Gab 211835
Gab 211835
DE LA RÉPUBLIQUE GABONAISE
CODE CIVIL
PREMIÈRE PARTIE
Section 1
Des lois et ordonnances
Article premier : Les lois acquièrent force exécutoire en vertu de la promulgation qui en est faite par le Président de
la République.
Article 2 : Les lois ne deviennent cependant obligatoires sur l’étendue de chaque District que sept jours francs après
l’arrivée à la sous-préfecture, du Journal officiel qui les contient, arrivée qui sera constatée sur un registre spécial
tenu par le Sous-préfet du District.
Cette disposition s’applique aux ordonnances prises par le Chef de l’Etat, conformément à l’article 42 de la
Constitution.
Article 3 : En cas d’urgence et sans préjudice de leur publication au Journal officiel, les lois et ordonnances
deviennent obligatoires dans l’étendue de chaque Province, après leur affichage dans les panneaux des actes
administratifs, ou sept jours francs après leur publication dans un périodique d’annonces officielles et légales agréé.
Les dates d’affichage de la publication de ces lois et ordonnances doivent être portées sur un registre spécial tenu par
le Gouverneur.
Toutefois, sauf impossibilité résultant d’un cas de force majeure, les textes des lois et ordonnances ainsi
rendus obligatoires doivent être, dès leur adoption, portés à la connaissance du public au cours de trois émissions
radiodiffusées successives.
Article 4 : Les lois et ordonnances, à l‘exclusion de celles qui ont une portée purement territoriale, deviennent
obligatoires à l’égard des gabonais domiciliés ou résidant à l’étranger sept jours francs après l’arrivée constatée au
Consulat du Journal officiel qui les contient et, à l’égard des gabonais résidant dans les pays où le Gabon n’a pas de
Consulat, quinze jours francs après leur publication au Journal officiel.
En cas de publication selon la procédure d’urgence, ces textes entrent en vigueur dès leur affichage dans les
locaux du Consulat du Gabon ou de leur représentation diplomatique du Gabon.
Article 5 : Les lois individuelles sont obligatoires le lendemain du jour de la notification individuelle qui en aura été
faite aux intéressés.
Toutefois, la publication dans les formes prévues aux articles 2 et 3 vaut notification individuelle dans le cas
où cette procédure est rendue nécessaire en raison du nombre des intéressés ou des circonstances particulières. Cette
publication est nécessaire pour que les lois individuelles soient opposables aux tiers.
Article 6 : Les dispositions d’une loi ou d’une ordonnance dont le texte publié n’est pas conforme au texte adopté
sont dépourvues d’effet.
Article 7 : Les rectificatifs à une loi publiée au Journal officiel sont dépourvues d’effet s ils n’ont pas fait l’objet
d’une promulgation spéciale, à moins qu’ils n’aient simplement pour objet de réparer une erreur purement matérielle,
de combler une omission évidente ou de mettre le texte publié en conformité avec le texte promulgué.
Article 8 : La loi ne peut être abrogée ou modifiée en tout ou en partie que par une ordonnance ou une autre loi, sous
réserve des dispositions prévues par la Constitution.
La présente disposition s’applique également aux ordonnances.
Le juge qui refusera de juger, sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi, pourra
être poursuivi comme coupable de déni de justice.
Il est défendu aux juges de prononcer par voie de disposition générale et réglementaire sur les causes qui
leur sont soumises.
On ne peut déroger, par des conventions particulières, aux lois qui intéressent l’ordre public et les bonnes
moeurs.
Section 2
Des actes administratifs
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Article 9: Les décrets et actes réglementaires généraux deviennent obligatoires dans les conditions prévues aux
articles 2 et 3 ci-dessus.
Article 10: Les autres actes réglementaires, à l’exception des décisions prises conformément à l’article 2 de a
Constitution, deviennent obligatoires un jour franc après affichage dans les panneaux des actes administratifs, ou sept
jours francs après leur publication dans un périodique d’annonces officielles et légales agréé.
Les dates d’affichage et de publication sont constatées dans les conditions prévues à l’article 3.
Article 11: Les dispositions d’un décret ou d’un autre acte réglementaire dont le texte publié n’est pas conforme au
texte adopté sont dépourvues d’effet.
Article 12: Les rectificatifs à un acte réglementaire publié au Journal officiel sont dépourvus d’effet s’ils n’ont pas
simplement pour objet de réparer une erreur purement matérielle ou de combler une omission évidente.
Article 13: Les actes administratifs individuels sont soumis aux dispositions de l’article 5.
Toutefois, les actes administratifs individuels, pour être opposables aux tiers, peuvent faire l’objet, avant
leur publication au Journal officiel, d’une insertion dans un journal d’annonces légales agréé, soit à la demande de
l’autorité administrative, soit à la demande des intéressés eux-mêmes et à leurs frais. Cette insertion fait courir, à
compter de sa date, le délai de l’opposition, lorsque celle-ci est ouverte.
Section 3
Des traités et accords internationaux
Article 14: Les traités et accords internationaux acquièrent force exécutoire par l’accomplissement de formalités
prévues par la Constitution.
Ils ne deviennent obligatoires qu’après leur publication au Journal officiel de la République gabonaise.
Article 15: Toute dénonciation d’un traité ou d’un accord international par le Gabon est publiée par décret inséré au
Journal officiel.
Il en sera de même lorsque le Gouvernement gabonais estimera qu’un traité ou accord international a cessé
de produire ses effets.
Le décret pris dans ces conditions doit indiquer la date à laquelle ledit accord cesse de produire ses effets
entre les Etats contractants.
Chapitre II
Du conflit des lois dans le temps
Article 16: La loi ne statue que pour l’avenir ; elle ne peut avoir effet rétroactif sans une manifestation expresse de la
volonté du législateur.
Toutefois, les lois d’interprétation ont, par elles-mêmes, effet rétroactif. Le caractère interprétatif ne peut
être reconnu à une loi s’il ne ressort pas manifestement de ses dispositions que le législateur a entendu lui attribuer ce
caractère.
Sauf dispositions contraires, la rétroactivité des lois d’interprétation ne peut porter atteinte aux effets des
transactions intervenues ou des décisions passées en force de chose jugée.
Article 17: Une loi nouvelle ne modifie ni les conditions d’établissement d’une situation juridique antérieurement
créée, ni les conditions d’extinction d’une situation juridique antérieurement éteinte. Elle ne modifie pas non plus les
effets produits par une situation juridique au temps où la loi précédente était en vigueur.
Article 18: Lorsque les conditions de création ou d’extinction d’une situation juridique peuvent et doivent être réunis
à des époques différentes, la loi nouvelle ne s’applique qu’à celles de ces conditions qui ne sont pas encore
définitivement réunies. Elle peut exiger les conditions nouvelles pour la formation ou l’extinction de cette situation.
Article 19: Les lois qui allongent les délais s’appliquent immédiatement aux délais en cours; il en est de même de
celles qui les abrogent.
Article 20: Sauf dérogation expresse du législateur, les lois nouvelles qui déterminent les effets des situations
juridiques non contractuelles s appliquent immédiatement aux situations établies avant leur entrée en vigueur.
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Article 21: Les lois antérieures continuent à régir les effets des contrats en cours, sauf dérogation expresse ou tacite
du législateur.
L’application de la loi nouvelle aux contrats en cours ne peut modifier les effets produits par ces contrats
sous l’empire de la loi précédente, sauf dérogation expresse du législateur.
Article 22: La preuve en justice est soumise à la loi en vigueur au jour où la décision définitive est rendue.
Toutefois, les preuves préconstituées et les présomptions légales sont régies par la loi qui gouverne les faits ou les
actes à prouver.
La procédure d’administration de la preuve est régie par la loi en vigueur au jour où cette preuve est
rapportée.
Article 23: Lorsque la décision du jugement est constitutive et non déclarative de droit, elle est soumise à la loi en
vigueur au jour où elle est rendue.
Chapitre III
De l’exercice anormal des droits
Article 24: Tout acte ou tout fait qui, par l’intention de son auteur, par son objet ou par les circonstances dans
lesquelles il est intervenu, excède manifestement l’exercice normal d’un droit, n’est pas protégé par la loi et engage
éventuellement la responsabilité de son auteur.
La présente disposition ne s’applique pas aux droits qui, en raison de leur nature ou en vertu de la loi,
peuvent être exercés de façon discrétionnaire.
Chapitre IV
De la condition des étrangers, des conflits internationaux des lois et des effets au Gabon des jugements rendus en
pays étranger
Section I
De la condition des étrangers
Article 25: L’étranger jouit au Gabon des mêmes droits que les nationaux, à l‘exception de ceux qui lui sont refusés
expressément par la loi.
Mais l’étranger ne jouit au Gabon d’aucun droit politique, sauf dérogation expresse du législateur.
Article 26: Lorsque la jouissance d’un droit est subordonnée à la réciprocité, la liste des États dans lesquels cette
réciprocité existe effectivement est dressée par arrêté publié au Journal officiel, pris conjointement par le Garde des
Sceaux et par le Ministre des Affaires étrangères.
Article 27: Sauf dispositions contraires ou élection de domicile au profit d’un tribunal étranger, et sauf les cas
d’immunité de juridiction déterminés par la loi, l’étranger, même non résidant au Gabon, pourra être cité devant les
tribunaux gabonais, pour les obligations par lui contractées au Gabon ou en pays étranger envers les gabonais, pour
les obligations découlant du mariage, de l’union libre, de la paternité réelle ou fictive, de la tutelle ainsi que pour les
atteintes aux droits de la personnalité. Il en sera de même en cas de réparation du dommage causé par un délit ou un
quasi délit, si les faits constitutifs de ce délit ou quasi délit se sont produits au Gabon.
De même, un gabonais pourra être traduit devant un tribunal du Gabon pour les obligations par lui
contractées en pays étranger.
En cas de besoin, une loi particulière déterminera les matières qui sont de la compétence exclusive des
tribunaux gabonais.
Article 28: Sous réserve des conventions passées entre le Gabon et les autres Etats, l’étranger demandeur ou
intervenant doit, en matière civile et commerciale, fournir au défendeur gabonais qui l’en requiert la caution
juricatum solvi, à moins qu’il ne soit domicilié au Gabon ou qu’il n’y possède des biens de valeur suffisante pour
assurer le payement des frais et dommages intérêts résultant du procès.
Section 2
Des conflits internationaux des lois
A) Dispositions générales
Article 29: A moins que la loi gabonaise ne soit compétente, toute situation juridique créée à l’étranger en vertu
d’une loi étrangère qui se reconnaît compétente produit ses effets au Gabon.
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Toutefois, si la loi étrangère ne se reconnaît pas compétente, il doit être fait application de la loi gabonaise.
Article 30: Sont applicables au Gabon, toutes les dispositions des législations étrangères qui heurtent l’ordre public.
Article 31: Nul ne peut se prévaloir d’une situation juridique créée en application d’une loi étrangère qui n’a été
rendue compétente que par une fraude à la loi gabonaise.
B) Etat et capacité
Paragraphe I
Dispositions communes
Article 32: L’état et la capacité des individus sont soumis à leurs lois nationales.
Peuvent néanmoins être régis par la loi gabonaise, les nationaux des Etats étrangers qui y ont leur domicile depuis
plus de cinq ans.
Article 33: La loi qui tient lieu pour un apatride de sa loi nationale est celle du lieu de sa résidence habituelle.
Paragraphe 2
Mariage, divorce
Article 34: Les conditions de validité du mariage autres que celles relatives aux formalités ou à la célébration, sont
régies pour chacun des époux par la loi qui régit son état.
Toutefois, l‘étranger qui acquiert la nationalité gabonaise sans perdre sa nationalité d’origine ne peut opter
pour la polygamie si elle n’est pas admise dans sa première patrie ou si, étant admise, il y avait renoncé.
D’autre part, l’étranger devenu gabonais et ayant perdu sa nationalité d’origine ne peut, s’il était marié
avant l’acquisition de la nationalité gabonaise et tant que dure son mariage, prendre une seconde épouse si la
polygamie n’était pas admise dans sa patrie d’origine ou si, étant admise, il y avait renoncé.
Article 35: Lorsqu’une ou plusieurs des conditions de validité d’un mariage soumis normalement à une loi étrangère
sont écartées pour des raisons d’ordre public, le mariage ne pourra être célébré au Gabon que si les conditions de
validité du mariage exigées par le présent code sont remplies.
Article 36: Les effets du mariage et du divorce sont soumis, à l’égard des deux époux, à la loi gabonaise, lorsque
l’état de l’un des époux est régi par cette loi.
Article 37: Sont soumis à la loi gabonaise, les effets du mariage, le divorce ou la séparation de corps des époux,
lorsque le mariage, célébré valablement au Gabon, n’est pas reconnu pour des raisons de fond ou de forme dans le
pays étranger dont la loi régissait normalement leur état à l’époque de la célébration du mariage de ces époux.
Paragraphe 3
Filiation, tutelle et protection des incapables
Article 38: La filiation légitime ou naturelle est régie par la loi gabonaise lorsque l’état de l’un des auteurs ou de
l’enfant est soumis à cette loi.
Lorsque cet état n’est pas régi par la loi gabonaise, la filiation légitime ou naturelle est soumise à la loi
étrangère applicable à l’état de l’enfant.
Article 39: La loi gabonaise régit la tutelle et les diverses mesures dont l’état et la capacité demeurent soumis cette
loi.
Article 41: La responsabilité délictuelle est soumise à la loi du lieu où le fait dommageable s’est produit.
Article 42: L’enrichissement sans cause, le paiement de l’indu, la gestion des affaires sont soumis à la loi du lieu où
ils sont intervenus et, si cette loi ne peut être déterminée, à la loi du domicile du débiteur.
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Article 43 : Les mesures de publicité prescrites dans un but de police par les lois d’un Etat s’appliquent à tous les
faits qui se produisent et à tous les actes qui sont passés sur le territoire de cet Etat.
D) Biens
Article 44: Les biens corporels sont soumis à la loi du lieu de leur situation.
Article 45 : Les opérations concernant les titres de créance sont soumises à la loi du domicile du débiteur.
Toutefois, si le titre est nominatif, la loi applicable est celle du lieu où se trouve le registre des transferts, à
défaut, la loi du siège de l’établissement qui a émis le titre.
Si le titre est au porteur ou à ordre, la loi applicable est celle du lieu où ce titre est situé au moment desdites
opérations.
Article 46: Les lois ci-dessus visées régissent le régime de ces différents biens et notamment la possession, la
propriété, les droits réels, l’indivision, le partage en tant qu il met fin à l’indivision ainsi que les diverses mesures de
publicité.
Article 47: Les privilèges portant sur les biens corporels et sur les fonds de commerce sont soumis à la loi du lieu de
la saisie et, plus généralement, la loi du lieu où ils sont exercés.
F) Régimes matrimoniaux
Article 49 : Le régime matrimonial des époux qui se sont mariés sans faire de contrat est soumis à la loi gabonaise
en vigueur à l’époque du mariage.
Dans le cas où les époux se marient devant un agent diplomatique ou consulaire, le régime matrimonial est
soumis à la loi du pays dont relève cet agent.
Article 50 : Les dispositions du contrat de mariage relatives aux biens son t soumises à la loi gabonaise.
Article 51 : La loi qui régit le régime matrimonial légal ou conventionnel détermine si les époux peuvent, au cours
du mariage, apporter des modifications à ce régime.
Article 52 : Les époux étrangers qui acquièrent l’un et l’autre la nationalité gabonaise au cours du mariage ont la
faculté, sous réserve des droits des tiers, d’apporter, dans l’année de cet événement les conventions matrimoniales
prévues par le présent code.
Une mention de ce changement de régime matrimonial doit être, à leur requête, faite en marge de leur acte
de mariage s’ils se sont mariés devant une autorité gabonaise et, dans le cas contraire, sur un registre spécial tenu à la
Mairie du premier Arrondissement de la capitale.
A défaut de la publicité qui les précède, les nouvelles conventions matrimoniales sont inopposables aux
tiers.
Si les époux qui n’avaient pas fait de contrat de mariage n’ont pas usé, dans le délai visé à l’alinéa premier,
de la faculté prévue au même alinéa, le régime légal du présent code se substitue de plein droit, pour l’avenir et sous
réserve des droits des tiers, à leur régime antérieur.
G) Les successions
Article 53 : Les successions sont soumises:
1°) En matière immobilière, à la loi de la situation des immeubles;
2°) En matière mobilière, à la loi du dernier domicile du défunt.
Toutefois, les successions relatives aux fonds de commerce sont soumises à la loi du lieu du principal
établissement.
Article 54 : Lorsqu’une succession comporte des biens situés au Gabon et en pays étranger, mais que sur ce pays,
l‘un des cohéritiers gabonais ait été désavantagé à raison de sa seule qualité d’étranger, il peut prélever
préalablement à toute réparation, sur les biens mobiliers ou immobiliers situés au Gabon, une part équivalente à celle
dont il a été ainsi privé.
H) Contrats
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Article 55: Sous réserve des dispositions de police et de sûreté, les contrats sont soumis, en ce qui concerne leurs
conditions de fond et leurs effets obligatoires, à la loi que les contractants ont choisi dans un intérêt légitime.
Faute par les contractants d’y avoir exprimé clairement leur volonté, les contrats sont soumis à la loi du lieu
de leur conclusion, à l’exception des contrats relatifs à la constitution ou à la transmission d’un droit réel sur un
meuble ou d’un immeuble, lesquels demeurent soumis à la loi du lieu de la situation du bien.
Les modifications de la loi compétente après la conclusion du contrat, s’appliquent à celui-ci conformément
aux règles de solution de conflits de lois dans les temps auxquels cette loi est soumise.
Article 56 : En ce qui concerne les règles de fond qui ont pour but d’assurer la protection des héritiers du donateur,
les donations sont soumises à la loi qui régit la succession.
Article 58 : Les formalités exigées pour la constitution ou la transmission d’un droit réel sur un meuble ou un
immeuble sont soumises à la loi du lieu de la situation du bien.
Chapitre V
De la compétence des autorités gabonaises et étrangères
Section I
Actes dressés au Gabon
Paragraphe I
Actes dressés par les autorités gabonaises
Article 59: Doivent être déclarés à l’état-civil gabonais les naissances et décès survenus sur le territoire gabonais,
quel que soit la nationalité des intéressés.
Article 60 : Les étrangers peuvent se marier et reconnaître des enfants naturels dan les mêmes formes que les
Gabonais.
Un étranger peut se marier au Gabon devant un Officier de l’état-civil, bien que la loi applicable son état
subordonne la validité de son mariage une célébration religieuse.
La reconnaissance des enfants naturels par un étranger devra être faite par acte notarié, avec l’accord de la
mère et de ses ascendants.
Article 61: Peut être déclaré nul, le mariage d’un étranger au Gabon conclu dans une intention de fraude aux règles
essentielles de publicité prescrites par la loi applicable à son état.
Article 62 : Les actes authentiques concernant les étrangers peuvent être dressés par les notaires et autres autorités
gabonaises qualifiées à cet effet. En ce cas, les formes exigées par la loi gabonaise doivent être observées.
Paragraphe 2
Actes dressés au Gabon par les autorités étrangères
Article 63 : Est valable, le mariage célébré au Gabon par un agent diplomatique ou consulaire d’un pays étranger,
dans les formes en vigueur dans son pays, si les deux époux ont la nationalité dudit pays.
Article 64 : Les actes notariés passés entre étrangers devant un agent diplomatique ou consulaire d’un pays étranger
n’ont, au Gabon, que la force probante ; leur force exécutoire est subordonnée à une ordonnance du Président du
tribunal de grande instance dans le ressort duquel l’exécution desdits actes doit être poursuivie.
Section 2
Actes dressés en pays étrangers
Paragraphe I
Actes dressés par es autorités étrangères
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Article 65 : Sont valables, les actes de l’état civil dressés en pays étranger par les autorités locales qualifiées, quelle
que soit la nationalité des intéressés.
Article 66 : Les actes notariés concernant des Gabonais ou des étrangers dressés en pays étranger par les autorités
étrangères qualifiées n’ont, au Gabon, que la force probante : leur force exécutoire est subordonnée à une ordonnance
du Président du tribunal de grande instance dans le ressort duquel l’exécution desdits actes doit être poursuivie.
Paragraphe 2
Actes dressés en pays étranger par les autorités gabonaises
Article 67 : Les actes notariés dressés en pays étranger dans les formes gabonaises, par des agents diplomatiques et
consulaires du Caban ou par telles autres autorités gabonaises qualifiées, possèdent la même force, y compris la force
exécutoire, que s ils avaient été dressés au Gabon.
Section 3
Tutelle
Article 68 : Est soumise à l’autorité gabonaise, laquelle doit pourvoir à son organisation selon les règles du droit
gabonais, la tutelle de tout incapable étranger soumis à la loi gabonaise dans les conditions prévues aux articles 32 et
33 ci-dessus.
Article 69 : Si la tutelle du mineur étranger résidant au Gabon, soumis à sa loi nationale, n’est pas organisée par les
autorités de son pays, elle peut l’être à titre provisoire par les autorités gabonaises, et selon les règles du droit
gabonais.
Article 70 : L’organisation de la tutelle des interdits légaux relève de l’autorité gabonaise dès l’instant qu’elle
concerne un individu frappé d’une peine prononcée par un tribunal gabonais.
Chapitre VI
De l’effet qu Gabon des jugements rendus en pays étranger
Article 71 : Les décisions étrangères gracieuses ou contentieuses, rendues en matière civile y compris celles qui
émanent d’une juridiction répressive de droit commun statuant sur la réparation civile d’un crime ou d’un délit, ne
peuvent donner lieu au Gabon à des mesures d’exécution sur les biens ou de contrainte à l’égard des personnes que,
si elles ont été revêtues de l’exequatur par le tribunal de grande instance de la capitale.
Article 72 : Un jugement étranger ne possède au Gabon, en toute matière, l’autorité de la chose jugée que s’il a été
revêtu de l’exequatur.
Article 73 : La partie qui invoque l’autorité d’une décision judiciaire ou qui en demande l’exécution doit produire :
a) une expédition authentique de ladite décision,
b) l’original de l’exploit de signification de la décision ou de tout acte qui tient lieu de signification,
c) un certificat du greffier de la juridiction ayant rendu cette décision et constatant qu’il n’existe contre elle ni
opposition, ni appel.
Article 74 : Le tribunal ne peut faire droit à une demande d’exequatur qu’après avoir vérifié :
1° si la compétence pour connaître du litige n’appartient pas à un tribunal gabonais et si le tribunal étranger qui a
statué était compétent d’après les règles suivies dans le pays concerné,
2° si la procédure a été régulière et si le défendeur a été mis en situation de présenter ses moyens de défense,
3° si le litige a reçu une solution exacte en ce qui concerne les faits de la cause de l’interprétation des règles de droit
qui leur étaient applicables:
4° s’il n’existe pas en la cause une décision gabonaise ou si un tribunal gabonais n’est pas déjà saisi du litige,
5° si la décision ne contient rien de contraire à l’ordre public gabonais.
Le tribunal qui dispose à cet égard d’un pouvoir de contrôle illimité, ne peut qu’accorder ou rejeter la
demande d’exequatur, sans pouvoir apporter des modifications à la décision, ni l’étendre à d’autres parties que celles
ayant figuré à l’instance en pays étranger.
Toutefois, le tribunal peut n’accorder l’exequatur qu’à certains chefs de la décision. Il peut également
réduire le montant de la condamnation.
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Au cours de l’instance en exequatur, chacune des parties peut invoquer à l’appui de sa demande, les
moyens, exceptions et fins de non-recevoir postérieurs à la décision.
Article 75 : Ne peuvent obtenir l’exequatur au Gabon, les jugements rendus dans des pays où les décisions des
tribunaux gabonais ne peuvent être rendues exécutoires.
Article 76: Le jugement qui a obtenu l’exequatur a la même force exécutoire et bénéficie des mêmes garanties
d’exécution qu’un jugement gabonais.
Le défaut de réciprocité ne peut être invoqué que s’il est constaté dans la forme prévue à l’article 26.
Article 77 : Les dispositions de la présente section ne s’appliquent qu’aux jugements rendus par les juridictions des
pays qui n’ont pas passé avec le Gabon des conventions particulières.
LIVRE I
DES PERSONNES
TITRE I
DES PERSONNES PHYSIQUES
Chapitre I
Des droits de la personnalité
Article 78 : La personne humaine est sujet de droits à partir de sa naissance et jusqu sa mort.
Elle a la jouissance et l’exercice de tous les droits privés, sauf disposition contraire.
Toutefois, celui qui pour exercer un droit, fait valoir qu’une personne donnée vit ou vivait à une certaine
époque ou qu’elle est décédée, ou a survécu à une autre personne, doit prouver le fait qu’il allègue. Jusqu’à cette
preuve, il sera déclaré non recevable en sa demande.
Article 79 : Toutes les fois que son intérêt l’exige, l’enfant simplement conçu est sujet de droit, pourvu qu’il naisse
vivant et viable.
L’enfant est réputé conçu dans la période comprise entre le 180ème et le 300ème jour précédent sa naissance.
Article 80 : Toute personne physique jouit des droits de la personnalité et des libertés affirmés ou réaffirmés par la
Constitution gabonaise.
Sous réserve des lois et décisions prises pour maintenir l’ordre ou assurer une bonne administration de la
justice, toute imitation apportée à l’exercice des droits et libertés précités est nulle si elle n’est justifiée par un intérêt
éminemment social.
Article 81 : Une personne peut toujours refuser de se soumettre à un examen ou à un traitement médical ou
chirurgical, à moins qu’elle n’y soit tenue en vertu d’une disposition de la loi ou d’un règlement d’administration
publique.
Toutefois, si l’examen ou le traitement auquel on lui demande de se soumettre ne comporte aucun risque
anormal, elle perd, en cas de refus, le droit de se prévaloir de la maladie ou de l’infirmité que le traitement aurait pu
ernpêcher, supprimer ou atténuer.
Article 82 : Lorsqu’une personne refuse de se soumettre à un examen médical ne comportant aucun danger sérieux
pour le corps humain, les juges peuvent considérer comme établis les faits que l’examen avait pour but de constater.
Article 83 : Lorsqu’ une personne a, de son vivant, exprimé formellement sa volonté de se soustraire à toute autopsie
et à tout prélèvement, ces mesures ne peuvent être pratiquées que sur décision du Procureur de la République, du
Magistrat instructeur ou du Président du tribunal statuant en référé.
Les mêmes règles sont applicables lorsque, après le décès d’une personne, son conjoint ou ses parents se
sont opposés à ces mesures.
Un décret déterminera les dérogations qui pourront être apportées au présent article en cas de péril
imminent pour la salubrité publique.
Article 84 : La dissection ne peut être pratiquée au cas où une volonté contraire a été manifestée soit par le défunt
lui-même, soit par son conjoint, ses parents, soit par les personnes qui sont chargées des funérailles.
En aucun cas la dissection ne peut être pratiquée moins de vingt-quatre heures après le décès.
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Article 85 : Est sans valeur au regard de la loi civile, l’acte par lequel une personne dispose de tout ou partie de son
corps, lorsque cet acte doit recevoir exécution avant le décès du disposant et s’il a pour effet de porter une atteinte
grave à l’intégrité et à la vie du corps humain.
Il n’en est autrement que si l’acte est justifié par les règles de l’art médical.
Article 86 : Est toujours recevable, l’acte par lequel une personne dispose de tout ou partie de son corps, que cet acte
doive recevoir exécution du vivant de son auteur ou après son décès.
Article 87 : La photographie ou l’image d’une personne ne peut être exposée dans un li, ni reproduite, ni mise en
vente sans le consentement de cette personne.
Toutefois, ce consentement n’est pas nécessaire lorsque la reproduction de la photographie ou de l’image
est justifiée par la notoriété de cette personne ou par la fonction publique qu’elle occupe, ou par des nécessités du
service judiciaire ou de police, ou par un intérêt scientifique, culturel ou didactique, ou lorsque la reproduction de
l’image est faite en liaison avec des faits, évènements ou cérémonies d’intérêt public ou qui ont lieu en public.
Article 88 : En dehors des cas visés à l’article précédent, toute personne dont l’image a été exposée, reproduite ou
mise en vente sans son consentement, peut demander qu y soit mis fin ; et les juges peuvent, en réparation du
préjudice subi, lui allouer des dornmages-intérêts.
Lorsque la personne de qui l’image est exposée ou mise en vente est décédée ou hors d’état de manifester sa
volonté, et si cette exposition ou cette mise en vente est de nature à porter atteinte à la considération de cette
personne, les droits prévus à l’alinéa précédent reviennent à son conjoint et à ses enfants et, à défaut, à ses frères et
soeurs ou à l’ascendant le plus proche.
Article 89 : L’engagement pris par une personne de ne pas se marier ou de ne pas se remarier est sans valeur au
regard de la loi civile.
Il en est de même de l’engagement pris par une personne de divorcer ou de ne pas divorcer.
Les dispositions du premier alinéa du présent article ne s’appliquent pas aux Ministres des cultes.
Article 90 : Le destinataire d’une lettre missive confidentiel ne peut en divulguer le contenu sans le consentement de
son auteur.
Il peut toutefois la produire en justice s’il justifie d’un intérêt légitime.
Article 91 : Les droits de la personnalité sont hors commerce. Tout limitation volontaire apportée à l’exercice de ces
droits est nulle et si elle est contraire à l’ordre public.
Article 92 : Toute atteinte illicite à la personnalité donne a celui qui la subit le droit de demander qu’il y soit mis
fin ; les tribunaux peuvent, en outre, lui accorder des dommages intérêts.
Chapitre II
Du nom
Article 93 : Tout Gabonais doit avoir un nom, auquel s’ajoutera celui de son père et éventuellement, un ou plusieurs
prénoms.
Article 94 :
a) l’enfant légitime ou naturel reconnu par le géniteur a le nom de son père, si ce nom est héréditaire ou si le père en
décide ainsi ;
b) dans le cas contraire, l’attribution du nom se fait conformément à la coutume ;
c) en cas de désaveu, le nom de l’enfant sera choisi conformément à l’article suivant ;
d) tout enfant légitime ou naturel reconnu, né de père étranger, devra porter un nom gabonais donné par la mère,
adjoint à celui de son père.
Article 95 : l’enfant naturel non reconnu par le géniteur portera le nom de la mère, si ce nom est héréditaire ou si
celle-ci en décide ainsi.
Dans le cas contraire, le nom de l’enfant sera choisi conformément à la coutume.
Si la filiation, d’abord établie à l’égard de la mère, l’est ensuite l’égard du père, le Président du tribunal peut, sur
simple requête du père, autoriser ce dernier soit à substituer son nom à celui de l’enfant, soit l’ajouter au nom donné
par les parents maternels de ce dernier, toutefois, le consentement de la mère de l’enfant est nécessaire.
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La décision ainsi prise par le tribunal n’est susceptible d’aucune voie de recours, sauf s’il y a eu fraude ou
vol. Mention en est faite en marge de l’acte de naissance de l’enfant à la diligence du Procureur de la République.
Article 96 : L’enfant à l’égard duquel aucune filiation n’est régulièrement établie prend le nom qui lui est attribué
par l’Officier de l’état civil à qui la naissance ou la découverte de l’enfant a été déclarée.
Article 97 : L’adoptant peut, s’il a un intérêt légitime, être autorisé à ajouter son nom à celui de l’adopté.
Article 98 : La femme mariée conserve son nom patronymique. Toutefois, elle peut porter ou adjoindre au sien le
nom de son mari.
Le décès du mari ne prive pas la femme du droit de porter le nom du défunt ou de l’adjoindre au sien, sauf
en cas de remariage. Toutefois, ce droit disparaît en cas de divorce.
Le jugement qui prononce la séparation de corps peut, pour des raisons graves, interdire à la femme
d’utiliser le nom de son conjoint, ou l’autoriser à ne pas le porter.
Article 99 : Le ou les prénoms de l’enfant seront déclarés par le père ou la mère de celui-ci, ou par les représentants
des père et mère ; ceux de l’enfant dont aucune filiation n’est établie seront donnés par l’Officier de l’état civil à qui
la naissance ou la découverte dudit enfant a été déclarée.
Article 100: Les Officiers publics peuvent, sans restriction, recevoir des prénoms autres que ceux consacrés par les
us et coutumes.
Article 101 : Le changement de nom d’une personne peut être autorisé, s’il y a juste motif, par décret du Chef de
l’Etat pris après avis de la Cour suprême.
Dans les six mois qui suivent la publication du décret au Journal officiel, tout intéressé peut exercer un
recours devant la Cour suprême statuant en référé.
s’il n’y a pas eu oppositions dans ce délai de six mois, ou si celles qui ont été faites n’ont point été admises,
le bénéficiaire du décret ne pourra faire usage du nouveau nom qu’après rectification des actes de l’état civil le
concernant.
Article 102 : Le bénéfice du changement de nom accordé à un individu s’étend de plein droit, s’il y a lieu, aux
mineurs de celui-ci, sous réserve toutefois de la rectification des actes de l’état civil les concernant.
Article 103 : Le changement de prénoms ou l’adjonction d’un prénom pour une personne peut être autorisé par le
Président du tribunal du domicile du demandeur, s’il y a eu juste motif.
Mention de ce changement ou de cette adjonction doit être faite en marge de l’acte de naissance de
l’intéressé.
Article 105 : Toute convention relative au nom est nulle et sans effet, sous réserve des règles relatives aux noms
commerciaux, aux enseignes et aux marques de fabrique.
Article 106 : La preuve du nom et des prénoms résulte des actes de l’état civil.
Article 107 : Tout fonctionnaire ou officier public ou ministériel doit désigner les personnes, dans les actes,
expéditions ou extraits qu’il rédige, par leurs tirs noms et prénoms réguliers.
Le ministère public est compétent pour demander au tribunal d’ordonner la rectification des actes
irréguliers.
Article 108 : Toute personne a le droit d’exiger d’être désignée sous ses nom et prénom réguliers. En cas d’atteinte à
ce droit, elle peut demander, outre la cessation du trouble, des dornmages-intérêts en réparation du préjudice subi.
Article 109 : L’usage de son propre nom par une personne dans l’exercice d’une activité professionnelle ne doit pas
avoir pour but ni pour effet de porter atteinte, à l’aide d’une confusion dommageable, au crédit ou à la réputation
d’un tiers.
Les règles relatives à la concurrence déloyale et à la diffamation sont, lorsqu’il y a lieu, applicables en cette
hypothèse.
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Article 110 : Le porteur d’un nom peut s’opposer à ce qu’il soit utilisé de façon abusive ou usurpé par un tiers à titre
de nom, de surnom ou de pseudonyme.
Il peut, en outre, demander des dornmages-intérêts s’il justifie d’un préjudice.
Le même droit appartient, après son décès ou s’il est hors d’état de manifester sa volonté, à son conjoint et à ses
descendants légitimes, naturels, même s’ils ne portent pas eux-mêmes ce nom, ainsi qu’à ses enfants adoptifs.
Article 111 : Toute personne notoirement connue sous un prénom, un surnom ou un pseudonyme, peut s’opposer à
ce que ce mode de désignation soit utilisé par une autre personne, s’il peut en résulter une confusion dommageable.
Chapitre III
Du domicile
Article 112: Le domicile de toute personne physique est au lieu où elle a, en fait, sa résidence principale.
Toutefois, le Gabonais qui fixe en pays étranger sa résidence principale ne perd pas son domicile au Gabon
s’il exerce hors du territoire une fonction officielle qui lui a été conférée par l’Etat dans un organisme international,
privé ou public.
Article 113: Lorsque la résidence principale ne peut être établie avec certitude, le domicile d’une personne est le lieu
où cette personne a établi le siège principal de ses affaires et de ses intérêts.
Article 114: La femme mariée a le domicile de son mari, tant que dure le mariage.
Elle peut, avec l’autorisation du Président du tribunal, avoir un domicile qui lui soit propre s’il y a juste
motif.
Toutefois, même sans autorisation du tribunal, la femme mariée de nationalité gabonaise acquiert ou
conserve son domicile au Gabon si elle y remplit personnellement les conditions prévues aux articles 112, 113, et
116, encore que son mari soit domicilié dans un autre État.
Article 115: Le domicile du mineur non émancipé est le même que celui de la personne qui exerce sur lui le droit de
garde.
Le domicile de l’interdit est le même que celui de son tuteur.
Toutefois, le mineur qui possède au Gabon un domicile le conserve s’il continue à y résider de façon
principale, bien que la personne qui exerce sur lui le droit de garde n’y soit plus domiciliée. Il en est de même de
l’interdit dont le tuteur cesse de résider au Gabon.
Article 116: Toute personne qui exerce une profession a, en ce qui concerne cet exercice, un domicile professionnel.
Ce domicile est au lieu où elle exerce cette profession.
Article 117 : Le changement de domicile ne s’opère que par le transfert en un autre lieu, de la résidence principale
ou, le cas échéant, de l’activité professionnelle principale.
Article 118 : Toute personne dont le domicile actuel, au sens des articles 112 et 113 ci-dessus, ne peut être
déterminé avec certitude est réputée domiciliée au lieu de son dernier domicile ou, si l’existence d’un domicile
antérieur ne peut être établie, au chef-lieu de la circonscription administrative où elle est née.
Article 119 : Les individus frappés d’une peine privative de liberté sont réputés avoir conservé leur domicile
antérieur.
Article 120 : Il peut être fait élection de domicile en vue de l’exécution d’un acte juridique ou de l’exercice d’un
droit en justice.
Chapitre IV
De l’absence
Section I
De l’absence proprement dite
Sous- section I
De la présomption
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Article 121: S’il y a nécessité de pourvoir à l’administration de tout ou partie des biens d’une personne qui, sans
avoir laissé de procuration à cet effet, a cesser de paraître à son domicile ou à sa résidence, et dont on n’a plus de
nouvelles, il y sera statué par le tribunal civil, en chambre du Conseil, à la requête des parties intéressées.
Le tribunal compétent est, dans ce cas, celui du lieu où le présumé absent avait son domicile ou, à défaut, sa
résidence, ou encore celui du lieu où sont situés ses biens.
Le tribunal autorise les mesures d’administration qui sont nécessaires et désigne la personne qui est chargée
d’y pourvoir, dans les conditions qu’il fixe.
Il peut nommer pour une ou plusieurs affaires un administrateur spécial.
S’il l’estime justifié, il peut également confier l’administration provisoire de l’ensemble des biens du
présumé absent, soit à son conjoint, soit à ses héritiers présomptifs, ou à l’un d’eux.
Article 122 : Le Ministère public est spécialement chargé de veiller aux intérêts des absents et présumés absents.
Il est entendu dans toutes les demandes qui les concernent et peut requérir d’office l’application ou la
modification des mesures prévues au présent chapitre.
Article 123 : Le tribunal, à la requête de la partie la plus diligente, commet un mandataire spécial pour représenter le
présumé absent dans les inventaires, comptes, liquidations et partages.
Quand il y a opposition d’intérêts entre les présumés absents et l’administrateur spécial, celui-ci est tenu,
sous sa responsabilité, de provoquer la nomination d’un mandataire spécial pour représenter les intérêts du présumé
absent.
Article 125: Avant d’entrer en fonction, l’administrateur provisoire doit procéder à l’inventaire des biens mobiliers
du présumé absent.
Il peut requérir, pour sa sûreté, qu’il soit procédé à la visite des immeubles par un expert désigné par le
tribunal.
Article 126: A la requête du Ministère public, de l’administrateur provisoire ou des parties intéressées, le tribunal
détermine comment, par prélèvement sur les revenus et éventuellement sur les biens confiés à l’administrateur
provisoire, il sera pourvu aux charges dont le présumé absent était tenu du fait de son mariage ou de ses liens de
famille, ainsi qu’à l’établissement de ses enfants.
Article 127: L’administrateur provisoire ne peut aliéner ou hypothéquer les immeubles qu’avec l’autorisation du
tribunal.
