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Droit Pénal Spécial : Homicides et Infractions

Ce document décrit un cours de droit pénal spécial sur l'homicide volontaire. Il définit les notions d'homicide aggravé, de préméditation, de guet-apens et fait la distinction entre la préméditation et le guet-apens.

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Dounia Faress
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Droit Pénal Spécial : Homicides et Infractions

Ce document décrit un cours de droit pénal spécial sur l'homicide volontaire. Il définit les notions d'homicide aggravé, de préméditation, de guet-apens et fait la distinction entre la préméditation et le guet-apens.

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Université Sultan Moulay Slimane ‫جــــامعة السلطــــان مـوالي سليمــــان‬

Faculté Polydisciplinaire
‫الكليـة المتعددة التخصصــات‬
Béni Mellal
‫بنـي مـالل‬

Filière : DPF (Licence d’étuds fondamentales)


Professeur: Mohammed Zehiri
Semestre : S4
Année : 2019-2020

SYLLABUS DE COURS

Titre du cours : M24 - Droit Pénal Spécial


Horaire du cours : Vendredi 14h30 – 17h45 (Amphi B)
Courrier électronique : [email protected]

DESCRIPTION OFFICIELLE DU COURS

Nous allons passer ensemble plus de 12 séances, mais pour aboutir à quoi ? et
surtout comment ?

Étude d'un thème juridique selon une approche favorisant l'intégration des
connaissances, le développement des habiletés et l'application de droit pénal. Le
présent cours poursuit deux buts : apprendre les fondements et les orientations
générales de droit pénal et acquérir une compréhension spécifique, technique de
ces règles et principes tels qu’ils s’appliquent à chaque incrimination en
particulier d'une part; permettre à l'étudiant d'intégrer ses connaissances,
d'autre part. Le cours de droit pénal spécial peut avoir comme objectif
fondamental l'accroissement des habiletés juridiques en sciences criminelles.

Ce cours aborde les infractions à la lumière de grands principes que lui offre le
Droit Pénal Général. Il est important que les principes et la nature de cette riche
et variée branche de droit soient bien compris, à la fois par les législateurs et les
observateurs extérieurs. C’est un cours essentiel pour toute personne qui porte
intérêt aux sciences criminelles ou qui s’intéresse au droit pénal.

1
OBJECTIFS DU COURS

Le but du cours droit pénal spécial est de définir l’ensemble des infractions, leurs
critères, leurs conditions, leurs sanctions, etc., d’analyser les règles juridiques et
la jurisprudence appliqués aux diverses infractions ainsi que la manière dont on
extrait toutes prescriptions juridiques liées au droit pénal spécial.

À la fin de ce cours, l’étudiant(e) sera en mesure d’acquérir les notions relatives


aux infractions de façon concrète, individuelle afin de définir ses éléments
constitutifs, de dégager sa structure et de définir précisément ses concepts, de
comprendre les mécanismes et les raisonnements qui permettent de traiter
juridiquement une question de droit pénal spécial.

L’objectif de ce cours est aussi de permettre à l’étudiant(e) d’acquérir la


connaissance nécessaire pour comprendre les articles des lois criminelles. En
plus, l’étudiant(e) sera en mesure de porter un regard critique afin de comparer
un grand nombre de questions du droit pénal spécial face à leurs équivalents
dans la théorie du droit positif.

CONTENU DU COURS

Le cours examine de manière détaillée les parties suivantes :

Partie I. Introduction
- Notion de droit pénal spécial
- Définitions et intérêts du droit pénal spécial
- Rapports entre le Droit Pénal Spécial et le Droit Pénal Général

Partie II. Les infractions contre l’integrité physique


- Les homicides volontaires
- Les violences volontaires
- Les homicides et les violences involontaires

Partie III. Les infractions contre les biens


- Le vol

2
- Les infractions asticieuses : escroquerie, abus de confiance…

MÉTHODE D’ENSEIGNEMENT

Le cours se déroule sous forme d’exposés magistraux du professeur occupant


toute la plage horaire divisée en deux parties à peu près égales séparées par une
pause de dix minutes. L’étudiant (e) doit préparer chaque rencontre de cours en
effectuant les lectures préalables. Les étudiants sont invités à faire l'acquisition
du Code pénal marocain pour suivre, 'texte en mains', un grand nombre des
notions abordées pendant le cours.

MODES D’ÉVALUATION

1- Un examen ordinaire vers la derniere semaine de juin.


2- Un examen de rattrapage vers la premiere ou la deuxieme semaine de juillet

DOCUMENTS REQUIS

- Notes de cours en classe


- RASSAT Michelle-Laure., Droit pénal spécial, Paris, Dalloz, 1996.
- AMZAZI Mohieddine., Essai sur le système pénal marocain. Nouvelle édition [en
ligne]. Rabat, Centre Jacques-Berque, 2013 (généré le 24 septembre 2014).
Disponible sur Internet :
http://books.openedition.org/cjb/384.
- AMZAZI Mohieddine., Précis de droit criminel, Rabat, Imprimerie El Maârif
Al Jadida, 1994.
- BOULOC B., Droit pénal général, 22e édition, Paris, Dalloz, 2011.

