Lexique coranique : étude sémantique
Lexique coranique : étude sémantique
de DENISE MASSON
Présenté par
Sous la direction de
de DENISE MASSON
-2-
-qu’Allah lui fasse miséricorde-
L’imam Ahmed
-3-
DEDICACES
Je dédie ce travail à :
NASSIRA
-4-
DEDICACES
Je dédie ce travail à :
Mes très chers père et mère aucune dédicace ne serait exprimée à leur
juste valeur, mon profond respect, et ma gratitude pour tous les efforts
que vous avez déployés pour moi.
Mes petits anges, Oussama et Sirine à qui je présente mes sincères
excuses pour le temps qui leur revenait de droit que j’en ai retranché pour
la réalisation de ce mémoire.
Ma tante Nassira, j’ai l’honneur d’être son binôme dans la réalisation de
ce mémoire, car elle était ma meilleure compagnie et qui m’était très
profitable.
FAYROUZ
-5-
REMERCIEMENTS
NASSIRA ET FAYROUZ
-6-
TABLE DES MATIERES
Introduction……………………………………………………………………………………………………...…. 10
CHAPITRE I : Définition de quelques notions de base
1. Le signe linguistique…………………..……….……….………………………………..…..……17
2. Le référent…………………………………...…………………………………………………..…..…....17
3. Le mot…………………………………………………………….……..................................................….. 18
3.1. Mot-forme………………………………..……………………………………………………….….. 18
3.2. Le lexème……………………………………………………………………………………….……. 19
3.3. Locution...................................................................................................................................................19
3.4. Lexie …………………………………………………………………………...…..……………..………20
3.5. Vocable………………………………………………………………………………………...………. 20
3.6. L’occurrence ……………………………………………….…..……………………….…..………21
4. Le phonème et le morphème……………….……………………………...……….……… 21
4.1. Le phonème…………………………………………………………………..………..…….……… 21
4.2. Le morphème………………………………………………………………………….…………… 21
5. La sémantique………………………………………………………………………….…...………… 23
6. Le sème…………………………………………………….…………..……………………………..…… 24
7. Sens propre / sens figuré………………………………………………………….....…………25
7.1. Sens propre……………………………………………….………...…………………………..…… 25
7.2. Sens figuré ………………………………………….………….………………………..…25
-7-
4.2 La contraction …………………………………………………………….……………………………31
4.3. La siglaison…………………………………………………………………….……...………………… 31
5. L’emprunt………………………………………………………………………………………..……………32
5.1. L’emprunt lexical………………………………………..............................................…………… 32
5.2. L’emprunt sémantique ……………………………………………………...………..…………33
5.3. Le calque ……………………………………………………………………….………….………………33
6. Le xénisme ………………………………………………………………………………….………………33
7. Le néologisme ……………………………………………………………………………………………34
B/ Relations lexicales……………………………………………….…………………………...……………… 35
B.1. Synonymie / Antonymie …………………………….……………………….………………35
B.2. La hiérarchie…………………………………………………………………………………...……… 37
B.3. La solidarité ……………………………………………………………………..…………………… 38
B.4. Polysémie/homonymie …………………………………………………………..……………39
CHAPITRE III : Analyse lexico-sémantique des termes coraniques
relevés du corpus.
Thème des noms de Dieu…………………………………………………….……………….……… 44
Thème des Interdictions…………………………………….…………………………….…...….…… 61
Thème de la Rétribution (récompense et châtiment) …………….…...…………66
CONCLUSION GENERALE …………………………………………………………………..……… 74
LISTE BIBLIOGRAPHIQUE
1. Ouvrages …………………………………………………………………………………………………..…… 77
2. Dictionnaires …………………………………………………………..………………….………….….… 78
3. Sitographie …………………………………………………………………………………..……..………… 78
CORPUS ……………………………………………………………………….………….……………………..……
-8-
INTRODUCTION GÉNÉRALE
-9-
INTRODUCTION
Dire ou ne pas dire, Ce que parler veut dire, Les mots des uns et les
mots des autres sont des titres des ouvrages ayant attiré notre attention et
attisé notre curiosité à faire ce travail de recherche, qui s’inscrit dans le
domaine des sciences du langage, et en lexique plus précisément: discipline
qui a fait l’objet d’étude de plusieurs chercheurs. Sachant que le lexique,
ensemble des mots d’une langue, « en effet n’est pas une simple liste qu’on
ne pourrait ordonner que par l’ordre alphabétique » mais il « s’organise
entre les deux plans du sens (la sémantique lexicale) et de la forme (la
morphologie lexicale) ».1
1 e
LEHMMANN A., BERTHET F. M., Introduction à la lexicologie, Ed. Armand Colin, 3 édition, Avant
propos, Paris, 2010, p.14
- 10 -
où chaque djouz’ est un couplet de 2 hizb, révélées par Dieu au Messager
Mouhammed (PSSSL), par l’intermédiaire de l’Ange Gabriel (Djibrîl
(SSSL), dont le premier verset révélé au Prophète est : « Lis au nom de
votre Dieu qui a crée ». (S96, Le Caillot de sang, V1) et le dernier
est : «Redoutez un Jour durant lequel vous reviendrez à Dieu, un Jour
où chaque homme recevra le prix de ses actes, un Jour où personne ne
sera lésé ». (S2, La vache, V281).
Il a été révélé pour être lu, compris et pratiqué. Le Prophète Mouhammed
(SSSL) l’a communiqué d’abord à sa communauté (Quoraych) ensuite à
toute l’humanité sans distinction de race, de couleur, de religion ou de
statut social. Il a été transmis oralement par génération successive
(tèwêtour).
Malgré l’aspect universel du Coran, celui-ci à été révélé dans une langue
précise qui est l’arabe du VIIème siècle et Dieu a voulu que cette langue soit
éternelle et la langue du Paradis.
Cette langue « est la langue qui exprime le plus clairement la pensée, car
outre les mots, elle a des voyelles (finales) pour distinguer le sujet du
régime et du cas indirect ou génitif, et des lettres qui transforment les
racines verbales (afâl) mobiles en schèmes (dhawat), sans avoir besoin
d’autres mots. L’arabe est seule à présenter ces avantages, car toutes les
autres langues ont recours à autant de mots que d’idées ou de situations
particulières. C’est pour cela que les étrangers font des phrases plus
longues que les Arabes » 2 . « La langue du Coran indique toutes les
circonstances qui se rattachent au sujet, explicite ou implicite (…) De plus,
le choix des mots est impeccable et leur agencement, leurs combinaisons
touchent à la perfection. Ce caractère miraculeux (ijaz) dépasse
l’entendement. Seuls peuvent en comprendre quelque peu ceux qui ont
2
MONTEIL V., Ibn Khaldûn, Al Muquaddima, Tome 3, Ed. Sindbad, Paris, 1978, p.1244, p.1245
- 11 -
pour lui " ce goût " du beau langage »3. Ses « formes de rhétorique sont
nombreuses, comme dans la langue arabe. Cela fait du Coran " une parole "
en sa phase finale qui ne peut se comprendre que si toutes ses
caractéristiques lexicales lui sont conservées ».4
Cette langue caractérisée par sa flexibilité, sa grande dérivation, ses sens
figurés est un puits sans fond. Elle a attiré beaucoup d’islamologues et
parmi eux Denise Masson, docteur en droit, née à Paris en 1901, est allée
au Maroc en 1929, s’est rapprochée du monde musulman et a décidé
d’étudier la langue arabe dialectale et l’arabe classique tout en
approfondissant ses connaissances. Convaincue par la foi islamique, elle
rédige cet essai d’interprétation du Coran Inimitable (Edition Gallimard,
Bibliothèque de la Pléiade, 1967).
