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Physique-Chimie 2: Applications Des Propriétés Magnétiques Et Électriques de Matériaux

Ce document traite des propriétés magnétiques et électriques des matériaux utilisés dans la conception de transformateurs miniaturisés. Il décrit la structure des enroulements en cuivre, l'influence de la résistance et de l'inductance des enroulements, ainsi que le rôle du matériau magnétique et les pertes énergétiques associées. Plusieurs questions portent sur des calculs liés à ces notions.

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Physique-Chimie 2: Applications Des Propriétés Magnétiques Et Électriques de Matériaux

Ce document traite des propriétés magnétiques et électriques des matériaux utilisés dans la conception de transformateurs miniaturisés. Il décrit la structure des enroulements en cuivre, l'influence de la résistance et de l'inductance des enroulements, ainsi que le rôle du matériau magnétique et les pertes énergétiques associées. Plusieurs questions portent sur des calculs liés à ces notions.

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Physique-chimie 2

2023
PSI
4 heures Calculatrice autorisée
Applications des propriétés magnétiques
et électriques de matériaux
La synthèse de nouveaux matériaux a permis de réaliser des dispositifs possédant des propriétés intéressantes
du point de vue de la miniaturisation ou de la sensibilité aux champs électromagnétiques.
Certaines questions, peu ou pas guidées, demandent de l’initiative de la part du candidat. Leur énoncé est repéré
par une barre en marge. Il est alors demandé d’expliciter clairement la démarche, les choix et de les illustrer,
le cas échéant, par un schéma. Le barème valorise la prise d’initiative et tient compte du temps nécessaire à la
résolution de ces questions.
Cet énoncé est accompagné d’un document réponse à remettre avec la copie. Certaines données numériques
utiles sont disponibles dans ce document réponse.
Notations
À toute grandeur, fonction sinusoïdale du temps, 𝑔(𝑡) = 𝐺 cos(𝜔𝑡 + 𝜑), on associe la grandeur 𝑔(𝑡) = 𝐺 e𝑗𝜔𝑡 , où
𝑗2 = −1 et 𝐺 = 𝐺𝑒𝑗𝜑 est appelée amplitude complexe de 𝑔.

I Le transformateur miniaturisé
Le besoin de transformateurs de plus en plus petits dans les systèmes électroniques embarqués a conduit à
la conception de transformateurs miniaturisés. Les différents éléments (conducteurs, matériaux magnétiques,
isolants) sont directement réalisés sur un circuit imprimé. La miniaturisation a été rendue possible grâce à
l’utilisation de fréquences élevées et à l’aptitude des nouveaux matériaux à supporter de hautes températures.
Un transformateur est composé de différents matériaux :
— un matériau conducteur pour réaliser les enroulements (ou bobinages) ;
— un matériau magnétique ;
— un matériau isolant pour isoler les enroulements primaire et secondaire.

10 µm

• 𝐵 100 µm

25 µm 3 µm
𝐴 • 𝐴•
100 µm 100 µm

(a) vue de dessus (b) vue de profil


Figure 1 Schéma d’un enroulement en cuivre

I.A – Les enroulements


Q 1. Rappeler l’expression de la résistance électrique 𝑅 d’un conducteur cylindrique de conductivité 𝛾, de
longueur 𝐿, de section 𝑆, parcouru uniformément par un courant parallèle à son axe.
Q 2. Pour l’enroulement de cuivre de la figure 1, le courant circule de 𝐴 vers 𝐵. Évaluer sa résistance
électrique 𝑅𝑒 . Citer deux inconvénients que présente l’existence de cette résistance pour un transformateur.

L’inductance propre de l’enroulement peut être mesurée grâce à un impédancemètre dont le schéma est celui
de la figure 2. On utilise le modèle de l’amplificateur linéaire intégré idéal de gain infini, alimenté en ±15 V. La
résistance 𝑅ref = 1000,0 Ω est une résistance de référence, l’impédance à mesurer est 𝑍 = 𝑍𝑟 + 𝑗𝑍𝑖 , où 𝑍𝑟 et 𝑍𝑖
sont des nombres réels. Le générateur impose la tension harmonique 𝑢𝑒 (𝑡) = 𝑈0 cos(𝜔𝑡).

