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Antennes pour Télécommunications: Types et Principes

Ce document présente plusieurs antennes élémentaires et avancées utilisées pour les télécommunications, notamment le dipôle élémentaire, la boucle élémentaire, leurs propriétés de rayonnement et leurs équations de champ. Il explique également que des antennes plus complexes sont nécessaires pour obtenir de meilleures performances comme des gains plus élevés et des bandes passantes plus larges, en particulier pour les applications sans fil embarquées et mobiles.
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Antennes pour Télécommunications: Types et Principes

Ce document présente plusieurs antennes élémentaires et avancées utilisées pour les télécommunications, notamment le dipôle élémentaire, la boucle élémentaire, leurs propriétés de rayonnement et leurs équations de champ. Il explique également que des antennes plus complexes sont nécessaires pour obtenir de meilleures performances comme des gains plus élevés et des bandes passantes plus larges, en particulier pour les applications sans fil embarquées et mobiles.
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Antennes

C. Antennes pour les télécommunications

Plusieurs exemples d’antennes de base ou avancées utilisées pour les télécommunications sont
présentées dans ce chapitre. Les principes de fonctionnement, les structures, les performances typiques
et quelques formules basiques pour le dimensionnement sont proposées. Bien que les antennes filaires
et les boucles constituent les antennes les plus courantes car les plus simples et les moins onéreuses,
leurs performances sont parfois limitées et il est nécessaire de concevoir des éléments rayonnants plus
complexes pour obtenir de meilleurs gains, des bandes passantes plus larges. Le développement des
applications sans fils embarquées et mobiles augmentent l’exigence en terme de miniaturisation des
antennes.

I. Antennes élémentaires
1. Dipôle élémentaire ou dipôle de Hertz
Un dipôle élémentaire ou dipôle de Hertz ou doublet électrique est un fil de longueur h très
inférieure à la longueur d’onde (h < Ȝ/10). Connecté à une source d’excitation, on considère que
l’amplitude du courant est constante le long de l’antenne. On l’appelle dipôle ou doublet car des
charges de signe opposé sont stockées à chaque extrémité. Les équations 43 à 46 donnent les
expressions générales des champs électriques et magnétiques générées par cette antenne. Bien
qu’idéale, cette antenne sert de référence car une antenne filaire plus longue peut être vue comme une
succession de dipôles élémentaires.
Eș &
Er = 2
ηβ 2 I o h § 1 j ·
cos θ ¨¨ 2 2 − 3 3 ¸¸e − jβr Équation 43
Z
Er 4π ©β r β r ¹
& ηβ 2 I o h § 1 j j ·
ș R Hij Eθ = sin θ ¨¨ 2 2 + − 3 3 ¸¸e − jβr Équation 44
4π ©β r βr β r ¹
Io O Y
& I ×h 1 1
Hϕ = 2× ×ηβ 2 × sin θ × ( + j ) × e − jβr Équation 45
ij 4π β ²r ² βr
X & & & &
Eϕ = H r = H θ = 0 Équation 46
Figure 20 – Champ rayonné par
un dipôle élémentaire
Ces expressions font apparaître des termes réels et imaginaires. Dans le calcul du vecteur de
Poynting, les termes réels correspondent à la puissance active, celle transportée par l’onde progressive,
alors que les termes imaginaires correspondent à la puissance réactive, celle conservé par une onde
stationnaire qui ne se propage pas et reste au voisinage du doublet. A proximité de l’antenne (zone de
champ proche) le champ électrique est prédominant. Ces expressions peuvent se simplifier lorsqu’on
λ 1 1
s’éloigne suffisamment ( β R >> 1 Ÿ R >> ). Les termes en et deviennent
2π (βR ) 2
(βR )3
négligeables. Seules termes réels persistent, l’onde formée est donc une onde progressive. L’antenne
rayonne ! En outre, seule les champs E et H forment une onde TEM puisqu’elles sont forment un
trièdre direct avec la direction de propagation. On peut remarquer aussi que la polarisation de l’onde
est rectiligne.

26
Antennes

ϴ
& 60π § 2πR ·
Eθ = j h.I . sin θ exp¨ − j ¸

Champ électrique (V)


λR © λ ¹ ϲ
Équation 47
ϰ

& 1 § 2πR ·
Hϕ = j h.I . sin θ exp¨ − j ¸ Ϯ
2λR © λ ¹
Équation 48
Ϭ
Ϭ ϯϬ ϲϬ ϵϬ ϭϮϬ ϭϱϬ ϭϴϬ
Theta ( )

Il est possible de déterminer les propriétés suivantes à cette antenne :


ƒ L’antenne présente une symétrie de révolution puisque le champ ne dépend pas de ij
ƒ La fonction caractéristique de rayonnement est égale à r (θ ) = sin 2 (θ ) Équation 49
3 2
ƒ La directivité de l’antenne est égale à D(θ ) = sin (θ ) Équation 50
2
ƒ Si les pertes sont négligeables, le gain de l’antenne est de 1.5 ou 1.76 dBi.
ƒ L’angle d’ouverture à 3 dB est de 90°.
2
§ πh ·
ƒ La résistance de rayonnement est égale à : Rrad = 80¨ ¸ Équation 51. Plus le rapport
©λ ¹
entre la longueur du doublet sur la longueur d’onde augmente, plus le rayonnement devient
efficace.

