Novembre 2010
Novembre 2010
MÉMOIRE
PRÉSENTÉ
PAR
THOMAS BISSUEL-ROY
NOVEMBRE 2010
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
Service des bibliothèques
Avertissement
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le formulaire Autorisation de reproduire et de diffuser un travail de recherche de cycles
supérieurs (SDU-522 - Rév.ü1-2üü6). Cette autorisation stipule que «conformément à
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publication .de la totalité ou d'une partie importante de [son] travail de recherche pour
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intellectuelle. Sauf entente contraire, [l'auteur] conserve la liberté de diffuser et de
commercialiser ou non ce travail dont [il] possède un exemplaire.»
REMERCIEMENTS
Je désire tout d'abord remercier mon directeur de recherche, David Hanna, pour la
pertinence de ses commentaires et ses réflexions éclairantes qui m'on guidé tout au long
du processus de la rédaction de ce mémoire. Je souhaite spécialement remercier ma co
directrice de recherche, Florence Junca-Adenot pour sa disponibilité, ses conseils et ses
commentaires judicieux notamment en ce qui a Irait aux parties abordant le thème des
transports en commun.
INTRODUCTION 1
PEMIÈRE PARTIE 5
CHAPITRE l 7
l.l La coordination du transport et du développement urbain 7
1.1.1 Éclatement de la mobilité et étalement urbain 8
1.1.1.1 Éclatement de la mobilité des individus 8
1.1.1.2 L'étalement urbain 10
1.1.1.3 Conséquences de ces tendances 10
1.2 Désindustrialisation des villes centrales et zones industrielles en mutation 12
1.2.1 Les années de gloire et le déclin des chemins de feL 12'
1.2.2 De friche industrielle à zone industrielle en mutation 15
1.2.2.1 Notion de friche industrielle 15
1.2.2.2 Notion de zone industrielle en mutation 16
1.3 Double problématique: une stratégie d'intervention unique 18
CHAPITRE II 21
2.1 La requalification urbaine 21
2.1.1 Processus de requalification 22
2.1.2 La requalification des zones industrielles en mutation: contexte et enjeux24
2.1.2.1 Les contraintes à la requalification des friches industrielles 24
2.1.2.2 La réaffectation et le rôle des acteurs locaux 25
2.1.2.3 La restauration et l'importance du patrimoine industrieL 26
2.1.2.4 Tirer avantage de la localisation 26
VI
DEUXIÈME PARTIE.. 33
CHAPITRE III 35
3.1 Hypothèse de départ 35
3.2 Objectifs de la recherche 36
3.2.1 Sous-objectifs 37
3.2.1.1 Sous-objectif 1 : Territoire d'étude 37
3.2.1.2 Sous-objectif 2 : Grille de critère 38
3.2.1.3 Sous-objectif3 : Caractérisation des zones 38
3.2.1.4 Sous-objectif 4 : Constats et évaluation du potentiel de chaque zone 38
3.3 Pertinence sociale 38
3.4 Pertinence scientifique 39
3.5 Une démarche qualitative? : 40'
3.6 Limites de la démarche quaJitative 41
3.7 Territoire d'étude 42
3.8 Sélection des zones d'études 45
3.8.1 Recensement des zones industrielles dans le territoire d'étude 46
3.8.2. Élaboration des critères discriminants 46
3.8.2.1 Zones portuaires ou aéroportuaires 47
3.8.2.2 Plan de redéveloppement... 47
3.8.2.3 Intensité des activités 47
3.8.2.4 Dimensions 48
3.8.3 Liste des zones d'étude 48
CHAPITRE IV 51
4.1 Critères reliés aux caractéristiques inhérentes de la zone 52
4.1.1 Dimensions 53
4.1.2 Nature et type d'industries 53
VII
TROISIÈME PARTIE 77
CHAPITRE V 79
5.1 Zone de la cour de triage Hochelaga 81
5.2 Zone du métro Préfontaine 97
5.3 Zone 1berville - St-Joseph 113
5.4 Zone de l'incinérateur 131
5.5 Zone du viaduc Van Horne 147
5.6 Zone du métro Namur 165
5.7 Zone Lachine 183
VIII
CHAPlTRE Vl 203
6.1 Les zones à fort potentiel de développement 204
6.1.1 Caractéristiques commune à ces zones 204
6.1.2 Caractéristiques particulières à la zone Lachine 205
6.1.3 Caractéristiques particulières à la zone du viaduc Van Horne 208
6.1.4 Caractéristiques particulières à la zone de la cour de triage Hochelaga .. 210
6.2 Les zones à potentiel de développement modéré 211
6.2.1 Zone du métro Préfontaine 211
6.2.2 Zone Iberville - St-Joseph 212
6.2.3 Zone de l'incinérateur 213
6.2.4 Zone du métro Namur 213
6.3 La planification de la requalification des zones industrielles en mutation: les
enjeux 214
DEUXIÈME PARTIE
TROISIÈME PARTIE
Zone 1
Tableau 3.1.1 Données sur les superficies 81
Tableau 3.1.2 Données sur les activités 81
Tableau 3.1.3 Pôles générateurs de déplacements 89
Zone 2
Tableau 3.2.1 Données sur les superficies 97
Tableau 3.2.2 Données sur les activités 97
Tableau 3.2.3 Pôles générateurs de déplacements 105
Zone 3
Tableau 3.3.1 Données sur les superficies 113
Tableau 3.3.2 Données sur les activités 113
Tableau 3.3.3 Pôles générateurs de déplacements 124
Zone4
Tableau 3.4.1 Données sur les superficies 131
Tableau 3.4.2 Données sur les activités 131
Tableau 3.4.3 Pôles générateurs de déplacements 140
Zone 5
Tableau 3.5.1 Données sur les superficies 147
Tableau 3.5.2 Données sur les activités 147
Tableau 3.5.3 Pôles générateurs de déplacements 158
Zone 6
Tableau 3.6.1 Données sur les superficies 165
Tableau 3.6.2 Données sur les activités 165
Tableau 3.6.3 Pôles générateurs de déplacements 176
Zone 7
Tableau 3.7.1 Données sur les superficies 183
Tableau 3.7.2 Données sur les activités 183
Tableau 3.7.3 Pôles générateurs de déplacements 193
x
QUATRIÈME PARTIE
DEUXIÈME PARTIE
TROISIÈME PARTIE
Zone 1
Carte 3.1.1 Délimitation de la zone 81
Carte 3.1.2 Éléments marquants de la zone 82
Carte 3.1.3 Milieu environnant. 86
Zone 2
Carte 3.2.1 Délimitation de la zone 97
Carte 3.2.2 Éléments marquants de la zone 98
Carte 3.2.3 Milieu environnant 101
Zone 3
Carte 3.3.1 Délimitation de la zone 113
Carte 3.3.2 Éléments marquants de la zone 114
Carte 3.3.3 Milieu environnant 119
Zone4
Carte 3.4.1 Délimitation de la zone 131
Carte 3.4.2 Éléments marquants de la zone 132
Carte 3.4.3 Milieu environnant 136
Zone 5
Carte 3.5.1 Délimitation de la zone 147
Carte 3.5.2 Éléments marquants de la zone 148
Carte 3.5.3 Milieu environnant 153
Zone 6
Carte 3.6.1 Délimitation de la zone 165
Carte 3.6.2 Éléments marquants de la zone 166
Carte 3.6.3 Milieu environnant 171
Zone 7
Carte 3.7.1 Délimitation de la zone 183
Carte 3.7.2 Éléments marquants de la zone 184
Carte 3.7.3 Milieu environnant 189
QUATRIÈME PARTIE
Carte 4.1 Mise en réseau des zones par l'emprise ferroviaire 220
Xlii
PREMIÈRE PARTIE
Photo 1.1 10
Photo 1.2 13
Photo 1.3 13
Photo 1.4 18
TROISIÈME PARTIE
Zone 1
Photo 3.1.1 83
Photo 3.1.2 84
Photo 3.1.3 ; 84
Zone 2
Photo 3.2.1 100
Photo 3.2.2 102
Photo 3.2.3 108
Zone 3
Photo 3.3.1 115
Photo 3.3.2 116
Photo 3.3.3 117
Zone4
Photo 3.4.1 134
Photo 3.4.2 134
Photo 3.4.3 142
Zone 5
Photo 3.5.1 149
Photo 3.5.2 150
Photo 3.5.3 151
Zone 6
Photo 3.6.1.. 167
Photo 3.6.2 168
Photo 3.6.3 168
Zone 7
Photo 3.7.1 , 185
Photo 3.7.2 186
Photo 3.7.3 195
RÉSUMÉ
Existe-t-il une approche qui permette de s'attaquer à ces deux problématiques de façon
intégrée? C'est ce que nous nous proposons de démontrer dans cet ouvrage en étudiant le
cas de Montréal qui fut jadis le berceau de l'industrialisation canadienne.
Plus spécifiquement, cette recherche vise à démontrer que les zones industrielles en
mutation, conséquences spatiales de la désindustrialisation des villes centrales, ont un
grand potentiel de développement d'autant plus qu'elles sont si tuées en milieu urbain
dense et déjà desservies par les infrastructures de transport en commun. Redévelopper ces
secteurs urbains permet non seulement de donner un second souffle à des quartiers en
déclin, mais de limiter l'étalement urbain par la récupération de sites centraux et de
maximiser l'utilisation des infrastnictures de transport en commun existantes.
Afin de démontrer cette hypothèse, nous avons eu recours à des études de cas. Nous
avons donc sélectionné une série de zones industrielles en mutation le long du corridor
ferroviaire du CP allant de l'arrondissement de Hochelaga-Maisonneuve à celui de
Lachine afin d'en faire une étude approfondie et d'en évaluer le potentiel. Au total, sept
zones ont été évaluées. Cette évaluation a été réalisée à l'aide d'une grille de critères que
nous avons construite à partir de la littérature, mais que nous avons adaptée à nos besoins.
Les évaluations de ces sites nous ont révélé que non seulement les zones industrielles en
mutations possédaient un grand potentiel de développement, bien que ce potentiel variait
d'un site à l'autre, mais aussi que la localisation centrale de ces zones desservies par les
infrastructures de transport en commun représentait une opportunité d'augmenter
significativement leur impact sur la mobilité urbaine tout en requalifiant des zones
déstructurées.
c
Les grandes métropoles occidentales du XXI siècle devront faire face à des enjeux de
taille dans les prochaines décennies. Nous n'avons qu'à penser aux défis mentionnés ci
haut pour se rendre compte de la complexité de ces enjeux. La réussite de ces métropoles
repose sur la mobilisation de plusieurs acteurs et la redéfinition des concepts qui,
jusqu'ici, ont guidé notre façon de concevoir la ville.
Le développement économique ne peut plus à lui seul dicter les choix de nos décideurs.
Depuis quelques décennies, un terme plus global semble vouloir s'imposer comme
idéologie dominante: le développement durable. C'est sur ces principes de pérennité axés
non seulement sur le développement économique, mais aussi sur la préservation des
ressources naturelles et sur un développement social équitable que doivent se diriger les
grandes villes du monde. Ces grandes théories sont bien sOr acceptées d'emblée par les
décideurs et politiciens. Personne n'est contre la vertu! Par contre, passer de l'idéologie à
la mise en oeuvre demande de revoir nos façons de faire dans pratiquement tous les
domaines.
2
La ville de Montréal n'échappe pas aux grandes tendances que subissent les métropoles
nord-américaines. Les défis auxquels fait face Montréal sont multiples et relèvent de
plusieurs domaines. Toutefois, deux constats sont à l'origine du raisonnement que nous
proposons dans ce mémoire. Le premier constat est celui de l'incapacité de coordonner un
développement urbain durable en relation avec les moyens de transport dominants
actuels. Le deuxième constat est celui de l'inaction face au redéploiement de certaines
activités économiques qUI transforment le vIsage de Montréal, comme la
désindustrialisation qui s'opère depuis un demi-siècle sur son centre-ville.
La deuxième moitié du vingtième siècle a été marquée par une révolution dans la manière
de planifier les villes. Les planificateurs ont dû composer avec l'avènement d'une
nouvelle technologie qui a complètement modifié le visage des villes: l'automobile. Par
sa vitesse, sa portée et sa flexibilité, ce moyen de transport a transformé nos rapports à
l'espace et notre façon de structurer notre milieu de vie. La voiture a certes permis aux
êtres humains des pays occidentaux d'accéder à une liberté au niveau de la mobilité
individuelle et rendu possible un mode de vie inimaginable au début du vingtième siècle,
mais les conséquences néfastes de ce - tout à t'automobïle sont encore aifficirement
calculables aujourd'hui.
Ce mode de transport a une influence telle sur le développement des villes qu'il serait
désormais impensable de concevoir le fonctionnement des villes sans automobile. Force
est de constater que l'automobile y est pour rester et sa disparition soudaine serait fort
probablement catastrophique. Il n'en reste pas moins que sa prédominance s'oppose au
développement urbain durable.
Par les émissions de gaz à effet de serre qu'elle occasionne, l'automobile contribue à l'un
des plus grands problèmes environnementaux planétaires, soit celui du réchauffement
climatique. Par le prix qu'il en coûte pour l'utiliser, elle rend ce moyen de transport
inaccessible pour une tranche de la population moins aisée. Aussi, la dispersion des
activités et l'étalement qu'elle a rendus possibles ont conséquemment rendu inefficace le
transport collectif. Bref, sous plusieurs angles le tout à l'automobile va clairement à
l'encontre du développement urbain durable.
3
Nous croyons que ces deux constats sont, en réalité, deux des principaux défis auxquels
Montréal devra faire face en ce début de xxr c siècle. Notre travail s'inscrit précisément
dans une volonté d'amener des pistes de réflexion concernant ces deux constats. Notre
but est avant tout de voir s'il existe une stratégie intégrée permettant de répondre à ces
deux enjeux pour la ville de Montréal.
La réponse que nous proposons passe par une· approche de requalification urbaine
intégrée de ce que nous appellerons les zones industrielles en mutation, en relation avec
les infrastructures de transport en commun existantes. Ce concept n'est pas étranger aux
principes du Transit-Oriented Development, courant urbanistique qui s'inscrit en
opposition à l'étalement urbain et à l'utilisation de l'automobile et qui vise à concentrer le
développement urbain autour d'un axe de transport en commun. L'objectif de ce mémoire
est donc de montrer comment la conséquence spatiale de la désindustrialisation des
quartiers centraux de Montréal, les zones industrielles en mutation, pourrait devenir le
prétexte à la planification d'une requalification urbaine orientée autour des transports en
commun.
4
Le mémoire se divisera en quatre principales parties. La première partie aura pour but
d'expliciter la double problématique de recherche découlant des deux constats que nous
venons d'exposer. Il s'agira de soulever les enjeux et de mettre la table à nos objectifs de
recherche en montrant l'importance d'agir simultanément sur les deux problématiques.
C'est dans celle partie que nous présenterons notre question de recherche et en quoi une
requalification urbaine orientée autour des infrastructures de transport en commun est
souhaitable.
La quatrième et dernière partie du mémoire est consacrée à l'analyse des résultats. C'est
dans cette partie que nous tenterons de formuler des constats généraux sur le potentiel de
développement des zones industrielles en mutation. C'est également dans celle partie que
nous établirons une certaine hiérarchisation dans les zones étudiées quant à leur potentiel
de requalification.
PEMIÈRE PARTIE
Comment coordonner les transports, et plus précisément les transports en commun, avec
l'aménagement du tenitoire? Si cette question a fait couler beaucoup d'encre chez les
spécialistes de ce domaine, personne ne peut prétendre détenir la panacée. Cette question,
dont les éléments de solution sont en constante évolution au même titre que la ville elle
même, est à la base de notre recherche.
Si nous revenons à l'essence d'une ville, aux raisons qui expliquent pourquoi les
individus et les entreprises se concentrent en des lieux bien précis, nous pouvons mieux
comprendre pourquoi la relation entre les réseaux de transport et le développement urbain
est si primordiale. Dans sa définition purement économique, une ville est un marché, un
lieu de production et d'échange. La ville est une place centrale pour une région donnée.
Cette définition, bien que très réductrice de ce qu'est réellement une ville, est suffisante
pour comprendre que la survie de celle-ci dépend de sa capacité à établir des réseaux de
transport qui permettent aux biens etaux personnes de transiter. Plus la taille de cette
ville est grande, plus les réseaux se complexifient, cela va de soi' Si ces réseaux sont mal
planifiés, il en résulte, entre autres, de la congestion et une perte d'efficacité pour
l'ensemble de la région concernée.
8 PREMIÈRE PARTIE: CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE
Dès lors, un questionnement s'impose. Faut-il planifier la ville en fonction des réseaux de
transport ou les réseaux de transport en fonction de la ville? Nous ne ferons pas preuve
d'une très grande originalité en affirmant qu'il est nécessaire de planifier les deux de
façon intégrée car l'influence de l'un sur l'autre est indéniable.
Avec l'avènement des moyens de transport rapides, il est possible d'habiter loin de
son lieu de travail. Ceci permet une insertion sociale par la connexité et non plus
seulement par la proximité physique.
(Kaufmann et al, 2003).
Ceci est aussi vrai pour les activités de loisirs et révèle deux choses. D'une part, l'espace
dans lequel les individus se déplacent pour leurs activités quotidiennes a pris une
expansion considérable et d'autre part, la proximité physique des destinations n'est plus
nécessaire dans la mesure où ces dernières sont facilement accessibles entre autres par
automobile. «Dans les aires métropolitaines, ce n'est plus la distance qui structure
l'espace, mais l'accessibilité.» (Ascher, 1995). Ainsi, l'aire de déplacement d'un individu
n'est non pas définie par la proximité, mais bien par l'accessibilité ce qui multiplie les
possibilités de déplacements et leurs longueurs.
Cette troisième phase concorde avec le passage d'un modèle urbain centripète à un
modèle urbain centrifuge: elle s'accompagne en effet d'une importante
suburbanisation de l'emploi et des surfaces commerciales qui crée de nouvelles
centralités articulées aux grandes infrastructures routières (jonctions autoroutières,
rocades). On assiste à un fort accroissement des flux pendulaires (en termes de
kilomètres par personne) et leur dispersion, alors qu'ils étaient encore
massifiés et fortement dirigés vers le centre-ville dans la période précédente
(Kaufmann et al. 2003)
L'étalement urbain pour sa part est en fait le fruit d'une conjoncture économique, sociale,
politique et technologique qui fait en sorte que les individus et les entreprises délaissent le
centre des agglomérations au profit de la périphérie en fonction de leurs intérêts propres.
Pour Gordon et Richardson, c'est la révolution dans les processus d'information et de
télécommunication qui disperse les activités économiques et les populations (Gordon and
Richardson, 1997, p.9S). Par contre, la plupart du temps, il est ~rai que les facteurs
explicatifs de l'étalement urbain sont attribués à la motorisation accrue des individus, au
programme de construction d'autoroutes après la Deuxième Guerre mondiale, à
l'augmentation du niveau de vie et la forte poussée démographique (Bussière et
Bonnafous, 1993 (Résumé)). L'étalement urbain est une tendance lourde (Bussière, 1992,
p.9). Ceci est aussi avancé par Wle étude du Brookings institution Center on Urban and
Metropolitan Policy réalisé par Dena Belzer et Gerald Autler, qui identifient l'émergence
des banlieues et des régions péri urbaines comme une des principales tendances dans les
métropoles américaines (Belzer et Autler, 2002 (préface)).
Aussi, ces deux tendances sont évidemment caractérisées par un large transfert modal des
transports en commun vers les transports individualisés. D'une part, l'étalement urbain et
la forme de développement ségrégué et peu dense qui y est associé ont rendu inefficace et
désuet le transport en commun traditionnel dans plusieurs parties de la métropole. D'autre
part, la multitude des destinations rendues possibles par le degré de liberté qu'offre
l'automobile a rendu impossible une desserte en transport en commun pouvant
concurrencer l'automobile.
With trip origins and destinations today spread ail over the map, mass transit is
often no match for the private automobile and ils flexible, door-to-door, no transfer
features.
(Cervero, 1998)
Certains auteurs mentionnent que cette situation n'est pas problématique en soi
puisqu'elle reflète les choix des individus quant à leurs lieux de vie et leurs préférences
pour des densités moins élevées (Gordon and Richardson, 1997). Bien sûr, un tel
raisonnement est défendable dans la mesure où l'on n'attribue aucun problème à
l'expansion sans bornes des villes, où l'on considère que tous les individus possèdent
toutes les mêmes capacités de se déplacer, qu'on occulte complètement les effets sur
l'environnement de l'automobile et qu'on priorise des valeurs purement individualistes au
détriment de valeurs collectives.
La réalité est toute autre. Les choix de localisation des individus reflètent effectivement
des valeurs sociales très profondément ancrées, mais dont les conséquences ne sont pas
assumées individuellement. Les économistes diront que les externalités négatives liées au
choix de localisation des individus ne sont pas assumées par ces mêmes individus.
Bref, nous voyons à quel point il est ardu de s'attaquer à cette problématique et, du même
coup, qu'il est impératif de revoir notre façon de planifier le transport en commun, d'tme
part en Lenant compte des nouveaux besoins de mobilité des individus et d'autre part afin
12 PREMIÈRE PARTIE: CADRE CONCÊPTUEL ET THÉORIQUE
Revenons tout d'abord dans le passé afin de comprendre les événements qui ont marqué
l'histoire ferroviaire et industrielle de Montréal. Montréal a pris son véritable essor à
partir de la révolution industrielle. Bénéficiant d'une position géographique stratégique,
elle s'est vite imposée comme une des grandes villes industrielles d'Amérique du Nord.
En effet, son port situé à l'entrée des rapides de Lachine était une plaque tournante pour
le transport des marchandises. À partir de ce point, tout un réseau de chemins de fer a été
lentement développé par de grandes compagnies qui se sont succédées à la manière de
« dynasties» et ont vite fait de relier les deux océans (Hanna, 1993, p.34-61). Ces
grandes compagnies ferroviaires, comme le Grand Tronc, le Canadien Pacifique, le
Canadien Nord, le Canadien National, ont par contre toutes laissé des empreintes de leur
réseau ferroviaire sur l'île, ce qui explique la très grande présence des chemins de fer à
Montréal.
approvisionnement efficace et
régulier.
La période qui suivit au Québec sera qualifiée de Grande noirceur, ce qui montre, entre
autres choses, le peu de dynamisme des années qui ont suivi la crise économique de
1930. Il a fallu attendre les années soixante avant de voir Montréal et le Québec se
relancer dans des projets d'envergure afin de rattraper un retard sur les autres grandes
villes. Cette fois, cette « révolution» est toute tournée vers l'automobile, nouveau moyen
de transport devenu accessible à la classe moyenne depuis la fin de' la Deuxième Guerre
mondiale, et vers le camionnage, nouveau mode de transport plus flexible des
marchandises.
Plus que les autres activités, elles sont sensibles aux voies de transport de
marchandises; la cOl)gestion routière du centre est donc aussi pour el1es un facteur
de répulsion, qui leur fait préférer des localisations plus éloignées.
(Polèse, 2005. p.268)
Bref, voilà comment les zones industrielles se sont transformées au cours du dernier
siècle et qui explique que dans plusieurs grandes villes américaines, on retrouve de
grands secteurs abandonnés ou sous-utilisés le long des grands axes de chemin de fer.
Ces espaces vétustes et abandonnés généralement situés le long des anciennes voies de
transport sont souvent désignés par le terme friche industrielle. Ce que nous entendons
par friche industrielle est bien résumé par la définition qu'en fait Lucie Careau.
Tout espace bâti inoccupé ou très sous-utilisé, anciennement voué à des activités
industrielles et dont la réinsertion sur les marchés fonciers et immobiliers exige un
nouvel aménagement.
(Careau, 1995, p.8)
Une friche pourrait aussi être définie comme un espace occupé par des usages industriels
abandonnés ou sous-utilisés où l'expansion ou le redéveloppement est compromis par la
contamination des terrains (De Sousa A. 2002. p.182). Le ministère des affaires
municipales et du logement de l'Ontario de son côté parle de friches contaminées et les
définit ainsi:
Ceci élargit la notion de friche puisqu'elle intègre aussi les activités commerciales et elle
ajoute la dimension d'espace perçu. En effet, même si un site n'est pas physiquement ou
chimiquement contaminé, cela n'empêche pas qu'il soit dédaigné de la population et des
investisseurs. Le contraire est aussi vrai puisque des sites fortement contaminés peuvent
faire l'objet d'une très grande valorisation.
16 PREMIÈRE PARTIE: CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE
Dans le cadre de ce travail, nous utiliserons un autre terme que nous jugeons plus
approprié au contexte montréalais pour désigner ces espaces industriels en déclin. Ainsi,
nous parlerons de zones industrielles en mutation. Alors que la friche fait référence à un
état d'abandon, la zone industrielle en mutation est plutôt un processus qui mènera
éventuellement à la friche. Nous avons choisi ces termes bien précis pour les raisons
suivantes. Tout d'abord, le fait de parler de zone est beaucoup plus pertinent, parce qu'il
nous permet d'englober un espace qui va au-delà du site d'une ancienne usine et de traiter
un secteur industriel dans son ensemble. Mentionnons qu'une zone industrielle est un
espace qui est majoritairement occupé par des activités industrielles, mais qui n'exclut
pas d'autres activités dans la mesure où elles sont complètement intégrées à cette zone.
Ensuite, parler de mutation plutôt que de friche est selon nous plus fidèle à la situation
réelle que l'on retrouve au centre de Montréal. Il n'existe pas ou peu de zones
industrielles complètement en friche. Il nous est apparu que la plupart des secteurs
généralement considérés comme étant en friche sont en fait des zones où des signes de
déclin sont apparents et où certains des bâtiments sont abandonnés en tout ou en partie.
Ceci explique que la plupart des zones industrielles en mutation, malgré le fait que les
activités d'origine aient la plupart du temps disparu, soient encore aujourd'hui utilisées
par de nouvelles activités industrielles ou pseudo-industrielles (mécanique automobile,
entreposage, grossistes). Ce passage indique aussi que ce cycle de transformation n'est
pas infini et qu'ultimement ces zones aboutissent à l'état de friche. Ainsi, la zone
industrielle en mutation est un mélange de terrains vacants, de bâtiments vacants et
d'industries qui occupent temporairement des bâtiments laissés vacants. Elle est donc en
quelque sorte une étape transitoire dans un processus de déclin.
PREMIÈRE PARTIE: CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE 17
Les exemples ne manquent pas pour illustrer ces propos, Que l'on pense à l'usine de
Coca-Cola de la rue Bellechasse qui sert aujourd 'hui de garage pour le service de
prévention des incendies, à l'usine Pepsi-Cola de la rue Jean-Talon occupée par des
magasins-entrepôts, à l'usine de papiers et Carton Hinde and Dauch Paper Co. dans
Rosemont récemment démolie ou à l'immense complexe de la Dominion Bridge presque
totalement déserté, la vaste majorité des entreprises que l'on retrouvait dans ces zones à la
fin des années 50 a aujourd'hui disparu. En effet, l'analyse des plans d'assurance (USB,
1959)2 de cette époque nous a permis de constater que très peu des industries en fonction
à ce moment étaient encore présentes en 2009, confirmant que d'importants changements
s'étaient produits dans ces zones depuis les années 60.