Vous devez savoir que ce cours est plus ou moins difficle. Présence en classe,
prise des notes, lectures préalables, révision ponctuelle de chaque cours vous
serons les clés de votre réussite. Une chose importante les chapeaux, les
ordinateurs et les telephones portables, je ne les veux pas en cours. Je pense que
cela vous distrait.

Je vous souhaite une agréable semestre et un excellent parcours universitaire !

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4
Université Sultan Moulay Slimane ‫جــــامعة السلطــــان مـوالي سليمــــان‬
Faculté Polydisciplinaire ‫الكليـة المتعددة التخصصــات‬
Béni Mellal ‫بنـي مـالل‬

Filière : Droit Français Professeur: Mohammed Zehiri


Semestre : S 4 Année : 2019-2020

Module : Droit Pénal Spécial

Semaine 3 (20 mars 2020)


L’homicide volontaire (suite)

1.1.1. L’homicide aggravé

Il s’agit d’un homicide accompagné de certaine circonstance qualifiée


aggravante par le législateur. Le fait de commettre un meurtre entouré de
circonstances aggravantes rendent le crime aggravé et entrainent une
aggravation de la sanction pénale. Ces circonstances aggravantes sont :
- La préméditation (art : 393).
- Guet-Apens Al-Tarassod (art : 393).
- L’homicide filial (art : 396).
- La concomitance d’un meutre et crime (art : 392 alinéa 2).
- La connexité du meurtre avec un délit(art : 393 alinéa 3).
- Les moyens utilisés par le meurtrier (la tortureou les actes de barbarie)
(art : 399).
- L’homicide des enfants moins de 12 ans par des coups et des blessures
ou de la violence ….(art : 410).

1.1.1.1. La préméditation1 et guet-Apens :

En vertu de l’article 393 du code pénal, le législateur a prescrit la sanction


capitale lorsque l’homicide est commis avec préméditation ou guet-apens.

1
L’acticle 394 définit la préméditation comme suit : « La préméditation consiste dans le dessein, formé
avant l'action, d'attenter à la personne d'un individu déterminé, ou même de celui qui sera trouvé ou
rencontré, quand même ce dessein dépendrait de quelque circonstance ou de quelque condition ».

1
A) L’homicide volontaire avec préméditation

En vertu de l’article 394 du code pénal, la préméditation suppose que


l’auteur est conçu à l’avance son acte homicide et réfléchi au moyen de le
réaliser tout en étudiant souvent les possibilités qui lui permettent
d’échapper aux conséquences de son acte.

Il ressort aussi de l’article 394 du code pénal que la préméditation suppose


l’existance de deux éléments à savoir :
L’élément psychologique signifie que l’agent de l’infraction a pensé
tranquillement à son projet criminel et à ses conséquences tout en
réfléchissant et en acceptant les resultats lorsqu’il exécute son projet
criminel.
L’élément du temps consiste à ce que l’intention de commettre un homicide
doit être formée avant l’action de donner la mort. C’est pourquoi la
préméditation nécessite l’existence d’une période ou un intervalle de temps
entre l’intention et la préparation du projet criminel d’homicide et l’acte de
donner la mort.

B) L’homicide volontaire avec Guet-Apens :

Le Guet-Apens est définit par l’acticle 395 du code pénal qui stipule : « Le
guet-apens consiste à attendre plus ou moins de temps, dans un ou divers
lieux, un individu, soit pour lui donner la mort, soit pour exercer sur lui des
actes de violences ».
Selon cette définition, le guet-apens nécessite deux éléments :
L’élément du temps qui consiste que le délinquant attend plus ou moins de
temps pour commettre son acte de donner la mort à une autre personne. Cet
intervalle de temps n’a pas été précisé par le législateur.
L’élément d’espace qui consiste que le délinquant attende sa victime dans
un ou plusieurs lieux pour exécuter son acte de donner la mort.

C) Distinction entre la préméditation et guet-Apens :

Ce sont deux notions qui peuvent être séparées en fonction de la nature parce
que la première est d’abord psychologique. Elle se rattache à l’intention
criminelle du meurtirer, alors que le guet-Apen est d’ordre matériel qui se
rattache aux contentes de l’infraction (espace et lieu de l’infraction).

2
On peut dire que ce sont deux matières qui se revèlent dans la pratique
intimement liées parce que le Guet-Apen suppose l’existance de la
préméditation. La préméditation est souvent inséparable au Guet-Apen.
Cependant, le cumul des deux notions n’est pas nécessaire, l’une ou l’autre
suffit pour aggraver le meurtre en chageant de qualification. Le législateur
opte pour l’assasinat, alors que la préméditation selon l’art 394 du code
pénal c’est le projet formé avant l’action d’attenter à la vie d’une personne
qu’elle soit déterminée ou indéterminée. Donc, la préméditation suppose une
résolution ou une décision de donner la mort avant même le passage à l’acte.
C’est une intention aggravée par le fait que le délinquant a réfléchi à son
acte avant même de l’exécuter.