Il ne peut aliéner ou donner en gage, sans cette autorisation, des objets précieux, les valeurs mobilières, les
fonds de commerce, ni, d’une manière générale, les meubles dont la vente ne constituerait pas un acte
d’administration.
Article 128: A la requête du Ministère public ou d’une partie intéressée, le tribunal peut, à tout moment, révoquer la
mission de l’administrateur provisoire et le remplacer par un autre administrateur.
Article 129: En l’absence de toute révocation, les pouvoirs de l’administrateur provisoire cessent du jour de la prise
de possession effective des biens par les ayants droit ou, éventuellement, au retour du présumé absent, à moins que
celui-ci, en donnant de ses nouvelles, n’y mette fin auparavant en révoquant le mandat de l’administrateur provisoire,
ou en donnant procuration à un autre mandataire.
Les cautions ou autres sûretés qu’il a fournies en garantie de cette gestion cessent d’avoir effet un an après
l’apurement des comptes.
Sous-section 2
De la déclaration d’absence
Article 130 : Lorsque deux ans se sont écoulés depuis les dernières nouvelles du présumé absent, les parties
intéressées peuvent demander que son absence soit déclarée par le tribunal du lieu de son domicile ou du lieu de sa
dernière résidence.
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La requête est rendue publique par les soins de la partie intéressée qui en fait insérer un extrait dans deux
journaux d’annonces légales diffusés au lieu où l’absent avait son domicile ou sa dernière résidence.
Article 131 : Pour constater l’absence, le tribunal peut ordonner qu’une enquête soit faite contradictoirement avec le
Ministère public, partout où besoin sera, et notamment dans l’arrondissement du dernier domicile et au lieu où sa
présence a été pour la dernière fois signalée.
Article 132 : En statuant sur la demande, le tribunal aura égard aux motifs de l’absence, au fait que le présumé
absent avait laissé un mandataire pour gérer ses biens et aux causes qui ont pu empêcher d’avoir de ses nouvelles.
Le tribunal doit fixer son jugement le jour où ont eu lieu les dernières nouvelles de l’absent.
Article 133 : Le tribunal peut surseoir un délai qui ne peut excéder deux ans à son jugement ou décider que le
jugement déclaratif d’absence ne produise effet qu’un an après avoir été rendu.
Si la disparition est survenue en temps de guerre, le jugement de déclaration d’absence ne peur être rendu
que six mois après la date légale de la cessation des hostilités.
Article 134 : Si les preuves recueillies par le tribunal établissent d’une façon certaine que l’absent est décédé, ledit
tribunal, bien que saisi d’une demande en déclaration d’absence, peut rendre un jugement déclaratif de décès.
Article 135 : Les frais de la procédure, en cas de succès de la demande, sont prélevés sur le patrimoine de l’absent.
Ils sont, dans le cas contraire, à la charge du demandeur.
Article 136 : Le Ministère public envoie, dès qu’ils sont rendus, les jugements déclaratifs d’absence au Garde des
sceaux. Ministre de la Justice, qui en fait publier un extrait au Journal officiel.
Sous-section 3
Effets de l’absence
Article 137 : Après que le jugement déclaratif soit devenu définitif, les personnes qui des droits subordonnés au
décès de l’absent peuvent les faire valoir, comme si l’absent était décédé.
Ces personnes peuvent, toutefois, être astreintes par les juges à fournir, préalablement à leur entrée en
jouissance des droits leur appartenant, une caution ou autre sûreté pour les choses susceptibles de restitution.
Article 138 : Les personnes qui ont les obligations subordonnées à la condition de vie de l’absent cessent de devoir
exécuter ces obligations.
Toutefois, ces personnes peuvent être astreintes par les juges à fournir une caution ou autre sûreté pour le
cas où l’absent serait encore en vie.
Article 139 : Le testament de l’absent, s’il en existe un, est ouvert à la demande de tout intéressé.
Les personnes qui auraient été appelées à succéder aux biens de l’absent, dans le cas où il serait décédé au
jour des dernières nouvelles, peuvent entrer en possession de ces biens et se les partager.
Toutefois, elles peuvent être astreintes par les juges à fournir préalablement à leur entrée en jouissance, une
caution ou autre sûreté pour les choses susceptibles de restitution.
Dans tous les cas, elles sont tenues de jouir de ces droits en bon père de famille.
Article 140: Si une succession s’ouvre au profit d’un individu qui se trouve en état de présomption d’absence, ses
intérêts doivent être représentés par un mandataire spécial, conformément à l’article 123.
La part lui revenant est mise en réserve pour être conservée et administrée dans les conditions fixées par le
tribunal. Les biens meubles compris dans cette part, peuvent être aliénés à charge d’emploi ou d’affectation du prix
au règlement des droits de succession et des autres charges héréditaires.
Article 141: S’il résulte ultérieurement d’une déclaration d’absence ou de décès, que l’existence de l’absent au
moment de l’ouverture de la succession ne peut être établie, la part mise en réserve à son intension est répartie entre
les ayants droit à la succession.
Article 142: Le mariage de l’absent peut être dissout, à la demande de l’autre conjoint, après que le jugement qui
déclare l’absence soit devenu définitif.
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Article 143 : Si l’autre conjoint vient à son tour à disparaître pendant les périodes d’absence ou de présomption
d’absence, la tutelle des mineurs issus du ménage sera organisée à titre provisoire. Il en sera de même si un conjoint
étant décédé, l’autre vient à disparaître.
Cette tutelle sera organisée d’une façon définitive si, pendant la période d’absence d’un conjoint, l’autre
conjoint vient à décéder ou à être déclaré en état d’absence, ou s’il se trouve dans les cas prévus à l’article 515 du
présent code.
Article 144 : Les mêmes règles sont observées en ce qui concerne les enfants issus d’un précédent mariage de
l’époux absent, même en cas d’existence du nouveau conjoint.
Sous-section 4
Fin de l’absence
Article 146: Si l’absent réapparaît ou si son existence est prouvée pendant la durée de l’envoi en possession, la
déclaration d’absence cesse d’avoir effet.
L’absent recouvre ses biens dans l’état où ils se trouvent, ainsi que le prix de ceux qui ont été aliénés et les
biens acquis en emploi de ses capitaux.
Toutefois, les revenus des biens de l’absent demeurent acquis aux héritiers ou légataires qui ont perçus ses
revenus.
Est réservé, le recours de l’absent contre ses héritiers ou légataires et contre ceux qui s’en sont portés cautions, dans
le cas où ils ont contrevenu à leurs obligations ou commis une fraude.
Article 147 : S’il est prouvé que l’absent est mort à une date différente de celle fixée par le jugement comme étant
celle des dernières nouvelles, sa succession est ouverte, du jour de son décès, au profit des héritiers les plus proches à
toute époque et ceux qui ont joui des biens de l’absent doivent les restituer, à l’exception des revenus de ces biens
qui leur restent acquis.
Article 148 : Lorsque dix années se sont écoulées depuis la déclaration de l’absence, le tribunal peut, à la requête des
parties intéressées, prononcer la déclaration judiciaire de décès en ayant égard aux circonstances et à la durée de
l’absence.
Article 149 : Si, dans le cas prévu à l’article précédent, le tribunal estime qu’il est encore prématuré de déclarer le
décès de l’absent, soit en raison des circonstances de sa disparition, soit en raison d’indices très graves permettant de
présumer son existence, il a la faculté d’ajourner sa décision pendant un délai qui ne peut excéder deux ans à compter
de la requête présentée à cette fin par les intéressés.
Article 150: En cas de déclaration judiciaire de décès, ceux qui ont été envoyés en possession des biens de l’absent
peuvent désormais se comporter en titulaires du droit qui a justifié leur envoi en possession.
Les cautions ou sûretés fournies sont dans ce cas libérées.
Section 2
Des non-présents
Article 151: Lorsqu’une personne dont l’existence est certaine se trouve momentanément éloignée du siège de ses
affaires et que, du fait des circonstances, elle est dans l’impossibilité matérielle de pourvoir elle-même ou par
l’intermédiaire d’un représentant qualifié aux actes indispensables pour l’administration de ses biens ou pour la
protection de ses intérêts, le tribunal, statuant en chambre du Conseil à la requête des intéressés et sur les conclusions
du Ministère public, peut charger un mandataire de justice d’y pourvoir comme en matière de présomption
d’absence, dans les conditions et es limites fixées par le jugement.
Section 3
De la disparition
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Article 152 : La disparition est le fait, pour une personne, de ne pas reparaître par suite de circonstances de nature à
mettre sa vie en danger lorsque son corps n’a pu être retrouvé, et qui rendent le décès certain ou, du moins,
infiniment probable.
En cas de disparition, le décès pourra être judiciairement déclaré dans les conditions et selon la procédure
prévue par le présent code, sous la section des actes de décès.
Chapitre V
De la preuve de l’état civil et de l’identification
des personnes physiques
Article 153 : L’identification d’une personne peut se faire par tout moyen de preuve.
Toutefois, les naissances, mariages, reconnaissances et décès sont prévus au moyen des actes de l’état civil.
Ils peuvent également être prouvés dans les cas admis par la loi, au moyen de la possession d’état ou d’acte de
notoriété.
Section I
Dispositions générales concernant les actes de l’état civil
Article 154 : Les actes de l’état civil doivent être écrits lisiblement et avec une encre indélébile ; ils énoncent
l’année, le jour, le lieu et si possible l’heure où ils seront reçus ; les prénoms, noms, professions, domiciles et, si
possible, les dates et lieux de naissance de tous ceux qui y sont dénommés.
Article 155 : L’Officier de l’état civil ne doit relater que les indications prescrites par la loi.
Article 156 : L’Officier de l’état civil donne lecture des actes aux comparants et témoins. Il est fait mention, dans les
actes de l’accomplissement de cette formalité.
Article 157 : L’acte est signé de l’Officier de l’état civil qui l’a reçu, des comparants et des témoins. Si ces derniers
ne peuvent ou ne savent signer, il en sera fait mention sur l’acte.
Article 158 : Les actes de l’état civil sont inscrits dans chaque centre d’étai civil, sur un ou plusieurs registres
préalablement cotés et paraphés par le Président du tribunal civil et tenus en triple exemplaires. L’un de ces
exemplaires sera déposé au greffe du tribunal de grande instance, le deuxième exemplaire sera conservé à la mairie
ou,à défaut, au chef- lieu
du district, et le troisième au Ministère de l’Intérieur. Pour les registres tenus par les agents diplomatiques ou
consulaires du Gabon, au Ministère des Affaires étrangères qui en assure la garde et en délivre les extraits.
Article 159 : Les actes de l’état civil concernant les Gabonais et dressés hors du Gabon par les autorités publiques
étrangères sont transcrits, soit d’office, soit sur la demande des intéressés, par les agents diplomatiques ou
consulaires du Gabon territorialement compétents, sur les registres de l’état civil tenus par ces derniers.
Une mention sommaire en est faite en marge du registre, à la date de ces actes.
Lorsque, par suite de la rupture des relations diplomatiques ou de la fermeture du poste diplomatique ou
consulaire territorialement compétent, la transcription ne peut être faite conformément aux alinéas précédents, l’acte
est provisoirement déposé au Ministère des Affaires étrangères qui en délivre l’expédition. Dès que les circonstances
le permettent, ce Ministère fait procéder à la transcription de l’acte comme il est dit ci-dessus.
Article 160 : Sous réserve de ce qui sera dit au sujet des actes de naissance, toute personne a le droit de se faire
délivrer soit une copie intégrale d’un acte de l’état civil, ainsi que les mentions portées en marge, soit un extrait de
cet acte, dans les conditions prévues par décret du chef d l’Etat pris après avis de la Cour suprême.
Article 161 : Les actes de l’état civil font foi jusqu’à inscription de faux de ce que l’Officier de l’état civil a
personnellement fait ou constaté, et seulement jusqu’à preuve du contraire de la véracité des déclarations reçues par
lui.
Il en est de même pour les copies intégrales et extraits de ces actes, pourvu qu’ils soient revêtus de la
signature et du sceau de l’Officier qui les délivre.
Les ordonnances, jugements et arrêts intervenus en matière d’état civil sont opposables à tous, dans les
mêmes conditions que les actes qu’ils rectifient.
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Article 162 : En cas d’inexistence, de perte ou de lacération des registres, ou lorsque ces registres présentent des
lacunes, la preuve en est reçue tant par titre que par témoins. Dans ces cas, les mariages, naissances, décès et autres
faits peuvent être prouvés tant par les registres et papiers domestiques que par témoins.
Toutefois, la reconstitution des actes de l’état civil ou l’adjonction des mentions omises ne peut être
effectuée que sous le contrôle et après jugement du tribunal civil du lieu où cette reconstitution ou adjonction doit se
faire, et, pour les actes dressés ou transcrits par les agents diplomatiques ou consulaires du Gabon, par le tribunal de
grande instance de la capitale.
Les décisions ainsi prises sont transcrites à leur date sur les registres de l’étal civil du lieu où l’acte aurait dû être ou
bien a été transcrit, mais présentent des lacunes ; mentions en marge en est faite à la date de l’acte omis.
Article 163: Lorsque la transcription d’un acte de l’état civil ou d’une décision judiciaire en matière d’état civil ne
peut être effectuée sur les registres prévus par la disposition qui l’ordonne, cette transcription est faite sur les
registres du lieu du domicile, ou à défaut, sur ceux de la mairie du premier arrondissement de la capitale.
Article 164 : Dès qu’un jugement rendu en matière d’état civil sera devenu définitif, le Président de la juridiction qui
a statué en dernier ressort en adressera un extrait à l’Officier de l’état civil intéressé, aux fins de transcription de son
dispositif sur ses registres.
Les dispositifs des jugements supplétifs d’acte de l’état civil devenus définitif seront transcrits d’office sur
les registres de l’année en cours par l’Officier de l’état civil où l’acte a été ou aurait dû être reçu.
Les dispositifs des jugements de reconnaissance d’enfant, d’adoption ou de révocation d’adoption, de
divorce et de changement de prénom ou de nom, seront transcrits d’office en marge des actes de naissance et de
mariage des intéressés.
Article 165 : Les registres de l’état civil sont tenus sous la surveillance des Procureurs de la République ou de leurs
délégués ou, à défaut, des Présidents des tribunaux de grande instance ou de leurs délégués.
Article 166 : La désignation des Officiers d’état civil, la tenue des registres, les conditions d’ouverture ou de
fermeture des centres d’état civil, ainsi que leurs compétences sont régis par les lois, ordonnances ou décrets
réglementaires.
Section 2
Des actes de naissance
Article 167 : L’acte de naissance énonce la date, le lieu et si possible, l’heure de la naissance, le sexe, les prénoms et
noms de l’enfant. Les prénoms, noms, âges, lieux de naissance, professions et domicile des père et mère et, s’il y a
lieu, les noms, prénoms, professions et domicile du déclarant.
Article 168 : L’acte de naissance porte en marge les mentions prescrites par le présent code et par les lois spéciales.
Article 169 : Les déclarations de naissance sont faites à l’Officier de l’état civil dans les trois jours de
l’accouchement pour les enfants nés dans les communes et chefs-lieux de district et, dans les autres, dans le délai
d’un mois.
Article 170 : A défaut des père et mère ou de leur représentant, les déclarations de naissance peuvent être faites par
le médecin, la sage-femme ayant assisté à la naissance. Toutefois, sauf mandat exprès du père ou de la mère quant à
l’énonciation des noms et prénoms, ces derniers ne peuvent indiquer à l’Officier de l’état civil que le sexe, la date,
l’heure et le lieu de naissance de l’enfant. Et, dans la mesure du possible, le nom de la mère.
Les chefs des agglomérations rurales veilleront à ce que les naissances survenues dans leurs circonscriptions
soient déclarées au centre d’état civil le plus proche, dans les délais prévus au présent code.
Article 171 : Toute personne qui aura trouvé un enfant nouveau-né est tenue d’en faire la déclaration à l’Officier de
l’état civil du lieu de la découverte. Elle lui remet les vêtements et autres effets trouvés avec l’enfant et déclare toutes
les circonstances de temps et de lieu où il aura été trouvé.
Il est dressé un procès-verbal détaillé qui, outre les indications prévues à l’article 154 du présent code,
énonce la date, l’heure, le lieu et les circonstances de la découverte, l’âge apparent et le sexe de l’enfant, toute
particularité pouvant contribuer à son identification, ainsi que l’autorité ou la personne à laquelle il est confié. Ce
procès-verbal est inscrit à sa date, sur les registres de l’état civil.
A la suite et séparément de ce procès-verbal, l’Officier de l’état civil établit un acte tenant lieu d’acte de
naissance. En plus des indications prévues à l’article 154, cet acte énonce le sexe de l’enfant, ainsi que les pré noms
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et nom qui lui sont donnés ; il fixe une date de naissance pouvant correspondre à son âge apparent et désigne comme
lieu de naissance la localité où l’enfant a été découvert.
Si l’acte de naissance de l’enfant vient à être découvert, ou si la filiation de ce dernier est judiciairement
établie, le procès-verbal de découverte et l’acte provisoire de naissance sont annulés à la requête du Procureur de la
République ou des parties intéressées.
Si la date et le lieu de naissance de l’enfant viennent à être connus, mention en sera faite en marge de l’acte
établi, conformément au deuxième alinéa du présent article, à la diligence du Procureur de la République.
Article 172 : Si la naissance d’un enfant n’a pas été déclarée dans le délai légal et sous réserve des dispositions’
prévues à l’article précédent, l’Officier de l’état civil ne peut la relater qu’en transcrivant un jugement du tribunal
civil contenant, dans la mesure où elles peuvent être établies ou présumées, les énonciations prévues à l’article 167
du présent chapitre.
Le tribunal et l’Officier de l’état civil compétents sont ceux du lieu de naissance de l’intéressé. Si ce lieu est
inconnu, le tribunal compétent est celui du domicile du requérant et ce tribunal décide le lieu où le jugement sera
transcrit.
Si la date de naissance est certaine ou présumée, mention du jugement est faite à cette date en marge des
registres de l’état civil.
Mention du jugement est faite également, s’il y a lieu, en marge des procès-verbaux de découverte ou des
déclarations prévues par les articles précédents.
Article 173 : Le jugement ordonnant que l’enfant adopté cesse d’appartenir à sa famille d’origine tient lieu de
jugement déclaratif de naissance. Il doit contenir, dans la mesure où elles sont connues ou présumées, sans violation
du décret de l’origine, les énonciations prévues à l’article 167 du présent chapitre.
Sous réserve des peines prévues par le présent code ou par les lois spéciales, aucune copie ni extrait de
l’acte de naissance originaire ne peuvent être délivrés par l’Officier de l’état civil sans autorisation du Président du
tribunal civil dans le ressort duquel l’acte a été dressé, ou du domicile de l’enfant. Le Président statuera sur simple
requête.
Article 174 : En cas de naissance survenue dans un navire de la marine gabonaise ou dans un aéronef gabonais, il en
est dressé acte par les commandants de ce navire ou de cet aéronef.
Les actes doivent être ensuite remis pour transcription à l’Officier de l’état civil du premier arrondissement
de la capitale.
Article 175 : La copie conforme de l’acte de naissance ou du jugement en tenant lieu ne peut être délivrée qu’à la
personne concernée, au mandataire de cette dernière, ainsi qu’au Procureur de la République, et pour les mineurs, à
leur père et mère ou tuteur. En cas d’absence ou après la mort d’une personne, la copie conforme de son acte de
naissance ou du jugement en tenant lieu peut être également délivrée au conjoint, aux ascendants ou descendants en
ligne directe.
Tout autre intéressé ne peut obtenir cette copie qu’en vertu d’une autorisation délivrée sans frais par le
tribunal d’instance de la localité où l’acte a été reçu, et sur la demande écrite de l’intéressé. En cas de refus du
tribunal d’instance, le Président du tribunal de grande instance statue sur le recours qui peut être exercé en la forme
du référé.
Les dépositaires des registres sont tenus de délivrer à tout requérant des extraits indiquant, sans autre
énonciation l’année, le jour, l’heure et le lieu de naissance, le sexe, les prénoms et le nom de l’enfant tels qu’ils
résultent des énonciations de l’acte de naissance ou des procès-verbaux, déclarations et jugements en tenant lieu,
ainsi que des mentions faites en marge de ces actes.
Les extraits précisant, en outre, les nom, prénom, profession et domicile des père et mère, ne peuvent être
délivrés que dans les conditions prévues pour les copies conformes, à moins que la délivrance n’en soit demandée
par les héritiers du disparu, ou par une administration publique.
Les extraits prévus aux deux alinéas précédents ne doivent pas mentionner la source des énonciations qu’ils
renferment, ni faire apparaître de différence entre celles qui sont établies et celles qui sont simplement présumées.
Les énonciations faisant défaut ne doivent faire l’objet d’aucune mention.
Article 176 : L’acte de reconnaissance d’un enfant naturel est inscrit sur les registres à sa date.
S’il n’a pas été dressé par un Officier de l’état civil, la transcription en est faite à la diligence de l’Officier
public qui l’a reçu.
A cet effet, l’acte est signifié dans un délai de 15 jours à l’Officier de l’état civil dépositaire de l’acte de
naissance de l’enfant. Toutefois, la reconnaissance faite par testament peut, à la demande du testateur, n’être
signifiée que dans un délai de 15 jours à compter du jour où l’Officier public a connaissance du décès.
18
La transcription est faite par les soins de l’Officier de l’état civil dans un délai de 5 jours à compter de la
signification, non compris les jours fériés.
Il est fait mention de l’acte de reconnaissance en marge de l’acte de naissance, s’il en existe un.
En cas de reconnaissance pendant un voyage maritime ou aérien, il en est dressé acte par les commandants
des navires et aéronefs gabonais, dans les formes et conditions prévues par un règlement d’administration publique.
Section 3
Des actes de mariage
Article 178 : Les époux peuvent, au cours du mariage, renoncer à l’option monogamique. Cette renonciation est
constatée par une déclaration conjointe faite devant un notaire ou un Officier d’état civil qui doit auparavant,
entendre séparément les deux époux.
L’Officier de l’état civil qui célèbre la seconde union doit, au moment de dresser l’acte de mariage, faire mention de
la déclaration visée ci-dessus.
Il sera procédé également à la modification du livret de famille établi lors du premier mariage.
Dans le cas où le premier mariage était soumis au régime de la communauté, les époux devront procéder à
la liquidation et au partage de cette communauté.
La seconde union ne pourra être célébrée sans que soit présentée à l’Officier de l’état civil copie d’un
inventaire, déposé au rang des minutes d’un notaire, contenant détermination des biens dépendant de la communauté.
Au cas où la communauté ne comporte pas de biens, il en sera fait mention dans l’acte de mariage.
Section 4
Des actes de décès
Chapitre I
Règles générales
Article 179 : L’acte de décès est dressé par l’Officier de l’état civil de la commune ou de la localité où le décès a eu
lieu, sur la déclaration d’un parent du défunt ou sur celle d’une personne possédant sur l’état civil du défunt les
renseignements les plus exacts et les plus complets.
En cas de décès dans les hôpitaux, établissements sanitaires ou d’enseignement, hôtels ou établissements publics ou
privés analogues, les déclarations de décès seront faites par les Directeurs de ces établissements.
Le décès d’un militaire en activité de service doit être déclaré par le chef de l’unité à laquelle il appartient, à
moins que le militaire ne vive avec sa famille ou que son décès se produise au cours d’un congé ou hors du lieu où
son unité est stationnée.
Tout agent de l’autorité qui, dans l’exercice de ses fonctions, est amené à constater un décès, est tenu
d’envoyer, dans les cinq jours, à l’Officier de l’état civil du lieu de décès, tous les renseignements énoncés à l’article
181 ci-après.
Article 180 : L’acte de décès est dressé au plus tard dans les vingt-quatre heures de la délivrance du permis
d’inhumer. Hors les cas prévus par les règlements de police, l’inhumation ne peut avoir lieu que vingt-quatre heures
après le décès.
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Lorsqu’il y a des signes ou indices de non violente, ou d’autres circonstances qui donnent lieu de le
soupçonner, on ne peut faire l’inhumation qu’après qu’un Officier de police judiciaire, assisté d’un médecin ou d’un
chirurgien, ait dressé procès-verbal de l’état du cadavre et des circonstances y relatives, ainsi que des renseignements
qu’il a pu recueillir sur les prénoms, nom, âge, profession, lieu de naissance et domicile de la personne décédée.
Article 182 : Il est fait mention du décès en matière de l’acte de naissance de la personne décédée.
Lorsqu’un décès intervient ailleurs que dans la localité où le défunt était domicilié, l’Officier de l’état civil
qui a dressé l’acte de décès envoie, dans les huit jours, à l’Officier de l’état civil du dernier domicile du défunt, une
copie de cet acte, laquelle est immédiatement transcrite sur les registres.
Article 183 : En cas de décès pendant un voyage maritime de longue durée dans un navire de la marine gabonaise,
l’acte de décès est dressé par le commandant de ce navire.
En cas de décès pendant un voyage aérien ou maritime de courte durée, l’acte de décès est dressé par
l’Officier de l’état civil du lieu où le cadavre a été déposé pour être mis sous bière.
Chapitre II
Des jugements déclaratifs de décès
Article 184 : Lorsqu’une personne a disparu dans des conditions telles que sa mort est certaine, bien que son cadavre
n’ait pas été retrouvé, tout intéressé peut demander au tribunal de rendre un jugement déclaratif du décès de cette
personne.
Le tribunal compétent est celui où la personne de qui le demandeur veut établir le décès avait son domicile
ou sa résidence lors de son décès, ou celui du lieu où s’est produit l’événement ayant entraîné le décès.
Article 185 : Lorsque plusieurs personnes ont disparu au cours d’un même événement, leurs décès peuvent être
déclarés par un jugement collectif qui est rendu par le tribunal du lieu de la disparition ou du port d’attache du
bâtiment ou de l’aéronef ou, à défaut, par le tribunal de grande instance de la capitale.
Article 186 : Lorsque le tribunal déclare le décès, il doit en fixer la date, eu égard aux présomptions tirées des
circonstances de la cause et, à défaut, au jour de la disparition. Il peut également ordonner une enquête
complémentaire sur les circonstances de la disparition ou du décès présumé.
Article 187 : Les jugements déclaratifs de décès individuel et les extraits individuels des jugements collectifs de
décès doivent être transmis aux Officiers de l’état civil des derniers domiciles des disparus pour être transcrits à leur
date.
Article 188 : Si celui de qui le décès a été judiciairement déclaré réapparaît postérieurement au jugement déclaratif,
ce jugement déclaratif est annulé à sa requête ou à celui du Ministère public, par le tribunal qui l’a rendu.
Mention de l’annulation du jugement déclaratif de décès est faite en marge de sa transcription et en marge
de l’acte de naissance de l’intéressé.
Section 5
De la rectification des actes de l’état civil
Article 189 : Les actes de l’état civil ne peuvent être rectifiés qu’en vertu d’un jugement rendu par le tribunal du lieu
où l’acte a été dressé.
Il y aura lieu à rectification dans les cas d’erreur, d’omission, de changement de nom ou de prénoms.
La rectification des actes de l’état civil dressés ou transcrits par les agents diplomatiques et consulaires
gabonais est ordonnée par le Président du tribunal de grande instance de la capitale.
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La rectification dune décision judiciaire en matière d’état civil ne peut être ordonnée que par la juridiction
qui l’a rendue.
Article 190 : La demande en rectification peut être faite par la personne que l’acte concerne, par le Ministère public
ou par toute personne ayant à cette rectification un intérêt né et actuel.
Article 191 : Le jugement rendu par le tribunal, en matière de rectification d’acte de l’état civil, peut être frappé
d’appel devant la juridiction compétente.
Article 192 : Les jugements ou arrêts portant rectification sont transmis immédiatement par le Procureur de la
République à l’Officier de l’état civil du lieu où se trouve l’acte rectifié. Leurs dispositifs sont transcrits en marge
des actes rectifiés dans un délai de trois jours à compter de la réception de l’expédition de ces jugements ou arrêts.
L’expédition de l’acte ne peut plus être délivrée qu’avec les rectifications ordonnées.
Article 193 : Chaque Officier de l’état civil tiendra un registre spécial où seront mentionnés, dans l’ordre
chronologique de leur date, les jugements supplétifs ou rectificatifs d’actes de l’état civil.
Article 194 : Si la solution lui apparaît appropriée, le tribunal peut ordonner l’annulation de l’acte qu’il y a lieu de
rectifier, et l’établissement à sa place d’un acte nouveau.
Dans ce cas, le dispositif du jugement est transcrit en marge de l’acte annulé, lequel acte doit être barré au
travers du registre par deux traits diagonaux.
Section 6
Des sanctions relatives à l’état civil
Article 195 : Toute contravention de la part des agents chargés de la tenue ou de la conservation des registres aux
dispositions des règlements pris pour leur application engage leur responsabilité, à l’égard de toute personne qui
éprouve de ce fait un préjudice.
Article 196 : Si l’Officier de l’état civil ou son délégué refuse de dresser un acte conforme aux déclarations qui sont
faites, tout intéressé peut exercer un recours contre ce refus devant les tribunaux.
Il en est de même si un dépositaire refuse de délivrer une copie ou un extrait d’un acte de ces registres.
En cas de succès du recours, l’Officier de l’état civil ou son délégué peut être condamné à une amende qui
ne peut excéder 10.000 F.
En cas de rejet du recours, les frais de la procédure sont supportés par celui qui a exercé le recours,
Article 197 : Sera puni d’une peine de 5 jours à 1 mois d’emprisonnement et de 2000 à 4000 francs d’amende, ou de
l’une de ces deux peines:
1° l’Officier de l’état civil qui, tenu de rédiger ou d’enregistrer un acte de l’état civil, ne l’a pas fait dans le délai
prévu par la loi ;
2° l’Officier de l’état civil qui, étant tenu de communiquer un acte de l’état civil à un autre Officier de l’état civil, ne
l’a pas fait dans le délai prévu par la loi ;
3° l’Officier de l’état civil qui contrevient aux autres dispositions du présent chapitre.
TITRE II
DU MARIAGE, DU DIVORCE ET
DE LA SÉPARATION DE CORPS
Chapitre I
Du mariage
Section I
Des fiançailles
Article 198 : L’acceptation réciproque de la promesse de mariage crée l’état de fiançailles. Le fiancé ou la fiancée
qui romps abusivement la promesse de mariage acceptée ou qui, par son fait, donne à l’autre fiancé de justes motifs
de la rompre, peut être condamné à réparer le préjudice matériel et moral causé à celui-ci ainsi qu’à ses père et mère
ou aux personnes ayant agi en lieu et place de ces derniers. Le tribunal pourra, dans l’évaluation de ce préjudice,
tenir compte des services rendus de part et d’autre.
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La même réparation peut être demandée aux personnes qui, ayant autorité sur un mineur, ont incité ce dernier à
rompre abusivement la promesse de mariage à laquelle ils avaient consenti.
Article 199 : Les fiancés peuvent, en cas de rupture, réclamer les présents qu’ils se sont faits ou qu’ils ont donnés à
leurs beaux-parents respectifs ; si ces présents n’existent plus en nature, ce sera leur valeur en argent qui sera donnée
à la place.
Il n’y aura jamais lieu à restitution des présents lorsque la rupture des fiançailles est causée par la mort du
fiancé ou de la fiancée ou par une démence non occasionnée par l’usage de l’alcool ou des stupéfiants.
Article 200 : La preuve de la promesse de mariage et du caractère abusif de la rupture incombe a celui qui réclame
des dommages-intérêts. Elle peut se faire par tout moyen. Toutefois, les sommes d’argent données aux beaux-parents
ne sont pas admises comme preuve de promesse de mariage et ne peuvent être restituées.
Article 201 : Les actions fondées sur les articles 198 et 199 se prescrivent par une année à compter du jour où les
fiançailles ont été rompues.
Article 202 : Aucune action ne peut être accordée pour contraindre au mariage la fiancée ou le fiancé qui s’y refuse.
Les peines conventionnelles qui auraient été stipulées pour être appliquées en cas de refus de célébration de
mariage ou en cas de rupture de fiançailles, ne peuvent être exécutées.
Section 2
Des conditions requises pour pouvoir contracter mariage
Paragraphe I
Conditions d’âge
Article 203 : L’homme, avant dix-huit ans révolus, la femme, avant quinze ans révolus, ne peuvent contracter
mariage.
Néanmoins, le Président de la République ou, à défaut, le Président de la Cour suprême, peut accorder des
dispenses d’âge pour des motifs graves.
Paragraphe 2
Conditions supplémentaires requises pour les aliénés
Article 204 : Les aliénés interdits ne peuvent contracter mariage que dans un intervalle lucide, et à la condition d’y
être autorisés par leur tuteur et après avis favorable d’un psychiatre ou à défaut, d’un médecin.
L’autorisation du tuteur doit être donnée huit jours au moins avant le mariage, devant l’Officier de l’état civil du lieu
où doit être célébré le mariage ou, à défaut, par acte authentique dressé soit par notaire, soit par l’Officier de l’état
civil du domicile ou de la résidence du tuteur. Le refus de celui-ci sera constaté, s’il y n lieu, dans les mêmes formes
que l’autorisation.
L’autorisation donnée par le tuteur ou le refus opposé par lui peut don ner lieu à un recours devant le
tribunal de grande instance ou d’instance du lieu où le mariage doit être célébré. Le recours peut être exercé par
toutes les personnes qui peuvent demander ‘interdiction et aussi lorsqu’il s’agit d’un recours contre le refus, par
l’interdit lui-même.
Paragraphe 3
Du consentement
Article 205 : Même si les conditions exigées par l’article 203 sont réunies, le jeune homme ou la jeune fille qui n’a
pas atteint l’âge de 21 ans révolus ne peut contracter mariage sans le consentement de ses père et mère.
En cas de refus d’un des père et mère, le consentement d’un seul des deux suffit. En cas de divorce ou de
séparation de corps, le consentement de celui qui a la garde de l’enfant sera toujours exigé.
Si l’un des père et mère est mort ou dans l’impossibilité de manifester sa volonté, le consentement de l’autre
suffit, Il en sera de même pour les enfants dont aucune filiation paternelle n’a pu être établie.
Article 206 : Si les père et mère sont morts ou dans l’impossibilité de manifester leur volonté, ou déchus de leur
autorité, le consentement doit être donné par le tuteur ou par le conseil de tutelle et, à défaut, par les aïeuls ou aïeules
les plus proches dans chaque ligne.
En cas de refus d’un ou de plusieurs de ces aïeuls ou aïeules, le consentement des autres ou de l’un d’eux
suffit.
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Article 207: L’enfant adoptif ne peut contracter mariage avant l’age de 21 ans sans le consentement de l’adoptant.
S’il a été adopté par deux époux, les règles prévues à l’article 205 sont applicables.
Si l’adoptant ou les adoptants sont morts ou dans l’impossibilité de manifester leur volonté, le consentement est
donné par le tuteur. Toutefois, si l’enfant adoptif rentre dans sa famille d’origine, les dispositions prévues aux
articles 205 et 206 seront observées.
Article 208 : Lorsque le père, la mère et les aïeuls sont décédés, ou en état d’absence, ou que, leur résidence étant
inconnue, ils n’ont pas donné de leurs nouvelles depuis un an, l’enfant mineur dépourvu de tuteur et décidé à
contracter mariage doit faire une déclaration écrite de ces faits devant le tribunal de grande instance du lieu où le
mariage doit être célébré. Ce tribunal, après enquête, autorisera ou refusera la célébration du mariage projeté.
Les fausses déclarations faites par l’enfant dans les cas prévus au présent article seront punies d’un
emprisonnement de 3 mois à 1 an et d’une amende de 10.000 à 50.000 francs, ou de l’une de ces deux peines
seulement.
Article 209 : Le consentement, hors les cas où il est donné par le Conseil de tutelle ou par le tribunal, peut être
donné oralement au moment de la célébration du mariage ou par acte authentique dressé soit par le notaire, soit par
l’Officier de l’état civil du domicile ou de la résidence du tuteur ou de l’ascendant habilité à donner le consentement.
L’acte de consentement, la délibération du Conseil de tutelle ou la décision du tribunal autorisant la
célébration du mariage projeté doit contenir, à peine de nullité, les noms, prénoms, dates et lieux de naissance et
domicile des futurs époux et de tous ceux qui ont concouru à l’acte, ainsi que leur degré de parenté.
Article 210 : L’enfant mineur qui produit un acte de consentement d’un ou de plusieurs de ses aïeuls ou d’un tuteur
ou qui fait intervenir ceux-ci au moment de la célébration du mariage, doit exhiber en même temps, l’acte de décès
de ses père et mère ou bien une décision du tribunal ou un acte de notoriété délivré par le Président du tribunal
établissant que ces derniers sont dans l’impossibilité de manifester leur volonté ou déchus de la puissance paternelle.
Article 211 : Chacun des époux doit consentir personnellement au mariage, au moment de sa célébration.
Article 212 : Le consentement n’est point valable s’il a été extorqué par violence et menaces, ou s’il n’a été donné
que par suite d’une erreur sur la religion du conjoint, sur son état grave de santé au moment de la célébration du
mariage, ou sur la conformation physique d’un conjoint qui ne possède pas les organes nécessaires à la
consommation du mariage.
L’erreur sur la nationalité est considérée comme erreur sur l’identité civile.
Paragraphe 4
Des empêchements momentanés
Article 213 : La femme ne peut contracter un second mariage avant la dissolution du premier. Il en est de même de
l’homme qui a opté pour le mariage monogamique, sous réserve des dispositions de l’article 178 du présent code.
Toute femme qui, étant engagée dans les liens d’un mariage, en aura contracté un autre avant la dissolution
du précédent sera punie d’un emprisonnement de cinq jours à un mois et d’une amende de 2.000 francs à 24.000
francs, ou de l’une de ces deux peines seulement. En cas de récidive, ces peines seront portées au double. Il en sera
de même pour l’homme ayant opté pour le mariage monogamique, sous réserve des dispositions de l’article 178 ci-
dessus.
Article 214: La femme divorcée, veuve ou dont le mariage a été annulé ne peut, moins de 300 jours après le divorce,
le décès du conjoint ou l’annulation du mariage, contracter une nouvelle union sans avoir présenté un certificat de
non-grossesse à l’Officier de l’état civil du lieu de célébration.
Celle qui ne peut présenter cette pièce ne peut se remarier qu’à l’expiration d’un délai de 300 jours qui
commence à courir du jour de l’ordonnance autorisant les époux à avoir des domiciles ou résidences séparés, ou à
défaut, du jour où le jugement de divorce est devenu définitif; en cas de décès du mari ou d’annulation du mariage,
ce délai commence à courir du jour du décès ou de l’annulation.
Article 215: Le délai de 300 jours prévu l’article précédent prend fin en cas d’accouchement.
D’autre part, le Président du tribunal civil dans le ressort duquel le mariage doit être célébré peut, par
ordonnance rendue sur simple requête, abréger ce délai lorsqu’il résulte avec évidence que depuis 300 jours, le
précédent mari n’a pas cohabité avec sa femme.
23
Enfin, le délai de 300 jours ne peut être exigé d’une femme dont l’absence du mari a été déclarée par le
tribunal.
Paragraphe 5
Des prohibitions et dispenses
Article 216 : Le mariage est prohibé entre les ascendants et descendants d’une même ligne et entre frère et soeur,
oncle et nièce, tante et neveu, cousins et cousines germains et issus de germain en premier degré.
Il est également prohibé entre l’adoptant et l’adopté, entre l’un d’eux et le conjoint ou les descendants de l’autre,
ainsi qu’entre les enfants adoptifs d’un même individu.
Il est encore prohibé entre l’homme et la mère de ses anciennes femmes, concubines ou fiancées, entre
l’homme et l’ancienne épouse ou fiancée de son fils, entre l’homme et la fille de ses anciennes épouses ou
concubines nées d’une autre union.
