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Limites maximales pour contaminants alimentaires

Ce règlement modifie un règlement précédent concernant les teneurs maximales de certains contaminants dans les denrées alimentaires. Il fixe des limites pour les aflatoxines dans certaines épices et pour l'ochratoxine A dans les céréales et produits à base de céréales en raison des risques pour la santé humaine posés par ces mycotoxines.

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Limites maximales pour contaminants alimentaires

Ce règlement modifie un règlement précédent concernant les teneurs maximales de certains contaminants dans les denrées alimentaires. Il fixe des limites pour les aflatoxines dans certaines épices et pour l'ochratoxine A dans les céréales et produits à base de céréales en raison des risques pour la santé humaine posés par ces mycotoxines.

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L 75/18 FR Journal officiel des Communautés européennes 16.3.

2002

RÈGLEMENT (CE) No 472/2002 DE LA COMMISSION


du 12 mars 2002
modifiant le règlement (CE) n 466/2001 portant fixation de teneurs maximales pour certains
o

contaminants dans les denrées alimentaires


(Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)

LA COMMISSION DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES, communiqués. Ces résultats montrent que plusieurs caté-
gories d'épices contiennent une teneur élevée en aflato-
vu le traité instituant la Communauté européenne, xines. Il convient donc de fixer des limites maximales
pour les catégories d'épices qui sont utilisées en grandes
vu le règlement (CEE) no 315/93 du Conseil du 8 février 1993 quantités et qui présentent un degré élevé de contamina-
portant établissement des procédures communautaires relatives tion.
aux contaminants dans les denrées alimentaires (1), et notam-
ment son article 2, paragraphe 3,
(6) Les limites maximales doivent être réexaminées et, le cas
après consultation du comité scientifique de l'alimentation échéant, abaissées avant le 31 décembre 2003 en fonc-
humaine, tion des possibilités de réduire la contamination des
épices par les aflatoxines grâce à l'amélioration des
considérant ce qui suit: conditions de production, de récolte et de stockage ainsi
que de l'évolution des connaissances scientifiques et
(1) Le règlement (CEE) no 315/93 prévoit que des teneurs technologiques.
maximales doivent être fixées pour des contaminants
dans les denrées alimentaires afin de protéger la santé
publique. (7) L'ochratoxine A est une mycotoxine produite par
plusieurs champignons (espèces Penicillium et Aspergillus).
(2) Le règlement (CE) no 466/2001 de la Commission (2), Elle est naturellement présente dans de nombreux
modifié en dernier lieu par le règlement (CE) no 257/ produits végétaux du monde entier, tels que les céréales,
2002 (3), fixe des teneurs maximales, applicables à les grains de café, le cacao et les fruits séchés. Elle a été
compter du 5 avril 2002, pour certains contaminants détectée dans des produits tels que les produits à base de
dans les denrées alimentaires. céréales, le café, le vin, la bière et le jus de raisin, mais
aussi dans des produits d'origine animale, en l'occur-
(3) Certains États membres ont adopté ou envisagent rence des rognons de porc. Des enquêtes sur la
d'adopter des teneurs maximales pour les aflatoxines fréquence et les niveaux de présence de l'ochratoxine A
contenues dans les épices et pour l'ochratoxine A dans des échantillons de denrées alimentaires et de sang
contenue dans certaines denrées alimentaires. Compte humain indiquent que les denrées alimentaires sont
tenu des disparités existant entre les États membres et souvent contaminées.
des distorsions de concurrence qui peuvent en résulter,
des mesures communautaires s'imposent pour garantir
l'unicité du marché tout en respectant le principe de (8) L'ochratoxine A est une mycotoxine ayant des propriétés
proportionnalité. cancérigènes, néphrotoxiques, tératogènes, immuno-
toxiques et éventuellement neurotoxiques. Elle a égale-
(4) Les aflatoxines, notamment l'aflatoxine B1, sont des ment été associée à la néphropathie chez les humains.
substances cancérigènes génotoxiques. Pour ce type de L'ochratoxine A peut avoir une longue demi-vie chez les
substances, il n'existe aucun seuil en dessous duquel humains.
aucun effet néfaste n'est observé. Il n'est donc pas
possible de fixer une dose journalière tolérable. En l'état
actuel des connaissances scientifiques et techniques ainsi (9) Le comité scientifique de l'alimentation humaine a
que des améliorations des modes de production et de estimé, dans son avis sur l'ochratoxine A du 17
stockage, il n'est pas possible d'éliminer complètement le septembre 1998, qu'il serait prudent de réduire autant
développement de ces moisissures et, en conséquence, la que possible l'exposition à l'ochratoxine A, en veillant à
présence des aflatoxines dans les épices. Il y a donc lieu ce que les expositions se situent près de l'extrémité
de fixer des limites au niveau le plus faible qu'il soit inférieure de la fourchette de doses journalières tolé-
raisonnablement possible d'atteindre. rables de 1,2 à 14 ng/kg p.c./jour, qui ont été estimées
par d'autres organismes, par exemple en dessous de
(5) Depuis la fixation des teneurs maximales pour les aflato- 5 ng/kg p.c./jour.
xines dans d'autres denrées alimentaires, les résultats
d'un programme coordonné de contrôle mis en œuvre (10) En l'état actuel des connaissances scientifiques et tech-
par les États membres conformément à la recommanda- niques et malgré les améliorations apportées aux tech-
tion 97/77/CE de la Commission du 8 janvier 1997 niques de production et de stockage, il n'est pas possible
concernant un programme coordonné pour le contrôle d'empêcher complètement le développement de ces
officiel des denrées alimentaires pour 1997 (4) sont moisissures. En conséquence, la présence d'ochratoxine
A dans les denrées alimentaires ne peut être totalement
(1) JO L 37 du 13.2.1993, p. 1. éliminée. Il y a donc lieu de fixer des limites au niveau le
(2) JO L 77 du 16.3.2001, p. 1.
(3) JO L 41 du 13.2.2002, p. 12. plus faible qu'il soit raisonnablement possible d'at-
(4) JO L 22 du 24.1.1997, p. 27. teindre.
16.3.2002 FR Journal officiel des Communautés européennes L 75/19