1.1.1.2. la coexistence d’une autre infraction avec le meurtre

En vertu de l’article 392 du code pénal, le législateur sanctionne l’agent d’un


homicide volontaire par la réclusion perpétuelle. Cependant, il a prescrit une
sanction plus stricte (peine de mort), dans le même article (alinéa 2 et 3)2 et
ce, lorsque le meurtre est précédé, accompagné ou suivi d’un autre crime.
C’est une situation qui couvre en vérité deux hypothèses :
• La première est la concomitance d’un meutre avec un crime : la
concomitance signifie un rapprochement dans le temps. Une succession
rapide d’événements (une simultaniété). Dans ce cas, le meurtre sera
aggravé lorsqu’il est précédé, accompagné ou suivi d’un autre crime.
• La deuxième hypothèse consiste à la connexité du meurtre avec un délit.
Par exemple, un délinquant avait l’intention de voler une villa et décide de
tuer le gardien de nuit avant de commettre le vol. Cette hypothèse de
connexité ne peut être valable si le délinquant a commis, en premier lieu, le
délit ou le crime et par la suite l’homicide. Sinon on applique les
prescriptions du concours des infractions et non la connexité.

1.1.1.3. Les moyens utilisés par le meurtrier (la torture ou les actes de
barbarie)
L’article 399 du code pénal stipule : « Est puni de la peine de mort,
quiconque pour l'exécution d'un fait qualifié crime emploie des tortures ou
des actes de barbarie ».

2
Article 392 : «[…] Toutefois, le meurtre est puni de mort :
• Lorsqu'il a précédé, accompagné, ou suivi un autre crime;
• Lorsqu'il a eu pour objet, soit de préparer, faciliter ou exécuter un autre crime ou un délit, soit de
favoriser la fuite ou d'assurer l'impunité des auteurs ou complices de ce crime ou de ce délit».

3
En vertu de cet article, deux moyens sont définis par le législateur comme
circonstances aggravantes. C’est lorsque le meurtrier utilise la torture et des
actes de barbarie lors de l’exécution de son crime d’homicide.
• La torture : c’est une pratique cruelle condamnée de facon universelle. Il
s’agit de soumettre une personne à une souffrance, à une douleur continue
(une douleur physique ou mêmeune souffrance morale).
• Les actes de barbarie : c’est une notion qui n’est pas définie par la loi, mais
la jurispridence et la doctrine l’ont définie comme étant des pratiques qui
inspirent le dégout, comme le fait de bruler sa victime vivante.

1.1.1.4. Le parricide

L’article 396 du code pénal stipule : « Quiconque donne intentionnellement


la mort à son père, à sa mère ou à tout autre ascendant est coupable de
parricide et puni de la peine de mort ».
Le parricide constitue une infraction à sens unique. Les protagonistes du
drame se situent comme auteurs de l’infraction (descendants), ou comme
victimes de l’infraction (ascedants).

Par ailleurs, les participants au crime de parricide qui n’ont pas une relation
de parenté avec la victime ne rentrent pas dans le parricide entant que
circonstance aggravante.

Sur le plan repressif, le législateur prescrit une sanction plafond qui est la
peine de mort. Cette sévérité peut être expliquée par la place et la
considération des parents dans une société musulmane comme la nôtre.

Il est essentiel de noter qu’en vertu de l’article 422 « Le parricide n'est


jamais excusable ».Cela veut dire que les excuses légales et les
circonstances atténuantes ne peuvent pas être invoquées dans le cas de
parricide.

1.1.1.5. L’infanticide

L’infanticide est défini comme le fait de donner intentionnellement la mort à


un nouveau-né. L’article 397 du code pénal stipule « Quiconque donne
intentionnellement la mort à un enfant nouveau-né est coupable d'infanticide
et puni, suivant les distinctions prévues aux articles 392 et 393, des peines
édictées à ces articles.

4
Toutefois, la mère, auteur principal ou complice du meurtre ou de
l'assassinat de son enfant nouveau-né, est punie de la peine de la réclusion
de cinq à dix ans, mais sans que cette disposition puisse s'appliquer à ses
coauteurs ou complices».

Le régime répressif de l’infraction se signale par une distinction


fondamentale entre la mère et les autres agents. A cet égard, le législateur
accorde une sorte d’excuse légale spécifique à la mère dont la sanction
encourue est la réclusion de 5 à 10 ans. Cette sanction est applicable quelque
soit le statut de la mère (auteur, complice) quelque soit la gravité du meurtre
(meurtre ou assasinat).

1.1.1.6. L’empoisonnement :

L’article 398 du code pénal stipule : « Quiconque attente à la vie d'une


personne par l'effet de substances qui peuvent donner la mort plus ou moins
promptement, de quelque manière que ces substances aient été employées ou
administrées, et quelles qu'en aient été les suites, est coupable
d'empoisonnement et puni de mort».

L’empoisonnement consiste à une atteinte attentionnelle à la vie d’une


personne à travers une admission d’une substance susceptible de donner la
mort.

Pour ce qui est de la répression, c’est la peine de mort qui est annoncée par
le législateur. Vu la sévérité de cette infraction, le coupable
d’empoisonnement est puini de mort.