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𝑅ref
𝑍


𝑈𝑒 𝑈𝑠
+

Figure 2 Schéma d’un impédancemètre

Q 3. Exprimer l’amplitude complexe 𝑈 𝑠 en fonction de l’amplitude complexe 𝑈 𝑒 , de 𝑅ref et de 𝑍.


La figure 3a donne les graphes des tensions 𝑢𝑒 (𝑡) et 𝑢𝑠 (𝑡).
Q 4. Calculer 𝑍𝑟 et 𝑍𝑖 . En déduire la valeur 𝐿 de l’inductance propre de l’enroulement ainsi que la valeur
de 𝑅𝑒 .

(a) Le gain vertical est 2 mV par car­ (b) Le gain vertical est 10 mV par car­
reau pour 𝑢𝑒 et 2 V par carreau pour 𝑢𝑠 . reau pour 𝑢𝑒 et 1 V par carreau pour 𝑢𝑠 .

Figure 3 Oscillogrammes — La courbe en gras est la tension d’entrée 𝑢𝑒 (𝑡), la


courbe en trait fin la tension de sortie 𝑢𝑠 (𝑡), la base de temps est 200 ns par carreau

Q 5. L’amplitude de la tension d’entrée est portée à la valeur 𝑈0 = 30 mV. Préciser l’intérêt d’une telle
augmentation d’amplitude. Proposer, en la justifiant, la forme prévisible pour le signal de sortie. Expliquer
pourquoi la réduction de la résistance de référence 𝑅ref est à envisager si on veut garder 𝑈0 = 30 mV.

Q 6. On choisit une résistance de référence plus faible, 𝑅ref = 100,00 Ω. Les courbes obtenues sont repré­
sentées figure 3b. Interpréter quantitativement le phénomène observé.

Pour réaliser un transformateur, on dispose un enroulement primaire 𝐴1 𝐵1 et un enroulement secondaire 𝐴2 𝐵2


comme sur la figure 4a. L’enroulement primaire 𝐴1 𝐵1 est identique à l’enroulement 𝐴𝐵 de la figure 1. Les deux
enroulements sont constitués de conducteurs d’épaisseurs identiques. Leur proximité, qui permet d’obtenir un
couplage magnétique fort, a l’inconvénient de présenter un couplage électrostatique représenté par une capacité
de couplage 𝐶𝑝 (figure 4b). Le rapport de transformation pour le transformateur complet (enroulements et
matériau ferromagnétique, non représenté) est 𝑚 = 0,9.

𝑖
𝑖1 𝐶𝑝 𝑖2
𝐵2 • 𝐴1 • • • • 𝐴2
• 𝐵1
𝑢1 𝑢2

𝑚
𝐴2 • 𝐵1 • • 𝐵2
𝐴1 •

(a) Enroulements primaire et secondaire (b) Modélisation du transformateur complet


Figure 4 Enroulements et modélisation

Q 7. Estimer, en précisant la démarche, la capacité 𝐶𝑝 à partir de l’expression de la capacité d’un condensa­


teur plan et de la géométrie des enroulements (figure 1 et figure 4a). Le milieu magnétique qui remplit l’espace

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entre les enroulements, non représenté sur la figure 4a, possède une permittivité relative 𝜀𝑟 = 5 × 104 . Que
penser de cette valeur de permittivité relative par rapport à celle de milieux usuels ?

La modélisation de la figure 4b est celle d’un transformateur idéal où l’on a ajouté un condensateur.
d𝑢1
Q 8. Établir l’expression de l’intensité 𝑖 en fonction de 𝐶𝑝 , 𝑚 et pour une intensité de sortie nulle,
d𝑡
d𝑢1
𝑖2 = 0. En déduire l’expression de 𝑖1 en fonction de 𝐶𝑝 , 𝑚 et . Toujours avec le modèle du transformateur
d𝑡
idéal, quelle serait la valeur de 𝑖1 en l’absence de la capacité parasite si 𝑖2 = 0 ?

