Correction Maths PSI 2017
Correction Maths PSI 2017
EXERCICE 1
E = Rn−1 [X], B = 1, X, . . . , X n−1 sa base canonique, a1 , . . . , an , n réels vériant : a1 < a2 < · · · < an .
/ Linéarité. Si α ∈ R, les applications E → R, P 7→ P (α) sont des formes linéaires. Ainsi T est une
application linéaire de E vers Rn .
/ Injectivité. Soit P ∈ ker(T ). On a T (P ) = 0 donc (P (a1 ) , . . . , P (an )) = (0, 0, . . . , 0) et donc P
s'annule en au moins n réels distincts : les ak . Ainsi P est un polynôme de degré inférieur ou égal
à n − 1 s'annule en au moins n points distincts, donc c'est le polynôme nul. On en déduit donc que
ker(T ) ⊂ {0E }.
Par ailleurs, ker(T ) est un sous-espace vectoriel de E donc on a l'inclusion réciproque. Donc
ker(T ) = {0E } donc par caractérisation de l'injectivité des applications linéaires, T est injec-
tive.
/ Bijectivité. On a dim(E) = n = dim (Rn ). Donc comme T est une application injective de E vers
Rn , on a par caractérisation des isomorphismes en dimension nie,
T est un isomorphisme de E vers Rn
2. E = (e1 , . . . , en ) base canonique de Rn et pour tout i ∈ [[1, n]], on note Li = T −1 (ei ) et B 0 = (L1 , . . . , Ln ).
T est un isomorphisme de E vers Rn donc sa bijection réciproque, T −1 est un isomorphisme de Rn vers
E . Or B 0 est l'image de E par T −1 . Comme l'image par un isomorphisme d'une base de l'espace de
départ est une base de l'espace d'arrivée , on en déduit que B0 = (L1 , . . . , Ln ) est une base de E .
n
Soit P ∈ E et (λ1 , λ2 , . . . , λn ) ses coordonnées dans la base B . On a P = λk Lk . On évalue cette
X
0
k=1
relation en aj , sachant que comme Li = T −1 (aj ) = 1 si i = j et 0 si i 6= j . On obtient alors P (aj ) = λj
n
ce qui donne la coordonnée selon Lk de P dans la base B0 . Ainsi .
X
P = P (ak ) Lk
k=1
On note M = (mi,j )16i,j6n la matrice de passage de la base B à la base B 0
5
propre E1 (M ) de M relatif à la valeur propre 1. Or, comme le rang de M − I3 vaut 2, la dimension
1
de E1 (M ) vaut 1. Donc E1 (M ) = vect 1
−1
3.3 Soit P ∈ R2 [X]. On l'écrit sous la forme P = a + bX + cX 2 . Comme M est la matrice de T −1 dans
les bases E de R3 et B de R[X], on a :
a a
P = P (0) + P (1)X + P (2)X ⇐⇒ T (P ) = (a, b, c) ⇐⇒ P = T (a, b, c) ⇐⇒ b = M b .
2 −1
c c
a 1
Ainsi P = P (0) + P (1)X + P (2)X ⇐⇒ b ∈ ker (M − I3 ) = vect
2 1 . Ainsi les
c −1
polynômes P de R2 [X] vériant : P (X) = P (0) + P (1)X + P (2)X sont les polynômes :
2
λ 1 + X − X 2 lorsque λ décrit R
! i=1
n n n
X i−1 .
X X X
1= Lj = mi,j
j=1 i=1 j=1
n
En particulier, pour tout i ∈ [[1, n]], la somme mi,j représente le coecient en X i−1 du polynôme
X
j=1
n n n
Lj = 1. Donc et, si i ∈ [[2, n]], mi,j = 0 .
X X X
m1,j = 1
j=1 j=1 j=1
n
Remarque : On pouvait aussi constater que ces sommes mi,j correspondaient aux coecients
X
j=1
de la première colonne de la matrice produit de M par M −1
car la première colonne de M −1 n'est
constituée que de 1.
n n
4.4 On reprend l'expression Lj . On a alors, pour tout j ∈ [[1, n]],
X X
i−1
= mi,j X mi,j = Lj (1) =
i=1 i=1
6
n n
Lj (a1 ) ici car a1 = 1. Ainsi et, si j ∈ [[2, n]], mi,j = 0 .
