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Un modèle de projet et une mémoire de projet pour l'aide à l'élaboration de
cahiers de charges au sein de SONATRACH TRC
Conference Paper · May 2002
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8 authors, including:
Doulkifli Boukraâ Abdessamed Réda Ghomari
University of Jijel Ecole Nationale Supérieure d'Informatique
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Un modèle de projet et une mémoire de projet pour l’aide à
l’élaboration de cahiers de charges au sein de
SONATRACH TRC
R. Benferhat,(1),D. Boukraa(1) , L. Admane(1), A.R. Ghomari(1), S. Bouachama(1), M. Terr(2),
A.M. Alquier(3), M. H. Tignol(3)
(1) Institut National d’informatique INI ([email protected])
(2) Sonatarch TRC (
[email protected])
(3) Université de Toulouse 1 (
[email protected])
Résumé
Nous proposons dans cet article un modèle de mémoire de projet pour la capitalisation des
connaissances de projets relatifs à la conception de cahiers de charges au sein de SONATRACH TRC.
Le modèle de mémoire proposé est un modèle particulier du fait que la conception des cahiers de
charges obéit à un processus de travail particulier. Nous présenterons les concepts de mémoires
d’entreprise, de mémoire de projets et de mémoires techniques. Nous argumenterons le choix du
modèle pour la représentation d’un cahier de charges, ainsi que le modèle de la mémoire d’entreprise
conçu. Nous présenterons enfin l’architecture de l’outil développé ainsi que son expérimentation au
sein de Sonatrach/TRC.
Ce travail rentre dans le cadre d’un projet de recherches sur les systèmes d’information industriels
entre l’institut national d’informatique et l’université de toulouse1.
Mots clés :
Projet d’élaboration de cahier de charges, mémoire d’entreprise, mémoire technique, mémoire de
projets, modèle de projet.
Abstract
We propose in this paper a model of project memory for the Knowledge capitalization of projects
relating to the design of specifications within SONATRACH TRC. The model of corporate memory
proposed is a particular model owing to the fact that the design of the specifications obeys to particular
a work process. We will present the concepts of corporate memory, of projects memory and technical
memories. We will argue the choice of the model for the representation of specifications, as well as
the model of the corporate memory conceived. We will present finally the architecture of toolkit
developed and its experimentation within Sonatrach/TRC. This work re-enters within the framework
of a research project on the industrial information systems between the national computing institute
(Algeria) and the university of toulouse1 (France).
Key words
Design of specifications, Corporate memory, project memory, technical memory, project model.
MCSEAI’2002, Annaba, Algérie
1. Introduction
La problématique de la capitalisation des connaissances de l’entreprise à travers le concept de
mémoire d’entreprise n’est pas récente. Les entreprises se sont, de tout temps intéressés à leur
mémoire mais dans sa composante historique (Grands événements, anniversaires, achats,
fusions...), de nombreux cas de ce type de mémoires sont cités dans [Inohara 91]. Ce n’est que
ces dernières années que les chefs d’entreprises ont pris conscience de l’importance de cette
conservation du capital connaissance de leur entreprise (Simon, 1997).
Plusieurs facteurs contribuent à cette prise de conscience. En premier lieu, la mobilité accrue
des employés de l’entreprise met au premier plan l’importance de préserver leurs
connaissances, pour pouvoir y accéder et les transmettre aux nouveaux employés. De plus, la
nouvelle politique de production est orientée client et qualité, ce qui exige de maîtriser les
connaissances liées aux produits et/ou services, plutôt que de maîtriser les techniques de
production. Ainsi, la connaissance a pris, au sein des organisations, une importance
stratégique, qui la classe comme une ressource à gérer à bon escient. Le capital connaissance
devient, plus que jamais, un enjeu plus stratégique que le capital financier. D’où l’émergence
de la notion de «capitalisation des connaissances » (Grundstein, 96) comme nouveau défi des
chercheurs dans plusieurs domaines. Dans le domaine informatique précisément, diverses
disciplines fournissent des méthodes, des modèles, et des outils pour mener à bien le
processus de capitalisation. Parmi ces disciplines, nous trouvons l’ingénierie des
connaissances, les systèmes d’informations et la gestion électronique des documents. Au
centre des travaux sur la capitalisation des connaissances, le concept de mémoire d’entreprise
(Dieng, 00) (Pomian 96) est apparu comme le support des savoirs et savoir-faire appelés à être
préservés pour pouvoir donner accès aux connaissances accumulées.