La tension d’entrée est périodique, de la forme donnée figure 5.

𝑢1

9V

𝑡
1,05 µs
1,00 µs
2,00 µs
Figure 5 Forme du signal d’entrée 𝑢1

Q 9. Calculer la valeur de l’intensité maximale 𝑖1 dans les conditions de la question précédente. Quels sont
les effets de ce courant ? Pourquoi ce défaut est-il particulièrement important pour les variations rapides de
tension ?

I.B – Le matériau magnétique


Le rôle du matériau magnétique est de canaliser les lignes de champ magnétique. Cependant, il présente l’incon­
vénient d’être à l’origine de pertes énergétiques.
Q 10. Dans le modèle de Bohr, un électron possède une trajectoire circulaire autour d’un noyau atomique
immobile. Le moment cinétique de l’électron est 𝜎𝑒 = ‖𝜎⃗𝑒 ‖ = ℏ, où ℏ est la constante de Planck réduite. Établir
l’expression du moment magnétique 𝜇𝑒 = ‖𝜇𝑒⃗ ‖ de cet atome, en fonction de ℏ, de la charge élémentaire 𝑒 et de
la masse de l’électron 𝑚𝑒 . Effectuer l’application numérique.
Q 11. Un matériau ferromagnétique de masse molaire 𝑀 , de masse volumique 𝜌, est formé d’atomes de
moment magnétique 𝑧𝜇𝑒⃗ où 𝑧 ∈ ℕ. Quelle est l’expression de l’aimantation de saturation 𝑀sat , valeur de
l’aimantation du matériau quand tous les moments magnétiques sont alignés et de même sens ? Calculer la
valeur 𝑀sat (Fe) pour le fer pour lequel 𝑧 = 4.
Q 12. En reprenant la valeur précédente de 𝑀sat , quel serait le moment magnétique à saturation 𝑚𝑎 d’un
cube de fer de côté 150 µm ? Quelle serait l’intensité 𝐼 parcourant une boucle circulaire de diamètre 150 µm de
moment magnétique 𝑚𝑎 ? Commenter.

Pour mesurer la perméabilité magnétique, on utilise un impédancemètre équipé d’un dispositif de caractérisation
de matériaux ferromagnétiques, sous la forme d’un bobinage de 𝑁𝑡 spires enlaçant un tore formé de ce matériau.
Le tore possède une longueur moyenne ℓ𝑡 et une section 𝑆𝑡 (figure 6).

𝑖
𝑆𝑡

Impédancemètre 𝑢 ℓ𝑡

Figure 6 Tore de mesure d’impédance

Le milieu ferromagnétique est étudié dans son domaine linéaire et sa perméabilité magnétique relative est
notée 𝜇𝑟 . On suppose que les lignes de champ adoptent la symétrie de révolution du tore. L’impédancemètre
génère des signaux harmoniques de pulsation 𝜔 = 2𝜋𝑓0 avec 𝑓0 = 50 Hz.
Q 13. On suppose les normes des champs d’excitation magnétique 𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ et magnétique 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗ uniformes dans le
tore. À quelle condition sur la géométrie du tore cette hypothèse est-elle justifiée ?