Il est enfin prohibé entre beau-frère et belle-sœur, c’est-à-dire entre un homme et la soeur de sa femme, à
moins que la personne qui a créé l’alliance soit décédée.
Article 217 : En l’absence d’une filiation légalement établie, l’existence d’un lien notoire de filiation suffit à
entraîner les empêchements prévus à l’article précédent.
Article 218 : Le Président de la République peut lever, pour causes graves, les prohibitions de mariage prévues au
présent paragraphe.
Section 3
Des formalités préliminaires du mariage
Article 219: Le mariage ne peut être célébré avant la publication des bans faite, à la requête des futurs époux, à la
mairie ou au siège du centre d’état civil dans lequel le mariage doit être célébré.
L’Officier de l’état civil procède à cette publication par voie d’affichage apposée à la porte de la mairie ou
du siège du centre d’état civil dans lequel le mariage doit être célébré. Cette mairie ou ce siège sera la mairie ou le
siège du centre d’état civil dans le ressort de laquelle ou duquel l’un des époux au moins a son domicile ou bien sa
résidence établie par un mois d’habitation continue à la date de publication.
La publication prévue à l’alinéa précédent sera refusé si l’un des futurs époux ne possède pas la capacité de
contracter mariage ou s’il existe un empêchement légal.
Les futurs époux peuvent, sur simple requête, se pourvoir contre ce refus devant le Président du tribunal
d’instance ou de grande instance du lieu de célébration, lequel statuera par ordonnance.
Article 220 : Aucun Officier de l’état civil ne peut procéder à la publication prévue à l’article précédent, ni en cas de
dispense de publication, à la célébration du mariage, qu’après remise par chacun des futurs époux d’un extrait d’acte
de naissance de l’intéressé ou d’un jugement en tenant lieu ; pour les mineurs, de l’acte de renoncement de ses
parents ou de son tuteur, et pour le futur mari, de l’acte de renoncement ou de non renoncement à la polygamie.
L’acte de renoncement ou non renoncement à la polygamie sera établi par un notaire ou, à défaut, par un
Officier de l’état civil, en présence de la future épouse à laquelle il en sera donné lecture.
Article 221 : L’extrait de l’acte de naissance ne doit pas avoir été délivré depuis plus de deux mois, ou, pour les
extraits délivrés par les agents diplomatiques et consulaires du Gabon ainsi que par les autorités publiques étrangères,
depuis plus de six mois.
Article 222 : Celui des futurs époux qui est dans l’impossibilité de se procurer cet extrait peut le suppléer par un acte
de notoriété établi par le tribunal d’instance, le juge d’instance ou le notaire du lieu de naissance ou, à défaut, du
domicile de l’intéressé.
L’acte de notoriété contient les mêmes mentions que celles prévues à l’article 167 et doit être signé de
l’autorité qui l’a établi et des témoins qui se sont portés garants de l’exactitude des faits qui y sont consignés. Les
témoins ne sachant signer y apposent leurs empreintes digitales.
L’acte de notoriété, une fois établi, est ensuite présenté au tribunal de grande instance du lieu de célébration
du mariage. Ce tribunal, après avoir entendu le Procureur de la République, donne ou refuse l’homologation, selon
qu’il trouve suffisants ou insuffisants les faits mentionnés et les causes qui empêchent de rapporter l’acte.
24
Article 223 : L’affiche mentionnée à l’alinéa premier de l’article 219 énoncera, à peine de nullité, les noms,
prénoms, professions, domicile et résidence des futurs époux, ainsi que l’option du mariage monogamique ou
polygamique et le régime matrimonial choisis.
Elle restera apposée pendant dix jours et non compris celui de la publication.
Si l’affichage est interrompu avant l’expiration de ce délai, il en est fait mention sur l’affiche qui aura cessé
d’être apposée.
Article 224 : Si le mariage n’a pas été célébré dans les 3 mois à compter de l’expiration du délai de publication, il ne
pourra être célébré qu’après une nouvelle publication.
Section 4
Des oppositions à mariage
Article 226 : Le droit de faire opposition à la célébration d’un mariage appartient au père et à la mère et, à défaut des
père et mère, aux aïeuls et aïeules et au tuteur. Toutefois, après main levée judiciaire d’une opposition formée par un
ascendant ou par le tuteur, aucune nouvelle opposition formée par un autre ascendant ou par le tuteur n’est recevable
et ne peut retarder la célébration.
A défaut d’ascendants ou de tuteur, le frère ou la soeur, l’oncle ou la tante, les cousins et cousines germains,
majeurs, peuvent former opposition en se fondant uniquement sur l’état de démence de leur parent ; mais cette
opposition ne sera reçue qu’à la charge par l’opposant de provoquer l’interdiction et d’y faire statuer dans le plus bref
délai.
Le droit de former opposition appartient aussi, en cas de monogamie, à toute personne liée par mariage à
celle qui se propose d’en contracter un autre.
Le droit de former opposition appartient enfin au Ministère public, toutes les fois qu’un empêchement
d’ordre public est porté à sa connaissance.
Article 227 : L’opposition doit être faite par écrit, avec signature légalisée. Les personnes ne sachant signer y
apposent leurs empreintes digitales devant l’Officier de l’état civil du lieu où est situé le domicile de l’opposant ou, à
défaut, devant le commissaire de police ou le commandant de la brigade de gendarmerie.
Les commissaires de police, le commandant de la brigade de gendarmerie veilleront ensuite à ce que l’acte
d’opposition énonce la qualité qui donne à l’opposant le droit de la former, ainsi que les motifs de l’opposition.
L’opposition sera ensuite remise ou communiquée par voie postale à l’Officier de l’état civil du lieu de
célébration. Celui-ci est tenu d’écarter purement et simplement toute opposition qui n’est pas fondée sur un
empêchement légal.
Article 228 : L’Officier de l’état civil portera immédiatement opposition reçue et retenue à la connaissance des
futurs époux.
Article 229 : Une opposition à mariage ne peut être prise en considération si son auteur n’adresse pas au Président
du tribunal du lieu de célébration, dans le même pli que son opposition et sous le couvert de l’Officier de l’état civil,
une demande en interdiction de célébration du mariage.
Le Président du tribunal statue par voie d’ordonnance. Cette ordonnance est susceptible d’appel et la juridiction
d’appel est tenue de statuer dans les dix jours qui suivent la réception du dossier.
Article 230 : En cas de rejet d’une opposition, l’Officier de l’état civil est tenu de procéder à la célébration ou de
délivrer un certificat de publication.
Le certificat de publication autorise les fiancés à se marier dans le mois qui suit, devant tout Officier
gabonais de l’état civil.
Section 5
De la célébration du mariage
Article 231 : Le mariage est célébré publiquement dans la salle des mariages, en présence de deux témoins majeurs.
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Il peut, en cas d’empêchement grave et sur autorisation du Président du tribunal, être célébré au domicile de
l’une des parties. D’autre part, lorsqu’il y a péril imminent de mort de l’un des futurs époux, l’Officier de l’état civil
peut célébrer le mariage au lieu où se trouve le mourant et avant toute autorisation des autorités précitées.
Dans ce dernier cas, le mariage pourra être célébré, même si aucun des époux n’a une résidence d’un mois
dans le ressort du lieu de célébration. Mention des mariages ainsi célébrés sera faite dans les actes de mariage.
Article 232 : Après s’être assuré de la présence des deux témoins, l’Officier de l’état civil donne lecture aux futurs
époux, des articles 177, paragraphes 5 et suivants, 252, 253 et 259, alinéas 1, 2 et 3 du présent code.
L’Officier de l’état civil interroge ensuite successivement chacun des futurs époux sur son option
polygraphique ou monogamique du mariage.
Dans le cas où les futurs époux confirment leur option pour l’engagement monogamique, l’Officier de l’état
civil leur demande alors de préciser également le régime matrimonial qu’ils ont choisi, ou s’ils ont établi un contrat
de mariage conformément à l’article 306 du présent code.
En cas d’omission de l’Officier de l’état civil, les époux sont présumés, sauf preuve contraire, s’être mariés
sous la forme polygamique et soumis au régime légal de la séparation des biens.
L’Officier de l’état civil demande enfin aux futurs époux s’ils veulent s’unir par le lien du mariage. Après
leur réponse affirmative, il les déclare légalement unis par le lien du mariage, en vertu de leur consentement mutuel.
Il dresse immédiatement l’acte de mariage dont il donne lecture et délivre copies sur-le-champ aux époux, ainsi
qu’un certificat de mariage et le livret de famille. Le mariage religieux ne peut avoir lieu que sur présentation du
certificat de mariage.
Article 233 : Sans préjudice des peines disciplinaires, s’il y a lieu, est passible d’une amende de 2.000 à 24.000
francs et d’un emprisonnement de 5 jours à 1 mois ou de l’une de ces deux peines seulement, l’Officier de l’état civil
qui a procédé à la célébration d’un mariage alors qu’un empêchement prévu par le présent chapitre aurait pu lui être
révélé par l’examen des pièces qui ont été produites ou qu’il aurait dû exiger des futurs époux.
Il en sera de même de l’Officier de l’état civil qui aura procédé à la célébration d’un mariage sans se
conformer aux prescriptions du présent chapitre.
Les amendes prévues par le présent article seront prononcées à la diligence du Procureur général, par le
tribunal d’instance ou de grande instance du lieu où le mariage a été célébré.
Section 6
De la preuve du mariage
Article 234 : Le mariage est prouvé par l’acte de mariage ou, à défaut, par la possession d’état d’époux ou par un
acte de notoriété.
Article 235 : La possession d’état n’est admise qu’en cas de perte, destruction, inexistence prouvées des registres
d’état civil. Elle s’établit par une réunion suffisante des faits qui supposent l’existence du lien matrimonial. Les
principaux de ces faits sont :
- que l’homme et la femme portent le même nom;
- qu’ils se traitent comme mari et épouse ;
- qu’ils sont reconnus comme tels par la famille et la société.
Article 236 : Lorsqu’il y a impossibilité absolue de se procurer l’acte de mariage par suite des guerres ou
d’embrasements, la preuve de mariage peut être faite, après autorisation du tribunal, au moyen d’acte de notoriété
dressé soit par les agents diplomatiques et consulaires du Gabon, soit par les autorités publiques étrangères.
L’acte de notoriété devra indiquer la date depuis laquelle le mariage existe, s’il y a lieu, la date à laquelle il
a cessé d’exister.
Section 7
De la nullité du mariage
Article 237 : L’inobservation des dispositions des articles 203, alinéa premier, 213, 216 du présent code, ainsi que
l’identité de sexe, entraîne la nullité absolue du mariage.
Le tribunal peut également prononcer la nullité du mariage pour violation grave ou frauduleuse des articles
219 et 231.
Article 238 : L’action en nullité fondée sur l’inobservation des dispositions des articles 213, 216, ou sur l’identité de
sexe, peut être exercée par toute personne intéressée et, du vivant des époux, par le Ministère public.
26
L’action en nullité fondée sur l’inobservation des dispositions des articles 203, alinéa premier, ne peut être
exercée que par l’époux qui n’a pas atteint l’âge requis, par ses père et mère ou tuteur, ou autres ascendants appelés à
consentir au mariage et, du vivant des époux, par le Ministère public. Le père, la mère, le tuteur ou les ascendants qui
ont consenti ce mariage ne sont pas recevables à exercer l’action en nullité.
L’ action en nullité fondée sur les violations des dispositions des articles 219 et 231 ne peut être exercée que
par les époux et par le père, la mère, le tuteur, le ou les ascendants qui n’ont pas consenti au mariage et, du vivant des
époux, par le Ministère public.
Article 239 : Le mariage contracté par des époux qui n’avaient point encore l’âge requis ou dont l’un des deux
n’avait point atteint cet âge, ne peut plus être attaqué :
1° lorsque l’époux ou les époux ont atteint cet âge ;
2° lorsque la femme a conçu.
Article 240 : Lorsqu’il y a possession d’état continue et que l’acte de célébration de mariage est représenté, nul n’est
recevable à demander la nullité du mariage pour violation des articles 219 et 231.
Article 241 : Si, au cas de bigamie, les époux opposent la nullité du premier mariage, la validité ou la nullité de ce
mariage doit être jugée préalablement.
Article 242 : L’action en annulation fondée sur l’article 212 ne peu être exercée que par celui des époux dont le
consentement n’a pas été donné.
L’action en annulation fondée sur l’article 212 ne peut être exercée que par celui des époux dont le
consentement n’a pas été libre ou qui a été induit en erreur. Elle cesse d’être recevable toutes les fois qu’il y a eu
cohabitation continue pendant 6 mois depuis que l’époux a acquis sa pleine liberté ou que l’erreur a été par lui
reconnue.
L’action en annulation pour violation de l’article 202 ne peut être exercée que par l’interdit lui-même, son tuteur et
les personnes qui peuvent demander l’interdiction.
Article 243 : Tout mariage contracté sans le consentement requis par les articles 205, 206, 207 et 208 peut être
annulé par le tribunal à la demande de ceux dont le consentement était requis, lorsque le mariage a été approuvé
expressément ou tacitement par ceux dont le consentement était nécessaire, ou lorsqu’il s’est écoulé une année sans
réclamation de leur part depuis qu’ils ont eu connaissance du mariage. Elle ne peut pas être intentée non plus par
l’époux lorsqu’il a atteint la majorité matrimoniale.
Article 244 : Lorsque les deux époux ont été mis en cause, le jugement prononçant la nullité du mariage possède à
l’égard de tous l’autorité de la chose jugée.
Article 245 : Le dispositif du jugement prononçant la nullité fait l’objet de la transcription et des mentions prévues à
l’article 287, et fait l’objet de la publication prévue par le code de procédure civile.
Article 246 : La nullité d’un mariage ne produit ses effets qu’à partir du jour où la décision prononçant la nullité est
devenue définitive. Le mariage est réputé dissout à compter de ce jour.
Toutefois, en ce qui concerne les biens, la dissolution remonte, quant à ses effets entre les époux, au jour de
la demande, mais n’est opposable aux tiers que du jour de la transcription prévue à l’article précédent.
Cependant, toutes ces dispositions ne s’opposent pas à la validité d’un nouveau mariage contracté avant
l’annulation du précédent.
Article 247 : Si les deux époux ont été déclarés de mauvaise foi par le tribunal, le mariage nul est réputé n’avoir
jamais existé tant dans les rapports entre les époux entre eux que dans leurs rapports avec les tiers.
Toutefois, les enfants issus d’un mariage déclaré nul demeurent légitimes, même si leurs père et mère
n’étaient pas de bonne foi. La garde de l’enfant sera décidée par le tribunal.
Article 248 : Si un seul des époux a été déclaré de mauvaise foi, le mariage nul est réputé n’avoir jamais existé à son
égard.
L’autre époux bénéficie des dispositions de l’article 244 du présent code ainsi que des libéralités consenties
par l’époux de mauvaise foi ou par les parents de ces derniers.
Section 8
Du mariage d’un Gabonais à l’étranger
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Article 249 : En pays étranger, le mariage entre Gabonais ou entre Gabonais et étrangers est valable s’il a été célébré
dans les formes qui y sont usitées. Il doit néanmoins être précédé d’une publication faite au domicile des parents et
au lieu de naissance au Gabon de chacun des époux ou, à défaut, à la mairie de la capitale.
Article 250 : Peut être déclaré nul, le mariage d’un Gabonais à l’étranger conclu sans observation des dispositions
des articles 203, 204, 205, 206, 207, 208, 209 et 213 du présent code.
Peut être également déclaré nul, le mariage d’un Gabonais à l’étranger contracté en violation des articles
211 et 212. Il en est de même lorsqu’il y a erreur sur l’identité de sexe.
Article 251 : La nullité du mariage d’un Gabonais à l’étranger obéit aux mêmes règles que celles prévues à la
section VII du présent chapitre.
Chapitre II
Des effets du mariage
Article 252 : Par l’effet du mariage, le mari doit protection à sa femme, la femme doit obéissance à son conjoint.
Les époux se doivent mutuellement fidélité, secours, assistance.
Article 253 : Le mari est le chef de famille. Il exerce cette fonction dans l’intérêt commun du ménage et des enfants.
La femme concourt avec le mari à assumer la direction morale et matérielle de la famille, et la prospérité de
celle-ci, à élever leurs enfants et à préparer l’établissement de ces derniers.
La femme remplace le mari dans ses fonctions de chef de famille, si celui-ci est frappé d’incapacité ou se
trouve en état d’absence, ou s’il est condamné pour abandon de famille. Il en est de même si le mari abandonne
volontairement la vie commune ou s’il est hors d’état de manifester sa volonté en raison de son éloignement ou de
toute autre cause.
Article 254 : Le choix de la résidence de la famille appartient au mari ; la femme est obligée d’habiter avec lui, et il
est tenu de la recevoir.
Lorsque la résidence fixée par le mari présente pour la famille des dangers d’ordre physique ou d’ordre moral, la
femme peut être autorisée par le tribunal à avoir pour elle et ses enfants une autre résidence.
Les époux ne peuvent, l’un sans l’autre, disposer des droits par lesquels est assuré le logement de la famille,
ni des meubles dont il est garni.
Celui des époux qui n’a pas donné son consentement à l’acte de disposition peut en demander l’annulation ; l’action
en nullité lui est ouverte dans l’année à partir du jour où il a eu connaissance de l’acte, sans pour autant être intentée
plus d’un an après la dissolution du régime matrimonial.
Article 255 : Le mariage ne porte pas atteinte à la capacité juridique des époux, mais leurs pouvoirs peuvent être
limités par le régime matrimonial ou par la loi.
Article 256 : Un époux peut être autorisé par le tribunal à passer seul un acte pour lequel le concours et le
consentement de son conjoint sont nécessaires, si celui-ci est hors d’état de manifester sa volonté ou si son refus
n’est pas justifié par l’intérêt de la famille.
L’acte passé dans les conditions fixées par l’autorisation du tribunal est opposable à l’époux dont le
concours ou le consentement a fait défaut.
Article 257 : La femme a, sous tous les régimes, le pouvoir de représenter le mari pour les besoins courants du
ménage, et d’employer pour ces besoins les fonds qu’il laisse entre ses mains.
En application du précédent alinéa, la femme peut, sur sa seule signature, faire ouvrir un compte courant
spécial pour y déposer ou en retirer les fonds réservés pour les besoins du ménage.
L’ouverture de ce compte doit être notifiée par le dépositaire au mari et la balance de compte ne peut être
débitrice qu’en vertu d’un mandat exprès de ce dernier.
Article 258 : Chacun des époux est tenu des engagements contractés par l’autre pour l’entretien du ménage et
d’éducation des enfants.
Néanmoins, la solidarité n’a pas lieu pour des dépenses manifestement excessives, eu égard aux capacités et
au train de vie du ménage, à l’utilité ou l’inutilité de l’opération, à la bonne ou mauvaise foi du tiers.
La solidarité n’a pas lieu non plus pour les obligations résultant d’achats à tempérament, s’ils n’ont pas été
conclus par consentement des deux époux.
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Article 259 : Si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des époux aux charges du ménage,
ceux-ci y contribuent à proportion de leurs facultés respectives.
Les charges du mariage incombent au mari, à titre principal. Il est obligé, selon ses facultés et son état, de
fournir à la femme tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie.
La femme s’acquitte de sa contribution en la prélevant sur les ressources dont elle a l’administration et la
jouissance, par ses apports en communauté et par son activité au foyer ou sa collaboration à la profession du mari.
Si l’un des conjoints ne remplit pas ses obligations, il peut y être contraint, à la requête de l’autre époux, par
décision du tribunal. D’autre part, les juges peuvent prescrire aux débiteurs de l’époux défaillant, d’effectuer le tout
ou partie de leurs paiements entre les mains de l’autre conjoint ; ils peuvent également prescrire toutes les mesures
urgentes que requiert la sauvegarde des intérêts de la famille, notamment en effectuant des saisies sur salaire.
Article 260 : Dans les mariages polygamiques, il est interdit d’utiliser les revenus d’une des épouses au profit des
autres.
Article 261 : La femme peut exercer la profession de son choix, à moins que le mari demande au tribunal de lui
interdire, dans l’intérêt de la famille, l’exercice de cette profession.
Elle peut toujours, pour les besoins de cette profession, aliéner ou obliger seuls ses biens personnels en
pleine propriété.
Les engagements pris par la femme dans l’exercice de cette profession sont inopposables au mari si celui-ci n’y a pas
donné expressément son consentement. Les créanciers envers lesquels la femme s’est obligée ne peuvent exercer
leurs poursuites sur les biens communs.
Article 262 : Lorsque la femme exerce une profession ou l’administration et la jouissance de ses biens personnels,
elle peut se faire ouvrir un compte courant en son nom propre.
Article 263 : Sous tous les régimes, chacun des époux perçoit ses gains et salaires, et peut en disposer librement
après s’être acquitté des charges du mariage.
Chapitre III
De la dissolution du mariage et de la séparation de corps
Section 1
Dispositions générales
Section 2
Du divorce
Paragraphe 1
Des causes du divorce
Article 266 : Le divorce peut être prononcé à la demande de l’un des époux en cas :
1°) d’adultère du conjoint ;
2°) de condamnation ferme de l’autre époux à une peine privative de liberté égale ou supérieure à un an pour crime
ou délit volontaire de droit commun ;
3°) d’excès, sévices et injures graves rendant la vie conjugale intolérable ;
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4°) d’alcoolisme invétéré ou d’usage de stupéfiants ;
5°) de violation grave par le conjoint des devoirs résultant du mariage;
6°) de rupture de l’engagement pris sur le choix du mariage monogamique prévu à l’article 177, paragraphe 5 du
présent code, sous réserve des dispositions de l’article 178 du présent code.
Le divorce peut également être prononcé à la demande de l’un des époux lorsque le conjoint mène une vie si
déshonorante que la vie commune devient insupportable au demandeur. Il en est de même en cas d’absence déclarée
conformément aux dispositions des articles 130 et suivants du présent code.
Lorsque deux époux vivent séparés de fait depuis au moins trois ans, le divorce peut être prononcé à la
requête conjointe des deux époux ou à la demande de l’un d’eux, pour ce seul fait.
Paragraphe 2
Des causes empêchant la demande en divorce de suivre son cours
Article 267 : La demande en divorce doit être rejetée en cas de réconciliation des époux survenue soit depuis que le
demandeur a eu connaissance des faits allégués dans sa demande, soit depuis cette demande.
Dans l’un et l’autre cas, le demandeur peut néanmoins intenter une nouvelle action pour cause survenue ou
découverte depuis la réconciliation et se prévaloir des anciennes causes à l’appui de sa demande.
Si le demandeur en divorce nie qu’il y ait eu réconciliation, le défendeur en fera la preuve, soit par écrit, soit
par témoin.
Article 268 : L’action en divorce s’éteint par le décès de l’un des époux survenu avant que le jugement ou arrêté
prononçant le divorce soir devenu définitif.
Paragraphe 3
De la procédure de divorce
Article 269 : L’époux qui veut former une demande en divorce présente, en personne, sa requête au Président du
tribunal ou le juge délégué au divorce par le Président du tribunal.
Le Président du tribunal ou le juge compètent est celui du lieu de la résidence effective du défendeur.
En cas d’empêchement dûment constaté, le magistrat se transporte, assisté de son greffier, au domicile de
l’époux demandeur.
En cas d’interdiction légère, la requête à fin de divorce ne peut être présentée par le tuteur que sur la
réquisition ou avec l’autorisation de l’interdit.
Article 270 : Le juge, après avoir entendu le demandeur et lui avoir fait les observations qu’il croit convenables,
ordonne au bas de la requête que les parties comparaîtront devant lui au jour et à l’heure qu’il indique, pour
conciliation, et commet un agent d’exécution pour notifier la citation.
La citation en conciliation doit être signifiée, à peine de nullité, huit jours au moins avant la date de
l’audition de conciliation, outre les délais de distance. Elle est délivrée sous pli fermé.
Article 271 : Au jour indiqué, le juge entend les parties séparément, puis les réunit afin de tenter une conciliation.
Si l’une des parties se trouve dans l’impossibilité de se rendre auprès du juge, le magistrat détermine le lieu où sera
tentée la conciliation ou donne commission pour entendre le défendeur.
Les parties sont tenues de comparaître en personne, sans pouvoir se faire assister d’avocats ni de conseils.
Article 272 : En cas de non-conciliation ou de défaut, le juge rend une ordonnance qui constate la non-conciliation
ou le défaut et autorise le demandeur à assigner son conjoint devant le tribunal.
Toutefois, avant d’autoriser le demandeur à assigner son conjoint, le juge peut, suivant les circonstances,
ajourner les parties pour une durée qui ne peut excéder 6 mois. A l’expiration de ce délai et sur une nouvelle
citation, le juge procède à une autre tentative de conciliation. Il peut renouveler le délai d’ajournement en une ou
plusieurs reprises, sans que sa durée totale puisse excéder une année.
L’ordonnance tendue par le juge en matière d’ajournement ou de renouvellement n’est susceptible ni
d’opposition, ni d’appel.
Article 273 : En cas de non-conciliation, de défaut ou d’ajournement, le juge peut autoriser les époux à résider
séparément ou enjoindre à l’un deux de quitter la résidence commune. Il statue, le cas échéant, sur la remise des
effets personnels, sur les demandes relatives aux aliments pour la durée de l’instance et sur les autres provisions.
30
Il peut autoriser l’un des époux à prendre des mesures conservatoires sur les biens de la communauté et sur
les biens dont l’autre époux a l’administration ou la jouissance. Il peut notamment autoriser l’apposition des scellés
et nommer, s’il y a lieu, un administrateur séquestre de ces biens ou de certains d’entre eux.
Les scellés sont levés à la requête de la partie la plus diligentée ; les objets et valeurs sont inventoriés et
prisés, et l’époux qui est en possession en est constitué gardien judiciaire, à moins qu’ils ne soient remis à
l’administrateur séquestre.
Le juge peut également, sur la demande de l’un des époux, d’un membre de la famille, du Ministère public
ou même d’office, ordonner toutes mesures qui lui paraissent nécessaires dans l’intérêt des enfants mineurs. A cet
effet, il a la possibilité de commettre toute personne qualifiée pour recueillir des renseignements sur les conditions
dans lesquelles vivent et sont élevés les enfants, et sur les mesures à prendre quant à leur garde.
Article 274 : Les mesures prévues au précédent article peuvent également être prescrites avant la comparution des
époux en conciliation par une ordonnance du juge, sur requête de l’intéressé et à charge d’en référer.
Après la comparution des époux en conciliation et en tout état de cause, ces mesures peuvent, s’il y a urgence, être
ordonnées, rapportées ou modifiées par le juge statuant en référé.
Article 275 : L’ordonnance qui statue sur les mesures provisoires est exécutoire par provision. Elle est susceptible
d’appel.
Article 276: L’époux demandeur qui a été autorisé à assigner son conjoint doit user de cette autorisation dans un
délai de vingt jours à compter de l’ordonnance ; à défaut, les mesures provisoires ordonnées à son profit cessent de
plein droit à expiration de ce délai.
Lorsque le tribunal est saisi, il peut ordonner, rapporter ou modifier les mesures provisoires prévues à
l’article 273 du présent code.
S’il y a lieu à citation de témoins, ceux-ci sont entendus par le tribunal et contradictoirement. A l’exception
des descendants, les domestiques des époux peuvent être entendus comme témoins des parents.
Le tribunal ne peut prononcer le divorce sans avoir ordonné la comparution personnelle des époux.
Sauf empêchement grave dûment constaté, le demandeur qui ne comparaît pas est débouté de sa demande et
le défendeur qui ne comparaît pas, est condamne à une amende civile qui ne pourra excéder 20.000 francs.
Les débats ne sont pas publics, mais le jugement est rendu en audience publique.
Article 277 : Le demandeur peut, en tout état de cause, transformer sa demande en divorce en demande de séparation
de corps. La demande en séparation de corps ne peu être transformée en demande en divorce.
Les demandes reconventionnelles en divorce peuvent être introduites sur simple requête.
Article 278 : Encore que la demande soit bien fondée, le tribunal peut surseoir au prononcé du jugement pendant un
délai qui ne peut excéder une année. Sa décision n’est pas susceptible d’appel.
Si. à l’expiration du délai fixé par le tribunal., les époux ne se sont pas réconciliés, le tribunal prononcera le
divorce à la diligence de l’un des conjoints.
Article 279 : Lorsque l’assignation n’a pas été délivrée à la partie défenderesse en personne et que cette partie fait
défaut, le tribunal peut, avant de prononcer le jugement sur le fond, ordonner l’insertion dans les journaux d’un avis
destiné à faire connaître à cette partie la demande dont elle a été l’objet.
Le jugement ou l’arrêt qui prononce le divorce par défaut, ainsi qu’éventuellement le jugement qui
prononce l’amende prévue à l’article 276, est signifié par un agent d’exécution ou un huissier de justice.
Si cette signification n’a pas été faite à personne, le Président ordonne, sur simple requête, la publication dans les
journaux, d’un extrait du jugement. L’opposition est recevable dans le mois de la signification, si celle-ci a été faite à
personne, et, dans le cas contraire, dans les 8 mois qui suivent le dernier acte de publicité.
Article 280 : En cas d’appel, la cause est débattue en chambre de conseil. L’arrêt est rendu en audience publique.
Les demandes reconventionnelles peuvent être formées en appel sans être considérées comme demandes
nouvelles.
La transformation d’une demande en divorce en une demande en séparation de corps peut avoir lieu, même
en appel.
Au contraire, une séparation de corps ne peut être transformée en demande en divorce devant la juridiction
d’appel.
Une demande reconventionnelle en séparation de corps peut être formée en appel sur une demande
principale de même nature, mais le demandeur en instance de séparation de corps est irrecevable à demander
reconventionnellement le divorce.
31
Article 281 : Les dépens seront mis à la charge de celui des époux, même demandeur, contre lequel le divorce aura
été prononcé, et pour moitié à la charge de chacun des époux, si le divorce a été prononcé à leurs torts réciproques.
Article 282 : La reproduction des débats par la voie de la presse dans les instances en divorce et en séparation de
corps est interdite. Quiconque contreviendra à cette disposition sera puni d’un emprisonnement de dix jours à 3 mois
et d’une amende de 10.000 francs à 300.000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.
Article 283 : Quiconque aura, par tout moyen, tenu ou tenté de tenir son conjoint dans l’ignorance d’une procédure
de divorce ou de séparation de corps dirigée contre ce dernier, sera puni d’une peine d’emprisonnement d’un mois à
6 mois et d’une amende de 20.000 francs à 500.000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.
Sera punie des mêmes peines, toute personne qui, par tout moyen, aura fait engager ou poursuivre une
procédure de divorce ou de séparation de corps.
Paragraphe 4
Des jugements de divorce
Article 284 : Sauf en ce qui concerne les mesures provisoires et la pension ordonnée en application de l’article 292
du présent code, les délais d’appel et d’opposition sont suspensifs.
Article 285 : Le jugement ou l’arrêté qui prononce le divorce n’est pas susceptible d’acquiescement, à moins qu’il
n’ait été rendu sur conversion de la séparation de corps.
Article 286 : Le dispositif du jugement ou de l’arrêt qui prononce le divorce doit énoncer, le cas échéant, la date de
la décision ayant autorisé les époux à résider séparément. Cette date doit figurer dans la mention marginale ou dans
la transcription faite en application de l’article 287 du présent code.
Article 287 : Le dispositif du jugement ou de l’arrêt prononçant le divorce est transcrit sur les registres de l’état civil
du lieu où le mariage a été célébré.
Mention de ce jugement ou arrêt est faite en marge de l’acte de mariage et de l’acte de naissance de chacun
des époux.
Si le mariage a été célébré à l’étranger, la transcription est faite sur les registres de l’état civil du lieu où les époux
avaient leur dernier domicile au Gabon et à défaut, sur les registres de l’état civil du premier arrondissement de la
capitale. En outre, mention du jugement ou de l’arrêt est faite en marge de l’acte de mariage et de naissance si ces
actes figurent sur un registre tenu par une autorité gabonaise.
Article 288 : Le jugement ou l’arrêt prononçant le divorce dissout le mariage du jour où il devient définitif, sous
réserve des dispositions de l’article 214 du présent code relatif au remariage de la femme.
Toutefois, il n’est opposable aux tiers que du jour de la transcription prévue à l’article précédent à moins
qu’il soit établi qu’ils en ont eu connaissance. D’autre part, il remonte quant à ses effets entre époux, en ce qui
touche leurs biens, au jour de la signification de la citation en conciliation.
Paragraphe 5
Des effets du divorce
Article 289 : Au cas de réunion d’époux divorcés, une nouvelle célébration du mariage sera nécessaire.
Article 290 : Après le prononcé du divorce, la femme cesse de porter le nom de son mari.
Article 291 : L’époux aux torts duquel le divorce a été prononcé perd tous les avantages que l’autre époux lui avait
faits, soit par son contrat de mariage, soit depuis le mariage.
L’époux qui obtenu le divorce conserve les avantages à lui faits par l’autre époux, encore qu’ils aient été
stipulés réciproques et que la réciprocité n’ait pas lieu.
Article 292 : Si les époux ne s’étaient fait aucun avantage, ou si les avantages stipulés ne paraissent pas suffisants
pour assurer la subsistance de l’époux qui a obtenu le divorce, le tribunal peut condamner le conjoint coupable à lui
verser une pension alimentaire.
Cette pension peut être modifiée ou supprimée en cas de changement survenu dans la situation du créancier
et du débiteur. Elle peut également être supprimée dans le cas d’inconduite notoire du conjoint qui l’a obtenue.
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Dans les mariages polygamiques, le montant de la pension ne pourra être supérieur au quart du revenu du
conjoint, si celui-ci est marié à deux femmes, au sixième s’il est marié à trois femmes, au huitième s’il est marié à
quatre femmes et, s’il est marié plus de quatre femmes, au douzième de son revenu.
Indépendamment de toutes autres réparations dues par l’époux contre lequel le divorce a été prononcé, les
juges peuvent allouer au conjoint qui a obtenu le divorce des dommages-intérêts pour le préjudice matériel ou moral
à lui causé par la dissolution du mariage.
Article 293 : Si le divorce a été prononcé aux torts réciproques des époux, chacun d’eux perd les avantages que
l’autre lui avait faits et ne peut se prévaloir des dispositions de l’article précédent.
Article 294 : Les enfants sont confiés à celui des parents qui a obtenu le divorce, à moins que le tribunal, sur la
demande de l’un d’eux, d’un ascendant, d’un oncle, tante, frère ou soeur des enfants, ou du Ministère public, et au vu
des renseignements recueillis, n’ordonne, dans l’intérêt des enfants, que tous ou quelques uns d’eux seront confiés
soit à l’autre parent, soit à une tierce personne.
A moins que l’intérêt de l’enfant ne s’y oppose, les père et mère conservent respectivement le droit de
surveiller l’entretien et l’éducation de leurs enfants. Sous la même réserve, ils jouissent également du droit de visite
dans les conditions fixées par le juge.
Lorsque la personne à laquelle est confiée la garde de l’enfant n’aura pas rempli ses obligations vis-à-vis de
celui-ci, l’un des parents ou le Ministère public pourra demander la modification de la garde, sur requête adressée au
Président du tribunal.
Article 295 : Chacun des époux demeure tenu de contribuer à l’entretien des enfants, à proportion de ses facultés.
Article 296 : Le divorce ne prive les enfants d’aucun des avantages qui leur sont assurés par les lois ou par les
conventions matrimoniales de leurs père et mère.
Section 3
De la séparation de corps
Article 297 : La séparation de corps peut être prononcée pour les mêmes causes que le divorce.
Article 298 : Les dispositions des articles 267, 268 et 269, alinéas premier, 2 et 3 du présent code sont applicables à
la séparation d corps.
Le tuteur d’une personne judiciairement interdite peut, avec autorisation du conseil de famille, présenter la
requête et suivre l’instance à fin de séparation de corps.
Article 299 : Entre époux, la séparation de corps fait cesser la vie commune et met fin aux pouvoirs prévus aux
articles 253 et 257 du présent code.
Elle laisse subsister entre époux les devoirs de secours et d’assistance. Mais l’époux contre lequel la
séparation a été prononcée est tenu au devoir de fidélité.
La femme séparée de corps cesse d’avoir pour domicile légal le domicile de sort mari.
Toute signification faite à un époux séparé de corps relativement à une question d’état doit également être
adressée à l’autre époux, à peine de nullité.
Article 301 : Le jugement de séparation de corps produit ses effets du jour où il devient définitif.
Il n’est opposable aux tiers que du jour de la transcription prévue à l’article 287 du présent code, à moins
qu’il soit établi que ceux-ci en ont eu connaissance auparavant.
Il remonte, quant à ses effets entre époux en ce qui touche leurs biens, au jour de la signification de la
citation en conciliation.
Article 302 : Les dispositions des articles 291, 292, 293 et 294 du présent code sont applicables à la séparation de
corps.
Article 303 : La reprise volontaire de la vie commune fait cesser les effets du jugement de séparation de corps.
Toutefois, la séparation des biens et les déchéances résultant de l’article 291 du présent code subsistent,
sous réserve du droit pour les époux de faire de nouvelles conventions matrimoniales, et de consentir de nouveaux
avantages.
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Article 304 : Lorsque la séparation de corps a duré trois ans, le jugement est de droit converti en jugement de
divorce sur la demande formée par l’un des époux.
Les dépens relatifs à cette demande sont mis pour le tout à la charge de celui des époux, même demandeur,
contre lequel la séparation de corps a été prononcée et pour moitié à la charge de chacun des époux, si la séparation a
été prononcée à leurs torts réciproques.
Les dispositions du jugement de séparation de corps accordant une pension alimentaire à l’époux qui a
obtenu le divorce et statuant sur la garde des enfants conservent leurs effets.
TITRE III
DES RÉGIMES MATRIMONIAUX
Chapitre I
Dispositions générales
Article 305 : Les époux sont placés sous le régime de la séparation des biens tel que défini aux articles 368 à 373 du
présent code.
Toutefois, lorsqu’il y aura mariage avec engagement de monogamie, le régime matrimonial est expressément choisi
par les époux lors de la célébration du mariage.
Ce choix portera soit sur le régime de la communauté tel que défini au chapitre II du présent titre, soit sur le
régime de séparation des biens, soit sur un régime conventionnel fixé par contrat, conformément à l’article 306 du
présent code.
L’Officier de l’état civil doit faire mention de ce choix dans l’acte de mariage, conformément aux
dispositions de l’article 177 du présent code.
Article 306 : Tout régime matrimonial choisi en dehors de ceux prévus au présent titre doit être fixé avant la
célébration du mariage, dans un acte dit contrat de mariage, dressé devant notaire ou, à défaut, devant l’Officier de
l’état civil du lieu de célébration, en présence et avec le consentement simultané de toutes les personnes qui y sont
parties ou de leurs mandataires.
Ce régime, qui prendra effet à partir du jour de la célébration, ne peut toutefois être contraire aux bonnes moeurs ni
aux dispositions qui suivent.
Article 307 : Les époux ne peuvent déroger, par convention, ni aux devoirs, ni aux droits qui résultent pour eux du
mariage, ni aux règles de l’autorité des père et mère, de l’administration légale et de la tutelle.
Article 308 : Sans préjudice des libéralités qui pourront avoir lieu selon les formes et dans les cas déterminés par le
présent code, les époux ne peuvent faire aucune convention ou renonciation dont l’objet serait de changer l’ordre
légal des successions.
Article 309 : Immédiatement après la signature du contrat, le notaire ou l’Officier de l’état civil compétent délivre
aux parties un certificat sur papier libre et sans frais, énonçant leurs noms, prénoms et domiciles ; les noms, prénoms,
qualités et demeures des futurs époux, ainsi que la date du contrat. Ce certificat sera remis par les futurs époux à
l’Officier de l’état civil, avant la célébration du mariage.