Nous nous intéressons dans cet article aux apports des mémoires d’entreprise, et plus
particulièrement des mémoires de projets, quant à la prise en charge d’un besoin réel de
l’entreprise. Ce dernier consiste à construire et gérer une mémoire de projet pour l’aide à la
conception et la rédaction des cahiers des charges à Sonatrach/TRC. Nous proposons pour
cela un modèle de projet particulier, un modèle de mémoire projet spécifique au contexte de
la conception de cahiers de charges de projets innovants et non répétitifs ainsi qu’un outil
pour la gestion de cette mémoire d’entreprise.
Cet article est structuré comme suit. En premier lieu, nous présentons les concepts de
mémoires d’entreprise, avec les différents types de mémoires existants ainsi que le concept de
capitalisation des connaissances. Ensuite, nous présentons brièvement l’activité d’élaboration
des cahiers de charges et les besoins en termes de capitalisation des connaissances qui en
découlent. Nous démontrons dans cette partie la spécificité du cas des cahiers de charges.
Nous présentons par la suite le modèle proposé pour schématiser le projet d’élaboration des
cahiers de charges, suivi par celui proposé pour schématiser la mémoire de projet. Enfin, nous
présentons l’outil développé et les éléments de capitalisation que nous avons implémentés.
2. Les mémoires d’entreprise
Le concept de mémoire d’entreprise (pomian 96), (VanHeijst 96), (Dieng 00) est souvent
associé à la capitalisation des connaissances. La mémoire désigne «l’entrepôt des
connaissances » concernées par le processus de capitalisation. Plusieurs définitions ont été
attribuées à la mémoire d’entreprise. Nous choisirons la suivante : « la représentation
persistante, explicite, désincarnée des connaissances et des informations dans une
organisation, afin de faciliter leur accès, leur partage et leur réutilisation par les membres
adéquats de l’organisation dans le cadre de leurs tâches » (Dieng 00). La mémoire
d’entreprise ne suppose pas seulement un stockage passif des connaissances, mais également
MCSEAI’2002, Annaba, Algérie
leur exploitation dans des contextes qui peuvent être différents du contexte de leur stockage.
Il s’agit d’une reconstitution active du passé pour de nouveaux besoins.
2.1 Caractéristiques d’une mémoire d’entreprise
Plusieurs caractéristiques distinguent une mémoire d’entreprise d’un système à base de
connaissances ou des systèmes experts. Ces caractéristiques (Simon, 1997) sont
essentiellement : 1) la diversité des connaissances et de leur sources, 2) la dispersion des
connaissances, 3) La Généricité de la mémoire, dans le sens que où l’organisation des
connaissances est indépendante de leurs utilisations, 4) l’évolutivité de la mémoire durant le
temps et 5) la possibilité de points de vue multiples (tel que l’annotation des éléments de la
mémoire par divers points de vue).
2.2 Typologie des mémoires d’entreprises
Il existe plusieurs critères de classification des mémoires d’entreprises :
Selon la forme d’implantation de la mémoire, on peut distinguer entre la mémoire
documentaire, la mémoire à base de connaissances, la mémoire à base de cas, etc.
Selon le type de connaissances contenues dans la mémoire, on peut distinguer entre la
mémoire société, la mémoire métier, la mémoire technique, la mémoire de projets, etc.
Notre intérêt se porte sur la deuxième classification, et en particulier aux trois derniers types
de mémoires citées.
La mémoire technique regroupe l’ensemble des connaissances techniques d’un domaine
de l’entreprise. Une mémoire technique peut couvrir, par exemple, des connaissances sur
le matériel de production d’une usine ou les spécifications techniques d’un produit.
