L'explication et l'exemple de chaque article du Code de déontologie des psychologues selon le
chapitre des CONDITIONS D'EXERCICE sont présentés ci-dessous. Pour chaque article, je
vais d'abord vous donner une explication, suivie d'un exemple illustratif.
Article 4 : Respect de la spécificité professionnelle
Explication :
L'article 4 souligne l'importance pour les psychologues de maintenir et de valoriser leur
spécificité professionnelle, qu'ils travaillent seuls ou au sein d'une équipe multidisciplinaire.
Cela signifie qu'ils doivent faire reconnaître leurs compétences et méthodes propres à la
psychologie et, en même temps, respecter les compétences et méthodes des autres
professionnels avec lesquels ils collaborent.
Exemple :
Un psychologue travaillant dans un hôpital avec une équipe médicale peut être amené à
expliquer les apports spécifiques de son évaluation psychologique dans le cadre d'un
diagnostic global. En même temps, il respectera les diagnostics et les traitements proposés par
ses collègues médecins, infirmiers ou travailleurs sociaux et s'abstiendra de faire des
commentaires hors de son champ de compétence.
Article 5 : Mesure, discernement et impartialité
Explication :
Cet article insiste sur le fait que les psychologues doivent agir avec prudence, jugement et
objectivité. Ils doivent prendre des décisions basées sur leur expertise professionnelle et ne
doivent accepter que les missions qu'ils sont capables de mener à bien conformément à leur
éthique professionnelle. Lorsque cela est nécessaire, ils peuvent diriger les personnes vers
d'autres spécialistes ou travailler en collaboration avec eux.
Exemple :
Un psychologue clinicien reçoit une demande de consultation pour un enfant présentant des
symptômes qui suggèrent un trouble du spectre autistique. Après une première évaluation, il
réalise que ce cas dépasse ses compétences en matière de diagnostic et de prise en charge de
ce trouble spécifique. Il oriente alors la famille vers un spécialiste en neuropsychologie
infantile tout en restant disponible pour une prise en charge psychologique générale de
l'enfant et de sa famille.
Article 6 : Installation professionnelle et confidentialité
Explication :
L'article 6 indique que les psychologues doivent exercer leur profession dans des conditions
qui assurent la confidentialité et le respect de leurs clients. Cela implique de disposer de
locaux adaptés et de moyens adéquats pour protéger les informations recueillies lors des
interventions.
Exemple :
Un psychologue en libéral veille à ce que son cabinet soit insonorisé pour que les
conversations ne puissent pas être entendues de l'extérieur. Il s'assure également que les
dossiers des patients sont sécurisés dans une armoire verrouillée ou sous forme numérique
protégée par des mots de passe et des systèmes de cryptage adéquats.
Article 7 : Secret professionnel
Explication :
Cet article rappelle l'obligation de confidentialité à laquelle est tenu tout psychologue, selon
les règles définies par le code pénal. Le secret professionnel s'applique à tout ce que le
psychologue apprend dans le cadre de sa pratique, y compris les informations qui lui sont
confiées directement ou celles qu'il perçoit indirectement.
Exemple :
Une psychologue scolaire qui travaille avec un adolescent apprend, au cours d'une séance, que
l'élève est victime d'intimidation. Elle ne peut divulguer cette information à quiconque en
dehors du cadre strictement professionnel et des limites légales, sauf si l'élève est en danger
immédiat ou si la loi l'exige (par exemple, en cas de signalement d'abus ou de risque sérieux
pour l'élève ou pour autrui).
Article 8 : Partage d'informations entre professionnels
Explication :
L'article 8 stipule que lorsqu'un psychologue partage des informations avec d'autres
professionnels à propos d'une personne ou d'une situation, il doit se limiter aux informations
strictement nécessaires à l'objectif professionnel poursuivi. Ce partage doit se faire dans le
respect des lois en vigueur. De plus, le psychologue doit, si possible, informer les personnes
concernées avant de participer à de tels échanges.
Exemple :
Lors d'une réunion de coordination des soins, un psychologue scolaire partage ses
observations concernant les difficultés d'apprentissage d'un élève avec l'équipe pédagogique.
