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laments d’analyse
des séries temporelles
fe chapitre est consacré a une présentation sommaire des tech-
niques d’analyse des séries chronologiques. Ce theme, a lui seul,
peut faire objet de longs développements et de nombreux
ouvrages' y sont intégralement consacrés. Nous étudions en I. les carac-
téristiques statistiques — en terme de stationnarité — des séries tempo-
relles en présentant les différents tests (Dickey-Fuller, corrélogramme,
etc.) s'y rapportant. Puis en Il, nous présentons différentes classes de
modéles (AR, MA, ARMA) en étudiant leurs propriétés. Enfin, la métho-
de Box et Jenkins qui systématise une démarche d’analyse des séries tem-
porelles fait l'objet de la section Il.
tationnarité
éfinition et propriétés
‘Avant le traitement d’une série chronologique, il convient d’en étudier les carac-
téristiques stochastiques. Si ces caractéristiques — c’est--dire son espérance et
sa variance — se trouvent modifiées dans le temps, la série chronologique est
considérée comme non stationnaire ; dans le cas d'un processus stochastique
invariant, Ia série temporelle est alors stationnaire. De manitre formalisée, le
processus stochastique y, est stationnaire si
1, Pour un approndissement de ce chapitre, se référer au livre de Bourbonnais R. et Terraza M.,
Dunod, 2010,
Eléments d’analyse des séries temporelles © 239EQ) = EQim) =u Vt et Ym, la moyenne est constante et indépendante du
temps ;
var(),) < 00 Vt, la variance est finie et indépendante du temps ;
COV(Y:,Yrve)
temps.
I apparait, & partir de ces propriétés, qu’un processus de bruit blanc! ¢, dans
lequel les ¢, sont indépendants et de méme loi N(0,02) est stationnaire.
Une série chronologique est donc stationnaire si elle est la réalisation d’un
processus stationnaire. Ceci implique que la série ne comporte ni tendance, ni
saisonnalité et plus généralement aucun factcur n’ évoluant avec le temps.
EQ: ~ Que — 19] = Yer Ia covariance est indépendante du
onctions d’autocorrélation simple et partielle
La fonction d’autocorrélation (FAC) est la fonction notée p, qui mesure la cor-
rélation de la série avec elle-méme décalée de k périodes, comme I'illustre le
tableau 1.
Sa formulation est la suivante
Lo -No4-Y
COV(Y, Yi. Tre
py = One)
0]
FO 4
avec ¥ moyenne de la série calculée sur n — k périodes,
Nous pouvons en déduire que
po=l et
Cette formule [1] est malaisée & manier puisqu’elle exige de recalculer pour
chaque terme p, les moyennes et les variances, c’est pourquoi on lui préfére la
fonction d’autocorrélation d’ échantillonnage
NG -VNO4-y*
m
2]
avec moyenne de la série calculée sur n périodes,
1. Un processus de bruit blanc est une suite de variables aléatoires de méme distribution et mutuel-
ement indépendantes. Ce terme est emprunté & la physique faisant référence au spectre de la
lumiére blanche.
2, Siles conditions énoncées ci-dessous sont vérifiées, on dit que la série est stationnaire de second
ordre, ou encore faiblement stationnaite. Dans le cas od, aux conditions définies, s'ajoute la
constante de la distribution de probabilité, on parle de série strictement stationnaire
240 @ ECONOMETRIETableau I ~ Exemple de calcul d’une fonction d’autocorrélation
k 0 1 2 3 4
t y Yea Yea a
1 123
2 130 123
3 125 130 123
4 138 125 130 123
5 145, 138 125 130 123
6 142 145 138 125 130
7 141 142 145 138 125
8 146 141 142 145, 138
9 147 146 141 142 145
10 157 147 146 141 142
11 150 157 147 146 141
12 145 150 157 147 146
Moyenne y, | 140,75 | 142,36 | 143,60 | 145,67 | 146,63
Moyenne y 140,75 | 140,36 | 139,40 | 137,44 | 136,25
Variance y, 95,02 | 72,41 | 62,84 | 24,11 | 22,23
Variance y, 95,02 | 101,87 | 101,84 | 74,91 | 71,44
Pe 1 0,77 | 062 | 0,59} 0,55
Lorsque Je nombre d’ observations n est suffisamment grand, les deux for-
mules [1] et [2] donnent des résultats tres proches.
La fonction d’autocorrélation partielle (FAP) s’apparente 3 1a notion de cor-
rélation partielle. Nous avons défini au chapitre 4 Je coefficient de corrélation
partielle comme étant le calcul de Vinfluence de x, sur x, en éliminant les
influences des autres variables x3, 25, ..., %
Par analogie, nous pouvons définir l’autocorrélation partielle de retard k
comme le coefficient de corrélation partielle entre y, et y,-r, ¢’est-A-dire comme
6tant la corrélation entre y, et y,- l'influence des autres variables décalées de k
périodes (y1-1, Yi-ay «++» Je-nsi) ayant été retirée
Afin d’éviter par la suite toutes ambiguités entre les deux fonctions d’auto-
corrélation, nous appelons fonction d’autocorrélation simple, la fonction d’auto-
corrélation.
ests de « bruit blanc » et de stationnarité
Nous ne pouvons identifier clairement les caractéristiques stochastiques du
série chronologique que si elle est stationnaire, Cette étude de stationnarité
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 241s’effectue essentiellement & partir de I’ étude des fonctions d’autocorrélation (ou
de leur représentation graphique appelée « corrélogramme »). Une série chro-
nologique est stationnaire si elle ne comporte ni tendance ni saisonnalité. Nous
allons done, A partir de I’étude du corrélogramme d’ une série, essayer de mon-
trer de quelle maniére nous pouvons mettre en évidence ces deux composantes.
Nous pouvons distinguer différents types de séries stationnaires :
=A mémoire, c'est
tion, le processus ;
dire dont on peut modéliser, par une loi de reproduc-
— identiquement et indépendamment distribuée notée i.j.d. ou appelée Bruit
Blanc (« White Noise ») ;
= normalement (selon une loi normale) et indépendamment distribuée notée
n.d. ou appelée Bruit Blanc gaussien.
1) Analyse des fonctions d’autocorrélation
Lorsque nous étudions 1a fonction d’autocorrélation d’une série chronologique,
la question qui se pose est de savoir quels sont les termes p, qui sont significa-
tivement différents de 0.