La mémoire de métier regroupe les méthodes, les outils, les référentiels et les documents
employés dans un métier particulier (Tourtier, 95). Elles permettent de capitaliser les
expériences et le savoir-faire des acteurs, afin de les réutiliser ou de les analyser.
La mémoire de projet est définie comme l’ensemble des leçons et expériences acquises au
cours d’un projet (Matta 99). Elle comporte la définition du projet, ses activités, son
historique, et ses résultats (Tourtier, 95).
Ces types de mémoires d’entreprises ne sont pas exclusifs. En effet, une mémoire de métier,
qui regroupe des connaissances techniques, est considérée également comme une mémoire
technique. En outre, si les métiers sont organisés autour de projets, on est également en
présence d’une mémoire de projet.
Nous nous positionnons justement à l’intersection des trois types précédents. L’activité (ou le
métier) sur laquelle porte cet article concerne l’élaboration des cahiers de charges. Celle–ci
est considérée comme un projet à part étant donné son importance. Quant au contenu du
cahier des charges, nous nous limiterons aux spécifications techniques des ouvrages
concernés par le projet.
3. La capitalisation des connaissances
La capitalisation des connaissances répond à des besoins industriels exprimés par les chefs
d’entreprises, les cadres et les exécutants. Parmi les besoins cités par (Dieng 00), nous
retrouvons : 1) éviter la perte du savoir-faire d’un spécialiste après sa retraite, sa mutation au
sein de l’organisation ou son départ pour une nouvelle entreprise, 2) exploiter l’expérience
acquise des projets passés et conserver les leçons du passé, afin d’éviter de reproduire
certaines erreurs et 3) améliorer l’apprentissage des employés nouveaux comme anciens.
MCSEAI’2002, Annaba, Algérie
Le processus de capitalisation des connaissances proposé dans (Grundstein 95) comporte
quatre phases : 1) identifier, localiser et caractériser le capital connaissances, 2) formaliser et
conserver, 3) valoriser le capital en offrant des outils d’accès au capital, de dissémination,
d’utilisation efficace, de combinaison et de création de nouvelles connaissances, 4) maintenir
et enrichir le capital.
Ce processus peut être mené selon trois approches
1. La problématique est traitée au niveau stratégique et décisionnel pour devenir l’objet
d’une fonction spécifique de l’entreprise. On parle alors d’une fonction de
management du capital intellectuel ou de fonction de gestion de connaissances de
l’entreprise.
2. La problématique est prise en charge par l’encadrement intermédiaire, acteurs qui
mettent en relation les orientations stratégiques de la direction générale avec
l’expérience pratique du terrain. Ils favorisent et catalysent les processus d’innovation
et de capitalisation des connaissances.
3. La problématique est traitée au niveau opérationnel : Un objectif spécifique vient se
greffer à des objectifs directement opératoires de projets de réalisations industrielles.
On parle alors de fonctionnalité de capitalisation des connaissances.
Dans notre contexte, nous nous positionnons au troisième niveau. Nous nous intéressons à
l’application de la capitalisation des connaissances dans le cadre d’un projet d’élaboration de
cahiers de charges au sein de Sonatrach/TRC.
4. L’activité d’élaboration des cahiers de charges de
Sonatrach/TRC
Régulièrement, la branche TRC de Sonatrach lance des projets de réalisation d’ouvrages de
transport d’hydrocarbures (station de pompage, canalisation, etc.). Chaque projet donne lieu à
l’élaboration d’un cahier de charges, qui sera soumissionné aux fournisseurs. Le cahier de
charges contient, entre autres, les spécifications techniques de l’ouvrage à réaliser. Dans cet
article, nous nous intéressons seulement à ces spécifications techniques. Cette activité
nécessite le traitement d’un volume important d’informations nouvelles, mais également le
recours aux anciens cahiers de charges archivés. Devant le grand volume informationnel,
archivé ou à traiter, les concepteurs des cahiers de charges font face aux problèmes d’accès
aux archives (difficulté de localiser la bonne source d’information). Ils ont également besoin,
de réutiliser certains composants conçus dans les projets passés. Ceci par soucis de gain de
temps et d’efficacité. Souvent, ils s’en inspirent, voire exploitent en intégralité ou en partie
les portions intéressantes des anciens cahiers de charges. Ainsi, la problématique exprimée
par les concepteurs ne pas être prise en charge par un simple système de gestion
documentaire. Elle est, plutôt, prise en charge par un système permettant également la
réutilisation et l’adaptation des éléments de projets passés. La mémoire d’entreprise est
appelée à ce titre à jouer un rôle prépondérant pour répondre aux besoins énoncés
précédemment.
