministre ou le fonctionnaire délégué par lui persiste
er
sur une difficulté visée à l‟alinéa 1 , le contribuable peut introduire une demande de conciliation
auprès du service de conciliation fiscale visé à l‟article à l‟article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant
des dispositions diverses (IV).
Le Roi peut déterminer les difficultés relatives à la perception ou au recouvrement des droits de
succession pour lesquelles la conciliation du service de conciliation fiscale est exclue.
6
Ibidem.
7
Ibidem.
30
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 1
G. Loi générale sur les douanes et accises du 18 juillet 1977
Le Service de conciliation fiscale est compétent en matière de droits de douane et
d‟accises.
Les articles 127 à 130 de la loi du 25 avril 2007 ont introduit dans la loi générale
sur les douanes et accises du 18 juillet 1977 un nouveau Chapitre XXIIIbis,
comprenant les articles 219bis, 219ter, et 219quater, traitant de la possibilité
d‟introduire des demandes de conciliation en matière de droits de douane et
accises.
Art. 219bis de la Loi générale sur les douanes et accises
Toute personne qui, conformément aux dispositions des articles 211 à 219, exerce régulièrement un
recours administratif contre une décision peut introduire une demande de conciliation concernant
cette décision auprès du service de conciliation fiscale visé à l‟article 116 de la loi du 25 avril 2007
portant des dispositions diverses (IV).
Art. 219ter de la Loi générale sur les douanes et accises
La demande de conciliation est irrecevable lorsque le requérant a introduit au préalable une action
auprès du tribunal de première instance ou lorsqu‟une décision a été prise, en application de l‟article
219, sur le recours administratif.
Lorsque le requérant a introduit au préalable une action auprès du tribunal de première instance ou
lorsqu‟une décision a été prise, en application de l‟article 219, sur le recours administratif, avant la
notification du rapport de conciliation, le service de conciliation fiscale est déchargé de sa
compétence.
Art. 219quater de la Loi générale sur les douanes et accises
L‟introduction d‟une demande de conciliation ne suspend pas l‟exécution de la décision contestée.
31
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 2
Section 2
Les demandes et réalisations
§ 1er. Demandes reçues
Conformément à l‟article 9 de l‟arrêté royal du 9 mai 2007, « Toute personne
intéressée peut introduire une demande de conciliation soit par écrit, par télécopie
ou par courrier électronique soit oralement lors des permanences organisées par
le service. ».
En matière de revenu cadastral, il convient de noter que la demande ne pourra
être introduite qu‟indirectement. En effet, l‟article 501bis du Code des impôts sur
les revenus 1992 a prévu que le demandeur introduise sa demande de conciliation
par l‟intermédiaire de l‟agent enquêteur.
A côté des véritables demandes de conciliation fiscale, le Service de conciliation
fiscale a parfois été consulté pour des demandes qui ne rentraient pas dans le
cadre de sa mission proprement dite. Souvent, il s‟agissait de demandes de
renseignements liées à un point précis de la législation fiscale, à l‟étendue de la
compétence du Service ou encore de demandes quant aux démarches à
accomplir pour se « remettre en ordre » vis-à-vis de l‟administration.
En outre, il convient de rappeler que le Service de conciliation fiscale a repris les
missions antérieurement dévolues à la Cellule de Contact Recouvrement qui
intervenait en cas de situations conflictuelles entre le redevable et le Receveur
des contributions directes ou de la TVA. Lorsque des demandes liées à un
problème de recouvrement sont adressées au Cabinet du Ministre ou au Palais
Royal et retransmises au Service de conciliation fiscale, il a été décidé de
continuer à les traiter de façon spécifique.
32
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 2
En 2011, le Service de conciliation fiscale a reçu 2738 nouvelles demandes.
Ces dossiers reçus se répartissaient de la façon suivante :
Ces nouveaux dossiers s‟ajoutent aux 406 dossiers qui restaient en cours de
traitement fin 2010.
Ceci porte le nombre de dossiers à traiter en 2011 à 3144 dossiers.
§ 2. Réalisations
La procédure de traitement d‟une demande de conciliation fiscale proprement dite
a été précisée aux articles 10 à 12 de l‟arrêté royal du 9 mai 2007.
A. Conciliation fiscale
L‟article 10, alinéa 1er, de l‟arrêté royal du 9 mai 2007 précise que « Les
demandes de conciliation font l’objet d’un accusé de réception délivré au
demandeur dans un délai de cinq jours ouvrables à compter de la date de
réception de la demande. » L‟alinéa 2 stipule que « Lorsque la demande de
conciliation est introduite oralement, elle est consignée par le service. Par
dérogation, à l’alinéa 1er, l’accusé de réception est délivré immédiatement. »
Conformément à l‟article 11 de ce même arrêté, « Le service informe le
demandeur au plus tard dans les quinze jours ouvrables de la réception de la
demande de conciliation de sa décision de traiter ou non cette demande ou de la
transmission de celle-ci à un autre médiateur. Le refus de traiter une demande de
conciliation est motivé. Le service informe le service fiscal concerné de la
demande de conciliation qu’il compte instruire. »
L‟article 116, § 1er, alinéa 2, de la loi du 25 avril 2007 précise que « Le service de
conciliation fiscale refuse de traiter une demande de conciliation : 1° si la
33
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 2
demande est manifestement non fondée ; 2° si le demandeur n’a manifestement
pas accompli de démarches auprès de l’autorité administrative compétente en vue
de concilier les points de vue. »8
Lors de l‟examen de la demande, le Service de conciliation fiscale examinera si le
traitement de la demande rentre dans ses compétences.
Le Protocole de collaboration visant à organiser les relations entre le Service de
conciliation fiscale et les Administrations générales du SPF Finances compétentes
en matière de fiscalité et de documentation patrimoniale du 1 er juillet 2010 (point
4) précise que « La décision prise par le SCF en application de l’article 11 de
l’arrêté royal du 9 mai 2007 relative à la recevabilité ou l’irrecevabilité de la
demande de conciliation est adressée, de préférence par voie électronique, au
point de contact9 compétent ainsi qu’au service compétent qui doit prendre une
décision sur la contestation administrative. »
En cas d‟irrecevabilité, le Service de conciliation fiscale essaie, dans la mesure du
possible, d‟apporter une assistance (p.ex. information utile, transmission à un
autre médiateur, …).
Ainsi, il se peut qu‟une demande soit irrecevable parce qu‟aucune démarche n‟a
été entreprise préalablement auprès de l‟autorité administrative compétente. Le
fait de préciser au demandeur qu‟une formalité est manquante pour que sa
demande soit déclarée recevable lui permettra d‟y remédier.
Il arrive aussi régulièrement que des décisions d‟irrecevabilité soient néanmoins
accompagnées d‟une assistance en termes d‟informations diverses de sorte que
le citoyen puisse être correctement guidé pour la suite de ses démarches.
L‟article 116, § 1er, alinéa 3, de la loi du 25 avril 2007 précise que « L’introduction
et l’examen d’une demande de conciliation n’ont aucun effet suspensif ni
interruptif. » Cela signifie que le service compétent peut continuer l‟examen de la
contestation administrative.
Toutefois, il est prévu au point 8 du Protocole susmentionné que « Lorsqu’une
demande de conciliation a été déclarée recevable par le SCF, celui-ci fixe par écrit
de commun accord avec le service compétent qui doit prendre une décision sur la
contestation administrative, au regard des principes de bonne administration et
des règles de procédure applicables en l’espèce, le délai raisonnable dans lequel
cette demande doit être traitée. »
Aussi, le point 9 de ce Protocole précise que « Durant le délai fixé conformément
au point 8, le service compétent qui doit prendre une décision sur la contestation
administrative, continue les travaux en matière d’examen de la contestation, y
compris entendre les parties. Il s’abstient de prendre effectivement une décision et
/ ou des mesures exécutoires susceptibles de compromettre la conciliation, sauf si
le service compétent qui doit prendre une décision sur la contestation
administrative, est contraint de le faire afin d’éviter l’expiration du délai de six ou
neuf mois visé à l’article 1385undecies du Code Judiciaire, ou sauf si le respect du
délai mettait les droits du Trésor en péril ou retardait la mise à disposition des
moyens propres à la Commission européenne. »
8
Une demande sera manifestement non fondée lorsqu‟elle repose sur des accusations gratuites,
des supputations ou des plaintes vexatoires.
9
Les Administrateurs généraux désignent dans leurs services centraux, chacun pour
l‟Administration générale dont il est responsable, un point de contact chargé des relations avec
le Service de conciliation fiscale.
34
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 2
L‟article 12 de l‟arrêté royal du 9 mai 2007 énonce que « Le rapport de conciliation
est notifié au demandeur et au service fiscal concerné. »
A cet égard, il convient de noter que le point 10 du Protocole précise que « Le
résultat de la conciliation entre les parties est acté par le SCF dans le rapport de
conciliation. Celui-ci est adressé, simultanément avec l’envoi au demandeur, de
préférence par voie électronique, au point de contact compétent ainsi qu’au
service compétent qui doit prendre une décision sur la contestation
administrative. »
Concernant la décision administrative proprement dite, il ressort du point 11 de ce
même Protocole que « Le service qui doit prendre une décision sur la contestation
administrative, prend sa décision le plus vite possible, après réception du rapport
de conciliation. »
Il en ressort que le Service de conciliation fiscale se limite à concilier les points de
vue, que le résultat de la conciliation est acté dans un rapport de conciliation.
Ainsi, le rapport actera l‟obtention d‟un accord mutuel ou le maintien du
désaccord10. Toutefois, c‟est l‟autorité administrative (et non le Service de
conciliation fiscale) qui prend la décision finale.
En effet, le Service de conciliation fiscale a pour mission de rechercher une
solution aux problèmes qui lui sont soumis en exerçant une magistrature
d‟influence mais sans toutefois prendre de décision.
C‟est la raison pour laquelle il est rappelé à l‟article 116, § 1 er, alinéa 4, de la loi du
25 avril 2007 que « Les rapports de conciliation et les décisions relatives à la
recevabilité ne sont susceptibles d’aucun recours administratif ou judiciaire. »
Afin d‟être complet, il convient de préciser que l‟intervention du Service de
conciliation fiscale se clôture par une décision d‟irrecevabilité, par un rapport de
conciliation ou en cas de dessaisissement.
Le dessaisissement vise les cas où le Service est déchargé de sa mission. Les
causes de ce dessaisissement sont étrangères à la volonté du Service de
conciliation fiscale. Ces causes sont énumérées dans les différentes dispositions
fiscales. Il peut s‟agir du retrait de la demande de conciliation par le redevable, de
l‟introduction d‟une action en justice, d‟une demande d‟expertise, ... Le
dessaisissement peut encore résulter du fait que le service en charge de la
réclamation a statué sur cette réclamation, déchargeant de fait le Service de
conciliation fiscale.
10
Dans certains cas, le rapport peut contenir un accord partiel. Certains points soumis à la
conciliation feront l‟objet d‟un accord mutuel tandis que le désaccord persistera pour le reste.
35
Schéma :
Immédiatement
I. Demande de Ecrite ? Non
conciliation
5 j. ouvrables
Oui Accusé de
réception
15 j. ouvrables
II. Examen de la Recevable ? Assistance ?
Non
recevabilité
Décision
d’irrecevabilité
Oui Décision de
recevabilité
Délai raisonnable
III. Conciliation Dessaisissement ? Non Rapport de
conciliation
CLOTURE
Oui Mémo / Rapport
de conciliation
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 2
Sur les 2738 nouvelles demandes reçues en 2011, 1421 ont été considérées
comme des demandes de « Conciliation fiscale » proprement dites.
Si l‟on y ajoute les demandes de « Conciliation fiscale » en cours de traitement au
31 décembre 2010, cela représente 1685 dossiers à traiter en 2011.
Sur les 1685 demandes de type « Conciliation fiscale », 1112 ont été clôturées en
2011. Il en restait 573 en cours de traitement au 31 décembre 2011.
La ventilation de ce résultat sera précisée dans la Partie 4 du présent rapport.
Dans le cadre de l‟examen de ces dossiers, le Service de conciliation fiscale a
jugé utile d‟émettre 16 nouvelles recommandations. Ce point sera également
abordé plus longuement dans la Partie 4 du présent rapport.
B. Contact Recouvrement
Le Service de conciliation fiscale a repris les missions antérieurement dévolues à
la Cellule de Contact Recouvrement (supprimée depuis le 1er juin 2010) qui
intervenait en cas de situations conflictuelles entre le redevable et le Receveur
des contributions directes ou de la TVA et qui avait déjà, sur le plan du
recouvrement, des objectifs similaires à ceux attribués au Service de conciliation
fiscale.
En règle générale, ces demandes liées à un problème de recouvrement sont
adressées au Palais Royal ou au Cabinet du Ministre. Ces demandes sont ensuite
retransmises au Service de conciliation fiscale par l‟intermédiaire des services du
Président du Comité de direction et sont traitées de façon spécifique.
Il s‟agit essentiellement de demandes d‟aide liées au recouvrement d‟impôts ou
encore des demandes d‟intervention pour faire accélérer des remboursements
37
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 2
d‟impôts bloqués et qui ne sont pas formellement des demandes de conciliation
fiscale.
Souvent, il s‟agit de dossiers de redevables ayant une importante dette fiscale et
qui ne voient plus d‟issue. Dans ces cas, il est d‟abord examiné si cela est dû ou
non à des problèmes structurels de paiement. Lorsque le Service de conciliation
fiscale constate qu‟il s‟agit plutôt de difficultés financières temporaires, les
débiteurs sont orientés vers des facilités de paiement, éventuellement couplées à
une demande d‟exonération des intérêts de retard.
Afin d‟aider aussi bien les redevables que les Receveurs locaux, il est
généralement fourni aux demandeurs un formulaire-type dans lequel ils peuvent
mentionner leurs éléments de patrimoine, revenus, charges ainsi qu‟une
proposition concrète de paiement destinée au Receveur compétent.
Cependant, lorsque les requérants sont confrontés à une dette fiscale durable, il
est renvoyé à la possibilité d‟introduire une requête en surséance indéfinie au
recouvrement des impôts concernés. Lorsqu‟il ressort du dossier qu‟il existe une
multitude de créanciers, les redevables sont cependant immédiatement dirigés
vers la procédure de règlement collectif de dette.
Pour chaque possibilité d‟étalement ou de délais de paiement, ainsi que pour
certaines mesures de faveur sur le plan du recouvrement, dont les débiteurs
peuvent en principe bénéficier, le Service de conciliation fiscale explique toujours
clairement quelles sont les modalités et / ou conditions qui doivent être remplies
(notamment la compétence exclusive du Receveur en matière de délais de
paiement).
Si les souhaits des requérants se situent au niveau d‟un remboursement d‟impôt
qui n‟a pas été liquidé, un examen est réalisé afin de déterminer la raison de ce
retard.
Le Service de conciliation fiscale a été saisi à maintes reprises en 2011 de
demandes de contribuables sollicitant la restitution de remboursements en matière
d‟impôt des personnes physiques non liquidés à l‟ayant-droit ou prélevés à tort par
le bureau de recette. On peut répertorier les cas suivants, cette liste n‟étant pas
exhaustive :
dans le cadre d‟une procédure de règlement collectif de dettes, le
problème constaté provient du fait que, malgré qu‟une fiche mémo
mentionne dans le système automatisé que le règlement collectif est
clôturé, le remboursement d‟impôt fait quand même l‟objet d‟un
prélèvement ;
dans le cadre d‟une cession de créance, il arrive que la mainlevée, quoique
transmise par les organismes concernés, n‟ait pas été encodée et / ou la
fiche mémo existante dans le système automatisé n‟ait pas été radiée ;
dans le cadre d‟une procédure de faillite clôturée et pour laquelle le
redevable a été déclaré excusable, même si cette mention est spécifiée
dans les écrans ;
les numéros de compte repris sur les avertissements-extraits de rôle ne
sont pas corrects, soit parce que le contribuable n‟a pas signalé la
modification, soit parce que la recette n‟a pas tenu compte de la
modification communiquée ou enfin parce que l‟administration reprend sur
les avertissements-extraits de rôle des numéros de compte erronés n‟ayant
jamais appartenu au contribuable ;
dans l‟hypothèse d‟une séparation des époux.
38
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 2
Dans tous ces cas, le contribuable ne perçoit donc pas le remboursement auquel il
a droit à l‟échéance normale.
Le Service de conciliation fiscale intervient dès lors auprès de l‟Administration de
la Trésorerie afin que le contribuable bénéficie du montant à rembourser dans des
délais raisonnables.
En concertation avec les services concernés et les contribuables, les pièces
justificatives utiles manquantes sont, le cas échéant, collectées et remises au
service concerné qui peut finaliser l‟accord. Dans certains cas, le Service de
conciliation fiscale est intervenu afin de faire accorder l‟intérêt moratoire dû par la
loi.
Le Service de conciliation fiscale vise, par son intervention, à l‟octroi d‟un service
et à la disposition d‟une information correcte au citoyen, mais ce service tente de
soulager simultanément les tâches des services de recouvrement et de
remboursement.
Ainsi, on peut citer le cas d‟un dossier où l‟intéressé sollicite du Service de
conciliation fiscale des informations et des explications complémentaires à la suite
d‟une saisie-arrêt effectuée par le Receveur des contributions directes en mains
de son employeur.
La saisie a été effectuée pour deux cotisations en matière d‟impôt des personnes
physiques rattachées à deux exercices d‟imposition différents.
Le contribuable demande expressément quelles sont les dispositions légales
applicables en l‟espèce. Il soutient en effet ne jamais avoir été informé du montant
des impôts dus. Pour les deux cotisations en cause, il a été constaté que la
notification prévue par la loi (envoi de l‟avertissement-extrait de rôle) a été
effectuée dans les délais. En outre, un rappel a été adressé par pli recommandé
pour les deux cotisations bien que cette formalité n‟était pas strictement
nécessaire d‟un point de vue légal avant le recours aux poursuites indirectes.
Le contribuable a également été informé du fait que le Receveur optera toujours
pour une procédure de recouvrement la plus simple possible par laquelle une
saisie-arrêt a été mise en œuvre dans ce cas très rapidement - mais toutefois
après l‟expiration des délais légaux de paiement - pour la cotisation la plus
récente. En l‟espèce, il a été précisé au redevable qu‟aucune faute n‟a été
commise. Le requérant s‟est satisfait de ces explications.
Ce dossier démontre que le Service de conciliation fiscale ne se consacre pas
seulement au traitement de dossiers de conciliation proprement dit mais qu‟il
remplit également une mission d‟information envers les citoyens. De cette
manière, il rencontre sa mission qui consiste à rendre plus accessibles la
législation et les procédures fiscales ; il allège en outre la tâche du Receveur et
permet d‟éviter que des procédures inutiles soient introduites devant les tribunaux.
Sur les 2738 nouvelles demandes reçues en 2011, 701 ont été considérées
comme des demandes de « Contact Recouvrement » proprement dites.
Si l‟on y ajoute les demandes « Contact Recouvrement » en cours de traitement
au 31 décembre 2010, cela représente 790 dossiers à traiter en 2011.
39
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 2
Sur les 790 demandes de type « Contact Recouvrement », 643 ont été clôturées
en 2011. Il en restait 147 en cours de traitement au 31 décembre 2011.
C. Divers
Le Service de conciliation fiscale reçoit également des demandes diverses, qui ne
sont toutefois ni des demandes de conciliation, ni des demandes de type
« Contact Recouvrement ».
Ce sont pour la plupart des demandes de renseignements pour lesquelles des
informations sont communiquées directement par le Service de conciliation fiscale.
Il arrive aussi que des personnes demandent un rendez-vous pour exposer leur
situation fiscale. Lorsque, lors de l‟entretien, il s‟avère toutefois que la demande
est étrangère à la conciliation, ces demandes sont alors traitées comme des
dossiers divers. C‟est le cas, par exemple, de personnes souhaitant connaître les
démarches à accomplir pour se remettre en règle au niveau fiscal et administratif.
Sur les 2738 nouvelles demandes reçues en 2011, 616 ont été considérées
comme des demandes diverses.
Si l‟on y ajoute les demandes diverses en cours de traitement au 31 décembre
2010, cela représente 669 dossiers à traiter en 2011.
40
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 3 - Section 2
Sur les 669 demandes diverses, 580 ont été clôturées en 2011. Il en restait 89 en
cours de traitement au 31 décembre 2011.