3
Idem, p.1260, p.1261
4
LACHKAR A., Approche linguistique du texte coranique, in la langue, la linguistique et le texte religieux,
Ed. L’Harmattan, Paris, 2008, p. 197, p. 199
- 12 -
La langue arabe avec toutes ses vertus et ses caractéristiques, déjà citées et
la langue française se diffèrent par la structure de la phrase, de la
grammaire, de la formation du lexique et fonctionnent au moins à quatre
niveaux : sémantique, syntaxique, morphologique, phonologique et
phonétique où correspond, à chacun de ces niveaux de fonctionnement,
une branche de linguistique. Par conséquent, nous voulons identifier les
règles auxquelles obéit la formation des unités lexicales de ce vocabulaire
spécialisé. Autrement dit, comment se fait la création de ces termes
coraniques en langue française ? Cette question sera notre problématique
à laquelle nous tentons de répondre, en présupposant quelques hypothèses.
Dans une langue, il n’y a pas de synonymes exacts, entre deux langues il
n’ya pas de signes exactement équivalents. Changer de signifiant, c’est
changer de signifié. Lorsque deux langues sont en contact, un contraste au
niveau de leur sémantique s’établit. Alors, nous allons voir si ces termes
coraniques sont perçus de la même façon par le locuteur qui s’en sert
et par l’interlocuteur qui les rencontrent. Nous verrons en plus si les
valeurs de ces termes en langue arabe ont des valeurs précises et
pertinentes et des correspondants exacts en langue française. Nous
allons aussi vérifier le degré d’acceptabilité des termes relevés du
corpus, chercher le type de terme qui est le plus chargé de signification
et voir s’il y a un élargissement, une restriction , ou un glissement de
sens. En d'autres termes, chercher s’il existe des différences entre
l’arabe et le français au niveau de la valeur sémantique et s’il faut
considérer les divergences et les différences issues des caractéristiques
propres à chacune des deux langues. Ainsi, comme « le sens d’un mot est
complexe, il renvoie à la situation, au contexte, à la référence, au sujet au
système de la langue » 5 , nous allons analyser les différents types de
relations lexicales liant les termes les uns par rapport aux autres.
5
BAYLON C. et FABRE P., Initiation à la linguistique, Ed. MEHDI, Tizi-Ouzou, 1990, p.125
- 13 -
Et étant donné que nous sommes dans une linguistique descriptive et
synchronique, décrivant un état de langue à un moment donné en 1967,
nous allons appliquer la théorie de la sémantique lexicale, une théorie qui
s’intéresse à la description des différents sens possibles d’un mot ou ses
différentes acceptions.
La langue définie par F.de Saussure dans son cours de CLG comme « un
système de signe ayant un signifiant et un signifié « trouve son
actualisation dans la parole c'est-à-dire dans des instances d’échanges
langagiers entre au moins deux individus le locuteur et le destinataire ».6
C’est un « instrument de communication selon lequel l’expérience humaine
s’analyse différemment dans chaque communauté, en unités douées d’un
contenu sémantique et d’une expression phonique, les monèmes. Cette
expression phonique s’articule à son tour en unités distinctives et
successives, les phonèmes en nombre déterminé dans chaque langue ». 7
Elle est aussi le moyen de la mise en œuvre du langage qui est une faculté
humaine pour s’exprimer et communiquer.
6
POLGUERE A., Lexicologie et sémantique lexicale, Ed.la Presse de l’Université de Montréal, Quèbec
2013, p.19
7
MARTINET A., Éléments de linguistique générale, Ed. Armand Colin, Paris, 1980, p.20.
- 14 -
Les mots ont un sens précis dans un contexte donné. Ils ne sont jamais
neutres. Ils ne servent pas seulement à désigner les choses, mais ils sont
aussi porteurs de sens. Ainsi la langue « véhicule une culture, une
conception du monde. C’est pourquoi l’analyse doit toujours s’attacher à
déceler comment derrière le sens premier s’abrite un sens caché ».8
Dans le troisième chapitre, nous précèderons à la sélection de 20 termes
coraniques qui seront classés dans des fiches thématiques : celle des noms
de Dieu, de l’Interdiction , de la Rétribution. Ces 20 termes seront
analysés dans des tableaux à trois colonnes contenant le sens
dictionnairique, le sens contextuel, les dissimilitudes de sens. Ensuite nous
allons les suivre en dessous de chaque tableau d’un commentaire. En effet
« il est utile d’avoir examiné le nombre des acceptions d’un terme, tant
pour la clarté de la discussion (car on peut mieux connaître ce qu’on
soutient une fois qu’a été mise en lumière la diversité de ses significations
qu’en vue de nous assurer que nos raisonnements s’appliquent à la chose
elle-même et non pas seulement à son nom ». 9
Enfin, nous terminerons notre mémoire par une conclusion générale qui
rappellera notre problématique et décrira les principaux résultats de notre
recherche.
8
BOURMAND D., Senghor et la réinvention de la francophonie, URL : http//www.cirn.info/revue Les
temps modernes 2007page283. Revue n (643-644) édition Gallimard.
9
ARISTOTE, Les Topiques (1,18) cité par POLGUERE .A in Lexicologie et sémantique lexicale, Op., Cit.
p.45
- 15 -
CHAPITRE I
- 16 -
CHAPITRE 1
2- le référent :
A ces deux distinctions signifiant / signifié, vient s’ajouter un troisième
concept qui est le référent, objet physique, matériel dont le locuteur parle.
Toujours selon Lehmann, le référent est l’objet du monde extérieur à la
langue. voyant l’exemple de fleur déjà cité, c’est bien la fleur (la plante
concrète) qui embaume et non pas le mot fleur ni le signifié de fleur.
10 ère
De SAUSSURE F., CLG, 1 partie, chapitre 1, Ed. Talantikit, Bejaïa, 2002. p.101
11
LEHMAN A., Op., Cit., p.33
- 17 -
Cependant « on donne parfois le nom de référent à la situation (au
contexte) à laquelle le message renvoie ; on parlera de fonction référentielle
lorsque le message sera centré sur le contexte ».12
3- le mot :
Définir le terme « mot » n’est pas une chose facile, c’est très ambigu car
il diffère d’une langue à une autre. Il pose problème selon que l’on fasse
allusion au mot graphique, phonétique, sémantique ou lexical.