(11) Le principal apport en ochratoxine A dans le cadre de A ARRÊTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:


l'ingestion alimentaire provient des céréales et des
produits à base de céréales. La prévention est d'une Article premier
importance essentielle pour éviter autant que possible la
contamination et protéger le consommateur. En outre, il Le règlement (CE) no 466/2001 est modifié comme suit:
convient d'établir des limites maximales pour les céréales
1) L'article 4, paragraphe 2, est modifié comme suit:
et les produits à base de céréales à un niveau raison-
nable, pour autant que des actions préventives destinées a) la phrase introductive est remplacée par la phrase
à éviter la contamination à tous les stades de la chaîne suivante: «En ce qui concerne les aflatoxines et l'ochrato-
de production et de commercialisation soient entre- xine A contenues dans des produits mentionnés aux
prises. points 2.1 et 2.2 de l'annexe I, il est interdit:»
(12) Il a été constaté que les raisins secs (raisins de Corinthe, b) au point b), les mots «et 2.1.3» sont remplacés par
sultanines et autres raisins secs) présentaient un degré de «, 2.1.3, 2.1.4, 2.2.1 et 2.2.2».
contamination élevé. Les raisins secs constituent une 2) À l'article 5, le paragraphe 2 bis suivant est inséré:
importante source alimentaire d'ochratoxine A pour les
personnes qui en consomment en grandes quantités, «2 bis. La Commission réexamine, au plus tard le 31
notamment les enfants. S'il y a donc lieu, pour le décembre 2003, les teneurs maximales pour les aflatoxines
moment, de fixer une limite à un niveau technologique- fixées au point 2.1.4 de la section 2 de l'annexe I et, le cas
ment réalisable, il est impératif de continuer à améliorer échéant, les abaisse, en vue de tenir compte de l'évolution
les pratiques visant à réduire la contamination. des connaissances scientifiques et technologiques.