41
Partie 4
CONSEQUENCES
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Section 1
Les résultats
§ 1er. Situation globale des dossiers de conciliation fiscale
A la Section 2 de la Partie précédente, nous avons précisé que 1685 dossiers de
type « Conciliation fiscale » étaient à traiter en 2011. Parmi ceux-ci, 1112 ont été
clôturés en 2011 et 573 étaient toujours en cours de traitement au 31 décembre
2011.
Le tableau suivant ventile ces chiffres par régime linguistique ainsi que par
Administration générale concernée.
En cours fin 2011
Clôturés
A traiter
FISCALITE
NL 451 248 203
FR 296 214 82
TOTAL 747 462 285
PERCEPTION ET
RECOUVREMENT
NL 327 265 62
FR 320 254 66
TOTAL 647 519 128
DOCUMENTATION
PATRIMONIALE
NL 207 91 116
FR 64 22 42
TOTAL 271 113 158
45
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
En cours fin 2011
Clôturés
A traiter
LUTTE CONTRE LA
FRAUDE FISCALE
NL 17 15 2
FR 1 1 0
TOTAL 18 16 2
DOUANES ET ACCISES
NL 2 2 0
FR 0 0 0
TOTAL 2 2 0
TOTAL 1685 1112 573
46
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
A. Répartition des dossiers à traiter par Administration générale
Le diagramme ci-dessus représente les proportions de dossiers à traiter par
Administration générale. L‟Administration générale de la Fiscalité représente à elle
seule 44 % des dossiers à traiter. L‟Administration générale de la Perception et du
Recouvrement représentait quant à elle 39 % des dossiers à traiter. A elles deux,
ces Administrations générales représentent 83 % des dossiers à traiter.
47
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
B. Répartition des dossiers clôturés par Administration générale
Le diagramme ci-dessus représente les proportions de dossiers clôturés par
Administration générale. Il en ressort que 47 % des dossiers clôturés en 2011
concernaient l‟Administration générale de la Perception et du Recouvrement. 42 %
de ces dossiers concernaient l‟Administration générale de la Fiscalité.
L‟issue proprement dite des dossiers clôturés sera abordée au § 2 de la présente
Section.
48
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
C. Répartition des dossiers en cours au 31 décembre 2011 par
Administration générale
Le diagramme ci-dessus représente les proportions de dossiers en cours au 31
décembre 2011. Il en ressort que 50 % des dossiers en cours fin 2011
concernaient l‟Administration générale de la Fiscalité alors que 28 % concernaient
l‟Administration générale de la Documentation patrimoniale et 22 %
l‟Administration générale de la Perception et du Recouvrement.
§ 2. Résultat chiffré des dossiers clôturés pour chaque
Administration générale et illustrations
A. Administration générale de la Fiscalité
1) Résultat chiffré des dossiers clôturés :
Le diagramme sub B du § 1er relevait que 462 dossiers clôturés concernaient
l‟Administration générale de la Fiscalité. Cela représentait 42 % de l‟ensemble des
dossiers clôturés de type « Conciliation fiscale » en 2011.
49
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Le tableau suivant ventile le résultat proprement dit des dossiers clôturés
concernant l‟Administration générale de la Fiscalité.
Dessaisissement
Accord mutuel
Irrecevable
Désaccord
persistant
TOTAL
NL
67 150 27 4 248
FR
56 105 28 25 214
TOTAL
123 255 55 29 462
123 dossiers sur 462 ont été déclarés irrecevables.
Parmi les 339 dossiers recevables, 255 se sont soldés par un accord mutuel.
Le graphique ci-dessous reflète les résultats selon le type de clôture :
50
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
L‟irrecevabilité provient principalement du prescrit de l‟article 376quinquies du
Code des impôts sur les revenus 1992 qui limite de manière inflexible la période
durant laquelle le Service de conciliation fiscale peut intervenir.
Ces causes d‟irrecevabilité sont reprises dans le diagramme suivant :
Si l‟on fait abstraction des dossiers déclarés irrecevables, les dossiers clôturés
déclarés recevables se répartissent comme suit :
51
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
2) Illustrations :
Les dossiers suivants permettent d‟illustrer l‟apport effectif du Service de
conciliation fiscale :
Illustration n° 1/2011
Le litige concerne les différentes indemnités attribuées, dans le secteur des
transports, aux chauffeurs effectuant des déplacements internationaux.
Le point de vue de l‟administration revient à dire que « les déplacements de et
vers l’étranger effectués par des chauffeurs étrangers constituent une partie de
leur activité professionnelle normale et que ceux-ci ne peuvent être assimilés aux
missions à l’étranger des agents du SPF Affaires Etrangères ».
Une première indemnité de séjour a en effet été payée aux chauffeurs comme le
prévoit la Convention Collective de Travail du secteur des transports. Une
deuxième indemnité de séjour a en outre été payée sur la base des conditions de
la circulaire du 11 mai 2006, Ci. RH. 241/534.514 (indemnités forfaitaires pour les
missions à l‟étranger).
Cette deuxième indemnité n‟a pas été admise comme charge d‟exploitation et a
été imposée au taux spécial de 300 %. Les montants ont, en plus, également été
taxés, par bénéficiaire, à l‟impôt des personnes physiques.
Le point de vue justifiant le paiement de cette deuxième indemnité comme
« indemnité de séjour non-imposable » a été défendue par le mandataire avec
pour argumentation principale :
- la circulaire elle-même (Ci. RH. 241/534.514) est également applicable aux
contribuables employés dans le secteur privé, ce qui est une prise de position
confirmée à maintes reprises dans des questions parlementaires ;
- le texte du Commentaire du Code des impôts sur les revenus 1992 (Com.IR 92),
n° 31/40.
Depuis début septembre 2010, différentes réunions ont eu lieu, à l‟initiative du
Service de conciliation fiscale, au cours desquelles le système fiscal des
indemnités susmentionnées dans le secteur des transports a été analysé en détail
en présence de représentants des Services centraux de l‟Administration générale
de la Fiscalité (Direction I/5A), de l‟Office national de sécurité sociale (ONSS), des
fédérations de transports, du gérant et de son fondé de pouvoir et du Service de
conciliation fiscale.
Ces discussions ont abouti, avec l‟accord des représentants susmentionnés, à la
rédaction par la Direction I/5 A d‟une nouvelle circulaire Ci.RH.241/607.210
(AGFisc 21/2011) parue le 15 avril 2011, et immédiatement applicable à chaque
stade de la procédure spécifiquement pour le secteur des transports. La circulaire
susmentionnée du 11 mai 2006 reste inchangée.
Dans ce contexte, le Service de conciliation fiscale souhaite expressément
remercier les représentants des Services centraux de l‟Administration générale de
la Fiscalité et les féliciter pour leur approche sérieuse, sereine et technique dans
cette question où ils ont fait preuve de bon sens et de patience pour aboutir, en
bonne collaboration avec toutes les parties, particulièrement avec l‟ONSS, à une
solution dans cette problématique complexe.
Il faut également souligner la bonne et agréable collaboration des agents des
services régionaux dans ce dossier.
52
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Illustration n° 2/2011
La SA X réalise, suite à la vente d‟un bâtiment, une plus-value qui a été taxée par
l‟administration. Le contribuable a demandé, dans sa réclamation, de tenir compte
de nouveaux comptes annuels corrigés qui n‟ont pas encore été déposés, ce qui
génère l‟imposition étalée de la plus-value sur le bâtiment vendu au lieu de l‟être
en une seule fois ; le contribuable parlait d‟une erreur lors de l‟établissement des
comptes annuels d‟origine.
Le Service de conciliation fiscale affirmait que les constatations suivantes étaient
importantes :
Dans le rapport de l‟Assemblée Générale, on peut lire « L’Assemblée
Générale approuve le compte annuel déposé. Le résultat final du dernier
exercice est transféré à l’exercice suivant. De plus, il a été pris acte de la
transaction effectuée par laquelle le bâtiment a été vendu ainsi que de la
plus-value réalisée qui est reprise dans le bilan… ».
Dans le rapport du Conseil d‟Administration de l‟Assemblée Générale il est
mentionné :
« … La société a vendu et pris en leasing son bâtiment … »
Il n‟est nulle part mentionné que la plus-value devrait être taxée de manière
étalée et qu‟une réserve exonérée (provisoire) pour une taxation étalée de la
plus-value est constituée. Cela ne pouvait pas non plus être déduit de
l‟affectation du résultat approuvée (report total du bénéfice vers l‟exercice
suivant).
S‟il s‟agit d‟une erreur, une Assemblée Générale spéciale doit se tenir selon les
règles du Code des sociétés et les nouveaux comptes annuels rectificatifs doivent
être approuvés et déposés. Le fait que le contribuable adopte une attitude
d‟expectative et qu‟il ait uniquement apporté une rectification au rapport de
l‟Assemblée Générale n‟est pas de nature à affaiblir le point de vue de
l‟administration qu‟en l‟occurrence, il n‟y a pas d‟erreur mais qu‟il s‟agit bien d‟une
décision de gestion.
Il ressort clairement du rapport de l‟Assemblée Générale que les comptes annuels
tels que présentés ont été approuvés de manière unanime. Les mentions
présentes dans les comptes annuels engagent, par conséquent, le contribuable
envers l‟administration fiscale.
Le fait qu‟il ne s‟agisse pas, dans ce cas, d‟une simple erreur, a été déduit de la
circonstance que la société, avec la comptabilisation vers un compte de passif
indisponible, a voulu attendre de recevoir une réponse du Ministre des Finances à
qui elle avait demandé une précision relative à la possibilité d‟exonération de la
plus-value.
Les erreurs dans les comptes annuels peuvent seulement être corrigées sous
certaines conditions. Les comptes annuels que l‟Assemblée Générale approuve
doit en effet être complet et refléter une image fidèle du patrimoine, de la position
financière et du résultat de l‟entreprise. Les erreurs contraires à l‟image fidèle des
comptes annuels doivent pouvoir être rectifiées au moyen de l‟approbation, par
l‟Assemblée Générale, de nouveaux comptes annuels adaptés. Les comptes
annuels approuvés sont cependant irrévocables pour ce qui concerne les
décisions relatives aux règles d‟appréciation et les décisions d‟affectation du
résultat. Le contribuable doit pouvoir démontrer que la mention corrigée dans les
53
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
comptes annuels contenait une simple erreur et qu‟elle n‟était pas l‟expression
d‟une décision prise antérieurement.
Une certaine jurisprudence souligne le fait que la comptabilité doit refléter
l‟affectation effective des éléments de l‟actif ayant fait l‟objet d‟une mention
erronée. Le contribuable doit prouver qu‟il ne modifie pas cette affectation par les
adaptations qu‟il réalise dans ses comptes annuels. Par cette considération, la
jurisprudence semble faire référence au fait que l‟affectation qui a été donnée à la
plus-value reposait sur une décision de la société, si bien qu‟il n‟est pas question
d‟une simple erreur matérielle.
L‟analyse du Service de conciliation fiscale a pu convaincre le contribuable de
signer un désistement de la réclamation.
Illustration n° 3/2011
L‟administration a qualifié de rentes alimentaires imposables une somme d‟argent
reçue par un contribuable qui a été payée en une fois ou attribuée sous forme d‟un
capital. En vertu des articles 90, 3° et 170 du Code des impôts sur les revenus
1992 (CIR 92) et de l‟article 73 de l‟arrêté royal d‟exécution du Code des impôts
sur les revenus (AR/CIR 92), ce capital est ensuite transformé en une rente
annuelle afin d‟éviter un impôt exorbitant durant l‟année de réception du capital.
L‟administration considérait que la somme d‟argent contestée était payée en
conséquence de la procédure de divorce par consentement mutuel dans laquelle
le contribuable était impliqué et que l‟objectif des ex-époux était de qualifier de
pension alimentaire la somme payée. Cela devrait apparaître d‟une simulation de
liquidation / partage du patrimoine rédigée par un bureau comptable et envoyée à
l‟ex-époux de la contribuable dans laquelle la somme d‟argent contestée était
présentée comme étant une pension alimentaire.
L‟ex-épouse contribuable affirmait cependant que le but n‟était certainement pas
de qualifier de pension alimentaire la somme d‟argent payée. D‟après la
contribuable, la simulation était un document unilatéral et contesté destiné à l‟ex-
conjoint et que la contribuable n‟avait pas approuvé.
Le dossier comportait, en plus du jugement du tribunal de première instance de
divorce par consentement mutuel, 2 actes notariaux :
l‟acte relatif au règlement des revendications patrimoniales respectives, en
ce compris un accord sur le patrimoine commun ou les indivisions entre
époux et sur les comptes respectifs d‟une part et les conventions de droit
familial d‟autre part ;
l‟acte relatif à la liquidation et au partage d‟une société qui faisait partie de la
communauté.
Le conciliateur fiscal a constaté et clairement signalé aux parties que dans ces
actes authentiques, il n‟est nulle part mentionné que la somme contestée a été
reprise comme rente alimentaire. Il a été souligné que les principes du droit relatifs
à l‟authenticité des actes sont définis aux articles 1317 et suivants du Code civil
(CCiv). L‟article 1317 CCiv stipule que : « Un acte authentique est celui qui a été
reçu par les officiers publics ayant le droit d’instrumenter dans le lieu où l’acte a
été rédigé. » Et l‟article 1319, alinéa 1er, CCiv souligne l‟importance de
l‟authenticité, à savoir que : « L’acte authentique fait pleine foi de la convention
qu’il renferme entre les parties contractantes et leurs héritiers ou ayants cause ».
Enfin, il y a également ce que l‟on appelle l‟opposabilité aux tiers : ceux qui ne
54
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
sont pas liés au contrat doivent également en tenir compte, en conséquence de la
publicité qui est donnée à de tels actes (ou de la possibilité d‟en connaître le
contenu). L‟attention des parties a également été attirée sur le fait qu‟en
l‟occurrence, il n‟y a pas de décision judiciaire avec un règlement spécial relatif à
la fixation de « rentes alimentaires ».
L‟administration pouvait être persuadée du fait qu‟elle disposait de données
factuelles probantes insuffisantes pour maintenir la taxation envisagée. Les
arguments opposés du contribuable ne pouvaient pas être rejetés.
L‟administration a pris la décision de ne pas maintenir la taxation.
Illustration n° 4/2011
Le litige porte sur la répartition du pouvoir d‟imposition d‟une rémunération entre
l‟Etat de résidence et l‟Etat d‟activité.
Monsieur F, résident de l‟Allemagne, travaille pour un employeur belge en tant que
chauffeur routier international. Dans le cadre de son activité, Monsieur F parcourt
les territoires belge, allemand et les territoires d‟Etats tiers. La totalité des revenus
perçus de son activité de chauffeur ont été imposés en Belgique. En tant qu‟Etat
de résidence, l‟Allemagne a également imposé lesdits revenus. Monsieur F subit
une double imposition.
Se référant aux dispositions fiscales prévues dans la convention préventive de la
double imposition conclue avec l‟Allemagne, Monsieur F estime que ses revenus
ont été imposés à tort en Belgique et que le pouvoir d‟imposition revient
exclusivement à l‟Allemagne en tant qu‟Etat de résidence.
L‟administration belge quant à elle estime qu‟elle dispose du droit d‟imposer une
partie de la rémunération sur base du nombre de jours de travail effectués en
Belgique.
L‟intéressé introduit une réclamation et contacte le Service de conciliation fiscale.
Le Service de conciliation fiscale a pris contact avec les parties séparément et a
expliqué qu‟en pratique le pouvoir d‟imposition de ce type de rémunération est
réparti entre l‟Etat de résidence (Allemagne) et l‟Etat de la source (Belgique) en
fonction du nombre de kilomètres parcourus sur le territoire de chacun des Etats
(Belgique, Allemagne et Etats tiers), le pouvoir d‟imposition de la rémunération
afférente à l‟activité exercée sur le territoire d‟Etat tiers n‟appartient pas à l‟Etat de
la source (Belgique).
Sur cette base, Monsieur F fournit toute une série d‟informations permettant de
déterminer le nombre total de kilomètres parcourus au cours d‟une année en
cause ainsi que le nombre de kilomètres parcourus au cours de la même année
sur le territoire belge.
Sur cette base, la partie de la rémunération imposable en Belgique a ainsi pu être
déterminée.
Grâce à l‟intervention du Service de conciliation fiscale, un accord est intervenu
sur la résolution du litige pour l‟année en cause.
Il a également été conseillé à Monsieur F de prendre contact avec l‟Administration
fiscale allemande afin de récupérer l‟impôt allemand perçu sur la partie de la
rémunération imposable en Belgique, ceci afin d‟éliminer la double imposition.
55
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Illustration n° 5/2011
Monsieur R, résident fiscal du Congo depuis 2007, travaille pour une entreprise
établie au Congo (pays sans convention préventive de la double imposition pour
l‟année en cause). L‟ex-compagne et les enfants de Monsieur R sont restés
résidents de la Belgique et sont toujours domiciliés à l‟ancien domicile du couple
en Belgique.
L‟administration a continué de considérer Monsieur R comme résident belge,
estimant que, conformément aux éléments présents dans le dossier, la séparation
de fait du couple était fictive et qu‟il s‟agissait d‟un éloignement temporaire
nécessité par l‟exercice de l‟activité professionnelle de Monsieur R.
Monsieur R ne peut marquer son accord sur ce point de vue. Il introduit une
réclamation et contacte le Service de conciliation fiscale.
Le Service de conciliation fiscale a rencontré séparément les parties afin de
recueillir les informations nécessaires pour déterminer si Monsieur R devait
encore être considéré comme habitant du Royaume. Les éléments présents dans
le dossier fiscal ont été examinés et, de son côté, Monsieur R a apporté différents
documents permettant de prouver son établissement au Congo (contrat de travail,
attestation de l‟employeur, attestation de l‟ambassade, nouvelle compagne, …) ;
de sorte qu‟il a pu être admis que d‟une part Monsieur R était bien séparé de son
ancienne compagne et d‟autre part qu‟il devait être considéré comme non-habitant
du Royaume.
Grâce à l‟intervention du Service de conciliation fiscale, un accord est intervenu et
un recours en justice auprès du tribunal de première instance a pu être évité pour
l‟année en cause.
Illustration n° 6/2011
La société immobilière X a fait l‟objet d‟un contrôle en matière de TVA qui donna
lieu à l‟établissement d‟un relevé de régularisation qui fut signé pour accord, sous
réserve toutefois de l‟apparition d‟une jurisprudence ou d‟un changement de
position de l‟administration concernant l‟amende légale (très élevée en l‟espèce).
La société paya le principal mais introduisit par ailleurs une requête en remise ou
réduction de l‟amende auprès du Directeur régional compétent.
A cet instant, le compte courant TVA de l‟assujetti présentait un solde de près de
18.000 € en sa faveur. Ce crédit d‟impôt apparent devait cependant permettre de
payer la TVA due mentionnée dans la déclaration périodique qui allait être
déposée quelques jours plus tard.
Toutefois, en vue d‟apurer l‟amende (faisant l‟objet d‟une demande de réduction
ou remise auprès du Directeur régional compétent), le crédit d‟impôt apparaissant
au compte courant fut prélevé et imputé sur la dette ouverte.
Ce prélèvement, combiné au dépôt de la déclaration périodique, a déséquilibré le
compte courant TVA, ce qui a engendré une mise à zéro du compte courant. Une
nouvelle dette (un compte spécial) est venue s‟ajouter à la précédente. La société
se voyait donc infliger une nouvelle amende de 10 % sur un montant qui a été
prélevé sur son compte courant pour payer une autre amende.
Le gérant de la société s‟est alors présenté au service de conciliation fiscale afin
de savoir ce qu‟il pouvait faire contre « cette accumulation de sanctions vraiment
imméritées ».
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Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Après plusieurs contacts téléphoniques avec les services concernés, le Service de
conciliation fiscale a demandé au Directeur régional de bien vouloir examiner les
deux amendes dans le cadre de la requête en cours d‟examen au sein de ses
services.
Par décision directoriale, la première amende a été réduite à titre exceptionnel et
la seconde amende (résultant de la mise à zéro du compte courant) a été
entièrement remise.
Par son intervention, le Service de conciliation fiscale a expliqué l‟origine du
problème et permis de dissiper les incompréhensions réciproques.
Illustration n° 7/2011
La société Y exploite un concept en qualité de franchisé depuis 2004. Le concept
en question est également exploité en Belgique par cinq autres sociétés
commerciales.