2. Boucle élémentaire – antenne boucle


Les boucles constituent le deuxième type d’antenne le plus courant. Nous allons considérer le
cas d’une boucle circulaire dont le rayon b est petit devant la longueur d’onde. Les équations 52 à 55
donnent les expressions générales des champs électriques et magnétiques générées par cette antenne.
z
Hr 2ωμβ o2 § 1 1 ·
Hș Hr = j × Iπb 2 × cosθ × ¨¨ − j 3 3 ¸¸ × e − jβ o r Équation 52
4πη o © βor βo r ¹
R

ș
ωμβ o2 § 1 1 1 ·
Io
b y Hθ = j × Iπb 2 × sin θ × ¨¨ j + 2 2 − j 3 3 ¸¸ × e − jβ r Équation 53 o

4πη o © βor βo r βo r ¹

x ωμβ o2 § 1 1 ·
Figure 21 – Champ rayonné Eϕ = − j × Iπb 2 × sin θ × ¨¨ j + 2 2 ¸¸ × e − jβ r Équation 54 o

4π © βor βo r ¹
par une boucle de courant
H ϕ = E r = Eθ = 0 Équation 55

Les expressions sont proches de celles du dipôle électrique. La boucle élémentaire est aussi
appelée dipôle magnétique. Les équations du champ font aussi apparaître des termes réels et
imaginaires, qui vont correspondre à la puissance active (onde progressive) et réactive (onde
stationnaire). A proximité de l’antenne (zone de champ proche) le champ magnétique est prédominant.
λ 1 1
A grande distance ( β R >> 1 Ÿ R >> ), les termes en et deviennent négligeables.
2π (βR ) (βR )3
2

27
Antennes

ϴ
Seules termes réels persistent, l’onde

Champ électrique (V)


formée est donc une onde progressive. ϲ
L’antenne rayonne ! En outre, seule les
champs E et H forment une onde TEM ϰ
puisqu’elles sont forment un trièdre direct
avec la direction de propagation.
Ϯ
Il est possible de déterminer les
propriétés suivantes à cette antenne :
Ϭ
Ϭ ϯϬ ϲϬ ϵϬ ϭϮϬ ϭϱϬ ϭϴϬ
Theta ( )

ƒ L’antenne présente une symétrie de révolution puisque le champ ne dépend pas de ij


ƒ La fonction caractéristique de rayonnement est égale à : r (θ ) = sin 2 (θ ) Équation 56
3 2
ƒ La directivité de l’antenne est égale à D(θ ) = sin (θ ) Équation 57. Elle est identique à
2
celle du dipôle électrique.
ƒ Si les pertes sont négligeables, le gain de l’antenne est de 1.5 ou 1.76 dBi.
ƒ L’angle d’ouverture à 3 dB est de 90°.
ƒ Soit S la surface de la boucle, la résistance de rayonnement est égale à :
2
§ S ·
Rrad = 31170 × ¨ 2 ¸ Équation 58. Plus le rapport entre la surface de la boucle sur la
©λ ¹
longueur d’onde augmente, plus le rayonnement devient plus efficace.
ƒ Le facteur de qualité d’une petite boucle créée avec un fil de rayon rw est donné par
6§ b ·
¨¨ ln − 2 ¸¸
π ¹ Équation 59.
Q= ©
rw
(β r )3

L’antenne boucle est principalement inductive, sa capacité propre est assez faible. Sa
fréquence de résonance est généralement fixée à l’aide d’une capacité placée en série. De nombreuses
formes peuvent être données à cette boucle. Par exemple, la figure ci-dessous présente un exemple
d’antenne boucle carrée pour un lecteur d’une application RFID fonctionnant à 13.56 MHz.

Figure 22 – Antenne boucle carrée pour une application RFID [Chen]

Remarque : antenne champ proche


Le rayonnement en champ lointain d’une petite antenne boucle est généralement faible.
Cependant, en raison du fort champ magnétique en zone de champ proche, celles-ci sont employées
comment antenne champ proche notamment pour les applications de Radio Frequency Identification
(RFID). Entre le lecteur et le tag, lors d’un couplage en champ proche, il n’existe pas de couplage

28
Antennes

rayonné mais plutôt un couplage inductif. La zone de champ proche est cependant relativement
limitée, de l’ordre la taille de la boucle.

II. Antenne ferrite


Une manière d’accroître le champ magnétique générée par une antenne boucle est
d’augmenter le nombre de boucles ou de tours (pour une antenne à N boucle, le champ magnétique est
multiplié par N). En outre, en plaçant un matériau présentant une grande perméabilité magnétique (ȝr)
à l’intérieur de la boucle, les lignes de champ magnétique se trouvent plus fortement concentrées ce
qui conduit à modifier les propriétés de l’antenne, notamment en augmentant son facteur de qualité.
Ces deux concepts sont utilisés par les antennes ferrites, qui sont des boucles multi tours enroulées
autour d’un noyau de ferrite. La résistance de rayonnement d’une antenne ferrite peut se calculer à
l’aide de l’équation 60. Ces antennes sont largement employées pour les bandes LF, MF et HF.
2
§ S ·
Rrad = 31170 × ¨ N tour μ r ferrite 2 ¸ Équation 60
© λ ¹

Figure 23 – Antenne ferrite (n = 160 tours, ȝr = 60, L =820 μH) [Brzeska]

III. Antenne dipôle demi-onde


L’antenne dipôle demi-onde correspond au cas particulier d’une longue antenne filaire linéaire
utilisée à sa fréquence de résonance. Cette antenne est utilisée pour un grand nombre d’applications
sur les bandes VHF et UHF.

1. Principe
Un dipôle est constitué de 2 tiges cylindriques de diamètre fin (d < Ȝ/100), connectées à une
source d’excitation. Cette fois-ci, sa longueur n’est plus négligeable devant la longueur d’onde et la
répartition du courant n’est plus constante le long du fil. L’analyse du rayonnement du dipôle peut se
faire en découpant le dipôle en dipôle élémentaire et en sommant leur contribution. La répartition du
courant le long du dipôle est quasi sinusoïdale (vrai si le diamètre de la tige est nul), à l’image de la
répartition du courant le long d’une ligne bifilaire. Cependant, le courant doit être nul à chaque
extrémité du dipôle (le circuit est ouvert donc il ne peut y avoir de courant de conduction aux
extrémités). La période de variation du courant le long du dipôle est égale à Ȝ. Les courants sont en
opposition de phase en 2 points placés symétriquement sur chaque brin par rapport au centre du dipôle.

