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Annales de dermatologie et de vénéréologie (2008) 135, 496—498

Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com

CAS CLINIQUE

Érythème annulaire récidivant après angine


streptococcique : érythème marginé
rhumatismal de l’adulte
Relapsing annular erythema following streptococcal throat infection in an
adult patient: Adult erythema marginatum associated
with rheumatic fever

E. Alimova a, C. Le Roux-Villet a, S. Neuville b,


L. Dubertret a, A. Petit a,∗

a
Service de dermatologie 1, hôpital Saint-Louis, 1, avenue Claude-Vellefaux,
75010 Paris, France
b
Service de maladies infectieuses, hôpital Saint-Louis,
Paris, France

Reçu le 27 avril 2007 ; accepté le 9 novembre 2007


Disponible sur Internet le 23 mai 2008

MOTS CLÉS Résumé


Érythème marginé Introduction. — L’érythème marginé rhumatismal fait partie de critères majeurs de Jones pour
rhumatismal ; le diagnostic du rhumatisme aigu poststreptococcique. Devenu peu fréquent dans les pays
Angine industrialisés, son diagnostic est rarement évoqué chez l’adulte.
streptococcique Observation. — Nous rapportons le cas d’une femme de 30 ans qui a eu deux épisodes d’une
éruption annulaire du visage, associée à une fièvre et à des polyarthralgies. Cette éruption est
survenue chaque fois quelques jours après une angine streptococcique.
Discussion. — Cette observation souligne que le rhumatisme poststreptococcique n’a pas com-
plètement disparu des pays développés. Les dermatologues ne doivent pas en méconnaître
les manifestations cutanées et doivent rester vigilants quant à ses possibles complications
cardiaques.
© 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

∗ Auteur correspondant.
Adresse e-mail : [email protected] (A. Petit).

0151-9638/$ — see front matter © 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
doi:10.1016/j.annder.2007.11.035
Érythème annulaire récidivant après angine streptococcique : érythème marginé rhumatismal de l’adulte 497

KEYWORDS Summary
Erythema marginatum Background. — Erythema marginatum is one of the main Jones diagnostic criteria for rheuma-
associated with tic fever. However, since it rarely occurs in industrialized countries, this diagnosis is seldom
rheumatic fever; suspected, especially in adult patients.
Streptococcal throat Case report. — We report a case of an annular facial eruption associated with fever and polyar-
infection thralgia seen twice in a 30-year-old woman following episodes of streptococcal throat infection.
Discussion. — This case report underlines the fact that the rheumatic fever has not completely
disappeared in the highly developed countries. Dermatologists should be careful not to overlook
its clinical manifestations and should be vigilant about potential cardiac complications.
© 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

L’érythème marginé rhumatismal (EMR) est caractérisé par dix semaines devant l’absence d’argument pour ce diagnos-
des anneaux érythémateux papuleux polycycliques rapide- tic. L’éruption cutanée ainsi que les arthralgies régressaient
ment évolutifs sur le tronc, les extrémités et parfois le en quelques jours, mais l’évolution était marquée par la
visage [1]. Il fait partie des critères majeurs de Jones réapparition de lésions papuleuses. Une guérison complète
pour le diagnostic du rhumatisme aigu poststreptococcique était observée un mois après le début de l’éruption.
[2]. L’érythème marginé rhumatismal est rarement évoqué Un an plus tard, la malade avait un nouvel épisode
chez l’adulte, où son diagnostic peut être difficile, comme d’angine streptococcique objectivée par son médecin trai-
l’illustre le cas présenté ici. tant et confirmée par le Streptotest® positif. Cette angine
était suivie quatre jours plus tard d’une éruption du front
et des pommettes parfaitement similaire à celle du pre-
Observation mier épisode. Il n’y avait pas de souffle cardiaque. Les ASLO
étaient à la limite supérieure de la normale. Aucune autre
Une femme de 30 ans, sans antécédents particuliers, consul- exploration n’était réalisée en dehors d’un contrôle de la
tait pour une éruption annulaire indolore et non prurigineuse protéinurie, restée négative après un mois. La malade rece-
du visage, associée à des arthralgies migratrices d’horaire vait de l’amoxicilline orale à raison de 2 g/j pendant cinq
inflammatoire des genoux, chevilles et coudes. Les symp- jours, et l’éruption régressait en moins de deux semaines.
tômes avaient commencé quatre jours après une angine
non traitée, avec odynophagie et fièvre à 38,2◦ C. Aucune
prise médicamenteuse n’avait précédé l’éruption. L’examen
montrait plusieurs larges anneaux érythémateux et œdéma-
teux du visage, à surface lisse (Figs. 1 et 2), sans évolution
centrifuge d’après l’interrogatoire. Le reste de l’examen
général était normal. Il n’y avait notamment pas de souffle
cardiaque, pas de photosensibilité, pas de syndrome de Ray-
naud ni de manifestation lupique.
Les examens biologiques montraient : un syndrome
inflammatoire biologique avec une vitesse de sédimen-
tation à 60 mm à la première heure et une protéine C
réactive à 47 mg/l et une numération-formule sanguine
normale. Un test de détection rapide des streptocoques
␤- hémolytiques (Streptotest® ) était positif dans la gorge.
Les anticorps antistreptolysine (ASLO) étaient à la limite
supérieure de la normale (236 UI/l), la protéinurie des
24 heures, la recherche d’anticorps antinucléaires, anti-ADN
natif et anti-ECT était négative. La protéinurie contrôlée
sur la bandelette un mois après était normale. L’examen
histologique standard d’une biopsie d’un anneau montrait
un minime infiltrat lymphocytaire entourant un follicule
pilaire, l’absence d’altération notable de l’épiderme, une
légère fibrose et de rares éléments inflammatoires lym-
phocytaires interstitiels ou péricapillaires dans le derme.
L’examen en immunofluorescence directe était non spéci-
fique. Un traitement par amoxicilline orale 2 g/j pendant
sept jours était prescrit, associé à l’hydroxychloroquine Figure 1. Plaques érythémateuses et œdémateuses fixes, pour la
400 mg/j dans l’hypothèse initiale d’un lupus érythémateux. plupart annulaires à bordure large, en regroupement polycyclique
L’hydroxychloroquine était finalement interrompue après sur la région frontotemporale.
498 E. Alimova et al.