En effet, par exemple, si aucun terme n’est significativement différent de 0,
on peut en conclure que le processus étudié est sans mémoire et done qu’a ce
titre il n’ est affecté ni de tendance ni de saisonnalité, Ou encore si une série men-
suelle présente une valeur élevée pour p,: (corrélation entre y, et y,-12), la série
étudiée est certainement affectée d’un mouvement saisonnier!, Nous verrons &
partir d’exemples différents cas de figures.
Le test d’hypothéses pour un terme p, est le suivant
HO: p, =0
Hi: #0
Nous pouvons utiliser le test d’hypothéses d’un coefficient de corrélation,
présenté au chapitre 1, fondé sur la comparaison d’un f de Student empirique et
théorique. Toutefois, Quenouille? a démontré que pour un échantillon de taille
importante (n > 30), le coefficient p, tend de manigre asymptotique vers une loi
normale de moyenne 0 et d’écart type 1/./7.
Liintervalle de confiance du coefficient p, est alors donné par
n= nombre d’ observations.
1. I1s’agit méme d'un test de détection de saisonnalité.
2. Quenouille M. H., 1949.
242 © ECONOMETRIESi le coefficient calculé f, est & l’extérieur de cet intervalle de confiance, il
est significativement différent de 0 au seuil a (en général a=0,05 et
1? = 1,96). La plupart des logiciels fournissent, avec le corrélogramme, 'in-
tervalle de confiance, ce qui autorise une interprétation instantanéc.
Nous devons souligner une limite des tests 45 %. En effet, lorsqu’une fone-
tion d’autocorrélation est calculée pour un nombre important de retards, nous
pouvons nous attendre & ce que quelques-uns soient, de maniére fortuite, signi-
ficativement différents de 0. Sih est le nombre de retards, le nombre possible de
faux rejets est alors de 0,05 x h, pour un seuil de confiance de 5 %.
Dans le cas od Je corrélogramme ne laisse apparaitre aucune décroissance de
ses termes (absence de « cut off»), nous pouvons en conclure que la série n’est
pas stationnaire en tendance.
2) Statistiques de Box-Pierce et Ljung-Box
Le test de Box-Pierce permet d’identifier les processus sans mémoire (suite de
variables aléatoires indépendantes entre elles). Nous devons donc identifier
cov();,J;-2) = 0 ou encore p, = 0 Vk.
Un processus de bruit blanc implique que py = ps =... = py =0, soit les
hypothéses
HO: p=pr=...=m%=0
HI : il existe au moins un p; significativement différent de 0.
Pour effectuer ce test, on recourt & la statistique Q (due 4 Box-Pierce!) qui
est donnée par :
h = nombre de retards, f, = autocorrélation empirique d’ordre k, n = nombre
d’ observations.
La statistique @ est distribuée de maniére asymptotique comme un x? (chi-
deux) Ah degrés de liberté. Nous rejetons donc ’hypothase de bruit blanc, au
seuil «r, si la statistique Q est supérieure au x? Iu dans la table au seuil (1 — a)
et h degrés de liberté.
Nous pouvons utiliser aussi une autre statistique, dont les propriétés asymp-
totiques sont meilleures, dérivée de la premiére qui est le Q' de Ljung et Box’ :
ne,
Q' = n(n +2) > —F. qui est aussi distribuée selon un x? & h degrés de liber-
tet
té et dont les régles de décisions sont identiques au précédent. Ces tests sont
appelés par les anglo-saxons : « portmanteau test» soit littéralement test
« fourre-tout ».
1. Box GE. P. et Pierce D. A., 1970,
2. Ljung G. M. et Box GE. P, 1978,
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 2433) Tests de normalité
Pour calculer des intervalles de confiance prévisionnels et aussi pour effectuer
les tests de Student sur les parametres, il convient de vérifier la normalité des
erreurs. Le test de Jarque et Bera (1984), fondé sur la notion de Skewness (asy-
métric) et de Kurtosis (aplatissement), permet de vérifier la normalité d’une dis-
tribution statistique.
a) Les tests du Skewness et du Kurtosis
le
Soit x = — }~(x, — 3)* le moment centré d’ordre k, le coefficient de Skewness
n
a
(B37) est égal a: p)? = 4% et le coefficient de Kurtosis : 6, = 4.
wy ir
Si la distribution est normale et le nombre d’ observations grand (n > 30) :
a [6
N{O;
a en(n ff
On construit alors les statistiques
17-0 =3
ys Wr =O! vy = eM que l’on compare & 1,96 (valeur de la loi nor-
male au seuil de 5 %).
Si les hypothéses HO: v; = 0 (symétrie) et v, = 0 (aplatissement normal)
sont vérifiées, alors v, < 1,96 et v) < 1,96 ; dans le cas contraire, l’hypothése de
normalité est rejetée.
b) Le test de Jarque et Bera
Il s’agit d’un test qui synthétise les résultats précédents ; si #1’ et 8, obéissent
Ades lois normales alors la quantité s :s =" 6, 4 bs —3)? suit un x? &deux
degrés de liberté
6
Done si s > x2.,(2), on rejette I'hypothése HO de normalité des résidus au
seuil a.
Ces tests de normalité servent également dans le cas ot il y a hétéroscédaci-
té. En effet, ’hétéroscédacité se manifeste sur le graphe de la distribution par
des queues de probabilité plus épaisses (distribution leptokurtique) que les
queues de la loi normale.
4) Tests d’homoscédasticité
Un processus de bruit blanc doit étre homoscédastique, les tests d’hétéroscédas-
ticité du chapitre 5, Section II peuvent étre utilisés.
244 @ ECONOMETRIE— Le test de Goldfeld-Quandt a pour but de comparer la somme des carrés
des résidus d’ estimation aprés avoir scindé les résidus en deux sous-échan-
tillons.
— Un autre test consiste 4 étudier la distribution des carrés des résidus.