X X
mi,1 = 1
i=1 i=1
n
Remarque On pouvait aussi constater que ces sommes mi,j correspondaient aux coecients de
X
i=1
la première ligne de la matrice produit de M −1 par M car la première ligne de M −1 n'est constituée
que de 1 car a1 = 1.
5. n > 4, a1 = 0, a2 = 1, a3 = 2 et u l'endomorphisme de E déni par : u(P ) = P (0)L1 + P (1)L2 + P (2)L3
5.1 / Noyau. Soit P ∈ E . P ∈ ker(u) ⇐⇒ P (0) = P (1) = P (2) = 0 car (L1 , L2 , L3 ) est libre. Ainsi
n o
ker(u) = X(X − 1)(X − 2)Q Q ∈ Rn−4 [X]
7
EXERCICE 2
I = [0, +∞[. E le R−espace vectoriel constitué des éléments f de C (I, R) tels que f 2 est intégrable sur I .
Questions de cours
1 2
Soit (a, b) ∈ R2 . On a (a − b)2 > 0 i.e. a2 + b2 > 2ab Ainsi ∀(a, b) ∈ R2 , ab 6 a + b2 .
1.
2
2. Soit (f, g) ∈ E 2 . D'après l'inégalité précédente, qui est également vrai en changeant a et −a, on a
1 2
f + g 2 . Or f et g sont dans E donc elles sont continues et leurs carrés f 2 et g 2 sont
fg 6
2
1
intégrables sur I . Ainsi par majoration, comme f g est continue positive et majorée par f 2 + g 2
2
qui est continue positive intégrable sur I , f g est intégrable sur I donc f g est intégrable sur I . Ainsi
le produit de deux éléments de E est intégrable sur I
3. / Existence. ϕ est bien dénie sur E et à valeurs dnas R car si (f, g) ∈ E 2 , f g est intégrable sur I .
/ Symétrie. Par commutativité du produit de fonctions à valeurs dans R, ϕ est symétrique.
Z Z Z
/ Bilinéarité. Soit (f, g, h) ∈ E et (a, b) ∈ R . ϕ(af + bh, g) = (af + bh)g = a f g + b hg par
3 2
I I I
linéarité de l'intégration. Ainsi ϕ(af + bh, g) = aϕ(f, g) + bϕ(h, g) : ϕ est linéaire à gauche. Par
symétrie, on en déduit que ϕ est bilinéaire.
/ Positivité. Soit
Z f ∈ E . f est une fonction continue positive intégrable sur I donc par positivité de
2
Partie 1
Z +∞
Soit h élément de C (I, R), tel que l'intégrale h(t) dt converge.
0
Z +∞
1. On note H la primitive de h s'annulant en 0. Comme h(t) dt converge, H possède une limite nie
Z +∞ 0
en +inf ty et cette limite vaut ` = h(t) dt. Mais alors H(n) et H(n + 1) tendent vers ` lorsque n
0
tend vers +∞. Ainsi leur diérence, H(n + 1) − H(n) = Jn tend vers ` − ` = 0 lorsque n tend vers +∞.
Ainsi lim Jn = 0 .
n→+∞
2. Soit n ∈ N. la restriction de h à [n, n + 1] est continue sur ce segment donc est minorée et atteint son
minimum. On considère an ∈ [n, n + 1] tel que |h (an )| = min h − t) .
t∈[n,n+1]
Si h (an ) = 0, on a évidemment 0 6 |h (an )| 6 |Jn |.
Si h (an ) > 0. Alors comme h est continue sur le Zsegment [n, n + 1], h ne s'annulant pas sur [n, n + 1], h
n+1
est de signe constant sur [n, n + 1]. Donc |Jn | = h(t) dt > |h (an )|.
n
Dans tous les cas 0 6 |h (an )| 6 |Jn |. Ainsi par le théorème des gendarmes, on en déduit que h (an ) tend
vers 0 lorsque n tend vers +∞. Mais comme n 6 an , an tend vers +∞ lorsque n tend vers +∞. Ainsi
on a bien trouvé une suite (an )n∈N ∈ I N telle que : lim an = +∞ et lim h (an ) = 0 .
n→+∞ n→+∞
Partie 2
8
Z +∞ Z +∞
F ensemble des applications f ∈ C (I, R), telles que t [f (t)] dt et [f 0 (t)] dt convergent. Soit
1 2 2 2
0 0
f ∈ F.