5. Le modèle de projet
La construction d’une mémoire de projet nécessite d’avoir une vision homogène et normalisée
sur tous les projets, donc de disposer d’un modèle unique. Or, cette hétérogénéité entre les
projets va à l’encontre de l’unicité du modèle. Dans le cas SH/TRC, les projets sont
hétérogènes et variés. Ils diffèrent selon leur nature, leur type etc. Ils sont même influencés
par leurs concepteurs. Deux projets ayant la même finalité peuvent être différents selon les
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personnes qui les ont conçus. De même pour les composants des ouvrages, ils peuvent être
radicalement différents jusqu'à leur description. On ne décrit pas avec les mêmes propriétés
un relais électrique et une portion de pipe line. Dans le premier on parlera de puissance et de
voltage dans le deuxième on parlera de longueur et de pression. Sur un plan humain, les
concepteurs de cahiers de charges contribuent à l'augmentation de l’hétérogénéité des ces
projets car ils ont des méthodes de travail et des processus cognitifs différents.
Ce paradoxe peut être résolu en choisissant un modèle qui soit le plus générique possible, afin
de représenter les éléments communs entre les projets. La littérature fournit à ce titre un
modèle qui semble répondre à cette réalité. Il s’agit du modèle DECIDE (Alquier 97) issu du
projet ESPRIT n° 22298. Ce modèle a été proposé pour le calcul de coûts dans la phase de
réponse à un appel d’offres pour des produits divers. Le modèle DECIDE propose de
décomposer chaque ouvrage sur lequel porte l'appel d'offres en composants atomiques. A
chaque composant sont associés des processus mis en œuvre pour sa réalisation et des
ressources consommées. Cette décomposition porte le nom de solution technique. Le calcul
des coûts porte sur l’ensemble des composants atomiques plutôt que sur le produit final. Une
telle décomposition peut être appliquée à n’importe quel ouvrage physique composé
d’éléments, voire des d’ouvrages abstraits (système d’information, organisation, etc.). Le
modèle s’appuie sur le formalisme individuel tel qu’il est représenté en figure 1.
Prod_rel_prod Prod_rel_proc Prod_rel_ress
Type_rel_prod Type_rel_proc Type_rel_ress
0,n 0,n
0,n 0,n 0,n 0,n
PRODUIT PROCESSUS RESSOURCE
Cod_prod uses Cod_proc uses Cod_ress
0,n
0,n 0,n 0,n Des_ress
Des_prod Des_proc
Cout_pro Cout_proc Cout_ress
Prod_selection Proc_selection Ress_selection
Raison_rej_prod Raison_rej_proc Raison_rej_ress
Figure 1: Décomposition des éléments de la solution technique en sous-éléments
Dans le contexte de la conception des cahiers de charges, c’est la notion de décomposition
proposée dans DECIDE qui nous intéresse le plus. Ainsi, une solution technique représente,
dans notre cas, l’ouvrage concerné par le cahier de charges (ex : station de pompage, etc.).
Chaque ouvrage sera ainsi décomposé jusqu’au niveau de ses composants les plus
élémentaires. A chaque composant, sont associés des processus de fabrication et des
ressources consommables. L'objectif de notre mémoire d'entreprise est alors de capitaliser les
connaissances et expériences relatives aux composants atomiques des ouvrages en plus des
connaissances et expériences relatives aux ouvrages eux-mêmes. Cette vision de la
capitalisation offre de larges possibilités de réutilisation intelligente des composants.