Depuis le début de ses activités, la société Y soumet ses opérations au taux de
TVA de 6 %. Le franchiseur, qui exploitait auparavant le concept, avait d‟ailleurs
fait l‟objet d‟un contrôle et le taux de 6 % n‟a pas été remis en cause au moment
du contrôle.
Aussi, le franchisé a toujours considéré que ses opérations devaient être
soumises à ce taux.
En 2008, la société a fait l‟objet d‟un contrôle portant sur les années 2005 et 2006.
C‟est sur l‟application du taux réduit de TVA qu‟a porté le désaccord avec l‟agent
contrôleur. En l‟espèce, l‟agent contrôleur considérait que les prestations rendues
ne pouvaient être soumises au taux de 6 % mais bien au taux de 21 %.
Un relevé de régularisation a donc été établi mais la société Y ne pouvait marquer
son accord sur le relevé car elle considère que le taux de 6 % a été appliqué en
conformité avec la nature des activités exercées.
En 2009, l‟agent contrôleur interroge les Services centraux de l‟Administration
générale de la Fiscalité sur le régime applicable en l‟espèce.
En réponse, les Services centraux considèrent que le taux applicable est bien de
21 % mais la société Y pourrait bénéficier de l‟exemption visée à l‟article 44, § 2,
2°, du Code de la TVA, à condition de faire l‟objet d‟une reconnaissance de la part
d‟une autorité compétente ou de bénéficier de subsides d‟une telle autorité, ce qui
semble être le cas depuis 2009.
Entretemps, un procès-verbal de taxation a été dressé pour les années 2005 et
2006 réclamant une TVA de 21 % (au lieu des 6 % pratiqués jusqu‟alors).
Un second procès-verbal sera encore dressé pour les années 2007 et 2008.
La société Y introduit alors une demande de conciliation fiscale en invoquant le fait
que le taux de 6 % a été appliqué en conformité avec la nature des activités
exercées et que ce taux a été validé par le passé par l‟administration fiscale. Elle
revendique à tout le moins l‟application du taux de 6 % jusqu‟à la prise d‟effet de la
dénonciation (principe de bonne administration).
Entretemps, les autres sociétés exploitant le même concept sont contrôlées et la
même problématique surgit.
Deux autres sociétés franchisées solliciteront également l‟intervention du Service
de conciliation fiscale.
Après plusieurs contacts, entretiens et courriers avec les différents intervenants,
une décision globale et commune pour tous les franchisés sera adoptée.
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Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Afin de tenir compte des différents franchisés et afin de ne pas créer de
différences de traitement entre eux, il est décidé de ne pas revenir sur la période
antérieure au 1er janvier 2011. A compter du 1er janvier 2011, et dans le cadre de
la législation actuelle, les activités liées à ce concept sont exemptées de TVA. Les
différentes sociétés, appliquant ladite exemption, ont été invitées à procéder à la
révision des déductions opérées dans la déclaration TVA relative aux opérations
du 1er trimestre 2011.
L‟intervention du Service de conciliation fiscale a permis de prendre en compte un
problème global et de trouver une solution globale. Elle a aussi permis d‟éviter des
contentieux judiciaires multiples.
Illustration n° 8/2011
La société Z a acquis un immeuble et y a entrepris divers travaux de
transformation et d‟aménagement entre 2008 et 2010.
La société a opéré la déduction de la TVA sur les investissements réalisés et
postulait la restitution d‟un important crédit de TVA.
L‟objet social, tel que publié aux annexes du Moniteur, consiste en « Toutes
opérations généralement quelconques se rapportant à la prestation de services
pour des gens d’affaires et leurs sociétés ». Il y est en outre précisé que la société
pourra mettre à la disposition de tiers des bureaux équipés, des salles de réunion
communes, des espaces communs équipés, des services de fourniture de
charges communes, des infrastructures ICT, des emplacements de parking, des
services de secrétariat administratif,…
La société conclut avec ses clients un contrat par lequel elle s‟engage à fournir un
ensemble minimum indissociable de services moyennant un prix forfaitaire unique
selon les modalités d‟un contrat-type de prestations de services (et de dispositions
particulières propres à chaque client).
Cet ensemble de services comprend à la fois la mise à disposition de locaux
meublés selon certains horaires, l‟utilisation d‟une infrastructure destinée à l‟usage
commun de tous les clients (salles de réunion, sanitaires, espace de réception,
fax, photocopieuse), l‟utilisation de réseaux bureautiques et téléphoniques ainsi
que des services de diverses natures (comme l‟accueil des visiteurs, la réception
du courrier, l‟entretien des locaux, …).
La société considérait remplir toutes les conditions visées par la circulaire AFER
39/2005 relative à la mise à disposition d‟espaces immeubles par nature par un
centre de services dans le cadre d‟une prestation de services complexe.
L‟administration, quant à elle, estimait que toutes les conditions n‟étaient pas
réunies et qu‟il s‟agissait de locations immobilières exemptées (accompagnées, le
cas échéant, de prestations de services accessoires) n‟ouvrant pas de droit à
déduction de la TVA.
Un procès-verbal de taxation fut établi ainsi qu‟une retenue de crédit d‟impôt.
La société décida alors de s‟adresser au Service de conciliation fiscale. Elle
reprochait à l‟administration de ne lui avoir laissé aucune possibilité d‟exprimer
son point de vue et considérait que l‟administration faisait preuve d‟une trop
grande rigueur dans l‟application de la circulaire sur les centres de services.
Après examen des conventions et factures, une première visite sur place fut
effectuée. Plusieurs contacts furent pris avec le service de taxation compétent et
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Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
la Direction régionale qui acceptèrent finalement l‟application de la circulaire au
cas d‟espèce.
Illustration n° 9/2011
Madame X exploitait à titre indépendant une pharmacie jusqu‟à la survenance
d‟un diagnostic d‟une maladie chronique amenant à la constatation officielle d‟un
handicap. La contribuable, disposant de revenus confortables et n‟étant pas dans
le besoin ni dans les conditions, vu la hauteur de ses revenus, de revendiquer une
quelconque allocation de handicap, n‟a pas vu immédiatement l‟utilité de faire
reconnaître officiellement son handicap par le SPF Sécurité sociale.
Le développement du handicap oblige assez rapidement la contribuable à céder
son officine. Cette cession entraîne la constatation d‟une plus-value que la
contribuable entend voir taxée au taux distinct de 16,5 %. prévu à l‟article 171, 4°
b, alinéa 2, CIR 92, qui assimile à une cessation définitive forcée celle qui résulte
d‟un handicap visé à l‟article 135, alinéa 1er, 1°.
Le contrôle conteste cependant l‟application de ce taux en estimant qu‟il n‟y a pas
de caractère forcé à la cessation de l‟activité.
En phase de réclamation, la contribuable fait appel au Service de conciliation
fiscale.
Ce dernier, après avoir rencontré la contribuable et pris contact avec le SPF
Sécurité sociale, a la conviction que les éléments de fait attestent de la décision
ferme et quasi immédiate de céder la pharmacie suite à la survenance du
handicap, le délai qui s‟est écoulé entre le diagnostic et la cessation étant
totalement indépendant de la volonté de la contribuable.
Le Service de conciliation fiscale indique, par ailleurs, ne pas avoir la même
lecture de l‟article 171, 4°, b), alinéa 2, CIR 92 que l‟agent instructeur. Ce dernier
voudrait voir s‟appliquer à la contribuable les conditions requises pour la
reconnaissance d‟une cessation forcée. Pour la conciliation, il est clairement établi
qu‟il y a assimilation à cessation forcée en cas de handicap. Cette assimilation
indique que les conditions requises pour les cessations forcées sont soit remplies
d‟office, soit non applicables en cas d‟handicap.
La lecture faite par le Service de conciliation fiscale de la disposition légale est,
par ailleurs, confortée par la consultation des travaux parlementaires y relatifs.
Suite aux éléments de fait recueillis, aux attestations successives du SPF Sécurité
sociale et à une relecture attentive des dispositions légales, l‟agent instructeur
accepte finalement d‟accueillir le grief de Madame X.
Illustration n° 10/2011
Une société d‟exploitation Y, filiale à 99,9 %, a consenti des avances sans intérêts
à sa maison-mère X. Dans le chef de X, un avantage anormal ou bénévole reçu a
été taxé.
Dans le cadre des relations intra-groupe, Y n‟a pas réclamé d‟intérêts sur diverses
avances consenties à X, à savoir sur un montant qui correspond précisément à un
emprunt obligataire émis antérieurement par Y et remboursé anticipativement
ainsi que sur un montant d‟avances repris en compte courant.
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Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Par contre, sur les créances détenues à l‟égard de Y, la holding X a perçu des
intérêts calculés au taux de 5,53 % sur un emprunt obligataire et de 6,50 % sur
une avance.
Un avantage anormal ou bénévole reçu a été taxé, à concurrence de l‟équivalent
de l‟intérêt payé par Y ainsi que des intérêts qui auraient dû être payés (au taux de
4,00 %) sur l‟avance moyenne obtenue de Y.
Après introduction d‟une réclamation, les mandataires de la société holding ont
formulé une demande de conciliation. Ils ont également exprimé le souhait qu‟en
cas d‟accord, celui-ci puisse aussi porter sur les exercices suivants (exclusivement
pour le point en litige) et viser également la société d‟exploitation Y.
Au terme de la phase de conciliation fiscale, un accord global équilibré a été
trouvé, selon les modalités suivantes :
Dans le chef de X (maison-mère)
- Pour l‟année 2007
maintien de la taxation au titre d‟avantage anormal ou bénévole reçu, à
concurrence de l‟intérêt sur l‟emprunt obligataire payé par Y ;
adaptation des pertes récupérables en conséquence ;
abandon des accroissements d‟impôts de 10 %.
- Pour les années 2008 et 2009
pas de rectification des intérêts intra-groupe.
Dans le chef de Y (filiale)
- Pour les années 2007 et antérieures
pas de rectification des intérêts intra-groupe.
- Pour l‟année 2008
taxation en tant que « dépenses non admises » (libéralités) des intérêts
afférents à l‟emprunt obligataire ;
diminution de la perte récupérable à due concurrence ;
absence d‟accroissements d‟impôts.
L‟accord conclu respecte à la fois les souhaits des mandataires du groupe que la
société demanderesse chapeaute et de l‟administration, qui opère une rectification
de base imposable au niveau du groupe de sociétés. Il a été acté que l‟accord
conclu est limité strictement aux points discutés durant la période de conciliation et
qu‟il ne peut empêcher le Centre de contrôle compétent ou un autre service de
taxation de mener un contrôle sur d‟autres points que ceux visés, résultant
notamment de la sélection centralisée de dossiers.
Le Service de conciliation fiscale constate que le Directeur du centre de contrôle
et les mandataires de la demanderesse ont fait preuve d‟ouverture d‟esprit, pour
trouver de manière constructive et pragmatique une solution globale au niveau du
groupe de sociétés.
Illustration n° 11/2011
Dans le cadre de ses activités, la société demanderesse dispose de véhicules de
rallyes historiques, utilisés de manière purement professionnelle. A l‟occasion d‟un
contrôle fiscal, les charges afférentes à ces véhicules ont été rejetées en tant que
dépenses non admises, à concurrence de 25 %, en application des articles 65 et
66, CIR 92. Par contre, la société estime que ces véhicules ne peuvent être traités
en tant que véhicules de transport de personnes, compte tenu de leurs
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Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
caractéristiques spécifiques et, par conséquent, qu‟ils ne doivent pas être soumis
au régime classique impliquant un rejet de la déductibilité de 25 %.
La société a introduit une réclamation auprès du centre de contrôle, puis une
demande de conciliation auprès du Service de conciliation fiscale.
Après avoir entendu l‟ensemble des arguments présentés par la société, le
Service de conciliation fiscale a également constaté que le service contentieux
était disposé à entendre les arguments de la demanderesse, cela sous réserve de
pouvoir rendre une décision conforme à la loi et à l‟avis des Services centraux de
l‟Administration générale de la Fiscalité, avec lesquels contact a donc été pris, vu
la nature spécifique des véhicules.
Le Service de conciliation fiscale a examiné la situation au départ d‟éléments de
fait non contestés par les parties. Les véhicules ont les caractéristiques suivantes :
a. véhicules de compétition rallye catégorie 2 ;
b. ils ne circulent pas de manière habituelle sur la chaussée ;
c. ils ne sont pas destinés à circuler sur la chaussée et leurs habitacles ne
sont nullement des habitacles encore destinés au transport de
personnes ; ils ne constituent pas non plus des véhicules mixtes ;
d. ils ont un usage exclusivement professionnel.
La société a fourni les preuves confirmant la classification des véhicules.
Dans ce contexte, le Service de conciliation fiscale a pris en compte les
commentaires administratifs existants quant aux articles 65 et 66, CIR 92 ainsi
que la jurisprudence récente, où la notion d‟habitacle destiné au transport de
personnes a été précisée.
1. Circulaire et commentaire administratif en matière d‟impôts sur les revenus
En l‟espèce, la demanderesse a notamment invoqué la circulaire n° Ci.D.
19/402.192 du 10 février 1989 – 2ème livraison, qui commente la Loi-réforme de
1988, plus précisément le point II/227 fournissant une interprétation des véhicules
visés par la réglementation.
Au sujet des véhicules sur lesquels est postulée une déduction, cette circulaire
indique que leur habitacle doit donc être uniquement conçu et construit pour le
transport de personnes. Ce passage de la circulaire est mentionné à ce jour au
Com.IR 92, n° 66/18.
Dans les faits, déterminer si le véhicule entraîne des rejets de déductibilité fiscale
implique donc de vérifier si l‟habitacle du véhicule permet le transport de
personnes, au niveau de sa conception et de sa construction. L‟interprétation
administrative ne se focalise pas uniquement sur la notion d‟immatriculation.
La société demanderesse insiste sur le fait que les véhicules visés ne circulent
que pour des raisons exceptionnelles et très limitatives sur la chaussée publique,
c‟est-à-dire pour un déplacement vers le contrôle technique ou de spéciale en
spéciale.
2. Jurisprudence
Pour le problème à l‟examen, le Service de conciliation fiscale s‟est aussi
intéressé à la jurisprudence existante essentiellement en TVA et en taxe de
circulation (TC), la législation et la jurisprudence en cause se référant également à
la notion d‟habitacle destiné au transport de personnes ou non. Des lignes
61
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
directrices ressortent notamment de jugements rendus par les Tribunaux de
première instance de Liège (12 avril 2010, en matière de TC et TMC et 24
novembre 2005, en matière de TVA) et de Louvain (29 août 2006, en matière de
TVA).
Au terme de son examen des éléments de fait et des directives administratives et
tirant les enseignements de la jurisprudence, le Service de conciliation fiscale a
proposé d‟autoriser la déduction des frais afférents à des « véhicules de rallye
historiques de catégorie 2 », sans appliquer la limite prévue à l‟article 66, CIR 92.
La proposition de conciliation a été formulée par le Service de conciliation fiscale à
l‟Administration générale de la Fiscalité, qui l‟a validée compte tenu de tous les
éléments soumis.
Il en résulte que le service contentieux a accepté le grief de la demanderesse
quant à l‟admission des frais visés, étant donné que sa décision, validée par les
services centraux, reposera sur une lecture des articles 65 et 66, CIR 92,
conforme aux différentes jurisprudences remettant en cause la définition de la
notion de voiture ou voiture mixte selon la législation en matière de TC (et
accessoirement la jurisprudence allant dans le même sens selon la législation en
matière de TVA).
Illustration n° 12/2011
Le demandeur a été considéré comme isolé lors de l‟établissement de l‟imposition,
alors qu‟il s‟est marié en 2003, au Congo ; le registre national mentionne qu‟il vit
avec une personne « SANS LIEN FAMILIAL ». Lors de l‟inscription de son épouse
auprès de l‟administration communale en 2005, l‟acte de mariage, pourtant
légalisé à l‟ambassade de Belgique au Congo, n‟a pas été pris en considération,
car il y avait une faute de frappe dans le nom de son épouse. Renvoyé pour
rectification au Congo, ce document exact permet de tenir compte de la situation
réelle du ménage.
Au terme de la procédure de conciliation, dans le même sens que pour un
exercice antérieur, le service instructeur a accepté le grief du demandeur, pour les
trois exercices d‟imposition qui demeuraient en traitement, son épouse étant par
ailleurs domiciliée à la même adresse que le demandeur.
En ce qui concerne le recouvrement, des mesures de poursuites étaient en cours
durant la phase de conciliation et le montant d‟impôt incontestablement dû n‟était
pas fixé pour les exercices d‟imposition en réclamation. Après l‟intervention du
Service de conciliation fiscale, le service chargé de traiter le contentieux a rendu
les décisions de dégrèvement à très brève échéance, cela afin d‟éviter que les
mesures de poursuite (notamment saisies sur salaires) ne perdurent sans
justification.
Illustration n° 13/2011
Deux sociétés sollicitent une remise du précompte immobilier (Pr.I), pour
inoccupation d‟un bâtiment industriel. Depuis l‟arrêt de la production industrielle
qui est intervenu il y a quelques années, l‟immeuble est en vente, sans trouver
acquéreur et l‟outillage est démantelé.
En premier lieu le Service de conciliation fiscale relève que le bien immeuble
faisant l‟objet de la demande de remise du Pr.I a fait l‟objet d‟un apport en nature,
62
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
dans le cadre d‟une opération de scission partielle intervenue en application du
Code des sociétés. Dans ce contexte, sur le plan fiscal, le bien est censé ne pas
avoir changé de propriétaire.
Les conditions de remise ou modération du Pr.I s‟apprécient par année
d‟imposition et par parcelle ou partie de parcelle cadastrale.
Une remise du Pr.I a été accordée pour l‟année 2008 à la société apporteuse.
Celle-ci a ensuite réitéré sa demande de réduction pour inoccupation pour l‟année
2009, imitée par la société bénéficiaire de l‟apport en ce qui concerne l‟année
2010. Toutes deux exposent que le bâtiment industriel :
n‟est plus utilisé depuis 2007 et que le démantèlement de l‟outillage est
effectif, la production ayant cessé à cet endroit fin 2006 ;
est en vente depuis l‟arrêt de production mais sans trouver acquéreur.
Après introduction des réclamations administratives, une demande de conciliation
a été formulée.
À partir de l‟exercice d‟imposition 2009, l‟article 257, 4°, alinéa 4, CIR 92
(applicable aux biens immeubles sis en Région wallonne) prévoit que la remise ou
la réduction proportionnelle du Pr.I (d‟un immeuble bâti non meublé) ne peut plus
être accordée dans la mesure où la période d‟inoccupation dépasse douze mois.
La limitation précitée connait une exception, dans le cas où le propriétaire ne peut
pas jouir librement de son bien, de façon involontaire.
A l‟occasion des contacts avec les demandeurs, le Service de conciliation fiscale a
remarqué que les éléments présents dans le dossier de conciliation et dans les
réclamations administratives n‟établissent pas le caractère involontaire de
l‟inoccupation.
Les précisions fournies dans un premier temps par les demanderesses (insistant
sur un défaut de compétitivité de l‟unité de production, au niveau international)
tendaient à établir le caractère volontaire de l‟inoccupation. Ensuite, des éléments
historiques et contextuels ont été invoqués par le mandataire, en vue de
démontrer le caractère involontaire de l‟inoccupation.
Le Service de conciliation fiscale a toutefois dû constater qu‟aucun document
probant étayant ces derniers arguments n‟a été soumis, ni dans le cadre des
réclamations administratives, ni durant la phase de conciliation qui s‟est étalée sur
plusieurs mois. Il a été souligné, quant à la notion de force majeure, qu‟elle
s‟apprécie au regard des circonstances de fait. La jurisprudence s‟est déjà
penchée à de nombreuses reprises sur le principe général de droit que constitue
la force majeure ; elle vérifie si l‟inoccupation résulte effectivement de raisons
indépendantes de la volonté du propriétaire ou du titulaire de droit réel qui peut
disposer du bien. Pour ce faire, il incombe au propriétaire ou au titulaire de droit
réel de prouver qu‟il a vainement accompli toutes les étapes qu‟un bon père de
famille aurait suivies, dans les mêmes circonstances, pour tenter d‟éviter la
désaffectation de l‟immeuble.