Il est donc vain de compter sur la fonction industrielle pour redynamiser ces zones en
déclin. L'avenir du secteur manufacturier dans les régions métropolitaines, s'il en est un,
passe par une modemisation de celui-ci (Lamonde, 1992 p.ll) et la délocalisation hors
des centres de ces agglomérations est implicite dans cette modernisation.
Bref, les vestiges des industries qui ont jadis contribué à l'essor de Montréal parmi les
grandes villes nord-américaines se retrouvent aujourd'hui au cœur de zones déstructurées
en plein bouleversement. Ce paradoxe nous enseigne à quel point les dynamiques
urbaines sont en constante transformation. En un demi-siècle, ces mêmes espaces qui ont
représenté le moteur de développement de la ville de Montréal sont aujourd'hui le témoin
d'une ville qui peine à se repositionner face aux nouveaux enjeux métropolitains.
2 Les plans d'assurance ou «Insurance Plan of the City of Montreal» nous ont permis de comparer
l'occupation du sol de la fin des annees 50 avec celle d'aujourd'hui. La nature des activités yest
indiquée de façon détaillée, nous permettant de comparer avec l'utilisation actuelle.
18 PREMIÈRE PARTIE: CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE
Ainsi, dans la mesure où l'on admet d'emblée que le développement des terrains sous
utilisés déjà desservis par des infrastructures de transport en commun existantes est une
étape vers une meilleure coordination du transport collectif et du développement urbain,
le but est de savoir si les zones industrielles en mutation possèdent un potentiel
intéressant de requalification.
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: Problématique
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CHAPITRE II
Tout d'abord, afin de comprendre les raisons qui nous ont amené à ce questionnement, il
est primordial de mieux comprendre ce qu'est la requalification urbaine et
particulièrement celle des zones industrielles; quels en sont les enjeux, les contraintes et
les limites en donnant quelques exemples de cas concrets. Il nous faut également mieux
définir ce que nous entendons par une requalification orientée autour des transports en
commun. Nous prendrons appui sur les principes de base du Transit-Oriented
Development, tout en spécifiant les limites de cette approche en milieu urbain. Il ne s'agit
pas de faire un projet TOD, mais bien de s'inspirer de ses fondements pour orienter cette
requalification.
Le concept de requalification urbaine est un sujet très complexe qu'il est nécessaire de
préciser dans le cadre de cette recherche. Contrairement au développement urbain
d'espaces vierges, la requalification implique une transformation d'un lieu déjà construit
inséré dans un milieu de vie. Les impacts doivent donc être mesurés autant sur le milieu
physique que sur le milieu humain. Longtemps l'apanage des experts du génie et de
l'architecture répondant à une volonté des autorités publiques, la requalification tend de
plus en plus à être initiée par des mouvements communautaires dont les enjeux se situent
à l'échelle locale.
22 PREMIÈRE PARTIE: CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE
Alors que dans les années 60-70 les autorités publiques ont tenté de remédier au problème
de la dégradation des quartiers centraux par les vastes opérations de démolition appelées
paradoxalement rénovation urbaine, les exemples du passé nous ont appris qu'il est
impensable de transformer aussi radicalement des quartiers entiers sans, d'une part,
considérer les particularités du milieu dans lequel s'insèrent ces quartiers et sans tenir
compte des besoins et aspirations des populations locales, d'autre part.
Dans cette section, nous désirons préciser ce que nous entendons par le terme
requalification et présenter les enjeux particuliers au contexte industriel. Notre étude tente
de mesurer le potentiel âe âêvèloppement de certains sites industriels pour y réaliser des
projets de requalification orientés autour des transports en commun, mais encore faut-il
préciser ce qu'implique la requalification et quels sont ces enjeux.
Comme nous l'avons mentionné plus tôt, la requalification est un processus qui implique
une transformation. Plusieurs autres processus impliquant également une transformation
se différencient toutefois de la requalification. Dans un article intitulé Essai de
requaliflcation d'un site à contraintes environnementales: Le complexe environnemental
Saint-Michel, Isabelle Giasson et Michel Provost identifient quelques-uns de ces
processus en précisant la visée qui lui est associée. (Giasson et Provost, 2000)
PREMIÈRE PARTIE: CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE 23
Options Visées
Bien que ce tableau soit très utile afin de comprendre les distinctions entre ces différents
termes souvent utilisés comme synonymes à tort, nous pensons que le terme de
requalification possède ici une définition trop réductrice. La requalification, à notre sens
et de la manière dont elle est comprise dans l'ouvrage de Sénécal, Malézieux et Manzagol
intitulé Grands projets urbains et requalification possède une portée bien plus grande que
la simple augmentation de la qualité d'un site. La requalification serait plutôt un terme
plus englobant qui comprend l'ensemble des étapes mentionnées dans le tableau ci-haut.
Selon le Petit Robert, le mot requalifier signifie « Donner une nouvelle qualification à ».
Appliqué à la ville, il s'agit donc d'un processus qui implique des transformations
physiques et organisationnelles de l'espace, mais surtout un changement de la vocation
principale. Ainsi, une requalification d'un site ou d'un quartier peut impliquer la
réhabilitation, et dans le cas de sites contaminés, on parlera souvent de décontamination.
Le réaménagement fait aussi partie de la requalification et renvoie et une réorganisation
physique de l'espace afin de s'adapter aux l10uvelies réalités. La réaffectation évoque le
changement des activités présentes dans les bâtiments et la restauration, pour sa part, a
une dimension plus patrimoniale et vise à conserver le caractère originel de l'espace afin
de marquer un moment précis de l'Histoire. Nous voyons donc mieux à quoi fait
référence le terme de requalification et il sera important de garder en tête cette définition
globale tout au long de ce travail.
24 PREMIÈRE PARTIE: CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE
Maintenant que nous avons mIeux cerné les implications du terme requalification, il
importe d'en définir les enjeux appliqués au contexte des sites industriels. Aujourd'hui,
parler de requalification des sites industriels semble pratiquement un pléonasme tellement
les exemples sont nombreux et dominants dans la littérature. La vaste majorité des projets
de requalification portent effectivement sur d'anciens sites industriels ou du moins sur
des espaces à contraintes environnementales.
D'autres facteurs liés au marché financier et aux politiques publiques expliquent aussi la
difficulté de requali fier.
Il reste que les coùts de décontamination de ces terrains demeurent l'une des principales
contraintes à la réutilisation de ces espaces centraux. Les ressources nécessaires el les
retards occasionnés pour la réalisation de ces travaux peuvent souvent être perçus comme
des risques supplémentaires par les promoteurs et ainsi les faire pencher pour des sites
plus « sùrs ».
PREMIÈRE PARTIE : CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE 25
La réaffectation doit tenir compte des aspirations et des besoins locaux. Ces zones
industrielles déstructurées sont souvent marquées par un haut taux de chômage
accompagné d'une volonté des habitants de voir réapparaître des industries qui
emploieraient une main d'œuvre locale. Le cas du redéveloppement des Locoshops
Angus, exemple de requalification initiée par une organisation de développement
économique communautaire (CDEC) (Klein, Fontan, Tremblay et Bordeleau, 2000),
démontre cette volonté.
Cela dit, la vocation industrielle étant en déclin, il n'est pas certain que la requalification
de ces sites passe par la réintroduction de la fonction industrielle, du moins par le même
type d'industries.
On a pu vérifier par exemple, aussi bien à Montréal que dans les villes
européennes, que la volonté bien compréhensible de remplacer les emplois
industriels perdus par d'autres emplois industriels et de refuser tous les autres types
d'emplois, par engagement social, par fidélité aux résidents chômeurs,
n'aboutissait qu'à de maigres résultats.
(Manzagol, Robitaille et Roy, 2000, p. 205)
Ces deux visions opposées quant à la nature des activités qui doivent reprendre place
montrent bien à quel point il s'agit d'un enjeu cnlcial dans la requalification des friches
industrielles. En parlant des efforts de reconversion qui ont eu lieu ces vingt dernières
années, Sénécal et Michel abondent dans Je même sens
Une autre dimension à prendre en compte dans la requalification urbaine qui s'opère sur
les zones industrielles en mutation est celle de la conservation et de la restauration des
éléments patrimoniaux qui s'y trouvent. Les Montréalais accordent une très grande valeur
au patrimoine industriel, peut-être en raison de l'importance que cette période a eu dans le
développement de la ville, Les grands bâtiments industriels que nous retrouvons sur ces
sites sont en quelques sortes les « cathédrales du grand siècle industriel» (Sénécal et
Michel, 2002),
Sans entrer dans les détails de la place du patrimoine dans la requalification des zones
industrielles en mutation, mentionnons seulement que le patrimoine joue un double rôle
contradictoire dans la requalification de ces espaces; autant il peut être vu par le
promoteur comme une contrainte liée à la conservation, autant il peut être considéré
comme une plus value en terme de signification et de valorisation de l'espace.
Au-delà des contraintes mentionnées ci-haut, la requalification de ces zones n'est pas que
souhaitable, mais inévitable, La localisation centrale de ces espaces leur confère un
avantage comparatif de poids pour y développer certains types de projets où la proximité
du centre et la présence d'infrastructures est déterminante.
Il faut miser sur les avantages compétitifs dont ces aires intra-urbaines sont dotées,
à commencer par la position stratégique au voisinage du CBD, des concentrations
d'affaires, des nœuds de transport, des lieux de fréquentation touristique.
(Manzagol, Robitaille et Roy, 2000, p. 204-205)
Le type d'activités par lequel seront requalifiées ces zones sera inévitablement influencé
par leur localisation et les infrastructures présentes, notamment celles de transports en
commun,
Ainsi, la définition la plus fréquemment utilisée pour décrire le TOD peut se résumer
comme étant une densification des développements urbains autour de pôles de transport
en commun intégrant des logements, des services de proximité, des bureaux et
commerces et des parcs. (Colloque urba-TOD, 2006), ou comme l'affirme Robert
Cervero, l'un des chercheurs les plus réputés dans le domaine, lin bon projet TOD doit
respecter le principe des 3D, soit la densité, la diversité et Je design. (Density, Diversity
and Design)3. Un TaO devrait avoir des qualités reliées à l'accessibilité aux transports,
mais aussi être en lui-même un milieu de vie intéressant, diversifié et représenter un
3Le concept des 3D a été présenté lors d'une conférence de Robert Cervero à l'occasion du
colloque Urba-TOD
28 PREMIÈRE PARTIE. CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE
centre de service régional. (Belzer et Autler, 2002, pA). Le principe clé du TüO demeure
cependant la densité puisqu'elle assure un bassin minimum d'utilisateurs qui justifie la
présence d'une infrastructure de transport en commun et qu'elle est l'ingrédient de base à
la création d'un milieu de vie diversifié.
11 existe différents types de TüO selon le contexte dans lequel ils s'insèrent. Par exemple,
dans le cas des abords de stations de train de banlieue, Cervero parle du concept du
Transit Village et le définit comme suit.
Aussi le TüO urbain et périurbain, bien qu'ils gardent les mêmes principes
fondamentaux, se différencient sur certains aspects. Le TüO urbain est caractérisé par
une part plus grande des activités commerciales et d'emplois que ceux en périphérie où la
part résidentielle est beaucoup plus importante. Cervero identifie le TüO urbain comme
suit:
Urban TüOs [... ] are located along major transit Iines and feature high commercial
intensities, job C!usters, and moderate to high residential densities
(Cervero, 2002 p.77)
De plus, un TüO en milieu urbain bénéficiera d'un milieu existant déjà bien établi et de
la présence d'infrastructures diverses facilitant sa mise en œuvre. Il devra tenir compte de
l'existant beaucoup plus qu'en milieu périurbain. Ce milieu existant peut, en certaines
occasions, représenter des contraintes, mais surtout plusieurs avantages liés à la présence
de milieux de vie bien établis et d'infrastructures présentes. Le TüO urbain est aussi plus
facile à planifier en réseau vu les possibilités de connexions avec les infrastructures de
transport en commun déjà existantes, à l'opposé du TüO en milieu périurbain dont le seul
lien est souvent vers le cel1tre-ville.
C'est de cette définition du TüO dont nous nous inspirerons le plus dans ce travail
puisque notre objet d'étude, les zones industrielles en mutation, sont situées en zone
centrale très urbanisée.
30 PREMIÈRE PARTIE: CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE
En regard de la définition du TOD en milieu urbain que nous venons de fournir, nous
comprenons mieux en quoi elle peut servir d'inspiration à une requalification des ZIM en
lien avec les transports en commun et ainsi répondre aux différents éléments de la
problématique. En effet, en densifiant, le TOD réduit l'étalement urbain. En étant
planifié en réseau à l'échelle régionale et en créant des milieux de vie diversifiés et
denses, il réduit la dépendance à l'automobile. Si sa mise en œuvre parvient à polariser
les principales fonctions urbaines, il améliore l'accessibilité à celles-ci par le biais des
transports en commun.
Les principes du TOD sont aussi bénéfiques pour la réappropriation des zones
industrielles en mutation. En générant des pôles autour des stations de transport en
commun, le TOD a le pouvoir de redynamiser et restructurer des quartiers en déclin.
4
Certains exemples comme le Pearl District à Portland montrent les bienfaits du TOD
pour de telles requalifications. Par sa densité, il permet aussi de maximiser l'utilisation
des infrastructures urbaines déjà présentes. La densité des quartiers et les retombées
immobilières qui lui sont associées sont également susceptibles de justifier les coûts de
décontamination élevés, mais nécessaires. Bref, les principes du TOD permettraient
d'apporter plusieurs pistes de solution aux effets négatifs de la désindustrialisation des
centres urbains.
Tenter de modifier la forme que prennent les villes pour régler les problèmes urbains
mentionnés plus haut est donc l'approche priorisée par les principes du TüD. Il ne
s'attaque donc pas à un problème particulier, mais. bien à une organisation urbaine
particulière.
4 « In the Pearl district, the streetcar investment has been strategically used to leverage large-scale
redevelopment of a functionally obsolete warehouse and industrial district, as weil as brownfields
fonnerly owned by Burlington Northern Railway » (Cervero and al, 2004, p.369)
PREMIÈRE PARTIE: CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE 31
Comme nous l'avons mentionné plus tôt, les principes du TaO ne sont qu'accessoires
dans cette recherche. Il ne s'agit pas de déterminer si nous pourrions développer une série
de projets TaO sur les sites choisis autant que de déterminer Je potentiel de
requalification de ceux-ci en s'inspirant des principes de cette approche urbanistique.
Mesurer le potentiel de développement pour y réaliser d'authentiques projets TaO nous
aurait demandé d'établir ulle grille de critère propre au TaO comprenant entre autre des
données quantitatives et des données sur la demande en transport en commun. Disons
seulement que les principes du TaO ont servi à alimenter notre réflexion sur l'élaboration
des critères qui nous permettraient d'évaluer les différentes zones.
De ces réflexions découle notre question de recherche qui pourrait se traduire ainsi:
Acceptant d'emblée la nécessité d'agir afin de requalifier les espaces urbains centraux
laissés à l'abandon suite à la désindustrialisation et l'urgence de mieux coordonner le
développement urbain aux axes de transports en commun existants, nous souhaitons
déterminer le potentiel d'lililisation des zones industrielles en mutation, dans l'optique de
concevOir des projets de requalification urbaine s'articulant autour des transports en
commun.
DEUXIÈME PARTIE
CADRE MÉTHODOLOGIQUE
CHAPITRE III
Les zones industrielles en mutation que nous retrouvons dans les quartiers centraux de
5
Montréal sont actuellement dans une phase de transition et subissent des pressions
économiques, patrimoniales et sociologiques qui poussent certaines des industries qui les
habitent toujours à déserter progressivement vers des espaces possédant des facteurs de
localisation plus intéressants. En effet, ces emplacements ne possèdent plus dans le
contexte actuel le pouvoir d'attraction d'autrefois. De plus, ces zones font face à une
pression de la part d'activités urbaines pour lesquelles la centralité est un facteur de
localisation crucial.
Toutefois, ces zones sont très complexes à analyser de par leur typomorphologie
singulière, leur signification patrimoniale et socioculturelle et en raison de l'interaction
particulière qu'elles ont avec leur milieu environnant. C'est seulement lorsqu'on examine
en détail ces zones selon différents critères d'analyse que l'on découvre la multitude de
potentiels qu'elles recèlent.
À titre d'exemple, ces zones possèdent des avantages liés aux caractéristiques inhérentes
du site (bâtiments ou terrains en friche, présence de bâtiments patrimoniaux, etc.), mais
aussi des avantages liés à la présence d'un milieu environnant établi et structuré (présence
d'une densité et d'une diversité minimale, présence d'éléments structurants, etc.). Elles
possèdent également un potentiel lié à la présence d'infrastructures de transport existantes
ou potentielles à leurs abords. Mises ensemble, ces conditions nous prouvent l'immense
potentiel de ces zones pour y développer des projets de requalification s'articulant au
5Les délimitations exactes du territoire d'étude seront définies un peu plus loin dans le sixième
chapitre.
36 DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE
Hypothèse
L'objectif de cette étude est donc de déterminer le potentiel des zones industrielles en
mutation pour le développement de projets de requalification articulés au réseau de
transport en commun.- Par la- caractérisation d'une série de sites soigneusement
sélectionnés, nous tenterons de voir si ces zones sont de nature à favoriser l'émergence
d'un développement urbain orienté autour des transports en commun. Ajouter: Il est bien
important de rappeler que l'objectif n'est pas de proposer des projets TOD sur ces
emplacements, mais bien de voir quel est le potentiel de ces zones pour une
requalification s'inspirant de ces principes (importance accordée à la densité, à la mixité,
au design, centré sur une infrastructure de transport en commun). La nuance est
importante puisqu'il s'agit de mettre l'emphase sur le D (Développement) plutôt que le T
(Transport en commun). Ainsi, contrairement à l'évaluation d'un projet TOD, nous ne
nous attarderons pas sur certaines dimensions telles que l'emplacement des gares, la
fréquence de service nécessaire pour justifier le développement, etc.
Cette démarche essentiellement qualitative a pour but d'amener des éléments de réflexion
sur une manière tout à fait nouvelle d'harmoniser la planification du développement
urbain et des transports publics tout en favorisant la requalification de zones centrales
déstructurées.
DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE 37
Il est important de préciser que le but de notre recherche n'est pas de planifier le départ de
toutes les zones industrielles à l'intérieur du territoire d'étude. Les industries jouent
encore, pour la plupart, un rôle très important, ne serait-ce que pour les emplois qu'elles
génèrent. Il s'agit plutôt de déterminer quelles sont les zones qui seraient les plus
intéressantes à redévelopper compte tenu du contexte de désindustrialisation des villes
centrales et de l'importance de mieux planifier le territoire en lien avec les transports en
commun.
3.2.1 Sous-objectifs
Cet objectif se divise en sous-objectifs qui sont en quelque sorte les étapes qui nous
mèneront à élaborer notre conclusion.
3-Caractériser chacunedes zones retenues avec la grille de critères et faire ressortir les
points saillants de chaque zone.
4-Faire ressortir des constats généraux qui touchent l'ensemble des zones, faire des
comparaisons entre elles et établir de grandes catégories permettant une certaine
hiérarchisation des zones en fonction de leurs potentiels respectifs.
Le premier objectif est de déterminer le territoire à l'intérieur duquel seront recensées les
zones industrielles en mutation. Nous ne pouvions évidemment pas envisager de recenser
toutes les zones industrielles de la région métropolitaine de Montréal dans le cadre de
cette étude. 11 faut donc établir des critères qui nous amèneront à rétrécir et concentrer
notre champ de repérage. Ce recensement sera suivi d'une étape de sélection des zones
38 DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE
les plus pertinentes pour notre étude. Cette sélection se fera à l'aide de critères
discriminants qui nous permettront d'éliminer les zones les moins pertinentes pour notre
étude.
Le deuxième objectif est en quelque sorte l'élaboration du cadre théorique qui sous-tend
l'analyse des zones. Il s'agit de sélectionner une série de critères en justifiant leur
pertinence dans le processus d'évaluation du potentiel des zones retenues.
Cette étape correspond grosso modo à la cueillette et au traitement des données. Il s'agit
de rassembler les différentes données recueillies sur le terrain et de les traiter de façon à
obtenir des portraits des zones comparables les uns aux autres.
Cet objectif consiste à analyser les données recueillies dans les portraits de chacune des
zones. Il vise à faire ressortir les potentiels de requalification propres à chaque zone, à
faire ressortir des généralités et établir une première hiérarchisation du potentiel des
zones.
les individus et donc de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Il est aussi
un mode de développement qui compromet la viabilité financière des communautés
urbaines. En effet, la trop faible densité qui accompagne le mode de développement
urbain en périphérie ne permet pas de rentabiliser tes investissements nécessaires en
infrastructures.
Nous pouvons ajouter à cela les bénéfices économiques que la communauté pourra retirer
d'une diminution de la congestion routière, de laquelle les personnes et les marchandises
sont prisonnières. Les coûts de cette congestion étaient estimés à un milliard de dollars
pour la région de Montréal, selon une étude de la chambre de commerce du Montréal
métropolitain réalisée en 2004. 6 Il va sans dire que cette situation est insoutenable.
commun. Les ouvrages portant sur la requalification s'attardent souvent aux dimensions
physiques du site, aux acteurs en place et aux stratégies de requalification, mais
l'opportunité de redévelopper ces sites de façon intégrée avec les infrastructures de
transport en commun n'ajamais fait l'objet d'études spécifiques.
Finalement, ce travail, en plus de soulever les enjeux, les opportunités et les barrières de
ces zones montréalaises bien précises, proposera des critères d'évaluation qui pourront
ensuite être utilisés par d'autres chercheurs pour l'évaluation de sites industriels.
Notre étude emprunte dans son ensemble une démarche qualitative. Nous avons jugé que
les méthodes qualitatives étaient plus pertinentes afin d'atteindre les objectifs fixés.
L'analyse des zones par une démarche quantitative serait certes pertinente et même
nécessaire pour de futures étapes de mise en œuvre de projets concrets. Dans la présente
recherche, toutefois, le but était d'obtenir une image globale des zones industrielles en
mutation afin d'y vérifier un potentiel de. Une telle analyse globale demandait un
échantillonnage minimum afin que les objets étudiés soient suffisamment représentatifs
de la situation. En contrepartie, la taille de l'échantillonnage nous a contraints à limiter
l'exhaustivité de notre grille d'analyse. Ainsi, les critères les plus pertinents à la
vérification de notre hypothèse, dans les limites de cette recherche, étaient
majoritairement qualitatifs.
Par exemple, nous aurions pu intégrer à nos critères d'évaluation une donnée comme le
nombre de logements moyen par hectare pour chacun des milieux environnants des zones
DEUXIÈME PARTIE. CADRE MÉTHODOLOGIQUE 41
étudiées afin d'avoir une idée précise de la densité de population. Toutefois, recueillir
cette donnée pour l'ensemble des zones aurait été une démarche trop fastidieuse et pas
nécessairement utile à l'atteinte de nos objectifs. Nous avons préféré à cette donnée, une
évaluation sommaire de la densité par l'observation sur le terrain et l'évaluation de cartes
en nous attardant à relever les typologies d'habitation et le nombre d'étages dominants.
Ainsi pour une zone donnée, au heu d'obtenir un résultat en nombre de logements par
hectares nous obtenons un résultat du type. la typologie dominante est le duplex ou le
triplex de 2 à 3 étages. Ce résultat est amplement suffisant à cette étape de l'étude et
nous renseigne suffisamment sur la densité pour être pertinent à l'évaluation du potentiel
global de la zone.
L'utilisation de critères d'analyse qualitatifs est par contre accompagnée de limites quant
aux conclusions que l'on peut en tirer. En effet, une analyse qualitative des différentes
zones industrielles en mutation rend difficile une hiérarchisation du potentiel des zones.
Premièrement, pour chaque critère, il aurait fallu attribuer un pointage plus ou moins
grand (positif ou négatif) à tous les résultats observés. Aucun cadre théorique ne nous
permettait d'élaborer un tel système de pointage et ce dernier aurait été totalement
arbitraire et difficilement justifiable. Ce type de pondération des critères est beaucoup
plus approprié aux méthodes quantitatives où une hiérarchisation des critères est possible.
Deuxièmement, il aurait fallu attribuer un poids quantifiable à chacun des critères nous
permettant d'établir leur importance relative.
42 DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE
Par contre, mentionnons que l'objectif principal de l'étude n'est pas d'établir une telle
hiérarchisation des zones industrielles en mutation, mais bien de prouver l'hypothèse
avancée sur le potentiel général de ces zones. L'analyse approfondie de chacun des cas
nous amènera certes à cibler certaines zones comme possédant des caractéristiques
particulièrement intéressantes nous permettant des comparaisons relatives, mais sans
toutefois leur attribuer un pointage.
Notre territoire d'étude est situé dans la ville de Montréal qui est un exemple éloquent
d'une ville ayant connu un passé industriel glorieux et qui doit aujourd'hui faire face aux
enjeux de la désindustrialisation. Toutefois, vu l'importance du nombre de zones
industrielles en mutation contenues à l'intérieur de ce territoire, il a fallu circonscrire
celui-ci à une zone que nous avons appelée la ceinture ferroviaire du Mont-Royal (Carte
1). Il s'agit en fait d'un corridor situé de part et d'autre des voies ferrées délimitant une
forme de demi-boucle qui ceinture }~rvt0nt-Royal à l'ouest, au nord et à l'est. Elle est
formée du corridor du chemin de fer du CP qui part de la cour de triage Hochelaga
jusqu'au fleuve St-Laurent à proximité du pont Mercier.
Carte 2.1 : Territoire d'étude; la ceinture ferroviaire du Mont-Royal
Corridor d'étude: •
Nous aunons facilement pu ajouter d'autres corridors à notre territoire d'étude. Par
exemple, le corridor de la voie du CN qui part de Ville St-Pierre et qui rejoint le quai
Bikerdike et le pont Victoria est lui aussi caractérisé par la présence de nombreuses zones
industrielles possédant des caractéristiques similaires à celles que l'on retrouve sur le
corridor du CP à l'étude. Nous aurions tout aussi bien pu considérer les anciennes
emprises ferroviaires du Lasalle Loop du CP dans l'ancienne ville de LaSalle, ou encore
les voies démantelées du CN dans Hochelaga-Maisonneuve qui sont le théâtre des mêmes
manifestations que sur le corridor du CP. Aussi, nous aurions pu ajouter l'ensemble des
zones situées le long du canal de Lachine, car les abords du canal ont aussi été presque
totalement industrialisés. Par contre, vu la portée de l'étude, il était impensable de
caractériser de façon suffisamment approfondie autant de sites. Nous avons donc fait le
choix de se limiter au territoire décrit plus tôt en raison de la variété et de la diversité des
zones industrielles en mutation qu'on y retrouve. Cela nous permettait de restreindre le
nombre de sites, sans diminuer la représentativité de l'échantillon d'analyse qui nous
servira à déterminer le potentiel de ces zones.