(13) La présence d'ochratoxine A a également été constatée La Commission réexamine, au plus tard le 31 décembre
dans le café, le vin, la bière, le jus de raisin, le cacao et 2003, les dispositions visées aux points 2.2.2 et 2.2.3 de la
les épices. Des enquêtes et des recherches doivent être section 2 de l'annexe I, en ce qui concerne les teneurs
entreprises par les États membres et les parties intéres- maximales pour l'ochratoxine A dans les raisins secs et en
sées (telles que les associations professionnelles) afin de vue d'inclure une limite maximale pour la présence d'ochra-
déterminer les différents facteurs impliqués dans la toxine A dans le café vert et torréfié et les produits à base de
formation de l'ochratoxine A et de définir les mesures de café, le vin, la bière, le jus de raisin, le cacao et les produits
prévention à prendre en vue de réduire la présence de à base de cacao et les épices, en tenant compte des enquêtes
l'ochratoxine A dans ces denrées alimentaires. Tout doit effectuées et des mesures de prévention adoptées en vue de
être mis en œuvre en matière de recherche et de préven- réduire la présence d'ochratoxine A dans ces produits.
tion pour réduire autant que possible la teneur en ochra- À cette fin, les États membres et les parties intéressées
toxine A dans ces produits, en attendant la fixation de communiquent chaque année à la Commission les résultats
limites maximales reposant sur le principe ALARA des enquêtes effectuées et les progrès enregistrés en ce qui
(niveau le plus faible qu'il soit raisonnablement possible concerne l'application des mesures de prévention destinées à
d'atteindre). Si aucun effort n'est accompli en vue de éviter une contamination par l'ochratoxine A.»
réduire la teneur de certains produits en ochratoxine A,
3) L'annexe I est modifiée conformément à l'annexe du présent
il sera nécessaire d'établir une limite maximale pour ces
règlement.
produits, afin de protéger la santé publique, sans être en
mesure d'apprécier la faisabilité technique.
Article 2
(14) Le règlement (CE) no 466/2001 doit donc être modifié
en conséquence. Le présent règlement entre en vigueur le dixième jour suivant
celui de sa publication au Journal officiel des Communautés
(15) Les mesures prévues par le présent règlement sont européennes.
conformes à l'avis du comité permanent de la chaîne
alimentaire et de la santé animale, Il est applicable à partir du 5 avril 2002.

Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout
État membre.

Fait à Bruxelles, le 12 mars 2002.

Par la Commission
David BYRNE
Membre de la Commission
L 75/20 FR Journal officiel des Communautés européennes 16.3.2002

ANNEXE

Les rubriques suivantes sont ajoutées à la «Section 2 — Mycotoxines» de l'annexe I du règlement (CE) no 466/2001:

Teneurs maximales Critères de


(µg/kg) Mode de performance
Produit prélèvement pour les
d'échantillons méthodes
B1 B1 + B2 + G1 + G2 M1
d'analyse

«2.1.4. Catégories suivantes d'épices: 5 10 — Directive Directive


— Capsicum spp. (fruits séchés dérivés, 98/53/CE 98/53/CE»
entiers ou pulvérisés, y compris les
piments rouges, le poivre de Cayenne et
la poudre de paprika)
— Piper spp. (fruits dérivés, y compris le
poivre blanc et le poivre noir)
— Myristica fragrans (noix de muscades)
— Zingiber officinale (gingembre)
— Curcuma longa (safran des Indes)

Teneurs
Mode de prélèvement Méthode d'analyse
«Produit maximales
d'échantillons de référence
(µg/kg ou ppb)

2.2. OCHRATOXINE A
2.2.1. Céréales (y compris le riz et le sarrasin) et
produits dérivés des céréales
[Link]. Grains de céréales brutes (y compris le riz 5 Directive 2002/27/CE Directive
brut et le sarrasin) de la Commission (*) 2002/27/CE
[Link]. Tous les produits dérivés des céréales (y 3 Directive 2002/27/CE Directive
compris les produits de céréales transformés 2002/27/CE
et les grains de céréales destinés à la
consommation humaine directe)
2.2.2. Raisins secs (raisins de Corinthe, sultanines 10 Directive 2002/27/CE Directive
et autres raisins secs) 2002/27/CE
2.2.3. Café vert et torréfié et produits à base de —
café, vin, bière, jus de raisin, cacao et
produits à base de cacao et épices

(*) JO L 75 du 16.3.2002, p. 44.»

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