Article 310 : Les changements apportés aux conventions matrimoniales avant la célébration du mariage doivent être
constatés par un autre acte passé dans les mêmes formes. Nul changement ou contre lettre n’est, au surplus, valable
sans la présence et le consentement simultanés de toutes les personnes encore vivantes qui ont été parties dans le
contrat du mariage, ou de leurs mandataires.
Les changements et contre lettres relatifs à un contrat de mariage seront, d’autre part, sans effet à l’égard
des tiers s’ils n’ont été rédigés à la suite de ce contrat de mariage; et le notaire ou l’Officier de l’état civil ne peut
délivrer ni grosses, ni expéditions du contrat de mariage sans transcrire à la suite, le changement ou la contre-lettre.
Le mariage célébré, il ne peut être apporté de changement au régime matrimonial que par l’effet d’un
jugement de séparation de corps ou d’un jugement rendu dans le cas de l’article suivant.
Article 311 : Après la célébration du mariage, chacun des époux peut demander en justice le changement du régime
matrimonial adopté lorsque l’application des règles de ce régime se révèle contraire à l’intérêt du foyer.
La demande est portée par voie d’assignation, dans la forme ordinaire, devant le tribunal du domicile des
époux.
Cette demande est publiée par extrait dans un journal d’annonces légales.
34
Les époux peuvent également convenir, dans l’intérêt de la famille, de modifier ou de changer entièrement
le régime adopté.
Dans ce cas, ils présentent leur demande sous la forme d’une requête conjointe tendant à l’homologation d’un projet
d’acte élaboré par un notaire ou un conseil juridique, qui aura été publié dans un journal d’annonces légales un mois
avant le dépôt de la requête.
Article 312 : Avant de statuer, le tribunal se procure les renseignements qu’il juge utiles et entend toute personne qui
en fait la demande et a un intérêt moral et pécuniaire à ce changement ; le jugement ne peut être rendu qu’un mois
après la justification de la demande. Le tribunal statue par jugement motivé, le Ministère public entendu.
Article 313: S’il y a eu contrat de mariage, le dispositif du jugement est notifié par lettre recommandée, à l’Officier
public détendeur de la minute de ce contrat. Cet Officier est tenu de faire mention de ce jugement en marge de la
minute dudit contrat et ne peut plus, à peine de dommages-intérêts, en délivrer une grosse ou une expédition sans
reproduire la mention figurant en marge.
Article 314 : La décision prononçant ou homologuant le changement de régime a effet entre les parties au jour du
prononcé du jugement, et à l’égard des tiers trois mois après que mention aura été portée en marge de l’acte de
mariage.
Toutefois, en l’absence même de cette mention, le changement n’est pas moins opposable aux tiers si, dans
les actes passés avec eux, les époux ont déclaré avoir modifié leur régime matrimonial.
Article 315 : Le jugement prononçant ou homologuant le changement de régime matrimonial doit être rendu public
par l’insertion d’un extrait dans un journal d’annonces légales ; en outre, si l’un des époux est commerçant, la
décision est publiée dans les conditions et sous les sanctions prévues par les règlements relatifs au registre du
commerce.
Les créanciers, s’il a été fait fraude à leurs droits, pourront former tierce opposition à ce jugement dans un
délai d’un an à compter de la publication prévue à l’alinéa premier du présent article.
Article 316 : Le mineur habile à contracter mariage est habile à passer toutes conventions matrimoniales, à la
condition qu’il soit assisté des personnes dont le consentement est nécessaire pour la validité du mariage.
Si des conventions matrimoniales ont été passées sans cette assistance, l’annulation en pourra être
demandée par le mineur ou par les personnes dont le consentement était requis, mais seulement jusqu’à l’expiration
de l’année qui suivra la majorité accomplie.
Article 317 : Celui à qui a été nommé un conseiller judiciaire ne peut, sans être assisté de ce conseil, passer des
conventions matrimoniales.
A défaut de cette assistance, lui-même ou son conseil judiciaire ne peut demander l’annulation de ces
conventions que dans un délai d’un an à dater du mariage.
Chapitre II
Du régime de la communauté
Article 318 : Le régime de communauté prévu à l’article 305 est soumis aux règles fixées dans les trois sections
suivantes :
Section I
De la composition active et passive de la communauté
Paragraphe I
De l’actif de la communauté
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Article 320 : Tout bien, meuble ou immeuble, est réputé acquêt de la communauté s’il n’est prouvé que l’un des
époux en avait la propriété ou la possession antérieurement au mariage, ou qu’il lui est déchu depuis, à titre de
succession, de donation ou legs.
En ce qui concerne le mobilier, cette preuve est établie entre les époux comme à l’égard des tiers par titre ou
document propre à justifier sa consistance ou valeur.
Le juge peut même admettre la preuve par témoignage ou présomption s’il constate qu’un époux a été dans
l’impossibilité matérielle ou morale de se procurer un écrit.
Article 321 : Les biens qu’un époux possède à la date du mariage ou qu’il acquiert postérieurement au mariage par
succession ou legs demeurent la propriété personnelle de celui-ci.
Toutefois, l’auteur d’une libéralité faite à un époux peut stipuler que le bien donné ou légué tombera en
communauté.
Article 322 : Sont également propres à chacun des époux, quand bien même ils auraient été acquis pendant le
mariage, les vêtements et linges à usage personnel, les actions en réparation d’un dommage corporel ou moral, les
créances et pensions incessibles, et plus généralement, tous les biens qui ont un caractère personnel et tous les droits
exclusivement attachés à la personne.
Il en est de même, sauf récompense s’il y a lieu, des instruments de travail nécessaires à la profession de
l’un des époux, à moins qu’ils ne soient l’accessoire d’un fonds de commerce ou d’une exploitation faisant partie de
la communauté.
Article 323 : Restent également propres, sauf récompenses s’il y a lieu, les biens acquis à titre d’accessoire d’un bien
propre ainsi que les valeurs nouvelles et autres accroissements se rattachant à des valeurs mobilières propres.
Forment aussi des propres, par l’effet de la subrogation réelle, les créances et indemnités qui remplacent des
propres.
Article 324 : Le bien acquis en échange d’un bien appartenant en propre à l’un des époux est lui-même propre, sauf
la récompense due à la communauté ou par elle, s’il y a soulte.
Toutefois, si la soulte mise à la charge de la communauté est supérieure à la valeur du bien cédé, le bien
acquis en échange tombe en communauté, sauf récompense au profit de l’époux propriétaire du bien cédé.
Article 325 : Lorsqu’un des époux acquiert, pendant la durée du régime, une part d’un bien dont il était
copropriétaire par indivis, la part ainsi acquise reste propre, sauf à indemniser la communauté de la somme qu’elle a
pu fournir pour cette acquisition.
Article 326 : Le bien acquis par un des époux en emploi de deniers qui lui sont propres ou en remploi du prix de
biens propres, reste propre si, lors de l’acquisition, il a été déclaré que cette acquisition était faite au moyen de ces
deniers ou d ce prix et pour tenir lieu d’emploi ou de remploi. A défaut de cette déclaration dans l’acte, l’emploi ou
le remploi n’a lieu que par l’accord des époux, et il ne produit ses effets que dans leurs rapports réciproques.
Quand le prix du bien acquis excède la somme dont il a été fait emploi ou remploi, la communauté a droit à
récompense pour l’excédent. Mais si le montant de la récompense est supérieur à la moitié du prix, le bien acquis
tombe en communauté, sauf la récompense due à l’époux déssaisi.
Paragraphe 2
Du passif de la communauté
Article 327 : Les dettes dont le recouvrement peut être poursuivi sur les biens de la communauté sont :
1° les aliments dus par les époux et les dettes contractées par eux pour l’entretien du ménage et l’éducation des
enfants ;
2° les dettes contractées par la femme en qualité de représentante de son mari, ou comme gérante des affaires de
celui-ci ou de la communauté ;
3° les dettes des deux époux qui n’ont pas leur source dans un acte juridique ;
4° les dettes de la femme, postérieures à la formation de la communauté, lorsqu’elles sont nées dans les conditions
prévues à l’article 253, alinéa 3 ;
5° les dettes assumées par la femme avec le consentement, ou l’acquiescement de son mari, ou avec l’autorisation de
justice dans le cas prévu à l’article 256 du présent code ;
6° les dettes contractées d’un commun accord pour l’acquisition, la conservation ou l’amélioration d’un bien propre
ou dans l’intérêt personnel de l’un des époux.
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Article 328: Toutes les fois qu’il est pris sur la communauté une somme, soi pour acquitter les dettes ou charges
personnelles à l’un des époux, soit pour recouvrer, conserver ou améliorer ses biens personnels, et généralement
toutes les fois que l’un des époux a tiré un profit personnel des biens de la communauté, cet époux en doit la
récompense.
Article 329 : La communauté a droit aussi à récompense, déduction faite, le cas échéant, du profit retiré par elle,
quand elle a payé les amendes encourues par un époux, en raison d’infractions pénales commises par celui-ci, ou
quand elle a payé les indemnités, frais et autres obligations nées des délits et quasi délits commis par le mari ou la
femme.
Article 330: Les dettes auxquelles chaque époux était tenu au jour de la célébration du mariage, ou dont se trouvent
grevées les successions et libéralités qui lui échoient au cours du mariage, lui demeurent personnelles tant en
capitaux qu’en arrérages ou intérêts.
Article 331 : Les créanciers de l’un ou de l’autre époux, dans le cas de l’article précédent, ne peuvent poursuivre
leur paiement que sur les biens propres de leur débiteur.
Ils peuvent, néanmoins, saisir aussi les biens de la communauté quand le mobilier qui appartient à leur débiteur au
jour du mariage ou qui lui est échu par succession ou libéralité a été confondu dans le patrimoine commun et ne peut
plus être identifié.
Article 332 : Lorsqu’une dette est entrée en communauté du chef d’un seul des époux, elle ne peut être poursuivie
sur les biens propres de l’autre.
S’il y a solidarité, la dette est réputée entrée en communauté du chef des deux époux. Mais quand un époux
ne fait que donner son consentement à l’obligation de l’autre, c’est seulement du chef de celui-ci que la dette entre en
communauté.
Article 333 : Toutefois, les créanciers peuvent poursuivre le paiement des dettes que la femme a contractées avec le
consentement du mari, tant sur les biens de la communauté que sur ceux du mari ou de la femme, sauf la récompense
due à la communauté, ou l’indemnité due au mari.
Si les dettes ont été contractées avec l’habilitation du tribunal, le paiement n’en peut être poursuivi que sur
les propres de la femme et sur les biens de la communauté.
Article 334 : La femme qui exerce une profession séparée oblige ses propres et ses biens réservés par ses
engagements professionnels.
Le paiement de ces engagements peut aussi être poursuivi sur l’ensemble de la communauté et sur les
propres du mari, si celui-ci avait donné son accord exprès à l’acte passé par la femme, ou même, en l’absence d’un
tel accord, s’il est ingéré dans l’exercice de la profession. Il en est de même si, par une déclaration mentionnée au
registre du commerce, il a donné son accord exprès à l’exercice d’un commerce par la femme.
Section 2
De l’administration des biens de la communauté
Article 335 : Le mari administre seul la communauté, sauf à répondre des fautes qu’il aurait commises dans sa
gestion.
Article 337 : Si le mari se trouve, d’une manière durable, hors d’état de manifester sa volonté, ou si sa gestion de la
communauté atteste l’inaptitude ou la fraude, son épouse, et dans les ménages polygamiques, l’épouse mariée la
première, peut demander au tribunal à lui être substituée dans l’exercice de ses pouvoirs.
37
La conjointe ainsi habilitée a les mêmes pouvoirs qu’aurait l’époux qu’elle remplace elle passe, avec
l’autorisation du tribunal, les actes pour lesquels son propre consentement aurait été requis s’il n’y avait pas eu
substitution.
Le mari privé de ses pouvoirs pourra, par la suite, demander leur restitution en établissant que leur transfert
à l’autre conjoint n’est plus justifié.
Article 338 : Si l’un des époux a outrepassé ses pouvoirs sur les biens communs, l’autre, à moins qu’il n’ait ratifié
l’acte, peut en demander l’annulation.
L’action en nullité est ouverte au conjoint pendant deux années à partir du jour où il a en connaissance de
l’acte, sans pouvoir jamais être intentée plus de deux ans après la dissolution de la communauté.
Article 339 : Chaque époux ne peut disposer par testament ou donation de biens à venir, que de sa part dans la
communauté. Si le legs ou la donation porte sur un bien déterminé, le légataire ou donataire ne peut le réclamer
qu’autant que ce bien, par l’évènement du partage, tombe au lot des héritiers, le légataire ou donataire a droit sur la
part des héritiers du disposant et sur biens personnels de ce dernier à une somme égale à la valeur du bien faisant
l’objet du legs ou de la donation.
Article 340 : Chaque époux a l’administration et la jouissance de ses propres et peut en disposer librement.
Article 341 : Si l’un des époux se trouve, d’une manière durable, hors d’état de manifester sa volonté ou s’il met en
péril les intérêts de la famille, soit en laissant dépérir ses propres, soit en dissipant ou détournant les revenus qu’il en
retire, il peut, à la demande de son conjoint, être dessaisi par le tribunal des droits d’administration et de jouissance
qui lui sont reconnus par l’article précédent.
A moins que la nomination d’un administrateur judiciaire n’apparaisse, le tribunal conférera au conjoint
demandeur le pouvoir d’administrer les propres de l’époux dessaisi, ainsi que d’en percevoir les fruits qui devront
être en partie affectés par lui aux charges du mariage, et l’excédent placé, au nom de cet époux, dans un
établissement de crédit désigné par la juridiction saisie.
L’époux dessaisi pourra, par la suite, demander en justice à rentrer dans ses droits, s il établit que les causes
qui avaient justifié le dessaisissement n’existent plus.
Article 342 : Le mari n’est point garant du défaut d’emploi ou de remploi des biens propres à la femme, à moins
qu’il ne se soit ingéré dans les opérations d’aliénation ou d’encaissement ou qu’il ne soit prouvé que les deniers sont
reçus par lui ou ont tourné à son profit.
Article 343 : Si, pendant le mariage, l’un des époux confie à l’autre l’administration de ses propres, les règles du
mandat sont applicables. L’époux mandataire est toutefois dispensé de se rendre compte des fruits lorsque la
procuration ne l’y oblige pas expressément.
Article 344 : Quant l’un des époux prend en main la gestion des biens propres à l’autre, il est censé avoir reçu un
mandat tacite, couvrant les actes d’administration et de jouissance, mais non les actes de disposition.
Si c’est au mépris d’une opposition constatée que l’un des époux s’est immiscé dans la gestion des propres
de l’autre, il est responsable de toutes les suites de son immixtion et comptable sans limitation de tous les fruits qu’il
a perçus, négligés de percevoir ou consommés frauduleusement.
Article 345 : La communauté doit récompense à l’époux propriétaire toutes les fois qu’elle a tiré profit des biens
propres.
Il en est ainsi, notamment, quand elle encaisse des deniers propres ou provenant de la vente d’un propre.
En cas de contestation, la preuve que la communauté a tiré profit des biens propres peut être administrée par
tous moyens, même par témoignage ou présomption.
Section 3
De la dissolution de la communauté
Paragraphe I
Des causes de dissolution de la communauté
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3°) par la séparation de corps;
4°) par la séparation des biens;
50) en cas de déclaration d’absence;
6’) en cas de renonciation volontaire à l’engagement de monogamie dans les conditions de l’article 178 du présent
code.
Article 347 : Il ne peut y avoir lieu à la continuation de la communauté, sauf disposition contraire de la loi.
Si, par la faute de l’un des époux, toute cohabitation avait pris fin entre eux dès avant que la communauté ne
fut réputée dissoute selon les règles qui régissent les différentes causes prévues à l’article précédent, l’autre conjoint
pourrait demander que, dans leurs rapports mutuels, l’effet de la dissolution fit reporté à une date où ils avaient cessé
de cohabiter.
Paragraphe 2
De la liquidation et du partage de la communauté
Article 348 : La communauté dissoute, chacun des époux reprend au préalable ses propres, s’ils existent en nature ou
ceux qui ont été acquis en remploi.
Il y a lieu ensuite à la liquidation de la masse commune, qu’il prélèvera.
Article 349 : Il est dressé, au nom de chaque époux, un compte de récompenses que la communauté lui doit et les
récompenses qu’il doit à la communauté, d’après les règles prescrites aux sections précédentes.
Article 350 : Si, balance faite, le compte présente un solde en faveur de la communauté, l’époux en rapporte le
montant à la masse commune.
S’il présente un solde en faveur de l’époux, celui-ci peut, soit demander le remboursement la masse
commune, soit prélever des biens communs jusqu’à concurrence de la somme active ou passive.
Article 351 : Les prélèvements s’exercent d’abord sur l’argent comptant, ensuite sur les meubles et, subsidiairement,
sur les immeubles de la communauté. L’époux qui opère le prélèvement a le droit de choisir les meubles et les
immeubles qu’il prélèvera.
Les prélèvements de la femme s’exercent avant ceux du mari, sauf si, en cas de divorce, celui-ci est
prononcé aux torts exclusifs de la femme.
Article 352 : Le mari ne peut exercer ses reprises que sur les biens de la communauté.
La femme, en cas d’insuffisance de la communauté, exerce ses reprises sur les biens personnels du mari.
Article 353 : Les récompenses dues par la communauté ou à la communauté portent intérêt de plein droit du jour de
la dissolution de la communauté.
Article 354 : Les prélèvements faits par les époux sur les biens communs ne leur confèrent aucun droit d’être
préférés au créancier de la communauté, sauf la préférence résultant, s’il y a lieu, de l’hypothèse légale.
Article 355 : Après que tous les prélèvements ont été exécutés sur la masse commune, le surplus se partage par
moitié entre les époux ou leurs représentants.
Si un immeuble de la communauté est l’annexe d’un autre immeuble appartenant en propre à l’un des
conjoints, ou s’il est contigu à cet immeuble, le conjoint propriétaire a la faculté de se le faire attribuer par
imputation sur sa part ou moyennant soulte, d’après la valeur du bien au jour où l’attribution est demandée.
Article 356 : Le partage de la communauté, pour tout ce qui concerne ses formes, la licitation des biens, les effets du
partage quant aux biens de toute nature, la garantie et les soultes, est soumis à toutes les règles établies au titre des
successions, pour les partages entre héritiers.
Dans le cas où la dissolution résulte du décès, de l’absence ou de la disparition de l’un des époux non
causée intentionnellement par le conjoint survivant, ce dernier a la faculté de se faire attribuer, sur estimation,
l’entreprise commerciale, industrielle, artisanale ou agricole dont l’exploitation était assurée par lui-même ou par son
conjoint si, au jour de la dissolution de la communauté, il participait lui-même effectivement à cette exploitation.
Dans le cas où la dissolution résulte d’une des causes prévues à l’alinéa précédent, le conjoint de l’époux
décédé, absent ou disparu, peut également se faire attribuer, sur estimation, l’immeuble ou partie d’immeuble servant
effectivement d’habitation aux époux, ou le droit au bail des locaux leur servant effectivement d’habitation.
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A défaut d’accord entre les parties, l’estimation des biens visés aux deux alinéas précédents sera faite par
experts désignés, soit d’un commun accord par les parties, soit par le Président du tribunal de grande instance du
domicile des époux.
Article 357 : Dans le cas où la communauté est dissoute par le décès de l’un des époux survenu conformément à
l’alinéa 2 de l’article 356, le survivant a droit, pendant les six mois qui suivent le décès, à sa nourriture et à son
logement, ainsi qu’à une indemnité de deuil, le tout aux frais de la communauté, en ayant égard tant aux facultés de
celle-ci qu’à la situation du ménage.
Article 358 : Celui des époux qui aurait diverti ou recelé quelques effets de la communauté est privé de sa portion
dans lesdits effets.
Article 359 : Les créances personnelles que les époux ont à exercer l’un contre l’autre ne donnent pas lieu à
prélèvement et ne portent intérêt que du jour de la sommation.
Paragraphe 3
De la contribution au passif après le partage
Article 360 : Si toutes les dettes de la communauté n’ont pas été acquittées lors du partage, chacun des époux peut
être poursuivi pour la totalité des dettes encore existantes, qui étaient et en communauté de son chef.
Article 361 : Chacun des époux ne peut être poursuivi que pour la moitié des dettes entrées en communauté du chef
de son conjoint.
Il n’en est tenu, sauf le cas de recel, que jusqu’à concurrence de son émolument, pourvu qu’ il y ait eu
inventaire et à charge de rendre compte tant du contenu de cet inventaire que de ce qui lui est échu en partage ainsi
que du passif commun déjà acquitté.
Article 362 : L’inventaire prévu à l’alinéa précédent doit être dressé contradictoirement avec l’autre époux, ou leur
dûment appelé. Il doit être affirmé sincère et véritable par les deux époux devant l’Officier public qui l’a reçu, et il
doit être clos dans les neuf mois qui suivent le jour de la dissolution de la communauté, sauf dérogation accordée par
le juge des référés.
Article 363 : Chacun des époux contribue pour moitié aux dettes de la communauté pour lesquelles il n’était pas dû
de récompense, ainsi qu’aux frais de scellé, inventaire, vente de mobilier, licitation et partage.
Il supporte seul les dettes qui n’étaient devenues communes que sauf récompense à sa charge.
Article 364: L’époux qui a payé au-delà de la portion dont il était tenu par application des articles précédents a,
contre l’autre, un recours pour l’excédent.
Il n’a point pour cet excédent, de répétition contre le créancier, à moins que la quittance n’exprime qu’il n’entend
payer que dans la limite de son application.
Celui des époux qui, par l’effet de l’hypothèse exercée sur l’immeuble à lui échu en partage, se trouve
poursuivi pour la totalité d’une dette de la communauté, a de droit son recours contre l’autre pour la moitié de cette
dette.
Article 365 : Les dispositions des articles précédents ne font pas obstacle à ce que, sans préjudicier aux droits des
tiers, une clause de partage oblige l’un ou l’autre des époux à payer une quotité des dettes autre que celle fixée ci-
dessus, ou même à acquitter le passif entièrement.
Article 366 : Les héritiers des époux exercent, en cas de dissolution de la communauté, les mêmes droits que ceux
des époux qu’ils représentent et sont soumis aux mêmes obligations. Ils ne peuvent, toutefois, se prévaloir des droits
résultant de l’article 367.
Paragraphe 4
Dispositions concernant les ménages polygamiques
Chapitre III
Du régime de séparation des biens
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Article 368 : Dans le régime légal de la séparation des biens, et sous réserve de l’article 306 du présent code, chacun
des époux conserve l’administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens personnels.
Chacun d’eux reste seul tenu des dettes nées en sa personne, avant ou pendant le mariage, hors le cas de
l’article 258 du présent code.
Article 369 : Les époux contribuent aux charges du mariage suivant les conventions contenues en leur contrat; et s’il
n’en existe point à cet égard, dans la proportion déterminée à l’article 259.
Article 370 : Tant à l’égard de son conjoint que des tiers, un époux peut prouver par tous les moyens qu’il a la
propriété exclusive d’un bien.
Les présomptions de propriété énoncées au contrat de mariage ont effet à l’égard des tiers comme entre les
époux, à moins qu’il ne soit stipulé autrement. La preuve contraire sera de droit et elle se fera par tous les moyens
propres à établir que les biens n’appartiennent pas à l’époux, que la présomption désigne, ou même, s ils lui
appartiennent, qu’il les a acquis par une libéralité de l’autre époux.
Les biens sur lesquels aucun des époux ne peut justifier d’une propriété exclusive sont réputés leur
appartenir indivisément, à chacun pour moitié.
Article 371 : Si, pendant le mariage, l’un des époux confie à l’autre l’administration de ses biens personnels, les
règles du mandat sont applicables. L’époux mandataire est, toutefois, dispensé de rendre compte des fruits, lorsque la
procuration ne l’y oblige pas expressément.
Article 372 : Quand l’un des époux prend en main la gestion des biens de l’autre, au su de celui-ci, et néanmoins
sans opposition de sa part, il est censé avoir reçu un mandat tacite, couvrant les actes d’administration et de gérance,
mais non les actes de disposition.
Cet époux répond de sa gestion envers l’autre comme un mandataire. Il n’est cependant comptable que des
fruits existants pour ceux qu’il aurait négligé de percevoir ou consommés frauduleusement ; il ne peut être recherché
que dans la limite des cinq dernières années.
Si c’est au mépris d’une opposition constatée que l’un des époux s’est immiscé dans la gestion des biens de
l’autre, il est responsable de toutes les suites de son immixtion, et comptable sans limite de tous les fruits qu’il a
perçus, négligés de percevoir ou consommés frauduleusement.
Article 373 : L’un des époux n’est point garant du défaut d’emploi ou de remploi des biens de l’autre, à moins qu’il
ne soit intégré dans les opérations d’aliénation ou d’encaissement, ou qu’il ne soit prouvé que les deniers ont été
reçus par lui, ou tournés à son profit.
Chapitre IV
Dispositions transitoires
Article 374 : Les dispositions relatives aux régimes matrimoniaux contenues dans la présente loi ne s’appliquent
qu’aux unions formées postérieurement à son entrée en vigueur à l’exception des articles 311 à 315 du présent code.
Les ménages polygamiques disposent d’un délai d’un an pour se mettre en conformité avec les dispositions de la
présente loi.
Chapitre I
De l’union libre
Section I
Définition et preuve de l’union libre
Article 377 : L’union libre est le fait, pour un homme et une femme, de vivre ensemble dans la même maison
comme mari et femme, sans avoir contracté mariage l’un avec l’autre.
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Article 378: L’union libre est prouvée par la possession d’état.
Un homme et une femme ont la possession d’état de gens vivant en union libre lorsque, sans être mariés, ils
se comportent comme mari et femme et sont considérés par leurs familles et leurs voisins comme des gens mariés ou
vivant à foyer commun.
Section 2
Effets de l’union libre
Article 379: L’union libre ne produit d’effets juridiques que si elle a duré au moins deux années consécutives, et si
ceux qui y sont engagés ne sont pas mariés à d’autres personnes.
Toutefois, ce délai n’est pas nécessaire si l’homme ou sa famille s’est présentée aux parents de la femme
pour leur demander d’établir avec celle-ci une union libre.
Paragraphe I
Effets à l’égard de l’homme et de la femme
Article 380 : L’union libre ne crée entre l’homme et la femme qui y sont engagés ni la communauté de biens, ni les
devoirs réciproques. De l’union libre contractée avec les mineurs
Toutefois, les personnes engagées dans une union libre se doivent, celle-ci a duré plus de deux ans,
assistance mutuelle en cas de maladie non contractée par l’ivresse, l’usage des stupéfiants ou l’inconduite notoire du
conjoint malade. Mais cette assistance ne peut être réclamée si l’union a cessé avant le début de la maladie de
l’homme onde la femme.
Article 381 : L’union libre ne crée aucun droit de succession entre l’homme et la femme qui y sont engagés.
Toutefois, s’il y a eu acte de donation de la part du défunt, le survivant ne peut prétendre à rien d’autre sur
des biens du de cujus.
S’il n’y a pas eu donation, le survivant qui serait dans l’impossibilité de subsister par ses propres moyens, pourra
prétendre a des secours.
Article 382 : Toute personne engagée dans une union libre peut, en tout temps, mettre fin à cette union.
Article 383 : L’homme ou la femme qui, au cours de l’union libre, a travaillé pour l’autre sans être rémunéré peut,
en cas de cessation de l’union, demander au tribunal de condamner son ex-concubin à lui payer une indemnité
destinée à récompenser les services ainsi rendus. Cette indemnité ne peut être accordée lorsque le travail fourni a
consisté seulement à entretenir le ménage commun.
Article 384 : Les dettes nées en la personne de la femme ou de l’homme vivant en union libre demeurent
personnelles à chacun.
Paragraphe 2
Effets à l’égard des parents de l’homme et de la femme
Article 385 : L’union libre ne crée aucun lien d’alliance entre l’homme et les parents de la femme, ni entre la femme
et les parents de l’homme.
Toutefois, les dispositions relatives aux empêchements à mariage entre alliés sont applicables dans le cas de
l’union libre.
Paragraphe 3
Effets à l’égard des enfants
Article 386 : Les enfants issus d’un homme et d’une femme engagés dans une union libre sont légitimes s’ils sont
légalement reconnus.
Article 387 : La filiation des enfants issus des personnes engagées dans une union libre sera établie conformément
aux règles prescrites au titre «De la filiation» du présent code.
Section 3
De l’union libre contractée avec les mineurs
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Article 388 : Quiconque établirait une union libre avec un mineur est passible des peines prévues à l’article 259 du
code pénal.
La présente disposition ne fait pas obstacle à l’application des articles 200, 265, 266 et 267 du code pénal.
Chapitre II
De la liaison irrégulière
Article 389 : La liaison irrégulière est le fait pour un homme d’entretenir des relations sexuelles sans vivre dans la
même maison.
Article 390 : La liaison irrégulière ne produit aucun effet juridique entre ceux qui y sont engagés, sauf stipulation
contraire du législateur.
TITRE V
DE LA FILIATION
Chapitre I
De la filiation légitime
Section I
De la légitimité
Article 391 : L’enfant conçu ou né pendant le mariage de ses auteurs est légitime ; il a pour père le mari de sa mère,
même si le nom de ce dernier n’est pas indiqué dans l’acte de naissance, et quelle que soit la manière dont la filiation
maternelle est établie.
Article 392 : L’enfant né pendant le mariage est légitime dès sa conception, quelle que soit la date de celle-ci.
Article 393 : N’est pas légitime, l’enfant né plus de 300 jours après la dissolution du mariage, ou né après le
jugement déclaratif d’absence du mari de la mère.
Section 2
Des preuves de la filiation légitime
Article 394: La filiation maternelle de l’enfant légitime se prouve par l’acte de naissance.
Article 395 : A défaut d’acte de naissance, la possession continue de l’état d’enfant légitime suffit.
Article 396 : La possession d’état d’enfant légitime s’établit par une réunion suffisante de faits qui indiquent le
rapport de filiation et de parenté entre un individu et la famille à laquelle il prétend appartenir.
Les principaux de ces faits sont :
- que l’individu a toujours porté le nom du père dont il prétend être issu;
- que le père et la mère l’ont toujours traité comme leur enfant légitime et ont pourvu, en cette qualité, à son entretien
et à son établissement ;
- qu’il a été reconnu constamment pour tel par la famille et dans la société.
Article 397 : Nul ne peut réclamer une filiation contraire à celle qui résulte de son acte de naissance, ou d’une
possession d’état continue conforme à son acte.
Toutefois, au cas où serait établie la supposition ou la substitution, même involontaire, de l’enfant, qu’elle
fut antérieure ou postérieure à la rédaction de l’acte de naissance, la filiation de l’enfant peut être prouvée dans les
conditions fixées par les articles 398 alinéa 2, à 400.
Article 398 : A défaut de titre ou de possession d’état continue, ou si l’enfant, dépourvu de possession d’état, a été
inscrit, soit sous de faux noms, soit sans indication du nom de sa mère, la preuve de la filiation peut se faire par
témoins.
Cette preuve ne peut cependant être admise que lorsqu’il existe un commencement de preuve par écrit ou
lorsque les présomptions ou indices résultants sont assez graves pour en déterminer l’admission.
43
Le commencement de preuve par écrit prévu à l’alinéa précédent résulte des titres de famille, des registres
et papiers domestiques, ainsi que de tous autres écrits publics et privés émanés d’une partie engagée dans la
contestation, ou qui y aurait intérêt si elle était vivante.
Article 399 : La preuve contraire peut se faire par tous les moyens propres à établir que l’enfant dont la filiation est
réclamée n’est pas l’enfant de la mère qu’il prétend avoir, ou si la maternité est prouvée, qu’il n’est pas l’enfant de
l’homme marié à sa mère, à l’époque de la naissance ou de la conception.
Article 400 : L’action en réclamation d’état ne peut être intentée que par l’enfant, ses père et mère, ou par ses
héritiers.
L’enfant peut l’intenter pendant toute la vie.
Les père et mère ne peuvent l’intenter que pendant la minorité de l’enfant.
Les héritiers ne peuvent l’intenter que lorsque l’enfant na pas réclamé, et qu’il est décédé avant l’âge de 25
ans.
Toutefois, les héritiers peuvent suivre cette action lorsqu’elle a été commencée par l’enfant, même ayant dépassé
l’âge de 25 ans, à moins qu’il ne s’en fût désisté formellement, ou qu’il n’eût laissé périmer l’instance.
Section 3
Du désaveu et des autres contestations de la filiation légitime
Article 401 : Le mari peut désavouer l’enfant conçu pendant le mariage s’il prouve que pendant le temps de la
conception, il était, soit pour cause d’éloignement, soit pour une cause médicalement établie de façon certaine, dans
l’impossibilité physique de procéder.
Le désaveu n’est cependant pas recevable s’il est établi, par tous moyens de preuve, que l’enfant a été conçu
par voie d’insémination artificielle, soit des oeuvres d’un tiers, avec consentement écrit du mari.
Article 402 : Le mari ne peut fonder uniquement son action en désaveu sur l’adultère de la femme ; il ne peut
invoquer cet adultère que dans les cas prévus par les articles suivants.
Article 403 : Si la femme a dissimulé la naissance ou même simplement la grossesse à son mari, celui-ci peut
désavouer l’enfant en établissant tous les faits propres à justifier qu’il n’en est pas le père. Il en sera de même
lorsqu’il existera des présomptions et des indices très graves rendant suspecte la paternité du mari de la mère.
Article 404: Si la naissance de l’enfant n’a pas été déclarée à l’Officier de l’état civil, ou s’il a été inscrit soit sous de
faux noms, soit sans indication du nom de sa mère, le mari peut, sur la réclamation d’état de l’enfant, ou même avant
cette réclamation, le désavouer en établissant les faits prévus à l’article précédent.
Article 405: En cas de demande, soit de divorce, soit de séparation de corps, le mari peut, sans avoir de preuve à
fournir, désavouer l’enfant né plus de 300 jours après l’ordonnance autorisant les époux à résider séparément, et
moins de 180 jours depuis le rejet définitif de la demande, ou depuis une réconciliation judiciaire constatée.
L’action en désaveu n’est pas admise s’il y a eu réunion de fait entre les époux pendant la période légale de
la conception.
Article 406: Le mari peut également, sans avoir de preuve à fournir, désavouer l’enfant né avant le 180ème jour du
mariage sauf:
1° s’il a eu connaissance de la grossesse avant le mariage ;
2° s’il résulte d’une manifestation de volonté expresse ou tacite de sa part, qu’il s’est considéré comme le père de
l’enfant.
Article 407 : Dans tous les cas, le désaveu est exercé par voie d’action en justice.
Cette action est dirigée contre l’enfant ou, s’il est décédé, contre ses héritiers, et contre la mère. S’il est
mineur, l’enfant est représenté par un tuteur ad hoc désigné par le Président du tribunal.
Article 408 : Le mari doit intenter l’action en désaveu dans les trois mois qui suivent, soit le jour de la naissance de
l’enfant, soit le jour où il apprend cette naissance de façon certaine.
Les dispositions de l’alinéa précédent s’appliquent à l’action prévue à article 404 lorsque celle-ci est
exercée avant la réclamation d’état de l’enfant.
Le mari peut, en outre, s’il na pas été en cause dans l’instance en réclamation d’état, agir en désaveu dans
les trois mois qui suivent le jour où il a eu connaissance du jugement définitif statuant sur l’action de l’enfant.
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Article 409 : Si le mari est mort avant d’avoir intenté l’action en désaveu et que le délai à lui accordé par la loi pour
le faire n’est pas épuisé, ses héritiers ont trois mois pour constater la légitimité de l’enfant à compter soit du jour où
cet enfant s’est mis en possession des biens du mari, soit du jour où ses héritiers sont troublés par l’enfant dans cette
possession.
Article 410 : Nul ne peut contester la filiation légitime de celui qui a une possession d’état continue conforme à son
acte de naissance, sous réserve des dispositions de l’article 397, alinéa 2.
Article 411 : La filiation légitime d’un enfant dont l’acte de naissance ne peut être représenté, dont la possession
d’état n’est pas continue, ou dont l’acte de naissance n’est pas conforme à la possession d’état, peut être contestée
par tout intéressé, dans les conditions fixées par l’article 398.
Article 412: Celui dont la filiation est contestée peut établir par tous moyens de preuve qu’il est bien l’enfant de
celle qui était considérée comme sa mère.
Article 413 : Tout intéressé peut contester la légitimité de la filiation en prouvant qu’au moment de la naissance de
l’enfant, ses père et mère n’étaient pas mariés.
Toutefois, après le décès de ses père et mère, la légitimité d’un enfant ne peut être contestée sous le seul
prétexte du défaut de représentation de l’acte de célébration du mariage de ses parents, lorsque ces derniers ont vécu
publiquement comme mari et femme, et si la légitimité est prouvée par une possession d’état qui n’est pas contredite
par l’acte de naissance.
Chapitre II
De la filiation naturelle, adultérine et incestueuse
Section I
De la filiation naturelle
Article 414 : La filiation maternelle d’un enfant naturel se prouve par l’acte de naissance ou par la reconnaissance
faite par la mère.
Article 415 : La filiation paternelle d’un enfant naturel se prouve par la reconnaissance faite par le père.
Article 416 : La reconnaissance du père avec l’indication de l’ave de la mère a effet à l’égard de celle-ci.
Article 417 : La reconnaissance peut avoir lieu au profit des enfants naturels simplement conçus ; elle peut avoir lieu
en faveur des enfants naturels décédés, qui ont laissé des descendants.
Article 418 : La reconnaissance est faite devant un Officier de l’état civil par celui qui reconnaît l’enfant, ou par un
mandataire muni d’une procuration spéciale et authentique. Elle peut également être faite par tout autre acte
authentique. Le père peur la faire dans l’acte de naissance.
Article 421 : La reconnaissance est sans effet si elle émane d’une personne non douée de discernement, si elle a été
faite par un interdit en dehors d’un intervalle lucide, ou si elle a été extorquée par violence.
Article 422 : La reconnaissance faite pendant le mariage par l’un des époux au profit d’un enfant naturel qu’il aurait
eu avant le mariage d’un autre que son conjoint, est licite. Il en est de même de la reconnaissance faite pendant le
mariage par le mari d’un enfant qu’il a eu pendant le mariage d’une autre femme que son épouse ; toutefois, dans ce
cas, la femme demeure fondée à invoquer l’article 266 pour demander le divorce dans les six mois où elle a connu
cette reconnaissance.
L’enfant reconnu dans ces conditions ne peut être reçu et élevé au foyer conjugal qu’avec l’accord du
conjoint de l’auteur de la reconnaissance.
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Article 423 : Sauf dans les cas prévus aux articles 436 et 437 du présent code, l’enfant naturel reconnu
conformément aux dispositions de l’article 422 ci-dessus a, dans la succession de son auteur, les mêmes droits que
l’enfant légitime.
Article 424 : A défaut d’acte de naissance portant indication du nom de la mère ou de reconnaissance faite par la
mère, la filiation maternelle d’un enfant naturel se prouve par la possession continue de l’état d’enfant naturel.
Cette possession s’établit par une réunion suffisante de faits indiquant le rapport de filiation entre un
individu et la mère qu’il prétend avoir.
Les principaux de ces faits sont :
- que la mère a traité cet individu comme son enfant naturel ;
- qu’elle a pourvu ou participé, en qualité de mère, à son éducation et à son entretien ;
- que cet individu a été reconnu constamment pour tel par la société.
Article 425 : La maternité hors mariage peut être judiciairement déclarée. La preuve en est admissible par tous
moyens.
Pendant la minorité de l’enfant, l’action est intentée par son représentant légal.
Les héritiers de l’enfant peuvent suivre cette action dans les conditions prévues à l’article 400, alinéa 5.