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Q 14. En travaillant en coordonnées cylindriques, d’axe l’axe de révolution du tore, justifier que 𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝐻 𝑒𝜃⃗
et ⃗⃗⃗ ⃗⃗ = 𝐵𝑒𝜃⃗ .
𝐵
Q 15. Exprimer les champs 𝐻 et 𝐵 en fonction de 𝜇0 , 𝜇𝑟 , 𝑁𝑡 , ℓ𝑡 et 𝑖. Préciser les orientations choisies.
𝑢
Q 16. En déduire l’expression de l’impédance 𝑍 = . Y a-t-il dissipation d’énergie dans le matériau ?
𝑖
Pour décrire plus complètement les propriétés du matériau ferromagnétique, on généralise la relation 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ = 𝜇0 𝜇𝑟 𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
à une relation entre champs complexes 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ = 𝜇0 𝜇𝑟 𝐻
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ où 𝜇𝑟 est la perméabilité relative complexe et l’on pose
𝜇𝑟 = 𝜇′𝑟 − 𝑗𝜇′′𝑟 où 𝜇′𝑟 et 𝜇′′𝑟 sont des réels positifs.
Q 17. Exprimer la puissance moyenne 𝑃𝑐 consommée dans le tore en fonction de la valeur efficace 𝐼eff de
l’intensité 𝑖 et des caractéristiques du milieu.
Q 18. Dans le cadre d’un matériau de perméabilité relative complexe, tracer l’allure du cycle 𝐵(𝐻) du
matériau ferromagnétique. Évaluer le champ magnétique rémanent 𝐵𝑟 et l’excitation coercitive 𝐻𝑐 . On prendra
les valeurs des paramètres données en fin de problème ainsi que les valeurs 𝜇′𝑟 = 103 , 𝜇′′𝑟 = 4 et l’intensité
maximale dans la bobine 𝐼max = 12 A.
Q 19. Calculer la puissance moyenne 𝑃diss dissipée dans le tore ferromagnétique. Quelle est la nature de
cette perte ?

II Le transformateur piézoélectrique
Aucune connaissance préalable de l’effet piézoélectrique n’est nécessaire pour répondre aux questions de cette
partie.
À partir des années 1990 ont été développées des classes de transformateurs compacts de gains en tension
élevés. Leur principe repose sur la piézoélectricité, une propriété de certains matériaux comme le quartz ou les
céramiques de titano-zirconates de plomb (PZT).

II.A – L’effet piézoélectrique


Les matériaux piézoélectriques ont la faculté de faire apparaitre un champ électrique sous l’effet d’une déforma­
tion mécanique (effet direct). Réciproquement, ces matériaux se déforment lorsqu’ils sont soumis à un champ
électrique (effet inverse).
On considère un milieu cristallin ionique, isolant, homogène à l’échelle mésoscopique, mais dont les porteurs de
charge, cations et anions, forment deux réseaux se déformant différemment sous l’effet de forces de compression
(figure 7). Sans contrainte (figure 7a), la densité de charge est partout nulle. La permittivité relative du milieu
est notée 𝜀𝑟 .

𝑧
⃗⃗⃗ ⃗⃗
𝐹
+ + + + + + + + + + + + + +
𝑢⃗𝑧
+ + + + + + + + + + + +
+ + + + + + + + + + + + + +
𝑂
⃗⃗⃗ ⃗⃗
𝐹

(a) Cristal sans contrainte (b) Cristal soumis à une compression


Figure 7 Cristal piézoélectrique

Q 20. Quel est le signe de la charge de la face inférieure qui apparait en cas de compression (figure 7b) ?
On note 𝜎 la densité surfacique de charge correspondante. Dans le cas d’un milieu illimité dans les directions
⃗⃗⃗ ⃗⃗ entre les
orthogonales à 𝑂𝑧, en détaillant le raisonnement effectué, établir l’expression du champ électrique 𝐸
deux faces en fonction de 𝜎 et des constantes électriques.

L’effet inverse est obtenu en appliquant un champ électrique 𝐸 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ext uniforme à un échantillon de matériau pla­
cé entre les armatures d’un condensateur. La déformation engendrée est proportionnelle au champ électrique
appliqué.
La figure 8a représente un échantillon de matériau piézoélectrique parallélépipédique, d’épaisseur 𝑑, placé entre
les armatures d’un condensateur. La figure 8b représente un échantillon à deux couches : un couple d’électrodes,
isolées l’une de l’autre, est inséré entre deux couches de matériau, d’épaisseur 𝑑/2.
Q 21. Exprimer le champ électrique 𝐸 ⃗⃗⃗ ⃗⃗2 dans le cas des deux couches de la figure 8b, en fonction du champ
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐸ext de la figure 8a. Généraliser au cas de 𝑁 couches d’épaisseur 𝑑/𝑁 et exprimer 𝐸 ⃗⃗⃗ ⃗⃗𝑁 . Exprimer enfin 𝐸
⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑁 en
fonction de la tension 𝑈 , de l’épaisseur totale 𝑑 et de 𝑁 . Quel est l’avantage de ce système multicouche ?