Pour les années 2009 à 2011, dans l‟état du dossier en fin de conciliation, aucun
élément de nature à établir le caractère involontaire de l‟inoccupation et de
l‟improductivité n‟était disponible. Par conséquent, l‟article 257, 4°, CIR 92 ne
permettait pas l‟accueil des demandes de remise du précompte immobilier et le
Service de conciliation fiscale n‟a pu que constater le désaccord persistant entre
les demanderesses et le service administratif.
63
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Illustration n° 14/2011
Un contribuable salarié (X) conteste une rectification apportée à sa déclaration
fiscale, qui porte sur des revenus dont il n‟est pas le bénéficiaire.
Il ressort des vérifications qu‟un autre salarié (Y) a communiqué erronément le
numéro national du demandeur (X) à son employeur.
L‟employeur de Y a alors établi une fiche de rémunérations 281.10 mentionnant
les coordonnées exactes du salarié (Y) mais un numéro national erroné (deux
chiffres inexacts), celui de (X), malgré un check-digit correct.
Interrogé par le service chargé de traiter le contentieux, l‟employeur a reconnu
l‟erreur et a établi une fiche corrective. Le service contentieux a alors accordé un
dégrèvement d‟impôt.
Il reste que dans ce cas particulier, la fiche de rémunérations 281.10 mentionnant
les coordonnées exactes du salarié (Y) mais un numéro national erroné (inversion
de deux chiffres, dont un dans le code de contrôle), celui de (X), a été insérée
dans la session « MyMinfin » du contribuable X.
Celui-ci a donc eu accès à l‟identité et a pu prendre connaissance des revenus
mentionnés sur la fiche du contribuable Y, ce qui pose un problème de respect de
la vie privée. Certes, ceci résulte clairement d‟un concours de circonstances
malheureux, puisque malgré l‟inversion de deux chiffres, le code de contrôle est
resté valide.
Cela étant, en ce qui concerne les informations consultables par un citoyen dans
« MyMinfin », il conviendrait de s‟assurer qu‟il existe une concordance entre :
- le numéro national et
- les coordonnées complètes (identité et adresse).
Une recommandation en ce sens est formulée en page 91.
Illustration n° 15/2011
Les contribuables ont bénéficié d‟intérêts générés par un livret d‟épargne, dont ils
sont co-titulaires. Ils contestent les retenues de précompte mobilier (Pr.M) opérées
à la source par l‟intermédiaire financier dépositaire.
Durant la phase de conciliation, l‟existence de deux réclamations, ayant
partiellement le même objet, a été confirmée :
l‟une introduite par l‟intermédiaire financier, en leur nom, auprès d‟une
direction régionale ;
l‟autre introduite directement par les bénéficiaires des intérêts, traitée par un
service de taxation.
De ce fait, le Service de conciliation fiscale a informé le gestionnaire de la
réclamation au service de taxation que la réclamation qui lui est confiée forme
partiellement double emploi avec celle déjà traitée par la direction régionale, ceci
afin d‟éviter que deux décisions soient rendues à propos du même grief.
Au terme de la conciliation, il est souligné que les intérêts visés constituent, en
principe, des revenus non imposables au titre de revenus des capitaux et biens
mobiliers, en vertu de l‟article 21, 5°, CIR 92 et de l‟article 2 AR/CIR 92. Le Pr.M a
donc été retenu à tort, point du vue que partage le service chargé de traiter le
contentieux. Le remboursement dudit Pr.M a eu lieu.
Une recommandation visant à éviter un double remboursement éventuel ou des
décisions contradictoires est formulée en page 91.
64
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Illustration n° 16/2011
Madame X, indépendante à titre accessoire, nouvellement installée a dû procéder
à une série d‟investissements importants pour pouvoir accueillir sa clientèle et
lancer son activité. Elle voit ses pertes professionnelles, issues des deux
premiers exercices d‟activité, ramenées à zéro par son contrôle. L‟unique
motivation de ce rejet se base sur un courant jurisprudentiel considérant que la
répétition de pertes tend à prouver le caractère déraisonnable des frais
revendiqués. L‟article 53, 10°, CIR 92 enlevant le caractère professionnel auxdits
frais déraisonnables revendiqués. Les jurisprudences évoquées étant, par ailleurs,
contredites par d‟autres jugements plus récents ou des instances supérieures.
Devant, ce qu‟elle perçoit, même au stade de la réclamation, comme étant une
position indiscutable pour l‟administration fiscale, Madame X fait appel au Service
de conciliation fiscale.
Dans les premiers contacts pris par le Service de conciliation fiscale avec l‟agent
instructeur de la réclamation, apparaît une nette divergence sur le fait qu‟une telle
manière de taxer relève de l‟arbitraire. La taxation, quand elle vise l‟ensemble des
frais ayant mené à la perte, sans analyser individuellement en quoi certains de
ceux-ci seraient déraisonnables (il s‟agit alors de l‟ensemble de la perte
professionnelle qui est jugée déraisonnable et auquel le caractère professionnel
est retiré) ou quand elle ignore que les pertes peuvent découler d‟une charge
d‟amortissements importante en début d‟activité, ne peut autrement être qualifiée
pour la conciliation. L‟agent instructeur se ralliant en définitive à cette approche,
projette d‟effectuer à la fois un contrôle sur place des installations, des
investissements et de manière individuelle des postes de frais pour y trouver
d‟éventuelles dépenses exagérées. Au terme de ce contrôle, l‟agent instructeur
accueille en définitive le grief de Madame X et valide l‟existence de pertes
professionnelles, amplement justifiées par la charge d‟amortissements inhérente
aux investissements (seules les règles d‟évaluation de l‟amortissement de certains
investissements seront revues avec accord de la contribuable).
Illustration n° 17/2011
Monsieur X, détenteur à titre privé des brevets requis, est instructeur théorique au
sol en aviation. Ses cours sont dispensés en qualité d‟indépendant à de futurs
pilotes privés.
Afin d‟asseoir sa position d‟instructeur au sein de l‟école qui l‟emploie à titre
indépendant, mais également pour élargir les formations à dispenser et le public
cible, Monsieur X suit des brevets complémentaires amenant à pouvoir devenir
tant instructeur de futurs pilotes de ligne que moniteur dans la formation pratique
des futurs pilotes privés. Cette formation étant fort onéreuse, les revenus de son
activité indépendante de formateur théorique au sol ne suffisent pas à couvrir ses
dépenses et son activité indépendante accessoire se traduit, pour les deux
premiers exercices, par une perte professionnelle.
Monsieur X voit ses pertes professionnelles ramenées à zéro, suite à un contrôle
portant sur deux exercices. Une partie de la motivation de cette mise à zéro
repose sur la contestation du caractère « professionnel » des dépenses de
formation. Le caractère professionnel des frais est à la fois contesté au vu de
l‟absence de revenus professionnels immédiats qui en découle et au vu de
65
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
l‟avantage privé lié à l‟obtention desdits brevets. L‟activité est, dès lors, associée à
l‟exercice d‟un « hobby » pour justifier, en partie, d‟un rejet de pertes à caractère
non professionnel.
Monsieur X ayant à maintes reprises justifié du caractère professionnel de ces
dépenses, s‟en remet au Service de conciliation fiscale. Après rencontre des
parties et de nombreuses médiations, l‟agent instructeur arrive à se forger sa
conviction quant au caractère professionnel des dépenses et donc de la perte en
découlant. La motivation du rejet des pertes sur le caractère potentiellement à but
privé des formations visées étant abandonné.
B. Administration générale de la Perception et du Recouvrement
1) Résultat chiffré des dossiers clôturés :
Le diagramme sub B du § 1er relevait que 519 dossiers clôturés concernaient
l‟Administration générale de la Perception et du Recouvrement. Cela représentait
47 % de l‟ensemble des dossiers clôturés de type « Conciliation fiscale » en 2011.
Le tableau suivant ventile le résultat proprement dit des dossiers clôturés
concernant l‟Administration générale de la Perception et du Recouvrement.
Dessaisissement
Accord mutuel
Irrecevable
Désaccord
persistant
TOTAL
NL
149 81 25 10 265
FR
87 99 55 13 254
TOTAL
236 180 80 23 519
236 dossiers sur 519 ont été déclarés irrecevables.
Parmi les 283 dossiers recevables, 180 se sont soldés par un accord mutuel.
66
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Le graphique ci-dessous reflète les résultats selon le type de clôture :
L‟irrecevabilité est en général une cause de clôture étrangère au Service de
conciliation fiscale.
La majorité des cas d‟irrecevabilité résulte de l‟absence de conflit avec le
Receveur des Contributions directes et de la TVA. En effet, on constate
fréquemment que le redevable s‟adresse au Service de conciliation fiscale
prématurément sans s‟être adressé préalablement au fonctionnaire compétent.
67
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Si l‟on fait abstraction des dossiers déclarés irrecevables, les dossiers clôturés
déclarés recevables se répartissent comme suit :
68
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
2) Illustrations :
Les dossiers suivants permettent d‟illustrer l‟apport effectif du Service de
conciliation fiscale :
Saisie-exécution mobilière
Illustration n° 18/2011
Une mère sollicite l‟intervention du Service de conciliation fiscale au nom de son
fils qui, en sa qualité d‟héritier légal, fait l‟objet de poursuites pour des dettes de
son père en matière d‟impôt des personnes physiques.
Il s‟agit en premier lieu d‟une demande visant à l‟arrêt de la procédure de
recouvrement forcé qui a déjà donné lieu à une saisie-exécution mobilière.
L‟intéressée conteste également que son fils soit tenu au paiement des
impositions en cause et soutient en outre que la dette serait prescrite.
Afin d‟éviter des frais inutiles, le Service de conciliation fiscale met tout en œuvre
pour suspendre provisoirement la procédure d‟exécution de manière à pouvoir
procéder à un examen détaillé du dossier.
Après avoir effectué les constatations nécessaires desquelles il ressort qu‟aucun
manquement ne peut être reproché à l‟administration (tant sur le plan de
l‟établissement de l‟impôt que de son recouvrement), l‟intéressée a été invitée à
un entretien en vue de clarifier la situation et éventuellement d‟aboutir à un accord.
Cette invitation a été réitérée à trois reprises mais sans résultat. L‟intéressée a fait
comprendre qu‟elle ne souhaitait pas accéder à cette demande.
Dans un tel dossier pour lequel il faut examiner si les différentes démarches ont
été effectuées correctement, il est essentiel de réunir les pièces nécessaires et de
contacter à cette fin les services concernés. Une telle enquête requiert toutefois
un certain temps. C‟est pourquoi, l‟on s‟efforce toujours d‟obtenir une suspension
des poursuites éventuelles de manière à ce que la partie demanderesse ne soit
pas confrontée à des frais de poursuites supplémentaires. A cette fin, le Service
de conciliation fiscale prend contact avec le Receveur compétent de manière à
convenir d‟un délai raisonnable dans lequel la conciliation pourrait être clôturée.
Comme cela a été tenté dans le cas présent, il est utile pour les dossiers assez
complexes d‟inviter l‟intéressé ou les intéressés à un entretien personnel pour
expliquer de manière détaillée la situation et l‟évolution du dossier. Cette manière
de procéder tend à éviter des malentendus et à aboutir à des solutions sans que
le litige soit soumis à l‟appréciation d‟un tribunal.
Si l‟intéressé ne souhaite pas donner suite à l‟invitation du Service de conciliation
fiscale, celui-ci ne peut que synthétiser l‟ensemble de ses constatations dans un
rapport qui clôture la conciliation. Le Receveur peut alors reprendre la procédure
de recouvrement.
Prescription alléguée de créances TVA
Illustration n° 19/2011
Outre un certain nombre de manquements en matière de procédure, un redevable
de TVA invoque la prescription de deux créances TVA. La prescription a été
69
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
interrompue à une adresse à propos de laquelle il est apparu ultérieurement
qu‟elle n‟était plus celle du destinataire au moment de l‟envoi par pli recommandé
de la contrainte interruptive de prescription, celui-ci ayant été radié d‟office environ
trois semaines avant la date de l‟acte interruptif.
Les démarches préalables effectuées par le conseil du redevable auprès des
services chargés du recouvrement de la TVA n‟ont pas permis de trouver une
solution. Avant d‟engager une action en justice, l‟avocat s‟adresse au Service de
conciliation fiscale.
Le Service de conciliation fiscale a examiné le dossier et pris contact avec
l‟avocat. Au cours de cet entretien préalable, il a été convenu que les
manquements invoqués au niveau de la procédure ne résisteraient pas dans le
cadre d‟une procédure devant un tribunal. Par contre, à propos de la prescription,
s‟il a été constaté en toute objectivité qu‟aucun reproche ne pouvait être adressé
au Receveur lui-même (il a procédé à l‟interruption de la prescription à l‟adresse
dont il disposait d‟après les moyens informatiques limités de l‟époque et le pli
recommandé ne lui a pas été retourné avec la mention « n‟habite plus à
l‟adresse »), le résultat d‟une procédure judiciaire portant sur cette question ne
pouvait pas être évalué. En outre, une telle procédure fait perdre du temps aux
deux parties et son coût peut s‟avérer particulièrement élevé. Partant de ce
constat, il a été proposé que le Service de conciliation fiscale examine auprès des
services TVA concernés si, compte tenu des circonstances propres à ce dossier et
afin d‟éviter toute action en justice, des concessions ne pouvaient pas êtres faites
à propos du montant important des accessoires qui s‟étaient ajoutés au fil du
temps au montant de la TVA. En définitive, un accord a pu être conclu par le biais
d‟une exonération partielle des intérêts et d‟une remise des amendes
administratives. Ces deux mesures de grâce peuvent en effet être accordées par
le directeur régional de la TVA dans des cas spéciaux.
Le Service de conciliation fiscale a pris acte de l‟accord intervenu dans un rapport
de conciliation reprenant également les conditions requises : les mesures de
faveur précitées ne produisent leurs effets qu‟à la condition que le redevable de la
taxe renonce définitivement, par écrit et de manière irrévocable à invoquer la
prescription et moyennant le paiement intégral du montant restant dû.
Recouvrement à charge des conjoints
Illustration n° 20/2011
Monsieur B et Madame E se sont mariés en 2004 en Tunisie. Leur divorce a été
transcrit en 2008 dans les registres de l‟état civil.
Pour l‟exercice d‟imposition 2009, un remboursement en matière d‟impôt des
personnes physiques est établi au nom de Madame E.
Ce remboursement est affecté par le Receveur des contributions directes
compétent au paiement de cotisations à l‟impôt des personnes physiques enrôlées
au nom des deux époux pour l‟exercice d‟imposition 2006.
Le conseil de Madame E conteste cette mesure au motif que les époux étaient
mariés sous le régime légal tunisien qui prévoit la séparation des biens, que le
remboursement d‟impôt constitue un revenu propre dans le chef de Madame E et
que les cotisations sur lesquelles le remboursement a été affecté se rapportent
exclusivement aux revenus de Monsieur B.
70
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Le Receveur conteste ce point de vue et estime que les époux étaient mariés sous
le régime légal belge.
Compte tenu de ce désaccord persistant, le conseil de l‟intéressée a introduit une
demande de conciliation fiscale.
Dans ce dossier, le Service de conciliation fiscale s‟est attaché à déterminer le
régime matrimonial applicable aux époux conformément aux dispositions du Code
de droit international privé en invitant les parties à produire les éléments de preuve
dont chacune disposait.
L‟article 49, § 1er de ce Code pose en principe que le régime matrimonial est régi
par le droit choisi par les époux. Ce choix est toutefois limité aux droits visés à
l‟article 49, § 2 du Code.
L‟article 52, alinéa 1er, du Code précise que le choix du régime matrimonial doit au
moins faire l‟objet d‟un écrit daté et signé des deux époux.
D‟autre part, l‟article 51, 1° du Code de droit international privé précise qu‟à défaut
de choix exprimé par les époux, le régime matrimonial est régi par le droit de l‟Etat
sur le territoire duquel l‟un et l‟autre des époux fixent pour la première fois leur
résidence habituelle après la célébration du mariage.
Dans un premier temps, les documents produits par le conseil de Madame E
prêtent à discussion et ne permettent pas de convaincre le Receveur du fait que
les époux auraient opté pour le régime matrimonial prévu par le droit tunisien ou
encore qu‟ils auraient fixé leur résidence habituelle en Tunisie après la célébration
du mariage.
En définitive, le conseil de Madame E a transmis au Service de conciliation fiscale
une copie de l‟acte de mariage et de sa traduction dont il ressort que les époux
avaient opté pour le régime de la séparation des biens. Le Receveur a dès lors
marqué son accord sur la restitution de la somme affectée.
Le conflit a été ainsi résolu dans le cadre de la conciliation fiscale, ce qui a permis
d‟éviter l‟introduction d‟une action en justice.
Illustration n° 21/2011
Madame C a introduit une demande de conciliation fiscale relative à sa situation et
à celle de son ex-époux en matière d‟impôt des personnes physiques pour
l‟exercice d‟imposition 2005.
Une première cotisation donnant lieu à un remboursement de 2.751,35 € a été
établie sur les revenus des deux conjoints. La totalité de ce remboursement se
rapporte aux revenus de Madame C.
A la suite d‟une rectification des revenus de l‟époux, un deuxième enrôlement
donnant lieu à un montant à payer de 2.644,29 € a été effectué.
Madame C a introduit une réclamation contre ces deux impositions invoquant
l‟existence d‟une séparation de fait intervenue en 2003.
Le Directeur régional des contributions directes compétent reconnaît que les
revenus des deux époux devaient être imposés distinctement en raison de leur
séparation. En conséquence, il dégrève les deux impositions en cause tout en
précisant que le remboursement initial de 2.751,35 € sera récupéré lors de
71
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
l‟établissement d‟une cotisation de remplacement en application de l‟article 355,
alinéa 2, du Code des impôts sur les revenus11.
La cotisation de remplacement est effectivement établie pour un montant de
2.629,67 €.
Cette somme, augmentée des intérêts de retard, a été retenue par le notaire
chargé de recevoir l‟acte de vente d‟un immeuble appartenant à Madame C.
Dans sa demande de conciliation fiscale, l‟intéressée affirme ne jamais avoir perçu
le remboursement initial de 2.644,29 € et ne comprend dès lors pas pourquoi ce
remboursement est récupéré dans son chef lors de l‟enrôlement de la cotisation
de remplacement.
Le remboursement initial a en fait été affecté au paiement de différentes
cotisations en matière d‟impôt des personnes physiques, précompte immobilier et
taxe de circulation.
Le Service de conciliation fiscale a toutefois constaté qu‟une partie des ces
cotisations ne pouvaient pas être recouvrées sur les revenus de Madame C et a
proposé d‟affecter les sommes indûment imputées au paiement de la cotisation de
remplacement.
A la suite de cette opération, un nouveau décompte des sommes dues par
Madame C a été établi.
La somme consignée en l‟étude du notaire a été versée en partie à Madame C et
en partie au Receveur des contributions directes chargé de recouvrer la cotisation
de remplacement.
Madame C s‟est déclarée heureuse de cette solution et a remercié le Service de
conciliation fiscale pour son aide dans ce dossier complexe.
Il est malaisé parfois pour le contribuable d‟appréhender la législation fiscale.
En l‟espèce, les explications ont été fournies à l‟intéressée à propos de la
« récupération » prévue par l‟article 355, alinéa 2, du Code des impôts sur les
revenus et des règles relatives au recouvrement de l‟impôt à charge des conjoints,
lesquelles sont susceptibles d‟être influencées notamment par la nature de l‟impôt
à recouvrer, l‟exercice d‟imposition auquel l‟impôt est rattaché, le régime
matrimonial des époux ou leur séparation.
En définitive, une solution suscitant l‟adhésion de l‟intéressée et permettant
d‟accélérer la perception de la créance fiscale a été dégagée conformément aux
objectifs spécifiques assignés au Service de conciliation fiscale.
Termes et délais
Illustration n° 22/2011
Suite à un déséquilibre entre ses dépenses et ses recettes provenant, d‟une part,
de subsides et, d‟autre part, de paiements reçus dans le cadre de son activité,
l‟ASBL X a rencontré d‟importantes difficultés pour payer le précompte
professionnel.
Les gestionnaires de l‟ASBL X ont alors introduit une demande de facilités de
paiements auprès des deux Receveurs des contributions directes concernés.
11
Celui-ci dispose que : « lorsque l’imposition annulée a donné lieu à la restitution d’un crédit
d’impôt, d’un précompte ou d’un versement anticipé, il est tenu compte de cette restitution lors
de l’établissement de la nouvelle cotisation de remplacement ».