Article 426 : L’action en recherche de maternité est intentée contre la mère prétendue ou contre ses héritiers, même
renonçant.
Article 427 : La paternité hors mariage peut être judiciairement déclarée lorsqu’il est prouvé par tous moyens, soit
que le père prétendu a eu commerce intime avec la mère pendant la période légale de la conception, soit qu’il a
avoué expressément ou tacitement être le père de l’enfant, notamment lorsqu’il a pourvu ou participé à son entretien
ou à son éducation en qualité de père.
Article 429 : Pendant la minorité de l’enfant, la mère, même mineure, a seule qualité pour intenter, au nom de
l’enfant l’action en recherche de paternité.
Si la filiation maternelle n’est pas établie, ou si la mère est décédée, interdite, déchue de son autorité,
absente ou dans l’impossibilité de manifester sa volonté, l’action est intentée par le représentant légal de l’enfant.
Art 430 : Les héritiers de l’enfant peuvent suivre l’action en recherche de paternité dans les conditions prévues à
l’article 400, alinéa 5.
Article 431 : L’action en recherche de paternité est intentée contre le père prétendu ou contre ses héritiers, même
renonçant.
Article 432 : L’action en recherche de paternité ne peut être intentée que dans les deux années qui suivent la
naissance de l’enfant ou, si la mère et le père prétendu ont vécu en concubinage, ou si le père prétendu a, pendant un
temps, contribué à l’entretien de l’enfant, dans l’année qui suit soit la fin du concubinage, soit la fin de cette
contribution.
Si elle ne l’a pas été pendant la minorité de l’enfant, celui-ci ne peut l’intenter que pendant les deux années
qui suivent sa majorité. L’enfant peut également l’intenter pendant les deux années qui suivent le jour où le jugement
de désaveu le prive de sa filiation paternelle, ou le jour où sa filiation maternelle est établie.
Article 433 : L’action en recherche de maternité, tout comme l’action en recherche de paternité, est débattue en
chambre du conseil. Le jugement est rendu en audience publique.
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Article 434 : Tout intéressé peut, par tous moyens de preuve, constater la filiation naturelle résultant d’un acte de
naissance, d’une reconnaissance ou d’une possession d’état.
Section 2
De la filiation adultérine et incestueuse
Article 433 : Les dispositions de la section précédente s’appliquent à la preuve de la filiation adultérine et
incestueuse.
Article 436 L’enfant adultérin, qui n’a pas été formellement reconnu, ne peut réclamer que des aliments à celui de
ses auteurs qui était marié au temps de sa conception.
Au décès de cet auteur, l’action alimentaire s’exerce contre sa succession.
Article 437 : La filiation d’un enfant incestueux ne peut être légalement établie qu’à l’égard d’un seul de ses auteurs
duquel il bénéficie des mêmes droits que l’entant naturel reconnu. A l’égard de l’autre auteur, l’enfant dispose d’une
créance alimentaire qui pourra également s’exercer contre sa succession.
Section 3
De la légitimation des enfants naturels, adultérins et incestueux
Article 438 : Tous les enfants nés hors mariage, même adultérins ou incestueux sont légitimés par le mariage
subséquent de leurs père et mère, lorsque leur filiation a été légalement établie avant le mariage, ou lorsque leurs
père et mère les reconnaissent au moment de la célébration. Dans ce dernier cas, l’Officier de l’état civil, qui procède
au mariage, constate la reconnaissance dans un acte séparé.
Article 439 : Lorsqu’un enfant a été reconnu par ses pére et mère ou par l’un d’eux postérieurement à leur mariage,
cette reconnaissance n’emporte légitimation qu’en vertu d’un jugement rendu en audience publique, après enquête et
débat en chambre de conseil, lequel jugement doit constater que l’enfant a eu, depuis la célébration du mariage, la
possession d’état d’enfant commun. Le dispositif du jugement est transcrit sur les registres de l’état civil du lieu de
naissance de l’enfant.
Article 440 : Toue légitimation est mentionnée en marge de l’acte de naissance de l’enfant légitime.
Cette mention est faite à la diligence de l’Officier de l’état civil qui procède au mariage, s’il a connaissance de
l’existence de cette légitimation, sinon à la diligence de tout intéressé.
Il en est donné avis, dans le mois, au juge d’instance du lieu de naissance de l’enfant.
Article 441 : Les enfants décédés peuvent être légitimés lorsqu’ils ont laissé des descendants et, dans ce cas, la
légitimation profite ces descendants.
Article 442 : Toutefois, la légitimation prévue à l’article 439 ne peut porter atteinte aux droits des héritiers dans les
successions ouvertes plus d’un an avant que la demande en légitimation ait été formée.
Chapitre III
Des conflits de paternité ou de maternité
et les actions relatives à la filiation
Article 443 : La filiation paternelle d’un enfant qui peut être légalement considéré comme l’enfant légitime de deux
maris successifs de sa mère est celle qui résulte des indications figurant à son acte de naissance.
A défaut de telles indications ou en cas de contestations, les tribunaux déterminent par tous moyens de
preuve la filiation paternelle la plus vraisemblable.
Article 444 : La reconnaissance par un tiers d’un enfant ayant déjà la qualité d’enfant légitime est nulle. Celle d’un
enfant né hors mariage dont la filiation est déjà établie est sans effet aussi longtemps que la première filiation n’a pas
été déclarée fausse.
Article 445 : Les tribunaux civils sont seuls compétents pour statuer sur les actions relatives à la filiation.
Article 446 : Il ne peut être statué sur action pénale contre un délit qui porte atteinte à la filiation, qu’après un
jugement définitif sur la question de la filiation.
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Article 447 : Sous réserve des dispositions particulières à chacune d’entre elles, les actions relatives à la filiation
sont soumises aux règles de droit commun lorsqu’elles tendent à la satisfaction d’un intérêt purement pécuniaire.
Dans les autres cas, elles sont imprescriptibles et ne sont susceptibles de transactions ni de renonciations.
Elles ne peuvent être intentées par le Ministère public que dans les cas où l’ordre public est directement intéressé.
Article 448 : Les décisions rendues en matière de filiation font preuve à l’égard de tous tant qu’elles n’ont pas été
privées de leurs effets par une nouvelle décision rendue à la demande de ceux qui n’ont pas été parties ou représentés
dans la première instance, les parties à cette première instance ayant été appelées en cause.
TITRE VI
DE LA FILIATION ADOPTIVE:
DISPOSITIONS GÉNÉRALES
Article 449 : L’adoption est une institution civile qui permet de créer artificiellement un lien de filiation entre un
individu appelé adoptant et un autre individu appelé adopté.
Article 450 : L’adoption ne peut avoir lieu que s’il y a de justes motifs, et si elle présente des avantages pour
l’adopté.
Article 451 : L’adoption peut être plénière, c’est-à-dire avec rupture des liens de l’adopté avec sa famille d’origine,
ou simple, c’est-à-dire sans rupture des liens avec la famille d’origine.
Chapitre I
De l’adoption plénière
Section I
Des conditions requises
Article 452 : L’adoption plénière ne peut être demandée que par une personne âgée de plus de 35 ans.
Si l’adoptant est marié et non séparé de corps, le consentement de son conjoint est nécessaire, à moins que
ce conjoint ne soit dans l’impossibilité de manifester sa volonté,
Article 453 : L’adoption plénière peut être aussi demandée conjointement, après cinq ans de mariage, par deux
époux non séparés de corps, dont l’un au moins est âgé de 30 ans.
Article 454 : Les adoptants doivent avoir 15 ans de plus que les enfants qu’ils se proposent d’adopter. Si ces derniers
sont les enfants d’un conjoint, la différence d’âge exigée ne sera que de 10 ans.
Cette différence peut être réduite par dispense du Président de la République.
Article 455 : L’adoption n’est permise qu’eu faveur des enfants âgés de moins de 15 ans, accueillis au foyer du ou
des adoptants depuis un an au moins.
Toutefois, si l’enfant a été accueilli avant l’âge de 15 ans par des personnes qui ne remplissent pas les
conditions légales pour adopter, l’adoption pourra être demandée, quel que soit l’âge de l’enfant, dans un délai de
deux ans à compter du jour où ces conditions auront été remplies.
L’adoption n’est permise, en principe, que pour les enfants orphelins de père et de mère.
Le mari peut adopter les enfants laissés par ses frères et sœurs ; la femme peut adopter les enfants orphelins
de ses frères et soeurs.
Dans les deux cas, le consentement de l’autre époux est requis.
Les deux époux peuvent aussi adopter d’un commun accord les enfants dont les parents ne peuvent pas
subvenir à leurs besoins.
Article 456 : L’adoption n’est permise qu’en l’absence des descendants légitimes.
L’existence d’enfants adoptés ne fait pas obstacle à l’adoption, non plus que celle d’un ou de plusieurs
descendants légitimes nés postérieurement à l’accueil au foyer des époux, de l’enfant ou des enfants à adopter.
Article 457 : Nul ne peut être adopté par plusieurs personnes, si ce n’est par deux époux.
Toutefois, en cas de décès de l’adoptant ou de deux adoptants, une nouvelle adoption peut être prononcée.
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Article 458 : Peuvent seuls faire l’objet d’une adoption plénière :
1° les enfants dont les père et mère sont inconnus ou décédés ;
2° les enfants pour lesquels les père et mère ou le conseil de tutelle ont valablement consenti à l’adoption ;
3° les pupilles de l’Etat ;
4° les enfants recueillis par un particulier, une oeuvre privée ou publique, dont les parents se sont manifestement
désintéressés depuis plus d’un an.
Toutefois, dans ce dernier cas, l’adoption doit être autorisée par le tribunal, après enquête sur la situation
des père et mère, sur leurs possibilités et sur les motifs de leur désintéressement à l’égard de l’enfant.
Article 459: Lorsque les père et mère de l’enfant sont décédés, ou dans l’impossibilité de manifester leur volonté, ou
s’ils ont perdu leurs droits de puissance paternelle, le consentement est donné par le conseil de tutelle, après avis de
la personne qui, en fait, prend soin de l’enfant.
Il en est de même lorsque la filiation de l’enfant n’est pas établie.
Article 460 : L’adoption ne peut avoir lieu qu’avec le consentement du conseil de tutelle. Lorsque ce conseil refuse
abusivement de donner son consentement, la personne qui se propose d’adopter peut demander au tribunal
compétent, dans les formes prévues par les lois et règlements, de donner lui-même l’autorisation nécessaire et de
prononcer l’adoption.
Le tribunal ne peut prononcer l’adoption qu’après enquête et audition des membres du conseil de tutelle.
Article 461 : Le consentement à l’adoption est donné par acte authentique, devant le juge d’instance du domicile ou
de la résidence de l’adoptant, ou devant un notaire, ou devant les agents diplomatiques et consulaires gabonais.
Section 2
Du jugement d’adoption
Article 462 : L’adoption est prononcée, à la requête de l’adoptant, par le tribunal de grande instance qui vérifie si les
conditions de la loi sont remplies et si l’adoption est conforme à l’intérêt de l’enfant.
Si l’adoptant décède après avoir régulièrement recueilli l’enfant, la requête peut être présentée en son nom
par un conjoint ou l’un de ses héritiers.
Le jugement prononçant l’adoption n’est pas motivé. Le jugement rejetant la demande peut être frappé
d’appel par toute partie en cause.
L’appel doit être interjeté dans le mois qui suit le jugement. La cause est débattue en chambre du conseil,
mais l’arrêt est prononcé en audience publique.
Article 463 : La tierce opposition à l’encontre du jugement ou de l’arrêt de l’adoption n’est recevable qu’en cas de
dol ou de fraude imputable aux adoptants.
Article 464 : Un acte de naissance énonçant l’année, le jour et l’heure de naissance, le sexe de l’adopté, ainsi que ses
prénoms, et indiquant comme lieu de naissance le siège du tribunal qui a prononcé l’adoption, est établie à la requête
du Procureur de la République.
Mention de l’adoption, ainsi que du nouveau nom et, le cas échéant, des nouveaux prénoms de l’adopté, est portée en
marge de cet acte qui ne doit contenir aucune indication relative à la filiation réelle de l’enfant.
L’acte de naissance originaire ou, le cas échéant, l’acte de naissance établi en application de l’article 171 du
présent code est, à la diligence du Procureur de la République, revêtu de la mention «adoption» et considéré comme
nul.
Section 3
Des effets de l’adoption plénière
Article 465 : L adoption produit ses effets à compter du jugement ou de l’arrêt la prononçant.
Toutefois, si l’adoptant est décédé avant le prononcé de l’adoption, celle-ci produit ses effets à compter du
jour du décès de l’adoptant.
Article 466 : L’adoption confère à l’enfant une filiation qui se substitue à sa filiation d’origine ; l’adopté cesse
d’appartenir sa famille par le sang, sous réserve des prohibitions au mariage visées aux articles 216 et 217 du présent
code.
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Article 467 : L’adoption confère à l’enfant le nom de l’adoptant et, en cas d’adoption par deux époux, le nom du
mari.
Sur demande du ou des adoptants, le tribunal peut modifier les prénoms de l’enfant.
Si l’adoptant est une femme mariée, le tribunal peut, dans le jugement d’adoption, décider du consentement
du mari de l’adoptante que le nom de ce dernier sera conféré à l’adopté ; si le mari est décédé ou dans l’impossibilité
de manifester sa volonté, le tribunal apprécie souverainement, après avoir consulté les héritiers du mari ou ses
successibles les plus proches.
Article 468 : L’adopté a, dans la famille de l’adoptant, les mêmes droits et les mêmes obligations qu’un enfant
légitime.
Chapitre II
De l’adoption simple
Section I
Des conditions requises et du jugement
Article 470 : L’adoption simple, ou adoption sans rupture des liens avec la famille d’origine, est permise quel que
soit l’âge de l’adopté.
Si l’adopté est âgé de plus de 15 ans, il doit consentir personnellement à l’adoption.
Article 471 : Les dispositions des articles 452 à 454, 456 et 457, 465, 466 et 468, dernier alinéa, sont applicables à
l’adoption sans rupture des liens avec la famille d’origine.
Article 472 : Dans les trois mois de la décision prononçant l’adoption simple, celle-ci est mentionnée ou transcrite
sur les registres de l’état civil.
Section 2
Des effets de l’adoption simple
Article 473 : L’adoption simple confère le nom de l’adoptant à l’adopté ; ce nom s’ajoutera à celui de l’adopté.
Si l’adoptant et l’adopté ont le même nom, aucune modification n’est portée à celui de l’adopté.
Article 474 : L’adopté peut rester dans sa famille d’origine dans laquelle, même s’il demeure chez l’adoptant, il
conserve tous ses droits, notamment ses droits héréditaires.
Les prohibitions au mariage prévues aux articles 216 et 217 du présent code s’appliquent entre l’adopté et sa
famille d’origine.
Article 475 : L’adoptant est seul investi à l’égard de l’adopté de tous les droits de puissance paternelle, y compris
celui de consentir au mariage de l’adopté, à moins qu’il ne soit conjoint du père ou de la mère de l’adopté. Dans ce
cas, l’adoptant a la puissance paternelle concurremment avec son conjoint, mais celui-ci en conserve l’exercice.
Les droits de puissance paternelle sont exercés par le ou les adoptants, dans les mêmes conditions qu’à
l’égard de l’enfant légitime.
Les règles de l’administration légale et de la tutelle de l’enfant légitime s’appliquent à l’adopté.
Article 476 : Les prohibitions du mariage prévues à l’article 216, alinéa 2, seront observées, sauf dispense du
Président de la République.
Article 477 : L’adopté et ses seuls descendants légitimes ont, dans la famille de l’adoptant, les droits successoraux
d’un enfant légitime, sans acquérir cependant la qualité de réservataire vis-à-vis des ascendants de l’adoptant.
Si l’adopté meurt sans laisser de descendants ni de conjoint, les biens reçus par lui de la famille de
l’adoptant ou de sa famille d’origine ou les biens qui y sont subrogés, retournent au donateur ou aux successibles de
ce dernier, sous réserve des droits acquis par les tiers.
Le surplus des biens de l’adopté se divise par moitié entre sa famille d’origine et la famille de l’adoptant ; il
y est réparti selon les règles établies au titre «Des successions ».
Article 478 : L’adoption peut être révoquée pour des motifs graves, à la demande de l’adoptant ou de l’adopté.
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La demande de révocation faite par l’adoptant n’est recevable que si l’adopté est âgé de plus de 15 ans.
Lorsque l’adopté est mineur, les père et mère par le sang ou, à leur défaut, Les membres de la famille
d’origine jusqu’au degré de cousins germains inclus, peuvent également demander la révocation.
Article 480 : La révocation fait cesser pour l’avenir tous les effets de l’adoption.
TITRE VII
DE L’OBLIGATION L ALIMENTAI
Article 481 : Sans préjudice des devoirs définis aux chapitres «Des effets du mariage» et «De l’autorité des père et
mère», une obligation alimentaire existe :
1°) entre époux dans les conditions prévues aux articles 259, alinéas premier, 2 et 3, et 299, alinéa 2 du présent code ;
2°) entre les père et mère légitimes ou naturels et leurs descendants légitimes ou naturels ;
3°) entre l’adoptant, l’adopté et les descendants légitimes de ce dernier;
4°) entre les père et mère légitimes ou naturels et les conjoints de leurs descendants légitimes ou naturels.
En dehors des cas où il y a eu rupture des liens entre l’adopté et sa famille d’origine, l’obligation
alimentaire continu d’exister entre l’adopté et ses père et mère. Ces derniers ne sont toutefois tenus de fournir des
aliments à l’adopté que s’il ne peut les obtenir de l’adoptant.
Les père et mère d’un enfant adultérin ou incestueux sont tenus de lui fournir des aliments ; ils ne peuvent
en exiger de lui, à moins qu’ils ne justifient avoir pourvu, dans la mesure de leurs ressources, à son entretien et à son
éducation durant sa minorité, ainsi qu’à son établissement.
L’enfant, en cas de divorce entre ses père et mère, ou né hors mariage et légalement reconnu par le père, est
placé sous la garde de sa mère jusqu’à l’âge de 5 ans inclus. Pendant ce temps, le père est tenu de lui fournir les
aliments. Le droit de visite du père, sauf accord entre les parties, sera réglé par le Président du tribunal de grande
instance.
A partir de cet âge, l’enfant rejoindra le foyer paternel. S’il y a opposition de la mère, il sera statué par le
Président du tribunal de grande instance compétent, sur la garde de l’enfant.
La mère d’un enfant né hors mariage ou, à son défaut, la personne ayant effectivement la charge de l’enfant
dispose, contre le père prétendu qui ne s’acquitte pas de son obligation alimentaire, d’une action tendant à obtenir sa
condamnation à contribuer à l’entretien et à l’éducation de l’enfant.
L’action ne sera recevable que dans les cas ci-après :
1°) dans le cas de concubinage notoire du prétendu et de la mère pendant la période légale de la conception ;
2°) dans le cas d’enlèvement ou de viol, lorsque l’époque de l’enlèvement ou du viol se rapportera à celle de la
conception ;
3°) dans le cas de séduction accomplie à l’aide d’abus d’autorité ou de promesse de mariage ;
4°) dans le cas d’aveu du père prétendu, soit exprès, soit tacite, lorsque son comportement à l’égard de l’enfant a été
celui d’un père.
L’action sera portée devant le tribunal de grande instance du lieu du domicile de la mère ou de la personne
ayant effectivement la charge de l’enfant. Elle devra, à peine de déchéance, être introduite dans les trois années qui
suivent l’accouchement ou, si la mère et le père prétendu ont vécu en concubinage ou si le père prétendu a, pendant
un temps, contribué à l’entretien de l’enfant, dans les trois années qui suivent la fin du concubinage, soit de cette
contribution.
La procédure est gratuite. Pour l’exécution du jugement, le bénéfice de l’assistance judiciaire est de droit.
Article 482 : Les enfants et autres descendants légitimes ou naturels peuvent être dispensés par le tribunal de fournir
des aliments à leur père et mère ou ascendants, lorsque ces derniers ont été condamnés pour crime ou délit par suite
de mauvais traitements sur la personne de l’enfant, défaut de soins ou manque de direction nécessaire ayant
compromis la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de leur progéniture.
Il en est de même lorsqu’ ils ont été déchus de l’autorité dont ils sont investis en vertu de l’article 492 du
présent code, ou privés de tout ou partie des droits qui se rattachent à cette autorité.
Article 483 : L’obligation alimentaire entre les père et mère légitimes ou naturels et les conjoints de leurs enfants ou
autres descendants légitimes ou naturels s’éteint lorsque le mariage dont résultait l’alliance est dissout par le divorce.
51
Si la dissolution du mariage résulte du décès de l’enfant ou du descendant, l’obligation alimentaire subsiste
au profit ou à la charge de son conjoint tant qu’il existe des enfants ou descendants issus de ce mariage, ainsi que
dans les cas où le conjoint a accepté la succession du défunt.
En cas de prédécès du mari, toute épouse, pourvu qu’elle soit apte à lui succéder, bénéficie d’un droit de
subsistance s’exerçant à l’encontre de la succession. Ce droit persiste jusqu’au décès de l’épouse. Il cesse en cas de
remariage ou de concubinage notoire de la bénéficiaire.
Article 484 : Nul ne peut réclamer des aliments s’il n’est pas dans le besoin et si celui auquel il les réclame n’est en
mesure de les lui fournir.
Le montant de la pension alimentaire est fixé en tenant compte du besoin de celui qui la réclame et des
ressources de celui qui la doit.
Article 485 : S’il existe plusieurs débiteurs tenus de fournir des aliments par application de l’article 481 du présent
code, le demandeur peut intenter son action contre un ou plusieurs d’entre eux. Les débiteurs contre lesquels la
demande a été formée peuvent appeler en cause un ou plusieurs des autres débiteurs visés au même article.
Lorsque plusieurs débiteurs ont été mis en cause, le juge fixe le montant de la pension due par chacun d’eux
en tenant compte de leurs ressources respectives et de leur degré de parenté ou d’alliance avec le demandeur.
Le juge peut également décider que plusieurs débiteurs seront tenus solidairement au paiement de la
pension, soit pour la totalité, soit seulement jusqu’à concurrence d’une certaine somme. Toutefois, aucun des
débiteurs ne peut être tenu, par l’effet de cette solidarité, de payer une somme supérieure à celle qu’il aurait été
obligé de verser, en application de l’article précédent, s’il avait été seul en cause.
Les débiteurs qui ont été condamnés à payer la pension ont un recours contre ceux qui n’ont pas été mis en
cause. Le juge peut condamner ces derniers à rembourser tout ou partie de la pension, compte tenu de leurs
ressources et de leurs degrés de parenté ou d’alliance avec le demandeur.
Article 486: Le montant de la pension alimentaire peut être modifié en cas de changement survenu dans la situation
du créancier ou des débiteurs.
Article 487 : Sauf décision contraire du juge, les arrérages de la pension alimentaire sont payables au domicile ou à
la résidence du créancier.
Article 488 : Tout arrérage qui n’a pas été perçu ou réclamé dans les trois mois qui suivent son échéance cesse d’être
dû, à moins que le créancier n’établisse que cet arrérage est nécessaire à son existence.
Article 490: Si la personne qui doit fournir des aliments justifie qu’elle ne peut payer la pension alimentaire, le
tribunal peut, en connaissance de cause, ordonner qu’elle recevra dans sa demeure, qu’elle nourrira et entretiendra
celui auquel elle doit des aliments.
Article 491: Le tribunal décide également si le père ou la mère qui offre de recevoir, nourrir et entretenir dans sa
demeure l’enfant à qui il doit des aliments doit, dans ce cas, être dispensé de payer la pension alimentaire.
TITRE VIII
DE LA MINORITÉ
Article 492: Le mineur est l’individu de l’un de l’autre sexe qui n’a point encore l’âge de 21 ans accomplis.
Chapitre I
De l’autorité des père et mère
Section I
De l’étendue et de l’exercice de l’autorité des père et mère
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I.-De l’étendue de l’autorité
Article 493 : L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses père et mère et autres ascendants.
Article 494 : Les père et mère, légitimes ou naturels, sont tenus d’entretenir et élever leurs enfants jusqu’à leur
majorité ou leur émancipation par mariage. Toutefois, les sommes nécessaires à cet entretien et à cette éducation sont
prélevées en premier lieu sur les revenus des biens personnels de l’enfant.
Article 495 : Jusqu’à sa majorité ou son émancipation, l’enfant légitime ou naturel se trouve sous l’autorité de ses
père et mère. Cette autorité comporte notamment les droits et obligations suivants :
1° assurer la garde de l’enfant, spécialement, fixer sa résidence, pourvoir à son instruction et à son entretien ;
2° faire prendre, en cas de besoin, à l’égard de l’enfant, une mesure d’assistance éducative dans les conditions fixées
aux articles 504 et suivants ;
3° administrer les biens de l’enfant dans les conditions fixées au chapitre «De l’administration légale et de la
tutelle» ;
4° consentir au mariage de l’enfant dans les conditions prévues au chapitre «Du mariage » ;
5° consentir à l’adoption de l’enfant dans les conditions prévues au titre «De la filiation adoptive» ;
6° l’émanciper dans les conditions prévues au chapitre «De l’émancipation»;
7° pour le survivant des père et mère, exercer l’administration légale et choisir à l’enfant un tuteur éventuel.
II - De l’exercice de l’autorité
Article 496 : Sauf disposition contraire, les père et mère exercent conjointement leur autorité, et à la décision prise
ou l’acte fait par l’un d’eux est présumé l’avoir été avec l’accord de l’autre.
Article 497 : Par dérogation aux dispositions de l’article précédent, perd en tout ou en partie, suivant les cas,
l’exercice de son autorité, le père ou la mère qui:
1° est hors d’état de manifester sa volonté pendant le temps que dure cette impossibilité;
2° a fait abandon de tout ou partie de son autorité en vertu des dispositions de l’article 514 ;
3° est déchu ou privé de tout ou partie de son autorité.
Sauf décision contraire du tribunal, le père ou la mère condamné pour un
délit d’abandon de famille perd l’exercice de son autorité sur les enfants à l’égard desquels le délit a été commis,
même si la déchéance n’a pas été prononcé ; il recouvre cet exercice à partir du moment où il exécute ses obligations
à l’égard des enfants victimes du délit.
Article 498 : Lorsque le mariage est dissout par le décès du père ou de la mère, le survivant exerce seul l’autorité.
Lorsque le survivant des père et mère divorcés ou séparés de corps n’avait pas la garde des enfants, il la
recouvre en même temps que l’autorité, sauf décision contraire rendue par le tribunal à la requête de toute personne
s’intéressant aux enfants.
Article 499: Lorsque le mariage est dissout par divorce ou lorsque les époux sont séparés de corps, l’autorité est
exercée par celui qui a la garde des enfants, sous les réserves prévues aux chapitres «Du divorce et de la séparation
de corps », «De l’adoption», «De ta tutelle».
Article 500: Lorsque les père et mère sont décédés, l’autorité est exercée dans les conditions prévues aux chapitres
«De l’adoption», «De la tutelle ».
Il en est de même lorsque les père et mère se trouvent l’un et l’autre hors d’état de manifester leur volonté
ou lorsqu’ils ont fait l’objet d’une condamnation prévue à l’article 497, alinéa 2.
Dans les cas prévus à l’article précédent, le tribunal peut, à la requête de toute personne s’intéressant aux
enfants, ou du Ministère public, confier la garde des enfants à une autre personne.
Article 501 : Le père et la mère ne peuvent interdire à l’enfant, sans motif légitime, d’entretenir des relations avec
ses autres ascendants. A défaut d’accord sur les modalités de ces relations, le Président du tribunal, statuant en référé,
tranche le différend.
Article 502: L’autorité sur les enfants nés hors mariage est exercée par celui des père et mère à l’égard duquel la
filiation est établie.
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Elle est exercée par le père et la mère lorsque la filiation est établie à l’égard de chacun deux. Toutefois, la
garde des enfants appartient à celui des père et mère à l’égard duquel la filiation a été établie en premier lieu; lorsque
la filiation a été établie simultanément à leur égard, la garde appartient à la mère. Celui des père et mère auquel
n’appartient pas la garde a, néanmoins, le droit d’entretenir des relations avec ses enfants et de surveiller leur
entretien et leur éducation.
Le tribunal peut, si l’intérêt de l’enfant l’exige, confier la garde à celui des père et mère qui n’en est pas
investi par la loi.
Lorsque le père ou la mère décède ou se trouve dans l’une des situations prévues à l’article 497, l’autre
exerce seul l’autorité. Toutefois, si ce dernier n’avait pas la garde, le tribunal peut, à la requête de toute personne
s’intéressant aux enfants, confier cette garde à une autre personne.
Section 2
De l’assistance éducative
Article 503 : Lorsque la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation d’un mineur sont compromises ou
insuffisamment sauvegardées en raison de l’immoralité ou de l’incapacité des père et mère ou de la personne investie
du droit de garde, ou lorsque le mineur, par son inconduite et son indiscipline, donne à ceux-ci des sujets de
mécontentement très graves, ou les met dans l’impossibilité d’exercer leur direction, le tribunal peut d’office, sur
requête du Ministère public ou sur requête des père et mère ou gardien, décider que le mineur sera, pour une période
qui ne peut excéder l’époque de sa majorité, soumis à la visite régulière d’une assistance sociale, ou placé sous le
régime de la liberté surveillée.
Article 504: Le tribunal peut également décider que le mineur sera placé pour une période qui ne peut excéder
l’époque de sa majorité :
1° chez un autre parent ou une autre personne digne de confiance;
2° dans un établissement d’enseignement scolaire ou professionnel ;
3° dans une oeuvre privée ou publique d’assistance à l’enfance ;
4° dans un établissement de soins ou un institut médico-pédagogique ;
5° dans un établissement ou une institution publique de rééducation ou d’éducation corrective.
Article 505 : Les mesures prises en vertu de la présente section peuvent, soit d’office, soit à la requête du Ministère
public, soit à la demande du mineur lui-même, de ses père et mère ou gardien, ou encore des établissements auxquels
il a été confié, être révoquées par l’autorité judiciaire qui les a ordonnées.
Lorsque la requête émane du mineur, de ses père et mère ou gardien, elle n’est recevable qu’à l’expiration
du délai d’un an à compter du jour où la décision du placement est devenue définitive et n’est renouvelable qu’un an
à compter du jour où la décision précédente est devenue défini ive.
Section 3
De la recherche de l’autorité des père et mère et du retrait
de tout ou partie des droits qui s y rattachent
Article 506 : Les père et mère et ascendants sont déchus de plein droit à l’égard de tous leurs enfants et descendants,
de leur autorité et de tous les droits qui s’y rattachent :
1° s’ils sont condamnés par application de article 259 du code pénal ;
2° s’ils sont condamnés, soit comme auteurs, coauteurs ou complices d’un crime commis sur la personne d’un ou de
plusieurs de leurs enfants, soit comme coauteurs ou complices d’un crime commis par un ou plusieurs de leurs
enfants ;
3° s’ils sont condamnés deux fois, soit comme auteurs, coauteurs ou complices d’un délit commis sur la personne
d’un ou de plusieurs de leurs enfants, soit comme coauteurs ou complices d’un délit commis par un ou plusieurs de
leurs enfants ;
4° s’ils sont condamnés deux fois pour excitation habituelle de mineurs à la débauche.
Article 507 : Peuvent être déchus des mêmes droits ou peuvent être privés de tout ou partie des droits de leur autorité
à l’égard de l’un ou de quelques-uns de leurs enfants :
1° les père et mère condamnés pour un crime ou un délit, lorsque les faits poursuivis révèlent que ces père et mère
sont incapables ou indignes d’entretenir ou d’élever leurs enfants ;
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2° en dehors de toute condamnation, les père et mère qui, par de mauvais traitements, par des exemples pernicieux
d’ivrognerie habituelle ou d’inconduite notoire, compromettent la santé, la sécurité, la moralité d’un ou de plusieurs
de leurs enfants.
Article 508 : Lorsque la déchéance n’est pas l’accessoire de l’une des condamnations pénales énumérées à l’article
506, l’action en déchéance ou en retrait de tout ou partie des droits et de l’autorité des père et mère est intentée
devant le tribunal par un ou plusieurs parents du mineur jusqu’à un degré plus rapproché, ou par le Ministère public.
Lorsque la déchéance est accessoire de l’une des condamnations pénales énumérées l’article 507, le
Procureur de la République saisit le Président du tribunal ou le juge des enfants aux fins d’organiser la tutelle du ou
des enfants s’il y a lieu, ou d’en confier la garde à une tierce personne.
Article 509: Tout individu déchu de son autorité ou auquel a été retirée la totalité de ses droits à l’égard de l’un ou
de quelques-uns de ses enfants est incapable d’être tuteur, subrogé tuteur ou membre d’un conseil de tutelle.
En cas de retrait partiel des droits des père et mère à l’égard de l’un ou de quelques-uns de leurs enfants, le
tribunal peut décider que celui qui fait l’objet du retrait sera frappé des incapacités visées à l’article précédent, ou de
certaines d’entre elles seulement, à l’égard de tous ses enfants ou de certains d’entre eux.
II. De la restitution de l’autorité des père et mère et des droits qui s’y rattachent
Article 510 : Dans les cas prévus aux articles 504 et 507, premier alinéa, les père et mère ne peuvent demander au
tribunal la restitution de leur autorité ou des droits retirés qu’après avoir obtenu leur réhabilitation.
Dans les cas prévus à l’article 507, deuxième alinéa, ils ne peuvent demander cette restitution qu’un an
après le jour où la décision qui a prononcé la déchéance ou le retrait est devenue définitive.
Article 511 : Le tribunal, saisi de la demande en restitution peut, compte tenu de l’intérêt et de l’amendement des
père et mère, faire droit à la demande, la rejeter, ou n’accorder qu’une restitution partielle des droits retirés, à l’égard
de l’un ou de quelques-uns des enfants.
La restitution n’a pas d’effet rétroactif.
Article 512 : Le tribunal, en prononçant la restitution de l’autorité ou des droits retirés, fixe, suivant les
circonstances, l’indemnité due au tuteur ou à la personne à qui ont été délégués les droits retirés, ou déclare qu’en
raison de l’indigence des père et mère, il ne sera alloué aucune indemnité.
Article 513 : Lorsque la demande en restitution a été rejetée en tout ou en partie, elle ne peut être réintroduite avant
l’expiration d’un délai d’un an à compter du jour où la décision de rejet est devenue définitive.
Section 4
De la délégation des droits, de l’autorité des père et mère
Article 514 : Lorsqu’un service public, un établissement ou une association régulièrement habilités ou autorisé à cet
effet, ou un particulier jouissant de ses droits civils, ont accepté la charge de mineurs de 16 ans que les père et mère
ou tuteurs autorisés par le conseil de tutelle leur ont confiés, le tribunal peut, à la requête des parties intéressées
agissant conjointement, décider qu’il y a lieu, dans l’intérêt du ou des enfants, de déléguer les droits d’autorité à la
personne physique ou morale gardienne de l’enfant, sous le contrôle du service de la protection de l’enfance.
Dans ce cas, les père et mère ou le conseil de tutelle conservent le droit de consentir au mariage de leur
enfant ou pupille.
Article 515 : Lorsque la garde d’un enfant confié par ses père et mère ou tuteur ou par décision de justice, à une
personne physique, est réclamée par lesdits père, mère ou tuteur, et lorsqu’il est établi que celui qui la réclame s’est
depuis longtemps désintéressé de l’enfant, le tribunal peut, en considération de l’intérêt de ce dernier, décider que la
garde sera maintenue à ce tiers, sous le contrôle du service chargé de la protection de l’enfance, sauf, s’il y a lieu, à
déterminer les conditions dans lesquelles celui qui réclame pourra voir l’enfant.
Article 516 : Si, avant la majorité de l’enfant, la personne à laquelle ce dernier avait été confié dans les conditions
prévues à l’article 514 décède, ou est reconnue indigne ou incapable d’exercer les droits qui lui avaient été conférés,
le Ministère public ou toute personne s’intéressant à l’enfant peut demander au tribunal de statuer à nouveau sur la
garde de l’enfant, sur l’attribution des droits de l’autorité des père et mère ou sur leur retrait partiel.
Section 5
Dispositions communes
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Article 517: Les enfants confiés à des particuliers, établissements ou associations, en vertu des dispositions des
sections II, III et IV ci-dessus, ont placés sous la surveillance de l’Etat, représenté par le sous-préfet et par le service
chargé de la protection de l’enfance.
Les représentants de l’Etat de la résidence de l’enfant, ainsi que le conseil de tutelle peuvent toujours se
pourvoir devant le tribunal afin d’obtenir que, dans l’intérêt de l’enfant, le particulier, l’établissement ou
l’association soit dessaisi de tout droit sur ce dernier et que l’enfant soit confié ou bien à un autre particulier,
établissement, association, ou bien à un service public.
Article 518: Les décisions qui ordonnent le placement d’un mineur, ou qui prononcent sur la tutelle ou la délégation,
des droits d’autorité retiré, déterminent la part des frais de justice et des frais d’entretien et de rééducation mise, s’il y
a lieu, à la charge des père et mère ou des personnes auxquelles les aliments peuvent être réclamés.
Les décisions qui ordonnent une mesure de surveillance à l’égard d’un mineur, peuvent imposer aux père et mère le
versement d’une somme fixée forfaitairement.
Chapitre II
De l’administration légale et de la tutelle
Section I
De l’administration légale
Article 519: L’administration légale des biens d’un mineur non émancipé, légitime ou naturel appartient à celui de
ses père et mère qui en a la garde. Celle des enfants légitimes ou légitimés dont les parents ne sont pas divorcés
appartient au père, mais elle passe à la mère au décès de celui-ci, ou lorsque le père est hors d’état de manifester sa
volonté en raison de son incapacité, de son éloignement ou de toute autre cause, ou lorsqu’ il est déchu de l’autorité
prévue au titre VII du présent code.
En cas de divorce ou de séparation de corps, le tribunal peut remettre l’administration légale à celui des
parents qui n’a pas la garde du ou des enfants communs.
Article 520 : L’administration légale peut être retirée, pour cause grave, par le tribunal statuant en chambre du
conseil, à la requête de celui des père et mère qui n’en est pas investi, d’un parent ou allié de l’enfant, ou du
Ministère public.
Elle peut aussi, à la requête des mêmes personnes, être placée sous le contrôle du tribunal ou du juge des
tutelles.
Article 521: L’administrateur légal accomplit seul les actes que le tuteur peut faire seul, et avec son conjoint les
actes que le tuteur ne peut accomplir sans autorisation. S’il y a dissentiment, l’administrateur devra obtenir
l’autorisation du Président du tribunal, statuant comme en matière de référé.
Mais, même bénéficiant du consentement de son conjoint, l’administrateur légal ne peut ni vendre de gré à
gré, ni apporter en société un immeuble ou un fonds de commerce appartenant au mineur, ni contracter d’emprunt en
son nom, ni renoncer pour lui à un droit, sans autorisation du tribunal ou du juge des tutelles.
En dehors des actes que l’administrateur peut faire seul conformément à l’alinéa premier du présent article,
l’autorisation du tribunal ou du juge des tutelles sera toujours exigée lorsque les père et mère vivent en union libre,
ou lorsqu’ils sont divorcés ou séparés de corps, ou lorsque, étant mariés, l’un d’eux se trouve soit hors d’état de
manifester sa volonté en raison de son incapacité, de son éloignement ou de toute autre cause, soit déchu de l’autorité
des père et mère prévue au titre VII du présent code. Il en sera de même lorsque l’administration légale sera placée
sous contrôle judiciaire.
Article 523 : S’il y a opposition d’intérêt entre l’administrateur et le mineur, il est nommé à ce dernier un
administrateur ad hoc par le Président du tribunal statuant sur requête de l’un d’eux, le Ministère public entendu.