E
L
Direction de
Répartition propagation
du courant I
H

-
Figure 24 – Répartition du courant le long d’un dipôle et champ rayonné

29
Antennes

Pour un dipôle fin, lorsque la longueur du dipôle L est égale à Ȝ/2 ou Ȝ, l’antenne est alors en
résonance. La fréquence de résonance est donc égale à :
λ c
L= ⇔ f res = Équation 61
2 2.L

Remarque : dipôle épais


Un dipôle épais présente un diamètre d tel que d > Ȝ/100. Dans ce cas, l’extraction des
propriétés devient compliquée et la fréquence de résonance apparaît pour une longueur L légèrement
inférieure à Ȝ/2.

2. Diagramme de rayonnement et gain


Pour un dipôle fin, la fonction caractéristique de rayonnement est donnée par l’équation 62. La
fig. xxx présente le diagramme d’un dipôle demi-onde.

§ βL · § βL ·
cos¨ cos(θ )¸ − cos¨ ¸
© 2 ¹ © 2 ¹
r (θ , ϕ ) = Équation 62
sin (θ )

(a) Vue 3D

(c) Dans le plan E

(b) Dans le plan H


Figure 25 – Diagramme de rayonnement d’une antenne dipôle : (a) Vue 3D du gain d’un dipôle demi
onde, (b) : gain dans le plan H d’un dipôle demi onde, (c) : gain dans le plan E pour des dipôles de
différentes longueurs.

L’antenne est donc omnidirectionnelle dans le plan H, puisque le diagramme de rayonnement


ne dépend pas de ij. Le gain à la fréquence de résonance est égal à 1.64 soit 2.15 dBi et l’angle
d’ouverture à 3 dB de 78°. Comme le montre la figure 25, le diagramme de rayonnement évolue avec
la fréquence. Plus la fréquence augmente et plus l’ouverture du lobe principal est petite. Pour L= Ȝ,

30
Antennes

l’angle d’ouverture à 3 dB est égal à 48° et le gain à 2.48 soit 3.94 dBi. Cependant, lorsque la
fréquence augmente de telle sorte que L > Ȝ, des lobes secondaires apparaissent.
Si on considère un dipôle demi onde épais, son diagramme de rayonnement se rapproche plus
de celui d’un doublet.

Remarque : dBd
Il est possible de calculer le gain d’une antenne en utilisant n’importe quelle antenne de
référence, par exemple un dipôle demi onde. Dans ce cas, le gain est exprimé en dBd. Le passage des
dBi au dBd se fait par la relation suivante : G (dBd ) = G (dBi ) + 2.15dB .

3. Impédance d’entrée et bande passante


L’impédance d’entrée d’un dipôle demi-onde isolé dans l’espace et de diamètre d peut se
calculer à partir des formules de R.A. Smith (équations 63 et 64).

§ 5400 · § 9700 ·
Z in = ¨¨ 73.2 − ¸¸ + i¨¨ 42.5 + ¸¸ Équation 63
© RC ¹ © RC ¹

§ λ ·
RC = 120¨ ln − 1¸ Équation 64
© d ¹
λ§ 27 2300 ·
La résonance d’un dipôle demi-onde apparaît pour : L = ¨¨1 − + 2 ¸¸ . Pour un
2 © RC RC ¹
dipôle fin, l’antenne présente une résistance d’entrée égale à 73.5 Ÿ et une réactance d’entrée égale à
42.5 Ÿ
Le facteur de qualité d’un dipôle demi-onde est donné par la relation suivante. Pour accroître
la bande passante d’une antenne dipôle, il faut réduire son facteur de qualité en augmentant sa
résistance d’entrée. A partir de la relation ci-dessous, on voit qu’on peut y parvenir en modifiant le
diamètre du dipôle.

§λ·
Q = 1.3 ln¨ ¸ − 1 Équation 65
©d ¹

Remarque : dipôle replié (folded dipole)


Pour améliorer la bande passante d’un dipôle, il est aussi possible de modifier sa structure
pour faire un dipôle replié. En fonction des diamètres des 2 dipôles et de leur espacement e, il est
possible d’augmenter la résistance d’entrée du dipôle et donc d’accroître la bande passante.

Ȝ/2

Figure 26 – Dipôle replié

4. Monopôle
La présence d’un plan de masse en dessous d’un dipôle va modifier ses propriétés et son
diagramme de rayonnement, en raison de la réflexion produite par le plan métallique. Un monopôle

31
Antennes

correspond à un cas particulier où un demi – dipôle demi-onde (une seule tige de longueur l), est placé
verticalement au dessus d’un plan de masse supposé idéal. L’excitation est connectée entre la tige
restante et le plan de masse (Fig. 27). Cette antenne s’apparente à un dipôle demi-onde qui fonctionne
à une fréquence telle que l = Ȝ/4. Avant d’expliquer pourquoi, il convient d’introduire la notion de plan
image créé par le plan de masse.
Brin du demi
dipôle
λ
l=
4
λ
L = 2l =
2
Plan de masse
λ
l=
4
Brin virtuel

Figure 27 – Antenne monopôle

Plan image
Un plan de masse idéal est un plan infini formé par un conducteur parfait. Electriquement, il
représente une équipotentielle. Un plan de masse se comporte comme un plan d’antisymétrie pour tout
courant. En effet, supposant qu’un fil parcouru par un courant soit placé au dessus d’un plan masse. Si
le plan est parfaitement conducteur, l’onde émise par le fil vers le plan est entièrement réfléchie et
repart vers le fil. Tout se passe comme si le plan de masse se comportait comme un plan
d’antisymétrie, c'est-à-dire qu’un fil virtuel serait placé sous le premier fil symétriquement au plan de
masse et serait parcouru par un courant opposé en phase. Ce principe est à la base de la méthode des
images, qui permet de déterminer l’effet d’un plan de masse sur une antenne.
I2
I1

I1 I2
Figure 28 – Un plan de masse se comporte comme un plan image
Revenons au monopôle. Le plan de masse créé donc un deuxième brin virtuel sous le premier
et parcouru aussi par un courant I1opposé en phase. Ces 2 brins forment donc un dipôle demi-onde. Le
monopôle aura donc les mêmes propriétés qu’une antenne dipôle pour un encombrement deux fois
plus faible.