Le choix de cette délimitation est fort simple.- La plupart des zones industrielles en
mutation se retrouvent le long des anciennes voies de communication telles que les
chemins de fer et les canaux. La grande majorité des industries, qui étaient jadis
florissantes à l'époque où Montréal était un pion important sur l'échiquier des villes
industrielles, se trouvait à l'intérieur de cette ceinture ferroviaire qui relie ensemble les
quartiers centraux de Montréal (Careau, 1995, p.23). Aujourd'hui, plusieurs vestiges de
ces industries sont toujours présents. Même si certains de ces secteurs ont déjà subi une
transformation ou si les industries originelles ont été remplacées par d'autres, il n'en reste
pas moins que ces zones industrielles ne correspondent plus toujours aux réalités des
modes de production contemporains. Les lots sur lesquels sont installées ces entreprises
sont souvent trop exigus et les voies ferrées aux abords desquelles sont situées la plupart
de ces zones industrielles ne reflètent plus un facteur de localisation intéressant, les
bretelles ferroviaires ayant le plus souvent été arrachées.
Ces terrains étant situés au centre, ils subissent aussi des pressions du marché immobilier
pour des développements d'activités plus rentables, telles que les bureaux, les commerces
et les logements.
Le fait de se limiter à cette demi-boucle reflète aussi une volonté de concentrer notre
recherche sur les zones industrielles centrales. Les sites industriels en mutation sont
généralement situés au centre des agglomérations parce que c'est à cet endroit que les
effets de la délocalisation industrielle se font le plus sentir. C'est donc pour ces zones que
nous avons jugé pertinent de planifier une requalification des activités.
Les anciens sites industriels étant à l'origine de la formation des faubourgs ouvriers
devenus quartiers centraux, leur localisation confère aux friches un impact
structurel important.
(Careau 1995 p.ll 0)
En effet, ce que nous identifions aujourd'hui comme les zones industrielles en mutation
ont jadis été les moteurs de développement de plusieurs quartiers centraux montréalais.
Les quartiers se sont donc bâtis autour de ces pôles industriels et toute une structure
urbaine en a découlé. La désindustrialisation qu'ont subie ces zones a donc eu des effets
négatifs pour ces quartiers. La requalification de ces zones par la création de nouveaux
pôles est non seulement désirable, il s'agit d'un choix logique basé sur une
compréhension historique du développement et de la structuration des quartiers ouvriers
montréalais.
Cette étape sera réalisée à l'aide d'une analyse cartographique el de photos aériennes. Les
zones industrienes sDnt facilement identifiables par l'implantation ~t le_ gabarit des
bâtiments. De plus à l'aide du moteur de recherche Virtual Earth, les vues en plongée
nous permettent, dans la majeure partie des cas, de vérifier nos hypothèses.
Une fois le recensement de toutes les zones industrielles fait, l'étape suivante consiste à
élaborer une série de critères discriminants qui permettront d'éliminer de facto certaines
zones industrielles qui ne correspondraient pas à la définition des zones industrielles en
mutation que nous avons déterminée. Ainsi, si une des zones recensées possède l'une ou
7 La liste complète des zones ainsi que la carte les représentant géographiquement se trouvent en
annexe (voir annexe)
DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE 47
l'autre des caractéristiques suivantes correspondant aux critères discriminants, elle sera
automatiquement exclue de notre étude.
La zone est située à l'intérieur d'une zone industrielle liée à des activités portuaires ou
aéroportuaires. Les zones portuaires et aéroportuaires ont la particularité d'être très
actives et ne subissent pas de la même façon les impacts de la désindustrialisation. Étant
des lieux de rupture de charge, une série d'activités de différentes natures gravite autour
de ces zones et en fait des lieux d'emplois et de production relativement dynamiques. En
expliquant que les industries s'adaptent aux nouvelles lois de la production, Isabelle
Maret mentionne ceci:
La zone fait déjà l'objet d'un plan de redéveloppement. En effet, si un tel plan est déjà
prévu pour une zone ou une bonne partie de celle-ci, il serait peu utile d'en évaluer son
potentiel de redéveloppement puisque nos conclusions risqueraient de n'avoir aucun
impact.
La totalité de la zone est occupée par des industries qui fonctionnent toujours. Pour être
considéré en mutation, un signe de transformation doit être actuellement perceptible. Par
exemple, on doit y déceler soit des terrains ou des bâtiments vacants. Les zones
complètement occupées par des bâtiments encore utilisés par des activités industrielles
sont donc exclues.
48 DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE
3.8.2.4 Dimensions
La zone industrielle est de trop petite taille. Ces zones ont aussi été exclues puisqu'il n'est
pas possible de planifier un véritable projet de requalification urbaine sur des sites de trop
petite envergure. Nous avons déterminé la superficie minimale à 5 ha (50 000 m2), mais
aucun des sites retenus ne s'approchait de cette limite, le plus petit possédant une
superficie de 16 ha.
Corridor d'étude:
Revenons à l'objectif de base du travail qui est d'évaluer le potentiel des ZIM dans une
perspective de requalification orientée autour des transports en commun. Cet objectif
nécessite une première étape de caractérisation afin de dresser un portrait qui nous
permette de comparer les zones entre elles et d'en faire ressortir des constats généraux.
Cette caractérisation passe par la sélection d'une série de critères d'évaluation qui
permettent d'analyser le potentiel d'une zone pour y réaliser un projet de requalification
orientée autour des transports en commun. Ces critères doivent être judicieusement
sélectionnés et demeurer constants d'une zone à l'autre afin que celles-ci puissent être
comparées les unes aux autres.
Nous avons identifié trois grandes catégories de critères d'évaluation. La première fait
référence aux caractéristiques inhérentes du site. Ces éléments d'analyse se réfèrent à tout
projet de redéveloppement en milieu urbain et pas seulement à ceux qui s'articulent
autour des transports en commun. En d'autres termes, cette série de critères permet de
caractériser formellement et physiquement la zone en tant que telle à l'intérieur de
délimitations précises.
présence d'un milieu environnant respectant ces principes nous informera sur le
La troisième catégorie de critères visera à évaluer la dimension des transports dans son
ensemble. Ces critères auront comme objectif de faire le portrait des infrastructures de
transport existantes, surtout celles de transport en commun, mais aussi d'évaluer les
possibilités de développement de nouvelles infrastructures.
La première série de critères est purement descriptive et nous aide à nous faire un portrait
de la zone en tant que telle. Ces critères se réfèrent à tout projet de redéveloppement en
milieu urbain et pas seulement ceux qui s'articulent autour des transports en commun.
Néanmoins, les critères de cette catégorie sont essentiels à la réalisation d'un portrait
complet-nous informant sude potentiel gl"obal de reconversion.
Nous avons spécifiquement choisi de traiter des zones industrielles en mutation dans
notre recherche pour les raisons mentionnées plus tôt dans le travail. Nous avons défini au
sens large ce qu'était une zone industrielle en mutation et en quoi sa requalification
orientée autour des transports en commun était bénéfique. Toutefois, toutes ces zones ne
sont pas identiques, bien au contraire. Elles se distinguent par de nombreuses
caractéristiques qui influencent leur potentiel de reconversion positivement ou
négativement. Voici les critères que nous avons retenus afin d'évaluer leur potentiel:
4.1.1 Dimensions
La taille d'une zone est l'un des éléments qui nous informe sur les possibilités de
développement et sur son potentiel de croissance et de rayonnement. Nous jugeons que
les plus grandes zones sont plus aptes à accueillir des projets dont le rayonnement est
réellement perceptible à l'échelle métropolitaine, capable de générer et d'attirer des
déplacements suffisants pour augmenter significativement l'utilisation des transports en
commun.
Le second critère d'évaluation de ces zones, et probablement l'un des plus importants, est
la nature et le type d'industries qu'on y retrouve. Nous avons déjà expliqué que le tenne
zones industrielles en mutation ne correspondait pas aux sites totalement abandonnés,
mais bien à ceux où les activités industrielles sont en transfonnation et où des signes
d'essoufflement sont perceptibles. Ce critère d'analyse fait donc référence aux industries
qui sont toujours en fonction à l'heure actuelle.
Toutes les industries ne possèdent pas les mêmes caractéristiques et n'ont pas toutes les
mêmes influences sur le milieu. Les entreprises de production manufacturière, les lieux
d'entreposage, les cours de triages et les ateliers municipaux sont tous des activités
industrielles qui n'occupent pas l'espace de la même façon et ne génèrent pas tous les
54 DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE
mêmes effets sur le quartier environnant. Elles diffèrent également de par leurs facteurs
de localisation.
Ainsi, avoir une idée des secteurs industriels qui composent la zone nous permet
d'estimer la propension qu'auront celles-ci à délaisser les zones industrielles en mutation
pour des sites reflétant davantage les besoins contemporains des industries. C'est ainsi
que Mario Po lèse, en parlant du secteur manufacturier et du secteur de l'entreposage et de
la distribution affirme ceci:
Polèse affirme aussi que ces secteurs d'activité sont plus sensibles aux voies de transport
des marchandises et que la congestion routière du centre est pour elles un facteur de
répulsion (Polèse, 2005, p.268).
Dans un mémoire portant sur l'impact des industries de la nouvelle économie sur
l'organisation spatiale, Charles André Brant identifie les secleurs en déclin à Monlréal
(Brant, 1999)8. Selon lui, les secteurs en déclin responsables des deux tiers des faillites
d'entreprises manufacturières à Montréal sont les suivants:
-L'industrie de l'entreposage
-L'industrie de la distribution et du commerce de gros
-L'industrie du meuble
-L'industrie du bois
-l'industrie de l'habillement
-L'industrie de l'imprimerie et de l'édition
-L'industrie métallurgique
-L'industrie alimentaire
8 Brant C-A. (1999) « L'impact des industries de la nouvelle économie sur l'organisation urbaine
et l'immobilier industriel de bureau. Étude de cas de la région métropolitaine de Montréal» P.9
DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE 55
Ainsi, la présence d'industries faisant partie de l'un ou l'autre de ces secteurs constituera
un indice sur la probabilité de départ de ces industries et, conséquemment, sur la
pertinence d'y prévoir un redéveloppement par d'autres activités.
Il est à noter que nous étudierons aussi dans cette partie la présence des activités non
industrielles. Par exemple, nous regarderons si des logements, des commerces, des
bureaux, des services ou des équipements publics sont inclus dans les limites de la zone.
Bien que nous ayons essayé de délimiter des zones essentiellement industrielles, certaines
activités non industrielles étaient parfois trop intégrées à l'intérieur de la zone industrielle
pour en être exclues. Ainsi, dans la mesure où ces activités non industrielles contribuent à
une diversité et à une mixité d'activités tel que mentionné dans les principes du TüO,
nous jugeons qu'elles doivent être considérées comme une caractéristique avantageuse de
la zone. Cette donnée sera recueillie à l'aide du rôle foncier de la ville de Montréal qui
nous indique, pour chaque adresse, une description de l'activité qu'on y retrouve.
Ce critère analyse de façon relativement précise le pourcentage de la zone qui est sous
utilisé. Les terrains considérés comme sous-utilisés ne sont pas seulement des terrains en
friche. Il s'agit de la somme des terrains vacants, des bâtiments vacants et de tout autre
terrain dont l'utilisation n'est pas maximisée. Il est à noter que les espaces de
stationnement sont inclus dans les superficies d'espaces sous-utilisés. En effet, en milieu
urbain, les espaces voués au stationnement des véhicules ne sont pas aussi indispensables
qu'en milieu périurbain pour la survie des activités. Il existe de nombreuses alternatives
qui permettent de diminuer l'espace occupé par le stationnement, comme le
stationnement étagé, le stationnement sur rue, l'utilisation des moyens de transport
alternatifs, etc.
sont encore en fonction sera moins intéressant à court terme puisqu'il nécessiterait de
vastes expropriations ou une cohabitation potentiellement conflictuelle des activités.
L'évaluation des zones par ce critère n'est toutefois pas seulement quantitative. Il s'agit
également de qualifier ces espaces sous-utilisés. De petits terrains peuvent être plus
intéressants que des plus gros dans la mesure où ils sont mieux structurés et facilement
réutilisables. Au contraire, un immense terrain, s'il est enclavé ou difficilement
accessible, présentera de moins bonnes opportunités.
Il est à noter que nous évaluons cet aspect seulement par sa superficie et par sa qualité en
ce qui a trait à la structure urbaine. fi serait également pe11inent d'évaluer ces espaces en
termes de contamination du sol, mais nous reviendrons plus tard sur les raisons qui nous
ont poussés à mettre ce critère de côté. Nous aurons encore une fois recours au logiciel
Autocad afin de mesurer les superficies d'espace sous-utilisé.
Le fait de travailler sur des zones urbaines et non des zones en périphérie nous amène à
évaluer une autre dimension dans notre caractérisation: le patrimoine industrie!. La
plupart de ces zones, vu l'époque de leur développement, possèdent une valeur
patrimoniale soit en raison de la présence de bâtiments d'intérêt ou tout simplement à titre
d'ensemble urbain patrimonial. Lucie Careau remarque la présence, sur certaines friches
industrielles, de constructions architecturales remarquables telles que les silos, les
hangars ou des bâtiments administratifs (Careau, 1995, pAO). Mais pourquoi accorder une
importance particulière au patrimoine industriel? L'AQPI répond ainsi à cette question:
D'abord parce qu'une usine c'est bien davantage qu'un simple bâtiment. L'histoire
de milliers de travailleurs se profile derrière les usines et les manufactures. Ensuite,
parce que la question de l'intérêt patrimonial d'un bâtiment ne se pose pas
uniquement en termes de critères esthétiques. En effet, la sauvegarde d'un bâtiment
industriel sert surtout la mémoire collective faisant de ces lieux des témoins
privilégiés de notre évolution économique, technique et sociale. 9
9 http://www.aqpi.qc.caJ
DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE 57
Ainsi, nous considérons que la requalification d'une zone industrielle en mutation qui
mettrait en valeur ce patrimoine aurait des effets significatifs sur son potentiel de
développement. De plus, cet aspect est important dans la réalisation d'un projet de
requalification urbaine en ce sens qu' i1contribue à donner une identi té au secteur, ce qui
renforce l'idée de centralité et de milieu de vie.
Pour recenser les sites et les bâtiments possédant un intérêt patrimonial, nous nous
baserons principalement sur le document d'évaluation pa tri moniale de la vi Ile de
Montréal, document connexe au plan d'urbanisme. Nous compléterons cette liste par une
analyse personnelle basée sur des observations sur le terrain. L'appréciation de ce
patrimoine demeure de nature qualitative et très difficile à quantifier. Le but est donc
plutôt de relever s'il y a, oui ou non, présence d'éléments patrimoniaux que de juger de
leur qualité.
10 h
ttp:// www.palnmomemustmlaplc.com
.. . d . .
58 DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE
enclavé ou inscrit en continuité avec son milieu environnant? L'espace est-il facilement
malléable ou figé dans une structure plutôt immuable?
En fonction des résultats observés, il existe deux façons d'évaluer les points positifs. an
aura tendance à dire qu'une zone pratiquement vierge où n'existent pas de structures
établies sera plus malléable et donc plus intéressante pour un projet de redéveloppement.
C'est un fait, la préexistence de structures peut limiter les opportunités de développement.
Ceci est vrai dans la mesure où ces structures ne s'harmonisent pas avec le
développement d'un projet orienté autour des transports en commun. Dans le cas
contraire, l'existence d'un milieu déjà structuré devrait être considérée comme une
opportunité. Cette analyse se fera à l'aide de l'observation de photos aériennes et
d'observations directes sur le terrain.
Cette série de critères s'inspir.e. fortement des critères préconisés. par le TaD. Nous
l'avons mentionné plus tôt, la principale différence entre les principes du TaD en milieu
urbain et ceux du TaD en milieu péri urbain est la préexistence d'un milieu environnant
déjà établi. Dans le cadre de notre étude, nous avons défini des zones industrielles en
mutation qui sont inscrites à l'intérieur de quartiers qui possèdent une dynamique et une
structuration existante. L'arrivée de nouvelles fonctions et la création d'lm pôle
d'activités orienté autour des transports en commun demandent donc une étude du milieu
environnant afin d'en assurer une intégration harmonieuse.
Cette intégration sera d'autant plus aisée que les caractéristiques du milieu environnant
correspondent déjà en partie aux principes du TaD. Pour se remettre en contexte, voici la
définition que nous en avions donnée plus tôt:
DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE 59
Nous avons défini le milieu environnant comme le territoire étant situé dans un rayon de
500 m des limites d'une zone. Comme les zones possèdent des dimensions variables et
des formes irrégulières, la distance de 500 m a été calculée à partir des limites de la zone
et non d'lm point central difficile à définir. Cette distance est la plus fréquemment utilisée
dans la littérature pour décrire le rayon dans lequel les gens sont habituellement enclins à
se déplacer à pied pour se rendre à une station de transport en commun.
Nous en resterons néanmoins au rayon de 500 m pour notre analyse. Les cinq critères
analysés dans cette section seront donc les suivants:
La façon d'évaluer ce critère sera d'attribuer un plus grand intérêt aux zones dont les
secteurs environnants ne sont pas coupés par des barrières. En d'autres mots, l'absence de
barrières sera considérée comme une opportunité liée aux avantages que la zone tirera de
l'intégration à un milieu déjà bien établi et structuré.
4.2.2 Densité
Ce critère nous permettra d'analyser, encore une fois de façon qualitative, la densité des
secteurs environnants à la zone. Ainsi, en étudiant de façon générale, par l'observation
sur le terrain et par l'observation à l'aide d'outils comme Virtual Earth/J, nous
qualifierons les typologies dominantes d'habitations et le nombre d'étages des bâtiments
qui nous donnent des informations précieuses sur la densité d'habitants et de logements
dans les différents secteurs. Une étude quantitative du nombre d'habitants aurait pu être
réalisée par l'analyse des données de recensement par aire de diffusion, mais nous avons
jugé que cette donnée n'était pas nécessaire à la réalisation de cette étape, l'objectif étant
simplement d'avoir une idée approximative de la densité. Le choix de traiter un grand
nombre de zones nous a aussi contraints à moins de précision. Néanmoins, un éventuel
projet de développement de ces zones demanderait une étude de caractérisation du milieu
plus approfondie où des données plus précises sur la densité seraient nécessaires.
Ce critère a été jugé nécessaire à l'analyse des zones vu l'importance qui lui est accordée
dans la littérature sur le TOD. En effet, si tous les auteurs ne s'entendent pas sur les seuils
minimaux de densité nécessaires pour la réalisation d'un TaO, tous s'accordent pour dire
que la densité en est une caractéristique essentielle. Les avantages d'un milieu dense sont
vastes. Ils vont de la conservation de l'énergie à la réduction de la pollution, à
l'amélioration de la mobilité urbaine (Cervero, 1994). Pour Tumlin et Millard, les
avantages d'une plus grande densité sont liés à une plus faible utilisation de la voiture, à
une plus grande propension des résidents à la marche et à une diminution du nombre de
véhicules automobiles par ménages (Tumlin et Millard, 2003). Lewis en rajoute en disant
que cette densité doit être comparable à celle que l'on retrouve, par exemple, dans les
quartiers centraux montréalais pour qu'il soit véritablement possible d'accroître
l'achalandage du transport collectif (Joubert et Lewis, 2004). Cervero est même allé
jusqu'à quantifier cet accroissement l2 en affirmant que pour tous autres facteurs
constants, une augmentation de dix pour cent (10 %) de la densité de population était
reliée à un accroissement de six pour cent (6%) du nombre de passagers des stations de
SLR (Cervero, FerreU and Murphy, 2002).
Bref, les avantages d'un milieu dense ne font pas de doute. En plus d'accroître
l'achalandage des transports en commun, la forte densité encourage la marche, diminue
l'étalement urbain et favorise une diversité des activités. Le fait de retrouver des secteurs
denses à proximité des zones industrielles en mutation sera donc considéré comme une
opportunité.
Un autre des principes fondamentaux du TaO repose sur la diversité des activités
urbaines. La première condition nécessaire à la création d'un milieu de vie diversifié est
la présence d'une densité suffisamment élevée de population fréquentant le quartier soit
parce qu'elle y réside ou pour tout autre motif(Jacobs, 1991 p.155). Nous voyons donc
que les critères de densité et de diversité sont intimement liés.
La diversité des activités permet principalement trois choses. Premièrement, elle permet
de réduire la dépendance à l'automobile pour les déplacements courts (commerces,
services, loisirs, etc.). Le fait que les résidents des quartiers périphériques utilisent plus
leurs voitures pour les déplacements quotidiens est en grande partie attribuable à la faible
diversité des activités situées à distance de marche (500 m). Deuxièmement, cette
diversité d'activités dont les heures de fréquentation varient d'une à l'autre permet de
justifier et de soutenir une desserte en transport en commun en dehors des heures de
pointe et assure une animation constante du quartier, le rendant plus convivial et plus
sécuritaire. Troisièmement, la diversité des activités permet de faire de ces quartiers des
lieux d'origine autant que de destination des déplacements. « Mixed and balanced land
uses ensure mixed and balanced traffic flows. » (Cervero and all, 2004)
Le fait de créer des pôles diversifiés attire des déplacements autant qu'il en génère et
favorise une desserte en transport en commun bidirectionnelle. Ce dernier argument est
particulièrement intéressant dans l'optique de l'amélioration de la mobilité urbaine dans
un contexte d'éclatement des patrons de déplacements.
Comme dans le cas de la densité, il est ardu de mesurer précisément la diversité des
aètivités. Encore ùne fois, c'est d'une manière qualitative que nous décrirons les activités
présentes dans le milieu environnant. Pour ce faire, nous allons diviser ce dernier en
différents sous-secteurs que nous analyserons indépendamment les uns des autres. Pour
chacun, nous relèverons systématiquement toutes les activités ou groupes d'activités non
résidentielles. Pour cette dernière activité, nous estimerons le pourcentage de la superficie
occupé pour chacun des sous-secteurs. Les activités relevées seront classées selon quatre
principales catégories; commerciale, institutionnelle/service public, bureau, industrielle.
Le but est donc de faire ressortir la présence d'une forte mixité de fonctions pour
différents secteurs. Plus le nombre d'activités non résidentielles sera élevé et distribué
dans différentes catégories, plus le milieu environnant correspondra à ce principe du
TOD. Une forte diversité du milieu environnant contribuera ainsi à rehausser le potentiel
de développement d'un projet de requalification orienté autour des transports en commun.
L'identification des activités non résidentielles se fera à l'aide de l'outil Virtual Earth qui
nous donne accès à des vues en plongée de toute la ville de Montréal. Les bâtiments non
résidentiels sont donc identifiables par différents éléments comme la différence de leur
DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE 63
Notons finalement qu'il serait intéressant dans une étude plus approfondie d'analyser un
autre aspect de la diversité soit la diversité des typologies de bâtiment et l'âge de ceux-ci.
En effet, un milieu diversifié nécessite une mixité de bâtiments d'âges et de typologies
différents pour répondre à des besoins variés. Comme nous l'apprend Jane Jacobs:
[00'] Le district doit comporter un mélange d'immeubles qui diffèrent par leur date
de construction et leur standing: ce mélange doit inclure une forte proportion
d'immeubles anciens pour que l'éventail des loyers soit très ouvert (00']
(Jacobs, 1991, p.155)
Malheureusement, relever cette donnée n'était pas envisageable dans le cadre de cette
étude, mais nous estimions nécessaire de mentionner l'importance de ce critère qui
devrait être considéré dans une étude plus approfondie de chacune des zones.
4.2.4 Design urbain global du milieu environnant (grille de rue, espaces publics)
Le design urbain est aussi un critère d'analyse récurrent dans la littérature sur le
TOO. Autant les études de recherche que le marché immobilier ont démontré
l'importance du design urbain, particulièrement dans les quartiers denses à
proximité des stations de transport en commun (Cervero, Ferrell, Murphy, 2002,
p.76). Ce critère, nous en convenons, est très large et demeure subjectif dans une
certaine mesure. Nous avons tout de même cru essentiel d'intégrer certains des
éléments d'analyse du design urbain dans la caractérisation du milieu environnant
afin de juger du potentiel de reconversion des zones. Nous avons choisi deux
principaux éléments d'analyse, soit la grille de rue et la présence d'espaces
publics. Nous aurions très bien pu analyser d'autres critères de design comme la
présence d'art urbain, l'aménagement des rues (mobilier urbain, éclairage,
plantations, etc.), mais il s'agit d'éléments qui n'ont pas un caractère aussi
64 DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE
permanent et structurant que la grille de rue et les espaces publics. Voilà pourquoi
La grille de rue a d'abord une influence sur la facilité de desserte par transports en
commun. Une grille orthogonale, par exemple, permet une hiérarchisation des artères qui
facilite la desserte en transport en commun et répartit aussi le trafic automobile sur
plusieurs artères. Comme le montrent les passages suivants d'une recherche de Robert
Cervero, les tracés orthogonaux des quartiers traditionnels sont généralement associés à
un transfert des déplacements automobile vers les déplacements piétonniers et à vélo et
facilite la desserte en transport en commun.
In a study of shopping trips in the San Francisco Bay Area, Handy (1992) found
that res-ideilts from two 3reas thantiost closëlyresëmblè neotràditional proposais
made two-to-four more wa1king and bicycle trips per week to retail stores than did
those living in nearby areas thal were served mainly by automobile-oriented.
(Cervero and Gorham, 1995, p, 212)
[ ... ] pedestrians often have to walk exceedingly long distances because through
paths are eut off by cul-de-sac, and transit vehicles cannol serve cul-de-sac or
efficiently filter through neighborhoods with curvilinear layouts or branch roads.
(Cervero and Gorham, 1995, p, 210)
Une trame orthogonale, formée de petits îlots, favorise d'aulant plus les diversités des
patrons de déplacement elle développement d'une diversité de commerces de proximité.
Diminuer la taille des îlots revienl à multiplier les possibilités de déplacement et à répartir
sur plusieurs artères autant le trafic piétonnier que le trafic automobile. En énumérant les
caractéristiques de ce que devrait être un vrai TOD dans un article intitulé « How to make
Transit-Oriented Development work », Tumlin et Millard affirment ceci:
DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE 65
The average block perimeter is limited to no more than 1,350 fee!. This generates a
fine-grained network of streets, dispersing traffic and allowing for the creation of
quiet and intimate thoroughfares.
(Tumlin and Millard, 2003, p.17)
De par leur nature, les grands blocs constituent donc des obstacles à la création et
au développement de nombreuses petites activités, étroitement spécialisées, dans la
mesure où pour vivre, celles-ci doivent pouvoir compter sur une clientèle tirée
d'une grande masse de gens de passage.
(Jacobs, 1991 p.18?)
Ainsi, nous voyons que tant la forme du tracé que la grandeur ~es îlots ont un impact sur
la création d'un milieu de vie favorisant l'utilisation des transports en commun. Voilà
pourquoi nous analyserons de façon générale, à l'aide de photographies aériennes, la
trame de rue du milieu environnant de chacune des zones.
