Définition de l’enfant
Code de l’enfant (Loi de 2015-08 du 08 décembre 2015,) :
Art. 2 « tout être humain âgé de moins de 18 ans »
Code des Personnes et de la Famille (Loi de 2004, art. 405) : « L’enfant, à tout
âge, doit honneur et respect à ses père et mère et à ses autres
ascendants ».
Arlicle 4: lnviolabilité de la personne de I'enfant
L'enfant en tant que personne humaine, est sacré et inviolable.
L'Etat a l'obligation absolue de le respecter et de le protéger. ll lui garantit un
plein épanouissement conformément à I'article 8 de la Constitution « La
personne humaine est sacrée et inviolable. L’Etat a l’obligation absolue de la
respecter et de la protéter. Il lui garantit un plein épanouissement ».
Article 26 de la Constitution :
Al 3 : « L’Etat protège la famille, particulièrement la mère e l’enfant »
Code de l’enfant, art. 6 « La loi fixe que la personne du mineur est soumise à
l’autorité de parentale ».
Ainsi présenté, l’enfant est un être fragile qui a besoin de protection et
d’attention.
Article 8 : lntérêt supérieur de I'enfant
Dans toutes les décisions qui concernent l'enfant, qu'elles soient le fait des
institutions publiques ou privées de protection sociale, des juridictions, des
autorités administratives ou des orgones législatifs, I'intérêt supérieur de
l'enfant est la considération primordiale.
Par intérêt supérieur de I'enfant, on entend lo primauté à sauvegarder et à
privilégier, à tout prix, les droits de I'enfant dans le sens de son
épanouissement, de son bien-être, de sa croissance el de sa préparation à Io vie
active d'adulte mature et responsable.
Responsabilité sociale des parents
Article 12 : Responsabilité du civilement responsable de l'enfant
Les père et mère ou I'un des deux, ou la personne exerçant I'autorité parentale
ou tutélaire, ou toute personne ayant la charge de I'enfant ont la responsabilité
et l'obligation de l'élever, de l'éduquer et de le protéger.
Article 34 : devoir de déclarer la naissance de l’enfant
Article 35 : devoir de nourrir l’enfant
Article 36 : devoir d’éduquer l’enfant
Article 37 : devoir de guider l’enfant
Article 38 : devoir de fournir les conseils à l’enfant
Artlcle 39 : Administration de lo discipline familiale
Les parents ou les personnes exerçant I'autorité tutélaire s'assurent de
l'administration de la discipline familiale de manière à ce que l'enfant soit
traité avec humanité et respect dus à lo dignité humaine.
lls peuvent, en cas de nécessité, administrer à l'enfant toute sanction.
En aucun cas, la sanction ne doit revêtir lo forme d'atteinte à l'intégrité
physique de I'enfant, de torture, de traitements inhumains ou dégradants.
Toute sanction doit avoir un caractère pédagogique et être accompagnée
d'explication.
TITRE VI : DE L’AUTORITE PARENTALE
CHAPITRE 1 er : DE L’AUTORITE PARENTALE RELATIVE A LA PERSONNE DE
L’ENFANT
Article 405 : L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses père et mère et
à ses autres ascendants.
SECTION 1 : DU CONTENU DE L’AUTORITE PARENTALE
Article 406 : L’enfant reste sous l’autorité de ses père et mère jusqu’à sa
majorité ou son émancipation.
Les droits constituant l’autorité parentale ne peuvent être exercés que dans
l’intérêt du mineur.
Article 407 : L’autorité parentale a pour but d’assurer la sécurité de l’enfant, sa
santé, son plein épanouissement et sa moralité.
Elle comporte notamment les droits et devoirs :
- de garder, de diriger, de surveiller, d’entretenir et d’éduquer ;
- de faire prendre à l’égard de l’enfant toute mesure d’assistance éducative ;
- de consentir à son mariage, à son adoption, à son émancipation dans les
conditions fixées par la loi ;
- d’assurer la jouissance et l’administration légale des biens de l’enfant.
Article 408 : Le droit de garde comporte le droit et le devoir de fixer le domicile
de l’enfant.
Le mineur non émancipé est domicilié chez ses père et mère ou chez la
personne qui exerce à son égard le droit de garde ; il ne peut, sans autorisation
de ses père et mère ou de la personne investie à son égard du droit de garde,
quitter ce domicile ; s’il s’en éloigne sans cette autorisation, il peut être
contraint à y revenir.