Le linguiste Alain Polguère 13 explique cette ambigüité par les exemples ci-
dessous :
- Parce que s’écrit en deux mots désignant deux signes linguistiques
séparés à l’écrit par des espaces ou des marques de ponctuation.
- Parce que un mot qui se traduit en anglais par « because », il est
quelque chose de plus « abstrait » de plus général qu’une forme
linguistique.
Donc en lexicologie qui est l’étude des propriétés des unités lexicales de la
langue appelées lexies, il faut utiliser des termes spécifiques tels que mot
forme, lexème, locution et vocable.
3-1 Mot-forme :
12
Dubois J., dict. de linguistique et des sciences du langage, Ed.Larousse, 1973, p.415
13
Polguère A.,Op., Cit., p.47
14
Idem, p.48.
- 18 -
Ce/ passage/est/libre (ce qui explique l’autonomie de fonctionnement).
Dans le même exemple on peut aussi insérer d’autres mots-formes.
Le chemin ombragé est bien encombré mais Le cheombragémin est
encombienbré est une expression agrammaticale ce qui explique la
cohésion interne.
3-2 Le lexème :
« C’est une généralisation du signe linguistique de type mot-forme. Il est
structuré autour d’un sens exprimable par un ensemble de mots-formes »
ou de ses sèmes.15 Il est l’unité de base du lexique. « Dans les textes écrits,
les lexèmes sont facilement identifiables (séparés par des intervalles), par
contre dans le langage oral, si le locuteur n’adapte pas sa prosodie ; il sera
difficile à l’auditeur de différencier les phrases " j’ai admiré le chapeau
élégant " et " j’ai admiré le chapeau et les gants" »16.
3-3 Locution :
Exemple :
Fruit du jardin résultante de la composition des sens de chacun de
ses constituants.
15
Ibid, p.50
16 ère
ROSSI J. P., Psychologie de la compréhension du langage, 1 édition, Ed. De Boeck Université,
Belgique, 2008, p.75.
17
NEVEU F., Dictionnaire des sciences du langage, Ed. Armand-Colin, Paris, 2010, p.181.
- 19 -
Fruit de mer métaphore, aliment un peu comme un fruit on le
récolte pour le manger18.
3-4 Lexie :
« …Le terme de lexie désigne une unité fonctionnelle significative, simple
ou complexe, qui, selon Bernard Pottier (Sémantique générale), est
mémorisée comme signe individualisé. Les lexies simples sont formées
d’un seul lexème (ex. dans, fauteuil, tomberont). Les lexies complexes sont
formées de plusieurs morphèmes, dont le degré d’intégration à l’unité varie
selon les réalisations (dérivations, compositions, locutions), tout comme le
degré de figement de ces groupements (ex. altermondialiste, nœud,
papillon, claire de lune, à moins que, tout compte fait, etc.)19
3-5 Vocable :
Lexème actualisé dans un discours ; en principe, monosémique ; unité de
vocabulaire.20
Exemple :
Le vocable français Porc contient quatre lexies.
Porc1 animal domestique.
Porc2 individu sale.
Porc3 viande de Porc1.
Porc4 cuir fait de peau de Porc1. 21
18
Polguère, op.cit. p57
19
Idem, NEVEU F., p.178.
20 ème
MORTUREUX M.-F., La lexicologie entre langue et discours, 2 édition, Ed. Armand, Paris, 2008,
Glossaire, p.208.
21
Robert P., Dictionnaire Le Petit Rober, Paris, 1992, p.1484.
- 20 -
Ce terme « désigne aussi l’occurrence d’un lexème dans le discours,
dans la terminologie (…) le vocable sera l’actualisation d’un lexème
particulier dans le discours ».22
3-6 L’occurrence :
« Toutes les fois qu’un élément linguistique (type) figure dans un texte, on
parle d’occurrence (token).
L’apparition du terme socialisme dans un texte analysé du point de vue
linguistique sera une occurrence du mot socialisme ».23
4/ Le phonème et le morphème :
4-1/ le phonème :
4-2/ Le morphème :
« C’est la deuxième articulation du langage, construit des unités qui
associent formes et sens (unités significatives) appelées aussi par André
22
Dubois, J., op. cit., p. 510.
23
Idem, p. 345
24
Siouffi G., Van Raemdonck D., 100 fiches pour comprendre la linguistique, Bréal éditions, Rosny-sous-
Bois, 1999, p. 120.
- 21 -
Martinet monèmes. C’est l’unité minimale de signification. Les morphèmes
sont de deux types : lexical et grammatical (ex. calculette Calcul
(morphème lexical ou base) + ette (morphème grammatical). Le morphème
permet la créativité lexicale à partir d’éléments assemblés et construits ».25
25
Idem, p. 122, p.123
26
Rossi, op.cit. p.76
- 22 -
Les constituants principaux du sens associés au lexème sont : la
dénotation, la connotation, la référence.
5-La sémantique :
« La sémantique traite du signifié, face interne, non perceptible du signe,
l’image mentale ; le signifié suppose qu’il y ait référence à quelque chose :
objet, action, ou notion » 29 . Elle s’intéresse à la manière dont on peut
décrire dans la langue les différents sens possibles d’un mot ou ses
différentes acceptions, tout en essayant de classer ces sens soit en observant
comment on peut les relier (car certains mots peuvent faire l’objet d’un
emploi en sens élargi, restreint, évolué ou glissé du concret vers l’abstrait
ou inversement). Ainsi, « l’apport de la sémantique est également
27
Kerberat Orecchioné C., l’énonciation, Ed. Armand Colin, Paris, 1991, cité par Rossi in Psychologie de
la compréhension du langage, Paris, 2010, p.79
28
Siouffi G., Van Raemdonck D., op.cit., p.109
29
Baylon C., Fabre P., La sémantique, avec des travaux pratiques d’application et leurs corrigés, Nathan,
Paris, 1978, p. 10, cité par Abderrahmane AYAD, La terminologie islamique dans la langue française, éd.,
science et pratique, Béjaia, 2017, p. 7.
- 23 -
extrêmement important, voire crucial dans ce type d’étude, étant donné
qu’elle se charge de la description des signifiés ». 30
La sémantique est définie pour la première fois par le linguiste Michel
Bréal, dans un article de 1883, comme « devant s’occuper des « lois » qui
président à la transformation du sens »31. Ce sens peut être rapporté à des
unités comme le mot, la phrase. Il peut être dénoté, connoté, explicite,
implicite, propre, figuré, présupposé ou sous-entendu, etc. C’est rarement
qu’il y ait une seule signification. « On distingue parfois la sémasiologie
qui part des mots du signifiant pour en étudier la signification et
l’onomasiologie qui part des concepts, des signifiés pour voir comment la
langue les exprime »32
6 /Le sème
L’ensemble de ces traits ou ces sèmes combinés les uns aux autres
constituent les sémèmes des lexèmes qui sont des éléments constitutifs du
sens classés terminologiquement en opposition binaires voire traits [+ou-
humain], exemple : éduquer quelqu’un et dresser un animal, [+ou-
animé], exemple : les gens courent (sujet animé, courent = se déplacent
rapidement) le bruit court (sujet non animé, court = se répand rapidement)
[+ou- concret] exemple : Paul a frappé jean à coup de pieds. Paul a
30
AYAD, A., op. cit.,p. 7.