La présence d'espaces publics est un des éléments qui contrit)ue à rendre un quartier
convivial. Il est important de retrouver dans les milieux urbains des espaces verts en
nombre suffisant pour pallier à la densité qui peut quelquefois paraître étouffante. Les
espaces publics permettent aussi de créer des milieux intéressants pour les familles dans
le cas des parcs et de créer des lieux de rencontre dans le cas des places publiques. En
fait, un aménagement de qualité du domaine public en général est susceptible de créer un
environnement propice à l'utilisation des transports alternatifs. Joubert et Lewis vont
jusqu'à affirmer que la convivialité du quartier dépend beaucoup plus des aménagements
réalisés autour de la station de transport et dans le quartier que de la disponibilité d'un
service de transport collectif de masse (Joubert el Lewis, 2004, p.9)
Dans le cadre de notre étude, nous nous attarderons spécifiquement à relever les parcs et
places publiques. Nous en ferons un recensement pour chacune des zones et tenterons de
souligner ceux qui sont susceptibles de générer une plus-value pour le développement de
la zone soil par leur proximité ou par leur taille. Ces données seront recueillies par des
observations sur le terrain et l'analyse de photographies aériennes.
66 DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE
Depuis le début de ce chapitre, nous avons strictement considéré les éléments qui se
trouvaient à une distance de 500 m ou moins des limites de la zone. Toutefois, il existe
certains équipements majeurs ou des pôles secondaires situés au-delà de cette limite qui
sont susceptibles de polariser des déplacements. Dans un rayon approximatif d'un
kilomètre, nous noterons la présence de quelques pôles d'activité qui sont susceptibles
d'influencer positivement la requalification de la zone.
Généralement, les quartiers TOD sont aménagés autour des transports collectifs sur
rail. Le train de banlieue est une infrastructure sur rail, mais dont la capacité ou
l'achalandage sont relativement faibles, comparativement au métro, au tramway ou
même à l'autobus, en partie à cause de la faible fréquence des trains.
L'achalandage du train de banlieue est loin d'être aussi élevé que pour le métro.
L'impact sur le territoire est donc moins significatif que pour le métro. Il le sera
d'autant moins que les trains de banlieue ne forment pas un véritable réseau, mais
sont constitués de lignes distinctes qui ne se rejoignent pas facilement.
(Joubert et Lewis, 2004, p.27)
C'est entre autres parce que les lignes d'autobus ont un caractère beaucoup moins
permanent et sont plus malléables que nous avons choisi de nous attarder seulement aux
transports collectifs sur rail. La présence des lignes d'autobus sera mentionnée plutôt à
titre indicatif puisque leur nombre peut tout de même nous donner un indice intéressant
de la desserte en transport en commun générale de la zone. Il sera aussi intéressant de
relever la présence de voie réservée pour autobus ce qui, à tout le moins, indique déjà une
priorité accordée au transport en commun et une volonté de réduire le trafic automobile.
Il est à noter que, tout comme pour l'analyse du milieu environnant, le recensement se
fera à l'intérieur d'un rayon de 500 m des limites de la zone. Cela correspond, comme
nous l'.avons mentionné plus tôt, à la di.stance maximale moyenne que les utilisateurs du
transport en commun sont prêts à marcher pour se rendre à une station. Ainsi, nous
décrirons dans un premier temps combien de ces stations sont présentes, autant pour le
métro que pour le train de banlieue et à quelle distance se trouvent les stations de la limite
de la zone. Si l'une d'elles se retrouve à l'intérieur de la zone, nous inscrirons une
distance nulle.
la zone à une échelle macro et vérifier à quoi elle est reliée par les transports en commun
existants.
En parlant du rôle que devraient avoir les agences de transport, Belzer et Autler abondent
dans le même sens:
Plan for TOD at the system-wide scale, assessing opportunities at each station site
and thinking regionally about the interplay between land uses around each station
and the way they can affect system-wide ridership.
(Belzer and AutJer, 2002 P. 32)
Bref, le potentiel de développement d'une zone sera d'autant plus intéressant que notre
analyse nous révélera que celle-ci est connectée à une multitude d'autres pôles d'activités.
mais plutôt de les prendre en considération comme étant éventuellement utilisables à cette
fin.
Nous relèverons aussi la présence d'une ligne de transport en commun, même si aucune
station n'est aménagée à l'intérieur de la zone d'étude ou de son milieu environnant. Le
simple fait que la ligne traverse la zone à l'étude représente un potentiel de
développement lié à ['éventuel ajout d'une station ou au déplacement d'une existante.
En conclusion, nous aimerions mentionner une série de critères qui auraient facilement pu
faire partie intégrante de notre étude, mais qui ont dû être écartés pour des considérations
méthodologiques ou pour la difficulté d'accès aux données. Nous pensons néanmoins que
ces critères devraient être inclus dans une future analyse de chacune des zones précédant
la réalisation d'un projet de requalification. Voici quelques-uns de ces critères:
Notre étude portant sur des zones industrielles, il serait très intéressant de connaître leur
niveau de contamination des sols. Nous considérons par contre que ce critère est neutre en
ce sens que l'information qu'il nous aurait apportée sur la contamination de la zone
n'aurait pas eu d'effet sur le potentiel de développement. Il existe effectivement deux
façons de voir la contamination d'un site. Du point de vue du promoteur immobilier par
exemple, la contamination représente une contrainte de par les coûts et les délais de
construction supplémentaires qu'elle engendre. Pour le citoyen et l'administration
publique, l'intérêt de développer un site sera d'autant plus grand que le niveau de
DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE 71
contamination sera élevé dans la mesure où la décontamination sera vue comme une
amélioration de l'environnement et de la qualité de vie urbaine. Avec un tel
raisonnement, les sites les plus contaminés seraient les plus intéressants à requalifier
puisque ce sont ceux pour lesquels il est le plus urgent d'intervenir. Ainsi, puisque les
informations recueillies ne nous auraient pas informés directement sur le potentiel d'une
zone, nous avons préféré le laisser de côté.
Nous avons choisi d'étudier le critère de diversité seulement à partir des activités
urbaines, mais pas en termes de caractéristiques de la population. Les données socio
économiques des résidants d'un quartier peuvent en effet s'avérer très précieuses dans
J'évaluation du potentiel de reconversion d'une zone, ne serail-ce que par les informations
qu'elles nous fournissent sur la diversité et le nombre potentiel d'utilisateurs du transport
en commun. Toutefois, considérant la taille de l'échantillon de zone que nous avons
retenu, nous avons jugé qu'il ne serait pas envisageable de collecter ces données à
l'intérieur de cette étude.
72 DEUXIÈME PARTIE: CADRE MÉTHODOLOGIQUE
Il aurait aussi été intéressant de connaître les intérêts de différents acteurs face à la
requalification de chacune des zones. La planification urbaine contemporaine ne peut plus
faire fi de l'opinion citoyenne dans les projets qu'elle entreprend. Les différents acteurs
locaux ont des visions et des enjeux différents à défendre qui peuvent nuire ou encourager
le genre de requalification proposée dans notre travail.
De plus, il serait intéressant de tenir compte des intérêts des instances municipales en
regard de ces sites. La municipalité est le principal acteur impliqué dans la planification
urbaine et connaître ses objectifs pour ces zones ainsi que la réglementation affectée à
chacune d'elles serait un élément essentiel à prendre en compte dans une analyse plus
précise.
Bref, nous ne prétendons aucunement présenter une grille de critère exhaustive. Bien au
contraire, nous avons volontairement mis de côté des critères que nous jugeons essentiels
à l'évaluation du potentiel de requalification. Toutefois, nous avons choisi de garder les
critères les plus pertinents dont la collecte de données était possible dans le cadre de cette
étude où l'accent était mis sur la taille de l'échantillonnage plutôt que sur l'exhaustivité
des éléments d'analyse.
Tableau 2.2 : Grille de critères d'évaluation des zones
-Détenniner les possibilités de développement et d'expansion -Calcul des superficies des zones sur des
1. Dimensions d'un futur projet photos aériennes avec le logiciel Aulocad.
-Détenniner le potentiel de rayonnement d'un futur projet de
requalification orienté autour des transDorts en commun.
-Détenniner si les activités industrielles en place font partie des -Recensement exhaustif des activités et de leur
secteurs en déclin à Montréal nature à l'intérieur des limites de la zone en
2. Nature et type d'industries -Mesurer approximativement la probabilité de voir disparaître utilisant les données du rôle foncier de la ville
ces. industries à court ou moyen terme de Montréal et en effectuant des recherches sur
internet.
-Détenniner à quel niveau la zone subit les effets de la -Recensement exhaustif des terrains sous-
3. Niveau d'intensité des activités
désindustrialisation utilisés (terrains vacants, en friche, bâtiments
-Détenniner la quantité de terrain réutilisable à court tenne vacants ou terrains de stationnement)
-Détenniner si la zone possède une valeur patrimoniale -Identification des secteurs et des bâtiments
4. Éléments patrimoniaux
susceptible de hausser son attrait et son potentiel de patlimoniaux d'intérêts à l'aide premièrement
développement du document d'évaluation du patrimoine de la
-Détenniner la présence de bâtiments possédant un intérêt en vue ville de Montréal et deuxièmement par
d'une requalification l'observation sur le terrain.
-Détenniner le niveau de contrainte lié à la préexistence d'une -Analyse de la structure urbaine, de la trame de
5. Structuration de l'espace et structure déjà établie ou au contraire relever les avantages d'une rue et de la fonne des îlots par l'observation
trame de rue structuration propice au développement des transports en des photographies aériennes.
commun
Critères Objectifs Outil/Méthodologie
-Déterminer le degré d'intégration de la zone -Analyse de l'interaction qui existe entre la zone et son milieu
1. Relation de la zone avec
industrielle à son milieu environnant. environnant aux limites de celle-ci par l'observation de cartes et
son milieu enviro1U1ant -Faire ressortir la présence de barrières physiques ou de photographies aériennes.
psychologiques. -Observations sur le terrain
-Déterminer si le quartier environnant possède une -Analyse des typologies d'habitations et du nombre d'étages des
2. Densité
densité correspondant aux principes du TOD bàtiments du milieu environnant à l'aide d'observations sur le
terrain et des vues en plongées du logiciel Vir/ual Eor/h.
-Déterminer si le milieu environnant possède une -Recensement des activités présentes par l'observation sur le
3. Diversité des activités
diversité d'activités correspondant 'aux principes du terrain et des vues en plongées du logiciel Vir/uol Eor/h.
TOD. -Utilisation des données du rôle foncier
-Qualifier celle diversité par une classification par
secteurs d'activités
-Déterminer la présence de pôles générateurs de -Recensement des pôles d'emplois à l'aide d'observation de
5. Pôles génératew-s de déplocelnent et les classer par grands sec.teurs c-tlrt,es, cartes thélnatiques et photos aériennes.
déplacements d'activités
Critères Objectifs OutiUMéthodologie
-Déterminer l'ensemble des éléments de transport en commun qui -Analyse de cartes du transport en conunun
2. Portrait du réseau de transport en
sont susceptibles de pouvoir contribuer à la création d'un pôle
commun d'activités orienté autour des transports en conunun
-Déterminer s'il existe des opportunités de développement du -Identification des projets de transport en
4. Opportunités de développement transport en commun premièrement parce qu'elles sont prévues à commun prévus aux différents documents
du transport en commun l'intérieur de documents de planification ou par la présence de planification de la ville de Montréal
d'infrastructures ou d'emprises sous-utilisées ou abandonnées. -Recensement des différentes emprises et
infrastructures sous-utilisées par
['observation sur le terrain et l'analyse de
photos aériennes.
TROISIÈME PARTIE
Ce chapitre sera consacré à la présentation des sept zones recensées. Pour chacune des
zones nous procéderons de la même manière. La première partie de chaque étude de cas
sera réservée à une présentation factuelle de toutes les données correspondant aux critères
de la grille d'analyse. Une deuxième partie sera ensuite dédiée à une analyse des données
obtenues afin d'y montrer le potentiel de développement.
Maisonneuv
SIe-Catherine Notre-Dame
Nord. Ontario - Est Ligne de lot est du 3114-20 Ontario / Ligne de lot arrière de la rue Pré fontaine
Nord Ligne de lot nord du 1620-1650 Pré fontaine - Est: Préfontaine - Sud: Adam - Est· Moreau
Sud: Notre-Dame - Ouest: voies ferrées - Sud. Ste-Catherine - Ouest: Du Havre
Sud' Maisonneuve - Ouest: Frontenac - Nord: axe de la rue Lafontaine - Ouest: Bercy jusqu'à Ontario
Superficie de terrains vacants (ha) 10,80 Pourcentage total d'espace vacant (%) 25,6
13 Le chiffre entre parenthèses désigne le nombre de propriétés foncières différentes pour chaque
secteur d'activité
Carte 3.1.2 : Éléments marquants de la zone
Ontâtio
Ontario
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 83
Activités industrielles
On compte un total de 26 industries différentes dans la zone de la cour de triage
Hochelaga. Les activités directement liées au triage, CI )14 situé au centre de la zone,
occupent plus de la moitié de la su perficie de la zone (Photo 3.l.I). Une série d'industries
gravitent autom de celui-ci. Ces industries sont de différentes natures, mais on retrouve
Autres activités
Outre les industries, on dénombre un total de 86 logements à l'intérieur des limites de la
zone. Ces logements ont été inclus parce qu'ils sont fortement imbriqués dans cette
dernière et les exclure aurait demandé un découpage du territoire qui ne nous paraissait
pas logique. Notons de surcroît que certains de ces logements sont récents et ont été
construits sur des terrains anciennement en friche (2). Nous ne retrouvons aucun
commerce ni de proximité ni de grande surface à l'intérieur des délimitations, mais on
compte quatre immeubles à bureaux.
14 Le chiffre entre parenthèses dans le texte correspond au numéro d'identification sur la carte
De façon générale, les activités qu'on retrouve sur le site sont toujours en fonction.
Toutefois, parmi les bâtiments inclus dans la zone, on en compte deux qui montrent des
signes d'inoccupation (3) en plus des 24,6% de terrains sous-utilisés. Aussi, l'industrie de
l'alimentation, qui domine cette zone au chapitre du nombre d'entreprises, est un secteur
d'activité industrielle en déclin dans le centre de Montréal.
Éléments patrimoniaux ls
Photo 3.1.2 : Bureau du fret du CPR dont la Photo 3.1.3 : Usine occupée par la
construction remonte à 1890 compagnie Sanimax située au 2820 rue
Ontario.
Source: Thomas Bissuel-Roy Source: Thomas Bissuel-Roy
Mis à part ce bâtiment, nous pensons qu'il serait intéressant de retenir la valeur
patrimoniale de l'ancienne usine de la Cie de Bœufde l'Ouest sur Ontario (5) en raison de
la présence des silos et de la singularité du paysage que cet élément provoque. (Photo
3.1.3). La voie ferrée elle-même possède aussi une valeur intéressante puisque ce fut la
première à s'implanter dans le quartier Hochelaga.
Inaugurée en 1876 par la QMO&O (Quebec, Montreal, Ottawa and Occidental Railway)
et rachetée en 1882 par le CPR (Canadian Pacific Railway), sa cour de triage fut en
service jusqu'en 1951 où elle fut déménagée dans l'ouest de Montréal à Côte St-Luc. 16
Cette zone est composée principalement du vaste îlot de la cour de triage. Mis à part dans
le petit secteur situé au sud-est de la zone et le long de la bande située à l'ouest, aucune
rue ne traverse La zone, la rendant très peu perméable comparativement au tissu urbain
environnant. Toutefois, les voies qui ceinturent cet îlot correspondent au prolongement de
la trame orthog()naJe des quartiers avoisinants, ce qui en fait une zone relativement bien
circonscrite, un peu à l'instar d'un grand parc urbain.
La diagonale qu'empruntent les voies ferrées de la cour de triage crée de vastes espaces
résiduels difficiles à aménager vu l'absence de rues et la présence d'un front bâti le long
de cet îlot. De plus, le passage de la voie ferrée au-dessus de la rue Ontario renforce la
barrière physique de part et d'autre de celle-ci.
Le site est directement intégré au tissu urbain sauf sur son côté sud. Sur ce côté, la zone
fait face à la rue Notre-Dame qui, à cet endroit, représente une barrière importante. De
l'autre côté de la rue Notre-Dame, les terrains du port de Montréal renforcent la barrière.
Par contre, vers l'ouest, l'est et le nord, la zone est directement intégrée au tissu urbain
16 http://www.milieuxdefavorises.org/hm/serie_A/3I.html
Carte 3.1.3 : Milieu environnant (Zone 1)
r" -
V oies fer"';es du CP
-
Stations de mëlro
Zone Industrielle
en mutation
TROISIÈME PARnE: CARACTÉRISATION DES ZONES 87
Les secteurs situés à l'est, au nord-est et au nord de la zone sont similaires en termes de
densité du cadre bâti. On y retrouve majoritairement des habitations de type «plex» de
deux à trois étages comptant généralement de trois à cinq unités de logement et quelques
immeubles de type «walk-up» de plus de cinq logements. Le cadre bâti est continu et on
n'y trouve que très peu de terrains vacants et d'espaces de stationnement ce qui en fait
des secteurs très denses. La densité est encore plus élevée dans le secteur situé à l'ouest
de la zone où l'on retrouve quelques tours de bureaux et d'habitation.
Résidentiel (environ 90 %)
Commercial
Artère commerciale de oroximité de forte intensité Ontario
Artère commerciale de oroximité de faible intensité Ste-Catherine
Centre commercial Ontario (Avlwin)
Hôtel Ste-Catherine (Préfontaine)
Institutionnel/Service Dublic
Casernf> Of> nomnier Ste-C'atherine (Darlino)
Ecole orimaire Adam (Darlinl1.)
Bibliothèque Davidson (Ontario)
Eglise Ontario (Dézérv)
Centre communautaire St-Germain (Ontario)
Piscine municioale Davidson (Ontario)
Secteur nord-est:
Activité 1 Emnlacement
Industriel
Zone industrielle en mutation 1 Voir zone 2 (Métro Préfontaine)
Industrie (nid) 1 Rouen (Préfontaine)
88 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Secteur nord :
Activité EmDiacement
Secteur nord-ouest:
Activité 1 Emolacement
In.titutionnel/Service nuhlic
Centre cie IH netite enfHnce 1 Fullum (Ontario)
Eglise 1 Fullum (Larivière)
-Bure-aux . -
Industriel
Industrie de tabac 1 Ontario (Dufresne)
Secteur ouest:
Activité Emnlacement
Résidentiel (environ 70 %)
Commercial
Artère commerciale de nroximité de moyenne inten<;Îté Ontario
Artère commerciale de proximité de moyenne intensité Ste-Catherine
Centre d'achat Ontario (Havre)
Théâtre Fullum (CoupaI)
Institutionnel/Service Dublic
Ecole orimaire Ontario (fullum)
Ecole primaire Fullum (Logan)
Maison de la culture Havre (Ontario)
Couvent Fullum (Ste-Catherine)
Eglise Ste-Catherine (Fullum)
Bureaux
Immeuble à bureaux Sureté du 0, éhec Fullum (CouDaI)
Immeuble à bureaux Télé-Ouébec Ste-Catherine Fullum
Bureaux gouvernementaux Ste-Catherine Fullum
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 89
Secteur sud:
Activité 1 Emolacement
Design urbain
La grille de nies
De façon globale, la grille de rues des milieux environnants respecte le tracé orthogonal
des quartiers ouvriers traditionnels de Montréal. Ce parcellaire donne forme à des îlots
rectangulaires dont les côtés est-ouest sont généralement quatre fois plus longs que les
côtés nord-sud. On note lIne exception à ce tracé orthogonal dans le secteur ouest où les
îlots ont des grandeurs plus variées et où les tracés de rue sont moins réguliers.
La zone est encadrée par plusieurs artères majeures. La principale, la rue Notre-Dame, est
située au sud de la zone. Cette rue, qui fait actuellement l'objet d'un projet de
transformation en boulevard urbain joue pratiquement le rôle d'autoroute. Elle permet de
rattacher la zone directement au centre-ville et de rejoindre le bou!. Pie-IX et l'autoroute
25 vers l'est. Ensuite, on dénombre plusieurs artères secondaires comme les rues
D'Iberville, de Lorimier, Ste-Catherine et Ontario. Les deux premières, situées à l'ouest
de la zone, relient celle-ci au bou!. Métropolitain ainsi qu'à plusieurs artères d'orientation
est-ouest d'importance comme Sherbrooke, Rosemont et Jean-Talon. Les deux dernières,
d'orientation est-ouest, traversent plusieurs qual1iers de part et d'autre de la zone, mais
leur principale fonction n'est pas le transit.
À l'intérieur du rayon de 500 m des limites de la zone on compte deux stations de métro,
soit le métro Frontenac et le métro Préfontaine sur la ligne verte. Notons que- ces-deux
stations sont situées respectivement à une distance de 180 m et de 514 m. Malgré le fait
que la station Préfontaine soit située à une distance de 514 m des limites de la zone, nous
avons décidé de la prendre en compte vu l'importance et Je pouvoir d'attraction que
possède une station de métro. Aussi, cette dernière station est située au nord-est de la
zone alors que la station Frontenac est située à l'ouest. Vu les dimensions considérables
de la zone, la station Préfontaine se trouve à une plus courte distance d'une importante
partie de la zone, c'est pourquoi nous avons cru pertinent de la prendre en considération.
Il n'existe pas d'autres modes de transport lourd dans le rayon de 500 m car les voies
ferrées ne sont utilisées que pour les convois de conteneurs au port et pas pour le train de
banlieue. On dénombre aussi un total de Il lignes d'autobus dont six sont des parcours de
nuit.
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 91
Cette zone possède une position très avantageuse dans le réseau de transport en commun.
En plus d'être desservie par deux stations de métro dans un rayon approximatif de 500m,
le site est desservi par différentes lignes d'autobus qui possèdent des fréquences élevées.
Il est intéressant de remarquer que bien que la desserte en transport en commun soit
importante pour les directions Est-Ouest (deux stations de métro, autobus 34, 85, 125,
185), une seule ligne d'autobus permet de relier le site vers le nord soit la ligne 94
(lberville).
4. Analyse du potentiel:
Dimensions
La superficie de la zone de la cour de triage Hochelaga est telle que les possibilités de
redéveloppement sont très grandes. Avec ses 43,89 hectares elle est en fait la deuxième
plus grande zone analysée dans ce travail et ces dimensions considérables permettent
d'imaginer un projet d'envergure.
secteur industriel est un signe des pressions du marché immobilier pour transformer ce
secteur à d'autres fins.
Éléments patrimoniaux
Pour ce critère, mentionnons tout simplement que cette zone ne possède pas une grande
valeur patrimoniale. On y retrouve bien quelques bâtiments d'intérêt, mais il n'y a pas
d'éléments marquants ou d'ensembles qui pourraient réellement générer une plus-value et
servir de levier au développement du site.
Densité
La densité du cadre bâti des quartiers environnant est généralement élevée. Le tissu
urbain y est continu et les typologies d'habitations dominées par le plex rencontrent
amplement les exigences de densité identifiées par les principes du TOD.
Design urbain
La trame de rue orthogonale qui caractérise les secteurs environnants est aussi un élément
du cadre physique propice à l'utilisation des transports en commun. La requalification de
cette zone bénéficierait donc déjà d'un milieu bien établi correspondant aux grandes
lignes du TOD.
vers le nord jusqu'au boulevard Henri-Bourassa. Aussi, l'axe Pie-IX - Notre-Dame étant
l'un des axes les plus achalandés sur l'île de Montréal, la zone bénéficierait d'un
achalandage constant facilitant par exemple la création d'un pôle d'activité
complémentaire au centre-ville.
La voie ferrée et son emprise, bien qu'elle ne soit utilisée actuellement que pour le
transport des marchandises, représente aussi un potentiel de développement d'un futur
transport collectif utilisant les rails ou les emprises de la voie ferrée. Dans cette zone,
l'emprise des voies ferrées est considérable puisqu' on y trouve une cour de triage. De
plus, on compte une importante superficie d'espace vacant ce qui laisse croire que
l'implantation d'une structure permettant de faire passer un tramway, par exemple, serait
réalisable. La présence des voies ferrées nous laisse aussi imaginer la possibilité d'y faire
passer un train de banlieue dont le terminus pourrait même être situé à cet endroit précis.
TROISIÈME PARTIE : CARACTÉRISATION DES ZONES 97
Pretontaine
Nord. Lisière d'arbres derrière la place de LélY - Est: Ruelle de la rue Moreau - Nord. Rouen
Est: Préfontaine / Ruelle Préfontaine / Préfontaine. - Sud: Ontario - Ouest Chemin de Fer
Sud: sud du terrain vacant sur Lespérance - Ouest· Lespérance - Sud' Ruelle sud de la rue Rouen
Ouest: Florian - Sud' ruelle nord de la rue Rouen - Ouest: ruelle de la rue Wurtele et Florian Sud'
ruelle sud de la rue Hochelaga - Ouest: Wurtele - Nord: ruelle Nord de Hochelaga Ouest: Limite de lot
du garage: Nord: Limite delot du garage: Ouest. Voies ferrées jusqu'à la lisière d'arbres.
Données Statistiques:
Superficie de terrains vacants (ha) 4,27 Pourcentage total d'espace vacant (%) 32,2
Préfontaine P-réfontaine
en
.=r
(Il
...C"
...o
o
(Il
"
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 99
Activités industrielles
Les industries de cette zone se concentrent dans deux principaux secteurs: les services
aux automobiles (garages et ventes de pièces) et l'alimentation. Les autres industries
présentes dans la zone appartiennent au domaine du vêtement, de l'impression, de
l'entreposage en général et au domaine manufacturier. On note finalement des immeubles
commerciaux dont l'activité n'a pas pu être relevée de manière précise.
Autres activités
Outre les activités industrielles, nous retrouvons dans la zone l'institut Teccart (1),
institution de formation spécialisée en technologies. Une importante proportion de cette
zone est aussi occupée par des logements. En ce qui a trait aux commerces, on ne
retrouve qu'un concessionnaire automobile (2) et un restaurant de type «fast food»(3).
Finalement, on note la présence d'un immeuble à bureaux sur la rue Moreau (4). Il est
important de noter que ces bâtiments ont été retenus vu leur forte imbrication à l'intérieur
de la zone industrielle.
Éléments patrimoniaux.
La voie ferrée, qui traverse la zone de façon oblique par rapport au quadrillage des rues,
donne lieu à des formes d'îlots irrégulières le long de celle-ci. Ces îlots sont de plus
grande taille que ceux des quartiers environnants bien que de taille relativement petite si
on les compare au méga-îlot de la zone précédente.
Le passage de la voie ferrée a aussi pour effet de couper toutes les rues d'orientation
nord-sud entre les rues Wurtele et Moreau. Toutefois la zone reste relativement bien
structurée par les rues d'orientation est-ouest Hochelaga, Rouen et Ontario. Ces artères
assurent l'arrimage de la zone avec les quartiers environnants et en font une zone
relativement perméable.