Ce modèle permet aux concepteurs d’adopter une vision unique de tout projet, pour ensuite,
raisonner seulement en termes de composant, de processus et de ressource. L’avantage de
cette décomposition est de faire converger les schémas mentaux des concepteurs vers un
schéma unifié. Ce schéma de raisonnement est orienté solution technique plutôt que
document. D’où l’émergence d’un langage commun aux utilisateurs et concepteurs favorisant
plus de communication et de coopération.
6. Le modèle de la mémoire de projet
Le modèle que nous présentons dans cette section est issu d’une réflexion sur les éléments à
considérer dans la mémoire afin de répondre aux attentes des concepteurs. Il se doit de
répondre à un double objectif. 1), il doit permettre une aide en phase de conception du projet
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par une meilleure réutilisation des résultats des projets passés. Cette aide se fait par la mise en
œuvre des expériences mémorisées pour la réutilisation de composants déjà existants. 2), il
offre une aide lors de la rédaction des cahiers de charges par la mise à la disposition de
rédacteur tout document (texte, graphique, schéma etc.) ou portion de document relatif à un
composant donné. La mémoire de projet proposée recouvre quatre thèmes distincts et
communicants entre eux tel que représentés en figure 2.
Mémoire des Expert
Chef Mémoire des Projets 1
Solutions techniques
Projet
4 2 3
6
Mémoire de Utilisateur
Knowledge Mémoire à base
Manager Compétences 5 de cahiers de charges
Figure 2 : Organisation générale du modèle de mémoire proposé
La mémoire des projets : Elle mémorise la description générale de l’ensemble des projets
déjà réalisés. Elle contient, outre la description générale des projets, les spécifications
particulières, conditions techniques, contraintes, limitations, notes particulières etc.
La mémoire des solutions techniques : Cette mémoire regroupe l'ensemble des solutions
techniques déjà proposées. Elle offre aux utilisateurs des outils de recherche et de dérivation
de composants déjà existants. Pour établir une solution technique, nous proposons au
concepteur de décomposer son ouvrage à travers les trois composants de base, le produit, le
processus et la ressource.
Le processus : C’est un ensemble d’opérations utilisant des ressources humaines et
matérielles exécutées dans un ordre bien précis afin d’obtenir un produit en finalité. Un
processus peut être composé d’un ou plusieurs processus.
Le produit : C’est l’objet final résultant de l’exécution d’un processus, le produit peut
être composé d’un ou plusieurs produits. On parlera alors de méta-produit.
La ressource : Elle peut être humaine et/ou matérielle. Cette dernière est la matière
première pour la réalisation d’un processus. La ressource peut, elle aussi, être composé
d’un ou plusieurs ressources.
La Mémoire à base des cahiers des charges : Cette mémoire constitue l’essentiel de notre
système. Elle offre aux utilisateurs des éléments textuels et graphiques issus des cahiers de
charge passés. Elle est composée d’une réorganisation des cahiers de charges passés. Chaque
élément de base de cette mémoire documente un ou plusieurs éléments de la solution
technique. Cette documentation se présente sous forme de textes explicatifs, schémas,
remarques, contraintes ou normes à respecter. Cette mémoire est annotée, commentée ou
argumentée par des compétences internes ou externes à l’entreprise. Ceci à la seule condition
que les personnes qui apportent leur contribution soient clairement identifiées pour pouvoir
juger de la pertinence de la contribution. L’organisation de ces connaissances dans la
mémoire répond à deux critères: 1) respecter la logique de rédaction des concepteurs et 2)
reconstituer l’indexation de ces connaissances à la nouvelle vision DECIDE de l’ouvrage.
Cette indexation est assurée par un ensemble de liaisons fonctionnelles et sémantiques entre
les solutions techniques et les connaissances produites. L’utilité de ce composant découle de
la nature même de l’activité de conception du cahier de charges. Il permet au concepteur
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d’accéder aux éléments susceptibles de l’aider dans la conception avec toutes les
connaissances qui y sont reliées telles que des portions de textes, des images et plans.
