Algèbre 2 16/09/2016
TD1 : Généralités sur les anneaux
Diego Izquierdo
Les exercices 1, 3, 7 et 10 ont été traités pendant la séance. L'exercice 15 sera traité
pendant la 2è séance de TD.
Exercice 2 : Autour de Z/nZ
Soit n > 0 un entier.
1. (a) Quels sont les diviseurs de 0 de Z/nZ ? Quels sont les éléments
réguliers de Z/nZ ?
Indications : Les diviseurs de 0 sont les classes d'entiers qui ne sont pas pre-
miers avec n et ne sont pas multiples de n. Les éléments réguliers sont les classes
d'entiers qui sont premiers avec n.
(b) À quelle condition sur n l'anneau Z/nZ est-il intègre ?
Indications : L'anneau Z/nZ est intègre si, et seulement si, il n'a pas de diviseurs
de 0 dans Z/nZ. D'après la question 1.(a), cela revient à dire que n est premier.
2. (a) Quel est le nilradical de Z/nZ ?
Indications : Si a ∈ Z est tel que a est multiple de n pour un certain n, alors
k
tout diviseur premier de n divise a. Réciproquement, si tout diviseur premier de
n divise a, alors n divise ak pour k assez grand. Donc, si p1 , ...pr sont les diviseurs
premiers de n, le nilradical de Z/nZ est p1 ...pr Z/nZ.
(b) À quelle condition sur n l'anneau Z/nZ est-il réduit ?
Indications : L'anneau Z/nZ est réduit si, et seulement si, son nilradical est
réduit à (0). D'après la question 2.(a), cela équivaut à dire que, pour tout premier
p, la valuation p-adique de n vaut 0 ou 1.
3. (a) Combien d'idempotents possède l'anneau Z/nZ ?
Indications : Écrivons n = p1 ...pr r (décomposition en produit de facteurs
α1 α
premiers de n). Le lemme chinois donne un isomorphisme :
r
Z/nZ ∼
Y
= Z/pα i
i Z.
i=1
Les idempotents de Z/pαi i sont 0 et 1. Donc les idempotents de ri=1 Z/pαi i Z sont
Q
les (x1 , ..., xr ) avec xi ∈ {0, 1}. On en déduit que Z/nZ a 2n idempotents.
(b) À quelle condition sur n existe-t'il des anneaux non nuls A et B
tels que Z/nZ = A × B ?
Indications : Il existe des anneaux non nuls A et B tels que Z/nZ = A × B si,
et seulement si, Z/nZ possède des idempotents diérents de 0 et 1. D'après la
question 3.(a), cela équivaut à dire que n possède au moins 2 diviseurs premiers
distincts.
3. Quels sont les idéaux de Z/nZ ? Sont-ils principaux ?
1
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Indications : Les sous-groupes de Z/nZ sont les dZ/nZ, pour d diviseur de n.
Ce sont aussi des idéaux. Donc les idéaux de Z/nZ sont les dZ/nZ. Ils sont tous
principaux.
4. Quels sont les idéaux premiers de Z/nZ ?
Indications : Considérons l'idéal I = dZ/nZ, avec d diviseur de n. Si d n'est
pas premier, on écrit d = ab avec a et b des entiers naturels diérents de 1, et
alors ab ∈ I mais a 6∈ I et b 6∈ I , donc I n'est pas premier. Réciproquement, si d
est premier et on considère a et b des entiers tels que ab ∈ I , alors il existe des
entiers u et v tels que ab = du + nv : on en déduit que d divise ab, et donc d
divise a ou b (l'entier d étant premier). Cela prouve que a ∈ I ou b ∈ I .
En résumant, les idéaux premiers de Z/nZ sont les dZ/nZ, avec d diviseur premier
de n.
5. Soit m > 0 un entier. Quels sont les morphismes d'anneaux :
(a) de Z dans Z/nZ ?
Indications : Il n'y a que la projection naturelle.
(b) de Z/nZ dans Z ?
Indications : Il n'y en a pas.
(c) de Z/nZ dans Z/mZ ?
Indications : Si m divise n, il y a uniquement la projection naturelle. Sinon, il
n'y a pas de morphismes.
(d) de Q dans Z/nZ ?