L’analyse des termes du corrélogramme des résidus au carré permet de tes-
ter existence d’une hétéroscédacité. Si certaines valeurs de la FAC (tests
de Box-Pierce ou Ljung-Box) sont significativement différentes de 0, nous
pouvons conclure & la présence dune hétéroscédacité.
a non-stationnarité et les tests de racine
unitaire
a non-stationnarité : les processus TS et DS
Les chroniques économiques sont rarement des réalisations de processus aléa-
toires stationnaires. Pour analyser la non-stationnarité, deux types de processus
sont distingués :
— les processus TS (Trend Stationary) qui représentent une non-stationnarité
de type déterministe! ;
— les processus DS (Differency Stationary) pour les processus non station-
naires aléatoires.
a) Les processus TS
Un processus TS s’écrit: x, = f, +e, oi f, est une fonction polynémiale du
temps, linéaire ou non linéaire, et ¢, un processus stationnaire. Le processus TS
le plus simple (ct le plus répandu) est représenté par une fonction polynémiale
de degré 1. Le processus TS porte alors le nom de linéaire et s’ écrit
x, = ay tatte,
Si ¢, est un bruit blanc (gaussien ou non), les caractéristiques de ce proces-
sus sont alors
E[x,] = a0 + at + Ele] =a + at
Vin] =0+ Vie] =o?
cov[x,,x] =0 pourt # t'
Ce processus TS est non stationnaire car Elx,] dépend du temps
Connaissant 4 et @;, le processus x, peut étre stationnarisé en retranchant, de Ia
valeur de x, en 1, la valeur estimée @ + 2,1. Dans ce type de modélisation, l’ef-
1, Par définition, un processus est aléatoire doi I’ambiguité du terme de processus déterministe.
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 245fet produit par un choc (ou par plusieurs chocs aléatoires) 4 un instant f est tran-
sitoire. Le modéle étant déterministe, la chronique retrouve son mouvement de
long terme qui est ici la droite de tendance. Il est possible de généraliser cet
exemple & des fonctions polyndmiales de degré quelconque.
b) Les processus DS
Les processus DS sont des processus que I’on peut rendre stationnaires par ’uti-
lisation d’un filtre aux différences : (1 — D)‘x, = B + ¢, od e, est un processus
stationnaire, 6 une constante réelle, Dl’ opérateur décalage et dl’ ordre du filtre
aux différences.
Ces processus sont souvent représentés en utilisant le filtre aux différences pre-
mitres (d = 1). Le processus est dit alors processus du premier ordre. Il s’écrit
(l= D)x, =P +e, ex, =Hitfh+e
Lintroduction de la constante f dans le processus DS permet de définir deux
processus différents
+ B =0 : le processus DS est dit sans dérive.
Is’écrit: x, =x +6,
Comme ¢, est un bruit blanc, ce processus DS porte le nom de modéle de
marche au hasard ou de marche aléatoire (Random Walk Model). Il est trés fré-
quemment utilisé pour analyser I’efficience des marchés financiers.
Pour étudier les caractéristiques de ce modéle, écrivons-le sous sa forme
développée
Mee = Mea $a SP Sn FE HE
Man = Mas $a SP HM boa tea te
etc.
Si le premier terme de la chronique est xo, le modéle s’écrit alors
= x0+ Ya
iat
Les caractéristiques de ce processus sont (en supposant xo certain)
Elx:] = x0
Vid = t02
cov[x,,xy] = 02 x Min(t,1’) sit #1
Par exemple :
cov(x4,.%2) = El(to + €1 + &2 + €3 + €4)(Xo + 1 + €2)]
= Ee, x &)) + Ele: x 62) = 20?
En effet tous les produits E(6, x €/) =0 sit # ¢'
246 © ECONOMETRIECe processus est non stationnaire en variance puisqu’elle dépend du temps.
Cette non stationnarité est dite aléatoire ou stochastique.
Pour stationnariser la marche aléatoire, il suffit d’appliquer au processus le
filtre aux différences premidtes : x, =x.) + €, € (I—D)x, = 6,
* B £0 : le processus porte alors le nom de processus DS avec dérive.
Us'écrit: x, =x. +B +6.
Comme précédemment, on peut rechercher sa forme équivalente développée :
SMa t B+ er
Meet = Ma $B HE SX =H +2 t+eite
Keen = Mg +B FG SH HH FIP teaterte
ete.
Si on suppose la valeur d'origine x) connue et déterministe, on a alors
X= Xo + Bt t+ > Ej
On peut analyser les caractéristiques de ce processus :
E[x,] = Xo + Bt
Via] = to?
cov[x,.xy] =o? x Min(t,t’) sit #
Le processus est non stationnaire de par son espérance et sa variance.
Lespérance étant de la méme forme que celle d’un processus TS, on reconnait
dans ce processus une non stationnarité déterministe et aléatoire & la fois.
La stationnarisation de ce processus est réalisée en utilisant le filtre aux dif-
férences premiéres
x =H +B +e o(1- Bx, =B +e
Soit en employant la forme développée :
x) = Xo + Bt+ Doe et en calculant : x,1
ta
it
xo + BQN + Dra
ra
Ona: x, =x) = (= Bx, =P +e).
Dans les processus de type DS, un choc 3 un instant donné se répercute
Vinfini sur les valeurs futures de la série ; effet du choc est donc permanent et
va en décroissant.
En résumé, pour stationnariser un processus TS, la bonne méthode est celle
des moindres carrés ordinaires ; pour un processus DS, il faut employer le filtre
aux différences. Le choix d’un processus DS ou TS comme structure de la chro-
nique n’est done pas neutre.
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 247©) Conséquences d’une mauvaise stationnarisation du processus
Pour un processus TS, la bonne méthode de stationnarisation est celle des
moindres carrés ordinaires. Supposons que l'on applique au processus TS du pre-
mier ordre un filtre aux différences premiéres. A priori, comme le degré du poly-
nome est 1, ce filtre peut étre considéré comme correct puisqu'un filtre aux dif-
férences d'ordre d élimine un polynéme de méme degré. Cependant, on démontre
que l'application du filtre aux différences a créé une perturbation artificiclle.
Pour un processus DS, la bonne méthode de stationnarisation est le filtre aux
différences premigres. Supposons que l'on applique la méthode des moindres
carrés ordinaires (régression sur le temps) sur les observations d'un échantillon
du processus, les paramétres de la tendance sont estimés et par conséquent le
résidu de la régression doit étre un bruit blane. Nelson et Kang montrent & par-
tir de simulations, que I'élimination d'une tendance linéaire sur un processus de
marche aléatoire crée artificiellement une forte autocorrélation des résidus pour
les premiers retards.
Sur le plan économétrique, il est done primordial d'identifier clairement le
processus sous-jacent et d'employer la méthode adéquate de stationnarisation.