Article 409 : Les père et mère ou toute autre personne investie de l’autorité
parentale surveillent les actes et relations de l’enfant.
Article 410 : Les père et mère ou toute autre personne investie de l’autorité
parentale sont tenus de subvenir aux frais d’entretien et d’éducation de
l’enfant.
SECTION 2 : DE L’EXERCICE DE L’AUTORITE PARENTALE
Article 411 : Durant le mariage, l’autorité parentale est exercée en commun par
les père et mère, sauf décision judiciaire contraire. Le principe
S’il s’élève un conflit relativement à l’exercice de l’autorité parentale, le tribunal
civil statue en considérant uniquement l’intérêt de l’enfant. Il est saisi par
l’époux le plus diligent.
A l’égard des tiers de bonne foi, chacun des époux est réputé agir avec l’accord
de l’autre et dans le seul intérêt de l’enfant, quand il fait seul un acte usuel de
l’autorité parentale.
Article 412 : Si les père et mère sont divorcés ou séparés de corps, l’autorité
parentale est exercée par celui d’entre eux à qui le juge a confié la garde de
l’enfant, sauf les droits de visite et de surveillance de l’autre et le droit de
consentir au mariage, à l’adoption et à l’émancipation de l’enfant mineur.
Lorsque la garde a été confiée à un tiers, les autres attributs de l’autorité
parentale continuent d’être exercés par les père et mère.
Cependant, le tiers investi de la garde de l’enfant accomplit les actes usuels
relatifs à sa surveillance et à son éducation.
Si celui des père et mère ayant été investi de la garde de l’enfant décède ou s’il
se trouve dans l’un des cas énumérés à l’article 415, l’autorité parentale est
dévolue de plein droit au parent survivant.
Cependant, dans l’intérêt exclusif de l’enfant, le juge peut décider, à la requête
de tout intéressé, de confier sa garde à toute autre personne.
Article 413 : L’autorité parentale sur les enfants nés hors mariage est exercée
par celui des père et mère à l’égard duquel la filiation est établie.
Lorsque la filiation est établie à l’égard des père et mère, l’autorité parentale est
exercée par celui qui a la garde de l’enfant.
S’il s’élève un conflit entre les père et mère relativement à la garde, le tribunal
civil statue en considérant l’intérêt de l’enfant, et les règles de l’article 412
s’appliquent.
L’autorité parentale peut être exercée en commun par les deux parents s’ils en
font la déclaration conjointe devant le juge des tutelles.
Article 414 : L’autorité parentale sur l’enfant mineur adopté s’exerce ainsi qu’il
est dit à l’article 372 du présent code.
Déchéance de l’exercice de l’Autorité parentale
Article 415 : Perd l’exercice de l’autorité parentale ou en est provisoirement
privé :
- celui qui est hors d’état de manifester sa volonté en raison de son incapacité
ou de toute autre cause ;
- celui qui a consenti une délégation de ses droits selon les règles établies au
paragraphe 3 ci-après ;
- celui qui a été déchu de l’autorité parentale.
Article 416 : Si l’un des père et mère décède ou se trouve dans l’un des cas
énumérés par l’article précédent, l’autorité parentale est dévolue de plein droit
à l’autre.
Article 417 : Lorsque les père et mère sont décédés ou se trouvent dans l’un
des cas énumérés à l’article 415, il y a lieu à désignation d’un tuteur, alors
même qu’il n’existerait pas de biens à administrer.
Le tuteur est investi à l’égard de la personne de l’enfant des droits et
prérogatives que comporte l’autorité parentale.
SECTION 3 : DE LA DELEGATION DE L’AUTORITE PARENTALE
Article 418 : Aucune renonciation, aucune cession portant sur l’autorité
parentale ne peut avoir d’effet si ce n’est dans les cas et selon les procédures
déterminées ci-après.
Article 419 : Lorsqu’un enfant mineur aura été recueilli sans l’intervention de
ses parents ou du tuteur et lorsque ceux-ci se seront désintéressés de lui
pendant plus d’un an, la délégation de l’autorité parentale pourra être
prononcée par un jugement du tribunal du lieu du domicile du mineur dans les
conditions fixées ci-dessous.
Le tribunal est saisi par requête du délégataire.