Indications : Il n'y en a pas.
Exercice 4 : Anneau des entiers algébriques
√ √
1. En exhibant un polynôme annulateur, montrer que le nombre 2+ 3 11
est un entier algébrique.
√ √ √
Indications :
√ Soit x = 2 + 3 11. Alors (x − 2)3 = 11, et donc x3 + 6x − 11 =
2(3x + 2). Cela montre que :
2
(x3 + 6x − 11)2 = 2(3x2 + 2)2 ,
et donc x est un entier algébrique.
√ √
2. Soient a = 2 + 3 3 et A = Z[a]. Montrer qu'en tant que groupe, A
3
est libre de type ni. En déduire que a est un entier algébrique.
2
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√ √
Indications : L'anneau A est contenu dans B = Z[ 3 2, 3 3]. Le groupe abélien
B est de type ni puisqu'il est engendré par :
√
3
√
3
√
3
√
3
√
3
√
3
√
3
√
3
1, 2, 4, 3, 9, 6, 18, 12, 36.
Il est de plus sans torsion. C'est donc un groupe abélien libre de type ni.
Comme A est un sous-groupe de B , il est aussi abélien libre de type ni. De
plus, il est engendré par les puissances de a. On en déduit qu'il existe N tel que
A est engendré par 1, a, ..., aN en tant que groupe abélien. Par conséquent, il
existe a0 , ..., aN ∈ Z tels que aN +1 = aN aN + aN −1 aN −1 + ... + a0 . Le nombre a
est donc bien un entier algébrique.
Remarque : Le polynôme caractéristique de multiplication par a sur B est,
d'après le théorème de Cayley-Hamilton, un polynôme annulateur de a.
3. Généraliser le raisonnement précédent pour montrer que l'ensemble
des éléments de C qui sont des entiers algébriques est un anneau.
Indications : Soient a et b deux entiers algébriques. On considère A = Z[a + b],
A0 = Z[ab] et B = Z[a, b]. Comme a et b sont des entiers algébriques, B est
de type ni en tant que groupe abélien. On déduit comme alors comme à la
question 2. que A et A0 sont des groupes abéliens libres de type ni, puis que
a + b et ab sont des entiers algébriques.
Remarque : Le polynôme caractéristique de multiplication par a + b (resp. ab)
sur B est, d'après le théorème de Cayley-Hamilton, un polynôme annulateur de
a + b (resp. ab).
Exercice 5 : Anneau des entiers algébriques, le retour
1. Soient P et Q deux polynômes à coecients dans Q de degrés respectifs
d et e. On considère l'application Q-linéaire :
f : Q[X]<e × Q[X]<d 7→ Q[X]<d+e , (U, V ) 7→ P U + QV,
On appelle résultant de P et Q le déterminant de f (dans les bases
((1, 0), (X, 0), ..., (X e−1 , 0), (0, 1), (0, X), ..., (0, X d−1 )) de Q[X]<e ×Q[X]<d
et (1, X, ..., X d+e−1 ) de Q[X]<d+e ). On le note Res(P, Q). Montrer que
Res(P, Q) est non nul si, et seulement si, P et Q n'ont pas de racines
communes dans C. Remarquer que le résultat subsiste si l'on remplace
Q par un autre corps contenu dans C.
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Indications : Le rationnel Res(P, Q) est nul si, et seulement f est un isomor-
phisme. Cela équivaut à l'injectivité de f .
Si P et Q sont premiers entre eux et (U, V ) ∈ Ker(f ), alors P U = −QV , donc P
divise V et Q divise U . Comme deg U < deg Q et deg V < deg P , on déduit que
U = V = 0, et que f est injectif.
Réciproquement,
si P et Q ne sont pas premiers entre eux, alors
P ∧Q , − P ∧Q ∈ Ker(f ) et f n'est pas injectif.
Q P
Donc Res(P, Q) est non nul si, et seulement si, P et Q sont premiers entre eux.
Or le pdcg de deux polynômes est invariant par extension de corps (d'après
l'algorithme d'Euclide). Donc P et Q sont premiers entre eux dans Q[X] si, et
seulement si, ils le sont dans C[X]. Cela équivaut à ce que P et Q n'aient pas de
racines communes dans C.