72
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Si un accord a pu être trouvé avec un des Receveurs, le second a quant à lui
refusé le plan proposé par l‟ASBL X.
Postérieurement à ce refus, le Receveur a entamé des procédures de
recouvrement forcé et a notamment procédé à la saisie des subsides qui devaient
être versés à l‟ASBL.
Suite à ces mesures d‟exécution, l‟ASBL X a réitéré sa demande d‟obtention d‟un
plan d‟apurement, laquelle a fait l‟objet d‟un nouveau refus.
L‟ASBL sollicite alors l‟intervention du Service de conciliation fiscale. Dans sa
demande, l‟ASBL explique l‟origine de ses problèmes et fait état de l‟adoption en
2010 d‟un plan de redressement incluant la cession des activités déficitaires et la
compression de certains frais.
Après avoir recueilli auprès de l‟ASBL X différents documents relatifs à sa
situation financière et aux mesures de restructuration adoptées, le Service de
conciliation fiscale adresse au Receveur un inventaire de ces mesures ainsi qu‟un
état actualisé de leur concrétisation.
Sur la base des renseignements communiqués par le Service de conciliation
fiscale, le Receveur accepte d‟accorder le plan d‟apurement proposé par l‟ASBL
X. Ce plan est respecté par l‟ASBL.
Dans ce cas concret, l‟intervention du Service de conciliation fiscale a permis,
d‟une part, d‟aboutir à une position homogène dans le chef des deux Receveurs
concernés et, d‟autre part, d‟éviter la mise en liquidation de l‟ASBL X. Par la
communication au Receveur de l‟inventaire détaillé des problèmes rencontrés par
l‟ASBL X et des solutions mises en œuvre par celle-ci pour y remédier, le Service
de conciliation fiscale a permis de dissiper l‟incompréhension qui s‟était installée
entre les parties.
Illustration n° 23/2011
Ce dossier a trait à une société qui sollicite du Receveur des contributions directes
compétent des facilités de paiement en matière de précompte professionnel. A
titre de garantie, la société est disposée à faire inscrire une hypothèque
conventionnelle sur un immeuble sis à l‟étranger et appartenant à une société de
droit étranger.
De prime abord, le Receveur n‟était pas disposé à accorder les facilités de
paiement eu égard à l‟origine de l‟immeuble. La contre-proposition du Receveur
consistant à accorder des délais de paiement supplémentaires à la condition
qu‟une hypothèque conventionnelle soit prise sur un immeuble (sis en Belgique)
appartenant à un des associés ne peut être acceptée.
Après intervention du Service de conciliation fiscale et pourparlers avec le
Receveur compétent en vue de discuter d‟autres modalités de paiement
éventuelles, deux autres options ont été présentées à la société :
1) des facilités de paiement sur une période de 12 mois moyennant une
hypothèque conventionnelle selon les modalités décrites ci-dessus ;
2) des facilités de paiement sur 6 mois sans hypothèque conventionnelle.
Ces possibilités ont fait l‟objet de discussions avec l‟avocat de la société qui se
rallie à un plan d‟apurement de 6 mois.
73
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Illustration n° 24/2011
Monsieur X se trouve confronté à un important arriéré en matière de TVA. Cet
arriéré fait suite à un contrôle opéré en 2010 et doit faire l‟objet d‟un paiement
immédiat.
Dans un premier temps, le Receveur de la TVA compétent avait accordé en 2010
un plan d‟apurement au redevable à la condition qu‟aucune nouvelle dette TVA ne
survienne dans l‟intervalle. Monsieur X n‟ayant pas respecté cette condition, le
Receveur a annulé le plan d‟apurement de sorte que l‟ensemble de la dette doit
être payé immédiatement.
Le redevable introduit une (première) demande de conciliation fiscale en
novembre 2010.
Un (nouveau) plan d‟apurement a été sollicité auprès du Receveur de la TVA
compétent. Compte tenu des difficultés financières spécifiques et temporaires de
Monsieur X, le Receveur a réduit à 250 € le montant des versements
hebdomadaires exigés.
Au mois d‟octobre 2011, Monsieur X a repris spontanément contact avec le
Service de conciliation fiscale. En raison de la baisse de ses revenus au cours de
la période estivale, il n‟est plus à même de respecter scrupuleusement le plan
d‟apurement qui lui a été accordé au mois de novembre de l‟année précédente. A
la suite de ces manquements, le Receveur de la TVA a fait signifier le 4 octobre
2011 un commandement de payer la dette fiscale. A défaut de paiement, le
Receveur procéderait à la saisie des meubles, du véhicule ou de l‟immeuble, ce
qui empêcherait Monsieur X de poursuivre son activité et de payer ses dettes
fiscales.
Au cours d‟un entretien personnel entre Monsieur X et le Service de conciliation
fiscale, l‟intéressé a fait part du fait que s‟il n‟obtenait pas un plan d‟apurement
raisonnable, il n‟aurait d‟autre choix que de se tourner vers les dispositions de la
loi sur la continuité des entreprises. Le redevable avait déjà recueilli toutes les
informations nécessaires à cet effet auprès d‟un avocat.
Le jour même, le Service de conciliation fiscale a pris contact par téléphone avec
le Receveur de la TVA qui était disposé à suspendre la procédure d‟exécution à
condition que le redevable effectue le paiement partiel proposé au plus tard le 19
octobre 2011 et lui adresse la preuve de paiement par fax ou par courriel.
L‟intervention du Service de conciliation fiscale a permis d‟aboutir in extremis à un
arrangement dont le Receveur de la TVA puisse également se satisfaire.
Nonobstant le fait que le redevable n‟a pas entièrement donné suite à la demande
de paiement immédiat du Receveur de la TVA, ce dernier a néanmoins fait preuve
de compréhension à l‟égard de la situation difficile à laquelle Monsieur X était
confronté : la procédure a été suspendue auprès de l‟huissier de justice et un
nouveau plan d‟apurement prévoyant des versements mensuels de 700 € a été
accordé à Monsieur X.
Surséance indéfinie au recouvrement
Illustration n° 25/2011
Un comptable a demandé précédemment une conciliation fiscale dans le cadre de
la solution de réclamations de son client en matière d‟impôt des personnes
74
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
physiques. Une fois le problème de la taxation résolu, il tente également de
régulariser la situation de son client sur le plan du recouvrement. A cet effet, il a
introduit une demande de surséance indéfinie au recouvrement auprès du
Directeur régional compétent. Ce dernier a rejeté la demande et l‟intéressé a
introduit un recours contre cette décision.
Il sollicite à nouveau une conciliation fiscale dans le cadre de la procédure de
recours devant la Commission de recours Surséance indéfinie au recouvrement.
Le Service de conciliation fiscale déclare la demande recevable (sur la base
également des considérations reprises dans les travaux préparatoires de la loi
instituant le Service de conciliation fiscale) tout en attirant l‟attention sur
l‟autonomie et l‟objectivité de la Commission de recours, composée de trois
Directeurs régionaux du recouvrement des contributions directes (autres que celui
qui a pris la décision attaquée) et présidée par l‟Administrateur général de
l‟Administration générale de la Perception et du Recouvrement, ce qui rend
impossible tout pourparler préalable avec l‟un ou l‟autre membre siégeant au sein
de cette commission ou avec le président de la commission. Le Service de
conciliation fiscale analyse toutefois immédiatement les motifs sur lesquels se
fonde la décision de rejet du Directeur régional du recouvrement, consulte le
dossier du recours au Secrétariat de la Commission de recours et a un entretien
avec le comptable qui représente le redevable dans le cadre de la demande de
surséance indéfinie. Au cours de cette discussion, les arguments en question ont
été abordés et il a été examiné en toute objectivité quels documents probants et
quels éléments l‟intéressé devait réunir de manière à pouvoir les développer au
cours de la séance de la Commission de recours. Un court rapport de cet entretien
a été adressé au secrétaire de la Commission de recours Surséance indéfinie au
recouvrement des impôts directs. Dès lors que le redevable était déjà assisté d‟un
comptable, l‟assistance effective du Service de conciliation fiscale n‟a pas été
jugée utile au cours de la séance de la Commission de recours.
Ultérieurement, le Service de conciliation fiscale a reçu par l‟intermédiaire du
secrétaire de la Commission de recours une copie de la décision par laquelle la
Commission de recours accorde au requérant, dans la mesure qu‟elle détermine,
la surséance indéfinie au recouvrement.
Règlement collectif de dettes
Illustration n° 26/2011
Cette demande de conciliation portait initialement sur une demande d‟information
relative à la destination réservée à des remboursements d‟impôt accordés par le
passé. Les intéressés ont bénéficié pendant plusieurs années de la procédure de
règlement collectif de dettes. Les remboursements auxquels ils avaient droit ont
été versés au médiateur de dettes après que les affectations au paiement des
dettes fiscales restant dues aient été réalisées conformément à ce qui est prévu et
autorisé par la loi.
Les intéressés étaient toutefois convaincus qu‟au fil des ans, l‟administration avait
retenu et perçu une somme supérieure au montant des impôts effectivement dus.
En outre, un remboursement aurait encore été imputé après la fin du règlement
collectif de dettes alors qu‟un jugement leur a accordé la remise du solde de leur
dette comme c‟est fréquemment le cas au terme de cette procédure.
75
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Après un examen approfondi, le Service de conciliation fiscale a pu fournir un
relevé de l‟ensemble des remboursements auxquels les intéressés ont eu droit
dans le passé ainsi que de la destination qui leur a en définitive été réservée. Il
ressort de ce relevé que toutes les sommes ont été correctement imputées (sur
les montants restant dus en matière d‟impôt direct ou de TVA) et / ou ont été
versées sur le compte rubriqué géré par le médiateur de dettes.
Seule l‟affectation d‟un remboursement d‟impôt établi après la clôture de la
procédure de règlement collectif de dettes a nécessité un examen plus approfondi.
Après une analyse minutieuse du déroulement du règlement collectif de dettes, il a
été constaté que le dernier remboursement établi en matière d‟impôt des
personnes physiques a en définitive été indûment affecté au paiement d‟une dette
TVA. Dès lors que la remise effective de dette a un effet rétroactif conformément
au jugement final prononcé dans le cadre de cette procédure de règlement
collectif de dettes, il ne pouvait en être tenu compte au moment du traitement du
remboursement en cause. Il a pu être procédé au remboursement effectif de la
somme indûment retenue après que le Service de conciliation fiscale ait expliqué
cette situation particulière aux services recouvrement TVA concernés.
Eu égard à la complexité du dossier et au fait que les intéressés avaient la
conviction que l‟administration avait perçu un montant largement supérieur à celui
de leur dette, une entrevue a été organisée avec eux de manière à pouvoir leur
fournir personnellement les explications nécessaires. Toutes les informations ont
été partagées de manière ouverte et détaillée avec les intéressés, ce qui leur a
permis de constater que l‟administration n‟avait nullement perçu plus que ce
qu‟elle devait percevoir. Par la même occasion, ils ont reçu un aperçu clair des
sommes versées sur le compte de la médiation de dettes. Ceci les a incités à
demander au médiateur de dettes des précisions quant à la destination qu‟il a
concrètement réservée à ces montants.
76
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
C. Administration générale de la Documentation patrimoniale
1) Résultat chiffré des dossiers clôturés :
Le diagramme sub B du § 1er relevait que 113 dossiers clôturés concernaient
l‟Administration générale de la Documentation patrimoniale. Cela représentait 10%
de l‟ensemble des dossiers clôturés de type « Conciliation fiscale » en 2011.
Le tableau suivant ventile le résultat proprement dit des dossiers clôturés
concernant l‟Administration générale de la Documentation patrimoniale.
Dessaisissement
Accord mutuel
Irrecevable
Désaccord
persistant
TOTAL
NL
24 25 42 0 91
FR
6 11 5 0 22
TOTAL
30 36 47 0 113
30 dossiers sur 113 ont été déclarés irrecevables.
Parmi les 83 dossiers recevables, 36 se sont soldés par un accord mutuel.
Le graphique ci-dessous reflète les résultats selon le type de clôture :
77
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
L‟irrecevabilité est en général une cause de clôture étrangère au Service de
conciliation fiscale.
La majorité des cas d‟irrecevabilité résulte de l‟absence de désaccord persistant et
de demandes qui sortent de la compétence du Service de conciliation fiscale, ce
qui tend à démontrer que le champ d‟action de celui-ci n‟est pas toujours bien
connu du contribuable.
Si l‟on fait abstraction des dossiers déclarés irrecevables, les dossiers clôturés
déclarés recevables se répartissent comme suit :
78
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
2) Illustrations :
Les dossiers suivants permettent d‟illustrer l‟apport effectif du Service de
conciliation fiscale :
Droits d’enregistrement
Illustration n° 27/2011
Le litige a trait à la valeur vénale d‟un immeuble de rapport pour lequel les
acquéreurs ont payé 250.000 € et qui est estimé par l‟administration à 400.000 €.
Sur la base de cette plus-value de 150.000 €, des droits d‟enregistrement
complémentaires sont dus à concurrence de 15.000 €, augmentés d‟une amende
fiscale de 3.750 €, soit au total 18.750 €.
Au cours des discussions entre l‟expert de l‟administration et les acquéreurs, la
valeur vénale a pu être ramenée à 310.000 €. Sur la base d‟une plus-value de
60.000 €, des droits d‟enregistrement complémentaires sont dus à concurrence de
6.000 €, augmentés d‟une amende fiscale de 600 €, soit au total 6.600 €.
Après intervention du Service de conciliation fiscale, un accord a pu être dégagé
sur une plus-value de 54.000 €, c‟est-à-dire sur des droits d‟enregistrement
complémentaires de 5.400 € et une amende fiscale de 540 €, soit au total 5.940 €.
Illustration n° 28/2011
La demande de conciliation fiscale a trait au paiement des droits complémentaires
et de l‟accroissement à concurrence de 8.643,56 € en raison du non-respect des
conditions fixées aux articles 46bis et 53, 2° du Code des droits d‟enregistrement,
d‟hypothèque et de greffe (tel qu‟il est applicable en Région flamande).
L‟intéressé propose de payer ce montant au moyen de versements mensuels de
150 €.
Le Receveur de l‟enregistrement compétent refuse cette proposition qui aurait
abouti à ce que le montant total de la dette soit seulement soldé après plus de 4
ans.
Après l‟intervention du Service de conciliation fiscale, le Receveur est disposé à
accorder un plan d‟apurement de 250 € par mois compte tenu du fait qu‟on
écourte ainsi de manière raisonnable le délai de remboursement du montant total
de la dette. L‟intéressé devait toutefois se rendre chez le Receveur pour confirmer
le plan et signer un document en vue d‟interrompre la prescription.
Illustration n° 29/2011
La demande de conciliation fiscale a été introduite par X et a trait à des droits
complémentaires et à des majorations réclamés en raison du non-respect des
conditions fixées à l‟article 60 du Code des droits d‟enregistrement (tel qu‟il est
applicable en Région flamande).
Lors de l‟acquisition de l‟immeuble en cause, X et Y ont bénéficié du droit
d‟enregistrement réduit de 5% prévu par l‟article 53 du Code des droits
d‟enregistrement.
79
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Conformément à l‟article 60 du Code précité, le bénéfice de la réduction n‟est
maintenu que si l‟acquéreur ou son conjoint est inscrit à l‟adresse de l‟immeuble
acquis dans les registres de la population ou dans le registre des étrangers. Cette
inscription doit se faire dans un délai de trois ans prenant cours à la date de l‟acte
authentique d‟acquisition et doit être maintenue pendant une durée ininterrompue
de trois ans au moins. Compte tenu du fait que les intéressés n‟ont pas été inscrits
pendant une durée ininterrompue de trois ans dans l‟immeuble acquis, le
Receveur de l‟enregistrement compétent réclame le paiement d‟un montant de
7.847,50 €.
L‟article 61 du Code des droits d‟enregistrement prévoit qu‟en en cas de perte de
la réduction pour défaut d‟inscription dans le délai et pendant la durée prévue par
l‟article 60 du même Code, il est dû par l‟acquéreur, outre le droit complémentaire,
un accroissement égal à ce montant. L‟accroissement est réduit d‟office au tiers
du montant des droits complémentaires dus.
X invoque la force majeure pour le non-respect des conditions prévues par l‟article
60 du Code des droits d‟enregistrement et sollicite le maintien du bénéfice de la
réduction des droits.
X et Y ont décidé de vendre la maison en cause parce que la charge du
remboursement de l‟emprunt hypothécaire était devenue trop lourde en raison
notamment du fait que X était au chômage pour cause de réorganisation. Une
copie de la lettre de licenciement et des extraits de compte relatifs aux
remboursements des deux emprunts hypothécaires est produite à l‟appui de la
demande.
Après intervention du Service de conciliation fiscale, la force majeure a été admise
sur la base des arguments invoqués et des documents produits ; les sommes
initialement réclamées n‟ont donc pas dû être payées.
Droits de succession
Illustration n° 30/2011
La demande de conciliation fiscale a été introduite par un notaire chargé d‟établir
la déclaration de succession de Y. Au décès de Y, une somme a été versée à la
tante du défunt (ci-après X) en raison d‟un contrat d‟assurance sur la vie conclu
par Y. En 2005, X a effectué une donation à son neveu Y assortie d‟une clause de
droit de retour. Cette donation a permis à Y de conclure ultérieurement le contrat
d‟assurance dans lequel il désignait sa tante comme bénéficiaire en cas de décès
avant le terme du contrat.
La discussion a trait au caractère imposable de l‟indemnité d‟assurance au profit
de X en application de l‟article 8 du Code des droits de succession (C. Succ).
Conformément à l‟article 8, C. Succ., une telle assurance ne doit pas être imposée
si l‟assurance n‟a pas procuré d‟avantage à titre gratuit à son bénéficiaire. En
l‟espèce, la bénéficiaire de l‟assurance sur la vie a autrefois fait donation de titres
à la défunte. Une clause de retour conventionnel a été prévue en cas de prédécès
du bénéficiaire de la donation. Au cas où les titres ne se seraient pas retrouvés à
ce moment dans la succession, X aurait eu une créance à l‟égard de la
succession à concurrence de la valeur des titres donnés. En l‟espèce, les titres ont
été aliénés et un contrat d‟assurance a été conclu au moyen de leur prix de vente
par Y au profit de X.
80
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
L‟existence de cette assurance était mentionnée dans la déclaration de
succession de Y. Les intéressés invoquent toutefois l‟exonération prévue à l‟article
8 du code précité.
Avant la procédure de conciliation, l‟administration a soutenu que les pièces
produites démontrent effectivement que X a effectué une donation indirecte à Y
avec clause de retour. L‟Administration estimait également que les conditions de
la donation ne contenaient aucune obligation destinée à assurer l‟exécution de la
clause et qu‟il n‟apparaissait pas que la police d‟assurance souscrite quelques
années plus tard avait été conclue pour garantir le respect de cette clause. Selon
l‟Administration, compte tenu du fait qu‟il ne ressortait ni de la police d‟assurance
ni des conditions de la donation que le contrat d‟assurance avait été conclu en vue
de garantir la créance, rien n‟empêchait la donatrice de faire valoir tant sa créance
à l‟égard de la succession sur la base de la convention de donation que le
versement de l‟indemnité d‟assurance du contrat d‟assurance.
Entre-temps, le notaire a toutefois produit une déclaration de X dans laquelle elle
renonçait à toute créance sur la succession du donataire en raison de la donation
qu‟elle a effectuée.
Après production de cette pièce, l‟administration estime qu‟il est suffisamment
établi que l‟assurance sur la vie a été conclue au moyen du produit de la vente
des titres donnés de sorte que, en fonction des autres éléments de preuve
produits, il peut être admis que l‟assurance sur la vie, du point de vue du preneur
d‟assurance, n‟a pas été seulement conclue par intention de libéralité à l‟égard de
la donatrice/bénéficiaire. Le montant de l‟indemnité n‟est donc pas soumis aux
droits de succession.
Après intervention du Service de conciliation fiscale, l‟administration a décidé que
les droits de succession qui avaient été payés sous toute réserve pouvaient être
remboursés.
Illustration n° 31/2011
La demande de conciliation fiscale a été introduite par Madame X et Monsieur Y,
enfants et héritiers de Madame Z.
Madame Z a déclaré dans le passé avoir reçu de ses enfants respectifs une
somme d‟argent à titre de prêt pour l‟acquisition d‟un terrain et d‟une habitation.