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𝑑/2
𝑈 𝑑 𝑈
⃗⃗⃗ ⃗⃗ext
𝐸 𝑑/2

(a) Une seule couche (b) Deux couches


Figure 8 Matériau piézoélectrique placé dans un champ électrique

II.B – Propagation de la déformation


⃗⃗⃗ ⃗⃗ = 𝐸𝑧 𝑢⃗𝑧 appliqué au matériau provoque une variation 𝛿 de sa largeur 𝐿𝑎 telle que
Le champ électrique 𝐸
𝛿 = 𝛽𝐸𝑧 ,

où 𝛽 est une constante dépendant du matériau. À l’inverse, une variation 𝛿 de la largeur provoque l’apparition
d’une composante du champ électrique 𝐸𝑧 (effet direct) telle que
𝛿
𝐸𝑧 = .
𝛽

Électrique vers mécanique Mécanique vers électrique

• 𝐿𝑎 Vibration mécanique •

𝑈𝑝 𝑈𝑠
Milieu piézoélectrique

• •
Primaire 𝑢⃗𝑥 Secondaire
Figure 9 Principe du transformateur piézoélectrique — Au primaire,
toutes les connexions aux électrodes multicouches n’ont pas été représentées
Q 22. On considère le schéma du transformateur de la figure 9. Le primaire est formé de 𝑁 couches, le
secondaire d’une seule. Si l’amplitude de la déformation au secondaire est identique à celle du primaire, quel est
le rapport 𝑚 de transformation en tension ? Ce transformateur fonctionnerait-il pour des signaux stationnaires ?
Une tension harmonique 𝑈𝑝 (𝑡) = 𝑈0 cos(𝜔𝑡) entraine ainsi une déformation de même pulsation du matériau,
déformation qui se propage selon l’axe 𝑂𝑥. Le matériau a la forme d’un barreau de section constante 𝑆. Parmi les
modes de vibration possibles, on s’intéresse au mode longitudinal. La déformation longitudinale est représentée
par le déplacement 𝜉(𝑥, 𝑡) de la tranche située à l’abscisse 𝑥 au repos (figure 10). On s’intéresse à un modèle
aux faibles déformations.

𝜉(𝑥, 𝑡) 𝜉(𝑥 + d𝑥, 𝑡)

𝑆
⃗⃗⃗ ⃗−
𝐹 ⃗ (𝑥, 𝑡)

𝑥
𝑂 𝑢⃗𝑥 𝑥 𝑥 + d𝑥 𝐿
Figure 10 Propagation d’une onde acoustique longitudinale dans un barreau piézoélectrique
On considère le système matériel compris entre les abscisses 𝑥 et 𝑥 + d𝑥 quand le milieu est au repos, de masse
d𝑚 = 𝜌𝑆d𝑥 où 𝜌 est la masse volumique du matériau (partie hachurée sur la figure 10). La force 𝐹⃗⃗⃗ ⃗−
⃗ (𝑥, 𝑡) exercée
par le matériau en deçà de 𝑥 + 𝜉(𝑥, 𝑡) sur le système s’exprime par

⃗ (𝑥, 𝑡) = −𝑆𝐾 ∂𝜉 (𝑥, 𝑡)𝑢⃗𝑥


⃗⃗⃗ ⃗−
𝐹
∂𝑥

où 𝐾 est une constante caractéristique du matériau.

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Q 23. ⃗⃗⃗ ⃗+
Quelle est la dimension de la constante 𝐾 ? Exprimer la force 𝐹 ⃗ (𝑥 + d𝑥, 𝑡) exercée sur le système par
la partie du matériau située au-delà de 𝑥 + d𝑥. En déduire la force résultante d𝐹 ⃗⃗⃗ ⃗𝑟⃗ sur le système à l’ordre un
en d𝑥.
∂𝜉
Q 24. En assimilant la quantité de mouvement du système à d𝑚 (𝑥, 𝑡)𝑢⃗𝑥 , établir l’équation de propagation
∂𝑡
∂2 𝜉 1 ∂2 𝜉
2
− 2 2 = 0.
∂𝑥 𝑐 ∂𝑡

Donner l’expression de la constante 𝑐 en fonction de 𝐾 et 𝜌. Quel est le nom de cette équation ?