1.1.1.7. L’homicide comme un acte terroriste :

Suite aux événements liés au terrorisme qu’a connu le Maroc en 2003, le


législateur marocain a intervenu pour édicter son arsenal juridique
antiterroriste. Il a consacré tout un chapitre concernant le terrosirme. Pour
avoir plus d’informations sur ce crime, ses éléments constitutifs et ses
peines, veuillez lire et étudier les articles 218.1 à 218.9. du code pénal.

5
Université Sultan Moulay Slimane ‫جــــامعة السلطــــان مـوالي سليمــــان‬
Faculté Polydisciplinaire ‫الكليـة المتعددة التخصصــات‬
Béni Mellal ‫بنـي مـالل‬

Filière : Droit Français Professeur: Mohammed Zehiri


Semestre : S 4 Année : 2019-2020

Module : Droit Pénal Spécial

Semaine 4 (27 mars 2020)


Les violences volontaires

Les violences volontaires

Les violences volontaires englobent les agressions matérielles contre


l’intégrité physique d’un individu sans avoir l’intention de lui donner la
mort. L’élément moral dans ce cas est la volonté de porter atteinte corporelle
à la victime. En se basant sur les résultats criminels de cette infraction, le
législateur a divisé, dans le code pénal, les violences volontaires comme
suit :

1) Violences légères : (art : 608 du code pénal);


2) Coups, blessures, autres violences ou voies de fait soit qu'ils n'ont
causé ni maladie, ni incapacité, soit qu'ils ont entraîné une maladie ou
une incapacité de travail personnel n'excédant pas vingt jours : (art :
400, 408 et 459 du code pénal);
3) Blessures ou coups ou autres violences ou voies de fait ont entraîné
une incapacité supérieure à vingt jours : (art : 401, 409, 413 et 459 du
code pénal);
4) Blessures ou coups ou autres violences ou voies de fait ont entraîné
une mutilation, amputation ou privation de l'usage d'un membre,
cécité, perte d'un œil ou toutes autres infirmités permanentes : (art :
402 du code pénal);
5) Blessures ou coups ou autres violences ou voies de fait portés
volontairement mais sans intention de donner la mort : (art : 403, 410,
413 et 459 du code pénal).

1
1.1. Les éléments constitutifs de violences volontaires

1.1.1. L’élément matériel

A propos des violences volontaires, l’élément matériel englobe trois


composantes : 1) acte criminel, 2) résultat criminel et 3) relation de
causalité.
1.1.1.1. L’acte criminel

Il s’agit d’un acte gestuel positif concret visant des infractions de commision
qui portent atteintes à l’intégrité physique de la personne. Il s’agit :
A) des coups (‫)الضرب‬
B) de la blessure
C) des voies de fait
D) des violences légères

1.1.1.2. Le résultat criminel

A) Les violences menant à un résultat léger

1) (art : 608 du code pénal) : Violences légères;


2) (art : 400, du code pénal) : Coups, blessures, autres violences ou voies
de fait soit qu'ils n'ont causé ni maladie, ni incapacité, soit qu'ils ont
entraîné une maladie ou une incapacité de travail personnel n'excédant
pas vingt jours. C’est une infraction sanctionnée par (art : 459.1 du
code pénal);

B) Les violences menant à un résultat élevé

1) Blessures ou coups ou autres violences ou voies de fait ont entraîné


une incapacité supérieure à vingt jours : (art : 401, 409, 413 et 459 du
code pénal);
2) Blessures ou coups ou autres violences ou voies de fait ont entraîné
une mutilation, amputation ou privation de l'usage d'un membre,
cécité, perte d'un œil ou toutes autres infirmités permanentes : (art :
402 du code pénal);
3) Blessures ou coups ou autres violences ou voies de fait portés
volontairement mais sans intention de donner la mort : (art : 403, 410,
413 et 459 du code pénal).

2
1.1.1.3. La relation de causalité

Pour compléter l’élément matériel, les violences volontaires doivent être la


cause du résultat (une maladie ou une incapacité de travail personnel
n'excédant pas vingt jours; une incapacité supérieure à vingt jours; une
infirmité permanente ou la mort de la victime sans intention de la donner).

1.1.2. L’élément moral

- Dans les violences volontaires, le résultat reste imprécis et


indéterminé car l’agresseur ne peut pas fixer lui-même l’impact de son
agression.
- C’est les résultats qui sont pris en compte et non les violences
souhaitées.
- L’élément moral nécessite que les violences doivent être portées
volontairement sur la victime, sinon on parle de violences
involontaires.

1.2. Le régime répressif de violences volontaires

Les violences volontaires peuvent être un crime, un délit ou une


contravention. C’est l’intensité du dommage causé à la victime qui est prise
en considération pour aggraver ou atténuer la sanction.