La mémoire des compétences humaines : Cette partie de la mémoire globale gère le capital
compétence. Elle recense toutes les personnes intervenant, de prés ou de loin dans le domaine
couvert par la mémoire d’entreprise. Chaque intervenant a la possibilité d’apporter son
expertise personnelle sur tout élément de la mémoire (figure 2, lien 4,5,6). Cet apport se fait
par le biais d’annotations, et dans le sens inverse, d’identifier et de retrouver ces intervenant
en cas de besoin.
Des liens entre le modèle de définition de projet et le modèle des solutions techniques (figure
2, lien 1) permettent de représenter les différentes alternatives de solutions techniques pour un
ouvrage donné. Parmi ces solutions, une seule sera retenue, les autres seront rejetées. La
solution retenue sera détaillée. Pour les solutions rejetées, on mentionne les causes et
arguments du rejet. Des liens entre la mémoire documentaire et le modèle de définition du
projet (figure 2, lien 2) permettent d’accéder aux spécifications du projet telles qu’elles
existent sur le document. Des liens bidirectionnels entre la solution technique et la mémoire
documentaire (figure 2, lien 3) permettent d’associer chaque élément de la solution technique
à son équivalent sur le cahier de charges.
Cette mémoire subit des flux informationnels au sens de (Ermine 96). Ils sont de trois types :
1) Les flux de modification et de mises à jour : Ces flux sont pris en charge par des utilisateurs
autorisés (chef de projet, expert etc.). Ils concernent la proposition de solutions techniques, les
mises à jour (enrichissement, suppression) de la mémoire ou l’intégration de compétences
humaines. 2) Les flux d’annotation ou de documentation : Sont pris en charge par toutes
personnes désirant apporter sa contribution à la mémoire d’entreprise pour peu qu’elle
s’identifie auparavant. 3) Les flux de consultation : sont pris en charge par toute personne
désirant se documenter sur un domaine, un projet ou une partie d’un projet.
7. Présentation de l’outil de capitalisation des connaissances
Le logiciel développé pour supporter cette mémoire d'entreprise, a été réalisé sur Oracle 8i
pour la partie statique et Developper 2000 pour la partie dynamique. Il est organisé en un
ensemble de bases de données thématiques et un ensemble de modules de traitements (fig. 3).
Module
Chef de d’élaboration des Mémoire des
Projet sol. techniques Sol. Tech.
Mémoire de
Compétences
Expert
Module
d’indexation
Mémoire des Module
projets d’annotation
Knowledge Utilisateur
Manager
Module de gestion
de fonds Mémoire des
documentaire Cah. Charges
Figure 3 : Architecture technique proposée
Dans cette architecture, la mémoire technique est divisée en thèmes. Chaque thème est géré
par un ou plusieurs modules.
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Le module de gestion des solutions techniques : Ce module permet une aide à l’élaboration
des solutions techniques. Il fournit deux catégories d’outils.
Les outils de recherche qui utilisent essentiellement les techniques de recherche par mot dans
un titre de paragraphe, dans l’intitulé d’un document, dans le contenu d’un paragraphe
associé, dans la désignation d’un élément de la solution technique ou alors dans l’annotation
d’un élément de la mémoire. La figure 4 présente un exemple de résultat de recherche.
Figure4 : Ecran de recherche
Les outils de création de solutions techniques qui permettent de décomposer tout projet selon
la vision DECIDE et d’introduire chaque élément atomique dans le mémoire avec tous ces
liens avec les autres éléments.
Le module de gestion du fond documentaire : Ce module permet de gérer toute la partie
documentaire de la mémoire. Il permet de mettre en forme et d’introduire dans la mémoire
tous les documents relatifs aux projets qu’ils soient à caractère contractuels (éléments des
cahiers de charge rédigés) où à caractère informationnel (tout autre document). Ceci se fait en
transformant tous ces documents en documents PDF sous Adobe Acrobat. Ces derniers sont
ensuite visualisés avec Acrobat Reader.