Remarque : Avec le même raisonnement, on voit que le résultat subsiste si Q
est remplacé par un autre corps contenu dans C.
2. En déduire que l'ensemble des entiers algébriques est un anneau.
Indications : Soient a et b deux entiers algébriques. Soient P et Q des poly-
nômes annulateurs respectifs unitaires à coecients dans Z. Soit e le degré de Q.
Considérons :
g : Q → Q, z 7→ Res(P (X), Q(z − X)),
h : Q \ {0} → Q, z 7→ Res(P (X), z e Q(X/z)).
Ces fonctions coïncident avec des polynômes unitaires G et H de Z[Z]. Comme
P , Q(a + b − X) et (ab)e Q(X/(ab)) ont tous a pour racine, d'après la remarque
à la n de la question 1., G(a + b) = H(ab) = 0. Donc a + b et ab sont des entiers
algébriques.
3. Exhiber un polynôme
√ √annulateur unitaire à coecients dans Z de l'en-
tier algébrique 3 2 + 3 3.
Indications : Il sut de prendre la fonction polynômiale :
g : Q → Q, z 7→ Res(X 3 − 2, (z − X)3 − 3).
Elle coïncide avec le polynôme :
−2 0 0 Z3 − 3 0 0
0 −2 0 −3Z 2 Z3 − 3 0
0 0 −2 3Z −3Z 2 Z3 − 3
G(Z) = .
1 0 0 −1 3Z −3Z 2
0 1 0 0 −1 3Z
0 0 1 0 0 −1
C'est un polynôme de degré 27.
Exercice 6 : Un entier algébrique
√
3 √
3
Montrer que a = 1+ 10+
3
100
est un entier algébrique. On pourra étudier le
morphisme de groupes :
√
3
√
3
φ : Z[ 10] → Z[ 10], x 7→ ax.
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√
Indications
√ √ : Le groupe abélien Z[ 3 10] est engendré par la famille
(1, 10, 100). Montrons que √
3 3
c'est une√famille libre.
Soient s, t, u ∈ Z tels que s + t 3 10 + u 3 100 = 0. Alors :
√
3
√
3
s + t 10 + u 100 = 0
√3
√3
s 10 + t 100 + 10u = 0
√
3
√
3
s 100 + 10t + 10 10u = 0.
La matrice de ce système est une matrice
√ √de Vandermonde inversible, et donc
s = t =√ u = 0. On en déduit que (1, 3 10, 3 100) est une base du groupe abélien
libre Z[ 3 10].
D'après le théorème de Cayley-Hamilton, le polynôme
√ √ caractéristique de φ est un
polynôme annulateur de a. Dans la base (1, 3 10, 3 100), la matrice de φ est :
1 10 10
3 3 3
1 1 10
.
3 3 3
1 1 1
3 3 3
Le polynôme caractéristique est P = X 3 − X 2 − 3X − 3. Donc a est un entier
algébrique, annulé par P .
√
Exercice 8 : L'anneau Z[ 5]
√
Soit A = Z[ 5].
1. (a) Montrer que A possède une innité d'éléments inversibles.
√
Indications : Soit N : A → Z, a + b 5 7→ a − 5b . On vérie que
2 2
N (xy) = N (x)N (y) pour tous x, y ∈ A.
Soit u ∈ A× . Il existe v ∈ A tel que uv = 1. Donc N (u)N (v) = 1. Donc
N (u) ∈ {±1}. √
Réciproquement,
√ si u ∈ A est tel que N (u) ∈ {±1} , alors, en écrivant u = a+b 5,
on a u(a − b 5) = N (u) = ±1 et donc u ∈ A× .
On en déduit que les inversibles de A sont les éléments u de A tels que N (u) = ±1.
√
Remarquons √ maintenant que N (9+4 5) = 1. On en déduit que, pour tout n ∈ Z,
on a (9 + 4 5)n ∈ A× . Cela montre que A× est inni (il contient en fait une copie
de Z).
√ √
(b) Montrer que 2, 3 + 5 et 3 − 5 sont irréductibles dans A.