Notre observation correspond à la description classique


de l’EMR, bien que le délai assez court après l’angine
soit atypique et que l’examen histologique ne montre
pas l’infiltrat neutrophilique parfois décrit dans l’EMR [5].
Les diagnostics différentiels de lupus érythémateux et de
syndrome de Sweet peuvent être écartés en l’absence
d’élément clinique, histologique et biologique suffisam-
ment évocateur. L’association de l’éruption, des arthralgies,
du syndrome inflammatoire biologique et de la confirma-
tion de l’origine streptococcique de l’angine (la spécificité
Streptotest® est de 90 pour cent) satisfait aux critères diag-
nostiques de rhumatisme aigu poststreptococcique [2].
L’érythème marginé est souvent associé à une cardite,
qui est la complication majeure du rhumatisme poststrep-
tococcique. Elle est habituellement considérée comme plus
rare, transitoire et de meilleur pronostic chez l’adulte
que chez l’enfant. En absence d’anomalie auscultatoire,
Figure 2. Plaques érythémateuses et œdémateuses fixes, pour la l’échographie cardiaque systématique est discutée chez
plupart annulaires à bordure large, en regroupement polycyclique l’enfant [6] et donc a fortiori chez l’adulte.
sur le bas du visage.

Références
Discussion [1] Sontheimer RD, Provost TT, editors. Cutaneous manifestations
of rheumatic diseases. 2nd ed. Baltimore: Williams & Wilkins;
La survenue, à un an d’intervalle, de deux épisodes
2004. p. 205—8.
d’érythème annulaire accompagnés d’arthralgies inflamma- [2] Guidelines for the diagnosis of rheumatic fever. Jones Criteria,
toires et succédant chacun à une angine streptococcique fait 1992 update. Special Writing Group of the Committee on Rheu-
suspecter un EMR. Il s’agit d’une manifestation classique, matic Fever, Endocarditis, and Kawasaki Disease of the Council
mais peu fréquente du rhumatisme aigu poststreptococ- on Cardiovascular Disease in the Young of the American Heart
cique, qui survient habituellement chez l’enfant une à trois Association. JAMA 1992;268:2069—73.
semaines après une angine, mais est devenu rare dans les [3] Wang CR, Liu CC, Li YH, Liu MF. Adult-onset acute rheumatic
pays développés. La diminution d’incidence de la maladie fever: possible resurgence in southern Taiwan. J Clin Rheumatol
dans ces pays est probablement liée à la large disponibilité 2005;11:146—9.
[4] Feuer J, Spiera H. Acute rheumatic fever in adults: a resurgence
des antibiotiques et au traitement systématique de toutes
in the Hasidic Jewish community. J Rheumatol 1997;24:337—40.
les infections streptococciques chez l’enfant. Le rhuma-
[5] Troyer C, Grossman M, Silvers D. Erythema marginatum in rheu-
tisme aigu poststreptococcique de l’adulte est cependant matic fever: early diagnosis by skin biopsy. J Am Acad Dermatol
décrit dans la littérature, y compris avec des manifestations 1983;8:724—8.
cutanées à type d’EMR, et la possibilité d’une résurgence [6] Vijayalakshmi IB, Mithravinda J, Deva AN. The role of echocar-
de ce syndrome dans les pays développés n’est pas écartée diography in diagnosing carditis in the setting of acute rheumatic
[3,4]. fever. Cardiol Young 2005;15:583—8.

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