Sinon le risque de créer des « bruits parasites » artificiels est trés élevé.
Les conséquences sont également importantes sur le plan économique.
Considérons, par exemple, le PIB d'un pays comme la France en valeur réelle.
Si ce PIB est DS plutst que TS, il est alors nécessaire de remettre en cause la
décomposition traditionnelle (tendance et cycle) et sa justification théorique
Tindépendance des schémas explicatifs. Si le PIB est en effet DS, la croissance
et le cycle sont liés et ne peuvent étre en conséquence étudiés de fagon séparés.
Or, d'aprés les travaux de Nelson et Plosser (1982) sur des chroniques macro-
économiques américaines, la variabilité constatée de la composante conjonctu-
relle serait due A une structure DS. Comme jusqu’a présent, I'analyse de cette
composante s'effectue a partir du résidu d'une régression entre le PIB et une ten-
dance déterministe, cette analyse surestime I'amplitude du cycle et sous-estime
Yimportance de la tendance. Sur ce constat, Beveridge S. et Nelson C.R. (1981)
proposent une décomposition des processus selon une tendance stochastique
(permanente) qui obéit 4 une marche aléatoire avec ou sans dérive et une com-
posante stationnaire (transitoire). Par la suite Harvey A.C. (1988) utilise les
modéles structurels 4 composantes inobservables (modéle tendance plus cycle et
tendance-cycle) représentées sous forme d'un modéle espace d’états estimé par
le filtre de Kalman.
es tests de racine unitaire
et la stratégie séquentielle de test
Les tests de racine unitaire « Unit Root Test » permettent non seulement de
détecter l’existence d’une non-stationnarité mais aussi de déterminer de quelle
non-stationnarité il s’agit (processus TS ou DS) et donc la bonne méthode pour
stationnariser la série.
248 @ ECONOMETRIEa) Tests de racines unitaires : tests de Dickey-Fuller (1979)
Les tests de Dickey-Fuller (DF) permettent de mettre en évidence le caractére
stationnaire ou non d’une chronique par la détermination dune tendance déter-
ministe ou stochastique.
Les modéles servant de base & la construction de ces tests sont au nombre de
trois. Le principe des tests est simple : si I'hypothése HO: ¢, = 1 est retenue
dans I’un de ces trois modéles, le processus est alors non stationnaire.
Ux = dma +e Modéle autorégressif d’ordre 1
x =dima +B +e Modile autorégressif avec constante.
B)x =o. +brte+e Modile autorégressif avec tendance.
Si ’hypothése HO est vérifiée, la chronique x, n’est pas stationnaire quel que
soit le modéle retenu.
Dans le dernier modale [3], si on accepte Hl : 4; < 1 et sile coefficient b est
significativement différent de 0, alors le processus est un processus TS ; on peut
le rendre stationnaire en calculant les résidus par rapport & la tendance estimée
par les moindres carrés ordinaires.
Sous HO, les régles habituelles de l’inférence statistique ne peuvent pas étre
appliquées pour tester cette hypothése, en particulier la distribution de Student
du paramétre ¢, ; Dickey et Fuller ont done étudié la distribution asymptotique
de lestimateur 4; sous ’hypothése HO. A l’aide de simulations de Monte-Carlo,
ils ont tabulé les valeurs critiques pour des échantillons de tailles différentes.
Ces tables sont des tables! analogues aux tables du t de Student. Les auteurs ont
choisi de tester la valeur (¢; — 1) au lieu de $, pour des raisons purement sta-
tistiques. Cela n'est pas génant pour le test. En effet, x, = ¢ix-1 + &; s'écrit
aussi
By Xen = GX — Ma +e
Ax =i —-Deite
est donc équivalent de tester comme hypothése HO : ¢; = 1 ou ¢—1=0
Les principes généraux du test sont les suivants.
On estime par les moindres carrés ordinaires le paramétre ¢; noté $; pour les
moddles [1], [2] ct [3]. L’estimation des coefficients et des écarts types du modéle
par les moindres carrés ordinaires fournit 13, qui est analogue A la statistique de
Student (rapport du coefficient sur son écart type). Si fj, > faye, alors on accep-
te Phypothése HO; il existe une racine unité, le processus n’est donc pas
stationnaire.
Remarque : les principaux logiciels d’analyse de séries temporelles calculent
automatiquement les valeurs critiques f,
b) Les tests de Dickey et Fuller Augmentés
Dans les moddles précédents, utilisés pour les tests de Dickey-Fuller simples, le
processus ¢, est, par hypothése, un bruit blanc. Or il n’y a aucune raison pour
1. Cf. table 7 en fin d’ouvrage.
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 249que, a priori, l'erreur soit non corrélée ; on appelle tests de Dickey-Fuller
Augmentés (ADF, 1981) la prise en compte de cette hypothése.
Les tests ADF sont fondés, sous ’hypothése alternative |i] <1, sur lesti-
mation par les MCO des trois modéles
*
Modéle [4] : Ax, = px — Ve Arys +e,
Modéle [5] : Ax, = pxi1— YO 9) Ax-ja1 Fe + &
Modéle [6] : Ax,
i — DG AR bet bt +e
avec & — iid.
Le test se déroule de maniére similaire aux tests DF simples, seules les tables
statistiques different. La valeur de p peut étre déterminée selon les critéres de
Akaike ou de Schwarz, ou encore, en partant d'une valeur suffisamment impor-
tante de p, on estime un modile & p— 1 retards, puis & p — 2 retards, jusqu’A ce
que le coefficient du p*™* retard soit significatif.
c) Le test de Phillips et Perron (1988)
Ce test est construit sur une correction non paramétrique des statistiques de
Dickey-Fuller pour prendre en compte des erreurs hétéroscédastiques. Il se
déroule en quatre étapes :
1) Estimation par les moindres carrés ordinaires des trois modéles de base
des tests de Dickey-Fuller et calcul des statistiques associées, soit e, le résidu
estimé.
ela
2) Estimation de la variance dite de court terme 3? = — oe?