Indications : Le nombre 2 n'est pas inversible car N (2) 6= 1. Soient x, y ∈ A tels
que xy = 2. Alors N (x)N (y) = 4. Comme il n'existe pas d'entiers a, b tels que
a2 − 5b2 = 2 (regarder modulo 5), on obtient que N (x) = 1 ou N (y) = 1. Donc
x est inversible ou y est inversible. On en déduit que 2√est irréductible.
√
On procède de manière tout à fait analogue pour 3 + 5 et 3 − 5.
(c) Montrer qu'il n'y a pas d'unicité de la décomposition de 4 en fac-
teurs irréductibles dans A.
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√ √
Indications :
√ Il sut de vérier que 2 × 2 = (3 + 5)(3 − 5) et que 2 ne divise
pas 3 + 5 dans A.
2. (a) Justier que tous les éléments de A sont des entiers algébriques.
√
Indications : Soit x = a + b 5 ∈ A, avec a, b ∈ Z. Alors (x − a) = 5b . Donc x
2 2
est un entier algébrique.
√
Considérons K = Q[ 5] le corps des fractions de A.
(b) Exhiber un entier algébrique dans K \ A.
√
Indications : Considérons x = 1+2 5 ∈ K \ A. Alors x2 = x + 1, donc x est un
entier algébrique.
√
Soit x = a + b 5 ∈ K avec a, b ∈ Q. Supposons que x est un entier
algébrique.
(c) Montrer que 2a ∈ Z et que a2 − 5b2 ∈ Z.
√ √
Soit φ : K → K, a+b 5 7→ a−b 5. On vérie immédiatement que
Indications :
φ est un morphisme d'anneaux. Donc φ(x) est un entier algébrique. Cela montre
que x + φ(x) = 2a et xφ(x) = a2 − 5b2 sont dans Q ∩ Z = Z.
h √ i
(d) Montrer que x ∈ Z 1+2 5 .
Soit k ∈ Z tel que 2a = k. On a k4 − 5b2 ∈ Z. Donc b2 ∈ 20 Z.
2
1
Indications :
Donc il existe l ∈ Z tel que 2b = l. Par conséquent,
h √ i k 2
− 5l 2
∈ 4Z, et k et l ont
même parité. Cela montre que x ∈ Z 1+2 5 .
L'anneau
h √ i A n'est pas intégralement clos, mais il est contenu dans
Z 1+2 5 qui est intégralement clos.
√ h √ i
(e) Vérier que 2 et 3 + 5 sont associés dans Z 1+2 5 . De même,
√ h √ i
vérier que 2 et 3 − 5 sont associés dans Z 1+2 5 .
√ h √ i √ h √ i
Indications : On a ∈ Z 1+2 5 et 3+2√5 = 3−2 5 ∈ Z 1+2 5 . Donc 2 et
3+ 5
2
√ h √ i √
3 + 5 sont associés dans Z 1+2 5 . Il en est de même pour 2 et 3 − 5.
h √ i
On peut montrer que l'anneau Z 1+ 5
2
est principal (donc factoriel).
Exercice 9 : Une équation diophantienne
Trouver tous les couples (x, y) ∈ Z2 tels que y 2 = x3 + 16.
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Indications : On écrit (y+4)(y−4) = x3 . Soit d = (y+4)∧(y−4). Alors d divise 8.
Supposons que d = 1. Alors y + 4 et y − 4 sont des cubes parfaits. Donc y + 4 = 0
et y − 4 = −8, ou y + 4 = 8 et y − 4 = 0. Cela contredit que d = 1.
Donc d 6= 1. Alors 2 divise y . Donc 2 divise x. Donc 4 divise y . Donc 4 divise x.
Donc, en écrivant x = 4t et y = 4u, on obtient :
(u + 1)(u − 1) = 4t3 .
On en déduit que u est impair et que t3 = u+1 2 2 . Comme
u−1 u+1
2 et u−1
2
sont premiers entre eux, ce sont des cubes parfaits. Ce sont de plus des en-
tiers consécutifs. Donc u+1 2 = 0 et u−1
2 = −1, ou u+1
2 = 1 et u−1
2 = 0. Donc
(x, y) ∈ {(0, 4), (0, −4)}.
Exercice 11 : Finitude et intégrité
Soit k un corps. Soit A une k -algèbre de dimension nie intègre. Montrer que
A est un corps. En déduire qu'un anneau ni intègre est un corps.