IV. Antenne imprimée ou patch


Le concept d’antennes patch est apparu dans les années 50, mais le véritable développement
ne s’est fait que dans les années 70. Les antennes imprimées ou microruban, ou « patch » en anglais
sont des éléments rayonnants planaires. L’antenne est réalisée par gravure d’un circuit imprimé. De
part leur technologie de fabrication, ceux-ci peuvent être intégrés au plus près des circuits
électroniques en occupant un volume réduit et se conformant à différents types de surface. Leur
principal avantage réside dans leur faible coût de fabrication. Les antennes patch sont utilisées dans de
nombreuses applications à partir des bandes VHF (Fig. 29).

32
Antennes

Antenne de télépéage Antenne WiFi Réseaux d’antennes patch

Figure 29 – Exemple d’antennes patch

1. Structure
Une antenne patch consiste en un élément métallique de forme quelconque (rectangulaire,
circulaire, à fente, ou formes plus élaborées) déposé sur la surface d’un substrat diélectrique qui
présente sur l’autre face un plan conducteur (plan de masse). Une antenne patch rectangulaire est
l’antenne patch la plus courante, sa structure est détaillée ci-dessous.
L
Substrat İr, ȝr
Patch – élément
W rayonnant
O W = largeur (width)
L = longueur (length)
H
H = épaisseur du
plan de substrat (Height)
Connexion
masse
coaxiale

Figure 30 – Structure d’une antenne patch rectangulaire


Les dimensions du patch sont généralement de l’ordre de la demi-longueur d’onde. Le choix
de la longueur est guidé par la fréquence de résonance à donner à l’antenne. Le plan de masse ne
pouvant pas être infini, il peut être égal à 3 ou quatre fois la longueur d’onde, ce qui représente parfois
un encombrement trop important. Un plan de masse plus petit conduira à une modification des
propriétés de l’antenne. Les caractéristiques du substrat influent sur celles de l’antenne. En général, sa
permittivité doit être faible, il doit être d’épaisseur négligeable devant la longueur d’onde et présenter
de faible pertes (on caractérise les pertes d’un diélectrique par la tangente des pertes notée tan į. Une
valeur typique se situe aux alentours de 10-3).
Différentes méthodes existent pour polariser une antenne patch. Sur la figure 31, l’antenne est
alimentée par une connexion coaxiale, le connecteur étant placée à l’intérieur de l’élément rayonnant.
L’alimentation peut être apportée par une ligne micro ruban connectée sur un coté de l’antenne. La
position du point de l’alimentation aura un impact non négligeable sur l’impédance d’entrée de
l’antenne et donc sur son adaptation. En outre, on peut trouver d’autres éléments gravés autour de
l’élément rayonnant tels que des lignes d’alimentation, des structures d’adaptation, de contrôle de la
phase…

2. Principe de fonctionnement
L’élément rayonnant le plus classique est un rectangle et nous ne nous concentrerons que sur
ce type d’antennes. Pour plus d’informations sur des antennes patch de formes différentes, vous
pouvez vous reporter aux références [Waterhouse], [Sainati] et [Luxey].
Deux modèles sont utilisés pour comprendre le fonctionnement d’une antenne patch et
déterminer des formules analytiques de leur rayonnement et de leur impédance d’entrée. Une antenne
patch peut être vue comme une ligne de transmission (ligne microruban) ouverte à chacune de ses
extrémités. Ces 2 discontinuités se comportent comme deux extrémités rayonnantes. La deuxième
manière de traiter une antenne patch est de la considérer comme une cavité résonante, formée par le
patch, le plan de masse et les 4 bords. En basse fréquence, la cavité peut être considérée comme une
capacité qui stocke des charges et dans laquelle un champ électrique uniforme est créé entre le patch et
le plan de masse. Tant que l’épaisseur du substrat est faible, le champ électrique est orienté selon l’axe
z et indépendant de z. En pratique, l’épaisseur doit rester telle que :