31
Ibid, Siouffi G., Van Raemdonck D., p.109
32 ème
Goosse A., Le bon usage, 3 édition, chapitre 5, Ed. De Boeck, Italie, p.7
- 24 -
frappé Jean par sa timidité, [+ou-comptable] exemple : emploi de nom
verre :
7-1 Sens propre : un mot est employé au sens propre lorsqu’il est employé
dans son sens premier, c’est-à dire son sens le plus simple et le plus
courant.
7-2Sens figuré : on dit qu’un mot est employé au sens figuré lorsque l’on
passe d’une image concrète à des relations abstraites.
Après toutes ces définitions, nous avons remarqué que le lexique est un
tout relié, c’est un composite hétérogène et complexe, toujours difficile à
étudier, à décrire et à trancher quels mot dire ou ne pas dire.
Sa connaissance reste toujours un floue entre les mots des uns et les mots
des autres.
33
BENALI M., S., français, sémiologie, université de la formation continue et école Normale Supérieure
de Bouzaréat, 3ème année LMD, Ed. ENAG, Reghaia, Algérie, 2010, P.194
34
BENTOLILA.A, Guides Le Robert et Nathan Vocabulaire, Ed. Nathan, Italie, 2008, p.132, p.133
- 25 -
CHAPITRE II
- 26 -
CHAPITRE 2
35
SIOUFFI.G, VAN RAEMDONCK D, Op.Cit., p.45
- 27 -
1-1/ les différents types de dérivations :
- Constituer anticonstitutionnellement.
- 28 -
Un adjectif : un enfant fatigué.
un nom : un reçu.
Une préposition : durant le cour.
f/ un adverbe peut devenir :
Un nom : un avant.
Un adjectif : une fille bien.
1-1-3/ Dérivation régressive : s’effectue par suppression d’un suffixe (se
fait généralement à partir de verbes). Exemple : chanter chant
1-2/ Sens et valeurs des préfixes et des suffixes dans la formation des
mots :
36
BENTOLILA.A, Op.,Cit., p 67
- 29 -
Enfin, elle peut combiner des éléments français (un chou-fleur) ou des
éléments grecs ou latins (morphologie). Ce dernier cas c’est la
composition savante. 37
2-1/ critères de distinction entre les mots composés de deux mots grecs ou
latins et les mots dérivés de préfixes ou de suffixes grecs ou latins.
2-1-2/ un même élément peut souvent être employé comme élément initial
ou final d’un mot composé, cependant un préfixe ne peut jamais être
employé comme suffixe et vice versa.
C’est un procédé assez peu fréquent, marqué par une intention, souvent
humoristique ou satirique, qui consiste à prendre le début d’un mot et le
coller à la fin d’un autre, d’autant plus facilement qu’ils contiennent une
syllabe commune ou même une seule lettre
37
Idem, p.91
- 30 -
Automobile + bus autobus.
4/ L’abréviation : Procédé d’économie linguistique, utilisé depuis
longtemps et de plus en plus surtout dans la langue familière. Il est utilisé à
des fins d’économie d’espace, de temps, d’énergie, d’argent. Il consiste à
retrancher de lettres dans un mot au début, au milieu, à la fin.
4-1/ La troncation :
Laboratoire labo.
4-2/ La contraction :
- 31 -
Les acronymes lexicalisés deviennent susceptible de pendre des affixes ou
des suffixes.
ONU onusien.
5/ L’emprunt :
Il peut être :
Les langues empruntent surtout des mots appartenant aux classes lexicales
" ouvertes " c’est-à-dire celles qui contiennent un stock variable de
lexèmes : ce sont principalement les noms, les verbes, les adjectifs. Les
classes " fermées " (déterminants, pronoms, prépositions, adjectifs,
conjonctions) ne reçoivent que très rarement de nouvelles unités.
38
F.HAMER.J, Concepts de base de sociolinguistique de M C Moreau, Ed. MARDAGA, 1997, p.136
- 32 -
concerne la forme que le sens. Ce type d’emprunt se fait pour plusieurs
raisons :
C’est un procédé beaucoup utilisé par les journalistes, les traducteurs, et les
publicitaires.
5-3/ Le calque :
Welcome bienvenue.
6/ Le xenisme: C’« est une unité lexical constituée par un mot d’une
langue étrangère et désignant une réalité propre à la culture des locuteurs
de cette langue. C’est le premier stade de l’emprunt ».40
39
YERMECHE. O, Lexicologie-sémantique, in Université de la formation continue et Ecole Normale
Supérieure- Bouzareah, Français 3éme année LMD, ENAG REGHAIA, 2010, p.227
40
Dubois, Op.cit., p. 512
- 33 -
C’est aussi « l’introduction de mots étrangers dans une langue donnée,
sans altération de la graphie, sans les marques de genre et nombre de la
langue hôte ».41
7/ Néologisme :
Il est aussi le « mot nouveau apparu récemment dans une langue »43
41
www.cntrl.fr/définition/xénisme, consultée le 21/04/2017 à 15h10.
42
Idem, Dubois, p. 322.
43
www.wekipidia.org/wiki/néologisme, consultée le 21/04/2017 à 23h00.
- 34 -
B- Relations lexicales
La synonymie
César Chesne au, Sieur du Marsais souligne que «s’il y avait des
synonymes parfaits, il y aurait deux langues dans une même langue.»44
Donc on appelle synonyme deux mots de sens proche et une équivalence
syntaxique est obligatoire entre eux.
L’inverse est impossible *un buffet âgé, *une personne ancienne. Car ici
la commutation affecte le sens de l’énoncé.
44
Du Marsais : philosophe, grammairien français (1676,1756).
- 35 -
Elle est bloquée par les syntagmes figée (ou expression lexicalisée) par
exemple : être dans ses petites chaussures ne peut commuter avec être dans
ses petits souliers.
L’antonymie
Une fois où le mot est remplacé par son antonyme, le sens général du la
phrase change. Exemple : Un gentil garçon ╪ Un méchant garçon
L’antonymie absolue
Lorsqu’ un mot est monosémique (n’a qu’un seul sens), il a pour contraire
un autre mot lui aussi monosémique (avant/après)
L’antonymie partielle
C’est le cas des mots polysémiques (plusieurs sens), un même mot aura
selon son sens des antonymes différents.
Exemple : défense.
domaine de football.
Ils ont joué en défense pendant tout au long du match / L’équipe adverse a
joué en attaque.
domaine de la santé
- 36 -
Défense de fumer / vous avez l’autorisation de fumer.
Remarque :
-Le passage du sens propre aux sens figurés obéit à une forme de logique
qui repose essentiellement sur la ressemblance, l’analogie (métaphore) ou
la proximité (métonymie) entre le sens propre et le sens figuré crée.