n
3) Estimation d'un facteur correctif s? (appelé variance de long terme) établi
a partir de la structure des covariances des résidus des modéles précédemment
estimés de telle sorte que les transformations réalisées conduisent 4 des distri-
butions identiques & celles du Dickey-Fuller standard
1 > u 1<
ive ry (--4); Veen
Pour estimer cette variance de long terme, il est nécessaire de définir un
nombre de retards / (troncature de Newey-West) estimé en fonction du nombre
d'observations n, 1 © 4(n/100)*",
1G,
4) Calcul de la statistique de PP : 15, = VE x #2
55,
1 nk
avec k= = (qui est égal 4 1 — de maniére asymptotique - si e, est un bruit
blanc). Cette statistique est & comparer aux valeurs critiques de la table de
MacKinnon,
250 @ ECONOMETRIEd) Stratégie de tests
Nous constatons que pour réaliser un test de racine unitaire, le résultat n'est pas
identique selon l'utilisation de l'un des trois modéles comme processus généra-
teur de la chronique de départ. Les conclusions auxquelles on parvient sont donc
différentes et peuvent entrainer des transformations erronées. C’est la raison pour
laquelle Dickey et Fuller, et & leur suite d'autres auteurs, ont élaboré des straté-
gies de tests!. Nous présentons un exemple simplifié (schéma 1) d’une stratégie
de tests. Les valeurs critiques des 1; et r; permettant de tester la nullité des coeffi-
cients c et b des modéles [2] et [3] sont données en fin d’ouvrage (table 7).
e) Le test KPSS (1992)
Kwiatkowski ef al. (1992) propose d’utiliser un test du multiplicateur de
Lagrange (LM) fondé sur I’hypothése nulle de stationnarité. Aprés estimation
des modéles [2] ou [3], on calcule la somme partielle des résidus : 5, = > e; et
on estime la variance de long terme (s?) comme pour le test de Phillips et Perron.
Estimation du mode [3]
act begs ba,
Te =0
TetGi=1 oui
Processus TS 19) 1<1 | [ Processus
Heeb Porat as
Extimation du mode [2
neeh Omaha
‘Teste
Tepi= 1
Processus DS | | Processus stationnaire
Estimation du modete 1]
= Oot
Tet $= 1
Processus DS | | Processus stationnaice
Schéma 1 ~ Stratégie simplifiée des tests de racine unitaire
1. Cf Bourbonnais R. et Terraza M. Chapittre 5, 2010.
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 251oe
La statistique est alors LM = = On rejette Phypothise de stationna-
so
Tité si cette statistique est supérieure aux valeurs critiques Iues dans une table
élaborée par les auteurs.
ILest & noter que les logiciels RATS et Eviews permettent directement 'uti-
lisation de ces tests.
Exercice n° 1
ub, fichier C9EX1
Exemple d’application des tests de racine unitaire au CAC40
On demande ’appliquer les tests de non-stationnarité & Vindice CAC4O (indice
représentatif de I’évolution des cours de bourse) sur une période de 1160 jours.
Solution
Nous allons étudier le CAC40 sur 1 160 observations quotidiennes. Le graphique 1
illustre 1évolution de lindice CACAO,
Les fonction d’autocorrélation simple et partielle, pour h = 15 retards, sont obtenues
directement par une fonction =
Sample. 11180
Included observations: 1160
Autccorralsion PartalConelaton —«AC~==«~PAC.—GAStat_ Prob
0.988 13366 0000
Doss 22457 0000
0.620
015
0.055
0.024
0.008
7 0035
0.005
9.85 -0030
oav4 0018
9.62 0008
t 13 0850 0.040
14 a8se 0.003,
18 9nd? 9.000 14893 60002200)
CAC
Graphique 1 - Evolution de Vindice boursier CAC40
Eviews fournit les résultats des fonctions d’autocorrélation simple (colonne AC) et par-
liclle (colonne PAC), avec les corrélogrammes respectifs. Les bores de Vintervalle de
confiance sont stylisées par des traits pointillés horizontaux ; chaque terme qui sort de cet
intervalle est donc significativement différent de 0 au seuil de 5 %. Nous nous apercevons
gue tous les termes du corrélogramme simple sont extérieurs & l'intervalle de confiance. Le
processus n'est pas un bruit blanc (il semble méme caractéristique d'un processus non sta-
tionnaire). La statistique Q de Ljung-Box (la seule calculée par Eviews) confirme ce fait
Q-Stat = 14483 (au retard k = 15)> 7295.5 = 25, on refuse Vhypothése de nullité des coef
ficients (la probabilité critique de ce test est indiquée a. = 0,000 < 0,05, donc on refu-
se HO). Le processus CAC4O n'est pas un bruit blanc, A partir des tests de Dickey-Fuller
nous allons examiner si le processus est non stationnaire.
Le test de Dickey-Fuller simple consiste a estimer! les trois modéles :
[1] : CAC, — CAC); = DCAG, = ($: = 1) CAC,
[2]: CAC, - CAC, 1 = DCAC, = (1 = 1) CAG, -1 +6
[3] : CAC, — CAC,_; = DCAC, = ($, — 1) CAG, Fe + bt
estimation par les MCO des paramétres du modéle [3] donne
DCAC, = —0,008447 CAC, + 14,94 + 0,0021031
(2,053) 0) (11)
n= 1159 —() =1 empirique.
Le coefficient de la droite de tendance n'est pas significativement différent de 0
1,11), on_rejette Vhypothése d’un processus TS et tj, = —2,053 > tae
3,41 (ou n(Gi — 1) = 1159 x —0,008447 = —9,79 > —21,8); on accepte I'hypo-
thse HO (valeurs critiques au seuil de 5 %) ; le processus n'est pas stationnaire.
estimation par les MCO des paramétres du modéle [2] donne
DCAC, = —0,00709 CAC,_; + 13,63
1,805) (1,85)
n= 1159 -() =F empirique.
1. Ces tests trés britvement présentés ici doivent faire l'objet d’ une stratégie afin de tester les cas
des hypothéses jointes. Cf. Bourbonnais R. et Terraza M., 2010.
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 253Le terme constant n’est pas significativement différent de 0 (¢* = 1,85), on rejette
Phypothése d'un processus DS avec dérive et 5, = —1,805 > fame = —2,86 ; on
accepte 'hypothése HO ; le processus n’est pas stationnaire
Enfin I'estimation par les MCO des paramétres du modéle (1] donne
DCAC, = 0,000174 CAC,
(0,536)
n= 1159—() =¢ empirique.
tg, = 0,536 > fuwie = —1,95, on accepte I'hypothése HO ; le processus n'est pas
stationnaire.