Article 524 : Dans l’administration légale sous contrôle judiciaire, le tribunal ou le juge des tutelles peut, à tout
moment, soit d’office, soit à la requête des parents ou alliés, ou du Ministère public, décider d’ouvrir la tutelle après
avoir entendu ou appelé, sauf urgence, l’administrateur légal. Dans cette hypothèse, celui-ci ne peut faire, à partir de
la demande et jusqu’au jugement définitif, sauf le cas d’urgence, aucun acte qui requerrait l’autorisation du conseil
de tutelle, si la tutelle était ouverte.
Le juge des tutelles peut aussi décider, pour faute grave, d’ouvrir la tutelle dans le cas de l’administration
légale pure et simple.
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Dans l’un ou l’autre cas, si la tutelle est ouverte, le juge des tutelles convoque le conseil de tutelle qui
pourra soit nommer tuteur l’administrateur légal, soit désigner un autre tuteur.
Article 525 : Les règles de la tutelle sont, pour le surplus, applicables à l’administration légale, avec les modalités
résultant de ce que celle-ci ne comporte ni conseil de tutelle, ni subrogé tuteur, et sans préjudicier, d’autre part aux
droits que les père et mère tiennent du titre «De l’autorité des père et mère», notamment quant à l’éducation de
l’enfant et l’usufruit de ses biens.
Article 526 : Ne sont pas soumis à l’administration légale, les biens qui auraient été légués au mineur sous la
condition expresse d’être administrés par un tiers.
Section 2
De la tutelle
Article 527 : La tutelle des mineurs légitimes, naturels et non émancipés s’ouvre lorsque le père et la mère sont tous
deux décédés ou se trouvent dans l’un des cas prévus à l’article 516.
Elle s’ouvre aussi à l’égard d’un enfant naturel qui n’a pas été reconnu par aucun de ses père et mère et
aussi dans le cas prévu par l’article 524 du présent chapitre.
Paragraphe I
De l’organisation de la tutelle
Article 528 : La tutelle fonctionne sous surveillance du juge des tutelles et comporte un ou plusieurs tuteurs, un
conseil de tutelle, un subrogé tuteur.
Article 529 : Les fonctions de juge des tutelles sont exercées par un juge appartenant au tribunal d’instance dans le
ressort duquel le mineur a son domicile et, à défaut, par le sous-préfet du lieu où se trouve ce domicile.
Article 530 : Si le domicile du pupille est transporté dans un autre lieu, le tuteur en donne aussitôt avis au juge des
tutelles antérieurement saisi. Celui-ci transmet le dossier de la tutelle au juge des tutelles du nouveau domicile.
Mention de cette transmission sera conservée au greffe du tribunal d’instance.
Article 531 : Le juge des tutelles exerce une surveillance générale sur les administrations légales et les tutelles de
son ressort.
Il peut convoquer les administrateurs légaux, tuteurs et autres organes tutélaires, leur réclamer des
éclaircissements, leur adresser des observations, prononcer contre eux des injonctions.
Il peut condamner à l’amende prévue par le code de procédure pénale, ceux qui, sans excuse légitime,
n’auront pas déféré à ces injonctions.
Article 532 : Les formes de procéder devant le juge des tutelles seront réglées par le code de procédure civile ou par
la loi.
Paragraphe 2
Du tuteur
Article 533 : Le droit individuel de choisir un tuteur n’appartient qu’au dernier mourant des père et mère, si celui-ci
a conservé au jour de sa mort l’exercice de l’administration légale ou de la tutelle. Cependant, il est loisible aux père
et mère de choisir d’un commun accord un tuteur au cas où ils viendraient à disparaître simultanément.
Article 534: Cette nomination ne peut être faite que dans la forme d’un testament ou d’une déclaration spéciale chez
un notaire.
Article 535 : Le tuteur élu par les père et mère ou par le dernier survivant n’est pas tenu d’accepter la tutelle s’il
n’est pas dans la classe des personnes pouvant être contraintes d’accepter cette tutelle.
Article 536: Lorsqu’il n’a pas été choisi de tuteur par le dernier mourant des père et mère, la tutelle de l’enfant est
déférée à celui des ascendants qui est du degré le plus rapproché.
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Article 537 : En cas de concours entre ascendants du même degré, le conseil de tutelle choisit celui d’entre eux qui
sera tuteur.
Article 538 : S’il n’y a ni tuteur testamentaire, ni ascendant tuteur, ou si celui qui avait été désigné en cette qualité
vient à cesser ses fonctions, un tuteur sera donné au mineur par le conseil de tutelle.
Ce conseil sera convoqué par le juge des tutelles, soit d’office, soit sur réquisition que lui en feront des
parents ou alliés des père et mère, des créanciers ou autres parties intéressées, ou le Ministère public. Toute personne
peut dénoncer au juge le fait qui donne lieu à la nomination d’un tuteur.
Article 539 : Le tuteur est désigné pour la durée de la tutelle. Le conseil de tutelle peut néanmoins pourvoir à son
emplacement en cours de tutelle si des circonstances graves le requièrent, sans préjudicier des cas d’excuse,
d’incapacité ou de destitution.
Paragraphe 3
Du conseil de tutelle
Article 540 : Le conseil de tutelle est composé de quatre à six membres, y compté le subrogé tuteur, mais non le
tuteur, ni le juge des tutelles.
Le juge les désigne pour la durée de la tutelle. Il peut néanmoins sans préjudice des articles 541 et suivants,
pourvoir d’office au remplacement d’un ou plusieurs membres en cours de tutelle afin de répondre à des
changements qui auraient pu survenir dans la situation des parties.
Article 541 : Le juge des tutelles choisit les membres du conseil de tutelle parmi les parents ou alliés des père et
mère du mineur, en appréciant toutes les circonstances du cas : la proximité du degré, le lieu de la résidence, l’âge et
les aptitudes des intéressés.
Il doit éviter, autant que possible, de laisser l’une des deux lignes sans représentation. Mais il a égard, avant
tout, aux relations habituelles que le père et la mère avaient avec leurs différents parents ou alliés, ainsi qu’à l’intérêt
que ces parents ou alliés ont porté ou paraissent pouvoir porter à la personne de l’enfant.
Article 542 : Le juge des tutelles peut aussi appeler pour faire partie du conseil de tutelle, des amis, des voisins, ou
toutes autres personnes qui lui semblent pouvoir s’intéresser à l’enfant.
Article 543 : Le conseil de tutelle est convoqué par le juge des tutelles, soit d’office, soit à la demande du tuteur, du
subrogé tuteur, de deux membres, soit à la demande du mineur, pourvu qu’il ait dix-huit ans révolus.
Article 544 : La convocation doit être faite huit jours au moins avant la réunion.
Article 545 : Les membres du conseil de tutelle sont tenus de se rendre en personne à la réunion. Chacun peut
toutefois se faire représenter par un parent ou allié des père et mère du mineur, si ce parent ou allié n’est pas déjà, en
son propre nom, membre du conseil de tutelle. Le mari peut représenter la femme et réciproquement.
Article 546 : Si le juge des tutelles estime que la décision peut être prise sans que la tenue d’une séance soit
nécessaire, il communique à chacun des membres du conseil le texte de la décision à prendre en y joignant les
éclaircissements nécessaires.
Chacun des membres ainsi contractés émettra son vote par lettre missive dans le délai que le juge aura
imparti, faute de quoi il encourra une amende de 1.000 francs.
Article 547 : Le conseil de tutelle ne peut délibérer que si la moitié au moins des membres est présente ou
représentée. Si ce nombre n’est pas réuni, le juge peut soit ajourner la séance, soit, en cas d’urgence, prendre lui-
même la décision.
Article 548 : Le conseil de tutelle est présidé par le juge des tutelles qui aura voie délibérative et prépondérante en
cas de partage.
Le tuteur doit assister à la séance ; il y est entendu, mais ne vote pas, non plus que le subrogé tuteur dans le
cas où il remplace le tuteur.
Le mineur âgé de 16 ans révolus peut, si le juge l’estime utile, assister à la séance à titre consultatif. Il y est
obligatoirement convoqué, quand le conseil a été réuni à sa réquisition.
En aucun cas son assentiment à un acte ne décharge le tuteur et les autres organes de la tutelle de leurs
responsabilités.
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Article 549 : Les délibérations du conseil de tutelle sont nulles lorsqu’elles ont été entachées par dol ou fraude, ou
que des formalités substantielles ont été omises.
La nullité est couverte par une nouvelle délibération valant confirmation.
L’action en nullité peut être exercée par le tuteur, le subrogé tuteur, les membres du conseil de tutelle ou par
le Ministère public dans les deux années de la délibération, ainsi que par le pupille devenu majeur ou émancipé, dans
les deux années de sa majorité ou de son émancipation. La prescription ne court, s’il y a eu dol ou fraude, qu’à partir
de la découverte du fait. Les actes accomplis en vertu d’une délibération annulée sont eux-mêmes annulables de la
même manière. Le délai courra toutefois de l’acte et non de la délibération.
Paragraphe 4
Des autres organes de la tutelle
Article 550 : Le conseil de tutelle peut, en considérant les aptitudes des intéressés et la consistance du patrimoine à
administrer, décider que la tutelle sera divisée entre un tuteur à la personne et un tuteur aux biens, ou que la gestion
de certains biens particuliers sera confiée à un tuteur adjoint.
Les tuteurs ainsi nommés seront indépendants et non responsables l’un envers l’autre dans leurs fonctions
respectives, à moins qu’il n’en ait été autrement ordonné par le conseil de tutelle.
Article 551 : Dans toute tutelle, il y aura un subrogé tuteur nommé par le conseil de tutelle parmi ses membres, et
pris autant que possible dans la ligne, à laquelle n’appartient pas le tuteur.
Les fonctions de subrogé tuteur consisteront à surveiller la gestion tutélaire et à représenter le mineur
lorsque les intérêts de ce dernier seront en opposition avec ceux du tuteur.
S’il conteste des fautes dans la gestion du tuteur, il doit, à peine d’engager sa responsabilité personnelle, en
informer immédiatement le juge des tutelles.
Article 552 : Si le tuteur s’est ingéré dans la gestion tutélaire avant la nomination du subrogé tuteur, il pourra, s’il y
a fraude de sa part, être destitué de la tutelle sans préjudice des indemnités dues au mineur.
Article 553 : Le subrogé tuteur ne remplace pas de plein droit le tuteur qui est mort ou est devenu incapable, ou qui
abandonne la tutelle mais il doit alors, sous peine des dommages-intérêts qui pourraient en résulter pour le mineur,
provoquer la nomination d’un nouveau tuteur.
Article 554 : La charge du subrogé tuteur cessera à la même époque que celle du tuteur.
Article 555 : Si le tuteur épouse la personne chargée de la subrogée tutelle, il doit, dans le mois du mariage faire
nommer un nouveau subrogé tuteur par le conseil de tutelle, sous peine d’être destitué et condamné à des dommages-
intérêts envers le mineur.
Article 556 : Le tuteur ne pourra provoquer la destitution du subrogé tuteur, ni violer dans les conseils de tutelle qui
seront convoqués pour cet objet.
Paragraphe 5
Des charges tutélaires
Article 557 : La tutelle, protection due à l’enfant, est une charge publique et personnelle.
Elle ne se communique point au conjoint du tuteur. Toutefois si ce conjoint s’immisce dans la gestion du
patrimoine pupillaire, il devient responsable, solidairement avec le tuteur, de toute gestion postérieure à son
immixtion.
Elle ne passe point aux héritiers du tuteur. Ceux-ci seront seulement responsables de la gestion de leur
auteur dans la limite de la quote-part de la succession reçue par chacun d’eux et s’ils sont majeurs ils sont tenus à la
continuer jusqu’à la nomination d’un nouveau tuteur.
Article 558 : Bien que la tutelle soit une charge publique, peuvent cependant en être dispensés, hormis les père et
mère, ceux à qui l’âge, la maladie, l’éloignement, des occupations professionnelles ou familiales exceptionnellement
absorbantes ou une tutelle antérieure rendraient particulièrement lourde cette nouvelle charge.
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Article 559 : Exceptés les père et mère, peuvent également être déchargés de la tutelle, ceux qui ne peuvent
continuer à s’en acquitter en raison de l’une des causes prévues à l’article précédent, si cette cause est survenue
depuis leur nomination.
Article 560 : Celui qui n’était ni parent, ni allié des père et mère du mineur, ne peut être forcé d’accepter la tutelle.
Article 561 : Si la tutelle reste vacante, le juge des tutelles la défère à l’Etat.
Article 562 : Les excuses qui dispensent ou déchargent de la tutelle peuvent être étendues au subrogé tuteur et aux
membres du conseil de famille.
Article 563 : Le conseil de tutelle statue sur les excuses du tuteur et du subrogé tuteur. Le juge des tutelles, sur les
excuses proposées par les membres du conseil de tutelle.
Article 564 : Si le tuteur nommé est présent à la délibération qui lui défère la tutelle, il devra sur le champ, et sous
peine d’être déclaré non recevable dans toute réclamation ultérieure, proposer ses excuses sur lesquelles le conseil de
tutelle délibérera.
Article 565 : S’il n’était pas présent, il devra, dans les huit jours de la notification qu’il aura reçue, de sa
nomination, faire convoquer le conseil de tutelle pour délibérer sur ses excuses.
Article 566 : Si ses excuses sont rejetées, il pourra se pourvoir devant le tribunal de grande instance pour les faire
admettre, mais il sera, pendant le litige, tenu d’administrer provisoirement.
Article 567: Les différentes charges de la tutelle peuvent être remplies par toute personne, sans distinction de sexe,
mais sous réserve des causes d’incapacité, exclusion, destitution ou récusation exprimées ci-dessous.
Article 569 : Sont exclus ou destitués de plein droit des différentes charges de tutelle :
1° ceux qui ont été condamnés à une peine afflictive et infamante, ou à qui l’exercice des charges tutélaires a été
interdit par application d l’article 42 du code pénal. Ils pourront toutefois être admis à la tutelle de leurs propres
enfants, sur avis conforme du conseil de tutelle.
2° ceux qui ont été déchus de l’autorité des père et mère.
Article 570 : Peuvent être exclus ou destitués des différentes charges de la tutelle, les gens d’une inconduite notoire,
et ceux dont l’improbité, la négligence habituelle ou l’inaptitude aux affaires aurait été constatée.
Article 571: Ceux qui ont, ou dont les père, mère et conjoint ont avec le mineur un litige mettant en cause l’état de
celui-ci ou une partie notable de ses biens, doivent se récuser, et peuvent être récusés, des différentes charges
tutélaires.
Article 572 : Si un membre du conseil de tutelle est passible d’exclusion, de destitution ou de récusation, le juge des
tutelles prononcera lui-même, soit d’office, soit à la réquisition du tuteur, du subrogé tuteur ou un Ministère public.
Article 573 : Si la cause d’exclusion, de destitution ou de récusation concerne le tuteur ou subrogé tuteur, le conseil
de tutelle se prononcera.
Article 574 : Le tuteur ou subrogé tuteur ne pourra être exclu, destitué ou récusé qu’après avoir été entendu ou
appelé.
S’il adhère à la délibération, mention en sera faite, et le nouveau tuteur ou subrogé tuteur entrera aussitôt en
fonction. S’il n’y adhère pas, il lui sera loisible de faire opposition suivant les règles fixées par le code de procédure
civile, ou le texte en tenant lieu ; mais le juge des tutelles pourra, s’il estime qu’il y a urgence, prescrire séance
tenante des mesures provisoires dans l’intérêt du mineur.
Section 3
Du fonctionnement de la tutelle
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Article 575 : Le conseil de tutelle règle les conditions générales de l’entretien et de l’éducation de l’enfant, en ayant
égard à la volonté que les père et mère avaient pu exprimer à ce sujet.
Article 576 : Le tuteur prendra soin de la personne du mineur et le représentera dans les actes civils, sauf les cas dans
lesquels la loi ou l’usage autorise les mineurs à agir eux-mêmes.
Il administrera ses biens en bon père de famille et répondra des dommages et intérêts qui pourraient résulter
d’une mauvaise gestion.
Il ne pourra ni acheter les biens du mineur, ni les prendre à loyer ou à ferme, à moins que le conseil de
tutelle n’ait autorisé le subrogé tuteur à lui en passer bail, ni accepter la cession d’aucun droit ou créance contre son
pupille.
Article 577 : Le tuteur administre et agit en cette qualité du jour de sa nomination, si celle a été faite en sa présence,
sinon, du jour qu’elle lui a été notifiée.
Dans les dix jours qui suivent, il requerra la levée des scellés, s’ils ont été apposés, et en fera procéder
immédiatement à l’inventaire des biens en présence du subrogé tuteur. Expédition de cet inventaire sera transmise au
juge des tutelles.
A défaut d’inventaire dans le délai prescrit, le subrogé tuteur saisira le juge des tutelles à l’effet d’y procéder, à peine
d’être solidairement responsable avec le tuteur de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées au profit
du pupille. Le défaut d’inventaire autorisera le pupille à faire la preuve de la valeur et de la consistance de ses biens
par tous les moyens, y compris la commune renommée.
Si le mineur doit quelque chose au tuteur, celui-ci devra le déclarer dans l’inventaire, à peine de déchéance
et ce, sur la réquisition que l’Officier public sera tenu de lui en faire, et dont mention sera portée au procès- verbal.
Article 578 : Dans les trois mois qui suivent l’ouverture de la tutelle, le tuteur devra convertir en titres nominatifs ou
déposer à un compte ouvert au nom du mineur et ponant mention de sa minorité, chez un dépositaire agréé par le
gouvernement pour recevoir les fonds et valeurs pupillaires, tous les titres au porteur appartenant au mineur, à moins
qu’il ne soit autorisé à les aliéner conformément aux articles 583 et 594.
Il devra pareillement, et sous la même réserve, convertir en titres nominatifs ou déposer chez un dépositaire
agréé, les titres au porteur qui adviendront par la suite au mineur, de quelque manière que ce soit, et ce, dans le
même délai de trois mois à partir de l’entrée en possession.
Il ne pourra retirer des titres au porteur qui auraient été déposés conformément aux précédents alinéas, ni
convertir en titres au porteur des titres nominatifs, à moins que la conversion ne soit opérée par intermédiaire d’un
dépositaire agréé par le gouvernement.
Le conseil de tutelle pourra, s’il est nécessaire, poser un terme plus long pour l’accomplissement de ses
opérations.
Article 579 : Le tuteur ne peut donner quittance des capitaux qu’il reçoit pour le compte du pupille qu’avec le
contreseing du subrogé tuteur.
Ces capitaux seront déposés par lui à un compte ouvert au nom du mineur et portant mention de sa minorité,
chez un dépositaire agréé par le gouvernement pour les fonds et valeurs pupillaires.
Le dépôt doit être fait dans le délai d’un mois à dater de la réception des capitaux ; ce délai passé, le tuteur
est de plein droit débiteur des intérêts.
Article 580 : Lors de l’entrée en exercice de toute tutelle, le conseil de tutelle réglera par aperçu, et selon
l’importance des biens régis, la somme annuellement disponible pour l’entretien et l’éducation du pupille, les
dépenses d’administration de ses biens, ainsi qu’éventuellement les indemnités qui pourront être allouées au tuteur.
La même délibération spécifiera si le tuteur est autorisé à porter en compte les salaires des administrateurs
particuliers ou agents dont il peut demander le concours, sous sa propre responsabilité.
Le conseil de tutelle pourra aussi autoriser le tuteur à passer un contrat pour la gestion des valeurs
mobilières du public. La délibération désigne le tiers contractant en considérant sa solvabilité et son expérience
professionnelle, et spécifie les clauses du contrat. Malgré toute stipulation contraire, la convention peut, à tout
moment, être résiliée au nom du pupille.
Article 581 : Le conseil de tutelle détermine la somme à laquelle commencera, pour le tuteur, l’obligation
d’employer les capitaux liquides du mineur ainsi que l’excédent de ses revenus. Cet emploi devra être fait dans le
délai de six mois, sauf prorogation par le conseil de tutelle. Passé ce délai, le tuteur est, de plein droit, comptable des
intérêts.
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La nature des biens qui peuvent être acquis en emploi est déterminée par le conseil de tutelle, soit d’avance,
soit à l’occasion de chaque opération. En aucun cas, les tiers ne seront garants de l’emploi.
Article 582 : Le tuteur accomplit seul, comme représentant du mineur, tous les acte d’administration.
Il peut aliéner, à titre onéreux, les meubles d’usage courant et les biens ayant le caractère de fruits.
Les baux consentis par le tuteur ne confèrent au preneur, à l’encontre du mineur devenu majeur ou
émancipé, aucun droit de renouvellement et aucun droit à se maintenir dans les lieux l’expiration du bail, nonobstant
toutes dispositions légales contraires. Ces dispositions ne sont toutefois pas applicables aux baux consentis avant
l’ouverture de la tutelle et renouvelés par le tuteur.
Les actes qui, pour la gestion des valeurs mobilières du pupille, doivent être regardés comme des actes
d’administration entrant dans les obligations et les pouvoirs soit des administrateurs légaux et tuteurs, soit des
dépositaires agréés, sont déterminés par décret pris après avis de la Cour suprême.
Article 583 : Le tuteur ne peut, sans être autorisé par le conseil de tutelle faire les acres de disposition au nom du
mineur.
Sans cette autorisation, il ne peut, notamment, emprunter pour le public, ni aliéner ou grever de droits réels
les immeubles, les fonds de commerce, les valeurs mobilières et autres droits incorporels, non plus que le meubles
précieux ou qui constitueraient une part importante du patrimoine pupillaire.
Article 584 : Le conseil de tutelle, en donnant son autorisation, pourra prescrire toutes les mesures qu’il jugera utiles,
en particulier, quant au remploi des fonds.
Article 585 : La vente des immeubles et des fonds de commerce appartenant à un mineur se fera publiquement aux
enchères, en présence du subrogé tuteur, dans les conditions prévues par le code de procédure civile ou les textes en
tenant lieu.
Le conseil de tutelle peut, toutefois, autoriser la vente à l’amiable soit par adjudication sur la mise à prix
qu’il fixe, soit de gré à gré, aux prix et stipulation qu’il détermine. En cas d’adjudication amiable, il peut toujours
être fait surenchère, dans les conditions prévues par le code de procédure civile ou les textes en tenant leu.
L’apport en société d’immeuble ou d’un fonds de commerce a lieu à l’amiable. Il est autorisé par le conseil
de tutelle sur le rapport d’un expert que désigne le juge des tutelles.
Les valeurs mobilières qui sont inscrites à une cote officielle sont vendues par le Ministère d’un agent de
change.
Les autres valeurs mobilières sont vendues aux enchères par le Ministère d’un agent de change ou d’un
notaire désigné dans la délibération qui autorise la vente. Le conseil de tutelle pourra néanmoins, sur le rapport
d’expert désigné par le juge des tutelles, en autoriser la vente de gré à gré, aux prix et stipulation qu’il détermine.
Article 586 : L’autorisation exigée par l’article 583 pour l’aliénation des biens du mineur ne s’applique point, au cas
où un jugement aurait ordonné la licitation, à la demande d’un copropriétaire par indivis.
Article 587 : Le tuteur ne peut accepter une succession échue au mineur que sous bénéfice d’inventaire. Toutefois, le
conseil de tutelle pourra, par une délibération spéciale, l’autoriser à accepter purement et simplement cette
succession, si l’actif dépasse manifestement le passif.
Le tuteur ne peut répudier une succession échue au mineur sans une autorisation du conseil de tutelle.
Article 588 : Dans le cas où une succession répudiée au nom du mineur n’aurait pas été acceptée par un autre, elle
pourra être reprise, soit par le tuteur autorisé à cet effet par une nouvelle délibération du conseil de famille, soit par le
mineur devenu majeur, mais dans l’état où elle se trouvera lors de la reprise, et sans pouvoir attaquer les ventes et
autres actes qui auraient été légalement faits durant la vacance.
Article 589 : Le tuteur peut accepter sans autorisation les donations et les legs particuliers advenus au pupille, à
moins qu’ils ne soient grevés de charges.
Article 590 : Le tuteur peut, sans autorisation, introduire en justice une action relative aux droits patrimoniaux du
mineur. Il peut, de même, se désister de cette instance. Le conseil de tutelle peut lui enjoindre d’introduire une
action, de s’en désister ou de faire des offres aux fins de désistement, à peine d’engager sa responsabilité.
Le tuteur peut défendre seul une action instruite contre le mineur, mais il ne peut y acquiescer qu’avec
l’autorisation du conseil de tutelle.
L’autorisation du conseil de tutelle est toujours requise pour les actions relatives des droits qui ne sont point
patrimoniaux.
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Article 591 : Le tuteur ne peut, sans autorisation du conseil de tutelle, introduire une demande de partage au nom du
mineur; mais il pourra, sans cette autorisation répondre à une demande en partage dirigé contre le mineur, ou
s’adjoindre à la requête collective à fin de partage, présentée par tous les intéressés, conformément aux prescriptions
de la loi ou du code de procédure civile.
Article 592 : Pour obtenir à l’égard du mineur tout l’effet qu’il aurait entre majeurs, le partage devra être fait en
justice selon les dispositions légales prévues à cet effet.
Toutefois, Le conseil de tutelle pourra autoriser le partage, même partiel à l’amiable. En ce cas, il désignera
un notaire pour y procéder. L’état liquidatif, auquel sera jointe la délibération du conseil de tutelle, sera soumis à
l’homologation du tribunat de grande instance.
Tout autre partage sera considéré que comme provisionnel.
Article 593 : Le tuteur ne pourra transiger au nom du mineur qu’après avoir fait approuver par le conseil de tutelle
les clauses de la transaction.
Article 594 : Dans tous les cas où l’autorisation du conseil est requise pour la validité d’un acte du tuteur, elle peut
être suppléée par celle du juge des tutelles, si l’acte qu’il s’agit de passer porte sur des biens dont la valeur en capital
n’excède pas une somme qui sera fixée par décret.
Le Juge des tutelles peut aussi, à la requête du tuteur, autoriser une vente de valeur mobilière aux lieu et
place du conseil de tutelle, s’il lui apparaît qu’il y aurait péril en la demeure, mais à charge qu’il en soit rendu
compte dans le plus bref délai au conseil qui décidera du remploi.
Section 4
Des comptes de la tutelle et des responsables
Article 595: Le tuteur est tenu de remettre chaque année au subrogé tuteur un compte de gestion. Le compte sera
rédigé et remis, sans frais, sur papier non timbré.
Le subrogé tuteur transmet le compte, avec ses observations, au juge des tutelles, lequel, s’il y échet,
convoque le conseil de tutelle.
Si le mineur a atteint l’âge de dix-huit ans révolus, le juge des tutelles peut décider que le compte sera
remis.
Article 596 : Dans les trois mois qui suivent la fin de la tutelle, le compte définitif sera rendu, soit au mineur lui-
même devenu majeur ou émancipé, soit à ses héritiers.
Si le tuteur vient à cesser ses fonctions avant afin la fin de a tutelle, il rendra un compte récapitulatif au
nouveau tuteur, qui ne pourra l’accepter qu’avec l’autorisation du conseil de tutelle, sur les observations du subrogé
tuteur.
Dans tous les cas, les états de situations et compte de gestions sont rédigés et remis sans frais sur papier non
timbré, et sans aucune formalité en justice.
Toutes les pièces justificatives doivent y être jointes. Outre les indemnités prévues à l’article 580 du présent
code, il sera alloué au tuteur toutes dépenses suffisamment justifiées et dont l’objet est utile.
Article 597 : Le mineur devenu majeur ne peut approuver le compte de tutelle qu’un mois après que le tuteur le lui
aura remis contre récépissé, avec les pièces justificatives. Toute approbation intervenue avant l’expiration de ce délai
est nulle.
Est de même nulle, toute convention passée entre le pupille devenu majeur ou émancipé et celui qui été son
tuteur, si ladite convention a pour effet de soustraire celui-ci, en tout ou en partie, à son obligation de rendre compte.
Si le compte donne lieu à des contestations, celles-ci seront poursuivies et jugées comme les autres
contestations en matière civile.
Article 598 : L’approbation du compte ne préjudicie point aux actions ou responsabilités qui peuvent appartenir au
pupille contre le tuteur et les autres organes de la tutelle.
L’Etat est seul responsable à l’égard du pupille du dommage résultant des fautes commises, soit par le juge
des tutelles ou son greffier, soit par l’administrateur public chargé d’une tutelle vacante, sauf son recours, s’il y a
lieu, contre ces derniers.
L’action en responsabilité exercée par le pupille contre l’Etat est portée, dans tous les cas, devant le tribunal de
grande instance.
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Article 599 : La somme à laquelle s’élèvera le reliquat dû par le tuteur portera intérêt de plein droit, à compter de
l’approbation du compte et au plus tard, trois mois après la cessation de la tutelle.
Les intérêts de ce qui sera dû au tuteur par le mineur ne courront que du jour de la sommation de payer qui
aura suivie l’approbation du compte.
Article 600 : Toute action du mineur contre le tuteur, les organes tétulaires ou l’Etat, relativement aux faits de la
tutelle, se prescrit par cinq ans, à compter de la majorité, lors même qu’il y aurait eu émancipation.
Section 5
De la tutelle simple et de la représentation des parents
Article 601 : Si le mineur n’a pas de bien, la tutelle sera simple, c’est-à-dire composée uniquement du tuteur. Dans
ce cas, il n’y aura point de compte à rendre au mineur devenu majeur ou émancipé.
Cette situation prendra fin en cas d’acquisition par le mineur de biens au cours de sa minorité. Le tuteur est
alors tenu de provoquer la désignation du subrogé tuteur et des membres du conseil de tutelle, à peine d’être
condamné payer au mineur devenu majeur des dommages-intérêts dont le montant peut être égal à la valeur des biens
recueillis par le mineur, telle qu’elle aura été établie par tous les moyens, y compris la commune renommée.
Toutefois sous réserve des dispositions des articles 595 à 599 du présent code, si les revenus des biens
recueillis par le mineur couvrent tout juste les frais occasionnés par son éducation et son entretien, le juge des tutelles
peut surseoir à la nomination du subrogé tuteur et des membres du conseil de tutelle.
Article 602 : Les biens et revenus acquis par le mineur grâce au produit de son travail, seront gérés directement par
celui-ci s’il a atteint l’âge de 18 ans révolus. Toutefois, il ne peut les aliéner qu’avec l’autorisation de son
représentant légal.
Article 603 : Lorsque le père, la mère ou le tuteur du mineur demeurent loin de la résidence de ce dernier, ils
peuvent désigner parmi leurs parents, alliés ou connaissances, sous réserve de l’accord de la personne désignée, un
mandataire, appelé représentant des parents, pour assister le mineur dans tous les actes civils ou dans ceux
limitativement énumérés par eux.
Cette représentation peut être retirée à tout moment par celui ou ceux qui l’ont donnée, sans avoir besoin de fournir
des explications.
D’autre part, le représentant légal désigné par le père, la mère ou le tuteur n’a point de compte à rendre à ces
derniers.
Chapitre III
Des actes du mineur
Article 604 : Les actes patrimoniaux accomplis par le mineur seul, alors qu’ils auraient dû l’être par son représentant
légal ou avec l’assistance de celui-ci, sans autre formalité, ne sont rescindables que s’ils entraînent une lésion ne
résultant pas d’un événement casuel et imprévu.
Ils sont toujours annulables si l’une des formalités légales n’a pas été observée.
Article 605 : La nullité des actes accomplis irrégulièrement par le mineur ou son représentant légal est une nullité
relative, qui est soumise aux règles établies en la matière.
Article 606 : A partir de l’âge de 16 ans, le mineur conclut son contrat de travail et le romps avec l’assistance de son
représentant légal.
A partir de l’âge de 18 ans, il peut conclure et rompre seul ce contrat.
A partir de l’âge de 18 ans, il dispose librement des produits de son travail. Toutefois, lorsqu’il ne contribue
pas raisonnablement à son propre entretien, celui de ses parents ou représentant légal qui l’a en charge peut
demander au tribunal d’ordonner la saisie à son profit d’une partie du salaire du mineur.
Article 607 : Lorsque le mineur a dépassé l’âge de 16 ans, il peut, en se faisant assister d’un avocat, introduire une
action en réparation du dommage subi par lui à la suite des délits commis contre sa personne ou ses biens par un
tiers.
Il peut, avec l’assistance de son représentant légal, introduire une action contre son employeur, en vue
d’obtenir le paiement des indemnités résultant de la rupture d’un contrat de travail. Toutefois, à partir de l’âge de 18
ans, cette assistance n’est pas nécessaire dans ce dernier cas.
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Article 608 : L’avocat qui, dans le cas prévu à l’article précédent, assisterait le mineur dans un procès intenté par ce
dernier sans autorisation de son représentant légal, ne peut exiger de ce dernier le paiement de ses honoraires et des
frais déboursés par lui.
Article 609 : L’avocat qui abuserait de l’inexpérience du mineur pour lui prendre des honoraires excessifs, eu égard
à la cause défendue ou aux dommages-intérêts et indemnités obtenus, encourt la radiation ou l’exclusion temporaire
du barreau au Gabon, sans préjudice des dommages-intérêts qui pourraient en résulter pour le mineur.
Chapitre IV
De l’émancipation
Article 611 : Le mineur non marié pourra être émancipé par ses père et mère, lorsqu il aura atteint l’âge de 18 ans
révolus.
Cette émancipation s’opérera par la déclaration conjointe des père et mère, reçue par le juge des tutelles
assisté de son greffier.
Si l’un d’eux est mort, déchu de son autorité ou dans l’impossibilité de manifester sa volonté, la déclaration
de l’autre suffit.
A défaut d’accord entre les parents, celui des deux qui a la garde de l’enfant peut demander au juge des
tutelles de prononcer l’émancipation. Après avoir entendu l’autre parent, le juge prononce l’émancipation, s’il y a de
justes motifs.
Article 612 : Le mineur resté sans père ni mère pourra aussi, à l’âge de 18 ans accomplis, être émancipé si le conseil
de tutelle l’en juge capable.
En ce cas, l’émancipation résultera de la délibération qui l’aura autorisée et de la déclaration que le mineur
est émancipé, qu’aura faite dans le même acte le juge des tutelles en sa qualité de Président du conseil de tutelle.
Article 613 : Lorsque, dans le cas de l’article précédent, aucune diligence n’ayant été faite par le tuteur, un membre
du conseil de tutelle estimera que le mineur est capable d’être émancipé, il pourra requérir le juge des tutelles de
convoquer le conseil pour délibérer à ce sujet. Le mineur lui-même pourra demander cette convocation.
Aride 614 : Le compte de l’administration ou de la tutelle, selon le cas, est rendu au mineur émancipé dans les
conditions prévues aux articles 594 et suivants.
Article 615 : Le mineur émancipé est capable, comme un majeur, de tous les actes de la vie civile.
Il doit néanmoins, pour se marier ou se donner en adoption, observer les mêmes règles que s’il n’était point
émancipé.
Article 616 : Le mineur émancipé cesse d’être sous l’autorité de ses pére et mère.
Ceux-ci ne sont pas responsables de plein droit, en leur seule qualité de père ou de mère, des dommages
qu’il pourra causer à autrui postérieurement à son émancipation.
Article 617 : Le mineur émancipé peut faire le commerce comme un majeur, s’il y a été autorisé spécialement selon
les formes prescrites par le code de commerce ou par la loi.
TITRE IX
DES INCAPACITES TENANT À L’ÉTAT MENTAL
Chapitre I
De l’interdiction
Article 618 : Tout individu aliéné peut, pour la protection de sa personne et de ses biens, être l’objet d’un jugement
d’interdiction rendu à sa demande ou à la demande de son conjoint, d’un de ses parents, de son tuteur ou du
Procureur de la République.
Après ce jugement, la personne concernée est assimilée à un mineur, pour sa personne et pour ses biens ; les
dispositions prévues pour la tutelle des mineurs s’appliqueront alors à celles des interdits.
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Article 619 : Toute demande en interdiction sera portée devant le tribunal de grande instance du domicile de l’aliéné,
ou du lieu de son internement.
Article 620 : Le demandeur doit articuler par écrit les faits sur lesquels il se fonde, présenter à l’appui les pièces
justificatives et indiquer les témoins, s’il y a lieu.
Article 621 : Le Président du tribunal ordonne ta communication de la requête au Ministère public et commet un
médecin pour faire un rapport à jour indiqué. Après ce rapport, il peut, en tout état de la procédure et s’il y a urgence,
et après avoir entendu, si possible, l’intéressé ou son conseil en chambre du conseil, designer un administrateur
provisoire pour prendre soin de la personne et des biens de l’aliéné.
Article 622 : Si l’intéressé n’est pas interné dans un établissement public d’aliénés, ou dans un établissement privé
habilité par l’autorité administrative pour recevoir des aliénés, le tribunal ordonne que le conseil de famille, formé
conformément aux articles 538 et suivants du présent code, donne son avis sur l’état de la personne dont
l’interdiction est demandée.
Article 623 : Ceux qui ont provoqué la procédure ne peuvent faire partie du conseil de tutelle ; cependant, l’époux ou
l’épouse et les enfants de la personne concernée peuvent y être admis sans y avoir voix délibérative.
Article 624 : Après avoir reçu l’avis du conseil de tutelle, le tribunal interrogera l’individu présumé aliéné en
chambre du conseil ; si celui-ci ne peu s’y présenter, il sera interrogé dans sa demeure, soit par le Président du
tribunal, soit par un juge commis à cet effet, assisté d’un greffier. Dans tous les cas, le Procureur de la République,
dans les juridictions où il en a, sera présent à l’interrogatoire.
Article 625 : Le tribunal peut ordonner une enquête s’il estime que l’interrogatoire et les pièces produites sont
signifiantes. Cette enquête peut avoir lieu, si les circonstances l’exigent, en l’absence de la personne concernée.
Article 626 : Le jugement sur une demande en interdiction ne peut être rendu qu’à l’audience publique, les parties
entendues ou appelées.
Article 627 : En cas d’appel d’un jugement en interdiction, la juridiction d’appel, si elle le juge nécessaire, peut
interroger de nouveau ou faire interroger par un conseiller, la personne dont l’interdiction est demandée.
Article 628 : Tout arrêt ou jugement définitif portant interdiction sera, à la diligence des demandeurs, levé et signifié
à partie ; un extrait sommaire de cette décision sera, en outre, affiché dans la salle de l’auditoire et dans les études
des notaires du district où se trouve le tribunal qui l’a rendu et transmis, dans les dix jours, au greffe du tribunal du
lieu de naissance de l’interdit pour être mentionné dans un registre spécial tenu à cet effet. Toute personne peut
prendre communication de cette décision ou se faire délivrer copie.
Article 629 : L’interdiction produit effet à compter du jour du jugement. Tous actes passés postérieurement par
l’interdit sont nuls, de nullité relative, sans que le tribunal ait à apprécier s’ils ont été ou non accomplis en état
d’insanité d’esprit.
Article 630 : Les actes antérieurs à l’interdiction peuvent être annulés, si la cause de l’interdiction existait
notoirement à l’époque où ils ont été faits.
Article 631 : Après la mort d’un individu, les actes par lui faits ne pourront être attaqués pour cause de démence,
qu’autant que son interdiction aurait été prononcée ou provoquée avant son décès.
Article 632 : A la suite de la décision d’interdiction, il se pourvu à la nomination d’un tuteur et d’un subrogé tuteur à
l’interdit suivant les règles prescrites au titre «de la minorité ». L’administrateur provisoire cessera ses fonctions et
rendra compte au tuteur, s’il ne l’est pas lui-même.
Article 633 : La tutelle d’un aliéné interdit est toujours dative, nul, à l’exception du conjoint, des ascendants, n’est
tenu de la conserver au-delà de 5 ans.
Article 634 : Les revenus d’un interdit doivent être essentiellement employés à son entretien et à sa guérison.