B.2/ La hiérarchie
Varlope est une sorte de rabot ayant une poignée, ne servant qu’à aplanir
le bois.
Hypéronymie / hyponymie :
L’hyponymie est un terme sous ordonné, qui fait partie d’un terme super
ordonné. Par exemple le terme canari est un hyponyme faisant partie du
terme oiseau. Il est souvent un terme spécifique.
- 37 -
Holonymie : du grec holos « entier » et onoma « nom » relie de façon
hiérarchique une partie à un tout.
B.3. La solidarité :
La métaphore
45
BAYLON C, FABRE P, Op. Cit., P.189.
- 38 -
Les dents de la bouche les dents d’une scie
B.4.Polysémie/homonymie
*La polysémie peut être caractérisée par une pluralité d’acception. C’est
le cas lorsque 2 sémèmes d’un mot sont reliés par restriction, par extension,
par métonymie ou bien par métaphore. Il est dans ce cas, toujours possible
de définir le sémème 2 en utilisant le sémème 1, même de manière
implicite. Il y a donc une relation immédiate entre 2 et 1 ex : cuirasse 1 :
partie de l’armure protégeant le buste 2 : attitude morale de
protection.
*la polysémie peut être caractérisée pour une pluralité de sens. C’est le
cas lorsqu’il est impossible d’employer le sémème 1 : pour définir 2 :
ou d’employer 2 pour définir 1. Il n’ya donc pas ici de relation
immédiate entre 2et1.
Exemple : rayon
- 39 -
Il est impossible de paraphraser rayon 1 par 2 ou inversement.46
46
NEVEU. F, Op., Cit., p.233, p.234
47
Idem, p149.
- 40 -
CHAPITRE III
- 41 -
CHAPITRE 3
Pour ce faire, nous allons classer d’abord ces vingt termes extraits dans des
fiches thématiques contenant trois thèmes différents :
Pour que notre analyse soit facile à lire et à comprendre, nous avons
élaboré des tableaux à trois colonnes dans lesquelles nous allons donner
dans la première colonne le sens du terme tel qu’il est lexicalisé dans le
48
LACHKAR A., Op.Cit, p.197.
49
XAVIER P., MIGNOT, Initiation à la sémantique du langage, Ed A.COLIN, France, 2007, p. 152.
- 42 -
TLF50 (Trésor De La Langue Française informatisé, un dictionnaire des
XIXe et XXe siècles en seize volumes qui se distingue des autres
dictionnaires électroniques par la finesse de la structuration des données et
une interface simple offrant trois niveaux de consultation :recherche
simple, recherche assistée et recherche complexe.)
Enfin chaque tableau sera suivi d’un commentaire pour montrer les
différences et les similarités en se basant sur les relations lexicales et
sémantiques. C'est-à-dire analyser des unités lexicales en fonction de leur
sens et pour mieux comprendre comment D. Masson a-t-elle procédé par
cette terminologie, autrement dit a-t-elle utilisé des relations de hiérarchie
(hyperonymie /hyponymie), d’équivalence (synonymie, antonymie) et de
solidarité (toutes les formes de métonymie).
50
URL : www. http://atilf.atilf.fr
- 43 -
1. Thème des Noms de Dieu
Tableau n : 1
Terme : Dieu
- 44 -
avec majuscule assimilé à un nom
propre l’Être éternel, créateur de
tout ce qu’existe et à qui les hommes
doivent un culte.
6. La divinité comme entité
philosophique.
Commentaire : Le sens du terme Dieu enregistré par le T.L.F est une lexie
polysémique qui touche à plusieurs domaines (croyance, religion,
philosophie). Il fait référence au polythéisme et au monothéisme, cependant
en contexte, ce terme est monosémique. Il renvoie à un même domaine,
celui de l’Islam. Il s’agit d’une gradation de sens dont chacun additionne un
trait nouveau Glorieux, Puissant, Créateur auquel tout le monde est soumis.
Tous ces traits renvoient à un même signifiant. Ce qui implique une
relation de partie-tout, c'est-à-dire une relation de méronymie. Finalement,
les deux définitions se convergent dans la perspective monothéiste : Être
suprême, Eternel, Créateur.
- 45 -
Tableau n : 2
Terme : le Miséricordieux
«Le jour où l’Esprit et les Anges se tiendront debout sur une rangée, ils ne
parleront pas sauf celui à qui le Miséricordieux l’aura permis et qui
prononcera une parole juste » verset 38, sourate : l’Annonce (n : 78) AN-
NABAA.
- 46 -
Tableau n : 3
- 47 -
Commentaire : Le terme le Tout–Puissant est un composé lexical à trait
d’union. Les trois lexèmes (le = mot outil, Tout = adverbe, Puissant =
adjectif) n’ont qu’une unité significative : qui se laisse deviner par ses
constituants.
Tableau n : 4
« Ils ne leur reprochaient que d’avoir cru en Dieu, le Tout Puissant, celui
qui est digne de louanges.» verset 8, sourate : Les constellations (n:85)
EL BOUROÛDJ.
Commentaire : Ici l’auteure n’a pas trouvé le terme adéquat qui peut
remplacer le terme coranique, elle a eu recourt à l’explication et à
l’interprétation par un syntagme tout entier composé d’un pronom
démonstratif Celui, un pronom relatif qui, un verbe d’état est en attribuant
un adjectif qualificatif digne avec un complément d’adjectif de louange.
C'est-à-dire elle a procédé par la définition métalinguistique, car en effet
« la structure de la définition dépend de la catégorie grammaticale du
lexème. »51
51
Rossi, op.cit. p.77.
- 49 -
Tableau n : 5
« Il est celui qui pardonne. Celui qui aime les hommes. Il est le Maître
glorieux du Trône » verset 14, 15. Sourate : Les constellations (n :85)
EL BOUROÛDJ.
- 50 -
monosémique. Il a un emploi, spécifiquement divin, Dieu lui seul qui
pardonne.
Tableau n : 6
«Il est celui qui pardonne. Celui qui aime les hommes.» verset 14,
sourate : Les constellations (n : 85) EL BOUROÛDJ.
- 51 -
/Adorer
/admirer
b/ autres association
aimer/ comprendre
/combattre pour
/cultiver
/désirer
Par contre le sens contextuel montre un sens monosémique qui est le Bien
Aimant, le Bien Aimé avec une relation d’amour réciproque entre le Dieu
et Ses serviteurs, autrement dit le sens d’aimer est restreint pour les
hommes croyants seulement.
- 52 -
Tableau n : 7 Terme : Le Maître glorieux
- 53 -
13. Marine= directeur La vanité.
14. Domain d’enseignement [TLF]
15. Conseiller, inspection juridiction
Emploi
glorieux :
1. Correspond à gloire : action, péjoratif.
événement qui procure la gloire. (orgueil). [TLF]
2. Personne ou groupe de personne qui
Sens de la
est couvert de gloire, synonyme :
célèbre, fameux. perfection et la
3. Qui procure une satisfaction haute dignité.
d’amour propre, qui est digne de
[CTXT]
considération synonyme : estimable,
honorable, méritoire.