33
Antennes

c
h≤ Équation 66
4 f ε r −1
Au fur et à mesure que la fréquence augmente, la distribution des charges sur le patch n’est
plus uniforme, et celle du courant et du champ électrique dans le plan xy aussi. Un champ magnétique
apparaît aussi. La distribution du champ électrique dans la cavité rectangulaire est donnée par
l’équation suivante :
§ mπx · § nπy ·
E X = EY = 0 E Z = E0 cos¨ ¸ cos¨ ¸ Équation 67
© L ¹ © W ¹
Pour des fréquences particulières (fréquences de résonance de cavité, équation 68) liées aux
dimensions de la cavité rectangulaire, la distribution du champ électrique est telle que le rayonnement
est optimisé.
2 2
c §m· § n ·
Fm, n = ¨ ¸ +¨ ¸ Équation 68
2π ε r © L ¹ ©W ¹
Où m et n sont des entiers supérieurs ou égaux à 0, qui représentent les modes de cavités. Ces
modes caractérisent la distribution du champ électrique le long d’un axe de la cavité. Le mode
fondamental est le mode (m,n) = (0,1) si W > L, indiquant que le champ électrique présente un
minimum le long de l’axe parallèle à la largeur, et (m,n) = (1,0) si L > W, indiquant que le champ
électrique présente un minimum le long de l’axe parallèle à la longueur. Cette formule est valable
uniquement si la hauteur de la cavité est négligeable. Si ce n’est pas le cas, il faudra pendre en compte
une troisième composante dans le mode de résonance. Vous pouvez vous reporter à des ouvrages
spécialisées [Hill] pour plus de détails sur les modèles de cavité résonante.
Prenons le cas où L > W et étudions la distribution du champ électrique dans la cavité (Fig.
31). Lorsque la longueur L de la cavité est environ égale à Ȝ/2, l’antenne entre en résonance, à la
manière d’un dipôle demi onde. Le champ électrique est maximal et en opposition de phase aux 2
extrémités séparées par L. Le long de l’axe Y (parallèle à W), le champ électrique est quasiment
uniforme. Par contre, le champ électrique n’est pas uniforme le long de l’axe X (parallèle à L). Il
présente un minimum et un maximum et passe par un zéro le long des extrémités séparées par W.
Cette distribution de champ électrique est liée à une accumulation de charges de signes opposées sur
les bords séparées par L et un courant orienté le long de l’axe X.
Champ EM rayonné
E
L>w

------------ Bord non


Patch rayonnant
Bord
O
I
rayonnant ++++++++++++

z H
E L
y
x
w
Plan de masse

Figure 31 – Rayonnement d’une antenne patch rectangulaire

Le champ présent entre les bords du patch et le plan de masse va déborder et contribuer à
générer le champ électromagnétique rayonné : ceux généré par les bords séparés par L étant maximum
et en opposition de phase vont avoir tendance à s’additionner de manière constructive et optimale, et
générer un rayonnement inscrit dans le plan YZ. Ces 2 bords sont donc appelés bords rayonnants.

34
Antennes

Ceux générés par les bords séparés par W présentant un zéro, ils ne vont pas contribuer au
rayonnement.
Cependant, en raison de ce débordement du champ électrique, la résonance ne se fait pas
parfaitement lorsque la fréquence est telle que la longueur du patch est égale à la demi longueur
d’onde, mais lorsque L § 0,49 Ȝ.
Le calcul des performances de l’antenne n’est pas trivial et repose sur soit sur un calcul
analytique et plusieurs hypothèses simplificatrices, soit sur l’utilisation de méthodes numériques
exactes. Pour des géométries simples, les méthodes analytiques sont facilement utilisables. Pour des
géométries plus complexes, il est nécessaire d’employer des méthodes numériques.

3. Diagramme de rayonnement et polarisation


La figure 32 montre la direction du champ électrique rayonné. Le rayonnement d’une antenne
patch rectangulaire est similaire à celui d’un dipôle orienté dans l’axe x. La polarisation du champ
rayonnée est rectiligne. Le rayonnement est dépendant de ș et ij. Il est concentré dans un lobe principal
orienté vers la verticale du patch (ș = 0°). En raison du plan de masse, le rayonnement ne se fait que
dans le demi-plan au dessus du plan de masse. La figure 32 illustre le diagramme de rayonnement de
cette antenne. La directivité d’une antenne patch est approximée par les relations suivantes :
2
1 §W ·
D≈ ¨¨ ¸¸ Équation 69
15G f © λ0 ¹
W W 8W
si >> 1 : G f ≈ Ÿ D≈
λ0 120λ 0 λ0
W W2 Équation 70
si << 1 : G f ≈ Ÿ D≈6
λ0 90λ 20
1 W W 1
si < < 3: Gf ≈ −
3 λ0 120λ 0 60π 2

ș
z I
O ij L
z
y H
x W
x y

ș=0° ș=0°

2șE 2șH

ș=90° ș=90°
ș=270° ș=270°

ș=180° ș=180°
Plan E (ij=0°) Plan H (ij=90°)

Figure 32 – Diagramme de rayonnement d’une antenne patch rectangulaire


Les angles d’ouverture sont donnés par les relations suivantes. Le gain d’une antenne patch est
généralement compris entre 6 et 8 dBi, les angles d’ouverture à 3 dB entre 70° et 90°.
−0.5
§1 ·
2θ E 3dB (
= 2 arccos¨ 3β 02 L2 + β 02 h 2 ¸ ) Équation 71
©7 ¹

35
Antennes

−0.5
§ § πW ··
2θ H 3dB = 2 arccos¨¨ 2¨¨1 + ¸¸ ¸
¸ Équation 72
© © λ0 ¹¹

Remarque : antenne patch à polarisation circulaire


Les antennes patch n’ont pas toutes une polarisation rectiligne. Selon leur structure et la
manière de les alimenter, il est possible de leur donner une polarisation elliptique ou circulaire. Par
exemple, en introduisant des fentes dans l’antenne et en jouant sur la position du point de polarisation,
ou en excitant l’antenne en points par deux sources égales mais déphasées de 90°.
Ligne avec
déphasage = 90°
L

Source
L Alim.
coaxiale
c
Fente

Excitation en un point Excitation en 2 points


Figure 33 – Antennes patch à polarisation circulaire

4. impédance d’entrée et bande passante


L’impédance d’entrée d’une antenne patch est assez difficile à calculer et de nombreuses
formules approchées existent pour l’évaluer. L’impédance d’entrée dépend de plusieurs paramètres,
tels que la constante diélectrique, l’épaisseur et la largeur du substrat, ainsi que de la position du point
d’alimentation. Les équations ci-dessous permettent de déterminer approximativement la résistance
d’entrée d’une antenne patch rectangulaire :
1
Rin = Équation 73
2G1

W2 W
G1 = si << 1
90λ20 λ0
Équation 74
W2 W
G1 = si >> 1
120λ20 λ0
L’effet de la position du point d’alimentation peut être pris en compte et déterminé à partir de
l’équation 75. Comme le montre la figure 34, placer le point de polarisation au milieu du patch conduit
à une impédance d’entrée nulle et à une dégradation du rayonnement.