Dans la déclaration de succession, les deux prêts effectués par les enfants par
acte sous seing privé ont été repris dans le passif immobilier.
De prime abord, le Receveur de l‟enregistrement rejette cette dette du passif.
Après intervention du Service de conciliation fiscale, l‟administration de la
Documentation patrimoniale estime qu‟eu égard aux circonstances spécifiques, la
convention de prêt est sincère (Madame Z ne pouvait en effet plus bénéficier d‟un
prêt bancaire vu son âge et le montant réduit de sa pension). La maison ainsi
acquise a été comprise par la suite dans l‟actif de la succession. La dette en
cause a par conséquent été admise au passif par l‟administration.
Illustration n° 32/2011
Madame X décède en 2007. L‟actif de la succession comprend notamment un
immeuble sis en Espagne. En 2010, une déclaration de succession
complémentaire est introduite par le Notaire instrumentant en vue de l‟application
81
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
de l‟article 17 du Code des droits de succession pour les droits de succession
payés en Espagne pour cet immeuble. Un des héritiers de Madame X, Madame Y,
décède pendant le règlement de la succession. Ce décès occasionne un retard
dans le règlement de la succession de Madame Y en Espagne.
Le Directeur régional compétent décide que le droit à restitution est déjà expiré en
application de l‟article 135, 2° du Code des droits de succession et que
l‟administration ne peut dès lors réserver aucune suite à la demande de restitution.
L‟article 135, 2°, du Code des droits de succession prévoit la possibilité d‟obtenir
la restitution des droits de succession s‟ils ont trait au paiement de droits de
succession à l‟étranger lorsque les pièces justificatives relatives au paiement des
droits de succession à l‟étranger prévues pour l‟application de l‟article 17 du même
Code ne peuvent être jointes à la déclaration initiale. L‟article 135 du Code précité
prévoit à cet effet un délai de deux ans à dater du paiement de l‟impôt effectué en
Belgique. Ce délai est prescrit à peine de déchéance mais la déchéance ne
s‟applique pas lorsque les déclarants ont été empêchés pour cause de force
majeure d‟effectuer le dépôt dans les délais. Ce délai n‟expire pas aussi
longtemps que la force majeure perdure.
Après que le Service de conciliation fiscale ait soumis le dossier au service
compétent de l‟administration, il est apparu que le décès de Madame Y, une des
héritières de Madame X, a nécessité, pendant la liquidation de la succession en
Espagne, une série de procédures complémentaires tant auprès de
l‟administration fiscale espagnole que du Notaire espagnol concerné. Il peut donc
être admis que ces procédures ont retardé le règlement de la succession. En
outre, Madame Y est décédée dans un autre Etat membre de l‟Union européenne,
ce qui a rendu l‟échange d‟informations plus complexe et a nécessité la traduction
de certains documents.
Compte tenu de ces circonstances particulières et de l‟ensemble des éléments du
dossier, l‟administration a admis l‟existence de la force majeure. La restitution
sollicitée a donc été accordée.
Revenu cadastral
Illustration n° 33/2011
La société X a introduit une réclamation contre le revenu cadastral attribué à son
nouveau garage, composé d‟un salon d‟exposition de voitures neuves, de bureaux
administratifs, d‟ateliers et d‟un hall d‟exposition de voitures d‟occasion, et qui a
été notifié en 2008.
Lors des négociations, l‟administration du Cadastre est amenée à revoir les
revenus cadastraux pour les années 2008 (RC provisoire de 56.958 €), 2009 (RC
provisoire de 53.333 €) et 2010 (RC définitif de 54.370 €). Le contribuable
n‟accepte pas les propositions de l‟administration.
Dans un premier temps, le collaborateur du Service de conciliation fiscale analyse
et examine la réclamation, le dossier administratif et la documentation d‟expertise.
Il appert que le désaccord persistant se rapporte à la valeur de construction 1975
attribuée par l‟administration au showroom. La superficie du showroom n‟est pas
contestée.
Lors de la première évaluation l‟administration avait appliqué une valeur de
construction „75 de 10.700 BEF au m² (soit 265,25 €).
82
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Ce montant a été diminué à 8.560 BEF au m² (soit 212,20 €).
Le contribuable, sur base de la valeur de construction 1975 actualisée en valeur
2007 et le coût réel de la construction en 2007, propose une valeur de
construction actualisée de 20.000 BEF au m² ce qui représente une valeur de
construction ‟75 de 7.407 BEF au m² (soit 183,62 €).
Compte tenu du fait qu‟il s‟agit d‟une construction industrielle qui, bien que
moderne, n‟a pas le même degré de finition que d‟autres garages de construction
traditionnelle, un accord est obtenu sur une valeur de construction actualisée de
20.500 BEF, soit 7.593 BEF au m² (188,22 €) valeur de construction ‟75. Cet
accord donne lieu à une diminution du revenu cadastral de 2.826 € à partir de
l‟année 2008.
D. Administration générale de la Lutte contre la fraude fiscale
Le diagramme sub B du § 1er relevait que 16 dossiers clôturés concernaient
l‟Administration générale de la Lutte contre la fraude fiscale. Cela représentait 1%
de l‟ensemble des dossiers clôturés de type « Conciliation fiscale » en 2011.
Le tableau suivant ventile le résultat proprement dit des dossiers clôturés
concernant l‟Administration générale de la Lutte contre la fraude fiscale.
Dessaisissement
Accord mutuel
Irrecevable
Désaccord
persistant
TOTAL
NL
0 13 1 1 15
FR
1 0 0 0 1
TOTAL
1 13 1 1 16
Un dossier a été déclaré irrecevable.
Parmi les 15 dossiers recevables, 13 se sont soldés par un accord mutuel.
83
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
Le graphique ci-dessous reflète les résultats selon le type de clôture :
Si l‟on fait abstraction du dossier déclaré irrecevable, les dossiers clôturés
déclarés recevables se répartissent comme suit
84
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 1
E. Administration générale des Douanes et Accises
Le diagramme sub B du § 1er relevait que 2 dossiers clôturés concernaient
l‟Administration générale des Douanes et Accises.
Un dossier a été déclaré irrecevable et l‟autre s‟est soldé par un accord mutuel.
Dessaisissement
Accord mutuel
Irrecevable
Désaccord
persistant
TOTAL
NL
1 1 0 0 2
FR
0 0 0 0 0
TOTAL
1 1 0 0 2
85
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 2
Section 2
Les impacts
§ 1er Nouvelles recommandations relatives aux dossiers traités en
2011
Indépendamment des résultats susmentionnés, il convient de préciser que le
Service de conciliation fiscale peut émettre des recommandations conformément à
ses objectifs opérationnels. Celles-ci visent à résoudre les problèmes rencontrés
individuellement au niveau des dossiers afin d‟apporter des solutions plus
globales.
En lien avec les dossiers traités en 2011, le Service de conciliation fiscale a ainsi
jugé utile d‟émettre 16 recommandations.
Recommandation n° 1/2011
Le Service de conciliation recommande, en matière de droits de succession,
d‟étudier la possibilité d‟accorder une prolongation automatique du délai de dépôt
de la déclaration, et donc du délai de paiement des droits et amendes dus, de, par
exemple, 6 à 12 mois (à déterminer) à compter de la date du décès, même si cette
prolongation est demandée après expiration du délai légal initial, dans les
successions pour lesquelles un généalogiste professionnel a été officiellement
mandaté afin de rechercher les héritiers. Dans les successions pour lesquelles un
curateur à succession vacante a été désigné par ordonnance du tribunal de
première instance et a mandaté officiellement un généalogiste professionnel afin
de rechercher les héritier(s) parce qu‟il disposait des fonds suffisants dans la
succession, cette même prolongation forfaitaire des délais de 6 à 12 mois (à
déterminer) pourrait également être accordée aux héritiers retrouvés,
indépendamment de la fixation du délai de dépôt de la déclaration, déjà accordée
par l‟administration à l‟égard du curateur, à compter du jour de sa désignation.
Recommandation n° 2/2011
L‟âge de 60 ans atteint, la taxe sur l‟épargne à long terme a été prélevée sur
l‟avoir qui a été placé sur un compte d‟épargne collectif. Vu que l‟intéressé n‟a
jamais bénéficié d‟aucune réduction d‟impôt, la taxe a été prélevée à tort.
En matière de précompte mobilier, la question se pose de savoir comment le
contribuable peut déterminer et/ou contrôler le montant à déclarer conformément
aux dispositions de l‟article 21, 8° et 262, 4°, b, du Code des impôts sur les
revenus 1992.
Concernant la taxe sur l‟épargne à long terme, le remboursement des
prélèvements injustifiés ne peut se faire que dans un délai de deux ans à partir de
leur prélèvement. Dans la pratique, les institutions financières ne semblent
demander ce remboursement qu‟au 65ème anniversaire des personnes
86
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 2
concernées, ensuite de quoi l‟administration doit s‟écarter des délais légaux pour
des raisons d‟équité. Le Service de conciliation fiscale fait une recommandation
pour qu‟une enquête soit effectuée à ce propos afin d‟édicter de nouvelles
instructions ou de faire appliquer la législation précitée.
Recommandation n° 3/2011
Conformément à l‟arrêt du 18 juin 2009 de la Cour de justice de l‟Union
européenne (C-303/07) dans l‟affaire Aberdeen, la Commission européenne a,
dans son communiqué de presse du 6 avril 2011, rendue publique sa décision de
citer la Belgique devant la Cour de justice de l‟Union européenne pour cause de
taxation discriminatoire de fonds d‟investissement étrangers.
Selon nos informations, il apparaît qu‟il y a déjà 3600 réclamations similaires en
cours début août 2011.
Vu le nombre toujours croissant de réclamations, il est indiqué que le Service de
conciliation fiscale recommande déjà au Président du Comité de direction :
de faire édicter, à court terme, des instructions que les services concernés
doivent suivre ;
de prévoir suffisamment de personnel doté de l‟expertise nécessaire pour
régler les réclamations à l‟issue de la procédure devant la Cour de justice ;
de déterminer l‟incidence budgétaire et de la communiquer aux
administrations concernées ;
de vérifier si, à la lumière de l‟arrêt de la Cour de Cassation du 7 avril 2001,
il faut tenir compte du devoir d‟information reposant sur l‟administration
d‟informer à temps les contribuables sur le droit de demander une
restitution de la surimposition découverte suite à une jurisprudence
particulière.
Recommandation n° 4/2011
Sur la base de deux demandes de conciliation, le Service de conciliation fiscale
constate que la prise en compte fiscale de l‟invalidité n‟implique pas de différence
au niveau du calcul de l‟impôt si le revenu des intéressés n‟est composé que de
pensions sur lesquelles le précompte professionnel a été retenu.
Pour ces raisons, le Service de conciliation fiscale recommande d‟effectuer une
enquête sur l‟opportunité d‟une adaptation du texte des articles 147 et 154, § 2,
alinéa 1er, 1° à 3°, du Code des impôts sur les revenus 1992 de sorte que l‟on
tienne compte, dans le calcul de l‟imposition, du fait que le contribuable est
considéré fiscalement comme étant invalide ou non.
Recommandation n° 5/2011
Le demandeur en conciliation se pose des questions sur l‟impartialité des services
de l‟Administration générale de la Fiscalité si sa réclamation est traitée par le
service qui a en même temps effectué le contrôle et ce, malgré l‟existence d‟un
désaccord persistant.
Le Service de conciliation fiscale formule par conséquent la recommandation
selon laquelle l‟Administration générale de la Fiscalité devrait se conformer à la
réponse du Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances à la Question
87
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 2
parlementaire n° 3-4228 du Sénateur Van Dermeersch datée du 2 février 2006
dans laquelle il est demandé que l‟agent ayant joué un rôle dans la phase de
taxation dans un désaccord durable ne prenne pas de décision relative à une
éventuelle réclamation.
Le principe d‟impartialité en tant que partie du principe de bonne gouvernance est
ainsi respecté.
La recommandation implique par conséquent que l‟on rappelle aux agents
concernés la question parlementaire précitée et la note de service du 11 février
2010, référence Contentieux/ 1-2010 émanant des Services centraux.
Recommandation n° 6/2011
La construction d‟un immeuble en tant que particulier donne lieu à un contentieux
durable entre le contribuable et l‟administration de la TVA concernant la
constatation d‟un déficit entre les factures présentées et le prix de la construction.
Après une enquête approfondie du dossier, il est apparu qu‟une erreur technique
s‟est glissée dans le calcul de sorte que le relevé de rectification envoyé plus tôt a
été annulé et que l‟intéressé n‟était plus redevable d‟un montant à la TVA.
Ceci n‟est toutefois pas communiqué à l‟intéressé qui reste donc ignorant de
l‟issue de la rectification.
A l‟occasion de la demande de conciliation, il est recommandé à l‟Administration
générale de la Fiscalité d‟informer le contribuable, par écrit, relativement à la
clôture du dossier construction TVA qu‟il a introduit, ainsi que du résultat de ce
dossier.
Recommandation n° 7/2011
Les indemnités pro deo payées aux avocats ne peuvent être imposées
distinctement car il n‟a pas été démontré qu‟elles ont été payées tardivement du
fait de l‟autorité publique (Cassation, 23 avril 2010).
Vu l‟impact extrabudgétaire de la Loi Salduz, vu le flou relatif aux indemnités pro
deo et vu l‟obligation de l‟administration de fournir des informations utiles au
citoyen, le Service de conciliation fiscale recommande au Président du Comité de
direction :
de faire édicter, à court terme, des instructions que les services compétents
pour le traitement des contentieux administratifs et judiciaires devront
suivre ;
de réagir à l‟invitation d‟organiser une concertation sectorielle pour qu‟un
point de vue puisse être adopté pour l‟avenir et pour que des accords clairs
puissent être établis
Recommandation n° 8/2011
Le compte courant TVA d‟une société de droit étranger présente au 31 janvier
2005, un crédit d‟impôt important que la société demande de restituer.
Après un contrôle, le crédit a été diminué du montant dû en conséquence d‟un
procès-verbal du 1er août 2005.
Le solde a déjà été redemandé à plusieurs reprises par le fondé de pouvoir, aussi
bien aux services centraux qu‟à la direction régionale. La contestation ne traite,
88
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 2
dans cette affaire, que de la question de savoir si la prescription a commencé en
conséquence des dispositions de l‟article 82 du Code de la TVA, de l‟article 8/1, §
2 et § 4 de l‟AR n° 4 du 29/12/1969 et de l‟article 100, 2° des Lois coordonnées
sur la comptabilité de l‟Etat.
Vu :
l‟insécurité juridique dans laquelle se trouve le contribuable ;
le fait que tout contribuable a droit au traitement de son affaire dans un
délai raisonnable ;
que les crédits TVA constituent un outil incontestable pour les
contribuables ;
le fait que seule une décision relative à la prescription doit encore être prise
(qui serait alors due à une absence de décision dans le délai de
prescription),
le Service de conciliation fiscale recommande, pour ce genre d‟affaires, de
prendre les décisions dans un délai fixé préalablement que l‟administration
s‟impose et d‟entretenir une communication de meilleure qualité et plus directe
avec les intéressés dans laquelle ils seraient informés de la durée probable et / ou
des problèmes particuliers pouvant ralentir le traitement de leur dossier.
Recommandation n° 9/2011
A l‟occasion d‟une demande de conciliation, un service de contrôle affirme que le
Service de conciliation fiscale n‟est pas compétent pour traiter une demande de
dégrèvement d‟office conformément aux dispositions de l‟article 376 CIR 92.
Le législateur a, dans l‟article 376quinquies CIR 92, explicitement affirmé que le
lancement d‟une procédure de réclamation par le contribuable est la confirmation
de droit fiscal du désaccord persistant sur le plan des impôts sur les revenus.
Cependant, il est clair que des désaccords persistants apparaissent également en
ce qui concerne l‟octroi de dégrèvements d‟office.
Vu la mission du Service de conciliation fiscale qui est de diminuer le nombre de
litiges judiciaires et de faciliter le recouvrement des dettes fiscales, le Service de
conciliation fiscale recommande dès lors d‟étendre l‟article 376quinquies CIR 92 à
la demande de dégrèvement d‟office.
Recommandation n° 10/2011
Un bureau d‟avocats introduit, dans l‟intérêt de l‟un de ses clients, une demande
de conciliation relative à la taxe de circulation sur la base de l‟article 2 du Code
des taxes assimilées aux impôts sur les revenus et sur la base de l‟article
376quinquies CIR 92.
Bien que la taxe de mise en circulation et la taxe de circulation ont été transférées
à la Région flamande depuis le 1er janvier 2011, l‟article 2 du Code des taxes
assimilées aux impôts sur les revenus prévoit toujours que les articles
376quinquies et 399bis CIR 92 soient encore d‟application à l‟égard de ces deux
taxes.
D‟après les travaux préparatoires, l‟objectif est que le Service de conciliation
fiscale n‟agisse que pour les difficultés relatives à l‟application des lois fiscales
pour lesquelles les Administrations générales du SPF Finances sont compétentes
89
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 2
ou pour lesquelles elles assurent le service (Doc. Parl., Ch., sess. 2006-2007, n°
2873/001, p. 87).
Les contentieux relatifs aux impôts régionaux et locaux ne relèvent pas du
domaine d‟application de la conciliation fiscale.
Le Service de conciliation fiscale recommande de développer une réglementation
légale exhaustive pour qu‟il soit clair pour tous les citoyens que le service ne peut
traiter aucune demande de conciliation relative aux questions fiscales
régionalisées pour lesquelles les services fiscaux régionaux sont compétents.
Recommandation n° 11/2011
La réglementation du « non-habitant du Royaume privilégié sans foyer d‟habitation
au prorata » par laquelle les contribuables peuvent prétendre, en vertu d‟une
clause de non-discrimination, à toutes les déductions, abattements et réductions
d‟impôts limités au prorata des revenus professionnels imposables en Belgique
par rapport aux revenus mondiaux totaux – n‟est pas applicable aux contribuables
ne bénéficiant pas de revenus professionnels comme par exemple les pensionnés
ou les allocataires.
Ils n‟ont ainsi pas droit à une somme partiellement exonérée d‟impôts, à un
supplément limité pour charge de famille ou à un quotient conjugal partiel.
Le Service de conciliation fiscale recommande dès lors de mener une enquête
relative à l‟éventuelle adaptation de la législation fiscale en la matière, de sorte
que les pensionnés et les allocataires habitant à l‟étranger puissent également
bénéficier de leurs déductions personnelles suivant une règle de prorata.
Recommandation n° 12/2011
Si, dans le cas d‟un couple marié ou cohabitant légal, l‟un des deux partenaires
décède, le veuf ou la veuve doit, dans sa prochaine déclaration fiscale, faire le
choix d‟être taxé conjointement ou non avec le partenaire décédé (choix entre les
codes 1012 ou 1013).
Le Service de conciliation fiscale constate que cette problématique soulève
beaucoup de questions auprès des citoyens et que pour faire le choix fiscal le plus
avantageux, ils doivent effectuer trois calculs : un calcul pour la taxation commune
et deux calculs pour une taxation séparée. De plus, le dossier fait apparaître que
l‟impact financier peut être considérable.
Le Service de conciliation fiscale recommande dès lors d‟analyser si le choix entre
le code 1012 et le code 1013 peut être automatisé, en tenant compte de l‟impact
financier le plus avantageux pour l‟intéressé(e).
Recommandation n° 13/2011
Le contribuable doit cesser son activité professionnelle indépendante pour des
raisons de santé en 2005. Ce n‟est qu‟en 2009 que le tribunal du travail le
reconnaît comme inapte au travail à compter de septembre 2005.
En exécution de ce jugement, l‟INAMI verse, en 2010, à l‟intéressé, une indemnité
qui se rapporte en fait à la période commençant début septembre 2005.
Dans l‟état actuel de la législation, l‟entièreté de l‟indemnité est imposée
conjointement pour l‟exercice d‟imposition dans lequel le juge a accordé le
90
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 2
montant, même si ce montant représente l‟addition de montants individuels et
exacts connus qui concernent plusieurs années distinctes.
S‟il n‟en résulte aucun litige et que l‟intéressé reçoit les sommes qui lui reviennent
à juste titre dans les années auxquelles elles se rapportent, seul un supplément
d‟impôt négligeable doit être payé.
Le traitement fiscal de son indemnité est ressenti par l‟intéressé – à juste titre –
comme une anomalie abusive.