4. En parlant d’une personne, par
métonymie, de son comportement,
suivi éventuellement d’un substantif ou
d’un infinitif. Qui éprouve une légitime
satisfaction d’amour propre, qui tire
fierté de quelque chose, de quelqu’un,
synonyme content fier.
5. Par ext péjo qui est plein de
suffisance, qui tire vanité de quelque
chose, synonyme imbu, infatué (de),
orgueilleux, prétentieux, suffisant,
vaniteux.
6. En parlant d’un inanimé abstrait qui
est plein d’éclat.
7. En Parlant d’une réalité concrète, qui
est d’une beauté éclatante, synonyme :
éclatant, magnifique, splendide.
- 54 -
laisse deviner par celui de ses constituants grâce à leur emploi autonome,
autrement dit du lexème Maître et du lexème glorieux.
Glorieux aussi est une lexie polysémique, ses sept sens lexicalisés donnent
à ce terme des significations différentes variant entre l’abstrait et le concret,
le mélioratif et le péjoratif et ayant plusieurs traits animé/inanimé,
humain/non humain.
Tableau n : 8
Terme : Le Très-Haut
- 55 -
verticale. [TLF]
3. Au fig : d’une autorité emploi avec un
supérieure (ordre qui vient de sens figuré
haut). (autorité).
4. ce qui est élevé (moralement, [TLF]
socialement, intellectuellement, présence de
etc.) l’idée de
5. Partie supérieure d’une chose hauteur plus
ou d’un être (corps ou partie du caractères
corps). divins.
6. terrain élevé, étages supérieurs [CTXT]
de la montagne, synonyme :
élévation, éminence, hauteur
(domaine de géographie).
- 56 -
Tableau n : 9
- 57 -
contrit.
2. Par extension (personne)
qui se repent d’une faute,
d’une faiblesse, d’une
erreur et qui souhaite se
racheter. Synonyme :
contrit.
- 58 -
Tableau n : 10
Terme : L’Impénétrable
Tableau n: 11
Terme : Le Très-Généreux
« Lis au Nom de ton Seigneur qui a créé ! Il a créé l’homme d’un caillot
de sang. Lis ! car ton Seigneur est le Très-Généreux » verset 3, sourate :
Le caillot de sang (n: 96) EL 'ALAK
- 60 -
Commentaire : Le Très-Généreux est un terme composé de trois
lexèmes : l’article défini le, l’adverbe très marquant le superlatif absolu et
l’adjectif généreux. Les deux premiers lexèmes sont séparés, par un trait
d’union, du troisième. Ils forment un seul mot dont ses constituants laissent
deviner le sens. Le T.L.F. enregistre des emplois divers que ce soit pour des
personnes ou pour des animaux, pour des objets. C’est une lexie
polysémique construite par opposition à l’égoïsme et à l’avarice et par
synonymie au courage et à la noblesse bien sûr sans évoquer l’emploi
religieux. Cependant, le sens contextuel est consacré à la divinité sans
aucune objection. Il est formé par métonymie qui manifeste un rapport de
contiguïté.
Tableau n : 12
Terme : fraudeurs
- 61 -
Commentaire : L’unité lexicale fraudeurs est formée par dérivation à base
verbale, par le suffixe eur : une particule servant à former les noms d’agent.
C’est une lexie à deux traits sémiques +humain et- humain. Le TLF
enregistre deux lexèmes faisant partie du champ lexical de la tricherie. Par
contre, le contexte lui attribue un seul emploi, dans un domaine bien
déterminé, avec plusieurs traits définitoires +humain, +mauvaise action,
péché sans être un polysèmes. Alors ses deux définitions se convergent
vers le trait définitoire transgression de la règle sauf que pour le contexte
c’est une règle divine et Dieu châtie les gens qui faussaient la balance et la
mesure.
Tableau n : 13
- 62 -
intense et par là désagréable à la vue
(exp : architecture monastique,
vêtements, couleurs), à l’ouïe (exp :
sonorité)
5. Fig.= désagréable, plein d’une
âpreté mordante mais genre aliment
passagère
6. en parlant des pers : rare avec
moqueur, blessant, méchant, agressif
calomniateur /……celui qui
calomnie= trompeur cité dans la
bible
- 63 -
Tableau n : 14
« Contre le mal de celles qui soufflent sur les nœuds » verset4, sourate :
L’aurore (n : 113) ELFALAK
- 64 -
4. ornement sorcellerie [CTXT]
5. med, chir, nœud chirurgical
6. astronomie, communication,
informatique,ling,math ,litt
Tableau n : 15
Terme : l’envieux
- 65 -
Commentaire : Le terme envieux est un dérivé formé du verbe envier par
adjonction du suffixe eux. Le T.L.F. enregistre plusieurs lexèmes
appartenant tous au champ lexical du mal sans évoquer le terme diabolique.
Pour le contexte, le terme est monosémique et il est en rapport avec le mal
d’Iblis qui veut faire toujours du mal à l’être humain. Par conséquent, le
sens contextuel est formé par holonymie une relation hiérarchique qui relie
la partie «le mal» au tout «Iblis».
Tableau n : 16
Terme : La Fournaise.
- 66 -
5. p métaph + au fig
En parlant d’une activité
humaine dans le domaine
militaire = champ de bataille
Tableau n : 17
Terme : le Paradis.
« Quant à celui qui aura redouté de comparaitre devant son seigneur et qui
aura préservé son âme des passions le Paradis sera son refuge.» verset40,
41, sourate : Ceux qui arrachent :(n : 79) AN-NAZIATE
- 67 -
Par analogie= Lieu très agréable, ce
qui constitue sur terre un paradis
3. Par anal et par métaph
a/ Lieu enchanteur par sa beauté, sa
douceur de vivre
b/Endroit rêvé pour les plaisirs qu’il
peut offrir, lieu idéal, pour
quelqu’un ou quelque chose
4. Religion=
a/Région suprême, lieu de séjour, où
les âmes se retrouvent après la mort
*/paradis de Mohamed, du prophète,
d’Allah : Lieu de délices promis aux
musulmans après leur mort en
récompense de leurs mérites et où ils
joueront de tous les plaisirs des sens
*/paradis orphique : Le paradis
orphique promis aux initiés, était
une région bien heureuse du monde
souterrain, prairie émaillée de fleurs
où abondent les arbres chargés de
fruits
b/Chist= Lieu de séjour où les âmes
des justes jouissent de la béatitude
éternelle.
- 68 -
même domaine, l’on trouve une composante de plusieurs sèmes. Quant au
contexte, c’est un terme monosémique avec des traits sémiques de l’Au-
delà et de la récompense divine. Les deux définitions partagent plusieurs
traits définitoires : éternité, joie, délice.