Les vibrations engendrées par le déplacement en 𝑥 = 0 se propagent dans le barreau, dans les deux sens, sous
forme d’ondes planes harmoniques. On note 𝑘⃗ = 𝑘𝑢⃗𝑥 le vecteur d’onde.
L’extrémité en 𝑥 = 𝐿 du barreau est libre. En 𝑥 = 0, l’amplitude forcée est donnée par 𝜉(0, 𝑡) = 𝜉0 cos(𝜔𝑡). La
solution plane harmonique complexe s’exprime selon

𝜉 (𝑥, 𝑡) = 𝐴 exp(𝑗(𝜔𝑡 − 𝑘𝑥)) + 𝐵 exp(𝑗(𝜔𝑡 + 𝑘𝑥)).


𝑝

Q 25. Déterminer les constantes complexes 𝐴 et 𝐵 en fonction de 𝜉0 , 𝑘 et 𝐿. En déduire que l’amplitude


complexe est de la forme
𝜉0
𝜉 (𝑥, 𝑡) = exp(𝑗𝜔𝑡)[exp(−𝑗𝑘𝑥) + exp(−𝑗𝑘(2𝐿 − 𝑥))]
𝑝 𝐷

et exprimer le dénominateur 𝐷. Donner la signification physique de chaque terme de cette expression. De quel
déphasage Δ𝜑 s’accompagne la réflexion de l’onde de déplacement ?
Q 26. En déduire les fréquences 𝑓𝑛 de résonance du barreau en fonction de 𝑐, 𝐿 et d’un entier 𝑛 non nul.
Calculer la fréquence minimale 𝑓0 pour une céramique PZT de longueur 𝐿 = 2 cm. Que devient l’amplitude des
vibrations aux fréquences de résonance ? Quel est l’inconvénient de la résonance pour un matériau solide ?

En réalité des phénomènes dissipatifs affectent la propagation de l’onde dans le milieu. On les modélise en
prenant en compte une force supplémentaire
1 ∂𝜉
d𝑓𝑑⃗ = − (𝑥, 𝑡) d𝑚 𝑢⃗𝑥
𝜏 ∂𝑡

sur le système de masse d𝑚 considéré auparavant. 𝜏 est une constante.


Q 27. Établir la nouvelle équation des ondes.
Les solutions planes harmoniques complexes de l’équation précédente s’écrivent

𝜉(𝑥, 𝑡) = 𝑋 0 exp(𝑗(𝜔𝑡 − 𝑘𝑥))

où 𝑋 0 est une constante complexe et 𝑘 = 𝑘′ − 𝑗𝑘′′ avec 𝑘′ et 𝑘′′ des constantes réelles vérifiant |𝑘′′ | ≪ |𝑘′ |.
𝜔
Q 28. Établir la relation de dispersion. Exprimer 𝑘′′ en notant que 𝑘′ ≃ .
𝑐
Q 29. Qualitativement, quelles sont les modifications qu’apportent les phénomènes dissipatifs sur les fré­
quences de résonance et sur les amplitudes à ces fréquences ?
Q 30. Dans la figure A du document réponse, sont décrites des simulations de fonctionnement d’un transfor­
mateur piézoélectrique alimentant une résistance de charge 𝑅𝑐 . Analyser qualitativement et quantitativement
ces graphes de façon à
a. donner les valeurs des puissances d’entrée et de sortie et la puissance perdue lorsque la puissance
de sortie est maximale. Commenter ;
b. déterminer si les valeurs de la tension de sortie et la puissance de sortie sont en accord.