1.2.1. Le régime répressif des violences volontaires pouvant être


crime

A) Crime de violence ayant entrainé la mort

Le législateur a divisé la sanction de ce crime de violence ayant entrainé la


mort en trois catégories :
- Sanction principale : Réclusion de 10 à 20 ans (article alinéa 1 du
code pénal) ;
- Sanction de meurtre simple : Réclusion perpétuelle en cas de
préméditation, guet-apens ou l’emploi d’une arme (article 403 alinéa 2
du code pénal) ;
- Autre sanction si la victime est l'une des ascendants, kafil ou époux de
l’agresseur : Réclusion de 20 à 30 ans ou réclusion perpétuelle en
cas de préméditation, guet-apens ou l’emploi d’une arme (article 404
alinéa 3 du code pénal).
3
B) Crime de violence ayant entrainé une infirmité permanente

Le législateur a sanctionné ce crime dans l’article 402 du code pénal :


- Sanction principale : Réclusion de 5 à 10 ans (article 402 alinéa 1 du
code pénal) ;
- Sanction de réclusion de 10 à 20 ans en cas de préméditation, guet-
apens ou l’emploi d’une arme (article 402 alinéa 2 du code pénal) ;
- Autre sanction si la victime est l'une des ascendants, kafil ou époux de
l’agresseur : Réclusion de 10 à 20 ans ou réclusion de 20 à 30 ans en
cas de préméditation, guet-apens ou l’emploi d’une arme (article 404
alinéa 2 du code pénal).

1.2.2. Le régime répressif des violences volontaires pouvant être délit

A) Délit de violence n'ayant causé ni maladie, ni incapacité, soit qu'ils


ont entraîné une maladie ou une incapacité de travail personnel
n'excédant pas vingt jours

Le législateur a sanctionné ce délit en vertu de l’article 400 du code pénal :

- Sanction principale : Emprisonnement d'un mois à un an et d'une


amende de 200 à 500 dirhams ou de l'une de ces deux peines
seulement (article 400 alinéa 1 du code pénal) ;
- Sanction d’emprisonnement de six mois à deux ans et l'amende de
200 à 1.000 dirhams en cas de préméditation, guet-apens ou l’emploi
d’une arme (article 402 alinéa 2 du code pénal) ;
- Ainsi, en vertu de l’article 404 alinéa 1, le législateur a multiplié la
sanction mentionnée dans l’article 400 si la victime est l'un des
ascendants, kafil ou époux de l’agresseur. Cela veut dire que la
sanction sera l’emprisonnement de deux mois à deux ans ou d'une
amende de 400 à 1000 dirhams. Cependant, si la violence est
accompagnée de préméditation, de guet-apens ou de l’emploi d’une
arme, la peine sera l'emprisonnement d’un an à quatre ans et
l'amende de 400 à 2.000 dirhams (article 404 alinéa 1 du code
pénal).

4
B) Délit de violence ayant entraîné une incapacité supérieure à vingt
jours

Le législateur a sanctionné ce délit en vertu de l’article 401 du code pénal :

- Sanction principale : l'emprisonnement d'un à trois ans et l'amende


de 200 à 1.000 dirhams (article 401 alinéa 1 du code pénal) ;
- Sanction d’emprisonnement de deux à cinq ans et l'amende de 250 à
2.000 dirhams (article 401 alinéa 2 du code pénal) ;
- Ainsi, Le coupable peut, en outre, être frappé pour cinq ans au
moins et dix ans au plus de l'interdiction d'un ou plusieurs des
droits mentionnés à l'article 40 du présent code et de
l'interdiction de séjour (article 401 alinéa 2 du code pénal).

1.2.3. Le régime répressif des violences volontaires pouvant être


contravention

Il s’agit des violences légères sanctionnées par une amende de 300 à 700
dirhams en vertu de l’article 16 alinéa 1 de la loi 42-10 relative à
l’organisation des juridictions de proximité et fixant leur compétence1.

1.2.4. Les causes des excuses légales générales des violences


volontaires

Le législateur marocain a édicté quelques excuses légales qui atténuent les


peines dans les infractions suivantes :
1) L’excuse légale mentionnée dans l’article 416 du code pénal ;
2) L’excuse légale mentionnée dans l’article 417 du code pénal ;
3) L’excuse légale édictée dans l’article 418 du code pénal ;
4) L’excuse légale édictée dans l’article 420 du code pénal ;
5) L’excuse légale édictée dans l’article 421 du code pénal.

1
Il s’agit du Dahir no 1-11-151 du 16 ramadan1432 (17 aout 2011) portant promulgation de la loi n o 42-10
portant sur l’organisation des juridictions de proximité et fixant leur compétence. Voir Bulletin Officiel, 15
septembre 2011, no 5978, p. 2080.

5
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Semestre : S 4 Année : 2019-2020

Module : Droit Pénal Spécial

Semaine 5 (4 avril 2020)


Les homicides et les violences involontaires

3. Les homicides et les violences involontaires

Ce sont des infractions qui ne nécessitent pas une intention pour être constituées.
L’auteur d’une de ces infractions n’a pas souhaité sa réalisation.

3.1. L’homicide involontaire

En vertu de l’article 432 du code pénal, les éléments constitutifs de l’homicide


involontaires sont : l’élément matériel (donner la mort à la victime) et l’élément
moral qui se traduit par le fait que l’homicide est involontaire (résultat non
souhaité).

3.1.1.L’élément matériel de l’homicide involontaire

Comme l’homicide volontaire, l’homicide involontaire consiste en un acte positif


de nature à donner la mort.