Carte 3.2.3 : Milieu environnant (Zone 2)
Voies ferre.. du CP
Stations de métro
•
Zone industrIelle
en mutation
102 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Cette zone est complètement intégrée au milieu environnant. Il n'y a aucune zone
tampon ou infrastructure qui 'sépare la zone des quartiers limitrophes. Elle fait
directement face aux quartiers résidentiels de Hochelaga et de Centre-sud de part et
d'autre de la voie ferrée. En fait, la zone elle-même représente une barrière entre ces
quartiers. Il n'y a qu'au sud-ouest que la zone ne fait pas face à un quartier résidentiel,
mais il s'agit de la zone de la cour de triage Hochelaga que nous avons étudiée
précédemment.
Secteur est:
Activité 1 Emnlacement
Résidentiel (environ 90 %)
Commercial
Artère commerciale de oroximité de forte intensité Ontario
Artère commerciale de proximité de faible intensité Hochelaga
Institutionnel! service nublic
Aréna Rouen mézérv)
Ecole primaire Darling (Hochelaga)
Ecole secondaire Hochelaga (Darling)
Eolise Hochelaoa (Dézéry)
Industriel
Garape 1 Rouen marlinp)
Industrie (nid) Rouen (Préfontaine)
Secteur nord-est:
Activité Emnlacement
Résidentiel (environ 30 %)
Commercial
Centre commercial Sherbrooke (Place de Lérv)
Bistrolbar André-Laurendeau (Rachel)
Centre de conditionnement phvsiaue André- Laurendeau (WiJJiam-Tremblay)
Restaurant Sherbrooke (Place de Léry)
Institutionnel/service oublie
Hônital Pasteur WHSLm Sherbrooke (PrMontain~l
Eglise Sherbrooke (Davidson)
Ecole primaire Rivier (Darling)
Bureaux
Hureau" d~ H~lI t,ilénhonp. Rach"l {Mokon
Bureaux (Technooôle Angus) Molson (Rachel
Bureaux (2) (Technopôle Angus) Rachel (Molson
Industriel
Manufacture William-Tremblav (Molson)
Secteur nord-ouest:
Activité 1 Emnlacement
Secteur ouest:
Activité Emnlacement
Secteur sud-ouest:
Activité 1 Emnlacement
Industriel
Zone industrielle en mutation 1 Voir zone J (Cour de triage Hochelaga)
Secteur sud-est:
Activité Emnlacement
Design urbain
La grille de rues
La grille de rues des secteurs situés à l'est et à l'ouest de la zone suit un tracé orthogonal
régulier caractérisant la majorité des quartiers centraux traditionnels de Montréal. Dans
les secteurs Nord et Sud, le passage de la voie ferrée et les activités qui se trouvent à ses
abords modifient substantiellement ce tracé régulier et donnent forme à des îlots de plus
grande taille et de forme irrégulière. Au sud, c'est la présence du méga-îlot créé par la
cour de triage qui créé une brisure dans la trame régulière et au nord, c'est
essentiellement l'angle que prend la voie ferrée qui donne lieu à des îlots incongrus.
Le réseau routier desservant la zone est caractérisé par la présence de nombreuses artères
d'importance d'orientation est-ouest, mais par peu d'artères majeures d'orientation nord
sud. En effet, on retrouve la rue Sherbrooke complètement au nord de la zone. Cette
artère de transit importante permet de relier la zone au boulevard Pie-IX et à l'autoroute
25 à l'est. Vers l'ouest elle relie la zone au centre-ville ainsi qu'à une multitude d'artères
importantes d'orientation nord-sud comme les rues Papineau, St-Denis, Parc, etc.
D'autres artères d'orientation est-ouest de moindre envergure sillonnent aussi la zone
comme les rues Ontario, de Rouen et Hochelaga. Les seules artères d'importance
d'orientation nord-sud sont les boulevards St-Michel à l'est et D'Iberville à l'ouest, mais
elles se situent à une distance importante des limites de la zone.
La zone est desservie par deux stations de métro comprises à l'intérieur d'un rayon de
plus ou moins 500m. Il s'agit des deux mêmes stations de métro que la zone précédente,
mais dans ce cas-ci, c'est la station Préfontaine qui se trouve à la plus courte distance.
Elle est en effet située à une distance de moins de 100 m du point le plus proche de la
zone. La seconde station est le métro Frontenac qui est situé à 545m du point le plus
proche. Toutefois, contrairement à l'exemple précédent, la station Préfontaine est la plus
proche peu importe le point où l'on se trouve dans la zone. Nous avons tout même cru
bon de tenir compte de la présence du métro Frontenac.
On compte neuf lignes d'autobus différentes dans un rayon de 500 m en plus de cinq
lignes d'autobus de nuit. Deux de ces neuf lignes assurent une desserte sur les axes
d'orientation nord-sud et sept assurent les liaisons sur les artères est-ouest. Parmi ces neuf
lignes cinq possèdent des fréquences inférieures à 10 minutes en heure de pointe en
direction du centre-ville (24-67-85-97-125). Notons que deux de ces lignes possèdent des
arrêts situés directement à l'intérieur de la zone soit, la ligne 85-Hochelaga et la ligne 29
Rachel.
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 107
La présence des deux stations de métro, toutes deux situées sur la ligne verte, assure un
lien direct vers le centre-ville. La ligne verte permet aussi de relier l'ouest de la ville
jusqu'au métro Angrignon dans l'arrondissement Lasalle et l'est de la ville jusqu'au métro
Honoré-Beaugrand en passant par le pôle du parc olympique. La ligne verte est aussi
connectée aux lignes orange et jaune qui permettent de rejoindre avec un seul transfert les
quartiers au nord de Montréal, Laval, Longueuil et l'arrondissement St-Laurent.
Comme pour la zone précédente, la desserte par autobus sur les axes est-ouest est plus
complète que pour les axes nord-sud. Sur le total des lignes desservant le secteur,
seulement deux sont des lignes desservant les corridors nord-sud, soit les lignes 67 et 94
respectivement sur les ax.es St-Michel et Iberville. Mentionnons toutefois que la ligne 67
possède une très bonne fréquence de desserte, l'intervalle de temps étant de 6 minutes ou
moins aux heures de pointe. Ces deux lignes permettent de rejoindre les stations de métro
du même nom sur la ligne bleue.
4. Analyse du potentiel
Dimensions
Parmi toutes les zones retenues, celle du métro Préfontaine est la plus petite. Cette
caractéristique représente une contrainte dans la mesure où comparativement aux autres,
les possibilités d'y développer un projet d'envergure sont limitées. Néanmoins, comme
elle n'avait pas été éliminée lors de l'étape des critères discriminants, nous jugeons
qu'elle possède une taille suffisante pour y développer un projet d'envergure.
Éléments patrimoniaux
Deuxièmement, malgré la présence de deux bâtiments possédant certaines
caractéristiques patrimoniales intéressantes, l'ensemble de la zone n'a pas une valeur
patrimoniale exceptionnelle. Ceci n'est pas nécessairement une contrainte à la
requalification de la zone, même que certains promoteurs immobiliers pourraient y voir
une absence de contraintes, mais notons seulement que l'absence d'intérêt patrimonial
pourrait rendre cet espace moins intéressant par rapport à d'autres sites de
développement.
110 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Densité
La densité des quartiers environnants rencontre amplement le niveau de densité identifié
par les principes du TOD. En effet, les secteurs situés à l'est et à l'ouest sont caractérisés
par une typologie dominante de plex de deux oU trois étages. Une requalification orientée
autour des transports en commun à cet endroit bénéficierait donc d'un bassin de
population déjà bien établi.
commun.
Outre les commerces, on note aussi à distance de marche des limites de la zone, quelques
institutions d'enseignement, des églises et autres centres culturels et sportifs
principalement dans les secteurs à l'est et à l'ouest de la zone. Ces activités contribuent à
la mixité des quartiers qui permettent aux habitants de minimiser l'utilisation de la
voiture.
Design urbain
En ce qui a trait au critère du design urbain, notons que la trame de rue orthogonale
favorable à l'implantation du transport en commun est celle que l'on retrouve en majorité
dans les quartiers adjacents.
Au niveau des espaces publics, le Parc Raymond-Préfontaine, adjacent aux limites est de
la zone, est un atout de taille dans la réalisation d'un projet de requalitication. Sa taille et
sa proximité en font un levier de développement très intéressant. Toutefois, en dehors de
ce parc, le petit nombre d'espàces publics et d'espaces verts ainsi que la faible qualité de
leur aménagement n'est pas un aspect très positif. Les parcs et les places publiques sont
des éléments essentiels à la création d'un milieu de vie intéressant à l'échelle humaine. Ils
favorisent les interactions sociales en plus d'améliorer la qualité de l'air de façon
générale. Ces espaces sont essentiels à l'équilibre d'un quartier, surtout dans un contexte
de densité urbaine.
Nord: Masson - Ouest: Extrémité est du terrain de stationnement· Ouest· Extrémité ouest du terrain
vacant - axc de la rue Franchère - Nord: Gilford - Ouest: Fullum . Nord' Ligne de lot nord du terrain
vacant - Ouest: Messier - Sud: Mont-Royal - Est· Franchère - Sud: Limite nord du secteur résidentiel
de la rue Chapleau -Ouest: [berville - Sud': Limite nord du terrain du journal de Montréal - Est: Limite
est de la voie ferrée Sud : Limite du terrain de la société Angus - Ouest. Limite ouest du terrain du
bâtiment en fricheSud : Axe de la rue Mont-Royal - Est : Limite est du terrain du bâtiment en friche
Sud' Axe de la rue Gilford - Est: 4 e av. - Nord. Gilford - Est: 2e av - Nord. St-Joseph - Est: Molson
Nord. Ruelle de la rue Masson - Est: Iberville jusqu'à Masson
Données Statistiques
Superficie de terrains vacan[s (ha) 12,96 Pourcentage total d'espace vacant (%) 46,1
Activités industrielles
Deux secteurs d'activités industrielles sont dominants dans cette zone. Tout d'abord on
compte cinq industries liées au domaine de l'alimentation. Il s'agit principalement
d'entrepôts frigorifiques ou d'usines de production. On note aussi cinq bâtiments qui
servent à l'entreposage.
Autres activités
Les activités non-industrielles sont relativement nombreuses à l'intérieur des limites de la
zone. On compte quelques édifices à bureaux et quelques commerces, mais c'est le
nombre de logements qui est hors du commun. Il y a effectivement plusieurs petits
logements insérés dans la zone, principalement le long de la rue lberville (1).
Éléments patrimoniaux.
Aucun bâtiment compris à l'intérieur des limites de la zone n'est inclus au document
d'évaluation patrimoniale de la ville de Montréal. Nous n'avons pas non plus relevé sur le
terrain de bâtiment qui possédait des caractéristiques ou une valeur symbolique digne de
mention.
Par contre, nous croyons essentiel de noter la présence de certains secteurs directement
adjacents à la zone qui, bien que ne faisant pas partie intégrante de la zone, possèdent une
valeur qui ne peut être ignorée dans sa caractérisation. Tout d'abord, mentionnons la
proximité des anciennes locoshops Angus, véritable moteur du développement du quartier
Rosemont. Cette industrie de fabrication et de réparation de locomotives, ouverte en
1904, employait de façon régulière 3000 personnes. Les infrastructures qui
17
l'accompagnaient (parcs, hôpital, banque etc.) en faisaient une ville dans la ville . C'est
cette usine qui a vraiment amorcé le développement résidentiel de Rosemont. Seulement
trois des 31 bâtiments jadis présents sur le site ont été récupérés dans l'immense projet de
développement amorcé en 1992 après la fermeture définitive des ateliers. La conservation
de ces bâtiments nous permet de nous rappeler l'importance qu'a eue cette entreprise pour
le quartier et même pour Montréal.
Dans une moindTe mesure, le quartier du vieux Rosemont-Est, possède aussi une valeur
digne de mention, même si lui non plus n'est pas directement intégré à la zone. Ce
quartier résidentiel situé tout juste au nord des ateliers Rosemont est en fait l'un des
premiers quartiers résidentiels destinés aux employés des ateliers Angus.
La zone s'articule autour de deux prrnclpaux axes, soit l'axe d'orientation nord-sud
IberviiJe et celui d'orientation est-ouest St-Joseph. Ces deux artères permettent à la zone
de s'arrimer aux quartiers environnants et établissent une certaine organisation de
l'espace. Bien que ces deux artères se croisent à l'endroit qui s'approche du point de
18 Idem 1
118 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
gravité de cette zone, l'intersection (5) ne Joue pas pleinement son rôle structurant
puisqu'elle se trouve sous le niveau du sol en raison de la voie ferrée.
La structure urbaine de cette zone est plutôt complexe à définir. La voie ferrée emprunte à
cet endroit une courbe qui vient modifier la régularité des îlots de la trame orthogonale
des quartiers limitrophes. Les rues Masson et St-Joseph doivent passer sous les voies
ferrées et les tranchées occasionnées provoquent une coupure de part et d'autre.
Principalement dans la partie à l'est de la voie ferrée, les îlots sont de grande taille et peu
perméables. Cela complexifie l'arrimage de la zone avec les quartiers limitrophes, bien
que les rues St-Joseph et Masson assurent un lien de part et d'autre de la zone. Dans la
partie ouest, les îlots sont de plus petite taille et suivent de façon générale la trame de rue
des quartiers adjacents.
La relation de la zone avec son milieu environnant est complexe à décrire vu la forme
irrégulière de celle-ci. De façon générale, la zone est complètement intégrée aux quartiers
environnants. Aucune grande infrastructure ne marque de coupure ni n'enclave la zone.
Sur la totalité de son côté ouest, la zone fait directement face au quartier du Plateau Mont
Royal. Au sud, la zone fait face au Technopôle Angus et au quartier Hochelaga
Maisonneuve. À l'est elle fait face au vieux Rosemont. Au nord c'est en partie un quartier
industriel composé de petites industries qui y est adjacent.
1 _
Voies ferree du CP
• Stations de métro
Zone Industnelle
en mutation
120 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Même le quartier industriel situé au nord est composé de plusieurs petites entreprises et
de tours abritant plusieurs ateliers. Le seul secteur possédant une plus faible densité est
celui situé au sud de la zone, correspondant aux terrains toujours vacants du technopôle
Angus.
Secteur est:
Activité Emnlacement
Résidentiel (environ 80 %)
Commercial
Restaurant fast food Masson (fberville)
Station de service Masson (Molson)
Institutionnel/Service nuhlic
Ecole élémentaire St-ioseDh (9 C Av.)
Centre communautaire 9c Av. (Laurier)
El!lise BaDtiste St-Joseoh (St-Michel)
Bureaux
Bureau de comntable Laurier (8 C Av.)
Clinique + bureaux St-Joseph (lOc Av.)
Secteur nord-est:
Activité Emnlacement
Résidentiel (environ 90 %)
Commercial
Artère commerciale locale de forte intensité Masson
Artère commerciale locale de faible intensité Dandurand
Station de service Masson (lberville)
Station de service Iberville (Dandurand)
Restaurant Masson Oberville)
Epicerie Masson (Molson)
Institutionnel/Service nuhlic
El'"lise Masson (SC Av.)
Industriel
Ateliers divers Iberville Masson)
Entrepreneur en construction Iberville Masson)
Entreposage Iberville Dandurand)
Industrie de Dortes et fenêtres Iberville Uandurand)
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 121
Secteur nord :
Activité Emolacement
Résidentiel (environ 10 %)
Commercial
Restaurant Iberville (Dandurand)
Bureaux
Immeubles à bureaux (mairie d'arrondissement) Iberville (Dandurand)
Industriel
Entrenosape Tberville {Hain
Secteurs de petites industries diverses Secteur Tberville-Holt
Industrie d' import-export Hait (Fullum)
Atelier de Videotron Fullum (Dandurand)
Industrie de Dain Dandurand (Des Erables)
Ebénisterie Fullum (Masson)
Atelier divers (Imprimerie Alimentation) Fullum (Dandurand)
Atelier divers Dandurand De Lorimier)
Atelier divers Dandurand De Lorimier)
Station électrique Dandurand Des Erables)
SeCteur nord-ouest:
Activité EmDlacement
Résidentiel (environ 75 %)
Commercial
Artère commerciale locale de mOvenne intensité Laurier
Institutionnel! Service oublie
Ecole nationale de meuble et d'ébénisterie De Lorimip.r (Masson)
Institution de formation spécialisée Parthenais (Laurier)
Centre récréati f St-Joseph (Messier)
Centre de la petite enfance Laurier (Fullum)
Centre de réadaotation Laurier (Messier)
Bureaux
Bureaux Sceno Plus De Lorimier (Masson)
Industriel
Ateliers divers Masson (Des Erables)
Garal!e Des Erables (Masson)
Atelier divers Masson De Lorimier)
Industrie de P0l1es et fenêtres Masson Bordeaux)
Garage Masson De Lorimier)
Equipement restauration St-Joseph (Fullum)
122 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Secteur ouest:
Activité Emolacement
Résidentiel (environ 95 %)
Commercial
Artère commerciale rélJionale de forte intensité Mont-Roval
Artère commerciale locale de faible intensité Gilford
Institutionnel! Service nublic
Ecole élémentaire St-Josenh (De Lorimier)
Eglise St-Joseoh (Bordeaux)
Eglise Baotiste francaise Cartier (St-Josoeh)
CLSC De Lorimier (Gilford)
Service de protection des incendies (immeuble patrimonial) Mont-Royal (Parthenais)
Bureaux
Bureau de sDécialistcs de la santé St-Joseoh (Messier)
Secteur sud-ouest:
Activité Emolacement
Résidéntiel (Environ 75 %)
Commerce
Artère commerciale répionale de forte intensité Mont-Roval
Artère commerciale locale de faible intensité Marianne
Institutionnel! Service nublic
Aréna Marianne (Bordeaux)
Ecole secondaire Marianne (Bordeaux)
Ecole élémentaire Rachel (Chaoleau)
Ecole élémentaire Rachel (Parthenais)
Eglise Rachel (Fullum)
Maison pour personnes retraitées Rachel (Messier)
Industriel
Imnrimerie Journal de Montréal Frontenac {Mont-Rovalî
Impression de magazines Frontenac (Marianne)
Industrie de recherche pharmaceutique Frontenac (Marianne)
Industrie de viandes HOQan (AnQus)
Secteur de petites industries diverses Secteur Hogan-Angus-Frontenac-
Rachel
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 123
Secteur sud-est:
Activité Emolacement
Résidentiel (Environ 40 %)
Commercial
Restaura 11 André-l.amendeau {Rachell
Epicerie William-Tremblay (Dezery)
SAQ Rachel (Dézéry)
Bureaux
Immeuble à bureaux Molson
Immeuble à bureaux William-Tremblay (Molson)
Bureaux et ateliers divers William-Tremblay (André-Laurendeau)
Clinique Mont-Royal (André-Laurendeau)
Immeuble à bureaux Molson (Mont-Royal)
Immeuble à bureaux Molson (Mont-Royal)
Design urbain
La grille de rues
La trame de rue des quartiers situés à l'ouest de la zone est orthogonale et suit le
parcellaire caractérisant l'ensemble du quartier du Plateau Mont-RoyaL Au nord, la
courbe qu'emprunte la voie ferrée donne lieu à une série d'îlots de plus grande taille,
mais qui suivent tout de même une organisation orthogonale. À l'est, la trame est
similaire à celle à l'ouest, si ce n'est une légère modification dans l'orientation des îlots.
Le seul secteur qui déroge à ce tracé régulier est celui situé au sud où se trouvaient les
locoshops Angus. Le développement plus tardif de ces terrains explique la différence
dans l'organisation des rues. Ainsi, on retrouve des quartiers résidentiels plus fermés et
organisés autour des petits squares ce qui reflète davantage les principes du nouvel
urbanisme (Fischler, 2003 p.9) que la poursuite de la trame traditionnelle du quartier
Rosemont Les îlots situés en bordure de la voie ferrée sont de plus grandes dimensions et
moins réguliers, ce qui s'explique par la présence de la voie ferrée.
Les principales artères desservant cette zone sont les rues D'lbervil1e et St-Joseph dont le
carrefour se situe à l'intérieur des délimitations de la zone. La première, d'orientation
nord-sud, permet un accès direct v~rs la rue Notre-Dame au sud en croisant la rue
Sherbrooke, artère majeure de Montréal. Vers le nord, elle permet de rejoindre le
boulevard métropolitain (autoroute 40) en croisant les artères majeures telles que les rues
Rosemont et Jean-Talon. La rue St-Joseph pour sa part assure une connexion est-ouest.
Vers l'est, elle aboutit à l'angle du boulevard Pie-IX à la hauteur du Parc Maisonneuve et
vers l'ouest elle rejoint la côte Sainte-Catherine et le Mont-Royal en croisant des artères
majeures telles que Papineau, St-Denis et Parc.
Notons aussi la présence de plusieurs autres artères d'importance qui desservent la zone.
Tout d'abord, dans l'axe est-ouest, les rues Rachel, Mont-Royal et Masson qui assurent
les liens vers les quartiers Rosemont et Plateau Mont-Royal. Dans l'axe nord-sud, notons
la présence de la rue St-Michel et de l'avenue De Lorimier qui permet de rejoindre le
pont Jacques-Cartier.
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 125
Aucune station de métro n'est située dans un rayon de 500m autour des délimitations de
la zone. La station la plus près, le métro Préfontaine, est située à un peu plus d'un
kilomètre du point le plus proche de la zone.
En contrepartie, la zone .est desservie par un réseau de lignes d'autobus. En tout, Il lignes
dont trois services de nuit assurent le service de transport en commun pour cette zone.
Parmi ces II lignes, six passent soit directement à l'intérieur des délimitations de la zone,
soit bordent les limites de celle-ci.
Les circuits principaux d'orientation Nord-Sud comme les lignes 94 (Iberville), 67 (St
Michel) et 10 (De Lorimier) permettent de relier le site aux stations de la ligne verte qui
offre la possibilité de rejoindre directement le centre-ville. D'autres part, les lignes 97
(Mont-Royal), 47 (Masson), 27 (St-Joseph), 29 (Rachel) et 25 (Angus) d'orientation est
ouest se rallient toutes aux. stations de métro de la ligne orange (Laurier, Mont-Royal,
Sherbrooke), elle aussi directement reliée au centre-ville.
4. Analyse du potentiel:
Dimensions
Les dimensions de la zone industrielle Iberville - St-Joseph, la troisième en importance à
ce chapitre, sont très attrayantes pour un projet de requalification. Il y a effectivement
suffisamment d'espace pour imaginer un véritable pôle diversifié. La complexité de sa
transformation repose plutôt dans sa forme irrégulière qui en fait une zone intégrée dans
plusieurs contextes différents.
Le plus grand de ces terrains est une ancIenne industrie qUi vient tou t juste d'être
démolie. Des travaux de décontamination sont actuellement en cours, ce qui laisse croire
que les terrains seront prochainement utilisés à d'autres fins. Ces signes de transformation
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 127
Éléments patrimoniaux
La proximité d'éléments patrimoniaux majeurs situés dans les secteurs limitrophes de la
zone pourrait être susceptible de bénéficier à son redéveloppement, malgré l'absence de
bâtiments patrimoniaux directement intégrés à l'intérieur des limites de la zone. Par
exemple, le succès qu'a connu le quartier Angus situé sur les anciennes locoshops du
même nom pourrait se répercuter dans une moindre mesure sur une partie de la zone qui
lui est adjacente.
Comme elles sont directement intégrées au tissu résidentiel environnant, les activités
industrielles de cette zone causent par endroits des conflits d'usages liés aux bruits, aux
odeurs et autres émissions polluantes. La requalification de ces entreprises par de
nouvelles fonctions mixtes serait bénéfique pour les quartiers environnants.
128 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Densité
La densité des quartiers environnants constitue un autre atout de taille dans une éventuelle
requalification orientée autour des transports en commun. Ceux-ci sont formés d'un tissu
résidentiel dense et continu où l'on trouve en majorité des habitations de type plex de
deux à trois étages. Le quartier résidentiel Angus récemment constmit possède lui aussi
une densité intéressante d'habitations permettant d'une part, d'assurer un bassin
d'utilisateurs du transport en commun et d'autre part, d'assurer un nombre suffisant
d'habitants permettant la création d'un milieu possédant une diversité d'activités urbaines
intéressante.
Le seul bémol en ce qui a trait à la densité se trouve dans l'important nombre de tenains
vacants situés au sud de la zone. Ces terrains font partie du Technopôle Angus qui se veut
un constituant reconnu de la Technopôle montréalaise de la santé de par la masse critique
l9
de chercheurs œuvrant au Centre des Biotechnologies Angus . Bien que ces terrains
soient actuellement vacants et que le développement du Technopôle ne se réalise que
lentement, la requalification de la ZIM pourrait servir de levier au développement de ces
terrains.
Ces secteurs ont par contre l'avantage de concentrer plusieurs petites entreprises
diversité globale des activités dans l'ensemble des secteurs environnants. On note
19 www.technopoleangus.com
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 129
finalement une bonne réparlition des bâtiments publics, notamment des écoles et églises,
mis à part, encore une fois, pour les secteurs au nord et au sud de la zone.
Design urbain
Le design des quartiers environnants est généralement similaire aux principes prescrits
par les principes du TOD. La trame de rue orthogonale est propice à l'exploitation du
transport en commun et à un environnement favorable aux piétons.
Au niveau des espaces publics, le parc Pélican est probablement le plus intéressant. C'est
de fait le plus grand et il joue deux rôles, soit celui d'oasis de verdure dans un quartier
dense et celui de lieu de récréation avec plusieurs équipements. Ce genre d'espace est
essentiel à la création d'un milieu de vie urbain dense de qualité. Le fait qu'il soit
directement adjacent à la zone est aussi un atout puisque les terrains à ses abords
immédiats auront un plus grand potentiel de développement.
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Tableau 3.4.1 : Données sur les superficies
Superficie de terrains vacants (ha) 4,54 Pourcentage total d'espace vacant (%) 29,6
Activités industrielles
Les industries de cette zone se concentrent dans deux principaux secteurs soit les services
aux automobiles (garages, vente de pièces, etc.) et les ateliers municipaux. Cette dernière
catégorie possède un statut particulier puisque les ateliers municipaux relèvent plus de
l'entreposage et des ateliers d'usinage que de la production de biens.
Autres activités
Outre les activités industrielles, nous retrouvons dans la zone plus de 140 logements
essentiellement concentrés à l'intérieur d'une seule tour à logement sur la rue
Rosemont(2). Autrement, l'on retrouve un centre culturel bouddhique, quelques
bâtiments abritant des bureaux et un restaurant.
On dénombre cinq bâtiments industriels désaffectés (3) dont le plus important est sans
aucun doute l'imposant bâtiment de l'incinérateur. Les deux bâtiments qui y font face
semblent aussi inoccupés. Une autre manufacture vient tout juste d'être démolie pour
faire place à un projet immobilier résidentiel au coin des rues de Normanville et
Rosemont.
134 TROTSIÈME PARTTE: CARACTÉRISATfON DES ZONES
Éléments patrimoniaux
importe la valeur esthétique qu'on peut leur attribuer. C'est donc pourquoi nous jugeons
important d'intégrer ce bâtiment dans le patrimoine de cette zone. Ensuite, la rue des
Carrières est identifiée parmi les tracés fondateurs du quartier. Son tracé sinueux qui se
démarque de la trame orthogonale permettait de rejoindre différentes carrières du quartier
de la Petite-Patrie bien avant que le développement urbain n'ait entamé cette portion de
2o
l'île.