Selon le caractère de sa maladie et l’état de sa fortune, le conseil de tutelle peut décider que l’interdit, non
interné au jour du jugement, sera traité dans son domicile, ou qu’il sera placé dans une maison de santé, et même
dans un hospice.
66
Article 635 : Les donataires consenties à un enfant de l’interdit en vue de son établissement en mariage,
l’avancement d’hoirie et les conventions qui s’y rapportent, ne peuvent être faites sur les biens de l’interdit, qu’avec
l’autorisation du conseil de tutelle.
Article 636 : Lorsque les causes qui ont déterminé l’interdiction ont cessé, la mainlevée ne peut être prononcée
qu’en observant les formalités prescrites pour parvenir à l’interdiction, et l’interdit ne pourra reprendre l’exercice de
ses droits qu’après le jugement de mainlevée.
Chapitre II
Des aliénés internés et non interdits
Article 637 : L’internement d’un aliéné a lieu conformément aux dispositions prévues par une loi particulière.
Cette loi déterminera également les mesures à prendre quant aux biens de l’aliéné, s’il n’est pas interdit.
Article 638 : Les actes faits par une personne non interdite, pendant son internement dans un établissement
d’aliénés, peuvent être attaqués pour cause d’insanité d’esprit, conformément aux dispositions sur les nullités
relatives.
Toutefois, le délai de prescriptions de cinq ans de l’action en nullité ne court, à l’égard de la personne internée,
qu’après sa sortie définitive de la maison d’aliénés, et à partir de la signification qui lui a été faite de l’acte, ou de la
connaissance qu’elle en a eue.
A l’égard des ayants droit de la personne internée, le délai court après la mort de cette personne, à dater de
la signification qui leur a été faite de l’acte, ou de la connaissance qu’ils en ont eue. Lorsque le délai a commencé à
courir contre la personne internée, il continue de courir contre ses ayants droit.
Chapitre III
Des aliénés non internés ni interdits
Article 639 : Les actes d’un individu qui n’est ni interné, ni interdit, ne peuvent être annulés pour cause de démence
que s’il est démontré qu’ils ont été accomplis en état d’insanité d’esprit.
Du vivant de l’auteur de l’acte, la nullité peut être demandée par celui ci, son conjoint, ses ascendants et
descendants ou, à défaut d’eux, par ses frères et soeurs.
Après le décès de l’auteur de l’acte, la preuve de l’insanité d’esprit ne peut être apportée par ses ayants droit
que si la démence résulte de l’acte même, si une procédure d’interdiction était en cours au moment du décès ou si
l’auteur de l’acte a fait l’objet d’une mesure d’internement dans les trois ans qui ont précédé ou suivi l’acte
considéré.
Chapitre IV
Des majeurs en curatelle
Article 640 : Tout prodigue ou tout individu dont l’état mental ne justifie pas une interdiction, mais qui est atteint
d’une déficience physique ou mentale le mettant dans l’incapacité d’exercer ses droits d’une manière normale, peut
être pourvu d’un curateur à sa demande ou à la demande de son conjoint, d’un de ses parents, de tout intéressé ou du
Ministère public, par un jugement rendu dans les mêmes conditions qu’un jugement d’interdiction, soumis à la même
publicité et produisant effet à compter du jour où il est devenu définitif.
Article 641 : Le curateur assiste le prodigue ou le majeur déficient dans la gestion de son patrimoine. Le jugement
peut, en outre, le charger de veiller sur la personne de ce dernier.
Article 642 : Les fonctions de curateur sont attribuées par le jugement à une personne qualifiée. Leur acceptation
n’est pas obligatoire, et elles peuvent comporter une rémunération qui est déterminée par le tribunal. Elles prennent
fin par un jugement de mainlevée, rendu à la demande de l’intéressé, du curateur ou d’une des personnes qui était
qualifiée pour provoquer la mise en curatelle.
Au cas d’opposition d’intérêt entre le curateur et l’intéressé, le tribunal désigne un curateur ad hoc.
Article 643 : Le majeur en curatelle peut faire, sans l’assistance du curateur, les actes qu’un tuteur peut faire seul, à
l’exception de la réception et de l’emploi des capitaux.
Tous autres actes à caractère patrimonial ne peuvent être accomplis qu’avec l’assistance du curateur, à peine
de nullité relative, demandée par le majeur en curatelle ou par le curateur.
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En cas de refus d’autorisation de la part du curateur, un recours est possible devant le tribunal statuant en
chambre du conseil.
Article 644 : Les débiteurs de revenus peuvent valablement s’acquitter entre les mains du curateur qui doit affecter
ces revenus à l’entretien de la personne ou des biens du majeur en curatelle.
Article 645 : Des décrets pris en Conseil des Ministres fixeront les modalités d’application de la présente loi.
La présente loi sera exécutée comme loi de l’Etat.
68
JOURNAL OFFICIEL
DE LA REPUBLIQUE GABONAISE
CODE
CIVIL
Deuxième partie
-1-
Loi N° 19/89 du 30 décembre 1989, portant adoption de la deuxième partie du code civil.
LIVRE DEUXIEME
DES SUCCESSIONS ET DES LIBERALITES
Article 645 : - La transmission des biens d’une personne décédée est organisée par les dispositions du
pressent livre.
Article 646 : - Les successions sont dévolues par la loi lorsque le défunt n’a pas disposé de ses biens
par des libéralités
Toute personne, réputée capable par la loi, peut disposer, à titre gratuit, de tout ou partie de ses
biens, soit entre vifs, soit à cause de mort, dans les limites et conditions fixées au titre deuxième du
présent livre.
TITRE I
DES SUCCESSIONS
Chapitre préliminaire
Règles fondamentales
Section 1
De l’ouverture de la succession
Article 647 : - La succession s’ouvre au jour du décès ou au jour de le transcription à l’état civil de la
déclaration judiciaire du décès, en cas d’absence ou de disparition.
Dès ce moment, si un intérêt sérieux l’exige, les biens successoraux peuvent, en tout ou partie,
à la demande de tout intéressée ou du ministère public, faire l’objet de mesures conservatoires telle
que l’apposition de scellés, selon les règles du code de procédure civile
Dans le mois qui suit l’ouverture de la succession, et à défaut de désignation par le conseil de
famille d’un mandataire, conformément au dispositions de l’article 701 du présent code, un notaire ou
un conseil juridique peut être désigné par ordonnance du président du tribunal, à la demande de tout
intéressé, du ministère public ou d’office, avec la même mission que celle fixée au mandataire familial
par l’article 701 du présent code.
Toutes les actions gracieuses ou contentieuses relatives à une succession sont portées devant le
tribunal du lieu d’ouverture de cette succession. Ce tribunal sera soit celui du dernier domicile du
défunt, soit celui de la situation de la majeur partie des biens successoraux.
Article 648 : - Sauf les cas expressément prévus par la loi, les conventions ayant pour objet des droits
sur une succession non encore ouverte sont nulles, même accompagnés du consentement de celui dont
la succession est en cause.
-2-
Section 2
Des qualités requises pour succéder
Article 651 : - Est exclu de plein droit de la succession, pour cause d’indignité :
1°) celui qui a été condamné, comme auteur ou complice, à une peine criminelle, pour avoir donné ou
tenté de donner la mort au défunt ;
2°) celui qui a été condamné, comme auteur ou complice, à une peine criminelle, pour avoir
volontairement porté des coups ou fait des blessures ayant occasionné la mort du défunt, sans qu’il y
ait eu intention de la donner ;
3°) l’héritier majeur qui, informé du meurtre du défunt, ne l’a pas dénoncé à la justice. Le défaut de
dénonciation ne peut être opposé aux descendants et aux ascendants du meurtrier ou à ses alliés du
même degré, ni à son conjoint, ni à ses frères et sœurs, ni à ses oncles et tantes, ni à ses neveux et
nièces.
Article 654: - L’héritier exclu de la succession pour cause d’indignité est tenu de rendre tous les fruits
et tous les revenus dont il a eu la jouissance depuis l’ouverture de la succession.
-3-
Article 655 : - Les enfants de l’indigne ne sont pas exclu pour la faute de leur auteur, soit qu’ils
viennent à la succession de leur chef, soit qu’ils y viennent par l’effet de la représentation.
Cependant, l’indigne ne peut, en aucun cas, réclamer sur les biens de cette succession, la
jouissance que la loi accorde aux père et mère sur les biens de leurs enfants mineurs.
Section 3
De la preuve de la vocation successorale
Article 656 : - La preuve de la qualité d’héritier légal s’établi par tous les moyens.
Article 657 : - Cette preuve pet résulter d’un acte de notoriété dressé par un officier public compétent
ou par le président du tribunal du lieu d’ouverture de la succession, à la demande de un ou plusieurs
ayants droit.
L’acte de notoriété doit reprendre la substance de l’acte de décès de la personne dont la
succession est ouverte et faire mention des pièces qualificatives qui ont été produites, tels les actes de
l’état civil et, éventuellement, tout document mentionnant l’existence de libéralité.
L’acte contient également l’affirmation, singé de l’ayant droit, qui est appelé, seul ou avec
d’autres qu’il désigne à recueillir la succession du défunt.
Le rédacteur de l’acte peut appelé à l’acte de témoin ayant connu le défunt, parent ou non de
celui-ci, autres que les ayants droit.
Article 658 : - Celui qui, sciemment est de mauvaise foi ; se prévaut d’un acte de notoriété inexacte
est déchu de ses droits dans la succession, sans préjudice, le cas échéant, de poursuites pénales et de
dommages-intérêts.
Article 659 : - L’affirmation contenu dans l’acte de notoriété n’emporte pas par elle même,
acceptation de la succession.
Article 660 : - Les énonciations de l’acte de notoriété reposant sur les affirmations des ayants droits
ou sur les témoignages font foi jusqu’à preuve contraire.
Celui qui se prévaut de l’acte de notoriété est présumé avoir des droits héréditaires dans la
proportion indiquée dans l’acte.
Article 661 : - Dans la même proportion, à égard des tiers détenteurs des fonds de la succession, les
héritiers désignés, ou leur mandataire commun, sont réputés avoir la libre disposition des fonds
déposés, dépendant de la succession, sous réserve de l’application des dispositions en matière fiscale.
Section 4
De la saisine
Article 662 : - La saisine est la prérogative légale reconnue à certains successibles de se mettre
directement en possession des biens des biens de la succession.
Les héritiers légaux sont saisis de plein droit des biens, droits et actions du défunt.
Article 663 : - Chacun des héritiers légaux, saisi de l’universalité de la succession, est aussi soumis à
l’obligation indéfinie aux dettes de la succession, réserve faite de ce qui sera dit de l’option succursale.
Article 664 : - La saisine des successeurs familiaux et des légataires est déterminée par les règles
spéciales établis pour chacune de ces catégories d’ayants droit.
Article 665 : - Les dispositions du présent titre, notamment celles qui concernent l’option, l’indivision
et le partage, s’appliquent, sous réserve des adaptations justifiées par la nature particulière des
dispositions, aux donataires, légataires universels et à titre universel, sauf dérogation spéciale.
-4-
Section 5
Des différentes dévolutions
Article 666 : - La loi ne considère pas l’origine des biens pour en régler la succession.
Article 667 : - Sous réserve des dispositions relatives au testament éventuellement fait par le défunt, la
masse successorale sera divisée, au moment du partage, selon des proportions établies par la loi, en
deux masses de bien dévolues, en distinguant les droits des héritiers légaux déterminés dans les
articles 671 et suivants du présent code et les droits des successeurs familiaux, fixés par le conseil de
famille.
Article 668 : - La quotité de la masse de biens faisant l’objet de la dévolution légale est fixée par la
loi. La succession légale portera, en priorité, sur les immeubles, les fonds de commerce et les parts
sociales ou actions appartenant au défunt.
Article 669 : - La dévolution familiale permettra de répartir une part de l’héritage selon les décisions
du conseil de famille.
A défaut d’héritiers légaux, la totalité de la succession fera l’objet d’une dévolution familiale.
Article 670 : - S’il est impossible de constituer un conseil de famille, pour quelque raison que ce soit,
la part des biens qu’il devait répartir sera attribuée aux héritiers légaux ou, à défaut, à l’Etat, en se
conformant aux règles établies pour les successions vacantes.
Chapitre I
Des vocations successorales
Section 1
De la dévolution légale
Article 671 : - La succession légale est dévolue aux descendants, aux père et mère, au conjoint et aux
frères et sœurs du défunt, dans l’ordre et les conditions fixés par le présent code.
Sous section 1
De la représentation,
De la fente et des degrés
Paragraphe 1
La représentation
Article 672 : - La représentation est une fonction technique permettant aux représentants de venir à la
succession à la place et au degré du représenté, en acquérant les mêmes droits.
Article 675 : - En ligne collatérale, la représentation ne profite qu’aux enfants des frères et sœurs,
lorsque ceux-ci sont appelés à la succession.
Article 676 : - Lorsqu’il est fait application de la représentation, le partage s’opère par souche.
Si une même souche a produit plusieurs branches, la subdivision se fait aussi par souche dans
chaque branche. Les membres de la même branche partagent entre eux par tête.
-5-
Article 677 : - On représente les personnes décédées ou indignes.
On peut représenter celui à la succession duquel on a renoncé.
Pour l’exercice de la représentation, la loi ne distingue pas entre la filiation légitime et la
filiation naturelle.
Paragraphe 2
La fente
Article 678 : - A l’égard des frères et sœurs dans les deux lignes, la succession est dévolue en se
divisant en deux parts égales : l’une pour les frères et sœurs de la ligne paternelle et l’autre pour les
frères et sœurs de la ligne maternelle.
Les frères et sœurs utérins ou consanguins ne sont jamais exclus par les germains. Ils ne
prennent part que dans leur ligne. Les germains prennent part dans les deux lignes.
Lorsqu’il ne se trouve aucun des héritiers dans une des lignes, la part qui aurait dû leur revenir
bénéficie à l’autre ligne.
Article 679 : - Lorsque la division a été opérée entre les lignes paternelles et maternelles, il n’est plus
fait de division entre les diverses branches, sauf le cas de la représentation.
Paragraphe 3
Les degrés
Article 680 : - La proximité de parenté s’établit par le nombre de génération ; chaque génération
s’appelle un degré.
Article 681 : - En ligne directe, on compte autant de degrés qu’il y a de générations entre les
personnes ; ainsi le fils est, à l’égard de son père, au premier degré, le petit-fils, au second, et
réciproquement du père et de l’aïeul à l’égard du fils et du petit-fils.
Article 682 : - En ligne collatérale, les degrés se comptent en générations, depuis l’un de parents
jusque et non compris l’auteur commun, et depuis celui-ci jusqu’à l’autre parent.
Ainsi, deux frères sont au deuxième degré, l’oncle et le neveu sont au troisième degré, ainsi de
suite.
Sous-section 2
Des héritiers légaux
Article 683 : - Parmi les parents du défunt, appartiennent à la catégorie des héritiers légaux : les
descendants, le père et mère, le ou les conjoints et les frères et sœurs.
Article 684 : - Selon la proximité de la parenté avec le défunt, la loi peut admettre le concours entre
ces différents héritiers, leur accordant des droits de nature différente, et dans des proportions variables.
Article 685 : - Les héritiers légaux ne sont pas exclu de la dévolution familiale, même s’ils ont
participé effectivement à la dévolution légale.
Sous-section 3
Des différentes quotités
Article 686 : - Lorsque le défunt laisse les descendants, des père et mère, un ou plusieurs conjoints,
tous sont en concours pour la dévolution légale qui sera appliquée sur les trois quarts de la masse
successorale.
-6-
Paragraphe 1
Les droits des descendants
Article 687 : - Les descendants du défunt, sous réserve des dispositions des articles 436 et 437 du
présent code, sont appelés sans distinction à la succession de leur auteur.
Dans la ligne descendante, le degré le plus proche exclut les autres, sauf représentation.
Article 688 : - Les descendant,s appelés en rang utile à la succession, se partagent également la pleine
propriété d’un quart de la masse successorale, et la nue-propriété des parts attribuées en usufruit au
conjoint et aux père et mère.
En l’absence du conjoint ou des père et mère, les droits des descendants sur cette part de
l’héritage s’exercent immédiatement en pleine propriété. Il en est de même en cas d’absence
simultanée de conjoint et des pères et mère.
Paragraphe 2
Les droits des père et mère
Article 689 : - Les pères et mères reçoivent, en règle générale, un droit d’usufruit portant sur un quart
de la masse successorale.
Cette part sera divisée par moitié entre eux.
En cas d’absence de l’un, sa part profite à l’autre.
Article 690 : - En l’absence des descendants et s’il existe des frères et sœurs, les père et mère
reçoivent l’usufruit de la moitié de la masse successorale.
Par exception, lorsque les père et mère sont les seuls héritiers légaux appelés à la succession,
ils reçoivent un droit de propriété sur la moitié de la masse successorale.
En présence d’un conjoint survivant, celui-ci exercera son usufruit à l’encontre des biens
attribués aux père et mère.
Dans l’exercice de ces différents droits, les père et mère sont soumis aux modalités précisées
aux alinéas 2 et 3 de l’article précédent.
Paragraphe 3
Les droits des conjoints
Article 691 : - Le conjoint succède dans tous les cas en usufruit sur un quart de la masse successorale.
Il exerce ce droit sur la part attribuée aux héritiers légaux.
Par exception, lorsque le conjoint survivant est le seul héritiers légal, et s’il n y a d’héritiers
familiaux que des collatéraux au-delà du troisième degré, il reçoit en pleine propriété un quart de la
masse successorale.
En cas de pluralité de conjoints survivants, le droit de succession reste le même dans sa nature
et sa quotité. Entre les différentes épouses survivantes, ce droit se partage proportionnellement à la
durée de l’union avec le défunt.
Article 692 : - La décision judiciaire, passée en force de chose jugée, prononçant la séparation de
corps, fait disparaître la vocation successorale entre conjoints ;
Il en est de même lorsque, au jour du décès, sans motif légitime, la cohabitation avait cessé
entre les époux depuis plus de six mois.
La veuve est privée de son droit d’usufruit si elle se remarie en dehors de la famille, sans
raison valable.
Sauf renonciation volontaire de sa part, la veuve ne peut être déchue de son droit d’usufruit que par
décision du tribunal.
Article 693 : - Les libéralités faites au conjoint survivant par l’époux précédé ne le privent pas de son
usufruit successoral, sauf déclaration expresse du disposant.
-7-
Paragraphe 3
Règles communes aux successions en usufruit
Article 694 : - Lorsque le droit successoral s’exerce en usufruit, le bénéficiaire est soumis aux
obligations ordinaires de l’usufruitier.
Article 695 : - A la demande de ceux qui succèdent en propriété, et moyennant sûretés suffisantes,
l’usufruit des père et mère ou du conjoint peut, avant le jour du partage, être converti soit en un
capital, soit en une rente viagère garantissant le maintien de l’équivalence initiale.
Si les héritiers sont en désaccord, la conversion peut être décidée par le tribunal.
Paragraphe 5
Les droits des frères et sœurs
Article 696 : - Les frères et sœurs du défunt viennent à la succession en l’absence de descendants.
S’ils sont en concours avec le conjoint et les père et mère, ils reçoivent le nue-propriété de ce
qui est accordé, en usufruit, à ces derniers.
En l’absence des père et mère, les droits des frères et sœurs sur cette part de l’héritage
s’exercent immédiatement en pleine propriété.
Article 697 : - En concours avec le seul conjoint survivant, les frères et sœurs reçoivent la moitié de la
succession en pleine propriété, et le quart en nue-propriété.
Section 2
De la dévolution familiale
Article 698 : - Une part de la masse successorale, variable selon la qualité des héritiers légaux, est
répartie entre les héritiers désignés par un conseil de famille dont la composition et le fonctionnement
sont fixés par les articles 699 et suivants du présent code.
Paragraphe 1
Les conseils de famille
Article 700 : - Le conseil de famille est présidé par le chef de famille ou par toute autre personne
habilitée à la représenter, ou choisie par les membres du conseil. Celui-ci dirige les débats et est
mandaté pour accomplir au nom du conseil les diverses formalités prévues par la loi.
Article 701 : - Le conseil de famille se réunit dans le meilleur délai possible, et, au plus tard, dans les
deux mois suivant l’ouverture de la succession.
A défaut d’exécuteur testamentaire, le conseil désigne un mandataire choisi, soit parmi les
membres proches de la famille, soit parmi les notaires ou conseils juridiques agréés. Ce mandataire a
notamment pour mission :
- de rechercher les différents successibles ;
-8-
- de faire procéder par un notaire à un inventaire des éléments actifs de l’indivision
successorale, avec leur état estimatif, conformément aux dispositions des articles 920 et
suivants du code de procédure civile ;
- de prendre toutes les mesures conservatoires dans l’intérêt de la succession ;
- de gérer activement et passivement les biens de la succession, avec les pouvoirs d’un tuteur
sur les biens d’un mineur ;
- de veiller à ce que l’épouse survivante soit remplie de son droit de subsistance prévu à l’article
483 du présent code.
Le conseil désigne les héritiers familiaux et fixe la part qui revient à chacun, soit en valeur,
conformément à la coutume du défunt.
Lorsque la succession comprend des biens immobiliers, le mandataire, s’il n’est lui-même
notaire, est assisté d’un notaire.
Article 702 : - Le mandataire doit, tous les six mois, rendre compte de sa gestion au conseil de
famille. Il est responsable de ses fautes envers les héritiers et les créanciers de la succession. Sa
mission prend fin soit par la convention d’indivision, soit par le partage.
Article 703 : - Les décisions du conseil de famille sont toujours prises à la majorité.
A défaut, toute personne intéressée par la dévolution familiale peut saisir le tribunal.
Article 704 : - Les décisions du conseil de famille sont établies par écrit et revêtues de la signature de
chacun des membres, légalisée par un officier d’état civil ou un notaire.
Article 705 : - Les décisions du conseil de famille ne prennent effet qu’à compter de l’homologation
par le tribunal, ou du dépôt de l’acte qui les contient au rang des minutes d’un notaire.
Ce dernier enregistre l’acte et en délivre des expéditions aux intéressés, s’ils le demandent.
Le notaire transmet une copie de l’acte au greffe du tribunal compétent.
Article 706 : - La décision d’attribution des biens entrant dans la succession familiale, prise
conformément aux dispositions de la loi, et régulièrement déposée au rang des minutes d’un notaire ou
homologuée par le tribunal, vaut envoi en possession des biens attribués aux divers successeurs.
Article 707 : - Dans un délai d’un mois après le dépôt chez le notaire ou l’homologation de l’acte
contenant la décision du conseil, tout intéressé peut contester celui-ci par requête motivée, adressée au
présidant du tribunal.
Paragraphe 2
Les quotités à répartir
Article 708 : - Les biens de la masse successorale qui ne font pas partie de la dévolution légale sont
soumis aux règles de la dévolution familiale. La part dans la massa globale s’établit par rapport à la
qualité et au nombre des héritiers légaux prenant part effectivement à la dévolution légale.
Article 709 : - Quelle que soit la qualité des héritiers appelés à la dévolution légale, la succession
familiale porte au moins sur un quart de la masse successorale.
Chapitre II
De la mise en œuvre
De la dévolution successorale
Section 1
De l’option des successibles
Paragraphe 1
Dispositions générales
-9-
Article 710 : - Dans le cadre de la succession légale, l’héritier appelé à succéder peut accepter la
succession purement et simplement, l’accepter sous bénéfice d’inventaire ou y renoncer.
Cette option est exercée librement par l’héritier ou celui qui a pouvoir pour le représenter.
Dans la succession familiale, la dévolution s’opérant toujours sur l’actif net, le successeur
désigné par le conseil de famille ne peut exercer l’option successorale. Toutefois, si après le partage il
se présente des créanciers qui peuvent valablement prétendre contre la succession, les successeurs
familiaux doivent contribuer au paiement dans la mesure de leur émolument déterminé d’après
l’inventaire avec état estimatif des biens de la succession.
Article 712 : - L’option porte sur la totalité de la succession faisant l’objet de la dévolution légale.
Chaque héritier exerce l’option séparément, pour sa part.
Article 713 : - Le successible qui n’a pas pris parti dans un délai de douze mois après l’ouverture de la
succession est réputé avoir renoncé à la succession.
Toutefois, pendant un délai de trois ans, il peut prouver par tout moyen qu’il n’a pas eu
connaissance de sa vocation successorale dès l’ouverture de la succession. Le délai d’option sera alors
compté à partir du jour où il établira avoir eu connaissance de cette vocation.
Article 714 : - Lorsque les successibles appelés en première ligne renoncent à la succession, ou sont
indignes de succéder, les héritiers de rang subséquent disposent, ^pour exercer l’option, des délais
prévus à l’article 713 ci-dessus.
Article 715 : - Celui qui décède avant d’avoir exercé l’option successorale qui lui revenait, transmet
ce droit à ses propres héritiers en ses lieu et place.
Chacun d’eux exerce l’option séparément pour sa part. A leur égard, le délai d’option court
depuis le décès de leur auteur.
Article 716 : - L’option exercée remonte dans ses effets au jour de l’ouverture de la succession.
Article 717 : - L’héritier qui a exercé son option peut demander au tribunal d’en être relevé en
prouvant que sa volonté a été viciée par erreur, dol ou violence.
Article 718 : - Si un successible s’abstient d’accepter une succession ou y renonce au préjudice des
ses créanciers, ceux-ci peuvent se faire autoriser en justice à l’accepter du chef de leur débiteur.
L’acceptation n’a lieu qu’en faveur des créanciers et jusqu’à concurrence de leurs créances.
Elle ne produit aucun effet à l’égard de l’héritier.
Paragraphe 2
L’acceptation pure et simple
Article 720 : - Toute cession faite par le successible, à titre gratuit ou onéreux, de ses droits dans la
succession, emporte acceptation pure et simple.
Il en est de même de la renonciation, même gratuite au profit d’un ou de plusieurs cohéritiers,
ou de l’ensemble des héritiers.
-10-
Article 721 : - L’accomplissement par le successible des mesures conservatoires ou de surveillance,
des actes d’administration provisoire, n’emporte pas acceptation, sauf s’il ne peut fournir justification
de l’emploi des fonds reçus de l’exécution de ces actes.
Article 722 : - Si, sans prendre la qualité d’héritier, le successible veut accomplir d’autres mesures ou
actes requis par intérêt de la succession et justifiés par urgence, il doit être autorisé par le président du
tribunal.
Article 723 : - Sous réserve de l’application des dispositions de l’article 652 du présent code, les
successibles qui auraient diverti ou recélé des biens de la succession sont héritiers purs et simples, sans
pouvoir prétendre à une part dans les objets divertis ou recélés.
Article 724 : - L’héritier acceptant pur et simple répond indéfiniment des dettes de la succession. Il
n’est tenu des legs de sommes d’argent qu’à concurrence de son émolument. Il peut demander à être
déchargé, en tout ou en partie, de son obligation pour une dette qu’il avait de justes raisons d’ignorer
au moment de l’acceptation.
Il doit introduire l’action dans un délai d’un an à compter du jour où il a eu connaissance du
passif.
Article 725 : - Les titres exécutoires contre le défunt le sont aussi contre l’héritier acceptant, un mois
après que la notification lui en a été faite.
Article 726 : - Contre tout créancier personnel de l’héritier, les créanciers du défunt et les légataires de
sommes d’argent peuvent demander à bénéficier du privilège de séparation du patrimoine du défunt
d’avec celui de l’héritier.
Ce doit ne peut être exercé que dans un délai de trois ans à l’égard des meubles. A l’égard des
immeubles, il peut être exercé tant qu’ils existent dans les mains de l’héritier.
L’inscription du privilège sur les immeubles doit se faire au livre foncier, au vu d’une
ordonnance du président du tribunal.
Article 727 : - La séparation des patrimoine ne peut être demandée contre les créanciers de la
succession personnels du successible.
Paragraphe 3
La renonciation
Article 728 : - La renonciation à une succession, hors le cas prévu à l’article 713, alinéa premier, ne se
résume pas.
Pour être opposable aux tiers, elle doit être faite par déclaration au greffe du tribunal, au lieu
d’ouverture de la succession, sur registre spécial tenu à cet effet.
Article 729 : - L’héritier qui renonce est censé n’avoir jamais été héritier.
La part du renonçant accroît à ses cohéritiers ; s’il est seul, elle est dévolue aux héritiers de
rang subséquent. En l’absence d’héritiers légaux, elle entre dans la succession familiale.
Article 730 : - On ne vient jamais à une succession par représentation d’un héritier renonçant. Si le
renonçant est seul héritier de son rang, ou si tous les héritiers renoncent, les enfants viennent de leur
chef et succèdent par tête.
Paragraphe 4
Acceptation sous bénéfice d’inventaire
Article 731 : - L’héritier qui désire accepter sous bénéfice d’inventaire doit en faire déclaration au
greffe du tribunal du lieu d’ouverture de la succession. Cette déclaration sera recueillie sur un registre
spécial tenu à cet effet.
-11-
Article 732 : - L’effet du bénéfice d’inventaire est de donner à l’héritier l’avantage de n’être tenu du
paiement des dettes successorales que dans la limite de la part d’actif qu’il a recueillie.
Le patrimoine personnel de l’héritier bénéficiaire ne sera pas confondu avec le patrimoine
successoral. Les créanciers successoraux bénéficient de plein droit du privilège de séparation des
patrimoines.
De plus, l’héritier bénéficiaire conserve contre la succession tous les droits qu’il avait
antérieurement contre le défunt.
Article 733 : - L’héritier bénéficiaire est responsable de ses fautes envers les créanciers.
Article 734 : - La déclaration d’acceptation sous bénéfice d’inventaire doit être suivie, dans les trois
mois, d’un inventaire notarié du patrimoine laissé par le défunt, conformément aux dispositions des
articles 920 et suivants du code de procédure civile.
L’inventaire comprend un état sommaire de l’actif et du passif, avec estimation des biens
meubles et immeubles.
Si le patrimoine ne comprend aucun bien immobilier, l’inventaire peut être dressé par l’héritier
ou le notaire, et être accompagné de l’affirmation, signée de l’héritier ou le notaire, que telle est la
consistance du patrimoine.
Article 735 : - L’inventaire est déposée au greffe du tribunal et les créanciers de la succession peuvent
s’en faire délivrer copie.
L’héritier dépose en même temps un projet de règlement du passif.
Article 736 : - A la diligence et à l’appréciation de l’héritier ou du notaire, il peut être procédé à des
publications afin d’appeler des créanciers inconnus à produire leurs créances.
L’indivision peut cesser à tout moment par le partage, à la demande de l’un quelconque des
héritiers appelés en rang utile à la succession légale.
Article 737 : - S’il est nécessaire, pour le règlement du passif, de procéder à des aliénations de
meubles ou d’immeubles appartenant à la succession, celles-ci doivent se faire sous le contrôle et la
responsabilité du notaire et, le cas échéant, du tribunal.
Article 738 : - Est déchu du bénéfice d’inventaire et réputé acceptant pur et simple, l’héritier qui,
sciemment et de mauvaise foi, a omis de comprendre dans l’inventaire du patrimoine ou dans le projet
de règlement du passif, des éléments, actifs ou passifs, de la succession.
Il en est de même lorsqu’il aura procédé seul à des aliénations, sauf s’il a obtenu auparavant
l’autorisation du président du tribunal.
Article 739 : - Le projet de règlement du passif est notifié à chacun des créanciers qui dispose d’un
délai d’un mois pour faire connaître son acceptation ou ses contestations. Le défaut de répondre dans
le délai vaut acceptation.
Article 740 : - La contestation est porté devant le président du tribunal qui peut ordonner, avant de
statuer, la mise en cause des autres créanciers et établit le règlement définitif de la succession.
Article 741 : - Le règlement définitif, résultant soit de l’acceptation unanime des créanciers, soit de la
décision définitive du président du tribunal, oblige l’héritier ou le notaire à procéder au paiement de
tous les créanciers pour le montant et dans les délais qui ont été fixés.
Article 742 : - Les dispositions du présent paragraphe, relatives aux créanciers de la succession, sont
applicables aux légataires particuliers de sommes d’argent. Toutefois, ils ne viennent dans la
répartition qu’après les créanciers de la succession.
-12-
Article 743 : - Après apurement du passif connu et reconnu, ce qui reste revient aux héritiers et
successeurs familiaux.
Article 744 : - S’il y a plusieurs héritiers bénéficiaires, il est toujours procédé à un règlement global de
la succession par le mandataire qui sera désigné.
Article 745 : - Le président du tribunal peut décider, à la demande de tout intéressé, qu’en raison de
circonstances exceptionnelles, il sera sursis, pour une durée limitée, aux opérations de liquidation.
Article 746 : - Les créanciers qui n’ont pas été admis au règlement du passif, à défaut d’avoir produit
en temps utile, n’ont de recours ni contre l’héritier, ni contre les créanciers qui ont participé au
règlement.
Néanmoins, ils disposent d’un recours contre l’héritier, en réparation du préjudice subi,
lorsque l’omission de leur créance au règlement lui est imputable.
Ils peuvent également agir contre l’héritier, ou contre le légataire de sommes d’argent, mais
dans la limite de leur émolument, s’ils établissent que c’est sans faute de leur part qu’ils n’ont pu être
admis au règlement.
Les actions prévues ci-dessus se prescrivent par trois années à partir du règlement définitif.
Paragraphe 5
Les successions vacantes
Article 747 : - Lorsque, d’une part, après l’expiration des délais prévus pour l’option de successible,
il ne se présente aucun héritier pour accepter la succession, et que, d’autre part, le conseil de famille
n’a pu se constituer ou délibérer valablement pour procéder à la dévolution familiale, la succession est
considérée comme vacante.
La vacance est déclarée conformément aux dispositions de l’article 959 du code de procédure
civile.
Article 748 : - La succession vacante appartient à l’Etat, qui la reçoit par l’intermédiaire du service
des domaines, conformément aux dispositions du code domanial.
Le service des domaines procède à l’inventaire des biens de la succession et peut exercer les
actions de l’hérédité.
Les dettes de la succession sont réglées jusqu’à épuisement de l’actif successoral en tenant
compte de la nature privilégiée ou chirographaire de chaque créance.
Les créanciers de la succession ne peuvent rien recevoir au delà de ce qui constitue les forces
de la succession.
Section 2
De l’indivision successorale
Article 749 : - Dès le jour du décès, les biens composant la masse successorale sont en indivision
entre tous les héritiers.
Article 751 : - A la demande d’un ou de plusieurs coindivisaires, héritiers légaux, le conseil de famille
peut décider, en établissant une convention d’indivision, des surseoir au partage de l’ensemble des
biens ou de certains d’entre eux seulement.
Toutefois, si un ou plusieurs de coindivisaires, héritiers légaux, sont opposés à ce maintien, ils
peuvent obtenir, sur leur demande, un partage partiel leur permettant de recevoir, soit en nature, soit en
valeur, leur part dans la succession.
-13-
Article 752 : - La demande de maintien dans l’indivision doit avoir une justification économique ou
familiale sérieuse. Elle permet notamment d’éviter la division d’une entreprise ou d’une exploitation
constituant une unité économique.
La présence de mineurs parmi les héritiers légaux peut également justifier le maintien de
l’indivision, total ou partiel.
Article 753 : - La décision du conseil de famille doit fixer la durée d’effet de la convention, qui ne
peut excéder cinq ans. A l’expiration de cette période, une nouvelle décision du conseil peut proroger
cette convention pour la même durée.
Lorsque les circonstances qui avaient justifié le maintien dans l’indivision se trouvent
sérieusement modifiées, nonobstant le délai prévu et à la demande d’un ou de plusieurs des héritiers
légaux coindivisaires, le conseil de famille peut toujours remettre en cause la persistance de
l’indivision.
Article 754 : - Le maintien de l’indivision suppose la désignation d’un gérant pour effectuer les actes
d’administration sur les biens indivis. Son mandat est d’un an ; il doit rendre compte au terme de sa
gestion ; le conseil peut renouveler son mandat pour la m^me durée. Le gérant peut être le mandataire
familial ou judiciaire visé aux articles 647 et 701 du présent code.
Article 755 : - A défaut de mandataire, les actes d’administration et de dispositions relatifs aux biens
indivis exigent le consentement de tous les héritiers légaux indivis.
L’un des héritiers peut cependant, par décision du tribunal fondé sur l’intérêt commun, être
autorisé à passer seul un acte exigeant le concours de tous. La même procédure peut être utilisée par le
mandataire pour les actes de disposition.
Article 756 : - Un héritier légal indivis peut toujours prendre seul les mesures nécessaires à la
conservation des biens indivis. Les frais éventuellement engagés sont à la charge de l’indivision.
Article 757 : - Chaque héritier légal indivis peut user et jouir des biens indivis conformément à leur
destination, dans la mesure compatible avec les droits des autres indivisaires, et avec l’effet des actes
régulièrement passés au cours de l’indivision.
A défaut d’accord entre les intéressés, l’exercice de ce droit est réglé, à titre provisoire, par le
président du tribunal.
L’indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire,
redevable d’une indemnité.
Article 758 : - Les fruits et revenus des biens indivis accroissent à l’indivision, à défaut de partage
provisionne ou de tout autre accord établissant la jouissance divise.
Chaque indivisaire a droit aux bénéfice provenant des biens indivis et supporte les pertes
proportionnellement à ses droits dans l’indivision.
Tout indivisaire peut demander sa part annuelle dans les bénéfices, déduction faîte des
dépenses entraînées par les actes qu’il a consentis, ou qui lui sont opposables.
Article 759 : - L’indivisaire qui gère un ou plusieurs biens indivis est redevable des produits nets de sa
gestion. Il a droit à la rémunération de son activité, dans les conditions fixées à l’amiable ou, à défaut,
par décision de justice.
Article 760 : - L’indivisaire qui peut aliéner à titre onéreux tout ou partie de ses droits dans les biens
indivis doit préalablement en informer le conseil de famille qui propose à l’héritier indivis qui le désire
l’achat de ces droits.
L’estimation est faîte d’un commun accord ; a défaut d’entente, les parties se remettent à
l’arbitrage du président du tribunal.
Lorsqu’une telle aliénation résulte d’une adjudication, l’indivisaire doit informer en temps
utile le conseil de famille. Tout coindivisaire peut alors exercer, pendant le délai d’un mois, un droit de
préemption sur les droits ayant fait l’objet de l’adjudication.
-14-
Le non-respect des diverses dispositions du présent article rend les cessions intervenues
annulables à la demande de l’un des indivisaires. L’action en nullité se prescrit par trois ans.
Section 3
Du partage successoral
Sous-section 1
De la formation de la masse partageable
Paragraphe 1
Le règlement du passif successoral
Article 761 : - Les créanciers peuvent poursuivre personnellement les héritiers et les légataires
universels ou à, titre universel, à proportion de leur part héréditaire, tant au cours de l’indivision
qu’après le partage.
Ils ne peuvent cependant agir contre les légataires que lorsque ceux-ci on obtenu l’envoi en
possession.
Article 762 : - Le légataire de somme d’argent peut agir, après le partage, contre les héritiers ou les
légataires universels ou à titre universel, à proportion de leur part héréditaire, et dans la limite de leur
émolument.
Article 763 : - Les cohéritiers contribuent entre eux au paiement du passif, chacun à proportion de son
émolument.
Article 764 : - Les légataires universels et à titre universel contribuent entre eux ou avec les héritiers,
à proportion de ce qu’ils recueillent.
Article 765 : - Le légataire particulier n’est pas tenu du passif, sauf des sûretés réelles qui grèvent
l’immeuble légué.
Celui qui acquitte la dette dont l’immeuble légué est grevé demeure subrogé aux droits des
créances contre les héritiers et les successeurs à titre universel.
Article 766 : - Les créanciers d’un copartageant, pour éviter que le partage ne soit fait en fraude de
leurs droits, peuvent s’opposer à ce qu’il y soit procédé hors de leur présence.
Ils ne peuvent attaquer un partage consommé, à moins qu’il n y ait été procédé sans eux, et au
mépris d’une opposition qu’ils auraient formée.