III Mesures de champs magnétiques avec un capteur Fluxgate


L’élément magnétique sensible d’un capteur Fluxgate est un noyau magnétique doux qui est saturé périodique­
ment par un signal fourni par une bobine d’excitation. Cette saturation périodique provoque une discontinuité
du signal mesuré aux bornes d’une bobine de mesure, ce qui donne le nom de ces capteurs (Fluxgate signifie
littéralement en français « vanne de flux »).
Dans toute cette partie, on se place dans l’approximation des régimes quasi stationnaires magnétique.

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𝐼𝑒
𝑧

𝐼𝑒
• •
𝑢𝑠
Figure 11 Fluxgate

La figure 11 représente les éléments essentiels du capteur. Un barreau cylindrique ferromagnétique doux, de per­
méabilité relative 𝜇𝑟 , de longueur ℓ, de diamètre 𝐷, est enlacé par deux enroulements. L’enroulement d’excitation
(en trait gras), formé de 𝑁𝑓 spires (densité linéique de spires 𝑛), est parcouru par une intensité d’excitation
sinusoïdale 𝐼𝑒 (𝑡) = 𝐼0𝑒 cos(𝜔𝑡). On mesure la tension 𝑢𝑠 (𝑡) aux bornes de l’enroulement de mesure (en trait fin)
qui compte 𝑁𝑓 spires également. On néglige tout effet dû à un courant minime susceptible de circuler dans cet
enroulement de mesure. On suppose que les spires sont circulaires, uniformément réparties sur le cylindre et
que les champs sont uniformes dans le barreau.

III.A – Dans cette sous-partie, il n’y a pas de champ extérieur.


Q 31. Exprimer le champ d’excitation magnétique 𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ dans le barreau. On détaillera la méthode utilisée.
Q 32. Dans le cas où le milieu magnétique se comporte linéairement, exprimer le champ magnétique 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ en
fonction de 𝐼𝑒 , 𝑛, 𝜇0 et 𝜇𝑟 . En déduire l’expression de la tension 𝑢𝑠 (𝑡) en fonction de 𝐼0𝑒 , 𝜔, 𝑛, 𝑁𝑓 , 𝐷 et des
constantes du milieu.

Le matériau ferromagnétique est caractérisé par la courbe d’aimantation 𝑀 (𝐻) simplifiée donnée sur la figure 12.
𝑀
On pose sat = 𝜇𝑟 − 1 et 𝜇𝑟 = 4000.
𝐻0

𝑀sat

−𝐻0
𝐻
𝐻0

−𝑀sat

⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⋅ 𝑢⃗𝑧 et 𝐻 = 𝐻
Figure 12 Courbe 𝑀 (𝐻), où 𝑀 = 𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⋅ 𝑢⃗𝑧

Q 33. Sachant que 𝐼0𝑒 est tel que la valeur maximale de l’excitation magnétique 𝐻max = 2𝐻0 , exprimer
𝑢𝑠 (𝑡) dans les deux domaines, linéaire et saturé.
Q 34. ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⋅ 𝑢⃗𝑧 et 𝑢𝑠 (𝑡).
Représenter sur la figure B du document réponse les graphes des fonctions 𝐵(𝑡) = 𝐵

III.B – Le fluxgate est désormais placé dans un champ d’excitation extérieur 𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ext = 𝐻ext 𝑢⃗𝑧 uniforme et
constant créé par une source extérieure au dispositif. Le courant d’excitation 𝐼𝑒 (𝑡) est inchangé.
Q 35. ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ dans le barreau ? À l’aide des graphes de 𝐵(𝑡) et de 𝑢𝑠 (𝑡) fournies figure C
Quelle est l’expression de 𝐻
du document réponse, déterminer quelle inégalité est vérifiée par la valeur de 𝐻ext :
a. 𝐻ext > 𝐻0 ;
b. 0 < 𝐻ext < 𝐻0 ;
c. −𝐻0 < 𝐻ext < 0 ;
d. 𝐻ext < −𝐻0 .
𝐻
Q 36. Toujours à l’aide des graphes de la figure C, estimer numériquement la valeur du rapport ext .
𝐻0