Tableau n : 18
- 69 -
Commentaire : Le terme cachet de musc est une unité lexicale composée
par la juxtaposition d’un nom et d’un complément de nom. Ce dernier
lexème est un emprunt de l’arabe via la Perse. Le T.L.F. l’enregistre en tant
que lexie polysémique dont aucun trait sémantique ne coïncide avec celui
du contexte. C’est un terme calqué, c’est-à-dire traduit littéralement de la
langue arabe sans qu’il y ait une parité sémantique, car le sens contextuel
est monosémique et ce terme désigne un vin du Paradis donné par Allâh en
rétribution pour les croyants à la fin de leur boisson.
Tableau n : 19
Terme : la Houtama.
- 70 -
Commentaire : Le terme Houtama ne figure pas dans le dictionnaire, ce
qui implique que ce vocable soit un emprunt non encore attesté. Il est aussi
appelé xénisme, déjà expliqué dans le chapitre 2. Cette unité lexicale
désigne une réalité propre à la culture musulmane et son emploi est
monosémique. Elle est formée par synonymie à l’Enfer mais avec un trait
définitoire de destruction.
Tableau n : 20
«Ils auront pour récompense, auprès de leur Seigneur, les Jardins d’Eden
où coulent les ruisseaux, Ils y demeureront, pour toujours,
immortels.»verset8, sourate : La Preuve décisive (n :98) AL-
BAYYINAH
- 71 -
certaine importance ménagé en ville. Dieu.
3. Jardin botanique
4. Par analogie jardin zoologique
5. Jardin d’enfant : établissement
privé
- 72 -
CONCLUSION GENERALE
- 73 -
Toute langue est constituée d’un ensemble de mots (le lexique) et de
règles permettant leur combinaison (la grammaire). La maîtrise de ces deux
ensembles permet et facilite l’utilisation spontanée de n’importe quelle
langue. Dans les différents types de langue, le lexique tient un rôle central
en linguistique, et les relations lexico-sémantiques ne sont pas prises en
charge de la même manière. C’est pourquoi nous avons procédé à l’étude
terminologique des termes coraniques en langue française, interprétés par
l’islamologue D. Masson. Le Coran a toujours été un sujet à plusieurs
interprétations, tout changement dans le texte coranique impliquerait un
changement de caractère religieux. Alors, quel sens doit-on choisir ?
Comment opter pour un sens particulier et laisser tomber les autres ? Ces
deux questions ont été notre objet de recherche, elle ont constitué le noyau
de notre problématique à laquelle nous avons essayé de répondre.
- 74 -
l’holonymie…c’est-à-dire des relations de ressemblance, d’analogie,
d’inclusion et de contiguïté.
Une autre remarque que nous ajoutons réside dans le fait que le sens des
termes relevés fluctue au gré des emplois: certains vont connaître des
extensions ou élargissements, d’autres vont perdre de sens ou restriction,
d’autres encore vont subir des changements (glissement). Toutes ces
fluctuations étaient dues au problème de la polysémie.
Ajoutons encore que le choix des signifiés les plus pertinents n’aura lieu
que si nous connaissons et nous maîtrisons la langue émise, car la richesse
de la langue arabe, en synonymes, en figures de style et de rhétorique sont
un inhibiteur pour la langue française et « tout ce qui concerne la vie
sociale, la vie intellectuelle est sujet à l’emprunt. Les termes de civilisation
sont fournis en grande partie par de grandes langues de culture qui servent
à de vastes domaines et qui souvent ne sont pas de la même famille que les
langues auxquelles elles fournissent des mots. » (Meillet A, 2008: 30).
- 75 -
son propre génie et sa propre logique. « Le sens d’un mot est donc
complexe, il renvoie à la situation, au contexte, à la référence, au sujet, au
système de la langue. » (Baylon C., Fabre P., 1978: 125).
- 76 -
LISTE BIBLIOGRAPHIQUE
1.Ouvrages
- 77 -
cité par Abderrahmane AYAD, La terminologie islamique dans la
langue française, éd., science et pratique, Béjaia, 2017, p. 7.
12- Christian BAYLON, Xavier MIGNOT, Initiation à la sémantique
du langage, Ed A.COLIN, 2007, p. 152.
13- Ferdinand De SAUSSURE, CLG, 1ère partie, chapitre 1, Ed.
Talantikit, Bejaïa, 2002. p.101
14- Gilles SIOUFFI, Dan VAN RAEMDONCK, 100 fiches pour
comprendre la linguistique, Bréal éditions, Rosny-sous-Bois, 1999,
p. 120.George MOUNIN, Clefs pour la sémantique, Sghers, Paris,
15- Jean-Pierre ROSSI, Psychologie de la compréhension du langage,
1ère édition, Ed. De Boeck Université, Belgique, 2008, p.75.
16- Josian F. HAMER, Concepts de base de sociolinguistique de M C
Moreau, Ed. MARDAGA, 1997, p.136
17- Marie-Francoise MORTUREUX, La lexicologie entre langue et
discours, 2ème édition, Ed. Armand, Paris, 2008, Glossaire, p.208.
18- Miloud Sofiane BENALI, français, sémiologie, université de la
formation continue et école Normale Supérieure de Bouzaréat, 3ème
année LMD, Ed. ENAG, Reghaia, Algérie, 2010, P.194
19- Ouardia YERMECHE, Lexicologie-sémantique, in Université de la
formation continue et Ecole Normale Supérieure- Bouzareah,
Français 3éme année LMD, ENAG REGHAIA, 2010, p.227
20- Vincent MONTEIL, Ibn Khaldûn, Al Muquaddima, Tome 3, Ed.
SINDBAD, 1967/68, p.1244, p.1245
21- 1972, p.86 cité par AYAD A., Op. Cit., p.25
- 78 -
2. Dictionnaires
3. Sitographie
- 79 -
Résumé
Par conséquent, Dieu les interpelle par des mots forts et concis tout
en leur montrant ses pouvoirs de Créateur, ses attributs, son unicité,
ses récompenses et ses châtiments, ses interdictions. D’ici, il nous a
semblé pertinent de choisir 3 thèmes essentiels afin d’expliquer, de
décrire, et d’analyser 20 termes répartis en thème des noms de Dieu,
thème des interdictions et thème de la Rétribution. Et pour que notre
analyse soit claire nous avons élaboré des fiches thématiques
contenant trois colonnes :la première contient le sens du T.L.F.
(dictionnaire informatisé) ,la deuxième le sens contextuel donné par l’
exégèse d’ibn kathir, la troisième contient les dissimilitudes de sens
,afin de cerner la charge de signification, voir comment D Masson, la
traductrice du Coran a-t-elle procédé et construit le sens dans ce
contexte coranique, vérifier si nos hypothèses émises sont-elle
infirmées ou confirmées et ouvrir la recherche sur d’autres
perspectives.