Paragraphe 2
Le rapport des dettes
Article 767 : - Chaque cohéritiers fait rapport à la masse des dettes dont il était tenu envers le défunt,
s’il ne s’en est pas volontairement acquitté au cours de l’indivision.
Article 768 : - Les cohéritiers créanciers du rapport ne peuvent exiger d’être payés avant le partage.
Article 769 : - Les dettes non encore échues lors du partage sont tout de même sujettes à rapport.
Article 770 : - Le rapport des dettes s’applique aussi à toutes les sommes dont un copartageant est
débiteur, en raison de l’indivision, envers ses coindivisaires, à moins que ceux-ci n’aient exigé le
paiement avant le partage, quand la créance résulte de la conservation ou de la gestion des biens
indivis.
Article 771 : - Les sommes rapportables produisent intérêts au taux légal, s’il n’en a pas été convenu
autrement.
-15-
Ces intérêts courent depuis l’ouverture de la succession si l’héritier est débiteur envers le
défunt, et à compter de la naissance de la dette lorsqu’elle est survenue en raison de l’indivision.
Article 772 : - Lorsque le copartageant débiteur a lui-même des créances à faire valoir, il n’est tenu au
rapport que si, balance faite, le compte présente un solde en faveur de la masse indivise.
Article 773 : - Le rapport des dettes se fait en moins prenant, si le montant excède la quote-part du
débiteur. Il en doit le paiement dans les conditions et délais qui affectent l’obligation.
Paragraphe 3
Le rapport, l’imputation et la réduction
Des libéralités faites au successible
Article 774 : - Tout héritier venant à la succession doit à ses cohéritiers le rapport des donations
reçues du défunt, sauf s’il en a été dispensé par clause expresse.
Le rapport des legs par l’héritier n’est dû que si le testateur l’a voulu.
Article 775 : - Les libéralités préciputaires ne peuvent être retenues ou réclamées que jusqu’à
concurrence de la quotité disponible.
Article 776 : - L’héritier qui renonce à la succession est toujours dispensé du rapport. Il reste soumis à
la réduction.
Article 777 : - Le bien qui a péri par cas fortuit et sans faute du donataire n’est pas sujet à rapport/
Toutefois, si ce bien a été reconstitué au moyen d’une indemnité perçue en raison de sa perte,
le donataire doit le rapporter dans la proportion de l’indemnité ayant servi à sa reconstitution.
Si l’indemnité n’a pas été utilisée à cette fin, elle est elle-même sujette à rapport.
Article 778 : - Sauf disposition contraire dans la libéralité, des fruits et intérêts des biens sujets à
rapport sont dûs depuis le jour de l’ouverture de la succession.
Article 779 : - Le rapport n’est dû que par le cohéritier à son cohéritier il n’est pas dû aux légataires,
ni aux créanciers de la succession.
Article 780 : - Le rapport se fait en moins prenant. Il ne peut être exigé en nature, sauf stipulation
contraire du disposant. Dans ce cas, le bien entre dans la masse successorale, libre des charges et droits
réels auxquels le disposant n’a pas consenti.
Article 781 : - L’héritier peut choisir le rapport en nature, sauf s’il a créé sur le bien de charges et
droits réels sans le concours du disposant.
Article 782 : - Le rapport est dû de la valeur du bien donné à l’époque du partage, d’après son état au
jour de la donation.
Si le bien a été aliéné avant le partage, on teint compte de la valeur à l’époque de l’aliénation,
et si un nouveau bien a été subrogé au bien aliéné, de la valeur de ce nouveau bien au jour du partage.
Le tout sauf stipulation contraire du disposant.
Article 783 : - On doit tenir compte à l’héritier soumis au rapport des améliorations et impenses
nécessaires faites pour valoriser ou simplement conserver le bien.
Article 784 : - Le cohéritier qui fait le rapport en nature peut retenir le bien donné jusqu’au
remboursement effectif des sommes qui lui sont dûes pour améliorations et impenses.
Article 785 : - En cas de rapport en nature, l’héritier doit tenir compte des dégradations et
détériorations qui ont diminué la valeur du bien donné, par son fait ou sa faute.
-16-
Article 786 : - La donation faite en avancement d’hoirie à un héritier réservataire qui accepte la
succession s’impute sur sa part de réserve et, subsidiairement, sur la quotité disponible, sauf clause
contraire expresse.
L’excédent est sujet à réduction.
Article 787 : - Toute libéralité faite par préciput et hors part s’impute sur la quotité disponible,
l’excédent est sujet à réduction.
Article 788 : - Les dons ou legs faits à un successible ou à des successibles conjointement sont soumis
à une réduction en valeur lorsqu’ils excèdent la quotité disponible.
L’indemnité se calcule d’après la valeur des objets donnés ou légués à l’époque du partage, en
fonction de leur état au jour où la libéralité a pris effet.
Elle est payable au jour du partage, sauf accord entre les cohéritiers.
Article 789 : - Le rapport d’une somme d’argent est égal à son montant. Toutefois, si elle a servi à
acquérir un bien, le rapport est dû de la valeur de ce bien au jour du partage, d’après son état au jour de
l’acquisition.
Sous-section 2
De l’attribution préférentielle
Article 790 : - Un ou plusieurs des héritiers désignés par la loi, soit concurremment, soit ensemble,
peuvent demander, avant le partage définitif, l’attribution intégrale d’une entreprise commerciale,
industrielle ou artisanale, ou d’une exploitation agricole ou forestière, dépendant de la succession et
constituant une unité économique.
Le bien dont on demande l’attribution ne doit pas être exploité sous forme sociale ; son
importance ne doit pas exclure un caractère familial. L’héritier demandeur doit en être copropriétaire
au moins depuis le jour de l’ouverture de la succession.
Article 791 : - La demande est adressée au conseil de famille qui délibère et décide selon les formes
habituelles. Toutefois, si un des demandeur appartient au conseil, pour cette délibération, il doit être
remplacé par un héritier de même rang ou, à défaut, par tout successible. Celui-ci est choisi d’un
commun accord par les autres membres du conseil.
Article 792 : - Le conseil de famille qui décide l’attribution établit, si nécessaire avec l’aide d’un
expert, le montant des soultes dues aux autres héritiers et les modalités de leur paiement. Le versement
différé des soultes suppose l’accord de tous les héritiers auxquels elles sont dues.
L’estimation des bien attribués se fait au jour du partage.
Article 793 : - En cas de vente du bien par l’attributaire, la fraction de la soulte encore due devient
immédiatement exigible. En cas de vente partielle, le prix reçu est versé aux copartageants et s’impute
sur la fraction de la soulte restant due.
Sous-section 3
Des opérations de partage
Paragraphe 1
Les règles générales
Article 794 : - Le tribunal du lieu d’ouverture de la succession est exclusivement compétent pour
connaître de l’action en partage et de contestations qui s’élèvent, soit à l’occasion du maintien de
l’indivision, soit dans les opérations de partage. C’est lui qui ordonne des licitations, et c’est devant lui
-17-
que doivent être portées les demandes relatives à la garantie des lots entre copartageants, et celles
relatives à l’annulation du partage.
Article 795 : - Si tous les héritiers sont présents et capables, le partage peut être fait soit par les parties
intéressées qui déposent l’acte de partage au rang des minutes d’un notaire avec reconnaissance
d’écriture et de signature, soit par le notaire désigné, sous la forme authentique.
S’il y a désaccord entre les héritiers, il est procédé à un partage judiciaire selon les règles du
code de procédure civile.
Lorsque un ou plusieurs héritiers sont incapables, le juge des tutelles doit autoriser le partage.
Article797 : - Celui qui est en indivision pour la jouissance peut demander le partage de l’usufruit par
voie de cantonnement sur un bien ou par voie de licitation.
La même faculté appartient au copropriétaire quant à la nue-propriété indivise.
Article 798 : - Le juge ne peut, à la demande d’un nu-propriétaire, ordonner la vente d’un bien grevé
d’usufruit contre la volonté de l’usufruitier. Il peut ordonner la vente du bien à la demande de
l’usufruitier, si cette mesure est la plus protectrice de l’intérêt des parties.
Paragraphe 2
Partage de la succession l égale
Article 799 : - La masse partageable comprend les biens présents à l’ouverture de la succession s’ils
existent encore à l’époque du partage, ou ceux qui leur ont été subrogés, ainsi que l’accroissement aux
uns et aux autres.
On y réunit les biens et les sommes sujets à rapport et à réduction.
Article 800 : - Il est procédé, sur la masse partageable, à la composition d’autant de parts qu’ils y a
d’héritiers copartageant, ou de souches ou de lignes copartageantes.
Article 801 : - La valeur de chaque part est égale à celle des droits indivis dont le copartageant doit
être rempli.
Article 802 : - En vue de leur répartition, les biens sont estimés à la date la plus proche du partage.
Article 803 : - L’égalité dans les partages est une égalité en valeur.
Le règlement des soultes éventuellement dues entre les copartageants est soumis aux mêmes
règles que celles prévues pour l’attribution préférentielle.
Article 804 : - Les lots sont faits par l’un des copartageants, s’ils peuvent s’accorder entre eux sur son
choix.
Dans le cas contraire, ils sont faits par le notaire chargé de régler la succession.
Article 805 : - Les sommes dues par un copartageant au titre du rapport ou de la réduction sont
imputées sur ses droits dans la masse et ne donne lieu à paiement que si elles en excèdent le montant.
Les créanciers du rapport ou de la réduction peuvent prélever une valeur égale sur la masse
partageable, si la division de celle-ci s’en trouve facilitée.
Article 806 : - Il est procédé à la vente des biens qui ne peuvent être partagés ou attribués selon les
règles établies par la loi.
La vente a lieu dans les formes prévues par le code de procédure civile.
-18-
Article 807 : - Après le partage, chaque copartageant reçoit les titres particuliers pour les objets qui lui
sont échus.
Les titres d’une propriété immobilière divisée restent à celui qui a la plus grande part.
Les titres communs à tous les héritiers sont établis au nom de chaque copartageant.
Paragraphe 3
Partage de la succession familiale.
Article 808 : - Lorsque est établit l’actif net de la masse successorale, le conseil de famille, compte
tenu de la part soumise à la dévolution familiale, détermine les biens qui en font l’objet et fixe les
attributions des successeurs familiaux qu’il choisit.
Article 809 : - Pour faciliter le partage, Il peut être procédé selon les règles établies pour la succession
légale.
Article 810 : - L’acte constatant la répartition des biens entre les successeurs familiaux est soumis à
toutes les règles concernant les décisions du conseil de famille.
Sous-section 4
Des effets du partage
Article 811 : - Chaque cohéritier est censé avoir succédé seul et immédiatement à tous les effets
compris dans le lot, ou à lui échus sur licitation, et n’avoir jamais eu la propriété des autres effets de la
succession.
Il en est de même de tous les biens qui lui sont advenus par tout autre acte ayant fait cesser
l’indivision.
Article 812 : - Les cohéritiers demeurent respectivement garants, les uns envers les autres, des seuls
troubles et évictions qui procèdent d’une cause antérieure au partage.
Il n y a pas lieu à garantie si la cause de l’éviction ou des troubles se trouve dans la faute de
l’héritier qui en est victime.
La garantie d’éviction peut être limitée par une clause expresse de l’acte de partage.
Article 813 : - Chacun des cohéritiers est personnellement obligé, à proportion de son émolument,
d’indemniser le cohéritier évincé, de la perte qu’il a subie, d’après la valeur du bien au jour de
l’éviction.
L’insolvabilité de l’un des cohéritiers se répartit entre le garanti et les autres héritiers
solvables.
Article 814 : - L’action en garantie ne peut être exercée que dans les trois années qui suivent
l’éviction ou la découverte du trouble.
Sous-section 5
De la nullité du partage
Article 815 : - Les partages peuvent être annulés pour cause de violence ou de dol.
Ils peuvent aussi être annulés pour cause d’erreur, si l’erreur a porté sur l’existence ou la
quotité des droits des copartageants.
A la demande de l’une des parties, le juge peut se contenter d’ordonner un partage
complémentaire ou rectificatif.
Article 816 : - L’action n’est pas admise contre une vente de droits successifs faite sans fraude à l’un
des cohéritiers, à ses risques et périls, par ses autres cohéritiers, ou l’un d’eux, lorsque l’aléa a été
défini dans l’acte et expressément accepté par le cessionnaire.
-19-
Article 817 : - L’action en nullité n’est plus recevable lorsque le cohéritier a aliéné tout ou partie de
son lot postérieurement à la découverte de l’erreur, du dol, ou de la cessation de la violence.
L’action en nullité se prescrit par un an à compter du jour où la cause a cessé ou a été connue.
TITRE II
DES LIBERALITES
Chapitre I
Règles communes aux libéralités
Section 1
De la disposition à titre gratuit
Article 818 : - On peut disposer de ses biens à titre gratuit, par donation entre vifs ou par testament.
Le caractère gratuit d’un acte s’apprécie compte tenu de l’intention des parties, quelle qu’en
soit la forme ou l’apparence.
Article 819 : - La donation entre vifs est le contrat, résultant d’une intention libérale, par lequel le
donateur transfère un droit réel sur un bien à un donataire qui l’accepte sans contrepartie.
Article 820 : - Le testament est un acte juridique unilatéral révocable, par lequel le testateur dispose
de tout ou partie de ses biens au profit d’une ou de plusieurs personne après sa mort.
Article 821 : - Est prohibée la substitution par laquelle un disposant impose à une personne gratifiée
l’obligation de conserver, sa vie durant, les biens donnés ou légués afin de les transmettre à sa mort à
une seconde personne nommément désignée.
La disposition permettant à un tiers de recueillir le don, l’hérédité ou le legs, dans le cas ou le
donataire, l’héritier institué ou le légataire ne le recueillerait pas, ne sera pas considérée comme une
substitution.
Il en va de même pour la disposition entre vifs ou testamentaire qui accorde à l’un l’usufruit
d’un bien et à l’autre la nue-propriété.
Article 822 : - Les libéralités sont soumises à l’ensemble des règles de formation des actes juridiques
chaque fois qu’il n’en est pas disposé autrement par la loi.
Article 823 : - Les donations ou les legs peuvent s’accompagner des mêmes modalités que celles
affectant les obligations civiles.
Les conditions impossibles, illicites ou immorales affectant une libéralité sont réputées non
écrites. Si elle constitue la cause impulsive et déterminante de l’acte à titre gratuit, celui-ci est annulé
en toutes ses dispositions.
Article 824 : - Le disposant peut accompagner sa libéralité d’une clause d’inaliénabilité, pourvu
qu’elle soit limitée dans le temps et justifiée par un intérêt sérieux et légitime.
Nonobstant toute clause contraire, et sans pouvoir perdre le bénéfice de la libéralité, tout
bénéficiaire peut toujours s’adresser au tribunal pour être autorisé à disposer du bien si l’intérêt qui
avait justifié la clause a disparu, ou si un intérêt plus important l’exige.
Lorsqu’une telle libéralité est adressée à l’Etat, à des collectivités publiques ou à des
établissements publics, les dispositions du code domanial sont applicables.
Article 825 : - Tout majeur ou mineur émancipé, en état de tester, peut régler les conditions de ses
funérailles, notamment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à leur donner, et le mode de
sépulture.
Il peut charger une ou plusieurs personnes de veiller à l’exécution de ces dispositions.
La volonté exprimée dans un testament ou dans une déclaration faite en la forme testamentaire
a la même force qu’une disposition testamentaire relative aux biens.
-20-
Section 2
De la capacité de disposer et de recevoir
Paragraphe 1
Les règles générales
Article 826 : - Toute personne majeur ou mineur émancipée, peut librement disposer de ses biens à
titre gratuit, dans les conditions et limites fixées par la loi.
La capacité du donateur s’apprécie au jour de la donation, celle du testateur au jour du
testament.
Article 827 : - Pour recevoir à titre gratuit, il suffit d’être conçu au jour de la donation ou au jour du
décès du testateur, sous réserve des règles particulières concernant le contrat d’assurance.
La disposition n’a cependant effet que si l’enfant naît vivant et viable.
Article 828 : - Les incapables mineurs et les majeurs protégés ne peuvent disposer ou recevoir que
dans les conditions fixées dans le livre premier du présent code.
Article 829 : - Toute disposition à titre gratuit doit émaner d’une personne saine d’esprit. La
contestation d’une libéralité, fondé sur l’insanité d’esprit du disposant, est réglée par l’article 639 du
présent code.
Article 830 : - Les groupements de droit privé, bénéficiant de la personnalité morale, peuvent
librement recevoir des libéralités. Toutefois, les associations reconnues d’utilité publique devront être
autorisées, par arrêté du ministre chargé de l’Administration du territoire, à recevoir les libéralités
dépassant un montant qui est fixé par décret.
Article 831 : - Les libéralités adressées à l’Etat, aux collectivités publiques, aux établissements publics
sont acceptées dans les conditions établies par les dispositions du code domanial.
Article 832 : - Est nu, l’acte qui, par un déguisement ou une interposition de personne, vise à passer
outre aux règles concernant les incapacités de disposer ou de recevoir.
Paragraphe 2
Les incapacités spéciales
Article 833 : - Le tuteur ne peut recevoir des libéralités de son ex-pupille tant que le compte définitif
de tutelle n’est pas rendu et apuré.
Les médecins et les membres de profession de santé ne peuvent recevoir aucune libéralité de
la part des malades qu’ils ont soignés durant leur dernière maladie.
Dans ce dernier cas, l’incapacité disparaît lorsque le bénéficiaire est un parant du disposant.
Article 834 : - Les individus condamnés pour détournement de deniers publics sont frappés d’une
incapacité de donner à titre gratuit pendant tout le temps écoulé depuis les faits incriminés jusqu’à
l’exécution des restitutions et les condamnations à dommages et intérêts prononcées contre eux.
Cette incapacité frappe également les condamnés à une peine de réclusion à perpétuité.
Section 3
De la quotité disponible
Paragraphe 1
La réserve héréditaire
-21-
Article 835 : - Nul ne peut disposer, par donation ou par testament, de plus de la moitié de ses biens
lorsqu’il laisse un ou plusieurs descendants régulièrement appelés à la succession légale.
Article 836 : - A défaut de descendants venant à la succession légale, les libéralités peuvent porter sur
l’ensemble des biens du disposant, même sur ceux pouvant faire l’objet d’une dévolution familiale.
Article 837 : - Si la libéralité porte sur un usufruit ou une rente viagère dont la valeur excède la
portion disponible, les héritiers réservataires choisissent d’exécuter cette disposition ou de faire
l’abandon de la propriété de la quotité disponible.
Article 838 : - Les libéralités adressées aux successibles , descendants ou autres héritiers venant à la
succession, sont sujettes à rapport par le bénéficiaire, sauf s’il en a été dispensé expressément, soit
dans l’acte contenant la libéralité, soit dans un acte postérieur établi dans les formes exigées pour les
libéralités.
L’héritier renonçant est dispensé du rapport.
Article 839 : - Le rapport s’opère dans les formes et conditions prévues aux articles 774 et suivants du
présent code.
Paragraphe 2
La protection de la réserve
Article 840 : - Les libéralités qui excèdent la quotité disponible sont réduites à cette quotité à
l’ouverture de la succession.
La réduction ne profite qu’aux héritiers protégés.
En présence des libéralités, les droits des héritiers légaux non réservataires et ceux des
successeurs familiaux ne s’exercent que dans la mesure où la quotité disponible n’a pas été épuisée par
le disposant.
Article 841 : - Seuls les héritiers protégés ou leur ayants cause peuvent demander la réduction des
libéralités excédent la quotité disponible.
Article 842 : - La détermination de l’atteinte à la réserve s’opère à partir de la masse de tous les biens
laissés par le disposant, à laquelle on ajoute, fictivement, après en avoir déduit les dettes, tous les biens
dont il a disposé entre vifs. Ces biens sont évalués au jour de l’ouverture de la succession, d’après leur
état au jour de la donation.
Si les biens donnés ont été aliénés, il est tenu compte de leur valeur au jour de l’aliénation, et
s’il y a eu subrogation, de la valeur des nouveaux biens au jour de l’ouverture de la succession.
Article 843 : - Dès lors que la valeur de l’ensemble des biens donnés ou légués dépasse la moitié de la
valeur de la masse de calcul ainsi formée, Il y a lieu à réduction au profit des descendants venant à la
succession.
Article 844 : - La réduction s’opère d’abord sur les legs, simultanément et proportionnellement, sauf
si le testateur a établi un ordre de préférence pour l’exécution de legs.
Article 845 : - Si la réduction des legs est insuffisante pour remplir l’héritier e sa réserve, la réduction
s’étend aux donations, en commençant par la plus récente.
Article 846 : - La réduction s’opère en nature. Toutefois, soit parce que le bénéficiaire de la libéralité
réduite est un héritier venant à la succession, soit parce que le disposant l’a clairement exprimé, elle
peut s’opérer en valeur seulement.
L’héritier subit la réduction en moins prenant.
-22-
Article 847 : - Le donataire est tenu de restituer les fruits de ce qui excède la portion disponible à
compter du jour du décès du donateur, si la demande en réduction a été faite dans l’année, sinon du
jour de la demande.
Article 848 : - Les droits réels créés par le donataire s’éteignent par l’effet de la réduction, à moins
que le donateur ait consenti à leur création.
Article 849 : - Lorsque les immeubles donnés ont été aliénés par le donataire, celui-ci est soumis à la
réduction dans les mêmes conditions que l’héritier soumis au rapport.
Si le donataire se révèle insolvable, les héritiers peuvent exercer l’action en réduction et en
revendication contre les tiers détenteurs de l’immeuble.
Chapitre II
Des donations
Section 1
De la forme des donations
Article 850 : - La donation est un contrat pour lequel le consentement de parties doit être constaté
dans un acte authentique.
Le consentement au donataire peut intervenir postérieurement à la donation, pourvu qu’il soit
donné avant le décès du disposant et reçu en la forme authentique.
Article 851 : - La donation mobilière est accompagnée d’un état estimatif des biens donnés qui est,
soit intégré à l’acte de donation, soit établi entre les parties dans un acte sous seing privé annexé à
l’acte de donation.
Article 852 : - La donation des biens immobiliers est soumise à l’inscription au livre foncier.
Article 853 : - Le non-respect des formes imposées par la loi est toujours sanctionné par la nullité de
la donation.
Article 854 : - Les donations indirectes sont établies dans les formes que la loi exige pour l’acte qui
leur sert de support.
Article 855 : - Les donations déguisées ou par personne interposée sont nulles chaque fois qu’elles
sont destinées à faire obstacle à l’application d’une règle d’ordre public.
Section 2
De l’irrévocabilité des donations
Paragraphe 1
La mise en œuvre du principe
Article 856 : - Toute donation est irrévocable, à moins d’une volonté commune contraire des parties,
postérieurement à la donation.
Article 857 : - La donation ne peut comprendre que les biens présents du donateur.
Article 858 : - Est nulle, toute donation contenant une clause permettant au donateur de reprendre,
directement ou indirectement, tout ou partie des biens donnés.
Article 859 : - Toutefois, le donateur peut conditionner sa donation à l’acquittement par le donataire
des dettes existantes au jour de la donation, ou de certaines d’entre elles.
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Article 860 : - Le donateur peut également réserver à son profit ou à celui d’un tiers la jouissance ou
l’usufruit du bien, objet de la donation.
Article 861 : - Si la donataire décède sans descendant avant le donateur, les biens donnés font retour
au disposant.
Les biens font l’objet du droit de retour dans la mesure où ils se trouvent encore dans le
patrimoine du donataire et dans l’état où ils se trouvent. Ils sont cependant libres de toutes charges
auxquelles le donateur n’a pas consenti.
Article 862 : - La donation affectée d’une condition dont la réalisation dépend de la volonté du
donateur est nulle.
Paragraphe 2
Les exceptions à l’irrévocabilité
Article 863 : - La donation peut être révoquée en cas d’inexécution des conditions imposées au
donataire, ou pour cause d’ingratitude, ou pour survenance d’enfant au donateur.
Article 864 : - La révocation pour inexécution des conditions ou pour ingratitude est toujours
judiciaire. Cette révocation a tous les effets de la résolution.
Article 866 : - La demande en révocation pour inexécution des conditions ou pour ingratitude doit être
adressée au tribunal par le donateur dans le délai d’un an après qu’il a eu connaissance des faits la
justifiant.
Les ayants droit du donateur peuvent poursuivre l’action commencée. Ils peuvent intenter
l’action en révocation, pourvu que ce soit dans l’année qui suit le décès du donateur.
Article 867 : - Lorsque le donateur n’a pas d’enfants ou de descendants vivants au moment de la
donation, celle-ci est révoquée de plein droit par la survenance d’un enfant légitime au donateur,
même posthume, ou par la légitimation par mariage d’un enfant naturel né depuis la donation. Il en est
de même dans le cas de survenance d’un enfant naturel reconnu.
Cette révocation intervient même si l’enfant est conçu au jour de la donation.
Aucune clause ne peut faire obstacle à cette révocation.
Si le donateur persiste dans son intention libérale, il doit faire une nouvelle donation dans les
formes requises.
Chapitre III
Des testaments
Section 1
Des différentes formes de testament
Article 868 : - Le testament doit être fait en la forme olographe ou en la forme authentique.
Lorsque l’une de ces formes n’a pas été utilisée, le testament peut être reçu par trois personne
au moins appelées à cet effet par le mourant ; dans ce cas, les déclarations de ceux qui ont reçu les
dernières volontés du défunt doivent être appréciées par le conseil de famille et par le tribunal en cas
de désaccord.
Article 869 : - Le testament olographe est celui qui est entièrement rédigé de la main du testateur, daté
et signé par lui.
-24-
Les interlignes, les ratures, les surcharges, les renvois et les apostilles doivent être approuvés
au moins par un paraphe.
Article 870 : - Le testament authentique est reçu par un notaire assisté de deux témoins.
Les témoins doivent être de nationalité gabonaise, majeurs et capables, de bonne vie et
mœurs ; ils savent signer.
Les témoins ne peuvent être des légataires ou des parents héritiers légaux du testateur. Le mari
et la femme ne peuvent être témoins pour le même acte.
Article 871 : - Le testament authentique doit être dicté par le testateur ; le notaire l’écrit lui-même ou
le fait écrire. Il n’est pas nécessairement manuscrit.
Article 872 : - Le testament authentique est soumis aux règles habituelles de rédaction des actes
notariés ; en particulier, lecture doit être faite au testateur de l’acte qui est ensuite daté et signé par le
disposant, le notaire et les témoins présents durant tout le processus de rédaction du testament.
L’accomplissement des diverses formalités légales est mentionné dans l’acte.
Si le testateur déclare qu’il ne peut ou ne sait signer, il est fait mention de sa déclaration et de
la case qui l’en empêche.
Article 873 : - Ceux qui ne savent pas lire ou ne peuvent écrire testent nécessairement en la forme
authentique, sous réserve des dispositions de l’alinéa 2 de l’article 868 du présent code.
Article 874 : - L’ensemble des règles de rédaction des testaments doit être observé, à peine de nullité.
Section 2
Des différentes formes de legs
Article 875 : - Les dispositions testamentaires sont universelles, à titre universel ou à titre particulier.
Le légataire universel, le légataire à titre universel peuvent exercer l’option successorale dans
les m^mes conditions que l’héritier.
Paragraphe 1
Le légataire universel
Article 877 : - Le légataire universel est saisi de plein droit au jour du décès du testateur, s’il n’y a pas
d’héritier réservataire.
Toutefois, avant d’être mis en exécution, le testament olographe établissant sa vocation
successorale universelle doit être déposé entre les mains d’un notaire et est conservé au rang des
minutes du dépositaire.
Article 878 : - Lorsqu’il y a des héritiers réservataires, le légataire universel doit se faire envoyer en
possession par ordonnance du président du tribunal.
Article 879 : - Le légataire universel, en concours avec un héritier auquel la loi réserve une quotité de
biens, est tenu des dettes de la succession personnellement, à proportion de sa part héréditaire, et non
de son émolument effectif.
Il est tenu d’acquitter les legs de sommes d’argent à concurrence de son émolument, sauf cas
de réduction.
-25-
Article 880 : _ Lorsqu’il y a concours entre légataires universels, le passif de la succession se répartit
entre eux dans la même proportion que l’actif.
Article 881 : - Le légataire universel recevant dans son lot un immeuble hypothéqué est obligé pour le
tout sauf le concours en contribution contre les autres héritiers ou légataires universels.
Paragraphe 2
Le légataire à titre universel
Article 882 : - Le legs à titre universel est celui qui a pour objet une fraction déterminée de l’hérédité.
Le legs d’usufruit sur les biens du disposant ou une partie d’entre eux est toujours un legs à titre
universel.
Article 883 : - Le légataire à titre universel n’est jamais saisi de plein droit.
Il doit se faire envoyer en possession par ordonnance du président du tribunal.
Article 884 : - Le légataire à titre universel n’exerce ses droits dans la succession que dans la mesure
de sa vocation successorale.
Article 885 : - Le légataire à titre universel est tenu, de la même manière que le légataire universel,
des dettes et legs de sommes d’argent qui grèvent la succession.
Paragraphe 3
Le légataire à titre particulier
Article 886 : - Le legs portant sur un ou plusieurs biens déterminés ou déterminables est un legs à titre
particulier.
Dès le jour du décès du disposant, le légataire a droit à la chose léguée, droit qu’il peut
transmettre. Cependant, il ne peut être mis en possession de la chose léguée et en recueillir les fruits
que du jour de l’envoi en possession, sauf disposition contraire expresse dans le testament, ou lorsque
le légataire est également héritier du testateur.
Article 887 : - Le légataire à titre particulier doit se faire envoyer en possession par ordonnance du
président du tribunal.
Article 888 : - Les héritiers du testateur ou autres débiteurs d’un legs de sommes d’argent sont tenus
de l’acquitter chacun à proportion de sa part héréditaire et dans les limites de son émolument.
Article 889 : - La chose léguée est délivrée avec ses accessoires et dans l’état où elle se trouve au jour
du décès du disposant.
Paragraphe 4
L’exécuteur testamentaire
Article 891 : - Le testateur peut désigner une ou plusieurs personnes chargées de veiller à l’exécution
du testament.
Article 892 : - A défaut de désignation par le testateur, le mandataire désigné par le conseil de famille
pour le règlement successoral est mandaté pour la même mission.
Article 893 : - La mission de l’exécuteur testamentaire ne peut durer plus d’un an ; à son terme,
l’exécuteur rend compte au conseil de famille et, le cas échéant, au notaire.
-26-
Article 894 : - L’exécuteur testamentaire peut, en cas de besoin, faire procéder à l’apposition de
scellés, dresser un inventaire de la succession et vendre les meubles nécessaires à l’acquittement du
passif, sous contrôle du conseil de famille et, le ces échéant, du notaire.
Il veille, en tous points, à l’exécution fidèle du testament.
Les frais engagés pour l’exécution de sa mission sont à la charge de la succession.
Section 3
Des causes de disparition de legs
Article 895 : - Le testament est toujours révocable, soit par disposition expresse en la forme
testamentaire, soit par la manifestation d’une volonté postérieure incompatible avec le maintien total
ou partiel des dispositions testamentaires.
Article 896 : - La destruction volontaire du testament par son auteur équivaut à sa révocation. Les
alternations portées par le testateur sur l’acte ont en effet révocatoire partiel ou total, selon les
mentions altérées.
Article 897 : - La révocation pour inexécution des conditions ou pour ingratitude du légataire est
soumise aux mêmes conditions que celles concernant la donation.
Chapitre IV
Des partages d’ascendants
Article 898 : - Par une donation, un ascendant peut procéder lui-même, de son vivant, au partage de sa
succession entre ses descendants, héritiers présomptifs, en fixant le lot de chacun.
Ce partage peut porter sur tout ou partie de la succession.
Les bénéficiaires étant les seuls héritiers réservataires, les autres héritiers légaux ou familiaux
peuvent être ainsi privés de tout droit dans la succession.
Article 899 : - La donation-partage est soumise aux conditions de formation des donations ordinaires.
Elle ne peut porter que sur les biens présents du donateur.
Sauf disposition expresse contraire, elle constitue pour chaque bénéficiaire un avancement d’hoirie
imputable sur sa part de réserve.
Article 900 : - Le descendant qui n’a pas concouru à la donation-partage, ou qui a reçu un lot inférieur
à sa part de réserve est rempli de ses droits avec des biens faisant partie de la part disponible. A défaut,
il est procédé à la réduction des lots des copartageants.
Article 901 : - En ce qui concerne l’imputation des libéralités, le calcul de la réserve et la réduction, la
donation-partage suit les règles établies pour les donations ordinaires.
Article 902 : - Au décès du disposant, une telle donation a tous les effets attachés au partage.
Article 903 : - Le lot de certains des descendants peut être composé avec des biens faisant partie des
donations reçues antérieurement, même si elles sont préciputaires.
Article 904 : - L’ascendant donateur peut toujours se réserver l’usufruit de tout ou partie de biens
jusqu’à son décès, et prévoir la réversibilité de cet usufruit au profit de sont conjoint survivant.
Article 905 : - Au décès du donateur, seuls les biens qui ne sont pas compris dans la donation-partage
font partie de la masse successorale
Chapitre V
Dispositions pénales
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Article 906 : - Toute personne convaincue soit d’avoir falsifié, lacéré, dissimulé ou détruit un
testament, soit d’y avoir incité ou contribué par quelque moyen que ce soit, est punie des peines de
faux en écriture privée prévues par l’article 119 du code pénal.
Chapitre VI
Dispositions transitoires et finales
Article 907 : - La présente loi est applicable aux successions ouvertes avant son entrée en vigueur,
mais qui n’ont pas fait l’objet d’un jugement définitif d’hérédité.
Article 908 : - La présente loi sera enregistrée, publiée selon la procédure d’urgence et exécutée
comme loi de l’état.
Le Premier Ministre,
Chef du gouvernement
Léon MEBIAME
Le Ministre de la Justice,
Garde des Sceaux
Sylvestre OYOUOMI
Le Ministre d’Etat,
Ministre des Domaines,
du Cadastre et du Droit de la Mer
Henri MINKO
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TABLE DES MATIERES
TITRE I
Des successions …….……………………………………………………… articles 647 à 817
Chapitre préliminaire
Règles fondamentales …………………………………………………..… articles 647 à 670
Section 1
De l’ouverture de la succession …………………………………………..... articles 647 à 648
Section 2
Des qualités requises pour succéder ……………………………………….. articles 649 à 655
Section 3
De la preuve de la vocation successorale …………………………………... articles 656 à 661
Section 4
De la saisine ………………………………………………………………... articles 662 à 665
Section 5
Des différentes dévolutions ………………………………………………... articles 666 à 670
Chapitre I
Des vocations successorales ……………………………………………… articles 671 à 709
Section 1
De la dévolution légale ……………………………………………………. Articles 671
Sous-section 1
De la représentation de la fente et des degrés ……………………………… articles 672 à 682
Paragraphe 1
La représentation …………………………………………………………... articles 672 à 677
Paragraphe 2
La fente …………………………………………………………………….. articles 678 à 679
Paragraphe 3
Les degrés ………………………………………………………………….. articles 680 à 682
Sous-section 2
Des héritiers légaux……………………………………………………….... articles 683 à 685
Sous-section 3
Des différentes quotités …………………………………………………… articles 686 à 697
Paragraphe 1
Les droits des descendants ………………………………………………… articles 687 à 688
-29-
Paragraphe 2
Les droits des père et mère ………………………………………………… articles 689 à 690
Paragraphe 3
Les droits du conjoint ……………………………………………………… articles 691 à 693
Paragraphe 4
Règles communes aux succession en usufruit …………………………….. articles 694 à 695
Paragraphe 5
Les droits des frères et sœurs ……………………………………………… articles 696 à 697
Section 2
De la dévolution familiale …………………………………………………. articles 698 à 709
Paragraphe 1
Le conseil de famille ………………………………………………………. articles 699 à 707
Paragraphe 2
Les quotités à répartir …………………………………………………….. articles 708 à 709
Chapitre II
De la mise en œuvre
De la dévolution successorale …………………………………………….. articles 710 à 817
Section 1
De l’option des successibles ……………………………………………... ... articles 710 à 748
Paragraphe 1
Dispositions générales ……………………………………………………… articles 710 à 718
Paragraphe 2
L’acceptation pure et simple ……………………………………………….. articles 719 à 727
Paragraphe 3
La renonciation ……………………………………………………………... articles 728 à 730
Paragraphe 4
Acceptation sous bénéfice d’inventaire ……………………………………. articles 731 à 746
Paragraphe 5
Les successions vacantes …………………………………………………… articles 747 à 748
Section 2
De l’indivision successorale ……………………………………………….. articles 761 à 789
Section 3
Du partage successoral …………………………………………………….. articles 761 à 817
Sous-section 1
De la formation de la masse partageable …………………………………… articles 761 à 789
Paragraphe 1
-30-
Le règlement du passif successoral ………………………………………… articles 761 à 766
Paragraphe 2
Le rapport des dettes ……………………………………………………….. articles 767 à 773
Paragraphe 3
Le rapport, l’imputation et la réduction
des libéralités faites aux successibles ……………………………………… articles 774 à 789
Sous-section 2
De l’attribution préférentielle ……………………………………………… articles 790 à 793
Sous section 3
Des opérations de partage …………………………………………………. articles 794 à 810
Paragraphe 1
Les règles générales ……………………………………………………….. articles 794 à 798
Paragraphe 2
Partage de la succession légale ……………………………………………. articles 799 à 807
Paragraphe 3
Partage de la succession familiale ………………………………………… articles 808 à 810
Sous-section 4
Des effets du partage ……………………………………………………… articles 811 à 814
Sous-section 5
De la nullité du partage …………………………………………………… articles 815 à 817
TITRE II
Des libéralités ……………………………………………………………. articles 818 à 908
Chapitre I
Règles communes aux libéralités ………………………………………. articles 818 à 849
Section 1
De la disposition à titre gratuit …………………………………………….. articles 818 à 825
Section 2
De la capacité de disposer et de recevoir ………………………………… articles 826 à 834
Paragraphe 1
Les règles générales ……………………………………………………… articles 826 à 832
Paragraphe 2
Les incapacités spéciales ………………………………………………… articles 833 à 834
Section 3
De la quotité disponible …………………………………………………. articles 835 à 849
Paragraphe 1
La réserve héréditaire ……………………………………………………. articles 835 à 839
-31-
Paragraphe 2
La protection de la réserve ……………………………………………. … articles 840 à 849
Chapitre II
Des donations …………………………………………………………… articles 850 à 867
Section 1
De la forme des donations ………………………………………………… articles 850 à 855
Section 2
De l’irrévocabilité des donations …………………………………………. articles 856 à 867
Paragraphe 1
La mise en œuvre du principe …………………………………………….. articles 856 à 862
Paragraphe 2
Les exceptions à l’irrévocabilité …………………………………………… articles 863 à 867
Chapitre III
Des testaments …………………………………………………………… articles 868 à 897
Section 1
Des différentes formes de testament …………………………………….... articles 868 à 874
Section 2
Des différentes formes de legs ……………………………………………. articles 875 à 894
Paragraphe 1
Le légataire universel ……………………………………………………… articles 876 à 881
Paragraphe 2
Le légataire à titre universel ……………………………………………….. articles 882 à 885
Paragraphe 3
Le légataire à titre particulier ……………………………………………… articles 886 à 890
Paragraphe 4
L’exécuteur testamentaire ………………………………………………….. articles 891 à 894
Section 3
Des causes de disparition des legs …………………………………………. articles 895 à 897
Chapitre IV
Des partages d’ascendants ………………………………………………. articles 898 à 905
Chapitre V
Dispositions pénales ……………………………………………………… articles 906
Chapitre sixième
Dispositions transitoires et finales ……………………………………… articles 907 à 908
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