Le méga-îlot central qui longe la voie ferrée du côté nord où se trouve l'incinérateur crée
une coupure dans la traille urbaine. Toutes les rues d'orientation nord-sud entre les rues
Papineau et Christophe-Colomb sont interrompues entre les rues Des Carrières et St
Grégoire, ce qui a pour effet de séparer les quartiers du Plateau Mont-Royal et Rosemont.
La seule artère traversant en entier la zone est la rue des Carrières, mais sa trajectoire
sinueuse et son caractère local ne contribuent pas à structurer de façon claire ce secteur.
Par contre, les trois îlots situés au nord de la zone sont de plus petite taille et suivent la
trame orthogonale du quartier Rosemont.
La partie de la zone située au sud de la voie ferrée est une bande longeant cette dernière et
n'est traversée que par La rue Christophe-Colomb qui établit le lien de part et d'autre de la
voie ferrée entre les quartiers de Rosemont et du Plateau Mont-Royal
Cette zone possède différents niveaux d'intégration à son milieu environnant. À l'ouest et
au nord-ouest, la zone est directement intégrée au tissu résidentiel du quartier Rosemont.
Au nord et au nord-est, la zone fait directement face au parc Père-Marquette dans lequel
elle est imbriquée. À l'est, la dépression de la rue Papineau causée par la voie ferrée crée
une coupure avec le quartier situé à l'est, bien que le lien se fasse par la rue des Carrières.
Au sud et au sud-est, ]a zone fait face à un nouveau développement résidentiel situé sur
d'anciens terrains industriels. Ce secteur résidentiel agit comme tampon entre la zone et
les secteurs résidentiels traditionnels du Plateau Mont-Royal. Au sud-ouest, la zone fait
directement face au parc Laurier et, encore une fois, à un secteur résidentiel plus récent
développé sur d'anciens terrains industriels.
Carte 3.4.3: Milieu environnant (Zone 4)
Voles ferrées du CP
-
Stations de metro
Zone industrielle
en mutation
TROISIÈME PARTlE: CARACTÉRISATION DES ZONES 137
typologie dominante est le «plex» de deux ou trois étages. On retrouve aussi quelques
immeubles à logements de quatre étages ou plus. Il est à noter que la densité résidentielle
globale des secteurs environnants est quelque peu affectée à la baisse par la présence de
deux grands parcs régionaux qui sont les sites d'anciennes carrières.
Secteur nord :
Activité EmDlacement
Résidentiel (environ 50 %)
Commercial
Artère commerciale de proximité et de gros de Papineau
moyenne intensité
Artère commerciale de proximité de movenne intensité Rosemont
Artère commerciale de proximité de faible intensité Bellechasse
Centre de conditionnement physique Bellechasse (Lanaudière)
Secteur nord-ouest:
Activité Emnlacement
Résidentiel (environ 90 %)
rnmmercial
Artère commerciale cie nroximité de forte intensité St-Hubert
Artère commerciale de oroximité de movenne intensité Rosemont
Artère commerciale de oroximité de faible intensité Bellechasse
Institutionnel! Service oublie
EQ'lise Hindoue Bellechasse (Bover)
Bureaux
Bureaux de svndicat Bover (Rosemont)
Industriel
GaraQe Bellechasse (Chambord)
Secteur de petites industries Des Carrières (De la Roche)
138 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Secteur sud-ouest:
Activité Emnlacement
Secteur sud:
Activité Emnlacement
Secteur sud-est:
Activité Emplacement
Secteur nord-est:
Activité 1 Einnlacement
Design urbain
La grille de ntes
De façon générale, la trame de rue des quartiers environnants suit la trame orthogonale
des quartiers centraux de Montréal. Cette trame est par contre légèrement affectée d'une
part par le passage de la voie ferrée qui décrit une courbe à l'est, créant quelques
irrégularités dans les îlots qui la bordent, et d'autre part par la courbe qu'emprunte la rue
des Carrières. Ces irrégulari tés, aussi causées par le parc Père-Marquette font en sorte que
beaucoup de rues d'orientation nord-sud sont interrompues.
fait qu'elle soit aménagée en site propre et qu'elle soit reliée au réseau panmontréalais est
un élément à souligner.
La zone est bordée par trois artères de transit majeur de Montréal. Tout d'abord,
l'extrémité est de la zone est délimitée par la rue Papineau qui la relie au sud au pont
Jacques-Cartier en croisant les artères majeures Sherbrooke et Notre-Dame. Vers le nord
elle permet de rejoindre le boulevard métropolitain (Autoroute 40). Tout juste à l'ouest de
la zone on note la présence de la rue St-Denis qui rejoint le Quartier Latin, le centre-ville
et l'autoroute Ville-Marie vers le sud en croisant les mêmes artères est-ouest que la rue
Papineau. Vers le nord elle permet également de rejoindre le boulevard Métropolitain.
Dans l'axe est-ouest, la zone est bordée par le boulevard Rosemont. L'axe Rosemont-Van
Home permet de rejoindre la plupart des grandes artères collectrices d' orientation nord
sud comme les rues Papineau et Pie-IX à l'est et St-Denis, du Parc et le boulevard
Décarie à l'ouest.
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 141
Seule la station de métro Rosemont se trouve à l'intérieur du rayon de 500m des limites
de la zone. Par contre, elle n'est à 500m que d'une petite proportion de la zone. La partie
la plus éloignee de la zone est en fait à près de 1,2 km. Dans ce même rayon de 500m on
compte Il lignes différentes d'autobus desservant les artères suivantes: Rosemont, St
Grégoire, Laurier, St-Joseph, De Lorimier, Papineau, Christophe-Colomb et St-Denis.
Toutefois, aucune de ces lignes ne traverse à l'intérieur des délimitations de la zone.
Ajoutons à cela trois lignes d'autobus de nuit qui assurent une desserte 24 heures sur 24.
La station Rosemont sur la ligne orange assure la connexion du site vers Je centre-ville.
Cette ligne de métro permet aussi de relier le terminus Montmorency (Centre-ville de
Laval), le Vieux-Montréal et le pôle d'emploi de l'arrondissement St-Laurent. La ligne
orange est aussi connectée à toutes les autres lignes de métro par les stations Berri et
Jean-Talon, permettant avec un seul transfert d'avoir accès à l'ensemble du réseau de
métro de la ville. La ligne d'autobus 197 sur Rosemont assure la connexion vers l'est de
la ville entre autre vers le Cégep Rosemont, le Bou!. Pie-lX, le Parc Maisonneuve et
l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. Par ailleurs, la ligne d'autobus 45 sur l'avenue
Papineau assure la connexion vers la ligne verte et le centre-ville.
La zone industrielle de
l'incinérateur est située à cheval
sur le corridor ferroviaire du CP
(Photo 3.4.3). À cet emplacement,
l'emprise de la voie ferrée est d'un
peu plus de 20m et compte trois
VOles. Il serait techniquement
possible d'utiliser deux des voies
pour y faire passer un mode de Photo 3.4.3 : Corridor ferroviaire du CP
Source Thomas Bissuel-Rov
transport en commun.
4. Analyse du potentiel:
Dimensions
La zone de l'incinérateur possède la deuxième plus petite tai lle. Même SI cette
caractéristique ne l'avantage pas nécessairement si on la compare à d'autres zones plus
grandes, ces dimensions n'empêchent pas d'y planifier un projet d'envergure reflétant
toutes les caractéristiques d'un projet TüD.
promoteur d'une requalitication du site, le fait qu'elle possède une bonne partie des
terrains peut devenir un levier intéressant.
Aussi, bien que les activités industrielles en place dans la zone ne fassent pas partie des
secteurs les plus affectés par la délocalisation industrielle (brasserie, automobile etc.), il
n'en reste pas moins qu'un nombre assez important de bâtiments en friche a été recensé
sur le terrain, indiquant le faible dynamisme de la zone industrielle. Un de ces bâtiments
en friche fait même l'objet d'une construction résidentielle qui s'ajoute à la tour de
logement, confirmant que le processus de transformation est amorcé. De plus, bien qu'il
s'agisse de terrains tout juste à l'extérieur de la zone, les récents développements
résidentiels le long du côté sud de la voie ferrée dans le plateau Mont-Royal confirment
l'hypothèse selon laquelle la zone subit actuellement une transformation majeure et
qu'elle est soumise à d'importantes pressions du marché immobilier résidentiel.
Éléments patrimoniaux
La zone de l'incinérateur est la première où nous relevons des éléments patrimoniaux
significatifs. Le premier, bien qu'il ne soit pas indiqué au document d'évaluation du
patrimoine de la ville, est le bâtiment de l'incinératew- lui-même. Ce ne sont pas ses
qualités architecturales qui en font un élément significatif, mais sa contribution au
paysage et sa symbolique industrielle. En plus d'être un point de repère important, il
confère au quartier une certaine identité, ce qui n'est pas à négliger dans la promotion
d'un projet de requalification urbaine. Cette zone possède tU1 deuxième élément
patrimonial d'intérêt. Il s'agit du bâtiment des anciennes écuries qui abrite aujourd'hui
des bureaux du département des travaux publics de la Ville. À l'heure actuelle, ce
bâtiment est partiellement dissimulé derrière un entrepôt, mais sa remise en valeur
144 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Densité
La densité des quartiers environnants rencontre amplement les critères de densité
identifiés par les principes du TOD. On y retrouve effectivement une grande majorité de
bâtiment- de-2 -à 3 étages en plus de tours de-logements, ce qui permet à la -zone-d'avoir un
bassin de population pour justifier d'y développer un pôle axé sur les transports en
commun.
Design urbain
En ce qui a trait au critère du design urbain, la trame de rue est de façon générale
orthogonale, malgré le tracé sinueux de la rue des Carrières et la courbe de la voie ferrée,
ce qui est une caractéristique intéressante pour le développement d'un quartier
encourageant les déplacements alternatifs à l'automobile.
Mais le principal potentiel de cette zone à ce niveau est assurément la présence de deux
parcs d'importance régionale, le parc Sir-Wilfrid-Laurier et le Parc Père-Marquette. Les
grands parcs contribuent à améliorer la qualité de vie des quartiers centraux très denses.
On compte aussi deux autres plus petits parcs et une place publique au coin des rues St
Hubert et Bellechasse.
site propre qui permettrait de rejoindre rapidemenl les slations de mélro Rosemonlou
Préfontaine, entre autres.
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 147
Nord: Bellechasse - Ouest: St-Laurent - Sud: Ruelle St-Viateur - Ouest: Casgrain - Sud·
Maguire Est: Henri-Julienjusqu'aux voies ferrées - Sud: Voies ferrées - Est: St-Denis
jusqu'à Be)Jechasse
Données Statistiques
Superficie de terrains vacants (ha) 7,47 Pourcentage total d'espace vacant (%) 25,23
Alma
Gaspe
Casgrain
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 149
Activités industrielles
Cette zone est dominée par la présence des industries reliées au domaine du vêtement et
du textile. Ces entreprises se concentrent principalement dans quelques grands bâtiments
au sud de la voie ferrée (1). Il est difficile de connaître le nombre exact d'entreprises
présentes dans ce secteur parce que ces bâtiments accueillent plusieurs ateliers différents.
Le secteur de la zone situé au nord de la voie ferrée est pour sa part caractérisé par une
prédominance de bâtiments publics. On retrouve entre autre les garages d'autobus de la
STM(2), un garage, un bureau du service de protection des incendies (3) et une pépinière
municipale (4). Outre ces activités à caractère public et les industries liées au textile, nous
retrouvons quelques entrepôts et industries liés à l'alimentation. Une usine de pièces de
métal et une usine de fabrication de meubles complètent le portrait des activités
industrielles de cette zone.
Autres activités
Laurent.
150 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
La somme des terrains vacants et des bâtiments inoccupés totalise 7,89 ha soit un peu
plus du quart de l'ensemble du territoire de la zone. La grandeur des terrains vacants varie
de 1 à 0,05ha. On compte cinq bâtiments industriels inoccupés (9) à l'intérieur des limites
de la zone qui sont tous d'assez petites tailles. Le plus gros est un hangar de la compagnie
Canadien Pacifique situé sur la rue Bernard. Il est à noter qu'autant la partie nord que la
partie sud font l'objet de plans de rédéveloppement par la ville de Montréal. Pour le
secteur Nord, la volonté est d'y développer une mixité d'activité en profitant de la
position avantageuse de ce secteur et pour la partie au sud, il s'agit de mettre en place des
conditions suscitant des investissements, notamment par le réaménagement du domaine
public.
Éléments patrimoniaux
Tout le secteur au nord de la voie ferrée entre les rues Bellechasse, St-Denis et St-Laurent
est identifié au document d'évaluation du patrimoine de la ville de Montréal comme
22
ensemble industriel d'intérêt On y explique que son développement est intimement lié
au passage de la voie ferrée. La plupart des bâtiments ayant abrité les industries originales
(Photo 3.5.2).
Dans la portion de la zone située au sud de la voie ferrée dans le quartier Mile-End, le
document d'évaluation de la ville de Montréal identifie le boulevard St-Laurent parmi les
tracés fondateurs. Ce dernier fut ouvert entre 1700-1717 et était le seul à traverser le
territoire du nord au sud. Il reliait la vieille ville à la Côte St-Laurent. Mentionnons aussi
la proximité du monastère des Carmélites (13) entouré de son imposant mur d'enceinte.
Par contre, aucun des bâtiments situés à l'intérieur de cette portion de la zone n'a été
identifié au document d'évaluation du patrimoine. Nous croyons tout de même important
de mentionner la valeur patrimoniale que possède le complexe de bâtiments situé de part
et d'autre de la nie de Gaspé (1). Ces bâtiments d'un imposant gabarit ne possèdent pas
une grande valeur architecturale, bien au contraire, mais sont tout de même une partie
intégrante du paysage urbain. En effet, la volumétrie imposante des bâtiments contraste
avec le tissu serré des quartiers voisins. De plus ce secteur a aussi une importance
considérable dans le rôle qu'il a joué comme pôle d'emploi pour les nouveaux arrivants
dans les industries du textile. Notons de surcroît que bon nombre des locaux de ces
bâtiments procurent des vues imprenables sur le Mont-Royal, ce qui représente une plus
value surtout dans l'optique d'une requalification à des fins de bureaux par exemple.
actuelles.
152 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Par contre, l'élévation du viaduc à cet endroit est suffisamment haute pour qu'il soit
possible d'y aménager des connexions pour autant qu'un traitement de l'espace y soit fait
afin de le rendre plus convivial.
L'extrémité nord de la zone est composée d'îlots qui sont formés par le prolongement des
rues d'orientation nord-sud du quartier de la Petite-Patrie, ce qui a pour effet de donner
une impression de continuité du tissu urbain à l'intérieur de la zone jusqu'au viaduc Van
Horne.
La partie sud est quant à elle composée de méga-îlots peu perméables où se butent la
plupart des rues venant de l'ouest. En effet, aucune rue d'orientation est-ouest ne traverse
la partie sud de St-Laurent à St-Denis. La zone est donc une barrière dans le tissu urbain
entre ces deux rues.
Cette zone est directement reliée aux quartiers qui la bordent. Au nord, les quartiers
résidentiels de la Petite-Patrie ne sont séparés du site que par la rue Bellechasse. À l'est,
l'intégration aux quartiers environnants est moins directe. L'imposant bâtiment du
tribunal de la jeunesse sur la rue Bellechasse, Je terrain vacant où se trouve le métro
Rosemont et le couvent des Carmélites ceinturé par un imposant mur de brique créent une
sorte de zone tampon avec les quartiers résidentiels de Rosemont et du Plateau Mont
Royal. À l'ouest et au sud le quartier du Mile End dans l'arrondissement du Plateau
Mont-Royal est directement adjacent à la zone.
Les secteurs environnants de la zone sont généralement très denses. Autant les quartiers
de la Petite-Patrie, du Mile-End et du Plateau Mont-Royal possèdent un tissu urbain serré
composé majoritairement de <<plex» de deux à trois étages. On retrouve aussi un bon
nombre d'immeubles à logements bien que cette typologie d'habitation ne soit pas la
Carte 3.5.3 : Milieu environnant (Zone 5)
~ '"tJ:
~.:;:~ :~.-< >~: ~.~. - :V;,
Voles terrées du CP
Zone Industrielle
en mutation
154 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
norme. Bref, les densités de cadre bâti que l'on retrouve dans un rayon de 500 m de la
Secteur nord:
Activité 1 Emnlacement
Secteur nord-ouest:
Activité Emnlacement
Secteur sud-ouest:
Activité 1 Emnlacement
Secteur sud:
Activité Emplacement
Secteur-est:
Activité 1 Emnlacement
Secteur nord-est:
Activité 1 Emnlacement
Design urbain
La grille de rues
De façon générale, la Irame de rue des quartiers environnants suit la trame orthogonale
des quartiers centraux de Montréal. Cette trame est par contre légèrement affectée, d'une
part par le passage de la voie ferrée qui emprunte un parcours sinueux créant quelques
irrégularités dans les îlots qui la bordent et d'autre part par la courbe qu'emprunte le
viaduc Van Horne. Dans le secteur au sud de la zone, les îlots sont de plus petite taille en
raison de la proximité des rues St-Joseph, Laurier et Fairmount, ce qui crée un contraste
dans la régularité de la trame.
Casgrain)
La zone du viaduc Van Horne est bordée à l'est par la rue St-Denis qui permet de
rejoindre vers le sud le centre-ville, le Quartier Latin et l'autoroute Ville-Marie, en
croisant la rue Sherbrooke. Vers le nord, l'axe St-Denis - Lajeunesse permet de rejoindre
le pont Ahuntsic vers Laval en croisant la me Jean-Talon, le boulevard Métropolitain
(autoroute 40) et le boulevard Henri-Bourrassa. La zone est aussi traversée par l'axe
Rosemont-Van Horne qui permet de rejoindre la plupart des grandes artères collectrices
d'orientation nord-sud comme les rues Papineau et Pie-IX à l'est et St-Denis, du Parc et
le boulevard Décarie à l'ouest. Finalement, notons la présence du boulevard St-Laurent à
l'ouest de la zone qui malgré le fait qu'il soit à sens unique vers le nord entre le centre
ville et le boulevard Jean-Talon, est un axe de transit important.
TROISIÈME PARTIE. CARACTÉRISATION DES ZONES 159
Trois stations de métro se trouvent à l'intérieur d'un périmètre de 500m des limites de la
zone. Parmi ces trois stations toutes situées sur la ligne orange, c'est le métro Rosemont
qui se situe à la plus courte distance (;:::;50m.). Le métro Laurier est par contre le plus près
pour la section de la zone située au Sud. Le point de la zone le plus éloigné d'un métro est
situé à ;:::;560m. Ainsi, on peut affirmer que la majorité de la zone est située à moins 500 m
d'une station.
On compte aussi, à l'intérieur du rayon de 500 m, 18 lignes d'autobus dont quatre de nuit
(13-14-18-30-31-46-47-51-55-80-160-161-197-363-365-368-370-535). Sur ces 18 lignes,
trois traversent directement la zone soit les lignes 46, l61, 370 desservant respectivement
les rues de Gaspé, Van Horne et Van Horne de nuit. Notons que la ligne 535 sur l'avenue
Du Parc est en opération seulement aux heures de pointe et bénéficie d'une voie réservée
et de mesures prioritaires.
Les stations Beaubien, Rosemont et Laurier sur la ligne orange assurent la connexion du
site vers le centre-ville. Cette ligne de métro permet aussi de relier le terminus
Montmorency (centre-ville de Laval), le Vieux-Montréal, le pôle d'emploi de
l'arrondissement St-Laurent et le marché Jean-Talon à la station du même nom. La ligne
orange est aussi connectée à toutes les autres lignes de métro par les stations Berri et
Jean-Talon, permettant avec un seul transfert d'avoir accès à l'ensemble du réseau de
métro de la ville. La ligne de métro et les lignes d'autobus comme la ligne 535 sur Parc,
la 30 et la 31 sur St-Denis et la 55 dans l'axe St-Laurent assurent au site une excellente
desserte dans le corridor Nord-Sud. Par contre, la desserte sur les axes est-ouest n'est
assurée que par les lignes 197 sur Rosemont vers l'est et 161 sur Van Horne vers l'ouest.
160 TROISIÈME PARTIE . CARACTÉRISATION DES ZONES
4. Analyse du potentiel
Dimensions
Tout d'abord, mentionnons l'importante superficie de la zone de 31,26 ha, ce qui en fait
la quatrième en importance à ce chapitre et qui permet d'imaginer un projet d'envergure.
Au nord de la voie ferrée, nous retrouvons surtout des activités à caractère public. Le
garage de la STM occupe le plus gros des bâtiments qui est situé au coin de la rue St
Denis et Bellechasse. L'ancien immeuble de la Coca-Cola est occupé par les bureaux et
les ateliers du service des incendies. Un peu comme dans la zone précédente, nous
jugeons que ces activités sont nécessaires à l'intérieur des grandes villes et ne sont pas
affectées par les mêmes facteurs de localisation que les industries de production, mais
leur nature publique faciliterail une re10calisation dans la mesure où l'administration
municipale jugerait qu'une meilleure utilisation pourrait être faite de ces terrains.
Éléments patrimoniaux
Plusieurs éléments patrimoniaux sont présents dans cette zone. Dans un premier temps, le
passage de la rue St-Laurent, identifiée parmi les tracés fondateurs de la ville de
Montréal, confère au site un emplacement privilégié. La renommée et le statut qui est
accordée à la rue St-Laurent placent cette zone au cœur des lieux névralgiques de
Montréal. Ensuite, le secteur au nord de la voie ferrée est identifié comme ensemble
industriel d'intérêt. La valeur que possède cet ensemble est surtout attribuable au
caractère général de ce secteur plutôt qu'en raison des qualités architecturales des
bâtiments, mais il n'en reste pas moins que certains d'entre eux possèdent des
caractéristiques très recherchées entre autres dans la requalification de certains
immeubles industriels à des fins résidentielles ou commerciales. Ces bâtiments et la
valeur patrimoniale qui leur est associée représentent un potentiel quant à son
redéveloppemen t.
Densité
La densité des quartiers environnants rencontre amplement le niveau de densité indiqué
par les principes du TOD. On y retrouve effectivement une grande majorité de bâtiments
de deux à trois étages en plus de tours de logements, ce qui permet à la zone d'avoir un
bassin de population pour justifier d'y développer un pôle s'inspirant des principes du
TOD.
Design urbain
En ce qui a trait au design urbain, mis à part le tracé sinueux emprunté par le viaduc Van
Horne, la trame orthogonale qu'on retrouve dans les quartiers environnants est
généralement propice à l'exploitation du transport en commun. La trame orthogonale est
aussi un élément positif à la création de milieux vie encadrés, structurés et diversifiés
favorisant la marche comme moyen de transport sur de courtes distances.
Bien que l'on puisse apprécier le nombre important de petits parcs de voisinage
agrémentant la qualité de vie des citoyens riverains, la manque de grands espaces publics
d'envergure ne serait-ce qu'à l'échelle du quartier est une des principales lacunes de celte
zone.
164 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
~
~
l/I
~
~
CD
Jean-Talon
Nord: Bucchan - Ouest Mountain Sight· Nord. Jean-Talon - Ouest: Décarie - Sud: Vezina
Est: Trans Island - Sud: Limite sud du slationnement - Est: Ligne arrière du 6860-62 Westbury
Sud: Ligne latérale nord du 6860-62 Westbury - Est: Westbury - Sud Courtrai
Est· Victoria jusqu'à Bucchan
Données Statistiques
Superficie de terrains vacants (ha) 6,86 Pourcentage total d'espace vacant (%) 30,1
Vézina
Vézina
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 167
Activités industrielles
Il n'existe pas, à proprement parler, de secteur industriel dominant pour cette zone, si ce
n'est la présence de plusieurs garages et autres services aux automobiles et de quelques
industries liées au domaine du vêtement. On note aussi que le nombre d'industries est très
peu élevé comparé aux autres zones de taille similaire.
Autres activités
Cette faible présence industrielle est en partie explicable par la présence de plusieurs
activités non-industrielles. En effet, on note une importante présence de commerces
insérés parmi les industries. Il s'agit en majorité de commerces de gros tel que les grandes
surfaces, concessionnaires et entrepôts ouverts au public, mais aussi de plus petits
commerces tels que des restaurants ou autres boutiques spécialisées. Ces commerces se
concentrent en majorité sur les rues Jean-Talon et Décarie.
Cette zOlle se caractérise par une quantité élevée de terrains vacants ou sous-utilisés et
une faible quantité de bâtiments abandonnés. En effet, mis à part un petit bâtiment
168 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
liées au domaine du vêtement, des entrepôts et des manufactures diverses. Dans le cas
présent, c'est donc la nature des activités et la sous-utilisation du sol qui nous informe sur
le faible dynamisme industriel de cette zone.
Éléments patrimoniaux
Aucun des bâtiments inclus dans les limites de la zone n'est inscrit au document
d'évaluation patrimoniale de la ville de Montréal. Le jeune âge de ce secteur est
probablement l'explication de l'absence d'éléments patrimoniaux intéressants. La plupart
des industries sont assez récentes et possèdent des caractéristiques architecturales
modestes qui ne sont pas dignes de mention.
Un seul axe structurant (raverse la zone, la rue Jean-Talon. C'est en fait l'épine dorsale où
se raccrochent les deux très grands îlots au nord de la voie ferrée. La zone est aussi
séparée en deux par la voie ferrée. La partie sud est constituée d'un seul îlot de forme
rectangulaire qui fonne une zone tampon entre la voie ferrée et les quartiers résidentiels
limitrophes.
Au nord, la structuration de l'espace est beaucoup plus complexe. La taille des îlots et le
tracé des rues rendent difficile l'arrimage avec les secteurs adjacents. Cette trame donne
lieu à des implantations de bâtiments plus ou moins ordonnées et rend difficile
l'orientation sur le site.
23 CNW telbec. Le projet viseenlTe autre l'implantation de 3200 nouveaux logements, la fermeture de
l'avenue victoria au Nord de la me Jean-Talon et la mise en valeur des potentiels de développement aux
abords des stations de métro de la Savanne et Namur selon les principes du TOD.
170 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISA TION DES ZONES
La portion de la zone située au sud de la voie ferrée est la seule qui est directement
intégrée au tissu urbain environnant. À l'ouest, la zone est complètement coupée par
l'autoroute Décarie en tranchée qui la sépare d'une grande zone industrielle, de l'ancien
hippodrome et du quartier Notre-Dame de-Grâce. Le secteur au nord est formé de méga
îlots aux formes irrégulières. À l'est, la zone est adjacente à Ville-Mont-Royal dont la
trame urbaine orientée en son centre créé une barrière. On retrouve aussi une zone
industrielle tampon de part et d'autre de la voie ferrée. Finalement, au sud-est dans le
quartier Côte-des-Neiges, on note la présence d'une trame orthogonale plus régulière.
Bref, nous pouvons, globalement, qualifier cette zone d'enclavée.