§ πx · L § R pos ·
R pos = Rin cos 2 ¨ ¸ ⇔ x= arccos¨ ¸ Équation 75
©L¹ π ¨ Rin ¸
© ¹

36
Antennes

Rin
Rpos
150

0
0 L/2 L yx

Figure 34 – Variation de la résistance d’entrée d’une antenne patch rectangulaire en fonction de la


position du point d’alimentation

La bande passante d’une antenne patch est relativement faible, seulement quelques % de la
fréquence centrale. Pour accroître la bande passante, il est possible d’augmenter l’épaisseur du substrat
pour réduire le facteur de qualité de la cavité résonante (tout en conservant un substrat suffisamment
fin pour conserver l’effet de cavité). Il est aussi possible de modifier la méthode d’alimentation du
patch, ou couplages entre antennes résonantes (2 patches superposés).

Remarque : antenne multi bande


Les dispositifs de télécommunications mobiles intègrent généralement plusieurs systèmes de
communication sans fil différents (GSM, DCS, UMTS, Bluetooth ...) fonctionnant à des fréquences
différentes. Pour chacun de ces systèmes, il faudrait une antenne ce qui limiterait fortement la capacité
à intégrer ce système. Comme in est difficile de réaliser une antenne large bande à partir d’une seule
résonance, ces systèmes intègrent plutôt des antennes multi-bandes c’est-à-dire qui présentent
plusieurs fréquences de résonance. Par exemple, les antennes PIFA (Planar Inverfed Folded Antenna),
comme celle présentée à la figure 35 qui couvre les bandes GSM, DCS et UMTS. Ce type d’antenne
est l’équivalent du monopôle quart d’onde pour les antennes patches. Le principe revient à placer un
court-circuit au milieu de l’antenne pour réduire sa longueur sans modifier sa fréquence de résonance.
En ajoutant des fentes sur l’élément rayonnant, les fréquences de résonance de mode supérieures vont
être modifiées. L’optimisation de ce type d’antenne se fait par simulation numérique.
Un autre exemple est donné à la figure 36. Il s’agit d’une antenne patch composée de 2
réseaux de 2 dipôles, le premier fonctionnant sur la bande GSM, le second sur la bande DCS. Cette
antenne est utilisée pour une station de base indoor.


Figure 35 – Exemple d’antenne planaire multi-bande (antenne PIFA) pour les bandes GSM, DCS et
UMTS [Ciais]

37
Antennes

Figure 36 – Exemple d’antenne planaire multi-bande (antenne PIFA) : station de base indoor pour les
bandes GSM et DCS [Chen]

5. Dimensionnement d’une antenne patch rectangulaire


En guise de résumé, voici une procédure de conception d’une antenne patch rectangulaire
donné par [Luxey]. Celle-ci peut être utilisée pour un premier dimensionnement. L’optimisation peut
être faite ensuite à l’aide d’un simulateur électromagnétique.
Les données d’entrée sont : le substrat (permittivité électrique, tangente de pertes, épaisseur),
la fréquence de fonctionnement. L’épaisseur du substrat doit être telle qu’elle satisfasse à l’équation
66. On considère un plan de masse parfait et infini.
λ0 2 c
a. Calcul de la largeur du patch : W = , λ0 = Équation 76
2 1+ εr Fres
b. Calcul de la longueur d’onde effective Ȝe et de la constante diélectrique effective İe :
c
λe =
f εe
Équation 77
− 0.5
ε r +1 ε r −1 § 12h · W
εe = + × ¨1 + ¸ , ≥1
2 2 © W ¹ h
c. Calcul de l’extension de longueur du patch ǻL :
W
(ε e + 0.3) h + 0.264
ΔL = 0.412h + Équation 78
(ε e − 0.258) W + 0.8
h
λe λe
En pratique, on trouve 0.005 ≤ ΔL ≤ 0.01
2 2
d. Calcul de la longueur du patch L :
λe
L = Le − 2ΔL = − 2ΔL Équation 79
2
e. Calcul de la position du point d’alimentation : à partir de l’équation 75.

38
Antennes

V. Miniaturisation et intégration d’antennes


Le développement de la téléphonie mobile et des applications sans fil embarquées (Fig. 37)
ont conduit à une miniaturisation et à une intégration non seulement de l’électronique, mais aussi des
antennes. La miniaturisation d’une antenne consiste dans un premier temps à réduire ses dimensions,
sa surface, son volume pour une fréquence de résonance donnée, et dans un second temps, à
miniaturiser et intégrer au plus près de l’antenne les structures d’adaptation et de polarisation.

Figure 37 – Antennes intégrées dans un ordinateur portable


Précédemment, nous avons vu les antennes monopoles et PIFA, qui sont des versions
miniaturisées des antennes dipôles et patches. Une première idée pour réaliser une antenne courte
réalisée à partir d’une antenne filaire consiste à la tordre. C’est le principe sous jacent des antennes
Mender Line Antenna MLA (meander signifie sinueux, méandre). En tordant continuellement une
antenne filaire, il est possible de réduire sa longueur de résonance. En outre, les interactions entre les
différents brins conduisent à modifier la bande passante et l’impédance d’entrée. Les antennes MLA
existent aussi en version planaire ou être réalisées dans les 3 dimensions.

Figure 38 – Antennes MLA de type monopôle [Godara]


Le concept de (Ceramic) Chip Antenna est apparu à la fin des années 90 et correspond à la
réalisation des différents composants constitutifs de l’antenne sur un même substrat céramique et leur
encapsulation dans un même boîtier. Les éléments rayonnants sont généralement des antennes patches
et des antennes MLA. Le degré le plus poussé d’intégration d’une antenne consiste à la réaliser
directement à la surface d’un circuit intégré.