Le module d’indexation de la mémoire : Ce module permet de relier toute la partie
documentaire à la partie technique chaque élément de la mémoire documentaire sera relié à
des éléments de la mémoire technique et inversement. Il permet aussi de déduire
automatiquement les liaisons transitives (un élément A est relié à un élément B qui lui-même
est relié à un élément C, on déduit que l’élément A est relié à l’élément C). Ce genre de
liaisons est invisible d’emblée à l’utilisateur et leur mise à jour est très intéressante.
Le module d’annotation de la mémoire : Ce module permet à toute personne possédant des
compétences et des connaissances spécifiques, d’enrichir la mémoire. Cela est possible en
annotant un élément de la solution technique ou un élément des documents de cahiers des
charges. L’annotation concerne et les éléments de projets en cours et les éléments des projets
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déjà conçus. Elle peut être effectuée durant la phase de recherche ou de consultation des
éléments de la mémoire.
8. Conclusion
Le processus d’élaboration des cahiers des charges est assez complexe et les concepteurs ont
chacun leur façon et méthode de travail. Il nous est apparu risqué de proposer des
modifications sur cette procédure. L’une des originalités de notre logiciel est d’apporter des
améliorations sur des processus en amont et en aval du processus global d’élaboration des
cahiers des charges sans changer les habitudes des utilisateurs.
En amont, on met à la disposition des utilisateurs la mémoire pour leurs recherches
préliminaires. En aval, la mémoire les assiste dans la rédaction en fournissant des portions de
documents déjà écrites. Ils peuvent aussi en fin de cycle réorganiser les cahiers de charge
selon la vision Produit-Process-Ressource et enrichir la mémoire de leur projet finalisé.
La mémoire technique proposée est actuellement en phase de test au niveau de
Sonatrach/TRC. Des réflexions sont dors et déjà entamées dans le cadre de thèses de
magistère pour l’introduction de techniques du raisonnement à base de cas afin d’optimiser la
recherche, l’introduction d’ontologies pour uniformiser le discours et les techniques
hypemedias pour la gestion de la partie documentaire.
Comme premier retour d’expérience, il faut noter que naturellement, le mode de raisonnement
des concepteurs est en train de changer. Certains commencent automatiquement à raisonner
en terme de produit processus ressource et exploitent la mémoire tout au long du cycle de
conception du cahier de charges.
Bibliographie
(Alquier, 97) A. M. Alquier, S. Sebal, « une méthode de capitalisation des connaissances centrée sur la
conception de solutions techniques : de l'approche relationnelle à l'approche objet ». Deuxième congrès
international franco-quebecois de génie industriel - Albi 1997
(Dieng, 00) R. Dieng, O. Corby, A. Giboin, J. Golebiowska, N. Matta, M. Ribière, « Méthodes et
outils pour la gestion des connaissances », Ed. Dunod, 2000
[Ermine 96] J. L. Ermine, M. Chaillot, P. Bigeon, B. Charenton, D. Malavieille; "MKSM méthode
pour la gestion des connaissances", ISI Vol 4 N° 4/1996, pp 541 576, Ed HERMES, 1996.
(Grundstein, 96) M. Grundstein, P. Barthès, « An industrial view of the process of capitalizing
knowledge », Proceedings of the 4th International Symposium on the Management of Industrial and
Corporate Knowledge (ISMICK'96), pp. 265-285, 1996.
(Matta, 99) N. Matta, O. Corby, M. Ribière, « méthodes de capitalisation de mémoire de projet »,
Rapport de recherche, INRIA, Novembre, 1999.
(Pomian 96) J. Pomian, "Mémoire d'entreprise, techniques et outils de transmission d savoir",
Sapientia, 1996
(Tourtier, 95) P. A. Tourtier, « Analyse préliminaire des métiers et de leurs interactions. Rapport
intermédiaire du projet GENIE, INRIA-Dassault-Aviation, 1995.
[Van Heijst 96] G. VanHeijst, R. VanDerSpek, E Kruisinga ; « Organizing corporate memories », in
proceedings of workshop on Knowledge Acquisition for Knowledge-Based Systems was held in Banff,
Alberta, Canada, Octobre 1996
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