3.1.1.1. L’acte criminel

Il s’agit d’un acte ou d’un comportement positif portant atteinte à la vie de la


victime sans avoir l’intention de produire ce résultat (donner la mort). Le terme
«Quiconque, […], commet involontairement un homicide ou en est
involontairement la cause » présume une action positive ou négative exercée sur la
personne de la victime et procurant involontairement sa mort.

1
3.1.1.2. Le résultat

L’infraction de l’homicide involontaire est une des infractions de résultat. Elle ne


peut pas être réalisée si l’acte commis par l’auteur ne cause pas la mort de la
victime. Il faut prouver que la mort a été causée par l’action de l’agent de
l’infraction.

3.1.1.3. La relation de causalité

Pour compléter l’élément matériel de l’homicide involontaire, il doit exister un lien


de causalité entre l’acte et le résultat (la mort). En principe, le lien de causalité doit
être certain.

3.1.2. L’élément moral de l’homicide involontaire

L’élément moral dans l’homicide involontaire ne se réalise que par un


comportement fautif exercé par l’auteur sans avoir l’intention d’arriver au résultat
produit qui est la mort de la victime.

3.1.2.1. Les conséquences de l’élément moral dans l’homicide involontaire

- Pas de tentative dans l’homicide involontaire;


- Pas de complice dans l’homicide involontaire à condition que les co-auteurs
ne soient pas des agents principaux de l’infraction.
- On ne peut pas imaginer l’aggravation de la sanction dans l’homicide
involontaire.

3.1.2.2. Les différents comportements fautifs dans l’homicide involontaire

Le code pénal, à l'article 432, liste les comportements fautifs répréhensibles. Il


s’agit de :

- La maladresse
- L'imprudence
- L'inattention
- La négligence
- Le manquement à une loi ou un règlement

2
3.1.3. Le régime répressif de l’homicide involontaire

En vertu de l’article 432 du code pénal, la sanction principale de l’homicide


involontaire est l'emprisonnement de trois mois à cinq ans et d'une amende de 250 à
1.000 dirhams. Il s’agit d’un délit correctionnel.

Les circonstances permettant l’atténuation de la sanction sont envisageables (article


149 du code pénal). Aussi, le juge peut, en vertu de l’article 55 du code pénal,
ordonner le sursis à l'exécution de la peine et ce, par motivation spéciale.

Cependant, le législateur a aggravé la sanction de l’homicide involontaire en vertu


de l’article 434 du code pénal. Le législateur a ordonné le juge de doubler les
sanctions en cas de causes ou de circonstances aggravantes prescrites à savoir, le
cas où l’agent d’homicide involontaire agi en état d'ivresse et le cas où il essaye,
par des moyens, d’échapper à la responsabilité pénale ou civile qu'il pouvait
encourir.

3.2. Les violences involontaires

Cette catégorie d’infractions a été traitée en vertu des articles 433, 434, 435, 607 et
609 du code pénal.

3
Université Sultan Moulay ‫جــــامعة السلطــــان مـوالي سليمــــان‬
Slimane ‫الكليـة المتعددة التخصصــات‬
Faculté Polydisciplinaire ‫بنـي مـالل‬
Béni Mellal

Filière : Droit Français


Professeur: Mohammed Zehiri
Semestre : S 4 Année :
2019-2020

Module : Droit Pénal Spécial

Semaine 6 (10 avril 2020)


Les infractions contre les biens :
Le vol

1. Le vol

L’infraction du vol est défini dans l’article 505 du code pénal qui
stipule : « Quiconque soustrait frauduleusement une chose
appartenant à autrui est coupable de vol et puni de
l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 200à 500
dirhams ».

1.1. Les éléments constitutifs du vol

1.1.1.L’élément matériel

L’élément matériel du vol s'appuie sur trois composantes


énumérées dans la définition du vol :
- la soustraction;
- la chose
- et la propriété d'autrui.

1.1.1.1. La notion de soustraction

Dans un sens général, la soustraction est l’élément matériel du vol.


Il s’agit de l’enlèvement de la chose (un bien) soit de la main de
son possesseur, soit sous sa vue et s’enfuir avec. En parcourant la
littérature, nous constatons que la soustraction peut être matérielle
ou juridique.

La soustraction matérielle : Il s’agit d’un acte positif. C’est une


appréhension au sens concret par laquelle l’auteur prend
matériellement la chose.

La soustraction juridique : Il s’agit d’une soustraction qui ne


constitue pas un acte d’appréhension de la chose, mais plus une
usurpation (appropriation) de la possession. C’est pourquoi, il faut
rechercher dans la théorie juridique de la possession, empruntée
au droit civil.

1.1.1.2. L’objet de la soustraction ou du vol

Tel que précisé à l’article 505 du code pénal, la soustraction doit


porter sur la chose d’autrui. Cette chose doit être meuble, mobile et
appartenant à autrui.
- Le caractère matériel de la chose
- Le caractère mobile de la chose
- L’appropriation de la chose :

1.1.2.L’élément moral

L’utilisation du terme « frauduleusement » dans l’article 505 du


code pénal justifie clairement que le vol est une infraction
intentionnelle. Pour réaliser l’élément intentionnel du vol, il faut
avoir :
- L’intention de s’approprier la chose d’autrui
- L’intention de se comporter en propriétaire

1.1.3.Le cadre juridique de la tentative dans l’infraction du vol

Comme nous l’avons précisé dans la première partie, en principe,


la tentative n’est pas sanctionnée en cas des délits. Cependant, le
législateur a puni, en vertu de l’article 539 du code pénal 1, la
tentative du vol en tant que délit par les mêmes peines que
l'infraction consommée.