Il se limite à communiquer les informations qui peuvent aider à adapter le programme
d'études de l'élève, sans divulguer des détails personnels non pertinents. Il avait préalablement
informé l'élève et ses parents de cette réunion et de l'objectif de son intervention.
Article 9 : Consentement libre et éclairé
Explication :
Cet article exige du psychologue qu'il obtienne le consentement libre et éclairé des personnes
qu'il consulte ou qui participent à une évaluation ou une expertise. Les personnes doivent être
pleinement informées des objectifs, des méthodes, des coûts éventuels et des limites de
l'intervention. Il doit également leur signaler la possibilité de consulter un autre professionnel
si nécessaire.
Exemple :
Avant de débuter une série de tests psychologiques, un psychologue explique à son client les
raisons de ces tests, ce qu'ils impliquent, leur durée, leur coût et ce que le client peut en
attendre. Il informe également le client qu'il est libre de refuser la procédure ou de chercher
un second avis.
Article 10 : Interventions en contexte judiciaire ou de contrainte légale
Explication :
Cet article concerne le comportement du psychologue lorsqu'il intervient dans un cadre
judiciaire ou sous contrainte légale. Il doit s'efforcer de maintenir une relation respectueuse
avec la personne évaluée, en prenant en compte son bien-être psychique. Le psychologue doit
informer clairement la personne de qui recevra les conclusions de son évaluation.
Exemple :
Un psychologue nommé comme expert par un tribunal pour évaluer un prévenu explique à ce
dernier le cadre légal de sa mission, les destinataires du rapport d'expertise et les
conséquences potentielles de son évaluation sur la décision judiciaire.
Article 11 : Pratique auprès de mineurs
Explication :
L'article 11 spécifie que lorsqu'un psychologue travaille avec des mineurs, il doit chercher à
obtenir leur consentement en plus de l'autorisation des représentants légaux, en accord avec
les lois régissant l'autorité parentale. L'importance de ce consentement varie en fonction de
l'âge et de la capacité de discernement du mineur.
Exemple :
Un psychologue clinicien qui propose une thérapie à un adolescent de 15 ans s'assure que
l'adolescent comprend la nature et l'objectif de la thérapie et donne son consentement. En
outre, le psychologue obtient également le consentement des parents ou tuteurs légaux avant
de commencer le traitement.
Article 12 : Prise en compte de la vulnérabilité
Explication :
L'article 12 souligne l'importance de la prise en compte par le psychologue des besoins
spécifiques des mineurs, des majeurs protégés, des personnes vulnérables ou de celles dont le
discernement est altéré. Lorsque ces personnes ne sont pas en mesure d'exprimer leur
consentement, le psychologue doit faire les efforts nécessaires pour établir une relation
respectueuse, tenant compte de leur capacité de jugement et des législations applicables.
Exemple :
Un psychologue accueille un adolescent avec un trouble du spectre de l'autisme.
Reconnaissant les particularités de communication et de compréhension de l'adolescent, le
psychologue adapte sa méthode d'interaction, utilise des supports visuels pour faciliter la
communication et s'assure que les parents ou tuteurs légaux sont impliqués afin de respecter
les dispositions légales.
Article 13 : Évaluation directe des personnes
Explication :
L'article 13 indique que toute évaluation psychologique doit être réalisée par le psychologue
en personne. La rencontre directe avec l'individu est essentielle. Toutefois, le psychologue
peut émettre un avis général basé sur son expertise professionnelle sans que cela ne soit
considéré comme une évaluation psychologique formelle.
Exemple :
Un psychologue est sollicité par une école pour évaluer les difficultés d'apprentissage d'un
élève. Il ne peut fournir une évaluation valable qu'après avoir rencontré et évalué l'élève en
personne. Si on lui demande un avis sur une situation qu'il n'a pas directement observée, il
peut partager ses réflexions de manière générale, mais il précisera que cela ne constitue pas
une évaluation formelle.
Article 14 : Non-utilisation de la position à des fins personnelles
Explication :
Cet article rappelle au psychologue l'interdiction d'exploiter sa relation professionnelle à des
fins personnelles, que ce soit pour imposer ses propres croyances, pour tirer un avantage
économique, affectif ou sexuel des personnes rencontrées dans le cadre professionnel.