Densité
La densité des quartiers environnants varie beaucoup d'un secteur à l'autre. En termes de
densité résidentielle, cert-ains secteurs-ont même une densité presque nulie vu l'absence._
relative d'habitation. C'est entre autre le cas pour les secteurs au nord et à l'ouest de la
zone. Ces secteurs sont en fait constitués d'une variété de types bâtis passant du bâtiment
d'un étage implanté de façon isolée à la tour de plus de cinq étages. La densité est aussi
affectée à la baisse par la grande présence de terrains de stationnement et des espaces
résiduels sous-développés.
Le secteur situé au nord-est de la Zone est caractérisé par une faible densité résidentielle
dominé par des maisons unifamiliales implantées de façon isolée. Les secteurs situés au
sud de la voie-ferrée possèdent une densité plus élevé. On y retrouve deux sortes de
typologies dominantes, soit les plexs et les logements de type walk-up. Au sud-ouest, la
densité est·similaire à celle des quartiers au sud et au sud-est, à l'exception de la présence
de quelques tours d'habitations qui rehaussent quelque peu la densité du secteur.
Carte 3.6.3 : Milieu environnant (Zone 6)
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ll!~~r:~y:!>~,J~~ ~ _~
Voies fe,,,,es du CP
Stations de métro
•
Zone Industrielle
en mutation
172 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Secteur nord-ouest:
Activité Emolacement
Secteur sud-ouest:
Activité Emnhcement
Résidentiel (environ 80 %)
Commercial
Artère commera·iale de oroximité demovenn.. intp.n~;té Décari~
Centre commercial de tvne mail commercial intérieur Décarie (Vézina)
Cinéma Clanranald (Vézina)
Institutionnel/Service Dublic
EQlise Place Newman (Coolbrook)
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 173
Secteur sud:
Activité Emnlacement
Secteur sud-est:
Activité Emnlacement
Résidentiel (environ 75 %)
Commercial
Artère iale de nroximité de movenne intensité Victoria
Restaurant Fast food Victoria (Barcklay)
Institutionnell Service Dublic
Ecole secondaire Lavoie (Courtrai)
Ecole élémentaire Lavoie (Mckenzie)
Lieu de culte Courtrai (Lavoie)
Lieu de culte Courtrai (Lavoie)
Autre établissement- religieux Courtrai (Layoie)
Autre établissement religieux Courtrai (Lavoic)
Industries
Secteur industriel divers Courtrai
174 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Secteur nord-est:
Activité EmDlacement
Secteur nord :
Activité Emnl;\~p.mp.nt
Bureaux
Immeuble à bureaux De la Savane {Mountain Sil>hn
Immeuble à bureaux Place de la Savanne
Immeuble à bureaux (APECO) Place de la Savane
Immeuble à bureaux (Sintra) Place de la Savane
Immeuble à bureaux (Placement Cominar) De la Savane (Victoria)
Immeuble à bureaux (Banaue Scotia) Décarie (Ferrier
Immeuble à bureaux (Fido) Décarie (Ferrier
Irruneuble à bureaux (Sièue social comoagnie de Ferrier (Décarie
Centre de communication personnel de Bell Mountain Sight Bucchan)
Bureau de la société protectrice des animaux Mountain Sight (Jean-Talon)
Immeuble à bureaux (positron) Paré (Mountain Sight)
Industries
Industrie de vêtements Ferrier {Mountain SiQhn
Entreoosage Ferrier (Mountain Sight)
Garage et autres service automobile De la Savane (Place de la Savane)
Garage et autres service automobile De la Savane !Place de la Savane)
Garage et autres service automobile Paré (Mountain Sight)
Garage et autres service automobile Bucchan (Mountain Sight)
Garage et autres service automobile Bucchan (Victoria)
Design urbain
La grille de nies
Le tracé des rues des qU3rtiers environnants varie beaucoup d'un quartier à l'autre. La
trame des quartiers situés au sud de la voie ferrée suit une logique orthogonale régulière
donnant forme à des îlots dont le rapport largeur/longueur varie entre 113 et 1/4. Notons
que, contrairement aux autres trames orthogonales vues dans les autres zones, celle du
quartier Côte-des-Neiges possède une orientation opposée. C'est-à-dire que le côté le plus
long des îlots et donc qui accueille généralement des rues à caractère résidentiel est
disposé dans un axe est-ouest.
La trame de rue des quartiers situés au nord de la voie ferrée est pour sa part beaucoup
moins régulière. Elle passe d'une trame industrielle formée de méga-îlots à l'ouest de
l'autoroute Décarie, à une trame romantique dans le secteur du métro Namur, à une trame
typique de banlieue à l'esl en bordure de Ville-Mont-Royal.
176 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
La zone est desservie tout d'abord par l'autoroute Décarie, une des principales voies
d'accès au Centre-ville qui relie entre autre l'autoroute 40 à l'autoroute 720/20 et au pont
Champlain.
La zone est aussi traversée par la rue Jean-Talon qui, vers l'est, se rend jusqu'à
l'autoroute 25 en traversant tous les quartiers centraux nord de Montréal ainsi que
plusieurs artères majeures telles que Côte-des-Neiges, Acadie, Parc, St-Denis, Papineau
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 177
et Pie-IX. Finalement notons la présence de l'avenue Victoria qui croise les rues Van
Horne, Queen-Mary et Sherbrooke vers le sud.
Comme polir le cas précédent, la zone du Métro Namur bénéficie de la présence de trois
stations de métro dans un rayon approximatif de SOOm. La plus proche, la station Namur,
est adjacente à la limite (luest du site. Pour sa part, la station Plamondon est située à
environ 400 m de l'extrémité sud-est du site et elle est la station la plus rapprochée de
cette portion de la zone. Finalement, on note la présence du métro de la Savane au nord
de la zone à un peu plus de SOOm. Mis à part une petite portion située au nord-est,
l'ensemble de la zone se trouve à une distance de SOOm ou moins d'une station de métro.
Bien qu'il n'y ait pas d'arrèt à l'intérieur de la zone, le train de banlieue de la ligne de St
Jérôme utilise les voies ferrées situées dans la zone et passe à quelques mètres seulement
de la station de métro Namur.
On compte aussi à l'intérieur du rayon de SOOm Il lignes d'autobus dont trois de nuit
(17-92-IIS-124-160-161-166-368-369-371-372). Sur ces Il lignes, quatre traversent
directement la zone, soit les lignes 92-368-369-372 qui empruntent toutes la rue Jean
Talon.
Les stations Namur, P1amondon et de la Savane sur la ligne orange assurent la connexion
du site vers le centre-ville. Cette ligne de métro permet aussi de relier le Terminus
Montmorency (Centre-ville de Laval), le Vieux-Montréal et le pôle d'emploi de
l'arrondissement St-Laurent. La ligne orange est aussi connectée à toutes les autres lignes
de métro par les stations Berri et Snowdon, permettant avec un seul transfert d'avoir
accès à l'ensemble du réseau de métro de la ville. Outre le corridor du métro, les lignes
124 (Victoria) et 17 (Décarie) assurent la desserte sur les axes nord-sud et la 92 sur Jean
Talon assure la desserte est-ouest.'
178 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
4. Analyse du potentiel:
En ce qui à trait aux activités industrielles à proprement parler, notons que contrairement
aux autres zones, aucun secteur industriel n'est dominant. Il y a bien quelques industries
du vêtement et quelques garages et autres services pour automobiles, mais contrairement
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 179
à la zone précédente du viaduc Van Horne, par exemple, il n'y a pas de secteur dominant
et en déclin dont il est raisonnable de prévoir la disparition à moyen ou long terme. En
revanche, il est envisageable à court terme de revaloriser les terrains sous-utilisés, mais
cette requalification complète du secteur pourrait être entravée par la résistance de
certaines de ces industries. La proximité de l'autoroute Décarie est un facteur de
localisation intéressant pour certaines industries, ce qui est une raison de plus de croire
que les industries présentes ont de bonnes chances d'y rester.
Par ailleurs, celte zone montre des signes concrets de transformation, ne serait-ce que par
la construction récente de logements en bordure de la voie ferrée en remplacement d'une
ancienne usine et surtout du projet de réaménagement du secteur Namur - Jean-Talon
prévu par l'arrondissement Côte-des-Neiges - Notre-Dame-de-Grâce. Ce projet a été
élaboré en réponse au constat du faible dynamisme de la zone et a pour but de restructurer
et de transformer cette zone en milieu de vie mixte orienté autour des transports en
commun.
Éléments patrimoniaux
Au niveau du patrimoine, cette zone ne fait pas meilleure figure. Aucun élément de la
zone n'est inclus dans le document d'évaluation patrimoniale de la ville de Montréal.
Nous n'avons pas non plus, dans notre analyse sur le terrain, retenu d'éléments dignes de
mention. L'âge récent du développement de cette zone et l'absence de caractéristiques
intéressantes dans j'architecture des bâtiments explique ce phénomène.
180 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Densité
En terme de densité du cadre bâti, les secteurs au sud de la voie ferrée sont des secteurs
résidentiels majoritairement fonnés de «plex» de deux étages et de «walk-up» implantés
de façon isolée ou en contigu, ce qui confère à ce secteur une densité de population
répondant aux principes identifiés par le TOD. Il en est tout autrement pour les secteurs
situés au nord de la voie ferrée. En effet, dans certains de ces secteurs on ne retrouve
même pas d'habitations et le secteur au nord-est est caractérisé par des maisons
unifamiliales implantées de façon isolée ce qui en fait un secteur relativement peu dense.
Malgré cette faible densité résidentielle on retrouve une importante densité de bureaux
généralement implantés à l'intérieur de tours de cinq étages et plus. Par contre, la
présence d'espaces de stationnements associés aux types de corrunerce qu'on y retrouve
influence cette densité à la baisse et nuit à la création d'un milieu de vie structuré et à
l'échelle du piéton.
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 181
L'élément le plus intéressant que l'on retrouve dans les secteurs limitrophes est
l'importante concentration de bureaux située au nord de la zone entre les métros de la
Savane et Namur. Cette importante concentration d'emplois pourrait servir de base à la
création d'un véritable pôle intégrant des commerces et des logements de plus haute
densité.
Design urbain
Au niveau du design urbain, les constats ne sont pas beaucoup plus positifs, en ce qui a
trait à la trame urbaine, comme nous l'avons mentionné plus haut, il n'y a que le secteur
situé au sud de la voie ferrée qui possède une trame favorisant les transports en commun
et la marche. La trame urbaine déstructurée et les méga-îlots situés au nord facilitent les
déplacements en automobile en plus d'être hostile pour les piétons. Ce n'est pas non plus
la présence des espaces verts qui vient palier à ce problème puisqu'ils ne sont que très
peu présents dans tous les secteurs environnants. Il n'y a pas non plus de grands parcs
structurants ou de grands espaces verts si ce n'est le cimetière juif sur de la Savane.
nord-est, l'ensemble de la zone se trouve à une distance de SOOm et moins d'une station
de métro ce qui représente un facteur très intéressant. De plus, cette zone est l'une des
seules où la voie ferrée sert au train de banlieue. Pour l'instant, aucun arrêt n'est aménagé
dans la zone, mais dans l'optique où l'on voudrait y développer un pôle orienté autour des
transports en commun, il serait facile d'y ajouter une station qui pourrait, de surcroît, être
mise en lien avec la station de métro Namur.
Malgré tous les avantages de cette zone liés au transport en commun, le potentiel
d'exploitation de celui-ci est miné par son caractère auto-oriented. La proximité d'une
autoroute, de grands boulevards et de grands espaces de stationnement pourraient nuire
grandement à la création d'un véritable projet de requalification axé sur les transports en
commun.
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 183
N
J
Nord: Autoroute 20 - Ouest: Voies ferrées - Nord: Victoria - William McDonald - Ouest:
6ème Av. Sud: St-Louis - Ouest: St-Joseph - Limite de lot de l'usine - Sud: Chemin du
musée - Canal Lachine Est· Route 138 jusqu'à l'autoroute 20
Données Statistigues
Superficie de terrains vacants (ha) 34,17 Pourcentage total d'espace vacant (%) 42
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TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 185
Activités industrielles
Bien qu'en nombre les activités industrielles reliées à l'automobile semblent dominer,
c'est l'activité de production manufacturière lourde qui est la plus répandue dans cette
zone. On retrouve en effet différentes industries de production de biens, mais aussi des
industries liées au domaine de la métallurgie et du plastique par exemple.
Autres activités
On retrouve aussi une trentaine de logements concentrés sur la rue Georges-V (1). Ce
petit secteur résidentiel est complètement isolé des autres quartiers résidentiels de
Lachine et c'est pourquoi nous l'avons intégré à l'intérieur des limites de la zone. Nous
retrouvons aussi trois immeubles à bureaux et une taverne. Ceci en fait une zone
relativement peu diversifiée et presque exclusivement dédiée aux activités industrielles.
La grande majorité des bâtiments industriels en place semble toujours être en activité. 11
n'y a apparemment qu'un seul bâtiment qui montre des signes de vacance complet sur la
rue St-Joseph (2) aux abords de l'autoroute 138. Notons toutefois qu'il nous a été
La zone industrielle de Lachine est probablement l'une de celles possédant la plus grande
valeur patrimoniale. Que ce soit par l'emplacement qu'elle occupe dans le territoire
montréalais, c!~s tracésjondatellIs qui la_parcourent ou des bâtiments qu'oll.;Y retrouve, la
valeur patrimoniale de cette zone est indéniable.
Cette zone se démarque tout d'abord par son emplacement à l'embouchure du canal
Lachine (5) identifié comme secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle. Si le pôle
industriel de Lachine s'est développé à cet endroit c'est d'abord et avant tout en raison de
son emplacement en amont des rapides de Lachine qui força la construction d'un canal.
Le canal qui était en quelque sorte la porte d'entrée des marchandises pour l'Amérique du
Nord en plus de représenter une source hydraulique pour les industries a grandement
contribué au développement industriel de la Zone.
C'est ainsi que de nombreuses industries d'envergure se sont implantées dans la partie est
de Lachine entre autres le long du chemin St-Joseph. Aujourd 'hui ce pôle industriel est
lui aussi identifié comme secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle. Il comprend
entre autres des complexes industriels qui ont façonné le paysage bordant le chemin St
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 187
Joseph 24 comme ceux de la Dominion Bridge (500-555 Notre-Dame) (3), de la Stelfil (6),
anciennement Dominion Wire (303 St-Joseph) et de la Jenkins (170-80 St-Joseph) (4), ce
dernier étant aujourd'hui démoli. Certains de ces immenses complexes industriels sont
d'ailleurs toujours observables aujourd'hui, bien que les activités d'origine aient disparu.
Outre ces trois complexes industriels, les bâtiments de la Canada FoundlY LTD (300
Chemin du Canal) et de la Harrington Building (735 lcr Avenue) sont aussi désignés
parmi ceux possédant une valeur patrimoniale exceptionnelle.
Cet ensemble possède une unité thématique et recèle lille architecture industrielle
de plusieurs époques, dont celle, particulièrement digne d'intérêt, de la seconde
moitié du XIXe siècle. Les bâtiments plus anciens sont de gabarits et de formes
variés, mais ils s'apparentent par leurs longues façades en brique rouge souvent
non fenestrées, quoique modulées par des variations dans l'appareillage de la
25
brique.
Notons aussi que le chemin St-Joseph lui-même a été identifié parmi les tracés fondateurs
de la ville de Montréal, ce qui lui confère un statut particulier. La fondation de ce tracé
èmc
remonterait aussi loin que la fin du XVU siècle. Il constitue une voie panoramique et
culturelle de premier ordre en plus d'être le point d'ancrage du pôle industriel mentionné
ci-haut.
La zone industrielle de Lachine possède une structuration relativement complexe. Elle est
composée de méga-îlots de tailles variées et irrégulières et s'articule autour de deux axes
majeurs, soit la rue St-Joseph et l'avenue Victoria. La rue St-Joseph demeure cependant
l'épine dorsale du secteur puisque c'est à ses abords que s'implantent la plupart des
industries. Ces deux artères traversent la zone d'est en ouest, mais en s'éloignant l'une de
l'autre, donnant forme à des îlots plus profonds à l'ouest qu'à j'est. La seule altère
d'importance d'orientation nord-sud est l'avenue George-V qui ne traverse toutefois pas
la zone au complet. Notons finalement que l'absence d'une trame de rue régulière rend
cet espace très peu perméable, mais facilement malléable pour tout plan urbain que l'on
voudrait lui prêter.
La densité des quartiers environnants est très variée. Les quartiers situés à l'ouest du site
incluant le secteur du vieux Lachine possèdent des densités sensiblement équivalentes
aux quartiers résidentiels traditionnels du centre de Montréal. Ils sont composés
majoritairement de plex de deux à trois étages, mais on y retrouve un plus grand nombre
de bâtiments implantés de façon isolée et de maisons unifamiliales. Ces différentes
typologies se succèdent d'une manière aléatoire, ce qui provoque un paysage hétérogène.
On y décèle aussi un plus grand nombre de terrains vacants, ce qui en fait un quartier un
peu moins dense que dans les quartiers Rosemont, Plateau Mont-Royal ou Hochelaga
Maisonneuve, par exemple.
Carte 3.7.3 : Milieu environnant (Zone 7)
Voies terréi!s du CP
Stations de métro
•
Zone industrielle
en mutation
•
190 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATIaN DES ZONES
Au sud, les quartiers résidentiels plus récents de Lasalle sont formés d'une typologie
d'habitation où domine le duplex implanté en isolé. On retrouve aussi quelques duplex en
Activité 1 Emnlacp.ment
Secteur -nord-ouest:
Activité Emnlacement
Résidentiel (environ RS %)
Commercial
Artère commerciale de Droximité de movenne intensité Provost
Artère commerciale de Droximilé de faible intensité \!ictoria
Restaurant Provost (2' Av.)
Institutionnel/Service nuhlic
Mission catholiaue 3c Av. (St-Antoine)
Eglise Ukrainienne St-Antoine (S'A v.)
Eglise Ukrainienne 9' Av. (Provost)
Elise orthodoxe 6' Av. (Provost)
Industriel
Service de Lava~e automobile Provost (Geofl2e·\!)
Garage 1cr Av. (Provost)
Garage \!ictoria 3' Av.
Garage \!ictoria 2c Av.
Gara(!e \!ictoria 4' Av.
Industrie de lavage de taDis Provosl (1 'l'Av.
Menuiserie George-\! (Provost)
Ebénisterie Architecturale \!ictoria (George-\!)
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 191
Secteur ouest:
Activité EmnJacement
Résidentiel (environ 90 %)
Commercial
Artère commerciale locale de forte intensité Notre-Dame
Artère commerciale locale de faible intensité Will iam- MacDona Id
Concessionnaire automobile 6· Av. (St-Joseph)
Epicerie Notre-Dame (7' Av.)
SAQ Notre-Dame (7 e Av.)
Restaurant St-Joseph (6' Av.)
Institutionnel/Service nublie
Couvent St-Josenh (II C Av.)
Ecole élémentaire Il C Av. (St-Joseph)
Industriel
Industrie (Activité non-déterminée) 6' Av. (St-Louis)
Secteur sud-ouest:
Activité Emnlacement
Résidentiel (environ 75 %)
rommercial
Petit centre commercial Lafayette (St-Patick)
(nettoyeur, cordonnier, dépanneur)
Institutionnel/Service oublie
Marina Chemin du Canal (Chemin du musé)
Musée Chemin du musée (Chemin du Canal)
Administration publique de Lasalle Airlie (Riverview)
Industriel
Induslr;", cl", nièces mécanioues 1 Chemin du Canal (McLau"hlin)
Industrie d'alimentation Stirling (Vézina)
Secteur sud-est:
Activité Emnlac"'ment
Résidentiel (environ 0 %)
Commercial
Restaurant r:lément (Lafieur)
Restaurant Notre-Dame(Dollard)
Bistro-bar Notre-Dame(Dollard)
Industriel
Comnlexe de locaux industriels Œntrenôts-ateliers) Clément (St-Patrick)
Imprimerie St-Patrick (Clément)
Industrie domaine de l'hydraulique St-Patrick (Autoroute 138)
Industrie de matériaux de construction St-Patrick (Dollard)
Industrie de matériaux de construction Notre-Dame mollard)
Garage et station de service Notre-Dame (Autoroute 138)
192 TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES
Secteur nord-est:
Activité Emnlacement
Résidentiel (environ 85 %)
Commercial
Artère commerciale de moyenne intensité St-Jacaues
Station de service St-Jacaues (St-Pierre)
Restaurant Voie de service (St-Jacaues)
Institutionnel/Service nublic
Eplise Italienne St-Jacaues (Richardson)
Bureaux
Immeubles bureaux Georpe-Leclair (Pacifinue)
Bureaux gouvernementaux St-Pierre (St-Jacaues)
Immeuble à bureaux Gowans (des Erables)
Industriel
Industrie de lettra2e Geome- Leclair (Pacifiaue)
Industrie de portes et fenêtres Pacifique (George-Leclair)
Garage Jolicoeur (St-Jacaues)
Garage St-Jacaues (Richardson)
Entreoôt Des Erables (Gowans)
Design urbain:
La grille de rues
Les quartiers situés à l'ouest de la zone possèdent une grille orthogonale régulière
semblable à celle des quartiers centraux de Montréal. Cette régularité est par contre
légèrement altérée par le tracé de la rue Victoria qui emprunte une diagonale par rapport à
l'orientation des îlots et par le tracé sinueux du chemin St-Joseph qui longe le fleuve St
Laurent.
Mis à part le quartier St-Pierre au nord-est qui reprend un tracé orthogonal, mais dans une
orientation différente, tous les secteurs situés au nord et à l'est de la zone sont formés de
mégas-îlots peu perméables et de forme irrégulière en raison de la grande taille des
industries qu'on y retrouve.
Dans le quartier de LaSalle situé au sud, la trame, bien que plus régulière et composée de
plus petits îlots, ne suit pas exactement un tracé orthogonal. Elle s'apparente davantage à
une trame romantique typique des villes de banlieue formée de ronds-points, de rues en
croissant et de rues courbes.
TROISIÈME PARTIE: CARACTÉRISATION DES ZONES 193
Mise à part ces deux éléments naturels, la plupart des quartiers environnant ne possèdent
que peu de parcs et de places publiques. Excepté le quartier au sud de la zone qui compte
à lui seul sept petits parcs, les espaces verts sont très rares. Ceci est explicable entre
autres par le fait que bon nombre des secteurs avoisinants sont presque exclusivement
industriels. Notons tout de même la présence du Parc LaSalle desservant le quartier du
vieux Lachine.
ville et l'autoroute 15 par l'échangeur Turcot. Ensuite l'autoroute 138 qui mène sur la
rive-sud par le pont Mercier est située tout juste à l'est de la zone. Ensuite les axes
Victoria-Notre-Dame et St-Joseph qui traversent la zone assurent le lien vers le centre
ville de Montréal. On note aussi la présence à proximité de la rue St-Patrick qui longe le
canal de Lachine jusqu'à Pointe-St-Charles où elle permet de rejoindre la rue Wellington.
Malgre le fait qu'il n'rait aucune station de métro à disfi"ü'lce de marche, la plupart des
lignes mentionnées plus haut se rabattent sur les stations les plus proches. En effet, les
lignes 110, 113 et 195 ont comme terminus la station Angrignon sur la ligne verte. Les
lignes, 173, 190 et 191 aboutissent à la station Lionel-Groux (intersection des lignes
vertes et orange). Finalement, les lignes 90 et 356 ont comme terminus la station Atwater
au centre-ville.
Trudeau26 • Cette navette emprunterait soit la voie ferrée du CN ou celle du CP qui passent
tout juste au nord de la zone et un arrêt pourrait éventuellement y être intégré.
réutilisées à des fms de transport en commun. À cet effet, il est intéressant de noter que
des études pour la réalisation d'l1Jl tram-train, a déjà été réalisé. Ce lram-train, qui se
différencie principalement du tramway par le fait qu'il est moins coûteux el peul utiliser
les emprises existante, utiliserait un tronçon ferroviaire existant entre le centre-ville el
4. Analyse du potentiel
Dimensions
La zone industrielle de Lachine est certainement celle qui possède la plus grande
superficie parmi toutes les zones retenues. Elle dépasse de plusieurs hectares la seconde
zone à ce chapitre. Ces dimensions exceptionnelles peuvent toutefois être considérées de
deux manières différentes. On peut y voir un certain nombre de contraintes liées par
exemple à la difficulté de coordonner son développement et à la difficulté d'échelonner
un projet cohérent à travers les années. On peut au contraire voir cet immense territoire
comme un potentiel de développement important et une occasion d'y développer un
projet d'envergure métropolitaine. Tout dépend donc du point de vue selon lequel on se
positionne .
Éléments patrimoniaux
Un des points forts de cette zone est sans contredit son importante valeur patrimoniale.
Autant les bâtiments, les tracés fondateurs que les activités elles-mêmes et le rôle qu'elles
ont joué pour le développement de Montréal sont considérables. Cette richesse pourrait
servir de levier à un projet qui mettrait en valeur cet aspect. Le site de la Dominion
Bridge est un complexe de plusieurs bâtiments dont certains possèdent des
caractéristiques architecturales intéressantes. Ce complexe pourrait se trouver au centre
d'une requalificalion de la zone étant à la frontière des quartiers urbanisés du vieux
Lachine et des secteurs industriels. De plus, le rôle que cette industrie a joué dans le
développement de Lachine et même de Montréal pourrait être rappelé en attribuant à une
partie du complexe une vocation de centre civique et public polarisateur.
Densité
Tout d'abord, les secteurs à l'ouest possèdent une densité d'habitation sensiblement
équivalente à cel1e des quartiers centraux, ce qui formerait un bassin d'utilisateurs déjà
présents en vue de l'implantation d'une éventuel1e infrastructure de transport en commun.
Ce quartier très diversifié en termes de typologies et de qualité d'habitation assurerait une
diversité de population et de commerces nécessaires à la création d'un milieu de vie
mixte. Toutefois, il est important de noter que la densité d'habitants est presque nulle
pour tous les autres quartiers environnants, mis à part vers le sud dans j'arrondissement
Lasalle. Un pôle de transport en commun ne bénéficierait donc qu'aux habitants situés
dans les secteurs adjacents à l'ouest.
proximité principalement concentrés sur des artères commerciales. Une de ces artères
commerciales, la rue Notre-Dame, possède d'ailleurs une forte intensité d'activités
commerciales et se distingue par son aménagement plus soigné et sa convivialité. Bien
qu'on y retrouve un certain nombre de locaux vacants, nous croyons que le
redéveloppement de la zone par de nouvelles activités et l'ajout d'un bassin de population
suffisant pourraient insuffler un nouveau dynamisme à cette artère dont le potentiel est
indéniable.
Nous n'avons pas cru nécessaire de prendre en compte la composition des autres secteurs
avoisinants dans l'analyse des potentiels vus leur faible niveau d'interaction avec la zone
elle-même. Notons simplement que cet enclavement pourrait nuire au rayonnement du
pôle puisque que ses effels se feraient sentir presque exclusivement pour le secteur du
Vieux Lachine.