Pour ces raisons, le Service de conciliation fiscale recommande d‟adapter l‟article
171 CIR 92 où l‟article 171,5°, CIR 92 est étendu aux « … indemnités pour perte
temporaire de bénéfices ou profits dont le paiement ou l’attribution en raison de
l’existence d’un litige judiciaire n’a eu lieu qu’après l’expiration de la période
imposable à laquelle elles se rapportent effectivement… ».
Recommandation n° 14/2011
La demande de conciliation fait apparaître que les principes de bonne
gouvernance ont été enfreints et les dispositions de la circulaire Ci. RH.
81/548.628 (AFER 21/2002) du 29 juillet 2002 n‟ont pas été respectées. Ainsi,
l‟imposition s‟appuyait sur une déclaration d‟accord qui n‟était signée que par l‟un
des deux partenaires, la notification de la taxation était insuffisamment motivée et
l‟avis de modification comportait une phrase qui ne correspond pas aux mentions
obligatoires conformément aux dispositions de l‟article 346 CIR 92.
Le Service de conciliation fiscale recommande au Président du Comité de
direction de rappeler aux services concernés les dispositions de la circulaire et de
les actualiser, là où cela s‟avère nécessaire.
Recommandation n° 15/2011
Sur la base de l‟illustration n° 14/2011 en page 64, il conviendrait de s‟assurer qu‟il
existe une concordance parfaite entre le numéro national et les coordonnées
complètes (identité et adresse) afin d‟éviter – même s‟il s‟agit de circonstances
exceptionnelles – qu‟un contribuable puisse avoir connaissance de données
personnelles d‟un autre contribuable.
Recommandation n° 16/2011
Au vu de l‟illustration n° 15/2011 en page 64, il conviendrait que l‟administration
rappelle les directives du commentaire administratif n° 366/3, qui aborde la
situation où tant le bénéficiaire que le débiteur des revenus peuvent introduire une
réclamation contre les Pr.P et Pr.M versés après retenue sur les revenus
imposables. Le second alinéa précise qu‟il faut toutefois absolument éviter qu‟une
même restitution soit accordée au débiteur et au bénéficiaire des revenus.
Outre la nécessité d‟éviter qu‟une double restitution intervienne, il conviendrait de
se prémunir également contre le risque de décisions directoriales potentiellement
contradictoires, portant sur le même objet (une même retenue de précompte),
l‟une communiquée au débiteur des revenus et l‟autre au bénéficiaire.
De plus, pour les litiges relatifs à ces précomptes, il conviendrait d‟inviter les
Directeurs régionaux à se mettre systématiquement en contact pour empêcher
91
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 2
que deux litiges similaires soient mis à l‟instruction, l‟un chez le bénéficiaire du
revenu, l‟autre chez le redevable du précompte.
§ 2. Suivi des recommandations émises
L‟impact réel du Service de conciliation fiscale s‟apprécie en fonction de la mise
en œuvre des recommandations.
Pour rappel, un des objectifs du Service de conciliation fiscale consiste à émettre
des recommandations notamment en ce qui concerne des actes ou des
fonctionnements administratifs non conformes aux principes de bonne
administration et aux lois et règlements.
Cette mission n‟a de sens que si les recommandations qui sont émises sont
judicieuses et fondées. En mettant en œuvre la recommandation, l‟autorité résout
ainsi globalement les problèmes rencontrés dans des dossiers précis et évite que
le problème ne se reproduise.
C‟est donc le suivi de la recommandation qui lui donne tout son sens et toute son
utilité.
A. Recommandations formulées dans le rapport annuel 2010
A l‟occasion du rapport annuel 2010, le Service de conciliation fiscale avait émis 7
recommandations. A ce jour, 3 recommandations ont fait l‟objet d‟un suivi effectif
et / ou d‟une mise en œuvre.
1) Recommandation n° 3/2010
A l‟occasion du rapport annuel 201012, le Service de conciliation fiscale a
recommandé à l‟Administration générale de la Fiscalité de prévoir dans le cadre IV
de la déclaration IPP, pour les revenus d‟origine étrangère, une case à cocher
permettant l‟exonération de certains revenus d‟origine étrangère.
Cette recommandation a été rencontrée et la déclaration IPP de l‟exercice
d‟imposition 2012 comportera une nouvelle rubrique dans ce sens.
2) Recommandation n° 6/2010
A l‟occasion du rapport annuel 201013, le Service de conciliation fiscale a
recommandé à l‟Administration générale de la Perception et du Recouvrement
d‟informer le redevable de la possibilité d‟introduire une demande de conciliation
fiscale lorsque le Receveur des contributions directes ou le Receveur de la TVA
envisage le recours à la saisie-exécution immobilière.
Cette recommandation a été accueillie favorablement par M. Vandercapellen,
Administrateur général a. i. de la Perception et du Recouvrement.
Pour sa part, le Service de conciliation fiscale s‟est engagé à traiter dans un court
délai les demandes qui seraient introduites dans ce cadre de manière à ce
qu‟elles n‟entraînent aucun retard dans la mise en œuvre des poursuites.
12
Recommandation 3/2010, Rapport annuel 2010, p. 43.
13
Recommandation 6/2010, Rapport annuel 2010, p. 56.
92
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 2
Concrètement, dans la dernière sommation préalable à cette forme de saisie, un
paragraphe a été ajouté par lequel le receveur informe le redevable qu‟il peut
introduire une demande de conciliation fiscale auprès du Service de conciliation
fiscale visé à l‟article 116 de la Loi du 25 avril 2007 portant des dispositions
diverses (IV) en cas de désaccord relatif à la procédure de saisie-exécution
immobilière envisagée. Les coordonnées du Service de conciliation fiscale sont
précisées dans la sommation.
3) Recommandation n° 7/2010
A l‟occasion du rapport annuel 201014, le Service de conciliation fiscale a
recommandé à l‟Administration générale de la Perception et du Recouvrement de
mieux informer le redevable de la portée et des conséquences de l‟opposition à
une saisie-arrêt-exécution prévue par l‟article 164, § 1er, alinéa 3, de l‟AR/CIR 92.
Cette recommandation a été accueillie favorablement par M. Vandercapellen,
Administrateur général a. i. de la Perception et du Recouvrement.
En conséquence, deux paragraphes ont été ajoutés dans la lettre-type par laquelle
la saisie-arrêt-exécution est dénoncée au redevable.
Le premier paragraphe informe le redevable de la possibilité de s‟opposer à la
saisie-arrêt-exécution. Les formalités et délais applicables à cette opposition y
sont précisés.
Le deuxième paragraphe informe le redevable des suites et conséquences qui
découlent d‟une telle opposition.
En outre, l‟instruction commentant cette modification de la lettre-type invite
expressément les Receveurs qui auraient un contact avec le redevable après
l‟opposition mais avant le recours à la saisie-arrêt-exécution signifiée par exploit
d‟huissier de justice à lui fournir, une nouvelle fois, toutes les précisions sur la
portée et les conséquences de l‟opposition.
B. Recommandations formulées dans le présent rapport
Par son courrier du 3 février 2012, le Président du Comité de direction a informé le
Service de conciliation fiscale du suivi réservé à certaines de ces
recommandations.
1) Recommandation n° 4/2011
L‟instauration d‟un crédit d‟impôt « invalidité » devrait faire l‟objet d‟un débat
politique. Ce débat comportera également la problématique de la définition de
« l‟invalidité » à prendre en compte.
Par conséquent, une communication de cette recommandation sera faite au
Ministre des Finances en vue d‟un éventuel débat politique.
14
Recommandation 7/2010, Rapport annuel 2010, p. 58.
93
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 2
2) Recommandation n° 11/2011
Les pensions ne sont effectivement pas couvertes par l‟article 25 alinéa 2 de la
convention préventive de double imposition conclue entre la Belgique et la France.
Pour améliorer cette situation, une modification de la convention préventive de
double imposition serait nécessaire. Une demande a été faite à l‟Administration
des Affaires Fiscales afin d‟examiner cette problématique.
3) Recommandation n° 13/2011
L‟Autorité a reconnu que cette recommandation concernait un problème connu et
considère que l‟article 171, 5°, b), CIR 92 pourrait en effet être élargi aux
indépendants, professions libérales et dirigeants d‟entreprise.
Une proposition de loi en ce sens a d‟ailleurs déjà été déposée le 5 octobre à la
Chambre (DOC 53-0282/001). Un avis positif sur cette proposition avait en outre
déjà été donné par l‟Administration des Affaires Fiscales.
Il a donc été demandé d‟attendre la mise à l‟agenda de cette proposition de loi à la
Chambre.
4) Recommandation n° 14/2011
Il a été signalé que des cours de procédure ont récemment été organisés et
traitaient entre autres l‟aspect relatif à la notification aux intéressés de la
modification des données de la déclaration. Certains paragraphes de la circulaire
devraient effectivement faire l‟objet d‟une actualisation qui sera demandée à
l‟administration compétente.
§ 3. Récapitulatif des nouvelles recommandations émises dans le
présent rapport
Administration
N Recommandation
générale
En matière de droits de succession, étudier la possibilité d‟accorder Documentation
1
une prolongation automatique du délai de dépôt de la déclaration. patrimoniale
Enquête sur les modalités d‟application en matière de précompte
mobilier lorsque la taxe sur l‟épargne à long terme a été établie à
2 Fiscalité
tort parce qu‟aucun avantage n‟a été octroyé pour les versements
dans un compte d‟épargne collectif.
Prendre des mesures visant à garantir, dans un certain nombre de
3 réclamations similaires, un traitement et des conclusions Fiscalité
uniformes.
Adaptation du texte de l‟article 154, § 2, alinéa 1er, 1° à 3°, CIR 92
de manière telle que la réduction d‟impôt pour invalidité produise
4 Fiscalité
ses effets lorsque le revenu est constitué exclusivement de
pensions.
Veiller à respecter les principes de bonne administration, plus
précisément le principe d‟impartialité, qui s‟opposent à ce que le
5 Fiscalité
fonctionnaire taxateur soit également celui qui prend la décision sur
la réclamation.
94
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Partie 4 - Section 2
Informer le contribuable par écrit de la clôture du dossier TVA
6 Fiscalité
“Construction” qu‟il a introduit et de son résultat.
Entamer une enquête sur le traitement fiscal des indemnités “pro
7 deo” et de fournir des directives aux services afin de garantir un Fiscalité
traitement identique de tous les dossiers similaires.
Instaurer un délai raisonnable dans lequel l‟administration de la
8 TVA se prononce sur un remboursement d‟un crédit-TVA, ainsi que Fiscalité
d‟améliorer la communication lors de telles contestations.
Proposer une modification législative attribuant au Service de
9 conciliation fiscale la compétence d‟intervention lors d‟une Fiscalité
demande de dégrèvement d‟office.
Adapter l‟art. 2 du Code des taxes assimilées aux impôts sur les
10 revenus de manière telle que le Service de Conciliation fiscale ne Fiscalité
soit plus compétent pour les impôts régionalisés.
Mettre fin à la discrimination constatée entre les non-habitants du
Royaume privilégiés sans foyer d‟habitation avec des revenus
11 Fiscalité
professionnels provenant d‟une activité et les pensionnés et
prépensionnés.
Prévoir, pour l‟année du décès, une simulation automatique
permettant que les intéressés puissent exercer le choix le plus
12 Fiscalité
avantageux quant au fait d‟être ou non imposé ensemble avec le
défunt.
Une adaptation des dispositions de l‟art. 171 CIR 92 où le régime
de taxation de l‟art. 171, 5°, CIR 92 serait étendu aux “ …
indemnités pour perte temporaire de bénéfices ou de profits dont le
13 paiement ou l’attribution n’a eu lieu, par le fait de l’existence d’un Fiscalité
litige judiciaire, qu’après l’expiration de la période imposable à
laquelle elles se rapportent effectivement …” peut remédier à un
traitement ressenti comme très injuste.
Rappel et, au besoin, actualisation par l‟Administration générale de
14 la Fiscalité de la circulaire Ci. RH. 81/548.628 (AFER 21/2002) du Fiscalité
29 juillet 2012.
S‟assurer de la concordance parfaite entre le numéro national et
15 Fiscalité
les coordonnées complètes (identité et adresse).
Rappeler les directives du commentaire administratif n° 366/3, qui
aborde la situation où tant le bénéficiaire que le débiteur des
16 Fiscalité
revenus peuvent introduire une réclamation contre les Pr.P et Pr.M
versés après retenue sur les revenus imposables.
95
CONCLUSION
Le présent rapport couvre pour la première fois une année complète. Il est donc
encore difficile d‟opérer une comparaison avec l‟exercice précédent lequel ne
couvrait qu‟une période de 7 mois.
Il est indéniable que le nombre de dossiers a augmenté. Ceci démontre s‟il en est
besoin que l‟existence du Service de conciliation fiscale est de plus en plus
connue du public.
Son champ d‟action n‟est par contre pas encore toujours bien connu des
contribuables et cette méconnaissance explique une bonne part des demandes
déclarées irrecevables. Dans ces dossiers également, le Service de conciliation
fiscale tient à rendre la situation plus claire pour le contribuable et rend ainsi
service au citoyen.
Les Services administratifs sollicités par nos collaborateurs connaissent quant à
eux davantage notre rôle et nos missions.
A la méfiance s‟est substituée une certaine forme de confiance qui permet souvent
de trouver une solution au problème rencontré dans le respect de la loi.
Le conflit est inhérent à la vie en société. En matière d‟impôt, le désaccord se
manifeste davantage que dans d‟autres secteurs.
Les chiffres présentés dans ce rapport démontrent que le Service de conciliation
fiscale contribue à réduire sensiblement le nombre d‟actions en justice et dissiper
les incompréhensions.
De ce fait, ce Service trouve toute son utilité dans notre appareil administratif.
97
ANNEXES
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Annexes
I. Loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV)
CHAPITRE V. - Conciliation en matière fiscale
Section Ire. - Le service de conciliation fiscale
Art. 116. § 1er. Le service de conciliation fiscale examine les demandes de conciliation
dont il est saisi dans le cadre du présent chapitre en toute objectivité, impartialité et
indépendance et dans le respect de la loi; il tend à concilier les points de vue des parties
et leur adresse un rapport de conciliation.
Le service de conciliation fiscale refuse de traiter une demande de conciliation :
1° si la demande est manifestement non fondée;
2° si le demandeur n'a manifestement pas accompli de démarches auprès de l'autorité
administrative compétente concernée en vue de concilier les points de vue.
L'introduction et l'examen d'une demande de conciliation n'ont aucun effet suspensif ni
interruptif.
Les rapports de conciliation et les décisions relatives à la recevabilité ne sont susceptibles
d'aucun recours administratif ou judiciaire.
§ 2. Le service de conciliation fiscale peut également adresser des recommandations au
président du comité de direction du Service public fédéral Finances, notamment en ce qui
concerne des actes ou des fonctionnements administratifs non conformes aux principes
de bonne administration et aux lois et règlements.
§ 3. Dans l'exécution de ses missions, le service de conciliation fiscale peut :
1° recueillir toutes les informations qu'il estime nécessaires;
2° entendre toutes les personnes concernées;
3° et effectuer toutes les constatations sur place.
§ 4. Le service de conciliation fiscale exerce ses missions prévues au présent chapitre
sans préjudice des compétences des médiateurs fédéraux visées dans la loi du 22 mars
1995 instaurant des médiateurs fédéraux.
§ 5. Le Roi, par arrêté délibéré en Conseil des Ministres :
- crée le service dénommé « service de conciliation fiscale » auprès du Service public
fédéral Finances et détermine ses modalités de fonctionnement;
- nomme, après avis du comité de direction, les dirigeants du service précité;
- détermine les modalités d'application du présent chapitre.
Section 2. - Modification du Code de la taxe sur la valeur ajoutée
Art. 117. Un article 84quater, rédigé comme suit, est inséré dans le Code de la taxe sur la
valeur ajoutée :
« Art. 84quater. § 1er. En cas de désaccord persistant relatif à la taxation porté devant le
ministre des Finances ou le fonctionnaire délégué par lui, le redevable de la taxe peut
introduire une demande de conciliation auprès du service de conciliation fiscale visé à
l'article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV).
101
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Annexes
§ 2. La demande de conciliation est irrecevable lorsque le redevable de la taxe a introduit
au préalable une opposition à contrainte, lorsqu'une expertise a été requise en application
de l'article 59, § 2, ou lorsqu'il a déjà été statué sur la contestation.
Lorsque le redevable de la taxe introduit une opposition à contrainte, lorsqu'une expertise
en application de l'article 59, § 2, est requise ou lorsqu'il a déjà été statué sur la
contestation, avant la notification du rapport de conciliation, le service de conciliation
fiscale est déchargé de sa compétence.
§ 3. Suite au rapport de conciliation, la décision administrative peut rectifier le montant de
la dette fiscale pour autant qu'il n'en résulte pas d'exemption ou de modération d'impôt. Il
n'est cependant pas permis d'exiger un supplément d'impôt. ».
Art. 118. Un article 85ter, rédigé comme suit, est inséré dans le même Code :
« Art. 85ter. En cas de conflit avec le receveur chargé du recouvrement de sa dette
fiscale, le redevable peut introduire une demande de conciliation auprès du service de
conciliation fiscale visé à l'article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions
diverses (IV). ».
Section 3. - Modification du Code des impôts sur les revenus 1992
Art. 119. Un article 376quinquies, rédigé comme suit, est inséré dans le Code des impôts
sur les revenus 1992 :
« Art. 376quinquies. § 1er. En cas de réclamation introduite auprès du directeur des
contributions, le redevable, ainsi que son conjoint sur les biens duquel l'imposition est
mise en recouvrement, peuvent introduire une demande de conciliation auprès du service
de conciliation fiscale visé à l'article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions
diverses (IV).
§ 2. La demande de conciliation est irrecevable lorsque le redevable a introduit au
préalable une action auprès du tribunal de première instance ou lorsqu'il a déjà été statué
sur la réclamation.
Lorsque le redevable a introduit une action auprès du tribunal de première instance ou
lorsqu'il a déjà été statué sur la réclamation, avant la notification du rapport de
conciliation, le service de conciliation fiscale est déchargé de sa compétence. ».
Art. 120. Un article 399bis, rédigé comme suit, est inséré dans le même Code :
« Art. 399bis. En cas de conflit avec le receveur chargé du recouvrement de sa dette
fiscale, le redevable, ainsi que son conjoint sur les biens duquel l'imposition est mise en
recouvrement, peuvent introduire une demande de conciliation auprès du service de
conciliation fiscale visé à l'article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions
diverses (IV). ».
Art. 121. Un article 501bis, rédigé comme suit, est inséré dans le même Code :
« Art. 501bis. § 1er. Si, au cours du traitement de la réclamation et après échange de
vues, le désaccord persiste, le réclamant peut introduire, par l'intermédiaire de l'agent
enquêteur, une demande de conciliation auprès du service de conciliation fiscale visé à
l'article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV).
Lorsque le procès-verbal de désaccord, rédigé en vue de requérir la décision arbitrale
visée au § 2 a été signifié au contribuable avant la notification du rapport de conciliation,
le service de conciliation fiscale est déchargé de sa compétence.
§ 2. Si, malgré la conciliation éventuelle, l'agent enquêteur et le réclamant ne peuvent
s'accorder sur le montant du revenu cadastral à attribuer à l'immeuble, un procès-verbal
de désaccord est dressé et l'agent enquêteur et le réclamant ont la faculté de requérir un
arbitrage pour fixer le revenu cadastral en question. ».
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Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Annexes
Art. 122. Dans le même Code, le premier alinéa de l'article 502 est abrogé.
Section 4. - Modification du Code des taxes assimilées aux impôts sur les revenus
Art. 123. A l'article 2, alinéa 1er, du Code des taxes assimilées aux impôts sur les
revenus, les mots « 399bis, » sont insérés entre les mots « 398 » et « 409 ».
Section 5. - Modifications au Code des droits d'enregistrement, d'hypothèque et de greffe,
au Code des droits de succession et au Code des droits et taxes divers
Sous-section Ire. - Modifications au Code des droits d'enregistrement, d'hypothèque et de
greffe
Art. 124. A l'article 219 du Code des droits d'enregistrement, d'hypothèque et de greffe,
remplacé par l'article 66 de la loi du 15 mars 1999, sont apportées les modifications
suivantes :
1° dans l'alinéa 1er :
a) les mots « ou au recouvrement » sont insérés après le mot « perception »;
b) les mots « ou au fonctionnaire délégué par lui » sont ajoutés après les mots « le
ministre des Finances »;
2° les alinéas suivants sont insérés entre l'alinéa 1er et l'alinéa 2 :
« Si après échanges de vues, le désaccord avec le ministre ou le fonctionnaire délégué
par lui persiste sur une difficulté visée à l'alinéa 1er, le contribuable peut introduire une
demande de conciliation auprès du service de conciliation fiscale visé à l'article 116 de la
loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV).