1. / f 2 est une fonction continue sur I . De plus ∀t ∈ [1, +∞[, f 2 (t) 6 t2 f 2 (t) et la fonction t ∈
[1, +∞[7→ t2 f 2 (t) est continue intégrable sur [1, +∞[. Donc par majoration, f 2 est intégrable sur
[1, +∞[. Or f 2 est continue sur le segment [0, 1] donc intégrable sur ce segment.
Z +∞
Ainsi f est intégrable sur I i.e.
2
[f (t)]2 dt converge .
0
3. On reprend les fonctions g1 : t ∈ I 7→ tf (t) et g2 : t ∈ I 7→ f 0 (t). Ces deux fonctions sont bien des
éléments de E car elles sont continues sur I et de carré intégrable sur I . Donc d'après l'inégalité de
Cauchy-Schwarz pour le produit scalaire ϕ de E , on a : g1 g2 6 g1 g2 .
2 2 2
sont dans F sont celles pour lesquelles soit λ est nul soit a est strictement négative.
Ainsi : les fonctions f pour lesquelles il y a égalité dans (∗) sont :
les fonctions t 7→ λe−α t avec (α, λ) ∈ R2
2 2
9
EXERCICE 3
On considère une expérience aléatoire dont l'ensemble des résultats possibles est noté Ω.
Soient k ∈ N∗ et T une variable aléatoire dénie sur Ω et à valeurs dans [[0, k]].
On considère alors une suite (Xi )i∈[[0,k]] de variables aléatoires de même loi et toutes à valeurs dans Z.
On suppose que les variables aléatoires X0 , X1 , . . . , Xk et T sont mutuellement indépendantes.
T (ω)
On dénit la variable aléatoire Y par :
X
∀ω ∈ Ω, Y (ω) = Xi (ω)
i=0
1. Comme ([T = j])j∈[[0,k]] constitue un système complet d'événements, on a d'après la formule des proba-
bilités totales, on a :
k k
∀n ∈ Z, P(Y = n) = P(T = j, X0 + · · · + Xj = n).
X X
P(Y = n, T = j) =
j=0 j=0
Or les T et les Xi sont mutuellement indépendantes donc par le lemme des coalitions T et X0 + · · · + Xj
k
sont indépendantes. Ainsi ∀n ∈ Z, P(Y = n) = P(T = j)P (X0 + · · · + Xj = n).
X
j=0
On veut montrer que les séries nP(Y = n) et −nP(Y = −n) sont absolument convergentes donc,
X X
n∈N n∈N
comme les probabilités sont positives, on veut montrer que la série n (P(Y = n) + P(Y = −n)) est
X
n∈N
absolument convergente.
Or X0 , X1 , . . ., Xk admettent une espérance nie donc c'est aussi le cas pour X0 , X0 + X1 , . . .X0 +
X1 + · · · + Xk .X
Ainsi les séries n (P(X0 = n) + P(X0 = −n)), n (P(X0 + X1 = n) + P(X0 + X1 = −n)), . . .,
X X
n (P(X
n∈N n∈N n∈N
sont absolument convergentes. Comme la série n (P(Y = n) + P(Y = −n)) est une combinaison li-
X
n∈N
néaire des séries précédentes avec les coecients P(T = j), on en déduit qu'elle est absolument conver-
gente donc que
Y possède une espérance nie
La série n (P(Y = n) + P(Y = −n)) est combinaison linéaire des séries n (P(X0 = n) + P(X0 = −n)),
X X
2.
n∈N n∈N
..., n (P(X0 + X1 + · · · + Xk = n) + P(X0 + X1 + · · · + Xk = −n)) donc la somme de cette série est
X
n∈N
la combinaison linéaire des sommes de ces séries.
Or ces sommes sont les espérances respectives de X0 , X0 + X1 , ., X0 + · · · + Xk .
k
Ainsi E(Y ) = P(Y = j)E (X0 + · · · + Xj ).
X
j=0
Or par linéarité de l'espérance, on a E (X0 + · · · + Xj ) = E (X0 ) + · · · + E (Xj ) = (j + 1)E (X0 ) car les
Xj ont la même espérance. Ainsi :
k k k
jP(Y = j)E (X0 )+ (P(Y = j)E (X0 ) = E (X0 ) E(T )+E (X0 ).