Au jour fixé par le juge, le tribunal entend les parents ou le tuteur et le
délégataire.
Les parents ou le tuteur entendus ou appelés, le tribunal, compte tenu des
circonstances de l’espèce et selon l’intérêt de l’enfant, statue sur la délégation.
La décision du tribunal est susceptible d’appel.
Article 420 : Les père et mère, ou le tuteur s’il y est autorisé par le conseil de
famille, peuvent déléguer en tout ou partie l’exercice de l’autorité parentale
quand l’enfant a été remis à une personne digne de confiance.
La délégation résultera d’un accord entre le ou les délégants et le délégataire,
homologué par le président du tribunal du domicile du mineur dans les
conditions fixées à l’article 421.
Article 421 : Le président de la juridiction compétente est saisi par requête
conjointe des parties qui comparaissent en personne au jour fixé par le juge.
Il est précisé au juge les noms et qualités des parties, l’objet de la délégation et
l’acceptation du délégataire.
Compte tenu des circonstances de l’espèce et selon l’intérêt de l’enfant, le juge
homologue la délégation.
Le refus d’homologation peut faire l’objet d’un recours devant la juridiction
d’appel.
Article 422 : La délégation a la même durée que l’autorité parentale.
A la requête des parents, du tuteur, du délégataire ou du ministère public, le
tribunal civil peut mettre fin à la délégation s’il est justifié des circonstances
nouvelles ou si la délégation se révèle préjudiciable pour l’enfant.
La décision du tribunal est susceptible d’appel.
Article 423 : Le droit de consentir à l’adoption du mineur n’est jamais délégué.
SECTION 4 : DU CONTROLE DE L’EXERCICE DE L’AUTORITE PARENTALE (JUGE)
Article 424 : Les décisions prises à l’égard du mineur dans l’exercice de l’autorité
parentale peuvent être déférées par tout parent intéressé au président du
tribunal du domicile du mineur.
Après avoir régulièrement convoqué les parties et toute personne dont
l’audition semblerait utile, le président entend les intéressés et tente de les
concilier. Si la conciliation ne peut être obtenue, le président tranche le
différend et statue par ordonnance. La procédure se déroule dans le cabinet du
juge, même pour le prononcé de l’ordonnance.
Article 425 : Si la santé, la sécurité, la moralité du mineur non émancipé sont en
danger ou si les conditions de son éducation sont gravement compromises ou
encore si l’enfant par son inconduite ou sa prodigalité met les personnes
investies de l’autorité parentale ou le gardien dans l’impossibilité d’exercer leurs
prérogatives de direction et de garde, les père et mère conjointement ou l’un
d’eux, le tuteur, le gardien ou le ministère public peuvent saisir le président du
tribunal du domicile du mineur, par simple requête écrite ou verbale, pour
demander que des mesures d’assistance éducative soient ordonnées.
Article 426 : Le président du tribunal du domicile du mineur est seul
compétent, à charge d’appel pour tout ce qui concerne l’assistance éducative.
Il statue après consultation de tout parent intéressé ou plus généralement de
toute personne dont l’audition paraît utile et doit s’efforcer d’obtenir l’adhésion
de la famille à la mesure envisagée.
Article 427 : Chaque fois qu’il est possible, le mineur doit être maintenu dans
son milieu actuel. Dans ce cas, une personne qualifiée ou un service
d’assistance sociale ou d’éducation reçoit mission d’apporter aide et conseil à la
famille, afin de suivre le développement de l’enfant et d’en faire
périodiquement rapport au président du tribunal.
Le président peut aussi, subordonner le maintien de l’enfant dans son milieu à
des obligations particulières telles que celles de fréquenter régulièrement un
établissement sanitaire ou d’éducation, ou d’exercer une activité
professionnelle.
Article 428 : S’il est nécessaire de retirer l’enfant de son milieu actuel, le
président du tribunal peut décider de le confier, selon l’ordre ci-après :
- à celui des père et mère qui n’en avait pas la garde ;
- à un autre membre de la famille ou à un tiers digne de confiance ;
- à un service ordinaire ou spécialisé ou à un établissement sanitaire ou
d’éducation.
Dans ces cas, les attributs de l’autorité parentale qui ne sont pas inconciliables
avec l’application de la mesure continuent d’être exercés dans les conditions
fixées par la loi.