En appliquant les règles générales de la tentative telles que


mentionnées dans l’article 114 du code pénal sur le vol, nous
constatons que :

- la tentative de vol se manifeste par le fait de finaliser la phase


préparatoire et de commencer l'exécution matérielle du vol.
Mais, suite à des circonstances indépendantes de la volonté
de l’auteur, il n’a pas possédé la chose qui envisage voler.
Nous citons par exemple, le cas d’un voleur qui entre sa main
dans la poche de la victime pour voler son portefeuille mais il
a été empoigné par une autre personne ou par la victime
même. La tentative est punissable même si le but recherché
(vol) n’a pas été atteint en raison d'une circonstance ou d’un
fait ignoré par l'auteur (l’intervention d’un tiers ou de la
victime même) (voir l’art : 117 du code pénal);

- la tentative de vol se manifeste aussi par des actes non


équivoques tendant directement à commettre le vol. Nous
soulignons qu’il n’est pas nécessaire que ces actes soient en
1Article539 du code pénal stipule : « Dans tous les cas, les coupables de délits prévus à la présente section
peuvent, en outre, être frappés pour cinq ans au moins et dix ans au plus de l'interdiction d'un ou plusieurs
des droits mentionnés à l'article 40 et de l'interdiction de séjour.
La tentative de ces délits est punie des mêmes peines que l'infraction consommée ».
relation directe avec l’élément matériel de l’infraction mais,
ils doivent clairement tender à commettre le vol. Nous citons
par exemple, le cas d’attraper un individu qui escalade le mur
d’une maison en tenant des clés et des outils utilisables pour
casser les portes et les fenêtres. Cette personne est coupable
de tentative de vol parce que ses actes visent directement à
commettre le vol de cette maison.
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Slimane ‫الكليـة المتعددة التخصصــات‬
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Semestre : S 4 Année :
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Module : Droit Pénal Spécial

Semaine 7 (17 avril 2020)


Les infractions contre les biens :
Le vol (suite)

LES VOLS COMMIS AVEC UNE SEULE CIRCONSTANCE


AGGRAVÉE

Cette catégorie de vol est règlementée par les articles 507 et 510 du
code pénal qui édictent deux sanctions différentes d’un vol commis
avec une seule circonstance aggravée.

A) Les vols sanctionnés par la réclusion perpétuelle


B) Les vols sanctionnés par la réclusion de cinq à dix ans

1) Si le vol a été commis avec violences, ou menaces de violences,


ou port illégal d'uniforme, ou usurpation d'une fonction
d'autorité;
2) Si le vol a été commis la nuit;

1
3) Si le vol a été commis en réunion, par deux ou plusieurs
personnes;
4) Si le vol a été commis à l'aide d'escalade, d'effraction extérieure
ou intérieure, d'ouverture souterraine, de fausses clés ou de bris
de scellés, même dans un édifice ne servant pas à l'habitation;
5) Si le vol a été commis au cours d'un incendie ou après une
explosion, un effondrement, une inondation, un naufrage, une
révolte, une émeute ou tout autre trouble;
6) Si le vol a porté sur un objet qui assurait la sécurité d'un moyen
de transport quelconque, public ou privé.

LES VOLS COMMIS AVEC DEUX CIRCONSTANCES


AGGRAVÉES OU PLUS

A) Les vols sanctionnés par la réclusion de dix à vingt ans

1) Si le vol a été commis à l'aide d'escalade, d'effraction


extérieure ou intérieure, d'ouverture souterraine, de fausses
clés, ou de bris de scellés, dans une maison, appartement,
chambre ou logement, habités ou servant à l'habitation ou
leurs dépendances;
2) Si les auteurs du vol se sont assurés la disposition d'un
véhicule motorisé en vue de faciliter leur entreprise ou de
favoriser leur fuite;
3) Si l'auteur est un domestique ou serviteur à gages, même
lorsqu'il a commis le vol envers des personnes qu'il ne servait
pas, mais qui se trouvaient soit dans la maison de son
employeur, soit dans celle où il l'accompagnait;
4) Si le voleur est un ouvrier ou apprenti, dans la maison,
l'atelier ou magasin de son employeur ou s'il est un individu
travaillant habituellement dans l'habitation où il a volé.

B) Les vols sanctionnés par la réclusion de vingt à trente ans

2
LES EXCUSES LÉGALES

A) Les excuses légales exemptant la sanction


B) Les excuses légales atténuantes

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Semestre : S 4 Année : 2019-2020

Module : Droit Pénal Spécial

Semaine 9 et 10 (8 mai 2020)


Les infractions contre les biens :
L’escroquerie et l’abus de confiance

L’escroquerie

L’article 540 du code pénal constitue la base légale de l’infraction de


l’escroquerie.

