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Avant-Propos Texte 1

L'auteur dénonce la tyrannie et l'abus de pouvoir des hommes sur les femmes. Elle compare la relation entre les deux sexes chez l'humain à celle des autres espèces où hommes et femmes coopèrent, et condamne l'orgueil et l'ignorance à l'origine de la domination masculine.

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Avant-Propos Texte 1

L'auteur dénonce la tyrannie et l'abus de pouvoir des hommes sur les femmes. Elle compare la relation entre les deux sexes chez l'humain à celle des autres espèces où hommes et femmes coopèrent, et condamne l'orgueil et l'ignorance à l'origine de la domination masculine.

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L’extrait se situe après l’épître à la reine et avant la DDFC.

L’auteur s’adresse aux


hommes et les incite à réfléchir sur la manière tyrannique dont ils se comportent vis-à-
vis des femmes, leur accordant injustement une place subalterne dans la société alors
qu’ils sont égaux.

Comment O. de Gouges dénonce -t-elle l’abus de pouvoir et la tyrannie exercée par les
hommes sur les femmes ?

L. 1 à 4 O. de Gouges interpelle l’homme et lui demande de réfléchir à la tyrannie qu’il


exerce sur la femme.

L. 5 à 9 Comparaison avec les autres espèces dans la nature et constat d’une coopération
entre les deux sexes.

L. 10 à 13 Dénonciation de la tyrannie que l’homme exerce sur la femme en raison de


son orgueil et de son ignorance.

Premier mouvement

L. 1 à 4 O. de Gouges interpelle l’homme et lui demande de réfléchir à la tyrannie qu’il


exerce sur la femme. Le texte s’ouvre sur une apostrophe à l’homme et une question
rhétorique : « Homme, es-tu capable d’être juste ? » Le singulier « Homme » est
généralisant : c’est à la gente masculine qu’elle s’adresse. Avec le pronom de 2ème
personne « tu », elle ne met pas l’homme sur un piédestal mais s’adresse à lui comme à
un égal. Elle semble le provoquer, lui lancer une sorte de défi avec l’expression « es-tu
capable » qui fait référence à ses capacités, à ses facultés, lui qui se prétend supérieur à la
femme. O. de Gouges souligne d’ailleurs aussitôt avec une phrase emphatique et le
présentatif « c’est…que » qu’elle s’adresse à l’homme en tant que femme et donc aussi
porte-parole de toutes les femmes comme le confirme ensuite « mon sexe » à valeur de
généralisation. La 2ème phrase de rythme binaire est très construite et montre déjà que
l’auteure, bien que femme, maîtrise la rhétorique (=art du discours). Dans la 2ème
proposition, elle dénonce implicitement l’abus de pouvoir des hommes qui privent les
femmes de leurs droits : « tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. » [Link] Gouges ose
prendre la parole pour poser une question aux hommes et elle prend ainsi ce droit, sous-
entendant que l’homme prive la femme de tout autre droit. Elle l’interpelle à nouveau et
l’exhorte à lui répondre toujours sur un ton de provocation, en continuant de le tutoyer,
la phrase devenant injonctive avec l’impératif : « Dis-moi ? »

La dénonciation se précise dans la phrase interrogative suivante avec l’expression «


opprimer mon sexe » l.2. O. de Gouges interroge l’homme sur l’origine de sa prétendue
supériorité, son « souverain empire », l.2 formule pompeuse et un peu ridicule à laquelle
fait écho « cet empire tyrannique » l.4 qui comparent ici l’homme à un despote, qui
commet des abus de pouvoir : le pronom interrogatif « Qui » supposerait un être
supérieur, une transcendance, Dieu peut-être. Elle évoque d’autres hypothèses peu
convaincantes qu’elle ne prend pas même la peine de développer, ce qui discrédite un
peu plus les hommes : « Ta force ? Tes talents ? » l.2-3. La phrase suivante est encore
injonctive avec les impératifs « Observe » ; « parcours » et « donne-moi » et sur un ton de
défi avec « si tu l’oses », traduisant l’indignation de l’auteure. Elle incite l’homme à
observer le monde autour de lui, évoque d’abord Dieu, « le créateur dans sa sagesse », qui
dans sa perfection a forcément été équitable. Elle en souligne ironiquement « la sagesse »
dont l’homme est, lui, dépourvu. Elle prend aussi pour référence la nature, une valeur
importante des Lumières qui renvoie à l’innocence et à la mesure. Elle est ici est mise en
valeur avec « sa grandeur ». Le ton est ironique avec la proposition relative « dont tu
sembles vouloir te rapprocher » : cela sous-entend que l’homme est loin de la grandeur à
laquelle il prétend. Elle dénonce ses prétentions à vouloir égaler Dieu et la nature alors
qu’il agit avec les femmes en despote capricieux.