Chip
antenna

39
Antennes

Figure 39 – Chip antenna

VI. Ouverture rayonnante et antenne à réflecteur


Les ouvertures rayonnantes correspondent à un type particulier d’antennes adaptées aux
applications nécessitant des faisceaux étroits à fort gain (faisceau hertzien) : communications spatiales,
radar … La structure de ce type d’antennes diffèrent des précédentes, car nous ne considérions que
l’élément conducteur à l’origine du rayonnement. Une antenne à ouverture rayonnante est composée
de 2 parties : une source primaire qui rayonne sur plan métallique présentant une ouverture, dont les
propriétés géométriques vont modifier le diagramme de rayonnement. Le rayonnement de la source
primaire peut être produit par une antenne quelconque situé à l’arrière de l’ouverture (suffisamment
loin pour être en zone de champ lointain) ou bien il peut être guidé par un guide d’onde jusqu’à
l’ouverture rayonnante.
L’étude des ouvertures rayonnantes est aussi nécessaire pour comprendre le fonctionnement
des antennes à réflecteur et notamment les réflecteurs paraboliques.

1. Ouverture rayonnante plane

a. Définition et zones de rayonnement


Une ouverture rayonnante plane correspond à une ouverture de surface quelconque dans un
plan conducteur, illuminé par une onde incidente. Le principe de Huygens stipule que le champ
rayonné en un point P peut être vu comme la superposition du rayonnement de sources secondaires
réparties sur l’ouverture (principe de la géométrie optique). Cependant, ceci conduit à une
approximation du champ rayonné, en raison de l’influence du contour de l’ouverture. En effet, celui-ci
diffracte le champ incident. Le champ total obtenu dépend donc du champ sur l’ouverture et du champ
diffracté (théorie géométrique de la diffraction). La première composante permet de déterminer
correctement le lobe principal et les premiers lobes secondaires, alors que la seconde permet de
déterminer les lobes secondaires éloignés de l’axe principal. Dans la suite, nous négligerons l’effet des
diffractions produites par les bords.
Ouverture
y Diagramme de
rayonnante
P rayonnement
(surface S)
Onde incidente ij r
(source primaire) Qi
ș

x Bords Sources
diffractants secondaires
ș

Figure 40 –Ouverture rayonnante

Remarque : Zone de rayonnement d’une ouverture plane


Nous avons jusque-là traité des antennes en zone de champ lointain, c’est-à-dire lorsque la
distance devenait suffisamment grande pour que les différences d’amplitude et de phase des
contributions de chaque élément de l’antenne soit négligeable. Dans cette zone, l’onde pouvait être
considérée comme une onde sphérique, localement vue comme plane. Posons-nous maintenant la
question : à quel moment l’onde issue de l’ouverture est sphérique ? La figure 41 présente les
différentes zones de rayonnement d’une ouverture plane. A proximité de l’ouverture rayonnante,
l’onde est plane, les directions de propagation des ondes rayonnées par chaque source secondaire
restent parallèles entre elles. Au-delà de la distance de Rayleigh, le faisceau émis par l’ouverture
commence à diverger et l’onde devient peu à peu sphérique. La zone de champ lointain apparaît au-

40
Antennes

delà de la distance de Fraunhoffer. Deux critères permettent de déterminer si on se situe en zone de


champ lointain (équation 80), la première condition étant adaptée aux petites ouvertures.
Ouverture
rayonnante
Zone de
Zone de Zone de transition champ lointain
Rayleigh (de Fresnel) r
D

D2
r≤ D2
2λ r≥2
λ
Ondes planes
Ondes sphériques

Figure 41 – Zone de rayonnement d’une ouverture rayonnante

2D 2
r > 10 D ou r> Équation 80
λ

b. Gain d’une ouverture rayonnante


Le champ rayonné peut être déterminé par la formule de Kottler, issue du principe de Huygens
(que nous ne présentons pas), à partir des champs électriques et magnétiques incidents. En champ
lointain, cette formule peut se simplifier et le champ électrique est donné par la formule de Fresnel
(équation 81).
1 + cos θ
E (P ) = i
2λ.r ³³ E (Q ) exp(− iβ QP )dS
S
Équation 81

Dans le cas d’une ouverture de faible surface, l’amplitude et la phase de l’onde incidente
peuvent être constants. Prenons le cas d’une ouverture équiphase et équiamplitude, en notant E0 le
champ incident. Le champ électrique émis dans la direction de rayonnement maximal (ș=0°) est donné
par :
1 E 0 .S
E max = E (θ = 0°) = ³³ E 0 dS = Équation 82
λ.r S λ .r
Calculons maintenant l’expression du gain à partir de sa définition. La puissance par unité de
surface est donnée par le module du vecteur de Poynting (équation 19). Il est alors possible de
déterminer la puissance rayonnée par unité d’angle solide (équation 83).
2 2
1 § E 0 .S ·
(
pW /m 2
) =
1 E max
2 η
= ¨
2η © λ .r ¹
¸ Équation 83