Dans le cas où la difficulté concerne la valeur vénale d'un bien qui est soumis à l'expertise
visée à l'article 189, la conciliation du service de conciliation fiscale ne peut plus être
demandée ou se poursuivre à ce sujet dès lors que la demande d'expertise de contrôle
est notifiée. Le Roi peut déterminer les difficultés relatives à la perception et au
recouvrement des droits d'enregistrement pour lesquelles la conciliation du service de
conciliation fiscale est exclue. »;
3° dans l'alinéa 2 qui devient l'alinéa 4, les mots « ou par le fonctionnaire délégué par lui »
sont insérés entre les mots « Le ministre des Finances » et le mot « conclut ».
Sous-section 2. - Modifications du Code des droits de succession
Art. 125. A l'article 141 du Code des droits de succession, modifié par les articles 96 de la
loi du 4 août 1986 et 73 de la loi du 15 mars 1999, sont apportées les modifications
suivantes :
1° dans l'alinéa 1er :
a) les mots « ou au recouvrement » sont insérés après le mot « perception »;
b) les mots « ou au fonctionnaire délégué par lui » sont ajoutés après les mots « le
ministre des Finances »;
2° les alinéas suivants sont insérés entre l'alinéa 1er et l'alinéa 2 :
« Si après échanges de vues, le désaccord avec le ministre ou le fonctionnaire délégué
par lui persiste sur une difficulté visée à l'alinéa 1er, le contribuable peut introduire une
demande de conciliation auprès du service de conciliation fiscale visé à l'article 116 de la
loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV).
Dans le cas où la difficulté concerne la valeur vénale d'un bien qui est soumis à l'expertise
visée à l'article 111, la conciliation du service de conciliation fiscale ne peut plus être
demandée ou se poursuivre à ce sujet dès lors que la demande d'expertise de contrôle
103
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Annexes
est notifiée. Le Roi peut déterminer les difficultés relatives à la perception et au
recouvrement des droits de succession pour lesquelles la conciliation du service de
conciliation fiscale est exclue. »;
3° dans l'alinéa 2 qui devient l'alinéa 4, les mots « ou le fonctionnaire délégué par lui »
sont insérés entre les mots « Le ministre des Finances » et le mot « conclut ».
Sous-section 3. - Modifications du Code des droits et taxes divers
Art. 126. A l'article 2024 du Code des droits et taxes divers, modifié par les articles 75 de
la loi du 4 août 1986 et 83 de la loi du 15 mars 1999, sont apportées les modifications
suivantes :
1° dans l'alinéa 1er :
a) les mots « ou au recouvrement » sont insérés après le mot « perception »;
b) les mots « ou au fonctionnaire délégué par lui » sont ajoutés après les mots « le
ministre des Finances »;
2° les alinéas suivants sont insérés entre l'alinéa 1er et l'alinéa 2 :
« Si après échanges de vues, le désaccord avec le ministre ou le fonctionnaire délégué
par lui persiste sur une difficulté visée à l'alinéa 1er, le contribuable peut introduire une
demande de conciliation auprès du service de conciliation fiscale visé à l'article 116 de la
loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV).
Le Roi peut déterminer les difficultés relatives à la perception et au recouvrement des
droits et taxes divers pour lesquelles l'intervention du service de conciliation fiscale est
exclue. ».
Section 6. - Modifications de la loi générale sur les douanes et accises du 18 juillet 1977
Art. 127. Il est inséré dans la loi générale sur les douanes et accises du 18 juillet 1977, un
nouveau chapitre XXIIIbis, comprenant les articles 219bis à 219quater et rédigé comme
suit :
« Chapitre XXIIIbis. - Conciliation fiscale ».
Art. 128. Un article 219bis, rédigé comme suit, est inséré dans la même loi :
« Art. 219bis. Toute personne qui, conformément aux dispositions des articles 211 à 219,
exerce régulièrement un recours administratif contre une décision peut introduire une
demande de conciliation concernant cette décision auprès du service de conciliation
fiscale visé à l'article 116 de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV).
».
Art. 129. Un article 219ter, rédigé comme suit, est inséré dans la même loi :
« Art. 219ter. La demande de conciliation est irrecevable lorsque le requérant a introduit
au préalable une action auprès du tribunal de première instance ou lorsqu'une décision a
été prise, en application de l'article 219, sur le recours administratif.
Lorsque le requérant a introduit au préalable une action auprès du tribunal de première
instance ou lorsqu'une décision a été prise, en application de l'article 219, sur le recours
administratif, avant la notification du rapport de conciliation, le service de conciliation
fiscale est déchargé de sa compétence. ».
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Annexes
Art. 130. Un article 219quater, rédigé comme suit, est inséré dans la même loi :
« Art. 219quater. - L'introduction d'une demande de conciliation ne suspend pas
l'exécution de la décision contestée. ».
Section 7. - Disposition commune
Art. 131. Le Roi, par arrêté royal délibéré en Conseil des ministres, fixe la date d'entrée
en vigueur des dispositions du présent chapitre.
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Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Annexes
II. Arrêté royal portant exécution du Chapitre 5 du Titre VII de la loi du 25
avril 2007 portant des dispositions diverses (IV)
ALBERT II, Roi des Belges,
A tous, présents et à venir, Salut.
Vu les articles 37 et 107, alinéa 2, de la Constitution;
Vu la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV), notamment les articles
116, § 5 et 131;
Vu l'avis de l'Inspecteur des Finances, donné le 22 janvier 2007,
Vu l'accord de notre Ministre de la Fonction publique du 25 janvier 2007;
Vu l'accord de notre Ministre du Budget du 26 janvier 2007;
Vu le protocole de négociations du 18 avril 2007 du Comité Secteur II Finances;
Vu l'avis n° 42.589/2 du Conseil d'Etat, donné le 23 avril 2007, en application de l'article
84, § 1er, alinéa 1er, 1°, des lois coordonnées sur le Conseil d'Etat;
Sur la proposition de Notre Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances, et de Notre
Secrétaire d'Etat à la Modernisation des Finances et à la Lutte contre la fraude fiscale et
de l'avis de nos Ministres qui en ont délibéré en Conseil,
Nous avons arrêté et arrêtons :
CHAPITRE Ier. - Création du service de conciliation fiscale et désignation de ses
membres
Article 1er. Un service de conciliation fiscale, ci-après appelé « le service », est créé au
sein du Service public fédéral Finances et placé sous la direction d'un collège composé
d'au moins trois et d'au plus cinq membres, ci-après appelés « conciliateurs fiscaux ».
Le Ministre des Finances désigne le Président parmi les membres du collège.
Ce collège se compose d'un nombre égal de membres appartenant respectivement aux
rôles linguistiques français et néerlandais, le Président éventuellement excepté.
Art. 2. Les conciliateurs fiscaux sont désignés, après un appel aux candidats effectué sur
base de la description de fonction et du profil de compétence joints en annexe.
Les conciliateurs fiscaux sont désignés pour une période de cinq ans, cette désignation
est renouvelable.
Ils exercent leur mandat à plein temps.
La première composition du collège se fera exclusivement avec des agents de niveau 1
(A) du Service public fédéral des Finances.
Art. 3. Le Roi peut, après avis du comité de direction, mettre fin au mandat des
conciliateurs fiscaux par arrêté délibéré en Conseil des Ministres :
1) à leur demande;
2) pour des motifs graves.
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Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Annexes
Le mandat prend fin de plein droit lorsqu'ils atteignent l'âge de 65 ans.
Art. 4. Le service est composé d'au moins vingt membres du personnel, titulaires d'un
emploi de niveau A ou B et d'au moins trois membres du personnel, titulaires d'un emploi
de niveau C.
En vue de la désignation de ces membres du personnel, un appel aux candidats est lancé
dans toutes les administrations et services du Service public fédéral Finances.
Pour pouvoir être désignés, les candidats doivent obtenir une mention favorable à la fin
d'une procédure de sélection établie sur base d'une description de la fonction et d'un profil
de compétences.
Cette procédure de sélection est fixée par le Ministre des Finances.
Le Ministre des Finances désigne les membres du personnel visés à l'alinéa 1er, parmi la
liste des candidats retenus sur base de la procédure de sélection susvisée, sur
proposition des conciliateurs fiscaux.
Cette désignation est valable pour cinq ans. Elle est renouvelable. A la demande des
conciliateurs fiscaux, ou à la demande du membre du personnel, il peut être dérogé à
cette durée dans des circonstances exceptionnelles, par décision dûment motivée du
Ministre des Finances.
Une mutation, un changement de grade, un changement de classe de métiers ou une
promotion dans l'administration d'origine ne peut être considérée comme une
circonstance exceptionnelle visée à l'alinéa précédent.
Art. 5. Les membres du personnel du Service public fédéral Finances, visés aux articles 2
et 4, sont mis à disposition du service et gardent dans leur administration d'origine leurs
droits à la promotion, au changement de grade, au changement de classe de métiers et à
la mutation.
CHAPITRE II. - Fonctionnement du service de conciliation fiscale
Art. 6. Dans les limites de leurs attributions, les conciliateurs fiscaux ne reçoivent
d'instructions d'aucune autorité.
Sauf le cas de faute grave, ils ne peuvent être relevés de leur charge, en raison d'actes
qu'ils accomplissent dans le cadre de leurs fonctions.
Art. 7. Les conciliateurs fiscaux arrêtent un règlement d'ordre intérieur. Ce règlement est
approuvé par le Ministre des Finances et publié au Moniteur belge.
Art. 8. Sans préjudice des délégations qu'ils s'accordent par décision collégiale, les
conciliateurs fiscaux agissent en tant que collège.
Les décisions sont adoptées à la majorité du quorum des membres du collège, chaque
membre ayant une voix et le quorum étant déterminé par le règlement d'ordre intérieur.
En cas de parité des voix, la voix du Président est prépondérante.
Art. 9. Toute personne intéressée peut introduire une demande de conciliation soit par
écrit, par télécopie ou par courrier électronique soit oralement lors des permanences
organisées par le service.
Art. 10. Les demandes de conciliation font l'objet d'un accusé de réception délivré au
demandeur dans un délai de cinq jours ouvrables à compter de la date de réception de la
demande.
Lorsque la demande de conciliation est introduite oralement, elle est consignée par le
service. Par dérogation à l'alinéa 1er, l'accusé de réception est délivré immédiatement.
107
Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Annexes
Art. 11. Le service informe le demandeur au plus tard dans les quinze jours ouvrables de
la réception de la demande de conciliation de sa décision de traiter ou non cette demande
ou de la transmission de celle-ci à un autre médiateur. Le refus de traiter une demande de
conciliation est motivé.
Le service informe le service fiscal concerné de la demande de conciliation qu'il compte
instruire.
Art. 12. Le rapport de conciliation est notifié au demandeur et au service fiscal concerné.
Art. 13. Le service adresse annuellement, au plus tard le 31 mars, un rapport de ses
activités au Ministre des Finances par l'intermédiaire du Président du SPF Finances. Ces
rapports peuvent contenir des recommandations jugées utiles que le service a déjà
adressées au Président du SPF Finances et exposent les éventuelles difficultés qu'il
rencontre dans l'exercice de ses fonctions.
L'identité des demandeurs et des membres du personnel du SPF Finances ne peut y être
mentionnée.
Les rapports sont rendus publics par le Ministre des Finances.
Art. 14. Les dispositions du Chapitre 5 du Titre VII de la loi du 25 avril 2007 portant des
dispositions diverses (IV) et le présent arrêté entrent en vigueur le 1er mai 2007.
Par dérogation à l'alinéa précédent, la demande en conciliation ne peut être introduite
qu'à partir du premier jour du 6e mois qui suit celui de la publication du présent arrêté au
Moniteur Belge.
Art. 15. Notre Ministre qui a les Finances dans ses attributions est chargé de l'exécution
du présent arrêté.
Donné à Bruxelles, le 9 mai 2007.
ALBERT
Par le Roi :
Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances,
D. REYNDERS
Le Secrétaire d'Etat à la Modernisation des Finances et à la Lutte contre la fraude fiscale,
H. JAMAR
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Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Annexes
III. Règlement d’ordre intérieur du Service de conciliation fiscale
Règlement d'ordre intérieur Service de Conciliation fiscale
Le Collège,
Vu l'article 7 de l'arrêté royal du 9 mai 2007 portant exécution du Chapitre 5 du Titre VII
de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV)
Arrête le Règlement d'ordre intérieur du Service de Conciliation fiscale :
CHAPITRE 1er. - Définitions
Article 1er. Pour l'application du présent règlement, on entend par :
1. la loi du 25 avril 2007 : la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV), en
ce qu'elle fixe le cadre de la conciliation fiscale;
2. l'arrêté royal du 9 mai 2007 : l'arrêté royal du 9 mai 2007 portant exécution du Chapitre
5 du Titre VII de la loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV), en ce qu'il
concerne la création du service de conciliation fiscale au sein du Service public fédéral
Finances;
3. l'arrêté ministériel du 16 mai 2007 : l'arrêté ministériel du 16 mai 2007 fixant la
procédure de sélection des agents du service de conciliation fiscale;
4. le Collège : le Collège visé à l'article 1er de l'arrêté royal du 9 mai 2007;
5. le SCF : le service de conciliation fiscale créé au sein du service public fédéral
Finances par l'article 1er de l'arrêté royal du 9 mai 2007.
CHAPITRE 2. - Le Collège
Art. 2. Le Collège se réunit à l'initiative du président ou à la demande d'au moins deux de
ses membres.
Art. 3. Le Collège se réunit à l'adresse du SCF; le président a toutefois la faculté de fixer
un autre lieu de réunion.
Art. 4. Le président établit l'ordre du jour des réunions. Les membres ont le droit de faire
figurer un point à l'ordre du jour. Tout point non prévu à l'ordre du jour ne peut être traité
qu'avec l'accord de la majorité des membres présents.
Art. 5. Les convocations émanent du président; elles sont accompagnées de l'ordre du
jour de la séance et, le cas échéant, de notes succinctes exposant les points portés à
l'ordre du jour; elles doivent parvenir aux membres du Collège au plus tard deux jours
ouvrables francs avant la réunion sauf en cas d'urgence dûment motivée, dont
l'appréciation est laissée au président. A partir de l'envoi de la convocation, tous
documents ou dossiers relatifs aux questions qui y sont inscrites sont tenus à la
disposition des membres.
Art. 6. Les convocations et les ordres du jour des réunions du Collège sont rédigés en
français et en néerlandais; les procès-verbaux sont rédigés dans la langue du dossier.
Art. 7. Le secrétariat du Collège est assuré par un ou plusieurs secrétaires désignés par
le président parmi les membres du personnel du SCF.
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Service de conciliation fiscale
Rapport Annuel 2011
Annexes
Art. 8. § 1er. Le Collège peut valablement se réunir, délibérer et voter si la majorité de
ses membres, comprenant au moins un membre de chaque rôle linguistique, est présente
ou représentée.
§ 2. Un membre empêché d'assister à la réunion peut donner mandat à un autre membre
du Collège, mais un membre ne peut représenter qu'un seul autre membre. Le mandat
doit être donné par écrit.
§ 3. Les décisions sont de préférence prises par consensus. A défaut d'un consensus, les
décisions sont prises à la majorité simple des suffrages exprimés. Pour le calcul des voix,
les abstentions ne sont pas prises en compte.
§ 4. Tous les membres sont tenus d'exécuter et de défendre collégialement et loyalement
les décisions et engagements pris au sein du Collège.
§ 5. Le membre du Collège qui ne peut participer à une réunion peut communiquer par
écrit ou oralement ses remarques ou avis au président, qui les porte à la connaissance
des autres membres avant le début de la discussion sur les points visés.
Art. 9. § 1er. Un exemplaire du projet de procès-verbal est communiqué aux membres.
Les procès-verbaux sont discutés et approuvés à la prochaine réunion du Collège.
§ 2. Les procès-verbaux des séances sont signés par le président et le secrétaire, après
approbation par les membres du Collège.
Art. 10. En fonction de l'ordre du jour, le président peut inviter toute personne dont il
estime la présence utile.
Art. 11. Les décisions et les rapports de conciliation sont signés par le président et le
membre du Collège responsable pour le dossier concerné ou par le président et un autre
membre du Collège lorsque le président est lui-même responsable du dossier. Le Collège
peut accorder une délégation de signature pour les matières qu'il désigne, à un ou
plusieurs de ses membres.
CHAPITRE 3. - Le président
Art. 12. Le président préside le Collège. Il assure la gestion journalière du SCF avec la
collaboration des autres membres du Collège. En cas d'absence ou d'empêchement du
président, il désigne un suppléant.
Art. 13. Le président représente le service à l'égard des autorités et des tiers.
CHAPITRE 4. - Modifications
Art. 14. Le règlement d'ordre intérieur peut être modifié à la majorité absolue des
membres du Collège.
CHAPITRE 5. - Entrée en vigueur
Art. 15. Le présent règlement d'ordre intérieur entre en vigueur le jour de son approbation
par le Ministre des Finances.
110
TABLE DES MATIERES
REMERCIEMENTS...................................................................................5
INTRODUCTION .......................................................................................7
PARTIE 1 : CONSTAT ........................................................................... 11
PARTIE 2 : OBJECTIFS ........................................................................ 15
Section 1. Objectifs opérationnels.............................................................. 17
Section 2. Objectifs spécifiques ................................................................. 17
Section 3. Objectifs globaux ...................................................................... 18
PARTIE 3 : MISE EN ŒUVRE ............................................................. 19
Section 1. La loi du 25 avril 2007 portant des dispositions diverses (IV) . 21
§ 1er. Statut ................................................................................................. 21
§ 2. Composition et fonctionnement ........................................................... 22
A. Le Collège .......................................................................................................... 22
B. Le personnel du service ...................................................................................... 22
C. Fonctionnement du service ................................................................................. 23
§ 3. Domaines concernés ........................................................................... 26
A. Code de la taxe sur la valeur ajoutée .................................................................. 26
B. Code des impôts sur les revenus 1992 ................................................................ 26
C. Code des taxes assimilées aux impôts sur les revenus ....................................... 28
D. Code des droits d’enregistrement, d’hypothèque et de greffe ............................ 29
E. Code des droits de succession ............................................................................ 30
F. Code des droits et taxes divers ........................................................................... 30
G. Loi générale sur les douanes et accises du 18 juillet 1977 ................................. 31
Section 2. Les demandes et réalisations ..................................................... 32
§ 1er. Demandes reçues .............................................................................. 32
§ 2. Réalisations ......................................................................................... 33
A. Conciliation fiscale ............................................................................................. 33
B. Contact Recouvrement ....................................................................................... 37
C. Divers ................................................................................................................. 40
111
PARTIE 4 : CONSEQUENCES ............................................................. 43
Section 1. Les résultats ............................................................................... 45
§ 1er. Situation globale des dossiers de conciliation fiscale ...................... 45
A. Répartition des dossiers à traiter par Administration générale .......................... 47
B. Répartitions des dossiers clôturés par Administration générale......................... 48
C. Répartition des dossiers en cours au 31 décembre 2011 par Administration
générale .............................................................................................................. 49
§ 2. Résultat chiffré des dossiers clôturés pour chaque Administration
générale et illustrations .............................................................................. 49
A. Administration générale de la Fiscalité .............................................................. 49
B. Administration générale de la Perception et du Recouvrement ......................... 66
C. Administration générale de la Documentation patrimoniale.............................. 77
D. Administration générale de la Lutte contre la fraude fiscale ............................. 83
E. Administration générale des Douanes et Accises .............................................. 85
Section 2. Les impacts ................................................................................ 86
§ 1er. Nouvelles recommandations relatives aux dossiers traités en 2011 86
§ 2. Suivi des recommandations émises .................................................... 92
A. Recommandations formulées dans le rapport annuel 2010 ................................ 92
B. Recommandations formulées dans le présent rapport ........................................ 93
§ 3. Récapitulatif des nouvelles recommandations émises dans le présent
rapport ........................................................................................................ 94
CONCLUSION ......................................................................................... 97
ANNEXES ................................................................................................. 99
112
114