X X X
E(Y ) = (j+1)P(Y = j)E (X0 ) =
j=0 j=0 j=0
10
La série n2 (P(Y = n) + P(Y = −n)) est combinaison linéaire des séries
X X
n2 (P(X0 = n) + P(X0 = −n))
n∈N n∈N
..., n (P(X0 + X1 + · · · + Xk = n) + P(X0 + X1 + · · · + Xk = −n)) donc la somme de cette série est
X
2
n∈N
la combinaison linéaire des sommes de ces séries.
Or ces sommes sont les espérances respectives de X02 , (X0 + X1 )2 , ., (X0 + · · · + Xk )2 .
De plus, par indépendance linéaire et linéarité de l'espérance, on a :
j
E (Xi ) E (Xk ) = (j + 1)E X02 car les espérances des Xi
X X
E (X0 + · · · + Xk )2 = E Xi2 +
i=0 06i<k6j
sont nulles. Ainsi par linéarité de l'espérance :
k
X k
X
2
2
(j + 1)P(Y = j)E (X0 )2
E Y = P(Y = j)E (X0 + · · · + Xj ) =
j=0 j=0
k k
Ainsi E Y 2 = (P(Y = j)E (X0 )2 = E (X0 )2 E(T ) + E (X0 )2 .
X X
jP(Y = j)E (X0 )2 +
j=0 j=0
Or d'après la formule de Koenig-Huygens, V(Y ) = E Y 2 − E(Y )2 , donc comme E(X0 ) = E(Y ) = 0,
11
EXERCICE 4
1. 1. La fonction f est continue et change de signe sur l'intervalle [a, b] donc, d'après le théorème des
valeurs intermédiaires, f s'annule sur [a, b] .
2. La recherche par dichotomie d'un zéro d'une fonction revient à construire les suites (an ) et (bn )
suivantes, dénies par a0 = a, b0 = b et pour tout n dans N,
a + b
bn si f (an )f
n n
an + bn si f (a )f an + bn 6 0,
6 0,
2
n
an+1 = 2 2 , bn+1 =
an sinon an + bn sinon
2
D'où le programme suivant
1def rech_dicho (f ,a ,b , eps ):
2 """ f est une fonction continue telle que f(a )*f (b) <0,
3 avec a <b , eps un flottant >0 """
4 an = a # Initialisation
5 bn = b
6 while bn -an > eps : # Critere d ' arret
7 cn =( an + bn ) /2
8 if f( an )*f ( cn ) <=0:
9 bn = cn
10 else :
11 an = cn
12 return an , bn
2. 1. Posons g : x 7→ f (x) − x. Alors g(0) = f (0) − 0 > 0, g(1) = f (1) − 1 6 1. 0 ∈ [g(1), g(0)], g est
continue sur l'intervalle [0, 1] donc, d'après le théorème des valeurs intermédiaires, on dispose de
c ∈ [0, 1] tel que g(c) = 0, i.e. f (c) = c .
2. On va utiliser l'idée de la preuve de la question précédente, et appliquer la dichotomie à la fonction
x 7→ f (x) − x.
1def rech_pt_fixe (f ,x , eps ):
2 """ f est une fonction de [0 ,1] dans [0 ,1] , continue """
3 def g (x) : # Definition de la fonction auxilliaire
4 return f( x) - x
5 return rech_dicho (g ,0 ,1 , eps )
12
PARTIE B. Recherche dans une liste
1. 1.
1>>> L = [2 ,4 ,5 ,7 ,7 ,8 ,10] 1>>> rech_dicho (L ,0 ,5 ,1)
2>>> rech_dicho (L ,1 ,5 ,6) 2a= 0 , b= 5
3a= 1 , b= 5 3a= 0 , b= 2
4a= 1 , b= 3 4a= 0 , b= 1
53 50
k=1
Le tri par insertion classique est similaire, sauf pour la recherche de la position, pour laquelle on eectue
O(k) comparaisons. D'où, pour le tri par insertion classique, O(n2 ) aectations et O(n2 ) comparaisons.
Ainsi, le tri par insertion dichotomique permet un gain de complexité en termes de comparaisons, mais
pas en termes d'aectations.
13