Article 429 : Lorsqu’une décision sur la garde aura été prise par les juges à
l’occasion d’une requête en divorce ou en séparation de corps, elle ne pourra
être modifiée que si un fait nouveau de nature à entraîner un danger pour le
mineur s’est révélé postérieurement à la décision statuant sur les modalités de
l’exercice de l’autorité parentale ou confiant l’enfant à un tiers.
Article 430 : Dans les cas spécifiés à l’article précédent, le président du tribunal
peut charger une personne qualifiée ou un service d’assistance sociale ou
d’éducation d’apporter aide et conseil à la personne ou au service à qui l’enfant
a été confié ainsi qu’à la famille de l’enfant.
Le président du tribunal peut aussi assortir la mesure de remise de l’enfant, des
obligations particulières visées à l’article 427 alinéa 2.
Il peut aussi décider qu’il lui sera rendu compte périodiquement de la situation
de l’enfant.
Article 431 : Soit d’office, soit à la requête des père et mère conjointement ou
de l’un deux, de la personne ou du service à qui l’enfant a été confié, du tuteur
du mineur lui-même ou du ministère public, les décisions prises en matière
d’assistance éducative peuvent être, à tout moment, modifiées ou rapportées
par le président du tribunal après consultation de la famille du mineur.
Article 432 : Les dépenses supplémentaires exposées pour la mise en œuvre
d’une mesure d’assistance éducative incombent aux titulaires de l’autorité
parentale au même titre que les frais normaux d’éducation et d’entretien de
l’enfant.
Article 433 : Les enfants, recueillis par un particulier ou une œuvre privée, dont
les parents se sont manifestement désintéressés depuis plus d’un an, peuvent
être déclarés abandonnés par le tribunal de première instance à moins qu’un
parent n’ait demandé dans les mêmes délais à en assurer la charge et que le
tribunal n’ait jugé cette demande conforme à l’intérêt de l’enfant.
SECTION 5 : DE LA DECHEANCE ET DU RECOUVREMENT DE L’AUTORITE
PARENTALE
Article 438 : Peuvent être totalement ou partiellement déchues de l’autorité
parentale par une disposition expresse du jugement pénal, les personnes qui
auront été condamnées, soit :
- comme auteurs, coauteurs ou complices d’un crime ou délit commis sur la
personne d’un enfant à l’égard duquel elles sont investies de l’autorité
parentale ;
- comme coauteurs ou complices d’un crime ou délit commis sur un enfant à
l’égard duquel elles sont investies de l’autorité parentale.
Article 439 : Peuvent être totalement ou partiellement déchues de l’autorité
parentale, en dehors de toute condamnation pénale, les personnes exerçant
l’autorité parentale qui mettent en danger la sécurité, la santé ou la moralité de
l’enfant, soit :
- par de mauvais traitements,
- par des exemples pernicieux d’ivrognerie habituelle, d’inconduite notoire ou
de délinquance,
- par un défaut de soins ou un manque de direction.
La même sanction est applicable au débiteur de l’obligation alimentaire qui s’est
abstenu volontairement et sans motifs graves d’exécuter l’obligation qui lui
incombe pendant plus de deux mois.
Article 440 : L’action en déchéance est portée devant le tribunal civil du
domicile du mineur par un membre de la famille, par le tuteur ou par le
ministère public.
Article 441 : La déchéance prononcée en vertu des articles 438 et 439 du
présent code portera sur tout ou partie des attributs de l’autorité parentale. A
défaut d’autre détermination, elle ne s’appliquera qu’à l’égard de l’enfant
considéré.
Elle emporte pour l’enfant dispense de l’obligation alimentaire.
En revanche, l’obligation de subvenir à l’entretien et à l’éducation de l’enfant
reste à la charge de celui qui en est frappé.
Article 442 : En prononçant la déchéance, la juridiction saisie devra, si l’autre
parent est décédé ou s’il a perdu l’exercice de l’autorité parentale, désigner un
tiers qui assurera la garde de l’enfant, à charge pour lui de requérir
l’organisation de la tutelle.
Article 443 : Les personnes qui ont été déchues par application des dispositions
de la présente section pourront, par requête adressée au président du tribunal
ayant prononcé la déchéance, en justifiant de circonstances nouvelles, obtenir
que leur soient restitués, en totalité ou en partie, les droits dont ils avaient été
privés.