Indications : Soit a ∈ A \ {0}. Soit φ : A → A, x 7→ ax. C'est une application
k -linéaire. Comme A est intègre, φ est injective. C'est donc un isomorphisme, et
a ∈ A× . Par conséquent, A est un corps.
Soit B un anneau ni intègre non nul. Soit I = {n ∈ Z|n × 1B = 0}. C'est un
idéal de Z, diérent de 0 car B est ni. Soit p ∈ N tel que I = (p). Comme B est
intègre, p est premier. On vérie alors que B est naturellement une Z/pZ-algèbre
intègre de dimension nie. Donc B est un corps.
Exercice 12 : Produits d'anneaux
Soient A un anneau.
1. Supposons que A s'écrit sous la forme A1 × .... × An où A1 , ..., An sont
des anneaux non nuls. Montrer que A possède des idempotents non
nuls e1 , ..., en tels que ei ej = 0 pour i 6= j et e1 + ... + en = 1.
Indications : Il sut de choisir ei = (δij )1≤j≤n ∈ A1 × .... × An . Ici δij désigne
le symbole de Kronecker.
2. Réciproquement, montrer que si A possède des idempotents non nuls
e1 , ..., en tels que ei ej = 0 pour i 6= j et e1 + ... + en = 1, alors A s'écrit
sous la forme A1 × .... × An où A1 , ..., An sont des anneaux non nuls.
Décrire alors les idéaux de A.
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Indications : Considérons :
φ : A → Ae1 × .... × Aen , x 7→ (xe1 , ..., xen ).
On vérie que chaque Aei est un anneau et que φ est un morphisme d'anneaux.
De plus,
ψ : Ae1 × .... × Aen → A, (x1 , ..., xn ) 7→ x1 + ... + xn
est l'inverse de φ. Donc φ est un isomorphisme.
Soit I un idéal de A. Notons φi : A → Aei , x 7→ xei et Ii = φ(I). Chaque Ii est
un idéal de Aei et I1 × ... × In ⊆ φ(I). De plus, si x ∈ I , alors xei ∈ Ii pour
chaque i, et donc φ(x) ∈ I1 × ... × In . On en déduit que p(I) = I1 × ... × In . Donc
les idéaux de A sont les produits d'idéaux des Aei .
3. Soit m > 0 un entier. Quel est le plus grand entier n tel qu'il existe
des anneaux non nuls A1 , ..., An vériant Z/mZ = A1 × ... × An ?
Indications : On cherche le plus grand entier n tel qu'il existe des idempotents
non nuls e1 , ..., en vériant ei ej = 0 pour i 6= j et e1 + ... + en = 1.
Écrivons m = pα1 1 ...pαr r (décomposition en produit de facteurs premiers de m).
Le lemme chinois donne un isomorphisme :
r
Z/mZ ∼
Y
= Z/pαi
i Z.
i=1
Donc
Qrn ≥ r. αDe plus, les idempotents de Z/pαi i sont 0 et 1. Donc les idempotents
de i=1 Z/pi Z sont les (x1 , ..., xr ) avec xi ∈ {0, 1}. On en déduit que n ≤ r.
i
Finalement n est le nombre de facteurs premiers distincts de m.
Exercice 13 : Anneau de polynômes
Soit A un anneau.
1. Supposons A intègre.
(a) Montrer que A[X] est intègre.
Indications : Soient P et Q dans A[X] non nuls de degrés respectifs d et e.
Soient a et b les coecients dominants respectifs. Alors le coecient de X d+e
dans P Q est ab. Comme A est intègre, ab 6= 0. Donc P Q 6= 0 et A[X] est intègre.
(b) Quels sont les éléments inversibles de A[X] ?
Indications : Soit P ∈ A[X] . Il existe Q ∈ A[X] tel que P Q = 1. En procédant
×
comme dans 1.(a), on remarque alors que P et Q sont de degré 0. Donc P ∈ A× .
Réciproquement, on a bien A× ⊆ A[X]× . Donc A× = A[X]× .
2. On ne suppose plus A intègre.
(a) Quel est le nilradical de A[X] ?
8
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Indications : Montrons par récurrence sur le degré que tous les coecients d'un
polynôme nilpotent sont nilpotents.