Second mouvement

L. 5 à 9 Comparaison avec les autres espèces dans la nature et constat d’une coopération
entre les deux sexes. [Link] Gouge utilise ensuite un raisonnement par analogie : elle
demande à l’homme de comparer la relation entre les deux sexes dans l’espèce humaine
et dans les autres espèces vivantes. On peut remarquer encore sa maîtrise de la
rhétorique avec cette phrase ample qui constitue presque tout le 2ème paragraphe, les
parallélismes de construction qui donnent plus de force à ses propos : « Remonte aux
animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux » l.5. La phrase est toujours
injonctive avec les verbes du champ lexical de la réflexion à l’impératif « Remonte » l.5, «
étudie » l.5 « jette enfin un coup d’oeil » l.5, « rends-toi à l’évidence », « cherche, fouille,
distingue » l.7. O. de Gouges guide ainsi l’homme dans sa réflexion puisqu’il ne semble
pas pouvoir trouver seul ou nie les faits : « rends-toi à l’évidence » finit-elle par lui
asséner, ajoutant « quand je t’en offre les moyens » Elle prend le pouvoir par les mots et
feint de venir à la rescousse de l’homme. Elle se moque de lui et de se prétentions à
dominer qui selon elle, ne sont absolument pas justifiées. Un peu plus loin « si tu peux
», équivaut à lui dire implicitement qu’il n’a pas été capable de réfléchir par lui-même,
qu’une femme a dû le mettre sur la voie. La conclusion arrive enfin avec le parallélisme
de construction « Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent », les verbes
au futur de l’indicatif et au présent de vérité générale la présentent comme une certitude
fondée en raison, reposant sur l’observation : on retrouve là la méthode scientifique
chère aux Lumières et qui s’oppose aux préjugés hâtifs et aux idées reçues . La
domination de l’homme sur la femme irait ainsi à l’encontre de la Raison.

La thèse d’[Link] Gouge arrive enfin : l’homme et la femme sont égaux en droit et se
complètent comme le souligne le sens du verbe « ils coopèrent » ainsi que les métaphores
mélioratives hyperboliques « un ensemble harmonieux » et « ce chef-d’oeuvre immortel
» l.9.

Troisième mouvement

L. 10 à 13 [Link] Gouges dénonce la tyrannie que l’homme exerce sur la femme en raison
de son orgueil et de son ignorance. Elle donne en effet les raisons de son égarement. Le
ton est accusateur : « L’homme seul s’est fagoté un principe de cette exception. » Le
verbe « s’est fagoté » est péjoratif et souligne un défaut de raisonnement : la femme serait
inférieure à l’homme, telle serait « l’exception » ici, devenue pour l’homme « un principe
», c’est-à-dire une règle. L’homme ne s’est pas dit qu’il se trompait dans son
raisonnement, il a préféré y décréter une exception dont il a fait un principe. Et l’auteur
dénonce l’orgueil masculin avec « l’homme seul », l’homme se pensant toujours au-
dessus de tous, même de toutes les espèces du règne vivant. L’accumulation d’adjectifs
péjoratifs « Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré » dénonce la suffisance
de l’homme qui le pousse à l’erreur et au déni. L’antithèse « ce siècle de lumières et de
sagacité » / « l’ignorance la plus crasse » l.11 souligne son égarement, son manque de
clairvoyance et de lucidité, d’autant plus impardonnable qu’il se proclame éclairé et que
la science, le savoir ont progressé. Les modalisateurs dénoncent la vanité de leurs
prétentions dans les expressions « il veut commander en despote » « il prétend jouir ».
C’est finalement la Révolution même qu’il met en péril puisqu’il se comporte « en
despote » et ainsi en ennemi de la liberté. De même il invoque « ses droits à l’égalité »
l.13 mais en prive la moitié de l’humanité. A l’opposé, la femme est mise en valeur avec
la périphrase « un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles » comme en atteste à
elle seule l’exhortation et la DDFC qui suit. Les derniers mots « pour ne rien dire de plus
» sonnent comme une conclusion : tout est dit.

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