Le test DFA (avec quatre retards) conduit & des résultats similaires
Hypothese HO : CAC posséde une racine unitaire
Nombre de retards (minimum du critére de Akaike) = 4
“Test de Dickey-Fuller Augmenté 1 Statistique Probabilité critique
Modele [4] 0.46 O81
Modble (5] 2,08 0.27
Modile [6] 2.28 0.44
Les probabilités critiques sont toutes supérieures & 0,05, nous ne rejetons pas I’hy-
pothése HO ; nous pouvons donc conclure que le processus CACAO posséde une racine
unitaire et n'est donc pas stationnaire.
Nous procédons ensuite au test de Phillips-Perron avec une troncature | = 6.
Hypothése HO : CAC posséde une racine unitaire
‘Troncature |= 6
Test de Phillips-Perron. {Statistique ajusté __Probabilité critique
Modele [1] 0,50 0,82
‘Modele [2] =1,94 0.31
Modtle (31 2.20 08
Les probabilités critiques sont toutes supérieures & 0,05, nous ne rejetons pas I'hy-
pothése HO ; le processus CAC40 posséde une racine unitaire.
Enfin, nous procédons aux tests KPSS.
Hypothése HO : CAC ne posséde pas une racine unitaire
Troneature / = 6
Test de Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin LM Statistique Valeur critique &
Modéle (2) 2.58 0.46
Modtle [3] 131 0.14
La statistique LM est supérieure & la valeur critique (pour un seuil de $%) pour les
deux spécifications, nous rejetons I’hypothése HO, le processus CAC40 posséde done une
racine unitaire.
Tous les résultats sont convergents, nous pouvons donc conclure que le processus
CACAO n'est pas stationnaire.
S’agit-il d'un processus de marche au hasard sans dérive ? Nous allons le vérifier en
calculant le corélogramme de la série filtrée par les différences premiéres ceci afin de
stationnariser le processus
DCAC, = CAC, - CAC, ,
254 @ ECONOMETRIECorrelogram of DCAC
Sample: 1 1180
Included observations: 1189
Autocorrelation Partial Corelation AC PAC Stat
i Hl 1 1 0.062 0.062 4.4825
1 i \ 2-0.010 -0014 45772
« " 3 -0.039 -0.038 6.3597
1 1 4 0.059 0.084 10.409
i o 50.015 -0024 19.665
t i 6 -0.020 pote 11.145,
i i 70.017 0010 11.483
i t} 8 -0.008 0.012 11.572
0 a 8 0.044 0.046 138
4 4 10 0021 0016 14.247
' 11 0018 0016 14712
» 12 0.040 0.043 19558
i | i 13-0008 -0018 18.634
q 14 0.051 -0.049 19.652
‘ 48-0008 0.001 19741
La statistique Q a une probabilité critique de 0,182 (pour k = 15) largement supé-
rieure & 0,05 ; nous acceptons I'hypothése HO de nullité des coefficients du corrélogram-
me. Le corrélogramme de la série CAC40 filtrée par les différences premiéres est carac-
(Gristique d’un bruit blanc. La série CAC40 est donc bien un processus DS sans dérive.
S'agit-il d’un bruit blanc gaussien ?
Lyhistogramme de la distribution et les valeurs empiriques des Skewness, Kurtosis
et de la statistique de Jarque-Bera sont donnés par
300
Series: DCAC
Sample 2 1160
250 Observations 1159
200. Mean 0.417204
Median 6.000000
es Maximum 102,700
180 Misimum 1827700
Std. Dev. 20.64858
100 Skewness -0.307497
Kurtosis 6.836446
50 Jarque-Bera 741.2931
Probability 0.000000
o
“120” 80
Les tests sont effectués & partir des valeurs
lat 0] _ |-0,39-0)
Vi Vine
= 5,42 > 1,96
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 255et v = 26,61 > 1,96
V11s9
Nous rejetons -hypothése de normalité en ce qui concerne la symétrie et I'aplatissement
de la distribution, ce qui est confirmé par la statistique de Jarque-Bera
JB =741,3 > x¢o5(2) = 5,99. Le processus CACAO en différences est done un bruit
blanc non gaussien
es modéles ARIMA
Nous allons présenter une famille de processus aléatoires qui sont censés recou-
vrir une gamme trés large d’évolution possible de séries chronologiques : les
processus autorégressifs et les processus de moyenne mobile.
ypologie des modéles AR, MA et ARMA
1) Modéle AR (Auto Régressif)
a) Formulation
Dans le processus autorégressif d’ ordre p, I’observation présente y, est générée
par une moyenne pondérée des observations passées jusqu’a la p-iéme période
sous la forme suivante :
AR): y= Oy be,
ARQ): y= O11 + Oda +6
AR(p) 5 yi, = O1Yi-a + Ya HF OpVinp +E (4)
0’ 0;,0,,...,8, sont des parametres a estimer positifs ou négatifs, , est un aléa
gaussien,
Nous pouvons ajouter a ce processus une constante qui ne modifie en rien les
propriétés stochastiques. L’équation [4] peut aussi s’écrire & I’aide de I’ opéra-
teur décalage D
(1-@,D—6,D? -...-6,D")y,
b) Caractéristiques des corrélogrammes
Iest démontré que le corrélogramme simple d’un processus AR(p) est caracté-
risé par une décroissance géométrique de ses termes de type
Pp =
Le corrélogramme partiel a ses seuls p premiers termes différents de 0.
256 @ ECONOMETRIE2) Modéle MA (Moving Average : Moyenne Mobile)
a) Formulation
Dans le processus de moyenne mobile d’ordre q, chaque observation y, est géné-
rée par une moyenne pondérée d’ aléas jusqu’a la q-itme période.
MAI): y, = 6: — O61
MA(2) : yp = &) — 181-1 — O28)
MA(q) = yr = £1 — i624 — e609 — = ying [5]
ob o4,04,..- 0 Sont des paramétres pouvant étre positifs ou négatifs et ¢, est un
aléa gaussien.
L’équation [5] peut aussi s’écrire :
(l= a,D —a,D*—
Die, = yy
Dans ce processus, tout comme dans le modéle auto-régressif AR, les aléas
sont supposés tre engendrés par un processus de type bruit blanc. Nous pou-
vons interpréter le modéle MA comme étant représentatif d’une série chronolo-
gique fluctuant autour de sa moyenne de maniére aléatoire, d’ot le terme de
moyenne mobile car celle-ci, en lissant la série, gomme le bruit créé par I’aléa,
Test A noter qu’il y a équivalence entre un processus MA(1) et un processus
AR d’ordre p infini :
MA(I) = AR(oo).
b) Caractéristiques des corrélogrammes
Le corrélogramme simple d’un processus MA(q) est de la forme générale
Ye eet.