Il est clair que les coecients d'un polynôme nilpotent constant sont nilpotents.
Supposons maintenant la propriété prouvée pour les polynômes de degré d. Soit
P ∈ A[X] nilpotent de degré d + 1. Soit N ∈ N tel que P N = 0 et écrivons
P = ad+1 X d+1 + ... + a0 . Alors aN d+1 = 0. Donc P − ad X est nilpotent de
d
degré d. Par hypothèse de récurrence, a0 , ..., ad sont nilpotents. Donc tous les
coecients de P sont nilpotents.
Réciproquement, un polynôme dont les coecients sont nilpotents est nilpotent.
(b) Quels sont éléments inversibles de A[X] ?
Indications : Montrons par récurrence sur d que si un polynôme P = ad X +
d
... + a0 de degré au plus d est inversible, alors ad , ..., a1 sont nilpotents et a0 est
inversible.
Pour d = 0, le résultat est évident.
Supposons le résultat prouvé pour un certain entier d−1. Soit P ∈ A[X] inversible
de dégré d. Soit Q son inverse. Écrivons P = ad X d + ... + a0 et Q = be X e + ...b0 .
Comme a0 b0 = 1, il est clair que a0 et b0 sont inversibles. Par une récurrence
simple on montre que, pour chaque r ≥ 0, on a ar+1 d be−r = 0. En particulier,
ae+1
d b0 = 0 . Comme b 0 est inversible, ad est nilpotent (plus précisément ae+1
d = 0).
Du coup, P − ad X d est inversible : son inverse est :
e
X
P −1 · (ad X d P −1 )k .
k=0
Par hypothèse de récurrence, on obtient que ad−1 , ..., a1 sont nilpotents et a0 est
inversible, ce qui achève la preuve.
Réciproquement, si ad , ..., a1 sont nilpotents et a0 est inversible, alors P = ad X d +
... + a0 est inversible puisque son inverse est :
∞
X
a−1
0 · (−1)k (ad X d + ... + a1 X)k .
k=0
(c) À quelle condition sur A peut-on écrire A[X] = B1 × B2 pour
certains anneaux non nuls B1 et B2 ?
Indications : Si A possède un idempotent diérent de 0 ou 1, alors A[X] aussi
et donc on peut écrire A[X] = B1 × B2 pour certains anneaux non nuls B1 et
B2 .
Supposons que A ne possède pas d'idempotents autres que 0 ou 1. Soit P ∈ A[X]
un idempotent. Écrivons P = ad X d + ... + a0 . Alors a0 est un idempotent :
a0 = 0 ou a0 = 1. Dans les deux cas, on montre aisément par récurrence que
ai = 0 pour chaque i > 0. Donc P = 0 ou P = 1, et on ne peut pas écrire
A[X] = B1 × B2 pour certains anneaux non nuls B1 et B2 .
Nous avons donc montré que A[X] = B1 × B2 pour certains anneaux non nuls B1
et B2 si, et seulement si, A = C1 × C2 pour certains anneaux non nuls C1 et C2 .
9
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Exercice 14 : Opérations sur les idéaux de Z
Soient a, b ∈ Z. Donner des générateurs de (a) + (b), de (a)(b) et de (a) ∩ (b).
Indications : On a : (a) + (b) = (a ∧ b), de (a)(b) = (ab) et de (a) ∩ (b) = (a ∨ b).
Exercice 15 : Radical d'un idéal
Soient A un anneau et I un idéal de A. On appelle radical de I l'ensemble
√
√ , a ∈ I}.
∗ n
I = {a ∈ A|∃n ∈ N
1. Montrer que
√ I estpun idéal.
2. Reconnaître A et (0).
3. Soit J un idéal de A. Déterminer si les assertions suivantes sont vraies
ou fausses.
p√ Corriger
√
celles qui sont fausses.
(a) √ I = √ I. √
(b) √ I ∩ J √= I√∩ J .
(c) √IJ = I √ · J .√
(d) I + J =√ I + J .
4. Montrer que I est l'intersection des idéaux premiers contenant I . On
pourra utiliser le lemme de Zorn. √
5. Prenons A = Z et I = N Z. Calculer I.
10