1. Les éléments constitutifs de l’infraction de l’escroquerie

L’infraction de l’escroquerie est constituée de deux éléments : l’élément


matériel et l’élément moral.

1.1. L’élément matériel

En vertu de l’article 540 du code pénal, l’élément matériel de l’escroquerie


s'appuie sur trois composantes :

1.1.1. L’acte criminel

Il s’agit d’un un acte criminel positif ou négatif qui consiste à l’emploi de


moyens frauduleux délimités dans l’article 540 du code pénal. Il s’agit :
A) des affirmations fallacieuses
B) de la dissimulation de faits vrais
C) Le fait d’exploiter astucieusement une erreur commise par autrui

1
1.1.2. Le résultat criminel

Le résultat criminel de l’escroquerie est la remise de la chose par la victime


d’une manière illégitime. Cette remise peut être des fonds ou des biens
quelconques.

1.1.3. Le lien de causalité

La réalisation de l’infraction de l’escroquerie nécessite un lien de causalité


entre le résultat et les moyens astucieux utilisés par l’escroc.

1.2. L’élément moral

L’escroquerie est une infraction intentionnelle. La réalisation de l’intention


frauduleuse nécessite, d’une part, la volonté criminelle d’user des
affirmations fallacieuses, de la dissimulation de faits vrais ou de
l’exploitation astucieuse d’une erreur commise par autrui. D’autre part,
l’escroc doit avoir la volonté de tromper et d’induire en erreur la victime.

2. Le régime répressif de l’escroquerie

En vertu de l’article 540 alinéa 1 du code pénal, le législateur prévoit pour


l’escroquerie une peine de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende
de 500 à 5.000 dirhams. Il s’agit de la sanction principale de l’infraction de
l’escroquerie. Cependant, la peine d'emprisonnement est portée au double et
le maximum de l'amende à 100.000 dirhams si le coupable est une personne
ayant fait appel au public en vue de l'émission d'actions, obligations, bons,
parts ou titres quelconques, soit d'une société, soit d'une entreprise
commerciale ou industrielle (art : 540 alinéa 1 du code pénal).

La tentative d’escroquerie est sanctionnée des mêmes peines que


l'infraction consommée (art : 546 alinéa 2 du code pénal).

De plus, il est essentiel de souligner que les immunités et restrictions à


l'exercice de l'action publique appropriées à l’infraction du vol1 sont
applicables au délit d'escroquerie prévu au premier alinéa de l'article 540.

1
Il s’agit des immunités et restrictions édictées par les articles 534 à 536 du code pénal telles que le vol
commis par des époux, par des ascendants et descendants par des parents ou alliés jusqu'au quatrième degré
inclusivement, etc.

2
L’abus de confiance

L’article 547 du code pénal constitue la base légale de l’infraction de


l’abus de confiance.

1. Les éléments constitutifs de l’infraction de l’abus de confiance

L’infraction de l’abus de confiance est constituée de deux éléments :


l’élément matériel et l’élément moral.

1.1. L’élément matériel

La lecture de l’article 547 du code pénal permet de conclure que l’élément


matériel de l’abus de confiance est composé de trois composantes à savoir :
A) La remise du bien fondé sur la confiance
B) La dissipation ou le détournement
C) Le préjudice

1.2. L’élément moral

L’abus de confiance est une infraction intentionnelle parce que le législateur


a puni son élément matériel de dissipation ou de détournent avec une
mauvaise foi. Le plus souvent, les juges se fondent sur cette notion de
mauvaise foi pour déterminer l’élément moral de l’infraction.

2. Le régime répressif de l’abus de confiance

En vertu de l’article 547 du code pénal, le délit de l’abus de confiance


simple est punissable d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une
amende de 200 à 2.000 dirhams. En plus de cette peine principale, le juge
peut prononcer, en vertu de l’article 555 du code pénal, une peine accessoire
de cinq ans au moins et dix ans au plus de l'interdiction d'un ou plusieurs des
droits mentionnés à l'article 40 et de l'interdiction de séjour. Cependant, le
fait que l’abus de confiance est une infraction délictuelle, le juge peut, en
vertu de l’article 55 du code pénal, ordonner le sursis à l'exécution de la
peine. Dans ce cas, le juge doit justifier sa décision.

3
Par ailleurs, en vertu de l’article 547 alinéa 2 du code pénal, le législateur a
atténué la peine d’abus de confiance dont la durée d'emprisonnement sera
d'un mois à deux ans et l'amende de 200 à 250 dirhams à condition que :
- le préjudice subi est de faible valeur
- l’infraction ne sera pas accompagnée d’une des circonstances
aggravantes édictées dans les articles 549 et 550 du code pénal.

Enfin, il est essentiel de noter qu’en vertu de l’article 548 du code pénal, les
immunités et restrictions à l'exercice de l'action publique édictées par les
articles 534 à 536 sont applicables au délit d'abus de confiance prévu à
l'article 547. Cependant, l’auteur d’abus de confiance ne peut pas bénéficier
de ces immunités et restrictions à l'exercice de l'action publique si
l’infraction commise est accompagnée d’une des circonstances
aggravantes mentionnée aux articles 549 et 550 du code pénal.

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