P=
pour k =0,1,....g et p =0 pourk > q,
Cest-d-dire que seuls les premiers termes du corrélogramme simple sont
significativement différents de 0.
Le corrélogramme partiel est caractérisé par une décroissance géométrique
des retards.
3) Modéle ARMA (mélange de processus AR et MA)
a) Formulation
Les modéles ARMA sont done représentatifs d’un processus généré par une
combinaison des valeurs passées et des erreurs passées. Ils sont définis par
Véquatior
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 257ARMA(p,q) : (1— 6,D — 6,D? —...— 6,D")y, =
= (1-a,D—a,D* -...-a,D%)e,
Nous avons :
ARMA(1,0) = AR(1); ARMA(, 1) = MA(1).
Dans le cas d'un processus ARMA(p, q) avec constante
Ye = MAK 1 FOX 2 Ho + OpXtap + Er — ME
OnE pg Ton Og Erg
M
(1-8, -@ —
Lespérance du processus est donnée! par E(x,) 3)
Done connaissant I’espérance du processus (Eviews calcule directement I’
pérance du processus), la constante du processus ARMA est déterminée par
= E(u) x (1-6) —... — 8)
b) Caractéristiques des corrélogrammes
Les corrélogrammes simples et partiels sont, par voie de conséquence, un
mélange des deux corrélogrammes des processus AR et MA purs. Il s'avére
ainsi plus délicat d’identifier ces processus & partir de I’étude des fonctions
d’autocorrélation empiriques.
Le tableau 2 synthétise les caractéristiques, en termes de corrélogrammes,
des processus AR, MA ct ARMA.
Tableau 2 ~ Résumé des propriétés des fonctions d’autocorrélation
simple et partielle
Processus | Fonction autocorrélation simple | Fonction autocorrélation partielle
AR) Décroissance exponeatielle(@, >0) ou | Pic signticaif pour le premier retard:
sinusoidale amore (0, <0) Positif si&, > 0 et négatif si 8, <0,
les autres coefficients nuls pour des
retards > 1
ARQ) Décroissance exponeatelle ou sinusoi- | Pics signticatifs pour le premier et
dale selon les signes de 0, et 0, second retards, les autres coefficients sont
nls pour des retards > 2
ARQ) Décroissance exponentielle evou sina- | Pics signifcatfs pour les p premiers
soidale retards, les autres coefficients sont nuls
pour des retards > p
1, Il suffit de remplacer chaque terme E(x;) = E(e—1) =
est stationnaire,
E (x12) =
= Bip) cat la sérieProcessus | Fonction autocorrélation simple | Fonction autocorrélation partielle
MAG) Pic significatif pour le premier retard: | Décroissance exponeatielle (e, > 0) ou
posit si cr, 0. | sinusoidale amortie (a, < 0)
Les autres coefficients sont muls pour
des retards > 1
MAQ) Pics significaifs pou le premier et | Décroissance exponeatielle ou sinusoida-
second retard, Les autres coefficients | Ie selon les signes de ar, et
sont nuls pour des retards > 2
MAG) Pics signifcatifs pou les g premiers | Décroissance exponentielle eVou sinusoi-
retards, Les autres coefficients nuls pout dale
des retards > q
ARMA(I,1) | Décroissance géométrique & partir du | Décroissance exponentille (r, > 0) ou
premier retard, le signe est déterminé | sinusoidale amortie (cr, <0)
para,
ARMAQ?, @) | Décroissance exponentille ou sinusoi- | Décroissance exponentelle ov sinusoida-
dale amortie tonquée apzés (q~p) | le amorti tronquée aprés p— q retards,
retards
4) Conditions d'utilisation
Les modéles AR, MA, ARMA ne sont représentatifs que de chroniques
~ stationnaires en tendance ;
~ corrigées des variations saisonnitres.
extension aux processus ARIMA et SARIMA
Les tests de Dickey-Fuller et Dickey-Fuller Augmenté envisagés précédemment
permettent de déterminer si la série est stationnaire et dans le cas d'une non-
stationnarité de quel type il s’agit : TS ct DS.
Si la série étudiée est de type TS, il convient de la stationnariser par régres-
sion sur le temps et le résidu d’ estimation est alors étudié selon la méthodologie
de Box-Jenkins, Ceci permet de déterminer les ordres p et q des parties AR et
MA du résidu. Le mod@le est toujours dans ce cas un ARMA(p, 4).
Si la série étudiée est de type DS, il convient de la stationnariser par passa-
ge aux différences sclon l’ordre d’intégration [ = d (c’est--dire le nombre de
fois qu’il faut différencier la série pour la rendre stationnaire). La série diffé-
renciée est alors étudiée selon la méthodologie de Box-Jenkins qui permet de
déterminer les ordres p et q des parties AR et MA. On note ce type de modéle
ARIMA(p, d,q)
Les modéles SARIMA permettent d’intégrer un ordre de différenciation lié
a une saisonnalité généralisée par Ja transformation : (1 — D’)y, = y, — yi, 0
5 correspond & la périodicité des données (s = 4 pour une série trimestrielle,
s = 12 pour une série mensuelle).
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 259Exercice n° 2
Génération de processus ARMA et analyse des corrélogrammes
On demande de générer sur 200 observations, de manitre artificielle, les processus
suivants et den étudier les corrélogrammes.
1) MA(): y, = 24+ (1 4+0,8 D)e,
2) ARC): (1 -0,9 Dy, = 2 + &
3)MAQ): y, = 2+ (1 40,6 D —0,3 D)e,
4) AR(2): (1 -0,9D +0,7 D*)y, =2 + &
5) ARMA(1, 1) : (1 — 0,9 D)y, = 2+ (1 +0,8 D)e,
avec &, > N(O; 1).