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La détection et la mesure de 𝐻ext sont effectuées grâce à une analyse spectrale du signal 𝑢𝑠 (𝑡). On donne dans
le tableau 1 les amplitudes complexes 𝐴𝑛 (𝐻ext ) pour 𝑛 ∈ {1, 2, 3, 4, 5} du spectre des signaux 𝑢𝑠 (𝑡) dans quatre
cas : 𝐻ext = 0, 𝐻ext = 𝐻0 /10, 𝐻ext = −𝐻0 /10 et 𝐻ext = 𝐻0 /5 pour le fondamental et les harmoniques 𝑛 = 2 à
5, soit pour les fréquences 𝑓𝑛 = 𝑛𝑓1 . Les amplitudes sont déterminées grâce à la fonction rfft de Python qui
calcule la transformée de Fourier discrète d’un échantillon de points.

fréquences 𝑓1 𝑓2 𝑓3 𝑓4 𝑓5
𝐻ext = 0 0,16 − 25,506𝑗 –0 + 0,006𝑗 –0,192 + 10,198𝑗 –0,001𝑗 –0,098 + 3,124𝑗
𝐻ext = 𝐻0 /10 0,16 − 25,409𝑗 –0,035 + 2,787𝑗 –0,187 + 9,901𝑗 0,002 − 0,094𝑗 –0,084 + 2,664𝑗
𝐻ext = −𝐻0 /10 0,16 − 25,41𝑗 0,035 − 2,775𝑗 –0,187 + 9,903𝑗 –0,002 + 0,092𝑗 –0,084 + 2,667𝑗
𝐻ext = 𝐻0 /5 0,158 − 25,113𝑗 –0,069 + 5,458𝑗 –0,171 + 9,052𝑗 0,002 − 0,084𝑗 –0,041 + 1,319𝑗
Tableau 1 Amplitudes 𝐴𝑛 du spectre de Fourier discret selon les fréquences pour quatre valeurs de 𝐻ext

Q 37. Quel signal issu de la décomposition de Fourier discrète permet de mesurer 𝐻ext avec le maximum de
sensibilité ? Peut-on connaitre le signe de 𝐻ext ? Le signal qui détecte la présence du champ extérieur 𝐻ext lui
est-il proportionnel ?

La longueur finie du barreau a une influence sur le champ d’excitation existant dans le barreau. Le champ
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝑟 est donné en fonction du champ appliqué 𝐻
d’excitation dans le matériau 𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ext par la relation

⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝑟 = 𝐻
𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ext − 4𝜋𝛼𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗


où 𝛼 est une fonction du rapport .
𝐷
Q 38. Exprimer 𝐻𝑟 = 𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝑟 ⋅ 𝑢⃗𝑧 en fonction de 𝐻ext , 𝜇𝑟 et 𝛼, dans le domaine de linéarité du matériau. En
déduire l’expression de 𝐻𝑟 en fonction du champ magnétique extérieur 𝐵ext , 𝜇0 , 𝜇𝑟 et 𝛼.

On donne figure 13 le graphe de la fonction 𝛼(𝜂) où 𝜂 = et les caractéristiques d’un fluxgate dans le tableau 2.
𝐷

10−1

10−2

10−3

10−4
𝛼

10−5

10−6

10−7

10−8
100 101 102 103
𝜂
Figure 13 Coefficient 𝛼 en fonction de 𝜂, rapport de la longueur sur le diamètre d’un barreau

Diamètre du barreau 2,25 mm


Longueur du barreau 13,0 mm
Nombre de spires 646
Bruit 𝑖𝑏 de l’intensité d’excitation 55 nA
Tableau 2 Caractéristiques d’un fluxgate

Q 39. En considérant qu’un signal est détectable si |𝐻𝑟 | dépasse de 10 % le champ d’excitation 𝐻𝑏 provoqué
par le bruit 𝑖𝑏 de l’intensité d’excitation 𝐼𝑒 , quelle est la plus petite valeur 𝐵min du champ magnétique extérieur
détectable par le fluxgate dont les caractéristiques sont données dans le tableau 2 ?

• • • FIN • • •

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