Design urbain
En terme de design, notons que la trame de rue des quartiers à l'ouest est orthogonale ce
qui est généralement une caractéristique propice à l'utilisation des transports en commun
et de la marche. Les espaces verts et les espaces publics ne sont pas présents en grand
nombre, ce qui représente une des lacunes de ces quartiers. On note toutefois la présence
du parc Lasalle à l'extrémité ouest de ce quartier où l'on retrouve des équipements
sportifs et récréatifs ainsi qu'une importante superficie boisée. L'atout principal de ce
quartier à ce niveau demeure la proximité du parc du Canal de Lachine et les berges du
fleuve. Cet atout important pourrait être un des éléments d'attraction majeurs dans le
redéveloppement de ce site. Le parc du Canal de Lachine est un corridor récréotouristique
qui permet de relier le centre-ville à la zone. Enfin, les berges du fleuve offrent un
paysage très intéressant et un cadre de vie très prisé.
qui traverse la zone de part et d'autre permet aussi de désenclaver celle-ci et de la relier
vers le centre-ville.
Nous comptons aussi deux autres emprises ferroviaires potentiellement réutilisables à des
fins de transport en commun. La première est le corridor ferroviaire du CP sur lequel
s'articulent toutes les autres zones étudiées. Le corridor compte deux voies ferrées
distinctes et nous jugeons que l'emprise serait suffisante pour y implanter des voies
servant à un autre mode de transport collectif. Ceci aurait pour effet de désenclaver ce site
en le reliant aux quartiers centraux situés au nord-est du centre-ville.
Mais surtout, la zone industrielle de Lachine est traversée par une autre empnse
ferroviaire qui n'est plus utilisée aujourd'hui. Cette emprise longe la rue Victoria et
rejoint les voies ferrées du CN vers le centre-ville. Dans l'autre direction, les voies ferrées
s'arrêtent vis-à-vis la 10c Avenue, mais l'emprise continue jusqu'à la rue Dawes, dans le
secteur de l'ancietme brasserie du même nom. Il serait intéressant d'y développer une
ligne de transport en site propre qui desservirait tout le quartier de Lachine, qui
traverserait le cœur de la zone et qui offrirait la possibilité d'un lien vers le centre"ville.
QUATRIÈME PARTIE
À la lumière des résultats que nous venons de présenter, certains constats s'imposent.
Parmi ces constats, le plus évident est probablement celui que toutes les zones
industrielles en mutation ne présentent pas les mêmes forces et faiblesses.
Conséquemment, il ressort également que les zones étudiées possèdent un potentiel pour
développer un projet de requalification s'orientant autour des transports en commun qui
varie d'un site à l'autre.
Même si notre analyse n'est pas quantitative et ne permet donc pas d'attribuer un
pointage précis à chacune de ces zones dans le but d'en faire un classement hiérarchique,
l'utilisation de critères constants nous a permis, à tout le moins, d'établir deux grandes
catégories de zones. Bien que l'analyse nous ait révélé que les zones industrielles en
mutation, de façon générale, possèdent des caractéristiques propices à une requalification
axée sur les transports en commun, elle a aussi fait ressortir des zones pour lesquelles
l'intérêt était nettement plus grand. En fait, cette analyse nous a permis de mettre en
évidence des zones prioritaires de développement où les bénéfices d'une requalification
des activités seraient indéniables.
Nous présenterons dans cette partie les zones qui devraient faire l'objet de plans de
redéveloppement en priorité en expliquant les raisons qui nous poussent à faire ce choix.
Nous avons ainsi déterminé trois zones à fort potentiel de développement et quatre zones
à potentiel modéré de développement. Le but de ce classement et d'établir un ordre de
priorité d'action. Si un plan de requalification des zones industrielles en mutation devait
voir le jour dans un proche horizon, les premières zones visées par ce plan et celles
risquant d'occasionner le plus de bénéfices seraient précisément celles-ci.
204 QUATRIÈME PARTIE: ANALYSE DES RÉSULTATS
Évidemment, les trois zones retenues dans cette catégorie présentent certaines
caractéristiques communes, mais elles n'ont pas toutes été identifiées comme prioritaires
pour les mêmes motifs. Les trois zones à fort potentiel de développement sont les
suivantes:
Ce qui saute aux yeux quand on regarde l'analyse de ces trois zones, c'est la taille de
celles-ci. Il s'agit de trois des quatre plus grandes zones analysées, la zone Iberville St
Joseph (Zone 3) étant tout juste plus grande que celle du Viaduc Van Horne. En effet,
cette caractéristique nous a semblé très importante dans le choix des zones à requalifier
en priorité. Nous jugeons que les plus grandes zones sont plus aptes à accueillir un projet
de requalification orienté autour des transports en commun dont le rayonnement est
réellement perceptible à l'échelle métropolitaine, capable de générer et d'attirer des
déplacements suffisants pour justifier une desserte en transport en commun
multidirectionnelle et constante sur toute la journée et capable de maximiser l'utilisation
des infrastructures existantes de transport en commun. C'est donc sur ces zones qu'il faut
agir en priorité si l'on veut que les bénéfices d'une telle entreprise soient tangibles.
Développer des projets de plus petite envergure serait certes utile, mais les effets
risqueraient de ne se faire ressentir qu'à plus long terme.
QUATRIÈME PARTH:; : ANALYSE DES RÉSULTATS 205
Dans tous les cas, les sites plus imposants présentent aussi une plus grande quantité
d'espaces sous-utilisés prêts à être redéveloppés. Ceci est une caractéristique
incontournable dans le genre de projet que nous promouvons. Néanmoins, même si toutes
les zones analysées possèdent des superficies intéressantes de terrains à redévelopper, les
trois zones sélectionnées ici sont encore parmi les quatre qui possèdent le plus grand
potentiel à ce niveau.
Il faut faire attention lorsque l'on parle de potentiel pour des terrains vacants. Ces
derniers sont souvent signe de faible dynamisme et il ne serait donc pas approprié de les
considérer comme potentiel de développement industriel puisque la faible utilisation du
sol reflète justement un déclin de ces activités. Par contre, dans la mesure où l'intention
est de requalifier les activités industrielles en place par d'autres qui reflètent davantage
les choix de localisation des ilctivités urbaines, la présence de nombreux terrains recèle
effectivement des opportunités de développement et peut être considérée comme un
potentiel.
Déclin industriel
Outre les raisons déjà mentionnées, le choix de la zone Lachine parmi celles à fort
potentiel de développement est explicable par plusieurs autres facteurs. Tout d'abord, le
206 QUATRIÈME PARTIE : ANALYSE DES RÉSULTATS
concept de zone industrielle en mutation est particulièrement apparent pour cette zone.
Bien que le nombre de bâtiments désaffectés ne soit pas le plus élevé, la superficie
d'espaces vacants est vraiment éloquente. En effet, les terrains laissés en friche sont un
témoin du phénomène de désindustrialisation que connaissent les villes centrales et du
peu d'intérêt que recèlent ces sites pour les grandes industries. Cette zone industrielle fut
jadis l'une des plus importantes de Montréal, mais les entreprises qui ont contribué à son
dynamisme ont depuis ce temps toutes déserté pour être remplacées par d'autres. C'est le
cas de compagnies telles que la Dominion Bridge dont le complexe de bâtiments est en
partie laissé à l'abandon. Bien qu'il existe des entreprises qui occupent temporairement
une partie de ces bâtiments, l'avenir de la réutilisation de ce genre d'espaces ne passe pas
par le retour de grandes industries qui préfèrent plutôt s'installer dans des bâtiments
moins coûteux, loin des centres où les prix des terrains sont plus bas et au carrefour des
grands axes autoroutiers.
Le projet de construction résidentielle sur les terrains de l'ancienne Jenkins Valves 29 est
un autre témoin des transformations que subissent ces espaces urbains. Il indique
également que ce genre de site correspond davantage à des choix de localisation
résidentiels qu'industriels.
Patrimoine
Nous avons mentionné l'importance que ce secteur industriel a eue pour le
développement de Montréal. Ce rôle significatif pourrait être rriis à profit dans la
revalorisation de ces espaces entre autres par la mise en valeur du patrimoine industriel
qu'on y retrouve. Cette immense ressource contribuerait à définir une identité à un futur
projet de requalification urbaine. À titre d'exemple, le complexe de la Dominion Bridge
pourrait très bien être revitalisé et abriter des activités à caractère public, ce qui
constituerait un centre civique au cœur d'un projet de requalification.
zone permettraient d'imaginer au moins deux lignes de transport collectif en site propre
utilisant les voies ferrées actuelles ou leurs emprises. L'une de ces lignes, l'ancienne
emprise de la MP& 1 (Montreal Park and Island) desservirait localement toute la zone et
serait reliée directement au centre-ville. L'absence du métro pourrait donc être palliée de
cette façon.
Le canal Lachine
Finalement, la présence du canal Lachine à proximité de la zone est un élément
incontournable. Axe récréotouristique d'envergure à Montréal, le canal Lachine et son
parc procurent un espace vert structurant et convivial qui n'a pas d'égal à Montréal. En se
basant sur le succès qu'ont eu les projets de requalification en bordure du canal ces
dernières années, il va sans dire que cet élément servirait de moteur au redéveloppement
de cette zone.
Par ailleurs, nous croyons que cette zone est l'une de celles où les effets d'un projet de
requalification s'inspirant des principes du TüD seraient les plus bénéfiques pour le
quartier étant donné que celui-ci est à 1'heure actuelle partiellement enclavé.
L'enclavement, dans la mesure où il est partiel, où des liens existent avec l'extérieur et où
l'espace enclavé est suffisamment grand pour assurer une autonomie pour les services
locaux, n'est pas nécessairement une problématique. Il peut même être valorisé par ses
habitants pour la quiétude qu'il procure et le sentiment d'appartenance qui peut s'en
dégager. Toutefois, pour que cet enclavement ne soit pas néfaste au développement du
quartier, des liens doivent exister afin que ce secteur soit intégré à l'intérieur des grands
réseaux métropolitains. Entre autres, il est primordial que les réseaux de transport en
commun desservent efficacement ce secteur notamment vers le centre-ville, mais aussi
vers d'autres quartiers de la ville. Ainsi, un projet de requalification impliquant une
diversification des activités et des services et une meilleure offre de transport en commun
aurait certainement des effets bénéfiques pour le rayonnement et le désenclavement de
cette zone.
208 QUATRIÈME PARTIE: ANALYSE DES RÉSULTATS
30 Idem 1
31 htlp://www.radio-canada.ca/regionslMontreal/nouvelles/200503/23/0 10
GAREACADIECHABANEL.shtml
32 htlp :I/www.magazinemci.com/articles/dossiers/2007/02/textile_mtl.htm
QUATRIÈME PARTIE: ANALYSE DES RÉSULTATS 209
Il est intéressant aussi de noter que la requalification des activités industrielles est déjà
amorcée, principalement dans la partie sud de' la zone, où d'anciens terrains industriels
sont maintenant réappropriés par de nouvelles fonctions mixtes. On peut aussi croire
que le plan de revitalisation de cette zone récemment amorcé aura des effets bénéfiques
sur l'attraction d'entreprises dans la zone,
Positionnement
Cette zone mise aussi sur une localisation des plus intéressantes. Située au carrefour de
deux axes majeurs de transit soit les rues St-Denis et l'axe Van Horne - Rosemont, elle se
trouve au cœur de l'agglomération de Montréal. Elle se situe aussi à proximité du centre
ville et bénéficie de la présence de deux stations de métro dans un rayon de SOOm. La
partie nord de cette zone avait d'ailleurs fait l'objet d'une étude pour la localisation du
futur CHUM (Centre hospitalier de l'Université de Montréal). Même si cet emplacement
n'a pas été retenu pour des raisons de sécurité liées au transport des marchandises
dangereuses sur la voie ferrée, le fait que ce site ait été considéré pour ce genre
d'équipement montre sa valeur en termes de positionnement métropolitain.
Localisation centrale
Une des raisons qui nous a amené à la sélection de cette zone parmi celles possédant un
fort potentiel de développement est sa localisation centrale. À l'instar de la zone du
viaduc Van Horne, cette zone est très accessible et bénéficie d'un accès privilégié au
centre-ville. Les terrains de cette ampleur et à proximité du centre-ville sont rares et sont
très prisés pour des activités comme les institutions, les bureaux, les commerces et les
habitations. Nous jugeons donc que c'est probablement la zone pour laquelle les effets de
la désindustrialisation risquent de se faire ressentir le plus rapidement et intensément.
Desserte en transport
De surcroît, la desserte en transport et l'accès au site est l'un des meilleurs parmi toutes
les zones étudiées. La proximité de la rue Notre-Dame qui sera prochainement
reconvertie en boulevard urbain et où circulera le SRB (Système rapide de bus) de l'axe
Pie-IX, fournit un accès privilégié de cette zone vers le centre-ville et vers l'est de la
ville. De plus, en termes de transport en commun existant, cette zone bénéficie de la
présence de deux stations de métro à une distance raisonnable de marche, ce qui
représente un atout considérable.
secteurs qui sont en déclil1 à Montréal. Il est donc très pertinent et même essentiel de
planifier la requalification de ces activités à moyen terme.
Ceci étant dit, les autres zones industrielles en mutation possèdent aussi un grand intérêt
pour la réalisation de proJ ets de requalification orientés autour des transports en commun.
Par contre, on y retrouve certaines contraintes qui diminuent quelque peu leur potentiel
global de reconversion. Il va sans dire que si l'importante taille des trois zones ci-haut
contribue à leur potentiel, la plus petite taille des autres, mise à part la zone lberville - St
Joseph, contribue à les rendre moins intéressantes. Il en va de même pour les espaces
sous-utilisés disponibles pour la requalification.
Tout comme les zones à fort potentiel de développement, les zones à potentiel de
développement modéré, le sont pour des raisons qui diffèrent d'une à l'autre. Dans cette
partie nous présenterons les éléments qui nous ont poussés à placer ces zones dans cette
catégorie.
Malgré la présence du métro Préfontaine, d'un parc en bordure de la zone et d'un milieu
environnant possédant des caractéristiques intéressantes, nous avons placé cette zone dans
212 QUATRIÈME PARTIE: ANALYSE DES RÉSULTATS
cette catégorie principalement pour sa petite taille, la faible qualité de ses espaces sous
utilisés et leur petit nombre.
Cette zone, contrairement aux autres de la même catégorie, n'est pas désavantagée au
niveau de sa taille ni des espaces sous-utilisés disponibles. Au contraire, il s'agit de la
troisième zone en importance en termes de superficie totale et la deuxième en termes de
superficie d'espaces disponibles.
Si nous avons eu des réticences à l'inclure palmi les zones à fort potentiel de
développement, c'est principalement pour l'absence d'une infrastructure de transport en
commun lourd ou en site propre. Le site n'est desservi que par des autobus réguliers, ce
qui n'est pas un moyen de transport fort sur lequel pourrait s'articuler la requalification
de cette zone. Il y a bel et bien un potentiel de développement du transport en commun
par l'utilisation du corridor ferroviaire, mais ce potentiel est trop hypothétique et basé sur
la création d'un nouvel axe de transport dont il faudrait tout d'abord justifier la pertinence
et la faisabilité, ce qui n'est évidemment pas le but de ce travail.
QUATRfÈME PARTIE: ANALYSE DES RÉSULTATS 213
Cette zone a été incluse dans cette catégorie pour un motif similaire à la zone précédente.
L'absence d'une infrastructure de transport lourde ou en site propre ne permet pas
d'imaginer la création d'un pôle orienté autour des transports en commun, du moins pas
dans un avenir rapproché. Le choix d'écarter cette zone de celles à fort potentiel de
développement était aussi dû à sa petite taille et à la faible présence de terrains sous
utilisés.
En fait, cette façon de faire est celle que nous observons à 1'heure actuelle, les industries
qui sont peu à peu délocalisées sous l'effet de la conjoncture économique et des pressions
du développement urbain sont remplacées une à une par de petits projets ponctuels qui
répondent à des besoins locaux.
Ce que nous proposons, c'est que la ville de Montréal se dote d'un plan d'action pour se
réapproprier ces espaces au potentiel immense. Au lieu de remplir ces terrains désaffectés
au fur et à mesure, pourquoi la ville de Montréal ne se munirait-elle pas d'un plan global
et coordonné de requaliflcation de ces zones? Un plan qui intégrerait différentes phases
de requalification à court, moyen et long terme en fonction du mouvement des activités
industrielles.
Le but d'un tel plan ne devrait pas être de forcer artificiellement le départ des industries.
Des forces économiques et conjoncturelles provoquent déjà un mouvement de celles-ci
hors de ces zones. Accélérer ce processus en fournissant des incitatifs de départ aux
entreprises aurait probablement des effets négatifs, notamment en raison d'un
changement trop brusque dans la structure d'emploi de la ville. De telles transformations
doivent se faire progressivement et être accompagnées de prograrrunes sociaux de
formation des ouvriers et de programmes de réinsertion dans de nouveaux emplois.
QUATRIÈME PARTIE: ANALYSE DES RÉSULTATS 215
Ce que nous proposons comme plan de requalification est plutôt un guide qui permet
d'être proactif face aux transformations qui s'opèrent. 11 s'agit d'élaborer une stratégie
intégrée qui permette de réagir promptement aux changements en optant pour les choix
les plus bénéfiques à long terme et qui répondent autant à des besoins locaux que
métropolitains
CHAPITRE VII
Nous avons vu dans les sections précédentes que les zones industrielles en mutation
analysées recelaient une foule d'opportunités pour y développer des pôles s'arrimant aux
transports en commun. À chaque fois, nous avons analysé ce potentiel en fonction d'un
projet individuel et ponctuel. Nous avons regardé les opportunités propres à chaque zone
et avons conclu de la pertinence modérée ou forte d'une requalification.
Tout au long de cette recherche, nous avons volontairement tenu à taire un aspect très
important lié à la localisation de ces friches afin de ne pas induire le lecteur en erreur. En
effet, toutes ces zones ont la particularité d'être situées le long d'un même corridor
ferroviaire, celui-là même qui nous a servi de base à la sélection des zones.
Ce que nous entendons par raccourci est simple. Proposer un nouvel axe de transport en
site propre qui, de surcroît, n'est pas planifié dans le Plan de transport de la ville de
Montréal, aurait justifié une étude à part entière. De surcroît, ce genre de proposition doit
se fonder sur des données liées à la demande en transport. Il faut effectivement
déterminer dans quelle mesure, un axe traversant la ville d'est en ouest en passant par les
secteurs choisis, répond à une véritable demande métropolitaine. Elle aurait aussi dû tenir
compte des contraintes techniques liées à l'utilisation de l'emprise ferroviaires. Le
218 QUATRIÈME PARTIE: ANALYSE DES RÉSULTATS
transport des marchandises étant toujours actif sur ce corridor, le partage de l'emprise,
voire encore, des voies demande une étude de faisabilité technique.
Notre étude a démontré que le potentiel de développement de ces zones était bien réel et
qu'il était totalement justifié de requalifier ces zones autour des transports en commun
existants, et ce même sans l'ajout d'une infrastructure de transport en site propre les
reliant tous.
Cela dit, nous jugeons qu'il serait tout de même intéressant et même très pertinent de se
pencher sur Ja possibilité d'utiliser ces emprises à cette fin. Conséquèmment, nous
tenons à conclure en présentant certains éléments justifiant la pertinence d'approfondir
cette question.
Ainsi, non seulement est-il important que ces sites soient reliés au réseau de transport en
commun actuel, mais il est également pertinent que ceux-ci soient reliés les uns aux
autres pour que leurs effets sur l'amélioration de la mobilité en transport en commun soit
réellement perceptibles. Le passage ci-bas résume bien la situation.
QUATRIÈME PARTIE: ANALYSE DES RÉSULTATS 219
When mixed-use TüDs are aligned along Iinear corridors - Iike pearls in a
neck lace - trip origins and destinations are evenly spread out, producing efficient
bi-directional flows. This has been the case in world-c1ass transit metropolis Iike
Stockholm, Copenhagen, and Curitiba, Brazil, where mixed-use TüDs have given
rise to 55%-45% directional splits.
(Cervero and ail, 2004, P. 139)
Tout d'abord, le site propre est un avantage incontestable pour le transport en commun. Il
permet de se soustraire à la circulation routière en utilisant un réseau d'infrastructure
parallèle au réseau viaire. Il est également beaucoup moins coûteux et demande moins
d'infrastructures que le métro.
Carte 4.1 : Mise en réseau des zones par l'emprise ferroviaire
7.2.2 Le tracé
Un autre avantage lié à l'utilisation du corridor eslle tracé qu'il emprunte. En effet, ce
corridor décrit un arc de cercle contournant le Mont-Royal et traverse par le fait même
une série de quartiers denses et centraux de Montréal. Ce corridor desservirait des
quartiers comme Hochelaga-Maisonneuve, le Plateau Mont-Royal, Rosemont - Petite
Patrie, le Mile-End, Côte-des-Neiges et le vieux Lachine.
Ce qu'il y a d'intéressant aussi avec ce tracé, c'est qu'il offre des possibilités de
déplacements complémentaires au réseau actuel. La plupart des corridors actuels de
transport en commun se rabattent vers le centre-ville ou du moins vers de grandes
collectrices qui elles sont reliées au centre-ville. Il n'existe pas à proprement parler de
corridor important assurant une desserte entre les quartiers périphériques au centre-ville.
Il comble aussi certaines carences du réseau actuel en palliant par exemple à la faible
offre en transport en commun des zones 1 et 2 SUI l'axe nord-sud et améliore la desserte
est-ouest de la zone 5.
Finalement, le tracé est aussi extrêmement intéressant parce qu'il croise des stations de
métro avec lesquelles il serait possible d'établir des nœuds de transport en commun. Un
tracé qui partirait de la cour de triage Hochelaga jusqu'à Lachine passerait à proximité de
sept stations de métro sur trois lignes différentes (Frontenac, Préfontaine, Rosemont,
Acadie, Outremont, Namur et Plamondon).
Autre fait intéressant à noter, c'est qu'au-delà des zones étudiées, il existe d'autres petites
zones industrielles appelées à se transformer dans un horizon plus ou moins lointain. Une
fois mis en place, un tel mode de transport pourrait intégrer de nouveaux arrêts au fur et
mesure que ces zones se transforment et nécessitent une offre de transport en commun.
Ce corridor pourrait même devenir un prétexte à la requalification complète des abords de
cette voie ferrée où se trouvent de nombreux milieux déstructurés.
222 QUATRIÈME PARTIE: ANALYSE DES RÉSULTATS
Bref, la priorisation de certaines zones a été faite dans le seul et unique but de donner les
lignes directrices d'un éventuel plan de redéveloppement intégré des zones industrielles
en mutation. II s'agit des zones sur lesquelles il serait le plus pertinent d'agir à court
terme. Il est important de rappeler que les zones identifiées comme possédant un potentiel
modéré seraient aussi intégrées à ce plan, mais dans une deuxième phase lorsque les bases
seraient déjà assises.
D'autre part, à l'échelle métropolitaine, la prédisposition de ces zones le long d'un axe
commun introduit l'idée d'lme mise en réseau. La pertinence de cette mise en réseau qui
pourrait prendre la forme d'un corridor de transport en commun n'est toutefois pas
QUATRIÈME PARTIE: ANALYSE DES RÉSULTATS 223
démontrée dans ce travail. Nous avons seulement soulevé certaines des raisons pour
lesquelles il serait intéressant de s'y pencher. La requalification de ces zones à J'échelle
du site est sans aucun doute bénéfique, mais la réalisation d'un projet structurant intégrant
de façon globale ces zones à l'intérieur d'un plan directeur pourrait sans contredit
multiplier les bénéfices pour l'agglomération montréalaise en ce qui a trait à la mobilité
des individus et à la réparation des effets négatifs de la désindustrialisation.
CONCLUSION GÉNÉRALE
Elle nous a aussi permis de découvrir que les différentes zones ne possédaient pas toutes
le même potentiel de développement. Ce constat nous a amenés à faire la conclusion
qu'un éventuel plan de redéveloppement devrait probablement se réaliser en deux phases
complémentaires. Une première phase concentrerait le développement sur les trois zones
possédant le plus grand potentiel de redéveloppement et une seconde sur les zones à
potentiel modéré. Cette façon de faire permettrait d'échelonner ce projet urbain
structurant afin que ses effets bénéfiques soient perceptibles dès la première phase.
Ce que nous proposons dans ce travail, c'est un projet urbain structurant et mobilisateur,
un véritable projet durable utilisant une stratégie intégrée pour faire face aux nouveaux
enjeux des villes du vingtième siècle. Répondre aux enjeux économiques de la
désindustrialisation tout en coordonnant plus efficacement 'le développement urbain
autour des transports en commun, voilà un projet porteur d'une vision.
li s'agit d'un projet structurant dans la mesure où il établit une ligne directrice claire de
développement pour la ville de Montréal et au-delà. Il identifie clairement là où le
développement sera priorisé. Structurant aussi parce qu'il consolide des quartiers déjà
bien établis en transformant des espaces industriels en déclin en pôles rayonnants.
226
Il est mobilisateur parce qu'il vient interpeller le citoyen à l'échelle locale par la
restructuration de quartiers dégradés. Ce projet est aussi socialement désirable pour ses
bénéfices sur la mobilité des individus, économiquement responsable pour la
minimisation des coûts liés à la réutilisation d'infrastructures existantes et
environnementalement indispensable afin de limiter l'étalement urbain et diminuer
l'utilisation de l'automobile.
Il est important de mentionner que nous sommes par contre restés prudents quant à la
proposition de projets concrets pour chacune des zones. Nous nous en sommes tenus à
dire que les projets de redéveloppement pourraient s'inspirer des principes du TOD sans
toutefois s'attarder à la planification des usages et à la forme que devrait prendre la
requalification. Là n'était pas notre but. Il aurait été intéressant de prendre un site en
particulier afin de regarder concrètement quelles étaient les possibilités de
réaménagement et proposer un plan de redéveloppement. Toutefois, nous jugeons que la
caractérisation des zones que nous avons faite n'était pas suffisante pour être en mesure
de prescrire les usages pertinents. Les critères d'évaluation ont été choisis en fonction de
l'objectif de départ de connaître le potentiel de développement de la zone et non d'être en
mesure de faire des-propositions d'aménagement.
Cela nous amène à préciser que cette étude est, en quelque sorte, préliminaire dans la
mesure où elle permet seulement de démontrer la pertinence d'entreprendre une
planification globale des zones industrielles en mutation. Nous souhaitons qu'ultimement
elle serve de base à de futures études qui voudraient approfondir la caractérisation de
chacune des zones afin d'y proposer des projets concrets. De telles études demanderaient
d'avoir recours à une grille de critères plus étayée permettant de rassembler les données
nécessaires à l'élaboration de propositions d'aménagement et à la conception de plans
d'ensemble.
La table est donc mise' La conjoncture est favorable, le consensus sur la priorisation des
transports en commun est presque atteint, du moins à Montréal, mais le temps presse.
Plusieurs de ces zones sont tranquillement réinvesties de façon isolée par des
promoteurs différents et dont les projets ponctuels n'exploitent pas le plein
potentiel, notamment en ce qui a trait à la coordination avec les transports en
227
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