2
1 § E 0 .S ·
p (W / sr ) = ¨ ¸ Équation 84
2η © λ ¹
1 2
Connaissant la puissance totale rayonnée par l’ouverture : PA = E 0 .S , le gain peut être

déduit :
P(θ , ϕ ) 4πS
G = 4π = 2 Équation 85
PA λ

Remarque : Ouverture non équiamplitude

41
Antennes

L’hypothèse précédente suppose que la source primaire induit un rayonnement incident


uniforme sur l’ouverture, ce qui n’est parfois pas le cas en fonction de la géométrie de l’ouverture.
Dans ce cas, le gain effectif devient inférieur à celui prévu par l’équation 85. En pratique, on introduit
un facteur de gain de l’ouverture noté FG et compris entre 0 et 1, qui traduit une diminution de la
surface équivalente de rayonnement de l’ouverture.
4πS .FG
G= Équation 86
λ2
c. Diagramme de rayonnement
Jusque-là, nous ne nous sommes intéressés qu’au lobe principal de cette antenne. Cependant,
le diagramme de rayonnement est complexe et contient de nombreux lobes secondaires en raison de la
surface non nulle de l’ouverture (l’apparition de nuls et de lobes provient des interférences
constructives ou destructives des contributions de chaque source secondaire de l’ouverture) et de la
diffraction dû aux bords de l’ouverture (que nous ne prendrons pas en compte ici). A partir de la
formule de Fresnel, il est possible de déterminer le diagramme de rayonnement de toute ouverture
plane rayonnante en intégrant le champ incident sur la surface de l’ouverture rayonnante. L’expression
ne sera valable que sur une plage angulaire limitée autour du lobe principal si les diffractions ne sont
pas prises en compte. Le diagramme de rayonnement dépend de 2 paramètres : la forme de l’ouverture
et la loi d’éclairement de l’ouverture, que nous allons supposer équiamplitude ici. Nous allons
présenter le cas d’une ouverture rectangulaire.
Dans le cas d’une ouverture rectangulaire de longueur a et de largeur b, le champ électrique en
un point P en champ lointain est donné par l’équation 87. On peut remarquer que la fonction
caractéristique de rayonnement contient de nombreux termes trigonométriques, à l’origine des
nombreux lobes secondaires apparaissant dans les plans E et H, comme le montre la figure 43. De
plus, la présence des termes en sin x/x indique une décroissance de l’amplitude des lobes quand on
s’éloigne de la direction du lobe principal.

ab 1 + cos θ sin u1 sin u 2


E (P ) = E 0 Fonction
λ.r 2 u1 u2 caractéristique
de rayonnement Équation 87

πa
u1 = sin θ cos ϕ Équation 88
λ
πb
u2 = sin θ sin ϕ Équation 89
λ
La loi d’éclairement va aussi modifier le diagramme de rayonnement. Le tableau ci-dessous
compare l’effet de 2 lois d’éclairement sur le rayonnement d’une ouverture rectangulaire [Combes].
Suivant la loi d’éclairement, il est possible soit de réduire la largeur du lobe principal, soit de diminuer
l’amplitude des lobes secondaires.

Loi d’éclairement (l Rapport des Angle d’ouverture à Facteur de gain Niveau relatif du 1e
= a ou b) amplitudes 3 dB (°) lobe secondaire
bord/centre
Uniforme 1 λ 1 -13.2 dB
50.8
l
πx 0 λ 0.81 -23 dB
cos 68.8
l l

42
Antennes

d. Antenne cornet
Les antennes cornet sont des guides d’ondes dont la section augmente progressivement avant
de se terminer par une ouverture rayonnante, dont la section peut être rectangulaire, carrée ou
circulaire. Suivant la forme du cornet, il est possible d’obtenir un diagramme de rayonnement fin soit
dans le plan E, soit dans le plan H, soit les deux. La figure ci-dessous présente un exemple d’antenne
cornet (Fig. 42) ainsi que son diagramme de rayonnement (Fig. 43).

Figure 42 – Antenne cornet (modèle R&S HF906 1 – 18 GHz) [http://www2.rohde-schwarz.com/en/]

Figure 43 – Diagramme de rayonnement d’une antenne cornet

2. Antenne à réflecteur
Les antennes à réflecteur sont très utilisées dans les télécommunications par faisceau hertzien,
qu’elles soient terrestres ou spatiales, en raison de leur fort gain et de la concentration de la puissance
rayonnée dans un seul faisceau. De nombreuses antennes contiennent des réflecteurs plans situés en
face arrière, qui permettent de bloquer un lobe dans la direction du lobe principal. Dans le cas de
faisceau hertzien, les réflecteurs employés sont de forme parabolique. Lorsqu’une source primaire est
placée en leur foyer, ces réflecteurs sont capables de concentrer la puissance réfléchie dans un faisceau
étroit. Nous allons nous intéresser uniquement à ce type de réflecteur.
La figure 44 décrit le principe de rayonnement d’une antenne à réflecteur parabolique. Une
source primaire (antenne cornet) est placée au foyer du réflecteur parabolique de manière à produire
une onde sphérique. Cette onde incidente va interagir de 2 manières avec le réflecteur :
ƒ La majeure partie de l’onde incidente interceptée par le réflecteur va y induire des courants
de surface, qui vont à leur tour produire un rayonnement. La surface du réflecteur va donc
se comporter comme une source secondaire d’après le principe de Huygens, que nous avons

43
Antennes

utilisé pour les ouvertures rayonnantes. La forme du réflecteur permet de focaliser le


rayonnement dans un faisceau étroit. On parle d’un rayonnement par diffusion.
ƒ Le champ incident qui arrive sur le bord du réflecteur produit un rayonnement par
diffraction (que nous allons négliger).
Diffraction sur
les bords
Ouverture
rayonnante
équivalente
Réflecteur
parabolique

D
Rayonnement Antenne
par diffusion cornet

Figure 44 – Rayonnement d’une antenne parabolique


Pour déterminer les propriétés de cette antenne, il est possible de la considérer comme une
ouverture rayonnante, placée dans le plan focal du réflecteur (plan qui contient le foyer) et d’ouverture
égale à l’ouverture équivalente du paraboloïde. Celle-ci dépend des dimensions du réflecteur
parabolique et de la loi d’éclairement de la source primaire. Le gain de l’antenne est donné par la
formule suivante, où FG est le facteur de gain de l’antenne.

(πD )2 .FG
G= Équation 90
λ2

44

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