- 80 -
Summary
- 81 -
اﻟﻤﻠﺨﺺ
ﺑﻤﺎ أن دراﺳﺔ ھﺬه اﻟﺪﻻﻻت واﺳﻌﺔ ﺟﺪا أردﻧﺎ أن ﻧﺨﺘﺼﺮ وﻧﺤﺼﺮ ﻣﻮﺿﻮع دراﺳﺘﻨﺎ
ﻓ ﻲ ﺟ ﺰء ﻋ ﻢ اﻟﻤﺘﻜ ﻮن ﻣ ﻦ 37ﺳ ﻮرة ﻣﻜﯿ ﺔ وﻣﺪﻧﯿ ﺔ ،ﻣﻌﻈﻤﮭ ﺎ ﻣ ﻦ اﻟﻘ ﺮآن اﻟﻤﻜ ﻲ اﻟ ﺬي
ﯾﺨﺘﻠﻒ ﻋﻦ اﻟﻘﺮان اﻟﻤﺪﻧﻲ ﻣﻦ ﺣﯿﺚ اﻟﺸﻜﻞ واﻟﻤﻀﻤﻮن ،ﻓﺎﻟﻘﺮآن اﻟﻤﻜﻲ ﺑﻜﻠﻤﺎﺗﮫ اﻟﺨﺎﺻﺔ
واﻟﻤﻤﯿﺰة ﻣﻮﺟﮫ إﻟﻰ اﻟﻤﻜﯿﯿﻦ اﻟﻤﻌﺮوﻓﯿﻦ ﺑﺒﻼﻏﺘﮭﻢ ﺣﯿﺚ ﯾﺨ ﺎطﺒﮭﻢ ﷲ ﺗﻌ ﺎﻟﻰ ﺑﻜﻠﻤ ﺎت ذات
ﻣﻌﺎﻧﻲ ﻗﻮﯾﺔ ﻟﯿﺮﯾﮭﻢ آﯾﺎﺗﮫ ﻓﻲ اﻟﻜﻮن ،ﺻﻔﺎﺗﮫ وﺣﺪاﻧﯿﺘﮫ ووﺟﻮب اﻹﯾﻤﺎن ﺑﺎﻟﯿﻮم اﻵﺧﺮ ﻻن
ھﻨﺎك ﺟﺰاء وﻋﻘﺎب.
وﻟﻜ ﻲ ﺗﻜ ﻮن دراﺳ ﺘﻨﺎ واﺿ ﺤﺔ ،ﻗﻤﻨ ﺎ ﺑﻮﺿ ﻊ ﺟ ﺪاول ﺣﯿ ﺚ ﯾﺤﺘ ﻮي ﻛ ﻞ ﺟ ﺪول ﻋﻠ ﻰ 3
ﺧﺎﻧﺎت ،ﻓﻲ اﻟﺨﺎﻧﺔ اﻷوﻟﻰ ﻧﻀ ﻊ ﻣﻌﻨ ﻰ اﻟﻤﺼ ﻄﻠﺢ ﻛﻤ ﺎ ھ ﻮ ﻣﻮﺟ ﻮد ﻓ ﻲ اﻟﻤﻨﺠ ﺪ اﻟﻔﺮﻧﺴ ﻲ
اﻟﺮﻗﻤﻲ ) (T.L.F.وﻓﻲ اﻟﺨﺎﻧﺔ اﻟﺜﺎﻧﯿ ﺔ ﻧﻀ ﻊ ﻣﻌﻨ ﻰ اﻟﻤﺼ ﻄﻠﺢ ﺣﺴ ﺐ وﺟ ﻮده ﻓ ﻲ اﻟ ﻨﺺ
اﻟﻘﺮآﻧ ﻲ ﺑﺎﻋﺘﻤﺎدﻧ ﺎ ﻋﻠ ﻰ ﺗﻔﺴ ﯿﺮ اﺑ ﻦ ﻛﺜﯿ ﺮ واﻟﺨﺎﻧ ﺔ اﻟﺜﺎﻟﺜ ﺔ ﺧﺼﺼ ﻨﺎھﺎ ﻟﺤﺼ ﺮ أوﺟ ﮫ
اﻻﺧﺘﻼف ﺑﯿﻦ اﻟﻤﻌﻨﯿﯿﻦ و ﺑﻌﺪ ھﺬا ﻧﺘﺒﻊ ﻛﻞ ﺟﺪول ﺑﺘﻌﻠﯿﻖ ﻟﻨﺮى إذا ﻛﺎﻧﺖ اﻟﻜﻠﻤ ﺔ اﻟﻤﻨﻘﻮﻟ ﺔ
ﻣﻦ اﻟﻠﻐ ﺔ اﻟﻌﺮﺑﯿ ﺔ إﻟ ﻰ اﻟﻠﻐ ﺔ اﻟﻔﺮﻧﺴ ﯿﺔ ﺗ ﺪل إﻻ ﻋﻠ ﻰ ﻣﻌﻨﺎھ ﺎ .ﺑﻤﻌﻨ ﻰ آﺧ ﺮ ﻛﯿ ﻒ اﺧﺘ ﺎرت
اﻟﻤﺘﺮﺟﻤﺔ دوﻧﯿﺰ ﻣﺎﺳﻮن D.Massonاﻟﻤﺼﻄﻠﺢ اﻟﻘﺮآﻧﻲ اﻷﻧﺴﺐ ﺑﺎﻟﻠﻐﺔ اﻟﻔﺮﻧﺴﯿﺔ وﻓ ﻲ
اﻷﺧﯿ ﺮ ﻧ ﺮى إذا ﻛﺎﻧ ﺖ اﻟﻔﺮﺿ ﯿﺎت اﻟﺘ ﻲ طﺮﺣﻨﮭ ﺎ ﺳ ﺎﺑﻘﺎ ﻣﺤﻘﻘ ﺔ أو ﻣﺨﻔﻘ ﺔ وﻧﻔ ﺘﺢ ﻣﺠ ﺎل
اﻟﺒﺤﺚ ﻟﺒﺎﺣﺜﯿﻦ آﺧﺮﯾﻦ ﻟﻠﺘﻮﺳﻊ ﻓﻲ اﻟﻔﻜﺮة.
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Corpus
-«Le jour où l’Esprit et les Anges se tiendront debout sur une rangée, ils ne
parleront pas sauf celui à qui le Miséricordieux l’aura permis et qui
prononcera une parole juste » verset 38, sourate : l’Annonce (n : 78) AN-
NABAA.
- « Il est celui qui pardonne. Celui qui aime les hommes. Il est le Maître
glorieux du Trône » verset 14, 15. Sourate : Les constellations (n :85)
EL BOUROÛDJ.
- « Lis au Nom de ton Seigneur qui a créé ! Il a créé l’homme d’un caillot
de sang. Lis ! car ton Seigneur est le Très-Généreux » verset 3, sourate :
Le caillot de sang (n: 96) EL 'ALAK
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- « Malheur aux fraudeurs ! » verset1, sourate : Les Fraudeurs (n : 82)
ELMOTAFIFINE
- « Contre le mal de celles qui soufflent sur les nœuds » verset4, sourate :
L’aurore (n : 113) ELFALAK
- «Ils auront pour récompense, auprès de leur Seigneur, les Jardins d’Eden
où coulent les ruisseaux, Ils y demeureront, pour toujours, immortels.»
verset 8, sourate : La Preuve décisive (n :98) AL-BAYYINAH
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