Solution
Le programme Eviews (L£,C9EX2,PRG) permettant de générer les processus est dis-
ponible en téléchargement.
a méthode de Box et Jenkins
La partie autorégressive d’un processus, notée AR, est constituée par une com-
binaison linéaire finie des valeurs passées du processus. La partie moyenne
mobile, notée MA, est constituée d’une combinaison linéaire finie en t des
valeurs passées d’un bruit blanc, Wold (1954) montre que les modéles ARMA
permettent de représenter la plupart des processus stationnaires. L’ approche de
Box et Jenkins (1976) consiste en une méthodologie d’ étude systématique des
séries chronologiques a partir de leurs caractéristiques afin de déterminer, dans
Ia famille des modéles ARIMA, le plus adapté a représenter le phénoméne étu-
dig. Trois étapes principales sont définies.
echerche de la représentation adéquate :
Videntification!
La phase d’identification est la plus importante et la plus difficile : elle consiste
4 déterminer le modéle adéquat dans 1a famille des modéles ARIMA. Elle est
1. Attention : il ne faut pas confondre l'emploi de ce terme avec son utilisation dans le cadre des
modeles a équations simultanées.
260 ¢ ECONOMETRIEfondée sur I’étude des corrélogrammes simple et partiel. Nous pouvons essayer
d’édicter quelques régles simples facilitant la recherche des paramétres p, d, q
du modéle ARIMA.
1) Désaisonnalisation
Dans le cas d’une série affectée d’un mouvement saisonnier, il convient de la reti-
rer préalablement & tout traitement statistique. Cette saisonnalité est ajoutée 3 la
série prévue & la fin du traitement afin d’ obtenir une prévision en terme brut.
2) Recherche de la stationnarité en terme de tendance
Si Pétude du corrélogramme simple et les tests statistiques sy rapportant (statis-
tique Q) présagent d’une série affectée d’une tendance, il convient d’en étudier les
caractéristiques selon les tests de Dickey-Fuller. La méthode d’élimination de la
tendance est fonction du processus DS ou TS sous-jacent & la chronique étudiée.
Apres stationnarisation, nous pouvons identifier les valeurs des paramétres
p,q du modéle ARMA.
* Si le corrélogramme simple n’a que ses q premiers termes (q = 3 maximum)
différents de 0 et que les termes du corrélogramme partie! diminuent lente-
ment, nous pouvons pronostiquer un MA(q)
+ Si le corrélogramme partiel n’a que ses p premiers termes (p = 3 maximum)
différents de 0 et que les termes du corrélogramme simple diminuent lente-
ment, cela caractérise un AR(p).
+ Si les fonctions d’autocorrélation simple et partiel ne paraissent pas tronquées,
i s’agit alors d’un processus de type ARMA, dont les paramétres dépendent
de la forme particuliére des corrélogrammes.
stimation des paramétres
Les méthodes d’estimation différent selon le type de processus diagnostiqué.
Dans le cas d’un modéle AR(p), nous pouvons appliquer une méthode des
moindres carrés (cf. chapitre 7) ou bien nous pouvons utiliser les relations exis-
tantes entre les autocorrélations et les coefficients du modéle (€quations de Yule-
Walker).
L’estimation des paramétres d’un modéle MA(q) s’avére plus complexe.
Box et Jenkins suggérent d’utiliser une procédure itérative de type balayage que
nous pouvons illustrer de la maniére suivante.
Supposons le processus
(1 = @,D -6,D*)y, = (1 - aD — @2D*)e,
que nous pouvons écrire :
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 2611 2
»= Topprap Ub -mP ade
N $v, = ——_____
ous posons = -—a aE
il vient alors :
Vy — OV — OVs_2 = & [6]
Ce qui nous donne
y My U.1 — O2Y-g OY, = Ye FO Y1 OY a
Nous pouvons alors initialiser la procédure de balayage en partant de deux
intervalles de valeurs plausibles pour (@,;@) et d’un pas d’incrémentation.
Puis, pour chaque couple de valeurs @;; @), nous posons : = 0 et 7, = 0,
et nous calculons les valeurs estimées de 9, 4 partir de la relation [7] :
Aprés calcul de toutes les valeurs de 7, nous estimons les paramétres 8, et
6, par la méthode des moindres carrés appliquée 4 l’équation [6]
Y= OY + Oren +E 8]
Nous retenons les valeurs 6,, 8, et @, & qui rendent minimum la somme
des carrés des résidus issue de la régression de I’équation [8]
Cette méthode d’estimation n’est valide que si le nombre de paramatres
estimer n'est pas trop important.
Nous pouvons mentionner des méthodes d’estimation fondées sur une maxi-
misation de fonctions de vraisemblance recourant alors 4 des procédures itéra-
tives de régression non linéaire, telles que celles envisagées au chapitre 6.
ests d’adéquation du modéle et prévision
Les paramétres du modéle étant estimés (on vérifie la convergence de la procé-
dure itérative d’ estimation), nous examinons les résultats d’ estimation.
* Les coefficients du modéle doivent étre significativement différents de 0 (Ie test
du f de Student s’applique de maniére classique). Si un coefficient n’est pas
significativement différent de 0, il convient d’envisager une nouvelle spécili-
cation éliminant I’ ordre du mod@le AR ou MA non valide,
+ L’analyse des résidus : siles résidus obéissent a un bruit blane, il ne doit pas
exister d’autocorrélation dans la série et les résidus doivent étre homoscédas-
tiques. Les tests suivants peuvent étre utilisés,— le test de Durbin Watson, bien qu’il ne permette de détecter que des auto-
corrélations d’ ordre 1 ;
— les tests de Box et Pierce et de Ljung et Box (cf: I, C de ce chapitre) qui
permettent de tester l'ensemble des termes de la fonction d’autocorréla-
tion, Si le résidu est & mémoire, cela signifie que la spécification du modé-
le est incomplate et qu'il convient d’ajouter au moins un ordre au proces-
sus ;
— le test ARCH d’hétéroscédasticité (cf. chapitre 5, 11, D) effectué a partir de
la fonction d’autocorrélation du résidu au carré,
La phase de validation du modéle est trés importante et nécessite le plus sou-
vent un retour a la phase d’ identification
Lorsque le modéle est validé, la prévision peut alors étre calculée & un hori-
zon de quelques périodes, limitées car la variance de l’erreur de prévision croit
trds vite avec horizon,
Nous pouvons résumer les différentes étapes de la méthodologie de Box et
Jenkins & partir du schéma 2.
—___ |
a
ee
or | cee
Schéma 2 — Les étapes de la méthodologie de Box et Jenkins
Eléments d’analyse des séries temporelles @ 263
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