Exemple :
Un psychologue ne doit pas tirer parti de la confiance établie avec un client pour vendre des
produits personnels ou recommander des services dans lesquels il a un intérêt financier. De
même, il ne doit pas établir de relations affectives ou sexuelles avec ses clients, ce qui
constituerait un abus de pouvoir et une violation de l'éthique professionnelle.
Article 15 : Clarté et prudence dans la communication des conclusions
Explication :
L'article 15 requiert que le psychologue communique ses conclusions de manière
compréhensible pour la personne concernée, en répondant de manière prudente et réfléchie à
la demande initiale. Lorsque ces conclusions sont partagées avec un tiers, elles ne doivent
révéler des éléments psychologiques que si cela est strictement nécessaire et avec l'accord ou
l'information préalable de la personne évaluée.
Exemple :
Lorsqu'un psychologue termine une évaluation, il explique les résultats de façon sensible et
accessible au client, en évitant le jargon technique. Si le rapport doit être transmis à un
médecin ou à une autre partie, le psychologue s'assure que le client comprend quelles
informations seront partagées et pourquoi, et il obtient son accord ou l'informe avant la
transmission.
Article 16 : Évitement des conflits d'intérêts
Explication :
L'article 16 indique que le psychologue doit éviter de s'engager dans des interventions
professionnelles avec des personnes avec lesquelles il a des liens personnels. Cela vise à
prévenir les conflits d'intérêts qui pourraient compromettre l'objectivité ou l'efficacité de son
intervention. Si un tel risque se présente, le psychologue doit se récuser et orienter la personne
vers un autre professionnel.
Exemple :
Si un psychologue découvre qu'un nouveau client est un ami proche ou un membre de sa
famille, il doit informer ce client qu'il ne peut pas le prendre en charge et lui fournir des
références pour un autre psychologue ou une autre ressource appropriée.
Article 17 : Intégrité psychique ou physique
Explication :
Cet article traite de la situation où la sécurité psychique ou physique de la personne
consultant le psychologue ou d'un tiers peut être en danger. Le psychologue doit alors évaluer
la situation avec soin, tout en respectant le secret professionnel et les lois pertinentes,
notamment celles concernant le signalement d'abus ou de dangers potentiels. Le psychologue
peut également chercher conseil auprès de collègues expérimentés pour décider de la marche
à suivre.
Exemple :
Un psychologue qui soupçonne qu'un enfant est victime de maltraitance à la maison doit
considérer la meilleure façon de procéder. S'il estime que l'enfant est en danger, il doit suivre
les procédures légales de signalement tout en maintenant la confidentialité et en recherchant
l'assistance de ses pairs si nécessaire.
Article 18 : Formalisation des documents
Explication :
L'article 18 spécifie les exigences relatives à la documentation professionnelle produite par le
psychologue. Les documents doivent être datés, contenir des informations d'identification
claires du psychologue, et respecter les procédures légales. Le psychologue est le seul
responsable de la signature, la modification ou l'annulation de ces documents et doit assurer la
confidentialité de sa correspondance.
Exemple :
Lorsqu'un psychologue rédige un rapport d'évaluation, il doit y inclure son nom complet, son
titre professionnel, son numéro d'enregistrement professionnel, ses coordonnées, la date, la
signature, le nom du destinataire et l'objectif du document. Il doit s'assurer que ces
informations restent confidentielles et que la correspondance est sécurisée.
Article 19 : Continuité de l'activité et gestion des documents
Explication :
Cet article concerne la responsabilité du psychologue en cas d'interruption de son activité,
quelle qu'en soit la raison. Le psychologue doit prendre des mesures pour assurer la continuité
des soins de ses clients et gérer ses documents professionnels de manière à préserver la
confidentialité, que ce soit par transmission sécurisée à un successeur ou par destruction
conforme.
Exemple :
Si un psychologue prévoit de prendre sa retraite ou doit interrompre sa pratique à cause d'une
maladie, il doit planifier la transition de ses clients vers d'autres praticiens. Il doit également
s'occuper de ses dossiers clients en les transférant de manière sécurisée ou en les détruisant de
façon appropriée, pour maintenir la confidentialité des informations personnelles des clients.